Cours-Physico-chimie Des Interfaces
Cours-Physico-chimie Des Interfaces
Matière 1 :
Physico-chimie des interfaces
Physico-chimie des interfaces
Phénomène d’adsorption
Phénomène de
capillarité Tensions
superficielles
Applications des
phénomènes
de surfaces
Tensioactivité
Phénomène de mouillage
2
Phénomène d’adsorption
3
Chapitre 1 : Généralités sur
l’adsorption
Interface liquide-solide
Film liquide
Adsorption
4
Chapitre 1.
Généralités sur l’adsorption
Introduction générale
I. Les différents types d’adsorption
I.1. L’adsorption physique
I.2. L’adsorption chimique
I.3. La chaleur d’adsorption
II. Les facteurs influençant l’adsorption
II.1. Les caractéristiques intrinsèques de l’adsorbant
II.2. Les caractéristiques intrinsèques de l’adsorbat
II.3. Les paramètres expérimentaux de l’adsorption
II.4. L’activation des adsorbants
III. Les phénomènes d’adsorption
III.1. Le mécanisme de l’adsorption
III.2. La cinétique d’adsorption
III.3. La thermodynamique de l’adsorption
IV. Les isothermes d’adsorption
5
Généralités sur l’adsorption
Introduction – Définition
Processus d'adsorption
Adsorbat
Polluants organiques et
inorganiques
Adsorbant
Adsorbant à base de Polymère,
les charbons actifs, les zéolithes, Adsorbant
les alumines, les gels de silice, les
argiles activées .... 6
Généralités sur l’adsorption
Introduction – Définition
Adsorbat
Adsorption
Désorption
Site récepteur
Site récepteur
7
Généralités sur l’adsorption
Différents types d'adsorption
Physisorption Chimisorption
processus réversibles
monocouche ou en multicouches.
Forces d’interaction de Van der Waals : sont des attractions entre dipôles
Les interactions de Van der Waals sont de nature électrique et sont réparties, selon
Forces de Debye
10
Adsorption physique
Forces de Van der Waals
Forces de Keesom
Les forces de Keesom qui ont des effets d’orientation résultent de l’interaction entre des molécules
polaires. Il s’agit d’interaction résultent de l’interaction entre des molécules polaires de l’adsorbat
et celles de l’adsorbant dont les moments dipolaires sont permanents.
En l’absence de toute contrainte extérieure, les dipôles s’alignent pour minimiser l’énergie.
L’énergie d’interaction de Keesom EK entre les deux dipôles est donnée par l’expression suivante :
11
Adsorption physique
Forces de Van der Waals
Forces de Debye
Forces de Debye qui ont des effets d’induction résultent de l’interaction entre une molécule
polaire et une molécule apolaire qui se polarise suite à l’interaction avec la molécule
polaire. Les molécules polarisées sont alors attirées par les molécules polaires.
𝝁𝟐 𝜶 𝟏 𝑪𝑫
𝑬𝒅 (𝒅) = − ∙ =− 𝟔
(𝟒𝝅𝜺𝟎 )𝟐 𝒅𝟔 𝒅
12
Adsorption physique
Forces de Van der Waals
Forces de London
Les forces de London qui ont des effets de dispersion résultent de l’interaction entre des
molécules apolaires. Ces molécules peuvent présenter à chaque instant un moment
dipolaire dû aux mouvements relatifs des électrons et des noyaux. Bien qu’en moyenne le
moment dipôle électrique instantané.
L’énergie d’interaction de London EL est donnée par l’expression suivant :
𝟑 𝒉𝝊𝜶𝟏 𝜶𝟐 𝟏 𝑪𝑳
𝑬𝑳 (𝒅) = − ∙ =− 𝟔
𝟒(𝟒𝝅𝜺𝟎 )𝟐 𝒅𝟔 𝒅
CL : Constante de London.
h : Constante de Planck (J. s).
υ : Fréquence de vibration (Hz).
La somme des Trois effets présentés conduit à l’énergie de Van der Waals suivante :
𝑪𝑲 +𝑪𝑫 +𝑪𝑳
𝑬𝑽𝒅𝑾 (𝒅) = −
𝒅𝟔
13
Adsorption physique
Liaison hydrogène
La liaison hydrogène est une liaison de type dipôle-dipôle entre deux molécules : une molécule
possédant un atome donneur d’électrons, petit et très électronégatif (O, N, F) et une autre ayant
un atome H accepteur d’électrons (OH, HF, NH2).
La liaison hydrogène, d’énergie comprise entre 4 et 13 KJ.mol-1, se situe entre une liaison
ionique et une liaison de Van der Waals.
Certains adsorbants possèdent à leur surface de nombreuses fonctions (oxygénées, azotées, …) qui peuvent
interagir avec les molécules de l’adsorbat par liaisons hydrogène malgré l’existence d’une forte
compétition avec les molécules d’eau pour ces sites d’adsorption.
L’adsorption par rétention hydrophobe concerne particulièrement les adsorbats non ioniques et
apolaires.
Les molécules d’adsorbat apolaires interagissent avec les sites hydrophobes de l’adsorbant,
comme les chaînes aliphatiques et les dérivés riches en carbone avec peu de groupes fonctionnels.
Ces sites sont relativement accessibles car il n’y a quasiment aucune compétition avec les molécules d’eau.
Ces forces détruisent l’individualité des molécules adsorbées ; ce qui rend en générale
le processus souvent lent et irréversible.
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Différents types d'adsorption
Adsorption Chimique
Le temps de rétention est long et seule la première couche liée à la surface
adsorbante est chimiquement adsorbée. Les autres couches dans le cas où elles
existent sont retenues par physisorption.
La présence des liaisons chimiques entre l’adsorbat et l’adsorbant empêche la possibilité
de formation de multicouches.
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Différents types d'adsorption
Adsorption Chimique
L’adsorption par liaison ionique ou échange d’ions est favorisée par les interactions entre les
adsorbats cationiques ou ionisables, comme les bases faibles et les groupements ionisés ou
facilement ionisables de l’adsorbant.
Adsorption par
charbon actif
L’adsorption des molécules d’adsorbat sur la surface d’un solide peut s’effectuer sur un ou plusieurs
sites.
18
Différents types d'adsorption
Adsorption Chimique
Exemples
Adsorption de l’hydrogène moléculaire sur le
nickel : l’hydrogène se dissocie avant de s’adsorber
sur un site monoatomique.
19
Différents types d'adsorption
Adsorption physique & Adsorption Chimique
L’adsorption physique présente un intérêt particulier du fait qu’elle permet de mesurer la surface
spécifique et la taille moyenne des pores d’un solide ainsi que leur distribution. Ces
La chimisorption, quant à elle, est souvent rencontrée dans les réactions chimiques comme une étape
températures beaucoup plus élevées que celles de l’adsorption physique. Ce qui démontre que
Expérimentalement, il est possible de distinguer entre les deux types d’adsorption en utilisant les critères
20
Différents types d'adsorption
Adsorption physique & Adsorption Chimique
Critères de distinction entre l’adsorption physique et l’adsorption physique et l’adsorption chimique.
