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Francais Terminale

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MINISTÈRE DE L'EDUCATION NATIONALE

ET DE LA PROMOTION CIVIQUE

Français
Terminales L, S
SUPPORT OFFICIEL DE L’ENSEIGNEMENT
À DISTANCE AU TCHAD

✓ÉTUDE DES THÈMES


ET ŒUVRES

✓GRAMMAIRE ET PRATIQUE DE
LA LANGUE

✓TECHNIQUE
D’EXPRESSION ÉCRITE

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Avant Ŕ Propos

Ce support d’enseignement à distance du Français destiné aux élèves des classes de


Terminales LS de l’Enseignement Secondaire Général au Tchad a été conçu dans le
cadre du programme de Soutien Scolaire Intégré (SSI) mis en place par TECHNIDEV.
Toutes propositions tendant à l’amélioration du document seront les bienvenues.
Bonne lecture

1
Equipe éditoriale
Le support d’enseignement à distance du Français destiné aux classes de Terminales
LS (TLS) a été réalisé par une équipe pluridisciplinaire constituée d’inspecteurs,
d’animateurs pédagogiques et d’enseignants, en particulier :
MM.
- DJEKOSGADJIMAYE PATRICE, Professeur certifié de Français ;
- ADAMOU LAMBREO, Professeur licencié de Français ;
- SUITIGAL MOCKTAR, Professeur licencié de Français

Sous la supervision de
NGARADOUM FABIEN,
Professeur certifié de Mathématiques

Saisie et mise en page


NODJIKOUAMBAYE MBAINAIDA,
Chef de Division Bibliothèque au CNC

Assistance technique :
METHONE ROMKAGONG,
Professeur de Français

Coordination :
Dr. ABOUBAKAR ALI KORE,
Directeur Général du Centre National des Curricula
KHALID FADOUL DOUTOUM,
Directeur Général de TECHNIDEV.

2
PREFACE
Chers élèves, enseignants, parents et parties prenantes de l’école tchadienne,
Conformément au protocole d’accord de partenariat du 02 septembre 2016 ayant
pour objet le renforcement des capacités en technologies de l’information et de la
communication dans les établissements secondaires, liant l’Etat Tchadien représenté
par le Ministère de l’Education Nationale et de la Promotion Civique (MENPC) et
l’Institut TECHNIDEV, ce dernier est amené à expérimenter des approches
innovantes intégrant le numérique et visant à améliorer l’efficacité interne du
système éducatif tchadien. Le résultat attendu de cette convention (MENPC/
TECHNIDEV) étant l’accès à une éducation et la réussite pour tous.
C’est dans ce cadre que le programme Soutien Scolaire Intégré est développé et mis
en œuvre par TECHNIDEV, avec pour objectif de :
- Prendre en charge tous les élèves en difficultés scolaires dans une discipline
inscrite au programme officiel et ce, conformément au niveau de l’élève ;
- Contribuer à améliorer les notes en classe de tous les élèves bénéficiaires ;
- Contribuer à assurer le passage en classe supérieure de tous les élèves
bénéficiaires ;
- Contribuer à améliorer le taux de réussite au BAC de tous les candidats
bénéficiaires ;
- Contribuer au maintien des filles à l’école.
TECHNIDEV tient à exprimer ses remerciements aux cadres du MENPC, aux
partenaires (ECW et UNICEF), les experts, les inspecteurs, les enseignants et les
animateurs pédagogiques et à toutes celles et tous ceux qui ont contribué
d’élaboration de ce guide.
Le présent guide pédagogique décline les stratégies d’une prise en charge de l’élève
soucieux de la qualité de son éducation et de sa réussite, adhérant au projet et
respectant les conditions spécifiques de sa mise en œuvre.
L’enseignant, spécialisé en techniques d’évaluation et de remédiation et en éducation
par le numérique, dispose d’un outil lui permettant d’agir avec une méthode axée sur
les résultats en terme de développement des compétences des élèves.

3
Pour les parents, c’est un instrument de suivi quotidien des activités d’apprentissage
de l’enfant par rapport à la progression dans le programme.
J’invite les élèves, les enseignant (e)s et les parents à une exploitation judicieuse de
ce guide pour une contribution efficace dans la mise en œuvre de programmes de
Soutien Scolaire Intégré (SSI) et partant, la redynamisation de l’école tchadienne.
KHALID FADOUL DOUTOUM

Directeur Général de TECHNIDEV

4
INTRODUCTION
Le présent guide a été réalisé dans le cadre de programme de Soutien Scolaire
Intégré (SSI) mis en place par TECHNIDEV. Une équipe pluridisciplinaire constituée
d’inspecteurs, d’animateurs pédagogiques et d’enseignants a contribué à son
élaboration.
Ce guide, destiné principalement aux enseignants et aux élèves, a pour but de
contribuer à l’amélioration et le renforcement des capacités de l’élève et ce, d’abord
par l’’identification de ses difficultés suivi un accompagnement stratégique basé sur
une approche par compétences. Il s’adresse aux élèves du CM à la Terminale et
s’appesantit principalement sur les matières fondamentales que sont le Français et
les Mathématiques. Chaque Guide traite un trimestre spécifique conformément au
programme de l’enseignement proposé par le Ministère de l’Education Nationale et
de la Promotion Civique du Tchad.
Dans ce contexte, le guide met en évidence les principales compétences jugées
incontournables pour la réussite de l’élève et suggère aux enseignants des stratégies
et méthodologies appropriées pouvant servir à mettre en place une meilleure prise
en charge individuelle de l’élève.
Dans son architecture, le guide présente de la manière suivante :
Partie 1 (destinée en premier lieu à l’enseignant) : La Fiche de programmation
trimestrielle, la Fiche de Progression et la Fiche de développement de compétences
du trimestre mis en exergue par ledit Guide ainsi qu’un chronogramme de prise en
charge individuelle de l’élève par l’enseignant.
Partie 2 (destinée aux élèves) : Elle déroule les différentes compétences que l’élève
doit développer, ainsi que des épreuves et applications favorisant l’acquisition de ces
compétences. Des tableaux d’évaluation des élèves sont consacrés à la fin de chaque
épreuve.

5
Table des Illustrations

= Important pour l’élève = Relire plusieurs fois

= Astuces et consignes = Compétence acquise

= Exercice d’application = Compétence en cours


d’acquisition

= Exercices d’approfondissement = Compétence non-acquise

6
Premier trimestre

Terminale littéraire ( TA4)


Professeur chargé de cours : DJEKOSGADJIMBAYE Patrice

MOIS SEMAINE CB1 : ETUDE DES THÈMES ET ŒUVRES CB2 : GRAMMAIRE ET CB3 : TECHNIQUE D’EXPRESSION
PRATIQUE DE LA ÉCRITE
LANGUE
O 1 Aperçu sur la littérature La ponctuation : les La lecture méthodique : définition –
C principaux signes de structure - son déroulement.
T ponctuation.
O 2 Thème I : La conscience nationale La ponctuation : les La lecture méthodique : les grands
B  Définition du thème signes accessoires de principes.
R ponctuation.
E 3 Etude de l’œuvre :La tragédie du roi La ponctuation : les La lecture méthodique : la rédaction.
Christophe de Aimé Césaire symboles, les espaces et
 Introduction de l’étude de la tragédie du la coupure des mots.
roi Christophe
 Aperçu biographique et bibliographique
 Situation et présentation de la structure
de l’œuvre.

7
4 La tragédie du roi d’Aimé Césaire (suite) La concordance des L’exposé : définition et utilité
 L’analyse de l’œuvre temps dans les
 L’étude des personnages et des propositions
thèmes. subordonnée.

N 1 La tragédie du roi d’Aimé Césaire (suite et La concordance des . L’exposé : les principes - structure -
O fin) temps dans les discours réalisation
V  La portée significative de l’œuvre rapportés.
E  Conclusion de l’étude de l’œuvre.
M 2 Etude de l’œuvre : L’étudiant de Soweto de Accord du verbe : accord La contraction de texte
B Maoundoé Naïndouba du verbe avec un seul  Définition et éléments constitutifs
R  Introduction de l’étudiant de sujet.
E Soweto, aperçu biographique et
bibliographique de l’auteur
 Situation de l’œuvre et présentation
de sa structure
3 Etude de l’œuvre : L’étudiant de Soweto de Accord du verbe : accord La contraction de texte :
Maoundoé Naïndouba avec plusieurs sujets.  Le résumé et se principes.
 L’analyse de l’œuvre

8
 L’étude des personnages.

4 Etude de l’œuvre : L’étudiant de Soweto de Accord du verbe : accord La contraction de texte :


Maoundoé Naïndouba du verbe avec un sujet  l’analyse et ses principes.
 Etude des thèmes collectif exprimant la
 Portée significative de l’œuvre quantité.
 Conclusion.

D 1 Etude de l’œuvre : le cahier d’un retour Accord du verbe : accord La contraction de


E au pays natal d’Aimé Césaire du verbe avec un sujet texte :
C  Introduction de l’étude de cahier d’un pronom (personnel ou  le tableau
E retour au pays natal : aperçu relatif). comparatif
M biographique et bibliographique :
B  Aperçu biographique et
R bibliographique ;
E  Situation et présentation de la
structure de l’œuvre.
2 Etude de l’œuvre : le cahier d’un retour Accord du verbe : accord La contraction de
au pays natal d’Aimé Césaire du verbe avec son sujet : texte :

9
 l’analyse de l’œuvre cas particuliers.  la discussion.
 l’étude des thèmes
3 Etude de l’œuvre : le cahier d’un retour Accord du participe La contraction de texte
au pays natal d’Aimé Césaire passé employé avec  Evaluation
 la portée significative de l’œuvre. l’auxiliaire être
 conclusion.
CONGÉ DU PREMIER TRIMESTRE

10
FICHE DE DEVELOPPEMENT DE COMPETENCES PREMIER TRIMESTRE
Étude des thèmes et d’œuvres
OBJECTIF D’APPRENTISSAGE (RESSOURCES)
DOMAINE DU SAVOIR COMPÉTENCES
Littérature
Thème I : La conscience nationale
 Définition du thème : qu’’est-ce que la
conscience nationale ?
Etude de l’œuvre : La tragédie du roi  Connaître l’auteur et ses productions littéraires
Christophe de Aimé Césaire  Situer l’œuvre dans son contexte ;
 Introduction de l’étude de la tragédie du roi  Comprendre que Césaire s’est inspiré de l’histoire vraie d’Haïti pour
Christophe composer son œuvre.
 Aperçu biographique et bibliographique  Présenter et structurer l’œuvre.
 Situation et présentation de la
structure de l’œuvre.
La tragédie du roi d’Aimé Césaire (suite)  Analyser la structure de l’œuvre et déterminer les thèmes de chacun des trois
 L’analyse de l’œuvre actes de l’œuvre :
L’étude des personnages et des thèmes.  Acte 1 : La refondation de l’Etat
 Acte 2 : le travail comme fondement de la liberté ;

11
 Acte 3 : la déchéance du roi.
 Déterminer les thèmes de l’œuvre : comprendre à travers les différents
thèmes que le but du roi Christophe c’est la chercher de la dignité du peuple
noir longtemps bafouée par l’esclavage et la colonisation ;
 Caractériser les personnages dans leur rôle dans la trame de l’histoire.
La tragédie du roid’Aimé Césaire (suite et fin)  Dégager la portée significative de l’œuvre ;
 La portée significative de l’œuvre  Prendre conscience que le travail est le fondement de tout développement,
Conclusion de l’étude de l’œuvre. par conséquent garantit la dignité d’une personne et d’’un peuple.
 Comprendre que par sa démesure et son intransigeance le roi a échoué dans
son projet de réhabiliter la dignité noire.

Etude de l’œuvre : L’étudiant de Soweto de  Introduire l’œuvre et présenter son auteur et ses œuvres ;
Maoundoé Naïndouba  Situer l’œuvre dans son contexte et présenter sa structure :
 Introduction de l’étudiant de Soweto, - Comprendre que le cadre c’est l’Afrique du Sud avec son système politique
aperçu biographique et bibliographique « apartheid » : développement séparé ;
de l’auteur - Comprendre que ce sont les émeutes des élèves et écoliers de Soweto du 16
 Situation de l’œuvre et présentation de juin 1976 qui a inspiré l’auteur.
sa structure
Etude de l’œuvre : L’étudiant de Soweto de  Analyser la structure de l’œuvre et caractériser chacun des cinq tableaux de

12
Maoundoé Naïndouba la pièce ;
 L’analyse de l’œuvre  Etudier et caractériser les personnages dans l’œuvre
 L’étude des personnages.  Distinguer entre les personnes blancs : les conservateurs (Directeur de
l’enseignement des Aborigènes et le Commissaire de police) et les
progressistes (inspecteur principal de police de Johannesburg).
 Distinguer entre les personnages noirs, les vieux résignés (Bakuolé) et
fatalistes (Masseka) et les jeunes courageux et déterminés incarnent le
changement ( Mulubé et ses camarade).
Etude de l’œuvre : L’étudiant de Soweto de  Analyser les thèmes
Maoundoé Naïndouba - Comprendre que l’auteur a eu le mérite de toucher du doigt l’éducation, pilier
 Etude des thèmes du développement.
 Portée significative de l’œuvre - Comprendre que les jeunes ont pris conscience que seule la lutte libère et que
 Conclusion. la liberté s’obtient au prix du sang.
- Comprendre que l’amour, la cohabitation pacifique qui ont motivé la lutte de
ces jeunes.
Etude de l’œuvre : le cahier d’un retour au  Introduire l’étude de cahier d’un retour au pays natal de Aimé Césaire et
pays natal d’Aimé Césaire présenter son auteur et ses œuvres ;
 Introduction de l’étude de cahier d’un  Situer l’œuvre dans son contexte, son école, son époque et présenter sa
retour au pays natal : aperçu biographique structure.

13
et bibliographique :
 Aperçu biographique et bibliographique ;
 Situation et présentation de la structure de
l’œuvre.
Etude de l’œuvre : le cahier d’un retour au  analyser l’œuvre ;
pays natal d’Aimé Césaire  caractériser les personnages ;
 l’analyse de l’œuvre  étudier les thèmes
 l’étude des thèmes
Etude de l’œuvre : le cahier d’un retour au  Dégager la portée significative de l’œuvre ;
pays natal d’Aimé Césaire  Conclure l’étude de l’œuvre.
 la portée significative de l’œuvre.
 conclusion.

14
FICHE DE DEVELOPPEMENT DE COMPÉTENCES
Grammaire et pratique de la langue
PREMIER TRIMESTRE
OBJECTIFS D’APPRENTISSAGE (RESSOURCES)
DOMAINE DU SAVOIR COMPÉTENCES
La ponctuation : les principaux signes de - Ponctuer correctement un texte produit ou proposé.
ponctuation.
La ponctuation : les signes accessoires de - Placer correctement les signes accessoires de la ponctuation.
ponctuation.
La ponctuation : les symboles, les - Utiliser à bon escient les symboles et les espaces.
espaces et la coupure des mots.
La concordance des temps dans les - Appliquer correctement les règles de la concordance des temps dans les
propositions subordonnée. propositions subordonnées.
La concordance des temps dans les - Appliquer correctement les règles de la concordance des temps dans les
discours rapportés. discours rapportés.
Accord du verbe : accord du verbe avec - Accorder correctement le verbe avec son sujet dans un texte produit ou
un seul sujet. proposé.
Accord du verbe : accord avec plusieurs - Accorder correctement le verbe avec plusieurs ponctuer
sujets.

15
Accord du verbe : accord du verbe avec - Accorder correctement le verbe avec un sujet collectif dans un énoncé.
un sujet collectif exprimant la quantité.
Accord du verbe avec son sujet : cas - Accorder correctement le verbe avec un sujet : cas particuliers.
particuliers.
Accord du verbe : accord du verbe avec - Employer correctement le verbe avec le sujet pronom
un sujet pronom (personnel ou relatif).
Accord du verbe : accord du verbe avec - Accorder correctement le verbe avec un sujet : cas particulier.
son sujet : cas particuliers.
Accord du participe passé employé avec - Connaître la règle de l’accord du participe passé dans les verbes construits avec
l’auxiliaire être être.

16
FICHE DE DEVELOPPEMENT DE COMPÉTENCES
Technique d’expression
PREMIER TRIMESTRE
DOMAINE DU SAVOIR COMPÉTENCES
La lecture méthodique : - Expliquer en quoi consiste la
définition – structure - son lecture méthodique ;
déroulement. - Identifier les éléments
constitutifs de la lecture
méthodique.
La lecture méthodique : les - S’approprier les grands principes
grands principes. de la lecture méthodique ;
- Appliquer les principes de la
lecture méthodique.
La lecture méthodique : la - Rédiger la lecture méthodique
rédaction.
L’exposé : définition et - Définir l’exposé et son utilité.
utilité
La lecture méthodique :
Evaluation
L’exposé : les principes - - S’approprier les principes
structure – réalisation directeurs de l’exposé ;
- Dégager la structure de l’exposé ;
- Réaliser l’exposé.
La contraction de texte - Définir la contraction de texte ;
 Définition et - Identifier les éléments constitutifs
éléments constitutifs de la contraction de texte.
La contraction de texte : - Citer les grands principes du
 Le résumé et se résumé qui sont :
principes.  Le style (concis, correct, court…)
 La fidélité (sens du texte, système

17
d’énonciation, démarche
chronologique du texte).
 Clarté (idées claires selon le fil du
développement du raisonnement
de l’auteur)
- Préparer la structure du résumé
La contraction de texte : - Citer les principes de l’analyse qui
 l’analyse et ses sont :
principes.  Dépasser l’ordre linéaire
des énoncés ;
 Mise en distance objective
(non respecter du système
d’énonciation)
 3e personne du singulier.
- Préparer la structure de l’analyse.
La contraction de texte : - Identifier les points communs
 le tableau entre le résumé et l’analyse ;
comparatif - Relever les traits distincts du
résumé et de l’analyse.

La contraction de texte : - Définir la discussion


 la discussion. - Présenter la structure d’une
discussion ;
- Choisir un thème, formuler et
discuter.
La contraction de texte - Devoir de table d’un résumé ou
 Evaluation d’une analyse suivi d’une
discussion.

18
PREMIER TRIMESTRE

Sommaire

CB1 : Etude des thèmes et d’œuvres


 Thème I. La conscience nationale
1. L’Etudiant de Soweto ( Maoundoé Naindouba)
2. La tragédie du roi Christophe (Aimé Césaire)
3. Le cahier d’un retour au pays natal ( Aimé Césaire)

CB2 : Grammaire et pratique de la langue


1. La ponctuation
2. L’accord du verbe
3. L’accord du participe passé

CB3 : Technique d’expression


1. La lecture méthodique
2. La contraction de texte

19
CB1- ETUDE DE THEMES E D’ŒUVRES

THEME I : LA CONSCIENCE NATIONALE

Œuvre illustrative 1: L’étudiant de Soweto de Maoundoé Naindouba

- Œuvre illustrative 1 : l’étudiant de Soweto


A. Définition du thème : Qu’est-ce que la conscience nationale ?
I. Présentation de l’œuvre
II. Sources d’inspiration
III. Structure et analyse de l’œuvre
IV. Présentation des thèmes
V. Présentation des personnages
VI. Portée de l’œuvre

Objectifs spécifiques
À la fin de cette leçon vous devez être capables de :
1. définir les termes : nation, patrie, état, souveraineté ;
2. affirmer votre identité nationale ;
3. prendre conscience de tous les maux qui entravent la cohabitation
pacifique ;
4. construire, développer et consolider l’unité nationale ;
5. comprendre que l’éducation est un facteur indispensable de développement
d’une nation.

1ère Séquence
 Qu’est-ce que la conscience Nationale ?
En effet, l’émergence, l’affirmation et la consolidation de la conscience nationale
font partie intégrante de la stratégie de développement des pays africains modernes.

20
Et on ne peut parler du véritable développement socio-économique de nos pays sans
l’unité nationale. Mais force est de constater que nous assistons dans nos États à la
montée fulgurante du repli identitaire, aux conflits qui fusent de toutes parts,
hypothéquant ainsi le désir de vivre ensemble. À l’intérieur d’un même pays des
individus mus par des intérêts égoïstes s’opposent les uns aux autres. Ce qui conduit
quelquefois à des conflits armés, guerres civiles et à des tragédies de toutes sortes.
Cela dénote le manque absolu de la conscience nationale et impacte lamentablement
le développement, plongeant les pays dans la précarité.
Pour mieux cerner ce concept de conscience nationale, il convient d’abord de définir
les termes, nation, patrie, État.
Cela dénote le manque absolu de la conscience nationale et impacte lamentablement
le développement, plongeant les pays dans la précarité.
Pour mieux cerner ce concept de conscience nationale, il convient d’abord de définir
les termes, nation, patrie, État.

 Qu’est qu’une nation ?


- La nation est définie comme une communauté humaine, un ensemble
d’individus qui possède une unité historique, linguistique, culturelle,
économique plus ou moins forte.
Quels seraient les éléments constitutifs d’une nation ?
- Territoire ;
- Langue ;
- vie économique
- Histoire ;
- Culture.
Cette définition met en exergue les problèmes que vivent la plupart les sociétés
africaines : il s’agit du problème de l’unité nationale.
La plupart des nations africaines sont issues de la colonisation qui a voulu
rassembler à l’intérieur des frontières arbitraires , pour des raisons économiques
ou stratégiques, des hommes, des tribus qui n’ont rien en commun, ni sur le plan

21
linguistique, ni sur le plan des mœurs et des religions, parfois même ennemis dans
le passé .
Ce qui a un impact réel sur la conscience nationale.

 Qu’est qu’un État ?


- L’État, c’est la forme du gouvernement d’un peuple, d’une nation; c’est une
communauté des citoyens d’une même nation, de l’ensemble de la nation. En
clair, l’État est l’ensemble des institutions qui régissent le fonctionnement
d’un pays : (État tchadien, État camerounais, État français…)
Patrie : Terre des ancêtres, le pays où on est né, la nation dont on fait partie,
la société politique dont est membre.

 La Souveraineté ?
La souveraineté est un droit absolu qu’à tout peuple indépendant de régler ses
propres affaires sans en devoir aucun compte à rendre à quelque autre peuple
que ce soit .
Droit de peuples à disposer d’eux-mêmes.
Certains concepts sont développés au sein des membres d’une nation pour renforcer
ce sentiment d’appartenance : le Patriotisme et le nationalisme.
 Patriotisme = L’amour de la patrie
 Nationalisme =L’exaltation du sentiment national, attachement
passionné à la nation.
 « Le patriotisme, c’est aimer son pays. Le nationalisme, c’est détester celui des
autres » disait Général De Gaule
George Bernard Shaw disait :
 "Le patriotisme est votre conviction que ce pays est supérieur à tous les
autres, parce que vous y êtes né ».

22
2e Séquence
 Qu’est-ce que la conscience nationale ? (suite et fin)
En définitive la conscience nationale, c’est ce sentiment nationaliste, ce patriotisme
qui prend naissance au niveau d’une personne, d’un peuple, d’une nation et qui les
engage dans la lutte pour l’épanouissement politique, social, économique, culturel,
moral de leur pays.
La conscience nationale est une des formes de l’identité collective fondée sur
les rapports entre le sentiment de commune appartenance et la continuité
historique. C’est donc un processus d’acquisition de la dignité ou de l’honneur
de la communauté humaine.
Ainsi par l’esprit de conscience nationale, chaque patriote est convié à bannir
toutes formes de discrimination et faire place à la cohésion pacifique, et à la
justice sociale afin de combattre les intérêts égoïstes.
Dans le souci de promouvoir l’unité nationale, le désir de vivre ensemble,
Joseph Brahim Seid, écrivain tchadien, dans son œuvre : « Au Tchad sous les
étoiles » nous a présenté son pays comme une immense fresque étoilée, au
nom unique : Tchad.

Tchad: pays d’abondance, de bonheur de d’amour réciproque.


C’est dans cette optique qu’Amadou Hampate Ba affirmait :
« La beauté d’un tapis provient de la variété de ses couleurs »

Depuis le XIXe siècle bien des peuples ont pris conscience de leur entité
nationale et se sont constitués en nations. Certains ont réussi à s’affranchir
politiquement et à instituer en général, au prix de luttes sanglantes, un État
souverain.
Le sentiment d’appartenance est soutenu par les concepts : Patriotisme et
nationalisme
• Nationaliste libérateur
• Nationalisme dominateur

23
3e Séquence

I. Présentation de l’œuvre : l’Étudiant de Soweto


L’Étudiant de Soweto est une pièce du dramaturge tchadien Maoundoé Naïndouba
originaire de la province du Logone Occidental dans le Sud du Tchad.
Cette pièce de théâtre est primée au neuvième concours théâtral interafricain par la
Radio France Internationale (RFI), et publiée chez Hâtier, Monde Noir poche, en
1980.
Cette pièce théâtrale est composée de cinq tableaux, ponctués par la voix du silence
(poème). C’est une œuvre engagée qui dénonce le système politique raciste qui a
prévalu en Afrique du Sud.
Maoundoé a su expliquer le terme « Apartheid » : développement séparé,
ségrégation raciale, c’est donc une machination diabolique, machiavélique,
sournoise et méchante contre la communauté noire. Il a surtout eu le mérite de
toucher du doigt la problématique de l’éducation : un système que toute famille ou
société élabore pour former ses enfants, en vue d’une insertion sociale et de la
maîtrise de l’avenir.
Le racisme, le mépris, la haine d’une race blanche minoritaire est nourrie par la
peur d’être envahie et engloutie par la grande masse des populations noires.
C’est pourquoi ils ont proposé une éducation au rabais à la communauté noire, en
réformant le système éducatif.
Le système d’apartheid n’a pas cependant prévu la réaction des noirs, notamment
celle des jeunes. Il n’a pas imaginé la prise de conscience de ces enfants qui se
sentent concernés au premier plan par la menace qui pèse sur leur avenir. Ainsi,
l’apartheid porte –t-il les germes de sa propre destruction.
Qu’est ‘-ce qui a inspiré Maoundoé Naindouba à écrire cette pièce ?

24
4e Séquence
II. Les sources d’inspiration
Selon l’auteur, l’Étudiant de Soweto a étécréée à partir des informations glanées
dans les livres d’histoire, surtout l’Histoire générale de l’Afrique de Joseph Kizerbo
, les journaux et revues, principalement dans l’Agence Tchadienne de Presse (ATP).
C’était autour des années 1975 et 1976. Le mouvement déclencheur c’était surtout
les émeutes de Soweto du 16 juin 1976.
En effet, il a été développé en Afrique du Sud un système politique appelé apartheid
qui signifie ségrégation raciale ou développement séparé entre deux races. Ce
système est appliqué depuis l’arrivée des premiers blancs et devenu légale quand le
parti national impose ses méthodes après son accession au pouvoir en 1948.
Dans la philosophie des Blancs, l’apartheid doit protéger la culture et les traditions
de chaque communauté ethnique en maintenant son intégrité dans les faits.
Mais à vrai dire, ce système permet de réserver aux noirs et aux non blancs (métis)
les postes subalternes et les emplois les plus durs. Face à ce système odieux qui foule
au pied les droits élémentaires de tous les noirs, ceux-ci ont trouvé mieux de se
battre pour la reforme afin que les biens du pays leur soient aussi bénéfiques.
Dans la philosophie des Blancs, l’apartheid doit protéger la culture et les traditions
de chaque communauté ethnique en maintenant son intégrité dans les faits.
Mais à vrai dire, ce système permet de réserver aux noirs et aux non blancs (métis)
les postes subalternes et les emplois les plus durs. Face à ce système odieux qui foule
au pied les droits élémentaires de tous les noirs, ceux-ci ont trouvé mieux de se
battre pour la reforme afin que les biens du pays leur soient aussi bénéfiques.
Dans la philosophie des Blancs, l’apartheid doit protéger la culture et les traditions
de chaque communauté ethnique en maintenant son intégrité dans les faits.
Mais à vrai dire, ce système permet de réserver aux noirs et aux non blancs (métis)
les postes subalternes et les emplois les plus durs. Face à ce système odieux qui foule
au pied les droits élémentaires de tous les noirs, ceux-ci ont trouvé mieux de se
battre pour la reforme afin que les biens du pays leur soient aussi bénéfiques.

25
le Mercredi 16 juin 1976, entre 10 000 et 20 000 écoliers et étudiants noirs se
rassemblent dans la matinée pour protester contre l’obligation qui leur est faite de
suivre l’enseignement en afrikaans. Manifestation qui était sauvagement réprimée
par la police faisant des nombreux morts, blessés des enfants noirs.
Ces massacres des enfants innocents vont toucher la sensibilité générale. C’est pour
commémorer cet événement malheureux que l’ONU a choisi la date du 16 juin
comme journée de l’enfance africaine. Voilà ce qui a poussé Maoundoé Naindouba
de se servir de sa plume pour dénoncer l’injustice entretenue qui met à mal le vivre
ensemble dans la nation arc-en-ciel.
5e Séquence
Structure et analyse de l’œuvre

À la fin de cette séquence vous devez être capables de :


- Connaître la composition de la pièce ;
- Comprendre les problèmes développés dans chaque tableau ;
- Connaître l’intrigue (différents incidents qui forment le nœud de cette pièce).

L’Étudiant de Soweto compte 5 tableaux comprenant 16 scènes. Chaque tableau se


termine par une voix de silence qui exprime les malheurs et les espoirs de Soweto.

Tableau I. Rencontre de Mulubé avec le Directeur de l’Enseignement des


Aborigènes
Le premier tableau est composé de cinq (5) scènes. Il évoque la convocation de
Mulubé, président de l’Union des élèves et étudiants noirs de Soweto par le
directeur de l’enseignement des aborigènes. Une convocation qui se justifie par les
rumeurs de contestations à propos de la décision gouvernementale concernant la
réforme du système d’enseignement dans les écoles noires.
Au bord de la route menant à Johannesburg, il est confronté aux difficultés
quotidiennes de transport dû au système de l’Apartheid. Cela fait l’objet d’un débat
entre Mulubé et Andrews qui lui raconte les calvaires et les hontes vécues. Mulubé

26
arrive en retard au ministère. Ce retard lui a valu injure et reproche quand il entre
dans le bureau du directeur de l’enseignement des aborigènes. Le Directeur lui
notifie les motifs de la réforme. Mulubé de répondre « … nous élèves et étudiants
noirs n’avons pas sollicité un nouveau programme… Ensuite, pourquoi un nouveau
programme pour les écoles noires seulement ? »
Ce à quoi le directeur répond par « la volonté du gouvernement d’amener les noirs
vers leur émancipation »
Le malentendu consiste ici dans la lecture que font les deux communautés du terme
émancipation. Mulubé explique l’émancipation voulue par les blancs comme la
recherche de l’obscurantisme, la balkanisation et l’enfermement des noirs dans des
tâches subalternes, ouvrières qui les excluent des hautes fonctions économiques et
politiques…
Mulubé dénonce le caractère illégal, unilatéral et raciste de la décision en ces termes
:
« Pourquoi vouloir tout séparer entre Blancs et Noirs, alors que les deux races
ne forment pas deux états distincts ? Ne voyez-vous pas le côté abusif de cette
façon de faire ? Et puis convenez avec moi que ce qui regarde le Noir est
décidé d’une façon arbitraire et injuste »
« l’Afrique du sud est peuplé de Noirs et Blancs. Si le gouvernement décide
qu’on dispense l’enseignement en langues africaines, cela devrait être
commun aux deux communautés ».
« L’Afrique du sud est la partie des Noirs et des Blancs. Les deux
communautés sont condamnés à vivre ensemble, que vous le vouliez ou non.
Rien ne peut se décider qui ne soit conforme aux intérêts Bien compris des
deux communautés ». Voilà l’expression du désir de vivre en ensemble en
dépit des adversités.
Chers élèves, chers Tchadien, malgré nos diversités : nos considérations
diverses, nos colorations politiques et ethniques l’unité nationale est à
préserver. Si nous aimons notre pays l’effort doit être fourni à ce niveau pour
rendre possible l’unité et la communion.

27
Le directeur va pousser la discussion à l’excès, en disant à Mulubé que les Noirs
n’ont pas de territoire, lorsque Mulubé va lui demander s’ils veulent que chacun se
débrouille seul, qu’ils leur rendent d’abord leur territoire et les restes viendront. Ce
qui va pousser Mulubé à retourner la balle à l’envoyeur en ces termes : « et vous, est
ce que vous avez un centimètre carré de terre sur ce continent ? »
Confus, le directeur ordonne à Mulubé de quitter son bureau. En quittant Mulubé
laisse entendre à son interlocuteur que l’éducation pour l’obscurantisme et pour
l’infériorité est pire que pas d’éducation du tout ».
Pour parer à toute éventualité, le directeur alerte l’inspecteur de police. Et la voix
du silence conclut sur une note de désespoir.

6e Séquence

Structure et analyse de l’œuvre (suite)

Tableau II. La prise de conscience des élèves et étudiants noirs


Le deuxième tableau qui renferme deux scènes évoque le refus de la réforme
envisagée par le gouvernement sud-africain. Un refus sans condition et unanime des
élèves noirs après le compte rendu de leur leader Mulubé avec le directeur en
charge de l’enseignement des aborigènes : « …Non contents d’avoir réduit nos
parents à l’état d’esclaves, les Blancs racistes viennent de trouver mieux : ils
viennent de décider un enseignement bidon Ŕ que vous connaissez déjà Ŕdans les
écoles et collèges noirs. Non contents de nous séparer de leurs enfants blancs, ils
nous imposent un programme à part… »
Ce tableau marque la genèse de la prise de conscience des jeunes qui sera conduite
progressivement à la révolte, à la grève.
« Accepterions-nous d’être toujours les marchepieds des Blancs, nous jeunes,
comme nos pères et nos aînés ? Ne pensez-vous pas que nous avons trop longtemps
baissé la tête, mes frères ? »

28
La réponse des jeunes est immédiatement non. Et Mulubé de conclure : « … je vous
remercie pour votre position catégorique à l’égard de cette mascarade de réforme.
Seule la lutte libère. Oui nous devons grever contre l’abus du Blanc. Mais notre
grève doit se dérouler d’une manière légale… »
Ce tableau interpelle à prendre sa vie en main
Les enfants, les jeunes noirs d’Afrique de sud nous montrent l’exemple
Est-ce que vous êtes conscience de votre avenir, de votre formation ?
L’école est une raison de vivre.
L’école est un cadre de personnalisation
Dans l’aventure ambiguë la grande Royale nous situe sur l’importance de l’école (
art de vaincre sans avoir raison- lier le bois au bois)= bafouer l’éducation c’est
bafouer la nation

7e Séquence

Structure et analyse de l’œuvre

Tableau III. Présentation des parents Mulubé


Le troisième tableau nous présente les parents de Mulubé et leurs peines. Ce tableau
comporte quatre scènes.
Dans la cour familiale, Masseka la mère de Mulubé se plaint en dénonçant l’injustice
des Blancs, le manque de liberté des Noirs et leurs conditions de vie misérable. Elle
éclate en sanglots et Bakuolé son époux la console. Elle court chercher de l’eau au
puits. Entre temps, Mulubé entre et engage un débat avec son père. Il lui raconte ses
peines de la journée, lui fait part de ses projets de lutte. Son père tente de le
dissuader en lui racontant les tristes souvenirs, les nombreuses luttes Noirs vouées
à l’échec en Afrique du sud.
Déterminé, Mulubé n’entend aucune raison et déclare à son père, « pour cette
grève, mes camarades et moi sommes unis par un pacte de sang. Je ne peux plus
reculer. »

29
Son père lui tend un talisman et un revolver. Il refuse le gri-gri et prend le revolver,
car selon lui ce gri-gri ne délivrerait pas tous les Noirs de l’oppression blanche.
De retour du puits, Masséka a l’air bouleversée. Elle craint que son fils unique ne
soit tué ou maltraité en prison. Elle accuse son mari de n’avoir pas assez fait pour le
retenir. Son mari lui fait savoir que la liberté et le bonheur ne s’obtiennent pas sans
sacrifice et la console de ne pas pleurer encore l’âme vivante de son fils.

8e Séquence

Structure et analyse de l’œuvre (suite et fin)

Tableau IV. La manifestation et répression par la police


Le quatrième tableau comporte trois scènes.
L’inspecteur de police dépose au bureau du commissaire principal son rapport
faisant état des rumeurs de grève dans les écoles de Soweto. Le commissaire donne
l’alerte générale à toutes les unités de police d’être sur le qui-vive et des consignes à
l’inspecteur.
Peu après les élèves et Étudiants descendent dans les rues et les forces de l’ordre ont
du mal à les disperser. Le commissaire leur demande de recourir aux moyens forts.
La répression de la police a eu de lourdes conséquences notamment la perte en vies
humaines, les blessures et les arrestations. Ensuite, intervient l’arrestation des
parents de Mulubé qui subissent des tortures inhumaines.

Tableau V. La rencontre de Mulubé avec l’inspecteur principal de police


Le dernier tableau qui comporte deux scènes évoque la prise en otage de l
‘inspecteur par Mulubé, la prise de conscience et la démission au sein de la
communauté blanche.
En effet, ayant appris l’arrestation de ses parents, Mulubé, courageusement, a fait
irruption chez l’inspecteur, armé du revolver qu’il a préféré au talisman, lui intimant

30
l’ordre de libérer ces derniers. Profitant de sa position de force, il le tient quelques
instants au respect avant de lui parler.
D’un ton lucide et franc, il aborde avec l’inspecteur les grands problèmes de
l’Afrique du Sud.
Avec l’inspecteur de police, Mulubé s’attaque aux raisons premières, aux
motivations réelles de l’apartheid : la peur de la grande masse des noirs, de l’égalité
entre ces deux communautés.
Mulubé a présenté sa démarche comme un vœu, un souhait, une dernière volonté à
l’inspecteur principal, à réaliser comme un testament : « A quelques minutes de ma
mort, je veux parler à un blanc, mieux à un inspecteur de police de Johannesburg,
lui ouvrir mon cœur ».
Mais la cécité de l’inspecteur l’empêche de voir que les blancs ne sont pas forcément
inaccessibles :
« Quant à vos menaces, laissez-moi rire ! Pour vous je demeure un blanc. Vous avez
toujours peur d’un blanc, quoi que vous fassiez. »
C’est l’occasion pour Mulubé de retourner l’argument contre son adversaire :
« Encore un des traits de votre naïveté métaphysique. Qui a peur de qui ? Vous
pourriez avoir raison dans la mesure où vous avez des armes et nous rien. Mais les
peureux c’est vous. Nous Nègres constituons pour vous une force redoutable. Nous
sommes dix-huit millions, vous quatre seulement. Nous vous inondons, vous
avalons, vous obsédons, bien que vous soyez armés jusqu’aux dents… Peur de nous,
le géant noir croupissant dans la misère ».
Mulubé ne s’en tient pas là, il continue à affûter ses arguments. L’image du « tigre
en cage », inspiré par Lumumba, est pour lui la plus belle métaphore pour
caractériser l’Afrique du Sud.
Le félin est plus noble et le plus libre des animaux ; c’est le roi de la jungle. Il faut
noter cependant que c’est le lion qui est le roi des animaux en Afrique. Le choix du
tigre pourrait s’expliquer chez Moaundoé Naindouba, par la robe bariolée de
l’animal, ce qui renverrait aux deux races constituant ce grand pays. C’est peut être
aussi une volonté d’unité par-delà les clivages.

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Au cours de cette discussion, que le brigadier Whitehead, au nom prédestiné entre.
Il abat Mulubé, qui tout en mourant, déclare toutefois, « nous…nous vaincrons ».
Le mal est fait mais l’inspecteur est déjà démonté, et son humanité mise à nu. Il ne
correspond plus à la simple pièce mécanique que le pouvoir blanc a voulu faire de
lui. Il rend son rapport de mission, mais ne peut contenir la dimension de son
désarroi. Il finit par se dévoiler au commissaire. Il crie son opposition au système.
Croyant pouvoir démissionner et quitter l’Afrique du Sud, il s’inscrit dans la
démesure. Le commissaire l’abat, laissant Whiteheat incrédule et désemparé.

9e Séquence

III. Présentation de quelques thèmes

1. l’éducation (réforme éducative)


En choisissant le thème de l’éducation Maoudoué Naindouba a fait le choix de la
jeunesse, de l’avenir.
L’espoir, le progrès ou la mort d’un peuple est à la dimension de l’éducation, de la
formation que la communauté est capable de donner à sa jeunesse.
C’est dans sa jeunesse qu’un peuple renait ou meurt en elle-même, c’est pourquoi le
régime de l’apartheid a décidé de deux destins séparés pour les enfants issues de
deux communautés de l’Afrique du Sud.
« …Non contents d’avoir réduit nos parents à l’état d’esclaves, les Blancs racistes
viennent de trouver mieux : ils viennent de décider un enseignement bidon – que
vous connaissez déjà –dans les écoles et collèges noirs. Non contents de nous séparer
de leurs enfants blancs, ils nous imposent un programme à part. Et quel
programme ! ... » Voilà la lecture de la situation par Mulubé
A ce thème principal s’ajoutent d’autres :

32
2. La ségrégation raciale

Ce thème de ségrégation se remarque à travers la mauvaise volonté des Blancs de


séparer les deux communautés : noire et blanche, qui composent l’Afrique du Sud.
C’est d’ailleurs ce qui sous-tend la politique de l’apartheid. Cette politique consiste à
maintenir les Noirs Sud-africains dans la misère, lui refuser toute possibilité de
s’épanouir et favoriser plutôt l’émergence, l’hégémonie ou la puissance des blancs
dans tous les domaines. La réforme du programme d’enseignement envisagé est la
preuve tangible du racisme des Blancs. Cela crée un malentendu.
Pour les blancs, c’est l’occasion de dominer et d’asservir les Noirs, parce que les
langues africaines ne permettent pas encore d’accéder aux connaissances
scientifiques et techniques modernes. Les blancs aspirent garder pour leurs enfants
les hautes fonctions de l’Etat et de la société. D’ailleurs le directeur s’en explique :
« vous rêvez mon garçon… Vous n’avez pas encore compris le principe de
l’apartheid ; apartheid égale développement séparé. Chacun de nos deux races a sa
propre langue, son propre style de vie et son identité sociopolitique. .. À chacun
d’en tirer le meilleur parti… »
3. La dignité
La dignité est le fondement de la lutte que mènent les Noirs. En effet, les Noirs ont
compris la manœuvre et la mauvaise intention des Blancs qui veulent les maintenir
dans le statut de sous –hommes, c’est-à-dire des êtres qui ne peuvent jouir des
mêmes prérogatives que les Blancs. C’est ainsi qu’ils ont décidé collectivement de
lutter, de se sacrifier et de refuser de se plier aux lois de l’apartheid afin d’affirmer
leur dignité.

4. La prise de conscience et l’espoir


« Une éducation pour l’obscurantisme et pour l’infériorité est pire que pas
d’éducation du tout »
La prise de conscience est symbolisée par la grève lancée par les élèves et étudiants
de Sowéto contre la réforme du système éducatif. L’étudiant de Sowéto est une prise

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conscience des jeunes d’un problème social auquel les adultes se sont résignés. Cette
jeunesse est représentée par Mulubé le héros principal de l’œuvre. Il incite ses
camarades à la prise de conscience en ces termes : « … Accepterions-nous d’être
toujours les marchepieds des Blancs, nous jeunes, comme nos pères et nos aînés ?
Ne pensez-vous pas que nous avons trop longtemps baissé la tête, mes frères ? »
La réponse des jeunes est immédiatement non. Et Mulubé de conclure : « … je vous
remercie pour votre position catégorique à l’égard de cette mascarade de réforme.
Seule la lutte libère. … » Il réunit ses camarades pour élaborer ensemble une motion
de protestation des nouveaux programmes, et annoncer la grève illimitée. La
réaction violente du pouvoir blanc pousse Mulubé à la clandestinité.
5. L’amour et le désir de la cohabitation
La lutte pour la libération des Noirs en Afrique du Sud s’est placée sous l’angle de
l’amour. Et cet élan d’amour est démontré dans cette pièce. Le désir de vivre
ensemble en tant qu’un seul peuple est retrouvé dans les différentes interventions de
Mulubé avec le Directeur :
 « pourquoi vouloir tout séparer entre Blancs et Noirs, alors que les deux races
ne forment pas deux États distincts ? Ne voyez-vous pas le côté abusif de
cette façon de faire ? Et puis convenez avec moi que ce qui regarde le Noir
est décidé d’une façon arbitraire et injuste »

 « l’Afrique du sud est peuplé de Noirs et Blancs. Si le gouvernement décide


qu’on dispense l’enseignement en langues africaines, cela devrait être
commun aux deux communautés » ;
 « L’Afrique du sud est la patrie des Noirs et des Blancs. Les deux
communautés sont condamnés à vivre ensemble, que vous le vouliez ou non.
Rien ne peut se décider qui ne soit conforme aux intérêts Bien compris des
deux communautés »
Enfin, l’amour extrême est prouvé par Mulubé quand il a pris l’inspecteur en otage,
mais préfère plutôt lui ouvrir son cœur, dévoiler la méchanceté de l’homme blancs

34
justifiée par un système diabolique et cynique au lieu de le tuer ; sachant qu’il sera
tué.
L’amour des frères dans la souffrance, lutte pour une cause commune, un sacrifice
collectif témoigné par la décision de Mulubé de ne plus reculer quand son père
essaie de le dissuader : « mes camarades et moi sommes unis par un pacte de sang,
je ne peux plus reculer ».
Donner sa vie pour les autres, communauté de souffrance, sacrifice collectif
démontrée par Mulubé quand son père lui tendait les revolvers et le talisman :
« père je prends l’arme, mais garde ton talisman. C’est le gris Ŕgris qui délivrerait
tous les Nègres de l’oppression blanche qu’il me faudrait et non un talisman qui
porte chance et bonheur à une seule personne. Adieu père ».

10e Séquence

IV. ETUDE DES PERSONNAGES


I. Noirs
a) Les vieux ou génération passée ( Bakuolé et Masseka)
L’image de la génération passée est incarnée par les parents de Mulubé. On note les
fatalistes et les résignés :
 Les fatalistes, représentés par Masseka, la mère de Mulubé, ceux-là qui
acceptent les faits comme étant fixés par le destin.
 Les résignés, représenté par Bakuolé, le père de Mulubé ; certes ils sentent
l’injustice, l’oppression raciale, l’exploitation dans le fond de leur être.
Cependant, la peur de plusieurs échecs de lutte leur conseille la prudence,
sinon la démission devant la puissance des Blancs.
Ainsi, le père de Mulubé cite-t-il plusieurs grèves des ouvriers noirs qui ont été
noyées dans le sang. Quant à la mère de Mulubé, elle se reprend en jérémiades
mais refuse toute action, car pour elle quelles que soient les actions
qu’entreprendront les Noirs, elles sont d’avance vouées à l’échec.

35
Bakuolé contrairement à son épouse estime que le malheur des Noirs ne provient
pas de Dieu, mais, d’eux-mêmes, parce qu’ils ne savent pas se défendre. C’est une
personne intermédiaire qui a pris conscience de sa situation d’opprimé, mais qui ne
dispose pas de moyens pour entreprendre efficacement la lutte de libération.
Conscient de sa faiblesse face aux blancs, il n’a pas perdu l’espoir de vaincre un jour.
C’est ainsi qu’il encourage implicitement son fils à la lutte.

b) Les jeunes ( Mulube et ses camarades)

La prise de conscience est née au sein de la jeunesse, car les jeunes ont vu que leur
avenir est mis en jeu par un système raciste, diabolique et machiavélique.
Mulubé est leur fer de lance. C’était un leader courageux, endurant, optimiste et
exemplaire, qui se sacrifie pour la cause des écoliers noirs de Sowéto en particulier,
de l’Afrique du sud tout entier et plus loin du continent noir.
Il incarne la résistance face à l’injustice et à la ségrégation raciale des Blancs.
Aguerri par des dures conditions de vie, il est le symbole de la nouvelle génération
noire qui lutte pour obtenir ses droits face aux Blancs.
Mulubé ne souffre d’aucun complexe. Au contraire, il est lucide et fait preuve
d’assurance dans ses propos. C’est pourquoi ses interlocuteurs lui opposent un refus
de dialogue de peur de se laisser convaincre par la pertinence de ses propos.
C’est un militant convaincu ; forte tête qui sait s’imposer, se faire entendre et
mobiliser : la manifestation massive et spontanée des élèves et étudiants noirs à la
grève est à inscrire à son actif. Dans sa lutte, il privilégie le bonheur collectif et est
prêt à se sacrifier pour les autres. Raison pour laquelle il refuse le talisman que lui
offre son père pour sa protection personnelle.
Pour lui il ne s’agit pas de sauver une vie, mais toutes les vies des Noirs d’Afrique
du Sud. C’est toujours dans le même élan qu’il se rend chez l’inspecteur principal de
police pour la libération de ses parents injustement arrêtés; acceptant ainsi d’être le
martyr de la cause qu’il défend.

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II. Les Blancs
On note chez les Blancs deux types des personnages : les conservateurs et les
progressistes.
a) Les conservateurs : le Directeur de l’Enseignement des Aborigènes et le
Commissaire de la police de Johannesburg sont les représentants farouches
du statu-quo de l’Apartheid. Aucun sentiment, aucune condamnation ne peut
les amener à réviser leur position. Ce sont des types qui se croient maîtres de
ce bout du continent africain. Ce sont les prototypes du blanc raciste de
l’Afrique du Sud.

b) 2. Les progressistes : ceux-là à l’instar de l’inspecteur de police aspirent à


comprendre les Noirs voire à éradiquer le système de l’apartheid. C’est ainsi
que l’inspecteur même apparemment imperturbable avec Mulubé l’a écouté
jusqu’au bout. Après la mort de celui-ci, il dépose sa démission au
commissaire ; mieux avant que celui-ci ne lui tire dessus à bout portant et le
tue, il montre à ses chefs que le système d’apartheid est hideux, inhumain et
qu’il préfère s’exiler.
III. La voix du silence
La voix du silence ponctue par sa fréquence le rythme de la pièce. Elle intervient à
la fin de chaque tableau et contribue à annoncer ce que le spectateur devrait
attendre ou ressentir.
À la fin du premier tableau, la voix du silence présente une situation générale de
Soweto. C’est un immense dépotoir, mouroir, des rêves noirs. Ces rêves, ce sont tout
simplement la paix et la liberté : « mains aux quinze fois dix millions de doigts qui
tente de décrocher du haut du mât de cocagne en vain la liberté et la paix ». Cette
main, aux doigts multiples est la métaphore du peuple noir, emprisonné et interdit
dans son geste. Et Soweto devient ce trou sans perspective où viennent mourir
toutes les velléités et tous les espoirs.

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À la fin du tableau 2, après la motion des étudiants et élèves adressée aux autorités
blanches, la voix du silence questionne et avertit de ce qui risque de se passer et
inscrit l’acte à oser « celui de biser la cage de l’oiseau »
À la fin du tableau 3, la voix du silence pleure le désarroi des parents, des hommes
et des femmes noirs devant des lendemains incertains et qui déchantent. Des
hommes et des femmes humiliés qui voient impuissant leurs enfants courir vers la
mort.
À la fin du tableau 4, la voix du silence pleure et dénonce cette situation
d’oppression, de douleur dans laquelle se trouve le peuple noir : « Soweto des
sanglots étouffés, Soweto abime des orgueils, Soweto des rêves qui échouent sur la
grève de l’indifférence… »
À la fin de la grève écrasée dans le sang, véritable massacre d’enfants, mais la
logique de l’apartheid, la machination réussit toujours. La voix du silence célèbre
cette mort comme une victoire des martyrs, de la jeunesse sur l’obscurantisme.
Leur mort est comme l’arme de l’impuissance, celle des faibles qui n’ont pas le choix
devant l’inévitable mort, alors ils décident de l’affronter.

