0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
1K vues132 pages

Cours-Physico-chimie Des Interfaces

Transféré par

othman zayyounix
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
1K vues132 pages

Cours-Physico-chimie Des Interfaces

Transféré par

othman zayyounix
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

UNIVERSITÉ IBN TOFAIL

ECOLE NATIONALE SUPÉRIEURE DE CHIMIE DE


KÉNITRA
Filière : Chimie et Ingénierie de formulation &
Chimie des matériaux et Procédés
MODULE M43 : FORMULATION CHIMIQUE

Responsable : Pr. A. HSINI

Matière 1 :
Physico-chimie des interfaces
Physico-chimie des interfaces

Phénomène d’adsorption

Phénomène de
capillarité Tensions
superficielles
Applications des
phénomènes
de surfaces

Tensioactivité
Phénomène de mouillage

2
Phénomène d’adsorption

3
Chapitre 1 : Généralités sur
l’adsorption

Interface liquide-solide
Film liquide

Milieu liquide Milieu solide

Adsorption
4
Chapitre 1.
Généralités sur l’adsorption

Introduction générale
I. Les différents types d’adsorption
I.1. L’adsorption physique
I.2. L’adsorption chimique
I.3. La chaleur d’adsorption
II. Les facteurs influençant l’adsorption
II.1. Les caractéristiques intrinsèques de l’adsorbant
II.2. Les caractéristiques intrinsèques de l’adsorbat
II.3. Les paramètres expérimentaux de l’adsorption
II.4. L’activation des adsorbants
III. Les phénomènes d’adsorption
III.1. Le mécanisme de l’adsorption
III.2. La cinétique d’adsorption
III.3. La thermodynamique de l’adsorption
IV. Les isothermes d’adsorption

5
Généralités sur l’adsorption
Introduction – Définition
Processus d'adsorption

 L'adsorption est un phénomène


physico-chimique se traduisant en
particulier par une modification de
concentration à l'interface de deux
phases non miscibles.
 C’est un phénomène de surface par
lequel des molécules de gaz ou de liquides
se fixent sur les surfaces solides des Adsorbat
adsorbants selon divers processus plus ou
moins intenses

Adsorbat
Polluants organiques et
inorganiques

Adsorbant
Adsorbant à base de Polymère,
les charbons actifs, les zéolithes, Adsorbant
les alumines, les gels de silice, les
argiles activées .... 6
Généralités sur l’adsorption
Introduction – Définition

L’adsorption d’un composé chimique (organique ou minéral) à la surface


d’un solide (sol, charbon actif, zéolithe, oxyde métallique, résidus divers) est un
équilibre entre une réaction d’adsorption et la réaction inverse de désorption.

Adsorbat
Adsorption

Désorption
Site récepteur
Site récepteur

7
Généralités sur l’adsorption
Différents types d'adsorption

Deux types d'adsorption peuvent se produire selon la nature


des interactions qui retiennent l'adsorbat sur la surface de l'adsorbant
et la façon positionnement des molécules de fluide à la surface du
support :
1. Adsorption physique (physisorption).
2. Adsorption chimique (chimisorption).

Physisorption Chimisorption

Surface du substrat (adsorbant) 8


Différents types d'adsorption
Adsorption physique
Les interactions de nature physique (faible) sont
dues aux

2. Liaisons hydrogène 3. Interactions hydrophobes

1. Forces de Van der Waals


qui sont des liaisons de type électrostatique
de faible intensité,

 Ces forces ne détruisent pas l’intégrité de la molécule adsorbée.

 Les énergies d’interactions faibles variant entre 5 et 40 KJ.mol-1.

 processus réversibles
 monocouche ou en multicouches.

Physisorption  peu spécifique et généralement limité par les


phénomènes de diffusion

 souvent rapide, Dans certains cas, les vitesses d’adsorption et de désorption


sont élevées de telle sorte qu’un état d’équilibre est atteint rapidement. 9
Adsorption physique
Forces de Van der Waals

 Forces d’interaction de Van der Waals : sont des attractions entre dipôles

de faible intensité qui agissent à courte distance. Leur action s’additionne à

d’autres types d’interactions plus fortes.

 Les interactions de Van der Waals sont de nature électrique et sont réparties, selon

la nature des dipôles, en 3 catégories de forces :

Forces de Keesom Forces de London

Forces de Debye
10
Adsorption physique
Forces de Van der Waals
Forces de Keesom
Les forces de Keesom qui ont des effets d’orientation résultent de l’interaction entre des molécules
polaires. Il s’agit d’interaction résultent de l’interaction entre des molécules polaires de l’adsorbat
et celles de l’adsorbant dont les moments dipolaires sont permanents.
En l’absence de toute contrainte extérieure, les dipôles s’alignent pour minimiser l’énergie.

L’énergie d’interaction de Keesom EK entre les deux dipôles est donnée par l’expression suivante :

ε0 : Constante diélectrique relative au vide (C2.J-1. m-1).


𝟐 εr : Constante diélectrique relative au milieu (C2.J-1. m-1).
𝝁𝟏 ∙ 𝝁𝟐 𝟏 𝑪𝑲
𝑬𝑲 (𝒅) = − ∙ =− 𝟔 µ1 et µ2 : Moments dipolaires des deux molécules (C. m).
𝟒𝝅𝜺𝒓 𝜺𝟎 𝑲𝑩 𝑻𝒅𝟔 𝒅
CK : Constante de Keesom.
KB : Constante de Boltzmann (1,38.10-23 J.K-1).
T : Température absolue (K).
d : Distance entre les molécules (m).

11
Adsorption physique
Forces de Van der Waals
Forces de Debye

 Forces de Debye qui ont des effets d’induction résultent de l’interaction entre une molécule

polaire et une molécule apolaire qui se polarise suite à l’interaction avec la molécule

polaire. Les molécules polarisées sont alors attirées par les molécules polaires.

 L’énergie d’interaction de Debye ED entre la molécule polaire de moment µ et une

molécule voisine de polarisabilité α est donnée par l’expression suivante :

𝝁𝟐 𝜶 𝟏 𝑪𝑫
𝑬𝒅 (𝒅) = − ∙ =− 𝟔
(𝟒𝝅𝜺𝟎 )𝟐 𝒅𝟔 𝒅

α : Polarisabilité de la molécule (C2. m-1 .J-1).


CD : Constante de Debye.

12
Adsorption physique
Forces de Van der Waals
Forces de London
 Les forces de London qui ont des effets de dispersion résultent de l’interaction entre des
molécules apolaires. Ces molécules peuvent présenter à chaque instant un moment
dipolaire dû aux mouvements relatifs des électrons et des noyaux. Bien qu’en moyenne le
moment dipôle électrique instantané.
 L’énergie d’interaction de London EL est donnée par l’expression suivant :

𝟑 𝒉𝝊𝜶𝟏 𝜶𝟐 𝟏 𝑪𝑳
𝑬𝑳 (𝒅) = − ∙ =− 𝟔
𝟒(𝟒𝝅𝜺𝟎 )𝟐 𝒅𝟔 𝒅
CL : Constante de London.
h : Constante de Planck (J. s).
υ : Fréquence de vibration (Hz).

La somme des Trois effets présentés conduit à l’énergie de Van der Waals suivante :

𝑪𝑲 +𝑪𝑫 +𝑪𝑳
𝑬𝑽𝒅𝑾 (𝒅) = −
𝒅𝟔
13
Adsorption physique
Liaison hydrogène

 La liaison hydrogène est une liaison de type dipôle-dipôle entre deux molécules : une molécule
possédant un atome donneur d’électrons, petit et très électronégatif (O, N, F) et une autre ayant
un atome H accepteur d’électrons (OH, HF, NH2).
 La liaison hydrogène, d’énergie comprise entre 4 et 13 KJ.mol-1, se situe entre une liaison
ionique et une liaison de Van der Waals.
 Certains adsorbants possèdent à leur surface de nombreuses fonctions (oxygénées, azotées, …) qui peuvent
interagir avec les molécules de l’adsorbat par liaisons hydrogène malgré l’existence d’une forte
compétition avec les molécules d’eau pour ces sites d’adsorption.

Adsorption par liaison hydrogène sur silice aminée. 14


Adsorption physique
Rétention hydrophobe

 L’adsorption par rétention hydrophobe concerne particulièrement les adsorbats non ioniques et

apolaires.

 Les molécules d’adsorbat apolaires interagissent avec les sites hydrophobes de l’adsorbant,

comme les chaînes aliphatiques et les dérivés riches en carbone avec peu de groupes fonctionnels.

 Ces sites sont relativement accessibles car il n’y a quasiment aucune compétition avec les molécules d’eau.

Adsorption par rétention hydrophobe sur silice à chaîne aliphatique 15


Différents types d'adsorption
Adsorption Chimique

 Les interactions de nature chimique sont responsables des liaisons chimiques


entre atomes ou ions. Elles correspondent à des forces de plus grande
intensité de type liaison covalente, ionique ou métallique dont les énergies
mise en jeu sont plus élevées (40 ― 400 KJ.mol-1).

 Ces forces détruisent l’individualité des molécules adsorbées ; ce qui rend en générale
le processus souvent lent et irréversible.

 Ce processus, favorisé à température élevée, est caractérisé par une fixation de


l’adsorbat sur des sites d’adsorption très spécifiques.

16
Différents types d'adsorption
Adsorption Chimique

La chimisorption s’accompagne d’une forte variation d’énergie d’activation et


implique un transfert d’électrons entre l’adsorbat et les couches atomiques
superficielles de l’adsorbant.
 Elle modifie les propriétés du solide étudié contrairement à l’adsorption physique.

Le temps de rétention est long et seule la première couche liée à la surface
adsorbante est chimiquement adsorbée. Les autres couches dans le cas où elles
existent sont retenues par physisorption.

La présence des liaisons chimiques entre l’adsorbat et l’adsorbant empêche la possibilité
de formation de multicouches.

17
Différents types d'adsorption
Adsorption Chimique
 L’adsorption par liaison ionique ou échange d’ions est favorisée par les interactions entre les
adsorbats cationiques ou ionisables, comme les bases faibles et les groupements ionisés ou
facilement ionisables de l’adsorbant.

Adsorption par

échange d’ions sur

charbon actif

 L’existence de telles liaisons impose des conditions de localisation de l’adsorption à l’endroit où la


formation de la liaison est la plus favorable : site d’adsorption.

 L’adsorption des molécules d’adsorbat sur la surface d’un solide peut s’effectuer sur un ou plusieurs
sites.

18
Différents types d'adsorption
Adsorption Chimique

Exemples
 Adsorption de l’hydrogène moléculaire sur le
nickel : l’hydrogène se dissocie avant de s’adsorber
sur un site monoatomique.

 Adsorption du monoxyde de carbone sur le nickel


sur un site biatomique :

19
Différents types d'adsorption
Adsorption physique & Adsorption Chimique

 L’adsorption physique présente un intérêt particulier du fait qu’elle permet de mesurer la surface

spécifique et la taille moyenne des pores d’un solide ainsi que leur distribution. Ces

caractéristiques sont déterminantes pour un adsorbant.

 La chimisorption, quant à elle, est souvent rencontrée dans les réactions chimiques comme une étape

intermédiaire. L’identification et la connaissance du comportement des espèces chimisorbées sont

directement impliquées dans la réaction catalytique où intervient la chimisorption se déroulent à des

températures beaucoup plus élevées que celles de l’adsorption physique. Ce qui démontre que

l’adsorption chimique met en œuvre une véritable réaction chimique de surface.

Expérimentalement, il est possible de distinguer entre les deux types d’adsorption en utilisant les critères

mentionnés dans le tableau suivant.

20
Différents types d'adsorption
Adsorption physique & Adsorption Chimique
Critères de distinction entre l’adsorption physique et l’adsorption physique et l’adsorption chimique.

