Dictionnaire de droit pénal général
Dictionnaire de droit pénal général
com
Retrouver ce titre sur [Link]
Dictionnaire
de droit pénal général
et procédure pénale
6e édition enrichie et mise à jour
Annie Beziz-Ayache
ISBN 9782340-050136
© Ellipses Édition Marketing S.A., 2016
32, rue Bargue 75740 Paris cedex 15
Avertissement
Les ouvrages et lois suivantes sont indiqués sous la forme suivante :
Les ouvrages de J. Pradel et A. Varinard :
• Les grands arrêts du droit pénal général, Dalloz, coll. « Grands arrêts-
Grands textes », 7e éd., 2009 Pradel et Varinard, I.
• Les grands arrêts de la procédure pénale, 6e éd., Dalloz, 2009, Pradel
et Varinard, II.
La loi n° 2000-516 du 15 juin 2000 renforçant la protection de la
présomption d’innocence et les droits des victimes est mentionnée par
sa seule date : loi du 15 juin 2000.
Il en est de même pour : la loi n° 99-515 du 23 juin 1999 relative à l’efficacité
de la procédure pénale mentionnée par sa seule date : loi du 23 juin 1999.
Les lois n° 2001-1062 du 15 novembre 2001 relative à la sécurité quoti-
dienne : loi du 15 novembre 2001 ; n° 2002-1138 du 9 septembre 2002
d’orientation et de programmation pour la justice : loi Perben I du
9 septembre 2002 ; n° 2002-239 du 18 mars 2003 pour la sécurité intérieure :
loi du 18 mars 2003 ; n° 2004-204 du 9 mars 2004 portant adaptation de
la justice aux évolutions de la criminalité : loi Perben II ; n° 2005-1549
du 12 décembre 2005 relative au traitement de la récidive des infractions
pénales : loi du 12 décembre 2005 ; n° 2007-291 du 5 mars 2007 tendant
à renforcer l’équilibre de la procédure pénale : loi n° 2007-291 du 5 mars
2007 ; n° 2007-297 du 5 mars 2007 relative à la prévention de la délin-
3
quance : loi n° 2007-297 du 5 mars 2007 ; loi n° 2007-1198 du 10 août
2007 renforçant la lutte contre la récidive des majeurs et des mineurs :
loi du 10 août 2007.
La loi pénitentiaire n° 2009-1436 du 24 nov. 2009 : loi du 24 novembre 2009.
La loi n° 2010-242 du 10 mars 2010 tenant à amoindrir le risque de
récidive criminelle et portant diverses dispositions de procédure pénale :
loi du 10 mars 2010.
La loi n° 2012-409 du 27 mars 2012 relative à l’exécution des peines :
loi du 27 mars 2012.
La loi n° 2014-896 du 15 août 2014 relative à l’individualisation des peines
et au renforcement de l’efficacité des sanctions : loi du 15 août 2014.
La loi n° 2015-993 du 17 août 2015 portant adaptation de la procédure
pénale au droit de l’Union européenne : loi du 17 août 2015.
La loi n° 2016-731 du 3 juin 2016 renforçant la lutte contre le crime
organisé, le terrorisme et leur financement et améliorant l’éfficacité et
les garanties de la procédure pénale : Loi du 3 juin 2016.
Abandon noxal
Le système de l’abandon noxal, pratiqué par le droit romain, permettait à la
famille du délinquant d’échapper à la vengeance si elle livrait le coupable.
Abstention
L’existence d’une infraction suppose l’accomplissement d’un fait positif.
En principe, une abstention ne peut constituer une infraction mais il y a
des exceptions :
• par exemple, le Code pénal réprime comme mise en péril des mineurs,
les mauvais traitements par abstention : privation de soins ou d’aliments
(art. 227-15 et 16, C.P.) ;
Accusé
Personne soupçonnée d’un crime et traduite devant une Cour d’assises
pour y être jugée.
Acquittement
Déclaration par la Cour d’assises de l’innocence d’un accusé. La Cour
d’assises rend un arrêt d’acquittement si « le fait retenu contre l’accusé
ne tombe pas ou ne tombe plus sous l’application de la loi pénale ou si
l’accusé est déclaré non coupable » (art. 363, C.P.P.).
Bibl. : C. Frazier, « Acquittement », Rép. pén.
Acte d’instruction
a Mesure d’information judiciaire utile à la manifestation de la vérité prise
ou ordonnée par une juridiction d’instruction.
