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REPUBLIQUE GABONAISE

Union – Travail – Justice


-=-=-=-=-=-=-

Ministère de l'Economie, de l'Emploi et du Développement Durable

QUATRIEME RAPPORT NATIONAL


SUR LA BIODIVERSITE
Ministère de l'Economie, de l'Emploi et du Développement Durable

QUATRIEME RAPPORT NATIONAL SUR LA BIODIVERSITE

Crédits :
A l'exception de la photographie de la tortue luth réalisée par J.G. COLLUMB, les autres photographies
de la première de couverture sont de Butler R. A. ([Link]
RENSEIGNEMENTS SUR LA PARTIE PRESENTANT LE RAPPORT

Partie contractante GABON

CORRESPONDANT NATIONAL

Nom complet de l’organisme Direction Générale de l'Environnement et de la Protection de la Nature

Nom et fonction du chargé Louis Léandre EBOBOLA TSIBAH


de liaison

Adresse postale BP : 3903 Libreville

Téléphone (00) 241 72 27 00 / 76 61 82

Fax -

Courriel dgegabon2@[Link]

CHARGE DE LIAISON POUR LE RAPPORT NATIONAL (SI DIFFERENT DU PREMIER)

Nom complet de l’organisme Direction Générale de l'Environnement et de la Protection de la Nature

Nom et fonction du chargé Emmanuel BAYANI NGOYI


de liaison

Adresse postale BP : 3903 Libreville

Téléphone (00) 241 72 27 00 / 76 61 82 / 04 13 07 39

Fax -

Courriel scoutgabon@[Link]

REMISE DU RAPPORT

Signature de l’administrateur
chargé de la présentation
du rapport national

Date d’envoi
PROCESSUS UTILISE POUR LA PREPARATION DU RAPPORT NATIONAL

Phase 1 : Collecte des données


2 groupes d'experts ont participé à la phase 1.

Phase 2 : Rédaction de documents intermédiaires


Le premier groupe d'experts a rédigé un rapport préliminaire sur la biodiversité.
Le second groupe d'experts a réalisé une étude de cas, établissant le lien entre
la biodiversité et la lutte contre la pauvreté.

Phase 3 : Finalisation du processus de rédaction du rapport


Cette phase a été caractérisée par la compilation et la consolidation des données
contenues dans les documents intermédiaires.
Le document obtenu a été validé au cours d'un atelier regroupant plusieurs parties
prenantes (Administration, Opérateurs économiques, Organisation de la Société
Civile, Instituts de Recherche, ...).
REMERCIEMENTS

Le Ministère de l'Economie, de l'Emploi et du Développement Durable, à travers


la Direction Générale de l'Environnement et de la Protection de la Nature, remercie
toutes les administrations, institutions et organisations, ainsi que les différents experts
qui ont contribué à l'élaboration du présent rapport, sans oublier les auteurs des
photographies.

Nos remerciements particuliers :

- au Dr Aurélie Flore KOUMBA PAMBO, Chercheur à l'Institut de Recherches


Agronomiques et Forestières ;

- au Dr Jean-Bruno MIKISSA, Enseignant à l'Ecole Nationale des Eaux et Forêts,


Chercheur associé à l'Institut de Recherche en Ecologie Tropicale ;

- à Mr Alfred NGOYE, Chercheur à l'Institut de Recherche en Ecologie Tropicale,


Chargé d'Etudes au Ministère de l'Agriculture, de l'Elevage, de la Pêche
et du Développement Rural ;

- à Mr Emmanuel BAYANI NGOYI, Socio-ethonoécologue, Point Focal Biodiversité,


Direction Générale de l'Environnement et de la Protection de la Nature.
TABLE DES MATIERES

RESUME ANALYTIQUE .................................................................................................. 1

INTRODUCTION ............................................................................................................ 4

CHAPITRE I : APERÇU DE L'ETAT ET DES TENDANCES DE LA DIVERSITE BIOLOGIQUE,


AINSI QUE DES MENACES QUI PESENT SUR ELLE ........................................ 9

I.A. Aperçu de l'état de la biodiversité.............................................................................. 9


I.A.1. Etat de la diversité biologique des écosystèmes terrestres ................................ 9
➢ Les écosystèmes forestiers ................................................................................. 9
➢ Les écosystèmes non forestiers ........................................................................ 17
➢ Les écosystèmes agricoles ................................................................................ 19
I.A.2. Etat de la diversité biologique des écosystèmes des eaux continentales ......... 20
I.A.3. Etat de la diversité biologique des écosystèmes côtiers et marins ................... 27
➢ Les plages, les côtes rocheuses et les dunes .................................................... 27
➢ Les systèmes estuariens et lagunaires.............................................................. 29
➢ Les écosystèmes marins ................................................................................... 32
I.A.4. Les Parcs Nationaux du Gabon : un aperçu de la biodiversité de la faune ........ 38

I.B. Tendances des écosystèmes..................................................................................... 43


I.B.1. Tendance des écosystèmes terrestres ............................................................... 43
➢ Tendance de la composante floristique des écosystèmes terrestres .............. 43
➢ Tendance de la composante faunistique des écosystèmes terrestres ............ 47
I.B.2. Tendance des écosystèmes aquatiques ............................................................. 51
➢ Tendance de la biodiversité des eaux marines, côtières et continentales ...... 51
➢ Les ressources halieutiques .............................................................................. 52

I.C. Principales menaces sur la diversité biologique ....................................................... 55


I.C.1. Principales menaces sur la biodiversité des écosystèmes terrestres ................ 55
➢ L'exploitation forestière ................................................................................... 55
➢ La déforestation ................................................................................................ 57
➢ La destruction et dégradation des habitats...................................................... 58
➢ Les maladies...................................................................................................... 58
➢ La chasse et la viande de brousse..................................................................... 60
➢ Les espèces invasives ........................................................................................ 61

-i-
I.C.2. Principales menaces sur la biodiversité des écosystèmes aquatiques .............. 62
➢ L'exploration et l'exploitation pétrolières ........................................................ 62
➢ L'exploration minière ........................................................................................ 64
➢ L'érosion côtière ............................................................................................... 65
➢ Les pressions sur les ressources halieutiques .................................................. 65
➢ Les espèces introduites .................................................................................... 66

I.D. Statut de conservation des espèces du Gabon ........................................................ 67

I.E. Incidences des changements observés sur le bien-être humain .............................. 73


I.E.1. Conservation durable de la biodiversité ............................................................ 73
➢ Le tourisme de nature / le tourisme de vision ................................................. 74

➢ Le tourisme communautaire ............................................................................ 75


➢ L'agrobiodiversité ............................................................................................. 76
➢ Les financements des initiatives de conservation des écosystèmes ................ 77
I.E.2. Exploitation durable de la biodiversité............................................................... 77
➢ La gestion forestière ......................................................................................... 77
➢ Les produits forestiers non ligneux .................................................................. 80
➢ La diversité biologique, une valeur pour la santé ............................................ 81
➢ L'activité halieutique ........................................................................................ 82

CHAPITRE II : ETAT D’AVANCEMENT DES STRATEGIES ET PLANS D’ACTION NATIONAUX


SUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE .............................................................. 84

II.A. Brève description des stratégies et plans d’action nationaux


sur la diversité biologique ....................................................................................... 84

II.B. Objectifs et indicateurs (mondiaux et nationaux) adoptés


dans le cadre de la convention ............................................................................... 85

II.C. Contribution des activités engagées au titre des stratégies et plans d’action
nationaux sur la diversité biologique à la mise en œuvre des articles de la
convention, des programmes thématiques et des questions intersectorielles .... 90

II.D. Présentation succincte des progrès accomplis dans la mise en œuvre


des activités ou mesures prioritaires ...................................................................... 90

II.E. Indications sur les ressources financières nationales et/ou internationales


affectées aux activités prioritaires ........................................................................... 91

- ii -
II.F. Examen des réussites obtenues et des difficultés rencontrées
lors de la mise en œuvre, ainsi que des leçons tirées ............................................ 91
➢ Examen des réussites ....................................................................................... 91
➢ Examen des difficultés ...................................................................................... 92

II.G. Analyse de l’efficacité des stratégies et du plan d’action nationaux


sur la diversité biologique ...................................................................................... 92

