Direction éditoriale : Stéphane Chabenat
Éditrice : Charlotte Sperber
Conception graphique et mise en pages : Nord Compo
Conception graphique de la couverture : olo. éditions
Les éditions de l’Opportun
16, rue Dupetit-Thouars
75003 Paris
www.editionsopportun.com
ISBN : 9782380151473
Ce document numérique a été réalisé par Nord Compo.
À ma άlle et à mon arrière-grand-mère
SOMMAIRE
Titre
Copyright
Dédicace
Introduction
Chapitre 1 - Coco Chanel est : COURAGEUSE
Chapitre 2 - Coco est une : AMIE LOYALE
Chapitre 3 - Coco suit : SON INTUITION
Chapitre 4 - Coco ment
Chapitre 5 - L'ésotérisme de Coco
Chapitre 6 - Coco est : SPORTIVE
Chapitre 7 - Coco cultive : LA RÉPARTIE
Chapitre 8 - Coco Chanel est : UNE FEMME D'AFFAIRES
REDOUTABLE
Chapitre 9 - Coco est : FIÈRE
Chapitre 10 - Coco est : UNE INFLUENCEUSE
Chapitre 11 - Coco sait : PRENDRE SES DISTANCES
Chapitre 12 - Coco a : CONFIANCE EN ELLE
Chapitre 13 - Coco aime : LIRE
Chapitre 14 - Coco a fait : ÉVOLUER SA CONDITION SOCIALE
Chapitre 15 - Coco est : RÉSILIENTE
Chapitre 16 - Coco est : SOLITAIRE
Introduction
Coco Chanel m’a toujours impressionnée, j’ai depuis
longtemps suivi ses créations, notamment lors de mes études
à l’École du Louvre, mais il m’a fallu du temps pour éprouver
de la sympathie pour le personnage, les dernières images que
j’avais en tête représentaient cette vieille dame aigrie
prononçant des propos détestables sur les femmes. Comment
cette créatrice géniale pouvait-elle être capable de formules si
définitives voire méchantes sur celles qu’elle avait tant
contribué à émanciper ?
Ses sarcasmes, son génie invectif, ce caractère qui ne
cessait de souffler le chaud et le froid m’a déstabilisée au plus
haut point.
Puis au fil de l’écriture, je me suis rendu compte que
Gabrielle Chanel était bien plus complexe et nuancée que
cela. L’entreprise ne s’annonçait pas évidente, d’autant plus
que de Coco Chanel on a le sentiment que tout a été dit et
écrit. On ne compte plus les livres et films sur la créatrice. Et
pourtant, il est impressionnant aujourd’hui de voir à l’heure
où les influenceuses foisonnent sur les réseaux sociaux, que
Coco fût bien une des premières à se mettre en scène : Chanel
était sa mode et inversement.
« Je veux être ce qui va arriver » affirmait-elle.
Elle nourrira un dialogue constant avec les avant-gardes,
les artistes, écrivains ou musiciens dont elle deviendra la
muse, la mécène et surtout l’amie. On s’aperçoit aussi que
celle qui a donné sa liberté au corps des femmes, a surtout
créé ces vêtements pour elle, afin de mener sa vie comme elle
l’entendait, en se libérant de toute contrainte. Pas de
déguisement, mais un habit confortable, simple et élégant :
tel est son credo résumé par ce qu’elle dira à Marie-Hélène
Arnaud, sa mannequin favorite et surnommée par la presse
« The Chanel Girl », (Elle du 17 février 1958) : « Tes robes
doivent ressembler à la vie que tu mènes, à ta voiture, à ton
travail, à tes amours… ».
Nous le verrons, après avoir convoqué bien de ses amis
écrivains (et non des moindres : Louise de Vilmorin,
Edmonde Charles-Roux, Michel Déon…) dans la perspective
qu’ils écrivent ses mémoires, elle les congédiera tous. Chanel
estimait que ces « porte-voix » n’étaient jamais assez justes à
son goût !
Preuve supplémentaire que ce personnage haut
en couleurs et pétri de contradictions, a réellement bâti sa
légende et s’employait sans scrupules à multiplier les zones
d’ombres. Qu’elle ne fût pas ma surprise par exemple, alors
que j’avançais dans la rédaction de ce livre de découvrir dans
« L’enfance de Chanel » d’Henri Ponchon, que Coco n’aurait
finalement jamais été pensionnaire à l’orphelinat d’Aubazine,
après la mort de sa mère, comme elle l’a toujours raconté…
J’ai voulu comprendre, à travers ce parcours étonnant
entre gloire et solitude, pourquoi et comment Chanel est
devenue un mythe. Ou du moins, humblement essayer, car
comme le rappelle si bien l’historienne Michelle Perrot,
« Chanel est plus subtile que ceux qui la mythifient ».
CHAPITRE 1
Coco Chanel est :
COURAGEUSE
‘‘Une fille devrait être ceci : qui et ce qu’elle veut
Une enfance difficile
Avec une enfance misérable et itinérante chez les camelots
cévenols, une mère qui meurt à trente-deux ans en crachant
du sang devant ses enfants, un père qui les abandonne au
couvent sans plus jamais revenir les chercher, Coco Chanel
devient une gamine rescapée qui sait faire preuve, dès son
plus jeune âge, de combativité pour survivre.
Ce sont bien ses années d’orpheline qui furent les plus
déterminantes pour créer son style unique. Celui qui allait
révolutionner la mode. Car elle réussit à inverser le schéma :
tout ce qu’elle cachait la grandissait et l’éclairait. Elle a bâti sa
vie comme une froide vengeance sur l’enfance, la misère et
l’abandon. « Je veux être de ce qui va arriver. J’irai pour cela où
il faudra. Je suis prête à crever sous moi des sociétés entières
comme on crève un cheval. »
La petite paysanne d’Auvergne deviendra la reine de Paris.
Mais attention, avant de libérer les femmes, elle aura su se
libérer elle-même : tout commence par soi !
Surmonter l’infidélité et le deuil
Après l’ouverture de sa première boutique en 1910, le
succès est au rendez-vous. Alors que Coco est à la tête d’une
fortune très importante, le cœur n’est pas à la fête : Boy,
l’amour de sa vie, n’est pas à ses côtés. Et pour cause : il se
marie en octobre 1918. Sa fille naît en avril 1919,
Clemenceau en est le parrain. Gabrielle vit mal son statut de
maîtresse. Elle n’a plus rien à cacher maintenant qu’elle est
reconnue professionnellement. Mais elle l’aime. Alors, elle
subit. Jusqu’à ce fameux 22 décembre 1919. Boy a quitté
Coco la veille pour se rendre en voiture à Cannes où l’attend
sa femme pour les fêtes de Noël. À quelques kilomètres de la
ville, un pneu éclate, la voiture quitte la route. Boy, victime
d’une fracture du crâne, meurt sur le coup.
Coco est en état de choc. Elle veut se rendre
immédiatement sur les lieux de l’accident. Le chauffeur qui l’y
mène témoigne : « Elle fait le tour de la voiture ou de ce qu’il
en reste… touche à tâtons la ferraille à demi calcinée qui exhale
encore une odeur de caoutchouc brûlé. Alors, enfin, assise sur le
bas-côté, elle peut pleurer, pendant des heures. […] Elle vient de
perdre le seul homme qu’elle aura jamais aimé. »
Au lendemain de la mort de Boy, Coco se cloître chez elle
et fait immédiatement redécorer sa chambre à coucher. Elle
fait retapisser tous les murs en noir ainsi que le plafond de sa
chambre. Elle fait changer les rideaux, les draps… en noir.
Elle dira plus tard : « Cette mort fut moi un coup terrible. Je
perdais tout en perdant Capel. » Les souvenirs reviennent. Les
bons mais aussi d’autres, douloureux, comme ce moment où
s’est envolé son désir d’enfant. « Elle se revoit dans sa chambre,
à la clinique où l’avait emmenée une fausse couche. Le
chirurgien n’avait rien pu faire. Elle n’aurait pas d’enfant de
Boy. […] Tout cela, semble-t-il à cause d’un avortement
pratiqué à Moulins et où l’intervention, faite dans des conditions
désastreuses, avait entraîné des séquelles sans doute
irrémédiables. »
Quelques semaines après la mort de son amant, elle décide
de se reprendre et de sortir du tombeau qu’elle s’est créé dans
cet univers confiné. Elle se noie dans le travail, pour ne pas
penser au drame. Elle a à peine trente-six ans et, si d’autres
hommes partagent sa vie par la suite, elle refusera toujours
d’être la femme de « quelqu’un » et de se marier.
Le courage de revenir sur le devant
de la scène
Bien qu’âgée de 70 ans, Gabrielle Chanel (née Gabrielle
Chasnel) décide de rouvrir ses ateliers du 31 rue Cambon, à
Paris. Son retour, avec le défilé du 5 février 1954, est décrié
en France.
Elle recommence tout comme au premier jour, en
élaborant avec exigence et un travail acharné une nouvelle
collection. « Je ne m’occupe pas des autres, dira-t-elle à une
journaliste de l’époque. Je m’occupe de ce que je fais et ce n’est
pas très commode parce qu’il y a beaucoup de mauvais goût en
ce moment et c’est très embêtant. »
Elle fulmine de voir la mode passer aux mains d’hommes
qui à nouveau entravent les femmes à coup de balconnets et
de jupes bouffantes. Lors de son défilé, elle est assise, cachée
dans un escalier de la rue Cambon, d’où elle observe ses
mannequins qui défilent dans un silence glacial. La presse
française s’apitoie sur ses modèles, ricane de son âge et
l’« assassine ».
Terrible accueil pour celle qui était habituée à la
célébration de son génie. Heureusement, dans le même
temps, l’Amérique repère et célèbre son retour. Life, le
magazine le plus lu des États-Unis, écrit : « À soixante et onze
ans, Gabrielle Chanel apporte mieux qu’une mode : une
révolution. »
Dans la tête de Coco
« L’acte le plus courageux reste de penser par vous-même.
À haute voix. »
Les femmes nées, comme elle sous le cinquième signe
du zodiaque « sont courageuses, travailleuses, fidèles,
elles ne se laissent pas démonter. C’est mon caractère. Je
suis une abeille née sous le signe du lion. »
Le courage artistique
Audacieusement, Gabrielle Chanel n’expose pas sa
collection de bijoux de diamants dans sa boutique de la rue
Cambon mais chez elle, au 29 rue du Faubourg-Saint-Honoré.
Ni écrin ni coussin de velours noirs. Elle préfère installer ses
bijoux sur de simples mannequins de cire, coiffés et
maquillés. Furieusement, le monde masculin de la place
Vendôme exige que les bijoux soient démontés après
l’exposition. Mais les belles choses ne sont-elles pas faites
pour circuler, comme Coco Chanel le dit ? Finalement, cette
collection de 1932 sera la première et unique collection de
haute joaillerie de Gabrielle Chanel, mais elle donne le ton
pour toujours et à jamais : la création et la légèreté plutôt que
l’ostentation.
1932
Création de la collection de joaillerie « Bijoux de Diamants »
que Chanel expose du 7 au 19 novembre dans son hôtel
particulier au 29, rue du Faubourg-Saint-Honoré.
LE PARIS DE COCO
La rue Cambon
Faisons défiler les numéros de la rue Cambon : le 21, lorsque
tout a commencé en 1910, alors que Chanel ouvre un magasin
de chapeaux. Puis les 29 et 25, 23 et 27, et désormais le 19
dessiné par l’architecte américain Peter Marino. On retrouve
au 31 l’adresse de toute une vie, avec le fameux escalier que
tant de mannequins et de clientes ont descendu, tapissé de
miroirs pour que ses modèles se démultiplient à l’infini. La
légende de Coco Chanel s’y est forgée et s’y reflète à jamais.
Mademoiselle s’asseyait sur une marche, son poste
d’observation privilégié d’où, protégée des regards, elle
surveillait la présentation de ses collections. Elle regagnait
ensuite ses salons du premier étage, où, jusqu’en 1971, les
mannequins (en général des jeunes filles de la bonne société)
présentaient quotidiennement ses modèles. Aujourd’hui,
seules les célébrités et les clientes de la haute couture font
leurs essayages dans ces salons blanc, beige et noir dessinés
par Karl Lagerfeld.
On arrive ensuite dans le « saint des saints », le studio où elle
faisait et défaisait ses modèles, ciseaux en sautoir, épingle à la
main, et son éternelle cigarette aux lèvres, à même les
mannequins.
Si l’on poursuivait, on rejoignait au deuxième étage les
premières d’ateliers et les petites mains en blouse blanche, qui
métamorphosaient les croquis en toiles, puis les toiles en
modèles.
Conseils de coach
Développer le courage
Un vieux proverbe nous apprend que la peur et le courage
sont frère et sœur ! Le courage, c’est comme un muscle : ça se
travaille ! On a nos jours avec et nos jours sans, on peut alors
se demander ce que l’on ressent, ce qui se passe et surtout
comment se mettre en action pour aller de l’avant. Et cela vaut
le coup : lorsque l’on développe des comportements courageux
et de confiance en soi inébranlable, le monde nous offre des
possibilités incroyables !
VOICI LES QUATRE ÉTAPES À SUIVRE AVANT DE SE LANCER
Étape 1. Regarder la réalité en face (et, pourquoi pas, la
partager avec une personne de confiance).
Étape 2. S’autodiscipliner : s’organiser, prioriser ses tâches,
ne pas avoir peur de dire non.
Étape 3. S’écouter : avoir du courage, c’est aussi accepter
ses moments de fatigue, d’émotion, ou de frustration.
Étape 4. S’adapter : sortir de notre zone de confort, de nos
croyances, identifier nos « pièges personnels » qui nous
empêchent d’avancer. Se remettre en question et développer
une nouvelle manière de penser implique de se responsabiliser
car s’ouvrir au courage, c’est aussi faire un pacte avec soi-
même.
Le camélia fait partie des icônes indétrônables de la marque.
Est-ce à cause de La Dame aux camélias, le roman d’Alexandre
Dumas qu’elle a adoré et qui lui rappelait sa mère décédée de
tuberculose, ou du bouquet composé de cette fleur pure et
sophistiquée avec lequel Boy la courtisa ? Le camélia imprime
aussi bien les paravents de Coromandel et ses lustres, chez
elle, que ses propres créations, en devenant un talisman
indémodable de la maison Chanel.
BIJOUX
Dans les années 1920, le bijou est incontournable dans les
créations de Coco. Elle l’inscrit en contrepoint à l’aspect épuré
de ses vêtements. Rangs de perles, sautoirs, boucles d’oreilles,
broches et bracelets : vrai et faux se mélangent, car
Mademoiselle adore mêler la joaillerie et les bijoux fantaisie.
Elle aime également jouer avec la position du bijou, plaçant
par exemple une broche au revers d’une manche, sur la
hanche ou sur l’épaule, ou encore sur la calotte d’un chapeau.
On retrouve, en plus de son propre répertoire symbolique – le
lion, l’épi de blé, l’étoile, le soleil ou la croix –, des décors
floraux exotiques et historiques : une véritable opulence en
totale opposition avec la simplicité de ses créations.
CHAPITRE 2
Coco est une :
AMIE LOYALE
‘‘ Je ne demande pas que l’on m’aime, c’est
un grand mot. Moi non plus je n’aime pas tout
le monde. J’aime très peu de gens, ce qui s’appelle
aimer, être dévoué à quelqu’un corps
et âme. On aime rarement comme ça.
Coco arrive à Paris au printemps. Nous sommes en 1909.
Elle décide de faire venir sa fidèle petite équipe de province :
Lucienne Rabaté, une modiste très douée qui lui apportera
une aide technique, sa sœur Antoinette, et Adrienne, sa
complice. Et leur entente paie : très vite, le bouche-à-oreille
fonctionne et les clientes affluent. Il est difficile de répondre
aux demandes. L’appartement-atelier devient même trop
exigu.
