Guide D'interventions
Guide D'interventions
L’INTERVENTION SOCIALE
Un outil didactique pour protéger et
réhabiliter plus efficacement les enfants en
Afrique
Auteurs principaux
PREFACE.................................................................................................................................................... 5
INTRODUCTION ...........................................................................................................................................7
ANNEXES
KiRA est une organisation des droits de l’enfant. Elle développe avec des partenaires dont le Bice, des
programmes et projets pour promouvoir et protéger les droits des enfants, notamment en Afrique, mais
aussi pour réhabiliter les enfants qui sont en situation de vulnérabilité et/ou d´abus.
Ces programmes et projets ne répondent généralement pas à une situation d’urgence et ne s’inscrivent
pas dans une démarche assistancielle. Ils tentent d’améliorer une situation réelle quotidienne où les
droits fondamentaux des enfants sont violés pour une ou de multiples raisons : historiques, culturelles,
économiques, politiques, militaires, religieuses…
Souvent novateurs par les approches développées ou parce que visant une problématique d’enfants
non prise en compte par d’autres acteurs, les projets de KiRA comportent une composante
expérimentale. Leur réalisation est circonscrite sur une zone géographique donnée, pas trop vaste. Les
changements que peuvent produire le projet au bénéfice des enfants doivent être pérennes et
généralisables aux enfants dans des situations analogues en d’autres lieux.
Les programmes et projets de KiRA visent à introduire un changement durable à travers une action
pluridimensionnelle dans le milieu de vie de l´enfant. Ils mettent des moyens au service d’une finalité
partagée, porteuse de sens et d’espoir. Tout projet réalisé avec l’appui de KiRA considère l’enfant
comme étant un sujet de droits, un acteur. Les actions menées visent à renforcer l’enfant ainsi que son
environnement social : sa famille et sa communauté d’appartenance. En Afrique, KiRA, par le biais de
ses partenaires locaux, s’est forgée une expérience solide et pratique dans le domaine.
KiRA et ses partenaires africains se sont donnés pour priorité l’action auprès des enfants dont les droits
sont bafoués de manière intolérable : les enfants privés de liberté, dits sorciers, en situation de
handicap, associés aux forces et/ou groupes armés, victimes d’exploitation par le travail ou sexuelle,
sans environnement familial stable, … Ils abordent les problématiques avec une vision globale, ce qui
implique d’inscrire la prise en compte de deux catégories de bénéficiaires dans l’action :
- la famille et la communauté d’appartenance de ces enfants, mais aussi les agents de développement
partenaires, les services publics, les autorités politiques et la société civile (Comités locaux de
protection, les organisations de la société civile et/ou religieuses), les médias et la communauté
internationale …
La participation des groupes cibles est une valeur fondamentale des projets par respect pour eux et
pour garantir l’appropriation du changement recherché et sa pérennité. Pour une efficacité maximale,
les interventions de KiRA ont toujours pris en compte les différents niveaux de responsabilités et
pouvoirs décisionnels.
- Politique : mobilisation des décideurs pour créer des conditions plus favorables à l’enfant, synergies
entre les partenaires, création et mobilisation de réseaux et coalitions, formation des acteurs de l’Etat
(policiers, magistrats, travailleurs sociaux), recherche et mise en œuvre de « bonnes pratiques ».
- Société civile / médias : sensibilisation du grand public pour favoriser l’émergence de conditions
environnementales favorables à la protection des droits des enfants, effets démultiplicateurs sur le
contexte socioculturel, formation de leaders de la société civile aux droits de l’enfant et à des
méthodologies d’intervention sociale, mobilisation sociale.
- Terrain : actions directes avec et pour les enfants telles que la satisfaction de leurs besoins vitaux et
leur accès aux soins, à une assistance juridique, à l’amélioration des conditions de vie, à l’éducation et
la formation en y incluant aussi la dimension spirituelle de l’enfant et l’appropriation des valeurs
fondamentales. L’accompagnement pour leur réinsertion familiale et socioprofessionnelle ou scolaire
constitue une priorité.
La conjugaison d’une approche « droit » et « sociale » est une spécificité dans l’ensemble des
programmes et projets soutenus par KiRA.
Horst Buchmann
Secrétaire Général de Kinderrechte Afrika e.V (KiRA)
KiRA / Guide pour l’intervention sociale 5
KiRA / Guide pour l’intervention sociale 6
Introduction
En adoptant la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant (CDE), le 20 novembre
1989, l’Assemblée Générale des Nations Unies a invité toutes les parties prenantes à protéger,
promouvoir et garantir les droits fondamentaux de tous les enfants.
En rassemblant ces droits dans un texte unique qui les cimente, la Convention vise trois objectifs :
- Réaffirmer, en faveur des enfants, des droits que d’autres traités accordent déjà à tous les êtres
humains.
- Reconnaître aux enfants une série de droits spécifiques en raison de leurs besoins spéciaux et de leur
vulnérabilité.
- Élaborer des normes dans des domaines qui concernent plus particulièrement ou exclusivement les
enfants.
La CDE introduit ainsi la notion d’enfant comme « sujet de droits » et se détourne de la notion d’enfant
considéré comme « un bien », « un objet d’aide », qui poussait à la compassion envers l’enfant et non
à la responsabilité. Le changement radical apporté par la Convention est bien cette notion de
responsabilité des Etats et des familles à l’égard de leurs enfants. La CDE a créé une nouvelle culture
de l’enfance qui a suscité des initiatives et mesures multiples de la part des Etats et des ONG. Cette
nouvelle culture a apporté une compréhension plus subtile des réalités de l’enfance. Elle ouvre ainsi
« un nouveau regard sur l’enfant ».
Pour l’Afrique, les engagements politiques n´ont pas tardé. Les états africains ont bien accueilli le
caractère universel, indivisible, inaliénable de la CDE et la notion de responsabilité qui leur incombe.
Ainsi, très vite, ils l’ont ratifiée et se la sont appropriée en adoptant à l’Assemblée Générale de l’OUA
du 18 juillet 1990 la Charte Africaine sur les droits et le bien être de l’enfant (CADBE). Cet instrument
régional reconnaît non seulement des droits aux enfants, mais leur confère en outre des devoirs.
Fort de ces différents cadres référentiels de protection des droits de l´enfant, bon nombre des Etats
africains ont déployé des efforts louables pour tenir leurs engagements. Mais de nombreux défis
subsistent encore. Les problèmes que connaissent au quotidien les enfants ont des causes diverses
dont les plus manifestes sont la pauvreté, les stéréotypes liés aux pratiques traditionnelles, les
discriminations diverses, les conflits politiques.
Vingt ans après l’adoption de la CDE et malgré les mesures prises par les Etats africains et les ONG, le
pari des droits des enfants tels qu’établi par la Convention et d’autres instruments internationaux, n’est
pas encore gagné. De nombreux enfants n’ont pas d’existence légale, ni accès aux soins et à
l’instruction de base. Ils sont fréquemment victimes d’abus et de violences de la part des adultes.
Beaucoup d’entre eux, en raison de la faiblesse de la protection sociale, sont exploités par le travail,
exclus et parfois, deviennent des enfants en conflit avec la loi.
Inlassablement, des personnes engagées œuvrent au quotidien pour soutenir ces enfants en vue de
leur ouvrir de nouvelles perspectives d’avenir. Elles s’efforcent de créer un environnement protecteur
pour les enfants.
« Un environnement protecteur est un état social universel et intangible qui garantit à tout enfant une vie
pleine, décente et digne. Il est le produit d’un ensemble de dispositions d’ordre légal, de règles et de
normes (nationales et internationales), d’institutions, de pratiques et d’habitudes qui protègent l’enfant
des violences, des abus, de l’exploitation et des négligences, et favorise son développement intégral.
Il résulte de la conjugaison d’une volonté politique et sociale traduite dans la mise en œuvre
d’interactions entre institutions et services de l’Etat, de groupes de la société civile, de l’Eglise, des
médias ainsi que des institutions de droits de l’homme et des droits de l’enfant. Il ne peut faire l’objet de
compromis. »
Les Etats, les communautés, les familles et les organisations de la société civile ont pour devoir de
contribuer à la création d´un environnement protecteur pour les enfants. Ils sont censés engager toutes
les actions nécessaires pour protéger les enfants contre les facteurs internes ou externes qui affectent
leur survie et leur développement.
Dans une logique d’accompagnement des acteurs qui déterminent l’environnement de l’enfant, KiRA
développe des projets avec des partenaires locaux visant à rendre cet environnement des enfants plus
protecteur. Les rôles de ces différents acteurs sont déterminants et ils constituent des leviers sur lesquels
les actions de KiRA reposent.
Les enfants sont protagonistes, c'est-à-dire acteurs de premier plan. Le droit de participer à la vie
publique de la société leur est reconnu avec l’adoption de la CDE (articles 12 à 15) qui stipulent qu’ils
peuvent exprimer librement leur opinion, ont un droit à voir cette opinion prise en compte ainsi qu’un droit
d’association. Comme représentants de toute une génération, ils peuvent donner leur avis sur les
thématiques et procédures qui les concernent, telles que l’éducation, la santé, la famille, l’environnement,
etc. et proposer leurs idées.
En intégrant les enfants, reconnus comme acteurs dans la société et interlocuteurs dans les processus
décisionnels, le dialogue entre les différentes générations est favorisé et contribue à préserver les principes
démocratiques des sociétés. Cette participation précoce forme des citoyens plus responsables. Cependant,
l’idée n’est pas de laisser les enfants apparaître soudainement seuls dans l’espace public, mais de leur
permettre de participer activement, en tenant compte de leurs limites, leurs capacités et leurs besoins. La
relation harmonieuse entre les enfants et les adultes est donc centrale dans toute l’approche de la
participation des enfants.
L’expérience montre que les messages véhiculés par des enfants envers leurs pairs et envers les adultes
sont mieux écoutés que ceux transmis par des personnes adultes. L’utilisation de l’approche « enfant pour
enfant » est donc de mise pour la promotion, la protection et la défense des droits des enfants.
Les familles/communautés :
Les familles constituent le premier cercle de protection de l’enfant et de l’exercice de ses droits, un rôle
reconnu par la CDE. Ainsi, il revient aux parents ou bien à la « famille élargie ou communauté », de
donner à l’enfant, des soins et « d’une manière qui corresponde à ses capacités, l’orientation et les
conseils appropriés à l’exercice des droits que lui reconnaît la Convention » (art. 5). L’enfant, à mesure
qu’il grandit et mûrit, devient donc plus directement responsable des décisions relatives à sa vie et à son
environnement. Il a besoin de cet enracinement familial et communautaire solide pour se construire.
Les communautés, qu’elles soient villageoises ou religieuses, sont des chevilles ouvrières de la
mobilisation pour le développement local durable, pour la promotion des droits humains fondamentaux et
pour impulser du changement. Elles constituent un atout de par la force qu’elles tirent de leurs liens
interpersonnels, de leur organisation, de leur enracinement et connaissance du milieu et de l’influence
Les chefs de quartiers ou chefs de villages, les élus locaux, les notables, représentant des structures
décentralisées de l’Etat, exercent les responsabilités de proximité qui leur donnent un rôle et un pouvoir
de premier plan au niveau de l’organisation de la vie sociale et du respect des droits fondamentaux
reconnus à tous les citoyens dont les enfants. Ils sont donc des maillons importants de la chaîne de
protection des enfants et doivent participer aux diverses actions de renforcement de l’environnement
protecteur.
L’école :
L’école est de fait le lieu privilégié de l’instruction de l’enfant et de sa socialisation avec ses pairs, eu
égard au fait que tout enfant a un droit à l’éducation et est censé passer par l’école (art. 28 de la CDE).
Elle doit favoriser une égalité des chances pour tous les enfants et notamment les filles et des relations
respectueuses entre les deux sexes. L’éducation aux droits des enfants devrait également faire partie du
curriculum en vue de permettre à chaque enfant de prendre conscience de ses droits. Enfin, l’école joue
un rôle important en tant qu’endroit offrant et/ou créant des opportunités et des espaces pour permettre
une participation active des enfants.
Les organisations de la société civile (OSC) et les organisations non gouvernementales (ONG) :
Les initiatives organisées de la société civile jouent un rôle important dans la création d’un environnement
plus protecteur des enfants face à une certaine faiblesse de l’Etat en matière de mise en œuvre concrète
de la protection effective des enfants les plus vulnérables. Elles initient de multiples actions de
développement local, de protection et de réhabilitation des enfants victimes d’abus divers. Ce sont les
OSC et ONG qui sont habituellement à la pointe de la connaissance des besoins et des carences au
niveau de l’enfance grâce à leur expérience au quotidien. Elles collaborent avec les services de l’Etat et
promeuvent/soutiennent une mise en adéquation des politiques sociales et même des réformes des lois
nationales.
Les Media :
Les journalistes et animateurs radio peuvent et doivent contribuer à la vulgarisation des droits de l’enfant.
Les radios sont très écoutées et constituent à l’heure actuelle le vecteur d’information privilégié pour le
grand public en Afrique notamment en milieu rural. Des émissions radios sur des faits de sociétés liés
aux droits de l’enfant, sur la vulgarisation des lois et « bonnes pratiques », sur des situations qui auraient
pu toucher leurs propres enfants, apportent aux populations de nouvelles clés de lecture et de
compréhension et deviennent ainsi de véritables catalyseurs de dialogue au sein des diverses
communautés En effet la presse écrite, de par son coût d’une part et par la nécessité de savoir lire
d’autre part, a un impact beaucoup plus restreint en dehors des grands centres urbains.
En conséquence, les journalistes, en particulier ceux qui travaillent dans les radios de proximité sont des
partenaires incontournables dans la création d’un environnement plus protecteur.
L´Etat :
L’Etat est le garant pour le respect des droits de tous les enfants se trouvant sur son territoire. C’est son
rôle de « prendre toutes les mesures législatives, administratives et autres qui sont nécessaires pour
mettre en œuvre les droits reconnus…. Dans le cas des droits économiques, sociaux et culturels, ils
prennent ces mesures dans toutes les limites des ressources dont ils disposent et, s’il y a lieu, dans le
cadre de la coopération internationale. » (art. 4 de la CDE)
Il revient donc à l’Etat de procéder à l’allocation des ressources disponibles en tenant compte de l’intérêt
supérieur des enfants. Les ressources disponibles s’entendent au sens large : humaines, financières,
techniques, organisationnelles pour la mise ne œuvre de toutes les mesures.
L’Etat confirme la famille dans son rôle de protection et de soins aux enfants ; une responsabilité dont
résultent des droits et des devoirs. Cette reconnaissance de l’Etat comporte également l’obligation, pour
Ce guide est loin d’être exhaustif et ne remplacera jamais une véritable formation. Il se veut simplement
être une aide pratique aux personnes désireuses de s’engager pour la cause des enfants, car la bonne
volonté ne suffit pas ; elle doit être alliée à des compétences. L’intervention sociale est un processus
complexe qui nécessite une démarche construite, méthodique et rigoureuse. Elle pose des problèmes
d’étique et implique une déontologie et des connaissances à la fois théoriques et pratiques. Cet ouvrage
leur donne quelques repères essentiels assortis de conseils pratiques en matière de travail social. Il met
à leur portée des savoir-faire éprouvés.
Sa forme se veut pratique et évolutive : un classeur avec différentes rubriques et des fiches techniques.
Les fiches peuvent être sorties pour être emportées sur le terrain ; de nouvelles fiches pourront
ultérieurement compléter ou remplacer ce premier jeu.
L´intervention sociale auprès des enfants en situation de vulnérabilité et /ou d´abus expose souvent les
intervenants à des risques ou abus soit par ignorance des règles déontologiques et de l’éthique du travail
social, soit par négligence. L’expérience du terrain révèle des erreurs fréquentes commises en toute
bonne fois par des intervenants qui n’ont pas été suffisamment sensibilisés ou outillés sur ces questions.
C’est pourquoi il est important pour l’intervenant social de connaître ces règles. Leur appropriation permet
d’éviter de tomber dans certains égarements qui pourraient être sources de préjudices à la fois pour lui et
pour l’enfant, voire l’exposer à des poursuites judiciaires.
Les exemples ci-dessous, tirés de l’expérience quotidienne des intervenants sociaux parlent par eux-
mêmes.
• Parler d’un enfant avec un visiteur et évoquer • Ne pas avoir de préjugés concernant l’âge, le
ses problèmes ou ceux de sa famille devant lui sexe, l’ethnie ou la religion de l’enfant ou l’acte
ou devant ses camarades qu’il a pu commettre ; agir avec compréhension
et empathie
• Révéler à quelqu'un ce qu’un enfant vous a
confié lors d’un entretien ou d’une écoute alors • Marquer du respect à l’enfant en toute
que l’enfant vous faisait confiance et que cette circonstance
révélation n’avait aucun caractère
indispensable pour l’aide à lui apporter • S’efforcer d’être objectif
• Utiliser à des fins personnelles ce qu’un enfant • Ne poser les questions que si elles sont utiles
ou un adulte a pu vous révéler lors d’un pour l’aide à apporter à l’enfant et non pour
entretien satisfaire sa propre curiosité
Dans ce chapitre du guide, nous faisons un rappel succinct des fondements du travail social et des règles
qui le régissent. Il est bon d’en discuter en équipe pour une bonne appropriation et pour fixer les limites à
ne pas franchir dans les situations spécifiques rencontrées par les intervenants sociaux.
Éléments de « Le travail social est une activité visant à aider à l’adaptation réciproque des
définition individus et de leur milieu social, cet objectif est atteint par l’utilisation de
techniques et de méthodes destinées à permettre aux individus, aux groupes,
(*Opus cité, Rapport aux collectivités de faire face à leurs besoins, de résoudre les problèmes que
de l’Inspection pose leur adaptation à une société en évolution, grâce à une action
Générale des coopérative, d'améliorer les conditions économiques et sociales ». Définition
Affaires Sociales, des Nations Unies, 1959.
France 2005)
1. Un concept aux frontières floues, difficile à définir et expliciter (p.15)
Les définitions qu’on peut donner de l’intervention sociale sont liées aux
conceptions qu’a la société, à un moment donné, des règles communes.
Ces définitions illustrent la diversité des conceptions et des approches.
Revue Esprit, numéro spécial (1972) : « Le travail social, c’est le corps social en
travail ».
Jacques Ladsous (CSTS, avis sur l’éthique) : «Tout homme est capable
d’évoluer. Le travail social est là pour permettre aux gens de cheminer vers
Références Bibliographie :
Rapport de l’Inspection Générale des Affaires Sociales 2005 (France)
Textes de référence
Des textes de référence qui fondent le travail se basent sur les grands
principes suivants :
Cela signifie :
2. Justice sociale
Les travailleurs sociaux ont la responsabilité de promouvoir la justice sociale,
par rapport à la société en général, et par rapport aux personnes avec
lesquelles ils travaillent.
Cela signifie :
- Reconnaître la diversité
Les travailleurs sociaux doivent reconnaître et respecter la diversité raciale et
culturelle des sociétés dans lesquelles ils interviennent, et prendre en compte
les différences individuelles, familiales, des groupes et des communautés.
Toute intervention sociale doit être effectuée dans le strict respect des
lois en vigueur dans le pays.
Objectifs Rappeler les règles de base que tout intervenant est appelé à respecter.
Cité du rapport de Les travailleurs sociaux doivent agir selon le code de déontologie en
l’Assemblée application dans leur pays. Celui-ci est généralement plus détaillé pour adapter
Générale de la la pratique de la déontologie spécifique au contexte national.
FITS 2004
(Fédération Voici les lignes directrices générales sur la conduite professionnelle :
Internationale des
Travailleurs 1. Les travailleurs sociaux doivent développer et entretenir leur compétence
Sociaux) professionnelle et leur technique pour faire leur travail.
2. Les travailleurs sociaux ne doivent pas utiliser leur technique en faveur d’objectifs
inhumains comme la torture et le terrorisme.
3. Les travailleurs sociaux doivent agir avec intégrité. Cela implique de ne pas
abuser de la relation de confiance avec les personnes qui recourent à leurs
services, et de reconnaître les limites entre la vie personnelle et la vie
professionnelle, et de ne pas utiliser leur position pour un profit personnel.
4. Les travailleurs sociaux doivent agir avec compassion, empathie et soin dans leur
relation avec les personnes qui recourent à leurs services.
5. Les travailleurs sociaux ne doivent pas subordonner les besoins ou intérêts des
gens qui recourent à leurs services à leurs propres besoins ou intérêts.
1. Ceci veut aussi dire, ne pas donner de préférence aux membres de sa famille,
son clan, religion etc.
8. Les travailleurs sociaux doivent savoir qu’ils sont responsables de leurs actions
vis-à-vis des personnes avec lesquelles ils travaillent, de leurs collègues, de leurs
employeurs, de l’association professionnelle et de la loi, et que ces instances
peuvent être en conflit.
9. Les travailleurs sociaux ont le devoir de collaborer avec les écoles de travail
social pour permettre aux étudiants de recevoir une formation pratique de bonne
qualité et de mettre à jour les connaissances pratiques.
10. Les travailleurs sociaux doivent engager et entretenir le débat sur la déontologie
avec leurs collègues et leurs employeurs, et assumer des décisions bien étayées
au plan éthique.
