Guide Boursier.
com Le guide du débutant en bourse
Le Guide
de l’analyse fondamentale
1 : Les sources d’information . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p 3
2 : Des avis d’analystes à surveiller . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p 5
3 : Comment faire ses propres analyses ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p 6
4 : Les notions comptables incontournables .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p 8
5 : Les ratios boursiers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p 10
6 : Les stratégies à suivre ....................................................p 12
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S’il n’est pas besoin d’être expert-comptable pour investir en bourse, il peut être utile de maîtriser
malgré tout quelques bases élémentaires pour comprendre un bilan et un compte de résultat.
Evaluer une entreprise avant d’y investir ses économies peut éviter certaines mésaventures
boursières...
Le rôle des analystes financiers sur les marchés reste donc essentiel, même si la crise de 2008 a
durement touché les différents cabinets de la place et les banques qui emploient ces spécialistes
de l’analyse fondamentale... Leur fonction est d’émettre des recommandations d’achat et de
vente sur les actions cotées en Bourse et de jauger la valeur des entreprises inscrites à la cote et
pas seulement au moment de leur introduction, mais au fil de l’eau de leur existence.
Les analystes sont donc en première ligne pour commenter les résultats des entreprises ou les
événements de marché en émettant des notes de recherche quotidiennes. Ils rencontrent pour
cela les dirigeants des entreprises dans le cadre de visites privées ou de réunions plus ouvertes
destinées à la communauté financière.
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1.
Les sources d’information
L’information de qualité constitue la base même d’un investissement réussi en bourse. Un
épargnant qui place son argent dans une entreprise doit savoir où il investit et quel est l’état et le
devenir de la société... De même la conjoncture économique dans son ensemble est un élément
important dans les choix d’investissement sectoriels ou géographiques...
La première source d’information provient donc des groupes cotés eux-mêmes qui mettent
désormais à disposition de leurs actionnaires une abondante littérature par différents canaux, à
commencer par leur site internet souvent très détaillé, mais aussi par des lettres envoyées par
la Poste, sans oublier les rapports annuels légaux ou certaines réunions d’information à Paris
ou en région... Plus récemment, les groupes cotés ont largement développé leur présence sur
les réseaux sociaux comme Facebook, Twitter ou LinkedIn, afin de rester en contact avec leurs
actionnaires de manière très interactive !
• Les Assemblées générales à suivre
Les assemblées générales constituent aussi un moment clé chaque année pour aller à la rencontre
de la direction des entreprises et prendre le pouls de leur activité... Au-delà de son déroulé très
huilé et solennel, une AG est aussi l’occasion de poser ses questions “en direct” au management et
de pouvoir discuter avec d’autres actionnaires. Croiser ses points de vue et échanger avec d’autres
investisseurs est souvent un bon moyen d’approfondir sa connaissance de la société pour mieux
comprendre son évolution et son devenir...
Il va de soi qu’en fonction de la taille de l’entreprise, les moyens mis en oeuvre pour communiquer
seront plus ou moins étoffés. Pour faire court, Carrefour ne dispose pas du même budget en la
matière qu’une petite société comme MGI Coutier, ce qui ne veut pas dire que cette dernière soir
inintéressante, loin s’en faut !
• Les sites internet en vedette
Parmi les autres sources d’information figurent celles très institutionnelles en provenance
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des autorités de marchés (Euronext), ou de l’AMF... Par manque de temps, le plus souvent, les
actionnaires se rabattent sur des sites d’infos plus grand public qui reprennent et analysent les
nouvelles boursières au quotidien, comme Boursier.com, et qui proposent bien évidemment de
suivre toutes les cotations en direct.
L’offre est large sur internet, d’autant que les courtiers proposent eux-mêmes des fils d’information
plus ou moins détaillés...
La presse économique et financière reste enfin une source d’information utile, même si la crise de la
presse écrite a fait de nombreuses victimes depuis 10 ans dans la profession, entre la disparition de
“La Tribune”, de la “Vie Financière” ou du “Journal des Finances”. Reste quelques titres de référence
comme Les Echos-Investir ou les hebdos ‘Le Revenu’ ou encore ‘Challenges’...
• Soyez curieux !
