A NNALES SCIENTIFIQUES DE L’É.N.S.
P. A PPELL
Sur une classe d’équations différentielles linéaires binômes
à coefficients algébriques
Annales scientifiques de l’É.N.S. 2e série, tome 12 (1883), p. 9-46
<[Link]
© Gauthier-Villars (Éditions scientifiques et médicales Elsevier), 1883, tous droits réservés.
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SUR UNE CLASSE
D'ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES
A C O E F F I C I E N T S A L G É B R I Q U E S (^,
PAR M. P. APPELL,
MAÎTRE DE CONFÉRENCES A L'ÉCOLE NORMALE.
Dans ce Mémoire, je m'occupe des équations différentielles linéaires
de la forme
rîk ^
(A) ^.=:^y)^
où ^[oc,y} est une fonction rationnelle de x et j, la variable y étant
liée à oc par une équation algébrique
(B) F(^,7)=o.
J'indique le moyen de reconnaître si l'équation ( A ) admet une inté-
grale de la forme
(C) z^e^'y^^,
o{oc,y} étant une fonction rationnelle de x ety, et de trouver cette in-
tégrale si elle existe
J'examine plus particulièrement le cas de k=. 2
^2 »
(D) ^=^,y).;
( 1 ) Mémoire présenté à l'Académie des Sciences dans la séance du 20 janvier 188^.
Ann< de l'Èc. Normale. 2e Série. Tome Xlï. — jANViEn i883. 2
10 P. APPELL.
toute équation différentielle linéaire du second ordre à coefficients
rationnels en x et y
.,-,, dîu , , du , .
(E) ^ +?l(^y)^+?2(^.r)^ : =o,
y, et c'a étant des fonctions rationnelles, peut, comme il est connu, être
ramenée à la forme (D) par la substitution
-\S^^y}àx
2
u == ze ;
et, si l'équation (E) admet une intégrale de la forme (C), il en est de
même de l'équation (D), et réciproquement.
J'étudie plus spécialement les cas dans lesquels le genre/? de l'équa-
tion (B) est égal à zéro ou à l'unité.
1. Soit d'abord une équation différentielle linéaire du second ordre
de la forme ( 1 )
(0 Ê-^^
^(^?) étant une fonction rationnelle de x. Voici comment on peut r(ï-
connaître si cette équation admet une intégrale de la forme
(2) y-z^e^^^,
où y (a?) est rationnel, et trouver cette intégrale si elle existe.
On peut toujours ramener Inéquation ( ï ) à une autre de même forme,
dans laquelle le point co est un pôle ou un point ordinaire de l'inté-
grale. En effet, soit x == x^ une valeur qui ne rende pas infinie la fonc-
tion ^>{^); Véquation (ï) admet, dans le voisinage de cette valeur x^,
un système fondamental d'intégrales holomorphes
y\ =^o-+- Xi(^-~a7o)+ ^ ( ^ — ^ o ) 2 - ^ . .,
^^^o+l^^—^oï+l^^—^o)2^. .• •
Cela posé, faisons, dans l'équation (ï),
, ^^=^ y^^
( i ) Toute équation différentielle linéaire du second ordre à coefficients rationnels peut
être ramenée à cette forme.
SUR UNE CLASSE D'ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES BINOMES, ETC. 1l
elle devient
,3, d^z z , ( i\
(3) ^^FH^^
équation qui, dans le voisinage du point ^===00, admet le système fon-
damental d'intégrales
( ^i=^i=^-+-^4-^-h...,
(4) ^
f ^2 == </2 == ^o ^ +• ^1 -^- P-2 T -!- • • • ;
. A
l'intégrale générale
z = A\ ^i -4- À'2 ^2 := (/qAo -4- Â-gp-o)^ -+- (Â'i^i-+-A*2^) + (A-iXa-t- Â'a^a) - 4-. . .
devient donc, au point t = co , infinie du premier ordre, et il existe une
intégrale particulière qui reste finie pour t == oo , à savoir celle que l'on
obtient en déterminant les constantes arbitraires k^ et/^a par la condi-
tion
Â-iXo-1-- À'2^o ^ O .
Mais il ne peut pas arriver que cette intégrale particulière s'annule pour
t == co , car il faudrait pour cela
Â-l \i -h Â'2 (J.1 == 0,
et alors l'intégrale particulière
y == ^iji + A^j'a
de l'équation ( i ) s'annulerait, ainsi que sa dérivée première au point
,r==^, ce qui est impossible.
Remarquons, en outre, que, si l'équation ( i ) admet une intégrale de
la forme (2), l'équation (3) admet une intégrale de la même forme
r f i\ fît /•ri i / i\-i ,
z=.£e~'J^O+u^=eJ LT-ii-^^^-JJ^
et, de plus, pour t= oo , cette intégrale devient infinie ou reste finie
Posons, pour abréger,
^-^y(^+^)=^(^),
i . / . , i\ .^
^(^o+^)=/(^,
i \ i/
12 P. APPELL.
nous aurons âne équation
(5) S^)'
admettant, dans le voisinage de <?=== oo , un système fondamental de la
forme (4); et il s'agit de chercher si cette équation admet une intégrale
de la forme
(6) z^e^W111,
f{t) et is[t) étant rationnels.
2. Si l'équation (5) admet une intégrale de la forme (6), il faut
d'abord î 7 ( î o ) = = o ; car, sans cela, le point t == oo serait pour z un
point singulier essentiel, ce qui n'est pas, d'après la forme ( 4 ) du
système fondamental dans le voisinage de ce point.
Soient a, &, c, ..., / les infinis de CT(^); a, p, ..., ^ les ordres res-
pectifs de ces infinis. La fonction CT(^) peut se mettre sous la forme
w •«^[^(ï^,-.—^]'
la somme étant étendue à tous les pôles. Pour t' == x > , la fonction
^ f ^ ^ d t devient infinie comme
^AI+BI+.-.+LI .
donc, d'après les remarques faites précédemment sur l'intégrale géné-
rale s == / c ^ z ^ 4- k^z^ on a
(8) Ai+ B i + . . . + L i = i OVL ==o.
Pour que
<3== e^^^
soit une intégrale de l'équation (Ô), il faut et il suffit que l'on ait
(9) f^^^Ï
Donc il faut déjà que/(oo ) == o, ce qui a lieu ; car/(^) == t^ ^(.^•4-
\ -\ t/
et ^(^o) est fini. Voyons maintenant de quelle forme est le développe-
ment de cy2 + ~-° dans le voisinage
v d^un infini t === a. On a dans le
w
SUR UNE CLASSE D'ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES BINOMES, ETC. l3
domaine de ce p o i n t
^-^^(T^^-^r^^^-^--
donc
,, _ _Aï_ 2 A« Aq^i ^_ A j-.i-i- 2AqAa-2
^-^)——^r-^y^+^__^y2a-l • (^__^)2^2 ~î-'•'
2'AiAa+-2AgAq--i-r-. . . 3 A « P o - t - 2AiA.a-.i-t-. . . _^
4
" (^—a)^11 (^—a)^- t
"""
aA
^~ ^ ^ _ ( ^ — x ) A qa_ i __ Ai ?
^ — (^_^)a-^ (^—a) (^—a)2 i- 1 ----
Par conséquent
TO
"> t. ^ - ' A^ 3A«Aq..i A
lr±±^A2a6-1A% ^ -4-
''~ ~ ^ """ ( ^ — a ) ^ (^—a)^-1 (^--a) 2
-
3 A i Aq -r- 2 A, A«-i -i- . . . -— a .A^
' t~ {t—ciY-^
2 Aa PO + 2 A I Aa.-l -i- • • • — — ( a —— 1 ) Aa- i
+ ^ ^ ^ 4 _ . ...
a
Supposons d'abord a >• i ; alors le terme -——
( & — a^
—^ ne peut se réduire
avec aucun autre. II. faut que, si/(^) =rs^+ — admet rinfmi a à un
degré supérieur à 2,
^ = (7-^ + (7^^ + -•• + < A -. +Â -» +/^ ^- a ) 4 --••'
a' soit pair, vJ'== sa; alors, en comparant cette expression de f ( l ) h
celle de ^2 + -^?ûf^
l Aa ''==- ^aa; 2 A a A a — i ^ ^ ^ Â'^a-.i, A.a-i + 2 Aa A.a—[Link] ^aa--2? ...<
( 2 AI Aoi 4- 2 Ag Aa-i -+- . . . —— a Aa == Â'a-i-1,
ce qui donne a équations déterminant les coefficients
AI? A,2, . . . , Aa«
Comme Aa ^ deux déterminations ±\jk^ et que les relations ( 1 0 )
donnent tous les autres coefficients Aa-u Aa-a? • - • » A^ par des équa-
l4 P. APPELL.
îionsdu premier degré, on obtient, pour A , , A^ ..., Aa, deux systèmes
de valeurs :
A^, A ,3 5 . . . y A g( î
A"
A.^, A "3,
A . . . , k"
Aa*
On fera cette même détermination pour tous les infinis de/(<?) d'ordre
supérieur à 2.