12. Les travailleurs sociaux doivent créer dans les services qui les emploient et dans
leur pays des conditions favorables au débat, à l’évaluation et au respect des
principes de cette déclaration et de leur code national de déontologie (s’il est
susceptible d’être appliqué).
Champ d’application
Toute intervention sociale doit être effectuée dans le strict respect des lois
en vigueur dans le pays.
« J'entends, par ce terme de relation d'aide, des relations dans lesquelles l'un au moins des deux
protagonistes cherche à favoriser chez l'autre la croissance, le développement, la maturité, un meilleur
fonctionnement et une meilleure capacité d'affronter la vie. L'autre, dans ce cas, peut être soit un individu,
soit un groupe. On pourrait encore définir une relation d'aide comme une situation dans laquelle l'un des
participants cherche à favoriser chez l'une ou l'autre partie, ou chez les deux, une appréciation plus
grande des ressources latentes internes de l'individu, ainsi qu'une plus grande possibilité d'expression et
1
un meilleur usage fonctionnel de ces ressources. »
Partant de cette définition, il apparaît clairement qu’en relation d’aide, il n’existe pas de recettes toutes
faites. Ce manuel ne peut donc en aucun cas constituer, à travers les fiches techniques proposées, des
directives à appliquer. Il capitalise sur des expériences vécues et des pratiques développées par des
intervenants qui ont su mobiliser positivement leurs propres ressources ainsi que les ressources
intérieures des enfants en situation de vulnérabilité et/ou d´abus et celles de leurs milieux de vie.
L’instauration d’une véritable relation d’aide avec un enfant en situation de vulnérabilité se base sur
l’écoute, la compréhension et la reconnaissance mutuelles.
« La relation d’aide est un processus par lequel on amène une personne à faire de nouveaux
apprentissages, à poser de nouveaux gestes pour arriver à satisfaire ses besoins ou à résoudre ses
2
difficultés. »
« La relation d'aide est une relation d'accompagnement, qui suppose écoute attentive, soutien actif,
empathie et qui vise à permettre à l'autre de trouver, de maintenir ou de retrouver une autonomie et une
3
compétence dans le domaine qui est l'objet de sa demande. »
À cet effet, le travailleur social ou autre aidant va devoir développer ses capacités relationnelles :
- capacités d’écoute,
- d’analyse afin de discerner les besoins des personnes au-delà de leur demande initiale,
- de maîtrise de ses propres émotions.
1
Développement de la personne, p. 29, Editions Dunod.
2
La relation d’aide : développer des compétences pour mieux aider, Luc Tremblay, Chronique sociale, 2001.
3
Laure Marchand Lucas, les cahiers de la puéricultrice n° 188, juin 2005.
Le respect, qui signifie pour l’aidant de croire en la dignité de tout être humain, en son caractère unique,
en son droit de choisir et en ses potentialités à y arriver à sa façon. L’aidant doit donc veiller à ses
attitudes afin de ne pas juger, conseiller ou interpréter.
L’authenticité impliquant d’être soi-même, franc et honnête. Rogers va plus loin dans cette optique en
parlant de congruence (adéquation entre l’attitude et la parole, correspondance entre l’expérience et la
prise de conscience, …).
• Ponctuelle : pour répondre à une difficulté passagère. Tout un chacun est amené à la pratiquer à un
moment ou un autre dans son quotidien.
• Educative : un processus qui se conduit en 6 étapes selon Luc Tremblay, à qui nous ferons référence
dans les fiches techniques suivantes. En effet, c’est cette forme de relation d’aide qui nous intéresse plus
particulièrement dans l’accompagnement des enfants en difficulté rencontrés dans l’exécution des
projets.
Les droits de l’enfant et la résilience sont deux thématiques riches et complexes qui nourrissent les
approches développées par les intervenants sur le terrain.
• « Par Droits de l’enfant, on entend les normes minimales qui devraient être satisfaites pour assurer le
bien être des enfants. Elles sont rassemblées dans la Convention Internationale des Droits de l’enfant
(CDE). Ces droits sont de deux natures ; les uns sont moraux, sous forme de principe comme par ex. le
droit d’être aimé, d’autres sont juridiques (droit à un nom, une nationalité, …) et les autorités publiques
des pays signataires se doivent de les mettre en application.
• La résilience est la capacité d’un individu ou d’un groupe à surmonter de très grandes difficultés et à
croître dans la vie. Elle est un processus. La résilience n’est pas une technique d’intervention, mais elle
inspire un autre regard qui, tout en reconnaissant les problèmes, cherche au-delà de la pure réparation,
4
les ressources et les éléments positifs, même modestes, qui aideront à reconstruire la vie. »
La relation d’aide, dans les situations qui nous intéressent, doit être mise en œuvre en gardant en
perspective les apports de ces deux approches. S’il n’est pas possible de changer son passé, compte
tenu du caractère irréversible de la vie, l’avenir d’une personne et qui plus est d’un enfant ne peut rester
définitivement plombé par son passé.
« Même une victime doit tôt ou tard assumer une responsabilité, non pas nécessairement pour ce qui lui
est arrivé, mais pour son avenir. C’est peut être une responsabilité diminuée, minimale, mais bien réelle
et en lien avec la responsabilité de ceux et celles qui l’accompagnent. La question pratique de base pour
5
la résilience, comme pour les droits, est : « Que pouvons-nous construire ensemble ? » .
4
Droits de l’enfant et résilience. Deux approches fécondes qui s’enrichissent mutuellement », Stefan Vanistendael,
Cahiers du Bice, 2009 (p. 10)
5
Idem (p. 18)
4- La confiance de l’autre
L’essentiel du travail s’accomplit dans le cadre d’une relation interpersonnelle
où il faut d’abord gagner la confiance de la personne à aider.
Le lien de confiance est la trame de fond du travail d’intervention et c’est un défi
à relever chaque jour.
C’est grâce à la qualité de ce lien que le travail porte ses fruits, à court et à long
terme.
Accompagner une personne c’est être présent auprès d’elle, lui donner les
soins et le soutien psychologique nécessaire pour qu’elle réussisse à résoudre
ses difficultés et à se donner une meilleure qualité de vie.
Dans le cas d’un enfant en difficultés, pour l’aider à poser de nouveaux gestes
pour satisfaire ses besoins, l’éducateur doit tout d’abord l’amener à définir le
ou les besoins qui sont en cause et les réponses qu’il donne à ces
besoins. Par la suite, il fait avec lui une recherche action pour trouver les
nouvelles façons de répondre à ses besoins et on l’accompagne dans
l’expérimentation de ces nouveaux moyens.
Dans un rôle d’éducateur, il faut à la fois savoir être proche et savoir garder des
distances, pour être capable de faire preuve d’autorité quand la situation l’exige.
Ce n’est pas facile, car le rôle d’autorité peut entrer en conflit avec celui de
confident.
Supports - « La relation d’aide : développer des compétences pour mieux aider », Luc
pédagogiques Tremblay, Chronique sociale, 2001.
- Techniques de l’écoute et de l’entretien (cf. fiches chapitre 3 du guide)
Description du La relation interpersonnelle joue un rôle majeur dans tout processus d’aide.
contenu Pour que cette relation soit efficace, la personne aidante doit démontrer des
attitudes telles que l’empathie, le respect, l’authenticité et faire preuve de
qualités personnelles telles que l’ouverture aux autres, la maîtrise
émotionnelle, le jugement, le discernement, etc.…
Bien sûr, apprendre à se connaître est une démarche de toute une vie,
personne ne peut prétendre y arriver en quelques mois de formation.
- La projection de soi
- Elle opère de manière inconsciente et consiste à attribuer à une personne
des caractéristiques qui nous appartiennent.
Un enfant sent si son interlocuteur est vrai, authentique. S’il réalise que lui
aussi a sa propre histoire avec ses points forts, mais aussi ses douleurs et
ses faiblesses, l’enfant va se confier plus facilement. L’enfant peut
positivement s’identifier au bon exemple donné qui prouve que l’on peut (qu’il
faut) travailler sur soi et qu’ainsi les difficultés et blessures de la vie peuvent
être surmontées.
Supports « La relation d’aide : développer des compétences pour mieux aider », Luc
pédagogiques Tremblay, Chronique sociale, 2001.
Objectifs Clarifier les préalables requis pour s’engager dans la relation d’aide.
Supports - « La relation d’aide : développer des compétences pour mieux aider », Luc
pédagogiques Tremblay, Chronique sociale, 2001.
- « La relation d’aide et la psychothérapie (1942) », Carl Rogers, Editions
Sociales Françaises, Paris 1970, 2 vol.
Description du Créer un lien de confiance est le premier défi qui incombe à la personne
contenu aidante. Les gens qui expriment le besoin d'aide ont souvent expérimenté le
rejet, l’abandon, la trahison, le non respect et ont développé à l’égard des
autres une certaine méfiance. Il est plus difficile de les approcher et de les
apprivoiser.
1. L’accueil
Pour aider, il faut être sensible au rôle joué par les affinités et sa disponibilité
et en faire part à l’autre. Les conditions favorables à l’écoute et l’ouverture
sont fondamentales.
- Être sensible au rôle joué par les affinités
En situation d’aide, on se sent immédiatement plus proche de quelqu’un avec
qui on partage des points de vue et des intérêts. Il est alors plus facile de lui
montrer de l’empathie, de comprendre son vécu. La confiance, qui est aussi
du domaine du « senti », de l’émotion s’établit alors plus facilement. Il faut en
être conscient.
- Évaluer sa disponibilité et en faire part à la personne
La disponibilité désigne aussi bien le temps dont on dispose pour l’entretien
que l’état psychologique dans lequel l’animateur se trouve. Il est important de
fournir ces informations à la personne aidée.
- Aménager des conditions favorables à l’écoute
Un entretien peut durer quelques minutes ou plus d’une heure ; il est donc
important de se soucier de l’environnement physique dans lequel il se
déroule : siège, éclairage,… Le respect de la confidentialité est indispensable.
Il est important de choisir un lieu discret où l’on risque le moins possible d’être
dérangé.
- Montrer de l’ouverture
Certains gestes, certaines postures expriment l’ouverture et peuvent faire
comprendre qu’on est prêt à écouter. Ainsi, s’asseoir de biais, ou en face
d’une personne facilitent le contact visuel et le dialogue.
- Expliquer le but de la rencontre
Il est important de bien situer le contexte de la rencontre. Il peut s’agir d’une
visite de suivi, de mise au point, etc. Au début de l’entrevue, il est important
de rappeler le but de la rencontre et de vérifier si la personne le comprend
bien
2. Le respect
Il est une forme d’acceptation de l’autre tel qu’il est, avec ses forces et ses
limites, ses façons différentes de penser et d’agir. Si la personne (l’enfant) se
sent respectée, il est probable qu’elle s’ouvre et se confie.
Le respect se traduit dans les attitudes, les expressions du visage, tous les
signes non verbaux émis lors de l’écoute de la personne. La personne ou
3. L’authenticité
Elle est une attitude qui consiste à rester soi-même, à être vrai. Elle signifie
faire preuve de franchise et d’honnêteté vis-à-vis de la personne à aider.
L’authenticité nécessite d’être soi-même à l’aise, de bien se connaître afin de
ne pas se laisser submerger par des sentiments que peuvent provoquer le
récit ou le comportement de la personne écoutée.
Supports « La relation d’aide : développer des compétences pour mieux aider », Luc
pédagogiques Tremblay, Chronique sociale, 2001.
Le premier contact (cf. étape 1.) apporte déjà des éléments de connaissance ;
l’étape 2. met l’accent sur l’écoute active des confidences et l’observation des
comportements révélateurs.
Écouter signifie porter une attention particulière aux paroles de l’autre, à leur :
- Contenu informatif : évènements rapportés, comportements développés,
opinions.
- Contenu affectif : émotions et sentiments éprouvés.
- Contenu verbal: vocabulaire, ton, débit.
Observer signifie porter une attention particulière aux aspects non verbaux de
la communication de l’autre : le regard, les mimiques faciales, les postures, les
gestes (mains, pieds), l’émotion dans la voix, les silences, etc.
L’attention est plutôt sur le contenu non verbal du message/ de la confidence.
Ex. : Daniel se présente à l’entretien : son regard est fuyant, Louis l’invite à
s’asseoir. Daniel s’assied ; Louis constate que Daniel tord ses mains et bouge
ses pieds plusieurs fois avant de les coincer derrière les pieds de sa chaise.
Les aspects non verbaux montrent toute la gêne de Daniel ; probablement pas
tant à l’égard de son éducateur que par rapport à ce qu’il n’a jamais révélé
jusqu’à ce jour. Son trouble indique que ce qu’il voudrait dire est probablement
grave à ses yeux.
Description du Dans la relation d’aide, il est important que l’aidant vérifie régulièrement sa
contenu compréhension des propos de l’enfant (ou toute autre personne). Il s’agit là de
principes fondamentaux mis également en exergue au niveau des techniques
d’écoute (Cf. ce chapitre). Mais il doit aller au-delà de l’écoute et pour obtenir des
informations plus précises, nécessaires pour apporter une aide, il lui faudra poser
des questions.
Reformulation et reflet
En reformulant le contenu informatif (faits, opinion..) et le contenu affectif
(sentiments, émotions), l’intervenant exprime à l’enfant ce qu’il comprend de sa
situation. Le reflet porte uniquement sur les aspects affectifs.
Ex. :
Reformulation. Daniel : … je t’ai fait tourner dans ce quartier toute l’après midi
pour retrouver ma famille. (Daniel soupire et contemple maintenant le bout de ses
doigts je ne voulais pas que tu parles, (silence) les rencontrer
Louis : Il me semble que c’est la rencontre de tes parents qui te préoccupe ?
Reflet. L’éducateur : tu te sens gêné, préoccupé ?
Question ouverte
Elle vise à la fois à obtenir plus d’information et à encourager l’enfant à se confier
davantage ; c’est pourquoi elle doit être formulée de façon très générale.
Question fermée
Une question de ce type vise à obtenir une information précise ; il arrive que la
réponse se limite à oui ou non.
Question ouverte
Éducateur: veux-tu bien m’expliquer ce qui te met dans un tel état à l’idée que
nous rencontrions tes parents ?
Daniel est amené à parler de sa famille….
Question fermée
Éducateur: As-tu fait une grosse bêtise ?
Daniel : oui et non ; mais c’est pas vraiment ça.
Dans ce cas, L’éducateur ne sait rien de plus
Dans la relation d’aide, l’intervenant doit s’efforcer à respecter le plus possible le
rythme de l’enfant. Il est important de respecter les silences pendant lesquels
l’enfant reprend son souffle, réfléchit, trie ses idées. Poser une question à ce
moment-là brise le rythme et peut entraîner l’enfant sur une piste qui n’était pas la
sienne. Il est mieux d’attendre que l’enfant déroule lui-même les contenus qu’il
souhaitant confier à l’intervenant.
Attitude à retenir :
- Respecter le rythme de l’enfant.
- Respecter ses silences.
- Poser des questions fermées seulement sur un sujet qui a été abordé.
- Poser des questions ouvertes à la suite d’une reformulation.
- Eviter de poser trop de questions.
Objectifs Clarifier les préalables requis pour s’engager dans la relation d’aide
Description du Le besoin d’aide est souvent complexe ; il touche différents champs de la vie
contenu de l’enfant. L’intervenant à parfois recours à la RAP (recherche action
participative, cf. fiche y relative p 181) pour aider l’enfant à prioriser ses besoins
et l’impliquer dans la résolution de celui qui a été retenu.
Le besoin, c’est ce que l’enfant veut faire, ce qu’il veut changer dans sa
vie, le problème qu’il veut résoudre ; la raison pour laquelle il demande de
l’aide.
Ex. : Daniel : la nouvelle femme de mon père me déteste ; elle ne fait que de
parler mal de moi à mon père. Souvent elle ne me donne rien à manger, elle dit
que je suis fainéant et que j’ai de mauvaises fréquentations. C’est comme ça
que j’ai quitté pour la rue. La première fois j’ai fait une semaine et après je suis
rentré. Mon père a dit que je le déçois beaucoup. Il n’a pas voulu que je parle.
Sa femme lui a dit que je suis un sorcier ; c’est comme ça que j’ai encore quitté
et que j’ai commencé à voler.
Educateur: tu crains le jugement de ton père et un nouveau rejet ?
Daniel : oui, il écoute seulement sa femme. Pour lui je suis un vaurien, je ne
suis plus son fils.
Educateur: tu as peur qu’il refuse de nous écouter, de chercher à comprendre ?
Cet exemple montre les stratégies d’évitement que Daniel met en place :
d’abord en famille, ensuite avec son éducateur. La situation est délicate pour
L’éducateur. Il peut par maladresse provoquer une nouvelle fugue de Daniel, ce
qui mettrait un terme à la relation d’aide. Il va falloir qu’il aide Daniel à trouver
des amorces de solutions qui permettront de lever ses résistances.
Pour cela, il va être amené à aider Daniel à identifier et reconnaître ses propres
problèmes de comportement en famille, à clarifier ses sentiments à l’égard de
sa belle mère, ….
Pour lever ces résistances, l‘éducateur va devoir chercher avec Daniel des
amorces de solutions. C’est Daniel qui est le mieux placé pour trouver les
solutions adéquates. Louis va l’aider à les explorer et à évaluer les impacts
possibles.
Supports - « La relation d’aide : développer des compétences pour mieux aider », Luc
pédagogiques Tremblay, Chronique sociale, 2001.
- Fiche sur la RAP (Recherche Action Participative) page 181
Cette étape peut prendre du temps en raison des résistances que l’enfant va
opposer : il a peur de se regarder en face, d’affronter certaines réalités, de
perdre des bénéfices éventuels, liés à sa situation présente. Le changement est
porteur d’incertitudes et donc de craintes.
Ex. : Educateur : Je ne juge pas ton comportement, je ne te juge pas. C’est toi
qui assumes ce que tu fais, mais là nous sommes dans une impasse, il faudra
bien en sortir.
Daniel : c’est facile à dire ; on voit bien que vous ne connaissez ni mon père, ni
sa femme ! Ils ne veulent pas de moi et me méprisent. J’étais obligé de fuir.
L’éducateur tente de confronter Daniel de la nécessité d’avancer, mais Daniel
n’est pas encore prêt, il campe sur sa position : Il n’est pas protagoniste de la
situation, le problème ne dépend que de ses parents.
L’objet de la confrontation doit être bien clair pour l’éducateur ou l’adulte aidant,
il doit être le nœud du problème. Pour cela il a besoin d’analyser aussi bien le
message verbal que le message non verbal émis par l’enfant.
Ex. : Educateur: Tu m’as fait tourner dans le quartier tout l’après midi parce que
la rencontre de ta famille te préoccupe. Penses-tu que ton père ne va pas nous
écouter, que lui et sa femme vont parler de toi en mal ?
Daniel peut ne pas être prêt à une médiation avec sa famille ; dans ce cas il va
placer la balle dans le camp de son éducateur, le confronter à son tour :
Daniel : vous aurez la honte si mon père ne veut pas vous parler !
- Nier la réalité
- Refuser de parler
- Minimiser le problème
- Manifester de l’agressivité
- Changer de sujet de conversation
- Interrompre l’échange
Il est important que l’intervenant fasse part à l’enfant qu’il a compris le nœud de
son problème, même s’il sait que cela peut provoquer une réaction de
résistance de sa part. Cette résistance s’estompera peu à peu si une bonne
relation de confiance est établie. Si l’enfant se sent rassuré et en confiance,
il acceptera graduellement de regarder la situation en face. Il pourra alors
se lancer dans la recherche d’amorces de solutions.
NB : l’éducateur ou tout autre intervenant ne doit pas perdre de vue que c’est
l’enfant, s’il est soutenu et accompagné, qui est le mieux placé pour trouver des
solutions adéquates à son problème.
Supports - « La relation d’aide : développer des compétences pour mieux aider », Luc
pédagogiques Tremblay, Chronique sociale, 2001.
- Techniques de l’Ecoute active (cf. fiches du chapitre 3 du guide)
Processus
L’intervenant :
- Guide la personne.
- Suggère des méthodes de recherche de solutions et de prise de décision.
Pour aider la personne (l’enfant) à trouver une solution, différentes techniques
sont possibles :
- Utiliser la méthode de la Recherche Action Participative (cf. fiche p 181).
- Procéder à un inventaire des solutions ou des réponses et à les analyser l’une
après l’autre en vue de choisir la mieux adaptée.
C’est la personne (l’enfant) qui :
- Propose les solutions possibles.
- Prend la décision.
Il est très important de prendre le temps de faire avec la personne une évaluation
sérieuse et complète des solutions possibles afin qu’elle prenne une décision bien
pesée et mûrie.
2. Mettre en œuvre
Supports - « La relation d’aide : développer des compétences pour mieux aider », Luc
pédagogiques Tremblay, Chronique sociale, 2001.
La situation d´écoute met en relation deux ou plusieurs personnes. Cette relation interpersonnelle passe
par la communication dont les vecteurs peuvent être verbaux ou non verbaux. Les codes de cette
communication sont extrêmement complexes. Un certain nombre d’entre eux sont acquis dès l’enfance
au travers de l’éducation. Ils sont devenus réflexes et ne nécessitent pas forcément l’intervention
consciente et réfléchie des protagonistes de la relation.