11e Séquence

V. LA PORTÉE DE L’ŒUVRE
Le peuple noir doit assumer sa responsabilité et est appelé à se défendre, à lutter
contre toutes formes d’injustices, d’oppressions et de domination, car le changement
et l’amélioration de leur condition de vie ne dépendra que de leur détermination.
C’est à travers la lutte des Noirs sud-africains qu’une nouvelle page de l’histoire est
tournée.
Le peuple noir doit assumer sa responsabilité et est appelé à se défendre, à lutter
contre toutes formes d’injustices, d’oppressions et de domination, car le changement
et l’amélioration de leur condition de vie ne dépendra que de leur détermination.
C’est à travers la lutte des Noirs sud-africains qu’une nouvelle page de l’histoire est
tournée.

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L’étudiant de Soweto, pièce parue à l’époque du système d’apartheid, relate le
mépris et la marginalisation des noirs d’Afrique du Sud. Cette pièce édifie à travers
l’attitude héroïque et le courage de Mulubé, le leader des élèves et étudiants de
Soweto. Un leader charismatique qui sensibilise, conscientise et mobilise ses
camarades dans la lutte contre l’injustice prônée par les Blancs racistes.
Une injustice programmée et imposée par le pouvoir ségrégationniste des blancs
minoritaires. Par l’entremise du héros Mulubé, le dramaturge Naindouba véhicule
un message de prise de conscience.
L’Étudiant de Soweto, pièce visionnaire à sa parution, avait su dans la conviction de
son auteur prévoir l’inimaginable : la fin de l’apartheid.
Par ailleurs, il donne une leçon aux Africains pour qu’ils prennent eux-mêmes leur
destin en main en luttant contre toutes formes d’injustice, de discrimination et de
domination.
La mort de Mulubé montre la rage, l’acharnement de la communauté blanche
« d’étouffer dans l’œuf » les velléités mais aussi l’espoir des Noirs. Mais, la mort de
Mulubé, c’est aussi une mort pour la postérité.
Elle s’adresse aux blancs comme un avertissement, comme pour dire qu’il n’y a pas
de peur possible qui empêcherait les Noirs de marcher vers la liberté. D’autres
jeunes suivront, parce qu’ils n’acceptent plus comme l’ont fait leurs parents, de se
résigner.
À travers cette pièce Maoundoé Naindouba a inspiré un souffle nouveau aux
combattants de l’ANC. Il leur a prouvé qu’ils ne sont pas seuls, que leur cause est
juste.
Nous pouvons dire qu’aujourd’hui la victoire de l’ANC est la victoire de toute
l’Afrique, de tous les peuples opprimés, exploités sur l’étendue du globe terrestre.
Les voiles sont tombés pour ceux qui ont voulu faire croire que les Noirs d’Afrique
du sud se battaient pour renvoyer les Blancs du sol d’Afrique. Aujourd’hui, Blancs et
Noirs tiennent les rênes du pouvoir de leur pays. L’Étudiant de Soweto est une pièce
engagée qui prône l’amour.

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« Le long de la vie, on doit avoir suffisamment de bon sens et de moralité pour
briser la chaîne de la haine et du mal. La façon la plus merveilleuse de la faire
c’est d’agir par l’amour. » Martin Luther King.
La victoire de l’Afrique du Sud, c’est la victoire de l’amour sur la haine.
"Apprenons à vivre comme des frères sinon nous allons mourir ensemble comme
des idiots«
Martin Lutter King.
C’est un appel à l’amour, à la fraternité au sein d’une nation.

12e Séquence
Texte : Volte-face de l’inspecteur Nelson
L’inspecteur
Nous avons enfin réussi à rétablir l’ordre, Monsieur le commissaire. Mais, bon Dieu,
quel carnage ! Des centaines de morts, des milliers de blessés et tous de jeunes
enfants !
Le commissaire
Combien de morts, Inspecteur ?
L’inspecteur
Quatre cent quatre-vingt-dix –sept.
Le commissaire
Et les blessés ?
L’inspecteur
Mille huit cent quatre-vingt-dix-neuf !
Le commissaire
Et ce Mulube ?
L’inspecteur
Abattu ! Comme vous l’aviez recommandé ! Et où ? Dans ma propre maison !
Le commissaire
Vous voulez dire qu’il s’est jeté lui-même dans la gueule du loup ?
L’inspecteur

40
Oui. Il s’est rendu pour sauver ses parents. C’est tout de même émouvant, ce geste,
même si on n’aime pas les nègres. Je pense aussi qu’il voulait signifier par la même
occasion le désir des Noirs d’engager un dialogue avec les Blancs.
Le commissaire
Je suppose, inspecteur Nelson, que vous lui avez signifié qu’il ne peut PAS y avoir
dialogue entre EUX et NOUS !
L’inspecteur
Bien sûr !
Le commissaire
Vous avez fait du beau travail, Inspecteur ! Mes félicitations.
L’inspecteur (tristement)
Il n’y a pas de quoi être fier, Monsieur le commissaire, croyez-moi.
Le commissaire (faisant sourd oreille)
Officiellement, nous donnerons à l’opinion internationale assoiffée de sensationnel
le chiffre de deux morts et six blessés dans la panique des manifestants à l’approche
des policiers.
Vous avez l’air sombre et triste, Inspecteur ! Fatigué ? Il faut dire que la semaine a
été chargée pour vous. Vous ne vous êtes pas assez reposé. J’ai le plaisir de vous
annoncer que vous avez une semaine de vacances à passer dans la baie de
Simonstown.
L’inspecteur (mélancolique)
J’en ai marre.
Le commissaire (surpris)
Plaît-il ?
L’inspecteur (avec rage)
J’en ai marre, commissaire !
Le commissaire
Bien sûr ! Tout le monde commence à en avoir marre d’eux.
L’inspecteur

41
Vous ne comprenez pas, monsieur le commissaire. Si vous aviez vu ce que moi j’ai
vu à Soweto ! Des enfants éventrés ! Des bras et des jambes qui jonchaient la cour
du lycée, à côté des blessés, des mourants et des morts ! L’horreur qui se peignait
sur le visage des enfants !... c’était proprement affreux, commissaire !
Le commissaire (bas à lui-même)
Il est devenu fou ! (À l’inspecteur). Vous êtes réellement fatigué, inspecteur Nelson !
L’inspecteur
Ne faites pas semblant de ne pas comprendre.
Le commissaire (énervé)
Ah ! Oui ? Et qu’est-ce que vous voulez que je comprenne, Inspecteur, s’il vous
plait ?
L’inspecteur
Je démissionne, commissaire.
Le commissaire (intime)
Entre nous, monsieur Nelson : que s’est-il passé au juste ?
L’inspecteur
Rien. Vous avez peut –être raison de dire que je suis fatigué
Explosant
Oui, je suis fatigué. Fatigué des Noirs qui se font tuer par milliers depuis des années
et des années ! Fatigué des Blancs, bourreaux des Nègres, qui tiennent à un principe
qui les rend aveugles et cruels : la sauvagerie de leur sacro-saints intérêts ! Je suis
fatigué de l’aisance et de l’égoïsme des uns, de la pauvreté et de la misère des
autres. Je suis fatigué de tout, commissaire ! De vous et de moi !
Le commissaire
Monsieur Nelson, c’est grave ce que vous dites. Vous devez considérer les Noirs
comme vs ennemis ! Vous ne devez jamais vous rapprocher d’eux, même en
imagination !
L’inspecteur
Je m’en fous ! Je quitte l’Afrique du Sud. Je vais m’installer ailleurs, loin du
carnage, commissaire, loin de cd massacre de pauvres innocents.

42
Le commissaire
Et quel est, s’il vous plait, ce beau pays où il n’y a pas de racisme entre Blancs et
Noirs, et dans lequel vous comptez vous établir ? Là où vous serez, vous verrez
toujours des Blancs haïr les Nègres ce sont des pauvres qui ne méritent que le
mépris
L’inspecteur
Un mépris non justifié ! C’est cela qui est triste
Le commissaire
Justifié par eux-mêmes, pardi ! Des gens capables de rien, ne sachant que rire,
chanter et danser…
L’inspecteur
Anonymes dans leur peau sombre, oui, je sais tout cela. C’est l’explication
traditionnelle des négrophobes. Vous ne m’apprenez rien de nouveau.
Le commissaire
Et vous, depuis quand êtes-vous atteint de cette nécrophilie anormalement
passionnelle ?
L’inspecteur
J’ai eu un entretien avec Mulubé quelques minutes avant sa mort. Il avait raison :
chacun de nous, Blancs, a dans le ventre une peur morbide. C’est la triste vérité.
Le commissaire
Et moi qui pensais que vous réagissez par pur idéalisme en faveur des Nègres ! Je ne
sous aurais jamais cru capable d’être conquis aussi facilement par un petit cafre aux
idées baroques.
L’inspecteur
Si vous l’aviez écouté !
Le commissaire
Je n’écouterai jamais un Nègre.$
L’inspecteur
Par peur !
Le commissaire

43
Par cynisme
L’inspecteur
Par peur d’entendre sortir de ses lèvres lippues, de ses lèvres de plomb, la vérité
d’un même poids que ces lèvres de plomb, la vérité avec un grand V.
Le commissaire
Les institutions de l’Afrique du sud…
L’inspecteur
Des milliers de Nègres ont été accusés et condamnés au nom de ces institutions
caduques.
Le commissaire
Vous êtes la honte de la race blanche d’Afrique du sud.
L’inspecteur
Nous sommes, vous et moi, la honte de l’humanité ! Adieu, commissaire. Je ne sais
pas où je serai, je vous écrirai. (Il se dirige vers la porte puis se retourne vers le
commissaire). Vous pouvez faire relâcher les parents de Mulubé, commissaire ! Il n’y
a plus de raison de les garder. (Il continue la marche).
Le commissaire (prenant un revolver dans un tiroir de sa table).
Vous ne partirez pas, Monsieur Nelson. Je regrette, mais vous connaissez beaucoup
trop de choses. Vous ne sortirez jamais d’Afrique du sud. (Il tire trois balles dans le
dos de Nelson qui s’écroule près de la porte. Au bruit des coups de feu, le brigadier
whitehead entre.
Whitehead (étonné)
Mais… vous avez tué l’inspecteur principal monsieur le commissaire ?
Le commissaire (gravement)
Je n’ai pas tué l’inspecteur principal, brigadier Whitehead ! J’ai tué Nelson, un
traitre.
Whitehead (de plus en plus étonné)
L’inspecteur principal, un traitre ? Oh ! C’est alors ! ça alors !
MAOUNDOE NAÏNDOUBA
L’Étudiant de Soweto, 1981
9e concours Théâtral Interafricain.

44
Compréhension du texte
1- Quelle est la nature du texte ?
2- Quels sont les indices qui l’indiquent ?
3- Quels sont les personnages en présence ?
4- Où se passe la scène ?
5- Quelles sont les informations rapportées par l’inspecteur au commissaire ?
6- Compare les caractères de l’inspecteur et du commissaire.
Les mots difficiles
Carnage : massacre, tuerie
Sensationnel : qui impressionne.
Négrophobes : qui haïssent les Nègres
Négrophilie : qui a l’amour des Nègres, qui aime les Nègres.
Cafre : terme péjoratif pour déprécier.
Cynisme : vient du grec : chien, veut dire effronterie, impudence, obscénité.
Lippue : qui a une lippe, la lèvre inférieure d’une grosseur disproportionnée.
Analyse du texte
1. Quelle est la portée du texte ?
2. Quelle est l’impression générale qui se dégage de ce passage ?
3. Pourquoi le commissaire est-il obligé de recourir à la violence face à
l’inspecteur ?
4. Repère tous les éléments qui contribuent à donner une réelle de l’apartheid.
5. Explique en quoi cette scène, par le fonctionnement du dialogue et la nature
des répliques peut être pesante pour le spectateur ?

Je fais le point
Extrait du tableau 5 de l’étudiant de Soweto de Maoundoé Naindouba, le texte met
en scène le commissaire et l’inspecteur Nelson. Deux lectures opposées de la
politique de l’apartheid. L’inspecteur Nelson, transformé par l’entrevue qu’il a eu
avec Mulubé, rencontre le commissaire pour un compte rendu des événements.
Mais loin de se réjouir de ce massacre des Noirs comme le commissaire, l’inspecteur
prend plutôt une position contraire à celle du système. Il s’indigne sur le sort des

45
Noirs victimes de la ségrégation raciale. Il démissionne pour ne pas être témoin et
décide de quitter l’Afrique du sud, mais, le commissaire l’abat pour que le secret ne
soit pas divulgué.

46
THÈME I. LA CONSCIENCE NATIONALE

Œuvre illustrative 2 : La tragédie du roi Christophe, Aimé Césaire

1ère Séquence

Présentation de l’œuvre La tragédie du roi Christophe (Aimé Césaire)


I. Présentation de l’œuvre

La tragédie du roi Christophe est une pièce d’Aimé Césaire publiée en 1963,
au lendemain des indépendances africaines. Il s’inspire de l’histoire d’Haïti pour
mettre en garde les États africains nouvellement indépendants qui excellent dans la
précipitation, la confusion et la tyrannie aux conséquences fâcheuses.
Cette pièce met en scène le destin tragique d’un homme et d’un pays. Elle
décrit la lutte du peuple haïtien pour sa liberté, mais aussi le combat mené par
un homme politique qui voulait restaurer la grandeur de son pays.
Après l’indépendance d’Haïti et l’assassinat de Jean Jacques Dessalines, son
premier président, le sénat désigne Henri Christophe pour lui succéder. Mais ce
dernier rechigne.
Cette œuvre évoque des faits réels : l’histoire d’Haïti, du roi Christophe et de
Pétion. Césaire défend la cause des noirs à travers ses vers et ses chansons. Il a été
décrit comme un « Chantre de la négritude ».
Il témoigne, fait passer un message à travers cette pièce théâtre.
La pièce commence sur un combat de coqs. Ces coqs représentent respectivement
Christophe et Pétion. L’un d’eux tombe mais, nous ne savons pas lequel.
Puis, le présentateur nous raconte l’histoire de Christophe, qui est passé du
statut d’esclave à celui de Président de la République et à celui du roi.
Ensuite, il relate aussi l’histoire d’Haïti qui fut partagée en deux États : la
République au sud, avec Pétion pour président, et le royaume au nord avec le roi
Christophe.

47
Christophe dirige son État avec sévérité. Il défend le peuple haïtien avec
passion. Il est contre l’esclavage, mais il établit des lois qui sont parfois très dures. Il
ne veut aucune distinction sociale et il est contre l’anarchie.
Bien qu’étant intransigeant, il toutefois aimé de son peuple.
Malheureusement, il est tombé dans la démesure poussant son peuple à la révolte.
Et se sachant incompris, abandonné, il se donne la mort.
Nous comprenons à présent le titre : la tragédie du roi Christophe.

2e Séquence
II. Sources d’inspiration
Les faits relatés et les personnages cités dans la Tragédie du roi Christophe
qui ont inspiré Césaire sont tirés de l’histoire vraie d’Haïti.
 Toussaint Louverture
Le père de la révolution qui a conduit à l’indépendance d’Haïti est Toussaint
Louverture né en 1758 à Saint Domingue et mort prisonnier en France en 1803 soit
un an avant l’indépendance d’Haïti. Christophe dont la pièce porte le nom n’est
autre que l’un des compagnons et successeur de Toussaint Louverture.
 Jacques Dessaline (empereur d’Haïti)
C’est un des compagnons de Toussaint Louverture qui va l’aider à chasser les
Anglais de l’Ile. En 1803, il se révolte contre un certain Rochambeau et proclame
l’indépendance de Saint Domingue le 1er janvier 1804. Il devient empereur de l’Ile.
Mais grand tyran, il va être assassiné.
 Henri Christophe
Il est né à l’île de la Grenade en 1767. Il était un esclave affranchi (libre) et
lieutenant de Toussaint Louverture. A la mort de Dessalines, il lui succède et devient
président de la république d’Haïti (1806-1811). Il se fera couronné roi de 1811-
1820, comme, Louis XIV, Louis XV, Louis XVIII.
Lors d’un voyage en Haïti en 1944 qu’Aimé Césaire a visité la citadelle que
le roi Christophe avait fait construire par son peuple. Il était ému par l’histoire de ce
roi qui demandait trop à son peuple, imposait des efforts inhumains qui feront

48
oublier le passé de l’esclavage. Incompris, le pouvoir de Christophe sera considéré
comme impitoyable et tyrannique.
Les troupes de Pétion se soulèvent contre le roi ; sans doute secrètement
financées par la France. Le roi Henry 1er assiste à la défaite de sa troupe. Convaincu
que tout est perdu, il décide de mettre fin à sa vie.
Césaire laisse murir en lui ce mystère. Cette tragédie est en réalité celle des
jeunes États africains.

3e Séquence

III. Structure analytique de l’œuvre

Acte I : la refondation d’un État


Structure analytique de l’œuvre, la tragédie du roi Christophe est une pièce
composée de trois actes comprenant 24 scènes inégalement réparties.
Après la mort de Dessalines, le Sénat, par la voix de son président, offre la
présidence à Christophe. Celui-ci refuse ce pouvoir en estimant qu’il est vidé de sa
substance ; c’est une coquille vide. Se trouvant dans l’impossibilité de collaborer
avec le sénat, il se retire au Nord pour consolider son royaume. Devenu roi et
acclamé par son peuple, Christophe désigne l’ennemi de ce peuple :
« Peuple haïtien. Haïti, a moins à craindre des Français que d’elle-même !
L’ennemi de ce peuple, c’est son indolence, son effronterie, sa haine de la
discipline, l’esprit de jouissance et de torpeur. »
Pour lui, les Haïtiens doivent travailler sans relâche pour recouvrer leur
liberté : « la liberté ne peut subsister sans le travail », souligne-t-il. Après cette mise
en garde, il nomme ses dignitaires avec des titres ronflants et ridicules qu’il qualifie
de la cérémonie de renaissance.
En dépit, de cette volonté de renaître, une guerre civile éclate. Le chef des
révoltés est arrêté et exécuté. Les troupes de Christophe veulent investir Port-au
Prince. Mais le roi ordonne l’arrêt des hostilités et opte pour la négociation avec

49
Pétion afin d’éviter l’effusion de sang. La tentative de ses officiers de le convaincre à
poursuivre la guerre a été vaine. Il s’est montré un homme pacifique.
Dans la gestion de son royaume, Christophe use et abuse de son peuple.
L’austérité était le socle de sa politique de redressement. C’est ainsi qu’à l’occasion
de l’anniversaire de son couronnement, il prend connaissance de la lettre de son ami
Wilberforce : « On n’invente pas un arbre, on le plante ! On ne lui extrait pas les
fruits, on le laisse porter. Une nation n’est pas une création, mais un mûrissement,
une lenteur, année par année, anneau par anneau ». Tels sont les conseils de
prudence et de sagesse. Mais le roi balaie d’un revers de main ces conseils en
s’appuyant sur le facteur temps à rattraper : « Mais nous n’avons pas le temps
d’attendre quand, c’est précisément le temps qui nous prend à la gorge ».
Emboitant les pas de son ami, son épouse lui prodigue les mêmes conseils. Il en
profite pour justifier sa politique. Selon lui, les Nègres doivent travailler plus pour
rattraper leur retard : « je demande trop aux hommes, mais pas assez aux Nègres ».

4e Séquence
Étude de l’extrait

« Peuple haïtien. Haïti, a moins à craindre des Français que d’elle-même !


L’ennemi de ce peuple, c’est son indolence, son effronterie, sa haine de la
discipline, l’esprit de jouissance et de torpeur. »
Caractéristique du peuple haïtien :
 Indolence : Disposition à éviter tout effort, toute peine, la fainéantise, la
paresse
 Effronterie : attitude de celui qui est effronté, qui n’a honte de rien,
 Haine de la discipline : méthode d’instruction
Esprit de jouissance : plaisir, loisirs, amusement= activités non rentables
(danses,
Torpeur : somnolence, ralentissement des fonctions vitales,

50
5e Séquence

Structure analytique de l’œuvre (suite)

Acte II. Le travail comme fondement de la liberté.


Soucieux de libérer dignement son peuple, Christophe le met au travail,
notamment dans l’agriculture et dans la construction de la citadelle. Il souhaite
ainsi parvenir à l’autosuffisance alimentaire et à la prospérité. C’est pourquoi, il
souligne : « la vraie question est que nous sommes pauvres, et qu’il dépend de nous
d’être riches, que avons faim et que des terres sont là, qui n’attendent que des bras
et notre volonté ».
Et la citadelle symbolise la puissance d’Haïti. En effet, chaque pays possède un joyau
architectural auquel il s’identifie. Par ailleurs, Christophe discipline son peuple en
mettant fin à la prostitution et au libertinage. C’est ainsi qu’il convoque tous les
paysans et paysannes, volages et célibataires et les marie, car « l’État a besoin des
soldats et l’agriculture, des bras, donc à chacun sa chacune et à chacune son
chacun », cela, pour satisfaire sa conception de la morale publique.
En outre, il condamne toute ingérence extérieure dans la conduite de son,
royaume. Pour lui, chaque peuple doit prendre son destin en mains et construire son
avenir : « malheur à vous si vous croyez que l’on vous tendra la main », a-t-il
déclaré à ses compatriotes. Il fait exécuter systématiquement tous ceux qui rament à
contre-courant de cette politique.
Ce qui le préoccupe, c’est la liberté et l’égalité dans la dignité.

6e Séquence

Structure analytique de l’œuvre (suite)


Acte III. La déchéance de Christophe
En dépit de la volonté constante du roi de réaliser de grandes œuvres et de
rivaliser avec les grandes puissances, il sera contrarié par le destin et par ses
opposants politiques.

51
En effet, pendant la célébration de la fête de l’Assomption à l’église de
Limonade, sur instruction de sa majesté, il s’écroule à la vue du spectre de
l’archevêque Corneille Brelle, mort assassiné plus tôt. Son médecin conclut qu’il
restera paralysé durant toute sa vie. Malgré cet état, il entend poursuivre l’œuvre
entreprise : « vous serez mes membres, puisque la nature m’en refuse. Moi, la tête,
j’ai juré de fonder la nation », a –t-il signifié à ses sujets. Diminué physiquement, le
roi perd peu à peu le contrôle de son royaume, mais reste déterminé. Ses opposants
en profitent pour l’affaiblir davantage, l’abandonnant ainsi à son triste sort. Le
peuple s’est emparé de l’arsenal et pille les greniers royaux. Le pays est par terre.
Christophe revient à la réalité, Nègre, esclave, déporté, il et se remet à l’Afrique
terre de ses ancêtres : « Afrique ! Aide-moi à rentrer, porte - moi comme un vieil
enfant dans tes bras et puis tu me dévêtiras, me laveras. Défais-moi de tous ces
vêtements, défais-m’ en comme, l’aube venue, on se défait des rêves de la nuit De
mes nobles, de ma noblesse, de mon sceptre, de ma couronne. Et lave-moi de leur
fard, de leurs baisers, de mon royaume ! Le reste, j’y pourvoirai seul. » Se disant se
suicide d’un coup de revolver. Sur instructions de Vastey, son plus proche
collaborateur, il est enterré debout au sommet de la citadelle face au Sud, traduisant
ainsi son immortalité et sa volonté permanente de réunifier les deux îles. Son épouse
lui rend un vibrant hommage.

7e Séquence

IV. les thèmes retenus dans l’œuvre


La tragédie du roi Christophe évoque des problèmes essentiels qui déterminent le
devenir du Nègre. Il s’agit entre autre de la conquête de la liberté, du travail comme
pierre angulaire de la liberté, de la dignité qui implique le respect de l’homme sans
considération raciale, de la Négritude ou de l’acceptation de son maître, de son
histoire afin d’assurer et d’assumer le présent et de préparer les lendemains
meilleurs. C’est ce qui semble préoccuper le héros césarien.

1- similitude entre Haïti et Afrique

52
À travers le roi Christophe, Césaire expose ses propres idées. La pièce est apparue en
1963 au lendemain de l’indépendance des pays africains. Il voudrait à l’exemple
d’Haïti, parler de tous les pays africains nouvellement indépendant car dit-il :
« Pauvre Afrique ! Je veux dire pauvre Haïti ! C’est la même chose d’ailleurs …! ».
Cette comparaison est pertinente dans la mesure où ici comme là-bas, il y a des
divisions autour des langues, tribus et autres intérêts égoïstes.

2- la liberté
Selon Christophe, la liberté n’est ni le repos ni l’individualisme. Pour lui, la liberté
est dans le travail : « la liberté ne peut subsister sans le travail ». Mais Christophe a
une conception particulière de ce travail : c’est le travail accompli dans la discipline
et pour l’État et surtout, il ne faut pas compter sur l’aide des autres.

8e Séquence

3- L’égalité
Dans la démocratie de Pétion, se sont toujours les plus puissants qui triomphent.
Pour Christophe, l’égalité se trouve dans le travail.

4- une forme de socialisme agricole


Dans la pièce, deux formes de conceptions s’opposent chez Pétion ; il existe la
propriété privée qui aura pour conséquence selon Christophe l'appauvrissement et la
misère des pays et l’apparition d’une bourgeoisie austère. Chez Christophe, il y a de
terres communes d’État sur lesquelles tout le monde doit y travailler.

5- un problème spécifiquement noir


Pour Christophe, s’il est logique que tous les hommes sont égaux, les noirs ont plus
de devoirs parce qu’ils ont un passé négatif et peu brillant comme celui des Blancs.
S’il est vrai que les grandes civilisations sont formées lentement, les Noirs n’ont pas
le temps à perdre. Il y a à cet effet une opposition d’idées de Christophe. « Nous
n’avons pas le temps d’attendre quand c’est précisément le temps qui nous prend à

53
la gorge » déclare-t-il. Pour lui, il s’agit de prouver tout de suite aux yeux du monde
que les Noirs aussi savent gouverner un Etat. De ce fait, Christophe expose ici : la
conception de la vraie indépendance synonyme de la liberté de la dignité et de
l’auto-détermination de l’Homme noir.

9e Séquence

V. Étude des personnages

La Tragédie du roi Christophe compte 41 personnages. Chacun de ces personnages


est parti d’un chœur qui entend sa voix autour des actions de Christophe, les
prolongeant comme écho. Si l’on y prête attention, on perçoit une sorte de contre-
discours qui exprime les valeurs conflictuelles de la société et du pays et symbolise
le jeu des forces adverses à la fois intérieures et extérieures. La force de Christophe
serait de relier toutes ces valeurs conflictuelles dans une harmonie constructive. Il
n’y parvient pas. Il meurt…

 Christophe : Ancien esclave, ancien cuisinier, ancien général, il fut un


des lieutenants de Dessaline devint roi de la partie nord du pays, après ne s’être
pas compris avec Pétion. Soucieux de donner au peuple haïtien sa grandeur, il veut
œuvrer pour le bonheur, la liberté et la dignité de ce peuple, mais le traite comme
on traite les esclaves et la méprise. Ce qui fait apparaitre des contradictions dans
l’application de ces idées. le roi Christophe ne fait pas une distinction précise entre
contrainte et liberté. Ce qui a amené une dame de la bourgeoisie à dire «En
somme, le Roi Christophe servirait la liberté par les moyens de la servitude ! »

Ce qui est paradoxal !


En fait, il veut un peuple libre, mais ne l’écoute pas, n’accepte pas de conseils
et met tout le monde à la porte ; il se comporte comme un tyran.

 Pétion : Adversaire politique de Christophe qui a érigé le Sud de Haïti


en république. Soutenu par les bourgeois mulâtres de la France, il va acculer le roi

54
Christophe au point de l’isoler et le conduire au suicide. C’est aussi un
mégalomane (folie de grandeur) parce qu’il se cache derrière le Sénat pour garder
la présidence alors qu’il prétend la donner à Christophe. Lorsque le roi Christophe
l’a démasqué en refusant son offre, il est confus. C’est un homme qui ne veut pas
du bonheur de son peuple. Il est et même plus dangereux que le roi Christophe.
C’est ce qui fait dire à Metellus : « Christophe, Pétion ! Je les renvoie dos-à-dos, la
double tyrannie. » Enfin, Pétion se présente comme un traitre dans la mesure où il
entretient des relations avec ses maîtres d’hier pourtant, il devait les combattre
pour qu’Haïti jouisse pleinement de sa liberté.
 Brelle : Archevêque français chargé de l’intronisation de Christophe.
Après avoir accompli sa mission, il tenta de rentrer au pays. Mais sa requête n’a
pas trouvé de faveur auprès du roi. Affecté au Cap, il fut assassiné par Christophe
pour cette domination ennuyeuse.

10e Séquence

 Vastey : C’est le serviteur fidèle, porte-parole de Christophe. C’est lui


qui explique aux autres les idées de Christophe et, après la mort de ce dernier, c’est
encore lui qui l’ensevelit au sommet de la citadelle.

 Congo : Page africain de Christophe, il symbolise l’Afrique noire et


précisément la région du Congo. Il est le lien puissant qui unit et continue de
rattacher Christophe à l’Afrique noire ; quand celui-ci s’adresse au page Congo,
c’est pour se donner une force, consolation et fidélité

 Hugonin : C’est le bouffon (ridicule. Le parasite, agent à tout faire). Il


joue un rôle ambigu et s’il se plie à toutes les exigences du roi en sa présence, il se
montre aussi insoumis à son absence. Il joue le rôle de Baron le samedi, le dieu de
la mort, au moment du suicide de Christophe. C’est aussi le visage que présentent
certaines personnalités auprès des dirigeants africains au pouvoir.

55
 Le Maître de cérémonie : Il a été envoyé au Roi Christophe un Maître
de cérémonie chargé d’enseigner de « belles manières » de faire respecter
l’étiquette de la cour. C’est un blanc, délégué par la TESCO, Technical Educational
Scientific Coopération Organization, au titre de l’aide technique aux régions sous-
développées. À travers ce personnage, Césaire montre les formes de coopération
qui endiguent le développement de certaines nations à travers les aides non utiles.

 Metellus : C’est le vaincu. C’est lui qui fait le récit de la lutte anti
esclavagiste aux côtés de Toussaint Louverture. Malheureusement, il réalise
qu’après les indépendances, on ne retrouve que les dictateurs et tyrans au sommet
des Etats d’où son fatalisme. Il opte pour la mort afin d’éviter la tyrannie au lieu de
mener la lutte de libération.

 Madame Christophe : Épouse du roi, elle s’inquiète et réalise que la


politique de son mari porte en elle-même les germes de sa propre destruction. C’est
pourquoi elle se présente beaucoup plus comme conseillère du roi que son épouse.
En bonne mère, elle ressent aussi la douleur du peuple sous la dictature de son
mari.
11e Séquence

VI. La portée de l’œuvre


La tragédie du roi Christophe met en scène le roi qui utilise de moyens forts pour
relever le défi de la colonisation. Animé d’un nationalisme fort, Christophe n’a
d’autres intérêts que son peuple. C’est pourquoi il se montre ferme, intransigeant
vis-à-vis de ce dernier. Et la base de cet amour est la Négritude que Césaire définit
comme étant le simple fait d’être noir et d’accepter son destin de colonisé et
d’opprimé.

Notons que tout le combat de Christophe vise l’indépendance et la


reconquête de la dignité de son peuple longtemps bafoué. Pour rejoindre le célèbre

56
Sékou Touré qui affirmait en 1958 : « nous préférons la liberté dans la pauvreté à
la richesse dans l’esclavage ». Cette œuvre est d’actualité et nous rappelle les
mésaventures des pères des indépendances africaines
Pour Christophe, on ne saurait conquérir la liberté sans le travail. C’est ainsi qu’il
met tout le monde au pas. Son objectif primordial est de sortir son peuple de la
raque de l’histoire, c’est-à-dire de la misère, du sous-développement.
C’est une mission hautement noble certes mais pour y arriver, il faut selon
Christophe la détermination ; compter sur ses propres atouts. Ainsi, il faut une
synergie générale pour les travaux champêtres et la construction d’un édifice qu’est
la citadelle.
La citadelle symbolise la renaissance, l’unité, l’intelligence, la capacité et l’image
de Haïti forte et développée, car l’occident croit que le Nègre est incapable de
réaliser les grandes œuvres ou de construire une nation digne de ce nom. En
voulant ériger Haïti en royaume, Christophe veut dire que la démocratie ne convient
pas aux Nègres d’autant qu’ils confondent démocratie au désordre ou au libertinage.
Christophe est l’incarnation des grands dictateurs africains puisqu’il refuse le
moindre partage du pouvoir.
En outre au lieu d’envoyer à Christophe des hommes utiles comme des professeurs,
des médecins des ingénieurs, la France se moque de lui en lui envoyant que des
missionnaires.
Quant à la Grande Bretagne, elle envoie un maître de cérémonies pour la cour
royale. C’est un drôle de coopération, sinon une comédie.
Le contexte historique dans lequel la tragédie du roi Christophe s’inscrit est double.
Si le temps de la fable renvoie à l’indépendance d’Haïti, le temps de l’énonciation,
1963, renvoie à l’époque des indépendances en Afrique dont Césaire est un
observateur attentif.
La tragédie du roi Christophe est le symbole des pays africains, nouvellement
apparus sur la scène internationale et ayant la tâche de créer l’unité nationale.
Christophe est le premier avatar (malheureux) d’une série de leaders, attelés à ces
tâches capitales, face à la mollesse et à l’indifférence de leurs peuples. « L’ennemi de

57
ce peuple, c’est son indolence, son effronterie, la haine de la discipline, l’esprit de
jouissance et de torpeur… », Dira-t-il.
Quelle leçon, quelle morale avez-vous voulu donner, par l’intermédiaire de
votre œuvre théâtrale ?
Césaire : « Je n’ai pas voulu donner de leçon. Il ne s’agit pas de théâtre idéologique.
Il ne s’agit pas de théâtre didactique, il s’agit d’un « donner à voir », d’un « donner à
comprendre », d’un « donner à penser ». Bien sûr je suppose que chacun tirera une
leçon. »

12e Séquence
Conclusion
La tragédie du roi est une œuvre complexe. Complexe parce qu’elle se joue en
même temps sur trois plans différents.
- Le 1er plan, le plus immédiat et le plus apparent, est le plan politique. Il s’agit
là de l’opposition : Christophe Pétion, nègres-mulâtre, tyrannie-démocratie ;
despotisme éclairé contre formalisme pseudo-démocratique.
- Le 2e plan est humain. Tragédie car il s’agit de la marche à la mort d’un
homme ; marche à la mort à travers la solitude qui s’installe progressivement
autour de lui, et la distance qui, peu à peu, s’installe entre lui et son peuple.
- La 3e dimension est une dimension métaphysique : il s’agit d’une méditation
sur la nature du pouvoir et de la force. Christophe est l’incarnation de
Shango, dieu violent, brutal, tyrannique, mais aussi bienfaisant, le dieu du
tonnerre destructeur et, en même temps, de la pluie fécondante.

58
THÈME I. LA CONSCIENCE NATIONALE
Œuvre illustrative 3 : Cahier d’un retour au pays natal de Aimé Césaire

1ere Séquence

I. CONTEXTE HISTORIQUE
A. Introduction de la littérature Négro-Africaine

1. Définition de la négritude et de la négro-renaissance.


Le concept de littérature négro-africaine sied mieux à une étude de la diversité
culturelle et de particularités dues à l’origine des écrivains. Compte tenu de cette
multiplicité, il y a une littérature propre aux Africains du continent ; une autre qui
porte la marque de ceux déportés et soumis autrefois et qui à un moment de
l’évolution du monde, se sont affranchi du joug de l’envahisseur.
Néanmoins, l’on peut retenir que la littérature négro- africains est « une
manifestation et une partie intégrante de la civilisation africaine ».
Cependant, la volonté d’unifier le combat des Noirs à travers la littérature pour
l’égalité des races va conduire Aimé Césaire, à inventer le mot Négritude. Selon lui,
« le propre du Zèbre est de porter ses Zébrures ».
Il définit la Négritude comme étant : « la simple reconnaissance du fait d’être Noir,
l’acceptation de ce fait, de notre destin de Noir, de notre histoire, de notre culture
». Si Césaire a eu l’inspiration pour l’invention du concept en 1939, il est à rappeler
que la Négritude a des origines et a même une définition fondée sur l’expérience et
l’observation des uns et des autres.
La Négritude tire son origine de la Négro- Renaissance dont les objectifs sont :
 Affirmer la dignité de l’homme noir en tant que Nègre.
 Affirmer la liberté pour le nègre de s’exprimer tel qu’il est, tel qu’il a
toujours été.
 Défendre son droit au travail, à l’amour, à l’égalité et au respect
 Assurer sa culture, son passé de souffrance, son origine.

59
La Négritude se définit comme étant l’expression d’une race opprimée. Elle est la
manifestation d’une manière d’être original. Elle est un instrument de lutte et un
outil esthétique. Jean – Paul SARTRE lui, définit la Négritude comme attitude à
l’égard du monde noir ; c’est « l’être dans le monde nègre qui se définit par rapport
à la culture blanche et cela débouche sur un racisme anti- raciste ». Quant à
Frantz FANON, disait que « c’est le blanc qui crée le Nègre »..
Pour SENGOR, la Négritude s’entend de deux manières : « Objectivement, dit- il, la
Négritude, est l’ensemble des valeurs des civilisations propres au monde noir
d’Afrique, mais encore d’Asie et d’Océanie sans oublier les Noirs de la diaspora
américaine. Sens de la communion, sens de la communauté, sens de l’image
symbolique et du rythme. Subjectivement, la Négritude c’est la manière dont chaque
Nègre vit les valeurs que voilà selon son continent, sa nation ».
SENGHOR pense ainsi que la Négritude n’est ni racisme, ni micro- nationalisme.
Si elle est enracinement dans la terre africaine, elle n’en est pas moins ouverture
aux autres continents, aux autres races, aux autres nations, aux autres cultures.
C’est donc une négritude qui est la négation de Négritude raciste.
.
2e Séquence
2. Origine de la Négritude
 Négro-renaissance
 Mouvement de la Négro-Renaissance

La littérature négro- africaine est née d’abord aux Etats- Unis. Ce sont les
intellectuels noirs de la diaspora américaine qui ont été les premiers à prendre
conscience de leurs conditions de vie et ont affirmé la dignité de la personnalité
noire jusque-là bafouée par l’esclavage et colonisation.
Cet engagement des intellectuels noirs américains a suscité le même engouement et
la même détermination chez les jeunes intellectuels africains en étude chez les
colons. Dès lors, le combat littéraire était devenu le cheval de batail de tous ceux
qui avaient fait de la plume leur compagne de dénonciation.

60
a) La négro-renaissance ( New negro)

La Négro renaissance est le germe du mouvement de la Négritude avec William


Edward Burghard du Bois, l’un des premiers intellectuels noirs américains à faire
des études universitaires et a décroché un doctorat en philosophie dans la célèbre
université de Harvard. Il est également l’un des premiers noirs à franchir l’une les
barrières imposées aux Noirs par la austérité blanche.
Il écrivit Ames noirs en 1903 où il dénonça la situation des noirs aux USA et estima
nécessaire d’effacer de l’esprit des Blancs et des Noirs, l’image du Nègre sous-
homme, inconscient et taré.
Son mouvement qui est un cri lancé aux USA, sera entendu dans le monde entier et
en 1905, il déclare à partir du mouvement NIAGARA (c’est le regroupement de tous
les intellectuels noirs américains : « je suis nègre et me glorifie de ce nom ; je suis
fier du sang noir qui coule dans mes veines», devenant ainsi le premier Noir à
reconnaître sa race et à l’aimer.

b) Le mouvement de la négro-renaissance
Autour des années 1920 à Harlem se cristallisa le mouvement qui devait s’appeler
plus tard «Renaissance nègre ». C’est un mouvement social et littéraire qui
dénonçait la situation de mendiant culturel du nègre américain.
Le mouvement manifestait la volonté aussi de réhabiliter un long passé déformé par
l’idéologie esclavagiste : c’est une quête spirituelle.
Mais la contre- attaque blanche fut cinglante et le mouvement échoua. Alors,
beaucoup de jeunes Noirs s’exilèrent en Europe, surtout en France parmi lesquels
Jean Cooper, Countee Cullen, Claude Mac Kay qui se sont installés à Paris.

61
3e Séquence

3. Les tribunes d’expression des adeptes de la négritude


 Légitime défense (Revue fondé en 1932 à Paris)
 L’étudiant noir (1934 Ŕ 1940)
 Présence africaine (1947)

Si la Négritude a pu s’imposer à la critique en tant que courant et esthétique


littéraires, cela est dû en partie à sa large diffusion.
A cet effet, des revues, des journaux et d’autres moyens de publication ont été
utilisés.

 Légitime défenses (Revue fondé en 1932 à Paris)

Légitime défense est un titre emprunté à André Breton, et se montre volontairement


provocant c’était une revue publiée en France par des étudiants martiniquais dont
Etienne Leroux, Réné Menil, Jules Marcel, Monnerot.
Ces étudiants entendaient défendre la personnalité antillaise méprisée pendant des
siècles d’esclavage et de colonisation. Elle avait pour orientation :
 La satire de la bourgeoisie antillaise ;
 Une analyse de la misère du peuple ;
 Une critique du mimétisme culturel et du psittacisme littéraire.
Légitime défense apparaît alors comme une réaction contre la littérature d’imitation
de style, la liberté d’imagination et du tempérament nègre. Voila ce que fut légitime
défense qui fut suspendue.

 L’étudiant noir (1934 Ŕ 1940)

Légitime défense a véritablement fait des émules et c’est ainsi qu’après son
interdiction, le groupe « L’Etudiant noir « lui succéda en 1934.

62
C’est un groupe qui se proposait de mettre fin au système en vigueur au Quartier
latin et de rattacher les Noirs à leur tradition, à leur histoire et à la leurs langues.
Selon Léon Gontran DAMAS, on cessait d’être étudiant martiniquais guadeloupéen,
guyanais, africain ou malgache pour n’être plus qu’un seul et même étudiant noir.
Le journal corporatiste de combat qu’était L’Etudiant noir eut ainsi le mérite de
réunir tous les étudiants noirs de Paris. Il opéra- aussi la prise de conscience des
intérêts à travers leur origine. Il revendique par ailleurs la liberté créatrice du Nègre
par le retour aux sources africaines. Une des figures de proue de ce groupe, Léopold
Sedar Senghor soutient que l’histoire des Nègres est un drame en trois épisodes :
Les Nègres furent d’abord asservis parce que, disait- on, c’étaient des brutes, des
idiots, bref une animalité, un anachronisme.
Puis, on tourna vers eux un regard plus indulgent. On s’est dit qu’ils valent quand
même mieux que leurs réputations (ils ne sont pas méchants).
Et on a essayé de les former : c’est le stade du paternalisme qui, faisait du Nègre un
grand enfant, prépare l’assimilation.
Mais les jeunes Nègres d’aujourd’hui ne veulent ni asservissement, ni assimilation.
Ils veulent l’émancipation ; ils veulent donc être des hommes. Alors, plus de
passivité!

4e Séquence

 Présence africaine (1947)

La seconde Guerre mondiale interrompit la parution de L’Etudiant noir, parce que


l’équipe a été disloquée : Senghor est appelé au front comme tirailleur, Césaire
partit pour la Martinique où il rayonne sur toutes les Antilles françaises jusqu’à Haiti
et fonda la revue Tropiques. Quant à Damas, après avoir connu des ennuis
politiques, il vécut dans le silence et la retraite.
Mais le groupe se reforma autour du Sénégalais Alioune DIOP et connut l’adhésion
d’autres personnalités comme Paul NIGAR et Guy TIROLIER (Gudeloupéens),

63
Bernard B. DADIE, Apithy Béhanzin et Rabemanjara. C’est ce noyau qui allait
donner naissance à la revue Présence africaine à Paris.
Le premier numéro de cette revue qui allait rapidement devenir l’organe du monde
noir en France tend encore aujourd’hui à l’être dans l’Afrique toute entière. Elle était
parrainée par de grands écrivains et intellectuels français dont BALANDIER. Il y
avait naturellement des écrivains noirs d’une grande renommée que sont Senghor
et Césaire et l’Américain Richard WRIGHT et le Dahonéen Paul HAZOUME.
Présence africaine s’est montrée très ouverte à tous. C’était une tribune où tous les
penseurs, écrivains, politiciens, sociologues, sages traditionnels et jeunes
universitaires tentaient de définir l’originalité africaine et hâter son insertion dans le
monde moderne
La revue va tourner toutes ses préoccupations vers l’Afrique noir. En dehors de
l’objectif culturel qu’elle s’était fixé, elle va poser en outre le problème de la
colonisation dans toute son ampleur. La démarche est que pour réaliser la véritable
reconnaissance culturelle, il faut au préalable une libération politique et c’est pour
quoi Alioune DIOP a soutenu que les hommes de culture en Afrique ne peuvent pas
se désintéresser de la politique qui est une condition nécessaire de la reconnaissance
culturelle.
Aujourd’hui, Présence africaine existe sous la forme de maison d’édition qui publie
régulière les œuvres littéraires des écrivains africains qui leur sollicitent le service.
C’est cette édition qui a publié Cahier d’un retour au pays natal d’Aimé Césaire qui
fait l’objet de notre étude.

5e Séquence

Genèse de l’œuvre
Le cahier d’un retour au pays natal est un long poème écrit en 1935 et publié en
1939 par Aimé Césaire quand il était encore étudiant en France. En 1941, l’œuvre a
été connue grâce au grand poète surréaliste français André Breton. C’est dans ce

64
long poème que Césaire a employé pour la première fois le néologisme
« négritude ».
Aussi par cette écriture, Césaire veut –il rompre avec les règles classiques de la
versification (poésie), afin d’instaurer un ordre et un style nouveau en poésie. C’est
un chant incantatoire (formule magique chantée ou récitée pour obtenir un effet
surnaturel et un hymne) à la libération du peuple noir qui a été trop longtemps
asservi
Cette œuvre est un cri de révolte du poète. C’est un itinéraire spirituel poursuivi
par Aimé Césaire durant des dizaines d’années, se manifestant par une prise de
conscience des problèmes de la Martinique et au-delà, ceux du monde nègre en
général. Écrit dans une forme libre, ce long poème est de facture surréaliste, se
caractérisant par l’expression des forces psychiques telles que le rêve, l’inconscient,
l’automatisme.

En effet, l’écriture automatique consiste à écrire sans réfléchir, tout ce qui génère
des juxtapositions incongrues, comme les rêves ou cauchemars et privilégie
l’expression d’une sensibilité immédiate et des angoisses de l’homme dans le monde
instable de l’entre-deux-guerres.

Cette libération de la création vise à créer un univers nouveau entre le rêve et la


réalité. Ainsi, il est difficile de dégager la structure logique du "cahier", a reconnu
Césaire lui-même : « je l’ai écrit comme un anti-poème. Il s’agissait pour moi
d’attaquer au niveau de la forme la poésie traditionnelle française, d’en
bousculer les structures établies ». Ce faisant, le poète a voulu faire table-rase de
l’aliénation culturelle dont il est l’objet et exprime son authenticité, son originalité.
Tout au long du poème, il utilise un refrain : « Au bout du petit matin ». Cette
formule lui permet de passer d’un thème à un autre. Le petit matin est le meilleur
moment de la journée, par opposition au crépuscule qui est la période de dépression
quotidienne. C’est l’éveil ou le réveil de la conscience.

65
6ere séquence

ANALYSE DU POÈME
Le cahier est un chemin de croix du poète à trois stations:
- la déchéance du pays natal,
- la prise de conscience du poète et
- la libération de l’homme.

 1ere station: Le constat de la déchéance du pays natal

Le narrateur-poète se souvient de son pays natal. Il s’en prend d’abord aux forces
de l’ordre, symbole de l’oppression coloniale, ensuite montre l’état de déliquescence
dans lequel se trouvaient les Antillais. Ici, c’est le lieu de toutes les dégradations :
physique, morale et spirituelle. La population est détériorée par l’alcool, la peur et
la faim.
Mais, elle n’ose pas entreprendre des actions salvatrices. C’est une véritable
descente aux enfers doublée d’un manque de courage et de solidarité de la
population. Césaire se rend compte qu’il faut se révolter non seulement contre les
Blancs, mais aussi contre ses frères noirs en les mobilisant à prendre conscience de
leur situation.
Il fait l’éloge de l’homme nègre et l’invite à être fier de sa race. Mais il critique
violemment ceux qui croient que la race noire est et demeurera inférieure à la
race blanche. Aussi, Césaire dénonce les complaisances des Noirs qui sont pourtant
dans une situation déplorable. Il veut qu’ils prennent plutôt conscience de leur
situation, travaillent afin de s’élever au même niveau que les Blancs
Il se dit le lambi (messager) de ses frères. Il se considère comme un piroguier qui
résiste aux agitations d’une mer et procure à tous les nègres leur dignité perdue,
car la force, la beauté, l’intelligence et le courage sont les biens de tous et non
d’une race donnée (race blanche). Il se fait maître d’école pour éduquer ces
hommes ignorants.

66
Celle-ci est considérée par le poète comme une « foule étrangement bavarde et
muette(…) qui ne sait pas faire foule ». Face à cette situation critique des siens, il
réalise qu’il manque un leadership, un leader pour galvaniser la foule et il se
décide : « partir. Mon cœur bruissait de générosités emphatiques (…) Partir … j’ai
longtemps erré et je reviens vers la hideur désertée de vos plaies ». Puis il ajoute
« Embrassez-moi sans crainte… Et si je ne sais que parler, c’est pour vous que je
parlerais »..
Enfin, ici, il se reconnaît dans son histoire et son être et s’accepte dans la nudité
de son néant. Pour Césaire, Négritude ne veut pas dire retour aux sources comme
le pense Senghor, mais revendication de valeurs nègres. Dans ce poème, il se révèle
vraiment le rebelle qui a dû lutter aussi bien contre la lâcheté des siens que
contre la voracité des blancs.

