Transformations des systèmes d'élevage en Pyrénées
Transformations des systèmes d'élevage en Pyrénées
THESE
LE TITRE DE
DOCTEUR DE L’INSTITUT NATIONAL POLYTECHNIQUE DE TOULOUSE
Marguerite Némorin
et Jean-Marie Rocard.
Remerciements
Les remerciements constituent traditionnellement les pages les plus lues des
mémoires de thèse et permettent de s'exprimer en toute liberté en usant et
abusant des superlatifs et en dépassant allègrement le cadre scientifique.
L’opportunité de remercier ses collègues est, de plus, rarement offerte en début
de carrière. A l’heure où ma thèse va prendre fin par la remise définitive de ce
manuscrit, je me plie donc à l’exercice difficile mais finalement très agréable de
rappeler à ma mémoire et à celle de mes lecteurs l’ensemble des personnes qui
ont contribué à ce que ce travail aboutisse en trois ans.
Je remercie tout d’abord Annick Gibon pour m’avoir permis de réaliser cette
thèse et pour l’avoir encadrée avec efficacité. Je pense en particulier à sa grande
exigence, dont mon travail a pu bénéficier, et à son soutien dans la course finale
de dépôt du manuscrit.
Je remercie également Marc Fily pour avoir accepté de faire partie du jury et de
mon comité de pilotage. Les échanges que nous avons eus durant ces trois
dernières années sont à la base de nombreux apports à ma thèse et m’ont
parfois rappelée à la réalité de la gestion concrète des territoires depuis les
hautes sphères de la conceptualisation où la recherche peut s’égarer.
Je remercie enfin Jean-Pierre Amigues, membre du jury, d’avoir relu cette thèse
avec un regard d’économiste de l’environnement, ce qui a contribué à alimenter
le débat de façon très intéressante.
La qualité et l’importance des données présentées ici sont le fruit d’un travail
d’équipe sur le terrain et au laboratoire. Je remercie pour cela, les personnes qui
sont ou ont été impliquées dans le programme « frêne » mais aussi plus
largement l’ensemble de l’UMR Dynafor et des unités de recherche SAD et ESR
du centre INRA d’Auzeville. Dans cette équipe, j’ai bénéficié de très bonnes
conditions de travail, en particulier matérielles, et je sais que ce n’est
malheureusement pas la règle générale pour les doctorants.
Je remercie particulièrement Sylvie Ladet, pour la part très importante de
travail qu’elle a fourni dans ma thèse, pour m’avoir transmis une partie de ses
connaissances et compétences en SIG mais surtout, parce qu’elle est le ciment de
l’équipe Dynafor, pour son sens incroyable de l’accueil et pour son amitié. Je
remercie également Caroline Marcadet qui, malgré sa grossesse, a contribué de
façon dynamique et importante à la collecte et à l’analyse des données, mais
aussi à faire des quatre mois d’enquêtes un moment agréable, en particulier
durant les longues soirées au gîte.
Je remercie également les éleveurs du Davantaygue pour le temps qu’ils ont bien
voulu consacrer à nos enquêtes et pour leur accueil. Je garde de très bons
souvenirs de nombreuses familles et j’espère que mes travaux leur apporteront
quelque chose, d’une façon ou d’une autre.
Bien sûr, je remercie ma famille, qui a été éprouvée durant les dernières années,
et je tiens à les assurer que, malgré la distance que j'ai parfois prise en me
consacrant à mes recherches, leur présence m'est plus précieuse que mes
travaux.
Glossaire
Introduction générale p 1
Chapitre 1 p 5
Chapitre 3 p 61
Partie A p 62
Caractéristiques et évolution de l’agriculture dans la zone
d’étude
Partie B p 83
Diversité des exploitations et stratégie de gestion de l’espace
Partie C p 154
Dynamique de l’agriculture locale depuis les années 50
Chapitre 4 p 179
Chapitre 5 p 227
Annexes
Index des figures
Figure 9 : Phases de cohérence dans les trajectoires des exploitations agricoles au sein p 40
du cycle de vie d’un exploitant (T= évènement ou changement d’un élément de l’EA)
d’après Moulin et al., 2004.
Figure 10: Mes bases de caractérisation de la diversité des trajectoires des exploitations p 41
agricoles
Figure 12: Localisation de la zone d’étude dans le Parc National des Pyrénées p 44
Figure 18: Exemple de modèle entité-relation pour construire une base de données p 56
spatialisées (source : Toillier, 2002)
Figure 22 : Evolutions des effectifs des troupeaux ovins et bovins dans le département p 68
des Hautes-Pyrénées (d’après Buffière, 1997)
Figure 26 : Evolution de la surface agricole (ha) utilisée par les exploitations des p 71
communes de la zone d’étude (source Agreste)
Figure 29 : Evolution des systèmes d’élevage et de leur utilisation des versants dans la p 74
zone d’étude
Figure 32 : Part d’exploitations utilisant des pacages collectifs par zones agricoles dans p 78
le massif pyrénéen (d’après SUAIA Pyrénées, 2002)
Figure 33 : Nombre total d’UGB par canton dans le massif pyrénéen (d’après Agreste, p 80
2002)
Figure 34 : Age moyen des chefs d’exploitation par canton dans le massif pyrénéen p 81
(d’après Agreste, 2002)
Figure 35 : Type d’activité des ménages par zone agricole dans le massif pyrénéen p 82
(d’après Agreste, 2002)
Figure 37: Les sources de revenu non agricole des familles dans les exploitations de la p 89
zone d’étude
Figure 38 : Tableau récapitulatif des critères de la diversité des familles agricoles p 93
Figure 39: Nombre de mères dans les troupeaux mixtes allaitants ( ), bovins allaitants p 97
( ) et ovins allaitants (S)
Figure 40: Relations entre les orientations productives et types de familles agricoles : p 98
les grands types de systèmes famille-exploitation
Figure 41 : Les différents cas de figure de localisation des structures spatiales de base p 102
et surfaces complémentaires en référence aux communes enquêtées.
Figure 43: Représentation des classes de SSB sur les plans factoriels de l’ACP et p 105
cercles des corrélations des variables aux axes
Figure 50: Représentation des classes de modalités d’abandon sur les plans factoriels de p 112
l’ACP et cercles des corrélations des variables aux axes
Figure 51: Exemple d’exploitation avec abandon de petites parcelles (EA 37 sur la p 114
commune de Saint Pastous).
Figure 52: Exemple d’exploitation avec abandon de parcelles difficiles d’accès (EA 7 p 114
sur la commune d’Artalens-Souin).
Figure 53: Exemple d’exploitation avec abandon de parcelles à forte pente (EA 19 sur p 115
la commune d’Artalens-Souin).
Figure 54 : Le choix des races bovines dans les exploitations étudiées p 118
Figure 55: Calendriers de vêlage, période de vente des veaux et types de produits p 120
vendus dans les exploitations étudiées
Figure 56 : Les variantes de conduite du troupeau et de valorisation des produits dans p 123
les troupeaux bovins allaitants dans la zone d’étude.
Figure 57 : Les variantes des systèmes de pâturage des troupeaux bovins allaitants de p 128
la zone d’étude : c système de type traditionnel (ou adapté); d système avec
allotement et e système avec repli.
Figure 59 : Les variantes de conduite et de valorisation des produits des troupeaux p 134
ovins allaitants dans la zone d’étude.
Figure 60 : Les variantes des systèmes de pâturage des troupeaux ovins allaitants de la p 137
zone d’étude : c système de type traditionnel (ou adapté); d système avec allotement
et e système avec repli.
Figure 61 : Part des surfaces non utilisées dans les exploitations p 141
Figure 62: Chargement sur les prairies permanentes des exploitations de la zone p 143
d’étude (pour des raisons d’échelle, les EA 34 (7.6 UGB/ha) et 18 (4.0 UGB/ha) ne
sont pas représentées)
Figure 63 : Relation entre le chargement sur les prairies permanentes et le nombre p 143
total d’UGB
Figure 64 : Part des pacages dans les surfaces de prairies permanentes des exploitations p 144
Figure 66: Données de base pour l’élaboration de la typologie d’utilisation des terres de p 149
l’exploitation. Les variables illustratives sont présentées sur fond gris en italique.
Figure 67 : Localisation des parcelles des exploitations qui ne réalisent pas une gestion p 152
de leur territoire capable d’en assurer l’entretien
Figure 69: évolutions des orientations productives et de la taille des exploitations p 160
créées après 1950
Figure 70 : Illustration des différentes classes d’occupation du sol retenues pour p 181
l’étude : 1 = Bâti ; 2 = Culture ; 3 = Prairie ; 4 = Prairie Colonisée ; 5 = Perchis et 6
= Forêt
Figure 71 : Localisation des différents types de couverts dans le paysage, Ladet, 2005 p 181
(photographie : Ladet, 2001)
Figure 72 : Evolution de chaque classe d’occupation du sol en pourcentage de la p 182
surface totale considérée.
Figure 73 : Carte d’évolution des classes d’occupation du sol entre 1948 et 2001 p 183
(source : Vigneron, 2005)
Figure 74 : Les parcelles des exploitations agricoles actuelles dans le paysage agricole p 184
de Villelongue
Figure 75: Changement dans l’utilisation agricole du sol sur le territoire des p 193
exploitations agricoles actuelles de Villelongue entre 1950-2003 (proportion de la
surface totale des exploitations actuelles)
Figure 77: Représentation schématique des temporalités des changements d’utilisation p 195
du sol à Villelongue sur la période 1950-2001.
Figure 78: Localisation des histoires culturales sur le territoire de Villelongue pour la p 197
période 1950-2003. Les zones délimitées par des lignes pointillées correspondent aux
terroirs traditionnels (Mottet et al., 2005)
Figure 79: Altitudes et pentes des parcelles groupées par types d’utilisation du sol en p 198
1950 et en 2003 dans les terroirs de village (a) et dans les terroirs de granges (b) à
Villelongue.
Figure 80: Altitudes et pentes des parcelles groupées par types d’histoires culturales p 200
dans les terroirs de village (a) et dans les terroirs de granges (b) à Villelongue.
Figure 82: Changement dans l’utilisation agricole du sol sur le territoire des p 203
exploitations agricoles actuelles des quatre communes entre 1950-2003 (proportion de
la surface totale des exploitations actuelles)
Figure 83: Dynamiques dans l’utilisation agricole du sol sur le territoire des p 203
exploitations agricoles actuelles des quatre communes entre 1950-2003 (proportion de
la surface totale des exploitations actuelles)
Figure 85: Abondance du frêne en fonction de types d’utilisation du sol au niveau du p 213
transect
Figure 86: Différences de résultats dues aux hétérogénéités d’utilisation du sol intra- p 214
parcellaire. Les histogrammes en pointillé représentent les cas où l’utilisation du sol est
pacage au niveau du transect mais prés de fauche au niveau de la parcelle.
Figure 87: Projection dans le modèle de référence : projection des 98 transects (a) et p 214
projection des transects avec du frêne seulement (b).
Figure 88: Abondance du frêne en fonction de l’intensité de pâturage. p 215
Figure 89: (a) Projection des 31 transects de pacages dans le modèle de référence. (b) p 216
Intensité de pâturage et fertilité des 31 transects de pacages
Figure 91 : Stades dans la dynamique des couverts végétaux (source : Gibon et al., p 223
2004)
Figures 92: Vue 3D du paysage de Villelongue en 2020 si l’utilisation du sol reste telle p 224
qu’elle était en 2003 (bois de frênes= orange, prairies colonisées= vert)
Figures 93: Vue 3D du paysage de Villelongue en 2020 en tenant compte des p 224
perspectives d’évolution des exploitations agricoles (bois de frênes = orange, prairies
colonisées = vert)
Figure 94 : Les exploitations qui auront disparu en 2020 : situation de leurs parcelles p 231
dans le paysage du Daventaygue
Figure 95 : Les exploitations qui n’auront pas disparu en 2020 : situation de leurs p 231
parcelles dans le paysage du Daventaygue
Tableau 1 p 43
Données thématiques à collecter et objectifs de l’étude
Tableau 2 p 46
Résultats du croisement des typologies de communes (Gibon et al., 1999a) pour le
Davantaygue
Tableau 3 p 49
Premier passage et collecte des données thématiques au niveau de l’exploitation
Tableau 4 p 50
Deuxième passage et collecte des données thématiques au niveau de la parcelle
Tableau 5 p 51
Répartition des exploitations enquêtées en 2003 sur les quatre communes de la zone
d’étude
Tableau 6 p 55
Les trois principales façons d’étudier des dynamiques spatiales en mobilisant un SIG
illustrées à partir de trois problématiques agri-environnementales différentes (Toillier,
2002)
Tableau 7 p 58
Modalités d’historisation des données dans la base de données Excel
Tableau 8 p 65
Les différents niveaux de gestion des systèmes agro-sylvo-pastoraux des Pyrénées
Bigourdanes, leurs objectifs et les moyens coutumiers mis en place (d’après Cantala,
2002)
Tableau 9 p 84
Les moments dans le cycle de vie en référence à la structure de la famille
Tableau 10 p 87
Critères utilisés pour caractériser la diversité des familles agricoles de la zone d’étude
Tableau 11 p 88
Succession et moment dans le cycle de vie des familles agricoles de la zone d’étude
Tableau 12 p 91
Le collectif de travail dans les familles agricoles de la zone d’étude : travail extérieur
et composition de la famille
Tableau 13 p 96
Orientations de production des exploitations agricoles de la zone d’étude
Tableau 14 p 100
Les indicateurs de la diversité des structures spatiales en fonction des contraintes et
atouts jouant sur la fauche et le pâturage (source : Marcadet, 2003)
Tableau 15 p 102
Les exploitations de l’enquête ayant des terres sur plusieurs communes.
Tableau 16 p 103
Moyenne, minimum et maximum des variables utilisées pour l’analyse des SSB
Tableau 17 p 115
Types principaux de SSB et de modalités d’abandon dans les exploitations de la zone
d’étude
Tableau 18 p 116
Types détaillés de SSB et de modalités d’abandon dans les exploitations de la zone
d’étude
Tableau 19 p 122
Les types de conduite et valorisation des produits des troupeaux bovins allaitant dans
la zone d’étude
Tableau 20 p 125
Les systèmes de pâturage des bovins dans les exploitations étudiées
Tableau 21 p 128
Les relations entre les systèmes de pâturage et de conduite et valorisation des
troupeaux bovins
Tableau 22 p 130
Les races et la conduite génétique dans les 26 exploitations ovines
Tableau 23 p 133
Les types de conduite et valorisation des produits des troupeaux ovins allaitant dans
la zone d’étude
Tableau 24 p 135
Les systèmes de pâturage des ovins dans les exploitations étudiées
Tableau 25 p 138
Les relations entre les systèmes de pâturage et de conduite et valorisation des
troupeaux ovins
Tableau 26 p 139
Répartition des élevages allaitants mixtes ovin-bovin selon les types de systèmes de
pâturage
Tableau 27 p 142
Part de surface non utilisée dans le territoire des exploitations de la zone d’étude
Tableau 28 p 144
Chargement brut sur les prairies permanentes des exploitations de la zone d’étude
Tableau 29 p 154
Critères thématiques retenus pour l’étude des trajectoires des exploitations agricoles*
Tableau 30 p 156
Périodes d’installation des différentes générations qui se succèdent sur les
exploitations agricoles
Tableau 31 p 157
Comparaison données RGA 1955 et données de l’enquête pour les 4 communes de la
zone d’étude
Tableau 32 p 161
Evolutions structurelles (orientations de production et taille) des exploitations de la
zone d’étude
Tableau 33 p 162
Périodes d’acquisition de parcelles dans les 19 exploitations avec trajectoire
d’agrandissement
Tableau 34 p 163
Ré-utilisation de parcelles après une période de non-utilisation
Tableau 35 p 163
Ré-utilisation de parcelles de la zone d’étude et types d’évolutions structurelles des
exploitations
Tableau 36 p 164
Origine des surfaces non utilisées dans les exploitations de la zone d’étude
Tableau 37 p 164
Arrêt d’utilisation de parcelles selon les trajectoires d’évolution des les exploitations
de la zone d’étude
Tableau 38 p 165
Origine des surfaces non utilisées (espaces en transition et bois) dans les exploitations
de la zone d’étude
Tableau 39 p 166
Evolutions structurelles sans changement de cohérence et cycle de vie des familles
Tableau 40 p 168
Evolutions structurelles avec changement de cohérence et cycle de vie des familles
Tableau 41 p 180
Description des classes d’occupation du sol
Tableau 42 p 182
Evolution des classes d’occupation du sol à Villelongue (source : Vigneron, 2005)
Tableau 43 p 186
Description des types d’utilisation agricole du sol
Tableau 44 p 190
Description des facteurs déterminants de l’utilisation actuelle du sol à Villelongue
Tableau 45 p 191
Matrice croisée entre les types d’utilisation agricole en 1950 et en 2003.*
Tableau 46 p 192
Histoires culturales des prés de fauche entre 1950 et 2003
Tableau 47 p 196
Type d’utilisation des parcelles dans chaque type de terroirs
Table 48 p 196
Type d’histoire culturale des parcelles dans chaque type de terroirs
Tableau 49 p 201
Utilisation du sol dans les exploitations de Villelongue*
Tableau 50 p 201
Mode de faire-valoir dans les exploitations de Villelongue*
Tableau 51 p 212
Tests conduits pour étudier les corrélations entre les différentes variables étudiées
Tableau 52 p 212
Présence / absence du frêne en fonction des types l’utilisation actuels du sol au
niveau des transects
Tableau 53 p 217
Présence / absence du frêne en fonction de l’histoire culturale du
transect
Tableau 54 p 217
Présence /absence du frêne sur les transects de pacage et intensité de pâturage
(eq. jour-UGB/ha) pour chaque type d’histoire culturale.
Tableau 55 p 236
Utilisation actuelle des terres dans les exploitations qui auront disparu en 2020
Glossaire
La population des hautes vallées sera sans doute réduite à quelques gros éleveurs
tandis que la forêt, autour des îlots exploités regagnera la plus grande partie du
terrain que des millénaires d’activité rurale lui avaient fait perdre.
Introduction générale
-1-
Introduction générale
disciplines (par exemple Deffontaines et al., 1995 ; Holling et al., 1998 ; Papy,
1999 ; Lambin et al., 2001 ; Lambin, 2005). Dans ces cadres théoriques,
l’interdisciplinarité des approches est désormais reconnue comme nécessaire,
sinon essentielle.
L’hypothèse de base dans mon travail de thèse est que les activités d’élevage en
montagne peuvent être vues comme les pilotes des processus écologiques, en
particulier celui du boisement naturel: elles conditionnent la colonisation des
parcelles par des espèces ligneuses et leur développement. Pour tenter de
contribuer à la recherche sur les relations agriculture-paysage aujourd’hui dans
les Pyrénées, j’ai choisi de me doter d’un cadre d’approche intégré en
m’intéressant au fonctionnement de l’élevage et de la gestion de l’espace par les
éleveurs. En tant qu’agronome, j’ai dû me situer entre deux champs de
compétences tels que définis par Lemaire & Meynard (1998) permettant
d’identifier et de formaliser les deux types de contraintes pesant aujourd’hui sur
l’élevage en montagne: les contraintes techniques, économique et sociales de
production et les contraintes environnementales.
La connaissance du passé permettant de comprendre le présent et les
perspectives futures (Antrop, 2005), j’ai choisi de m’intéresser aux
transformations dans le temps des relations entre l’élevage et son environnement
ce qui m’a amenée à adopter une démarche « historique » par rapport aux
questions posées.
-2-
Introduction générale
-3-
-4-
Chapitre 1 : Problématique et question de recherche
Chapitre 1
Problématique et question de
recherche
-5-
Chapitre 1 : Problématique et question de recherche
-6-
Chapitre 1 : Problématique et question de recherche
-7-
Chapitre 1 : Problématique et question de recherche
-8-
Chapitre 1 : Problématique et question de recherche
Les enjeux les plus clairement partagés par les organismes impliqués dans la
gestion des territoires portent sur le paysage, l’écologie (conservation
patrimoniale, biodiversité...) la production de bois et la chasse (cf conclusions de
l’enquête du GIP ECOFOR auprès des Directions Départementales de
l’Agriculture et de la Forêt, des Chambres d’Agriculture, des Directions
Régionales de l’Environnement, des Parcs régionaux et nationaux…)
-9-
Chapitre 1 : Problématique et question de recherche
1
[Link]
- 10 -
Chapitre 1 : Problématique et question de recherche
1
Le programme mobilise actuellement 5 chercheurs (une zootechnicienne, deux écologues et
deux forestiers), un enseignant-chercheur, un ingénieur en système d’informations géographiques
et bases de données et deux doctorantes (une agronome et une écologue).
- 11 -
Chapitre 1 : Problématique et question de recherche
1
[Link]
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Chapitre 1 : Problématique et question de recherche
- 13 -
Chapitre 1 : Problématique et question de recherche
On peut aussi observer des espaces pâturés, privés ou collectifs, faisant l’objet
d’une mise en valeur agricole, et qui pourtant s’enfrichent (Figures 2).
Etant donné les différentes situations de terrain dont nous venons de parler, il
semble important à ce stade de se doter d’une définition adaptée de l’abandon
agricole. Nous considérons donc que le terme d’abandon agricole (land
abandonment) doit être pris selon la définition de Baudry (1991) c'est-à-dire
qu’il ne se réduit pas seulement à l’arrêt d’une mise en valeur
agricole mais peut aussi correspondre à un changement dans
l’utilisation agricole du sol, d’un usage traditionnel à un usage moins
intensif.
- 14 -
Chapitre 1 : Problématique et question de recherche
- 15 -
Chapitre 1 : Problématique et question de recherche
3.2. Un travail qui porte sur les terres privées, espaces les plus
marqués par les boisements spontanés
L’UMR Dynafor a choisi de travailler sur la partie du paysage qui correspond
aux terres privées des exploitations agricoles. Ce sont les zones où les
transformations dans l’utilisation de l’espace ont été les plus importantes
(Gibon, 1981) et où le boisement spontané par le frêne est le plus développé.
On sait par ailleurs que l’enfrichement sur les pâturages collectifs relève d’autres
dynamiques. En effet, la pression de pâturage sur ces surfaces a globalement
- 16 -
Chapitre 1 : Problématique et question de recherche
- 17 -
Chapitre 1 : Problématique et question de recherche
C’est donc à partir des années 50 que je mènerai mon étude des
transformations de l’élevage et de l’abandon agricole.
Le système d’élevage est aujourd’hui une notion de base pour la recherche sur
l’élevage, son histoire et ses rôles dans la société (Beranger & Vissac, 1994).
Cette notion repose sur l’étude socio-technique des pratiques des éleveurs et leur
évaluation au travers de la modélisation systémique. Nous développerons plus
loin ces bases. Mais il est important de signaler ici que la notion de système
d’élevage est largement polysémique. Dans la formulation de ma question de
recherche, je considère le système d’élevage comme « l’organisation des éléments
qu’une société met en œuvre pour satisfaire ses besoins sur un territoire à
travers l’élevage des animaux et leurs productions » (Beranger & Vissac, 1994).
Cette définition est plus large et plus englobante que la notion de système
- 18 -
Chapitre 1 : Problématique et question de recherche
Comme nous l’avons vu, je choisis une approche fonctionnelle des logiques
d’utilisation agricole de l’espace et de leurs transformations en cherchant à les
replacer dans la dynamique locale de développement de l’agriculture. Je cherche
donc à comprendre d’une part les stratégies d’utilisation de l’espace par les
éleveurs au niveau de leur exploitation et leurs transformations et d’autre part
les dynamiques de l’utilisation agricole du territoire depuis 1950.
Dans le cadre d’une analyse fonctionnelle des exploitations, il est difficile d’avoir
accès aux éléments nécessaires pour l’étude des exploitations aujourd’hui
disparues. Je concentrerai mes recherches sur le territoire des exploitations
agricoles actuelles. Je fais l’hypothèse que l’étude des exploitations qui existent
encore aujourd’hui et de leur historique est suffisante pour éclairer les
dynamiques passées. Je fonde aussi mon choix sur les priorités de la recherche
pour l’action. Si les espaces abandonnés par les exploitations qui n’existent plus
sont soumis au boisement spontané depuis leur abandon et font partie des
éléments qui composent le paysage, ils ne font cependant plus l’objet d’une
gestion agricole aujourd’hui et ne sont pas rattachés à une exploitation en
activité1. Travailler sur le territoire des exploitations actuelles revient à se
concentrer sur la partie du territoire sur laquelle portent les enjeux liés au
développement de l’agriculture et à la maîtrise du boisement spontané. C’est sur
ce territoire que la gestion agricole peut aujourd’hui être orientée.
1
Ils pourraient être ré-utilisés un jour, mais nous étudierons la ré-utilisation de terres
abandonnées au sein des exploitations en activité. Par ailleurs, les parcelles où les accrus sont
devenus des arbres potentiellement exploitables sortent de la logique purement agricole et
relèvent d’une gestion sylvicole.
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Chapitre 2 : Démarche générale : cadre théorique, méthode et dispositif d’étude
Chapitre 2
Démarche générale : cadre théorique,
méthode et dispositif d’étude
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Chapitre 2 : Démarche générale : cadre théorique, méthode et dispositif d’étude
L’étude des évolutions des exploitations d’élevage depuis 1950 (temps long c'est-
à-dire non cyclique) me permettra de rendre compte de la dynamique passée de
développement de l’agriculture et d’étudier la place de l’abandon dans cette
dynamique.
1
Tout comme Camacho (2004), nous distinguerons l’enquête qui désigne notre méthodologie
générale de recherche et l’enquête en exploitation qui désigne la méthode de collecte des données
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Chapitre 2 : Démarche générale : cadre théorique, méthode et dispositif d’étude
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Chapitre 2 : Démarche générale : cadre théorique, méthode et dispositif d’étude
1
Nous verrons par la suite que cette intégration peut demander d’affiner le travail de
l’agronome à l’échelle intra-parcellaire.
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Chapitre 2 : Démarche générale : cadre théorique, méthode et dispositif d’étude
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Chapitre 2 : Démarche générale : cadre théorique, méthode et dispositif d’étude
Rémy, 2000). Comme la notion d’activité agricole, elle fait depuis une quinzaine
d’années l’objet de multiples révisions, y compris juridiques en raison des
transformations de l’agriculture et en particulier de la reconnaissance dans les
politiques publiques de la multifonctionnalité de l’activité agricole (Peignot,
2002).
Premièrement, nous devons aborder les exploitations sur une durée plus longue
que celle correspondant à l’exploitant actuel. Cela implique que nous devrons
tenir compte de la succession, qui reste peu étudiée dans les travaux
d’agronomie. La plupart du temps les installations dans un cadre familial se font
sous la forme de « reprise » d’une exploitation préexistante qui appartenait aux
parents ou à d’autres collatéraux. Dans le cas d’une installation « hors cadre
familial », le plus souvent, l’installation se fait par acquisition d’une exploitation
en cessation d’activité. Dans la zone d’étude, la constitution de toutes pièces
d’une exploitation est rare, ce qui est dû à la relative persistance du
fonctionnement passé de la société rurale locale en termes de succession comme
nous le verrons plus loin.