II.H. Informations spécifiques demandées dans les décisions


de la huitième Conférence des Parties .................................................................. 93

CHAPITRE III : INTEGRATION OU DEMARGINALISATION SECTORIELLES


ET INTERSECTORIELLES DES CONSIDERATIONS SUR LA BIODIVERSITE ...... 96

III.A. Intégration de la biodiversité dans les politiques sectorielles et intersectorielles 96


III.A.1. Dans le cadre institutionnel ............................................................................. 97
➢ L'administration publique ................................................................................. 97
➢ Le secteur de la recherche scientifique et technologique ............................... 98
➢ Les opérateurs économiques et Organisations Non Gouvernementales ...... 101
III.A.2. Dans le cadre juridique .................................................................................. 102
➢ Le Code de l’Environnement .......................................................................... 103
➢ Le Code Forestier ............................................................................................ 103
➢ Le Code des Pêches et de l'Aquaculture......................................................... 104
➢ La loi sur les Parcs nationaux .......................................................................... 104
➢ Le Code Minier ................................................................................................ 104
➢ Les textes en matière agricole ........................................................................ 105
➢ La loi de Développement et de l’Aménagement du Territoire ...................... 105
III.A.3. Dans les plans, programmes et projets .......................................................... 106
➢ Stratégies et plans d’action ............................................................................ 106
➢ Programmes et projets ................................................................................... 111
➢ Autres initiatives d’intégration de la diversité biologique ............................. 119

III.B. Processus d’intégration de la biodiversité dans les politiques sectorielles


et intersectorielles................................................................................................ 124
III.B.1. Processus d’intégration de la biodiversité ..................................................... 125
III.B.2. Processus pour limiter les impacts sur la biodiversité ................................... 125

- iii -
III.C. Prise en compte de l’approche par écosystème .................................................. 127

III.D. Prise en compte de la biodiversité dans les évaluations environnementales ..... 127

III.E. Analyse des résultats ............................................................................................ 128

CHAPITRE IV : CONCLUSIONS_PROGRES ACCOMPLIS DANS LA POURSUITE DE L’OBJECTIF


DE 2010 ET DANS LA MISE EN ŒUVRE DU PLAN STRATEGIQUE ...............130

IV.A. Progrès réalisés dans la poursuite de l'Objectif de 2010 ..................................... 130

IV.B. Buts et objectifs du plan stratégique, et indicateurs provisoires d’évaluation


des progrès ........................................................................................................... 137

CONCLUSION .............................................................................................................142

APPENDICE I-A : OBJECTIFS DE LA STRATEGIE MONDIALE POUR LA CONSERVATION DES


PLANTES ................................................................................................144

APPENDICE I-B : BUTS ET OBJECTIFS DU PROGRAMME DE TRAVAIL SUR LES AIRES


PROTEGEES............................................................................................147

APPENDICE II : BESOINS EN RENFORCEMENT DES CAPACITES .....................................152

I. BESOINS SYSTEMIQUES.............................................................................................. 152


I.A. Besoins en matière de cadre d’intervention ....................................................... 152
➢ Enrichissement des programmes de formation ............................................. 154
➢ Transfert de technologie ................................................................................ 155
➢ Bases de données et documentation ............................................................. 155
➢ Amélioration du mécanisme financier ........................................................... 157
➢ Participation de la société civile ..................................................................... 158
➢ Communication, Education et Sensibilisation du Public ................................ 158
➢ Recherche ....................................................................................................... 160

II. BESOINS INSTITUTIONNELS ...................................................................................... 165


II.A. Besoin de capacités en matière de coordination intersectorielle ..................... 166
II.B. Besoin en capacités des administrations, Institutions et organisations ............ 166
➢ Propositions au Ministère en charge de l’Environnement
et de la Protection de la Nature ..................................................................... 168
➢ Propositions aux Ministères en charge de l’Enseignement Supérieur
et de la Recherche Scientifique ...................................................................... 169
➢ Propositions aux départements ministériels cibles ........................................ 169

- iv -
➢ Propositions à l'Agence Nationale des Parcs Nationaux ................................ 170

III. BESOINS INDIVIDUELS .............................................................................................. 171


III.A. Besoins des administrations.............................................................................. 172
III. B. Besoins des institutions de formation .............................................................. 177
III. C. Besoins liés à la pratique de la recherche ........................................................ 180

SOURCES D'INFORMATION ........................................................................................181

-v-
LISTE DES FIGURES

Figure 1 : Carte administrative du Gabon ............................................................................. 4

Figure 2 : Carte des zones climatiques du Gabon ................................................................. 6

Figure 3 : Carte des principaux bassins versants................................................................... 7

Figure 4 : Carte du couvert végétal du Gabon ...................................................................... 8

Figure 5 : Richesse ichtyologique spécifique globale des eaux douces du Gabon ............. 26

Figure 6 : Répartition des Parcs Nationaux du Gabon ........................................................ 38

Figure 7 : Catalogue des brentidae du Gabon ..................................................................... 49

Figure 8 : Evolution annuelle de la production par type de pêche au Gabon .................... 53

Figure 9 : Quelques espèces animales protégées sur le territoire du Gabon ..................... 72

LISTE DES PHOTOS

Photo 1 : Forêt gabonaise, vue du ciel .................................................................................. 9

Photo 2 : Cercopithèque à queue de soleil (Cercopithecus solatus)................................... 13

Photo 3 : Quelques oiseaux des milieux humides............................................................... 24

Photo 4 : Racines–échasses des palétuviers rouges Rhyzosphora sp. ................................ 30

Photo 5 : La faune diversifiée du Gabon ............................................................................. 40

Photo 6 : Crocodile nain orange .......................................................................................... 50

Photo 7 : Aperçu de la richesse ichtyologique du Gabon ................................................... 54

Photo 8 : Site d'Exploitation forestière dans une Concession Forestière sous


Aménagement Durable (CFAD) du Haut-Abanga ................................................ 55

Photo 9 : Déforestation par l'exploitation d'Okoumé ......................................................... 57

Photo 10 : Viande de brousse sur un marché de Makokou ................................................ 60

Photo 11 : Lit mineur de la Moulili, comblé de manganèse ............................................... 64

- vi -
LISTE DES TABLEAUX

Tableau 1 : Distribution de type de forêt dense humide ...................................................... 7


Tableau 2 : Caractéristiques floristiques et faunistiques des types de formations
forestières ......................................................................................................... 11
Tableau 3 : Espèces de montagnes partiellement et intégralement protégées ................. 14
Tableau 4 : Echantillonnage du potentiel de la biodiversité agricole ................................. 20
Tableau 5 : Liste non exhaustive des oiseaux des milieux humides ................................... 23
Tableau 6 : Espèces communes de poissons des habitats marins et côtiers gabonais ...... 33
Tableau 7 : Les mammifères marins du Gabon ................................................................... 37
Tableau 8 : Fiche d'identité des Parcs Nationaux du Gabon .............................................. 39
Tableau 9 : Check-list des amphibiens, reptiles, mammifères et oiseaux des Parcs
Nationaux du Gabon ......................................................................................... 41
Tableau 10 : Nombre de plantes vasculaires du Gabon ..................................................... 44
Tableau 11 : Quelques plantes caractéristiques des forêts gabonaises ............................. 44
Tableau 12 : Quelques plantes endémiques du Gabon ...................................................... 46
Tableau 13 : Liste rouge UICN des espèces végétales gabonaises ..................................... 68
Tableau 14 : Liste rouge UICN des espèces animales gabonaises ...................................... 70
Tableau 15 : Statut de protection de la faune sauvage sur le territoire du Gabon ............ 71
Tableau 16 : Buts, Objectifs mondiaux et niveaux d'intégration dans la Stratégie et Plan
d'action du Gabon ............................................................................................ 86
Tableau 17 : Sites Ramsar du Gabon................................................................................... 95
Tableau 18 : Cadre provisoire des buts, objectifs et indicateurs d’évaluation des progrès
accomplis dans la poursuite de l’objectif de 2010
pour la diversité biologique ......................................................................... 130
Tableau 19 : Buts et objectifs du plan stratégique, et indicateurs provisoires d’évaluation
des progrès ..................................................................................................... 137
Tableau 20 : Buts et objectifs du programme de travail sur les aires protegées ............. 147
Tableau 21 : Besoins en renforcement de capacités des administrations ....................... 172
Tableau 22 : Besoins en ressources humaines dans la gestion des écosystèmes ............ 175
Tableau 23 : Besoins en ressources humaines au CENAREST ........................................... 176
Tableau 24 : Besoins en ressources humaines en matière de recherche ......................... 178
Tableau 25 : Besoins en formation de chercheurs............................................................ 180

