Cas Zeltronic (Avec Solutions) - HEC
Cas Zeltronic (Avec Solutions) - HEC
Les dirigeants de Zeltronic ont acquis la certitude que leur système de calcul de coûts
actuellement en vigueur ne s’avère plus pertinent en raison des conséquences pratiques
incohérentes que certaines décisions – pourtant fondées et rationnelles sur la base des états
fournis – ont générées.
C’est pourquoi, au fait de l’actualité, vous leur avez rapporté les débats suscités par la
nouvelle méthode de calcul des coûts par activité. Visiblement très intéressés par ce concept,
ils vous chargent de le mettre en œuvre à titre expérimental auprès de la division Générateurs
dont le système de coûts est l’objet des plus vives suspicions.
Vos investigations auprès des responsables de centres vous ont permis de renseigner
les annexes 1 à 3 et de comprendre le processus de production relaté ci-dessous.
- Les charges directes des produits finis A et B sont finalement les suivantes :
1
Composants P.O. 1 unité 25€ - -
Composants P.L. - - 1 unité 65€
Main d’œuvre directe 0.01 h 75 € 0.005 h 75€
usinage
Autres charges directes 15€/PIA* 20€/PIB*
Usinage
Pièces PM 1 125€ 2 125€
Main d’œuvre directe 0.25 h 80€ 0.30 h 80€
montage
Autres charges directes 50€ par produit 60€ par produit
Montage
* : il faut un PIA pour fabriquer un produit fini A et un PIB pour fabriquer un produit fini B.
A l’aide de l’annexe 1, votre assistant a déterminé les coûts complets et les résultats
analytiques des produits A et B selon la méthode des centres d’analyse. Ces résultats sont
en annexe 4.
Travail à faire
2. Dans une note d’une page et demi maximum, il vous est demandé :
2.1. D’expliquer l’origine des écarts entre les deux méthodes ;
2.2. De préciser l’intérêt de la méthode des coûts par activités ;
2.3. D’indiquer en quoi la méthode des coûts par activité vous semble
conceptuellement différente des méthodes plus classiques.
2
Annexe 1
Tableau 1 Les charges indirectes pour la période étudiée
Annexe 2
Tableau 3 Achats de la période étudiée et nombre de commande
Nombre d’interventions :
centre d’usinage : 25 ;
centre de montage : 25.
3
Activités réalisées dans les différents centres assorties de leurs coûts respectifs
Pour chaque centre, ont été recensées les activités les plus pertinentes et
représentatives en terme d’évolution des coûts indirects. Puis les coûts de chaque centre ont
été ventilés entre les activités s’y rapportant.
Annexe 3
Tableau 5 Détermination des inducteurs de coûts
et du volume de chacun d’eux pour la période étudiée
4
Annexe 4
Tableau 6 Les résultats analytiques des produits A et B
selon la méthode des centres d’analyse
5
Annexe 5
Tableau 7 Evaluation des coûts unitaires des inducteurs
Centre Nature des Coût global Nature de Volume Commentaires sur Coût par
« entité » activités de l’activité l’inducteur de d’activité le volume inducteur
coût
Gestion des Quantités
matières achetées
Approvision-
nement premières
Gestion des Nombre de
composants commandes
Gestion des Quantités
pièces achetées
Réglage des Nombre de lots
machines fabriqués
Planification Nombre de lots
Usinage des ordres fabriqués
Lancement des Heures machines
fabrications
Maintenance Nombre
d’interventions
Montage Heures de MOD
manuel
Montage Heures machines
Montage automatisé
Gestion des Nombre de lots
lots fabriqués
Maintenance Nombre
d’intervention
Contrôle Temps de
qualité contrôle (heures)
Distribution Expédition Nombre de lots
expédiés
Adminis- Organisation Chiffre d’affaires
tration générale
6
Tableau 8 Imputation des charges indirectes par produit
en fonction des volumes d’activité
7
Annexe 6
Tableau 9 Evaluation des coûts complets, des résultats par produits
et des écarts de résultat entre les méthodes
Produit A Produit B
Eléments Quantités Prix Montants Quantités Prix Montants
unitaires unitaires
Chiffre
d’affaires
Coûts directs
Coûts
indirects
Coût de
revient
Résultat
méthode
ABC
Résultat
méthode des
centres
d’analyse