8
w Instruction
Action civile
L’action civile est l’action en réparation intentée par la victime du dommage
causé par une infraction (art. 2, C.P.P.). Lorsqu’elle est engagée devant
les juridictions répressives, elle devient l’accessoire de l’action publique
(w cette entrée).
d’injures publiques : Crim. 3 janv. 2006, Bull. n° 1). Le préjudice certain et actuel
s’oppose au préjudice éventuel ou hypothétique. Le préjudice personnel
est celui subi par la personne atteinte par l’infraction, qu’il s’agisse d’une
atteinte à son intégrité physique, morale ou à son patrimoine. Le préjudice
est direct lorsqu’il résulte de l’infraction.
Pour les personnes morales défendant un intérêt collectif, la condition
relative au préjudice est appréciée différemment selon que l’action civile
est intentée par un syndicat professionnel (w cette entrée), un ordre profes-
sionnel, une association (w cette entrée) ou une personne morale de droit
public (V/ par ex., Crim. 27 avr. 1999, Rev. sc. crim. 2000. 645, obs. A. Giudicelli).
Sur la recevabilité de l’action civile d’une personne morale étrangère,
V/ Crim., 8 déc. 2009, n° 09-81-607, AJ pén. 2010, p. 142.
1. Option de la victime
La victime dispose d’un choix : exercer l’action civile devant le tribunal
répressif ou devant le tribunal civil (art. 4, C.P.P.). Ce droit d’option suppose
que les deux voies, civile et répressive, sont ouvertes, ce qui n’est pas
toujours le cas : par exemple, les juridictions civiles sont incompétentes en
matière de délit de diffamation. Sur les exceptions à la liberté de l’option,
V/ Ass. pl., 21 juin 1999, Procédures, 1999, n° 212, obs. J. Buisson.
Il faut de plus, que l’action civile puisse être exercée devant le tribunal
répressif en même temps que l’action publique (or, l’action publique peut
être éteinte par l’effet de la prescription ou du décès du délinquant).
L’option de la victime est irrévocable ; une fois qu’elle s’est engagée dans
une voie, elle ne peut pas se rétracter (art. 5, C.P.P.) : c’est le sens de la
maxime electa una via, non datur recursus ad alteram (w cette entrée).
Mais ce principe ne s’applique pas dans tous les cas puisque si la victime
a préféré la voie répressive, elle peut revenir à la voie civile. L’avantage
indéniable que présente, pour la victime, l’exercice de l’action civile devant
les juridictions répressives est qu’elle peut obtenir, en un seul procès, la
condamnation du délinquant et la réparation du dommage.
Quand l’action civile est intentée devant un tribunal civil, elle donne lieu
à un procès civil distinct du procès pénal. Le tribunal civil doit alors
surseoir à statuer sur l’action civile tant que le juge répressif n’a pas statué
sur l’action publique (art. 4 al. 2, C.P.P.) : c’est le sursis au jugement de
l’action civile énoncé par la règle « le criminel tient le civil en état »
(w ce mot). Cette règle est écartée pour les actions à fins civiles prévues
par l’article 4 al. 3 (loi n° 2007-291 du 5 mars 2007). Le tribunal civil
doit respecter ce qui a été décidé par le juge répressif lorsqu’il statue sur
l’action civile : c’est le principe de l’autorité sur le civil de la chose jugée
au criminel (w Autorité de la chose jugée).
2. La constitution de partie civile a
La victime peut saisir de différentes façons la juridiction répressive en 11
vue de la réparation de son dommage. Elle se constitue partie civile diffé-
remment selon que le ministère public a engagé ou non, l’action publique.
Dans le premier cas, elle utilise la technique de l’intervention. Dans le
deuxième cas, elle engage une action civile qui déclenche automatiquement
l’action publique : ce pouvoir reconnu d’abord par la jurisprudence (Crim.
8 déc. 1906, « Laurent Atthalin », D.P. 1907.I.207 ; Pradel et Varinard, II, n° 7 ; X.