7e Séquence

Analyse du poème
2. La prise de conscience du poète
Le retour au pays s’accompagne d’une détermination et d’une prise de
responsabilité pour la libération de ses frères longtemps opprimés et assimilés. Par
sa présence, il s’implique réellement dans son histoire : « ma bouche sera la bouche
des malheurs qui n’ont point de bouche, ma voix, la liberté de celles qui
s’affaissent au cachot du désespoir (p 49) », « j’accepte … j’accepte entièrement,
sans réserve … » (p 52).
L’emploi de la première personne, les termes mêmes ne laissent planer aucune
ambiguïté. Car, pour lui, il s’agit de lutter pour arracher les Martiniquais noirs
descendants d’esclaves de leur passivité, leur soumission servile et leur rendre leur
dignité d’hommes libres.
Le rappel de l’histoire de la race à travers l’esclavage est accablant pour l’Europe. Et
comme si ce n’était pas assez de déraciner et détruire, l’Europe a entrepris de

67
justifier ces crimes. Elle a couvert le Nègre de son mépris : elle l’a prétendu laid,
abject (méprisable), dangereux.
« - moi sur une route, enfant, mâchant une racine de canne à sucre.
Traîné homme sur une route sanglante, une corde au cou.
debout au milieu d’une cirque (enceinte circulaire) immense sur mon front
une couronne de daturas »
Le rappel de tant de souffrances nourrit le refus de la situation coloniale et de
l’assimilation qu’elle postule. Il faut noter que le mot nègre recouvre plusieurs
significations :
 C’est l’esclave
 C’est le colonisé
 C’est l’exploité
La dénonciation des exactions faites aux noirs implique ici la perte de la valeur
de l’homme noir en tant qu’être pensant doter d’un savoir et d’une raison.
L’homme noir, n’est pas considéré comme un humain, il a été à cette époque
chosifié et Césaire le prouve clairement en ces termes : « l’odeur du nègre, ça fait
pousser la canne ; rappeler Ŕvous le vieux dicton : battre le nègre c’est le
nourrir. » Cette caractéristique péjorative (l’odeur du nègre, ça fait…) signifie
qu’à cette époque, l’homme noir, n’est qu’un instrument aux yeux de cet homme
blanc, il ne sert qu’à accomplir les basses besognes et surtout les travaux pénibles.
Il n’est pour l’homme blanc un objet que l’on use et dont on se débarrasse une
fois inutiles.
Césaire sait que toutes les richesses des pays occidentaux sont l’œuvre de l’homme
noir. L’Europe et les USA se sont enrichis grâce à la plantation de canne à sucre et
du coton. Il rappelle qu’il reconnaît que ses ancêtres n’étaient pas nés esclaves
autant il ne nie pas que ses grands-parents le soient.
C’est la naissance de la prise de conscience, l’affirmation de sa négritude. Les nègres
n’ont pas à avoir honte de ce qu’ils sont et peuvent légitimement revendiquer leur
fierté d’être noirs. « il-est Ŕ beau - et - bon Ŕ et- légitime- d’être - nègre »

68
8e Séquence

3. La libération de l’homme
La dernière étape se termine sur une note d’espoir. Le poète annonce la naissance
d’un homme nouveau débarrassé de tout complexe. Il ne manque pas de rappeler
l’importance de l’apport des Nègres au monde. Ils ont participé à la construction
de l’humanité. C’est pourquoi, il déclare que sa négritude n’est pas seulement pur
retour aux sources, mais un humanisme.
Elle a une valeur culturelle et politique adaptable à toutes les époques. Elle n’isole
pas, mais rassemble. Elle n’est pas racisme, mais une école d’émancipation qui doit
permettre à l’homme noir d’accéder à la civilisation universelle, d’où sa " prière
virile" : « ce n’est point par haine des autres races- que je m’exige bêcheur de cette
unique race Ŕ que ce que je veux c’est pour la fin universelle pour la soif
universelle ».
Puis il conclut en ces termes: « préservez-moi de la haine Ŕ ne faites point de moi
cet homme de haine pour qui je n’ai que haine ». A travers cette prise de position,
le poète pose les bases d’une libération intégrale de l’homme sans considération
particulière de ses origines ou de sa race. C’est une volonté de postuler un monde de
fraternité et de solidarité universelle.

9e Séquence

Étude thématique
Le thème dominant de cahier d’un retour au pays natal, est la Négritude. Cette
Négritude peut être accompagnée des sous-thèmes comme:
 la redécouverte du pays natal;
 la souffrance, l’humiliation de la race (la lassitude, la douleur à cause du
racisme, la révolte de la conscience);
 la prise de conscience et la montée de la révolte ( violence, héroïsme,
sacrifice, liberté).

69
Césaire dénonce également la colonisation, l’acculturation de la Martinique
(insouciance du peuple, misère, insalubrité), la confrontation des cultures, la
volonté de démarcation de la négritude par rapport à l’occident, la valorisation de
la culture nègre, le racisme et avant tout, la négritude.

a) La Négritude

La négritude est le thème central de ce poème, c’est d’ailleurs c’est dans cette œuvre
que le poète l’a employé pour la première fois . Pour lui le noir peut en toute
responsabilité assumer son destin et sa culture, il ne doit pas avoir honte de de son
histoire, de son identité et de ses valeurs culturelles: « la simple reconnaissance du
fait d’être noir, l’acceptation de ce fait de notre destin de noir, de notre histoire et
de notre culture.
La négritude a des origines négro-renaissance dont les objectifs sont:
 affirmer la dignité de l’homme noir en tant que Nègre;
 affirmer la liberté pour le Nègre de s’exprimer tel qu’il est, tel qui a toujours
été;
 défendre son droit au travail, à l’amour, à l’égalité et au respect;
 assurer sa culture, son passé de souffrance, son origine africaine.
La Négritude se définit comme étant l’expression d’une race opprimée. Elle est la
manifestation d’une manière d’être originel.
Elle est un instrument de lutte et outil esthétique. Jean Palu Sartre lui, défini la
Négritude comme attitude à l’égard du monde noir ; c’est « l’être dans le monde
nègre qui se définit par rapport à la culture blanche et cela débouche sur un
racisme anti-raciste ». Quant à Frantz, il écrit que « c’est le blanc qui crée le
Nègre ».

70
10e Séquence
Étude thématique (suite)
b) Critique de l’assimilation
Face à toutes ces humiliations, tous ces asservissements, tous ces vols, le peuple noir
à travers toute sa génération, cherche à nier son origine, sa race et à vouloir singer
le blanc; puisqu’on leur fait savoir que la race supérieure, la race des élus est donc la
race blanche. A cet effet, Césaire invite le nègre à être fier de sa race.
L’innocence, la tendresse, l’humanité, le pardon c’est l’homme noir. Par contre, la
barbarie, la torture, l’humiliation… c’est l’homme blanc.
Si la technique moderne est découverte par l’homme blanc, elle cache son côté
hideux, monstrueux ou criminel. Ensuite, Césaire interpelle les noirs à s’inspirer de
leur passé pour bâtir une force nouvelle.

c) Amour et tyrannie
Nous venons de dire que tout ce que le jeune poète fait, c’est pour le bien universel.
Il ne lutte pas pour que la race noire domine tôt ou tard la race blanche, mais c’est
pour enrailler sinon éradiquer le racisme. C’est ce qui traduit bien sa fameuse
phrase: « la négritude est un racisme anti raciste ».

d) Exaltation de la culture noire


Les Européens sont fiers de leur raison scientifique et technique et vont jusqu’à
critiquer ceux qui n’en ont pas. Le poète Césaire commence dès son bas âge à les
critiquer en leur disant: « vous croyez avoir raison, mais pourquoi causer une guerre
meurtrière? ». Il veut bien leur parler de la première et de la seconde guerre
mondiale.
Le progrès technique ne signifie pas le bonheur de l’humanité (réf. Aux inventions
des armes nucléaires susceptibles d’anéantir l’humanité). Césaire fait aussi appel à
une prise de conscience, une solidarité agissante, une entente mutuelle, une union
solide et une collaboration dynamique entre les Etats colonisés.
e) Prière du poète

71
Césaire met l’accent sur une mobilisation massive au sein de la classe noire afin de
lutter contre l’injustice sociale, la discrimination et surtout la marginalisation
enseignés par les blancs aux peuples noirs. Ainsi, pour mener une lutte commune
contre les blancs, il faut au préalable avoir la confiance en soi et le courage. Il
voudrait inviter les peuples noirs à s’inspirer de son exemple pour mener à bien leur
lutte.

11e Séquence
 Étude thématique (suite)
 Portée de l’œuvre
 Étude thématique (suite)
f) Du désespoir à la révolte
Cahier d’un retour au pays natal est une œuvre de révolte.
D’une part Césaire se révolte contre les procédés littéraires classiques qui ne
permettent pas à l’écrivain d’exprimer librement ses sentiments. C’est pourquoi il
opte pour l’écriture automatique des surréalistes.
D’autre part, il se révolte contre les Blancs bourreaux des Noirs mais aussi contre les
Noirs eux-mêmes. En effet, pour le poète, le Blanc est responsable des malheurs des
noirs, il s’en prend aussi aux Noirs paresseux qui refusent d’assumer leur
responsabilité afin de restaurer leur liberté et leur dignité.
Le texte commence par une évocation de la misère coloniale, à la fois matérielle et
morale, et une dénonciation, dans le même temps , de la violence et de l’arrogance
des colonisateurs comme de la passivité complice des colonisés, coupables
notamment d’entretenir l’illusion paradisiaque du « rêve antillais ». C’est un long
cri de colère que les souvenirs de l’enfance ne parviennent pas à apaiser.
Dans un deuxième temps qui constitue toute la partie centrale du texte, le poète
revient sur la « trahison » du départ et la déception du retour, qui débouchent
pourtant sur une forme d’acceptation et, plus encore, de revendication de sa
condition d’homme noir, de sa « négritude ». Le texte, dont on a souvent souligné la

72
dimension initiatique, semble suivre la voie d’une descente aux enfers et d’une
renaissance.
Le « je » laisse alors peu à peu place au « nous » et naît l’espoir d’une révolte et
d’une « nouvelle croissance ».
L’anaphore initiale du petit matin, associée à la colère et au désespoir, est reprise
mais transformée positivement « tiède petit matin », tandis qu’aux « négrillons
somnolent » du début se substitue une « négraille debout » et libre.

12e Séquence
La portée
Le cahier dès sa parution a été célébré comme une charte de la « négritude » et de
l’anticolonialisme. La négritude née de l’acte poétique revêt une signification
politique. C’est œuvre de dénonciation et de condamnation du racisme.
Reprenant la tradition du poète engagé tel Hugo dans les Châtiments, Aimé Césaire
remplit sa mission de veilleur et d’éveilleur en rendant l’espoir à ses compatriotes
aliénés par une colonisation qui les prive de leur avenir en les coupant de leur
passé.
L’auteur fait le choix du poème en prose à l’intérieur duquel les images frappantes
sont contenues par une syntaxe rigoureuse et des rythmes fortement marqués. Ce
choix renforce l’impact idéologique du texte et fait de la poésie une arme au
service de la liberté. Cette méditation lyrique au langage flamboyant et
incandescent, à la fois conquérant et destructeur, cette explosion volcanique de
forces profondes, longtemps contenues est un texte fondateur. Cahier d’un retour au
pays natal est l’hymne national des noirs du monde.
Première œuvre d’Aimé Césaire, Le cahier d’un retour au pays natal est un texte
qui, selon son auteur, attaque toute la race blanche et fait appel à la prise de
conscience de la race noire. Il a pour visé esthétique, car c’est un cri d’alarme pour
Césaire qui est lancé à toute la communauté noire pour un changement de
mentalité, une collaboration dynamique, une entente mutuelle, une union solide et
une solidarité agissante.

73
CB2- GRAMMAIRE ET PRATIQUE DE LA LANGUE
FICHE 1- LA PONCTUATION

1ère Séquence
Définition
Les signes de ponctuation sont essentiels à la compréhension d’un texte. Ils nous
permettent de lire, de comprendre et de parler la langue. Ils délimitent en outre les
phrases ou certains éléments des phrases et servent à transcrire les intonations de
l’orale. Ils sont également chargés de signification.
I. LES DIFFÉRENTS SIGNES DE PONCTUATION
 La virgule : elle sépare les termes d’une énumération, d »une liste et
juxtapose des propositions.
Exemple :
Il aime du lait, les biscuits et les gâteaux.
Des livres, des cahiers, des revues étaient empilés.
Je le vois, je cours, il se retourne et me reconnait.
 Le point-virgule : il sépare et juxtapose deux propositions entre lesquelles il
existe un lien. C’est une pause assez importante dans la phrase. Il n’est pas
suivi de majuscule.
Exemple : Explique-toi clairement ; tu échapperas à la sanction. – il travaille
énormément ;il voulait absolument réussir son examen.
 Les deux-points : ils annoncent une énumération, une explication et
permettent d’introduire une citation.
Exemple : - Tu achèteras des produits : des radis, du beurre, du pain et de la
viande.
Les villes les plus importantes du Tchad sont : Ndjamena, Moundou,
Abéché, Sarh etc.
Senghor disait : « la colonisation est mal nécessaire ».

74
2e Séquence
 Le point : Il marque la fin d’une phrase. Il est toujours suivi d’une
majuscule (l’intonation baisse).
Exemple : Le matin, il se promène. Ensuite il prend un bain. Les enfants sont
partis hier.

 Le point d’exclamation : il indique la surprise, la joie, l’indignation, la


folie, la colère. Il termine la phrase exclamative.
Exemple :
Soyez le bienvenu !
Quelle belle réussite !
Quel gourmand tu fais !
Que d’excitation ce soir !
 Le point d’interrogation : il marque la fin d’une phrase interrogative et
permet de poser une question.
Exemple : Savez-vous votre leçon ?- comment peux-tu manger de la sorte ?
 Les points de suspension : ils s’emploient pour indiquer que la phrase n’est
pas terminée ou interrompue.
Exemple : je devais te … mais pour la première fois je te pardonne.
Au Tchad nous mangeons du gombo, de l’oseille, du mil, du maïs…
Il y avait bien toute la famille : le père, la mère, les enfants …
 Les guillemets : ils s’emploient pour encadrer les paroles rapportées
directement ou des citations.
Exemple : Victor Hugo a dit : « Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent. »
Seydou Badian affirme : « le mariage n’est pas une plaisanterie. »

Les parenthèses : elles s’emploient pour isoler de la phrase un élément secondaire,


une précision.
Exemple : La consommation d’oranges et de goyaves (contenant des vitamines C)
est recommandée en saison de pluies.

75
Les tirets : ils indiquent un changement d’interlocuteur.
3e Séquence
II. Les valeurs des signes de ponctuation
La ponctuation joue un rôle capital dans la compréhension d’un texte. Une ponctuation
inappropriée peut entraîner des conséquences fâcheuses quant au décodage d’un
message. Ainsi dans les phrases :
Jean dit : « Paul est un élève intelligent » = c’est Paul qui est intelligent.
Jean, dit Paul, est un élève intelligent = c’est Jean qui est intelligent.
La ponctuation est donc nécessaire à la clarté d’un texte.
Un même signe de ponctuation peut avoir des valeurs différentes selon le contexte
dans lequel il est utilisé. La pause, l’explication, l’étonnement, l’énumération,
l’encadrement d’une citation, l’introduction d’une prise de parole… sont autant les
valeurs que peuvent prendre les signes de ponctuation dans les différents contextes
utilisés.

76
FICHE 2- L’ACCORD DU VERBE

1ère Séquence
Règles générales
Le verbe s’accorde en nombre et en personne avec le sujet, que le sujet soit
exprimé ou sous-entendu.
 Nous nous élevons au-dessus des toits qui luisent au soleil.
 Les voiture avancent, foncent, roulent vers le front

S’il existe plusieurs sujets le verbe se met au pluriel


 Le bouc et le chien sautent dans la cour
Le verbe peut aussi s’accorder en genre avec le sujet lorsqu’il est conjugué avec
l’auxiliaire être :
La foule s’est exclamée et a applaudi.
Cet accord ne s’entend pas toujours à l’oral, c’est donc avant tout un problème
d’orthographe.
1. L’accord en nombre
 Un seul sujet
Dans tous les cas, il faut chercher le sujet du verbe. Des difficultés existent
lorsque :
Le sujet est éloigné du verbe ou postposé :
Ex : les enfants du village d’où était parti le ballon restaient le nez en l’air.
Le sujet est séparé du verbe par un pronom complément d’une autre personne :
Ex : il vous cherchait. Elle les cherche.

2e Séquence
Si les sujets ne sont pas de la même personne, l’usage impose un ordre de
priorité :
La première personne l’emporte sur la seconde
Toi et moi = pluriel première personne (toi et moi sommes venus)

77
La première personne l’emporte sur la troisième.
Lui et moi = pluriel première personne (lui et moi sommes venus)
La deuxième personne l’emporte sur la troisième
Toi et lui= pluriel deuxième personne (toi et lui êtes venus)
Plusieurs sujets à des personnes différentes
Pronom de la 3e personne de genres différents : l’accord se fait en nombre de la
3e personne et nom en genre.
Ex : Elles et eux sont venus pour l’atterrissage.
3e Séquence
 Sujet
La notion de sujet est fondamentale. Il est rare qu’une phrase sans sujet soit
régulièrement construite.
Le sujet est ce qui répond à la question « qui est- ce qui ?, qu’est Ŕce qui ?
Ex1 : Le maçon construit la maison= qui est ce qui construit la maison ? = le
maçon
Ex2: Le vent a emporté le toit de la maison= qu’est ce qui a emporté le toi de la
maison = le vent.
Le sujet peut être :
 Un nom : La vieille maison n’est pas accueillante
 Un pronom : nous arrivons trop tard
 Un infinitif : tricher est déshonorant
 Une proposition : qui veut faire l’ange fait la bête.

78
FICHE 3- L’ACCORD DU PARTICIPE PASSÉ

1ère Séquence
1. Le participe passé conjugué avec l’auxiliaire ETRE
Le participe passé s’accorde en genre et en nombre avec le sujet du verbe.
EX : La purée est déshydratée, les flacons sont produits par évaporation.
Lorsque le verbe a plusieurs sujets de genres différents, le participe passé ne
s’accorde qu’en nombre.
Ex : Les pommes de terre et le lait sont mélangés.

2. L’accord du participe passé conjugué avec l’auxiliaire AVOIR


A/ Règle générale
Le participe passé s’accorde en genre et en nombre avec le COD, si celui-ci est
placé avant le verbe.
Ex : la boite où il a ouverte.
Le participe passé est invariable quand le COD est placé après le verbe
, ou quand le verbe n’admet pas de COD (verbes transitifs indirects, verbes
intransitifs)
Ex : Il a ouvert la boite.
Ils ont déjeuné

2e Séquence

B/ Cas particulier
Le participe passé est invariable lorsque le complément d’objet direct est le
pronom neutre "le"
Ex : elles étaient mécontentes, elle l’a compris tout de suite.
Lorsque le COD est le pronom adverbial en, le participe passé reste en principe
invariable :
Ex : de la purée ? Elle en a pris.

79
Le participe passé des verbes impersonnels et des verbes employés comme semi-
auxiliaire est toujours invariable.
Ex : les pommes de terre qu’il a fallu éplucher.
Ex : Les champignons que nous avons pu ramasser
Lorsque le participe passé est suivi d’un infinitif :
Si le pronom placé avant le verbe est le COD de l’infinitif, le participe passé
est invariable.
Ex : la pièce que j’ai vu joué = j’ai vu jouer la pièce (on joue la pièce)
Si le pronom placé avant le participe est COD de l’infinitif, le participe passé
est invariable.
Ex : l’actrice que j’ai vue jouer = l’actrice jouait, je l’ai vue
Qui jouait je l’ai vue jouer.

80
CB3- TECHNIQUE D’EXPRESSION
Fiche 1- LECTURE MÉTHODIQUE

1ère Séquence

I. Attente initiale et première découverte


L’étude des différents types de textes et des genres littéraires habitue le lecteur à
repérer certains traits constants, à se poser certaines questions qui orientent la
lecture et lui donnent son caractère méthodique.
Les fiches qui suivent présentent des exemples de questionnements : ils permettent
de lancer la réflexion ; à chacun de les adapter ensuite à la spécificité du texte
concerné.
1. Qu’est-ce qu’une lecture méthodique ?
La lecture méthodique est une lecture réfléchie qui permet aux élèves
d’élucider, de confirmer ou de corriger leurs premières réactions de lecteurs.
Les différents types de textes, littéraires ou non, appellent des méthodes
différentes de lecture qui s’élaborent au cour du travail même. Les exigences
d’une lecture méthodique permettent de donner plus de rigueur et plus de
force à ce que l’on nomme d’habitude explication.

2e Séquence
II. Observation systématique du texte
Ce qu’elle refuse :
- Elle rejette la paraphrase ;
- Elle en mime pas passivement le développement linéaire du texte ;
- Elle n’attribue pas à l’auteur, à priori, une intention ;
- Elle ne suppose pas que le contenu et la forme puissent être dissociés ;
- Elle ne s’enferme pas dans des préjugés esthétiques.

III. Identification d’une organisation spécifique

81
Ce qu’elle attend à mettre en œuvre
- L’observation objective, précise, nuancée des formes ou des systèmes de
formes ( grammaire, morphologie et syntaxe, lexique, champ lexical, champ
sémantique, énoncé et énonciation, image, métaphores et métonymie,
modalités d’expression, effets stylistiques, structures apparentes et structures
profondes) ;
- L’analyse de l’organisation de ces formes et la perception de leur dynamisme
au sein du texte (convergence et divergences) ;
- L’exploitation prudente et rigoureuse de ce que le texte ne dit pas
clairement.

3e Séquence

IV. Construction d’une hypothèse de signification


- La construction progressive d’une signification du texte à partir d’hypothèses
de lecture dont la validité est soigneusement vérifiée ;
- La constatation, dans une synthèse, de ce qui fait l’unité complexe et
profonde du texte ou de l’œuvre en question. L’on se saurait récuser les
réactions personnelles des élèves au terme d’une lecture, mais on leur
apprend à motiver et à nuancer leurs jugements.

V. Synthèse finale
L’on veille à chacune de ces étapes, à tenir le plus grand compte de la situation du
texte dans son temps et dans son espace propres. La lecture méthodique tend à
mettre en évidence le travail constant et indissociable de la forme et du sens dans le
tissu du texte
Les questions qui suivent suggèrent seulement des entrées dans le texte. Mais telle
ou telle question peut se révéler plus productive en fonction du texte étudié. Par
ailleurs, la réponse à ces questions n’a pas d’intérêt en soi : il faut rappeler les
constations faites aux différents niveaux d’observation pour construire

82
progressivement une interprétation réellement fondée sur le texte lié au genre
littéraire.
4e Séquence
A. Le texte théâtral
1. Situer le texte
 Identifier la nature du texte :
- Part des répliques et des didascalies, longueur des répliques ou tirades,
dialogue ou monologue…
- A qui s’adressent les propos échangés ? A un autre personnage ? Aux
spectateurs ?
- Ont-ils le même sens dans les deux cas ?
 Situer le texte par rapport à la pièce :
- A quel moment de la pièce se situe-t-il (exposition, péripéties, dénouement) ?
- Où en est le déroulement de l’action ?
- Que sait déjà le spectateur ?
 Situer le texte par rapport aux codes théâtraux :
- Registre tragique ou comique, prose ou vers, langue noble ou familière,
- Rang social des personnages qui s’expriment…

2. Etudier le texte
Les didascalies :
- Quelle conception de la mise en scène révèlent –elles ?
- Comment s’articulent-elles avec le texte des répliques ?
- De quelle façon le texte pourrait-il être mis en scène ?
Le dialogue
- Qui parle ? A qui ?
- Quelle est la nature de leurs relations (échanges d’informations avec un
confident, conflit entre personnage principaux) ?
- Quel est l’effet recherché par l’auteur ? la scène est-elle comique ? tragique ?
Monologue

83
- S’agit-il d’un récit qui pour but d’apporter des informations ?
- Comment est-il organisé ?
- Quel rôle jouent ces informations ?
- S’agit-il d’exprimer le conflit intérieur et les hésitations d’un personnage ?
comment se manifeste ce conflit ?
-
5e Séquence

II. LA PAGE DE ROMAN


1. La situation de la page
- A quel moment du récit se situe l’extrait ?
2. Les différents types de textes
Le roman fait alterner le texte narratif, le texte descriptif et les dialogues. La
manière dont le romancier combine ces différents types de textes et glisse de
l’un à l’autre est souvent riche de sens.
2.1. La fiction et la narration
L’étude des rapports entre la fiction (les événements racontés) et la narration (la
manière dont les événements sont racontés) est souvent, elle aussi, riche de sens.
2.2. L’insertion et l’organisation du texte descriptif
- Comment la description est-elle introduite ? Comment se conclut-elle ?
- Selon quelle organisation spatiale est-elle structurée ?
On sera notamment attentif aux repères spatiaux et aux champs lexicaux
développés par le texte.
2.3. La fonction de la description
- Quelle relation s’établit entre le texte et l’objet décrit ?
- Quel est le degré d’autonomie de la description par rapport au contexte ?
Quelle est sa fonction ?
- Quelle vision du monde suggère-t-elle ?

3. Qui voit ? Qui Parle ? Qui sait ?

84
- L’étude des marques de l’énonciation permet d’analyser le rôle du narrateur.
4. Qui voit ? … ou le problème de la focalisation
- Quels personnages dans le texte sont vus (et connus) à la fois de l’intérieur
(pensées, sentiments…) et de l’extérieur (gestes, attitudes …). Lesquels ne
sont pas vus (et connus) que de l’intérieur ou que de l’extérieur ?
Il ne faut pas oublier que la focalisation peut changer dans un même roman,
voire à l’intérieur d’une page.

6e Séquence

III. Texte argumentatif


1. Observer le texte
- A quel genre littéraire appartient-il ? Essai, théâtre, poésie…
1.1. L’énonciation
- Qui parle dans le texte ?
- Y a-t-il des termes valorisant ou dévalorisant un point de vue ?
- Quelles sont les marques de subjectivité en faveur ou en défaveur d’une
thèse ?
1.2. Le lexique
- A quels champs lexicaux contradictoires le texte fait-il référence ?
- Peut-on repérer dans le texte des réseaux sémantiques en opposition ?
1.3. L’organisation
- Quels sont les indices d’organisation ?
a. Disposition ;
b. Progression ;
c. Connecteurs argumentatifs ;
d. Procédés rhétoriques… ?
2. Etudier l’argumentation
- Comment les différents indices sont-ils repartis dans le texte ?

85
- Y a –t-il des évolutions susceptibles de renseigner sur la progression du
texte ?
- Quelles sont les thèses en présence ? sont-elles formulées explicitement ou
non ?
- Quelle stratégie l’émetteur a –t-il choisie ?
- Quelle place occupe ce texte dans l’œuvre ?

7e Séquence

IV. Texte poétique


Certaines questions sont les mêmes que pour tout autre texte ; d’autres sont plus
spécifiques du texte poétique.
1. Observer le texte
- La présentation typographique du poème, sa disposition sur la page, ont-elles une
signification ?
- Qui parle ? Pour qui ? Quand ? Où ? De quoi ?
- Quelle est l’organisation syntaxique du poème (longueur, type et construction des
phrases) ;
2. Etudier le texte
 Le rythme :
- S’agit-il d’un poème régulier (forme fixe, strophes, vers) ?
- Quel est le rythme des vers ou des versets ?
Les sonorités :
- Peut-on identifier des systèmes sonores significatifs, combinaisons de voyelles
(assonances) ou de consonnes (allitérations) ?
- Dans la poésie régulière, certaines place du vers sont plus importantes, notamment
celles qui précèdent les pauses (césure ou fin de vers). On observera donc en
particulier la nature et la disposition des rimes ou des assonances finales.
L’organisation sémantique

86
- Peut-on regrouper des termes appartenant à un même champ lexical ou
constituant un réseau sémantique ?
- Y a – t – il des figures de style permettant le passage d’un réeau à un autre
(comparaison ou métaphore)

87
Fiche 2 - CONTRACTION DE TEXTE
Objectifs d’apprentissage
A l’issue de cette leçon, vous devez être capable de:
 Prendre conscience du type de texte qu’il est possible de résumer ou
d’analyser;
 Connaître les techniques qui permettent de dire beaucoup en peu de mots.
 Prendre conscience de la précision pour éviter de produire un résumé ou une
analyse erronés, imprécis, incomplets ou comportant des éléments extérieurs;
 Sélectionner les idées d’un texte et trouver leur enchainement logique et leur
hiérarchisation;
 Choisir un thème ou un sujet et le discuter.

1ère Séquence

I. PRÉSENTATION DU SUJET DE CONTRACTION DE TEXTE

1. Définition
Contraction un texte, c’est le réduire à ses idées essentielles. Cet exercice à
caractère culturel cultive chez l’apprenant un esprit critique afin de le sensibiliser
sur les questions d’ordre social, ou sur les fléaux et écueils de notre quotidien. Il
porte sur un texte littéraire, soumis pour étude pendant une durée de quatre (4)
heures environ, aux candidats.
La contraction est un exercice qui comprend deux parties: Le résumé ou l’analyse et
la discussion.
2. But et objectif
Globalement, l’exercice a pour but d’évaluer chez les élèves la compréhension qu’ils
ont faite de ce texte, et plus spécifiquement leur aptitude à réduire d’une part ce
texte à ses idées essentielles, et d’autre part à prendre position vis-à-vis d’une
question déjà évoquée par le texte.
L’objectif de cet exercice littéraire en est:

88
- l’acquisition de l’autonomie en matière d’interprétation, de compréhension,
et d’analyse des textes, et
- l’aptitude à la synthétisation de ses idées, et donc la promotion chez
l’apprenant d’un talent de critique doublé d’un esprit de créativité.

2e Séquence

I. Présentation du sujet de Contraction de texte (suite)


- Présentation
- Démarche
- Analyse du texte

3. Présentation
Cet exercice comprend un texte littéraire argumentatif ( texte d’idée) d’une certaine
longueur (300 à 600 mots), qui très souvent est un documentaire, un article de
presse, ou un essai sur les problèmes généraux et contemporains (l’art, la guerre, la
culture, les maladies, les nouvelles technologies, la violence, la guerre etc.)Toutes
les informations indispensables à sa compréhension et à son analyse sont fournies
avec le sujet : informations relatives au paratexte et, si nécessaire, indications sur le
contexte.
Contracter un texte, c’est le réduire, le raccourcir à ses idées essentielles, c’est-à-
dire, il faut sélectionner les idées principales, éliminer tout ce qui est secondaire ou
accessoire. La contraction du texte supprime alors les détails pour ne garder que les
valeurs plus significatives. Elle ne se prête pas à la citation, elle évite tout
commentaire (sur le texte), respecte la proportion demandée, reformule les idées
retenues.
3e Séquence
4. Démarche
On l’a dit, dans un premier temps, il s’agit pour l’apprenant dans cet exercice de
passer d’un texte long et complexe, à sa quintessence, et ce en termes propres. Le

89
candidat devra ainsi non seulement repenser ledit texte en peu de mots, mais avec
cohérence, précision, et cohésion (résumé ou analyse). Dans un second temps,
l’apprenant devra faire montre de son aptitude à organiser sa pensée, et à discuter
une assertion (discussion).
5. Comment analyser un texte en vue de produire une Contraction de texte ?

La première rubrique : la contraction proprement dite.


Contracter un texte signifie le rendre en plus court, plus succinct, mais sans trahir
la pensée du texte d’origine, ni la suite de ses idées.
Cela se fait dans cet exercice de deux manières auto-exclusives et bien différentes, et
seul l’examinateur optera au préalable pour l’une des options : le Résumé ou
l’Analyse.

4e Séquence

II. Présentation des épreuves.

2.1. Résumé
Le résumé est une photocopie analytique en réduction. Ce n’est ni un montage des
phrases les plus importantes du texte, ni une paraphrase de celui-ci.
Le candidat se substitue ainsi à l’auteur pour dire en quelques mots ce que l’auteur
a longuement exposé.
Le résumé se fait en un seul paragraphe, dans lequel les différentes idées
s’enchaînent au moyen des transitions et des connecteurs logiques, en obéissant aux
trois principes énoncés ci-dessous :
 Principe de style : éviter un style lourd, en étant concis, correct, et court
(c’est la reformulation raccourcie du texte).
 Principe de fidélité (sans changer le système énonciatif du texte, le candidat
le redit en ses propres termes, sans commentaires, ni citations, ni jugements
de valeur personnels, et aussi sans prendre de distance).

90
 Principe de clarté (Présenter des idées claires, en suivant le fil du
développement et le raisonnement de l’auteur…).

5e Séquence

II. PRÉSENTATION DES ÉPREUVES (SUITE)

2.2. Analyse
Contrairement au Résumé, l’Analyse doit dépasser l’ordre linéaire des énoncés pour
reconstituer l’organisation interne de la pensée de l’auteur.
Le candidat pourrait ainsi dégager l’idée générale du texte, et les rapports qu’elle
entretient avec les idées secondaires.
Il se situe à l’extérieur du texte et parle dans la position du critique, à la 3è
personne du singulier, puisque l’analyse permet de clarifier les intentions de
l’écrivain. Le candidat emploiera donc ici des mots de liaison tels : l’auteur pense
que…, dit que…, estime que…, croit que…

6e Séquence

a. Comment compter les mots ?

L’exigence du nombre de mots varie entre le Résumé et l’Analyse. Pour le Résumé,


on devra le réaliser en un quart du nombre de mots du texte ; et pour l’Analyse, il
faut plutôt le tiers des mots du texte. Mais pour toutes les deux rubriques, une
marge identique de 10 % en plus ou en moins est tolérée.
Et pour le décompte à proprement parler, chaque signe orthographique distinct et
séparé des autres sera considéré comme un mot, à l’exception des sigles et des
nombres qui comptent pour un mot, comme nous le voyons dans les exemples ci-
après :
- S’il est là, je suis heureuse, c’est-à-dire que c’est bien… = 15 mots.

91
- La CAN 2015 a été sponsorisée par l’UNICEF. Et sera diffusée à Canal 2 !
= 15 mots.
Cas particuliers :
 Les dates comptent pour un mot (ex : 1789 = 1 mot).
 Les pourcentages comptent pour un mot (ex : 50 % = 1 mots).
 Les sigles comptent pour un mot (ex : ONU = 1 mot).
 Les mots composés : on considère que le tiret sépare deux mots au même titre
qu’un espace. Exemples : c’est-à-dire = 4 mots / après-midi = 2 mots /
chou-fleur = 2 mots.
 Mais aujourd’hui = 1 mot ; socio-économique = 1 mot, puisque les deux
unités typographiques sont insécables.

7e Séquence

II. PRÉSENTATION DES ÉPREUVES (SUITE ET FIN)

2.3. La discussion
La discussion est la deuxième épreuve de contraction après le résumé ou l’analyse.
Elle consiste donc à choisir dans le texte initial un problème auquel le candidat ou
l’élève attache un intérêt particulier.
Le choix de thème de discussions est strictement libre et peut porter sur un sujet
peut important pour l’auteur. C’est une réflexion sur un problème tiré du texte. Il
ne s’agit plus de rendre compte de la pensée d’un auteur, mais des opinions propres
du candidat. Le travail à réaliser est identique à celui d’une Dissertation, dont il
respecte les trois (3) parties : Introduction, Développement, Conclusion.
La consigne est généralement formulée de telle sorte que le développement se
présente sous une forme dialectique (Thèse Ŕ Antithèse Ŕ Synthèse), au moins un
aspect de ses aspects étant éclairé par le texte proposé. On devra ainsi commencer
par développer la thèse soutenue par l’auteur, avant d’en présenter les limites, et
enfin, son opinion personnelle par rapport au thème traité.

92
Comme on l’a dit, la Discussion correspond à une petite Dissertation avec plan
dialectique. Compte tenu du temps alloué, un peu moins de rigueur sera opéré ici ;
par exemple, les paragraphes de chaque partie peuvent être développés avec moins
d’arguments ou d’exemples, tout comme les idées à figurer dans la synthèse peuvent
être renvoyées à la conclusion.

8e Séquence

III- MÉTHODOLOGIE DE LA CONTRACTION DE TEXTE POUR LE


RÉSUMÉ OU L’ANALYSE
 Pour le Résumé ou l’Analyse
Mises à part les spécificités relatives à la rédaction tant du Résumé que de
l’analyse et présentées ci-dessus, la préparation au brouillon de l’une ou
l’autre de ces deux rubriques se fait de manière quasi identique, selon les
étapes ci-après :
1. Lectures du texte, et identification de l’Idée générale
On essaiera pour ce faire de répondre aux questions :
 De quoi parle l’auteur ? (Thème développé dans le texte)
 Que veut-il montrer ? (Thèse adoptée par l’auteur)
 À quelle personne parle-t-il ? (système d’énonciation employé)

9e Séquence

2. Identification des mouvements du texte et des idées secondaires ou


réfutées
Il faut ici diviser le texte en unités sémantiques, pour faire ressortir :
 Les connecteurs logiques (quelles valeurs ont les mots reliant propositions,
phrases, paragraphes ?)
 Les mots-clés du texte (autour de quels mots principaux s’organisent les
idées du texte ?)

93
 Ses idées secondaires (quels postulats fondent ou justifient la position de
l’auteur ?) ;
 Les éventuelles thèses réfutées (contre quelles positions qu’il juge
inadmissibles l’auteur s’insurge t-il?).
 La logique interne du texte (quel rapport y a-t-il entre idées ?)
Exploiter ici la valeur des transitions et des connecteurs repérés ci-dessus :
addition, opposition, conséquence, cause, justification, illustration, conclusion,
etc.)
Recenser les exemples, anecdotes, et illustrations (de quoi se sert
l’auteur pour étayer ses propos ?)

10e Séquence

3. Reconstruire le plan détaillé suivi par l’auteur.


 Noter les idées de chaque articulation, en suivant les mouvements du texte
 Rayer les exemples, et illustrations
 Recourir à une synthèse, en évitant les mots de l’auteur
 S’assurer de la cohésion, de la cohérence des idées ainsi structurées
4. Rédiger son Résumé ou son Analyse
Ici, pour terminer, il faut reformuler les idées obtenues, en se servant au
besoin :
 Des champs lexicaux, qui résument souvent bien une idée ;
 Des noms génériques, qui reprennent soit un groupe nominal plus grand, soit
une phrase ;
 Des adjectifs qualificatifs, qui reprennent aisément une proposition
subordonnée relative ;
 De la suppression des expansions du nom, ou du verbe ;
 Enfin, l’on se rassurera lors des dernières lectures de sa copie, d’avoir
respecté le type d’application choisi (Résumé ou Analyse), et ce en observant

94
le système d’énonciation qu’on a adopté, la distance qu’on a observée face
aux propos, la proportion de mots employés…
11e Séquence

Tableau comparatif du résumé et de l’analyse

Différences Ressemblances
- Proportion: 1/4 o Réduction,
Résumé - Suit l’ordre linéaire condensation
- Respect le système d’énonciation o Fidélité, précision,
- Propositions principales et cohérence
indépendantes; o Pas de commentaire;
- Style direct o Pas de conclusion, pas
d’introduction
Analyse  Proportion: 1/3
 Ne suit pas l’ordre linéaire, en
dégageant la structure logique
du texte;
 Ne respecte pas le système
d’énonciation;
 Phrases complexes: l’auteur précise
que…
 Style indirect

12e Séquence

IV. MÉTHODE DE CONTRACTION EN SIX (6) ÉTAPES


Étape 1 : Lire le texte une première fois en entier pour comprendre globalement de
quoi il parle ; identifier les termes techniques dont la signification pourrait vous

95
poser problème. Cette lecture peut être faite relativement rapidement, l’objectif est
d’identifier: le thème du texte, les grandes idées, de se faire une première idée des
difficultés qu’il va poser.
Étape 2 : Repérer les connecteurs logiques pour mettre en évidence les grandes
parties du texte (en général 2 ou 3), leur donner un titre. Cette seconde lecture doit
être beaucoup plus attentive que la précédente. De là va dépendre l’organisation de
votre contraction de texte et votre capacité à en retranscrire la logique. Pour réussir
cette étape, je vous conseille d’entourer les connecteurs logiques pour faciliter le
découpage du texte.
Étape 3 : Identifier pour chaque grande partie les points essentiels, noter les
éléments principaux. En relisant le texte, identifiez les éléments principaux de
chacune d’entre elles en les résumant déjà sur votre brouillon à l’aide de phrases et
de mots clés.
Étape 4 : Rédigez un premier jet du résumé ou d’analyse en respectant les règles de
chacun (résumé/analyse).À partir de cette étape, je vous conseille fortement de ne
plus revenir au texte et de partir uniquement des notes que vous avez prises sur le
contenu du texte. Cela vous évitera de plagier une partie du texte et vous forcera à
utiliser vos propres mots. Par contre, ne vous inquiétez pas outre mesure du nombre
de mots utilisés, vous ajusterez dans l’étape suivante.
Étape 5 : Retravailler pour obtenir le nombre de mots souhaité
Vous disposez désormais d’un premier jet de résumé ou de l’analyse. Dans 90% de
cas, ce jet sera trop long, il vous faudra donc réduire. Cette réduction peut
s’opérer par deux moyens :
 Retravailler la formulation si la réduction à effectuer n’est pas trop
importante;
 Réfléchir à nouveau sur les éléments clés du texte pour voir lesquels vous
pouvez supprimer: d’une manière générale, mieux vaut s’attarder sur les
parties difficiles qui feront la différence que sur les parties simples.
Étape 6 : Rédiger le résumé sur votre copie d’examen
 Recopiez proprement le résumé ou l’analyse sur votre copie.

96
 Relisez attentivement pour l’orthographe.
 Recomptez précisément le nombre de mots, indiquez une double barre tous
les 50 mots et le décompte final.
.

97
FICHE DE PROGRAMMATION ET DE PROGRESSION TRIMESTRIELLE DEUXIEME TRIMESTRE
Terminale littéraire ( TA4)
Professeur chargé de cours : DJEKOSGADJIMBAYE Patrice

MOIS SEMAINE ETUDE DES THÈMES ET ŒUVRES GRAMMAIRE ET TECHNIQUE Observations


PRATIQUE DE LA D’EXPRESSION ÉCRITE
LANGUE
1 THÈME II. L’ENGAGEMENT Accord du participe La dissertation
J  Définition du thème passé avec l’auxiliaire  Définition
A  Etude de l’œuvre 1 : les mains avoir  But et importance
N sales de Jean Paul Sartre  Principes de bases
V  Introduction de l’étude de
I l’œuvre :
E  Aperçu biographique et
R bibliographique
 Situation de l’œuvre et
présentation de la structure de
l’œuvre
2 Etude de l’œuvre 1 : les mains sales de La dissertation :

98
Jean Paul Sartre Les homophones  Analyse du sujet
 L’analyse de l’œuvre grammaticaux
 L’étude des personnages
3 Etude de l’œuvre 1 : les mains sales de Les homophones La dissertation
Jean Paul Sartre lexicaux  Recherches d’idées
 L’étude des thèmes et d’exemples
 La portée significative
4 Etude de l’œuvre 2 : République à Le pluriel des noms et La dissertation :
vendrede Isaac Tédambé. adjectifs (composés, de  Elaboration du
 Introduction de l’étude de couleurs et quelques plan :
République à vendre : néologisme anglo-  Les types de plans
 Aperçu biographique et saxons)
bibliographique
 Situation dans son contexte
 Présentation de la structure de
l’œuvre.

1 Etude de l’œuvre 2 : République à La stylistique : La dissertation :


F vendrede Isaac Tédambé.  Définition  Rédaction des

99
E  L’analyse de l’œuvre  Différents types parties essentielles
V  L’étude des personnages de la dissertation
R  L’étude des thèmes.
I 2 Etude de l’œuvre 2 : République à La stylistique : La dissertation :
E vendrede Isaac Tédambé.  Les figures de  Evaluation
R  La portée significative style
 La conclusion
3 Thème III : Le rôle de l’écrivain dans la La stylistique : Le commentaire
société  Les figures de composé :
 Introduction du thème. style  Définition
Etude de l’œuvre : Discours de suède  Principes et
d’Albert Camus importance
 Introduction de l’étude du
discours de Suède d’Albert
Camus :
 Aperçu biographique et
bibliographique

4 Etude de l’œuvre : Discours de suède La poésie : définition et Le commentaire

100
d’Albert Camus importance composé :
 Discours du 10 décembre 1957  La structure et
 Conférence du 14 décembre 1957 préalables

1 Thème V : La condition humaine La poésie : l’expression Le commentaire


 Définition du thème poétique composé :
M Etude de l’œuvre 1 : les soleils  Thèmes et centres
A des indépendances d’Amadou d’intérêt
R Kourouma
S
 Introduction de l’étude de les
soleils des indépendances
d’Amadou Kourouma :
 Aperçu biographique et
bibliographique de l’auteur ;
 Situation de l’œuvre et
présentation de sa structure.
2 Etude de l’œuvre 1 : les soleils La poésie : les Le commentaire

101
des indépendances d’Amadou différentes formes de la composé :
Kourouma poésie  Le plan de travail
 L’analyse de l’œuvre

3 Etude de l’œuvre 1 : les soleils L’adage Le commentaire


des indépendances d’Amadou composé :
Kourouma  L’évaluation
 L’étude des personnages

4 Etude de l’œuvre 1 : les soleils la formule


des indépendances d’Amadou
Kourouma
 L’étude des thèmes
 La portée significative de
l’œuvre.

102
Fiche de développement de compétence
Etude des thèmes et des œuvres
Deuxième trimestre
OBJECTIF D’APPRENTISSAGE (RESSOURCES)
DOMAINE DU SAVOIR COMPÉTENCES
THÈME II. L’ENGAGEMENT - Comprendre qu’est-ce qu’un engagement
 Définition du thème littéraire ;
 Etude de l’œuvre 1 : les - Comprendre les facteurs motivant
mains sales de Jean Paul l’engagement ;
Sartre - Introduire l’étude de les mains sales de
 Introduction de l’étude Jean Paul Sartre ;
de l’œuvre : - Présenter son auteur et ses ouvrages ;
 Aperçu biographique et - Situer l’œuvre dans son contexte ;
bibliographique - Présenter la structure de l’œuvre.
 Situation de l’œuvre et
présentation de la
structure de l’œuvre
Etude de l’œuvre 1 : les mains - Analyser la structure de l’œuvre ;
sales de Jean Paul Sartre - Déterminer et caractériser les
 L’analyse de l’œuvre personnages dans leur rôle dans la
 L’étude des personnages trame de l’histoire
Etude de l’œuvre 1 : les mains - Déterminer les thèmes ;
sales de Jean Paul Sartre - Dégager la portée significative de
 L’étude des thèmes l’œuvre ;
 La portée significative - Conclure l’étude de l’œuvre.
Etude de l’œuvre 2 : - Introduire l’étude de République à
République à vendrede Isaac vendre de Isaac Tédambé et présenter
Tédambé. son auteur et ses œuvres ;
 Introduction de l’étude - Situer l’œuvre dans son contexte ;

103
de République à - Présenter la structure de l’œuvre.
vendre :
 Aperçu biographique et
bibliographique
 Situation dans son
contexte
 Présentation de la
structure de l’œuvre.
Etude de l’œuvre 2 : - Analyser la structure de l’œuvre ;
République à vendrede Isaac - Déterminer les thèmes ;
Tédambé. - Etudier et caractériser les personnages
 L’analyse de l’œuvre dans leur rôle dans la trame de
 L’étude des personnages l’histoire ;
 L’étude des thèmes. - Dégager les thèmes de l’œuvre.
Etude de l’œuvre 2 : - Dégager la portée significative de
République à vendrede Isaac l’œuvre ;
Tédambé. - Conclure l’étude de l’œuvre.
 La portée significative
 La conclusion
Thème III : Le rôle de - Comprendre le rôle de l’écrivain dans la
l’écrivain dans la société société ;
 Introduction du thème. - Comprendre les raisons profondes qui
Etude de l’œuvre : Discours engagent un artistes ;
de suède d’Albert Camus - Introduire le discours de Suède et
 Introduction de l’étude présenter son auteur et ses œuvres ;
du discours de Suède - Présenter les circonstances de l’œuvre.
d’Albert Camus :
 Aperçu biographique et
bibliographique

104
Etude de l’œuvre : Discours - Analyser le discours du 10 décembre
de suède d’Albert Camus 1957 et dégager les thèmes développés ;
 Discours du 10 - Analyser la conférence du 14 décembre
décembre 1957 1957 et dégager les thèmes développés.
 Conférence du 14
décembre 1957
Thème V : La condition - Définir le thème condition humaine et
humaine ses paramètres ;
 Définition du thème - Introduire l’étude de l’œuvre : les soleils
Etude de l’œuvre 1 : les des indépendances et présenter son
soleils des auteur et ses œuvres ;
indépendances - Situer l’œuvre dans son contexte et
d’Amadou Kourouma présenter sa structure.

 Introduction de l’étude
de les soleils des
indépendances de
Amadou Kourouma :
 Aperçu biographique et
bibliographique de
l’auteur ;
 Situation de l’œuvre et
présentation de sa
structure.
Etude de l’œuvre 1 : les - Analyser la structure de l’œuvre
soleils des - Déterminer et caractériser les
indépendances personnages de l’œuvre ;
d’Amadou Kourouma
 L’analyse de l’œuvre
 L’étude des personnages

105
Etude de l’œuvre 1 : les - Déterminer les thèmes développés par
soleils des l’œuvre ;
indépendances - Dégager la portée significative de
d’Amadou Kourouma l’œuvre ;
 L’étude des thèmes - Conclure l’étude de l’œuvre.
 La portée significative
de l’œuvre.

106
FICHE DE DEVELOPPEMENT DE COMPÉTENCE
A. GRAMMAIRE ET PRATIQUE DE LA LANGUE
DEUXIEME TRIMESTRE
DOMAINE DU SAVOIR COMPÉTENCES
Accord du participe passé - Employer correctement le participe
avec l’auxiliaire avoir passé employé avec l’auxiliaire « avoir » ;
- Justifier l’accord du participe passé
employé avec l’auxiliaire « avoir » dans
un texte proposé ;

- Distinguer les différents homophones


Les homophones grammaticaux ;
grammaticaux - Employer correctement les homophones
grammaticaux dans un texte proposé ou
produit.
Les homophones lexicaux - Distinguer les différents homophones
lexicaux ;
- Employer correctement les homophones
lexicaux.
Le pluriel des noms et - Former correctement le pluriel des noms
adjectifs (composés, de composés, adjectifs de couleur et du
couleurs et quelques néologisme anglo-saxon.
néologisme anglo-saxons)
La stylistique : - Définir la stylistique, son objet et son
 Définition contenu.
 Différents types
La stylistique : - Distinguer les différents types de figures
 Les figures de style de style ;
- Employer les différentes figures de style
dans le contexte approprié

107
La poésie : définition et - Définir le genre poétique ;
importance - Expliquer l’importance du genre
poétique
La poésie : l’expression - S’approprier le vocabulaire
poétique (versification) ;
- Bien employer le vocabulaire de la
poésie en contexte.
La poésie : les différentes - S’approprier les différentes
formes de la poésie caractéristiques et les différentes formes
de la poésie.
L’adage - définir l’adage ;
- citer quelques adages courants.
la formule - définir la formule ;
- citer quelques formules courantes.

108
FICHE DE DEVELOPPEMENT DE COMPÉTENCE
A. TECHNIQUE D’EXPRESSION

DEUXIEME TRIMESTRE
DOMAINE DU SAVOIR COMPÉTENCES
La dissertation - Définir la dissertation ;
 Définition - Expliquer son importance ;
 But et importance - Citer les principes d’une dissertation.
 Principes de bases - S’approprier le sujets d(ordre littéraire ;
- S’approprier le sujet d’ordre général.
La dissertation : - Analyser un sujet de dissertation ;
 Analyse du sujet - Interroger le sujet ;
- S’approprier la grille d’analyse ;
La dissertation - Mobiliser les ressources nécessaires pour
 Recherches d’idées et répondre à un problème posé ;
d’exemples - Mobiliser les exemples supports d’une
idée ou d’une thèse ;
- Savoir comment et où trouver les
exemples.
La dissertation : - S’approprier les différents types de plans ;
 Elaboration du plan : - Appliquer quelques types de plans à des
 Les types de plans sujets proposés.

La dissertation : - Présenter la structure de la dissertation


 Rédaction des parties (introduction- développement-
essentielles de la conclusion).
dissertation - Rédiger les différentes parties de la
dissertation ;
- Rédiger l’introduction en quatre temps ;
- structurer les différentes parties du

109
développement ;
- présenter une conclusion cohérente.
La dissertation : - Produire un devoir de dissertation sur
 Evaluation table.
Le commentaire composé : - Définir le commentaire composé, ses
 Définition principes et son importance ;
 Principes et importance

Le commentaire composé : la - Décrire la structure du commentaire


structure préalables. composé ;
- Expliquer les préalables du commentaire
composé.
Le commentaire composé : - Identifier les principaux thèmes ;
Thèmes et centres d’intérêt - Indiquer les principaux centres d’intérêt
Le commentaire composé : - Elaborer un plan de travail ;
 Le plan de travail - Rédiger le commentaire composé
Le commentaire composé : - Produire un devoir sur table
 L’évaluation

110
DEUXIÈME TRIMESTRE
Sommaire :
CB1- Etude des thèmes et d’œuvres
Thème II. L’engagement
1. Les mains sales (Jean Paul Sartre)

Thème III. Le rôle de l’écrivain dans la société


1. Discours de suède (Albert Camus)

CB2. Grammaire et pratique de la langue


 Les homophones grammaticaux
 Les homophones lexicaux
 La stylistique et rhétorique

CB3- Technique d’expression


 La dissertation littéraire
 Le commentaire composé.