- vii -
ACRONYMES

AAP African Adaptation Program (Programme Africain d'Adaptation)


ADIE/PRGIE Association pour le Développement de l’Information Environnementale/Programme
Régional de Gestion de l’Information Environnementale
ADP Amis du Pangolin
AFD Agence Française de Développement
AME Accords Multilatéraux sur l’Environnement
ANCE Amis de la Nature, Culture et Environnement
ANCR Autoévaluation Nationale des Capacités à Renforcer
ANPN Agence Nationale des Parcs Nationaux
APA Accès aux ressources génétiques et Partage juste et équitable des Avantages
liés à leur utilisation
APT Aire Protégée Transfrontière
ASF Aventures Sans Frontières
BAD Banque Africaine de Développement
BCH Biosafety Clearing-House
(Centre d'Echange d'Information sur la Prévention des Risques Biotechnologiques)
CADDE Centre d’Action pour le Développement Durable et l’Environnement
CAL Communauté Autochtone et Locale
CCNUCC Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques
CDB Convention sur la Diversité Biologique
CdP/CoP Conférence des Parties / Conference of the Parties
CEEAC Communauté Economique des Etats de l'Afrique Centrale
CEFEB Centre d'Etudes Financières, Economique et Bancaires
CENAREST Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique
CEP Champ Ecole Paysan
CESP Communication, Education et Sensibilisation du Public
CHM Clearing-House Mechanism
(Centre d'Echange de la Convention sur la Diversité Biologique)
CHSE Cellule d'Hygiène, Sécurité et Environnement
CHSEQ Cellule d'Hygiène, Sécurité, Environnement et Qualité
CIA Central Intelligence Agency (Agence Centrale de Renseignement)
CIAJE Comité Inter-Associations de Jeunesses pour l’Environnement
CIAM Centre d'Introduction et d'Adaptation de Matériel Végétal
CIFOR Center for International Forestry Research
(Centre International de Recherche sur les Forêts)
CIPV Convention Internationale pour la Protection des Végétaux
CIRAD Centre de coopération Internationale en Recherche Agronomique
pour le Développement
CIRMF Centre International de Recherches Médicales deFranceville
CITES Convention on International Trade in Endangered Species of wild fauna and flora
(Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages
menacées)

- viii -
ACRONYMES (Suite)

CMS Convention on the Conservation of Migratory Species of wild animals


(Convention de Bonn sur les espèces migratrices)
CNDD Commission Nationale du Développement Durable
CNDIO Centre National des Données et de l’Information Océanographiques
CNUCD Convention des Nations Unies sur la Lutte contre la Désertification
CNUED Conférence des Nations Unies sur l’Environnement et le Développement
COI-UNESCO Commission Océanographique Intergouvernementale de l’UNESCO
COMIFAC Commission des Forêts d'Afrique Centrale
COMILOG Compagnie Minière de l'Ogooué
COMUF Compagnie des Mines d’Uranium de Franceville
CPAET Convention Provisoire d’Aménagement-Exploitation-Transformation
CPIT Connaissances, Pratiques et Innovations Traditionnelles
CTFT Centre Technique Forestier Tropical
DGPA Direction Générale des Pêches et de l'Aquaculture
DME Diamètre Minimum Exploitable
DPL Development Policy Loans (Prêt de Politique de Développement)
DSCRP Document de Stratégie de Croissance et de Réduction de la Pauvreté
EFI Exploitation à Faible Impact
EIE Etude d’Impact Environnemental
ENCR Ecole Nationale des Cadres Ruraux d'Oyem
ENEF Ecole Nationale des Eaux et Forêts
FAO Food and Agriculture Organization of the United Nations
(Organisation des Nations Unies pour l’Agriculture et l’Alimentation)
FD Forêt-Développement
FEM Fonds pour l’Environnement Mondial
FENSED Femme Environnement, Santé et Education
FFEM Fonds Français pour l’Environnement Mondial
FIDA Fonds International de Développement Agricole
FLEGT Forest Law Enforcement, Governance and Trade
(Applications des réglementations forestières, Gouvernance et Echanges commerciaux)
FLSH Faculté des Lettres et Sciences Humaines
FORINFO Formation, Information, Recherche et Forêts
FOVIGENA Fondation Villageoise pour la Gestion des Ressources Naturelles
FSC Forest Stewarship Council
GEF Global Environment Facility (Fonds pour l'Environnement Mondial)
Grasnat Groupe des amis de la nature
GTNBG Groupe de Travail National du la Biodiversité du Gabon
IGAD Institut Gabonais d'Appui au Développement
IGN Image Gabon Nature
INRA Institut National de la Recherche Agronomique
INSAB Institut National de Sciences Agronomiques et Biotechnologiques

- ix -
ACRONYMES (Suite)

INSG Institut National de Science et de Gestion


IPHAMETRA Institut de Pharmacopée et de Médecine Traditionnelle
IPN Institut Pédagogique National
IRAF Institut de Recherches Agronomiques et Forestières
IRET Institut de Recherche en Ecologie Tropicale
IRSH Institut de Recherche en Sciences Humaines
IRT Institut de Recherche Technologique
IS Instrument de Surveillance
ITTA International Tropical Timber Agreement
(Accord International sur les Bois Tropicaux)
JICA Japan International Cooperation Agency
(Agence Japonaise de Coopération Internationale)
MDP Mécanisme de Développement Propre
OGM Organisme Génétiquement Modifié
OMS Organisation Mondiale de la Santé
ONADER Office National de Développement Rural
ONB Observatoire National de la Biodiversité
ONG Organisation Non Gouvernementale
ONGE Organisation Non Gouvernementale Environnementale
ORSTOM Office de la Recherche Scientifique et Technique Outre-Mer
OVM Organisme Vivant Modifié
PADAP Programme d’Appui au Développement de l’Agriculture
PADAP Programme d’Appui au Développement de l’Agriculture Périurbaine
PAFN Plan d’Action Forestier National
PAFT Programme d’Action Forestier Tropical
PAGOS Programme d’Appui à la Gouvernance Sectorielle
PAN/LCD Plan d’Action National de Lutte Contre la Désertification
PAPG Projet d’Appui au Paysannat Gabonais
PAPPFG Projet d’Aménagement des Petits Permis Forestiers Gabonais
PDDI Plan Directeur de Développement Intégré de la Pêche et de l'Aquaculture
PFBC Partenariat pour les Forêts du Bassin du Congo
PFE Projet Forêt et Environnement
PFNL Produits Forestiers Non Ligneux
PFRDV Pays à Faible Revenu et à Déficit Vivrier
PGES Plan de Gestion Environnementale et Sociale
PIB Produit Intérieur Brut
PIN Programme Indicatif National
PNAE Plan National d’Action Environnementale
PNB Produit National Brut
PNBG Programme National de Bonne Gouvernance
PNMD Parc National de Moukalaba-doudou
PNUD Programme des Nations Unies pour le Développement

-x-
ACRONYMES (Suite)

PRGIE Programme de Gestion de l’Information Environnementale


PROTOMAC Protection des Tortues Marines en Afrique Centrale
PSFE Programme Sectoriel Forêt, Pêche et Environnement
PSPA Programme d’Appui au Secteur Pêche etAquaculture
PSSA Programme Spécial de Sécurité Alimentaire
PSVAP Programme Sectoriel de Valorisation des Aires Protégées
RAPAC Réseau d'Aires Protégées d'Afrique Centrale
SEGC Station d’Etude des Gorilles et Chimpanzés
SME Système de Management Environnemental
SMQ Système de Management de la Qualité
SNPA – DB Stratégie Nationale et Plan d’Action en matière de Diversité Biologique
TJB Tonneau de Jauge Brut
UE Union Européenne
UICN Union Internationale pour la Conservation de la Nature
UNESCO Organisation des Nations-Unies pour l'Education, la Science et la Culture
UNPP United Nations Population Prospects
UOB Université Omar Bongo
USTM Université des Sciences et Techniques de Masuku
WCS Wildlife Conservation Society
WWF Word Wildlfe Fund (Fond Mondial pour la Nature)
ZEE Zone Economique Exclusive

