Biochimie
Biochimie
Pratt I Cornely
Pratt I Cornely
Biochimie
L’essentiel de la biochimie
Cette édition combine à la fois synthèse et clarté dans
sa façon d’aborder les différentes notions de biochimie
fondamentale, et les applications pratiques dans
les chapitres. Un bel ouvrage, conçu de manière
pédagogique, pour les étudiants du premier cycle
Des outils d’entrainement et de révision
- Chaque chapitre se termine par une série d’exercices
corrigés. De nombreux exercices sont des études
de cas basées sur des données de publications
scientifiques ou sur des rapports médicaux.
- Les résumés et glossaires à la fin de chaque chapitre
Biochimie
universitaire. aident le lecteur à extraire l’essentiel et à contrôler
- La première partie expose les notions de chimie de l’acquisition des notions développées.
base nécessaires à la compréhension des réactions - Chaque paragraphe est introduit par une liste
biochimiques, et ensuite les biomolécules, leur nature d’objectifs et de compétences à atteindre et
polymérique et leurs fonctions biologiques. se termine par des problèmes pour évaluer les
connaissances et une révision des concepts.
Traduction de Lionel Domenjoud
- La deuxième partie concerne les grandes fonctions
métaboliques et les réactions impliquées. Cet ouvrage est destiné aux étudiants en 1er cycle de 2 e édition
- La troisième partie aborde les trois thèmes de biochimie et de biologie, aux étudiants en sciences
base de la biologie moléculaire d’un point de vue médicales, et à ceux préparant les concours de
biochimique, à savoir : la réplication et la réparation l’enseignement (Capes en particulier).
de l’ADN, sa transcription en ARN puis sa traduction
Biochimie
en protéine.
- Son approche progressive et enrichie d’exemples Traduction de la 4e édition américaine
pratiques permet à l’étudiant de mieux intégrer les Lionel Domenjoud est Maître de conférences à
processus biochimiques. l’Université de Lorraine. Biologiste et embryologiste
- L’ouvrage réserve une place importante aux moléculaire de formation initiale. Il travaille actuellement
dernières recherches et applications en biochimie : sur les gènes cibles de facteurs de transcription impliqués
le séquençage de l’ADN, une discussion sur les dans la cancérogenèse, au sein de l’équipe de cancéro-
lipides des archées, une nouvelle présentation du logie STICMo du laboratoire du CRAN de l’Université
mécanisme de la ribonucléotide réductase, etc. de Lorraine.
ISBN : 978-2-8073-1312-5
Photo : [Link]
illu : D.R.
Biochimie
2e édition
Pour toute information sur notre fonds et les nouveautés dans votre domaine de spécialisation,
consultez notre site web : [Link]
15 La phosphorylation oxydative
Partie 2 Structure et fonction 385
15 La phosphorylation oxydative
Il y a investissement d’énergie dans les réactions 1 à 5
de la glycolyse 330 385
Les réactions 6 à 10 sont la phase énergétiquement rentable
de la glycolyse 336 15.1 La thermodynamique des réactions
Encadré 13.A Catabolisme des autres sucres 340 d’oxydoréduction 385
Le pyruvate est converti en d’autres substances 341 Le potentiel rédox indique la tendance d’une substance
Encadré 13.B Le métabolisme de l’alcool 342 à accepter des électrons 386
13.2 La gluconéogenèse 344 La variation d’énergie libre peut être calculée
Quatre enzymes gluconéogéniques plus certaines enzymes à partir de la variation du potentiel rédox 388
glycolytiques convertissent le pyruvate en glucose 345 15.2 Le transport mitochondrial des électrons 390
La gluconéogenèse est régulée à l’étape catalysée par la fructose Les membranes mitochondriales définissent deux
bisphosphatase 346 compartiments 390
13.3 La synthèse et la dégradation du glycogène 347 Le Complexe I transfère des électrons du NADH
La synthèse du glycogène consomme l’énergie libre à l’ubiquinone 392
de l’UTP 348 D’autres réactions d’oxydation contribuent
La glycogène phosphorylase catalyse la glycogénolyse 349 à établir le stock d’ubiquinol 394
13.4 La voie des pentoses phosphates 350 Le Complexe III transfère des électrons de l’ubiquinol
au cytochrome c 394
Les réactions oxydatives de la voie des pentoses phosphates
produisent du NADPH 350 Le Complexe IV oxyde le cytochrome c et réduit O2 397
Des réactions d’isomérisation et d’interconversion génèrent Encadré 15.A Les radicaux libres et le vieillissement 398
divers monosaccharides 351 15.3 La chimiosmose 399
Résumé du métabolisme du glucose 352 La chimiosmose relie le transport des électrons
13.5 Aspects médicaux : les maladies du métabolisme à la phosphorylation oxydative 400
des glucides 353 Le gradient de protons est un gradient électrochimique 400
Les maladies de stockage du glycogène affectent le foie et les 15.4 L’ATP synthase 401
muscles 354 L’ATP synthase tourne lorsqu’elle déplace des protons 401
16 La photosynthèse 411
18.2 La biosynthèse des acides aminés 469
Encadré 18.A Les transaminases en analyses médicales 469
Plusieurs acides aminés sont aisément synthétisés
16.1 Les chloroplastes et l’énergie solaire 411
à partir de métabolites courants 470
Les pigments absorbent de la lumière de différentes longueurs
La synthèse des acides aminés soufrés, ramifiés ou
d’onde 412
de ceux à groupe aromatique est plus difficile 471
Les complexes collecteurs de lumière transfèrent l’énergie
Encadré 18.B Le glyphosate, le plus répandu des herbicides 473
au centre réactionnel 414
Des acides aminés sont les précurseurs de quelques molécules
16.2 Les réactions claires 415
de signalisation 475
Le Photosystème II est une enzyme d’oxydoréduction
activée par la lumière 416