Pin, « Le centenaire de l’arrêt Laurent Atthalin », D. 2007. 1025), puis consacré par
l’article 1 al. 2, C.P.P., permet de vaincre l’inertie des parquets. La faculté
pour la victime de demander l’ouverture d’une information judiciaire
est précisée par la loi n° 2007-291 du 5 mars 2007. Selon l’article 85
C.P.P., la constitution de partie civile n’est recevable que si la personne a
préalablement porté plainte et qu’elle démontre que le parquet n’entend
pas poursuivre ou qu’un délai de trois mois s’est écoulé depuis le dépôt de
plainte resté sans réponse judiciaire. Ces limitations ne s’appliquent pas
en cas de crimes, délits de presse et à l’égard de certains délits électoraux.
w Tableau : Modalités de constitution de partie civile, p. 31
Action publique
L’action publique est aussi appelée « action pour l’application des peines »
(art 1, C.P.P.). Il s’agit d’une action en justice d’intérêt général exercée, au
nom de la société par le ministère public, devant les juridictions répressives
en cas d’infraction à la loi pénale. Elle permet de réprimer l’atteinte à
l’ordre social par le prononcé d’une sanction au délinquant. Dans le cas
où l’infraction entraîne aussi un dommage à la victime, l’action civile
a (w cette entrée) permet d’en obtenir la réparation.
12 L’action publique ne peut être exercée qu’à l’encontre de l’auteur, le coauteur
ou le complice de l’infraction, personne physique ou représentant de la
personne morale : c’est là une application du principe de la personnalité
des peines (w cette entrée).
Le droit d’exercer l’action publique appartient à titre principal au ministère
public (w cette entrée) : art. 1 al. 1, C.P.P. Le procureur de la République est
demandeur à l’action car il représente les intérêts de la société. Puisqu’il
est toujours une partie principale, il ne peut pas ne pas poursuivre le délin-
quant, transiger avec lui sauf si la loi le permet, se désister ou acquiescer ;
s’il abandonne l’accusation, le tribunal doit néanmoins statuer et en cas
d’acquittement de la partie poursuivie, il n’est condamné ni aux dépens,
ni à des dommages-intérêts.
La loi permet à certaines administrations d’exercer l’action publique
pour la poursuite des infractions portant atteinte aux intérêts dont elles
ont la charge : administration des Contributions directes (art. L. 235 et
L. 237, L.P.F.), administration des Douanes (art. 343, C. des douanes),
administration des Ponts et Chaussées (art. L. 116-1 et s., C. de la voirie
routière), administration des Eaux et Forêts (art. L. 153-1, C. forestier).
Administration pénitentiaire
L’administration pénitentiaire fait partie du ministère de la Justice. Elle se
compose d’une administration centrale et de services déconcentrés. Elle
est un des organes chargés de l’exécution des peines (les autres étant le
ministère public, le juge de l’application des peines et les nouvelles juridic-
tions de l’application de peines : w ce mot). Ses missions sont définies par
l’article 2 de la loi du 24 novembre 2009 : « le service public pénitentiaire
participe à l’exécution des sanctions pénales. Il contribue à l’insertion ou
la réinsertion des personnes qui lui sont confiées par l’autorité judiciaire,
à la prévention de la récidive et à la sécurité publique dans le respect des
intérêts de la société, des droits des victimes et des droits des personnes
détenues. Il est organisé de manière à assurer l’individualisation et l’amé-
nagement des peines ».
w Établissements pénitentiaires
Admonestation
Mesure éducative prise par le juge des enfants à l’égard d’un mineur,
auteur d’une infraction. Prévue par l’article 8 de l’ordonnance du 2 février
1945, elle consiste en des réprimandes.
a w Mineur
14
Selon la loi du 23 juin 1999, les agents des douanes des catégories A et
B peuvent être chargés des fonctions de police judiciaire s’ils ont été
spécialement désignés par arrêté des ministres de la Justice et du Budget
et s’ils ont été habilités par le procureur général près la Cour d’appel du
siège de leurs fonctions.
Leurs pouvoirs sont étendus : ils peuvent rechercher et constater les
infractions prévues par le Code des douanes, les infractions en matière
de contributions indirectes et les infractions de contrefaçon visées par
les articles L. 716-9 à L. 716-11 du Code de la propriété intellectuelle. De
plus, comme participants à des unités temporaires comprenant des officiers
de police judiciaire, ils peuvent constater et rechercher les infractions en
matière de stupéfiants prévues par les articles 222-34 à 222-40 du Code
pénal (art. 28-1-II, C.P.P.). Depuis la loi Perben II, ils peuvent participer
à des opérations de surveillance et d’infiltration en matière de criminalité
organisée (art. 706-80 à 87, C.P.P.).
