EXERCICE DE CONTROLE
ET CONTENTIEUX DE L’IMPÔT
PREMIERE PARTIE :
Question : Au regard des règles de procédures fiscales, vous essayerez
d’indiquer de façon précise les dispositions fiscales relatives à la demande en
atténuation de droits et de pénalités dans le domaine de la juridiction gracieuse.
La demande en atténuation de droits et de pénalités est régie par les articles 203 à
207 du Livre de Procédures fiscales. Précisons que la juridiction gracieuse connait
des demandes relatives à l’atténuation par voie de remise, modération ou
transaction de droits, pénalités et amendes fiscales de toutes natures.
DEUXIEME PARTIE :
Un extrait du compte de résultat de la société BAZAR ET COMPAGNY
spécialisée dans le domaine de l’import-export se présente comme suit :
Résultat comptable brut (bénéfice) : 50.000.000
Parmi les charges on relève :
Achats de Marchandises 4 000 000 000
Fourniture extérieures 10 000 000
Agios bancaires du compte courant de la société 5 000 000
Impôts & taxes 400 000 000
Acompte au titre de l’impôt sur les revenus locatifs 1 440 000
Acquisition d’un matériel de bureau 1 000 000
Autres services extérieurs A et B 100 000 000
Intérêts de retard sur les impôts fonciers 50 000 000
Masse salariale 600 000 000
Charge à payer 120 000 000
Taxe spéciale d’équipements 5 000 000
Dotations aux amorcements et provisions : 300 000 000 dont 35 000 000 de
provisions pour congés payés
Parmi les produits on relève :
Vente de marchandises 5 000 000 000
Plus-values exonérées 130 000 000
Produits non comptabilisés 850 000 000
NB : RENSEIGNEMENTS COMPLEMENTAIRES
Un déficit ordinaire antérieur de 50 000 000 figure dans les comptes.
TRAVAIL A FAIRE
1°) Le résultat Fiscal imposable n’étant pas correctement déterminé, il vous est
demandé de le déterminer sans la moindre erreur.
Déterminons le résultat fiscal (RF)
Libellés Intégrations (+) Déductions (-)
Résultat comptable 50.000.000
Achat de marchandises -
Fournitures extérieures -
Agios bancaires du compte courant de la société -
Impôts & taxes -
Acompte au titre de l’impôt sur les revenus
locatifs 1.440.000
Acquisition d’un matériel de bureau 1.000.000
Autres services extérieurs A et B - -
Intérêts de retard sur les impôts fonciers 50.000.000
Masse salariale -
Charges à payer 120.000.000
Taxe spéciale d’équipement -
Dotations aux amortissements
Provisions congés 35.000.000
Vente de marchandises
Plus-value exonérée 130.000.000
Produits non comptabilisés 850.000.000
TOTAL 1.057.440.000 130.000.000
RF = 50.000.000 + 1.057.440.000 – 130.000.000
= 1.107.440.000 – 130.000.000
RF = 977.440.000
Déterminons le résultat fiscal imposable après imputation
RF = RFI - DFO
RF = 977.440.000 – 50.000.000
RF = 927.440.000
2°) Liquider, l’impôt BIC et l’IMF si possible sachant que le taux de BIC est de
25 %, taux TVA 18%. Taux IRVM : 15% ; Que devra payer la société au trésor
en matière d’impôt BIC ?
Calculons l’IBIC
IBIC = RF x 25%
IBIC = 927.440.000 x 0,25
IBIC = 231.860.000
Calculons l’IMF
Déterminons préalablement le chiffre d’affaires TTC (CATTC)
CATTC = CAHT x 18%
CATTC = 5.000.000.000 x 0,18
CATTC = 5.900.000.000
IMF = 5.900.000.000 x 0,5%
IMF = 29.500.000
Il ressort des calculs ci-dessus que le montant de l’IBIC (231.860.000) est très
nettement supérieur à celui de l’IMF (29.500.000). C’est donc l’IBIC que la
société BAZAR ET COMPAGNY devra verser au trésor au titre de l’impôt BIC.
3°) Question : Par ailleurs, l’Avocat décide d’adresser une demande de
réduction des droits rappelés en matière d’impôts BIC en se fondant sur les
dispositions relatives aux compensations ; au regard de ce qui précède, il vous
est demandé de rappeler lesdites dispositions. Cette compensation est-elle
possible alors que la société bénéficie d’un crédit de TVA de 500 000 000 ?
