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Dictionnaire de droit pénal général

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Collection fondée par Jean-Pierre SCARANO

Dictionnaire
de droit pénal général
et procédure pénale
6e édition enrichie et mise à jour

Annie Beziz-Ayache

Maître de conférences émérite


de l’université Jean-Moulin Lyon III

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dans la collection « Dictionnaires de Droit »


• Dictionnaire de droit administratif, Chrystelle Schaegis
• Dictionnaire de droit des affaires, Jacques Azéma,
Raphaelle Besnard Goudet, Blandine Rolland et Jean-Pierre Viennois
• Dictionnaire de droit constitutionnel, Thierry Debard
• Dictionnaire de droit fiscal et douanier, sous la direction
de Jean-Luc Albert, Jean-Luc Pierre et Daniel Richer
• Dictionnaire de droit de la santé et de la biomédecine,
sous la direction de Philippe Pedrot, en collaboration
avec Emmanuel Cadeau et Pierre Le Coz
• Dictionnaire de droit du marché – Concurrence,
distribution, consommation, sous la direction de Daniel Mainguy
• Dictionnaire de droit des obligations, Jean-Pierre Scarano
• Dictionnaire de droit patrimonial de la famille,
Jacques Charlin, William Dross et Muriel Durrleman
• Dictionnaire de droit pénal général et procédure pénale,
Annie Beziz-Ayache
• Dictionnaire de droit de la propriété intellectuelle,
Jean-Pierre Clavier et Carine Bernault
• Dictionnaire de la sanction pénale, Annie Beziz-Ayache
• Dictionnaire du droit de l’Union européenne,
Thierry Debard, Bernadette Le Baut-Ferrarèse et Cyril Nourissat
• Dictionnaire d’histoire du droit et des institutions
publiques (476-1875), Agnès Babot, Agnès Boucaud-Maître
et Philippe Delaigue
• Dictionnaire du procès prud’homal, Mireille Poirier

ISBN 9782340-050136
© Ellipses Édition Marketing S.A., 2016
32, rue Bargue 75740 Paris cedex 15

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Avertissement
Les ouvrages et lois suivantes sont indiqués sous la forme suivante :
Les ouvrages de J. Pradel et A. Varinard :
• Les grands arrêts du droit pénal général, Dalloz, coll. « Grands arrêts-
Grands textes », 7e éd., 2009 Pradel et Varinard, I.
• Les grands arrêts de la procédure pénale, 6e éd., Dalloz, 2009, Pradel
et Varinard, II.
La loi n° 2000-516 du 15 juin 2000 renforçant la protection de la
présomption d’innocence et les droits des victimes est mentionnée par
sa seule date : loi du 15 juin 2000.
Il en est de même pour : la loi n° 99-515 du 23 juin 1999 relative à l’efficacité
de la procédure pénale mentionnée par sa seule date : loi du 23 juin 1999.
Les lois n° 2001-1062 du 15 novembre 2001 relative à la sécurité quoti-
dienne : loi du 15 novembre 2001 ; n° 2002-1138 du 9 septembre 2002
d’orientation et de programmation pour la justice : loi Perben I du
9 septembre 2002 ; n° 2002-239 du 18 mars 2003 pour la sécurité intérieure :
loi du 18 mars 2003 ; n° 2004-204 du 9 mars 2004 portant adaptation de
la justice aux évolutions de la criminalité : loi Perben II ; n° 2005-1549
du 12 décembre 2005 relative au traitement de la récidive des infractions
pénales : loi du 12 décembre 2005 ; n° 2007-291 du 5 mars 2007 tendant
à renforcer l’équilibre de la procédure pénale : loi n° 2007-291 du 5 mars
2007 ; n° 2007-297 du 5 mars 2007 relative à la prévention de la délin-
3
quance : loi n° 2007-297 du 5 mars 2007 ; loi n° 2007-1198 du 10 août
2007 renforçant la lutte contre la récidive des majeurs et des mineurs :
loi du 10 août 2007.
La loi pénitentiaire n° 2009-1436 du 24 nov. 2009 : loi du 24 novembre 2009.
La loi n° 2010-242 du 10 mars 2010 tenant à amoindrir le risque de
récidive criminelle et portant diverses dispositions de procédure pénale :
loi du 10 mars 2010.
La loi n° 2012-409 du 27 mars 2012 relative à l’exécution des peines :
loi du 27 mars 2012.
La loi n° 2014-896 du 15 août 2014 relative à l’individualisation des peines
et au renforcement de l’efficacité des sanctions : loi du 15 août 2014.
La loi n° 2015-993 du 17 août 2015 portant adaptation de la procédure
pénale au droit de l’Union européenne : loi du 17 août 2015.
La loi n° 2016-731 du 3 juin 2016 renforçant la lutte contre le crime
organisé, le terrorisme et leur financement et améliorant l’éfficacité et
les garanties de la procédure pénale : Loi du 3 juin 2016.

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Table des abréviations

AJ pénal Actualité juridique pénal


A.L.D. Actualité législative Dalloz
al. alinéa
art. article
Ass. plén. Assemblée plénière
Bull. crim. Bulletin des arrêts de la Cour de cassation,
Chambre criminelle
C. civ. Code civil
concl. conclusions
cons. considérant
Const. Constitution
Cons. Const. Conseil constitutionnel
C. douanes Code des douanes
C.E. Conseil d’État
C. env. Code de l’environnement
C.E.D.H. Cour européenne des droits de l’homme
C.G.C.T. Code général des collectivités territoriales
C.G.I. Code général des impôts
C.J.M. Code de justice militaire
C. org. jud. Code de l’organisation judiciaire 5
C.P. Code pénal
C. proc. fisc Code des procédures fiscales
C.P.P. Code de procédure pénale
C. route Code de la route
C.S.I. Code de la sécurité intérieure
C. séc. soc. Code de la sécurité sociale
C.S.P. Code de la santé publique
C. trav. Code du travail
C. urb Code de l’urbanisme
D. Recueil Dalloz
D.P. Recueil Dalloz périodique
Dr. pén. Droit pénal (Éditions techniques)
Gaz. Pal. Gazette du Palais
in dans l’ouvrage
J.C.P. Jurisclasseur périodique
(Semaine juridique), Édition générale
J.O. Journal officiel
Jurisclasseur proc. pén. Jurisclasseur de procédure pénale

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Jurisclasseur pén. Jurisclasseur de droit pénal


L.P.F. Livre des procédures fiscales
Mél. Mélanges
obs. observations
Ord. ordonnance
Q.P.C. question prioritaire de constitutionnalité
rapp. rapport
R.D.P.C. Revue de droit pénal et de criminologie
Rép. pén. Répertoire pénal Dalloz
Rev. dr. san. soc. Revue de droit sanitaire et social
R.I.C.P.T. Revue internationale de criminologie
et de police technique
R.I.D.P. Revue internationale de droit pénal
R.J.C. Revue de jurisprudence constitutionnelle
R.P.D.P. Revue pénitentiaire et de droit pénal
S. Recueil Sirey
Trib. confl. Tribunal des conflits
V/ voir

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Abandon noxal
Le système de l’abandon noxal, pratiqué par le droit romain, permettait à la
famille du délinquant d’échapper à la vengeance si elle livrait le coupable.

