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La conscience et l'inconscient en philosophie

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Leçon 2 : « La conscience et L’inconscient »

Introduction

Dérivée des mots latins « cum » et « scientia » qui signifient « avec ou ensemble »
pour le premier, et « connaissance ou savoir » pour le second, la conscience peut être définie
comme étant le fait d’être accompagné de savoir. En d’autres mots, elle serait le propre de
l’être humain en ceci qu’il soit, parmi toutes les espèces vivantes, le seul dépositaire de la
sagesse. Ainsi, dans sa Métaphysique, Aristote (384-322), philosophe grec de l’époque
antique, précise fermement que l’animal doté de raison est au monde, l’unique créature pour
la connaissance. En effet, par cette essence, il demeure sans cesse gouverné par un désir
affirmé de donner du sens aux multiples phénomènes qu’il perçoit. De cet amour manifeste de
la sagesse, va inévitablement naître en lui la question des fondements de la vérité ou de la
science. D’où il ressort pour nombre de philosophes de poser la conscience comme pierre
angulaire de toute apperception. Cependant, si pour certains penseurs la conscience est posée
comme un « miroir » pour l’animal politique ou comme un instrument à partir duquel il se
saisi ou se projette au monde, alors notons tout de même qu’il n’en est nullement le cas pour
d’autres. Autrement dit, loin de se satisfaire d’un confort chimérique, la conscience serait
aussi une sorte d’illusion dans la mesure où, elle nous donnerait une fausse lecture de nous-
mêmes, des autres et du monde dans lequel nous vivons. De fait, la question qui en résulte
nous invite d’une certaine façon à nous interroger sur la valeur de la conscience humaine. En
d’autres termes, la conscience est-elle l’instance à partir de laquelle l’homme se découvre et
se met en relation avec le monde ? A l’inverse, ne nous donne-t-elle pas en certaines
circonstances l’illusion d’être maîtres de nous-mêmes ?

I. La conscience comme miroir de l’homme

1. La découverte et la direction du Moi

Tentant d’établir les fondements indubitables de la vérité, l’histoire de la philosophie


nous enseigne que nombre de philosophes n’ont pas hésité de poser la conscience comme
étant un phénomène spirituel ou psychique à partir duquel l’homme saisi de façon claire et
distincte son propre Moi, c’est-à-dire ce qu’il est en son essence. Si tant est que pour
nombreux parmi eux, de Socrate à Aristote en passant par Platon, la découverte de la vérité
implique d’une certaine façon l’usage d’une méthode solide pour bien guider la pensée
humaine, alors précisons que cette démarche n’a nullement été l’apanage des seuls
philosophes de l’antiquité. A l’ère moderne, Descartes (1596-1650) en est une illustration en
ceci que pour découvrir des vérités indubitables use du doute hyperbolique ou méthodique
comme méthode par excellence. Et c’est en doutant des connaissances acquises lors de ses
années écoles, qu’il se rendra bien compte que la seule qui résiste à ce doute n’est autre que le
fait de penser. Cette découverte, permettra au philosophe français du XVII e siècle de prendre
connaissance de son existence en tant que substance pensante. Ainsi, dans Le discours de la
méthode il déclare : « je pense, donc je suis ». En fait, par cette phrase, Descartes va sans
conteste faire de la conscience le fondement de la vérité. Posant par cette opération la
dichotomie entre l’âme et le corps dans la méditation sixième de son ouvrage intitulé Les
méditations métaphysiques il asserte qu’ : « il est certain que ce moi, c’est-à-dire mon âme,
par laquelle je suis ce que je suis, est entièrement et véritablement distincte de mon corps, et
qu’elle peut être et exister sans lui ». Affirmant ainsi la supériorité de l’âme sur le corps,
l’homme apparaît aux yeux de Descartes comme une âme dont la nature est de penser. Dans
ce cas de figure, l’âme et la conscience veulent dire la même chose. Par conséquent, la
conscience est pour lui, ce qui fait que l’homme soit ce qu’il est, c’est-à-dire un être de
pensées, qui pense, qui découvre des vérités et acquiert des connaissances.

Aussi, notons que loin d’être saisie uniquement comme une âme pensante, la
conscience est érigée au rang de siège de nos souvenirs. En effet, elle s’apparente à ce que
communément nous nommons mémoire. Comme telle, elle joue le rôle de guide au sens où,
elle permet à l’homme d’agir. Dans ce sens d’ailleurs, Henri Bergson (1859-1941),
philosophe français du XXe siècle établit une relation étroite entre la conscience et le choix en
ceci que pour conduire ses actions, l’homme se doit impérativement d’opérer des choix au
nom de sa conscience. Suivant cette logique, Bergson dans un article intitulé « la conscience
et la vie » extrait de L’Energie spirituelle, pose la condition selon laquelle : « si conscience
signifie mémoire et anticipation, c’est que conscience est synonyme de choix ». Cela sous-
entend qu’en tant que mémoire, la conscience est une sorte de pont jeté entre le passé et
l’avenir de l’homme. Son rôle est donc de rassembler et d’organiser les expériences
antérieures, c’est-à-dire mobiliser une masse de souvenirs nécessaires à l’action humaine.