- xi -
Résumé analytique

RESUME ANALYTIQUE

Le Gabon est situé en Afrique Centrale de part et d’autre de l’Equateur, le long


de la Côte occidentale, entre les latitudes 2°30N et 3°55S. Selon le dernier recensement
la population gabonaise s’élève à 1.520.911 habitants avec un taux croissance moyenne
de 2,2 à 2,5 %. Cette population, peu dense (environ 5 habitants au km²), occupe
une superficie de 267 667 km². Essentiellement urbaine à hauteur de 75 %, la population
gabonaise est inégalement repartie sur l’ensemble du territoire.
Pays forestier par excellence, le Gabon dispose d’une importante superficie forestière
à près de 22 millions d’hectares (85 % du territoire) dont 40 % demeurent encore à l’état
primaire. La forêt gabonaise compte six types de formations végétales : forêts inondées
et marécageuses ; forêts du bassin côtier ; forêts de montagnes ; forêts des plateaux
de l’intérieur ; forêts des plateaux du Nord-Est ; forêts dégradées ou secondaires.
Cet écosystème forestier côtoie une mosaïque de milieux naturels (savanes et steppes,
estuaires et lagunes, mangroves, montagnes), indicateurs d'une diversité biologique
composite.
Concernant les écosystèmes agricoles, il est à noter que le Gabon est un pays
faiblement agricole où les terres cultivées ne représentent que 5% de la superficie totale,
et où la population rurale avoisine 25% de la population totale. La connaissance de l’état
des lieux des écosystèmes agricoles existent de façon éparse et ne sont quasiment pas
disponibles. Toutefois, il en résulte que la biodiversité agricole est moyenne élevée.
Cette biodiversité se base sur une agriculture de plantation (café, cacao, palmier à huile,
canne à sucre) et une agriculture de subsistance, avec des spéculations vivrières
de consommation courante (bananes et plantains, maniocs, taro, igname, ...).
La flore et la faune du Gabon sont d'autant plus remarquables que la forêt
équatoriale y est encore bien préservée et sont caractérisés par fort taux d'endémisme.
Page 1

Plusieurs familles d'espèces végétales font l’originalité de sa flore, notamment


les Caesalpiniaceae, les Burseracae, les Olacaceae, les Anacardiaceae. Sur la base
de données relatives à plus de 65 000 spécimens d'herbier, 4 170 plantes vasculaires ont
été recensées. Cette diversité végétale renferme près de 11% de plantes endémiques
Résumé analytique

strictes (508 espèces) ; ce taux passe à 13% si l’on considère les espèces sub-endémiques.
Sans compter les algues, les lichens et les bryophytes, on estime entre 7 000 à 7 500
le nombre d'espèces végétales du Gabon.
A ce jour, le Gabon compterait environ 190 espèces de Mammifères dont 19 espèces
de Primates, parmi lesquels des Mandrills, des Colobes ( ?????????????) 35 000 Gorilles
64 000 Chimpanzés et environ 85 000 Eléphants et 500 individus d’Hippopotames ; 20
espèces de Carnivores (Canidés, Félidés, Hyanidés, Mustelidés et Viverridés). Ainsi que 13
espèces d’Artiodactyles (Suidés, Tragulidés et Bovidés).
L’Avifaune aquatique compte près de 20 espèces. On distingue environ 90 espèces
paléarctiques en provenance d’Europe et d’Asie et près de 50 espèces d’Oiseaux
migrateurs exclusivement africains.
Pour la faune des papillons, elle s’avère très riche en espèces (environ 950 espèces de
papillons diurnes contre 10 à 15 fois plus d’espèces nocturnes).
On dénombre également 88 espèces d’Amphibiens, 121 espèces de Reptiles dont 13
espèces Cheloniennes ou Tortues 3 espèces de Crocodiles, 70 espèces de serpents
(Ophidiens) 32 espèces de Lézards (Lacertiliens).
La faune ichtyologique des eaux gabonaises répertorie près de 540 espèces de
poissons, dont 471 poissons osseux (Téléostéens) et 69 poissons cartilagineux
(Chondrichtyens). On compte aussi près de 163 espèces océaniques ou strictement
marines (155 Téléostéenes et 48 Chondrichtyenes) qui vivent en haute mer, au-delà du
plateau continental. La faune ichtyologique des eaux peu profondes du plateau
continental compte 365 espèces, dont 303 Téléostéens et 60 Chondrichtyens. Parmi les
poissons cartilagineux, on recense 35 espèces de Requins dans les eaux gabonaises, dont
28 sont observées dans les eaux côtières, 4 dans les eaux saumâtres des estuaires et des
lagunes et 1 dans les eaux douces. La faune ichtyologique des eaux douces compte
environ 275 espèces appartenant à diverses familles, dont 27 espèces sont endémiques
ou sub-endémiques.
Page 2

RESUMER MENACES ET TENDANCES


Conscient de la richesse de son patrimoine naturel exceptionnel, abritant une faune
et une flore uniques, le Gabon a élaboré une Stratégie Nationale et un Plan d'Action sur
la Diversité Biologique (SNPA-DB), dont la première action a été de renforcer
Résumé analytique

la conservation in situ. D'où la création, en 2002, de 13 parcs nationaux, couvrant 11 %


du territoire national, et la mise en place de l'Agence Nationale des Parcs Nationaux
(ANPN) pour la gestion de ces parcs. L’Etat a aussi privilégié l’établissement d'Aires
Protégées Transfrontières ou APT, gérées par le Réseau d’Aires Protégées d’Afrique
Centrale (RAPAC). Une autre action a concerné la révision de la liste des espèces
menacées.
Au regard de l’horizon 2025, il serait judicieux de réviser la stratégie et le plan
d’action du Gabon pour tenir compte de l’horizon fixé par rapport à l’exécution des
objectifs de la biodiversité d’ici 2020.
Actuellement, le Gabon a mis en place trois principaux instruments financiers
favorisant la mise en œuvre de la politique de gestion rationnelle des écosystèmes,
à savoir le fonds forestier, les taxes forestières et le fonds fiduciaire.
Les préoccupations relatives à la gestion de la biodiversité ont été intégrées dans les
politiques sectorielles et intersectorielles. Cette intégration s'est faite à travers des
dispositions législatives et réglementaires, la mise en place d'institutions et la réalisation
de plusieurs actions, notamment dans les secteurs de l'agriculture, de la pêche et de la
forêt. Par ailleurs, la généralisation de la pratique des Etudes d'Ipamct Environnemental
a permis aux opérateurs économiques de prendre en compte la dimension de la gestion
durable des ressources biologiques dans leurs projets.

Page 3
Introduction

INTRODUCTION

Pays d'Afrique Centrale, traversé par l'Equateur, entre les latitudes 2°30’ N et 3°55’ S,
le Gabon occupe une superficie de 267 667 km² (figure 1). Selon le dernier Recensement
Général de la Population et de l'Habitat de 2003, la population gabonaise s'élève
à 1 520 911 habitants avec un taux de croissance moyen annuel de 2,2 à 2,5 %.
Cette population, peu dense (environ 5 habitants au km2), est inégalement répartie.
Elle est essentiellement urbaine à hauteur de 75 % et concentrée dans les provinces
de l'Estuaire, de l'Ogooué-Maritime, du Haut-Ogooué et du Woleu-Ntem.
Cette répartition inégale est liée au regain des activités économiques dans ces provinces.
Par ailleurs, la population du Gabon est jeune. Les moins de 25 ans représentent plus
de 52 % de la population (PNUD, 2007 ; UNPP, 2008).