Abrogation de la loi pénale


Abroger une loi pénale c’est, contrairement au principe de la permanence
de la loi, l’annuler. a
L’abrogation est expresse si la loi nouvelle déclare d’une façon formelle
7
que la loi ancienne est abrogée ; tacite, si la loi nouvelle est incompatible
avec l’ancienne. L’abrogation ne peut résulter de la désuétude, c’est-à-
dire de la non-application prolongée du texte pénal ou de la persistance
d’usages anciens.
L’abrogation d’une loi pénale définissant une incrimination enlève au fait
son caractère délictueux et constitue une cause d’extinction de l’action
publique (w cette entrée).

Abstention
L’existence d’une infraction suppose l’accomplissement d’un fait positif.
En principe, une abstention ne peut constituer une infraction mais il y a
des exceptions :
• par exemple, le Code pénal réprime comme mise en péril des mineurs,
les mauvais traitements par abstention : privation de soins ou d’aliments
(art. 227-15 et 16, C.P.) ;

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• alors que l’acte de complicité doit être positif, la jurisprudence admet


dans certains cas, la complicité par abstention (w Complicité).
w Infraction par omission

Accusé
Personne soupçonnée d’un crime et traduite devant une Cour d’assises
pour y être jugée.

Acquittement
Déclaration par la Cour d’assises de l’innocence d’un accusé. La Cour
d’assises rend un arrêt d’acquittement si « le fait retenu contre l’accusé
ne tombe pas ou ne tombe plus sous l’application de la loi pénale ou si
l’accusé est déclaré non coupable » (art. 363, C.P.P.).
Bibl. : C. Frazier, « Acquittement », Rép. pén.

Acte d’instruction
a Mesure d’information judiciaire utile à la manifestation de la vérité prise
ou ordonnée par une juridiction d’instruction.
8
w Instruction

Action civile
L’action civile est l’action en réparation intentée par la victime du dommage
causé par une infraction (art. 2, C.P.P.). Lorsqu’elle est engagée devant
les juridictions répressives, elle devient l’accessoire de l’action publique
(w cette entrée).

I. L’exercice de l’action civile


L’action civile est intentée contre le défendeur à l’action par la partie civile
(w cette entrée), victime de l’infraction et, dans une moindre mesure, par
des personnes autres que la victime.
1. La victime
Pour pouvoir exercer l’action civile, la victime doit avoir la capacité d’agir
conformément au droit commun et un intérêt à agir. Celui-ci consiste pour
les victimes, personnes physiques et personnes morales, en un préjudice
certain, actuel, personnel et direct (V/ par. ex., pour un parti politique, victime

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d’injures publiques : Crim. 3 janv. 2006, Bull. n° 1). Le préjudice certain et actuel
s’oppose au préjudice éventuel ou hypothétique. Le préjudice personnel
est celui subi par la personne atteinte par l’infraction, qu’il s’agisse d’une
atteinte à son intégrité physique, morale ou à son patrimoine. Le préjudice
est direct lorsqu’il résulte de l’infraction.
Pour les personnes morales défendant un intérêt collectif, la condition
relative au préjudice est appréciée différemment selon que l’action civile
est intentée par un syndicat professionnel (w cette entrée), un ordre profes-
sionnel, une association (w cette entrée) ou une personne morale de droit
public (V/ par ex., Crim. 27 avr. 1999, Rev. sc. crim. 2000. 645, obs. A. Giudicelli).
Sur la recevabilité de l’action civile d’une personne morale étrangère,
V/ Crim., 8 déc. 2009, n° 09-81-607, AJ pén. 2010, p. 142.

2. Les personnes autres que la victime


Depuis le revirement de jurisprudence opéré par la Chambre criminelle
en 1989, l’action civile de la victime indirecte atteinte par ricochet est
recevable : Crim. 9 févr. 1989, Latil-Janet, Pradel et Varinard, II, n° 9 ; D. 1989.
614, note Bruneau. Cette décision qui concernait les proches d’une victime
de blessures par imprudence consacre la recevabilité de l’action civile
des victimes par ricochet et met un terme à la jurisprudence antérieure
(Ass. plén., 12 janv. 1979, J.C.P. [Link].19335, rapp. Ponsard et note M.-E. Cartier).
V/ aussi : Crim. 4 fév. 1998 Bull. n° 43 (dans une affaire de viol incestueux,
constitution de partie civile de la mère au nom de son enfant) et Crim., a
23 sept. 2010, n° 09-84.108 et n° 09-82.438 (l’enfant né du viol de sa 9
mère est victime de cette infraction et peut exercer l’action civile pour
demander réparation de ses préjudices).
L’action civile des créanciers de la victime n’est jamais recevable, faute
pour eux d’invoquer un préjudice personnel.
L’action civile a une nature patrimoniale et en conséquence, elle peut
être cédée à un tiers, mais le cessionnaire ne peut pas intenter devant les
juridictions répressives l’action civile qui lui a été cédée. Quant aux tiers
subrogés dans les droits de la victime, ils ne peuvent, en principe, agir
devant les tribunaux répressifs. Néanmoins, des solutions particulières
sont prévues pour l’assureur de la victime, la sécurité sociale et le Fonds
de garantie des assurances obligatoires — FGAO — (w Fonds de garantie).
Ainsi, l’assureur est subrogé dans les droits de la victime immédiate : il
peut intervenir au procès pénal pour se faire rembourser par l’auteur de
l’infraction l’indemnité versée à la victime (art. 388-1, C.P.P.).