Cependant à y regarder de plus prêt, on constate que les clés de compréhension acquises sont fortement
liées à des contextes moraux et culturels intégrés à travers l’éducation et les influences reçues. Préjugés,
clichés, subjectivité viennent parasiter et polluer les messages émis entre l’émetteur et le récepteur sans
que, bien souvent, ceux-ci s’en rendent comptent. Il en résulte des incompréhensions, des frustrations,
des quiproquos.
« Chacun de nous déplore avoir vécu nombre d’occasions où il ne s’est pas senti écouté. Nous avions à
exprimer quelques opinions et avions ressenti péniblement, parfois cruellement, le fait que notre
interlocuteur ne manifestait aucun intérêt pour nos propos. Nous avons eu l’impression de ne plus être
écouté, voire d’être quelque peu nié dans nos paroles et notre personne. Curieusement, nous ne tirons
guerre profit de ces expériences ; voilà qu’après avoir souffert de n’être pas écouté, c’est à nous qu’un
6
familier fait remarquer notre absence d’écoute ».
Apprendre à écouter est un besoin majeur des relations humaines. Nous savons combien écouter
est difficile. Chacun admet qu’il n’est pas aisé d’entendre ce que l’interlocuteur veut dire sans dénaturer
sa pensée : parents préoccupés par les soucis quotidiens qui écoutent difficilement leurs enfants,
enseignants soucieux du programme et pas assez des élèves, formateurs plus désireux de conduire le
groupe que d’écouter ses demandes et clarifier ses besoins, travailleurs sociaux absorbés par le rythme
des tâches de face à face avec les enfants qui consacrent moins d’espace à l’écoute des enfants qui
viennent vers lui. Et encore dans les structures d’encadrement transitoire ou l’écoute active se perd avec
le temps et l’habitude, et l’écoutant devant un cas, à la recherche d’un diagnostic qui néglige une
authentique présence de l’enfant.
« L’écoute s’avère à la fois capitale et incontournable lorsqu’il s’agit d’aller à la rencontre de l’enfant en
difficulté et de sa famille. Celui-ci a besoin avant tout de se dire pour s’entendre lui-même. Elle devient
un outil pour aider l’enfant à renouer avec ses propres forces, afin de trouver lui-même les solutions à ses
7
problèmes. Il s’agit de l’aider à acquérir davantage de maturité sur le plan psychologique».
L’amélioration et le renforcement des compétences des intervenants en écoute active contribuent à une
meilleure compréhension des enfants. Ainsi, ils pourront agir positivement en éveillant des attitudes
fondées sur l’acceptation inconditionnelle de l’enfant et de ses points de vue pour construire enfin avec
chaque enfant un projet éducatif.
Il est donc important d’apprendre à mieux communiquer avec les autres et en particulier lorsque qu’on est
amené à s’engager dans une relation d’aide dans laquelle l’écoute est la clé de voûte.
Les fiches sur l’écoute active sont axées principalement sur l’écoute des enfants en situation difficile.
Elles ont pour finalité d’amener quiconque sera en situation de relations interpersonnelles avec les
enfants de s’intéresser à eux, de les reconnaître comme personnes à part entière, les aimer, les écouter,
pour les voir très rapidement exprimer leurs problèmes et clarifier leur situation, la vivre plus positivement
et continuer de se battre pour l’améliorer.
Elles donnent des outils pour comprendre le rôle de l’écoutant, l’importance de la relation qui se construit
entre l’intervenant et l’enfant (la confiance) et les techniques d’écoute proprement dites.
6
« Sur le chemin de l’écoute à la rencontre de l’enfant en difficulté, Hili Ningnoun Touré et F. Gérard Vincent, p. 7
7
« Clé pour devenir, Cinq approches pour s’engager avec les enfants » Stefan Vanistendael, Les cahiers du Bice, Genève 2001,
p. 34
Ces droits créent des obligations aux écoutants ; ils sont tenus de les respecter. Pour ce qui concerne le
secret professionnel, les législations diffèrent d’un pays à l’autre et les intervenants bénévoles ne sont
pas soumis aux mêmes règles. Ils ne doivent pas pour autant perdre de vue ces notions et limites devant
permettre de protéger l’enfant contre d’éventuels abus de pouvoir.
Objectifs - Définir l’écoute active et la distinguer des concepts tels que la conversation,
l’entretien simple.
- Montrer l’importance de l’écoute active en tant qu’approche et outil
d’accompagnement social.
- Décrire les différentes formes de l’écoute et les conditions spatio-temporelles
de l’écoute.
2. But de l’écoute
L’écoute a pour but d’aider une personne à clarifier ses problèmes et à régler
elle-même les difficultés auxquelles elle est confrontée en faisant appel à ses
propres ressources, jusque là peut être encore inutilisées.
- L’écoute spontanée
Elle s’oppose à l’écoute structurée du fait qu’elle n’a pas été préalablement
demandée ou planifiée. Elle s’offre par une demande formulée à chaud ou se
réalise au cours d’une activité, une rencontre, où le besoin d’écouter se fait
sentir ou donne lieu à des confidences que l’écoutant reçoit sans hésitation.
- L’écoute individuelle
Il s’agit d’une séance concernant une personne à écouter par un ou plusieurs
écoutants.
Objectifs Clarifier les conditions dans lesquelles l’écoute active peut se réaliser
efficacement.
Description du Les conditions á observer pour réaliser une bonne écoute peuvent se résumer
processus à à:
observer
1. Le lieu de l’écoute
4. La confiance
L’adulte doit construire une relation de confiance avec le jeune (voir fiches p
31et 49)
3. Grâce à l’empathie
Les enfants sont très sensibles aux mensonges des adultes. Ils ne font pas
confiance aux personnes qui « disent et ne font pas ».
- Je me montre vrai, sans façade, sans masque face à l’enfant.
- Je dois faire preuve d’honnêteté, je suis véritable, en exprimant ce que je
ressens moi-même.
- Je préserve les informations de l’enfant qui s’est ouvert à moi dans la relation
d’aide à travers l’écoute.
- Je les partage avec d’autres collègues de service que si nécessaire pour le bien
7. En responsabilisant l’enfant
8. Par ma patience
- Je donne le temps à l’enfant, je chemine avec lui, me laisse conduire par lui, je
m’arrête quand il en éprouve le besoin et repars avec lui quand il le désire.
- Je lui laisse le temps de s’adapter, de guérir, d’exprimer son libre-arbitre et de
désirer des choses pour lui-même, de commencer à réaliser ses propres projets
de vie.
Conditions Chaises identiques placées dans un endroit calme et jouissant d’une certaine
environnementales intimité.
2. Phase exploratoire
C’est une phase de connaissance de l’enfant, phase d’investigation. Ici, toutes
les informations sur l’enfant, les facteurs susceptibles de l’influencer ou l’ayant
déjà marqué sont repérés.
Je récolte, au moyen d’une fiche de renseignements, les données sur son
identité, sa situation scolaire, sa situation familiale, ses antécédents médicaux,
ses loisirs et sports, ses problèmes majeurs et autres faits observés.
Cette phase me permet d’identifier, de clarifier le problème pour lequel l’enfant
vient vers moi.
1. Les micro-habiletés
3. Habilités globales
L’enfant qui vient à moi pour être écouté parle de plusieurs choses qu’il faut
savoir distinguer. Quel message vais-je écouter et comprendre ?
Moyens matériels - Deux chaises identiques, placées dans un endroit calme jouissant d’une
certaine intimité
- Fiche de séance d’écoute du dossier individuel de l’enfant
Description du L’écoutant qui n’a pas effectué un travail sur lui-même afin de bien se connaître
processus à et de maîtriser les techniques de l’écoute active commet d’avantage d’erreurs.
observer Ces erreurs peuvent complètement compromettre les résultats recherchés dans
la séance d’écoute en cours. Plus grave encore, elles sont aussi susceptibles
d’inciter l’enfant à rejeter l’aide qu’on veut lui apporter.
1. Donner des directives, des ordres ou même des solutions toutes faites
Dans le cadre des projets initiés par KiRA et ses partenaires dans certains pays africains (Côte d’Ivoire,
Mali, RD Congo, Sénégal, Togo), les intervenants ont été confrontés à de nombreuses situations où les
enfants ne jouissaient pas de leurs droits même les plus élémentaires. Ces situations variées et
difficiles sont souvent le fait de la pauvreté, d’une faiblesse des politiques sociales ou de services d’Etat
peu fonctionnels.
Cependant, le travail social fait appel à un savoir faire technique spécifique. Ce savoir faire est
enseigné dans les centres de formations des travailleurs sociaux. Tout intervenant se doit de les
maîtriser et de perfectionner ses compétences. Les bénévoles, eux, ont besoin d’être outillés pour être
en mesure d’agir aussi avec compétence. Formés sur le tas, ils acquièrent peu à peu ce savoir faire
combien indispensable.
Face aux difficultés de l’enfant et de sa famille, comme dans la logique générale du projet dans lequel il
intervient, l’intervenant social est amené à :
Le potentiel humain de l’intervenant doit être mobilisé en complément des savoir faire techniques afin
de relever ces défis. Ainsi les travailleurs sociaux et les bénévoles sont appelés à faire preuve de
souplesse, d’adaptabilité, de créativité et d’une capacité d’anticipation. Ils agissent avec cœur et bonne
volonté. Il n’existe pas de solutions clés en main. Les intervenants sociaux sont contraints de les
imaginer ou de les créer.
Exemple :
Joseph, un intervenant social a reçu pour mission d’apporter un appui psychosocial aux filles victimes
des conflits armés au Congo. Ces filles avaient été violées par des militaires. Dans leur communauté,
cette situation déshonorante les mettait au banc de la famille et du village si leur infortune était connue.
Ainsi ces filles taisaient leur malheur et restaient sans soins, voire dissimulaient leur grossesse ou
tentaient de la « faire passer » au péril de leur vie.
Face à cette situation, Joseph a reçu pour consigne : « écoute, observe et vois ce que tu peux faire »
Trois mois plus tard, Joseph rend compte : « j’ai créé une équipe féminine de foot avec ces filles ».
Surprise et perplexité de ses supérieurs. Mais Joseph explique calmement :
«J’ai pu parler avec quelques filles que l’infirmier m’avait signalées comme étant de telles victimes. J’ai
pu mesurer toute la gravité de leur situation et la complexité pour l’aborder dans ce milieu. Lors d’un
entretien, j’ai constaté l’intérêt de certaines filles pour le foot et leur envie d’en faire. Ceci m’a donné
l’idée de créer deux équipes. Se sont les filles elles-mêmes qui se sont donné le mot et sont venues
d’elles-mêmes.
C’est ainsi que comme membres de l’équipe, elles ont été amenées à être vues par le médecin et ont
reçu des soins. L’entraînement les aide à dépasser leur stress. J’ai pu démarrer aussi avec elles des
séances d’éducation de base et d’alphabétisation. Par la suite, nous avons organisé un match public en
ville. Leur prestation a déchaîné les passions. Quand une autorité est venue, le maire a demandé
officiellement à ces joueuses féminines de venir faire un match d’exhibition. Elles sont la coqueluche de
la ville. Les parents son fiers que leur fille fasse partie d’une telle équipe. Ainsi le risque d’exclusion est
dissipé. Nous allons voir ce que nous pouvons développer comme activités génératrices de revenus
avec elles ».
Joseph à mobilisé non seulement ses compétences de travailleur social mais aussi tout son potentiel
humain, ses aptitudes à observer, comprendre et agir. Il a su faire preuve d’intuition, d’initiative et de
créativité qui ont permis d’atteindre des résultats qui étaient loin d’être acquis au départ. La solution est
tout à fait originale et n’aurait jamais pu être programmée dans la phase de conception du projet.
Les fiches proposées capitalisent des savoir faire qui ont fait leurs preuves avec des intervenants
auprès des enfants en situation de vulnérabilité et/ou d’abus. Elles se veulent être des aides, mais ne
sont pas des recettes toutes faites. À chacun de réfléchir et de se poser la question : dans l’intérêt
supérieur de l’enfant, le respect des lois et de l’éthique du travail social, comment adapter ma
pratique ?
Objectifs - Permettre aux intervenants de saisir les nuances entre Récit et Histoire de vie.
- Permettre aux intervenants sociaux de mieux recueillir le premier et rédiger le
second.
- Apprendre à conduire un accompagnement social.
2. L’histoire de vie
Le récit de l’enfant est retranscrit de façon fidèle, avec ses mots à lui ; il est
généralement recueilli lors d’une première écoute. Cf. fiche récit de vie
2. Observation
4. Interprétation
5. Actions entreprises
6. Résultats obtenus
7. Perspectives
« Je m’appelle Owanda Je suis né en 1990, je suis Tetela, originaire de XY dans la province du Kasaï
Oriental, en république Démocratique du Congo. Mon père s’appelle N ; il est décédé en 2002, il fut un
grand pécheur. Ma mère répond au nom de E. Je suis l’aîné d’une famille, de 4 enfants dont 2 filles qui
sont déjà mortes et 2 garçons. J’ai reçu une bonne éducation de mon père qui nous prodiguait de
sages conseils chaque soir.
En 2002, j’étais à l’école en train de suivre les cours en 2ème année d’étude secondaire. Pendant la
récréation, j’ai vu un groupe de militaires passer en courant vers le territoire de Lodja. A leur passage,
ils ravissaient aux gens leurs vélos, les autres grièvement blessés et incapables de poursuivre leur
chemin, ont été internés à l’hôpital de référence. Le lendemain matin, j’ai repris le chemin de l’école.
Avant que j’y arrive, je rencontre un groupe de gens apparemment étrangers dans notre milieu. Ils
transportaient des colis sur leur tête. Avant d’atteindre le Bureau du territoire, je vois un autre groupe
en tenue militaire, bien armé. J’ai eu peur, alors je suis rentré pour en parler à papa. Il avait déjà
l’information et s’inquiétait de m’avoir demandé d’aller à l’école. Le soir, j’ai entendu les crépitements
d’armes, ce que je n’avais encore jamais entendu avant. La nuit, papa nous a réveillés avec mon frère
alors que je dormais profondément, pour aller se cacher dans la forêt. Je suis donc resté avec toute ma
famille dans la forêt deux jours sans manger, sans boire.
Le jour suivant le chef de cité est venu demander à tout le monde qui se cachait dans la forêt d’en
sortir et de rentrer à la cité. Tel était le message de Monsieur Janvier, chef militaire et fils du feu
président de l’Ouganda qui accompagnait les troupes Rwandaises et Burundaises du RCD
(Rassemblement Congolais pour la Démocratie). Animé d’une grande peur, papa nous a obligés de
rentrer à la cité, parce que les militaires Rwandais avaient décidé de procéder au bombardement de la
forêt. Ces militaires obligeaient tout le monde de dormir à 19h00 et personne ne devait donc sortir de
sa case avant 6h00 du matin. Le territoire était sous le contrôle des militaires Rwandais qui se
permettaient de faire n’importe quoi. Ils volaient, pillaient et violaient les femmes d’autrui et les filles,
même celles de moins de 15 ans. Pendant cette période, la justice était presque inexistante, le
plaignant et l’accusé devaient, avant d’être jugés, recevoir chacun 50 coups de fouet.
Mon père n’était pas en bon terme avec notre voisin. Ce dernier l’avait accusé auprès des militaires de
collaborer avec le groupe « Maï Maï » qui s’opposait à la rébellion du RCD. Mon père, qui revenait de
la messe du dimanche, fut arrêté. Il subi des maltraitances de tout genre. Après lui avoir administré 80
coups de fouet matin, midi et soir, on lui demandait de regarder le soleil au moins pendant deux
heures. Il fut relâché 3 jours après dans un état très critique. Papa rendit l’âme deux jours après à
l’hôpital de référence.
La mort de papa m’a beaucoup déstabilisé. Mes oncles paternels nous ont abandonné, ils ont taxé ma
mère de sorcière qui aurait de façon mystique commandité l’arrestation de mon père. J’ai suspendu
mes études faute de moyens financiers. Ce fut le moment le plus difficile de ma vie. J’ai résolu d’aller
faire la pêche chaque soir à la rivière Lokenye pour nous aider à vivre. Je suis devenu un grand
fournisseur des médecins de l’hôpital et les sœurs de la communauté de saint François d’Assise. Cette
activité m’a permis, quelques mois après, de réintégrer l’école.
En juin 2002, un groupe de « Maï Maï » (groupe qui s’est opposé aux Rwandais du RCD) venu de
Pakema avait attaqué les militaires Rwandais qui s’étaient installés dans les maisons de la cotonnière.
Un combat sanglant a eu lieu. Plusieurs rwandais ont été tués à l’aide de machettes et flèches.
Beaucoup d’entre eux ont fuit. C’est à ce moment-là qu’on m’enrôla de force au sein du groupe armé
« Maï Maï » alors que j’allais à la rivière pour faire la pèche. Nous étions avec quelques combattants
dans la forêt. Nous n’avons eu aucune formation militaire spécifique, on nous initiait aux fétiches pour
devenir invulnérables devant l’ennemi. Ainsi, la balle de n’importe quelle arme ne pouvait m’atteindre.
Je pouvais me volatiliser dans l’air en criant « Mai » sans qu’on ne m’aperçoive. Nous n’utilisions que
des lances et des flèches contre les armes à feu modernes. Ce qui était mauvais, c’est que toutes les
actions se menaient dans la forêt, torse nu, au froid, sous la pluie, etc. 3 jours de formation ont suffi
pour que nous soyons jugés aptes à lutter contre les ennemis. J’ai ensuite été affecté à la cuisine du
groupe, et de temps en temps, j’étais obligé d’aller appuyer le groupe qui était au front en nourriture.
Ce qui m’a donné le dégoût de l’armé, c’est le comportement malsain des « Maï Maï ». Au lieu de
combattre l’ennemi commun qui est le groupe armé du RCD qui a tué mon père, nous avons
commencé aussi à brûler les cases d’autrui, piller les biens, violer les petites filles. Le seigneur « Maï
En novembre 2007, le Bice est venu nous identifier pour suivre la formation professionnelle de mon
choix. »
2. Observation
A son identification, cet enfant auto démobilisé a été caractérisé par les traits de personnalité
suivants :
Bien que de petite taille, Owanda a une croissance normale. Il est endurant aux travaux manuels et
coordonne bien ses mouvements. L’enfant a la maîtrise de soi et sait facilement s’intégrer dans un
groupe. Il est docile et discipliné.
De nature timide, il supporte facilement les autres. Il est capable d’assurer des responsabilités.
Owanda est objet de taquinerie de la part des autres enfants. Il se montre réconciliant et pacifique.
Owanda a confiance en Dieu, il participe souvent à la prière charismatique, il est servant à l’Eglise
catholique et participe au mouvement des jeunes de la paroisse.
Il est animé d’un noble souci d’apprendre et se prendre en charge. De temps en temps, il se retrouve
avec les jeunes le soir à la rivière Lokenye à la recherche de poissons.
Owanda a une mauvaise perception de sa famille élargie qui l’a abandonné après la mort de son père.
Cette mort a eu des conséquences importantes sur sa vie et sur la vie de toute sa famille ; il parle en
bien de sa mère en qui il a confiance. Cette dernière se débrouille pour subvenir à ses besoins bien
ème
qu’elle soit incapable de supporter les études qu’Owanda a interrompues en 2 année du secondaire.
Owanda parle de temps en temps de la mort de son père tué par les « Maï Maï », un groupe armé qui
s’est opposé à la rébellion du RCD et aux Rwandais qui les soutenait. S’il a plus confiance en sa mère,
c’est parce que celle-ci s’occupe de lui avec beaucoup plus d’affection.
Owanda aime le sport, surtout le football. Il préfère assister aux matchs de foot, mais ne joue pas, vu
sa taille et sa musculature. Il pense qu’il peut être facilement fracturé si jamais il s’engageait à jouer. »
3. Interprétation
• Si Owanda a une mauvaise image de sa famille élargie, c’est parce qu’elle l’avait abandonné, voire
rejeté après la mort de son père au lieu de lui apporter le réconfort qu’il était en droit d’attendre.
• Il a le souci d’apprendre et devenir autonome parce qu’il n’a personne qui peut s’occuper de lui. A 12
ans il a déjà démontré sa capacité à se prendre en charge (activité de pêche et vente des poissons qui
lui a permis de retourner à l’école. Son passage forcé dans le groupe armé et la mort de son père l’ont
mûri prématurément.
• Si Owanda participe à la prière charismatique, c’est parce qu’il a confiance en Dieu, seul moyen de le
sortir de la misère dans laquelle il est plongé avec sa mère.
• Comme il veut reprendre ses études, il est animé d’un noble souci d’apprendre un métier en vue de se
prendre en charge.
• C’est un garçon qui a reçu une bonne éducation ; il est déterminé et fait preuve d’une bonne maturité et
d’un sens des responsabilités, facteurs qui vont faciliter sa réussite. Malgré ce qu’il a vécu, il n’est pas
animé de haine et d’un esprit de revanche. Il se montre positif.
• Identification et orientation : Après son identification, Owanda a participé à deux forums métiers
organisés en vue de l’orienter au choix final de son métier en mettant en exergue les potentialités
qu’offre son milieu de vie. L’entretien avec son référent a abouti à son placement pour une formation
professionnelle en savonnerie parce que, selon l’enfant, la production et la commercialisation de savon
sont le seul moyen pour l’aider à se prendre en charge.