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Chapitre 2 : Démarche générale : cadre théorique, méthode et dispositif d’étude
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Chapitre 2 : Démarche générale : cadre théorique, méthode et dispositif d’étude
l’INRA). C’est dans la lignée de ces considérations que fut développée l’approche
globale de l’exploitation agricole :
On peut considérer que cette approche globale repose sur 4 postulats énoncés
par Capillon et al. (1975) :
c L’EA est vue comme un système ;
d Ce sont les décisions des agents du système qui le font évoluer d’un état à un
autre ;
e Le lien famille-exploitation a une influence déterminante sur le
fonctionnement de l’EA ;
f La connaissance des possibilités d’évolution et de réactions futures de l’EA
nécessite une analyse de son histoire
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Chapitre 2 : Démarche générale : cadre théorique, méthode et dispositif d’étude
Sous-système de pilotage
Sous-système technologique
Figure 3: La décomposition d’un système complexe en sous-systèmes et en
modules dans le cas de l’entreprise (d’après Mélèse, 1982)
- 29 -
Chapitre 2 : Démarche générale : cadre théorique, méthode et dispositif d’étude
Sous-système
Intérieur du système
Environnement
Limite du système Rétroaction
- 30 -
Chapitre 2 : Démarche générale : cadre théorique, méthode et dispositif d’étude
Sous-système de mémorisation
Sous-système de décision
Pratiques
INTRANTS EXTRANTS
Information Sous-système opérant Information
Energie Energie
Argent Matériaux: produits
Matériaux Sous-produits: déchets
- 31 -
Chapitre 2 : Démarche générale : cadre théorique, méthode et dispositif d’étude
- 32 -
Chapitre 2 : Démarche générale : cadre théorique, méthode et dispositif d’étude
Conduite du
troupeau
Système Valorisation
fourrager des produits
Système d’élevage
- 33 -
Chapitre 2 : Démarche générale : cadre théorique, méthode et dispositif d’étude
Je chercherai à comprendre les changements en tant que tels, afin d’en analyser
les causes et les conséquences et à situer l’abandon agricole dans les trajectoires
des exploitations. Pour cela, je m’appuierai sur le concept de trajectoire
d’exploitation. Je retiendrai des travaux de Capillon une approche globale du
temps long : définir des étapes et comprendre les modalités de passage d’une
étape à une autre. Je m’inspirerai de travaux plus récents comme ceux de
Toillier (2002) et Moulin et al. (2004) pour développer ma méthode d’analyse.
Il existe différents travaux qui ont tenté de dresser un bilan des différentes
méthodes de typologies existantes en fonction de leurs objectifs. Nous nous
appuyons ici principalement sur le travail de Cerf et al. (1987) et de Dobremez
et Bousset (1996). Ces auteurs reconnaissent que les méthodes de typologies
diffèrent selon les questions de recherche.
Passons très rapidement sur les typologies basées sur les statistiques agricoles ou
des éléments de comptabilité des exploitations (sources SCEES, centres de
gestion…) qui aboutissent à la définition d’OTEX et qui ne sont pas des
typologies de fonctionnement.
Les typologies reposant sur l’approche globale de l’exploitation agricole servent
souvent de base pour émettre des propositions de recherche ou de
- 34 -
Chapitre 2 : Démarche générale : cadre théorique, méthode et dispositif d’étude
- 35 -
Chapitre 2 : Démarche générale : cadre théorique, méthode et dispositif d’étude
Conduite du
troupeau
Système Valorisation
fourrager des produits
Système d’élevage
- Pratiques de pâturage
-Types de produits
- Pratiques de constitution des stocks
- Périodes de commercialisation
- Pratiques d’hivernage
- 36 -
Chapitre 2 : Démarche générale : cadre théorique, méthode et dispositif d’étude
- 37 -
Chapitre 2 : Démarche générale : cadre théorique, méthode et dispositif d’étude
1
Une grange foraine est une grange annexe située en altitude, dans des terroirs éloignés des
bâtiments principaux. Pour une description de leur utilisation, se reporter au chapitre 3, I, 4.
- 38 -
Chapitre 2 : Démarche générale : cadre théorique, méthode et dispositif d’étude
FAMILLE
Moment dans
Composition cycle de vie
Système d’activité
Contraintes naturelles
Conduite du
troupeau
Système Valorisation
fourrager des produits
EXPLOITATION
Figure 8: Base de caractérisation de la diversité des exploitations agricoles pour
l’étude de la gestion de l’espace par l’élevage (adapté de Gibon, 1999)
- 39 -
Chapitre 2 : Démarche générale : cadre théorique, méthode et dispositif d’étude
Nous considérons que les évolutions dans le temps des exploitations agricoles
peuvent être retracées grâce à la connaissance des états aux dates initiale, finale
et intermédiaires ainsi que des changements affectant le système famille-
exploitation au cours du temps. Moulin et al. (2004) ont récemment mis au
point un cadre d’analyse des changements d’organisation et de conduite
d’élevage. Il s’agit d’étudier l’historique de l’exploitation et d’établir une
typologie manuelle en identifiant des phases de cohérence (ou «phases qui
marquent le cycle de vie », selon Landais, 1996). Les changements qui affectent
les exploitations sont analysés grâce à un apport des sciences de gestion où l’on
distingue changement exceptionnel et changement continu (Desrumeaux, 1986,
cité par Moulin et al., 2004). On parle de changement continu lorsqu’il résulte
de modifications ou d’ajustements apparemment mineurs dans la structure de
base. Il s’agit de repérer si on reste dans la même cohérence (modification) ou si
on change de cohérence (transformation) (voir figure 9). Moulin et al. précisent
que l’analyse des cohérences successives peut porter sur différents niveaux
d’organisation (une activité parmi d’autres ou l’ensemble des activités).
Temps
Cohérence 1 Cohérence 2
EA
- 40 -
Chapitre 2 : Démarche générale : cadre théorique, méthode et dispositif d’étude
Structure spatiale
Contraintes naturelles
Système technique d’élevage
Structure spatiale Système technique d’élevage
Conduite du
troupeau
Contraintes naturelles
Système Valorisation
fourrager
Conduite du des produits
Contraintes naturelles troupeau
Relation aux bâtiments Système Valorisation
Conduite du
fourrager des produits
troupeau
Arrangement du territoire de l’EA
Système Valorisation 1950
Relation aux bâtiments fourrager des produits
Arrangement du territoire de l’EA
Relation aux bâtiments EXPLOITATION
Arrangement du territoire de l’EA
EXPLOITATION
EXPLOITATION Trajectoire
2003
Figure 10: Mes bases de caractérisation de la diversité des trajectoires des
exploitations agricoles
- 41 -
Chapitre 2 : Démarche générale : cadre théorique, méthode et dispositif d’étude
1950 1960 Date repère 1 1970 Date repère 2 1980 1990Date repère 3 2003
Système de production
Système d’élevage
Bovins
Effectif, race, types de produits
Système fourrager
Gardiennage, GF, estives…
Equipement/matériel
Main d’oeuvre
Changements du
S. de production
Structure spatiale 15 ha 15 ha
Sup. tot.
Superficie totale, SAU
11 ha
Cessions, acquisitions, Achat Abandon Reprise
abandons PU 1 PU 2 PU 2
Cycle familial
Reprise
Composition, activités… par le fils
Etapes
Modalités de passage
Etape 1 Etape 2 Etape 3
- 42 -
Chapitre 2 : Démarche générale : cadre théorique, méthode et dispositif d’étude
Tableau 1
Données thématiques à collecter et objectifs de l’étude
Thème Objectif
Exploitation Caractéristiques générales de l’exploitation
Utilisation de la surface totale Caractérisation des systèmes
Gestion des fourrages et conduite des d’élevages (structure et
surfaces fourragères fonctionnement)
Troupeaux
Sources de revenus et niveau
Primes et subventions
de dépendance
Organisation générale du travail sur
Eléments de compréhension
l’exploitation
globale du fonctionnement du
Atouts et contraintes de l’exploitation
système
Projets de développement
Historique et perspectives de Caractérisation des
l’exploitation trajectoires des exploitations
- 43 -
Chapitre 2 : Démarche générale : cadre théorique, méthode et dispositif d’étude
Paris
Toulouse
Parc National
des Pyrénées
France
Daventaygue
Espagne
Figure 12: Localisation de la zone d’étude dans le Parc National des Pyrénées
- 44 -
Chapitre 2 : Démarche générale : cadre théorique, méthode et dispositif d’étude
avril)1. Une caractérisation des sols a été conduite en 2005 sur 20 parcelles de
Villelongue (Julien et al., 2005). Cette étude a montré que les sols sont
majoritairement des brunisols, d’épaisseur relativement importante qui
présentent une quantité abondante de matière organique, un taux de
minéralisation élevé et qui ont un bon potentiel agricole (Duchaufour, 1983;
Baize & Girard, 1995).
1
Source Météo France, années 1983 à 2001
- 45 -
Chapitre 2 : Démarche générale : cadre théorique, méthode et dispositif d’étude
Tableau 2
Résultats du croisement des typologies de communes (Gibon et al., 1999a) pour le Davantaygue
Types de trajectoire
Types de structure de commune Lente et constante déprise Reprise démographique
démographique et agricole et agriculture stable
Villelongue
Vivantes et touristiques, élevage ovin Beaucens
Boo-Silhen
Ayros-Arbouix
Vivantes à caractère agricole marqué Vier-Bordes
Préchac
Moins touristiques en déclin démographique, Artalens-Souin
élevage montagnard classique Saint-Pastous
Les communes retenues pour l’analyse sont soulignées
- 46 -
Chapitre 2 : Démarche générale : cadre théorique, méthode et dispositif d’étude
- 47 -
Chapitre 2 : Démarche générale : cadre théorique, méthode et dispositif d’étude
Comme nous l’avons vu, les données à collecter pour répondre à ma question de
recherche sont nombreuses, de nature différente, et relèvent de deux niveaux
d’organisation différents relatifs aux deux entrées retenues, l’exploitation et le
territoire. Ma question de thèse demande d’articuler la collecte d’informations
sur le fonctionnement global et technique des exploitations et son évolution
depuis 1950 et celle d’informations précises sur les pratiques actuelles et passées
d’utilisation des parcelles au sein de ces exploitations. La conception du
protocole d’enquête et d’analyse de données a relevé d’un travail d’équipe. Elle
s’est appuyée fortement sur les travaux antérieurs d’A. Gibon sur la durabilité
de l’élevage dans les Pyrénées Centrales (Gibon, 1994b ; Gibon, 1999) et sur des
travaux préliminaires effectués dans le cadre de la mise de place du programme
interdisciplinaire de recherche sur le boisement spontané (Cantala, 2002 ;
Toillier, 2002). Dans la conduite de cette enquête, j’ai bénéficié de la
collaboration d’une étudiante de DAA qui a participé aux travaux de l’équipe
en 2003 (Marcadet, 2003). La mise au point du protocole de gestion des données
s’est pour partie inscrite dans le développement d’un Système d’Information
Géographique global de l’équipe (Ladet & Gibon, 2004).
Un deuxième passage porte sur une enquête détaillée sur le parcellaire et son
utilisation (Tableau 4). L’objectif est de collecter des informations détaillées sur
les caractéristiques des parcelles agronomiques, leur gestion et l’histoire de leur
utilisation depuis 1950. L’entretien est basé sur un ensemble de supports
graphiques représentant l’ensemble des parcelles cadastrales de l’exploitation sur
fond de carte topographique IGN 1/25 000 et de photo aérienne (voir exemple
Figure 15). Ces supports ont été confectionnés par S. Ladet, l’ingénieur
informatique du laboratoire et un de ses collaborateurs, à partir des déclarations
PAC et des registres parcellaires de la MSA des exploitations communiqués par
les exploitants lors du premier passage. La liste de parcelles de l’exploitation est
saisie dans une base de données Access® (voir plus loin) couplée avec un SIG
qui permet d’éditer l’ensemble des supports graphiques nécessaires.
- 48 -
Chapitre 2 : Démarche générale : cadre théorique, méthode et dispositif d’étude
Tableau 3
Premier passage et collecte des données thématiques au niveau de l’exploitation
Thème Critères
Composition de la famille
Caractéristiques générales de Orientations des productions
l’exploitation Sources de revenu
Bâtiments
Foncier et parcellaire
Utilisation de la surface totale
Répartition de la surface par type d’utilisation
Gestion des fourrages et conduite Achat/vente de fourrages
des surfaces fourragères Pratiques de récolte et de fertilisation
Pour chaque espèce :
Effectif
Type et conduite du matériel animal
Troupeaux Conduite de la reproduction
Types de produits et commercialisation
Conduite de l’alimentation
Pratiques d’estivage, d’hivernage, de pâturage
Primes et subventions Prime à l’herbe, ICHN, PMTVA, PSBM…
Organisation générale du travail Périodes de chaque type de tâche
sur l’exploitation Périodes de pointe
Parcellaire
Atouts et contraintes de Mode de faire-valoir
l’exploitation Utilisation des terres
Cheptel
Acquisition/cession de parcelles
Orientations de production
Projets de développement
Matériel…
Activité non agricole
Installations successives
Historique et perspectives de Modifications structurelles
l’exploitation Evènements particuliers
Perspectives de successions
1
Les questionnaires d’enquête sont disponibles sur demande à l’UMR Dynafor
- 49 -
Chapitre 2 : Démarche générale : cadre théorique, méthode et dispositif d’étude
Tableau 4
Deuxième passage et collecte des données thématiques au niveau de la parcelle
Thème Variables
Rattachement de la parcelle à Date d’acquisition et mode de faire valoir
l’exploitation
Organisation de la gestion globale Délimitation des parcelles agronomiques
du parcellaire
Pratiques d’utilisation du sol et Types d’utilisation du sol + historique depuis 1950
historique Itinéraire technique + historique depuis 1950
Organisation du pâturage Circuit de pâturage des différents lots
Caractéristiques structurelles Accès, éloignement, point d’eau…
Contraintes agronomiques Pierrosité, arbres isolés, mouillère, pente…
- 50 -
Chapitre 2 : Démarche générale : cadre théorique, méthode et dispositif d’étude
Tableau 5
Répartition des exploitations enquêtées en 2003 sur les quatre communes de la zone d’étude
Artalens- Vier- St
Villelongue Total
Souin Bordes Pastous
EA dont le siège se situe sur la commune 6 10 5 10 31
EA ayant des terres sur la commune (1) 2 5 2 8
(siège à St Pastous)
Total 6 12 10 12 40
- 51 -
Chapitre 2 : Démarche générale : cadre théorique, méthode et dispositif d’étude
Famille
(données sur le chef d’exploitation, la composition de la famille, la
Caractéristiques structurelles de l’exploitation main d’œuvre familiale)
(SAU, surface totale, mode de faire valoir, orientations
de production, accueil…)
Conduite des troupeaux
(génétique, renouvellement…)
Autres production
(caprins, équins…)
- 52 -
Chapitre 2 : Démarche générale : cadre théorique, méthode et dispositif d’étude
- 53 -
Chapitre 2 : Démarche générale : cadre théorique, méthode et dispositif d’étude
La deuxième croise les tables thématiques de toutes les entités spatiales définies
chaque jour et permet d’obtenir l’unité spatiale élémentaire d’utilisation.
Enfin la troisième présente une forme de gestion par mutation : elle ne garde
que les changements affectant les entités spatiales, pas les états antérieurs. Selon
la méthode choisie, les analyses possibles seront différentes, mais, dans tous les
cas, l’instrumentalisation informatique est très lourde.
Les chercheurs de Dynafor, après avoir conduit l’analyse de leurs besoins, ont
choisi de travailler sur des entités spatiales fixes (méthodes 1 et 3), ce qui est
une façon de simplifier le problème. L’analyse des besoins quant à l’exploitation
de la base de données parcellaires associée au SIG les a conduits à privilégier les
fonctionnalités permettant (i) de suivre les évolutions des pratiques de gestion
agricole des parcelles cadastrales et agronomiques, (ii) de suivre dans le temps
les déformations du parcellaire des exploitations, c'est-à-dire rendre compte des
cessions et acquisitions de parcelles et (iii) de gérer les relations entre
exploitations juridiques et exploitations fonctionnelles (Ladet et Gibon, 2004).
Ils ont également retenu la parcelle cadastrale comme entité spatiale de la base
de données. Comme nous l’avons vu, cette dernière est le plus souvent indivisée
au long du temps et lorsqu’un éleveur cède ou acquiert du terrain, ce sont des
parcelles cadastrales qui sont le support de la transaction. Les parcelles
agronomiques sont gérées grâce à leur composition en parcelles cadastrales.
Les associations sont caractérisées par des cardinalités qui définissent le nombre
minimum et le nombre maximum d’entités de la classe de départ reliées à une
entité de la classe d’arrivée. Pour chaque attribut de chaque classe d’entité, les
données sont codées sous forme de codes chiffrés, correspondant parfois aux
données brutes (ex : dates). Le modèle conceptuel de données créé pour
développer la base de données de l’équipe est présenté figure 19.
- 54 -
Chapitre 2 : Démarche générale : cadre théorique, méthode et dispositif d’étude
Tableau 6
Les trois principales façons d’étudier des dynamiques spatiales en mobilisant un SIG illustrées à
partir de trois problématiques agri-environnementales différentes (Toillier, 2002)
Problématique agri- Niveau d’intégration des Principe de fonctionnement du système
environnementale dimensions spatio-temporelles informatique développé
3 Les dynamiques spatiales prises en Gestion par mutation: mise à jour des
Connaître, gérer etcompte sont les changements attributs thématiques et des formes des
prévoir l’activitéaffectant le parcellaire cadastral : entités spatiales
agricole sur un regroupement, scission, etc. des = « Système d’Information à
parcelles
bassin versant et ses cadastrales avec Références spatiales (SIRS), qui
conséquences. automatisation des mises à jours combine un SIG et un SGBD »
des données relatives à une entité
Cemagref Bordeaux, spatiale au fur et à mesure des
INRA Rennes modifications du parcellaire
cf. Scherman, 2002 ⇒ Filiation des parcelles
cadastrales mais pas
d’enregistrement de
l’historique thématique
- 55 -
Chapitre 2 : Démarche générale : cadre théorique, méthode et dispositif d’étude
Parcelle
Attribut - Numéro
- Section…
Cardinalité 1-n
Classes d’entité
Possède
Association
- Date d’achat
1-n
Propriétaire
- Nom
- Prénom
- Adresse…
Table A
Jointure
Requête X ODBC Table X spatiale
Table B
Table C
- 56 -
Chapitre 2 : Démarche générale : cadre théorique, méthode et dispositif d’étude
- 57 -
Chapitre 2 : Démarche générale : cadre théorique, méthode et dispositif d’étude
Le modèle conceptuel de la base de données (MCD) a été mis au point dans son
intégralité. Cependant, une partie seulement de la base de donnée a été
développée et implémentée pour les exploitations de mon enquête (voir encadré
en pointillé sur la Figure 20). En effet, le développement complet de la base
demande à ce stade d’approfondir la réflexion, notamment en ce qui concerne les
modalités d’implémentation des données temporelles pour certaines variables.
Chaque parcelle cadastrale y est désignée par son numéro de cadastre (numéro
INSEE de la commune + lettre de la section + numéro de la parcelle ; ex :
65473 B 0103). Le lien avec le SIG se fait ici par fichier texte (format .txt) et
jointure spatiale. Enfin, l’historisation des données se fait par répétition de la
parcelle avec de nouvelles valeurs et les dates associées pour les variables qui
présentent un changement et répétition des autres variables qui ne changent pas
(voir Tableau 7 pour un exemple).
Les données relatives aux parcelles agronomiques sont stockées dans un second
fichier pour chaque exploitation. Ce fichier contient une feuille récapitulant la
composition des parcelles agronomiques en parcelles cadastrales en plus de celles
où sont stockées les informations relevées à leur niveau.
- 58 -
Chapitre 2 : Démarche générale : cadre théorique, méthode et dispositif d’étude
Les données peuvent ensuite être mobilisées pour les analyses dans d’autres
fichiers Excel® où les informations sont croisées, notamment par la méthode
des Tableaux Croisés Dynamiques.
Tableau 7
Modalités d’historisation des données dans la base de données Excel®
N° cad PC TUS DTUS …
65473 B 0103 1 2 1950 TUS 2 (=pré de fauche) depuis 1950
65473 B 0104 1 2 1965 TUS 1 (=terres labourables) depuis 1950
65473 B 0104 1 1 1950 puis TUS 2 (=pré de fauche) depuis 1965
…
Légende : PC = numéro de la parcelle cadastrale ; TUS = type d’utilisation du sol ; DTUS =
date depuis laquelle ce TUS est valable
- 59 -
- 60 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Chapitre 3
Diversité des stratégies de gestion
de l’espace dans les exploitations et
dynamique depuis 1950
- 61 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Partie A
Caractéristiques et évolution de l’agriculture
dans la zone d’étude
- 62 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Les caractéristiques des systèmes à maison sont nombreuses mais les 2 aspects
principaux qui nous intéressent sont les biens de la maison et le choix du
successeur (Augustins, 1990). Les biens de la maison sont bien sûr les bâtiments,
mais aussi l’ensemble des droits associés (citoyenneté villageoise, pacages
communautaires…) et des droits de propriété ou d’usage (terres
principalement). Ces biens sont transmis dans leur intégralité au successeur.
- 63 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Les maisons d’un même village sont regroupées en une assemblée de village,
dénommée vesiau dans les Pyrénées Bigourdanes, constituée des chefs des
différentes maisons. L’assemblée de vesiau avait pour rôle de défendre les droits
des villageois sur les terrains collectifs (les communaux) face au pouvoir féodal
et aux étrangers et aussi de gérer ces terrains (délimitation avec terrains privés,
entretien et aménagements, règles d’utilisation comme le calendrier…).
Aux niveaux supérieurs, se trouvent le vicq et la vallée, qui associent plusieurs
villages pour la gestion des ressources indivises (telles que certaines estives), la
réglementation, la gestion des conflits entre villages, le lien avec les autres
vallées... Le vicq est un niveau intermédiaire non systématique qui regroupe
souvent deux ou trois villages ayant une montagne commune pour l’estivage.
- 64 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Tableau 8
Les différents niveaux de gestion des systèmes agro-sylvo-pastoraux des Pyrénées Bigourdanes,
leurs objectifs et les moyens coutumiers mis en place (d’après Cantala, 2002)
Niveau de
Objectif Moyen coutumier
gestion
Maison Maintien et - Droit d'aînesse absolue
Ostau transmission du - Non morcellement de la propriété
patrimoine de la - Non fusion des domaines (mariage d’un aîné avec un cadet)
maison
Vallée Protection des - Calendrier d'utilisation des pâturages avec obligation pour
ou vicq pâturages indivis tous les animaux d'estiver pendant la période déterminée sauf
ceux qui sont nécessaires à la vie domestique
- Limitation du nombre d'animaux autorisés à être introduits
sur les pâturages
- Délimitation des zones d'utilisation pastorale
- 65 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
- 66 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
- 67 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
C’est à partir du 18ème siècle que les vallées les plus isolées se sont ouvertes
grâce à la construction de routes, comme celle qui relia Tarbes à Barèges en
1744, et que le tourisme thermal prit son essor dans les Pyrénées Centrales,
annonçant une différenciation dans les ressources économiques locales. Le
chemin de fer arriva ensuite au cours du 19ème (ligne Pierrefitte-Lourdes en
1871). Les années 1910 à 1930 voient alors le développement de l’industrie
hydroélectrique dans les vallées des Pyrénées Centrales. Profitant de ces
ressources énergétiques, l’industrie, des usines chimiques notamment dans la
vallée que nous étudions, commence également à s’installer offrant des
possibilités d’emploi pour les éleveurs. Les cadets qui ne sont pas encore partis
mais aussi certains héritiers y trouvent un emploi qui leur permet, grâce au
système de 3-8, de continuer à travailler à la ferme. C’est la naissance de
l’ouvrier-paysan, qui est encore présent aujourd’hui.
- 68 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
se sont rapidement stabilisés (voir Figure 22) et de façon très importante pour
les ovins. Ces diminutions se sont accompagnées d’un retour de la prairie
permanente en remplacement des prairies temporaires et également d’un début
de réduction de l’espace pâturé.
La population locale a continué à diminuer du fait de l’exode vers les villes (voir
Figure 23).
800
619 618
600 569
555
500
404
Villelongue
400 362
321 313
300 291
200
Artalens-Souin 135 122 115 120
91 114
100 Saint Pastous 82 78 111 91
59
Vier-Bordes 74
65 53 55
0
1950 1960 1970 1980 1990 2000
- 69 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
130
110
100
90
75
80
70 62
60 58
52
Villelo ngue
50
40 42
A rtalens-So uin
30 28
27 23
Saint P asto us 19 18
20 16
20
Vier-B o rdes 14 17 14
15
10 12
7 6
7
0
1945 1955 1965 1975 1985 1995 2005
60
53 T o t a l
50
46
40
30 28
20 A rtalens-So uin
Saint P asto ut
Villelo ngue
10
Vier-B o rdes
1
0
1950 1960 1970 1980 1990 2000 2010
- 70 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
900
861
820
Total
800
787
STH 679
700 713 684
625 662
600
623
579
500
400
300
200 Terres
labourées
107
100 72
48 44
22
0
1945 1955 1965 1975 1985 1995 2005
Figure 26 : Evolution de la surface agricole (ha) utilisée par les exploitations des
communes de la zone d’étude (source Agreste)
STH = Surface toujours en herbe
1600
1498
1400 1350
1239
Brebis mères
1200 1197
1000
800
668 722
Bovins
600 555
UGB ovins + bovins 530,5
522,2 536,7
494
400 Vaches allaitantes
324 297 278 339
Vaches 269
200 laitières
4 13 14 5
0
1945 1955 1965 1975 1985 1995 2005
- 71 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Enfin, à partir de la fin des années 80, la déprise en montagne fut freinée par les
politiques spéciales montagne et agri-environnementales. Cela se traduit dans
notre zone d’étude par une moindre diminution du nombre d’exploitations et
une ré-augmentation de la STH et du cheptel ovin et bovin.
Tracteur
Changements dans le
Population
contexte socio-
pâture
D’après Balent & Gibon (1996), ces évolutions ont entraîné une
« désorganisation » de l’espace agro-pastoral de vallée, pour deux raisons
principales :
Tout d’abord, les espaces agro-pastoraux sont passés d’une gestion coordonnée
des ressources telle que nous l’avons décrite à une gestion plus individuelle. Le
type de développement agricole mené depuis les années 1950 a été conduit
principalement au niveau de l’exploitation agricole. Elle est devenue le principal
niveau où se joue la gestion du territoire : les éleveurs ont commencé à
développer des logiques de fonctionnement de leurs exploitations en cohérence
avec leurs projets individuels mais sans gestion coordonnée des ressources et
donc du territoire (Gibon, 1994b).
Deuxièmement, l’influence de l’environnement socio-économique global s’est
renforcée. En effet, les décisions, autrefois prises localement et indépendamment
des niveaux politiques supérieurs, ont du intégrer de plus en plus les dimensions
non locales. Elles ont perdu l’autonomie qui les caractérisait et l’uniformité des
modes de gestion qui en résultait (Bourbouze & Gibon, 2000).
- 72 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Certains terroirs sont devenus très convoités et ont fait l’objet de compétition
entre les exploitations alors que d’autres ont été progressivement abandonnés.
Du fait de la perte de la gestion organisée du territoire, l’hétérogénéité intra-
terroir s’est fortement développée. Aujourd’hui, la localisation d’une parcelle ne
suffit plus à connaître son utilisation, il faut aussi savoir à quelle exploitation
elle appartient (Balent & Gibon, 1996).
Les évolutions que nous avons décrites sont résumées sur les schémas de
versants présentés par la figure 29.