Caractéristiques Adsorption physique Adsorption chimique

Interactions adsorbat-
Forces de nature physique Liaison chimique
adsorbant
Supérieurs à 40 KJ.mol-1
Inférieurs à 40 KJ.mol-1
Chaleur d'adsorption Exothermique et
Exothermique
endothermique
L’adsorption est favorisée par de basses L’adsorption est manifeste à hautes
Température
températures températures

L’adsorption est favorisée à fortes


Pression L’adsorption est favorisée à fortes pressions
pressions
L’équilibre d’adsorption est atteint Vitesse d’adsorption quelques fois
Cinétique
rapidement appréciable
Pas d’énergie d’activation appréciable Une énergie d’activation peut être
Energie d’activation
impliquée dans le processus impliquée dans le processus
Réversibilité Processus complètement réversible Processus généralement irréversible
Nature de la couche
Adsorption en mono ou en multicouches Adsorption en monocouches
adsorbée

L’énergie d’activation de désorption sur un


L’énergie d’activation de désorption est
Désorption solide non poreux est rarement supérieure à
supérieure à 5 kJ.mol-1
quelques kilojoules par mole

Spécificité Processus non spécifique Processus spécifique


21
Différents types d'adsorption
La chaleur d’adsorption

 L’adsorption ou la fixation de molécules de gaz sur un solide restreint leurs mouvements et


s’accompagne d’une :
 Diminution du désordre ou de l’entropie d’adsorption ∆Sads,
 Diminution de l’enthalpie libre d’adsorption ∆Gads,
 Une valeur négative de l’enthalpie d’adsorption ∆Hads selon la relation relative au
deuxième principe de la thermodynamique : ∆Gads = ∆Hads – T ∆Sads

 L’adsorption est en général un phénomène exothermique qui se produit avec un


dégagement d’énergie sous forme de chaleur ∆Hads.
 Les chaleurs d’adsorption qui interviennent dans ce processus sont :
 La chaleur totale ou intégrale
 La chaleur différentielle
 La chaleur isostérique.

22
La chaleur d’adsorption
La chaleur totale

 La chaleur totale ou intégrale d’adsorption résulte de l’adsorption d’une quantité de

gaz par un solide.

 Lorsqu’une masse m de gaz est adsorbée sur un gramme de solide il y a généralement un

dégagement d’une chaleur Q. La quantité de chaleur totale ou intégrale ∆Htot est donnée

par la relation suivante :


𝑸
∆𝑯𝒕𝒐𝒕 = − 𝑴
𝒎
M : Masse molaire du gaz.

Q : Chaleur dégagée.

23
La chaleur d’adsorption
La chaleur différentielle

La chaleur différentielle d’adsorption est la quantité de chaleur libérée ou


consommée lors d’une adsorption isotherme d’une mole de gaz par une quantité
d’adsorbant ayant déjà fixé une quantité donnée d’adsorbat.

Elle représente la quantité de chaleur dQ par mole associée à une variation


élémentaire du taux de recouvrement dθ de la surface du solide quand le gaz de masse
molaire M s’y adsorbe.
La chaleur différentielle ∆Hdif est donnée par la relation suivante :

𝒅𝑸
∆𝐇𝐝𝐢𝐟 = − 𝑴
𝐝𝜽

24
Différents types d'adsorption
La chaleur d’adsorption
 On définit le degré ou le taux de recouvrement θi d’un fluide i sur un solide donné comme étant le
rapport du nombre de moles de molécules adsorbées ni sur le nombre de moles de molécules nécessaire
à la formation d’une couche monomoléculaire nm tel que :
𝐧𝐢
𝛉𝐢 =
𝐧𝐦
 ni : Nombre de moles de molécules adsorbées.
 nm : Nombre de moles de molécules adsorbées nécessaire pour former une couche monomoléculaire.

 La chaleur d’adsorption varie avec le degré de recouvrement.


 Expérimentalement, il a été montré que la chaleur d’adsorption diminue avec l’augmentation du
degré de recouvrement.
 Les forces d’interaction entre les molécules du gaz et celles du solide diminuent et que
les interactions entre les molécules du gaz augmentent.

Degré de recouvrement d’un solide par


les molécules d’un gaz : interaction gaz-
solide (a) et interaction gaz-gaz (b).

25
Différents types d'adsorption
La chaleur d’adsorption
 Les chaleurs d’adsorption intégrale et différentielle peuvent être obtenues par des mesures
calorimétriques ou déterminées indirectement au moyen d’isothermes d’adsorption.
 Aux faibles valeurs du degré de recouvrement, les chaleurs d’adsorption intégrale et différentielle sont très
proches.

 Les valeurs des chaleurs d’adsorption initiales de certains systèmes gaz/solide


obtenues avec un degré de recouvrement nul et exprimées en Kcal.mol-1 sont :

Système H2/platine H2/fer O2/tungstène


∆Hads 18 32 43

Dans la plupart des cas, la chaleur d’adsorption différentielle ∆Hdif ne varie pas d’une façon linéaire en
fonction du degré de recouvrement θ.

26
Différents types d'adsorption
La chaleur d’adsorption

Exemple
La chaleur d’adsorption différentielle du système H2/Ni, en fonction du degré de recouvrement.

Variation de la chaleur d’adsorption


différentielle en fonction du degré de
recouvrement de H2/Ni.

27
Différents types d'adsorption
La chaleur d’adsorption
La chaleur de vaporisation ∆Hvap peut être exprimée par la relation de Clausius-Clapeyron relative à un
équilibre liquide-vapeur à une température T constante, Selon la relation suivante :

𝒅𝑳𝒏𝑷 ∆𝐇𝒗𝒂𝒑
=
𝒅𝑻 𝑹𝑻𝟐
P : Pression du gaz.
T : Température de processus.
R : Constante des gaz parfaits.
∆Hvap : Chaleur de vaporisation.

 Si le processus d’adsorption est réversible, il devient comparable au processus de condensation d’une


vapeur :

Par analogie la relation de Clausius-Clapeyron, pour un


équilibre vapeur-solide (phase gazeuse-phase condensée) relatif
au processus d’adsorption à un degré de recouvrement constant,
s’écrit :
𝒅𝑳𝒏𝑷 ∆𝐇𝒂𝒅𝒔 ∆𝐇𝒅𝒆𝒔
=− =
𝒅𝑻 𝑹𝑻𝟐 𝑹𝑻𝟐
∆Hads : Chaleur d’adsorption.
∆Hdes : Chaleur de désorption.
28
Différents types d'adsorption
La chaleur d’adsorption
Pour calculer la chaleur d’adsorption ∆Hads, on a souvent recours à la chaleur isostérique
d’adsorption Qist telle que :
𝐐𝐢𝐬𝐭 = −∆𝐇𝐚𝐝𝐬
On a alors :
𝒅𝑳𝒏𝑷 ∆𝐇𝒂𝒅𝒔 𝐐𝒊𝒔𝒕
=− =
𝒅𝑻 𝑹𝑻𝟐 𝑹𝑻𝟐
 Dans le cas où la variation de la température est faible (∆T ≈ 10°C), on peut supposer que la
chaleur d’adsorption ∆Hads est constante.
 L’intégration de l’équation précédente entre les températures T1 et T2. Correspondant
respectivement aux pressions P1 et P2. Est donnée par l’expression suivante :
𝑷𝟐
∆𝐇𝒂𝒅𝒔 𝑻𝟐 𝒅𝑻
𝒅𝑳𝒏𝑷 = − 𝟐
𝑷𝟏 𝑹 𝑻𝟏 𝑻

𝑷𝟐 ∆𝐇𝒂𝒅𝒔 𝟏 𝟏
𝑳𝒏 = ( − )
𝑷𝟏 𝑹 𝑻𝟐 𝑻𝟏

On déduit alors l’expression de la chaleur d’adsorption ∆Hads :


𝑷
𝑹𝑻𝟏 𝑻𝟐 𝑳𝒏𝑷𝟐
𝟏
∆𝑯𝒂𝒅𝒔 =
𝑻𝟏 −𝑻𝟐
29
Différents types d'adsorption
La chaleur d’adsorption

 Dans le cas où la différence de température entre T1 et T2 est importante,


la chaleur d’adsorption varie avec la température.
 On note une différence entre les capacités molaires partielles de l’adsorbat en
phase gazeuse et de l’adsorbat à l’état adsorbé à pression et composition
constantes ∆Cp.

 La loi de Kirchhoff est :

𝑻
∆𝐇𝒂𝒅𝒔 𝑻 = ∆𝐇𝒂𝒅𝒔 (𝑻𝟎 ) + ∆𝑪𝒑 𝐝𝐓
𝑻𝟎

∆Hads (T) : Chaleur d’adsorption à la température T.


∆Hads (T0) : Chaleur d’adsorption au zéro absolu.
∆Cp : Différence des capacités molaires partielles.
30
Exercices d'application

Exercice 1
L'étude de l'adsorption de l'azote sur le noir de carbone a conduit aux
résultats, des rapports de pressions d'azote aux températures de 90 K et 77
K pour des quantités adsorbées, donnés dans le tableaux suivant :

Quantité d'azote adsorbée (V/Vm) 0,4 0,8 1,0


P90/P77 17,4 14,3 7,8

Calculer la chaleur isostérique pour chaque valeur de V/Vm et


commenter les valeurs obtenues.

31
Différents types d'adsorption
La chaleur d’adsorption
Exercice 2
J. Julis a étudié l'adsorption du sulfure de carbone sur la poussière de Winkler, de pouvoir
adsorbant élevé, dans l'intervalle de température -10 °C à +30 °C et a obtenu les résultats
suivants :
1. Calculer à partir de ces données les chaleurs différentielles du CS2 sur la poussière de
Winkler pour les différents degrés de recouvrement de la surface et déterminer le type
d'adsorption dans chaque cas.
2. Tracer le graphe exprimant la chaleur d'adsorption en fonction du volume adsorbé.
Commenter.

V Pression (mm Hg)


(mL.g-1) -10 °C 0 °C 10 °C 20 °C 30 °C
6,7 0,41 0,80 1,50 2,65 4,52
13,4 1,38 2,50 4,53 7,70 12,70
21,4 4,88 5,42 9,88 15,70 25,30
30,0 5,47 9,80 16,60 27,15 42,83
50,0 19,06 32,48 52,96 83,10 127,00
68,0 53,97 88,50 139,60 211,20 312,20 32
Exercices d'application

33
Exercices d'application

34
Chapitre 1.
Généralités sur l’adsorption

I. Les différents types d’adsorption


I.1. L’adsorption physique
I.2. L’adsorption chimique
I.3. La chaleur d’adsorption
II. Les facteurs influençant l’adsorption
II.1. Les caractéristiques intrinsèques de l’adsorbant
II.2. Les caractéristiques intrinsèques de l’adsorbat
II.3. Les paramètres expérimentaux de l’adsorption
II.4. L’activation des adsorbants
III. Les phénomènes d’adsorption
III.1. Le mécanisme de l’adsorption
III.2. La cinétique d’adsorption
III.3. La thermodynamique de l’adsorption
IV. Les isothermes d’adsorption

36
II. Les facteurs influençant l’adsorption
Introduction

 Le processus d’adsorption est fondé principalement sur deux phénomènes physico-chimiques :


 L’équilibre thermodynamique,
 La cinétique de l’adsorption.

3. pH du milieu
2. Temps de contact

4. Force ionique

1. Concentration de

5. Température l’adsorbat

Le processus d’adsorption, il est étroitement lié aux caractéristiques intrinsèques


de l’adsorbant, à la nature de l’adsorbat et à plusieurs paramètres expérimentaux 37
II. Les facteurs influençant l’adsorption
Introduction

 Les principales propriétés physiques d’un adsorbant sont :

 Taille

 Forme des grains

 Surface spécifique

 Porosité

 Résistance mécanique.

 Pour les propriétés chimiques, on cite particulièrement

 la polarité qui est directement liée à la nature des groupements en

surface.

38
II. Les facteurs influençant l’adsorption
Introduction

Les caractéristiques de l’adsorbant, sont principalement


2. Masse moléculaire
3. Solubilité dans l’eau

1. Structure

5. Température critique 4. Point


6. Mouillage d’ébullition

7. Chaleur
d’adsorption 8. Réactivité chimique

9. Caractère
corrosif

Les performances des matériaux adsorbants peuvent être améliorées en introduisant au


préalable une étape de carbonisation et/ou d’activation. La structure poreuse du matériau
à activer est fonction de la nature de l’agent activant utilisé et des conditions expérimentales. 39
Les facteurs influençant l’adsorption
Les caractéristiques intrinsèques
de l’adsorbant

Les adsorbants sont des substances solides utilisées pour éliminer des espèces indésirables
d’une phase liquide ou gazeuse. Ils se présentent sous une forme poudre ou granulaire.

Le choix d’un adsorbant est étroitement lié à ses propriétés physico-chimiques, mécaniques et
structurales ainsi qu’à ses caractéristiques intrinsèques en particulier sa porosité et la cinétique
d’adsorption de l’adsorbant.

 Selon leur structure, on distingue deux classes d’adsorbants :

Les adsorbants homogènes Les adsorbants hétérogènes

Constitués d’une seule phase, ont une Constitués de cristaux ou de


microparticules agglomérées grâce à un
même structure poreuse sur toute leur
liant de composition différente
surface
Exemples : zéolithes, tamis moléculaires
Exemples : gels de silice, charbons actifs. carbonés.