18.3 Le catabolisme des acides aminés 476
Encadré 18.C Le monoxyde d’azote 476
Oxydation de l’eau par le complexe d’oxydation de l’eau
du Photosystème II 417 Les acides aminés sont glucogéniques, cétogéniques
ou les deux à la fois 477
Le cytochrome b6f relie les Photosystèmes I et II 418
Une deuxième photooxydation a lieu dans
18.4 L’élimination de l’azote : le cycle de l’urée 480
le Photosystème I 419 Encadré 18.D Les maladies du métabolisme des acides aminés 480
La chimiosmose fournit l’énergie libre pour la synthèse d’ATP 421 Le glutamate fournit l’azote du cycle de l’urée 481
16.3 La fixation du carbone 422 Le cycle de l’urée comporte quatre réactions 482
La rubisco catalyse la fixation de CO2 422 18.5 Le métabolisme des nucléotides 485
Encadré 16.A La voie en C4 424 La synthèse des nucléotides puriques produit de l’IMP
Le cycle de Calvin réarrange des molécules de sucre 424 puis de l’AMP et du GMP 485
La disponibilité de lumière régule la fixation de carbone 426 La synthèse des nucléotides pyrimidiques produit de l’UTP
et du CTP 486
Les produits du cycle de Calvin servent à synthétiser
du saccharose et de l’amidon 426 La ribonucléotide réductase convertit les ribonucléotides en
désoxyribonucléotides 487
La thymidine est un nucléotide produit par méthylation 488
17 Le métabolisme lipidique 432 La dégradation des nucléotides produit de l’acide urique
ou des acides aminés 489
17.1 Le transport des lipides 432
17.2 L’oxydation des acides gras 435 19 Régulation du métabolisme
Les acides gras sont activés avant leur dégradation 435
Chaque tour de la β-oxydation comporte quatre réactions 436
énergétique des mammifères 497
La dégradation des acides gras insaturés nécessite
leur isomérisation et leur réduction 439 19.1 L’intégration du métabolisme énergétique 498
L’oxydation des acides gras à nombre impair d’atomes Les organes sont spécialisés pour différentes fonctions 498
de carbone produit du propionyl-CoA 440 Les métabolites se déplacent entre les organes 499
Une partie de l’oxydation des acides gras a lieu Encadré 19.A Le microbiome intestinal contribue au métabolisme 500
dans les peroxysomes 442 19.2 Le contrôle hormonal du métabolisme
17.3 La synthèse des acides gras 443 énergétique 501
L’acétyl-CoA carboxylase catalyse la première étape L’insuline est libérée en réponse au glucose 502
de la synthèse des acides gras 444 L’insuline commande l’utilisation et le stockage
La synthase des acides gras catalyse sept réactions 445 des combustibles 503
Les acides gras nouvellement synthétisés sont allongés Le glucagon et l’adrénaline déclenchent la mobilisation
et désaturés par d’autres enzymes 447 de combustible 504
Encadré 17.A Graisses, régime alimentaire et cardiopathies 448 D’autres hormones influence le métabolisme énergétique 505
La synthèse des acides gras peut être activée ou inhibée 449 La protéine kinase AMP-dépendante agit comme détecteur
L’acétyl-CoA peut être converti en corps cétoniques 450 de combustible 506
Encadré 17.B Les inhibiteurs de la synthèse des acides gras 450 Encadré 19.B Le marasme et le kwashiokor 507
17.4 La synthèse des autres lipides 452 19.3 Les désordres du métabolisme des combustibles 507
Les triacylglycérols et les phospholipides sont construits Le corps génère du glucose er des corps cétoniques
à partir de groupes acyl-CoA 452 durant le jeûne 507
La synthèse du cholestérol débute par l’acétyl-CoA 454 Les causes de l’obésité sont multiples 508
Un résumé du métabolisme lipidique 457 Le diabète se caractérise par une hyperglycémie 509
Le syndrome métabolique fait le lien entre obésité La transcription démarre aux promoteurs 555
et diabète 511 Les facteurs de transcription reconnaissent les promoteurs
19.4 Aspects médicaux : le métabolisme du cancer 511 eucaryotes 557
La glycolyse aérobie entretient la biosynthèse 512 Encadré 21.A Les protéines de liaison à l’ADN 558
Les cellules cancéreuses consomment de grandes quantités Les amplificateurs et les silenceurs agissent à distance du
de glutamine 512 promoteur 558
Les opérons des procaryotes permettent l’expression
coordonnée des gènes 560
Partie 4 La gestion de l’information 21.2 L’ARN polymérase 562
Les ARN polymérases ont une structure et un mécanisme
génétique commun 562
L’ARN polymérase est une enzyme processive 564
20 Réplication et réparation L’élongation de la transcription nécessite un changement
de conformation de l’ARN polymérase 564
de l’ADN 519 Il existe différentes façons de terminer la transcription 565
21.3 La maturation des ARN 567
20.1 La machinerie de réplication de l’ADN 519 Les ARNm des eucaryotes reçoivent une coiffe en 5′
La réplication a lieu dans des usines moléculaires 520 et une queue poly(A) en 3′ 567
Les hélicases convertissent l’ADN double-brin L’épissage retire les transcrits des introns de l’ARN
en ADN simple-brin 521 eucaryote 567
L’ADN polymérase est confrontée à deux problèmes 522 Le taux de renouvellement des ARN et l’interférence d’ARN
Les ADN polymérases ont une structure et un mécanisme limitent l’expression des gènes 569
communs 523 La maturation de l’ARNr et de l’ARNt comporte l’addition,
L’ADN polymérase effectue une vérification sur épreuve de l’ADN la délétion et la modification de nucléotides 572
néosynthétisé 525 Les ARN présentent une importante structure secondaire 573
Une RNase et une ligase sont nécessaires
pour compléter le brin retardé 525
20.2 Les télomères 528 22 La synthèse protéique 580
La télomérase rallonge les chromosomes 529
Encadré 20.A La transcriptase inverse du VIH 530 22.1 Les ARNt et le code génétique 580