111
THÈME II: L’ENGAGEMENT

Séance 1
Œuvre illustrative 1: Les mains sales, Jean Paul Sartre

1ere Séquence

I. Qu’est-ce que l’engagement?


L’engagement est une prise de position, une prise de conscience pour défendre une
idéologie, une cause juste ou décrier une situation sociopolitique et culturelle
intenable. Sur le plan littéraire, c’est l’attitude, la manifestation de l’écrivain ou de
l’artiste qui met sa pensée au service d’une cause donnée. L’auteur engagé est donc
celui qui par sa plume, ses écrits, ses connaissances défend une cause donnée dans
la société où il est membre. C’est ce qu’exprime Frantz Fanon lorsqu’il affirme : «je
me suis engagé envers moi-même et envers mon prochain à combattre de toute ma
force, de toute mon existence pour que plus jamais il n’y ait sur terre des peuples
asservis. »

1. L’engagement : une nécessité aujourd’hui


Habituellement, l’engagement est provoqué par une situation sociopolitique,
culturelle et économique déplorable ; situation qui déclenche des réactions et
motive une lutte en vue d’un changement bénéfique pour la société. Cette lutte
s’étend bien aussi bien sur le plan intellectuel que sur le plan de l’action.
Sur le plan intellectuel ou de la pensée, il s’agit d’informer l’homme sur les
phénomènes qui affectent sa condition de vie et d’existence. Lui indiquer d’une part
les buts de la révolution et les moyens à mettre en œuvre d’autre.
En général, tout homme est responsable de ce qui se passe en son temps, à plus forte
raison l'écrivain. D'ailleurs, se désintéresser de son temps, c'est une façon de
s'engager ; même l'art pour l'art engage l'écrivain (cf. « La littérature vous jette dans
la bataille ; écrire, c'est une certaine façon de vouloir la liberté ; si vous avez

112
commencé, de gré ou de force vous êtes engagé », Sartre, Qu'est-ce que la littérature
?).
Plus particulièrement au XXe et XXIe siècle, les facteurs d'engagement se
multiplient :
la vie collective exerce une emprise plus forte sur la vie individuelle et accroît la
responsabilité de l'Homme (ex. : par le développement des médias, l'information
accrue…) ; aussi on ne peut plus se constituer un art de vivre personnel, considérer
l'art comme un divertissement, une étude désintéressée de l'Homme ;
L’engagement littéraire vise à défendre une cause, une idée, qui peut avoir un sens
politique, religieux, social, environnemental ou, plus généralement, porter sur les
valeurs de l'humanisme ou du pacifisme, la défense des droits de l'homme et de la
tolérance.
Néanmoins l’engagement littéraire peut également se caractériser par l’attaque (d’une
cause), et non pas seulement par la défense d’une idée. Nous pouvons citer la célèbre
lettre ouverte de Monsieur Zola J’accuse qui est un exemple d’engagement lors de
l’affaire Dreyfus: « Mais quelle tache de boue sur votre nom Ŕ j’allais dire règne - que
cette abominable affaire Dreyfus ! ».L’engagement littéraire s’inscrit donc dans un
contexte de défense de la liberté d’expression grâce auquel de grands artistes qui
bravent la censure afin d’exprimer leurs idées ainsi que leurs opinions.

2e Séquence

Qu’est-ce que l’engagement? (suite)

2. Regard sur le monde aujourd’hui


Nous vivons dans une époque troublée, marquée par la généralisation des
comportements cruels, tels que : le terrorisme, la misère, les guerres, le chômage, la
corruption, l’injustice sociale, les génocides, l’exploitation de l’homme par
l’homme, le trafic des êtres humains, les crises financières, la mauvaise
gouvernance, la crise des valeurs, les conflits de génération, les fléaux… quelle sera

113
alors l’attitude de l’homme de culture face à ce monde en état de vive
agitation ? Est-il désarmé, démuni devant ce danger ? Existe-t-il des mesures
concrètes auxquelles ils peuvent recourir pour protéger l’humanité ?
Albert Camus et Jean Paul Sartre, pensent que l’écrivain ou l’artiste ne doit pas se
soustraire, il doit s’engager, prendre une position ferme contre la souffrance.
L’engagement n’est donc pas un critère esthétique mais il s’agit de prendre
conscience de son appartenance à la société et d’en défendre ses valeurs à travers
les écrits, l’art, la pensée etc. l’engagement nécessite de la force morale, car il faut
mettre de côté ses intérêts personnels afin de servir et d’agir pour le bien d’autrui
avec abnégation. L’artiste doit lutter au moyen de sa plume. Car pour Sartre on n’a
pas envie d’écrire pour ne rien dire. Le mot est action, l’écrivain doit bien viser sa
cible et non comme un enfant qui tire à tout hasard.
L’engagement selon toujours Sartre est un acte volontaire, libre. L’écrivain est aussi
libre de choisir d’être dans le camp de nantis : des oppresseurs, exploiteurs,
gouvernants que dans le camp des démunis, c’est-à- dire les opprimés, les exploités,
les gouvernés.
En Afrique, les écrivains se sont engagés pour dénoncer le système colonial afin de
proclamer l’appartenance du noir à une culture spécifique. Avec l’avènement des
indépendances, c’est le procès de la dictature, du néo-colonialisme, de la corruption,
du népotisme et bien d’autres maux qui entravent l’épanouissement de l’Afrique.
Les mains sales de Jean Paul Sartre et République vendre de Isaac Tedambé, en
sont une belle illustration.

3e Séquence

I. PRÉSENTATION DE L’AUTEUR
A. Biographie

Né le 25/06/1905 à Paris dans une famille catholique, Jean Paul Sartre est orphelin
de père dès 1907. Il fut élevé dans la religion catholique et pris en charge par sa

114
mère et ses grands-parents maternels. Doté d’une grande intelligence, il découvre
très tôt le cinéma, les livres d’aventure et s’initie à la varie littérature en lisant
Victor Hugo et rêve décrire à son tour. En 1924, il entre à l’école Normale
Supérieure après avoir brillamment passé ses deux BAC. En 1929, à la grande
surprise générale, il échoua à l’agrégation, mais conquit la première place l’année
suivante.
Bien que s’intéressant aux questions politiques et sociales, il fait passer avant tout le
travail de l’écrivain. Il considère la littérature comme un redoutable instrument de
combat. De 1929- 1936, il sera nommé professeur de philosophie au Havre.
Prisonnier de guerre le 21/06/1940, il réussira à se faire libérer 01/04/1941. Après
la libération de la France en 1945, il devient l’écrivain le plus célèbre de son pays
et bénéficie malgré lui de l’admiration venant des gens qui l’ont mal lu ou mal
compris et qui se réclament existentialistes. Fondateur du journal "les Temps
Modernes", il voulait transformer radicalement la société bourgeoise mais cette
entreprise échoua comme le parti le Rassemblement Démocratique qu’il a fondé.
Jean Paul Sartre a inscrit ses pensées dans le mouvement de l’existentialisme, qui
disait que l’intellectuel devait être un homme d’action et non pas un homme oisif
qui se repose sur ses idéaux, d’où « l’existence précède l’essence ». Il a partagé sa
vie avec Simone de Beauvoir avec qui, ils ont formé un couple emblématique du
20e siècle et ils étaient tous deux sur la même onde philosophique.
En 1952, il adhère au Parti Communiste et entre en désaccord avec Albert Camus.
Quatre ans plus tard, il quitte le Parti Communiste qu’il qualifie de « marchandise
importée d’URSS ». Directeur du journal « la cause du peuple », il refuse en 1964,
le prix Nobel de Littérature pour ne pas être enfermé dans une définition. Ecrivain
engagé et philosophe de formation, Jean Paul Sartre est mort le 15 avril 1980.

b. bibliographie
Jean Paul Sartre était un écrivain et philosophes très prolixe. Il a produit beaucoup
d’ouvrage dont voici quelques-unes :
 L’Imagination (1936)

115
 La Nausée (1938)
 Le Mur (1939) ;
 L’Etre et le Néant (1943) ;
 Les Mouches (1943) ;
 Huis clos (1944) ;
 Les chemins de la liberté (1945-1949) ;
 L’existentialisme est un humanisme ( 1946) ;
 La putain respectueuse (1946) ;
 Baudelaire ( 1947) ;
 Situations (1947-1976) ;
 Les mains sales (1948) ;
 Critique de la raison dialectique ( 1960) ;
 Les mots (1964) ;
 Flaubert dans l’idiot de la famille (1971) ;

4e Séquence

1.1. Contexte socio-historique de Les mains sales


L'action se passe de 1943 à 1945, donc en pleine guerre, dans un pays imaginaire
que Sartre appelle Illyrie, pseudonyme assez transparent qui désigne de toute
évidence la Hongrie. Ce pays était dirigé depuis 1920 par le Régent- Amiral Horthy
Von Nagybana. C'était un «royaume sans roi ». Le Régent qui avait toujours exercé
un pouvoir discrétionnaire de style assez fascinant, s'est allié à l'Allemagne nazie et
a déclaré la guerre à l'URSS en 1942, quelque temps après l'attaque allemande
contre la Russie du 19 juin 1941. Des contingents anglais se battent aux côtés des
Allemands. Mais en 1944, à la suite des défaites subies par ceux-ci, sur le front russe
et du recul général qui s'ensuit, des troupes allemandes occupent la Hongrie, et
Horthy est remplacé par un pronazi, fanatique, Szalasi qui fait régner la terreur.
Dès le 30 octobre 1944, les Russes qui n'ont cessé de progresser vers l'Ouest,
bousculent les troupes allemandes, lancent une attaque contre Budapest qui, en fait

116
ne capitulera qu'en février 1945. Alors, en mars 1945, la Hongrie est envahie par
l'armée russe et un gouvernement prosoviétique va s'installer.
Le 15 Mars 1945, la Hongrie deviendra pratiquement communiste et trois millions
d'hectare de terre seront confisqués aux grands propriétaires. Le Parti des petits
propriétaires domine au sein du Front National Hongrois d'indépendance. En Février
1946 la Hongrie est proclamée République populaire et s'en suivent l'avènement et
l'installation du communisme populaire de Hongrie.

5e Séquence
II. Situation et présentation de l’œuvre

1. Le thème de la pièce (une action politique complexe et tendue)


Tout en s'inspirant de la réalité, Sartre nous dit qu'est né en 1942 dans ce pays un
double mouvement de Résistance contre le gouvernement du Régent : l'un que l'on
pourrait qualifier de nationaliste et qui est soutenu par le Pentagone, c'est-à-dire par
l'Etat major américain (l'Amérique est en guerre contre l'Allemagne à cette époque),
l'autre de nature et d'obédience nettement marxiste et visant à installer un régime
communiste à la libération du pays. Toutefois, en mars 1943, le Régent, nous dit
Sartre, doutant de la victoire allemande, autrement dit le Pentagone, et même avec
la Résistance communiste, œuvre pour proposer à l'une et à l'autre un projet de
gouvernement tripartite qui serait pour lui une planche de salut. A cet effet, disent
les émissaires du Régent au Parti prolétarien, un comité national clandestin va se
constituer incessamment auquel est invité à se joindre le Parti prolétarien. Ce
dernier délibère sur la réponse à donner aux émissaires du Régent. Le dirigeant
communiste Hoederer pense qu'il faut accepter la proposition, et il est approuvé par
quatre voix contre trois, au grand scandale des « purs ».
Ce vote s'explique par le faits que le Parti prolétarien est composé de plusieurs
tendances : il y a en son sein des sociaux-démocrates qui sont majoritaires et ont de
ce fait « affadi » le Parti. Ainsi donc Hoederer a toute liberté d'engager des

117
pourparlers avec la Résistance « bourgeoise » tandis que les « purs » du Parti
prolétarien, indignés, vont décider de l'éliminer comme traître.

6e Séquence

2. L'existentialise Sartrien
Jean Paul Sartre a introduit et marqué son temps par, une philosophie nouvelle,
connue sous le nom de l'existentialisme. On ne peut comprendre valablement les
idées de Sartre qu'à la lumière de sa pensée fondamentale qui est l'existentialisme
qu'il nous faudra expliquer brièvement. (La littérature française de A à Z édit.
Hatier.)

1-3-1. Qu'est-ce que l'existentialisme ?


L'existentialisme est une philosophie de l'être et de l'existence totalement opposée
aux philosophies traditionnelles qui liaient ces notions à l'idée d'un Dieu créateur et
auteur de toute existence. En faisant sienne cette idée, Sartre s'est inspiré du
philosophe allemand Martin Heidegger (1889-1976) dans son ouvrage L'Être et le
Néant publié en 1943. Les existentialistes estiment que la liberté est une conquête
qui s'impose à tous. Elle ne dépend d'aucun être (essence = Dieu). Elle est en soi.
Donc pour la rendre manifeste il faut s'engager. (L’existentialisme est un humanisme
Jean-Paul Sartre).

1-5 L’essence et l’existence


L'essence, c'est l'idée théorique et abstraite d'un être ou d'une chose avant même que
cet être ou cette chose ne soit appelée à l'existence. Or dans la pensée traditionnelle,
les essences sont en Dieu : Ce sont comme des prototypes résumant en eux toutes les
variétés possibles de créations individuelles. L'idée d'homme par exemple est en
Dieu, et l'acte créateur consiste à donner l'existence à cette essence.
Mais l'existentialisme s'oppose formellement à cette conception traditionnelle: il nie
l'existence de Dieu et du même coup celle des essences. Sartre en conséquence

118
postule que l'existence précède l'essence, affirmant ainsi une véritable révolution de
la pensée. Qu'est-ce que l'existence ? C'est un évènement qui est sans signification et
ne se réfère à aucune essence. « L’existentialisme est un humanisme Jean-Paul
Sartre».

7e Séquence
Tableau I
Hugo Braine vient frapper chez Olga son ancienne amie après sa sortie de prise où
il devait purger une peine de cinq ans pour avoir tué Hoederer, chef du parti
communiste, que le parti lui avait donné mission d’abattre. Cependant, Hugo a
été libéré au bout de deux ans pour bonne conduite. Or, pendant son séjour
carcéral, le parti a changé de stratégie et a décidé que Hoederer avait eu raison
d’accepter l’entente avec les partis bourgeois, donc que son « exécution » avait été
une erreur.

Du même coup, Olga, militante disciplinée, accepté sans discuter ce retournement


du parti. Elle est donc extrêmement gênée de recevoir Hugo qu’elle n’a pas eu le
courage d’informer – et qui est devenu ennemi politique désavoué par le parti qui
lui avait pourtant donné la mission d’exécuter Hoederer. Il est devenu un témoin
gênant.
Outre cela, un colis de chocolats empoisonnés lui avait été envoyé. Ce qui devait
logiquement causer sa mort . Mais il n’en n’était pas question.

Hugo est en vie et ses camarades cherchent à l’éliminer. Louis qui a confié la
mission à Hugo vient pour l’éliminer, parce qu’il le croit dangereux pour le parti,
mais Olga s’oppose. Elle pense que le parti qui a perdu beaucoup à cause de
l’occupation, ne peut pas se permettre de tuer ses membres sans étudier à fond le
cas. Olga obtient de Louis le temps d’interroger Hugo sur les mobiles de
l’assassinat de Hoederer. Si Hugo reconnaît avoir assassiné Hoederer pour obéir à

119
la ligne politique du parti, il faudra l’éliminer. Cet interrogatoire va donc obliger
Hugo à reprendre tout le récit de sa mission.

8e Séquence

III. STRUCTURE ANALYTIQUE DE L’ŒUVRE


Tableau II
Le 2e tableau annonce l’action. Hugo est secrétaire du parti prolétarien. Un jour
pendant qu’il rédige le journal clandestin du parti, le comité directeur de son parti
discute vivement dans une salle voisine. Peu de temps après, Louis entre et
apprend que le chef du parti, Hoederer , vient d’être autorisé par le comité à
engager des pourparlers avec le régent. Louis qualifie leur chef, Hoederer de
traitre et estime que le climat qui prévaut entre leur parti et le régent d’une part
entre parti et le pentagone d’autre part est malsain.
Donc en aucun cas Hoederer ne doit engager des négociations avec eux. Pour lui,
l’association de ces trois partis est impensable: « voila la situation: d’un côté le
gouvernement fasciste du Régent qui a aligné sa politique sur celle de l’Axe; de
l’autre notre Parti qui se bat pour la démocratie, pour la liberté, pour une société
sans classe. Entre les deux, le Pentagone qui groupe clandestinement les bourgeois
libéraux et nationalistes. Trois groupes d’intérêt inconciliable, trois groupes
d’hommes qui se haïssent. Hoederer nous a réunis ce soir parce qu’il veut que le
Parti Prolétarien s’associe aux fascistes et au Pentagone pour partager le pouvoir
avec eux, après la guerre. Qu’en pensez-vous ? »

« le comité a accepté la proposition de Hoederer par quatre voix contre trois. Dans
la semaine qui vient, Hoederer rencontrera les émissaires du Régent. »
C’est la manœuvre de Hoederer et il faut éviter cela. Hugo ne va pas accepter cette
situation, qu’il qualifie d’oppression: « j’ai quitté ma famille et ma classe, le jour où
j’ai compris ce que c’était que l’oppression. En aucun cas, je n’accepterais ce
compromis avec elle ». Louis va proposer à Hugo le poste de secrétaire particulier de

120
Hoederer, parce qu’il est le seul à remplir les conditions requises : il est intellectuel
et marié.
« Le comité a accepté la proposition de Hoederer par quatre voix contre trois.
Dans la semaine qui vient, Hoederer rencontrera les émissaire du Régent ».
C’est une manœuvre de Hoederer et il faut éviter cela. Hugo ne va pas accepter cette
situation, qu’il qualifie d’oppression: « j’ai quitté ma famille et ma classe, le jour où
j’ai compris ce que c’était que l’oppression. En aucun cas, je n’accepterais ce
compromis avec elle ». Louis va proposer à Hugo le poste de secrétaire particulier de
Hoederer, parce qu’il est le seul à remplir les conditions requises : il est intellectuel
et marié.
La mission auprès de leur chef est de tout faire pour qu’il ne rencontre pas les
envoyés du Régent et du Pentagone ou du moins qu’il ne les rencontre pas deux
fois. Ce qui signifie qu’il est recommandé à Hugo de faciliter la tâche des
« nettoyeurs » qu’on lui enverra. Hugo accepte sa mission, mais refuse d’être réduit
au simple rôle de figurant ou de complice. . Il se chargera lui-même de la besogne:
« pas besoin de liaison ni d’espionnage. Je ferai l’affaire moi-même ».

9eSéquence

STRUCTURE ANALYTIQUE DE L’ŒUVRE (suite)


Tableau III
Le 3e tableau nous montre Hugo Barine et sa femme Jessica s’installer chez
Hoederer pour y accomplir la mission revendiquée expressément par Hugo. Ils
doivent se soumettre à une fouille réglementaire de leurs valises par les gardes du
corps de Hoedrer (Georges et Slick). Le couple résiste et la tension monte entre les
deux groupes. Finalement, Hoederer intervient pour calmer les esprits. Ce tableau
est celui du secret, mais en apparence seulement, car ce secret a été largement
deviné et depuis longtemps, par Jessica. Il s’agit du revolver et de l’usage que doit
en faire Hugo.

121
Mais Hoederer revient lui-même sur la question de la fouille en demandant au
couple d’être franc et de dire s’il y a une arme ou pas. Hugo répond par la
négation; Hoederer ordonne alors à ses gardes de se retirer. Mais à la surprise de
Hugo, Jessica demande que la fouille ait lieu. Elle s’est révélée vaine, car elle a
caché le revolver dans son soutien –gorge. En effet, Hugo avait une mission secrété
de liquider Hoederer dans un délai maximum de dix jours. Ce qu’il n’arrive pas à
faire. Jessica va se montrer coquette avec Hoederer, au point de susciter la jalousie
de Hugo et de provoquer le geste meurtrier: « j’irai trouver Hoederer et je lui dirai
; je lui dirai faire vore bonheur et pendant qu’il m’embrassera… »

10e Séquence
STRUCTURE ANALYTIQUE DE L’ŒUVRE (suite)

Tableau IV
Dans ce tableau la scène se passe dans le bureau de Hoederer, où aura lieu
l’entretien capital et décisif avec les émissaires de la Résistance « bourgeoises » qu’il
a convoqués. Mais l’entrevue qui ne semblait guère devoir réussir sera
interrompue par une explosion.
Hugo se retrouve dans le bureau de son patron Hoederer. Jessica lui apporte le
révolver. Il refuse de le prendre. Mais comme elle a tant insisté, Hugo finit par
prendre l’arme. Après cela, Jessica se met à fouiller le bureau de Hoederer avec
clairvoyance. Lorsque Hoederer arrive, elle se cache sous la table. Il la découvre et
la chasse. Après sa sortie, Hoederer fait savoir à Hugo qu’il s’attend à être tué.
Les négociations, à savoir le Prince Paul pour le Régent et Krasky pour le Pentagone
font leur apparition dans le bureau de Hoederer, accompagnés des gardes du corps
de ce dernier. Après quelque plaisanteries d’usage, ils viennent aux questions
sérieuses : quelques soient leurs colorations politiques, leurs trois partis ont grand
intérêt à s’unir pour sauvegarder l’unité nationale.
Pour cela, Karsky a proposé de former un comité national clandestin de 12
membres composé de manière suivante :

122
 le parti prolétaire doit avoir 2 voix,
 le Régent 4 voix et
 le Pentagone 6 voix, parce qu’il embrasse la majorité de la population (57%
de la population derrière le Pentagone). Hoederer refuse cette proposition et
exige un comité directeur de 6 membres. Le Parti Prolétaire y disposera de 3
voix et le reste de voix sera partagé entre le Régent et le Pentagone.
Après une houleuse discussion, un accord de principe a été trouvé.
En ce moment, Hugo présent dans la salle, proteste cet accord et refuse d’obéir à
son chef qui lui demande de sortir. Alors Hoederer se dirige vers Hugo qui met la
main dans sa poche où se trouve le révolver. Au même moment, une forte
détonation se fait entendre et oblige tout le monde à se mettre à plat-ventre. Mais
Karsky est seul légèrement blessé. Hoederer accuse ses camarades du parti d’avoir
fait ce coup. Ivre, Hugo déclare à Georges et Slick qu’il est chargé d’une mission de
confiance. Jessica brouille la carte par son intervention pour dire que la mission
confiée à Hugo veut signifier qu’elle va convaincre : « cela veut dire que je vais
avoir un enfant. » De plus en plus ivre, Hugo est ramené à la maison par sa femme.

11e Séquence

STRUCTURE ANALYTIQUE DE L’ŒUVRE (suite)

Tableau V
Olga, auteur de l’attenta manqué de tout à l’heure, vient prouver que la mission
confiée à Hugo traîne. Cette mission devrait être accomplie depuis 8 jours. Elle
l’informe que s’il n’agit pas dans les 24 heures qui suivent, d’autres agiront à sa
place. Après le départ de Olga, Hoederer arrive chez le couple. Après un
entretien avec le couple Hoederer veut partir. Tandis que Hugo ne se décide
pas toujours à accomplir son forfait, Jessica lui dit que c’est le moment bien
indiqué. Elle fait savoir à Hoederer que son mari le traite de social-traitre.
Ainsi, une discussion s’engage-t-elle entre Hugo et son patron. Hoederer

123
explique à Hugo l’intérêt de l’accord de fusion qu’il vient de signer avec les
deux partis. Il s’agit de tout faire pour que le parti prolétaire ne soit pas
imposé de l’extérieur par l’URSS.
D’ailleurs, on sait que les rivalités entre ce parti et les autres sont nées du fait
qu’il n’est pas un parti national. L’autre intérêt de l’union est d’user des autres
partis en les poussant au pouvoir. Et lorsqu’ils prendront des mesures
impopulaires qui attireront la colère du peuple sur eux, alors on demandera au
parti prolétarien de venir faire son expérience, et ce sera la montée du
socialisme au pouvoir. Après cette explication, Hugo découvre que son patron
mentira aux membres du parti. Hoederer ne nie pas cette possibilité et affirme
au contraire que la pureté, c’est une idée de fakir et de moine :
« Comme tu y tiens à ta pureté, mon petit gars ! Comme tu as peur de te salir
les mains. Et bien reste pur ! A qui cela servira-t-il et pourquoi viens-tu parmi
nous ? La pureté c’est une idée de fakir et de moine. Vous autres les
intellectuels, les anarchistes bourgeois, vous en tirez prétexte pour ne rien
faire. Ne rien faire, rester immobile, serrer les coudes contre le corps, porter
des gants. Moi j’ai les mains sales. Jusqu’aux coudes. Je les ai plongées dans
la merde et dans le sang. Et puis après ? Est-ce que tu t’imagines qu’on peut
gouverner innocemment ? ». Dans cette réplique on trouve un cynisme dans sa
façon de voir la politique, puisque pour lui il est impossible de gouverner
innocemment, pour lui la politique est forcément corrompue.

12e Séquence
(Suite tableau V)
Donc contre toute attente Hugo finit par nouer une relation très forte avec Hoederer
, il prend conscience que Hoederer n’est pas un homme opportuniste comme il a
pensé, mais c’est un homme profondément attaché à l’espèce humaine.
Hoederer : « Tu vois-tu, tu vois bien Hugo, tu n’aimes pas les hommes, tu
n’aime que les principes »
Hugo : « Les hommes, pourquoi aimerais-je ? Est ce qu’ils m’aiment ».

124
Hoederer: « Pourquoi viens-tu parmi nous, si on aime pas les hommes on ne
peut pas lutter pour eux »,
Hugo: « Je suis entrée au parti, parce que sa cause est juste et je sortirai quand
elle cessera de l’être, quand aux hommes, c’est pas ce n’est pas ce qu’ils sont qui
m’intéresse mais ce qu’ils pourront devenir »
Hoederer: « Et moi je les aime, pour ce qu’ils sont. Avec toutes leurs saloperie et
tous leurs vices. J’aime leur voix et leurs mains chaudes qui prennent et leur
peau, la plus nue de toutes les peaux, et leur regard inquiet et la lutte
désespérée qu’ils mènent chacun à son tour contre la mort et contre l’angoisse.
Pour moi, çà compte un homme de plus ou de moins dans le monde . C’est
précieux. Toi, je te connais bien, mon petit, tu es un destructeur. Les hommes,
tu les déteste parce que tu te déteste toi-même; ta pureté ressemble à la mort
et la Révolution dont tu rêve n’est pas la nôtre; tu ne veux pas changer le
monde, tu veux le faire sauter. »
Cette amitié nouvelle déstabilise énormément Hugo, il n’arrive plus à déterminer
ses motivations. Il ne sait s’il doit se salir les mains ou non c’est-à-dire agir contre
sa conscience. Au fond de lui, il ne veut pas tuer Hoederer, parce qu’il est attaché à
lui, il apprécie ses idées ? Si ce n’est pas explicitement dit on comprend quand
même qu’une relation forte se noue entre les deux hommes. Mais à côté il n’arrive à
renier.
Cette œuvre nourrit les réflexions essentielles sur l’homme, sur l’engagement
politique

125
Séance 2
Œuvre illustrative 1: Les mains sales, Jean Paul Sartre (suite)

1ère Séquence

STRUCTURE ANALYTIQUE DE L’ŒUVRE (suite)


Tableau VI
Jessica, qui sent attirée par Hoederer aime boire de son café. Elle vient le soutenir
en disant qu’il a raison quand il discutait avec son mari. Elle l’informe aussi que
Hugo est mandaté pour le tuer. Après le départ de Jessica, Hugo entre visiblement
mal à l’aise, tourmenté par son futur crime. Hoederer le fait asseoir et surveiller ses
moindres gestes. Pendant la discussion Hugo veut plonger sa main dans la poche,
mais Hoederer la lui saisit puis la relâche.
Hoederer se lève tourne le dos à Hugo et verse du café dans une tasse, mais celui-ci
ne lui tire pas toujours dessus. Alors, il met la main dans la poche de Hugo, et en
sort le revolver qu’il dépose sur le bureau. Hoederer ordonne à Hugo d’aller se
reposer s’il est fatigué. Lorsqu’il s’est retiré, Hoederer donne l’ordre à ses gardes du
corps de le laisser revenir quand il le voudra.
Hugo, parti, Jessica réapparaît et propose à Hoederer de l’embrasser. Hoederer
refuse d’abord, puis finit par embrasser Jessica en disant que depuis 6 mois il n’a
pas touché à une femme. Au même moment Hugo ouvre la porte et entre, voit la
scène d’amour. Il bondit sur le bureau de Hoederer, reprend son révolver et tire trois
coups sur Hoederer. Avant de mourir, Hoederer disait à ses gardes de ne pas faire
du mal à Hugo, et déclare aussi qu’il a fait le con en couchant avec la petite
Jessica et que Hugo a tiré par jalousie. Il meurt.

2e Séquence

STRUCTURE ANALYTIQUE DE L’ŒUVRE (suite)

126
TableauVII
Olga soumet Hugo a un interrogatoire pour avoir les raisons exactes de son crime ;
est-ce par jalousie ou pour des raisons politique qu’il a tué Hoederer. Hugo répond
qu’il ne sait pas exactement pourquoi il a tué son patron qu’il aimait pourtant bien,
et dont il regrette la disparition: « Je … je l’ai tué parce que j’avais ouvert la
porte. C’est tout ce que je sais. Si je n’avais pas ouvert cette porte… » Cette
réponse laisse imaginer que ce n’est pas Hugo qui a tué, mais c’est le hasard qui a
agi : « le hasard a tiré trois coups de feu,. Avec hasard tu peux commencer les « si »:
« si j’étais resté un peu plus longtemps devant les châtaigniers, si j’avais poussé
jusqu’au bout du jardin, si j’étais rentré dans le pavillon… » avait ouvert la porte 2
mn plutôt ou 2 mn plus tard il n’aurait pas surpris les deux dans les bras de l’un et
de l’autre et n’aurait pas tiré.
Alors Olga lui demande d’oublier son crime, de ne jamais en parler. Hugo veut
reprendre son nom de Raskolnikoff, mais Olga le lui déconseille en disant par des
chocolats aux liqueurs. Elle lui dit aussi que quand il était en prison, les camarades
du parti ont attenté à sa vie en lui envoyant des chocolats empoisonnés. Olga
informe également Hugo que le parti, après lui, a changé de stratégie, il applique
en ce moment la politique prônée par Hoederer autrefois. Seuls nos membres ont
mauvaise conscience. La mémoire de Hoederer est donc réhabilitée.

Alors Hugo les traite de pareils, de menteurs, des traitres. Il reconnaît aussi sa
naïveté en déclarant : « il n’y a que moi qui me suis trompé de porte. » après
réflexion, il s’estime récupérable dans le parti, mais en changeant de nom. Il
s’appellera Julien Sorel ou Rastignac ou Muichikine et travaillera intimement dans
le parti pas avec la clique d’Olga. Maintenant le parti a fait de Hoederer un grand
homme, il ne veut pas nuire à son acte de peur que le cadavre de Hoederer, ne soit
à lui d’anonyme, un déchet du parti. C’est pourquoi il revendique son crime devant
tous et réclame son nom de Raskolnikoff : « un type comme Hoederer ne meurt pas
par hasard. Il meurt pour ses idées, pour sa politique, il est responsable de sa
mort ».

127
Ce faisant, il dit à Olga qu’il n’a pas encore tué Hoederer. C’est à présent qu’il va le
tuer et lui avec. C’est ainsi que ceux qui sont chargés de le nettoyer arrivent chez
Olga, il leur ouvre lui-même la porte d’un coup de pied en criant, non récupérable.

3e Séquence

III. ETUDE DES PERSONNAGES

LE HEROS (HUGO BARINE ) : C’est le personnage clé de l’œuvre. D’une vingtaine


d’année, il était journaliste dans le parti pour ensuite être le secrétaire chez
Hoederer. Hugo est un fils de famille riche, qu’il a cependant quitté sa bourgeoise
pour s’inscrire au parti communiste par souci de justice sociale, son sort d’enfant
gâté lui paraissant inacceptable devant la misère du peuple. Il cherche donc à
défendre ceux qui subissent l’injustice, mais sa lutte se fonde sur les idées, les
principes et non sur de réalités humaines. C’est un idéaliste, un type d’intellectuel
qui vit dans la confusion de la politique et de la morale. D’où son immaturité et sa
naïveté politique. Au départ Hugo est intimement persuadé du bien fondé de sa
mission, il pense que Hoederer est un traitre qui agit par pur opportunisme. Contre
toute attente Hugo finit par nouer une relation très forte avec Hoederer , il prend
conscience que Hoederer n’est pas un homme opportuniste comme il a pensé, mais
c’est un homme profondément attaché à l’espèce humaine.

Il se déclare non récupérable parce qu’il refuse de jouer le jeu qui consiste
généralement à mentir pour se satisfaire.

4e Séquence

Hoederer : C’est l’opposé de Hugo , dans la mesure où il se présente comme homme


réaliste, un chef politique sans faiblesse qui sait maîtriser les situations les plus
délicates. C’est l’homme fort de la pièce. Il est le secrétaire général du parti.

128
Hoederer était un député du Landtag avant la dissolution pour ensuite être
secrétaire du parti (illustration page 44). Il prit une décision qui ne plut pas au
parti, c’est-à-dire qu’il voulait que le parti prolétaire s’associe aux fascistes et au
pentagone pour partager le pouvoir avec eux après la guerre. Ce qui amena son
assassinat (illustration page 48). Si l’on peut dire du sens de la pièce, c’est lui qui va
exposer à Hugo sa théorie des « Mains Sales » : « tous les moyens sont bons, dit-il
quand ils sont efficaces, et il ne faut pas hésiter à se salir les mains ». Hoederer
préfère le salut des hommes à la pureté des idées. Il est l'homme fort de la pièce,
l'antithèse de Hugo, son anti père.

5e Séquence

Jessica : c’est une jeune femme d’origine bourgeoise et aisée, de caractère léger,
mais beaucoup plus fine et intuitive qu’il n’y paraît. Elle joue le rôle de déclic et
surpasse son mari par sa perspicacité. Elle est intervenue nombre de fois pour sauver
des situations délicates. Elle apparaît par moment hypocrite à l’égard de son mari
qu’elle le trouve si féminin qu’il faut le secouer pour qu’il agisse.
C’est pourquoi elle déclare : « on se ressemble trop ». Elle lui apporte le revolver
en disant : « j’ai horreur des gens qui ne fassent pas ce qu’ils ont décidé de le
faire ». Jessica est une femme qui n’hésite pas à porter la culotte quand la situation
tourne au tragique. Mais ce rôle salutaire est vite battu e, brèche lorsque par
étourderie elle s’est jetée dans les bras de Hoederer déclenchant ainsi la mort de
celui-ci. On peut déduire que son acte est le fruit d’un hasard mais en réalité tout
cela a été préparé depuis longtemps car comme Hugo, Jessica est fascinée par la
personnalité de Hoederer.
Elle est l’innocence (à la fois fausse et vraie) la fausse note et le faux pas dans le
ballet plutôt mal.

129
6e Séquence

Olga : C’est un personnage féminin, certes, mais marqué d’une assez forte «
masculinité ».Toute fois ces deux composantes adverses ne laissent pas tomber une
figure attachante de militante politique convaincue et rigoureuse, mais non dénuée
de sentiment. Elle a un peu la conscience de Hugo, une conscience aussi politique
que maternelle qui fait tout et use de toutes les instances pour sauver, mais sans
succès. Elle est impitoyable lorsqu’il faut défendre les intérêts du parti : « je me
moque de sa vie. Je dis seulement qu’avant de le supprimer on doit examiner si
le parti peut le reprendre. » C’est elle qui a failli tuer à la bombe et au chocolat
empoisonné. Son vrai rôle dans la pièce est celui du miroir qui renvoie à l’image.
Elle est en effet là pour montrer à Hugo ce qu’il doit comprendre et ce qu’il est en
réalité : un mortel qui doit tenir compte des réalités de ce monde de vivants pour
orienter ses actions. C’est la philosophe du réalisme.

Louis : deuxième personnalité qui suit Hoederer dans le parti du Pentagone. Très
réaliste et très actif dans la clandestinité, Louis n’a pas de temps à prendre dans
les débats et discussions stériles. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il affirme
lorsque Olga tient à savoir si Hugo est récupérable ou non : « Et, de toute façon, je
n’ai pas le temps de lui faire passer un ex amen ». Très pragmatique, Louis est
un opportuniste sanguinaire.

Karsky : c’est le secrétaire du parti Pentagone, le parti des bourgeois, les hommes
les plus nantis de l’Illyrie. Très maladroit, il s’est presque vendu en admirant sans
hésitation la personnalité et la carrure de Hoederer : « voila donc le fameux
Hoederer ». Sur le plan politique, aucun autre parti ou aucun gouvernent en Illyrie
ne peut se passer du Pentagone.
Prince Paul : Représentant du parti Régent, son parti est appuyé dans ses actions
par les Allemands. Ce parti est un peu essoufflé par la guerre et voudrait la voir
prendre fin.

130
7e Séquence

IV. ETUDE DES THÈMES

La politique :
La politique est le thème fédérateur de la pièce, car c’est de cela qu’il est question.
En effet, la politique , d'une façon générale, désigne les actions ou les plans d'action
qui concernent les affaires publiques et le pouvoir. Elle se fixe aussi comme objectif
la conquête du pouvoir, sa conservation et son exercice. Pour atteindre cet objectif
ou encore défendre ses intérêts, l’homme politique ne lésine pas sur les moyens à
mettre en œuvre. La loi qui préside à la signature des alliances ou des pactes entre
les différents partis politiques se fonde fondamentalement sur les intérêts. C’est là
l’idéologie politique de Hoederer pour qui, en politique, tous « les moyens sont
bons » pourvu qu’ils soient efficaces ou encore la fin justifie les moyens.
L’œuvre de Jean Paul Sartre est le récit de la vie d’un militant atypique dans un
parti politique prolétarien. Il s’agit de l’engagement de Hugo. Il voulait tuer
Hoederer parce qu’il voulait se faire voter sur une proposition et Louis était contre.
On pourrait croire que le but de la politique est d'assurer le bien public. En ce sens,
son but serait sinon la morale, du moins moral. C’est la position de d Hugo. La
politique à pour fin la réussite : le réalisme politique de Machiavel, position de
Hoederer. Deux lectures différentes de la politique.

8e Séquence

La morale et la pureté :
Ces deux notions sont développées dans la pièce en contradiction avec le thème
de la politique. La morale se définissant comme l’ensemble des règles qui enseigne
le bien et la bonne conduite en société, est incompatible avec la politique. Car
mentir, utiliser la ruse, louvoyer voir assassiner sont des pratiques que condamne la
morale. Or, ces attitudes considérées comme des vices dans la vie en société,

131
foisonnent ou du moins se constatent souvent en milieu politique. C’est ce qui
explique le contraste et le malentendu entre Hoederer qui défend le principe de la
« fin justifie les moyens » et son secrétaire Hugo, qui agit au nom de la morale.
Mentir pour lui, c’est aliéner tout un peuple. Il s’érige e, défenseur de la morale et
prône la pureté en politique.

L’assassinat : Action de donner la mort intentionnellement. Comme nous l’avons dit


précédemment pour les dirigeants du parti, l’assassinat est le moyen le plus sûr pour
contraindre une personne à garder le silence (illustration page 27 et 229). Nous
pouvons prendre comme exemple Louis qui voulait tuer Hugo dès sa sortie de prison
pour qu’il se taise.

9e Séquence

IV. ETUDE DES THÈMES (suite)


Le mensonge : un autre argument invoqué par Hugo contre la politique de Hoederer
est l’impossibilité d’accepter le mensonge fondamental qu’elle supposait parce que le
mensonge est un vice bourgeois par excellence et doit être totalement prohibé de
tous rapport. Ce thème trouve son expression chez Hoederer pour qui le mensonge
fait parti des stratégies qu’il faut adopter en politique afin d’atteindre ses buts. Ce
mensonge dont il est question vise à convaincre son adversaire politique quand il est
utile en vue de réaliser le lus grand bonheur du parti.
C’est ce qui motive cette réplique de Hoederer lorsqu’il dit: « Je mentirai quand il
faudra et je ne méprise personne. Le mensonge, ce n’est pas moi qui l’ai inventé: il
est née dans une société divisée en classe et chacun de nous l’a hérité en naissant. »
Un autre argument invoqué par Hugo contre la politique de Hoederer est
l’impossibilité d’accepter le mensonge fondamental qu’elle supposait parce que le
mensonge est un vice bourgeois par excellence et doit être totalement prohibé de
tous rapport humain qu’ils soient collectifs sociaux ou individuels.

132
Et Hugo de rappeler à ce sujet que c’est la constatation attristée du mensonge
familial dans lequel il vivait depuis son enfance qui a motivé sa révolte et son
adhésion au parti communiste: « Hoederer, je … sais mieux que vous ce que c’est
le mensonge; chez mon père tout le monde se mentait, tout le monde me mentait?
Je ne respire que depuis mon entrée au Parti. »

10e Séquence

IV. ETUDE DES THÈMES (suite)

La trahison : N’ayant fait qu’exécuter les ordres du parti, Hugo après sa libération
fut trahi par les membres de son parti qui voulaient le tuer. En réalité, il ne devait
pas y avoir de problème. Cependant comme il était devenu un danger, pour le parti,
son élimination s’imposait également (illustration page 27). Hugo a cru totalement
et entièrement au parti mais il se trouvait que le parti lui cachait la vérité.
(Illustration page 243 à 245).

L’hypocrisie :
C’est un vice consistant à s’attribuer une vertu, une piété ou un sentiment noble
que l’on n’a pas en réalité. C’est le manque de sincérité. L’hypocrisie trouve un
terrain fertile en politique. En effet, apparemment, Olga semble avoir de l’estime
pour Hugo , pourtant elle est en connivence avec Louis pour planifier son
assassinat. Son hypocrisie éclate lorsqu’elle s’adresse à Louis : « M’as-tu jamais vue
céder aux sentiments ? Je ne te demande pas de lui laisser la vie sans condition. Je
me moque de sa vie. je dis seulement avant de le supprimer on doit examiner si
le parti peut le reprendre ». Cette réaction remet en question le sentiment de
compassion et de sympathie qu’Olga éprouve pour Hugo, d’où son hypocrisie.

133
11e Séquence

L’amour et la passion :
Si la pièce a eu un dénouement tragique, c’est par le fait de l’amour ou de la
passion que Jessica éprouvait pour Hoederer réciproquement. Séduite par le
raisonnement et la carrure de Hoederer. Jessica tombe finalement sous le coup de
la passion et finit par le faire succomber: « Je ne sais rien, je ne suis ni femme, ni
fille, j’ai vécu dans un songe et quand on m’embrasse ça me donnait envie de
rire. A présent, je suis devant vous, il me semble que je viens de me réveiller et que
c’est le matin; vous êtes vrai. Un homme de chair et d’os, j’ai vraiment peur de
vous et je crois que je vous aime pour de vrai. Faites de moi ce que vous voudrez:
quoi qu’il arrive, je ne vous reprocherai rien. » Mais déjà un peu plutôt, Hoederer
n’a pas hésité d »avouer à Jessica ce sentiment d’amour qui le ronge: « Jessica, je
n’ai pas l’habitude de refuser ce qu’on m’offre et voila six mois que je n’ai pas
touché ç une femme.

La confiance est un sentiment d’assurance, de sécurité. La sincérité est la qualité de


celui qui s’exprime sans déguiser sa pensée. C’est la franchise, la pureté et
l’intégrité. Hugo a voué au début un sentiment de confiance et de sincérité à Olga
et à Louis parce qu’ils sont pour lui le symbole et l’espoir du parti. C’est avec
confiance et sincérité qu’il accepte sa mission de secrétaire et celle de tuer son chef:
« je ferai l’affaire moi-même. » Mais cette confiance et cette sincérité voleront en
éclat lorsqu’il découvre que les membres du parti sont tous des hypocrites et ont
tous les mains sales.
Il décide de rompre avec tout le monde et revendique la responsabilité de son acte
en avouant le vari motif de la mort de Hoederer. Loin d’être un crime passionnel,
la mort de Hoederer est un crime politique. Car Hugo l’atteste: « un type comme
Hoederer ne meurt pas par hasard. Il meurt pour ses idées, pour sa politique; il est
responsable de sa mort ». Le sentiment de confiance et de sincérité qui lie Olga,
Louis et Hugo vient d’être rompu par cette révélation qui met en exergue les vrais

134
motifs de la mort de Hoederer. Comme quoi, en politique, la confiance et la
sincérité demeurent un mythe.

12e Séquence

La portée de l’œuvre
L’analyse de la pièce et l’étude minutieuse de certains personnages nous laisse un
avant-goût du message que voudrait transmettre l’auteur. Ainsi, dans Les mains
sales, Sartre nous retrace un aspect trop clair de la politique. Il dénonce l’immoralité
en politique. En claire, selon Sartre, il n’y a pas de morale qui tient en politique,
seul l’efficacité qui compte. Pour Hoederer, la pureté n’est qu’un refus de
l’engagement, une fuite de responsabilité. On ne peut pas faire de la politique et
refuser d’avoir les mains sales. « Comme tu tiens à ta pureté mon gars, comme tu as
peur de se salir les mains! Moi, j’ai les mains sales jusqu’au coude. Je les ai plongées
dans la merde et dans le sang. Et puis après? Est-ce que tu t'imagines qu’on peut
gouverner innocemment? ». En politique, la morale ne doit pas être la règle d’or
mais plutôt négligée. Tous les moyens sont permis même s’ils sont injustes et
immoraux. C’est ainsi que pour un besoin d’efficacité, les dirigeants sont obligés de
mentir d’où ilsfont recours à la démagogie. Ainsi, Machiavel n’a-t-il pas raison
lorsqu’il déclare qu’« en politique, il faut avoir l’image du lion et du renard »? Aussi,
à travers la pièce, Sartre dénonce également le comportement de certains
intellectuels idéalistes en politique. C’est le cas de Hugo qui est resté ferme et fidèle
à son engagement jusqu’à sa mort. Hugo accorde plus des considérations aux idées
qu’aux hommes et refuse de se salir les mains.

Conclusion
Pendant et après les guerres mondiales, les assassinats politiques et les ralliements
sont énormes et deviennent monnaies courantes. C’est à travers cet état de chose
que J.P.S relate dans sa pièce Les mains sales. Nous pouvons bien le remarquer à
travers l’assassinat de Hoederer et l’alliance de trois partis antagonistes

135
Situation d’intégration
Titre : Extrait les mains sales, tableau 5 scène 3
HOEDERER (changeant de ton et de visage). Ça va. Eh bien, mon petit gars, dis-
moi ce que tu as sur le cœur, puisqu’on ne peut pas l’empêcher. Il faut que je
règle cette affaire avant d’aller me coucher. Pourquoi suis-je un traitre ?
HUGO : Parce que vous n’avez pas le droit d’entrainer le parti dans vos combines.
HOEDERER : Pourquoi ?
HUGO : c’est une organisation révolutionnaire et vous voulez en faire un parti de
gouvernement.
HOEDERER : Les partis révolutionnaires sont faits pour prendre le pouvoir.
HUGO : Pour le prendre. Oui. Pour s’en emparer par les armes. Pas pour l’acheter
par un maquignonnage.
HOEDERER : c’est le sang que tu regrettes ? J’en suis fâché mais tu devrais savoir
que nous ne pouvons pas nous imposer par la force. En cas de guerre civile, le
Pentagone a les armes et les chefs militaires. Il servirait de cadre aux troupes
contre-révolutionnaires.
HUGO : Qui parle de guerre civile ? Hoederer, je ne vous comprends pas ; suffirait
d’un peu de patience. Vous l’avez dit vous-mêmes : l’armée rouge chassera le
Régent et nous aurons le pouvoir pour nous seuls.
HOEDERER : Et comment ferons-nous pour le garder ? (un temps Quand l’armée
rouge aura franchi nos frontières, je te garantis qu’il y aura de durs moments à
passer.
HUGO : l’armée rouge….
HOEDERER : Oui, oui. Je sais. Moi aussi, je l’attends. Et avec impatience. Mais il
faut ben que tu te le dises : toutes les armées en guerre, libératrices ou non, se
ressemblent : elles vivent sur le pays occupé. Nos paysans détesteront les Russes,
c’est fatal, comment veux-tu qu’ils nous aiment, nous que les Russes auront
imposés ? On nous appellera le parti de l’étranger ou peut-être pis. Le Pentagone
rentrera dans la clandestinité ; il n’aura même pas besoin de changer ses slogans.
HUGO : Le Pentagone je….

136
HOEDERER : Et puis, il y a autre chose, le pays est ruiné ; il se peut même qu’il
serve de champ de bataille. Quel que soit le gouvernement qui succédera à celui du
Régent, il devra prendre des mesures terribles qui le feront haïr. Au lendemain de
l’armée rouge, nous serons balayés par une insurrection.
HUGO : Une insurrection, ça se brise. Nous établirons un ordre de fer.
HOEDERER : Un ordre de fer ? Avec quoi ? Même après la révolution, le prolétariat
restera le plus faible et pour longtemps. Un ordre de fer ? Avec un Parti bourgeois
qui fera du sabotage et une population paysanne qui brûlera ses récoltes pour nous
affamer ?
HUGO : Et après ? Le parti bolchevik en a vu d’autres en 17.
HOEDERER : Il n’était pas imposé par l’étranger. Maintenant écoute, petit, et tâche
de comprendre ; nous prendrons le pouvoir avec les libéraux de Karsky et les
conservateurs du Régent. Pas d’histoire, pas de casse : l’Union nationale. Personne
ne pourra nous reprocher d’être installés par l’étranger. J’ai demandé la moitié des
voix au comité de Résistance mais je ne ferais pas de sottise de demander la moitié
de portefeuilles. Une minorité, voilà ce que nous devons être. Une minorité qui
laissera aux autres partis la responsabilité des mesures impopulaires et qui gagnera
la population en faisant de l’opposition à l’intérieur du gouvernement. Ils sont
coincés ; en deux ans tu verras la faillite de la politique libérale et c’est le pays
tout entier qui nous demandera de faire notre expérience.
HUGO : Et à ce moment-là le parti sera foutu.
HOEDERER : Foutu ? Pourquoi ?
HUGO : Le parti a un programme : la réalisation d’une économie socialiste, et un
moyen : l’utilisation de la lutte de classes. Vous allez vous servir de lui pour faire
une politique de collaboration de classe dans le cadre d’une économie capitaliste.
Pendant des années, vous allez mentir, ruser, louvoyer, vous irez de compromis en
compromis ; vous défendez devant nos camarades des mesures réactionnaires prises
par un gouvernement dont vous ferez partie. Personne ne comprendra : les durs
nous quitteront, les autres perdront la culture politique qu’ils viennent d’acquérir.
Nous serons contaminés, amollis, désorientés ; nous deviendrons réformistes et

137
nationalistes ; pour finir, les partis bourgeois n’auront qu’à prendre la peine de nous
liquider. Hoederer ! Ce parti, c’est le vôtre, vous ne pouvez pas avoir oublié la
peine que vous avez prise pour le forger, les sacrifices qu’il fallut demander, la
discipline qu’il a fallu imposer. Je vous en supplie : ne le sacrifiez pas de vos
propres mains.
Hoederer : Que de bavardages ! Si tu ne veux pas courir de risques il ne faut pas
faire de politique.
HUGO : Je ne veux pas courir ces risques-là.
Hoederer : Parfait : alors comment garder le pouvoir ?
HUGO : Pourquoi le prendre ?
Hoederer : Es-tu fou ? Une armée socialiste va occuper le pays et tu la laisserais
repartir sans profiter de son aide ? C’est une occasion qui ne se produira jamais
plus ; je te dis que nous ne sommes pas assez forts pour faire la Révolution seuls.
HUGO : On ne doit pas pouvoir prendre le pouvoir à ce prix.
Hoederer : Qu’est-ce que tu veux faire du Parti ? Une écurie de courses ? A quoi ça
sert-il de fourbir un couteau tous les jours si l’on en use jamais pour trancher ? Un
parti ce n’est jamais qu’un moyen. Il n’y a qu’un seul but : le pouvoir.
HUGO : Il n’y a qu’un seul but ; c’est de faire triompher nos idées, toutes nos idées
et rien qu’elles.
Hoederer : C’est vrai ; tu as des idées, toi. Ça te passera.
HUGO : Vous croyez que je suis le seul à en avoir ? Ça n’était pas pour des idées
qu’ils sont morts, les copains qui se font tuer par la police du Régent ? Vous
croyez que nous ne les trahirons pas, si nous faisons servir le Parti à dédouaner
leurs assassinats ?
Hoederer : Je me fous des morts. Ils sont morts pour le Parti et le Parti peut décider
ce qu’il veut. Je fais une politique de vivant, pour les vivants.
HUGO : Et vous croyez que les vivants accepteront vos combines ?
Hoederer : On les leur fera avaler tout doucement.
HUGO : En leur mentant ?
Hoederer : En leur mentant quelque fois.