Ils exercent les missions qui leur sont confiées par le procureur de la
République ou sur commission rogatoire du juge d’instruction. Ils sont
placés sous la surveillance du procureur général et sous le contrôle de la
Chambre de l’instruction du siège de leurs fonctions.
Bibl. : M. Dobkine : « La création d’une nouvelle force de police judiciaire : la
douane judiciaire », D. 2001. 1475.
a
15
Agent de police judiciaire (A.P.J.)
L’énumération des agents de police judiciaire est fournie par l’article 20,
C.P.P. On y trouve :
• les gendarmes qui n’ont pas la qualité d’officiers de police judiciaire ;
• les fonctionnaires des services actifs de la police nationale, n’ayant pas
la qualité d’officier de police judiciaire…
À cette énumération s’ajoutent les agents visés par le nouvel article 20-1
C.P.P. issu de la loi du 18 mars 2003.
Les pouvoirs des agents de police judiciaire qui doivent « seconder les
officiers de police judiciaire » se limitent aux actes suivants :
• constatation des infractions et établissement des procès-verbaux ;
• arrestation de l’auteur présumé d’une infraction flagrante ;
• audition des témoins lors de l’enquête de flagrance ;
• contrôle d’identité sur l’ordre et la responsabilité d’un officier de police
judiciaire ;
Ajournement
Alors qu’il a établi la culpabilité du prévenu, le tribunal peut ordonner
l’ajournement du prononcé de la peine, c’est-à-dire renvoyer sa décision
sur le fond à une date ultérieure.
L’ajournement est prononcé s’il apparaît que « le reclassement du coupable
est en voie d’être acquis, le dommage causé est en voie d’être réparé et
le trouble résultant de l’infraction va cesser » (art. 132-60, C.P.). Sur
la présence à l’audience de la personne physique ou son représentant,
V/ Crim. 11 mars 2009, Dr. pén. 2009, comm. 75 ; Crim. 24 mars 2015 n° 14-84836.
L’ajournement peut être simple (art. 132-60 à 62, C.P.), avec mise à
l’épreuve (art. 132-63 à 65, C.P.) ou avec injonction (art. 132-66 à 70, C.P.).
La loi du 15 août 2014 a mis en place deux nouveaux cas d’ajournement :
l’ajournement aux fins d’investigation sur la personnalité ou la situation
matérielle, familiale et sociale (art. 132-70 et art. 132-70-2 C.P.) et l’ajour-
nement aux fins de consignation d’une somme d’argent (art.132-70-3 C.P.).
À l’audience de renvoi, le juge peut dispenser le coupable de peine,
prononcer les peines prévues par la loi ou le règlement, compte tenu
notamment de la conduite du prévenu pendant le délai d’épreuve dans
le cas de l’ajournement avec mise à l’épreuve, ou prononcer un nouvel
ajournement (sauf dans le cas de l’ajournement avec injonction). Depuis la
loi Perben II, le juge de l’application peut, trente jours avant l’audience de
renvoi et avec l’accord du procureur de la République, prononcer lui-même a
une dispense de peine (art. 132-65, C.P.). 17
Alternatives à l’emprisonnement
Peines susceptibles d’être prononcées à la place d’une peine privative de
liberté sans pouvoir se cumuler avec elle.
w Peines alternatives
Alternatives à la poursuite
Il s’agit de solutions prévues par l’article 41-1 C.P.P. (L. du 23 juin 1999)
que le procureur de la République peut retenir avant de se prononcer sur
l’action publique : « troisième voie » entre la décision de poursuivre et
Amende
L’amende est une sanction pécuniaire qui consiste pour le condamné à
payer une somme d’argent à l’État. Ne pas la confondre avec les dommages-
intérêts versés à la victime en réparation de son préjudice, avec l’amende
civile sanctionnant l’inobservation de formalités civiles ou procédurales,
avec l’amende civile (w cette entrée) prévue à l’article 177-2, C.P.P. et avec
l’amende fiscale due en cas d’infractions préjudiciables au fisc.
Le montant de l’amende contraventionnelle est fixé par l’article 131-13,
C.P. Il varie entre 38 euros et 1 500 euros (3 000 euros en cas de récidive)
selon la catégorie de contraventions. En matière délictuelle, le montant
minimum de l’amende est fixé à 3 750 euros (art. 381 C.P.P.). En matière
criminelle, la peine d’amende peut être prononcée (art. 131-2, C.P.) mais
le législateur n’a pas fixé de plafond.