Interactions adsorbat-
Forces de nature physique Liaison chimique
adsorbant
Supérieurs à 40 KJ.mol-1
Inférieurs à 40 KJ.mol-1
Chaleur d'adsorption Exothermique et
Exothermique
endothermique
L’adsorption est favorisée par de basses L’adsorption est manifeste à hautes
Température
températures températures
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La chaleur d’adsorption
La chaleur totale
dégagement d’une chaleur Q. La quantité de chaleur totale ou intégrale ∆Htot est donnée
Q : Chaleur dégagée.
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La chaleur d’adsorption
La chaleur différentielle
𝒅𝑸
∆𝐇𝐝𝐢𝐟 = − 𝑴
𝐝𝜽
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Différents types d'adsorption
La chaleur d’adsorption
On définit le degré ou le taux de recouvrement θi d’un fluide i sur un solide donné comme étant le
rapport du nombre de moles de molécules adsorbées ni sur le nombre de moles de molécules nécessaire
à la formation d’une couche monomoléculaire nm tel que :
𝐧𝐢
𝛉𝐢 =
𝐧𝐦
ni : Nombre de moles de molécules adsorbées.
nm : Nombre de moles de molécules adsorbées nécessaire pour former une couche monomoléculaire.
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Différents types d'adsorption
La chaleur d’adsorption
Les chaleurs d’adsorption intégrale et différentielle peuvent être obtenues par des mesures
calorimétriques ou déterminées indirectement au moyen d’isothermes d’adsorption.
Aux faibles valeurs du degré de recouvrement, les chaleurs d’adsorption intégrale et différentielle sont très
proches.
Dans la plupart des cas, la chaleur d’adsorption différentielle ∆Hdif ne varie pas d’une façon linéaire en
fonction du degré de recouvrement θ.
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Différents types d'adsorption
La chaleur d’adsorption
Exemple
La chaleur d’adsorption différentielle du système H2/Ni, en fonction du degré de recouvrement.
27
Différents types d'adsorption
La chaleur d’adsorption
La chaleur de vaporisation ∆Hvap peut être exprimée par la relation de Clausius-Clapeyron relative à un
équilibre liquide-vapeur à une température T constante, Selon la relation suivante :
𝒅𝑳𝒏𝑷 ∆𝐇𝒗𝒂𝒑
=
𝒅𝑻 𝑹𝑻𝟐
P : Pression du gaz.
T : Température de processus.
R : Constante des gaz parfaits.
∆Hvap : Chaleur de vaporisation.
𝑷𝟐 ∆𝐇𝒂𝒅𝒔 𝟏 𝟏
𝑳𝒏 = ( − )
𝑷𝟏 𝑹 𝑻𝟐 𝑻𝟏
𝑻
∆𝐇𝒂𝒅𝒔 𝑻 = ∆𝐇𝒂𝒅𝒔 (𝑻𝟎 ) + ∆𝑪𝒑 𝐝𝐓
𝑻𝟎
Exercice 1
L'étude de l'adsorption de l'azote sur le noir de carbone a conduit aux
résultats, des rapports de pressions d'azote aux températures de 90 K et 77
K pour des quantités adsorbées, donnés dans le tableaux suivant :
31
Différents types d'adsorption
La chaleur d’adsorption
Exercice 2
J. Julis a étudié l'adsorption du sulfure de carbone sur la poussière de Winkler, de pouvoir
adsorbant élevé, dans l'intervalle de température -10 °C à +30 °C et a obtenu les résultats
suivants :
1. Calculer à partir de ces données les chaleurs différentielles du CS2 sur la poussière de
Winkler pour les différents degrés de recouvrement de la surface et déterminer le type
d'adsorption dans chaque cas.
2. Tracer le graphe exprimant la chaleur d'adsorption en fonction du volume adsorbé.
Commenter.
33
Exercices d'application
34
Chapitre 1.
Généralités sur l’adsorption
36
II. Les facteurs influençant l’adsorption
Introduction
3. pH du milieu
2. Temps de contact
4. Force ionique
1. Concentration de
5. Température l’adsorbat
Taille
Surface spécifique
Porosité
Résistance mécanique.
surface.
38
II. Les facteurs influençant l’adsorption
Introduction
1. Structure
7. Chaleur
d’adsorption 8. Réactivité chimique
9. Caractère
corrosif
Les adsorbants sont des substances solides utilisées pour éliminer des espèces indésirables
d’une phase liquide ou gazeuse. Ils se présentent sous une forme poudre ou granulaire.
Le choix d’un adsorbant est étroitement lié à ses propriétés physico-chimiques, mécaniques et
structurales ainsi qu’à ses caractéristiques intrinsèques en particulier sa porosité et la cinétique
d’adsorption de l’adsorbant.
40
Les facteurs influençant l’adsorption
Les caractéristiques intrinsèques
de l’adsorbant
Les adsorbants les plus fréquemment utilisés sont les charbons actifs, les zéolithes, les
alumines, les gels de silice et les argiles activées.
Les charbons actifs sont des adsorbants organophiles amorphes ayant une structure non
régulière. Cette structure amorphe se traduit par une répartition continue de taille des pores.
Les alumines activées sont des adsorbants amorphes, relativement polaires, de structure
poreuse et possédant la formule : Al2O3, 1/2H2O. La surface des pores est couverte de groupements
Al―OH et l’adsorption se fait préférentiellement par liaisons hydrogène.
Les gels de silice, sous leurs différentes formes (billes, poudres ou granulés). Sont des adsorbants
hydrophiles de structure amorphe et de porosité bien développée.
Leurs groupements Si―OH en surface conduisent à des liaisons hydrogène.
Les argiles activées sont des alumino-silicates de formule brute proche de celle des
zéolithes mais de structure cristalline différente. 41
Les facteurs influençant l’adsorption
Les caractéristiques intrinsèques
de l’adsorbant
Les principales caractéristiques physiques de quelques adsorbants sont rapportées dans le tableau.
Taille des pores, porosité interne et surface spécifique des adsorbants les plus fréquemment utilisés.
Surface spécifique
Adsorbant Taille des pores (nm) Porosité interne
(m2.g-1)
Charbons actifs 1,0 - 4,0 0,4-0,8 400-2000
Zéolithes 0,3 -0,8 0,3 – 0,4 500 – 800
Gels de silice 2,0 – 5,0 0,4 – 0,5 600 – 800
Alumines activées 1,0 – 6,0 0,3 – 0,6 200 - 400
D’autres composés, d’origine biologique tels que les déchets agricoles et les sous-
produits de l’industrie (déchets de thé, de café, sciure de bois, coquilles d’amande,
feuilles de cactus, etc.), peu coûteux, abondants et efficaces sont également utilisés
comme adsorbants.