- 73 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
1900
Poudrette
Système traditionnel avec élevage mixte allaitant
Estives
Parcours communaux
Fumier
Lait + viande
1950-60
Poudrette
Motorisation, chimisation et spécialisation des
Estives
systèmes bovins
(+ )
Quartiers de granges foraines
et prés de fauche
Abandon de la fauche B
Prés de fauche et champs cultivés O
M
grain
Réduction Gave de Pau
des cultures
(Motofaucheuse)
Disparition du
gardiennage et clôture
des estives
2000
Concentration et spécialisation des exploitations
Estives Embroussaillement des
espaces collectif du fait de la
diminution globale du cheptel
O
Prés de fauche et champs cultivés
M
grain M
four.
Gave de Pau
Légende:
B
Circuit de pâturage O Rotation biennale orge/blé
Fumure M
grain Monoculture de maïs grain
- 74 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
- 75 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
- 76 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
1
Les estives dites domaniales sont propriété de l’Etat. Ce cas est très peu fréquent dans les
Pyrénées Bigourdanes, à la différence de l’Ariège où l’Etat détient 50% des estives (Gibon,
1981). Les estives qui sont propriété privée d’individus sont souvent regroupées en Association
Foncière Pastorale. Ce cas est également rare.
- 77 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Je n’effectuerai pas ici d’étude approfondie des estives mais je tiendrai compte
en revanche du rôle de l’utilisation des estives dans le fonctionnement global du
système d’élevage (alimentation du troupeau, reproduction…).
- 78 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Ces prés de fauche sont associés à des cultures et des pacages privés. Les
cultures, maïs grain et maïs fourrage, avec souvent du ray-grass en dérobée, et
orge principalement, sont le plus souvent destinées à l’alimentation du troupeau.
La qualité fourragère et la fertilité des prairies dépendent fortement des
pratiques des éleveurs, notamment de leurs pratiques d’entretien et de
renouvellement de la fertilité (Balent & Stafford Smith, 1993 ; Balent et al.,
1999). Pour les pacages, qui sont souvent d’anciens prés de fauche, l’entretien
dépend à la fois du niveau d’utilisation (chargement en particulier) et du
nettoyage des refus et des bordures.
- 79 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Le cheptel des Pyrénées centrales est assez modeste vis-à-vis de celui de l’Ouest
du massif (voir Figure 33)
Figure 33 : Nombre total d’UGB par canton dans le massif pyrénéen (d’après
Agreste, 2002)
- 80 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Figure 34 : Age moyen des chefs d’exploitation par canton dans le massif
pyrénéen (d’après Agreste, 2002)
- 81 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
La pluriactivité est une donnée forte des exploitations pastorales des Pyrénées,
en particulier dans les Pyrénées Bigourdanes (voir Figure 35). C’est le tourisme
qui est le secteur le plus représenté dans la pluriactivité.
Toulouse
Tarbes
Pyrénées
Bigourdanes
Figure 35 : Type d’activité des ménages par zone agricole dans le massif
pyrénéen (d’après Agreste, 2002)
- 82 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Partie B
Diversité des exploitations et stratégie de
gestion de l’espace
1
Groupe de personnes liées par des liens de consanguinité, un certain nombre d’entre elles
vivant dans un habitat commun.
- 83 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Tableau 9
Les moments dans le cycle de vie en référence à la structure de la famille
Description de la catégorie Variable
Célibataire ou marié sans enfant ∅ Enf
Descendance jeune à structure indéterminée: enfants < 16 ans EnfJeun
Descendance à charge: présence d'enfants en âge de travailler encore étudiants EnfChrg
Descendance en situation professionnelle hors exploitation: tous les enfants sont partis EnfParti
Descendance sur l'EA: au moins un des enfants sur l'exploitation EnfEA
- 84 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
atteint l’âge officiel de la retraite et que ses enfants ne souhaitent pas reprendre
l’exploitation, il arrive que l’un de ces derniers se déclare comme chef
d’exploitation mais ne participe pas pour autant au travail agricole, laissant son
père continuer son activité. Cela peut également se rencontrer pour un couple, le
mari déclarant son épouse comme chef d’exploitation car lui-même travaille à
l’extérieur ou est retraité, bien qu’il soit le réel chef d’exploitation. La définition
de l’exploitation comme unité fonctionnelle retenue dans le chapitre
méthodologique me permet de m’affranchir de ces cas : le chef d’exploitation ou
l’exploitant est la personne de la famille qui prend réellement les décisions de
gestion. L’âge de l’exploitant devient ainsi un critère primordial pour rendre
compte du stade de développement d’une exploitation.
Les critères que je retiens pour l’étude du moment dans le cycle de vie sont donc
les suivants : l’âge de l’exploitant, la présence d’un successeur (oui,
éventuellement, non, jeune pas encore concerné) et la structure de la famille
telle que présentée dans le Tableau 1.
- 85 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Je retiens donc deux critères pour caractériser les systèmes d’activité des
familles agricoles de la zone d’étude : les sources de revenu de la famille
(exploitation, salaire extérieur, accueil touristique, retraite, atelier de
transformation et vente et combinaison de ces différentes sources) et le collectif
de travail (nombre et type de personnes sur l’exploitation + temps passé,
nombre d’UTA sur l’exploitation, nombre et type de personne pour les autres
activités + temps passé)
- 86 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Le Tableau 10 reprend les caractéristiques prises en compte dans cette étude des
familles agricoles ainsi que les critères correspondant.
Tableau 10
Critères utilisés pour caractériser la diversité des familles agricoles de la zone d’étude
Caractéristiques Critères utilisés
familiales
Composition de la famille Couple/célibataire
Enfants
Famille élargie (présence de parents âgés ou cohabitation de plusieurs frères)
Système d’activité Sources de revenus (salaire ext, accueil, retraite, transformation, autre +
combinaisons)
Collectif de travail (nb et type d’UTA sur l’EA, travail hors EA)
- 87 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
35-50 ans
9
50-60 ans
18
Figure 36: L’âge des exploitants
Tableau 11
Succession et moment dans le cycle de vie des familles agricoles de la zone d’étude
Les moments dans le cycle de vie
Enfants à Enfants Enfants sur Total
Célibataires Enfants jeunes
charge partis l'EA
Perspectives de
succession
Pas concerné 3 6 9
Succession OK 1 5 6
Succession possible 2 3 1 6
Pas de succession 5 1 4 9 19
Total 9 7 6 12 6 40
En revanche, les familles où au moins un des enfants travaille sur l’EA ont une
succession assurée. Un cas de célibataires (sans enfant) a également une
- 88 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
+ Retraite
(agri ou non) + Combinaison
6 21
+ Retraite + accueil 6
+ Salaire extérieur
+Salaire extérieur + retraite 6
10
+Salaire extérieur + retraite + accueil 2
+ Retraite + accueil + transformation 1
+Accueil
1
+Transformation
1 + RMI
1
Figure 37: Les sources de revenu non agricole des familles dans les exploitations
de la zone d’étude
L’apport d’un salaire extérieur se retrouve au total dans 24 exploitations sur 40,
soit 60% de l’échantillon. L’apport d’une ou plusieurs retraites comme revenu
- 89 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
1
La MSA autorise le cumul retraite-exploitation dans une certaine limite de surfaces depuis
1986.
- 90 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Tableau 12
Le collectif de travail dans les familles agricoles de la zone d’étude : travail extérieur et
composition de la famille
Formes de pluriactivité
Composition de la famille et force de travail dédiée à l’EA Pas de 1 travaille 2 travaillent Total
travail ext. à l’ext. à l’ext.
Famille nucléaire
Un des deux conjoints sur EA 0 2 2 4
Le couple sur EA 4 7 3 14
Famille élargie
Parents et 1 enfant sur EA (marié ou célibataire) 1 2 4 7
Couple sur EA (parents ne travaillent plus sur EA) 3 2 0 5
Adulte sans conjoint, célibataire ou veuf
1 2 0 3
(parents ne travaillent plus sur EA)
Père âgé sur EA (+ enfants pas sur EA) 0 0 1 1
Total 15 15 10 40
L’étape suivante dans le cycle de vie de ces 7 familles correspond aux 5 cas où
seul le couple travaille sur l’EA, les parents âgés ayant cessé leur activité. Dans
ces situations, il n’y a pas de salaire extérieur pour 3 des familles. Dans les deux
autres familles, la femme est le chef d’exploitation officiel et le mari salarié aide
au travail agricole.
Dans la catégorie « Adulte sans conjoint, célibataire ou veuf » sont regroupés
les familles où un enfant célibataire vit avec sa grand-mère, une veuve vit avec
sa belle-mère et un homme vit avec le couple âgé auquel il a succédé alors que
ce ne sont pas ses parents. Dans ces 3 cas, les parents âgés ne travaillent plus
sur l’EA.
Dans une dernière famille classée dans le type élargie, le père âgé travaille
toujours sur l’exploitation et vit avec sa fille et son gendre, qui sont tous deux
salariés.
J’ai regroupé les cas de frères âgés célibataires qui vivent ensemble (2 cas) avec
ceux des hommes âgés restés au domicile parental (4 cas). Cela correspond à 6
- 91 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
- 92 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
d’accueil. Notons qu’un de ces familles est constituée par une femme
veuve et sa belle-mère, qui ont une activité de transformation fromagère
et un gîte d’accueil.
- 93 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
4. Discussion
Dans notre échantillon, les familles de type élargi sont encore nombreuses (18
sur 40). Les modes de vie traditionnels liés au système à maison sont donc
encore présents même s’ils se limitent souvent aujourd’hui aux parents âgés et à
un seul des enfants avec sa famille, les autres enfants ne vivant plus dans la
région.
Les exploitants de notre zone d’étude sont par ailleurs relativement âgés : 65%
ont plus de 50 ans (contre 47% au niveau national) avec une moyenne d’âge de
51 ans. Ces résultats rendent bien compte des tendances générales de
l’agriculture de montagne : sur le massif Pyrénéen, la moyenne d’âge est de 50
ans (source : Agreste, 2002). On peut noter cependant que les types de familles
1 et 2 qui correspondent aux jeunes exploitants représentent un quart de
l’échantillon, ce qui semble être relativement en accord avec la moyenne
nationale. C’est donc la classe d’âge intermédiaire qui est plus faiblement
représentée dans notre d’étude. Comme nous l’avons vu, la comparaison directe
avec des chiffres issus du RGA est délicate dans la mesure où celui-ci se base sur
les chefs d’exploitation officiels. Cela doit avoir pour incidence de rajeunir
artificiellement la moyenne d’âge nationale des exploitants.
- 94 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
- 95 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Tableau 13
Orientations de production des exploitations agricoles de la zone d’étude
Type d’orientation de Nb Nb de Nb de UGB SAU
Autres espèces
production d’EA vaches brebis (µ ± σ) (ha)
Autres 7
12 chèvres/20 juments,
Ovin + autres 2 __ 12/40 27.4±19.2 6/20
11 chèvres, 7 lamas…
- 96 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Les troupeaux, ovins comme bovins, sont la plupart du temps de taille modeste
à moyenne (voir Figure 39). La plupart des troupeaux, bovins spécialisés comme
mixtes, comptent entre 4 et 42 mères. Seulement 3 troupeaux bovins spécialisés
ont plus de 60 vaches mères. De même, seulement 2 troupeaux ovins dépassent
les 100 brebis mères, la plupart se situant entre 5 et 77. Les deux plus gros
troupeaux ovins correspondent cette fois à des élevages mixtes.
Les couples avec successeur conduisent soit des élevages bovins (50%) soit des
élevages mixtes (50%). Les troupeaux sont alors de taille moyenne à grande (de
17 à 110 vaches pour les troupeaux bovins, de 16 à 43 vaches et de 5 à 140
brebis pour les troupeaux mixtes). Souvent ces familles élèvent des juments en
complément. Les SAU sont importantes (de 16.5 à 82 ha pour les élevages
bovins et de 28.5 à 48.5 ha pour les élevages mixtes).
De même, les jeunes célibataires vivant avec leurs parents se partagent entre
élevages mixtes (2/3) et bovins (1/3). Ils ont des troupeaux de taille modeste et
des SAU modestes également. Dans les 2 exploitations d’élevage mixte, c’est la
génération âgée qui s’occupe du troupeau ovin, le jeune se concentrant sur le
troupeau bovin et les terres.
Les jeunes couples conduisent majoritairement des élevages basés sur d’autres
productions : canards gras, bovins+atelier d’engraissement de veaux en contrat
d’intégration, troupeaux divers « récréatifs » et troupeau caprin laitier (4/7 en
tout). Seuls 2 couples jeunes conduisent un troupeau bovin et un dernier un
troupeau mixte.
Les 3 derniers élevages de la population étudiée sont basés sur d’autres
productions. Ils sont conduits respectivement par un célibataire âgé
- 97 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
- les petites exploitations ovines allaitantes conduites par des exploitants âgés
sans successeur (11 EA dont 1 avec ovins + chèvres)
- les petites exploitations bovines ou mixtes allaitantes conduites par des couples
âgés sans successeur (7 EA)
- 98 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Notons que dans notre zone d’étude, la pluriactivité des ménages agricoles ne
semble pas liée à une réduction du nombre des productions pratiquées sur
l’exploitation, contrairement à ce qu’avait pu observer Laurent (1991) dans le
Pays d’Auge : on retrouve autant de pluriactifs dans les 3 principales
orientations de production.
Gibon (1999) s’est appuyée sur cette méthode pour définir les critères à retenir
dans ses travaux portant sur les exploitations pyrénéennes. Pour ces
exploitations, les priorités portent sur la constitution de stocks fourragers pour
1
L’étude des structures spatiales des exploitations de notre zone d’étude a été conduite par C.
Marcadet à l’occasion de son stage de fin d’étude de l’INA P-G en 2003. Suite à ce travail, j’ai
détecté des incohérences dans certains calculs, notamment celui des pentes des parcelles par le
SIG Arcview 3.2, basé sur un MNT à 50 mètres. La méthode de calcul des pentes a donc été
reprise (Ladet, 2005), les données vérifiées et les analyses ont été reprises par A. Gibon.
- 99 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Tableau 14
Les indicateurs de la diversité des structures spatiales en fonction des contraintes et atouts jouant
sur la fauche et le pâturage (source : Marcadet, 2003)
Atouts et contraintes sur les
Variable Définition Base de calcul
opérations culturales
Atouts et contraintes
du milieu naturel
Fauche motorisée impossible si %Pente % de SAU constituée de Estimation
Pente >30%, accidents animaux parcelles de pente >30% MNT (SIG)
Type d’accès Accès tracteur impossible si piste %AcDif % de SAU constituée de Données
non carrossable, possibilités parcelles avec accès d’enquête
d’accès restreintes pour le difficile (pas de chemin
troupeau carrossable)
Agencement spatial
des parcelles
Morcellement Difficultés de gestion si beaucoup NbPA Nombre de parcelles Données
de parcelles agronomiques d’enquête
Taille Fauche et pâturage contraignants SMoy Surface moyenne des Déclarations
sur de petites parcelles parcelles agronomiques PAC et MSA
Etagement Contraintes de déplacement si Etag Différence d’altitude Estimation
parcelles très étagées entre la parcelle MNT (SIG)
agronomique la plus
haute et la plus basse*
Relations aux Présence d’une grange = atout %GF % de la SAU constituée Données
bâtiments d’élevage pour stockage de foin, abris des de parcelle ayant une d’enquête
animaux grange foraine utilisable
*L’altitude de la parcelle la plus basse (AltMin) et celle de la parcelle la plus haute (AltMax)
sont conservées comme variables illustratives (elles ne rentreront pas dans la définition des types
de structures spatiales mais aident à leur interprétation).
- 100 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
1
Ne tient pas compte des éventuelles parcelles situées sur d’autres communes
- 101 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Le Tableau 15 présente le détail des exploitations ayant des terres sur plusieurs
communes.
Tableau 15
Les exploitations de l’enquête ayant des terres sur plusieurs communes.
S² totale SSB Nb SSB hors SSB zone % SSB S² Inclusion dans
EA
enquête communes zone (ha) (ha) hors zone Complémentaires analyse SSB
9 81.5 3 5.5 38 38.03 20 N
11 36 2 18 18 50.00 N
15 62 2 58 4 93.55 N
17 34 3 11.5 17 40.35 6 N
26 10.5 3 5.5 5 52.38 N
28 45 2 28 10 73.68 7 N
33 28.5 3 8.5 18.5 31.48 1.5 N
35 60 2 33 27 55.00 N
39 22.5 2 16 6.5 65.31 N
40 60 3 NC 0 100.00 NC N
8 22.6 2 0 22.6 0 O
19 14 2 3 7.92 21.43 O
20 23 2 3 23.27 15.00 O
22 11 2 0 11.35 0 O
25 17.5 3 2.5 14.76 14.3 O
36 7.5 2 2 5.00 28.57 O
2 15.2 1 0 9.31 100.00 1.2 O
10 17 1 0 15.13 100.00 2 O
29 25.3 1 0 25.52 100.00 10.1 O
Seules les exploitations ayant leur SSB sur une ou deux des communes
enquêtées ont été gardées dans l’analyse. Dans 3 cas, toute la SSB a été
cartographiée car les terres sont sur plusieurs communes de l’enquête (EA 8, 20
et 22).Les exploitations 9, 11, 15, 17, 26, 28, 33, 35, 39 et 40 ont plus d’un quart
de leur SSB à l’extérieur de la zone d’étude des 4 communes. Elles ont été
écartées de la typologie des SSB. Dans les autres EA, la proportion de SSB non
cartographiée est inférieure à 15% de la SSB.
- 102 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Tableau 16
Moyenne, minimum et maximum des variables utilisées pour l’analyse des SSB
Variable Moyenne Minimum Maximum
SAU 16.72 3.17 74.18
NbPA 10.87 1.00 40.00
SMoy 1.71 0.42 5.69
Etag 331.98 0.00 801.49
%Pente 64.77 0.00 100.00
%AcDif 12.02 0.00 100.00
%Eloi 11.52 0.00 75.84
%GF 26.20 0.00 86.32
AltMin 659.77 458.00 943.23
AltMax 991.75 496.66 1296.00
- 103 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
- 104 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
1a
1c
5b
1b 4
3
4 5a
1a
5b 1b
5a2 1c
3
2
SMoy
SAU
Eloi
NbPA
%GF NbPA
Etag Eloi Etag
%AcDif
SAU %Pente
SMoy
%GF
%AcDif
%Pente
Figure 43: Représentation des classes de SSB sur les plans factoriels de l’ACP et
cercles des corrélations des variables aux axes
- 105 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
- 106 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Les Figure 44 à 48 présentent des exemples de chaque type dans les différents
villages de la zone d’étude.
- 107 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
- 108 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
- 109 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Pour analyser les différentes modalités d’abandon des exploitations, nous avons
comparé les caractéristiques des structures spatiales actuelles avec et sans les
espaces en transition. Les mêmes variables ont donc été utilisées pour
calculer le différentiel avec – sans les terres abandonnées. Par exemple, le
différentiel de proportion de terres pentues est égal à la valeur de cette
proportion, terres abandonnées comprises, à laquelle on retranche la valeur de
cette proportion sans les terres abandonnées.
- 110 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Les classes obtenues ont ensuite été ré-arrangeées manuellement pour élaborer
les types de modalités d’abandon. L’analyse abouti à l’identification de 6 types
principaux, au sein desquels plusieurs variantes peuvent être distinguées. Le
détail des variables, les types et les réarrangements manuels sont présentés en
Annexe 3.
Les modalités d’abandon des terrains dans les exploitations de la région sont
variées comme le montre l’analyse des caractéristiques des types obtenus. Il est
à noter que l’éloignement des parcelles à plus d’une heure de marche du
troupeau n’apparaît pas dans notre analyse comme un déterminant majeur de
l’abandon. Son effet est plus ou moins confondu avec celui des difficultés d’accès
(cf cercle des corrélations, Figure 50).
- 111 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Figure 50: Représentation des classes de modalités d’abandon sur les plans
factoriels de l’ACP et cercles des corrélations des variables aux axes
- 112 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
- 113 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Figure 51: Exemple d’exploitation avec abandon de petites parcelles (EA 37 sur la
commune de Saint Pastous). Les parcelles vertes sont les parcelles abandonnées.
- 114 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Figure 53: Exemple d’exploitation avec abandon de parcelles à forte pente (EA
19 sur la commune d’Artalens-Souin). Les parcelles vertes sont les parcelles
abandonnées.
Tableau 17
Types principaux de SSB et de modalités d’abandon dans les exploitations de la zone d’étude
Types de modalités d’abandon
1 2 3 4
Pas ou peu Petites Parcelles Parcelles à Total
d'abandon parcelles difficiles d’accès forte pente
Types de SSB
1 Toute petite structure 5 3 3 11
2 Petite structure étagée avec GF 1 2 3
4 Grande structure très étagée avec GF 2 2 1 5
3 EA groupée avec difficultés d'accès 2 3 1 1 7
5 EA moyenne, morcelée, sans GF 3 1 4
Total 13 9 3 5 30
- 115 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Tableau 18
Types détaillés de SSB et de modalités d’abandon dans les exploitations de la zone d’étude
Types de modalités d’abandon
1a 1b 1c 2a 2b 2c 3 4
1 parcelle 1 parcelle Petites Petites Parcelles Parcelles Total
Aucun Petites
éloignée/ en parcelles parcelles diff. difficiles à forte
abandon parcelles
pentue altitude en altitude d’accès d’accès pente
Types de SSB
Toute petite structure
1a 1 1 2
d’un seul tenant
Toute petite structure
1b 1 1 2 2 6
peu étagée
Toute petite structure
1c 1 1 1 3
étagée avec GF
Petite structure
2 1 2 3
étagée avec GF
EA groupée avec
3 1 1 2 1 1 1 7
difficultés d'accès
EA moyenne,
5a morcelée et étagée, 1 1 2
sans GF
EA moyenne et
5b 1 1 2
morcelée, sans GF
Total 7 4 1 3 3 4 3 5 30
Tout d’abord, les cas où il n’y a aucun abandon se retrouvent aussi bien dans
des EA avec une très petite structure (moins de 6 ha), que dans des structures
moyennes à grandes. Il en va de même pour les situations où l’abandon est très
limité (types 1b et 1c). Il semble donc qu’un groupe d’agriculteurs relativement
nombreux de l’échantillon (13 cas soit un peu plus de 40 % des cas) pratique
une politique d’utilisation de toutes les terres à disposition. Une compréhension
plus approfondie de la situation est à rechercher dans l’analyse du rôle des
systèmes techniques mais aussi des valeurs culturelles dans les stratégies
d’utilisation des terres.
- 116 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
cas) soit à des difficultés de mécanisation pour des raisons d’accès (2 cas sur 3)
ou de pente (1 cas sur 3).
Parmi celles aux structures relativement groupées (type 3), l’abandon s’est fait
le plus souvent pour des raisons de taille de parcelle (3 cas sur 5), ou de pente
(1 cas sur 5). Dans le dernier cas, la raison semble liée aux difficultés d’accès et
l’exploitation présente un profil intermédiaire avec celui du groupe 5a (EA 7).
1
Un repoupet est un « veau à remettre ». Généralement vendu à moins de 2 semaines, non
sevré, pour être remis sous un mère adoptive.
- 117 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
18
16
14
12
10
8
0
Blonde Limousine Aubrac Salers Mélange
Les deux éleveurs qui ont changé d’orientation génétique en passant de la race
Blonde d’Aquitaine à la race Salers ou Aubrac dans les années 1990 le justifient
tout d’abord par la faible fertilité des vaches Blondes dont les chaleurs peuvent
être difficiles à repérer, en particulier en bâtiment. Les races rustiques sont
d’après eux plus faciles à conduire (restent dehors plus longtemps) et les veaux
développent moins de problèmes sanitaires. Ils évoquent même une meilleure
prolificité (possibilité de jumeaux). Dans les deux cas, la réorientation génétique
a pour origine un contact avec un éleveur d’une autre région.
La majorité des élevages de la zone (88%) sont donc à base de races bouchères,
Blonde ou Limousine.
- 118 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Il est à noter que la production de veaux de boucherie rosés qui s’est fortement
développée dans d’autres régions des Pyrénées depuis quelques années (en
Cerdagne, par exemple) ne s’est pas implantée dans notre zone d’étude. En
effet, un seul éleveur commercialise une partie de ses veaux sous cette forme,
l’autre partie étant vendus en broutards. Bien que ce cas soit intéressant et
permette d’envisager un possible axe de développement futur dans la région,
nous ne tiendrons donc pas compte ce cas particulier dans la suite de nos
analyses. Les animaux jeunes sont donc très rarement engraissés et abattus dans
notre zone d’étude.
1
Les éleveurs parlent de réformes arrangées lorsqu’ils leurs donnent de l’aliment concentré afin
de les engraisser avant la vente, sans pour autant les enfermer pendant 3 mois pour la finition.
- 119 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
- 4 éleveurs sur 24 basent leur conduite sur des vêlages de printemps (de
mars à juin, plus ou moins regroupés, qui peuvent s’étendre parfois jusqu’en
août). Pour deux de ces élevages, les veaux sont vendus à l’automne, comme
broutards à la descente d’estive. C’est le système préconisé par les structures de
développement agricole locales dans les années 70 comme nous l’avons évoqué
dans la Partie A de ce chapitre. Sa logique repose sur plusieurs éléments clé
(Gibon, 1999). Des saillies d’été correspondent à une période où les vaches ont
récupéré au pâturage les réserves entamées durant l’hivernage, ce qui contribue
à améliorer leur fertilité. Les veaux seront suffisamment avancés pour pouvoir
monter en estives avec le reste du troupeau. Enfin, la vente à l’automne permet
d’avoir des veaux déjà bien développés. Pour le troisième élevage, les veaux sont
vendus à 3 mois, les mieux conformés en veaux blancs, la majorité en veaux
jeunes. Enfin le quatrième vend des broutards repoussés à 9 mois à l’automne ce
qui lui permet de toucher la prime spéciale bovins mâles (PSBM). L’autre partie
des vêlages a lieu en été, ce qui lui permet d’étaler sa trésorerie.
- 120 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
- La moitié des éleveurs (12 sur 24) basent leur conduite sur des vêlages
d’automne (septembre à novembre, avec étalement possible jusqu’en
décembre). En général, ces éleveurs souhaitent avoir les vêlages avant la rentrée
dans les bâtiments pour éviter les problèmes sanitaires avec les veaux. La saillie
hivernale est souvent réalisée par insémination artificielle (8 élevages sur 12, IA
seule ou avec monte naturelle). Lorsque ce n’est pas le cas, la monte est réalisée
lors de sorties hivernales du troupeau de mères.
Tous les broutards sont vendus avant juin, c'est-à-dire avant la montée aux
estives. Libérer la vache pendant la période d’estivage est en effet la principale
raison avancée pour vendre des broutards à cette période. Les vêlages
d’automne sont parfois associés à la production de veaux blancs de boucherie (3
des 12 élevages): les animaux sont enfermés peu après les vêlages afin que
l’engraissement des veaux soit maximum. Ils sont alors vendus à 3-4 mois entre
décembre et mars, c'est-à-dire avant la mise à l’herbe des mères. Pour les
vêlages les plus précoces, les veaux sont parfois vendus avant la mise à l’herbe,
souvent complémentés.
Notons que des vêlages d’automne sont propices à une production de veaux de
boucherie rosés. Cette production est implantée dans la région mais il semble
que dans la zone d’étude, les éleveurs ne s’y convertissent pas, malgré les efforts
de certains négociants.
