Première partie Chapitre III : Hydrologie
CHAPITR III : HYDROLOGIE
Introduction :
Sur un plan purement hydrographique, les crêtes du Djebel amour dessinent une ligne de partage
des eaux qui, pour les unes, vont rejoindre les Dayas, les Sebkhas et les Chotts parsemés sur les
Hauts Plateaux Oranais. Tandis que les autres sont à l’origine des oueds qui circulent sur la
Hamada avant d’aller se perdre en bordure des sables du Grand Erg Occidental.
Dans leur grande majorité, les cours d’eau issus de l’Atlas répondent bien à leur appellation
d’oueds, puisqu’ils à sec la majeure partie de l’année.
A l’échelle du Djebel Amour, au cours de chaque cycle hydrologique, ce sont des millions de
mètres cubes qui vont alimenter les écoulements de surfaces mais aussi les inféro-flux. Ces
écoulements sont parfois exploités au niveau de barrages superficiels (Brézina) ou souterrains
(Tadjmout) ou bien vont s’enfoncer vers le sud où elles pourront rejoindre en bordure du Grand
Erg Occidental des zones d’épandage associées à des dômes piézométriques qui traduisent la
réalimentation de la nappe par les eaux d’infiltration.
Dans cette étude nous nous intéressant particulièrement à deux bassins versants : l’Oued El
Malah et l’Oued Seggueur.
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1. Le cadre hydrologique de deux bassins de la région d’étude :
1.1. Le bassin versant de l’Oued El Malah :
Il prend naissance vers 1600m d’altitude. Le bassin versant de l’Oued Zergoun occupe
environ 6600 km2 dont 4000 environ peuvent être considérés comme actifs.
Après un cours de 70 km il débouche sur le piémont de l’Atlas où il prend le nom de l’Oued
El Malah.
1.2. Le bassin versant de l’Oued Seggueur :
L’Oued Seggueur prend sa source plus au Nord, au niveau d’El Bayadh à 1800m d’altitude. Le
bassin théorique semble s’étendre sur 8900 km2.
La branche de tête porte le nom d’Oued Rhassoul, puis porte le nom de Mouillah en recevant des
affluents variables comme Oued Rhoul avant de devenir le Seggueur dans la région de Brézina.
Son parcours est de 160 Km.
A kheneg Larouia, il occuperait 3700 km2, mais si on le limite à Brézina le bassin effectif
draine 3900 km2. Au - delà il n’y a plus d’apports d’eau appréciable.
Son régime hydraulique est plus important que celui des oueds situés plus à l’ouest en raison de la
position plus septentrionale de ses éléments de tête.
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2. Etude de réseau hydrographique des deux bassins de la région d’étude:
a. Hiérarchisation du réseau hydrographique :
Le réseau hydrographique du bassin versant a été classé suivant la méthode de STRAHLER
en 1947. Cette classification a été réalisée à partir de l’extraction de réseau hydrographique
sur la base d’image ASTER de résolution de 30 m.