42
Les facteurs influençant l’adsorption
Les caractéristiques intrinsèques
de l’adsorbant
La capacité d’adsorption
La quantité d’adsorbat par unité de masse d’adsorbant pour une
température donnée.
Elle dépend des caractéristiques intrinsèques de l’adsorbat et de l’adsorbant ainsi
que de plusieurs paramètres expérimentaux.
La capacité d’adsorption qads est exprimée par la relation suivante :
𝑪𝟎 − 𝑪𝒕 𝑽
𝒒𝒂𝒅𝒔 =
𝒎
qads : Capacité d’adsorption du solide adsorbant (mg.g-1).
C0 : Concentration initiale de l’adsorbat (mg.L-1).
Ct : Concentration de l’adsorbat à l’instant t (mg.L-1).
V : Volume de la solution (L).
m : Masse du solide adsorbant (g).
43
Les facteurs influençant l’adsorption
Les caractéristiques intrinsèques
de l’adsorbant
La porosité
La porosité est une grandeur physique qui joue un rôle très important pour la détermination de la
capacité d’écoulement et la rétention de l’adsorbat.
Elle est définie comme étant une fraction du volume de vide sur le volume total d’un matériau
solide donné.
La taille des pores de diamètre généralement compris entre cinq et plusieurs centaines d’Angströms et leur
distribution affectent considérablement les propriétés d’adsorption du matériau.
De nombreux solides se présentent sous forme de grains poreux du fait de la présence d’anfractuosités
(fissures, trous, ..),
Ces grains présentent une surface externe et une surface interne correspondant respectivement aux
pores inter-granulaires et intra- granulaires du solide.
La porosité
La classification des pores, est basée sur leurs tailles.
Selon le diamètre des pores, les solides sont classés en trois catégories :
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Les facteurs influençant l’adsorption
Les caractéristiques intrinsèques
de l’adsorbant
La surface spécifique
La surface totale par unité de masse d’adsorbant accessible aux
molécules d’adsorbat (exprimée en m2.g-1). Elle correspond à la surface
interne et externe d’un adsorbant et joue un rôle prépondérant dans sa
capacité d’adsorption.
La surface interne est la surface microporeuse représentée par les parois
internes des micropores.
La surface externe est celle relative aux parois des mésopores et des
macropores en plus de la surface non poreuse.
Les matériaux poreux qui possèdent une grande surface spécifique sont
considères comme étant les adsorbants les plus performants.
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Les facteurs influençant l’adsorption
Les caractéristiques intrinsèques
de l’adsorbant
Plus les particules de l’adsorbant sont fines plus sa surface spécifique augmente
La masse de l’adsorbant
atteindre une valeur optimale qui correspond à une meilleure rétention de l’adsorbat.
La polarité
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Les facteurs influençant l’adsorption
Les caractéristiques intrinsèques
de l’adsorbat
Le potentiel d’hydrogène
Le pH de la solution influe sur l’ionisation des fonctions de surface et peut affecter
la charge superficielle et la structure moléculaire de l’adsorbant.
Une meilleure adsorption est obtenue lorsque la charge globale de signe
opposé à l’ion de l’adsorbat est importante.
La polarité et la polarisabilité
La capacité d’adsorption et l’énergie d’interaction « adsorbat-adsorbant » sont
fortement influencées par les groupements fonctionnels des molécules de
l’adsorbat (alcools, aldéhydes, cétones, acides carboxyliques, amines, etc.). Ces
groupements induisent des effets de polarisabilité plus ou moins importants.
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Les paramètres expérimentaux
de l’adsorption
le taux d’adsorption est fortement influencé par plusieurs paramètres expérimentaux tels que la vitesse
d’agitation, la température, le temps de contact, etc.
La vitesse d’agitation
La vitesse d’agitation joue un rôle important dans le transfert des molécules de l’adsorbat vers l’adsorbant.
Les vitesses d’agitation utilisées sont généralement comprises entre 100 et 500 tours par
minute.
La température
La température est un paramètre thermodynamique important dans l’adsorption car elle peut
modifier les interactions moléculaires entre une phase fluide et la surface d’un solide.
En général, la quantité adsorbée à l’équilibre augmente quand la température diminue. Etant donné que le
processus d’adsorption est exothermique, les basses températures le favorisent.
Le temps de contact
Le temps de contact influe considérablement sur la capacité et le type d’adsorption.
Pour atteindre l’équilibre, il faut que le temps de contact entre les deux phases adsorbat et
adsorbant soit suffisant.
50
L’activation des adsorbants
Par conséquent cette étape, appliquée souvent aux solides adsorbants en particulier les charbons actifs,
constitue un traitement préalable à l’activation physiques ou chimique.
51
L’activation des adsorbants
L’activation chimique
L’activation chimique est un procédé appliqué en général sur les matériaux qui ont pour origine le bois à
Elle consiste à imprégner un matériau d’une solution concentrée d’agents d’activation qui sont des
L’activation physique
L’activation physique permet de développer les pores existants et d’en créer de nouveaux pour permettre
Elle est réalisée, généralement entre 700 et 1000°C, en présence d’un gaz oxydant tels que la vapeur
52
Chapitre 1.
Généralités sur l’adsorption
53
Les phénomènes d’adsorption
Le mécanisme de l'adsorption
Les études cinétiques des systèmes gaz/solide ont fait ressortir que le processus d'adsorption est
constitué de différentes étapes
54
Les phénomènes d’adsorption
Le mécanisme de l'adsorption
L'adsorption des molécules de liquide sur un solide donné se produit principalement en quatre étapes.
55
Les phénomènes d’adsorption
La cinétique d'adsorption
L'étude cinétique d'un processus d'adsorption permet de déterminer le temps nécessaire à la mise
en équilibre entre le soluté et l'adsorbant.
Elle permet aussi d'avoir des informations sur le mécanisme d'adsorption et le mode de transfert
entre les deux phases liquide et solide.
Les résultats expérimentaux des différentes études cinétiques sont utilisés pour déterminer les
mécanismes de transfert de matière lors d'un processus d'adsorption.
Compte tenu de l'équilibre, la quantité maximale adsorbée ne peut jamais être atteinte dans des
conditions classiques d'expérimentation et la réaction s'arrête quand : qt = qe et Ct = Ce
57
La cinétique d'adsorption
Le modèle de pseudo-premier ordre
L'intégration de l'équation 1.1 donne l'équation 1.2 exprimant la quantité adsorbée à l'instant t :
𝐋𝐧 𝐪𝐞 − 𝐪𝐭 = 𝐋𝐧𝐪𝐞 − 𝐤 𝟏 𝐭 (𝟏. 𝟐)
L'application de ce modèle pour un système donné peut être vérifiée en examinant la linéarité de la
droite obtenue en portant Ln (qe ― qt) en fonction du temps t.