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Après la mort de la victime, ses héritiers peuvent agir en réparation contre


le coupable dans le cas où l’infraction n’a pas entraîné la mort immédiate
de la victime. Si la mort a été instantanée, ils peuvent aussi agir car ils
éprouvent un préjudice moral ou matériel personnel mais la faute commise
par la victime leur est opposable.
3. Le défendeur à l’action civile
L’action civile peut être intentée contre :
• l’auteur et le complice de l’infraction. Les garants du délinquant sont
les tiers civilement responsables énumérés par l’art. 1384, C. civ.
régulièrement cités devant le tribunal répressif ou intervenant dans le
procès intenté contre la personne dont ils répondent (enfants, préposés).
Sur la responsabilité du préposé ayant commis intentionnellement
une infraction, V/ Ass. pl. 14 déc. 2001, Cousin, D. 2002. 1230, note J. Julien.
L’assureur du délinquant peut être mis en cause devant les juridictions
répressives par toute personne qui y a intérêt (art. 388-1, C.P.P.) ;
• les héritiers du délinquant car les dommages-intérêts dus font partie
du passif qu’ils recueillent ;
• l’administration. Lorsque l’infraction pour laquelle un fonctionnaire
est poursuivi résulte de sa faute personnelle, l’action civile exercée
contre lui relève de la compétence des tribunaux répressifs (Trib. confl.,
14 janv. 1935, Thépaz, Pradel et Varinard, II, n° 14 ; S. 1935. 3. 17, note Alibert).
a En effet, la faute personnelle, détachable de la fonction, n’engage
10 pas l’administration (V/ Crim., 10 fév. 2009 et Crim. 30 sept. 2008, D. 2009,
panorama, p. 2239, obs. J. Pradel). Il n’en est pas de même si le fonctionnaire
a commis une infraction impliquant une faute de service : celle-ci engage
la responsabilité de l’administration et les juridictions répressives sont
incompétentes pour accorder réparation. Cependant dans certains cas,
par exemple en cas d’infraction commise par un fonctionnaire avec un
véhicule de l’administration, les tribunaux répressifs peuvent statuer
sur l’action civile exercée contre l’administration.
II. Les modalités d’exercice de l’action civile

1. Option de la victime
La victime dispose d’un choix : exercer l’action civile devant le tribunal
répressif ou devant le tribunal civil (art. 4, C.P.P.). Ce droit d’option suppose
que les deux voies, civile et répressive, sont ouvertes, ce qui n’est pas
toujours le cas : par exemple, les juridictions civiles sont incompétentes en
matière de délit de diffamation. Sur les exceptions à la liberté de l’option,
V/ Ass. pl., 21 juin 1999, Procédures, 1999, n° 212, obs. J. Buisson.

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Il faut de plus, que l’action civile puisse être exercée devant le tribunal
répressif en même temps que l’action publique (or, l’action publique peut
être éteinte par l’effet de la prescription ou du décès du délinquant).
L’option de la victime est irrévocable ; une fois qu’elle s’est engagée dans
une voie, elle ne peut pas se rétracter (art. 5, C.P.P.) : c’est le sens de la
maxime electa una via, non datur recursus ad alteram (w cette entrée).
Mais ce principe ne s’applique pas dans tous les cas puisque si la victime
a préféré la voie répressive, elle peut revenir à la voie civile. L’avantage
indéniable que présente, pour la victime, l’exercice de l’action civile devant
les juridictions répressives est qu’elle peut obtenir, en un seul procès, la
condamnation du délinquant et la réparation du dommage.
Quand l’action civile est intentée devant un tribunal civil, elle donne lieu
à un procès civil distinct du procès pénal. Le tribunal civil doit alors
surseoir à statuer sur l’action civile tant que le juge répressif n’a pas statué
sur l’action publique (art. 4 al. 2, C.P.P.) : c’est le sursis au jugement de
l’action civile énoncé par la règle « le criminel tient le civil en état »
(w ce mot). Cette règle est écartée pour les actions à fins civiles prévues
par l’article 4 al. 3 (loi n° 2007-291 du 5 mars 2007). Le tribunal civil
doit respecter ce qui a été décidé par le juge répressif lorsqu’il statue sur
l’action civile : c’est le principe de l’autorité sur le civil de la chose jugée
au criminel (w Autorité de la chose jugée).
2. La constitution de partie civile a
La victime peut saisir de différentes façons la juridiction répressive en 11
vue de la réparation de son dommage. Elle se constitue partie civile diffé-
remment selon que le ministère public a engagé ou non, l’action publique.
Dans le premier cas, elle utilise la technique de l’intervention. Dans le
deuxième cas, elle engage une action civile qui déclenche automatiquement
l’action publique : ce pouvoir reconnu d’abord par la jurisprudence (Crim.
8 déc. 1906, « Laurent Atthalin », D.P. 1907.I.207 ; Pradel et Varinard, II, n° 7 ; X.
Pin, « Le centenaire de l’arrêt Laurent Atthalin », D. 2007. 1025), puis consacré par
l’article 1 al. 2, C.P.P., permet de vaincre l’inertie des parquets. La faculté
pour la victime de demander l’ouverture d’une information judiciaire
est précisée par la loi n° 2007-291 du 5 mars 2007. Selon l’article 85
C.P.P., la constitution de partie civile n’est recevable que si la personne a
préalablement porté plainte et qu’elle démontre que le parquet n’entend
pas poursuivre ou qu’un délai de trois mois s’est écoulé depuis le dépôt de
plainte resté sans réponse judiciaire. Ces limitations ne s’appliquent pas
en cas de crimes, délits de presse et à l’égard de certains délits électoraux.
w Tableau : Modalités de constitution de partie civile, p. 31

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III. Extinction de l’action civile

w Tableau : Extinction de l’action civile, p. 32


w Plainte avec constitution de partie civile
w Victime
Bibl. : F. Alt-Maes, « Le concept de la victime en droit civil et en droit pénal »,
Rev. sc. crim. 1994, p. 35. • P. Bonfils, « L’action civile, essai sur la nature
juridique d’une institution », P.U.A.M., 2000. • J. Cedas, « Sans préjudice
d’affection », Mél. Pradel 206. Cujas, p. 231. • A. Giudicelli, Action civile des
personnes morales de droit public, note sous Crim. 27 avril 1999, Rev. sc. crim.
2000. 695. • C. Roca, De la dissociation entre la réparation et la répression
dans l’action civile exercée devant les juridictions répressives, D. 1991. 85.

