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PARTIE 2:

ANALYSE ECONOMIQUE ET
SECTORIELLE
CHAPITRE 1 : Analyse mécanique et sectorielle

SECTION 1 : LA CULTURE DU CACAOYER AUJOURD’HUI


Entre les années de 1960 et 1972, l’Institut Français du Café et du Cacao, organisme français
de recherche œuvrant sur les plantes stimulantes à Madagascar, avait orienté 90 % de ses
activités, sur les croisements Forastero x Criollo afin d’obtenir des Trinitario adaptés à la
région du Sambirano.
La sélection et la vulgarisation d’hybrides Trinitario à fort pourcentage d’amandes blanches
(de type Criollo) a été poursuivie par FOFIFA jusqu’en 1980. Durant cette période, les
plantations coloniales cédèrent la place aux grandes sociétés privées et les petits exploitants
malgaches commençaient à planter le cacaoyer. Des programmes de multiplication végétative
par bouturage des hybrides sélectionnés ont été mis en œuvre jusqu’au milieu des années 80
avec des fonds attribués par la CEAMP (Caisse d’Equipement Agricole et Modernisation du
Paysannat), mais l’offre ne satisfaisait pas la demande. Du coup, l’extension des plantations
reposait sur des plants provenant de semences d’hybrides. La disjonction des caractères dans
ces descendances est telle que les vieilles cacaoyères malgaches sont encore actuellement
occupées aussi bien par les 3 variétés classiques, que par une multitude de génotypes
intermédiaires, situation quasi unique dans le monde.
Malgré cette forte variabilité, du fait de l’effet terroir, mais aussi de la prépondérance
d’hybrides Trinitario, à haut pourcentage de fèves à amandes blanches, sélectionnés dans les
années 70-80, le cacao de Madagascar est encore considéré comme étant parmi les meilleurs
du monde (obtention du label « Cacao Fine » de l’Organisation Internationale du Cacao).
Aujourd’hui la culture du cacao est concentrée dans la vallée du Sambirano (95 % de la
production malgache) qui se situe dans le Nord-Ouest de Madagascar, dans la région de
Diana. Protégé des alizés desséchants du Sud-Est par le massif montagneux Tsaratanana, le
Sambirano bénéficie de paramètres climatiques favorables à la cacaoculture : un climat
tropical chaud et humide avec une température moyenne annuelle de 26 °C et des amplitudes
thermiques (maxima de 30-34 °C et des minima de 17-22 °C) et une pluviométrie moyenne
supérieure à 2 500 mm. Les mois les plus arrosés sont janvier et février. La saison sèche, plus
fraiche, s’étend de mai à octobre.
Avec 23 796 hectares1 le verger cacaoyer du Sambirano, installé sous un couvert forestier, est
réparti entre quelques dizaines de milliers de familles rurales et des plantations industrielles
héritées des sociétés coloniales de plantation. L’économie du District d’Ambanja repose
essentiellement sur le secteur primaire qui est basée sur les cultures d’exportation (cacao,
poivre, café, vanille et plantes à parfum), sur la riziculture et de moindre proportion sur
l’élevage et la pêche. En 2006, les acteurs du secteur primaire pratiquent jusqu’à 86 %
l’agriculture, 9 % l’élevage et 5 % la pêche (Randrianirina, 2008).
Par sa superficie, ce verger cacaoyer est l’un des plus petits des pays producteurs de cacao
dans le monde mais par sa constitution en matériels végétaux, il est l’un des rares qui
disposent d’un très bon potentiel qualitatif. La production annuelle malgache, estimée entre 5
000 et 6 000 tonnes de cacao marchand (1 et 1,5 % de la production mondiale), ne peut
rivaliser avec les grands pays producteurs et doit miser sur son potentiel qualité. Le cacao du
Sambirano est réputé pour ses caractéristiques aromatiques aux notes acidulées et fruitées.
Outre un revenu significativement supérieur aux autres produits d’exportation, le cacao
présente l’avantage de procurer aux familles rurales un revenu significatif dix mois sur douze.

1
Sur le plan écologique, cette filière d’exportation présente l’indéniable avantage d’une
production agroalimentaire sous couvert forestier. Ce dispositif sera préservé de la pratique de
l’agriculture sur brulis communément suivie dans de nombreuses régions malgaches tant que
cette production sera économiquement plus intéressante pour les familles rurales que les
autres productions agroalimentaires.