Figure 1 : Carte administrative du Gabon

Page 4

Source : World Factbook de la CIA


Introduction

Le territoire gabonais présente des formes de relief variées, essentiellement


composées de trois ensembles :
- Les plaines. Basses et plates (altitude entre 0 et 100 m), elles se rencontrent
dans la Nyanga et la Ngounié, dans la zone de la Lopé, sur les bords de l'Ogooué
et des lacs et du delta de l'Ogooué.
- Les plateaux. Parfois fortement entaillés par des cours d'eau, ils couvrent
la plus grande partie de la superficie du Gabon. Ils s'étendent au nord sur le Woleu-Ntem
et l'Ogooué-Ivindo (Plateau du Sud Cameroun et Plateau de l'Ivindo), au sud-est
sur le Haut-Ogooué (Plateaux Bateke), au sud sur les régions de l'Ogooué-Lolo,
de la Ngounié et de la Nyanga. Ces plateaux s'étagent de 300 à 800 m.
- Les massifs montagneux. Vers l'intérieur du pays, quelques moyennes
montagnes forment de véritables chaînes (Mayombe au sud, Massif du Chaillu au centre
dont quelques sommets atteignent 1 000 m).

Le climat du Gabon est de type équatorial : il est essentiellement chaud, humide


et pluvieux (températures moyennes 22° à 32°C ; taux d'humidité de 85 % ; 2 000 à 3 800
mm de pluies annuelles). Toutefois, les traits généraux de ce climat tropical humide
permettent de différencier trois types de climat (figure 2) :
- Le climat équatorial pur, dans la zone nord (Axe Mitzic-Okondja), au sein
de laquelle nous observons deux saisons pluvieuses (Septembre-Décembre et Mars-Juin) ;
- Le climat équatorial de transition de la zone centrale, limitée au sud
par une ligne partant de la baie du Cap Lopez jusqu'à Lébamba, en passant par Mandji.
La première saison des pluies est très importante et la saison sèche bien marquée.
- Le climat équatorial de transition du sud-ouest et littoral, où la saison sèche
dure trois à quatre mois et la pluviométrie oscille entre 1 500 et 2 000 mm de pluie
par an.
Page 5
Introduction

Figure 2 : Carte des zones climatiques du Gabon

Source : Maloba, 2004

Le réseau hydrographique gabonais couvre la quasi-totalité du territoire national


(figure 3). Ce réseau dense alimente l'Ogooué, qui draine 215 000 km2 (80 %
du territoire), la Nyanga (8 % du territoire) et les petits fleuves côtiers (Komo, Woleu,
Ntem, Noya, Remboué, Bilagone et l'ensemble des Rembos qui, entre Port-Gentil
et Mayumba, se déversent tous dans les lagunes). Les plaines intérieures regorgent
de lacs dont les plus connus avoisinent le cours de l'Ogooué (Ezanga, Onangué,
Oguemoué, Azingo, ...). Le pays dispose d'une façade maritime de 885 km de côtes,
de milieux lagunaires, d'estuaires et deltas qui se concentrent le long du littoral.
Page 6
Introduction

Figure 3 : Carte des principaux bassins versants

Source : d'après Bourrichon, 2008

La forêt équatoriale recouvre près de 85 % du territoire gabonais (Mayaux et al.,


2004). Le domaine forestier composé de trois principaux types de forêts denses
et humides (tableau 1). Le domaine non forestier est composé de mosaïques
forêts/savanes, de zones marécageuses et de mangroves, auxquelles il faut ajouter
les espaces occupés par les hommes (villes, villages, campements).

Tableau 1 : Distribution de type de forêt dense humide

Type de forêt Altitude Distribution (en %)


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Forêt inondée et mangrove 0,7


Forêt littorale 0 – 300 m 32,6
Forêt intermédiaire 300 – 1 000 m 66,7
Forêt submontagnarde 1 000 – 1 600 m -
Forêt de montagne > 1 600 m -
Source : PFBC, 2006
Introduction

Figure 4 : Carte du couvert végétal du Gabon

Source : FAO, 2010

Page 8
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

CHAPITRE I : APERÇU DE L'ETAT ET DES TENDANCES DE LA DIVERSITE


BIOLOGIQUE, AINSI QUE DES MENACES QUI PESENT SUR ELLE

I.A. APERÇU DE L'ETAT DE LA BIODIVERSITE1

Au sein des trois régions climatiques que possède le Gabon, on peut, en termes
d'écosystèmes, subdiviser le territoire en trois domaines : les écosystèmes terrestres,
les écosystèmes côtiers et marins, les écosystèmes des eaux continentales.

I.A.1. Etat de la diversité biologique des écosystèmes terrestres

Les écosystèmes terrestres comprennent les écosystèmes forestiers, les écosystèmes


non forestiers et les écosystèmes agricoles.

➢ Les écosystèmes forestiers

La couverture forestière est estimée à 22 millions d'hectares, dont près de 40 %


demeurent encore en état primaire. Ce milieu forestier présente une biodiversité
d'une richesse extrême; les nombreux anciens refuges qu'il abrite lui confèrent un fort
taux d'endémisme (White, 1983).

Photo 1 : Forêt gabonaise, vue du ciel

Page 9

© JL ALBERT, Franceville Gabon

1
Cette revue est, pour l'essentiel, une synthèse bibliographique des ouvrages de Jean-Paul Vande weghe
(références bibliographiques 52 à 58).
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

La forêt gabonaise n'est pas uniforme : elle se compose de six types de formations
végétales (forêts inondées et marécageuses ; forêts du bassin côtier ; forêts de
montagnes ; forêts des plateaux de l'intérieur ; forêts des plateaux du Nord-Est ; forêts
dégradées ou secondaires), en relation avec les variations écologiques (tableau 2).

Les forêts inondées et marécageuses sont morcelées et dispersées dans le nord-est


et l'ouest, avec une forte concentration au nord-est de l'Ogooué-maritime.
Généralement, elles abritent des essences que l'on ne trouve pas dans les autres types
de forêts : Aloma ou Bilinga d'eau (Nauclea pobeguinii), Bahia (Mitragyna ciliata), Ebiara
(Berlinia bracteosa), Idewa (Haplormosia monophylla), Zingana (Microberlina
brazzavillensis). La monodominance de la sapotacée Lecontedoxa sp. n'est pas rare.
En fonction des essences dominantes, ces forêts sont plus ou moins hautes. Les palmiers
raphia (Raphia sp.) et les fougères arborescentes Cyathea manniana et C. camerooniana
peuvent être localement abondantes. Le sous-bois comprend de nombreux jeunes
individus d'arbres de la canopée qui côtoient des lianes, des herbacées, des marantacées,
une flore abondante d'épiphytes (mousses, algues,...) et parfois des orchidées qu'on peut
trouver à moins d'un mètre du sol.
Ces forêts, qui baignent toujours dans l'eau, offrent différents habitats à de multiples
espèces : une biomasse importante d'invertébrés, une herpétofaune relativement riche
avec des espèces aquatiques (Pelusios spp., Osteolaemus tetraspis tetraspis, Grayia
ornata), des éléphants de forêts Loxodonta africana, des gorilles Gorilla gorilla gorilla,
des sitatunga ou "antilopes cheval" Tragelaphus spekei, etc.

Dans les forêts du bassin côtier, du littoral aux premières pentes des Monts de Cristal
et du Massif du Chaillu, les espèces ligneuses abondantes sont Alep (Desbordesia
glaucescens, Angoa (Erismadelphus exsul), Efot (Magnistipula bimarsupiata), Eyoum
(Dialium eurysepalum), Oken (Swartzia fistuloides), Okoumé (Aucoumea klaineana), Ozigo
ou atangatier sauvage (Dacryodes buttneri), Ozouga (Sacoglottis gabonensis), etc.
Les césalpiniacées peuvent être abondantes et très diverses, telles que Tali
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(Erythrophleum ivorense), Kezavingo (Guibourtia tessmannii). La flore semble assez riche,


mais n'a pas fait l'objet d'études détaillées. On observe de nombreuses espèces
d'orchidées poussant parmi d'autres plantes épiphytes sur les branches.
Tableau 2 : Caractéristiques floristiques et faunistiques des types de formations forestières