Action publique
L’action publique est aussi appelée « action pour l’application des peines »
(art 1, C.P.P.). Il s’agit d’une action en justice d’intérêt général exercée, au
nom de la société par le ministère public, devant les juridictions répressives
en cas d’infraction à la loi pénale. Elle permet de réprimer l’atteinte à
l’ordre social par le prononcé d’une sanction au délinquant. Dans le cas
où l’infraction entraîne aussi un dommage à la victime, l’action civile
a (w cette entrée) permet d’en obtenir la réparation.
12 L’action publique ne peut être exercée qu’à l’encontre de l’auteur, le coauteur
ou le complice de l’infraction, personne physique ou représentant de la
personne morale : c’est là une application du principe de la personnalité
des peines (w cette entrée).
Le droit d’exercer l’action publique appartient à titre principal au ministère
public (w cette entrée) : art. 1 al. 1, C.P.P. Le procureur de la République est
demandeur à l’action car il représente les intérêts de la société. Puisqu’il
est toujours une partie principale, il ne peut pas ne pas poursuivre le délin-
quant, transiger avec lui sauf si la loi le permet, se désister ou acquiescer ;
s’il abandonne l’accusation, le tribunal doit néanmoins statuer et en cas
d’acquittement de la partie poursuivie, il n’est condamné ni aux dépens,
ni à des dommages-intérêts.
La loi permet à certaines administrations d’exercer l’action publique
pour la poursuite des infractions portant atteinte aux intérêts dont elles
ont la charge : administration des Contributions directes (art. L. 235 et
L. 237, L.P.F.), administration des Douanes (art. 343, C. des douanes),
administration des Ponts et Chaussées (art. L. 116-1 et s., C. de la voirie
routière), administration des Eaux et Forêts (art. L. 153-1, C. forestier).

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Ces administrations, à la différence du ministère public, peuvent transiger


avec le délinquant et doivent supporter les frais du procès si elles échouent
dans leur action.
Étant titulaire de l’action publique, le procureur a l’opportunité des
poursuites (w cette entrée) et peut décider de la suite à donner à une affaire.
Il peut soit poursuivre et mettre ainsi en mouvement l’action publique, soit
classer l’affaire (w Classement sans suite). À ce choix traditionnel, s’ajoute
le recours aux alternatives à la poursuite (w cette entrée).
Il existe néanmoins un certain nombre d’obstacles à l’opportunité des
poursuites qui entravent la liberté du ministère public. Ainsi, dans certains
cas, le procureur ne peut agir sans plainte préalable de la victime (ex. :
atteinte à la vie privée). Dans d’autres cas, la plainte doit émaner d’une
administration (ex. : plainte de l’administration fiscale pour la poursuite
des infractions en matière d’impôts directs). Enfin, le procureur doit parfois
recueillir une autorisation avant de poursuivre (ex. : autorisation pour les
membres des assemblées qui bénéficient de l’inviolabilité parlementaire).
Pour déclencher l’action publique, le ministère public dispose des moyens
suivants : le réquisitoire introductif, la citation directe, la convocation
par procès-verbal et la comparution immédiate (w ces entrées). En cas de
délit et de crime flagrants, il utilise un mode de poursuite particulier
(w Infraction flagrante).
Le ministère public ne peut plus engager l’action publique lorsque se a
produisent certains événements qui constituent les causes d’extinction de
13
l’action publique énoncées à l’article 6 al. 1 et 3, C.P.P. Il s’agit du décès du
délinquant, de l’amnistie, de l’abrogation de la loi pénale, de l’exécution
de la composition pénale, de la chose jugée et de la prescription (w ces
entrées). Exceptionnellement, la transaction (w cette entrée) éteint l’action
publique quand elle intervient entre l’administration et le délinquant et
que la loi le prévoit expressément. Exceptionnellement aussi, le retrait
de la plainte est une cause d’extinction de l’action publique : c’est le cas
lorsque la poursuite est subordonnée à une plainte de la victime.
w Ministère public
Bibl. : A. Decocq, « L’avenir funèbre de l’action publique », Mél. F. Terré,
Dalloz, 1999, p. 781.

Actori incumbit probatio


Cet adage exprime la règle selon laquelle la preuve incombe au demandeur.
w Reus in excipiendo fit actor

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Administration pénitentiaire
L’administration pénitentiaire fait partie du ministère de la Justice. Elle se
compose d’une administration centrale et de services déconcentrés. Elle
est un des organes chargés de l’exécution des peines (les autres étant le
ministère public, le juge de l’application des peines et les nouvelles juridic-
tions de l’application de peines : w ce mot). Ses missions sont définies par
l’article 2 de la loi du 24 novembre 2009 : « le service public pénitentiaire
participe à l’exécution des sanctions pénales. Il contribue à l’insertion ou
la réinsertion des personnes qui lui sont confiées par l’autorité judiciaire,
à la prévention de la récidive et à la sécurité publique dans le respect des
intérêts de la société, des droits des victimes et des droits des personnes
détenues. Il est organisé de manière à assurer l’individualisation et l’amé-
nagement des peines ».
w Établissements pénitentiaires

Admonestation
Mesure éducative prise par le juge des enfants à l’égard d’un mineur,
auteur d’une infraction. Prévue par l’article 8 de l’ordonnance du 2 février
1945, elle consiste en des réprimandes.
a w Mineur
14

Agence de gestion et de recouvrement des avoirs


saisis et confisqués
Créée par la loi n° 2010-768 du 9 juillet 2010, l’agence de gestion et de
recouvrement des avoirs saisis et confisqués est un établissement public
de l’État à caractère administratif placé sous la tutelle du ministre de la
justice et du ministre chargé du budget. Elle assure la gestion de tous les
biens saisis, confisqués ou faisant l’objet d’une mesure conservatoire au
cours d’une procédure pénale. Les articles 706-159 à 706-163 du code de
procédure pénale, modifiés et complétés par la loi du 3 juin 2016 et le décret
n° 2011-134 du 3 février 2011 en déterminent l’organisation et les missions.

Agent des douanes


Art. 28-1, C.P.P.

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Selon la loi du 23 juin 1999, les agents des douanes des catégories A et
B peuvent être chargés des fonctions de police judiciaire s’ils ont été
spécialement désignés par arrêté des ministres de la Justice et du Budget
et s’ils ont été habilités par le procureur général près la Cour d’appel du
siège de leurs fonctions.
Leurs pouvoirs sont étendus : ils peuvent rechercher et constater les
infractions prévues par le Code des douanes, les infractions en matière
de contributions indirectes et les infractions de contrefaçon visées par
les articles L. 716-9 à L. 716-11 du Code de la propriété intellectuelle. De
plus, comme participants à des unités temporaires comprenant des officiers
de police judiciaire, ils peuvent constater et rechercher les infractions en
matière de stupéfiants prévues par les articles 222-34 à 222-40 du Code
pénal (art. 28-1-II, C.P.P.). Depuis la loi Perben II, ils peuvent participer
à des opérations de surveillance et d’infiltration en matière de criminalité
organisée (art. 706-80 à 87, C.P.P.).
Ils exercent les missions qui leur sont confiées par le procureur de la
République ou sur commission rogatoire du juge d’instruction. Ils sont
placés sous la surveillance du procureur général et sous le contrôle de la
Chambre de l’instruction du siège de leurs fonctions.
Bibl. : M. Dobkine : « La création d’une nouvelle force de police judiciaire : la
douane judiciaire », D. 2001. 1475.
a
15
Agent de police judiciaire (A.P.J.)
L’énumération des agents de police judiciaire est fournie par l’article 20,
C.P.P. On y trouve :
• les gendarmes qui n’ont pas la qualité d’officiers de police judiciaire ;
• les fonctionnaires des services actifs de la police nationale, n’ayant pas
la qualité d’officier de police judiciaire…
À cette énumération s’ajoutent les agents visés par le nouvel article 20-1
C.P.P. issu de la loi du 18 mars 2003.
Les pouvoirs des agents de police judiciaire qui doivent « seconder les
officiers de police judiciaire » se limitent aux actes suivants :
• constatation des infractions et établissement des procès-verbaux ;
• arrestation de l’auteur présumé d’une infraction flagrante ;
• audition des témoins lors de l’enquête de flagrance ;
• contrôle d’identité sur l’ordre et la responsabilité d’un officier de police
judiciaire ;