L’activité de la télomérase est-elle couplée à l’immortalité Le code génétique est redondant 581
des cellules ? 531 Les ARNt ont une structure commune 581
20.3 Altération et réparation de l’ADN 531 L’aminoacylation de l’ARNt consomme de l’ATP 582
L’altération de l’ADN est inévitable 531 Certaines synthétases ont une activité de correction sur
Les enzymes de réparation réparent certains types d’altérations épreuve 584
de l’ADN 533 Les anticodons des ARNt s’apparient avec les codons 584
La réparation par excision de base (BER) corrige les lésions Encadré. 22.A Le code génétique élargi 585
les plus fréquentes de l’ADN 533 22.2 La structure du ribosome 586
La réparation par excision de nucléotide (NER) corrige la Le ribosome est principalement à base d’ARN 586
deuxième forme la plus fréquente de lésion de l’ADN 535 Trois ARNt se fixent au ribosome 587
Les cassures double-brins peuvent être réparées 22.3 La traduction 589
par jonction des extrémités 535
L’initiation nécessite un ARNt initiateur 589
Les molécules d’ADN cassées peuvent aussi être restaurées
Les ARNt corrects sont apportés au ribosome durant
par recombinaison 536
l’élongation 590
20.4 Aspects médicaux : le cancer en tant que maladie
Le site actif peptidyl transférase catalyse la formation de la
génétique 538 liaison peptidique 593
La croissance tumorale dépend de multiples évènements 538 Encadré 22.B Des antibiotiques inhibiteurs de la synthèse protéique 594
Les voies de réparation de l’ADN sont étroitement liées Les facteurs de libération permettent la terminaison de la
au cancer 539 traduction 595
20.5 L’empaquetage de l’ADN 540 La traduction est efficace in vivo 596
L’ADN a un surenroulement négatif 541 22.4 Les évènements post-traductionnels 597
Les topoisomérases modifient le surenroulement Des chaperons permettent le repliement des protéines 597
de l’ADN 541
La particule de reconnaissance du signal destine certaines
L’ADN eucaryote est empaqueté dans des nucléosomes 543 protéines à une translocation transmembranaire 599
Beaucoup de protéines subissent une modification
21 Transcription et ARN 551 covalente 600
G lossa ir e G-1
21.1 L’initiation de la transcription 552
Qu’est-ce qu’un gène ? 552 SOLUTIONS DES EXERCICES IMPAIRS S-1
L’empaquetage de l’ADN affecte la transcription 553
L’ADN subit aussi des modifications covalentes 555 Inde x I-1
Bien que personne ne soit encore arrivé à reproduire l’ensemble des réactions chimiques d’une cellule
dans un tube à essai, il est possible d’identifier et de quantifier les milliers de molécules présentes dans une
cellule comme une amibe. La compréhension des structures et des fonctions de ces molécules est la clé de la
compréhension de la façon dont les cellules vivent, se déplacent, croissent et se reproduisent
Ce premier chapitre offre un aperçu de l’étude de la biochimie, il est divisé en trois sections qui re-
flètent la façon dont les sujets de ce livre sont organisés. Après une brève description des quatre types
majeurs de petites molécules biologiques et de leurs formes polymériques, vient un résumé des règles
thermodynamiques qui s’appliquent aux réactions métaboliques. Nous terminons par une discussion
sur l’origine des formes vivantes autoréplicatives et leur évolution vers les cellules modernes. Ces
courtes discussions introduisent certains des acteurs clés et des thèmes majeurs de la biochimie tout
en fournissant les bases pour les sujets que nous allons rencontrer dans les chapitres ultérieurs.
Objectif pédagogique
1.1 Qu’est-ce que la Biochimie ?
Connaître les principaux
thèmes de la biochimie.
La biochimie est la discipline scientifique qui tente d’expliquer la vie au niveau moléculaire. Elle
utilise les outils et la terminologie de la chimie pour décrire les divers attributs des organismes
vivants. La biochimie répond souvent à des questions fondamentales du type : « De quoi sommes
nous fait ? » et « Comment fonctionnons-nous ? ». La biochimie est aussi une science pratique :
elle est à l’origine de techniques puissantes qui sous-tendent des progrès dans d’autres domaines
comme la génétique, la biologie cellulaire et l’immunologie, elle offre des perspectives dans le trai-
tement des maladies comme le cancer et le diabète et améliore l’efficacité de domaines industriels
comme le traitement des eaux usées, la production de nourriture et la fabrication de médicaments.
Certains aspects de la biochimie peuvent être abordés par l’étude de molécules individuelles
isolées à partir de cellules. Une compréhension approfondie de la structure physique et de la réac-
tivité chimique de chacune des molécules aide à comprendre la façon dont les molécules coopèrent
et se combinent pour former des unités fonctionnelles plus grandes et en fin de compte l’orga-
nisme dans sa totalité (Fig. 1.1). Cependant, de même qu’une pendule complètement désossée ne
ressemble plus à une pendule, l’information concernant une multitude de molécules biologiques
ne révèle pas forcément la façon dont un organisme vit. Les biochimistes doivent donc étudier le
comportement des organismes dans différentes conditions ou lorsqu’une molécule particulière est
modifiée ou absente. Ils collectent de plus, de vastes quantités d’informations sur les structures et
les fonctions moléculaires, cette information est stockée et analysée par des ordinateurs, ce champ
d’étude porte le nom de bioinformatique. Un laboratoire de biochimie devra donc être équipé à la
fois de batteries de tubes à essais, de boîtes de culture de bactéries, et d’ordinateurs.
