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MINISTÈRE DE LA DÉFENSE

TOURS, LE 04 MARS 2003

N° 3705/COFAT/DEF/BIS/ICOM/AGUER/MONT/1

Le général de corps d'armée Michel POULET


COMMANDEMENT commandant de la formation de l'armée de terre
DE LA FORMATION DE
L’ARMEE DE TERRE à

DIVISION destinataires « in fine »


ENSEIGNEMENT
FORMATION

Objet :
Notice provisoire sur l’instruction des unités élémentaires PROTERRE

Référence :
Lettre n°0652/DEF/EMAT/BCSF/SIC du 15 juillet 2002.
Pièce jointe: 1

Par lettre citée en référence, le CoFAT a été désigné pour rédiger « une
notice sur l’instruction des unités PROTERRE » en liaison avec
l’EMAT/BPO, le CFAT et le CFLT.

Cette notice, présentée en pièce jointe, décrit les missions communes à


l’armée de terre (MICAT) déclinées au niveau du groupe, de la section et
de la compagnie à deux sections . En préambule, elle rappelle le cadre dans
lequel ces missions sont appelées à être exécutées.

J’ai donc l’honneur de vous adresser ce document pour application et à titre


provisoire . Il doit servir de base à la préparation des modules tournants
PROTERRE et pourra dans l’avenir utilement s’enrichir de vos avis et
observations. A cet effet, un point de situation sera effectué à l’été 2004.

Par ordre
Le Général DELOCHRE
Chef d’état-major
Pour le chef d’état-major et par suppléance
Le Colonel de LABARTHE
Chef de la Division Logistique

60, boulevard Thiers 37061 TOURS


Pnia : 821 371 22 67 - Tél : 02 47 77 22 67 - Fax : 821 371 21 03 ou 02 47 77 21 03
NOTICE
PROVISOIRE

SUR L’INSTRUCTION DES


UNITES ELEMENTAIRES
PROTERRE*

* PROTERRE : projection, pour accomplir des missions


principalement de protection, de professionnels de l’armée de terre.
Edition 2003
PREAMBULE

1- Cette notice provisoire sur l’instruction des unités élémentaires PROTERRE est un
aide-mémoire tactique utile pour l’étude des missions communes de l’armée de terre.
Elle s’appuie sur l’enseignement dispensé dans les écoles de formation initiale, fait
référence à quelques fiches du recueil de savoir-faire crises édité par le CoFAT en 1993
et s’inspire parfois de procédés utilisés par des armées étrangères.

2- La structure PROTERRE et les MICAT ont pour but de :


- remplacer la notion imprécise de TTA ;
- réduire l’atomisation des unités ;
- soulager les unités d’infanterie de missions non spécifiques ;
- relancer la préparation des unités pour remplir les missions communes à
l’armée de terre.

A la place de la notion TTA qui regroupait à la fois des phases d’instruction, des missions
opérationnelles parfois mal ciblées et des structures déconnectées des structures organiques
des unités, 3 nouvelles notions ont été définies :
- l’instruction militaire fondamentale (IMF) qui relève de la formation et
de l’instruction individuelle des cadres et des EVAT ;
- les MICAT, qui sont des missions de base non spécifiques d’un métier,
mais qui doivent être connues de tous les types d’unités hors infanterie ;
- la structure PROTERRE qui repose sur l’effectif de la plus petite unité
organique recensée ( l’escadron LECLERC).

3- Le concept PROTERRE-MICAT s’applique lors des MCD dans les DOM-TOM, en


Afrique, en OPINT et en OPEX. Les unités PROTERRE doivent être engagées dans un
climat de basse intensité, de faible sensibilité et en dehors de toute logique de métier.

Ce préambule est complété par un sommaire, un extrait du concept et un tableau


récapitulatif des missions et structures.

1
SOMMAIRE

MATIERES PAGES

Préambule 1

Rappel du concept PROTERRE - MICAT (extraits). 3

Tableau récapitulatif 8

Définition de la menace 9

Le combat du groupe 10
Généralités 11
Les actes élémentaires du groupe 14
Les aptitudes particulières 18
Les techniques de commandement 20
Les cadres d'ordre du chef de groupe 23
Les missions du groupe 29

Le combat de la section 39
Généralités 40
Les actes élémentaires de la section 43
Les techniques de commandement 54
Les missions 64

Le combat de la compagnie PROTERRE 74


Les techniques de commandement 75
Les missions 81

Les annexes 83
Devoirs et responsabilités du militaire au combat 84
L'escorte de convoi 85
La fouille 87
Evacuation de ressortissants 91
Camp d'accueil en département français de "personnes 96
déplacées"
La patrouille 98
Tenir un point de contrôle 101
Sensibilisation a la menace engendrée par la pollution du 103
champ de bataille
La mise en œuvre de l'appui manœuvre ALAT 110
Le combat de nuit 119
Le combat défensif de nuit 123
Le combat en localité 125

2
Rappel du concept PROTERRE – MICAT (extraits)

Toutes les unités des forces doivent d’abord impérativement maîtriser leur métier
principal. Néanmoins, l’expérience montre qu’elles sont souvent employées en dehors de
leur métier premier, notamment comme unités "TTA". Par souci d’accroître leur
efficacité dans ce cas de figure, les unités élémentaires PROTERRE devront désormais
être capables de remplir des missions communes à l'armée de terre (MICAT), bien
décrites et délimitées.

C’est pourquoi les MICAT sont définies comme des missions opérationnelles pouvant
être confiées en tout lieu aux unités engagées, uniquement dans un contexte de basse
intensité, en dehors de leur domaine de spécialité et sans moyens spécialisés.

Les MICAT comprennent :


1. cinq missions, principalement de sauvegarde (sûreté, sécurité, défense) :
1.a. surveiller ;
1.b. soutenir ;
1.c. boucler une zone ;
1.d. tenir ;
1.e. interdire.
2. quatre procédés génériques complémentaires :
2.a. escorter (un convoi, un prisonnier, une autorité, des réfugiés, du
ravitaillement,…) ;
2.b. patrouiller ;
2.c. réaliser un point de contrôle ;
2.d. armer un centre d’évacuation dans le cadre notamment d’une RESEVAC
(mission d’évacuation de ressortissants).

Eléments PROTERRE

DEFINITION

L’élément de projection terre (PROTERRE) est constitué à partir d’une seule unité
élémentaire de la FAT et de la FLT engagée en dehors de son métier premier pour
remplir des missions MICAT. Son engagement est toujours précédé d’une mise en
condition opérationnelle. Toutes les unités des forces terrestres sont susceptibles de
constituer un élément PROTERRE.

CAPACITES

L’élément PROTERRE offre à son employeur la garantie d’une :


! plus grande cohésion,
! solide expérience opérationnelle acquise dans l’accomplissement du métier
premier,
! aptitude à accomplir les missions MICAT,
! autonomie opérationnelle,
! meilleure efficacité découlant du respect des structures organiques.

3
Néanmoins, limité en effectifs, en armement et en équipement, l’élément PROTERRE n’a
pas vocation à conduire des missions offensives et à combattre dans des milieux trop
spécifiques, nécessitant à ce titre des compétences particulières comme la haute
montagne et les zones désertiques par exemple.

Cet élément ne peut pas mener d’actions de contrôle de foules mais peut participer à des
mesures de sauvegarde face à une foule hostile. En revanche, sur réquisition de l’autorité
civile dans le cadre de l’IIM 500, les unités élémentaires PROTERRE déjà constituées
peuvent participer, en tant que force de 3ème catégorie, à la mission de maintien de l’ordre
sur le territoire national au même titre que toutes les unités de l’armée de terre (1). De
même, elles sont susceptibles de remplir des missions d'assistance aux populations (aide
humanitaire, service public).

CONSTITUTION

Principes de constitution

En plus des objectifs définis dans la première partie de ce document, la constitution des
unités élémentaires PROTERRE tient compte de la disparité des unités élémentaires de
l’armée de terre, et d’un taux d’absentéisme moyen d’environ 30%. Tout engagement
PROTERRE a aussi nécessairement des conséquences préjudiciables à l’entretien des
compétences correspondantes au métier premier. Ce constat initial fonde les principes
retenus pour constituer les éléments PROTERRE :
! toute unité élémentaire appartenant aux corps de troupe de la FAT ou de la FLT, à
l’exception de petites unités très spécifiques, réduite à 70% doit être en mesure de
mettre sur pied une unité élémentaire de type PROTERRE aux ordres de son
capitaine commandant ;
! la section PROTERRE constitue le plus petit élément pouvant être engagé;
! l’élément PROTERRE peut être renforcé d’un complément de spécialistes pour
répondre aux besoins spécifiques de la mission ;
! toutes les unités élémentaires PROTERRE ont une organisation identique.

Le respect des structures ne suffit pas pour créer un élément PROTERRE. Ce


dernier doit être capable de remplir les MICAT et avoir suivi une mise en
condition opérationnelle adaptée à sa future mission avant son engagement.

Le soutien des éléments PROTERRE est assuré soit par l’unité supérieure dont elle
dépend, soit par une unité géographiquement proche (soutien zonal). Le principe retenu
est défini lors de la constitution de l’élément.

(1) en application de la notice relative à la préparation des armées aux opérations de


maintien de l’ordre : notice n°487/DEF/EMA/EMP.3/DR du 28 avril 1997.

4
Organisation

La section PROTERRE

Elément de base en organisation et en emploi, la section PROTERRE comprend 27


militaires appartenant si possible à une même section organique et au minimum à la même
unité élémentaire. Elle est construite sur une structure ternaire.

CDT PROTERRE
1-1-1 = 3 0-2-6 =8

1-7-19=27

L’unité élémentaire PROTERRE

C'est l’adjonction de deux sections et d'un élément de commandement fournis par la


même unité élémentaire aux ordres de son commandant. Elle totalise un effectif de 61
militaires et est organisée comme suit :

CDT PROTERRE
1-3-3 = 7 1-7-19 =27

Principes d’équipement

Compte tenu de leurs missions, les éléments PROTERRE disposent d’un armement leur
permettant notamment de faire face à une menace blindée réduite.

Les équipements sont conformes au catalogue des matériels techniques (CDMT) pour les
forces de présence et de souveraineté et au tableau unique effectifs matériel (TUEM) pour
celles en OPEX. En métropole, les équipements sont prescrits par l’OAL et autant que
possible organiques.

Principes de préparation opérationnelle

L'ensemble du personnel doit être capable de remplir sa mission dès son arrivée sur le lieu
de son emploi. A cet effet, l’instruction individuelle et collective des unités élémentaires
appelées à constituer des unités élémentaires PROTERRE doit intégrer les MICAT, avec
naturellement une adaptation particulière à la zone géographique d’engagement pendant la
période de mise en condition opérationnelle.

Le cycle de projection décidé par le CEMAT détermine la durée de la mission.

5
Responsabilités

La préparation opérationnelle des unités PROTERRE obéit aux principes généraux :


normée par le CoFAT , elle est organisée, conduite et contrôlée par les chefs de corps
(niveau1) et les commandants de brigade (niveau 2).

EMPLOI

Critères d’engagement

Le processus des engagements (OPEX comme OPINT) peut être schématisé comme suit :

Menace / Risques

Élevée Basse

urgence
Oui Non

Sensibilité

Élevée Basse

Logique de métiers
Oui Non

Élément de métier PROTERRE

Les éléments PROTERRE ont donc vocation à être engagés sans urgence pour conduire
des missions ne justifiant pas un recours aux fonctions opérationnelles dans des zones
d’opérations évaluées comme peu sensibles et peu menacées. Cela ne veut pas dire pour
autant qu’un détachement PROTERRE déployé dans ces conditions n’est pas à même de
faire face, au moins temporairement et localement, aux conséquences d’une dégradation
rapide de la situation. La relève éventuelle de ces détachements par des unités
spécialisées, en cas de risque de détérioration durable de la situation, relève d’une
décision du CEMA à partir de l’appréciation des autorités militaires responsables de leur
emploi.

Lorsque les conditions d’engagement décrites précédemment sont réunies, il est


envisageable de projeter des éléments PROTERRE au sein des forces de présence ou en
OPEX. En cas de détérioration de la situation pendant leur séjour, ils peuvent notamment
participer à une action d’évacuation de ressortissants, dans la limite de leurs capacités. Les
éléments PROTERRE pourraient naturellement aussi participer à une projection régionale,
une coopération régionale, une manœuvre bilatérale ou multinationale.

6
Responsabilités dans l’emploi des unités PROTERRE

Commandement opérationnel

Le CEMA exerce le commandement opérationnel (OPCOM) de tous les éléments


militaires français engagés en OPEX, OPINT ou déployés au sein des forces de
souveraineté ou de présence. Seul le commandement opérationnel autorise le déploiement
des unités et leur réassignation.

Commandement organique

L’armée de Terre, au titre de commandement organique, est responsable de la préparation


et de la mise en condition des forces, comprenant l’élaboration des éléments de doctrine,
l’instruction, l’entraînement et l’équipement.

Les COMTERRE, représentants du commandement organique d’armée auprès des


COMSUP et COMFOR, assurent le commandement organique des forces terrestres
déployées outre-mer, dans les DOM et les TOM, ainsi qu’au Sénégal et à Djibouti. Les
COMTROUP (Côte d’Ivoire et Gabon) assurent en plus les responsabilités du contrôle
opérationnel et du contrôle administratif pour les forces terrestres.

Conditions particulières d’emploi

Sous réserve d’une nécessité opérationnelle impérative et urgente, le commandant des


unités françaises peut décider, sous sa responsabilité, de confier à un élément PROTERRE
déjà projeté des missions qui ne sont pas des MICAT. L’évaluation locale de la situation
et les capacités particulières de l’unité seront alors des critères déterminants. Il appartient
à cette autorité d’utiliser toutes les possibilités pour assurer une préparation opérationnelle
de circonstance la plus adaptée et la plus complète possible.

7
TABLEAU RECAPITULATIF

MISSIONS PROCEDES REACTIONS

- reconnaître - patrouiller - réagir à une


- éclairer embuscade
- surveiller - rompre le contact
GROUPE
- appuyer
0/2/6 - tenir (défendre)
- couvrir
- surveiller - réaliser un point de - riposter
- tenir contrôle - neutraliser
SECTION
- interdire - escorter - détruire
1/7/19 - soutenir
- surveiller - armer un centre de
- tenir regroupement et
- interdire d’évacuation dans le
- soutenir cadre d’une
COMPAGNIE
- boucler RESEVAC
3/17/41 - armer un camp de
« personnes
déplacées »

ANNEXES :
- devoirs et responsabilités du militaire au combat
- l’escorte de convoi
- la fouille
- évacuation de ressortissants
- organisation d’un camp d’accueil en département français
- la patrouille
- tenir un point de contrôle
- mise en œuvre de l’appui manœuvre ALAT
- le combat de nuit
- le combat défensif de nuit
- le combat dans les localités

8
1- LA MENACE

La principale menace découle du scénario 3 du livre blanc, décrit dans le CD-ROM de


l’armée de terre édité par le CDES (édition 2003). Le but de cet ennemi « BRIQUE » est
de menacer la sécurité d’un département ou d’un territoire français d’outre mer, qu’il soit
insulaire ou continental. Il pourrait agir initialement comme suit :

Bandes armées* composées de 5 à 20 personnes dotées d’un armement


individuel et collectif léger ainsi que de véhicules non protégés, capables de
mener des actions brèves et brutales ainsi que de créer un climat d’insécurité,
pouvant précéder ou accompagner une action d’envergure.

(*) Les modes d’action possibles des bandes armées peuvent être les suivants :
! coup de main sur des bâtiments administratifs, économiques ou de diffusion
de l’information ;
! raid à portée limitée visant à détruire des moyens de communication, des
dépôts,…;
! harcèlement des forces de police ou militaires par engagement de moyens
limités, très disparates, voire de fortune, y compris les mines et les pièges…
! actions terroristes à fort impact psychologique, se manifestant par des
attentats, des prises d’otage et/ou des actions commandos suicides et pouvant
s’appuyer sur un soutien local.

Secondairement, dans le cadre d’une situation stabilisée, les UE PROTERRE


pourraient être impliquées dans les scénario 4 et 5 (opération extérieure et forces de
présence).

9
2- LE COMBAT DU GROUPE

10
2.1- GENERALITES

LE GROUPE

Le groupe PROTERRE, aux ordres d'un chef de groupe, peut être articulé en équipes
composées, en vue de remplir des missions simples de sûreté et de défense, dans le cadre
d’un élément plus important ou de façon autonome.

Tout détenteur du BSAT, sans distinction de fonction opérationnelle, doit pouvoir


commander un tel groupe, apte à recevoir une mission contre véhicule dès qu’il est doté
d’une arme antichar.

CHEF DE
GROUPE

1 er binôme
4 ème binôme
2 ème binôme 3 ème binôme

EXEMPLE D'ARTICULATION D'UN GROUPE PROTERRE

11
ROLE DU CHEF DE GROUPE

1 - Généralités

Le chef de groupe reçoit sa mission du chef de section, et l’exécute en coordonnant l’action


de ses équipes. Sachant faire preuve d’initiative, le chef de groupe est un meneur
d’hommes et un exemple pour ses subordonnés. Il veille à leur maintien en condition en
vue du combat, tant lors des phases intensives de l’action pendant lesquelles il doit avoir le
souci permanent de la sûreté de son personnel, que lors des périodes moins denses pendant
lesquelles il organise leur repos ou l’entretien des matériels et contrôle l’application des
mesures d’hygiène.

2 - Rôles Particuliers

Le chef de groupe commande en permanence ses chefs d'équipe, auxquels il précise plus
particulièrement les ordres pour le combat.

- Avant l’action, le chef de groupe :

• donne un ordre préparatoire et en contrôle l’exécution ;


• contrôle le parage de son véhicule, le bon fonctionnement de son poste radio et de
l’ensemble de ses matériels ;
• fait prendre les dispositions de combat.

- En cours de progression, le chef de groupe s’assure :

• du maintien de la direction générale ;


• de l’application des mesures de sûreté fixées par le chef de section (vitesse, maintien
des distances et des intervalles, guet aérien et terrestre, discrétion radio, protection
NBC) ;
• du maintien de la liaison avec les autres véhicules ou groupes de la section ;
• du maintien de la permanence de l’observation et de la capacité de riposte.

- Lorsque le groupe débarque pour conduire une action, le chef de groupe :

• donne les missions aux équipes et se place au sein de son groupe de façon à pouvoir
commander directement l’action de tous ses éléments ;
• combat avec l'équipe chargée de l’action principale. Face à un ennemi blindé léger, il
peut commander directement l’action du binôme antichar ;
• dirige l’action des deux équipes ;
• commande et conduit le tir de ses éléments, en assurant une stricte discipline du feu et
en suivant la consommation en munitions.

- En fin d’action, le chef de groupe :

• fait prendre un dispositif de sûreté rapprochée en précisant les missions aux équipes ;
• rend compte de son action, en précisant notamment les pertes infligées et subies, et
l’état quantitatif et qualitatif de ses matériels. Il demande ou organise l’évacuation
sanitaire des blessés et demande les ravitaillements nécessaires.

12
L'ADJOINT DU CHEF DE GROUPE

Le chef de groupe dispose d'un chef de groupe adjoint, à qui il peut confier le
commandement d’une équipe.

ROLE PARTICULIER DU CONDUCTEUR

Le conducteur entretient, conduit, défend son véhicule.


Responsable de l’entretien journalier et hebdomadaire de son véhicule, il effectue les
opérations (contrôles, graissage) prévues par le guide d’entretien du véhicule.

Avant le départ :
Il vérifie les pleins, l’état et la pression des pneus, le fonctionnement de l’éclairage et des
freins, la présence du lot de bord, de la trousse d’urgence et de l'extincteur.

En marche :
il se tient prêt à réagir sans délai aux ordres du chef de groupe ,il surveille le
fonctionnement du moteur, contrôle le tableau de bord et rend compte des anomalies.

A l'arrêt :
Il poste son véhicule de manière à dégager la voie, le dissimuler aux vues, permettre un
nouveau départ rapide. Il procède sur ordre au camouflage, il inspecte son véhicule et rend
compte de toute défectuosité constatée. En permanence, il se tient prêt à exécuter les ordres
du chef de groupe ou du caporal d’échelon. En fin de journée ou à l’occasion des
ravitaillements, il effectue les pleins (essence, eau, huile) ainsi que les vérifications qui lui
incombent.

13
2.2- LES ACTES ELEMENTAIRES DU GROUPE

Le groupe exécute collectivement les trois actes élémentaires suivants :

• SE DEPLACER ;
• S’ARRETER, TOMBER EN GARDE ;
• EMPLOYER SES ARMES.

SE DEPLACER

Les modes de progression sont :


• la marche normale ;
• le bond collectif, utilisé pour franchir un passage découvert, surveillé ou battu ;
• le bond par binôme ou individuel, utilisé pour progresser sous le feu.

Les bonds sont exécutés au commandement donné à la voix ou aux gestes.

COMMANDEMENT du BOND :
• POUR UN BOND …….(du groupe, par équipe, par binôme, homme par homme) ;
• DANS L’ORDRE ……..(éventuellement) ;
• PREPAREZ-VOUS ;
• EN AVANT !

Le groupe en déplacement utilise trois formations :

1 - En colonne

Cette formation permet une progression à bonne allure et de nuit, ainsi que l’utilisation
d’un cheminement. Elle n’est pas rigide, les équipes ou les binômes successifs adoptant la
formation la plus adaptée au terrain. Tout en évitant les resserrements, la distance entre les
binômes doit permettre le commandement à la voix et aux gestes.
Le chef de groupe est en tête de son groupe loin de l'ennemi ou en deuxième échelon. Il
progresse derrière le binôme de tête en premier échelon.

EXEMPLE DE FORMATION EN COLONNE EN PREMIER ECHELON

14
2 - En ligne

Cette formation a essentiellement pour but de réduire la vulnérabilité aux feux adverses
afin de faciliter :
• le franchissement d’une crête, d’une route, d’une coupure ou d’une bande de terrain ;
• l’abordage d’une lisière ;
• l’assaut.

3 - En colonne double ou par équipes accolées.

Dans cette formation, les équipes progressent côte à côte, avec un intervalle variable. Cette
formation permet de progresser rapidement de part et d’autre d’une main courante, ou de
faire face simultanément à deux directions.
Comme dans la formation précédente, le chef de groupe se place avec l’équipe qui semble
la plus exposée, ou celle ayant la mission principale ( AC par exemple).

15
S’ARRETER, TOMBER EN GARDE

Arrivé à chaque limite de bond, ou au commandement du chef, le groupe s’arrête.


• Dans un premier temps, le chef de groupe « jette » un dispositif de mise en garde
immédiate, en déterminant rapidement les zones de terrain dans les limites desquelles
les équipes, ou les binômes, vont se poster.
• Dans un deuxième temps, il définit à chaque équipe, ou binôme, un secteur
d’observation (ou de tir) en faisant en sorte que les secteurs se recoupent.
• Enfin il donne éventuellement des consignes particulières si le stationnement doit se
prolonger.

Cas du groupe disposant d’une arme antichar


Lorsque le groupe est doté d’une arme antichar, le chef de groupe veille plus
particulièrement à l’installation de cette arme et organise son stationnement autour du
binôme qui la sert afin d’en assurer le sûreté.
Le chef d'équipe qui la commande se verra préciser éventuellement par le chef de groupe la
place exacte de mise en batterie de cette arme, sous la forme :
« Ici face à telle direction, en batterie ! »
Puis il lui donne ses consignes avec le PMSPCP.

ROLE DU CHEF DE GROUPE EXECUTION


CHOISIR UN DISPOSITIF ET DONNER • placer les binômes ou parfois les
DES ORDRES combattants, ZMSPCP.
• répartir les missions de guet et préciser
OBSERVER ET ECOUTER
les consignes.
• définir les consignes de guet et d'alerte,
PREPARER LE COMBAT PAR LE FEU • préciser les consignes de l'ouverture
éventuelle du feu et la nature du tir.
• si l'arrêt doit se prolonger, renseigner sur
RENDRE COMPTE les possibilités et effectuer les comptes
rendus d’observation.
• améliorer la mise en place et aménager le
S'INSTALLER EVENTUELLEMENT
terrain.

4. RENDRE COMPTE
3. OBSERVER

2. CHOISIR UN DISPOSITIF

1. CHANGER DE FORMATION

16
EMPLOYER SES ARMES

Le groupe combat par le feu et le mouvement. Combattre, pour le chef de groupe, consiste
à exécuter des actes élémentaires, en coordonnant le feu et le mouvement dans l’exécution
en sûreté de missions simples.
Parfois le chef de groupe pourra être appelé, en fonction de la situation, à commander
directement le tir de l’arme principale, en particulier l’arme antichar.

