Olympe de Gouges, Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (1791)
Étude d’ensemble
Olympe de Gouges, née Marie Gouze en 1748 à Montauban, est une écrivaine engagée. Elle écrit de
nombreux pamphlets pour l’égalité entre hommes et femmes ou pour l’abolition de l’esclavage. Issue
de la bourgeoisie, elle fréquente les salons littéraires où elle se construit une culture intellectuelle. Elle
commence par écrire des pièces de théâtre sur le thème de l’esclavage, dont la première s’intitule
Zamore et Mirza (1788). Elle publie ensuite de nombreux écrits pamphlétaires dans lesquels elle
dénonce les inégalités. Elle meurt guillotinée durant la Terreur pour en avoir dénoncé publiquement les
excès tyranniques. Elle restera dans l’Histoire pour son engagement féministe et sa Déclaration des
droits de la femme et de la citoyenne.
Durant le siècle des Lumières, les intellectuels et les artistes s’attachent à rechercher la vérité avec la
raison comme guide. L’Ailleurs et l’Autre permettent de refuser les préjugés, et la vulgarisation des
connaissances grâce à des travaux comme L’Encyclopédie (dirigée par Diderot) favorise la lutte contre
l’obscurantisme. De plus, le combat contre l’injustice et pour l’égalité entre les hommes mène à
remettre en question la monarchie, l’esclavage et les privilèges. Dans ce contexte où les penseurs ont à
cœur de guider le peuple, une grande partie de la production littéraire présente une visée didactique
dont le but est d’éduquer les gens. Cependant, lorsque la Déclaration des droits de l’homme et du
citoyen est proclamée, la femme se retrouve mise de côté à l’image de la société.
Dès lors, Olympe de Gouges rédige la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne qui est
publiée en 1791. Il s’agit d’un texte juridique conçu au départ comme une proposition de lois.
Agrémentée d’un préambule et d’un postambule, qui en font un manifeste, elle est construite comme un
pastiche (imitation d’un style) de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789. L’œuvre
se divise en trois parties. La première, le préambule, et les articles de loi s’inscrivent dans le registre
juridique. La dernière partie, elle, est un texte argumentatif épidictique dans lequel l’auteure s’adresse
directement aux femmes dans un appel à la révolte. Lors de l’étude des trois extraits qui figureront dans
le récapitulatif pour l’oral des EAF, nous analyserons les différents procédés rhétoriques employés par
Olympe de Gouge pour atteindre sa cible.
Pour conclure cette brève présentation de l’œuvre, voici quelques mots de l’historien des idées
Michel Faucheux :
« L’avènement d’une monarchie constitutionnelle, l’entrée dans des temps politiques nouveaux où le
roi n’est plus « de France » mais « des Français » — tirant ainsi sa légitimité non de Dieu mais de la
Nation —, ne peut qu’entraîner, dans l’esprit d’Olympe de Gouges, la reconnaissance du droit
politique des femmes. Voilà pourquoi, alors que Louis XVI prête serment à la Constitution, le même
jour, Olympe rédige un texte qui passera à la postérité (mais de manière tardive) et la consacrera
comme l’une des grandes figures du féminisme (au point d’éclipser ses autres écrits) : la Déclaration
des droits de la femme et de la citoyenne, dédiée à la Reine, publiée le 14 septembre 1791. Le texte
présente, sous l’aspect politique, les nombreuses références au rôle des femmes dans l’Histoire qui
émaillent ses textes précédents. Il est aussi une reconnaissance de l’action des femmes en faveur de la
Révolution. » (M. Faucheux, Olympe de Gouges. Gallimard, 2018)
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