L'ordonnée à l'origine et la pente de la droite obtenue permettent de déduire la quantité théorique qe et
la constante de vitesse du modèle de pseudo-premier ordre k1.
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La cinétique d'adsorption
Le modèle de pseudo-premier ordre
La forme linéaire :
𝐋𝐧 𝐪𝐞 − 𝐪𝐭 = 𝐋𝐧𝐪𝐞, − 𝐤 𝟏 𝐭
𝐐𝐭 = 𝐐𝐞 (𝟏 − 𝐞𝐱𝐩𝐤𝟏𝐭 )
59
La cinétique d'adsorption
Le modèle de pseudo-second ordre
L'intégration de l'équation 1.3 donne l'équation 1.4 exprimant la quantité adsorbée à l'instant t :
𝟏 𝟏
= 𝐤𝟐𝒕 + (𝟏. 𝟒)
𝒒𝒆 − 𝒒𝒕 𝒒𝒆
L'application de ce modèle pour un système donné peut être vérifiée en examinant la linéarité de la droite
𝟏
obtenue en portant en fonction du temps t.
𝐪𝐞 −𝐪𝐭
L'ordonnée à l'origine et la pente de la droite obtenue permettent de déduire la quantité théorique qe et la
constante de vitesse du modèle de pseudo-second ordre k2.
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La cinétique d'adsorption
Le modèle de pseudo-second ordre
La forme linéaire :
𝟏 𝟏
= 𝐤𝟐𝒕 +
𝒒𝒆 − 𝒒𝒕 𝒒𝒆
𝒕 𝟏 𝒕
= +
𝒒𝒕 𝒌𝟐 𝒒𝒆𝟐 𝒒𝒆
(𝐤 𝟐 𝐐𝟐𝐞 𝐭)
𝐐𝐭 =
(𝟏 + 𝐤 𝟐 𝐐𝐞 𝐭)
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La cinétique d'adsorption
Le modèle de pseudo-second ordre
À partir des valeurs des constantes de vitesse k2 on peut déterminer l'énergie d'activation Ea, en utilisant
l'équation d'Arrhenius :
𝑬𝒂 𝟏
𝐋𝐧𝒌𝟐 = 𝐋𝐧𝐀 − .
𝑹 𝑻
La linéarité de la droite obtenue en portant Lnk2 en fonction de l'inverse de la température 1/T permet de
déduire la constante d'Arrhenius A et l'énergie d'activation Ea.
62
La cinétique d'adsorption
Le modèle de diffusion
L'approche cinétique de diffusion intra-particulaire s'appuie généralement sur des travaux de Weber et
Morris (1963) portant sur l'adsorption de composés aromatiques sur charbon actif. Ces travaux montrent
que la concentration en adsorbat Ct est une fonction linéaire de la racine carrée du temps de
contact t1/2 et dont la pente donne la constante de vitesse kd.
L'expression cinétique de l'adsorption peut être présentée par les deux équations suivantes :
𝟏
𝐂𝐭 = 𝐂𝟎 − 𝐤 𝐰 . 𝐭 𝟐
Ou bien : kw : Constante de Weber.
𝑽 𝟏
𝒒𝒕 = . 𝐤𝐰. 𝐭𝟐
𝒎
63
La cinétique d'adsorption
Le modèle de diffusion
Certains auteurs ont également proposé d'autres expressions cinétiques reliant la quantité adsorbée qt à la
constante de diffusion kd dont notamment l'équation 1.6 suivant :
Les courbes obtenues sont des droites constituées d'au moins deux portions distinctes.
La première portion est attribuée à la diffusion de l'adsorbat à la surface de l'adsorbant ou à travers la
couche limite qui l'entoure.
La deuxième portion qui est une droite décrit une adsorption graduelle où la diffusion intra-
particulaire dans les pores est l'étape déterminante.
Un troisième segment de droite, attribué à l'établissement d'un équilibre enregistré après la fin de la
diffusion intra-particulaire, peut également apparaître.
64
La cinétique d'adsorption
Le modèle de diffusion
65
Thermodynamique de l'adsorption
Généralement, une transformation d'un système donné s'accompagne d’une variation de l'énergie libre
∆G qui est une fonction d'état.
Comme pour toute réaction, l'adsorption de molécules à la surface d'un solide est accompagnée d'une
variation de l'enthalpie ∆H et d'une variation de l'entropie ∆S. Ces énergies expriment les énergies
d'interaction et l'arrangement des molécules dans la phase fluide et sur la surface, respectivement.
L'énergie d'une molécule de soluté varie quand elle se rapproche de la surface pour atteindre un
minimum à une certaine distance d'un site d'adsorption.
Il est à rappeler qu'un système thermodynamique évolue toujours vers un niveau énergétique plus bas et
pour qu'une réaction soit spontanée la variation de l'énergie libre ∆G doit être négative.
Dans un processus d'adsorption, la variation de l'énergie libre ∆Gads, à pression et température constantes,
s'écrit selon l'équation 1.7 suivante :
Les paramètres thermodynamiques ∆G, ∆H et ∆S sont déterminés à partir des relations qui mettent en jeu le
coefficient de distribution Kd défini par l'équation 1.8 :
(𝐂𝟎 − 𝐂𝐞 )
𝐪𝐞 = .𝐕
𝐦
On obtient alors la nouvelle expression du coefficient de distribution Kd suivante :
67
Thermodynamique de l'adsorption
Dans un processus d'adsorption, la variation de l'énergie libre ∆Gads peut s'exprimer en fonction du
coefficient de distribution Kd selon l'équation 1.9 suivante :
68
Thermodynamique de l'adsorption
En combinant les équations 1.10 et 1.11 on obtient l'équation de Van't Hoff suivante :
69
Les isothermes d'adsorption
Les mesures expérimentales des quantités de gaz adsorbées q sur un solide adsorbant en
fonction de la pression P à température constante T permettent de représenter les
isothermes d'adsorption.
La quantité q peut être exprimée sous forme de nombre de moles n, de nombre de
molécules N, de masse m ou de volume V.
70
Les isothermes d'adsorption
L'allure des courbes permet d'émettre des hypothèses sur les différentes
interactions entre les phases en présence, les mécanismes d’adsorption mis
en jeu et la nature de l’adsorption en monocouche ou en multicouches.
Les solides peuvent se distinguer selon leurs natures (argiles, métaux, ...), leurs
surfaces spécifiques, leurs porosités et leurs degrés d'homogénéité.
71
Les isothermes d'adsorption
Les isothermes de type II, caractéristiques d'une adsorption en multicouches, sont obtenues
avec des adsorbants non poreux ou macroporeux.