Pouvoir de pénétration des différentes munitions

Projectile
Arme légère et mitrailleuse Mitrailleuse Projectile
Matériaux
< à 7,62 mm 12,7 mm de 20 mm
Tir à 100 m Tir à 200 m Tir à 200 m
Murs

Bois 0,60 1,00 1,20


Maçonnerie en pierre 0,30 0,75
Maçonnerie en brique 0,45 0,60 0,75
Béton non armé 0,30 0,60
Béton armé 0,15 0,30 0,45

Murs en matériaux
meubles coffrés

Terre argileuse (1) 0,90 1,20


Gravier, petites pierres,
sable sec (1) 0,30 0,75

Sacs à terre remplis de :

Terre argileuse (1) 0,90 1,00 1,50


Gravier, petites pierres,
sable sec (1) 0,50 0,70 0,75

Parapets de :

Terre argileuse (1) 1,05 1,50


Sable sec (1) 0,60 1,20
Acier à blindage 0,03 0,04 0,06

(1) Humide : ajouter 100%

Nota : Si les armes à tir tendu sont capables de placer 5 à 6 coups dans la même cible,
l'épaisseur de protection doit être sensiblement double.

17
2.3- APTITUDES PARTICULIERES

REACTION A UNE EMBUSCADE

La réaction du groupe a pour objectif de conserver l’initiative et de reprendre l’ascendant


sur l’ennemi. Sa réussite dépendra essentiellement de la réactivité du chef et de son groupe.

- En véhicule

Face à une très faible résistance, le groupe force le passage en utilisant les possibilités
offertes par le terrain et la puissance du véhicule. En fin d’action, le chef de groupe rend
compte. Si cette réaction n’est pas possible du fait du volume de l’ennemi, de la présence
d’obstacles et /ou du terrain, l’action sera la suivante :

ROLE DU CHEF DE GROUPE EXECUTION


• Le groupe riposte instantanément par le feu
FAIT OUVRIR LE FEU à cadence maximum pour réduire la
vulnérabilité,
• Le conducteur tente de dégager la zone
battue par les feux, puis poste son véhicule.
A COUVERT COMMANDE
(en fonction des consignes reçues) :
FACE à telle HEURE... DEBARQUEZ! • Le groupe débarque, se poste et ouvre le feu,
• le conducteur s'il le peut, met son véhicule à
ORGANISE UN DISPOSITIF DE SURETE
couvert et se poste.
• position, nature, volume, attitude de
l’ennemi,
REND COMPTE
• actions entreprises et possibilités,
• pertes subies et infligées.

- A pied.

Lorsqu'il est pris à partie à moyenne portée par des tirs tendus de combattants à pied ou de
blindés arrêtés, le groupe :

ROLE DU CHEF DE GROUPE EXECUTION


• tombe instantanément en garde,
COMMANDE FACE A ... FEU !
• riposte.
OBSERVE • la position ennemie et le terrain.
• veille aux consommations,
CONDUIT LE FEU
• lève ou reporte les tirs.
• position, nature, volume, attitude ENI
• actions entreprises et possibilités de
REND COMPTE
manœuvre,
• pertes subies et infligées.
EN FONCTION DES ORDRES DU CHEF • poursuit la conduite du feu pour fixer ou
DE SECTION : appuyer, préciser ou rompre le contact

18
LE GROUPE ROMPT LE CONTACT

Il s’agit de quitter un poste de combat pour en rejoindre un autre :


• soit pour dégager le groupe pris sous le feu adverse ;
• soit de façon délibérée pour occuper une position plus favorable.

Ce mouvement est exécuté toujours en bon ordre :


• soit discrètement en profitant d’un moment où l’on échappe aux vues de l’ennemi
(fumigène, nuit, brouillard) ;
• soit en bénéficiant de la neutralisation momentanée de l’adversaire par l’application de
feux amis. La rupture de contact se fait alors en combinant feu et mouvement (latéral
ou vers l’arrière) :
- en bloc, avec l’appui d’un autre groupe ;
- par équipe ou par binôme, avec appui de ses propres armes.

ROLE DU CHEF DE GROUPE EXECUTION

FIXER LE POINT A ATTEINDRE, • Point de regroupement bien défini et connu de


DONNER L’ORDRE POUR LE tous,
PREMIER BOND. • Tout en poursuivant observation et tir, se
préparer à bondir,

DECLENCHER • Eventuellement, masquer le début du


OU INTENSIFIER LES TIRS mouvement à l’aide de fumigènes.
(sauf si la discrétion est recherchée).

SE DEPLACER PAR BONDS POUR • Au signal convenu alternativement par binômes


SORTIR DE LA ZONE BATTUE. ou par équipes s’appuyant réciproquement (en
tiroir ou en perroquet).
• Hors d’atteinte des tirs ennemis, poursuivre
l’observation pour être en mesure d’interdire
toute poursuite.
• Contrôler l’armement et le matériel.
• Rendre compte.

19
2.4- LES TECHNIQUES DE COMMANDEMENT

Au cours de l’action, le chef de groupe commande à la voix, par geste, à l’imitation ou par
signaux visuels ou sonores :
• commandements simples répercutant ceux du chef de section ;
• commandements réflexes déclenchant une réaction instantanée par le choc ou le feu ;
• ordres plus élaborés après observation et raisonnement simple.

Les divers modèles d’ordres, de commandements et de comptes rendus figurent ci-après.

Après avoir reçu sa mission et avant de l’exécuter, le chef de groupe doit la


COMPRENDRE et CONCEVOIR l’action à entreprendre pour la mener à bien. Il doit
ensuite savoir COMMANDER à bon escient et d’une façon aussi simple que possible pour
être à son tour COMPRIS de ses subordonnés. Il doit enfin tenir son chef informé de la
situation ou de son évolution afin de pouvoir recevoir les nouveaux ordres ou le soutien
dont il a besoin.

Pour conduire sa réflexion, il s’aide éventuellement d’une Méthode de Raisonnement


Tactique (MRT).
Pour commander il exprime des ORDRES ou des COMMANDEMENTS.
Pour renseigner son chef, il utilise des COMPTES RENDUS.

LA MRT DU CHEF DE GROUPE

Les données de base de l’action du groupe sont les suivantes :


• le cadre espace-temps est toujours extrêmement limité ;
• le groupe n’agit que dans un seul compartiment de terrain ;
• l’action à mener est toujours simple et le nombre de solutions réduit ;
• l’utilisation des moyens est basée sur l’emploi d’une arme maîtresse (le groupe peut
être doté d’un LRAC à l’occasion d’une mission particulière).
Il apparaît donc que les facteurs essentiels doivent être pris en considération
SIMPLEMENT, de façon à ne pas encombrer l’esprit du chef de groupe obligé d’agir vite
en raison de la proximité de l’ennemi.

20
Le groupe est un élément d’exécution , il ne manœuvre pas , il réagit.
Le chef de groupe n’a pas de carte, il reçoit ses ordres face au terrain.

OU TROUVER LES CONCLUSIONS


DEMARCHE DE LIEN AVEC
ETAPES ELEMENTS DE POUR LE CHEF
L’ETUDE L’ORDRE INITIAL
REPONSE ? DE GROUPE

- Action menée par la - Situation générale - définition de la SITUATION :


section - Primo de l’Ordre Initial zone d’action - Ennemi : l’ENI
DE QUOI (OI) du CDS - nature et style de ultérieur
S’AGIT- - Secundo de l’OI du l’action - Amis :
IL ? CDS - mesures de sécurité - mission de la Section
1 - Ennemi de la à prendre - Sections voisines
M section - renforts de la section
I - Intention du chef de - Tertio Alpha de l’OI du - qu’attend de moi EXECUTION :
S section CDS mon CDS ? Je dois réaliser tel effet
POURQU
S - Rôle du groupe sur l’ennemi (verbe)
OI?
I dans le cadre de - but à atteindre
O l’action de la section
N - Inventaire des - Carnet du Chef de - effet à réaliser :
tâches ou actes Groupe actions
élémentaires à simultanées /
QUOI ?
réaliser - OI du CDS successives

- Marge d’initiative

C
2 O
- Cadre général de
D N
l’action : contextes
E T - Contraintes
politique, - OI.(1A) du CDS EXECUTION :
L E - Impératifs
médiatique,
A X
population
I T
S E
/ - Préavis - 1A du CDS (arrivée de - Je dois réaliser telle dans telle zone,
C - Horaires l’ENI) action à tel moment, pendant
O Q - Délais - 3C du CDS (libellé de à telle heure, pendant tels délais
N U - Caractéristiques la mission) tel délai,
T A (jour, nuit, saison) - 3D du CDS (horaires à tel signal du CDS
E N fixés)
X D
T ?
E

- Etude du terrain : - 3C du CDS (libellé de - points clés - Coordination :


choix du meilleur la mission) (Ami / Eni) - limites : terrain-horaire
3 emplacement pour - Etude de la carte (év) - consignes/ NBC-
E OU ? remplir la mission - Terrain à vue (priorité) LATTA
T - consignes / populations,
U - place du guet média
D
E - Quels moyens - 1C de l’OI du CDS - demandes AVEC TELS
employer ? - 3B/3C (missions des éventuelles MOYENS :
A AVEC autres groupes) - choix de
M QUOI ? l’armement
I - sélecteur de tir.
-
E - L’ENI (N.V.A) - 1A de l’O.I. du CDS - besoins en FACE A TEL ENI :
N CONTRE - Comment peut-il - Points d’observation renseignements
I QUOI ? s’opposer à ma du terrain - feux / mouvements
mission ? /

DECISIONS

21
4 CONCLUSION QUOI ? QUAND ? OU ? PAR OU ? AVEC CONTRE
QUOI ? QUOI ?
COMMENT ? Tâche N°1
- Déroulement de
MODE D’ACTION l’action Tâche N°2
- Articulation
- Rôle des En mesure
subordonnés de..

Je dois réaliser tel effet sur l’ennemi, dans telle zone, pendant tels délais...
Pour cela ;

1°...,

2°...,

En mesure de ...

SCHEMA

22
2.5- LES CADRES D’ORDRE DU CHEF DE GROUPE

1 - La mise en garde initiale :

Cette mesure est un condensé de l’ordre préparatoire. Elle précède l’ordre initial et est
prise au commandement : « dispositions de combat ».

COMMANDEMENTS OBSERVATIONS
LE CHEF DE GROUPE VERIFIE :
• l’état de combattre de ses hommes ;
• le bon fonctionnement de l'armement ;
• l'approvisionnement des armes et leur mise à la sûreté ;
• les effets de protection NBC.
LES CHEFS D'EQUIPE ET SERVANTS :
• vérifient le bon état de l'armement ;
DISPOSITIONS DE
COMBAT • mettent en place et/ou vérifient les systèmes de visée ;
• approvisionnent et mettent les armes à la sûreté ;
• vérifient leur matériel de protection NBC.
EN CAS DE DEPLACEMENT EN CAMIONNETTE :
• embarquer ;
• adopter les mesures de sûreté immédiates (mise en place
des guetteurs aériens et terrestres).

Il arrivera cependant qu’il puisse être plus élaboré et aura alors la contexture d’ensemble
ci-dessous qui permet de ne rien oublier :

P – Personnel mis sur pied


A – Armement emporté
T – Tenue des hommes
R – Radio …(préparation éventuelle du matériel).
A – Alimentation…(en fonction de la durée probable de la mission).
C – Camouflage.
D – Divers.
R – Rassemblement : « dans un tel délai ».

2 - L’ordre initial : le SMEPP :

Le raisonnement qu’effectue le chef de groupe au reçu d’une mission, aboutit


naturellement à l’ordre initial.
Cet ordre met les combattants du groupe dans l’ambiance du combat, leur exprime la
mission que le groupe va remplir et donne à chacun le rôle qu’il va tenir pour
l’accomplissement de cette mission.

23
Il contient les paragraphes suivants :

A) SITUATION :
• ennemi ;

• amis (voisins).

B) MISSION :
• répétition littérale de la mission fixée par le chef de section au groupe.

C) EXECUTION :
• articulation ;

• mission et place des binômes (éventuellement du véhicule) ;

• conduite à tenir ;

• liaisons.

D) PLACE DU GROUPE dans le dispositif de la section.

E) PLACE DU CHEF DE GROUPE et remplaçant éventuel.

3 - L’ordre de conduite :

Lorsque la mission du groupe est modifiée, ou (et) lorsque la situation l’exige, le chef de
groupe est amené à donner un ordre de conduite. Le cadre de cet ordre est celui de l’ordre
initial, allégé de tous les paragraphes qui n’ont pas subi de modifications.

En cas de changement de situation et lorsque sa mission n’est pas modifiée, le chef de


groupe est amené à donner un ordre en cours d’action qui ne comporte alors que les seules
rubriques de l’ordre initial concernées par le changement.

Enfin, tout au long de l’action, le chef de groupe aura à redresser des erreurs ou à donner
des impulsions (direction, distances, intervalles, etc.). Il le fera à la voix ou, de préférence,
au geste sans autre prescription que d’être efficace, bref et précis.

24
- Tableau récapitulatif des commandements

ACTES
COMMANDEMENTS OBSERVATIONS
ELEMENTAIRES
Direction tel point... (a) (a) Il convient de ne pas
confondre:
− la direction indiquant l’axe de
Point à atteindre... marche, matérialisé par un point
de repère éloigné, à défaut une
Itinéraire... route ou une piste,

Formation... (b) − et le point à atteindre qui


correspond au prochain point
1 d’observation, où généralement
SE DEPLACER un arrêt sera marqué.
(à pied) ou
En colonne En ligne (b) La place des binômes est
fixée au départ cette partie du
1er binôme équipe 1 à commandement n’est pas
en tête, gauche, répétée en cours d’action

Je suis Je suis

En avant ! En avant!
Direction tel point...
Il s’effectue, soit le groupe au
Point à atteindre... complet, soit par binômes
successifs.
Itinéraire : tout droit...
Formation : en ligne,
er
Cas particulier du 1 binôme à gauche (ou à droite) Dans tous les cas, le signal est
bond du groupe. Intervalle : X mètres... donné par le chef de groupe.
Je suis avec...
Pour un bond du groupe (ou par
binômes successifs ou
individuellement) en courant ou
en rampant,
Préparez-vous... En avant!

25
ACTES COMMANDEMENTS OBSERVATIONS
ELEMENTAIRES
2 Face à (tel point...)
S’ARRÊTER Formation
Arrêt simple. (même formation ou telle formation)
Halte!
Zone de mise en garde (entre
tel...et tel point...)

Mission...

Secteur de surveillance:
• limite gauche,
• limite droite...

Points particuliers à observer et


Mise en garde . distances...
Conduite à tenir:
• nature des tirs (éventuellement),
• conditions d’ouverture du feu,
• compte rendu (modalités),
• point à rejoindre (où et quand?).

Place du chef et des amis.

Place: ici, face à... en batterie,

Mission:

Secteur de tir:
• principal : limites G et D
• secondaire : limites G et D
Points particuliers à surveiller et
distances.

Se poster. Conditions de déclenchement du


tir

Place du chef et des amis.


Face à... tel point ou telle direction. L’évolution rapide de la
situation peut conduire le chef
Se rassembler.
Ralliement! de groupe à rassembler
immédiatement ses hommes.

26
ACTES
COMMANDEMENTS OBSERVATIONS
ELEMENTAIRES
1 - ARMES A TIR TENDU :
a - Commandements de tir :
Hausse ; Ces commandements sont
Consommation ; également donnés et
Objectif ; répercutés par les chefs de
Débit et nature du tir ; binômes
Feu!
b - Commandements d’arrêt du tir
:
Halte au feu
Ou
Cessez le feu!

2 - AUX ARMES EN VERSION


LG :
3
EMPLOYER SES
ARMES a - Commandements de tir :
Genre de tir :
Vertical ;
Tendu ;
Distance,
Nombre et genre de grenades,
Objectif,
Feu !
3 - AUX ARMES AC:

a - Commandements de tir :
Objectif
Distance
Feu !

Il est à noter, en outre, qu’en cas de changement de sa MISSION en cours d’action, le chef
de groupe est amené à donner un NOUVEL ORDRE INITIAL.

En cas de changement de situation et lorsque sa mission n’est pas modifiée, le chef de


groupe est amené à donner un ordre en cours d’action qui ne comporte alors que les seules
rubriques de l’ordre initial concernées par le changement.

Enfin, tout au long de l’action, le chef de groupe aura à redresser des erreurs ou à donner
des impulsions (direction, distances, intervalles, etc.). Il le fera à la voix ou, de préférence,
au geste sans autre prescription que d’être efficace, bref et précis.

27
4 - Les comptes rendus :

- le compte rendu en cours d’action

En particulier lorsqu’il est encadré, le chef de groupe rend compte fréquemment et


spontanément de l’évolution d’une situation que ne peut apprécier directement son
supérieur.

Il suit le cadre suivant :


I - Ami……………. « Je suis » (position et situation du groupe).
II. - Ennemi………. « Je vois » (nature volume et attitude de l’ennemi ).
répondre aux questions :
- qui ou quoi ?
- combien ?
- où ?
- quand ?
- comment ?)
III - Intention……… « Je fais » (ou j’ai fait, ou je vais faire).
IV - Demandes……...« Je demande » (appui, EVASAN, etc.).

- le compte rendu en fin de mission

A l’issue de certaines missions particulières (patrouilles par exemple), le chef de groupe


peut avoir à faire un compte rendu détaillé à son chef.
Normalement verbal, ce compte rendu fera ressortir les aspects propres à la mission reçue.
Il ne peut donc avoir de contexture imposée.

28
2.6- LES MISSIONS DU GROUPE

CADRE GENERAL D’EMPLOI

Le groupe ne manœuvre pas et agit presque toujours dans le cadre de sa section, il peut
cependant recevoir une mission particulière limitée dans le temps et agir d’une manière
autonome.

Le chef de groupe reçoit sa mission du chef de section.


Donnée de vive voix ou par radio, elle peut se schématiser par :

UN VERBE indiquant l’action à accomplir, DES COMPLEMENTS précisant l’objectif,


l’ennemi, les modalités de temps, de lieu, de mouvement, etc.

1 - Dans le cadre de la section

Le chef de groupe a pour souci constant :

• d’exécuter sa MISSION particulière intégralement, en respectant les différentes


modalités qui lui ont été fixées (dans sa LETTRE), conformément à l’intention du chef
de section (dans son ESPRIT), face à un incident imprévu (réaction de l’ennemi,
obstacle, etc.).Il doit faire preuve d’INITIATIVE pour faciliter la manœuvre de la
section et lui permettre d’atteindre son objectif ;

• d’agir en LIAISON avec les AUTRES GROUPES en observant leur progression, en


leur fournissant éventuellement les appuis dont ils peuvent avoir besoin, soit sur ordre,
soit de sa propre initiative ;

• d’assurer la SURETE du groupe en déplacement comme à l’arrêt, il adapte


constamment son dispositif en fonction de l’ennemi et du terrain, il prend selon les
circonstances des décisions rapides mais réfléchies, il est conscient que la vitesse
d’exécution est presque toujours un facteur de succès et souvent de sûreté ;

• de RENDRE COMPTE. Il informe le chef de section de tous les renseignements sur


l’ennemi, il renseigne sur les obstacles et éventuellement le terrain, qui peuvent influer
sur la manœuvre de la section, il rend compte régulièrement de sa position, il veille à
être bref et précis.

2 - D’une manière autonome.

Le chef de groupe est animé par la volonté d’exécuter sa mission :


• pour favoriser l’initiative individuelle, il INFORME ses subordonnés de l’objectif qui
lui est fixé et de son intention ;
• il fait preuve lui-même d’INITIATIVE suivant les circonstances ;
• il manœuvre rapidement et discrètement ;
• il a le souci d’assurer la SURETE de son groupe, et le réflexe du COMPTE RENDU.

29
RECONNAITRE

Définition
Action qui consiste à aller chercher le renseignement d’ordre tactique ou technique, sur le
terrain ou sur l’ennemi, sur un point ou dans une zone donnée, en engageant
éventuellement le combat (1).

COMPOSANTES ROLE DU CHEF DE GROUPE


PREPARER AU REÇU DE LA MISSION
Etudie sa mission (MRT) et le déplacement initial (quoi, où,
par où, quand, comment).
Donne son ordre initial (SMEPP) à tous : situation, mission,
ETUDE PRELIMINAIRE
exécution (concerne l’ordre de déplacement initial jusqu’à
vue de l’objectif).
Place du chef, place du groupe
EXECUTER LA MISSION PROPREMENT DITE
Progresse rapidement et discrètement jusqu’à un point offrant
1 SE DEPLACER
des vues directes sur l’objectif.
Poste le groupe dès son arrivée sur le site d’observation
2 TOMBER EN GARDE (FAFH).
Donne aux binômes un ordre d’installation sommaire
Recherche tout indice ou activité suspecte sur le point et ses
abords (2).
Réfléchit à son action (cf. MRT) en recherchant sur le
3 OBSERVER
terrain :
SE RENSEIGNER
les points forts pour appuyer ; les repères pour les
reports de tir ;
RENSEIGNER
les itinéraires défilés pour approcher de l’objectif ;
les zones d’implantation de l’ennemi et ses
possibilités d’accès au compartiment de terrain.
Donne ses ordres au chef de l’élément qui va appuyer (ordre
en cours d’action) :
constitution de l’élément d’appui ;
place et mission : ZMSPCP ;
conduite à tenir en fin d’action : rejoindre l’autre
élément sur l’objectif (ou la recueillir).
4 APPUYER
Fixe les conditions d’ouverture du feu (sur ordre ou à
l’initiative) en cas :
d’intervention inopinée de l’ennemi ;
d’attaque de l’autre élément en cours de déplacement.
Précise les consignes de report et de lever de tir.

Donne ses ordres aux binômes qui vont aborder : Mission.


Objectif. Itinéraire. Conduite à tenir. Place du chef. (ordre en
cours d’action)
5 DEBORDER
itinéraire de débordement si possible à vue de l’équipe
ABORDER (2)
qui appuie ;
point à partir duquel sera abordé l’objectif ;
consignes particulières :

30
- reconnaissance rapide de l’objectif,
- mise en garde au-delà de l’objectif,
modalités pour conserver la liaison à vue.
Conduit le débordement, en privilégiant la sûreté et la
discrétion, et coordonne l’appui (3).
Le chef de groupe effectue une fouille plus poussée, avec
6 FOUILLER
éventuellement un binôme de l’élément.
Rappelle son élément d’appui, poste son groupe face à la
7 SE REORGANISER
direction dangereuse en donnant un ZMC à son adjoint.
8 RENDRE COMPTE Renseigne son chef.

(1)Le groupe agit : soit groupé dans le cadre de la section, soit isolément, dans le
but de donner à son chef un renseignement précis sur un point du terrain en prenant
toutes les mesures de sûreté compatibles avec les délais impartis.
(2)La reconnaissance d’un point ne se limite pas au point lui-même, mais elle s’étend aux
zones avoisinantes d’où l’ennemi peut intervenir sur le point.
(3)Le chef de groupe se trouve avec l’élément effectuant l’action principale, il commande
donc le plus souvent directement les binômes qui reconnaissent l’objectif.

LE GROUPE RECONNAIT
UN POINT

TOMBER EN GARDE

?
RENSEIGNER
FOUILLER L’OBJECTIF

?
ABORDER

SE DEPLACER

DÉBARQUER

SE DEPLACER

31
ECLAIRER

Définition
Rechercher du renseignement sans engager le combat pour contribuer à la sûreté
rapprochée du chef et de la troupe (1).

COMPOSANTES ROLE DU CHEF DE GROUPE


Choisit un cheminement discret et à l’abri des vues,
PREPARER – EXECUTER prend des repères pour conserver la direction générale
fixée par le chef de section.
Progresse en sûreté avec discrétion, dans une formation
1 SE DEPLACER le plus souvent où les distances entre les binômes, sont
grandes, et de point d’observation en point d’observation.
Adapte en permanence la formation au terrain.
Commande le plus souvent possible par gestes.
Fait assurer la permanence de l’observation par la vue et
l’ouïe.
2 OBSERVER Fait particulièrement effort sur les points d’observation,
en particulier avant de s’engager dans un nouveau
compartiment de terrain.
Rend compte à son chef de toute présence ou indice de
présence ENI.
3 RENSEIGNER Renseigne son chef sur le(s) cheminement(s) possible(s)
pour remplir sa mission.
Rend compte après rupture du contact sur sa situation.

REAGIR
Ne fait ouvrir le feu que pour riposter et permettre aux
4 UTILISER SES ARMES binômes de se poster.
ET
SE POSTER
Conduit le feu et les déplacements pour dégager ses
binômes pris sous le feu ENI.
Place ses binômes le plus rapidement possible hors des
5 ROMPRE LE coups et des vues de l’ENI.
CONTACT Quitte la position avec le dernier binôme.
Se replie vers un point de regroupement.

