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Plan du travail

Introduction

I. Bibliographie de l‟auteur
1. Biographie
2. Bibliographie
II. Contexte de la publication de l‟encyclique
1. Contexte sociopolitique
2. Contexte
III. Structure et thèmes abordés par l‟encyclique
1. Structure
2. Les thèmes traités
IV. Résumé de Caritas in veritate
V. Actualisation de l‟encyclique

1
Introduction

Caritas in veritate, l‟amour dans la vérité est la troisième encyclique du Pape


Benoît XVI. En effet, après avoir publié Deus caritas est et Spe salvi, le
Pontife Romain a voulu célébrer l‟encyclique populorum progressio du pape
Paul VI ; il publie alors le 07 juillet 2009 Caritas in veritate qui devient ainsi
sa première encyclique sociale. C‟est dire qu‟outre la célébration de
Populorum progressio, la nécessité pour l‟Église de s‟intéresser à la question
sociale de l‟heure se faisait sentir. Non seulement le contexte social s‟y prêtait
mais aussi parce que depuis 18 ans l‟Église n‟était plus intervenu dans ce
domaine. La dernière encyclique sociale, Centesimus annus de Jean-Paul II,
remonte, en effet, à 1991.

Il était plusqu‟évident et nécessaire de redonner une force vitale à la charité


chrétienne et même à celle des organismes gouvernementaux et
internationaux. La vérité apparait dans ce contexte comme garante inégalée
d‟une charité véritable. Elle « préserve et exprime la force de libération de la
charité dans les événements toujours nouveaux de l‟histoire »1.

Notre travail partira d‟une revisite historique pour, premièrement, redécouvrir


l‟auteur de Caritas in veritate et, deuxièmement revoir le contexte social qui
justifie la publication de cette dernière. Ensuite, nous nous évertuerons à
analyser ladite encyclique en relevant les thèmes saillants qui la jalonnent.
Enfin, la brève présentation de Caritas in veritate nous permettra d‟aborder
son actualité.

1
Benoît XVI, Caritas in veritate, n° 1.
2
I. Bibliographie de l’auteur
1. Biographie

Le Pape Benoît XVI, de son vrai nom Joseph Ratzinger, est né à Marktl am
Inn en Allemagne, le 16 avril 1927 (un samedi saint) ; il a été baptisé le jour
même. Son père, officier de gendarmerie, était issu d‟une vieille famille
d‟agriculteurs de Bavière du Sud, aux conditions économiques très modestes.
Sa mère était fille d‟artisans de Rimsting, au bord du lac Chiem.

Son enfance et son adolescence se sont déroulées dans la petite ville de


Traunstein, près de la frontière autrichienne, à trente kilomètres de Salzbourg.
Dans ce cadre qu‟il a lui-même qualifié de « mozartien », il reçut sa formation
chrétienne, humaine et culturelle.

La période de sa jeunesse ne fut pas facile. La foi et l‟éducation reçue dans sa


famille l‟avaient préparé à affronter la dure expérience des temps où le régime
nazi entretenait un climat de forte hostilité contre l‟Église catholique. Le
jeune Joseph vit ainsi les nazis frapper de coups le curé de sa paroisse peu
avant la célébration de la Messe. Durant les derniers mois de la Deuxième
guerre mondiale, il fut enrôlé dans les services auxiliaires de défense
antiaérienne.

De 1946 à 1951, il étudie la philosophie et la théologie à l‟Institut supérieur


de Freising et à l‟Université de Munich. Il est ordonné prêtre le 29 juin 1951.
L‟année suivante, il commence à enseigner à l‟Institut supérieur de Freising.
En 1953, il obtient son doctorat en théologie avec une thèse intitulée : «
Peuple et maison de Dieu dans la doctrine de l‟Église chez saint Augustin ».

Quatre ans plus tard, sous la direction du renommé Professeur de théologie


fondamentale Gottlieb Söhngen, il obtient son habilitation à l‟enseignement
avec une dissertation sur « La théologie de l‟histoire chez saint Bonaventure
».