- Enfin 5 éleveurs sur 24 basent leur conduite sur des vêlages d’hiver. Pour
trois d’entre eux, l’objectif est de pouvoir surveiller les vêlages alors que les
animaux sont en bâtiments. Cet objectif est contraire à celui énoncé pour les
vêlages d’automne. Il existe donc un compromis entre des aspects sanitaires
(diarrhées des veaux plus fréquentes en bâtiment) et la surveillance des vêlages.
Ces 3 troupeaux sont composés de vaches Blondes d’Aquitaine. Les troupeaux
de Blondes demandent souvent plus de surveillance que les Limousines.
Les vêlages d’hiver résultent également des pratiques mises en œuvre pour les
saillies: si les vaches ne sortent pas l’hiver, elles ne peuvent être mises au
taureau qu’à la mise à l’herbe, ce qui peut attendre souvent la mi-avril en zone
de montagne. Il en va de même pour la détection des chaleurs, difficiles en
bâtiment avec la race Blonde, et l’insémination artificielle.
Dans ces élevages, les veaux sont majoritairement vendus à la fin du printemps
ou au début de l’été (de 4 à 6 mois) sous forme de broutards. Notons que les
broutards sont ainsi prêts à être vendus à une période où le marché n’est pas
saturé, contrairement à l’automne. Lorsque certains vêlages sont tardifs
(jusqu’en mars), ils peuvent être vendus jeunes (2,5 mois) en même temps que
les autres. Enfin, un de ces élevages fonctionne avec la vente de broutards
repoussés à 9 mois en décembre (+PSBM). Cet élevage correspond au troupeau
de Salers.
- Les trois derniers éleveurs ont des stratégies particulières. L’un d’eux n’a pas
de période de vêlages bien définie, car il vient de constituer son troupeau en
- 121 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
achetant des vaches de plusieurs élevages. Son objectif à terme est d’obtenir des
vêlages d’automne.
Le deuxième regroupe ses vêlages en été pour deux raisons principales : (1) son
troupeau estive sur des communaux proches de ses parcelles privées car il
souhaite pouvoir surveiller les vaches arrivant à terme et les redescendre
rapidement (2) des vêlages d’été lui permettent de vendre ses broutards en hiver
à 5 ou 6 mois, à une période où le marché n’est plus saturé.
Le troisième a choisi de privilégier l’insémination artificielle qu’il conduit à
l’extérieur, à l’automne et au printemps, afin de faciliter la détection des
chaleurs. Ses vêlages sont donc répartis en deux saisons : été et hiver. Il vend
ses veaux jeunes en début d’hiver afin de délester le troupeau avant la rentrée
en bâtiment, ou en couples à la descente d’estive, pour les mêmes raisons.
Tableau 19
Les types de conduite et valorisation des produits des troupeaux bovins allaitant dans la zone d’étude
Produits Périodes de Races et périodes de vêlages
vente des Bouchère, vêlages en... Rustique, vêlages en... Total
broutards Hiver Printemps Automne Autre Hiver Prin+été
1 seul type de produit 19
Desc estive 2 2
Broutards Prin/été 3 3 6
Hiv/prin 7 2 9
Brout repoussés 9 m 1 1
Veaux de boucherie 1 1
Jeunes/couples 1 2 3
4 3 14 4 1 1 24
1.1.4. Synthèse
La figure 56 propose une schématisation des différents systèmes de conduite et
de valorisation du troupeau en référence aux systèmes passés décrits dans la
partie A de ce chapitre.
Rappelons que le schéma de fonctionnement traditionnel reposait sur la race
locale rustique (Lourdaise) avec une longue période de reproduction et des
produits diversifiés. La race locale a progressivement été croisée pour améliorer
ses qualités laitières ou bouchères. Le schéma de développement mis alors en
place dans les élevages allaitants de montagne reposait sur des vêlages de
- 122 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Figure 56 : Les variantes de conduite du troupeau et de valorisation des produits dans les
troupeaux bovins allaitants dans la zone d’étude. Population totale de 24 exploitations.
Le nombre de cas par type identifié est indiqué par la lettre n.
Tous les éleveurs de l’échantillon ont adopté un temps le modèle préconisé dans
les années 1970. Dans leur grande majorité, les systèmes techniques d’élevage
bovin sont aujourd’hui basés sur des races à viande spécialisées et sur la vente
de broutards. 16 élevages sur 24 ont les vêlages en automne ou en hiver. Les
broutards légers sont alors prêts à vendre avant la montée en estive ce qui
permet à la fois de bénéficier d’une période de cours favorables et d’envoyer la
vache non suitée en estive. Les éleveurs s’orientent parfois vers des produits finis
en utilisant des filières spécifiques, le cas le plus répandu étant la vente de
réformes finies ou « arrangées » d’environ 8 ans (14 élevages sur 24), le plus
souvent sous label de qualité (11 cas). Ce développement peut être rapproché
des efforts de la filière bovine suite à la première crise bovine de 1996 mais
également du développement de races bouchères (Blonde d’Aquitaine et
Limousine notamment) qui ont remplacé les races locales rustiques.
La production de veaux blancs de boucherie, bien qu’exigeante en travail et en
fourrage pour les mères, permet une bien meilleure valorisation des veaux, même
s’ils sont vendus jeunes. Cette pratique est traditionnellement présente dans
- 123 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Enfin, les 6 derniers éleveurs qui pratiquent l’allotement répondent à ces deux
objectifs à la fois. Il en résulte donc 3 lots pour 4 cas sur 6, 2 lots pour un cas
(les deux lots qui ne suivent pas le circuit du reste du troupeau sont regroupés)
et 4 lots pour le dernier cas (deux lots de mères décalées).
- 124 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Tableau 20
Les systèmes de pâturage des bovins dans les exploitations étudiées
Nb Compartiments utilisés en période de
lots Nature des lots Pré- Estivage Post- N Type Stratégie
1 Tout le troupeau en un seul lot 4 1 Repli intersaison sur EA
1 2 Repli total sur les terres de l'exploitation
1 3 Repli sur communaux proches
1 0 Usage traditionnel des espaces pastoraux
2 Génisses
Mères prés ≠ Maîtrise du début de carrière et usage traditionnel des
3 a0
Génisses espaces pastoraux
Mères prés ≠ prés ≠
Terres de l'exploitation Communaux 1/2 altitude Estives d'altitudes Terres de l'exploitation sur commune éloignée du siège
Période d’estivage
L’estivage de la totalité du troupeau bovin sur les estives d’altitude correspond
au schéma traditionnel d’utilisation des espaces pastoraux. Il concerne
aujourd’hui 9 élevages sur 24, soit seulement 38%. On peut distinguer deux
degrés de repli lorsque l’estivage en altitude est abandonné. Le premier degré est
un repli de tout (2 cas) ou partie du troupeau (3 cas) sur les communaux de
demi altitude. Lorsqu’un lot seulement estive sur ces communaux, le reste du
troupeau continue à monter aux estives d’altitude. Le deuxième degré est un
repli sur les ressources propres de l’exploitation. Ce repli affecte là encore tout
(1 cas) ou partie du troupeau (9 cas), le reste du troupeau continue également à
monter aux estives d’altitude. Au total, ce sont 20 exploitations qui ont recours
aux estives d’altitude, soit 83% de l’échantillon.
- 125 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Pâturage hivernal
Il n’est pratiqué que par 9 élevages, soit 38% de l’échantillon. Peu intéressant
du point de vue alimentaire (Balent, 1987), le pâturage hivernal des bovins
permet avant tout un meilleur repérage des chaleurs et, dans certains cas, la
saillies des vaches. Les animaux sont alors sortis 1 à 2 heures par jour sur des
parcelles proches du bâtiment qui les abrite.
1.2.3. Synthèse
La figure 57 présente un schéma bilan des systèmes de pâturage des bovins. Les
systèmes de pâturage actuels y sont représentés par rapport au système
traditionnel que nous avons présenté en partie A de ce chapitre et qui utilise
l’ensemble des ressources fourragères. Les changements par rapport à ce système
traditionnel sont de deux types. L’allotement du troupeau, que nous
interprétons comme une adaptation, permet avant tout à l’éleveur de maîtriser
la reproduction des génisses. Il apparaît également, dans certains cas, comme
une adaptation plus ou moins forcée à des vêlages peu groupés et des calendriers
peu maîtrisés. L’abandon du pâturage sur les espaces collectifs présente
plusieurs degrés et nous apportons une distinction entre l’abandon du pâturage
sur les communaux à l’intersaison et l’abandon de l’estivage sur les pâturages
d’altitude. Dans le premier cas, les pratiques restent proches de celles liées au
système traditionnel car le troupeau continue de monter en estives d’altitude
durant la période estivale. Pour le pâturage d’inter-saison, ces éleveurs ont
choisi de garder le troupeau sur les terres de l’exploitation. Nous considérerons
donc que l’abandon du pâturage sur les collectifs de semi-altitude, lorsque le
- 126 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Ainsi, généralement, l’abandon du pâturage sur les espaces collectifs n’est pas
total mais concerne seulement certains lots. L’utilisation des différents
compartiments de l’espace, bien que souvent limitée à une partie du troupeau,
reste majoritaire dans notre échantillon (21 élevages sur 24).
Je dresse donc une typologie des systèmes de pâturage bovins en 3 classes : (1)
système de type traditionnel avec utilisation des communaux et des estives
ou seulement des estives (N=5); (2) système avec allotement et utilisation
des communaux et des estives ou seulement des estives (N=16); (3) système
avec repli sur l’exploitation ou sur les communaux et l’exploitation et
possibilité d’allotement (N=5).
Les adaptations sont majoritaires dans notre échantillon (20 sur 24, soit plus de
83%). Il semblerait que les stratégies en développement fonctionnent sur un
compromis entre d’une part une gestion complexe (allotement) et individuelle
(limitation de l’utilisation des espaces collectifs) du troupeau et d’autre part la
persistance de l’utilisation maximum des ressources du milieu. Ce compromis est
parfois poussé jusqu’à l’acquisition de parcelles de pacages en altitude, proches
des communaux, qui constituent des sortes d’estives privées où la conduite de
certains lots est plus sûre. D’après plusieurs éleveurs, ces acquisitions seraient
un enjeu pour le développement de l’élevage dans la région, dans la mesure où
de nombreuses exploitations vont libérer des terres suite à des départs à la
retraite.
- 127 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Tableau 21
Les relations entre les systèmes de pâturage et de conduite et valorisation des troupeaux bovins
Conduite et valorisation des produits Total
Race rustique Race à viande
+ brout. Vêl. prin Vêl. aut Vêla aut Vêl. hiv. Vêl. varie +
brout. desc. + brout + veaux + brout. veaux jeunes
Pâturage repoussés
estive hiv/print de bouch. print/été
Traditionnel 1 2 1 1 5
Allotement 2 6 3 3 2 16
Repli 1 1 1 3
Total 2 2 9 3 4 4 24
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Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Type 1 : Systèmes basés sur des races rustiques valorisant tout ou partie des
issues en broutards repoussés avec utilisation des estives et allotement pour
maîtriser la carrière des génisses (n=2)
Tous les autres types sont basés sur des races à viande.
- 129 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Tableau 22
Les races et la conduite génétique dans les 26 exploitations ovines
Croisement
Race pure Total
Berrichon Estive Croisé
Races à viandes 3 3
Texel 1 1
Ile de France 1 1
Berrichon 1 1
Croisées Berrichon 7 4 11
Races rustiques 4 4
Lourdaise 2 2
Montagne noire 1 1
Tarasconnaise 1 1
Troupeaux bigarrés 6 2 8
- 130 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Dans notre zone d’étude, les agnelages peuvent souvent s’étaler en hiver,
jusqu’en février ou mars. De ce fait, on peut distinguer assez nettement les
exploitations utilisant un bélier d’estive de celles possédant leur propre bélier en
observant l’étalement des agnelages (voir Figure 58).
- Les mises bas d’automne (septembre-octobre principalement, 5 élevages sur
26) correspondent à des saillies précoces, c'est-à-dire avant l’estive. Tous ces
éleveurs possèdent leur propre bélier.
- Les mises bas d’hiver (principalement décembre à mars, 15 élevages sur 26)
correspondent à des saillies en estive : 9 élevages sur ces 15 n’ont pas de bélier
propre et utilisent uniquement les béliers d’autres éleveurs en estive. 4 autres
correspondent à des élevages conduits en race pure (en race à viande et un
rustique).
- 131 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
- 3 éleveurs conduisent leurs agnelages sur ces deux périodes à la fois, une partie
des brebis agnelant en septembre-octobre, et l’autre partie en janvier-février.
L’objectif est de disposer de deux lots d’agneaux à des dates différentes
(éventuellement 2 types de produits différents). L’un de ces élevages repose en
fait sur deux lots dans deux bâtiments distincts avec deux périodes de saillies
différentes.
- Enfin, lorsque l’étalement des mises bas est total, elles sont réparties de façon
homogène de septembre à mars (3 élevages). Cela permet de disposer d’agneaux
finis pendant une longue période de l’année et constitue une trésorerie plus
stable. C’est l’objectif recherché par un des 3 élevages concernés. Les deux
autres élevages sont de petite taille (12 et 40 brebis respectivement) et ne sont
pas tournés vers la vente (récréatifs).
- 132 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Tableau 23
Les types de conduite et valorisation des produits des troupeaux ovins allaitant dans la zone
d’étude
Races et périodes d’agnelages
Races à viande Races rustiques Troupeaux bigarrés Total
Produits Aut Hiv Aut+hiv Aut Hiv Tte l’année Aut Hiv Tte l’année
Prin 8 1 5 14
Agneaux de berg Hiv 2 2 1 5
Hiv+prin 1 2 3
Broutards 1 1
Agneaux légers 1 1 2
2.1.4. Synthèse
La figure 59 présente un bilan de cette étude de conduite et valorisation des
troupeaux ovins en référence aux systèmes passés présentés dans la partie A de
ce chapitre. Le système traditionnel est encore présent dans une exploitation
(moyennant une simplification des types de produits), contrairement à ce que
nous avons observé pour les bovins. La race locale, la Lourdaise, existe encore
en race pure dans certains élevages. Tout comme pour les bovins, ce schéma
classique permettait de tirer un profit maximum des espaces pastoraux
collectifs.
Le schéma de développement des années 60-70, comme nous l’avons décrit,
préconisait le croisement industriel avec un bélier Berrichon et le regroupement
des agnelages en automne. Ce schéma est encore présent dans 11 exploitations.
- 133 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
- 134 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Tableau 24
Les systèmes de pâturage des ovins dans les exploitations étudiées
Nb Compartiments utilisés en période de
lots Nature des lots Pré- Estivage Post- N Type Stratégie
1 Tout le troupeau en un seul lot 9 1 Repli intersaison sur EA
7 2 Estivage sur l'EA, ressources suffisantes
4 0 Usage traditionnel des espaces pastoraux
Période d’estivage
L’estivage du troupeau ovin sur les estives d’altitude concerne encore la majorité
de notre échantillon (18 élevages, soit 70%). La tendance principale d’abandon
de l’estivage sur les espaces collectifs correspond à un repli sur les terres de
l’exploitation (Type 2). Dans ces cas, il s’agit moins d’une volonté de maîtriser
la conduite du troupeau que d’utiliser les ressources internes suffisantes pour des
troupeaux de tailles modérée (de 5 à 40 mères, moyenne de 18). Dans un de ces
cas, l’éleveur ayant opté pour la race Ile de France et craignant des saillies non
souhaitables dans les communaux ou en estive, préfère conserver son troupeau
sur ses propres pacages, quitte à en limiter alors la taille.
Une seule exploitation utilise les communaux de demi altitude pour la période
d’estivage (Type 3).
- 135 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Pâturage hivernal
Il est pratiqué par la totalité des élevages. Les brebis sortent en général 2 heures
par jour minimum s’il ne neige pas, sur les parcelles de l’exploitation situées
autour du bâtiment qui les abrite. Il s’agit souvent de prés de fauche. Ce sont
uniquement les mères et les agnelles de plus d’un an qui sortent pendant l’hiver,
les agneaux, bien que non sevrés, étant conduits séparément et restant enfermés
pour l’engraissement.
Il arrive que les brebis soient sorties sur des parcelles appartenant à d’autres
exploitations lorsque l’éleveur concerné est d’accord et qu’il n’a lui-même pas
recours à ces parcelles en période hivernale (éloignées du bâtiment). Ce type de
mise à disposition de parcelles pour le pâturage hivernal pourrait faire penser à
la vaine pâture des systèmes traditionnels où les prés de fauche les plus fertiles
étaient pacagés en hiver. Ce pacage était organisé collectivement au niveau du
village. Cependant, la vaine pâture a disparu depuis longtemps dans notre zone
d’étude (Cantala, 2002). Ce type de mise à disposition relève donc davantage
d’un arrangement entre voisins.
2.2.3. Synthèse
La Figure 60 présente un schéma bilan de cette typologie des systèmes de
pâturage. Les axes d’innovation sont les mêmes que pour les bovins :
allotement et abandon du pâturage sur les espaces collectifs, avec
plusieurs degrés.
L’allotement est toutefois limité à 3 cas dans notre échantillon et est toujours
associé à l’utilisation simultanée de deux bâtiments pour la période d’hivernage.
Il ne constitue une stratégie de conduite différenciée que pour un seul éleveur,
qui cherche à maîtriser le début de carrière des agnelles. Pour les deux autres, il
semble plutôt être « forcé » du fait de la contrainte de la séparation des deux
bâtiments. Les animaux sont en effet regroupés dès que possible. Il en résulte
pour l’un une conduite avec deux périodes d’agnelage (automne et hiver) et
pour l’autre, quelques agnelages précoces en automne.
L’abandon du pâturage sur les espaces collectifs est largement plus limité chez
les ovins que chez les bovins : 6 exploitations font encore un usage traditionnel
de l’espace et 12 ont cessé d’utilisé les communaux mais continuent d’estiver en
altitude. Les troupeaux ovins semblent donc être conduits de façon plus proche
du système traditionnel où l’ensemble des compartiments de l’espace est utilisé.
- 136 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Les brebis sont en effet plus aptes à valoriser ces ressources que des vaches de
races bouchères.
Mais le repli total sur les terres de l’exploitation est également plus marqué chez
les ovins (7 cas). Les troupeaux concernés sont plutôt de petite taille et les
ressources de l’exploitation sont alors suffisantes pour y maintenir le troupeau
durant l’été. On trouve principalement parmi ces exploitations les élevages non
tournés vers la vente (élevages « récréatifs » destinés à la production d’agneaux
pour la consommation familiale).
- 137 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Tableau 25
Les relations entre les systèmes de pâturage et de conduite et valorisation des troupeaux ovins
Conduite et valorisation des produits
Race locale Croisé BdC + Race rustique Race viande Troupeaux Total
Pâturage + brout agnel aut + agn berg + agn de berg + agn de berg bigarrés
Traditionnel 7 1 2 5 15
Allotement 2 1 3
Repli 1 2 2 1 2 8
Total 1 11 3 3 8 26
Type 1 : Systèmes basés sur des troupeaux bigarrés, sans bélier sur
l’exploitation et système de pâturage traditionnel (n=6).
Type 2 : Systèmes basés sur des troupeaux bigarrés avec bélier et repli sur
l’exploitation. Très petits troupeaux et produits non commercialisés (n=2).
Type 3 : Systèmes avec repli sur l’exploitation pour contrôler les saillies. Race
rustique (n=3) ou race à viande (type 3bis n=1).
Type 4 : Système basé sur une race rustique et utilisation traditionnelle des
estives (n=1).
Type 5 : Systèmes basés sur des races à viande avec utilisation traditionnelle
des estives (n=2).
- 138 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
les estives pour leur troupeau ovin les ont également abandonnées pour leur
troupeau bovin (3/4). Il semble donc que les tendances d’utilisation des espaces
collectifs soient globalement les mêmes pour les deux espèces dans les élevages
mixtes.
Tableau 26
Répartition des élevages allaitants mixtes ovin-bovin selon les types de systèmes de pâturage
Système de pâturage des bovins
Total
Système de pâturage des ovins Traditionnel Allotement Repli
Traditionnel 1 7 8 (/15)
Allotement 1 1 (/3)
Repli 1 3 4 (/8)
Total 2 (/5) 8 (/16) 3 (/3) 13
- 139 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
L’importance relative des pacages et des prés de fauche est estimée par le
pourcentage de surfaces en pacage par rapport à la totalité des prairies
permanentes.
- 140 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
2.1. La part des terres non utilisées est très variable d’une
exploitation à l’autre
Le pourcentage de terres non utilisées dans le territoire des exploitations
s’échelonne de 0 à 38% (Figure 61). 13 EA n’ont aucune terre non utilisée dans
leur territoire. La moyenne s’élève à 9.1% (écart type de 11.6%).
45,0
Part des susrfaces non utilisées dans les epxloitatiosn (%)
40,0
34
22
35,0
2
30,0
18
25,0 7 8
20,0 32
27 502
15,0 6 19
3
37
10,0 39
5,0 23 501
25 15
20 38 35 1 29
16 31 11 26 21 12 33 28 24 10 30 40 9 14 36 17 13
0,0
- 141 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Tableau 27
Part de surface non utilisée dans le territoire des exploitations de la zone d’étude
% % surface % SAU
N
échantillon* totale** totale***
Part de S non utilisée
< 5% 23 57.5 66.9 70.4
5-10% 2 5.0 1.2 6.4
10-25% 9 22.5 13.6 16.3
>25% 6 15.0 18.3 6.9
* Echantillon = 40 exploitations
** Surface totale = 1 027.6 ha
*** SAU totale = 935.9 ha
- 142 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
3
Chargement sur les terres de l'EA (UGB/ha de PP)
2,5 9
36
2
40
1 30
10 14
35 6
1,5 15 24 39
8 32 21 12 33 17 28
38
3 501
37 19 13
29 26
1 27 11 23
7
2 22
31
16 25
0,5
20 502
Figure 62: Chargement sur les prairies permanentes des exploitations de la zone
d’étude (pour des raisons d’échelle, les EA 34 (7.6 UGB/ha) et 18 (4.0 UGB/ha)
ne sont pas représentées)
2,5
Chargement sur les terres de l'EA (UGB/ha de PP
36
30 40
2
10 1
6 14 35
24 39 28
12 33 17 15
1,5 501
32 3
38 8 21
19 37 29
1 13
26 23
27 22 7 11
31
2
0,5 25
16
502 20
0
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Nombre d'UGB total de l'exploitation
Certaines exploitations ayant de petits troupeaux (<10 UGB) ont également des
chargements particulièrement élevés (EA 6 et 36). Ces éleveurs viennent juste
de passer à la retraite. Ils sont entrain de diminuer l’effectif de leur troupeau et
ont déjà laissé certaines terres en location à d’autres éleveurs.
Notons que dans la quasi-totalité (4/5) des exploitations où le chargement est
très élevé, les éleveurs achètent du foin systématiquement chaque année. Le
dernier n’en achète que de façon plus occasionnelle.
- 143 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Tableau 28
Chargement brut sur les prairies permanentes des exploitations de la zone d’étude
% surface % SAU % UGB
N % Nb d’EA*
totale* totale* totales
Plus de la moitié des prairies privées fait donc apparemment l’objet d’une
utilisation intensive. Ce résultat serait à affiner dans la mesure où notre calcul
du chargement ne tient pas compte des pâturages collectifs et ne permet pas un
réelle estimation dans l’absolu du prélèvement de biomasse.
12 34
100
Part des pacages dans les epxloitatiosn (% des prairies
25
90 40
80 37
20
70
33
60
permanentes)
24 8 39 22
50 17 32 29 16
30 31 9 21 15
23 35 1
40
27
28 18
30 26
14 501
50213 19
38 10
20
6
36
7
10 11 2
3
0
Figure 64 : Part des pacages dans les surfaces de prairies permanentes des
exploitations
- 144 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
60
50 22
Part des collectifs (% des jour-UGB)
26
40 38
32 28 39
36 29
37 2 16 19 15
30 3 30 24
20 33 1
11 27 10 21 501 13 6
17
14 35
20 9
31
40
23
7
10
25 12 502 18 8 34
0
- 145 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Le reste des éleveurs (26 en tout) se situent entre 26% et 40% d’utilisation des
collectifs.
- 146 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
- 147 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
- 148 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
%S Pat Pat Part % Achat UGB Parc. Nb Nb Conduite Conduite Four Ch Type
EA non uti Charg. Bov Ov collectif Pac. Foin TYPE Orien. SAU tot éloi. vaches brebis Bov Ov Equ. Capr. (ha) Rec fam
8 26,8 1,25 0,00 63,2 syst. 1 A 18,8 14,40 0 0 5 40 0 2 2
2 31,0 0,72 1BIS 33,79 10 occas. 1 O 10 7,20 1 0 40 Big 0 2 4
19 16,7 1,10 2 34,25 23,81 occas. 1 O 11,5 11,52 0 68 BdC 0 3 4
22 36,4 0,77 1 49,32 61,7 occas. 1 O 7 7,20 0 40 Rus 0 2 4
27 19,1 0,91 2 27,15 34,72 occas. 1 O 7,2 6,56 0 27 BdC 1 0 3 4
502 19,8 0,36 3 0,00 21,88 jamais 1 O 20 3,44 0 12 Rus 12 0 3 5
7 26,8 0,81 3 1BIS 13,95 10,15 occas. 2 A 20 16,20 5 65 0 0 4
3 16,0 1,19 1BIS 30,93 0 jamais 2 B 23,7 24,45 17 0 VelHiv 0 3 3
13 4,3 1,11 1BIS 2 27,77 23,4 jamais 2 M 24 26,05 10 65 VelAut Big 0 2 4
37 14,1 1,06 2 1 33,13 80,47 syst. 2 M 25,6 27,17 10 65 VelHiv Vian 0 2 1
32 21,5 1,26 1 38,11 53,33 jamais 2 B 15 18,91 13 0 VelAut 0 2 2
39 11,5 1,60 2 39,17 61,7 jamais 2 B 20 27,28 20 0 Jeun 2 2 5
11 0,0 0,94 2BIS 26,59 8,333 jamais 3a B 36 33,75 24 0 VelAut 1,9 3 2
501 6,4 1,34 2BIS 27,65 26,07 jamais 3a B 26 40,62 27 0 VdB 1 2 3
23 3,3 0,97 2BIS 1 17,79 37,6 occas. 3a M 43,8 41,27 20 38 VelAut BdC 4 0 2 3
17 3,4 1,52 2BIS 1BIS 26,14 53,3 syst. 3a M 33,8 51,38 1 34 14 RusRep BdC 0 2 1
33 0,0 1,51 2BIS 1BIS 28,92 64,29 syst. 3a M 28,5 42,37 1 16 77 Jeun Vian 1 0 2 3
21 0,0 1,32 3BIS 3 27,57 51,28 syst. 3a M 39 51,51 30 27 VelAut Vian 3 0 2 2
15 3,1 1,57 2 34,87 51,61 jamais 3a B 62 91,29 1 65 0 VelHiv 4 2 3
40 0,0 1,96 2BIS 19,48 90,7 jamais 3a B 60 84,38 1 60 0 VelHiv 15 2 2
9 0,0 2,54 2 22,56 50 jamais 3a B 82,5 177,59 1 110 0 VelAut 8 1 1 3
28 0,0 1,55 2 3 38,49 31,58 jamais 3a M 41 58,73 1 40 5 VdB Big 1 2 2 3
35 2,1 1,63 2BIS 1 25,96 37,78 jamais 3a M 50 73,13 1 25 230 VelAut BdC 1,5 2 3
29 5,8 0,99 2BIS 36,36 53,37 jamais 3b B 34 33,82 1 16 0 VdB 0 2 1
1 2,8 1,86 2BIS 1BIS 29,75 45,05 jamais 3a M 75 84,66 43 140 VelAut BdC 2 2 3
36 1,0 2,19 1BIS 35,62 12,9 occas. 3b O 3,1 6,80 0 40 Big 0 2 4
26 0,0 1,01 1BIS 42,81 28,57 syst. 3b O 10,5 10,56 0 60 Big 0 3 5
12 0,0 1,47 3 0,00 100 syst. 3b O 6 7,36 0 6 Big 4 0 2 4
24 0,0 1,60 3 3 31,47 60 occas. 3b M 10 15,98 6 40 Jeun BdC 0 2 5
38 2,1 1,24 1BIS 1 40,86 19,57 syst. 3b M 9,2 11,43 5 25 BrouDes BdC 0 3 4
14 0,6 1,83 2 1 24,80 25 syst. 3b M 15 31,54 17 20 VelAut BdC 3 0 2 4
25 2,9 0,52 3 3 0,00 90,63 syst. 3b M 17 8,35 4 20 BrouDes BdC 0 3 4
30 0,0 1,91 1BIS 31,34 47,4 occas. 3b B 7 10,91 8 0 Jeun 0 3 4
10 0,0 1,81 2 27,56 20,61 occas. 3b B 16,5 30,80 1 20 0 RusRep 1 0 3 3
6 16,7 1,65 1BIS 28,77 14,71 syst. 4 O 5,5 5,60 0 30 BdC 0 3 5
18 28,6 4,61 3 0,00 33,3 syst. 4 O 3 13,84 0 14 Rus 7 0 3 2
34 38,1 7,59 3 0,00 100 syst. 4 O 6 40,96 0 40 Rusloc 20 11 0 0 2
16 0,0 0,50 1BIS 33,99 53,7 jamais 5 O 11 5,44 0 30 Big 0 2 5
31 0,0 0,71 1BIS 21,14 44,23 occas. 5 O 5,2 3,68 0 11 Big 1 0 3 5
20 1,3 0,35 28,77 82 jamais 5 A 22,8 8,00 0 0 5 0 3 4
Figure 66: Données de base pour l’élaboration de la typologie d’utilisation des terres de
l’exploitation. Les variables illustratives sont présentées sur fond gris en italique.
