Leçon 12
13 – 19 décembre
PRIÈRE, GUÉRISON ET RESTAURATION
SABBAT APRÈS-MIDI
Étude de la semaine:
Jc 5.13-20; Jn 5.14; 1 Co 15.54 ; He 12.12, 13; Jn 8.43-45; Pr 10.12
Verset à mémoriser
« Confessez donc vos péchés les uns les autres, et priez les uns pour les autres afin que
vous soyez guéris. La prière agissante du juste a une grande efficacité »
(Jc 5.16, Colombe)
Les gens sont fascinés par les miracles et la magie. Ils sont souvent attirés par ces choses
comme des spectacles ou par curiosité et rien d’autre. Ainsi, quand on a demandé à Jésus de faire un
miracle uniquement pour distraire (Lc 23.8,9), ou comme signe de sa messianité (Mt 12.38-41), ou
même pour satisfaire un besoin légitime à lui (Mt 4.2-4), il a refusé. L’Esprit, par lequel Jésus
enseignait avec autorité et faisait des guérisons miraculeuses, n’est pas simplement une puissance
dont on se sert. Nous devons être des instruments entre ses mains. Dieu guérirait volontiers tous les
malades, mais il s’intéresse à une guérison plus fondamentale, plus durable.
Par conséquent, nous examinerons plusieurs questions cruciales dans ce contexte: comment
comprendre les paroles dans Jacques sur la guérison des malades ? Y a-t-il un lien entre la guérison et
le pardon en réponse à la prière? Elle est présentée comme un modèle important de prière en un
temps d’apostasie généralisée. Que pouvons-nous apprendre de sa vie de prière et de son œuvre à
rappeler Israël à Dieu et au véritable culte?
Etudiez la leçon de cette semaine pour le sabbat 20 décembre.
DIMANCHE 14 décembre
La trousse à outils de base du chrétien
Lisez Jacques 5.1.
Quel contraste intéressant est présenté ici? Comment appliquer ces mises en garde à notre
propre vécu?
Bien que parlant de deux choses différentes (la souffrance, la joie), Jacques les associe à la
prière et à la louange : priez quand vous souffrez, louez quand vous êtes dans la joie. Ces deux
pratiques ne sont pas si différentes que cela l’une de l’autre, pourtant, car beaucoup de psaumes de
louange dans la Bible sont également des prières, et Jacques commence son épitre en encourageant
ses lecteurs de cette manière : « Considérez comme un sujet de joie complète » le fait de tomber
dans différentes épreuves, « sachant que l’épreuve de votre foi produit l’endurance » (Jc 2.2,
3). Le temps de prière et de temps de louange sont peut-être plus entremêlés qu’on ne le pense
généralement.
Le mot employé pour « souffrance » dans Jacques 5.13 a la même étymologie que le mot
employé plus tôt en référence à la souffrance des prophètes (Jc 5.10). Il fait référence à la fois à la
souffrance physique et mentale « avant tout pour le danger de la guerre ». (Ceslas Spicq, Theological
Lexicon of the New Testament, vol. 2, p. 239), mais également pour tout labeur manuel épuisant et
tout effort couteux. Il est utilisé dans 2 Timothée 2.9 et 4.5 également, pour décrire à « la difficile
œuvre apostolique qu’aucune difficulté ni souffrance ne découragent » — Theological Lexicon of the
New Testament, vol. 2, p. 240. En tant que chrétiens, nous nous tournons instinctivement vers Dieu
quand les ennuis arrivent. La prière est essentielle, en particulier quand nous faisons face à des
difficultés, mais chanter ou jouer de la musique sacrée (le mot employé, psalletö, peut signifier l’un ou
l’autre) est également utile.
« Le chant est un acte d’adoration, tout autant que la prière. D’ailleurs, nombre de chants sont
des prières. » Ellen G. White, Education, p. 191. Combien d’entre nous ont traversé des moments de
dépression ou de solitude avant d’avoir repensé aux paroles d’un cantique qui nous ont remonté le
moral? Parmi nous, beaucoup souffrent ou ont besoin d’encouragement et retrouveraient le sourire
grâce à une visite faite de prière et de chants. « Réjouissez-vous avec ceux qui se réjouissent ;
pleurez avec ceux qui pleurent » (Rm 12.15). Cela peut nous remonter le moral également, plus que
toute autre chose.
Le livre des Psaumes en particulier est une mine de prières et de chants qui donnent
inspiration, encouragement et instruction quand nous ne savons pas où trouver de l’aide.