En 1919, Coco, devenue « Mademoiselle », plébiscitée par
des femmes à qui elle a donné le droit au confort, vient
pourtant de perdre l’homme de sa vie. Heureusement, les
amis sont là : elle étouffe son chagrin avec Misia et José
Maria Sert. Misia est slave, une muse redoutable, fantasque,
enjôleuse géniale, inspiratrice de Proust, pianiste émérite,
modèle de Toulouse-Lautrec, Bonnard et Vuillard. Cette
femme pétillante lui fait aimer l’Italie et les ballets russes, et
surtout lui présente ses amis : ils s’appellent Cocteau,
Diaghilev, Stravinsky, Ravel et Picasso.
Gabrielle n’est pas « seulement » styliste, elle devient aussi
une couturière adulée des artistes : elle confectionne les
costumes de Dullin et de Cocteau. Grâce à l’amitié de ce
dernier, elle devient aussi mécène et infirmière : elle finance
la création du spectacle Le Sacre du printemps, héberge
Stravinsky et sa famille, aide Cocteau dans ses cures de
désintoxications, et règle discrètement l’enterrement de
Diaghilev à Venise. On retrouvera dans ses créations (nous le
verrons aussi au niveau de ses choix littéraires) l’influence de
ses célèbres amis architectes et designers, comme Le
Corbusier, Robert Mallet-Stevens, Jean-Michel Frank, Eileen
Gray, Pierre Chareau ou Charlotte Perriand. À leur instar,
Chanel cherche l’équilibre parfait entre la fonction et la
forme, élimine le superflu et détourne les matériaux qu’elle
peut avoir sous la main.
LE DIAMANT
Chanel casse les codes : exit les présentations traditionnelles
sur des petits coussins de velours noirs ; elle affiche sa
collection de pierres précieuses sur des mannequins. D’une
facture sobre et graphique, leurs montures, légères, précisent
la ligne.
Coco Chanel continue de bien s’entourer en confiant leurs
dessins à différents illustrateurs, dont son amant Paul Iribe.
Les thèmes qu’elle choisit sont aériens, légers, évoquant la
souplesse des étoffes : on retrouve des comètes, plumes,
franges et rubans. Autre révolution : les bijoux modulables
avec des motifs interchangeables selon les envies. Ils peuvent
se porter en collier, en broche ou sur un bracelet. Le côté
novateur et pratique, toujours…
« Je n’ai de sentiments tièdes pour personne. J’aime ou
je n’aime pas. »
1933
Dépôt de la marque Tissus Chanel.
LE PARIS DE COCO
L’appartement
On quitte ici la sobriété et le noir et blanc pour retrouver le
monde baroque de Mademoiselle. Une entrée, un bureau, un
salon, une salle à manger, pas de chambre, un chaos
harmonieux où chaque objet évoque l’inspiration de Gabrielle
Chanel, sans en divulguer tout à fait les secrets. Ses paravents
laqués de Coromandel, les miroirs octogonaux, les lustres
ornés de camélias, du chiffre 5 et de son célèbre double C
ornent ce temple. Les pieds de lampes sont, quant à eux,
stylisés. On y retrouve encore les statues de Bouddha, de lion,
de la vierge ou d’Aphrodite, qui ont longtemps veillé sur elle.
Coco et Venise
À la mort de son grand amour, Chanel fuit à Venise
accompagnée de Misia et de son mari José Maria Sert.
Émerveillée, elle découvre une ville où partout règne l’art :
dans le mystère des palais, dans le silence des églises, dans
le secret des musées… Venise est un choc et un réconfort.
Elle deviendra une de ses plus grandes sources
d’inspiration, et le restera tout au long de sa vie. Érudit,
José Maria va au-delà du décor de carte postale
romantique, pour explorer les replis de la ville.
Le couple Sert lui apprend à distinguer les styles, s’initier à
la peinture et découvrir les couleurs somptueuses du
Tintoret. Trio brillant et insolite, ils glissent ensemble sur
les canaux, passent du clair-obscur des ateliers de verre à
Murano à la lagune ensoleillée. Sensible aux symboles,
Coco s’attendrit devant le lion vénitien, l’emblème de la
ville, qui est aussi son signe astrologique.
Les couleurs sont puissantes à Venise : à commencer par
l’or qui tapisse les coupoles, s’accroche aux médailles et
aux croix, incruste les mosaïques et orne les splendeurs
byzantines de la basilique Saint-Marc. Avec les Sert, celle
qui est à la tête d’une maison puissante et florissante entre
dans un monde excentrique, dans une société brillante, une
aristocratie cosmopolite, qui a fait de Venise et du Lido
une station balnéaire à la mode.
En pyjama de plage, en costume de toile blanche, Gabrielle
est la garante de l’élégance de cette petite société. On aime
sa liberté et son audace. On cherche sa compagnie. À la
plage, à la terrasse du célèbre Florian ou dans les palais
lors de fêtes éblouissantes, Chanel incarne la Venise
radieuse dont les journaux se font l’écho.
Et quand Gabrielle Chanel ne séjourne pas à Venise, elle la
recrée dans sa demeure de la rue Cambon, qu’elle peuple
de lions, d’angelots baroques, de cristaux, de bois
polychromes et de consoles sculptées. Pour que l’esprit de
ce labyrinthe d’art et d’émotion accompagne avec
bienveillance son inspiration, pour toujours…
Conseils de coach
Comment cultiver une amitié ?
Pour rire, pleurer et échanger, l’amitié est essentielle à
notre bien-être. À la fois simple et complexe, l’amitié
s’entretient de manière différente, selon les profils et les
caractères de chacun.
On peut discerner trois sortes d’amitié : l’amitié à toute
épreuve, l’amitié intéressée, et l’amitié de situation. Il est
important, en effet, de comprendre la nature de votre amitié
avec l’autre personne en face de vous. Il est néanmoins
fondamental de comprendre que se voir régulièrement,
partager des moments au quotidien ou bien des choses
exceptionnelles, c’est ce qui renforce une amitié. Car l’amitié,
c’est aussi savoir se rendre disponible et faire preuve d’accueil,
d’empathie et d’écoute. Prenez le temps d’appeler votre ami,
même si cela n’est pas toujours facile. Ayez pour lui de petites
attentions, n’oubliez pas les anniversaires, demandez-lui
régulièrement des nouvelles, et surtout, faites des projets
ensemble.
L’amitié est le lieu de la confiance par excellence. On peut
livrer à ses amis des choses que l’on n’arrive pas à dire à sa
propre famille, ou même à son conjoint. Avec un ami, on doit
réussir à parler de tout, dans l’authenticité. Même si ce n’est
pas toujours évident, acceptez les différences de vos amis, au
lieu de vous formaliser. Elles vont justement favoriser votre
ouverture d’esprit. N’essayez pas de convaincre l’autre que
vous avez raison et qu’il a tort. Car l’avantage de l’amitié est
d’arriver à nouer une relation avec une personne sans
forcément partager les mêmes valeurs, ni le même style de vie.
Et cela ne doit pas nuire à votre entente. Enfin, et c’est
essentiel : une amitié se cultive et, à l’instar de la relation
amoureuse, il est important de dire à l’autre que vous tenez à
elle (lui), que vous l’aimez.
Mais ne vous perdez pas : il est important d’entretenir des
amitiés « saines » ! Car de toutes les formes de relations,
l’amitié est peut-être la plus polyvalente. C’est souvent aussi la
plus épanouissante, puisque c’est un cadeau accordé à l’autre
de manière volontaire. On donne ainsi une partie de nous sous
forme de compassion, de bonheur et de soutien. En retour, la
compagnie de nos amis nous réconforte et nous réjouit.
Cependant, l’amitié doit être nourrie et encouragée à
grandir par des actions, des paroles et des sentiments
réciproques.
Le premier aspect, et sans doute le plus important, est de
traiter les autres avec le même respect et la même gentillesse
avec lesquels vous souhaitez être traité. Cela doit être le guide,
notre boussole dans nos relations amicales. Il est vrai que c’est
plus facile et plus gratifiant lorsque vous choisissez
judicieusement vos amitiés.
Ces dernières doivent être construites sur une base de
confiance mutuelle, d’acceptation et de soutien. Montrez à
vos amis que vous vous souciez d’eux, non seulement dans la
parole, mais aussi par vos actes.
Évitez de vous montrer trop critique. Lorsqu’un de vos
ami(e)s rencontre des problèmes, soutenez sa décision sans
réserve, mais ayez toujours du recul et soyez toujours prêt à
lui dire quand il est sur le point de s’engager sur une voie
dangereuse, du moins, vous semble-t-il ! Vous l’aiderez ainsi à
s’épanouir à sa manière, tout en étant toujours là pour
lui. Soyez vraiment dans l’écoute et partagez les triomphes de
vos amis ainsi que leurs bouleversements avec patience,
gentillesse et sens de l’humour.
Mais, dans toute amitié solide, un conflit peut parfois
surgir : soyez prêt à faire des compromis et à respecter les
opinions de votre ami. Essayez de pardonner rapidement et de
ne jamais garder rancune, car, comme dans tout autre type de
relation, vous accrocher à des émotions négatives peut mettre
à rude épreuve une amitié. Laissez votre ami être ce qu’il est,
pas celui que vous préférez qu’il soit.
Soyez, enfin, tolérant avec vous-même : il peut y avoir des
moments où vous sentez que vous n’êtes pas au « top » pour
être un bon ami, que ce n’est pas le moment opportun. Sachez
que le fait de le reconnaître et de l’admettre, constituent les
bases d’une solide amitié. Votre ami, s’il est aussi généreux et
ouvert, comprendra que, vous aussi, vous pouvez avoir des
problèmes et des préoccupations importantes dans votre vie.
Développer et maintenir des amitiés enrichissantes et
durables est un défi, mais cela en vaut la peine !
CHAPITRE 3
Coco suit :
SON INTUITION
‘‘Puisse ma légende gagner du terrain.
Je lui souhaite une longue et joyeuse vie.
Déjà petite fille, rêveuse et solitaire, elle n’écoute que son
intuition. C’est ce qui la sauve : elle se construit une bulle, à
l’écart, à travers un univers de symboles. Toute sa vie elle
aimera le silence des cimetières et des églises. Petite,
elle contemple et s’imprègne des paysages de son Auvergne
natale pour observer et ressentir la nature, les gens…
Elle mêle le religieux et le païen. Dans son enfance
d’orpheline, elle se crée un univers intérieur et s’y immerge
de plus en plus. Elle n’aura de cesse de croire au retour de
son père et d’avoir confiance en son destin.
Toute sa vie, elle aura la « chance » de croiser les bonnes
personnes, grâce à une intuition hors du commun.
À Royallieu tout d’abord, dans le château de son amant
Étienne Balsan, qui restera son ami pour toujours, elle
rencontrera la célèbre Émilienne d’Alençon. Cette dernière
l’aidera lors de l’installation de son atelier à Paris.
Plus tard, elle pourra rentrer dans le cercle fermé des gens
du monde grâce à Misia Sert, la muse de Bonnard et de
Vuillard, l’égérie de Diaghilev et de Stravinsky. Cette femme
sera sa « seule amie »… mais quelle amie ! La complicité
qu’elles pouvaient toutes les deux s’apporter était partagée.
Coco disait d’elle : « Le chagrin d’autrui l’attire comme certains
parfums attirent l’abeille ».
Intuition également dans ses créations, de pressentir le
désir des femmes, de les émanciper, et surtout d’anticiper les
nouveaux codes de la mode, pour la révolutionner. Grâce à
son intuition, elle aura été l’« ange exterminateur d’un style
e
XIX siècle » (Paul Morand).
1936
Dans un contexte de grève générale, le personnel de la maison
Chanel occupe les locaux de la rue Cambon.
LE PARIS DE COCO
Le Ritz
Gabrielle s’installe dans une suite qui donne sur la place,
Vendôme puis dans deux chambres dont les fenêtres donnent
sur la rue Cambon. C’est ici qu’elle mourra un soir de
janvier 1971.
Conseils de coach
Aiguiser son intuition
« Apprenez à penser avec le cœur et à ressentir avec
l’esprit. » Theodor Fontane
Depuis toujours, la société semble réprimer l’intuition, en
nous enjoignant de nous méfier de nos sensations, émotions,
affects. On nous demande de croire plutôt en notre jugement,
et de construire notre monde sur la supériorité de la raison.
Pourtant, le monde se transforme dès que nous changeons la
perception que nous en avons ! Si certaines facultés semblent
surnaturelles à certains, il s’agit cependant de dispositions
naturelles insuffisamment développées et inexplorées. Mais ça
se travaille : en étant présents à ce qui est, en développant
notre attention et notre sensibilité. Car une chose est sûre :
nous avons tous des capacités naturelles plus ou moins
réprimées, enfouies au plus profond de nous. Comment faire
pour les détecter ? Nous pouvons développer cette intuition
sur la base d’une pratique régulière, d’une ouverture à
l’invisible, d’une meilleure écoute de nos ressentis subtils et
des synchronicités.
Lorsque vous entendez une petite voix intérieure, écoutez-
la car elle se trompe rarement. Il suffit de prendre en compte
la dimension énergétique toujours présente lorsque l’on
rencontre quelqu’un, par exemple, de ne pas laisser notre
mental nous couper de cette intuition, d’essayer de développer
cette capacité à ressentir l’énergie qui se dégage des
personnes, des lieux et des événements. Il ne tient donc qu’à
vous de faire des choix en écoutant vos convictions profondes !
QUELQUES ASTUCES
Mettre votre pensée consciente en veilleuse. Apprendre
le plus possible sur un sujet, laisser décanter, permettre à
l’inconscient de faire son travail et attendre le résultat : la
meilleure solution finira par s’imposer.
Être attentif aux pensées qui vous viennent à l’esprit et
les inscrire dans un cahier afin d’y réfléchir tranquillement.
Écouter ce vieux dicton très sage : « La nuit porte conseil ».
Si vous avez une décision importante à prendre, notez avant
de vous coucher toutes vos réflexions la concernant, et
adoptez la résolution avec laquelle vous vous sentez le plus à
l’aise le lendemain matin.
Faire le silence en soi et éveiller sa conscience permet
d’affiner ses perceptions. Prêtez attention aux signes et aux
symboles dans votre environnement : par quoi votre attention
est-elle attirée ?
Ne pas oublier de nourrir son inconscient, utiliser ses sens
en donnant libre cours à sa fantaisie et à sa création.
Les bijoux
Curieusement, en 1932, Chanel, la reine du bijou fantaisie
qui pendant longtemps n’aima d’Orient que les perles
fantaisies et les cristaux de couleur, va s’emparer de la plus
précieuse des pierres : le diamant. Opportunément, encore
sous le choc de la crise de 1929, les grands diamantaires de
l’époque vont préférer Mademoiselle Chanel à ceux de la
place Vendôme, pour rendre son éclat au diamant. C’est le
point de départ de la plus légendaire et éphémère
collection. Coco allège simplement les montures à
l’extrême et démode ce qui précède : ce n’est plus la pierre
qui décide mais, comme en couture, la ligne et le dessin.
Elle monte et remonte les diamants, comme elle s’amusait
autrefois à démonter les parures offertes par le duc de
Westminster pour inventer d’autres bijoux. Résolument,
elle fait de la souplesse un principe et de la liberté une
vertu. Elle supprime les fermoirs, ouvre les colliers le long
du cou, fait jaillir des comètes sur les épaules et ruisseler
une pluie d’étoile le long du décolleté. « Je veux, dit-elle,
que les bijoux soient au doigt de la femme comme un ruban
(…) »
Symboliquement, Mademoiselle Chanel choisit cinq
thématiques pour sa collection de bijoux de diamants.
Cinq : comme son chiffre fétiche, comme la quintessence
de son style. Secrètement, elle illumine la part la plus
sombre de son enfance en recouvrant de diamants les
croissants de lune, les étoiles, les soleils, les croix de
Malte : autant de figures géométriques du pavement de
l’abbaye d’Aubazine, que la jeune orpheline foulait pour se
rendre à la messe.
CHAPITRE 4
Coco ment
‘‘ L’arrogance est dans tout ce que je fais.