Soit maintenant a == i, c'est-à-dire supposons
z n ( ^ ) == -AL-. + Po+ P,(^ - a) + . . . ;
d —— U>
îdors
, dv, __ A 2 — Ai 2 Ai Pô
OT
" ' " '^ "" (^ -- a) 2 + ^ •- a "^ " • • •
4
En écartant d'abord le cas de A^ == i, on voit que l'infini ^ = a est
double dans/(^); donc, si
„, „ Kt) A'<
^^-(T^^-^rra-^---
r^(iî) admet l'infini simple t=a, et le résidu correspondant Ai est
donné par l'équation
A^A,=/c,,
relation qui fournit deux valeurs pour Ao que nous désignerons par
A, et A',.
Mais, si l'on suppose A , = = = i , le terme en ^. C —x d } disparaît dans
^ 4- - ^ 3 ei il pourrait arriver, en outre, que Po== o: alors l'infini t === a
n'appaniendrait plus à f{t\ II y a donc deux cas possibles : ou bien
f(t} admet l'infini t == a au premier degré, ou bieny(<î) n'admet plus
l'infini a.
3. En résumé, pour qu'il y ait une intégrale de la forme e5^^^, il
faut d'abord que tous les infinis de/(^) soient d'ordre pair, excepté
certains d'entre eux qui peuvent être du premier ordre. Si a est un
infini def[t) d'ordre sa, ^r(^) devient infini en ce point comme
- A L4-- A L-+ ^ A;
f—a (i;.--a)2 ' (^—a) 1 1
SUR UNE CLASSE D'EQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES BINOMES, ETC. I3
ou comme
A"
A A" 4"
! , .^-^L_ __i_ , . A»
2
^--a (^-—a) " (^—aj»5
soit n le nombre de ces infinis. Si a est un infini du premier ordre
de/Ci), vs[t') devient infini en ce point comme ——; soit -n! le nombre
de ces infinis. Enfin CT(^) peut devenir infini du premier ordre en n"
points autres que les infinis de/(^)- Ces infinis ont tous le résidu i.
Les nombres n et n'sont connus; n" est inconnu. D'après la condi-
tion (8), on doit avoir
(8Q SAi4" n'-^-n^o ou ==i.
La somme 2 A, a ^ déterminations distinctes, puisque chacune des
n quantités A^ a deux valeurs A\ et A"^ A cause de la relation (8'),
il faut exclure de toutes ces déterminations celles pour lesquelles
sAi -t-^—i
n est pas un entier négatif ou nul. S'il faut exclure toutes les détermi-
nations des quantités A,, l'équation n'admet pas d'intégrale de la
forme considérée. S'il y a des déterminations satisfaisant à la condition
^ A i - h / î ' — î == un entier négatif ou n u l , on déterminera n^ par la
relation (8 7 ) qui donne, en général, deux valeurs pour /^/, excepté
dans le cas où 2A^ -+- n' — î == o; alors n" = o. On formera ensuiîe les
fonctions ^(t} correspondantes en nombre fini contenant n" fractions
simples
î î . î:
t — UY t — ^2 t — ^n"
les quantités u^ étant indéterminées; et l'on essayera chacune de ces
fonctions CT(^) pour vérifier l'équation
^-/V).
Si l'une d'elles vérifie cette équation, l'équation différentielle (5)
admet pour intégrale
z-=. e^^^.
ï6 P* APPEU.
4. Exemple. -— Soit Féqualion
^y _ 3 x^ — 18 x "h 19
•^ ~~ 4(i — x Y - r '
Le coefficient dey reste fini pour x= o; faisons
__ ï __ Z
tr
""" ï 5 J
" 7'
l'équation devient
d^z __ s 19^—18^-+-3
T^ "" ^ ( ^ — ï ) ' - 4 *
Dans le cas actuel
IQ^ — ï s& 4- 3 i 3 3 r
^^.)- 4^(^-i) 4 "' (6-iY + (^-i) 3 ^ ' - ' ^ / i ^ I.,!.„
/'/ / \ —— «-/_____________'^^^^ —— __________ ) __________ _l_ ,_l __. __
""
f(t) ayant tous ses infiûis d'ordre pair, il n'est pas impossible qu'il y
ait une intégrale de la forme
^=:eJ'^)^
vî{t) étant rationnel. Cette fonction ^[t} devra admettre l'infini / == i
au second ordre, et t == o au premier; elle pourra avoir, en o u t r e ,
n" infinis du premier ordre de résidu î . Dans le voisinage de t == ï ,
Aa Ai
^ ^ - T T — — 2^ + F T — — . ^ - - ;
(^~ï) (^ï)""''"'
donc
A j = i , 2A,(A,-i)=3,
ce qui donne deux systèmes de valeurs
A^ï, Ai=5,
A 3=—I,
" T
AI==—-,
A " ^ .
dans le voisinage de t == o
n^) =4-....;
donc
|î2 0 __ 3
UI-BI-^,
SUR UNE CLASSE D ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES BINOMES, ETC. in
ce qui donne deux valeurs
I
B /1, __
, == —— — 5
T>'/
jj
A
°
—2 — .
2 2
D'après la relation (8'), il faut
Ai-h-Bi-h/^:=:i ou ==o,
car ici ri\ nombre des infinis du premier ordre de f[t}, est nul. Donc
A< + B< ~ - i doit être un nombre entier négatif ou n u l . Or on a
A^-f-B,~ï=i,
A'i+B,--!^-^
A'i -{- B', — i -=. 3,
A^+B^-i^o.
Les seules combinaisons possibles sont donc
A^ B'i, ^=1 ou ^=2,
et
A'i, B'[, ^=o.
Cette dernière étant la plus simple, essayons la fonction correspon-
dante
^)_ A-, A-, B', _ x . __j__ 3 r
' ' " ^ — — l (ï-l)2 f ~ 2 f-I (^-I)2 +
2^•
On vérifie facileraent que
^-»-=/(^
/—^3—— 1
donc on a l'intégrale z == e^^^ i/—— e^"" 1 .
<» y ~ "— ^
•
5. Je vais maintenant appliquer la méthode précédente à la solution
d'une question plus générale.
Soit F ( ^ , y ) = = o une équation algébrique entre x et j; et soit
^(a?,j) une fonction rationnelle de x et 7; je considère une équation
différentielle de la forme
(rl) ^=^(^.r)>
e
Ann. de l'Éc. Normale. 1 Série. Tome XIÏ. — JANVIER i883. 3
l8 P. APPELL.
et je me propose de chercher si cette équation admet une intégrale z
de la forme
(12) ^me^^r)^
où ^{x,y} est rationnel en x et y . Je suppose que la courbe F (^5 y) == o
est du degré m et du genre? > o ( ' ) , et que tous les points critiques
soient du second ordre, c'est-à-dire qu'il n'y ait que des points où deux
racines seulement deviennent égales. On sait que l'on peut, par une
substitution rationnelle, ramener le cas général à ce cas particulier.
Comme précédemment, nous transformerons d'abord l'équation (i i )
en une autre de même forme dans laquelle le point oo soit un pôle ou
un point ordinaire pour les m branches de la fonction intégrale. Pour
cela désignons par x== x^ un point qui ne soit ni un point critique de
la fonction algébriqueyde œ, ni un infini de ^(^,y); et soient
yol? Vos? * • •? yow
iesm valeurs dey correspondant à oc ==â?o. Faisons dans l'équation (i s)
I 7) Ç
x-=x^--^ y=,î ^==j;
cette équation devient
(-)
/ ^
^-FU^r?^
^ I , / Ï ^\.
avec
F ^0+^^=0,
et dans cette nouvelle équation (i3) le point ^ === œ est un pôle ou un
point ordinaire, pour les m branches de la fonction intégrale. En effet,
dans le voisinage de x ==^0, une des valeurs y^ de y est de là forme
's
y^yo^+^C^—^o) +^^(^—^o) 2 +... o'=:i,2,. ..,m);
et, si l'on remplace dans l'équation ( n ) y par ce développement y^
( 1 ) Le cas de/;>== o se ramène immédiatement au problème traité précédemment; il suffit
pour cela de remplacer dans (n) x et y par leurs expressions en fonction rationnelle d'un
paramètre.
SUR UNE CLASSE D'ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES BINOMES, ETC. ÏQ
on a dans le voisinage de X-==XQ un système fondamental d'intégrales
de la forme
^11=^1^- ^ u C ^ — ^ o ) -4- ^(^--^o)' 2 -^ . . • ) ,. ,
(/. •=. ï , 2,. .., m).
z^=^oi 4 - ^ i z ( ^ — ^ o ) -h^K^—.ro) 2 -4- . . . )
Dans l'intégrale générale
S^ •==. /C^ Z^ -4-- ki^Z^
on peut déterminer les constantes arbitraires k^ et k^ de façon que s,
devienne nul poura7==^o; mais alors — ne peut pas s'annuler pour
X-=XQ, car autrement, d'après l'équation différentielle, toutes les dé-
rivées de ^i s'annuleraient pour cette valeur.
