Cours Reduction Partie 2
Cours Reduction Partie 2
P2 (f )(y1 ) = P2 (f )((U P1 )(f )(x)) = (P2 U P1 )(f )(x) = (U.P )(f )(x) = U (f ) (P (f )(x)) = 0
On montre de même que y2 appartient à ker(P1 (f ))
Ceci achève la preuve pour s=2
Soit s ≥ 3 et supposons le lemme établi pour s − 1
Si P1 , P2 , ..., Ps sont des polynômes de K [X] , deux à deux premiers entre eux ( on note P leur produit )
s−1
On note Q = Πk=1 Pk de sorte que P = Q.Ps
Du fait que Ps est premier avec tous les Pk pour k appartenant à [1, s − 1] , il est premier avec leur produit
Q
On a donc , d'aprés le cas ci-dessus :
En dimension innie , un endomorphisme peut ne pas avoir de polynôme annulateur autre que le polynôme
nul .
k
Pd
Exemple , l'endomorphisme Dérivation ( noté D ) sur K [X]: P (X) =
k=m ak X annule
Supposons que
D avec am non nul ( m est appelé valuation du polynôme , analogue du degré mais en partant des puissances
les plus basses )
Prenons Q(X) = X m P (D)(X m ) = am Dm (X m ) = am .m! 6= 0
, on a :
En dimension nie ( dim(E) = n ) , un endomorphisme donné f admet toujours au moins un polynôme
annulateur autre que le polynôme nul : par exemple son polynôme caractéristique.
2 n2
Mais pour faire simple , le fait que la famille (id, f, f , ..., f ) soit liée fournit de suite un exemple d'un
tel polynôme.
Notons If l'ensemble des polynômes annulateurs d'un endomorphisme ( d'un K - espace de dimension nie
)
On montre que If est un idéal de K [X] dit idéal annulateur de f
On montre alors le résultat suivant :
Théorème et dénition : Il existe un unique polynôme unitaire de K [X] (noté Πf et dit polynôme minimal
de f ) tel que l'idéal annulateur de f soit l'ensemble des multiples ( dans K [X] ) de ce polynôme.
minimal? car son degré est le plus petit possible ....
Preuve : Notons ∆ = {deg(P )/P ∈ If /P 6= 0}
∆ N : elle admet donc un plus petit élément m
est une partie non vide de
Soit M un élément de If tel que deg(M ) = m
Montrons que If = {Q(X).M (X)/Q ∈ K [X]}
L'inclusion réciproque est vraie du fait que If est un idéal de K [X]
Soit P un élément de If
Pour montrer que M divise P il faut et il sut de prouver que le reste de la division euclidienne de P par
M ( raisonnement fréquent )
Si P = QM + R avec deg(R) ≤ m − 1
alors R = P − QM est un élément de l'idéal If . S'il est non nul on aurait une contradiction immédiate
avec la dénition de l'entier m .
D'où le résultat.
En imposant à un tel polynôme d'être unitaire on assure son unicité ( car deux polynômes se divisant
mutuellement et qui sont unitaires sont égaux )
( l'unicité n'est ici qu'un confort mathématique pour que tout le monde parle du même )
Exemple : quel est le polynôme minimal d'une symétrie ?
Remarque : on sait donc que le polynôme minimal de
Q f divise son polynôme caratéristique
Supposons que χf (X) soit scindé sur K : χf (X) = sk=1 (X − λk )mk où les λk sont les diérentes valeurs
propres de f et les mk les multplicités respectives.
Qs γk
Il s'en suit dans ce cas que Πf (X) = k=1 (X − λk ) avce pour tout k , 1 ≤ γk ≤ mk
On peut énoncer le théorème superu suivant
Théorème :
Soit f un endomorphisme d'un K - espace vectoriel E de dimension nie.
f est diagonalisable si et seulement si son polynôme minimal est scindé à racines simples sur K
Superu car il fait oce de double emploi avec l'original :
Si f est diagonalisable alors il admet un polynôme annulateur P scindé à racines simples sur K ( original
)
Comme le polynôme minimal divise ce polynôme , il est donc lui même scindé à racines simples sur K
Réciproquement si le polynôme minimal de f est scindé à racines simples sur K , alors on a trouvé un
polynôme annulateur scindé à racines simples sur K et donc f est diagonalisable.
( El Hadj Moussa , Moussa El Haj )
Proposition :
Soit f K - espace vectoriel E de dimension nie. et Πf (X) son polynôme minimal.
un endomorphisme d'un
Notons K [f ] = {P (f )/P ∈ K [X]} .
K [f ] est un sous -espace vectoriel de L(E) de dimension m = deg( Πf (X)) . et la famille (id, f, f 2 , .., f m−1 )
en est une base.
Preuve : il suet de montrer que (id, f, f 2 , .., f m−1 ) en une base de K [f ] .
Montrons qu'elle est libre.
Pm−1 Pm−1
Si α0 , .., αm−1 sont des scalaires tels que k=0 αk f k = 0 alors en posant P (X) = k=0 αk X k , on obtient
un polynôme annulateur de f
Πf (X) ( le polynôme minimal de f le divise
Mais alors
Comme deg(T ) < deg(Πf (X)), c'est donc le polynôme nul et par suite les αk sont nuls
Prouvons que la famille engendre K [f ] : un air de déjà vu ? ( Oui , la division euclidienne )
Remarque : On note C(f ) = {g ∈ L(E)/g ◦ f = f ◦ g} le commutant de f : c'est un sous-espace vectoriel
de L(E)
Un polynôme en f commute avec f : donc K [f ] est inclus dans C(f )
Pas mal d'exercices les comparent et etudient en particulier le cas d'égalité.