Ce sont les articles 1991 et 2002 du Livre de Procédures Fiscales qui traitent de la
compensation. De leur lecture, il apparaît que seuls les impôts de même nature
peuvent se compenser. Or, l’IBIC est un impôt direct tandis que la TVA pour
laquelle la société bénéficie d’un crédit de 50.000.000.000 est un impôt indirect.
La compensation n’est donc pas possible.
1
« Lorsqu’un contribuable demande la décharge ou la réduction d’une imposition quelconque, l’Administration
peut à tout moment de la procédure, et malgré l’expiration des délais de prescription, effectuer ou demander la
compensation dans la limite de l’imposition contestée, entre les dégrèvements reconnus justifiés et les insuffisances
ou omissions de toute nature constatées au cours de l’instruction dans l’assiette ou le calcul de l’imposition
contestée. » Article 199 du Livre de Procédures Fiscales.
2
« La compensation peut aussi être effectuée ou demandée entre l’impôt général sur le revenu, les impôts sur les
revenus, les impôts salariaux à la charge des employeurs, l’impôt sur le revenu foncier et/ou l’impôt sur le
patrimoine foncier, la contribution des patentes et les licences, lorsque la réclamation porte sur l’un d’eux. La
compensation peut aussi être effectuée ou demandée, dans les mêmes conditions qu’à l’alinéa précédent, entre la
taxe sur la valeur ajoutée, la taxe sur les opérations bancaires et les taxes indirectes. » Article 200 du Livre de
Procédures Fiscales.
EXERCICE DE FISCALITE PETROLIERE ET MINIERE
PREMIERE PARTIE : QUESTIONS DE COURS A TRAITER
BRIEVEMENT
1) Distinction entre Bonus de signature et loyers superficiaires dans la
phase d’exploration en matière de fiscalité pétrolière
Il existe d’abord une différence de nature entre le bonus de signature (qui est une
prime) et le loyer superficiaire (qui est une taxe). Ensuite, une autre distinction
s’opère quant à leur règlement puisque le bonus est versé une seule fois au
moment de la signature de la convention tandis que le loyer est payé annuellement.
2) Les royalties en phase de production dans le domaine de fiscalité
pétrolière.
Les royalties sont des redevances versées par le contracteur en phase de
production, indépendamment d’un quelconque bénéfice, à la Direction Générale
des Impôts (DGI) par trimestre échus dans les trente (30) jours qui suivent. Elles
sont calculées d’après un pourcentage appliqué aux quantités produites, sous
déductions des pertes de productions et de l’autoconsommation des pétroliers
ainsi qu’éventuellement de la part réservée aux besoins nationaux de l’État. Ce
prélèvement frappe directement la production et son montant est proportionnel à
la valeur de celle-ci.
3) Les prestataires de services pétroliers sont-ils soumis aux mêmes
conditions d’imposition que les explorateurs et les producteurs de
pétrole ? Pourquoi ?
Conformément aux dispositions des articles 1068 et 1069 du CGI, il est institué
un régime fiscal simplifié réservé aux prestataires de services pétroliers et donc
différent de celui des explorateurs et des producteurs de pétrole.
4) Les conditions requises pour qu’un prestataire de service pétrolier
bénéficie du régime fiscal simplifié des prestataires de services
pétroliers.
Pour bénéficier du régime fiscal simplifié, les prestataires de services pétroliers,
doivent remplir les conditions cumulativement suivantes :
- avoir signé avec une société pétrolière un contrat exclusif de louage de
services;
- mettre en œuvre pour remplir leur obligation contractuelle, un équipement
nécessitant d’importants investissements ou des matériels spécifiques à
l'activité ou à la recherche pétrolière ;
- être inscrit au registre du commerce et du crédit mobilier sous forme d'agence
ou de succursale.
Lorsque la durée de la mission de l'entreprise est inférieure à six (06) mois, celle-
ci peut produire le récépissé de la demande d'immatriculation au RCCM en lieu
et place de l'attestation d'inscription audit registre.