Si l'on passe aux variables S» ^» Ç» on voit que, dans le voisinage
de Ç = '=o , ^ a m valeurs distincles de la forme
_ ^ -\ -.1
^i ==:}''oi^ -+- AU- 4- A^- ^
. i
4- À 3 ^ 7^ •+ . . . ,
et le système fondamental d'intégrales correspondantes est
„ „ ,. i i
Çfi = S^i == î-x-o^ -+- ^n- + ^a/ F- -(- î^u ^ " + • • • " • »
.- >. >. ï 1
Ç,2 === Ç,5,2 == V o ^ Ç -1-^iî- 4- V a / j- -+- ^3, p + . . .;
d'où il résulte qu'une intégrale quelconque
^ == A-.i ^•i 4- /C/2 ^•2
est infinie du premier ordre p o u r Ç = c o ou reste finie, mais ne peut
pas s'annuler pour ^ = 0 0 .
De plus, il est évident que, si l'équation ( u ) admet une intégrale
de la forme (12)^ l'équation (ï 3) admettra une intégrale de la forme
Ç^^J^(Ç,-/l)(^
où ^(^,11) est une fonction rationnelle
l
/?- v 1 / 1 r\\
7îr(ç,r0 == ^— ^ oL^ + ^ j-^
.20 P. APPELL.
et réciproquement. Faisant alors
/ ( ^ ) = ^ ? ( ^ o + ^ j^
G(^rO=F/.ro-h^ ||^
et remplaçant, pour plus de commodité, les lettres Ç, Y?, Ç par ^', y, z,
on a une équation différentielle
d^"
(i3) ;7~2
dx^ ^^/(^J)
avec
G(^j)=o,
et une intégrale quelconque de l'équation (i5) est, p o u r ^ = ^ , in-
finie du premier ordre ou finie, mais jamais nulle. Il s'agit alors de
chercher si celte équation ( f 5 ) admet une intégrale de la forme
(16) ^^^^{x,y)dx^
et, si une pareille intégrale existe, de la trouver. Pour cela, nous em-
ploierons une méthode analogue à la précédente, en nous rappelant
qu'une fonction rationnelle ^(<z?,j) de x e t y e s t déterminée q u a n d on
connaît sa valeur en un point, ses infinis et la façon dont elle y devient
infinie.
L'expression analytique d'une fonction rationnelle déterminée de
cetle façon est fournie par la formule de Roch, analogue à la for-
mule de décomposition des fractions rationnelles en fractions simples.
(Voir Journal de Crelle, t. 84, p. 294 ; Lettre de M. Lindemann à M. Her-
mite.)
6. Remarquons d'abord que, si l'équation ( i 5 ) admet une intégrale
telle que (x6), toutes les déterminations de w(^,y) doivent s'annuler
pour ^==co , car autrement le point a) serait un point singulier essen-
tiel pour une des branches de l'intégrale z, ce qui n'est pas» Soit alors
/ \ / \ '^i i^iï iï'i<t> , . *
(17) TO(a?,j,)=-+—-t-—-f-... ( ( = 1 , 2 , ...,m)
JLf JU •Jb
SUR UNE CLASSE Û'ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES BINOMES, ETC. 2î
une des branches de v5{x,y} dans le voisinage de x'===- oo ; on a
_ Â ^ _ 1 ^2
x
sz^e^^y^^ '==. x^e ~^^î~^"';
et, comme z est infini du premier ordre ou fini, on a
hi == î ou bien hi •==• o ( i •==. î, 2, ..., rn ).
Désignons par N le nombre des quantités /^ qui sont égales'à î :
o ^ N ^m.
7. Pour que l'équation ( i 5 ) ait une intégrale de la forme (16), il faut
et il suffit que
(.8) ^(.,r)+^T)=/(^).
Soit x == a, y== b un pôle de vs[x,y} distinct d'un point critique;
on a, dans le voisinage de ce point analytique,
zn(^ j ) ^ . Att 06
. + —A^ 0 1 + . . . + - ^ À _ - + - P , 4 - p , ( ^ - a ) + . . . .
' v ' {x—a) {x—a) '- ^'—a
On voit, comme précédemment, que si a > i,/(^,y) admet le même
infini x •==. à, y == b au degré 2a, et, si l'on fait,
/C2K  2ct l  4 1
f{X V} —— + ' - ^- + ^ - +.
J^^)—— ^ . _ _ ^ ) 2 a - + - ( ^ . _ a ) ^ - l - + - • • • - + - ( ^ _ _ ^ ) a 4 - l •T- • • • »
Ao Aa» • • • » Aa sont fournis par les équations (10), qui donnent deux.
systèmes de valeurs
À'
A k' k1
!? •*2'> ' ' • 5 • Aa ?
A"
2-1. ^ , A"2 ?
A
" • •? À' 7
-- a •
Si a == î et si Ai est différent de î ? y ( ^ ? y ) admet l'infini a au second
degré, et, en supposant
-, Ai) A1
^^-^r^-^^-^---
on a
A^ — A.i == /Ça,
équation qui donne deux valeurs A\ et A\ pour A ^ . Appelons n le
nombre des infinis de l'espèce précédente dans/(.r,^), c'est-à-dire le
22 ' P. APPELL.
nombre des infinis d'ordre pair qui ne coïncident pas avec un point
critique. Ce nombre n est connu, puisque/^, j) est donné.
Mais, si l'on suppose a == r , A , == i,œ= a n'est plus un infini que du
premierordre de/(.r,j), et si, en outre, Po==o»/(^.y) n'admet plus
l'infime. Appelons ri le nombre des infmis du premierordre de/(.r,j)
ne coïncidant avec aucun point critique; ces infinis proviennent d'infi-
nis du premier ordre de ^ { x , y } à résidu i. Le nombre n' est connu.
Enfin appelons ri' le nombre des infinis du premier ordre de 7s{x,y}
avant pour résidu i, ne coïncidant avec aucun point critique et n'appar-
tenant pas à/(a-,r). Ce nombre ri' n'est pas connu actuellement.
j
8. Cherchons maintenant comment -r- -h-^ 2 devient infini dans le
voisinage d'un point critique x = x^ y =y< ; nous dirons qu'une fonc-
tion devient infinie d'ordre \ au point ( ^ = ^ , y = = y , ) si le produit de
cette fonction par (<r — x^ tend vers une limite différente de zéro
quand le point analytique {oc, y} tend vers (a^,jj.
Supposons que, au point [ x = x ^ y ^ y ^ , rs[x^y} devienne infini
d'ordre -^
2 a entier.
. p
'Ua , vja—l r
^(^J)=—————————^+————————^J-+-...
2
{x-x,V {x-x,)
+ —^—i +• Qo ^ Qi(^ - ^i Y^... ;
(^—^)2
on a
ûfo ^ _ G! 2CaC^ • C^......i -+- 2CotC«^g
^ " " { x — ^i)01 i^ O
- L=J.
si (.r — ^i)»-1""""
(^—^0
2(CaC.2-+-Ca-lC34"...)——^C<x
(^-^)^1
2(C»Ci+Ca^C2+...)-^——~1 Ca,.«i
^^
â
^ (^—^i)
2
Soit d'abord a > 2 ; alors le terme
r±
/— —- ne peut se réduire avec
^ — ^\)
SUR UNE CLASSE D'ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES BINOMES, ETC. 2i3
aucun autre; donc déjà, si/(^,j) devient infini en un point critique
d'ordre plus grand que 2^ cet ordre est nécessairement un entier a; et,
si l'on suppose
A'.ia A.)a~i . »o:_n
f^.r)== ( ^ — ^ i ) 0 1 ————————^—^ -j- . . . -r- a -4.1 ' • ' •'
2 2
(.r—^i) (.r—^i)
on a
/ La' ':::::: ^Sa-,
2 Liai--'a--î ::::::: '^«.—if
L^_i -4- 2 Ça Ça—2 :::::: ^ 2 0 1 — 2 ?
09)
2 ( C a C 2 + Ca-lC3+. . .),- - C.^ Â-a^,
ce qui donne a équations déterminani les coefficients C^ Ça, < . . , C&.
Comme Ça a deux déterminations ±\jk^ et. que les relations (19)
d o n n e n t tous les autres coefficients Ca-o Ca-2» • • * ? C i par des équations
du premier degré, on obtient pour C^ C^, ..., Ça deux systèmes de
valeurs : •
r' lr'
'U,j_,
.^ 5 r'
. . . , <Ua,
p".», p'/ p'/
X.,^ , Lig , . . . , 'Lia-
On fera cette détermination pour tous les infinis de /(^ y} d'ordre
supérieur à ^ coïncidant avec des points critiques.
Soit maintenant a == 2 ; alors
!
r r
—— + ——'-1—r +Qo4-Qi(^—^) 2 •+-...,
CT(^J)=: x
-^ (^^
/ ^ ^ Ct—Cs 2CiC.—-|.C,
ï^l
T-, 2 +
clx {x—^•i)
1/ ., .1-
(^~^,o-
(20)
^ Q o C s + C i , ^[Link]+aQoC^Qi
l^ —tzl
^1 2
! "- (^-^)
SiCa est différent de î , / ( ^ , y ) = = w 4- ^
dx
admet l'infini ^, au'second
p
2/l - APPELL.
ordre; et, en supposant
/(^y) = ^;y 4 ^2 -h ——~i +
- • •?
