Ga NR 04 FR
Ga NR 04 FR
Crédits :
A l'exception de la photographie de la tortue luth réalisée par J.G. COLLUMB, les autres photographies
de la première de couverture sont de Butler R. A. ([Link]
RENSEIGNEMENTS SUR LA PARTIE PRESENTANT LE RAPPORT
CORRESPONDANT NATIONAL
Fax -
Courriel dgegabon2@[Link]
Fax -
Courriel scoutgabon@[Link]
REMISE DU RAPPORT
Signature de l’administrateur
chargé de la présentation
du rapport national
Date d’envoi
PROCESSUS UTILISE POUR LA PREPARATION DU RAPPORT NATIONAL
INTRODUCTION ............................................................................................................ 4
-i-
I.C.2. Principales menaces sur la biodiversité des écosystèmes aquatiques .............. 62
➢ L'exploration et l'exploitation pétrolières ........................................................ 62
➢ L'exploration minière ........................................................................................ 64
➢ L'érosion côtière ............................................................................................... 65
➢ Les pressions sur les ressources halieutiques .................................................. 65
➢ Les espèces introduites .................................................................................... 66
II.C. Contribution des activités engagées au titre des stratégies et plans d’action
nationaux sur la diversité biologique à la mise en œuvre des articles de la
convention, des programmes thématiques et des questions intersectorielles .... 90
- ii -
II.F. Examen des réussites obtenues et des difficultés rencontrées
lors de la mise en œuvre, ainsi que des leçons tirées ............................................ 91
➢ Examen des réussites ....................................................................................... 91
➢ Examen des difficultés ...................................................................................... 92
- iii -
III.C. Prise en compte de l’approche par écosystème .................................................. 127
III.D. Prise en compte de la biodiversité dans les évaluations environnementales ..... 127
CONCLUSION .............................................................................................................142
- iv -
➢ Propositions à l'Agence Nationale des Parcs Nationaux ................................ 170
-v-
LISTE DES FIGURES
Figure 5 : Richesse ichtyologique spécifique globale des eaux douces du Gabon ............. 26
- vi -
LISTE DES TABLEAUX
- vii -
ACRONYMES
- viii -
ACRONYMES (Suite)
- ix -
ACRONYMES (Suite)
-x-
ACRONYMES (Suite)
- xi -
Résumé analytique
RESUME ANALYTIQUE
strictes (508 espèces) ; ce taux passe à 13% si l’on considère les espèces sub-endémiques.
Sans compter les algues, les lichens et les bryophytes, on estime entre 7 000 à 7 500
le nombre d'espèces végétales du Gabon.
A ce jour, le Gabon compterait environ 190 espèces de Mammifères dont 19 espèces
de Primates, parmi lesquels des Mandrills, des Colobes ( ?????????????) 35 000 Gorilles
64 000 Chimpanzés et environ 85 000 Eléphants et 500 individus d’Hippopotames ; 20
espèces de Carnivores (Canidés, Félidés, Hyanidés, Mustelidés et Viverridés). Ainsi que 13
espèces d’Artiodactyles (Suidés, Tragulidés et Bovidés).
L’Avifaune aquatique compte près de 20 espèces. On distingue environ 90 espèces
paléarctiques en provenance d’Europe et d’Asie et près de 50 espèces d’Oiseaux
migrateurs exclusivement africains.
Pour la faune des papillons, elle s’avère très riche en espèces (environ 950 espèces de
papillons diurnes contre 10 à 15 fois plus d’espèces nocturnes).
On dénombre également 88 espèces d’Amphibiens, 121 espèces de Reptiles dont 13
espèces Cheloniennes ou Tortues 3 espèces de Crocodiles, 70 espèces de serpents
(Ophidiens) 32 espèces de Lézards (Lacertiliens).
La faune ichtyologique des eaux gabonaises répertorie près de 540 espèces de
poissons, dont 471 poissons osseux (Téléostéens) et 69 poissons cartilagineux
(Chondrichtyens). On compte aussi près de 163 espèces océaniques ou strictement
marines (155 Téléostéenes et 48 Chondrichtyenes) qui vivent en haute mer, au-delà du
plateau continental. La faune ichtyologique des eaux peu profondes du plateau
continental compte 365 espèces, dont 303 Téléostéens et 60 Chondrichtyens. Parmi les
poissons cartilagineux, on recense 35 espèces de Requins dans les eaux gabonaises, dont
28 sont observées dans les eaux côtières, 4 dans les eaux saumâtres des estuaires et des
lagunes et 1 dans les eaux douces. La faune ichtyologique des eaux douces compte
environ 275 espèces appartenant à diverses familles, dont 27 espèces sont endémiques
ou sub-endémiques.
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Introduction
INTRODUCTION
Pays d'Afrique Centrale, traversé par l'Equateur, entre les latitudes 2°30’ N et 3°55’ S,
le Gabon occupe une superficie de 267 667 km² (figure 1). Selon le dernier Recensement
Général de la Population et de l'Habitat de 2003, la population gabonaise s'élève
à 1 520 911 habitants avec un taux de croissance moyen annuel de 2,2 à 2,5 %.
Cette population, peu dense (environ 5 habitants au km2), est inégalement répartie.
Elle est essentiellement urbaine à hauteur de 75 % et concentrée dans les provinces
de l'Estuaire, de l'Ogooué-Maritime, du Haut-Ogooué et du Woleu-Ntem.
Cette répartition inégale est liée au regain des activités économiques dans ces provinces.
Par ailleurs, la population du Gabon est jeune. Les moins de 25 ans représentent plus
de 52 % de la population (PNUD, 2007 ; UNPP, 2008).
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Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité
Au sein des trois régions climatiques que possède le Gabon, on peut, en termes
d'écosystèmes, subdiviser le territoire en trois domaines : les écosystèmes terrestres,
les écosystèmes côtiers et marins, les écosystèmes des eaux continentales.
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1
Cette revue est, pour l'essentiel, une synthèse bibliographique des ouvrages de Jean-Paul Vande weghe
(références bibliographiques 52 à 58).
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité
La forêt gabonaise n'est pas uniforme : elle se compose de six types de formations
végétales (forêts inondées et marécageuses ; forêts du bassin côtier ; forêts de
montagnes ; forêts des plateaux de l'intérieur ; forêts des plateaux du Nord-Est ; forêts
dégradées ou secondaires), en relation avec les variations écologiques (tableau 2).
Dans les forêts du bassin côtier, du littoral aux premières pentes des Monts de Cristal
et du Massif du Chaillu, les espèces ligneuses abondantes sont Alep (Desbordesia
glaucescens, Angoa (Erismadelphus exsul), Efot (Magnistipula bimarsupiata), Eyoum
(Dialium eurysepalum), Oken (Swartzia fistuloides), Okoumé (Aucoumea klaineana), Ozigo
ou atangatier sauvage (Dacryodes buttneri), Ozouga (Sacoglottis gabonensis), etc.
Les césalpiniacées peuvent être abondantes et très diverses, telles que Tali
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Composition floristique
Formations forestières Composition faunistique
Nom commun Nom scientifique
Aloma ou Bilinga d'eau Nauclea pobeguinii Importante biomasse d'invertébrés
Bahia Mitragyna ciliata Riche herpétofaune aquatique (tortues, crocodiles, ...)
Ebiara Berlinia bracteosa Eléphants de forêt
Forêts inondées et marécageuses Idewa Haplormosia monophylla Gorilles
Zingana Microberlina brazzavillensis Sitatungas
Fougères arborescentes Cyathea manniana, C. camerooniana
Palmiers-raphia Raphia sp.
Okoumé Aucoumea klaineana Importante biomasse d'invertébrés
Ozouga Sacoglottis gabonensis Riche faune aviaire et ichtyologique
Oken Swartzia fistuloides 3 espèces phares de mammifères : Eléphant de forêt, Buffle et
Forêts du bassin côtier
Angoa Erismadelphus exsul Potamochère (Potamochoeurus porcus)
Alep Desbordesia glaucescens Espèces endémiques : Cobe defassa, Céphalope aux pattes
Ozigo Dacryodes buttneri blanches Cercocèbe à collier blanc
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Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité
Ces forêts littorales sont traversées par un réseau assez dense de petites rivières,
de ruisseaux peu profonds et parfois temporaires. Ce milieu aquatique abrite
une biodiversité assez riche : des amphibiens (pipidés, ranidés) ; des insectes dont
de nombreuses demoiselles, libellules, ... ; crustacés (crevettes, crabes, ...) ; une faune
ichtyologique riche en espèces (Barbus spp., Brycinus spp., Clarias spp.,Tilapia spp., ...).
De nombreuses espèces d'oiseaux fréquentent les forêts côtières humides : Bulbul
verdâtre Andropadus virens, Bulbul jaune Bleda notata, Francolin de Latham Francolinus
lathami, Pintade noire Agelastes niger et Pintade plumifère Guttera plumifera, Râle
à pieds rouges Himantornis haematopus, Tchitrec à ventre roux Terspiphone rufiventer,
et le très abondant Perroquet jaco Psittacus erithacus.
La faune terrestre est également assez diversifiée. Les reptiles les plus
caractéristiques de ces zones sont des gekkonideae représentés par l'hémidactyle
de forêt Hemidactylus muriceus, des chamaeleonideae (Rhampholéon du Cameroun
Rhampholeon spectrum, caméléon d'Owen Chamaeleo owenii et caméléon bilobé
C. dilepis), le serpent-loup ponctué Lycophidion sp., la vipère du Gabon Bitis gabonica,
la vipère nasicorne B. nasicornis, le cobra noir et blanc Naja melanoleuca, le cobra
arboricole de Goldie Pseudohaje goldii. La biomasse des mammifères est surtout
constituée de trois espèces phares : l'éléphant, le buffle (Syncerus caffer nanus)
et le potamochère (Potamochoeurus porcus). Les espèces endémiques (Cobe defassa
Kobus defassa penricei, céphalophe aux pattes blanches Cephalophus ogilbyi crusalbum,
le primate cercocèbe à collier blanc Cercocebus torquatus) côtoient des situtunga
et céphalophes Cephalophus spp., des gorilles, chimpanzés (Pan troglodytes) et autres
primates (Cercopithecus spp., Myopithecus ogoouensis, Mandrillus sphinx), des chauves-
souris, des rongeurs, des panthères (pantera pardus) et autres félins, des mangoustes
(mangouste des marais Atilax paludinosus, mangouste à pieds noirs Bdeogale nigripes,
mangouste rouge Herpestes sanguinea, mangouste à long museau G. naso), des genettes
(Genetta tigrina, G. servalina) et des civettes (Civettictis civetta), etc.
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Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité
Les forêts des montagnes s'étendent dans les Monts de Cristal et le Massif
du Chaillu. Les essences associées sont apparentées à celles du bassin côtier : l'okoumé,
l'alep et l'ozigo y sont encore abondants ; les césalpiniacées, notamment les andoungs
du genre Monopetalanthus y sont bien représentés ; l'ozouga, l'angoa s'y raréfient
ou disparaissent.
Les conditions climatiques qui règnent dans cet habitat sont favorables à une flore
riche en plantes épiphytes (mousses, fougères, orchidées). Le sous-bois de ces forêts
renferme de nombreuses espèces de Begonia et d'impatientes (Impatiens spp.).
De nombreuses zones de ces forêts à tendance submontagnarde n'ont pas ou peu été
prospectées : la flore et la faune sont, en conséquence, mal connues. Néanmoins,
les différentes études relèvent un taux élevé de diversité biologique (flore très riche,
diversité de papillons aussi rares que beaux, richesse en espèces de reptiles strictement
sylvicoles, ...). Des plantes relativement rares y ont été découvertes, comme par exemple
le petit palmier Slerosperma mannii dans le Parc National de Waka. Il en est de même
pour la faune, caractérisée par l'espèce endémique de petit singe cercopithèque à queue
de soleil (Cercopithecus solatus), facillement reconnaissable à la coloration orange vif
du bout de sa queue.
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© P. MOTSCH
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité
La formation végétale de type forêt des plateaux de l'intérieur occupe les plateaux
du centre du Gabon. Elle représente la limite de peuplements de l'okoumé. Le beli
(Paraberlinia bifoliolata), le sorro ou sogho (Scyphocephalium ochocoal), l'ilomba
(Pycnanthus angolensis) et l'angona (Pentaclethra eetveldeana) y sont abondants et vont
participer désormais à la constitution d'un fond floristique commun à toutes les forêts
du nord-est.
La forêt des plateaux du nord-est est constituée de forêt vierge. L'okoumé
y est absent, tout comme l'alep, le sorro, l'odzikouna (Scytopetalum klaineanum), l'owui
(Hexalobus crispiflorus) et le mvana (Hylodendron gabunense). L'ensemble floristique
se caractérise par le beli (Paraberlinia bifoliolata), l'obeche ou ayous (Triplochiton
scleroxylon), le limba (Terminalia superba), le nka (Pteleopsis hylodendron), le wengue
(Milletia laurentii), ainsi que le nsigna ou arbre à ail (Scorodophloeus zenkeri) et le limbala
(Gilbertiodendron dewevrei).
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La faune des sous-bois est assez diversifiée (araignées, papillons, reptiles, ...).
Les forêts des plateaux recèlent également d'importantes populations d'éléphants
de forêt, de primates (gorilles, chimpanzés et autres petits singes), de bovidés
(céphalophes de forêt, antilopes de Bates, guibs harnachés (Tragelaphus scriptus),
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité
sitatungas, bongos et buffles de forêt). La faune aviaire comprend une grande diversité
d'oiseaux sylvicoles, dont deux espèces d'oiseaux, Picathartes oreas et Bradypterus
grandis, sont citées dans le Read Data Book de CIPO/UICN des oiseaux en voie de
disparition en Afrique.
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Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité
© M. Leal
Kougouleu-Medoneu. Le relief montagneux,
de 200 à plus de 900 m, est couvert d'une
forêt pluviale qui laisse place à une "forêt de nuages" aux plus hautes altitudes.
Les forêts des Monts de Cristal abritent une diversité biologique exceptionnelle,
avec un grand nombre d'espèces endémiques ou sub-
endémiques. Sur le plan botanique, on estime
qu'elles possèdent la plus grande diversité végétale
de toute l'Afrique (richesse en orchidaceae,
begoniaceae et Impatiens spp., 97 espèces d'arbres
© M. Leal
en moyenne par hectare). Bien d'espèces restent
encore à découvrir !
Concernant la faune, la liste est aussi incomplète, notamment celle des amphibiens,
des reptiles ou des arthropodes ; les petits mammifères n'ont pas fait l'objet
de recensement. Toutefois, les derniers inventaires font état de 35 espèces
de mammifères de grande ou moyenne taille (éléphants, mandrills, chimpanzés, ...), qui
cohabitent avec 25 espèces de reptiles, 27 espèces d'amphibiens, 246 espèces d'oiseaux,
principalement forestières, et 350 espèces de papillons aussi rares que beaux.
Difficile d'accès dans sa globalité (le secteur Séni ne pouvant être atteint qu'à pied),
le Parc National des Monts de Cristal reste peu perturbé. Mais, l'exploitation forestière
en périphérie immédiate du parc, la chasse intensive illégale pour le commerce de viande
de brousse du fait de la proximité de Libreville, la richesse de son sous-sol constituent
autant de menaces pour la préservation de ce territoire presque vierge.
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Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité
La steppe représente une formation végétale à tapis herbeux bas et clair, avec très
peu ou pas d'arbustes. Elle est disséminée tout le long du cordon littoral ; on retrouve
aussi ce couvert herbacé peu dense dans les plateaux Batéké. Ctenium newtonii, Melinis
nerviglumis et Eragrostis sp. sont les espèces typiques des steppes à touffes éparses
de graminées à feuillage coriace. Les steppes des plateaux Batéké abritent la graminée
Trachypogon thollonii. Les plantes, autres que les graminées, ne sont pas abondantes
ou sont peu visibles. Les steppes à couverture plus haute et plus dense sont caractérisées
par Anadelphia afzeliana, Hyparhenia [Link] Andropogon spp. La flore y est nettement
plus diversifiée. Setaria spp., Oryza barthii, Cyperaceae, Xyridaceae et Eriocaulaceae
dominent dans les zones basses souvent inondées.
Ces formations végétales sont quasi-totalement dépourvues de végétation ligneuse.
La faune y est rare : l'avifaune typique des savanes sèches (francolins, pintades, outardes,
alouettes, ...) y est peu représentée ; les espèces de papillons et de mammifères sont
relativement faibles, etc. Par contre, les steppes gabonaises hébergent des espèces
particulières comme les termites cubitermes aux termitières en forme de champignon,
le lézard Gerrhosaurus nigrolineatus, la grenouille fouisseuse de Perret Hemisus perreti,
la couleuvre des sables de Phillips Psammophis phillipsii, le guêpier gris rose Merops
malimbicus, l'hirondelle pseudolangrayen d'Afrique Pseudochelidon eurystominaou.
La formation végétale des savanes constitue un tapis herbeux bien plus haut et plus
dense que la steppe, avec un peuplement d'arbustes plus ou moins développé.
Les savanes apparaissent également à l'état dispersé sur l'ensemble du territoire.
C'est dans l'Ogooué-Maritime, la Nyanga et surtout le Haut-Ogooué qu'elle est la mieux
représentée. Les pluies s'y raréfient et la saison sèche est plus longue.
Anadelphia afzeliana, Andropogon schirensis, Hyparrhenia diplandra, Loudettia
arundinacea, Panicum phragmitoides, Pobeguinea arrecta et Schizachyrium platyphylum
sont les graminées dominantes des savanes. Par endroits, ces savanes comprennent des
Page 17
Sur le plan faunistique, la diversité des espèces rencontrées dans les savanes
herbeuses, densément arbustives, arborescentes ou boisées est relativement faible,
comparativement à celle des forêts. Parmi les arthropodes, on y retrouve l'Argiope
Argiope levii, araignée la plus typique des savanes ; des criquets, insectes les plus
abondants et les plus visibles dans les savanes, de nombreuses espèces de coléoptères
dont le grand bousier Pachylomerus femoralis, des papillons de forêts, mais également
des espèces savanicoles telles que des piéridés du genre Eurema, quelques nymphalidés
dont Sevenia pechueli, Danaus chrisippus, Acraea serena, des lycénidés et des hespéridés.
Peu nombreux, les amphibiens sont représentés par le crapaud des savanes Bufo
regularis, le crapaud tacheté B. maculatus, la rainette rayée de savane Afrixalus
fulvovittatus, la rainette de Lambaréné Hyperolius cinnamomeiventris et d'autres espèces
des genres Hyperolius et Leptotelis. Egalement assez pauvres en reptiles, les savanes
abritent les espèces suivantes de lézard : le gerrhosaure du Gabon Gerrhosaurus
nigrolineatus, l'agame des forêts Agama sylvana, l'agame commun A. agama, le scinque
polytrope Trachylepsis polytropis et le scinque à flancs bruns T. affinis. Les serpents sont
également peu nombreux : on y trouve des espèces à large distribution (la couleuvre
éméraudine Hapsidophrys smaragdinus, le philothamne gris Philtothamnus carinatus,
le cobra noir et blanc Naja melanoleuca, ...) et des espèces localisées, telles que la vipère
heurtante Bitis arietans et le cobra cracheur à cou noir Naja nigricollis dans les savanes
du Haut-Ogooué, la couleuvre oophage confondante Dasypeltis confusa et le philothamne
du Gabon Philothamnus heterodermus dans le Parc National de la Lopé.