Evolution mensuelle des productions en fèves fraîches pour la période 1999-2024

1.1 : SITUATION DE LA CACAOCULTURE DANS LE SAMBIRANO SELON LA


LITTÉRATURE
Le Sambirano est remarqué pour avoir un cacao très caractéristique, à fort potentiel qualitatif,
notamment du fait de la présence dans les vergers de la variété Criollo et de l’hybride
Trinitario, au potentiel qualitatif bien supérieur à la variété Forastero, cultivée dans les
principaux pays producteurs. Cependant, une grande majorité des productions est vendue en
cacao standard (soit un cacao de moindre qualité à moindre prix). De nombreux rapports
depuis la fin des années 1990 affirment que le désengagement de l’État et l’insuffisance de
moyens des structures étatiques privent les paysans d’appui technique, de formation, d’accès
aux semences et aux intrants. Ce qui serait la cause d’une faible productivité des cacaoyères.

Deux axes prioritaires ont été proposés par le projet PARRUR « QualiKKO » pour
redynamiser la cacaoculture malgache. Ils visent (i) à accroître rapidement le volume de cacao
haut de gamme et (ii) à amoindrir à moyen terme là trop importante diversité végétale des
vergers.

1.2 : DIVERSITÉ DES VERGERS ET DES PROCÉDÉS POST-RÉCOLTES

Pour pouvoir apprécier l’impact des interactions « dispositifs de plantations/procédés post-


récoltes/ différentes catégories de fèves » sur la qualité des produits finis, deux volets de
recherches exploratoires ont été effectuées :
Lors du premier passage de F. Descroix dans le Sambirano, en décembre 2023, les
observations et entretiens réalisés chez et avec des paysans et des opérateurs de la filière, ont
fait percevoir une inadéquation entre
Les informations observées et recueillies et celles de la littérature que l’on eut résumé ci-après
:
t Les paysans, sans encadrement depuis de nombreuses années, méconnaissent la culture
cacaoyère et les procédés de transformation primaire ; t Les vergers cacaoyers paysans
présentent une majorité de cacaoyers Forastero de moindre potentiel qualitatif que les vergers
des groupes industriels composés principalement de Criollo et de Trinitario ; t La faible
production de la cacaoyère chez les petits producteurs en comparaison avec les entreprises
industrielles serait due à plusieurs facteurs notamment le vieillissement des arbres, la
disparition des arbres d’ombrage, la pratique d’autres cultures dans la cacaoyère, le manque
d’entretien, l’indisponibilité des moyens financiers chez les paysans ; t Les groupes industriels
produisent du cacao supérieur tandis que les paysans du cacao standard par manque d’unités
de transformation adaptées et principalement de magasins de stockage.

2 : Les dispositifs de culture du cacaoyer dans le Sambirano en 2024


Comme les dernières données fiables datent des années 1970, les objectifs spécifiques ont
consisté à faire une actualisation de la situation en 2024 par la caractérisation des dispositifs
de plantations dans les principales structures de productions et les différentes zones du
Sambirano dans le but de déterminer les éléments pour l’amélioration quantitative et
qualitative de la production.

2.1 : Méthodologie de l’étude des dispositifs de culture du cacaoyer


L’étude a considéré les dispositifs de plantations dans 4 structures de productions : groupe
industriel (SOMIA), producteurs membres de coopératives (ADAPS), producteurs familiaux
(indépendant), des cacaoculteurs non rencontrés nommés « inconnus ».