( -^ (^-^) 2
on a
CJ-C^ÂV,
2CiC2—iCi=A-3,
relations qui donnent, pour C^ et C^, deux couples de valeurs C\, <X el
pr/ p^/
^1 ' ^2*
Supposons maintenant C a = = î , C^o; alors /{oc,y} est infini
d'ordre j. Mais, si Fon a C, = o, C^o, /(^j) est encore infini
d'ordre |. Donc, si
/Cg /Cg
+
f^,y)= —————i^^-r^
1
•••>
(.-^ "-"
on a
C^ .__Ci
CT(^y)==——^— -h — — — — — — T + - " -
x
^^ (^~^) 2
et
C|—G2-=0, 2CiC2—iCi=/C3;
d'où deux systèmes de valeurs, pour C< et €2,
Ci=:-2/C3, Ca==0
et
C^^ __ 2 /-
— 3 AS?
P" __ T
^ig—I*
Appelons q le nombre des infinis de f{x, y} coïncidant avec des
points critiques et d'ordre supérieur ou égal à |; ce nombre q est
connu. A chacun de ces points correspondent deux systèmes de valeurs
pour les constantes C^ €2, ..., Ça; ce qui fait en tout ^ groupes de
valeurs pour l'ensemble de ces constantes.
Il peut arriver que le développement (20) de ^ -(- ,- soit infini du
premier ordre ; cela aura lieu si
Ca==x, Ci=o, Qo^o,
et alors seulement. Donc, si/(^»j) devient infini du premier ordre
SUR UNE CLASSE D'ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES BINOMES, ETC. 2^
en un point critique x == ^,, on a, dans le voisinage de ce point,
1
i -
(:îi) T3(.r,r)-== ^ _ _ 4-Qo-4- ^ ( ^ — - ^ i ) 2 - ^ - • • •
Désignons par g ' le nombre des infinis du premier ordre de / { x ^ r }
coïncidant avec des points critiques; ce nombre q ' est connu.
Jl peut encore arriver que ^2 •+- -^ soit infini d'ordre 1; et cela peut
arriver de deux façons : ou bien en faisant
Ca=i, Ci==o, Qo=o,
ou bien
€2=0, Ci=o.
Dans le premier cas, r^[x, y) admet rinfinl x^ du premier ordre avec
le résidu i :
f22) •
i
n7(,:r,r)==-———^ ^ Q ^ ^ — ^ . ^ 1 2 - ^ . . .;
-1-
tZ' —— ;Z' ^
dans le second cas, rs{x,y} n'admet pas l'infini x = x^ Appelons q" le
nombre des points critiques où f[oo, y) devient infini d'ordre ^; q1' est
connu. Ces ^/ infinis de f{^,y) proviennent de q\ points où rs{x,y}
devient infini de la façon indiquée équation (22) et de y^ points où
7^{x,y) reste fini :
(28) ^+^^.
Ces deux nombres q\ et q^ ne sont pas connus.
Enfin, il peut arriver que ./"(^y) == ^+ -r- n'admette plus l'in-
finie == «a^ de ^(cî?,y); cette circonstance se présente lorsque
C2==i, Ci===o, Qy==:o, Q^==o,
3
i
(a4) . ^(^,j-)==-——— + 0 2 ( ^ — ^ ) 4 - Q3(^—,r^y+. ...
!,<<. ————— t^., ^
Appelons ^ le nombre des infinis du premier ordre de 7s[x, y ) coïnci-
dant avec des points singuliers et n'appartenant pas à ^-{-"j^; ce
nombre q"1 est, pour le moment, inconnu.
jinn. de l'Éc. Normale. 2° Série. Tome XII. — JANVIER i883. 4
20 P. APPELL.
9. Si l'équation (i5) admet une intégrale de la forme e ^ ^ ' , il y n,
entre les quantités A el C précédemment déterminées et les nombres
entiers positifs ou nuls N, n\ n\ q'\ y,, y", là relalion
. ( -25} — N + S A i +• a S Ça 4- /ï 1 -i- /i" -h 2 r/ -h 2 ^ -l- 2 ^ w == o,
avec
o ^ N < m, o ^ ^ < (/ ff .
De cette relation (aS), que nous démontreroas plus loin, on tire
(ao 7 ) I l A i + a S C a - t - ^ - i - a ^ - - m == — (/n — N ) — n" — 'îcf^—^cf, .
et l'on voit que le second membre de cette relation (^5') est égal à un
nombre entier négatif ou nul.
Nous avons trouvé, pour 2 A i , ^ déterminations et, pour ^Ca,
^ déterminations; donc la somme
( 26 ) S A 14- 2 S Gg •+• n' + -2 ^ / — m
a ^^déterminations. D'après (^5^ il faudra écarter celles pour les-
quelles la somme (26) n'est pas un entier négatif ou nul. Il peut arriver
que, de cette façon, il faille écarter les ^njrq déterminations; alors
réqualioû différentielle n'admet pas d'intégrale de la forme supposée.
Mais imaginons qu'il y ait certaines déterminations des A et des C
pour lesquelles la somme (26) soit un entier négatif ou nul. Prenons
l'une d'elles, et soil
S Ai --r 2 S Cg -h n' -h 2 / — m =-: -•- M' ;
alors, d'après (a5'),
(27) (m—N)-+-/^-h2^-4-2^=:M,
avec
o^(w-N)<^ o<q[ïq\ q\^q^q^
11 y a un nombre limité de systèmes de nombres positifs ou nuls
(m — N), n", ( j \ , q ' " satisfaisant à ces relations. Prenons un de ces
systèmes; il reste alors à former une fonction rationnelle ^{oc,y} deve-
nant infinie :
SUR UNE CLASSE D'ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES BINOMES, ETC. ^7
0
î En n points non critiques connus, comme
A. A.., ,_AL».
{x — a'Y {x — a)»-" 1 .;r — a.1
^ 0 En TI' points non critiques connus, comme
î
J^'a5
3° En T^ points non critiques inconnus a^ 0.2, .. ,, a^//, comme
'^? — €([
4° En y points critiques connus, comme
^a___ Lg-l ^1 .
^ -+- ——————^-z-j • • t * -~t~ 7^ ?
(^—^)2- (^_^)~T" (^_^^)i'
5° En €}' points critiques connus^ comme
x — a'i
6° En q\ points critiques inconnus Ç,, Ça, . < - , Ç^'; a choisir parmi
f)" points critiques connus, comme
Ï
.- . . '^~=~^J • .
7° Enfin, en q"' points critiques inconnus ^, Ça, ..., ^w, comme
î
^Ti
II y a" un nombre
^(^x)..,(^-^+i)
z
- T ^ — ^
de manières différentes de choisir les q\ points critiques c^, Ça, .. .,
Ç^/ parmi q" points critiques connus; et, si l'on appelle S le nombre
total des points critiques, il y a un nombre
^S(S-i).,.(S-^-i)
u
—— _ - . m
28 P ÀPPELL.
de manières différentes de choisir les q ' " points critiques E ^ , £2, ..., £,///.
Ïl y a donc en ioul II' manières de choisir les points 'Ci et £;•• Prenons
l'une d'entre elles. Nous avons alors à former une fonction ration-
nelles devenant, infinie d'une façon connue en ?i -{-n'-r-q ^rf/ + q\+ q ' "
points déterminés et devenant infinie comme —ï— en n1' points non
critiques inconnus a^ 03, .. ., a,//. Pour que cette fonction rationnelle
^[oc,y} existe, il faiit que les infinis et les numérateurs des termes
principaux correspondants vérifient/? relations connues (voir Journal
de Crelle^ t. 84, Lettre de M. Lindernann à M. Hermite, au bas de la
page 294). Supposons que ces/? relations ne soient pas impossibles et
que l'on puisse y satisfaire par des systèmes de valeurs de a^, a^ ..., a,//
en nombre fini ou infini. On formera, à l'aide de la formule de Roch,
l'expression de la fonction rationnelle devenant infinie de la façon in-
diquée» les quantités a^- étant liées par lesp relations de condition.
L'expression générale de ^(.r,j) contient une constante additive in-
connue; mais toutes les déterminations de ' ^ { s c , y ) doivent s'annuler
pour x == oo (n° 6); en écrivant qu'une des déterminations de rs{x,y)
est nulle pour x === so , on a la valeur de la constante additive expri-
mée en a,, a^ . » . , a^\ et les équations obtenues en écrivant que les
( m — i ) autres déterminations de v s [ x ^ y } sont nulles pour a?=oo
fourniront [m — ï) équations nouvelles entre a^ a^ ..., aqw. S'il est
possible de satisfaire à la fois à toutes ces équations, il ne reste plus
qu'avoir si l'on peut déterminer les quantités encore arbitraires dans
sr(^,y), de façon que
^+^=/(^y).