Coco Chanel ne cessera de brouiller les pistes, de raconter
des histoires, que ce soit sur son enfance, son adolescence, et
tout au long de sa vie d’adulte. Elle s’inventera une légende
pour faire oublier ses origines et les épisodes les plus sordides
de sa vie. Pas évident de s’y retrouver dans cette vie fabulée,
sous une couche de mensonges et de faux-semblants.
Toute sa vie, elle se sera acharnée à faire la nuit autour de
ses origines. De son père, elle disait qu’il était « un homme
mystère ». Qu’il dépensait bien plus qu’il ne gagnait, sans
jamais expliquer de quoi il vivait. Une chose est sûre :
Gabrielle avait des réticences vis-à-vis de sa famille, de ses
frères et de sa mère.
Était-ce par coquetterie ? Elle n’hésitera pas non plus à
enlever, lorsqu’on osera le lui demander, une décennie à son
âge ! Elle prétendra toujours être née en 1893 (alors que son
acte de naissance est sans équivoque…). Mensonge encore,
cette fois-ci par omission ?
Si Coco ne cachait par certaines de ses fréquentations et
certains de ses amours, elle savait aussi dissimuler sa vie
intime, ses peines, ses souvenirs, et jamais ne lâchait le nom
d’un amant dont elle n’avait pas décidé de parler.
LA PARTIE SOMBRE DE COCO
CHANEL
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Coco Chanel entachera
son image. Elle prendra comme amant un officier allemand, le
baron Von Dincklage, et fera tout pour récupérer les parts des
fabricants juifs de ses parfums avec pour motif « l’aryanisation
des biens ». Entre la fermeture de sa maison de couture au
début de la Seconde Guerre mondiale et la fin de celle-ci, la
vie de Coco est trouble. De nombreuses spéculations circulent,
à coup d’accusations de collaboration et d’espionnage.
À la fin de la guerre, elle sera entendue, mais aucune charge
ne sera retenue contre elle. L’auteur américain Hal Vaughan
affirme qu’elle fut un agent nazi à part entière, membre de
l’Abwehr, les services secrets allemands, et donc une
collaboratrice qui a espionné pour le IIIe Reich. Sur les
documents officiels déclassifiés figurent son matricule « F-
7124 » ainsi que son nom de code « Westminster ».
1939
Dès la déclaration de guerre de la France, le 3 septembre, la
maison de couture ferme ses portes. La boutique de parfums et
d’accessoires du 31, rue Cambon restera ouverte pendant
toute la durée des hostilités.
UNE JOURNÉE AVEC COCO
CHANEL
Le travail était sa vie, le seul partenaire fiable qu’elle ait
trouvé. À son siège parisien, le personnel de Chanel était
constamment maintenu à son service, dans un état « d’anxiété
vigilante ». Alors que son équipe arrivait à 8 h 30 du matin,
Coco apparaissait des heures plus tard. En général, vers une
heure de l’après-midi. Le cérémonial de son arrivée était digne
du protocole de la plus haute aristocratie : alors qu’elle
quittait sa suite du Riz, les membres du personnel de l’hôtel
téléphonaient au bureau de la rue Cambon pour avertir
l’équipe afin que celle-ci se tienne prête. Une sonnette
retentissait à travers tout le studio et l’on « se passait le
mot » : « Mademoiselle est en route ». Des effluves du Chanel
Numéro 5 étaient pulvérisés en bas, près de l’entrée, afin que
Coco puisse traverser un nuage de son propre parfum.
Lorsqu’elle pénétrait dans le studio, on se croyait dans une
salle de classe : tout le monde se levait, le personnel formait
ensuite une ligne, les bras positionnés le long du corps,
« comme à l’armée ».
Une fois arrivée dans son bureau, à l’étage, Gabrielle se
mettait immédiatement à travailler sur ses créations, refusant
toujours d’utiliser des modèles ou mannequins en bois,
préférant passer de longues heures à draper et épingler des
tissus sur ses modèles, en enchaînant les cigarettes, et en
prenant rarement une pause pour s’asseoir. On dit qu’il lui
arrivait de tenir debout neuf heures d’affilée, sans manger ni
même boire un verre d’eau. Elle restait jusque tard dans la
soirée – et demandait à ses employés de suivre son exemple –
en buvant du vin, et ne pouvant s’arrêter de parler. Ainsi, elle
retardait le plus possible son retour dans sa chambre du Ritz
pour éviter l’ennui et la solitude qui l’attendaient là-bas.
C’était sûrement la raison pour laquelle elle redoutait tant le
dimanche et les jours fériés, travaillant six jours par semaine
sur les sept. Comme elle le confiait alors : « Le mot “vacances”
me donne des suées… »
Conseils de coach
« Arranger la vérité » ou l’art
de la dissimulation
Qu’est-ce que dissimuler ? Sans s’inventer une vie, comme
Coco, cela peut servir de savoir cacher ses intentions ou ses
sentiments. Que ce soit pour éconduire en douceur les
hommes ou les femmes amoureux, s’excuser, ou encore
cultiver le mystère afin de (notamment) attiser le désir. Les
moralistes du XVIIe siècle, de La Rochefoucauld à La Bruyère,
ou encore Le Prince de Machiavel, nous donnent toutes les
ficelles dans leurs traités, au-delà de politique où la place de la
volonté est décisive. Des lectures indispensables !
Si vous vous engagez dans des conversations animées, le
plaisir que vous ressentez en y introduisant des remarques et
des idées pourraient vous permettre de rentrer dans un
échange plus profond ; et donc d’aiguiser votre sens de la
répartie avec les autres. C’est peut-être le bon moment pour
vous observer, et devenir conscient de la nature des
commentaires que vous avez tendance à faire, c’est-à-dire s’ils
penchent vers le positif ou le sarcastique. Pendant que vous
analysez vos paroles, profitez-en pour noter aussi comment les
autres réagissent à ce que vous dites, ce qui vous aidera à
orienter davantage vos discussions… Cette prise de conscience
plus profonde de vos interactions vous aidera à devenir un
partenaire de conversation beaucoup plus affirmé et plus
« fun » ! Car être un bon « causeur » implique que nous soyons
aussi conscients de la façon dont nos mots affectent les
autres.
Biarritz
1915
Alors que la Première Guerre mondiale s’aggrave, la haute
société et la vie mondaine se déplacent dans le Sud-Ouest,
à Biarritz, vers la frontière espagnole.
Aristocrates, artistes, et hommes d’affaires se replient dans
cette station balnéaire cosmopolite, mise à la mode au
e
XIX siècle par l’impératrice Eugénie. Ils retrouvent leurs
villas d’été, placées face aux vagues de l’Atlantique. Le
temps d’une permission, l’officier Boy Capel y emmène
Gabrielle. Les deux amants vivent vite, s’enivrent de soirées
à la mode. Au grondement de l’océan, Coco répond par une
détermination farouche. Son avenir passe par Biarritz, elle
le sait, d’ailleurs elle y ouvrira non pas simplement une
boutique mais une maison de couture. Boy l’encourage, lui
avance les fonds, et le succès sera tel qu’elle le
remboursera un an plus tard. Sur la descente menant de la
plage au casino, elle repère une vaste villa, installe un
atelier, embauche soixante ouvrières, fait venir de Paris sa
sœur Antoinette et en trois mois ouvre une boutique. Les
élégantes s’y pressent, les ventes affluent et offrent à
Gabrielle sa première grande victoire : son indépendance
financière. En 1916, le Harper’s Bazar célèbre la Chanel
charming… dress : les succès s’enchaînent !
CHAPITRE 5
L’ésotérisme de Coco
‘‘Il existe beaucoup de similitudes entre le monde
du luxe et celui de la magie : les deux sont faits
de rêves, de prédiction et de dépassement du réel,
avec un besoin de se reconnecter à quelque chose
de plus grand que soi. N’oublions
pas que les designers sont des artistes dans
une incertitude constante : faire appel au monde
divinatoire leur apporte de l’assurance. »
explique Serge Carreira, maître de conférences
à Sciences Po.
Son obsession pour le chiffre 5 (tous ses défilés se tenaient
le 5 février), sa fascination pour son signe astrologique la
protègent, pensait-elle, de la mauvaise fortune. Elle décline
ses racines et ses souvenirs en précieux talismans. Son
appartement de la rue Cambon en témoigne : on y retrouvait
des statues de lion et des grenouilles chinoises en
bronze (avec une pièce dans la bouche, censée apporter la
bonne fortune), du blé qui symbolise la richesse et la
prospérité (en mémoire aussi de ses jeunes années) et des
cristaux pour briller et dont elle pensait aussi qu’ils lui
porteraient chance. Aujourd’hui, tous ces lucky charms font
partie des classiques de la maison. Elle aimait parer ses
créations de détails subtils, allant jusqu’à faire passer des
messages subliminaux, comme avec la comète, qu’elle
affectionnait particulièrement. « Je veux que le bijou soit aux
doigts de la femme comme un ruban. » disait-elle.
En novembre 1932, princesses, duchesses et ambassadeurs
se pressent au 29, Faubourg-Saint-Honoré où Mademoiselle
Chanel inaugurera sa première et unique collection de haute
joaillerie, intitulée « Bijoux de Diamants ». Vaste programme
de trente joyaux inédits et révolutionnaires car sans fermoirs,
perpétuant ainsi son désir de rendre à la femme sa liberté.
Ses bijoux prennent la forme de la comète et des
constellations dont elle veut couvrir les femmes. Les
croissants de lune et les étoiles à cinq branches qui
recouvraient le sol de l’abbaye d’Aubazine ne sont pas loin…
L’enfance, toujours, comme source d’inspiration pour créer et
apporter sa spiritualité. Les étoiles montrent, encore une fois,
son attrait pour l’occulte et l’astrologie.
Car Gabrielle était superstitieuse et ne s’en cachait pas.
« Je crois à la quatrième dimension, et à une cinquième, disait
Coco. C’est né du besoin d’être rassurée, de croire que l’on ne
perd jamais tout et qu’il se passe quelque chose de l’autre
côté »
Effectivement, c’est sûrement à cause de son enfance
meurtrie qu’elle se crée un monde spirituel, notamment la
théosophie qui signifie étymologiquement « la sagesse de
Dieu », initiée par son grand amour Boy Capel. Toutes les
portes de Chanel étaient cachées derrière les paravents
Coromandel, pour éloigner le sentiment de solitude.
L’ésotérisme est aussi un mode de vie : Chanel se faisait
tirer les tarots régulièrement, et ses croyances avaient investi
jusqu’à ses ateliers où se piquer un doigt revêtait une
signification bien particulière ! On raconte en effet que la
main droite représentait le travail et la gauche les affaires du
cœur. Si on se piquait le pouce avec l’aiguille cela signifiait
que l’on allait connaître de la joie ; l’index, des soucis et de la
tristesse ; le majeur impliquait les questions amoureuses ;
l’annulaire, une correspondance, une lettre ; et, enfin, le petit
doigt : une séparation !
1944
Chanel est arrêtée au Ritz par les forces françaises de
l’Intérieur en raison de sa relation avec un officier allemand, le
baron Hans Günther Von Dincklage. Elle est relâchée après un
bref interrogatoire.
LE STYLE CHANEL
Chanel, dès le début de sa carrière, s’inscrit à contre-courant
de la conception du vêtement exprimant une féminité figée et
stéréotypée. Elle se débarrasse du tissu qu’elle juge en trop,
des drapés compliqués et incommodes, des inspirations
historiques, de tout ce qui déséquilibre le corps et la
silhouette. Son credo devient (et le restera) : une « subtile
élégance ». Et cela passe par un vocabulaire, des règles, une
discipline, une grammaire.
Chiffre 5
« Je présente ma collection de robes le 5 du mois de mai, le
cinquième mois de l’année, nous lui laisserons donc le numéro
qu’il porte et ce numéro 5 lui portera bonheur. » C’est ainsi
que Coco justifie le nom de son premier parfum. Le 5 est
aussi le chiffre qu’elle affectionne tout particulièrement
depuis son âge tendre. Elle le retiendra dès son enfance
dans l’orphelinat, gravé au sol. Toute sa vie elle pensera
que c’est un bon chiffre, son chiffre. C’est aussi le chiffre de
la quintessence des alchimistes.
Conseils de coach
Accéder à notre intériorité
Si vous vous lancez dans une pratique dite « ésotérique »,
n’oubliez pas de rester ancré, les pieds bien au sol (comme
une prise de terre !), de ne pas le faire lorsque vous êtes
fatigué, et surtout ne faites confiance qu’à vous-même !
Certains jours, certains matins, vous pouvez vous sentir
plus « travaillé » que d’autres par votre inconscient. Vous vous
interrogez peut-être sur la signification symbolique de vos
rêves, de certaines images, où des scénarios que vous y vivez.
C’est le moment alors de rentrer dans votre « espace
intérieur », de laisser cours à vos pensées et vos rêveries.
N’hésitez pas à vous isoler si le besoin s’en fait sentir pour
laisser place à l’introspection et la contemplation. Accordez-
vous le temps de savourer ces moments qui sont riches
d’enseignements sur vous-même.
Lorsque nous nous permettons de nous attarder sur nos
mondes intérieurs, nous voyons très rapidement qu’ils sont
aussi importants que ce que nous vivons de manière plus
active sur le plan physique, à travers notre corps. Pourtant les
deux sont intimement liés. Ces pensées et ces sentiments qui
émergent peuvent avoir un impact sur nos humeurs et sur ce
que nous entreprenons dans notre quotidien. Explorer cet
espace intérieur nous conduit souvent à une meilleure
compréhension de nous-mêmes, de nos désirs et de notre
authenticité.
Concrètement, et sans forcément devenir mystiques, nous
pourrions nous familiariser avec les voies de la vie
intérieure. S’ils sont notés et « digérés », les rêves peuvent par
exemple nous donner des indices sur la dynamique de nos
sentiments et de notre esprit.
N’hésitez pas non plus à puiser dans la poésie et plus
généralement dans la littérature : elles offrent de précieux
conseils en décryptant certaines situations de la vie
quotidienne, sur la signification profonde de l’arrivée (ou le
départ) de certaines personnes dans nos vies.
CHAPITRE 6
Coco est :
SPORTIVE
‘‘ Une femme a l’âge qu’elle mérite.
C’est au contact de son amant Étienne Balsan, dans la
maison de ce dernier à Royallieu, que Chanel se découvre une
passion pour le sport. Elle découvre l’équitation, le polo… Sur
les champs de courses ou lors des chasses à courre, elle
choque tout le monde en troquant sa robe contre un pantalon
pour pouvoir monter, comme les hommes, à califourchon
alors que les autres femmes montent habituellement en
Amazone. Elle apprécie aussi les sports d’hiver : notamment
skier à Saint-Moritz en hiver !
Coco aime aussi pêcher, notamment avec « Bendor », le
deuxième duc de Westminster. Ils passent beaucoup de temps
dans la propriété de celui-ci, à Loch More, en Écosse, à pêcher
le saumon. Là aussi, elle supplante tout le monde, comme en
témoigne Winston Churchill : « Elle pêche du matin jusqu’au
soir, en deux mois elle a attrapé cinquante saumons ! »
On retrouve son attrait pour le sport dans ses créations de
mode mais aussi sur scène. Dans le Train bleu, par exemple
(juin 1924), une « opérette dansée » par les Ballets Russes de
Diaghilev, elle dessine pour les danseurs des tenues de sport à
partir des vêtements de plage qu’elle avait déjà créés : des
tissus rayés aux teintes vives.
1953
Réouverture de la maison de couture après quatorze ans
d’absence.
COCO CHANEL ET LA QUÊTE
DE LA LIBERTÉ
Conquérir, maîtriser, aimer : pour Gabrielle Chanel ces trois
verbes essentiels sont ceux de la liberté, souveraine et
inconditionnelle. Elle n’épargnera pas ses efforts pour la
conquérir.