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• conduite de l’enquête préliminaire (sauf le placement en garde à vue


et la rétention lors d’une vérification d’identité) sous le contrôle d’un
officier de police judiciaire.
La direction des agents de police judiciaire est assurée par le procureur
de la République, leur contrôle par le procureur général. La Chambre de
l’instruction est compétente pour leur infliger des sanctions.

Agent de police judiciaire adjoint (A.P.J.A.)


L’énumération des agents de police judiciaire adjoints est donnée par
l’article 21, C.P.P. Il s’agit :
• des fonctionnaires des services actifs de la police judiciaire qui ne sont
ni officiers de police judiciaire, ni agents de police judiciaire ;
• des volontaires servant en qualité de militaire dans la gendarmerie,
• des agents de la police municipale (w cette entrée) ;
• des gardes champêtres quand ils agissent pour l’exercice des attributions
fixées par l’article L. 2213-18 dernier alinéa C.G.C.T. ;
• de certains adjoints de sécurité, des agents de surveillance de Paris,
certains militaires servant au titre de la réserve opérationnelle de la
gendarmerie nationale.
Ils sont compétents pour constater les infractions, recueillir les éventuelles
a observations du contrevenant (loi du 18 mars 2003 : art. 21 C.P.P.) et
16 arrêter l’auteur présumé d’une infraction flagrante. Les agents de la police
nationale peuvent de plus procéder à des contrôles d’identité. Ils peuvent
être sanctionnés par la Chambre de l’instruction.

Agent de police municipale


Les agents de police municipale sont des fonctionnaires territoriaux
nommés par le maire, agréés par le représentant de l’état dans le dépar-
tement ainsi que le procureur de la République et assermentés. Leur
statut est prévu par la loi du 15 avril 1999 relative aux agents des polices
municipales. Ils ont les mêmes pouvoirs que ceux des agents de police
judiciaire adjoints. Ils ont notamment le pouvoir de constater les infractions
et doivent en rendre compte au maire et à l’officier de police judiciaire
territorialement compétent (art. 21-2, C.P.P.). Ils doivent adresser leurs
procès-verbaux et rapports au maire et, par l’intermédiaire des officiers
de police judiciaire, au procureur de la République.

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Ajournement
Alors qu’il a établi la culpabilité du prévenu, le tribunal peut ordonner
l’ajournement du prononcé de la peine, c’est-à-dire renvoyer sa décision
sur le fond à une date ultérieure.
L’ajournement est prononcé s’il apparaît que « le reclassement du coupable
est en voie d’être acquis, le dommage causé est en voie d’être réparé et
le trouble résultant de l’infraction va cesser » (art. 132-60, C.P.). Sur
la présence à l’audience de la personne physique ou son représentant,
V/ Crim. 11 mars 2009, Dr. pén. 2009, comm. 75 ; Crim. 24 mars 2015 n° 14-84836.
L’ajournement peut être simple (art. 132-60 à 62, C.P.), avec mise à
l’épreuve (art. 132-63 à 65, C.P.) ou avec injonction (art. 132-66 à 70, C.P.).
La loi du 15 août 2014 a mis en place deux nouveaux cas d’ajournement :
l’ajournement aux fins d’investigation sur la personnalité ou la situation
matérielle, familiale et sociale (art. 132-70 et art. 132-70-2 C.P.) et l’ajour-
nement aux fins de consignation d’une somme d’argent (art.132-70-3 C.P.).
À l’audience de renvoi, le juge peut dispenser le coupable de peine,
prononcer les peines prévues par la loi ou le règlement, compte tenu
notamment de la conduite du prévenu pendant le délai d’épreuve dans
le cas de l’ajournement avec mise à l’épreuve, ou prononcer un nouvel
ajournement (sauf dans le cas de l’ajournement avec injonction). Depuis la
loi Perben II, le juge de l’application peut, trente jours avant l’audience de
renvoi et avec l’accord du procureur de la République, prononcer lui-même a
une dispense de peine (art. 132-65, C.P.). 17

Bibl. : V Bard, « L’ajournement et la dispense de peine », Th. Grenoble 2, 1998.


• G. Roujou De Boubée, « L’ajournement et la dispense de peine », Mél. Marty,
1978, p. 955. • C. Saas, Ajournement du prononcé de la peine. Césure et
recomposition du procès pénal, Dalloz, « Nouvelle bibliothèque des thèses »,
2004.

Alternatives à l’emprisonnement
Peines susceptibles d’être prononcées à la place d’une peine privative de
liberté sans pouvoir se cumuler avec elle.
w Peines alternatives

Alternatives à la poursuite
Il s’agit de solutions prévues par l’article 41-1 C.P.P. (L. du 23 juin 1999)
que le procureur de la République peut retenir avant de se prononcer sur
l’action publique : « troisième voie » entre la décision de poursuivre et

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celle de ne pas poursuivre, la mise en œuvre des alternatives permet, en


principe, d’assurer la réparation du dommage causé à la victime, de mettre
fin au trouble résultant de l’infraction et de contribuer au reclassement
de l’auteur des faits.
Il existe six mesures alternatives : procéder au rappel auprès de l’auteur
des faits des obligations résultant de la loi, l’orienter vers une structure
sanitaire, sociale ou professionnelle (cette mesure pouvant consister en
l’accomplissement d’un stage de citoyenneté, de responsabilité parentale
ou bien de sensibilisation aux dangers de l’usage des produits stupéfiants
ou bien de sensibilisation à la sécurité routière), lui demander de régula-
riser sa situation au regard de la loi ou des règlements, lui demander de
réparer le dommage résultant des faits, faire procéder avec l’accord des
parties à une mission de médiation (w cette entrée) entre lui et la victime
ou lui demander de résider hors du domicile ou de la résidence du couple
en cas d’infractions de violences intrafamiliales. Ces alternatives sont
mises en œuvre par le procureur de la République, directement ou par
l’intermédiaire d’un officier de police judiciaire, d’un délégué ou d’un
médiateur du procureur de la République. La loi Perben II prévoit qu’en
cas de non-exécution de la mesure, le procureur met en œuvre une compo-
sition pénale ou engage des poursuites.
Outre ces alternatives dont le caractère réparateur est essentiel, la compo-
a sition pénale (w cette entrée) constitue une autre alternative à la poursuite
à caractère sanctionnateur.
18
w Maison de justice et du droit
w Opportunité des poursuites