3
Tout en exerçant ses charges de professeur de théologie dogmatique et
fondamentale à l‟Institut supérieur de philosophie et de théologie de Freising,
il poursuit son activité d‟enseignement à Bonn, de 1959 à 1963 ; à Münster,
de 1963 à 1966 ; et à Tübingen, de 1966 à 1969. Au cours de cette dernière
année, il obtient la chaire de dogmatique et d‟histoire du dogme à l‟Université
de Ratisbone, où il exerce également la charge de vice-président de
l‟Université.

De 1962 à 1965, il contribue de façon remarquable au Concile Vatican II en


tant qu‟expert ; il assiste le Cardinal Joseph Frings, Archevêque de Cologne,
comme Conseiller théologique.

Son intense activité scientifique l‟amène à assumer d‟importantes charges au


sein de la Conférence épiscopale allemande et de la Commission théologique
internationale. En 1972, avec Hans Urs von Balthasar, Henri de Lubac et
d‟autres grands théologiens, il lance la revue théologique « Communio ».

Le 25 mars 1977, le Pape Paul VI le nomme Archevêque de Munich et


Freising. Il reçoit l‟ordination épiscopale le 28 mai suivant. Il était le
premier prêtre diocésain à assumer la charge pastorale de ce
grand diocèse bavarois depuis quatre-vingts ans. Sa devise épiscopale est : «
Collaborateur de la vérité ». À cette occasion, il expliqua lui-même : « Il me
semblait, d‟une part, que cela soulignait le lien entre mon travail de professeur
et ma nouvelle mission. Si les activités étaient différentes, il n‟en demeurait
pas moins que ce qui était en jeu c‟était toujours suivre la vérité et être à son
service. D‟autre part, j‟ai choisi cette devise parce que, dans le monde qui est
le nôtre aujourd‟hui, on oublie presque complètement le thème de la vérité,
tant cela paraît trop élevé pour l‟homme, et pourtant, si la vérité vient à
manquer, tout s‟écroule ».

Paul VI le créa cardinal au Consistoire du 27 juin 1977.

4
En 1978, il prend part au Conclave qui se tient du 25 au 26 août et qui élit
Jean-Paul Ier. Celui-ci le nomme son Envoyé spécial au IIIe Congrès
mariologique international célébré à Guayaquil (Équateur), du 16 au 24
septembre. Au mois d‟octobre de cette même année, il participe au Conclave
qui élit Jean-Paul II.

Il est rapporteur à la Ve Assemblée générale ordinaire du Synode des


Évêques, célébrée en 1980. Il est Président délégué à la VIe Assemblée
générale ordinaire, célébrée en 1983, sur « La réconciliation et
la pénitence dans la mission de l‟Église ».

Nommé par Jean-Paul II, le 25 novembre 1981, Préfet de la Congrégation


pour la Doctrine de la foi et Président de la Commission biblique pontificale
ainsi que de la Commission théologique internationale, il renonce au
gouvernement pastoral de l‟archidiocèse de Munich et Freising le 15 février
1982. Le 5 avril 1993, le Pape l‟élève au rang de Cardinal-Évêque en lui
confiant le siège suburbicaire de Velletri-Segni.

Il fut Président de la commission qui a préparé le Catéchisme de l‟Église


catholique et qui, après six années de travaux (1986-1992), présenta au Saint-
Père le nouveau Catéchisme. Le 6 novembre 1998, il est élu Vice-Doyen
du Collège des Cardinaux puis le 30 novembre 2002, il approuva son élection
comme Doyen ; lui conférant en plus, avec cette charge, le titre suburbicaire
d‟Ostie.

Le 13 novembre 2000, il est devenu Académicien honoraire de l‟Académie


pontificale des Sciences.

Au conclave de après le rappel à Dieu de Jean-Paul II, le Collège des


cardinaux élit pape …

5
Dans la Curie Romaine, il fut membre du Conseil de Cardinaux et Évêques de
la Secrétairerie d‟État, Section pour les Relations avec les États ; membre des
Congrégations suivantes : pour les Églises orientales, pour le Culte divin et la
discipline des Sacrements, pour les Évêques, pour l‟Évangélisation des
Peuples, pour l‟Éducation catholique, pour le Clergé et pour les Causes des
Saints. Il fut membre du Conseil pontifical pour la Promotion de l‟Unité des
Chrétiens et membre du Conseil pontifical pour la Culture ; membre du
Tribunal de la Signature apostolique ; et aussi des Commissions pontificales
pour l‟Amérique latine, « Ecclesia Dei », pour l‟Interprétation authentique du
Code de Droit canonique, et pour la Révision du Code des Canons des Églises
orientales.