« Rien ne remplace le travail. Ni les titres, ni le culot, ni la
chance », disait-elle. Maîtriser sa liberté en la cultivant,
délimiter un cadre pour que s’y épanouissent l’audace, la
lucidité et l’exigence. Et cela passe par tous les domaines :
conquérir la liberté du corps et celle de l’esprit. Savoir dire
non, se faire désirer : de Paris à Hollywood. Les mondanités,
les conventions : c’est trop pour elle, qui n’estime finalement
rien de plus que les artistes et leur vie de bohème. Mais la
liberté de Coco ne sera jamais complètement gagnée : elle
devra la conquérir et reconquérir sans cesse. Sa singularité,
son courage et son obstination seront ses armes pour faire sa
révolution. Maîtriser les codes pour les transgresser en toute
liberté, et surtout devenir ce que l’on est : « Si vous êtes né sans
ailes, ne faites rien pour les empêcher de pousser. »
Conseils de coach
Se mettre au sport
Manque de temps, de motivation et, quelquefois,
appréhension : les raisons pour ne pas se (re)mettre au sport
sont nombreuses ! Pour y remédier, vous devez y aller
progressivement. Surtout ne soyez pas trop exigeant avec
vous ! Il faut que votre corps s’habitue progressivement à la
fréquence et à l’intensité de la pratique sportive que vous
souhaitez faire. Il faut absolument que vous y trouviez du
plaisir. Choisissez donc une activité qui vous plaise. Patience,
bienveillance et régularité sont les partenaires qui doivent
vous guider. Car ce n’est plus à prouver : si vous voulez rester
en bonne santé physique et psychique, il va falloir vous y
mettre !
Pratiquer régulièrement le sport que vous avez choisi et
que vous appréciez exige naturellement des efforts.
Et c’est important, car cela nous pousse aussi à nous
remettre en question, nous permettant de nous dépasser et de
porter nos compétences sportives à un niveau supérieur. Nous
devons constamment nous rappeler que nous étions autrefois
des débutants et que pour grandir, nous devons nous ouvrir à
de nouveaux défis passionnants, aussi difficiles soient-ils.
Pour vous motiver, si c’est compliqué de le faire seul, vous
pouvez rejoindre une organisation sportive locale, élaborer un
plan d’exercices partagé avec un être cher ou rejoindre une
salle de sport. Au lieu de vous épuiser, l’exercice vous
revigorera.
Vous constaterez aussi que vous vous sentez plus
coordonné et flexible que d’habitude et que vous vous sentez
plus à l’aise avec l’idée de participer à des sports de
groupe. Car c’est prouvé : le sport permet non seulement de se
détendre, puisqu’il agit sur le stress, mais il permet aussi de
mieux se concentrer et de canaliser notre esprit.
Bref, vous avez tout à y gagner : vous vous sentirez mieux,
plein d’énergie et serein.
Deauville
1912
Ville de toutes les ambitions et de toutes les élégances. Une
des stations balnéaires de la Belle Époque où l’on se
précipite pour être vu. Les ballets russes s’y produisent, la
mode se dessine, la culture physique apparaît sur les
plages, à travers les régates… Deauville attire.
Gabrielle arrive aux bras de Boy Capel, qui la conduit à son
automobile.
Hôtel Normandy : des fenêtres de la plus belle suite, Coco
regarde les voiliers prendre le vent. Elle a vingt-neuf ans et
sent ses ailes pousser ; elle comprend que bientôt elle
s’envolera, loin. Tout l’inspire : les maillots rayés des
marins, les blazers de Capel, les ciels normands des
impressionnistes et le vent qui met les vêtements en
mouvement.
À la terrasse de café de La Potinière, on croise le tout-Paris,
dont la chanteuse de cabaret Mistinguett. Coco observe ces
allures d’un autre siècle, ces coiffes qui encombrent et ces
corsets qui empêchent les femmes de bouger comme elles
le souhaitent. Elle sait que, dans peu de temps, le tout-
Deauville portera ses chapeaux puis ses tenues, sur la
plage, à l’ombre des cabines de bain.
Elle aime le soleil sur sa peau, la couleur beige du sable
mouillé… C’est sûrement en observant ces toilettes si
joyeuses, mais encore si « habillées », qu’elle a l’intuition
qu’il leur faut d’autres tenues de bain. Et également
d’autres vêtements, plus légers, plus souples, qui
permettent aux femmes de libérer leurs mouvements. Avec
son amant, elle court aux ventes de pur-sang, aux matchs
de polo, aux terrains de courses. Elle note, observe,
s’inspire du vestiaire masculin. Un jour de grand vent, elle
emprunte à un joueur de polo un pull trop grand, mais le
trouve si confortable, qu’elle décide de l’utiliser pour ses
créations. Il est pourtant fait d’un tissu jusque-là méprisé :
le jersey.
Ce sera rue Gauton-Biron, à quelques pas du casino, que
Chanel inscrit pour la première fois son nom en lettres
noires sur le store blanc de la boutique de chapeaux et
d’accessoires qu’elle vient d’ouvrir. Deauville confère à
Chanel sa première célébrité.
CHAPITRE 7
Coco cultive :
LA RÉPARTIE
‘‘ J’adore critiquer : le jour où je ne critiquerai
plus, la vie pour moi sera finie.
S’il y a bien une chose qui caractérise Coco, c’est l’art de la
répartie ! Ses ennemis (comme ses amis) en ont fait les frais !
Coco a le verbe haut, comme en témoigne sa rencontre
avec le célèbre couturier Paul Poiret, dans les années 1920.
Celui-ci, adepte des matières colorées et somptueuses, se
serait exclamé en découvrant la tenue de Chanel :
« Mademoiselle, de qui portez-vous donc le deuil ? » Elle lui
aurait rétorqué : « Mais de vous, Monsieur. »
Ses propres ouvrières subiront ses humeurs, car, le moins
que l’on puisse dire, c’est que Chanel n’était pas toujours
commode, et tenait peu compte de leurs conditions de vie
difficiles. Concernant les faibles salaires qu’elle versait à ses
modèles, elle se justifiait en soutenant que ces « jolies filles
n’avaient qu’à trouver un amant ». Certaines personnalités en
viendront à se fâcher avec elle, comme Françoise Sagan qui se
souvient avoir quitté plusieurs fois le repas à la suite des
saillies de Mademoiselle.
1954
Gabrielle Chanel dévoile sa nouvelle collection le 5 février.
Elle a soixante et onze ans.
COCO ARCHITECTE, « LA PAUSA »
La Pausa est la seule maison que Coco a construite, sur la Côte
d’Azur, à mi-chemin entre Menton et Monte-Carlo. Avec sept
chambres et une vue imprenable sur la mer, cette villégiature
de rêve aurait été financée par le duc de Westminster et
conçue par Robert Streitz. Simple et confortable, elle accueillit
de nombreux artistes et amis de Coco dans les années 1930,
parmi lesquels Jean Cocteau, Picasso, Churchill, ou encore
Salvador Dali et Luchino Visconti. La créatrice (qui a, par
ailleurs, créé de nombreux intérieurs) soignera
particulièrement le jardin, composé d’oliviers, de romarin,
lavande et de marguerites. On y retrouve aussi son goût pour
l’ésotérisme et ses superstitions dans la décoration du
mobilier, notamment de son lit en fer forgé parsemé de
constellations. Elle vendra La Pausa à un agent littéraire en
1953. La maison a depuis été rachetée par le groupe Chanel.
Conseils de coach
Faire mouche
Car cela peut être en plus, une manière de vous affirmer
sereinement. Ce sens de la répartie est lié à votre créativité. Et
bonne nouvelle : cette partie du cerveau se travaille,
notamment en sortant de votre zone de confort. Mais c’est
aussi une question de lâcher prise, de ne plus être dans la peur
du jugement, et cela commence par vous. En effet, la répartie
est plus une posture qu’un don. Devenez les rois du tac au tac,
mais n’oubliez pas : la répartie c’est l’art de « repartir » dans
une conversation, un échange et pas forcément, comme Coco,
d’être méchant ou d’exprimer son amertume. Concrètement,
sortez donc de cette idée de la performance, exercez-vous à
l’association d’idée et enfin… ne restez pas dans la crainte de
l’échec !
Les couleurs de Coco Chanel
La couleur de prédilection de Coco est le noir car il
souligne l’essentiel et rappelle la rigueur monacale des
uniformes des orphelines d’Aubazine. Pour Mademoiselle,
le noir rend visible le rayonnement d’une femme. Grâce à
elle, il quitte le deuil et les domestiques pour devenir – dès
1926 – la rigueur de l’élégance, avec la petite robe noire.
« J’ai imposé le noir, il règne encore car le noir flanque tout
par terre » souligne Coco. L’utilisation du noir, parfois à
peine éclairé de blanc, la pureté des lignes, lui permet
d’affirmer sa vision stricte et minimaliste de la mode.
Elle aime le blanc parce qu’il capte la lumière, rehausse le
visage, embrasse la beauté ; c’est la couleur de l’absolu, de
la transparence, de la transcendance… Il rappelle à Coco
les cornettes des religieuses de son enfance, et la robe de
communiante offerte par son père.
Le beige lui rappelle la couleur naturelle et chaleureuse de
la terre battue de son Auvergne natale. C’est aussi la
couleur des plages du lido, de Deauville, de Biarritz. Il
représente pour elle le teint naturel, la belle mine, le grand
air, la peau qui dort au soleil…
Elle raffole, enfin, de l’or car il supporte le vrai et le faux :
le vrai des bijoux que lui offre le duc de Westminster et le
faux des parures fantaisies qu’elle bricole sans fin. Mais
aussi parce qu’il lui rappelle les objets liturgiques et les
robes du clergé d’autrefois.
CHAPITRE 8
Coco Chanel est :
UNE FEMME D’AFFAIRES
REDOUTABLE
‘‘ Au moment où j’ai dû choisir entre l’homme
que j’aimais et mes robes, j’ai choisi mes robes.
Dès ses débuts, Coco a le sens des affaires et comprend
comment fonctionne le marketing, avant même que les
marques ne deviennent l’affaire des médias et qu’elles ne
soient gérées par des agences de communication. Il faut,
selon elle, que la marque soit reconnaissable immédiatement.
Coco dessine alors elle-même − en 1925 − le double « C »
croisé et inversé qui deviendra le logo le plus connu dans le
monde. Elle bâtit ainsi son ADN. Cet emblème, célèbre encore
aujourd’hui partout dans le monde, serait inspiré de son
enfance et des vitraux du couvent d’Aubazine.
Coco Chanel agit en redoutable femme d’affaires lorsque,
trois ans après avoir cédé les droits de production et de
distribution de son parfum aux frères Wertheimer, elle décide
de les récupérer. Trouvant qu’elle ne recevait qu’une part
minoritaire des recettes, elle les poursuivra en justice pendant
une vingtaine d’années. Elle ira même jusqu’à les dénoncer
aux autorités nazies pendant la guerre (les frères Wertheimer
sont juifs) pour demander une rétrocession des droits,
profitant du fait que les juifs n’avaient pas le droit de
posséder une affaire.
Avec les États-Unis (alors que la Grande Dépression n’est
pas loin) et la Metro-Goldwyn-Mayer elle signera un de ses
plus gros contrats : un million de dollars pour venir habiller
les principales actrices, deux fois dans l’année. Séduit par le
style de Chanel, le magnat Samuel Goldwyn essaie de capter
un peu de son « chic français » pour ses stars.
1955
Chanel crée en février le sac en agneau plongé matelassé avec
une bandoulière en chaîne, qu’elle baptise 2.55.
LE SAC
Le « 2.55 » (un nom qui lui vient de sa date de création, le
2 février 1955) révolutionne la mode dans le milieu des
années 1950. Coco Chanel l’emprunte aux militaires en
campagne. Elle habille leur besace de jersey et fait matelasser
en losanges pour plus de tenue et de confort. Elle ajoute une
doublure grenat frappée d’un double C et métamorphose la
bandoulière en une chaîne tressée de cuir (pour éviter le
cliquetis du métal) qu’elle lisse dans des œillets. On peut le
porter soit sur l’épaule, soit au creux du coude pour libérer les
mains et le mouvement (toujours la liberté chère à Coco !). La
surpiqûre serrée (quatre points par centimètre !) non
seulement épaissit le matériau mais le rend, là aussi, plus
robuste, bien qu’il soit beaucoup plus léger que les sacs à main
traditionnels. Sa structure compte un double rabat pour
fermer le sac, le second couvrant le compartiment intérieur.
2.55 comporte de nombreuses poches permettant de mieux en
retrouver le contenu, notamment le rouge a lèvres auquel un
compartiment est dédié. Le premier sac commercialisé est en
agneau, tissu ou laine grise, comme celui que porte Coco. Le
2.55 est aussi décliné en trois tailles pour répondre aux
différentes activités et circonstances de la journée. L’aspect
pratique… toujours !
DES VÊTEMENTS SIMPLES
La célèbre indépendance de Coco Chanel va de pair avec ces
jupes qu’elle crée pour ne pas empêcher les femmes de
déambuler à grands pas, des robes avec lesquelles on peut
s’asseoir sans souffrir de la pression de l’armature contre les
côtes, des blouses que l’on boutonne par-devant et non par-
derrière. Comme elle le disait : « Il ne manquerait plus que l’on
ait besoin d’un homme pour s’habiller ! »
Conseils de coach
Attirer la prospérité
Comme Coco, vous pouvez être en alerte pour ne surtout
pas manquer de belles opportunités.
Renseignez-vous, mais analysez également de près les fruits
de votre expérience, et notamment ce que vous avez appris de
vos échecs. Revenez sur vos défauts, vos besoins ; cela vous
permettra de mieux vous adapter et d’adopter de meilleures
stratégies.
Anticipez le plus possible, informez-vous, quel que soit le
domaine dans lequel vous exercez. Synthétiser le tout ensuite !
Pour avoir les idées claires, élaguez afin de pouvoir réfléchir
aux opportunités à saisir ! Notre subconscient a besoin de
repos, et il est donc important aussi de savoir se vider l’esprit !
La prospérité, enfin atteinte, c’est le bon moment pour
considérer ceux qui ont contribué à votre situation actuelle et
exprimer votre gratitude en les soutenant d’une manière ou
d’une autre. Ne vous reposez pas sur vos lauriers : c’est
également l’occasion pour examiner les mesures que vous avez
mises en place pour arriver à votre niveau actuel de succès et
en prendre note. Car, qui sait, ces principes appliqués à
d’autres domaines de votre vie pourraient créer les mêmes
résultats positifs !
La nature est un bon exemple : une source d’eau en
mouvement continuera d’apporter de l’abondance à tous ceux
qui y sont connectés, végétaux et animaux compris. Mais une
source d’eau qui reste immobile deviendra stagnante. Lorsque
vous circulez et partagez votre richesse avec votre entourage,
vous contribuez à un cycle vertueux et continu qui
nourrit toutes les personnes impliquées.
Le numéro 5
Pour la première fois une couturière bouscule le monde
feutré, fermé et poudré des parfumeurs, en créant en 1921
sa propre fragrance qui ne ressemble à aucune autre. Coco
est à la recherche d’un « parfum de femme à odeur de
femme ». Son odorat sera à la hauteur de son flair. « Une
femme, dit-elle, devrait porter du parfum partout où elle
souhaite être embrassée. »
Numéro 5 bouscule les codes de la parfumerie de l’époque,
qui n’aime encore que les soliflores. Coco Chanel fait appel
à Ernest Beaux, parfumeur à la cour des tsars, qui ira
chercher pour elle ses inspirations au-delà du cercle
polaire, dans la fraîcheur qu’exhalent les lacs du Grand
Nord au soleil de minuit. La couturière l’encourage et le
pousse à plus d’audace encore, plus de jasmin, car il s’agit
de l’essence la plus précieuse. Il compose pour elle un
parfum à partir d’un bouquet de plus de 80 senteurs, un
parfum abstrait et mystérieux, sans note dominante mais
d’une richesse florale étourdissante.
Numéro 5 révolutionne la magie des senteurs. Pour la
première fois, un parfum est présenté dans un simple
flacon de laboratoire : pur, austère, aussi dépouillé qu’une
fiole. Son contenant aussi bien que sa présentation sont
innovants. Numéro 5 dénote par son minimalisme avec les
flacons alambiqués des années 1920. À l’ornementation des
Années folles, Coco Chanel opposera sa sobriété qui sera le
gage de l’indémodable. Son bouchon aux lignes sobres et
anguleuses, taillé comme un diamant, aurait été inspiré de
la géométrie de la place Vendôme. Son flacon original de
1921 s’adaptera de façon imperceptible à l’air du temps,
tout comme son étui minimaliste en carton blanc surligné
de noir.