Pour cela, il suffît d'écrire que
„ drs
5Î2 4- -y- 3
dx
et/(^,y) deviennent infinis aux mêmes points et de la même manière
car l'une et l'autre de ces deux fonctions s'annulent pour x = co . si
cela a lieu, l'équation proposée admet l'intégrale z = ^w£te; si cela n'a
pas lieu» on prendra une autre des //' combinaisons des points critiques
^ et Ç,, que l'on essayera de la même façon. En essayant toutes les
SUR UNE CLASSE D^ÉQUÀTÎONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES BINOMES, ETC. 2Çj
combinaisons de valeurs des constantes A et C, tous les systèmes de
valeurs des nombres N, n\ q\,q'\ et enfin toutes les combinaisons pos-
sibles des points critiques £^ et Ç;, on arrivera, au bout d'un nombre
limité d'essais, à voir siTéquation admet une intégrale .de la forme
^dx ^ trouver cette intégrale si elle existe.
10. Pour ne pas interrompre la suite des raisonnements, nous avons
donné, sans démonstration, la formule (25). Cette formule résulte de
l'application à l'intégrale fmÇx,y)dx de ce théorème de Riemann, que
la somme des résidus logarithmiques de l'intégrale d'une fonction algé-
brique est nulle. Voici une démonstration particulière de cette formule.
Si l'équation différentielle proposée ( i 5 ) admet une intégrale de la
forme
s = e^^^^^y
la fonction z a m déterminations
^^Q^[x,y^dx (^^ ^ _ ^ ^
et nous avons vu que, de ces m fonctions z^ N devenaient infinies du
premier ordre avec x et m - — N restaient finies et différentes de zéro
quand ^==00 (n° 6). Donc le produit
^ ^ . . . z,n ^ ^[ CT( ^^^ wc ^^ 2) • > - 4 ~ CT( • r ^m)3< te
devient, au point a;==oo g infini du même ordre que x^. D'autre part,
la somme
^Z3T(^J,)
est une fonction rationnelle de x s'annulant pour x == a) ; celle fonc-
tion, décomposée en fractions simples, prend la forme suivante, ainsi
qu'il résulte des suppositions faites sur les infinis de ^(.r,j)
, . . » i Ai As Aa ~| V r ^- i
TsjLv,9 JYi)
l } == \ ——— -4-4 ;—————î -h ...
2 +< < 4-4- ———a—— -i- > ———— -1- \ ——l-—
_. '-
^"^^^[^ • " ^^ ^ L ^ — a (•.2?--a) {x—aY\
• - (^aT»] ^S^a ZjiX
1
— a ^x
-^^ 11
— a,
i! ==
—1 n n
n! nviit
c I
vr G» ^ i v
^.2 y —-.— -4» ——î_^ +.^ 4_2 v ——— .,...^2 Y ——^ _^a ^ —— v ï v i
^L'37—^ (^—^i)2 J Z^--^i Zj^—Ç, Zj.-r-^
<7 y' ^ //"'
3o • P. APPELE.
chacune des sommes du second membre contenant un nombre de
termes marqué par l'indice placé en dessous du signe 2 correspon-
dant. Dans cette formule (28), les termes qui proviennent des points
critiques ont le coefficient 2, car chacun de ces infinis appartient à deux
branches de la fonction î7(^,r). Il résulte de celte formule (.28) que
la fonction ^^^'^ devient, au point x == oo 9 infinie de l'ordre de
^.^A^/î'4-^-4-2sc..-î-2^2-7';-+2^^ ^ comme celte même fonction devient infinie
de l'ordre de ^', on a
N == SAi-4- /^-i- tï' ~\- aSCa-t- a^-i- a y ; 4- 2q"\
relation qui n'est aulre que la formule (s5).
11. J'ai déjà fait remarquer en note (11° 5) que, si le genre/? de la
courbe T{x, y ) ==o est égal à zéro, on ramène immédiatement l'équa-
tion différentielle (n) à une équation de la forme ( i ) a coefficients ra-
tionnels; et, si Féquation (11) admet une intégrale de la forme ( i ^ ) ,
l'équation différentielle à coefficients rationnels qu'on en déduit- ad-
mettra une intégrale de la forme (.2).
Si l'on suppose? == i, l'équation ( r i) peut être ramenée à une équa-
tion du second ordre à coefficients uniformes doublement périodiques*
En effet, on a, dans ce cas,
^=./i(^ j=.A(^
/, et/a étant uniformes et doublement périodiques; en remplaçant .r
e t y p a r lears expressions en t dans l'équation (i i), et faisant, en outre,
z^u^f\(?),
cette équation (i i) prend la forme
/ . cl'2 u
(^9) • • ^T^^)
où ^(t) est une (onction uniforme de t doublement périodique et
n'ayant pas de point singulier essentiel à distance finie. De plus, si
l'équation (n) admet une intégrale de la forme ( r a ) , réquation ( a q )
admettra une intégrale de la forme
(3o) • u-^e^^,
SUR UNE CLASSE D'ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES BINOMES, ETC. 3t
où II(^) est [Link] uniforme doiîl)leiïient périodique sans points
singuliers essenliels à distance finie; et réciproquement. La méthode
générale exposée précédemment conduit donc, dans le cas dej-?== i , a
l'intégration d'une classe nouvelle d'équations différentielles linéaires
du second ordre à coefficients doublement périodiques qui comprend
comme cas particuliers les équations étudiées par M. Fuchs [Journal
de Liowille, 3e série, t. IV, p. i^5; 1878), et les équations de second
ordre comprises dans la classe des équations considérées par M. Picard.
Il paraît intéressant d'indiquer pour ce cas particulier de p === .1
une méthode directe permettant de voir si une équation différentielle
de la forme (29) admet une intégrale de la forme (3o), et de trouver
cette intégrale si elfe existe. Cette méthode, que je vais exposer^ est
analogue à celle que j'ai appliquée à l'équation (r).
12. Pour que l'équation (29) admette pour intégrale la fonction (3o'j,
il faut et il suffit que l'on ait
(3i) 4^£)=:ïiui) + n / ( ^ ) .
Or soient a, 6, c, . , . , l les pôles de n(^) dans un parallélogramme d<\s
périodes; a étant un infini d'ordre a, b d'ordre p, . . . , /d'ordre ^. On
a, d'après une formule de M. Hermite,
(T^.^^ngt.+vr^1^"'1-^ ^-[^^-a). (-o-2^, ^z^--^ ^
ZjL 1 - 2 -'^'^-" r ) cit
""~l 1
1.2...(a—2) €lt^ ' ' "
]j' ' - , (-i)A,dZ(t-a)
-+- ——^—— ——^—— - + - A ^ [ l — a )
la sommation élant étendue à tous les pôles, avec la condition
(33) SÂi=o.
Alors, dans le voisinage de t==a, la fonction ï î { t ) devient intime
comme
A
» , . ^ -i , , Aa A,
{t-aY. (t-^a^-1 " r • t t • - r (t^a)^ 1
t—a
En appliquant textuellement les raisonnements du n0 2, on irouve
qu'en supposant
^"^^[.'z"^^'-"^-^.^-^]
32 ' . P. APPELL,
et a'> a, il faut que v! soit pair,
ci! •=- o. a,
el alors les coefficients A i , As, ..., Aa sont donnés par les rela-
tions ( i o ) fournissant pour A^ Aa< • . - , Aa deux systèmes de valeurs
A\, Ag, . . . » Aa,
• .4^, A 3, . . ., A»''
Si a' == 2, le pôle ^ == a est du premier ordre dans n ( / ) , et l'on a
Af-A^K,,
relation qui donne encore deux valeurs pour A^ A\ et A'^.
Si û;'=== i, le pôle t = a est du premier ordre dans n(^), et le résidu
correspondant est égal à i.
Enfin il peut arriver que HÇt) admette des pôles du premier ordre
de résidu î qui n'appartiennent pas a î>(^). Désignons, comme dans le
n° 3, par n, n\ ri' le nombre de pôles de chacune de ces trois caté-
gories. S'il existe une fonction II (^), on aura
S Ai 4- ît'-\- n"~=: o,
(34) • sAi4-^:=---/^.
La somme 1K^ possède ^ déterminations distinctes, puisque
chacune des n quantités A, a deux valeurs A\ et A\, A cause de la
relation (34), il faut exclure de toutes ces d é t e r m i n a t i o n s celles pour
lesquelles
SAi+/^
n'est pas un entier négatif ou nul. S'il y a des déterminations satisfai-
sant à la condition (34), on formera la fonction ïï.(t) correspondante
contenant une constante additive inconnue et n'7 termes
Z(i—c^) + Z ( ^ — a 2 ) •+-.. . + Z ( ^ — a^/),
les a, étant inconnus. Il restera à voir si l'on p'eut déterminer cette
constante et les pôles a^ de façon que
rp^ir^:^).
On arrivera ainsi^ après un nombre limité d'essais, à voir si Féqua-
SUR UNE CLASSE D'ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES BINOMES, ETC. 33
tion (29) admet des intégrales de la forme (3o), et à trouver ces inté-
grales si elles existent.