Ecart
Produit A Produit B
Méthode 1 Méthode 2 Ecarts 2/1 Méthode 1 Méthode 2 Ecarts 2/1
Approvisionnement 421 447.40 478 501.05
Usinage 600 000.00 600 000.00
Montage 1 315 789.45 1 184 210.51
Distribution 170 672.20 179 308.59
Administration 390 094.86 409 834.54
Total 2 898 003.91 2 688 759.91
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Cas Zeltronic (corrigé)
1 Les coûts complets par la méthode ABC
Centre Nature des activités Coût global Nature de l’inducteur de Volume Commentaires sur le Coût par
« entité » de l’activité coût d’activité volume inducteur
Approvisionn Gestion des 280 000 Quantités achetées 38 500 11 000 kg MPX 7.27273
ement matières premières 27 500 kg MPY
Gestion des 255 000 Nombre de commandes 15 PO : 10commandes 17000
composants PL : 5 commandes
Gestion des pièces 365 000 Quantités achetées 50 000 Annexe 2 tableau 1 7.3
Usinage Réglage des 110 000 Nombre de lots fabriqués 275 Annexe 2 tableau 2 400
machines 200 lots pour A et 75
pour B
Planification des 264 000 Nombre de lots fabriqués 275 Idem 960
ordres
Lancement des 625 000 Heures machines 6 000 104.16667
fabrications
Maintenance 201 000 Nombre d’interventions 25 Annexe 2 8040
Montage Montage manuel 1 237 000 Heures de MOD 9 500 130.26316
Montage automatisé 775 000 Heures machines 1 250 Annexe 3 620
Gestion des lots 412 500 Nombre de lots fabriqués 275 Annexe 2 tableau 2 1500
Maintenance 75 000 Nombre d’intervention 25 Annexe 2 3000
Distribution Contrôle qualité 210 000 Temps de contrôle 312.5 Annexe 3 672
(heures)
Expédition 140 000 Nombre de lots expédiés 275 Annexe 2 tableau 2 509.09091
Administ. Organis. générale 800 000 Chiffre d’affaires 22 025 000 0.03632
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Tableau 12 Imputation des charges indirectes par produits en fonction des volumes d’activité
On constate que la méthode ABC conduit à montrer que le résultat obtenu sur le
produits fini A est déficitaire, contrairement à ce qu’indiquait la méthode des centres
d’analyse qui faisait apparaître une marge légèrement positive. L’origine de l’écart est
expliqué dans la question suivante.
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2. Explications
Produit A Produit B
Méthode 1 Méthode 2 Ecarts 2/1 Méthode 1 Méthode 2 Ecarts 2/1
Approvisionnement 421 447.40 497 818.25 76 370.85 478 501.05 478 501.05 -76 319.19
Usinage 600 000.00 664 900.01 64 900.01 600 000.00 600 000.00 -64 899.99
Montage 1 315 789.45 1 306 315.80 -9 473.65 1 184 210.51 1 184 210.51 9 473.71
Distribution 170 672.20 236 218.18 65 545.98 179 308.59 179 308.59 -65 526.77
Administration 390 094.86 355 936.00 -34 158.86 409 834.54 409 834.54 34 177.46
Total 2 898 003.91 3 061 188.24 163 184.33 2 688 759.91 2 851 854.69 -163 094.78
Comme le montre ce tableau, la méthode ABC conduit à affecter 163 184,33 € de charges
supplémentaires au produit A. Bien entendu (et aux arrondis près) ce montant est déduit de
l’évaluation des charges indirectes imputées au produit B.
Si on approfondit l’analyse par centre d’analyse, on constate que la méthode
ABC conduit à imputer davantage de charges d’approvisionnement, d’usinage et de
distribution au produit A et moins de charges de montage et d’administration.
Pour comprendre l’origine de ces disparités, considérons par exemple les charges
d’approvisionnement. Dans la méthode des centres d’analyse, elles sont imputées au prorata
de la valeur des approvisionnements intervenant dans la fabrication de chaque produit, qui
dépend elle-même des quantités de matières premières, de composants et de pièces PM
nécessaires à la fabrication. Cette règle d’imputation, comme on le voit, conduit à imputer une
part plus importante de charges d’approvisionnement au produit consommant le plus de
matières, de composants et de pièces, en tenant compte des prix respectifs de ces divers
éléments. Le lien de causalité entre l’activité d’approvisionnement et le coût imputé est faible.