3 Endomorphismes nilpotents
Soit f un endomorphisme d'un K - espace vectoriel E . f est dit nilpotent si il existe un entier naturel non
nul k tel que f k soit l'endomorphisme nul ( dénition analogue pour les matrices carrés ) ( en fait une matrice
de Mn (K) est nilpotente ssi l'endomorphisme canoniquement associé de Kn l'est.
k
L'indice de nilpotence ( noté p ) d'un endomorphisme nilpotent est le plus entier k tel que f = 0
p p−1
Il est caractérisé par le fait que f = 0 mais f
6= 0
0 1 0
Exemple : la matrice J = 0 0 1 est nilpotente d'indice de nilpotence p = 3
0 0 0
0 1 0
la matrice J = 0 0 0 est nilpotente d'indice de nilpotence p = 2
0 0 0
Toute matrice carrée triangulaire superieure stricte ( la diagonale est également nulle ) est nilpotente.
Mais une matrice peut être nilpotente sans être triangulaire
1
0
exemple : M =
0
, les autres termes étant nuls.
1
0
On montre le résultat suivant en exercice en classe de Sup ( mais où suis-je ? )
Proposition :
Soit f un endomorphisme nilpotent d'un K - espace vectoriel E de dimension nie. On note p l'indice de
nilpotence de f et n = dim(E) .
On a : p≤n
( par conséquent on est sûr que f n = 0)
Remarque: Si A Mn (K) nilpotente alors nécessairement An = 0
est une matrice de ( raisonner sur
n
l'endomorphisme canoniquement associé de K .
p p−1
Une preuve classique de ce résultat : f = 0 mais f 6= 0
p−1
Il existe donc un vecteur e de E tel que f (e) 6= 0
p−1
Montrons alors que la famille (e, f (e), .., f (e)) est libre ( et par conséquent p ≤ n )
Si α0 , ..., αp−1 sont des scalaires tels que
devient donc
αk f k (e) + ... + αp−1 f p−1 (e) = 0
p−1−k
Appliquons à cette relation l'endomorphisme f ( qui existe bien vu que p−1−k ≥0 )
p−1 p−1
On obtient alors αk f (e) = 0 et comme f (e) 6= 0 , on a alors αk = 0
Exercice banal :
0 1 0
Résoudre dans M3 (K) l'équation X2 = 0 0 1
0 0 0
Du point de vue de la réduction des endomorphismes on a le résultat suivant sur les endomorphismes
nilpotents
Théorème :
Soit f un endomorphisme d'un K - espace vectoriel E de dimension nie. ( dim(E) = n )
f est nilpotent si et seulement si f est trigonalisable avec 0 pour seule valeur propre
4 Réduites classiques
s
Y
χf (X) = (X − λk )mk
k=1
E = ⊕sk=1 Fk
et pour tout k compris entre 1 et s , dim(Fk ) = mk
Preuve:
Le premier résultat ( E = ⊕sk=1 Fk ) est une conséquence immédiate du duo magique mentionné ci-haut .
Pour la dimension de chaque espace-caractéristique :
Chacun des sous-espaces 1 ≤ k ≤ s ) est stable par f ( car un polynôme en f commute à f )
Fk (
m
l'endomorphisme fk induit par f à Fk est tel que fk − λk IdFk est nilpotent ( puisque Fk = ker(f − λk Id) k
dk
) , le polynôme caractéristique de fk − λk IdFk est donc égal X où dk = dim(Fk ) . et donc celui de fk vaut
dk
(X − λk )
s
Du fait que E = ⊕k=1 Fk , et du fait que ces sous-espaces soient stables par f , la matrice de f dans une
base adaptée à cette décomposition est diagonale par blocs.
Il s'en suit que le le polynôme caractéristique de f est égal au produit de ceux des endomorphismes induits
:
s
Y
χf (X) = (X − λk )dk
k=1
Qs
Comme χf (X) = k=1 (X − λk )mk et par unicité de la décomposition en facteurs premiers alors dk = mk
5 Réductions simultanées
Preuve:
g f commutent, donc g laisse stable chacun des sous-espaces propres
et de f
Pour λ ∈ Sp(f ) , notons gλ l'endomorphisme induit par g à Eλ (f )
g étant diagonalisable, il en est de même de gλ
Notons alors Bλ une base de Eλ (f ) formée de vecteurs propres de gλ
Les vecteurs de cette base sont donc des vecteurs propres de g et naturellement de f ( car dans Eλ (f ) )
Du fait que f est diagonalisable, on a : E = ⊕λ∈Sp(f )λ Eλ (f )
Par cancaténation des bases Bλ on obtient donc une base de E comme souhaité.
Question : La somme de deux endomorphismes diagonalisables est-elle diagonalisable ?
Exemple : le sempiternel multi-archi classique crochet de Lie ( aussi célèbre que l'uppercut de Cassius
)
Exercice :
Soient A et B sont deux matrices diagonalisables de
Mn (K) qui commutent.
Mn (K) −→ Mn (K)
Montrer que l'application : φA,B : est diagonalisable.
M 7−→ AM − M B
A présent , on montre un résultat de réduction simultanée concernant une famille d'endomorphismes ( et
non deux )
Exercice :
E un K - espace vectoriel de dimension nie.
Soit
L une famille d'endomorphismes diagonalisables de E , qui commutent deux à deux.
Soit
Montrer qu'il existe une base de E formée de vecteurs propres communs à tous les éléments de la famille L
Preuve : par récurrence sur la dimension n de l'espace.
Pour n = 1 , c'est RAS , circulez !!! ( waaaa...sil )
Soit n ≥ 2. On suppose le résultat érabli en dimension inférieure ou égale à n − 1 .
On se place alors dans les conditions de l'exercice et en dimension n
Pour pouvoir utiliser l'hypothèse de récurrence , il faut se ramener à un sous-espace stable par l'esemble
des éléments de la famille : cela ne peut être qu'un sous-espace propre de l'un d'eux à condition que l'un
d'eux en admette au moins un de dimension inférieure ou égale à n−1 ;
Il va falloir examiner donc le cas pathologique : tous les éléments de L sont des homothéties .