Le 11février 2013, à la surprise générale, Benoît XVI annonce en latin devant


les cardinaux « je suis parvenu à la certitude que mes forces, en raison de
l‟avancement de mon âge, ne sont plus aptes à exercer adéquatement le
ministère pétrinien ». Le Cardinal doyen du Sacré Collège Angelo Sodano
qualifie instantanément cette renonciation d‟ « un coup de tonnerre dans un
ciel serein ». Il faut remonter au pape Célestin V le 13 décembre 1294 et au
pape Grégoire XII le 20 juillet 1415 pour rencontrer des papes renonçant à
leur charge.2 Benoit précisera quelques jours plus tard la compréhension qu‟il
donne à son acte « je n’abandonne la croix, mais je reste d’une façon
nouvelle près du Seigneur crucifié » 3 . Le 265ème pape vit depuis sa
renonciation à la charge pétrinienne à

Son ultime prise de parole fut l‟entretien qu‟il réalisa avec le Cardinal Robert
Sarah sur la question de la possibilité d‟ordonner les hommes mariés en
Amazonie. Ces travaux seront publiés sous le titre de Des profondeurs de nos
cœurs aux éditions de …

2
3
Benoît XVI, Audience générale du 27 février 2013, vatican.va
6
Il a reçu de très nombreux doctorats « honoris causa »: de la part de
l‟Université Saint-Thomas, à Saint-Paul (Minnesota, USA), en 1984 ; de
l‟Université catholique de Eichstätt (Allemagne), en 1987 ; de l‟Université
catholique de Lima (Pérou), en 1986 ; de l‟Université catholique de Lublin
(Pologne), en 1988 ; de l‟Université de Navarre (Pampelune, Espagne), en
1998 ; de l‟Université libre Santissima Maria Assunta (LUMSA, Rome), en
1999 ; de la Faculté de théologie de l‟Université de Wroclaw (Pologne), en
2000.

2. Bibliographie

Parmi ses nombreuses publications, le livre « Introduction au christianisme »


occupe une place particulière, il y reprend les cours universitaires publiés en
1968 sur la profession de foi apostolique ; il faut mentionner également
« Dogme et révélation » qui est une anthologie d‟essais, de prédications et de
réflexions sur la pastorale.

Citons quelques uns de ses écrits :

1. Benoît XVI. (2012a). Pensées sur le concile Vatican II. Parole et Silence.
2. Benoît XVI. (2013a). A l‟école de la prière à la suite du Christ. Parole et
silence.
3. Benoît XVI. (2013b). Mon testament spirituel. Bayard.
4. Benoît XVI, B. (2012b). L‟enfance de Jésus. Flammarion.
5. Benoît XVI & Peter Seewald. (2016). Dernieres Conversations : Avec Peter
Seewald [Kindle]. Fayard.
6. Benoît XVI, Ratzinger, J. (2020). La foi chrétienne hier et aujourd‟hui.
LEXIO.
7. Benoît XVI. (2006). Dieu est amour. Bayard, Cerf, Fleurus, Mame.
8. Benoît XVI. (2011). Jésus De Nazareth 2 (Vol. 2). Editions Du Rocher.
9. Benoît XVI & Sarah, C. R. (2020). Des profondeurs de nos cœurs.
FAYARD.