40
Les facteurs influençant l’adsorption
Les caractéristiques intrinsèques
de l’adsorbant
Les adsorbants les plus fréquemment utilisés sont les charbons actifs, les zéolithes, les
alumines, les gels de silice et les argiles activées.

Les charbons actifs sont des adsorbants organophiles amorphes ayant une structure non
régulière. Cette structure amorphe se traduit par une répartition continue de taille des pores.

Les zéolithes sont des alumino-silicates cristallisés microporeux de formule générale :


AlO2M, nSiO2, où M représente un métal alcalin ou alcalino-terreux (n≥1).
La présence de cations dans les micropores génère des champs électriques importants, ce qui leur
confère la propriété d’adsorbants polaires appropriés.

Les alumines activées sont des adsorbants amorphes, relativement polaires, de structure
poreuse et possédant la formule : Al2O3, 1/2H2O. La surface des pores est couverte de groupements
Al―OH et l’adsorption se fait préférentiellement par liaisons hydrogène.

Les gels de silice, sous leurs différentes formes (billes, poudres ou granulés). Sont des adsorbants
hydrophiles de structure amorphe et de porosité bien développée.
Leurs groupements Si―OH en surface conduisent à des liaisons hydrogène.

Les argiles activées sont des alumino-silicates de formule brute proche de celle des
zéolithes mais de structure cristalline différente. 41
Les facteurs influençant l’adsorption
Les caractéristiques intrinsèques
de l’adsorbant

Les principales caractéristiques physiques de quelques adsorbants sont rapportées dans le tableau.

Taille des pores, porosité interne et surface spécifique des adsorbants les plus fréquemment utilisés.

Surface spécifique
Adsorbant Taille des pores (nm) Porosité interne
(m2.g-1)
Charbons actifs 1,0 - 4,0 0,4-0,8 400-2000
Zéolithes 0,3 -0,8 0,3 – 0,4 500 – 800
Gels de silice 2,0 – 5,0 0,4 – 0,5 600 – 800
Alumines activées 1,0 – 6,0 0,3 – 0,6 200 - 400

D’autres composés, d’origine biologique tels que les déchets agricoles et les sous-
produits de l’industrie (déchets de thé, de café, sciure de bois, coquilles d’amande,
feuilles de cactus, etc.), peu coûteux, abondants et efficaces sont également utilisés
comme adsorbants.

42
Les facteurs influençant l’adsorption
Les caractéristiques intrinsèques
de l’adsorbant

La capacité d’adsorption
 La quantité d’adsorbat par unité de masse d’adsorbant pour une
température donnée.
 Elle dépend des caractéristiques intrinsèques de l’adsorbat et de l’adsorbant ainsi
que de plusieurs paramètres expérimentaux.
 La capacité d’adsorption qads est exprimée par la relation suivante :

𝑪𝟎 − 𝑪𝒕 𝑽
𝒒𝒂𝒅𝒔 =
𝒎
qads : Capacité d’adsorption du solide adsorbant (mg.g-1).
C0 : Concentration initiale de l’adsorbat (mg.L-1).
Ct : Concentration de l’adsorbat à l’instant t (mg.L-1).
V : Volume de la solution (L).
m : Masse du solide adsorbant (g).

43
Les facteurs influençant l’adsorption
Les caractéristiques intrinsèques
de l’adsorbant

La porosité
 La porosité est une grandeur physique qui joue un rôle très important pour la détermination de la
capacité d’écoulement et la rétention de l’adsorbat.
 Elle est définie comme étant une fraction du volume de vide sur le volume total d’un matériau
solide donné.
 La taille des pores de diamètre généralement compris entre cinq et plusieurs centaines d’Angströms et leur
distribution affectent considérablement les propriétés d’adsorption du matériau.
 De nombreux solides se présentent sous forme de grains poreux du fait de la présence d’anfractuosités
(fissures, trous, ..),
 Ces grains présentent une surface externe et une surface interne correspondant respectivement aux
pores inter-granulaires et intra- granulaires du solide.

• pore intra-granulaire (a)

• pore inter-granulaire (b)

• surface externe (c)


44
Les facteurs influençant l’adsorption
Les caractéristiques intrinsèques
de l’adsorbant

La porosité
 La classification des pores, est basée sur leurs tailles.
 Selon le diamètre des pores, les solides sont classés en trois catégories :

Les macropores de diamètres


supérieurs à 500 Å jouent un
Les micropores de diamètres
rôle important dans la
inférieurs à 25 Å ont une taille
pénétration des gaz qui
comparable à celle des molécules
Les mésopores de diamètres s’adsorbent sur les particules du
adsorbées. Ils représentent la
compris entre 25 et 500 Å. solide. Ils représentent le lieu de
part la plus importante du
passage forcé avant d’atteindre
volume poreux total dans les
les pores les plus fins
solides microporeux
correspondant à la plus grande
part de la surface adsorbante.

45
Les facteurs influençant l’adsorption
Les caractéristiques intrinsèques
de l’adsorbant

La surface spécifique
 La surface totale par unité de masse d’adsorbant accessible aux
molécules d’adsorbat (exprimée en m2.g-1). Elle correspond à la surface
interne et externe d’un adsorbant et joue un rôle prépondérant dans sa
capacité d’adsorption.
 La surface interne est la surface microporeuse représentée par les parois
internes des micropores.
 La surface externe est celle relative aux parois des mésopores et des
macropores en plus de la surface non poreuse.
 Les matériaux poreux qui possèdent une grande surface spécifique sont
considères comme étant les adsorbants les plus performants.

46
Les facteurs influençant l’adsorption
Les caractéristiques intrinsèques
de l’adsorbant

La granulométrie des particules

 La taille des particules de l’adsorbant affecte considérablement la capacité d’adsorption.

 Plus les particules de l’adsorbant sont fines plus sa surface spécifique augmente

et l’adsorption est meilleure.

La masse de l’adsorbant

 Le nombre de sites d’adsorption augmente avec la masse de l’adsorbant jusqu’à

atteindre une valeur optimale qui correspond à une meilleure rétention de l’adsorbat.

La polarité

 les solides polaires adsorbent préférentiellement les molécules polaires et les

solides non polaires adsorbent les molécules apolaires.


47
Les facteurs influençant l’adsorption
Les caractéristiques intrinsèques
de l’adsorbat

 Les propriétés physico-chimiques telles que la solubilité, la structure, la charge et la polarité de


l’adsorbat influencent considérablement le processus d’adsorption.

 L’équilibre d’adsorption qui s’établit entre l’adsorbant et l’adsorbat dépend également de la


concentration initiale des substances adsorbables.

 Le choix de l’adsorbat est étroitement lié à son affinité avec l’adsorbant.

La taille des molécules


Pour que la molécule d’adsorbat puisse diffuser rapidement dans le volume poreux de
l’adsorbant et atteindre le site d’adsorption, elle doit pénétrer dans les pores.
La force ionique
L’adsorption des composés organiques peut être influencée par la variation de la force
ionique de la solution contenant des ions inorganiques.

48
Les facteurs influençant l’adsorption
Les caractéristiques intrinsèques
de l’adsorbat

Le potentiel d’hydrogène
 Le pH de la solution influe sur l’ionisation des fonctions de surface et peut affecter
la charge superficielle et la structure moléculaire de l’adsorbant.
 Une meilleure adsorption est obtenue lorsque la charge globale de signe
opposé à l’ion de l’adsorbat est importante.

La polarité et la polarisabilité
La capacité d’adsorption et l’énergie d’interaction « adsorbat-adsorbant » sont
fortement influencées par les groupements fonctionnels des molécules de
l’adsorbat (alcools, aldéhydes, cétones, acides carboxyliques, amines, etc.). Ces
groupements induisent des effets de polarisabilité plus ou moins importants.

49
Les paramètres expérimentaux
de l’adsorption

le taux d’adsorption est fortement influencé par plusieurs paramètres expérimentaux tels que la vitesse
d’agitation, la température, le temps de contact, etc.

La vitesse d’agitation
 La vitesse d’agitation joue un rôle important dans le transfert des molécules de l’adsorbat vers l’adsorbant.
 Les vitesses d’agitation utilisées sont généralement comprises entre 100 et 500 tours par
minute.

La température
 La température est un paramètre thermodynamique important dans l’adsorption car elle peut
modifier les interactions moléculaires entre une phase fluide et la surface d’un solide.
 En général, la quantité adsorbée à l’équilibre augmente quand la température diminue. Etant donné que le
processus d’adsorption est exothermique, les basses températures le favorisent.

Le temps de contact
 Le temps de contact influe considérablement sur la capacité et le type d’adsorption.
 Pour atteindre l’équilibre, il faut que le temps de contact entre les deux phases adsorbat et
adsorbant soit suffisant.
50
L’activation des adsorbants

 L’activation consiste à développer la structure poreuse et crées les fonctions de surfaces.


 La carbonisation est la décomposition thermique des matières carbonées où les espèces, autres que le
carbone comme l’oxygène et l’hydrogène, sont éliminées en produits volatils tels que le monoxyde et le
dioxyde de carbone.
La carbonisation s’effectue généralement à :
 Des températures inférieures à 800 °C en présence de sels métalliques et sous un courant
continu d’un gaz inerte pour éviter les réactions d’oxydation.
 Une vitesse suffisamment grande pour minimiser le contact entre les composés carbonisés et
les produits volatils.
 Dans la plupart des cas, La carbonisation seule n’aboutit pas à des solides adsorbants ayant une forte
capacité d’adsorption du fait de leurs structures poreuses et de leurs surfaces spécifiques limitées.

 Par conséquent cette étape, appliquée souvent aux solides adsorbants en particulier les charbons actifs,
constitue un traitement préalable à l’activation physiques ou chimique.

51
L’activation des adsorbants

L’activation chimique

 L’activation chimique est un procédé appliqué en général sur les matériaux qui ont pour origine le bois à

l’exemple des charbons actifs.

 Elle consiste à imprégner un matériau d’une solution concentrée d’agents d’activation qui sont des

oxydants et/ou des déshydratants comme l’acide phosphorique, l’acide chlorhydrique, le

chlorure de zinc et la soude.

L’activation physique

 L’activation physique permet de développer les pores existants et d’en créer de nouveaux pour permettre

ainsi l’accroissement de la surface interne.

 Elle est réalisée, généralement entre 700 et 1000°C, en présence d’un gaz oxydant tels que la vapeur

d’eau, le dioxyde de carbone et l’air.

52
Chapitre 1.
Généralités sur l’adsorption

I. Les différents types d’adsorption


I.1. L’adsorption physique
I.2. L’adsorption chimique
I.3. La chaleur d’adsorption
II. Les facteurs influençant l’adsorption
II.1. Les caractéristiques intrinsèques de l’adsorbant
II.2. Les caractéristiques intrinsèques de l’adsorbat
II.3. Les paramètres expérimentaux de l’adsorption
II.4. L’activation des adsorbants
III. Les phénomènes d’adsorption
III.1. Le mécanisme de l’adsorption
III.2. La cinétique d’adsorption
III.3. La thermodynamique de l’adsorption
IV. Les isothermes d’adsorption

53
Les phénomènes d’adsorption
Le mécanisme de l'adsorption
Les études cinétiques des systèmes gaz/solide ont fait ressortir que le processus d'adsorption est
constitué de différentes étapes

Le mécanisme de l'adsorption des molécules de gaz sur


un solide donné comprend les étapes successives
suivantes :

1. Transfert des molécules de la phase gazeuse vers la


surface du solide. Concentration des molécules de
gaz à l'interface gaz-solide.
2. Diffusion des molécules de la phase gazeuse sur la
surface externe du solide.
3. Adsorption des molécules de gaz sur les parois des
pores inter-granulaires ou surface externe.
4. Adsorption des molécules de gaz sur les parois des
pores intra-granulaires ou surface interne.
5. Désorption des molécules de gaz et leur diffusion
loin du solide.

54
Les phénomènes d’adsorption
Le mécanisme de l'adsorption
L'adsorption des molécules de liquide sur un solide donné se produit principalement en quatre étapes.

1. La diffusion de l’adsorbât de la phase


liquide externe vers celle située au
voisinage de la surface de l’adsorbant.
2. La diffusion extra granulaire de la matière
(transfert du soluté à travers le film liquide
vers la surface des grains).
3. Le transfert intra granulaire de la matière
(transfert de la matière dans la structure
poreuse de la surface extérieure des graines
vers les sites actifs).
4. La réaction d'adsorption au contact des
sites actifs, une fois adsorbée, la molécule
est considérée comme immobile.