Ce cas est trivial : n'importe quelle base convient.
Second cas : l'un (au moins ) des endomorphismes n'est pas une homothétie. Notons g un tel endomor-
phisme. g admet donc s sous-espaces propres ( avec s≥2
Eλk (g) , 1 ≤ k ≤ s
) :
Pour tout k , le sous-espace Eλk (g) , est de dimension inférieure ou égale à n − 1 .
Et il est stable par tous les endomorphismes f appartenant à L
Notons Lk la famille des endomorphismes induits par les éléments de L à Eλk (g)
Ces endomorphismes induits sont à leur tour diagonalisables et commutent deux à deux ( c'est héréditaire
♥)
On applique à cette famille l'hypothèse de récurrence ; il existe une base de Eλk (g) formée de vecteurs
propres communs à tous les éléments de la famille Lk , donc à tous les éléments de L
Par cancaténation de toutes ces bases on obtient une base de E qui répond à la question.
5.2 trigonalisation simultanée
Exercice :
Soient f et g deux endomorphismes trigonalisables d'un K - espace vectoriel E de dimension nie.
Si f et g commutent alors il existe une base de E relativement à laquelle les matrices de f et de g sont
triangulaires ( supérieures par exemple )
( on dit qu'ils sont co-trigonalisables ou simultanément trigonalisables )
Version matricielle :
Si A et B sont deux matrices trigonalisables de Mn (K) et qui commutent alors il existe une matrice inversible
P ( ∈ GLn (K) telle que P −1 AP et P −1 BP soit toutes deux triangulaires ( elles sont semblables à des matrices
triangulaires et ce au moyen d'une même matrice de passage )
Preuve:
Toute trigonalisation simultanée d'endomorphismes passe par la recherche d'un vecteur propre commun (
qui fera oce d'un premier vecteur de la base commune escomptée ) . la suite est une récurrence en bonne et
due forme. ( en général un swich s'opère alors sur la version matricielle )
Sidim(E) = n = 1 , c'est une trivialité.
Soit n ≥ 2
On suppose que le résultat est prouvé à l'ordre n−1
Un endomorphisme est trigonalisable si et seulement si son polynôme caractéristique est scindé sur le corps
de base de l'espace.
De ce fait , un tel endomorphisme admet au moins une valeur propre et donc au moins un sous-espace
propre.
Soit Eλ (f ) un sous-espace propre de f .
Du fait que f et g commutent Eλ (f ) est stable par g . Soit gλ l'endomorphisme induit par g sur Eλ (f ) (
la chanson habituelle )
gλ est lui même trigonalisable ( car son polynôme caractéristique divise celui de g et il est donc lui même
scindé ). gλ admet donc au moins une valeur propre et donc au moins un vecteur propre. un tel vecteur est
alors un vecteur propre commun à f et à g . ( on tient le Graal )
Notons e1 un tel vecteur et complétons le en une base B = (e1 , .., en ) de E
Dans cette base les matrices de
f et de g ( notons les F et G ) sont triangulaires
par blocs :
λ L β K 0 0
F = et G = où F et G sont des blocs carrés d'ordre n − 1 .
0 F0 0 G0
0
On a alors χf (X) = (λ − X) .χF 0 (X) . Il s'en suit que χF 0 (X) est lui même scindé et donc F est
0
trigonalisable. De même pour le bloc G .
0 0
Le produit par blocs F G qui est égal à GF montre alors que F et G commutent à leur tour.
Dés lors, l'hypothèse de récurrence s'applique à ces deux matrices d'ordre n − 1 .
Il existe donc une matrice Q ∈ GLn−1 (K) et deux matrices triangulaires supérieures T1 et T2 de Mn−1 (K)
−1 0 −1 0
telles que Q F Q = T1 et Q G Q = T2 .
Il va falloir agir ( par conjuguaison) sur les matrices initiales :
1 0
Posons alors P = , matrice carré d'ordre ( déjà rencontrée dans pas mal de situations analogues
0 Q
, en particulier l'archi-bidonesque matrice à trace nulle )
Le choix de cette matrice n'est pas arbitraire : la première colonne ( correspondant à un choix d'une nou-
velle base ayant le même premier vecteur que l'ancienne ) est choisie de sorte que le travail de triangulation
commencé soit préservé.
trêve de Blablabla.
−1 1 0
P est inversible , d'inverse P =
0 Q−1
Un calcul par blocs , à la chaîne ( blockchain ? ) donne alors :
−1 1 0 λ L 1 0 λ ∗ λ ∗
P FP = = =
0 Q−1 0 F0 0 Q 0 Q−1 F 0 Q 0 T1
−1 λ ∗
Et de même P GP = , qui sont bien triangulaires supérieures.
0 T2
Exercice :
Soient L une famille d'endomorphismes trigonalisables d'un K - espace vectoriel E de dimension nie.
On suppose qu'ils commutent deux à deux
Montrer qu'il existe une base de E relativement à laquelle les matrices de tous les éléments de L soient
triangulaires ( supérieures par exemple )
Preuve:
Par récurrence sur n = dim(E)
Pour n = 1 . Toute matrice d'ordre 1 peut être considérée comme triangulaire.
Soit n ≥ 2 . On suppose le résultat prouvé pour tout entier k ≤ n − 1 .
