LARIBI
Thèmes abordés
LARIBI
Thèmes abordés
Jury
Merci également aux autres membres du PIMM à Patrick Mureau, Polo, Alain, Hassen,
les 2 Abir, Houssem, Amine, Oussema, Zuo,Ryma … merci pour leur bonne humeur, pour leur
aide et pour les discussion scientifiques ou pas autour du café… et bon courage aux prochains !
Je ne saurais assez remercier ma femme, Rana pour sa patience, son soutien inconditionnel,
son amour et pour avoir accepté de me suivre dans cette aventure avec tous les sacrifices que ça a
impliqué.
Je remercie du fond du cœur mes deux sœurs Olfa & Amira et mes deux frères Salem &
Seif-eddine pour leur soutien sans faille et leur patience.
Enfin, je pense que les mots ne suffisent pas pour exprimer ma gratitude envers mes parents
qui m’ont permis d’en arriver là aujourd’hui, merci d’avoir cru en moi, même lorsque je doutais
moi-même et merci pour votre amour. Merci pour tout !
Sommaire
CHAPITRE I : .................................................................................................................................... 12
ETUDE BIBLIOGRAPHIQUE................................................................................................................ 12
1- Les matériaux composites : généralités.......................................................................................... 13
1-1 La matrice polymère : ................................................................................................................... 13
1-2 Renfort : les fibres de verre .......................................................................................................... 14
1-3 Les charges, adjuvants et additifs ................................................................................................. 15
1-4 Composite Sheet Moulding Compound ou (SMC) ........................................................................ 15
1-4-1 Les constituants des SMC ...................................................................................................... 15
1-4-2 Les semi-produits SMC .......................................................................................................... 16
1-4-3 Procédé de fabrication des SMC ........................................................................................... 17
1-4-4 Les différentes familles de composites SMC ......................................................................... 18
2- Comportement mécanique des composites .................................................................................... 19
2-1 Les différentes échelles d’analyse ................................................................................................ 19
2-2 Endommagement des composites ............................................................................................... 20
2-2-1 Les mécanismes d’endommagement et leurs échelles ......................................................... 20
2-2-2 Endommagement des matériaux SMC Standards ................................................................. 22
3- Modélisation Multi échelles ............................................................................................................ 29
3-1 Modélisation multi-échelles – Principe d’homogénéisation ........................................................ 30
3-1-1 Bornes de Voigt et Reuss ....................................................................................................... 34
3-1-2 Approche d’Eshelby ............................................................................................................... 35
3-1-3 Problème de l’inclusion homogène d’Eshelby. ..................................................................... 35
3-1-4 Problème hétérogène............................................................................................................ 37
3-1-5 Méthode des solutions diluées ............................................................................................. 38
3-1-6 Modèle auto-cohérent .......................................................................................................... 39
3-1-7 Bornes de Hashin – Shtrikman .............................................................................................. 39
3-1-8 Modèle de Mori Tanaka ........................................................................................................ 40
3-1-9 Choix d’un modèle micromécanique..................................................................................... 42
3-2 Modélisation de l’endommagement ............................................................................................ 43
3-3 Modélisation de l’endommagement en fatigue : hypothèse et considération générales ........... 45
3-3-1 Différents modèles de fatigues existants .............................................................................. 47
CHAPITRE II :.................................................................................................................................... 56
Les matériaux composites à matrice organique sont aujourd’hui de plus en plus présents dans
l’industrie. On les rencontre désormais dans des domaines variés, tels que l’automobile ou encore
l’aéronautique. Ils viennent remplacer progressivement les métaux. Ils permettent notamment une
économie de poids et une diminution des coûts de production, tout en présentant des propriétés
mécaniques remarquables. Un grand équipementier automobile, Faurecia, à l'origine de ce projet,
a été chargé d’assurer la tenue en fatigue de hayons d’automobile fabriqués en matériaux SMC.
Cette étude entre dans le cadre d’une collaboration franco-tunisienne entre l’ENSAM (Paris) et
l’ENISo (Sousse).
L’objectif principale de l’étude est donc d’apporter une réponse à un besoin de maîtrise du
dimensionnement de pièce de structure en composite SMC soumis à des sollicitations de type
fatigue. Il s’agit de fournir une méthodologie permettant de mettre en place un outil qui utilise un
critère de tenue en fatigue en fonction de la microstructure, intégrant les phénomènes
d’endommagement au cours du cyclage et permettant de prédire la durée de vie des matériaux sous
différents types de chargements cycliques variables. Cet outil a pour vocation d’être utilisé en
amont, pendant la phase de conception.
Toutefois, étant donnée la complexité des phénomènes mis en jeu, l’approche doit se fonder
sur une connaissance solide de ces derniers ainsi que sur l’impact de différents facteurs d’influence
importants.
8
La présente étude s’inscrit donc dans la recherche d’une méthodologie prédictive pertinente
de dimensionnement des structures en matériaux composite de type SMC soumis à des
sollicitations répétées. Cette dernière doit être capable de décrire différentes conditions complexes
de fatigue :
- Températures variables.
- Amplitudes de contrainte variables.
L’analyse et les développements proposés dans cette étude sont fondés sur une constatation
expérimentale essentielle : les matériaux SMC lorsqu’ils sont soumis à des chargements répétés
subissent un endommagement diffus qui se traduit par une baisse de raideur progressive. Les
précédentes études ont montré que, dans le cas des chargements monotones, c’est essentiellement
l’endommagement à l’interface fibre-matrice qui est à l’origine de la baisse de raideur. En effet,
sous chargement de traction quasi-statique, on peut constater que la première non-linéarité
intervient dès 20 à 30% de la charge à rupture simultanément avec les premiers décollements à
l’interface fibre-matrice. Le phénomène est diffus et touche progressivement toutes les orientations
de fibres avant la propagation et la coalescence des fissures à travers la matrice aboutissant
9
finalement à la rupture. Lorsque le matériau est soumis à un chargement de fatigue, le même
scenario d’endommagement est à l’origine des baisses de raideur progressive au cours du cyclage
et à la rupture. Il existe donc une certaine similitude entre le comportement sous chargement
monotone et celui sous chargement cyclique. C’est sur cette constatation essentielle que s’appuient
les démarches de prédiction de la durée de vie des composites SMC présentées dans ce rapport.
Par ailleurs, il existe des modèles micromécaniques de type homogénéisation dans lesquels
il est possible d'introduire ces phénomènes d'endommagement à l'échelle locale. Ces modèles ont
été largement développés et validés dans le cadre des sollicitations quasi-statique et dynamique
rapide. La prévision des différents états successifs d’endommagement est donc rendue possible.
En particulier les relations ‘micro-macro’ peuvent être établies.
Les démarches proposées sont de type hybride car elle couple des descriptions
phénoménologiques et micromécaniques de l’endommagement et de ses effets. Le principe posé
est de rechercher à établir des liens entre les résultats de modélisations micromécaniques sous
sollicitation monotone et l’évolution de l’endommagement sous chargement cyclique jusqu’à la
rupture.
Les chargements imposés par les cahiers des charges automobiles imposent des températures
et des amplitudes variables. Ainsi, les méthodologies hybrides proposées sont appliquées sous trois
températures de travail différentes: -30°C, 21°C et 80°C. Trois types de configurations
microstructurales sont étudiés : un matériau flué (fibres de verre orientées) testé dans la direction
principale des fibres et dans la direction perpendiculaire. Un matériau non flué (fibres de verre
orientées aléatoirement) et un matériau issu de pièces réelles testé à 60° par rapport à la direction
principale des renforts. Les résultats expérimentaux sont utilisés pour l'identification du modèle
micromécanique sous chargement monotone et la construction des approches hybrides de
prédiction de la durée de vie en vue d’alimenter une démarche de calculs de structure par éléments
finis.
10
Le corps du présent rapport est composé de quatre chapitres :
Le premier chapitre est une étude bibliographique présentant les matériaux composites de
façon générale. Le procédé, la microstructure et les propriétés mécaniques des SMC sous divers
types de sollicitation y sont détaillés en particulier. L’endommagement de ces matériaux sous
sollicitation quasi-statique, dynamique et fatigue font l’objet d’une synthèse bibliographique.
Enfin, on y présente la démarche des modèles d’homogénéisation qui constitue la base théorique
des modèles micromécaniques capables de prendre en compte la microstructure et
l’endommagement.
11
CHAPITRE I :
ETUDE BIBLIOGRAPHIQUE
12
1- Les matériaux composites : généralités
Les matériaux composites font l’objet d’un engouement très important dans l’industrie
automobile. Ces matériaux, souvent constitués d’une matrice organique et de renforts fibreux,
principalement de verre, courts ou longs sont de plus en plus développés depuis les années 60-70.
Grâce à leur faible densité comparée à celle des métaux, leur facilité de mise en œuvre et leur
bonne tenue mécanique notamment en fatigue, ils viennent remplacer les matériaux métalliques
pour plusieurs pièces structurelles dans l’automobile.
Dans les prochains paragraphes, nous présenterons quelques généralités concernant les
constituants des composites organiques renforcés de fibres en insistant sur les composites SMC
objet de la présente étude.
Dans un matériau composite, la matrice a pour rôle de maintenir les renforts, transférer les
charges mécaniques et de définir une forme au matériau. Il existe plusieurs types de composites
que l’on peut classifier selon la nature de la matrice :
- Les composites à matrice polymère ou organique
- Les composites à matrice métallique
- Les composites à matrice céramique
Dans le cadre de notre projet, nous nous intéresserons à la famille des composites à base
de polymères. De fait, les polymères peuvent être classés selon trois grandes catégories : les
thermodurcissables (TD), les thermoplastiques (TP) et les élastomères :
Les thermoplastiques constituent 80% de la production mondiale de plastiques [1]. Ces
matériaux présentent l’avantage de pouvoir être mis en forme plusieurs fois. Initialement leurs
macromolécules se trouvent sous forme de chaînes linéaires ou ramifiées. Sous l’effet d’une
augmentation de température, ces chaînes commencent à se mobiliser conduisant au
ramollissement du polymère. Ensuite, lors du refroidissement, le polymère se « fige ». Ce genre
de transformation est de type réversible mais a tendance à la longue à dégrader les propriétés
physico-chimiques du matériau [1]. Le matériau résultant présente des liaisons de type Van Der
Waal. Les thermoplastiques sont mis en œuvre à l’état fondu au-dessus de la température de
transformation vitreuse Tg (cas des polymères amorphes) ou de la température de fusion Tm (cas
des semi cristallins).
Les thermodurcissables présentent une forte réticulation. Leurs macromolécules forment
un réseau tridimensionnel qui, en présence d’un catalyseur, ou d’un chauffage, se ponte par des
13
liaisons chimiques fortes : le polymère durcit de façon définitive et irréversible [1]. Contrairement
aux thermoplastiques, ce type de matrice ne possède pas de point de fusion.
Les élastomères présentent une faible réticulation. Leur caractéristique essentielle est leur
grande capacité de déformabilité qui peut dépasser 1000% [2]. Ces matériaux proviennent de
polymères linéaires présentant des liaisons secondaires faibles. Ils peuvent être considérés comme
des liquides « visqueux ». Ensuite, pour avoir une structure tridimensionnelle, on réalise une
opération de vulcanisation, autrement dit un pontage entre les chaînes.
Le tableau ci-dessous présente les principales différences entre les thermoplastiques et les
thermodurcissables. Les élastomères peuvent être considérés comme une catégorie intermédiaire.
En effet, on pourrait les définir comme des matrices thermodurcissables faiblement pontées.
Thermoplastiques Thermodurcissables
Dans un composite, les renforts confèrent aux matériaux leurs propriétés mécaniques.
Généralement, ils sont d’origine minérale ou organique. Ils peuvent être présents sous forme
continue (fibres longues) ou discontinue (fibres courtes, billes, particules ou plaquettes).
Les renforts de verre sont de loin les plus utilisés. Il existe plusieurs familles de fibres de
verre que l’on peut classifier selon leurs propriétés physiques, chimiques ou mécaniques: fibres de
verres E, C, D, R ou S. Dans notre étude, nous nous intéresserons aux fibres de verres E qui sont
les plus communément utilisées comme renfort pour les produits de grande diffusion. Elles
14
possèdent une température de fusion aux alentours de 1700°C avec une masse volumique
relativement faible (2.8 g/cm3) ce qui leur permet de garder leurs propriétés mécaniques pour de
fortes températures.
Dans le secteur automobile, les faibles coûts de mise en œuvre et de production ainsi que le
gain en masse sont souvent des critères décisifs dans le choix des matériaux utilisés. Grâce à leurs
bonnes caractéristiques mécaniques, leur facilité d’élaboration et leur densité relativement basse,
les matériaux SMC sont au cœur des développements de structures composites pour l'automobile.
Les composites SMC sont généralement constitués d’une résine polyester renforcée de
mèches de fibre de verre coupées.
Les résines de polyesters insaturés sont principalement utilisées pour la fabrication de
moulages dans le bâtiment et surtout pour les pièces de structure automobiles et aéronautiques [9].
Les composites à base de ces résines sont assez hétérogènes et très complexes. La résine en elle-
même, selon Jacobs et Jones [10], présente une structure bien hétérogène dans laquelle
des domaines hautement réticulés sont séparées par d’autres domaines à faible degré de
réticulation. Ceci est dû à la copolymérisation radicalaire. Yang et Lee [11] indiquent d’ailleurs
que ceci peut être considéré comme un trait caractéristique du polyester insaturé.
Les caractéristiques mécaniques de la résine polyester et du verre de type E utilisés pour le
matériau SMC de notre étude sont données dans le tableau 1-2 :
15
Propriétés mécaniques Matrice (Polyester) Fibre de Verre E
Les composites SMC sont fortement chargés en particules de carbonate de calcium (Ca
CO3). Ces charges minérales participent aussi grandement à l’augmentation de la rigidité du
composite et à sa dureté superficielle. Toutefois, Durand [12] précise que le diamètre de ces
charges doit être inférieur à 43 µm sous peine de dégrader les propriétés mécaniques. Par contre,
on remarque une forte baisse de la résistance en traction en fonction du taux charge (surtout au-
delà de 50%) ainsi qu’une augmentation de la densité du composite avec le pourcentage de
charges. Selon Berthelot [13], l’utilisation de charges minérales minimise l’allongement à la
rupture du composite.
16
1-4-3 Procédé de fabrication des SMC
D’une façon générale, trois étapes principales constituent l‘élaboration d’une plaque ou
d’une pièce en SMC :
Sur un tapis roulant d’une longueur pouvant atteindre plus de dix mètres, est déroulé un film
de protection (en polyéthylène). La résine chargée (la pâte mère) est appliquée au-dessus de ce
film plastique. Des mèches de rowing contenant plusieurs centaines de fibres sont découpées par
un sectionneur cylindrique à une longueur désirée (en général 25 mm) et viennent par la suite
tomber sur la pâte de façon à obtenir un mat sec. Cette phase permet d’assurer une distribution
aléatoire des fibres. A la fin de la chaîne, un deuxième film protecteur en polyéthylène vient
prendre les mèches en sandwich en se superposant au-dessus. Pour assurer une bonne
imprégnation, le préimprégné passe au travers d’un dispositif de compactage. Enfin, le
préimprégné ainsi constitué est stocké sous forme de rouleaux.
A la fin de la première phase, le préimprégné est difficile à manipuler étant donnée la trop
grande fluidité de la résine. Il est alors stocké à une température qui ne dépasse pas la température
ambiante pendant une période assez longue (quelques semaines en général), pour garantir la pré-
polymérisation de la matrice durant laquelle des liaisons de type Wan Der Waals s’établissent ce
qui permet une certaine rigidification du semi-produit.
17
[Link] Réticulation et moulage sous pression
La dernière étape pour l’obtention d’une pièce en SMC est le moulage à chaud. Au contact
des parois du moule chauffé à environ 150°C, la viscosité du préimprégné commence par diminuer
rapidement, ce qui lui permet d’épouser facilement la forme plus ou moins complexe du moule
sous l’effet d’une pression moyenne comprise entre 100 à 120 bars. Puis très rapidement, la
viscosité ré-augmente sous l’effet de la réticulation du polymère. Cette opération dure entre 2 et
3 minutes [15-16] ce qui permet d’atteindre des cadences de production de 700 à 800 pièces par
jour.
18
1-4-4-2 SMC à haute performance (A-SMC)
L’Advanced SMC, (A-SMC), est caractérisé par un taux de fibres relativement élevé (> 50%
de la masse totale) atteint grâce à l’utilisation d’une résine vinylester qui permet l’imprégnation
d’un tel taux de fibres. Ce matériau permet d’avoir de hautes performances mécaniques [17-18].
Ce type de SMC, (LD SMC) ou encore le Low Density SMC, est caractérisé par
l’introduction de billes de verre creuses afin de réduire le poids sur les pièces de structures [19].
Cette variété de SMC permet de gagner plus de 30% en masse volumique par apport à un SMC
standard, 1,22g/cm3 et est utilisé dans des applications qui ne nécessitent pas de très hautes
performances mécaniques.
19
L’échelle de la structure quant à elle se distingue de l’échelle macroscopique par le fait
qu’elle est soumise à des champs inhomogènes liés d’une part aux conditions limites, au
design de la pièce et d’autre part à la variation de la microstructure au sein de la pièce.
L’échelle mésoscopique qui se présente comme étant l’intermédiaire entre l’échelle
microscopique et macroscopique. Elle est classiquement rencontrée dans les matériaux
composites stratifiés au niveau d’un pli ou d’une couche considérée comme un matériau
homogène. Elle existe aussi dans les matériaux SMC que l’on peut considérer comme une
pseudo-stratification constituée de mèches coupées localement et superposées dans
l’épaisseur du matériau.
20
avec une interface assez résistante. Ce phénomène se manifeste généralement juste
avant la ruine du matériau.
Délaminage ou pseudo-délaminage : Il s’agit de la séparation entre deux éléments de
taille mésoscopique tels que les plis d’un stratifié ou entre des mèches de fibres.
La figure 1-3 illustre les différentes échelles de l’endommagement.
Figure 1- 3: L’endommagement dans le cas d’un matériau stratifié à différents échelles d’observation [27]
21
2-2-2 Endommagement des matériaux SMC Standards
Une première phase linéaire, qui traduit le comportement élastique réversible du composite.
Durant cette phase, aucun endommagement significatif n’est présent. Cette phase se poursuit
jusqu’à une valeur seuil généralement autour de 20 à 30% de la contrainte à la rupture [22].
Une deuxième phase non linéaire constituant un « coude » est associée à l’initiation et l’amorçage
de mécanismes d’endommagements. Dans un composite SMC, la décohésion au niveau de
l’interface fibre-matrice constitue le phénomène d’endommagement prédominant [22-23] qui
s’amorce au seuil de non-linéarité. Généralement, les premières microfissures interfaciales
apparaissent sur les fibres orientées de 60° à 90° relativement à la direction de sollicitation [35].
Cet endommagement entraîne une baisse de la raideur du matériau qui coïncide avec le seuil de
non-linéarité.
Une troisième phase relativement linéaire prend alors place jusqu’à la rupture. Durant cette étape,
on observe une multiplication du nombre des microfissures dont l’ouverture s’agrandit
progressivement. Ces microfissures se propagent rapidement même sur les interfaces des fibres
les plus orientées dans la direction de chargement. Ces dégradations progressives conduisent
finalement à la coalescence des microfissures et à la rupture du matériau par pseudo-délaminage
entre les mèches de fibres de verre. Il est important de noter que d’autres mécanismes
d’endommagements comme la fissuration matricielle peuvent aussi intervenir comme un moteur
de l’endommagement [36]. Dans le cas des matériaux SMC, elle apparaît généralement comme un
mécanisme secondaire [37].
22
Figure 1- 4: Courbe typique de traction du composite SMC standard [22].
Les travaux expérimentaux menés sur l’étude du comportement en dynamique des matériaux
SMC sont assez rares [8,17-19,22-24,37-39] et sont pour la plupart issues du PIMM. Ceci est du
généralement à la complexité du mode opératoire pour ces types d’essais. En effet, diverses
perturbations dues à des phénomènes de propagation d’ondes viennent souvent gêner l’acquisition
des données. De nombreux efforts ont été faits et différents systèmes ont été mis en place afin de
pallier ces phénomènes perturbateurs [8,17-19,22-24,37-39]. Toutefois, ces études ont montré que
la vitesse de déformation présente une forte influence sur les caractéristiques mécaniques à
l’échelle macroscopique des matériaux SMC de tout type. Par conséquent, l’effet de ce paramètre
devrait être clairement pris en considération pour une utilisation efficace du matériau dans les
structures. La figure 1-5 montre une illustration de l’effet de vitesse sur un SMC standards.
23
Figure 1- 5: Effet de la vitesse de déformation sur les propriétés mécaniques d’un matériau SMC [22].
Cette étude montre que le module de Young reste quasiment insensible à la vitesse de
déformation pour une gamme de vitesse allant du quasi statique jusqu’à 200 s-1. Par ailleurs, il a
été montré que l’augmentation de la vitesse de déformation entraîne d’une part une augmentation
du seuil et une baisse de la cinétique d’endommagement d’autre part [22]. En effet, l’aspect
visqueux de l’endommagement à l’interface fibre-matrice est bien mis en évidence grâce à des
essais interrompus. Cet aspect s’exprime par un retard lors de la phase d’initiation et par une
diminution de la cinétique d’endommagement lors de la phase de propagation. On qualifie un tel
comportement de « visco-endommageable » ; notion proposée par Fitoussi et al [25].
Une étude plus récente [37] a montré que les autres types de SMC (A-SMC à forte fraction
volumique de renfort et LD-SMC à faible densité) montrent exactement les mêmes tendances.
L’origine du visco-endommagement peut être attribué à une sensibilité de l’interface fibre-matrice
à la vitesse d’une part et à des effets dynamiques locaux d’autre part.
24
2-2-2-2 Endommagement des SMC en fatigue
Plusieurs paramètres influent sur la tenue en fatigue d’une façon générale [40-50]. Ces différents
paramètres peuvent être répartis en trois catégories (figure 1-6) :
- Les paramètres liés au matériau : ces différents constituants (matrice, renfort, charge,..) et ces
conditions de mise en forme.
- Les paramètres liés au chargement : le type de chargement, l’amplitude et la fréquence imposées.
- Les paramètres liés à l’environnement : la température, l’humidité, les UV…
Lors d’un essai de fatigue, la température peut être envisagée sous deux formes ; extérieure sous
forme d’un facteur lié à l’environnement et intérieure induite par le phénomène d’auto-
échauffement lié directement à la fréquence de sollicitation.
Du fait du grand nombre de paramètres qui affectent la microstructure et de la complexité
des mécanismes mis en jeu, de nombreuses études ont traité l’endommagement des composites à
renforts discontinus sous sollicitations de type fatigue [41, 50-54]. Cependant, dans le cas de
matériaux SMC, il n’existe que peu de résultats expérimentaux sur le comportement en fatigue.
Nous citons ici le travail de Tamboura et al [54] qui a pu quantifier l’évolution des densités de
fissures interfaciales au cours d’un chargement en fatigue grâce à des essais interrompus avec suivi
25
de l’endommagement à l’échelle microscopique par microscopie électronique à balayage. Cette
étude a mis encore en évidence que l’endommagement à l’interface fibre-matrice est le principal
moteur de l’endommagement. L’initiation et la propagation de ce mécanisme ont été caractérisées
de façon quantitative selon plusieurs directions de renforts. La figure 1-7 montre d’une part des
illustrations des ruptures interfaciales sur différentes orientations de renforts et d’autre part
l’évolution des densités de fissures interfaciales en fonction du nombre de cycles appliqués. Il
apparaît clairement que l’accumulation du nombre de cycles conduit à l’augmentation progressive
de la fissuration interfaciale. Celle-ci débute prioritairement sur les interfaces des renforts les plus
désorientés du fait de la forte contrainte normale locale et se propage par la suite sur les interfaces
des renforts plus orientés dans la direction de la charge à travers le couplage des contraintes
normales et de cisaillement à l’interface fibre-matrice. Il est à noter que ce scénario est globalement
conforme au scénario d’endommagement observé sous sollicitation monotone. Cette constatation
sera de première importance dans le choix de la méthodologie de simulation proposée dans ce
manuscrit.
26
2-2-2-3 Fatigue thermomécanique et endommagement
27
Figure 1- 8: Effet de l’auto- échauffement sur la cinétique de l’endommagement d’un composite PA66 renforcée de
fibres de verre [20].
Il est à noter que tous les matériaux à base polymère sont concernés par ce type de couplage.
On peut notamment citer les résultats de l’étude de Shirinbayan & al. qui montre que même dans
le cas d’un A-SMC fortement chargé (50%), il peut exister un fort couplage thermomécanique
[37]. Toutefois, le seuil de fréquence à partir duquel il devient observable est plus important. En
effet, tout polymère peut être considéré comme un matériau visqueux sous certaines conditions de
vitesse (fréquence) et d’amplitude.
L’amplitude de sollicitation influe directement sur la durée de vie du matériau [50, 54-56].
Un changement d’amplitude peut dans certains cas engendré un phénomène d’auto- échauffement.
Cependant, cet effet est peu étudié pour les matériaux SMC ce qui conduit à une littérature assez
pauvre.
Un autre paramètre très important qui influe directement sur la réponse du composite SMC
en fatigue est la fréquence de sollicitation. D’une manière générale, des fréquences élevées
engendrent un phénomène d’auto-échauffement qui découle de la dissipation d’énergie [45, 55-
56]. Handa et al [59] ont montré que pour un composite à matrice polyamide chargé en fibre de
verre la durée de vie diminue avec l’augmentation de la fréquence de 5 à 50 Hz. Dentsoras et
Kouvaritakis [60] ont montré également que la fréquence de sollicitation joue sur les propriétés
mécaniques dans le cas des matériaux viscoélastiques. Récemment, Shiribayan et al [56] ont bien
étudié l’effet de ce paramètre sur un A-SMC, (figure 1-9)
28
Figure 1- 9: Courbes de Wöhler à différentes fréquences pour un composite SMC [56]
En effet, ils ont constaté qu’à une faible amplitude de charge, il y a peu de différence entre
les résultats obtenus pour des fréquences de 10Hz à 50Hz, alors que pour une charge élevée,
l’augmentation de la fréquence donne des courbes S-N décalées. Ceci est dû au phénomène d’auto
échauffement de la matrice polyester induit par les effets visqueux. Ainsi, lors d’une sollicitation
à des amplitudes et des fréquences relativement élevées, l’auto échauffement induit par le
frottement intermoléculaire de la matrice est la cause de la baisse de la rigidité ainsi que la
diminution de la durée de vie en fatigue.
29
du matériau de l’étude, doit être d’une part, suffisamment grand pour contenir toutes les phases
hétérogènes de la microstructure et d’autre part, assez petit pour être considéré comme sollicité de
façon homogène lors d’une sollicitation mécanique.
D’une façon générale, cette approche cherche à déterminer un milieu dit « Milieu Homogène
Equivalent » (MHE) pour le matériau d’étude [64-68]. La plupart des approches qui en découlent,
lorsqu’elles sont formulées analytiquement, ont l’avantage de donner des résultats assez
rapidement. Par contre, certaines d’entre elles sont jugées simplistes à cause de problèmes
rencontrés lors de choix du VER [69] ou lors de la prise en considération de phénomènes tels que
le comportement non linéaire de différentes phases [70] ou de l’endommagement [71]. C’est pour
cela que de nouvelles formulations ont été proposées reposant essentiellement sur des résolutions
numériques afin de dépasser ces difficultés. C’est le cas des différents travaux dédiés à la
modélisation micromécanique grâce à des approches d’homogénéisation [72-75]. Bornet et al [68]
proposent une analyse détaillée de ces méthodes.