7
10. Benoît XVI., Seewald, P., Mannoni, N. & Mancip, O. (2010). Lumière du
monde - (Essais religieux divers) (Bayard). Bayard culture.
11. Benoît XVI. (2010). Préparons-nous à Noël Neuvaine. Salvator.
12. Benoît XVI, Seewald, P. & Demange, O. (2018). Dernières conversations
: avec Peter Seewald. Pluriel.
13. Benoît XVI. (2007a). Les apôtres et les premiers disciples du christ : aux
origines de l’église (Religions et société), Bayard). Bayard culture.
14. Benoît XVI. (2007b). Jésus de Nazareth : Du baptême dans le Jourdain à
la transfiguration (1) (Assas Éditions). Flammarion.
15. Benoît XVI. (2010). Lumière du monde (BAYARD). BAYARD
CULTURE.
16. Benoît XVI. (2011). Youcat français : Catéchisme de l’Eglise catholique
pour les jeunes. Éd. Bayard
17. Benoît XVI. (2012). Jésus de Nazareth : de l‟entrée à Jérusalem à la
résurrection. Parole et silence.
Au fil des années ses publications abondantes n‟ont cessé d‟apporter à ceux
qui voulaient approfondir la théologie un point de référence sûr. En 1985, il
publia le livre-entretien « Rapport sur la foi » et, en 1996, « Le sel de la terre
». Pour son soixante-dixième anniversaire, le livre « À l‟école de la vérité »
recueillait les réflexions de divers auteurs qui mettaient en lumière les
différents aspects de sa personnalité et de son œuvre

II. Contexte de la publication de l’encyclique


1. Contexte de la rédaction

L‟encyclique Caritas in veritate a été annoncée pour célébrer le quarantième


anniversaire de l‟encyclique de Paul VI Populorum progressio qui avait été
publiée le jour de pâques 26 mars 1967. Ainsi le pape nous donne Caritas in

8
veritate comme un grand défi pour l‟Église dans un monde sur la voie d‟une
mondialisation progressive et généralisée4.

2. Contexte de la publication

Signée le 29 juin 2009, jour de la fête des saints Apôtres Pierre et Paul, et
publiée le 07 juillet 2009, l‟encyclique Caritas in veritate avait été déjà
annoncée pour le 1er mai 2008, jour de la fête de saint Joseph, patron des
travailleurs avant d‟être plusieurs fois reportée. En effet, ce report est dû à la
crise financière de 2008, qui aurait porté le Pape à retravailler le texte lui-
même. Cette encyclique sociale, intervient à un moment clé de l‟évolution
sociale mondiale depuis Centesimus annus de Jean-Paul II pour apporter
quelques éléments originaux aux défis de l‟époque.

Benoît XVI avait assuré pour justifier ce nouveau document majeur du


Magistère sur sa pensée sociale, lors de l‟angélus du lundi 29 juin 2009, que
ce document serait « une nouvelle contribution de l‟Église destinée à
l‟humanité dans ses efforts pour un développement durable dans le plein
respect de la dignité humaine et des exigences réelles à tous ».

III. Structure et thèmes abordés par l’encyclique


1. Structure

L‟encyclique Caritas in veritate du Pape Benoît XVI est composée de


soixante-dix-sept numéros, et est subdivisée en six chapitres, dont les neuf
premiers numéros forment une introduction. L‟essentiel de sa structure se
présente comme suit :

 Introduction : du no1 au no9


 Chapitre I : „„Le message de populorum progressio’’ du no10 au no 20
 Chapitre II : „„Le développement humain aujourd‟hui‟‟ du no 21 au no
33

4
Caritas in veritate, no9
9
 Chapitre III : „„Fraternité, développement économique et société
civile‟‟ du no 34 au no 42,
 Chapitre IV : „„Développement des peuples, droits et devoirs,
environnement‟‟ du no43 au no 52,
 Chapitre V : „„La collaboration de famille humaine‟‟ du no 53 au no67
 Chapitre VI : „„le développement des peuples et la technique‟‟ du no 68
au no 77.
2. Thèmes traités

Dans l‟encyclique, le Papeévoque des problèmes de mondialisation, de crise


économique, de la pauvreté, l‟emploi des ressources financières. Le Pape
évoque aussi la question du développement intégral et surtout de la justice et
la vérité. En outre, il a été aussi question du bien commun et du droit à la
liberté religieuse. A propos de la question migratoire, l‟encyclique rappelle les
droits inaliénables de toute personne migrante.

IV. Résumé de Caritas in veritate

La vérité est la lumière qui donne sens à l‟amour. Lumière de la raison et


lumière de la foi ; raison est la lumière naturelle et la foi, la lumière
surnaturelle. (l‟amour authentique Eph 4,15) devient de facon inverse et
complémentaire (pour rendre crédible la vérité dans le concret de la vie
sociale).