Premier cas : tous les éléments de L sont des homothéties ..........no comment
Sinon : l'un des endomorphismes , notons le f n'est pas une homothétie.
f étant trigonalisable , il admet au moins un sous-espace propre Eλ (f )
Ce sous-espace est de dimension inférieure ou égale à n − 1
Du fait que tous les éléments g de L commutent à f , ils stabilisent Eλ (f )
On considère alors la famille des endomorphismes induits : elle vérie l'hypothèse de récurrence ( endo-
morphismes trigonalisables qui commutent ) et l'espace correspobdant est de dimension ≤n−1
Il existe donc une base de Eλ (f ) qui trigonalise tous ces endomorphismes induits.
Ensuite, on a le choix entre : compléter une telle base en une base de E et terminer de manière analogue
au cas de deux endomorphismes.
Ou alors, prendre le premier vecteur de cette base qui est donc un vecteur propre commun à tous les
éléments de L et le compléter en une base de E et terminer matriciellement exactement comme dans le cas
de deux endomorphismes.
Personnelement , j'ai opté pour la deuxième option ( ayant à ma disposition un outil nommé copier-coller
♠ )
β K
Pour tout g élément de L , la matrice dans la base complétée est de la forme G=
0 G0
L'ensemble des matrices G0 d'ordre n−1 ainsi obtenues vérie l'hypothèse de récurrence : elles sont
0
trigonalisables et commutent : il existe donc une matrice Q ∈ GLn−1 (K) telle que pour toutes les matrice G
−1 0
, Q G Qsoit triangulaire supérieure ( notons la Tg )
1 0 −1 λ ∗
En considérant la matrice P = , on a alors , pour toutes les matrices G, P GP =
0 Q 0 Tg
, qui sont bien triangulaires supérieures.
Exercice :
Soient f et g deux endomorphismes d'un E de dimension nie.
C - espace vectoriel
On suppose qu'il existe un scalaire non nul α tel que f ◦ g − g ◦ f = αf
k k
1/ Calculer , pour tout entier naturel k , f ◦ g − g ◦ f
2/ En déduire que f est nilpotent
3/ En déduire que f et g admettent un vecteur propre commun
4/ Montrer que f et g sont simultanément trigonalisables. ( question souvent omise )
Pour la première question : quelques essais ( k=2 voire k=3 ) donne une formule que l'on démontre
ensuite par récurrence :
f k ◦ g − g ◦ f k = kαf k
Attention, toutefois , à ne pas tourner en rond !!
k
Pour cela l'écrire plutôt sous la forme : f ◦ g = (g + kαId) ◦ fk ( qui peut s'interpréter comme suit : le
k
passage de f à droite , rajoute k fois l'homothétie αId à g )
La formule est vrai pour k = 1( et même pour k=0 )
Supposons qu'elle le soit à un ordre k≥1 , montrons à l'ordre k + 1:
On a donc :
f k+1 ◦ g = f ◦ (f k ◦ g)
= f ◦ (g + kαId) ◦f k
= (f ◦ g +kαf ) ◦f k
= (g ◦ f + αf +kαf ) ◦f k
= (g ◦ f +(k + 1)αf ) ◦f k
= (g + (k + 1)αId) ◦f k+1
Question 2 :
On souhaite montrer l'existence d'un entier non nul k tel quefk = 0
k
Pour cela on raisonne par l'absurde : on suppose que pour tout k , f 6= 0
un vecteur non nul dans un espace vectoriel est un vecteur propre potentiel
L'égalité trouvée
à la question précédente pouvant alors s'interpréter de la manière suivante :
L(E) −→ L(E)
Posons φ: .
u 7−→ u ◦ g − g ◦ u
k k
On a donc pour tout k , φ(f ) = kαf . Le vecteur fk étant non nul , c'est donc un vecteur propre de φ
et kα est une valeur propre et ce pour tout entier k
φ admetrrait ainsi une innité de valeurs propres : ceci est absurde car L(E) est de dimension nie.
Question 3 :
Où cherche-t-on un vecteur propre commun à deux endomorphismes ?
Réponse : dans un sous-espace propre de l'un des deux s'il est stabilisé par l'autre.
Question : quels sont les sous-espaces propres d'un endomorphisme nilpotent ?
Réponse : y en a pas trente six : son noyau . ( la seule valeur propre d'un endomorphisme nilpotent étant
: zéro )
Mais f et g ne commutent pas !!! ....on s'en fout :
Pour tout vecteur x de ker(f ) f ◦ g − g ◦ f = αf donne f (g(x)) = 0
, la relation
ker(f ) par g
c'est bien la preuve de la stabilité de
La nouba habituelle : soit g
e l'endomorphisme induit par g sur ker(f ) ( espace non réduit à l'espace nul
). Le corps de base étant ici C, on est sûr que g
e admet une valeur propre et donc au moins un vecteur propre
: c'est un vecteur propre commun à f et g .
Dernière question :
Notons e1 un tel vecteur et comme d'habitude complétons le en une base B de E .
Danscette base
les matrices
F et G de f et g sont de la forme :
λ L β K 0 0
F = et G= où F et G sont des blocs carrés d'ordre n−1 . ( merci Lyx )
0 F0 0 G0
( Ah , I forgot .....induction , of course )
La realtion f ◦ g − g ◦ f = αf se traduit par F G − GF = αF , elle même donnant la relation F 0 G0 − G0 F 0 =
0
αF
On se retrouve sous les mêmes hypothèses mais à l'ordre n − 1 ( mais matriciellement ( le swich s'est opéré
)
On termine alors comme dans les classiques ci-dessus.
6 Réduction d'une matrice tridiagonale
Exercice :
Diagonaliser la matrice suivante de Mn (R):
−λx1 +x2 = 0
x1 −λx2 +x3 = 0
xk−1 −λxk +xk+1 = 0
xn−2 −λxn−1 +xn = 0
xn−1 −λxn = 0
On s'aperçoit que l'équaion générique : xk−1 − λxk + xk+1 = 0 est valable pour l'indice k variant de 2 à
n − 1.