- 149 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
4. Discussion
- 150 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
En conclusion, 12 exploitations sur 40, soit 30%, ont une gestion extensive de
leurs terres : type 1, 4 et 5. Parmi ces exploitations, une grande majorité ont
une part importante de terres non utilisées (9/12 : types 1 et 4). Ce sont la
plupart du temps des exploitations ovines conduites par des exploitants âgés
sans successeur.
Lorsqu’il y a repli sur les terres de l’exploitation pour la saison de pâturage, il y
a aussi plus d’abandon de terres sur l’EA (types 1 avec repli et type 4). Cela est
à mettre en relation avec la réduction du troupeau : les exploitations qui
abandonnent les espaces collectifs ont de petits élevages et ont abandonné
certaines de leurs terres dont elles n’ont plus besoin.
- 151 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
pour passer l’hiver et cherchent donc à tirer le maximum des ressources dont
elles disposent. Ces petites exploitations sont conduites majoritairement par des
couples âgés sans successeur. Ces familles maintiennent leur activité agricole
tout en ne sachant pas si elles trouveront un successeur ou quelqu’un pour
reprendre les terres. Dans tous les cas, le maintien de ces terres en
production et leur entretien est un objectif prioritaire pour ces familles.
Ces exploitations occupent 134 ha, soit 13% de la surface totale.
Figure 67 : Localisation des parcelles des exploitations qui ne réalisent pas une
gestion de leur territoire capable d’en assurer l’entretien
- 152 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Partie C
Dynamique de l’agriculture locale depuis les
années 50
Dans son étude historique de l’agriculture locale, Cantala (2002)a montré qu’en
1950, la logique de fonctionnement des exploitations agricoles pouvait encore
être considérée comme basée sur celle des systèmes à maison avec l’objectif
principal de maintien et transmission du patrimoine. Dans cette partie, je
chercherai donc à savoir comment ont évolué ces systèmes qui ont fonctionné
selon une logique traditionnelle jusque dans les années 50. Mon hypothèse est
que la connaissance de l’évolution de ces exploitations peut contribuer à éclairer
l’évolution de la société agraire locale.
Je chercherai en particulier à comprendre le phénomène d’abandon de parcelles
en le resituant dans l’évolution des exploitations depuis 1950.
Rappelons que mon hypothèse est que les relations entre les éléments du
système famille-exploitation prises en compte pour étudier son fonctionnement
sont également valables pour caractériser son évolution. Cela m’amène à
considérer les critères qui sont présentés dans le Tableau 29.
Cependant, je ne chercherai pas à analyser en elles-mêmes les évolutions de
chacun des critères mais à reconstruire et comprendre les trajectoires des
exploitations grâce aux critères pertinents pour chaque cas. Certains critères
seront pris en compte comme variables illustratives, ce qui permettra de
confirmer ou préciser certains changements dénotés par les variables principales
- 153 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Tableau 29
Critères thématiques retenus pour l’étude des trajectoires des exploitations agricoles*
Thèmes étudiés Critères
- 154 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Parmi ces maisons, le cas le plus fréquent est celui où seulement 2 générations
se sont succédées depuis 1950 (Type « 2 générations », 17 EA, voir Tableau 30).
Dans ces exploitations, les parents des exploitants actuels se sont installés vers
1950 et la succession s’est faite entre 1980 et 1990 environ. Les successions se
font la plupart du temps sans interruption de l’activité agricole (dans une seule
exploitation, il y a eu une courte période où l’exploitation a été mise en fermage
à un tiers avant que la fille ne reprenne). Il arrive qu’après la succession, le chef
d’exploitation officiel change : du mari à la femme (1 cas, lors du décès du mari)
ou de la femme au mari (1 cas).
- 155 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Tableau 30
Périodes d’installation des différentes générations qui se succèdent sur les exploitations agricoles
Période d’installation des générations
Type N
G -2 G -1 G-1+G0 G0
EA existant en 1950 31
2000
3 générations ≤1950 1960-70’ ⎯ 3 générations-juridique 4
mais chef = G-1
≤1950 1970’ ⎯ 1990’ 3 générations 8
≤1950 1970’ 2000 ⎯ 3 générations-GAEC 2
2 générations ⎯ ≤1950 ⎯ 1980-90’ 2 générations 17
Parmi les 9 exploitations dont la création est postérieure à 1950, 5 ont été créées
à partir d’une maison qui n’avait pas de successeur. Parmi ces 5 cas, un seul
exploitant peut être considéré comme néo-rural1, les trois autres sont issus du
1
Dans une acceptation de néo-rural comme une personne d’origine non agricole extérieure à la
région
- 156 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Tableau 31
Comparaison données RGA 1955 et données de l’enquête pour les 4 communes de la zone
d’étude
Données RGA 1955 Enquête 2003
Nombre d’EA 121 31 (EA actuelles existant en 1950)
Surface moyenne/EA 6,8 ha 13,7
Nombre d’ovins/EA 18,4 39,1*
Nombre de bovins/EA 5,6 8,7*
* Ces moyennes ne tiennent pas compte des orientations de production des exploitations
- 157 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
30 à 50 ha
5 EA
16 à 40 vaches
14 à 230 brebis
1970-80’ 15 à 82 ha
SAU et bovins
X 3 EA 13 à 110 vaches
(1 EA avec atelier engraissement veau)
(ovins ou )
17 EA
1 EA 24 ha
≈ Stable 10 vaches
65 brebis
3 à 40 ha
5 à 20 vaches SAU, bovins
30 à 180 brebis et ovins 10 ha
2 EA
6 vaches
+ 25 à 40 brebis
De 1955 à 1997
1 EA 3 ha
X 14 brebis
Canards gras
5 EA
7 à 20 ha
12 à 68 brebis
17 ha
1 EA 4 vaches
20 brebis
Puis
bovins
3 EA 15 à 40 ha
12 EA 17 à 40 vaches
1990’ 5 à 27 brebis
SAU
+ 5 EA 24 à 60 ha
5 à 16 ha Bovins 17 à 67 vaches
3 à 20 vaches
Puis bovins 1 EA 20 ha
SAU 20 vaches
1970’ ou 2000
Bovins
+
X 2 EA
7-10 ha
40 brebis
1 EA 5 ha
2 EA 11 brebis
SAU
Ovins 1980’
6 ou 11 ha
20 ou 60 brebis SAU
X 1 EA
23 ha
4 juments
Légende
X Suppression
d’un élevage bovin X Suppression
d’un élevage ovin + + + +
Création d’un élevage bovin,
ovin, équin ou de canards gras
- 158 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Dans les 17 exploitations mixtes en 1950, les évolutions ont été diverses, 1 seule
se maintenant à l’identique jusqu’en 2003. 8 se sont agrandies en surface et
cheptel, le troupeau ovin étant abandonné dans les années 70-80’ pour 3 d’entre
elles (un atelier d’engraissement de veaux en contrat d’intégration étant mis en
place dans l’une d’elle). Enfin, les 8 restantes se sont réduites en surface et
cheptel. Dans 5 d’entre elles, l’élevage bovin a été abandonné à des dates très
variables allant de 1955 à 1997. Dans la dernière, un l’élevage de canards gras a
été mis en place en conservant quelques brebis.
Les évolutions des exploitations créées après 1950 sont elles aussi très diverses
(voir Figure 69). On y trouve en particulier la plupart des exploitations qui ont
aujourd’hui des systèmes que nous avons qualifié d’alternatifs ainsi que les
exploitations « récréatives ».
- 159 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
1976 1 EA
cheptel SAU 3 ha
+ lapins 40 brebis
7,5 ha Arrêt lapins
25 brebis 2003
40 lapins
1980
≈ Stable 1 EA 16 ha
40 chèvres
16 ha
40 chèvres
1985 SAU 1 EA
+ divers 6 ha + divers
1 ha 40 brebis
40 brebis 6 lamas…
6 lamas…
- 160 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
depuis 1950 (ou depuis leur création après 1950). La moitié d’entre elles
subissant un ou plusieurs changements de cohérence.
Nous remarquons également que certaines évolutions ont des logiques opposées :
création d’un élevage ovin et agrandissement (type 4) ou simplification pour un
élevage ovin et réduction de surface (type 6) par exemple.
Tableau 32
Evolutions structurelles (orientations de production et taille) des exploitations de la zone
d’étude
Type Description N
- 161 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Les acquisitions de terres, qui concernent surtout des pacages et des prés de
fauche, ont eu lieu majoritairement après 1985-90 (voir Tableau 33). Les
surfaces acquises après 1985 sont très importantes dans les trajectoires de types
« Agrandissement en surface et cheptel » et « Diversification et
agrandissement »
Tableau 33
Périodes d’acquisition de parcelles dans les 19 exploitations avec trajectoire d’agrandissement
Acquisitions avant Acquisitions après
Total
1985 (ha) 1985 (ha)
Types de trajectoire
Agrandissement en surface et cheptel 6.0 224.5 230.5
Diversification et agrandissement 4.2 98.3 102.5
Spécialisation bovine et de surfaces 58.5 31.0 89.5
1
Cette analyse porte sur les parcelles des EA qui se situent sur les 4 communes d’étude. Les
parcelles situées sur d’autres communes n’ont pas fait l’objet d’une étude précise de leur
historique et il nous est donc impossible de savoir si certaines ont été abandonnées puis ré-
utilisées.
- 162 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Tableau 34
Ré-utilisation de parcelles après une période de non-utilisation
Nombre d’EA Surface totale (ha)
Total 12 71.9
Tableau 35
Ré-utilisation de parcelles de la zone d’étude et types d’évolutions structurelles des exploitations
Ré-utilisation par la Ré-utilisation à
Nb
Type Définition même EA l’acquisition
d’EA
Nb d’EA S % S totale Nb d’EA S % S totale
- 163 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
partie d’un lot de parcelles (voir Tableau 36). Notons qu’un grand nombre de
parcelles ré-utilisées après une période d’abandon se trouvent parmi ces parcelles
acquises, comme nous l’avons vu ci-dessus, ce qui explique que 13 exploitations
n’ont pas de terres sans utilisation aujourd’hui.
Nous n’avons pas d’information sur les modalités d’arrêt d’utilisation agricole
des terres dans le cas d’une acquisition ou lorsqu’il est survenu avant 1950. En
revanche, la reconstruction des trajectoires des exploitations nous permet
d’étudier l’abandon postérieur à 1950 dans 18 exploitations (48.1 ha en tout sur
les 4 communes de la zone d’étude).
Tableau 36
Origine des surfaces non utilisées dans les exploitations de la zone d’étude
Nombre d’EA Surface (ha)
Tableau 37
Arrêt d’utilisation de parcelles selon les trajectoires d’évolution des les exploitations de la zone
d’étude
Nombre d’EA % Surface
Nombre Surface
Type Définition avec arrêt totale
d’EA (ha)
d’utilisation étudiée
- 164 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Ainsi, pour plus de 70% de la surface considérée (48.1 ha, voir Tableau 38),
l’arrêt de l’utilisation des terres est lié à un changement dans la trajectoire de
l’exploitation.
- 8.3% de cette surface ont été abandonnés au moment où l’éleveur a décidé
d’arrêter son troupeau bovin (2 exploitations) : les besoins en fourrage
s’amoindrissent et l’éleveur peut se permettre d’arrêter d’utiliser les parcelles les
plus contraignantes.
- 28.7% de la surface totale considérée a été abandonnée depuis 1950 sans qu’un
lien chronologique puisse être fait avec un changement précis dans la trajectoire.
En revanche, la trajectoire globale de l’exploitation apporte des informations sur
ces abandons. Parmi les cinq exploitations concernées, trois ont une trajectoire
où la surface réduit (1 de type 6 « simplification ovine », 1 de type 3
« Réduction en surface et cheptel » et 1 de type 5 « diversification et
réduction »). Dans ces exploitations en récession, l’abandon est un ajustement
du parcellaire à une simplification du système de production.
- 165 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Tableau 38
Origine des surfaces non utilisées (espaces en transition et bois) dans les exploitations de la zone
d’étude
Période à laquelle % de la
Nombre Surface
intervient l’arrêt Type d’évolution structurelle surface
d’EA (ha)
d’utilisation totale
*Le total des exploitations concernées n’est pas égal à la somme des EA concernées par chaque
période car 3 EA ont connu plusieurs périodes avec arrêt d’utilisation de terres pour différentes
raisons.
- 166 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Tableau 39
Evolutions structurelles sans changement de cohérence et cycle de vie des familles
Evolutions Type de famille actuelle Origine EA et successions Total
structurelles type n type n
Total 20
Enfin, dans les 6 exploitations qui ont suivi une trajectoire de réduction de
cheptel et de surface, il y a toujours eu au moins une succession depuis 1950.
Dans 3 cas, il s’agit d’une succession « juridique ». Ces exploitations
appartiennent aujourd’hui presque toutes (4 sur 6) à des familles agricoles de
type « Célibataire âgé sans successeur » (le tiers prenant l’EA à son nom n’est
pas un successeur dans le sens où il ne travaille pas sur l’EA. Lorsqu’il est lui-
même exploitant, il arrive qu’il récupère certaines des terres pour sa propre
exploitation). Les deux autres exploitants sont proches de la retraite. Cela
signifie que la réduction en surface et cheptel est fortement liée à l’absence de
successeur.
Il est très fréquent que les changements de cohérence dans les exploitations
soient étroitement liés à la succession (voir Tableau 40). Parmi les 8
exploitations qui ont simplifié leur système, l’abandon des bovins, dont la date
s’étale de 1977 à 2000, a eu lieu au moment même de la succession pour 5 cas: le
fils ou la fille prend la suite de ses parents et ne souhaite pas garder la charge
d’un élevage bovin. Dans un des 3 autres cas, l’abandon des bovins est en
- 167 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Tableau 40
Evolutions structurelles avec changement de cohérence et cycle de vie des familles
Evolutions Type de famille Origine EA et
Période de changement Total
structurelles actuelle successions
1 jeune célibataire 2 générations : 3
Diversification et 2-3 ans avant/après succession: 1
2 couples enfant sur EA 3 générations : 1 5
agrandissement Hors période de succession : 4
2 couples âgés ∅ succ. >1950 1 gén. : 2
Diversification et
1 couple âgé ∅ succession 2 générations : 1 Simultané à la succession : 1 1
réduction
2 générations : 4
Simplification pour 5 couples âgés ∅ succ. 3 générations : 1 Simultané à la succession : 5
8
ovins et de surface 3 célibataires âgés ∅ succ. 3 gén. juridique: 2 Hors période de succession : 3
>1950 1 gén. : 1
Total 20
- 168 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
- 169 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
- 170 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
1
Aide directe au revenu, 200 F par vache dans la limite de 40 vaches
- 171 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
En conclusion, les évolutions locales que nous venons de décrire répondent aux
principaux objectifs de l’ICHN. Cependant, malgré un ralentissement de la
tendance, le nombre d’exploitations est toujours en diminution. Or, comme le
précisent Saint Pierre et al. (2004), la gestion durable des paysages ne peut être
réalisée que par le maintien d’un nombre suffisant d’agriculteurs.
1
Rappelons que cet article 19 entre dans le cadre des OLAE de type « Lutte contre la déprise »
et que son objectif en terme de paysage était le maintien de taches ouvertes sur les versants
d’une taille minimum de 10ha
- 172 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Les primes visant à compenser la baisse des prix d’intervention sur les produits
animaux (prime au maintien du troupeau de vaches allaitantes (PMTVA),
prime spéciale aux bovins mâles (PSBM), la prime compensatoire ovine (PCO)
et prime à l’abattage (PAB)) ont surtout eu pour effet de maintenir voir
augmenter le revenu des éleveurs.
- 173 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
- 174 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
- 175 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Dans les travaux sur les dynamiques longues des EA, c’est souvent la notion de
phase dans le cycle de vie des familles agricoles qui est mise en avant: phase
d’installation puis possible phase de remboursement, phase d’agrandissement,
phase de croisière puis phase de succession (agrandissement possible) ou phase
d’arrêt si pas de succession (Gasson & Errington, 1993 ; Landais, 1996 ; Moulin
et al., 2004). Mes résultats montrent que, dans notre zone d’étude, les
successions ont plus de poids, ou du moins sont plus visibles, pour expliquer les
changements dans les systèmes de production que les phases du cycle de vie.
- 176 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
Les nouvelles formes d’élevage ne sont pas nombreuses dans la zone d’étude.
Dans les exploitations étudiées, on ne rencontre que quelques logiques nouvelles,
en rupture avec les logiques traditionnelles locales basées sur l’élevage des ovins
et des bovins (5 EA) : un élevage de chèvres pour le fromage, un élevage de
canards gras, un atelier d’engraissement de veaux en intégration, un élevage de
juments Mérens, un élevage de lapins et 1 élevage multi-espèces (ovins, lamas,
chevaux etc…). Parmi ces éleveurs, deux seulement sont néo-ruraux mais 3
de ces exploitations sont postérieures à 1950.
Bien que je n’aie pas analysé en détail l’importance des soutiens publics dans le
revenu des éleveurs (voir chapitre 5, IV), mon étude des politiques publiques de
soutien à l’agriculture a montré qu’il n’est pas toujours évident d’identifier leur
rôle dans les trajectoires des exploitations. Nous retenons 3 influences
importantes.
Tout d’abord, les politiques de rationalisation et modernisation des années 70
ont entraîné des changements d’orientation génétique dans les troupeaux ovins
et bovins, voire même des changements de types de production, comme le
montrent nos résultats d’enquête, et une diminution du nombre d’exploitations,
d’après les RGA.
Ensuite, les effets de l’ICHN se traduisent principalement par le ralentissement
de la disparition des EA, le maintien des surfaces en herbe et une certaine
augmentation du cheptel. Nous n’en avons cependant pas retrouvé de traces
particulières dans les trajectoires individuelles des EA.
Enfin, les politiques plus récentes tournée vers l’agri-environnement ont eu un
succès important dans la zone d’étude. Elles ont contribué à un certain maintien
de l’état des surfaces en herbe ainsi qu’à un redéploiement pastoral.
En ce qui concerne la récente réforme de 2003, nos entretiens avec les éleveurs
ont révélé un point sur lequel nous pensons qu’il convient de s’attarder. Un
certain nombre d’entre eux ont signalé que les conditions de déclaration à la
MSA des terres louées risquent fort de les empêcher de contractualiser la PHAE,
par exemple. En effet, la location verbale non déclarée est très répandue dans la
zone d’étude, comme nous le verrons dans le chapitre suivant. Les propriétaires
se montrent souvent réticents à la déclaration de baux oraux car ils ne
souhaitent pas engager leurs terres pour de longues périodes. La zone étant en
plein développement touristique, il est clair que la perspective éventuelle de
classement des terres en zone constructible est la cause de ces réticences. Nous
reviendrons par la suite sur l’importance de ce point.
- 177 -
Chapitre 3 : Diversité des stratégies de gestion de l’espace dans les exploitations et dynamique depuis 1950
effet, nous avons montré que l’abandon est survenu de façon importante dans
les exploitations en récession (logique de réduction en surface et cheptel). Il est
également survenu dans les exploitations à logique d’agrandissement où, lors de
l’acquisition de nouvelles surfaces, les parcelles les plus contraignantes ne sont
plus indispensables et donc abandonnées.
Cette étude a permis d’identifier les logiques suivies par les jeunes éleveurs de la
zone. Un grand nombre d’entre eux fonctionne selon une logique de système
traditionnel : mixité de l’élevage, utilisation des espaces de pâturage collectifs...
tout en étant tourné vers des objectifs productifs et en assurant un entretien de
leur terres. Certains ont repris l’exploitation familiale après avoir exercé une
autre activité, récupérant des terres qui étaient en partie non utilisées. L’un
d’eux a même entrepris un chantier de déboisement afin de ressemer de la
prairie permanente. Ces observations conduisent à penser qu’il existe une
dynamique locale de maintien de l’activité agricole liée à de jeunes exploitants.
- 178 -
Chapitre 4 : Dynamique d’utilisation agricole des terres depuis 1950 et boisement spontané du territoire
Chapitre 4
Dynamique d’utilisation agricole des
terres depuis 1950 et boisement
spontané du territoire
Cette étude porte principalement sur la commune de Villelongue qui est le site
de référence pour le programme interdisciplinaire, en particulier pour les
écologues qui s’intéressent aux processus écologiques de boisement spontané. J’ai
étendu une partie des analyses aux trois autres communes de ma zone d’étude
afin de confirmer les dynamiques observées à Villelongue.
- 179 -
Chapitre 4 : Dynamique d’utilisation agricole des terres depuis 1950 et boisement spontané du territoire
Je commencerai donc par préciser ce que le territoire que j’étudie représente par
rapport au territoire agricole total de Villelongue mais également ce que les
dynamiques d’utilisation du sol que j’étudie représentent par rapport aux
dynamiques globales.
Tableau 41
Description des classes d’occupation du sol (Blanc, 2001)
Classe Description
- 180 -
Chapitre 4 : Dynamique d’utilisation agricole des terres depuis 1950 et boisement spontané du territoire
- 181 -
Chapitre 4 : Dynamique d’utilisation agricole des terres depuis 1950 et boisement spontané du territoire
Tableau 42
Evolution des classes d’occupation du sol à Villelongue (source : Vigneron, 2005)
1948 1971 2001 ∆ 1948-2001
100%
Bâti
90%
80% Forêt
70% Perchis
60%
Prairies colonisées
50%
40%
Prairies
30%
20%
10%
0% Cultures
1948 1971 2001
- 182 -
Chapitre 4 : Dynamique d’utilisation agricole des terres depuis 1950 et boisement spontané du territoire
Les quelques cultures en progression sont toutes localisées dans la partie la plus
basse, autour du village de Villelongue (Figure 73). La forêt en progression, elle,
se trouve répartie sur tout le territoire.
Figure 73 : Carte d’évolution des classes d’occupation du sol entre 1948 et 2001 (source :
Vigneron, 2005)
- 183 -
Chapitre 4 : Dynamique d’utilisation agricole des terres depuis 1950 et boisement spontané du territoire
qui reste une zone ouverte du paysage, est donc aujourd’hui menacée
d’enfrichement et de fermeture. Comme le précisent Curt et al (1998), différents
travaux ont également montré la grande instabilité des milieux ouverts de types
pelouses et landes (Léouffre & Leclerc, 1996 ; Trie & Maille, 1996 ; Guyon et
al., 1996, cités par Curt et al, 1998). Ces milieux sont donc aujourd’hui un enjeu
pour le développement durable des territoires de montagne.
- 184 -
Chapitre 4 : Dynamique d’utilisation agricole des terres depuis 1950 et boisement spontané du territoire
Mes parcelles d’études représentent 184.31 ha, soit 52.4% du paysage agricole.
Une partie importante (environ 31ha) des surfaces non comprises dans les EA
actuelles correspond à du bâti. Si l’on retire ce bâti qui ne rentre pas dans une
dynamique proprement agricole, le territoire que j’étudie couvre près de 58% du
paysage agricole de Villelongue.
Les 42% restant correspondent donc à des terres sans utilisation agricole
aujourd’hui, c'est-à-dire majoritairement des parcelles abandonnées par des
exploitations qui n’existent plus. En effet, il n’existe qu’un très petit nombre de
parcelles non agricoles à Villelongue.
En conclusion, nous pouvons retenir que le territoire que j’étudie pour rendre
compte des dynamiques d’utilisation agricole du sol couvre 58% du paysage
agricole de Villelongue, les 42% restant étant abandonnés de longue date et déjà
en grande partie boisés.
1
Au total : 189.8 ha auquel je retranche les parcelles située de l’autre côté de la crête Sud du
village, cf Figure x
2
Cette partie de ma thèse a fait l’objet d’une publication (Mottet et al., 2005)
- 185 -
Chapitre 4 : Dynamique d’utilisation agricole des terres depuis 1950 et boisement spontané du territoire
1.1. Une étude historique qui porte sur l’utilisation des parcelles dans
les exploitations actuelles de Villelongue
Pour analyser les dynamiques d’utilisation du territoire, je m’appuie à la fois sur
l’enquête en exploitation et sur la Base de données relationnelle couplée au SIG.
J’utilise la parcelle cadastrale comme l’unité spatiale de référence (cf chapitre
2). La parcelle cadastrale reste généralement indivisée au cours du temps et on
peut la rattacher directement à l’unité de gestion que constitue l’exploitation
agricole.
Tableau 43
Description des types d’utilisation agricole du sol
Type d’utilisation Description
1 Terre labourée Terres cultivées en céréales ou cultures fourragères
2 Pré de fauche Prairies coupées pour faire du foin, peuvent être pacagées
3 Pacage Prairies uniquement pacagée, jamais fauchée
4 Pas d’utilisation Terre utilisée précédemment pour l’agriculture qui n’a plus aucune fonction agricole
5 Bois Bois utilisé (pour la collecte de bois de chauffe la plupart du temps)
Nous avons caractérisé sur ces bases l’utilisation agricole de 470 parcelles
cadastrales (189.8 ha). Nous n’avons par la suite mené notre étude que sur 447
parcelles (183.8 ha), écartant les 23 parcelles pour lesquelles l’historique de
l’utilisation est incomplète (5% du total en nombre de parcelles).