Organisme
Organe
Cellule
Foie Organite
Hépatocyte
Mitochondrie
Figure 1.1 Les niveaux
Être Molécules
d’organisation d’un organisme
vivant. La biochimie s’intéresse humain
Citrate synthase
aux structures et aux fonctions
des molécules. Les interactions
entre les molécules produisent
des structures d’ordre supérieur
(des organites par exemple),
qui peuvent elles-mêmes être ADN
Citrate
des composants d’entités plus
grandes, pour aboutir finalement
à l’organisme entier. Ubiquinone
[Photodisc/Rubberball/Getty Images]
Photodisc/Rubberball/Getty Images
Les chapitres 3 à 22 de ce livre sont divisés en trois groupes qui correspondent en gros aux
trois thèmes majeurs de la biochimie :
1. Les organismes vivants sont constitués de macromolécules. Certaines molécules sont responsables
de la forme physique des cellules. D’autres exercent diverses activités dans la cellule. (Par
commodité, nous parlons alternativement de cellule ou d’organisme du fait que l’entité vivante la
plus simple est une cellule isolée). Dans tous les cas, la structure d’une molécule est intimement
liée à sa fonction. La compréhension des caractéristiques structurales d’une molécule constitue
donc une clé importante pour la compréhension de sa signification fonctionnelle.
2. Les organismes obtiennent de l’énergie qu’ils transforment stockent et utilisent. Une cellule a
besoin d’un apport d’énergie pour effectuer des réactions métaboliques, pour synthétiser ses
constituants et se déplacer, croître et se reproduire. Une cellule doit extraire cette énergie de
son environnement et s’en servir ou la stocker sous une forme utilisable.
3. L’information biologique est transmise de génération en génération. Les êtres humains actuels
ressemblent pour l’essentiel à leurs ancêtres d’il y a environ 100 000 ans. Certaines bactéries se
sont maintenues durant des millions si ce n’est des milliards d’années. Dans tous les organismes,
l’information génétique qui spécifie la composition structurale et la capacité fonctionnelle des
cellules doit être soigneusement conservée et transmise à chaque division cellulaire.
Plusieurs autres thèmes ci-dessous sont transverses en biochimie et seront mis en exergue aux
endroits appropriés.
4. Les cellules maintiennent un état d’homéostasie. Même si au cours de sa propre vie, une
cellule est capable de modifier de façon spectaculaire sa forme ou son activité métabolique,
elle le fait dans certaines limites. Afin de demeurer dans un état stable de non équilibre, qualifié
d’homéostasie, la cellule doit reconnaître les variations des paramètres internes et externes et
réguler ses propres activités.
5. Les organismes évoluent. Sur les longues périodes de temps, la composition génétique d’une
population d’organismes change. L’étude de la composition moléculaire des organismes
vivants permet aux biochimistes d’identifier les caractéristiques génétiques qui distinguent les
groupes d’organismes et de retracer l’histoire de leur évolution.
6. Il est possible d’expliquer les maladies au niveau moléculaire. L’identification des défauts
moléculaires qui sous-tendent les maladies humaines ou l’étude des voies qui permettent à un
organisme d’en infecter un autre est la première étape pour diagnostiquer, traiter, prévenir ou
guérir les maladies susceptibles d’affecter un patient.
ObjectifS pédagogiqueS
1.2 Les molécules biologiques
Identifier les classes majeures
Même les organismes les plus simples contiennent un nombre prodigieux de molécules différentes, de molécules biologiques
pourtant, ce nombre ne représente qu’une partie infinitésimale de toutes les molécules possibles du • Donner la liste des éléments
point de vue chimique. En fait, seul un petit sous-ensemble des éléments connus se retrouve dans présents dans les biomolécules
les systèmes vivants (Fig. 1.2) Les plus abondants sont C, N, O et H suivis de Ca, P, K, S, Cl, Na et • Dessiner et nommer les
Mg. Certains éléments en traces sont aussi présents en très petites quantités. groupes fonctionnels courants
Pratiquement toutes les molécules d’un organisme vivant contiennent du carbone, la biochimie des biomolécules.
peut donc être considérée comme une branche de la chimie organique. De plus, les molécules bio- • Dessiner et nommer les
logiques sont construites à partir de H, N, O, P et S. La plupart de ces molécules appartiennent à liaisons courantes présentes
l’une des quelques classes structurales décrites ci-après. dans les biomolécules.
Notons également que la réactivité chimique des biomolécules est limitée comparativement
• Distinguer les principales
à la réactivité de l’ensemble des composés chimiques. Le Tableau 1.1 donne la liste d’un pe-
caractéristiques structurales
tit nombre des groupes fonctionnels et des liaisons intramoléculaires fréquents en biochimie. La
des glucides, des acides
connaissance de ces groupes fonctionnels est essentielle pour comprendre le comportement des
aminés, des nucléotides et des
différents types de molécules biologiques que nous rencontrerons tout au long de ce livre. lipides
• Identifier les monomères et les
Les cellules contiennent quatre types majeurs de biomolécules liaisons des polysaccharides,
des polypeptides et des acides
La plupart des petites molécules de la cellule peuvent être divisées en quatre classes. Bien que nucléiques.
chaque classe contienne de nombreux membres, ceux-ci sont regroupés sous une seule définition • Résumer les fonctions
structurale ou fonctionnelle. L’identification de la classe d’une molécule donnée peut aider à pré- biologiques des principales
dire ses propriétés chimiques et éventuellement son rôle au sein de la cellule. classes de biomolécules.
