Chapitre 2 : La
conscience et
l’inconscient
I- La conscience comme principe ou fondement de l’Homme
René Descartes est considéré comme l’un des premiers à avoir
développé l’idée que la conscience est ce qui définit l’homme et le
distingue du reste de la création. Dans ses ouvrages “Le Discours de
la méthode” et “Les Méditations métaphysiques”, il explique que la
conscience est la capacité fondamentale qui prouve l’existence de
chaque être humain. Cela signifie que c’est à partir du moment où une
personne se reconnaît comme un être capable de penser, et après avoir
écarté tous les doutes possibles, qu’elle peut affirmer qu’elle existe.
En d’autres termes, un individu sait qu’il est présent dans un lieu
précis, qu’il peut interagir avec les autres et qu’il a le pouvoir de
comprendre et de maîtriser son environnement (Discours de la
méthode, première partie).
Ainsi, la conscience permet à chacun de prendre conscience de sa
condition humaine, c’est-à-dire de se savoir pensant et capable de
réfléchir sur son existence. Elle ne se limite pas à la connaissance de
soi-même : la conscience concerne aussi notre relation avec les autres.
Elle implique une responsabilité morale envers autrui, car elle nous
aide à distinguer le bien du mal.
Selon Kant : “Nous devons toujours traiter l’autre comme une fin
en soi et non comme un moyen” (Critique de la raison pratique) .
Cette responsabilité morale signifie que nous devons toujours traiter
les autres comme une fin en soi, c’est-à-dire les respecter pour ce
qu’ils sont, et non les utiliser comme des outils pour nos propres
objectifs . La conscience morale exige donc une attitude bienveillante
envers les autres, en reconnaissant leur valeur en tant qu’êtres
humains.
En résumé, la conscience est à la fois la faculté de penser qui nous
permet de savoir que nous existons, et une responsabilité morale qui
nous guide dans nos relations avec autrui, en respectant leur
humanité.
II- L’inconscient ou cette autre faculté de la psyché que l’Homme
rejette
L’inconscient, pour la plupart des gens, est souvent perçu comme
un trouble de la conscience, quelque chose qui perturbe l’état normal
d’éveil. Cette vision commune tend à exclure l’inconscient du
psychisme humain, car elle repose sur l’idée que l’être humain est
fondamentalement conscient et rationnel. L’inconscient serait alors vu
comme une anomalie qui ne survient qu’en cas de dysfonctionnement.
Cependant, c’est Sigmund Freud, à travers ses recherches en
psychanalyse, qui a bouleversé cette vision erronée. Dans
“L’Introduction à la psychanalyse”, Freud montre que l’inconscient
fait bel et bien partie intégrante de la psyché humaine et joue un rôle
crucial dans la compréhension de l’être humain dans sa globalité.
Freud explique que l’inconscient est « le siège des rêves, des
névroses, des actes manqués » (Introduction à la psychanalyse,
première topique). En d’autres termes, il est cette partie de l’esprit où
se trouvent toutes les pensées et désirs qui échappent à la conscience.
Même s’il est souvent mal compris et perçu de manière négative,
l’inconscient est une faculté essentielle qui gère cette partie obscure
de la psychologie humaine. Il accueille tout ce que la société ou les
normes rejettent, devenant ainsi un espace où l’homme peut exprimer
ses pulsions refoulées, sans être soumis aux contraintes de la
conscience.
Bien que l’inconscient soit parfois vu comme un lieu de chaos, il
contribue en réalité à l’équilibre psychique et moral de l’individu. En
effet, lorsque la conscience est inactive, comme pendant le sommeil
ou dans certains moments de la vie quotidienne, c’est l’inconscient
qui prend le relais, permettant ainsi à la conscience de se reposer. Par
exemple, lorsque l’esprit “divague”, par exemple en regardant par la
fenêtre ou en marchant seul, la conscience est moins active, et
l’inconscient peut s’exprimer à travers des pensées ou des
associations d’idées spontanées. Sans l’intervention de l’inconscient,
la conscience ne pourrait pas être aussi équilibrée et modérée. Ainsi,
l’inconscient joue un rôle crucial dans le fonctionnement de l’esprit
humain, en soutenant la conscience et en garantissant son bon
fonctionnement à long terme.
III- De l’unité de la conscience et de l’inconscient
Dans cette partie, nous souhaitons montrer que la conscience et
l’inconscient sont des éléments fondamentaux qui composent le
mental humain. Les prendre en compte à leur juste valeur permet de
mieux comprendre la nature complète de l’homme. Ensemble, la
conscience et l’inconscient représentent ce qui rend notre espèce
imparfaite, toujours en quête de mieux se connaître. Ils révèlent
également que notre nature humaine est à la fois intelligente,
spirituelle, et parfois instable. Les rêves, les lapsus, et d’autres
manifestations de l’inconscient montrent que l’être humain cherche
constamment à comprendre ce qui le définit vraiment, au-delà de ce
qui est conscient.
Les relations entre la conscience et l’inconscient, malgré leurs
différences, reflètent des moments clés de notre psychisme, des
aspects importants. Bien que la conscience et l’inconscient semblent
s’opposer – la première étant le domaine de la clarté et la seconde
celui de ce qui échappe à notre contrôle –, ils finissent par s’unir pour
révéler notre véritable nature. Ainsi, ils participent tous les deux à la
construction de notre identité humaine, toujours en évolution, en
quête d’une amélioration continue.
CITATIONS
Carl Jung : “Jusqu’à ce que vous rendiez l’inconscient conscient, il
dirigera votre vie et vous l’appellerez destin.”
Jean Jacques Rousseau : “La conscience est la voix de l’âme, les
passions sont la voix du corps.”