Une opposition tranchée entre le contexte socioculturel présent et la vérité


éperdument relativisée

Voici les passages saillants de Caritas in Veritate consacrée au


développement humain intégral. Dans l'introduction, Benoît XVI rappelle que
la charité est la voie royale de la doctrine sociale de l'Eglise, même si elle
risque d'être mal comprise et non incluse dans le bagage éthique. Or, "un
christianisme de charité sans vérité risque de n'être qu'un catalogue de bons
sentiments, utiles pour la vie sociale mais marginaux... Le développement a
10
besoin de la vérité" et le Pape retient deux critères d'action morale provenant
du concept de charité dans la vérité. La justice et le bien commun. Tout
chrétien est appelé à la charité y compris dans son rôle social".

Le premier chapitre est consacré au message de l'Encyclique Populorum


Progressio et réaffirme l'importance fondamentale de l'Evangile pour une
société de liberté et de justice. "La foi traite du développement sans s'appuyer
sur des privilèges ou un pouvoir...mais sur le Christ seulement... Les causes
du sous-développement ne sont pas que matérielles". Elles proviennent aussi
d'un manque de fraternité entre les personnes et les peuples. Le
développement est le thème développé par le second chapitre. "La recherche
du seul profit comme but épuise la richesse et crée la pauvreté". Ainsi une
finance largement spéculative est-elle une des causes du mauvais
développement. Les flux migratoires, "souvent provoqués puis mal gérés,
ainsi que l'exploités sans règle des ressources de la terre aggravent le
phénomène. Face à ces problèmes entremêlés, le Pape propose une nouvelle
vision humaniste et l'élaboration d'un plan de développement nouveau, car la
croissance de la richesse mondiale en termes purement absolus ne fait
qu'accroître les inégalités, que crée de nouvelles pauvretés".

Au plan culturel, des interactions ouvrent de nouvelles perspectives de


dialogue, mais non sans risques, un éclectisme culturel dans lequel les
cultures seraient d'égale valeur avec le risque de plus en plus accru du
développement d‟un relativisme culturel. Quant au scandale de la faim, il
appelle une juste réforme agraire dans les pays en voie de développement.
Puis le Saint-Père souligne que le respect de la vie ne saurait d'aucune façon
être séparé de la question du développement. "Lorsqu'une société tend à
mettre en doute la sacralité de la vie et à envisager sa suppression pour ne pas
avoir à assumer le service de l'homme", elle trahit le développement dans la
vérité. Cette tendance peut aller jusqu'à la négation du droit à la liberté
11
religieuse, une violence qui culmine également dans le terrorisme
d'inspiration fondamentaliste.

Le troisième chapitre est réservé au thème de la fraternité, du développement


économique et de la société civile. Il s'ouvre par l'éloge du don, souvent mal
perçu "à cause d'une vision de la vie comme spécifiquement productive et
utilitaire. Le développement selon Benoît XVI, qui "doit être vraiment
humain, doit donner sa place au principe de gratuité". En matière de marché,
la logique mercantile doit être "soumise à la perspective du bien commun, ce
qui est de la responsabilité première de la classe politique". L'Encyclique
Centesimus Annus affirme la nécessité d'un système fondé sur le marché, l'état
et la société, et tendant à une civilisation de l'économie. On manque encore
des principes d'une économie solidaire alors que le marché et la politique ont
besoin d'acteurs formés à la solidarité. La globalisation ne doit pas être
comprise comme un simple processus socio-économique, d'autant qu'elle a
besoin "d'une orientation culturelle personnelle comme communautaire,
ouverte à la transcendance et capable de se corriger".

Le développement des peuples, les droits et les devoirs face à


l'environnement constituent les arguments du quatrième chapitre. Les
gouvernements et les instances internationales ne peuvent négliger
l'objectivité et l'intangibilité des droits, d'autant plus importantes qu'elles sont
liées à la croissance démographique. Et puis la sexualité ne devant pas être
"réduite à l'hédonisme et à la distraction", les Etats sont "appelés à appliquer
des politiques mettant la famille au centre" de l'attention sociale. Plus
généralement, l'économie a besoin d'éthique pour bien fonctionner, "mais
d'une éthique respectant la personne... dont la centralité doit être la référence
de toute action de développement, notamment en matière de coopération
internationale... Les organismes internationaux ont le devoir de s'interroger
sur l'efficacité de structures spécialisées, souvent trop coûteuses". Puis le Pape
évoque la question énergétique. L'accaparement des richesses naturelles par
12
certains Etats ou groupes de pouvoir constituent "une grave entrave au
développement des pays pauvres... Les sociétés avancées peuvent et doivent
diminuer leurs besoins en énergies...et accroître la recherche des énergies
renouvelables".