Numéro 5 deviendra une icône du XXe siècle : il entrera au
musée d’Art moderne en 1959, et Andy Warhol lui consacre
même une série de ses célèbres sérigraphies.
À la fin de la guerre, des GI’s se pressent devant la
boutique Chanel de la rue Cambon : les soldats américains
tiennent à ramener des flacons à leurs épouses et à leurs
fiancées.
États-Unis, Japon… : Numéro 5 étend sa notoriété et
devient le parfum le plus vendu au monde. Mais le
Numéro 5 entre dans la légende lorsqu’en 1952 Marylin
Monroe, au fait de sa gloire, répond à un journaliste qui lui
demande ce qu’elle porte pour dormir : « Juste quelques
gouttes de N° 5 ».
ANECDOTE
On raconte que le « double C » que l’on trouve sur les
lampadaires de Westminster était un clin d’œil du duc à sa
maîtresse. Or, il s’agissait vraisemblablement de celles du
County Council !
Les deux C, symboles enlacés du succès de la maison Chanel,
fondée en 1914, qui, aujourd’hui encore, authentifient sacs,
parfums, foulards, boutons et autres essentiels accessoires de
son sceau arc-bouté, ne feraient en réalité pas uniquement
référence aux initiales de Coco Chanel. La fondatrice de la
prestigieuse marque aurait choisi ce logo au début des années
1920, lors d’un séjour chez une de ses riches amies, au
château de Crémat, à Nice. Son œil de styliste aurait
immédiatement été attiré vers ce symbole en lettre d’or,
apposé sur la façade du bâtiment, et elle aurait demandé à la
propriétaire si elle pouvait utiliser l’image de ces deux « C »
entrelacés pour en faire son emblème.
CHAPITRE 9
Coco est :
FIÈRE
‘‘ Je ne peux obéir aux ordres de personne, sauf
en amour.
L’enfance de Gabrielle Chanel restera toujours une
blessure profonde qu’elle cachait avec honte. Coco masquera
durant toute son existence ses origines modestes, ne cessant
de brouiller les pistes. Elle ne voulait pas que l’on sache
qu’après la mort de sa mère, alors qu’elle a à peine douze ans,
son père les abandonne, elle et ses sœurs. Elle fera croire qu’il
est parti en Amérique, s’appliquant à construire sa légende.
Ses versions varieront plusieurs fois, mais elle préférera les
multiplier, plutôt que l’on découvre la réalité ! Jamais elle
n’articula le nom de l’abbaye cistercienne d’Aubazine, au fin
fond de la Corrèze, où elle fut placée par son père.
On dit qu’elle possédait une beauté singulière. Obstinée et
fière, si elle est heureuse d’attirée les regards, sa priorité est
de sortir de son milieu. C’est ce qui la conduit à accepter son
premier emploi de commise. Elle aime le chant, alors, lorsque
la Rotonde recherche des chanteurs, elle décide de se lancer.
Et ça marche : elle devient très vite la coqueluche de Moulins,
une ville de garnison, acclamée par l’ensemble du régiment.
C’est la chanson « Qui a vu Coco dans l’Trocadéro ? » qui lui
donnera son célèbre surnom ! Acclamée, elle décroche un
contrat à la Rotonde, où elle commence à s’ennuyer au bout
de quelques mois. En 1906, elle décide de partir tenter sa
chance à Vichy. Parmi ses admirateurs, un certain Étienne
Balsan, héritier d’une très riche famille de Châteauroux, est
pourtant le seul à la décourager de persévérer dans cette
voie : « Tu n’arriveras à rien. Tu n’as pas de voix et tu chantes
comme une seringue », lui dit-il. Le jeune homme est
passionné de chevaux de course. Moins titré que la plupart de
ses camarades, avec un physique assez commun : l’homme
semble avoir peu d’atouts pour séduire Gabrielle, mais il est
honnête avec elle. Et Gabrielle aurait dû l’écouter. Pourtant, là
encore, la fierté l’emporte : elle s’obstine à devenir chanteuse
jusqu’à ce que la désillusion laisse place à l’échec et la remette
face à la réalité. Elle reprend son emploi de commise, jusqu’à
ce qu’elle devienne la maîtresse d’Étienne qui lui offre un
toit. Mais celui-ci n’oublie pas d’où elle vient et où il l’a
rencontrée. Leur relation n’est pas platonique, mais il a prévu
deux chambres pour lui et Coco qui reste une invitée à cacher.
Elle parvient progressivement à se faire accepter par
l’entourage d’Étienne. Même si elle dénote : elle s’habille à
son gré, ne respecte pas les codes de cette société
bourgeoise. Sa stratégie est claire : étonner afin d’éviter ce
qu’elle redoute le plus – passer pour une femme entretenue.
Même dans sa vie intime, l’orgueil est de mise : sauver la
face, toujours. Alors qu’elle est follement amoureuse de Boy
Capel, celui-ci n’a pas renoncé à ses plaisirs : disputer un
match de polo ou conduire sa Daimler. Même si Gabrielle
assure ne pas être jalouse, il lui devient difficile d’apprendre
qu’il est souvent vu en charmante compagnie. Elle comprend
vite, à son grand regret, que Boy Capel ne lui demandera
jamais sa main. « Je lui étais destinée. Nous étions faits l’un
pour l’autre. Il m’adorait. Je l’adorais aussi. Qu’il soit là et qu’il
m’aime, et qu’il sache que je l’aime, le reste n’avait plus
d’importance. »
Orgueilleuse, elle n’apprécie pas que l’on ne l’écoute pas,
que ce soit dans ses ateliers ou ailleurs. Comme au théâtre,
lorsqu’elle prépare les costumes pour l’Antigone de son ami
Jean Cocteau. Pendant une répétition, agacée de ne pas être
entendue, elle tirera un fil de la robe d’Antigone, en l’abîmant
irrémédiablement. L’équipe devra improviser afin de trouver
un nouveau costume pour la première !
C’est aussi par orgueil qu’elle reviendra à Paris et rouvrira
sa maison de couture fermée pendant la guerre. Après treize
années passées en retrait, elle entend vanter les mérites d’un
jeune couturier, Christian Dior. Elle refuse l’idée qu’il remette
le corset au goût du jour, alors qu’elle pensait en avoir
définitivement libéré les femmes. Piquée, elle se donne pour
mission de l’anéantir, et c’est ainsi qu’à 71 ans elle revient sur
le devant de la scène.
LES ROBES DU SOIR
Même ses robes du soir, pourtant très ouvragées, sont faciles à
porter. Si elle ne renonce pas à la sophistication et à la
décoration, elle va à l’essentiel, évitant toujours le superflu.
Quand elle tapisse une robe de paillettes, c’est toujours de
façon monochrome.
Dans les années 1930, l’harmonie des proportions, la
cohérence entre matériaux et formes, révèlent une fois encore
sa recherche de la simplicité, mais aussi un dessin de plus en
plus juste.
Pour le soir, elle combine les matériaux les plus légers,
les dentelles noires ou blanches et le tulle. Robes de
mousseline, robes floues avec des décors incrustés qui
s’intègrent à la coupe pour mieux souligner les formes
nourrissent ses collections.
« Sans jamais déséquilibrer la ligne, elle joue avec l’asymétrie, les
mouvements enveloppants et les longueurs inégales. Avec elle, le
vocabulaire de la mode féminine fait preuve de retenue, les
volants ne sont froncés que très légèrement, les drapés à peine
esquissés, les pans se font légers et flottants. »
1957
Création du premier soulier bicolore avec le bottier Masaru.
Gabrielle étant née le 19 août sous le cinquième cycle du
zodiac, ces chiffres deviendront son porte-bonheur. Le lion
sera sa constellation, et ce sera l’esprit de Chanel.
Elle se reconnaîtra toute sa vie dans le caractère fougueux,
instinctif et solaire de l’animal.
Le lion deviendra son emblème : Chanel place une statue du
roi des animaux à côté de ses cigarettes et de sa paire de
ciseaux. Elle fait graver son effigie sur les boutons de ses
tailleurs de tweed. Le lion devient son sujet de prédilection,
notamment pour la joaillerie : il rugit sur des colliers,
pendentifs, broches, comme pour garder les secrets de
Mademoiselle et veiller sur elle. Elle en fait la griffe du 31, rue
Cambon.
Le lion est une majesté. On peut l’admirer, le craindre, le
chasser ou le dompter. Coco Chanel décide de l’apprivoiser.
« Les femmes de ce signe sont courageuses, travailleuses, fidèles,
elles ne se laissent pas démonter. C’est mon caractère. Je suis une
abeille née sous le signe du lion ».
Conseils de coach
Se valoriser
On assimile la fierté au péché d’orgueil (dans le
christianisme), ou à l’hybris des Grecs. Conséquence ou simple
hasard, on ne valorise pas souvent la mise en avant de nos
propres qualités ou atouts par la société. Et pourtant cela
enclenche bien souvent un manque de confiance et une
difficulté à s’épanouir pleinement. Alors comment faire pour
combler ce déficit ?
Concrètement, identifier vos forces et vos talents qui vous
permettront de trouver votre place. Pour cela, pensez à une
personne que vous admirez particulièrement. Notez et
verbalisez ensuite les raisons de votre admiration. Enfin,
réfléchissez à la meilleure façon d’agir afin de ressembler
davantage à ce modèle. Que mettre en place ? Que cesser de
faire ? Que changer ? Choisissez une action à ancrer dans
votre vie quotidienne, puis une deuxième, une troisième, etc.
Pour créer un cercle vertueux qui vous fera passer de
l’admiration à l’incarnation.
Vous acquitter de vos tâches quotidiennes
consciencieusement, qu’elles soient liées à votre carrière ou à
votre bien-être personnel, vous permet de porter une attention
particulière à chaque détail du projet qui vous attend. Cette
méticulosité peut éveiller une envie renouvelée du travail bien
fait. C’est prouvé : si vous prenez plaisir à aborder le travail
avec soin, la beauté, la créativité et la prévenance en seront
imprégnées. En effet, la rigueur avec laquelle nous nous
acquittons de nos obligations contribue à garantir que nous
serons fiers des efforts que nous consacrons à ces tâches. Une
grande partie de ce que nous faisons chaque jour se déroule
automatiquement, en mode « pilotage automatique » : nous
effectuons nos routines par habitude, sans réfléchir. Pourtant,
nous ne pouvons être fiers de notre travail que lorsque nous
sommes certains d’avoir fait tout notre possible. En devenant
conscients des moindres détails d’une tâche, nous y mettons
tout notre cœur et, d’une certaine manière, elle devient une
incarnation de nos valeurs. Votre attachement à la rigueur que
vous mettez dans toutes vos actions vous aidera à tirer le
meilleur parti de chacune de vos tâches quotidiennes, aussi
banales vous semblent-elles.
Vous réalisez peut-être aujourd’hui que vous êtes capable
d’aller plus loin dans votre activité que vous ne l’avez pas fait
dans le passé. Cela peut être le moment parfait pour continuer
à vous fixer des objectifs plus complexes à atteindre.
En effet, le sentiment de fierté peut devenir un « moteur »
dans notre vie : ce que nous ressentons après la réussite d’un
projet peut se transformer en motivation et nous pousser à de
plus grands exploits. Chaque fois que nous gérons une mission
avec compétence, nous nous prouvons que nous sommes prêts
à porter nos efforts au niveau supérieur. Pour atteindre le
succès que nous désirons et avancer au-delà de notre position
actuelle dans la vie, nous devons nous remettre en
question. Un seul triomphe peut changer notre existence. Si
nous en sommes arrivés là, nous pouvons soit emprunter le
chemin qui mènera à une réalisation similaire, soit explorer
celui qui nous offrira des opportunités sans précédent. Le
courage dont nous faisons preuve en choisissant ce dernier
nous soutiendra tout au long de notre parcours. La fierté que
vous ressentez aujourd’hui vous inspirera à élargir les horizons
de vos rêves.
Bien que les chemins qui nous ont conduits à la réalisation
aient été parsemés de nombreuses difficultés, le fait de savoir
que nous sommes capables de surmonter ces obstacles peut
nous encourager et nous préparer aux nombreux défis qui
nous attendent encore. Parce que nous sommes sûrs de notre
capacité à atteindre nos objectifs avec compétence et équilibre,
nous ne devons pas douter de nos chances de réussir. Nous
pouvons aller de l’avant, en prenant des risques calculés et
audacieux, avec une plus grande confiance en nous.
CHAPITRE 10
Coco est :
UNE INFLUENCEUSE
‘‘ Je déplore que les femmes suivent par trop
aveuglément la mode, aux dépens de leur
personnalité.
Dès ses débuts, Coco manie l’art et la manière d’utiliser et
de contrôler son image.
À son arrivée dans la capitale, elle n’hésitera pas à tout
mettre en place pour se faire remarquer. Et lorsqu’elle est en
province, comme à Deauville, elle profite de l’aubaine de se
faire prendre en flagrant délit avec son amant Boy Capel par
Sem : le plus grand caricaturiste de la Belle Époque. Une
paparazzade qui contribue à faire parler d’elle et qui ne lui
coûte rien !
Lorsque ce n’est pas le cas, elle s’entoure d’un cercle de
portraitistes. Devenant le modèle de ses propres créations,
elle ne cessera d’influencer les femmes dans leur manière de
se vêtir, construisant ainsi son mythe. Coco Chanel était sa
mode, et inversement. La scénographie qu’elle a mise en place
montre combien la couturière incarnait sa marque.
« Elle a inventé cette fameuse posture Chanel, décontractée et
chic avec une pointe d’impertinence : un pied en avant, les
hanches en avant, les épaules détendues, une main plongée au
fond de sa poche, pendant que l’autre s’agitait avec véhémence »,
écrit en 1960 la rédactrice de mode américaine Bettina
Ballard, dans son livre In My Fashion. Et, au fond, si Gabrielle
a délivré le corps des autres, c’est avant tout parce qu’elle a
composé la garde-robe dont elle avait besoin pour mener sa
propre vie d’affranchie. Et sa renommée dans le petit monde
du cinéma franchit l’Atlantique, lorsque Metro-Goldwyn-
Mayer lui déroule un tapis rouge pour relooker les stars.
Greta Garbo, Marlène Dietrich et Gloria Swanson l’accueillent
comme une reine. À plus de soixante-quinze ans, lors de la
nouvelle vague, Coco devient la coqueluche du cinéma
français séduit par sa modernité. Mais de tous les rôles, celui
de Pygmalion est celui qu’elle préfère. Gabrielle présente
Visconti à Renoir et Zeferelli à Vadim. Car la grande dame de
la mode a l’œil : elle est la première à repérer le jeune Robert
Bresson, futur jeune cinéaste d’avant-garde. Coco lui
demande de photographier sa collection de bijoux de
diamants avec un œil neuf. Comme au cinéma, Gabrielle a
inventé, écrit, coupé, monté pour réaliser le film de sa vie
avant que son histoire n’inspire à son tour le cinéma.
C’est aussi une première en matière de communication
pour un parfum : en 1937, Mademoiselle Chanel pose elle-
même dans une suite du Ritz pour le Harper’s Bazar. Pour la
première fois un parfum apparaît dans un écran publicitaire
en finale du Super Ball. Le succès est immédiat et vertigineux.
Tout au long de sa vie, Gabrielle Chanel a choisi des
mannequins qui lui ressemblaient, non seulement
physiquement, mais aussi à travers leur posture. À la fin des
années 1950, l’une d’elles, Marie-Hélène Arnaud, surnommée
par la presse « The Chanel Girl », était de loin sa favorite.