Il y a apparition d'une couche polymoléculaire une fois que la couche monomoléculaire est formée.
Le point d'inflexion indique que la première couche est totalement saturée et par
conséquent la multicouche peut se former au fur et à mesure que la pression relative augmente.
L'accroissement continu de la quantité de gaz adsorbée est le signe d'une hétérogénéité
énergétique de la surface relative aux interactions adsorbat/adsorbant.
(II)
Les isothermes de type III, caractéristiques d'une adsorption en multicouches, sont obtenues avec
des adsorbants non poreux ou macroporeux.
Elles indiquent la formation de multicouches avant même que la surface du solide ne soit
totalement recouverte d'une monocouche.
Un tel comportement laisse penser que la surface du solide est hétérogène et que l'adsorption se
produit sur des sites préférentiels où les forces d'interaction sont les plus intenses.
Il est important de noter que dans ce cas l'adsorption est plus facile sur la première couche adsorbée
que l'adsorption enregistrée directement sur la surface de l'adsorbant.
(III)
Les isothermes de type IV, caractéristiques d'une adsorption en multicouches, sont obtenues
avec des gaz facilement liquéfiables et sur des solides mésoporeux.
Aux pressions relatives élevées elles présentent une hystérésis, caractéristique d'un remplissage des
mésopores par condensation capillaire, indiquant que le chemin de l'adsorption est différent
de celui de la désorption.
La surface du solide retient des molécules de l'adsorbant lors de la désorption.
(IV)
(V)
Les isothermes de type VI, en forme de paliers, sont obtenues sur des surfaces non
poreuses et homogènes.
Elles traduisent la formation successive des couches. C'est le cas de l'adsorption
d'un gaz rare ou de méthane sur le graphite.
(VI)
Il est important de noter que pour des pressions relativement élevées, les isothermes
des types IV et V sont caractérisées par la formation de boucles d'hystérésis
liées à la condensation capillaire des gaz dans les pores des adsorbants.
Ainsi, quatre formes de boucles d'hystérésis, en relation directe avec la forme des
pores et le système adsorbat/adsorbant, ont été identifiées.
Ces boucles d'hystérésis sont d'autant plus étalées en pression que le solide adsorbant
contient des pores de largeurs différentes.
Elles sont classées par l'Union Internationale de la Chimie Pure et Appliquée
(IUPAC) en quatre types.
79
Les isothermes d'adsorption
La boucle d'hystérésis H1
La boucle d'hystérésis H2
La boucle d'hystérésis H4
81
Les isothermes d'adsorption
Les six types d'isothermes d'adsorption observés dans le cas des gaz sont également
valables pour les liquides.
D'autres types d'isothermes d'adsorption des liquides sont aussi proposés par
plusieurs auteurs en particulier par Giles et ses collaborateurs.
Ces isothermes sont classées en fonction de leurs formes et de leurs pentes initiales
en quatre types et sont dénommées isothermes H, L, C et S.
82
Les isothermes d'adsorption
Les isothermes de type L
83
Les isothermes d'adsorption
Les isothermes de type H
84
Les isothermes d'adsorption
Les isothermes de type C
85
Les isothermes d'adsorption
Les isothermes de type S
Les formes des isothermes d'adsorption L et H sont les plus fréquentes notamment
dans le cas de l'adsorption de composés organiques en solution aqueuse sur des
charbons actifs. 86
Chapitre 2 : Modèles d'isothermes
d'adsorption et leurs applications
87
Introduction
Les modèles d'adsorption les plus communément utilisés sont les modèles de
88
Introduction
applications industrielles.
adsorbants et les paramètres liés aux processus d'adsorption et d'évaluer ainsi leur
faisabilité.
90
Le modèle de Langmuir
Le modèle de l'isotherme d'adsorption de Langmuir est appliqué pour l'adsorption sur des
surfaces complètement homogènes et est basé essentiellement sur les
hypothèses suivantes :
le nombre de sites d'adsorption énergétiquement équivalents est fini sur la
surface de l'adsorbant. Chaque molécule d'adsorbat est localisée sur un seul de ses
sites et par conséquent, une seule couche de molécules peut être adsorbée.
la distribution d'énergie des sites d'adsorption est uniforme et il n'existe pas
d'interaction entre les molécules adsorbées.
équilibre dynamique entre l'adsorption et la désorption.
A partir de ces hypothèses, l'équation de Langmuir est établie en supposant qu'à l'équilibre
d'adsorption, il y a autant de molécules qui s'adsorbent que de molécules qui se désorbent.
91
Le modèle de Langmuir
.
L'équation de Langmuir peut être démontrée à partir d'un raisonnement cinétique en
considérant un équilibre d'adsorption dynamique décrit selon le schéma suivant :
92
Le modèle de Langmuir
Soit un solide d'une surface unitaire pour laquelle la fraction non recouverte par les
molécules d'adsorbat ou surface libre est notée So. La surface recouverte par les molécules
est alors 1 - So (Schéma ci-après).
𝑽𝒅 = 𝑲𝒅 (𝟏 − 𝑺𝟎 )
Kd : Constante de vitesse de désorption.
A l'équilibre, les vitesses d'adsorption et de désorption sont égales :
𝑽𝒂 = 𝑽𝒅
Soit :
𝑲𝒂 . 𝑺𝟎 . 𝑷 𝑷𝟎 = 𝑲𝒅 (𝟏 − 𝑺𝟎 )
Ce qui implique que :
𝑲𝒂 𝟏 − 𝑺𝟎
. 𝑷 𝑷𝟎 = (𝟐. 𝟏)
𝑲𝒅 𝑺𝟎
94
Le modèle de Langmuir
Soit :
(qm - qe). (1 - So) = qe. So
𝟏−𝑺𝟎 𝒒𝒆
= 2.2
𝑺𝟎 𝒒𝒎 −𝒒𝒆
On définit un taux de recouvrement θ de la surface par la relation :
𝒒𝒆
𝜽= (𝟐. 𝟑)
𝒒𝒎
En introduisant l'expression du taux de recouvrement dans l'équation 2.2, on obtient
𝟏−𝑺𝟎 𝜽
l'équation 2.4 suivante : = (𝟐. 𝟒)
𝑺𝟎 𝟏−𝜽
𝑲𝒂
On pose 𝒃 = (𝟐. 𝟓)
𝑲𝒅
b : Coefficient d'adsorption.
95
Le modèle de Langmuir
𝐏 𝜽
La combinaison des équations 2.1 et 2.5 conduit à l'équation suivante : 𝐛. =
𝑷𝟎 𝟏−𝜽
𝐏
𝐛.
𝑷𝟎
On déduit alors l'équation d'état de Langmuir : 𝜽 = 𝐏
𝟏+𝐛.