Au chapitre suivant, Benoît XVI aborde la question de la collaboration. "Le


développement des peuples dépend avant tout de la conscience que tous ont,
d'appartenir à une seule famille humaine". C‟est la raison pour laquelle le rôle
du christianisme est primordial ; il devra montrer au monde que le
développement n'est "possible que si Dieu a sa place dans la sphère publique".
Par suite, le pape évoque le principe de subsidiarité qui aide la personne "dans
l'autonomie des corps intermédiaires", puisqu'il est "la meilleure antidote
contre “l'assistancialisme...” et le meilleur agent d'humanisation de la
globalisation". Le Pape encourage les pays riches à destiner une plus grande
partie de leur PIB au développement, dans le respect des engagements. Mais il
faut aussi un plus large accès à l'éducation, au développement des personnes,
car céder au relativisme est un appauvrissement assuré, qui s'exprime jusque
dans la perversité du tourisme sexuel. "Il est désolant de constater que ceci se
développe souvent avec l'aval des pouvoirs publics locaux". Enfin, il cite les
phénomènes migratoires pour rappeler que chaque personne migrante dispose
de tous les droits humains, lesquels doivent être strictement respectés, et place
cet argument dans le contexte plus large de la nécessaire réforme de l'ONU
comme "de l'architecture économique et financière mondiale".

L'ultime chapitre de l'Encyclique traite du développement des peuples face à


la technologie, et met en garde contre la tentation prométhéenne pour laquelle
"il serait possible de refonder l'humanité grâce aux prodigues
technologiques", alors que la technologie ne dispose pas de la liberté
absolue... Le combat culturel entre absolutisme technologique et
responsabilité morale de l'homme a pour champ d'action premier la
bioéthique. La raison sans la foi est condamnée à se réduire à l'illusion de la
13
toute puissance". La question sociale anthropologique alors que la recherche
au moyen d'embryons, ou la clonation, sont développées par une culture qui
pense avoir dévoilé tout mystère". Benoît XVI craint une "planification
eugéniste des naissances, affirmant en conclusion que le développement
humain "a besoin de chrétiens tournés vers Dieu, priants, remplis d'amour et
de pardon, de renoncement et d'accueil de l'autre, de justice et de paix".

14
V. Actualisation de l’encyclique

L‟amour dans la vérité est-elle un tant soit peu respectée ou appliquée dans la
société actuelle.

Caritas in veritate (amour dans la vérité), est « une nouvelle contribution de


l‟Eglise destinée à l‟humanité dans ses efforts pour un développement durable
dans le plein respect de la dignité humaine et des exigences réelles de tous».
Les efforts actuels de développement socio-économique du continent africain
gagneraient plus en prenant en compte les paradigmes de développement
proposés par Caritas in veritate.

En outre, l‟on peut constater que le monde vit un triste éclatement et des
divisions de tout genre : entre continents, entres nations, entre rangs et classes
sociales, entre races… Selon le Populorum progressio reprit par Benoît XVI
est une situation de sous-développement dépendant essentiellement de la
responsabilité humaine.

La question du soutien des pays pauvres : Que de ressources matérielles. Il


faudrait alors un soutien économique aux pays pauvres. En Afrique
spécialement, ce soutien a été d‟une très grande aide pour Le développement
nécessite d‟être orienté. Aussi, assiste-t-on à l‟enrichissement effréné des
riches aux dépens des plus pauvres dont la situation est déjà précaire. Et ce
devant un silence complice des structures publiques nationales et
internationales. Caritas in veritate avait même demandé une reforme de
l‟ONU.) CV n° 67.

