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LECON 18 : LES PROBLÉMES ET LES POLITIQUES DE

DÉVELOPPEMENT AU SÉNÉGAL

INTRODUCTION
Socle de l’édifice colonial français en AOF, le Sénégal avait
reçu d’importants investissements financiers faisant de lui le
centre économique de la sous-région ouest africaine.
Depuis son accession, le Sénégal souffre d’énormes difficultés
malgré de nombreuses politiques de développement
appliquées par l’Etat.

I. LES PROBLEMES DE DEVELOPPEMENT AU


SENEGAL
De nombreuses difficultés entravent le développement du
Sénégal. Elles sont à la fois économiques, sociales et
politiques.
A. Les problèmes économiques
L’économie est désarticulée et se caractérise par des
problèmes dans tous les secteurs d’activités.
1. Une agriculture peu productive
L’agriculture peu moderne est handicapée par trois types de
faiblesses : la monoculture arachidière, l’insuffisance
mécanique et la faiblesse de l’irrigation. Ainsi l’agriculture est
peu productive car elle contribue à 16 % du PIB et emploie
51,8 % de la population active.

2. Une industrie peu performante


L’industrie embryonnaire porte sur la transformation de
produits primaires alimentaires et extractives (phosphates,
ciment). L’industrie souffre d’un retard technologique avec un
matériel vétuste, un manque de qualification des ouvriers,
l’insuffisance de la fourniture en électricité et la concurrence
asiatique. L’industrie contribue à 22,6 % du PIB .Elle emploie
20,2 % des actifs.
3. Des services peu compétitifs
La balance commerciale est déficitaire (-3,435 milliards $ en
2018) .Le Sénégal exporte des matières premières à faible
valeur ajoutée et importe des produits finis à haute valeur
ajoutée. Il est victime de l’échange inégal et de la détérioration
des termes de l’échange. L’extraversion des habitudes de
consommation entraine d’énormes pertes de devise. Le réseau
de transport est insuffisant et déséquilibré. Les routes, les
ports et les aéroports sont concentrés à dans les régions
littorales alors que celles l’Est sont très enclavées. Le secteur
tertiaire (27 % des actifs pour 61,4 % du PIB) est fortement
dominé par l’informel.
B. Les problèmes sociaux
Malgré des progrès notables, les problèmes d’éducation, de
santé et d’accès à l’eau potable, à l’électricité et au logement
persistent. La croissance démographique rapide avec un TAN
de 2,7 % par an se traduit par une jeunesse de la population
(42,6 %) et limite les efforts de l’Etat dans le domaine social.
L’exode rural progresse entrainant une urbanisation accélérée
avec une bidonvilisation des quartiers périphériques où
règnent l’insécurité, le sous-emploi, la précarité, la
promiscuité, l’occupation anarchique de l’espace.
La pauvreté est récurrente car elle touche 46,7 % des ménages.
Elle révèle des disparités entre milieu urbain et milieu rural.
C. Les problèmes politiques
La mal gouvernance marquée par le népotisme, la corruption,
le détournement des deniers publics par les élites politiques et
la mauvaise gestion sont des freins au développement.
L’application de modèles économiques importés ,
l’extraversion de l’économie, le recours à l’endettement pour
des investissements peu productifs n’ont pas permis un
décollage économique du Sénégal.
En matière d’aménagement du territoire, le déséquilibre est
criard entre Dakar (0,3 % de la superficie, plus de 2/5 de la
population et 50% de l’activité économique) et les 13 autres
régions du pays.

II. LES POLITIQUES DE DEVELOPPEMENT


ECONOMIQUES AU SENEGAL
A. Les politiques de développement de 1960 à 2012
Depuis l’indépendance, le Sénégal a appliqué des programmes
de développement successifs :
1. L’économie socialiste planifiée (1960-1985)