5) Citez les différents impôts à payer par les sociétés de mine en phase de
recherche et d’exploitation
En phase de recherche, les sociétés de mines sont assujetties au paiement :
- d’un droit fixe ;
- d’une redevance superficiaire annuelle ; et
- de redevances communautaires
En phase d’exploitation, les sociétés de mines sont assujetties au paiement :
- d’un droit fixe ;
- d’une redevance superficiaire annuelle ;
- de redevances communautaires ;
- d’une contribution au financement du renforcement des capacités et à la
formation ;
- de l’impôt sur les bénéfices industriels et commerciaux (IBIC)
- d’une taxe ad valorem assise sur le chiffre d’affaires après déduction des frais
de transport, prix FOB, dans la mesure où ces frais n’ont pas été déduits du prix
à payer et des frais d’affinage en ce qui concerne les métaux ;
- d’un droit forfaitaire annuel relatif à l’exploitation minière artisanale ;
- de frais de délivrance de cartes de gérant et d’ouvrier
6) Les avantages fiscaux dans la phase d’exploration en matière de
fiscalité minière.
Aux termes de l'article 162 du code minier, les matériels, matériaux, machines et
équipements inclus dans le programme agréé destinés de manière spécifique et
définitive aux opérations de recherches minières et nécessaires à la réalisation du
programme de recherche importés par le titulaire du permis de recherche et ses
sous-traitants agréé par l'Administration des mines, sont exonérés de droits de
douanes y compris la TVA.
L'exonération à l'importation s'étend également aux parties et pièces détachées
destinés aux machines et équipements de recherches. Dans tous les cas, la valeur
des pièces détachées ne peut excéder 30% de la valeur coût-assurance-fret (CAF)
globale des machines et équipements importés.
La liste des matériels, matériaux, machines et équipements pouvant bénéficier de
L'exonération des droits et taxes à l'importation est soumise avec la demande du
permis de recherche. Lors de l'émission du permis de recherche cette liste y est
jointe pour en faire partie intégrante.
Les véhicules utilitaires figurant sur la liste susvisée font l'objet d'une admission
temporaire. Lorsque certains matériels, matériaux, machines devant être importés
ne se trouvent pas sur cette liste, une demande d'exonération spécifique est
soumise au ministère en charge de l'économie après approbation de la liste desdits
biens par le ministère en charge des mines.
Ne peuvent donner lieu à l'exonération de la taxe à l'importation les matériels,
matériaux, machines et équipements dont on peut trouver l'équivalent fabriqué en
Côte d’Ivoire ou disponible à des conditions de prix, qualité garantie entre autres
égale à celle des mêmes biens d'origine étrangère, notamment :
- les véhicules servant au transport des personnes et des marchandises ;
- les meubles meublant et autres effets mobiliers ;
- les équipements non agréés par l'administration des mines et l'administration
des douanes ;
- les biens n'ouvrant pas droit à déduction en application des dispositions de
l’article 372 du CGI.
Par ailleurs, l'article 163 du code minier précise que le titulaire d'un permis de
recherche bénéficie des exonérations en matière :
- d'impôt sur les bénéfices ;
- d’impôt minimum forfaitaire ou de son équivalent ;
- d’impôt foncier ;
- de droits d'enregistrement sur les apports effectués lors de la constitution ou de
l'augmentation du capital des sociétés.
7) D’après vous, le code Général des Impôts donne-t-il suffisamment des
éléments qui permettent de maitriser la fiscalité pétrolière. Sinon
quelles sont les faiblesses à énoncer
Au vu des avancées technologiques en la matière et de l’immense potentiel
énergétique du pays (en dénotent les récentes découvertes pétrolières et gazières),
il apparaît crucial d’adapter notre dispositif législatif et fiscal afin de favoriser un
environnement propice à l’investissement dans le secteur, à même de générer
d’importantes recettes pour le pays. Nul doute que les autorités compétentes,
sauront identifier les mesures incitatives à même de dynamiser le secteur pétrolier.
Toutefois, il nous semble opportun de prévoir un dispositif (amendes et autres
compensations) et d’imposer des normes strictes aux entreprises du secteur du
secteur, peu respectueuses de l’environnement.
8) Les sociétés minières bénéficient-elles d’une exonération permanente
en matière d’impôt BIC ?
Selon l'article 163 du code minier, le titulaire d'un permis de recherche bénéficie
des exonérations en matière :
- d'impôt sur les bénéfices :
- d'impôt minimum forfaitaire ou de son équivalent :
- d'impôt foncier :
- de droits d'enregistrement sur les apports effectués lors de la constitution
ou de l'augmentation du capital des sociétés.