1. Les acides aminés Les composés les plus simples comportent les acides aminés, ainsi
nommés car ils contiennent un groupe amino (−NH2) et un groupe acide carboxylique (−COOH).
Dans les conditions physiologiques, ces groupes sont en fait ionisés en −NH3+ et COO−. L’alanine, un
acide aminé commun, peut de même que toutes les petites molécules, être décrit de différentes façons,
par exemple : par une formule structurale, un modèle en boules et bâtonnets ou un modèle compact
(Fig. 1.3) Les autres acides aminés ressemblent à l’alanine par leur structure de base mais au lieu du
groupe méthyle (−CH3), ils ont un autre groupe, appelé chaîne latérale ou groupe R, lequel peut aussi
contenir N, O ou S ; par exemple
COO– COO–
O
H C CH2 C H C CH2 SH
NH3+ NH2 NH3+
Asparagine Cystéine
1
H
5 6 7 8 9
B C N O F
11 12 13 14 15 16 17
Na Mg Al Si P S Cl
19 20 23 24 25 26 27 28 29 30 33 34 35
K Ca V Cr Mn Fe Co Ni Cu Zn As Se Br
42 48 53
Mo Cd I
74
W
FIGURE 1.2 Les éléments trouvés dans les systèmes biologiques. Les éléments les plus abondants
sont ombrés de la façon la plus intense, les oligoéléments (éléments en trace) de la façon la plus légère.
Les organismes ne contiennent pas tous la totalité des oligoéléments. Les biomolécules contiennent
principalement H, C, N, O, P et S.
O O O
Cétone R C R C (groupe carbonyle), R C (groupe acyle)
O O
Acide carboxyliqueb R C OH ou C OH (groupe carboxyle) ou
(Carboxylate) O O
R C O– C O– (groupe carboxyle)
O O
Ester R C OR C O (liaison ester)
O
Amide R C NH2
O O
R C NHR C N (groupe amido)
O
R C NR2
Imineb R NH ou R NH+2 + H
R NR ou R NHR+ C N ou C N (groupe imino)
O O
Ester d’acide phosphoriqueb R O P OH ou O P O (liaison phosphoester)
OH OH
O O O
R O P O– P OH ou P O– (groupe phosphoryle, Pi )
O– OH O–
O O O O
Ester d’acide diphosphoriqueb R O P O P OH ou O P O P O (liaison phosphoanhydride)
OH OH OH OH
O O O O O O
R O P O P O– P O P OH ou P O P O–
O– O– OH OH O– O–
(groupe diphosphoryle, groupe pyrophosphoryle, PPi )
a
R représente un groupe carboné quelconque. Dans une molécule possédant plusieurs groupes R, ceux-ci peuvent être identiques ou différents.
b
Dans les conditions physiologiques, ces groupes sont ionisés et portent donc une charge positive ou négative.
Q Cachez la colonne des structures et dessinez la structure de chacun des composés de la liste de gauche. Faites de même pour
chaque groupe fonctionnel.
COO
H C CH3
NH
3
(a)
Dans une formule structurale,
certaines liaisons, comme les
liaisons C—O et N—H, sont
implicites. Autour du carbone (b) (c)
central, les liaisons
horizontales sont situées Les atomes sont colorés de façon conventionnelle : Dans un modèle compact, chaque atome
légèrement au-dessus du plan C en gris, N en bleu, O en rouge et H en blanc. est figuré comme une sphère dont le
de la page et les liaisons Cette représentation en boules et bâtonnets diamètre (diamètre de van der Waals)
verticales légèrement en montre la nature des atomes et leurs positions correspond à la distance minimale à
arrière de lui. relatives dans l’espace. laquelle un autre atome peut s’approcher.
FIGURE 1.3 Représentations de l’alanine. La formule structurale boules et bâtonnets (b), bien que les tailles relatives et les charges
(a) montre tous les atomes et les principales liaisons. Comme électriques des atomes ne soient pas montrées. Un modèle compact
l’atome de carbone central a une géométrie tétraédrique, ses quatre (c) décrit de façon optimale la forme réelle de la molécule mais il
liaisons ne peuvent pas être dans le plan de la page. Cette disposition peut cacher certains de ses atomes et les liaisons.
tétraédrique est plus correctement décrite dans le modèle éclaté en
2. Les glucides Les glucides (hydrates de carbone) simples (aussi appelés monosaccha
rides ou simplement sucres) ont pour formule (CH2O)n, où n ≥ 3. Le glucose, un monosaccharide
à six atomes de carbone, a pour formule C6H12O6. Il est parfois commode de le dessiner comme une
chaîne ressemblant à une échelle (à gauche) pourtant le glucose en solution adopte une structure
cyclique (à droite) ;
O H
C
H C OH CH2OH
HO C H O
H H H
H C OH
OH H
H C OH HO OH
CH2OH H OH
Glucose
Dans la représentation en structure cyclique, les liaisons en trait plus sombre se situent en avant
du plan de la page et les plus claires en arrière. Dans de nombreux monosaccharides un groupe
hydroxyle ou plusieurs, sont remplacés par d’autres groupes mais la structure cyclique de ces molé-
cules et leurs nombreux groupes −OH permettent facilement de les identifier comme des glucides.