6 RENDRE COMPTE

(1)Il s’agit bien de déceler l’ENI le premier, sans se faire soi-même détecter et de se
soustraire à son feu si l’on a été détecté, le but étant d'éviter toute surprise à la section et de
permettre à son chef de prendre une décision. Cette mission sera souvent utilisée dans le
cadre de missions du type reconnaître ou s’infiltrer, notamment de nuit

32
SURVEILLER

Définition
Mission ou mesure de sûreté ayant pour objet de déceler toute activité de l'ennemi en un
point, sur une direction ou dans une zone (surveiller un intervalle) dans le but
d'alerter et de renseigner (1) .

COMPOSANTES ROLE DU CHEF DE GROUPE


PREPARER Si la position n’est pas occupée par des amis :
- effectue un déplacement en sûreté avec tout son
groupe
- jette un dispositif sommaire (FAFH) face à la
zone à surveiller

Si la position est occupée par des amis :


1 ABORDER LA ZONE - effectue un déplacement en sûreté avec tout son
ET groupe
TOMBER EN GARDE - tombe en garde à proximité de la position
- prend contact et s’identifie en fonction des
consignes du chef de section
- jette un dispositif initial identique à celui du
groupe qu’il relève.
Détermine sur le terrain :
- la zone à surveiller
- les points dangereux susceptibles d’être utilisés
par l’ENI, et les emplacements les plus
2 EFFECTUER LES favorables pour les surveiller
RECONNAISSANCES
ET ORGANISER Veille à la sûreté (terrestre et aérienne)
L’OBSERVATION Arrête un dispositif :
- emplacements des binômes
- emplacements de l’adjoint et le sien
- secteurs de surveillance
- chemin de repli
EXECUTER Donne un ZMSPCP à l’ensemble du groupe
Précise dans les consignes :
- les postes de guet
- le guet aérien
- les postes de combat en cas de contact avec
l’ENI
3 S’INSTALLER - les modalités de rupture de contact
- les modalités de transmission des compte-rendu
(discrétion)
- les emplacements de repos
Place chaque binôme, lui précise son secteur
Désigne un élément aux ordres de son adjoint, et donne un
ZMSPCP qui doit :
- permettre au groupe de rompre le contact au
4 SE COUVRIR
besoin
- permettre d’interdire le franchissement par l’ENI
d’une ligne précise sur le terrain

33
COMPOSANTES ROLE DU CHEF DE GROUPE
Avec le chef de section :
- contrôle la liaison prescrite par le chef de
section
- effectue et fait effectuer éventuellement la
reconnaissance de l’itinéraire entre sa position et
5 ETRE EN LIAISON celle du chef de section

Avec ses éléments :


- fait mettre en place un système de transmission
de l’alerte et des comptes-rendus d’observation
- contrôle que ce système fonctionne

Fait assurer la permanence de l’observation, par la vue et


6 OBSERVER DANS UN l’ouïe.
SECTEUR Donne l’ordre de rupture du contact si besoin

Donne l’alerte dès le premier contact, visuel ou auditif


7 RENDRE COMPTE Renseigne en temps réel le chef de section sur la nature, le
volume, l’attitude et le déplacement de l’ENI ( NVAD)

(1)Il s'agit d'obtenir et de transmettre le renseignement demandé par le chef dans des délais
compatibles avec son exploitation.

34
APPUYER

Définition
Apporter une aide à une autre unité, spontanément ou sur ordre, et comportant le plus
souvent fourniture de feux.

COMPOSANTES ROLE DU CHEF DE GROUPE


PREPARER Choisit un dispositif et le fait adopter en donnant ses ordres
à ses binômes (ZMSPCP) = il doit permettre d’avoir des vues
directes sur l’objectif et d’y appliquer des feux en étant soi
même protégé.
Précise dans les consignes :
- le guet,
1 TOMBER EN - l’ouverture du feu, éventuellement l’intensification du feu
GARDE OU (sur quels objectifs, durée), la levée du tir,
S’INSTALLER - le signal de report de tir, les nouvelles limites des secteurs
de tir.
Place ses binômes, leur précise leur secteur.
Fait aménager les postes de combat.
EXECUTER
Fait assurer la permanence de l’observation par la vue et
2 OBSERVER l’ouïe.

3 ASSURER LA
Conserve la liaison à vue avec l’élément appuyé (1).
LIAISON
Fait adapter les secteurs de tir en fonction de la position de
AVEC L’ELEMENT
cet élément.
APPUYE
Rend compte à son chef de la situation.
4 RENDRE COMPTE Alerte éventuellement le chef de l’élément appuyé en cas de
changement de situation concernant l’objectif.
Déclenche et conduit le tir :
- soit sur ordre de son chef
- soit en fonction de la réaction ENI
- soit enfin en cas de menace directe contre l’action de
l’élément appuyé
5 APPLIQUER DES
FEUX Veille aux distances de sécurité.
Fait intensifier le feu selon ses consignes.
Lève ou reporte le tir :
- sur ordre
- en fonction des consignes reçues
- à son initiative

(1)les points clés de cette mission sont la liaison à vue avec l’élément appuyé et la
capacité à pouvoir appliquer des feux pendant toute la durée de la mission.

35
TENIR ( DEFENDRE)

Définition
Occuper un point ou un espace de terrain (1).

COMPOSANTES ROLE DU CHEF DE GROUPE


PREPARER Si la position est tenue par des amis :
- effectue un déplacement en sûreté avec tout son
groupe
- tombe en garde à proximité du point à tenir
- prend contact et s’identifie en fonction des
1 ABORDER LE consignes du chef de section
POINT ET - récupère le plan de feux du dispositif en place
TOMBER EN GARDE - jette un dispositif initial identique à celui du
groupe qu’il relève
Si la position n’est pas tenue par des amis (2) :
- effectue un déplacement en sûreté avec tout son
groupe
- jette un dispositif sommaire (F.A.F.H) face à la
direction dangereuse.
Détermine :
- les possibilités de l’ENI : voies d’approche,
emplacements de tirs possibles,…
- les possibilités que lui offre le milieu : vues,
camouflage, protection, champs de tir.
En déduit :
2 RECONNAITRE
- les postes de combat de ses binômes,
- les secteurs de tir,
- les obstacles à réaliser,
- le (s) chemin (s) de repli (s),
éventuellement des positions de rechange.
Donne un ZMSPCP à tout le groupe
Précise :
- la position des amis les plus proches, leurs
secteurs de tirs,
- les missions d’observation,
3 DONNER LES
- les missions de tir et les conditions d’ouverture du
ORDRES ET
feu, la durée sur zone,
CONSIGNES
- l’ordre d’urgence des travaux à réaliser,
- la conduite à tenir et les conditions de
repli/rupture du contact,
- le guet aérien.
Place chaque binôme, lui précise son secteur.
EXECUTER Contrôle l’exécution de ses ordres et consignes,
Organise le repos de ses hommes,
4 S’INSTALLER (2) Veille à la qualité des emplacements de combat,
Réalise un croquis.

5 OBSERVER Fait assurer la permanence de l’observation.


Rend compte en temps réel sur la nature, le volume,
6 RENSEIGNER l’attitude et le déplacement (NVAD) de l’ENI, en fonction
des consignes reçues,
Rend compte des effets obtenus sur l’ENI.
36
REAGIR Fait déclencher les tirs au moment le plus favorable.
Fait respecter la discipline du feu.
7 METTRE EN ŒUVRE Conduit le combat (3),
SES ARMES Gère ses munitions et rend compte de sa consommation au
chef de section.
Déclenche et conduit le repli si possible à l’insu de l’ENI soit
8 ROMPRE LE complet, soit partiel, vers les positions de rechange ou vers le
CONTACT SUR point de ralliement prévu par le chef de section,
Quitte la position avec le dernier binôme.
ORDRE

(1) Le groupe sera le plus souvent chargé de cette mission dans le cadre d’une manœuvre
défensive de la section (TENIR, INTERDIRE) :
(2) Cette mission implique d’utiliser et d’aménager le terrain. Le poste de combat du
groupe est donc choisi de façon à :
- prendre appui sur un obstacle du terrain,
- offrir des vues, des possibilités de tir et de protection,
- être peu accessible aux engins tout terrain et / ou à chenilles,
- être si possible camouflé aux vues aériennes et terrestres
(3) La défense est toujours conduite sans esprit de recul et peut être assortie d’une notion
de durée, que précisera alors le chef de section.

37
COUVRIR

Définition
Prendre l’ensemble des mesures actives ou passives pour s’opposer à une action éventuelle
de l’ennemi pouvant menacer le déroulement de l’action principale amie(1).

COMPOSANTES ROLE DU CHEF DE GROUPE

Effectue le déplacement pour rejoindre la position qu’on


1 SE DEPLACER ET lui a fixée.
TOMBER EN GARDE Jette un dispositif sommaire (FAFH).
(EVENTUELLEMENT) Reconnaît la position et choisit un dispositif.

Fait adopter le dispositif choisi (ZMSPCP à tous les


binômes)
Précise dans les consignes :
2 SE POSTER le guet
(POSTE DE COMBAT les consignes d’ouverture du feu, la limite que
OU l’ENI ne doit pas franchir
DE SURVEILLANCE) les modalités de rupture du contact
(éventuellement)
Place chaque binôme, lui précise son secteur.
Fait aménager les postes de combat.
2 ASSURER LES Contrôle et conserve la liaison avec l’élément principal,
LIAISONS le plus souvent commandé par le chef de section,
AVEC L’ELEMENT généralement par radio.
PRINCIPAL
Transmet toute information susceptible d’intéresser le
4 RENDRE COMPTE
chef de section et/ou le chef de l’élément qu’il couvre.
REAGIR Déclenche et conduit le tir à son initiative sur toute
menace contre le déroulement de l’action qu’il couvre ou
5 UTILISER SES ARMES
en légitime défense.
Fait cesser le feu à son initiative dès que la menace a
disparu.
Sur ordre de son chef, se replie si possible à l’insu de
6 ROMPRE LE l’ENI, vers le point de regroupement qui lui a été fixé.
CONTACT Quitte la position avec le dernier binôme.
SUR ORDRE Au besoin, conduit le déplacement de ses binômes pour
quitter sa position sous le feu ENI.

(1) Cette mission est toujours exécutée dans le cadre d’une manœuvre de la section (intercepter,
embuscade, surveiller, reconnaître,…).

38
3- LE COMBAT DE LA SECTION
PROTERRE

39
3.1- GENERALITES.

CADRE GENERAL D'EMPLOI

La section PROTERRE est amenée à agir soit dans le cadre de la compagnie PROTERRE
soit de façon isolée au profit d'une autre unité.
Ses capacités sont limitées aux actions à dominante de sauvegarde mais elle conserve
toutefois une capacité de réaction offensive dans le cadre de sa sûreté.
La section étant très vulnérable aux feux directs et indirects, sa sûreté repose en grande
partie sur ses capacités à renseigner et à utiliser au mieux le terrain.
Pouvant être dotée de véhicules de transport, elle combat exclusivement à pied après avoir
débarquée son personnel en toute sécurité.

ORGANISATION ET MOYENS

La section est organisée, autour d'un élément de commandement, en trois groupes


sensiblement identiques dont l'équipement est adapté au cadre général dans lequel elle doit
agir.

ELEMENT DE COMMANDEMENT

SOUS-OFFICIER
OPERATEUR ADJOINT
RADIO

TROISIEME GROUPE

DEUXIEME GROUPE

PREMIER GROUPE

Elle peut notamment disposer d'un armement collectif limité :


- Arme anti-char ;
- ANF1 ou FM.
à hauteur d'une dotation par groupe.

40
RENFORCEMENTS ET APPUIS

La section PROTERRE ne bénéficie pas en temps normal de renforcements, néanmoins


des moyens d'organisation du terrain, réglementaires ou de circonstance, peuvent être mis
temporairement à sa disposition.. Elle peut bénéficier de tirs indirects (mortiers, artillerie)
dans certaines circonstances (mise en place et réglages par un élément d'observation ou un
élément de liaison et d'observation).

LE COMMANDEMENT

LE CHEF DE SECTION

Il est responsable de l’exécution de la mission reçue et toute son activité doit être dominée
par LA VOLONTE DE L’ACCOMPLIR COUTE QUE COUTE.
Il COMMANDE DIRECTEMENT ses chefs de groupe à la voix, au geste ou par radio,
- est le GUIDE et l’ENTRAINEUR de ses hommes ;
- garde en permanence le souci d’instruire sa section.

Avant l’action :
Il prend les mesures préparatoires au combat concernant :
- l’armement ;
- les munitions ;
- les équipements divers ;
- l’habillement ;
- le ravitaillement.
Il explique à ses cadres et à ses hommes, dans toute la mesure du possible, la situation, la
mission, et il leur donne ses premiers ordres.
En cours d’action, il a le souci :
- de se renseigner : milieu (terrain, population), ennemi, voisins… et de renseigner son
commandant d'unité ;
- de rendre compte de son action comme de ses intentions ;
- d’être en liaison avec ses voisins ;
- de demander des appuis ;
- de conduire les feux.
En fin d’action, il :
- assure la mise en garde de la section ;
- se fait rendre compte par ses subordonnés des événements (pertes, bilans, consommation)
;
- rend compte à son commandant d’unité des divers recomplétements et des évacuations
En toutes circonstances, il est RESPONSABLE de la sauvegarde et du maintien en
condition des HOMMES, de l’ARMEMENT et des MATERIELS qui lui sont confiés.

Il dirige l’instruction de son personnel


A l’instruction, le ROLE du chef de section, est principalement de :
- faciliter la COHESION ;
- rechercher l’EFFICACITE DU TIR à toutes les armes ;
- acquérir et entretenir les REFLEXES ELEMENTAIRES individuels ou collectifs ;
- développer l’APTITUDE A MANŒUVRER EN SURETE, c’est-à-dire à utiliser
parfaitement le terrain et à combiner les appuis réciproques de ses groupes.

41
LE SOUS-OFFICIER ADJOINT est l’auxiliaire et le remplaçant du chef de section.

Comme auxiliaire, il contrôle la bonne exécution des ordres donnés ; il est chargé des
questions matérielles de la section :
- exécution de la préparation matérielle d’une mission ;
- recomplètement et ravitaillement ;
- entretien de l'armement, des véhicules et des autres matériels et équipements.
En tant que remplaçant éventuel, il se tient informé en permanence :
- des intentions de son chef ;
- de la situation du moment ;
- de tous les problèmes concernant la section.
Au combat, sa place est normalement avec l’élément qui risque d’échapper à l’action
directe du chef de section. En particulier, au cours d’une progression, il assure le rôle
capital de serre-file. Il peut être appelé à commander directement un élément de la section
si celle-ci est fractionnée ou si cet élément est chargé d’une mission délicate. Il participe à
l’instruction de sa section.

L’OPERATEUR RADIOPHONISTE, porteur du poste principal de la section :

- se tient en permanence à proximité du chef de section ;


- écoute le trafic pour informer son chef ;
- transmet sur ordre, certains messages de routine ;
- répond aux appels lorsque son chef est indisponible.

42
3.2- LES ACTES ELEMENTAIRES DE LA SECTION.

GENERALITES

Quelle que soit la nature de la mission qu'elle exécute, la section accomplit en permanence
au combat les trois actes élémentaires collectifs:

- se déplacer dans une direction donnée ;


- s'arrêter ou tomber en garde ;
- utiliser ses armes et par extension ses autres moyens (pièges, artifices, outils,
moyens de protection, etc.)

avec en permanence deux obligations:


- se renseigner ;
- assurer sa sûreté.

L'exécution de ces actes fondamentaux, en fonction de la situation, du terrain, de l'action


de l'ennemi, ou de leur combinaison dans un cadre tactique, constitue la manœuvre de la
section.

A.LA SECTION PROGRESSE DANS UNE DIRECTION DONNEE

La section se déplace toujours en sûreté ; elle se renseigne en permanence, en particulier par


l'observation, et rend compte en cours et à l'issue de chaque mouvement.
Le chef de section est responsable du maintien de la direction fixée par le commandant d'unité.
De nuit ou par mauvaise visibilité, la section resserre son dispositif. Les distances et les intervalles
à l'intérieur des groupes et entre les groupes sont réduits, l'essentiel étant de conserver les liaisons.
Toutefois elle s'efforce comme de jour d'utiliser le terrain pour échapper aux moyens de détection
et aux équipements de tir de nuit de l'adversaire (utilisation des masques, des couverts, des
cheminements).

La section en déplacement utilise trois formations:


- en triangle ;
- par groupes accolés ;
- par groupes successifs.

Le front et la profondeur sont décidés en fonction de la situation, de la mission, du terrain et des


conditions de visibilité. Le chef de section doit pouvoir exercer aisément son commandement, si
possible à vue. Il se place là où il peut le mieux guider sa section, diriger et contrôler son action. Il
désigne un groupe de base auprès duquel il se tient tant que le combat n'est pas engagé.
La formation au sein des groupes est laissée à l'appréciation des chefs de groupe qui l'adaptent au
terrain et à la mission qui leur a été confiée.

43
LES FORMATIONS DE LA SECTION A PIED

Après son débarquement, ou lorsque le terrain, l’ennemi et / ou la mission ne permettent pas


d’utiliser les véhicules, la section se déplace à pied dans une formation adaptée au terrain et à la
menace, de points d’observation en points d’observation, et en recherchant des positions de tir.

• Formation en triangle

Cette formation procure à la section une plus grande sûreté et l’aptitude à faire face à une menace
inopinée. Le chef de section progresse avec le groupe de base ou à proximité.

CROQUIS COMMANDEMENT
FORMATION TRIANGLE POINTE EN AVANT
Direction tel point...
Point à atteindre...
G1
Itinéraire...
Formation : en triangle, (pointe) ou (base)
en avant... tel groupe de base...

• Position des groupes


G2 G3
• Intervalle ( tant de mètres )

• Distance ( tant de mètres )


FORMAT ION TRIANGLE BASE EN AVANT
ou

G2 G3 • Intervalle et distance ( tant de mètres)

Je suis avec tel groupe...

Le sous-officier adjoint avec tel élément.


G1

G : Groupe

44
• Formation en ligne ou par groupes accolés

Cette formation est à privilégier pour franchir une ligne caractéristique du terrain (ligne de
crête...), reconnaître sur un large front, donner l’assaut ou franchir une zone battue par les
feux. C’est la formation réflexe à adopter en cas de surprise.

CROQUIS COMMANDEMENT
Direction tel point...

Point à atteindre...

Itinéraire...

Formation : tel groupe de base, par groupes


accolés, intervalles (tant de mètres), de la
gauche vers la droite dans l’ordre, 3ème
groupe, 1er groupe, 2ème groupe,

• Tel groupe à droite, à gauche ; derrière...

• Intervalle ( tant de mètres )

• Distance ( tant de mètres )


G2 G1 G3 ou
• Intervalle et distance ( tant de mètres)

Je suis avec le 1er groupe.

Le sous-officier adjoint avec tel élément

G : Groupe

45
• Formation par groupes successifs

Cette formation est prise pour suivre un cheminement, franchir un point de passage obligé
ou s’infiltrer. Elle permet généralement une progression rapide.

CROQUIS COMMANDEMENT
Direction tel point...

G
1
Point à atteindre...

Itinéraire...

Formation : par groupes successifs, dans tel


ordre, distance (tant de mètres),
G
2
Je suis entre le 1er groupe et le 2ème
groupe,

Le sous-officier adjoint avec le 3ème


groupe

G
3

G : Groupe

En fonction de la menace. Si l’axe est praticable pour les engins, il est concevable que
certains groupes, restent embarqués ou progressent à pied appuyés directement par leur
véhicule.

COMMANDEMENTS POUR UN DEPLACEMENT

- DIRECTION (direction générale de marche)


- POINT A ATTEINDRE (première limite de bond)
- ITINERAIRE
- FORMATION:
- EN TRIANGLE, BASE OU POINTE EN AVANT
ou PAR GROUPES ACCOLES
ou PAR GROUPES SUCCESSIFS
- TEL GROUPE DE BASE
ou DANS TEL ORDRE
- DISTANCE x METRES, INTERVALLE x METRES
- PLACE DU CHEF DE SECTION
- PLACE DU SOUS-OFFICIER ADJOINT

46
LA SECTION S'ARRETE

A chaque fois que la section interrompt sa progression, elle tombe en garde.


Les arrêts peuvent être brefs (observation, écoute..) ou avoir une certaine durée
(stationnement, occupation d'un point ou d'une zone)
Dans tous les cas, le point de station doit permettre:
- d'avoir des vues sur le compartiment de terrain ;
- de pouvoir y appliquer des feux ;
- d'être en sûreté (camouflage aux vues terrestres et aériennes).
Dès que l'arrêt se prolonge, le chef de section:
- répartit les secteurs de surveillance ;
- donne des consignes d'ouverture du feu précises ;
- fait aménager sommairement le terrain et organise la vie sur la position (repos, alerte,
surveillance).

47
LA SECTION UTILISE SES ARMES

LA SECTION RIPOSTE

Il s'agit, en cas de surprise par l'ennemi de limiter l'efficacité de ses tirs et de permettre à la
section de reprendre l'ascendant à partir d'une position favorable.

ROLE DU CHEF DE SECTION EXECUTION

DANS SON ORDRE INITIAL LE CHEF DE


SECTION PRESCRIT A SES GROUPES DE
REAGIR INSTANTANEMENT EN CAS DE
SURPRISE PAR L'ENNEMI.

La section est surprise à courte distance En cas de surprise par l'adversaire (ennemi à
pied, véhicule embusqué), la section:
- réagit instantanément avec tous ses moyens
feu ;
- tombe en garde.

La section est surprise à plus grande La section tombe en garde.


distance.

Le chef de section observe et dirige le feu. Contre les éléments ennemis les plus
menaçants.

Il fait gagner à sa section une position D'un bloc ou par groupes successifs en
favorable. combinant le feu et le mouvement par le
jeu des appuis réciproques.

Il réorganise ses groupes

Il donne des ordres pour occuper et Sans oublier de donner une mission à son
défendre la nouvelle position. sous-officier adjoint.

Il rend compte et demande éventuellement En utilisant la méthode réglementaire.


des tirs d'appui.

48
LA SECTION NEUTRALISE PAR LE FEU OU DETRUIT UN ELEMENT.

La section peut être confrontée à :


- un ennemi à pied ;
- un ennemi utilisant des véhicules.

Il s'agit de neutraliser ou de détruire cet ennemi par le feu à partir d'une position favorable
en recherchant le bénéfice de la surprise.

Dans cette action la conduite du feu par le chef de section est primordiale. Si la section est
dotée d'armes d'appui ou antichars, le dispositif est articulé autour de celles-ci, complété
par la mise en œuvre de FLG .

ROLE DU CHEF DE SECTION EXECUTION

OBSERVER La section est en garde

DONNER LES CONSIGNES DE TIR Répartir les objectifs


Consignes d'ouverture du feu

DECLENCHER LE FEU D'un bloc (recherche de l'effet de surprise)


Elément par élément sur un ennemi déployé
ou échelonné.

CONDUIRE LE FEU Priorité des tirs antichars


Observer les effets des tirs
Observer les réactions de l'ennemi
Observer la progression des amis
(éventuellement)

FAIRE CESSER OU REPORTER LES TIRS

ROMPRE EVENTUELLEMENT LE
CONTACT

49
LES APPUIS RECIPROQUES AU SEIN DE LA SECTION.

La combinaison du feu et du mouvement est obtenue par le jeu des appuis réciproques des
groupes agissant au sein de la section.

Se déplaçant sous le feu de l'ennemi, le chef de section doit coordonner l'action des
groupes:
1 ou 2 groupes neutralisent l'adversaire pendant que le 3ème groupe progresse et tombe en
garde ;
puis un des groupes initialement en appui progresse à son tour appuyé par les deux autres ;
et ainsi de suite.

L’APPUI RÉCIPROQUE EN “TIROIR”


AU SEIN DE LA SECTION

? Renseigner

2° Bond 3

? ? Reconnaitre
Reconnaitre

1° Bond 3

2
1 ? Deborder
Appuyer
Reconnaitre

50
LES ACTES ELEMENTAIRES DE LA SECTION SUR VEHICULES

SE DEPLACER

ROLE DU CHEF DE SECTION EXECUTION

Le chef de section: Le sous-officier adjoint:


fait parer les véhicules
PREPARE LE DEPLACEMENT EN fait vérifier leur état de marche
ETUDIANT: leur aménagement éventuel
l'itinéraire et les possibilités de variantement, (bâches..)
les actions ennemies possibles. leur camouflage.

CONTROLE L'ACTION DU SOA

DONNE UN ORDRE INITIAL OU DE


DEPLACEMENT

FAIT PRENDRE LES DISPOSITIONS DE


COMBAT

COMMANDE LE DEPLACEMENT
- fixe : La section progresse par bonds de point
- les limites de bond ; d'observation en point d'observation
- la vitesse autorisée (sécurité) ; généralement en deux échelons.
- les liaisons à assurer.
- contrôle : Si la présence ennemi est peu probable, la
- l'action des chefs de groupe ; section progresse par bonds de grande
- la prise des mesures de amplitude en marquant un temps d'arrêt sur
sûreté à arrêt. les lignes fixées par le chef de section.