138
HUGO : vous… vous avez l’air si vrai, si solide ! Ça n’est pas possible que vous
acceptiez de mentir à vos camarades.
Hoederer : Pourquoi ? Nous sommes en guerre et ça n’est pas l’habitude de mettre le
soldat heure par heure au courant des opérations.
HUGO : Hoederer, je …je sais mieux que vous ce que c’est que le mensonge ; chez
mon père tout le monde se mentait, tout le monde me mentait. Je ne respire que
depuis mon entrée au parti. Pour la première fois j’ai vu des hommes qui ne
mentaient pas aux autres hommes. Chacun pouvait avoir confiance en tous, en
chacun, le militant le plus humble avait le sentiment que les ordres des dirigeants
lui révélaient sa volonté profonde, et s’il y avait un coup dur, on savait pourquoi
on accepterait de mourir. Vous n’allez pas…
Hoederer : Mais de quoi parles-tu ?
HUGO : De notre Parti.
Hoederer : De notre Parti ? Mais on y a toujours un peu menti comme partout
ailleurs. Et toi Hugo, tu es sûr que ne t’es jamais menti, que tu n’as jamais menti,
que ne me me mens pas à cette minute même ?
HUGO : Je n’ai jamais menti aux camarades. Je … A quoi ça sert de lutter pour la
libération des hommes, si on les méprise assez pour leur bourrer le crâne ?
Hoederer : Je mentirai quand il faudra et je ne méprise personne. Le mensonge, ce
n’est pas moi qui l’ai inventé : il est né dans une société divisée en classe et chacun
de nous l’a hérité en naissant. Ce n’est pas en refusant de mentir que nous abolirons
le mensonge : c’est en usant de tous les moyens pour supprimer les classes.
HUGO : Tous les moyens ne sont pas bons.
Hoederer : Tous les moyens sont bons quand ils sont efficaces.
HUGO : Alors de quel droit condamnez-vous la politique du Régent ? Il a déclaré la
guerre à l’URSS parce que c’était le moyen le plus efficace de sauvegarder
l’indépendance nationale.
Hoederer : Est-ce que tu t’imagines que la condamne ? Il a fait ce que n’importe quel
type de sa caste aurait fait à sa place. Nous ne luttons ni contre des hommes, ni
contre une politique mais contre la classe qui produit et ces hommes.

139
HUGO : Et le meilleur moyen que vous ayez trouvé pour lutter contre elle, c’est de
lui offrir de partager le pouvoir avec vous ?
Hoederer : Parfaitement. Aujourd’hui, c’est le meilleur moyen. (Un temps). Comme
tu tiens à ta pureté, mon petit gars ! Comme tu as peur de te salir les mains. Eh
bien, reste pur. À qui cela servira-t-il et pourquoi viens –tu parmi nous ? La pureté
est une idée de fakir et de moine. Vous autres, les intellectuels, les anarchistes
bourgeois, vous en tirez prétexte pour ne rien faire. Ne rien faire, restez immobiles,
serrer les coudes contre le corps, porter des gants. Moi j’ai les mains sales jusqu’aux
coudes. Je les ai plongées dans la merde et dans le sang. Et puis après ? Est-ce que
tu t’imagines qu’on peut gouverner innocemment ?

Compréhension
1. Situez cet extrait dans son contexte littéraire et dites ce qu’il vous inspire.
2. Comment pourrez-vous expliquer le titre de la pièce dans laquelle est extrait ce
texte ?
3. Expliquez cette réflexion de Hugo : « Pendant des années vous allez mentir,
ruser, louvoyer, vous irez de compromis en compromis ; vous défendez devant
nos camarades des mesures réactionnaires prises par un gouvernement dont vous
ferez partie. »
4. Que pensez-vous de cette réplique de Hoederer : « Moi j’ai mes mains sales
jusqu’aux coudes. Je les ai plongées dans la merde et dans le sang. Et puis après ?
Est-ce que tu t’imagines qu’on peut gouverner innocemment ? »
5. Quel contraste politique pouvez-vous établir entre Hugo et Hoederer ?
6. Pour quoi Hugo condamne-t-il le mensonge que Hoederer en fait une stratégie de
lutte politique ?

Sujets de réflexion

Sujet 1 : Hoederer : « Comme tu y tiens à ta pureté, mon petit gars ! Comme tu as


peur de te salir les mains. Et bien reste pur ! À qui cela servira-t-il et pourquoi viens-

140
tu parmi nous ? La pureté c’est une idée de fakir et de moine. Vous autres les
intellectuels, les anarchistes bourgeois, vous en tirez prétexte pour ne rien faire. Ne
rien faire, rester immobile, serrer les coudes contre le corps, porter des gants. Moi
j’ai les mains sales. Jusqu’aux coudes. Je les ai plongées dans la merde et dans le
sang. Et puis après ? Est-ce que tu t’imagines qu’on peut gouverner innocemment
? ».
Sujet 2 : Hugo: « Je suis entrée au parti, parce que sa cause est juste et je sortirai
quand elle cessera de l’être, quant aux hommes, c’est pas ce n’est pas ce qu’ils sont
qui m’intéresse mais ce qu’ils pourront devenir »

141
THÈME II: L’ENGAGEMENT

Œuvre illustrative 2: République à vendre de Isaac Tédambé

1ère Séquence 1

I- Présentation de l’auteur
1. Biographie
Isaac Tédambé est un écrivain Tchadien originaire du sud du Tchad, il est né le
03/03/1954 au Nigeria. Il a fait ses études primaires et secondaires au Cameroun
puis il décroche le bac G2 en 1976. Il s’inscrit alors à l’université Mariam Ngouabi
de Brazzaville au Congo ou il obtient un DESP (diplôme de l’étude supérieure et
professionnelle) Rentré au pays depuis 1991 et installé à N’Djamena à son compte, il
travaille comme consultant spécialiste des projets. Il est marié et père de 4 enfants.

2. Bibliographie
Au chapitre de la production littéraire, Isaac a publié :
 République à vendre en 2002 aux éditions l’Harmattan à Paris ;
 la femme aux pieds en sabots ou l’arme secrète des Djandjawids en 2006,
édition Sao à NDjaména ;
 le trou du Margouillat en 2011 Sao.
II. Genèse du roman
La production d’une œuvre littéraire est généralement le fait de l’imagination.
En effet, l’écrivain invente des faits vraisemblables qu’il relate. Mais la
vraisemblance montre que l’auteur a des clichés, des souvenirs, des faits que
l’environnement ne cesse de lui gratifier. C’est pourquoi sa fiction surprend plus ou
moins le lecteur et c’est ce qui corrobore le caractère engagé de la littérature
africain. En effet, la République à Vendre semble être la somme des observateurs et
des réflexions d’un africain sur son continent. Il relate les réalités vécues par les
peuples. L’auteur a battu son œuvre sur les réalités qui existent dans la plupart des

142
pays africains. Dans ces pays, il existe des prisons redoutables et des arrestations
arbitraires qui sont les lots quotidiens des paisibles citoyens.
La question de bien public laisse à désirer et les droits de citoyens sont bafoués :
c’est la mauvaise gouvernance et la démocratie existe que de nom.

2e Séquence
II. Analyse de l’œuvre
L’histoire de ce roman commence d’abord avec la conquête de l’homme noir par
l’occident. Ensuite, on y trouve des événements qui présentent l’histoire sociale,
politique, économique, culturelle et religieuse d’une république imaginaire que
l’auteur n’a pas voulu nommer. Mais nous remarquons que ces événements sont
semblables au train de vie des Africains en général et à celui des Tchadiens en
particulier. L’arrestation de Pallaye et de ses conditions de détention en sont une
illustration probante. En effet, dès son retour au pays nommé la République de Bec
–de- Canard, après plusieurs années d’étude en Europe, Pallaye fait un constat
amer et désolant en déclarant que le pays n’a pas changé depuis 20 ans. Aucune
infrastructure nouvelle n’est construite ; les anciens bâtiments coloniaux sont dans
un état de délabrement avancé, les habitants sont plongés dans une misère
indescriptible. Les prisons sont surpeuplées et deviennes des véritables mouroirs. Le
chômage bat son plein, l’injustice est présente et les dépravations des mœurs sont
considérables. Ce triste constat est fait par l’auteur lui-même : « on le savait déjà
depuis longtemps, la République est en déchéance et tangue comme un bateau
ivre dans les eaux troublée de l’histoire , sans que l’on sache où elle va ».Tout cela
se passait sous l’œil complaisant de la population et le manque réel de volonté
politique des dirigeants. Dans ce pas, le critère de mérite fait place à la
médiocrité, la bavure des hommes en treillis est courante. Ces hommes se croient
au-dessus de la loi et pensent que, porter une tenue militaire est synonyme de
statut particulier leur permettant de commettre des exactions impunies.

143
3e Séquence

III. structure analytique de l’œuvre


République à vendre est une œuvre composée de dix chapitres. Chaque chapitre
correspond à un moment fort de la vie de Pallaye. Le tout donne une vue
d’ensemble de la situation du pays.
Chapitre I
Pallaye neveu de Souffinet, de retour de l’Europe découvre un pays qui n’a pas
évolué ; la misère est omniprésente, les routes sont impraticables. Il constate le
vagabondage sexuel des canardais qui rappelle le destin de Sodome et Gomorrhe.
Mais Pallaye, dans sa manière de voir les choses et de les juger ne rencontrent pas
l’assentiment des canardais. Il expérimente le chômage, et le concours dont les
lauréats sont connus d’avance. Le Programme d’Ajustement Structurel rend
difficile l’accès à la fonction publique à cause des places limitées. Il constate que
même son oncle en retraite, perçoit difficilement la pension. La population souffre
mais donne l’impression d’être heureuse. Il sera jeté en prison après être passé à
tabac, pour avoir été témoin d’une bavure policière obligés de croquer les cafards
En prison, il découvre les détenus innocents obligés de croquer les cafards et de
boire leur propre urine. C’est là qu’il éclate en sanglot en se souvenant des quelques
prisons comme : le Camp Boiro, la prison raciale d’Afrique du sud, la célèbre
prison coloniale de Faya –Largeau, la prison de Tcholliré au Nord du Cameroun.
Chapitre II
Pallaye et les autres détenus se résignent de leur sort, car les conditions de
détention sont dégradantes et inhumaines. Ils réalisent que tous, ils sont été
arrêtés arbitrairement, mais sont incapables de se révolter. Ces arrestations sont
l’œuvre du commandant Mazout, ancien cuisinier, planton et secrétaire au temps
des colons, propulsé à la tête du pays pour sa soumission et ses compromissions.
Devenu maître absolu des lieux, il rend la vie difficile à ses compatriotes. En
prison, les détenus discutent de leurs conditions de vie dans le Bec de Canard
Pallaye se sentait plus proche de ceux qui meurent dans une action et qui donnent

144
un sens à leur vie. C’est au moment qu’il entreprenait de conscientiser les détenus
qu’ils ont eu la visite nocturne d’un gendarme qui va embarquer Pallaye dans un
véhicule, les yeux bandés. Il sera libéré une heure plus tard sous serment de ne rien
dire à personne de tout ce qu’il avait vécu et subi.
4e Séquence

Chapitre III.
Pallaye une fois libéré, reprend une expérience cauchemardesque. Il se croit
toujours, parce que hanté par le sort qu’il a vécu en taule. Aussi, Pallaye est –il
préoccupé par le sort de Tchary, l’homme qu’il a rencontré en prison, peu de temps
avant sa libération. Il se met à mener une enquête pour savoir les raisons de
l’arrestation de Tchary et de nombreux autres canardais. Il se promet de mettre la
lumière tôt ou tard sur ce qui leur a valu la prison et ces traitements humiliante et
dégradante. Ainsi, il va se rapprocher de son oncle Djim Loury, ce pauvre qui a
perdu sa mère à sa naissance et son père est devenu est mort cinq ans plus tard. Il
est devenu fou d’une femme nommée Mélodie. Djim Laury lui explique les causes du
malheur des canardais. Pour lui, cela vient de la course au pouvoir, de la recherche
abusive de l’argent, de la femme : « la femme belle est comparable à une charogne
dont l’odeur attire les rapaces à distance, chacun doit se battre avec la dernière
énergie pour en arracher un petit morceau ».
La fin du chapitre révèle les préoccupations de Pallaye sur la précarité de la
condition féminine ; un souci que ne partage pas son oncle Djim moulé dans
certaines pratiques traditionnelles déphasées avec le monde actuel.
Chapitre IV
Pallaye et son oncle continue leur discussion sur la stabilité de la femme. a une idée
progressiste féministe, tandis que son oncle s’enferme dans la tradition. Leur
conversation les conduira au sort de mademoiselle Mélodie qui est amoureuse de
Tcahry, mais qui fut mariée de force au commandant à cause de son statut social
élevé. Ce dernier convertira Pabamé, père de Mélodie sans conviction. Mélodie, la
belle femme de commandant, qui a une mode de vie connue de tous se résumant à

145
vendre de la bière locale, a du mal à s’accommoder avec les lois et pratiques de
l’islam. Mazout épousera la femme après la mort de son père des suites de choléra
dans le pays saint de l’islam où il était allé chercher le titre de El-Hadj.
5e Séquence
Chapitre V
Djim Laury entouré des visiteurs de son neveu Pallaye, devant la bière locale, donne
libre cour sur l’importance de la femme dans la chaine de la procréation. Il déplore
cependant, la tendance de la jeunesse à se laisser aller à la dépravation des mœurs.
Il cite en exemple sa jeune épouse issue d’une famille digne qui prend l’habitude de
cocufier le mari qu’il est. Ecoutant à la porte, la femme riposte en traitant son mari
de vicieux avant de lui jeter le canari de vin. C’est ainsi qu’il inflige une sévère
correction, qu’il n’accepte pas qu’une femme à l’âge de sa fille lui manque de respect
publiquement. Après ce trouble, un prêtre et un marabout arrivent sur le lieu et
exposent leur thèse relative au célibat des prêtres. La discussion allait mal tourner
n’eut été l’intervention de l’assistance pour séparer les deux hommes. Pallaye se
demande si la religion est au service des hommes ou elle est un système
d’exploitation, et d’asservissement des hommes. Pour lui, ce n’est plus la religion,
mais c’est la pure politique. Pour conclure, il se disait que « les colons se sont servis
de Dieu pour nous envahir, nous vaincre et pratiquer des génocides culturels ».
Selon lui, l’amour de Dieu doit succéder à celui de son prochain. Revenant sur la
place de la femme dans les religions, il estime qu’il faut la libérer. A cet effet, il
énonce six conditions : la scolarisation des filles, la monogamie, le droit de vote, le
droit d’héritage, l’usage des contraceptifs et le droit d’avorter.
Le chapitre se termine par le triple suicide. Un amant excédé par la poursuite de
l’époux de la femme infidèle se sectionne le sexe. Informé de la mort de son amant,
la dame se donne la mort. Le mari à son tour se suicide.
Chapitre VI
Djim Loury invite Pallaye, les adultes et quelques vieillards pour l’aider à
réhabiliter un des toits de sa case. Mais avant de commencer le travail, un repas
copieux de rats amassé de gombo leur est offert. Une discussion s’engage à propos

146
de l’affrontement de la veille entre le père Jean et Mal Brahim. Ils apprennent que
le père est convoqué par la police parce que le marabout est un proche du
commandant, lui-même ancien chrétien converti à l’islam à cause de la stérilité de
son épouse et de la possibilité qu’offre l’islam à épouser plus d’une femme. Pallaye
critique l’accaparement des terres et le manque d’union des canardais face à cette
situation.
6e Séquence

Chapitre VII
Mélodie est la sixième femme du sous-préfet. Selon les principes de l’islam celui –ci
doit traiter les coépouses de la même manière. Chaque épouse a droit à deux nuits.
Et donc Mélodie doit attendre dix jours avant de bénéficier de la chaleur de son
mari. Mélodie ne supporte pas ce vide profond pendant lesquels son mari devait
distribuer les deux nuitées par femme. Elle réussit très souvent à s’échapper pour
regagner Tchary. De cet adultère sont nés des enfants qui sont les photocopies de
Tchary. Informé, le sous-préfet les surprend en flagrant délit d’adultère. Tchary est
obligé de rembourser la dot et payer une amende de 200 000f avant d’épouser
Mélodie. La joie du foyer ne durera qu’un an, car Tchary perd sa virilité. Suite au
maraboutage de l’ex-mari, Tchary et Mélodie restent collés trois jours durant à la
suite d’une relation sexuelle. Par la suite, Tchary deviendra impuissant.
Insatisfaite, Mélodie fini par tricher avec un catéchiste. Elle se suicide lorsque l’a
surprise avec son catéchiste. Dès los Tchary est devenu fou.
Chapitre VIII
Le commandant n’a pas oublié l’affront de Tchary et ordonne son arrestation
Il croupit au fond d’une horrible prison. Il est torturé par les geôliers. On l’oblige à
reconnaître être coupable d’un cas de viol dont la prétendue victime s’appelle
Amina. On organise alors une parodie de procès où il est condamné à dix ans de
prison. Heureusement, un jeune avocat l’a défendu brillamment. On apprend par la
suite que l’avocat est mort dans un accident de circulation. Tchary désormais sans
défense est condamné à mort. Après la mort de Tchary des suites de tortures, une

147
révolte orchestrée par les déçus du pouvoir éclate et se transforme en guerre civile
qui s’est généralisée à travers le pays. Elle oppose les éléments du Frolibec à ceux du
commandant. On dénombre plusieurs victimes innocentes. Consterné, Pallaye
choisit de quitter la ville.

7e Séquence

Chapitre IX
Pallaye décide de quitter la ville à cause de la guerre. Dans sa fuite, il rencontre un
inconnu dont les habits sont tachés de sang, qui serait sans doute rescapé des
dernières attaques il l’interroge pour savoir son camp : appartenait-il aux éléments
du commandant Mazout ou à ceux de Carlos, deux chefs politico-militaires opposés
mais ce dernier est prudent « je ne voulais pas discuter politique avec toi au grand
canard, on dit que les arbres ont des oreilles, en plus, la guerre a créé un tel clivage
entre les gens qu’il faut se méfier de tout le monde ». Au cours de leur marche ils
se rendent dans un village où ils sont accueillis par Tao, ami de son père qui lui
demande les nouvelles du Grand Canard qui est à feu et à sang. Ils discutent alors
de cette situation. Et le vieux de conclure : « la guerre est un acte maudit et un
peuple qui s’obstine dans sa propre destruction est un peuple maudit ». le vieux
Tao meurt par la suite.
Chapitre X
Le dernier chapitre est un monologue de Pallaye. En effet, il s’interroge sur les
grandes causes de l’échec des projets salutaires des grands hommes politiques
africains : Nkhrumah, Leopold Sédar Senghor, Sékou Touré… En particulier, la
célèbre phrase de Nkhrumah :« Africa must unité » ou l’Afrique doit s’unir a retenu
son attention. Au lieu de s’unir, les États africains se laissent aller au bradage de
leurs richesses, à la gestion catastrophique de la chose publique, à la torture à
l’assassinat de leurs peuples respectifs pour devenir par la suite des mendiants
internationaux. La balkanisation de l’Afrique est la vraie cause de tous les problèmes
que rencontre l’Afrique. Les guerres auxquelles sont confrontés les pays africains

148
sont orchestrées de l’extérieur à cause des richesses naturelles comme le pétrole et
autres. Parmi ceux qui pratiquent la politique de la terre brûlée en Afrique figure en
tête les Français : « les dictateurs de tous les poils peuvent dormir en paix, s’ils ont
des contrats et du pétrole à offrir. Les élections seront organisées les plus
démocratiquement du monde, sous la surveillance, au besoin des observateurs
internationaux. Ils seront élus au premier tour, car, nos cousins (Gauloi) travaillent
pour eux de jour et de nuit, avec la bénédiction du Conseil de Sécurité » P. 204.
Pallaye pense que le peuple souffre de son hypocrisie, son manque de sens de
créativité et d’initiative. Les nègres doivent prendre l’initiative de se débarrasser
des dictateurs. La démocratie est loin d’être une garantie pour leur développement
quand on sait que l’Occident, les dictateurs, l’opinion internationale et le peuple
sont tous les bourreaux du peuple : « Nous sommes peut-être victimes des autres.
Mais nous sommes surtout victime de nous-mêmes, de notre hypocrisie et de notre
indolence à voir la réalité en face ».
Le récit s’achève avec la décision de Pallaye de regagner son Grand Canard. Oui il
faut recommencer malgré l’échec de Dr Nkhrumah et les autres.

8e Séquence

III. Les principaux thèmes de l’œuvre


Si la république mérite d’être vendue, c’est que rien n’y va. L’œuvre développe
plusieurs thèmes relatifs à la dictature. L’abus du pouvoir, l’injustice sociale, la
révolte, les conflits religieux, la condition féminine, la corruption, l’insécurité, la
prostitution, la délinquance juvénile et sénile, l’analphabétisme, le mariage forcé…
L’interminable guerre civile, l’instabilité politique et la mauvaise gouvernance.
V. Les personnages
Pallaye : il a étudié en France, pendant 20 ans, ses parents sont morts après lui et il
n’a pas pu venir s’incliner devant leurs tombes. À son retour, il est mal vu par les
canardais qui le considèrent comme un déraciné, non seulement par ce manquement
à l’égard de la coutume, mais surtout parce qu’il prétend donner les leçons aux

149
autres d’où la protestation des canardais : « les gens qui reviennent d’Europe ont
toujours la langue trop longue ce sont les déracinés… ils se mêlent toujours de ce
qui ne les concernent pas ». Pallaye finira par faire l’expérience de la prison.

Tchary : c’est un jeune homme qui a perdu successivement sa mère dès sa naissance
et son père à l’âge de cinq (5) ans. Il fut élevé par son oncle qui le considère comme
son propre fils.
Obsédé par la beauté de Mélodie, il décide de l’épouser, mais son malheur
commencera le jour où les autres « grands messieurs » du Bec de Canard aiment
chacun cette innocente. Ces « grands et tout-puissants » sont le commandant, le
commissaire et le juge.
En effet, le commandant Mazout, parvient à épouser Mélodie contre son avis, mais
plutôt par l’accord des parents de cette dernière. Or, comme on peut constater
l’amour vrai se moque du matériel. Quoi que mariée à Mazout, un homme riche et
redoutable, Mélodie gardera toujours ses liens amoureux avec Tchary.. C’est ainsi
qu’elle cocufie le commandant en se retrouvant régulièrement sur le lit de Tchary.
Les enfants naîtront de cette infidélité dans le ménage de Mazout. Excédé, un jour
il décide de répudier Mélodie qui va naturellement regagner Tchary. Mais le
bonheur sera de courte durée. Le commandant utilisera des pouvoirs occultes pour
déstabiliser le bonheur. Tchary deviendra impuissant et verra sa bien-aimée Mélodie
se laisser aller sur le lit du catéchiste de la localité. Après la mort de Mélodie,
Tchary deviendra la risée et un jouet des enfants avant de tomber dans le filet de
Mazout, un filet tissé depuis belle lurette. Tchary arrêté sera exécuté après un
simulacre de procès qui coûte la vie à un jeune et brillant avocat.
La situation qu’a connu Tchary rappelle celle de nombreuses personnes qui pullulent
les prisons parce qu’une autorité n’étant pas maîtresse de son pantalon les déteste à
mort pour avoir convoité la même femme qu’elle. En réalité une autorité coureuse
de jupon sème plus souvent la désolation au sein de ses administrés. Ce qui dénote
une plaie béante de notre administration dans une certaine Afrique.

150
9e Séquence

Commandant Mazout
Originaire du Bec-de-Canard, Mazout est un auxiliaire de l’administration coloniale.
Après le départ des colons, il est responsabilisé. Il a instauré une administration
coloniale blanche sans les Blancs. Il est à l’origine de toutes les souffrances dans le
pays. Il terrorise par les agents de sécurité (page 18). Il fait même arrêter les gens
qui ne se lèvent pas lors de son passage (p 29). Cet homme était chrétien au temps
de la colonisation. Au départ des colons, il rompt avec cette religion qui impose la
monogamie alors que Mazout cherche à prendre une seconde épouse pour espérer
avoir un héritier que la première épouse ne lui donne pas. Mazout coureur de jupon
se couche quelques fois tard la nit derrière un pan de mur, armé de Gourdon pour
embusquer les femmes (p19).
Avec ce personnage, l’auteur soulève la question de la moralité de certains
responsables administratifs en Afrique. Etant pour la plupart des parvenus, nommés
par clientélisme à de postes de responsabilité sans une compétence requise, ils
n’appliquent pas les lois de la République. Leurs intérêts, leur personnalité se
confondent avec les attributs et les intérêts publics. Il est pour eux anormal que le
premier responsable administratif d’une localité soit le seul à désirer des belles
femmes. Tous ceux qui osent lui faire concurrence sont considérés comme des
mauvais citoyens à décapiter.

10e Séquence

Djin Loury : Instituteur retraité, il est l’oncle paternel de Pallaye. Il s’appelle en


réalité Souffinet parce qu’il était gros et fort dans sa jeunesse. Mais ce sobriquet
Djim Loury lui a été donné parce qu’il aimait beaucoup la sauce de gombo. Après
son baptême il a reçu le nom de Peter, à cause de sa dureté envers les autres et avec
lui-même. Âgé de soixante ans, Djin est instituteur à la retraite. Il est polygame avec
plusieurs enfants. Il aime la lecture et plus spécialement les poèmes de Senghor et

151
les romans de Wole Soyinka. Mais malheureusement il n’écrit pas. Au regard de son
neveu, ce sexagénaire perçoit très mal la notion du développement et de la richesse.
Enseignant à la retraite, un polygame avec beaucoup d’enfants, il n’a pas de
stratégie pour mener à bien l’éducation de ses enfants. Il laisse tout entre les mains
du hasard et de Dieu. Pourtant faire beaucoup d’enfants sans se préoccuper de leur
santé, leur éducation et de leur réussite est pire que n’avoir pas d’enfants du tout. Il
représente en outre les agents de l’État à retraite qui traversent des moments
difficiles après leur retraite. La pension, sa seule ressource après avoir servi
dignement l’État, ne tombe pas régulièrement. À travers ce personnage, l’auteur
soulève le problème qui mine l’Afrique ou précisément le Tchad : la polygamie.
C’est une pratique qui est développé comme instrument qui permet aux individus
d’assouvir leur besoin sexuel et pire de préserver des intérêts égoïstes. Dans nos
villages, la polygamie fournit une main d’œuvre importante au mari. Ses
nombreuses femmes et leurs enfants sont utilisés pour les travaux champêtres. Le
second problème, le plus crucial est celui de l’éducation des enfants des familles
polygames. Si les enfants sont l’avenir des familles et des sociétés africaines, leur
éducation se veut une nécessité.
11e Séquence

Mélodie : Elle est une jeunes femme innocente qui a le malheur de naître dans un
pays o on n’a pas le droit de choisir. Les « grands » ont le droit sur tout ; voire le
droit de vie et de mort. Tout le monde l’appelle Mélo parce qu’elle sait soigner sa
démarche et à cause de sa beauté exceptionnelle et fascinante qu’on ne peut
rencontrer aujourd’hui que dans les contes. Cette beauté l’a poussée à l’infidélité,
c’est pourquoi son mariage ne dure pas parce que tout le monde l’aborde. Le
malheur de Mélodie a commencé quand le commandant Mazout a posé son regard
sur elle et décide de l’épouser contre son gré. Ses parents croupissent dans la
pauvreté mais aussi sous la crainte du commandant, ne peuvent dire non. Pire, ils
ont été obligés de s’islamiser pour devenir la belle famille du commandant
musulman.

152
Mais ayant jamais senti l’amour pour Mazout, pour ne pas mettre en difficulté ses
parents, accepte le coureur de jupon qu’elle passe le clair du temps à cocufier.
L’amour de sa vie est Tchary chez qui elle arrive presque régulièrement incognito.
Elle réussit ce tour de passe à engendrer dans la maison du commandant des
enfants dont le vrai père est Tchary. Elle sera répudiée par son mari et tombera
dans la main de Tchary. Mais cette nouvelle vie chez Tchary ne sera pas sans peines.
Son homme deviendra impuissant. Elle ira encore à la recherche d’autres hommes
viriles comme le catéchiste. Elle mourra d’un mal mystérieuse.
12e Séquence

Conclusion
De tout ce qui précédé, nous pouvons dire que l’auteur de ce roman attire notre
attention sur les bavures et les mauvaises gouvernances qui font croupir le peuple
d’Afrique dans la misère. Ces peuples ne jouissent ni de leur droits ni de leurs
libertés individuelles et collectives qui semblent être pris otage par leurs propres
dirigeants. La république de bec de canard mérite d’être vendue parce qu’elle est
en proie à une mauvaise gouvernance. Depuis 1960 à 2015, voila en gros 55 ans
que cette république est indépendante. Mais malheureusement, elle n’a pas fini de
nettoyer ses lots de misère. Face à cela, l’auteur préconise une prise de conscience
responsable, un sacrifice et une synergie dans les prises de décisions et le travail.
Léopold Sédar Senghor disait : « on ne gouverne pas la cité pour le triomphe d’un
clan et la satisfaction de quelques appétits, mais pour que le plus grand nombre
sinon la totalité soit mieux nourrie, logée, mieux portant et mieux instruis »

153
THÈME III. LE RÔLE DE L’ÉCRIVAIN DANS LA SOCIÉTÉ

SÉANCE 3

Œuvre illustrative : Discours de suède (Albert Camus)

Contenu notionnel
Introduction
I. Discours de suède (extrait)
a. Bibliographie de l’auteur
1. Etude de texte
1.1. Analyse
II. Conférence du 14 décembre 1957
A- analyse du texte
II précision

Objectifs
A l’issue de ce thème les élèves doivent être capables de:
 Définir le concept rôle, écrivain et société
 Préciser la mission assignée à l’écrivain dans la société
 Faire la différence entre un écrivain engagé et non engagé
 Connaître les raisons profondes qui engagent un écrivain ou un artiste
 Prendre conscience du rôle qui vous attend demain dans la société
 Développer votre aptitude à défendre les plus faibles et à aimer la vérité

1ère Séquence
Introduction du thème

154
La littérature du 20e siècle est marquée profondément par les deux guerres
mondiales. Ces événements ont entraîné un changement dans la société européenne.
Les écrivains commencent à penser et à redéfinir leur rôle dans la société. Bien
des thèmes ont été évoqués dans la manière de repenser et à redéfinir le rôle de
l’écrivain dans la société. Les écrivains doivent défendre la dignité humaine, la
vérité et la liberté par le sacrifice de soi. L’écrivain doit choisir de partager le sort
de tous, et de ne doit pas servir des fins politiques. Un écrivain est utile pour la
société, car son but est d'émouvoir le plus grand nombre d'hommes en leur offrant
une image privilégiée des souffrances et des joies communes de la société de
l’époque. Lorsqu’une œuvre présente certaines opinions ou prises de position de son
auteur sur un sujet donné, on la dit engagée. Par le biais de son texte, un écrivain
engagé peut, par exemple, critiquer et dénoncer certains aspects de la société. Ceux-
ci peuvent être d’ordre politique (s’élever contre le régime politique en vigueur) ;
social (les conditions de vie du peuple) ; ou encore économique (les inégales
répartitions des richesses).
La littérature engagée peut aussi permettre à son auteur de défendre une
question qui lui est chère. Il prend fait et cause pour un sujet plus précis, un fait de
société, une injustice, une pratique qui le révoltent. C’est pourquoi, un grand
nombre d’auteurs se sont engagés à travers leurs écrits à propos de causes
importantes.
2e Séquence

Discours de suède (Albert Camus)


Biographie
Albert Camus, né le 7 novembre 1913 à Mondovi (aujourd’hui Dréan), en Algérie, et
mort le 04 janvier 1960 à Villeblevin, dans l'Yonne en France. Il est un écrivain,
philosophe, romancier, dramaturge, essayiste et nouvelliste français. Il est aussi
journaliste militant engagé dans la Résistance française et, proche des courants
libertaires, dans les combats moraux de l'après-guerre.

155
Son œuvre comprend des pièces de théâtre, des romans, des nouvelles, des films, des
poèmes et des essais dans lesquels il développe un humanisme fondé sur la prise de
conscience de l'absurde de la condition humaine mais aussi sur la révolte comme
réponse à l'absurde ; révolte qui conduit à l'action et donne un sens au monde et à
l'existence, et « alors naît la joie étrange qui aide à vivre et mourir »
Il reçoit le prix Nobel de littérature en 1957.

Albert Camus : Le rôle de l 'écrivain en une phrase


«Le rôle de l’écrivain ne se sépare pas de devoirs difficiles, explique Albert Camus.
Par définition il ne peut se mettre aujourd’hui au service de ceux qui font l’histoire:
il est au service de ceux qui la subissent. Le silence d’un prisonnier inconnu,
abandonné aux humiliations à l’autre bout du monde, suffit à retirer l’écrivain de
l’exil, chaque fois du moins qu’il parvient, au milieu des privilèges de la liberté, à ne
pas oublier ce silence et à le relayer pour le faire retentir par les moyens de l’art.»
discours de Suède,10 décembre 1957 à Stockholm

Camus : Discours de Suède, du 10 décembre 1957 (extrait pp.9 à 21)


[Ce discours – dont il n'y a ici qu'un extrait, suivi d'un commentaire littéraire, a été
prononcé par Albert Camus (qui le dédia à son ancien instituteur, M. Louis
Germain), à Stockholm, après le banquet clôturant les cérémonies de l'attribution
des prix Nobel. Publiant cet ensemble, je songe à l'aide inestimable qu'il peut
apporter à quelques étudiants, futurs bacheliers ou bien au- delà...].

3e Séquence

ÉTUDE D'UN TEXTE


INTRODUCTION
Contrairement à ce que fera Jean-Paul Sartre sept ans plus tard, Albert Camus
accepta en 1957 le prix Nobel de Littérature qui lui fut décerné, et il se conforma
aux rites solennels de cette attribution. Après avoir reçu le prix des mains du roi de

156
Suède, il prononça, le 10 décembre à l'Hôtel de Ville de Stockholm, en guise de
remerciement, un discours sur le rôle de l'écrivain.
C'est un fragment de ce discours, le plus important sans doute, que nous avons à
étudier. Il pose le problème du rôle de l'écrivain.
[Link] DU DISCOURS
1. Structure du discours
Le texte est divisé en trois parties:
 La première partie: Rapport qui unit l’écrivain ou l’artiste aux autres hommes
 Deuxième partie: le devoir difficile de l’écrivain
 Troisième partie: grandeur de l’artiste: service de la vérité et de la liberté.

4e Séquence

2. Analyse du discours
Il nous a semblé qu'une analyse convenait ici mieux qu'un résumé, à cause de la
densité du texte, de son caractère parfois allusif et du sujet qu'il traite. Cependant,
nous respecterons presque toujours l'ordre des développements.

La première partie : le lien entre l’artiste et les autres


Le premier paragraphe est consacré au rapport qui unit l'écrivain ou l'artiste
aux autres hommes. Il commence par deux affirmations complémentaires. L'art est,
pour Camus une nécessité vitale, mais il ne le place pas au-dessus de tout. Et
aussitôt, à plusieurs reprises, il écarte toute idée de supériorité ou de solitude altière
(insolente). L'art unit l'écrivain ou l'artiste aux autres hommes. Il en donne une
définition: "Il est un moyen d'émouvoir le plus grand nombre d'hommes en leur
offrant une image privilégiée des souffrances et des joies communes".)
Chaque terme mérite d'être pesé : un moyen d'émouvoir exclut un art qui ne
mettrait pas au premier plan la sensibilité, un art qui ne serait qu'intellectualité ou
recherche verbale.

157
Le plus grand nombre d'hommes exclut de même la littérature aristocratique
ou ésotérique (occulte, caché, initiatique).
Les souffrances et les joies communes: les thèmes seront donc les plus généraux, les
lieux communs de la vie humaine, l'amour et la mort.
Seule l'expression image privilégiée souligne ou plutôt suggère la qualité artistique,
l'importance de la forme et du style. Ici, Camus répond à une objection (réponse,
réplique) intime.
L'homme qui s'adonne à un art le fait parce qu'il se sent différent d'autrui ; c'est
parce qu'il a à dire quelque chose de différent qu'il va écrire, peindre ou sculpter.
Mais il priverait son art de vitalité, s'il ne reconnaissait pas qu'il ressemble à tous,
qu'il est "tout homme".
Camus en tire d'abord la conclusion que le mouvement même de l'art tient dans cet
aller-retour perpétuel de lui à autrui et il en dégage les conséquences logiques :
l'écrivain ne peut ni mépriser, ni juger ; il doit servir une société où tout homme
sera créateur.., travailleur ou intellectuel. Cela implique qu'il ne sera pas au service
d'une idéologie qui lui permettrait de juger, c'est-à-dire de condamner ou d'exclure
de la cité celui qui ne s'y conformerait pas.

5e Séquence
2. Analyse du discours (suite)

2ePartie : le devoir difficile de l’écrivain


Dans le second paragraphe, l'auteur précise les devoirs difficiles exigés de l'écrivain.
Celui-ci est au service non de ceux qui font l'histoire, mais de ceux qui la subissent.
Il est exclu qu'il puisse se mettre au service des tyrannies. Ce serait pour lui
l'isolement le plus complet et, malgré les apparences, la rupture avec les souffrances
et les joies communes. Au contraire, s'il défend une victime, quel que soit
l'isolement matériel de celle-ci, il se rattache à la condition humaine. Ainsi est-il
demandé à l'écrivain un choix décisif. Il doit choisir entre les bourreaux et les
victimes. Un art qui se mettrait du côté des premiers serait par là-même condamné.

158
6e Séquence
2. Analyse du discours (suite et fin)

3e Partie : la grandeur de l’écrivain.


Une telle vocation donne à l'artiste une grandeur extraordinaire dont il ne peut pas
ne pas se sentir indigne. Quel que soit son sort, brillant ou obscur, il doit assumer
deux charges : le service de la vérité et celui de la liberté. Cette proposition, Camus
la justifie par la mission de l'écrivain qui est de rassembler le plus grand nombre
d'hommes. Reprenant la même idée sous une forme négative, et en soulignant plus
fortement les exigences de son métier, il précise que le service de la vérité exige le
refus du mensonge et la résistance à l'oppression. C'est donc une prise de position
active. Par le refus du mensonge, entendons le refus des propagandes qui visent à
obscurcir, ou même seulement à passer sous silence, la vérité. Par la résistance à
l'oppression, entendons l'action militante comportant les risques les plus graves.

7e Séquence

II. ÉTUDE DE CONFÉRENCE DU 14 DÉCEMBRE 1957 (PP 23 À70)

La conférence que donne Albert Camus dans le grand amphithéâtre de l’Université


d’Upsal en 1957, porte sur le thème : l’artiste et son temps.
Ce thème est donné aux étudiants futurs responsables pour qu’ils prennent
conscience de la responsabilité qui les attend.

Analyse de la conférence
Nous vivons une époque troublée marquée par la généralisation des
comportements cruels et de crise de valeur tels que: les guerres, la misère, le
chômage, la corruption, le terrorisme, les génocides, l’injustice sociale, la
mauvaise gouvernance, l’exploitation de l’homme par l’homme, le trafic des êtres
humains, les crises financières. ..

159
Pour Albert Camus devant ces situations, il est difficile pour un écrivain
d’être indifférent. Il est aujourd’hui embarqué : la possibilité de choisir, comme
autrefois, lui a été enlevée.
Il est tenu de créer tout en sachant que créer aujourd’hui est un risque
considérable. Il surmontera les restrictions à tous les niveaux et se donnera la liberté
de créer ou d’écrire. Si hier, l’artiste prenait l’habitude d’être spectateur des scènes
horribles qu’offrent les bourreaux de la planète, aujourd’hui, il fait partie intégrante
des victimes.
Tellement les misérables, les opprimés sont nombreux, l’artiste ne peut les
oublier. L’art doit être au service de ceux-là. Et devant cette responsabilité, l’artiste
se présente comme un créateur qui a foi en son travail « tant qu’un homme reste
fidèle à lui-même, tout abonde dans son sens, gouvernement, société, le soleil
même, la lune et les étoiles » dit un écrivain américain du XXe siècle.
Ainsi, devant la situation humanitaire catastrophique, est-il normal que l’artiste
mette son art au service du mensonge ?
Le mensonge ici consisterait à écrire sur autre chose pendant que le nombre des
damnés de la terre, les hommes souffrants, à côté, augmente. Tout ce qu’il produit à
ce moment devient divertissement. Henry Makow disait à propos : « Vous êtes
complices par votre inaction à chaque fois que vous regardez ailleurs lorsque vous
voyez une injustice ».
Or ce qui doit faire l’objet de la production de l’artiste est plutôt la réalité humaine.
Mais pas n’importe quelle réalité. La réalité de son temps de son espace.
L’artiste doit donc peindre les réalités universellement vécues par tous. Chacun se
reconnaîtra dans sa production car « les rêves changent avec les hommes, mais la
réalité du monde est notre commune patrie ». Montaigne disait : « chaque homme
porte en lui la forme entière de l’humaine condition ». L’artiste crée une
communication universelle entre les hommes sans exception.

8e Séquence
Analyse de la conférence (suite et fin)

160
Le réalisme de l’art
L’artiste doit faire preuve de réalisme. Il ne s’agit pas d’un réalisme au service de la
propagande, comme chez les politiciens qui ont tendance à projeter une cité parfaite
dans l’avenir pendant que la cité présente ne l’est pas. L’art devient un objet de
consolation. Cela met en mal son vrai but et son efficacité.
Pour Camus, l’art et la réalité sont inséparables. L’art doit apporter un
changement positif à la réalité ambiante négative au monde. Il sert donc à critiquer
la société et l’amener à prendre conscience de ce qui bloque son épanouissement.
L’artiste du XXeme et XXIeme Siècle est appelé à relever les faits de son siècles.
Mais il a à ne pas s’y soumettre. Sans être juge, il essaie de le comprendre. C’est en
partageant le sort de tous qu’il affirme son existence. Il plaide sans détour
l’amour du prochain.

En définitive, la liberté de l’art ne se donne pas, mais elle s’arrache. Il revient à


l’artiste, malgré la tyrannie, les dictatures, de faire éclater la vérité au grand jour.
Car André Gide le dit si bien : « l’art vit de contrainte et meurt de liberté. »
La renaissance aujourd’hui dépend du courage et de la volonté, de clairvoyance de
l’artiste. C’est à lui de pérenniser la force d’émancipation que constitue l’art et
rendre admirable et riche la face humaine. « Toute grandeur à sa racine dans le
risque » et l’artiste est mieux placé pour le comprendre.

9e Séquence

III. Ŕ PRÉCISIONS
Précisons maintenant ce qu'impliquent ces affirmations.
1. Opposition à l'art pour l'art.
La première prend position nettement contre la notion de "l'art pour l'art". À travers
tous les âges de la littérature, un double courant subsiste, exprimant deux types de
tempérament.

161
L'un ne se préoccupe que de son art, il méprise les soucis des autres hommes, leurs
préoccupations politiques, religieuses, sociales.
L'autre estime que son art doit servir la cité ou l'humanité. Ces deux tendances se
sont exprimées avec éclat, au XIXe siècle, la première représentée par Théophile
Gautier et les Parnassiens.

2. L'engagement.
L'engagement est à la mode. "C'est la faute à Jean-Paul Sartre" et à quelques autres.
Le principal argument qui est donné pour le justifier, c'est que refuser de s'engager,
c'est encore s'engager. Celui qui refuse de prendre parti prend indirectement parti
pour le conservatisme, pour le "monde comme il va". Or, il est bien rare - sauf chez
quelques poètes - que l'écrivain trouve le monde satisfaisant ; la plupart jugent
sévèrement
 Un monde où l'action n'est pas la sœur du rêve.
 Ne pas lutter pour la vérité et la liberté, c'est se faire le complice de ceux qui
empêchent la liberté et la vérité de régner sur les hommes.
Cependant, l'engagement diffère chez Camus et chez J.-P. Sartre. Le premier admet
comme un axiome (convention) que l'écrivain ne peut aujourd'hui se trouver aux
côtés de "ceux qui font l'histoire". Et il dénonce les armées de la tyrannie. On
comprend bien qu'il s'attaque aux dictatures totalitaires. Mais cette formule très
générale ne se trouverait pas sous la plume de Sartre qui incite son lecteur à faire
l'histoire, et pour cela à se "salir les mains", c'est-à-dire à user de la violence pour
atteindre les buts qu'une politique de liberté ou de révolution se propose. Camus
semble admettre que l'histoire ne peut se passer de victimes, et il se refuse à
l'accepter. Tant qu'un homme sera victime de l'emprisonnement, il dénoncera la
force qui l'opprime. C'est reconnaître que la tâche de l'écrivain ne peut être celle
d'un partisan.

162
10e Séquence

ŒUVRE : l’art n’est pas d’un parti, Leopold Sédar Senghor


I- Contenu de son œuvre
1. La puissance de l’art
Malgré les obstacles qu’il rencontre sur son chemin, l’art finit par triompher grâce à
la force dont il est dotée par essence c’est-à-dire depuis son origine. L’art triomphe
toujours par ce qu’il est la manifestation profonde et intime de la société. L’œuvre
d’art n’a pas seulement un but esthétique, il a aussi de but révolutionnaire et cela
grâce à une puissance qui lui est spécifique. Cela suppose qu’on n’a pas besoin de
marier à la politique.
LA MISSION DE L’ARTISTE
Transformer la vie est ce but de l’artiste. Ce qui veut dire qu’il doit se libérer de
toutes les contraintes. Depuis des millénaires, l’occident a privé l’homme noir de
cette puissance créatrice. Mais en cette matière l’Afrique et laye Camara n’ont pas
perdu de vue. Cette puissance créatrice est d’une importance capitale. C’est vouloir
asservir la pensée à l’action politique. C’est étouffer l’homme dans son plus profond
d’être. La mission de l’art et sa place, son rapport et sa politique sont très importants
dans l’esprit de Senghor. C’est pourquoi il défend le romancier Guinéen LAYE
CAMARA.
Laye a fait la description de l’Afrique précoloniale, une Afrique pure et paisible.
Il a crée une œuvre d’art et non un roman à thèse parce que le roman à thèse
suppose l’absence de liberté, conditions nécessaire pour une œuvre d’art. Laye
Camara a aussi fait le procès du colonialisme mais d’une manière voilée et indirecte
ce qui fait que le jugement porté sur son roman et la réprobation du prix de la
littérature qui en est la récompense sont illogiques et sans fondement. Il a bien
accompli sa tache de colonisé en écrivant son roman. Par sa façon de présenter les
choses, LAYE oppose l’ordre afin à l’anarchie intellectuelle de « comprendre ». s’il
ne peut prendre, c’est de demander à une société où tout le monde soit créateur et
non un juge.

163
Le rôle de l’écrivain n’est pas celui de défendre les plus forts, les oppresseurs, les
explorateurs, les gouvernants mais son rôle est de défendre ceux qui subissent les
mauvais actions. Dans cela il se trouvera (privé de son action) c’est-à-dire son art ne
servira à rien car les louanges d’une armée, d’un régime tyrannique n’ont rien de
célèbre alors que défendre un homme privé de sa liberté est un grand service, un
acte humain. Son rôle est de montrer à la société les voies qui conduisent à la
lumière. En un mot le rôle fondamental de l’écrivain est d’être au servisse de la
vérité et de la liberté. Le but de l’écrivain est de sortir les gens du mensonge et de
la servitude. L’art n’a de noblesse que dans les deux engagements qui sont le refus
de mentir et a la résistance à l’oppression.
11e et 12e Séquence
Laye Camara ou l’art n’est pas d’un parti
Le texte de Senghor, non sans quelques allusions polémique, répond à celui de
BEYIDI sur les principaux points abordés par ce dernier ; on trouvera donc dans
l’extrait suivant les éléments d’un jugement contradictoire sur l’Enfant noir.
La critique française a fait un accueil flatteur au roman de Laye Camara. Je dis Laye
Camara, car je ne sais pourquoi nombre de nos intellectuels ont la manie
contrairement à l’usage français et africain de placer leur nom avant leur prénom.
La critique étrangère a suivi, singulièrement la Suisse, qui a discerné, à l’Enfant
noir, le prix international du roman. Et les esprits chagrins chez nous de se
répandre en injures contre le jeune écrivain et de lui reprocher, au nom de l’Afrique
et un certain verbalisme gauchissant de n’avoir pas fait le procès du colonialisme.
Etrange critique, vraiment que celle qui demande à l’artiste de faire non point
œuvre, mais de polémique. Comme si la critique française et étrangère n’avait pas
fait, en son temps le même accueil aux poèmes d’Aimé Césaire, révolutionnaire
authentique.
La question est grave ; on le devine, elle n’est pas que littéraire (…). C’est le
problème même de la culture qui se pose ici. Que la culture transcende la politique
il n’est pas d’esprit sérieux qui n’en convienne, et que le parti n’est qu’un des
moyens de la politique, qui a son tour n’est qu’un instrument au service de

164
l’économie et du social. On ne gouverne pas la cité et la satisfaction de quelques
appétits, sinon la totalité des hommes, soient nourris, mieux logés, mieux portants,
mieux instruits. La fin dernière est cette culture, qui dépasse l’instruction, qui
permet de produire les œuvres de beauté et d’en jouir. Car l’activité générique de
l’homme est de créer, du moins de communier dans la création.
Je n’ignore pas les conditions de l’œuvre d’art et qu’il faut un minimum de liberté,
plus exactement que son originalité, portant son rayonnement, est à la mesure de sa
liberté. Le fascisme est comme le vent d’Est : il dessèche tout. Et aussi un certain
totalitarisme gauchissant, qui exprime, confusément, chez les adversaires de Laye
Camara.
Lui reprocher de n’avoir pas fait le procès du colonialisme, c’est lui reprocher de
n’avoir pas fait un roman à thèse, ce qui est le contraire du romanesque, c’est lui
reprocher d’être fidèle à sa race, à sa mission d’écrivain. Mais, à la réflexion, on
découvrira qu’en ne faisant pas le procès du colonialisme, il l’a fait de façon la
plus suggestive de condamner le monde capitaliste de l’occident européen. M. Emile
Henriot ne s’y pas trompé, qui en a pris occasion pour opposer la sagesse de l’ordre
africain à l’anarchie intellectuelle et morale de l’Europe.
Je ne m’arrêterai ni à la correction de la langue, ni à la sobriété élégante du style de
Laye Camara. Ce sont pourtant, là, les qualités essentielles de l’artiste, qui manque
à tant d’écrivain négro-africains. Le plus grand mérité de Laye Camara est d’avoir
fait, de son roman, un long poème, comme les conteurs négro-africains. Poème, il
est par son rythme symphonique et par sa puissance de nomination. Il lui suffit de
nommer les êtres et les choses pour qu’ils jaillissent en image suggestives et
participent de la vie surréelle : leur vraie vie.
LEOPOLD SEDAR Senghor, l’art n’est pas d’un parti (1954)

165
GRAMMAIRE ET PRATIQUE DE LA LANGUE
SEANCE 1

1ère Séquence

- LES HOMOPHONES GRAMMATICAUX 1 :


Ces/ses ; son/son ; la/là
Les homophones grammaticaux sont des mots-outils qui se prononcent de la même
manière mais dont l’orthographe est différente.
Exemple : ces/ses ; son/son ; la/là
L’orthographe des homophones grammaticaux peut dépendre :
De leur nature :
- Ces (adjectifs démonstratif) ; ses (adjectif possessif)
- Son(adjectif possessif) ; sont (verbe être)
- La (article défini) ; là (adverbe)
De leur nombre
- Son (singulier) ; les sons ( pluriel).
Pour ne pas confondre les homophones, on peut effectuer des substitutions :
Pour distinguer son et sont, on remplace par étaient ; si la phrase garde
sons sens, alors, il s’écrit sont.
Exemple : Ils sont les exécuteurs testamentaires (ils étaient les exécuteurs …) / son
vêtement se déchira (ici, son ne peut pas être remplacé par « étaient » alors, il
s’écrit s-o-n)
Pour distinguer "ces" de "ses", on remplace par " mes" ; si la phrase garde sons
sens, il s’écrit "ses"
Exemple : Ses chaussures se perdirent (mes chaussures se perdirent/ Sur ces
entrefaites (remplacer ces par mes dénaturerait le sens de la phrase ; alors il s’écrit
c-e-s.
Pour distinguer la de là,on remplace par le et on met la phrase au masculin.
Si la phrase garde son sens, alors il s’écrit la.