Nous savons tous combien la souffrance peut nous rapprocher du Seigneur et comment elle
peut nous pousser à prier. Cependant, quels sont les dangers spirituels présents lorsque
tout va bien pour nous ? Pourquoi, en particulier dans ces périodes-là, la louange est-elle si
importante ? Que nous aide-t-elle à ne jamais oublier ?
LUNDI 15 décembre
Prier pour les malades
Lisez Jacques 5.14, 15.
Quels sont les éléments fondamentaux que Jacques recommande pour oindre les malades,
et quels éléments spirituels importants trouve-t-on dans ces textes?
Le fait que le malade appelle les anciens de l’Église pour faire « sur lui une application d’huile
au nom du Seigneur » et prier exprime le désir spirituel de la personne et la conviction collective que
l’on a besoin de l’intervention divine pour la guérison (Mc 6.13). La référence au pardon des péchés
montre que Dieu ne va pas, à travers un rituel, restaurer une personne physiquement si elle ne désire
pas également une guérison spirituelle. « Il faut faire comprendre aux malades désireux que l’on prie
pour leur guérison. Que la violation des lois divines, qu’elles soient physiques ou spirituelles, est un
péché, et que pour recevoir la bénédiction d’en haut ce péché doit être confessé et délaissé ». Ellen G.
White, Le ministère de la guérison, p. 196.
La demande d’intervention divine et la convocation des anciens de l’Église indiquent que la
maladie est invalidante et peut-être également trop urgente pour que l‘on intervienne lors d’une
réunion d’Église normale. Deux mots grecs sont utilisés ici pour les malades: le premier (astheneö au
verset 14) est également utilisé pour Dorcas qui « tomba malade et mourut » (Ac 9.37) ; le
deuxième (kamnö au verset 15) fait généralement référence au patient, mais on l’emploie également
pour les mourants, et, dans ce contexte, il semble indiquer quelqu’un qui est physiquement épuisé ou
qui dépérit à vue d’œil. Une guérison miraculeuse peut survenir en réponse à la prière de la foi qui
implique la soumission à la volonté de Dieu, quelle qu’elle soit (1 Jn 5.14), que la guérison en fasse
partie ou non. Cependant les références à sauver et relever les malades (comparez avec « sauvera
[...] de la mort » dans Jacques 5.20) désignent sans erreur possible la résurrection comme
représentant la seule guérison complète, lorsque « le périssable aura revêtu l’impérissable, et
que le mortel aura revêtu l’immortalité » (1 Co 15.54).
Beaucoup d’entre nous ont connu des services d’onction, ou y ont participé après lesquels
des malades n’ont pas eu la guérison mais sont morts. Pourquoi, dans ce cas, l’espérance
de la résurrection sous-entendue dans ces textes est-elle notre seule garantie ?
MARDI 16 décembre
La guérison pour l’âme
Plus importante encore que la guérison du corps est la guérison de l’âme. Notre but n’est pas,
après tout, de faire des gens des pécheurs en meilleure santé, mais de leur montrer la vie éternelle
qui se trouve en Jésus. C’est peut-être la raison pour laquelle la seule référence claire à la guérison
dans le passage de cette semaine est le verset 16 à mémoriser, qui s’éloigne des situations
hypothétiques dont il est question aux versets 13 à 15. Le terme pour guérison dans ce verset
(iaomai) peut faire référence à la guérison qui va au-delà du remède pour la maladie physique (voir,
par exemple, Mt 13.15). Ayant déjà fait allusion au verset à une compréhension plus large de la
guérison (la résurrection), Jacques fait le lien entre la maladie et le péché, le dernier étant la cause
profonde de tous nos problèmes, non pas que chaque maladie découle forcément d’un péché
particulier, mais que la maladie et la mort sont les conséquences du fait que nous soyons tous des
pécheurs.
Lisez Marc 2.1-12, (Comparez He 12.12, 13; 1 P 2.24, 25).
Quel genre de guérison ces passages décrivent-ils, et quelle est la base de cette guérison?
La foi en Jésus nous guérit de la faiblesse spirituelle et du péché. Dans un certain sens,
chaque guérison que Jésus a opérée était une parabole servant à attirer l’attention des gens sur leur
besoin d’être sauvé. Dans le cas de l’homme paralysé dans Marc 2, la guérison spirituelle était la
préoccupation principale de l’homme, et c’est pourquoi Jésus lui a immédiatement assuré que ses
péchés étaient pardonnés. « Et cependant, cet homme aspirait bien moins à la guérison du corps
qu’au pardon de ses péchés. Si seulement il pouvait voir Jésus, obtenir la certitude de son pardon,
avec la paix du ciel, il serait disposé à vivre ou à mourir selon le bon plaisir de Dieu! » Ellen G. White,
Jésus-Christ, p. 252. Aujourd’hui, les guérisseurs de Dieu devraient employer tous les moyens
médicaux disponibles pour soigner la maladie, mais on devrait également faire des efforts pour guérir
toute la personne, et pas seulement pour cette vie-ci, mais en vue de l’éternité.