3. Les nucléotides Les composants des nucléotides sont un sucre à cinq atomes de car-
bone, un cycle contenant de l’azote et un ou plusieurs groupes phosphate. Par exemple, l’adénosine
triphosphate (ATP) contient le groupe azoté adénine lié à un monosaccharide, le ribose, auquel est
également attaché un groupe triphosphate :
NH2
N Adénine
N
Triphosphate
O O O N N
–
O P O P O P O CH2 O
O– O– O– H H Ribose
H H
OH OH
Adénosine triphosphate (ATP)
Les nucléotides les plus fréquents sont des mono-, di- et triphosphates contenant les composés azo-
tés cycliques (ou bases), adénine, cytosine, guanine, thymine ou uracile (abrégés A, C, G, T et U).
4. Les lipides Le quatrième groupe majeur de biomolécules est constitué par les lipides. Ces
composés ne peuvent pas être décrits par une seule formule structurale car il s’agit d’un ensemble de
diverses molécules. Pourtant ils ont en commun une tendance à une mauvaise solubilité dans l’eau du
fait de leur structure en gros de type hydrocarbure. Par exemple, l’acide palmitique est constitué d’une
chaîne hautement insoluble de 15 atomes de carbone attachée à un groupe d’acide carboxylique, qui
est ionisé dans les conditions physiologiques. Le lipide anionique est de ce fait appelé palmitate.
O
CH2 CH2 CH2 CH2 CH2 CH2 CH2 C O
H3C CH2 CH2 CH2 CH2 CH2 CH2 CH2
Palmitate
Le cholestérol, bien qu’il diffère fortement du palmitate de par sa structure, est également peu
soluble dans l’eau du fait de sa composition de type hydrocarbure.
CH3 CH3
CH CH2 CH2 CH2 CH
CH3
CH3
CH3
HO
Cholestérol
Les cellules contiennent également quelques autres petites molécules qui ne peuvent pas être aisé-
ment classées dans les groupes ci-dessus ou qui sont construites à partir de molécules appartenant
à plusieurs de ces groupes.
Résidu
Monomères Polymère
Les biochimistes suivent certaines conventions en matière de termino- mega (M) 106 nano (n) 10 –9
logie pour la quantification des objets à l’échelle moléculaire. Ainsi la kilo (k) 103 pico (p) 10 –12
masse d’une molécule peut s’exprimer en unités de masse atomique, milli (m) 10 –3 femto (f) 10 –15
cependant la masse des molécules biologiques, notamment celle des micro (µ) 10–6
très grandes molécules, sont en général données sans unité. Il faut com-
prendre par là que la masse est exprimée par rapport à un douzième de la Par exemple, la concentration d’un sucre présent dans le sang humain,
masse d’un atome de l’isotope courant du carbone 12C (12,011 unités de le glucose, est d’environ 5 mM mais de nombreuses molécules intra-
masse atomique). Parfois le dalton (D) est utilisé comme unité (1 dalton cellulaires sont présentes à des concentrations de l’ordre µM ou moins.
= 1 unité de masse atomique), souvent avec le préfixe kilo, k (kD). C’est Les distances sont selon les cas exprimées en angströms, Å (1 Å
utile pour les macromolécules comme les protéines dont beaucoup ont = 10–10 m) ou en nanomètres (1 nm = 10–9 m). Par exemple, la dis-
des masses allant de 20 000 (20 kD) à plus de 1 000 000 (1 000 kD). tance entre les centres des atomes de carbone dans la liaison C—C est
Les préfixes du système métrique sont aussi nécessaires pour ex- d’environ 1,5 Å et le diamètre d’une molécule d’ADN est d’environ
primer les concentrations infimes des biomolécules dans les cellules 20 Å.
vivantes. Les concentrations sont en général données en moles par Q Le diamètre d’une cellule bactérienne sphérique typique
litre (mol · L–1 ou M), avec les préfixes appropriés comme m, µ ou n : est d’environ 1 μm, quel est le volume d’une telle cellule ?
La liaison entre les unités monomériques est caractéristique de chaque type de polymère. Une fois
incorporés dans le polymère, les monomères sont appelés résidus. Au sens strict, les lipides ne
forment pas de polymère, même s’ils ont tendance à s’agréger pour former des structures de taille
supérieure comme les membranes des cellules par exemple.
1. Les protéines Les polymères d’acides aminés sont appelés polypeptides ou proté
ines. Vingt acides aminés différents servent de briques élémentaires pour construire les proté-
ines, qui peuvent contenir plusieurs centaines de résidus d’acides aminés. Les résidus d’acides
aminés sont liés les uns aux autres par des liaisons amides appelées liaisons peptidiques. Une
liaison peptidique (flèche) relie les deux résidus en un dipeptide (les chaînes latérales des (a)
acides aminés sont représentées par R1 et R2).
R1 O R2 O
H3N C C N C C
H H H O–
Comme les chaînes latérales des 20 acides aminés ont des tailles, des formes et des propriétés
chimiques différentes, la conformation exacte (forme tridimensionnelle) de la chaîne polypepti-
dique dépend de sa composition en acides aminés. Par exemple, l’endothéline, un petit polypeptide
de 21 résidus adopte une forme compacte dans laquelle le polymère se courbe et se replie pour que
les groupes fonctionnels de ses résidus d’acides aminés trouvent leur place (Fig. 1.4).