Outre les espèces typiques des savanes, l'avifaune compte également des rapaces
(la buse d'Afrique Buteo augularis, la buse variable B. Buteo, le faucon pèlerin Falco
peregrinus, ...), divers pipits (Anthus spp.), des engoulevents (Caprimulugus spp.),
des vanneaux ternes (Vanellus lugubris), des râles de prés (Crex egregia), de nombreuses
espèces de passereaux (cisticoles, souimangas, ...), etc. Certaines espèces d'oiseaux, telles
que le faucon hobereau (Falco subbuteo), le faucon kobe (F. vespertinus) dans les savanes
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Page 19
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité
ou de fourrés arbustifs plus ou moins lianescents. Plus en aval, les forêts marécageuses
sont dominantes tandis que, sous influence marine, se développent des mangroves.
Le courant étant un facteur limitant la colonisation par des végétaux aquatiques,
les rivières et fleuves, à courant rapide et à faible teneur en nutriments, constituent donc
des milieux non propices au développement d'une végétation aquatique. C'est dans
les eaux stagnantes ou milieux lentiques que se développent les végétaux aquatiques
typiques, comme les nénuphars (Nymphaea spp., Nuphar spp.), les ottélie ulve (Ottelia
ulvifolia), les utriculaires (Utricula spp.) ou les fougères aquatiques (Azolla africana,
Ceratopteris thalictroides, Salvinia nymphellula). Par contre, la végétation aux bords
des rives des eaux courantes est très diversifiée. Ainsi, des herbiers de graminées
(Cyperus papyrus, Loudetia phragmitoides), de cypéracées (Cyperus spp., Rhynchospora
spp.) ou de fougères (Selaginella spp., Dicranopteris linearis, etc.) côtoient des xyridacées
(Xyris spp.), des aracées (Cyrtosperma senegalensis), des ériocaulacées (Mesantherum
radicans), des orchidacées (Eulophia angolensis, E. horsfallii) ainsi que des plantes
ligneuses telles que des rubiacées (Hallea ciliata, Nauclea pobenguinii, ...), des fabacées
(Millettia griffoniana), des myrtacées (Syzygium cordatum), etc.
Les eaux continentales abritent une faune variée d'amphibiens, comptant des ranidés
(6 espèces dont la grenouille des champs Hoplobatrachus occipitalis et la grenouille
plissée Ptychadena spp.), des rainettes (Hyperolius spp.), des pipidés (xénope épitropical
Silurana epitropicalis), des pétropédétidés ou grenouilles à antennes (4 espèces),
des astlosternidés (2 espèces) et une espèce endémique, Werberia iboundji (bufonidés),
du Mont iboundji. Les reptiles sont aussi diversifiés. Les tortues sont représentées par
les espèces aquatiques du genre Pelusos et la tortue molle d'Aubry (Cycloderma aubryi).
Le crocodile à long museau ou faux-glavial (Crocodylus cataphractus) fréquente les grands
et moyens cours d'eau, tandis que le crocodile nain est plus commun dans les ruisseaux
en forêt et savane. Les lézards et serpents sont représentés par le varan orné, le python
de Seba, le cobra aquatique annelé (Naja annulata), la couleuvre ripicole (Natriciteres
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Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité
Pélécanidés
Pélican gris Pelecanus rufescens R A
1
R, résident ; P, migrateur paléarctique ; M, migrateur afrotropical
2
L'habitat, mentionné seulement pour les espèces résidentes, est indiqué par les lettres :
F, forêt ; D, défrichement et savane, y compris les zones herbeuses des bais ; A, milieux
aquatiques ouverts (fleuve et rivières).
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité
Tableau 5 (Suite)
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© S. PANZERA
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité
La faune ichtyologique des eaux douces du Gabon compte environ 275 espèces,
appartenant à diverses familles. L'essentiel de cette diversité ichtyologique, présenté
en figure 5, est constitué d'aplocheilidés (killis), de mormyridés (poissons électriques),
de cyprinidés ("goujons" ou barbeaux, tanches), de cichlidés ("carpes" ou tilapias),
d'alestidés (tétras africains), de mochokidés (poissons-chats), de clariidés (vrais silures),
de poeciliidés (également appelés killis), de clarotéidés (mâchoirons) et d'amphilidés
("silures").
Environ 27 espèces de cette ichtyofaune sont endémiques ou subendémiques.
Plusieurs espèces de characiformes (distichodontidés (Distichodus spp., Neolebias spp.,
Nannocharax spp.), alestidés (Brycinus spp., ...) et le prédateur Hepsetus odoe (brochet
africain, seule espèce des hepsétidés) sont endémiques d'Afrique. Des espèces, comme
le Protopterus doloi (protoptéridés) ou le "sans-nom" Heterotis niloticus (arapaimidés),
sont uniquement présentes dans le bassin inférieur de l'Ogooué.
Bien qu'endémiques d'une région, certaines espèces ont une distribution très
localisée. Parakneria abbreviata et P. cameronensis, de la famille des knériidés, sont des
petits poissons d'eaux courantes et des rapides, endémiques de la Basse-Guinée
et localisées dans la Ngounié pour la première espèce, dans la haute-Ngounié
et la Nyanga pour la seconde.
Famille essentiellement marine, les clupéidés sont représentés trois espèces
de sardines d'eau douce, Pellonula leonensis, P. vorax et Odaxothrissa ansorgii. Les eaux
douces hébergent également des espèces marines qui effectuent des migrations
saisonnières ou sporadiques entre la mer et les eaux continentales, comme
les perciformes (les rouges Lutjanus spp., la carangue crevalle Caranx hippos, le mulet Liza
falcipinnis), les pleuronectiformes (petit turbot Citharichthys stampfii ou la sole langue
Cynoglossus senegalensis). Urogymna ukpam est la seule espèce de raie qui fréquente
les eaux douces.
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Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité
0 10 20 30 40 50 60 70
Aplocheilidés 57
Mormyridés 38
Cyprinidés 36
Cichlidés 33
Alestidés 24
Mochokidés 23
Distichodontidés 19
Clariidés 17
Poeciliidés 15
Amphilidés 13
Claroteidés 13
Clupeidés 8
Anabentidés 7
Schilbeidés 6
Mastacembelidés 5
Channidés 3
Knériidés 3
Malaptéridés 2
Hepsetidés 1
Noteopteridés 1
Poluptridés 1
Protopteridés 1
Arapamaïdés 1
Polycentridés 1
Source : IRAF, 2011
lesquelles vivent des petits poissons, dont les plus communs sont des petits poissons
zébrés (sergent de nuit Adudefduf taurus, sergent major A. saxatilis). Ces petits poissons
attirent incontestablement des prédateurs comme la murène serpent (Echidna peli)
ou la murène à pois (Muraena melanotis). Le retrait des eaux peut piéger dans ces mares
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité
temporaires des poissons de plus grande taille (le perroquet de Guinée Scarus hoefleri,
la rascasse Scorpaena sp. ou des bancs de rasoirs Ilisha africana).
Sous l'action du vent, se forment des dunes au dessus des plages de sable. Elles sont
couvertes d'une végétation herbacée, basse et prostrée, dominée par des amaranthacées
(Althernanthera maritima, Blutaparon vermiculare), des graminées (Stenotaphrum
secundatum, Paspalum vaginatum, Sporobolus virginicus, ...), des convolvulacées (Ipomea
stolonifera, I. pescaprae), des cypéracées (Remirea maritima, Cyperus crassipes).
Ces végétaux possèdent des tiges rampantes qui permettent de fixer les dunes. Toutefois,
en beaucoup d'endroits, les dunes sont en voie de régression ; elles ont notamment
disparu dans la région de Nyonié, entre Libreville et Port-Gentil, et les plages y sont
directement adossées à la forêt côtière. Le développement de fourrés densément
arbustifs de Manilkara lacera et de Chrysobalanus icaco, en bordure des dunes et à l'abri
des marées les plus fortes, annonce l'installation de la forêt.
Mollusques (bivalves, gastéropodes, ...) et crustacés (crabe fantôme Ocypode cursor,
crabe O. africanus) sont les animaux les plus fréquemment rencontrés sur les plages.
Les oiseaux sont également des éléments dominants de la faune des plages.
Ce sont généralement des petits échassiers (bécasseau sanderling Calidris alba, bécasseau
minute C. minuta, pluvier grand-gravelot Charadrius hiaticula, pluvier à front blanc Ch.
marginatus, glaréole grise Glareola cinerea, courlis courlieu Numenius phaeopus),
plus abondants dans la région de Libreville que dans la côte sud du Gabon. Sternes
(sterne caspienne Sterna caspia, sterne royale S. maxima, sterne caugek S. sandvicensis,
sterne pierregarin S. hirundo, ...) et becs-en-ciseaux d'Afrique (Rynchops flavirostris) sont
également très communs sur la côte gabonaise, où ils se rassemblent en grandes bandes.
Parmi les reptiles, on peut observer l'agame Agama agama qui vit sur les grumes
échouées ainsi que des varans (Varanus Ornatus) à la recherche de leur nourriture dans
l'écume des vagues sur la plage. Le crocodile du Nil (Crocodylus niloticus), qui habite
surtout les eaux saumâtres des lagunes, traverse fréquemment dunes et plages pour aller
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chasser en mer. Quatre espèces de tortues marines fréquentent les plages du Gabon,
qui constituent une importante zone de ponte et de nidification. La tortue marine la plus
commune est la tortue luth Dermochelys coriacea : chaque année, près de 2 000 à 3 000
luths femelles pondent leurs œufs sur les plages gabonaises (Witt et al., 2009). La tortue
olivâtre Lepdochelys olivacea est régulièrement observée au sud de Port-Gentil ; la tortue
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité
verte (Chelonia mydas) et la tortue à écaille (Eretmochelys imbricata) sont rares le long
de la côte sud, mais abondantes dans la baie de Corisco.
Eléphants, sitatungas se reposent régulièrement sur les plages, où ils côtoient buffles
ou hippopotames (Hippoptamus amphibius), qu'on peut apercevoir aussi dans les vagues.
D'autres mammifères, tels que les potamochères, les civettes, les cercocèbes à collier,
les mangoustes des marais ou les genettes, viennent également se nourrir sur la plage.
et mollusques qui attirent les poissons à marée haute et les oiseaux à marée basse.
La macrofaune est essentiellement composée d'espèces très spécialisées, surtout
les oiseaux : des pélicans, des grands échassiers (cigognes, hérons, ibis, ...), des petits
échassiers ou limicoles (pluviers, vanneaux, bécasseaux, chevaliers, courlis, barges).
Les vasières littorales et les prés salés peuvent être fixés par des mangroves.
Les plus importantes sont situées dans la baie de Mondah (35 000 ha), l'estuaire du Komo
(85 000 ha) et le delta de l'Ogooué (80 000 ha) ; des superficies plus petites existent dans
les lagunes Ngové, Ndogo et Banio. Cet écosystème est caractérisé par des conditions
écologiques très particulières : salinité très variable en fonction des apports en eau douce
(précipitations, fleuves, …) ; eau pauvre en oxygène en raison d'une très importante
activité bactérienne ; substrat meuble et instable ; alternance exondation/inondation,
due au flux et reflux des marées, entraînant des périodes prolongées de dessiccation
et d’immersion. Seuls quelques palétuviers ont pu s'adapter à ce milieu contraignant :
les paletuviers rouges Rhyzophora racemosa, R. mangle et R. harrisonii, le petit paletuvier
Laguncularia racemosa, le paletuvier gris ou petit manglier Conocarpus erectus
et le grand paletuvier blanc Avicennia.
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© R. MABICKA
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité
En dehors des essences ligneuses, les mangroves comptent aussi plusieurs herbacées
typiques, notamment la grande fougère Acrostichum aureum et la graminée Paspalum
vaginatum. Dans la zone de transition entre les mangroves et forêts de terre ferme,
se développent des Pandanus candelabrum et des palmiers faux-dattiers épineux,
Phoenix reclinata. Dans les vieilles mangroves, à proximité des formations terrestres,
on trouve beaucoup d'épiphytes (fougères, orchidées) et des hémiparasites de la famille
des loranthacées. Les mangroves sont également riches en végétaux microscopiques
(diatomées, algues unicellulaires, phytoplancton diversifié) qui colonisent racines
aériennes des palétuviers et eaux peu profondes. Sont également importantes
les bactéries que l'on trouve dans les vases et boues des mangroves, ainsi que
les champignons dans les bois morts.
Moins étudiée que la flore, la faune des mangroves n'en est pas moins assez
diversifiée. Comme les vasières, les eaux des mangroves hébergent un zooplancton, riche
et abondant, des éponges, vers annelés, nématodes, etc. La faune ichtyologique typique
des mangroves est représentée par les gobidés périophtalme Periophtalmus barbarus
et Gobiioides ansorgei. Carpe Sarotherodon nigripinnis, batanga Dormitor lebretonis
et bostrychus Bostrychus africanus sont également communs dans les eaux saumâtres
des mangroves. Les amphibiens et reptiles sont généralement peu nombreux dans
les mangroves du Gabon ; néanmoins, elles semblent constituer le refuge de crocodiles
de forêts Osteolaemus tertraspis et de crocodiles du Nil Crocodylus niloticus.
De nombreuses espèces d'oiseaux, telles que les pélicans, les cigognes, les bécasseaux,
les pluviers, les courlis, fréquentent les mangroves car ils se nourrissent dans les vasières
qui les bordent lorsque l’eau se retire.
La macrofaune des mangroves comprend un bon nombre d'espèces opportunistes,
qui proviennent des milieux voisins et visitent temporairement les mangroves,
notamment des insectes, certains poissons marins (sardinelles plates Sardinella
maderensis, harengs Elops lacerta et E. senegalensis, sardines des estuaires Ethmalosa
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fimbriata, par exemple), des reptiles (varan orné Varanus ornatus, tortue à carapace
molle Trionyx triunguis, python de seba Python sebae), et des mammifères (éléphants,
buffles, sitatungas, talapoins, cercocèbes à collier,...). Cette macrofaune comprend aussi
des espèces qui peuplent les mangroves : les mollusques ubiquistes (dans et sur la boue,
sur les racines des palétuviers, dans le bois mort et sur la canopée), tels les gastéropodes,
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité
les huîtres en grappes sur les racines des palétuviers ; les crustacés (crabes, crevettes,
balanes, ...). Dans l'enchevêtrement des mangroves, il n'est pas rare de rencontrer
des loutres (Aonyx sp.) et des lamantins (Trichechus senegalensis).
Baigné par l'océan Atlantique, le Gabon compte environ 800 km de façade maritime
et une zone économique exclusive (ZEE) estimée à 213 000 km2. Le plateau continental
couvre près de 46 000 km2 : il est relativement étroit au nord du Cap Lopez (45 km
de largeur), puis s'élargit pour atteindre une largeur de 75 km dans les régions de Gamba
et de Mayumba.
La composante floristique des écosystèmes marins gabonais a peu fait l'objet
d'études soutenues. En revanche, la faune marine est mieux documentée. Le zooplancton
est riche en crustacés microscopiques (copépodes, ostracodes, formes larvaires
de crustacés, ...). Les cnidaires sont représentés par des gorgones (Eunicella spp.),
des coraux (Dendrophyllia aurea) et des méduses. Les crustacés marins comprennent
les cirripèdes (anatifes et balanes), les décapodes (crabes, crevettes, langoustes
et apparentés). Parmi les mollusques, on compte de nombreuses espèces de bivalves
(huîtres et moules), de gastéropodes (escargots, limaces de mer) et de céphalopodes
(six espèces de calamars et encornets, cinq espèces de seiches). La faune herpétologique
marine est essentiellement constituée de quatre espèces de tortues marines (tortue luth,
tortue olivâtre, tortue verte et tortue à écailles).
Les oiseaux de haute mer sont peu connus. L'océanite de Wilson (Oceanites
oceanicus) est une espèce très commune ainsi que le fou brun Sula leucogaster ou le fou
du Cap S. capensis. L'avifaune marine gabonaise compte également des sternes (sterne
articque Sterna paradisea, sterne bridée S. anaethetus, noddi noir Anous minutus, noddi
brun A. stolidus), des labbes (labbe pomarin Stercorarius pomarinus, labbe parasite
S. parasiticus), le puffin fuligineux Puffinus griseus, la guifette noire Chlidonias niger,
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1. Espèces marines
Nom scientifique1 Appellation Nom scientifique Appellation
Acanthuridés : chirurgiens (2 espèces) Hémulidés : grondeurs, diagrammes (8 espèces)
Acanthurus monroviae Chirurgien chas-chas Brachydeuterus auritus Lippu pelon
Prionurus biafraensis Chirurgien du Biafra Pomadasys peroteti Grondeur perroquet
Antennariidés : grenouilles de mer (3 espèces) Holocentridés : poissons-écureuils (2 espèces)
Antennarius pardalis Sargocentron hastatum Marignan rouge
A. senegalensis Myripristis jacobus Marignan mombin
A. stiatus
Balistidés : balistes (2 espèces) Istiophoridés : voiliers, makaires, marlins
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Tableau 6 (Suite)
1. Espèces marines
Nom scientifique1 Appelation Nom scientifique Appelation
Bélonidés : aiguillettes de mer (3 espèces) Lophiidés : baudroies (1 espèce)
Tylosurus acus Aiguille voyeuse Lophiodes kempi Baudroie
Carangidés : caranges, liches, pompaneaux, etc Mullidés : Rougets-barbets (1 espèce)
(24 espèces)
Caranx rhonchus Chinchard Pseudupeneus prayensis Rouget-barbet du sénégal
Trachinotus ovatus Liche
Chaetodontidés : papillons (3 espèces) Murénésocidés : murènes-brochets (1 espèce)
Chaetodon hoefleri Papillon à quatre bandes Cynoponticus ferox Murénésoce de Guinée
C. robustus Papillon à trois bandes
Prognathodes marcellae Papillon à deux bandes
Cynoglossidés : soles-langues (4 espèces) Murénidés : murènes (6 espèces)
Cynoglossus canariensis Sole-langue des Canaries Lycodontis afer Murène obscure
C. monodi Sole-langue de guinée L. mareei Murène cobra
Symphurus ligulatus Plagusie longue
Dactyloptéridés : poules de mer (1 espèce) Paralichthydés : perpeires (2 espèces)
Dactylopterus volitans Poule de mer Syacium guineensis Fausse limande
Exocetidés : exocets ou "poissons volants" (7 espèces) Pomacanthidés : demoiselles (2 espèces)
Cypselurus spp. Holacanthus africanus Demoiselle africaine
Pomacanthus paru Demoiselle chiririte
Hémiramphidés : demi-becs (3 espèces) Scaridés : perroquets (2 espèces)
Hemiramphus brasiliensis Demi-bec brésilien Scarus hoefleri Perroquet de Guinée
Nicholsina usta Perroquet émeraude
Sciaenidés : otholites, courbines (12 espèces) Stromatéidés : fiatoles, stromates (1 espèce)
Pteroscion peli Courbine pélin Stromateus fiatola Fiatole de Guinée
Umbrina rochus Ombrine fusca
Scombridés : Albacore, bonitos, auxides (10 espèces) Tétraodontidés : Compères (4 espèces)
Auxis rochei Bonitou Lagocephalus laevigatus Compère lisse
Scomber japonicus Maquereau espagnol Sphoeroides sprengleri Compère de Guinée
S. pachygatser Compère émoussé
Ephippion guttifer Compère à points blancs
Scorpénidés : rascasses (6 espèces) Trichiuridés : sabres (3 espèces)
Pontinus accraensis Rascasse d'Accra Trichiurus lepturus Sabre commun
Scorpaena angolensis Rascasse d'Angola
Serranidés : mérous (16 espèces) Triglidés : grondins (4 espèces)
Epinephelus costae Mérou badèche Chelidonichtys gabonesis Grondin du Gabon
Cephalopholis nigra Mérou noir Lepidotrigla cadmani Grondin écailleux
Serranus cabrilla Serran chèvre
Soléidés : soles (12 espèces) Zéidés : saint-Pierre (3 espèces)
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Tableau 6 (Suite)
Tableau 6 (Suite)
Parmi les poissons cartilagineux, on recense 35 espèces de requins dans les eaux
gabonaises, dont 28 sont observées dans les eaux côtières, 4 dans les eaux saumâtres
des estuaires et des lagunes et 1 dans les eaux douces. Les requins-marteaux Sphyrna sp.,
les requins mako Isurus oxyrinchus sont des espèces communément observées au large.