Tableau 1 : Ventilation des placettes selon les zones et les structures de production
Opérateurs
ADAPS Indépendant Inconnu SOMIA Total
Zones
A HSM 14 7 2 0 23
A SM 0 0 0 21 21
BS 2 4 1 0 7
MS 3 0 3 0 6
HS 0 1 6 0 7
O 0 1 2 0 3
S 4 6 3 0 13
TOTAL 23 19 17 21 80
La cacaoyère du Sambirano a été découpée en 7 entités géographiques : le Sud d’Ambanja
(S), la RN 6 d’Ambanja à Mailakapasy, l’Ouest (O) entre Hantsahampano et la baie
d’Andamoty, les vergers de la SOMIA (A SM), la périphérie d’Ambanja hors vergers
industriels (A HSM), le bas Sambirano (BS) de la sortie d’Ambanja jusque Ambobaka, le
moyen (MS) Sambirano de Ambobaka jusque Maevatanana, le Haut Sambirano (HS) de
Maevatanana jusque Marovato.
Des inventaires ont été réalisés dans 80 placettes de 100 m² chacune. Le tableau 1 relève le
nombre de placettes étudiées suivant les structures de production et les zones.
2.2 : Densité en cacaoyers/ha
La densité cacaoyère est de l’ordre de 900 pieds par hectare en moyenne pour 5 des 6 zones.
Dans la zone O, l’importante différence entre la moyenne (633) et la médiane (800) montre
que de nombreuses cacaoyères de cette zone ont des densités faibles en cacaoyers ou plus
précisément de multiples plages sans cacaoyers dans les vergers.
La densité de cacaoyers par hectare est de 900 pieds ou plus dans 50 % des cacaoyères
(médiane) pour toutes les structures de production.
Tableau 4 : Densité en cacaoyers par ha selon les zones
0 MS HS BS AHS ASM

Médiane 800,0 900,0 900,1 900,1 909,1 932,6


Moyenne 633,6 888,6 891,9 1041,5 924,7 900,7

SECTION 2 : Caractérisation et éléments de différenciation des cacaos dans la


vallée du Sambirano
Il existe une nette diversité des cacaos au sein de la zone du Sambirano. Les échantillons
collectés représentent plusieurs diversités en fonction des zones, des structures de production,
des procédés de transformation et des durées de fermentation.
Rappelons que malgré une disparité réelle, le cacao malgache est, au niveau international,
gage de qualité, et ce, car dans sa globalité classée en cacao fin.
1 : Les acteurs post-récolte du cacao dans le Sambirano
Nombreux sont les acteurs de la filière cacao dans le district d’Ambanja. La filière dite
classique du producteur à la société export comprend beaucoup d’intermédiaires. Le cacao est
vendu par les producteurs à des sous-collecteurs et/ou des petits collecteurs, qui revendent aux
moyens collecteurs, lesquels revendent aux grands collecteurs. Deux filières courtes, les
groupements de producteurs (ou les coopératives) et certaines sociétés qui produisent et
transforment le cacao et le négocient directement avec les sociétés exports.
Le plus souvent les petits producteurs vendent le cacao en frais ou en cacao fermenté, non trié
et insufisamment séché. Le sous-collecteur aide le petit collecteur à rassembler le cacao frais.
Le petit collecteur et le moyen collecteur achètent en frais, transforment et vendent le cacao
fermenté non trié et insuffisamment séché. Le grand collecteur achète en frais et effectue la
fermentation et le séchage ou achète du cacao le plus souvent insuffisamment fermenté en
demi-sec et effectue la fin du séchage, le triage et le [Link] cacao marchand est
majoritairement destiné à l’export. Quelques rares entreprises implantées à Madagascar
transforment les fèves de cacao. C’est le cas de la Société d’Exploitation de Cacao de
Madagascar (SECAMAD) qui est implantée à Diego Suarez et produit de la masse de cacao et
celui des chocolateries ROBERT et CINAGRA, deux sociétés malgaches qui produisent du
chocolat.

2 : Les ressources variétales du Sambirano


La première variété de cacao cultivée à Madagascar dans la région Ouest fût le Criollo en fin
du 19e siècle puis au début du 20 e furent introduits les cacaoyers Forastero qu’on appelle aussi
« cacao Tamatave » à Madagascar.

Fruit de l’allogamie, au sein d’une même cabosse, on retrouve des fèves violettes
caractéristiques Forastero, des fèves claires caractéristiques Criollo et des fèves de couleurs
intermédiaires moyens clairs type Trinitario.

Les comptages effectués dans différents vergers de la zone du Sambirano (coupe longitudinale
sur 50 fèves sélectionnées aléatoirement) permettent d’avoir une première évaluation de cette
diversité. Ils relèvent une majorité de fèves du type Trinitario, une présence non négligeable
de fèves claires de type Criollo et la présence d’environ une fève sur trois de type Forastero.
Pour les données obtenues il n’y a pas de différence variétale significative calculée entre la
zone du Haut Sambirano et celle du Bas Sambirano, ni entre les vergers de la société SOMIA
et ceux des paysans. La constitution variétale des vergers ne peut donc pas être la cause de la
différence de la qualité des produits d’origine paysanne et d’origine industrielle.

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