Les 20 acides aminés différents peuvent se combiner dans pratiquement n’importe quel
ordre et pratiquement n’importe quelles proportions pour produire une multitude de polypep-
tides, qui ont tous une forme tridimensionnelle unique. Cette propriété fait des protéines la classe (b)
la plus variable du point de vue structural et donc la plus adaptable du point de vue fonctionnel
de tous les biopolymères. De ce fait, les protéines accomplissent une grande variété de taches FIGURE 1.4 Structure de
dans la cellule, que ce soit une participation à des réactions chimiques ou la fourniture d’un l’endothéline humaine. Les
Structure (pdb 1EDN) determined by
support structural. 21 résidus d’acides aminés de
B. A. Wallace and R. W. Jones.
ce polypeptide, colorés selon
un gradient du bleu au rouge,
2. Les acides nucléiques Les polymères de nucléotides sont appelés polynucléo forment une structure compacte.
tides ou acides nucléiques, plus connus sous le nom d’ADN et d’ARN. Contrairement aux En (a), chaque résidu d’acide
polypeptides, pour lesquels 20 acides aminés différents sont disponibles pour la polymérisa- aminé est représenté par une
tion, chaque acide nucléique ne comporte que quatre nucléotides différents. Ainsi, les résidus sphère. Le modèle en boules et
de l’ARN contiennent comme bases l’adénine, la cytosine, la guanine et l’uracile, alors que les bâtonnets (b) montre tous les
résidus de l’ADN contiennent l’adénine, la cytosine, la guanine et la thymine. La polymérisation atomes sauf ceux d’hydrogène.
met en jeu des groupes du phosphate et du sucre des nucléotides, qui sont reliés par des liaisons [Structure (pdb 1EDN) déterminée par
phosphodiester. B.A. Wallace et R.W. Jones].
O
O P O
O
CH2 O Base
H H
H H
O H
Liaison phosphodiester O P O
O
CH2 O Base
H H
H H
OH H
CGUACG En partie du fait que les nucléotides sont moins variables du point de vue de leur structure et leur
(a) chimie que les acides aminés, les acides nucléiques tendent à avoir des structures plus régulières
que les protéines. Cela cadre avec leur fonction primaire de support de l’information génétique,
laquelle est contenue dans la séquence des résidus de nucléotides plutôt que dans leur forme tridi-
mensionnelle (Fig. 1.5). Cependant, certains acides nucléiques se courbent et se replient, adoptant
des formes globulaires compactes comme le font les protéines.
CH2OH CH2OH
(b) O O
Structure (pdb ARF0108) determined by H H H H H H
FIGURE 1.5 Structure d’un
R. Biswas, S. N. Mitra, and M. Sundaralingam.
acide nucléique. (a) Séquence OH H OH H
des résidus de nucléotides HO O OH
utilisant le code d’abréviations à
une lettre. (b) Modèle en boules H OH H OH
et bâtonnets du polynucléotide,
montrant tous les atomes sauf
ceux d’hydrogène (cette structure Les monomères de glucose sont aussi les briques constitutives de la cellulose, le polymère allongé
est un segment d’ARN à six qui aide à rigidifier la paroi des cellules végétales (Fig. 1.6). Les polymères d’amidon et de cellu-
résidus). [Structure (pdb ARF0108) lose se distinguent par la disposition des liaisons glycosidiques entre les résidus de glucose.
déterminée par R. Biswas, S.N. Mitra et Les brèves descriptions des polymères biologiques données ci-dessus sont des généralisations,
M Sundaralingam]. censées donner une idée générale des structures et des fonctions possibles de ces macromolécules.
Il existe une foule d’exceptions à ces généralisations. Par exemple, certains petits polysaccharides
codent une information permettant aux cellules qui les portent à leur surface de se reconnaître entre
elles. De même, certains acides nucléiques ont des rôles structuraux, par exemple comme sque-
lette des ribosomes, qui sont les petites particules où a lieu la synthèse protéique. Dans certaines
conditions, les protéines font office de molécules de stockage de carburant. Le Tableau 1.2 offre
Glucose
Amidon
Cellulose
FIGURE 1.6 Le glucose et ses polymères. L’amidon et la cellulose sont tous deux des
polysaccharides à base de résidus de glucose. Ils diffèrent par le type de liaison chimique entre les
unités monosaccharidiques. Les molécules d’amidon ont une conformation hélicoïdale lâche tandis que
les molécules de cellulose sont étendues et relativement rigides.
un résumé des fonctions majeures et mineures des protéines, des polysaccharides et des acides
nucléiques.
RÉVISION DES CONCEPTS
• Quels sont les six éléments les plus abondants dans les molécules biologiques ?
• Nommez les groupes fonctionnels et les liaisons communs présents dans le Tableau 1.1.
• Donnez les définitions structurales et fonctionnelles des acides aminés, des
monosaccharides, des nucléotides et des lipides.
• Quel avantage y-a-t-il à construire un polymère à partir de monomères ?
• Donnez les définitions structurales des protéines, des polysaccharides et des acides
nucléiques.
• Comment nomme-t-on la liaison dans chacun des types de polymères ?
• Donnez les principales fonctions des protéines, des polysaccharides et des acides nucléiques.
EFFECTUE SUPPORT DE
CODAGE DES RÉACTIONS STOCKAGE STRUCTURE
BIOPOLYMÈRE D’INFORMATION MÉTABOLIQUES D’ÉNERGIE CELLULAIRE
Protéines — ✔ ✓ ✔
Acides nucléiques ✔ ✓ — ✓
Polysaccharides ✓ — ✔ ✔
✔ fonction majeure
✓ fonction mineure
ObjectifS pédagogiqueS
1.3 L’énergie et le métabolisme
Expliquer comment
l’enthalpie, l’entropie et
L’assemblage des petites molécules en macromolécules polymériques nécessite de l’énergie. De
l’énergie libre s’appliquent
plus, à moins que les unités monomériques ne soient déjà disponibles, une cellule doit les synthé-
aux systèmes biologiques.
tiser et cela requiert aussi de l’énergie. En fait, les cellules ont besoin d’énergie pour toutes leurs
• Définir l’enthalpie, l’entropie fonctions assurant leur vie, leur croissance et leur reproduction.
et l’énergie libre. Il est pratique de décrire l’énergie des systèmes biologiques en utilisant la terminologie de
• Écrire l’équation qui relie les la thermodynamique (l’étude de la chaleur et des forces). Un organisme, comme tout système
variations de l’enthalpie, de chimique, est soumis aux lois de la thermodynamique. Selon la première loi de la thermodyna-
l’entropie et de l’énergie libre. mique, il ne peut y avoir ni création, ni destruction d’énergie, mais il peut y avoir transformation.