Les espèces les plus communes des eaux côtières sont le milandre jaune Paragaleus
graveli, le requin à museau pointu Rhizopriodon acutus ou les requins nourrices
Ginglymostoma cirratum. Sur la trentaine d'espèces de raies inventoriées, 32 vivent dans
les eaux côtières, 9 visitent les eaux estuariennes et lagunaires et 4 fréquentent les eaux
douces. Les raies sont représentées par les dasyatidés ou pastenagues (6 espèces),
les rhinobatidés ou raies-guitares (7 espèces), les myliobatidés ou raies-aigles (3 espèces),
les torpédinidés ou raies-torpilles (5 espèces), les mobulidés ou raies manta (1 espèce),
les gymnuridés ou raies-papillons (1 espèce) et des rajidés (8 espèces).
La faune de cétacés compte 15 espèces : 6 espèces de mysticètes (rorquals
et baleines) et 9 espèces d'odontocètes (cachalots et dauphins), qu'on observe plus
facilement le long de la côte sud (tableau 7). Le rorqual de Bryde (Balaenoptera edeni), le
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rorqual commun (B. physalis), le rorqual bleu (B. musculus), la baleine franche australe
(Eubalaenara australis) ont été signalés dans les eaux gabonaises. Le rorqual le plus
commun est le rorqual à bosse (Megaptera novaeangliae), appelé aussi baleine à bosse,
qui visite les eaux peu profondes du plateau continental. Plusieurs espèces de dauphins
fréquentent les eaux gabonaises : le dauphin à bosse de l'Atlantique (Souza teuzii),
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité
Mysticètes Odontocètes
Baleine à bosse Megaptera novaeangliae Cachalot commun Physeter macrocephalus
Baleine bleue Balaenoptera musculus Dauphin à bosse Sousa teuszii
Baleine franche australe Eubalaena australis Dauphin à rostre étroit Steno bredanensis
Rorqual boréal Balaenoptera borealis Dauphin commun Delphinus delphis
Rorqual commun Balaenoptera physalis Dauphin de Risson Grampus griseus
Rorqual de Bryde Balaenoptera edeni Dauphin d'Electre Peponocephala electra
Dauphin du Cap Delphinus capensis
Faux orque Pseudorca crassidens
Globicéphale tropical Globicephala macrorynchus
Grand dauphin Tursiops truncatus
Orque Orcinus orca
Source : Van de Weghe, 2007
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Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité
Source : ANPN
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Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité
© M. Jirku
© B. Stuart
© S. Panzera
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Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité
Trichechididae : lamantins 1
Elephantidae : éléphants 1
Hippopotamidae : hippopotames 1
Suidae : porcins 2
Tragulidae : chevrotains 1
Bovidae : céphalophes, buffles et antilopes 15
⚫
1 espèce nouvelle décrite
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité
Tableau 9 (Suite)
Le Gabon reste encore peu connu d'un point de vue floristique. En effet, sur la base
des prospections botaniques, le nombre de plantes qui y sont récoltées au km2 n'est que
de 0,24, alors que la valeur minimale de 1 spécimen/km2 est considérée comme niveau
acceptable d'inventaire botanique (Campbell et Hammond, 1989). Le nombre croissant
d'explorations botaniques, couvrant autant que possible des zones non encore connues
botaniquement, contribue à augmenter cette valeur, qui se traduit par des découvertes
et des descriptions régulières de nouvelles espèces, publiées généralement dans la revue
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1 Sites inscrits sur le Registre de la Convention de Ramsar ou Convention relative aux zones humides
d'importance internationale, particulièrement comme habitats des oiseaux d'eau.
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité
La check-list (tableau 10), basée sur des données relatives à plus de 65 000 spécimens
d'herbier, recense 4 170 plantes vasculaires dont 82, soit seulement 0,017%, ont été
introduites (Sosef et al., 2006). Sans compter les algues, les lichens
et les bryophytes, les anciennes estimations du nombre d'espèces végétales du Gabon
étaient de 6 000 à 8 000 (Lebrun, 1976 ; Breteler, 1989, 1990 ; Morat et Lowry, 1997).
Il est difficile d'avoir une estimation précise du nombre total des végétaux : il serait
raisonnablement entre 7 000 à 7 500 (Sosef et al., 2006).
Tableau 11 (Suite)
Cette forêt pluviale de moyenne et basse altitude est considérée comme la plus riche
en espèces du continent africain (Breteler, 1990 ; Küper et al., 2004 ; Sosef et al., 2006).
Elle héberge de nombreux taxons à richesse spécifique très élevée (Wieringa, 1999 ;
Versteegh et Sosef, 2007 ; Breteler et Nguema Miyono, 2008 ; Breteler et Wieringa, 2008;
Breteler, 2010, 2011). Cette diversité végétale renferme près de 11 % de plantes
endémiques strictes (508 espèces) ; ce taux passe à 13 % si l'on prend en compte
les espèces sub-endémiques. Le tableau 12 présente quelques espèces végétales
endémiques ou sub-endémiques rencontrées au Gabon.
Famille Espèce
Acanthaceae Pseudocalyx macrophyllus
Apocynaceae Baissea longipetiolata
Balsamnaceae Impatiens floretii
Combretaceae Combretum exilii
Connaraceae Cannarus gabonensis
Cnestis uncata
Euphorbiaceae Croton loukandesis
Pycnocoma tholonii
Leguminosae/Caesalpinoideae Anthonota ferruginea
Dalbergia librevillensis
Loesenera gabonensis
Melastomataceae Dicellandra descoingsii
Rubiaceae Chassalia tchibangensis
Tarenna ogouensis
Zingiberacea Aframomum inversiflorum
Costus fissiligulatus
Monts du Cristal Monts Doudou Monts de Belinga Forêt de Mondah
Begonia aggeloptera Adhatoda le-testui Garcinia epunctata Acridocarpus vestitus
Begonia anisosepala Anthonotha trunciflora Combretum clarensis
Begonia karperi Begonia dewildei Combretum esteriense
Begonia peperomiodes Begonia gabonensis Gaertnera spicata
Begonia vittariifolia Calpocalyx brevifolius Palisota sp. nov.1
Commitheca letestuana Psychotria bracteosa
Costus nudicaulis Psychotria klainei
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Dernier vestige des forêts côtières humides qui entouraient la baie de Corisco, du Cap
Esterias au sud jusqu'à Cocobeach au nord-est, la forêt classée de la Mondah abrite
plusieurs espèces végétales typiques des forêts hyperhumides, que l'on ne retrouve pas
ailleurs au Gabon. La situation de certaines de ces plantes à distribution restreinte est
alarmante. En effet, avec plus de 30 espèces inventoriées il y a une dizaine d'années,
cette forêt ne compte plus, à ce jour, que 27 espèces "endémiques rares". 18 d'entre
elles, dont 3 probablement éteintes, sont menacées de disparition pour des raisons liées
à l’activité humaine (urbanisation rapide de la zone, exploitation de bois de charbon,
exploitation de carrières de sable, activités agricoles, ...). Ces espèces végétales seront
inscrites dès 2012 sur la liste rouge de l'UICN (Walters 2011, comm. person.).
A ce jour, il n'y a pas d'espèces floristiques, intégralement ou partiellement,
protégées, à l'exception, bien sûr, de celles présentes dans les aires protégées, qui sont
de fait placées sous un régime de pleine protection. Toutefois, les essences forestières
Afo (Poga oleosa), Andok (Irvingia gabonensis), Douka ou Makore (Tieghemella africana),
Moabi (Baillonnella toxisperma) et Ozigo (Dacryodes buttneri), sont mises en réserve,
c'est-à-dire interdites d'abattage, classées non exploitables et commercialisables, durant
vingt cinq ans à compter du 1er janvier 2009 (Décret n°0137/PR/MEFEPA du 4 février
2009).
endémique des forêts du Gabon central. Par ailleurs, les forêts gabonaises, plus vaste bloc
forestier intact d'Afrique centrale, abritent des populations de grands primates estimées
à 35 000 gorilles et 64 000 chimpanzés (Butynski, 2001). Pourtant, entre 1983 et 2000,
ces populations ont perdu plus de la moitié de leur effectif, en raison d'une chasse
illégale, des épidémies Ebola et de la perte/dégradation des habitats (Walsh et al., 2003).
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité
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© [Link]
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité
La flore marine n'ayant pratiquement pas été inventoriée, les connaissances actuelles
sur la biodiversité des milieux marins et côtiers concernent surtout la faune.
Eaux marines, côtières et continentales gabonaises abritent une faune aquatique très
diversifiée (oiseaux, reptiles, mammifères, poissons, etc.) dont plusieurs sont menacées.
L'avifaune aquatique compte près de 20 espèces d'oiseaux liés au milieu aquatique,
que l'on rencontre près des côtes ou le long des cours d'eau. Parmi les espèces
migratrices, on distingue environ 90 espèces paléarctiques, en provenance d'Europe
ou d'Asie, et près de 50 espèces d'oiseaux migrateurs exclusivement africains (UICN,
1990). Bien qu'en nombre parfois assez important, le bec-en-ciseau d'Afrique (Rhyncops
flavirostris) des bancs de sables de l'Ogooué, la sterne des baleiniers (Sterna balaenarum)
observée sur les côtes gabonaises et le grand courlis (Numenius arquata) sont classés,
en 2010, comme 'quasi-menacés' sur la liste rouge de l'UICN, et le fou du Cap (Morus
capensis), comme 'vulnérable'. Par rapport aux 750 espèces de l'avifaune terrestre,
le nombre d'espèces d'oiseaux aquatiques est faible, même si certaines colonies
présentent de grands effectifs, à une période ou une autre de l'année. Durant la période
hivernale, le littoral gabonais peut héberger jusqu'à plusieurs dizaines milliers d'oiseaux.
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Il constitue probablement une halte pour les espèces d'oiseaux qui hivernent. Les côtes
gabonaises sont également des lieux de séjour pour les limicoles paléarctiques ; elles
accueillent jusqu'à 1 % des populations mondiales du bécasseau cocorli (Calidris
ferrugina) et du courlis courlieu (Numenius phaeopus).
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité
Les reptiles marins sont représentés uniquement par les 4 espèces de tortues
marines que l'on rencontre au Gabon (cf I.A.2. Etat de la diversité biologique
des écosystèmes côtiers et marins, pages 15 et 18). Elles sont toutes inscrites à l'annexe I
de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages
menacées (CITES), aux annexes I et II de la convention sur la conservation des espèces
migratrices (CMS) et sur la liste rouge de l'UICN, comme 'en danger' ou 'en danger
critique d'extinction'.
Dix-sept espèces de mammifères sont dénombrées dans les eaux gabonaises
(tableau 7). Les baleines sont observées dans la région durant l'hiver antarctique,
les mégaptères de juin à octobre. Les observations sur la distribution et l'abondance
des autres cétacés sont rares. En 2009, a démarré le projet de l'Initiative Darwin
sur la conservation de la biodiversité marine du Gabon ; l'objectif de ce projet concerne
la recherche et le suivi de mammifères marins. Les études se concentrent notamment
sur les cétacés côtiers, en particulier le dauphin à bosse (Sousa teuszii), espèce
endémique vulnérable qui est une composante constante des eaux gabonaises,
et le grand dauphin (Tursiops truncatus). Ces deux espèces sont considérées comme les
plus menacées par le développement côtier, la pêche côtière et l'exploitation pétrolière.
La faune ichtyologique du Gabon est très riche (cf. I.A.2. Etat de la diversité
biologique des écosystèmes côtiers et marins, page 19 ; I.A.3. Etat de la diversité
biologique des écosystèmes des eaux continentales, page 27 ; tableau 6). Une récente
campagne a permis de dresser un inventaire des poissons des biotopes marins, côtiers
et des eaux continentales. Le nombre d'espèces de poissons est en hausse : cette liste
synoptique recense effectivement 845 espèces de poissons, dont 32 endémiques.
La biodiversité des eaux douces gabonaises abrite 380 espèces de poisons (Mve Beh,
2011, comm. pers).
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Les potentiels halieutiques annuels sont estimés à 30 000 tonnes pour les pêches
démersales (poissons, mollusques), 150 000 tonnes pour les petits pélagiques
et semi-pélagiques (maquereaux, bécunes, chinchards, carangues), 15 000 tonnes pour
les grands pélagiques et 30 000 tonnes pour la pêche continentale. Les potentialités des
eaux intérieures gabonaises sont peu connues. L'ordre de grandeur du potentiel
halieutique des lagunes, couvrant 2 000 km2, serait de 14 200 à 28 400 tonnes/an contre
5 000 pour le complexe fluvio-lacustre du cours intérieur de l’Ogooué. Ces stocks
halieutiques accusent un déclin, désormais perceptible, notamment avec une évidente
surexploitation des ressources. C'est ainsi que des efforts sont consacrés à la protection
des ressources halieutiques, principalement crevettes et ethmaloses, en instituant des
repos biologiques.
© IRAF
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Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité
➢ L'exploitation forestière
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© D. NDIADE
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité
L'abattage, sélectif ou pas, a des effets dommageables sur la structure des forêts,
tant au niveau de la canopée que du sous-bois. On estime que l'exploitation forestière
provoque une perte d'environ 10 % de la canopée, mais que jusqu'à 50 % de cette
canopée peut être affectée car plusieurs arbres sont souvent endommagés ou détruits
lors de travaux d'approche et d'abattage d'un seul arbre (Collomb et al., 2000).
L'ouverture de la canopée engendre une prolifération d'arbustes, de lianes et de recrûs,
étouffant les jeunes arbres qui doivent normalement combler les chablis créées (Vande
weghe, 2011b).
L'exploitation forestière a également des effets sur la composition de la faune.
La destruction ou la raréfaction d'arbres fruitiers a des impacts certains sur les
populations d'oiseaux ou de mammifères. Les populations de chimpanzés (Pan
troglodytes), colobes noirs (Colobus satanas) et mangabés à joues blanches (Lophocebus
albigena) régressent dans les zones exploitées, le chimpanzé semblant être le plus
sensible aux perturbations engendrées par l'exploitation (Vande weghe, 2011b).
Dans les zones exploitées, la densité de rats et de souris augmentent, ainsi que celle
des éléphants et des buffles. La richesse spécifique, la diversité et l'abondance
de certaines communautés animales, comme celles des oiseaux sylvicoles, peuvent être
affectées dans des forêts sélectivement exploitées, comparées à des forêts intactes
(Vande weghe, 2011b). L'exploitation forestière représente également une vraie menace
à la survie de la faune sauvage, du fait que les chasseurs de viande de brousse utilisent
tout autant les routes récentes que les anciennes pistes abandonnées pour atteindre
les régions isolées.
Des instruments juridiques axés sur la conservation de la biodiversité ont été mis
en place, mais la violation de la législation en vigueur, le non-respect des dispositions
réglementaires en matière de diamètre minimum exploitable (DME), l'utilisation
de méthodes inappropriées et hautement destructrices, voire même l'exploitation
forestière dans des aires protégeés sont autant de facteurs qui contribuent toujours
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à l'érosion de la biodiversité.
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité
➢ La déforestation
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© Cirad, D. LOUPPE
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité
La fragmentation est une division par déforestation d'une forêt à l'origine continue
en plusieurs blocs isolés (par exemple, une coupure physique par des routes). La barrière
ainsi constituée peut générer des difficultés d'accès aux ressources ou limiter les
déplacements de certains animaux, avec pour conséquences des réductions de possibilité
de reproduction, donc des diminutions potentielles de la taille des populations.
L'interruption de la canopée peut également avoir des répercussions sur les espèces
arboricoles et les oiseaux du sous étage qui ont besoin du couvert forestier.
D'où la présence au sol d'espèces arboricoles, notamment les singes (cercopithèques,
hocheurs, moustacs, ...) qui sont obligés de descendre pour se nourrir et se rendent ainsi
plus vulnérables. La fragmentation peut également augmenter les effets de lisière sur
l’environnement, ce qui expose certaines espèces à de nouveaux dangers (Dallmeier
et al., 2006).
➢ Les maladies
Smithsonian, la plupart des habitats du Gabon n’ont été que peu altérés à grande échelle.
Quelques dégradations ont cependant été observées dans le voisinage des puits, des
routes et d’habitations humaines dans la région de Gamba, mettant en danger des
espèces animales sylvicoles, telles que les amphibiens, les reptiles, les oiseaux, etc.
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité
© R. MABICKA
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Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité
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© N. VAN VLIET/TRAFFIC
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité
Une espèce invasive est une espèce vivante exotique qui devient un agent
de perturbation nuisible à la biodiversité autochtone des écosystèmes semi-naturels
ou naturels parmi lesquels elle s’est établie. Dans ce nouvel environnement, ces espèces
n'y rencontrent, bien souvent, ni prédateur, ni espèces capables de réguler l'effectif
de leurs populations.