Plusieurs techniques d’homogénéisation ont été développées dans ce cadre général qui
diffère par la façon de représenter la microstructure. En fait, le choix d’un modèle adéquat est
directement lié à la morphologie du matériau.
Dans cette partie, on présente les principales approches d’homogénéisation. Nous ferons un
tour d’horizon sur les principales classes de modèles existants dans la littérature capables de
traduire le comportement mécanique des matériaux à renforts fibreux. Par la suite, nous
présenterons les différentes façons d’intégrer les mécanismes d’endommagement dans la
formulation de ces modèles.
30
- L’homogénéisation qui concerne la détermination du comportement globale effectif à travers
le calcul des moyennes des contraintes et déformations. C’est donc lors de cette phase que la
relation micro-macro est établie.
La représentation
Cette première étape, appelée aussi description, consiste à la description des divers
constituants du composite, en termes de caractéristiques géométriques, d’organisation spatiale et
de propriétés mécaniques. Les différentes phases sont classées par familles d’hétérogénéité.
Chaque famille regroupe les renforts ayant la même géométrie, le même comportement mécanique
et la même orientation spatiale. On arrive ainsi à décrire un Volume Elémentaire Représentatif
avec ses caractéristiques :
- L : la taille de la structure
- l : la taille du V.E.R
- d : la taille caractéristique des hétérogénéités
Ce V.E.R doit obligatoirement respecter le principe de séparation des échelles, tels que L >> l et l
>>d. La détermination de ce V.E.R se fait d’une façon statistique. En effet, deux volumes
équivalents seront considérés tout deux comme V.E.R si leur comportement macroscopique est
équivalent.
La localisation
La phase de localisation, ou encore de concentration, cherche à établir les relations qui relient
les grandeurs mécaniques (contraintes et déformations) à l’échelle locales aux sollicitations
mécaniques à l’échelle macroscopique. Ces relations, à établir, représenteront une loi de
concentration de forme tensorielle qui permettra le passage micro-macro. Ainsi pour un volume
V, on définit la moyenne volumique 〈a〉v d’un champ a(x) relatif à un point de coordonnées x par :
1
〈 a 〉v = ∫v a(x)dV (1-1)
|V|
〈 σ 〉v = C: 〈 ε 〉v 〈 ε 〉v = S: 〈 σ 〉v (1-2)
On notera par la suite V le volume du V.E.R, ∂V le volume de son contour et n un vecteur normal.
On définit encore un tenseur de deuxième ordre traduisant le champ de déformation microscopique
qu’on note ε (x) et un autre tenseur traduisant le champ de contrainte microscopique qu’on
31
note σ (x). On pose E, et Σ deux tenseurs respectivement relatifs à la déformation et à la contrainte
macroscopiques appliquées sur V et définis comme les moyennes volumiques de ε (x) et σ (x) :
E = 〈 ε 〉V Σ = 〈 σ 〉V (1-3)
On définit également deux autres tenseurs d’ordre 4 : un premier tenseur dit de localisation des
déformations A et un deuxième tenseur dit de concentration des contraintes B établis selon les
relations suivantes :
〈 A 〉V = 〈 B 〉V = I (1-5)
L’homogénéisation
Cette dernière étape consiste à établir les liens entre les contraintes et les déformations à
l’échelle macroscopique afin de remonter au comportement du matériau homogène équivalent.
Dans le cas d’un comportement élastique, cela revient à calculer le tenseur de rigidité effectif, noté
Ceff du V.E.R. considéré comme le matériau homogène équivalent. Pour définir ce tenseur, deux
approches peuvent être employées : une approche énergétique et une approche mécanique.
Approche mécanique :
meca
Σ = Ceff :E (1-6)
Approche énergétique
1 1 ener
〈 ε: C(x): ε 〉 = E : Ceff :E (1-7)
2 2
Hill stipule que le travail à l’échelle macroscopique est égal à la moyenne du travail à l’échelle
microscopique [63] ; ainsi il établit une équivalence entre les deux approches.
〈 ε : σ 〉V = E : Σ (1-8)
meca
Par la suite, on ne s’intéressera qu’à l’approche mécanique. Par conséquent, le tenseur Ceff sera
noté automatiquement Ceff . La condition de Hill est vérifiée quelles que soient les conditions aux
limites [68 ,76]. D’une façon générale, les résultats obtenus pour des volumes donnés varient selon
32
ces conditions aux limites mais, convergent dès que ces volumes atteignent la taille du V.E.R. et
plus [69,77].
Les expressions des tenseurs de souplesse et de rigidité apparents s’écrivent sous la forme:
E = 〈 ε 〉V = 〈 S ∶ σ 〉V = 〈 S ∶ B 〉V : Σ = Seff : Σ (1-9)
Σ = 〈 σ 〉V = 〈 C ∶ ε 〉V = 〈 C ∶ A 〉V : E = Ceff : E (1-10)
Supposons que le matériau d’étude est constitué de n+1 phases, l’indice m ou 0 faisant référence
à la matrice renforcée de n familles de renforts. fi désigne la fraction volumique de la phase i.
On obtient ainsi :
n n
et
n n
Ces relations générales restent valables indépendamment du modèle micromécanique choisi. Par
contre, la détermination des tenseurs de localisation Ai et de concentration Bi diffèrent d’un modèle
à l’autre.
33
La figure suivante schématise la démarche globale d’une modélisation multi échelle.
Par la suite, nous présenterons les différentes démarches permettant de déterminer les
tenseurs de localisation ou de concentration proposés dans les modèles d’homogénéisation les plus
courants.
Les bornes de Voigt [61] et Reuss [62] correspondent à une première approximation qui
permet d’encadrer les propriétés élastiques d’un matériau hétérogène quelconque. L’intérêt majeur
est leur simplicité et le fait qu’elles permettent de définir les bornes maximales et minimales des
propriétés élastiques. Par contre, elles ne permettent pas de prendre en compte les paramètres
microstructuraux de façon précise. En effet, seuls les tenseurs de rigidités des différentes phases
et leurs fractions volumiques entrent en jeu. La géométrie et la répartition spatiale ne sont pas
prises en compte.
En effet, les tenseurs de localisation (borne de Voigt) et de concentration (borne de Reuss) sont
réduits à la tenseur identité.
A=I= B (1-17)
34
-Borne de Voigt.
La borne de Voigt, appelée encore approche en déformation, suppose que la déformation est
constante au sein de toutes les phases du matériau. On considère que la déformation en tout point
est égale à la déformation macroscopique appliquée. La déformation de chaque phase s’écrit donc :
εi = E (1-18)
-Borne de Reuss.
C’est le modèle conjugué de Voigt. Appelé aussi approche en contrainte, elle suppose que
la contrainte est en tout point du V.E.R. égale à la contrainte macroscopique. Ce qui permet
d’écrire la contrainte au niveau de chaque phase :
σi = Σ (1-19)
L’approche d’Eshelby [80] propose une solution pour résoudre le problème élémentaire
d’une inclusion élastique ellipsoïdale plongée dans un environnement infini isotrope (matrice). Ce
résultat constitue le point de départ de nombreux modèles micromécaniques. Cette méthode relie
la déformation libre que pourrait subir une inclusion en dehors de la matrice avec celle qu’elle
subirait si elle était noyée dans la matrice. Cette relation est étendue pour traiter une hétérogénéité
dont les propriétés, contrairement à l’inclusion, sont différentes à celles de la matrice.
On considère une inclusion I plongée dans un environnement isotrope infini de rigidité Cm.
On pose l’hypothèse que l’inclusion a les mêmes propriétés mécaniques que le milieu dans lequel
elle est plongée (matrice). On applique à l’inclusion une déformation qualifiée libre de contrainte
ƐL équivalente à celle qu’elle subirait si elle était isolée (sortie) de la matrice (Ex. déformation
élastique, plastique, thermique, etc.). Cependant, la présence de la phase matrice conduit à la
35
création d’un champ de déformation élastique dans la matrice et dans l’inclusion. On cherche à
déterminer l’expression de ce champ à l’équilibre, noté Ɛi.
Cm
I I
ɛi ɛL
Eshelby propose une méthodologie basée sur une suite d’évènements logiques virtuels permettant
de déterminer l’expression de la déformation dans l’inclusion [81]. Il démontre que la déformation
subie par l’inclusion est liée à la déformation libre par l’intermédiaire d’un tenseur d’ordre quatre,
nommé tenseur d’Eshelby [80]. Ce tenseur, dont l’expression générale est basée sur le tenseur de
Green, est explicité notamment dans l’ouvrage de Mura [82] :
σm = Cm ∶ ε au sein de la matrice
{ (1-21)
σi = Cm ∶ (εi − εL ) = Cm : (S esh − I): εL = Cm ∶ εi + τ au sein de l′inclusion
Dans le cas d’une déformation imposé E 0 ou d’une contrainte imposée Σ 0 les expressions
deviennent :
Cas d’une contrainte imposée :
On peut aussi définir une loi d’interaction qui fait appel au tenseur d’influence de Hill noté C∗ . Ce
tenseur est symétrique, défini positif et caractérise la réponse de la phase matrice à une déformation
36
libre imposée induite par une inclusion. Il est exclusivement dépendant du tenseur de rigidité C et
de la géométrie de l’inclusion.
σi − Σ 0 = −C∗ : (εi − E 0 ) (1-24)
−1
Avec −C∗ = Cm : (I − (S esh ) ) (1-25)
Eshelby impose que le tenseur de contrainte τ qui figure dans le cas du problème homogène
induit la même hétérogénéité de contrainte dans le cas d’un problème hétérogène. Ainsi, il montre
que le problème hétérogène peut être résolu de façon similaire au problème homogène.
Cm Cm
I E0 H
Figure 1- 12: Equivalence entre le problème hétérogène et le problème homogène à déformation libre
σm = Cm ∶ εm au sein de la matrice
σH = CH ∶ εH = Cm : εH + ( CH − Cm ): εH au sein de l′ hétérogénéité
(1-26)
σi = Cm ∶ (εi − εL ) au sein de l′ inclusion homogène
{
L’équivalence entre les deux problèmes nous donne une égalité qui nous permet d’établir
l’expression de la déformation libre en présence d’une hétérogénéité.
σH = σi ⇔ ( CH − Cm ): εH = −Cm ∶ εL
Lors d’une déformation imposée sur le contour. On remplace εL par son expression et on déduit
37
εH = E 0 + S esh : εL ⇔ εH = (I + S esh : (Cm )−1 ∶ ( CH − Cm ))−1 : E 0 (1-28)
εH = (I + P ∶ ( CH − Cm ))−1 : E 0 (1-29)
AH = (I + P ∶ ( CH − Cm ))−1 (1-30)
Dans certains cas, résoudre le problème hétérogène permet de trouver des solutions
analytiques pour les différents tenseurs définis précédemment. Cependant, le tenseur d’Eshelby
n’est facile à calculer que dans le cas d’une inclusion isotrope ou isotrope transverse avec une
forme ellipsoïdale connue. Cette approche est la source des multiples modèles multi-échelles en
élasticité linéaire.
La première application est la méthode des solutions diluées présentée ci-après.
CD
Ceff = Cm + ∑ni=1(Ci − Cm )fi ∶ (I + S esh : (Cm )−1 ∶ ( Ci − Cm ))−1 (1-31)
Dans le cas d’un taux volumique plus élevé, il n’est plus question de supposer un milieu à matrice
infinie. Il est donc nécessaire d’adapter la méthode de calcul des tenseurs de localisation et de
concentration. Nous présentons par la suite trois autres approches permettant d’obtenir le
comportement élastique équivalent d’un matériau contenant plusieurs familles de renforts dans sa
microstructure. Il s’agit de la méthode d’homogénéisation auto-cohérente, les bornes de Hashin –
Shtrikman et celle de Mori et Tanaka.
38
3-1-6 Modèle auto-cohérent
Ce modèle est appliqué lorsqu’on ne peut pas distinguer de phase continue telle que la
matrice. Autrement dit, aucune des phases ‘i’ n’a de rôle prépondérant. Chaque constituant est vu
comme étant une inclusion qui baigne dans un milieu homogène équivalent MHE. Il s’applique
généralement aux matériaux métalliques polycristallins constitués de grains imbriqués les uns dans
les autres.
On considère donc la même formulation issue des méthodes des solutions diluées avec un tenseur
d’Eshelby estimé pour une matrice homogène isotrope correspondant au matériau hétérogène dans
sa globalité de rigidité CAC que l’on cherche à déterminer. Le problème dans cette formulation
devient alors implicite car les tenseurs de localisations Ai dépendent de la rigidité effective CAC ,
qui a son tour dépend des tenseurs Ai . L’identification se fait donc numériquement par méthode
itérative :
AC
Ceff = ∑ni=0 Ci fi ∶ (I + S esh : (CAC )−1 ∶ ( Ci − CAC ))−1 (1-33)
AC
Ceff = Cm + ∑ni=1(Ci − Cm ) fi ∶ (I + S esh : (CAC )−1 ∶ ( Ci − CAC ))−1 (1-34)
HS max HS min
Ceff > Ceff > Ceff
39
- Borne Supérieure :
La borne supérieure est obtenue en affectant à la phase matrice la rigidité de la phase la plus
rigide du composite Cm = Cmax . Le tenseur de localisation supérieure Ai + et de rigidité effective
HS max
supérieure Ceff dans ce cas s’expriment respectivement par :
HS max
Ceff = ∑ni=0 Ci fi ∶ (I + S esh : (Cmax )−1 ∶ ( Ci − Cmax ))−1 (1-36)
- Borne Inferieure :
HS min
Ceff = ∑ni=0 Ci fi ∶ (I + S esh : (Cmin )−1 ∶ ( Ci − Cmin ))−1 (1-38)
HS max
Ceff = Cm + ∑ni=1(Ci − Cm ) fi ∶ (I + S esh : (Cmax )−1 ∶ ( Ci − Cmax ))−1 (1-39)
HS min −1
Ceff = Cm + ∑ni=1(Ci − Cm ) fi ∶ (I + S esh : (Cmin ) ∶ ( Ci − Cmin ))−1 (1-40)
Il est bien évident que les bornes de Hashin et Shtrikman nous donnent un encadrement plus
resserré des propriétés du matériau que celles de Voigt et Reuss [84].
Le modèle a été proposé au début par Mori et Tanaka [85] pour un matériau contenant de
nombreuses inclusions de propriétés similaires à celle de la matrice. Il a été, par la suite, étendu
par Wakashima [86] dans le cas des matrices contenant aussi des hétérogénéités, avant d’être
reformulée et clarifié par Benevistes [87]. Ce modèle repose sur une formulation sensiblement
distincte des approches précédentes. Certes plus réaliste pour les composites que celle du modèle
auto-cohérent puisqu’il considère une phase matrice continue. Dans cette approche, le renfort voit
d’abord un volume de matrice avant de voir le composite. Ce modèle découle toujours de
l’approche d’Eshelby et se distingue par la prise en compte de différentes interactions entre les
multiples inclusions existantes. On suppose ainsi que les hétérogénéités sont reparties d’une
manière isotrope et sont noyées dans une matrice infinie soumise à une déformation moyenne de
40
la matrice. La résolution du problème hétérogène permet d’aboutir au tenseur AH de localisation.
On arrive ainsi à relier chaque inclusion à la déformation moyenne de la phase matrice in situ :
〈 ε i 〉 = Ti : 〈 ε m 〉 (1-41)
Avec :
Ti = AH = (I + S esh : (Cm )−1 ∶ ( Ci − Cm ))−1 (1-42)
Pour chaque phase i, l’expression de la moyenne volumique des déformations est :
E = ∑ni=0 fi 〈ε〉i = ∑np=0 fi Ti : 〈ε〉m (1-43)
MHE Cm Cm
I1 IN
CMT = +…+
Ci1 CiN
La limitation majeure de ce modèle est qu’il n’est applicable que pour un taux volumique de
fibres ne dépassant pas 30% à 50%. Au-delà, les interactions entre renforts ne sont pas prises en
compte par cette approche.
D’après l’interprétation de Benveniste [87], le modèle de Mori et Tanaka peut correspondre à la
borne inferieure de Hashin et Shtrikman puisqu’on suppose que la matrice est la phase le moins
rigide du composite. Les travaux de Bourgeois [81] contiennent une revue bien détaillée des
interprétations des équations de cette formulation selon, Benveniste [87], Tsukamoto et
Wakachima [86].
Plusieurs auteurs ont utilisé ce modèle pour la modélisation micromécanique de plusieurs
composites. A titre d’exemple, Fitoussi [14] sur les composites SMC, Desrumaux [79] sur les
composites monolithiques et Bourgeois [81] sur les composites AL/SiCp. D’autres études se sont
41
intéressées à l’influence des paramètres microstructuraux comme la dispersion de l’orientation de
renfort [88-89] et l’effet de l’élancement [90]. Ce modèle a été par la suite étendu dans le cadre de
la thermo-élasticité et de la plasticité. Mura [91] dans son ouvrage présente les différents cas de
figure.
Les modèles cités plus haut s’appliquent généralement à des matériaux hétérogènes avec une
microstructure quelconque. La sélection d’un modèle adéquat est associée principalement à
l’architecture du composite. Ainsi, il est primordial de prendre en considération les fractions
volumiques des renforts, l’élancement, les symétries matérielles du matériau. Tous les modèles
présentés adoptent l’approche de l’inclusion équivalente d’Eshelby, à l’exception des bornes de
Voigt et Reuss. Le renfort est ainsi considéré, analytiquement, de géométrie ellipsoïdale. Cette
géométrie est caractérisée par le rapport d’élancement, l/d, où l et d sont la longueur et le diamètre
du renfort respectivement. Ainsi, on peut distinguer plusieurs formes :
Pour choisir le modèle qui donnera la meilleure estimation des propriétés effectives, la
morphologie du matériau doit être considérée. Par exemple, l’approche la moins descriptive est
celle de Voigt ou de Reuss. Sa simplicité tient au fait qu’elle ne prend en compte que de très peu
des paramètres microstructuraux. En effet, il n’est utilisé que lorsque l’accès aux informations
microstructurales est restreint. Par exemple, la répartition spatiale, l’orientation des renforts et
leurs formes, ne sont pas pris en considération dans ce type de modèle. Seuls les tenseurs
d’élasticité et les taux volumiques de chaque phase sont utilisés. Par ailleurs, le modèle de Hashin
et Shtrikman se limite à quelques formes de renfort (fibres longues, petits disques, renforts
sphériques). De plus, les modèles à bornes, Voigt et Reuss ou celles de Hashin et Shtrikman,
n’apportent qu’un encadrement des caractéristiques effectives. L’homogénéisation en solution
diluée est restreinte à des faibles taux volumiques de renforts ce qui ne permet pas de considérer
les différentes interactions entre renforts [78].
42
Le matériau de notre étude présente une fraction volumique bien inférieure à 30%. Ceci nous
oriente vers le modèle de Mori et Tanaka plus adéquat pour un tel taux de renfort. De plus, ce
modèle à l’avantage de voir séparément une phase matrice continue dans laquelle sont noyés
directement des renforts, contrairement à l’approche auto-cohérente qui ne distingue pas les phases
entre elles.
Comme nous l’avons montré au paragraphe 2-2, les investigations expérimentales réalisées
lors de plusieurs études ont montré que la dégradation de l’interface fibre-matrice peut être
considérée comme étant le mécanisme prépondérant des matériaux SMC indépendamment du type
de sollicitation. On peut aussi rencontrer des fissures matricielles ou des ruptures de fibres. La
rupture finale est atteinte lorsque la densité de fissure atteint une saturation conduisant à leur
coalescence pour former une ou plusieurs fissures macroscopiques.
Généralement, la prise en compte des mécanismes d’endommagement est réalisée par la définition
de critères locaux. Ces derniers permettent alors d’alimenter une loi d’évolution de
l’endommagement.
Nombreuses sont les études qui se sont intéressées aux mécanismes d’endommagement dans
les matériaux composites à renforts fibreux et particulièrement ceux relatifs aux interfaces. Dans
cette section, nous introduisons les modèles les plus représentatifs des différentes approches
proposées.
Lee [92], propose un modèle d’endommagement pour les composites à renforts discontinus
orientés d’une manière aléatoire en présence de microfissures issues de la décohésion à l’interface
43
fibre-matrice. L’idée est de remplacer d’une façon probabiliste les fractions de fibres saines en
fibres décollées ou partiellement décollées (debonded fibers) grâce à une fonction de type Weibull.
Ainsi, les fibres décollées constituent une nouvelle phase avec des propriétés qui différent de celles
des fibres saines.
Shabana [93] s’inspire des travaux de Togho et Cho [94] qui ont mis en place une approche
de type élasto-plastique pour la modélisation de l’endommagement d’un composite à fibres
courtes. Ils ont étudié la variation du champ de contraintes élastiques ainsi que l’évolution de la
capacité de charge entre les fibres non endommagées et les fibres endommagées à travers une loi
d’endommagement par fissuration qui suit une fonction probabiliste de type Weibull. Shabana
introduit aussi les effets thermiques et présente des résultats concluants dans le cas d’un composite
verre époxyde.
Krairi et Doghri [95] proposent plus récemment un endommagement sous forme de « weak
spot » localisés en pointe de fibres. Ces derniers ont un impact direct sur la déformation plastique
ainsi que sur la dégradation des propriétés mécaniques. Cette approche présente une bonne
corrélation entre la simulation numérique et les données expérimentales. Par contre, la physique
des mécanismes d’endommagement n’est pas intégrée d’une manière directe mais à travers un
tenseur d’endommagement.
Les travaux de Fitoussi et al [96], suivit par ceux de Meraghni et al [97] proposent de définir
un critère de rupture de type interfacial pour un composite à fibres discontinues implémenté dans
un modèle multi-échelles d’homogénéisation. Il est basé sur le calcul des champs de contraintes
locales normales et tangentielles au niveau de l’interface. Un critère local de décohésion à
l’interface fibre-matrice est alors proposé. Il est de type Coulomb couplant par une fonction
linéaire les contraintes normales et tangentielles à l’interface selon l’équation :
𝜎 + 𝛽𝜏 = 𝑅 (1-47)
σ 2 τ 2
(σ ) + (τ ) = 1 (1-48)
0 0
44
une résolution théorique en posant σint le champ de contraintes interfaciales du côté renfort et σext
le champ de contraintes à l’interface du côté de la matrice. En fait, sur un point de l’interface, le
vecteur de contraintes σv représente la projection de la contrainte σext sur la normale n à
l’interface. Tout en respectant la condition de la continuité de la contrainte normale au niveau de
l’interface, il est encore égal à la projection de la contrainte σint sur la normale n. Le champ de
contraintes dans le renfort est également continu, il est de même projeté sur la normale ni . La
contrainte normale σ est donc déterminée par une double projection. Celle tangentielle τ en
découle selon l’expression suivante:
σv = σext
i ni
σ = σint
ij ni nj
τ = √‖σv ‖2 − σ2 (1-49)
Jendli [23], intègre ce critère quadratique sous la forme d’une probabilité de rupture de type
Weibull afin de quantifier un pourcentage de rupture interfaciale.
De même, Despringre [98] et Achour [99] dans de récents travaux utilisent le même critère
elliptique de rupture interfaciale. Despringre [98] l’applique dans le cadre de la modélisation en
fatigue de l’interface fibre-matrice pour un composite PA66. Toutefois il est intégré dans une loi
d’évolution normale cumulative afin de l’adapter au cas du comportement en décharge.
45
de déformation présents dans les composites et leurs interactions rend extrêmement complexe la
prédiction de la durée de vie en fatigue. Notamment, les seuils et cinétiques d’endommagement
sont difficiles à maîtriser. En effet, plusieurs paramètres affectent la durée de vie en fatigue comme
la microstructure et le type de sollicitation tridimensionnel.
Nombreuses sont les différences entre le comportement en fatigue des métaux et des
composites à renfort fibreux. Pour les métaux, le mouvement et la multiplication des dislocations
sont à l’origine des déformations plastiques qui s’étendent jusqu’à la rupture. Ce phénomène
n’induit pas effectivement une diminution de la rigidité durant la fatigue. La phase finale du
processus de fatigue se caractérise par l’apparition de microfissures qui sont la seule forme
d’endommagent macroscopique notable sur le matériau. La coalescence et la propagation de ces
fissures mène à une fissuration plus importante jusqu’à la défaillance de la pièce. Etant donné que
la rigidité du métal reste quasiment inchangée, la relation linéaire entre la contrainte et la
déformation reste valable. En revanche, pour les matériaux composites à renfort fibreux,
l’endommagent peut commencer dès les premiers cycles de fatigue et la taille des zones
endommagées augmente tout le long de l’essai. Les mécanismes d’endommagement qui entrent
en jeu peuvent changer, par exemple, de petites fissures de la matrice au délaminage en passant
par la rupture des fibres. La détérioration progressive durant la fatigue induit une redistribution
continue de la contrainte et une diminution des concentrations de contrainte à l’intérieur du
matériau. En conséquence, la prédiction de l’état d’endommagement et du nombre de cycles à
rupture, nécessite la compréhension et la modélisation du chemin complet de l’endommagement.
Fonge [100] conclut qu’il y a deux principales raisons techniques pour lesquelles la
modélisation de l’endommagement en fatigue est bien complexe. La première est la présence de
différentes échelles d’endommagement, de l’échelle atomique jusqu’à l’échelle de la structures.
La deuxième raison est la difficulté opératoire puisqu’il est quasiment impossible de modéliser
identiquement la microstructure des échantillons endommagés. Fonge a également attiré
l’attention sur certains points qui présentent un défi pour ce type de modélisation:
46
Plusieurs modèles sont établis pour un composite bien particulier, avec des conditions aux
limites particulières, chargement uni-axial, amplitude et fréquence fixes. L’extrapolation aux
structures réelles présentant des chargements et des microstructures variables d’un point à un autre
s’avère très compliquée.
Beaucoup de difficultés sont rencontrées dans la prédiction de la durée de vie en fatigue à savoir :
Les mécanismes d’endommagement dominants et les modes de rupture peuvent différer
selon l’état de contrainte [101-102].
L’historique du chargement lors d’un essai de fatigue est un facteur très important. En effet,
l’état d’endommagement n’est pas le même pour des séquences de chargement haut-bas
ou bas-haut, Hwang et Han [103].
La majorité des essais expérimentaux réalisés sont de type uni-axial en traction-traction ou
traction-compression. En pratique, les structures ne sont pas effectivement soumises à de
tels types de sollicitations.
La résistance résiduelle et la durée de vie en fatigue chutent plus rapidement dans le cas où
la séquence de chargement varie constamment dès les premiers cycles (Farrow [104]).
L’expérience montre que les échantillons ayant subi de petites séquences de chargement
voient leur durée de vie chuter considérablement comparée à celle des échantillons ayant
subi des séquences plus larges malgré que le nombre des cycles total soit le même.
La fréquence de sollicitation a un impact majeur sur la durée de vie (Ellyin and Kujawaski
[105], Shirinbayan [37]). Cela est dû principalement au phénomène d’auto-échauffement.
Plusieurs études ont été menées et plusieurs modèles ont été proposés afin d’étendre leur
champ d’application du cas des chargements uni-axiaux à amplitude constante aux chargements
plus complexes.
Une classification rigoureuse des différents modèles existant s’avère difficile. Toutefois,
Sendeckyj [106] propose une classification représentative qui peut être faite en prenant en compte
les critères d’endommagement en fatigue. Selon ce dernier, les critères de fatigue peuvent être
classifiés en quatre catégories :
47
D’autres études similaires sur la prévision de la durée de vie en fatigue des composites conduisent
à une classification possible en trois catégories [41] :
o l’approche empirique,
o l’approche phénoménologique,
o l’approche micromécanique.