55
Les phénomènes d’adsorption
La cinétique d'adsorption

 L'étude cinétique d'un processus d'adsorption permet de déterminer le temps nécessaire à la mise
en équilibre entre le soluté et l'adsorbant.
 Elle permet aussi d'avoir des informations sur le mécanisme d'adsorption et le mode de transfert
entre les deux phases liquide et solide.
 Les résultats expérimentaux des différentes études cinétiques sont utilisés pour déterminer les
mécanismes de transfert de matière lors d'un processus d'adsorption.

De nombreux modèles cinétiques ont été développés pour décrire la cinétique


d'adsorption et pour spécifier la nature des interactions à l'interface fluide-solide.

Parmi ces modèles :

Basés sur la réaction de surface qui


sont:
Basés sur la diffusion interne ou
1. Modèle de Pseudo-Premier Ordre intra-particulaire.

2. Modèle de Pseudo-Second Ordre


56
La cinétique d'adsorption
Le modèle de pseudo-premier ordre

 Dans le modèle de pseudo-premier ordre la vitesse d'adsorption est supposée proportionnelle


à la différence entre la quantité adsorbée à l'équilibre qe et la quantité adsorbée qt à
l'instant t et que l'adsorption est réversible.
 L'expression de la vitesse d'adsorption de pseudo-premier ordre est déduite à partir du modèle établi par
Lagergren (1898) selon l'équation suivante :

k1 : Constante de vitesse d'adsorption de pseudo-premier ordre (min-1).


𝒅𝒒𝒕
= 𝒌𝟏 𝒒𝒆 − 𝒒𝒕 (𝟏. 𝟏) qt : Quantité adsorbée à l'instant t (mg.g-1).
𝒅𝒕 qe : Quantité adsorbée à l'équilibre (mg.g-1).

La quantité adsorbée qt à l'instant t est déterminée à partir de l'expression suivante :

Co : Concentration initiale du soluté dans la solution (mg. L-1).


𝐂𝟎 − 𝐂𝐭 𝐕 Ct : Concentration du soluté dans la solution à l'instant t (mg. L-1).
𝐪𝐭 =
𝐦 V : Volume de la solution (L).
m : Masse du solide adsorbant (mg).

 Compte tenu de l'équilibre, la quantité maximale adsorbée ne peut jamais être atteinte dans des
conditions classiques d'expérimentation et la réaction s'arrête quand : qt = qe et Ct = Ce
57
La cinétique d'adsorption
Le modèle de pseudo-premier ordre

 L'intégration de l'équation 1.1 donne l'équation 1.2 exprimant la quantité adsorbée à l'instant t :

𝐋𝐧 𝐪𝐞 − 𝐪𝐭 = 𝐋𝐧𝐪𝐞 − 𝐤 𝟏 𝐭 (𝟏. 𝟐)

 L'application de ce modèle pour un système donné peut être vérifiée en examinant la linéarité de la
droite obtenue en portant Ln (qe ― qt) en fonction du temps t.
 L'ordonnée à l'origine et la pente de la droite obtenue permettent de déduire la quantité théorique qe et
la constante de vitesse du modèle de pseudo-premier ordre k1.

58
La cinétique d'adsorption
Le modèle de pseudo-premier ordre

 La forme linéaire :

𝐋𝐧 𝐪𝐞 − 𝐪𝐭 = 𝐋𝐧𝐪𝐞, − 𝐤 𝟏 𝐭

 La forme non linéaire :

𝐐𝐭 = 𝐐𝐞 (𝟏 − 𝐞𝐱𝐩𝐤𝟏𝐭 )

59
La cinétique d'adsorption
Le modèle de pseudo-second ordre

Le modèle de pseudo-second ordre permet de caractériser la cinétique d'adsorption en prenant


en compte à la fois le cas d'une fixation rapide des solutés sur les sites les plus réactifs et
celui d'une fixation lente sur les sites d'énergie faible.
L'expression de la vitesse d'adsorption de pseudo-second ordre est déduite à partir Le modèle établi par Ho
et Mc Kay (1999) selon l'équation 1.3 suivante :

k2 : Constante de vitesse d'adsorption de pseudo-second ordre (mg-1.g. min-1).


𝐝𝐪𝐭 𝟐
= 𝐤 𝟐 𝐪𝐞 − 𝐪𝐭 (𝟏. 𝟑) qt : Quantité adsorbée à l'instant t (mg.g-1).
𝐝𝐭 qe : Quantité adsorbée à l'équilibre (mg.g-1).

L'intégration de l'équation 1.3 donne l'équation 1.4 exprimant la quantité adsorbée à l'instant t :

𝟏 𝟏
= 𝐤𝟐𝒕 + (𝟏. 𝟒)
𝒒𝒆 − 𝒒𝒕 𝒒𝒆

L'application de ce modèle pour un système donné peut être vérifiée en examinant la linéarité de la droite
𝟏
obtenue en portant en fonction du temps t.
𝐪𝐞 −𝐪𝐭
L'ordonnée à l'origine et la pente de la droite obtenue permettent de déduire la quantité théorique qe et la
constante de vitesse du modèle de pseudo-second ordre k2.
60
La cinétique d'adsorption
Le modèle de pseudo-second ordre

 La forme linéaire :

𝟏 𝟏
= 𝐤𝟐𝒕 +
𝒒𝒆 − 𝒒𝒕 𝒒𝒆

𝒕 𝟏 𝒕
= +
𝒒𝒕 𝒌𝟐 𝒒𝒆𝟐 𝒒𝒆

 La forme non linéaire :

(𝐤 𝟐 𝐐𝟐𝐞 𝐭)
𝐐𝐭 =
(𝟏 + 𝐤 𝟐 𝐐𝐞 𝐭)

61
La cinétique d'adsorption
Le modèle de pseudo-second ordre

À partir des valeurs des constantes de vitesse k2 on peut déterminer l'énergie d'activation Ea, en utilisant
l'équation d'Arrhenius :

A : Constante d'Arrhenius (g. mg-1, min-1).

−𝐄𝐚 Ea : Energie d'activation (J. mol-1).


𝐤 𝟐 = 𝐀. 𝐞𝐱𝐩 (𝟏. 𝟓) T : Température du processus.
𝐑𝐓
R : Constante des gaz parfaits.
k2 : Constante de vitesse du modèle de pseudo second ordre (g. mg-1, min-1).

La linéarisation de l'équation 1.5 conduit à l'expression suivante :

𝑬𝒂 𝟏
𝐋𝐧𝒌𝟐 = 𝐋𝐧𝐀 − .
𝑹 𝑻

La linéarité de la droite obtenue en portant Lnk2 en fonction de l'inverse de la température 1/T permet de
déduire la constante d'Arrhenius A et l'énergie d'activation Ea.

62
La cinétique d'adsorption
Le modèle de diffusion

Le modèle cinétique de diffusion correspond au transfert de la matière d'une phase


liquide ou gazeuse vers une phase solide.

La diffusion interne ou intra-particulaire

L'approche cinétique de diffusion intra-particulaire s'appuie généralement sur des travaux de Weber et
Morris (1963) portant sur l'adsorption de composés aromatiques sur charbon actif. Ces travaux montrent
que la concentration en adsorbat Ct est une fonction linéaire de la racine carrée du temps de
contact t1/2 et dont la pente donne la constante de vitesse kd.

 L'expression cinétique de l'adsorption peut être présentée par les deux équations suivantes :

𝟏
𝐂𝐭 = 𝐂𝟎 − 𝐤 𝐰 . 𝐭 𝟐
Ou bien : kw : Constante de Weber.
𝑽 𝟏
𝒒𝒕 = . 𝐤𝐰. 𝐭𝟐
𝒎
63
La cinétique d'adsorption
Le modèle de diffusion

Certains auteurs ont également proposé d'autres expressions cinétiques reliant la quantité adsorbée qt à la
constante de diffusion kd dont notamment l'équation 1.6 suivant :

𝟏 kd : Constante de diffusion intra-particulaire (mg.g-1.min-1/2).


𝐪𝐭 = 𝐤 𝐝 . 𝐭 𝟐 + 𝐂′ (𝟏. 𝟔) C' : Constante liée à l'épaisseur de la couche limite (mg.g-1).

La constante de diffusion intra-particulaire kd est déduite de la pente de la partie linéaire de la courbe


donnant la quantité adsorbée qt en fonction de t1/2.

Les courbes obtenues sont des droites constituées d'au moins deux portions distinctes.
 La première portion est attribuée à la diffusion de l'adsorbat à la surface de l'adsorbant ou à travers la
couche limite qui l'entoure.
 La deuxième portion qui est une droite décrit une adsorption graduelle où la diffusion intra-
particulaire dans les pores est l'étape déterminante.
 Un troisième segment de droite, attribué à l'établissement d'un équilibre enregistré après la fin de la
diffusion intra-particulaire, peut également apparaître.

64
La cinétique d'adsorption
Le modèle de diffusion

65
Thermodynamique de l'adsorption

 Généralement, une transformation d'un système donné s'accompagne d’une variation de l'énergie libre
∆G qui est une fonction d'état.
 Comme pour toute réaction, l'adsorption de molécules à la surface d'un solide est accompagnée d'une
variation de l'enthalpie ∆H et d'une variation de l'entropie ∆S. Ces énergies expriment les énergies
d'interaction et l'arrangement des molécules dans la phase fluide et sur la surface, respectivement.
 L'énergie d'une molécule de soluté varie quand elle se rapproche de la surface pour atteindre un
minimum à une certaine distance d'un site d'adsorption.

Il est à rappeler qu'un système thermodynamique évolue toujours vers un niveau énergétique plus bas et
pour qu'une réaction soit spontanée la variation de l'énergie libre ∆G doit être négative.

Dans un processus d'adsorption, la variation de l'énergie libre ∆Gads, à pression et température constantes,
s'écrit selon l'équation 1.7 suivante :

∆𝐆𝐚𝐝𝐬 = ∆𝐇𝐚𝐝𝐬 − 𝐓∆𝐒𝐚𝐝𝐬 (𝟏. 𝟕)


66
Thermodynamique de l'adsorption

Les paramètres thermodynamiques ∆G, ∆H et ∆S sont déterminés à partir des relations qui mettent en jeu le
coefficient de distribution Kd défini par l'équation 1.8 :

𝐪𝐞 qe : Quantité adsorbée à l'équilibre (mg.g−1).


𝐊𝐝 = (𝟏. 𝟖)
𝐂𝐞 Ce : Concentration du soluté dans la solution à l'équilibre (mg. L-1).

Sachant que la quantité du soluté adsorbée à l'équilibre qe est :

(𝐂𝟎 − 𝐂𝐞 )
𝐪𝐞 = .𝐕
𝐦
On obtient alors la nouvelle expression du coefficient de distribution Kd suivante :

Co : Concentration initiale du soluté dans la solution (mg. L-1).


(𝐂𝟎 − 𝐂𝐞 ) V : Volume de la solution (L).
𝐊𝐝 = .𝐕
𝐦. 𝑪𝒆 m : Masse du solide adsorbant (mg).

67
Thermodynamique de l'adsorption

Dans un processus d'adsorption, la variation de l'énergie libre ∆Gads peut s'exprimer en fonction du
coefficient de distribution Kd selon l'équation 1.9 suivante :

∆𝑮𝒂𝒅𝒔 = ∆𝑮𝟎𝒂𝒅𝒔 + 𝑹𝑻 𝑳𝒏𝑲𝒅 (𝟏. 𝟗)

A l'équilibre ∆Gads = 0, l'équation 1.9 devient :

∆𝑮𝟎𝒂𝒅𝒔 = −𝑹𝑻 𝑳𝒏𝑲𝒅 (𝟏. 𝟏𝟎)

La variation de l'énergie libre standard ∆𝑮𝟎𝒂𝒅𝒔 s’écrit :

∆𝑮𝟎𝒂𝒅𝒔 = ∆𝑯𝟎𝒂𝒅𝒔 − 𝑻 ∆𝑺𝟎𝒂𝒅𝒔 𝟏. 𝟏𝟏

68
Thermodynamique de l'adsorption

En combinant les équations 1.10 et 1.11 on obtient l'équation de Van't Hoff suivante :

La linéarité de la droite obtenue en


portant LnKd en fonction de l'inverse ∆𝑺𝟎𝒂𝒅𝒔 ∆𝑯𝟎𝒂𝒅𝒔
𝑳𝒏𝑲𝒅 = −
de la température 1/T permet de 𝑹 𝑹𝑻
déduire ∆𝑺𝟎𝒂𝒅𝒔 et ∆𝑯𝟎𝒂𝒅𝒔 à partir de
l'ordonnée à l'origine et de la pente
respectivement.