En résumé, se tenir au courant de l’activité économique dans son ensemble est indispensable
pour appréhender au mieux ses choix d’investissement, la curiosité étant une des qualités de base
d’un boursier averti ! Or une information pertinente peut se dénicher aussi bien sur une grande
chaîne de télévision qu’au coin de la rue en parlant avec son boulanger ou en consultant Facebook
: savoir renifler les modes, appréhender les tendances, dénicher les prochains succès commerciaux
s’acquiert au quotidien, à condition d’avoir le sens de l’observation et de garder l’esprit grand
ouvert !
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2.
Des avis d’analystes à surveiller
Les analystes sont généralement spécialisés par secteur d’activité. En fonction du potentiel des
actions qu’ils mettent régulièrement à jour, ils publient sous forme d’études des avis et des
recommandations sur les valeurs (acheter, conservez, vendez, sur-pondérer, sous-pondérer,
accumulez, etc…) qui permettent à leurs clients de se forger une opinion.
Les clients des analystes sont soit les gérants de l’établissement financier qui les emploie, soit
des gérants de banques ou de sociétés de Bourse tierces, de gros investisseurs institutionnels
ou encore des particuliers... Plus le bureau de recherche auquel ils appartiennent est considéré
comme puissant (ce qui est lié au nombre de ses clients ou encore à la qualité des recommandations
historiquement délivrées ou “track record”), plus leurs avis sont influents sur le marché.
• Une formation pointue
Les analystes suivent en général des cursus classiques de formation dans le cadre d’universités ou
d’écoles de commerce, réhaussés par un diplôme comme celui de la SFAF (Société Française des
Analystes Financiers).
Les analystes «sell-side» correspondent à ceux qui “vendent” leurs recommandations auprès de
leurs clients au sens large. Les analystes «buy-side» émettent aussi des recommandations sur les
entreprises, mais leurs travaux sont ici destinés uniquement aux banques ou sociétés de gestion qui
les emploient : ces analystes sont chargés de détecter des opportunités d’achat ou de vente sur les
valeurs.
Il convient enfin de ne pas oublier les économistes et conjoncturistes employés par ces
mêmes établissements financiers qui sont chargés d’analyser et de scruter les grandes
tendances macro-économiques internationales.
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3.
Comment faire ses propres
analyses ?
Le bilan et le compte de résultat sont deux documents essentiels pour appréhender l’état de
santé d’une entreprise. Voilà donc quelques notions incontournables à connaître pour devenir
un actionnaire averti !
• Le bilan
Le bilan est un document comptable qui est établi une fois par an. Il présente l’état de l’entreprise
à un instant donné, un peu comme une photo d’entreprise, et permet d’appréhender dans le détail
l’équilibre de sa structure financière.
Présenté sous forme de tableau, L’actif à gauche représente tout ce qui appartient à l’entreprise. On
y retrouve les immobilisation corporelles ou incorporelles, le stocks, les créance (clients, fiscales...),
les disponibilités (valeurs mobilières, banque, caisse…) etc
Le passif, à droite, répertorie les ressources de l’entreprise qui lui ont permis de financer son actif,
les capitaux propres, les dettes, ou encore les produits constatés d’avance...
• Le compte de résultat
Le compte de résultat est un document comptable qui présente l’ensemble des opérations réalisées
pendant une période qui est appelée «exercice» et qui correspond dans une grande majorité des
cas à l’année civile.
Les mouvements de l’entreprise au cours de l’exercice sont présentés sous forme de tableaux
et se répartissent en deux colonnes : Les produits, à gauche, représentent tous les éléments qui
vont enrichir la société, comme les ventes de marchandises, la production stockée et la production
immobilisée, les produits financiers, les produits exceptionnels, les reprises d’amortissement etc...
Les charges sont à l’inverse constituées de tous les éléments qui “appauvrissent” la société comme
les achats de matières premières, de marchandises, les stocks, les impôts et taxes, les charges de
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personnel, les charges financières, les charges exceptionnelles, les dotations aux amortissements, la
participation des salariés, etc...
• Les soldes intermédiaires de gestion et autres soldes principaux
Le solde intermédiaire de gestion permet de décomposer le résultat d’une entreprise pour améliorer
l’analyse financière.
On peut distinguer ici trois soldes principaux :
- Le chiffre d’affaire (CA) est le montant des affaires (ventes) réalisées par l’entreprise pendant
l’exercice comptable. Il représente le total des ventes des biens et services aux clients.