Si la présence de l'ennemi est probable,


l'échelon de tête progresse par bonds plus
courts en reconnaissant systématiquement les
points suspects.
COORDONNE L'ACTION DES GROUPES
en cas de prise à partie par l'ennemi ou
d'événement
imprévu (obstacle…).

REPARTITION DU GUET EN VEHICULE

GAUCHE
AR GAUCHE
AVANT

AR DROIT DROIT

51
La section se déplace groupée sur un seul axe en mettant à profit les possibilités du terrain
et du réseau routier

- Dans un contexte où prédomine une notion de vitesse, elle adoptera


la formation:
"en ordre normal"
(le nombre de véhicules équipant la section et les distances entre les
véhicules ne sont qu'indicatifs ). Dans tous les cas les distances FORMATION
ORDRE
devront éviter à la section d'être prise, dans sa totalité, dans une NORMAL

embuscade. DISTANCE
100 METRES

SOA + G2 CDS +
G3 G1

FORMATION
PAR
PATROUILLES

DISTANCE
ou la formation: "par patrouilles" 100 METRES

G3 CDS + G2
SOA G1

Dans un contexte où prédomine une notion de sûreté, elle pourra adopter la formation:
"éclairée"
FORMATION
ECLAIREE
G1 EN TETE

DISTANCE 100
CDS + METRES ENTRE
G2 LES VEHICULES
G3
G1 SOA

REACTIONS A UN ENNEMI

Ennemi terrestre :
Seule la manœuvre, même sous le feu, permet d'échapper à la destruction par l'assaut de
l'ennemi.
- Prise dans un dispositif d'embuscade, la section réagit instantanément en ripostant par
un feu massif et en débarquant sans délai.
- Prise à partie par un ennemi à plus grande distance, la section après avoir débarqué et
s'être mise à l'abri applique des feux en recherchant le renseignement sur l'ennemi
(nature, volume, attitude, dispositif..).
- En cas de rencontre avec un obstacle passif, la section débarque et reconnaît la zone
en recherchant la possibilité de dégager et neutraliser l'obstacle ou de le contourner.
- Prise sous un tir d'artillerie la section accélère et sort de la zone battue.

Danger N.B.C. :
Les véhicules tactiques n'offrent aucune protection contre les effets des armes N.B.C. La
sauvegarde du personnel repose sur la prise de mesures de protection individuelles.
Les zones contaminées sont obligatoirement contournées.

52
Ennemi aérien:
Prise à partie par un ennemi aérien, la section dégage l'itinéraire, débarque et prend les
mesures de lutte antiaérienne toutes armes.

La section s'arrête, débarque et tombe en garde.


L'arrêt de la section peut être de courte ou longue durée. Dans tous les cas la section
devient particulièrement vulnérable. Ainsi, tout arrêt nécessite un débarquement
automatique du personnel à l'exception des arrêts courts consécutifs à un resserrement ou
une hésitation d'itinéraire.
Ce débarquement est suivi par une tombée en garde immédiate à proximité des véhicules
ou par la mise en place d'un dispositif de sûreté.

Arrêts courts
Les véhicules restent à proximité de l'axe en évitant tout resserrement et en recherchant
éventuellement l'abri des couverts.
Les groupes restent à proximité de leur véhicule.
A chaque groupe est assigné un secteur de surveillance.

AVANT

GAUCHE

DROITE

ARRIERE

Arrêts prolongés
Le chef de section choisit une zone de stationnement offrant de bonnes possibilités d'accès
de camouflage et de liaison.
Les véhicules sont placés suivant un dispositif aéré et sont orientés de façon à pouvoir
reprendre le mouvement dans les meilleures conditions.
Le chef de section met en place un dispositif de sûreté en veillant au camouflage aux vues
terrestres et aériennes.
Il organise la vie sur la positon en fonction de la durée du stationnement (surveillance,
repos..).

53
3.3- LES TECHNIQUES DE COMMANDEMENT.

LA METHODE DE RAISONNEMENT TACTIQUE DU CHEF DE SECTION

Observation : La méthode s'attache à préserver la cohérence entre les démarches menées au


niveau commandant d’unité, chef de section, chef de groupe.
Cette méthode de raisonnement tactique est complète. Les conclusions (contraintes,
impératifs, besoins en renseignements et demandes) sont essentielles pour les missions
complexes ou de longues durées.

ETAPES Démarche de mon étude Mes réflexions


Quelle est la mission de l’échelon supérieur ? Mon rôle (dans le cadre
DE QUOI ou non de l’action de la
(mission de la compagnie / ennemi
S’AGIT-IL ? compagnie) est :
compagnie)
Pour atteindre ce but je
dois :
POURQUOI ? Quelle est l’intention de mon chef ? (l’esprit) produire tel effet (1)/(2)
(1) ( le « je veux » du capitaine ) (c’est un verbe / en
général la composante
Quelle est ma mission ? (la lettre) principale)
QUOI ? (2) en menant les actions :
Quelles sont les actions à réaliser ? (2) (successivement ou
(les composantes de la mission) simultanément)
SITUATION
Dans quelle situation générale vais-je agir ?
CONTEXTE ?
(population , média , voisins , météo, …)
Mes horaires ?
(départ , déclenchement, repli, …)
QUAND ? (3) Mes délais ?
(préavis, préparation, déplacement,
mission…)
Quelles sont les meilleures possibilités du J’en déduis :
terrain pour remplir ma mission ? - l’importance de tel
OU ? (4) (vues sous l’angle de l’observation, du point, de tel secteur ou
PAR OU ? mouvement, de la protection et du tir pour de telle zone
déterminer les zones favorables et/ou préférentielle
défavorables et le(s) point(s) clé(s)) - le moment critique de
mon action
Quels moyens employer ?
moyens disponibles :
AVEC QUOI ? moyens nécessaires :
Comment les voisins peuvent-ils m’aider ?
Quelle est la menace ?
(nature, volume, attitude, lieu)
CONTRE Que peut faire l’ennemi face à mon action?
QUOI ? (5) (envisager plusieurs possibilités en tenant
compte de ses objectifs, du terrain et des
délais)
Quel est le moment critique ?
RAPPORT de (confrontation des capacités amies (avec
FORCES ? quoi) avec les capacités ennemies (contre
quoi))

54
MES CONCLUSIONS
Mes CONTRAINTES (ces données Mes IMPERATIFS (mesures à prendre,
concernent tous les domaines , elles indispensables pour la réussite de la
entravent ma liberté d’action ) manœuvre)
éventuellement

Mes BESOINS en RENSEIGNEMENTS (ces Mes DEMANDES (elles découlent de l’étude


données concernent l’ennemi, mais aussi les du problème et concernent tous les
amis , le terrain, …) domaines)
Ce peut être des demandes de :
précisions (mission, limites, conduite à
tenir...)
modifications
autorisations
renforcements

MA DECISION
1. Je veux : (Intention)
- produire tel effet (2)/(3) contre tel ennemi (5) sur tel terrain (4) à tel moment (3)
Pour cela : (dans l’ordre chronologique)
1er temps :
2ème temps : (éventuellement)
En mesure de :

2. Comment ?

QUOI ? OU ? PAR CONTRE AVEC QUAND ?


COMMENT ?
OU ? QUOI ? QUOI ?
Tâche n°1 - Rôle des
Tâche n°2 éléments
Tâche n°3 subordonnés
etc...

MES ORDRES (cf cadre d’ordres)

donnés face au terrain

EVENTUELLEMENT SCHEMA

55
EXEMPLE DE LA MRT – NIVEAU CHEF DE SECTION

Cette MRT est conduite par le chef de section de la S3 face au terrain.


Dans la colonne « démarche de l’étude », les observations en rouge sont directement
tirées de l’ordre initial du capitaine (qui n’est pas reproduit).
Les informations en bleu sont les composantes réglementaires des missions MICAT
Les conclusions en vert sont le résultat de la réflexion du chef de section.
La carte reproduit le dispositif de la compagnie et sert de support à l’exemple.

DISPOSITIF DU DETACHEMENT :

1, 2, 3 : Numéro des sections


A, B, C, D, E : Points clés (cités dans
l’ordre du Capitaine)
Mouvements possibles de
l’ennemi

56
ETAPES DEMARCHE DE MON ETUDE MES REFLEXIONS
Quelle est la mission de la compagnie ?
En vue de protéger un camp de réfugiés
DE QUOI INTERDIRE les carrefours A , B face à
S’AGIT-IL ? un ennemi valeur trentaine d’hommes
cherchant à nous harceler (coup de
main, mortiers)
Quelle est l’intention de mon chef ?
Prendre contact avec ennemi au Sud Mon rôle (dans le cadre de
axe N1 à partir de 10 heures l’action de la compagnie) est :
POURQUOI ? -1er temps : en barrant axe principal de m’opposer à une action
D124 hauteur C éventuelle de l’ennemi pouvant
-2ème temps : puis au mieux intercepter venir du sud et de l’ouest et
sur axes de débordement , au pire le menaçant l’action principale de
détruire à partir de E la compagnie
Quelle est ma mission ? Pour atteindre ce but je
A partir région D COUVRIR action de S1 dois:(ébauche effet majeur)
et S2 face à l’Ouest et au Sud-ouest en INTERDIRE le carrefour D
mesure d’intercepter sur D124
Quelles sont les actions à réaliser ? En menant les actions
PREPARER suivantes :
EXECUTER
Assurer liaison avec élément - être en liaison avec la
principal compagnie (comment ?)
QUOI ? S’installer - m’installer (où ?)
Surveiller – Renseigner - surveiller/renseigner face au
MANŒUVRER sud et face à l’ouest
Interdire - interdire N1 (face à l’ouest) et
Effectuer une interception D112 (face au sud)
REORGANISER effectuer une interception
RENDRE-COMPTE (D112/N1/D124)
SITUATION
Dans quelle situation générale vais-je à partir de la zone X bonnes
agir ? possibilités d’observation et de
CONTEXTE ? Population défavorable tir vers l’ouest et sud ( sur
Méfiance vis à vis des milices N1/D112/carrefour D)
Opération très médiatisée
à partir de la zone Y possibilités
Mes horaires ? Mes délais ? limitées d’observation et de tir
Il est 6 heures (carrefour D/zone X)
QUAND ? Mise en place pour 10 heures à partir de la zone D possibilités
Durée de la mission au moins 24 heures limitées d’observation et de tir
(face au sud /D112)
problème de protection
(découvert)
à partir de la zone Z bonnes
OU ? Quels sont les meilleurs emplacements possibilités d’observation face
PAR OU ? terrain pour remplir ma mission ? au sud mais éloignement du
carrefour D (sonnette ?)
Quels moyens employer ?
3 groupes (3LRAC)
Comment les voisins peuvent m’aider ?
AVEC QUOI ? La 1°Cie est à l’ouest de mon dispositif
Renfort d’un groupe du génie de 10
heures à midi

57
- soit arriver en véhicule(s) par
la D112 ou la D124 après
Quel est mon ennemi ? débordement de S1
CONTRE 1 à 2 groupes armés éventuellement sur (harcèlement)
QUOI ? véhicules localisés sud de l’autoroute - soit s’infiltrer entre Z et Y ou
Que peut-il faire face à mon action? entre Z et A (contournement ou
observation et tir mortiers)
RAPPORT de si 2 incidents simultanés
FORCES ? Quel est le moment critique ? (carrefour A et D)
la tombée de la nuit

MES CONCLUSIONS / MA DECISION


Mes CONTRAINTES (ces données Mes IMPERATIFS (mesures à prendre,
concernent tous les domaines , elles entravent indispensables pour la réussite de la
ma liberté d’action) manœuvre)
- population défavorable - être capable d’intervenir sur A et/ou D
- méfiance vis à vis des milices - surveiller jusqu’à Z (de jour) / se limiter à
- opération très médiatisée D (de nuit)
- délais de préparation brefs - tenir X
- incertitude sur la durée de la mission - arrêter ennemi à hauteur D
- se protéger des tirs de mortiers (effort
protection région A/Y)
- nécessité d’avoir un élément réservé

Mes BESOINS en RENSEIGNEMENTS (ces Mes DEMANDES (elles découlent de


données concernent l’ennemi, mais aussi les l’étude du problème et concernent tous les
amis , le terrain, …) domaines)
- règles de comportement vis à vis de la
- dispositif de S1 et de la 1°Cie ? population , des milices et des médias ?
- nature de l’armement et des véhicules de - autorisation de barrer la D112 par un
l’ennemi ? obstacle ?
- autorisation d’installer un élément
hauteur carrefour A ?

Pour atteindre ce but je dois : (effet majeur ou intention)


INTERDIRE le carrefour D à partir de 10 heures aux éléments de la bande armée
Pour cela : (dans l’ordre chronologique)
1er temps : Surveiller D112/N1/ lisières entre Z et X à partir de X et barrer D112 hauteur
carrefour D
2ème temps : Détruire ou intercepter sur D112/N1 et D124 à partir de X , Y et A
prêt à resserrer mon dispositif pour la nuit entre D et A

58
Tâche n° 1
A partir de Véhicule sur 1 groupe et 10h00
Surveiller/ D/Y/Z D112 un obstacle DEROULEMENT
interdire (éventuellem Individus (?) DE L’ACTION
face au sud ent X) zone Z/D/A - Articulation
- Rôle des
subordonnés
A partir de X Véhicule sur 1 groupe 10h00
N1/D112
Tâche n° 2 Individus
zone Z/D/X
Surveiller/
interdire
face à l’ouest A partir de A Véhicule ou 1 groupe en Sur ordre
en passant individus véhicule/SOA
par … Sur N1/D112
et D124

Tâche n° 3
Intercepter

QUOI ? OU ? PAR CONTRE AVEC QUOI QUAND ? COMMENT ?


OU ? QUOI ? ?

59
LES CADRES D'ORDRE DU CHEF DE SECTION

Ayant raisonné son problème, le chef de section aboutit à une décision qui se traduit par
des ordres :
- ordre préparatoire (éventuellement)
- ordre initial
- ordre en cours d’action

L'ORDRE PREPARATOIRE
Cet ordre permet de mettre la section en condition pour remplir la mission. Il comporte les
paragraphes suivants :

P – Personnel mis sur pied


A – Armement emporté
T – Tenue des hommes
R – Radio : préparation du matériel éventuel.
A – Alimentation : en fonction de la durée probable de la mission
C– Camouflage
D– Divers
R – Rassemblement à telle heure

L'ORDRE INITIAL
C’est dans l’ordre initial que figurent les réponses aux questions posées lors du
raisonnement tactique. Conçu pour mettre les chefs de groupe dans l’ambiance de la
mission à remplir, il leur permet de connaître leur rôle au sein de l’ensemble et dans le
déroulement de la manœuvre. Dans la mesure du possible, cet ordre est donné face au
terrain de l’action. Il comporte les paragraphes suivants :

(PRIMO) SITUATION
(ALPHA) ENNEMI actuel et ultérieur :
Nature
Volume
Attitude
Lieu
Réactions
(BRAVO) AMI
Mission de l’échelon supérieur
Rôle et emplacement des voisins
(CHARLIE) RENFORCEMENTS / PRELEVEMENTS
(DELTA) CONTEXTE

(SECUNDO) MISSION / [BUT] (*)


[en vue de .... (intention du capitaine ou mission de la compagnie)]
MISSION reçue : reprendre intégralement la mission de la section.

60
(TERTIO) EXECUTION

(ALPHA) INTENTION
Je veux : (produire tel effet contre tel ennemi, sur tel terrain, à tel
moment)
A cet effet : (dans l’ordre chronologique)
1° temps :
2° temps : (éventuellement)
En mesure de : ....

(BRAVO) ARTICULATION (Fractionnement de la section en différents éléments


subordonnés)

(CHARLIE) REPARTITION DES MISSIONS (Une mission donnée à chacun des


éléments subordonnés dans un cadre espace/temps défini)

(DELTA) INSTRUCTIONS DE COORDINATION


Horaires
Limites
Consignes LATTA, NBC, génie, signaux de reconnaissance
Mesures de sécurité
Règles de comportement
Consignes d’ouverture du feu

(QUARTO) ADMINISTRATION / LOGISTIQUE


Ravitaillement (alimentation, eau, munitions, carburant, ...)
Maintien en condition (dépannage, évacuation,...)
Santé (premiers soins, EVASAN, ...)
Position du TC1

(QUINTO) COMMANDEMENT / TRANSMISSIONS


Place du chef de section
Place du sous-officier adjoint
Consignes transmissions
Liaisons

(*) : La rubrique « BUT » n’est pas impérativement à remplir au niveau du chef de section.

61
L’ORDRE EN COURS D’ACTION
L’ordre en cours d’action reprend le même canevas que l’ordre initial du chef de section,
mais seuls les éléments nouveaux ou les consignes qui ont changé sont repris.
La précision de cet ordre dépendra du temps dont dispose le chef de section pour le faire.

(PRIMO) NOUVELLE SITUATION

(SECUNDO) NOUVELLE MISSION

(TERTIO) EXECUTION

COMMANDEMENT POUR SE DEPLACER

S’adressant à ses chefs de groupes, le chef de section utilise le même cadre de


commandement que ceux-ci :

D Direction générale et lointaine, pas forcément visible sur le terrain


P Point à atteindre..... Point précis (si visible, l’indiquer)
I Itinéraire………… Le chef impose l’itinéraire à suivre.
F Formation…....
1er cas : en triangle : en colonne, tel groupe de base – en triangle.
Tel groupe à droite, gauche, derrière intervalle (en
mètres), distance (en mètres)
eme
2 cas : par groupes accolés : tel groupe de base – par groupe
accolés, intervalle (en mètres)
3eme cas : par groupes successifs : par groupes successifs, dans tel
ordre, distance (en mètres)

COMMANDEMENT POUR S’ARRETER

F Face à telle direction,


H Halte !

ORDRE POUR TOMBER EN GARDE

Le chef de section donne à chaque chef de groupe un ordre de mise en garde :


Z Zone d’installation du groupe entre tel et tel point
M Mission précise impartie au groupe
S Secteur de surveillance : entre tel et tel point
P Point particulier à observer : le chef de section désigne les points du
terrain où l’ennemi peut apparaître
C Conduite à tenir :
- consignes d’ouverture du feu
- modalités d’alerte
- signaux, etc.…
P Place du chef de section dans le dispositif (si la section n’agit pas seule,
le chef précise la place des éléments amis voisins).

62
LE COMPTE RENDU EN COURS D’ACTION
Régulièrement, le chef de section rend compte de son action et/ou de l’évolution de la
situation afin de renseigner son chef.
Il respecte le cadre suivant :
« Je suis » position et situation de la section
« Je vois » nature, volume et attitude (ennemi/amis), terrain
« Je fais » ou j’ai fait, ou je vais faire
« Je demande » appui, EVASAN, etc.

LE COMPTE RENDU EN FIN DE MISSION


A l’issue de toute mission, le chef de section rend compte à son chef.
Normalement verbal, ce compte rendu détaillé n’a pas de contexture imposée.

63
3.4- MISSIONS

SURVEILLER

Définition
Mission ou mesure de sûreté ayant pour objet de déceler toute activité de l'ennemi en un
point, sur une direction ou dans une zone (surveiller un intervalle) dans le but d'alerter et
de renseigner.

COMPOSANTES CHEF DE SECTION - POINTS CLEFS

Préparer :
● étudier la mission (ordres reçus, terrain) ;
● donner les ordres. - ordre initial, ordre de déplacement.

Exécuter :
● se déplacer ; - discrétion lors de l'approche , la mise en
● tomber en garde ; place et l'observation.
● jeter un dispositif provisoire ;
● reconnaître, donner les ordres, s'installer ; - déterminer les points clefs (1) du terrain.
● observer ; - établir une ligne de sécurité (2)
● alerter. - effectuer un baptême du terrain
- tenir à jour le "journal" des observations.
- ajuster le dispositif, en fonction des
conditions de visibilité (nuit, brouillard..).
- établir de bonnes liaisons
● renseigner. - transmettre le renseignement sans délai (3).

Manœuvrer :
● se couvrir ; - articuler le décrochage de la section (appuis
réciproques).
● se replier. - reconnaissance des itinéraires de repli.

Réorganiser

Rendre compte - compte rendu de synthèse.

(1) Zones d'intérêt particulier (en raison de la situation générale ou de la difficulté qu'elles
entraînent pour l'observation).
(2) Ligne nécessitant un décrochage, temporaire ou définitif, en cas de franchissement
par l'ennemi.
(3) Renseignement d'ordre tactique et d'ambiance (population, activité,….)

64
LA SECTION EN POSTE DE
SURVEILLANCE
LA SECTION EN POSTE DE SURVEILLANCE

TOMBER EN GARDE
RECONNAITRE
?

S’INSTALLER
v OBSERVER

RENSEIGNER

65
EXEMPLE DE PLAN D'OBSERVATION

IP IS

ZR

I1 I3
I2
O
5

O
O1 O
2
O
4
P2

P1
O3

O
R2 S1

O
R1

O
R4

LIMITES ITINERAIRES
CODE LIMITE GROUPE AZM NATURE CODE NATURE GROUPE BALISAGE NATURE
1 O G1 3550 piquet vert I1 sentier G1 AD repli groupe
2 E G1 2050 piquet vert et jaune I2 sentier G2 AD repli groupe
3 O G2 3500 piquet rouge I3 sentier G3 AD repli groupe
piquet rouge et papier repli principal
4 E G2 1850 IP chemin section
jaune blanc section
5 O G3 3600 piquet noir papier repli secondaire
IS chemin section
6 E G3 3100 piquet noir et jaune bleu section
regroupement
ZR clairière section
section
REPERES
CODE NATURE GROUPE DIST. COORDONNEES DIVERS
R1 calvaire G1 400 510035 CODE NATURE GROUPE COMPOSITION
R2 arbre G2 200 515035 P1 patrouille G1 équipe
R3 maison G3 350 518035 P2 arbre G3 équipe
R4 carrefour G1 G2 500 513034 S1 sonnette G2 binôme

66
TENIR

Définition
Occuper et défendre un point ou un espace de terrain.

COMPOSANTES CHEF DE SECTION - POINTS CLEFS

Préparer :
● tomber en garde ;
● reconnaître ; - reconnaissance approfondie de la zone et
de ses accès, détermination de
l'emplacement du ou des points de
contrôle.
● donner les ordres. - ordre d'installation, conduite à tenir,
consignes d'ouverture du feu.

Exécuter :
● organiser la position (mettre en place les - rechercher l'appui mutuel entre les
postes de combat et/ou les points de groupes, conserver un élément réservé
(1)
contrôle) ; .
- améliorer le dispositif en permanence
(protection, camouflage, patrouilles) (2),
l'adapter aux conditions de visibilité ;
- établir un croquis d'installation (dispositif,
plan de feu) ;
- contrôler l'installation des groupes.
● observer ;
- maintenir l'observation durant toutes les
● se renseigner ; phases d'installation (3).
● renseigner.

Manœuvrer :
● mettre en œuvre ses armes ;
- de façon maîtrisée afin de ne pas dévoiler le
● faire intervenir l'élément réservé de la dispositif.
section ; - nécessité de faire reconnaître les
● sur ordre, rompre le contact. itinéraires d'intervention(4).
se replier. - par appui réciproque entre les groupes.

Réorganiser

Rendre compte

(1) Peut être constitué d'un groupe organique (solution à privilégier) ou à partir d'éléments
prélevés sur plusieurs groupes.
(2) L'organisation du terrain peut faire l'objet de demandes de renforcements en moyens
du génie.
(3) Permanence à organiser soit au niveau de la section, soit au niveau de chacun des
groupes.
(4) Reconnaissances à faire par les chefs de groupe.

67
LA SECTION TIENT

CONTROLER

CONTROLER

68
EXEMPLE DE DISPOSITIF DE DEFENSE
DE POINT SENSIBLE

PATROUILLE

PATROUILLE

69
INTERDIRE

Définition
Empêcher l'ennemi d'avoir accès à telle portion de terrain ou de franchir telle ligne ou d'utiliser tel
personnel ou telle installation.

COMPOSANTES CHEF DE SECTION - POINTS CLEFS

Préparer :
● tomber en garde ; - mise en place discrète d'un dispositif
provisoire en fixant à chaque groupe:
un emplacement de combat,
un secteur de surveillance,
un secteur de tir.

● reconnaître ; - reconnaissance approfondie de la zone et


de ses accès.

● donner les ordres ; - ordre d'installation, conduite à tenir,


consignes d'ouverture du feu (1).