Nous reprenons ci-après cette synthèse qui nous parait pertinente. Toutefois, il est à noter que les
modélisations présentées ci-dessous couplent très souvent plusieurs des approches précitées qui,
par conséquent, ne constituent qu’une classification théorique.
On peut citer la loi de Miner [107] largement utilisée pour les métaux. On peut inclure sous
cet intitulé les modèles qui s’appuient sur l’établissement de courbes de Whöler ou de diagrammes
de Goodman qui nécessitent un travail expérimental colossal et qui ne prend en compte ni
l’influence de la microstructure, ni les phénomènes d’endommagement. Les informations
expérimentales telles que les courbes S-N ou les diagrammes de Goodman sont utilisés dans un
critère de rupture en fatigue. Ces modèles ne prennent pas en considération l’accumulation
d’endommagement mais prédisent le nombre de cycle à rupture sous des conditions de chargement
fixes.
Ellyin et El-Kadi [108] ont proposé un critère de rupture en fatigue fondé sur la densité
d’énergie de déformation en se basant sur l’hypothèse d’une contrainte plane élastique. Ils ont
établi une formulation de type loi de puissance afin de prédire la durée de vie en fatigue. Il a été
montré par Plmutree et Cheng [109] dans une étude suivante que ce modèle est valable uniquement
dans le cas des composites renforcés par des fibres unidirectionnelles non-
axisymétriques. Philippidis et Vassiloulos [110] ont proposé un critère de rupture similaire au
critère de rupture statique quadratique de Tsai-Wu. Ainsi, cinq courbes S-N sont requises pour
48
pouvoir établir ce critère. Ce nombre est réduit à trois avec l’hypothèse que la contrainte ultime en
traction est la même qu’en compression. Gagel et al. [111] ont développé une approche empirique
décrivant l’endommagement par fatigue. Ils proposent une «approche non scalaire» pour décrire
la baisse des performances mécaniques et la rupture des stratifiés époxydes renforcés par des fibres
de verre sous chargement de type traction-compression. La modélisation proposée repose sur des
paramètres expérimentaux décrivant l'évolution de l’endommagement.
Tous les modèles prédictifs de la durée de vie en fatigue cités ci-dessus ont des limitations;
celles de ne pas pouvoir prendre en compte l’évolution de la densité d’endommagements et de
définir le mécanisme réel de rupture. Cette approche empirique montre plus de corrélation dans le
cas des métaux mais reste à éviter lors du dimensionnement des pièces en composites.
49
de ces modèles aux seules microstructures caractérisées expérimentalement. L’approche n’est
donc pas prédictive pour d’autres microstructures. Or, souvent, comme dans le cas des SMC, de
multiples microstructures sont toujours présentes au sein de la structure ou même dans le cas d’une
plaque de laboratoire.
Les modèles à rigidité résiduelle décrivent la dégradation des propriétés élastiques durant la
fatigue. La perte en rigidité est décrite par l’évolution d’une variable macroscopique, souvent notée
D, dont l’expression la plus connue est :
E
D=1−E (1-50)
0
avec E0 la rigidité du matériau non endommagé. Bien que D soit considérée comme une variable
d’endommagement, ces modèles sont qualifiés de type phénoménologique. Ceci est dû au fait que
dD
le taux de croissance d’endommagement dN est exprimé en fonction des propriétés macroscopiques
Sidoroff and Subagio [124], ont développé un modèle uni-axial utilisé dans le cas des
composites unidirectionnels sollicités selon la direction des fibres. Le modèle introduit la variable
d’endommagement macroscopique D définie précédemment et est capable de séparer les effets de
la compression et de la traction. Le modèle piloté en déformation est identifié grâce à un essai de
flexion 3 points. La modélisation proposée ne permet pas de prendre en compte ni l’influence du
rapport de chargement R ni la fréquence f. De plus il ne permet pas de renseigner l’état
d’endommagement local du composite. Cette formulation a été reprise par la suite par Vieillevigne
et al. [125] avec un pilotage en contraintes et non pas en déformations et sous l’hypothèse que
l’endommagement n’évolue pas en compression.
Hwang et Han [126] ont introduit en premier lieu, la notion de « module de fatigue », défini
comme étant la pente de la courbe contrainte-déformation pour un cycle bien spécifique. La baisse
progressive de ce module de fatigue suit une relation de type puissance en fonction du nombre de
cycles. Les auteurs supposent ensuite que la contrainte appliquée varie linéairement avec la
déformation résultante pour un autre cycle. Ainsi la durée de vie N peut être déterminée après
50
l’introduction d’un simple critère de rupture. Par la suite ils ont proposé un autre modèle
d’endommagement progressif basé sur leur module de fatigue et la déformation résultante, ce
modèle montre une meilleure correspondance avec les résultats expérimentaux.
La rupture se produit quand :
D = ∑m
i=1 ∆Di = 1 (1-60)
où ∆Di est la fraction d’endommagement cumulée durant la fatigue pour un niveau de contrainte
donnée et m présente le nombre de séquences de chargement jusqu’à la rupture.
La plupart des modèles qui utilisent cette approche [129-131] ont été présentés sous formes
d’équations analytiques. En tant que telles, ces équations sont faciles à exploiter et à mettre en
œuvre. Cependant, la limitation majeure de ces approches est qu’elles ne prennent pas en
considération un changement d’état de contrainte durant le chargement. De plus, elles sont
difficilement applicables pour des scenarios de chargement à amplitude variable, pour lesquels une
approche de cumul d’endommagement est requise.
La résistance résiduelle a été considérée depuis les premières études de fatigue sur
composites comme une propriété pratique pour exprimer phénoménologiquement l’effet de
l'accumulation d’endommagements durant la fatigue. Contrairement aux formulations
phénoménologiques empiriques, les théories basées sur la résistance résiduelle incluent
intrinsèquement un critère de rupture affirmant que la rupture du matériau se produit lorsque la
résistance résiduelle atteint la contrainte maximale appliquée. Un aperçu de ces modèles est
présenté dans la présente section.
Les modèles de résistance résiduelle ont été développés dans plusieurs études. Citons ceux
de Broutman et Sahu [132] qui ont présenté l'une des premières tentatives de la modélisation de la
dégradation de la résistance statique des composites renforcés par des fibres de verre, dans une
formulation modifiée de la loi de Palmgren-Miner, qui prend en compte les effets de séquence de
chargement. Shokrieh and Lessard [133] ont développé une modélisation uni-axiale basée sur celle
proposée initialement par Halpin et al. [134]. Ils stipulent dans leur approche que la résistance
51
résiduelle Re(N) peut être décrite sous forme d’une fonction monotone décroissante en fonction
du nombre de cycles N. Hahn et Kim [135] ont établi le concept du taux de changement de la
résistance à la rupture. Ils ont supposé qu’il existe une relation unique entre la résistance en
chargement statique et la durée de vie en fatigue. Cette approche a été reproduite plus tard par
Chou et Croman [136-137], qui ont fourni un outil pratique pour déduire la distribution de
probabilité de la vie en fatigue en se basant sur la résistance résiduelle en statique. Yang et al [138-
139] ont publié de nombreux travaux sur la résistance résiduelle et la prédiction de la durée de vie
en fatigue pour plusieurs types de stratifiés et sous différentes conditions de chargement. Leurs
modèles sont basés sur des équations de type rapport de chargement, utilisées précédemment par
Hahn et Kim et Chou et Croman. Les modèles proposés prétendent prédire la résistance résiduelle
après un chargement en fatigue à n’importe qu’elle niveau de chargement. Ceci a constitué une
réelle avancée par rapport aux précédents modèles d’ingénierie, limités aux théories d’un niveau
de chargement unique.
D’autre modèles de type résistance résiduelle ont été largement discutés par Sendeckyj
[140], examinés et évalués par la suite par Degrieck et Van Papaegem [41]. Shorieh et Lessard
[141] ont développé un modèle appelé « modèle de la dégradation généralisée des propriétés de
résistance résiduelle du matériau » qui permet de prédire la résistance résiduelle sous un
chargement complexe. Plusieurs auteurs ont publié des travaux similaires, comme Schaff et
Davidson [115], Epaarchchi et Clausen [142], Found et Quaresimin [143] sur les effets de
séquences de chargement cycliques a deux blocs sur des stratifiés à matrice époxyde renforcée de
fibres de carbone.
Certains des modèles existants ont été modifiés de sorte à pouvoir produire des prédictions
statistiques de la résistance résiduelle après un chargement partiel en fatigue à différents niveau de
charge.
Le problème majeur de toutes ces approches est l’exigence d’une quantité de données
expérimentales colossale. De plus, contrairement aux modèles basés sur la rigidité résiduelle,
l’évaluation de la résistance résiduelle impose la destruction de l’échantillon mis en test. Il est
alors très difficile, voire quasiment impossible de comparer l’état d’endommagement de deux
échantillons testés. Par ailleurs, ces types de modèles ont été proposés dans le cas de chargements
uniaxiaux et ne permettent pas de prendre en considération le cas d’une pièce de structure soumise
à des chargements complexes et variables.
52
3-3-1-3 L’approche micromécanique
Afin de pallier les limitations des approches précédentes, les modèles micromécaniques
utilisent la microstructure comme une donnée d’entrée. Par ailleurs, à l’échelle microscopique,
différents mécanismes d’endommagement peuvent être mis en compétition de sorte à faire évoluer
la microstructure à travers l’introduction de densité de fissures et les baisses de propriétés
mécaniques associées.
Une des premières approches utilisant un modèle d’homogénéisation a été proposée par
Reifsnider et Gao [145] qui proposent un critère de rupture basé sur la contrainte moyenne dérivée
de la méthode de Mori et Tanaka. Le critère est défini à travers l’approche micromécanique et
prend en considération les propriétés des constituants du composite. La formulation de ce critère
est très similaire à celle proposée par Hashin et Rotem. Le critère de rupture intègre
l’endommagement de la matrice et de la fibre en utilisant les contraintes moyennes dans la matrice
et les fibres, calculées par le modèle de Mori et Tanaka. Le problème de l’interface non parfaite
entre la fibre et la matrice est aussi pris en compte à travers une interface modélisée par un film
élastique. Là encore, l’identification des paramètres du modèle utilise des courbes S-N qui doivent
être établies expérimentalement au préalable.
Jendli et al. [22] ont pu analyser qualitativement l'influence de la vitesse de déformation sur
l’évolution et le seuil d’endommagement grâce à une campagne d’essais monotones et interrompus
(à différentes vitesses de déformation). Ils ont montré également que l’endommagement initial et
la cinétique sont sensibles à la vitesse de déformation, de sorte que la probabilité de rupture à
l'interface augmente avec l'augmentation du taux de déformation. Des résultats similaires ont été
53
obtenus précédemment par Fitoussi et al. [25] ainsi que récemment par Shirinbayan et al. [17].
Grâce à leurs résultats expérimentaux, Fitoussi et al. [146] ont également proposé un modèle
micromécanique basé sur la décohésion au niveau de l'interface fibre-matrice. Ce modèle est basé
sur un critère local linéaire de couplage du cisaillement et de la contrainte normale à l'interface
[96]. Meraghni et al. [97] ont développé un modèle similaire qui combine un paramètre de
microfissuration avec la décohésion à l’échelle fibre-matrice afin de diminuer le tenseur de
localisation de fibre. Derrien et al. [147] ont développé un modèle probabiliste d’endommagement
de type rupture de renforts. Fitoussi et al [21] utilisent le même type de critère probabiliste appliqué
à la rupture de l’interface fibre-matrice. Ils proposent de remplacer les fibres déchaussées par un
renfort équivalent anisotrope traduisant ainsi l’anisotropie locale crée par la rupture interfaciale.
Guo et al. [150] proposent plus simplement de remplacer la fibre déchaussée par un volume
équivalent de matrice. Ces approches ont été validées expérimentalement. Nguyen et Khaleel [151]
ont développé un modèle d’endommagement matriciel basé sur les résultats expérimentaux de
Meraghni et Benzeggagh [152]. Lee et Simunovic [153] ont établi un modèle pour la prédiction
du comportement élasto-plastique-endommageable d’un matériau composite à matrice ductile
renforcée par des fibres orientées. Dans leur modèle, les fibres partiellement décollées sont
remplacées par des fibres équivalentes parfaitement liées. Leur modèle a été étendu pour traiter les
fibres à orientation aléatoire [154]. Un modèle similaire pour les matériaux composites mais en
trois phases a été développé par Ju et Lee [155]. Ici, les fibres complètement déchaussées sont
considérées comme des vides dans les trois phases d'homogénéisation.
Desrumaux et al. [148] ont encore développé la représentation statistique de la rupture pour
chaque constituant (fibre, matrice et interface) en proposant un modèle d’endommagement
micromécanique de type homogénéisation en deux étapes pour un matériau aléatoire basé sur le
tenseur numérique d’Eshelby [80]. D’une manière analogue, Guo et al. [150] ont introduit une loi
élasto-dommageable pour les composites aléatoires basés sur une approche à deux échelles. Une
approche comparable d’homogénéisation en deux étapes a été par la suite reprise par Jendli et al.
[23] et Kammoun et al. [149].
Ben Cheikh Larbi et al. [156] ont étudié le comportement élastique des SMC sous
chargement cyclique. Ces auteurs ont proposé un modèle d’endommagement local probabiliste à
deux échelles. Les paramètres de ce critère local évoluent en fonction du nombre de cycles. Le
critère est identifié par méthode inverse sur la base des baisses de raideur sous chargement de
fatigue.
Dans ce type d’approche, la difficulté réside dans la grande variété des mécanismes
d’endommagement mis en jeu et dans leurs interactions. Récemment, des lois d’endommagement
54
relatives à chacun des mécanismes développés lors de la fatigue de polyamide renforcé de fibres
de verre ont été mis en compétition dans le cadre d’une approche prédictive de type
micromécanique (Despringre [98]). Le caractère statistique de la microstructure oblige aussi à
traduire les mécanismes d’endommagement de façon probabiliste. Par contre, l’avantage évident
de ce type de modèle une fois identifié, réside dans sa capacité à prédire le comportement résiduel
et la durée de vie en ne s’appuyant que sur un nombre restreint de données expérimentales
(connaissance de la microstructure). En général, ces modèles peuvent être identifiés uniquement à
partir des propriétés des éléments constitutifs du composite (renforts, matrice et interface renfort-
matrice).
Par ailleurs, la microstructure étant considérée comme une donnée d’entrée du modèle, les
mêmes critères et/ou lois d’endommagements locaux peuvent être identifiés sur une microstructure
particulière et être utilisés par le modèle prédictif pour une autre microstructure.
Toutefois, l’intégration de ce type de modèle dans des codes de calculs industriels, bien que
possible, conduit encore aujourd’hui à des temps de calculs très longs qui empêchent ou limite leur
utilisation au niveau industriel. De plus, ces modèles nécessitent l’identification de nombreux
paramètres locaux. Cela conduit à des campagnes expérimentales lourdes et des procédures
d’identification dont la mise en œuvre peut être longue et complexe.
Dans le cadre de notre travail, nous proposerons de nous appuyer sur les différentes
approches décrites plus haut en essayent de profiter des avantages de chacune d’entre elles.
55
CHAPITRE II :
COMPORTEMENT
MECANIQUE DES SMC
56
Introduction
Le matériau étudié est un SMC à base de polyester, fournit par la société « Faurecia ». Les
taux massiques de fibres de verre et de particules de charges CaCO3 intervenant dans sa
formulation sont respectivement de 28% et 37%. Les fibres de verre se présentent sous la forme
de mèches de longueur constante L = 25mm. Approximativement, chaque mèche contient 250
fibres de verre de 15 µm de diamètre environ. Ces mèches sont aléatoirement orientées dans le
plan des préimprégnés non réticulés avant de passer à la phase de thermocompression.
Des plaques SMC ont été élaborées pour les besoins de l’étude par thermocompression
sous une pression de 60 bars et une température moyenne du moule de 165°C. Le temps de
réticulation est de l’ordre de deux minutes.
Deux configurations de moulage ont été utilisées. Dans la première, des préimprégnés de SMC
non réticulés ont été placés au centre d’un moule rectangulaire (120 × 250 mm2) et occupent plus
de 80% de sa surface. Par conséquent, un faible écoulement de la matière pendant le moulage
par compression conduit à une orientation relativement aléatoire des fibres. Ce matériau sera par
la suite appelé matériau aléatoire ou non flué NF. Dans la seconde configuration, la même
quantité de matière SMC a été placée sur un bord du moule de telle sorte que seulement 50% du
moule soit rempli. Cela conduit à un fluage important de la matière avant réticulation et produit
57
une forte orientation des fibres dans la direction de l'écoulement. Ce matériau sera appelé par la
suite matériau flué F.
La variabilité spatiale au sein d’une pièce ou d’une plaque composite SMC peut être mise
en évidence grâce à une technique ultrasonore originale développée au sein du Laboratoire
PIMM. Cette technique non-destructive détecte une éventuelle anisotropie dans le matériau
étudié, ce qui nous permet d’identifier les zones ayant une morphologie similaire. Autrement dit,
la variabilité de la microstructure bien connue dans les matériaux SMC nous oblige à mettre en
place une méthode de sélection des zones des prélèvements des échantillons afin d’en maîtriser
la microstructure. Cela permet d’obtenir plus de cohérence dans les résultats expérimentaux à
travers une connaissance de la microstructure du matériau testé mécaniquement. Cette
connaissance est d’ailleurs primordiale si l’on veut identifier un modèle micromécanique dont la
microstructure est une des données d’entrée principale. Cette dernière conditionne d’ailleurs très
fortement la réponse mécanique macroscopique. Dans le cas de la prédiction de la durée de vie
en fatigue, cette connaissance devient critique.
Elle consiste à immerger deux sondes identiques dans un bac rempli d’eau : une première
émettrice notée (E) et une seconde réceptrice notée (R). Les deux sondes sont positionnées l’une
en face de l’autre à une distance (d) bien connue.
58
La première étape consiste à mesurer la vitesse de propagation de l'onde dans l'eau, notée V0 .
Ceci est rendu possible en utilisant un oscilloscope qui permet de mesurer le temps nécessaire
pour que l’onde se propage entre les deux sondes (V0 = distance / temps). Lors de la deuxième
étape l'échantillon à caractériser est placé entre les deux sondes perpendiculairement à la
direction de propagation de l’onde, comme indiqué par la figure 2-1. Ceci permet de générer des
ondes longitudinales qui vont se propager à travers l’épaisseur de l’échantillon.
Pour beaucoup de matériaux composite de faible épaisseur tels que ceux utilisés dans
l’automobile, on constate que les fibres sont toutes contenues dans le plan de la plaque. Il est
alors possible de considérer que la vitesse de l'onde longitudinale VL dépend principalement de
la teneur en fibres. En effet, dans cette configuration, la vitesse de l'onde longitudinale ne dépend
pas de l’orientation des fibres.
Une troisième étape de l’analyse par ultrasons consiste à tourner l'échantillon d'un angle
d'incidence (i) comme illustré dans la figure 2-2. Cette configuration permet de générer des ondes
transversales qui vont à leur tour se propager à la vitesse VT à travers l’épaisseur de l’échantillon
selon une direction (r) régie par la loi de Snell-Descartes:
sin(i) sin(r)
= (2-1)
V0 VT
VTmax −VTmin
K(%) = . 100 (2-2)
VT moy
59
Figure 2- 1: Dispositif de caractérisation par ultrasons
(a) (b)
Figure 2- 2: Principe de la technique ultrasonore pour la détermination de l'orientation des fibres.(a) fibres dans
le plan de cisaillement. (b) fibres perpendiculaires au plan de cisaillement.
e
VL = d−e (2-3)
te −
V0
Où t e est le temps nécessaire à l’onde pour arriver à la sonde réceptrice. Il est donné par :
EA+BR AB
te = +V (2-4)
V0 T
eV0
VT = (2-5)
√e2 +2eV0 (te −t0 ) cos i+V0 2 (te −t0 )2
60
1-2-1-2 Résultats
L'analyse par ultrasons a été réalisée pour des échantillons extraits des plaques SMC de
l’étude. Une cartographie pour chaque plaque a été mise en place afin de distinguer les différentes
zones (figure 2-4). La plaque est divisée en deux parties : partie gauche « g » et partie droite
« d ». Chaque zone est notée de 1 à 4. L’indice h indique un point de mesure contenu dans la
partie supérieure (haute) de la plaque et b s’il est situé dans la partie basse.
Pour chaque point de mesure, on trace l’évolution de la VT en fonction de l’angle de
rotation (autour de la normale). L’orientation des fibres est donnée par le(s) minimum de cette
courbe. Ce qui donne, par exemple, pour la figure 2-3 une orientation privilégiée longitudinale à
0° et/ou 180°
1600
1550
1500
1450
VT
1400
1350
1300
1250
1200
0 30 60 90 120 150 180 210 240 270 300 330 360
θ°
.
Figure 2- 3: Evolution de l’onde transversale VT pour différentes orientations, au niveau de point de mesure 3d
pour une plaque fortement fluée
La figure 2-4 présente les résultats d'une analyse obtenus sur une plaque fluée et une plaque
non fluée. Sur cette figure, l’orientation signalée par un trait rouge indique la direction privilégiée
des fibres contenues dans cette zone. Sa longueur indique l’intensité de cette orientation liée au
coefficient de biréfringence. La longueur du trait est définie comme un multiple de ce dernier.
Ainsi, un cercle indique une orientation aléatoire et un trait de grande longueur une zone où les
fibres sont très orientées dans la direction indiquée. A titre comparatif, on peut montrer que la
variabilité spatiale des microstructures présentes au sein d’une pièce SMC est bien plus grande
que celle d’une pièce en composite à matrice thermoplastique obtenue par injection.
61
4g-h 3g-h 2g-h 1g-h 1d-h 2d-h 3d-h 4d-h
4g 3g 2g 1g 1d 2d 3d 4d
(a)
4g 3g 2g 1g 1d 2d 3d 4d
(b)
Figure 2- 4: Résultats des essais ultrasons sur une plaque fluée (a) et une plaque non fluée (b)
On peut observer que dans le cas des plaques fluées (figure 2-4.a) une orientation globale
des fibres dans la direction de l'écoulement du moule. Cependant, une dispersion relativement
notable est mise en évidence par le coefficient de biréfringence K variant de 2 à 8,5. Les zones 2
et 3 présentent les valeurs de biréfringence les plus élevées et les moins dispersives. Elles
montrent une orientation claire dans la direction du fluage. Afin d’assurer une bonne
reproductibilité des résultats mécaniques, les zones mentionnées en blanc dans la figure 2-4.a,
seront donc privilégiées dans la sélection. Dans ces zones sélectionnées, les échantillons
présentent la valeur de biréfringence la plus élevée et une orientation globale à 0° par rapport à
62
la direction de l’écoulement. On peut également représenter les résultats sous la forme de figures
polaires faisant apparaître la variation de la vitesse des ondes transversales (figure 2-5).
Figure 2- 5: Illustrations des résultats obtenus par ultrasons pour les zones sélectionnées d’une plaque fluée
On peut donc considérer dans un premier temps que ces zones présentent des
microstructures similaires. Ce qui doit, normalement, conduire à des propriétés mécaniques
identiques. On vérifiera par la suite cette reproductibilité sur les essais de traction réalisés sur des
échantillons extraits dans ces zones. La même méthodologie est appliquée sur les plaques non
fluées (NF).
Les mêmes types de résultats sont obtenus dans des échantillons extraits sur des plaques
non fluées (figure 2-4.b). Ces mesures ont été répétées sur cinq plaques par type de
microstructure. Le tableau [2-1] indique les valeurs moyennes des coefficients de biréfringence
pour les deux microstructures sélectionnées (zones 2 et 3 des plaques fluées et non fluées).
Tableau 2- 1: Valeurs moyennes du coefficient de biréfringence mesuré pour les deux microstructures
sélectionnées
Cette méthodologie a aussi été appliquée sur un hayon en SMC de la Peugeot 3008
développé par Faurecia. La distribution des microstructures obtenues est illustrée sur la figure 2-
6. On peut mettre en évidence une très forte dispersion des microstructures au sein de la pièce.
Toutefois, on peut distinguer trois microstructures moyennes types qui se distinguent par des
domaines de valeur du coefficient de biréfringence :
- Matériau à orientation aléatoire : K%<4
- Matériau orienté : 4<K%<8
- Matériau fortement orienté : K%>8
63
Etant donnée la forte dépendance du comportement mécanique à la microstructure, ces
informations sont de première importance pour le dimensionnement de la structure en particulier
dans les zones critiques à forte concentration de contraintes.
64
Le matériau SMC de notre étude présente plusieurs types d’hétérogénéités liées au processus
d’élaboration (figure 2-7). Il s’agit des porosités dont les dimensions dépassent parfois celles des
fibres. D’autre part, on note un appauvrissement en fibres et en particules de craie dans certains
endroits. Ces zones riches en résine uniquement peuvent ainsi favoriser l’initiation de la
fissuration.
Les deux diamètres ‘a’ et ‘b’ de l’ellipse sont mesurés directement par traitement d’image.
On définit ainsi une fonction de distribution d’orientation des renforts dans le VER. En effet, la
densité des fibres orientées dans la direction (θ) est exprimée comme le rapport du nombre des
fibres orientées à (θ) par le nombre total des fibres dans le VER. La fraction volumique de chaque
famille f(θ) obéit à la formule suivante :
65
S : la surface totale observée
fm (θ) : fraction volumique de fibres dans la mèche orientée à θ
Ainsi, la fraction volumique totale des fibres est donnée par : f = ∑θ f(θ)
La figure (2-9) montre les distributions moyennes d’orientation des renforts pour les matériaux
des plaques fluées et non fluées dans les zones 2 et 3.
30
25
Non fluée
Densité des fibres (%)
20
Fluée sens long
15
10
0
5° 15° 25° 35° 45° 55° 65° 75° 85°
Orientation θ(°)
Figure 2- 9: Densité des fibres en fonction de l’orientation pour une plaque fortement fluée et non fluée découpée
selon la direction d’écoulement
On note une forte densité sur une plage d’orientation allant de 0° jusqu’à 25° pour les
plaques fluées. Par contre, on peut considérer une orientation globalement aléatoire pour les
plaques non fluées. Ces résultats confirment les analyses réalisées par ultrasons.
66
2- Caractérisation mécanique :
Afin d’identifier la loi de comportement de notre matériau, il nous faut obtenir les résultats
expérimentaux nécessaires à l'identification d’un nouveau modèle qui sera proposé au chapitre
suivant. A cette fin, deux types de matériaux SMC issus d’un même préimprégné seront étudiés:
un matériau dit « flué » (F) et un second aléatoire, dit « non flué » (NF). Dans le cas du matériau
flué, les essais sont réalisés suivant les deux directions principales : le sens long (ou 0°), noté F-
0°, correspondant à la direction du fluage lors de la compression à chaud et le sens travers (90°),
noté F-90° correspondant à la direction perpendiculaire.
La base de données expérimentales nécessaire à l’établissement du modèle hybride est
issue des essais mécaniques suivants :
1) des essais de traction jusqu’à la rupture,
2) des essais de charge-décharge à vitesse quasi-statique (2mm/min) avec augmentation
progressive de la charge maximale à chaque cycle jusqu’à la rupture. Tous les essais
réalisés définissent la contrainte minimale à la décharge comme étant égale à 10% de la
dernière contrainte maximale atteinte.