• Initiation professionnelle : qui vise à apprendre un métier en vue de garantir au jeune son auto prise
en charge. Une fois placé en formation professionnelle, l’enfant s’est illustré par des aptitudes très
remarquables de sorte qu’au lieu de 6 mois de formation, 2 mois seulement ont suffi pour qu’Owanda
maîtrise le métier de savonnier.
• Appui en kit de métier : pour l’aider à exécuter son métier, Owanda a obtenu du projet un appui en
soude caustique, en huile de palme, en moule et en ustensiles de cuisine.
• Education alternative : Pour compenser à l’instruction que l’enfant a dû interrompre faute de moyens
financiers, Owanda a rafraîchi ses notions de calcul, de lecture, de gestion (épargne) et quelques
notions d’éducation de base pendant la durée de son accompagnement.
• Suivi post réinsertion : pendant sa formation professionnelle et après l’appui en kit de formation
professionnelle, Owanda a bénéficié de 41 séances de suivi.
5. Résultats obtenus
• Owanda a repris le chemin de l’école.
• Le week-end et les jours fériés, l’enfant fabrique le savon, le commercialise et utilise rationnellement
l’argent obtenu.
• Il a développé en plus son aptitude de commerce : il fabrique son savon et achète par troc des
poissons à la rivière Lomami, qu’il revend par après. Ainsi sa caisse se fructifie davantage, ce qui lui a
permis de monter un petit commerce d’alimentation, dont il a confié la gestion à sa mère.
La réinsertion de l’enfant s’avère durable. L’accompagnement d’Owanda a été facilité par la bonne
éducation qu’il avait reçue.
6. Perspectives
Owanda aspire à l’achat d’un vélo afin de faciliter ses transactions. Il compte développer son
commerce pour qu’il lui procure des ressources correctes.
7. Analyse critique
Malgré son histoire douloureuse, Owanda est resté un garçon positif, sans manifestations de haine à
l’égard de ceux qui lui ont fait du mal et de violence avec ses camarades. Cette attitude a grandement
facilité son accompagnement qui s’est déroulé sans difficulté particulière. La maturité dont il a fait
preuve lui a permis de saisir les opportunités qui lui ont été offertes. Il s’est montré moralement stables
et solide. Il a progressé régulièrement et suit son objectif sans se laisser influencer par des camarades
plus turbulents ou des évènements négatifs.
Sa réinsertion s’avère également remarquable. Il poursuit sereinement son objectif de progresser aussi
bien sur le plan de ses connaissances et matériellement. Là où d’autres échouent facilement, lui a su
faire fructifier sa petite activité et la diversifier. Généreux et attaché à sa mère, il l’associe à ses projets
d’avenir. Owanda peut être un exemple pour ses camarades.
Objectifs Acquérir une connaissance et une vue d’ensemble d’un milieu avant d’y
intervenir afin :
- d’adapter au mieux ses stratégies d’intervention et d’y mener des actions
pertinentes et efficaces.
- d’éviter de commettre des impers socioculturels ou des actions vouées à
l’échec.
2. Milieu physique
- Situation géographique
Limites, superficie, climat, relief, cours d’eau, végétation, voies de
communication.
- Habitat
- Démographie
Population, ethnies, langues, densité, taux de natalité, de mortalité, mortalité
infantile, néonatale, de fécondité, espérance de vie, mouvements migratoires,
- Organisation politique
Pouvoir politique, pouvoir traditionnel, administration et services, …
- Organisation sociale
Religions, coutumes, Statut et rôle de la femme, succession, fêtes, tabous,
organisations traditionnelles, associations, …
- Profil sanitaire
Milieu de vie, épidémiologie, prise en charge des soins
- Activités socio-économiques
Agriculture, élevage, pêche, artisanat, commerce, industrie, niveau économique
des ménages.
- Santé
Vaccination, maladies infantiles les plus courantes, accès aux soins
- Education / formation
Education nationale : Taux de scolarisation (filles/garçons), déperdition scolaire
Ecoles privées/ coraniques
Centres de formation professionnelle / apprentissage
- Enfants en situation difficile
Catégories, localisation, importance numérique, itinéraires de vie les plus
fréquents, moyens de survie, problèmes rencontrés…
- Acteurs présents
- Réponse des services de l’Etat
- Réponse des organisations de la société civile
6. Conclusion
Objectifs Acquérir une connaissance et une vue d’ensemble d’un milieu avant d’y
intervenir afin :
- D’adapter au mieux ses stratégies d’intervention et d’y mener des actions
pertinentes et efficaces.
- D’agir dans une logique participative de la communauté cible au plus près de
ses préoccupations réelles.
7. La préparation au diagnostic
Bénéficiaires Les personnes responsables pour la mise en œuvre de l’action ou celles amenées
finaux à mettre en œuvre l’action pour laquelle les TDR sont élaborés.
1. Définitions
- La planification est le fait de tracer d’avance le chemin à suivre pour la
réalisation des activités dans le cadre de la mise en œuvre d’un projet. Elle
permet d’ordonner les séquences du travail et d’accroître les chances de
succès de l’action.
- Planifier, c’est construire un plan de travail qui permet d’avancer de manière
rationnelle et efficace vers les objectifs fixés.
- Le plan d’action est un énoncé (ou tableau) qui permet de programmer
d’avance la réalisation progressive des activités selon des stratégies, des
ressources mobilisées et les objectifs visés.
Un plan d’action général est établi pour l’année. Il est ensuite bon de le
décliner par trimestre. L’idéal est ensuite que chaque intervenant s’approprie
ce plan d’action en le déclinant pour son propre travail.
e
Établir des Les enfants des Le directeur de Coût du - Négocier le - Adresser un 3 - 1 rame Albert Tribunal 1 semaine
jugements classes l’école et les jugement tarif avec le courrier au membres papier Ginette du Février
supplétifs pour d’examen enseignants supplétif : les tribunal. président du - 100 quartier
les élèves des pourront sont prêts à parents ne - Effectuer des tribunal et envelopp Léon
écoles XYZ composer et s’impliquer pourront pas procédures prendre RDV. es Quartier
poursuivre leurs payer collectives. - Prendre RDV (5000F)
études - Impliquer les et rencontrer École
chefs de les chefs de - 5 litres
quartier. quartier. carburant
- Faire une - Préparer et motos
sensibilisation réaliser une (3750F)
par émission émission radio
radio. sur le thème en -frais Mois de
langue locale. émission février
- Établir les radio
listes des (22000)
enfants
Évaluation
Activités effectivement menées Difficultés rencontrées Résultats obtenus Perspectives
Qualitatifs Quantitatifs
Président du tribunal rencontré Négociation difficile, mais Possibilité de
succès présenter des listes. Collecter auprès des familles les
Chefs de quartiers impliqués Coût réduit pour les 2000F au lieu de 4000F documents justificatifs et les
dans l’opération frais sommes demandées.
5 chefs impliqués
Émission radio réalisée Chefs sont passés 1 refus Poursuivre l’action, voir les
dans les familles possibilités de l’étendre dans les
concernées pour 3 diffusions en langue villages.
Listes en cours d’établissement insister sur locale
l’importance des JS
Retard pris dans l’école Y Ecole X, Ecole Z
Objectif global Le statut et les perspectives d'avenir des enfants victimes de violence, d’abus, d’exclusion et d’exploitation sexuelle, notamment des filles, sont améliorés grâce aux
changements durables acquis au niveau de la protection, la promotion et la défense de leurs droits fondamentaux.
NIVEAU POLITIQUE
OBJECTIF Le cadre légal et institutionnel relatif aux enfants sont mieux adaptés aux engagements et normes internationaux pour une meilleure protection des enfants contre toute forme
SPECIFIQUE d’abus, de violence et de discrimination.
N°1
Les magistrats, les officiers de police judiciaire et autres agents de l’Etat, cibles du projet, connaissent et appliquent les lois du Mali concernant la protection et le traitement des
RESULTAT 1 enfants en conflit avec la loi.
ACTIONS Les activités Groupe cibles Période Personnes Personne Amélioration ou Résultats obtenus Perspectives
lieu impliquées Responsable effet attendus
Qualitatifs Quantitatifs
1. Former le 1.1 Vulgariser les OPJ, Janvier -Resp. de Coordinateur Amélioration
personnel bonnes pratiques magistrats, volets effective des
judiciaire et identifiées et adoptées surveillants de Bamako -Resp. pratiques dans les
les par les participants lors prison et Ségou d’antennes commissariats,
fonctionnaires des ateliers de travailleurs San tribunaux (respect
de police et de formations des OPJ, sociaux Sikasso des délais légaux,
gendarmerie magistrats et travailleurs amélioration des
sociaux en 2008. conditions de
garde à vue et
d’assistance
juridique aux
enfants, …)
ème
1.2 Préparer et OPJ, 3 trimestre -Responsable Assistant De « bonnes
organiser la formation magistrats, 2009 d’antenne Juridique. pratiques » ont été
des OPJ, magistrats, surveillants de -Assistant chargé de la identifiées et
travailleurs sociaux, prison et Mopti juridique formation adoptées par les
régisseurs et surveillants travailleurs -Psychologue participants.
de prison à Mopti. sociaux -Animateur
d’antenne
Objectif xy :
Activité Période (mois) Budget Lieu Performance attendue Indicateurs de performance Hypothèses / Contraintes Responsabl
e de
l’activité
Description 01 02 03 Planifié Dispo Résultat qualitatif Définition Valeur Valeur Conditions qui doivent être
escompté de réf. obte- remplies
nue
1. Identification des Une liste précise des Nbre - 1 bidon carburant + huile
8
EAFGA auto 1 au 200$ 150$ Loméla enfants, avec leur d’enfants 50 47 rapportés de Lodja Paul
démobilisés non 15 situation personnelle et - pas de panne moto
bénéficiaires d’un familiale est établie. - demander collaboration des
appui au titre du agents de l’Etat et des chefs
DDR jusque-là de village
2. Préparation de Toutes les conditions Salle 1/ 20$ 1 rame papier
3ème
la formation des 120$ 120$ Loméla matérielles sont remplies Stylos Paul
référents sem pour former les référents Module 3 Flipchart
communautaires : communautaires (RF). feutres à ramener de Lodja
module, location Repas 18/4$
salle, repas
Les référents Nbre de 5
ème
3. Identification et 3 100$ 100$ Loméla communautaires formés RF Paul
formation des sem assurent le suivi des
référents EAFGA et la Nbre jours 3
communautaires sensibilisation de la formateurs
population.
Per diem 5$/J
RF
8
Enfants associés aux forces et groupes armés
Description du L’enquête sociale est une technique en travail social. Elle fait partie des outils
processus à de la relation d’aide et se situe généralement en début d’intervention. C’est
observer une technique d’investigation visant à réunir les éléments utiles pour
l’élaboration du plan d’intervention en tenant compte des différents
paramètres et protagonistes ou pour permettre de prendre des mesures
appropriées qui correspondent au besoin réel de la personne (bénéficiaire
final).
1. Identification de la famille
Nom, prénom, date de naissance, lien, situation matrimoniale, adresse des
différentes personnes (parents, tuteurs, fratrie)
2. Données matérielles et économiques
Ressources, logement
3. Diagnostic social
- Constellation familiale
- Nature et qualité des relations entre les différents membres de la famille place
de l’enfant concerné et comment les parents parlent de lui
- Grandes lignes de l’histoire familiale
- Situation problème : ce que chaque protagoniste en pense, les pistes de
solutions qu’ils envisagent.
4. Conclusion
- Synthèse, dégager les forces et faiblesses.
- Donner les pistes de résolution des problèmes.
Préparation de l’enquête
Enquête sociale
Date : …………………………………………………..……………………………………………………….
Motif : ……………….………………………………………………………………………………………….
Lieu : ……………………………………….…………………………………………………………………...
Date : ……………………………………………………………………………………………………………
I- IDENTIFICATION FAMILIALE
1. Le mineur en question
Nationalité : ……………………………………………………..…………….………………………………..
……………………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………………..
…………………………………………………………………………………………………………………..
…………………………………………………………………………………………………………………..
• Le Père
Nationalité : …………………………………………………………………………….……..……..
Adresse : …………………………………………………………………………...……….……….
Tél. : …………………..…………………………………………………………………….….…….
• La Mère
Nationalité : …………………………………………………………………………………..….…..
Adresse : …………………………………………………………………………...…………….….
Tél. : …………………..………………………………………………………………………..……
Nationalité : …………………………………………………………………………….……..……..
Adresse : …………………………………………………………………………...……….……….
Tél. : …………………..…………………………………………………………………….….…….
………………………………………………………………………………………….…………………………
…………………………………………………………………………………………………………………….
…………….………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………………….
…………………………………………………………………………………………………………………….
…………………………………………………………………………………………………………………….
………………………………………………………………………………………………………………….…
………………………………………………………………………………………………………………….…
………………………………………………………………………………………………………………….…
Ressources *
Revenu principal (par jour / mois)
Autres apports
Total Revenus
*En milieu rural, les ressources sont souvent difficiles à estimer ; considérer alors le patrimoine et la
production du ménage.
Charges / Dépenses
Nourriture
Loyer
Électricité
Eau
Charbon / Gaz
Téléphone
Frais médicaux
Frais scolaires
Crédits, emprunts
Divers
Total Dépenses
………………………………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………………………………
• Besoins alimentaires
• Besoins sanitaires
• Besoins vestimentaires
……………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………….......
…………………………………………………………………………………………………………………....
……………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………
• Dans la fratrie
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……………………………………………………………………………………………………………………
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……………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………
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……………………………………………………………………………………………………………………
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……………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………
• Description
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……………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………
Conclusion
• Synthèse, forces et faiblesses
……………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………
• Propositions
……………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………
Signature et qualité
de l’intervenant du chef de service
Objectifs - Faciliter à l’enfant le choix d’une activité lucrative pour son auto prise en
charge après sa réinsertion dans son milieu de vie.
- Préparer l’enfant à réaliser cette activité lui permettant de mettre en œuvre
son projet de vie après la phase d’accompagnement.
- Faciliter l’auto prise en charge de l’enfant grâce à un choix judicieux d’un
métier ou d’une AGR pour sa réinsertion.
1. Phase préparatoire :
2. Phase de formation :
3. Phase d’insertion
Évaluation S´assurer que l’enfant pratique son activité et arrive à se prendre en charge
et mène une vie autonome.
IDENTIFICATION
ACTIVITE ENVISAGEE
ÉTUDE DE FAISABILITE
Rentabilité de l’activité
Bénéfice possible = recettes – dépenses
………………………………………………………………………………………………………………….…….…
……………………………………………………………………………………………………………….................
…………………………………………………………………………………………………………………….........
…………………………………………………………………………………………………………………...…...…
Équipement
Consommables
EXECUTION
1. Visa de la coordination
…………………………………………………………………………………………………………………….........
…………………………………………………………………………………………………………………...…...…
2. Date de décaissement
…………………………………………………………………………………………………………………….........
…………………………………………………………………………………………………………………...…...…
3. Signatures
I- IDENTIFICATION
II- ACTIVITE
III- BILAN
Par : ……………………………………………………………………….……………………………………………
Signature
Description du 1. Définition
processus à
observer Tous les citoyens ont le droit de participer au fonctionnement d’une société
démocratique, y compris les enfants, qui sont des sujets de droits à part
entière. La participation des enfants, c’est le droit, pour les enfants, d’être
entendus et d’être associés à la prise des décisions, à la maison, à l’école,
dans leur village ou leur quartier, et dans toutes les procédures judiciaires ou
administratives qui les concernent.
Chez l’enfant
- L’intransigeance de l’enfant par rapport à ses idées.
- L’immaturité de l’enfant face à certaines décisions.
Chez l’adulte
- Imposer les idées préconçues.
- L’utilisation de l’enfant à des fins lucratives
- Le non-respect de l’engagement face à l’enfant.
Supports [Link]/t/dg3/children/participation/Newdefault_fr.asp
pédagogiques [Link]/publications/pdf/[Link]
Description du La maltraitance d’un enfant peut être physique ou psychologique. Les abus et
processus à les négligences sont également des formes de mauvais traitements. La
observer maltraitance est un acte délictueux réprimé par la loi.
Il s’agit donc d’être attentif et de repérer les signes qui laissent à penser que
l’enfant est maltraité.
2. Comment réagir
Vis-à-vis de l’enfant
- Le mettre en confiance, le rassurer : sa personne doit toujours être respectée.
- Écouter, le laisser parler, respecter son silence : ses paroles et ses actes ont
souvent une signification profonde qu’il importe de découvrir par une écoute
et une disponibilité éclairée. Il est nécessaire d’être préparé à une telle
écoute.
- Le déculpabiliser : la recherche de la vérité ne peut justifier la coercition, la
violence, le chantage ou la dissuasion.
- Faire procéder à un examen médical et aux soins infirmiers ou médicaux
nécessaires : l’information et le consentement à l’examen médical sont
essentiels à une prise en charge de qualité permettant de redonner confiance
à l’enfant.
- Le mettre en sécurité.
Auprès de l’autorité
− Le travailleur social ou toute personne qui a connaissance de la maltraitance
d’un enfant est dans l’obligation de la signaler à l’autorité administrative (un
service social, à la direction des affaires sociales) ou judiciaire (juge des
enfants, procureur, officier de police judiciaire) ; de vive voix, par téléphone
ou par écrit.
KiRA / Guide pour l’intervention sociale 101
− Ne pas le faire, s’est se rendre complice et être passible de poursuites.
Face à l’auteur
− Si la justice ne réagit pas face à l’auteur, il y a lieu de l’amener à consulter un
médecin ou un psychologue qui vont l’amener à réfléchir sur son
comportement, ses actes et leur portée. Un travail d’accompagnement
psychosocial doit être fait pour que l’auteur ne reproduise plus un
comportement analogue.
Techniques - Écoute
d’animation - Entretien
- Enquête sociale
- Relation d’aide
Conduite à tenir Dans le cadre des projets, les intervenants ont été confrontés à des enfants
victimes de viol. Cette fiche technique et la suivante capitalisent leur savoir faire
et leurs pratiques avec les partenaires dans ces situations.
L’adulte doit toujours être attentif aux enfants qui lui sont confiés ou avec
lesquels il est en contact afin de déceler des signes qui sont l’expression d’une
souffrance pouvant avoir diverses causes à savoir : mauvais traitement, abus
sexuel, etc.
Dans le cas d’un abus sexuel, conduites à tenir par l’adulte référent :
Lieu Pas d’unité de lieux, mais lieux successifs : commissariat de police, cabinet
médical, tribunal, domicile de l’enfant, bureau du travailleur social…
5. Expertise médicale
- Établir une réquisition d’un médecin (OPJ).
- Accompagner l’enfant chez le médecin (policier ou travailleur social).
- Remettre la réquisition au chef du service gynécologie qui désigne un
KiRA / Guide pour l’intervention sociale 105
gynécologue pour l’examen et les soins de la production d’un rapport annexé au
PV (accompagnants).
6. Défense juridique
- Contacter un avocat pour l’enfant (parents ou travailleur social).
- Demander l’aide judiciaire, le cas échéant (travailleur social et parents).
- Appui des ONG pour mettre un avocat à disposition.
- Se mettre en rapport avec la police et / ou le parquet (avocat).
- Préparer la défense pour le procès (avocat).
- NB : l’avocat est présent tout au long de la procédure.
7. Place de la famille
- Avertir les parents avant le contact avec l’OPJ et surtout ne pas se laisser
décourager par l’opposition des parents (travailleur social).
- Apprécier le cadre familial pour préparer la réinsertion de l’enfant (travailleur
social).
- Impliquer la famille tout au long de la procédure (travailleur social et avocat).
9. Préparation du procès
- Saisir le juge d’instruction (procureur).
- Entendre l’enfant et le confronter au besoin (avec son accord) à l’auteur (juge).
- Informer l’enfant et la famille de l’évolution de la procédure (avocat).
- Instruire, clôturer puis envoyer le dossier devant la Cour d’assise (juge).
- Fixer le jour du procès (président du Tribunal).
- La victime est citée avec les parents.
10. Le procès
- Appeler le dossier (Président de la Cour d’assises).
- L’instruction se déroule à la barre, à huis clos.
- L’enfant par l’intermédiaire des parents ou son avocat présente ses demandes.
- Réquisitoire de l’avocat général.
- La parole est donnée à la défense.
- La décision est rendue.
- Évaluer la nécessité de faire comparaître l’enfant (nouveau traumatisme ?).
- Auditer l’enfant avec son consentement.
- Se constituer en partie civile (parents ou ONG) et comparaître.
NB Il est souhaitable que tous ceux qui ont accompagné l’enfant dans le
processus soient présents au procès.
Cible Les travailleurs sociaux, les militants des droits de l’homme, les membres des
Comités locaux de protection des droits de l’enfant
Description du Faire le monitoring des droits de l’enfant, c’est faire la surveillance des droits de
processus à l’enfant en vue de les faire respecter, planifier les actions de défense de ces
observer droits, évaluer leurs résultats.
Cette méthode est efficace car elle permet de se rendre compte des différentes
situations, d’établir la matérialité des dénonciations portées à notre connaissance
et de faire des revendications précises et fondées aux autorités pénitentiaires. Les
visites permettent ensuite de pouvoir vérifier si nos interpellations ont été suivies
d’effets.