- L’excédent brut d’exploitation (EBE ou Ebitda en anglais) est le résultat généré par l’activité
de l’entreprise. Il s’agit du résultat avant charges et produits financiers, impôts, dotations aux
amortissements et provisions. Il correspond au résultat économique brut lié à l’exploitation courante
de l’entreprise. C’est un des indicateurs fondamentaux de la rentabilité de l’entreprise et de sa
capacité à générer de la trésorerie.
- Le résultat net : Le RN est la différence entre les produits et les charges de l’exercice. Si les produits
sont supérieurs aux charges, la société fait des bénéfices et est donc profitable, sinon elle génère
des pertes. Cette notion mesure le résultat avant investissement ou autres opérations modifiant les
immobilisations et avant la distribution des dividendes.
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4.
Les notions comptables
incontournables
Parmi les notions incontournables figure la valeur d’entreprise qui est la capitalisation boursière
(cours multiplié par le nombre de titres existants) à laquelle on ajoute sa dette financière nette
(VE = capitalisation + dettes). Cela donne la valeur théorique de l’entreprise du point de vue d’un
acquéreur potentiel... En effet, en rachetant la société, celui-ci paiera le prix déterminé (le cours
de bourse) auquel s’ajoutera la prise en charge de l’endettement.
• L’actif net réévalué (ANR)
L’ANR est la valeur théorique de l’entreprise après réévaluation de ses actifs... Cet indicateur est
souvent publié par les sociétés de portefeuille, les holdings ou encore les foncières, et est également
calculé par les analystes financiers notamment. La réévaluation des actifs se fait en prenant en
compte la valeur de marché en cas de revente immédiate du bien, quand il s’agit d’un actif non coté.
Pour une participation cotée, c’est le cours de Bourse qui sert de base à l’évaluation...
• Endettement net ou trésorerie nette
En comparant le montant des emprunts financiers, inscrit au passif, et des disponibilités (argent,
placements à court terme) inscrites au passif, on obtient un solde positif ou négatif : Dette nette
= Emprunts financiers – disponibilités. Si les dettes sont supérieures aux disponibilités, on parlera
d’endettement net positif à hauteur du montant de la différence. Si les dettes et la trésorerie se
compensent, l’entreprise est en situation d’endettement net nul. Enfin, si les disponibilités sont
supérieures aux dettes, alors on parlera de trésorerie nette positive...
• Fonds propres
Encore appelés capitaux propres ou situation nette, les fonds propres sont inscrit au passif et
représentent la différence a, et ce que l’entreprise doit (FP = Actifs – dettes). Les fonds propres
varient chaque année, voire chaque trimestre si l’entreprise publie des comptes trimestriels, avec
le résultat net réalisé... S’il est positif, il vient s’ajouter aux fonds propres, sachant qu’une partie de
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cette somme pourra être affectée au dividende payé et donc être retranchée des capitaux propres.
La portion du bénéfice net est mis en réserve.
Si l’entreprise accuse une perte, et même si cette perte ne constitue pas à proprement parler une
sortie d’argent, elle viendra diminuer la valeur des fonds propres. Des fonds propres réduits à la
portion congrue ou pire, négatifs, sont le plus souvent signe d’une santé financière déficiente.
• Cash flow ou flux de trésorerie
Lorsqu’elle est en bonne santé, une entreprise génère un flux de trésorerie à partir de son
exploitation...
Le “free cash flow”, ou le ‘cash flow libre’, c’est ce qu’il reste lorsque l’entreprise a payé ses créanciers,
financé ses investissements. C’est le flux de trésorerie. Une entreprise qui développe son activité
à haut régime dans un secteur en forte croissance, et doit donc investir fortement et s’endetter, a
généralement peu ou pas de cash flow libre...
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5.
Les ratios boursiers
PER, rendement, valeur nette, autant de ratios boursiers qui reviennent régulièrement dans la
bouche des analystes quand il s’agit d’investir en bourse.
Ils permettent d’étudier la valeur théorique d’une société. Tour d’horizon des mots clés à
connaître impérativement avant d’investir en bourse !
• Le Bénéfice net par action (BNPA)
Le BNPA désigne le bénéfice net rapporté à chaque action. Il est calculé à partir du résultat net de
l’entreprise divisé par le nombre d’actions et permet de connaître la part de bénéfice attribué à
chaque action.
• Le rendement net
Ce ratio donne le rendement que procure le dividende rapporté à une action. Il est calculé en
pourcentage et représente le dividende divisé par le cours.