Composition floristique
Formations forestières Composition faunistique
Nom commun Nom scientifique
Aloma ou Bilinga d'eau Nauclea pobeguinii Importante biomasse d'invertébrés
Bahia Mitragyna ciliata Riche herpétofaune aquatique (tortues, crocodiles, ...)
Ebiara Berlinia bracteosa Eléphants de forêt
Forêts inondées et marécageuses Idewa Haplormosia monophylla Gorilles
Zingana Microberlina brazzavillensis Sitatungas
Fougères arborescentes Cyathea manniana, C. camerooniana
Palmiers-raphia Raphia sp.
Okoumé Aucoumea klaineana Importante biomasse d'invertébrés
Ozouga Sacoglottis gabonensis Riche faune aviaire et ichtyologique
Oken Swartzia fistuloides 3 espèces phares de mammifères : Eléphant de forêt, Buffle et
Forêts du bassin côtier
Angoa Erismadelphus exsul Potamochère (Potamochoeurus porcus)
Alep Desbordesia glaucescens Espèces endémiques : Cobe defassa, Céphalope aux pattes
Ozigo Dacryodes buttneri blanches Cercocèbe à collier blanc

Chapitre I : Aperçu et tendance de la biodiversité


Flore proche de celle du bassin côtier : Faune riche et diversifiée : papillons, reptiles sylvicoles (Python
- Abondance de l'okoumé, de l'ozigo et de l'alep de Seba, ...)
- Raréfaction de l'ozouga et de l'angoa Espèce endémique : Cercopithèque à queue de soleil
Forêts des montagnes
- Richesse de la flore en plantes épiphytes (orchidées, mousses, Nombreuses espèces animales protégées (Eléphant de forêt,
fougères), begonia Begonia spp. et impatientes (Impatiens spp.). Potamochère, Vautour palmiste, Panthère, Potto de Boshman,
Chevrotain aquatique, ...)
Beli Paraberlinia bifoliolata
Sorro ou sogho Scyphocephalium ochocoa
Forêts des plateaux de l'intérieur
Ilomba Pycnanthus angolensis
Angona Pentaclethra eetveldeana Grande diversité d'oiseaux sylvicoles
Obeche ou Ayous Triplochiton scleroxylon Importante population d'éléphants de forêt, de primates
Limba Terminalia superba (gorilles, chimpanzés et autres petits singes), de bovidés
Nka Pteleopsis hylodendron (céphalophes, guib harnachés, sitatungas, buffles, ...)
Forêts des plateaux du Nord-Est
Wengue Milletia laurentii
Nsigna ou arbre à ail Scorodophloeus zenkeri
Limbala Gilbertiodendron dewevrei
Forêts dégradées ou secondaires Forêts qui dérivent de plantations et de jachères
Source : d'après le Ministère de l'Agriculture, 1995

Page 11
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

Ces forêts littorales sont traversées par un réseau assez dense de petites rivières,
de ruisseaux peu profonds et parfois temporaires. Ce milieu aquatique abrite
une biodiversité assez riche : des amphibiens (pipidés, ranidés) ; des insectes dont
de nombreuses demoiselles, libellules, ... ; crustacés (crevettes, crabes, ...) ; une faune
ichtyologique riche en espèces (Barbus spp., Brycinus spp., Clarias spp.,Tilapia spp., ...).
De nombreuses espèces d'oiseaux fréquentent les forêts côtières humides : Bulbul
verdâtre Andropadus virens, Bulbul jaune Bleda notata, Francolin de Latham Francolinus
lathami, Pintade noire Agelastes niger et Pintade plumifère Guttera plumifera, Râle
à pieds rouges Himantornis haematopus, Tchitrec à ventre roux Terspiphone rufiventer,
et le très abondant Perroquet jaco Psittacus erithacus.
La faune terrestre est également assez diversifiée. Les reptiles les plus
caractéristiques de ces zones sont des gekkonideae représentés par l'hémidactyle
de forêt Hemidactylus muriceus, des chamaeleonideae (Rhampholéon du Cameroun
Rhampholeon spectrum, caméléon d'Owen Chamaeleo owenii et caméléon bilobé
C. dilepis), le serpent-loup ponctué Lycophidion sp., la vipère du Gabon Bitis gabonica,
la vipère nasicorne B. nasicornis, le cobra noir et blanc Naja melanoleuca, le cobra
arboricole de Goldie Pseudohaje goldii. La biomasse des mammifères est surtout
constituée de trois espèces phares : l'éléphant, le buffle (Syncerus caffer nanus)
et le potamochère (Potamochoeurus porcus). Les espèces endémiques (Cobe defassa
Kobus defassa penricei, céphalophe aux pattes blanches Cephalophus ogilbyi crusalbum,
le primate cercocèbe à collier blanc Cercocebus torquatus) côtoient des situtunga
et céphalophes Cephalophus spp., des gorilles, chimpanzés (Pan troglodytes) et autres
primates (Cercopithecus spp., Myopithecus ogoouensis, Mandrillus sphinx), des chauves-
souris, des rongeurs, des panthères (pantera pardus) et autres félins, des mangoustes
(mangouste des marais Atilax paludinosus, mangouste à pieds noirs Bdeogale nigripes,
mangouste rouge Herpestes sanguinea, mangouste à long museau G. naso), des genettes
(Genetta tigrina, G. servalina) et des civettes (Civettictis civetta), etc.
Page 12
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

Les forêts des montagnes s'étendent dans les Monts de Cristal et le Massif
du Chaillu. Les essences associées sont apparentées à celles du bassin côtier : l'okoumé,
l'alep et l'ozigo y sont encore abondants ; les césalpiniacées, notamment les andoungs
du genre Monopetalanthus y sont bien représentés ; l'ozouga, l'angoa s'y raréfient
ou disparaissent.
Les conditions climatiques qui règnent dans cet habitat sont favorables à une flore
riche en plantes épiphytes (mousses, fougères, orchidées). Le sous-bois de ces forêts
renferme de nombreuses espèces de Begonia et d'impatientes (Impatiens spp.).
De nombreuses zones de ces forêts à tendance submontagnarde n'ont pas ou peu été
prospectées : la flore et la faune sont, en conséquence, mal connues. Néanmoins,
les différentes études relèvent un taux élevé de diversité biologique (flore très riche,
diversité de papillons aussi rares que beaux, richesse en espèces de reptiles strictement
sylvicoles, ...). Des plantes relativement rares y ont été découvertes, comme par exemple
le petit palmier Slerosperma mannii dans le Parc National de Waka. Il en est de même
pour la faune, caractérisée par l'espèce endémique de petit singe cercopithèque à queue
de soleil (Cercopithecus solatus), facillement reconnaissable à la coloration orange vif
du bout de sa queue.

Photo 2 : Cercopithèque à queue de soleil (Cercopithecus solatus)

Page 13

© P. MOTSCH
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

Les forêts de montagnes du Gabon renferment plusieurs espèces fauniques dont


certaines sont partiellement ou intégralement protégées (tableau 3).

Tableau 3 : Espèces de montagnes partiellement et intégralement protégées

Groupe d'animaux Nom familier de l'espèce Nom scientifique


Espèces partiellement protégées
Eléphant Loxodonta africana
Mammifères
Potamochère Potamochoerus porcus
Vautour palmiste Gypothierax angolensis
Oiseaux
Perroquet gris à queue rouge Psittacus erithecus
Reptiles Python de Seba Python sebae
Espèces intégralement protégées
Potto de Calabar Arctocebus calabarensis
Chevrotain aquatique Hyemoschus aquaticus
Mammifères Panthère Panthera pardus
Potto de Boshman Perodicticus potto
Galago de Demidoff -
Oiseaux Aigle pêcheur Haliaeetus vocifer
Source : Ndong Allogho, 2001

La formation végétale de type forêt des plateaux de l'intérieur occupe les plateaux
du centre du Gabon. Elle représente la limite de peuplements de l'okoumé. Le beli
(Paraberlinia bifoliolata), le sorro ou sogho (Scyphocephalium ochocoal), l'ilomba
(Pycnanthus angolensis) et l'angona (Pentaclethra eetveldeana) y sont abondants et vont
participer désormais à la constitution d'un fond floristique commun à toutes les forêts
du nord-est.
La forêt des plateaux du nord-est est constituée de forêt vierge. L'okoumé
y est absent, tout comme l'alep, le sorro, l'odzikouna (Scytopetalum klaineanum), l'owui
(Hexalobus crispiflorus) et le mvana (Hylodendron gabunense). L'ensemble floristique
se caractérise par le beli (Paraberlinia bifoliolata), l'obeche ou ayous (Triplochiton
scleroxylon), le limba (Terminalia superba), le nka (Pteleopsis hylodendron), le wengue
(Milletia laurentii), ainsi que le nsigna ou arbre à ail (Scorodophloeus zenkeri) et le limbala
(Gilbertiodendron dewevrei).
Page 14

La faune des sous-bois est assez diversifiée (araignées, papillons, reptiles, ...).
Les forêts des plateaux recèlent également d'importantes populations d'éléphants
de forêt, de primates (gorilles, chimpanzés et autres petits singes), de bovidés
(céphalophes de forêt, antilopes de Bates, guibs harnachés (Tragelaphus scriptus),
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

sitatungas, bongos et buffles de forêt). La faune aviaire comprend une grande diversité
d'oiseaux sylvicoles, dont deux espèces d'oiseaux, Picathartes oreas et Bradypterus
grandis, sont citées dans le Read Data Book de CIPO/UICN des oiseaux en voie de
disparition en Afrique.