Tab.22 : Hiérarchisation du réseau hydrographique
de deux bassins de la région d’étude
Ordre 1 2 3 4 5 6
B.V. d’Oued El Malah Nombre de Thalwegs 1025 216 66 15 4 1
Ordre 1 2 3 4 5 6 7
B.V. d’Oued Seggueur
Nombre de
1790 496 106 27 6 3 1
Thalwegs
b. Rapport de confluence
Le rapporte de confluence c’est un nombre sans dimension exprimant le développement de
réseau de drainage. Il est définit comme étant le quotient du nombre de talwegs d’ordre x par
celui des talwegs d’ordre supérieur x+1 :
Rc = Nx / Nx+1
c. Rapport des longueurs
Il est donné par le quotient de la longueur moyenne des talwegs d’ordre x+1 par celle des
talwegs d’ordre x. il est donné par la relation suivante :
Rl = L(x+1)/L(x)
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Fig.40: Hiérarchisation du réseau hydrographique de l’Oued El Malah
Fig.41:Hiérarchisation du réseau hydrographique de l’Oued Seggueur
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Tab.23 : Calcul du Rc et Rl du [Link] oueds El Malah et Seggueur
BV d’Oued El Malah
Longueur Lx (km)
Ordre x Nombre Nx cumulée (km) moyenne Rc Rl
1 1025 1130,472 1,1029 4,745
2 216 607,112 2,8107 3,273 2,548
3 66 292,116 4,426 4,4 1,575
4 15 128,279 8,5519 3,75 1,932
5 4 859,51 214,88 4 25,13
6 1 271,23 271,23 1,262
Rc moyen : 4,03 bassin allongé. Rl moyen : 6,49
BV d’Oued Seggueur
Longueur lx Lx (km)
Ordre x Nombre Nx (km) moyenne Rc Rl
1 1790 2422,546 1,353 3,609
2 496 108,758 0,219 4,679 0,162
3 106 653,055 6,161 3,926 28,1
4 27 278,139 10,3 4,5 1,672
5 6 832,02 138,7 2 13,46
6 3 126,595 42,2 3 0,304
7 1 36,242 36,24 0,859
Rc moyen : 3,62 bassin allongé. Rl moyen : 7,42
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d. Densité de drainage
La densité de drainage, introduite par Horton, est la longueur totale du réseau hydrographique
par unité de surface du bassin versant :
Avec :
D : Densité de drainage (Km/Km2); Li : Longueur de cours d’eau (Km) ;
A : Surface du bassin versant (Km2).
Tab.24 : Calcul de la densité de drainage des B.V: Oued El Malah et Oued Seggueur
A ∑Li Dd
BV de l’Oued El Malah 1764 1,29
2271,053
BV de l’Oued Seggueur 3722,41 4808,537 1.3
e. La fréquence des cours d’eau :
C’est le rapport du nombre total de thalwegs à la surface du bassin versant :
F=
Où :
F : Densité hydrographique (Km2) ; N : Nombre de cours d’eau ;
A : Superficie du bassin versant.
Tab.25 : Calcul de la fréquence des cours d’eau des B.V : Oued El Malah et Oued Seggueur
A ∑Ni F
BV de l’Oued El Malah 1764 1327 0.75
BV de l’Oued Seggueur 3722,41 2429 10.65
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f. Le coefficient de torrentialité :
Ce paramètre permet l’estimation de la grandeur de l’énergie érosive du cours d’eau.
On l’exprime par la relation :
CT = F1 x Dd
Dd: densité de drainage ;
F1: La fréquence des talwegs d'ordre 1
Tab.26 : Calcul du CT des B.V : Oued El Malah et Oued Seggueur
∑N1 F1 Dd CT
BV de l’Oued El Malah 1025 0.58 1,29 0.75
BV de l’Oued Seggueur 1790 0.48 1.3 0.63
3. Etude des crues :
3.1. Oued El Malah :
les données concernat le ruissellement et les écoulements de cet oued sont pratiquement
inexistantes.
D’après [Link]-REY, l’oued présenterait au moins une crue annuelle à Tadjrouna ou
deux petits barrages auraient été construits en travers le son lit.
Plus au Sud, nous savons seulement que des écoulements peuvent se produire en direction
du Grand Erg.
3.2. Oued Seggueur :
Les crues de l’Oued Seggueur dans la section de kheneg Larouia, représentatives pour le
barrage de Brézina, sont définies par les débits annuels maxima par les hydrogrammes des
crues de différents temps de retour.
Selon les mesures effectuées pendant 13 années d’observation (1973/74-1985/86) les débits
annuels maxima ont varié dans les limites de 38.1 m 3/s à 882 m3/s (Fig.42). Il est intéressant
de noter que les maximums mensuels ont varié dans cette période de 13 ans dans les limites
de 114 m3/s à 882 m3/s (voir Tab.27 et Fig.43).