• Le taux de distribution
Le taux de distribution est la part des bénéfices que l’entreprise redistribue à ses actionnaires sous
forme de dividendes... Il s’exprime en pourcentage et est calculé à partir du dividende par action sur
le BNPA.
• Le Price Earning Ratio (ou PER)
Le PER correspond au bénéfice net de la société divisé par le nombre d’actions par action rapporté
au cours de Bourse. Il équivaut aussi à la capitalisation boursière divisée par le bénéfice net.
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• Valeur comptable par action (Book Value Per Share ou BVPS)
Ce ratio est utilisé pour savoir si une société est surévaluée ou sous-évaluée par rapport à la valeur
de l’action. Il est calculé en ramenant le Book Value sur le nombre d’actions...
La BV (Book Value) représente les capitaux qui restent à l’entreprise une fois qu’elle a couvert
l’intégralité de ses dettes et engagements. Si la compagnie fait un bénéfice qui n’est pas entièrement
redistribué aux actionnaires (l’entreprise met le bénéfice en réserve), la BV augmente. Si l’entreprise
enregistre des pertes, la BV diminue...
Si la BV est négative, cela signifie que les placements sont inférieurs aux engagements et que la
compagnie est insolvable...
• Valeur nette de l’actif par action (Book Value ajustée)
Ce ratio est utilisé pour savoir si un titre est surévalué ou sous-évalué par rapport à la valeur de
l’actif. Il est calculé en tenant compte l’actif net sur le nombre d’actions. La valeur nette de l’actif
prend en compte des plus values potentielles (immeuble, participations).
• Le Price to Book Ratio (PBR)
Ce ratio est utilisé pour comparer la capitalisation boursière de l’entreprise avec sa valeur comptable.
Il est calculé en faisant le rapport entre le cours de l’action et la valeur comptable (les capitaux
propres). Un PBR situé en dessous ou proche de 1 signifie généralement que l’action est sous
valorisée. A l’inverse, un PBR supérieur à 2 peut indiquer que l’action est chère...
• Valeur d’Entreprise / Chiffre d’affaires (VE/CA)
Ce ratio est utilisé pour évaluer l’entreprise par un rapport entre sa valeur et le montant de ses
ventes. Ce rapport permet d’établir une «norme» par secteur d’activité qui permet de comparer les
entreprises d’un même secteur.
• Valeur d’Entreprise / Excédent brut d’exploitation (VE/EBE)
Ce ratio est utilisé pour déterminer la valeur d’une société. Un ratio faible signifie que l’entreprise
doit être sous-évaluée. Ce ratio n’est pas affecté par la structure du capital de la compagnie.
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6.
Les stratégies à suivre
• Top Down ou Bottom up ?
Nombre d’épargnants limitent la gestion de leur portefeuille boursier au seul choix des titres le
composant, sans vision d’ensemble de l’économie... Or, les marchés actions, mais aussi les obligations,
les devises, les matières premières... sont d’abord influencés par les perspectives macroéconomiques
mondiales et les anticipations d’inflations globales.
Animer un portefeuille en faisant abstraction de l’environnement macroéconomique dans lequel on
évolue au quotidien revient à avancer les yeux bandés sur un champ de mines !
Depuis l’existence même de la Bourse, les grandes phases de hausse et les périodes de baisse se
succèdent de façons cyclique car leur mouvement est la plupart du temps calqué sur l’évolution
sinusoïdale de l’économie.
Le top down, méthode de gestion par capillarité
L’approche dite “top down”, ce qui signifie «de haut en bas», a pour but d’optimiser l’exposition d’un
portefeuille en fonction d’un scénario économique préalablement établi... On part du haut, c’est-à-
dire de l’analyse de l’économie dans son ensemble, pour descendre ensuite progressivement vers la
conjoncture des différents pays et des zones géographiques, en passant par l’étude sectorielle, pour
finir sur une analyse microéconomique des entreprises. Le choix des titres sélectionnés à la fin se
retrouve ainsi en adéquation avec le scénario économique détaillé à la base.
L’enchaînement est donc le suivant : Scénario économique global, Allocation d’actifs (actions,
obligations, monétaire...), Choix de l’exposition géographique, Choix de l’exposition sectorielle,
Sélection des titres.
L’investisseur top down raisonne par capillarité... Il prend des positions sur les secteurs qu’il juge
les plus attrayants au sein des marchés sélectionnés. Ensuite, à l’intérieur de ce choix sectoriel, il se
concentre sur les titres les plus à même de bénéficier de ses anticipations économiques.