En temps de crise, lorsque les visites ne sont plus possibles, il faut surveiller la
situation des enfants :
Cible Enfants issus de familles démunies, non enregistrés à l’Etat Civil au moment
de leur naissance.
Lieux Commune/Quartier
Village
5. Établissement d’une liste des enfants concernés avec nom, prénom, âge,
adresse.
6. Collecte des carnets de famille ou des pièces d’identité des parents, ou, le
cas échéant, du carnet de vaccination de l’enfant.
9. Joindre ces pièces à la liste des enfants identifiés / la liste cachetée par le
Comité local de protection.
10. Collecte des fonds pour couverture des frais (par les parents et / ou un
partenaire).
Il est important d’obtenir une contribution des parents, même minimale
(symbolique).
Bénéficiaires Élèves
finaux
Objectifs - Donner une existence légale aux enfants n’ayant jamais eu d’acte de naissance.
- Permettre à ces élèves de passer leurs examens.
- Leur permettre de poursuivre les études post CEP.
Lieux Villages
Communes rurales
Description du 1. Constat :
processus à Beaucoup d’enfants scolarisés n’ont pas d’acte de naissance.
observer Source d’info : centre d’animation pédagogique (CAP)
3. Vérification
Recensement des élèves par les chefs d’établissement au niveau de chaque
classe.
13. Organisation de la remise des divers documents aux parents par les
membres des CLP.
Description du Une situation conflictuelle entre diverses personnes ou groupes paraît toujours
processus à complexe et confuse. Cependant pour pouvoir intervenir avec succès, il est
observer nécessaire d’avoir une certaine clarté et compréhension des différents éléments
qui y jouent un rôle. La démarche consiste à :
3. Dresser avec les parties en conflit une liste des points concrets à
résoudre.
Supports Dossiers
pédagogiques Contrat psychologique
Description du 1. Introduction
processus à
observer - Créer un climat de confiance entre les deux parties.
- Présenter les participants et établir les contacts.
- Expliquer la procédure de la médiation et le rôle du médiateur.
- Impliquer les deux parties aux règles de jeu et faire signer l’accord de la
médiation.
2. Récit
3. Clarification
4. Résolution
5. Accord
Techniques Dialogue/entretien
d’animation Écoute active
Évaluation Les relations entre les deux parties en conflit sont améliorées, harmonisées
comme par le passé.
Description du Définitions :
processus à
observer Plaidoyer : Discours prononcé à l'audience pour défendre le droit d'une partie.
Se dit, par extension, de toute défense écrite ou orale, en faveur d'une
personne, d'une opinion, d'une cause.
Les associations ont toute légitimité à plaider pour une cause à condition
qu’elles tiennent compte d’un certain nombre de préalables éthiques parmi
lesquels :
- Inscrire le plaidoyer dans le sens de l’intérêt général (au sens noble du terme)
et non pas dans l’intérêt étroit d’un lobby / groupe donné.
- Travailler en toute transparence en affichant ses objectifs et les résultats qui
sont attendus de la campagne de plaidoyer.
La stratégie de plaidoyer devrait être basée sur une approche droits de l’enfant
sensible à la dimension genre. Le tableau ci-dessous mettant en parallèle les
deux approches est destiné à fournir des informations pour construire un
argumentaire pour le plaidoyer
Les droits humains sont acquis à la Ces droits sont acquis abstraction faite
naissance pour chaque personne en du sexe, de la couleur, de l’ethnie, etc.
vertu de son humanité.
Les droits de l’enfant sont universels, Les garçons et les filles doivent jouir
indivisibles et inaliénables. de l’ensemble des droits humains
(civils, économiques, politiques,
culturels, etc.) sans considération de la
spécificité des contextes dans lesquels
ils vivent. Il est impossible de réaliser
les droits de l’enfant si la
dimension genre n’est pas prise en
compte sinon, au mieux, seule la
moitié des populations bénéficierait de
ces droits.
Lieux Plus particulièrement les radios de proximité qui sont très écoutées.
Description du Pourquoi ?
processus à
observer Pour avoir de l’impact, il est important de communiquer largement.
En Afrique, les médias constituent le plus important vecteur de communication
de masse ; en particulier la radio et principalement les radios de proximité qui
produisent des émissions dans les langues locales. Dans les milieux
populaires, les familles n’ont pas toujours accès à la télévision, et ne lisent pas
les journaux (problème du coût et de l’illettrisme). A ce jour les réseaux sociaux
ne sont utilisés que par certains urbains intellectuels.
Comment ?
1. Démarches auprès des radios de proximité
4. Réaliser l’émission
Évaluation Il peut s’avérer intéressant de réaliser un micro-trottoir (enquête dans la rue) sur
ce que pensent les gens sur le sujet avant l’émission, puis un autre micro
trottoir quelques temps après l’émission pour voir comment la connaissance et
la perception du phénomène a évolué ; à terme, voir s’il y a un changement de
comportement.
Son accueil dans un centre constitue une étape provisoire, une transition entre la situation difficile
vécue et la réintégration dans la famille d’origine ou une famille d’accueil.
Il est reconnu et confirmé aussi bien par la CDE que la CADBE que la famille est le milieu le plus
favorable au développement de l’enfant. La mesure de placement dans une institution, même si elle
s’avère nécessaire à un moment « T » de la vie de l’enfant, en vue de le protéger, ne doit pas être
envisagée comme une solution à long terme, sauf cas exceptionnel justifié par l’intérêt de l’enfant (ex.
établissement spécialisé en raison d’un handicap lourd mettant en danger son pronostic vital). Mais
même dans une telle situation, les liens familiaux doivent rester les plus étroits possibles.
À cet effet, il est fortement souhaitable que les établissements recevant des enfants aient obtenu un
agrément du ministère en charge de cette question.
Ceci étant, il est clair que toute décision ou projet concernant l’enfant doit lui être communiqué, quelque
soit son âge. Il doit pouvoir s’en exprimer et manifester ses sentiments et émotions. L’enfant est sujet,
non seulement de droits, mais aussi de sa vie. Il doit être considéré comme acteur et protagoniste. En
aucun cas il ne peut ou ne doit être traité comme l’objet de mesures ou de soins, même si l’adulte qui
en a la responsabilité considère que ces mesures ou ces soins sont ordonnés pour son bien.
Mais il est clair que si à l’issue des investigations de l´intervenant, le milieu familial n’est pas prêt pour
accueillir l’enfant ou présente des risques pour lui ou si la famille n’est pas retrouvée, l’intervenant doit
envisager, pour une période transitoire, le placement de l’enfant en institution.
Cette dernière partie du guide aborde donc quelques aspects méthodologiques visant à orienter les
encadreurs de ces enfants vers ce que l’ont peut appeler de « bonnes pratiques ». Elles se basent sur
l’expérience acquise sur le terrain dans l’encadrement d’enfants qui ont vécu des situations
particulièrement difficiles.
Grâce à ce passage, l’enfant doit pouvoir rebondir et se projeter dans un avenir (même proche) différent,
quelque soient les épreuves difficiles qu’il ait eu à subir. Ses capacités de résilience auront été
mobilisées et / ou stimulées. Sa famille devra aussi évoluer en parallèle afin que les mêmes causes ne
viennent pas à nouveau produire les mêmes effets (fuites de l’enfant, violences, abus, etc.).
3. Premier entretien
Le premier entretien doit se dérouler dans une ambiance conviviale pour
préserver l’atmosphère de confiance mutuelle.
L’intervenant doit :
- Expliquer à l’enfant l’aide dont il peut bénéficier.
4. Visite de la structure
- Présenter l’enfant à l’équipe éducative et à ses pairs.
- Désigner un éducateur référant et présentation réciproque.
- Intégrer l’enfant dans un groupe de vie / de tutorat.
- L’installer dans sa chambrée, lui affecter un casier personnel.
5. Démarches administratives
- Déclarer l’admission de l’enfant auprès du juge de tutelles conformément aux
textes en vigueur du pays.
- Compléter son cahier dossier avec les éléments recueillis.
Cible Les travailleurs sociaux des services de protection des enfants de l’Etat ou du
secteur privé (ONG, associations locales)
Description du Le dossier social est un outil de travail qui permet de consigner des informations
processus à utiles pour un accompagnement individualisé construit et adapté à la situation et
observer aux besoins spécifiques de l’enfant.
1. Conception du dossier
2. Tenue du dossier
3. Utilisation du dossier
4. Clôture et archivage
De tels dossiers doivent être rangés dans une armoire fermant à clé.
Nom : ..........………………...….
Prénom : ………...…………………
Code d’id. : ……...……………………
Date d’arrivée : …………...………………
Éducateur référant : ……………………………
Photo de l’enfant
1. Identification de l’enfant
Situation scolaire
O Non scolarisé
O Scolarisé Préciser : O école fondamentale O école coranique
O Déscolarisé
Si l’enfant est scolarisé ou déscolarisé, préciser :
Niveau d’études : ………………………………………………………………………………………….
Dernière école fréquentée :
……………………………………………..………………………………..
Antécédents judiciaires :
……………………………………………………….………………………………………………………
……………………………………………………….………………………………………………………
……………………………………………………….………………………………………………………
……………………………………………………….………………………………………………………
Consommation
Cigarette : O Souvent O Quelquefois O Jamais
Alcool : O Souvent O Quelquefois O Jamais
KiRA / Guide pour l’intervention sociale 130
Drogue: O Souvent O Quelquefois O Jamais
Préciser le produit : …………………………….………………………………………………………….
Nombre de repas par jour avant la séparation ou dans la famille d’accueil : ……………………….
Remarques : ………………………………………………………….……………………………………
………………………………………………………………………….……………………………………
AUTRE
(Préciser le lien de
PERE MERE
parenté avec l’enfant) :
………………………..
Nom et prénoms
Surnom / Pseudonyme
Vivant (e)
Décédé (e)
Monogame
Polygame
Célibataire
Nombre
M
d’enfants en
commun
F
Religion
Ethnie
Profession
Contacts téléphoniques
Type d’habitat
Filiation
O Reconnu(e) par le père
O N’est pas reconnu(e) par le père
O Autres à (préciser) : ……………….…………………………………...………………………………
L’enfant souhaite être réunifié avec :
O Père et mère
O Père
O Mère
O Autres (à préciser le nom, l’adresse et le contact) : ………...……..………………………………
………………………………………………………………………….……………………………………
………………………………………………………………………….……………………………………
4. Exposé du cas
(Rappel des circonstances du 1er contact avec l’enfant ; présentation, problèmes, souhaits et
volonté de l’enfant)
………………………………………………………………………….……………………………………
………………………………………………………………………….……………………………………
………………………………………………………………………….……………………………………
………………………………………………………………………….……………………………………
………………………………………………………………………….……………………………………
………………………………………………………………………….……………………………………
………………………………………………………………………….……………………………………
………………………………………………………………………….……………………………………
………………………………………………………………………….……………………………………
………………………………………………………………………….……………………………………
………………………………………………………………………….……………………………………
………………………………………………………………………….……………………………………
………………………………………………………………………….……………………………………
………………………………………………………………………….……………………………………
………………………………………………………………………….……………………………………
………………………………………………………………………….……………………………………
………………………………………………………………………….……………………………………
………………………………………………………………………….……………………………………
………………………………………………………………………….……………………………………
………………………………………………………………………….……………………………………
………………………………………………………………………….……………………………………
………………………………………………………………………….……………………………………
………………………………………………………………………….……………………………………
………………………………………………………………………….……………………………………
………………………………………………………………………….……………………………………
………………………………………………………………………….……………………………………
………………………………………………………………………….……………………………………
Code Id :…………………
Autre répondant
(Préciser le lien de
parenté avec
PERE MERE
l’enfant) :
……………………
……
Nom et Prénoms
Surnom/ Pseudonyme
Vivant(e)
Décédé(e)
Age/Date de naissance
Monogames
Polygame
Célibataire
Nombre M
d’enfants
en
F
commun
À charge
Scolarisés
Non scolarisés
Déscolarisés
Nombre Filles scolarisées
d’enfants Garçons
scolarisés
Biologiques
scolarisés
Non biologiques
scolarisés
Religion
Ethnie
Nationalité
Profession
Contacts téléphoniques
Email/ Fax/ Boîte Postale
Type d’habitat
Adresse du domicile
REPONDANT :
PERE MERE
…………………
Coutumier (avec…)
Civil (avec…)
Religieux (avec…)
Marié Séparé
Divorcé
Concubinage
Veuf / veuve
Filiation
O Reconnu(e) par le père
O N’est pas reconnu(e) par le père
O Autres à (préciser) : ……………….…………………………………...………………………………
Surnom/pseudonyme
Vivant(e)
Décédé(e)
Religion
Ethnie
Nationalité
Profession/ activité
Contact téléphonique
Email / Fax / Boite postale
Adresse du domicile
Identification de l’enfant
Nom et prénoms : ……………………………………………….………………………………..….……
Surnom, pseudonyme : ………………………….……………………………………………………….
Age : ………………………………………………………………………………………………………...
Signes particuliers avant la séparation ou le problème :.…………………………………...…………
…………………………………………………………….…………………………………………………
Niveau scolaire :……………………………………………………………………………………………
Problèmes identifiés
…………………………………………………………………………………………………………….…
…………………………………………………………………………………………………………….…
…………………………………………………………………………………………………………….…
…………………………………………………………………………………………………………….…
…………………………………………………………………………………………………………….…
…………………………………………………………………………………………………………….…
…………………………………………………………………………………………………………….…
…………………………………………………………………………………………………………….…
…………………………………………………………………………………………………………….…
…………………………………………………………………………………………………………….…
…………………………………………………………………………………………………………….…
Actions à mener :
Au niveau de l’institution
…………………………………………………………………………………………………………….…
…………………………………………………………………………………………………………….…
…………………………………………………………………………………………………………….…
…………………………………………………………………………………………………………….…
Au niveau de l’enfant
Physique
………………...…………………………………………………………………………………………….
…………………………………………………………………………………………………………….…
…………………………………………………………………………………………………………….…
…………………………………………………………………………………………………………….…
Psychologique
………………..……………………………………………………………………………………………..
…………………………………………………………………………………………………………….…
…………………………………………………………………………………………………………….…
…………………………………………………………………………………………………………….…
Comportemental
...………………………………………………………………………………………………………….…
…………………………………………………………………………………………………………….…
…………………………………………………………………………………………………………….…
…………………………………………………………………………………………………………….…
Au niveau de la famille
Psychoaffectif
………………..….....................……………………………………………………………………………
……………………….………………………………………………………………………………………
…………………………….…………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………….…
…………………………………………………………………………………………………………….…
……………………………….………………………………………………………………………………
Matériel
……...….....................………………………………………………………..……………………………
……………………….………………………………………………………………………………………
…………………………….…………………………………………………………………………………
……………………………….………………………………………………………………………………
Au niveau de la communauté
……………………….………………………………………………………………………………………
…………………………….…………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………….…
…………………………………………………………………………………………………………….…
…………………………………………………………………………………………………………….…
…………………………………………………………………………………………………………….…
……………………………….………………………………………………………………………………
Cod Id : ………….…………
Au niveau de l’enfant
Au niveau de la communauté
…………………………………………………………………………………………………………….…
Formalités administratives
…………………………………………………………………………………………………………….…
…………………………………………………………………………………………………………….…
……………………………………………………………………………………………………………….
…………………………………………………………………………………………………………….…
…………………………………………………………………………………………………………….…
.………………………………………………………………………………………………………………
.………………………………………………………………………………………………………………
.………………………………………………………………………………………………………………
.………………………………………………………………………………………………………………
.………………………………………………………………………………………………………………
.………………………………………………………………………………………………………………
.………………………………………………………………………………………………………………
….……………………………………………………………………………………………………………
.………………………………………………………………………………………………………………
.………………………………………………………………………………………………………………
.………………………………………………………………………………………………………………
.………………………………………………………………………………………………………………
.………………………………………………………………………………………………………………
.………………………………………………………………………………………………………………
.………………………………………………………………………………………………………………
….……………………………………………………………………………………………………………
L’enfant ci-dessus a été remis par (nom de l’agent de protection chargé de la réunification):
……………………………………..…………………………………………………...……………………
à
Nom :
…………….………………………………………………………………………………………….
Lien de parenté avec l’enfant :
……………………...……………………………………………………
Ethnie :
………...……………………………………………………………………………………………
Adresse (rue ou repères géographiques) : ……………………………………………………………..
……………………………………..…………………………………………………...……………………
Pays : ……………………………………….…. Région : …….………………………………………….
Département : …………………………........... Ville/village : ……………………………..……………
Engagement réciproque
Famille : « Nous souhaitons la bienvenue à l’enfant mentionné ci – dessus dans notre maison.
Nous mettrons tout en œuvre pour respecter ses droits, nous nous assurerons que l’on prend
soin de lui et qu’il est protégé. »
Si pour une raison quelconque des problèmes majeurs d’insertion au sein de la famille
surgissent, nous contacterons la médiation du témoin de la réinsertion afin de nous assurer de
la résolution des problèmes dans l’intérêt supérieur de l’enfant.
Nom de l’enfant :
…………………………………………………………….………..……….…………
Age : …..…… Sexe : ………………….… Date de la réunification : ………….….……………..…
Santé
générale
Hygiène
Ecole
Nature des
relations
parents /enfant
Nature des
relations
enfant /enfants
Conditions
d’existence
Réactions /
impressions
générales
Informations supplémentaires
……………………………………………………………………………………………………………….
………….……………………………………………………………………………………………………
.…..……………………………………………………………………………………………….…………
………………………………………………………………………………………….……………………
……………………………………………………………….………………………………………………
Engagement de l’intervenant
…………………………………………………....................................................................................
……………………………………………………………………………………………………………….
………….……………………………………………………………………………………………………
.…..……………………………………………………………………………………………….…………
………………………………………………………………………………………….……………………
……………………………………………………………….………………………………………………
Cod Id : ….…………………
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
………………………………………………………………………………………………………………………..…
Par qui ?
Comment ?
T1
N° Comportements à observer chez Noms codés de l’observateur TOTAL
l’adolescent A B C D E F G H I + + 0 - --
+
Au niveau de l’intelligence
1 Comprend facilement
2 Curieux
3 Imaginatif
4 Raisonnement général
5 Créatif
Au niveau de l’attention
6 Dispersé, distrait
7 Bonne mémoire
8 Attentif
Au plan moral
9 Tendance à dissimuler la vérité
10 Respect du bien d’autrui
11 Franc, sincère
12 N’insulte pas
13 Ne vole pas
14 Honnête
15 Crédible
Au niveau de la motivation
16 Goût du travail bien fait
17 Constant dans l’effort
18 Confiance en soi
19 Sait ce qu’il veut
Par rapport à l’ordre et de la discipline
20 Ordonné
21 Rangé
22 Respecte les consignes et la hiérarchie
Au plan affectif
23 Attachant
24 Capricieux
25 Froid
26 Distant, replié sur soi
27 En quête d’affection
28 Recherche active de l’attention des autres
29 Faible sensibilité à la frustration
30 Fort sensibilité à la frustration
Au niveau du tempérament
31 De nature gaie
32 Maîtrise de soi
33 Triste
34 Nerveux
35 Coléreux
36 Bon enfant aimant plaisanter
Au niveau de l’intégration sociale
37 Aisance sociale
38 Contact facile
39 Formule des projets de vie stables
40 Est autonome
NB :
- T1= Période d’observation 1 (un mois après l’admission de l’enfant au centre)
- ++ : Le comportement est plus prononcé chez l’enfant
- + : Observation du comportement indiqué
- 0 : L’éducateur n’a pu observer ce comportement ou en cas d’hésitation
- -- : L’enfant ne manifeste pas ce comportement
- -- -- : Absence totale du comportement indiqué
Il est bon de faire cette réunion à jour, heure et lieu fixes une fois par semaine
selon l’organisation de l’équipe. La réunion ne doit pas, en général, durer plus
de 2 heures.
Comment ?
1- Organisation
2- Tenue de la réunion
3- Compte-rendu et diffusion
- Ponctualité de chacun.
- Les téléphones sont éteints.
- La réunion doit être participative et démocratique.
- Chacun est réellement présent et à l’écoute des autres.
- Les interventions doivent doit être brèves concises et précises et traitant du
sujet abordé.
- Acceptation de la remise en question, la critique constructive, voire la
contradiction.
- Respect de la durée de la réunion.
- Prise de décision consensuelle ou par vote.
Avec qui ?
En équipe pédagogique : animateurs, assistants sociaux, éducateurs
spécialisés, psychologues, médecins…, toute personne intervenant dans le
processus d’accompagnement des cibles.
Pourquoi et quand ?
L’éducateur référent demande l’étude d’un cas lorsqu’il est confronté à une
difficulté particulière avec un enfant donné ou à certains moments clés de
l’accompagnement :
- En fin de phase d’observation de l’enfant.
- Au cours de son séjour pour évaluer et faire le bilan.
- Avant sa réinsertion.
Les étapes
1. Exposé du cas
L’exposé est fait par l’éducateur ou l’encadrant référent
- Identité de l’enfant.
- Situation familiale (constellation familiale, conditions de vie, scolarité…).
- Résumé de son histoire de vie.
- État de santé physique et mental.
- Comportement actuel (relation avec les adultes, avec les autres enfants, sa
participation aux activités, ses aptitudes cognitives, physiques et manuelles,
ses résultats).