DEUXIEME PARTIE : EXERCICES PRATIQUES
EXERCICE N° 1
Calculons la part de l’Etat en indiquant l’impôt BIC et le TEP et que la part de
l’Etat représente 60% du bénéfice net :
1. Déterminons le bénéfice net
400 000 000 000 - 50 000 000 000 = 350 000 000 000
2. Déterminons la part de l’Etat
350 000 000 000 x 60% = 210 000 000 000
3. Déterminons la part des investisseurs
350 000 000 000 x 40% = 140 000 000 000
4. Calculons l’IBIC
IBIC = Part État x 70%
IBIC = 210 000 000 000 x 70%
IBIC = 147000000000
5. Calculons la TEP
TEP = Part État x 30%
TEP = 210 000 000 000 x 30%
TEP = 63 000 000 000
Conformément aux dispositions du contrat pétrolier le contracteur n’est assujetti
à aucun paiement au Gouvernement au titre de l’impôt. L’impôt BIC est calculé
dans la part qui revient à l’Etat. Une note de la DGI a reparti la part de l’Etat de
façon égalitaire entre la redevance en TEP et l’IBIC
EXERCICE N°2
1) Déterminez l’impôt BIC
Relativement aux dispositions de l’article 1072 du CGI, la société
« PETROLEX », ayant opté pour le régime fiscal simplifié des prestataires de
services pétroliers, n’est pas redevable de l’IBIC.
2) Déterminez l’IRVM
IRVM = CAHT x 2, 17%
IRVM = 50 000 000 000 x 2,17%
IRVM = 108 500 000
3) Déterminez les ITS
ITS = CAHT x 2, 17%
ITS = 50 000 000 000 x 2,17%
ITS = 108 500 000
4) Déterminez la taxe sur les contrats d’assurance
Compte tenu de son régime fiscal, « PETROLEX » n’est pas redevable de la
taxe sur les contrats d’assurance selon l’article 1072 du CGI.
5) Déterminez la patente
Patente = DCA + DVL
Cherchons DCA
DCA = CAHT x 0,5%
DCA = 50 000 000 000 x 0,5%
= 250 000 000 ; Toutefois le DCA réel sera égal à 3 000 000 conformément
aux dispositions en vigueur donc :
DCA = 3 000 000
Patente = 3 000 000 + DVL
La valeur locative (VL) est déterminée par le revenu qu'il est possible de retirer
de la location d'un bien. Or, en l’espèce « PETROLEX » n’a aucun bien en
location, il n’y a donc aucun Droit sur la Valeur Locative (DVL) à calculer.
Ainsi, Patente = DCA= 3 000 000
TROISIEME PARTIE
Quelles sont vos impressions en ce qui concerne les travaux de recherche
personnelle que vous avez effectués dans le domaine minier en côte d’ivoire ?
(Dix lignes au moins et vingt lignes au plus).
L'exploration minière et pétrolière en Côte d'Ivoire remonte à une période très
ancienne, depuis le début des années 70 pour le pétrole et bien avant la
colonisation pour ce qui est des minerais. Leur exploration date de l'époque
précoloniale3, où des activités artisanales étaient déjà menées par les populations
locales, notamment pour l'or.
Cependant, sous l’impulsion du Président Houphouët-Boigny, la Côte d’Ivoire a
pendant longtemps axé son développement sur l’agriculture et le binôme café-
cacao en particulier. Mais, les enjeux de modernisation et de diversification
économique du pays posent avec acuité aux autorités ivoiriennes la question de
l’exploitation du gigantesque potentiel minier et pétrolier du pays. Ainsi, le sous–
sol ivoirien, riche en ressources minières (diamant, or, fer, manganèse, cuivre,
bauxite, nickel …) et énergétiques (pétrole, gaz) représente à présent pour l’Etat
ivoirien une priorité absolue.
A cet effet, l’Etat de Côte d’Ivoire a entrepris un nombre important de reformes
dans les secteurs des mines et pétroles afin d’assurer une planification minutieuse
des explorations et une gestion rigoureuse des revenus générés par l’exploitation
desdites ressources. Toutefois, les défis restent nombreux à propos du traitement
des ressources, des normes environnementales et du développement dans les
localités ou sont extraites les métaux précieux notamment.
3
Il s’agit notamment de l’extraction de l’or dans le royaume Abron du Gyaman fondé dès la fin du au XVIIè siècle
et qui occupait un territoire situé au Nord-Est de l'actuelle Côte d'Ivoire et au Nord-Ouest de l'actuel Ghana. Pour
plus de détails, consulter https://journals.openedition.org/ccrh/2906