La gestion top down est un exercice prospectif : l’investisseur cherche à maximiser ses gains en misant
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sur les régions, sur les secteurs et sur les titres qui profiteront le plus du contexte économique dans
les mois à venir... Fort de son analyse, il maximise ses chances de profiter de marchés haussiers et
de thèmes d’investissements porteurs.
Le bottom up en complément
L’approche macroéconomique, si elle est indispensable, reste par elle même incomplète, car lorsqu’il
s’agit in fine de choisir les titres à mettre en portefeuille, le top down montre ses limites : Détecter les
bonnes valeurs reste l’apanage de la gestion traditionnelle, qui utilise l’approche bottom up (de bas
en haut). Celle-ci se base avant tout sur l’analyse fine des qualités intrinsèques de chaque entreprise,
seul moyen de détecter les titres au plus fort potentiel...
La technique bottom up part donc du bas, les entreprises, et remonte pour déterminer s’il existe,
pour les sociétés analysées, des risques ou des opportunités liés à la conjoncture économique.
La gestion value, la gestion growth ou la gestion Garp que nous aborderons dans les prochaines
fiches sont utilisées dans le but de sélectionner les titres les mieux adaptés à sa stratégie sur la base
de leurs vertus fondamentales et de leurs valorisations.
Les deux méthodes, top down et bottom up, ne sont pas contradictoires, mais complémentaires ! C’est
en effet le mélange de ces deux techniques qui permettra d’optimiser la gestion de la performance,
quelque soit le contexte boursier...
• La Gestion « Growth »
La gestion «Growth» vient du terme anglais «croissance». Elle s’inscrit souvent en bourse en
opposition de l’approche “Value”... La gestion Growth consiste à cibler des titres qui sont qualifiés
de valeurs de croissance, c’est-à-dire disposant d’une forte visibilité sur leur activité et d’une belle
régularité de leurs performances financières au fil du temps.
On retrouve ici généralement de grandes valeurs de la cote, qui font souvent partie des indices
boursiers de référence, à commencer par le CAC40. Le premier exemple qui vient à l’esprit est le
groupe industriel Air Liquide qui délivre des résultats en hausse au fil des ans avec une régularité de
métronome. L’Oreal, leader mondial des cosmétiques, est aussi à ranger dans cette catégorie. Dans
des spécialités très différentes, ils sont tous les deux fortement créateurs de valeur pour l’actionnaire
qui sait se montrer patient. Parmi les autres exemples figurent dans le luxe LVMH, Hermes ou encore
le groupe d’optique Essilor...
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Croissance toute !
Le taux de croissance moyen du PIB étant situé depuis quelques années proche de 0 en France,
la société qui recherche de la performance va devoir soit défricher un nouveau secteur d’avenir,
générant une croissance nettement supérieure à la moyenne nationale (On peut citer Iliad dans
les télécoms), soit aller chercher de la croissance où elle se trouve, c’est-à-dire à l’étranger !
Mondialisation galopante aidant, les entreprises tricolores vont combler depuis des années une
croissance intérieure déficiente hors des frontières, dans les pays qui connaissent un fort taux
développement en fonction des cycles locaux...
Pour reprendre l’exemple d’Essilor, alors que le taux de correction visuelle a fortement augmenté
en Europe depuis 20 ans, il reste encore très faible en Chine ou en Inde qui constituent des pays
potentiellement très porteurs pour le groupe, ce qui se traduit par un joli réservoir de croissance
pour l’avenir d’Essilor !
Au prix fort
Revers de la médaille en Bourse, les valeurs «growth» se paient généralement cher... Difficile en
effet de trouver une pépite de ce type sur la base d’un PER inférieur à 20 fois les profits. Pour les
sociétés en forte croissance, le marché n’hésite pas souvent à payer plus de 30 fois les bénéfices, et
même au-delà ! Difficile donc pour les gérants ou les particuliers d’entrer dans la danse... Certains
passent d’ailleurs leur temps à guetter une éventuelle correction boursière qui n’arrive jamais pour
rater finalement le train de la hausse qui ne manque pas de repartir après une brève consolidation
technique.
L’exercice consiste donc à éviter de surpayer un dossier “growth” sans pour autant le
laisser s’échapper, au risque de le regretter en le voyant reprendre sa marche en avant
boursière au fil des mois... A vous de jouer !