- Projet personnel élaboré avec lui.
- Actions menées et résultats obtenus.
2. Échanges et analyse
- Les autres membres de l’équipe complètent l’exposé avec leur propre
observation.
- Confrontation des opinions.
- Analyse et synthèse des observations.
Avec qui ?
En équipe pédagogique : animateurs, assistants sociaux, éducateurs
spécialisés, psychologues, médecins… Toute personne intervenant dans le
processus d’accompagnement des enfants.
Pourquoi et quand ?
- Pour permettre aux membres de l’équipe de confronter leurs appréciations.
- Pour confirmer ou éventuellement infirmer la décision projetée par l’éducateur
référant ou le chef de service.
Les étapes
1. Exposé de la synthèse
2. Échanges et analyse
Description du Matériel
processus à
observer - Une longue corde
- À peu près 10 têtes de fleurs
- À peu près 10 pierres
- 2-3 feuilles de dessin
- Des crayons de couleur (ou des feutres)
L’intervenant ne doit pas être surpris si l’enfant dispose sa ligne de vie sur toute
la largeur de l’espace disponible ou entre les obstacles. Cela ne pose pas de
problème. Il doit s’assurer simplement que la corde est nettement visible et
accessible.
- Expliquer à l’enfant que les fleurs représentent des moments heureux dans la
vie et que les pierres représentent les événements douloureux, effrayants ou
difficiles.
- Demander à l’enfant de positionner les fleurs et les pierres le long de la ligne de
vie.
- Suivre de près les mouvements et les placements de l’enfant. Lorsqu’il y a des
placements d’objets de l’avant vers l’arrière, en prendre note mentalement.
- Une fois que l’enfant a fini de représenter tous les événements importants,
heureux et tristes sur la ligne de vie, lui remettre du papier, du crayon à papier,
crayons de couleurs ou feutres.
- Demander à l’enfant de faire un dessin de sa ligne de vie.
- Quand il / elle aura fini, lui demander de donner un nom ou une phrase à
chaque fleur et à chaque pierre qu’il vient de dessiner.
- Écrire ce que l’enfant vous dit, y compris quelques mots pour décrire
l’événement que la fleur ou la pierre en question représente.
NB : Le dessin est un outil important pour situer dans le temps et dans l’espace
les moments-clés de la vie de l’enfant. Une fois que vous allez entrer dans la
narration, d’autres événements positifs et négatifs (des fleurs et des pierres
supplémentaires) peuvent émerger. Demandez simplement à l’enfant de les
introduire dans le dessin de ligne de vie. Encouragez l’enfant à introduire dans
le dessin des plans ou des espoirs pour l’avenir.
Objectifs Calmer les souvenirs douloureux et réconforter le sujet dans son milieu.
Description du Expliquer à l’enfant que vous voulez faire un exercice avec lui pour calmer ses
processus à souvenirs douloureux et pour le réconforter dans son milieu, ensuite, lui
observer présenter tout le déroulement de l’exercice.
1. Demander à l’enfant
(Lui préciser qu’il ne répondra aux questions qu’à la fin de l’exercice, au moment
du récit de son voyage) :
- Qu’est-ce que tu y vois ?
- Tu ressens la température ?
- Quel temps fait-il là-bas ?
- Quels sont les parfums que tu sens ?
- Peut-être veux-tu encore changer la température ou ajouter des personnes, des
objets, quelque chose dans le paysage ?
Processus Les activités socio culturelles et sportives font partie intégrante d’une
approche multimodale, nécessaire à la réhabilitation physique et mentale.
1. Activités socioculturelles
Coutumes et traditions
- Choix des thèmes à développer avec les enfants
- Préparation et animation des thèmes
- Leçons tirées par les enfants
Théâtre
- Choix du thème
- Présentation générale du contenu de la pièce théâtrale
- Préparation (répétition, décor, matériel tenu)
- Présentation de la pièce devant le public (interne ou externe)
- Évaluation
2. Activités sportives
Gymnastique
- Mise en train à l’aide d’exercices fonctionnels
- Présentation de l’exercice et du matériel ;
- Exécution type
- Exécution d’essai (collective et individuelle)
- Exécution définitive
- Détente et relaxation (retour au calme)
3. Jeux divers
Processus
NB : Il est important de toujours faire appel aux connaissances des apprenants,
de susciter leur participation active, leur compréhension et leur raisonnement.
1. Éducation de base
- Partir d’une situation vécue, d’un thème lié à la vie des enfants.
- Analyse du cas ou du thème en fonction du contexte (ex. la famille, l’hygiène et
propreté, le savoir vivre…).
- Extrapolation des préceptes ou leçons de base.
- Extrapolation (comparaison des cas à d’autres situations de vie), projection
possible dans leur futur.
- Conclusion.
2. Alphabétisation
3. Ergothérapie
Supports - Boîtes à images, photos, articles de presse, objets en rapport avec le thème
pédagogiques - Manuels scolaires ou didactiques autres (lecture, écriture, calcul)
- Craies, tableau noir, cahiers, crayons, feutres, couleurs, ciseaux, colle,
panneaux
- Matériel aratoire ou autre selon l’activité d’ergothérapie retenue
- Bandes films etc.…
Lieux Tout lieu, et en particulier les structures d’accueil ou autre milieu institutionnel
Milieu ouvert
Objectifs - Construire une paix durable pour une cohabitation pacifique et harmonieuse
entre les enfants et leur milieu de vie sans aucune forme de discrimination
- Changer la mentalité et le comportement des enfants et prévenir les conflits
dans la communauté
- Réconcilier l’enfant et son milieu familial.
Processus Les bagarres et les conflits survenant dans le groupe doivent être traités en
situations pédagogiques. Il n’est pas toujours possible de le faire sur le champ ;
il est alors bon de revenir sur l’évènement à un moment propice (veillée,
assemblée des enfants, …) pour réconcilier les protagonistes ou faire réfléchir le
groupe.
Introduction
- Créer un climat de confiance entre les deux parties.
- Présenter les participants et établir les contacts.
- Expliquer la procédure de la médiation et le rôle du médiateur qui est le vôtre.
- Impliquer les deux parties aux règles de jeu et faire signer l’accord de
médiation.
1. Autour du différent
- Inviter chaque partie à exprimer sa version des faits.
- Procéder à une écoute active.
- Résumer les principaux soucis de part et d’être.
- Proposer un tour de parole supplémentaire à chaque partie en réponse à ce qui
a été dit ou pour complément d’information.
2. Clarification
- Poser des questions ouvertes,
- Noter ce qui se ressemble dans les réponses données.
- Clarifier les attentes et les intérêts.
- Enumérer les problèmes et les préoccupations.
3. Résolution
- Classer les problèmes par ordre de priorité.
- Susciter des propositions de résolutions.
- Évaluer ces propositions.
- Faire appel à un consultant / expert si c’est nécessaire.
4. Accord
- Négocier un accord mutuellement acceptable.
- Préciser qui, quoi, quand, où, comment, et pourquoi.
- Encourager la consultation par chacun d’un ami ou collègue avant la signature
du document contrat (accord).
Lieux Tout lieu, et en particulier les structures d’accueil ou autre milieu institutionnel
Milieu ouvert
Objectifs - Construire une paix durable pour une cohabitation pacifique et harmonieuse
entre les enfants et leur milieu de vie sans aucune forme de discrimination
- Changer la mentalité et le comportement des enfants et prévenir les conflits
dans la communauté
- Réconcilier l’enfant avec lui-même et son milieu familial
Processus Une situation conflictuelle entre diverses personnes ou groupes paraît toujours
complexe et confuse. Cependant pour pouvoir intervenir avec succès, il est
nécessaire d’avoir une certaine clarté et compréhension des différents éléments
en jeu.
La démarche consiste à :
3. Dresser, avec les parties en conflit, une liste des points concrets à
résoudre.
Évaluation S’assurer que les sources de conflit sont balisées et qu´un changement est
opéré.
Cible Les travailleurs sociaux, les membres de comités locaux de protection des droits
de l’enfant
Bénéficiaires Enfants bénéficiaires d’un appui psychosocial (enfants privés de liberté, enfants
finaux ayant besoin de mesures spéciales de protection, enfants travailleurs, …)
Objectifs Développer les capacités du jeune à être acteur de son quotidien et de son
devenir ; faciliter son adhésion et sa participation au changement souhaité en
augmentant ses chances de réussite.
Processus à Cette étape ne se fait pas d’entrée de jeu. Le travailleur social ou l’adulte aidant
observer a déjà établi un contact solide avec le mineur ; il est engagé dans une
dynamique d’appui psychosocial.
Partiellement Non
Besoins Satisfaits Satisfaits Satisfaits
Bien manger
X
Lieu pour
X
dormir
M’habiller
X
Etudier,
X
apprendre un
métier
Me réintégrer
X
en famille
Aider ma
X
famille
Me soigner
X
5. Actions à mener :
- L’aider à déterminer les activités à réaliser pour atteindre cet objectif : 1ère
étape
→ « Dans 1 mois, j’aurai trouvé un patron (voir avec le jeune comment il va s’y
prendre, le conseiller).
→ En famille pour regagner la confiance de mes parents, je ne retournerai plus
avec mes anciens camarades et ne toucherai plus l’alcool.
→ Je vais m’intéresser à mes petits frères. »
La visite de suivi doit s’appuyer sur ce qui a été contractualisé avec le jeune,
analyser les réussites et les échecs ; c’est pourquoi il est important de consigner
par écrit dans son dossier les éléments essentiels.
Techniques - Écoute
d’animation - Entretiens d’aide
- RAP
- Négociation
La recherche de famille pour tout enfant en rupture familiale est une activité
minutieuse qui nécessite des informations précises fournies souvent et d’abord
par l’enfant bénéficiaire de l’aide.
Cf. fiche spécifique p 187
4. La médiation
L’enfant et ses parents vivent souvent une situation conflictuelle qui a mené
l’enfant à la rupture. Si le travail d’accompagnement social se limite à l’enfant, les
situations problèmes liées à la famille ne seront pas résolues, au moment de la
réinsertion, passée la joie des retrouvailles, les mêmes causes risquent de
provoquer les mêmes effets et donc l’échec de la réinsertion.
Cf. fiche spécifique p 191
5. La préparation à la réinsertion
Il s’avère souvent difficile que l’enfant arrive les mains vides. Pour son image et
son acceptation, il doit pouvoir valoriser son absence et son retour. À cet effet,
selon son âge et son parcours, il convient de préparer avec lui son « kit » de
retour : vêtements, affaires scolaires ou matériel / outils pour exercer une activité
génératrice de revenus ou un métier.
6. La réinsertion
C’est un moment intense en émotion aussi bien pour l’enfant que pour la famille. Il
génère forcément des appréhensions et du stress chez les différents
protagonistes. C’est pourquoi il est préférable que les deux parties soient prêtes.
Cf. fiches spécifiques p 193 et 195
Techniques - Écoute
- Entretien
- Négociation
Qui ?
Les premiers acteurs de la recherche sont d’abord l’intervenant, l’enfant
bénéficiaire de l’aide.
En fonction de l’évolution des recherches, ceux-ci pourront bénéficier de l’appui
des membres de la famille de l’enfant ou de la communauté
Quoi ?
Bien que la recherche nécessite la participation de l’enfant, il arrive dans
certaines situations que cet enfant :
- Soit incapable de fournir quelques informations
- Refuse de donner les informations sur sa famille ou qu’il donne des
informations erronées.
À travers :
- Les communautés ethniques
- Les radios
- La télévision
- Les appels téléphoniques (des personnes ayant le même nom et habitant la
zone probable d’origine de l’enfant) après consultation de l’annuaire
téléphonique
Qui ?
L’intervenant
Quoi ?
- Vérifier l’existence des personnes citées dans la documentation de l’enfant pour
s’assurer que les personnes citées sont effectivement celles que l’enfant dit
qu’elles sont
- Vérifier toutes les autres informations données par l’enfant
- Présenter la photo de l’enfant (en l’absence de celui-ci) aux parents pour une
reconnaissance visuelle
- Prendre les photos des parents pour une reconnaissance visuelle par l’enfant
- Après avoir rencontré les parents, faire les vérifications auprès de la
communauté pour confirmation des données
- une fois retourné au centre présenter les photos des prétendus parents à
l’enfant
- Vérification des informations recueillies auprès des parents avec l’enfant
Solutions possibles :
- Procéder à des recherches télé ou radio
- Afficher les photos de l’enfant dans les lieux publics, édifices religieux
- Procéder à un placement en institution pendant que les recherches continuent
Techniques - Écoute
- Entretien
- Négociation
Cible Travailleurs sociaux engagés dans une relation d’aide, le travailleur social
chargé d’une enquête sociale
Bénéficiaires Tout enfant bénéficiant d’un appui psychosocial en vue d’une aide ou de sa
finaux réinsertion
- Recueillir des informations sur les relations entre les parents : sont-ils ensemble,
séparés, divorcés, remariés ? Comment s’entendent-ils ?
- Examiner la communication entre le jeune et ses parents : bonne ou mauvaise
communication, meilleure entente avec le père ou la mère.
- Chercher à connaître le type d’autorité qui prévaut dans la famille : les parents
se montrent-ils stricts ou plutôt permissifs envers l’enfant ? Quelles punitions
sont appliquées en cas de faute ? Le jeune respecte-t-il les demandes de ses
parents ? Quelles sont les règles à la maison ?
- S’informer sur la qualité des relations affectives dans la famille : les parents
démontrent-ils de l’intérêt pour ce que fait l’enfant ? Montrent-ils de l’affection à
son égard ? Est-ce que le jeune est encouragé par ses parents ? Répond-t-il
positivement aux marques d’encouragement, d’affection ?
À ne pas confondre avec le projet d’avenir du jeune lui-même, cf. fiche p183
Ici, il s’agit d’écouter ce que chacun dit spontanément :
- Prendre l’avis du père : que souhaite-t-il concernant l’avenir de son enfant ?
Quelles sont les choses qu’il aimerait que l’enfant change : projets d’études, de
travail…
- Eventualité d’une action éducative à mettre en place avec les parents et le jeune
: est-ce un mode d’intervention adéquat et suffisant ? Le jeune est-il en sécurité
(au sens large) avec ses parents ? Les parents sont-ils « éducateurs » de leur
enfant ? Les parents sont-ils prêts à recevoir l’aide qu’on leur offre et à s’investir
pour un changement ?
- Personnalité du jeune : quelle est la gravité des problèmes, ses motivations
pour un changement, ses atouts et difficultés. Ses difficultés se répètent-elles,
depuis quand ?
- Environnement : l’environnement familial est-il propice à son développement ?
Quelle est l’influence des copains et des lieux qu’il fréquente.
Techniques Écoute
d’animation Entretien
Observation
Description du Définition :
processus à
observer On entend par médiation familiale l’action qui vise à régler une situation
conflictuelle entre les membres d’une famille. Il s’agit d’identifier les facteurs de
risques pour une réinsertion durable d’un jeune, donc d’agir sur les causes des
conflits ou des difficultés éventuelles afin de réunir les conditions favorables à
sa réinsertion.
Par ailleurs désigner dans l’équipe un membre qui parle la langue de la famille
de l’enfant ou qui a une « relation à plaisanterie » avec elle ; peut énormément
faciliter les discussions.
- Informer les parents sur le projet de vie qui a été travaillé au centre avec
l’enfant (si l’enfant vit à l’extérieur de la famille au moment de l’action).
- Obtenir leur adhésion et éventuellement compléter ce projet avec les
propositions des parents.
- Analyser les conditions économiques pour s’assurer que l’enfant pourra être
nourri.
- Procéder à la réunification familiale.
- Suivre l’enfant en famille en vue de lever tout blocage dans l’exécution des
engagements pris pour une meilleure intégration de l’enfant.
2. La réinsertion
Techniques Écoute
Entretien
Négociation
Description du Qui ?
processus à - L’intervenant en charge de la réinsertion et du suivi.
observer - Le « Parrain » de réinsertion.
Quoi ?
- S’enquérir si les démarches auprès de l’établissement scolaire ou du centre de
formation professionnelle ou du maître artisan formateur ont été faites
conformément au projet personnel de l’enfant mis en accord avec sa famille.
- S’enquérir des difficultés rencontrées (le cas échéant).
- Apporter un soutien, si nécessaire.
Quand ?
- Un peu avant le retour de l’enfant en famille.
- En même temps que la réinsertion familiale.
- Dans les jours qui suivent le retour de l’enfant en famille.
Comment ?
1. Phase préparatoire :
- S’assurer que la famille est bien en accord avec le projet de l’enfant. Aider à
lever les obstacles, si nécessaire.
- Étudier avec les parents et le jeune les modalités pratiques et financières de la
mise en œuvre du projet (distance, moyens de locomotion, coût, repas de midi,
fournitures,…).
- En cas de problème, aider la famille à envisager les solutions possibles.
- Il peut s’avérer nécessaire de mettre en place une AGR avec l’enfant ou avec la
famille, pour aider à la prise en charge de l’enfant. Dans ce cas, se reporter à la
fiche p 91.
3. Phase d’insertion
Quand ?
Si possible :
- Une fois par quinzaine le premier mois.
- Une fois par mois les deux mois suivants.
- Environ toutes les 6 semaines ou au moins une fois par trimestre au cours de
l’année.
- Si tout va bien, le suivi peu être arrêté après six mois à un an.
1. En famille
Lorsque cela est possible, il est bon de pouvoir s’entretenir d’abord seul à seul
avec l’enfant, ses parents puis avec eux tous ensemble.
Cible Les travailleurs sociaux, tout intervenant d’une structure d’accueil transitoire ou
d’un centre d’accueil
Objectifs Mettre en place des dispositions pour prévenir les risques d’abus sexuels sur les
mineurs accueillis.
Lieux Structures d’accueil, lieux fréquentés par les enfants pendant leur
accompagnement
Description du Il est important de prévenir ce risque et d’avoir réfléchi à ce sujet avant d’y être
processus à confronté. La prévention limite les risques mais ne peut pas complètement les
observer exclure.
Les personnes ayant aidé ou assisté, observé le silence sur un tel acte sont
considérées comme complices. Elles sont soumises aux mesures disciplinaires
analogues et peuvent, le cas échéant, être poursuivies selon les dispositions du
code pénal. »
2. Processus d’embauche
- Toute embauche doit être effectuée selon une procédure claire et définie à cet
effet.
NB Une note sur la prévention des abus doit figurer sur le tableau d’affichage
destiné au personnel au même titre que les horaires et autres informations
obligatoires.
LE PROJET PEDAGOGIQUE
1. Mission
1.1. Objectif
Protéger et promouvoir les droits bafoués de tous les enfants en situation difficile et séparés
temporairement de leur famille quelle qu’en soit la raison.
2. APPROCHES
La durée moyenne de séjour d’un enfant à la SET peut varier de 3 à 6 mois. Cette durée doit s’avérer
suffisante pour effectuer le travail de réhabilitation physique et mentale de l’enfant, trouver sa famille et
les préparer tous deux à la réinsertion.
Voici les étapes à suivre pour mieux préparer et faciliter la réinsertion de l’enfant :
3. ETAPES A SUIVRE
3.1. Accueil
À cet égard, l’intervenant doit accorder un respect total à l’enfant quel que soit l’état dans lequel il se
présente à lui. Il doit :
- Le saluer, se présenter à lui
- Le rassurer
- Présenter son institution et le travail qui y est effectué
L’intervenant doit veiller à être le plus naturel possible, être convivial.
Premier entretien
Pour un premier contact avec l’enfant, l’entretien doit se dérouler dans une ambiance conviviale pour
préserver l’atmosphère de confiance mutuelle.
L’intervenant doit :
- Expliquer à l’enfant l’aide dont il peut bénéficier.
- Rechercher son adhésion pour entamer l’accompagnement.
- Écouter l’enfant : recueil du récit de vie (si cela n’a pas été fait préalablement au Point d’écoute ou
dans la rue).
- Recueillir son point de vue sur sa situation présente et son avenir.
- Lui demander les premières informations nécessaires à l’ouverture de son dossier
d’accompagnement : nom, prénoms, provenance, raison de sa séparation d’avec sa famille,
nationalité, âge, niveau scolaire, état de santé, lieu d’habitation des parents, antécédents familiaux et
sociaux, fratrie.
- Prendre sa photo.
- Enregistrer l’enfant dans le cahier d’accueil.
- L’informer sur les activités menées.
- Lui présenter les règles de fonctionnement de la structure, le règlement intérieur basé sur des
nouvelles règles de vie et le partage des différentes responsabilités liées à l’organisation de la vie en
commun. Ex. : l’hygiène des communs, un chargé de la discipline, un chargé de distribution des
repas, un responsable du matériel sportif, des loisirs, des relations extérieures, des activités socio
culturelles, ….
- Lui expliquer le fonctionnement du Comité des Enfants.
Visite de la structure
- Présenter l’enfant à l’équipe éducative et à ses pairs.
- Désigner un éducateur référant et faire les présentations réciproques.
- Intégrer l’enfant dans un groupe de vie / de tutorat.
- L’installer dans sa chambrée et lui affecter un casier personnel.
Démarches administratives
- Déclarer l’admission de l’enfant auprès du juge de tutelles conformément aux textes en vigueur du
pays.
- Compléter son cahier dossier avec les éléments recueillis.