Amende
L’amende est une sanction pécuniaire qui consiste pour le condamné à
payer une somme d’argent à l’État. Ne pas la confondre avec les dommages-
intérêts versés à la victime en réparation de son préjudice, avec l’amende
civile sanctionnant l’inobservation de formalités civiles ou procédurales,
avec l’amende civile (w cette entrée) prévue à l’article 177-2, C.P.P. et avec
l’amende fiscale due en cas d’infractions préjudiciables au fisc.
Le montant de l’amende contraventionnelle est fixé par l’article 131-13,
C.P. Il varie entre 38 euros et 1 500 euros (3 000 euros en cas de récidive)
selon la catégorie de contraventions. En matière délictuelle, le montant
minimum de l’amende est fixé à 3 750 euros (art. 381 C.P.P.). En matière
criminelle, la peine d’amende peut être prononcée (art. 131-2, C.P.) mais
le législateur n’a pas fixé de plafond.

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La peine d’amende peut être prononcée à l’égard des personnes morales :


son taux maximum est égal au quintuple de celui fixé pour les personnes
physiques par la loi ou le règlement pour la même infraction (art. 131-38
et 131-41, C.P.).
Le principe de l’amende proportionnelle permet de tenir compte du
dommage causé à la victime ou du profit retiré par le délinquant en droit
pénal des affaires (par ex., art. 321-3, C.P.) ou en droit douanier (par ex.,
art. 414 et 415, C. douanes).
Selon les articles 707-2 à 707-4 du Code de procédure pénale introduits par
la loi Perben II, les personnes condamnées à une peine d’amende, bénéfi-
cient d’une réduction de 20 % de son montant (sans dépasser 1 500 euros)
en cas de paiement volontaire dans le délai d’un mois.
Qu’il s’agisse de l’amende en la forme ordinaire ou l’amende proportion-
nelle, les modalités de recouvrement sont les mêmes (art. 707-1 C.P.P.).
En cas de non-paiement de l’amende, deux garanties peuvent être mises
en œuvre : la contrainte judiciaire (art. 749, C.P.P.) et la solidarité passive
(art. 375-2, 480-1 et 543, C.P.P.).

Amende administrative
Prévues par des textes spéciaux, les amendes administratives sont
prononcées par des administrations ou des autorités administratives a
indépendantes en cas d’inobservation de réglementations particulières. 19

Amende civile
En cas de constitution de partie civile (w cette entrée) abusive ou dilatoire,
la partie civile peut être condamnée à une amende civile dont le montant
maximum est de 15 000 euros : article 177-2, C.P.P.

Amende forfaitaire
Art. 529 à 530-5, C.P.P.
La procédure de l’amende forfaitaire est une procédure simplifiée qui
ne fait pas intervenir l’autorité judiciaire. Elle est applicable aux quatre
premières classes de contraventions (y compris au Code de la route)
limitativement énumérées par un décret en Conseil d’État ou prévues par
des textes particuliers (art. L. 226-6 et L. 331-25, C. env. ; art. L. 351-9,
C. forest.). Le décret n° 2002-801 du 3 mai 2002 complété par des textes
postérieurs met à jour la liste des contraventions des quatre premières

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classes pour lesquelles l’action publique est éteinte par le paiement de


l’amende : art. R 48-1 C.P.P. Pour que la procédure de l’amende forfai-
taire soit retenue, il faut que la peine encourue soit uniquement une peine
d’amende.
Cette procédure n’est pas applicable aux contraventions dont la récidive
constitue un délit : art.529 C.P.P.
Le paiement de l’amende prend la forme, soit d’un versement direct entre
les mains de l’agent verbalisateur, soit d’un timbre-amende. Le contrevenant
peut adresser une requête en exonération qui sera transmise au parquet.
Le paiement de l’amende forfaitaire éteint l’action publique.
L’indemnité forfaitaire est une forme particulière d’amende forfaitaire.
Elle sanctionne les contraventions des quatre premières classes à la police
des services publics de transports ferroviaires et des services publics de
personnes (art. 529-4, C.P.P.).

Aménagement de la peine
Pour favoriser la réinsertion de l’auteur de l’infraction, fonction essentielle
de la peine, la juridiction de jugement peut décider d’un aménagement de
la peine privative de liberté.
L’aménagement de peine ab initio résulte d’une des mesures suivantes :
a • semi-liberté : art.132-35 C.P.
20 • fractionnement la peine : art. 132-27 et 132–28 C.P.
• placement à l’extérieur : art. 132-25 al. 2 C.P.
• placement sous surveillance électronique : art. 132-26-1 C.P.
En cours d’exécution, la peine d’emprisonnement peut faire l’objet d’une
des mesures d’aménagement suivantes :
• suspension ou fractionnement de l’incarcération : art. 720-1 C.P.P.
• permission de sortir : art. 723-3 C.P.P.
• placement à l’extérieur : art. 723 C.P.P.
• semi-liberté : art. 723-1 C.P.P.
• placement sous surveillance électronique : art. 723-7 C.P.P.
Afin d’éviter des « sorties sèches », des aménagements en fin de peine
étaient prévus par les articles 723-19 et 723-28 du code de procédure
pénale. Ces deux dispositions ont été abrogées par la loi du 15 août 2014.
Est applicable depuis le 1er janvier 2015, la libération sous contrainte
(art. 720 C.P.P.) : V/ ce mot.