● organiser la position. - ajustement du dispositif dans la


profondeur (2) ;
- rechercher l'appui mutuel entre les
groupes, conserver un élément réservé
(3)
;
- établir un croquis d'installation (dispositif,
plan de feu) ;
- contrôler l'installation des groupes.
Exécuter :
● se couvrir ;
- mise en place éventuelle de sonnettes et
● observer ; d'obstacles (mines, abattis..).

● se renseigner ;
● renseigner. - maintien des liaisons avec l'échelon
supérieur.
Manœuvrer :
● mettre en œuvre ses armes ;
- répartition des objectifs si nécessaire.
● faire intervenir l'élément réservé de la
section ; - rejeter l'ennemi.
● sur ordre, rompre le contact.
- par appui réciproque entre les groupes, par
des itinéraires reconnus à l'avance.
Réorganiser.
- se regrouper sur une position d'attente.
Rendre compte.

(1) En fonction de la situation, établir des priorités d'emploi des armes (antivéhicules,
antipersonnels).
(2) Contrairement à la mission TENIR, le dispositif peut être placé en avant de la ligne ou
du point à interdire cela afin de favoriser la manœuvre de la section et/ou de gagner des
délais.
(3) Constitué d'un groupe organique.

70
LA SECTION INTERDIT
INTERDIRE
INTERDIRE

?
SURVEILLER

G1
COUVRIR

G3
G2
APPUYER

G3

ROMPRE LE
CONTACT
G1

LIGNE A INTERDIRE

71
SOUTENIR

Définition
Mission qui consiste pour une unité à être en mesure d'intervenir au profit d'une autre soit
par le feu, soit par la manœuvre, soit par la fourniture de moyens ou de services.
Principes : Il s’agit, pour la section qui a reçu mission de soutenir une autre section de la
compagnie ou un autre élément, d’être prête en permanence à intervenir sans délai à son
profit par le mouvement, le feu ou le cas échéant en les renforçant.
La section en soutien progresse généralement à bord des engins en deuxième échelon. Elle
doit avoir en permanence le souci de lier son mouvement à celui de l’élément soutenu, de
manière à être en mesure de l’appuyer par le feu ou de manœuvrer à son profit.
Les manœuvres sont conduites aussi longtemps que possible en véhicules.

COMPOSANTES CHEF DE SECTION – POINTS CLES


Préparer :
prendre la liaison ; - étude des modalités de soutien avec l’élément
soutenu (1),
donner les ordres. - choix du lieu ou de l’axe de déplacement le plus
favorable à la mission de soutien
Exécuter :
se renseigner ; - être informé en permanence de la situation à l’avant,
- disposer d’un dispositif de transmission infaillible avec
enseigner ; l’élément soutenu (2),
progresser. - rester à une distance permettant à la fois de conserver
sa liberté d’action si l’élément soutenu est pris sous le
feu et d’intervenir rapidement.
Manœuvrer :
faire intervenir l’élément - dans la mesure du possible, au point de rendez vous,
réservé ; l’élément qui intervient est accueilli, et reçoit avant de
s’engager les dernières informations sur la situation (en
sur ordre rompre le contact. particulier de nuit, ou lorsque la situation évolue très
vite).
Réorganiser

Rendre compte

(1) Délais d’intervention, signaux de reconnaissance, point de rendez-vous, conditions


d’ouverture du feu.
(2) La liaison doit être sûre, donc si possible à vue. Le cas échéant, un agent de liaison
peut être détaché auprès de l’élément soutenu.

72
LA SECTION SOUTIENT

COUVRIR

APPUYER

PROGRESSER

73
4- LE COMBAT DE LA COMPAGNIE
PROTERRE

74
CHAPITRE 1

LES TECHNIQUES DE COMMANDEMENT

Les commandants d’unité étudient leur mission fixée par l’ordre initial de l’échelon
supérieur. Il applique pour cela la méthode de raisonnement tactique ( MRT ), puis élabore
et donne son ordre initial à ses subordonnés.

LA MRT

Généralités

La méthode de raisonnement tactique est un procédé qui doit permettre à un commandant


d’unité, ne disposant que de délais réduits, et placé dans des conditions matérielles et
psychologiques difficiles, de déterminer rapidement le mode d’action qui assurera le
succès de sa mission.

L’enchaînement des étapes du raisonnement doit le conduire à tirer successivement un


certain nombre de conclusions quant à la situation, à sa mission et au rapport de forces,
pour aboutir de manière précise à l’effet majeur à obtenir en tenant compte des impératifs à
prendre en considération.

Quelques définitions ( TTA 106 )

Effet majeur

Condition essentielle à réaliser sur l’ennemi (ou malgré lui), sur les amis, sur les
protagonistes, ou sur le terrain, en un lieu donné, à un moment donné, pendant un temps
donné et qui concrétise le succès de la mission.

Remarques :
• le lieu peut être fixé dans l’ordre de l’échelon supérieur ou laissé sur l'initiative du
capitaine,
• le moment et la durée découlent du cadre espace temps défini dans l’ordre reçu et de
l’étude de l’ennemi.

Contrainte

Prescription ou donnée objective de toute nature imposée et constituant une entrave à la


liberté d’action du chef, entraînant des mesures à prendre.

Impératif

Mesure à prendre, indispensable pour la réussite de la manœuvre, c’est-à-dire pour la


réalisation de l’effet majeur.

75
Les étapes de la MRT

1 - ANALYSE DE LA MISSION 2- E T U D E D E L A S IT U A T IO N 3- ANALYSE DU RAPPORT DE FORCES

11 - DE QUOI S ’AGIT - IL ? LA MISSION DU REGIMENT 31 - AVEC QUI ?

ENNEMI DU REGIMENT 21 - C O N T E X T E ? 32 - CONTRE QUI ?

FACE AU RGT ( VOLUME GLOBAL, OBJECTIF )


12 - POURQUOI ? L ’INTENTION DU CDC
FACE À LA CIE GLOBAL :OBJECTIF + NVA
ROLE CIE /ACTION RGT 22 - Q U A N D ?
INITIAL :OBJECTIF + NVA

13 - QUOI ? MISSION DE LA CIE ULTERIEUR :NVA + POSSIBILITES


ACTIONS A REALISER
ME1 : OBJECTIF/ACTIONS/DELAIS/ITI
23 - O U ? ME2 : OBJECTIF/ACTIONS/DELAIS/ITI

EFFET A REALISER ACTIONS PARTICULIÈRES ART. HELI. NBC ( OÙ, QUAND ? )

QUESTIONS QUESTIONS QUESTIONS


REGLEMEN- REPONSES CORRESPONDANTES REGLEMEN- REPONSES CORRESPONDANTES REGLEMEN- REPONSES CORRESPONDANTES
-TAIRES -TAIRES -TAIRES

•VOICI CE QUE VA FAIRE LE REGIMENT
•JE VAIS AGIR DANS TEL CONTEXTE POLITIQUE, •LE RAPPORT DE FORCES SERA LE PLUS FAVORABLE
DE QUOI •IL DISPOSERA DE TELS MOYENS
•IL A LA MISSION SUIVANTE…; CONTEXTE MEDIATIQUE, PSYCHOLOGIQUE, ECONOMIQUE ET
AVEC POUR MOI A TEL (S) MOMENT(S) , A TEL ENDROIT (S).
S ’AGIT-IL?
•SON ENI SERA GLOBALEMENT LE SUIVANT…; QUI ? •L ’ARTILLERIE, LE GENIE PEUVENT M ’AIDER,
POPULATION
• DE TELLE FACON, A TEL MOMENT, A TEL ENDROIT.

•LE CHEF DE CORPS COMPTE SUR MOI POUR…. •J ’AI TANT DE TEMPS AVANT LE 1° CONTACT. •MON ENI, AVEC TEL OBJECTIF PEUT EVOLUER AINSI :
POURQUOI? • EFFET A REALISER IL FERA JOUR…..( NUIT…. ) •A X HEURE, TELS MOYENS, FAISANT TELLE ACTION
QUAND? •JE VAIS ME BATTRE PENDANT TANT DE TEMPS.
• •A Y HEURE, TELS MOYENS, FAISANT TELLE ACTION
IL FERA JOUR….( NUIT….) CONTRE •FACE A MON ACTION, IL PEUT:
QUI ? •A TEL MOMENT, AVEC TELS MOYENS, A TEL ENDROIT
•POUR MOI LE TERRAIN EST FAVORABLE A TELS TELLE ACTION ( ME1 )
•LE SCENARIO DE MA MANŒUVRE COMPORTERA
QUOI? •A TEL MOMENT, AVEC TELS MOYENS, A TEL ENDROIT
LES ACTIONS PARTIELLES SUIVANTES : OU? ENDROITS, POUR FAIRE TELLES CHOSES EN TELLE ACTION( ME2 )
PARTICULIER A TEL ET TEL ENDROIT. •JE PEUX JOUER LA MANŒUVRE• MA 1 ( LA DECRIRE)
OU LA MANŒUVRE MA 2
COMMENT? •C ’EST LE MA….QUI EST LE PLUS ADAPTE QUEL QUE SOIT
LE ME. DONC JE CHOISIS LE MA….

76
Points particuliers :

L'ennemi :

Ce terme générique sous-entend un adversaire désigné ou potentiel au sens traditionnel du


terme, des belligérants ou des protagonistes, c’est à dire des parties prenantes à un conflit
déclaré ou latent, constituant une menace immédiate ou potentielle.

L’étude de cette menace, et du contexte de l’engagement, est fondamentale car elle


conditionne les modes d’action et procédés de combat de l’unité d’une part, et la liberté
d’action au regard du droit et de règles d’engagement d’autre part.

Il est essentiel de se rappeler quelques éléments de base.

• L’ennemi manœuvre. Il a donc une intention et des objectifs à atteindre sur le terrain ou
sur son adversaire. Pour cela, il met en œuvre différents procédés de combat classiques
ou subversifs. Le commandant d’unité doit analyser les éléments donnés par le PRIMO
ALPHA de l’ordre initial de l’échelon supérieur et en déduire la menace immédiate et
ultérieure pour son unité.
• L’adversaire est un soldat entraîné et animé de la volonté de combattre.
• La menace peut être clairement définie et paraître rationnelle, ou diffuse et sembler
incontrôlée, voire irrationnelle.

Le terrain

• Le terrain commande la manœuvre. Il conditionne les mouvements et les déploiements


et donc, l’aptitude à engager l’adversaire ou à contrôler le milieu.
• Le terrain est marqué par des points clés dont la saisie, ou le contrôle, permet de
marquer un effort ou de prendre l’ascendant sur l’ennemi.
• Le terrain est neutre, c’est à dire que généralement, les points clés pour la manœuvre
amie sont aussi des points clés pour celle de l’adversaire.

Le milieu humain

La population présente sur la zone des combats peut constituer un enjeu majeur des
opérations. Son attitude et son volume conditionnent la liberté d’action. Elle peut être
neutre, bienveillante ou hostile, et sera souvent changeante soit au gré de l’évolution de la
situation soit du fait de manipulation. Par ailleurs, son attitude fera, de même que l’action
militaire, l’objet d’une médiatisation omniprésente.

Dans certains contextes d’engagement, tels que l’interposition ou l’évacuation de


ressortissants, elle peut devenir l’acteur principal du conflit dans la mesure ou l’action
militaire vise directement à assurer sa sécurité et son soutien.

Les délais

La manœuvre de l’unité demande des délais, tant pour la préparation de l’action (réflexion,
reconnaissance terrain ... ) que pour l’exécution de la mission et la réorganisation en fin
d’action. Ces délais s’appliquent aussi bien à la réflexion du commandant d’unité qu’à
celle de ses subordonnés. Le capitaine doit donc intégrer dans l’étude du facteur temps les
délais nécessaires à l’étude de la mission, aux reconnaissances et à la préparation des
ordres de ses subordonnés.

77
LES CADRES D’ORDRE

Généralités

Les cadres d’ordre sont des documents formatés qui expriment « la décision du chef qui,
verbalement ou par écrit, donne des prescriptions précises exécutables généralement à
courte échéance et dans des conditions nettement déterminées ».

Le principal cadre d’ordre est celui de l’ordre initial. L’ordre préparatoire et l’ordre de
conduite peuvent être considérés comme des dérivés de l’ordre initial dans la mesure où ne
sont utilisés que les paragraphes qui permettent, en fonction des éléments connus,
d’orienter les subordonnés pour le premier, ou qui marquent des changements ( situation,
mission...) pour le second.

L’ordre initial du commandant d’unité PROTERRE

Il doit être exhaustif et précis et s’appuie, quand la situation le permet, sur des
reconnaissances préalables.

CONTEXTURE GEN ERALE

PRIM O SITUATION

SECUNDO M ISSIO N

TER TIO EXECUTION

QUARTO LOG ISTIQU E

Q UINTO CDT - LIAISONS

78
PRIMO : SITUATION PRIMO ALPHA : SITUATION ENIE PRIMO BRAVO, CHARLIE, DELTA

A ) ENI L ’ENI DE LA CIE DANS LE CADRE ENI RGT NVA / OBJECTIFS / OU / QUAND B ) AMIS UNITES / POSITIONS / MISSIONS
ESPACE TEMPS DE SA MISSION

GLOBAL : NVA / OBJECTIFS C ) RENF. /


VOISINS + NV et/ou DE H à H+ / FRQ + INDICATIF
PRELEV.
B ) AMIS CEUX QUI PEUVENT VENIR AIDER
ENI CIE IMMEDIAT :NVA / GDH ENGAGEMENT • POPULATION
EVACUEE / FAVORABLE ? / AIDE-GENE
C ) RENF. / OU ET QUAND ? ULTERIEUR : NVA / GDH ENGAGEMENT
PRELEV. • METEO
D ) MILIEU FAVORABLE ou DEFAVORABLE?
FACE ME1 / ME2 : QUAND ? POURQUOI ?
CARACTERISTIQUES DE LAZONE CIE ACTION CIE * engt eni immédiat : où ? Par où ? Comment?
D ) MILIEU ET CE QUI PEUT Y SURVENIR dans tel but • CARACTERISTIQUES DU TERRAIN
* engt eni ultérieur : où , Par où ? Comment?
l ’eni peut POINTS CLES

MENACES OHP / APPUIS / NBC / G.E.

SECUNDO : MISSION E X P R E S S IO N L IT T E R A L E D E L A M IS S IO N R E C U E

79
TERTIO : EXECUTION TERTIO ALPHA : INTENTION TERTIO CHARLIE: MISSIONS

VOTRE IDEE DE MANŒUVRE: AFIN DE….


A ) INTENTION 1 OBJECTIF = - EFFET MAJEUR
JE VEUX….REALISER TEL EFFET QUOI TERME DE MISSION A L ’INFINITIF
CONTRE TEL ENNEMI
+ MODALITES D’EXECUTION OBJECTIF A TEL ENDROIT CONTRE QUI DESIGNER L ’OBJECTIF ENNEMI
A TEL MOMENT ou PENDANT TELS DELAIS
AVEC TELLE DOMINANTE
B ) ARTICULATION VOTRE DISPOSITIF ET TELLES ACTIONS SECONDAIRES OU / PAR OU REFERENCES TERRAIN

POUR CELA…. QUAND HORAIRES - DUREE


C ) MISSIONS des EFFET A REALISER PAR MODALITES * 1° TEMPS
SUBORDONNES CHAQUE SUBORDONNE * 2° TEMPS
EXECUTION
* 3° TEMPS
EN MESURE DE... TERTIO DELTA : COORDINATION
D ) COORDINATION TOUT CE QUI EST EN RELATION
AVEC LES VOISINS TERTIO BRAVO : ARTICULATION HORAIRES LIMITES - LIGNES
SIGNAUX DE RECONNAISSANCE CONSIGNES NBC
DISPOSITIF ORGANISATION DE L’UNITE DECLENCHEMENT ET ARRET DES TIRS D ’APPUI
CONDUITE A TENIR ( ENI - POPULATION - OBSTACLES )
MESURES DE SURETE LIAISONS A PRENDRE ...

QUARTO : LOGISTIQUE QUINTO : COMMANDEMENT / LIAISONS REMARQUES

POSITIONS TC2 . PS . TC1 et ITINERAIRES d’ACCES LIAISONS REGIME RADIO ( silence, discrétion, libre ) LES ORDRES, MEME VERBAUX, DOIVENT ÊTRE REDIGES
TRANS C.A.T. ( brouillage, intrusion, bascule )
CARBURANTS / MUNITIONS / VIVRES L’EXPRESSION DES ORDRES DOIT ÊTRE :
RAV EAU ( MODALITES APPRO )
CAMOUFLAGE
CAMOUFLAGE PR4G : EVF ou FQ FIXE • SIMPLE
REPARATION / EVACUATION • CONCISE
MEC
NEUTRALISATION • PRECISE
PLACE DU CHEF • COMPREHENSIBLE
SECOURS / EVACUATION ET DU P.C. INITIALE ET ULTERIEURE
SANTE
RAMASSAGE / POSTE DE SECOURS
L’EXECUTION DE L’ORDRE DOIT ÊTRE CONTROLEE
OFFICIER ADJOINT ou
REMPLACANT LE CHEF DE SECTION AU CONTACT

80
CHAPITRE 2

MISSIONS

L’unité PROTERRE est articulée en 2 sections. Les missions qu’elle est susceptible de
remplir sont des missions de protection et d’appui aux opérations du niveau
supérieur. Leur nombre est limité :
- surveiller ;
- tenir ;
- interdire ;
- soutenir ;
- boucler une zone.

Pour les missions : surveiller, tenir, interdire et soutenir, il faut se référer au chapitre
combat de la section. Pour ce type d’action, deux cas sont possibles :
- soit la compagnie à 2 sections est utilisée de façon organique et le commandant d’unité
a plus un rôle de coordonnateur et de liaison avec le haut ;
- soit la compagnie est ré articulée pour l’occasion avec un dispositif centralisé au niveau
de la compagnie. Dans ce cas, le commandant de compagnie commande plus
directement.

La mission « boucler une zone » appelle un développement particulier.

BOUCLER UNE ZONE

Définition
Par un dispositif continu établi le long d’une ligne définie, isoler une portion de terrain
déterminée en vue d’interdire ou, au minimum, de signaler, tout franchissement de cette
ligne par l’ennemi.

Exécution

Deux cas sont possibles :


- soit le dispositif est imposé (application d’un plan) ;
- soit le dispositif est défini par le commandant d’unité.

La mission « boucler une zone » comporte deux volets : un volet renseignement et un volet
interdiction.

• Le renseignement : il s’agit d’acquérir le maximum d’informations sur le milieu, le ou


les adversaires par la coordination de postes de surveillance fixes de points particuliers, de
patrouilles et de contacts avec l’ensemble des acteurs sur la zone ( population,... ).

• L’interdiction : il s’agit d’empêcher « le personnel ou des mobiles jugés indésirables »


de pénétrer dans la zone ou d’en sortir.

Les dimensions de la zone à boucler sont variables selon la nature du terrain et de


l’adversaire. La réussite de la mission dépend principalement de l’aptitude de l’unité à
conserver l’ascendant sur l’ennemi en maintenant ou en rétablissant dans les meilleurs
délais un rapport de forces favorable. Ceci est lié à une reconnaissance détaillée terrain.
81
En résumé, il s’agit, pour le commandant d’unité, de trouver le point d’équilibre entre une
dilution sur le terrain nécessaire à l’acquisition du renseignement et la capacité à tenir des
points pour interdire la pénétration dans la zone ou l’exfiltration.

COMPOSANTES COMMANDANT D’UNITE-POINTS CLES


Préparer :

• étudier la mission - déterminer les points clés de la zone,


- articuler l’unité,
• donner des ordres Fixer :
- les zones de responsabilité des éléments chargés de
renseigner,
- les points à surveiller en permanence et les postes de
contrôle,
- l’organisation des liaisons et de l’acheminement du
renseignement (1),
- les priorités d’intervention de l’élément réservé.

- établir les baptêmes terrain,

• rendre compte - du dispositif adopté,


- des capacités et des délais d’intervention sur la zone de
responsabilité.

Exécuter :
• progresser et mettre en - assurer une bonne coordination pour la mise en place
place rapide et discrète ,
- sur place, contacter les parties concernées (2) ,

• s’installer - le PC du CDU doit se trouver à proximité du point du


contrôle principal (3).
Manœuvrer :
• renseigner - à partir d’un dispositif fixe et mobile (le cas échéant) ,

• filtrer/interdire - appliquer strictement les règles d’engagement (4),
- être capable de changer rapidement de posture,

• intervenir - disposer d’un élément réservé pour réagir en renforcement


du dispositif,
- faciliter l’engagement d’un élément extérieur (5).
• rendre compte

Réorganiser

(1) pour plus de réactivité, l’utilisation d’une fréquence commune au niveau de la


compagnie est recommandée. Elle impose une stricte discipline de réseau.
(2) autorités locales, police, alliés, chef d’îlot ,…
(3) le CDS reste responsable, le CDU intervient uniquement à son niveau lorsque la
situation l’exige.
(4) conditions d’ouverture du feu, conditions de fouille, éléments de langage, ...
(5) l’accueillir au point de rendez vous, l’informer de l’évolution de la situation sur le
terrain.

82
5- ANNEXES

83
ANNEXE 1

DEVOIRS ET RESPONSABILITES DU MILITAIRE AU COMBAT


(réf : Règlement de discipline générale, Code du soldat)

1ère Partie

Tout combattant, quel que soit son grade, sa fonction ou sa mission, a des devoirs
permanents au combat :
- se garder en bonne condition physique et morale ;
- obéir aux ordres, dans le respect des lois, des coutumes de la guerre et des
conventions internationales ;
- remplir sa mission avec la volonté de gagner et de vaincre, et si nécessaire au péril
de sa vie ;
- respecter l'adversaire et veiller à épargner les populations ;
- rester à son poste ;
- renseigner son chef en toutes circonstances ;
- continuer à combattre jusqu’à épuisement de ses forces et de ses moyens de
combat ;
- rejoindre l’unité la plus proche s’il se trouve isolé ou égaré.

De façon plus générale, en toutes circonstances, il doit :


- prendre soin de ses armes et de son matériel ;
- mépriser la propagande ennemie ;
- respecter intégralement les règles du droit des conflits armés acceptées par la
France, en particulier celles relatives à la conduite à tenir envers la population civile
et les prisonniers de guerre, ainsi que celles relatives à l'emploi des mines
antipersonnelles et des piéges (Protocole II modifié et convention Ottawa). S’il est
lui-même fait prisonnier :
- bien connaître ses droits et les faire valoir ;
- s’efforcer de rejoindre une unité amie ;
- refuser d’aider l’ennemi ;
- en cas d’interrogatoire ne déclarer que ses nom, prénom, grade, date de naissance,
numéro matricule ou, à défaut, une indication équivalente.

2ème Partie

En tant que chef, le responsable conduit la lutte et poursuit le combat jusqu’au succès ou à
l’épuisement de tous ses moyens. Il doit :
- stimuler la volonté de combattre ;
- maintenir en toutes circonstances l’ordre et la discipline, au besoin forcer
l’obéissance ;
- prendre toutes dispositions pour qu’aucun document important et matériel
utilisable ne tombe aux mains de l’ennemi.

84
ANNEXE 2

L'ESCORTE DE CONVOI

Il s'agit d'accompagner et d'assurer la protection d'un convoi en zone d'insécurité au cours


du déplacement et pendant les haltes.

Dans le cas d'un convoi important, la priorité de la protection est accordée aux véhicules
plus sensibles.
La responsabilité de la marche du convoi incombe au chef de convoi qui précise si l'accent
doit être mis sur la vitesse ou la sûreté.

COMPOSANTES CHEF D'ELEMENT D'ESCORTE


Le chef du détachement d'escorte :
Préparer : - prend la liaison avec le chef de convoi qui lui indique :
● prendre contact - l'itinéraire à suivre ;
- les variantes éventuelles ;
- les points de halte ;
- l'heure du départ ;
- la vitesse instantanée ;
- les véhicules à protéger en priorité.

- étudie son itinéraire, se renseigne sur le terrain, l'ennemi, les


points tenus par les amis (postes de contrôle..)
- propose au chef de convoi l'articulation de son dispositif, le plus
● articuler souvent :
un élément d'avant garde, chargé d'éclairer la progression sur
l'axe ;
un élément d'escorte chargé de la sûreté immédiate des
véhicules sensibles ;
un élément d'arrière garde chargé de l'intervention ou de la
protection du dépannage ;
- fixe sa place, soit en tête du convoi soit auprès du chef de convoi.

- donne dans son ordre initial des consignes à ses chefs de groupe:
- point de destination, itinéraire ;
composition et articulation du convoi ;
● donner des ordres. - vitesse horaire ;
- haltes ;
- conduite à tenir pendant les arrêts, en cas d'obstacles, en
cas d'attaques terrestres et aériennes.

en cours de déplacement ;
fait reconnaître les points particuliers et les points suspects.
en cas d'obstruction ;
met sa section en garde face à toutes les directions, puis renseigne le
chef de convoi sur l'obstacle.
Manœuvrer :
Le chef de convoi demande les moyens nécessaires au
rétablissement de la circulation ou décide du variantement de
l'itinéraire.
Pendant les haltes le chef de détachement assure la sûreté immédiate
du convoi.