Il est important d’instaurer dès le départ un climat de respect mutuel et de convivialité dans la SET / au
centre d’accueil et de protection. Si les jeunes se sentent à l’aise, le niveau d’agressivité sera d’autant
plus bas. Une nourriture saine en quantité suffisante et à horaires réguliers y contribuera. Veiller aussi à
appeler chaque jeune par son prénom d’état-civil qui correspond à son identité propre et non à un
sobriquet.
Les journées à la SET / au centre d’accueil et de protection doivent être équilibrées avec une alternance
harmonieuse entre des activités d’apprentissage intellectuel, manuel et technique et les activités
sportives, de loisirs et de détente. L’inactivité est source d’activation des souvenirs traumatisants, de
stress, d’agressivité et de conflits. Une manière d’aider le jeune à dépasser ses souvenirs négatifs,
sources de stress, consiste à lui donner la possibilité d’expérimenter des situations et des sentiments
positifs. Les activités lui permettent de s’ancrer dans le présent, d’y trouver des bénéfices pour lui-même
et peu à peu d’envisager concrètement sa vie autrement. La prise de responsabilités à sa portée favorise
également cet ancrage dans le présent.
Ces réunions favorisent les échanges professionnels entre les différents intervenants de l’équipe pour
une bonne compréhension des jeunes accueillis et l’adoption d’attitudes éducatives appropriées et
concertées. Fiches techniques p 165 et 167
- Travail en équipe pédagogique sur l’évolution du groupe.
- Études de cas sur les situations individuelles des enfants.
3.5. Orientation
L’orientation se fera peu à peu, quand le jeune aura eu l’occasion de reprendre un rythme de vie normal,
de se confronter à l’initiation à diverses activités éducatives et professionnelles (selon l’âge). En fonction
de ses goûts, ses aptitudes, les opportunités de son milieu de réinsertion, appuyé par son éducateur
référent, le jeune clarifiera son projet et décidera de son orientation.
Un panel divers d’activités va renforcer les compétences sociales et professionnelles (le cas échéant) de
l’enfant. L’ensemble de ces éléments vont l’aider à envisager et concrétiser son projet de réinsertion.
3.7. Recherche de famille ou liaison avec les partenaires chargés de la réinsertion familiale et
sociale et du tracing
La recherche de famille pour tout enfant en rupture familiale est une activité minutieuse qui nécessite des
informations précises fournies souvent et d’abord par l’enfant bénéficiaire de l’aide.
Quoi ?
Bien que la recherche nécessite la participation de l’enfant, il arrive dans certaines situations que cet
enfant soit incapable de fournir quelques informations ou refuse de donner les informations sur sa famille
ou qu’il donne des informations erronées. C’est pourquoi certaines précautions sont à prendre :
- Mettre suffisamment l’enfant en confiance.
- Entreprendre plusieurs entretiens avec lui.
- Recouper les informations.
- Faire une photo de l’enfant dès son admission au centre.
Qui ?
L’intervenant référant de l’enfant ou le chef de service.
Quoi ?
- Vérifier l’existence des personnes citées dans la documentation de l’enfant pour s’assurer qu’elles
sont effectivement celles que l’enfant dit qu’elles sont.
- Vérifier toutes les autres informations données par l’enfant.
- Présenter la photo de l’enfant (en l’absence de celui-ci) aux parents pour une reconnaissance
visuelle.
- Prendre les photos des parents pour une reconnaissance visuelle par l’enfant.
- Après avoir rencontrer les parents, faire les vérifications auprès de la communauté pour confirmation
des données.
- Une fois retourné au centre, présenter les photos des soi-disant parents à l’enfant.
- Vérification des informations recueillies auprès des parents avec l’enfant.
Cette étape importante permet de vérifier le bon déroulement de la réinsertion, d’apporter le cas échéant
le « coup de pouce » qui aidera à la réussite de l’entreprise.
- Évaluation de la qualité relationnelle jeune - famille, jeune - communauté, de son état émotionnel, de
sa santé.
- Suivi de l’AGR : organisation du temps du jeune, réalisation de l’activité, vérification de la gestion
financière de l’activité. Apport d’un appui technique, si nécessaire.
- Suivi de la formation professionnelle ou de la scolarité.
- Appui à la préparation de l’insertion professionnelle.
NB : par commodité d’écriture, les activités sont présentées thématiquement par listes successives. Il est
évident que la chronologie vécue est différente. L’approche proposée est multimodale et holistique. C’est
la conjonction des diverses activités qui apportera le résultat global attendu.
Résultat 1 attendu : à l’issue du séjour à la SET les enfants sont réhabilités physiquement.
Activités :
- Appui alimentaire et vestimentaire
- Les mineurs prennent trois repas par jour, en équipe. Ils participent à leur confection.
- Ils bénéficient d’un lot de vêtements.
- Appui à l’hygiène et à la santé
- Des fournitures de toilette et du savon de lessive sont remis à chaque enfant.
- Des fournitures pour l’entretien des locaux sont remises à chaque groupe.
- Les éducateurs référents veillent à l’hygiène individuelle des mineurs.
- L’entretien des locaux est fait chaque jour par les enfants.
- Chaque enfant est vu en visite médicale et reçoit les soins appropriés.
Indicateurs qualitatifs :
- Les enfants mangent une nourriture saine, équilibrée et en quantité suffisante.
- Leur état de santé est amélioré.
- Ils ont acquis des réflexes d’hygiène corporelle, vestimentaire et des locaux.
Stratégie :
- S’assurer de l’effectivité du budget pour la nourriture et / ou de stocks de vivres.
- Embaucher une cuisinière qui sera secondée par les enfants pour la préparation des repas.
- Faire assurer la distribution de la nourriture par les enfants eux-mêmes, accompagnés d’un
éducateur. Les repas sont pris en commun, avec un éducateur, dans un climat familial.
- Prévoir un stock de vêtements afin de permettre aux mineurs de se changer.
- S’assurer préalablement de la disponibilité des infrastructures médicales, de la disponibilité des
médicaments et du matériel de soins.
- Prévoir des roulements d’équipe pour les différents services (cuisine, distribution, entretien des
locaux,…), responsabiliser les enfants pour la gestion de ces services communautaires.
Contraintes possibles :
- Le budget pour l’alimentation ne permet pas une nourriture très variée et provoque des
mécontentements. Exploiter de telles situations en éducation de base (ex. les besoins alimentaires,
les groupes d’aliments, gestion du budget, problèmes socio-économiques du pays, les difficultés
éprouvées par les familles pour se nourrir, …).
- Les enfants sont capricieux dans la préférence de nourriture, face aux contraintes,… Toujours se
situer en tant qu’éducateur et utiliser la situation pédagogiquement en faisant réfléchir l’enfant pour
qu’il analyse la situation et trouve ses propres réponses.
Résultat 2 attendu : A l’issue du séjour à la SET les enfants sont réhabilités mentalement.
Tâches :
- Établir avec les jeunes des relations de confiance par un accueil chaleureux, une attitude ouverte et
respectueuse. Ils doivent comprendre qu’on les prend au sérieux.
- Remplir les fiches de renseignements individuels.
- Mettre à disposition des enfants toutes informations sur le centre.
- Désigner un éducateur référent et un parrain à chaque enfant.
- Présenter et expliquer la nécessité d’un règlement intérieur basé sur de nouvelles règles
communautaires. Le faire adopter par les enfants en favorisant le dialogue et la participation plutôt
que les injonctions. Le règlement intérieur doit être rédigé de manière positive et être traduit en
langue locale pour être compréhensible pour tous. (Voir le règlement intérieur en annexe.)
- Définir des responsabilités variées, possibles pour les enfants et prévoir un tableau de services. Il est
important que les enfants puissent réussir. Le pas à franchir ne doit pas être trop grand. Si
nécessaire, monter progressivement les exigences.
- Mettre en place avec les enfants une structure de vie démocratique et ses modes de régulation,
instances de parole (assemblée des enfants…), code de bonne conduite.
- Mener des entretiens individuels et collectifs de débriefing avec les enfants.
Stratégies :
- Renforcer les compétences des éducateurs sur : le projet pédagogique qu’il devra mettre en œuvre,
la psychologie de l’enfant, l’écoute active, la gestion des conflits et du stress.
- Revoir la manière d’établir une relation de confiance.
- Préparer la récolte des informations et des renseignements concernant les enfants.
- Prévoir la constitution et l’utilisation d’un dossier pour chaque jeune.
- Rendre disponible toutes les ressources matérielles nécessaires.
Contraintes possibles :
- Décalage entre le besoin de personnel qualifié et le moment de la formation.
- L’insuffisance des ressources matérielles (fournitures diverses, matériels éducatifs).
- Un nombre plus important d’enfants que prévu ou au contraire plus petit.
Contraintes possibles :
- Fiches dossiers non disponibles.
- Technique de l’écoute et de l’appui psychosocial non maîtrisée par l’encadrement
Indicateurs statistiques
- Nombre de séance de RAP.
- Nombre d’enfants impliqués dans la résolution de leurs problèmes.
- Nombre de projet de réinsertion.
Résultats escomptés – indicateurs qualitatifs
- Les enfants participent effectivement aux responsabilités et prises de décisions dans la SET.
- Les enfants sont impliqués dans la résolution de leurs problèmes.
- Chaque enfant a défini ou clarifié son projet de réinsertion.
Stratégie
- Formation des encadreurs à l’approche RAP.
- Initiation des enfants à la RAP.
Présupposés, préalables requis
- Maîtrise de l’approche par les encadreurs sociaux.
Ressources matérielles à mobiliser
- Tableaux portatifs / tableau noir ou grande feuille.
- Marqueurs / craies.
L’éducation alternative de base ou éducation non formelle consiste à donner aux bénéficiaires les
connaissances de base en matière d’écriture, de lecture, de calcul, de culture générale et de savoirs faire
variés. Cet apprentissage favorise la rééducation et la préparation à la réinsertion. Elle est en même
temps une activité de focalisation positive de l’attention et de l’énergie des enfants pendant leur séjour à
la SET. De ce fait elle participe au traitement de certains troubles de comportement identifiés.
À cet effet, il sera aussi développé en plus de l’alphabétisation fonctionnelle, diverses activités manuelles
et techniques afin de valoriser les apprentissages aux yeux des enfants pour permettre à chaque enfant
de gagner la confiance de soi, d’acquérir des réflexes de résolution pacifique des conflits et de découvrir
ses aptitudes. Ces activités permettent à l’enfant de retrouver un cycle de développement normal, une
certaine estime de soi, d’intégrer des règles et des valeurs et de verbaliser ses affects.
À son départ de la SET, l’enfant / le jeune sera outillé pour mieux comprendre son environnement et sera
capable d’effectuer différentes activités qui lui permettront non seulement d’améliorer son environnement,
de se rendre utile, mais aussi - pour les plus grands- de se prendre en charge grâce à une AGR qu’il sera
capable de mener à bien en même temps que la poursuite de son apprentissage professionnel. En
outre, les activités d’éducation de base constituent d’excellents moyens d’observation et sont vecteurs de
relations profondes.
Tâches :
- Donner le goût à ces enfants d’apprendre et de développer leurs potentialités.
- Leur faire acquérir les aptitudes fondamentales à la vie pratique et paisible.
- Valoriser les possibilités offertes par la vie en famille et dans la communauté.
- Initier ces enfants à des exercices intellectuels, manuels et techniques en vue de la reprise d’une
scolarité ou d’un apprentissage professionnel.
Indicateurs statistiques :
- Nombre de séances d’éducation alternative.
- Nombre d’enfants ayant participé aux activités.
- Résultats matériels produits par les activités.
Contraintes :
- Absence de ressources et du matériel nécessaire pour les activités.
Activités proposées :
- Alphabétisation : initiation à la lecture et à l’écriture pour les enfants analphabètes à travers des
méthodes d’alphabétisation fonctionnelle, réentraînement scolaire pour les jeunes déscolarisés.
- Éducation de base : animations diverses autour de thèmes éducatifs liés à la santé, l’éducation
civique, aux valeurs, à l’environnement, etc.
- Travaux d’intérêt général : Il est important que ces enfants se sentent utiles et soient valorisés à leurs
yeux et à ceux de la communauté. À travers ces travaux communautaires menés conjointement avec
la population locale, ils tissent des liens avec la communauté et participent au développement local.
S’il s’agit d’un chantier plus important, ils peuvent s’initier à divers métiers. Au cours des phases de la
réalisation, ils accomplissent quelque chose d’utile jusqu’au bout. Ils sont reconnus positivement par
L’article 31 de la CDE établit le droit de l’enfant au repos, aux loisirs, aux jeux et à la participation, à la vie
culturelle et artistique. Les activités récréatives et culturelles redonnent à l’enfant le courage, de façon
positive, leur permettant de retrouver un cycle de développement normal, une certaine estime de soi.
Elles leur ouvrent la possibilité d’être en relation avec les évènements présents et de les exprimer dans
un langage spécifique. Elles permettent en outre, à travers un aspect ludique, d’intégrer des règles et des
valeurs. Elles sont aussi pour l’encadreur un moyen d’aider l’enfant à verbaliser ses affects, un moyen
d’observation et de traitement.
Pratiquées avec la communauté, ces activités sont l’occasion d’un brassage entre les enfants de la SET
et ceux du quartier ou du village. Elles constituent des prémices de réinsertion. Ces activités favorisent
l’acceptation et l’intégration de la SET dans la communauté et permettent de lever les craintes liées aux
« enfants en difficulté ou marginalisés ». De telles activités en commun réussies valent davantage que
tout discours de sensibilisation pour lever les préjugés à l’égard de ces enfants.
Indicateurs statistiques :
- Nombre de séances organisées selon les différentes disciplines.
- Nombre de bénéficiaires.
Stratégies :
- Mise à la disposition d’un encadreur chargé de l’activité et des moyens matériels nécessaires pour
la réalisation de sa tâche.
NB : ces activités seront reliées aux activités thématiques visant à développer une culture de la paix, de
la citoyenneté, l’esprit communautaire, etc.
Résultats attendus :
Les filles ont pu se reconstruire dans leur dignité de femmes, surmonter les graves traumatismes
physiques et psychologiques causés par les abus. Elles ont repris confiance en elles et ont acquis de
nouvelles capacités qui leur permettront de se prendre en charge dans la dignité.
NB : toutes les activités développées par ailleurs dans le projet pédagogique sont valables aussi pour les
filles. Elles sont à moduler compte tenu de leur situation, âge et nombre.
Le statut social des filles et la tradition ne facilitent pas leur prise en charge. Très souvent, elles sont
considérées non pas comme victimes, mais comme coupables et font l’objet de discrimination, voire de
rejet. Dans l’appui qui leur sera apporté, il est fondamental de faire preuve de tact et d’une bonne
connaissance du milieu pour ne pas les stigmatiser davantage. C’est pourquoi leur accompagnement doit
être effectué en même temps que celui d’autres jeunes filles de la communauté et il est bon d’y associer
des mamans.
Tâches :
- Réhabilitation physique spécifique : leur donner accès à des examens médicaux spécialisés et des
soins gynécologiques, travail sur l’hygiène corporelle.
- Développer un programme d’éducation de base, d’éducation à la santé, à la vie pour l’ensemble des
jeunes filles.
- Prendre en compte les besoins spécifiques de celles qui ont un enfant ou sont enceintes.
- Former aux AGR les jeunes filles qui ne peuvent pas ou ne veulent entamer une formation
professionnelle.
- Mener un travail psychologique de reconstruction de soi au vu des abus sexuels dont elles ont été
victimes : groupes de parole, entretiens thérapeutiques individualisés menés par des psychologues.
- Travailler les relations garçons filles dans un esprit égalitaire, de complémentarité différenciée et de
respect mutuel.
Indicateurs statistiques :
- Nombre de séances des diverses activités.
- Listing des produits spécifiques remis.
Indicateurs qualitatifs :
- La santé physique et mentale des jeunes filles est améliorée, les troubles du comportement ont
régressé.
- Les jeunes filles ont pu reconstruire leur féminité, elles ont confiance en elles et sont capables de
refuser les rapports sexuels non désirés.
- Elles savent se protéger des infections sexuellement transmissibles, du SIDA.
- Les jeunes filles ont acquis une qualification ou de nouvelles aptitudes qui leur permettront de se
prendre en charge sans avoir recours à la prostitution.
Stratégie :
- Créer des lieux de rencontre / formation spécifiques pour les filles.
- Sensibiliser régulièrement la communauté sur les doits des enfants et ceux des filles en particulier
- Former les policiers et les magistrats pour que justice, le cas échéant, leur soit rendue.
Résultat attendu : Les enfants accueillis ont intégré de nouvelles valeurs de paix, de justice, de
citoyenneté. Ils ont le désir de retourner en famille.
Activité 1. Développement des capacités d’autonomie pour l’après SET et clarification des
implications au niveau de la famille et de la communauté.
Tâches :
- Identifier les mécanismes de dépendance développés chez les enfants dans la rue ou en prison ou
encore durant leur vie militaire.
- Faire verbaliser les appréhensions et craintes des enfants par rapport à leur retour en famille.
- Mener des réflexions avec les jeunes sur les manières possibles de résoudre les difficultés de la vie
quotidienne.
- Donner des responsabilités graduelles aux enfants pour développer leurs capacités et leur confiance
en eux.
- Faire participer les enfants graduellement à la prise de décision dans la SET et à la gestion des
affaires courantes (intendance, organisation des loisirs,…).
- Exploiter les situations de vie pour réfléchir sur les attitudes possibles, les choix à effectuer et leurs
conséquences.
Indicateurs statistiques :
- Tableau des responsabilités exercées.
- Nombre de séances de réflexion menées.
Indicateurs qualitatifs :
- Les enfants ont acquis de l’aisance dans la prise de responsabilités.
- Les enfants sont capables de mener une action jusqu’au bout.
- Les adolescents manifestent leur désir d’autonomie et s’engagent dans le processus de formation
qu’ils ont choisi.
Stratégies :
- Mettre en œuvre une pédagogie active et participative.
- Rebondir sur les situations de vie pour en faire des situations d’éducation.
Contraintes :
- Les difficultés liées aux problèmes de stress post traumatique chez certains jeunes.
- Le désir très fort chez certains de continuer à être entretenu par la collectivité.
Tâches :
- Identifier les thèmes à traiter avec les enfants, préparer les fiches pédagogiques et les supports
didactiques (causeries, interview d’élus, participation au conseil municipal, droits des enfants, …).
- Prévoir un créneau dans l’éducation de base pour ces thèmes.
- Organiser des évènements de paix, de justice et de citoyenneté avec la communauté environnante
(travaux d’intérêt collectif assortis d’une sensibilisation, théâtre, …).
- Organiser avec les jeunes des journées de sensibilisation dans les écoles où ils pourront témoigner.
- Faire organiser par les jeunes des activités éducatives ou ludiques avec d’autres enfants en difficulté
(enfants de la rue, dits sorciers,…).
Indicateurs qualificatifs :
- Les rapports entre les enfants deviennent plus paisibles, plus pacifiques et respectueux : la violence
au centre est rare.
- Ils savent s’écouter entre eux et ont le souci de justice dans leurs rapports : les relations
interpersonnelles et avec l’entourage sont améliorées.
- Le centre devient un pôle d’activités et de rayonnement pour d’autres enfants et la communauté
environnante.
Stratégie :
- Développer cette approche de manière régulière et continue.
- Impliquer totalement les enfants dans le choix et l’organisation des évènements.
- Faire la relecture / l’évaluation de l’activité / l’événement avec les enfants quand l’action est terminée
pour en tirer les enseignements.
Contraintes :
- Le temps réduit de séjour à la SET.
- La difficulté de certains enfants à s’impliquer.
NB : l’organisation générale de la SET et le style de vie en commun mené avec les enfants vise déjà à
développer cet esprit.
Indicateurs statistiques
- Nombre d’enfants de la SET et extérieurs impliqués
- Liste des partenaires impliqués
Indicateurs qualitatifs
- Tenue d’un journal de bord.
- Le degré d’implication et de prise de responsabilités des enfants.
- Les liens développés avec la communauté, son appréciation sur ce qui a été réalisé.
Stratégie
- Impliquer les enfants dans tout le processus.
- Valoriser les actions positives et les progrès des enfants.
- Discuter et sanctionner les actions négatives.
Résultat attendu :
Les enfants ont acquis de nouveaux savoirs faire et savoir être qui leur donnent de meilleurs
chance de réussir leur réinsertion socioprofessionnelle et dans la communauté.
Tâches :
- Réunir des renseignements précis concernant l’enfant.
- Rechercher des traces familiales, messages adressés aux parents et vice versa (utiliser le réseau,
les églises).
- Faciliter la médiation familiale (préparation de la famille, identification des éléments essentiels
survenus depuis le départ de l’enfant, les freins éventuels à sa bonne insertion, l’environnement
qu’il va trouver, etc.…).
- Préparer psychologiquement l’enfant à cette réunification familiale (le préparer à faire face aux
changements qu’il va trouver, à cette vie différente qui s’offre à lui).
- Procéder à la réunification proprement dite.
- Si le lieu de réinsertion est situé hors de la localité de la SET :
→ Procéder à une étude du milieu.
→ Créer un Comité local de protection (CLP) formé de bénévoles qui ont bien compris les enjeux
de la réinsertion et qui s’engagent pour la protection des droits des enfants en général.