3) des essais de fatigue traction-traction (R=0.1, f=10Hz) jusqu’à la rupture pour différents
niveaux de charge maximale. Tous les essais de fatigue sont précédés d’un cycle de charge-
décharge-recharge élastique permettant une détermination plus précise des modules de
Young E0 et E1 correspondant respectivement à la raideur de matériau non endommagé et
la raideur résiduelle après le premier cycle.
L’analyse de ces trois types d’essais permet d’accéder respectivement aux données suivantes :
1) des courbes de traction jusqu'à la rupture qui permettent notamment l’identification des
contraintes à la rupture pour chaque configuration.
2) des courbes de baisse de raideur en fonction de la charge appliquée, l’objectif principal
E
étant de tracer la baisse relative de la raideur en fonction de la charge appliquée.
E0
3) des courbes de baisse de raideur en fonction du nombre de cycles appliqués et les courbes
de Whöler.
C’est à travers ces résultats et à l’aide de notre modèle micromécanique que nous pourrons mettre
en place notre méthodologie.
Échantillonnage :
Etant donné la forte dispersion connue pour les matériaux SMC [14], il est nécessaire de
procéder à un échantillonnage permettant d’assurer l’emploi d’une même microstructure
67
moyenne par configuration. Pour cela, une première sélection est réalisée à travers l’analyse des
résultats mécaniques de traction effectuée sur des échantillons extraits de différentes zones des
plaques. Ainsi, des échantillons de traction et de fatigue ont été découpés à partir des plaques F
et NF. La largeur des échantillons est de 25mm tandis que la longueur est de 120mm. Après
collage de talons (en composites SMC) aux extrémités de l’échantillon, la longueur utile totale
est de 70mm. L’épaisseur moyenne est de l’ordre de 3mm (figure 2-10). Tous les essais
mécaniques sont réalisés sur une machine à pilotage servo-hydraulique de type MTS. Des essais
à différentes températures (-30°C, 25°C et 80°C) ont été réalisés dans une enceinte thermique.
120mm
25mm
3mm
Figure 2- 11: Images filmées lors de la déformation en traction d’un échantillon SMC
68
Des essais de traction dans les deux directions principales pour les plaques fluées F-0° et
F-90° sur des échantillons extraits des zones 1 à 4 définies au paragraphe 1.1.1 ont été réalisés.
80
70
60
Contrainte (MPa)
50
40
30 Zone 1
Zone 2
20 Zone 3
Zone 4
10
0
0 0,005 0,01 0,015 0,02
Déformation
Figure 2- 12: Courbes de traction obtenues sur les échantillons extraits d’une même plaque dite « non fluée » à
23°C
Les résultats de la figure 2-12 montrent une forte dispersion des résultats en termes de
module de Young (variation de 9,3 à 12,5 GPa) et de contrainte à rupture (variation de 57 à 73
MPa). Toutefois, on peut noter que le seuil de non linéarité lié à l’apparition des premiers
endommagements reste du même ordre de grandeur (autour de 30 MPa).
Cependant, il est intéressant de regrouper ces résultats par zone comme dans la figure 2-12. Il
apparaît que les zones 2 et 3 donnent des résultats comparables en termes de comportement
mécanique alors que les zones centrales et périphériques présentent bien plus de dispersion. Cette
constatation a aussi été faite sur les résultats d’essais de fatigue. Par conséquent, afin de limiter
les effets de dispersion, nous avons privilégié les zones 2 et 3 pour l’analyse du comportement
en fatigue. Indirectement, cela permet de sélectionner une microstructure moyenne d’ailleurs
confirmée par les analyses ultrasonores du paragraphe 1.1.1.
69
70
60
50
Contrainte (MPa)
40
30
Zone 1
20 Zone 2
Zone 3
10 Zone 4
0
0 0,005 0,01 0,015 0,02
Déformation
Figure 2- 13: Courbes de traction obtenues sur les échantillons extraits d’une même plaque fluée dans le sens
travers à 23°C.
Les résultats obtenus sur les échantillons extraits d’une plaque fluée dans le sens travers
F-90°, montrent exactement les mêmes tendances (figure 2-12 et 2-13). Par conséquent, les zones
2 et 3 doivent aussi être privilégiées dans l’analyse du comportement en fatigue des échantillons
F-90°.
De même, les résultats de traction obtenus sur des échantillons extraits de plaque fluée
dans le sens long F-0°, montrent globalement moins de dispersion que dans le sens travers. En
effet, dans cette direction, ce sont les fibres qui travaillent, l’endommagement reste limité et la
rupture se produit par un pseudo-délaminage. Cependant, il apparaît tout de même que les zones
centrales semblent moins dispersées que les zones périphériques. On privilégiera donc les zones
centrales pour l’analyse en fatigue.
A noter aussi que les résultats obtenus sur les échantillons extraits d’une plaque dite « non
fluée » dans le sens long montrent d’une part un module de Young plus important (13 GPa pour
10 GPa dans le sens travers), ce qui confirme que le matériau a bien flué lors du process
(conformément aux analyses ultrasons pour le matériau non flué (figure 2-4.b) qui montrent une
70
orientation privilégiée autour de 0° par rapport à la direction d’écoulement). D’autre part, la
rupture pour ces échantillons est apparue prématurément (entre 40 et 50 MPa) avec parfois un
phénomène de « stick-slip » que l’on pourrait associer à du pseudo-délaminage précoce pour
cette microstructure. Cette constatation a aussi été faite pour les essais de fatigue.
De même que pour les courbes de traction, la dispersion est plus importante pour les
échantillons extraits dans le sens travers. A titre indicatif, la variation de la baisse de raideur
enregistrée pour une contrainte appliquée de 40 MPa peut varier de 20% à 55% pour les plaques
fluées et de 20% à 45% pour les plaques dites « non fluées » (figure 2-14).
71
1,2
0,8
E/E0
0,6
Zone 1
0,4
Zone 2 & 3
0,2 Zone 4
0
0 20 40 60 80
Contrainte (MPa)
Figure 2- 14: Baisse de raideur relative déterminée par des essais, à 23°C, de charge-décharge pour un matériau
non flué pris dans une même plaque
Cette dispersion est directement liée à la dispersion de microstructure au sein des plaques.
Cet aspect s’avère être de première importance en ce qui concerne la durée de vie en fatigue. En
effet, lorsque la baisse de raideur lors de la première montée en charge est importante, c’est la
conséquence d’un fort endommagement de la microstructure. La durée de vie en fatigue est par
conséquent directement liée à l’état d’endommagement à l’issue du premier cycle. Cet aspect est
un des fondements de l’approche de modélisation du comportement et de la durée de vie en
fatigue. On montrera qu’il peut être directement utilisé dans la mise en place d’un modèle
prédictif direct (chapitre 3).
Comme précédemment, en se fondant sur les analyses effectuées sur les zones 2 et 3, on peut
tout de même proposer sur la figure (2-15) une sélection de courbes de baisse de raideur
représentatives pour les trois configurations d’essais de l’étude à différents températures.
Toutefois, une analyse solide doit forcément prendre en compte l’effet de la dispersion de
microstructure sur les seuils et les cinétiques de baisse de raideur.
72
1,2
23°C
1
E/E0 0,8
0,6
F-0°
0,4
NF
0,2 F-90°
0
0 20 40 60 80 100
Contrainte (MPa)
(a)
1,2
80°C
1
0,8
E/E0
0,6
0,4 F-0°
NF
0,2 F-90°
0
0 20 40 60 80
Contrainte (MPa)
(b)
1,2
-30°C
1
0,8
E/E0
0,6
0,4 F-0°
NF
0,2 F-90°
0
0 20 40 60 80 100 120
Contrainte (MPa)
(c)
Figure 2- 15: Courbes de charge-décharge obtenues sur les échantillons sélectionnés extraits d’une plaque fluée
dans le sens long et le sens travers et d’une plaque non fluée dans le sens travers à 23°C (a), 80°C (b) et -30°C (c)
73
2-3 Comportement en fatigue
3500
3000
Effort (N)
2500
2000
Cycle Ns=22
1500
1000
500
0
0 20 40 60 80 100
Segment (N=segment*2)
Figure 2- 16: Stabilisation de l’effort lors d’un essai de fatigue traction-traction (F=3000 N, R=0,1 et f=10Hz)
Sur la figure suivante, on vérifie que le module au 22ème cycle est équivalent au module mesuré
à la recharge à l’issu du premier cycle charge-décharge. En effet, les matériaux SMC ne montrent
pas d’effet de vitesse significatif sur le module de Young.
74
Figure 2- 17: Identification de la première baisse de la raideur E(N=1) et de N stabilisation E(N= Ns)
Des essais de fatigue-traction ont été réalisés à plusieurs amplitudes et à trois températures :
23°C, 80°C et -30°C. Nous présentons ci-après les baisses de raideur enregistrées lors des essais
de fatigue réalisées à température ambiante (figure 2-18). Afin de mettre en évidence les
variations de cinétique de baisse de raideur en fatigue, nous avons tracé les baisses de raideur
E E
relative ramenées à la baisse de raideur au 22ème cycle: (E ) = (E ). En fait, la cinétique de
22 1
baisse de raideur apparait être du même ordre de grandeur quelle que soit l’amplitude de
contrainte imposée, ce qui nous permet d’identifier une cinétique moyenne nécessaire par la suite
pour la partie modélisation. Notons qu’une cinétique rapide et une cinétique lente peuvent aussi
être définies afin d’encadrer les baisses de raideur sous fatigue et sous chargement monotone. En
effet, les variations observées en fatigue sur les échantillons prélevés dans les zones 2 et 3 sont
du même ordre de grandeur que celle déterminées lors des essais de charge-décharge. De ce fait,
il a été montré (cf. chapitre 1) que les mêmes mécanismes d’endommagement sont mis en jeu et
ceci quel que soit le type de chargement appliqué (monotone ou fatigue).
75
1,2
NF à 23°C
1
E/E0 0,8
0,6
0,4
0,2 NF
0
1 100 10000 1000000
N
(a)
1,2
F-0° à 23°C
1
0,8
E/E0
0,6
0,4
0,2 F-0°
0
1 100 10000 1000000
N
(b)
1,2
F-90° à 23°C
1
0,8
E/E0
0,6
0,4
0,2 F-90°
0
1 100 10000 1000000
N
(c)
Figure 2- 18: Cinétiques de baisse de la raideur relative (E/E (Ns)) en fatigue pour à 23C° pour les trois
configurations : NF (a), F-0° (b) et F-90° (c)
76
2-3-3 Courbes de Whöler
Sur la base des résultats précédents, on peut tracer les courbes de Whöler pour chacune de
ces configurations sur la figure (2-19).
100
T 23°C
80
Contrainte (MPa)
60
40
F-0°
20 NF
F-90°
0
1,E+00 1,E+01 1,E+02 1,E+03 1,E+04 1,E+05 1,E+06 1,E+07
N
(a)
100
T 80°C
80
Contrainte (MPa)
60
40
F-0°
20 NF
F-90°
0
1,E+00 1,E+01 1,E+02 1,E+03 1,E+04 1,E+05 1,E+06
N
(b)
77
100
T -30°C
90
80
70
Contrainte (MPa)
60
50
40
30
F-0°
20 NF
10 F-90°
0
1,E+00 1,E+01 1,E+02 1,E+03 1,E+04 1,E+05 1,E+06
N
(c)
Figure 2- 19: Courbes de Wöhler pour les trois configurations (NF, F-0°, F-90°) et à différentes températures
23°C (a), 80°C (b) et -30°C (c)
Même sur des échantillons extraits à partir des zones 2 et 3 sélectionnées, on peut constater
une forte dispersion des résultats. A noter que les résultats obtenus sur les échantillons prélevés
sur une plaque dite fluée dans le sens long montre que la rupture peut se produire prématurément
(à partir de 70 MPa ) avec toujours un phénomène de « stick-slip » que l’on pourrait associer à
du pseudo-délaminage précoce pour cette microstructure. En fait, pour une même contrainte
imposée de l’ordre de 70 MPa un premier échantillon casse à 2000 cycles contre 32000 cycles
pour un deuxième extrait de la même zone. Cette variation peut être grandement augmentée si
l’on utilise des échantillons extraits des autres zones (1 et 4). Le même type de variation est aussi
observé pour les échantillons flués découpés dans le sens travers sollicités à 35 MPa ; l’un casse
à 3000 cycles alors qu’un second rompt à 44000 cycles. De même pour les matériaux dit « non
flués » ; deux échantillons sollicités à 40 MPa, l’un casse à 4000 cycles contre un deuxième qui
tient jusqu’à 106 cycles.
Cette dispersion sur les courbes S-N pour les composites ont été discutées par Barnard et
al [102]. Ces auteurs admettent que les seuils et cinétique d’endommagement sont directement
fonction des variations de la microstructure. Ces auteurs ont également montré qu'il existe une
relation directe entre la variation statistique de la résistance sous chargement monotone et la
78
dispersion observée dans les courbes de Wöhler. On peut s'attendre à ce que dans le cas des
composites à fibres courtes tels que les SMC, cet effet soit largement augmenté en raison de la
grande variabilité de la microstructure générée au cours du processus de moulage [17].
E
𝐷𝜎 = 1 − (E ) (2-1)
0 σ
79
0,8
D_N1 F-0°
23°C
D_N1 NF
D_N1 F-90°
0,6 D F-0°
D NF
D F-90°
0,4
D
0,2
0
0 20 40 60 80 100
Contrainte (MPa)
(a)
0,8 NF
D_N1 -30°
D_N1 23°
D_N1 80°
0,6 D 23°C
D 80°C
D -30°C
0,4
D
0,2
0
0 20 40 60 80 100
Contrainte (MPa)
(b)
Figure 2- 20: Paramètre d’endommagement macroscopique D pour différentes microstructures à la température
ambiante (a) et pour le matériau non flué à différentes températures (b)
80
Des essais de fatigue traction-traction à plusieurs niveaux de contraintes maximales
E
appliqués ont été réalisés. On peut définir la perte de la rigidité en fatigue par (E ) . Pour une
0 N
𝐸
𝐷𝑁1 = 1 − (𝐸 ) (2-2)
0 𝑁=1
Etant donné que le module de Young est un paramètre directement lié à la microstructure,
cette procédure préliminaire permet de vérifier si l'échantillon de fatigue utilisé possède une
microstructure identique ou proche de la microstructure moyenne obtenue. En effet, les valeurs
mesurées de 𝐷𝑁1 doivent être cohérentes avec l'évolution moyenne de 𝐷𝜎 déterminée par des
essais de charge-décharge jusqu'à la rupture de la microstructure correspondante. Si ce n’est pas
le cas, l’échantillon n'est pas utilisé dans la campagne de fatigue. Voir la figure (2-20) où les
valeurs préliminaires de 𝐷𝑁1 mesurées sur les échantillons de fatigue sélectionnés à différentes
contraintes maximales appliquées se placent dans le faisceau de l'évolution de 𝐷𝜎 déterminée par
des essais de charge-décharge jusqu'à la rupture.
81
Conclusion
Des essais de traction, de charge-décharge et de fatigue ont été réalisés sous différentes
températures. L’analyse expérimentale proposée dans ce chapitre est centrée sur l’effet de
l’endommagement sur les baisses de raideur. Il apparait une forte dispersion des résultats
expérimentaux liée à la dispersion des microstructures au sein de même des plaques. Les analyses
des résultats de mesures ultrasonores et mécaniques ont permis de définir des zones de
prélèvement permettant d’assurer une microstructure moyenne stable et utilisable. Finalement,
on montre que des seuils et des cinétiques de baisse de raideur peuvent être déterminés sous
chargement monotone et fatigue. Une relation entre l’endommagement sous sollicitation
monotone et fatigue semble donc pouvoir être établie. L’analyse des résultats expérimentaux
montre l’intérêt de proposer une modélisation des cinétiques de baisse de raideur. Dans le
prochain chapitre, nous présenterons le modèle micromécanique sur lequel s’appuient les
méthodologies prédictives proposées. Ensuite, les différentes phases de construction de ces
dernières seront présentées et les modèles validés.
82
CHAPITRE III :
MODÉLISATION ET
PRÉDICTION DE LA DURÉE
DE VIE EN FATIGUE
83
1- Contexte du dimensionnement des composites à renforts discontinus
Ce sujet a fait l’objet de nombreux travaux de recherche depuis plus d’une trentaine
d’années. Une revue de la littérature montre que différentes approches de prédiction de la durée
de vie des pièces en matériaux composites ont été développées et proposées. Toutefois, le
domaine d’applicabilité de ces modèles, leur degré de complexité et leur efficacité doivent
systématiquement être évalués en regard de leur intégrabilité dans des calculs industriels de
dimensionnement des structures. En effet, des temps de calculs trop longs ou encore la nécessité
de réaliser de nombreux essais de caractérisation afin d’identifier les modèles peuvent rendre non
pertinente une approche prédictive de la durée de vie des pièces composites même dans le cas où
cette dernière a prouvé son efficacité.
Dans l’idéal, une approche prédictive devrait être capable de mettre en corrélation le
développement de l’endommagement aux différentes échelles et les performances du matériau
composite lorsqu’il est soumis aux conditions de sollicitation les plus générales possibles :
champs de contraintes complexes, amplitude et température variable.
De plus, étant donnés les temps de développement limités dans le domaine automobile, la
méthodologie prédictive du comportement en fatigue et de la durée de vie choisie doit aussi ne
nécessiter qu’un nombre limité de données de caractérisations expérimentales. Dans le cas des
renforts discontinus tel que le SMC, elle devrait aussi intégrer la variabilité de la microstructure
comme une des données d’entrée du modèle. De cette façon, le passage à la prédiction de la durée
de vie pour une autre microstructure devient possible.
84
Ce modèle doit donc démontrer sa capacité à produire rapidement des prédictions de durée
de vie. Il s’agit donc de construire des courbes de Whöler ne nécessitant qu’un nombre limité
d’essais et de proposer une méthodologie pragmatique pour le calcul de structure. Ainsi, la durée
du cycle d’optimisation de la matière et la phase de choix de la formulation, de la caractérisation
et du pré-dimensionnement seront raccourcis.
L’analyse et les développements proposés dans cette étude sont fondés sur une constatation
expérimentale essentielle : les matériaux SMC lorsqu’ils sont soumis à des chargements
monotone ou répétés subissent le même type d’endommagement diffus qui se traduit par une
baisse de raideur progressive. En effet, de précédentes études ont montré que, comme dans le cas
des chargements monotones, c’est essentiellement l’endommagement à l’interface fibre-matrice
qui est à l’origine de la baisse de raideur macroscopique. En traction quasi-statique, on peut
constater que la première non-linéarité intervient dès 20 à 30% de la charge à rupture
simultanément avec les premiers décollements d’interface fibre-matrice. Le phénomène est diffus
et touche progressivement toutes les orientations de fibres avant coalescence des fissures et
rupture [19, 22, 35]. Lorsque le matériau est soumis à un chargement répété, c’est aussi le même
phénomène microscopique qui est à l’origine des baisses de raideur (Tamboura [54]).
Par ailleurs, plusieurs auteurs ont mis en évidence l’existence d’un lien entre le
comportement monotone et la durée de vie en fatigue des matériaux composites. Ces études
suggèrent qu’il existe une relation entre les propriétés résiduelles en chargement monotone et la
durée de vie en fatigue [159-163]. Cependant, il n’y a pas réellement de raisonnement physique
expliquant pourquoi la résistance à la fatigue doit varier de la même manière que la résistance à
la traction. Il existe, en fait, quelques études qui prétendent que les mécanismes de rupture sont
différents [36, 161, 163]. Les mécanismes d'endommagement de certains polymères semi-
cristallins renforcés de fibres de verre pourraient également dépendre de la vitesse de
déformation [8, 17-19, 22].
Récemment, il a même été montré que les approches fondées sur la résistance ultime en
traction peuvent conduire à des prédictions non fiables [158] . D'autres approches introduisent
un paramètre qui traduit l’évolution de l’endommagement en fatigue [159] . Ces approches
85
donnent des résultats plus raisonnables. Cependant, elles nécessitent comme entrée, en dehors
d'une courbe S-N, une description de l’évolution des fissures en fatigue difficile à identifier.
Par ailleurs, certains auteurs comme Meneghetti et Quaresimin [164] et Jegou et al.[165]
ont proposé une méthodologie pour la prédiction de la courbe S-N pour les composites a fibres
courtes basée sur la dissipation thermique spécifique due à la propagation de l’endommagement.
Ces approches nécessitent des tests plutôt longs et relativement difficiles à mener. Récemment,
Jain et al ont développé une nouvelle approche appelée « Master S-N Curve» [158] (MSNC)
s’appuyant sur une courbe de Whöler maîtresse à partir de laquelle on peut reconstruire les
courbes de Wöhler pour d’autres microstructures en liant les endommagements à l’échelle
microscopique aux propriétés macroscopiques en fatigue. Le modèle nécessite l’établissement
d’une courbe S-N « maîtresse » considérant une microstructure de référence. Les propriétés
élastiques de la fibre et de la matrice et la courbe contrainte-déformation en traction monotone
interviennent dans l’identification d’un modèle micromécanique sous chargement
monotone. Toutefois, elle suppose une cinétique de baisse de raideur indépendante de la
microstructure, ce qui n’est pas constaté dans le cas des SMC.
Les méthodologies proposées dans ce chapitre s’inspirent des idées développées dans les
études précitées. Elles reposent sur le fait que, généralement, les mêmes mécanismes
d'endommagement se produisent à la fois pour un chargement monotone ou en fatigue. En fait,
à l'exception des effets très locaux tels que la localisation de la déformation autour de l'interface
fibre-matrice, on peut supposer des états d’endommagements locaux équivalents. Par
conséquent, on peut supposer qu'un état local caractérisé par une microstructure endommagée,
globalement décrit par une certaine proportion de micro-fissures, peut être atteint par différents
types de chargement (notamment monotone, fatigue, fluage, vitesse de déformation élevée ou
chargement thermique). C’est donc à travers l’état d’endommagement que le lien entre ces
différents types de sollicitations peut être établi. Dans la première méthode proposée, ce lien
d’endommagement est établi à l’échelle macroscopique tandis que dans la seconde, il est établi
à l’échelle microscopique. L’idée sous-jacente est que le composite soumis à un chargement
thermomécanique passe par des états d’endommagement successifs tels que la relation entre
l’état d’endommagement microscopique (état de fissuration) et l’état d’endommagement
macroscopique (baisse de raideur) est indépendante du type de chargement imposé (monotone
ou fatigue).
86
Par ailleurs, il existe des modèles micromécaniques de type homogénéisation dans lesquels
il est possible d'introduire les phénomènes d'endommagement à l'échelle locale afin d’en déduire
leurs effets à l’échelle macroscopique, notamment à travers les baisses de raideur. Ces modèles
ont été largement développés et validés dans le cadre des sollicitations quasi-statiques et
dynamiques rapides [8, 14, 37].
Ainsi, une fois la relation d’endommagement sous chargement monotone établie et grâce
à une démarche de modélisation micromécanique, il devient possible de prédire la réponse aux
sollicitations de type fatigue. La démarche est mise en œuvre pour différentes températures de
travail (23°C, 80°C et -30°C). Elle se veut pragmatique dans un souci d'efficacité. Toutefois, le
sens physique fort donné à la modélisation est conservé.
𝐷𝑁_1 = 1 − 𝐶 ∗ 𝑁𝑟 𝑃 (3-1)
Avec C et P des paramètres matériau déterminés à partir d’une microstructure de référence. Pour
cette identification, nous choisissons le matériau non flué NF qui correspond à une microstructure
moyenne.
87
(a)
(b)
88
(c)
Figure 3- 1: Relation entre la première perte de rigidité en régime monotone et la durée de vie en fatigue à
différentes températures : à 23°C (a), à 80°C (b) et à -30°C (c).
Il est à noter que sur les courbes à 23°C, nous avons rajouté les résultats issus d’essais
réalisés sur des échantillons extraits du hayon de la Peugeot 3008. Ces échantillons proviennent
d’une zone prévue pour le contrôle qualité lors de la production. Des analyses ultrasonores et au
MEB ont permis d’identifier une orientation privilégiée des renforts à 60° par rapport à la
direction de sollicitation.
3- Modélisations hybrides
89
Ces deux approches prédictives sont des approches hybrides s’appuyant toutes les deux sur
une modélisation micromécanique du comportement et de l’endommagement du composite sous
sollicitation monotone. La première méthodologie (paragraphe 3-3 ) utilise en plus directement
le lien d’endommagement entre chargement monotone et la durée de vie en fatigue établi
précédemment à l’échelle macroscopique. La seconde méthodologie utilise le modèle
micromécanique identifié pour les chargements monotones pour établir une équation d’état
reliant le taux d’endommagement local au taux de baisse de raideur macroscopique. Cette
relation, une fois établies est supposée rester valable dans le cas des chargements cycliques.
Ces deux approches sont qualifiées d’hybrides du fait qu’elles utilisent d’une part une
approche micromécanique de l’endommagement et d’autre part une description
phénoménologique issues de résultats d’expériences.
Par la suite, nous commencerons donc par présenter le modèle micromécanique utilisé
commun aux deux approches hybrides pour ensuite présenter ces dernières.
En effet, le comportement global du composite est régi par les propriétés mécaniques et
géométriques à l'échelle locale. Dans le modèle proposé, l'endommagement du matériau est
introduit à travers l’augmentation progressive d’une densité de microfissures représentant le
phénomène d'endommagement à l’interface fibre-matrice dont l’intensité est fonction des
amplitudes des contraintes locales estimées pour les différentes phases. Par conséquent, une
nouvelle population de microfissures est intégrée à chaque incrément de contrainte
90
macroscopique appliquée ( ∑𝑽𝑬𝑹 ). Etant donnée les variations locales de microstructure, la
quantité de microfissures introduite à chaque nouvel incrément de charge est évaluée en fonction
d'une probabilité de rupture d'interface [158, 163, 165]. Des études expérimentales précédentes
ont bien montré que, pour cette famille de matériaux, le mécanisme d'endommagement
prédominant est la décohésion de l’interface fibre-matrice [23, 37, 54].
91
3-2-2 Les différentes phases du modèle de Jendli et al.
1- L’estimation du tenseur global de rigidité du matériau à partir des propriétés des différents
constituants, en utilisant l’approche du champ moyen proposé par Mori et Tanaka couplée
avec le modèle d'inclusion équivalent d'Eshelby. Ainsi, le champ des contraintes locales
et autour des inclusions est estimé ce qui nous permet d’identifier la composante normale
et tangentielle de la contrainte interfaciale.
2- L’intégration d'un critère d’endommagement local (estimation et quantification de la
densité des fissures interfaciales) et d'une loi d’évolution de l’endommagement.
3- Modélisation du comportement global intégrant l'anisotropie initiale due à la présence
des renforts et son évolution due à l’endommagement.
En utilisant la théorie de Mori-Tanaka adaptée par la suite par Benvensite [166], on arrive
à prédire le tenseur de rigidité effectif tridimensionnel global du matériau composite à fibres
discontinues et aussi les champs moyens de contraintes à l’intérieur et à l’extérieur des renforts
ainsi qu’au niveau de la matrice [23]. Dans ce cas, le saut de contrainte à l'interface peut être
évalué. Le renfort est modélisé sous forme d’une inclusion ellipsoïdale et caractérisé par son
élancement (longueur/diamètre) et des propriétés élastiques isotropes. Les renforts, présents sous
forme d’inclusions, sont transformés en matrice équivalente grâce au tenseur d'Eshelby reformulé
et réadapté par Mura [82]. Ce tenseur est nécessaire à l’identification de celui de rigidité globale
du composite. Un couplage entre la théorie proposée par Mori et Tanaka [85] , les techniques
d'inclusion équivalente d'Eshelby [80] et les méthodes classiques d'homogénéisation conduisent
à la formulation du tenseur de rigidité globale (équation 3-2):
92
𝖰i = ((Cm −Ci )(S i − I) − Ci )−1 (Ci − Cm ) (3-3)
Dans ces expressions, 𝐒 𝐢 présente le tenseur d’Eshelby de la i ième famille de renfort, qui dépend
des propriétés mécaniques de la matrice et de la disposition spatiale et de la géométrie du
renfort. Les tenseurs Ci représentent la rigidité des familles de renfort repérées par l’indice i.