A ce jour, les espèces végétales exotiques présentes au Gabon semblent
"inoffensives", à l'exemple de l'arbuste Lantana camara, de l'astéracée Thithonia
diversifolia ou de la pervenche de Madagascar Lochnera rosea, qui causent pourtant
d'énormes dégâts ailleurs. Néanmoins, certaines espèces parviennent à supplanter
la végétation naturelle ; ainsi, le littoral gabonais est envahi par le cocotier Cocos nucifera,
venu du Pacifique, et le badamier Terminalia catappa, originaire d'Inde. Actuellement,
leur dispersion n'est pas préoccupante, mais il conviendrait de surveiller la propagation
de ces végétaux.
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La fourmi rouge Wasmannia auropunctata ou petite fourmi de feu est l'exemple type
d'espèce invasive animale, qui cause des dégâts importants à la faune indigène
gabonaise. Introduite pour lutter contre certains parasites de diverses plantes cultivées
dont le cacaoyer, cette fourmi, originaire d'Amérique du Sud, se répand peu à peu dans
tout le pays. Les régions, qui ont été infestées pendant plus de 10 années, ont perdu
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité
tests sismiques. L'impact est d'autant plus notable quand ces études sont réalisées
pendant les périodes de migration ou de reproduction des poissons.
Les forages d'exploration contribuent à la destruction des habitats naturels, tels les
alevinières (mangroves, herbiers marins) ou les frayères. Aux alentours de Gamba,
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité
la mortalité massive des arbres de mangrove a entraîné une érosion des sédiments,
pouvant atteindre plusieurs centimètres par jour. On a également noté une perte
de 5 000 ha, soit 0,4 % du couvert forestier (Trebaol et Chaillol, 2002).
Autre impact primaire causé par l'exploitation pétrolière, la pollution chronique
ou ponctuelle qui affecte l'air (réinjection de gaz dans l'atmosphère), l'eau et les sols,
en raison de la mauvaise gestion des rejets liquides, des déchets solides et des
déversements accidentels. Outre les effets de serre, le torchage de gaz naturel fait peser
des menaces sur la faune ailée : les torchères, allumées en permanence, attirent
et grillent aussi bien de nombreux insectes (coléoptères, sphingidés, ...) que des oiseaux,
parmi lesquels des migrateurs (Lahm et Tezi, 2006 ; Van de weghe , 2007).
Des dépôts d'hydrocarbures fragilisent sporadiquement l'écosystème côtier gabonais,
menaçant en mer microorganismes, invertébrés (plancton, mollusques, crustacés, ...),
poissons, tortues et mammifères marins. En pleine période de ponte des tortues marines,
ces pollutions constituent un problème sérieux pour la protection et la préservation
de ces espèces menacées. Pourraient être également touchés petits mammifères
terrestres (mangoustes, genettes et charognards des plages), tout comme les grands
(éléphants, buffles, crocodiles), que l'on rencontre le long des plages (Dallmeier et al.,
2006). L'activité pétrolière affecte sans conteste la qualité de l'eau et l'intégrité des
écosystèmes aquatiques. Dans la région de Rabi-Toucan, le blocage du drainage résultant
d'une mauvaise gestion des débits d'eau crée des marécages artificiels dans les forêts.
Les secteurs à la topographie modifiée sont alors sujets à l'érosion et à l'envasement,
induisant de graves conséquences sur des écosystèmes d'eau douce en aval.
L'activité pétrolière génère également des impacts indirects, tout aussi préoccupants
et insidieux que les principaux impacts primaires énumérés ci-dessus. L'essor
de l'industrie du pétrole a entraîné une augmentation de la population. Il s'en suit une
pression croissante sur les ressources naturelles : 6 000 ha de déforestation depuis 1966
pour l'agriculture péri-urbaine, une forte demande en poissons et viandes de brousse
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(Trebaol et Chaillol, 2002). Une étude a d'ailleurs montré que Gamba est la ville la plus
grande consommatrice de viande de brousse au Gabon (Thibault et Blaney, 2003), ce qui
peut expliquer la quasi-disparition de l'hippopotame et du lamantin ou la raréfaction
de plusieurs espèces de singes, de buffles ou de céphalophes dans les forêts du bassin
côtier.
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité
➢ L'exploration minière
© IRAF
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité
Cette pollution conduit à un envasement du cours d'eau, avec des impacts visibles
jusqu'à son embouchure dans l'Ogooué. Aujourd'hui, il n'est plus possible de pêcher dans
la Moulili, qui abritait une diversité de poissons. Les eaux de ruissellement chargées
en résidus miniers alimentent les petites rivières environnantes. Ces rivières ont laissé
place à de vastes marécages ; les anciennes terres qui abritaient des plantations le long
des routes ne peuvent plus être cultivées. Une démarche environnementale est
désormais menée par la société d'exploitation minière. Par sa certification ISO14000, elle
s'engage à maîtriser l'impact environnemental de ses activités.
➢ L'érosion côtière
Les taux d'érosion de la façade maritime sont tels que la tendance générale du littoral
gabonais est au recul des plages d'une moyenne de plusieurs mètres. Dans la région
de Port-Gentil, un taux de recul du trait de côte d'environ 1 m par an a été observé dans
les années 90. Même si la façade maritime est fortement sujette à l'érosion naturelle
et au processus de sédimentation, cette érosion a néanmoins été intensifiée par les
activités humaines (exploitation de sable sur les plages, destruction du couvert végétal,
industrialisation de la zone côtière et constructions anarchiques sur le littoral).
Les impacts de l'extraction anarchique de sable au voisinage de la côte sur
l'écosystème marin sont divers : déséquilibre localement du plan sédimentaire, avec une
modification de la morphologie du littoral et du paysage côtier (éboulements de falaises,
réduction ou disparition des plages, ...), dégradation des bancs d'algues qui stabilisent les
sédiments et servent d'habitats à divers poissons, etc. Au Cap Esterias et à la Sablière,
l'extraction intensive de sable a accéléré l'avancée de la mer sur la plateforme
continentale, menaçant les habitations situées le long du littoral.
l'écosystème aquatique, les niches écologiques affectées par ces pêches sont distinctes,
mais complémentaires. Et, la pratique intensive et non durable de ces activités risque
d'affecter à long terme ce potentiel halieutique.
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité
Dès 1960, ce poisson originaire des bassins sahélo-soudaniens a été introduit à des
fins de pisciculture, en raison de ses nombreux atouts (croissance rapide, taille calibrée,
qualité gustative de la chair). Vingt ans plus tard, cette espèce exotique s'est vite
multipliée hors de ses zones d'élevage ; actuellement, elle colonise tout le bassin inférieur
de l'Ogooué, les rivières, lacs et autres fleuves. Non seulement les alevins du sans-nom
se nourrissent du zooplancton, privant les autres poissons de ressources alimentaires,
mais l’adulte est aussi un dangereux prédateur piscivore. Cette compétition avec
les espèces natives cause une diminution notoire de l'abondance des tilapias, carpes,
mérous, mulets, etc.
Au Gabon, les dégâts aux écosystèmes aquatiques occasionnés par la dissémination
des plantes exotiques sont encore insignifiants, mais à redouter. La jacinthe d'eau
Eichhornia crassipes, la laitue d'eau Pistia stratiotes et la fougère d'eau Salvinia molesta
couvrent de vastes superficies, formant un écran étanche à toute pénétration de lumière,
causent la mortalité des poissons, asphyxient les eaux, perturbent leur écoulement
et entravent la navigation (Mumba et Howard, 2005).
Tableau 13 (Suite)
Page 69
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité
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Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité
Soucieux de préserver sa diversité biologique, l'une des plus riches d'Afrique centrale,
le Gabon a adopté assez tôt une politique de conservation de ses ressources naturelles.
En témoignent les créations, entre autres, de la station expérimentale forestière
de Sibang (aujourd'hui arboretum) dès 1934, de la réserve forestière de la Mondah
en 1951, du Complexe d'Aires Protégées de Gamba en 1962 et de la réserve d'Ipassa
en 1971, puis le réaménagement de l’ensemble des aires protégées disponibles en treize
Parcs Nationaux, couvrant 11 % du territoire. De nouvelles aires protégées sont
identifiées et en cours de classement ; ce qui mettrait près de 17 % du territoire national
sous protection. La signature et la ratification de la Convention sur la Diversité Biologique
renforcent la stratégie nationale de protection de l'environnement et de son utilisation
durable. Dès lors, le Gabon a identifié l'environnement comme pilier de son
développement durable et a progressivement intégré, dans ses politiques sectorielles,
plans et programmes, des mesures visant la conservation et l’utilisation durable des
ressources biologiques. Le Code de l'Environnement, le Code Forestier, le Code des
Pêches et de l'Aquaculture, le Code Agricole et la loi sur les Parcs Nationaux sont les
différents instruments législatifs qui régissent la politique du Gabon en matière
Page 73
Le "groupe gentil" (groupe GG), composé d'une vingtaine d'individus, est actuellement
quasi-habitué à la présence des humains, ce qui contribue à l’émergence d’un tourisme
de vision des gorilles dans ce parc.
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité
Les eaux gabonaises comptent 4 des 7 espèces de tortues marines qui existent
au monde et abritent 30 % de la population mondiale nidifiante de tortues luth. En raison
des nombreuses menaces qui contribuent à l'extinction de ces espèces, un réseau
Partenariat Tortues Marines du Gabon (Aventures Sans Frontières (ASF), WCS,
WWF/Ibonga, Gabon Environnement et PROTOMAC) s'est constitué et ses activités
s'inscrivent dans le cadre d’un plan national de gestion de cette faune sauvage.
Les objectifs poursuivis sont d'assurer une protection pérenne des tortues marines (près
de 15 écogardes et scientifiques protègent les tortues sur environ 85 km de côtes),
et d'apporter une aide au développement économique et social des populations locales
des Parcs Nationaux côtiers Akanda, Pongara, Loango, Moukalaba-Doudou, Mayumba
et le Système d’Aires Protégées de Gamba. Ainsi, la présence de tortues marines sur les
côtes gabonaises, tout en procurant emplois et revenus pour les communautés locales,
peut générer des retombées économiques intéressantes grâce à l’écotourisme.
Le patrimoine archéologique peut apporter une valeur ajoutée à l'offre touristique
gabonaise. Les différentes recherches menées ont permis de révéler de nombreux sites
archéologiques et de remarquables gisements d'art rupestre (Oslisly, 1987, 1989).
Pour mettre en valeur ce patrimoine archéologique, des circuits pédestres de découverte
des gravures rupestres ont été aménagés, comme les sites rupestres de Doda, d'Ayem
et de Kaya-Kaya (Oslisly, 1995).
➢ Le tourisme communautaire
➢ L'agrobiodiversité
Le Gabon a mis en place des instruments financiers pour favoriser la mise en œuvre
de sa politique de gestion rationnelle des écosystèmes. Parmi ces outils, on compte
le fonds forestier, les taxes foncières et le fonds fiduciaire.
Le fonds Forestier est un outil novateur soutenu par l’Etat gabonais. Il vise
le financement des opérations d’aménagement durable des forêts, des programmes
de reboisement, de la promotion, de la transformation des bois, de la conservation
et de la protection de la forêt et de ses multiples produits.
Les taxes forestières sont issues des activités forestières, des opérations de contrôle
et de recouvrement des infractions constatées auprès des exploitants forestiers
indélicats. On distingue les taxes suivantes : taxes d’attribution des permis, licences
et agréments, taxes sur la commercialisation locale et à l’exportation des produits
de la chasse, droits d’entrée dans les parcs nationaux et domaines de chasse, taxes
d’abattage, taxes de capture, taxes de détention d’animal sauvage vivant, etc.
Le fonds fiduciaire est prévu dans la loi n°03/2007 pour financer les Parcs Nationaux.
Il stipule que toute personne morale de droit public ou privé, nationale ou étrangère,
qui contribue au financement des parcs nationaux, peut conclure des contrats de fiducie.
➢ La gestion forestière
Dans les lots des forêts sous aménagement durable, 1,8 millions d’hectares sont
certifiés par le Forest Stewarship Council (FSC). Enfin, 2,5 millions d’hectares de petits
permis font l’objet de regroupements dans le cadre du Projet d’Aménagement des Petits
Permis Forestiers Gabonais (PAPPFG), avec le concours de l’Agence Française
de Développement (AFD) et du Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM).
La mise en place de la politique d’aménagement et de protection des ressources
forestières a permis un accroissement en valeur ajoutée de la filière bois. Elle a en effet
connu une progression de ses recettes de 22 %, passant de 190,9 milliards de francs CFA
en 2006 à 232,9 milliards de francs CFA en 2007, et ce grâce à l'application de textes
relatifs à la gestion durable des forêts. L'établissement de la fiscalité forestière
différenciée a également permis à l’Etat d’accroître ses recettes de 2 à 12 milliards pour
la période 2003-2008. Par ailleurs, en application de l’article 251 du Code forestier,
certaines entreprises forestières contribuent au bien-être des populations locales,
en rétribuant en numéraires ou en finançant des projets ruraux. Toutefois, en vue
de s’assurer de la participation directe des populations locales dans la gestion forestière,
des Permis de Gré à Gré (PGG) leur sont concédés au sein d'un domaine rural, aux fins
d’avoir un revenu monétaire des prélèvements de bois issues de ces forêts.
En matière de co-gestion, le WWF a développé un programme de conservation dans
le massif forestier du nord du Gabon, comprenant les Parcs Nationaux de Minkebe
et de Mwagna. Cette zone subit de nombreuses pressions (exploitation forestière,
braconnage et chasse transfrontalière, exploitation minière, orpaillage artisanal, ...).
La gestion de ce massif implique donc des approches adaptées, qui tiennent compte des
différentes administrations impliquées, des exploitants forestiers et miniers, et des
populations locales/indigènes. D'où le développement d'un projet de gestion qui appuie
des missions de lutte antibraconnage. Les études scientifiques spécifiques participent
au renforcement de capacités des agents affectés dans les parcs et apportent un soutien
logistique et technique. Parallèlement, des protocoles d’entente sur la gestion de la faune
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et de la chasse dans les concessions forestières sont mis en œuvre. Ces protocoles visent
à développer des modèles de co-gestion au travers de consultations des parties
prenantes, afin de développer des ententes sur des règles de gestion de la faune dans des
concessions forestières ou sur des rivières d’accès. L'objectif de ces protocoles d'entente
est de préserver les droits légitimes des communautés (chasse à pied jusqu'à 15 km
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité
autour des villages) et d'interdire simultanément des nouveaux types de chasse (chasse
avec des moyens roulants), qui ne bénéficient souvent qu’à une petite minorité. La faune
du cœur de la forêt, en dehors des terroirs de chasse à pied, reste ainsi préservée.
Ces protocoles d'entente concernent la vallée de l’Okano (9 500 km²), l’interzone
Minkebe-Ivindo (8 750 km²) et le massif forestier Djoua Zadié Mwagna (18 000 km²).
Les communautés locales ont très bien accueilli ces protocoles, car ils permettent
de concilier conservation de la biodiversité et leurs besoins vitaux.
Autre exemple de protocole d'entente sur la gestion de la faune et de la chasse,
le protocole d'entente sur la gestion de la faune lié à la rivière Oua, une voie d’accès
au massif de Minkebe. Ce protocole vise à préserver les droits de pêche et de petite
chasse, tout en éradiquant la chasse commerciale sur la rivière Oua.
La loi n°16/01 portant Code Forestier prévoit des dispositions de mise en place
de forêts communautaires. Le concept de forêt communautaire permet de concilier
(i) la conservation de la biodiversité forestière, (ii) l'implication des populations locales
à la gestion durable de cette biodiversité et (iii) l'amélioration des conditions de vie de ces
populations par le développement d'activités génératrices de revenus (agroforesterie,
exploitation de forêts communautaires ...). C'est l'objectif visé par le projet
Développement d’Alternatives Communautaires à l’Exploitation Forestière Illégale (projet
DACEFI), mené, en appui avec le WWF, dans la zone périphérique du Parc National
de Minkebe (zone de Makokou) pour réduire l’exploitation forestière illégale et abusive.
Les résultats de la première phase du projet (2006-2008) sont encourageants :
(1) appui à deux communautés villageoises pour l’élaboration des dossiers de forêts
communautaires pilotes ; (2) formations relatives à l'organisation de la vie associative,
l’abattage contrôlé, la transformation artisanale du bois, les techniques culturales et de
multiplication végétative ; (3) vulgarisation de techniques agroforestières durables ayant
permis la mise en place de trois pépinières villageoises d’une capacité totale de 9 000
plants dans trois sites partenaires ; (4) production/diffusion d'arbres fruitiers, d'essences
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La santé est définie par l'Organisation Mondiale de la Santé comme "un état
de complet bien-être physique, mental et social et ne consiste pas seulement en une
absence de maladie ou d’infirmité". Dans toutes ses composantes, diversité génétique
(diversité intraspécifique ou variabilité des gènes au sein d'une même espèce ou d'une
population), diversité spécifique (diversité interspécifique ou diversité des espèces)
et diversité écosystémique (diversité des écosystèmes et des interactions
écosystèmes/populations), la biodiversité est essentielle au maintien de la santé
humaine, assurant la résistance aux maladies infectieuses et à transmission vectorielle,
ainsi que la santé mentale (Secrétariat de la Convention sur la Diversité Biologique, 2009).
Les maladies transmissibles évoluent en fonction de l'environnement (forêt, savane,
cité, village, …) et des changements environnementaux (déforestation, grands ouvrages,
pratiques agricoles,…). Ainsi, la manifestation clinique et/ou épidémiologique d’une
même maladie dans un milieu tropical humide, dans un environnement rural ou urbain,
et au cours des saisons, dépend de la présence/abondance d’un vecteur, d’un hôte
spécifique eux-mêmes adaptés à l’environnement présent, donc de la biodiversité
environnante. La biodiversité des parasites, des hôtes, des hommes et de
l'environnement joue donc un rôle fondamental dans les phénomènes d’émergence,
de dispersion et d’endémisation des maladies. C'est ainsi que le Centre International
de Recherches Médicales de Franceville (CIRMF) développe la thématique de recherche
"Biodiversité, Environnement et Santé". Cette approche basée sur l'écologie de la santé
vise à offrir aux responsables de santé des outils (médicaments, vaccins, diagnostic,…)
et des stratégies de prévention (veille sanitaire, vaccinations,…), nécessaires à la lutte
contre les maladies.
Dans le domaine de la nutrition, le Centre National de Nutrition organise
régulièrement des campagnes pour lutter contre la malnutrition chez les enfants et les
nourrissons. Ces campagnes visent à une utilisation pertinente et efficiente
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➢ L'activité halieutique
de subsistance saisonnière. Elle mobilise 5 000 pêcheurs répartis en trois catégories (57 %
de pêcheurs permanents, 9 % de pêcheurs occasionnels et 34 % de pêcheurs saisonniers),
et un peu plus de 1 800 pirogues dont 42 % sont motorisées (FAO, 2007).