Elle est marquée par une forte intervention de l’Etat qui mise
sur la rente du surplus agricole pour financer les autres
secteurs de production. On note l’existence d’un secteur
public et parapublic assez forts. L’échec de cette politique
interventionniste est sanctionné par l’application des
politiques d’ajustement structurel imposées par les institutions
de Bretton Woods (banque mondiale et FMI). Elles se
traduisent par la baisse du recrutement dans la fonction
publique, des subventions sur les denrées de première
nécessité et la privatisation des entreprises publiques.
2. La nouvelle politique économique (1985-2000)
Elle est marquée par le désengagement de l’Etat des structures
de production économiques. Elle s’appuie sur deux leviers :
- la nouvelle politique industrielle (NPI) est marquée par
la création de zones franches industrielles, la diversification de
la carte industrielle au profit des autres régions.
- la nouvelle politique agricole (NPA) vise à atteindre
l’autosuffisance alimentaire par une responsabilisation des
agricoles regroupés en coopératives de production encadrées
par des entreprises de production industrielle (SONACOS,
SODEFITEX).
3. Les politiques néolibérales (2000-2012)
Elles font suite à l’alternance survenue en 2000. Le régime de
l’alternance a créé des agences pour capter les IDE et favoriser
l’environnement des affaires, lancé de grands travaux de
réalisation d’infrastructures routières modernes (Autoroute à
Péage, RN6, RN1), la GOANA et le programme REVA pour
atteindre l’autosuffisance alimentaire.

B. Le Plan Sénégal Emergent


Avec la 2ème alternance survenue en 2012, le nouveau régime
a lancé en 2015, le Plan Sénégal Emergent qui vise"
l’émergence économique dans une société solidaire dans un
Etat de droit" en 2035. Il est articulé autour de trois axes :

1. Dans le domaine économique


Le PSE ambitionne d’atteindre un taux de croissance soutenu
du PIB de 7 % en misant sur les secteurs porteurs à haute
intensité de main d’œuvre (agriculture, élevage, pêche,
tourisme, BTP) et les téléservices pour tripler les exportations
et créer 600 000 emplois. Le PIB par habitant devra passer de
1000 à 1500 $. Cela nécessite la modernisation du matériel de
production, la disponibilité de l’eau et de l’électricité en
quantité suffisante, la construction d’un réseau de
communication moderne (route, chemin de fer, aéroport) pour
faciliter la libre circulation des personnes, des biens, des
capitaux et des services mais aussi la promotion d’une équité
territoriale.
2. Dans le domaine social
Le renforcement du capital humain passe par une éducation et
des soins de qualité, l’accès à l’eau potable, l’autonomisation
et la protection des couches vulnérables (femmes, handicaps,
enfants, personnes du 3ème âge. A cet effet, des programmes
sociaux sont mis en place : la bourse de sécurité familiale, la
couverture maladie universelle, le Plan SESAM, la carte
d’égalité de chance, l’élargissement de l’offre d’éducation et
de soins avec les Centres Universitaires régionaux,
l’Université virtuelle du Sénégal (UVS) et la modernisation
des structures de santé.
3. Dans le domaine de la bonne gouvernance
Le PSE veut lutter contre l’inéquité territoriale. C’est dans ce
sens que le Programme d’urgence de développement
communautaire (PUDC), le PUMA, le PNDL, l’ASER, le
PEPAM, le PUMA, PROMOVILLES ont été mis en place.

La bonne gouvernance passe par une gestion sobre et


vertueuse des ressources publiques, la transparence, la
reddition des comptes, la modernisation de l’Administration
pour un service de qualité au profit des usagers.

III. LES PERSPECTIVES DE DEVELOPPEMENT


Le Sénégal bénéficie d’atouts pour réussir son décollage
économique :
- Une position géographique privilégiée de porte d’entrée
de l’Afrique de l’Ouest ;
- Un potentiel minier (or, fer, zircon, sel, phosphates)
énergétique (pétrole off shore, gaz naturel, solaire,
hydroélectrique …), agricole (terres fertiles, ressources
hydriques), touristique (belles plages, variété des paysages,
richesse culturelle…), une diaspora dynamique pourvoyeuse
de devises ;

- Un dividende démographique favorable avec une


population jeune ;
- Une stabilité politique favorable aux investissements.
Le Sénégal devra relever les défis suivants :
- Atteindre l’autosuffisance alimentaire, accroitre la
compétitivité des entreprises et favoriser un environnement
propice des affaires pour booster la production et les
exportations ;
- Améliorer la formation, l’éducation pour lutter
contre le sous emploi, maitriser la croissance démographique,
- Appliquer une politique d’aménagement du territoire
tenant compte des réalités et des potentialités de chaque
région.
- Favoriser une gestion optimale et rationnelle des
dépenses publiques et des ressources notamment le pétrole
pour éviter sa malédiction.
CONCLUSION
Le Sénégal bénéficie d’atouts naturels, humains et politiques
pour atteindre l’émergence en 2035. L’atteinte de cet objectif
passe nécessairement par une modernisation des secteurs
d’activités, une formation et des soins de qualité mais aussi
une bonne gouvernance économique et politique pour une
gestion rationnelle des ressources et pour attirer les capitaux
étrangers.

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