85
Réorganiser : Après la mission ; le chef de détachement d'escorte :
- réorganise sa section,
● rendre compte. - rend compte et prend les dispositions nécessaires pour effectuer
éventuellement une autre mission.

ARRIERE-
GARDE

ELEMENT DE
PROTECTION

CHEF DE
CONVOI

AVANT-
GARDE

CHEF
D'ELEMENT
D'ESCORTE

86
ANNEXE 3

LA FOUILLE
( Réf : Recueil de savoir-faire crises du CoFAT)

La fouille est un savoir-faire technique individuel et collectif qui s’applique soit au terrain,
soit à un suspect, soit à un véhicule.
Dans tous les cas, le cadre juridique déterminera les limites de l'action du militaire dans ce
domaine, que ce soit sur le territoire national ou en opération extérieure.

1- CONSIGNES POUR LA FOUILLE TERRAIN.


(l’inspection des 5m et des 20m, procédé en vigueur dans l’armée britannique).

C’est un acte réflexe du niveau de l’équipier qui consiste à inspecter l’emplacement où l’on
va se poster ou où l’équipe va s’installer pour vérifier qu’il n’est pas piégé. Il est fait
systématiquement à chaque arrêt. Il consiste en une inspection visuelle et éventuellement
tactile de l’emplacement avant de se poster. Si la progression ne reprend pas tout de suite,
l’équipier procède à la même inspection sur les 10m de rayon autour de lui. Chaque point
particulier est considéré comme suspect et inspecté. Cette inspection des 20m est
particulièrement importante en zone urbaine où les possibilités de camouflage de pièges
sont plus grandes.

2- CONSIGNES POUR LA FOUILLE SOMMAIRE D’UN INDIVIDU


(PALPATION)
Sur le territoire national, la fouille menée par des militaires est exceptionnelle (cf.
Directive interarmées concernant les règles d’engagement et de comportement en défense
militaire terrestre n°00519/DEF/EMA/EMP.3/NP du 12 mai 1998). Indépendamment des
restrictions liées au cadre juridique de l’action, il convient de prendre en compte les
éventuelles règles d’engagement (et/ou de comportement) en vigueur. Toute fouille doit
être menée avec le souci de la sécurité du personnel mais aussi en évitant toute humiliation
ou embarras de la personne à laquelle elle s’applique. Dans la mesure du possible, la
fouille doit s’effectuer à l’abri des regards de tierces personnes et par une personne de
même sexe (cette restriction s’appliquant même pour une simple « palpation de sécurité »).
La fouille s’effectue toujours sous la protection rapprochée d’un homme armé. Elle doit
être extrêmement méthodique. Le fouilleur dépose son brelage et son arme auprès de
l’équipier en appui.
Elle doit s’effectuer soit de derrière ou de côté ( avec si possible le suspect en position
instable, contre un mur lisse par exemple).
Le suspect doit être les bras et les pieds écartés au maximum, les mains ouvertes, les
jambes écartées le plus loin possible en arrière.
L’homme chargé de la fouille ne porte pas d’arme. Il engage un de ses pieds entre les
jambes du suspect de manière à pouvoir le faucher en cas de rébellion, puis il procède à la
palpation en commençant par le haut : bras, cou, insister sous les aisselles, dos, buste,
jambes, insister au niveau de la ceinture et des faces intérieures des chevilles, inspecter
soigneusement les bottines si le suspect en porte.
Il est souhaitable de commencer la fouille après avoir recueilli le contenu des poches dans
un sac plastique translucide et noté sur une fiche formatée l’identité du suspect, la sienne,
la date et le lieu. Quand il y a plusieurs suspects, il sont séparés. (procédé en vigueur dans
l’armée britannique).

87
Si une arme ou un objet dangereux est trouvé :
- le jeter assez loin en arrière (de manière à ce que le suspect ne puisse pas s’en
emparer) ;
puis dans ce cas procéder à la fouille complète du suspect (ne faire fouiller les
femmes que par du personnel féminin) ;
- si possible le conduire dans un local.

88
3- CONSIGNES POUR LA FOUILLE D’UN VEHICULE.

En cas de suspicion, un véhicule contrôlé peut être fouillé ; c’est un équipier qui en a la
charge (les autres ne modifiant pas le dispositif adopté pour la fouille du personnel). La
fouille est faite méthodiquement et est plus ou moins approfondie . Une feuille de fouille
identique à la précédente est remplie. Pour une plus grande efficacité, chaque patrouille
peut entraîner un binôme plus particulièrement pour cette tâche ; il pourra être employé
lors d’un check-point du niveau de la patrouille.
Pour cela il faut :
- arrêter le véhicule ;
- le surveiller (1 devant, 1 derrière) ;
- faire arrêter le moteur ;
- faire descendre les passagers (même côté) ;
- les surveiller – vérifier leurs identités (par une personne habilitée pour le faire / cadre
juridique) ;
- fouiller (sur ordre) successivement les passagers ;
- fouiller un véhicule :
- 1 homme seul ;
- le propriétaire à proximité.

Détail des opérations.

- Arrêter le véhicule ; le signal d’arrêt du véhicule à contrôler doit être fait de façon visible
et impérative et ne pas prêter à confusion : bras levé verticalement, paume de la main
tournée vers l’avant : gyrophare de nuit.
- Surveiller le véhicule : 1 homme armé à l’avant et à l’arrière du véhicule. Prévoir planche
à clous à défaut de herse.
- Faire arrêter le moteur. De nuit, faire éteindre les phares si l’éclairage local est suffisant
(prévoir phare portatif halogène ; à défaut utiliser les phares des véhicules militaires).
- Faire descendre les passagers un par un et par le même côté du véhicule. Les placer sous
surveillance « mains en l’air » à deux mètres les uns des autres (individus douteux).
- Procéder à la fouille sommaire de chacun d’entre eux successivement.
- Vérifier leurs identités si cela n’a pas été fait dans le véhicule.
- Garder sous surveillance les passagers et procéder à la fouille du véhicule. Toujours
garder le propriétaire à proximité immédiate du véhicule – pour le cas où celui-ci serait
piégé.
- Attention aux fils électriques suspects : en cas de découverte ou de doute rendre compte.
- Le véhicule est fouillé par un seul homme à la fois, un deuxième le couvrant à une
dizaine de mètres.
- Pour fouiller l’intérieur du véhicule, pénétrer par la porte utilisée pour la sortie du ou des
passagers.
- Pour l’ouverture des autres portières, coffre et capot, il existe 2 possibilités entre
lesquelles choisir en fonction du contexte local : le faire soi même ou le faire faire par
un des occupants. Faire ouvrir par un occupant devrait permettre d’éviter les pièges
explosifs, en revanche, le risque est que l’individu en profite pour récupérer une arme
prête à tirer.
- Elaborer un moyen de visite sous le véhicule à l’intérieur d’une chicane est la solution
préférable (il est gêné pour s’échapper en marche arrière).

89
FOUILLE D’UN VEHICULE SUSPECT

La fouille doit être rigoureuse et méthodique


Pour éviter les oublis respecter la chronologie suivante :

1 - L’avant du véhicule

Faire ouvrir le capot par le propriétaire (piège).

A. MOTEUR : contrôler l’avant du radiateur, les évidements intérieurs des ailes, sous le
filtre à air, derrière la batterie.

B. LES AILES : (droite et gauche) regarder et passer la main sous les ailes.

C. PARE CHOCS : passer la main dans l’évidement.

2 - l’habitacle du véhicule

D. AVANT : vérifier la boîte à gants, les évidements sous le tableau de bord, les
protections de sol, les garnitures de portière, sous les sièges avant.

E. ARRIERE : contrôler les dossiers avant, sous les sièges arrières, les dossiers des sièges
arrières, les garnitures de portières.

3 - l’arrière du véhicule
faire ouvrir le coffre par le propriétaire (piège)

F. COFFRE : - le vider et le fouiller.


secouer la roue de secours.

G. LES AILES : - (droite et gauche) regarder et passer la main.

H. PARE-CHOCS : - passer la main dans l’évidement.

I. BAGAGES : - après les avoir sortis du véhicule, les fouiller soigneusement.

(A l’avant ou à l’arrière : vérifier que la roue de secours soit gonflée sinon la démonter)
90
ANNEXE 4

EVACUATION DE RESSORTISSANTS

But :
Mettre à l’abri les ressortissants français et étrangers par récupération, regroupement et
évacuation dans le cadre d’une intervention armée en pays étranger dans un climat
insurrectionnel.

Niveau d’exécution : L’unité PROTERRE n’est pas habilitée pour récupérer ou extraire
les ressortissants mais elle peut être utilisée dans l’organisation d’une zone de
regroupement.

Partage des responsabilités : AD, Ambassade, Force.

Déroulement : ’

Récupération des ressortissants (1)

SAVOIR-FAIRE ACTIONS A MENER


PARTICULIERS
- si possible en véhicules militaires ;
- signaler clairement l’itinéraire ;
- se déplacer de point d’observation en point d’observation ;
Ouvrir un axe - utiliser un gigaphone pour signaler sa présence aux
ressortissants et expliquer ses intentions à la population locale ;
- afficher la nationalité en déployant le drapeau français sur les
véhicules.
- choisir un carrefour, en interdire l’accès par des barrages
Organiser des points (véhicules) ;
de rassemblement - mettre en place un dispositif défensif ;
temporaire - déployer un drapeau français.
- sur un renseignement aller chercher les ressortissants chez eux ;
Donner des coups - n’accepter que le minimum de bagages ;
de sonde - regrouper dans le minimum de véhicules ;
- imposer aux patrouilles des limites précises (liaison radio).
- prévoir des véhicules de transport collectifs ;
- donner des consignes précises en cas d’arrêt ou d’accrochage ;
Escorter le convoi - limiter la longueur du convoi, faire plusieurs rotations au besoin ;
- conserver des éléments d’avant et d’arrière garde ;
- éclairer la progression avec une patrouille.

(1) Les ressortissants français sont normalement tenus de rejoindre des points de
rassemblement à partir desquels des convois généralement escortés sont organisés vers la
zone de regroupement. L’ouverture d’axe et l’escorte incombent aux unités chargées de
l’évacuation. La récupération des ressortissants à domicile n’est pas prévue mais peut se
justifier en cas de situation particulière.

91
Organisation d’une zone de regroupement :

Organisation défensive :

Choisir une zone caractéristique (lycée, résidence de l’ambassadeur, société connue)


pouvant être aisément défendue sans y engager trop de personnels, à l’abri des tirs directs
et permettant au mieux deux types d’évacuation (aérienne et terrestre par exemple).

SAVOIR-FAIRE DESCRIPTION
PARTICULIER
- isoler la zone ;
- marquer la zone avec des pavillons nationaux ;matérialiser ses
accès par des chicanes permettant une arrivée facile (flux des
Défense lointaine réfugiés), un départ rapide (flux des évacués), tout en évitant les
véhicules piégés ;
- prévoir si possible des axes différents pour l’entrée et la sortie.
Cette limite marque le début de la zone sous protection.
- mise en place au niveau du sas d’entrée pour contrôler les
personnels et fouiller les véhicules :
Poste de contrôle -1 élément de protection extérieur ;
-1 élément de protection intérieur ;
-1 élément accueil et commandement.
- mettre en place un dispositif de sentinelles ;
Défense rapprochée - conserver un élément d’intervention ;
- élaborer un plan de feux avec poste de combat.

Organisation interne :

SAVOIR-FAIRE DESCRIPTION
PARTICULIER
- rassurer :
Accueil - sourire aux femmes et aux enfants ;
- tenue moins agressive (arme à la bretelles, béret).
- se faire assister par les autorités du consulat ou par des civils ;
Triage - enregistrer : nom, prénoms, sexe, âge ;
- récupérer des renseignements ou des moyens pouvant être utiles
(listing de noms, micro ordinateur…)
- regrouper par nationalité dans des îlots nettement marqués ;
- désigner un responsable civil par îlot. Ne traiter qu’avec lui ;
- prévoir une infirmerie avec médecin ;
Regroupement - informer les ressortissants une à deux fois par jour à heure fixe ;
- diffuser des consignes de vie courante et imposer des horaires
stricts (réveil, extinction des feux, etc…)
- régler les problèmes de couchage et d’alimentation, d’hygiène, de
ravitaillement en eau en liaison avec les responsables civils.

92
Délimiter des zones distinctes pour accueil, soins médicaux,
hébergement, alimentation, évacuation d’urgence ;
Prévoir un parking très vaste à l’extérieur de la zone de
regroupement pour les véhicules civils ;
Interdire aux civils de ressortir sans autorisation et limiter leur
circulation interne.
Dés que possible, demander aux consulats de désigner ou de
confirmer le responsable de leurs ressortissants sur la zone de
Points particuliers regroupement ;
Mettre en place un officier de liaison auprès des forces locales ;
Résoudre les problèmes de télécommunication, de transport des
ressortissants, du recomplétement en carburant en liaison avec le
corps diplomatique et les responsables des ressortissants.
L’utilisation, au besoin la réquisition, des moyens civils peuvent
s’avérer indispensables ;
Etre très précis sur les consignes d’ouverture du feu.

Quelques problèmes à résoudre sur place (donc à prévoir) :

- L’obtention des renseignements sur une situation par définition très fluctuante ;
- La récupération de moyens de transport : voitures des civils déjà évacuées ;
- Le nombre exact des personnels à évacuer ;
- La récupération de plans et de cartes à jour, - de moyen radio performants
(MOTOROLA civils) ; de moyens d’éclairage appropriés (projecteurs) ; - d’effet
d’habillement chauds ou imperméables ; - de réserve d’eau potable ; - d’aliment pour
bébés ;
- La présence d’une ou plusieurs équipes médicales au point d’accueil ;
- Le cas de ceux qui n’ont plus de papier = l’ambassade délivre des visas provisoires.

A n’oublier en aucun cas :


Les casques et les gilets pare-balles, les IL

93
ORGANISATION ET ACTIVATION D’UNE CHAINE D’EVACUATION
3 Point de regroupement
31 Zone de débarquement
34 Fouille
① Point de rassemblement Poste de contrôle
Prévôté
PRIORITES
Santé
② PARKING

A
② Escorte de convoi 33 Zone de
Point d’accueil
tri

32 Zone B
d’attente

C
35 Enregistrement
36 Transit / régulation
(liaison avec autorités
Embarquement (aérodrome ou port) civiles et militaires)

Observations : 32 Réconfort et rigueur. Prévoir alimentation


1 point de rassemblement 2 Escorte de convois 3 Point de regroupement et boissons, salle de repos, sanitaires,
• Attitude bienveillante et réconfortante, • Prévoir des incidents de type • Assurer la sûreté rapprochée du site , évaluer infirmiers.
Mais suffisamment directive pour éviter le manifestations, barrages, jets de les mesures et prévoir les réactions adaptées,
désordre, le tout dans un environnement pierres, éventuellement des tirs isolés. ainsi que les conditions d’utilisation des 33 Cloisonner les catégories A, B et C
toujours tendu. • Prévoir des véhicules vides en cas de armes. (prioritaires et différées).
• Prévoir drapeaux français. pannes. Matériel nécessaire : tresses, piquets Prévoir au minimum une certaine tension qui
• Le plan des points de rassemblement, la • La présence des médias peut être ,f léchage, gigaphones, lits, chaises…. ira croissant avec la proximité des premiers
liste des ressortissants et le noms des dissuasive. départs
responsables sont fournis par 31 Prévoir le « discours » d’accueil
l’ambassade. (responsabilité du chef de site).
• Mais prévoir que l’ambassade peut être Prévoir le filtrage des véhicules au poste de
neutralisée. contrôle.
95
MODELE DE DECHARGE EXEMPLE DE FICHE D’EVACUATION

Lieu :………………… Date : …………

Je soussigné(e) (nom, prénom, date de naissance)…………………………………...

Accompagné de : …………………………………………………………. N° d’ordre : ………………………………..


………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………… Nom : ………………………………………

CERTIFIE AVOIR REFUSE D’ÊTRE EVACUE DU TERRITOIRE Prénom : ……………………………………


APRES Y AVOIR ETE INVITE PAR LES AUTORITES FRANCAISES
ET ALORS QUE POSSIBILITE M’EN ETE OFFERTE. Sexe : ……………….. NAT : ……………

Pièce d’identité présentée :


Motif succinct : ………………………………………………
(éventuellement) ……………………………………………….
……………………………………………………………………………….
……………………………………………………………………………….
………………………………………………………………………………. Remarques :
………………………………………………………………………………. ………………………………………………
………………………………………………………………………………. ………………………………………………

Signature Signature
Fouille Bagages

Autorité recevant Par : …………………………………………


la déclaration : …………………… ………………………..
Santé (si nécessaire) : …………………………...
er
1 témoin : ……………………….. ……………………………………………….
2ème témoin : ……………………… ………………………………………………

Observations : ………………………………
……………………………………………….
………………………………………………

96
97
ANNEXE 5

ORGANISATION D’UN CAMP D’ACCUEIL EN DEPARTEMENT FRANÇAIS


DE « PERSONNES DEPLACEES » ETRANGERES

But : Organiser des infrastructures d’accueil et de vie courante, et participer au


fonctionnement d’un camp de personnes déplacées (l’appellation de « personne déplacée »
est une restriction juridique au statut de réfugiés) .

Niveaux d’exécution : Chef de section.

Partage des responsabilités : Forces - Préfecture - UNHCR.

Déroulement de la mission :

Préparation du cantonnement.

Pour éviter les trop grands regroupements et faciliter les contrôles, un camp doit avoir une
capacité de 1.000 à 1.500 personnes maximum :
- soit installations en dur rapidement réhabilitables.
- soit tentes ou constructions légères en bois, facilement démontables lors du départ
d’une famille pour éviter la réinstallation d’une autre.
- installation à proximité d’un point d’eau ou forage.
- construction immédiate de latrines pour l’hygiène.
- 1 à 2 familles par tente ou habitation.
- secteur pour hommes célibataires et secteur pour femmes seules ou avec enfants.

Organisation vie courante.

- les gendarmes sont chargés de faire respecter la loi française. Ils ont délégation de
police pour le maintien de l’ordre, aidés par les militaires présents.
- soutien médical : 1 médecin par camp avec 1 à 2 infirmiers civils ou militaires.
- spécialisation d’un camp dans l’accueil des femmes enceintes prêtes à accoucher et
après accouchement (le plus proche de la ville et de l’infrastructure hospitalières).
- 1 section par camp (pour 1.500 réfugiés)
- 1 chef de section désigné « chef de camp » responsable des approvisionnements, des
commandes et de la gestion des stocks – en contact avec la préfecture. Permanent pour
4 à 6 mois.
- distribution des repas quotidiens : organisée par le chef de camp aidé par la section.
- ce sont les réfugiés qui distribuent les rations sous contrôle des soldats.
- mise en place d’un système de plaquettes comportant le numéro de l’habitation et le
nombre de personnes de la famille – donc le nombre de rations alimentaires accordées.
- tout ce qui est distribué doit l’être boîtes ouvertes ; viande, poissons découpés etc…
pour éviter les trafics et la revente sur le marché local en grosses quantités.
- nettoyage du camp assurée par une équipe de réfugiés payée par des rations
supplémentaires (boîtes fermées).
- « Police » interne assurée par un chef de réfugiés proposé par eux et désigné par le chef
de camp en liaison avec les responsables HCR et préfet.
- le chef des réfugiés peut être assisté d’1 ou 2 adjoints. Lors des réunions avec les
autorités civiles et HCR, ces responsables représentent officiellement les réfugiés.

96
- régulièrement (1 à 2 fois par mois) recensement des réfugiés pour cerner leur nombre
(difficile par manque de papiers officiels).
- scolarisation des enfants dans leur langue maternelle par des instituteurs « réfugiés ».
La scolarisation permet d’éviter le désœuvrement.
- tous les réfugiés travaillant au profit de la communauté en liaison avec les forces
françaises sont rémunérés – un peu d’argent et en rations supplémentaires pour leur
famille.

Sécurité.

La section vit dans un espace clos et gardé comportant :


- logement.
- cuisine.
- salle de détente et réfectoire.
- hangar à denrées.
- coin atelier véhicules.
- sanitaire ;
- terrain de sport (volley) éventuel
- armurerie et local pour déposer l’armement et les munitions récupérés. Les réfugiés
n’ont pas accès normalement à cette zone protégée.
- Interdiction des contacts, autres que pour le travail, entre militaires et réfugiés.

Camp ouvert sans enceinte.

- contrôle des déplacements par un « cahier de permissions » et des « autorisations


d’absence » permettant de savoir la veille qui veut aller en ville et de prévoir le
transport (en véhicule militaire).
- contrôle par poste de gendarmerie fixe des mouvements en taxis et des denrées
transportées (pour éviter les trafics) dans les véhicules civils.
- patrouille de nuit (niveau groupe) sur les itinéraires d’accès au camp.

97
ANNEXE 6

LA PATROUILLE

Définition
Action de combat d’un élément isolé de faible effectif qui se déplace dans une zone donnée en
vue d’exécuter une mission déterminée (recherche du contact, reconnaissance, observation,
liaison, embuscade, capture de prisonniers).

COMPOSANTES ROLE DU CHEF DE GROUPE

PREPARER Etudie la mission (MRT/1), l’ENI : QUOI ?, CONTRE QUI ?,


ETUDE DE LA MISSION QUAND ? COMMENT ?

Etudie le terrain : OU ? , PAR OU ?. En particulier :


itinéraires aller – retour
CHOIX DE L’ITINERAIRE points de repères
limites de bond
points d’observation

ORGANISATION Donne un ordre préparatoire (PATRACDR).


Choisit une articulation de son groupe.

EXECUTER Conduit le déplacement en deux phases :


approche lointaine : en bloc et en sûreté de point d’observation
SE DEPLACER (ALLER) en point d’observation
approche immédiate : par bonds courts et coups de sonde

Répartit les missions à partir du dernier point d’observation, par


EXECUTER LA MISSION un ordre en cours d’action (SMEPP).
Exécute la mission reçue.

Conduit le déplacement retour par un itinéraire différent avec les


SE DEPLACER (RETOUR) mêmes précautions qu’à l’aller.
Se fait reconnaître en abordant les positions amies, selon les
consignes reçues.

REAGIR Conduit le feu en cas d’agression par l’ENI et manœuvre pour


dégager les binômes pris sous le feu.
RIPOSTER

Rejoint un point favorable pour se défendre, ou le point de


S’ESQUIVER ralliement fixé par le chef de section, en utilisant un cheminement
à l’abri des vues et des coups.

RENDRE COMPTE Rend compte à son chef de section par radio, verbalement et/ou
par écrit selon la contexture précisée en annexe.

98
LE GROUPE
EFFECTUE UNE PATROUILLE

99
COMPTE RENDU DE PATROUILLE OU DE RECONNAISSANCE

Désignation de la patrouille :

Cartes utilisées :

A-COMPOSITION-EFFECTIF :

B-MISSION RECUE :

C-HEURE DE DEPART :

D-HEURE DE RETOUR :

E-ITINERAIRE ALLER ET RETOUR :

F-TERRAIN :
(décrire l’état du terrain : sec, marécageux, taillis, rocheux, état des ponts, praticabillité
aux engins blindés, aux véhicule à roues, etc. )

G-ENNEMI :
(effectifs, dispositif, matériels, armement, mouvements, le cas échéant moral.

H- MODIFICATIONS A APPORTER AUX CARTES :

J-RENSEIGNEMENTS DIVERS ET NBC :


(en particulier relatifs à la population)

K-RESULTAT DES RENCONTRES AVEC L’ENNEMI :


(pertes ennemies, prisonniers capturés, documents, matériels pris à l’ennemi , dégâts à
ses installations)

L-ETAT DE LA PATROUILLE
(y compris mesures à l’égard des morts et des blessés)

M-CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS :

Signature, grade, fonction et unité du chef de patrouille.

- Calques et croquis seront utilement joints au C.R. de patrouille.

100
ANNEXE 7

TENIR UN POINT DE CONTROLE

Définition
Occuper et défendre un point de contrôle. Il s’agit de contrôler l’application par les usagers
des consignes données par des autorités nationales et internationales.