D'une manière générale, la production de la pêche artisanale n'est pas assez
diversifiée, car elle reste très souvent cantonnée dans les estuaires et les lagunes,
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité
les pirogues utilisées ne sont autonomes et/ou équipées que pour des pêches
de proximité. Dans le but de développer ces secteurs, des mesures incitatives ont été
prises : détaxes sur le prix du pétrole, avec pour résultante l'ensemble des moteurs des
unités de pêche artisanale qui fonctionnent au pétrole ; création de centres d’appui à la
pêche artisanale, avec services et biens sociaux, tels la fabrique de glace, des chambres
froides, des magasins pour le stockage du matériel, des halls pour la vente du poisson,
etc. La gestion de ces infrastructures est confiée aux associations ou communautés
de pêche. Le réseau hydrographique pourrait permettre le développement d'activité
d'aquaculture, mais celle-ci reste encore à l'état embryonnaire (60 pisciculteurs, dont
90 % de nationaux et moins de 9 % de femmes).
L'utilisation d'engins peu performants, la pratique d'une pêche occasionnelle, la très
faible densité de la population dans les zones rurales et les difficultés pour acheminer les
captures vers les centres urbains éloignés expliquent le lent développement de l’activité
pêche. C'est dans cette optique qu'a été mis en place un nouveau type d'élevage semi-
intensif de la carpe de Mbouda (Oreochromis niloticus), en cages flottantes, à la station
d'Onangué (Mve Beh, 2009, comm. pers). Le lac Onangue a été choisi en raison de sa
position géographique, de son étendue et de la connaissance de ses caractéristiques.
La carpe de Mbouda est une espèce introduite, très appréciée, dont l'élevage est bien
maîtrisé. Ce poisson "rustique" est peu sensible aux maladies, peu exigeant ; il s'adapte
donc aux conditions précaires d'élevage. Généralement, cette espèce de carpe fait l'objet
d'une pêche saisonnière, notamment en saison sèche. Aussi, ce type d'élevage permet un
approvisionnement régulier en carpes toute l'année, et par conséquent des revenus
substantiels et réguliers aux communautés locales. A noter que cette technique
d'aquaculture s'intègre bien dans les activités agropastorales, sans perturbation
du calendrier agricole.
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Chapitre II : Stratégies et plans d'action nationaux sur la diversité biologique
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Tableau 16 : Buts, Objectifs mondiaux et niveaux d'intégration dans la Stratégie et Plan d'action du Gabon
Objectif 2.2. L’état des espèces menacées amélioré La révision de la liste des espèces protégées partiellement
et intégralement a été faite. Le statut de certaines espèces
a été revu pour tenir compte des menaces.
But 3 : Objectif 3.1. La diversité génétique des cultures, du Cette problématique a été prise en compte dans la Stratégie
Promouvoir la conservation de la diversité bétail, des espèces arboricoles récoltées, des espèces et Plan d’Action du Gabon mais n’est pas encore mise
génétique de poissons et des espèces sauvages capturées et en œuvre.
autres espèces à haute valeur commerciale est
conservée, les communautés autochtones et locales
qui leur sont associées sont préservées.
Page 86
Tableau 16 (Suite)
Objectif 4.3. Aucune espèce de flore et de faune n’est La stratégie et Plan d’Action nationaux contiennent des
menacée par le commerce international. recommandations sur cette problématique.
A ces recommandations s’ajoute l’application stricte de la
Convention de la CITES.
But 5 : Objectif 5.1. Le rythme d’appauvrissement et de Cette question a été traitée de la même manière que
Réduire les pressions résultant de la perte dégradation des habitats naturels est réduit. l’objectif 4.2. S’ajoute à cette exigence le fait que des
d’habitats, de la dégradation et du changement entreprises se bousculent pour la certification tant dans le
de l’affectation des sols, ainsi que de l’utilisation secteur pétrolier que forestier.
irrationnelle de l’eau
But 6 : Objectif 6.1. Les plans de gestion sont en place pour Cette question n’a pas été traitée par la Stratégie et Plan
Lutter contre les risques posés par les espèces les principales espèces envahissantes qui menacent d’Action Nationaux, mais devrait figurer lors de la révision
exotiques envahissantes les écosystèmes, les habitas ou les espèces. de ces deux outils de gestion.
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Tableau 16 (Suite)
Page 88
Tableau 16 (Suite)
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II.C. CONTRIBUTION DES ACTIVITES ENGAGEES AU TITRE DES STRATEGIES
ET PLANS D’ACTION NATIONAUX SUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE A LA MISE
EN ŒUVRE DES ARTICLES DE LA CONVENTION, DES PROGRAMMES
THEMATIQUES ET DES QUESTIONS INTERSECTORIELLES
Comme énoncé précédemment, une des actions fortes a été la création d’un réseau
de 13 parcs nationaux, mais également le classement d’autres aires protégées tant terrestres
que maritimes. Le Gouvernement a aussi créé une Agence Nationale des Parcs Nationaux
(ANPN), chargée de gérer les parcs nationaux. Par ailleurs, une révision de la liste des
espèces menacées a été entreprise, faisant passer les espèces partiellement protégées
de 27 à 13 espèces et les espèces intégralement protégées de 25 à 40 espèces (source ;
Tableau 15).
L’Etat a aussi privilégié l’établissement d'Aires Protégées Transfrontières ou APT, gérées
par le Réseau d’Aires Protégées d’Afrique Centrale (RAPAC) dont le siège est au Gabon.
Les APT contribuent à l'harmonisation des politiques de conservation des systèmes d’aires
protégées du bassin du Congo. Comme initiatives transfrontalières impliquant le Gabon,
nous pouvons citer le complexe transfontalier trinational Dja-Odzala-Minkebe (TRIDOM),
qui s’étend sur le Gabon, le Congo et le Cameroun. Ce complexe couvre une superficie
de 141 000 km², dont 24 % d’aires protégées (Ivindo, Minkébé et Mwagne au Gabon, Dja,
Boumba-Bek et Nki au Cameroun et Odzala-Koukoua au Congo). Sur une superficie
de 26 747 km2, le paysage Monte-Alen-Monts de Cristal s'étend sur le Nord-Ouest du Gabon
(Parc National des Monts du Cristal), le Sud et Sud-Est de la Guinée Equatoriale
Chapitre II : Stratégies et plans d'action nationaux sur la diversité biologique
(Parc National de Monte Alén, Parc National de Altos de Nsork, Réserve de l’estuaire du Rio
Muni, le monument naturel de Piedra Nzas). Le paysage Gamba-Mayumba-Conkouati
(34 258 km2) est centré sur les Parcs Nationaux de Loango, Moukalaba-Doudou et Mayumba
au Gabon, et Conkouati-Douli au Congo. Le paysage Lopé-Massif du Chaillu-Louesse
(35 000 km2) s'étend sur 275 km du Nord au Sud, depuis le Gabon jusqu'à 50 km à l'intérieur
du Congo. Dans sa section gabonaise, ce paysage couvre les Parcs Nationaux de la lopé,
de Waka et de Birougou. Cependant, des efforts restent encore à entreprendre, notamment
dans l'établissement d'Aires Protégées Transfrontières marines.
L’absence d’un cadre de concertation national, sur les aspects liés à la Convention sur
la Diversité Biologique, entraine les chevauchements au niveau des prérogatives dévolues
à chaque département ministériel. Ce qui constitue un blocage dans la mise en œuvre
efficiente de la Convention sur la Diversité Biologique. De même, la carence d’une expertise
spécialisée en matière de Biodiversité augmente la difficulté de la mise en œuvre de la
Convention.
La réponse peut être envisagée dans la création des Parcs Nationaux, de l’Agence
Nationale des Parcs Nationaux qui regroupent un réseau de conservateurs sur le terrain ainsi
que des éco-gardes et éco-guides.
➢ De quelle façon la mise en œuvre des stratégies et plans d’action nationaux sur
la diversité biologique peut être améliorée, s’il y a lieu, y compris des
propositions sur des moyens possibles de surmonter les difficultés identifiées
➢ Ressources génétiques des grands fonds et espèces situées au-delà des limites
de la juridiction nationale
La question est en discussion au niveau gouvernemental mais aucune action n’a été
encore envisagée. Cette décision n’est applicable qu’au niveau terrestre où le Gabon a mis
en place, avec l’aide du RAPAC, le réseau d’aires protégées transfrontières avec le Cameroun
et la Guinée Equatoriale.
➢ Aires protégées
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Tableau 17 : Sites Ramsar du Gabon
Page 95
Chapitre III : Intégration ou démarginalisation des considérations sur la biodiversité
➢ L'administration publique
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Chapitre III : Intégration ou démarginalisation des considérations sur la biodiversité
1. Etudier les herbes et les plantes médicinales, alimentaires et toxiques; les produits
et procédés utilisés en médecine traditionnelle ;
2. Etablir la liaison et la coordination entre la médecine conventionnelle et la médecine
traditionnelle ;
3. Promouvoir une collaboration étroite entre les praticiens des deux médecines ;
4. Apporter un soutien aux tradithérapeutes ;
5. Exploiter la flore gabonaise par des études scientifique multidisciplinaires ;
6. Mettre au point une pharmacopée gabonaise et produire des médicaments traditionnels
améliorés ;
7. Promouvoir la formation des chercheurs et des techniciens.
Bien que les questions de biodiversité s’inscrivent dans les AME traitant du vivant, elles
s’inscrivent aussi dans l’ensemble des thématiques couvrant les AME. Toutefois,
la convention cadre en la matière reste la Convention sur la Diversité Biologique (CDB),
à laquelle s’ajoutent d’autres dont le Gabon est Pays Partie : la Convention d’Alger sur
la Conservation de la Nature et des Ressources Naturelles, la Convention sur le Commerce
International des Espèces de Faune et de Flore Sauvage menacées d’extinction (CITES),
la Convention sur la Conservation des Espèces Migratrices appartenant à la faune sauvage
(CMS), la Convention Internationale pour la Protection des Végétaux (CIPV), la Convention
de Genève de 1983 ou Accord International sur les Bois Tropicaux (ITTA), la Convention
Internationale pour la Conservation des thonidés de l’Atlantique, le Traité International
sur les Ressources Phytogénétiques pour l’Alimentation et l’Agriculture, la Convention
de 1971 relative aux zones humides d’importance internationale, particulièrement comme
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➢ Le Code de l’Environnement
➢ Le Code Forestier
des questions liées à la gestion durable de la faune sauvage complète le dispositif juridique
du secteur.
En 2005, le Gabon s’est doté pour la première fois d’une loi en matière de pêche
et d’aquaculture, dite loi 015/2005 du 8 octobre 2005 portant Code des Pêches
et de l’Aquaculture en République Gabonaise. Ledit code renferme l’ensemble des règles
applicables aux activités de pêche et d’aquaculture pour une gestion durable des ressources
halieutiques en République gabonaise. A cet égard, il met l’accent sur la gestion durable
des ressources halieutiques, la protection des espèces et des écosystèmes aquatiques ainsi
que la surveillance, notions qui n’existaient pas dans l’ancienne réglementation. L’enjeu
actuel des responsables de l’administration des pêches et de l’aquaculture est de mettre
en place des textes d’application en vue de la mise en œuvre du Code des Pêches.
A côté dudit code, nous pouvons également noter la loi n°9/84 instituant une zone
économique exclusive de 200 miles marins, afin de sécuriser les ressources halieutiques face
à la prédation de chalutiers et la décision n°000675 du 1er janvier 1999 instituant le repos
biologique de certaines espèces halieutique telles que les sardinelles et les crevettes. Durant
cette période, la pêche de ces espèces est strictement interdite.
Le dispositif juridique de gestion durable des ressources biologiques s’est enrichi avec
la promulgation de la loi n°003/2007 du 27 août 2007 relative aux Parcs nationaux.
L’adoption de cette loi a également permis de renforcer le cadre institutionnel en matière
de gestion des ressources biologique ; en effet, elle a contribué à la création de l’Agence
Nationale des Parcs nationaux (ANPN).
➢ Le Code Minier
La base du Code minier est constituée par la loi n° 5/2000 du 12 octobre 2000 qui régit,
Page 104
à l’exception des hydrocarbures liquides ou gazeux et des eaux souterraines relevant des
régimes particuliers, la prospection, la recherche, l’exploitation, la transformation,
Chapitre III : Intégration ou démarginalisation des considérations sur la biodiversité
Certaines analyses admettent que les pratiques agricoles figurent parmi les facteurs qui
sont à l’origine de l’expansion du déboisement, de la dégradation des terres et, par
conséquent, de la perte de la diversité biologique. C’est fort de ce qui précède que
le gouvernement a adopté une politique agricole qui intègre désormais les préoccupations
environnementales. C’est dans cette optique qu’il a adopté la loi n°23/2008 du 10 décembre
2008 portant politique de développement agricole durable en République Gabonaise et la loi
n°22/2008 du 10 décembre 2008 portant Code Agricole en République Gabonaise.
Dans l’énumération du cadre juridique, nous pouvons également citer des textes
généraux qui ont trait au développement, mais qui pourraient avoir des impacts sur
la gestion durable des ressources biologiques. Le plus significatif desdits textes reste la loi
de développement et de l’aménagement du territoire ; cette loi promeut un développement
qui tient compte des aspirations des gabonais et des potentialités du pays.
Page 105
Avec l’appui du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), le Gabon
a initié, entre 1996 et 1977, une étude prospective dénommée "Gabon 2025" en vue
de dégager des scénarii qui conduiraient le Gabon vers un développement cohérent
en intégrant la valorisation optimum de ses ressources naturelles tout en préservant
l’environnement. La mise en œuvre des scénarii adoptés devrait permettre le Gabon,
à l’horizon 2025 d’être :
- un modèle de démocratie mettant en exergue les valeurs de paix, de liberté, d’Etat
de droit, de participation effective des citoyens à la vie publique ;
- un modèle de développement dont les résultats seraient la compétitivité
et la productivité économiques, la répartition équitable des revenus issus de la croissance
Page 106
Depuis plusieurs Conférences des Parties, il a été évoqué l’idée de synergie entre les
différentes conventions de Rio que sont la Convention Cadre des Nations Unies sur les
Changements Climatiques (CCNUCC), la Convention des Nations Unies sur la Lutte contre
la Désertification (CNUCD) et la Convention sur la Diversité Biologique (CDB). C’est dans
ce cadre que les outils de planification de la CCNUCC et de la CNUCD ont été considérés
comme outils de planification complémentaires prenant en compte les préoccupations liées
à la gestion des ressources biologiques.
Ainsi, le Plan d’action de lutte contre la désertification (PAN/LCD), adopté depuis 2006,
énonce des activités visant la promotion de l’agriculture durable. Il s’agit de la protection
et du maintien de la biodiversité des sols indispensables à une agriculture rendable et moins
destructeurs des milieux. De même, le Gabon finalise l’élaboration de la stratégie nationale
sur les changements climatiques. Ce document qui est désigné par "Plan Climat" permettra
de décrire les actions de mitigation, d’adaptation ou de bonification afin de lutte contre
les changements climatiques. Outre la construction de certaines infrastructures, la prise
de certaines mesures juridiques et administratives, il s’agira de pérenniser la biodiversité
forestière indispensable à la lutte contre les changements climatiques. Le Plan Climat est
donc une réponse nationale face aux enjeux de changement climatique
Au sortir du Sommet de Rio (1992), le Gabon a entrepris une réflexion sur l’état
de l’environnement. Cette initiative a donné lieu à un schéma directeur sur l'environnement,
intitulé "Plan National d'Action Environnementale" ou PNAE. Le PNAE sert de cadre
de coordination et de supervision de toutes les actions relevant du domaine
de l'environnement au Gabon. Il sert de cadre d’organisation des priorités du Gouvernement
en matière d'environnement.
Le PNAE a donné lieu à un livre blanc proposant un programme de développement pour
le secteur environnemental, qui sera une grille de lecture et d’incitation pour l’ensemble des
acteurs (individuels, institutionnels, privés, etc.) qui seront impliqués dans ce secteur.
Adopté le 22 mars 2000 par le Gouvernement, le PNAE est basé sur les éléments suivants :
- la gestion et la protection de l’environnement urbain : gestion des ordures,
➢ Programmes et projets
Page 111
Suivant la logique de planification, les différentes stratégies et les plans d’action ont été
traduits en programmes et projets. Ceux-ci s’observent dans plusieurs secteurs : forêt,
Chapitre III : Intégration ou démarginalisation des considérations sur la biodiversité
environnement, pêche et agriculture. Outre les secteurs spécifiques, il existe également des
programmes globaux tels que les programmes de bonne gouvernance.
La bonne gouvernance de façon globale passe par la mise en œuvre des réformes
pouvant conduire le Gabon vers un pays émergent. Le Programme National de Bonne
Gouvernance (PNBG) invite la nation gabonaise à asseoir des nouvelles pratiques
démocratiques, à développer davantage le processus de consensus et les pratiques
de gestion transparente et efficiente des ressources publiques.
La bonne gouvernance sous-tend également un système d’information transparent
et une stratégie de communication et de sensibilisation des principaux acteurs politiques,
économiques et sociaux. Il s’agit globalement de prendre des mesures qui amélioreront les
capacités institutionnelles et juridiques du pays. Celles-ci sont nécessaires, entre autres,
à la gestion de l’environnement mondial et national.
Les secteurs ayant mis en œuvre des programmes et projets intégrant la biodiversité
sont les forêts, l’environnement, l’agriculture et la pêche.
Dans ses efforts de conservation, le Gabon a créé le 30 août 2002, sur ordonnance,
treize parcs nationaux. Cette décision qui s’intègre dans un long processus de prise
de conscience du patrimoine naturel des Etats de l’Afrique centrale, de mise en oeuvre
de conventions internationales et de l’application de la loi 16/2001 portant code forestier,
promulgué le 31 décembre 2001, a permis de doubler la superficie des aires protégées
du Gabon, dépassant ainsi la contribution du Gabon en matière de conservation (10 %
du territoire national). En effet, les 13 parcs nationaux représentent une superficie
de 2 920 000 ha, soit 10,8 % du territoire. En ajoutant les autres aires protégées, la superficie
avoisine 3 745 000 ha soit 11,23 %. Ceci correspond à la matérialisation des articles 6 et 8
de la CDB. La création des parcs nationaux répond, non seulement, à un souci
de conservation des espaces naturels et des espèces animales et végétales, mais aussi,
à des considérations économiques. Elle permet de développer un secteur économique
de plus en plus important à l’échelle mondiale, celui du tourisme de nature.
Par ailleurs, au regard des impératifs de développement du pays, il est important
de mettre en place des mécanismes et outils susceptibles de garantir l’intégrité des
écosystèmes contenus dans les aires protégées. C’est dans cette optique qu’a été formulé
le programme de conservation des ressources biologiques contenues dans les parcs
nationaux et autres aires protégées pertinentes. Celui-ci s’articule, entre autres, à travers
les actions d’aménagement des parcs nationaux, d’élaboration, l'adoption et la mise
en œuvre des plans de gestion, les actions de formation du personnel et de valorisation des
ressources biologiques en y associant les communautés autochtones et locales. Le deuxième
volet de ce programme qui se développera prochainement sera constitué de la mise
Page 115
en œuvre d’un projet de gestion des aires protégées autour de Libreville et la création
d'une fondation pour les parcs nationaux et les réserves biologiques du Gabon.