La première équation ainsi que la dernière étant à part , l'idée lumineuse de rajouter articiellement
deux termes nuls à cette suite (nie) : x0 = 0 et xn+1 = 0 est , somme toute, logique :
Ainsi , l'équation générique peut s'étendre aux indices k variant de 1 à n.
En posant cette équation devient : xk−1 − 2 cos(θ)xk + xk+1 = 0
λ = 2 cos(θ)
2 iθ −iθ
Elle a pour équation caractéristique : X − 2 cos(θ)X + 1 = (X − e )(X − e ) =0
Plaçons nous, à priori, en dehors du cas pathologique où l'on a une racine double ( θ=0 ou θ=π )
Il existe donc deux scalaires α et β tels que :
∀k ∈ {0, 1, ..n + 1}, xk = α(eiθ )k + β(e−iθ )k
Les termes x0 = 0 et xn+1 = 0 imposent alors le système suivant :
α + β = 0
i(n+1)θ −i(n+1)θ
αe + βe = 0
qui équivaut à
α = −β
β.(sin(n + 1)θ) = 0
β α l'est également et xk = 0 pour tout k .
ne peut être nul , sinon
On a donc nécessairement sin((n + 1)θ) = 0
jπ
Le choix de θj = , avec 1 ≤ j ≤ n s'impose donc. ( Attention à l'enchevêtrement des indices )
n+1
−iθ k
iθ k
Par suite ∀k ∈ {1, ..n}, xk = α (e ) − (e ) = 2iα sin (kθj )
Pour j tel que 1 ≤ j ≤ n , λj = 2 cos(θj ) est une valeur propre.
Ces valeurs sont distinctes ( la fonction x 7−→ cos(x) étant injective sur [0, π]
On a ainsi trouvé n valeurs propres , il n'y en a pas d'autres et cela justie le choix , à priori , de θ
appartenant à ]0, π[
Pour j tel que 1 ≤ j ≤ n , le sous-espace propre associé à la valeur propre λj = 2 cos(θj ) est la droite
sin(θj )
sin(2θj )
.
.
.
vectorielle engendrée par le vecteur ej =
sin(kθj )
.
.
.
sin(nθj )
7 Diagonalisation en blocs
D'abord le principe
Exercice :
A 0
Soient A ∈ Mn (K) et B ∈ Mp (K) et M= ∈ Mn+p (K)
0 B
Donner une condition nécessaire et susante pour que la matrice M soit diagonalisable.
Réponse : CNS , A et B sont ......jolies ( c'est ça oui ) ( jolie matrice = matrice diagonalisable )
Condition nécessaire :
Si M est diagonalisable , alors il existe P ∈K [X] , scindé à
racines simples tel que P (M ) = 0
P (A) 0
On a alors ( calcul fait et refait ) , P (M ) =
0 P (B)
On a donc P (A) = 0 et P (B) = 0
Donc le même théorème ( la condition suusante ) montre alors que A et B sont diagonalisables.
Condition susante :
Si A B
sont diagonalisables , alors il existe P
et ∈ GLn (K) , Q ∈ GLn (K) , D ∈ Mn (K) et 4 ∈ Mp (K)
−1 −1
diagonales tellesque : P AP = D et Q AQ = 4
P 0
Posons T = , qui est bien dans GLn+p (K)
0 Q
P −1 AP
−1 0 D 0
On a alors T MT = = qui est diagonale.
0 Q−1 BQ 0 4
Par suite M est bien diagonalisable.
Remarque 1 : Pour la condition susante on pourrait également le théorème sur les polynômes annulateurs
:
Si A et B sont diagonalisables , alors il existe U et V ∈ K [X] , scindés à racines simples tel que U (A) = 0
et V (B) = 0
Le polynôme S = ppcm(U, V ) est alors lui même scindé à racines simples et vérie S(A) = 0 et S(B) = 0
donc S(M ) = 0 S est diagonalisable.
et par suite
Remarque 2 : ce qu'on a prouvé avec deux blocs peut évidemment s'étendre à 36.
Ensuite l'exercice se répétant à l'inni
Exercice :
2A A
Soient A ∈ Mn (K) et M ∈ M2n (K) dénie par M=
A 2A
Donner une condition nécessaire et susante ( sur A ) pour que la matrice M soit diagonalisable.
Réponse, évidemment, A est ...... ( vous avez perdu , il ne sut pas d'être jolie pour monter les marches
du Festival ♥)
1 1
La matrice étant non diagonalisable , on ne peut pas faire comme dans l'exercice précédent.
0 1
α α
La matrice de M2 (C) est diagonalisable si et seulement si α = 0
0 α
Il y a peut être là un début de réponse à notre exercice. ( réponse eectivement , CNS : A est nulle )
On montre d'abord, ( politique des étapes ) , que A est nécessairement diagonalisable :
En eet , si P ∈ K [X] , est scindé à
racines simples et tel que P (M ) = 0 alors P (A) = 0 et par suite A est
P (A) 4
bien diagonalisable . ( On a : P (M ) = où 4 est un bloc inintéressant pour la conclusion
0 P (A)
provisoire )
Mais la condition est loin d'être susante.
Pour cela examinons le bloc soit-disant inintéressant
2 : c'est la clé de l'exercice
2
Pd k 2 A 2A
Posons P (X) = k=0 αk X . On a M = 2 et par récurrence , on montre que Mk =
0 A
Ak kAk
k = 0 ) ( ce que l'on peut obtenir,
( également valable pour également, par une formule du
0 Ak
A 0 0 A
binôme, en écrivant M = D + N où D = et N = )
P 0 A 0 0
Pd d
On a alors 4 = k=1 αk kAk
= A × k=1 α k kA k−1
= A × P 0 (A)
On a donc récupéré l'information supplémentaire suivante :
A × P 0 (A) = 0
Comme on souhaite montrer que A est nulle , il sut donc de montrer que la matrice P 0 (A) est ...( attention
aux bêtises de collégien )
Qd−1
0
P 0 (A) = ε d−1
Q
Or , si P (X) = ε k=0 (X − zk ) k=0 (A − zk In )
, on a :
Cette matrice estinversible ssi , pour tout k , le nombre zk n'est pas valeur propre de zk , ce qui est le cas ,
car sinon , les valeurs propres de A étant racines de P ( annulateur de A ) , le polynôme P aurait une racine
double. Ce qui est exclu.