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Amende proportionnelle
w Amende

Amnistie
Art. 133-9 à 133-11, C.P.
L’amnistie est une mesure exceptionnelle par laquelle le législateur enlève
à un fait son caractère délictueux. Par exemple, la loi n° 2002-1062 du
6 août 2002 portant amnistie (J.O. du 19 août) énumère les infractions
pouvant être amnistiées.
Outre l’amnistie législative, il existe :
• la grâce amnistiante (w cette entrée) : elle concerne les individus ayant
obtenu un décret de grâce pris par le pouvoir exécutif au sujet d’une
infraction déterminée ;
• l’amnistie judiciaire : elle prévoit que l’amnistie bénéficiera aux délin-
quants qui ont été condamnés ou seront condamnés à une peine d’une
catégorie ou d’un montant défini.
Si l’amnistie intervient avant le jugement, elle éteint l’action publique
(art. 6 al. 1, C.P.P.) mais elle laisse subsister l’action civile qui doit être
intentée devant une juridiction civile, sauf si le tribunal répressif était déjà
saisi de l’action civile avant l’entrée en vigueur de la loi d’amnistie. Mais a
elle peut intervenir après ; elle efface alors la condamnation qui ne figure 21
plus au casier judiciaire (art. 769 al. 2, C.P.P.) et éteint la peine en cours
d’exécution. Comme l’amnistie ne doit pas préjudicier aux tiers, elle est
sans effet sur les condamnations civiles déjà prononcées. Le condamné
ne peut obtenir ni une indemnisation pour le temps passé en prison ni le
remboursement de l’amende acquittée. Sur le contentieux de l’amnistie,
V/ Crime. 25 mai 2004, Bull. crim. n° 132.

Bibl. : J. Roche-Dahan, L’amnistie en droit français, thèse Aix-Marseille 3, 1994 ;


« Commentaire de la loi du 6 août 2002 portant amnistie », D. 2002-263. •
P. F. Seuvic, « L’amnistie, une tradition républicaine », Rev. sc. crim. 1996. 405.

Appel
C’est une voie de recours ordinaire et de réformation. Peuvent faire l’objet
d’un appel :
• les ordonnances rendues par le juge d’instruction et le juge des libertés
et de la détention ;
• les jugements rendus par le tribunal correctionnel (art. 496, C.P.P.) ;

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• certains jugements rendus par le tribunal de police. L’appel dépend


ici de la peine : il est possible lorsque l’amende encourue est celle
des contraventions de la 5e classe ou lorsque l’amende prononcée est
supérieure au maximum prévu pour les contraventions de la 2e classe.
L’appel est ouvert également en cas de condamnation à la suspension
du permis de conduire ou à des réparations civiles (art. 546, C.P.P.) ;
• les arrêts de condamnation et non d’acquittement rendus par les Cours
d’assises. La loi du 15 juin 2000 a retenu le principe de l’appel circulaire
ou tournant selon lequel ces arrêts peuvent faire l’objet d’un appel porté
devant une autre Cour d’assises désignée par la Cour de cassation :
art. 231, 380-1 et s., C.P.P. L’appel peut être formé par le condamné et
par le parquet. La partie civile peut faire appel sur ses intérêts civils
et si cet appel est intenté en l’absence d’appel sur l’action publique, il
est examiné par la Chambre des appels correctionnels (art. 380-2 et
380-5, C.P.P.). La loi du 4 mars 2002 permet au procureur général de
faire appel des décisions d’acquittement rendues par la Cour d’assises
(art. 380-2 C.P.P.).
Toutes les parties au procès peuvent faire appel en matière correctionnelle
mais seules certaines personnes peuvent le faire en matière contraven-
tionnelle (art. 546, C.P.P.).
L’appel résulte d’une déclaration faite au greffe de la juridiction qui a
a rendu la décision attaquée (art. 380-12, 502 et 547, C.P.P.).
Le délai est de dix jours à partir du jour où le jugement est prononcé en
22
cas de jugement contradictoire (art. 498 al. 1, C.P.P.), de la signification
si le jugement est par défaut (art. 499, C.P.P.) ou du prononcé de l’arrêt
de la Cour d’assises (art. 380-9, C.P.P.). Il est de vingt jours à partir du
jour où le jugement est prononcé lorsque le procureur général interjette
appel en matière correctionnelle (art. 505 al. 1 et 549 C.P.P.). Il est de
vingt-quatre heures en cas d’appel formé contre un jugement relatif à une
demande de mise en liberté dans certaines hypothèses (art. 501, C.P.P.).
L’appel produit un effet suspensif en vertu duquel la décision attaquée ne
peut, en principe, être exécutée et elle ne peut l’être non plus pendant le
délai d’exercice de l’appel (art. 380-4, 506 et 549, C.P.P.).
Il produit également un effet dévolutif selon lequel l’affaire est de la compé-
tence du juge d’appel : la Chambre de l’instruction connaît des recours
formés contre les décisions du juge d’instruction et du juge des libertés et
de la détention. L’appel en matière correctionnelle et contraventionnelle
est de la compétence de la Chambre des appels correctionnels (w cette
entrée), conformément au principe du double degré de juridiction. Selon
le principe de l’interdiction des demandes nouvelles en appel (article 515

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al. 3, C.P.P.), la juridiction d’appel ne peut statuer que sur les demandes
traitées par les premiers juges. En matière criminelle, l’appel est de la
compétence d’une Cour d’assises désignée par la Cour de cassation.
L’arrêt rendu par la Cour d’appel en matière correctionnelle et contra-
ventionnelle peut :
• déclarer l’appel irrecevable s’il est irrégulier ou tardif (art. 514 al. 1,
C.P.P.) ;
• confirmer la décision attaquée si l’appel n’est pas fondé (art. 514 al. 2,
C.P.P.) ;
• confirmer le jugement ou l’infirmer, c’est-à-dire substituer au jugement
sa propre décision (art. 515 al. 1, C.P.P.).
En matière criminelle, la Cour d’assises statuant en appel ne doit pas
infirmer ou confirmer la première décision, mais elle doit réexaminer
l’affaire (art. 380-1, C.P.P.). Elle rend un arrêt susceptible d’un pourvoi
en cassation (art. 370, C.P.P.).
w Procédure devant la Chambre des appels correctionnels
w Réformatio in pejus
w Tantum devolutum quantum
Bibl. : H. Angevin, « Mort d’un dogme. À propos de l’instauration par la loi du
15 juin 2000 d’un second degré de juridiction en matière criminelle », J.C.P.
2000.I.260. • J. Pradel, « L’appel contre les arrêts d’assises : un apport heureux
a
de la loi du 15 juin 2000 », D. 2001. 1964. • H. Temime, « L’appel des arrêts
d’assises », Rev. sc. crim. 2001, p. 83. 23

Appel incident
Appel intenté par l’intimé en réponse à l’appel principal formé par son
adversaire contre lui.
Comme l’appel principal, l’appel incident se forme par une déclaration
au greffe de la juridiction qui a statué, dans un délai supplémentaire de
cinq jours qui s’ajoute au délai de dix jours (art. 500, C.P.P.).
En matière correctionnelle, le désistement de l’appel principal intenté par
le prévenu ou la partie civile, entraîne, s’il intervient dans le délai d’un
mois, la caducité des appels incidents (art. 500-1, C.P.P.), y compris celui
du ministère public si ce désistement intervient dans les formes prévues
par la déclaration d’appel.