166
Exemple : La cérémonie du couronnement (le rituel)/ avait lieu ce jour-là (à
ce niveau, làne peut être remplacé par le au masculin. Alors il s’écrit avec un
accent grave.).

SEANCE 2

1ère Séquence

- LES HOMOPHONES LEXICAUX


Poing/point ; fin/faim/ ; davantage/d’avantage ; plus tôt /plutôt
Les homophones lexicaux sont des mots qui se prononcent de la même façon, qui
ont une transcription phonétique identique, mais qui s’écrivent différemment et ont
des significations différentes.
Exemple : Poing/point ; fin/faim ; davantage/d’avantage.
Pour les différentier, il faut faire attention à leur sens et si possible essayer de
les remplacer par un synonyme ou une expression synonyme.
Exemples :
 poing /point
- Taper du poing sur la table (exprimer son exaspération, son
mécontentement)/
- Faire le point (faire le bilan)

 Fin / faim
- Mettre fin (mettre terme) /
- Faim (manque de nourriture ; besoin)
 Davantage / d’avantage
- Davantage (plus, encore, mieux)
- D’avantage(de bénéfice ; de profit).

 Plus tôt / plutôt

167
- Plus tôt (en deux mots est le contraire de plus tard) ;
- Plutôt (en un seul mot signifie au lieu de, de préférence)
Les homophones lexicaux peuvent parfois être de natures grammaticales différentes.
Exemple :
Davantage (adverbe d’intensité)
D’avantage (préposition de + nom)

SEANCE 3
- STYLISTIQUE ET RHÉTORIQUE : LES FIGURES DE STYLE

1ère Séquence
Une figure de style est un procédé qui consiste à rendre ce que l’on veut dire plus
expressif, plus impressionnant, plus convaincant, plus séduisant… Elle est utilisée en
littérature, dans les beaux discours mais aussi dans le langage courant. Autrement
dit, une figure de style permet de créer un effet sur le destinataire d’un texte (écrit
ou parlé).
Il y a plusieurs sortes de figure de style cependant, notre étude de focalisation sur
celles fréquentes dans la production littéraire
I. LES FIGURES PAR ANALOGIE (elles permettent de créer des
images) :
 Comparaison : Elle établit un rapport de ressemblance entre deux
éléments (le comparé et le comparant, à l’aide d’un outil de comparaison).
Exemple : Gaston est aussi aimable qu’une porte de prison.

 Métaphore : C’est une figure de transfert de sens, d’un sens premier en un


sens second appelé couramment sens figuré. C’est une comparaison sans
outil de comparaison.
Exemple :
 Cette femme est une perle
 Cette femme tend les filets de ses charmes pour chasser les gibiers des naïfs.

168
 Cette faucille (lune) d’or dans le champ (ciel) des étoiles (V. Hugo)

 Métaphore du mot « aile »


- Vous en avez dans l’aile = être atteint d’une maladie grave
- On lui a rogné les ailes = retirer tous ses biens
- Il volera de ses propres ailes = propres moyens
- L’entreprise bat de l’aile= connait des difficultés
- Il a cogné l’aile de ma voiture : portière

 Personnification : Elle représente une chose ou une idée sous les traits
d’une personne
Exemple : La forêt gémit sous le vent

 Allégorie : C’est une sort de métaphore continuée au cours d’une phrase et


formant un tout cohérent et lié.
Elle représente de façon concrète et imagée les divers aspects d’une idée abstraite.
Elle se repère souvent grâce à l’emploi de la majuscule.
Exemple : Hiver, vous n’êtes qu’un vilain !

2e Séquence
II. LES FIGURES DE SUBSTITUTION (Elles remplacent un terme par un
terme ou par toute une expression)
 Métonymie :
Elle remplace un mot par un autre mot selon son lien logique, par une relation
analogique.
Exemple :
- Il écrivait d’une belle main (belle écriture)
- Il but le poison
- Boire une bonne bouteille (vin)
- Fumer une bonne pipe (bon tabac)

169
 Synecdoque
Elle consiste à désigner la partie pour le tout et le tout pour la partie, ainsi
que la matière pour l’objet et le particulier pour le général.
Exemple :
- Les voiles disparurent à l’horizon
- Le Tchad a perdu 0-7 contre l’Egypte
- La race féline pour le chat
- La race porcine pour le cochon.

 Périphrase
Elle remplace un mot par une expression qui le définit. Un simple mot est
remplacé par des éléments de phrases plus complexes, jouant sur
l’implicite.
Exemple :
- Le roi des animaux = lion
- La ville rose = Toulouse
- La langue de Molière= le français
- La langue de Shakespeare = l’anglais
3e Séquence
III. LES FIGURES D’INSISTANCE OU DE L’ATTÉNUATION
 Hyperbole :
Elle consiste à exagérer. Elle donne du relief pour mettre en valeur une
idée, un sentiment.
 Exemple :
 Je meurs de soif
 Un vent a décorné les bœufs
 C’est trop bon !

 Accumulation :

170
Enumération plus ou moins longue de terme (excès, amplification)

Exemple :
 Adieu, veau, vache, cochon, couvée (La Fontaine)
 Rien n’était si beau, si leste, si brillant, si bien ordonné que les eux années.

 Gradation :
C’est une énumération de termes organisée de façon croissante ou
décroissante.
Exemple :
 Va, cours, vole et nous venge
 Je me meurs, je suis mort, je suis enterré.

4e Séquence

 Euphémisme :
Elle consiste à atténuer l’expression d’une idée, d’un sentiment (pour ne
pas déplaire ou choquer).
Exemple :
 Il nous a quitté (= mort)
 Les non voyants (= aveugles)
 Les personnes du 3e âge (= vieillards).
 La situation n’est pas excellent (très mauvais)

 Litote :
Elle consiste à dire moins pour faire entendre plus.
Exemple :
 Va, je ne te hais point
 Il n’est pas sot, cet enfant !
 On ne mourra de faim aujourd’hui

171
 Je ne dis pas non (j’accepte volontiers)

 Anaphore :
Répétition de(s) même (s) en début de plusieurs phrases, de plusieurs vers, de
plusieurs propositions.
Exemple :

Cœur qui a tant rêvé


cœur charnel
cœur inachevé
Cœur éternel (Charles Péguy)
Toi qui me portas sur tes genoux
Toi qui m’allaitas
Toi qui gouvernas mes premiers pas
Toi qui…..
 Parallélisme :
Répétition de la même construction de phrase (autrement dit, c’est la même
structure syntaxique).
Exemple :
Femme nue, femme noire, / vêtue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est
beauté. (Senghor).

5e séquence

IV. LES FIGURES D’OPPOSITION :


 Antithèse :
C’est une opposition très forte entre deux termes.
Exemple : Qui aime bien châtie bien

 Oxymore :

172
Deux termes, mis grammaticalement, s’opposent par leur sens. L’union de
mots contraires frappe l’imagination.
Exemple :
 Un silence assourdissant (Camus)
 Elle se hâte avec lenteur (la tortue de la Fontaine)
 La bête humaine de Emile Zola
 Cette obscure clarté qui tombe des étoiles (Corneille)

 Antiphrase :
Elle exprime une idée par son contraire dans une intention ironique. On dit le
contraire de ce qu’on pense.
Exemple :
 Tu as zéro en histoire ? Ah ! Bravo !
 Je suis dans de beaux draps !

 Chiasme :
Deux expressions se suivent, mais la deuxième adopte l’ordre inverse (A-
B/ B-A).
Exemple :
 Il faut manger pour vivre et non vivre pour manger.
 Le cœur a ses raisons que la raison ignore.

 Paradoxe :
Il énonce une opinion contraire à l’idée commune, afin de surprendre, de
choquer, d’inviter à la réflexion.
Exemple : Les premiers seront les derniers.

6e séquence
V. LES FIGURES QUI JOUENT SUR LES SONS
V. Assonance :

173
Répétition d’un même son de voyelle dans une même phrase et dans un
ensemble de vers.

Exemple : les sanglots de longs des violons de l’automne Blessent mon cœur
d’une langueur monotone (Verlaine)

VI. Allitération :
Répétition du même son de consonne écho vocalique de consonnes

Exemple :
- Pour qui son ces serpents qui sifflent sur nos têtes ? (Racine)
- Un chasseur sachant chasser doit savoir chasser sans son chien
VII. Paronomase :
Rapprochement de deux homonymes (qui se prononcent pareil) ou de deux
paronymes (qui se prononcent presque pareil).
Exemple: Qui se ressemble s’assemble

174
TECHNIQUE D’EXPRESSION

SEANCE 1
La MÉTHODOLOGIE DE DISSERTATION LITTÉRAIRE
CONTENU NOTIONNEL
I. Définition de la dissertation
II. Analyse du sujet
III. Les différents types de plans
IV. Les parties essentielles de la dissertation

Objectifs de la dissertation
La dissertation permet d’évaluer votre aptitude à:
 mener une réflexion personnelle
 maîtriser les techniques d’argumentation
 délimiter un sujet
 analyser un sujet
 formuler le problème que pose le sujet
 mobiliser vos connaissances littéraires
 faire appel à votre culture littéraire et générale personnelle

PREMIÈRE PARTIE

1ère Séquence
A. Définition de l’épreuve
B. Qu’est-ce que la dissertation?
Dissertation vient du latin « dissartare » qui veut dire « devoir d’idée ».
C’est un exercice littéraire qui contribue à la formation du jugement
critique, de l’esprit d’analyse. Elle fait appel à la réflexion personnelle,
profonde sur des sujets bien précis.

175
Une dissertation est toujours organisée autour d’un problème. Si le problème
n’est pas explicitement formulé dans le sujet, c’est au candidat de le dégager.
Savoir cerner le sujet et dégager le problème qu’il contient, est ce qu’il y a de
plus difficile dans une dissertation.
1. Types de la dissertation:
On dénote deux types de dissertations :
 La dissertation d’ordre littéraire, qui porte sur les œuvres littéraires .
Ex1: « Je demande trop aux hommes, mais pas assez aux nègres » Aimé
Césaire
Ex2: « Ce fléau même qui vous meurtrit, il vous élève et vous montre la voie »
Albert Camus
 La dissertation d’ordre général qui porte sur un sujet de culture générale.
Ex1: Quel effet la pandémie du covid 19 pourrait-elle avoir aujourd’hui
comme demain sur les solidarités ?
Ex2: 1. Les objets techniques nous imposent-ils une façon de penser ou une manière
de vivre ?
2e Séquence
2. Formes de sujets de dissertation:
Le sujet de dissertation se présente généralement sous la forme d’une citation
empruntée à un écrivain, un critique suivi d’une consigne indiquant l’orientation
générale de la réflexion à engager . Il peut aussi porter sur une question sans
citation posée directement au candidat afin de lui demander son point de vue
personnel.
Exemples de sujets:
Ex1 Expliquez et commentez cette affirmation de Jean Guehenno:
«La vraie lecture commence quand on ne lit plus seulement pour se distraire et se
fuir, mais pour se trouver »
Ex2: Que vous inspire cette affirmation de Camus par rapport aux mesures de lutte
contre la covid19 : « ce fléau même qui vous meurtrit, il vous élève et vous montre
la voie»

176
Sujet de dissertation sous forme de question
Ex1: Depuis le XVIIIe Siècle, on affirme la concordance des progrès techniques et du
progrès moral. Pensez-vous qu’on ait des raisons aujourd’hui de les remettre en
cause ?
Ex2 1. Les objets techniques nous imposent-ils une façon de penser ou une manière
de vivre ?
La méthode de la dissertation comporte quatre étapes :
1. Analyser le sujet ;
2. Rechercher les idées et les exemples et formuler la problématique ;
3. Établir le plan détaillé
4. Rédiger les parties essentielles de la dissertation
3e Séquence
I. ANALYSE DU SUJET
a) Principe généraux
Analyser un sujet de dissertation, c’est chercher à identifier ce dont il est question.
Autrement dit, c’est chercher à comprendre le sujet, définir ses implications et son
champ d’exploration.
L’analyse vous permet d'éviter le hors-sujet, en respectant la règle suivante :
« Traiter le sujet, tout le sujet, rien que le sujet ».
Traiter tout le sujet, c'est éviter de se focaliser sur tel mot ou telle idée en oubliant
une partie de l'énoncé. Il s’agit de prendre en compte tous les mots de l’énoncé afin
de cerner le contour d’un sujet.
b) La grille d’analyse
Pour analyser un sujet, il faut se servir de la grille de 4 D.
 Définir : Expliciter, clarifier, éclairer les termes clés
 Délimiter : Localiser, démarquer, circonscrire, relever les éléments du libellé
qui limitent le champ d’exploration
 Déduire : Expliquer, dégager, exploiter au maximum les termes du sujet
 Détecter : Déceler, découvrir, deviner le problème qui se cache derrière
l’énoncé

177
4e Séquence
Analyse du sujet
Exemple :
Sujet : Que vous inspire cette affirmation de Camus par rapport aux mesures de
lutte contre la covid19 : « ce fléau même qui vous meurtrit, il vous élève et vous
montre la voie»
Définir mots clés Significations

Fléau Grande calamité, malheur ou catastrophe ( épidémie,


guerre, famine…) = peste – covid 19
Meurtrit blesser l’âme, tué, frapper, abîmer, écraser…..
(meurtrir)
Élever Porter vers ce qui est plus grand que soi. Instruire,
éduquer, hausser. = perfectionnement
Voie Chemin, route. Religion: chemin de dévotion, de
salvation, d’illumination.
Un des chemins dont Dieu se sert pour conduire les
choses humaines.

Délimiter = Meurtrit élève et montre la voie (mal nécessaire).


Déduire = Mesures barrières (lavage de mains, port de masques, confinement,
couvre-feu, …)
Détecter = Conséquences positives derrières les drames causés par la covid 19

DEUXIÈME PARTIE
III. RECHERCHE DES IDÉES ET DES EXEMPLES
a) Collecte des matériaux
b) Comment /où trouver des exemples
5e Séquence
IV. Recherche des idées et des exemples

178
a) Collecte des matériaux
C’est un travail de réflexion et de mémoire qui doit se faire vite, par associations
d’idées. C’est dans ce sens que Nicolas Boileau disait: « Tout ce qui se conçoit bien
s’énonce clairement et les mots pour les dire arrivent aisément »
- Ne pas rédiger, employer un style télégraphique.
On note au brouillon, les idées, exemples, citations qui viennent à l’esprit en
réfléchissant au sujet.
On peut soit noter toutes ses idées dans le désordre, en les juxtaposant simplement
à mesure qu’elles se présentent.
a) Comment /où trouver des exemples
b) Comment trouver des exemples? ½
L’exemple sert à:
 renforcer une argumentation.
 illustrer, justifier ou aider à mettre en place une idée.
L’exemple en est le support concret.
Le choix et la présentation de l’exemple, quel que soit son domaine, contribue à
renforcer la conviction du propos.
Les exemples peuvent se trouver:
 dans l’expérience vécue,
 dans l’imagination,
 les données économiques et sociales enfin
 dans la culture artistique et historique.

Quelques précisions dans le tableau ci-après.


Où trouver les Le type d’exemples Les limites de types
exemples
Dans l’expérience Anecdote qui raconte: Une anecdote fait isoler et ne
vécue - Soit ce qu’on l’a soi - permet pas une
même vécu; généralisation.
- Soit ce que les autres ont

179
vécu.

Dans l’imagination Création d’une histoire Ce n’est que l’expression


vraisemblable d’une sorte de subjective d’un possible. Il
fable montrant les choses illustre mais confirme pas la
comme telles. véracité
Dans les données Enquête, document, statistique Il suffit de s’appuyer sur des
économiques et et chiffre qui apportent les sources sûres et incontestées
sociales preuves ou les réalités
économiques
Dans la culture Les connaissances en littérature, Elles sont toujours les
artistique et en histoire peuvent servir pour bienvenues mais ne
historique diverses illustrations, commettent aucune erreur
comparaison ou confirmation. qui serait le signe d’une
connaissance mal assimilée

6e Séquence
Exemple de recherche d’idées et d’exemples
Sujet: Que vous inspire cette affirmation de Camus par rapport aux mesures de
lutte contre la covid19 : « ce fléau même qui vous meurtrit, il vous élève et vous
montre la voie»
Problème: Conséquences positives derrières les drames causés par la covid 19
Idées et exemples:
Conséquences positives de la covid 19 (mesures de distanciation physique et autres.
- Amélioration de l’hygiène,
- Recul de la pollution et
- Raffermissement de liens sociaux, quelques rayons de lumière réussissent à
percer dans l’obscurité générale.
- Sur le plan sanitaire, dès l’apparition de la pandémie, le message développé
est : lavez-vous les mains.

180
- Ce sens de l’hygiène exacerbé semble porter ses fruits dans certaines de nos
zones où les problèmes liés à l’hygiène corporels et alimentaires ont été un
peu résolus.
- Du point de vue économique: Récession, chute et l’effondrement de la
demande, les interdictions de voyage et la fermeture des usines est un
cauchemar. Pour l’environnement, c’est une bénédiction. Car on note la
chute des émissions de gaz carbonique (CO2).
- Par exemple, sur le mois de février, les émissions chinoises de C02 ont chuté
de 25 %, soit 200 millions de tonnes, comparé à la même période en 2019,
selon le Centre de recherche sur l’énergie et l’air pur.
- Le lien possible existant entre le virus et le pangolin semble avoir aussi calmé
les amateurs de viande sauvage ailleurs dans le monde : les vendeurs de
gibier ont ainsi vu leurs ventes plongée.
- Au niveau familial le confinement resserre les liens.
- Sur le plan spirituel, l’inefficacité de la science devant ce virus révèle la
fragilité de l’homme en dépit de ses connaissances. Cela conduit beaucoup de
personne à reconnaitre Dieu. Lorsque l’intelligence humaine failli on fait
appel à Dieu comme affirmait Amadou HampâtéBa :« Dieu, c’est l’embarras
des intelligences humaines ».
- Sur le plan sécuritaire, les couvre-feux instaurés ont réduit les banditismes,
et autres comportements cruels nocturnes.
- Sur le plan socio- politique, les dirigeants ont connu leur population. Les
intérêts égoïstes font place à l’intérêt commun.

TROISIÈME PARTIE
III. Elaboration du plan
a. Types de plans
7e Séquence
ELABORATION D’UN PLAN

181
Avant de commencer à rédiger le devoir, il faut en dresser une charpente, un
schéma. De la capacité à élaborer un plan donné, découle l’aptitude à rédiger un
devoir cohérent. En clair, le plan est la mise en ordre des idées en vue de faciliter
leur rédaction.
A. Les types de plans
Il existe plusieurs types de plans et on peut même dire, il exite autant de plans que
de sujet ou mieux que chaque sujet comporte son propre plan. Mais d’une manière
générale on distingue quatre plans fondamentaux:
 Le plan dialectique
 Le plan analytique
 Le plan explicatif
 Le plan comparatif
1. le plan dialectique
Dans son sens étymologique, la dialectique signifie l’art de discuter; c’est-à-dire
l’ensemble des moyens mis en œuvre dans la discussion en vue de démontrer,
réfuter ou d’emporter la conviction.
Vous opterez pour ce type de plan si l’opinion exprimée dans le sujet de dissertation
est discutable. Ici, l’élève doit analyser le « pour » pour la thèse et le « contre »
pour l’antithèse. Et après quoi, il donnera son avis personnel, « la synthèse ». En
d’autres termes on aurait pu demander :
- Dites ce que vous pensez de cette affirmation ?
- Qu’en pensez-vous de cette approche ?
- Partagez –vous cette affirmation ?
Exemple : Discutez cette déclaration d’Aimé Césaire : « la colonisation est
radicalement mauvaise ».
2. le plan analytique
Le plan fait une analyse approfondie d’une notion, d’un genre, d’un problème. Il
possède trois niveaux:
a) D’abord l’observation qui retrace les faits, les idées dans leur linéarité spatio-
temporelle.

182
b) Ensuite, une analyse de cause
c) Enfin, les conséquences
Exemple:
La conscience nationale enseignée dans nos établissements à travers les œuvres au
programme est mise à rude épreuve ces dernières années, lors des manifestations
revendicatives ou électives, les symboles de l’Etat(édifices, voitures, documents…)
sont détruits, pillés ou saccagés. L’amour de la patrie fait place à l’incivisme. Quelles
mesures préconisez –vous pour juguler ce phénomène ?
8e Séquence (5mn)
3. Le plan explicatif
Le plan explicatif s’impose, quand il faut commenter une citation. Il s’articule autour
des différents aspects du problème posé par le sujet. Il s’agit donc de faire la lumière
sur la problématique du sujet.
Sujet: Expliquer et commenter cette pensée de MaoundoéNaindouba: « l’éducation
pour l’obscurantisme et pour l’infériorité est pire que pas d’éducation du tout ».
4. Le plan comparatif
Le plan comparatif fait appel à la comparaison des faits et à la conception des
différences.
La comparaison se fait entre deux choses qui ne sont pas de la même nature.
Exemple:
 le voyage et la lecture
 La science et la littérature
Dès le début, annoncer l’élément d’opposition qui se poursuit tout le long du
développement. On tire les conséquences de la comparaison à la fin du
développement.
Le plan comparatif se présente comme suit:
- Éléments de la comparaison;
- Conséquence de la comparaison;
- Réflexion issue de la comparaison.

183
Ex: « Pauvre Afrique! Je veux dire pauvre Haïti! C’est la même chose d’ailleurs, là-
bas les tribus, les langues, les fleuves … contre village, hameau contre hameau. Ici
Nègres, mulâtres,… que sais-je? »

9e Séquence
Comprendre les consignes
 Comment comprendre les consignes qui orientent les exercices de
dissertation ?
Tout sujet que l’on vous donnera à l’examen a tout en bas une consigne, bref une
exigence à laquelle vous vous devez de vous soumettre. Elle vous aidera à rester
dans la logique du sujet réflexion. Nous allons juste nous appesantir sur les
consignes les plus récurrentes :
 Commenter ces propos de l’auteur
Il s’agit ici de montrer le bienfondé desdits propos de l’auteur sans oublier ses
conséquences.
 Dans la même optique, pour commenter ces propos, on aurait pu simplement
vous demander, d’analyser ladite affirmation ou de donner l’intérêt d’une
telle assertion.
 Dans tous les cas, il est question d’en donner une explication rationnelle des
propos de l’auteur.
 Apprécier
 C’est un avis personnel sur le jugement d’un critique dont il s’agit. Comme
tournures, on vous aurait posé la question suivante :
 Quelle réflexion vous suggère ce jugement ? Cette approche vous paraît-elle
suffisante ?
 Discuter
 Ici, l’élève doit analyser le « pour » pour la thèse et le « contre » pour
l’antithèse.
 Expliquez

184
C’est montrer la cohérence d’un jugement. C’est aller dans les tréfonds d’un
jugement afin de montrer sa véracité en étalant toutes ces causes, ses moyen,
etc… Ou simplement dégager le sens dudit jugement ou justifier sa valeur.

QUATRIÈME PARTIE
IV .RÉDACTION DES PARTIES ESSENTIELLES
Tout devoir de dissertation comprend trois parties:
 l’introduction
 Le développement
 La conclusion

10e Séquence
 Introduction
L’introduction est la porte d’entrée du devoir. Elle annonce et pose les grands axes
de la réflexion que le corps du devoir se chargera d’élucider. A ce titre en la
rédigeant, on part du principe que le correcteur ne connaît pas le sujet, et on
procède en quatre étapes rédigées en un seul paragraphe:
 Situer le sujet dans son contexte
 Ramener le sujet
 Formuler la problématique
 annoncer le plan
a) Situer le sujet dans son contexte
Situer le sujet dans son contexte, revient se poser la question : « Pourquoi l’auteur a
dit ceci ou cela, pourquoi ce problème ? ».
On recherche la raison profonde qui serait à l’origine de ce qui est dit.
b) Poser le sujet
Après avoir situé le sujet dans le contexte, on ramène le sujet. S'il s'agit d'une
citation courte, on la recopie intégralement ; si la citation est longue, on en cite les
passages essentiels.
c) Poser la problématique

185
Tout sujet de dissertation recèle une problématique, c’est elle qui oriente le
développement et se pose toujours de façon interrogative.
C’est la problématique qui permet au correcteur de voir si vous avez compris le
sujet et même de savoir si vous n’êtes pas hors sujet.
Elle permet aussi de voir si vous avez déficelé tous les problèmes liés au sujet. Il
faut formuler la problématique, par une phrase claire et nette, affirmant une
contradiction, ou posant une question.

d) Enoncer le plan
Vous présentez le canevas qui va devoir régir votre devoir ou travail.
Il faut éviter le style vulgaire du genre : Dans un premier temps nous allons faire
ceci et dans un deuxième temps cela.
Il serait mieux de laisser le lecteur ou votre correcteur perplexe.
 A titre d’exemple après avoir bien rempli les conditions citées plus haut,
vous pouvez simplement dire ceci :
 La suite de notre analyse (réflexion, médiation, réverbération,
supputation) s’attèlera à montrer la pertinence de l’assertion soumise à
notre appréciation.
 Grâce aux œuvres du programme nous montrerons la valeur d’une telle
affirmation.
 Nous passerons au crible de la méditation, la réflexion soumise à notre
cogitation
Pour des devoirs qui vous imposent un plan mieux vaut vous en tenir à cela.

11e Séquence
 Développement
Le développement est aussi considéré comme le domaine d’explication par
excellence du sujet.
 Le développement renferme le plus souvent deux à trois parties; et chaque
partie doit compter un certain nombre de paragraphes

186
 Pour passer d’un paragraphe à un autre, l’élève doit rédiger une phrase de
transition.
* Les parties du développement
Chaque partie du développement commence par l’énoncé de l’idée directrice de la
partie. Puis sont développés, à l’appui de cette sous-thèse, deux, trois ou quatre
arguments, qui se présentent chacun sous la forme d’un paragraphe.
La structure du paragraphe de dissertation est constante :
- il commence par une phrase qui l'accroche au sujet traité de manière
explicite, puis formule une idée suivie d'un ou deux exemples analysés à la
lumière de cette idée ; il se termine par une phrase conclusive.
* Les transitions à la fin de chaque partie du développement (sauf la dernière), on
fait une transition vers la partie suivante. Une transition est le rappel de l'idée
directrice à propos d'une idée nouvelle qu'on introduit.
 * Les exemples L’exemple doit toujours être au service d’une idée. Il ne suffit
pas de mentionner une référence à une œuvre, mais il faut aussi l’analyser —
c’est-à-dire en dégager ce qui est utile à ce qu’on veut démonter.

12e Séquence
 Conclusion
Elle fait le bilan de la réflexion menée dans le développement; elle permet
d’apporter une réponse claire aux questions posées dans la problématique, mais elle
n’est pas l’occasion de rajouter des idées qui auraient été oubliées ou qu’on n’aurait
pas su classer ailleurs.
La conclusion est la reprise des principales étapes de l’argumentation.
Elle bonne conclusion est celle qui ne clôt pas le débat, mais qui l’ouvre, l’élargit
pour interpeller le lecteur.
Comme l’introduction, la conclusion se rédige aussi en un seul paragraphe.
 Pour une bonne conclusion, prévoir des termes déclencheurs :
 En somme
 En définitive

187
 En conclusion
 Pour tout dire
 En dernière analyse, etc…

PRÉSENTATION DE LA RÉDACTION
Disposition du texte sur la page :
Chaque paragraphe est signalé par un alinéa.
Une partie comporte entre deux et quatre paragraphes.
Les parties sont séparées par une ligne blanche.
L'introduction et la conclusion sont séparées du développement par deux lignes
blanches.
 Soigner l’écriture et la présentation : majuscules, titres soulignés à la règle,
etc.
Les critères d’évaluation
 Pertinence de la compréhension et de l’analyse du sujet
 Qualité du plan
 Cohérence et clarté de l’argumentation
 Connaissances littéraires (variété des exemples, références précises)

188
SEANCE 2
- Le COMMENTAIRE DE TEXTE

1ere Séquence
I. Présentation de l’épreuve
1. Définition
2. Le but

I. Présentation et définition de l’épreuve

1. Définition
Le commentaire composé est un exercice littéraire, scolaire qui porte sur un texte
d’une vingtaine de lignes ou de vers. Il consiste pour le candidat à identifier et à
mettre en valeur les axes de lecture potentiels, mais surtout les centres d’intérêt
d’un texte littéraire. C’est aussi montrer ce qui fait l’originalité, la beauté et la
pertinence d’un texte littéraire par rapport à son époque, son contexte, son école
littéraire, son genre, et expliquer de façon méthodique le plaisir que l’on éprouve
à sa lecture ainsi que les procédés et moyens mis en œuvre par l’auteur pour créer
cet enchainement ou ce plaisir de lecture.
Le commentaire composé est un exercice littéraire qui comporte un certain nombre
de règles à respecter.
Le commentaire composé comporte de points communs avec l’explication
méthodique orale.
On pose la question sur le fond, la forme du texte puis on recourt à une discussion
orale.

2. Quel est le but du commentaire littéraire ?

Il s’agit d’expliquer le texte et ses enjeux de manière ordonnée et structurée.


Pour ce faire, deux démarches sont nécessaires :

189
 démarche analytique : expliquer le texte ;
 démarche synthétique : définir les grands axes de la réflexion.
Il est donc fondamental d’organiser les analyses.

2e Séquence
A. Le commentaire composé et le commentaire suivi

3. Le commentaire composé et le commentaire littéraire ou suivi.

Nous avons deux types de commentaire : le commentaire suivi et le


commentaire composé. Chacun d’eux, obéit à une méthodologie, et qu’il y a
une différence entre les deux.
Si les deux exercices portent sur les commentaires, le commentaire composé
se distingue par deux caractéristiques :
 Le commentaire composé n’est pas exhaustif ; il nécessite un choix dans
les remarques suscitées par le lecteur du texte de façon que l’ensemble de
l’étude converge vers une conclusion unique, un bilan homogène.
 Le commentaire composé ne rend pas compte du texte dans son
déroulement linéaire, il s’organise autour d’un, de deux ou trois thèmes
dégagés lors de la lecture ; ce sont ces thèmes ou centres d’intérêt qui
constituent l’ossature du plan du commentaire composé.
Le commentaire suivi ou linéaire d’un texte n’est autre que l’explication
conduite au fil du texte. C’est un commentaire qui se fait ligne. En
d’autre terme, c’est un commentaire qui suit le texte dans sa progression,
dans sa logique. Il comporte une introduction, un développement et une
conclusion.
Néanmoins, le commentaire suivi peut préparer le commentaire composé
puisqu’il consiste à dégager les thèmes et la composition du texte et en

190
apprécier l’expression, autrement dit les procédés et moyens
d’expression.

3e Séquence
II. Préparation du commentaire composé
a) Analyse du texte

A. Préparation du commentaire composé

a) Analyser un texte littéraire


 Lire le sujet
Le libellé rappelle éventuellement des conseils de méthode valables pour tout
commentaire. Il attire aussi l’attention sur quelques caractéristiques majeures
de ce passage (thèmes ou trait de style) : en tenir compte, mais sans exclure
d’autres approches.

 Etudier le texte :
 Procéder dans un premier temps de façon linéaire, comme pour une
explication de texte.
 Noter au fur et à mesure, sur un second brouillon, les caractéristiques
stylistiques que l’on a rencontrées à plusieurs reprises.
 Mettre à jour d’autres aspects du texte devenant évidents au terme de cette
étude.

 Situer le texte dans son contexte si possible :


 Replacer dans l’œuvre
 Etudier le texte par rapport à son auteur et son époque ; quels sont les
éléments propres à l’esthétique de l’époque de l’auteur ?

191
 Etudier le texte par rapport au genre littéraire, le situer dans la production
littéraire de son époque, fournir éventuellement un éclairage historique.
 Quelle est la place de l’auteur dans le texte ? Du ou des personnages ?
 Étudier l’œuvre en elle-même : étude du texte, des thèmes, de la tonalité,
du style, etc

4e Séquence
III. Préparation du commentaire composé
b) Elaboration du plan

b) Elaborer un plan

 Restituer l’ordre de découverte du texte :


Commencer par une vue d’ensemble du texte
Poursuivre par des interprétations de plus en plus subtiles, en reliant les aspects du
texte contribuant au même effet.
 Choisir un ordre expressif :
Déterminer deux ou trois centres d’intérêt en reliant les aspects contribuant à
un même effet.
Terminer par le centre d’intérêt jugé le plus intéressant.

 Suivre la structure de l’extrait :


 Présenter rapidement le mouvement du texte
 Caractériser chaque étape : on a ainsi un centre d’intérêt par étape.
 Ordonner les centres d’intérêt en respectant l’ordre du texte.

Attention : chaque étape doit être étudiée méthodiquement et non ligne par ligne.
Chaque étape est une approche partielle du texte : elle étudie un centre d’intérêt
qui associe le fond et la forme et comporte plusieurs niveaux d’analyse. Préparer

192
sous forme schématique le développement de chaque centre d’intérêt : réunir,
classer et relier les différentes observations de détail qui convergent.

5e Séquence
IV. Rédaction du commentaire composé
A. Structure du commentaire
1. Introduction

II. Rédaction du commentaire composé

Le commentaire composé obéit à une série de règles qui codifient sa présentation et


sa rédaction. La rédaction du commentaire composé développe les centres
d’intérêt repérés dans le plan. Cette rédaction obéit à plusieurs contraintes : la
clarté des analyses, les renvois explicites au passage étudié, une lecture
personnelle du texte. La rédaction doit, donc dans une certaine mesure,
témoigner de l’impact du texte sur la sensibilité du candidat.

A. Structure du commentaire
 Introduction
 Développement
 Conclusion

1. Introduction
Le commentaire commence par un paragraphe d’introduction.
Dans l’introduction on fait simplement l’Identifier du texte, en utilisant le
paratexte. Le paratexte ce sont les indications en haut de page ou en bas de page
qui donnent des informations : le nom de l’auteur, édition, date de publication etc.
Dans cette présentation du texte on indique le nom de l’auteur, l’ouvrage d’où il est
tiré le texte à commenter et la nature du texte (poème, extrait de roman, d’un
extrait de pièce de théâtre), la date de publication. L’ensemble d’information qui

193
permettrait de faire connaissance avec le texte. Situer l‘extrait dans l’œuvre, si l’on
connaît celle-ci. Indiquer avec précision le thème principal ou l’idée générale et les
thèmes secondaires appelés centre autrement centres d’intérêts. Si possible, replacer
l’extrait dans son contexte culturel : sa place dans la production de l’auteur ou son
importance à une époque donnée. Trouver l’idée générale consiste donc à
s’interroger : - de quoi parle le texte ? - De quoi s’agit ? Quelle est la problématique
soulevée par le texte ? Qu’est-ce que l’auteur a voulu soulever à travers son texte ?
C’est ce qu’on appelle idée générale. Ensuite, il faut annoncer le plan. L’annonce du
plan se fait en divisant le texte en partie et donner un titre à chaque partie. On dira
ce texte s’articule autour de tel mouvement…
.
Exemple : Aimé Césaire met en scène un roi intransigeant aveuglé par son pouvoir
qui s’oppose aux conseils de prudence de sa femme lui rappelant son excès
d’exigence envers son peuple. Justifiant son intransigeance ….

6e Séquence
V. Rédaction du commentaire composé
B. Structure du commentaire
2. Développement
2. Développement
Le développement repose sur l’interprétation et l’explication. C’est dans le
développement où on livre sa compréhension du texte, mais aussi où on fait de
remarque sur la manière dont le texte a été composé. Il s’agit d’expliquer les
éléments par lequel sur le plan formel l’auteur a exprimé ses idées, sa pensée. Pour
cela l’étude du fond et de la forme ne sera pas dissociée. On fait une étude
simultanée entre le fond et la forme ; autant on cherchera à expliquer le fond,
autant on cherchera à montrer comment la forme a été mis au servi du fond. Par
conséquent, on cherchera à expliquer, à rendre plus claire la pensée de l’auteur, à en
donner une lecture personnelle. C’est pourquoi cette lecture personnelle doit être
pris en charge par l’analyse des différents outils, appelés les outils d’analyse. Il s’agit

194
du lexique, de verbes, grammaire, ponctuation, figure de style. Ces éléments de la
rhétorique et qui les éléments par lequel le message est véhiculé par l’auteur.
Expliquer le fond par la forme. On commente le texte, mais on ne le raconte pas. Le
commentaire consiste à voir dans est dit les symptômes de ce qui est tu dans le
texte. La réponse cherchée se trouve dans le texte.

7e Séquence
C. Méthodologie de commentaire composé
1. Mouvement du texte

B. Méthodologie
1. Le mouvement du texte

La délimitation de chaque étape : fournir des repères précis ; indiquer entre


parenthèses les numéros de lignes ou de vers, ou citer le début et la fin du passage
concerné, ou se servir des termes suivants : paragraphe, alinéa, strophe, quatrain….
La caractéristique de chaque étape, d’après son thème ou son style
La caractérisation de cette structure : préciser l’intérêt de l’ordre choisi par l’auteur,
le type de progression (raisonnement, contraste, etc.)

 Le vocabulaire
Le mot ou la série de mots à analyser : citer en précisant leur nature.
Leur caractérisation : ne signaler que le ou les aspects jugés importants,
connotation, niveau de langue, fréquence, appartenance à un lexique spécialisé,
emploi figuré, figure de style, domaine concret ou thème évoqué.
 Une image
L’image : la citer
Sa caractérisation : utiliser un vocabulaire précis et éventuellement indiqué le
registre de langue dont relève l’image et le domaine auquel renvoie le comparant.
Attention : ne pas « traduire » l’image par une reformulation.

195
 Un procédé phonique
Les termes à commenter : les citer en soulignant le son sur lequel on veut attirer
l’attention.
L’indication du procédé : utiliser le terme approprié (rime riche, allitération,
paronomase…)

8e Séquence
D. Méthodologie de commentaire composé (suite et fin)
2. Mouvement du texte
 Un procédé syntaxique
Des repères permettant de se reporter au passage analysé (ne pas citer
intégralement un long passage).
La caractérisation du procédé : utiliser la terminologie grammaticale ; étiqueter la
figure de style (chiasme, antithèse, anaphore…) ou, au moins, décrire le procédé. Il
est commode pour étudier le rythme d’un vers de s’appuyer sur des indications
portées sur le vers intégralement cité (coupes et accents).

 Les temps verbaux


Les termes à commenter : ne citer que les formes verbales isolées (par ex. l’unique
passé simple d’un extrait et pas tous les imparfaits).
L’analyse de la valeur du temps et des variations temporelles.
 Le ton
 L’indication du passage concerné : ensemble du texte ou extrait précis
 La caractérisation du ton et sa justification.
 Développer chaque centre d’intérêt à l’aide de paragraphes réunissant chacun
des analyses de détail qui mettent en évidence un même aspect du texte.
 Faire un bilan. Rappeler les grands caractéristiques du texte.

196
 Porter une appréciation personnelle en indiquant si le texte vous a plu, ou
déplu et pour quelles raisons. Bannir l’éloge plat, convenu, passe-partout et
peu sincère.

9e Séquence
Exercice de commentaire composé
Extrait du tragédie du roi Christophe
 Découverte du texte
Découverte du texte (lecture)

Enoncé : Vous ferez de ce texte un commentaire composé, sans dissocier le fond de


la forme.
Je demande trop aux hommes ! Mais pas assez aux nègres, Madame ! S’il y a une
chose qui, autant que les propos des esclavagistes, m’irrite, c’est d’entendre
nos philanthropes clamer , dans le meilleur esprit sans doute, que tous les
hommes sont des hommes et qu’il n’y a ni Blancs ni Noirs. C’est penser à son
aise, c’est hors du monde, Madame. Tous les hommes ont mêmes droits. J’y
souscris. Mais du commun lot, il en est qui ont plus de devoirs que d’autres. Là
est l’inégalité. Une inégalité de sommations, comprenez-vous ? A qui fera-t-on
croire que tous les hommes, je dis tous, sans privilège, sans particulière
exonération, ont connu la déportation, la traite, l’esclavage, le collectif
ravalement à la bête, le total outrage, la vaste insulte, que tous, ils ont reçu,
plaqué sur le corps, au visage, l’omni-niant crachat !
Nous seuls, Madame, vous m’entendez, nous seuls, les nègres ! Alors au fond de la
fosse ! C’est bien ainsi que je l’entends. Au plus bas de la fosse ! C’est là que
nous crions ; de là que nous aspirons à l’air, à la lumière, au soleil. Et si nous
voulons remonter, voyer comme s’imposent à nous, le pied qui s’arcboute, le
muscle qui se tend, les dents qui se serrent, la tête, oh ! La tête, large et

197
froide ! Et voila pourquoi il faut demander aux nègres plus qu’aux autres : plus
de travail, plus de foi, plus d’enthousiasme, un pas, un autre pas et tenir gagner
à chaque pas ! C’est d’une remontée jamais vue que je parle, Messieurs, et
malheur à celui dont le pied flanche !
(la tragédie du roi Christophe »
d’Aimé Césaire.

10e Séquence
Exercice de commentaire composé
Extrait du tragédie du roi Christophe
 Etude du texte
 Plan du texte

 Etude du texte

 Situer le texte dans son contexte


C’est un Extrait de l’acte 1, scène 7, de la tragédie du roi Christophe d’Aimé Césaire,
publiée en 1963. Ce texte fait suite aux conseils de prudence donné par
madame Christophe à son mari.

Plan du commentaire
Structure du texte.
L’idée générale: l’intransigeance/démesure de Christophe

Ce texte comprend deux parties correspondant à trois centres d’intérêt


 Première partie: « je demande trop aux hommes…, au soleil »: La prise de
conscience de l’homme noir devant son passé (éveil de conscience)
 Deuxième partie: « Et si nous voulons remonter….fin »: L’appel du roi au
travail sans relâche

198
 Christophe dans la conception des devoirs exceptionnel des Noirs

Ce texte comprend deux parties correspondant à trois centres d’intérêt


1. La prise de conscience de l’homme noir devant son passé (éveil de
conscience)
2. L’appel du roi au travail sans relâche
3. Christophe dans la conception des devoirs exceptionnel des Noirs

11e Séquence
Exercice de commentaire composé
Extrait du tragédie du roi Christophe
Rédaction
Rédaction du commentaire
 Prise de conscience de l’homme noir devant son histoire.
Rejet des conseils de prudence. D’abord une affirmation « je demande trop aux
hommes mais pas assez aux nègres ». C’est une reconnaissance de l’acte
mais l’insuffisance qu’on pense aux Nègres qui sont dans une situation
particulière.
L’emploi de la 1re personne du singulier « je » marque la particularité de l’autorité
nègre qu’il se réclame. Il se demande même trop lui-même
Plus précisément le Nègre a connu toute somme de souffrance et l’humiliation qui a
fait d’eux des hommes inégaux aux Blancs : la déportation, l’esclavage, la traite,
ravalement à la bête, outrage, insulte, l’omni-niant crachat
Les termes qui justifient cette situation:
"Une inégalité de sommation": mise en demeure, retard
"Ravalement à la bête": nettoyage
"Le total outrage" : injure grave, tord, dommage, atteinte physique causée aux
êtres

199
« C’est du fond de la fosse » marque ici le sous-développement dont est victime le
noir et cette situation actuelle est due à des situations d’exploitation que le noir a
connu à travers l’histoire : esclavage, colonisation…..
- La nécessité de rejeter les paroles flatteuses des prétendus philanthropes qui
sont pareils que les esclavagistes d’hier.: « s’il ya une chose qui autant que les
propos des esclavagistes, m’irrite, c’est d’entendre nos philanthropes clamer dans
le meilleur esprit … que tous les hommes sont des hommes… ».
L’obligation d’une remontée accrue et soutenue
« Et si nous voulons remonter… » : C’est un défi.
Remontée: retourner où l’on était avant de descendre
L’insatisfaction du roi devant les efforts de son peuple l’a entraîné dans l’usage
de la force pour contraindre les gens à travailler.
Ses zèles poussés par la démesure « … malheur à celui dont le pied flanche ».

12e Séquence
Exercice de commentaire composé
Extrait du tragédie du roi Christophe
Rédaction (suite)
II. L’appel du roi au travail sans relâche

Christophe demande le travail à son peuple, un effort surhumain. Pour Christophe


Nègres et Blancs ne sont pas égaux sur le plan de devoirs car du temps de la
colonisation ils avaient subi l’esclavage et maintenant leur devoir consiste à se
libérer par un travail libre et soutenu.
Notons que tout le combat de Christophe vise l’indépendance et la reconquête de
la dignité de son peuple longtemps bafoué. Pour rejoindre le célèbre Sékou
Touré qui affirmait en 1958 : « nous préférons la pauvreté dans la liberté à la
richesse dans l’esclavage ». Pour Christophe, on ne saurait conquérir la
liberté sans le travail. C’est ainsi qu’il met tout le monde au pas. Son objectif
primordial est de sortir son peuple de la raque de l’histoire, c’est-à-dire de la

200
misère, du sous-développement. C’est une mission hautement noble certes
mais pour y arriver, il faut selon Christophe la détermination ; compter sur
ses propres atouts.
Il est fondamentalement question de l’aveuglement de l’homme (Christophe). En
visant donner un rang digne à son peuple, Christophe oublie l’essentiel, la cause
même par laquelle il a lutté pendant des années : la liberté.
Le Roi Christophe parle comme un Roi ayant l’intérêt du peuple au cœur mais ce
n’était pas comme on y a pensé, il a promis au peuple au jour de son couronnement
:«…»

Il est fondamentalement question de l’aveuglement de l’homme (Christophe). En


visant donner un rang digne à son peuple, Christophe oublie l’essentiel, la cause
même par laquelle il a lutté pendant des années : la liberté.
Le Roi Christophe parle comme un Roi ayant l’intérêt du peuple au cœur mais
ce n’était pas comme on y a pensé, il a promis au peuple au jour de son
couronnement :

« […] je jure de ne jamais souffrir sous aucun prétexte le retour de l’esclavage ni


d’’aucune mesure contraire à la liberté et à l’’exerce des droits civils et politiques
du peuple d’Haïti » (p. 39).

Introduction
Ce texte est un extrait de l’acte 1, scène 7, de la tragédie du roi Christophe d’Aimé
Césaire, publiée en 1963. Ce texte fait suite aux conseils de prudence
donné par madame Christophe à son époux. Césaire nous révèle à travers ce
texte l’intransigeance de Christophe roi d’Haïti. Trois centres d’intérêts se
dégagent de cet extrait:
 La prise de conscience de l’homme noir devant son passé
 L’appel du roi au travail sans relâche
 Roi Christophe dans la conception des devoirs exceptionnels des Noirs.

201
Comment l’homme noir fera-t-il pour gagner sa place au soleil? Pourquoi l’homme
a-t-il un destin particulier?

202
FICHE DE PROGRAMMATION ET DE PROGRESSION TRIMESTRIELLE TROISIEME TRIMESTRE

Terminale littéraire ( TA4)


Professeur chargé de cours : DJEKOSGADJIMBAYE Patrice

MOIS SEMAINE ETUDE DES THÈMES ET ŒUVRES GRAMMAIRE ET TECHNIQUE


PRATIQUE DE LA D’EXPRESSION ÉCRITE
LANGUE
A 1 Thème V : La condition humaine Exercice sur commentaire
V Etude de l’œuvre 2 : la peste d’Albert Exercice sur les composé
R Camus accords
I  Aperçu biographique et
L bibliographique
 Situation de l’œuvre
 Présentation de la structure de
l’œuvre

2 Etude de l’œuvre 2 : la peste d’Albert Exercice sur les


Camus accords Exercice sur commentaire
 L’analyse de l’œuvre composé

203
 Etude des personnages
3 Etude de l’œuvre 2 : la peste d’Albert Exercice sur la
Camus dissertation : analyser un
 Etude des thèmes sujet.
 Portée significative

1 Etude de l’œuvre : Le candidat au paradis Exercice sur la


refoulé de Mouimou Djekoré dissertation : comment
- Introduction de l’étude le formuler la
candidat au paradis refoulé ; problématique ?
M - Aperçu biographique et - Comment mobiliser
bibliographique de l’auteur ; les idées et
A - Situation de l’œuvre et exemples ?
présentation de sa structure.
I 2 Etude de l’œuvre : Le candidat au paradis Exercice sur la contraction
refoulé de Mouimou Djekoré ; de texte
- L’analyse de l’œuvre ;
- L-étude des personnages et des

204
thèmes

3 Etude de l’œuvre : Le candidat au paradis Exercice sur la contraction


refoulé de Mouimou Djekoré de texte
- La portée significative de l’œuvre
- La conclusion de l’étude de
l’œuvre.
4 Etude de l’œuvre : Cycle de sécheresse de Exercice sur la contraction
Charles Cheik Sow. de texte
Introduction de l’étude de : Cycle de
sécheresse de Charles Cheik Sow ;
- Aperçu biographique et
bibliographique de l’auteur ;
- Situation de l’œuvre et
présentation de la sa structure.
- L’analyse de l’œuvre
- L’étude des personnages et des
thèmes
- La portée significative de l’œuvre.