0
En dénitive P (A) est bien inversible et donc A est bien nulle.
La réciproque est évidente.
L'exercice suivant
Exercices :
Soient A et B sont deux matrices de
Mn (C) qui commutent.
Mn (C) −→ Mn (C)
Soit ϕ l'application suivante ϕ: .
M 7−→ AM − M B
1/ A quelle condition nécessaire et susante , existe-t-il au moins une matrice non nulle telle que AM −M A =
0 ?
2/ A quelle condition nécessaire et susante , l'application ϕ est-elle surjective ?
3/ A quelle condition nécessaire et susante , l'application ϕ est-elle injective ?
Exercice :
Montrer que Sp (ϕ) = {a − b/a ∈ Sp(A), b ∈ Sp(B)}
Inclusion : {a − b/a ∈ Sp(A), b ∈ Sp(B)} ⊂ Sp(ϕ)
t
Soit a ∈ Sp(A), b ∈ Sp(B) : Soit X un vecteur propre de A associé à a et Y un vecteur propre de B
t t
associé à b ( notez bien B et non B ) ( ceci est possible car B et B ont le même spectre )
t t
Soit alors M = X Y ( cette matrice n'est pas nulle ) X Y
t t t t t t t t
On a : ϕ(M ) = A (X Y ) − (X Y ) B = (AX) Y − X ( BY ) = (aX) Y − X (bY ) = (a − b)X Y = (a − b)M
Ceci prouve que a − b appartient bien au spectre de ϕ
L'inclusion réciproque est un peu plus coriace :
λ une
Soit valeur propre de ϕ et M un vecteur propre associé : i.e. M , matrice non nulle vériant
ϕ(M ) = λM
On a donc AM − M B = λM ou encore AM = M (B + λIn )
Une récurrence montre alors que, pour tout entier naturel k , on a Ak M = M (B + λIn )k et par suite ,
pour n'importe quel polynôme P de K [X] , onsi a :
P (A)M = M P (B + λI)
En particulier pour P (X) = χA (X) , et gràce ay théorème de Cayley-Hamilton , on a :
0 = M.χA (B + λI)
Comme M n'est pas nulle ce montre que la matrice χA (B + λI)Qest (pas de bêtise ) non inversible.
n
Notons a1 , ..an les valeurs propres de A , de sorte que χA (X) =
Qn Qn k=1 (X − ak )
On a alors χA (B + λI) = k=1 (B + λI − a k I) = k=1 (B − (a k − λ)In )
Ce produit est non inversible si et seulement si l'une des matrices (B − (ak − λ)In ) est non inversible. Or
ceci se produit si et seulement , pour un certain k , ak − λ appartient au spectre de B , autrement dit il existe
k ∈ {1, ..n} et b ∈ Sp(B) tels que ak − λ = b
D'où λ = a − b , pour un certain a ∈ Sp(A) et a ∈ Sp(A)
D'où l'inclusion réciproque.
Avec cette étude explicite du spectre de ϕ en fonction de celui de A et de celui de B , la réponse à l'exercice
posé ci-dessus devient à portée de main.
Exercice :
Pn−1
Soit P (X) = X n − ak X k un polynôme de K [X] .
k=0
0 · · · · · · · · · · · · 0 a0
1 ... .
.
. a1
. . . .
0 .. .. .
.
.
.
.. . . .. .. .
.
.
.
On note CP = . ( matrice d'ordre n ) , dite matrice compagnon du
. . . . .
. . .
. .. .. .. . .
. . . . . .
. . . .
.. .. ..
0 .
.
0 · · · · · · · · · 0 1 an−1
polynôme unitaire de degré n qu'est le polynôme P .
1/ Montrer que χCP (X) = P (X)
2/ Montrer que, pour toute valeur propre de CP , le sous-espace propre associé est une droite. ( sans la
déterminer, pour l'instant )
3/ En déduire une condition nécessaire et susante sur le polynôme P pour que CP soit diagonalisable.
4/ Déterminer pour toute valeur propre λ le sous-espace propre de la matrice transposée : t CP
5/ Retrouver le fait que si des scalaires λ1 , ..λn sont distincts alors leur matrice de Vancermonde est inversible.
Or le polynôme caractéristique en question n'étant autre que le polynôme P , les valeurs propres en sont
donc les racines et comme chaque espace propre est de dimension égale à 1 , ceci équivaut donc à dire que P
est scindé à racines simples sur K.
x1
x2
..
.
4/ Le système (t CP − λIn )X = 0 avec X=
...
se traduit par :
.
.
.
xn
−λx1 +x2 = 0
−λx2 +x3 = 0
−λxk +xk+1 = 0
−λxn−1 +xn = 0
a0 x 1 +a1 x2 +... +an−2 xn−1 +(an−1 − λ)xn = 0
10 Matrice circulante
Exercice :
0 1 0 0
.. .. ..
. . .
.. ..
. .
.. ..
On pose J = de Mn (C), la matrice de permutation ( J = Pσ ) avec
. .
..
. 0
..
0 . 1
1 0 0
σ = (n, n − 1, ..2, 1) ( cycle de longueur n )
1/ Montrer que J est diagonalisable dans Mn (C) et déterminer ses valeurs propres
2/ Pour des scalaires a0 , a1 , ..an−1 , on note C la matrice , dite circulante , suivante : C =
a0 a1 a2 an−2 an−1
.. .. ..