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Appel des ordonnances du juge d’instruction


et du juge des libertés et de la détention
L’appel permet à la Chambre de l’instruction, juridiction du second degré,
de contrôler en fait et en droit les ordonnances juridictionnelles du juge
d’instruction et les ordonnances du juge des libertés et de la détention,
c’est-à-dire les ordonnances qui tranchent une contestation.
Le droit d’appel est reconnu au ministère public et aux parties privées.
Selon l’article 185, C.P.P., le procureur de la République et le procureur
général peuvent interjeter appel de toute ordonnance du juge d’instruction
ou du juge des libertés et de la détention. En revanche, les parties privées
(personnes mises en examen et parties civiles) ont un droit d’appel réduit
qui dépend de leur intérêt à agir ou du contrôle préalable du président de
la Chambre de l’instruction. Si le délai d’appel est en principe de cinq ou
dix jours à compter de la notification de l’ordonnance, des règles spéciales
en matière de délai s’appliquent en cas de référé-liberté (w cette entrée).
Quant aux effets, l’appel produit un effet suspensif assorti de limites et
un effet dévolutif qui n’est pas absolu.
w Tableau : Appel contre les ordonnances du juge d’instruction et du juge
des libertés et de la détention, p. 33
w Instruction
a Bibl. : J. Pradel, « Le second degré de l’instruction pénale », Justices, 1996-4,
24 p. 73.

Application de la loi pénale dans l’espace


w Conflits de lois dans l’espace

Application de la loi pénale dans le temps


w Conflits de lois dans le temps

Application des peines


La loi Perben II a profondément modifié le droit de l’application des peines.
Elle a placé en tête du Livre V du Code de procédure pénale consacré
aux procédures d’exécution (livre qui comprend les textes relatifs à la
mise à exécution des sentences pénales et à l’application des peines) un
article à portée générale : l’article 707 ; il énonce les principes suivants :
• mise à exécution des décisions de justice dans les meilleurs délais ;

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• respect des impératifs d’équilibre des intérêts et objectifs en présence


(prévention de la récidive) ;
• individualisation des peines pour permettre le retour du condamné à
la liberté.
La loi du 24 novembre 2009 a ajouté le principe d’aménagement des peines
avant leur mise à exécution ou en cours d’exécution : C.P.P., art. 707 al. 3.
Pour faciliter la mise en œuvre de ces principes, la loi Perben II a créé de
nouvelles juridictions de l’application des peines (w cette entrée), a augmenté
les compétences du juge de l’application des peines (w cette entrée) dont les
décisions sont désormais juridictionnalisées (w Contentieux de l’exécution des
peines), a accru la place accordée aux victimes (w cette entrée) et a accordé
des pouvoirs importants au directeur des services pénitentiaires d’insertion
et de probation (V/ par exemple art. 723-20 à 28 C.P.P.).
La loi du 15 août 2014 a précisé à l’article 707 du C.P.P. les finalités
d’exécution du régime d’exécution des peines privatives et restrictives de
liberté, le principe d’un retour progressif à la liberté du condamné et les
droits des victimes au cours de l’exécution de la peine.
Bibl. : M. Giacopelli, « Réforme du droit de l’application des peines », D. 2004,
p. 2589. • Dossier AJ pénal, nov. 2004, p. 385 et s.

Arrestation a
25
L’arrestation est la prérogative reconnue à toute personne d’appréhender
l’auteur d’un crime flagrant ou d’un délit flagrant puni d’emprisonnement
et le conduire devant l’officier de police judiciaire le plus proche : art. 73,
C.P.P. (V/ Crim. 13 av. 2005, D. 2006. 2920 note J.-L. Lennon). Si les nécessités
de l’enquête portant sur un crime flagrant ou un délit flagrant puni d’au
moins 3 ans d’emprisonnement l’exigent, le procureur de la République
peut décerner un mandat de recherche (w cette entrée). La personne arrêtée
en vertu de ce mandat est placée en garde à vue par l’officier de police
judiciaire du lieu de la découverte.
Au cours de l’instruction, l’arrestation est l’objet du mandat d’amener
(art. 122 al. 5, C.P.P.) et du mandat d’arrêt (art. 122 al. 6, C.P.P.) : la personne
appréhendée est conduite au juge d’instruction ou à la maison d’arrêt.
Le lieu de l’arrestation est l’un des critères permettant de déterminer la
compétence territoriale (w cette entrée) des juridictions.

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Arrêt de mise en accusation


Arrêt rendu par la Chambre de l’instruction qui prononce la mise en
accusation devant la Cour d’assises (art. 214, C.P.P.). Il contient l’exposé,
la qualification légale des faits et l’identité de l’accusé. Depuis la loi du
15 juin 2000, la mise en accusation peut être ordonnée par le juge d’ins-
truction qui rend une ordonnance de mise en accusation (w cette entrée).

Arrêt de non-lieu
L’arrêt de non-lieu est une décision prise par la Chambre de l’instruction
dans l’un des cas suivants (art. 212, C.P.P.) :
• les faits ne constituent pas une infraction ;
• l’auteur de l’infraction est inconnu ;
• les charges retenues contre la personne mise en examen sont insuffisantes.
L’arrêt de non-lieu met fin à la détention provisoire et au contrôle judiciaire.

Arrêt de renvoi
Arrêt rendu par la Chambre de l’instruction qui renvoie l’affaire devant
le tribunal correctionnel si les faits constituent un délit ou bien devant
a le tribunal de police ou la juridiction de proximité s’ils constituent une
26 contravention (art. 213 al. 1, C.P.P.).
L’arrêt de renvoi met fin, en principe, à la détention provisoire et au
contrôle judiciaire.

Assignation à résidence avec surveillance


électronique
C.P.P., art. 142-5 à 142-13, D. 32-3 et s.
Prévue par la loi pénitentiaire n° 2009-1436 du 24 novembre 2009, l’assi-
gnation à résidence avec surveillance électronique constitue, comme la
détention provisoire et le contrôle judiciaire, une exception au principe
de maintien en liberté de la personne mise en examen. Ordonnée pour
les nécessités de l’instruction ou à titre de mesure de sûreté si les obliga-
tions d’un contrôle judiciaire sont insuffisantes, elle doit respecter les
conditions suivantes :
• accord de la personne mise en examen ou demande de cette dernière,
• peine d’emprisonnement encourue d’au moins deux ans ;

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