2. La conscience comme ouverture de l’homme au monde

Poser la conscience comme phénomène idéel plongeant « l’ego cogitans » dans une
sorte de solipsisme comme l’a fait Descartes dans ses Méditations métaphysiques, n’exclu pas
l’idée qu’elle soit tournée ou projetée vers des objets extérieurs. En fait, bien que l’âme soit
supérieure au corps selon la terminologie cartésienne sur le plan de la connaissance, il n’en
demeure pas moins que d’un point de sa totale constitution, l’homme ne soit pas uniquement
que substance spirituelle, mais plutôt l’union de la substance spirituelle à la substance
étendue. Et c’est justement par le biais du corps ou mieux des sens que l’homme union corps-
âme se projette au monde. Ceci implique que l’être conscient est aussi l’être en relation avec
les autres, le monde ou simplement avec des objets extérieurs à son for intérieur. L’être
conscient est de ce fait, un être engagé, ouvert au monde. Sa pensée ne se lit pas seulement
dans un mouvement de retour sur elle-même, mais se pose aussi en termes d’intentionnalité
guidée vers des sujets ou des objets extérieurs. Cela implique que même dans la quête de la
connaissance, la conscience est mise en relation d’un sujet ou d’un objet. C’est d’ailleurs dans
cette veine d’idées que le philosophe allemand du XX e siècle Edmund Husserl (1859-1938),
dans ses Méditations cartésiennes proclame que : « le mot intentionnalité ne signifie rien
d’autre que cette particularité foncière et générale qu’a la conscience d’être conscience de
quelque chose ». Cela suppose que loin de demeurer enfermée sur elle-même, la conscience
tend toujours vers un objet autre qu’elle-même. En étant ouverte au monde, en pensant, la
conscience pense toujours à quelque chose.

Avec Emmanuel Kant (1724-1804), la conscience est perçue comme une activité de
synthèse. En d’autres termes elle n’est pas selon le philosophe allemand du siècle des
Lumières une chose mais plutôt une activité ou mieux encore un pouvoir de synthèse dans la
mesure où, elle permet à l’homme de se penser ou d’accompagner ses états (idées, sensations,
sentiments). Et en tant qu’activité de synthèse, elle distingue l’être humain des autres êtres de
la nature. Selon que le précise Kant, c’est à partir de la conscience que l’homme s’assume.
Cette prise en charge de soi commence par l’emploi du « je » qui n’apparaît chez l’enfant que
progressivement. De ce fait, elle est donc tout ce qui fait la dignité et la valeur humaine. Dans
cet ordre d’idées, dans son Anthropologie du point de vue pragmatique, Kant souligne que : «
le fait que l’homme puisse avoir le je dans sa représentation, l’élève infiniment au-dessus de
tous les autres êtres vivants sur la terre ». Ceci étant, la conscience implique de l’homme
qu’il répondre de ses actes, qu’il les porte sur lui. Toutefois, fort bien de ce qui précède, ne
serait-il pas de bon aloi de poser la conscience comme instance d’illusions ?

II. La conscience comme illusion pour l’homme

1. Sommes-nous maîtres de nous-mêmes ?


En faisant de l’homme un animal politique dans sa Politique, Aristote sous-entendait
sans nul doute qu’au nom de la raison qu’il possède, il serait à la différence de la brute (bête)
gouverné par la conscience. Si tant est que chez lui, conscience s’apparente à la lumière
naturelle grâce à laquelle il articule les mots, distingue le bien du mal, le juste de l’injustice, il
en va de soi que son rapport au monde, sa mise en relation avec les autres membres de la cité,
la connaissance des phénomènes aussi bien intérieurs qu’extérieurs à lui, se fait par le
truchement de cette raison. Poser comme tel, l’animal politique serait maître de lui et de ses
actions en ceci qu’il y aurait contrairement à l’animal le libre arbitre de conduire sa vie selon
sa propre volonté. Et par cette même raison, il pourrait découvrir toutes les vérités qui ne
transcendent pas ses limites.

Seulement, nombre de philosophes n’ont pas été longtemps satisfait par une telle
illusion. En effet, que l’on soit sur le plan de la pensée ou de nombre d’états d’être ou d’agir,
la raison humaine se trouve quelque fois assez limitée pour rendre entièrement compte des
phénomènes intérieurs ou extérieurs qui nous apparaissent. Ce constat, implique que l’homme
ne saurait se connaître entièrement et expliquer avec précisons le pourquoi de certaines de ses
réactions. Avec le maître à penser de la psychanalyse Sigmund Freud (1856-1939), nous
découvrons que l’homme n’est pas que conscience, car il serait aussi gouverné par
l’inconscient (appareil psychique, contenant des représentations refoulées, c’est-à-dire
maintenant par la censure hors du champ de la conscience). C’est d’ailleurs dans cette foulée
que le psychanalyste juif du XX e siècle, dans un article célèbre intitulé : « une difficulté de la
psychanalyse », extrait de ses Essais de psychanalyse appliquée, affirme que : « le moi n’est
pas maître dans sa propre maison ». Autrement dit, partant du postulat qu’une partie de notre
psychisme échappe à notre conscience et à notre volonté, l’homme se doit d’être décentrer au
sens de la difficulté de la saisie de l’inconscient qui gouverne en partie son être.