𝑷𝟎
𝐏
𝐛.𝑷
𝟎
Soit : 𝒒𝒆 = 𝒒𝒎 𝐏 (2.6)
𝟏+𝐛.
𝑷𝟎
Pour une certaine masse m de solide adsorbant exprimée en grammes, on a :
𝐏
𝐛.
𝒒𝒆 𝑷𝟎
𝒎 = 𝒒𝒎 𝐏
𝟏 + 𝐛.
𝑷𝟎
La forme linéaire de l'équation mathématique de l'isotherme d'adsorption de Langmuir
𝑷 𝑷
𝑷𝟎 𝑷𝟎 𝟏
s'écrit : = +𝒒
𝒒𝒆 𝒒𝒎 𝒎𝒃
P
P0
La linéarité de la droite obtenue en portant en fonction de la pression relative P
P0
qe
𝑪𝒆
La linéarité de la droite obtenue en portant en fonction de la concentration d'adsorbat
𝒒𝒆
La forme linéaire :
𝑪𝒆 𝑪𝒆 𝟏
= +
𝒒𝒆 𝒒𝒎 𝒒𝒎 𝒃
𝐛. 𝑪𝒆
𝒒𝒆 = 𝒒 𝒎
𝟏 + 𝐛. 𝑪𝒆
98
Le modèle de Langmuir
𝟏
𝑹𝑳 = Co : Concentration initiale de l'adsorbat en solution (mol. L-1).
𝟏 + 𝒃𝑪𝟎
RL = 0 : Adsorption irréversible.
0< RL <1 : Adsorption favorable.
RL = 1 : Isotherme d'adsorption linéaire.
RL > 1 : Adsorption défavorable.
99
Le modèle de Freundlich
𝒒𝒆 = 𝒒𝒎 𝒃. 𝑷 𝑷
𝟎
Si on pose le terme qmb égal à une constante K, la quantité adsorbée qe varie linéairement
comme P à la puissance 1, soit : qe = K (P/Po) 1
100
Le modèle de Freundlich
Par contre dans le domaine des hautes pressions, le terme b. P/Po est strictement supérieur à
l'unité. L'équation 2.6 devient : qe = qm
La quantité adsorbée est indépendante de la pression. Elle est exprimée en fonction de P à la
puissance zéro, soit : qe = qm (P/Po) °
𝐛.𝑷 𝑷
Aux pressions intermédiaires, l'équation d'état de Langmuir s’écrit : 𝒒𝒆 = 𝒒𝒎 𝑷
𝟎
𝟏+𝐛. 𝑷
𝟎
Dans le cas de l'adsorption des liquides, le modèle de Freundlich est défini par l'équation
suivante : qe = K Ce1/n
qe : Quantité de liquide adsorbée à l'équilibre (mg).
Ce : Concentration de l'adsorbat en solution à l'équilibre (mol. L-1).
K et n : Paramètres caractéristiques du système adsorbat/adsorbant.
Il convient de remarquer que si la valeur de n tend vers 1, l'isotherme d'adsorption devient
linéaire et est de type C.
La forme linéaire de l'équation mathématique de l'isotherme d'adsorption de Freundlich s'écrit
𝟏
: 𝑳𝒏𝒒𝒆 = 𝑳𝒏𝑪𝒆 + 𝑳𝒏𝑲
𝒏
La forme linéaire :
𝟏
𝑳𝒏𝒒𝒆 = 𝑳𝒏𝑪𝒆 + 𝑳𝒏𝑲
𝒏
qe = K Ce1/n
103
Le modèle de Brunauer-Emmett-Teller
(BET)
Le modèle de l'isotherme d'adsorption de BET est décrit par l'équation mathématique suivante :
𝒒𝒆 𝑪. 𝑷 𝑷𝟎
=
𝒒𝒎 (𝟏 − 𝑷 𝑷𝟎 )(𝟏 + 𝑪 − 𝟏 . 𝑷 𝑷𝟎 )
Brunauer, Emmett et Teller ont généralisé la théorie de Langmuir pour son application dans le cas de
l'adsorption en multicouches.
L'équation mathématique de l'isotherme d'adsorption de BET peut être démontrée à partir d'un
raisonnement cinétique en considérant un équilibre d'adsorption dynamique.
105
Le modèle de Brunauer-Emmett-Teller
(BET)
Considérons un solide d'une surface S répartie en plusieurs fractions telles que : So, S1, S2, S3,...., Sn,
Surfaces recouvertes respectivement par 0, 1, 2, 3, ..., n couches de molécules selon le schéma suivant :
107
Le modèle de Brunauer-Emmett-Teller
(BET)
Une hypothèse fondamentale faite à ce stade est de considérer que l'adsorption sur la couche d'ordre 1 et
les suivantes est identique à la condensation et réversiblement la désorption est identique à l'évaporation.
Si ce phénomène est caractérisé par la constante d'équilibre b on peut alors écrire :
𝑲𝟐 𝑲𝟑 𝑲𝟒 𝑲𝒏
= = =⋯= =𝒃
𝑲𝟐 𝑲𝟑 𝑲𝟒 𝑲𝒏
𝑲𝟏
Pour la couche d'ordre 0, on utilise la constante b1 telle que : 𝒃𝟏 =
𝑲𝟏
b : Coefficient d'adsorption à partir de la couche d'ordre 1.
b1 : Coefficient d'adsorption à partir de la couche d'ordre 0. S1 = b1. P. So
S2 = b. P. S1
On pose : ………………....
b. P = x et b1. P = C. x Sn = b. P. Sn-1
𝒃𝟏
⇒ 𝑪=
𝒃
108
Le modèle de Brunauer-Emmett-Teller
(BET)
On obtient ainsi les nouvelles expressions des surfaces S1, S2, S3, ..., Sn (équations 2.7a... 2.7d) :
S1 = C. x. So (2.7a)
S2 = x.S1 (2.7b)
S3 = x. S2 (2.7b)
……………………….