Dans le cas des SMC, une famille de renfort se distingue d’une autre par son orientation dans le
plan.
Dans le cas des matériaux SMC [14, 54], la non linéarité provient généralement de
l’endommagement à l'interface fibre-matrice. La phase matrice reste élastique isotrope. Il est
donc essentiel de calculer les contraintes au niveau de tous les points de l'interface. Pour une
contrainte macroscopique appliquée ∑ le tenseur des contraintes moyennes subies par une
famille de fibres orientées dans la direction i est donné par (équation 3-4):
⃑ . 𝑛⃑,
𝜎=𝑇
Avec ⃑ = 𝜎 𝑖 . 𝑛⃑
𝑇 et ⃑ ‖ − (𝜎)2
𝜏 = √‖𝑇 (3-5)
m
σ 2 τ 2
Pr (θ, φ) = 1 − exp (− ((σ ) + (τ ) ) ) (3-6)
0 0
94
(a) (b)
Figure 3- 3: (a) Projection du tenseur des contraintes inter faciales (normales et de cisaillement, respectivement σ
et τ). (b) Descriptions des endommagements microscopiques [Jendli & al. [23]).
Par conséquent, un état d’endommagement local relatif au nième incrément de charge, sera décrit
par les fractions volumiques suivantes :
𝐍𝐃
𝐟𝐧𝐍𝐃 = (𝟏 − 𝐏𝐫𝐧 ) ∗ 𝐟𝐧−𝟏
𝐧
𝐍𝐃
𝐟𝐧𝐚𝐜𝐭 = 𝐟𝐧𝐍𝐃 + 𝐤 ∑ 𝐏𝐫𝐢 . 𝐟𝐢−𝟏
𝐢=𝟏
𝐦𝐜 𝐍𝐃
𝐟𝐧𝐦𝐜 = 𝐟𝐧−𝟏 + 𝐡. 𝐏𝐫𝐧 . 𝐟𝐧−𝟏 (3-7)
95
Par la suite, l'homogénéisation du matériau composite intégrant les fibres actives, la
matrice et les microfissures peut être réalisée selon les deux étapes successives décrite
précédemment. Ainsi, l’évolution du tenseur de rigidité résiduelle du matériau durant un
chargement monotone peut être évaluée.
Afin d’identifier le modèle micromécanique, les pertes de rigidité en traction mesurées par
la procédure de charge-décharge décrite au chapitre II section 2.2.2 sont utilisées dans une
démarche inverse. Le modèle micromécanique présenté ci-dessus permet de prédire l'évolution
des propriétés du matériau homogène équivalent. En conséquence, une fois les paramètres du
modèle identifié, on peut facilement tracer l'évolution de la baisse de la raideur lors d’un
chargement de traction. Ces derniers sont au nombre de 5 : σ0 , τ0 , m, h et k.
On commence par évaluer les ordres de grandeurs des paramètres 𝛔𝟎 et 𝛕𝟎 . Pour cela, on s’appuie
sur une constatation expérimentale toujours vérifiée en traction quelle que soit la microstructure:
le premier endommagement apparait sur les renforts les plus désorientés (𝛉 = 0) sur le point
d’interface contenu dans le plan parallèle au plan de la plaque(𝛗 = 0). Il suffit alors d’appliquer
une contrainte de traction correspondant à la contrainte seuil observée à l’échelle macroscopique
et d’évaluer par la suite la contrainte normale microscopique
𝛔(𝛉 = 0, 𝛗 = 0) pour chaque type de microstructure testée (NF, F-0°, F-90° et TG60°). Cela
permet de fixer un domaine de variabilité de σ0 cohérent avec l’expérience. Ensuite, la même
démarche est menée en fixant la contrainte appliquée autour de 30% de la phase non linéaire, ce
qui correspond au premier endommagement des renforts à 45°. On peut alors proposer un
domaine de variabilité cohérent pour 𝛕𝟎 .
Par la suite, la procédure d'identification décrite par Jendli. [8] est utilisée pour identifier
les 5 paramètres en fixant les domaines de variabilité cohérents définis. Cette méthode utilise une
méthode inverse visant à reproduire les baisses de raideurs expérimentales pour les
microstructures F-0° et F-90°. Les paramètres identifiés sont alors validés sur les baisses de
raideur des microstructures NF et TG60°. Le jeu de paramètres identifiés est précisé dans le
tableau [3-1].
96
Température (c°) 𝛔𝟎 𝛕𝟎 m h k
Figure 3- 4: Évolution des différents types d’hétérogénéités au cours de l’endommagement sous chargement
monotone à la température ambiante
97
A l’échelle macroscopique, les évolutions de la baisse de raideur macroscopique
caractérisées par le paramètre d’endommagement macroscopique D défini par Kachanov sont
illustrées sur la figure 3-5.
0,8 23°C
D F-0°
D NF
D F-90°
NF Simulation
0,6
F 90° Simulation
F 0° Simulation
0,4
D
0,2
0
0 20 40 60 80 100
Contrainte (MPa)
Figure 3- 5: Évolution de l’endommagement lors du chargement monotone à la température ambiante pour les
trois microstructures étudiées
Ainsi, le modèle micromécanique est capable de traduire une relation directe entre les états
successifs d’endommagement macroscopiques et ceux microscopiques. Cette relation sera par la
suite considérée comme intrinsèque et indépendante du type de chargement de façon implicite
dans la première approche proposée et de façon explicite dans la seconde.
98
monotone permet alors d’établir les courbes de Whöler pour n’importe quelle autre
microstructure cible visée.
a- Des essais de traction charge-décharge sont réalisés pour établir la courbe de référence
expérimentale (D, σ)Réf.
b- Des essais de fatigue jusqu'à la rupture précédée d'un essai quasi-statique de charge-
décharge-recharge à différentes amplitudes maximales afin d'établir la courbe de référence (DN_1,
Nr) Réf.
Etape 3: Une microstructure "cible" est choisie et une simulation en traction monotone
est modélisée jusqu'à la rupture en utilisant la modélisation d’endommagement basée sur
l'approche de Mori et Tanaka. Ainsi la courbe (D, σ) cible est établie pour la microstructure
"cible" jusqu'à une contrainte macroscopique choisie, σ = S.
99
Etape 7: Les étapes 1 à 5 sont répétées pour une autre valeur de contrainte choisie de S
car plusieurs amplitudes sont nécessaires pour établir la courbe S-N de la microstructure "cible".
𝟏
𝟏−𝑫 𝑷
𝑵𝒓 = ( 𝑪 𝑺) (3-8)
Par conséquent, une fois les paramètres C et P déterminés à partir d’une unique
microstructure de référence, les simulations de traction monotone permettent de déduire
rapidement la courbe S-N pour toutes les autres microstructures envisagées.
Dans notre application la microstructure moyenne pour le SMC non flué est choisie
comme matériau de référence. Ensuite, les paramètres d’endommagement micromécaniques (𝛔𝟎 ,
𝛕𝟎 et m) sont identifiés sur la base des courbes expérimentales (D, σ) NF. De même, les
100
paramètres C et P sont identifiés à partir de la courbe expérimentale (DN_1, Nr) NF pour
différentes températures (Tableau [3-2]). Ensuite, la procédure décrite ci-dessus a été appliquée
sur les quatre microstructures de SMC étudiées (NF, F-0°, F-90° et TG60°).
Température
C P
(c°)
100 T 23°C
90
80
70
Contrainte (Mpa)
60
50
40
F-0°
30 NF
F-90°
20
TG60°
10 Modele Prediction
0
1 10 100 1000 10000 100000 1000000
Cycles (N)
(a)
101
90 T 80°C
80
70
60
Contrainte (Mpa)
50
40
30 F-0°
20 NF
F-90°
10 Modele Prediction
0
1 10 100 1000 10000 100000 1000000
Cycles (N)
(b)
T -30°C
100
90
80
70
Contrainte (Mpa)
60
50
40
F-0°
30
NF
20 F-90°
10 Modele Prediction
0
1 10 100 1000 10000 100000 1000000
Cycles (N)
(c)
Figure 3- 7: Comparaison entre les expériences et la simulation pour les différentes microstructures : (a) à 23°C ,
(b) à 80°C et (c) à -30°C
102
3-3-2 Etude numérique de la sensibilité à la microstructure
𝑓𝜃 1
= 𝑛 ∗ (1 + 𝑀% ∗ 𝐶𝑂𝑆(𝜃 − 𝑀𝐹𝐷)) (3-9)
𝑓
A titre indicatif, les paramètres identifiés pour la modélisation des matériaux testés
expérimentalement dans notre étude sont illustrés dans le tableau 3-3 et la figure associée (3-8).
0,06
0,05
0,04
0,03
0,02
MFD (°)
0,01
90
75
60
0
45
30
15
103
Microstructure 𝐌𝐅𝐃(°) M%
NF - 0
F-0° 0 80
F-90° 90 80
TG60° 60 30
La figure (3-9) montre les courbes de Wöhler identifiées pour différentes orientations
privilégiées de fibres (ici MFD=0°, 45° et 90°) et différentes valeurs de 𝑴% à différentes
températures.
De façon générale, on note une influence de l’intensité d’orientation plus marquée lorsque
l’amplitude est élevée à l’exception des matériaux les plus désorientés (MFD à 90°) où les
courbes de Whöler restent relativement parallèles. De plus, on peut noter que l’influence de
l’intensité d’orientation M% est bien plus marquée lorsque les renforts sont orientés dans la
direction du chargement cyclique (jusqu’à près de 70% de variation maximale contre près de
25% quand les renforts sont désorientés MFD à 45° et MFD à 90°).
En effet, pour les configurations les plus désorientées, c’est essentiellement la matrice qui est
sollicitée, en particulier aux abords des interfaces des renforts à 90°. Par contre, lorsque les
renforts sont plus orientés vers la direction principale de la charge, une variation de la distribution
d’orientation impacte sévèrement la répartition des contraintes locales notamment à l’interface
fibre-matrice et donc la durée de vie. Ceci explique aussi le fait que la variation soit plus
importante pour les grandes valeurs de la contrainte appliquée.
Par ailleurs, on peut noter que lorsque les renforts sont très désorientés (MFD à 90° par
rapport à la direction du chargement cyclique), une augmentation de l’intensité d’orientation,
M%, conduit à une baisse du niveau de la courbe de Whöler. Cette tendance est inversée lorsque
les renforts sont plus orientés vers la direction de traction cyclique (MFD à 0° et MFD à 45°). En
effet, lorsque les renforts sont de plus en plus désorientés par rapport à la direction de chargement,
la proportion d’interfaces fibre-matrice fortement sollicitées augmente (forte contrainte
normale), ce qui produit un endommagement accru et finalement une baisse de la courbe de
Whöler. L’effet s’inverse lorsque l’on oriente les renforts dans la direction de chargement.
104
Dans ce cas, plus les renforts sont orientés et moins les interfaces fibre-matrice sont sollicitées.
En effet, pour une MFD se rapprochant de 0°, ce sont les fibres qui subissent la charge.
105
3-4 Approche hybride prédictive de la durée de vie en fatigue à partir de l’équation
d’état:
Ce modèle doit donc démontrer sa capacité à produire rapidement des prédictions de durée
de vie en ne nécessitant qu’un nombre limité d’essais. Ainsi, la durée du cycle d’optimisation de
la matière et la phase de pré-dimensionnement seront raccourcies.
- Lorsque nous constatons une baisse de raideur, cette dernière est liée directement à la densité
globale de microfissures présentes au sein de la matière. Il existe donc une relation mathématique
qui lie ces deux grandeurs,
Il apparaît donc naturel de proposer un critère de rupture du VER fondé sur une valeur de
l’endommagement microscopique critique : dc . Lorsque cette valeur est atteinte, la densité de
fissures est telle que la surface résistante n’est plus suffisante, il y a rupture du VER.
106
Dans cette seconde approche, nous proposons d’établir une équation d'état reliant un taux
d
d’endommagement local (d ) au taux d’endommagement macroscopique (baisse de raideur
c
E
relative, E ). Comme nous l’avons déjà exprimé, nous supposons que cette équation, établie sous
0
chargement monotone, est également exploitable sous chargement cyclique (Laribi et al [167]).
Cette hypothèse constituant la base de notre approche, s’appuie sur le fait que les mêmes
phénomènes d’endommagement sont observés pour les deux types de chargement. De façon
globale, il est possible d’affirmer que les mêmes états d’endommagement se retrouvent au cours
de ces deux types de chargement.
La rupture finale se produit lorsque la densité de microfissures atteint une certaine valeur
critique [23, 54]. Cette valeur critique peut être représentée comme un taux d’endommagement
d
local, d où d est lié à la densité d'endommagement à l'interface fibre-matrice et dc est la valeur
c
critique maximale. Dans le cas des matériaux composites SMC, on peut supposer que le
phénomène de pseudo-délaminage qui apparaît toujours juste avant la rupture [17, 19], intervient
lorsque ce taux d’endommagement local est égal à 1:
d
=1
dc
107
Figure 3- 10: Schéma de l’approche hybride proposée
En pratique, la courbe de Wöhler peut être évaluée grâce aux quatre étapes suivantes:
108
Etape 3 : Identification du modèle micromécanique pour le chargement monotone afin de
déterminer l'équation d'état en traction conformément à la procédure décrite au paragraphe 3-2-
3.
Cette procédure peut être utilisée pour chaque nouvelle microstructure afin d'obtenir une
évaluation rapide de la courbe de Whöler correspondante. De plus, contrairement à la méthode
précédente, elle ne nécessite pas l’établissement d’une courbe de Whöler de référence.
Comme on peut le voir sur ce schéma, la finalité de cette démarche est de construire une
modélisation de type phénoménologique fondée sur l’équation d’état sous chargement cyclique
dont les paramètres sont identifiés en amont par une modélisation de type micromécanique sous
chargement monotone. L’originalité de l’approche est qu’elle se fonde sur l’établissement d’une
équation d’état reliant le taux d’endommagement local au taux de pertes de propriétés
mécaniques à l’échelle macroscopique (raideur). Cette équation d’état est identifiée sur la base
d’un modèle micromécanique décrivant les pertes de propriétés mécaniques lors d’un chargement
monotone simple (traction). Ce modèle intègre à l’échelle locale les phénomènes
d’endommagement (notamment la rupture à l’interface fibre-matrice dans le cas des SMC), la
microfissuration de la matrice, la rupture de renfort. Le pseudo-délaminage entre les mèches de
fibres n’est pas pris en compte pour l’instant.
L’approche pragmatique proposée dans le cadre de cette étude suppose que cette même
équation d’état reste valable en fatigue. L’objectif est donc d’utiliser cette équation d’état issue
d’une modélisation micromécanique des phénomènes d’endommagement dans une démarche de
type phénoménologique permettant de prédire la durée de vie des matériaux et des structures.
L’approche s’appuyant sur une modélisation de type micromécanique est capable de prévoir la
durée de vie en fonction de la microstructure. De plus, les sollicitations à amplitude et
température variables peuvent être simulées.
Dans la suite, nous illustrons la mise en œuvre de cette méthode, étape par étape, et les
résultats qu’elle fournit.
109
Etape 1 : Perte de raideur sous chargement monotone
La perte de la rigidité relative pendant un chargement monotone peut donc être exprimée
par:
E
(E ) = 1 + a(σ − σS ) (3-10)
0
Figure 3- 11: Exemple d’évolution de la baisse de raideur sous chargement monotone pour un matériau NF à
23°C
110
Etape 2 : Baisse de raideur sous chargement cyclique
L’approche hybride proposée dans ce travail repose sur la définition d’un indicateur
d’endommagement local pertinent et sa valeur critique correspondant à l’état de défaillance finale
du matériau. La définition d’un indicateur d’endommagement nécessite obligatoirement qu’il
soit lié aux paramètres décrivant l’état d’endommagement local, à savoir : la densité de
microfissures f mc celle des fibres actives restantes f act et celle des fibres non endommagées f ND ,
qui sont générées lors de la modélisation micromécanique (Figure 3-4).
Une fois défini le paramètre d, le modèle micromécanique permet de tracer son évolution
jusqu’à la contrainte de rupture mesurée pour la microstructure considérée. Sa valeur
correspondante à la rupture est par définition égale à : 𝑑𝑐 .
𝑑1 = dGlob ∗ f ND
𝑑2 = dGlob ∗ f act
𝑑3 = dGlob ∗ f mc (3-11)
111
Ici, 𝐝𝐆𝐥𝐨𝐛 représente la proportion des renforts touchés par l’endommagement interfacial au sein
1−fND
du matériau. Il est déterminé par la relation suivante : 𝑑 𝐺𝑙𝑜𝑏 = , où f0 est la fraction
f0
volumique de fibre.
Les évolutions des trois indicateurs proposés en fonction de la contrainte appliquée sont
représentées sur la figure (3-12).
E
Sur la figure 3-13, on a tracé l’évolution du module d’Young relatif , en fonction des
E0
112
Figure 3- 13: Evolution de la baisse de la raideur pour chaque microstructure en fonction des indicateurs
Tableau 3- 4: Valeurs atteintes par les indicateurs d’endommagement local proposés pour les trois configurations
testées à 23°C
113
Etape 3-2 : Identification de l’équation d'état sous chargement monotone
1,2 T 23°C
0,8
d/dc
0,6
F-0 °
0,4 F-90 °
0,2 NF
0
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1 1,2
E/E0
Figure 3- 14: Evolution de taux d’endommagement local d/dc en fonction de taux d’endommagement
macroscopique E/E0 pour les différentes configurations à 23°C
Comme nous l'avons mentionné plus haut, cette relation est considérée comme une
équation d'état reliant l'état d’endommagement microscopique à la dégradation des propriétés
𝒅
macroscopiques. La formulation du taux d’endommagement local est choisie de telle façon
dc
que cette relation soit indépendante de la microstructure. Par ailleurs, notre démarche suppose
qu’elle est également indépendante du type de chargement.
On peut aisément décrire mathématiquement cette équation d'état comme une fonction
polynomiale du second degré:
d E 2 E
= α [(E ) ] + β [(E )] + γ (3-13)
dc 0 0
114
Etape 4 : Mise en œuvre du modèle hybride pour la prédiction de la durée de vie en
fatigue
Etape 4-1 : Baisse de raideur sous chargement cyclique
et E1 est la raideur résiduelle après le premier cycle. Cette représentation (figure 3-15) permet de
mettre en évidence une cinétique d’endommagements qui peut être décrite par la fonction
puissance suivante :
𝐸
(𝐸 ) = 𝐴𝑁 𝐵 (3-14)
1 𝑁
On peut remarquer que, dans le cas des matériaux composites SMC étudiés, la variation de la
pente autour de la cinétique moyenne ne dépend pas du niveau de contrainte appliquée. Cette
observation expérimentale a également été confirmée dans le cas des autres configurations de
microstructure telles que F-0° et F-90° et TG60° et à différentes températures. La dispersion
observée sur la cinétique d'endommagement et sur la durée de vie en fatigue est essentiellement
due à la dispersion de la microstructure dont il a été démontré qu'elle est très variable mais
maîtrisable dans le cas des composites SMC.
Figure 3- 15: Baisse de la raideur en fatigue pour le matériau non flué à 23°C
115
Etape 4-2 Etablissement de l’équation d’état sous chargement cyclique
Dans la figure 3-15, toutes les courbes sont tracées à partir du cycle Ns qui est considéré
comme équivalent au premier cycle mentionné ci-dessus (Voir chapitre 2, paragraphe 2-3-1). En
outre, la perte relative de la rigidité durant la fatigue peut être décomposée en deux termes:
E E E
(E ) = (E ) ∗ (E1 ) (3-15)
0 1 0
E
Le premier terme, E , définit la cinétique de perte de raideur en fatigue décrit par le paramètre B
1
E1
alors que le second est lié à la baisse de la rigidité progressive au premier cycle et est déterminé
E0
E
Sachant que pour N=Ns, = 1, la perte de rigidité relative durant la fatigue peut s'écrire comme
E1
suit:
𝐸 𝑁 𝐵
(𝐸 ) = (1 + 𝑎(𝜎 − 𝜎 𝑆 )) ∗ ⌊𝑁 ⌋ (3-16)
0 𝑁 𝑠
Ainsi l’introduction de l’équation (3-16) dans l’équation (3-13) nous permet d’établir l’équation
𝒅
analytique de l’évolution du taux d’endommagement local 𝒅𝒄 en fatigue (eq .3-17) :
𝟐
𝒅 𝑵 𝑩𝒊 𝑵 𝑩𝒊
= 𝜶 [(𝟏 + 𝒂𝒊 (𝝈 − 𝝈𝑺𝒊 )) ∗ ⌊𝑵 ⌋ ] + 𝜷 [(𝟏 + 𝒂𝒊 (𝝈 − 𝝈𝑺𝒊 )) ∗ ⌊𝑵 ⌋ ] + 𝜸 (3-17)
𝒅𝒄 𝒔 𝒔
L’indice ‘i’ ici est relatif à la microstructure choisie. On peut donc remarquer que cette équation
décrit l’évolution de l’état d’endommagement local en fonction
116
Etape 4-3 : Prévision de la durée de vie
L’équation d’état sous chargement cyclique défini à l’équation 3-17, donne l’évolution
𝒅
de l’état d’endommagement local en fonction du nombre de cycles appliqué N et sous une
dc
1
G Bi
Nr = Ns ∗ [(1+a (σ−σS))] (3-18)
i i
−β−√β2 −4α(γ−1)
Avec G= 2α
Cette expression permet de tracer les courbes S-N pour toutes les configurations de
microstructure et à différentes températures. En effet, l’endommagement est indirectement pris
en compte à travers les paramètres micromécaniques 𝛂, 𝛃 et 𝛄. L’endommagement initial est
conditionné par deux paramètres 𝐚𝐢 et 𝛔𝐒𝐢 et la cinétique d’endommagement en fatigue dépend
du paramètre 𝑩𝒊 . Les cinq premiers paramètres sont directement dérivés du modèle
micromécanique en fonction de la microstructure considérée. Le paramètre 𝑩𝒊 peut être obtenu
en mesurant la pente de la perte de raideur sous chargement de fatigue. Dans la pratique, on peut
réaliser un test de fatigue à une contrainte maximale égale à la moitié de la contrainte maximale
à la rupture. La seule donnée purement expérimentale nécessaire reste le paramètre 𝑩𝒊 qui
correspond à la pente de la baisse de raideur. Il n'est donc pas nécessaire de mener l’essai jusqu’à
la rupture finale. Notez que cet essai doit être réalisé plusieurs fois pour les matériaux présentant
beaucoup de dispersion tels que les composites SMC.
117
Afin de valider notre méthodologie, une campagne de fatigue a été complétée pour les trois
microstructures et les trois températures considérées. Enfin, la comparaison des courbes de
Wöhler simulées avec les résultats expérimentaux pour les échantillons NF, F-0 ° et F-90 ° est
illustrée dans la figure suivante (figure 3-16).
100 Modele
F-0°
80 NF
F-90°
Contrainte (MPa)
60
40
20
0
1 100 10000 1000000
N (Cycles)
(a)
100
Modele
F-0°
80 NF
F-90°
Contrainte (MPa)
60
40
20
0
1 10 100 1000 10000 100000 1000000
N (Cycles)
(b)
118
100
Modele
F-0°
80 NF
F-90°
Contrainte (MPa)
60
40
20
0
1 100 10000 1000000
N (Cycles)
(c)
Figure 3- 16: Prédiction des courbes de Wöhler pour les différentes microstructures : (a) à 23°C, (b) à 80°C et (c)
à -30°C
On peut noter une très bonne corrélation expérience-simulation qui démontre la pertinence
de la méthodologie proposée.
Les deux modèles hybrides proposés relèvent d’une idée commune : quelle que soit le type
de sollicitation appliquée (monotone ou cyclique), le matériau passe par les mêmes états
endommagés successifs pour arriver finalement à la rupture. L’idée centrale de ces deux
approches est donc de fonder la prédiction de la durée de vie en fatigue sur les résultats de
simulation de l’endommagement sous sollicitation monotone.
En effet, la première méthode s’appuie sur la mise en évidence d’une relation entre la
première baisse de raideur et la durée de vie qui apparait indépendante de la microstructure. Cette
relation doit être établie expérimentalement sur une microstructure de référence (paramètres P et
C).
119
La seconde approche est fondée sur l’établissement d’une équation d’état reliant les taux
d’endommagement local et macroscopique. Cette dernière est construite à partir du modèle
micromécanique de sorte à ce qu’elle soit, elle aussi, indépendante de la microstructure
(paramètres , et ). Enfin, notons ici la nécessité de mener un certain nombre d’essais cycliques
afin d’évaluer la cinétique moyenne de baisse de raideur en fatigue (essais qui ne sont pas, dans
l’absolu, nécessaires de mener jusqu’à la rupture).
Paramètres Paramètres
Relation Paramètre à
indépendants dépendants
Monotone- déterminer
de la de la
fatigue expérimentalement
microstructure microstructure
Méthode 𝐸
= 𝑓°(𝑁𝑟 ) P et C P et C
1 𝐸0
B
a et s
Méthode 𝑑 𝐸
𝑑𝑐
= 𝑓° (𝐸 ) et B
2 0 𝑁
Il est nécessaire de discuter aussi des limitations actuelles de ces approches. En effet,
l’influence de différents paramètres influant sur la fatigue doivent être évalués afin d'améliorer
l'efficacité de notre approche. Par exemple, l'effet des contraintes de compression et de
cisaillement et plus généralement l'effet des chargements complexes doivent être étudiés. En
effet, pour le moment, le modèle ne prend en compte que l'effet de la contrainte maximale
appliquée. En première approximation, cette hypothèse peut être considérée comme conservative
car le seuil d’endommagement sous chargement en compression est une fois et demi supérieur
au seuil d’endommagement en traction. Dans le cas d'une contrainte de cisaillement, la valeur
absolue maximale doit être prise en compte. Pour chacun de ces cas, il convient également de
vérifier que les scénarios d’endommagements locaux sont similaires à ceux d’un chargement en
traction monotone et en fatigue-traction
120
On ne doit pas aussi négliger les effets de la fréquence et de l’auto-échauffement qui
peuvent aussi être présent dans le cas des matériaux SMC comme le démontre Shirinbayan [37].
Si l’on veut appliquer ces méthodologies à des matériaux composites à matrice thermoplastique,
ces effets sont rapidement de premier ordre et ne doivent pas être négligés. Par ailleurs, la
viscoélasticité et la viscoplasticité ne peuvent plus être négligées pour ces matières et doivent
être introduites dans le modèle micromécanique.
121
CHAPITRE IV:
PROFIL DE CHARGEMENT
VARIABLE
122
Introduction
La prédiction de la tenue en fatigue des composites soumis aux conditions réelles est un
objectif très important pour le dimensionnement des pièces de structure composites automobiles.
