PASS’ CONCOURS PASS’ Ingénieur
Ingénieur RAPPORT DE L’ÉPREUVE DE MATHÉMATIQUES
PRÉSENTATION GÉNÉRALE
À l’occasion de cette session d’oral, environ 80 candidats sur les 119 admissibles se sont présentés et
ont été examinés sur des thèmes couvrant une large partie du programme de mathématiques du
concours Pass’ Ingénieur durant les week-ends des 25-26 mai 2024 à Nancy et 1-2 juin 2024 à
Toulouse.
Les notes se répartissent selon le tableau suivant, qui confirme un étalement satisfaisant des notes. La
note 2 a été attribuée trois fois et la note 19 une fois. On constate que la moyenne est stable par rapport
à l’année dernière qui avait accusé une baisse d’un point ; en revanche la médiane baisse d’un point
bien que les 1e et 3e quartiles soient inchangés par rapport à l’année dernière.
Moyenne Ecart-type Minimum 1e quartile Médiane 3e quartile Maximum
8,82 3,7 2 6 8 12 19
Rappelons que l'épreuve est d'une durée de 60 min, soit 30 min de préparation d'exercices d'analyse et
d'algèbre, suivies de 30 min de présentation.
Cette présentation est l'occasion de montrer l'étendue de ses connaissances et pour les examinateurs de
faire la différence entre les candidats.
Ainsi les questions posées n'ont pas pour objet de mettre en difficulté les candidats, mais de donner une
indication ou bien de différencier une erreur due à un manque d’attention d'une erreur de compréhension.
Dans ce dernier cas, il s'agit alors de déterminer si cela provient d’une lecture superficielle du sujet, de
l’angoisse de l’oral ou d'une lacune. Cette épreuve ne s'improvise pas.
COMMENTAIRES SUR LE CONTENU MATHÉMATIQUE
Si le programme de l'épreuve de mathématiques contient une partie technique indéniable (intégration,
suites et séries…), l'épreuve ne se résume pas à intégrer par parties, à faire un changement de variable
ou à calculer la limite d'une suite ou d'une fonction. La connaissance des notions au programme de cette
épreuve est indispensable.
Les examinateurs déplorent, cette année encore, de rencontrer trop des candidats qui ne connaissent pas
suffisamment les définitions au programme. Cela engendre généralement un blocage et les place dans
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une situation qui ne leur permet pas de justifier la légitimité de leur calcul ou méthode. Elles sont, au
mieux, remplacées par un galimatias de méthodes plus ou moins digérées.
Un futur ingénieur devrait être capable de donner une définition précise, correcte et utilisable : imagine-t-
on une notice d’utilisation qui ne respecterait pas ces critères ? Les candidats incapables de le faire se
sont vus sanctionnés. De même que les candidats dont la capacité de calcul s’avère lacunaire.
Enfin rappelons qu’aucune définition présentée à l’oral ne peut raisonnablement commencer par « d’après
moi », « pour moi » ou encore « selon moi ». Les interrogateurs cherchent à savoir si la définition adoptée
par la communauté mathématique et au programme est connue ; ils ne veulent pas la définition du
candidat.
Cette année encore, des lacunes soulignées l’année dernière sont revenues en algèbre linéaire.
Voici quelques exemples qui étaient présents l’année dernière et qui nous permettent de penser que les
candidats ne prennent pas la peine de lire les rapports.
– Tous les candidats se précipitent sur une recette systématique et unique pour déterminer les valeurs
propres d'une matrice donnée : la recherche des racines du polynôme caractéristique. Ceci même
lorsque la réponse ne nécessite aucun calcul comme pour une matrice triangulaire. Cela pose aussi
souci quand on demande les valeurs propres d’un endomorphisme qui n’est pas donné par une
matrice.
– La théorie de la diagonalisation est trop souvent ignorée ou mal connue. Certains pensent que si le
polynôme caractéristique est scindé, la diagonalisabilité est acquise. Utiliser, par exemple, le rang
pour trouver la dimension d'un espace propre semble hors de leur champ de compétences. Le lien
entre espaces propres et noyau d’une certaine matrice n’est pas fait.
– Le lien entre une application linéaire et sa représentation par une matrice dans une base donnée
pose des soucis.
– Les définitions d’espace vectoriel et d’endomorphisme ne semblent pas faire partie du bagage de
quelques-uns. Les espaces vectoriels complexes, au programme, semblent ignorés par d’autres.
En analyse / probabilités
– Les questions de régularité des applications à plusieurs variables sont souvent mal traitées.
Notamment les dérivations partielles posent souvent des problèmes.
– Les fonctions classiques et leurs dérivées sont mal connues.
– La formulation de certaines questions a, semble-t-il, dérouté les candidats. En particulier, montrer
qu’un objet mathématique est défini (ou bien défini) les laisse perplexes quand ce n’est pas
simplement éludé. Les interrogateurs le remarquent bien évidemment.
– En probabilités, les prestations sont aussi inégales, trop souvent réduites à l’usage d’un arbre des
probabilités. On trouve des candidats compétents et d’autres qui n’ont d’idée claire sur aucune
modélisation.
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– L’écriture en décimale n’est pas comprise, ainsi on a pu rencontrer des candidats ne reconnaissant
pas le nombre représenté par 0,9999…
Notons aussi que la représentation géométrique des nombres complexes est ignorée par les candidats
qui ont eu un exercice sur ce sujet.
Terminons avec une attitude un peu nouvelle relevée plusieurs fois : l’intuition se substitue à une
démarche scientifique, sous-tendue par l’idée curieuse que les capacités de « réflexions en acte »
permettent de s’affranchir d’une méthodologie acquise en formation. L’oral du concours n’est ni le lieu ni
le moment pour redécouvrir empiriquement le cours.
REMARQUES DE FORME SUR LA PRESTATION DES CANDIDATS
La période du Covid et son influence sur les apprentissages est du même ordre que l’année dernière.
Rappelons que cette année ce sont les deuxièmes élèves ayant expérimenté la réforme dite Blanquer du
lycée qui se présentaient. Est-ce la raison pour laquelle nous avons pu entendre des candidats justifier
leur ignorance par le fait qu’ils n’avaient pas fait de Mathématiques autres que celles utilisées en
Physique ?
Cette année nous n’avons pas remarqué de différence sensible de niveau entre les candidats à Toulouse
et ceux à Nancy.
L'épreuve orale, bien que se passant au tableau, n'est pas une épreuve écrite. On attend des candidats
une explication orale de leur raisonnement. Il est important de décrire à l'examinateur ce que l'on va faire
et pourquoi on va le faire avant de commencer à le faire : ceci montre le recul et la maîtrise que l'on
possède.
Encore une fois, c'est une épreuve de concours et les impasses ne sont pas acceptables, car il s'agit en
fait de lacunes et elles participent au manque de confiance et au stress du passage à l’oral.
À noter que les sujets donnés sont définitifs et ne peuvent pas être changés, sous quelque prétexte que
ce soit.
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