. . .
a an−2
n−1
.. .. .. ..
. . . .
.. .. .. ..
de Mn (C).
. . . .
.. .. ..
. . . a2
.. ..
a
2 . . a1
a1 a2 an−1 a0
Retrouver le déterminant de cette matrice ( sous forme d'un produit , cela va de soi )
Question 1 :
n
On a J = Pσ n = Pid = In
Le polynôme X n − 1 est donc annulateur de J et il est scindé à racines simples dans C
Il s'en suit que J est diagonalisable dans Mn (C)
Pour déterminer ses valeurs propres ( qui seront, sans surprise, ....) , on calcule le polynôme caractéristique
de J
χJ (X) = det(XIn − J) ( ça y est , je m'habitue aux changements de règles de conduite , ma Tesla n'a
quà bien se tenir ♥♥ )
X −1 0 0
.. .. ..
. . .
.. ..
. .
.. ..
χJ (X) = , qui se calcule , easily , par développement par rapport à
. .
..
. 0
..
0 . −1
−1 0 X
la dernière ligne ( c'est une compagne )
On obtient
χJ (X) = (−1).(−1)n+1 4n,1 + X(−1)n+n 4n,n
Or 4n,1 = (−1)n−1 et 4n,n = (X)n−1
n
D'où χJ (X) = −1 + X
Le spectre de J est donc formé par les n racines n - ièmes de l'unité :
{1, w, w2 , ..w n−1
}où w = e
i2π/n
1
w
2
w
Il existe donc P ∈ GLn (C) telle que J = P DP −1 où D=
wn−1
Question 2 : on calcule les puissances de la matrice J ( en calculant les itérées de l'endomorphisme fσ
déni par fσ (ej ) = ej−1mod(n) et on s'aperçoit que ( oh miracle )
Pn−1
C = k=0 ak J k Pn−1 −1 Pn−1
On a alors : C = P k=0 ak D
k
P Q = P 4P −1 où 4 est la matrice diagonale k=0 ak D k .
n
Il s'en suit que det(C) = det(4) = j=1 (4)j,j
Pn−1 k
P n−1 j−1 k
Or (4)j,j = k=0 ak (D )Qj,j = P k=0 ak (w )
n n−1 j−1 k
En dénitive : det(C) = j=1 k=0 ak (w )
( Retrouve-t-on le même résultat qu'il y a quelques semaines ? )
Exercice :
Soient n ≥ 3, a1 , ..,
an−1 et b1 , .., bn−1 des scalaires complexes non tous nuls. On note M =
0 ··· ··· 0 b1
.. .
.
.
.
. . .
.
.
.
∈ Mn (C). Condition nécessaire et susante pour que M soit diagonalisable
.
.
.
0 ··· ··· 0 bn−1
a1 · · · · · · an−1 0
?
Examiner le cas réel. ( j'ai assisté à un oral de Centrale qui a porté sur cet exo )
12 Matrices de rang 1
Il reste à l'examinateur d'oral cinq minutes à meubler, il vous pose cette question àn d'arrondir votre note
au mieux ( ou alors c'est votre serviteur qui lui reste un dernier encart à remplir pour boucler son tabloïd
à deux sous et 32 pages ♠)
Question :
A quelle condition nécessaire et susante une matrice de rang 1 est-elle diagonalisable ? Réponse clin-
quante de votre part : que sa trace soit non nulle.
dim(K [f ]) = deg(πf ) ≤ n
X
dim(C(f )) = (mλ )2
λ∈Sp(f )
Preuve :
Pour cela on montre que : un endomorphisme g commute avec f si et seulement si il stabilise les sous-
espaces propres de f .
La condition est nécessaire ( c'est dans le cours )
La condition est susante : Si g stabilise les sous-espaces propres de f , notons gλ l'endomorphisme induit
par g à un sous-espace propre Eλ (f ) . On sait que celui induit par f à ce même sous-espace est une homothétie
: fλ = λ.idEλ (f ) . Et de ce fait gλ et fλ commutent.
L'endomorphisme f ◦ g − g ◦ f est donc nul sur chacun des sous-espaces propres de f .
Comme E = ⊕λ∈Sp(f ) Eλ (f ) , f ◦ g − g ◦ f est donc nul sur tout E .
On a donc prouvé que , dans le cas où f est diagonalisable :
(g ∈ C(f )) ⇐⇒ (g stabilise les sous-espaces propres de f )
Il n' y a plus qu à exploiter ce résultat matriciellement :
Choisissons une base B adaptée à la décompositionE = ⊕λ∈Sp(f ) Eλ (f ) .
On sait alors qu'il y a isomorphisme entre les endomorphismes et les matrices les représentant dans une
base donnée.
Or g stabilise les sous-espaces propres de f si et seulement sa matrice relativement à la base choisie ainsi
est diagonale par blocs , chaque bloc étant carré d'orde dim(Eλ (f )) ( qui est égale à mλ , multiplicité de λ ) :
Notons λ1 , .., λs les diérentes valeurs propres de f et m1 , .., ms leurs multiplicités respectives.
A1 0 0
0 A2
..
On a donc , pour plus de détails , matB (f ) = . , où le bloc Ai ∈ Mmi (K)
..
. 0
0 0 As
A1 0
0
0 A2
..
L'espace suivant : 4 = . /∀i ∈ [1, s] , Ai ∈ Mmi (K) , étant de dimension
..
. 0
Ps 0 0 As
2
i=1 (mi ) , le résultat nal en découle. Mmi (K)
Remarque , pour les plus sceptiques :
Mm1 (K) × ... × Mms (K) −→ 4
A1 0 0
0 A2
l'application suivante .. est sans nul doute
(A1 , .., As ) 7−→ .
..