Beaucoup d’études s’attachent à l’étude de la durée de vie en fatigue à température et/ou à
contrainte constantes, ce qui ne traduit pas la réalité des pièces en service. C’est pourquoi, un
certain nombre de travaux se sont intéressés à la réponse des composites soumis à différentes
séquences ou blocs de chargement sous conditions variables. Ces études demandent beaucoup
d’investissement du point de vue coût et durée de réalisation. L’objet de cette partie est donc de
proposer une méthodologie pour la prédiction de la durée de vie des SMC lorsqu’ils sont soumis
à différents types de profil de chargement variable. Nous utiliserons pour ce faire notre modèle
hybride micromécanique-phénoménologique développé au chapitre 3 afin de quantifier
l’évolution du taux d’endommagement local durant chaque bloc de chargement. En effet,
l’endommagement se cumule d’un bloc à l’autre jusqu’à atteindre une valeur critique qui traduit
la rupture de matériau conformément à l’approche hybride. Dans un premier temps, la
méthodologie est présentée.
Ensuite, elle est appliquée dans le cas des chargements variables faisant intervenir une succession
de blocs haut et bas correspondant respectivement à une forte et basse valeur de la contrainte
appliquée. Elle est tout d’abord appliquée dans le cas de deux blocs à amplitude différente
alternés jusqu’à l’obtention de la rupture. La méthode est alors validée dans ce même cas par
comparaison avec des résultats expérimentaux obtenus sur les différents types de microstructures
étudiées (matériau flué et matériau non flué). Une analyse de la fiabilité des résultats est alors
proposée en fonction des types de séquences et de la microstructure.
Une analyse de l’effet de l’ordre des séquences est proposée dans le cas de deux blocs à amplitude
variable alternés jusqu’à la rupture. Enfin, le modèle est appliqué dans d’autres cas afin de
montrer l’influence de l’ordre des séquences dans le cas de deux blocs dont le second est conduit
jusqu’à la rupture.
Par la suite, l’approche est développée dans le cadre des températures variables. On s’appuie sur
une séquence de variation de la température s’inspirant des cycles de variation de la température
lors de la vie d’un véhicule automobile. Des essais à amplitude constante et température variable
sont alors réalisés conformément à la séquence prédéfinie. La comparaison expérience-
simulation permet de valider l’approche pour plusieurs microstructures et amplitudes appliquées.
123
Une analyse des écarts expérience-simulation permet de mettre en évidence une moins bonne
fiabilité que dans le cas des amplitudes variables dont la source est alors analysée.
Enfin, une fois l’approche validée, nous illustrerons et analyserons les résultats obtenus pour des
variations conjointes de température et de contrainte. Nous commencerons chacune des parties
par une étude bibliographique résumant l’état de l’art dans chaque domaine de chargement
variable.
La majorité des modèles de fatigue qui ont été proposés pour les composites à fibres
discontinues ont été développés pour le cas d’une charge appliquée d’amplitude constante.
Toutefois, dans la réalité, les structures sont soumises à des charges d'amplitude variable durant
leur durée de vie. Les caractéristiques de fatigue pour un chargement d'amplitude variable
diffèrent sensiblement de celles d'une charge d'amplitude constante. Dans le premier cas, la
propagation de la fissure ou l'évolution des fissures à un moment donné est influencée de manière
significative par l'histoire du chargement précédent, ce qui est connu sous le nom d'effet de
séquence de charge. De plus, une charge d'amplitude variable peut contenir des surcharges
soudaines qui peuvent accélérer la propagation d’une fissure discrète ou augmenter la densité des
microfissures.
124
de l'endommagement macroscopique (D), D étant nul à l'état non endommagé. D=1 correspond
à un état complètement endommagé. En réalité, la rupture apparait généralement pour une valeur
critique inférieure à 1 correspondant à l’échelle locale, à un taux de fissure critique menant à la
coalescence et à la formation d’une fissure macroscopique. Cette approche a entrainé des
prédictions avec certaines inexactitudes pour des chargements séquentiels. En outre, pour les
composites, une séquence de chargement passant d’une faible amplitude à une plus élevée
(Séquence qu’on appellera « Bas-Haut ») a été signalée comme étant plus endommageable
qu'une séquence de chargement « Haut-Bas » tandis que la situation inverse est généralement
observée pour les matériaux métalliques [143] . Des règles de cumul d’endommagement en
fatigue pour les polymères composites à fibres continues ont été identifiées par Post et
al. [170] . La loi de Miner a été rapportée comme étant non conservative (trop peu sévère) dans
la plupart des cas. En fait, des modèles basés sur la résistance résiduelle, comme celui proposé
par Broutman et Sahu [171], ont été proposé pour donner des prédictions plus précises.
Zago et al. [172] ont étudié l’endommagement cumulé par fatigue de composites à base de
polyamides renforcés de fibres de verre courtes à différentes orientations. Ces échantillons ont
été sollicités suivant des séquences de chargements à deux amplitudes : faible intensité (LH) et
forte intensité (HL). La première correspond à une séquence débutant par la plus faible amplitude
(Low-High), la seconde par la plus grande (High-Low). La méthode de comptage du cycle
Rainflow ainsi que le modèle de la contrainte moyenne de Goodman modifiée ont été utilisés
pour la prédiction de la durée vie. En se basant sur les résultats expérimentaux obtenus, une règle
de Palmgren-Miner généralisée sous la forme suivante a été suggérée comme un modèle
d'accumulation d’endommagement par fatigue:
n b
⅀ ⌊N i ⌋ =1 (4-1)
i
125
1-1 Fatigue à amplitude variable alternée
Nous avons commencé par l’étude du comportement en fatigue d'un composite SMC
subissant des séquences alternées de chargements. On définit deux types de séquences alternées :
amplitudes Haute-Basse (HB) et amplitudes Basse-Haute (BH). Un modèle général est proposé
pour prédire la durée de vie sous ces chargements d'amplitudes variables. Ce modèle se fonde
sur la modélisation de l’évolution du taux d’endommagement local, d/dc, proposée au chapitre
3.
Des essais de fatigue à charge contrôlée ont été effectués à l'aide d'une machine d'essai
servo-hydraulique MTS. Une cellule de charge d'une capacité de 10 kN a été utilisée pour
mesurer la charge appliquée à l'échantillon. Les chargements périodiques à deux niveaux
d’amplitudes haut-bas (HB) et bas-haut (BH) sont illustrés à la Figure 4-1. Les deux blocs de
chargement avaient le même rapport (R=0.1), chaque bloc de chargement contient le même
nombre de cycles, suivi d'un cycle d’amplitude plus élevée. Ces deux séquences sont répétées
jusqu’à la rupture.
Cycles N Cycles N
126
Cycle à deux séquences Haut-Bas Cycle à deux séquences Bas-Haut
Amplitude
Amplitude
Rupture
Rupture
Cycles N
Cycles N
A noté que, 𝐍𝐬 présente le nombre de cycle à partir duquel nous avons une stabilisation
d’acquisition de l’information, c’est plutôt un paramètre relatif à la machine.
Les cinétiques moyennes déterminées au chapitre 3 peuvent être utilisées. Toutefois, étant
donnée la grande dispersion des microstructures influençant fortement les seuils et cinétiques
d’endommagement, il est intéressant de mesurer ces paramètres lors de la mise en œuvre des
essais à amplitude variable. Ainsi, chaque séquence de fatigue est précédée par un chargement
en quasi statique comme défini dans le chapitre 2. Ceci nous permet d’identifier la valeur de
contrainte seuil σs et de la cinétique de baisse en raideur, a.
Le chargement en quasi statique est suivi d’un chargement en fatigue jusqu’à un nombre de
cycle défini. Ainsi la cinétique de la baisse de raideur en fatigue « B » peut être facilement
identifié. Notons que la baisse de raideur relative est toujours déterminée par rapport à la raideur
résiduelle atteinte à l’issue de la séquence précédente.
d
Etape 2 : Etablissement de l’équation d’état et détermination de dc
127
E S ))
N 𝐵
( ) = (1 + a(𝜎𝑖 − σ ∗⌊ ⌋
E0 i Ns
Ceci nous permet de calculer l’évolution de la densité de fissure relative durant chaque séquence
de chargement, i, grâce à l’équation d’état (définit au chapitre 3-4-3)
2
d E E
( )i = α [( ) ] + β [( ) ] + γ
dc E0 𝑖 E0 𝑖
Pour i de 1 jusqu’à n :
de cette séquence i. Pour passer à la séquence i+1, on détermine le nombre de cycle équivalent
Neq qui correspond au même état d’endommagement pour la nouvelle valeur de l’amplitude
σi+1 (voir figure 4-4). La relation suivante nous permet d’effectuer ce passage:
𝑑 𝑑
( )(σ𝑖,𝑁𝑖) = ( )(σ𝑖+1,𝑁𝑒𝑞)
𝑑𝑐 𝑑𝑐
1,2
1
i+1 i
0,8
0,6
d/dc
0,4 30 MPa
45 MPa
0,2
Neq Ni
0
1 100 10000 1000000
N (cycle)
Figure 4- 4: Identification du nombre de cycle équivalent lors du passage d’une séquence de chargement à une
autre
L’hypothèse sous-tendue ici est donc que l’état d’endommagement atteint pour le couple
(σ𝑖 , 𝑁𝑖 ) est équivalent à celui qui aurait été atteint pour le couple (σ𝑖+1 , 𝑁𝑒𝑞 ). Une fois la valeur
𝑑 𝑑
de 𝑁𝑒𝑞 déterminée, l’évolution de 𝑑 continue à suivre la courbe (𝑑 )(σ𝑖+1 ,𝑁𝑖+1 ) durant un nombre
𝑐 𝑐
de cycle 𝑁𝑖+1.
𝑑
Lorsque = 1, le matériau casse.
𝑑𝑐
129
microstructure. Comme nous l’avons précisé plus haut, il est possible de les mesurer lors de
chacune des séquences de fatigue toujours précédée d’un essai de charge-décharge-recharge. Par
ailleurs, il est intéressant de déterminer les valeurs extrêmes (cinétique lente et cinétique rapide)
sur la base de la totalité des essais réalisés. On peut aussi utiliser la moyenne des seuils et des
cinétiques des échantillons extraits des zones 2 et 3 qui ont été sélectionnées pour la réalisation
de la campagne d’essais du fait qu’elles présentent la meilleure répétabilité . Ainsi, pour nos
prédictions, nous utiliserons trois types d’évaluation de la durée de vie en fatigue à amplitude
variable alternée :
En effet, étant donnée la forte dispersion des microstructures de notre matériau d’étude ; du point
de vue prédictif, on ne peut s’appuyer que sur des valeurs moyennes. Bien qu’on ait accès aux
cinétiques réelles, elles constitueront ici une valeur de référence numérique.
Dans la suite de l’étude, il fallait distinguer quatre types de cinétiques qu’on a pu identifier pour
mieux analyser les résultats et apprécier la fiabilité de l’approche.
130
1,2
0,8
E/E0
0,6
0,4 NF T_23°
Cinetique Rapide
Cinetique Lente
0,2
Cinetique Moyenne
0
0 20 40 60 80
Contrainte (MPa)
(a)
1,2
0,8
E/E0
0,6
0,4 NF T_23°
Cinetique Rapide
0,2 Cinetique Lente
Cinetique Moyenne
0
1 10 100 1000 10000 100000 1000000
Cycles (N)
(b)
Figure 4- 5: Identification des cinétiques lente, moyenne et rapide pour un matériau Non Flué à 23°C ;
Encadrement des cinétiques de baisse de raideur (a) en charge-décharge, (b) en fatigue.
Ceci donne plus de sens en termes de fiabilité. Les paramètres de la cinétique de baisse de raideur,
« a » et « B » et le paramètre de seuil σS , relatifs à chaque microstructure à la température
ambiante sont illustrés dans le tableau 4-1.
131
Paramètre a B
𝛔𝐒
Moyenne Moyenne
(MPa)
Cinétique Lente Zones Rapide Lente Zones Rapide
2&3 2&3
Une campagne d’essais à amplitudes variables alternées a été menée pour les différentes
microstructures. Trois essais ont été réalisés par type de séquence Haut-Bas et Bas-Haut pour
chaque type de microstructure afin de mettre en évidence la fiabilité de modèle proposée.
Sur le tableau [4-2], la cinétique notée « moyenne globale » est celle relative à la moyenne
entre la prédiction calculée pour la cinétique lente et la cinétique rapide. Ceci nous permet de
discuter sur l’aspect de dispersion dans notre matériau en prenant en considération une plus
grande plage de variation en termes de cinétique. Les prédictions utilisant les cinétiques
moyennes identifiées sur les zones 2 et 3 permettent de réduire l’écart avec l’expérience étant
donné que tous les essais à amplitude variable ont été réalisés sur des échantillons issus de ces
zones. Ainsi, ce résultat correspond à une moyenne statistique plus proche de la réalité. Par
conséquent, on peut constater que les prédictions calculées avec les cinétiques identifiées sur les
zones sélectionnées 2 et 3 donnent de meilleurs résultats que celles en utilisant la cinétique
moyenne globale. Ceci justifie encore l’intérêt de l’étude réalisée afin d’identifier ces zones.
L’analyse de l’écart entre les durées de vie prédites par le modèle pour les différentes
cinétiques et celles correspondant aux ruptures réelles constatées expérimentalement montre que
l’écart maximal est de l’ordre de 22% dans le cas de matériau flué testé dans le sens long. En
effet, les prédictions pour ce type de microstructure sont les plus dispersives. Ceci peut être
132
attribué à notre choix de la valeur de la densité de fissure critique dc, choisie sur la moyenne des
trois microstructures et qui est plus éloignée de la valeur critique pour cette orientation.
Enfin, les prédictions utilisant les cinétiques réelles mesurées lors des essais sont
naturellement proches des durées de vie constatées expérimentalement (écart moyen de l’ordre
de 12%). En effet, ces cinétiques traduisent plus fidèlement l’effet de la microstructure.
Toutefois, ces résultats n’ont pas de valeur prédictive réelle mais constituent une référence qui
confirme la fiabilité de notre méthodologie. Cependant, on constate que l’écart moyen obtenu en
utilisant les cinétiques moyennes mesurées sur les zones 2 et 3 est moins important (de l’ordre
de 8,6%). En effet, les essais ayant été réalisés sur des échantillons prélevés dans ces zones,
présentent une moyenne statistique plus fiable.
133
Analyse de variabilité
Prédiction pour différentes cinétiques
Prédiction / rupture réelle
Cinétique
Cycle / Zones Moyenne Zones
µstructures Profil de charge Ep Nr Lente Rapide réelle Réelle
séquence 2/3 globale 2 et 3
mesurée
1 20000 69300 64000
H/B :
2 20000 49500 82000 50000 34000 39000 8,01% -6,89% -13,72%
45/30/45/30
3 20000 42300 36000
NF
1 20000 44420 30000
B/H :
2 20000 39200 65000 41000 30000 35000 11,92% -3,39% -11,25%
30/45/30/45
3 20000 43700 48000
1 20000 74937 64000
H/B :
2 20000 62200 110000 56000 46000 45000 22,75% -11,87% -17,12%
60/40/60/40
3 20000 53500 49000
F -0 °
1 20000 72030 68000
B/H :
2 20000 47600 96000 50000 41000 46000 15,69% -15,55% -6,55%
35/45/35/45
3 20000 58000 52000
1 20000 74050 64000
H/B :
2 20000 56540 80000 60000 36000 53000 -10,16% -7,06% -12,74%
35/25/35/25
3 20000 63077 52000
F 90 °
1 20000 73750 60000
B/H :
2 20000 45060 75000 53000 29000 51000 -8,46% -6,70% -11,33%
25/35/25/35
3 20000 51600 40100
134
Enfin, le tableau 4-3 montre que les écarts globaux pour les chargements Bas/Haut et Haut/Bas
sont du même ordre de grandeur.
Moyenne Zones
Expérience
globale 2 et 3
Notre modèle ayant été validé, il est intéressant de l’utiliser afin de mettre en évidence l’influence
des conditions de chargement à amplitude variable.
𝜎𝐻
R= qui représente le rapport entre la contrainte maximale 𝜎𝐻 atteinte lors du
𝜎𝐵
135
𝝈𝒓 𝝈𝑯 𝛔𝐁 a R
Moyenne Moyenne Zones 2&3
(MPa) (MPa) (MPa) H/B B/H H/B B/H
45 25 0,67 1,8 64000 50000 53000 43000
45 30 0,67 1,5 58000 47500 50000 41000
45 35 0,67 1,3 45000 36000 46000 31000
37 21 0,55 1,8 108000 104000 96000 92000
NF 67 37 25 0,55 1,5 108000 102000 95000 91000
37 29 0,55 1,3 108000 105000 90000 84000
30 17 0,45 1,8 107 107 10 7
107
30 20 0,45 1,5 107 107 107 107
30 23 0,45 1,3 107 107 10 7
107
60 33 0,67 1,8 85000 76000 70000 56000
60 40 0,67 1,5 78000 68500 56000 50000
60 46 0,67 1,3 73000 62000 52000 45000
50 28 0,55 1,8 700000 710000 555000 550000
F-0° 90 50 33 0,55 1,5 700000 705000 550000 542000
50 39 0,55 1,3 620000 600000 500000 460000
40 22 0,45 1,8 - - - -
40 27 0,45 1,5 - - 107 107
40 31 0,45 1,3 107 107 107 107
35 19 0,66 1,8 59000 54000 61000 54000
35 25 0,66 1,4 58000 52000 60000 53000
35 27 0,66 1,3 50000 48000 54000 46000
29 16 0,55 1,8 224000 226000 220000 210000
F-90° 53 29 19 0,55 1,5 215000 210000 200000 198000
29 24 0,55 1,3 180000 176000 174000 162000
24 13 0,45 1,8 107 107 10 7
107
24 16 0,45 1,5 107 107 107 107
24 19 0,45 1,3 107 107 10 7
107
136
La figure 4-6 montre les prédictions obtenues dans le cas des séquences alternées Bas-Haut en
fonction de celles Haut-Bas. On met en évidence une pente proche de 1. Par conséquent, on peut
conclure que dans le cas des séquences alternées, l’ordre des séquences n’a pas de réelle influence
sur la durée de vie quelle que soit la microstructure considérée.
800000
NrH-B = 1,0003*NrB-H
Nr séquences alternées H-B
600000
400000
0
0 200000 400000 600000 800000
Nr séquences alternées B-H
Dans cette partie, on s’intéresse au chargement à amplitude variable à deux séquences telles
que définies dans la figure 4-2. Les paramètres de variabilité qu’on se propose d’étudier sont :
- La microstructure,
- Le taux d’endommagement lors du premier cycle,
- Le nombre de cycles lors de la première séquence,
- L’ordre des séquences (H-B ou B-H).
La figure 4-7 correspond aux résultats obtenus pour des chargements tels que lors du premier
cycle un taux d’endommagement d/dc de 20% soit atteint. L’amplitude est donc choisie en
conséquence pour les trois microstructures. Ensuite 20000 cycles sont appliqués lors de la
137
première séquence de chargement. Enfin, une deuxième séquence de chargement est appliquée
jusqu’à la rupture avec une amplitude 30% plus haute dans le cas du chargement Bas-Haut (figure
4-7, (a)) et 30% plus bas dans le cas du chargement Haut-Bas (figure 4-7, (b)). Ce résultat montre
clairement l’influence de la microstructure. En effet, les cinétiques d’endommagement obtenues
pour la microstructure F-90° sont les plus importantes et conduisent à une rupture prématurée
alors que celles obtenues pour les microstructures F-0° sont plus lente et conduisent à des ruptures
tardives.
De plus, on constate que les durées de vie obtenues dans le cas des cycles Haut-Bas sont
plus importantes que celle obtenues dans le cas des chargements Bas-Haut (figure 4-7, (c)). En
effet, dans le second cas, après une première séquence, on constate une accélération de
l’endommagement alors que dans le premier, la cinétique d’endommagement est plus faible due
à une contrainte appliquée réduite lors de la seconde séquence.
0,8
d/dc
0,6
0,4
F-90° BH 20000
F-0° BH 20000
0,2
NF BH 20000
0
1 100 10000 1000000
N (Cycles)
(a)
138
Cycle 1: d/dc à 0,2
1,2 Séquence 1: 20000 cycles
Séquence 2: -30% ==> Rupture
1
0,8
d/dc
0,6
0,4
F-90° HB 20000
F-0° BH 20000
0,2
NF HB 20000
0
1 100 10000 1000000 100000000
N (Cycles)
(b)
0,6
F-90° BH 20000
F-0° BH 20000
0,4 NF BH 20000
F-90° HB 20000
0,2 F-0° HB 20000
NF HB 20000
0
1 100 10000 1000000 100000000
N (Cycles)
(c)
Figure 4- 7: Influence de la microstructure et de l’ordre des séquences dans le cas d’un chargement variable à
deux séquences
139
Par la suite, toujours pour une amplitude produisant au premier cycle 20%
d’endommagement, nous avons fait varier le nombre de cycles de la première séquence. Ainsi,
les taux d’endommagement atteints à l’issue de cette dernière sont variables. Les courbes de la
figure 4-8 montrent que le taux d’endommagement atteint à l’issue de la première séquence
influence fortement la durée de vie dans le cas des chargements Bas-Haut alors qu’elle n’a aucune
influence sur les durées de vie des chargements Haut-Bas. On peut montrer que ceci est vrai
quelle que soit la microstructure.
Matériau F-90°
1,05 Cycle 1: d/dc à 0,2
Séquence 1: variable cycles
Séquence 2: +/- 30% ==> Rupture
BAS-HAUT
1 HAUT-BAS
0,95
d/dc
0,9
F-90° BH 10000
F-90° HB 10000
0,85
F-90° BH 20000
F-90° HB 20000
0,8 F-90° HB 30000
F-90° BH 30000
0,75
1000 10000 100000 1000000 10000000
N (Cycles)
Figure 4- 8: Influence de l’endommagement lors de la première séquence et de l’ordre des séquences dans le cas
d’un chargement variable à deux séquences pour un matériau F-90°
Enfin, nous avons étudié l’influence du taux d’endommagement atteint lors du premier
cycle. La figure 4-9 montre qu’il influence la durée de vie des deux types de chargement variable
à deux séquences (Haut-Bas et Bas-Haut). Ceci est en adéquation avec la constatation
expérimentale reliant l’endommagement sous chargement monotone et la durée de vie en fatigue
montrée dans le chapitre 3.
140
Matériau F-90° :
1,1 Cycle 1: variable d/dc
Séquence 1: 20000 cycles
Séquence 2: +/- 30% ==> Rupture HAUT-BAS
1
BAS-HAUT
0,9
d/dc
F-90° BH 0,2
0,8
F-90° HB 0,2
F-90° BH 0,3
F-90° HB 0,3
0,7
F-90° BH 0,4
F-90° HB 0,4
0,6
100 1000 10000 100000 1000000 10000000
N (Cycles)
Figure 4- 9: Influence de l’endommagement lors de premier cycle et de l’ordre des séquences dans le cas d’un
chargement variable à deux séquences pour un matériau F-90°
Plusieurs procédures d’essais mécaniques ont été effectuées sous trois températures
sélectionnées: -30 °C, 21 °C et 80 °C afin d’extraire les paramètres nécessaires pour alimenter le
modèle prédictif:
- Essais de traction jusqu'à rupture
Pour les essais de fatigue thermomécanique, le cycle de température présenté sur la figure 4-10
a été utilisé.
141
Profil de chargement thermomecanique en fatigue
100
80
60
Temperature (C°)
40
20
-20
-40
Nombre de cycles
Figure 4- 10: Exemple d'un profil de chargement thermomécanique en fatigue pour une pièce automobile.
142
2-2 Résultats et prédiction
La figure 4-11 montre la baisse relative de la raideur pour un matériau non flué soumis à
un chargement de fatigue avec une température variable et une contrainte maximale imposée
constante. Le profil de température imposé était celui de la figure 4-10. Les paramètres de l’essai
sont identifiés à l’issue de chaque bloc de chargement selon la procédure décrite auparavant. Il
est a noté qu’à 23°C, la cinétique de la baisse de raideur en fatigue reste la même lorsqu’on fait
subir le matériau à un historique de chargement thermomécanique avant. Ceci est mis en évidence
aussi pour le chargement à -30°C durant le cycle thermomécanique. En fait, pour ces deux
températures, la cinétique reste la même pour un matériau vierge que pour un matériau déjà
endommagé (figure 4-11). Par contre, lors d’un chargement à 80°C, on remarque que la cinétique
de la baisse de la raideur diminue et le matériau déjà endommagé à une cinétique relativement
plus faible par rapport à celle d’un matériau vierge.
1,1 NF
1
4
0,9
2
0,8 5
3
E/E0
0,7
1
0,6
0,5
0,4
N (Cycles)
Figure 4- 11: Baisse de la raideur d’un matériau non flué sous un chargement thermomécanique (tableau 4-5)
L'état d'endommagement cumulatif a été calculé par le nouveau modèle pour une contrainte
maximale appliquée constante choisie selon la microstructure envisagée. L'accumulation
d’endommagements est calculée et cumulée étape par étape par le biais du calcul de l'évolution
du taux d’endommagement local à partir de l'équation d’état relative à chaque température définie
précédemment (équation 3-13). αi , βi et γi présente les paramètres micromécaniques dépendants
de la température identifiés par méthode inverse (tableau 4-6).
143
Paramètres Modèle
Paramètres
a B
Micromécaniques 𝛔𝐒
(MPa)
T°C Microstructures Lente Moyenne Rapide Lente Moyenne Rapide α β γ
23°C -0,007 -0,010 -0,012 -0,025 -0,048 -0,058 -1,8088 0,6501 1,1575 39±2,5
Fluée 0°
80°C Fluée 0° -0,008 -0,012 -0,014 -0,026 -0,050 -0,059 -4,3847 4,3418 0,0379 25±2
-30°C Fluée 0° -0,006 -0,008 -0,010 -0,010 -0,015 -0,024 -2,1098 1,095 1,0099 41±2
144
L’équation d’état définie pour chaque température (‘i’) permet de tracer l'évolution du taux
d
d’endommagement local sous chargement en fatigue pour plusieurs niveaux de contraintes
dc
1,2
T 23°C
1
0,8
d/dc
0,6
45 MPa
0,4 40 MPa
35 MPa
0,2 30 MPa
25 MPa
0
1 100 10000 1000000
N (Cycles)
(a)
1,2
T 80°C
1
0,8
d/dc
0,6
45 MPa
0,4 40 MPa
35 MPa
0,2 30 MPa
25 MPa
0
1 100 10000 1000000
N (Cycles)
(b)
145
1,2
T -30°
1
0,8
d/dc
0,6
45 MPa
0,4
40 MPa
35 MPa
0,2
30 MPa
25 MPa
0
1 100 10000 1000000
N (Cycles)
(c)
Figure 4- 12: Evolution de d/dc pour différents niveaux de chargement pour un SMC Non Flué, cinétique
moyenne : (a) à 23°C, (b) à 80°C et (c) à -30°C
𝑑
définie à une autre température (𝑑 )(T𝑖+1) .
𝑐
𝑑 𝑑
( )(T𝑖,𝑁𝑖) = ( )(T𝑖+1,𝑁𝑒𝑞)
𝑑𝑐 𝑑𝑐
146
La méthodologie employée est illustrée par le schéma suivant :
Pour i =1 jusqu’à n :
Figure 4- 13: Algorithme de calcul de cumul d’endommagements dans le cas d’un profil
thermomécanique.