69
Les isothermes d'adsorption

 Les isothermes d'adsorption sont des courbes expérimentales qui représentent, à


l'équilibre et à température constante, la quantité de molécules de fluide
adsorbées par unité de masse d'adsorbant en fonction de la concentration en
phase liquide ou de la pression en phase gazeuse.

 Les mesures expérimentales des quantités de gaz adsorbées q sur un solide adsorbant en
fonction de la pression P à température constante T permettent de représenter les
isothermes d'adsorption.
 La quantité q peut être exprimée sous forme de nombre de moles n, de nombre de
molécules N, de masse m ou de volume V.

 Les isothermes expérimentales peuvent être tracées jusqu'à la pression limite de


vapeur saturante Po à laquelle la condensation apparaît.

70
Les isothermes d'adsorption

 La forme des isothermes d'adsorption dépend de la surface du solide adsorbant et


fournit des informations sur le processus d'adsorption.
 L'analyse quantitative de l'isotherme permet la détermination de la surface
spécifique et de la porosité du solide adsorbant.
 Les isothermes d'adsorption constituent un des moyens les plus utilisés pour la
caractérisation superficielle des solides.

 L'allure des courbes permet d'émettre des hypothèses sur les différentes
interactions entre les phases en présence, les mécanismes d’adsorption mis
en jeu et la nature de l’adsorption en monocouche ou en multicouches.

 Les solides peuvent se distinguer selon leurs natures (argiles, métaux, ...), leurs
surfaces spécifiques, leurs porosités et leurs degrés d'homogénéité.

71
Les isothermes d'adsorption

 Selon la classification établie par l'Union Internationale de la Chimie Pure et Appliquée


(IUPAC), on distingue six types d'isothermes d'adsorption.

Classification des isothermes d'adsorption selon l'IUPAC. 72


Les isothermes d'adsorption
Les isothermes de type I
 Les isothermes de type I sont obtenues avec des adsorbants microporeux.
 Le diamètre moyen des pores du solide est de même ordre de grandeur que les dimensions d'une
molécule de gaz.
 La quantité de gaz adsorbée augmente assez rapidement aux basses pressions puis atteint
un palier de saturation.
 Ce type d'isothermes est caractéristique de la formation d'une couche monomoléculaire qui
peut être de nature physique ou chimique.
 Adsorption en couche monomoléculaire sur un solide microporeux.

Exemple : Système azote/charbon à 195 °C.


73
Les isothermes d'adsorption
Les isothermes de type II

 Les isothermes de type II, caractéristiques d'une adsorption en multicouches, sont obtenues
avec des adsorbants non poreux ou macroporeux.
 Il y a apparition d'une couche polymoléculaire une fois que la couche monomoléculaire est formée.
 Le point d'inflexion indique que la première couche est totalement saturée et par
conséquent la multicouche peut se former au fur et à mesure que la pression relative augmente.
 L'accroissement continu de la quantité de gaz adsorbée est le signe d'une hétérogénéité
énergétique de la surface relative aux interactions adsorbat/adsorbant.

 Adsorption en couche polymoléculaire sur un solide macroporeux.

(II)

Exemple : Système azote/alumine à 195 °C. 74


Les isothermes d'adsorption
Les isothermes de type III

 Les isothermes de type III, caractéristiques d'une adsorption en multicouches, sont obtenues avec
des adsorbants non poreux ou macroporeux.
 Elles indiquent la formation de multicouches avant même que la surface du solide ne soit
totalement recouverte d'une monocouche.
 Un tel comportement laisse penser que la surface du solide est hétérogène et que l'adsorption se
produit sur des sites préférentiels où les forces d'interaction sont les plus intenses.
 Il est important de noter que dans ce cas l'adsorption est plus facile sur la première couche adsorbée
que l'adsorption enregistrée directement sur la surface de l'adsorbant.

 Adsorption en couche polymoléculaire sur un solide de surface hétérogène.

(III)

Exemple : Système brome/silice à 79 °C. 75


Les isothermes d'adsorption
Les isothermes de type IV

 Les isothermes de type IV, caractéristiques d'une adsorption en multicouches, sont obtenues
avec des gaz facilement liquéfiables et sur des solides mésoporeux.
 Aux pressions relatives élevées elles présentent une hystérésis, caractéristique d'un remplissage des
mésopores par condensation capillaire, indiquant que le chemin de l'adsorption est différent
de celui de la désorption.
 La surface du solide retient des molécules de l'adsorbant lors de la désorption.

 Adsorption en couche polymoléculaire avec condensation capillaire.

(IV)

Exemple : Système benzène/hématite à 50 °C. 76


Les isothermes d'adsorption
Les isothermes de type V

 Les isothermes de type V, caractéristiques d'une adsorption en multicouches, sont


obtenues avec des gaz facilement liquéfiables et sur des solides mésoporeux.
 Il y a remplissage de mésopores et condensation capillaire dans les pores, comme pour le
type IV, mais les interactions adsorbat/adsorbant sont plus faibles.

(V)

Exemple : Système vapeur d'eau/charbon à 100 °C. 77


Les isothermes d'adsorption
Les isothermes de type VI

 Les isothermes de type VI, en forme de paliers, sont obtenues sur des surfaces non
poreuses et homogènes.
 Elles traduisent la formation successive des couches. C'est le cas de l'adsorption
d'un gaz rare ou de méthane sur le graphite.

(VI)

Exemple : Système krypton/graphite à -183 °C. 78


Les isothermes d'adsorption
Les isothermes de type IV et V

 Il est important de noter que pour des pressions relativement élevées, les isothermes
des types IV et V sont caractérisées par la formation de boucles d'hystérésis
liées à la condensation capillaire des gaz dans les pores des adsorbants.
Ainsi, quatre formes de boucles d'hystérésis, en relation directe avec la forme des
pores et le système adsorbat/adsorbant, ont été identifiées.
 Ces boucles d'hystérésis sont d'autant plus étalées en pression que le solide adsorbant
contient des pores de largeurs différentes.
 Elles sont classées par l'Union Internationale de la Chimie Pure et Appliquée
(IUPAC) en quatre types.

Les quatre formes de boucles


d'hystérésis selon l'IUPAC.

79
Les isothermes d'adsorption
La boucle d'hystérésis H1

 La boucle d'hystérésis H1 est représentative des adsorbants


mésoporeux.
 La distribution des mésopores de forme cylindrique est (H1)
étroite.
 Les branches d'adsorption et de désorption sont quasiment
parallèles et verticales.

La boucle d'hystérésis H2

 La boucle d'hystérésis H2 est représentative des adsorbants


ayant une mésoporosité inter-particulaire.
 La distribution des mésopores de forme capillaire est (H2)
moins étroite.
 La branche de désorption présente une plus grande pente que la
branche d’adsorption.
80
Les isothermes d'adsorption
La boucle d'hystérésis H3

 Il s'agit d'une forme rarement rencontrée, elle ne présente pas


d'hystérésis et est complètement réversible.
 Ceci est peut être dû à la présence de pores cylindriques (H3)
dans les adsorbants à texture non rigide et formant des
agrégats.

La boucle d'hystérésis H4

 La boucle d'hystérésis H4 est représentative des adsorbants


microporeux ayant des feuillets liés entre eux de façon
plus ou moins rigide. (H4)
 Les branches d'adsorption et de désorption sont quasiment
parallèles et horizontales.

81
Les isothermes d'adsorption

 Les six types d'isothermes d'adsorption observés dans le cas des gaz sont également
valables pour les liquides.
 D'autres types d'isothermes d'adsorption des liquides sont aussi proposés par
plusieurs auteurs en particulier par Giles et ses collaborateurs.
 Ces isothermes sont classées en fonction de leurs formes et de leurs pentes initiales
en quatre types et sont dénommées isothermes H, L, C et S.

82
Les isothermes d'adsorption
Les isothermes de type L

 Les isothermes de type L, dites de Langmuir,


présentent à faible concentration en solution une
concavité orientée vers le bas qui traduit une
diminution des sites libres au fur et à
mesure de la progression de l'adsorption.
 Ce phénomène se produit lorsque les forces (L)
d'attraction entre les molécules du liquide
adsorbées sont faibles.

83
Les isothermes d'adsorption
Les isothermes de type H

 Les isothermes de type H, dites de haute affinité,


sont caractérisées par de fortes adsorptions des
solutés à des concentrations quasiment nulles.
 La forme H est un cas particulier de la forme L où la
pente initiale est très élevée.
 Ce phénomène se produit lorsque les interactions
entre les molécules adsorbées et la surface du
solide sont très fortes.
(H)
 Les isothermes de type H sont également observées
lors de l'adsorption de micelles ou de polymères
formés à partir des molécules de soluté.

84
Les isothermes d'adsorption
Les isothermes de type C

 Les isothermes de type C, dites de partition


constante, sont caractérisées par une partition
constante entre l'adsorbat et l'adsorbant.
 La linéarité traduit le fait que le nombre de sites
libres reste constant au cours de l'adsorption.
Ceci signifie que les sites sont créés au cours de (C)
l'adsorption.
 Ce qui implique que ces isothermes sont obtenues quand
les molécules de soluté sont capables de modifier
la texture du solide en ouvrant des pores qui n'avaient
pas été ouverts préalablement par le solvant.

85
Les isothermes d'adsorption
Les isothermes de type S

 Les isothermes de type S de forme sigmoïdale


présentent à faible concentration une concavité
orientée vers le haut.
 La présence d'un point d'inflexion est révélatrice de
l'existence d'au moins deux mécanismes d'adsorption.
Les molécules adsorbées dans une première couche
(S)
favorisent l'adsorption d'autres molécules en une ou
plusieurs couches supplémentaires.
 Ce phénomène est dû aux interactions de type Van
der Waals entre les molécules.

 Les formes des isothermes d'adsorption L et H sont les plus fréquentes notamment
dans le cas de l'adsorption de composés organiques en solution aqueuse sur des
charbons actifs. 86
Chapitre 2 : Modèles d'isothermes
d'adsorption et leurs applications

87
Introduction

 De nombreux modèles mathématiques permettant de représenter les isothermes

d'adsorption et de caractériser les processus impliqués ont été développés.

 Les modèles d'adsorption les plus communément utilisés sont les modèles de

Langmuir, de Freundlich, de Brunauer-Emmett-Teller (BET).

 La théorie de Langmuir est d'une importance historique car elle constitue le

point de départ des autres théories (1918).

 La théorie de Brunauer-Emmett-Teller (1938) est la plus utilisée pour l'analyse

des isothermes et le calcul des surfaces spécifiques des solides adsorbants.

88
Introduction

 Les modèles mathématiques des isothermes d'adsorption présentent un intérêt

particulier dans les domaines de la chimie physique et dans ses diverses

applications industrielles.

 Ils permettent de déterminer les caractéristiques intrinsèques des solides

adsorbants et les paramètres liés aux processus d'adsorption et d'évaluer ainsi leur

faisabilité.

 Il s'agit essentiellement de la surface spécifique et la porosité des solides, de

l'intensité et la capacité de l'adsorption, de l'homogénéité ou de

l'hétérogénéité de la surface, des interactions adsorbat- adsorbant et/ou

adsorbat-adsorbat, de la nature physique ou chimique de l'adsorption et

aussi de la réversibilité ou de l'irréversibilité du processus.


89
Modèles mathématiques d'isothermes
d'adsorption
Le modèle de Langmuir

 Le modèle de l'isotherme d'adsorption de Langmuir (1918) repose sur des


considérations d'équilibre chimique en surface sur un ensemble de sites
localisés. Il est considéré comme l'un des modèles les plus simples pour décrire
l'adsorption d'un liquide ou d'un gaz sur un matériau solide.
 Dans ce modèle, le nombre de sites d'adsorption à la surface du solide est supposé fixe et
chaque site ne peut adsorber qu'une seule molécule.
 Le modèle de Langmuir représente bien les isothermes d'adsorption de type I qui
correspond à une adsorption en monocouche selon la classification de l'IUPAC. Dans
ce cas, il n'y a pas d'interaction entre les molécules adsorbées ; ce qui se traduit
par une énergie d'adsorption constante.

90
Le modèle de Langmuir

Le modèle de l'isotherme d'adsorption de Langmuir est appliqué pour l'adsorption sur des
surfaces complètement homogènes et est basé essentiellement sur les
hypothèses suivantes :
 le nombre de sites d'adsorption énergétiquement équivalents est fini sur la
surface de l'adsorbant. Chaque molécule d'adsorbat est localisée sur un seul de ses
sites et par conséquent, une seule couche de molécules peut être adsorbée.
 la distribution d'énergie des sites d'adsorption est uniforme et il n'existe pas
d'interaction entre les molécules adsorbées.
 équilibre dynamique entre l'adsorption et la désorption.
A partir de ces hypothèses, l'équation de Langmuir est établie en supposant qu'à l'équilibre
d'adsorption, il y a autant de molécules qui s'adsorbent que de molécules qui se désorbent.