Chapitre III : Intégration ou démarginalisation des considérations sur la biodiversité
de la pêche.
Le PSPA permet actuellement i) de contribuer à la diversification de l'économie
nationale, ii) le renforcement des capacités de l’administration en vue d'améliorer
la connaissance de la ressource et d'optimiser sa gestion, iii) l'amélioration des normes
de qualité et de contrôle sanitaire des produits, iv) le développement des organisations
professionnelles, et plus particulièrement celles des femmes et des jeunes, v) la promotion
de la pêche artisanale par la formation, l'encadrement technique de proximité, et vi) la mise
en place des infrastructures d'appui (centres communautaires de pêche) aux opérateurs
économiques du secteur. Le PSPA comprend deux composantes majeures, le renforcement
institutionnel et le développement de la pêche artisanales et la promotion de l’aquaculture.
Initié en 1994 par la FAO, le Programme Spécial de Sécurité Alimentaire (PSSA) n’a été
adopté par les Chefs d’Etat et de Gouvernement qu’en 1996, lors du Sommet Mondial
de l’Alimentation tenu à Rome. Le PSSA a été mis en place pour aider les Pays à Faible
Page 116
des marchés urbains, et (iii) faire émerger des micro-entrepreneurs agricoles. Ces objectifs
globaux ont permis de former 1 004 agriculteurs, de renforcer 667 exploitations en activité,
Chapitre III : Intégration ou démarginalisation des considérations sur la biodiversité
Le Projet d’Appui au Paysannat Gabonais (PAPG) a été financé par le Fonds International
de Développement Agricole (FIDA). Les bénéficiaires identifiés sont les petits paysans en vue
de leur permettre d’accroître leurs revenus. Le PAPG a été mis en place pour permettre :
- d'accroître la production agro-pastorale par le biais d’un système de recherche-
développement fonctionnel, la vulgarisation du matériel végétal, des itinéraires technique,
la promotion des techniques d’élevage performantes et adaptées, et la mise à disposition
des intrants et de l’outillage aux paysans ;
- d'améliorer la commercialisation des produits agricoles en organisant la collecte
primaire et la concertation entre producteurs et commerçants ;
- d'améliorer les conditions de transformation, conservation et transport des
produits par la diffusion d’équipements adaptés ;
- de faciliter l’accès au crédit par la promotion de caisses villageoises de crédit ;
- d'améliorer la capacité d’autogestion des paysans et promouvoir des structures
associatives susceptibles d’assurer la pérennité des différentes actions initiées par le projet.
Il s’agit d’une école de terrain, mise en place pour augmenter la production de manière
durable dans le cadre d’une participation plus active des producteurs et productrices dans
l’agriculture. Cette méthode qui nécessite un programme spécifique est souvent utilisée par
l’Office National de Développement Rural (ONADER), l’IGAD, et même la FAO. Le champ
école paysan a permis à plusieurs paysans de bénéficier d’un appui et d’un encadrement
dans la construction des systèmes de régulation des eaux tels que des moines de retenue
et d’évacuation, des canaux d’amenée et des bassins d’accumulation au sol.
Page 118
Chapitre III : Intégration ou démarginalisation des considérations sur la biodiversité
La Commission des Forêts d’Afrique Centrale (COMIFAC) est née en 1999 de la volonté
des Chefs d’États pour asseoir une politique de gestion durable des écosystèmes des forêts
du Bassin du Congo. Son institutionnalisation s’est faite en 2005 à travers l’adoption
d’un traité qui a été, par la suite, signé et ratifié par les États membres. Actuellement,
la COMIFAC compte dix pays (Burundi, Cameroun, Congo, Gabon, Guinée-Équatoriale,
République Centrafricaine, République Démocratique du Congo, Sao Tomé et Principe,
Rwanda et Tchad).
D’abord orientée vers la problématique des forêts, la COMIFAC s’est élargie aux
problématiques environnementales, notamment celles traitées par les trois conventions
de Rio. Pour l’opérationnalisation des objectifs de la COMIFAC, les pays ont adopté un plan
de convergence qui comprend plusieurs axes ; la quasi-totalité desdits axes fait mention
de la diversité biologique. Toutefois, ce sont l’axe 1 et l’axe 4 qui traitent explicitement
de la diversité biologique en y mettant en exergue l’harmonisation des législations
et la promotion de la création des aires protégées.
Dans le domaine de la conservation de la diversité biologique, la COMIFAC possède
un organe technique qui est le Réseau des Aires Protégées d’Afrique Centrale (RAPAC).
A ce jour, grâce à l’appui technique et financier de la BAD et de la CEEAC (Communauté
Economique des Etats de l'Afrique Centrale), la COMIFAC exécute un projet dénommé
Page 119
conditions de vie des populations, et (iii) de renforcer les institutions en charge de la gestion
des écosystèmes. Les sites d’interventions sont essentiellement les aires protégées.
Dans la logique d’intervention du programme, la quasi-totalité des sites choisis sont des
aires protégées transfrontalières, créant ainsi des paysages. Cette logique renforce
également l’intégration sous-régionale. Il s’agit du paysage Tri-national de la Sangha
(Cameroun, Congo et RCA), du paysage Virunga (RDC, Rwanda), du paysage Maringa-Lopori-
Wamba (RDC), du paysage Maiko-Tayna-Kahuzi Biega (RDC), du paysage Monte Alen-Monts
de Cristal (Guinée-Equatoriale, Gabon) et du paysage Lac Télé – Lac Tumba (Congo, RDC).
Pour opérationnaliser les mesures contenues dans le Plan de Convergence relatives
à la gestion durable de la diversité biologique et les décisions des différentes Conférences
des Parties, la COMIFAC s’est doté d’un outil dénommé Groupe de Travail Biodiversité
Afrique Centrale (GTBAC), qui a été piloté par le Gabon de novembre 2002 à décembre 2011.
Volonté politique des six États du Bassin du Congo (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée-
Équatoriale, RCA et RDC), le Programme de Gestion de l’Information Environnementale
(PRGIE) a été mis en place, vers 1998, pour faciliter la production, la circulation
et la vulgarisation de l’information environnementale à l’échelle de la sous-région Afrique
Centrale. Un des volets du PRGIE est également le renforcement des capacités en matière
de production et d’utilisation de l’information environnementale. Toujours en cours
d’exécution, chaque pays possède une composante nationale dudit programme.
Générale de la Faune et des Aires protégées) et l’Agence Nationale des Parcs Nationaux,
a entrepris, depuis 1991, plusieurs campagnes de sensibilisation.
Chapitre III : Intégration ou démarginalisation des considérations sur la biodiversité
dans l’évaluation de certains enseignements (jury) par des enseignants issus de l’Institut
National de la Cartographie de Libreville, des Universités Pierre et Marie Curie Paris VI,
Chapitre III : Intégration ou démarginalisation des considérations sur la biodiversité
Michel de Montaigne Bordeaux III, Montesquieu Bordeaux IV, l’Ecole Nationale des Sciences
Géographiques et des universités françaises de Marne la Vallée, d’Avignon et des Pays
de Vaucluse, de Nice-Sophia Antipolis, d’Antananarivo de Madagascar, de Yaoundé
et de Douala du Cameroun ou de Washington aux USA.
tortues marines, vise à combler l’absence des données et d'informations sur la zone marine
et côtière du Gabon. In fine, il s’agit de produire des données liées au domaine océanique
Chapitre III : Intégration ou démarginalisation des considérations sur la biodiversité
Convention sont contenus dans les dispositions de la loi n°16/93 du 26 août 1993 relative
à l’amélioration et la protection de l’environnement dite Code de l’Environnement. A titre
Chapitre III : Intégration ou démarginalisation des considérations sur la biodiversité
d’exemple, dans le chapitre premier, il est prévu l’adoption des textes réglementaires pour
combattre tous "les actes susceptibles de porter atteinte au milieu marin et océanique
et pouvant entraîner notamment une pollution des eaux des mers et des océans, des risques
pour la santé humaine ou des dommages aux ressources biologiques, à la faune et à la flore
marines et océaniques, aux valeurs d’agrément et aux autres utilisations légitimes du milieu
marin et océanique". Les textes de références d’application du Code de l’Environnement
et répondant à la préoccupation énoncée sont le décret n°539 du 15 juillet 2005 relatif aux
études d’impact sur l’environnement, le décret n°542 du 15 juillet 2005 réglementant
le déversement de certains produits dans les eaux superficielles, souterraines et marines,
le décret n°653 du 21 mai 2003 relatif à la préparation et à la lutte contre les pollutions par
les hydrocarbures et autres substances nuisibles.
Dans un souci permanent de protection des espèces et des écosystèmes
aquatiques, le Code des Pêches énonce dans son article 50 que : "en vue d’assurer la protection
des espèces et écosystèmes aquatiques, toute activité susceptible d’affecter les intérêts de la pêche et de
l’aquaculture, de détruire les frayères ou les zones de croissance ou d’alimentation, est subordonnée à l’avis
préalable de l’administration des pêches et de l’aquaculture et, selon le cas, à une étude d’impact
environnemental". Par ailleurs, le décret n°0062 du 10 janvier 1994 définit quatre zones de
pêche ainsi que les conditions d’exploitations des ressources dans lesdites zones. Ainsi :
- la première zone de pêche concerne toutes les eaux continentales (rivières,
estuaires et lagunaires) jusqu’aux embouchures. Elle est réservée aux pêcheurs
de nationalité gabonaise qui pratiquent exclusivement à la pêche artisanale suite
à l’obtention d’une licence. En conséquence, la pêche industrielle, l’utilisation de chalut
et de filet à mono-filament y sont interdits.
- la deuxième zone s’étend à partir des limites de la première zone jusqu’à 3 miles
marins au large. Elle est réservée aux pêcheurs artisanaux de nationalité gabonaise et aux
entreprises conjointes de pêche artisanale. Les mêmes restrictions que dans la première
zone sont applicables à la pêche industrielle et à l’utilisation du mono-filament.
Page 126
- la troisième zone s’étend de 3 à 6 miles. Elle est réservée à tout pêcheur artisan
ou industriel battant pavillon gabonais dans la limite de 450 Tonneau de Jauge Brut (TJB).
Chapitre III : Intégration ou démarginalisation des considérations sur la biodiversité
Globalement, le Gabon n’a pas initié le processus d’élaboration des objectifs nationaux
relatifs à l’application de l’approche par écosystèmes. Cependant, dans la pratique,
des actions de promotion de ladite approche sont réalisées. Progressivement, le secteur
de l’exploitation forestière commence à s’y intéresser. En revanche, la détermination
et la création des Aires Protégées (parcs nationaux, réserves, arboretum et forêt classée) car
ces écosystèmes ont été choisis sur la base géographique, physiologique et constitue un
échantillon représentatif qui prend en compte le climat et les peuplements végétaux. Une
réglementation est mise en place pour la protection de ces parcs, réserves et forêt classée.
La nouvelle politique agricole du Gabon s’inscrit dans cette dynamique.
de développement.
Chapitre III : Intégration ou démarginalisation des considérations sur la biodiversité
Lorsque les objectifs 2010 de la biodiversité et le plan stratégique avaient été adoptés
par la Conférence des Parties (CdP/CoP), la SNPA-DB du Gabon avait déjà été élaboré
et adopté en Conseil des Ministres (20 juillet 2000). A cet effet, elle n’a pas pu intégrer
les outils ci-dessus énoncés. Toutefois, les mesures adoptées et les activités mises en œuvre
relèvent la prise en compte de ces deux outils de planification stratégique et opérationnel
de la CDB validés avant la CdP de Nagoya, tenu en octobre 2010, et qui a procédé
à l’évaluation de leur exécution par les Pays parties. Ces efforts sont édictés à travers
la matrice ci-dessous (tableau 18).
Tableau 18 : Cadre provisoire des buts, objectifs et indicateurs d’évaluation des progrès
accomplis dans la poursuite de l’objectif de 2010 pour la diversité biologique
But 1. Promouvoir la conservation de la diversité biologique des écosystèmes, des habitats et des
biomes
Objectif 1.1 • Couverture des aires protégées
Au moins 10 % de chacune des régions Le Gabon possède un réseau de 13 parcs
écologiques de la planète sont effectivement nationaux couvrant 3 013 842 ha soit 13,69 %.
conservés. Ces aires protégées possèdent une très riche diversité
biologique
du territoire national.
Chapitre IV : Progrès relatifs à l'objectif de 2010 et au Plan Stratégique
Tableau 18 (Suite)
But 1. Promouvoir la conservation de la diversité biologique des écosystèmes, des habitats et des
biomes
Objectif 1.2 • Evolution des biomes, écosystèmes et habitats
Les zones revêtant une importance particulière sélectionnés
pour la diversité biologique sont protégées. Outre les parcs nationaux, le Gabon possède un
arboretum (Sibang) et une forêt classée (Mondah au
Cap Estérias). A ces deux aires protégées, s’ajoutent
les sites zones humides de la convention de RAMSAR.
On peut notifier les sites de ponte des tortues luth,
situés dans les Parcs Nationaux de Pongara et de
Mayumba. Les mangroves font également l’objet d’un
regain d’intérêt dans le cadre d’une opération de
protection et de maintien de l’écosystème.
But 2. Promouvoir la conservation de la diversité des espèces
Objectif 2.1 • Evolution de l’abondance et de la répartition des
Restaurer et préserver les populations d’espèces espèces sélectionnées
de groupes taxonomiques sélectionnés, ou Aucune action n’a été menée
freiner leur déclin. • Modification de l’état des espèces menacées
Aucune action n’a été menée
Tableau 18 (Suite)
Tableau 18 (Suite)
Tableau 18 (Suite)
But 7. Relever les défis posés à la diversité biologique par les changements climatiques et la pollution
Objectif 7.2 • Dépôts d’azote
Réduire la pollution et ses impacts sur la diversité Aucune action n’a été menée
biologique. • Qualité de l’eau des écosystèmes aquatiques
Aucune action n’a été menée
Préserver les biens et services fournis par la diversité biologique à l’appui du bien-être humain
But 8. Préserver la capacité des écosystèmes à fournir des biens et services et à procurer des moyens
de subsistance
Objectif 8.1 • La diversité biologique utilisée dans l’alimentation
La capacité des écosystèmes à fournir des biens et la médecine
et services est préservée. En dépit des activités agricoles (installations agro-
industrielles), de l’exploitation forestière, minière
et pétrolière, la biodiversité continue a assuré son
rôle de fournisseur des biens et services. En effet,
la forêt continue à constituer "l’hypermarché" des
populations rurales qui exploitent plusieurs produits
forestiers autres que le bois d’œuvre. De même,
les dispositions du Code forestier octroient des droits
d’usages coutumiers aux populations rurales. Aussi,
soulignons qu’au moins la moitié de la population
a toujours recourt à la médecine traditionnelle.
Tableau 18 (Suite)
Garantir le partage juste et équitable des avantages résultant de l’utilisation des ressources
génétiques
But 10. Garantir le partage juste et équitable des avantages résultant de l’utilisation des ressources
génétiques
Objectif 10.1 Aucune action n’a été menée
L’accès aux ressources génétiques est conforme
dans son ensemble à la Convention sur la
diversité biologique et à ses dispositions
pertinentes.
Tableau 18 (Suite)
But 11. Les Parties ont accru leurs capacités financières, humaines, scientifiques, techniques et
technologiques à appliquer la Convention
Objectif 11.1 • L’aide publique au développement fournie à
Des ressources financières nouvelles et l’appui de la Convention
supplémentaires transférées aux pays en Peu d’action de coopération bilatérales ont été
développement Parties à la Convention, pour développement dans le cadre d’appuyer la
leur permettre de s’acquitter effectivement de la Convention. Toutefois, le Gabon bénéficie d’un
mise en œuvre de leurs obligations au titre de la accord de conversion de dette (avec la France d’une
Convention, conformément avec l’article 20. valeur d’environ 34 milliards) pour financer le
maintient de l’intégrité des écosystèmes et de gestion
durable de la biodiversité
Page 136
Chapitre IV : Progrès relatifs à l'objectif de 2010 et au Plan Stratégique
Les progrès réalisés pour atteindre les buts et objectifs du Plan stratégique de la
Convention sont présentés dans le tableau 19.
But 1 : La Convention joue son rôle de chef de file pour les questions touchant à la diversité biologique
au niveau international.
1.1. La Convention établit le programme mondial Les dispositions de la Convention sur la Diversité
en matière de diversité biologique. Biologique, les décisions de la Conférence des Parties
et l’objectif de 2010 sont reflétées dans les plans de travail
1.2. La Convention promeut la coopération entre
des principales enceintes internationales.
tous les instruments et processus internationaux
Au Gabon, des tentatives sont en cours en vue de créer
pertinents afin d’accroître la cohérence des
un groupe thématique de travail composé des Points
politiques.
Focaux des conventions traitant de la biodiversité (CDB,
1.3. Les autres processus internationaux Ramsar, CMS, CITES, Ressources phytogénétique de la
soutiennent activement l’application de la FAO, PFNL/PFABO). C’est dans cette perspective que la
Convention, d’une manière conforme à leurs CMS et la Convention Ramsar sont prises en compte lors
cadres respectifs. de l’actualisation/révision de la Stratégie et Plan d’Action
Nation sur la Diversité Biologique.
1.4. Le Protocole de Cartagena sur la prévention des Le Gabon dispose d’un cadre national de biosécurité et
risques biotechnologiques est largement appliqué. d’un projet de loi y relative. Ces outils seront bientôt
soumis à l’approbation du Gouvernement.
Page 137
Chapitre IV : Progrès relatifs à l'objectif de 2010 et au Plan Stratégique
Tableau 19 (Suite)
1.5. Les questions touchant à la diversité biologique Nombre de plans, programmes et politiques
sont intégrées dans les plans, programmes régionaux/globaux traitant spécifiquement la question de
et politiques sectoriels ou intersectoriels pertinents l’intégration des questions touchant à la diversité
aux niveaux régional et mondial. biologique dans les plans, programmes et politiques
sectoriels ou intersectoriels pertinents
Depuis 2000, la biodiversité a été intégrée dans
environs 7 instruments juridiques (lois), 3 documents
de stratégie, 6 plans et 11 programmes et projets.
1.6. Les Parties collaborent aux niveaux régional Indicateur possible à élaborer:
et sous régional pour appliquer la Convention. Nombre de Parties faisant partie d’accords (sous)
régionaux relatifs à la diversité biologique
Au niveau régional, des échanges d’expériences et
d’information se font dans le cadre du Groupe Africain. Par
ailleurs, à l’échelle sous-régionale, la coopération et la
collaboration sont réalisées par le biais de la COMIFAC et
de plusieurs institutions (RAPAC, PRGIE, OCFSA…). En
matière de biodiversité, la COMIFAC a mis en place depuis
Page 138
Tableau 19 (Suite)
But 2 : Les Parties ont amélioré leurs capacités financières, humaines, scientifiques, techniques et
technologiques à l’appui de l’application de la Convention.