Dans le magazine ELLE du 17 février 1958, on peut lire cette
phrase éloquente adressée par la créatrice à son double : « Tes
robes doivent ressembler à la vie que tu mènes, à ta voiture, à
ton travail, à tes amours… »
Gabrielle Chanel devint une légende de son vivant,
légende qu’elle a elle-même soigneusement tissée tout au
long de sa carrière. Dès les années 1930, la presse française et
celle internationale n’hésitaient pas à relayer de nombreux
récits biographiques qui ne faisaient qu’accentuer ce flou
volontairement entretenu entre sa vie et la fascination que
suscitait déjà son personnage. Plusieurs personnalités avaient
été approchées par Coco Chanel pour écrire ses mémoires…
elles furent toutes congédiées, Mademoiselle ne supportant
probablement pas la confrontation à la réalité ! Depuis sa
disparition, en 1971, de nombreux écrits ont tout de même
tenté d’éclairer les différentes facettes de son histoire et de sa
personnalité, suscitant bien souvent débats et controverses.
1957
L’homme d’affaires américain Stanley Marcus, propriétaire des
grands magasins Naiman Marcus à Dallas, remet à
Mademoiselle Chanel l’ « oscar de la Mode » qui honore « la
créatrice la plus influente du XXe siècle ».
CHANEL AIME MÉLANGER
LES GENRES
« Sur un champ de courses dans le Midi, en 1907 ou 1908,
Gabrielle Chanel, âgée d’environ vingt-cinq ans, apparaît à la
fois chic et sportive : elle est vêtue d’un manteau et d’une cravate
d’homme, associés à un petit canotier soigné de sa confection. Sa
posture révèle également sa maîtrise de l’insouciance
typiquement masculine, ce qu’illustrent ses mains enfoncées
profondément dans les poches du manteau et ses jumelles portées
sans façon, en bandoulière. Cette allure est un signe d’effronterie,
à une époque où la dépendance sociale et économique des
femmes vis-à-vis des hommes se signalait, durant les courses de
chevaux, par leur robe à la mode » résume l’historienne
Caroline Evans. En effet, Chanel est bien différente des autres
spectatrices, au chapeau orné très lourdement et aux habits
faits d’une superposition de tissus et de drapés tombants. Un
habillement qui en dit beaucoup sur leur relation de sujétion
aux hommes (que ce soit leur mari, leur amant ou leur père).
Coco révolutionne ce petit monde et brouille les pistes en
décidant de porter des vêtements masculins, empruntant la
cravate à son amant et le pardessus à son ami. Une réponse en
écho à cette forme de mascarade sociale où elle utilise les
codes de la bonne société qu’elle prend plaisir à changer et à
explorer et s’offrir « la possibilité de sembler à la fois être ce
qu’elle n’était pas et de n’être pas ce qu’elle semblait être », selon
Lilou Marquand, son assistante durant les dernières années de
sa vie. Avant d’être une marque, Chanel fut une aventurière. »
Et ne nous méprenons pas : « L’important n’est pas que Chanel
portait des vêtements d’homme, mais plutôt qu’elle en
comprenait la modernité et qu’elle fut capable, tout au long de sa
vie, de bousculer le genre de chaque vêtement en remettant en
question la nature fondamentale de la masculinité comme de la
féminité », précise Caroline Evans.
LES MATIÈRES DE CHANEL
Le tweed : elle l’aime pour sa chaleur, son aspect confortable
et sa résistance. Elle l’introduira très vite pour ses vestes et ses
manteaux. Elle le découvre grâce au duc de Westminster qui
fût son amant pendant près de six ans. C’est ainsi qu’elle eut
l’idée d’utiliser cette matière pour créer des tailleurs pour les
femmes. Depuis lors, la petite veste en tweed est devenue un
des emblèmes Chanel culte.
Le jersey : il est économique et facile à produire. Confectionné
à l’origine en laine, ce tissu d’une grande douceur, facile à
coudre, est aussi très polyvalent : il peut être utilisé pour des
robes, T-shirt, pantalons…
Le fair isle : il s’agit d’un tricot confectionné par les femmes
de marins de l’archipel des Shetland. Les motifs sont différents
et propres à chaque ouvrière. La classe supérieure britannique
portera ces jacquards à la campagne, à l’instar du prince
Edouard VIII pour ses tenues de golf.
La rubakha : Chanel s’inspirera de ces chemises dans le style
tunique serrées à la taille et ornées de broderies russes
traditionnelles pour créer les robes chemises dans les années
1920. C’est l’atelier de la duchesse Maria Pavlovna, la sœur du
grand-duc Dimitri, « Kitmir », qui fera la broderie pour les
robes de Chanel. Comme pour le reste, cette dernière
n’hésitera pas à mettre des perles.
Enfin, Coco utilisera aussi la marinière pour créer ses tenues.
Cette pièce sans pinces, coupée dans un jersey de soie fin et
léger que l’on réserve habituellement aux sous-vêtements
masculins et portée depuis longtemps par les marins, fait
scandale lorsqu’elle l’introduit dans les rangs de la mode
féminine.
Conseils de coach
Comment soigner son image
N’oublions pas que notre image est notre carte de visite !
Nous devons l’adapter à nos objectifs ! Selon les différentes
études, l’essentiel des messages que nous véhiculons passe par
notre apparence, et non par les mots ! Les couleurs que vous
décidez de porter, votre attitude, vos vêtements disent
beaucoup sur vous ! Comme Coco, pensez à les soigner et
n’oubliez pas qu’en sortant de chez vous, une belle opportunité
peut se présenter : autant l’accueillir sous votre meilleur jour !
La prise de parole, en plus de la maîtrise de l’image, est
cruciale. Au moins une fois dans notre vie nous sommes
appelés à parler en public. Dans votre vie professionnelle,
parler en public peut devenir une routine, que vous soyez
obligé de faire une présentation ou de prendre la parole lors
d’une conférence. Cela peut être une source de stress, mais
avec du travail et de la détermination, vous devez arriver à
contrôler votre peur et à faire entendre votre voix sans souci.
Vous devez, avant tout, transmettre efficacement votre
message. Il s’agit de le communiquer à un groupe de
personnes, peu importe le nombre, ou le cadre. La confiance
en vous que vous gagnez en parlant efficacement en public –
quelle que soit l’occasion – aura un impact positif sur votre
vie.
Pour cela, connectez- vous émotionnellement à votre sujet
afin de transmettre votre passion à votre public. Utilisez au
mieux votre voix pour communiquer vos émotions et votre
message à vos auditeurs, adaptez votre vocabulaire et, surtout,
veillez à entretenir une bonne mémoire !
Une prise de parole en public réussie vous donnera
confiance : vous vous rendrez compte que vous parvenez à
exprimer clairement vos idées et augmenterez votre capacité à
communiquer avec des inconnus et des amis. Un orateur
confiant est celui qui est inspiré et prêt à s’engager avec son
entourage !
Coco et le cinéma
Gabrielle Chanel est née en même temps que le cinéma. Et
ils ont un sacré point commun : grâce au mouvement, l’un
révolutionne l’image comme l’autre a révolutionné l’allure
de la femme. Si Coco est d’abord styliste, il lui arrive aussi
de devenir costumière : elle habille femmes du monde et
soubrettes dans la Règle du jeu pour Renoir, elle suggère à
Carmet le béret et l’imperméable pour habiller Michèle
Morgan dans Quai des brumes.
Jeanne Moreau sélectionne dans sa garde-robe ses tenues
Chanel pour le film Les liaisons dangereuses de Vadim.
Truffaut laisse Delphine Seyrig choisir ses modèles rue
Cambon pour Baisers volés ; l’actrice est également habillée
par Chanel dans L’année dernière à Marienbad de Resnais.
Les célèbres mousselines noires de Coco entreront dans la
légende du cinéma.
Chanel pressent que ses actrices sont ses plus belles
ambassadrices : Jeanne Moreau, Romy Schneider, Élisabeth
Taylor ou Jane Fonda… Dans le sillage de Marylin, les
grandes stars mondiales portent haut les valeurs de la
maison Chanel. Encore aujourd’hui, Chanel continue à
imprimer la pellicule et traverser l’histoire du cinéma.
CHAPITRE 11
Coco sait :
PRENDRE
SES DISTANCES
‘‘ Je déteste m’abaisser, courber l’échine,
m’humilier, déguiser ma pensée, me soumettre,
ne pas en faire qu’à ma tête. »
Toute sa vie, Coco Chanel construira sa légende, en
prenant soin de toujours choisir son entourage qu’il soit
amical ou professionnel. Jamais elle ne considéra sa famille
comme essentielle, bien au contraire, toute sa vie elle n’aura
de cesse de s’en détacher. Elle confia un jour à Claude Delay,
une amie psychanalyste : « Je n’aime pas la famille […] On
naît dans une famille. On ne naît pas avec. Je ne connais rien de
plus effrayant que la famille. »
Elle évoquait avec cette femme (chose rare) son enfance :
« L’enfance, dont on parle quand on est très fatigué, parce que
c’est un temps où on a espéré, attendu […]. Je me souviens par
cœur de mon enfance. »
Même ses tantes qui la recueillent un temps ne trouvent
pas grâce à ses yeux : « Je trouvais tout misérable chez mes
tantes. Dans mes romans, on ne parlait que de capitons, de
meubles laqués blancs. Je voulais tout laquer de blanc. Je
détestais dormir dans une alcôve, quelle vieillerie, quelle saleté.
Chaque fois que je pouvais arracher quelque chose, un morceau
de bois, je l’arrachais pour abîmer. Quand on pense à tout ce qui
se passe dans la tête d’une enfant (…) j’aurais voulu me tuer. »,
raconte-t-elle à Marcel Haedrich. Seule sa petite-nièce semble
échapper à ces verdicts sans appel. Elle confiera qu’elle
« s’intéressait à ce qui était devant elle, et pas à ce qui était
révolu. »
C’est assez terrible de voir que cette idée de suicide de
l’enfant qu’elle était devient un leitmotiv, seule alternative à
son envie d’évasion et à une vie plus brillante. Elle confiera à
Paul Morand : « À ce moment-là, je pensais souvent à mourir ;
l’idée de causer un grand scandale, de vexer mes tantes, de faire
éclater aux yeux de tous leur méchanceté me fascinait. Je rêvais
d’incendier la grange. » Elle ne se sentait aimée par aucun
membre de sa famille, en premier lieu par son père qui l’avait
abandonnée, ni par ses tantes ou les autres membres de la
famille qui l’avaient placée chez les sœurs.
Et pourtant… même si elle n’eut de cesse de renier son
enfance, elle fut considérée pendant longtemps, et assez
paradoxalement, comme une « petite fille », celle qui a besoin
d’apprendre et que l’on doit protéger. En témoigne ce que lui
dit son amant Étienne Balsan en voulant la faire partir de
Royallieu : « Je vais te ramener chez toi, je leur dirai que je te
ramène telle que je t’ai trouvée et que tu es toujours une petite
fille. »
Et cette image d’elle-même lui collera longtemps à la peau.
Elle-même en joue : ce mélange d’innocence et d’expérience
sera une des clés de son succès. Elle assumera vite, par
ailleurs, de rayer très tôt de sa vie ce qui lui restait de famille
de sang au profit de celle du cœur, notamment celle qu’elle se
créa avec ses amis artistes.
1959
Le flacon du No 5 est présent lors de l’exposition « The
package », de septembre à novembre au Museum of Modern
Art (MoMA), à New York.
Conseils de coach
Comment gérer une relation
toxique ?
Pour éviter conflits et disputes, vous pouvez apaiser vos
émotions en pratiquant le détachement et en pensant de
manière rationnelle. Au lieu de vous énerver, reculez
mentalement de quelques pas et concentrez-vous sur
quelques respirations profondes. Vous pouvez également
moins fréquenter, ou même ne plus voir du tout les personnes
que vous considérez comme nocives. Il s’agit de savoir prendre
ses distances physiquement et psychologiquement.
Les émotions ont tendance à brouiller notre jugement, et
devenir trop impliqué dans une situation nous empêche de la
voir clairement.
ET CELA PEUT S’APPLIQUER (COMME POUR COCO !)
À LA FAMILLE…
Le terme de « famille dysfonctionnelle » reflète la confusion
et quelquefois le désespoir. La « libération » prend souvent la
forme de la distance physique afin de commencer à façonner
sa propre vie, de manière indépendante.
Pourtant, dans les faits, ce n’est pas toujours aussi facile !
Car la manière dont vous avez été élevé façonne durablement
tous les aspects de votre vie, de votre image de vous-même à
vos relations, à votre vision du monde, et même à vos choix
professionnels.
Mais ne soyons pas fatalistes : cela ne signifie pas que votre
vie doit être dictée par ce qui a eu lieu dans le passé ; et vous
pouvez changer de direction. Cela passe par une guérison afin
de vous donner la confiance nécessaire pour vous libérer de ce
qui vous retient – et briser enfin votre cycle de
dysfonctionnement. Pour cela, il faut identifier les schémas de
dysfonctionnement au sein de votre famille, reconnaître le rôle
codépendant que vous avez joué (et que vous jouez peut-être
encore), identifier et affronter les sources du déni, renouez
avec votre enfant intérieur, fixer et préserver des limites
saines, cultiver le pardon, accepter le présent, comprendre ce
que signifie la re-parentalité (devenir les parents de vos
propres parents) et comment la pratiquer. Ce chemin (qui peut
être long) exige de la conscience, de la compassion et de
l’engagement. La vraie guérison se produit au fur et à mesure
que vous portez votre regard à l’intérieur de vous-même,
notamment de vos zones d’ombre.
CHAPITRE 12
Coco a :
CONFIANCE EN ELLE
‘‘ Je me fiche de ce que vous pensez
de moi. Je ne pense pas du tout à vous.
Dès le départ, Coco a confiance en elle et en ses créations.
C’est ce qui lui a permis de construire son mythe. « Quand
elles entrent chez moi, mes clientes aiment franchir le seuil d’un
lieu magique, elles éprouvent une satisfaction un peu vulgaire,
peut-être, mais qui les ravit : d’être une privilégiée qui s’intègre
à cette légende. C’est pour elles un plaisir bien plus grand que de
commander un tailleur de plus. La légende est la consécration de
la célébrité. »
Souliers bicolores
À partir de 1957, le soulier bicolore parachève la
silhouette définie par Chanel. Après plusieurs essais avec
différents bottiers, elle adopte le modelé réalisé par
Raymond Masaru. Parfait accord entre l’usage et la forme,
elle opte pour une peau beige pour allonger la jambe,
tandis que son bout noir protège le soulier des marques du
temps et fait paraître le pied plus petit. La bride
asymétrique et le talon, pas trop haut, garantissent comme
toujours, confort et liberté de mouvement.
Coco prendra des risques, notamment en nouant des
partenariats osés avec les Wertheimer, une grande famille
e
d’industriels du XX siècle, en embauchant des milliers
d’ouvrières et en traversant l’Atlantique pour conquérir
Hollywood. Ce voyage montre à quel point elle a conscience
de la valeur de son travail et ne compte pas se laisser
impressionner. Lorsqu’elle arrive à New-York, elle sera
bloquée pendant deux semaines à l’hôtel avec une mauvaise
grippe. Alors qu’elle en profite pour donner des interviews,
elle répond à un journaliste qui lui demande si elle a
l’intention de créer sur le sol américain « Je n’ai pas emmené
mes ciseaux ! ».
Elle ira encore plus loin lorsqu’à son arrivée à Los Angeles,
elle rencontre le magnat Samuel Goldwyn qui tente de
l’approcher, et à qui elle répond sans détour qu’elle n’est pas à
vendre ! Elle repartira deux semaines plus tard.
Sans ambition, pas de confiance.
Conseils de coach
Ne plus douter
Les personnes les plus confiantes sont capables de trouver
un équilibre entre aider les autres et demander de l’aide quand
elles en ont elles-mêmes besoin.
Travaillez, anticipez. Disposer toujours d’informations
correctes peut vous aider à conserver votre force intérieure
dans une situation troublante.
Si vous ne pouvez pas réécrire le passé, vous pouvez vous
réinventer en élargissant votre horizon et en sortant de votre
zone de confort. Ces nouvelles expériences vous aideront à
vous sentir plus accompli.
Vous pouvez tenir un journal de réussite, dans lequel vous
répertoriez les réalisations, ainsi que les objectifs. Cela
vous aidera à retrouver la confiance lorsque vous vous sentirez
dépassé.