Amende administrative
Prévues par des textes spéciaux, les amendes administratives sont
prononcées par des administrations ou des autorités administratives a
indépendantes en cas d’inobservation de réglementations particulières. 19
Amende civile
En cas de constitution de partie civile (w cette entrée) abusive ou dilatoire,
la partie civile peut être condamnée à une amende civile dont le montant
maximum est de 15 000 euros : article 177-2, C.P.P.
Amende forfaitaire
Art. 529 à 530-5, C.P.P.
La procédure de l’amende forfaitaire est une procédure simplifiée qui
ne fait pas intervenir l’autorité judiciaire. Elle est applicable aux quatre
premières classes de contraventions (y compris au Code de la route)
limitativement énumérées par un décret en Conseil d’État ou prévues par
des textes particuliers (art. L. 226-6 et L. 331-25, C. env. ; art. L. 351-9,
C. forest.). Le décret n° 2002-801 du 3 mai 2002 complété par des textes
postérieurs met à jour la liste des contraventions des quatre premières
Aménagement de la peine
Pour favoriser la réinsertion de l’auteur de l’infraction, fonction essentielle
de la peine, la juridiction de jugement peut décider d’un aménagement de
la peine privative de liberté.
L’aménagement de peine ab initio résulte d’une des mesures suivantes :
a • semi-liberté : art.132-35 C.P.
20 • fractionnement la peine : art. 132-27 et 132–28 C.P.
• placement à l’extérieur : art. 132-25 al. 2 C.P.
• placement sous surveillance électronique : art. 132-26-1 C.P.
En cours d’exécution, la peine d’emprisonnement peut faire l’objet d’une
des mesures d’aménagement suivantes :
• suspension ou fractionnement de l’incarcération : art. 720-1 C.P.P.
• permission de sortir : art. 723-3 C.P.P.
• placement à l’extérieur : art. 723 C.P.P.
• semi-liberté : art. 723-1 C.P.P.
• placement sous surveillance électronique : art. 723-7 C.P.P.
Afin d’éviter des « sorties sèches », des aménagements en fin de peine
étaient prévus par les articles 723-19 et 723-28 du code de procédure
pénale. Ces deux dispositions ont été abrogées par la loi du 15 août 2014.
Est applicable depuis le 1er janvier 2015, la libération sous contrainte
(art. 720 C.P.P.) : V/ ce mot.
Amende proportionnelle
w Amende
Amnistie
Art. 133-9 à 133-11, C.P.
L’amnistie est une mesure exceptionnelle par laquelle le législateur enlève
à un fait son caractère délictueux. Par exemple, la loi n° 2002-1062 du
6 août 2002 portant amnistie (J.O. du 19 août) énumère les infractions
pouvant être amnistiées.
Outre l’amnistie législative, il existe :
• la grâce amnistiante (w cette entrée) : elle concerne les individus ayant
obtenu un décret de grâce pris par le pouvoir exécutif au sujet d’une
infraction déterminée ;
• l’amnistie judiciaire : elle prévoit que l’amnistie bénéficiera aux délin-
quants qui ont été condamnés ou seront condamnés à une peine d’une
catégorie ou d’un montant défini.
Si l’amnistie intervient avant le jugement, elle éteint l’action publique
(art. 6 al. 1, C.P.P.) mais elle laisse subsister l’action civile qui doit être
intentée devant une juridiction civile, sauf si le tribunal répressif était déjà
saisi de l’action civile avant l’entrée en vigueur de la loi d’amnistie. Mais a
elle peut intervenir après ; elle efface alors la condamnation qui ne figure 21
plus au casier judiciaire (art. 769 al. 2, C.P.P.) et éteint la peine en cours
d’exécution. Comme l’amnistie ne doit pas préjudicier aux tiers, elle est
sans effet sur les condamnations civiles déjà prononcées. Le condamné
ne peut obtenir ni une indemnisation pour le temps passé en prison ni le
remboursement de l’amende acquittée. Sur le contentieux de l’amnistie,
V/ Crime. 25 mai 2004, Bull. crim. n° 132.