COMPOSANTES ROLE DU CHEF DE GROUPE ET DES ELEMENTS


PREPARER Détermine sur le terrain :
- les zones d’application de sa mission,
- les points favorables du terrain sur lesquels il s’appuiera,
RECONNAITRE - les possibilités d’aménagement du terrain offertes par le milieu,
- la limite qu’un élément indésirable ne devra pas franchir.
Articule son groupe en trois éléments :
- un élément de présignalisation
- un élément de contrôle et de fouille
ARTICULER
- un élément d’arrêt, chargé d’arrêter, si nécessaire par le feu,
tous les véhicules ou le personnel qui tenteraient de forcer le
barrage.
Il assure également la sûreté éloignée du site.
EXECUTER
Fait aménager le site :
postes de combat, chicanes, zones vie, barrages, abris.
S’INSTALLER
L’élément désigné est chargé de faire ralentir la circulation et
de la réguler de façon à éviter l’engorgement du point de
PRESIGNALISER
contrôle. Il surveille la zone en avant du site, est en mesure de
réagir contre toute agression ou tentative de passage en force.
L’élément désigné fait arrêter le véhicule ou le personnel, fait
CONTROLER couper le moteur, et descendre le personnel, vérifie les pièces
d’identification conformément aux ordres reçus.
L’élément de contrôle, si les ordres reçus le précisent,
procède à la fouille du véhicule et du personnel. Durant ces
FOUILLER
deux dernières actions, l’élément assure sa propre sûreté
rapprochée.
Les éléments présignalisation et contrôle disposent d’un
moyen d’alerte, généralement sonore, permettant de déclencher
ALERTER
la procédure d’arrêt en cas de tentative pour forcer le barrage,
ou de protection en cas d’agression directe contre le site.
Commandé directement par le chef de groupe, l’élément
d’arrêt est chargé de stopper, si nécessaire par le feu, toutes
les tentatives pour forcer le barrage. Il dispose de moyens d’arrêts
ARRETER
passifs type herse, chicane, fût, véhicule,…
Les consignes d’ouverture du feu auront été précisées par le
chef de section.
Tient à jour un registre des contrôles effectués, permettant un
compte rendu quotidien.
RENDRE COMPTE Transmet immédiatement toute information susceptible
d’intéresser le chef de section, qui en aura précisé les limites
dans son ordre initial (demande de recherche).
REAGIR Met en place un système de protection de son personnel (abris,
postes de combat), que les personnels rejoignent en cas d’alerte.
0 RIPOSTER Commande le feu en cas d’agression directe contre le site ou
l’un de ses éléments, selon les ordres reçus.

101
Un point de contrôle peut être décidé pour filtrer les accès à toute installation militaire. Il peut
également servir pour réguler la circulation de véhicules militaires dans le cadre d’un mouvement
important.
Le choix de l’emplacement est primordial. Ce doit être un point de passage obligé qui interdit les
possibilités d’esquive.

CONTROLER CONTROLER ABRIS


FOUILLER FOUILLER
ALERTER ALERTER
CHICANES

ARRETER

POSTE

PRESIGNALER PRESIGNALER

Les enseignements des opérations extérieures montrent que les incidents sont liés à la
présignalisation (en particulier de nuit) et à l’organisation des points de contrôle (« check-
point »). La présignalisation doit aussi avoir pour but d’éviter tout accident causé par la
surprise. L’emploi de herses ou de dispositifs équivalents associés à une bonne exploitation
du terrain permet l’arrêt de véhicules récalcitrants sans recourir à l’ouverture du feu. Par
ailleurs, au stade de la préparation, le responsable du point de contrôle doit prendre en
compte les règles d’engagement pertinentes et diffuser des consignes d’ouverture du feu.

102
ANNEXE 8

SENSIBILISATION A LA MENACE ENGENDREE PAR LA POLLUTION DU


CHAMP DE BATAILLE.

1-GENERALITES.

La sécurité des forces face à la menace engendrée par la présence de mines et de munitions
non explosées sur un théâtre d'opérations passe par la prévention.
La sensibilisation des militaires, notamment de ceux engagés dans les missions extérieures,
doit revêtir un caractère obligatoire et toucher tous les échelons de la hiérarchie.
Pour atteindre un niveau d'autoprotection satisfaisant de chaque individu, il convient de
procéder par étapes.
- La première consiste, dès le temps de paix, à faire prendre conscience par tous les
cadres et militaires du rang du danger "mines – munitions" en acquérant une
connaissance générale de la menace et des règles de comportement élémentaires
destinées à préserver l'intégrité physique des individus.
- La seconde étape vise à sensibiliser le personnel sur les risques spécifiques liés à la
pollution recensée sur le théâtre d'engagement programmé. Cette phase doit être
considérée comme un des points forts de la préparation des troupes et à ce titre mérite
d'être intégrée dans les activités précédant le départ des unités (camps de cohésion,
etc…)
Il faut noter enfin que des séances de sensibilisation au danger "mines – munitions"
organisées en amont ne trouvent leur intérêt que si leurs effets se prolongent dans le temps.
Elles doivent donc faire l'objet, une fois sur le théâtre, de rappels réguliers visant à lutter
contre une baisse de vigilance des cadres et militaires du rang engendrée par un
phénomène d'accoutumance au contexte d'intervention.

2-CONNAISSANCE DE LA MENACE.

21-Présentation générale.
Les risques inhérents à la présence de zones minées dans la profondeur du champ de
bataille ne doivent pas occulter un facteur d'accident potentiel que sont les munitions. En
effet, la fin des hostilités laisse les zones de confrontation parsemées d'une grande variété
d'engins explosifs. Il est généralement admis que 20 à 30% des munitions utilisées au cours
des combats ne fonctionnent pas complètement. Elles demeurent alors en surface ou
partiellement enfouies, sensibles à toute manipulation inopportune. Ces munitions
représentent une menace permanente pour l'ensemble du personnel des forces.

22-Les mines terrestres.


Conçues pour répondre à un besoin ponctuel dans un contexte tactique particulier, les
mines terrestres sont des dispositifs pyrotechniques destinés à fonctionner suite à l'action
involontaire d'un individu, au passage d'un véhicule, etc…
Il convient, pour s'en protéger efficacement que chaque cadre et militaire du rang puisse
mesurer les risques réels qu'elles engendrent au travers d'une connaissance générale de
leurs caractéristiques et de leurs effets.
Leur principe de fonctionnement, leur nombre, le fait qu'elles soient souvent invisibles
ainsi que leur aptitude à demeurer actives de nombreuses années leur confèrent une
capacité de nuisance particulièrement importante.

103
Les mines terrestres peuvent être posées d'une manière très structurée, par des armées
encadrées, ou de façon complètement anarchique, par des éléments incontrôlés. Elles
peuvent également être dispersées à partir d'aéronefs ou d'autres vecteurs (roquettes, obus,
etc…)

Les mines terrestres peuvent être valorisées par des dispositifs de piégeage destinés à
empêcher le relevage. Dans ce cas, elles s’ apparentent à des pièges de combat.

Les mines terrestres peuvent être classées en trois catégories :


• Les mines antipersonnel à action locale (totalement enterrées);
• Les mines antipersonnel à action de zone (partiellement enterrées);
• Les mines antichar (généralement enterrées).

a) Les mines antipersonnel à action locale :


Conçues pour être posées sous deux à trois centimètres de terre, elles sont parfaitement
invisibles à l'œil nu.
• Elles sont en bois, en métal ou en matière synthétique.
• Elles sont de formes et de couleur très diverses.
• Elles possèdent une faible charge d'explosif variant de 10 à 250g.
• Elles explosent si l'on exerce une pression de l'ordre de 5kg sur leur partie supérieure.
• Elles sont posées sur les chemins, autour des positions militaires, autour des sites
présentant un intérêt économique (ponts, usines, pylônes électriques, exploitations
agricoles…).
• Leurs effets se traduisent par un arrachement du membre qui a actionné la mine ainsi
que par des effets secondaires liés à la surpression et à la projection de multiples éclats
et particules.

b) Les mines à action de zone :


Posées sur les chemins, autour des emprises militaires ou pour optimiser l'efficacité d'une
embuscade, les mines antipersonnel à action de zone ont pour caractéristique le fait de
dépasser partiellement du sol, ce qui ne permet que très rarement de les détecter à distance.
En effet, la végétation se charge de parfaitement camoufler ces mines ainsi que les fils
métalliques de traction qui les commandent.
Une mine antipersonnel à action de zone est constituée d'une partie métallique qui, au
moment de l'explosion, se fragmente en une multitude d'éclats. Couvrant un secteur de 60 à
360°, ces derniers, projetés à grande distance, sont destinés à tuer plusieurs personnes
simultanément.

Il existe deux types de mines antipersonnel à action de zone :

• Les mines fixes :


- Elles sont fixées sur un piquet en bois ou en métal planté dans le sol ;
- Elles fonctionnent suite à une traction de 1kg sur un fil métallique ;
- Elles peuvent tuer jusqu'à 15m et blesser jusqu'à 25m.

• Les mines bondissantes :


- Partiellement enfouies dans le sol, elles ne laissent dépasser que la partie allumeur ;
- Elles fonctionnent lorsque l'on marche sur la tête de l'allumeur ou lorsque l'on trébuche
sur le fil de traction. Elles bondissent alors jusqu'à environ 1 mètre du sol avant
d'exploser ;
- Elles peuvent tuer jusqu'à 25 à 30m et blesser jusqu'à 100m.

104
c) Les mines antichars :
Contenant en général une charge d'explosif variant entre 5 et 11kg, les mines antichars sont
utilisées pour interdire des itinéraires et détruire, le cas échéant, les véhicules qui s'y
aventurent.
Les mines antichars les plus couramment rencontrées sur le terrain sont réalisées en métal,
en bois, voire en matière synthétique. Elles explosent lorsqu'une pression de plus de 150kg
est exercée sur la partie supérieure.

Des mines de génération plus récente sont déclenchées par capteurs sophistiqués et
fonctionnent par envoi d'un projectile performant.

Les munitions
La présence de munitions, quelle que soit leur famille d'appartenance (obus de canon ou de
mortier, roquettes, grenades, missiles, sous-munitions, etc..), revêt un danger considérable
pour les militaires évoluant sur un théâtre d'opérations dans l'accomplissement de leurs
missions quotidiennes.
Les munitions tirées et n'ayant pas fonctionné ne représentent pas l'unique facteur de
risque. Celles abandonnées ou découvertes lors d'investigations confiées aux unités de
l'interarmes doivent également être considérées comme dangereuses du fait :
- d'une exposition permanente aux intempéries et aux écarts de température ;
- d'un piégeage éventuel dont elles ont pu faire l'objet.

Les piéges de combat


Ces dispositifs sont généralement conçus à partir de munitions voire d'explosif de
récupération. Leur système de mise de feu est basé sur le comportement humain et sur les
réflexes du militaire en campagne (curiosité, récupération de matériel et de
renseignements, etc..). Ils sont souvent très ingénieux et très bien camouflés.

Les zones susceptibles d'être dangereuses


Les mines peuvent être rencontrées partout. Néanmoins, certains emplacements sont plus
favorables à leur mise en œuvre. Ce sont notamment :
• les anciennes zones de confrontation .
• les sites militaires occupés ou abandonnés (check points, postes de combat, etc..) ;
• les habitations abandonnées ;
• les sites de ravitaillement potentiels (points d'eau, vergers, etc..) ;
• les itinéraires (sentiers, pistes et accotements, passages à gué, etc …) ;
• les forêts et champs en friches ;
• les sites économiques importants ;
• les abords des zones frontalières.

Les pièges de combat se rencontrent essentiellement :


• sur les positions évacuées par les belligérants ;
• dans les locaux pouvant servir d'abri à une troupe de passage ;
• dans les villages abandonnés ;
• sur les véhicules, armes et autres matériels abandonnés.

Les indices laissant supposer la présence d'une zone dangereuse


La détection à vue est primordiale. Elle permet de suspecter la présence de zones minées,
soit directement, soit grâce à des indices tels que :
• obstacles (abattis, fossés antichar, destructions, obstructions,…) ;
• mines en surface ou à demi enterrées ;

105
• terre remuée, nids de poules sur un axe routier ;
• emballages et/ou équipements abandonnés sur le terrain ;
• réseaux de fils de fer barbelés ;
• alignements de piquets en bois ou en métal dépassant du sol ;
• véhicules endommagés ;
• cadavres ;
• moyens de marquage réglementaire ou de circonstance.

3-REGLES DE COMPORTEMENT

Garantes de la préservation de l'intégrité physique des combattants, elles reposent sur le


respect absolu de consignes générales et sur l'observation de certaines conduites à tenir
face à des situations clairement énoncées.

31-Consignes générales
Quel que soit le théâtre d'engagement des forces, des consignes très strictes doivent être
définies en matière de prévention contre les accidents par mines et engins explosifs. Elles
doivent être connues et comprises de tous, régulièrement rappelées et contrôlées dans leur
application.

Ces consignes doivent faire clairement apparaître :


• qu'il est strictement interdit aux cadres et militaires du rang de s'approcher et de
manipuler toute munition et/ou engin inconnu pouvant être découvert sur le terrain ;
• que l'investigation de dépôts, caches et autres lieux confinés ne peut être réalisée que sur
ordre, par des spécialistes du génie ;
• que tous les bâtiments vides, le matériel, etc.. doivent être considérés comme dangereux
;
• que tout déplacement en zone suspecte doit se faire revêtu des équipements de
protection en dotation ;
• qu'en cas d'explosion, le premier réflexe doit être du suspecter la présence d'autres
engins explosifs ;
• qu'un marquage de circonstance doit systématiquement être réalisé lorsque des mines
et/ou des munitions sont découvertes ou lorsque une zone s'avère suspecte.

32-Conduite à tenir

Déplacement dans une zone inconnue – en véhicule.


a) Avant le départ – préparation de la mission :
• se renseigner sur la localisation des zones dangereuses ;
• se renseigner sur les marquages existants sur l'itinéraire planifié ;
• effectuer une remise à niveau de sensibilisation à tout le personnel concerné.

b) Pendant le déplacement :
• n'utiliser que les "itinéraires approuvés" par le commandement ;
• éviter les accotements ;
• être en permanence vigilant quant à la présence d'indices de pose de mines ;
• respecter les marquages indiquant les zones dangereuses ;
• ne pas céder à la curiosité et/ou à l'envie de collecter des "souvenirs" ;
• le véhicule de tête doit prévenir le reste du convoi lorsqu'il pénètre dans une zone à haut
risque (mines sur le bas côté de l'axe de progression, etc..) ;

106
• rendre compte immédiatement en cas de découverte d'une mine ou d'un engin inconnu
(unité, position, nature de la menace, éventuellement nombre et état des blessés,
mesures immédiates prises).

c) Après le déplacement :
• rendre compte au PC de l'unité des observations effectuées durant la mission
(découverte de zones suspectes non recensées, marquages détériorés, etc..) ;
• tirer des enseignements de la mission avec les personnels ayant été impliqués.

Règles de déplacements dans une zone inconnue – patrouille à pied.


Pour réduire les risques et augmenter l'efficacité de la patrouille, les consignes de
sauvegarde suivantes doivent être appliquées :

a) Avant le départ – préparation de la mission :


• se renseigner sur la localisation des zones dangereuses ;
• se renseigner sur les marquages existants sur l'itinéraire planifié ;
• chaque patrouille doit posséder un moyen d'orientation (GPS, boussole) ;
• le responsable de la mission doit rappeler les consignes établies et entraîner ses hommes
essentiellement dans le domaine des procédures à suivre en cas d'accident (dont
EVASAN).

b) Pendant le déplacement :
• n'utiliser que les itinéraires reconnus comme sûrs ;
• se déplacer lentement en étant en permanence vigilant quant à la présence d'indices de
pose de mines ;
• respecter les marquages indiquant les zones dangereuses ;
• ne pas céder à la curiosité et/ou à l'envie de collecter des "souvenirs") ;
• en cas de doute, s'arrêter, rendre compte par radio ;
• en cas de présence de mines, appliquer les mesures figurant au paragraphe suivant.

c) Après le déplacement :
• rendre compte au PC de l'unité des observations effectuées durant la patrouille
(découverte de zones suspectes non recensées, marquages détériorés, etc…) ;
• tirer des enseignements de la mission avec le personnel ayant été impliqué.

33-Conduite à tenir en présence d'une mine ou d'un engin explosif.

a) Cas du personnel à pied.


En cas de pénétration involontaire dans une zone minée, le réflexe immédiat doit être de :
• conserver son calme ;
• ne plus bouger ;
• alerter les autres personnes présentes dans la zone ;
• inspecter attentivement le terrain autour de soi pour tenter de localiser la présence d'une
autre source de danger (mine, fil de traction, etc..) ;
• rendre compte de la situation et demander de l'aide.

Puis, en fonction des circonstances, le chef de détachement devra adopter l'une des
attitudes suivantes :

107
• si les traces des pas des individus ayant pénétré dans la zone minée ou polluée sont
apparentes, ordonner à ceux-ci de se replier jusqu'à une zone sûre en suivant
rigoureusement leurs propres traces ;
• dans le cas contraire, se frayer soi-même un itinéraire de repli en utilisant la technique
du sondage et en ayant indiqué au préalable la même marche à suivre à ses subordonnés
afin de créer un cheminement unique pour sortir de la zone ;
• une fois en zone sûre, matérialiser le danger avec des moyens réglementaires, voire de
circonstance, afin d'en interdire l'accès ;
• enfin rédiger un compte rendu de localisation de la zone dangereuse (le plus détaillé
possible).

b)Cas de personnels embarquées à bord d’un véhicule.


La présence d'une zone minée est parfois révélée par la détection visuelle d'une mine ou
son explosion au passage d'un véhicule. Dans ce dernier cas, les armes de bord doivent être
tenues prêtes à intervenir et, lorsque la situation tactique le permet, les véhicules voisins
s'arrêtent et leurs tireurs se mettent en garde.

Les réflexes immédiats doivent être de :


• conserver son calme ;
• stopper le véhicule sur place (ne pas tenter de le garer sur les accotements) ;
• ne pas tenter d'extraire le véhicule de la zone minée en le faisant reculer sur ses propres
traces ;
• ne pas débarquer précipitamment de son véhicule pour l'abandonner ou pour se porter
au secours des occupants de celui qui vient d'être touché ;
• rendre compte de la situation et alerter par radio ou tout autre moyen de communication
à distance les autres véhicules présents dans la zone.

Puis, en fonction des circonstances, chaque chef de bord devra adopter les attitudes
suivantes :
• si l'itinéraire est une piste en terre sur laquelle les traces des véhicules sont visibles,
organiser l'évacuation du personnel par l'arrière. Faire sortir les hommes de la zone
minée, colonne par un, en progressant sur l'une des traces de roues ou de chenilles et en
respectant un intervalle de vingt mètres entre chaque individu. Si aucune trace n'est
apparente à l'arrière des véhicules et si la situation tactique le permet, le chef de bord
doit procéder comme suit :
- empêcher quiconque de quitter le véhicule ;
- attendre les secours ;
- en cas de danger imminent seulement, tenter de s'en extraire par l'arrière en réalisant,
par sondage, un cheminement dans l'axe supposé d'une des traces de l'engin ;
• si l'itinéraire et goudronné et qu'aucune mine n'est apparente en surface, les occupants
du véhicule peuvent l'abandonner par les côtés. Ils doivent ensuite quitter la zone minée,
colonne par un, en restant sur le revêtement goudronné et en respectant un intervalle de
vingt mètres entre chaque individu ;
• quelles que soient les circonstances, les blessés sont extraits du véhicule et évacués par
le même chemin que les hommes valides.

34-Conduite à tenir lorsque l'on est témoin d'un accident par mine.

Le traitement d'un accidenté par mine est classé en "urgence absolue" nécessitant
rapidement des soins intensifs.

108
La conduite à tenir en présence d'un accidenté par mine concerne chaque cadre et
militaire du rang engagé en opération. Elle doit faire l'objet de fréquents rappels sous
forme d'un entraînement permettant de roder chacune des étapes qui la compose.

Ces étapes sont les suivantes :


- prise en compte de l'accident ;
- extraction de la zone minée ;
- apport des premiers soins ;
- évacuation vers un poste de secours.

a) Prise en compte de l'accident :


Lorsque l'on est témoin d'un accident par mine, il faut agir vite mais sans précipitation afin
d'éviter un sur-accident. Il convient donc :
- d'empêcher quiconque de se précipiter vers le blessé pour lui porter secours ;
- de mesurer l'état de conscience du blessé en l'interpellant depuis la zone sûre ;
- s'il est conscient et peut entendre, lui dire que les secours arrivent et lui demander de ne
pas bouger ;
- simultanément rendre compte et alerter les secours.

b) Extraction de la zone minée :


- faire établir le plus rapidement possible un cheminement (par sondage) pour permettre
l'accès au blessé ;
- transporter le blessé hors de la zone minée soit à l'aide d'un brancard (réglementaire ou
de fortune), soit directement à dos d'homme.

c) Dispense des premiers soins :


- donner le plus tôt possible les premiers soins au blessé. Si la pose d'un garrot est
nécessaire, elle doit être directement effectuée sur le lieu de l'accident ;
- conditionner le blessé en vue de son évacuation.

d) Evacuation vers un poste de secours :


- évacuer le blessé vers la première structure médicale capable de l'accueillir.

109
ANNEXE 9

MISE EN OEUVRE DE L’APPUI MANOEUVRE ALAT

1- GENERALITES SUR LES OPERATIONS HELIPORTEES

11-DEFINITIONS

Il est indispensable de distinguer les définitions suivantes (référence TTA 106) :

• Hélitransport : Transport par hélicoptères de personnel ou de matériels destinés à être


déposés en zone contrôlée. Un hélitransport s’intègre généralement dans le cadre d’une
action aéromobile autonome ou conjuguée et nécessite des éléments de reconnaissance,
de couverture et d’appui.

• Héliportage : Mouvement par hélicoptères d’éléments destinés à être engagés dès la


mise à terre. L’héliportage est une opération délicate, qui impose des délais et une
préparation rigoureuse. Il nécessite une coopération étroite entre l’ALAT et l'unité
transportée. Cette coopération étroite commence dès la phase de préparation et
d’élaboration de la manœuvre au niveau supérieur et doit se poursuivre lors de
l’exécution jusqu’au niveau le plus bas, la section, afin de lui permettre, une fois
déposée sur la zone prévue, de réaliser l’effet attendu.

12-LES TYPES D’APPAREILS

L’annexe proposée a été réalisée à partir de l’appareil PUMA SA 330, mais les mesures de
sécurité et la procédure générale peuvent être transposées à tout autre appareil, même
étranger susceptible d’être utilisé dans un cadre interalliés. En règle générale, le chef de
section devra prévoir le fractionnement de la section en deux à trois éléments, selon les
renforcements qu’il aura pu recevoir et selon le type d’appareil utilisé.

13-RÔLE DU CHEF DE SECTION

Lors d’un héliportage, le chef de section est responsable de la manœuvre à terre jusqu’à
l’embarquement et à l’issue du débarquement. Son vis à vis ALAT est le chef de patrouille,
qui est responsable de la partie déplacement en vol, dès l’embarquement effectué et
jusqu’au débarquement.

Le choix de la zone de départ sera réalisé en fonction des impératifs tactiques (élongation,
situation du moment...) et techniques (choix de l’aire d’enlever) par le chef de section
après accord du chef de patrouille.

La phase d’approche finale sur le point de poser doit toutefois faire l’objet d’une
approbation de la part du chef de section en vue de la réalisation de sa mission par rapport
à la réalité terrain.

110
131-AVANT L’EMBARQUEMENT

Le chef de section fait prendre certaines dispositions matérielles :

• Au reçu de la mission :

en fonction du type et du nombre d’appareils, il effectue le fractionnement de la section (en


tenant compte des renforts éventuels). Il fixe la tenue, l’armement, les munitions et les
équipements à emporter, ainsi que la répartition éventuelle des munitions collectives. Le
cas échéant, il fixe les ordres au chef de l’élément chargé de le récupérer avec les véhicules
à l’issue de l’action aéromobile.

• Sur la zone d’enlever :

il fait assurer la sûreté immédiate de sa section et, éventuellement, de la zone d’enlever, et


fait prendre l’écoute radio sur la fréquence ALAT. Il fait rappeler les règles de sécurité
pour l’embarquement et le débarquement et fixe la conduite à tenir, à l’issue du
débarquement. Il fait préparer par appareil, conformément au fractionnement le manifeste
passagers (“ ticket d’embarquement ”).

• Dès que les appareils sont sur zone :

Il guide par radio le chef de patrouille sur sa position, authentifie l’aire de poser et autorise
le poser en assurant le guidage final des appareils sur l’aire de poser. Il précise à chaque
groupe l’appareil dans lequel il doit prendre place et embarque à bord de l’appareil du chef
de patrouille. Avant le décollage, il l’informe de la situation tactique, notamment dans les
zones de survol et de poser, si possible sur carte et lui transmet les renseignements
suivants : son indicatif, sa mission et les coordonnées du ou des points où la section doit
être déposée.