91
Le modèle de Langmuir

Le modèle de l'isotherme d'adsorption de Langmuir est décrit par l'équation mathématique


suivante :

qe : Quantité de gaz adsorbée à l'équilibre.


𝐏
𝐛. qm : Quantité de gaz adsorbée nécessaire à la formation d'une monocouche.
𝐏𝟎
𝐪𝐞 = 𝐪𝐦 P : Pression du gaz à l'équilibre.
𝐏
𝟏 + 𝐛.
𝐏𝟎 Po : Pression de vapeur saturante.
b : Constante d'adsorption caractéristique du système adsorbat/adsorbant

.
L'équation de Langmuir peut être démontrée à partir d'un raisonnement cinétique en
considérant un équilibre d'adsorption dynamique décrit selon le schéma suivant :

92
Le modèle de Langmuir

Soit un solide d'une surface unitaire pour laquelle la fraction non recouverte par les
molécules d'adsorbat ou surface libre est notée So. La surface recouverte par les molécules
est alors 1 - So (Schéma ci-après).

La vitesse d'adsorption, exprimée en mol.s-1.m-1, est proportionnelle au nombre de


molécules qui arrivent à la surface. Elle est reliée à la pression du gaz et à la surface

libre So par la relation suivante : 𝑽𝒂 = 𝑲𝒂 . 𝑺𝟎 . 𝑷 𝑷𝟎

Ka : Constante de vitesse d'adsorption caractéristique de la nature du solide et du gaz à une


température donnée.
93
Le modèle de Langmuir

La vitesse de désorption est proportionnelle à la surface occupée par les molécules de


l'adsorbat (1 - So), soit :

𝑽𝒅 = 𝑲𝒅 (𝟏 − 𝑺𝟎 )
Kd : Constante de vitesse de désorption.
A l'équilibre, les vitesses d'adsorption et de désorption sont égales :
𝑽𝒂 = 𝑽𝒅
Soit :
𝑲𝒂 . 𝑺𝟎 . 𝑷 𝑷𝟎 = 𝑲𝒅 (𝟏 − 𝑺𝟎 )
Ce qui implique que :
𝑲𝒂 𝟏 − 𝑺𝟎
. 𝑷 𝑷𝟎 = (𝟐. 𝟏)
𝑲𝒅 𝑺𝟎

94
Le modèle de Langmuir

Désignons par qe la quantité de gaz adsorbée sur la surface 1- So et qm la quantité adsorbée


nécessaire à la formation d'une couche monomoléculaire.
On peut alors écrire :

Soit :
(qm - qe). (1 - So) = qe. So
𝟏−𝑺𝟎 𝒒𝒆
= 2.2
𝑺𝟎 𝒒𝒎 −𝒒𝒆
On définit un taux de recouvrement θ de la surface par la relation :
𝒒𝒆
𝜽= (𝟐. 𝟑)
𝒒𝒎
En introduisant l'expression du taux de recouvrement dans l'équation 2.2, on obtient
𝟏−𝑺𝟎 𝜽
l'équation 2.4 suivante : = (𝟐. 𝟒)
𝑺𝟎 𝟏−𝜽

𝑲𝒂
On pose 𝒃 = (𝟐. 𝟓)
𝑲𝒅

b : Coefficient d'adsorption.
95
Le modèle de Langmuir

𝐏 𝜽
 La combinaison des équations 2.1 et 2.5 conduit à l'équation suivante : 𝐛. =
𝑷𝟎 𝟏−𝜽

𝐏
𝐛.
𝑷𝟎
 On déduit alors l'équation d'état de Langmuir : 𝜽 = 𝐏
𝟏+𝐛.
𝑷𝟎
𝐏
𝐛.𝑷
𝟎
Soit : 𝒒𝒆 = 𝒒𝒎 𝐏 (2.6)
𝟏+𝐛.
𝑷𝟎
 Pour une certaine masse m de solide adsorbant exprimée en grammes, on a :
𝐏
𝐛.
𝒒𝒆 𝑷𝟎
𝒎 = 𝒒𝒎 𝐏
𝟏 + 𝐛.
𝑷𝟎
 La forme linéaire de l'équation mathématique de l'isotherme d'adsorption de Langmuir
𝑷 𝑷
𝑷𝟎 𝑷𝟎 𝟏
s'écrit : = +𝒒
𝒒𝒆 𝒒𝒎 𝒎𝒃

P
P0
 La linéarité de la droite obtenue en portant en fonction de la pression relative P
P0
qe

permet de déduire la quantité de gaz adsorbée nécessaire à la formation d'une monocouche


qm et le coefficient d'adsorption b à partir de l'ordonnée à l'origine et de la pente.
96
Le modèle de Langmuir

 Dans le cas où l'adsorbat est un liquide, le modèle de Langmuir est décrit


mathématiquement par l'équation suivante :

qe : Quantité de liquide adsorbée à l'équilibre.


𝐛. 𝑪𝒆 qm : Quantité de liquide adsorbée nécessaire à la formation d'une monocouche.
𝒒𝒆 = 𝒒 𝒎 Ce : Concentration de l'adsorbat en solution à l'équilibre (mol. L-1).
𝟏 + 𝐛. 𝑪𝒆 b : Constante d'adsorption caractéristique du système adsorbat/adsorbant.

 La forme linéaire de l'équation mathématique de l'isotherme d'adsorption de Langmuir


𝑪𝒆 𝑪 𝟏
s'écrit : = 𝒒𝒆 + 𝒒
𝒒𝒆 𝒎 𝒎𝒃

𝑪𝒆
La linéarité de la droite obtenue en portant en fonction de la concentration d'adsorbat
𝒒𝒆

en solution à l'équilibre Ce permet de déduire la quantité de liquide adsorbée nécessaire


à la formation d'une monocouche qm et le coefficient d'adsorption b à partir de
l'ordonnée à l'origine et de la pente.
97
Le modèle de Langmuir

 La forme linéaire :

𝑪𝒆 𝑪𝒆 𝟏
= +
𝒒𝒆 𝒒𝒎 𝒒𝒎 𝒃

 La forme non linéaire :

𝐛. 𝑪𝒆
𝒒𝒆 = 𝒒 𝒎
𝟏 + 𝐛. 𝑪𝒆

98
Le modèle de Langmuir

 Le degré de faisabilité d'un processus d'adsorption peut être déterminé à partir du


facteur de séparation RL donné par la relation suivante :

𝟏
𝑹𝑳 = Co : Concentration initiale de l'adsorbat en solution (mol. L-1).
𝟏 + 𝒃𝑪𝟎

La valeur du facteur de séparation RL, permet d'évaluer la faisabilité de l'adsorption et de donner


une indication sur la réversibilité du processus.

RL = 0 : Adsorption irréversible.
0< RL <1 : Adsorption favorable.
RL = 1 : Isotherme d'adsorption linéaire.
RL > 1 : Adsorption défavorable.
99
Le modèle de Freundlich

 Le modèle de l'isotherme d'adsorption de Freundlich (1926) est un modèle empirique qui


tient compte des interactions entre les molécules adsorbées et de l'hétérogénéité
de la surface. Dans ce cas, il y a une distribution énergétique non uniforme des sites
d'adsorption. Ce modèle s'applique généralement lorsque les quantités adsorbées sont
faibles.
 Le modèle de Freundlich est inspiré du modèle de Langmuir relatif à l'adsorption en
monocouche.
 A partir de l'équation d'état de Langmuir et selon le domaine de pression relative considéré,
on peut envisager les approximations suivantes :
Dans le domaine des basses pressions le terme b. P/Po peut être négligé devant l'unité.
L'équation 2.6 devient alors :

𝒒𝒆 = 𝒒𝒎 𝒃. 𝑷 𝑷
𝟎
Si on pose le terme qmb égal à une constante K, la quantité adsorbée qe varie linéairement
comme P à la puissance 1, soit : qe = K (P/Po) 1
100
Le modèle de Freundlich

Par contre dans le domaine des hautes pressions, le terme b. P/Po est strictement supérieur à
l'unité. L'équation 2.6 devient : qe = qm
La quantité adsorbée est indépendante de la pression. Elle est exprimée en fonction de P à la
puissance zéro, soit : qe = qm (P/Po) °

𝐛.𝑷 𝑷
Aux pressions intermédiaires, l'équation d'état de Langmuir s’écrit : 𝒒𝒆 = 𝒒𝒎 𝑷
𝟎
𝟏+𝐛. 𝑷
𝟎

On peut admettre que la quantité adsorbée varie en fonction de la pression à la puissance n et

l'équation de Langmuir s'écrit sous la forme suivante : qe = K (P/P0) n


Avec : 0 ≤ n ≤1
Cette équation représente le modèle mathématique de Freundlich.
La forme linéaire de l'équation mathématique de l'isotherme d'adsorption de Freundlich s'écrit
: Lnqe = nLn (P/Po) + LnK
La linéarité de la droite obtenue en portant Lnqe en fonction de Ln (P/Po) permet de déduire,
à partir de l'ordonnée à l'origine et de la pente, les paramètres caractéristiques d'adsorption n
et K. 101
Le modèle de Freundlich

Dans le cas de l'adsorption des liquides, le modèle de Freundlich est défini par l'équation
suivante : qe = K Ce1/n
qe : Quantité de liquide adsorbée à l'équilibre (mg).
Ce : Concentration de l'adsorbat en solution à l'équilibre (mol. L-1).
K et n : Paramètres caractéristiques du système adsorbat/adsorbant.
Il convient de remarquer que si la valeur de n tend vers 1, l'isotherme d'adsorption devient
linéaire et est de type C.
La forme linéaire de l'équation mathématique de l'isotherme d'adsorption de Freundlich s'écrit
𝟏
: 𝑳𝒏𝒒𝒆 = 𝑳𝒏𝑪𝒆 + 𝑳𝒏𝑲
𝒏

La linéarité de la droite obtenue en portant Lnqe en fonction de LnCe permet de déduire, à


partir de l'ordonnée à l'origine et de la pente, les paramètres caractéristiques d'adsorption n et
K du système adsorbat/adsorbant.
La valeur de la constante n caractérise l'intensité de l'adsorption d'un solide adsorbant donné.
Elle peut prendre des valeurs indiquées ci-dessous :
0,1 <n< 0,5 : adsorption élevée. 0,5 <n< 1,0 : adsorption modérée. 102
Le modèle de Freundlich

 La forme linéaire :

𝟏
𝑳𝒏𝒒𝒆 = 𝑳𝒏𝑪𝒆 + 𝑳𝒏𝑲
𝒏

 La forme non linéaire :

qe = K Ce1/n

103
Le modèle de Brunauer-Emmett-Teller
(BET)

 Le modèle de l'isotherme d'adsorption de Brunauer-Emmett-Teller (1938) est un


modèle basé sur l'adsorption de molécules gazeuses sous forme de multicouches.
 Il est appliqué aux isothermes des types II à V.
 Le modèle de l'isotherme d'adsorption de BET repose sur la formation de multicouches
par adsorption physique.
 Il est basé essentiellement sur les hypothèses suivantes :

 le nombre de couches adsorbées tend vers l'infini quand la pression


d'équilibre tend vers la pression de vapeur saturante.
 les sites d'adsorption sont énergétiquement identiques et il n'y a pas
d'interactions entre les molécules adsorbées.
 pour une couche donnée, les molécules adsorbées constituent des sites
d'adsorption pour les molécules de la couche suivante.
 au-delà de la première couche, l'énergie d'adsorption des couches suivantes
est supposée égale à l'énergie de liquéfaction du gaz.
104
Le modèle de Brunauer-Emmett-Teller
(BET)

 Le modèle de l'isotherme d'adsorption de BET est décrit par l'équation mathématique suivante :

𝒒𝒆 𝑪. 𝑷 𝑷𝟎
=
𝒒𝒎 (𝟏 − 𝑷 𝑷𝟎 )(𝟏 + 𝑪 − 𝟏 . 𝑷 𝑷𝟎 )

qe : Quantité de gaz adsorbée à l'équilibre.


qm : Quantité de gaz adsorbée nécessaire à la formation d'une monocouche.
P : Pression du gaz à l'équilibre.
Po : Pression de vapeur saturante.
C : Constante d'adsorption caractéristique du système gaz/solide.