205
J 1 RÉVISIONGÉNÉRALE
U 2
I
N

206
Fiche de developpement de compétence troisieme trimestre
Etude des thèmes et des œuvres

OBJECTIFS D’APPRENTISSAGE (RESSOURCES)


DOMAINE DU SAVOIR COMPÉTENCES
Thème V : La condition humaine - Introduire l’étude de la peste et présenter son auteur et ses œuvres ;
Etude de l’œuvre 2 : la pested’Albert - Situer l’œuvre dans son contexte et présenter sa structure.
Camus
 Aperçu biographique et
bibliographique
 Situation de l’œuvre
 Présentation de la structure de
l’œuvre

Etude de l’œuvre 2 : la pested’Albert - Analyser l’œuvre ;


Camus - Etudier et caractériser les personnages ;
 L’analyse de l’œuvre
 Etude des personnages

207
Etude de l’œuvre 2 : la pested’Albert - Dégager les thèmes de l’œuvre
Camus - Dégager la portée significative de l’œuvre.
 Etude des thèmes
 Portée significative

Etude de l’œuvre : Le candidat au - Introduire l’étude de l’œuvre le candidat au paradis refouléet présenter son
paradis refoulé de Mouimou Djekoré auteur et ses œuvres ;
- Introduction de l’étude le - Situer l’œuvre dans son contexte et présenter sa structure.
candidat au paradis refoulé ;
- Aperçu biographique et
bibliographiquede l’auteur ;
- Situation de l’œuvre et
présentation de sa structure.
Etude de l’œuvre : Le candidat au - Analyser la structure de l’œuvre ;
paradis refoulé de Mouimou Djekoré ; - Déterminer les thèmes ;
- L’analyse de l’œuvre ; - Etudier et caractériser les personnages de l’œuvre.
- L-étude des personnages et des
thèmes

208
Etude de l’œuvre : Le candidat au - Dégager la portée significative de l’œuvre ;
paradis refoulé de Mouimou Djekoré - Conclure l’étude de l’œuvre.
- La portée significative de l’œuvre
- La conclusion de l’étude de
l’œuvre.
Etude de l’œuvre : Cycle de sécheresse - Introduire l’étude de cycle de sécheresse de Charles Cheik Sow et présenter
de Charles Cheik Sow. son auteur et ses ouvrages ;
Introduction de l’étude de : Cycle de - Situer l’œuvre dans son contexte et présenter sa structure.
sécheresse de Charles Cheik Sow ;
- Aperçu biographique et
bibliographique de l’auteur ;
- Situation de l’œuvre et
présentation de la sa structure.

Etude de l’œuvre : Cycle de sécheresse - Analyser l’œuvre ;


de Charles Cheik Sow. - Etudier et caractériser les personnages
- L’analyse de l’œuvre ; - Etudier les thèmes ;
- L’étude des personnages et des - Dégager la portée significative de l’œuvre.
thèmes ;

209
- La portée significative de l’œuvre.

DÉFINITION DES COMPÉTENCES DE BASE

CB1 : Lecture expliquée et suivi.


L’élève doit pouvoir, dans une situation de communication orale, à partir d’un support visuel ou auditif, dans un registre
courant, s’exprimer oralement avec aisance, comprendre sans ambiguïté, maîtriser travers les lectures suivies et expliquées les
œuvres incites au programme de la classe de terminale.

CB2 : Grammaire et pratique de la langue


L’élève doit pouvoir, dans une situation de communication, à partir des supports visuels et auditifs, manifester sa maîtrise des
structures des phrases, des paragraphes, de la bonne utilisation de la ponctuation, de l’emploi judicieux des adjectifs et des
adverbes, de l’accord sujet-verbe et des participes passés, de l’utilisation efficace de la stylistique de la versification et de la
rhétorique de l’emploi adéquat des temps, des modes et de leur concordance.

CB2 : Technique d’expression


L’élève doit pouvoir, dans une situation de communication écrite, à partir d’un support visuel ou auditif, dans un langage courant
ou soutenu, produire par écrit des énoncés pour traduire sa compréhension d’un texte, réfléchir sur une idée, commenter un

210
texte, faire la lecture méthodique, présenter un exposé ou résumer un texte de manière pertinente avec le vocabulaire approprié et
le style requis.

FICHE DE DEVELOPPEMENT DE COMPÉTENCE


A. GRAMMAIRE ET PRATIQUE DE LA LANGUE
TROISIEME TRIMESTRE
OBJECTIFS D’APPRENTISSAGE (RESSOURCES)
DOMAINE DU SAVOIR COMPÉTENCES
Accord du verbe : accord du verbe avec - Employer correctement le verbe avec le sujet
un sujet pronom (personnel ou relatif). pronom
Accord du verbe : accord du verbe avec - Accorder correctement le verbe avec un suejt : cas
son sujet : cas particuliers. particulier.
Accord du participe passé employé avec - Connaître la règle de l’accord du participe passé dans
l’auxiliaire être les verbes construits avec être et avoir (cas du COD
posé après le verbe)
Connaître la règle de formation des temps composés.

211
TROISÈME TRIMESTRE
1. Sommaire
2.
3. CB1- Etude des thèmes et d’œuvres

4. Thème 4 : La condition humaine


1. Les soleils des indépendances (Amadou Kourouma)
2. La peste (Albert Camus)

212
THÈME IV. LA CONDITION HUMAINE

1ère Séquence
Introduction
La condition humaine est différente de la condition social. Elle est la situation
métaphysique de l’individu en tant qu’être dans l’univers, c'est-à-dire, sa destinée.
Alors que sa situation sociale est son rang, son appartenance a sa classe sociale.
Si les hommes se distinguent par leur condition sociale, leur condition humaine
reste la même ; mais c’est la manière de se comporte, de juger, d’appréhender les
événements, des situations qui naissent de cette condition humaine qui diffère d’un
individu a l’autre.
En effet, quels que soient sa société, son rang sociale ou sa race, l’être humaine vient
au monde, évolue dans le temps et meurt. Tout au long de sa vie, l’homme est
confronté a un certains problèmes allant du souci a la mort qui constituent pour lui
des épreuves de toutes sortes qui affectent heureusement ou malheureusement son
existence. Ces épreuves n’épargnent personne, même si l’on pense qu’il y a des
individus plus infortunes que d’autres. Mais si la condition humaine est la même
pour tous les hommes, les réactions et les comportements des humains devant les
différentes épreuves de la vie varient selon les individus et les sociétés, car ils
dépendent du contexte socioculturel.
Certaines personnes refusent de faire aux épreuves que subissent les humains et
cherchent par tous les moyens à écarter les influences maléfiques par des stratégies
occultes : consultation des marabouts, des guérisseurs et devins. Amadou Kourouma,
dans les soleils des indépendances n’as pas manqué de souligner à travers les
réactions de certains de ses personnages.
D’autres par contre, réagissent selon leur condition sociale : la position du père
Paneloux face à l’épidémie qui frappe les habitants d’Oran est différente de celle de
du Docteur Rieux dans la peste d’Albert Camus.
Dans tous les cas, l’homme est un être en perpétuelle lutte pour déterminer la cause
de ses malheurs et leur trouver des solutions. Et, face à la mort qui constitue

213
l’épreuve finale, il se pose toujours des questions pour lesquelles les réponses et les
altitudes divergent.
2e Séquence
Etude de l’œuvre : les soleils des indépendances
I. Biographie et Bibliographie de l’auteur
a-Biographie
Né en 1927 aux frontières du nord de la guinée et de la cote d’Ivoire, Ahmadou
Kourouma est de nationalité ivoirienne. IL effectue ses études primaires à Boundiadi
(Cote d’Ivoire) puis ses études secondaires à Bamako dans ce qui était alors le
soudan Française. Renvoyé en raison de ses activités politiques, il est enrôlé de force
dans l’armée et envoyé en Indochine. Libéré, il suit les études de droit a Lyon et se
spécialise dans les assurances. Il travaille dans ce domaine en côte d’Ivoire mais en
1963, il est soupçonné d’actions subversives et s’exile un temps en Algérie, au
Cameroun et au Togo. Installe en France de 1969 à 1971, il travaille dans une
grande banque parisienne ; cette dernier fera ensuite de lui le sous-directeur de sa
filiale ivoirienne a Abidjan. Enfin il a dirigé pendant plusieurs années l’Ecole
internationale des assurances de Yaoundé ; il ce poste jusqu’en 1983 ; Il a écrites
soleils des indépendances en 1968 qui a obtenu le prix de revue « Etudes Française
et Tougnantigui ou le Diseur de Vérité en été jouée a Abidjan en 1972. Il décède à
Lyon en France, le 11 décembre 2003 de suites d’une opération du cerveau.
b) Bibliographie
 Les soleils des indépendances, le Seuil 1970 ;
 Monnet outrages et défis, 1990 ;
 En attendant le vote des bêtes sauvages, 1998 ;
 Tougnantigui ou le Diseur de Vérité, 1998 ;
 Allah n’est pas oblige, 2000 ;
 Quand on refuse, on dit non, 2004, a titre posthume.

3e Séquence

214
II. SITUATION ET PRÉSENTATION DE L’ŒUVRE
Les soleils des indépendances, une œuvre écrite dans une atmosphère de répression
aveugle due au complot de 1963. En l’écrivant, l’auteur se libère du ressentiment.
Les thèmes comme le néocolonianisme, le régime présidentiel perverti, le parti
unique, le chômage, la censure, la paupérisation, l’inégale répartition des conquêtes
des indépendances y sont abordés.
C’est une œuvre engagée, car Kourouma lui-même le dit : « c’est un devoir de
l’intellectuel, un devoir de l’écrivain, si l’on sent quelque choses et si on a la chance
de pouvoir exprimer ce que l’on sent, on doit le dire ».
Fama représente toute la population de la capitale ou des villages qui vit cette
injustice et au delà de cette population africaine, celle de toutes les sociétés
traditionnelles confrontées aux agressions et aux exigences du monde moderne et
connaissent le même désarroi.
C’est un regard critique que Ahmadou Kourouma porte sur les nouvelles sociétés
africaines en tant que témoin d’une époque qu’il semble trouver plutôt laide, ou
règnent l’imposture, l’hypocrisie, le mensonge et ou le peuple sans conscience
politique est aigri et revanchard, méprisé par des politiciens qui en ont peur et qui
le flattent pour essayer de faire oublier qu’ils se sont enrichis trop vite sur son dos.
III. LA STRUCTURE DU ROMAN
Les soleils des indépendances est un roman qui comporte trois grandes parties
constituées de chapitre correspondant aux divers étapes de la progression de la
trame du roman.

4e Séquence
PREMIERE PARTIE
Cette partie s’ouvre sur la mort dans la capitale de la Cote d’Ébenes. Fama, princes
de Doumbouya, ruine par les indépendances est devenue un vautour, contraint de
vivre des obsèques et des funérailles. Venue tard aux obsèques du 7eme jour de Koné
Ibrahim, il est en colère par ce que vexé par les maladresses du griot. Humilité il
quitte la cérémonie au soulagement des autres participants qui savent qu’ils vont le

215
retrouver aux prochaines funérailles car « molosse ne se sépare de sa façon éhontée
de s’assoir »
Il se trouve dans la rue et projette de se venger de son agresseur en pestant en même
temps contre la bâtardise de la capitale par nostalgie pour le Horodougou, sa région
natale. Fama n’as tiré aucun profit des indépendances malgré une lutte acharnée
contre le colonialisme. Il repense à toutes ces déceptions tout en se dirigeant vers la
mosquée pour la quatrième prière. Une fois à la mosquée, il retrouve son calme et se
met à prier. Mais le caractère sacré de la prière est brusquement profané par
l’évocation sensuelle de sa femme, à la senteur de goyave verte. Conscient de ce
blasphème, il essaie de se réconcilier à Dieu. La nuit tombe, FAMA rentre chez lui
épuisé. Il ne parvient à remplir ses devoirs conjugaux malgré les sollicitudes de sa
femme.
Nous quittons alors Fama pour suivre Salimata toute la journée. Une journée de
déception et d’échecs au cours de laquelle elle revoit son passé tout en
accomplissant les tâches quotidiennes. Elle est ulcérée par l’impuissance de son mari
et des souvenirs douloureux de sa jeunesse lui reviennent. L’excision et le viol dont
elle a été victime. Elle est traumatisée par ces deux événements de son adolescence.
Son premier mariage lui laisse également un mauvais souvenir ; seule souvenir
heureux : la rencontre avec Fama autre fois à Horodougou, un Fama toujours
unique, déclencheur du désir de le toucher, de le frôler, de l’avaler, de l’écouter.
Que le Fama d’aujourd’hui est devenue décevant ; c’est pour lui pourtant qu’elle
lève tôt le matin, prépare le repas qu’elle ira vendre, au plateau (quartier
résidentiel) et cela deux fois par jour. Entre les deux ventes, elle assure la nourriture
de son mari malgré son désespoir, sa fatigue, malgré la chaleur.
Vers midi, la journée reste toujours triste pour Salimata, alors qu’elle vend son
repas en faisant crédit aux plus pauvres qu’elle (pourvu qu’ils disent qu’Allah t-
accorde un enfant. Elle est assaillie par une bande de guenilleux qui la maltraitent et
la dépouille du peu d’argent qu’elle a gagné. Où a-t-on vu Allah s’apitoyer sur un
malheureux ?

216
Angoissée, elle décide s’en remettre à son marabout. Mais les malheurs
continuent. Le marabout jusque-là vénéré être un concupiscent dont le plus grand
désir est de profiter de Salimata, simulant une guérison de sa stérilité. Epouvantée
par le sang du coq sacrifié, elle se rappelle du viol et de l’excision dont elle a été
victime. Salimata s’enfuit sous l’orage.

5e Séquence
DEUXIÈME PARTIE
Cette partie s’ouvre encore sur la mort. Lacina, le cousin de Fama que les Blancs lui
ont préféré comme chef de Horodougou est mort. Fama devient donc héritier de la
chefferie et doit se rendre à Togobala, son village natal dans la République de
Nikinaï. Le voyage s’effectue en compagnie de Diakité un autre ressortissant de
Nikinaï qui critique les méthodes arbitraires et cruelles du socialisme qui ne laisse
aucun choix à l’individu. Fama écoute et réfléchit, il n’a plus envié de cette
chefferie car dans ce monde renversé, c’est l’honneur sans les moyens, « un serpent
sans tête ».
Mais Lacina a laissé quatre veuves qui lui reviennent, dont une jeune femme qui le
tente à cause de sa fécondité le voyage continue et Fama pense avec angoisse à la
réaction de Salimata lorsqu’il reviendra avec une nouvelle épouse. Puis on arrive à
Bindia où Fama est bien accueilli avec tous les honneurs. Mais la nuit sera dure
pour lui, car les poux et punaises l’empêchent de passer une nuit calme. Profitant
de son insomnie, il évoque à nouveau l’histoire de la dynastie de Doumbouya ; le
voyage reprend au petit matin sans problèmes jusqu’à la frontière entre la côte des
Ebènes et la République socialiste de Nikinaï.
Là, un douanier ose interdire le passage à Fama qui n’a pas d e carte d’identité. Il
entre dans une colère vive et c’est grâce à la diplomatie du chef de poste qu’il se
calme pour reprendre le voyage où il arrive enfin à Togobala. Son village natal
oublié depuis vingt ans, n’est que ruines. Très vite, la joie de retrouver sa terre
natale fait place à un accueil triste : il assiste à un concert de lamentations aigues.
Sa première nuit sera encore plus difficile dans une petite case en attendant le

217
sacrifice qu’il doit offrir en l’honneur de son cousin défunt. Fama accueille le jour
avec plaisir et se prépare à recevoir tous les visiteurs.
Il accomplit son héritage : huit cases, neuf femmes dont sept vieilles qui refusent de
mourir, quatre hommes dont deux vieillards. Il faut noter également la présence
du féticheur Balla et du griot Diamourou qui vit grâce à la beauté de sa fille.
Tandis que Balla, des dons ceux qui font recours à ses services. Les deux luttent
en vain pour la restauration de la chefferie de Doumbouya qui doit éliminer les
indépendances, les comités des villages, les partis uniques et les présidents.
En attendant le retour improbable du pouvoir traditionnel, on se rend au cimetière
où même les tombes des princes se sont effondrés et sont devenues les domaines
des margouillats, des rats et des vautours. Fama passe une nuit peuplée de
cauchemars. Balla veille et les sacrifices lui donnent la quiétude. Les jours passent
semblable, monotones rythmés par les prières, les discussions qui occupent les
journées ; mais Fama est soucieux surtout la nuit car les cafards, les rats, les poux
l’empêchent de dormir, il songe et se sent même honteux de sa misère : tous
attendent de lui quelque chose, mais il n’a plus d’argent.
En même temps, il est soulagé de posséder Mariam, la jeune épouse de Lacina qui
l’a fasciné dès le premier jour. Et il oublie Salimata qui à côté d’elle ne vaudra pas
un demi-cola ; en attendant la fin du deuil. Il pense aussi aux nouvelles mœurs
politiques du Nikinaï. Il a été boudé par les membres du comité du village qui le
soupçonne d’un réactionnaire. Il est épié à longueur de journée par la brigade de
vigilance avant d’être admis membre du comité tout en restant chef coutumier.
Le quatrième jour de la mort de Lacina arrive enfin et il faut célébrer les funérailles
pour que son âme soit bien accueillie. Il faut verser le sang, mais malheureusement
l’époque est difficile et on n’a qu’un vieux bouc famélique à sacrifier, bouc goutant
moins de sang qu’une carpe. Contrairement à ce qui était décidé, d’offrir des
sacrifices exemplaires : funérailles grandioses. Apres ces funérailles Fama décide de
retourner à la capitale pour annoncer à Salimate son désir de revenir s’installer
définitivement à Togobale comme chef coutumier. Il part avec Mariam malgré les
mauvais pressages de Bella.

218
6e Séquence
TROISIEME PARTIE
Fama retrouve Salamata à qui, il présente Mariam.
Pendant neuf jours tout marche bien, mais brusquement Salamata explose et injurie.
Fama se débat entre ses épouses sans parvenir a maitriser la situation. On
abandonne les problèmes conjugaux pour aborder les problèmes politiques.
Le pays connait une agitation et Fama s’excite ; il sent ragaillardi par les rumeurs
d’incendie. Mais en réalité, l’agitation est légère et vite réprimée. Au milieu de tous
ces événements de désordre, de famine et des morts qui allaient enfin balayer les
pouvoirs illégitimes et fils d’esclaves, Fama s’agite ; il va de palabre en palabre,
consulte ministres et députés, mais en vain car tout le monde semblable visiblement
corrompu et il finit par se faire arrêter.
D’abord gardé dans les caves de la présidence, il est ensuite transféré à un autre lieu
de détention puis à un troisième ; mais ces lieux ne sont pas connus car « les choses
qui ne se disent pas n’ont pas de nom ». Il apparait seulement que Fama a été arrêté
pour une raison absurde. On l’accuse d’avoir raconté un rêve au ministre Nakou,
responsable du complot contre le président. Il est condamné a vingt ans de réclusion
criminelle. Fama a purgé sa peine, résigné, et dans un état lamentable. Il ne lui reste
qu’à attendre la mort.
Le temps passe et il n’y a aucune différence entre la nuit et le jour pour Fama qui
subit son sort en regrettant Salamata. Mais un événement brusque vient mettre fin à
son angoisse : il bénéficie d’une remise de peine générale et est couvert d’argent au
cours d’une autre cérémonie de réconciliation. Mais Fama ne participe pas a
l’allégresse générale, car ses deux épouses ne sont pas venues le chercher.

219
Salimata lui a préféré le marabout Abdoulaye, le marabout qui ne la dégoute plus et
Mariam un chauffeur de taxi. Fama décide de retourner à Togobale car l’idée de
rester dans la capitale lui est insupportable tant il s’y sent inutile et mal aimé. Il part
donc immédiatement souhaitant maintenant de mourir plutôt possible, prés des
tombes de ces aïeux. C’est à la frontière entre les deux républiques que la mort va le
faucher. Une fois de plus, les douaniers prétendent lui interdire le passage et Fama
s’insurge contre leur interdiction ; un vraie Doumbouya n’a pas besoin de
l’autorisation de tous les bâtards, des fils des chiens et d’esclave pour se rendre à
Togobala.
Dans une sorte d’hallucination, il franchit le pont qui sépare les deux Etats puis
enjambe le parapet puis se laisse tomber sur un banc de sable ou il est mortellement
blessé par un crocodile sacré. Emmené par ambulance à Togobala, il meurt avant
d’y arriver.
7e Séquence
IV ETUDE DES PERSONNAGES
Les soleils des indépendances met en scène des personnages de diverses couches
sociales dans une société en pleine évolution soudaine et brutale laquelle évolution
est à la basse de leur malheur.
 FAMA
Jeune, Fama « était le plus beau garçon du Horodougou ». Beau et riche autrefois,
son nom signifie roi en Malinké. C’est un roi déchu aujourd’hui vingt ans après,
Fama n’est plus ce qu’il était, comment en est-il arrivé la ? Toute sa vie n’est
qu’une suite de malentendus engendrant l’échec.
- Avant l’indépendance
Fama connait la première déception lorsque le commandant l’a dépossédé de la
chefferie au profit de son cousin Lacina méconnaissant sa valeur. Il a oublié qu’il
s’était enrichi pendant la colonisation et espère encore obtenir un poste
rémunérateur. C’est une naïveté. La désillusion est grande. Il n’obtiendra que la
carte d’identité et la carte du parti unique alors qu’ il a tout essayé pour retrouver sa
gloire passé en devenant secrétaire générale d’une sous section ou directeur d’une

220
coopérative. L’attitude de Fama dénote l’opportunisme et confirme qu’il n’as aucune
conscience politique.
- Après l’indépendance
Dévalorisé et n’ayant pas obtenu ce qu’il voulait, le prince de Doumbouya déchu
est condamné à vivre des restes et grâce à Salimata. Pour les autres, Fama n’est
plus qu’un vautour, car il ne vit que de la mort. Il se rend disponible à toutes les
funérailles pour gagner sa vie. C’est un homme impuissant à tous les points de vue.
Il a raté sa vie au village comme en ville. Fama prend conscience de son sort
pendant son séjour en prison et l’auteur nous le présente avec un peu de
sympathie. Fama accepte sa défaite et reste persuadé que cette défaite est l’effet de
son destin.
Sa mort apparaît comme une revanche contre la bâtardise, un refus de se soumettre
à la loi commune. Déchiqueté par un caïman sacré et non abattu par un vulgaire
garde-frontière.
En conclusion, nous retenons que Fama apparaît comme un opportuniste, égoïste.
Le dernier, nostalgique d’une Afrique à jamais perdue qui souhaite le retour d’un
monde o les premiers rangs reviendraient de droit à ceux qui les ont toujours
occupés et non à des fils d’esclaves. Un monde où il régnerait sans avoir de
compte à rendre aux autres. Il a une conception rétrograde de la société. Toutefois,
il ne faudrait pas croire qu’il n’a aucune raison de se fâcher avec la société. C’est un
inadapté certes mais le milieu dans lequel il vit n’a rien fait pour faciliter son
existence, ni celle de ses semblables. C’est pourquoi tout est bâtard dans ce nouvel
univers
 Salimata
Femme sympathique, infatigable et d’une beauté remarquable. Elle n’a pas d’enfant
et cette stérilité est une honte dans sa communauté. Cependant elle estime que si
elle reste fidèle à son mari et remplit bien son devoir religieux, son souhait serait
exaucé, d’o elle se comporte en épouse et musulmane exemplaire. Toutefois, elle ne
se contente pas seulement de prier Allah pour avoir cet enfant, mais elle se livre
aussi à des pratiques fétichistes. Son passé est une succession de malheurs et son

221
présent est une douloureuse déception. Cependant elle ne se décourage pas et
continue à lutter pour vivre et avoir un enfant. Mais, elle quittera Fama, détenu en
prison pour épouser Abdoulaye, le marabout.

8e Séquence
 Abdoulaye, le marabout
Il appartient à l’univers de Salimata, la femme de Fama qu’il a fini par épouser. La
rumeur publique fait de lui un marabout célèbre et on lui prête les pouvoirs
merveilleux que Kourouma trouve douteux marabout et sorcier à la fois, il a réussi
avec beaucoup d’adresse à imposer ses prétendus pouvoirs et ses services. Le
roman souligne qu’Abdoulaye est un mâle qui utilise des armes de marabout pour
obtenir ce qu’il veut. Il essaie de faire comprendre à Salimata toujours en se
retranchant derrière Allah.
Avec ce marabout, Kourouma donne un exemple de ces nombreux marabouts qui
savent parfaitement profiter de la crédulité des gens pour s’enrichir. L’auteur ne
semble pas adhérer à ce genre de pratique et s’il fait de son marabout un homme
vulgaire, c’est pour lui ôter sa crédibilité.
 Mariam
C’est la plus jeune veuve de Lacina que Fama a héritée. A la différence de Salimata,
elle est féconde, mais hypocrite. Tout le monde à Togobala sait que ses pleurs sont
hypocrites et qu’elle ment comme un aveugle, comme une édentée, vole comme un
toto. Pire, elle est séductrice et ne sait pas dire non aux avances qu’on lui fait. Elle
n’a jamais quitté Togobala et son attachement à Fama est un motif suffisant vers
l’invasion, la nouveauté. Par son portrait, elle représente un des signes de
l’évolution des mentalités et des mœurs, une évolution négative aux yeux de
Kourouma. Mariam est le symbole de l’émancipation. En se laissant séduire par ce
qu’il a d’artificiel, elle est victime d’un changement trop rapide et mal compris.

 Diakité

222
Originaire de Horodougou, Diakité est un personnage qui intéresse par ses
révélations sur le socialisme de NIkinaï, qui ne laisse aucun choix à l’individu. Dès
le début, on se rend compte qu’il n’est pas d’accord avec ce régime. Grâce à son
talent de conteur, il sait ménager son auditoire. Il rencontre Fama au cœur de son
voyage et c’est l’occasion pour lui de révéler les méthodes incroyables,
ahurissantes du socialisme au Nikinaï. Comment les hommes peuvent –ils se
permettre de ligoter , de déculotter et nouer le sexe d’un homme libre par une corde
et comme un chien à un pieu du pont sous prétexte qu’il ne participe pas à
l’investissemeny ? A cause de tels comportements son père, un riche notable, est
devenu assassin, condamné à être exécuté par un secrétaire général pour délivrer
son fils qui pourra s’enfuir grâce à la lune. Le père fut jugé et fusillé et l’on sent
que Diakité ne pardonnera jamais cette ignominie aux socialistes de NIkinaï. Il ne
retournera pas dans son village tant qu’il n’y aura pas de changements. C’est un
personnage déçu aigri, un déclassé qui attendait autre chose de l’indépendance.

9e Séquence

 Konaté
Il représente le négoce (les affaires) détruit par les indépendances et son opinion
rejoint celle de Diakité. Dans le camion pendant le voyage, il est le voisin de gauche
de Diakité bambara, il a aussi fui son pays pour sauvegarder ses intérêts financiers,
car le changement de billet allait être catastrophique pour ses affaires. Il est
convaincu au départ que le socialisme sera une bonne chose, mais après quand
toutes les difficultés seront aplanies. Pour le moment, il ne veut pas connaître les
rigueurs d’un régime qui s’installe avec la famine, la pénurie, les travaux forcés la
prison etc. quatre noms qui évoquent des réalités bien douloureuses. Konaté les
laisse aux autres, comme il leur laisse le soin de préparer un pays qui sera enfin à
son goût. C’est une attitude beaucoup plus égoïste que politique à la différence de
Diakité, Konaté n’a jamais souffert du nouveau régime. Hypocrite, il se donne de
bonnes raisons pour pratiquer le trafic de devises et de contrebande. Konaté est un

223
pur produit de ces nouveaux régimes autoritaires : devenu marginal pour
sauvegarder ses intérêts financiers, il n’a aucune conscience politique. L’égoïsme
seul le mène. Le personnage nous fait comprendre que le NIkinaï fait aussi fausse
route, il crée des déçus honnêtes, nombreux qui préfèrent s’exiler.

 Sery
Originaire de la Côte d’Ebènes, c’est l’apprenti chaffeur de Ouedrago, le patron de
camion. Il est passionné de la vitesse et la prudence de son patron au volant
l’énerve. Depuis le départ, il n’avait cessé de s’agiter de chanter et de protester ; lui
n’est pas un échappé du socialisme et il est content d’apprendre à son pays. C’est un
citoyen moyen type qui a trouvé une théorie expliquant les malheurs de son pays et
qui l’expose longuement, si pondéré qu’il a peut-être raison. Cette théorie est très
inquiétante. Sery est xénophobe ; il n’admet pas que les étrangers viennent
s’installer dans son pays, y occupent des postes importants et s’enrichissent. Il se
déclare à cet effet partisan de solutions radicales : il faut les chasser. Comme on l’a
fait avec les Dahomméens que les Français avaient installés e, Cote d’Ebènes. Sery
veut bien tolérer les Mossi et les Haoussa qui font les travaux domestiques pénibles
et dangereux que les autochtones ne veulent pas les faire. Mais, ils ne supportent
pas les Nagos qui arrivés les mains vides, finissent toujours par s’enrichir. Par son
attitude, Sery représente ceux qui ne supportent pas la réussite des autres et qu’ils
accusent de tous les maux alors qu’ils auraient dû chercher les causes réelles de
leurs propres échecs pour y remédier.

 La masse populaire
Elle constitue l’arrière-plan social du roman. La santé du peuple est significative de
la santé économique d’un Etat. Or, le peuple vit dans la misère. La côte d’Ebènes
aux heures des indépendances est dépassée par l’arrivée massive d’étrangers qu’elle
n’arrive pas à nourrir. Cette masse pauvre vit autant en ville qu’en campagne. La
capitale grouille de badauds qui traînent à la recherche d’un emploi hypothétique.
Des mendiants jalonnent les rues et envahissent les lieux publics. Cette masse

224
d’hommes pour la plupart infirmes (aveugles et lépreux) inaptes au travail, est
agressive et prête à la violence. Ces hommes n’ont rien d’humain et l’auteur nous
les présente dévorant à même le sol comme des bêtes. Même les travailleurs mènent
une vie misérable, car leur rémunération ne leur permet pas de joindre les deux
bouts. C’est le monde du chacun pour soi où l’on ne s’aide pas, on se jalouse au
contraire.
Au village également la vie économique n’est plus encourageante. Le peuple meurt
lentement, même s’il vit encore en communautés, respecte certains principes
anciens ; des habitants sont faméliques. Ils sont écrasés par les impôts, les
cotisations du parti unique et autres contributions monétaires. L’auteur présente
donc un tableau pessimiste du peuple. Ce peuple misérable est le symbole du
pourrissement d’une société. Dans cette nouvelle société, l’individu n’a aucune
valeur. Il est nié, méprisé par ceux possèdent l’argent et le pouvoir. C’est également
un avertissement de l’auteur, car le peuple misérable est aussi mûr pour la révolte.

10e Séquence
ETUDE DES THÈMES
A l’aube des indépendances, la société Malinké à laquelle s’est intéressé
particulièrement Kourouma connaît une profonde crise des valeurs, aussi bien en
milieu traditionnel qu’en milieu urbain entraînant la dégradation du tissu social et
la mort qui préfigure la disparition d’une société à visage humain. Dans la nouvelle
société naissante, c’est une impression d’agressivité et de violence dues à la misère
qui domine. Les indépendances ont supprimé certaines structures traditionnelles et
beaucoup ne se retrouvent plus, incapables de s’insérer dans de nouveaux cadres
auxquels ils ne comprennent rien, parce que mal préparés à les affronter.
1. La déchéance physique
Ce thème paraît fondamental dans le roman. De la situation initiale à la situation
finale du récit, tout se dégrade. Fama, le héros, évolue dans un espace social où rien
ne lui semble être favorable. « Analphabète comme la queue de l’âne », Fama est un
homme déchu moralement et physiquement. Les indépendances l’ont confiné dans

225
un contexte de vie où il est anéanti. Il est contraint de trouver sa pitance
journalière que dans les funérailles. Les distances parcourus d’une place mortuaire à
une autre le déprime physiquement. On ne lui voue aucune considération comme ce
fut le cas avant les indépendances. Fama est un homme dépouillé de toute valeur
morale. Un homme sans descendance. Le comble de sa déchéance est le fait qu’il
soit devenu un charognard : « c’étaient les immenses et hontes, aussi grosses que la
vieille panthère surprise disputant des charognes aux hyènes, que de connaître
Fama courir ainsi pour des funérailles. Lui, Fama, né dans l’or, pour choisir le
manger parmi l’honneur et les femmes ! Eduqué pour préférer l’or à l’or, pour
choisir le manger parmi d’autres, et coucher sa favorite parmi tant d’épouses !
Qu’est-il devenu ? Un charognard… »
2. Les inégalités sociales
Les soleils des indépendances ne présentent non seulement une société en pleine
mutation, mais qui se dégrade aussi au contact des temps modernes. Les uns
s’enrichissent sur le dos des autres. La grande majorité des personnages du roman
sombre dans la misère pendant que la minorité aux commandes vit dans une
opulence choquante.
3. La religion politique
La religion politique en place est celui du colonisateur blanc qui a suppléé la
monarchie des malinkés. Il instaure un pouvoir représenté par les ministres, les
administrateurs, les douaniers et autres auxiliaires. Ces derniers brillent tristement
par la dictature, la corruption, les injustices et les spoliations. Fama set la principale
victime de ce régime politique. Dernier prince légitime, il ne pourra plus hériter la
royauté traditionnelle. Sa mort symbolise la mort d’une politique africaine qui se
fonde sur la tradition.
11e Séquence
4. La tradition et ses représentants
Tout l’univers du roman nous présent une société où la tradition est le socle de tout.
Tout se passe et se vit en milieu rural selon les principes édictés par la tradition dont
le totem est la panthère. Si fama se rend aux funérailles de son cousin, c’est pour ne

226
pas enfreindre les règles de la tradition. Et c’est aussi au nom de cette tradition qu’il
doit tout hériter de son cousin défunt. Les forgerons, les griots et les guérisseurs en
sont les dignes représentants. À Togobala où Fama s’était rendu pour les funérailles
de son cousin Lacina, il est assisté, pendant son séjour, par Bella et Diamourou,
respectivement griot et guérisseur.
La condition de la femme
La femme en milieu rural est soumise et privée de toute liberté et d’initiative
personnelle. Son devoir sacre est celui de faire le bonheur de son mari et partant
celui de la communauté. C’est le cas de Salimate. Une femme respectueuse, et
dévoué a la cause de la religion. Tous ces efforts convergent vers le bien-être de son
mari et de ceux qui l’entourent. Mais l’oppose de Salimate, Mariam est le comble
d’une émancipation, d’une évolution négative. En se laissant séduire par le taximan,
elle est victime d’un changement trop rapide et mal compris.
5. La religion
Le récit présente un peuple musulman, adepte de l’islam. Le couple Fama est
musulman et acquise à la cause de l’islam. Même dans sa déchéance, Fama n’ose
jamais rater aucune séance de prière. Salimate non plus ne manque à ses devoirs de
l’épouse musulmane. Le thème de religion se découvre surtout chez le marabout
Abdoulaye qui se considère comme le représentant de l’islam mais dont le
comportement est aux antipodes des textes sacrés du coran. Fourbe et concupiscent,
Abdoulaye est de ceux qui sont en panne de conviction religieuse et qui profitent de
la religion pour satisfaire leurs propres désirs.
6. La stérilité
Le thème de la stérilité est toujours présent et dominant dans ce roman qui
commence même par la mort. L’œuvre évoque surtout la stérilité du couple Fama-
Salimate. La stérilité de Fama à une cause lointaine, une fatalité historique : la fin
d’une race et ses croyances. Fama, dernier prince Doumbouya meurt donc sans
descendance entraine avec lui la fin d’une race. D’une manière générale, la stérilité
dans les soleils des indépendances traduit la disparition définitive d’une classe
sociale et culturelle : celle des chefs traditionnels. Elle est également le symbole

227
d’une époque qui disparait : l’époque ou le continent africain fessait la fierté de ses
fils. Elle traduit l’impossibilité pour l’Afrique à revivre son passé au nom d’un retour
a l’authenticité. En fin, la stérilité dans cette œuvre peut signifier l’incapacité de
l’Afrique de ce doté de structure sociales et politique viable qui puissent garantir
son plein développement à l’ère des indépendances. Cette vision de l’Afrique du
début des indépendances demeure en effet pessimiste et on pourrait y voir le
symbole d’une Afrique « mal partie » des années 1960.

12e Séquence

VI La portée de l’œuvre
Les soleils des indépendances signifient l’époque des indépendants ou celle de
libérations. Soleil associe à indépendances évoque la joie, le bonheur. On s’attend à
voir une société heureuse dans laquelle chacun aurait trouvé ce qu’il espérait depuis
longtemps. Or, c’est la peinture sombre d’une société dégradée que le roman nous
présente. À l’aube des indépendances, la société Malinké comme la plus part dans
les sociétés africaines, connait une profonde crise des valeurs aussi bien en milieux
traditionnels qu’en milieux urbain. Les prises de position de Fama ne sont pas toutes
cautionnées par l’auteur mais au-delà de sa colère, Kourouma veut critiquer les faits
et les institutions de la nouvelle société et montre sa foi en les valeurs humaines
qu’il faut s’empresser de reconsidérer sous peine d’anéantissement. Car si tous
meurt dans le roman, cela préfigure la dégénérescence, la dégradation des sociétés,
d’après les indépendances. Cette déchéance, cette mort permanente des valeurs
morales, politiques, culturelles et surtout humaines dans le roman sonne le glas
d’une Afrique traditionnelles condamné à mourir pour faire place à une Afrique
moderne.
Les thèmes retenus sont très sérieux. Amadou Kourouma montre les tares d’une
société en pleine mutation qui, selon lui est plutôt mal dirigée. Comme on le voit il
ne croit pas aux institutions : qu’elle soit traditionnelle ou politiques, elles cultivent
et entretiennent l’injustice et la misère. L’auteur ne propose pas un modèle de

228
société mais les critiques qu’il formule montre l’avènement d’un monde qui soit
pleinement humain, un monde dans lequel tous les hommes pourraient être eux-
mêmes au lieu de jouer un rôle en se retranchant derrière des mots creux.

229
THÈME IV. LA CONDITION HUMAINE

SEANCE 2

ŒUVRE ILLUSTRATIVE 2 ; LA PESTE (ALBERT CAMUS)


1e Séquence
I. PRÉSENTATION DE L’AUTEUR
1. Biographie

Albert Camus est né le 07 novembre 1913 à Mondovi en Algérie dans une famille
très pauvre. Ses parents sont Lucien et Catherine Camus. Malheureusement moins
d’un an après sa naissance son père meurt dans un hôpital militaire de suite de
blessures à la bataille de Marle en 1914. Albert Camus grandit sous l’immense soleil
d’Alger et fait ses études à l’école communale.

En 1923, son instituteur Louis Germain le remarque et lui donne des leçons
particulières pour entrer en 6ème au Grand Lycée d’Alger.
Puis en 1924, il entre au Lycée Bugeaud où il découvrit sa passion pour le
football et se fait rapidement une réputation.
En 1934, Camus épouse Simone Hié puis divorça deux ans plus tard pour
épouser Francine avec laquelle il eut des jumeaux.
1957, on lui donne le prix Nobel de littérature.
Albert Camus est mort dans un accident de voiture le 04 janvier 1960.
Camus est un des plus importants écrivains français du vingtième siècle. Sa
philosophie s’occupe de l’absurdité de la vie et de l’humanisme. Il ne croyait pas en
Dieu. Il pensait que c’était la nature humaine qui donne à l’action (la vie) son sens
et ses limites. Albert Camus était en même temps essayiste, romancier et un auteur
dramatique. Il travailla aussi au journal Paris-Soir, puis aux éditions Gallimard.

2. Bibliographie

Albert Camus est l’auteur de plusieurs œuvres parmi lesquelles on peut citer :

230
 La Mort heureuse en 1936,
 La Révolte dans les Asturies en 1936
 L’Envers et l’Endroit en 1937
 Le Mythe de Sisyphe en 1942
 L’Etranger en 1942
 Caligula en 1944
 Le Peste en 1947
 Les Justes en 1949
 L’Homme Révolté en 1951
 La Chute en 1956
 Les Noces

2e Séquence

II- PRESENTATION DE L’ŒUVRE


LA PESTE (ALBERT CAMUS)
La Peste (1947) est un roman sous forme d’une chronique, celle du docteur Rieux. Il
retrace les événements qui se sont déroulés à Oran lors d’une épidémie de peste qui
a amené les autorités à mettre la ville en quarantaine. Allégorie de la guerre et du
Mal, la peste révèle la lâcheté des uns et le courage des autres. Lucide sur la nature
humaine, Camus n’en insiste pas moins sur les valeurs de solidarité et de générosité
qui guident désormais les héros ordinaires d’un monde sans Dieu.

1. Structure de l’œuvre
Le roman la Peste comprend cinq parties de longueur inégales :
 La première (P.11 Ŕ P.64) : la naissance de l’épidémie
 La deuxième (P.67 Ŕ P.152) décrit le comportement des principaux
personnages, confrontés au fléau.
 La troisième partie (P.155 Ŕ P.170), la partie centrale, ne comprend qu’un
chapitre. Le narrateur marque une pause dans le récit pour décrire les effets
de la peste sur la vie quotidienne

231
 La quatrième (P.173 Ŕ P.239) : présente l’évolution de certains de ces
personnages, sous la pression des évènements (Rambert, le prêtre, le juge).
 la dernière (P.243- P.279) : le déclin de l’épidémie
o Le roman comprend au total 279 pages.

3e Séquence

2. RÉSUMÉ DE L’ŒUVRE
Le narrateur se propose de nous relater, en tant que simple témoin, historien et
chroniqueur, le plus simplement possible les événements qui se sont déroulés à
Oran en 194… La destruction de cette petite ville Algérienne avec ses mœurs et
ses habitudes.

Première partie : L'apparition de la maladie

Le matin du 16 d'avril 194X, le docteur Rieux fait une découverte étrange : un rat
mort sur le pas de sa porte. D'emblée, il pense à une blague cynique des enfants du
quartier ; il prévient alors le concierge de l'immeuble, Monsieur Michel, qui vient
lui-même s'en assurer. Ils demeurent intrigués, mais n'envisagent pas qu'il puisse
s'agir là du début d'une épidémie. Par ailleurs, le docteur Rieux est trop occupé par
l'état maladif de sa femme pour y penser plus longtemps : il doit à ce titre l'emmener
à midi à la gare pour qu'elle rejoigne le village voisin, mieux équipé médicalement.

Quelques jours plus tard, les journaux font état d'une autre découverte macabre,
d'une toute autre ampleur : des milliers de rats ont été trouvés morts, sans raison
apparente. Les habitants se questionnent sur la propreté de la ville, tout en
s'effrayant des potentielles conséquences. La ville s'empresse de tout nettoyer ; les
tensions diminuent à la faveur des journalistes qui rapportent une baisse de la
mortalité chez les rats.

232
Pourtant, les tentatives de minimiser l'événement se heurtent à la réalité : la
maladie vient bientôt frapper les hommes, avec le concierge pour première victime.
Malgré les efforts du docteur Rieux, Monsieur Michel décède rapidement. Le
médecin est touché par ce décès si brutal, dont il n'a pas pu identifier les
symptômes…
Peu après la mort du concierge, un employé de mairie, Grand, vient consulter le
docteur Rieux, inquiété par le nombre de rats morts. Cottard, lui, tente de se
suicider mais est ramené à la raison par le médecin. Celui-ci, ayant l'intuition que la
peste est la maladie en question, cherche une confirmation dans le diagnostic de son
confrère Castel. La bactérie est bien « le bacille yersinia pastis », celle caractérisant
la peste. Les morts s’enchaînent sans raison. La panique devient générale. Les
médecins se réunissent autour du préfet et envisagent des mesures à prendre pour
enrayer l’épidémie. Mais, les sérums sont inexistants et il faut envoyer les chercher
à Paris. L’hôpital est plein de malades qui meurent presque tous les jours. Rieux
s'échine alors à convaincre la municipalité de placer la ville en quarantaine pour
juguler la propagation de la maladie. Il obtient finalement gain de cause, la ville est
fermée, interdite d'accès, après que La préfecture envoie un rapport sur la situation
à la capitale et reçoit l’ordre de déclarer qu’il s’agit de la peste et qu’il faut fermer
la ville. C’est-à-dire mettre la ville en quarantaine pour éviter la propagation de
l’épidémie. Il est interdit de correspondre ou de téléphoner à quiconque à l’extérieur
de la ville. Chacun compose avec la solitude, déplorant l’absence de parents, d’amis
ou d’époux.

4e Séquence

Deuxième partie : La peur dans la ville

Voilà la ville d'Oran seule avec la mer, ses habitants coupés du monde. Ce
cloisonnement provoque un changement d'attitudes chez les habitants, pris de folie
et de panique. Mais ils deviennent également méfiants, se renfermant sur eux-
mêmes, développant un égoïsme violent. Le docteur Rieux tente quant à lui de

233
soigner les patients malades. Rambert, un journaliste, sollicite son aide pour
rejoindre sa femme qui se trouve à Paris ; mais il échoue à le convaincre, la
situation étant trop dangereuse. Les deux deviennent néanmoins un soutien mutuel.
Ils trouvent également dans Tarrou, le fils du procureur et extérieur à la ville, une
aide précieuse ; celui-ci a confiance dans la force de l'Homme et dans sa capacité à
surmonter cette épreuve, en s'appuyant sur la solidarité. Cottard, lui, semble se
satisfaire de la situation, après avoir plaidé la folie pour expliquer sa tentative de
suicide. Il profite de l'environnement anxieux pour se livrer à des trafics lucratifs.
Grand entreprend, de son côté, la rédaction d'un livre mais reste désespérément
bloqué sur la première phrase. D'une manière générale, la situation est critique : les
gens se renferment et perdent goût dans la vie.

La Peste continue à faire des victimes. Les autorités ecclésiastiques de la ville


décidèrent de lutter contre la peste à leur manière en organisant une semaine de
prière collective. Ces manifestations de la piété publique se terminent le dimanche
par une messe solennelle placée sous l’invocation de saint Roch, le saint pestiféré. A
cette occasion le Père Paneloux prononce un prêche profitant du fléau pour ranimer
la foi des citoyens : la peste est un châtiment de Dieu. Les mécréants et les
malveillants seront punis. La situation demeure catastrophique jusqu’en Juin. Les
sérums venus de Paris sont inefficaces.

5e Séquence

Troisième partie : La propagation de l'épidémie

Trois mois se sont écoulés depuis les premiers rats décédés ; voilà l'été qui arrive,
avec des tensions arrivées à leur point le plus haut. La propagation de la peste ne
faiblit pas et les morts, si nombreux, ne peuvent plus être enterrés ; ils sont
simplement jetés dans une fosse commune.

234
La psychose gagne alors les habitants. Certains patientent mollement jusqu'à ce que
leur heure soit venue ; d'autre, mus par l'instinct de survie, se livrent à des pillages
de toute sorte.

La municipalité d'Oran, dépassée, se voit obligée de réprimander et sanctionner les


abus ; mais rien ne peut redonner espoirs aux gens. Ils ont perdu l'espoir de
retrouver une vie normale et leur démence ne saurait être contrôlée par la justice.
La peur est partout sur les visages. Les Oranais commettent des actes absurdes :
incendie des maisons dans le but de bruler la peste. Le pillage se propage dans la
ville. L’état de siège est proclamé. Le couvre-feuinstauré. Le nombre de morts est tel
qu’on installe des fosses communes, puis des fours crématoires pour se débarrasser
des corps. La ville est en proie aux pillages. Les habitants abdiquent, les résistants
s’épuisent.

6e Séquence
Quatrième partie : l’évolution de certains de ces personnages, sous la pression des
évènements (Rambert, le prêtre, le juge).

L'automne est arrivé. Rambert obtient la possibilité de partir rejoindre sa femme à


Paris mais, marqué par des mois de lutte aux côtés de Rieux et de Tarrou, il préfère
rester pour continuer le combat.

Néanmoins, le fils du juge Othon tombe malade à son tour. Rieux se trouve toujours
impuissant et souffre lui-même de le voir souffrir. Le jeune garçon meurt dans
d’atroces souffrances sous le regard impuissant du docteur Rieux et du Père
Paneloux. Horrifié par ce dont il a été le témoin, Paneloux prononce un second
prêche. Il y exprime son incompréhension, sa colère contre un monde, un Dieu qui
laisse mourir des innocents. Le père Paneloux, touché par l'absurdité de la
situation, commence à douter de sa foi et se réfugie dans la solitude. Las, il finit par
mourir de la peste le crucifix dans la main, en ayant refusé les soins du docteur. En
décembre Rieux reçoit la visite d’Othon. Ce dernier rejoint les rangs des résistants.

235
Lorsque Noël arrive, c'est Grand qui est touché. Il se persuade qu'il est condamné ;
mais, contre toute attente, le sérum développé par Castel devient soudainement
efficace et il s'en sort. A cette nouvelle, la ville est rassérénée. Ils observent même le
retour des rats. L'espoir renaît enfin et l'on peut le voir dessiner les traits du visage
des habitants.

7e Séquence
Cinquième partie : le déclin de l’épidémie et fin du traumatisme

Le calme est de retour malgré la persistance de la maladie, mais dont les victimes
sont toujours moins nombreuses ; la joie de vivre s'immisce à nouveau dans les
cœurs.

Néanmoins, parmi les dernières victimes, on déplore Tarrou, qui laisse son carnet de
notes à son compagnon de lutte, le docteur Rieux. Cottard devient pour sa part
complètement fou, lorsqu'il apprend la fin de l'épidémie : il tire sur des passants
depuis la fenêtre de son appartement, et on l'incarcère. Cette même journée, le
docteur est prévenu par télégramme du décès de sa femme, qui a succombé à la
tuberculose. Il est alors accablé par la tristesse, après avoir lutté pratiquement un an
contre un mal qui l'a éloigné d'elle.

C'est en février que la ville peut finalement rouvrir ses portes. Les habitants en sont
soulagés et savourent leur liberté retrouvée. Ils reçoivent l'expérience comme une
leçon de vie.

Le lecteur apprend finalement que le narrateur est bien le docteur Rieux, dont le
nom était jusqu'alors resté tu. Tout l'ouvrage pouvait s'apparenter à un journal
intime, procédé par excellence du témoignage, pour que personne n'oublie le passé.
Grand reprend son Roman et Rieux décide de rédiger les chroniques de la peste afin
que personne n’oublie cette tragédie.