Les forêts dégradées ou secondaires, disséminées dans le sud et le sud-est d'une


part, et la partie nord du territoire d'autre part, dérivent de plantations et de jachères.
Elles ne couvrent pas plus de 5 % des superficies. Généralement de petite taille,
les champs présentent souvent plusieurs plantes en association. Les gros arbres n'y sont
touchés parce qu'ils sont difficiles à abattre et/ou protegés par la tradition culturelle
(Alep, Dabema, le fromager Ceiba pentandra,) ou bien encore conservés parce que leurs
fruits sont comestibles, comme l'andok ou oba (Irvingia gabonensis), l'ewumi ou noisetier
indigène (Coula edulis).

Page 15
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

Encadré 1 : LE PARC NATIONAL DES MONTS DU CRISTAL,


UN TERRITOIRE VIERGE ET PRESERVE

Situé au Nord-Ouest du Gabon, le Parc


National des Monts de Cristal couvre 120 000
ha, répartis en deux blocs, le secteur Séni au
Nord et le secteur Mbé au Sud, séparés par
une bande large de 25 km le long de la route

© M. Leal
Kougouleu-Medoneu. Le relief montagneux,
de 200 à plus de 900 m, est couvert d'une
forêt pluviale qui laisse place à une "forêt de nuages" aux plus hautes altitudes.
Les forêts des Monts de Cristal abritent une diversité biologique exceptionnelle,
avec un grand nombre d'espèces endémiques ou sub-
endémiques. Sur le plan botanique, on estime
qu'elles possèdent la plus grande diversité végétale
de toute l'Afrique (richesse en orchidaceae,
begoniaceae et Impatiens spp., 97 espèces d'arbres

© M. Leal
en moyenne par hectare). Bien d'espèces restent
encore à découvrir !

Concernant la faune, la liste est aussi incomplète, notamment celle des amphibiens,
des reptiles ou des arthropodes ; les petits mammifères n'ont pas fait l'objet
de recensement. Toutefois, les derniers inventaires font état de 35 espèces
de mammifères de grande ou moyenne taille (éléphants, mandrills, chimpanzés, ...), qui
cohabitent avec 25 espèces de reptiles, 27 espèces d'amphibiens, 246 espèces d'oiseaux,
principalement forestières, et 350 espèces de papillons aussi rares que beaux.
Difficile d'accès dans sa globalité (le secteur Séni ne pouvant être atteint qu'à pied),
le Parc National des Monts de Cristal reste peu perturbé. Mais, l'exploitation forestière
en périphérie immédiate du parc, la chasse intensive illégale pour le commerce de viande
de brousse du fait de la proximité de Libreville, la richesse de son sous-sol constituent
autant de menaces pour la préservation de ce territoire presque vierge.
Page 16
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

➢ Les écosystèmes non forestiers

La steppe représente une formation végétale à tapis herbeux bas et clair, avec très
peu ou pas d'arbustes. Elle est disséminée tout le long du cordon littoral ; on retrouve
aussi ce couvert herbacé peu dense dans les plateaux Batéké. Ctenium newtonii, Melinis
nerviglumis et Eragrostis sp. sont les espèces typiques des steppes à touffes éparses
de graminées à feuillage coriace. Les steppes des plateaux Batéké abritent la graminée
Trachypogon thollonii. Les plantes, autres que les graminées, ne sont pas abondantes
ou sont peu visibles. Les steppes à couverture plus haute et plus dense sont caractérisées
par Anadelphia afzeliana, Hyparhenia [Link] Andropogon spp. La flore y est nettement
plus diversifiée. Setaria spp., Oryza barthii, Cyperaceae, Xyridaceae et Eriocaulaceae
dominent dans les zones basses souvent inondées.
Ces formations végétales sont quasi-totalement dépourvues de végétation ligneuse.
La faune y est rare : l'avifaune typique des savanes sèches (francolins, pintades, outardes,
alouettes, ...) y est peu représentée ; les espèces de papillons et de mammifères sont
relativement faibles, etc. Par contre, les steppes gabonaises hébergent des espèces
particulières comme les termites cubitermes aux termitières en forme de champignon,
le lézard Gerrhosaurus nigrolineatus, la grenouille fouisseuse de Perret Hemisus perreti,
la couleuvre des sables de Phillips Psammophis phillipsii, le guêpier gris rose Merops
malimbicus, l'hirondelle pseudolangrayen d'Afrique Pseudochelidon eurystominaou.

La formation végétale des savanes constitue un tapis herbeux bien plus haut et plus
dense que la steppe, avec un peuplement d'arbustes plus ou moins développé.
Les savanes apparaissent également à l'état dispersé sur l'ensemble du territoire.
C'est dans l'Ogooué-Maritime, la Nyanga et surtout le Haut-Ogooué qu'elle est la mieux
représentée. Les pluies s'y raréfient et la saison sèche est plus longue.
Anadelphia afzeliana, Andropogon schirensis, Hyparrhenia diplandra, Loudettia
arundinacea, Panicum phragmitoides, Pobeguinea arrecta et Schizachyrium platyphylum
sont les graminées dominantes des savanes. Par endroits, ces savanes comprennent des
Page 17

savanes densément arbustives à Annona senegalensis, Bridelia ferruginea, Crossopteryx


febrifugum, Hymenocardia acida et Nauclea latifolia.
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

Sur le plan faunistique, la diversité des espèces rencontrées dans les savanes
herbeuses, densément arbustives, arborescentes ou boisées est relativement faible,
comparativement à celle des forêts. Parmi les arthropodes, on y retrouve l'Argiope
Argiope levii, araignée la plus typique des savanes ; des criquets, insectes les plus
abondants et les plus visibles dans les savanes, de nombreuses espèces de coléoptères
dont le grand bousier Pachylomerus femoralis, des papillons de forêts, mais également
des espèces savanicoles telles que des piéridés du genre Eurema, quelques nymphalidés
dont Sevenia pechueli, Danaus chrisippus, Acraea serena, des lycénidés et des hespéridés.
Peu nombreux, les amphibiens sont représentés par le crapaud des savanes Bufo
regularis, le crapaud tacheté B. maculatus, la rainette rayée de savane Afrixalus
fulvovittatus, la rainette de Lambaréné Hyperolius cinnamomeiventris et d'autres espèces
des genres Hyperolius et Leptotelis. Egalement assez pauvres en reptiles, les savanes
abritent les espèces suivantes de lézard : le gerrhosaure du Gabon Gerrhosaurus
nigrolineatus, l'agame des forêts Agama sylvana, l'agame commun A. agama, le scinque
polytrope Trachylepsis polytropis et le scinque à flancs bruns T. affinis. Les serpents sont
également peu nombreux : on y trouve des espèces à large distribution (la couleuvre
éméraudine Hapsidophrys smaragdinus, le philothamne gris Philtothamnus carinatus,
le cobra noir et blanc Naja melanoleuca, ...) et des espèces localisées, telles que la vipère
heurtante Bitis arietans et le cobra cracheur à cou noir Naja nigricollis dans les savanes
du Haut-Ogooué, la couleuvre oophage confondante Dasypeltis confusa et le philothamne
du Gabon Philothamnus heterodermus dans le Parc National de la Lopé.
Outre les espèces typiques des savanes, l'avifaune compte également des rapaces
(la buse d'Afrique Buteo augularis, la buse variable B. Buteo, le faucon pèlerin Falco
peregrinus, ...), divers pipits (Anthus spp.), des engoulevents (Caprimulugus spp.),
des vanneaux ternes (Vanellus lugubris), des râles de prés (Crex egregia), de nombreuses
espèces de passereaux (cisticoles, souimangas, ...), etc. Certaines espèces d'oiseaux, telles
que le faucon hobereau (Falco subbuteo), le faucon kobe (F. vespertinus) dans les savanes
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du moyen Ogooué, ou le pririt d’Angola (Batis minima), le francolin de Finsch (Francolinus


finschi) ou le bulbul à collier noir (Neolestes torquatus) dans les savanes des plateaux
Bateke, sont très rares ou très localisées, à l'instar du traquet du Congo (Myrmecocichla
tholloni) ou du tisserin à menton noir (Ploceus nigrimentus) dans les plateaux Bateke.
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

