Kuneswaran Nitharsiga, L1 TD_06 11/10/2022
II. Les droits savants
Questions sur les documents 9 à 11 :
1) Une glose est une méthode consistant à expliquer mot à mot une rédaction tout en
clarifiant les termes difficiles et les passages obscurs permettant alors une meilleure
compréhension.
Une exégèse est une étude approfondie d’un texte obscur ou qui fait débat et dont le sens
est difficile à comprendre. Pour apporter une explication précise au texte, on cherchera
notamment à remonter à l'origine dudit texte en étudiant son auteur, ses précédents
historiques…
Un commentaire vise à expliquer, commenter et à comprendre un texte et n’a pas
toujours pour but de trouver le sens caché du contenu. Il consiste surtout à souligner et
expliciter les procédés littéraires utilisés par l’auteur pour communiquer avec son
lecteur.
2) Le point commun entre Huguccio de Pise, Accurse et les Frères d'Évreux est la
production de commentaires,de gloses ou de manuel de droit liée à l’éducation que ce
soit à l’Université de Bologne ou à l'École d’Évreux. Leurs écrits s'adressent toujours aux
étudiants étant donné que Huguccio de Pise glose le Décret de Gratien devant ses élèves de
l’Université de Bologne, Accurse est lui-même maître de droit romain à l’Université de
Bologne et les Frères d’Évreux représentent leur école.
3) Huguccio de Pise et Accurse utilisent la méthode de glose tandis que les Frères d'Évreux
produisent des commentaires et des manuels de droit.
Questions sur les documents 12 et 13 :
1) “Les hommes mauvais veulent l’utiliser abusivement comme d’un privilège”, cela
concerne pour la plupart du temps les nouveaux maîtres ou seigneurs qui tentent
d’imposer, à travers la “coutume” de nouveaux droits, de nouvelles taxes exagérées et
toutes autres règles qui ne relèvent pas de la coutume mais de la “mauvaise coutume”.
Étant donné que la coutume est “un usage répété, sur le temps long et emportant
l’adhésion populaire”, une “mauvaise coutume” ne ferait que de nuire à cette pratique
pour les populations. Il est donc possible que le peuple ait intérêt à dénoncer une
“mauvaise coutume”.
Lorsque les “mauvaises coutumes” ne répondent pas aux critères de la coutume, le Roi
peut intervenir pour les abolir.
1
2) Les critères établis par le droit savant pour qualifier la coutume sont le fait que la
coutume soit “un droit établi par les bonnes mœurs", de même que “tout ce que le peuple
a approuvé sans écrit tendra à être du droit : c’est la coutume”. De plus, la coutume devra
être soutenue par son usage quotidien.
De nombreux éléments font intervenir le “peuple” dans la création de la coutume en
commençant par le fait que “tout ce que le peuple a approuvé sans écrit tendra à être du
droit [...] coutume” ou bien “il convient que le peuple éclaire sa volonté pour aider à
[déterminer] la coutume : par l’usage, les choses, les faits elle est tenue pour du droit”
mais aussi l’abolition des lois “par la désaccoutumance” qui elle se fait “par le silence et le
consentement de tous”, ce qui inclut clairement le “peuple”.
3) Entre les deux descriptions du mode d’émergence d’une règle de droit, il est évident que
“Le peuple éclaire sa volonté pour aider à [déterminer] la coutume : par l’usage, les choses, les
faits” est la description la plus concrète et la plus convaincante. Une règle de droit, dans ce cas là
une coutume, se met en place principalement par l’usage quotidien et très régulier du “peuple”
qui finit par croire que cette sorte “d’habitude” est une obligation, une loi. Ainsi, l’opinion et
croyance public tend à annuler toute loi pouvant contrer ladite coutume et celle-ci est adoptée
en tant que loi car elle est déjà connue par tous comme une obligation.
Questions sur le document 14 :
1) Les parties au litige sont deux groupes de bourgeois. Le roi est saisi pour trancher le
litige. Le litige concerne ici un règlement municipal confirmé par le roi obtenu par l’une
des deux parties. Mais ce règlement contredit la coutume, ce qui ne convient pas à la
partie opposée . Cela a donc créé le litige et la partie opposée réclame “l’usage ancien”.
2) Pour soutenir l’usage de la “coutume abattue”, les bourgeois soulignent :
- La présence continue de la coutume dans le temps “usé longtemps”
- Que la coutume a été approuvé en jugement contradictoire “devant eux, par eux”
(la partie opposée)
- Que la coutume n’a jamais été contredit par la partie opposé
- Que ladite coutume est similaire aux autres “qui ne nuisent ni au roi ni à la ville”
3) Le roi comprend alors qu’il s’agit ici d’une coutume ancrée au sein de la population de la
ville et autorise la continuation de la “pratique” de la coutume par ce “peuple”. Le roi
utilise le droit seigneurial, tel un seigneur et leur délivre un privilège permettant alors
aux bourgeois d’user leur coutume en les exemptant de l’obligation d’obéir au règlement
municipal.
4) Cet avertissement vise notamment la partie opposée qui pourrait refuser la
reconnaissance du privilège malgré le fait que celui-ci est délivré par le roi lui-même.
Celui qui refuserait l’application du privilège risquerait différentes sanctions
notamment l’exil par exemple.
2
Questions sur le document 15 :
1) Le crime créé par ce texte est le retour au judaïsme après avoir été baptisé dans le
christiannisme. Selon le roi, ceux qui retournent au judaïsme sont incités par “le diable”
et cet acte est “étroitement lié à la honte du nom de Christ”. Cette pratique “diabolique”
est sanctionné par l’exil du criminel et si il est pris sur le fait qu’il soit soumis à la peine
capitale (de mort) ou à l’amputation des membres. Ce texte paraît appartenir au droit
pénal.
2) Le ressort d’application de cette disposition se limite aux juifs, plus précisément à ceux
appelés “apostats”.
3) On peut considérer cet établissement comme étant de nature législative car il fixe, en
quelque sorte, les règles de vie en commun s’imposant sur le territoire du roi. Ce texte se
distingue d’un privilège royal car contrairement aux privilèges, cet établissement a une
portée générale (visant l’ensemble de la communauté juive et non un individu ou un
groupe d’individus).