 Brunauer, Emmett et Teller ont généralisé la théorie de Langmuir pour son application dans le cas de
l'adsorption en multicouches.
 L'équation mathématique de l'isotherme d'adsorption de BET peut être démontrée à partir d'un
raisonnement cinétique en considérant un équilibre d'adsorption dynamique.

105
Le modèle de Brunauer-Emmett-Teller
(BET)
 Considérons un solide d'une surface S répartie en plusieurs fractions telles que : So, S1, S2, S3,...., Sn,
Surfaces recouvertes respectivement par 0, 1, 2, 3, ..., n couches de molécules selon le schéma suivant :

 L'équilibre d'adsorption dynamique est décrit selon le schéma suivant :

𝑲𝟏 : Constante de vitesse d'adsorption.

𝑲𝟏 : Constante de vitesse de désorption. 106


Le modèle de Brunauer-Emmett-Teller
(BET)
Comme dans le raisonnement de Langmuir, à l'équilibre les vitesses d'adsorption et de désorption sont
égales. Ainsi, pour l'ensemble des couches d'ordre 0, 1, 2, 3,…, n, on peut écrire :

 Pour la couche d'ordre 0 : 𝑲𝟏


𝑲𝟏 𝑷. 𝑺𝟎 = 𝑲𝟏 . 𝑺𝟏 ⇒ 𝑺𝟏 = 𝑷. 𝑺𝟎
𝑲𝟏

 Pour la couche d'ordre 1 : 𝑲𝟐


𝑲𝟐 𝑷. 𝑺𝟏 = 𝑲𝟐 . 𝑺𝟐 ⇒ 𝑺𝟐 = 𝑷. 𝑺𝟏
𝑲𝟐

 Pour la couche d'ordre 2 : 𝑲𝟑


𝑲𝟑 𝑷. 𝑺𝟐 = 𝑲𝟑 . 𝑺𝟑 ⇒ 𝑺𝟑 = 𝑷. 𝑺𝟐
𝑲𝟑

 Pour la couche d'ordre 3 : 𝑲𝟒


𝑲𝟒 𝑷. 𝑺𝟑 = 𝑲𝟒 . 𝑺𝟒 ⇒ 𝑺𝟒 = 𝑷. 𝑺𝟒
𝑲𝟒

 Pour la couche d'ordre n : 𝑲𝒏


𝑲𝒏 𝑷. 𝑺𝒏−𝟏 = 𝑲𝒏 . 𝑺𝒏 ⇒ 𝑺𝒏 = 𝑷. 𝑺𝒏−𝟏
𝑲𝒏

107
Le modèle de Brunauer-Emmett-Teller
(BET)

 Une hypothèse fondamentale faite à ce stade est de considérer que l'adsorption sur la couche d'ordre 1 et
les suivantes est identique à la condensation et réversiblement la désorption est identique à l'évaporation.
 Si ce phénomène est caractérisé par la constante d'équilibre b on peut alors écrire :

𝑲𝟐 𝑲𝟑 𝑲𝟒 𝑲𝒏
= = =⋯= =𝒃
𝑲𝟐 𝑲𝟑 𝑲𝟒 𝑲𝒏
𝑲𝟏
 Pour la couche d'ordre 0, on utilise la constante b1 telle que : 𝒃𝟏 =
𝑲𝟏
b : Coefficient d'adsorption à partir de la couche d'ordre 1.
b1 : Coefficient d'adsorption à partir de la couche d'ordre 0. S1 = b1. P. So

S2 = b. P. S1

 Par conséquent, les expressions des différentes fractions de surfaces deviennent : S3 = b. P. S2

On pose : ………………....

b. P = x et b1. P = C. x Sn = b. P. Sn-1

𝒃𝟏
⇒ 𝑪=
𝒃
108
Le modèle de Brunauer-Emmett-Teller
(BET)

On obtient ainsi les nouvelles expressions des surfaces S1, S2, S3, ..., Sn (équations 2.7a... 2.7d) :

S1 = C. x. So (2.7a)
S2 = x.S1 (2.7b)
S3 = x. S2 (2.7b)

……………………….

Sn = x. Sn-1 (2.7d)

Si on désigne par V le volume total de gaz adsorbé et Vm le volume nécessaire pour former une
couche monomoléculaire sur toute la surface du solide, on peut écrire :

Vm (So + S1 + S2 + S3+ ... + Sn). h

V (0. So + 1. S1 + 2. S2 + 3. S3+ ... + n. Sn). h

 On déduit ainsi l'expression du rapport V/Vm qui représente le degré de recouvrement.

𝑽 𝟎. 𝑺𝟎 + 𝟏. 𝑺𝟏 + 𝟐. 𝑺𝟐 + 𝟑. 𝑺𝟑 + ⋯ + 𝒏. 𝑺𝒏
=
𝑽𝒎 𝑺𝟎 + 𝑺𝟏 + 𝑺𝟐 + 𝑺𝟑 + ⋯ + 𝑺𝒏
109
Le modèle de Brunauer-Emmett-Teller
(BET)

 En exprimant l'équation précédente en fonction des nouvelles expressions des surfaces S1, S2, S3, ..., Sn
(équations 2.7a... 2.7d), on obtient l'équation suivante :

𝑽 𝑪. 𝒙. 𝑺0 + 2. 𝑪. 𝒙2 . 𝑺0 + 3. 𝑪. 𝒙3 . 𝑺0 + ⋯ + 𝒏. 𝑪. 𝒙𝒏 . 𝑺0
=
𝑽𝒎 𝑺0 + 𝑪. 𝒙. 𝑺0 + 𝑪. 𝒙2 . 𝑺0 + 𝑪. 𝒙3 . 𝑺0 + ⋯ + 𝑪. 𝒙𝒏 . 𝑺0

 En mettant en facteur So, au numérateur et au dénominateur, l'équation précédente s’écrit :

𝑽 𝑪. 𝒙 + 𝟐. 𝑪. 𝒙𝟐 +𝟑. 𝑪. 𝒙𝟑 + ⋯ + 𝒏. 𝑪. 𝒙𝒏
=
𝑽𝒎 𝟏 + 𝑪. 𝒙 + 𝑪. 𝒙𝟐 +𝑪. 𝒙𝟑 + ⋯ + 𝑪. 𝒙𝒏

 En mettant en facteur C. x, on peut écrire :

𝑽 𝑪. 𝒙 (𝟏 + 𝟐. 𝒙 + 𝟑. 𝒙𝟐 + ⋯ + 𝒏. 𝒙𝒏−𝟏
= (𝟐. 𝟖)
𝑽𝒎 𝟏 + 𝑪 𝒙(𝟏 + 𝒙 + 𝒙𝟐 + ⋯ + 𝒙𝒏−𝟏

 Le développement limité de la fonction polynomiale ci-après s'écrit :

𝟏
𝟏 + 𝒙 + 𝒙𝟐 + 𝒙𝟑 + ⋯ + 𝒙𝒏 =
𝟏−𝒙

𝟏 𝟏
 D'autre part, la dérivée de la fonction 𝟏−𝒙 est égale à (𝟏−𝒙)𝟐

110
Le modèle de Brunauer-Emmett-Teller
(BET)
 L'équation 2.8 peut s'écrire alors sous la forme suivante :
𝑪. 𝒙
𝑽 (𝟏 − 𝒙)𝟐 𝑪. 𝒙 𝑪. 𝒙
= = = (𝟐. 𝟗 )
𝑽𝒎 𝟏 + 𝑪. 𝒙 𝟏 − 𝒙 𝟏 + (𝑪 − 𝟏 . 𝒙) 𝟏 − 𝒙 𝟏 + 𝑪. 𝒙 − 𝒙
(𝟏 − 𝒙)
 L'équation 2.9 représente l'équation d'état de BET.

 A partir des expressions de x = b. P et b1. P = C. x, on peut déduire les paramètres x et C.

𝑽
 Quand x→ 1, le rapport → ∞ et la pression P→ Po
𝑽𝒎

𝟏
⇒b P0 = 1 ⇒ b =
𝑷𝟎

𝑷 𝒃𝟏
 On déduit que x = (x exprime la pression relative) et C =
𝑷𝟎 𝒃

𝑽 𝑪. 𝑷 𝑷𝟎
=
𝑽𝒎 (𝟏 − 𝑷 𝑷𝟎 )(𝟏 + 𝑪 − 𝟏 . 𝑷 𝑷𝟎 )
111
Le modèle de Brunauer-Emmett-Teller
(BET)

La constante C ou constante de BET est liée à l'affinité de la molécule adsorbée avec l'adsorbant et son
expression est définie par :

𝑬𝒂𝒅𝒔 − 𝑬𝒍
𝑪 = 𝒆𝒙𝒑
𝑹𝑻

Eads : Energie d'adsorption de la première couche.

El : Energie de liquéfaction.

R : Constante des gaz parfaits.

T : Température absolue.

Connaissant l'énergie de liquéfaction El et la constante d'adsorption C, on peut déduire l'énergie


d'adsorption de la première couche Eads selon la relation suivante :

Eads = El +RTLnC
112
Le modèle de Brunauer-Emmett-Teller
(BET)
 L'équation d'état de BET peut se mettre sous la forme linéaire suivante :

𝒙 𝑪−𝟏 𝟏 𝑷 𝑷𝟎 𝑪−𝟏 𝟏
= .𝒙 + Ou bien : = . 𝑷 𝑷𝟎 +
𝑽(𝟏 − 𝒙) 𝑽𝒎 𝑪 𝑽𝒎 𝑪 𝑽(𝟏 − 𝑷 𝑷𝟎 ) 𝑽𝒎 𝑪 𝑽𝒎 𝑪

𝑷 𝑷𝟎
 La linéarité de la droite obtenue en portant en fonction de 𝑷 𝑷𝟎 permet de déduire,
𝑽(𝟏−𝑷 𝑷𝟎 )

à partir de l'ordonnée à l'origine et de la pente, le volume du gaz adsorbé nécessaire à la


formation d'une monocouche Vm et la constante d'adsorption C.

 Il est important de noter que l'équation de BET est seulement bien vérifiée dans le
domaine de pressions relatives P/Po suivant : 0,05 <P/Po < 0,35

Ceci est lié au fait que les interactions entre les molécules adsorbées sont minimisées et la
multicouche n'est pas encore formée.

 Quand la pression relative P/P0 augmente, l'adsorption devient de plus en plus intense et un nombre de
couches important se forme. Quand la pression du gaz P s'approche de la pression de vapeur
saturante Po, le volume du gaz adsorbé tend vers l'infini et un nombre infini de couches se constitue.
113
Applications des isothermes d'adsorption

 La surface spécifique et la porosité sont des caractéristiques ayant une


influence considérable sur la capacité d'adsorption et les propriétés
catalytiques des solides.

 Le choix du mode de mesure de la surface spécifique dépend du type d'adsorption, de


la nature de l'adsorption en mono ou en multicouches et de certaines
caractéristiques intrinsèques du solide considéré.

 Plusieurs méthodes faisant appel à l'adsorption ont été conçues pour la détermination
de la surface spécifique.

 Les modèles mathématiques les plus couramment utilisés sont :

 le modèle de Langmuir pour une adsorption en monocouche.


 le modèle de BET pour une adsorption en multicouches.

114
Applications des isothermes d'adsorption
Détermination de la surface spécifique

 La mesure de la surface spécifique notée S d'un solide se ramène, très fréquemment, à


la détermination d'un nombre de molécules Nm nécessaire pour former une monocouche
sur la surface du solide intégralement recouverte.

 Pour l'évaluation de la surface spécifique, les molécules adsorbées sont assimilées à des
sphères de rayon r et l'aire occupée par une seule molécule est désignée par σ.

Représentation d'une monocouche


sur une surface d'un solide.

115
Applications des isothermes d'adsorption
Détermination de la surface spécifique
 Rigoureusement, cette surface spécifique est en réalité une surface apparente du fait que sa valeur est
déterminée en admettant qu'une monocouche se forme dans les pores de la même façon que sur une surface
plane.

 Dans ce cas on admet que la monocouche formée présente un arrangement hexagonal compact. Ainsi,
l'aire σ occupée par une seule molécule d'adsorbat sur la surface de l'adsorbant est déterminée par la
relation suivante :

NA : Nombre d'Avogadro.
𝑴 𝟐 𝟑
𝝈 = 𝟏, 𝟎𝟗( ) M : Masse molaire de l'adsorbat.
𝝆𝑵𝑨
ρ : Masse volumique de l'adsorbat.

 La surface spécifique, relative à un gramme de solide adsorbant, est déterminée à partir de la relation
suivante :

Nm : Nombre de molécules nécessaire pour former une monocouche.