. 0
0 0 As
un isomorphisme d'espaces vectoriels.
Ps
On a i=1 mi = n ( et ce du fait que E = ⊕λ∈Sp(f ) Eλ (f ) ou
Pencore du fait que χf (X) est scindé sur K)
2 s 2
Ps
Comme , mi ≥ 1 , on a mi ≥ mi et par suite dim(C(f )) = i=1 mi ≥ i=1 mi = n
On a donc, pour résumer les inégalités suivantes :
dim(K [f ]) = deg(πf ) ≤ n = si=1 mi ≤ si=1 m2i = dim(C(f ))
P P
Du fait de l'inclusion K [f ] ⊂ C(f ) , il y a égalité de ces deux espaces si et seulement si il y a égalité
de leurs dimensions. Mais comme dim(K [f ]) ≤ n ≤ dim(C(f )) , l'égalité est réalisée si et seulement si
dim(K [f ]) = n = dim(C(f )) , Ps Ps
2
L'égalité n = dim(C(f )) est réalisée si et seulement si i=1 mi = i=1 mi , elle même réalisée si et
seulement si ∀i ∈ [1, s] , mi = 1
Autrement dit : f admet n valeurs propres simples.
Qn
Et dans ce cas le polynôme minimal de f est i=1 (X − λi ) = χf (X) et il est donc de degré n . et donc
K [f ] est de dimension égale à n également et l'égalité des deux espaces est acquise.
Au nal : Dans le cas où f est diagonalisable , K [f ] = C(f ) si et seulement si f admet n valeurs propres
simples.
Ou encore , si et seulement si , πf (X) = χf (X)
K [f ] = C(f )
13.6 La re-belote !!
Dénition : Soit f un endomorphisme d'un K- espace vectoriel E .
On appelle bi-commutant de f , le commutant du commutant de f , noté C(C(f ))
( Autrement dit les endomorphismes qui commutent avec tous les endomorphismes qui commutent avec f )
( et c'est bien un espace vectoriel ) ( inclus dans C(f ))
Cela donne :
Exercice :
Soit f un endomorphisme d'un K- espace vectoriel E de dimension nie.
Montrer que C(C(f )) = K [f ] .
n
X
n n−1 n−2 n n
P (X) = X − σ1 X + σ2 X + .... + (−1) σn = X + (−1)k σk X n−k
k=1
Ceci établit donc un lien direct entre les coécients d'un polynôme et les fonctions σk .
Ce qui l'est un peu moins ce sont les relations entre les σk et les Σj
La relation σ1 = Σ1 étant une banalité.
2
On a (Σ1 ) = Σ2 + 2σ2 . Ceci permet donc de calculer σ2 en fonction de Σ1 et de Σ2 . et c'est encore
potable. A partir de σ3 , les ennuis commencent
P ...P
Pn Pn 2
= 3 + k6=j zk zj2 = 3 +A
P
On a σ1 Σ2 = ( k=1 zk ) . j=1 (zj )
P P
n P 2
P
et σ2 Σ1 = k<j zk zj . ( l=1 z l ) = i6=l zi zl + k<j,l6=k,l6=j zk zj zl = A + B
Remarquons alors que B = 3σ3 et il sut donc d'éliminer le terme noté A :
P
Σ3 = σ1 Σ2 − σ2 Σ1 + 3σ3 , ceci permet de trouver σ3 en fonction des j pour j compris entre 1 et 3
n
X
tr(A) = λk
k=1
n
X
p
tr(A ) = (λk )p
k=1
En notant β1 , .., βs les valeurs propres distinctes de A et m1 , .., ms leurs multiplicités respectives ( de sorte
χA (X) = sk=1 (X − βk )mk , on a donc
Q
que
s
X
tr(A) = mk βk
k=1
s
X
p
tr(A ) = mk (βk )p
k=1
14.3 A l'abordage !!!
Un premier énoncé facile en guise de hors d'oeuvre :
Exercice :
A ∈ Mn (C), telle que , pour
Soit tout entier p appartenant à [1, n] , tr(Ap ) = 0 .
Montrer que A est nilpotente.
Preuve : D'aprés un résultat du nouveau programme il s'agit d'établir que 0 est la seule valeur propre de
A ...
Supposons que A admet des valeurs propres non nulles β1 , .., βs de multiplicités respectives
m1 , .., ms .
m1 β1+ · · · +ms βs =
m1 β1 + · · · +ms βs2 =
2
Les valeurs propres nulles n'yant aucune inuence sur les traces successives on a donc :
m1 β1s + · · · +ms βss =
Ce système est valide car s≤n ( tr(Ak ) = 0 pour k≤n )
Ce système d'équations peut être interprété comme un système linéaire d'inconnue
(m1 , .., ms )
. Il esst asso-
β1 β2 βs 1 1
β12 β22 2
βs β1 β2
dont le déterminant vaut ( s βk ).det
Q
cié à la matrice carrée suivante M = k=1
β1s β2s βss β1s−1 β2s−1
et ce par multilinéarité par rapport aux colonnes. On reconnaît alors un déterminant de Vandermonde non
nul . le produit factorisé étant non nul , cela prouve que ce système est de Cramer . Il aurait pour solution
la solution triviale (m1 , .., ms ) = (0, ..0) . Or les mi sont non nuls. D'où l'absurdité.
Autre solution :
Exercice intermédiaire : ( avec des racines distinctes )
Mines MP 2014
Pn
Soient A ∈ Mn (R) et λ1 , .., λn des réels distincts . On suppose que ∀k ∈ [1, n] , tr(Ak ) = i=1 λki .
1. Montrer que, pour tout i , λi appartient au spectre de A . En déduire que A est diagonalisable.
2. Soit B ∈ Mn (R) telle que AB = BA . Montrer que B est diagonalisable . Montrer que B est un
polynôme en A