2. L’illusion de grandeur

Gouverné en certains moments par l’inconscient, il apparaît clairement que l’homme


se trouve dans un accroc pour expliquer ses propres états. Autrement dit, l’inconscient selon
que le précise Freud nous montre que la connaissance qu’a l’être humain de lui-même ou du
monde ne saurait être tenue pour monnaie contant au sens où, il n’agit pas uniquement et
impérativement sous l’action de la raison. Ceci pour dire que même la supériorité que
l’homme prétend avoir sur l’animal au sens stricto sensu du terme, les intentions que nous
prêtons aux animaux, les connaissances que nous développons à leur égard, peuvent être
erronées. Reconnaître que par la raison l’homme se distingue de l’animal, qu’il exprime son
humanité en est une chose, mais affirmer que par elle, il serait supérieurs à tous les êtres, en
est une autre. Ainsi, Blaise Pascal (1623-1662), philosophe français du XVII e siècle dans Les
pensées déclare : « l’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature, mais c’est un
roseau pensant ». En d’autres mots, la pensée est ce qui fait l’homme selon Pascal.
Seulement, c’est aussi cette même pensée qui fait savoir à l’homme qu’il est petit dans
l’univers. Et de là, il se pourrait même qu’il se trompe en se faisant supérieur des autres êtres.

Conclusion

Au terme de notre analyse critique axée sur la valeur de la conscience humaine, il


ressort que celle-ci est l’instance à partir de laquelle l’homme acquiert toute son humanité. En
effet, que l’on soit dans le domaine de la connaissance ou de la conduite de nos actions, elle
se pose comme la lumière et le guide par excellence. D’où il ressort la conclusion selon
laquelle, sans elle, l’homme n’est rien ou du moins il est tout, sauf un homme. Cependant, le
dire ainsi, sous-entendrait que l’homme soit un être gouverné exclusivement par la
conscience. En fait, il n’en est nullement le cas dès lors qu’une autre instance nommée
l’inconscient s’érige aussi tout naturellement comme guide contre notre gré de nos actes.
Cette faiblesse qui réside en nous, nous renseigne sur notre les multiples illusions que nous
nous faisons de nous-mêmes et du monde dans lequel nous vivons. Ceci étant, au-delà de ces
deux positions contradictoires, nous pensons que l’inconscient n’est ni moins ni plus que le
côté animal qui sommeil en nous, dans la mesure où, elle nous plonge dans l’incapacité de
nous assumer, et d’avoir une connaissance transparente de nous-mêmes.

Exercices de réflexion

Sujet 1 : Vivre est-ce exister ?

Sujet 2 : « Toute conscience est d’ordre moral, puisqu’elle oppose toujours ce qui
devrait être à ce qui est ». Expliquez et discutez.

Sujet 3 : Après avoir procédé à l’étude ordonnée, dégagez l’intérêt philosophique de ce


texte.

« Tu crois savoir tout ce qui se passe dans ton âme, dès que c’est suffisamment important,
parce que la conscience te l’apprendrait alors. Et quand tu reste sans nouvelle d’une chose qui
est dans ton âme, tu admets, avec une parfaite assurance, que cela ne s’y trouve pas. Tu vas
même jusqu’à tenir « psychique » pour identique à « conscient », c’est-à-dire connu de toi, et
cela malgré les preuves les plus évidentes qu’il doit sans cesse se passer dans ta vie psychique
bien plus de choses qu’il ne peut s’en révéler à ta conscience. Tu te comporte comme un
monarque absolu qui se contente des informations que lui donnent les hauts dignitaires de la
cour et qui ne descend pas vers le peuple pour entendre sa voix. Rentre en toi-même
profondément et apprends d’abord à te connaître, alors tu comprendras pourquoi tu vas
tomber malade, et peut-être éviteras-tu de le devenir. » C’est de cette manière que la
psychanalyse voudrait instruire le moi. Mais les deux clartés qu’elle nous apporte : « savoir,
que la vie instinctive de la sexualité ne saurait être complètement domptée en nous et que les
processus psychiques sont en eux-mêmes inconscients, et ne deviennent accessibles et
subordonnés au moi que par une perception incomplète et incertaine, équivalent à affirmer
que le moi n’est pas maître dans sa propre maison. »

Freud

NB : La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise.

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