- 186 -
Chapitre 4 : Dynamique d’utilisation agricole des terres depuis 1950 et boisement spontané du territoire
- 187 -
Chapitre 4 : Dynamique d’utilisation agricole des terres depuis 1950 et boisement spontané du territoire
- 188 -
Chapitre 4 : Dynamique d’utilisation agricole des terres depuis 1950 et boisement spontané du territoire
Dans un second temps, tous les facteurs sont considérés ensemble dans la même
analyse multivariée de façon à en étudier la hiérarchie. Comme nous disposions
à la fois de variables quantitatives et qualitatives, nous avons conduit une
analyse de type Hill & Smith (Hill & Smith, 1976) avec la plateforme R (R
Development Core Team, 2004). Quelques parcelles ont été écartées de cette
analyse car elles relèvent de dynamiques particulières. C’est le cas des 6
parcelles de bois qui sont restées inchangées durant la période considérée et
aussi des 11 parcelles qui appartiennent à deux terroirs très limités et isolés à
Villelongue. A partir de là, nous avons ensuite conduit une analyse de
correspondances inter-classe (Doledec & Chessel, 1987) de façon à trouver la
meilleure combinaison de variables qui distingue le mieux les 4 types
d’utilisation du sol. Cette analyse inter-classe est un cas particulier d’analyse
des correspondances principales (ACP) avec variables instrumentales. La seule
variable instrumentale retenue ici est le type d’utilisation du sol.
- 189 -
Chapitre 4 : Dynamique d’utilisation agricole des terres depuis 1950 et boisement spontané du territoire
Tableau 44
Description des facteurs déterminants de l’utilisation actuelle du sol à Villelongue
Variables Modalités et définition
Pente %
Altitude mètres
- 190 -
Chapitre 4 : Dynamique d’utilisation agricole des terres depuis 1950 et boisement spontané du territoire
Tableau 45
Matrice croisée entre les types d’utilisation agricole en 1950 et en 2003.*
Utilisation en 2003
Terres Prés de Sans
Pacages Bois Total
labourées fauche utilisation
Utilisation en 1950
Terres labourées 41 69 ___ ___ ___ 110
9.8 15.5 25.3
5.4 8.4 13.8
Prés de fauche 2 213 60 24 ___ 299
0.3 90.0 40.5 8.9 138.6
0.2 49.0 21.4 4.8 75.4
Pacages ___ ___ 8 9 ___ 17
4.4 4.6 9.1
2.4 2.5 4.9
Sans utilisation ___ ___ 3 12 ___ 15
3.6 6.1 9.7
2.0 3.3 5.3
Bois ___ ___ ___ ___ 6 6
1.1 1.1
0.6 0.6
Total 43 282 71 45 6 447
10.2 105.5 47.4 19.6 1.1 183.8
5.5 57.4 25.8 10.7 0.6 100
* Le nombre en caractères gras est le nombre de parcelles qui subissent la transition. Le nombre
en caractères normaux est la surface correspondante en ha. Le nombre en italique est le
pourcentage de la surface totale étudiée (183.8 ha)
- 191 -
Chapitre 4 : Dynamique d’utilisation agricole des terres depuis 1950 et boisement spontané du territoire
Les prés de fauche qui ont subi deux transitions d’utilisation représentent 28.1%
de S. Malgré une diminution globale de la surface en pré de fauche, ils restent
prédominants en 2003, à la fois en nombre et en surface. 213 des 299 parcelles
de prés de fauche de 1950 sont encore des prés de fauche en 2003. La conversion
en pacages est le changement le plus important observé sur les prés de fauche de
1950 (21.4% of S). Mais ces chiffres cachent des transitions en sens inverses
comme on peut le voir dans le Tableau 46.
Tableau 46
Histoires culturales des prés de fauche entre 1950 et 2003
Histoires culturales code n Surface (ha ) %S
Prés de fauche depuis 1950 2 182 53.8 29.3
Prés de fauche convertis en terres labourées 2Æ1 2 0.3 0.2
Prés de fauche convertis en pacages 2Æ3 44 30.8 16.8
Prés de fauche abandonnés 2Æ4 11 2 1.1
Prés de fauche re-fauchés 2Æ3Æ2 28 33.4 18.2
Prés de fauche abandonnés re-fauchés 2Æ4Æ2 3 2.7 1.5
Prés de fauches abandonnés re-pacagés 2Æ4Æ3 16 8.6 4.7
Prés de fauche abandonnés après pacage 2Æ3Æ4 13 6.9 3.7
Total 299 138.6 75.4
S = surface totale de l’étude = 183.8 ha
Les prés de fauche convertis en pacages (2Æ3) couvrent 16.8% de S, alors que
d’autres ont été re-fauchés ensuite (2Æ3Æ2, 18.2 % de S). 2Æ3, 2Æ3Æ2 et
2Æ3Æ4 correspondent à un phénomène d’abandon de la fauche, qu’il soit
définitif, réversible ou qu’il conduise ensuite à un abandon de la parcelle.
Il y a seulement deux prés de fauche convertis en terres labourables, ce qui est
anecdotique.
Les histoires culturales résultant en un abandon en 2003 représentent 7.3% de la
surface totale de l’étude. Les prés de fauche abandonnés représentent seulement
7.9 ha (4.8% de S) mais certains prés de fauche ont eu une période sans
utilisation avant d’être de nouveau fauchés ou pâturés.
- 192 -
Chapitre 4 : Dynamique d’utilisation agricole des terres depuis 1950 et boisement spontané du territoire
100%
Bois
Sans utilisation
80%
Pacages
60%
40%
Prés de fauche
20%
Terres labourées
0%
1950 1955 1960 1965 1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000
Figure 75: Changement dans l’utilisation agricole du sol sur le territoire des
exploitations agricoles actuelles de Villelongue entre 1950-2003 (proportion de la
surface totale des exploitations actuelles)
Durant les 10 premières années, on observe très peu de transitions (Figure 76).
Durant la période 1961-1970, on observe principalement des premières
transitions. Ensuite, le nombre de parcelles affectées par une première transition
décroît progressivement. Les secondes transitions de type « extensification »
commencent en 1966 et s’arrête en 1990. Les secondes transitions de type « ré-
intensification » commencent plus tard vers 1981-1985 et continuent jusqu’en
2003. Ces périodes de changements correspondent à différents types de
transition.
- 193 -
Chapitre 4 : Dynamique d’utilisation agricole des terres depuis 1950 et boisement spontané du territoire
70 70
60 60
40 40
30 30
20 20
10 10
0 0
1951- 1956- 1961- 1966- 1971- 1976- 1981- 1986- 1991- 1996- 2001-
1955 1960 1965 1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2003
Figure 76: Dates des changements d’utilisation du sol
Les données sont regroupées par périodes de 5 années successives. Les premières transitions sont
présentées sans référence à l’histoire culturale globale. Les secondes transitions ont été séparées
en deux catégories : celles qui se produisent dans le sens s’une extensification et celles qui se
produisent dans le sens d’une ré-intensification.
Premières transitions
Secondes transitions: extensification
Secondes transitions: re-intensification
Nombre total transitions
Surface (ha)
- 194 -
Chapitre 4 : Dynamique d’utilisation agricole des terres depuis 1950 et boisement spontané du territoire
38,9%
Terres labourées
14 1975
0,2%
7 1980
61,1%
13 1990
7 1995
1997
38,9%
Prés de fauche
24 1964-65 26 1960
1965 7
1965
24,1% 2%
1970 14
1970 6
5% 6,2%
22,2% 1,4% 1975
1990-91 14 5 1980
1992
6
2000
7 1985
7 1985 8
1985-86 1985
1990
1970
51,2%
5
1975
48,8% Pacages 1960
Sans utilisation 62,7%
1998
37,3%
Flux des parcelles entre les 4 principaux types d’utilisation du sol sur la période 1950-2003.
L’épaisseur des fleches est liée au nombre total de parcelles affectées par le changement ; les
chiffres gras en italique correspondent au pourcentage de surface initiale affectée par le
changement ; les chiffres dans les cercles correspondent au nombre de parcelles affectées par le
changement à la date indiquée (représenté seulement si > 5 parcelles) ; les dates sont indiquées
aux endroits correspondants.
- 195 -
Chapitre 4 : Dynamique d’utilisation agricole des terres depuis 1950 et boisement spontané du territoire
labourées), alors que les utilisations étaient plus variées dans les terroirs de
village (voir Tableau 47).
Tableau 47
Type d’utilisation des parcelles dans chaque type de terroirs
Terres Prés de Sans
Pacages Total
labourées fauche utilisation
TERROIRS DE
VILLAGE
Nb de parcelles en 1950 108 207 11 3
329
Nb de parcelles en 2003 43 242 17 27
Terroirs de granges
Nb de parcelles en 1950 2 91 5 3
101
Nb de parcelles en 2003 0 39 54 8
Table 48
Type d’histoire culturale des parcelles dans chaque type de terroirs
Nb de parcelles
Histoires culturales Code Terroirs de Terroirs de
village granges
Total
Terres labourées depuis 1950 1 41 0 41
Terres labourées converties en prés de fauche 1Æ2 67 2 69
Prés de fauche depuis 1950 2 173 8 181
Prés de fauche abandonnés 2Æ4 11 0 11
Prés de fauche abandonnés après pacage 2Æ3Æ4 11 2 13
Pacages depuis 1950 3 6 2 8
Pacages abandonnés 3Æ4 5 3 8
Terres sans utilisation re-pacagés 4Æ3 3 0 3
Prés de fauche convertis en pacages 2Æ3 5 39 44
Prés de fauche re-fauchés 2Æ3Æ2 2 26 28
Prés de fauches abandonnés re-pacagés 2Æ4Æ3 3 13 16
Prés de fauche abandonnés re-fauchés 2Æ4Æ2 0 3 3
Sans utilisation depuis 1950 4 0 3 3
Prés de fauche convertis en terres labourées 2Æ1 2 0 2
Total 329 101 430
- 196 -
Chapitre 4 : Dynamique d’utilisation agricole des terres depuis 1950 et boisement spontané du territoire
- 197 -
Chapitre 4 : Dynamique d’utilisation agricole des terres depuis 1950 et boisement spontané du territoire
Les différences entre les types d’utilisation sont plus marquées en 2003 (altitude
F(df=3;325)=43.083, P<0.001 et pent F(df=3;325)=69.735, P<0.001), ce qui signifie
que l’utilisation du sol est plus liée aux facteurs naturels en 2003 qu’en 1950.
En 2003, les terres labourables sont concentrées sur les parcelles les plus plates
et les plus basses alors que les terres sans utilisation se situent majoritairement
sur les parcelles les plus pentues et les plus hautes.
Figure 79: Altitudes et pentes des parcelles groupées par types d’utilisation du
sol en 1950 et en 2003 dans les terroirs de village (a) et dans les terroirs de
granges (b) à Villelongue. Légende: Terres labourées; Prés de fauche;
Pacages, and U Sans utilisation. Ellipse de confiance (P=0.600) est représentée
si N≥3 parcelles.
- 198 -
Chapitre 4 : Dynamique d’utilisation agricole des terres depuis 1950 et boisement spontané du territoire
labourées) à la plus extensive (sans utilisation). Les pacages et les terres sans
utilisation ont des pentes et altitudes similaires.
Dans les terroirs de granges, les prés de fauche présentaient une large
gamme de pente en 1950 (Figure 7 (b)). Le schéma est très différent en 2003 car
un grand nombre de ces prés de fauche ont été convertis en pacages ou ne sont
plus utilisés. Il n’y a pas de différence significative d’altitude entre les prés de
fauche, les pacages et les terres abandonnées en 2003. La pente diffère
légèrement (F(df=2;85)=5.499, P<0.01). Cette différence de pente est due aux
prés de fauche qui présentent une gamme assez large de pente. Les pacages et
les terres abandonnées ne sont pas différenciés par la pente.
- 199 -
Chapitre 4 : Dynamique d’utilisation agricole des terres depuis 1950 et boisement spontané du territoire
Figure 80: Altitudes et pentes des parcelles groupées par types d’histoires
culturales dans les terroirs de village (a) et dans les terroirs de granges (b) à
Villelongue. Légende: Terre labourée depuis 1950; Terre labouréeÆpré de
fauche; Pré de fauche depuis 1950; U Pré de faucheÆpacageÆsans utilisation
(à droite) et Pré de faucheÆsans utilisationÆpacage (à gauche); Y Pacage
depuis 1950; V Pré de faucheÆsans utilisation; Pré de fauche ÆpacageÆpré
de fauche; Pré de faucheÆpacage. Ellipse de confiance (P=0.600).
Le mode de faire-valoir a été établi pour 442 des 447 parcelles de l’étude. Plus
de la moitié des parcelles sont en faire-valoir direct (232 parcelles, voir Tableau
50), le mode de faire-valoir traditionnel dans le Sud-Ouest (voir Chapitre 3
Partie A). Les locations verbales (déclarés et non-déclarés) sont plus répandues
que le fermage avec bail.
Le faire-valoir direct est prédominant dans les exploitations 2, 6 et 7 (stratégies
de récession), 4 (stratégie de développement économique) et 5 (stratégie
d’adaptation). Les exploitations 1 et 3 (stratégie patrimoniale) ont une part
significative de leur parcellaire en location.
- 200 -
Chapitre 4 : Dynamique d’utilisation agricole des terres depuis 1950 et boisement spontané du territoire
Tableau 49
Utilisation du sol dans les exploitations de Villelongue*
Stratégies STRA.1 STRA.2 STRA.3 STRA.4
Exploitations 1 3 2 6 7 4 5
Total (ha) 76.9 27 8.8 3.9 16 11 35
Type d’utilisation
Terres labourées 2.4 1.5 0.8 0.2 1.0 0 4.2
3.1 5.6 9.1 5.1 6.3 12.0
Prés de fauche 51.9 20.6 3.4 2.2 7.3 6.0 14.0
67.5 76.3 38.6 56.4 45.6 54.5 40.0
Pacages 20.2 0.5 0 0.4 2.0 4.3 14.8
26.3 1.9 10.3 12.5 39.1 42.3
Sans utilisation 2.1 4.4 4.6 1.1 5.1 0.7 1.8
2.7 16.3 52.3 28.2 31.9 6.4 5.1
Bois 0.3 0 0 0 0.6 0 0.2
0.4 3.8 0.6
* Le nombre en caractères normaux est la surface en ha. Le
nombre en italique est le pourcentage de la surface totale de
l’exploitation. Les exploitations sont groupées par stratégies,
dont les définitions sont données dans le tableau 2.
Tableau 50
Mode de faire-valoir dans les exploitations de Villelongue*
Stratégies STRA.1 STRA.2 STRA.3 STRA.4 Total
Exploitations 1 3 2 6 7 4 5
232
Direct 46 34 24 17 18 37 52
52.5
88
Fermage 0 32 0 1 3 3 49
20.0
92
Bail oral déclaré 89 0 1 0 0 0 0
20.8
26
Bail oral non-déclaré 17 0 0 0 2 2 5
5.9
4
Autre 1 0 0 0 1 2 0
0.9
* Le nombre en caractères normaux est le nombre de parcelles.
Le nombre en italique dans la dernière colonne est le
pourcentage du nombre total de parcelle dans cette analyse
(442). Les exploitations sont groupées par stratégies, dont les
définitions sont données dans le tableau 2.
- 201 -
Chapitre 4 : Dynamique d’utilisation agricole des terres depuis 1950 et boisement spontané du territoire
Les variables contribuant le plus aux axes factoriels sont celles qui reflètent
l’organisation socio-économique du paysage agraire. La pente et l’altitude n’ont
pas une contribution significative (voir Figure 81 (a)).
Le premier axe est expliqué par l’éloignement, les 3 variables contribuant le plus
étant le temps d’accès pour les tracteurs > 1h (TRAC.3 ; 1.478), le temps
d’accès pour le troupeau > 2h (TROUP.4 ; 0.879) et l’appartenance aux terroirs
de granges (TER.1 ; 0.700). Les contributions de l’altitude et de la pente à cet
axe sont respectivement 0.455 et 0.430, ce qui indique que (i) leur contribution
va dans le même sens que celles des variables d’éloignement et (ii) elles
contribuent beaucoup moins que les variables d’éloignement.
Le deuxième axe est expliqué par les difficultés d’accès, les variables contribuant
le plus étant l’absence d’accès direct (ACC.4 ; 3.541) et l’absence d’accès
carrossable (ACC.3 ; 1.821). La variable TRAC.0 (pas concerné par l’accès pour
le tracteur) correspondant aux parcelles où le tracteur ne va pas est redondante
avec les deux précédentes variables.
Les stratégies des éleveurs ne semblent pas déterminantes dans cette analyse.
L’organisation des parcelles dans le plan factoriel (Figure 81 (b)) montre que les
terres labourées, les prés de fauche et les pacages s’organisent selon un gradient
le long du premier axe, les pacages étant plus éloignées et plus liées aux terroirs
de granges, les terres labourées et les prés de fauche étant plus proches des
sièges des exploitations et liées aux terroirs de village. Les terres sans utilisation,
perpendiculaires à ce gradient, s’organisent le long du deuxième axe (difficultés
d’accès).
ACC.4
TR.0
ACC.3
A
STRA.2
HE.0
TEN.1
BAR.0 SLP
C M
EL
TEN.2
STRA.1 BAR.1 P
TEN.3
HE.4 TR.3
(a) (b)
Figure 81: Déterminants naturels et socio-économiques de l’utilisation actuelle
du sol à Villelongue (Mottet et al., 2005)
(a) Contributions des variables aux axes factoriels de l’analyse inter-classe.
Les variables contribuant le plus sont représentées plus grosses et en noir.
Les définitions des variables sont données dans le Tableau 2.
(b) Projection des parcelles dans le repère factoriel des deux premiers axes,
groupées par type d’utilisation actuel : C = Cultures (ou terres labourées), P
= Prés de fauche, P = Pacages et A = Abandon
- 202 -
Chapitre 4 : Dynamique d’utilisation agricole des terres depuis 1950 et boisement spontané du territoire
100% Bois
90% Abandon
80%
70%
60% Pacages
50%
40%
10%
Terres labourées
0%
1950 1955 1960 1965 1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000
Figure 82: Changement dans l’utilisation agricole du sol sur le territoire des
exploitations agricoles actuelles des quatre communes entre 1950-2003
(proportion de la surface totale des exploitations actuelles)
100%
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
Extensification Re-intensification
Stable Intensification
Figure 83: Dynamiques dans l’utilisation agricole du sol sur le territoire des
exploitations agricoles actuelles des quatre communes entre 1950-2003
(proportion de la surface totale des exploitations actuelles)
- 203 -
Chapitre 4 : Dynamique d’utilisation agricole des terres depuis 1950 et boisement spontané du territoire
La plus grande partie des secondes transitions dans l’utilisation du sol s’est faite
dans le sens d’une ré-intensification et a commencé dans les années 80. La
tendance à l’extensification a donc été inversée sur une partie du territoire de
Villelongue, les terroirs de granges, où un certain nombre de parcelles
abandonnées ou pacagées extensivement ont été refauchées. A Villelongue, une
piste a été construite en 1985 pour rejoindre les terroirs de granges. Cela a
permis aux tracteurs et au matériel de fenaison d’accéder à cette partie du
territoire. Cet évènement déterminant d’ordre local a ensuite été renforcé au
début des années 90 par la mise en place des mesures agri-environnementales
- 204 -
Chapitre 4 : Dynamique d’utilisation agricole des terres depuis 1950 et boisement spontané du territoire
Selon Lambin et al. (2003), les changements d’utilisation du sol peuvent résulter
en deux types de changement d’occupation du sol : les modifications
(« changement subtil qui affecte le caractère du couvert sans changer sa
classification générale »), et les conversions (« remplacement complet d’un type
de couvert par un autre »). A Villelongue, nous avons observé à la fois des
conversions, où les arbres, les frênes en particulier, se sont développés et ont
colonisé la prairie abandonnée, et des modifications, ou les plantules de frêne se
sont installées mais n’ont pu se développer à cause du pâturage.
Nous avons vu également que 41% du territoire considéré est resté inchangé
durant toute la période 1950-2003. Si l’on rapporte ce résultat à la surface du
paysage agricole de 1950, on obtient un taux de 25%, ce qui est toujours
relativement élevé. Il s’agit principalement de terres labourées et de prés de
fauche. En ce qui concerne les terres labourées, il convient de mettre cela en
rapport avec le fait que le Davantaygue n’a jamais été une zone où les cultures
étaient importantes par rapport à d’autres vallées (Cavailles, 1931).
Ces résultats indiquent que les éleveurs de Villelongue ont maintenu un usage
traditionnel de l’espace sur une partie importante du territoire restée sous leur
contrôle depuis 1950. Cela peut être interprété comme la persistance du paysage
traditionnel (Naveh, 1998; Olsson et al., 2000; Moreira et al., 2001). Cependant,
l’organisation spatiale des changements d’utilisation du sol s’est traduite par
une fragmentation du paysage traditionnel, ce qui en affecte son caractère
culturel (Antrop, 1997).
- 205 -
Chapitre 4 : Dynamique d’utilisation agricole des terres depuis 1950 et boisement spontané du territoire
Dans les terroirs de village, l’intensité de l’utilisation du sol est très liée aux
conditions naturelles. Elle suit un gradient de pente et altitude depuis les
parcelles les plus basses et les plus plates (terres labourées) jusqu’aux parcelles
les plus hautes et les plus pentues (sans utilisation). Ces différences sont encore
plus importantes en 2003 qu’en 1950, ce qui indique que les contraintes
naturelles ont plus d’influence sur les pratiques des éleveurs aujourd’hui que par
le passé. Mais j’ai aussi montré que les terres abandonnées présentent la même
diversité de pente et d’altitude que les pacages, ce qui signifie que l’abandon ne
se fait pas forcément sur les terres où les contraintes naturelles sont les plus
fortes. Les relations entre les histoires culturales et les facteurs naturels sont
également fortes : l’extensification (i.e. surtout l’abandon de la fauche) s’est
faite sur les parcelles les plus hautes et les plus pentues alors que la stabilité
dans l’usage du sol (i.e. le maintien des terres labourées et des prés de fauche) a
eu lieu sur les plus plates et les plus basses. Ce gradient dans l’intensité de
l’utilisation et les relations avec un gradient de contraintes naturelles a aussi été
mis en évidence par Baudry & Thenail (2004) en Bretagne.
- 206 -
Chapitre 4 : Dynamique d’utilisation agricole des terres depuis 1950 et boisement spontané du territoire
Mes résultats indiquent que les stratégies des éleveurs sont moins importantes
que les facteurs cités ci-dessus pour déterminer l’usage du sol au niveau de la
parcelle, alors qu’au niveau de l’exploitation, ces stratégies se reflétaient dans les
assolements et en particulier par l’importance des « soles » non-utilisées. Ce
résultat met en évidence le risque qu’il y a à ne considérer comme facteur socio-
économique que l’âge de l’éleveur ou ses perspectives de succession. A
Villelongue, cela m’aurait conduit à des résultats incorrects, tant en importance
des changements d’utilisation du sol qu’en localisation de ces changements.
- 207 -
Chapitre 4 : Dynamique d’utilisation agricole des terres depuis 1950 et boisement spontané du territoire
Notre approche peut se classer parmi les approches de type « processus » basées
sur l’agronomie et les recherches sur les systèmes d’élevage, qui se sont
développées récemment pour aider à comprendre l’organisation du paysage et les
dynamiques écologiques (Baudry and Thenail, 2004). Dans ce type d’approche,
les entités spatiales sont identifiées en référence à l’unité de gestion plutôt qu’au
patch ou au pixel, ce qui est considéré comme important si l’on cherche à relier
des dynamiques d’utilisation du sol au processus de prise de décision (Laney,
2004). Les catégories sont établies en référence à l’utilisation du sol, ce qui
amène à distinguer des catégories d’occupation du sol indiscernables par
télédétection, comme les prés de fauche et les pacages.
Comme nous avons cherché à étudier l’utilisation du sol sur le long terme, nous
avons apporté certains développements aux approches systèmes d’élevage. Ils
consistent principalement en l’utilisation d’un cadre d’analyse des relations
traditionnelles entre systèmes sociaux et systèmes naturels. Cela a permis de
mettre en place un état de référence considéré comme point de départ pour une
analyse diachronique du paysage en géographie (Bender et al., 2005).
- 208 -
Chapitre 4 : Dynamique d’utilisation agricole des terres depuis 1950 et boisement spontané du territoire
∑N i × UGBi × Ti
IP = i
1
Cette étude a fait l’objet d’un poster que j’ai présenté au colloque Interdisciplinary Mountain
Research à Trafoi (Italy) en octobre 2004. Elle a également donné lieu à une publication soumise
au Journal of environemental Modelling and Assessment en 2005: Mottet A., Julien M.P.,
Balent G. & Gibon A. Agricultural land-use change and Ash (Fraxinus excelsior L.)
colonisation in Pyrenean landscapes: an interdisciplinary case study.
- 209 -
Chapitre 4 : Dynamique d’utilisation agricole des terres depuis 1950 et boisement spontané du territoire
∑
n
G1 j = 1 f j (i ) × F1 (i )
λ1 1
où G1j est la coordonnée du relevé j sur l’axe F1, λ1 est la valeur propre de l’axe
F1, fj(i) est la fréquence de l’espèce i dans le relevé j et F1(i), la coordonnée de
l’espèce i sur l’axe F1. G1j est la moyenne pondérée des coordonnées des espèces
du relevé j qui existent dans le modèle. Pour les transects de Villelongue, 112
des 211 espèces se trouvent dans le modèle.
- 210 -
Chapitre 4 : Dynamique d’utilisation agricole des terres depuis 1950 et boisement spontané du territoire
gestion sont définies au niveau de la parcelle. Dans certains cas, il a fallu affiner
ces définitions en descendant au niveau intra-parcellaire afin de répondre au
besoin du travail interdisciplinaire. La figure 84 donne un exemple d’un de ces
cas.
Zone fauchée
L’histoire culturale de la parcelle est « terre labourée jusqu’en 1965 puis pré de
fauche ». Mais au niveau du transect, il existe une histoire culturale particulière
qui est « terre labourée jusqu’en 1965 puis pré de fauche jusqu’en 1990 puis
pacage ».
- 211 -
Chapitre 4 : Dynamique d’utilisation agricole des terres depuis 1950 et boisement spontané du territoire
Tableau 51
Tests conduits pour étudier les corrélations entre les différentes variables étudiées
Corrélation étudiée Test
2. Résultats
Tableau 52
Présence / absence du frêne en fonction des types l’utilisation actuels
du sol au niveau des transects
Nombre de transects
Utilisation du sol Avec frêne Sans frêne Total
Pré de fauche 7 53 60
Pacage 19 12 31
Sans utilisation 7 0 7
Total 33 65 98
- 212 -
Chapitre 4 : Dynamique d’utilisation agricole des terres depuis 1950 et boisement spontané du territoire
Sur les transects de prés de fauche, le frêne est peu abondant (maximum 6
individus sur le transect, voir Figure 85). Sur les transects de pacages,
l’abondance du frêne varie beaucoup (de 0 à plus de 20 individus). Sur les
transects de terres sans utilisation, le frêne est abondant (plus de 20 individus
sur la majorité des transects). Les différences d’abondance du frêne entre les
différents types d’utilisation du sol sont significatives (R²=0.716, P=0.000).