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1000
900 882
800
700
600
500
400 Débits max annuels
Moving average (Débits max
300 annuels)
200
100 38.1
0
4 5 6 7 8 9 0 1 2 3 4 5 6
1 97 197 197 197 197 197 198 198 198 198 198 198 198
/ / / / / / / / / / / / /
9 73 974 975 976 977 978 979 980 981 982 983 984 985
1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1
Fig. 42: Débits annuels maxima dans la période (1973/74-1985/86) en (m3/s)
Tab.27:Débits maximas mensuels (m3/s)
Annue
Mois S O J N D F M A M J Jt A l
24
Débits maximas mensuels 598 344 882 255 4 140 274 268 250 262 288 114 882
Nombre de
débits˃100m3/s 5 2 5 1 1 1 1 2 4 3 1 1 27
1000
900 882
800
700
600
500
400 Débits maximas
mensuels
300
200
114
100
0
S O N D J F M A M J Jt Ao
Fig.43 : Débits mensuels maxima dans la période (1973/74-1985/86) en (m3/s)
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Les hydrogrammes des crues de différents temps de retour (Fig.44) ont été définis après
l’analyse des paramètres caractéristiques des 27 crues enregistrées dans la période
d’observation. Le tableau représente les valeurs des fréquences des débits maxima
Qmax(Tab.28), des débits spécifiques maxima qmax et des volumes des crues v, représentatifs
pour le profil du barrage de Brézina.
Tab.28: Fréquences de référence des débits maxima
Et des débits spécifiques maxima et des volumes des crues
Temps de retour Qmax qmax V
(années) (m3/s) (l/s/km2) (hm3)
2 224 61 5.29
5 489 133 14.06
10 706 192 23.26
20 935 254 31.65
50 1260 342 45.98
100 1501 408 57.24
1000 2345 637 100.07
10000 3203 870 147.86
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Fig.44 : Hydrogrammes des crues de temps de retour de 2.5,10 et 20 ans de l’Oued Seggueur.
4. Evaluation des apports annuels :
4.1. Par comparaison avec le bassin du Guir.
L’abondance annuelle du bassin du Guir est estimée à 11000 m3/ Km2.
En admettant des conditions identiques pour le bassin étudié et en prenant en compte sa
superficie, on obtient le volume de ses apports annuels.
4.2. Utilisation de formules de corrélation.
Les mesures effectuées sur différents bassins algériens ne recevant que de très faibles
précipitations ont conduit à établir deux formules de corrélations pluie – débits.
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La superficie du bassin considéré intervient également. Nous avons :
Q1 = (0,164 - 0,00145 x √ S ) H1 ( 1 )
Q2 = (0,240 - 0,0014 x ) H2 ( 2 )
Avec : Q = écoulement en mm, S surface du bassin versant en km2, H1 hauteur moyenne des
précipitations sur le bassin, H2 hauteur minimale des précipitations sur le bassin.
N.B : Il est un point sur lequel nous estimons important d’insister. Dans une région comme le
Djebel Amour et sa bordure saharienne où les stations pluviométriques sont très largement
distantes les unes des autres, il nous parait difficile d’établir des corrélations précipitations
débits présentant une parfaite fiabilité.
Dans ces conditions les résultats que nous apportons ne doivent être considérés que comme
des ordres de grandeur et non des valeurs absolues.
5. Importance des crues :
Le calcul des débits de crue pour : l’Oued Seggueur, l’Oued El Malah et l’Oued Zergoun peut
se faire selon plusieurs méthodes :
Utilisation de formules empiriques :
Celle ayant donné les meilleurs résultats est dite de Mallet – Gauthier. Nous avons pour le
calcul de la crue centennale :
S√
1+4 log T −log S
C = 2 k log (1 + AH) √L
Les coefficients k et A dépendent des caractéristiques topographiques et climatologiques des
terrains. MEDINGUER admet que l’on peut prendre pour les oueds descendant du domaine
Atlasique et circulant sur la Hamada k = 0,8 et A = 20.
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Comparaison avec le Guir :
Pour le Guir, les débits spécifiques de crue se situent entre 200 et 250 l / s / km2.
Les calculs se feront sur cette base en prenant en compte la superficie du bassin considéré.
Evaluation à partir des précipitations journalières maximales.
La moyenne des précipitations exceptionnelles observées sur l’Atlas est de : 61,81 mm.
Pour les calculs, on pourra retenir 60 mm.
Pour la Zousfana par exemple, avec un coefficient de ruissellement de 0.3, nous aurons :
Pour des précipitations exceptionnelles de 60 mm et une surface de 3950 km 2 on aura un
volume de 71. 106 m3.