2.1. Toutes les Parties disposent de capacités Le Gabon met de plus en plus des moyens financiers
appropriées pour mettre en œuvre les activités pour appuyer la Convention (plus de 100 millions en 2012).
prioritaires prévues dans la stratégie et plans d’action Des efforts sont à consentir au niveau des capacités
nationaux sur la diversité biologique. institutionnelles et des ressources humaines.
2.2. Les pays en développement Parties à la Aide publique au développement allouée en soutien
Convention, en particulier les pays les moins à la Convention (Comité des statistiques OCDE/CAD)
développés et les petits Etats insulaires en Absence d’aide publique au développement pour
développement, ainsi que les autres Parties à le soutien de la CDB
économie en transition, disposent de ressources
adéquates pour mettre en œuvre les trois objectifs
de la Convention.
2.3. Les pays en développement Parties à la Aucune action n’a été menée.
Convention, en particulier les pays les moins
développés et les petits Etats insulaires en
développement, et les autres Parties à économie en
transition, ont accru les ressources et le transfert de
technologie disponibles pour l’application du
Protocole de Cartagena sur la prévention des risques
biotechnologiques.
2.4. Toutes les Parties disposent de capacités Le renforcement des capacités est à entreprendre dans
adéquates pour appliquer le Protocole de Cartagena ce domaine au Gabon.
sur la prévention des risques biotechnologiques.
2.5. La coopération technique et scientifique Aucune action n’a été enregistrée dans cette optique.
contribue beaucoup au renforcement des capacités.
Page 139
Chapitre IV : Progrès relatifs à l'objectif de 2010 et au Plan Stratégique
Tableau 19 (Suite)
But 3 : Les stratégies et plans d’action nationaux sur la diversité biologique et l’intégration des questions
touchant à la diversité biologique dans les secteurs pertinents servent de cadre efficace à la mise en œuvre
des objectifs de la Convention.
3.1. Chaque Partie a mis en place des stratégies, des Nombre de Parties disposant de stratégies nationales sur
plans et des programmes nationaux efficaces pour la diversité biologique
fournir un cadre national pour la mise en œuvre des La SNPA-DB du Gabon a été validé le 20 juillet 2000.
trois objectifs de la Convention et pour fixer des
priorités nationales claires.
3.2. Chaque Partie au Protocole de Cartagena sur la Le cadre est cours de finalisation.
prévention des risques biotechnologiques a mis en
place d’un cadre réglementaire et opérationnel pour
l’application du Protocole.
3.3. Les questions touchant à la diversité biologique Référence But 1, point 1.5.
sont intégrées dans les plans, programmes et
politiques sectoriels et intersectoriels nationaux
pertinents.
3.4. Les priorités des stratégies et plans d’action L’application de la SNPA-DB du Gabon n’a permis que la
nationaux sur la diversité biologique sont activement mise en œuvre de l’objectif 1 de la CDB.
appliquées, comme moyen d’assurer la mise en
œuvre de la Convention au niveau national, et en
tant que contribution significative au programme
mondial sur la diversité biologique.
But 4 : L’importance de la diversité biologique et de la Convention est mieux comprise, ce qui s’est traduit par
un engagement plus large de la société en termes de mise en œuvre.
4.1. Toutes les Parties ont mis en place une stratégie Nombre de Parties mettant en place une stratégie de
de communication, d’éducation et de sensibilisation communication, d’éducation et de sensibilisation du public
Page 140
Tableau 19 (Suite)
4.1. Toutes les Parties ont mis en place une stratégie Pourcentage de programmes/projets de sensibilisation du
de communication, d’éducation et de sensibilisation public à l’importance de la diversité biologique
du public et encouragent l’implication du public à Plusieurs activités de sensibilisation sont organisées par
l’appui de l’application de la Convention. les ONG, les medias et l’administration de
l’Environnement. Aucun pourcentage ne peut être
déterminé car ces activités ne s’inscrivent pas dans le
cadre d’un plan de communication liées à la CDB.
4.3. Les communautés autochtones et locales Le programme de travail sur l’article 8j n’a pas encore
participent effectivement à l’application et aux été internalisé.
processus de la Convention aux niveaux national,
régional et international.
4.4. Les Parties prenantes et acteurs-clés, y compris, Indicateur de l’engagement du secteur privé
le secteur privé, collaborent ensemble pour appliquer L’engagement du secteur privé est réel (appui aux
la Convention et intègrent les questions touchant à la actions de sensibilisation, de recherche, prise des
diversité biologique dans leurs plans, programmes et engagements environnementaux ou adoption des
Page 141
CONCLUSION
Page 143
Appendice I-A : Objectifs de la Stratégie mondiale pour la conservation des plantes
Objectif 1 : Une liste de travail, largement accessible, des espèces végétales connues,
comme premier pas vers une flore mondiale complète.
L’Herbier de référence de l’IPHAMETRA possède une liste des espèces végétales connues
au Gabon.
Objectif 5 : La protection de 50 % des zones les plus importantes pour la diversité végétale
est assurée.
Aucune étude concernant l’identification des zones les plus importantes pour la diversité
végétale au Gabon n’a encore été réalisée.
Page 144
Appendice I-A : Objectifs de la Stratégie mondiale pour la conservation des plantes
Objectif 6 : 30 % au moins des terres productives sont gérés d’une manière compatible avec
la conservation de la diversité végétale
Aucune activité n’a été réalisée dans cette optique.
Objectif 8 : 60 % des espèces végétales menacées sont conservés dans des collections ex situ
accessibles, de préférence dans leur pays d’origine, 10 % d’entre elles étant inclus dans des
programmes de récupération et de restauration.
Aucune étude n’a encore identifiée des espèces végétales menacées.
Objectif 10 : Les plans de gestion d’au moins 100 des principales espèces exotiques
envahissantes menaçant les plantes, les communautés végétales, ainsi que les habitats
et écosystèmes associés sont mis en place.
Aucune activité n’a été réalisée dans cette optique.
Objectif 11 : Aucune espèce de flore sauvage n’est menacée par le commerce international.
Application parfaite de la CITES.
Objectif 15 : Le nombre de personnes formées travaillant avec des moyens appropriés dans
le domaine de la conservation des plantes est accru, selon les besoins des pays, aux fins
d’atteindre les objectifs de la présente Stratégie.
Aucune activité n’a été réalisée dans cette optique.
Objectif 16 : De nouveaux réseaux pour la conservation des plantes sont créés et les réseaux
d’ores et déjà existant sont améliorés, aux niveaux national, régional et international.
Aucune activité n’a été réalisée dans cette optique.
Page 146
Appendice I-B : Programme de travail sur les aires protégées
Buts Objectifs
1.1. Créer et renforcer les systèmes nationaux Mettre en place, dans les zones terrestres1, d’ici à 2010, et dans
et régionaux d’aires protégées intégrés dans les zones marines, d’ici à 2012, un réseau mondial de systèmes
un réseau mondial comme contribution à la nationaux et régionaux de grande envergure, représentatifs
réalisation des objectifs adoptés au niveau et bien gérés, à l’appui de la réalisation : i) du but du Plan
mondial stratégique pour la Convention et du Sommet mondial pour
le développement durable visant à parvenir à une réduction
significative du rythme d’appauvrissement de la diversité
biologique d’ici à 2010, ii) les Objectifs du Millénaire pour
le développement, en particulier l’objectif 7 sur l’environnement
durable, et iii) les objectifs de la Stratégie mondiale pour
la conservation des plantes
Le Gabon possède un réseau des parcs nationaux qui est
intégré dans le réseau sous-régional (RAPAC).
1.2. Intégrer les aires protégées dans des Intégrer, d’ici à 2015, toutes les aires protégées et les systèmes
paysages terrestres et marins plus grands et d’aires protégées dans des paysages terrestres et marins plus
plus de secteurs aux fins de préserver leur grands, et dans les secteurs pertinents, par l’application
structure et fonction écologiques de l’approche par écosystème, ainsi qu’en tenant compte
de la connectivité écologique2 et, s’il y a lieu, du concept
de réseaux écologiques
A travers le Parc National de Monts de Cristal, le Gabon
participe au programme d'appui à la Conservation
des Ecosystèmes du Bassin du Congo, qui prône l’approche
paysage en application de l’approche par écosystème.
La connectivité de ce parc national sera assurée avec celui
de Mont Alen, situé en Guinée-Equatoriale.
Page 147
1
Les zones terrestres comprennent les écosystèmes des eaux intérieures.
2
La notion de connectivité écologique peut ne pas concerner toutes les Parties.
Appendice I-B : Programme de travail sur les aires protégées
Tableau 20 (Suite)
Buts Objectifs
1.3. Créer et renforcer les réseaux régionaux, Mettre en place et renforcer, d’ici à 2010/20121, les aires
les aires protégées transfrontières et la protégées transfrontières, d’autres formes de collaboration entre
collaboration entre les aires protégées les aires protégées avoisinantes, de part et d’autre des frontières
avoisinantes, situées de part et d’autre des nationales, et les réseaux régionaux, afin d’accroître
frontières nationales la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique,
par l’application de l’approche par écosystème et le renforcement
de la coopération internationale
Le Gabon participe aux efforts du renforcement des réseaux
sous-régionaux car il est membre du RAPAC et participe
au programme PACEBCo. Par ailleurs, le Gabon participe aussi
au projet TRIDOM qui développe la collaboration entre les aires
protégées transfrontalières : Minkébé au Gabon, Dja
au Cameroun et Odzala au Congo.
1.4. Améliorer sensiblement la planification et Mettre en place une gestion efficace de toutes les aires protégées,
la gestion des aires protégées à l’échelle des d’ici à 2012, par la mise en œuvre de processus participatifs
sites et scientifiques de planification des sites comprenant des
objectifs, des cibles, des stratégies de gestion et des programmes
de suivi clairs en matière de diversité biologique, fondés sur les
méthodologies existantes et un plan de gestion à long terme
associant activement les parties prenantes
L'Agence National des Parcs Nationaux (ANPN) a développé
des plans de gestion, des plans d’aménagement et des Bussiness
plan pour accroitre l’efficacité de gestion du réseau des parcs
nationaux.
Page 148
1
Les références aux réseaux d’aires marines protégées doivent être conformes à l’objectif du Plan d’application
du Sommet mondial pour le développement durable
Appendice I-B : Programme de travail sur les aires protégées
Tableau 20 (Suite)
Buts Objectifs
1.5. Prévenir et atténuer les impacts négatifs Mettre en place, d’ici à 2008, des mécanismes efficaces
des principaux dangers qui menacent les aires permettant d’identifier, de prévenir ou d’atténuer les impacts
protégées négatifs des principaux dangers qui menacent les aires protégées
Le Manuel d’Etude d'Impact Environnemental pour les Parcs
Nationaux sera bientôt élaboré. Un audit environnemental
des entreprises extractives et forestières localisées en zones
tampons et périphéries des parcs nationaux a été réalisé.
2.1. Promouvoir l’équité et le partage des Etablir, d’ici à 2008, des mécanismes pour le partage équitable
avantages des coûts et des avantages résultant de la création et de la gestion
des aires protégées
Aucune activité n’a été réalisée dans cette optique.
2.2. Accroître et obtenir la participation des Parvenir, d’ici à 2008, à la participation pleine et entière des
communautés autochtones et locales, et communautés autochtones et locales, dans le plein respect
parties prenantes compétentes de leurs droits et la reconnaissance de leurs responsabilités,
en conformité avec les lois nationales et les obligations
internationales, ainsi qu’à la participation des parties prenantes
à la gestion des aires protégées existantes, ainsi qu’à la création
de nouvelles aires protégées et à leur gestion
Le Gabon enregistre des résultats mitigés dans ce domaine.
Il est prévu la création de comités locaux.
3.1. Fournir un environnement politique, Examiner et réviser, s’il y a lieu, d’ici à 2008, les politiques,
institutionnel et socioéconomique propice aux y compris par l’utilisation d’évaluations et d’incitations sociales
aires protégées et économiques, afin de fournir un environnement approprié
à l’appui de la création et d’une gestion plus efficaces des aires
protégées et des systèmes d’aires protégées
Activités en cours
Page 149
Appendice I-B : Programme de travail sur les aires protégées
Tableau 20 (Suite)
Buts Objectifs
3.2. Renforcer les capacités de planification, de Mettre en œuvre, d’ici à 2010, des initiatives et programmes
création et de gestion des aires protégées globaux de renforcement des capacités aux fins de développer les
connaissances et les compétences au niveau individuel,
communautaire et institutionnel, et d’accroître les standards
professionnels
L’ANPN a développé plusieurs initiatives de formation, de
renforcement des capacités des ressources humaines
(conservateurs, écoguides, écogardes). Actuellement, elle réalise
un projet de renforcement de capacités, financé par le FEM (GEF)
par le biais de la Banque Mondiale (GEF-PARCS).
3.3. Elaborer, appliquer et transférer les Améliorer sensiblement l’élaboration, la validation et le transfert,
technologies adaptées aux aires protégées d’ici à 2010, des technologies adaptées et des approches
novatrices pour une gestion efficace des aires protégées,
en tenant compte des décisions de la Conférence des Parties sur
le transfert de technologie et la coopération technique
Aucune activité n’a été réalisée dans cette optique.
3.4. Assurer la viabilité financière des aires Garantir, d’ici à 2008, suffisamment de ressources financières,
protégées et des systèmes d’aires protégées techniques et autres ressources, y compris d’origine nationale
nationaux et régionaux [Link], pour couvrir les coûts relatifs à la mise
en.œuvre et à la gestion efficaces des systèmes nationaux
et.régionaux d’aires protégées, aux fins notamment de répondre
aux besoins des pays en développement, des pays à économie
[Link] et des petits états insulaires en développement
L’ANPN bénéficie d’un appui considérable de l’Etat. Par ailleurs
des financements ont été ou sont en cours d’être mobilisés
à travers plusieurs programmes et projets (GEF-PARCS, PAGOS,
Conversion de la dette contre nature, Création d’une fonction
Page 150
pour la conservation, …)
Appendice I-B : Programme de travail sur les aires protégées
Tableau 20 (Suite)
Buts Objectifs
4.1. Elaborer et adopter des normes minimales Elaborer et adopter, d’ici à 2008, des normes, critères
et des meilleures pratiques pour le bien des et meilleures pratiques aux fins de la planification, de la sélection,
systèmes nationaux et régionaux d’aires de la mise en place, de la gestion et de la gouvernance
protégées de systèmes nationaux et régionaux d’aires protégées.
Aucune activité n’a été réalisée dans cette optique.
4.2. Evaluer et améliorer l’efficacité de la Adopter et mettre en œuvre, d’ici à 2010, des cadres
gestion des aires protégées [Link], d’évaluation et d’établissement de rapports sur
l’efficacité de la gestion des aires protégées au niveau des sites,
des systèmes nationaux et régionaux et des aires protégées
transfrontières.
Aucune activité n’a été réalisée dans cette optique.
4.3. Evaluer et suivre l’état et les tendances Etablir, d’ici à 2010, des systèmes nationaux et régionaux aux fins
des aires protégées de pouvoir surveiller efficacement de la couverture, de l’état
et des tendances des aires protégées à l’échelon national, régional
et mondial et d’aide à l’évaluation des progrès accomplis pour
réaliser les objectifs pour la diversité biologique mondiale.
Aucune activité n’a été réalisée dans cette optique.
4.4. S’assurer que les connaissances Renforcer les connaissances scientifiques relatives aux aires
scientifiques contribuent à la création et à protégées afin de favoriser leur création et d’améliorer leur utilité
l’efficacité ou utilité des aires protégées et des ou efficacité et leur gestion.
Page 151
systèmes d’aires protégées En accord avec l'ANPN, c'est le CENAREST qui est en charge
du suivi des activités de recherche dans les Parcs Nationaux.
Appendice II : Besoins en renforcement des capacités
I. BESOINS SYSTEMIQUES
le cas, par la mise en place des autorités nationales compétentes. Ce dispositif administratif
est très important dans l’animation des activités liées aux AME’s.
Sur le plan juridique, il est urgent que les spécialistes en droit de l’environnement,
les techniciens du département en charge de l’environnement et les techniciens des autres
départements impliqués, selon le cas, puissent organiser une séance de travail afin
d’identifier les projets de lois, de décrets et autres outils réglementaires, administratifs
et incitatifs capables de permettre la mise en œuvre des objectifs de la CDB et des autres
AME’s connexes. Dans ce contexte, il conviendrait :
- d’adopter, à l’actualisation du Code de l’Environnement, de cadres réglementaires
nationaux sur la prévention des risques biotechnologiques (décrets, arrêtés, décisions …)
au Gabon pour réglementer les mouvements transfrontières, l'utilisation, le contrôle
et le commerce dans le pays des Organismes Génétiquement Modifiés (OGM)/Organismes
Vivants Modifiés (OVM) ;
- d’adopter des textes réglementaires visant à compléter les dispositions qui seront
inclus dans le nouveau Code de l’Environnement. Ces textes traiteraient, entre autres,
des questions liées à l’approche par écosystème, l’utilisation des ressources biologiques,
la conservation de la diversité biologique, l’accès et le partage des avantages issus
de l’exploitation des ressources biologiques et notamment les ressources génétiques,
la valorisation des biens et services environnementaux, les connaissances, innovations
et pratiques traditionnelles, définition des espèces protégées ou menacées, la biodiversité
des sols, … ;
- d’intégrer les dispositions pertinentes des AME’s relatifs à la diversité biologique.
Ces textes pourraient également inciter le secteur privé à investir dans la conservation
et/ou l’utilisation durable des ressources biologiques.
à la participation des ONG Environnementales (ONGE) et du secteur privé, ainsi qu’à celle
des ONG relatives à la communication, sensibilisation du public et à la recherche.
Il est indispensable d’amorcer une étude qui vise à quantifier la valeur économique
de la biodiversité et à définir sa contribution dans la création de la recherche en vue
de la prise en compte de la biodiversité dans la comptabilité nationale.
pourraient être admis sur titre à l’INSAB. Un quota pourrait leur être attribué et en fonction
de celui-ci, la moyenne obtenue lors du baccalauréat pourrait être prise comme critère de
sélection.
➢ Transfert de technologie
L’Etat Gabonais et ses partenaires consentent des efforts pour financer les activités
de conservation. Mais, ceux-ci demeurent insuffisants. Il parait nécessaire d’améliorer
le mécanisme financier. Cela signifie que le Gabon devrait identifier un mécanisme novateur
pour le financement des activités de mise en œuvre de la CDB et des AME’s connexes,
et globalement de l’amélioration et de la protection de l’environnement, car les défis
à relever sont nombreux. Dans cette perspective, il faudrait relancer et explorer davantage
la question de la mise en place d’un fond environnemental à côté du fond forestier ou des
parcs nationaux. Cette recherche doit s’inscrire dans le cadre d’une stratégie et d’un plan
d’action en matière de mobilisation des ressources financières qu’il va falloir concevoir
et mettre en œuvre. De même, il s’agira de mettre en place une diplomatie
environnementale efficace afin d’établir plusieurs accords de coopération bilatérale
en la matière. Dans ce cadre, une identification des partenaires impliqués dans les questions
de gestion durable de la biodiversité est indispensable ainsi qu’une stratégie de mobilisation
des ressources financières.