- 213 -
Chapitre 4 : Dynamique d’utilisation agricole des terres depuis 1950 et boisement spontané du territoire
- 214 -
Chapitre 4 : Dynamique d’utilisation agricole des terres depuis 1950 et boisement spontané du territoire
50
40
Nombre de frênes
30
20
10
0
0 100 200 300 400
- 215 -
Chapitre 4 : Dynamique d’utilisation agricole des terres depuis 1950 et boisement spontané du territoire
Si l’on s’intéresse uniquement aux pacages actuels, leurs histoires culturales les
plus fréquentes sont « pré de fauche converti en pacage » et « pré de fauche
abandonné re-pacagé » (Tableau 54). Le frêne est plus présent sur les parcelles
d’histoire « pré de fauche converti en pacage » (P=0.011) et l’intensité actuelle
de pâturage est aujourd’hui supérieure sur les parcelles où l’histoire est « pré de
fauche abandonné re-pacagé » (P=0.000; R²=0.498 ; histoires « pacage depuis
- 216 -
Chapitre 4 : Dynamique d’utilisation agricole des terres depuis 1950 et boisement spontané du territoire
Tableau 53
Présence / absence du frêne en fonction de l’histoire culturale du transect
Histoires culturales groupées par dynamiques Transects Transects
sans frêne avec frêne
Stabilité
Pré de fauche depuis 1950 29 4
Pacage depuis 1950 1 -
Sans utilisation depuis 1950 - 1
Total 30 5
Extensification
Terre labourrée converties en pré de fauche (1Æ2) 9 1
Pré de fauche converti en pacage (2Æ3) 4 16
Pré de fauche abandonné (2Æ4) - 4
Pacage abandonné (3Æ4) - 2
Total 13 23
Ré-intensification
Pré de fauche re-fauché (2Æ3Æ2) 12 2
Pré de fauche abandonné re-fauché (2Æ4Æ2) 3 -
Pré de fauche abandonné re-pacagé (2Æ4Æ3) 7 2
Total 22 4
Intensification
Terre sans utilisation re-pacagée (4Æ3) - 1
Total 65 33
Tableau 54
Présence /absence du frêne sur les transects de pacage et intensité de pâturage (eq. jour-
UGB/ha) pour chaque type d’histoire culturale.
Transects Transects Intensité de
Histoire culturale Total
sans frêne avec frêne pâturage (µ±σ)
Pacage depuis 1950 1 - 1 243.0±0
Pré de fauche converti en pacage (2Æ3) 4 16 20 142.7±52.6
Terre sans utilisation re-pacagée (4Æ3) - 1 1 65.0±0
Pré de fauche abandonné re-pacagé (2Æ4Æ3) 7 2 9 292.3±104.6
Total 12 19 31 183.3±197.0
- 217 -
Chapitre 4 : Dynamique d’utilisation agricole des terres depuis 1950 et boisement spontané du territoire
- 218 -
Chapitre 4 : Dynamique d’utilisation agricole des terres depuis 1950 et boisement spontané du territoire
selon le modèle, elle est le lieu d’un important prélèvement de biomasse. Cela
suggère une erreur dans le calcul de l’intensité de pâturage. Cela a été confirmé
par une enquête : la parcelle est également pâturé par un troupeau de brebis
venant d’une autre exploitation et qui n’a pas été pris en compte dans le calcul.
Nous avons observé que, parmi les parcelles colonisées, celles où l’abondance de
frêne est la plus élevée sont également celles où l’intensité de pâturage est la
plus élevée, ce qui paraît contradictoire. Ici encore, ce résultat s’explique par
l’hétérogénéité intra-parcellaire : la pression de pâturage varie à l’intérieur du
parc du fait des préférences et du déplacement des animaux. Un certain nombre
de transects ont été réalisés dans des prés de fauche où la partie la plus plate et
facile à travailler est mise en défend lors du pâturage de printemps, fauchée en
été et ouverte avec le reste de la parcelle pour le pâturage d’automne. En
automne, les animaux se concentrent sur cette zone plate, délaissant les pentes
qui ne sont donc que peu pâturées durant l’année. Julien et al. (2005) ont
démontré avec les mêmes données (1) que la végétation est significativement
plus hétérogène sur les zones de pacages que sur les prés de fauche et (2) que
cette hétérogénéité spatiale était favorable à la colonisation par le frêne. Dans
ces conditions, certaines études ont montré que les animaux opèrent un
pâturage sélectif (WallisDeVries et al., 1999; Weber et al., 1998). Plus la
pression de pâturage est faible, plus il y a de sélection. De plus, WallisDeVries
et al. (1999) ont montré que cette sélection est facilitée par la taille de la zone
de pâturage: lorsque les animaux se trouvent dans un grand parc, ils vont se
diriger préférentiellement vers des patch de grande taille.
A Villelongue, nous sommes précisément dans ces conditions : les animaux
pâturent sur de grands parcs, constitués de plusieurs parcelles cadastrales
adjacentes, et la pression de pâturage moyenne est peu élevée. Cela pourrait
expliquer que nous ayons trouvé des transects avec la même intensité de
pâturage mais des degrés de colonisation très différents.
Ces résultats posent la question de la validité du calcul agronomique de
l’intensité de pâturage, ce que nous discuterons en partie 3.4.
- 219 -
Chapitre 4 : Dynamique d’utilisation agricole des terres depuis 1950 et boisement spontané du territoire
période comprise entre l’abandon progressif des parcelles dans les terrois de
granges (1960-1970) et l’ouverture de la piste (1985). Cette période a été mise
en évidence par Julien et al. (2005) et est appelée fenêtre d’opportunité.
Malgré tout, aujourd’hui, ces parcelles ne présentent que très peu de frênes. Au
contraire, dans notre échantillon, les prés de fauche directement convertis en
pacages sont colonisés par le frêne.
Pour comprendre cette apparente contradiction, nous avons comparé les
intensités de pâturage actuelles de ces parcelles : les parcelles ayant subi une
période d’abandon ont aujourd’hui une intensité de pâturage plus élevée que les
autres. Elles se trouvent en effet dans une dynamique de ré-intensification de
l’utilisation du sol, contrairement aux autres qui sont en extensification. Cela
indique qu’une utilisation intensive aujourd’hui permet de limiter la colonisation
par le frêne alors qu’une utilisation continue mais moins intensive permet son
développement. Nous avons confirmé ces résultats en enquête : certains éleveurs
reprennent des parcelles qui ne sont plus utilisées et y font pâturer un grand
nombre d’animaux afin de les « remettre en état ». Alors que de nombreux
frênes étaient installés, ils parviennent en 3 ou 4 années à récupérer une prairie
ouverte, sans frêne.
- 220 -
Chapitre 4 : Dynamique d’utilisation agricole des terres depuis 1950 et boisement spontané du territoire
hétérogénéités sont souvent négligées dans les travaux agronomiques qui sont
conduits au niveau de la parcelle. Il convient de les prendre en compte dans un
travail inter-disciplinaire comme celui que nous avons conduit. Comme l’ont
précisé Nagendra et al. (2004), faire correspondre l’unité pertinente d’analyse
écologique avec l’unité d’analyse socio-politico-écnomique est une nécessité pour
conduire correctement un travail interdisciplinaire.
- 221 -
Chapitre 4 : Dynamique d’utilisation agricole des terres depuis 1950 et boisement spontané du territoire
- 222 -
Chapitre 4 : Dynamique d’utilisation agricole des terres depuis 1950 et boisement spontané du territoire
- 223 -
Chapitre 4 : Dynamique d’utilisation agricole des terres depuis 1950 et boisement spontané du territoire
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Chapitre 4 : Dynamique d’utilisation agricole des terres depuis 1950 et boisement spontané du territoire
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- 226 -
Chapitre 5 : Discussion et conclusions générales
Chapitre 5
Discussion et conclusions générales
- 227 -
Chapitre 5 : Discussion et conclusions générales
- 228 -
Chapitre 5 : Discussion et conclusions générales
- 229 -
Chapitre 5 : Discussion et conclusions générales
moyenne selon le RGA 1955 était de 6.8 ha). Toutefois, nous avons aussi
rencontré des cas particuliers de structures de petite taille qui ont survécu en
faisant appel très tôt au fermage pour s’agrandir.
La moyenne d’âge des exploitants agricoles français est globalement élevée : 47%
ont plus de 50 ans (Agreste, 2002). En zone de montagne ce chiffre atteint
souvent plus de 55%. Pour au moins la moitié d’entre elles, l’exploitant aura
atteint l’âge de la retraite dans une dizaine d’années maximum, et ce le plus
souvent sans avoir de successeur.
Dans notre zone d’étude, plus de 40% des exploitants seront à la retraite en
2015 environ parmi ceux qui n’ont aujourd’hui aucun successeur identifié
(chapitre 3, partie B, I). Les terres de ces exploitations se répartissent de telle
façon dans le territoire (Figure 94 et 95) que l’on peut penser que leur abandon
- 230 -
Chapitre 5 : Discussion et conclusions générales
Figure 94 : Les exploitations qui auront disparu en 2020 : situation de leurs parcelles dans
le paysage du Daventaygue
Figure 95 : Les exploitations qui n’auront pas disparu en 2020 : situation de leurs parcelles
dans le paysage du Daventaygue
- 231 -
Chapitre 5 : Discussion et conclusions générales
En effet nous avons montré que la reprise par d’autres agriculteurs des terres
libérées par les départs en retraite est loin d’être systématique. Même si l’on
peut penser qu’une partie de ces terres sera reprise, les variations de contraintes
locales de pente et d’altitude des parcelles au sein des paysages, à l’origine des
phénomènes de « contagion spatiale » souvent considérés comme processus de
base du boisement spontané des terres agricoles, ne constitueront pas localement
les moteurs principaux de l’organisation spatiale du boisement comme nous
l’avons montré dans nos travaux.
- 232 -
Chapitre 5 : Discussion et conclusions générales
Les exploitants actuels ont souvent abandonné leurs plus petites parcelles. La
taille est en effet une contrainte à la fois pour la fauche (difficultés de
motorisation) et le pâturage (difficultés de clôture et contraintes de
déplacements fréquents du troupeau). Abandonner les petites parcelles permet
donc aux agriculteurs de réduire une partie de leurs contraintes d’exploitation.
Nos travaux sur les modes d’utilisation du sol au niveau de l’ensemble des
parcelles des EA actuelles ont montré que, bien plus que la pente ou l’altitude,
le manque d’accès est un facteur premier d’abandon: les parcelles abandonnées
sont d’abord celles qui n’ont pas d’accès direct ou qui ne sont desservies que par
une piste non carrossable (chapitre 4, II). La facilité d’accès est un facteur
important de maintien des activités agro-pastorales et de prévention de
l’abandon.
L’éloignement au siège, quant à lui, joue beaucoup plus sur le type d’utilisation
des parcelles que sur l’abandon : les plus éloignées du siège sont utilisées en
pacage plutôt qu’en prés de fauche. L’extensification de l’utilisation des prairies
est donc liée à l’éloignement.
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Chapitre 5 : Discussion et conclusions générales
Mais nous avons par ailleurs montré que ces ré-utilisations avaient en grande
partie été permises par deux initiatives locales dépassant le niveau des
agriculteurs pris individuellement : la construction d’une piste carrossable par
une municipalité à l’initiative et sous la pression des éleveurs, et la constitution
d’un parc de 38 ha par un agent immobilier qui a au départ rassemblé un
ensemble de parcelles privées pour la construction d’un village de vacances, puis
les a vendues sous la forme d’un GFA suite à l’échec du projet. En ce sens, ces
deux initiatives fortes pèsent plus dans le maintien d’un paysage ouvert, voire
ici la ré-ouverture du paysage, que les politiques agri-environnementales.
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Chapitre 5 : Discussion et conclusions générales
4.1. Le devenir des terres des exploitations sans repreneur face aux
enjeux locaux de préservation des paysages
Dans notre zone d’étude, les orientations de l’article 19 « Préservation du
paysage de granges foraines de la montagne de Bigorre » mis en place au début
des années 90 nous fournissent certains éléments de réponse sur les enjeux que
les décideurs politiques locaux attachent au contrôle de la dynamique des
paysage. L’objectif était de maintenir des groupes de parcelles ouvertes dans le
paysage sous forme de « taches » d’une taille minimum de 10 ha (Amblard-
Ladurantie, 1999). Des îlots avaient été délimités et les éleveurs ayant des
parcelles dans ces îlots pouvaient contractualiser. Le paysage choisi localement
devait donc renfermer des taches de prairies à conserver en priorité qui
permettraient de maintenir une certaine ouverture. Il ne s’agissait pas de ré-
ouvrir les versants intégralement mais bien de rester au-dessus d’un certain seuil
d’ouverture en concentrant l’action sur un certain nombre d’îlots.
Les parcelles des exploitations sans repreneur qui vont cesser leur activité dans
les 15 prochaines années sont au nombre de 449, et représentent au total 179 ha
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Chapitre 5 : Discussion et conclusions générales
Tableau 55
Utilisation actuelle des terres dans les exploitations qui
auront disparu en 2020
Surface (ha)
Utilisation du sol
Terres labourées 5
Pré de fauche 85.5
Pacage 88.5
Sans utilisation 25
Bois 5
Total 209
Le fait qu’il n’existe pas aujourd’hui de repreneur pour ces exploitations laisse
présager qu’au moins une partie de leurs 179 ha de SAU va être abandonnée.
Les trajectoires des exploitations ont montré que l’abandon survenait
notamment dans les exploitations en situation de récession (chapitre 3, partie C,
II). On peut penser que l’abandon est déjà en cours sur une partie du territoire
de ces exploitations sans repreneur, puisque plus de la moitié d’entre elles sont
en récession (diminution du troupeau pour alléger la charge de travail). De plus
nous savons que les parcelles de petite taille ou sans accès sont les premières à
être abandonnées (chapitre 3, partie B, III). D’après ces observations, on peut
penser que la surface où le risque d’abandon à échéance de 2020 est élevé est
comprise entre 70 et 100 ha.
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Chapitre 5 : Discussion et conclusions générales
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Chapitre 5 : Discussion et conclusions générales
Gibon, 1999) ou au Danemark (Kristensen & Halberg, 1997) ainsi que les
recherches Livestock Farming Systems au plan européen (Gibon et al., 1999).
J’ai choisi de me situer dans cette deuxième approche.
Bien sûr, la durabilité de l’élevage en montagne exige en premier lieu que ses
ressources soient renouvelées, c'est-à-dire que les prairies pâturées et les prés de
fauche, principale ressource de l’élevage pastoral, soient conservés en quantité et
qualité et donc ne s’enfrichent pas. Mais cette condition est à considérer en
réalité dans le cadre du renouvellement plus global des systèmes d’élevage, au
sens de la régénération de leur capacité productive et de leurs autres fonctions
dans leur environnement.
Il faut donc assurer avant tout le renouvellement des facteurs de production
terre, travail et capital. Au-delà de la prise en compte des trois dimensions de la
durabilité -écologique, sociale et économique- il faut également s’intéresser à la
cohérence du système, assurer le renouvellement des relations, des interactions
entre les différents composants des systèmes d’élevage. Par exemple, les
systèmes que nous avons étudiés reposent sur des filières traditionnelles où un
ou deux maquignons seulement assurent la collecte des produits animaux. On
peut s’interroger aujourd’hui sur la durabilité de systèmes qui reposent en partie
sur les relations de confiance entre les personnes. Autre exemple, l’économie des
ménages agricoles repose clairement sur une combinaison complexe de sources
de revenus qui permet d’assurer la reproductibilité du système (Ponchelet &
Bellon, 1999). Ne pas en tenir compte serait une barrière à la compréhension des
relations entre évolution de l’agriculture et évolution des territoires (Laurent,
1991).
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Chapitre 5 : Discussion et conclusions générales
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Chapitre 5 : Discussion et conclusions générales
Enfin, il est également reconnu que l’activité agricole est souvent garante du
maintien d’un tissu social en zone rurale. On envisage bien différemment les
village de la zone d’étude s’il n’y restait que deux ou trois grosses exploitations.
Ce serait une partie de la population locale et permanente en moins. Dans ce
tissu social, les pluriactifs mais également les retraités ont un rôle
particulièrement important.
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Chapitre 5 : Discussion et conclusions générales
Cependant, de nombreuses études ont montré que le tourisme vert ne peut être
vu comme la panacée pour les zones de montagne (par exemple Sharpley, 2002 ;
Briedenhann & Wickens, 2004 ; Canoves et al., 2004). Son développement peut
aussi pour partie constituer une menace pour la durabilité de l’élevage. Le
tourisme peut entrer en concurrence avec les activités agricoles dans le temps de
travail de l’éleveur, ce qui pose une fois de plus la question de l’organisation du
travail dans les exploitations. Par ailleurs, un risque spécifique au
développement du tourisme dans les Pyrénées apparaît très clairement dans la
zone d’étude: les granges foraines ont désormais une valeur immobilière pour des
citadins à la recherche de résidence secondaires. Selon nos enquêtes, les prix de
vente atteignent par endroit près de 80 000€ pour une grange « en l’état » avec
une piste de desserte. On comprend facilement qu’à de tels prix, l’utilisation
traditionnelle des granges soit remise en cause. Ce phénomène nouveau n’est pas
toujours sans poser de problème, notamment en termes de cohabitation du
touriste et de l’agriculteur. En effet, si la plupart des résidents secondaires
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Chapitre 5 : Discussion et conclusions générales
La mise en valeur des accrus est également une voie envisageable pour
compléter le revenu, en particulier si les espèces colonisantes sont des essences
précieuses, ce qui est le cas du frêne. Dans les zones de développement d’accrus
forestier, une des questions fondamentales qui se posent actuellement est bien la
possibilité d’une valorisation économique du bois (Curt et al., 1998). Dans de
nombreuses zones rurales, la forêt représente une part importante des revenus
des familles agricoles. Je ne développerai pas ce volet car son étude débute
actuellement dans le cadre du programme interdisciplinaire (chapitre 1, II). Les
forestiers s’attacheront à la définition d’itinéraires techniques possibles pour
valoriser les accrus de frênes dans la zone dont les perspectives restent ici à
analyser.
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Chapitre 5 : Discussion et conclusions générales
production déjà en place. Les zones de montagne étant souvent très touristiques,
ce genre de label local pourrait bénéficier d’un marché important. Certaines
initiatives, comme le Banyuls « Parfeu » issues de vignes coupe-feu en forêt
méditerranéenne, cherche à motiver l’intérêt du consommateur en lui rappelant
l’importance de son achat pour la protection des paysages par le biais d’un nom
particulier. A quand l’agneau « Paysage ouvert » ?...
Comme le souligne Barjolle & Sylvander (2003), outre les facteurs d’offre et de
demande comme la spécificité-typicité et la pertinence (dans le sens de répondre
à une demande), ce sont les facteurs relatifs à l’organisation interne qui sont
plus délicats à mettre en place. Ces facteurs sont la motivation des acteurs et la
coordination et coopération entre les entreprises pour la gestion du produit et sa
commercialisation. Au dire d’un des deux maquignons, lui-même éleveur, c’est
bien la motivation des éleveurs qui manquerait localement pour mettre en place
un label « Veau sous la mère » (type veau rosé) car, nous l’avons vu, la
coordination pourrait être assurée par l’association Adelpy qui existe déjà et
fonctionne pour les animaux adultes finis.
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Chapitre 5 : Discussion et conclusions générales
systèmes mis en place peuvent amener les éleveurs à modifier leurs pratiques :
un éleveur laitier peut finir par concentrer son troupeau sur les surfaces les plus
faciles à travailler. De même, l’éleveur de canards gras finira peut-être par
vendre ses brebis si le travail avec les canards devient trop lourd pour continuer.
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Chapitre 5 : Discussion et conclusions générales
faire pour enrayer ce phénomène qui va à l’encontre des objectifs paysagers des
gestionnaires locaux de l’espace ? Les questions doivent avant tout être abordées
aux deux niveaux d’organisation suivants : la parcelle et le territoire.
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Chapitre 5 : Discussion et conclusions générales
passent des accords avec un éleveur ovin pour faire pâturer ses brebis en fin de
saison de pâturage sur ses pacages.
L’association de différentes espèces pour l’entretien des pacages peut donc être
une solution relativement facile à appliquer, car elle ne demande pas de
changement structurel très important (un nombre important d’éleveurs ayant eu
ou ayant toujours un élevage mixte) et elle représente de plus une voie de
diversification pour les éleveurs.
Toutefois, nous avons vu que dans les années 50, un nombre important
d’exploitations étaient déjà spécialisées en élevage bovin sans que leurs terres
soient menacées par l’enfrichement. Nous avons vu aussi qu’aujourd’hui,
certaines exploitations qui ne conduisaient que de petits élevages ovins
parvenaient à tenir leur espace et à entretenir de petites surfaces. Il existe donc
d’autres solutions qui permettent d’entretenir durablement les prairies. Elles
reposent sur d’autres types de pratiques telles que l’entretien manuel par
exemple.
Conduire des ovins et des bovins est aujourd’hui une contrainte par rapport à
l’organisation du travail sur l’exploitation. Lorsque c’est possible, c’est souvent
la génération âgée qui est en charge des ovins, le jeune se concentrant sur les
foins et les bovins. Cette charge de travail supplémentaire par rapport à un
élevage spécialisé va donc à l’encontre de la durabilité sociale ou économique de
l’élevage. L’association d’espèces animales est un aspect qui ne peut à lui seule
résoudre le problème de la durabilité écologique de l’élevage en montagne.
Le contrôle de l’enfrichement des parcelles peut être assuré par une organisation
du pâturage dans l’espace et dans le temps en fonction de la nature du couvert
végétal. En effet, un passage au pâturage à une date clé peut empêcher le
développement des espèces colonisantes spécifiques de la zone concernée (voir le
Référentiel Pastoral Parcellaire de l’Institut de l’élevage, publié en 2000 avec la
collaboration des Chambres d’Agriculture). En outre, le comportement des
animaux au pâturage varie selon la nature des espèces présentes (Agreil et al.,
2002 ; Agreil, 2003).
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Chapitre 5 : Discussion et conclusions générales
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Chapitre 5 : Discussion et conclusions générales
Comme nous l’avons vu, l’objectif paysager local est le maintien de taches
ouvertes sur les versants. Dans les paysages en mosaïque comme celui du
Daventaygue, cet effet d’ouverture est aujourd’hui dû en partie à la
contribution de ces petites exploitations réparties sur le versant (voir Figure
96). Ces exploitations participent donc à l’objectif paysager. De plus, comme
l’ont dit Saint Pierre et al. (2004), en terme de biodiversité, l’effet d’ouverture
peut être atteint avec une faible proportion d’espaces ouverts, ce qui milite pour
l’existence d’îlots d’espaces entretenus par ces petites exploitations.
Dans notre zone d’étude, nous avons vu que 9 exploitations de petite taille avec
utilisation intensive des terres (type 3b, chapitre 3, partie B, V) assuraient une
utilisation du territoire capable a priori de limiter le boisement naturel
(notamment peu ou pas de parcelles sans utilisation et chargement relativement
élevé). Ces exploitations ont en moyenne une dizaine d’hectares de SAU et des
troupeaux bovins, ovins ou mixtes de petite taille (maximum 31 UGB, moyenne
de 14.8). Elles sont basées sur des systèmes techniques assez traditionnels avec
utilisation des estives et n’ont pas d’autonomie fourragère. Elles sont conduites
en majorité par des couples âgés sans successeurs.
Les aides publiques peuvent donc aider au maintien de ces petites exploitations
à faible production. Cependant, ce sont essentiellement les exploitants âgés qui
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Chapitre 5 : Discussion et conclusions générales
assurent l’entretien spécifique des prairies basé sur des pratiques traditionnelles,
souvent manuelles, capable de maintenir l’état des ressources et la qualité des
paysages (Gibon, 2000). Or, comme nous l’avons vu, les retraités ou certains
pluriactifs ne sont toujours pas éligibles à l’ICHN.
Nous pensons donc que les petites exploitations, dont celles tenues par les
pluriactifs et les retraités, ont un rôle non négligeable à jouer dans la gestion des
paysages en montagne, mais que leurs possibilités effectives d’assurer
durablement ce rôle sont à étudier soigneusement au cas par cas.
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Chapitre 5 : Discussion et conclusions générales
Bien que le contraste soit moins flagrant que dans d’autres régions agricoles,
l’opposition que nous venons de faire entre les petites exploitations assurant un
entretien de l’espace et les grosses exploitations productives nous ramène à une
conception de l’agriculture duale avec d’un côté les exploitations productives
tournée vers le marché et de l’autre les exploitations aidées financièrement pour
préserver les biens publics comme l’eau, l’air, la biodiversité et les paysages.
En zone de montagne, cette dualité permettrait aux grosses exploitations de
vallée d’assurer un certain niveau de production qui maintiendrait les structures
d’écoulement et les filières en place alors que les exploitations de versant
assureraient une grande partie de l’entretien du paysage.
Cependant, comme le montre Papy (1999), une politique qui cherche à limiter
les risques environnementaux liés à l’agriculture doit chercher à concilier les
fonctions productives et environnementales sur l’ensemble du territoire. Le
contrôle des paysages en zone de montagne ne peut reposer sur une conception
duale de l’agriculture.
Dans notre zone d’étude, nous avons montré en outre que les exploitations de
grande taille ont peu de terres abandonnées et un chargement élevé sur leurs
prairies. Elles assurent donc une bonne utilisation et un bon entretien des terres
de versant, tout en étant tournées vers la production et le marché. Nous avons
pu observer que ces exploitants cherchent à maintenir, et parfois à restaurer, les
capacités productives de leurs terres. Ils sont souvent conscients de leur rôle
dans la préservation des paysages.
La quasi-totalité d’entre eux a toujours une utilisation traditionnelle de l’espace
avec montée aux estives et souvent utilisation des communaux à l’inter-saison.
Les quelques jeunes exploitants de ce type d’exploitations ont fait le choix de
maintenir un élevage de type traditionnel avec mixité ovin-bovin et utilisation
des estives. Ils montrent ainsi leur intérêt pour la préservation du patrimoine
qu’ils ont reçu et leur volonté d’associer la production à l’entretien des
ressources pastorales. 6 éleveurs ont choisi d’adapter leur structure spatiale en
faisant l’acquisition de parcelles sur des communes de versant alors que leur
siège se situe en vallée. Ces éleveurs visent ainsi à se constituer de grands parcs
en bordures de pacages communaux et d’estives réservés au pacage d’inter-
saison. Ils choisissent parfois de faire estiver certains lots sur ces pacages, les
transformant en estives privées. D’après plusieurs témoignages, ces nouvelles
stratégies sont en développement dans la zone et méritent d’être étudiées car
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Chapitre 5 : Discussion et conclusions générales
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Chapitre 5 : Discussion et conclusions générales
Ce ne sont toutefois pas les éleveurs seuls qui parviendront à mettre en place
une gestion multifonctionnelle de leur territoire capable de contrôler l’abandon
et l’évolution des paysages (Bourbouze & Gibon, 2000 ; Mac Donald et al.,
2000 ; Gibon, 2003). L’entretien des ressources de l’élevage dépasse le cadre
strict de l’exploitation. Cette gestion multifonctionnelle demande un relais
institutionnel, tant au niveau des politiques de soutien qu’au niveau des
collectivités territoriales locales. Elle relève systématiquement de divers acteurs
entre lesquels une négociation est souvent nécessaire. Le premier niveau
correspond aux initiatives privées des éleveurs telles que les reprises de terres
lors de départ à la retraite. Les collectivités et les gestionnaires locaux du
territoire ont également un rôle important dans ces négociations. Enfin, les
actions ne peuvent souvent pas se concrétiser sans une aide financière qui relève
des politiques publiques de soutien à l’agriculture.