La méthode ABC conduit à rétablir ce lien de causalité. Ainsi, dans cette méthode les
coûts sont, selon l’activité considérée, imputés soit en fonction des quantités achetées (gestion
des matières premières et des pièces), soit en fonction du nombre de commandes de
composants. Le lien de causalité entre l’activité et le coût imputé est beaucoup mieux
respecté. Cette analyse peut être prolongée pour les autres postes de charges indirectes avec
les mêmes conclusions, même si l’imputation des charges d’administration
proportionnellement au chiffre d’affaires peut apparaître également arbitraire.
Plus généralement, on peut distinguer trois effets à l’origine des écarts constatés :
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— l’effet de diversité des activités la considération de plusieurs activités au sein d’un
même centre d’analyse dont les inducteurs de coût diffèrent, conduit à abandonner
l’hypothèse d’homogénéité de l’activité qui sous-tend normalement la validité de la
notion de centre d’analyse. Ainsi, par exemple pour le centre d’usinage, il y a quatre
activités caractérisées par trois inducteurs de coût différents et obéissant à des logiques
d’activité différentes. Une seule de ces activités retient comme inducteur de coût l’u.o.
heure machine qui avait été retenue dans la méthode des centres d’analyse ;
— l’effet de coût relatif des activités introduit également une distorsion. A l’intérieur
d’un même centre d’analyse, les différences d’inducteurs de coût entraînent des
modifications de la structure des coûts relativement aux différentes activités ;
— l’effet de taille des séries cet effet est lié au fait que la consommation de certaines
ressources est indépendante du volume ou de la taille de la série, par exemple, le
réglage des machines. Dans la méthode des centres d’analyse, les coûts entraînés par
le réglage appartenant au centre usinage se trouvent imputés au prorata des heures
machines, qui sont fonction de la taille de la série.
L’absence de prise en compte de ces effets dans la méthode des centres d’analyse conduit
à faire « subventionner» le produit A par le produit B. Ce phénomène de subventionnement
entre produits est aisé à comprendre. Dans un centre d’analyse incluant plusieurs activités
hétérogènes, les activités non retenues comme support de l’imputation sont réparties sur la
base d’une consommation moyenne. En conséquence, les produits qui consomment moins que
la moyenne subventionnent les produits qui consomment plus que la moyenne (d’après
MEVELLEC, Outils de gestion la pertinence retrouvée, Editions comptables Malesherbes,
1991, p. 65). Ainsi pour le centre d’usinage, l’activité de réglage dont l’inducteur de coût n est
pas retenu comme u.o. d’imputation conduit le produit B (peu consommateur de cette activité)
à subventionner le produit A. Ce phénomène de subventionnement s’il est ignoré peut
conduire à des erreurs de décision importantes, liées à une appréciation biaisée de la
rentabilité des produits.
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2 Intérêt de la méthode des coûts par activité pour la prise de décision en gestion
Enfin, la méthode ABC permet d’enrichir l’analyse stratégique compte tenu de son lien
étroit avec l’analyse de la création de la valeur. En particulier, elle est censée permettre une
meilleure analyse de la chaîne de création de la valeur, une meilleure perception des liens
entre la stratégie et la structure (et donc à agir plus efficacement sur cette dernière) et la
définition de mesures de performance plus adaptées permettant d’améliorer la gestion des
ressources humaines et la performance globale de l’entreprise.
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3 Appréciation de la différence conceptuelle entre la méthode AJ3C et les méthodes
traditionnelles
Par ailleurs, les critiques formulées par les partisans de la méthode ABC à la méthode
traditionnelle sont au nombre de quatre (BOUQUIN, Op. cit., p. 223 et 224)
Il apparaîtrait donc que la différence conceptuelle entre les méthodes est faible et que la
méthode ABC constituerait en fait plus une reconsidération des méthodes traditionnelles dans
une perspective orientée véritablement vers la gestion, au-delà de la seule perspective
d’évaluation ex post d’un résultat.
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