Commencez chaque journée par une affirmation
positive. Vous pouvez également repenser à trois choses que
vous avez accomplies. Cela permet de regarder nos vies sous
un angle différent.
À une époque où l’on nous presse pour être plus riches,
plus minces, plus intelligents et plus rapides, nous sommes
tous en proie à l’inquiétude et au doute de soi. Bref, nous
écoutons tout le monde, sauf nous-mêmes.
Nous avons déjà ce qu’il faut pour faire face aux différentes
situations de la vie. Il suffit de cultiver la conscience de soi, la
confiance en soi et l’autonomie.
Apprenez à calmer les critiques – celles qui proviennent de
votre mental comme celles de votre entourage – et faites-vous
plutôt confiance. Pour la plupart d’entre nous, la confiance en
soi passe par l’expérience : nous avons besoin de vivre une
situation pour nous prouver que nous pouvons la gérer. En
deux mots : n’évitez pas les situations inconfortables mais
plongez-y ! Soyez souples et flexibles : il existe une grande
variété de réponses possibles à une situation donnée. Faites
confiance à votre capacité à trouver la réponse appropriée.
C’est aussi un choix : lorsque nous décidons plutôt d’agir avec
confiance et notamment en nous dans nos interactions avec les
autres, nous deviendrons plus à l’aise. En favorisant un
sentiment plus fort de confiance en vous, vous serez en
mesure de transformer la qualité de vos interactions avec les
autres, un cercle vertueux en quelque sorte !
L’inquiétude concerne toujours l’avenir, et ce qui nous
inquiète vraiment, c’est notre capacité à lui faire face, quel que
soit le domaine (personnel, professionnel, familial…). Nous
nous imaginons le pire des scénarios, en pensant que nous ne
pourrons pas y faire face. Nous nous inquiétons donc, comme
si cela contribuait à la réussite. Surtout, cela nous énerve et
nous épuise. Il existe en fait deux types de soucis : ceux sur
lesquels vous pouvez agir et ceux qui échappent à votre
contrôle.
Il faut donc apprendre à lâcher prise…
Plus nous apprenons à connaître profondément nos qualités
et à avoir confiance en notre capacité à faire face, moins nous
devons passer de temps à nous inquiéter car nous savons que
nous trouverons d’une manière ou d’une autre comment
affronter à celles que nous ne pouvons pas éviter.
Évitons de trop anticiper les choses, de dépenser toute cette
énergie émotionnelle. Nous n’avons pas à vivre dans la peur de
l’avenir. Vivre dans le moment présent est de loin préférable :
il y a suffisamment à faire !
Pour éviter de vous sentir dépassé ou intimidé par les
actions des autres, il serait utile de vous concentrer sur le
renforcement de votre confiance en vous. Au fur et à mesure
que vous vous sentirez plus à l’aise pour vous affirmer dans
des contextes sociaux, vous remarquerez que vous vous sentez
automatiquement plus fort et moins intimidé par les autres.
Agir avec confiance nous aide à nous sentir forts et
capables, et en persévérant, nous intégrons ces qualités dans
notre personnalité. Il ne faut pas oublier que la façon dont
nous nous voyons est aussi la façon dont les autres sont
susceptibles de nous voir. Même si nous ne verbalisons pas
notre peur et notre intimidation, nos actions transmettront le
message dans chaque situation.
CHAPITRE 13
Coco aime :
LIRE
‘‘ Ma vie a seulement été une enfance prolongée.
Coco n’a cessé de puiser son inspiration dans les livres.
Ses goûts littéraires étaient toujours en lien avec sa vie
personnelle, comme en témoigne son attachement au roman
d’Alexandre Dumas fils, La Dame aux camélias. Lorsqu’elle vit
son adaptation sur scène, avec Sarah Bernhardt dans le rôle
de Marguerite Gautier, une courtisane magnifique qui s’éteint
de phtisie, ses larmes coulent. « La dame aux camélias c’était
ma vie, tous les mauvais romans dont j’étais nourrie »
racontera-t-elle à son amie Claude Delay.
En effet, compliqué de ne pas voir d’analogie avec la mort
de sa mère atteinte de tuberculose, dont le sang maculait les
mouchoirs et les draps dans lesquels elle agonisait. Coco
racontera également à son amie que ses sanglots étaient si
bruyants pendant la représentation, qu’elle s’était attiré les
foudres du public. On retrouvera le camélia, quelques années
plus tard, sur un certain nombre de créations, que ce soit des
bijoux ou des vêtements.
Sa bibliothèque reflète aussi sa vie amicale et
sentimentale. Elle se fait l’écho de son lien avec son amant
Pierre Reverdy, mais aussi son ami de toujours, Jean Cocteau.
Coco Chanel parsèmera ses lectures de petites notes
manuscrites, comme dans L’Initiation sentimentale de Joséphin
Péladan, où l’on retrouva ce morceau de papier sur lequel
était inscrit ceci : « La vie qu’on mène est toujours peu de
choses, la vie qu’on rêve, voilà la grande existence parce qu’on la
continuera au-delà de la mort. » Des mots qui en disent long
sur la conception de l’existence de Coco !
On retrouve aujourd’hui les petites notes manuscrites que
le poète Jean Cocteau laissait à son amie au fil des pages. En
écho à sa poésie d’inspiration futuriste, Chanel déconstruit le
vêtement. Lorsque Cocteau dessine des étoiles sur le visage de
son amant, Jean Marais, elle en parsème également ses
créations. Autant d’occasions de retrouver leur lien artistique.
Les livres de Coco
Dans sa bibliothèque d’une richesse impressionnante, qui
recouvre deux murs entiers de son appartement, on trouve de
nombreux livres reliés, que ce soit des éditions anciennes des
auteurs latins et grecs comme Plutarque, Euripide, Homère ou
encore Virgile. Mais aussi, dans un autre registre, les
Mémoires de Casanova, les Essais de Montaigne, les
Confessions de saint Augustin, les œuvres complètes de
Maupassant et Molière. Joséphin Péladan, Flaubert,
Lautréamont, Alfred Jarry… font également partie de ses
lectures fétiches.
Conseils de coach
Pourquoi lire ?
Chaque livre a le potentiel de toucher profondément l’âme
humaine, et nous permet de mettre en place de nouveaux
schémas de pensée insoupçonnés. Il s’agit d’un passe-temps
actif qui mobilise à la fois nos émotions et nos capacités de
concentration et d’imagination. Vous le ressentez sûrement, il
y a peu d’activités aussi réconfortantes, relaxantes et saines
que de lire les pages d’un bon livre. Nos lectures nourrissent
nos propres réserves créatives.
Ce sont aussi des chemins de découverte : les livres qui
vous touchent profondément feront partie de vous et
inspireront, comme dans le cas de Coco, pourquoi pas, vos
créations… Ce serait dommage de s’en priver !
1969
Le 18 décembre, la comédie musicale Coco est présentée à
New-York. L’actrice américaine Katharine Hepburn y incarne
Gabrielle Chanel.
LE TAILLEUR CHANEL
« La mode n’existe pas seulement dans les robes. La mode est
dans l’air, c’est le vent qui l’apporte, on la pressent, on la respire,
elle est au ciel et sur le macadam, elle est partout, elle tient aux
idées, aux mœurs, aux événements. »
« On pourrait dire que Chanel ne varie pas ou presque pas sa
ligne, et c’est justement ce qui fait sa force » déclare Vogue le
1er avril 1921. Lors de la réouverture de la maison de couture
Chanel en 1954, Chanel se positionne contre la mode du
moment. L’extrême dépouillement de ses créations est perçu
comme un manque de nouveauté, et le tailleur ne retient pas
l’attention des journalistes de l’époque. Et pourtant… il
deviendra l’un des plus grands succès de Coco Chanel. Celle-ci
ne dira pas « tailleur », mais « costume », pour bien signifier
qu’il s’agit de l’équivalent du complet masculin. Il existe déjà
dans la garde-robe des femmes lorsque Chanel arrive dans le
milieu de la mode, depuis les années 1850. Mais cet ensemble
deux-pièces d’origine anglaise est dédié à des activités
spécifiques, celles de plein air, activités sportives, voyage ou
promenades du matin. Il est surtout exclusivement réalisé sur
mesure par des tailleurs pour hommes. Il faudra attendre le
milieu des années 1880 pour que quelques couturières
françaises s’en emparent et commencent à confectionner cette
tenue pour les femmes. Ses détracteurs jugent ce costume un
peu triste, car d’allure trop stricte et masculine. Il faut dire
que dans les années 1910, on le trouve presque toujours en
drap de laine de teintes neutres : couleur ficelle, praline, gris,
voire vert nuance « purée de pois ». Coco le révolutionne avec
une veste d’inspiration militaire en tweed. Une chaîne retenue
sur la doublure apporte une structure unique au vêtement.
Le tailleur Chanel est adopté à la ville comme au cinéma
par des stars comme Marlène Dietrich, Brigitte Bardot, Grace
Kelly, Ingrid Bergman, Romy Schneider ou encore Elisabeth
Taylor. Plus tragiquement, on se souvient du tailleur Chanel
rose de la collection automne-hiver 1961, que portait Jackie
Kennedy à Dallas, le 22 novembre 1963, jour de l’assassinat
de son mari, John F. Kennedy, président des États-Unis.
CHAPITRE 14
Coco a fait :
ÉVOLUER
SA CONDITION
SOCIALE
‘‘ Si vous êtes née sans ailes, ne faites rien pour
les empêcher de pousser.
En 1883, Gabrielle Chanel naît dans un hospice de
province. Deuxième enfant d’un couple pauvre et non marié.
Le père est mercelot d’origine cévenole, et la mère une jeune
paysanne d’Auvergne. Lorsque cette dernière décède,
Gabrielle est abandonnée par son père, une blessure qui la
marquera toute sa vie. Elle connaît l’enfance des couventines,
placée sous le signe de la sévérité, de la solitude et de la
détresse morale.
Son seul horizon était de se trouver placée comme
commise chez un commerçant de la région. Que pouvait
espérer d’autre cette jeune adolescente élevée aux frais du
couvent ? Elle n’eut dès lors qu’une obsession : échapper à
son destin. Même si elle commença effectivement comme
employée de magasin dans une maison spécialisée en layette,
toile et mercerie, elle rejoint un temps une connaissance à
Vichy ou, pour échapper à cette triste condition, elle chante et
danse, tout en rêvant de faire du théâtre.
Cette « petite » couturière de province a réussi à sortir de
la pauvreté, en passant plusieurs années dans le cadre
luxueux et bucolique offert par son amant, Étienne Balsan.
Elle arrivera à s’imposer comme styliste, à travers son style à
la fois élégant et décontracté.
Elle passera de l’extrême pauvreté à la plus grande des
fortunes, menant une vie trépidante aux quatre coins
du monde.
En arrivant à Paris, elle s’adapte à ses nouveaux
interlocuteurs, dans des milieux qui lui étaient jusque-là
méconnus, voire interdits, comme en témoigne son amie
Edmonde Charles-Roux : « Personne ne la connaissait, on la
présentait à peine. On ne l’entendait pas. Elle regardait, elle
écoutait. »
Elle côtoiera toute l’intelligentsia, l’aristocratie et les
artistes de son temps. En prenant son époque en main,
Gabrielle Chanel régnera à sa façon. Ses défauts sont devenus
sa force, elle n’avait rien à perdre, et n’avait donc pas peur de
prendre des risques.
Féministe avant l’heure, elle a su utiliser les hommes à son
avantage. Alors qu’à l’époque une femme ne pouvait rien faire
sans les hommes, Coco est toujours restée elle-même.
LES CHAÎNES
Celles-ci seraient inspirées de l’orphelinat où elle a passé ses
jeunes années. Les bonnes soeurs y attachaient leurs clés. On
les retrouve dans l’horlogerie, mais surtout chez deux modèles
iconiques de sacs de la maison.
Conseils de coach
Guérir de ses blessures d’abandon
Les manifestations d’une blessure d’abandon sont
multiples : la peur de la solitude, les difficultés à vivre une
relation épanouie, la dépendance affective, la faible estime de
soi ou encore la somatisation.
Il est indispensable alors de reconstruire (ou construire)
l’estime de soi ; travailler sur la colère et le sentiment
d’injustice ; apprendre l’auto-parentage pour remplacer le ou
les parents défaillants – ou encore l’absence de parents.
Sortez (même si ce n’est pas toujours facile) du rôle de
victime mis en place pour obtenir des marques d’attention,
trouvez d’autres moyens pour obtenir cette reconnaissance
(sans tomber dans la dépendance affective pathologique pour
acquérir le sentiment d’exister ailleurs que dans le regard des
autres).
Apprenez à faire confiance, en modifiant les croyances : sur
vous et les autres, sur la vie en général.
Mettez-vous à l’écoute de vos véritables besoins et attentes,
et surtout trouvez comment les satisfaire.
CHAPITRE 15
Coco est :
RÉSILIENTE
‘‘ J’ai choisi ce que je voulais être et je le suis.
Nombreux sont les drames auxquels Coco a survécu dans
son enfance, cela se poursuivra toute sa vie. Dans sa vie
amoureuse, ce sera la mort de l’homme de sa vie, Boy Capel,
qui constituera sa blessure la plus profonde. Celle qui arrivait
à dissimuler avec un grand art ses émotions eut bien du mal à
complètement cacher sa peine. Elle demanda que l’on enduise
les façades de sa maison en crépi beige en laquant les volets
en noir. Dans sa maison de Saint-Cloud qui avait abrité ses
amours avec Capel, elle demanda que les murs comme les
draps portent eux aussi le deuil. Manifestation surprenante
mais bien réelle de la résilience de Coco : le lendemain elle
demanda à un décorateur de tout repeindre en rose et à son
majordome de la « tirer de ce tombeau ».
Ce sera Venise et l’art qui la sauveront. L’art est une
formidable source de résilience, ne l’oubliez pas ! Coco
raconte à son ami Paul Morand que durant ce voyage, elle
décida un jour de se rendre dans une église pour demander à
saint Antoine de Padoue de ne pas pleurer. « Je me vois encore
dans l’église, devant la statue du saint, à gauche, parmi les
beaux sarcophages d’amiraux vénitiens. Un homme devant moi
laissait reposer son front contre la dalle ; c’était une figure si
triste et si belle, il y avait en lui tant de rigidité et de douleur, ce
front épuisé touchait le sol avec une telle lassitude que le miracle
se produisit en moi. Je suis une loque, me dis-je ; quelle honte !
Comment oserais-je comparer mon chagrin d’enfant perdu, pour
qui la vie commence à peine, à celui de cette détresse ? Une
énergie nouvelle m’envahit aussitôt. Je repris courage, décidée à
vivre. »
Résiliente, Coco Chanel l’est aussi dans le travail. Le
5 février 1954 à 14 heures, Chanel dévoile sa nouvelle
collection. Elle revient après une dizaine d’années passées en
Suisse. On ne sait si c’est l’ennui ou l’envie de clore le bec aux
nouveaux couturiers de l’après-guerre, comme Christian Dior
qui réintroduit les corsets et de grandes quantités de tissu,
alors qu’elle s’était donné tant de mal pour en « libérer » la
femme.
L’accueil de la presse française est tiède, voire glacial. Les
titres des journaux ne l’épargnent pas. Le Combat titre « Chez
Coco Chanel à Fouilly-les-Oies ». Le Figaro parle, lui, « d’un
voyage dans le temps, en 1925 ». Malgré la déception de son
entourage, Chanel tient bon et se remet au travail dans ses
ateliers de la rue Cambon pour préparer une nouvelle
collection.
C’est l’accueil de la presse américaine qui changera la
donne : ses créations font la une de Vogue Paris. Life évoquera
« des touches d’une élégance folle et des tailleurs aussi faciles à
porter que rafraîchissants ! » Chanel en profite : elle propose à
la rédactrice en chef du Harper’s Bazar de vendre du prêt-à-
porter directement pour ses clientes. Une requête qui
trouvera une réponse positive. Il lui faudra un mois pour
qu’elle soit à nouveau reconnue, mais son acharnement a
payé !