13. Lorsque le genre p de la relation F(.r,y) == o est o ou i, nous
ayons pu remplacer l'équation différentielle ( i ï ) par une autre dont
les coefficients sont des fonctions uniformes d'une nouvelle variable t,
rationnelles s i / ? = = o , doublement périodiques si p = ï . Lorsque le
genre p surpasse l'unité, on peut déduire de l'équation différen-
tielle (i i) u n système dep équations simultanées aux dérivées partielles
dont les coefficients sont des fonctions uniformes de p variables à
sp groupes de périodes conjuguées. [Toir^ à la fin du Mémoire, une
remarque générale sur les équations différentielles linéaires à coeffi-
cients rationnels en oc et y).
14. Si l'on considère des équations différentielles linéaires binômes
de la forme
(3^) ^^'K^J')'^
où ^(.-r,jr) est rationnel en x etj, les deux variables y et x étant liées
par une équation algébrique
F(^y)=o,
on peut, par une méthode analogue à I.a précédente, reconnaître si
l'équation (35) admet des intégrales de la forme z == e^^^, cp étant
rationnel, et trouver ces intégrales si elles existent.
On commencera par ramener l'équation (35) à une autre de même
forme dans laquelle le point 03 est lin pôle au plus d'ordre [k — î )
pour toutes les branches de l'intégrale, certaines intégrales particu-
lières pouvant être finies en ce point, mais a u c u n e n'y devenant nulle.
Pour le montrer, désignons par a^ un p o i n t non critique de la fonc-
tion y de x ou la fonction ^ { x , y ) reste finie. Dans le domaine de ce
.point, une branche quelconque de l'intégrale z sera de la forme
( 36 ) • z •==. A>, -+- A ^ ( x — x^ ) -+- Aa ( .r ~ ^o 'f -+-. . .,
où Ao, A,, A^, ..., AÂ-2 peuvent être nuls, A/,^.^ étant iilors nécessai-
rement différent de zéro.
Ann. de l'Éc. Normale. 2 e Série. Tome XII. — JANVIER i883. 5
3/, P. APPEU.
(Si l'on avait à la fois A., == A, == A ^ == . . . == AA- = AA-. ;-= o, la
fonction z et toutes ses dérivées jusqu'à l'ordre ( / £ - > ) inclusivement
s'annuleraient au point x = ^ et alors, d'après l'équation différen-
tielle, toutes les dérivées d'ordre supérieur s'annuleraient au même
point, ce qui est impossible.)
Faisons alors dans l'équation différentielle la substitution
1
X == ^o 4- - ?
cette équation devient
. dkz k ,, . , , d^^z
^^-^{^.)^-^^.^
^f^LlllL^^^
l . 2. . .q
^.3...^-^
^(-l)7^^-^^
v ^)^;
\ /
et, en faisant. Ç == ^~1 z,
^ç C-.i,)^ / r v
/ a— \ _' — -___'.— il) ( r'> ~t- — 5 }v 1 '
(37) ^ ~" ^ ^\v 6 }
Cette équation est de la même forme que l'équation (35) ; de plus,
dans le voisinage du point t == co , (.r==^>), la branche Ç de cette
nouvelle fonction intégrale correspondant à la branche (36) de rioté"
grale z est de la forme
Ç == t^ fAo. -h Ai î. 4- A.2 - + . . . 4- A^.i t —— 4- . . . ) ;
\ L r ' /
le point ^ = co est donc un pôle au plus d'ordre k ~~~ r ; la fonction Ç
peut rester finie pour ^ == co si les coefficients Ao, A , , ..., A ^ . s sont
nuls; mais elle ne peut pas s'annuler pour l === 30 , car il faudrait pour
cela que l'on ait
A o = A i :=...•= A /, -.„• 2 ^ A /<..„,. i -== o ;
ce qui est impossible.
Après que l'équation a été ramenée à celte forme (37), on pourra
SUR UNE CLASSE D'ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES BINOMES, ETC. 35
lui appliquer la méthode des n03 7 et suivants. Il me paraît inutile de
répéter ici les raisonnements employés dans ces numéros; je traite plus
loin, comme exemple, le cas de /c=3 en prenant pour A(.r,y) u n e
fonction rationnelle de la seule variable ccy et cherchant les intégrales
de la forme ^w^, y étant rationnel en x.
La méthode employée ( n ° 1 2 ) dans le cas particulier de l'équa-
tion (29), où <!>(/) est doublement périodique en l, s'étend de même à
l'équation
(1k ^
^=^),
où ^{t) a la même signification, et permet de trouver, lorsqu'elles
existent, les intégrales de la forme ^•w'^, n ( ^ ) étant uniforme et dou-
blement périodique.
15. Considérons une équation de troisième ordre de la forme
(38) g--:^.^),
^(<z 1 ) étant rationnel. Nous supposerons que, par la transformation
indiquée (n° 14), on ait ramené le point oc == co à être un pôle au plus
du second ordre pour l'intégrale générale, certaines intégrales parti-
culières pouvant devenir infinies du premier ordre ou même rester
finies en ce point, mais aucune d'entre elles ne pouvant y devenir
nulle. Voici comment on pourra trouver les intégrales de la forme
(89) y^eWd^
^{x} étant rationnelle, si ces intégrales existent. Tout d'abord, le
p o i n t . r ^ x > n'étant pas un point singulier essentiel pour l'intégrale
générale, il faut que y(a?) s'annule pour .r -== xs . Soient a, 6, . . . . /
les pôles de la fraction rationnelle y(.r); la décomposition en frac-
t i o n s simples donne
/ \ •'» f/. Art-—i A.i
tu {x} rr- —.-..—,-—- 4-. —————.1—— .....i,.,-. ^ ^.. .^....,-J_
[.v — af [ j ; ; — a)"- " l x ~a
.+ -A_ +, + J^. ,,„ ' , ^_ L,
^—b^ x—b '" ' ^—tf ' • • • (.r--/)
36 P. APPELL.
Au point .r== x) la fonction (SQ) devient infinie comme
^
,-y>Ai-{-Bi-l-...-4-Li.
donc, d'après ce que nous avons dit sur les intégrales de l'équa-
tion (38),
(40) Ai+Bi-i-...-hLi==Â-,
k désignant nn entier qui a l'une des trois valeurs o, i ou 2. En
d'autres termes, la somme des résidus de la fraction rationnelle y ( ^ )
doit être l'un des nombres o, i ou a.
Pour que l'expression (3g) soit une intégrale de l'équation (38), il
faut et il suffit que l'on ait
(41) ^(^)+3cp(^).^(^)+^(^)=/(^),
ainsi qu'il résulte de la substitution de l'expression (3Q) dans l'équa-
tion différentielle.
Soit d'abord x === a un infini de (f{x] d'un degré égal ou supérieur
à s. Dans le voisinage de ce point <p(^) est de la forme
Aa , Aa-i AI
^y) -^ ____^ + ————1—1 -h. . .+ ——1— 4- p,-.,i- î\ {x — a) 4". .. ;
'' ' {x—a^ (x—af'" {x—a) " ^ >
alors, dans le voisinage de ce même point, on a
/,3^3^+^-—AL^,-^A!A^^
' rf^r (^._a)3a ' (^_^);ia-l ^ ^^.a^--'^
1
(42)
^^"ri^lA^-ildiA-^^^ 1
^l":"2
^^__^y,a-;3- —— "' "• lr -
iM^Ll^^^iA^^
'+" " (d? —. a)^-1 '"" ~1•"~"~ ~'1' • *
Les termes suivants du développement contiennent les coefficients Py,
P,, ....Nous voyons donc que, si/(.r) admet des infinis d'ordre oc'supé-
rieur ou égal à 6, a' est un multiple de 3,
^=3a;
et si dans le voisinage d'un de ces infinis on a
f( ^\ _ ^-^ , , K.3a-l Kâa-+-l
-/V^/— T
(x"— T0^- "r" TZ——^i"r""T
; " af [x — a)^- 1 -i-.
' •". . -t-
l •
(^ — a) 2014 - 1
SUH CNE CLASSE D'ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES 'BINOMES, ETC. 37
on devra avoir, en vertu de l'équation ( 4 s ) e l du développement (4^)1
, A^Ksa,
:=::::::
j 0 A a Aa — i .ÎK.3a— i y
//•'•> \ ' ^ A a A a — a •+" Aa,A<a'—-l ^^ lY-ja—2»
j 3A^A,_34- 3A,.^+ 6A»À^, A.-,,,.,-= K3..^,
f •••-••••—•-—••—••••••••—-••-
i
. 3A;Ai-4- 3A^A3-i- 6Aa Aa-i A.24".. .— 3aA;^= K.,aM.
Ces équations donnent, pour A ^ , As, . . . » Aa» trois systèmes de
valeurs; carAa a trois valeurs, et Aa-i? Aa-a» . • - » Ai sont donnés suc-
cessivement par des équations du premier degré. Faisons cette déter-
mination pour tous les infinis de f[oc') d'ordre égal ou supérieur à 6.