La guérison inclut la guérison des relations, et c’est pourquoi on nous exhorte à « confesser
[n] os péchés les uns aux autres » (Jc 5.16, Colombe), c’est-à-dire à ceux à qui nous avons fait du
tort (Mt 18.15, 21, 22), Autrement dit, si vous avez fait du tort ou offensé quelqu’un, faites-leur une
confession. Alors la bénédiction du Seigneur reposera sur vous, car le processus de confession
implique de mourir à soi-même, et ce n’est que par la mort à soi-même que Christ peut être façonné
en nous.
MERCREDI 16 décembre
Des modèles de prières
Lisez Jacques 5.17, 18.
Que nous apprend l’exemple d’Elie sur la prière? Quel est le lien avec la guérison, le pardon,
et la restauration?
Ces versets illustrent l’assurance donnée à la fin de Jacques 5.16: « la prière agissante du
juste a une grande efficacité » (Colombe). Elie était un « juste » et il est même allé au ciel sans
passer par la mort, mais il n’était pas non plus surhumain. Il avait les mêmes passions et les mêmes
émotions que les nôtres. Le fait que Dieu ait entendu sa prière devrait nous encourager à croire que
nos prières seront également entendues. Jacques dit qu’Elie pria avec instance pour qu’il ne pleuve
pas (détail qui n’est pas mentionné dans l’Ancien Testament), plaidant apparemment pour
l’accomplissement de Deutéronome 11.13-17 (auquel Jacques 5.18 fait allusion). Israël avait adoré
Baal, dieu du tonnerre et des éclairs, ne pouvait rester impuni sur la base de cette prophétie de
Deutéronome. Bien que nous ignorions combien de temps Elie a prié avant que ses prières ne soient
exaucées, ses demandes se fondaient sur une étude attentive et la méditation de la Parole de Dieu a
la lumière des conditions dans lesquelles il se trouvait. Il est possible qu’il ait cité la prophétie de
Deutéronome dans sa prière, tout comme la prière de Daniel pour Jérusalem est fondée sur son étude
de la prophétie de Jérémie (voir Dn 9.2, 3). Nos prières de la même manière seront plus efficaces si
elles découlent d’une considération réfléchie de notre situation à la lumière de la Parole de Dieu.
La période sans pluie de trois ans et demi (également mentionnée dans Lc 4.25) est un
temps de probation important dans la Bible (comme la période prophétique d’une demi-semaine ou de
trois ans et demi du ministère de Jésus dans Daniel 12.7, et les « trois temps et demi » de l’apostasie
dans le christianisme de Daniel 7.25 et Apocalypse 12.14). A la fin de cette période, Dieu emploie Elie
pour commencer une œuvre de réveil et de réforme, afin que le peuple reconnaisse la profondeur de
son apostasie. Il s’agissait d’une œuvre qui était un type à la fois de l’œuvre que Jean-Baptiste allait
accomplir dans l’Israël du premier siècle afin de préparer le chemin pour la venue du Christ, mais
aussi de l’œuvre que Dieu a confiée à son Eglise du reste aujourd’hui pour préparer un peuple pour
son retour (voir Ml 4.5, 6; Mt 11.13, 14).
En tant qu’Église, nous cherchons le réveil et la reforme. Mais cela doit commencer dans
nos vies, par nous-mêmes, de manière personnelle et quotidienne. Quels choix pouvez-vous
faire, et uniquement vous, qui détermineront le sens et en fin de compte, la destinée de
votre vie?
JEUDI 18 décembre
Restauration et pardon
L’Esprit de Dieu a œuvré à travers Elie pour restaurer la relation entre Israël et lui. Mais la
plus grande partie de l’œuvre d’Elie ne s’est par faite sur le Mont Carmel. Ce n’était que le début! Il l’a
poursuivie dans de petits villages, des foyers, et dans la formation de futurs chefs spirituels dans les
écoles de prophètes pour faire fructifier son œuvre de réveil et de réforme.
Lisez Jacques 5.19, 20.
Quel est le lien entre l’œuvre décrite ici et l’œuvre accomplie par Elie, Jean-Baptiste, et
d’autres ? Voir Luc 1.16, 17 ; Actes 3.19.