→ Si possible, mettre en place un programme de développement communautaire.
Indicateurs statistiques :
- Nombre de familles identifiées.
- Nombre de jeunes ayant adressé des messages à leurs parents.
- Nombre de jeunes préparés psychologiquement au retour.
- Nombre de jeunes réellement réinsérés (mise à jour mensuelles).
- Nombre de séances d’animation sur le développement communautaire.
- Nombre de CLP opérationnels et de projets en cours.
Indicateurs qualitatifs :
- Les enfants sont disposés et prêts à rejoindre leurs parents et les parents à recevoir leur enfant.
- L’enfant est réintégré dans sa famille et dans sa communauté.
- L’esprit communautaire est développé chez les enfants, il se manifeste à travers leur participation
aux activités du quartier, de la commune, des églises…
Stratégie :
- Développer la synergie avec les partenaires qui peuvent faciliter la réinsertion.
- Bien remplir et exploiter les dossiers des enfants.
Contraintes possibles :
- Fausses adresses données par certains enfants ou familles introuvables.
- Difficultés de transport et d’acheminement de certains enfants dans leur région / village.
- Découragement des enfants dû au temps assez long du processus de réunification.
Activité 2. Orientation du jeune en vue d’opérer un choix réfléchi qui l’aidera à évoluer et à
préparer son avenir.
Tâches :
- Identifier des spécialistes et des structures formelles de formation professionnelle qui pourront
expliquer aux enfants les différents métiers.
- Organiser des journées de présentation des métiers avec les professionnels identifiés (visite des
ateliers, des centres de formation, Forum des métiers, etc.).
- Aider le jeune à choisir trois métiers qui correspondent le mieux à ses goûts et aptitudes.
- Après tout ce processus d’information et compte tenu des expériences acquises à travers l’initiation
faite dans le développement des aptitudes de base, aider le jeune à opérer le choix final d’un métier.
Il est important de tenir compte des opportunités du milieu de réinsertion.
Indicateurs statistiques :
- Métiers identifiés.
- Nombre de spécialistes ou structures identifiés.
- Nombre de jeunes ayant participé au forum des métiers.
- Fiche de choix opérés par chaque jeune.
Indicateurs qualitatifs :
- Chaque jeune acquiert une bonne dextérité au niveau de l’aptitude de base proche de son métier à
laquelle il est initié ; il s’investit dans cette dynamique et ce nouveau projet d’avenir.
- Les jeunes ont développé, accru leurs capacités d’analyse et de discernement.
Stratégie :
- Bonne lecture de l’environnement à faire par les éducateurs.
- Information et sensibilisation des jeunes sur l’importance de l’orientation dans le choix du métier.
Contraintes possibles :
- Les idées fixes des jeunes à exercer un métier qui n’offre pas d’opportunité dans leur milieu.
- L’influence des amis à choisir un métier par mimétisme.
- Le manque d’engagement chez certains jeunes qui pensent pouvoir continuer à être pris en charge
par des organisations.
Présupposés, préalables nécessaires :
- La présence de structures de formation professionnelle formelles et informelles viables dans les
sites de réinsertion.
- Des professionnels capables d’expliquer les avantages et contraintes des divers métiers.
- Les capacités à organiser et assurer le suivi post réinsertion.
PERIODE ACTIVITES
ère
1 quinzaine Accueil, identification, constitution des dossiers et « tracing »
Toute la durée Écoute active et appui psychosocial
Toute la durée Recherche - Action Participative
Toute la durée Éducation de base, éducation à la paix, alphabétisation, acquisition des
aptitudes de base, ergothérapie, activités sportives et culturelles,
chantier communautaire
En principe au bout de trois Réinsertion socio familiale
mois Formation professionnelle
Mensuelle et trimestrielle Évaluation du projet
L’emploi du temps est indicatif et à moduler au cours du séjour des jeunes selon les activités qui seront
prioritaires, en fonction des phases du processus :
- Identification.
- Stabilisation, soins.
- Préparation active de la réinsertion.
NB : Cet horaire est valable pour les jours de semaine du lundi au vendredi. Le samedi et le dimanche,
les activités seront différentes. Un temps sera consacré par chaque jeune pour la lessive. Les jeunes
peuvent recevoir ou rendre des visites. Les tournois sportifs avec les communautés environnantes sont
aussi organisés le WE.
Remarques :
- Les activités « écoute active » et « appui psychosocial » se font tout au long de la journée. C’est à
chaque instant que l’encadreur pourra être sollicité par un enfant pour exprimer ses désirs, ses
besoins et ses difficultés. L’heure prévue sur l’horaire sera consacrée à l’écoute thérapeutique et au
traitement de certains troubles bien que les réponses à ceux-ci soient déjà apportées à travers les
différentes activités organisées dans la SET.
- Les visites didactiques sont organisées sur les plages 10H00 – 12H30 ou 14H00 – 16H00.
- Un calendrier hebdomadaire des activités sera établi à la fin de chaque semaine.
Lors de cette réunion, enfants, équipe d’encadrement et membres de la communauté partagent leurs
préoccupations, le cas échéant, les difficultés rencontrées dans le cadre de la cohabitation. C’est aussi le
moment pour échanger sur des projets communs : idées de réalisations, partage des tâches,
organisation.
Cette réunion est une bonne occasion de mettre en pratique les notions de démocratie vues de manière
théorique par les enfants. Régulièrement tenues, elles peuvent devenir un facteur de développement
pour la communauté.
3. Le Comité de gestion
Instance de concertation, de consultation, de régulation des expériences et des interrogations, le Comite
de gestion est l’organe d’échange et de circulation des informations. Il est aussi l’instance référentielle de
la pédagogie du centre qui regroupe les différents partenaires impliqués dans le projet de la SET à
savoir : les responsables de l’administration, de la pédagogie et de la logistique. Cette réunion est
mensuelle.
Le chef du projet pourra participer aux réunions organisées par le Comité de gestion selon sa
convenance et sa disponibilité.
Il donne son avis et peut faire des propositions sur toutes les questions intéressant le fonctionnement du
centre. Les réunions du Comité de gestion sont présidées par le directeur du centre. Lors de celles-ci, les
matières suivantes pourront être traitées :
- Organisation intérieure de la vie quotidienne.
- Règlement intérieur relatif au fonctionnement.
- Animation socioculturelle, orientation pédagogique éducative et thérapeutique.
- Questions administratives et financières.
5. La réunion de synthèse
Il s’agit d’une réunion technique de mise en commun des éléments objectifs concernant l’évolution de
chaque enfant ou groupe d’enfants. C’est aussi une occasion de comprendre certaines situations et leurs
significations. Les membres impliqués à ces réunions sont les encadreurs et leurs superviseurs. Une
réunion de synthèse est organisée à la demande de l’éducateur référent d’un enfant ou du psychologue.
Il est bon de prévoir des échanges périodiques (toutes les 6 semaines ou tous les trimestres) avec les
responsables des structures analogues ou complémentaires. De tels échanges et la mutualisation des
listes d’enfants permet d’éviter que les enfants fassent le tour des structures et donnent des informations
différentes.
Ces échanges peuvent aussi porter sur les approches pédagogiques, la mutualisation des formations des
intervenants, la concertation pour le plaidoyer à mener, une mutualisation des transports pour la
réinsertion, ...
Pour le bon fonctionnement de la SET, les règles suivantes doivent être respectées :
- La ponctualité.
- Le respect mutuel (respect des responsabilités de chaque partenaire).
- La conscience professionnelle.
- La régularité.
- Le sens d’écoute.
- La tolérance.
- La confidentialité.
- L’acceptation inconditionnelle des enfants.
- La participation à la gestion commune du site.
- Le respect de la procédure administrative.
- Les sanctions des enfants ne doivent en aucun cas être arbitraires et la violence ne peut être utilisée
en aucun cas.
- Toute violence exercée sur un enfant constitue un motif (faute lourde) de rupture du contrat de
travail.
- Les punitions ne doivent pas humilier l’enfant.
- Elles ne peuvent pas porter sur leurs besoins vitaux (privation de nourriture).
- Il faut viser la compréhension et l’amendement de l’enfant ; la sanction doit être en rapport avec la
faute commise.
- La punition peut porter sur les besoins secondaires : éventuellement suspension pour une activité de
plaisir ou consister en une tâche supplémentaire.
Le personnel de la SET qu’il soit administratif, éducatif ou travailleur doit strictement s’abstenir de :
- abuser ou exploiter les enfants
- passer de longs moments seul avec des enfants loin des autres ou amener un jeune chez-soi
- brutaliser physiquement ou verbalement les jeunes
- avoir de mauvaises relations ou un comportement indigne.
(L’ensemble de la fiche est faite au masculin par commodité, le poste est évidemment ouvert de la même
manière à une femme).
L’éducateur de SET a pour mission d’accompagner les enfants en difficulté dans leur réhabilitation
physique et mentale, en vue de leur réinsertion familiale est sociale, c’est à dire :
- Assurer leur réhabilitation physique et mentale.
- Préparer leur réinsertion familiale et communautaire, scolaire ou socioprofessionnelle.
- Protéger et promouvoir les droits des enfants.
L’éducateur doit être disponible à la SET par roulement durant toute la présence des enfants y compris
certaines nuits, dimanches et jours fériés. Il est placé sous l’autorité pédagogique du directeur de la SET
et du chargé de projet.
Dans le cadre de sa fonction, l’éducateur social est plus particulièrement chargé des tâches suivantes :
- Accueillir et informer les enfants.
- Traiter les dossiers administratifs des enfants.
- Accompagner les enfants dans leur vie quotidienne à la SET.
- Identifier les besoins matériels des enfants.
- Aider les enfants à mettre en exergue les éléments nécessaires à leur évolution.
- Établir avec les enfants un projet individualisé de vie.
- Animer les activités psychopédagogiques.
- Participer aux réunions techniques.
- Rédiger des rapports et comptes rendus.
L’éducateur social doit posséder les compétences suivantes, acquises par formation ou par expérience et
avoir un minimum de pratique dans son métier:
- Connaître la langue des enfants.
- Maîtriser les techniques d’écoute, d’animation, d’éducation de base et de communication.
- Avoir des bonnes notions en psychologie de l’enfant et de l’adolescent.
- Savoir gérer une relation d’aide.
- Connaître les droits de l’enfant.
- Être disponible.
- Posséder une bonne maîtrise de soi.
- Savoir de mettre à la porté des enfants.
- Savoir prendre du recul et savoir travailler en équipe.
- Être capable de travailler dans une équipe multiculturelle et sous pression.
Activités
1. Pour le bénéfice de chacun, la vie à la SET nécessite une franche collaboration et le respect de
l’autre.
2. Tout enfant accueilli prend part à toutes les activités de la SET.
3. Le travail d’intérêt communautaire est réalisé par tous, de concert avec le village et ses habitants.
Vie en commun
4. Nous vivons en bonne intelligence entre nous et avec nos voisins, cela veut dire que personne
n’agresse physiquement ou verbalement :
• Les camarades : les enfants accueillis sont tenus de se respecter mutuellement. Les
bagarres ou tout acte d’agression sont proscrits.
• Le personnel (coordinateur, éducateurs, cuisinières, gardiens, …) et les visiteurs.
Les désaccords font l’objet d’un échange ou chacun respecte l’autre.
• la population du quartier ou tout autre habitant.
5. Les menaces et tout propos malveillant sont également à proscrire.
6. Tout litige et toute réclamation doivent se régler d’une manière pacifique et non par la violence.
7. La consommation et la culture de stupéfiants (drogue et autres) ne sont pas compatibles avec la
vie à la SET.
8. Par respect de soi et des autres, chacun veillera à sa propreté corporelle et vestimentaire et à
celle de son environnement.
Repas et repos
9. Il est demandé à chacun de se contenter de la cuisine communautaire. Trois repas par jour sont
prévus. Afin de ne pas gaspiller la nourriture, veuillez retourner les restes à la cuisine et non les
jeter.
10. Les repas sont pris en commun dans la salle réfectoire. La nourriture ne se prend pas dans la
chambre.
11. Les repas sont partagés équitablement par les enfants responsabilisés à cette charge.
12. Veuillez respecter les heures de repos, éviter tout bruit et vacarme dérangeant les autres.
13. Tout enfant accueilli bénéficie de 8 heures de sommeil (de 22 h 00’ – 6 h 00’).
Matériel
14. Il est demandé aux habitants de chaque case / dortoir de gérer rationnellement la quantité de
pétrole mise à leur disposition (7 mesurettes par semaine).
15. Respectez les biens d’autrui, de l’institution et de la communauté, n’allez pas vous servir sans
demander. En cas de besoin, manifestez ce besoin à votre éducateur référent ou au directeur de
la SET.
16. Le respect des biens sous toutes leurs formes est exigé. Toute détérioration volontaire entraîne
la réparation tant matérielle, morale que financière.
17. Tout accès au magasin ou dépôt n’est possible qu’accompagné d’un éducateur.
18. Chaque matin, chacun remplit le fût d’eau et nettoie les installations hygiéniques et les chambres
sous la supervision de l’enfant responsabilisé à cet effet.
19. Toutes les chaises doivent rester à leur place dans les salles. Des bancs sont à disposition pour
les échanges devant les chambres.
Visites et sorties
20. Toute visite doit être annoncée au responsable et reçue à l’endroit à la SET destiné à cet effet et
non dans les chambres.
21. Pour toute visite à la SET, les parents ou amis doivent se présenter aux heures autorisées.
22. L‘occupation des chambres est réservée aux bénéficiaires autorisés.
23. Des temps sont prévu pour les sorties personnelles. Pour toute sortie, chaque jeune demande
une autorisation préalable et se fait enregistrer en partant et en rentrant dans le cahier prévu à
cet effet.
Lu et approuvé
ATTESTATION
À ……………..………………….., le ……………………………
Signatures :
APTITUDES DEVELOPPEES
ÉDUCATION / ALPHABETISATION
01 Je sais lire une phrase, un message simple. 07 Je sais composer les syllabes.
02 Je sais écrire une phrase, un message simple. 08 Je sais décomposer les mots en syllabes.
03 Je sais compter. 09 Je sais effectuer un petit calcul.
04 Je sais lire l’heure. 10 Je sais chanter.
05 Je connais mes droits et devoirs. 11 Je sais distinguer les couleurs.
06 Je connais mes responsabilités civiques.
SAVOIR ETRE
12 Je sais saluer selon la personne et le moment. 17 Je sais demander pardon.
13 Je sais dire merci. 18 Je sais animer un débat.
14 Je sais écouter l’autre. 19 Je sais éviter la violence.
15 Je sais accepter l’échec. 20 Je sais respecter mon prochain.
16 Je sais respecter les biens communs. 21 Je sais supporter un mal.
ELECTRICITE
22 Je sais allumer un téléviseur. 24 Je sais poser une fiche dans une prise.
23 Je sais allumer une radio.
COUTURE ET TISSAGE
25 Je sais raccommoder une chemise, un pantalon. 29 Je sais confectionner une brassière.
26 Je sais confectionner une chemise, un pantalon. 30 Je sais confectionner un tablier.
27 Je sais coudre un sac de vêtements. 31 Je sais confectionner une bavette pour bébé.
28 Je sais tricoter.
CULTURE ET ELEVAGE
Je sais faire la culture maraîchère (amarante,
32 Je sais planter un arbre. 36
tomate, …).
33 Je sais sarcler. 37 Je sais élever les canards / et les lapins.
34 Je sais arroser les plantes. 38 Je sais faire un clapier, un enclos.
35 Je sais dresser une plate-bande. 39 Je sais utiliser l’engrais pour faire le composte.
LA GESTION
40 J’ai choisi une AGR. 45 Je sais calculer le prix d’achat.
41 Je sais gérer mon budget. 46 Je sais calculer le prix de revient.
42 Je sais épargner mon argent. 47 Je sais calculer le prix de vente.
43 Je sais comment mener un petit commerce. 48 Je sais investir.
44 Je sais calculer le bénéfice.
PSYCHOLOGIE
49 Je sais poser clairement mon problème. 52 Je sais supporter les autres.
50 Je sais résoudre pacifiquement le conflit. 53 Je sais prendre la parole à mon tour.
51 Je sais dialoguer.
COMMUNICATION
Je sais distinguer les moyens de
54 58 Je sais sensibiliser.
communication.
55 Je sais communiquer. 59 Je sais utiliser les transports en commun
56 Je sais téléphoner. 60 Je sais appeler des secours.
57 Je sais prendre la parole en public.
ARTS MENAGERS
61 Je sais nommer les mobiliers de la maison. 70 Je sais préparer la confiture à base d’ananas.
62 Je sais nommer les mobiliers de la cuisine. 71 Je sais préparer le lait à base de soja.
63 Je sais nommer les ustensiles de cuisine. 72 Je sais préparer le lait à base des arachides.
64 Je sais enlever les toiles d’araignée. 73 Je sais préparer la confiture à base de la mangue.
65 Je sais nettoyer les vitres. 74 Je sais préparer la confiture à base de la papaye.
66 Je sais arranger mon lit. 75 Je sais préparer la bouillie.
67 Je sais faire la vaisselle. 76 Je sais préparer les patates simples.
68 Je sais arranger les matériels de la cuisine. 77 Je sais préparer les haricots à la sauce.
69 Je sais torchonner, balayer. 78 Je sais préparer la sauce simple.
79 Je sais épousseter les meubles. 95 Je sais préparer les haricots simples au sucre.
80 Je sais préparer le foufou. 96 Je sais préparer la sauce aux œufs.
81 Je sais préparer le riz. 97 Je sais préparer du pain simple.
82 Je sais partager le repas avec les autres. 98 Je sais préparer des galettes
83 Je sais préparer le thé. 99 Je sais préparer la confiture à base de la courge
Je sais conserver les aliments (poissons, boîte de
84 Je sais préparer le café. 100
conserve, légumes,…).
Je sais distinguer les aliments selon leurs valeurs
85 Je sais préparer les légumes. 101
nutritives.
Je sais me tenir propre pendant les activités
86 Je sais préparer les beignets. 102
culinaires.
87 Je sais préparer le jus de citron. 103 Je sais repasser les habits.
88 Je sais préparer le jus d’orange. 104 Je sais blanchir les habits.
89 Je sais préparer le vin à base de cœur de bœuf. 105 Je sais détacher les habits.
90 Je sais préparer le vin à base de carambole. 106 Je sais assister le malade.
91 Je sais préparer le vin à base de l’oseille. 107 Je sais prévoir les médicaments de premiers soins.
Je sais préparer le vin à base des feuilles
92 108 Je sais gérer mon temps.
d’avocatier.
93 Je sais préparer le vin à base de maïs.
94 Je sais préparer le vin à base d’ananas.
SANTE / HYGIENE
109 Je sais garder les habits propres. 118 Je sais laver mes habits.
110 Je sais bouillir l’eau de boisson. 119 Je sais utiliser une brosse à dent.
111 Je sais creuser les puits à ordure. 120 Je sais arrêter une hémorragie.
112 Je sais préparer un sérum oral. 121 Je sais désinfecter une plaie.
Je connais les méthodes de prévention des
113 122 Je sais traiter une morsure.
IST/SIDA.
Je sais les premiers soins des maladies
114 123 Je sais calculer mon cycle menstruel.
principales.
Je sais maintenir le malade en position de
115 124 Je sais nettoyer mes oreilles.
sécurité.
Je sais éviter les maladies de la peau (gale,
116 Je sais coiffer les cheveux. 125
mycose,…).
117 Je sais laver mon corps.
SPORT ET LOISIRS
126 Je sais jouer au foot. 131 Je sais jouer avec mon équipe.
127 Je sais jouer à la carte. 132 Je sais sauter à la corde.
128 Je sais jouer à la dame. 133 Je sais jouer à la noix est derrière toi.
129 Je sais respecter la règle du jeu. 134 Je sais jouer au Kange.
130 Je sais accepter une défaite.
MENUISERIE & PEINTURE
135 Je sais fabriquer une chaise en bois. 141 Je sais faire un tamis.
136 Je sais fabriquer le tabouret. 142 Je sais faire un plafond en natte.
137 Je sais fabriquer une étagère. 143 Je sais faire fabriquer un lit simple.
138 Je sais fabriquer un cadre avec fenêtre. 144 Je sais fabriquer une porte simple.
Je sais fabriquer une moule pour les briques
139 145 Je sais peindre.
adobes.
Je sais construire une douche simple avec
140 146 Je sais chauler.
bambous.
MECANIQUE
147 Je sais rouler à vélo correctement. 151 Je sais réparer le pneu d’un vélo.
Je sais remplacer la chambre à air d’un vélo, d’une
148 Je sais régler la chaîne d’un vélo et d’une moto. 152
moto.
149 Je sais graisser le vélo. 153 Je sais changer le pneu d’un vélo, d’une moto.
150 Je sais redresser la jante et les rayons d’un vélo.
MACONNERIE
154 Je sais dresser le croquis (plan) d’une case. 157 Je sais élever un mur.
Je sais placer une fenêtre et une porte dans le
155 Je sais creuser la fondation d’une case. 158
mur.
156 Je sais fabriquer les briques adobes. 159 Je sais construire une latrine simple.
ATTESTATION
Nom de l’éducateur : …………………………………………………………………. atteste que
Nom : …………………………………… Prénom : ……………………………………….
Lieu................................ Date.......................................
Signatures :