Considérons maintenant un infini du premier ordre de y^) :
(44) 9(.r)== - A —— -4-Po-r- I : \ ( . r — r t ) 4 - ï \ ( ^ — a ) : î - t - . . . .
,,z* — ii
Alors
A,(A,-i)(A,-2)
y 3 -h- 3 îptt^ 4-
(^—ût)3
(45)
, 3A,Po(A,-i) , 3A,(P^AJ\) ,
(x — ar ^- -— a
Supposons d'abord que le résidu A.^ ne soit égal ni à i ni à ^; dans
ce cas x=a est un infini du troisième degré pour l'expression (45).
Donc, si l'on a
K-3 , Kg Kj ^
/(^) (^ — af -r" (J? — a) 2 0 — a) ' * " '
le pôle x == a est un infini simple pour y(^'), et le résidu correspon-
d a n t A ^ est donné par l'équation
A,(A,-i)(A,-2)==K3,
qui fournit encore trois valeurs pour A,.
Appelons n le nombre total des infinis de f{x) d'ordre 3 a,
(a === i , a, . .. ). Ce nombre n est connu
Si, dans l'expression (45), nous supposons Ai == 2, le premier terme
au moins disparaît; et si nous supposons A^ == r , les deux premiers
termes au moins disparaissent. Si donc/(a?) admet un infini du second
38 P. APPELL.
ordre, y(^) a dans le volsinagede cet infini la forme (44)»où, A. == 2.
Appelons nf le nombre connu des infinis du second ordre de/(a').
Le développement (45) commence par le terme en -^rzTa ^ a n s ^ e u x
cas différents : lorsque A ^ == î , ou bien lorsque A^ = % avec P^"= o.
Donc, si f(oc] devient infini da premier ordre en un point x == a,
o(.r) a, dans le voisinage de ce p o i n t , l'une des deux formes
('46 ) o (.r) •== —-l—- -i- ?„ -h î\ (.y — a) 4- . . .,
i^,' — n,
. ,7 ) <? (,r) = ——— + P, (.r -<-/)+.....
IÂ. '—— l'-t'
Appelons n'1 le nombre connu des infinis du premier ordre de/(<r};
désignons par n\ le nombre de ces infinis dans le voisinage desquels
(f[x} a la forme (46)? et par 7^ le nombre de ces infinis dans le voisinage
desquels y(^) a la forme (4?)- Ces nombres n\ et n^ sont pour le
moment inconnus, el l^on a
n\ -h n^ ^ nrrv
Eûfin, il peut arriver que le développemcnt: (4.5) ne contienne plus
l'infini x =- a, et cela de deux façons différentes : lorsque A^-=.î,
p^ -{- p, ==. o, ou bien lorsque A, == 2, P() == o, J\ -== o. Dans le voisinage
de ces points, <p(^) a l'une ou l'autre des d e u x formes
(4.8) 9(.ï)^ —1— + Pô- P5(.y ~ a) 4- PâO - a) 2 ^-.. ..
i-î* — (îï
(49) ? (^) —• —Î3i— + P2(^ — a) 2 -i-....
tA/ , """""""• Cd
.appelons m^ le nombre inconnu de points inconnus, dans le voisi-
nage desquels p a la forme (48)? et m^ celui des points également
inconnus, dans le voisinage desquels y a la forme (49)- E 0 a p p l i q u a n t
à la fonction y (a?) cherchée la formule (4o) relative à la somme des
résidus de <p(^)? nous avons la condition
(50) SA,i + 2//4- ^i 4- 2/4 -+- mi 4- 9.m^—: k (/<• —: o, ou î , ou '2 ),
Comme n\ 4- ^=== n", nombre connu, on peut écrire cette relation
( 5^ ) § A î 4-! 2 ^ / 4-- /^ — 2 .^. '-- ( ^ — k ' ) — n\ -- m î -••" 2 m^ ;
SUR UNE CLASSE D'ÉQUATIONS DIFFÉÎŒNTÎELLES LINÉAIRES BINOMES, ETC* 39
comme les entiers 2 —A:, n[^ m^ ^m.^ sont positifs ou nuls, le pre-
mier membre de cette dernière relalîon
(52) S A i-4- 2^-)-^"— 2
doit être un entier négatif on nul.
Puisque chacune des quantités A, a trois déterminations distinctes,
in somme 2A^ a 3" déterminations. A cause de la relation (5i), il
faut exclure de toutes ces déterminations celles pour lesquelles la
quantité (5a) n'est pas un entier négatif ou nul.
Supposons qu'il y ait des déterminations de 2A, pour lesquelles la
quantité (52) est un^entier négatif ou n u l , et choisissons l'une d'elles
pour laquelle
SAi H- 2 n' -4- rr' — 2 -==• — N.
Il restera alors, pour essayer cette détermination, à prendre des nombres
entiers positifs^, n^ m;, m^ vérifiant la relation
!
(53) ( 2 — Â - ) 4- /4 -h- nii-r 2//z^=:N,
avec
Q
^k'ï'îî o^7^?^-
Les nombres entiers satisfaisant à ces conditions sont en n o m b r e
fini. Ayant pris un de ces systèmes de nombres, on formera une fonc-
tion y Çx) rationnelle devenant infinie :
En n points connus, comme
Aa ^ Aa-1 , . AI
r
\x — a )"• [^Zr^")^""! ~r~ ' ' ' "T" ,^7—' a '
En 'n! points connus, coinmie
94
nr-^a''
En n\ = n" — n^ points, à choisir parmi n" points connus, comme
la fonction (46);
En n^ points déterminés par le choix des n\ points précédents.
comme la fonction (47) ;
En m^ points a,, a^, . . . , a^, inconnus, comme la fonction (48 j ;
Et, enfin, en m.^ points b^ &^, ..., b^ inconnus^ comme la fonc-
tion (49).
4o P- APPELE.
Cette fonction y(^) étant formée, on essayera de déterminer les
points a, et &/, de façon à vérifier la relation (4i). Après un nombre
limité d'essais de cette espèce, on arrivera à déterminer les intégrales
de la forme [39) ou a démontrer qu'il n'en existe pas de cette forme.
16. Soit, par exemple, l'équation
d^y _ ___6 _
^4) • dx^ ~~ ^ ( ^ ' — i ) ^
Oïl vérifie d'abord que le point ^ est un pôle au plus de l'ordre 2 ; ta
transformation initiale indiquée dans la théorie générale est donc
inutile. /"»
Dans le cas actuel, la fonction f(x) est égale a 73——-r^
<: l et l'on a
"'• ^ • " /
u
^^^^e(l ^±+L\
v /
X — 1 \X^ X- X j
Cette fonction n'a qu'un infini d'ordre 3 a; c/est l'infini x == o, pour
lequel a === i. Le nombre appelé n dans la théorie générale est donc ici
égnl à l'unité. La fonction /(^) n'a pas d'infini du second ordre; donc
n == o. Enfin, elle admet un infini du premier ordre oc — x ; donc
7^==!.
L'infini x == o est un infini du premier ordre de <p(<r), et, si l'on
suppose
/ \
cp(^)^ AL
•^1 l +...,
X' —
Ai est donné par l'équation du troisième degré
Ai(Ai-ï)(A,-2)^-6,
qui admet la racine réelle — i et deux racines imaginaires. La somme
désignée par 2A^ se réduit au seul terme Ai, et la quantité (5%) se
réduit à A,-— i: comme cette quantité doit être un entier négatif ou
nul, on voit que la seule valeur de A^ qui puisse convenir est A^ = — i
Pour cette valeur,
A^ — I === — 2.
Il reste alors à déterminer des entiers positifs
À-, n'\, n\, m^ rn^
SUR UNE CLASSE D'ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES BINOMES, ETC. 41
par les conditions *
n'^ 4- Wi -+- 2m^= A',
^ 4- n\ = i, o < A- ^ a.
On a, pour ces nombres, les six systèmes suivants de valeurs :
(,I^ Â'rrô, /^=ï, îl\-=.0y m^ == 0, m^~=-0,
( •n,) A" = i, ^ =: o, n"^ •== ï, m^ == o, Wg •= o,
1
(„ 1.11,) k =: i, /^ = i, /2'3 = o, mj == .i, m^ -=. o,
(ÏV') /- r= 2, /^ =: 0, /2'^ == 1 , 77?.i == 1 , T?^ == 0,
( ^ ) /t "= 2, n'\ == 1 , 7Z^ =: 0, Wi == 2, W2 === 0,
( ^ ï ,„) k •=. 2, n\ == i, ft'[ -=z o, mi -==. o, /??2 == i .
Appelons © i , y ^ , . . . , yç les six fondions <p correspondantes, on aura
_ r ï
.r ,:r — ï
<2
i __ .-^""ïÏ^x
.r ^"—ï1 //i..^"' ^y,,^
ï ï ï t 1 '. „""'•""-.., 'llv11'^"
^3== — _ -^. ——— ,4_ ^.—— , ^ • ; 11" .•^•, ^. ^ ;;,
1 : 1
X JC—l X—Cl ,,-', -; ^ •*••., ^ ^ ^',
! r1 11[
1 2 1 "', <.:>?/.,.'.^:
tp ^: -.. _ 4_ ——— ^ ———— , ^ •- .,^.. ^ ^
1
jr ^— ï .r — <2 ' ", , ,,' lil " • .