236
8e Séquence
ETUDE APPROFONDIE DE L’ŒUVRE
Objet d'étude : « Le roman et ses personnages : vision de l'homme et du monde »
Problématique : En quoi le fléau qui s'abat sur la ville d'Oran est-il révélateur du
regard que porte le romancier sur l'homme et le monde ?
SYNTHÈSE : « LA FONCTION SYMBOLIQUE DE LA PESTE ET LE SYMBOLISME
DES PERSONNAGES »
Proposition de synthèse :
a. La fonction symbolique de la peste :
En analysant la dimension allégorique / métaphorique de la peste dans le roman
on distinguera trois points :
La dimension métaphysique: la peste comme allégorie de la condition
humaine.
 Habitant d’Oran = homme en général
 Ville d’Oran = Toute ville moderne = microcosme représentant le monde
 Peste qui touche l’homme = représentation de l’absurdité de la condition
humaine
 Peste = symbole du mal qui est dans l’homme (« l’homme est un loup pour
l’homme » = l’homme est naturellement mauvais.
 Peste = symbole de l’homme « meurtrier » volontairement ou malgré-lui (de
« meurtrier » inconscient à « meurtrier raisonnable » à « meurtrier innocent
») => « Ce qui est naturel, c’est le microbe »

La dimension religieuse: deux idées principales


 Peste = châtiment divin pour l’impiété de l’homme
 Peste = symbole de l’homme qui porte la tare du péché originel $

La dimension historique.
 Attention, le texte de Camus fonctionne uniquement sur des allusions aux
événements de la 2de guerre mondiale : rien de permet au lecteur d’affirmer

237
de manière péremptoire que la peste représente le nazisme, il s’agit d’une
interprétation parmi d’autres.
 Peste = peste « brune » = nazisme qui s’abat sur l’Europe (LA n°3 :
références explicites aux événements de la 2de guerre mondiale : spéculation,
marché noir, camps d’isolement, utilisation de stades)
 Plus généralement, peste = toute forme de totalitarisme, de dictature
politique
 Ville d’Oran = métaphore / allégorie du monde pendant la seconde guerre
mondiale (la liesse d’Oran libérée rappelle la libération de Paris, par
exemple)

9e Séquence
b. Le symbolisme des personnages :
On s’attache à quelques figures clefs du roman dont le rôle dépasse la simple
fonction d’actant dans le récit.
Le docteur Rieux : C’est le symbole de l’homme révolté qui lutte contre la
peste (et se sauve de l’absurde) par des moyens purement humains en
agissant dans le quotidien pour soulager la souffrance des autres. Il ne juge
pas les autres, et ne conceptualise pas ses actes et se caractérise par un
profond humanisme et une morale de l’action purement humaine, loin des
abstractions et des errements du langage ou des idéologies toutes faites
(religion, engagement politique, …). C’est, sans doute, le personnage le plus
proche de Camus et de ses idées. Ce personnage occupe dans La Peste une
place tout à fait originale. D’abord, parce qu’il est assez largement le reflet de
l’auteur, dans sa recherche pour fonder un nouvel humanisme ("Le plus
proche de moi, ce n’est pas Tarrou, le saint, c’est Rieux le médecin", déclarait-
il en juin 1947). D’autre part, c’est lui le narrateur de cette chronique
imaginaire, bien que celle-ci soit écrite à la 3e personne, et qu’il ne dévoile
son identité qu’à la fin. Paradoxalement, ce souci de discrétion, ce désir de ne
pas s’attribuer un rôle central dans le récit des événements, renforcent la

238
présence de Rieux, et, plus encore que dans ses actes ou ses pensées
explicites, c’est dans son travail d’"écrivain malgré lui", dans les plus subtiles
inflexions de son style que nous pourrons déceler les traits les plus profonds
de sa personnalité.

TARROU : Symbole de l’homme absurde, celui-ci ne parvient pas à dépasser


sa condition d’homme absurde car il ne croit pas véritablement en l’homme
et a renoncé à l’action collective. Il est, en quelque sorte, figé dans sa position
de « victime » et de « saint sans Dieu » qu’il désirerait être. Il privilégie
l’intellectualisation, l’abstraction et le langage au détriment de l’action, ce qui
le condamne à mourir à la fin du roman.

10e Séquence
Le père PANELOUX : Symbole de l’homme qui cherche une réponse à
l’absurde dans l’au-delà (ou plus généralement dans toute transcendance), il
trouve une justification à la peste dans une foi aveugle, dans un Dieu qui
nous dépasse. Sa mort dans le roman est significative : elle montre l’échec de
toute tentative de solution à l’absurde par des moyens qui dépassent
l’homme. Dans son premier sermon il commence avec une phrase violente,
qui sera l’optique de tout son discours. Il établit ainsi un lien entre la peste et
les péchés des Oranais auxquels il reproche leur mollesse, leur manque de foi
en matière de spiritualité et leur confiance en la pitié de Dieu. Il explique aux
oranais que c’est de leurs fautes si il y a la peste à Oran. Aussi, il explique la
présence de la peste en disant que finalement Dieu a détourné son visage de
la ville et l'a livrée à la peste car ils sont « inintéressants ». Il dit que le
malheur a toujours frappé les ennemis de Dieu, les orgueilleux et les
absurdes. Il ne veut pas dire que ceux qui n'ont pas commis de péchés ne
peuvent pas attraper la peste, mais qu'ils ne doivent pas craindre la maladie
et la mort puisqu’ainsi ils gagneront le salut éternel s’ils ont la foi. Et ils iront
ainsi au paradis. Dieu se servant du mal pour conduire au bien, la peste

239
permettra de vaincre la mollesse des Oranais : elle ouvrira leurs yeux, ils
comprendront qu'ils ne se sont occupés jusqu'ici que de choses secondaires,
qu'ils ont oublié de voir l'essentiel .Ils ne doivent pas désespérer, la seule
solution, c’est de se repentir.

11e Séquence
COTTARD : Symbole de l’homme moyen, pas véritablement conscient de
l’absurdité de l’existence, c’est le modèle du « profiteur » égoïste qui sera
finalement jugé à la fin de l’œuvre. Cottard, c’est un criminel qui est auteur
d’un crime, dont nous ne savons rien, mais qui n'est pas un assassinat. Il tente
de se suicider pour échapper à la justice ou pour lancer une sorte d’appel au
secours. Devant le fléau, lui qui vit en dehors de la population, semble
éprouver une malsaine satisfaction dans le malheur de ses concitoyens, se
réjouit d’échapper ainsi au châtiment. Il devient en quelque sorte un
collaborateur de la peste.
D’ailleurs, Tarrou s’intéresse à lui, parle fréquemment de lui. On le voit
évoluer à travers ses carnets qui comportent une rubrique intitulée ‘’Rapports
de Cottard et de la peste’’. Il essaie de le comprendre et non de le juger, car il
a définitivement refusé de jouer le rôle de juge et montre une grande
indulgence. Pour lui, sa tentative de suicide s'explique par sa crainte de
devoir sortir de ses habitudes et par sa peur de la solitude.
Lorsque la peste est vaincue et que les portes de la ville s'ouvrent, ce retour à
la normale représente pour Cottard la reprise de l'enquête et la condamnation
; il peut craindre la prison. Il sombre alors quasiment dans la folie, se
retranchant dans une maison et tirant sur tout. Il est pris par la police, puis,
passé à tabac et enfermé.
Cottard symbolise donc la collaboration : c’est un des rares personnages à qui
la peste est profitable, c’est en quelque sorte le « profiteur de la peste ».

12e Séquence

240
ETUDE THÉMATIQUE
1. Définition et philosophie de l’absurde
a) Définition de l’absurde
L’étymologie du mot absurde vient du latin absurdus qui signifie ‘’dissonant’’.
L’absurde est ce qui est contraire et échappe à toute logique ou qui ne respecte pas
les règles de la logique. C’est la difficulté à comprendre le monde dans lequel l’on
vit. C’est avant tout un degré de comique très élevé. Il signifie ce qui n’est pas en
harmonie avec quelqu’un ou quelque chose, par exemple une conduite absurde est
un comportement anormal, un raisonnement absurde est un raisonnement
complètement illogique.
Dans le langage courant, ce mot désigne ce qui n'a pas de sens (par exemple. Ce
concept a été défini par Camus dans Le Mythe de Sisyphe (1942), repris dans
L'Etranger (1942), puis au théâtre dans Caligula et Le Malentendu (1944). L'Absurde
commence avec la prise de conscience du caractère machinal de l'existence et de la
certitude de la mort à venir au bout d'une vie où le temps fait succéder
inexorablement chaque jour l'un à l'autre (« Sous l'éclairage mortel de cette destinée,
l'inutilité apparaît. Aucune morale, aucun effort ne sont a priori justifiables devant
les sanglantes mathématiques de notre condition »). L'Absurde naît aussi de
l'étrangeté du monde qui existe sans l'homme et qu'il ne peut véritablement
comprendre. L’absurde est ainsi la conséquence de la confrontation de l’homme avec
un monde qu'il ne comprend pas et qui est incapable de donner un sens à sa vie («
Ce divorce entre l'homme et sa vie, l'acteur et son décor, c'est proprement le
sentiment de l'absurdité. »)
13e Séquence
2. L’absurde dans la peste
a. La séquestration et la solitude
Le thème de la séquestration (le fait d'être enfermé et isolé) est fréquent chez les
existentialistes. Sartre l'utilise dans plusieurs œuvres, dont notamment Huis Clos:
trois personnages s'y retrouvent enfermés pour l'éternité dans une chambre en enfer.
Sartre va étudier leurs réactions et arriver à la conclusion célèbre: "l'enfer c'est les

241
autres." Camus, lui aussi séquestre ses personnages, tous les protagonistes de La
Pestesont séquestrés dans Oran. De plus, pour Camus, la perte de la liberté est un
des principaux malheurs qui puissent frapper l'homme. Ainsi Oran, enfermé dans ses
murs, entourés de gardes, le dos tourné à la mer, illustre toutes les tyrannies, toutes
les dictatures qui enlèvent à l'homme sa liberté. Les oranais souffrent physiquement
des tortures de l’épidémie. Une fois en quarantaine, ils constatent que ce mal
physique ne leur est jamais seul. Mais il s’accompagne des peines et des souffrances
morales. La séparation, la peur, les inquiétudes et les décès constituent une douleur
morale atroce pour la population.
14e Séquence
2. L’absurde dans la peste
b. La mort
La mort pèse sur notre vie, elle est un des aspects principaux du caractère absurde
de notre condition. Or, de nos jours, nous faisons tout pour refouler l'idée de notre
mort, pour la passer sous silence. Le mourant est enlevé à sa famille et passe ses
derniers moments dans les locaux aseptisés d'un hôpital, loin des regards des
hommes. Notre société hédoniste (sensuelle) entièrement orientée vers la recherche
du plaisir, fuit l'idée qu'un terme sera un jour mis à notre existence. Un véritable
tabou pèse sur la mort: il est de mauvais ton d'aborder ce sujet. Les réflexions sur la
mort et la peine capitale sont nombreuses dans La Peste. D'une façon générale, la
peste, qui frappe inexorablement et de façon aléatoire, illustre notre condition. De
façon plus spécifique, nous pouvons retenir les idées suivantes:

 Oran illustre la "façon moderne" de mourir dans la solitude, au milieu d'une foule
occupée à s'amuser et à faire des affaires. La mort survient d'ailleurs après une vie
monotone et vide de sens, passée à travailler du matin au soir et à perdre le
temps libre avec des futilités.
 La mort est un des aspects essentiels de l'absurde. Elle met un terme définitif à
toutes nos activités et à nos espoirs, sans que nous puissions prévoir le moment
où elle surviendra. Quelle que soit notre richesse ou notre puissance, elle peut
nous enlever les êtres aimés. Nous manquons d'ailleurs d'imagination: nous

242
sommes incapables de nous représenter clairement notre situation. Camus dit
à propos des Oranais: "Ils se croyaient libres et personne ne sera jamais libre
tant qu'il y aura des fléaux."
Or la peste nous enseigne que notre vie "ne tient qu'à un fil", que le
moindre événement, le plus imperceptible mouvement peuvent la détruire (p.
43)
La mort reste abstraite pour nous, elle se limite à des chiffres, à des statistiques. Les
Oranais d'ailleurs sont incapables de s'imaginer ce que représentent trois cents
morts par semaine. Est-ce dramatique? Combien de gens meurent en temps
normal? D'ailleurs, personnellement, nous avons l'impression que nous ne sommes
pas concernés par le problème: ce sont toujours les autres qui meurent.
Le personnel soignant, qui est en contact avec les mourants, souffre personnellement
de leur mort, et il lui est difficile de se résigner.(p.143, 120) Or lui aussi
succombe à l'habitude, à l'abstraction.
Il est difficile de se résigner de voir mourir. La mort et la souffrance sont d'ailleurs
une des preuves essentielles contre l'existence de Dieu.(p.121)
La mort ne s'arrête pas à des barrières sociales, pour la première fois il existe une
égalité absolue entre le condamné et le juge, entre le prisonnier et son gardien (p.
157).

15e Séquence
2. L’absurde dans la peste
a) Le bonheur
Le bonheur est un fil conducteur qui permet de suivre et de comprendre l’évolution
de la pensée et de la vie de Camus. Ce mot éclaire sa vie et commande même son
action.
Meursault affirme son bonheur dans sa cellule de condamné à mort et Sisyphe, lui,
dans son enfer. le docteur Rieux de la peste fait l’expérience d’un bonheur étrange
lors de son bain nocturne avec Tarrou. Au début Albert Camus écrit dans les noces
de Tipiza: « le bonheur est le simple accord entre un homme et l’existence qu’il

243
mêne » - « il n’y a pas de honte à être heureux mais aujourd’hui l’imbécile est roi et
j’appelle imbécile celui qui a peur de jouir » mais au fil e temps on peut discerner
des nuances dans la pensée de Camus sur sa conception de bonheur: « il peut y avoir
de la honte à être heureux tout seul » écrit Camus dans la peste.
Rambert pense qu'il n'est pas concerné par la peste, "... qu'il n'avait pas de rapport
avec Oran, que ce n'était pas son affaire d'y rester, qu'il se trouvait là par accident."
Il pense que son destin est peut-être de rechercher le bonheur avec une femme: "Je
n'ai pas été mis au monde pour faire des reportages. Mais peut-être ai-je été mis au
monde pour vivre avec une femme. Cela n'est-il pas dans l'ordre?" (p. 82)
Rieux comprend cette attitude, en effet, lui aussi accorde à la recherche du
bonheur une place primordiale. Le bonheur devient une possibilité de lutte contre
la peste, donc, si nous analysons celle -ci comme un symbole, il représente un
moyen de lutte contre l'absurde. Les principaux moments de bonheur sont
rencontrés lors du bain de l'amitié, lors des retrouvailles des amants séparés (p.
266-267). L’amour permet de retrouver le bonheur. En effet "Quand le docteur
Rieux place le bonheur plus haut que la sainteté parce qu'il est légitimé par
l'amour, il pense évidemment à ceux qui s'aiment. L'homme n'est peut-être pas
heureux, mais grâce à l'amour il a une chance de le devenir. C'est pourquoi Rieux
n'adresse aucune reproche à Rambert qui veut quitter clandestinement la ville afin
de rejoindre son épouse: aucun motif n'est assez fort pour être opposé à la
recherche du bonheur...(Rambert cependant décide de rester) Car il a
découvert qu'il peut y avoir de la honte à être heureux tout seul... Il apparaît
soudain combien le bonheur personnel est égoïste et s'oppose ainsi à l'instinct de
solidarité et de pitié qui est au fond de nous."

16e Séquence
a. La révolte
L’attitude de refus et d'hostilité face à une autorité, une loi, une contrainte.
Rambert se révolte contre la mort, contre les arguments et la consolation dénuée de
signification que lui apporte le prêtre. Dans toutes ses œuvres, et en particulier

244
dans la Peste, Camus dit sa révolte face à tout ce qui permet de justifier les
injustices et en particulier la peine de mort. Il dit aussi sa révolte face à un monde
absurde qui, par exemple, inflige la souffrance et la mort à des enfants. Aux yeux de
Camus, une telle création est un scandale, et il vaut mieux pour Dieu qu'il n'existe
pas. Dans cette lutte contre la peste qui s’abat sur les hommes à Oran, face à ce
danger, les uns et les autres ont une réaction de lutte commune. Cette lutte est
presque désespérée mais la volonté, la solidarité l’emporteront. Du simple employé
au médecin en passant par les religieux et le journaliste, tout le monde se sent
concerné et solidaire car : « il faut être fou, aveugle ou lâche pour se résigner à la
peste.» Le malheur des ornais est celui de l’humanité toute entière. C’est à ce niveau
que se révèle l’humanisme de Camus. La lutte contre la peste est interminable mais
elle pourra reculer devant la solidarité et la ferme volonté, la résistance des
hommes. Tous les habitants d’Oran, femmes, hommes éprouvent le même désir de
serrer les coudes pour lutter contre le fléau commun qui menace le genre humain.
Ce combat doit aboutir à la libération des hommes condamnés à mourir comme des
rats. Grace à cette lutte acharnée, on assiste à la retraite de la peste et à la
réouverture des portes de la ville d’Oran, à la libération des hommes.
17e Séquence
PORTEE DE L’ŒUVRE
ALBERT CAMUS a commencé son roman en 1942 et l’a fait publier en 1947. Les
faits qui s’y sont relatés n’ont jamais existé. Il n’y a jamais eu de peste à Oran dans
les années 40. Tout le monde a qualifié l’œuvre de roman mais l’auteur a plutôt
préciser qu’il s’agit d’une chronique. Mais comment une œuvre imaginaire peut-elle
être une chronique ?
Il faut en effet lire la peste sur deux portées : c’est une évocation symbolique du
mal et la lutte contre ce mal. Camus a voulu rappeler que l’homme dépend d’un
destin implacable. Et, il doit être en perpétuelle lutte, ne pas fléchir devant les
difficultés de la vie. C’est à ce prix seulement qu’il pourra améliorer sa condition de
vie et de travail avant sa mort.

245
Le roman est écrit en pleine seconde guerre mondiale et à ce titre, il constitue un
témoignage symbolique de l’occupation de la France par L’Allemagne avec les
souffrances morales et physiques qu’elle a entrainées. Mais le vrai sujet de La Peste,
ce n’est pas l’Histoire. C’est le drame de la condition humaine confrontée à
l’absurdité du destin. La Peste annonce une évolution essentielle vers l’humanisme
et la fraternité, seules morales acceptables.
Histoire d’une maladie, maladie de l’Histoire, La Peste est aussi une méditation sur
la condition humaine. Même si les personnages sont mus par un formidable élan de
solidarité qui conduit à ne pas désespérer de l’homme, ce récit dont les femmes et
les paysages sont singulièrement absents, où le bonheur reste une tension
douloureuse à jamais incarnée par le journaliste Rambert, s’achève sur un appel à la
vigilance de Rieux qui « savait ce que cette foule en joie ignorait, et qu’on peut lire
dans les livres, que le bacille de la peste ne meurt ni ne disparaît jamais, qu’il peut
rester pendant des dizaines d’années endormi dans les meubles et le linge, qu’il
attend patiemment dans les chambres, les caves, les malles, les mouchoirs et les
paperasses, et que, peut-être, le jour viendrait où, pour le malheur et l’enseignement
des hommes, la peste réveillerait ses rats et les enverrait mourir dans une cité
heureuse».

18e Séquence
Conclusion
La Peste appartient au cycle de la révolte et de la solidarité (face à l’absurdité du
mal), mais il fait aussi la transition avec le cycle de l’absurde. Le roman appartient
au même cycle qu’État de siège, Les Justes et l’Homme révolté. La Peste est le roman
le plus achevé de Camus. Il propose une critique du pouvoir en place, de la presse et
de la religion. La Peste fait allusion à l’histoire contemporaine sur le mode de la
fable. L’épidémie qui désorganise la vie de la cité, est une métaphore de la guerre, et
plus généralement du mal. Sa représentation conduit parfois du réalisme aux limites
du fantastique. Camus évoque aussi plus précisément la Seconde Guerre mondiale,
ses camps de concentration, mais l’horreur indicible n’est alors abordée que de

246
manière allusive. Dans ce roman, il développe la nécessaire action individuelle et
collective sous forme d’engagement qui, seule, peut justifier l’humanité écrasée par
l’absurdité de sa condition. Il n’en attend pas une efficacité mais plutôt un surcroît
de dignité. Rieux est véritablement un être humain parce qu’il n’a pas succombé au
sortilège du renoncement.
1. roman (le statut du narrateur, la portée symbolique de l'incipit)

19e Séquence

LE PRÊCHE DE PANELOUX
Objectifs : Lors d'une recrudescence de l'épidémie à la fin juin, les autorités
religieuses décident d'organiser une semaine de prière collective pour lutter contre
le fléau. Celle-ci se conclut par le prêche du père Paneloux. Il s'agira d'analyser les
différentes interprétations religieuses de la peste proposées par le prêtre :
 La peste comme châtiment divin « Mes frères, vous êtes dans le malheur,
mes frères vous l’avez mérité »,

 La peste comme symbole de la condition humaine marquée par le péché
originel
 La peste comme épreuve entrant dans les desseins de la Providence « Si
aujourd’hui la peste vous regard, c’est que le moment de réfléchir est venu.
Les justes ne peuvent craindre cela, mais les méchants ont raison de
trembler.
et les indices de la distanciation de l'auteur pour qui la religion ne saurait être
d'aucun secours. La position de Camus, non formulée directement, se devine en
creux, à l'opposé du sermon religieux de Paneloux. La peste est pour les deux
hommes un révélateur : mais ce qu'elle révèle selon l'auteur, c'est l'absurdité de la
vie humaine, et non pas un prétendu manque de piété ou une faute originelle.

20e Séquence

247
De la peste au Covid-19 : Albert Camus au cœur de l’anticipation
La peste d’Albert Camus parut en 1947, est une œuvre qui est la somme des
ouvrages parlant des pestes européennes, nous révèle bien des choses similaires au
Covid-19 qui meurtrit l’humanité entière et met tous les pays du monde dans
l’inquiétude et la psychose totale.
La Peste d’Albert Camus s’impose à tous durant cette crise sanitaire actuelle.
Pourquoi ? Comment ? Et en quoi cet ouvrage, paru en 1947, peut-il faire écho aux
ravages du Covid-19 ?
Certes, l’isolement et l’enfermement inhérents au confinement rendaient sans doute
les lecteurs plus sensibles à cette œuvre majeure dont l’action se déroule à Oran
dans les années 1940, où une mort mystérieuse frappe de très nombreux rats puis
les êtres humains : il s’agit alors d’une épidémie de peste. Totalement inventée par
l’auteur pour les besoins de sa narration et de sa démonstration, cette tragédie
sanitaire n’en a pas moins demandé un énorme travail préalable de documentation à
Albert Camus, soucieux de ne pas écrire de choses inexactes et d’être le plus possible
au fait de ce type d’épidémie et de sa prophylaxie. Présenté traditionnellement
comme une parabole de la résistance contre le nazisme, ce roman peut toutefois se
lire à plusieurs niveaux comme une lutte contre l’oppresseur, quel qu’il soit et
surtout aussi peu visible qu’il soit. C’est à ce titre que la lutte – « la guerre » même
pour paraphraser le président de la République – contre le covid-19 n’est pas sans
similitudes troublantes avec certains passages de l’ouvrage d’Albert Camus.
21e Séquence
Etude comparative de la peste et covid 19
Naissance et nature
La peste et la covid sont toutes deux des fléaux mais différentes par leur nature. La
peste est une maladie infectieuse causée par un microbe qui ne touchait que la ville
d’Oran, elle a commencé par tuer les rats ensuite les humains. Elle a pris les Oranais
au dépourvu. Au début les autorités minimisaient le danger, elles parlent de
« simple fièvre » dans le roman,

248
Par contre, la Covid 19 est une maladie infectieuse émergente qui a débuté en
décembre 2019 à Wuhan en Chine et se propage dans le monde entier. Au départ
beaucoup pensait que c’est l’épidémie qui ne regarde que les Chinois, mais le
contraire s’est produit. Au début les autorités en 2020 qualifient la Covid de
« grippette » et tardent à réagir.
Les réactions des autorités
La peste a surpris les Oranais. Toute la population est prise au dépourvu. Dans la
ville d’Oran, un petit matin on assiste à de morts des rats que la population
négligeait cependant. Ensuite survient la mort des humains, un, deux, trois, et c’est
la catastrophe.
Dans le roman comme dans la réalité, les autorités publiques minimisent d’abord le
danger (« simple fièvre » dans le roman, « grippette » selon certaines autorités en
2020) et tardent à réagir. La maladie à coronavirus appelé covid 19 est une
maladie infectieuse émergente qui a débuté en décembre 2019 à Wuhan en Chine
et se propage dans le monde entier. Au départ beaucoup pensait que c’est l’épidémie
qui ne regarde que les Chinois, mais le contraire s’est produit.
Réaction des autorités
La première ressemblance tient aux réactions des autorités sanitaires et
administratives et aux moyens mobilisés pour se protéger du mal et tenter de
l’anéantir. Des mesures de confinement sont prises mais elles sont imparfaites et
critiquées, voire contournées. Selon les autorités, la population elle-même ne se
comporte pas de manière toujours irréprochable et éprouve quelques difficultés à
respecter strictement le confinement. Pour sortir d’Oran, il faut ainsi une attestation
dérogatoire, rappelant incontestablement les restrictions de circulation imposées au
à la population sous la menace du covid 19.
Dans le roman d’Albert Camus (la peste), les petits trafics se développaient et
alimentaient un marché noir – comme certains ont pu s’y essayer avec les
commandes de masques en 2020, avec l’apparition de la covid 19 – alors que de
nouvelles solidarités se font jour, notamment en direction des personnels soignants

249
et de leurs enfants, soit spontanément, soit grâce à des mesures d’encouragement
décidées par les collectivités territoriales.
Lorsque les médecins ont compris qu’il s’agissait de la peste, ils ont demandé aux
autorités de mettre la ville d’Oran en quarantaine afin d’éviter la propagation,
ensuite, un couvre-feu a été instauré pour réguler le mouvement des Oranais. De
même en 2020, tous les pays du monde ont d’abord fermé leurs frontières aux
autres, ensuite, chaque pays à sa manière a pu confiner sa population et instauré le
couvre-feu.
A Oran il a été mis sur pied un comité sanitaire, de même devant covid il a été mis
sur pied partout dans les pays du monde des comité de veille sanitaire, des comités
de crise, toute entité susceptible de faire face à cette pandémie.
Dans le roman il a été installé un camp d’isolement pour les malades de la peste,
pareil les personnes testées positives au covid 19 ont fait l’objet d’un isolement,
pour des soigne appropriés.
22e Séquence
Réaction des populations
Le deuxième parallèle que l’on peut établir entre les deux crises tient justement à la
réaction de la population : à Oran, celle-ci se déplace dans la rue avec un foulard ou
un « masque de gaze désinfectée » dès lors que la peste revêt une forme pulmonaire.
Quelle ressemblance avec le port du masque qui s’est progressivement imposé en
2020 ! De même, l’autre devient un danger potentiel puisqu’il peut porter le virus et
étendre l’épidémie sans même le savoir. Ce qu’a déploré Tarrou dans l’œuvre
d’Albert Camus: « C’est pourquoi encore cette épidémie ne m’apprend rien, sinon
qu’il faut la combattre à vos cotés. Je sais de science certaine (oui, Rieux, je sais
tout de la vie, vous le voyer bien) que chacun la porte en soi, la peste, parce que
personne, non, personne au monde n’en est indemne. Et qu’il faut se surveiller sans
arrêt pour ne pas être amené, dans une minute de distraction, à respirer dans la
figure d’un autre et à lui coller l’infection. Ce qui est naturel, c’est le microbe. Le
reste, la sante, l’intégrité, la pureté, si vous voulez, c’est un effet de la volonté qui

250
doit jamais arrêter. L’honnête homme, celui qui n’infecte presque personne, c’est
celui qui a le moins de distraction possible… »
Ainsi, dans les deux cas, les habitants inquiets, attendent patiemment la livraison
d’un produit miracle : à Oran, il s’agissait d’un sérum venant de métropole et en
2020 il s’est agi de masques commandés massivement (mais tardivement) auprès de
fournisseurs souvent localisés en Asie. Dans les deux cas, un dramatique point
commun : l’absence de stocks de sécurité disponibles en nombre suffisant. Les
réactions de la population sont par ailleurs très variables et dépendent d’abord et
avant tout du milieu social. « On demandait des mesures radicales, on accusait les
autorités, et certains qui avaient des maisons au bord de la mer parlaient déjà de s’y
retirer », écrit ainsi Camus en 1947. Ce n’est pas sans rappeler les critiques essuyées
par celles et ceux qui, en 2020, avaient la possibilité et ont décidé de vivre le
confinement dans leurs résidences secondaires… au risque d’y transporter le virus.
Dans le roman, Albert Camus nous présente un personnage qui est un profiteur,
Cottard qui développait les ventes clandestin pour s’enrichir. Aussi la Covid 19 est
l’occasion pour beaucoup de personnes, des Etas, et institutions de profiter pour
accroître leur chiffre d’affaire. « le malheur des uns fait le bonheur des autres ».
Réaction des religieux
Pendant la recrudescence de la peste, les autorités ecclésiastiques avaient organisé
une semaine de prière collective, semaine à l’issue de laquelle le Père Paneloux va
faire un sermon selon lequel, la peste un châtiment de Dieu. Par contre devant les
menaces de covid 19, les lieux de cultes (églises, mosquées, synagogues) sont
fermé, renvoyant leurs adeptes à des prières individuelles plutôt que
communautaire. Cette situation, a scandalisé plusieurs croyants quant à la puissance
de leur prière.
Présenté traditionnellement comme une parabole de la résistance contre le nazisme,
ce roman peut se lire à plusieurs niveaux comme une lutte contre l’oppresseur […].
C’est à ce titre que la lutte contre le covid-19 n’est pas sans similitudes troublantes
avec certains passages de l’ouvrage d’Albert Camus.

251
Situation d’intégration
Extrait (p91/95) de mes frères, vous êtes dans le malheur… » à « Dieu ferait le
reste »: Le prêche de Paneloux
«[…] Mes frères, vous êtes dans le malheur, mes frères vous l’avez mérité », un
remous parcourut l’assistance jusqu’au parvis. […] Paneloux tout de suite après
cette phrase, en effet cita le texte de l’Exode relatif à la peste en Egypte et dit : « La
première fois que ce fléau apparait dans l’histoire, c’est pour frapper les ennemis de
Dieu. Pharaon s’oppose aux desseins éternels et la peste le fait alors tomber à
genoux. Depuis le début de toute l’histoire, le fléau de Dieu met à ses pieds les
orgueilleux et les aveugles. Méditez cela et tombez à genoux. » […] Si aujourd’hui la
peste vous regard, c’est que le moment de réfléchir est venu. Les justes ne peuvent
craindre cela, mais les méchants ont raison de trembler. Dans l’immense grange de
l’univers, le fléau implacable battra le blé humain jusqu’à ce que la paille soit
séparée du grain. Il y aura plus de paille de grain, plus d’appelés que d’élus, et ce
malheur n’a pas été voulu par Dieu. Trop longtemps le monde a composé avec le
mal, trop longtemps, il s’est reposé sur la miséricorde divine. Il suffisait du repentir,
tout était permis. Et pour le repentir, chacun se sentait fort. Le moment venu, on
l’éprouverait assurément. D’ici là, le plus facile était de se laisser aller, la
miséricorde divine ferait le reste. Eh bien, cela ne pouvait durer. Dieu qui,
pendant si longtemps, a penché sur les hommes de cette ville son visage de pitié,
lassé d’attendre, déçu dans son éternel espoir, vient de détourner son regard. Privés
de lumière de Dieu, nous voici pour longtemps dans les ténèbres de la peste. « On
lit dans la Légende dorée qu’au temps du roi Humbert, en Lombardie, l’Italie fut
ravagée d’une peste si violente qu’à peine les vivants suffisaient –il s à enterrer les
morts et cette peste sévissait surtout à Rome et à Pavie. Et bon ange apparait
visiblement, qui donnait des ordres au mauvais ange qui portait un épieu de chasse
et il lui ordonnait de frapper les maisons ; et autant de fois qu’une maison recevait
de coups, autant y avait-il de morts qui en sortait » […] Mes frères c’est la même
chasse mortelle qui court aujourd’hui dans nos rues. Voyez-le, cet ange de la peste,
beau comme Lucifer et brillant comme le mal lui-même, dressé au-dessus de vos

252
toits, les mains droites portant l’épieu rouge à hauteur de sa tête, la main gauche
désignant l’une de vos maisons. A l’instant peut-être, son doigt se tend vers votre
porte, l’épieu résonne sur le bois ; à l’instant encore, la peste entre chez vous,
s’assied dans votre chambre et attend votre retour. Elle est là, patiente et attentive,
assurée comme l’ordre même du monde. Cette main qu’elle vous tendra, nulle
puissance terrestre et pas même, sachez-le bien, la vaine science humaine, ne peut
faire que vous l’évitiez. Et battus sur l’aire sanglante de la douleur, vous serez
rejetés avec la paille.[…]
« Au bout de sa longue période, le père Paneloux s’arrête, les cheveux sur le front,
le corps agité d’un tremblement que ses mains communiquaient à la chaire et
reprit, plus sourdement, mais sur un ton accusateur : « Oui, l’heure est venue de
réfléchir. Vous avez pensé que quelques génuflexions le paieraient bien assez de
votre insouciance criminelle. Mais Dieu n’est pas tiède. Ces rapports espacés ne
suffisaient pas à sa dévorante tendresse. Il voulait vous voir plus longtemps, c’est
sa manière d’aimer et, à vrai dire, c’est la seule manière d’aimer. Voilà pourquoi,
fatigué d’attendre votre venue, il a laissé le fléau vous visiter comme il l’a visité
toutes les villes du péché depuis que les hommes ont une histoire. Vous savez
maintenant ce qu’est le péché, comme l’ont su Caïn et ses fils, ceux d’avant le
déluge, ceux de Sodome et de Gomorrhe, Pharaon et Job et aussi tous les maudits.
Et comme tous ceux-là l’ont fait, c’est un regard neuf que vous portez sur les êtres
et sur les choses, depuis le jour o cette ville a renfermé ses murs autour de vous et
du fléau vous savez maintenant, et enfin, qu’il faut venir à l’essentiel »
« Au bout de sa longue période, le père Paneloux s’arrête, les cheveux sur le front,
le corps agité d’un tremblement que ses mains communiquaient à la chaire et
reprit, plus sourdement, mais sur un ton accusateur : « Oui, l’heure est venue de
réfléchir. Vous avez pensé que quelques génuflexions le paieraient bien assez de
votre insouciance criminelle. Mais Dieu n’est pas tiède. Ces rapports espacés ne
suffisaient pas à sa dévorante tendresse. Il voulait vous voir plus longtemps, c’est
sa manière d’aimer et, à vrai dire, c’est la seule manière d’aimer. Voilà pourquoi,
fatigué d’attendre votre venue, il a laissé le fléau vous visiter comme il l’a visité

253
toutes les villes du péché depuis que les hommes ont une histoire. Vous savez
maintenant ce qu’est le péché, comme l’ont su Caïn et ses fils, ceux d’avant le
déluge, ceux de Sodome et de Gomorrhe, Pharaon et Job et aussi tous les maudits.
Et comme tous ceux-là l’ont fait, c’est un regard neuf que vous portez sur les êtres
et sur les choses, depuis le jour o cette ville a renfermé ses murs autour de vous et
du fléau vous savez maintenant, et enfin, qu’il faut venir à l’essentiel »
Un vent humide s’engouffrait à présent sous la nef et les flammes des cierges se
courbèrent en grésillant. Une odeur de cire, des toux, un éternuement montèrent
vers le père Paneloux qui, revenant sur son exposé avec une subtilité qui fut très
appréciée, reprit d’une voix calme : « Beaucoup d’entre vous, je le sais, se
demandent justement où je veux en venir. Je veux vous faire venir à la vérité et
vous apprendre à vous réjouir, malgré tout ce que j’ai dit. Le temps n’est plus où
des conseils, une main fraternelle était les moyens de vous pousser vers le bien.
Aujourd’hui, la vérité est un ordre. Et le chemin du salut, c’est un épieu rouge qui
vous le montre et vous y pousse. C’est ici, mes frères, que se manifeste enfin la
miséricorde divine qui a mis en toute chose le bien et le mal, la colère et la pitié, la
peste et le salut. Ce fléau même qui vous meurtrit, il vous élève et vous montre la
voie.
« Il y a bien longtemps, les chrétiens d’Abyssinie voyaient dans la peste un moyen
efficace, d’origine divine, de gagner l’éternité. Ceux qui n’étaient pas atteints
s’enroulaient dans les draps des pestiférés afin de mourir certainement. Sans doute
cette fureur de salut n’est –elle pas recommandable. Elle marque une précipitation
regrettable, bien proche de l’orgueil. Il ne faut pas être plus pressé que Dieu et tout
ce qui prétend accélérer l’ordre immuable, qu’il a établi une fois pour toutes,
conduit à l’hérésie. Mais, du moins, cet exemple comporte sa leçon. À nos esprits
plus clairvoyants, il fait valoir seulement cette lueur exquise d’éternité qui git au
fond de toute souffrance. Elle éclaire, cette lueur, les chemins crépusculaires qui,
sans défaillance, transforme le mal ne bien. Aujourd’hui encore, à travers ce
cheminement de mort, d’angoisses et de clameurs, elle nous guide vers le silence
essentiel et vers le principe de toute vie. Voilà, mes frères, l’immense consolation

254
que je voulais vous apporter pour que ce ne soient pas seulement des paroles qui
châtient que vous emportiez d’ici, mais aussi un verbe qui apaise. »
On sentait que Paneloux avait fini. Au-dehors, la pluie avait cessé. Un ciel mêlé
d’eau et de soleil déversait sur la place une lumière plus jeune. De la rue montaient
des bruits de voix, des glissements de véhicules, tout le langage d’une ville qui
s’éveille. Les auditeurs réunissaient discrètement leurs affaires dans un remue-
ménage assourdissant. Le père reprit cependant la parole et dit qu’après avoir
monté l’origine divine de la peste et le caractère punitif de ce fléau, il en avait
terminé et qu’il ne ferait pas appel pour sa conclusion à une éloquence qui serait
déplacé, touchant une matière si tragique. Il lui semblait que tout devait être clair
à tous. Il rappela seulement qu’à l’occasion de la grande peste de Marseille, le
chroniqueur Mathieu Marais était aveugle ! Jamais plus qu’aujourd’hui, au
contraire, le père Paneloux n’avait senti le secours divin et l’espérance chrétienne
qui étaient offerts à tous. Il espérait contre tout espoir que, malgré l’horreur de ces
journées et les cris des agonisants, nos concitoyens adressaient au ciel la seule
parole qui fût chrétienne et qui était d’amour. Dieu ferait le reste. » (Albert Camus,
la peste)

Compréhension
Situez le passage.
Quels procédés oratoires donnent sa force au discours du prêtre ? Pourquoi
peut-on parler de véritable mise en scène théâtralisée ?
Cherchez dans une encyclopédie les références bibliques (« Caïn », « le déluge
», « Sodome et Gomorrhe », « Pharaon », « Job »). Quelle(s) interprétation(s)
Paneloux donne-t-il de la peste ?
Camus était athée : quels sont les indices qui montrent que l'auteur ne
partage pas la vision de Paneloux ?

Projet de lecture : Quelle interprétation le prêche de Paneloux donne-t-il de la


peste ?

255
I. La force persuasive du prêche (organisation / composition – procédés
rhétoriques oratoires – une véritable mise en scène théâtralisée)
II. L'interprétation de Paneloux (la peste comme châtiment divin – la lignée des
« maudits » ou le péché originel – la question du mal sur terre ou la
Providence)
III. La position de Camus (un personnage qui n'est pas un porte-parole – les
indices de la distanciation de Camus – La position de Camus aux antipodes de
celle du prêtre).

Sujet de dissertation n°1


Que vous inspire cette déclaration du Père Paneloux dans la peste d’Albert Camus,
par rapport aux mesures de prévention et de lutte contre la pandémie du covid 19 :
« Ce fléau même qui vous meurtrit, il vous élève et vous montre la voie ». Quelles
sont les conséquences positives provoquées par le covid 19 ?
Sujet de dissertation N°2
« La pandémie à coronavirus, appelé covid 19 est une maladie infectieuse
émergente. Elle débute en décembre 2019 à Wuhan en Chine et se propage dans le
monde entier. A ce jour, plus de 200 pays et territoires sont touchés par cette crise
sanitaire qui laisse apparaître les premiers signe d’une récession de l’économie
mondiale » Après avoir montré les fondements de l’interdépendance dans le
système monde à travers la propagation rapide du coronavirus, identifier deux
secteurs de l’économie mondiale, puis analyser les bouleversements d’un secteur au
choix

256
THÈME IV. LA CONDITION HUMAINE
SÉANCE 4
ŒUVRE ILLUSTRATIVE 3 : Le candidat au paradis refoulé de Mouimou Djékoré

1ère Séquence
[Link] ET BIBLIOGRAPHIE DE L’AUTEUR
a. BIOGRAPHIE
Né le 11 décembre 1956 à Bécan au Tchad, Maouimou Djékoré est titulaire d’un
Doctorat d’Etat en agronomie. Mouimou Djékoré qui sait allier agronomie et
littérature successivement publié en 1976 et 1977 un recueil de poème intitulé pays
Natal et un roman les vals des truands, édition héros dans l’ombre à Brazzaville, en
république du Congo. Le candidat au paradis refoulé en 2005 par les éditions
l’Harmattan.
B .Bibliographie
II. Situation et présentation de l’œuvre
Le candidat au paradis refoulé est publié en 2005 au moment où la pandémie du
Sida battait son plein, au moment où les hommes politiques africains, et d’une
manière générale, l’intelligentsia africaine étaient dans le désarroi face à ce fléau
mondial.
Parallèlement aux compagnes de sensibilisation organisées par les ONG, des
associations et autres organes de presse, Mouimou choisit la fonction, un roman
pour participer à la lutte contre le Sida. C’est un cri de refus de la fatalité et un acte
de prise de conscience lucide de gravité du mal pour l’adoption d’attitudes et de
stratégies de lutte pour relever le défi de la pandémie.
Comme l’affirme Isaac Tédambé le préfacier de l’œuvre, le candidat au paradis
refoulé, est un roman riche en images, empreint d’humour. Au-delà du mal
représenté par le virus du SIDA, le roman pose le problème de l’éducation et du
sous-développement, des questions en réalité intimement liées à celle de cette
maladie. Il sort le lecteur de sa torpeur ; il est destiné à toutes les couches
socioprofessionnelles en général et aux jeunes collégiens, lycéens et universitaires en
particulier, quant à la prévention du SIDA. C’est une autre manière douce et

257
reposante offerte aux passionnés de la lecture, je dirai, de lutter contre la
contamination du méchant virus.

2e Séquence
III. Structure de l’œuvre
Le candidat au paradis refoulé est structuré en dix chapitres de longueur très
inégale. Par exemple le premier chapitre comprend 18 pages alors que le cinquième
n’en compte que 6 sur un total de 163 pages.
Le roman épouse grossièrement les cinq phrases du récit :
- un mal dévastateur s’est abattu sur Bétoré (royaume des invisibles) ;
- un jeune ressortissant du royaume cherche à ce protéger (Mayndo) et à
protéger sa communauté ;
- il signe un contrat avec l’Assou-universelle et le rompt est arrêté et libéré ;
- Mayndo trouve l’attitude contre le mal mais divulgue son secret ;
- la mondialisation ne lui pardonne pas.

IV. Analyse de l’œuvre


Le roman s’ouvre par une rencontre entre le jeune Mayndo initiateur d’un contrat de
protection contre le toro adressé à l’Assou-universelle et le délégué de cette
dernière, M. Dinaye.
Mais avant la signature dudit contrat par Mayndo, une lecture de document
s’impose. A cette occasion, Mayndo se rend compte que certaines conditions du
contrat relèvent de la torture : sacrifier sa femme, envoyer ses enfants chez leurs
oncles maternels, subir une séance de robotisation qui rend le sujet visible invisible.
Qu’à cela ne tienne, Mayndo signe le contrat, avec des arrières pensés inavouées. Il
devient visible, accepte comme épouse Diandouba que lui envoie l’Assou-universelle
(sociétés des invisibles qui habites l’au-delà, dites société ouvertes, par ce que la
sagesse, la largesse, la générosité, la rigueur, la justice, l’inquiétude et la
responsabilité y sont de mise, contrairement au royaume des visibles dites « société
fermées » ou prévalent la négligences, l’irresponsabilité, la délinquance sexuelle
génétique, les coutumes et traditions rétrogrades.)

258
Or le président des Oumans de l’Assou-universelle, convaincu par le rapport de
Dinaye de retour de sa mission chez les visibles, décide de plaider la cause des
sociétés fermées au près des Congobals, version méchante des Oumans de l’Assou-
universelle, celle-là même qui a mis au point le Toro, mal pour décimer les visibles
par ce qu’ils appartiennent aux sociétés fermées, fermées à la plupart des valeurs
humaines
Ledit président des Oumans confie alors Dinaye la tache de détruire en publique le
monstre du Toro en écrasant le monstre que le monstre porte à son coup. Une
cérémonie publique est organisée pour cette destruction. Or le monstre du Toro
étant un mutant, se fait libéré et remplacer par un monstre inoffensif et ce, avant la
cérémonie.
A la suite de cet événement qui constitue un cinglant désaveu pour les Congobals,
ces derniers s’autodétruisent jusqu’au dernier, mais le monstre du Toro apparaît
plus loin indemne.
Mayndo, en assistant à la cérémonie de destruction, n’a pas respecté les termes du
contrat (celui de n’est pas sortir en publique, lui et Diandouba sa nouvelle épouse).
Il sera arrêté par Dinaye et conduit devant l’assemblée générale de l’Assou-
universelle, alors qu’il a réussi à trouver le monstre du Toro dans la grotte Medjeu.
Mayndo est jugé et acquitté grâce au plaidoyer de son avocat qui le présente comme
le seul homme visible qui sait ou se trouve le monstre du Toro et qui est capable de
l’abattre pour débarrasser les visibles du terrible mal.
Libre, Maydo part à la recherche de la grotte de Medjeu et du monstre de Toro en
compagnie de sa précédente épouse et de ces enfants qu’il retrouve après son
acquittement. Maydo retrouve la grotte mais pas le monstre de Toro. Est-il possible
que les visibles soient à jamais condamné par leur nature même, par leur
négligence, leur irresponsabilité ? Finalement la communauté de la grotte donne à
Mayndo un paquet de perles : « toutes personnes qui portera cette perle sera hors
d’atteinte du Toro ». Pendant le retour vers Bétoré, sa femme Golaya est emportée
par un hippopotame. Mayndo regagne sa maison avec ses deux enfants, annonce la
disponibilité des perles anti-toro et explique le processus de sa commercialisation

259
aux pauvres. Mais les autres ont monté un scénario rendant coupable Mayndo qui
est condamné à la réclusion à perpétuité.

3e Séquence
V. Etude des thèmes
Le candidat au paradis refoulé recèle de nombreux thèmes intéressants et qui sont
d’actualité. Parmi les principaux ont peux citer :
- quelques symptôme du Sida (une maladie mystérieuse, amaigrissante et
odieuse : chapitre 2) ;
- la procédure de signature d’un contrat (savoir-faire) ;
- la rédaction d’un rapport qui laisse un impact (savoir-faire) ;
- la politique (le communisme, le capitalisme au chapitre 2) ;
- l’engagement et ses conséquences (chapitre 5) ;
- le procès (p.100 et 101 au chapitre 7) ;
- la guerre et la coexistence pacifique et le développement (p. 130 et
suivants) ;
- la recherche scientifique (142- 143) ;

4e Séquence
VI. Etude des personnages principaux
Mayndo
Personnage principale du roman, allure de garçon du cinéma, est un jeune, bon
vivant comme l’atteste son carnet de notes (au début du royaume) devient
responsable de la communauté. D’ailleurs lors de son procès il est acquitté pour trois
raison : son honnêteté, sa bravoure et le fait qu’il est seul à connaître ou se trouve le
monstre du Toro. Mais c’est comme-ci le sort ne l’a pas favorisé : après tout ce qu’il
fait pour sa communauté, il est condamné à la réclusion à perpétuité à la fin du
roman.

Dinaye

260
Le représentant de l’Assou-universelle est un homme d’une cinquantaine d’années,
grand, cheveux grisonnants, vêtu d’une veste bleue, soucieux de l’heure du rendez-
vous (après avoir l’heur de sa montre) avec Mayndo, méthodique dans le processus
de signature du contrat, âpre dans les négociations, voire cynique lorsqu’il apprend
à Mayndo que pour les besoins de la cause (contrat) il doit sacrifier femme et
enfants et se laisse robotiser. Mais il est efface et compétent puisque son rapport,
après la rencontre de Mayndo, a des répercutions importants sur les relations entre
le signataire, l’Assou-universelle et les Congobals.
Gataya
Femme de Mayndo et mère de deux enfants, est une épouse soumise, fidele, intègre
et franche lorsqu’elle demande à son mari quelle est la place de Diandouba qui lui a
été affectée par l’Assou-universelle. Est-elle une rivale ? Elle est tolérante vis-à-vis
des infidélités de son mari. Dans la grotte, le travesti rencontré a fait les frais de
cette franchisse de Gataya.
Diandouba
Chargée par l’Assou-universelle de remplacer Gataya et de préserver Maydo des
sorties et du vagabondage sexuel, elle est une femme qui s’acquitte de sa tâche.
Jeune femme d’une trentaine révolue, elle est d’une beauté éblouissante avec ses
cheveux greffés de mèches au rasta. En dehors de sa mission « d’épouse de
remplacement », Diandouba suit Mayndo dans sa fuite, alors que ceux qui
pourchasse son mari son ceux-là même qui l’on affectée comme épouse de Mayndo.
Poydé
Le représentant des Gongobals, malgré sa fonction, s’avère être un homme droit,
humain, plein d’empathie pour les visibles que sa communauté à tout fait pour
exterminer. Au nom de valeurs humaines, M. Poydé a risqué sa vie et a joué un rôle
déterminant dans le trame de l’histoire.

VII. La portée de l’œuvre


Le candidat au paradis refoulé s’inscrit dans la lutte que les uns les autres mènent
pour sensibiliser la jeunesse, la prévenir contre le mal qui a pour première cible les

261
personnes sexuellement actives. Au lieu d’un catalogue de recommandation ou de
conseils directement formulées, l’auteur tisse une histoire ou ces conseils
apparaissent en contexte, dans des situations précises. C’est aussi l’un des atouts de
cette œuvre qui a été choisie parce qu’elle traite des problématiques contemporaines
telles la pandémie du VIH/SIDA, mais aussi surtout la prévention de
l’environnement qui apparait en filigrane.

262
Table des matières
PREFACE................................................................................................................................................ 3

INTRODUCTION ................................................................................................................................... 5

Premier trimestre ................................................................................................................................. 7

FICHE DE DEVELOPPEMENT DE COMPETENCES PREMIER TRIMESTRE .............................. 11

FICHE DE PROGRAMMATION ET DE PROGRESSION TRIMESTRIELLE DEUXIEME


TRIMESTRE ......................................................................................................................................... 98

Fiche de développement de compétence ...................................................................................... 103

Situation d’intégration..................................................................................................................... 136

TECHNIQUE D’EXPRESSION ...................................................................................................... 175

FICHE DE PROGRAMMATION ET DE PROGRESSION TRIMESTRIELLE TROISIEME


TRIMESTRE ....................................................................................................................................... 203

Fiche de developpement de compétence troisieme trimestre ................................................... 207

1. Biographie ......................................................................................................................... 230

2. Bibliographie........................................................................................................................ 230

2e Séquence ................................................................................................................................... 231

II- PRESENTATION DE L’ŒUVRE ........................................................................................... 231

1. Structure de l’œuvre ........................................................................................................ 231

Première partie : L'apparition de la maladie ...................................................................... 232

Deuxième partie : La peur dans la ville ................................................................................ 233

Troisième partie : La propagation de l'épidémie ................................................................. 234

1. Définition et philosophie de l’absurde ............................................................................ 241

2. L’absurde dans la peste ...................................................................................................... 241

2. L’absurde dans la peste ...................................................................................................... 242

2. L’absurde dans la peste ...................................................................................................... 243

263

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