Le renforcement des capacités et, plus généralement, la mise en oeuvre des AME’s
relatifs à la diversité biologique ne peuvent être assurés sans la disponibilité de ressources
importantes. Ainsi, outre la diplomatie environnementale agissante, il est également
important de procéder à :
- la formation des acteurs nationaux sur la formulation des projets (FEM, UICN,
UE, ...) ;
- la mobilisation de l’expertise pour l’élaboration, la soumission et la négociation des
requêtes de financement ;
- la formation des acteurs nationaux sur la sur la gestion des projets.
Page 157
Appendice II : Besoins en renforcement des capacités
Le secteur privé devrait prendre une part active dans la politique de gestion
de la biodiversité. Il est convié, d'une part, à participer et à contribuer aux efforts, à l'échelle
nationale de mise en œuvre de la CDB, et, d'autre part, à élaborer un Système
de Management Environnemental (SME).
- permettant aux Parties Prenantes d’avoir une meilleure connaissance des AME’s
en rapport avec la biodiversité et leurs liens avec d’autres AME’s.
La CDB et les AME’s connexes ont élaboré des programme de travail en matière
de communication, éducation et sensibilisation du public. Il conviendrait alors de procéder
à la lecture desdits programmes et d’identifier les différentes activités susceptibles d’être
réalisées au Gabon. Celles-ci seront compilées et consolidées dans une matrice servant
de programme opérationnel en matière de communication, d'information et de
sensibilisation du public sur la gestion des ressources biologiques.
➢ Recherche
autochtones et locales).
Appendice II : Besoins en renforcement des capacités
Biologique. L’IRET pourrait accroître sa coopération avec le CIFOR et les autres partenaires.
En somme, le renforcement de la recherche scientifique à l’IRET viserait à combler
Appendice II : Besoins en renforcement des capacités
et des rapports de l’Homme avec son espace de vie. Appliquées à la donne de la mise
en œuvre de la CDB et des AME’s connexes, ces missions illustrent le fait selon lequel
les sociétés humaines ont des relations complexes avec leur environnement naturel. Ainsi,
comprendre et analyser ces interactions devrait constituer une nécessité dans la perspective
du développement durable. Il s’agit là d’un défi que l’IRSH pourrait relever : c’est un
nouveau champ d’investigation pour lui.
De même, satisfaire la large gamme de besoins humains et écologiques exige des
nouvelles approches de la gestion de nos forêts, et une recherche d’une nature différente.
Le travail de l’IRSH dans ce contexte s’appuierait sur la recherche et la
promotion/vulgarisation des résultats qui concernent :
- les incidences socio-économiques qui touchent notamment les Communautés
Autochtones et Locales (CAL) dans le cadre des activités liées à l’exploitation des ressources
naturelles ;
- la "foresterie sociale"1 (cogestion, gestion participative des ressources, approches
novatrices pour accroître la participation des usagers à la gestion des forêts, appui à des
approches intégrées de la gestion des ressources naturelles, impacts des méthodes
et techniques participative et de la cartographie sociale) ;
- les études des terroirs en vue des processus d’aménagement forestiers ou de
certification forestière ;
- la compréhension et la valorisation des CPIT (Connaissances, Pratiques et
Innovations Traditionnelles) ;
- l’étude des sociétés humaines dans leurs milieux (en privilégiant les savoirs et les
usages des ressources, tout en prenant en compte les effets sur la biodiversité, les relations
entre l’Homme et les plantes/animaux).
En collaboration avec l’IRAF, la recherche à l’IRSH pourrait également s’orienter vers
la production des informations scientifiques susceptibles de permettre aux populations
autochtones et locales d’accroître des bénéfices économiques issues de l’exploitation
Page 163
1
Politique de prise en compte de l’Homme comme acteur principal dans la mise en œuvre des programmes de
gestion durable des forêts
Appendice II : Besoins en renforcement des capacités
des produits forestiers non ligneux. De même, en matière de contribution relative à la mise
en œuvre des AME’s en rapport avec la biodiversité, les missions et les objectifs assignés
à l’IRAF pourraient être orientées dans deux directions. Il convient, dans cette perspective,
de mettre un accent sur des politiques et stratégie qui visent d’une part, à gérer durable
de la diversité biologique forestière et d’autre part, à associer production agricole et gestion
de la biodiversité.
En matière de gestion durable de la diversité biologique forestière, il s’agirait, pour
l’IRAF, d’accentuer ses actions dans la recherche des méthodes de gestion rationnelle
des forêts gabonaises où la diversité biologique est menacée et des zones d'interface entre
les aires protégées et les territoires agricoles. A titre d’exemple, il pourrait porter sur :
- les causes et les processus de destruction et de dégradation des forêts
gabonaises ;
- l’analyse des problèmes forestiers pour aider à élaborer des politiques nationales
et sous-régionales ;
- le développement des méthodes propres pour la mise en œuvre des activités
sylvicoles (reboisements viables à long terme et bénéfiques pour les populations locales) ;
- la mise en place d’instruments, stratégies et pratiques optimales pour une
meilleure gestion des forêts. Dans cette optique, il serait souhaitable de produire des
informations scientifiques pour un meilleur aménagement des forêts. Ainsi, les forêts
doivent être aménagées pour remplir un ensemble de fonctions écologiques, sociales,
économiques et culturelles, et non servir seulement des intérêts uniques, tels que
l’exploitation forestière, ou la conservation, comme cela l’est actuellement.
S’agissant de l'association production agricole/gestion de la biodiversité, il s'agirait
de conduire progressivement les politiques, les sociétés agro-industrielles et pastorales ainsi
que les promotionnaires de "l’agriculture de subsistance économique"1 à produire pour la
satisfaction des besoins des populations.
Les recherches de l’IRAF devraient être guidées par l'évolution des questionnements
Page 164
scientifiques et orientées par les défis planétaires posés par l'alimentation, l'environnement
1
Les produits viviers issus de l’Agriculture familiale et destinés à la vente.
Appendice II : Besoins en renforcement des capacités
ainsi que sa capacité à s’adapter au changement ; il vise à renforcer l’institution en tant que
système intégré incluant les individus, les groupes et l’institution elle-même.
Pour mieux remplir ses obligations et tirer davantage partie des opportunités qu’offre
la CDB, le Gabon devrait s’orienter vers la définition d’un cadre de coordination clair
et opérationnel. Pour visualiser cette idée, il conviendrait de mettre en place le Groupe
de Travail National sur la Biodiversité du Gabon (GTNBG).
Au niveau de la société civile à but non lucratif que sont les ONG, les associations et les
organisations de base, soulignons qu’elles font preuve d’une faiblesse en matière de cadre
institutionnel. En effet, elle n’est pas domiciliée à un site déterminé à l’exception des ONG
internationales et trois ONG nationales. Il leur est actuellement difficile d’obtenir un siège au
regard des difficultés liées à la mobilisation des ressources financière. Il est donc souhaitable
que les pouvoirs publics, grâce à l’appui des partenaires au développement, puissent
encourager les efforts des ONG de protection de la nature (ONGE) en les dotant d’un siège
que l’on pourrait appeler "La Maison Verte".
S’agissant de la société civile à but lucratif, point n’est plus besoin de démontrer que
les activités de plusieurs entreprises sont, soit exercées au sein des écosystèmes,
soit en relation avec ceux-ci. En effet, qu’elles soient dans le domaine du bâtiment,
de la construction des infrastructures routières et portuaires, ou dans les domaines
Page 166
des impacts sur les écosystèmes. Il est donc important que les entreprises puissent changer
leur système de management. Celui-ci ne devrait plus uniquement être conçu pour
maximaliser les profits, mais devrait également intégrer des paramètres environnementaux
et sociaux. Le système managérial de l’entreprise comprendra, dans cette perspective,
le module "Système de Management de la Qualité" ou SMQ à travers l’acquisition de la
norme ISO 9000, le module "Système Management de l’Environnement" ou SME par le biais
de la norme 14001, et le module "Système Responsabilité Sociale" acquis à travers la norme
8000. Ces trois dimensions doivent être imbriquées et considérées simultannément car
le "Tout" n’est l’ensemble des "Uns".
Ainsi, quelque soit l’entreprise, les activités réalisées ont des impacts sur les ressources
biologiques. Il parait urgent que toutes les entreprises créent des cellules ou divisions
environnementales afin d’asseoir, en leur sein, une réelle politique de développement
durable. Ces entités que l’on pourrait désigner, comme dans certaines entreprises par
Cellule d’Hygiène, Sécurité et Environnement (CHSE), voire Cellule d’Hygiène, Sécurité,
Environnement et Qualité (CHSEQ), seront également chargées du suivi des Plans de Gestion
Environnementale et Sociale qui seront élaborés à leur attention et sur leur demande
respective. Elles doivent, de ce fait veiller à ce que leurs activités n’érodent pas davantage
les ressources biologiques. Pour y parvenir, l’administration devrait également élaborer des
guides sectoriels d’EIE.
Au niveau des administrations publiques, nous pouvons dénombrer celles qui sont
directement et indirectement impliquées dans la gestion des ressources biologiques.
Globalement, il s’agit du :
- Ministère en charge de l’Environnement et du Développement Durable ;
- Ministère en charge de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique ;
- Ministère en charge du Tourisme et des Parcs Nationaux ;
Page 167
- Ministère de la Santé ;
- Ministère en charge de l’Economie ;
- Ministère en charge du Budget;
- Ministère en charge de l'Intérieur et de la Décentralisation;
- Ministère en charge de de la Justice ;
- Ministère de la Défense Nationale ;
- Ministère en charge des Travaux Publics et de l’Aménagement du Territoire;
- Ministère de la Marine Marchande.
Notre lecture se focalisera d’abord sur l’Arboretum de Sibang et sur la mise en place des
laboratoires à l’IRSH. Les autorités de la recherche scientifique dont dépend l’Arboretum
de Sibang devraient faire des efforts pour ériger une réelle barrière devrant protéger cette
zone forestière.
En vue de relever le défis qui consiste à comprendre et analyser les interactions qui
existent entre les sociétés humaines et leurs milieux naturels, il est envisageable de créer,
à l’IRSH, au sein du Département Sociologie – Anthropologie – Psychologie, un laboratoire
qui pourrait être dénommé "Laboratoire Sociétés, Milieux et Territoires" ou " Laboratoire
Environnement et Société". Les tâches de ces laboratoires ont été déclinées dans la partie
recherche des besoins en renforcement des capacités systémiques.
Il serait également souhaitable de créer un Laboratoire de Géographie
Environnementale et Sociale au sein du département de Géographie de l'IRSH. Les champs
d’investigation de ce laboratoire pourraient être orientés vers quatre domaines principaux :
Géographie de l’environnement (géomorphologie littorale, risques naturels liés à la mer,
vulnérabilité et qualité environnementales), Géographie sociale (approche géographique
du tourisme, attractivité des territoires, mobilités et pratiques résidentielles, territorialités
maritimes, insularité), Politiques publiques (développement durable et gestion intégrée des
zones côtières), et Espace et information (analyse spatiale, les bases de données et le
développement de l’information géographique).
S’agissant de l’Agence Nationale des Parcs nationaux, il est souhaitable que l’on mette
en place des réelles unités de gestion des Parcs Nationaux. Il s’agira de compléter l’article 43
de la loi 003/2007 du 27 août 2007 relative aux Parcs Nationaux. Celui-ci est énoncé comme
suit : "Chaque Parc National est placé sous l’autorité d’un Conservateur".
Le nouvel article 43 se lirait comme suit : "Chaque Parc National est placé sous l’autorité
de l’Unité de gestion désignée par Unité de Gestion du Parc National. L’Unité de Gestion
du Parc National est administrée par un Conservateur. Elle comprend, outre le Conservateur,
un responsable des questions forestière et de faune, un responsable des questions
touristiques et un responsable des questions environnementales et sociales, parmi lesquels
Page 170
est nommé le Conservateur Adjoint du Parc". Ces responsables assumeront également les
tâches de chargé de programme pour les thématiques qui seront les leurs.
Appendice II : Besoins en renforcement des capacités
La présence de tous ces experts devrait permettre d'atteindre les trois objectifs assignés
aux Parcs Nationaux : conservation et valorisation économique des ressources biologiques
ainsi que la promotion du bien-être des peuples autochtones et communautés locales
riveraines auxdits Parcs Nationaux. A côté de ces responsables, seraient adjoints
un comptable et un chargé de suivi évaluation des activités.
Les besoins en renforcement des capacités individuelles concernent l’appui que l’on doit
apporter aux ressources humaines afin qu’elles soient performantes. Ainsi, le niveau
individuel du processus de renforcement des capacités désigne les mesures visant à modifier
les attitudes et les comportements, à transmettre des connaissances et développer
des compétences tout en tirant parti des effets positifs de la participation du partage
des connaissances et d’une adhésion active à l’action menée. Les besoins individuels vont
être présentés sous trois rubriques : ceux des administrations, des institutions de formation
et ceux liés à la pratique de la recherche.
Page 171
III.A. Besoins des administrations
Types de formation
Besoins Spécialités Administrations et Institutions
identifiées Continue Licence Master Doctorat bénéficiaires
(séminaires) Pro/Recherche et Post Doc
Environnement et identification Direction Générale des Douanes
100 100 - - -
des ressources biologiques (Ministère en charge des Finances)
Agence Nationale des Parcs Nationaux
Page 172
Tableau 21 (Suite)
Types de formation
Besoins Spécialités Administrations et Institutions
identifiées Continue Licence Master Doctorat bénéficiaires
(séminaires) Pro/Recherche et Post Doc
Aménagement des ressources
- 30 20 -
halieutiques
Qualité des produits de pêche - - 20 -
145 Ministère en charge de la Pêche et l’Aquaculture
Sciences maritimes - - 5 -
Ressources halieutiques - 30 20 -
Aquaculture - - 20 -
Page 173
Tableau 21 (Suite)
Types de formation
Besoins Spécialités Administrations et Institutions
identifiées Continue Licence Master Doctorat bénéficiaires
(séminaires) Pro/Recherche et Post Doc
Foresterie 20 - 5 -
Biologie de la conservation - - 5 -
Restauration des écosystèmes - - 5 -
Ethnoécologie 1 - 2 -
Océanographie 2 - 2 -
Page 174
Appendice II : Besoins en renforcement des capacités
Outre les profils ci-dessus identifiés, les administrations ont besoin des cadres
moyens et inférieurs pour asseoir une pyramide adéquate d’exécution des tâches
(tableau 22).
Niveau Niveau
Besoins identifiés Administrations concernées
BEPC BAC
94 - Ministère en charge de la Pêche et de l’Aquaculture
Agents d'entretien Ministère en charge de l’Environnement
104 -
de rivières/bassins versants et de la Protection de la Nature
26 - Ministère en charge des Parcs Nationaux
Dans la même rubrique, soulignons que les instituts de recherche ont également
besoins d’un personnel en nombre et en qualité pour animer les différents départements
et laboratoires. Il apparaît ainsi nécessaire d’élaborer un programme interne
de formation et de recrutement des chercheurs, en vue de doter les différents instituts
du CENAREST de spécialistes en qualité et en quantité ainsi que des équipes de recherche
intégrées et pluridisciplinaires.
Il est donc urgent "d’aller à la source pour détecter les chercheurs en herbe pour
mieux les intégrer, les orienter et garantir ainsi, un renouvellement efficient des
ressources humaines"1. Le tableau 232 ci-dessous dénombre le personnel dont lesdits
instituts en ont besoin.
Instituts du CENAREST1
Grades TOTAL
IPHAMETRA IRAF IRET IRSH IRT
Directeurs de Recherche 1 3 1 1 1 7
Maîtres de Recherche 2 2 2 2 2 10
ou Habilitation à Diriger
des Recherches
Chargés de Recherche 15 22 10 10 10 67
Attachés de Recherche 20 22 10 30 10 92
1
Prof. Daniel Franck IDIATA, [Link]/administration/[Link]
2Il s’agit des besoins minima identifiés par département, laboratoire en tenant compte des grades existants
au sein de chaque Instituts de recherche.
Appendice II : Besoins en renforcement des capacités
Page 177
Tableau 24 : Besoins en ressources humaines en matière de recherche
Grades Universitaires
Besoins identifies Master Assistants Maîtres Maître de Professeurs Institutions1
assistants Conférences ou HDR
Insectes 3 - - - - ECR
- 1 1 1 1 ENEF
- 3 3 3 3 INSAB
- 3 3 3 3 Faculté de Sciences
Crustacés - 3 1 1 1 INSAB
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Tableau 24 (Suite)
Grades Universitaires
Besoins identifies Master Assistants Maîtres Maître de Professeurs Institutions1
assistants Conférences ou HDR
- 4 2 2 2 ENEF
2 - - - - ECR
Champignons et bactéries - 2 2 2 2 ENEF
- 2 2 2 2 INSAB
- 2 2 2 2 Faculté de Sciences
1 - - - - ECR
Page 179
III. C. Besoins liés à la pratique de la recherche
Page 180
Appendice III : Sources d'information
SOURCES D'INFORMATION
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Appendice III : Sources d'information
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Eds Alonso A., Lee M. E., Campbell P., Pauwells O.S.G., Dallmeier F. Bull. Biol. Soc. Washington,
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30. Lebas L. 2010. Impacts de l’exploitation minière sur les populations locales et l’environnement dans
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Appendice III : Sources d'information
31. Lebrun J.-P., 1976. Richesse spécifique de la flore vasculaire des divers pays ou régions d'Afrique.
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Appendice III : Sources d'information
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69. Walsh P.D., Abernethy K.A., Bermejo M., Beyers R., De Wachter P., Akou M.E., Huijbregts B,
Mambounga D.I., Toham A.K., Kilbourn A.M., Lahm S.A, Latour S., Maisels F., Mbina C., Mihindou
Y, Obiang S.N., Effa E.N., Starkey M.P., Telfer P., Thibault M., Tutin C.E.G., White .L.J.T., Wilkie D.S.
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70. White F. 1983. The vegetation of Africa, a description memoir to accompany the
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France.
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Michelsonia and Tetraberlinia (Leguminosae, Caesalpinioideae). Wageningen Agricultural University
Papers 99-4: I–XVI, 1–320.
72. Witt, M.J., Baert B., Broderick A. C. Formia A., Fretey J., Gibudi A., Mounguengui Mounguengui G.
A. , Moussounda C., Ngouessono S., Parnell R. J., Roumet D., Sounguet G.P., Verhage B., Zogo A.,
Godley B. J. 2009. Aerial surveying of the world’s largest leatherback turtle rookery: A more effective
methodology for large-scale monitoring. Biol. Conserv. 142: 1719-1729.
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