Appel
C’est une voie de recours ordinaire et de réformation. Peuvent faire l’objet
d’un appel :
• les ordonnances rendues par le juge d’instruction et le juge des libertés
et de la détention ;
• les jugements rendus par le tribunal correctionnel (art. 496, C.P.P.) ;
al. 3, C.P.P.), la juridiction d’appel ne peut statuer que sur les demandes
traitées par les premiers juges. En matière criminelle, l’appel est de la
compétence d’une Cour d’assises désignée par la Cour de cassation.
L’arrêt rendu par la Cour d’appel en matière correctionnelle et contra-
ventionnelle peut :
• déclarer l’appel irrecevable s’il est irrégulier ou tardif (art. 514 al. 1,
C.P.P.) ;
• confirmer la décision attaquée si l’appel n’est pas fondé (art. 514 al. 2,
C.P.P.) ;
• confirmer le jugement ou l’infirmer, c’est-à-dire substituer au jugement
sa propre décision (art. 515 al. 1, C.P.P.).
En matière criminelle, la Cour d’assises statuant en appel ne doit pas
infirmer ou confirmer la première décision, mais elle doit réexaminer
l’affaire (art. 380-1, C.P.P.). Elle rend un arrêt susceptible d’un pourvoi
en cassation (art. 370, C.P.P.).
w Procédure devant la Chambre des appels correctionnels
w Réformatio in pejus
w Tantum devolutum quantum
Bibl. : H. Angevin, « Mort d’un dogme. À propos de l’instauration par la loi du
15 juin 2000 d’un second degré de juridiction en matière criminelle », J.C.P.
2000.I.260. • J. Pradel, « L’appel contre les arrêts d’assises : un apport heureux
a
de la loi du 15 juin 2000 », D. 2001. 1964. • H. Temime, « L’appel des arrêts
d’assises », Rev. sc. crim. 2001, p. 83. 23
Appel incident
Appel intenté par l’intimé en réponse à l’appel principal formé par son
adversaire contre lui.
Comme l’appel principal, l’appel incident se forme par une déclaration
au greffe de la juridiction qui a statué, dans un délai supplémentaire de
cinq jours qui s’ajoute au délai de dix jours (art. 500, C.P.P.).
En matière correctionnelle, le désistement de l’appel principal intenté par
le prévenu ou la partie civile, entraîne, s’il intervient dans le délai d’un
mois, la caducité des appels incidents (art. 500-1, C.P.P.), y compris celui
du ministère public si ce désistement intervient dans les formes prévues
par la déclaration d’appel.
Arrestation a
25
L’arrestation est la prérogative reconnue à toute personne d’appréhender
l’auteur d’un crime flagrant ou d’un délit flagrant puni d’emprisonnement
et le conduire devant l’officier de police judiciaire le plus proche : art. 73,
C.P.P. (V/ Crim. 13 av. 2005, D. 2006. 2920 note J.-L. Lennon). Si les nécessités
de l’enquête portant sur un crime flagrant ou un délit flagrant puni d’au
moins 3 ans d’emprisonnement l’exigent, le procureur de la République
peut décerner un mandat de recherche (w cette entrée). La personne arrêtée
en vertu de ce mandat est placée en garde à vue par l’officier de police
judiciaire du lieu de la découverte.
Au cours de l’instruction, l’arrestation est l’objet du mandat d’amener
(art. 122 al. 5, C.P.P.) et du mandat d’arrêt (art. 122 al. 6, C.P.P.) : la personne
appréhendée est conduite au juge d’instruction ou à la maison d’arrêt.
Le lieu de l’arrestation est l’un des critères permettant de déterminer la
compétence territoriale (w cette entrée) des juridictions.
Arrêt de non-lieu
L’arrêt de non-lieu est une décision prise par la Chambre de l’instruction
dans l’un des cas suivants (art. 212, C.P.P.) :
• les faits ne constituent pas une infraction ;
• l’auteur de l’infraction est inconnu ;
• les charges retenues contre la personne mise en examen sont insuffisantes.
L’arrêt de non-lieu met fin à la détention provisoire et au contrôle judiciaire.
Arrêt de renvoi
Arrêt rendu par la Chambre de l’instruction qui renvoie l’affaire devant
le tribunal correctionnel si les faits constituent un délit ou bien devant
a le tribunal de police ou la juridiction de proximité s’ils constituent une
26 contravention (art. 213 al. 1, C.P.P.).
L’arrêt de renvoi met fin, en principe, à la détention provisoire et au
contrôle judiciaire.