𝑑
L'évolution progressive de est représentée sur la figure 4-14 pour le profil défini de la
𝑑𝑐
figure 4-10. Des discontinuités sont observées aux changements de température. En effet, pour
chaque palier de température, la cinétique d'endommagement local est également déterminée par
les paramètres phénoménologiques 𝑎𝑖 , 𝜎𝑖𝑆 et Bi et les paramètres micromécaniques αi , βi et γi
qui dépendent de la température. Ces résultats indiquent que l’endommagement s’accentue
rapidement lors de premiers cycles. Chaque passage d’une séquence à une autre produit une
accélération de l’endommagement. Toutefois, on peut noter que la séquence à -30°C n’a
𝑑
quasiment aucun effet. La rupture est atteinte quand 𝑑𝑐
= 1.
147
1,2
NF
0,8
d/dc
0,6
0,4
0,2
0
N (Cycles)
Figure 4- 14: Evolution cumulative de d/dc pour un matériau non flué à 30 MPa pour un chargement
thermomécanique (tableau 4-3)
Modèle de prédiction
Contrainte N Cinétique Moyenne Cinétique Cinétique
µstructure Essais
(MPa) (Cycles) Rapide 2&3 Lente Réelle
1 30 36860 51000
NF 2 30 52015 24600 55000 90000 65000
3 30 47055 36000
1 45 51976 42000
F-0° 2 45 38544 28800 60000 100000 49000
3 45 49447 66000
1 25 48234 43000
F-90° 2 25 33902 23200 52000 75000 35000
3 25 56207 47000
148
2-3 Analyse des résultats
On peut donc considérer que notre approche est validée pour les chargements à température
variable.
Toutefois, on peut tout de même remarquer que le modèle prédictif sous chargement
thermomécanique présente une tendance à surestimer légèrement les durées de vie, ce qui n’était
pas le cas sous chargement à température constante et amplitude variables qui présentaient des
écarts tantôt positifs tantôt négatifs. Ceci peut être attribué à l’influence de la variation de la
température et l’emploi d’une équation d’état pour chaque bloc de chargement. Même si on a pu
montrer que la cinétique reste la même pour un matériau vierge et un matériau déjà endommagé
pour un même chargement thermique (à 23°C et -30°C), le modèle est incapable de prendre en
considération l’évolution des fissures et les phénomènes microstructuraux tels que le phénomène
de relaxation pendant la phase transitoire de reconditionnement qui précède chaque bloc.
Notamment, on peut noter un écart non négligeable entre la cinétique de baisse de raideur à 80°C
d’un matériau vierge par rapport à celle mesurée après une première séquence à 23°C.
149
fatigue à 23°C et -30°C ne sont pas affectées de manière significative par le « cyclage » effectué
au préalable sous des températures différentes.
Conclusion
Dans ce chapitre, nous utilisons les équations d’état établies en fatigue sous différentes
température de travail. Une méthodologie de cumul d’endommagement est proposée et appliquée
à deux cas des chargements variables :
L’approche est validée dans les deux cas par comparaison avec des résultats issus de campagnes
expérimentale. Elle a démontré sa capacité à prendre en compte l’influence de la microstructure.
Le modèle est alors utilisé dans le cas de chargement à amplitude variable diverse afin de mettre
en évidence certains effets particuliers liés à l’ordre et la nature des séquences de chargement.
Dans l’absolu, le modèle étant validé dans les deux cas, il serait capable de prédire les durées de
vie dans le cas de chargement à amplitude et température variable.
150
CONCLUSION GENERALE
Le présent travail de thèse a été mené aux laboratoires PIMM (Arts et Métiers, Paris) et
LMS (ENISo, Sousse) et en collaboration avec l’équipementier automobile Faurecia. Il vise à
proposer une approche de dimensionnement des structures composites automobiles sous
sollicitations cycliques. En outre, un outil prédictif pertinent capable de décrire la réponse aux
différentes conditions complexes de fatigue : températures variables et/ou contraintes variables
a été proposé.
Pour ce faire, le travail a été mené selon deux axes principaux. En premier lieu, une
investigation expérimentale réalisée sur un matériau SMC, polyester chargé en fibres de verre.
En second lieu, différentes démarches prédictives de la durée de vie en fatigue ont été proposées.
Une fois les microstructures caractérisées, une campagne expérimentale d’essais a été
menée afin de déterminer le comportement mécanique sous chargement monotone et cyclique
pour différents températures de travail (-30°C, 23°C et 80°C). L’analyse expérimentale proposée
met l’accent sur l’effet de l’endommagement local sur les baisses de la raideur.
151
En effet, deux approches de modélisations hybrides phénoménologique-micromécanique
ont été proposées. Elles sont toutes les deux basées sur la modélisation micromécanique qui
permet de traduire le comportement du matériau d’étude sous chargement monotone avec prise
en compte de la microstructure et de l’endommagement (interface fibre/matrice). Le principe de
l’approche prédictive de la durée de vie en fatigue des SMC est fondé sur la mise en évidence de
l’existence d’une relation entre l’endommagement sous chargement monotone et
l’endommagement et la rupture en fatigue. En d’autres termes, la description des relations multi-
échelles de l’endommagement établies sous chargement monotone reste valide et généralisable
aux chargements cycliques. Cette hypothèse permet de mettre en place deux démarches menant
rapidement à la prédiction des durées de vie en ne nécessitant qu’un nombre limité d’essais et
une simulation micromécanique du chargement monotone uniquement.
En premier lieu, nous avons commencé par présenter le modèle micromécanique commun
aux deux modèles. Ce modèle est capable de traduire une relation directe entre les états successifs
d’endommagement à l’échelle macroscopique et à l’échelle microscopique. Cette relation est par
la suite considérée intrinsèque et indépendante du type de chargement : de façon implicite dans
la première approche proposée et de façon explicite dans la seconde.
La première démarche est basée sur une constatation expérimentale qui traduit le fait qu’il
existe une relation directe entre la première baisse de la raideur en fatigue et le nombre de cycles
à la rupture. Il est démontré que cette relation peut être considérée comme une relation intrinsèque
relativement indépendante de la microstructure. On montre aussi que cette relation peut être
établie pour les trois températures de travail, 23°C, 80°C et -30°C. L’existence de cette relation
confirme l’hypothèse du lien d’endommagement entre chargement monotone et fatigue.
L’établissement de cette relation pour une microstructure de référence couplé au modèle
micromécanique développé sous chargement monotone permet alors de prédire les courbes S-N
pour n’importe quelles autres microstructures. La comparaison entre les résultats expérimentaux
et la modélisation montre un très bon accord pour toutes les microstructures étudiées y compris
celle issue d’une pièce réelle le TG60°. Il est à noter que cette démarche a été testée et validée
au PIMM sur d’autres types de matériaux, le A-SMC et sur un composite à matrice
thermoplastique, le propylène chargé en fibres de verre (PPGF40). Il est aussi à mentionner que
cette méthodologie peut servir à l’identification d’un critère de Tsai Wu fonction du nombre de
cycles à la rupture et de la microstructure. Ce critère peut être intégré par la suite dans un code
de calcul par éléments finis sur une pièce de structure réelle. Cette démarche a été menée dans le
152
cadre du dimensionnement du hayon de la Peugeot 3008. Toutefois, les exigences de
confidentialité ne nous ont pas permis de présenter ces résultats dans ce mémoire.
Par la suite et dans un premier temps, cette méthodologie a été appliquée pour des
chargements à amplitudes variables faisant intervenir des séquences hautes et basses alternées.
Elle permet de décrire l’évolution du cumul d’endommagement local d’une séquence à l’autre
jusqu’à sa valeur critique. L’approche, une fois validée, permet de mettre en évidence l’effet de
la variation des types et de l’ordre des séquences cycliques appliquées.
Dans un second temps, le même type de procédure est développé et validé pour un profil
de chargement à température variable. Une étude des écarts entre simulations et expériences
permet de mettre aussi en évidence la pertinence du modèle.
Ainsi, cette étude a permis de proposer un outil prédictif de la durée de vie des composites
à renforts discontinus soumis à des chargements thermomécaniques cycliques. Cette approche a
été validée pour de multiples microstructures et pour des chargements cycliques multi-
séquentiels.
153
PERSPECTIVES
Les travaux effectués durant cette thèse ont contribué à la progression de thématiques de
recherche de l’équipe aussi bien au niveau expérimental qu’au niveau numérique. Néanmoins,
plusieurs pistes d’amélioration et voies de développement futures peuvent être proposées.
Tout d’abord, notre approche devraient être validée expérimentalement dans le cas de
chargement à amplitude et température variables, c’est-à-dire lorsque la température et
l’amplitude varient ensemble d’une séquence à l’autre.
Par ailleurs, certains paramètres d’influence n’ont pas été étudiés. Notamment l’effet de
la fréquence et du rapport de charge.
L’idée centrale fondée sur une équivalence des états successifs d’endommagement
indépendant du type de chargement devraient être développée dans le cadre d’autres types de
matériaux composites tels que les matériaux à matrice thermoplastique. En effet, dans ce cas, la
prise en compte de la viscoélasticité et de la viscoplasticité devrait être introduite dans la
démarche. De même, appliquer ce type de méthodologie aux cas des architectures de composites
à renforts continus tels que les stratifiés serait pertinent. Dans ce cas, le modèle micromécanique
devrait être remplacé par des approches de type thermodynamique avec prise en compte de
l’endommagement (type Ladeveze et autres).
Il serait aussi intéressant de faire évoluer les approches proposées pour d’autres types de
chargements plus complexes comme la bi-traction, le cisaillement. Etudier l’influence du rapport
de charge en introduisant à l’échelle locale l’effet de la compression.
Etudier la pertinence de l’approche dans le cas du cumul des deux types de mode de
dégradation : fatigue et vieillissement. En effet, les phénomènes de vieillissement affectant la
matière peuvent être caractérisés et modélisés à l’échelle de la matrice de sorte à être introduits
dans une approche micromécanique telle que décrite dans ce mémoire.
154
appliquée dans le cas de dimensionnement de structures faisant intervenir des couplages fatigue-
crash ou crash-fatigue.
Enfin, le dernier axe concerne le développement d’un outil numérique prédictif qui
permettrait de prendre tous ces aspects de variabilités dans la prédiction de la réponse de
structures réelles soumises à des chargements thermomécaniques cycliques complexes. Cet outil
permettra de réduire les investigations expérimentales coûteuses en termes de ressources et de
temps, et ainsi mieux répondre à un besoin industriel exigeant.
155
LISTE DES TABLEAUX
156
TABLES DES FIGURES
157
FIGURE 2- 15: COURBES DE CHARGE-DECHARGE OBTENUES SUR LES ECHANTILLONS SELECTIONNES
EXTRAITS D’UNE PLAQUE FLUEE DANS LE SENS LONG ET LE SENS TRAVERS ET D’UNE PLAQUE NON
FLUEE DANS LE SENS TRAVERS A 23°C (A), 80°C (B) ET -30°C (C) ...................................................... 73
FIGURE 2- 16: STABILISATION DE L’EFFORT LORS D’UN ESSAI DE FATIGUE TRACTION-TRACTION (F=3000
N, R=0,1 ET F=10HZ) ....................................................................................................................... 74
FIGURE 2- 17: IDENTIFICATION DE LA PREMIERE BAISSE DE LA RAIDEUR E(N=1) ET DE N STABILISATION E(N=
NS) ...................................................................................................................................................... 75
FIGURE 2- 18: CINETIQUES DE BAISSE DE LA RAIDEUR RELATIVE (E/E (NS)) EN FATIGUE POUR A 23C° POUR
LES TROIS CONFIGURATIONS : NF (A), F-0° (B) ET F-90° (C) ............................................................. 76
FIGURE 2- 19: COURBES DE WÖHLER POUR LES TROIS CONFIGURATIONS (NF, F-0°, F-90°) ET A
DIFFERENTES TEMPERATURES 23°C (A), 80°C (B) ET -30°C (C) ......................................................... 78
FIGURE 2- 20: PARAMETRE D’ENDOMMAGEMENT MACROSCOPIQUE D POUR DIFFERENTES
MICROSTRUCTURES A LA TEMPERATURE AMBIANTE (A) ET POUR LE MATERIAU NON FLUE A
DIFFERENTES TEMPERATURES (B) ...................................................................................................... 80
FIGURE 2- 21: PROCEDURE DE CARACTERISATION MECANIQUE CHARGE PRELIMINAIRE-DECHARGE-
RECHARGE ELASTIQUE PUIS FATIGUE. ............................................................................................... 81
FIGURE 3- 1: RELATION ENTRE LA PREMIERE PERTE DE RIGIDITE EN REGIME MONOTONE ET LA DUREE DE VIE
EN FATIGUE A DIFFERENTES TEMPERATURES : A 23°C (A), A 80°C (B) ET A -30°C (C). ...................... 89
FIGURE 3- 2: CONSTRUCTION DU MODELE : PROCEDURE D’HOMOGENEISATION EN DEUX PHASES............ 91
FIGURE 3- 3: (A) PROJECTION DU TENSEUR DES CONTRAINTES INTER FACIALES (NORMALES ET DE
CISAILLEMENT, RESPECTIVEMENT Σ ET Τ). (B) DESCRIPTIONS DES ENDOMMAGEMENTS
MICROSCOPIQUES [JENDLI & AL. [23]). ............................................................................................ 95
FIGURE 3- 4: ÉVOLUTION DES DIFFERENTS TYPES D’HETEROGENEITES AU COURS DE L’ENDOMMAGEMENT
SOUS CHARGEMENT MONOTONE A LA TEMPERATURE AMBIANTE ......................................................... 97
FIGURE 3- 5: ÉVOLUTION DE L’ENDOMMAGEMENT LORS DU CHARGEMENT MONOTONE A LA TEMPERATURE
AMBIANTE POUR LES TROIS MICROSTRUCTURES ETUDIEES ................................................................. 98
FIGURE 3- 6: SCHEMA DE LA METHODOLOGIE PREDICTIVE PROPOSEE .................................................... 100
FIGURE 3- 7: COMPARAISON ENTRE LES EXPERIENCES ET LA SIMULATION POUR LES DIFFERENTES
MICROSTRUCTURES : (A) A 23°C , (B) A 80°C ET (C) A -30°C ........................................................... 102
FIGURE 3- 8: DISTRIBUTION D’ORIENTATION DES FIBRES POUR LES DIFFERENTES MICROSTRUCTURES .... 103
FIGURE 3- 9: PREDICTION DE LA DUREE DE VIE POUR DIFFERENTES MICROSTRUCTURES ET A DIFFERENTES
TEMPERATURES ............................................................................................................................... 105
FIGURE 3- 10: SCHEMA DE L’APPROCHE HYBRIDE PROPOSEE ................................................................. 108
FIGURE 3- 11: EXEMPLE D’EVOLUTION DE LA BAISSE DE RAIDEUR SOUS CHARGEMENT MONOTONE POUR UN
MATERIAU NF A 23°C ...................................................................................................................... 110
FIGURE 3- 12 : EVOLUTION DES TROIS INDICATEURS D1, D2 ET D3 EN FONCTION DE LA CONTRAINTE
APPLIQUEE. ..................................................................................................................................... 112
FIGURE 3- 13: EVOLUTION DE LA BAISSE DE LA RAIDEUR POUR CHAQUE MICROSTRUCTURE EN FONCTION
DES INDICATEURS ............................................................................................................................ 113
FIGURE 3- 14: EVOLUTION DE TAUX D’ENDOMMAGEMENT LOCAL D/DC EN FONCTION DE TAUX
D’ENDOMMAGEMENT MACROSCOPIQUE E/E0 POUR LES DIFFERENTES CONFIGURATIONS A 23°C ... 114
FIGURE 3- 15: BAISSE DE LA RAIDEUR EN FATIGUE POUR LE MATERIAU NON FLUE A 23°C ...................... 115
FIGURE 3- 16: PREDICTION DES COURBES DE WÖHLER POUR LES DIFFERENTES MICROSTRUCTURES : (A) A
23°C, (B) A 80°C ET (C) A -30°C ..................................................................................................... 119
158
FIGURE 4- 1: PROFILS DE CHARGEMENT A AMPLITUDE VARIABLE ALTERNES UTILISES ............................. 126
FIGURE 4- 2: PROFILS DE CHARGEMENT ALTERNE A DEUX BLOCS............................................................ 127
FIGURE 4- 3: ALGORITHME DE CALCUL DU CUMUL D’ENDOMMAGEMENT DANS LE CAS DE PLUSIEURS
SEQUENCES SUCCESSIVES ................................................................................................................ 128
FIGURE 4- 4: IDENTIFICATION DU NOMBRE DE CYCLE EQUIVALENT LORS DU PASSAGE D’UNE SEQUENCE DE
CHARGEMENT A UNE AUTRE ............................................................................................................. 129
FIGURE 4- 5: IDENTIFICATION DES CINETIQUES LENTE, MOYENNE ET RAPIDE POUR UN MATERIAU NON FLUE
A 23°C ; ENCADREMENT DES CINETIQUES DE BAISSE DE RAIDEUR (A) EN CHARGE-DECHARGE, (B) EN
FATIGUE. ......................................................................................................................................... 131
FIGURE 4- 6: PREDICTIONS DES SEQUENCES HAUT-BAS ET BAS-HAUT .................................................... 137
FIGURE 4- 7: INFLUENCE DE LA MICROSTRUCTURE ET DE L’ORDRE DES SEQUENCES DANS LE CAS D’UN
CHARGEMENT VARIABLE A DEUX SEQUENCES ................................................................................... 139
FIGURE 4- 8: INFLUENCE DE L’ENDOMMAGEMENT LORS DE LA PREMIERE SEQUENCE ET DE L’ORDRE DES
SEQUENCES DANS LE CAS D’UN CHARGEMENT VARIABLE A DEUX SEQUENCES POUR UN MATERIAU F-90°
....................................................................................................................................................... 140
FIGURE 4- 9: INFLUENCE DE L’ENDOMMAGEMENT LORS DE PREMIER CYCLE ET DE L’ORDRE DES
SEQUENCES DANS LE CAS D’UN CHARGEMENT VARIABLE A DEUX SEQUENCES POUR UN MATERIAU F-90°
....................................................................................................................................................... 141
FIGURE 4- 10: EXEMPLE D'UN PROFIL DE CHARGEMENT THERMOMECANIQUE EN FATIGUE POUR UNE PIECE
AUTOMOBILE. .................................................................................................................................. 142
FIGURE 4- 11: BAISSE DE LA RAIDEUR D’UN MATERIAU NON FLUE SOUS UN CHARGEMENT
THERMOMECANIQUE (TABLEAU 4-5) ................................................................................................ 143
FIGURE 4- 12: EVOLUTION DE D/DC POUR DIFFERENTS NIVEAUX DE CHARGEMENT POUR UN SMC NON
FLUE, CINETIQUE MOYENNE : (A) A 23°C, (B) A 80°C ET (C) A -30°C .............................................. 146
FIGURE 4- 13: ALGORITHME DE CALCUL DE CUMUL D’ENDOMMAGEMENTS DANS LE CAS D’UN PROFIL
THERMOMECANIQUE. ...................................................................................................................... 147
FIGURE 4- 14: EVOLUTION CUMULATIVE DE D/DC POUR UN MATERIAU NON FLUE A 30 MPA POUR UN
CHARGEMENT THERMOMECANIQUE (TABLEAU 4-3) ......................................................................... 148
159
REFERENCES BIBLIOGRAPHIES
160
[17] Shirinbayan M, Fitoussi J, Meraghni F, Surowiec B, Bocquet M, Tcharkhtchi A. High strain
rate visco-damageable behavior of Advanced Sheet Molding Compound (A-SMC) under
tension. Composites Part B: Engineering 2015;82:30–41.
[18] Shirinbayan M, Fitoussi J, Bocquet M, Meraghni F, Surowiec B, Tcharkhtchi A. Multi-
scale experimental investigation of the viscous nature of damage in Advanced Sheet Molding
Compound (A-SMC) submitted to high strain rates. Composites Part B: Engineering 2016.
[19] Shirinbayan M, Fitoussi J, Abbasnezhad N, Meraghni F, Surowiec B, Tcharkhtchi A.
Overall mechanical characterization of a Low Density Sheet Molding Compound (LD-SMC):
Multi-scale damage analysis and strain rate effect. Composites Part B: Engineering 2017
[20] Esmaeillou B, Fitoussi J, Lucas A, Tcharkhtchi A. Multi-scale experimental analysis of the
tension- tension fatigue behavior of a short glass fiber reinforced polyamide composite. Procedia
Engineering 2011;10:2117–22.
[21] Fitoussi J, Guo G, Baptiste D. A statistical micromechanical model of anisotropic damage
for SMC composites. Composites Science and Technology 1998;58:759–63.
[22] Jendli Z, Meraghni F, Fitoussi J, Baptiste D. Micromechanical analysis of strain rate effect
on damage evolution in sheet molding compound composites. Composites Part A: Applied
Science and Manufacturing 2004;35:779–85.
[23] Jendli Z, Meraghni F, Fitoussi J, Baptiste D. Multi-scales modeling of dynamic behaviour
for discontinuous fibre SMC composites. Composites Science and Technology 2009;69:97–103.
[24] Jendli Z, Fitoussi J, Meraghni F, Baptiste D. Anisotropic strain rate effects on the fibre-
matrix interface decohesion in sheet moulding compound composites. Composites Science and
Technology 2005;65:387–93.
[25] Fitoussi J, Bocquet M, Meraghni F. Effect of the matrix behavior on the damage of
ethylene- propylene glass fiber reinforced composite subjected to high strain rate tension.
Composites Part B: Engineering 2013;45.
[26] Hour KY, Sehitoglu H. Damage development in a short fiber reinforced composite. Journal
of Composite Materials 1993;27:782–805.
[27] M. C. B. S. Thionnet A., Mécanique et comportement des milieux continus,Tome 2 :
Applications et théorie des invariants, Ellipses, 2003.
[28] M. F. Arif, F. Meraghni, Y. Chemisky, N. Despringre et G. Robert, «In situ damage
mechanisms investigation of PA66/GF30 composite: Effect of relative humidity,» Composites:
Part B: Engineering, vol. 58, pp. 487-495, 2014.
161
[31] Krajcinovic D, Mastilovic S. Some fundamental issues of damage mechanics. Mechanics
of Materials 1995;21:217–30.
[33] Lemaitre J, Chaboche JL. Mécanique des matériaux solides. Paris: Donud; 1988.
[34] Talreja R. Fatigue of composite materials: damage mechanisms and fatigue-life diagrams.
Proceedings of the Royal Sociey 1981:461–75.
[36] K. Y. Hour, H. Sehitoglu. (1993) Damage development in a short fibre composite. Journal
of Composite Materials, vol. 27(8), pp. 782–805.
[38] Chaboche JL, Gallerneau F. An overview of the damage approach of durability modelling
at elevated temperature. Fatigue and Fracture of Engineering 2001;24:405–18.
[39] Bussiba A, Kupiec M, Ifergane S, Piat R, Böhlke T. Damage evolution and fracture events
sequence in various composites by acoustic emission technique. Composites Science and
Technology 2008;68:1144–55.
[40] J.M. Ferreira, J. T. B. Pires, J. D. Costa, O. A. Errajhi, M. Richardson, Fatigue damage and
environment interaction of polyester aluminized glass fiber composites, Composite Structures,
78, 397-401 (2007).
[44] Mortazavian S, Fatemi A. Effects of fiber orientation and anisotropy on tensile strength and
elastic modulus of short fiber reinforced polymer composites. Composites Part B 2015; 72:116–
129.
162
[46] Khan R, Alderliesten R, Badshah S, Benedictus R. Effect of stress ratio or mean stress on
fatigue delamination growth in composites: critical review. Compos Struct 2015; 124: 214-27.
[47] Andersons J, Hojob M, Ochiaic S. Empirical model for stress ratio effect on fatigue
delamination growth rate in composite laminates. Int J Fatigue 2004; 26(6):597-604.
[48] Kotik H, Perez Ipiña J. Frequency effect in short-beam shear fatigue of a glass fiber
reinforced polyester composite. International Journal of Fatigue 2016; 90:116-124.
[52] Avanzini A, Donzella G, Gallina D, Pandini S, Petrogalli C. Fatigue behavior and cyclic
damage of peek short fiber reinforced composites. Compos Part B: Eng 2013;45:397–406.
[53] Launay A, Marco Y, Maitournam MH, Raoult I, Szmytka F. Cyclic behavior of short glass
fiber reinforced polyamide for fatigue life prediction of automotive components. Procedia
Engineering 2010;2:901–10.
[55] Mortazavian S, Fatemi A, Mellott SR, Khosrovaneh A. Effect of cycling frequency and
self-heating on fatigue behavior of reinforced and unreinforced thermoplastic polymers. Society
of Plastics Engineers 2015:2005–8.
163
[61] Voigt W., Lehrbuch der kristallphysik, teubner,Berlin, 1910.
[62] Reuss A, Berechnung des fliessgrenze von mischkristallen auf grund der
prastizitätsbedingunug für einkristalle. Zeitschrift für angewandte Mathematik und Mechanik.
1929; 9: 49-58.
[63] Hill, R, Elastic properties of reinforced solids: Some theoretical principals, J. Mech. Phys.
Solids, 1963; Vol. 11, 357-372.
[64] Aboudi, J, A unified Micromechanical approach. Mechanics of Composite Materials. Studies
in Applied Mechanics, 1991; 29, Elsevier Science Publishers. B.V.
[65] Christensen R.M., Lo K.H, Solution for effective shear properties of three phase sphere and
cylinder models. J. Mech. Phys. Solids. 1979; 27: 315 - 330. See also Corrigendum J. Mech. Phys.
Solids. 1986 ; 34: 639.
[66] Berveiller M. et Zaoui A, Modélisation du comportement mécanique des solides
microhétérogènes. Introduction à la mécanique des polymères. Edited by e J.-M. Haudin C. G'sell.
Vandoeuvre les Nancy : INPL, 1995, p 225–249.
[67] Hashin, Z, Analysis of composites materials a survey, J. Apll. Mech, 1983Vol. 50, 481-505.
[68] Bornert M., Bretheau T. et Gilormini P, Homogénéisation en mécanique des matériaux 1,
Matériaux aléatoires élastiques et milieux périodiques. Paris: Hermes Science Publications, 2001.
255p.
[69] Kanit T., Forest S., Galliet I., Mounoury V., Jeulin D, Determination of the size of the
representative volume element for random composites: statistical and numerical approach.
International Journal of Solids and Structures. 2003; 40: 3647-3679.
[70] Lévesque M, Modélisation du comportement mécanique de matériaux composites
viscoélastiques non linéaires par une approche d'homogénéisation. Thèse de l’ENSAM Paris. 15
Décembre 2004.
[71] Brini A, Modélisation multi-échelles du comportement et du vieillissement des mousses
syntactiques immergées. Thèse de l’Université Pierre et Marie Curie. 05 Juillet 2004.
[72] Duvaut G, Analyse fonctionnelle et mécanique des milieux continus, application à l’étude
des matériaux composites élastiques à structure périodique. North-holland Publishing Company.
1976.
[73] Suquet P, Plasticité et homogénéisation. Thèse de doctorat. Université Pierre et Marie Curie
Paris 6. 1982.
[74] Sanchez-Palencia E, Boundary layer and edge effect in composite homogenization
techniques for composite media. Lecture Note in Physics, Springer-Verlag ed., Heildeberg, 272,
1986.
[75] Tucker C.L. and Liang E, Stiffness predictions for unidirectional short-fiber composites:
Review and evaluation, Composites Science and Technology. 1999; 59: 655-671.
164
[76] F. Praud, G. Chatzigeorgiou, J. Bikard et F. Meraghni, «Phenomenological multi-
mechanisms constitutive modelling for thermoplastic polymers, implicit implementation and
experimental validation,» Mechanics of Materials, vol. 114, pp. 9-29, 2017.