Sn = x. Sn-1 (2.7d)
Si on désigne par V le volume total de gaz adsorbé et Vm le volume nécessaire pour former une
couche monomoléculaire sur toute la surface du solide, on peut écrire :
𝑽 𝟎. 𝑺𝟎 + 𝟏. 𝑺𝟏 + 𝟐. 𝑺𝟐 + 𝟑. 𝑺𝟑 + ⋯ + 𝒏. 𝑺𝒏
=
𝑽𝒎 𝑺𝟎 + 𝑺𝟏 + 𝑺𝟐 + 𝑺𝟑 + ⋯ + 𝑺𝒏
109
Le modèle de Brunauer-Emmett-Teller
(BET)
En exprimant l'équation précédente en fonction des nouvelles expressions des surfaces S1, S2, S3, ..., Sn
(équations 2.7a... 2.7d), on obtient l'équation suivante :
𝑽 𝑪. 𝒙. 𝑺0 + 2. 𝑪. 𝒙2 . 𝑺0 + 3. 𝑪. 𝒙3 . 𝑺0 + ⋯ + 𝒏. 𝑪. 𝒙𝒏 . 𝑺0
=
𝑽𝒎 𝑺0 + 𝑪. 𝒙. 𝑺0 + 𝑪. 𝒙2 . 𝑺0 + 𝑪. 𝒙3 . 𝑺0 + ⋯ + 𝑪. 𝒙𝒏 . 𝑺0
𝑽 𝑪. 𝒙 + 𝟐. 𝑪. 𝒙𝟐 +𝟑. 𝑪. 𝒙𝟑 + ⋯ + 𝒏. 𝑪. 𝒙𝒏
=
𝑽𝒎 𝟏 + 𝑪. 𝒙 + 𝑪. 𝒙𝟐 +𝑪. 𝒙𝟑 + ⋯ + 𝑪. 𝒙𝒏
𝑽 𝑪. 𝒙 (𝟏 + 𝟐. 𝒙 + 𝟑. 𝒙𝟐 + ⋯ + 𝒏. 𝒙𝒏−𝟏
= (𝟐. 𝟖)
𝑽𝒎 𝟏 + 𝑪 𝒙(𝟏 + 𝒙 + 𝒙𝟐 + ⋯ + 𝒙𝒏−𝟏
𝟏
𝟏 + 𝒙 + 𝒙𝟐 + 𝒙𝟑 + ⋯ + 𝒙𝒏 =
𝟏−𝒙
𝟏 𝟏
D'autre part, la dérivée de la fonction 𝟏−𝒙 est égale à (𝟏−𝒙)𝟐
110
Le modèle de Brunauer-Emmett-Teller
(BET)
L'équation 2.8 peut s'écrire alors sous la forme suivante :
𝑪. 𝒙
𝑽 (𝟏 − 𝒙)𝟐 𝑪. 𝒙 𝑪. 𝒙
= = = (𝟐. 𝟗 )
𝑽𝒎 𝟏 + 𝑪. 𝒙 𝟏 − 𝒙 𝟏 + (𝑪 − 𝟏 . 𝒙) 𝟏 − 𝒙 𝟏 + 𝑪. 𝒙 − 𝒙
(𝟏 − 𝒙)
L'équation 2.9 représente l'équation d'état de BET.
𝑽
Quand x→ 1, le rapport → ∞ et la pression P→ Po
𝑽𝒎
𝟏
⇒b P0 = 1 ⇒ b =
𝑷𝟎
𝑷 𝒃𝟏
On déduit que x = (x exprime la pression relative) et C =
𝑷𝟎 𝒃
𝑽 𝑪. 𝑷 𝑷𝟎
=
𝑽𝒎 (𝟏 − 𝑷 𝑷𝟎 )(𝟏 + 𝑪 − 𝟏 . 𝑷 𝑷𝟎 )
111
Le modèle de Brunauer-Emmett-Teller
(BET)
La constante C ou constante de BET est liée à l'affinité de la molécule adsorbée avec l'adsorbant et son
expression est définie par :
𝑬𝒂𝒅𝒔 − 𝑬𝒍
𝑪 = 𝒆𝒙𝒑
𝑹𝑻
El : Energie de liquéfaction.
T : Température absolue.
Eads = El +RTLnC
112
Le modèle de Brunauer-Emmett-Teller
(BET)
L'équation d'état de BET peut se mettre sous la forme linéaire suivante :
𝒙 𝑪−𝟏 𝟏 𝑷 𝑷𝟎 𝑪−𝟏 𝟏
= .𝒙 + Ou bien : = . 𝑷 𝑷𝟎 +
𝑽(𝟏 − 𝒙) 𝑽𝒎 𝑪 𝑽𝒎 𝑪 𝑽(𝟏 − 𝑷 𝑷𝟎 ) 𝑽𝒎 𝑪 𝑽𝒎 𝑪
𝑷 𝑷𝟎
La linéarité de la droite obtenue en portant en fonction de 𝑷 𝑷𝟎 permet de déduire,
𝑽(𝟏−𝑷 𝑷𝟎 )
Il est important de noter que l'équation de BET est seulement bien vérifiée dans le
domaine de pressions relatives P/Po suivant : 0,05 <P/Po < 0,35
Ceci est lié au fait que les interactions entre les molécules adsorbées sont minimisées et la
multicouche n'est pas encore formée.
Quand la pression relative P/P0 augmente, l'adsorption devient de plus en plus intense et un nombre de
couches important se forme. Quand la pression du gaz P s'approche de la pression de vapeur
saturante Po, le volume du gaz adsorbé tend vers l'infini et un nombre infini de couches se constitue.
113
Applications des isothermes d'adsorption
Plusieurs méthodes faisant appel à l'adsorption ont été conçues pour la détermination
de la surface spécifique.
114
Applications des isothermes d'adsorption
Détermination de la surface spécifique
Pour l'évaluation de la surface spécifique, les molécules adsorbées sont assimilées à des
sphères de rayon r et l'aire occupée par une seule molécule est désignée par σ.
115
Applications des isothermes d'adsorption
Détermination de la surface spécifique
Rigoureusement, cette surface spécifique est en réalité une surface apparente du fait que sa valeur est
déterminée en admettant qu'une monocouche se forme dans les pores de la même façon que sur une surface
plane.
Dans ce cas on admet que la monocouche formée présente un arrangement hexagonal compact. Ainsi,
l'aire σ occupée par une seule molécule d'adsorbat sur la surface de l'adsorbant est déterminée par la
relation suivante :
NA : Nombre d'Avogadro.
𝑴 𝟐 𝟑
𝝈 = 𝟏, 𝟎𝟗( ) M : Masse molaire de l'adsorbat.
𝝆𝑵𝑨
ρ : Masse volumique de l'adsorbat.
La surface spécifique, relative à un gramme de solide adsorbant, est déterminée à partir de la relation
suivante :
116
Applications des isothermes d'adsorption
Détermination de la surface spécifique
Comme la quantité de gaz adsorbée par gramme de solide est souvent exprimée en volume, il est alors
important d'exprimer le nombre de molécules nécessaire à la formation d'une monocouche Nm en
fonction du volume Vm.