Au Togo par exemple, l‟on peut noter que certaines assistances


gouvernementales à l‟égard des plus défavorisés ne sont en réalité que des
campagnes politiques à peine voilées. Par ailleurs, la Conférence Episcopale

15
du Togo constatait avec amertume que le mensonge s‟érige en système de
gouvernance et en appelait à la conversion des cœurs.

« gvfj ;f »5

L‟encyclique a donc évoqué et développé plusieurs cas, qui exhortent à la


charité (amour) éclairée dans la vérité car sans vérité, sans confiance et sans
amour du vrai, il n‟y a pas de conscience ni de responsabilité sociale et l'agir
social devient la proie d'intérêts privés et de logiques de pouvoir, qui ont pour
effets d'entrainer la désagrégation de la société. Cependant, de nos jours,
quelles en sont les réalités ?

Malgré l‟écart de richesse et de développement qu‟ont engendré les divers


problèmes mondiaux, la liberté religieuse, les droits et devoirs, le respect du
capital naturel et cognitif sont mis en exergues. Cependant, afin d‟éviter
certains risques il serait préférable que l‟Etat soutienne les peuples et les
accompagne sur plusieurs plans. En effet, Benoit XVI promeut un
développement intégral de l‟homme (tout homme et tout homme) par sa
doctrine et par ses actes.. Une responsabilité qu‟on retrouve difficilement dans
tout le monde entier. L‟inégalité économique qu‟essaye de régler certains
gouvernements dans ce monde sont toujours d‟actualité et très excessifs avec
la croissance de l‟inflation. La négation du droit à la liberté religieuse n‟est
pas du reste. On remarque bien toutes les mascarades (emprisonnement,
terrorisme, violence, …) qui se déroulent dans certains pays du monde.
L‟amour seul dans la vérité peut moralement rendre ces acceptables. Sur le
plan social, l‟invitation faite par la Doctrine de L‟Eglise de créer des
associations de travailleurs reste de pleine actualité mais celle-ci doit être
encadrée afin de contrôler les impacts négatifs comme une instabilité qui
rendrait la vie extraprofessionnelle difficile. Selon Benoit XVI, répondre à

16
aux exigences de la justice, de la paix et de la stabilité devrait passer par une
élimination de la faim dans le monde. Une faim qui découle notamment des
carences sociales (instabilité politique …) es problèmes sont complexes et
exigent une interdisciplinarité ordonnée, relevée avec le sel de la charité, et un
lien entre sciences humaines et métaphysique.

17
Conclusion

Dans un monde où la charité a pris une forme hypocrite, l‟encyclique Caritas


in veritate s‟est voulu et se veut encore l‟alerte qui avertit les hommes du
danger que court l‟humanité en ne luttant pas contre les injustices sociales.
Tout comme Rerum novarum ( année) et Populorum progressio (année),
Caritas in veritate éclaire le chemin de l‟humanité et resitue une société où,
par des moyens technologiques, les hommes sont de plus en plus rapprochés
les uns des autres sans être frères.

Caritas in veritate apporte trois contributions essentielles : la place du don


dans la sphère économique ; l‟entreprise comme réalité humaine intégrale
(prendre en compte non seulement les intérêts du propriétaire de l‟entreprise
mais aussi ceux des travailleurs de l‟entreprise, des clients, des
fournisseurs…), et le défi de la technique (la technique n‟est jamais purement
technique. Elle manifeste l‟homme et ses aspirations au développement).

In fine, cette encyclique est une invitation adressée aux chrétiens à mener une
vie de charité exemplaire et à encourager les structures sociales à redonner à
l‟homme toute sa dignité. Cette dignité qu‟il tient du fait qu‟il est de créature
d‟un Dieu vers qui il tend avec toute sa personne, son environnement, ses
efforts quotidiens pour se réaliser ; il découvre cette présence divine peu à peu
dans ses rapports précités et comprend ainsi que Dieu est sa finalité. Car
« sans Dieu, l’homme ne sait où aller et ne parvient même pas à comprendre
qui il est »6.

6
Caritas in veritate n° 78.
18
Notes bibliographiques

PAUL VI (pape), Populorum progressio, 1967

JEAN-PAUL II (pape), Centissimo annus, 1991

Sites web :

www.vatican.va

19

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