Souvent, nous oublions l’œuvre de patience et de tendresse accomplie par Elie année après
année. L’œuvre de Jean-Baptiste, également, se concentrait sur le fait de ramener le peuple à la
vérité, d’inspirer la repentance et le baptême, à une personne à la fois. Jésus a décrit son œuvre en
des termes très similaires : sortir les gens de l’erreur et les ramener à la vérité (voir Jn 8.43-45).
Cette situation hypothétique décrite dans Jacques 5.19, 20 emploie une construction
grammaticale au conditionnel en grec, signifiant par là que l’apostasie n’est pas considérée comme
certaine, mais qu’elle est probable. S’égarer loin de la vérité fait référence à l’apostasie non seulement
en matière de doctrine, mais en matière de mode de vie, car très souvent le premier amène au
second. Des doutes commencent à se former sur nos croyances, entrainant un comportement double,
et finalement carrément à l’apostasie. Détourner un « pécheur de l’errance de ses voies sauvera son
âme de la mort » (Je 5.20, traduction littérale). Dans un résumé de tout ce qui a précédé, Jacques
appelle ses frères dans l’Eglise à accomplir une œuvre similaire à celle d’Elie en ramenant les gens à
Dieu.
Cette œuvre exige beaucoup de patience; de compassion, de tendresse, et d’humilité:
« Frères, si un homme vient à être surpris en quelque faute, vous qui êtes spirituels,
redressez-le avec un esprit de douceur, Prends garde à toi-même, de peur que toi aussi, tu
ne sois tenté » (Ga 6.1, Colombe). L’œuvre d’Elie est de tourner les cœurs vers Dieu et son peuple,
non de les en détourner, Souvent, la personne est consciente de son péché, elle n’a pas besoin qu’on
le lui montre. En revanche, le besoin se situe au niveau du pardon que Jésus nous a montré, et qu’il a
donné par sa mort. Sauver des âmes de la mort n’est possible qu’en « couvrant » les péchés, en
appliquant l’évangile dans nos vies, et en devenant des instruments de miséricorde (Pr 10,12).
Pensez à quelqu’un qui a vraiment fait du mal, et qui le sait. Que pouvez-vous faire, que
pouvez-vous dire, pour aider cette personne à revenir au Seigneur ?
VENDREDI 19 décembre
Pour aller plus loin…
Lisez Ellen G. White, « La prière pour les malades », pp. 193-200, dans Le ministère de la guérison ;
« Les pièges de Satan », pp. 565-578, dans La tragédie des siècles.
« Le Christ […] nous demande de nous identifier avec lui pour le salut de l’humanité. “Vous
avez reçu gratuitement, dit-il, donnez gratuitement." Le péché est le plus grand de tous les
maux; notre devoir est d’avoir pitié du pécheur et de lui venir en aide. Plusieurs, parmi les égarés,
reconnaissent leur honte et leur folie. Ils soupirent après des paroles d’encouragement. Ils déplorent
leurs fautes et leurs erreurs jusqu’à ce qu’ils sombrent dans le désespoir. Nous ne devons pas négliger
de telles âmes. […]
Dites des paroles de foi et de courage qui seront un baume guérissant pour l’âme meurtrie et
blessée. » Ellen G. White, Jésus-Christ, p. 500.
A méditer
• Repensez à une occasion où vous avez vraiment tout gâché, faisant du mal à vous-même, à
d’autres, et au Seigneur à cause de votre péché. Souvenez-vous combien cela a compté pour
vous d’avoir des gens qui bien qu’ils n’excusaient pas vos actes (et qui généralement en
étaient justement choqués), ont néanmoins cherché à vous encourager et à vous élever ? Quel
est votre souvenir le plus vivace de ces expériences, et comment ces souvenirs peuvent-ils
vous aider à faire la même chose pour quelqu’un qui lui a commis de grandes fautes ?
• Lisez Jacques 5.16 dans la prière. Quelles importantes leçons spirituelles y trouve-t-on ?
Qu’est-ce que cela nous dit sur la puissance de la prière et sur la façon dont elle est
importante pour notre vie spirituelle ? Bien que la prière peut et doit être une question
d’ordre privé, parlez en classe de ce que la prière fait pour vous, de comment vous avez vu
des prières exaucées, et comment vous avez appris à faire confiance au Seigneur quand les
prières n’ont pas la réponse que vous attendiez. À la fin, qu’est-ce qui, selon vous, constitue le
bienfait le plus important qui nait d’une « prière fervente efficace » ?