Les agents de développement ont besoin d’information sur le système qui est
piloté et également sur les interactions entre l’homme et l’environnement à
l’intérieur de ce système. La motivation fait, elle, référence au comportement
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Chapitre 5 : Discussion et conclusions générales
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Chapitre 5 : Discussion et conclusions générales
Aborder les questions sous cet angle fait évoluer les disciplines techniques
(Deffontaines, 1992). Cela amène notamment l’agronome à tenir compte de la
dimension spatiale des activités agricoles (Papy, 1993), c'est-à-dire à
comprendre la distribution spatiale des phénomènes et à dépasser les échelles
traditionnelles. Cela passe par la définition de découpages spatiaux pertinents
(Deffontaines & Thinon, 2001), par la compréhension de la logique d’utilisation
des différents terrains de l’exploitation (Joulié et al., 1996 ; Deffontaines, 1996b)
mais aussi de la répartition des exploitations agricoles dans l’espace (les
exploitations ne disposent pas des mêmes terrains, Papy, 1993 ; Baudry et al.,
1996). Ces questions sont considérées comme fondamentales en recherche
agronomique depuis le milieu des années 90 (Monestiez et al, 2004, Laurent &
Thinon, 2005).
J’ai pu opérer une articulation concrète entre les deux niveaux d’analyse par
l’intermédiaire de la parcelle cadastrale, unité structurelle pour l’exploitation
agricole mais aussi unité structurelle de terrain au sein du territoire et du
paysage (Bender et al. 2005). J’ai pu ainsi comparer et mettre en relation le rôle
de facteurs liés à l’exploitation agricole qui détenait la parcelle et celui de
facteurs naturels liés à la situation de la parcelle dans le paysage. En termes de
généralisation de la méthode, l’étude d’une autre zone ne nécessiterait de
reproduire l’intégralité des analyses qui ont été faites dans ma thèse au niveau
de la parcelle, ce qui représente une partie importante du travail. Une approche
simplifiée pourrait permettre de confirmer le rôle de ces facteurs.
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Chapitre 5 : Discussion et conclusions générales
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Chapitre 5 : Discussion et conclusions générales
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Chapitre 5 : Discussion et conclusions générales
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Chapitre 5 : Discussion et conclusions générales
Nous avons vu que dans la zone d’étude, il existait une culture de transmission
du patrimoine, liée au système traditionnel de société à maison (Augustins,
1990). Il en résulte que de nombreux paysans sont aujourd’hui sensibles à la
conservation sur le long terme de ce patrimoine de la famille. Il existe des
exploitations où ce système perdure encore aujourd’hui. Mais dans d’autres
exploitations, nous avons observé une évolution de cette logique. C’est le cas
notamment dans les grosses exploitations de vallée qui acquièrent des parcelles
de versant issues d’exploitations sans successeurs. L’apparition de ces nouvelles
logiques est en elle-même une problématique intéressante pour les sciences
sociales et, de plus, éclairer ces fonctionnements serait un important apport aux
études prospectives dans la zone.
Lors de la définition du protocole d’enquête, il n’a pas été décidé de collecter des
informations sur les résultats économiques des exploitations (prix des produits,
coûts des intrants, charges, amortissement du matériel, remboursement des
intérêts, primes, revenus extérieurs…). Nous l’avons vu, le dispositif de
terrain que nous avons mis en place est assez lourd. Une enquête économique
aurait été un gros travail complémentaire que nous avons envisagé durant le
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Chapitre 5 : Discussion et conclusions générales
cours de ma thèse mais que les circonstances ne nous ont pas permis de réaliser
dans le temps de ma thèse.
Il me semble que combiner ces deux méthodes serait d’un grand intérêt
scientifique. On peut envisager de compléter la méthode de type technico-
économique de Développement agricole par une approche de la dimension
spatiale telle que je l’ai menée afin de traiter des questions portant sur le
territoire. Cela pose bien sûr des questions de compatibilité. L’enjeu est de
pouvoir intégrer la dimension spatiale dans le cadre d’analyse dès les enquêtes
technico-économiques sans avoir à la reconstruire a posteriori. Par ailleurs, il
faudrait réfléchir à un dispositif de terrain permettant d’optimiser le temps
d’enquête et d’éviter de faire trois passages, qui seraient trop lourds à mon avis
pour l’éleveur.
J’aurais aimé pouvoir faire le lien entre ces deux approches durant le temps de
ma thèse et cela avait été programmé mais n’a pas été possible, en partie du fait
de l’important travail que demande la première approche. Ces aspects
économiques constituent certainement des suites intéressantes à donner à mon
travail.
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Chapitre 5 : Discussion et conclusions générales
trois cas d’évènements accidentels que nous avons observé dans les familles
étudiées. La question de la compatibilité des activités au sein des systèmes
complexes mériteraient néanmoins d’être approfondie.
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Conclusion générale
Conclusion générale
Aujourd'hui, cette durabilité est remise en cause sur une partie du territoire et
cela s’accompagne d’importantes menaces pour le paysage que les pouvoirs
publics et les gestionnaires locaux cherchent à contrôler. Nous pensons que ce
contrôle passe par des soutiens particuliers aux exploitations d’élevage car seuls
les animaux et le pâturage sont capables d’assurer un entretien durable et à
moindre coût de tels espaces. Cela doit bien sûr être relayé par les pouvoirs
publics en termes de soutien économique et d’organisation. Mais l’avenir du
second pilier d’aide au développement rural semble menacé dans la nouvelle
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Conclusion générale
Les actions concertées, comme celles que nous avons suggérées, constituent une
voie solide pour assurer le contrôle de l’évolution des paysages. Je pense pour
ma part que la relative homogénéité des systèmes d’élevage locaux joue en
faveur de la mise en place de ce type d’actions. Leur modernité en termes
d’adaptation aux marchés actuels de la viande peut également contribuer à leur
durabilité économique : races à viande pour les bovins, développement
important de la finition des animaux adultes, possibilité de développer de
nouveaux types de produits jeunes finis, production d’agneaux gras de bergerie
chez les ovins…
Mais avant tout, je pense que le rapport culturel que les éleveurs ont avec leur
patrimoine familial et leur intérêt profond pour l’entretien de sa capacité
productive est le premier atout à prendre en compte. Ces éleveurs ont développé
une gestion de l’espace qui repose sur des bases traditionnelles même s’ils ont
parfois fait le choix d’une certaine dénaturation de ces bases afin de faire face
aux contraintes de production. Cette culture et ces façons de faire doivent
aujourd’hui être prises en compte pour la mise en place de mesures de contrôle
de l’évolution des paysages de montagne.
J’espère avoir contribué à montrer que les systèmes agraires et les paysages de
montagne, malgré les évolutions en cours, peuvent toujours être conservés voire
par endroits restaurés, et que cela passe par une reconnaissance de leur
importance de la part de la société. En cela, le projet de Loi Paysage au niveau
européen va certainement dans le sens de cette reconnaissance. La Convention
Européenne du Paysage considère que « le paysage participe de manière
importante à l’intérêt général, sur les plans culturel, écologique,
environnemental et social, et qu’il constitue une ressource favorable à l’activité
économique, dont une protection, une gestion et un aménagement appropriés
peuvent contribuer à la création d’emplois ; le paysage est partout un élément
important de la qualité de vie des populations : dans les milieux urbains et dans
les campagnes, dans les territoires dégradés comme dans ceux de grande qualité,
dans les espaces remarquables comme dans ceux du quotidien » (Council of
Europe, 2000).
- 262 -
Références bibliographiques
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DYNAFOR Toulouse.
- 274 -
Annexes
Annexe 1
• Var numérique: - 9
• Var date: 09/09/99
I – Table EA
II – Table FAMILLE - EA
44 CAP = caprins
0 (non) 1 (oui)
45 EQ = équins
0 (non) 1 (oui)
46 PARCCOM = caractéristiques communales du parcellaire
1 (uniquement sur la commune) 2 (uniquement sur la commune ou
sur une commune limitrophe) 3 (certaines terres sont sur une ou
plusieurs communes éloignées
47 CONTRAT =existence de contrat à visée agri-environementale
0 (non) 1 (MAE renouvelée) 2 (MAE non renouvelée) 3 (CTE) 4
(MAE + CTE) 5 (autre)
48 ComCONTRAT =commentaire sur les contrat agri-env. (notamment attitude ou
position de l’éleveur)
49 ComCAR = commentaire sur les caractéristiques
NB: il n’y a pas de cas de coexistence d’un troupeau bovin lait et d’un troupeau bovin viande.
Troupeau bovin
Troupeau ovin
Troupeau bovin
Troupeau ovin
Annexe 2
EA SAU NbPA SMoy Etag %Pente %AcDif %Eloi %GF AltMin AltMax Classes 6 Classes 9 TYPE
12 5.69 1 5.69 0.00 100.00 0.00 0.00 0.00 943.23 943.23 5 5 1a
34 4.33 1 4.33 0.00 0.00 0.00 0.00 0.00 496.66 496.66 5 5 1a
2 4.75 6 0.79 43.42 0.00 0.00 0.00 0.00 467.00 510.42 1 1 1b
6 3.63 8 0.45 140.00 53.13 0.00 0.00 0.00 466.00 606.00 1 1 1b
30 5.74 4 1.44 33.91 67.23 0.00 0.00 0.00 752.21 786.13 1 1 1b
31 5.06 4 1.26 93.67 54.65 0.00 0.00 0.00 806.00 899.67 1 1 1b
18 3.47 3 1.16 74.66 100.00 0.00 0.00 0.00 653.34 728.00 1 8 1b
27 5.72 6 0.95 54.13 100.00 0.00 0.00 46.88 601.87 656.00 1 8 1b
19 5.61 10 0.56 298.96 61.98 0.00 0.00 42.45 741.04 1040.00 1 8 1c
36 3.17 6 0.53 302.00 40.54 0.00 0.00 43.30 826.00 1128.00 1 8 1c
16 4.24 10 0.42 403.00 9.88 0.00 44.52 44.52 801.00 1204.00 2 7 1c
22 7.28 8 0.91 501.18 93.54 48.76 0.00 60.30 523.12 1024.30 6 9 2
38 12.70 11 1.15 636.00 69.24 0.00 10.71 76.32 660.00 1296.00 6 9 2
502 9.48 6 1.58 257.44 86.32 13.48 13.48 86.32 705.06 962.49 6 9 2
7 20.59 8 2.57 458.11 95.50 13.20 0.00 32.12 713.89 1172.00 3 3 3
8 15.43 9 1.71 176.41 73.12 35.83 15.54 15.54 926.00 1102.41 3 3 3
24 9.71 8 1.21 251.21 80.64 46.86 14.93 9.17 765.79 1017.00 3 3 3
29 24.18 7 3.45 271.58 93.50 34.78 0.00 23.45 726.45 998.03 3 3 3
32 19.31 11 1.76 164.17 100.00 21.53 0.00 3.85 536.75 700.92 3 3 3
23 43.96 16 2.75 424.37 29.85 15.49 0.00 23.17 744.63 1169.00 4 6 3
25 14.25 5 2.85 421.33 80.27 100.00 75.84 20.11 732.16 1153.49 Non classée Non classée 3
3 24.35 22 1.11 666.85 18.80 0.00 37.06 25.29 463.00 1129.85 2 2 4
501 32.57 19 1.71 738.00 41.20 0.00 41.08 56.00 458.00 1196.00 2 2 4
1 74.18 40 1.85 801.49 30.26 0.00 44.16 43.45 464.66 1266.15 Non classée Non classée 4
13 24.69 15 1.65 578.95 87.44 0.00 29.91 38.66 637.00 1215.95 4 6 4
21 40.50 22 1.84 460.94 61.40 5.36 5.91 50.80 496.00 956.94 4 6 4
10 14.27 9 1.59 480.81 85.16 8.73 12.51 12.51 691.00 1171.81 4 4 5a
37 20.61 20 1.03 550.00 91.00 16.67 0.00 7.74 542.00 1092.00 4 4 5a
14 19.25 18 1.07 321.00 43.68 0.00 0.00 5.57 833.00 1154.00 4 4 5b
20 22.95 13 1.77 355.70 94.87 0.00 0.00 18.47 620.38 976.08 4 4 5b
Annexes
Annexe 3
EA ∆SAU ∆NbPA ∆SMoy ∆Etag ∆%Pente ∆%AcDif ∆%Eloi ∆%GF Classes 6 Classes 9 TYPE
10 0 0 0 0 0 0 0 0 4 4 1a
12 0 0 0 0 0 0 0 0 4 4 1a
16 0 0 0 0 0 0 0 0 4 4 1a
21 0 0 0 0 0 0 0 0 4 4 1a
24 0 0 0 0 0 0 0 0 4 4 1a
30 0 0 0 0 0 0 0 0 4 4 1a
13 -1.15 -1 0.03 0 -0.56 0 1.33 1.71 4 4 1b
14 -0.36 -1 0.04 0 0.8 0 0 0.1 4 4 1b
18 -1.13 -1 0.01 0 0 0 0 0 4 4 1b
36 -0.04 -1 0.07 0 -0.67 0 0 0.49 4 4 1b
38 -0.22 -2 0.16 0 -0.53 0 0.19 1.32 4 4 1b
20 -0.32 -1 0.1 -127.92 1.3 -1.38 0 0.25 4 5 1c
25 -0.5 -1 0.39 -29.16 2.75 0 2.6 0.69 4 5 1c
29 -1.34 -4 1.13 -179.45 2.4 1.83 -2.51 1.23 5 7 2a
32 -4.22 -3 0.08 -371.08 5.05 -4.62 -5.05 0.69 5 7 2a
34 -2.75 -1 0.79 -20.29 0 0 0 0 1 1 2a
23 -1.28 -5 0.59 0 -1.98 0.44 0 0.65 1 1 2b
501 -3.41 -5 0.22 -89 -2.35 0 -1.12 5.3 1 1 2b
1 -2.1 -4 0.12 0 -1.58 0 1.21 1.19 1 1 2b
6 -0.84 -3 0.05 -52 -1.94 -11.96 0 0 1 1 2c
27 -1.48 -3 0.15 -138 0 -20.58 0 9.65 1 1 2c
37 -4.31 -10 0.2 0 0.07 -10.07 0 1.34 1 1 2c
7 -7.2 -1 -0.51 0 -1.16 -22.49 0 8.32 3 3 3
502 -5.89 -5 0.18 -25.06 -5.24 -21.84 -7.04 20.86 3 3 3
22 -4.07 -2 -0.22 0 -2.31 -18.37 -34.34 21.62 3 6 3
8 -6.99 -2 -0.32 -4.78 -8.38 11.16 4.84 4.84 2 2 4
19 -1.82 -2 -0.06 0 -4.74 0 0 10.4 2 2 4
31 -1.13 -1 0.03 -15.99 -8.3 0 0 0 2 2 4
3 -4.39 -3 -0.04 0 -12.11 -14.39 -8.73 -10.25 2 2 4
2 -4.56 -4 -0.14 -560.55 -37.51 -11.52 -37.51 -37.51 Non classée Non classée 4
Annexes
Annexe 4
Evolution de la taille du cheptel dans les exploitations de la zone d’étude
existant en 1950
EA existant en 1950
60 110 150
EA 9 EA 501
Mixte agrandissement 60
50 125
60 EA 23 150 50
40 100
40
50 125
30 75 30
40 100
20 50 20
30 75
10 25 10
20 50
0 0 0
10 25
0 0 60 EA 32 150 EA 3
60
50 125
60 EA 17 150 50
40 100
50 125 40
30 75 30
40 100
20 50 20
30 75
10 25 10
20 50
0 0 0
10 25
0 0 EA 40
Spécialisation ovine 60
50 125 50 125 40
40 100 40 100 30
20
30 75 30 75
10
20 50 20 50
0
10 25 10 25
0 0 0 0 EA 15
60
60 EA 35 150 60 EA 27 150 50
230
50 125 50 125 40
40 100 40 100 30
20
30 75 30 75
10
20 50 20 50
0
10 25 10 25
0 0 0 0
Bovin réduction
60 EA 502 150 EA 39
60
50 125
Mixte réduction 50
60 150 40 100
EA 38 40
50 125 30 75 30
40 100 20 50 20
30 75 10 25 10
20 50 0 0 0
10 25 60 EA 16 150
Diversification avec ovin et agrandissement
0 0 50 125
60 EA 21 150
60 180 EA 24 160 150 40 100
50 125
50 125 30 75
40 100
40 100 20 50
30 75
30 75 10 25
20 50
20 50 0 0
10 25
10 25 60 EA 26 150 0 0
0 0 50 125
60 EA 28 150
40 100
50 125
30 75
Arrêt EA avant reprise 40 100
20 50
60 150 30 75
EA 18 10 25
50 125 20 50
0 0
40 100 10 25
30 75 0 0
Conversion bovin->ovin
20 50
60 EA 22 150 60 EA 14 150
10 25
50 125 50 125
0 0
40 100 40 100
60 EA 33 150 30 75 30 75
50 125 20 50 20 50
40 100 10 25 10 25
30 75 0 0 0 0
20 50
60 EA 2 150
10 25 Diversification avec ovin et réduction
50 125
0 0 60 EA 25 150
40 100
50 125
30 75
Données RGA moyenne nb de mères / EA 40 100
20 50
60 150 30 75
10 25
50 125 20 50
40 100 0 0
10 25
30 75
0 0
20 50
10 25
Conversion ovin équin Ovin réduction
0 0
EA 20 150 EA 31 150
1955 1970 1979 1988 2000
125 125
100 100
+ Nombre de vaches allaitantes mères 75 75
• Nombre de brebis mères
Succession 50 50
GAEC père-fils ou succession juridique 25 25
Evènement accidentel de nature familliale
0 0
Evènement accidentel de nature techique
Annexes
Annexe 5
Evolution de la taille du cheptel dans les exploitations de la zone d’étude
créées après 1950
EA postérieures à 1950
Ovin Mixte Chèvres lait
EA 6 150 60 EA 37 150 EA 8
60
125 50 125
50
100 40 100
40
75 30 75 30
50 20 50 20
25 10 25 10
0 0 0 0
1950 1960 1970 1980 1990 2000 1950 1960 1970 1980 1990 2000 1950 1955 1960 1965 1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2003
0 0
Equins + ovins Ovin + divers
EA 12 150 EA 34 150
Bovin
125 125
EA 30
100 100 60
75 75 50
40
50 50
30
25 25
20
0 0
10
0
Annexe 6
Evolution de la SAU dans les exploitations de la zone d’étude créées après
1950
EA postérieures à 1950
Ovin Mixte Chèvres lait
50 EA 6 50 EA 37 50 EA 8
40 40 40
30 30 30
20 20 20
10 10 10
0 0 0
1950 1960 1970 1980 1990 2000 1950 1960 1970 1980 1990 2000 1950 1960 1970 1980 1990 2000
50 EA 36 50 EA 29
Mixte lait
40 40 50 EA 7
30 30 40
20 20 30
10 10 20
0 0 10
50 EA 12 0
Ovin + divers
40 50 EA 34
Bovin
30 40 50 EA 30
20 30
40
10 20
30
10
0 20
0
10
0
+ Nombre de vaches allaitantes mères GAEC père-fils ou succession juridique
• Nombre de brebis mères Evènement accidentel de nature familliale
Succession Evènement accidentel de nature techique
Annexes
Annexe 7
Evolution de la SAU dans les exploitations de la zone d’étude existant en
1950
EA existant en 1950
30 30 30
20 20 20
10 10 10
0 0 0
1950 1955 1960 1965 1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2003 1950 1955 1960 1965 1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2003 1950 1955 1960 1965 1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2003
50 EA 9 85 50 EA 501
Mixte agrandissement
40 40
50 EA 23
30 30
40
20 20
30
10 10
20
0 0
10
0 50 EA 32 50 EA 3
40 40
50 EA 17
30 30
40
20 20
30
10 10
20
0 0
10
0 50 EA 40 60
Spécialisation ovine
50 50 40
EA 1 EA 19
40 40 30
30 30 20
20 20 10
10 10 0
50 EA 15 62
0 0
40
50 EA 35 50 EA 27
30
40 40
20
30 30
10
20 20
0
10 10
0 0
Bovin réduction
50 EA 502 50 EA 39
Mixte réduction
40 40
50 EA 38
30 30
40
20 20
30
10 10
20
0 0
10
0 50 EA 16
Diversification avec ovin et agrandissement
40
50 EA 24 50 EA 21
30
40 40
20
30 30
10
20 20
0
10 10
0 50 EA 26 0
40
50 EA 28
Arrêt EA avant reprise
30
40
50 EA 18
20
30
40
10
20
30
0
10
20
0
10 Conversion bovin->ovin
0 50 EA 22 50 EA 14
40 40
50 EA 33
30 30
40
20 20
30
10 10
20
0 0
10
0 50 EA 2
Diversification avec ovins et réduction
40
50 EA 25
50 Données RGA moyenne SAU / EA 30
40
40
20
30
30
10
20
20
0
10 10
0 0
1950 1960 1970 1980 1990 2000
0 0
Annexes
Annexe 8
Occupation du sol sur le territoire agricole de Villelongue en 1948
Annexe 9
Occupation du sol sur le territoire agricole de Villelongue en 1971
Annexes
Annexe 10
Occupation du sol sur le territoire agricole de Villelongue en 2001
Annexes
Annexe 11
Dates des transitions dans les différents types d’histoires culturales
25
20
Nombre de parcelles
15
10
0
1950
1952
1954
1956
1958
1960
1962
1964
1966
1968
1970
1972
1974
1976
1978
1980
1982
1984
1986
1988
1990
1992
1994
1996
1998
2000
2002
Transitions prés de fauche -> pacage
40
30
20
10
0
1950
1952
1954
1956
1958
1960
1962
1964
1966
1968
1970
1972
1974
1976
1978
1980
1982
1984
1986
1988
1990
1992
1994
1996
1998
2000
2002
Annexes
25
Pacages -> sans utilisation
Prés de fauche -> Pacages -> sans utilisation
20
Nombre de parcelles
15
10
0
1950
1952
1954
1956
1958
1960
1962
1964
1966
1968
1970
1972
1974
1976
1978
1980
1982
1984
1986
1988
1990
1992
1994
1996
1998
2000
2002
Transitions Prés de fauche -> sans utiliation
25
Prés de fauche -> sans utilisation -> pacages
Prés de fauche -> sans utilisation -> prés de fauche
20
Prés de fauche -> sans utilisation
Nombre de parcelles
15
10
0
1950
1952
1954
1956
1958
1960
1962
1964
1966
1968
1970
1972
1974
1976
1978
1980
1982
1984
1986
1988
1990
1992
1994
1996
1998
2000
2002
Annexes
25
Première transition
20 Deuxième transition
Nombre de parcelles
15
10
0
1950
1952
1954
1956
1958
1960
1962
1964
1966
1968
1970
1972
1974
1976
1978
1980
1982
1984
1986
1988
1990
1992
1994
1996
1998
2000
2002
Details des types "Sans utilisation -> pacages"; "Prés de fauche -> sans utilisation -
> prés de fauche" et " Prés de fauche -> sans utilisation -> pacages"
25
Première transition prés de fauche -> sans utilisation -> pacages
Deuxième transition prés de fauche -> sans utilisation -> pacages
20
Première transition prés de fauche -> sans utilisation -> prés de fauche
Nombre de parcelles
Première transition prés de fauche -> sans utilisation -> prés de fauche
Sans utilisation -> pacages
15
10
0
1950
1952
1954
1956
1958
1960
1962
1964
1966
1968
1970
1972
1974
1976
1978
1980
1982
1984
1986
1988
1990
1992
1994
1996
1998
2000
2002
Résumé
Pour la recherche, aujourd’hui, comprendre et caractériser les relations entre le
fonctionnement des systèmes agraires et des paysages est devenu une problématique
incontournable en raison de l’état de certaines ressources naturelles mais également du fait
de la place grandissante de la multifonctionnalité de l’agriculture dans les préoccupations
sociétales et politiques. La mise en place de cadres théoriques permettant l’approche de ces
relations est reconnue comme nécessaire par de nombreuses disciplines. Cette thèse a pour
ambition de contribuer au courant de recherche qui s’attache à mieux comprendre les
relations entre les transformations des activités agricoles et les transformations des
paysages. Nos travaux portent sur une zone de montagne, sur les versants des Pyrénées
Bigourdanes, où l’exode vers les plaines, l’évolution de la technologie agricole et les
transformations de l’élevage se traduisent par le boisement spontané des versants et la
fermeture du paysage. Une mosaïque de prairies et de terrains boisés s’est mise en place au
cours du siècle dernier, les prés de fauche et les pacages alternant avec de petits bois et des
parcelles abandonnées isolées apparaissant au milieu des quartiers de fauche.
L’hypothèse de base de ce travail de thèse est que les activités d’élevage en montagne
peuvent être vues comme les pilotes des processus du boisement spontané des paysages: les
changements des pratiques d’utilisation des terres (abandon mais aussi extensification)
conditionnent la colonisation des prairies par des espèces ligneuses et le développement des
accrus forestiers. Afin de comprendre les stratégies de gestion de l’espace des éleveurs, et la
place de l’abandon de parcelles dans leur évolution, un cadre d’approche intégrée a été mis
au point. Il repose sur (i) l’analyse systémique de l’exploitation agricole, qui permet de tenir
compte du rôle de la famille et de ses décisions dans le fonctionnement technique de
l’exploitation, et (ii) l’étude de l’organisation spatiale du territoire de l’exploitation et des
pratiques d’utilisation du sol en référence à ses contraintes et atouts. Cette approche a été
appliquée à l’étude des transformations des exploitations sur le temps long afin d’apporter
des éléments de compréhension de l’abandon survenu depuis les années 1950.
Nous nous basons sur l’étude de l’ensemble des exploitations du territoire de quatre
communes dans les Hautes-Pyrénées, soit 40 exploitations enquêtées au printemps 2003,
pour un total d’environ 1700 parcelles et 750 ha de terres agricoles. Les résultats montrent
que, dans la zone d’étude, le phénomène d’abandon découle de la disparition d’un grand
nombre d’exploitations sur la période considérée mais aussi de modifications des stratégies
de gestion de l’espace dans les exploitations qui se sont maintenues. L’abandon survient
surtout à des périodes de changements de logique dans la trajectoire de l’exploitation,
périodes qui coïncident souvent avec une succession. Les principaux facteurs d’abandon
identifiés au niveau de l’exploitation sont la taille de la parcelle et ses difficultés d’accès.
L’éloignement de la parcelle joue sur l’extensification de l’usage des prairies, les plus
proches du siège de l’exploitation étant généralement fauchées et les plus éloignées
seulement pacagées. Mais la persistance de l’organisation traditionnelle du paysage
villageois en terroirs agricoles d’usage homogène influence encore fortement l’utilisation des
terres. Enfin, nos travaux montrent que l’abandon n’est pas forcément irréversible. Une
partie importante du territoire étudié a fait l’objet d’une ré-utilisation après plusieurs
années d’abandon. Dans la dernière partie de ce mémoire, nous discutons ces résultats en
référence à la durabilité des activités d’élevage et des paysages et proposons une réflexion
sur les développements qui peuvent être apportés à la méthode utilisée.
Mots clé : abandon agricole, montagne, Pyrénées Bigourdanes, paysage, gestion des
ressources naturelles, changement d’utilisation du sol, approche intégrée, système d’élevage,
trajectoires d’exploitation, structures spatiales, histoires culturales des parcelles.