S=Nm. σ σ : Aire occupée par une molécule d'adsorbat.

116
Applications des isothermes d'adsorption
Détermination de la surface spécifique

 Comme la quantité de gaz adsorbée par gramme de solide est souvent exprimée en volume, il est alors
important d'exprimer le nombre de molécules nécessaire à la formation d'une monocouche Nm en
fonction du volume Vm.

 Le volume de gaz adsorbé est ramené aux conditions normales de température et de pression dans
lesquelles une mole occupe 22400 mL. Ainsi, on peut écrire :

NA molécules 22400 mL

Nm molécules Vm

On peut déduire alors le nombre de molécules nécessaire à la formation d'une monocouche Nm en fonction
du volume Vm par l'expression suivante :

NA : Nombre d'Avogadro (6,023.1023).

𝑽𝒎 . 𝑵𝑨 Vm : Volume nécessaire pour former une monocouche exprimé en cm3.g-1.


𝑵𝒎 =
𝟐𝟐𝟒𝟎𝟎 Il est déterminé, selon le type d'adsorption en mono ou en
multicouches, à partir des modèles mathématiques correspondants.

117
Applications des isothermes d'adsorption
Détermination de la surface spécifique

Si l'aire moléculaire σ est exprimée en A2 (1Å = 10-10m), on peut écrire :

𝑽𝒎 . 𝟔, 𝟎𝟐𝟑. 𝟏𝟎𝟐𝟑
𝑺 = 𝑵𝒎 . 𝝈 = 𝝈 𝟏𝟎−𝟐𝟎 = 𝟎, 𝟐𝟔𝟗. 𝑽𝒎 . 𝝈
𝟐𝟐𝟒𝟎𝟎

⇒ S= 0,269. Vm .σ

La surface spécifique S du solide est exprimée en m2.g-1.

118
Applications des isothermes d'adsorption
Détermination de la surface spécifique

Exemple
L'étude de l'adsorption de l'azote sur un silicate d'aluminium à la température de 77 K conduit
aux résultats suivants :
V (mL.g-1) 27,0 31,5 36,2 39,0 42,5 45,0 49,0
P/Po 0,05 0,10 0,15 0,20 0,25 0,30 0,35

Sachant que l'aire occupée par une molécule d'azote est 16,2 Å2, on peut déterminer la surface
spécifique du silicate d'aluminium.

Le tracé de la courbe V = f(P/Po) permet de déduire la forme expérimentale de l'isotherme


d'adsorption de l'azote sur le silicate d'aluminium exprimée par la figure suivante.

Isotherme d'adsorption de
l'azote sur un silicate
d'aluminium à 77 K.

119
Applications des isothermes d'adsorption
Détermination de la surface spécifique

Exemple

 Il ressort de ces résultats que la forme expérimentale de cette isotherme est de type
II correspondant à l'adsorption en multicouches et obéit à l'équation d'état de BET.

 La linéarisation de l'équation de BET permet de déduire, à partir de la pente et de


l'ordonnée à l'origine, le volume nécessaire pour la formation d'une monocouche
Vm.

 Le volume d'une monocouche Vm obtenu est : Vm = 32,8 mL. g-1.

 La surface spécifique S du silicate d'aluminium est alors : S = 143 m2.g-1.

120
Applications des isothermes d'adsorption
Détermination de la porosité
Détermination du volume des pores
 La porosité totale 𝝋 est définie comme étant le rapport entre le volume total des pores Vp et le volume
occupé par un solide Vs :
𝑽𝑷
𝝋=
𝑽𝑺

 En pratique, la mesure directe du volume poreux Vp n'est pas facile du fait de la nécessité de compacter
le solide, entraînant sa destruction. L'écart entre le volume initial Vs et le volume final du solide après
compactage représente le volume des pores Vp.

 Dans le cas des solides poreux où seule la quantité adsorbée dans les pores est considérée, la quantité
adsorbée sur la surface externe étant négligeable, on peut déterminer le volume total et le diamètre des
pores. Ainsi, plusieurs méthodes peuvent être utilisées dont celle de Gurvitch qui s'exprime par la
relation suivante :

Vp : Volume total des pores.


𝑽𝒎𝒂𝒙
𝑽𝒑 = Vmax : Volume de gaz adsorbé pour remplir tous les pores.
𝒅𝒍
dl : Densité de l'adsorbat à l'état liquide.
121
Applications des isothermes d'adsorption
Détermination de la porosité
Détermination du volume des pores

Cette équation n'est valable que si les molécules de l'adsorbat sont suffisamment petites pour

pouvoir pénétrer dans les pores de l'adsorbant et que l'adsorbat contenu dans les pores est à

l'état liquide. Cette méthode permet de déterminer le volume total des pores.

Pour calculer le volume total des pores Vp, on peut utiliser l'isotherme d'adsorption de type

IV présentant une hystérésis. Dans ce cas, on considère la pression de saturation (P/Po≈ 1)

qui correspond au remplissage des pores les plus larges.

122
Applications des isothermes d'adsorption
Détermination de la porosité
Détermination du rayon des pores

 L'équation de Gurvitch permet de déterminer le volume total des pores Vp et de déduire leur
rayon moyen.

 Si on considère que tous les pores sont cylindriques de profondeur moyenne L, de surface S
et de rayon moyen r, on peut écrire : 𝑽𝑷 𝝅𝒓𝟐 𝑳 𝒓
= =
𝑺 𝟐𝝅𝒓𝑳 𝟐
𝟐𝑽𝒑
 On déduit ainsi le rayon moyen des pores par la relation suivante : 𝒓=
𝑺
 Cette équation n'est pas rigoureuse du fait que les approximations concernant la forme, la
longueur et la taille des pores sont difficilement vérifiables expérimentalement.

 D'autre part, le rayon des pores peut être déterminé en utilisant l'équation de Kelvin:

M : Masse molaire du gaz liquéfié. ρ : Masse volumique du gaz liquéfié.


𝑷 𝟐𝜸𝑴
𝑳𝒏 =− γ : Tension superficielle du gaz liquéfié.
𝑷𝟎 𝝆𝑹𝑻𝒓
R : Constante des gaz parfaits. T : Température absolue.

123
Applications des isothermes d'adsorption
Détermination de la porosité
Détermination du rayon des pores
 Sachant que le volume molaire du gaz liquéfié Vm représente le rapport de la masse molaire M sur la
masse volumique du gaz liquéfié, on peut écrire alors :

𝑷 𝟐𝜸𝑽𝒎
𝑳𝒏 =−
𝑷𝟎 𝑹𝑻𝒓

 Cette relation s'applique pour une surface de forme convexe. 𝟐𝜸𝑽𝒎


𝒓=−
 Dans le cas d'une surface de forme concave, on utilise la même relation. 𝑷
𝑹𝑻𝑳𝒏
 L'expression du rayon des pores pour les solides poreux est alors : 𝑷𝟎

Exemple

Détermination du rayon des pores dans le cas de l'adsorption de l'azote sur un solide poreux, sachant que :

Vm = 34,6 cm3 ; T = 77 K ; R = 8,314. 10+7 erg.mol-1. K-1 ; P/P0 = 0.99 ;

γ = 8,85 erg. cm-2.

On déduit le rayon des pores r = 950 10-8 cm = 950 Å.


124
Applications des isothermes d'adsorption
Détermination de la porosité
Détermination de l'épaisseur d'une couche adsorbée
 Il est admis que l'épaisseur d'un film adsorbé à la surface d'un solide donné est la même que celle à
l'intérieur des pores quelle que soit la valeur de la pression relative. Dans ce cas, l'épaisseur du film et celle
d'une monocouche adsorbés sont reliées par l'équation suivante :

Va : Volume de gaz adsorbé à une pression relative donnée.


𝑽𝒂
𝒆𝑭 = 𝒆 Vm : Volume de gaz adsorbé pour une monocouche.
𝑽𝒎 𝑪
eF : Epaisseur du film adsorbé. eC : Epaisseur d'une monocouche.

 Pour calculer l'épaisseur eF du film adsorbé on assimile le gaz adsorbé à un liquide. L'épaisseur d'une
monocouche adsorbée eC, souvent exprimée en angström, peut être déterminée à partir de la relation
suivante :

M : Masse molaire du gaz liquéfié. ρ : Masse volumique du gaz liquéfié.


𝑴
𝒆𝑪 = σ : Aire occupée par une molécule de gaz liquéfié.
𝝆. 𝝈. 𝑵𝑨 NA : Nombre d'Avogadro.

Exemple

Dans le cas où le gaz liquéfié est l'azote, on peut déterminer l'épaisseur d'une monocouche ec sachant que :M = 28 g.mol-1 ;
ρ = 0,808 g. L-1 ; σ=16,2 Å2 ; NA = 6,023.1023.

On déduit alors la valeur de l'épaisseur d'une monocouche d'azote eC = 3,55 Å 125


Applications des isothermes d'adsorption
Détermination de la porosité
Détermination de l'épaisseur d'une couche adsorbée

 L'utilisation des isothermes d'adsorption permet aussi d'étudier la variation de l'épaisseur du film
adsorbé eF en fonction de la pression relative P/Po.

Exemple

Dans le cas où l'isotherme d'adsorption obéit au modèle de BET, on utilise l'équation suivante :

𝑽𝒂 𝑪. 𝑷 𝑷𝟎
=
𝑽𝒎 (𝟏 − 𝑷 𝑷𝟎 )(𝟏 + 𝑪 − 𝟏 . 𝑷 𝑷𝟎 )

Si on admet que la constante d'adsorption C>>1, soit les valeurs de C.P/P0>>1, l'équation de BET devient :

𝑽𝒂 𝟏
= (𝟐. 𝟏𝟏)
𝑽𝒎 𝟏 − 𝑷 𝑷 𝟎

Dans le cas de l'azote où l'épaisseur d'une monocouche ec est égale à 3,55Å, la combinaison des équations 2.10 et 2.11
permet de déterminer la variation de l'épaisseur du film adsorbé ep en fonction de la pression relative P/P0 selon la relation
suivante :

𝟑, 𝟓𝟓
𝒆𝑭 = (Å)
𝟏 − 𝑷 𝑷𝟎

126
Exercices d'application

Exercice 1

Lors de l'étude de l'adsorption de l'oxyde de carbone sur 2,964 g de charbon activé, à

une température de 0 °C, le volume de gaz adsorbé est mesuré sous différentes

pressions P et ramené aux conditions normales. Les résultats obtenus sont rapportés

dans le tableau suivant :

P (mm Hg) 73 180 309 540 882


V (mL) 7,5 16,5 25,1 38,1 52,3

Montrer que les isothermes de Freundlich et de Langmuir sont vérifiées.

127
Exercices d'application

128
Exercices d'application
Exercice 2
L'étude de l'adsorption de l'azote à sa température d'ébullition normale 77 K sur un carbonisât de
charbon a donné les résultats suivants :
P(mmHg) 12,30 58,0 81,50 94,50 126,6 169,0 223,3 307,5 404,1
V 390,3 438,4 446,5 450,0 454,5 456,9 456,9 456,9 456,9
(mL. g-1)

1. Tracer l'isotherme d'adsorption V = f(P). Discuter l'allure de la courbe.


2. Quelle est la particularité de ce solide ? Expliquer.
3. Montrer que l'isotherme d'adsorption de Langmuir peut s'écrire sous la forme :

𝑷 𝟏 𝑷
= +
𝑽 𝒂 𝒄
Que représentent alors les constantes a et c ? En déduire graphiquement les valeurs du coefficient
d'adsorption b et du volume d'une monocouche Vm.
4. Calculer la surface spécifique S du solide en m2.g-1, sachant que l'aire occupée par une
molécule d'azote vaut 16,2 Å2.
5. Peut-on donner une estimation de la taille des pores de cet adsorbant ? Expliquer.
130
Exercices d'application

131
Exercices d'application

Exercice 3

L'adsorption de l'azote sur 0,568 g de noir de charbon à -196 °C a conduit aux


résultats suivants :

X (mg) 2,49 2,69 2,83 3,42 3,75 4,26 4,90 5,46


P(mmHg) 41,0 76,4 117,0 175,1 234,0 306,0 349,5 385,5

1. Tracer l'isotherme d'adsorption, préciser son type et indiquer à quelle équation

d'état elle correspond.

2. Préciser la nature de l'adsorption.

3. Calculer la surface spécifique du solide sachant que l'aire occupée par une

molécule d'azote est de 16,2 Å2.


132
Exercices d'application

133
Bonne chance

Vous aimerez peut-être aussi