Le volume de gaz adsorbé est ramené aux conditions normales de température et de pression dans
lesquelles une mole occupe 22400 mL. Ainsi, on peut écrire :
NA molécules 22400 mL
Nm molécules Vm
On peut déduire alors le nombre de molécules nécessaire à la formation d'une monocouche Nm en fonction
du volume Vm par l'expression suivante :
117
Applications des isothermes d'adsorption
Détermination de la surface spécifique
𝑽𝒎 . 𝟔, 𝟎𝟐𝟑. 𝟏𝟎𝟐𝟑
𝑺 = 𝑵𝒎 . 𝝈 = 𝝈 𝟏𝟎−𝟐𝟎 = 𝟎, 𝟐𝟔𝟗. 𝑽𝒎 . 𝝈
𝟐𝟐𝟒𝟎𝟎
⇒ S= 0,269. Vm .σ
118
Applications des isothermes d'adsorption
Détermination de la surface spécifique
Exemple
L'étude de l'adsorption de l'azote sur un silicate d'aluminium à la température de 77 K conduit
aux résultats suivants :
V (mL.g-1) 27,0 31,5 36,2 39,0 42,5 45,0 49,0
P/Po 0,05 0,10 0,15 0,20 0,25 0,30 0,35
Sachant que l'aire occupée par une molécule d'azote est 16,2 Å2, on peut déterminer la surface
spécifique du silicate d'aluminium.
Isotherme d'adsorption de
l'azote sur un silicate
d'aluminium à 77 K.
119
Applications des isothermes d'adsorption
Détermination de la surface spécifique
Exemple
Il ressort de ces résultats que la forme expérimentale de cette isotherme est de type
II correspondant à l'adsorption en multicouches et obéit à l'équation d'état de BET.
120
Applications des isothermes d'adsorption
Détermination de la porosité
Détermination du volume des pores
La porosité totale 𝝋 est définie comme étant le rapport entre le volume total des pores Vp et le volume
occupé par un solide Vs :
𝑽𝑷
𝝋=
𝑽𝑺
En pratique, la mesure directe du volume poreux Vp n'est pas facile du fait de la nécessité de compacter
le solide, entraînant sa destruction. L'écart entre le volume initial Vs et le volume final du solide après
compactage représente le volume des pores Vp.
Dans le cas des solides poreux où seule la quantité adsorbée dans les pores est considérée, la quantité
adsorbée sur la surface externe étant négligeable, on peut déterminer le volume total et le diamètre des
pores. Ainsi, plusieurs méthodes peuvent être utilisées dont celle de Gurvitch qui s'exprime par la
relation suivante :
Cette équation n'est valable que si les molécules de l'adsorbat sont suffisamment petites pour
pouvoir pénétrer dans les pores de l'adsorbant et que l'adsorbat contenu dans les pores est à
l'état liquide. Cette méthode permet de déterminer le volume total des pores.
Pour calculer le volume total des pores Vp, on peut utiliser l'isotherme d'adsorption de type
122
Applications des isothermes d'adsorption
Détermination de la porosité
Détermination du rayon des pores
L'équation de Gurvitch permet de déterminer le volume total des pores Vp et de déduire leur
rayon moyen.
Si on considère que tous les pores sont cylindriques de profondeur moyenne L, de surface S
et de rayon moyen r, on peut écrire : 𝑽𝑷 𝝅𝒓𝟐 𝑳 𝒓
= =
𝑺 𝟐𝝅𝒓𝑳 𝟐
𝟐𝑽𝒑
On déduit ainsi le rayon moyen des pores par la relation suivante : 𝒓=
𝑺
Cette équation n'est pas rigoureuse du fait que les approximations concernant la forme, la
longueur et la taille des pores sont difficilement vérifiables expérimentalement.
D'autre part, le rayon des pores peut être déterminé en utilisant l'équation de Kelvin:
123
Applications des isothermes d'adsorption
Détermination de la porosité
Détermination du rayon des pores
Sachant que le volume molaire du gaz liquéfié Vm représente le rapport de la masse molaire M sur la
masse volumique du gaz liquéfié, on peut écrire alors :
𝑷 𝟐𝜸𝑽𝒎
𝑳𝒏 =−
𝑷𝟎 𝑹𝑻𝒓
Exemple
Détermination du rayon des pores dans le cas de l'adsorption de l'azote sur un solide poreux, sachant que :
Pour calculer l'épaisseur eF du film adsorbé on assimile le gaz adsorbé à un liquide. L'épaisseur d'une
monocouche adsorbée eC, souvent exprimée en angström, peut être déterminée à partir de la relation
suivante :
Exemple
Dans le cas où le gaz liquéfié est l'azote, on peut déterminer l'épaisseur d'une monocouche ec sachant que :M = 28 g.mol-1 ;
ρ = 0,808 g. L-1 ; σ=16,2 Å2 ; NA = 6,023.1023.
L'utilisation des isothermes d'adsorption permet aussi d'étudier la variation de l'épaisseur du film
adsorbé eF en fonction de la pression relative P/Po.
Exemple
Dans le cas où l'isotherme d'adsorption obéit au modèle de BET, on utilise l'équation suivante :
𝑽𝒂 𝑪. 𝑷 𝑷𝟎
=
𝑽𝒎 (𝟏 − 𝑷 𝑷𝟎 )(𝟏 + 𝑪 − 𝟏 . 𝑷 𝑷𝟎 )
Si on admet que la constante d'adsorption C>>1, soit les valeurs de C.P/P0>>1, l'équation de BET devient :
𝑽𝒂 𝟏
= (𝟐. 𝟏𝟏)
𝑽𝒎 𝟏 − 𝑷 𝑷 𝟎
Dans le cas de l'azote où l'épaisseur d'une monocouche ec est égale à 3,55Å, la combinaison des équations 2.10 et 2.11
permet de déterminer la variation de l'épaisseur du film adsorbé ep en fonction de la pression relative P/P0 selon la relation
suivante :
𝟑, 𝟓𝟓
𝒆𝑭 = (Å)
𝟏 − 𝑷 𝑷𝟎
126
Exercices d'application
Exercice 1
une température de 0 °C, le volume de gaz adsorbé est mesuré sous différentes
pressions P et ramené aux conditions normales. Les résultats obtenus sont rapportés
127
Exercices d'application
128
Exercices d'application
Exercice 2
L'étude de l'adsorption de l'azote à sa température d'ébullition normale 77 K sur un carbonisât de
charbon a donné les résultats suivants :
P(mmHg) 12,30 58,0 81,50 94,50 126,6 169,0 223,3 307,5 404,1
V 390,3 438,4 446,5 450,0 454,5 456,9 456,9 456,9 456,9
(mL. g-1)
𝑷 𝟏 𝑷
= +
𝑽 𝒂 𝒄
Que représentent alors les constantes a et c ? En déduire graphiquement les valeurs du coefficient
d'adsorption b et du volume d'une monocouche Vm.
4. Calculer la surface spécifique S du solide en m2.g-1, sachant que l'aire occupée par une
molécule d'azote vaut 16,2 Å2.
5. Peut-on donner une estimation de la taille des pores de cet adsorbant ? Expliquer.
130
Exercices d'application
131
Exercices d'application
Exercice 3
3. Calculer la surface spécifique du solide sachant que l'aire occupée par une
133
Bonne chance