132-EN VOL

Le chef de section doit communiquer avec le chef de patrouille en utilisant le casque “ 3ème
homme ”, mis en œuvre à la demande par le mécanicien navigant. Ce casque permet de
communiquer avec l’équipage et de suivre l’évolution de la situation sur le réseau
extérieur, accessible après autorisation du commandant de bord.

En pratique, il convient de limiter les communications à l’indispensable, et de n’émettre


sur le réseau extérieur qu’après autorisation du commandant de bord.

Averti par le chef de patrouille au moment d’aborder la zone de poser, le chef de section
doit, avec l’aide du commandant de bord effectuer un tour d’horizon, confirmer le point de
poser souhaité et donner les dernières consignes avant le poser.

111
133-AU SOL

Une fois débarqué, le chef de section entre en liaison avec ses chefs de groupe,
réarticule éventuellement sa section et rend compte à son commandant d’unité de son
poser afin de libérer au plus vite les moyens hélicoptères.

14-RÔLE DU CHEF DE PATROUILLE

En dehors des procédures particulières de vol, le chef de patrouille :

• Avant d’arriver sur l’aire d’enlever : il prend contact radio avec le chef de section,
demande l’authentification de l’aire de poser et la liberté de manœuvre. Il dispose ses
appareils sur l’aire de poser en fonction de la disposition des troupes au sol.

• Au sol : il veille à ce que le chef de section embarque à bord de son appareil et s’assure
qu’il y a concordance entre les coordonnées des aires de poser du chef de section et les
siennes.

• En vol : il se fait communiquer les derniers renseignements sur l’ennemi et sur l’objectif
et en informe le chef de section (casque 3ème homme).

• Avant de poser : il fait identifier l’objectif par le chef de section , effectue un “ tour
d’horizon ” avec le chef de section et pose au plus près du point choisi. Responsable de
la sécurité des appareils et des personnels jusqu’au poser, il peut, en dernier ressort,
changer d’aire de poser, s’il estime que celle initialement choisie n’est pas sûre.

2-LE FRACTIONNEMENT DE LA SECTION

21-GENERALITES

Les dispositions d’embarquement et de débarquement traitées dans ce document sont


prévues pour l’hélicoptère de manœuvre PUMA SA 330 et doivent être adaptées en cas
d’emploi d’un appareil différent. Dans la mesure du possible, le chef de section
s’efforce de respecter les structures organiques de la section, tout en ayant le souci de
privilégier la rentabilité des HM.

• Une patrouille de PUMA SA 330 à 3 appareils = 1 section de combat ;


• 1 HM = 1 groupe de combat renforcé .

Les caractéristiques des principaux hélicoptères sont précisées en appendice.

112
22-LES MODALITES D’EXECUTION DE L’EMBARQUEMENT

221-AVANT L’EMBARQUEMENT

Les groupes en attente sont répartis sur la zone d’enlever, en fonction du nombre
d’appareils attendus. Chaque groupe est divisé en deux colonnes correspondant aux deux
portes d’embarquement de chaque appareil.

222-LA PHASE D’EMBARQUEMENT

• Les groupes abordent impérativement par l’avant (danger du rotor anticouple), une
équipe de chaque côté.
• L’ouverture et la fermeture des portes sont effectuées par les chefs d’équipe, qui
embarquent en dernier (1) ou (3).
• L’embarquement se fait “ arme à la main ”, sac à la bretelle, sans coiffure.
• Le personnel s’aide pour embarquer, sans s’accrocher aux portes.
• Les armes collectives embarquent si possible en dernier et prennent place à l’avant. (1)
ou (3). Le reste du personnel complète l’arrière de l'appareil. (2)

• Modalités d’exécution :

• Antenne flexible des postes repliée.


• Les sacs à dos et les charges sont déposés au centre en passant.
• La dernière banquette n’est utilisée que si nécessaire (centrage).
• Le chef d’élément remet le “ ticket d’embarquement ( coordonnée du point de posé) ”
au commandement de bord.
• Le chef de groupe et le chef d’équipe se mettent à l’écoute des téléphones de bord.
• Les armes sont tenues entre les genoux :
• en opération : approvisionnées non armées, les canons vers l'exterieur ;
• en temps de paix non approvisionnées et canon vers le haut.
• Les ceintures sont bouclées.

113
PROCESSUS D’EMBARQUEMENT

2
1

3
1
2

DISPOSITION EN FIN D’EMBARQUEMENT

sacs + casque radio


charges

223-LES MODALITES D’EXECUTION AU DEBARQUEMENT

AVANT LE POSER

Le chef d’élément, en liaison avec le commandant de bord identifie et observe la zone de


poser.

AU POSER

Les chefs d’équipe ouvrent les portes et débarquent en premier, toujours sur ordre du
commandant de bord. Ils restent à la porte et aident au débarquement. Les servants des
armes collectives se préparent et débarquent en premier. Le personnel de queue débarque
ensuite, en récupérant leurs charges (1). L'ensemble du personnel débarque vers l’avant du
HM et tombe en garde face à l’avant. Les chefs d’équipe referment les portes. Le chef
d’élément annonce la fin du débarquement par signe au commandant de bord.

114
PROCESSUS DE DEBARQUEMENT
1

sacs +
charges

224-LE REGROUPEMENT

Les groupes tombent en garde à l’avant des appareils et rejoignent les couverts les
plus proches, conformément aux ordres reçus lors de l’embarquement.

CDT

3
SOA

115
3-CAS PARTICULIER D’UN HELIPORTAGE DE NUIT

De nuit, l’héliportage se déroule dans des conditions identiques, mais l’aire du poser
d’enlever doit avoir été reconnue de jour si déposé de personnel (la reconnaissance de l'aire
de poser n'est pas obligatoire pour l'enlever si l'appareil arrive sans PAX a bord). Si les
HM ne sont pas équipés de jumelles de vision nocturne (JVN), l’aire de poser doit avoir été
balisée de jour.

31-RÔLE DU CHEF DE SECTION

Le chef de section veille à la sûreté de son dispositif et à l’application de mesures de


sécurité particulières.

• Au débarquement, pour éviter tout risque de saut prématuré, l’ordre d’évacuation est
donné par le commandant de bord et transmis au geste par le mécanicien navigant.
• Après avoir débarqué, les personnels dégagent latéralement et se plaquent au sol
jusqu’au décollage des appareils.
• Dans le cas où il ne dispose pas d’équipe de balisage, le chef de section :
• reconnaît l’aire de poser, la fait équiper et désigne les personnels chargés de la
récupération des lampes de balisage,
• cinq minutes avant l’heure d’enlèvement prévue, il fait prendre l’écoute radio,
• dès qu’il a pris contact radio avec le chef de patrouille HM, le chef de section
active le balisage et lui adresse un message d’approche, dont la contexture est
donnée ci-dessous :

A Axe d’approche (en degrés)


B Direction d’où vient le vent et vitesse (km/h ou noeuds à préciser)
C Altitude topographique de la zone de poser
D Obstacles importants et distance dans le secteur d’approche et de décollage
E Dévers et pente : nature du sol et environnement de l’aire de poser
F Position et attitude de l’ennemi

4-BALISAGE D’UNE AIRE DE POSER POUR HELICOPTERES

41-BALISAGE DE JOUR

• Le balisage de jour n’est pas indispensable.


• L’emploi de fumigènes facilite le repérage de l’aire de poser (toutes les couleurs
peuvent être utilisées à l’exclusion du rouge, qui est réservé, en cas de panne radio, à
signifier l’interdiction de l’aire de poser).

116
42-BALISAGE DE NUIT SANS JVN

En règle générale, les HM étant équipés de jumelles de vision nocturne (JVN), le balisage
de nuit n’est pas nécessaire. Sans JVN, l’aire de poser doit être choisie et équipée par un
officier marqueur baliseur (OMB) ou un officier observateur pilote de l’ALAT.

• L’aire de poser ne doit comporter aucun obstacle de plus de dix mètres de hauteur dans
l’axe d’approche ou de décollage à 200 mètres de part et d’autre du T lumineux, et dans
un secteur de 30° de part et d’autre de l’axe de décollage (barre verticale du T). Le sol
doit être dur, uni, exempt de végétation haute et ne pas comporter de dévers.

• Le balisage de nuit est réalisé au moyen de sept lampes portatives de type MX 290,
ancrées au sol. La barre horizontale du T est placée perpendiculairement à la direction
du vent. La distance entre chaque lampe du T est de quinze mètres ; la distance entre la
barre du T et la lampe située en avant de celle-ci est de trente mètres. Le comptage est
effectué par la même personne pour toutes les lampes.

SENS DU VENT

30 m

15 m

15 m

SENS DU POSER

Balisage réglementaire uniquement pour les équipages sans JVN

117
APPENDICE : DONNEES TECHNIQUES

RENSEIGNEMENTS GENERAUX

Poids moyen d’un combattant équipé : 100 KG


Pour les appareils français, la masse d’emport est calculée en fonction des
performances en vol tactique selon la réglementation ALAT (B. O. 133).

CARACTERISTIQUES DES DIFFERENTS HELICOPTERES

21/ SA 330 (PUMA)

Poids d’emport avec 2 heures d’autonomie : 1 200 KG


Vitesse de croisière : 240 KM/H
Distance franchissable : 500 KM
Vitesse moyenne en vol tactique : 180 KM/H
Distance moyenne franchissable en vol tactique : 350 à 400 KM

22/ AS 532 ( COUGAR)

Poids d’emport avec 3 heures d’autonomie : 2 400 KG


Vitesse de croisière : 250 KM/H
Distance franchissable : 750 KM
Vitesse moyenne en vol tactique : 180 KM/H
Distance moyenne franchissable en vol tactique : 450 à 550 KM

23/ CH 53 D

Poids d’emport avec 3 heures d’autonomie : 13 T ou 38 combattants


Vitesse de croisière : 260 KM/H
Distance franchissable : 800 KM

118
ANNEXE 10

LE COMBAT DE NUIT
(généralités)

1) Caractéristiques.

Eléments psychologiques :
La nuit est le domaine de la crainte pour la troupe peu instruite et peu aguerrie, dont se
brisent les liens tactiques et moraux.

Pour une troupe bien entraînée, au contraire, la nuit est une arme supplémentaire qui lui
permet de mobiliser à son profit les terreurs nocturnes et de provoquer la surprise.

Eléments techniques :
L'obscurité influence considérablement le combat par :
- une diminution de l'efficacité du tir ajusté ;
- une augmentation de l'importance :
du combat rapproché ;
du tir repéré.
- la difficulté :
du mouvement ;
du maintien de la direction et des liaisons ;
du commandement ;
de l'appui des armes ;
du contact.

Les opérations de nuit sont une forme de combat à haut rendement en ce sens qu'elles
donnent des résultats analogues à ceux obtenus de jour mais en engageant moins de
moyens et avec moins de pertes.

L'attaque dans l'obscurité bénéficie du fait que les feux de la défense sont moins efficaces
et moins ajustés. Elle a l'avantage de surprendre l'ennemi et de pallier l'insuffisance des
appuis de feux disponibles.

La défense est plus délicate : le défenseur ne peut se rendre compte ni des manœuvres de
l'assaillant, ni de sa position exacte. Par contre il a l'avantage de connaître le terrain de
l'action, d'évoluer dans un dispositif connu et de disposer de liaisons préétablies.

Le combat de nuit demande des troupes entraînées et aguerries ; seul l'entraînement


amènera la confiance, élément essentiel du succès.

2) Influence de la nuit sur l'emploi des moyens :

21) Le personnel :
Il doit subir un entraînement poussé dans un double but moral et technique.
Au point de vue moral, le combattant doit être affranchi du complexe d'infériorité qu'il
ressent vis à vis de la nuit.
Au point de vue technique la troupe doit être spécialement entraînée en vue :
- de la conservation de la direction, de l'ordre et du silence ;
- de l'efficacité du tir ;
- de l'observation (l'écoute l'emporte sur la vue, le toucher prend de l'importance).

119
22) L'armement :
La nuit supprime à peu près complètement, suivant l'importance de l'obscurité, les
possibilités de tir à vue ( sauf les armes munies d'appareil à vision nocturne).
Il y a donc nécessité absolue de recourir :
- au tir repéré pour les armes en station ;
- au tir instinctif pour l'armement individuel.

23) Les véhicules :


La diminution de la visibilité, l'obligation de recourir au "black-out" ou même aux
déplacements tous feux éteints influent considérablement sur les possibilités d'emploi des
véhicules.
Dans les cas extrêmes la vitesse de déplacement sur route peut tomber à 4 ou 5 km/h. On
peut recourir au déplacement sur itinéraire balisé. La moyenne devient alors de l'ordre de
20 km/h.
A proximité de l'ennemi, les déplacements des véhicules sont bruyants et facilement
repérables par l'écoute.

3) Mise en œuvre de moyens spéciaux :


La nuit certains moyens spéciaux facilitent le combat, surtout pour le défenseur. Ce sont :
- l'éclairage du terrain par projecteurs ou artifices ;
- les appareils de vision nocturne ;

4) Les déplacements et stationnements de nuit :


Ils permettent de :
- s'abriter contre l'observation aérienne et terrestre ;
- réaliser la surprise par le secret des mouvements ;
- s'adapter aux exigences tactiques du moment (exploitation, repli).

5) Les marches de nuit :


Elles s'effectuent dans les conditions identiques aux marches de jour. Elles s'en distinguent
cependant sur les points suivants :
- dans la préparation minutieuse :
- reconnaissance détaillée et jalonnage de jour de l'itinéraire et de l'objectif de marche ; à
défaut, étude approfondie de la carte et des photo aériennes ;
- distribution des croquis d'itinéraires à tous les chefs de groupe.
Ces croquis indiqueront :
la route à suivre ;
les points caractéristiques du terrain ;
les jonctions de routes et carrefours ;
les distances du point initial aux points caractéristiques.
utilisation de guides connaissant le terrain.

- dans l'exécution :
- les hommes sont allégés au maximum. Les équipements bien arrimés ;
- les distances entre les hommes et les unités sont réduites ;
- la formation, en général colonne par un de part et d'autre de la route, est adaptée à la
qualité de l'itinéraire et à la situation tactique ;
- la vitesse est de l'ordre de 3 km/h sur route et de 1,5 km/h en tout terrain ;
- en cas d'arrêt de durée imprévue, le commandant de détachement de marche doit
immédiatement pousser vers l'avant pour se renseigner. L'arrêt peut être dû à des gens
endormis, ou à un doute sur l'itinéraire ;
- nécessité d'être en permanence en garde ; la nuit n'est pas une garantie de sécurité
absolue ;
- imposer le silence et interdire les lumières et cigarettes ;
120
- dans les ordres pour une marche de nuit :
on insistera particulièrement sur les points suivants :
- concernant l’itinéraire : distribuer les croquis d'itinéraire, les commenter, signaler les
particularités du fléchage et du jalonnage prévus ;
- sur les mesures de conservation des liaisons, prévoir :
des hommes de communication à envoyer (prévoir large) ;
des jalonneurs à laisser (qui? quand finira leur mission ? conduite à tenir en fin
de mission) ;
des moyens particuliers prévus (mouchoirs blanc, IL…) ;
des mesures de sûreté immédiate (lumières , bruits) ;
le réglage des montres.

6) Les déplacements en véhicule de nuit :


Les déplacements en véhicule de nuit se caractérisent par un abaissement important des
vitesses moyennes variable selon l'entraînement des conducteurs, les difficultés de
l'itinéraire et l'éclairage autorisé. Il y a lieu d'insister sur les points suivants :

- dans la préparation :
- reconnaissance détaillée de l'itinéraire sur le terrain si possible, sinon sur la carte ;
- établissement d'un croquis d'itinéraire, distribué à chaque chef de bord ;
- utilisation de jalonneurs, et, si les consignes ne s'y opposent pas, pancartes lumineuses
ou luminescentes.

- dans l'exécution :
Les difficultés résultant de l'obscurité et de la fatigue imposée aux conducteurs exigent une
discipline de marche stricte, une surveillance active de tous les cadres, et des conducteurs
entraînés qui doivent être relevés toutes les deux heures. Les déplacements en véhicule de
nuit se différencient suivant le mode d'éclairage utilisé :

- éclairage normal :
Il ne présente pas de difficultés particulières.

- éclairage réduit (black-out).


Les véhicules militaires sont équipés d'un éclairage réduit pour la circulation de nuit. Le
tableau ci après indique la limite de visibilité de leurs balises :

Altitude
Distances où 4 Distances où 2 Distances où une
maximum pour
Lampes lumières sont lumières sont seule lumière est
un observateur
visibles visibles visible
en avion
Jusqu'à 20 De 20 mètres à
Balises avant 150 mètres
mètres 300 mètres

Jusqu'à 20 de 20 à 60 de 60 à 300
Balises arrières 150 mètres
mètres mètres mètres

Suivant les ordres reçus, l'éclairage réduit consiste :


- soit à faire rouler la totalité des véhicules en "black-out",
- soit à autoriser quelques rares véhicules déterminés guide de rames et d'éléments à
rouler en code, tous les autres étant en black-out.

121
Les distances entre les véhicules sont alors réduites pour permettre aux conducteurs
d'apercevoir les balises du véhicule précédant.

- tous feux éteints :


Dans ce cas, les distances sont encore réduites. Des marques blanches sur les véhicules et
au bord des routes permettent de diminuer les risques. La vitesse peut tomber à 4 ou 5
km/h. La circulation se fait sur route à sens unique. Les coups de phares intempestifs sont à
proscrire.

- précautions à prendre :
Du fait des moyens de détection (radar, IL, bombes éclairantes) et l'action toujours possible
des partisans, les déplacements en véhicule de nuit doivent être effectués en appliquant les
mesures de sûreté immédiate dans les conditions analogues à celles de jour (guetteurs,
hommes prêts à sauter hors du camion et à se disperser).
En cas de panne, les occupants doivent s'installer en défensive autour de leur véhicule,
jusqu'à ce qu'il soit dépanné.

Dans les ordres pour un déplacement en véhicule de nuit, on insistera plus particulièrement
sur :
- l’itinéraire (voire ordres pour une marche de nuit) ;
- les mesures de liaison (mode d'éclairage autorisé) ;
- les mesures de sûreté immédiate ;
- le réglage des montres.

122
ANNEXE 11

LE COMBAT DEFENSIF DE NUIT

1) L’installation défensive :

Le combat de nuit sur une position défensive, qu'elle soit à densité normale ou sur une
large zone d'action, se mène dans des conditions semblables au combat de jour.

Les caractéristiques déjà étudiées, imposées par l'obscurité, nécessitent une modification
totale ou partielle du dispositif de jour pour renforcer certaines parties de la position ou
soustraire à l'ennemi des éléments repérés ou trop exposés et pour battre les zones
découvertes généralement négligées de jour et favorables pour une attaque de nuit :
- le système de guet et d'alerte doit être adapté aux conditions créées par l'obscurité ; au
besoin certaines sections pourront être maintenues en alerte ;
- l'envoi de patrouilles fréquentes doit être prévu dans les zones qui de jour étaient
tenues par le feu ou seulement surveillées ;
- une préparation simple et minutieuse des contre-attaques doit être entreprise. Celle-ci
sont montées à priori dans les zones nettement définies pour éviter toute méprise entre
sections ;
- une préparation des tirs systématiques et repérés des armes doit être effectuée de jour ;
- les signaux de déclenchement instantané des tirs prévus d'une part, et des consignes
très strictes pour empêcher l'extension, sans raison, du feu d'autre part, doivent être
connus de tous ;
- fixer les consignes particulières en cas d'éclairement du terrain ;
- indiquer des points de ralliement faciles à trouver en cas de succès de l'attaque adverse
sur certains éléments de la position ;
- diffuser à tous les échelons un signal de reconnaissance.

Sur une position défensive, la nuit est spécialement mise à profit pour les ravitaillements et
pour les relèves.

2) La relève de nuit :

Buts à atteindre :
- effectuer le remplacement des unités rapidement et discrètement.
- permettre à l'unité relevante d'être camouflée et prête à combattre dès l'aube et à l'unité
relevée d'être hors de vue de l'ennemi.

Préparation :
La relève est précédée d'une reconnaissance faite de jour. Le détachement précurseur qui
effectue cette reconnaissance peut utilement comprendre pour un détachement :
- 1 officier ;
- 1 sous officier guide par section (sous officier adjoint) et si possible 1 guide ;
- 1 guide ou 2 pour les armes d'appui.

Le détachement précurseur prend contact avec les chefs des unités correspondantes à
relever, étudie le terrain de jour et rassemble les renseignements sur :
- la mission ;
- le dispositif ;
- les consignes ;
- les travaux ;
123
- les guides à placer pour la relève.

Déroulement de la relève :
Tout le personnel du détachement relevé doit être aux emplacements de combat pendant la
relève.
Le détachement relevé envoie des guides, renforcés par le personnel du détachement
précurseur, pour conduire le détachement relevant du point de débarquement au
emplacements de combat. Les sections relevantes y doublent sans modification de
dispositif les sections relevées. Les consignes sont passées. Les sections rendent compte de
la relève terminée. Seulement alors, les sections et le détachement relevé quittent les
positions de combat, se regroupent en des points prévus à l'avance et font mouvement, si
possible, par des itinéraires différents de ceux empruntés par le détachement relevant.
En cas d'attaque au cours de la relève, le commandement est toujours assuré par le
commandant du détachement à relever.

124
ANNEXE 12

LE COMBAT DANS LES LOCALITES

1)Généralités :

Le combat dans les localités présente de grandes analogies avec le combat en sous bois.
Rues et places peuvent être comparées aux layons et clairières.
Le combat y est très délicat et absorbe beaucoup de moyens en personnels et matériels. Il
se complique souvent de problèmes de franchissement de cours d'eau.

2)Caractéristiques :

- Vues : les vues sont très limitées, l'observation difficile, ainsi que le maintien de la
direction et des liaisons.
- Feux : les armes à tir direct ne trouvent que des champs de tirs très réduits.
L'observation et la mise en place des tirs indirects est souvent impossible. Les
constructions offrent une bonne protection contre les projectiles à faible puissance et
même contre l'artillerie.
- Mouvement : les mouvements sont très ralentis et canalisés sur les artères et les places.
Les mines, pièges et obstacles de toutes sortes sont employés efficacement à peu de
frais.
- Liaisons : les liaisons radio sont précaires.

La valeur militaire des localités varie beaucoup suivant leur situation, leur étendue et leur
mode de construction (nature et espacement des immeubles).

Influence des localités sur l'emploi des moyens :

Tous les facteurs énumérés ci-dessus concordent pour :


- accroître l'importance des armes de combat rapproché et des armes d'appui direct à
grande puissance de perforation ;
- cloisonner le combat et les unités qui y participent ;
- imposer une forte densité de moyens dans les zones de combat actif.
Il en résulte une organisation du commandement en profondeur et une décentralisation très
poussée. Les unités d'appui sont fréquemment dissociées pour permettre le renforcement
des petites unités de combat.

125
DESTINATAIRES

Pour action :
CFAT – Lille
CFLT – Montlhéry
RT IDF – Saint Germain en Laye
CORTOME – Saint Germain en Laye
RT Sud Ouest – Bordeaux
RT Sud Est – Lyon
RT Nord Ouest – Rennes
RT Nord Est – Metz
COMTERRE – (7 dest)
COMTROUP – (2 dest)
EMF – (4 dest)
COMLE – Aubagne
EM 7ème brigade blindée (7 dest) – Besançon
EM 2ème brigade blindée (7 dest)– Orléans
EM 1ère brigade mécanisée (6 dest)– Châlons en Champagne
EM 3ème brigade mécanisée (6 dest)– Limoges
EM 9ème brigade légère blindée de marine (7 dest)– Nantes
EM 6ème brigade légère blindée (7 dest)– Nîmes
EM 27ème brigade d’infanterie de montagne (7 dest)- Varces
EM 11ème brigade parachutiste (9 dest)– Balma
EM 4ème brigade aéromobile (5 dest)– Essey lès Nancy
EM 1ère brigade logistique (10 dest)– Montlhéry
EM 2ème brigade logistique (9 dest)– Saint Médard en Jalles
EM brigade de transmissions et d’appui au commandement (7 dest)– Luneville
EM brigade d’artillerie (7 dest)– Haguenau
EM brigade du génie (6 dest)– Strasbourg
EM brigade de renseignement (7 dest)- Montigny lès Metz
EM brigade de forces spéciales terre (3 dest) - Pau
EM brigade franco-allemande (4 dest)- Müllheim

Pour information :
EMAT / BPO – Paris
EMAT / CSOAT – Paris
Directions centrales des armes et services (4 dest)
IAT – Paris
CDES-Paris
Ecoles de COETQUIDAN – Guer
ENSOA-Saint-Maixent
Ecoles d’application (9 dest)
EMHM-Chamonix
ETAP-Pau
CMIDOME-Versailles
CNEC-Montlouis
CEC-Givet
CNAM-Briançon
CIECM-Barcelonnette

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