• Relier les variations de Ainsi, l’énergie d’une rivière franchissant un barrage peut être convertie en électricité, qui peut
l’enthalpie, de l’entropie à la servir à produire de la chaleur ou un travail mécanique. On peut considérer les cellules comme de
spontanéité d’un processus. minuscules machines qui utilisent l’énergie chimique comme moteur de réactions métaboliques et
• Décrire le flux d’énergie qui qui peuvent aussi produire de la chaleur ou effectuer un travail mécanique.
rend les systèmes vivants
possibles du point de vue
thermodynamique.
L’enthalpie et l’entropie sont les composantes de l’énergie libre
L’énergie qui nous intéresse dans les systèmes biologiques est appelée énergie libre de Gibbs (le
scientifique qui l’a définie) ou simplement énergie libre. Elle est symbolisée par G et s’exprime en
joules par mole (J · mol-1). L’énergie libre a deux composantes : l’enthalpie et l’entropie. L’enthal-
pie (symbolisée par H, exprimée en J · mol−1) est considérée comme équivalente à la chaleur conte-
nue dans le système. L’entropie (symbolisée par S, exprimée en J · K−1 · mol−1) est une mesure de
la façon dont l’énergie est dispersée dans le système. On peut donc considérer que l’entropie est
une mesure de l’état aléatoire ou de désordre du système, puisque plus il y a de façons de disposer
les composants d’un système plus l’énergie est dispersée. Prenons, par exemple, une table de bil-
lard au début d’une partie lorsque les 15 boules sont disposées en un triangle bien ordonné (un état
d’ordre élevé ou de faible entropie). Après le début du jeu, les boules sont dispersées sur le billard,
cela représente un état de désordre et d’entropie élevée (Fig. 1.7).
L’énergie libre, l’enthalpie et l’entropie sont reliées par l’équation
G = H – TS [1.1]
Où T représente la température en degrés Kelvin (équivalents aux degrés Celsius plus 273). La
température est un coefficient de l’entropie car l’entropie varie avec la température ; l’entropie
d’une substance augmente quand on la chauffe car davantage d’énergie thermique est dispersée en
(a) (b)
FIGURE 1.7 Illustration de l’entropie. L’entropie est une mesure de la dispersion de l’énergie dans
un système, elle reflète donc la nature aléatoire du système ou son désordre. (a) L’entropie est basse
quand toutes les boules sont disposées sur une seule région de la table de billard. (b) L’entropie est
élevée une fois que les boules sont dispersées car il existe alors un nombre important de dispositions
différentes des boules sur le billard.
Q Comparez l’entropie d’une pelote de laine avant et après qu’un chat ait joué avec elle.
Pratt I Cornely
Biochimie
L’essentiel de la biochimie
Cette édition combine à la fois synthèse et clarté dans
sa façon d’aborder les différentes notions de biochimie
fondamentale, et les applications pratiques dans
les chapitres. Un bel ouvrage, conçu de manière
pédagogique, pour les étudiants du premier cycle
Des outils d’entrainement et de révision
- Chaque chapitre se termine par une série d’exercices
corrigés. De nombreux exercices sont des études
de cas basées sur des données de publications
scientifiques ou sur des rapports médicaux.
- Les résumés et glossaires à la fin de chaque chapitre
Biochimie
universitaire. aident le lecteur à extraire l’essentiel et à contrôler
- La première partie expose les notions de chimie de l’acquisition des notions développées.
base nécessaires à la compréhension des réactions - Chaque paragraphe est introduit par une liste
biochimiques, et ensuite les biomolécules, leur nature d’objectifs et de compétences à atteindre et
polymérique et leurs fonctions biologiques. se termine par des problèmes pour évaluer les
connaissances et une révision des concepts.
Traduction de Lionel Domenjoud
- La deuxième partie concerne les grandes fonctions
métaboliques et les réactions impliquées. Cet ouvrage est destiné aux étudiants en 1er cycle de 2 e édition
- La troisième partie aborde les trois thèmes de biochimie et de biologie, aux étudiants en sciences
base de la biologie moléculaire d’un point de vue médicales, et à ceux préparant les concours de
biochimique, à savoir : la réplication et la réparation l’enseignement (Capes en particulier).
de l’ADN, sa transcription en ARN puis sa traduction
Biochimie
en protéine.
- Son approche progressive et enrichie d’exemples Traduction de la 4e édition américaine
pratiques permet à l’étudiant de mieux intégrer les Lionel Domenjoud est Maître de conférences à
processus biochimiques. l’Université de Lorraine. Biologiste et embryologiste
- L’ouvrage réserve une place importante aux moléculaire de formation initiale. Il travaille actuellement
dernières recherches et applications en biochimie : sur les gènes cibles de facteurs de transcription impliqués
le séquençage de l’ADN, une discussion sur les dans la cancérogenèse, au sein de l’équipe de cancéro-
lipides des archées, une nouvelle présentation du logie STICMo du laboratoire du CRAN de l’Université
mécanisme de la ribonucléotide réductase, etc. de Lorraine.
ISBN : 978-2-8073-1312-5
Photo : [Link]
illu : D.R.