LE SUCCÈS DU LOOK
« GARÇONNE »
Ce style est en fait tiré du roman éponyme de Victor
Marguerite (1922), qui fit grand bruit à son époque, et investit
les créations de Chanel, à travers les robes-chemisiers. Mais il
y a aussi un « physique » de la garçonne : elle ne doit pas être
trop grande, avoir une petite poitrine et de longues jambes, et
surtout, comme le recommandaient les journaux et magazines
de l’époque « ne pas être trop forte ».
Une photographie de 1925 montre Chanel sur le pont du
yacht du duc de Westminster, le Flying Cloud. Si ses vêtements
sont ostensiblement plus féminins, sa pose et ses cheveux
courts révèlent une allure inédite de garçon manqué pour
l’époque, chez une femme de quarante ans.
Conseils de coach
Rebondir
Les blessures non traitées du passé peuvent souvent
continuer à nous causer du tort dans le présent. Mais, lorsque
vous travaillez avec discernement, esprit et énergie, éliminer
les ombres du passé devient plus facile à accomplir. En les
éclairant, vous découvrirez que le passé n’est pas aussi
écrasant que vous ne le pensiez auparavant.
Prendre le temps d’explorer ces blessures vous permettra de
les réduire, voire même de les neutraliser afin de vous en
libérer complètement. Une fois que vous vous êtes engagé à
abandonner cet ancien bagage émotionnel (lié à votre enfance
ou autre) qui ne vous sert plus, vous parviendrez à avancer
dans votre vie avec un nouveau sentiment de paix et
d’autonomie.
Guérir votre passé vous permettra de créer de la place pour
que votre vrai « moi » émerge. Un travail quotidien vous
permettra d’identifier la racine de votre douleur. L’idéal est
d’être accompagné par un psychologue pour être guidé avec
soin tout au long du processus de guérison. Vous devez
démêler les émotions liées à votre blessure et apprendre des
techniques qui permettront de libérer les parties sombres de
votre cœur et de votre esprit. Le principal est de récupérer
votre pouvoir intérieur et votre confiance pour développer une
vision positive de l’avenir afin que vous puissiez avancer avec
force et joie.
La petite robe noire
La couleur noire que Chanel adorait était aussi le symbole du
lien qu’elle entretenait avec Boy Capel après sa mort. Elle est,
en fait, au-delà de la couleur du deuil, le symbole de sa force
et de son indépendance. Et cela se traduisit de manière
éclatante à travers la « petite robe noire » qui fait partie
aujourd’hui encore des pièces fétiches du vestiaire féminin :
cette robe fourreau est à la fois élégante et d’une grande
simplicité, en crêpe de Chine noir, aux manches longues et
étroites.
Il fallut attendre un peu, en 1926, pour que la petite robe
noire soit sacralisée par le Vogue américain qui publiera un
modèle de Chanel légendé « Voici la “Ford” signée Chanel » et
qui pronostique à l’époque qu’elle allait « conquérir » le
monde. On connaît la suite…
À partir de 1954, Mademoiselle Chanel fera plusieurs versions
de la petite robe noire, notamment plus habillées pour le soir.
Cela devient un véritable exercice de style ! Une nouvelle fois
à contre-pied des grands couturiers qui ornent de pierreries et
de paillettes leurs tenues de soirée, Chanel donne une version
discrète et raffinée de la mode habillée.
Sans jamais dévier de la ligne qu’elle s’est fixée, elle décline
les robes noires toutes simples dans les matériaux les plus
divers, des classiques dentelles, velours et voiles de soie aux
tissus en nylon et autres matières synthétiques. Elle ajoute aux
plus austères une ceinture ou un bijou en métal doré,
illuminés de pierres colorées. La mousseline, la gaze dans
toute sa légèreté, contribuent comme toujours à la liberté de
mouvement. Sa gamme de couleur ne change pas : du blanc
cassé à l’or en passant par le rouge qui apporte du piquant, et
le noir le chic.
CHAPITRE 16
Coco est :
SOLITAIRE
‘‘ Personne ne devrait vivre isolé. C’est une erreur.
Je croyais devoir mener ma barque seule, mais
je me trompais.
Celle qui passa ses nuits et ses jours à travailler, en paya
chèrement le prix. Son pire échec était sa vie de femme, avec
un paradoxe : puisque c’était ce à quoi elle tenait le plus ! Si
elle se montra bien souvent supérieure aux hommes dans sa
vie professionnelle, elle fut la plus « désarmée » des femmes
dans sa vie privée.
À la fin de sa vie, plus mordante que jamais (et souvent de
mauvaise foi !), isolée entre ses paravents de Coromandel et
ses lustres aux éclats froids du cristal, elle se réfugie dans les
essayages, triturant les tissus et donnant les derniers coups de
ciseaux à son œuvre, entourée de ses courtisans et
mannequins. Celle qui avait tant aimé n’aimait rien d’autre
que travailler : « Furieuse et droite comme un capitaine sur le
pont d’un vaisseau qui sombre », écrira Françoise Giroud dans
L’Express. Sa gloire ne sera jamais parvenue à effacer les
blessures de son désespoir intime. « Les vraies réussites sont
fatales », disait-elle. Elle vivra, après la guerre, dans la
chambre dans laquelle elle s’installa pendant l’occupation
allemande, au Ritz. Une chambre quasi monacale, aux murs
blancs assortis, comme elle le souhaitait, à ses draps. Son
amie, Claude Delay, se souvient : « Souvent, je la trouvais
touchante de solitude, à sa coiffeuse, regardant éperdument le
jardin. » Elle avait pourtant encore plusieurs personnes à son
service, comme son majordome François Mironnet, sa femme
de chambre, sa secrétaire, et son chauffeur. Souvent le
dimanche (le jour de la semaine qu’elle détestait le plus), elle
demandait à ce dernier de l’emmener au cimetière du Père-
Lachaise, afin de s’y promener, comme elle aimait le faire
enfant. Son dernier compagnon fut le Sedol : un sédatif à
base de morphine qu’elle s’injectait le soir afin de pouvoir
trouver le sommeil, depuis que son amant Paul Iribe s’écroula
mort, foudroyé par une crise cardiaque, sous ses yeux. Un
rituel fait avec calme. La psychanalyste Claude Delay, qui fût
très présente à la fin de la vie de Coco, analyse ce geste
comme un dernier rempart à la solitude : « Sa piqûre fut une
substitution à l’amour […]. Le Sédol fut sa dernière défense
devant la nuit, la pénétration ultime et solitaire. »
La disparition de Coco Chanel
Gabrielle Chanel meurt un dimanche, le 10 janvier 1971.
Elle avait dessiné sa tombe, en précisant bien : « Sans pierre
au-dessus de moi (…) je veux pouvoir en ressortir si j’en ai
envie, pour aller au paradis habiller les anges. »
André Malraux déclarera : « de ce siècle, en France trois,
noms resteront : De Gaulle, Picasso, et Chanel ».
1971
Gabrielle Chanel meurt à Paris le 10 janvier, dans sa chambre
du Ritz. Elle est enterrée au cimetière du Bois-de-Vaux, à
Lausanne.
UN SUBTIL ÉQUILIBRE
EN LA FONCTION ET LA FORME
Mais revenons sur le tailleur, qui présente un juste équilibre
entre la fonction et la forme. Car cette pièce témoigne là
encore d’une réflexion quant à la conception de chaque détail.
« Chaque tailleur recèle les secrets du luxe de Chanel. Et ce luxe
tient à des détails ». (Vogue, septembre 1959).
Synthèse des grands principes qui ont fait son succès, tous les
aspects de la réalisation du tailleur sont pensés dans le respect
de l’anatomie, et une conception de l’élégance alliant
simplicité et naturel. Cette tenue adaptée aux nouveaux
modes de vie peut être portée tout au long de la journée, mais
aussi à tout âge. Car si le tailleur est pensé au départ comme
un vêtement de jour, Chanel le transpose dans des matériaux
chatoyants pour les sorties du soir. « Le tailleur me fait
l’impression d’un objet de design, où chaque élément répond à
une fonction, tout en restant esthétique, commente Véronique
Belloir, la commissaire associée de l’exposition
“Gabrielle Chanel, manifeste de mode”, qui s’est attardée sur
ce vêtement en particulier. Sans doute est-il l’illustration
parfaite de l’esprit Chanel : sa construction est extrêmement
précise et, paradoxalement, c’est cette précision qui permet
ensuite à la femme qui le porte d’avoir une allure désinvolte. »
Comme pour chacune de ses créations tout est synonyme de
liberté et de désinvolture : la veste (à deux ou quatre poches)
s’apparente à un cardigan, tant elle est souple et légère. La
jupe, quant à elle, n’enserre pas la taille mais repose sur la
pointe des hanches ; elle est accompagnée d’une blouse dont
l’encolure est parfois soulignée d’une cravate ou d’une écharpe
légère avec un nœud retombant en deux pans. Les ganses, ces
cordonnets plats de couleurs contrastées, soulignent et
structurent la silhouette, notamment au niveau des poignets,
qui peuvent être fermés par des boutons de manchettes. « Il y
a le tissu extérieur, qu’on montre aux autres, et le tissu intérieur,
tout aussi raffiné, qui est un luxe pour soi ; comme toujours chez
Chanel, il y a une histoire d’intimité entre le corps et le
vêtement », note Véronique Belloir.
Autre caractéristique qui n’a l’air de rien en 2020, mais qui
change tout pour la femme active des fifties : « Les poches ne
sont pas factices. On peut y mettre les mains dans une posture
nonchalante, comme les hommes. Et surtout, on peut s’en servir
pour y glisser ce dont on a besoin, au lieu d’être
sempiternellement prisonnière d’un petit sac à main. Bref, on est
plus libre. Et, chez Chanel, c’est la liberté qui donne l’élégance »,
conclut l’historienne.
Conseils de coach
Apprivoiser la solitude
Qui n’a pas ressenti, un matin en se levant, comme un
parfum de mélancolie ? Paradoxalement, dans cette époque de
médias et d’appareils connectés, la solitude a atteint un niveau
record. Il est courant de nous sentir seuls alors que nous
sommes de plus en plus affairés et que nous avons moins le
temps de profiter de nos proches.
Nous connaissons tous des jours où le sentiment
d’isolement nous ronge, accompagné quelquefois de
frustration. Votre première impulsion peut être de rechercher
la compagnie de personnes qui, selon vous, ont le pouvoir de
soulager votre solitude ou de vous « guérir » de votre
isolement mais attention, il peut s’agir aussi du moment idéal
et précieux pour réfléchir à vos sentiments, et à vos émotions.
Ces instants peuvent vous aider à mieux comprendre votre
existence telle qu’elle se présente actuellement. Ne confondez
donc pas ennui et solitude.
Prendre le temps d’examiner notre désir d’échange et
d’interaction sociale nous aidera à observer notre vie dans une
perspective plus réfléchie. Nous pouvons même choisir
de rester isolés des autres pendant un certain temps afin de
mieux comprendre les émotions qui se jouent en nous.
Ce sentiment d’isolement est susceptible de révéler quelque
chose de plus profond, car il peut être le signal d’un besoin de
vous réconcilier avec vos émotions.
Concrètement, commencez par vous poser ces questions : à
quel moment vous sentez-vous le plus seul ? Depuis combien
de temps ressentez-vous cette solitude ? Y a-t-il des personnes
qui vous font sentir encore plus seul lorsque vous êtes avec
elles ? Que voulez-vous faire lorsque vous vous sentez seul,
quelles sont les pensées qui vous viennent à l’esprit ?
Vous pouvez aussi profiter de ce moment et de cet espace
dans votre vie pour vous livrer à des activités apaisantes et qui
vous nourriront.
Allez vous promener dans la nature, faites du vélo ou lisez
un livre. Explorez de nouvelles activités et n’ayez pas peur
d’essayer de nouvelles choses. C’est le moment de laisser
exploser votre créativité !
Libéré des pensées inquiétantes ou de ce que les autres
peuvent penser de votre choix de vous détourner des
engagements sociaux, vous avez la liberté de vous concentrer
plus pleinement sur vos désirs intérieurs. Cela nous aide à
mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons et la
place que nous y occupons. En nous connaissant mieux, nous
ferons face d’une manière beaucoup plus concentrée et
réfléchie aux difficultés que nous rencontrons. Bref, ce
sentiment d’isolement que vous ressentez aujourd’hui
disparaîtra à mesure que vous apprenez à apprécier la joie
d’être seul.
Profitez-en aussi pour identifier, choisir et cultiver les
meilleures relations. Le meilleur outil dont vous disposez pour
lutter contre la solitude est votre propre esprit. Il s’agit en effet
de transformer les pensées négatives en un point de vue
positif, ce qui vous aidera à recadrer votre solitude et à ouvrir
la voie à l’invitation dans les relations dont vous avez besoin et
que vous désirez. Car bien souvent notre processus de pensée
est inadapté par rapport à la situation et nous empêche de
tisser des liens plus profonds avec les autres. Il s’agit de se
libérer des conditionnements négatifs passés pour « recadrer »
les sentiments de solitude afin d’améliorer la santé et le bien-
être. Ce sentiment de solitude peut être uniquement ponctuel
et constituer votre premier pas vers une forme de libération !
Sources citations
Chapitre 1
Pocket Coco Chanel Wisdom, Hardie Gram books, 2017.
Chapitre 2
Le monde selon Coco, Éditions Flammarion, 2020.
Chapitre 3
Pocket Coco Chanel Wisdom, Hardie Gram books, 2017.
Chapitre 4
Pocket Coco Chanel Wisdom, Hardie Gram books, 2017.
Chapitre 5
Magazine Elle
Chapitre 6
Pocket Coco Chanel Wisdom, Hardie Gram books, 2017.
Chapitre 7
Le monde selon Coco, Éditions Flammarion, 2020.
Chapitre 8
Pocket Coco Chanel Wisdom, Hardie Gram books, 2017.
Chapitre 9
Le monde selon Coco, Éditions Flammarion, 2020.
Chapitre 10
Le monde selon Coco, Éditions Flammarion, 2020.
Chapitre 11
Le monde selon Coco, Éditions Flammarion, 2020.
Chapitre 12
Pocket Coco Chanel Wisdom, Hardie Gram books, 2017.
Chapitre 13
Pocket Coco Chanel Wisdom, Hardie Gram books, 2017.
Chapitre 14
Le temps Chanel, Edmonde Charles Roux, Éditions de la
Martinière, 2004.
Chapitre 15
Pocket Coco Chanel Wisdom, Hardie Gram books, 2017.
Chapitre 16
Biographic Coco, Sophie Collins, J’ai lu, 2019.
Bibliographie
Chanel m’a dit, Lilou Marquand, Éditions Jean-Claude
Lattès, 1990.
Vogue on Coco Chanel, Bronwyn Cosgrave, Quadrille
Publishing Ltd, 2012.
Le monde selon Coco, Éditions Flammarion, 2020.
Pocket Coco Chanel Wisdom, Hardie Gram books, 2017.
Mémoire de la mode Chanel, François Baudot, Assouline,
1994.
Coco Chanel, Susan Goldman Rubin, Abrams Books for
Young Readers, 2018.
Notre Chanel, Jean Lebrun, Bleu autour, 2014.
Chanel & Co, Les Amies de Coco, Marie-Dominique
Lelièvre, Denoël, 2015.
L’allure de Chanel, Paul Morand, Hermann, 2017.
L’Irrégulière, Edmonde Charles Roux, Grasset, 2009.
Le temps Chanel, Edmonde Charles Roux, Éditions de la
Martinière, 2004.
Coco Chanel, the illustrated world of a fashion icon, Megan
Hess, Hardie Grant books, 2015.
Chanel, Jean Leymarie, Éditions de La Martinière, 2010.
Chanel, sa vie, Justine Picardie, dessins de Karl Lagerfeld,
Éditions du Seuil, 2011.
Chanel l’énigme, Isabelle Fiemeyer Flammarion, 2016.
Biographic Coco, Sophie Collins, J’ai lu, 2019.