1
ï ï ï , ï ' - • 1 '••>•.<;'--•..—.-•••;" '^ " ,
- (p5== — - -{- ——— -{- ——— 4- ———^, " -.,. 11 • 1; •'• 1 ••
x x —ï ^— a œ— b
I I 2
t?g ^r _ - ^ ———— _}_ ———— .
X X— î X— 0
On voit immédiatement que ^ ne peut pas convenir. En effet, le
développement de ç^ dans le voisinage de x = ï devrait être de la
forme (4-7), puisque l'infini x=i n'appartient qu'au premier degré
à f{x} ; or cela n'a pas lieu.
De même, le développement de ^ dans le voisinage de x = r devrait
être de la forme (47). La condition Pô = o donne
ï
— I + ———— -== 0,
ï— a
ce qui donne pour a la valeur zéro, valeur inadmissible; car, pour
a === o, <?4 ne contient plus Finfini x = o.
Ann. de l'Rc. Normale. 2 e Série. Tome XII.— FEVRIER i883. 6
42 • P. APPELL. '
Enfin ç?e doit être exclu également. En effet, comme l'infini ôc == a
n'appartient pns à/(a?), il faut que le développement de Çç dans le voi-
sinage de .r== a soit de la forme (49) ; en écrivant Po== o, on a
i i _
f
a* a— i
équation qui ne donne pour a aucune valeur finie.
Il ne reste donc à essayer que ©^ ^3, (ps. Pour essayer <pi, remar-
quons que
(' ÎS fî 'T ——~ J ___ I
x x
On trouve immédiatement que cette fonction i — ï- vérifie l'équation
différentielle proposée. Quant aux deux autres
eS^x^^^lSl^ZL^, ^^^(^-^^-'^(^-^
.Z' A1 5
cHieune d'elles ne vérifie cette é q u a t i o n .
17. Remarque générale sur les équations différentielles linéaires à coef-
ficients algébriques. — Considérons une équaiion différentielle linéaire
de la forme suivante :
( 55 ) ^, J) = ^ + ?i(^, y ) ^^ -t- cpâ(^ 7) ^-^ +... 4- <?,(.r, j),.- = o,
les coetBcients <^(.y,y) étant des fonctions rationnelles de x et y, et
la variable y étant liée à x par une équation algébrique
W * F(^j)=ô,
que nous supposerons de degré m et de genre/?.
Si le genre? est nul, la courbe (56) est unicursalc, x e t j sont des
fonctions rationnelles d'un paramètre t
X^f,{t), J==/^);
et, en faisant celle substitution dans l'équation (55), on la transforme
en une équation à coefficients rationnels en t.
SUR UNE CLASSE D'ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES BINOMES, ETC. Z|3
Si le genre/? est. égal à l'unité, x ely sont des fonctions elliptiques
d'un paramètre 0
^=fiW, y^/^O};"
et, en faisant cette substitution dans l'équation (55), oa la transforme
en une équation dont les coefficients sont des fonctions uniformes dou-
blement périodiques de Q.
Ces résultais peuvent être étendus de la façon suivante, aux cas ohp
esiplus grand que l'imité.
Considérons p points analytiques
(^Jl), (^Ja), ..., (^p,Vp)
avec
F0i>7i)= 0 . F(^Jâ)=o, ..., F(^,j^)=o,
et formons les? équations différentielles linéaires
(57) ^Oi,Ji) =o, M-r(.r,, j,) ==o, . . ., W(^^v^ ==: o,
obtenues en remplaçant, dans l'équation (55), {oc,y} successivement
par (^oji), (^2^2)» • - - ? (^»7^)- Nous avons ainsi un système de
p équations simultanées, définissant z comme fonction des p variables
indépendantes^, ^, ..., Xp. L'intégrale générale décès équations con-
tiendra linéairement nP constantes arbitraires qui sont, par exemple,
les valeurs de la fonction z et des dérivées partielles
^x, 4-03-+-...-Kx^
à^à^.^à^ (^<^<^-^<^
pour les valeurs initiales «^J^'), «^v^), .... (^);, y^). SI l'on
connaît l'intégrale générale de l'équation (i), on en déduit facile-
ment l'intégrale générale du système (57).
En effet, soient
/i(^j)»/3(^r), ...,.A(^j)
les éléments d'un système fondamental d'intégrales de l'équation ( 56 ) ;
les np fonctions de la forme
( 58 ) A(^ji) xA(^72).. •A,(^,^),
obtenues en attribuant aux indices k ^ k ^ , . . . , ^ toutes les valeurs
/j4 ' ^- APPELL.
entières plus grandes que o et plus petites que (n-l- i), sont des in-
tégrales particulières du système d'équations (57). Ces intégrales par-
ticulières (57) sont au nombre de n1'\ et l'intégrale générale du sys-
tème (56) est une fonction linéaire de ces r^ intégrales particulières
avec np constantes arbitraires.
Cela posé, considérons les équations abéliennes
A- = p
(^ yy^^^^^
^yy^^y/c)
k=ï
(^^...^)>
qui définissent les/? points analytiques (^y/r) comme fonctions de
u^u^ ..., [Link] donne les valeurs initiales (^^J/ 05 ) des? fonctions
(•^J/O pour les valeurs u^ des variables Ui (wnrBriot, Théorie des
fonctions abéliennes, p. 91). Faisons, dans le système d'équations (57),
le changement de variables indépendantes qui consiste à prendre
pour nouvelles variables indépendantes les variables Ui liées aux
{ ^ î ^ Y k } P^ les équations (59). En posant, pour simplifier l'écriture,
S^-;^-^
Ï'r(^j)
on a
Ê ^ c^1^'^ + ^l(xl^k}+- • -+- ^;^(•r/"^)>
à^z à^z ^, . àz d\^(xkf r/c) + à^s . , ., . , .
^ àaî ^'^4- ^ d^ ô^r, xl("/••'y/c) ^^+-'
/i==<7
à^z V à^z
^^l^^F"^^^-2'---^^^^ ( a ^ a .+•••+ a . :=A )•
h '=-1
^^....^(^.yÀ) désignant une fonction rationnelle de [x^y^). En
substituant ces expressions dans les équations (57), on trouve que
le premier membre de l'une quelconque d'entre elles devient
h == 71
(60) ^^^^-L^^..^n———-^^
où les fonctions n,^^. ,.^^/ny^} sont aussi rationnelles en oc^ et y/,'
SUR UNE CLASSE D'ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES BINOMES, ETC. 45
Soient maintenant
0,(.r,r), ô^y), ..., O ^ ( ^ y )
p fonctions rationnelles de x et y, telles que le déterminant
^i Oi, 7i ) Oâ (^i, ri ) ôj. (^i,Ji )
6
QI ( ^2, Ya ) Qa ( ^2, }'î ) ^ ( ^2? Ja )
0
1 ( x ? ^ y'p ) °2 ( ^p, j^ ) ^p ( -^p » j^ )
ne soit pas nul identiquement. Considérons lesj9 équations
(61) o.(^i,yi)v(^i.7i)+e,(^,y2)v(^,y2)4-...4-o/(^,y^)^(^,jj.
(i-=-î, ^ . . .,7?);
les équations (61) constituent un système équivalent au système [57).
Si dansées équations (61) on remplace ^(.r^y/,) par l'expression (60)
trouvée précédemment, on volt que, dans ces équations, le coefficient
d'une dérivée q u e l c o n q u e
(V1.
) (^1 4- ^ + . . . -{- ^p = h)
àu^àu^.. .àt^''
est une fonction rationnelle symétrique desp points (^oji), [x^,y.^,...,
( ^ p , y p ) ; ce coefficient est donc une fonction abélienne des variables u^
u^, ..., Up. Le système (61) devient, de cette façon, un système de
p équations linéaires simultanées aux dérivées partielles, dont les
coefficients sont des fonctions uniformes de p variables u^ u^^ ..., Up
à -2p groupes de périodes.
On pourra appliquer à ce système d'équations différentielles
linéaires simultanées aux dérivées partielles les considérations que
nous avons développées, M. Picard et moi, dans une Note présentée
à l'Académie des Sciences (voir Comptes rendus, t. XCII, p. 69^). Si
l'on possède une intégrale
z=f(u^, u^ .. ., Up)
de ce système, on en déduit immédiatement une intégrale du sys-
46 P. APPELL. — SUR UNE CLASSE D'ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES, ETC.
terne (57), en remplaçant, dans/(uo M,, ..., Up), la variable u, par sa
valeur
,Jyr^ 0^^, (.=,,.,...,7.).
' ^J^'^1') y{:v'y'
Si dans l'intégrale dn système (5;) ainsi obtenu, l'on considère tous
les poinis analytiques (^,7.), (^.js), ..., (^,,7?) comme fixes, et
si l'on remplace (^,y.) par (,»,y), on a une intégrale de 1 équa-
tion (55).