La poursuite des calculs implique la connaissance du temps de concentration. Les méthodes
utilisables pour le calcul de ce paramètre sont multiples. Les hydrologues qui sont intéressés
aux oueds sahariens ont pris en compte la formule dite de Giandotti qui toujours pour la
Zousfana, nous donne :
4 √ S+1 ,5L
T = 0 ,8 √ h
Dans laquelle : S : représente la superficie en km2.
L : la longueur de l’Oued principal.
H : la différence entre l’altitude moyenne et l’altitude minimale. Pour plus de
facilité on prendra la différence entre l’altitude de la source et l’altitude
minimale.
4 √3950+1, 5×85
T= 0, 8 √ 400 = 23,68 ( 24 h).
Sur ces bases, le débit maximum journalier de crue sera égal à :
Qmj = 71 000 000 / 86 400 = 820 m3/s
Dans la mise en œuvre de ces différentes méthodes, nous devrons garder à l’esprit :
Que les valeurs obtenues par utilisation de la relation de Mallet – Gauthier seront toujours
plus élevées que les autres car elles font référence à des événements de période de retour
centennale.
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Les valeurs obtenues par comparaison avec le Guir font le lien avec des événements
réellement observés mais dont nous ignorons l’exacte période de retour.
Il en est de même pour les calculs à partir des pluies exceptionnelles qui constituent des
événements particuliers réellement observés mais de période de retour inconnue.
C’est sur les bases ainsi définies qu’il nous reste à examiner les caractéristiques des oueds
drainant le versant méridional du domaine atlasique.
5.1. Oued Seggueur :
*Evaluation des apports annuels
Par comparaison avec le Guir, on aura : 42,9. 106 m3.
Méthode de corrélation : 58,5. 106 m3.
*Fréquence des crues :
On observe en moyenne 4 à 5 crues par an, mais ce nombre peut monter à 6 ou 7.
*Importance des crues
Méthode empirique : 1330 m3 /s.
Par comparaison avec le Guir : 780 à 975 m3/s.
Evaluation par les pluies exceptionnelles : 1190 m3/s.
Les observations directes sur le ruissellement et les écoulements sont très limitées, on sait
simplement :
Qu’en 1881 une forte crue a emporté une partie des jardins d’Ain Zeriga, En Juin 1915 et en
Juin 1919 des crues importantes ont été observées. En Septembre 1911, l’oued coule pendant
une dizaine de jours et ses eaux atteignent la limite de l’Erg à 340 km de la source.
[Link] Zergoun:
*Evaluation des apports annuels
Par comparaison avec le Guir : 44. 106 m3.
Méthode de corrélation : 60. 106 m3.
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*Importance des crues
Méthode empirique (Mallet-Gauthier) : 1180 m3/s.
Par comparaison avec le Guir : 800 à 1000 m3/s.
Evaluation par les pluies exceptionnelles : 791 m3/s
5.3. Oued El Malah:
*Evaluation des apports annuels
Par comparaison avec le Guir : 4,9. 106 m3.
Méthode de corrélation : 5,76. 106 m3
*Importance des crues
Méthode empirique (Mallet - Gauthier : crue centennale) : 202,46 m3/s.
Par comparaison avec le Guir : 88,6 à 110,75 m3/s.
Pluies exceptionnelles : 152,79 à 193,8 m3/s.
Au niveau de la bordure méridionale du Djebel Amour naissent un ensemble d’oueds
caractérisés par des écoulements temporaires, d’Ouest (Brézina) en Est (Laghouat) ils existent
cinq bassins versants qui englobent la presque totalité des thalwegs.
En conclusion et selon Mr M. Stamboul :
Si l’on considère les écoulements annuels à partir des différents oueds sur lesquels des
mesures ont pu être effectuées, on arrive à des résultats du même ordre de grandeur
(80.106 m3).
Lorsque par contre on applique nos estimations à l’ensemble du Djebel Amour et de ses
bordures, on arrive à des valeurs comprises entre 199 et 258,4. 106 m3
En zone désertique, il y a là une ressource importante qu’il faudra apprendre à gérer et les
premières observations ont montré que la meilleure solution possible devrait reposer sur une
infiltration forcée au niveau des inféro – flux.
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