• La Gestion « GARP »
Derrière cette appellation barbare de «GARP» se cache les termes anglais de «Growth at Reasonnable
Price», “une croissance à un prix raisonnable”. Ce concept de gestion cible les valeurs boursières
bénéficiant de réelles perspectives de croissance de leurs résultats, mais dont la valorisation apparaît
encore abordable d’un point de vue fondamental... Il s’agit donc d’un véritable compromis entre la
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gestion «Growth» et la gestion «value», toutes deux décrites précédemment...
Si la gestion «growth» a fait ses preuves lors des phases de rédécollage de l’économie, ou plus
simplement de forte croissance, et si la gestion dite «value» a plutôt tendance à fonctionner en
période de stagnation de l’économie, voire de récession, la gestion GARP se veut une solution
intermédiaire quand les gérants cherchent un second souffle...
Un concept de compromis
Pour faire simple, le concept même de la gestion GARP implique de rechercher des valeurs de
croissance, en les payant sur la base d’un prix raisonnable. Ce style de gestion privilégie certaines
valeurs de croissance «oubliées» de la cote, en devenir ou en retournement. En ne les surpayant
pas, l’investisseur dispose d’une certaine marge de sécurité, tout en bénéficiant de perspectives
attractives fondamentalement...
La caractéristique majeure des valeurs qui répondent aux critères de la gestion «GARP» est in fine le
fait qu’elles ne sont ni réellement de pures valeurs de «Growth» ni de réelles valeurs «Value». C’est
un peu le cas du distributeur Carrefour actuellement qui semble au milieu du gué, alors que le travail
réalisé en interne n’est pas terminé, avec un PER qui reste inférieur à 15.
Un style de gestion
Un investisseur souhaitant ainsi suivre une méthodologie de gestion GARP ne recherchera que
des valeurs de croissance relative, en espérant les payer le moins cher possible... En général, les
valeurs GARP enregistrent une croissance interne minimale de leur activité de l’ordre de 5%, pour
des ratios de valorisations de leurs bénéfices compris entre 10 et 15 fois les estimations de profits
attendus l’année d’après... Il est intéressant de noter qu’une valeur GARP affiche en général une
croissance légèrement supérieure à la moyenne de l’activité économique, pour une valorisation
encore abordable.
De bonnes performances dans un contexte de marché soutenu, une meilleure résistance dans une
période incertaine, la gestion GARP, en revanche, peut être handicapante lorsque la tendance est
durablement porteuse ou au contraire très éprouvante..
• La gestion Value
La philosophie d’investissement dite “Value” (anglicisme pour désigner la notion de valeur) est de
cibler les titres décotés en bourse, en espérant qu’une revalorisation se produise à moyen terme. Il
s’agit donc d’acheter un produit, en l’occurrence une valeur mobilière, à un prix inférieur à sa “vraie
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valeur” en pariant sur le fait que l’anomalie de marché se corrigera progressivement avec le temps...
Effet de mode
Les raisons de la désaffection d’un titre peuvent être diverses et variées... Il se peut simplement qu’il
ne soit pas “à la mode”. La Bourse est en effet soumis à des thèmes d’investissement périodiques
privilégiés par rapport à d’autres en fonction de la conjoncture du moment... Il se peut également
que la société ait déçu les analystes par le passé, ce qui peut contribuer à alimenter sa décote, ou
plus simplement qu’elle soit peut connue et donc en dehors des radars des opérateurs, ce qui est
fréquent pour les titres en manque de liquidité.
Quoi qu’il en soit, si la valeur possède de solides atouts, elle ne manquera pas de se réveiller
lorsque le marché redécouvrira ses qualités intrinsèques !
Comment limiter les risques
L’avantage de la gestion value est évidente : elle permet de limiter les risques en s’inscrivant
sur la durée. En cas de baisse violente du marché, la marge de correction d’un dossier value est
normalement inférieure à celle des indices. Sur le long terme la méthode bat généralement par la
régularité de ses performances les autres approches...
Certains gérants très expérimentés de la place sont friands de cette stratégie qui va de paire avec
de nombreux dossiers holdings dont la décote sur leur Actif Net Réévalué s’est creusée de façon
excessive. Elle s’applique aussi à nombre de valeurs petites ou moyennes (small et mid caps) peu
suivies par les analystes et dont la faible notoriété contribue à creuser leur retard de valorisation...
Si votre aversion au risque est élevée, la gestion value est faite pour vous !
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