[77] S. Kari, H. Berger, R. Rodriguez-Ramos et G. U, «Computational evaluation of effective
material properties of composites reinforced by randomly distributed spherical particles,»
Composite Structures, vol. 77, p. 223–231, 2007.
[78] Baptiste D, (2002) ‘Damage Micromechanics Modelling of Discontinuous Reinforced
Composites’. Continuum Damage Mechanics of Materials and Structures. Elsevier Science Ltd.
[79] Desrumaux F, Contribution à l’analyse micromécanique du comportement élastique
endommageable de composites monolithiques et sandwichs, intégration dans un code de calculs
par éléments finis. Thèse de l’Université de Technologie de Compiègne. 2000.
[80] Eshelby J.D, The Determination of the Elastic Field of an Ellipsoidal Inclusion and Related
Problems, Proc. Roy. Soc. London, A 241, 1957, p. 376-396.
[81] Bourgeois N, Caractérisation et modélisation microscopique du comportement et de
l’endommagement d’un composite à matrice métallique : Al/SiCp. Thèse de l’Ecole Centrale de
Paris. 1994.
[82] Mura T., Cheng P.C, The elastic field outside an ellipsoidal inclusion. Journal of Applied
Mechanics. 1977 : 591- 594.
[83] Z. Hashin et S. Shtrikman, «A variational approach to the theory of the elastic behaviourof
multiphase materials,» Journal of the Mechanics and Physics of Solids, vol. 11, pp. 127-140,
1963.
[84] Zaoui A., François D., Pineau A, Comportement Mécanique des Matériaux, ‘viscoplasticité,
endommagement, mécanique de la rupture, mécanique du contact’. Ed Hermes, 1995.
[85] Mori T., Tanaka K, Average stress in matrix and average elastic energy of materials with
misfitting inclusions, Acta Metallurgica. 1973; 21: 571–574.
[86] K. Wakashima, M. Otsuka et S. Umekawa, «Thermal expansions of heterogeneous solids
containing aligned ellipsoidal inclusions,» journal of composite material, vol. 8, n° 1391-404,
1974.
[87] Y. Benveniste, «A new approach to the application of Mori-Tanaka’s theory in composite
materials,» mechanics of materials, n° 16, pp. 147-157, 1987.
[88] Takao Y. Chou T.W, Effective longitudinal Young’s modulus of misoriented short fiber
composite.J. of Applied Meth. 1982; 49(3): 536-540.
[89] Tandon G.P. Weng G.J, Average stress in the matrix and effective moduli of randomly
oriented composites. Comp. Sci. Techno. 1986; 27: 111–132.
[90] Takao Y. Taya M, The effect of variable fiber aspect ratio on the stiffness and thermal
expansion coefficients of a short fiber composite. J. Comp. Mat. 1987; 21(2): 140-156.
[91] Mura T, Micromechanics of defects in solids. Second revised edition, Martinus Nijhoff
Publishers, 1987.
165
[92] H. Lee, «a computationnal approach to the investigation of impact damage evolution in
discontinously reinforced fiber composite,» computaionnal mechanics, n° 127, pp. 504-512,
2001.
[93] Y. M. Shabana, «Incremental constitutive equation for discontinuously reinforced
composites considering reinforcement damage and thermoelastoplasticity,» Computational
Materials Science, n° 128, pp. 31-40, 2003.
[94] Y. Cho, Incremental damage theory of particle or short fiber reinforced composite including
reinforcement damage, Shizuoka University, Hamamatsu, Japan, 1997.
[95] A. Krairi et I. Doghri, «Multi-scale damage model for mechanical High Cycle Fatigue
(HCF) of short glass fibre reinforced thermoplastics (SGFRTP),» 5Th Fatigue Design
Conference, 2013.
[96] J. Fitoussi, G. Gua et D. Baptiste, «Determination of a tridimensionnal failure criterion at
the fibre/matrix interface of an organic-matric/discontinuous reinforcements composite,»
Composites Science and Technology, vol. 56, pp. 755-760, 1996.
[97] F. Meraghni, C. Blakeman et M. Benzeggagh, «Effect of interfacial decohesion on stiffness
reduction in a random discontinuous-fibre composite containing matrix microcracks,»
Composites Science and Technology, vol. 56, n° 115, pp. 541-555, 1996.
[98] N. Despringre, Analyse et modélisation des mécanismes d'endommagement et de
déformation en fatigue multiaxiale de matériaux composites : polyamide renforcé par des fibres
courtes, Ecole nationale supérieure d'arts et métiers, 2015.
[99] N. Achour, Modélisation Multi-échelles et analyse expérimentale du comportement de
composites à matrice thermoplastique renforcées en fibres de verre sous sollicitations
dynamiques modérées, Ecole nationale supérieure d'arts et métiers, 2015.
[100] Fong JT (1982), What is fatigue damage ? In: Reifsnider KL (ed.), Damage in composite
materials. ASTM STP 775. American Society for Testing and Materials, pp. 243-266.
[101] Daniel IM and Charewicz A (1986), Fatigue damage mechanisms and residual properties
of graphite/epoxy laminates, Eng Fracture Mech 25(5/6), 793-808.
[102] Barnard PM, Butler RJ, and Curtis PT (1985), Fatigue scatter of UD glass epoxy, a fact or
fiction ? In: Marshall IH (ed.), Composite Structures 3, Proceedings of the third International
Conference on Composite Structures (ICCS-3), 9-11 September 1985, Scotland, Elsevier, pp. 69-
82.
[103] Hwang W and Han KS (1986a), Cumulative damage models and multi-stress fatigue life
prediction, J Composite Mat 20, 125-153.
[104] Farrow IR (1989), Damage accumulation and degradation of composite laminates under
aircraft service loading: assessment and prediction. Volumes I and II. Cranfield Institute of
Technology, Ph.D. Thesis
[105] Ellyin F and Kujawski D (1992), Fatigue testing and life prediction of fibreglass-reinforced
composites. In: Neale KW and Labossière P (eds.), First International Conference on Advanced
Composite Materials in Bridges and Structures (ACMBS-I), 1992, Sherbrooke, Québec, Canada,
Canadian Society for Civil Engineering, pp. 111-118.
166
[106] Sendeckyj GP (1990), Life prediction for resin-matrix composite materials. In: Reifsnider
KL (ed.), Fatigue of composite materials. Composite Material Series [Link], pp. 431-483.
[107] Miner MA, Cumulative damage in fatigue. J. Appl. Mech 1945; 12:A159-A164.
[108] Ellyin F and El-Kadi H (1990), A fatigue failure criterion for fiber reinforced composite
laminae, Composite Struct 15, 61-74.
[109] A. Plumtree , GX Cheng Paramètre de dommage par fatigue pour les composites renforcés
par des fibres unidirectionnelles et hors axe Int J Fatigue , 21 ( 8 ) ( 1999 ) , pp. 849 – 856
[110] Philippidis TP and Vassilopoulos AP (1999), Fatigue strength prediction under multiaxial
stress, J Composite Mat 33(17), 1578-1599.
[111] A. Gagel, B. Fiedler, K. SchulteOn modelling the mechanical degradation of fatigue
loaded glass-fibre non-crimp fabric reinforced epoxy laminates, Compos Sci Technol, 66 (2006),
pp. 657-664
[112] A.L. Highsmith and [Link], Damage in Composite Materials, ASTM STP 775,
1982, pp. 103-117.
[113] O’Brien and K.L Reifsnider, J. Compos. Mater, 15, 1981, pp. 55-70.
[114] Harris B, Fatigue behaviour of polymer-based composites and life prediction methods.
AIB-Vinçotte Leerstoel, 2 maart 1995, Belgium, Nationaal Fonds voor Wetenschappelijk
Onderzoek, 28 p.
[115] Schaff JR and Davidson BD (1997), Life prediction methodology for composite structures.
Part I - Constant amplitude and two-stress level fatigue, J Composite Mat 31(2), 128-157.
[116] Van Paepegem, W., and Degrieck, J., 2002, “A New Coupled Approach of Residual
Stiffness and Strength for Fatigue of Fibre-Reinforced Composites,” Int. J. Fatigue, 24(7), pp.
747–762.
[117] [Link] [Link] [Link] Fatigue damage model for injection-molded short glass fibre
reinforced thermoplastics, International Journal of Fatigue ,Volume 31, Issue 5, May 2009, Pages
934-942
[118] Krairi, I. Doghri/A thermodynamically-based constitutive model for thermoplastic
polymers coupling viscoelasticity, viscoplasticity and ductile damage. International Journal of
Plasticity 60 (2014) 163–181
[119] Tang et Lee, 1995 C. Tang , W. Lee Mécanique des dommages appliquée aux propriétés
élastiques des polymers Eng. Fract. Mech. , 52 ( 1995 ) , p. 717 - 729
[120] Miehe et Keck, 2000 C. Miehe , J. Keck Super imposé réponse élastique élastique-
viscoélastique-plastoélastique finie avec des dommages dans les polymères caoutchouteux
remplis. expériences, modélisation et implémentation algorithmique
J. Mech. Phys. Solids , 48 ( 2000 ) , pp. 323 – 365
[121]Balieu et al, 2013 R. Balieu , F. Lauro , B. Bennani ,R. Delille , T. Matsumoto , E. Mottola
Un modèle d'endommagement élastoviscoplastique entièrement couplé à des contraintes finies
pour un polymère semi-cristallin chargé de minéraux Int. J. Plast. ( 2013 )
167
[122] Ayoub et al., 2012 G. Ayoub , M. Naït-Abdelaziz , F. Zaïri , J. M. Gloaguen , P. Charrier
Prédiction de la durée de vie des matériaux caoutchouteux sous charge multiaxiale en utilisant
une approche de mécanique des dommages continue: effets du chargement et du ratio r
Mech. Mater. , 52 ( 2012 ) , pp. 87 - 102
[123] Ayoub et al., 2013 G. Ayoub , F. Zaïri , M. Naït-Abdelaziz , J. Gloaguen , G. Kridli
Modèle d'endommagement visco-hyperélastique pour l'adoucissement cyclique des contraintes,
l'hystérésis et la déformation permanente du caoutchouc à l'aide de la théorie de l'altération du
réseau Int. J. Plast. ( 2013 )
[124] Sidoroff, F . and Subagio, B.(1987). Fatigue damage modelling of composite materials
from bending tests. In Second European Conference on Composite Materials(ECCM-
II),volume4,pages4.32–[Link],UK,Elsevier. Proceedings.
[125] Vieillevigne, S., Jeulin, D., Renard, J., and Sicot, N. (1997). Modelling of the fatigue
behaviour of an unidirectional glass epoxy composite submitted to fatigue loadings. In Degallaix,
S., Bathias, C., and Fougères, R., editors, International Conference on fatigue of composites,
pages424–430.
[126] Hwang W and Han KS (1986a), Cumulative damage models and multi-stress fatigue life
prediction, J Composite Mat 20, 125-153.
[127] Van Paepegem, W., and Degrieck, J., 2005, “Simulating Damage and Permanent Strain in
Composites Under In-Plane Fatigue Loading,” Comput. Struct., 83(23–24), pp. 1930–1942.
[128] Van Paepegem, W., and Degrieck, J., 2003, “Modelling Damage and Permanent Strain in
Fibre-Reinforced Composites Under In-Plane Fatigue Loading,” Compos. Sci. Technol., 63(5),
pp. 677–694.
[129] Khan, Z., Al-Sulaiman, F. A., Farooqi, J. K., and Younas, M., 2001, “Fatigue Life
Predictions in Woven Carbon Fabric/Polyester Composites Based on Modulus Degradation,” J.
Reinf. Plast. Compos., 20(5), pp. 377–398.
[130] Wen, C., and Yazdani, S., 2008, “Anisotropic Damage Model for Woven Fabric
Composites During Tension-Tension Fatigue,” Compos. Struct., 82(1), pp. 127–131.
[131] Hansen, U., 1999, “Damage Development in Woven Fabric Composites During Tension-
Tension Fatigue,” J. Compos. Mater., 33(7), pp. 614–639.
[132] Broutman L.J., Sahu S., ‘A New Theory to Predict Cumulative Fatigue Damage in
Fibreglass Reinforced Plastics’, Composite Materials: Testing and Design (2nd Conference)
1972. Eds. Corten HT (American Society for Testing and Materials) STP 497, pp. 170-188.
[133] Shokrieh, M. and Lessard, L. (1997). Multiaxial fatigue behaviour of unidirectional plies
based on uniaxial fatigue experiments - 1. modelling. International Journal of fatigue, vol.19
:201–207
[134] Halpin, J., Jerina, K., and TA, J. (1973). Characterization of composites for the purpose of
reliability evaluation. In ASTM STP 521.
[135] Hahn H.T., Kim R.Y., ‘Proof Testing of Composite Materials’, J Compos Mat (1975), 9,
pp. 297
168
[136] Chou PC, Croman R. Residual strength in fatigue based on the strength-life equal rank
assumption. J Compos Mat 1978;12:177–94. [16]
[137] Chou PC, Croman R. Degradation and sudden death models of fatigue of graphite/epoxy
composites. Composite materials: testing and design (5th conference). ASTM STP, 674, 1979.
p. 431–54. Journal of. Composite Materials (1978), 12, pp. 177-194.
[138] Yang JN, Du S. An exploratory study into the fatigue of composites under spectrum
loading. J Compos Mat 1983;17:511–26.
[139] Yang JN. Fatigue and residual strength degradation for graphite/ epoxy composites under
tension-compression cyclic loading. J Compos Mat 1978;12:19–39.
[140] Sendeckyj G.P., 1991, ‘Life Prediction for Resin-Matrix Composite Materials’, in
Composite Material Series, Vol. 4, 10. Amsterdam: Elsevier, pp. 431-483.
[141] Shokrieh MM, Lessard LB. Multiaxial fatigue behaviour of unidirectional plies based on
uniaxial fatigue experiments. Experimental evaluation. Int J Fatigue 1997;19(3):209–17.
[142] Epaarachchi JA, Clausen PD. A new cumulative fatigue damage model for glass fiber
reinforced plastic composites under step/discrete loading. Compos A 2005;36:1236–45.
[143] Found MS, Quaresimin M. Two-stage fatigue loading of woven carbon fiber reinforced
laminates. Fatigue Fract Eng Mater Struct 2003;26:17–26.
[144] Hashin Z and Rotem A (1973), A fatigue criterion for fiber reinforced composite materials,
J Composite Mat 7, 448-464.
[145] Reifsnider KL and Gao Z (1991), A micromechanics model for composites under fatigue
loading, Int J Fatigue 13(2), 149-156
[146] J. Fitoussi, N. Bourgeois, G. Guo, D. Baptiste, Prediction of the anisotropic damaged
behavior of composite materials: introduction of multilocal failure criteria in a micro-macro
relationship, Computational Materials Science 5 (1996) 87–100. doi:10.1016/0927-
0256(95)00061-5.
169
[151] B. N. Nguyen, M. A. Khaleel, A mechanistic approach to damage in short-510 fiber
composites based on micromechanical and continuum damage mechanics descriptions,
Composites Science and Technology 64 (5) (2004) 607–617. doi:10.1016/S0266-
3538(03)00293-8.
[152] F. Meraghni, M. L. Benzeggagh, Micromechanical modelling of matrix degradation in
randomly oriented discontinuous-fibre composites, Composites Science and Technology 55 (2)
(1995) 171–186. doi:10.1016/0266-3538(95)00096-8.
[153] H. K. Lee, S. Simunovic, A damage constitutive model of progressive debonding in aligned
discontinuous fiber composites, International Journal of Solids and Structures 38 (5) (2001) 875–
895. doi:10.1016/520 S0020-7683(00)00060-3.
[154] H. Lee, S. Simunovic, Modeling of progressive damage in aligned and randomly oriented
discontinuous fiber polymer matrix composites, Composites Part B: Engineering 31 (2000) 77–
86. doi:10.1016/S1359-8368(99) 00070-0
[155] J. W. Ju, H. K. Lee, A micromechanical damage model for effective elastoplastic behavior
of ductile matrix composites considering evolutionary complete particle debonding, Computer
Methods in Applied Mechanics and Engineering 183 (3-4) (2000) 201–222. doi:10.1016/S0045-
7825(99) 00219-4
[156] A. Ben Cheikh Larbi, K. Sai, H. Sidhom, D. Baptiste, Constitutive Model of
Micromechanical Damage to Predict Reduction in Stiffness of a FatigueSMC Composite, Journal
of Materials Engineering and Performance 15 (5) (2006) 575–580.
doi:10.1361/105994906X124569.
[157] L. M. Kachanov, On subcritical crack growth, Mechanics Research Communications,
Volume 3, Issue 1, 1976, Pages 51-54
[158] Jain A, M Veas J, Straesser S, Van Paepegem W, Verpoest I, V. Lomov S .The Master SN
curve approach – A hybrid multi-scale fatigue simulation of short fiber reinforced composites.
Composites: Part A 2015.
[159] B. Klimkeit , Y. Nadot , S. Castagnet , C. Nadot Martin , C. Dumas , S. Bergamo , et al.
Évaluation de la résistance à la fatigue multiaxiale pour les polymères renforcés, Int J
Fatigue , 33 ( 2011 ) , pp. 766 - 780 ,
[160] A. Bernasconi , P. Davoli , A. Basile , A. Filippi Effet de l'orientation des fibres sur le
comportement à la fatigue d'un polyamide 6 renforcé de fibres de verre., Int J
Fatigue , 29 ( 2007 ) , p. 199 - 208
[161] A. Zago , GS Springer Fatigue vit des pièces thermoplastiques renforcées de fibres courtes
J Reinf Plast Compos , 20 ( 2001 ) , pp. 606 - 620
[162] M. De Monte , E. Moosbrugger , M. Quaresimin Influence de la température et de
l'épaisseur sur le comportement hors axe du polyamide 6.6 chargé de fibres cycliques Compos A
Partie Appl Sci Manuf , 41 ( 2012 ) , pp. 1368 - 13793
[163]MF Arif , N. Saintier , F. Meraghni , J. Fitoussi , Y. Chemisky , G. Robert. Caractérisation
multiscale des dommages par fatigue dans le polyamide 66 renforcé de fibres de verre. Compos
B - Eng , 61 ( 2014 ) , pp. 55 - 65 ,
170
[164] G. Meneghetti , M. Quaresimin Évaluation de la résistance à la fatigue d'un composite à
fibres courtes basé sur la dissipation thermique spécifique, Compos Part B Eng , 42 ( 2010 ) ,
pp. 217 – 225
[165] L. Jegou , Y. Marco , V. Le Saux , S. Calloch Prédiction rapide de la courbe de Wohler à
partir des mesures d'accumulation de chaleur sur un plastique renforcé de fibres courtes Int J
Fatigue , 47 ( 2013 ) , pp. 259 – 267
[166] Benveniste Y. A new approach to the application of Mori-Tanaka’s theory. Mechanics of
Materials 1987;6: 147-157.
[167] M.A. Laribi*, S. Tamboura, J. Fitoussi, R. Tiébi, A. Tcharkhtchi, H. Ben Dali. Fast fatigue
life prediction of short fiber reinforced composites using a new hybrid damage approach:
Application to SMC. Composites Part B: Engineering, Volume 139, 15 April 2018, Pages 155-
162
[168] A. Fatemi, L. Yang Cumulative fatigue damage and life prediction theories: a survey of the
state of the art for homogeneous materials Int J Fatigue, 20 (1) (1998), pp. 9-34
[169] L. Yang, A. Fatemi Cumulative fatigue damage mechanisms and quantifying parameters:
a literature review ASTM J Test Eval, 26 (2) (1998), pp. 89-100
[170] N. Post, S. Case, J. LeskoModeling the variable amplitude fatigue of composite materials:
a review and evaluation of the state of the art for spectrum loading, Int J Fatigue, 30 (12) (2008),
pp. 2064-2086
[171] Broutman L, Sahu S. A new theory to predict cumulative fatigue damage in fiberglass
reinforced plastics. In: Composite materials: testing and design (second conference) ASTM STP
497. 1972;170–88.
[172] A. Zago, G. Springer, M. Quaresimin Cumulative damage of short glass fiber reinforced
thermoplastics, J Reinf Plast Compos, 20 (2001), pp. 596-605
[173] A. Zago, G. Springer Fatigue lives of short fiber reinforced thermoplastics parts
J Reinf Plast Compos, 20 (2001), pp. 606-620
[174] C. Sonsino, E. Moosbrugger Fatigue design of highly loaded short-glass-fibre reinforced
polyamide parts in engine compartments, Int J Fatigue, 30 (2008), pp. 1279-1288
[175] J. Hartmann, E. Moosbrugger, A. BüterVariable amplitude loading with components made
of short fiber reinforced polyamide 6.6, Proc Eng, 10 (2011), pp. 2009-2015
171
CARACTERISATION ET MODELISATION DU COMPORTEMENT MICROMECANIQUE DES
MATERIAUX COMPOSITES SMC SOUS CHARGEMENT THERMOMECANIQUE DE TYPE QUASI-
STATIQUE ET FATIGUE
Résumé :
L’utilisation des matières composites est fortement conditionnée par la capacité du constructeur
ou du sous-traitant à dimensionner les structures automobiles sous divers types de chargements complexes
tel que la fatigue. Le présent travail de thèse a pour objectif de développer un outil de modélisation par
transition d’échelles couplée à une approche phénoménologique afin d’apporter une réponse à un besoin
de maîtrise du dimensionnement de pièce de structure en composite SMC (polyester chargé en fibres de
verre) soumis à des sollicitations de type fatigue sous différents niveaux de température 23°C, 80°C et -
30°C. Pour ce faire, le travail a été mené selon deux axes principaux. En premier lieu, une investigation
expérimentale sous chargement monotone et fatigue. Les résultats de l’analyse expérimentale de
l’endommagement du matériau a permis d’accéder aux données nécessaires à la construction d’un modèle
micromécanique constituant la base des approches prédictives de la durée de vie des SMC sous
chargements cycliques constituant la seconde phase de travail. Ainsi, deux approches de modélisations
hybrides phénoménologiques/micromécaniques ont été proposées. Elles sont toutes les deux basées sur
une modélisation micromécanique qui permet de traduire le comportement mécanique du matériau
d’étude sous chargement monotone avec prise en compte de la microstructure et de l’endommagement.
Ces deux approches prédictives ne nécessitent qu’un nombre limité d’essais et d’investigations
expérimentales mais restent bien fiables et pertinentes dans leurs capacités de prédire la durée de vie d’un
matériau composite SMC sous chargement en fatigue. L’approche est validée dans le cas de chargements
thermomécaniques séquentiels à température ou amplitude variable.
Abstract :
The composite materials are strongly conditioned by the ability of the company to design the
automotive structures under various complexes loadings such as fatigue. The aim of this thesis is to
develop a multi-scale modeling coupled to a phenomenological approach in order to provide a response
to the dimensioning need of structural parts subjected to cyclic loading at different temperatures of 23°C,
80°C and -30°C. By this way, the work was conducted along two main lines; firstly, an experimental
investigation under monotonic and fatigue loadings. The results of this experimental study provide the
necessary data for the construction of a micromechanical model which constitute the basis of the second
part of this work; the predictive approaches of the fatigue lifetime for SMC composite. Thus, two hybrid,
phenomenological/micromechanical, modeling approaches have been proposed. Both are based on a
micromechanical modeling that allows describing the mechanical behavior of our material under
monotonic loading, taking into account the microstructure and the damage phenomenon. These two
predictive models require only a limited number of experimental tests and investigations but remain very
reliable in their capacity to predict the lifetime of an SMC composite material under fatigue loading. The
approach is validated in the case of thermomechanical sequential loadings at variable temperatures or
amplitudes.
In the context of modeling damage in discontinuous fiber-reinforced composites, the Weibull probability function is utilized to probabilistically replace fractions of intact fibers with debonded or partially debonded fibers. This replacement strategy allows the modeling of damage evolution by creating a new phase of debonded fibers with properties differing from intact fibers. This probabilistic approach captures the variability in local microstructure and contributes to a more accurate estimation of the composite’s mechanical behavior under stress .
The fiber-matrix interfaces play a critical role in the formation and propagation of cracks in composite materials. These interfaces are the predominant sites for damage initiation, especially in SMC (Sheet Molding Compound) materials. The degradation of the fiber-matrix interface is considered the primary mechanism leading to damage, independent of the type of mechanical loading. This degradation can result in matrix cracking or fiber breaks, and the final rupture occurs when crack density reaches saturation, leading to coalescence into macroscopic cracks .
Hybrid modeling addresses dispersions in material properties caused by microstructural variations by combining micromechanical and phenomenological approaches. This methodology accommodates variability in microstructure by incorporating fine-scale detail into material behavior models, allowing for the effective correction of stiffness and failure predictions even when significant microstructural dispersion exists. Consequently, hybrid models provide robust frameworks to tackle the unpredictability of composite performance across different batches, temperatures, and loading histories, thereby offering a more universally applicable predictive tool .
The use of S-N curves presents challenges for predicting the fatigue life of composite laminates due to their dependency on specific loading configurations and material properties. S-N curves are primarily obtained under uniaxial loading conditions on unidirectional laminates, meaning their applicability is limited when facing multidirectional or mixed-mode stress states typical in composites. They also require extensive experimental data to ensure accuracy, which can be costly and time-consuming to acquire .
The micromechanical approach improves damage prediction in composites by considering the microstructural features as input parameters. This approach allows the explicit modeling of various damage mechanisms competing at the microscale, such as crack density and mechanical property degradation. By factoring in these microscopic interactions, the micromechanical approach captures the evolving microstructure under complex and variable loadings, leading to more accurate predictions of composite behavior compared to purely macroscopic methods .
The concept of a "weak spot" in composite damage models refers to localized areas at the fiber tips where damage is more likely to initiate and accumulate. These weak spots influence the plastic deformation and mechanical degradation, forming critical points within the composite structure. Incorporating this concept into simulations improves accuracy by providing a more realistic representation of damage nucleation and growth locations, which better reflects experimental observations. This alignment enhances the numerical model's predictive capacity concerning mechanical performance and failure trends .
Temperature variations significantly influence the fatigue behavior of composites under cyclic loading. For example, experiments conducted at different temperatures (23°C, 80°C, and -30°C) demonstrate that the stiffness reduction kinetics in fatigue remain consistent regardless of the applied stress amplitude. This indicates that temperature affects the rate and degree of stiffness loss, whereby lower temperatures might preserve stiffness better under identical loading conditions compared to elevated temperatures .
Local stress fields at the fiber-matrix interface crucially influence damage criteria in composites by dictating the conditions under which decohesion occurs. For instance, interfacial damage criteria often couple normal and tangential stress components to model potential failure mechanisms. A criterion, such as the Coulomb-type that involves linear coupling of normal stress (σ) and shear stress (τ) with interface resistance (R) and coupling parameter (β), is used to evaluate decohesion risk, reflecting the impact of local stress distributions at the interface on overall damage progression .
Hybrid modeling methodologies for predicting fatigue life in composites establish a link between the damage observed under monotonic loading and that during cyclic loading. These models utilize micromechanical predictions from monotonic tests to form a state equation connecting local damage rates to macro-level stiffness reduction. This relationship is then applied to cyclic conditions, leveraging the predictable correlation between monotonic and fatigue damage to enhance fatigue life predictions .
Microstructural dispersion significantly affects the fatigue life of composite materials. A higher dispersion in microstructure results in a greater reduction in stiffness during initial loading, which directly correlates to more severe microstructural damage. Consequently, this increased initial damage negatively impacts fatigue life, linking the longevity of the composite under cyclic loading to its microstructural uniformity and initial damage condition .