Eléphants, buffles, potamochères visitent les savanes, à la recherche d'herbes


et de racines, surtout au crépuscule ou la nuit, dans les zones où le braconnage est faible.
Certaines espèces, plus petites, comme le guib harnaché (Tragelaphus scriptus),
fréquentent également ces vastes étendues herbeuses. La faune mammalienne
des savanes renferme également des espèces rares, telles que le chacal à flancs rayés
(Canis adustus), la civette (Civettictis civetta), la panthère (Panthera pardus), le chat doré
(Felis aurata), la mangouste ichneumon (Herpestes ichneumon), l’oryctérope (Orycteropus
afer) et le céphalophe de Grimm ou Ntsa (Sylvicapra grimmia).

➢ Les écosystèmes agricoles

Le Gabon est un pays faiblement agricole où les terres cultivées ne représentent


que 5 % de la superficie totale, et où la population rurale avoisine 25 % de la population
totale. Les connaissances de l'état des lieux des écosystèmes agricoles existent de façon
éparse et ne sont quasiment pas disponibles. Toutefois, il en résulte que la biodiversité
agricole est moyennement élevée.
Cette biodiversité se base sur une agriculture de plantation (café, cacao, palmier
à huile, canne à sucre) et une agriculture de subsistance, cantonnée à la production
de banane-plantain, manioc, taro, maïs, l'arachide et igname. Nous pouvons également
dénombrer des plantes amylacées, des plantes à épices, à fruits, à graines, à amandes
et à noix. Il y a également des palmiers, des plantes insecticides, des plantes légumières,
condimentaires et à parfum (tableau 4).

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Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

Tableau 4 : Echantillonnage du potentiel de la biodiversité agricole

Type de plante Plantes cultivées et leur usage


Fruits acidulés ou Agrumes, Ananas, Avocatier, Bananier, Carambolier, Fraisier,
sucrés Goyavier, Papayer, Manguier, Résiniers, Passiflores, ...
Plantes à fruits, noix, Anacardier, Badamier, Kinkeliba, Kolatier, Dika, Faux
graines, , amandes Graines, amandes Muscadier, Jacquier, Arbre à pain, Karité, Moabi, Noyer
et palmiers et noix du Gabon, Safoutier et autres plantes à graines, noix,
amandes exploitées au Gabon, ...
Palmiers Palmier doum, Palmier à huile, Cocotier, Rônier, Raphia, ...
Amarantes, Célosies, Asperges, Basilic, Baselle, Choux,
Légumes, feuilles
Epinard, Laitue, Oseille, Chanvre de Guinée, Persil, Poireau et
et pousses
Plantes légumières, autres
condimentaires, Fruits légumiers et Aubergines, Fagaras, Gombo, Piment, Poivron, Poivrier
bulbes, racines condimentaires éthiopien, Tétrapleura, Tomate, ...
pousses et Ail, Echalote, Oignon, Carotte, Radis, et autres Palmier doum,
Bulbes et racines
cucurbitacées Palmier à huile, Cocotier, Rônier, Raphia, ...
Citrullus, Pastèque, Concombre, Courge, Melon, Citrouille et
Cucurbitacées
autres
Plantes amylacées Igname, Maïs, Manioc, Patate douce, Riz, Taro, et autres plantes amylacées
Plantes à épices Cannelier, Gingembre, Piment, Poivrier, Vanillier, Muscadier
Plantes oléifères Arachide, Cocotier, Palmier à huile
Plantes à parfum Citronnelle, Citron, Eucalyptus, Résines à parfum et autres
Plantes insecticides Derris, Pyrèthre, Tabac et autres
Source : Direction Générale de l'Environnement, 2004

I.A.2. Etat de la diversité biologique des écosystèmes des eaux continentales

Les eaux continentales gabonaises forment un vaste réseau hydrographique,


d'une superficie de 10 000 km2, constitué de grands cours d'eaux, de lacs du bassin
inférieur de l'Ogooué, de ruisseaux de forêts, de marais et marécages. L’Ogooué, le fleuve
principal qui s’étend sur 1 200 km, draine 215 000 km2. Les autres principaux bassins
versants sont l'Ivindo (59 000 km2), la Ngounié (33 100 km²), la Nyanga (22 000 km2)
et le Komo (5 000 km2).
La forêt, qui couvre la quasi-totalité du pays, est découpée par ces grands cours
d'eaux, d'où le fait que la majorité des zones humides gabonaises sont des forêts
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inondées, temporairement ou en permanence. Ainsi, des forêts ripicoles (à sec en saison


sèche, mais inondées sous plusieurs mètres d'eau lors des grandes crues) caractérisent
les rives de l'Ogooué dans la région de Lambaréné. Dans la partie moyenne du delta,
s'installent des marais de papyraies (Cyperus papyrus), de phragmitaies à Echinochloa sp.
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

ou de fourrés arbustifs plus ou moins lianescents. Plus en aval, les forêts marécageuses
sont dominantes tandis que, sous influence marine, se développent des mangroves.
Le courant étant un facteur limitant la colonisation par des végétaux aquatiques,
les rivières et fleuves, à courant rapide et à faible teneur en nutriments, constituent donc
des milieux non propices au développement d'une végétation aquatique. C'est dans
les eaux stagnantes ou milieux lentiques que se développent les végétaux aquatiques
typiques, comme les nénuphars (Nymphaea spp., Nuphar spp.), les ottélie ulve (Ottelia
ulvifolia), les utriculaires (Utricula spp.) ou les fougères aquatiques (Azolla africana,
Ceratopteris thalictroides, Salvinia nymphellula). Par contre, la végétation aux bords
des rives des eaux courantes est très diversifiée. Ainsi, des herbiers de graminées
(Cyperus papyrus, Loudetia phragmitoides), de cypéracées (Cyperus spp., Rhynchospora
spp.) ou de fougères (Selaginella spp., Dicranopteris linearis, etc.) côtoient des xyridacées
(Xyris spp.), des aracées (Cyrtosperma senegalensis), des ériocaulacées (Mesantherum
radicans), des orchidacées (Eulophia angolensis, E. horsfallii) ainsi que des plantes
ligneuses telles que des rubiacées (Hallea ciliata, Nauclea pobenguinii, ...), des fabacées
(Millettia griffoniana), des myrtacées (Syzygium cordatum), etc.
Les eaux continentales abritent une faune variée d'amphibiens, comptant des ranidés
(6 espèces dont la grenouille des champs Hoplobatrachus occipitalis et la grenouille
plissée Ptychadena spp.), des rainettes (Hyperolius spp.), des pipidés (xénope épitropical
Silurana epitropicalis), des pétropédétidés ou grenouilles à antennes (4 espèces),
des astlosternidés (2 espèces) et une espèce endémique, Werberia iboundji (bufonidés),
du Mont iboundji. Les reptiles sont aussi diversifiés. Les tortues sont représentées par
les espèces aquatiques du genre Pelusos et la tortue molle d'Aubry (Cycloderma aubryi).
Le crocodile à long museau ou faux-glavial (Crocodylus cataphractus) fréquente les grands
et moyens cours d'eau, tandis que le crocodile nain est plus commun dans les ruisseaux
en forêt et savane. Les lézards et serpents sont représentés par le varan orné, le python
de Seba, le cobra aquatique annelé (Naja annulata), la couleuvre ripicole (Natriciteres
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olivacea), la couleuvre aquatique ornée (Grayia ornata).


Dans toutes les eaux, la faune des crustacés est représentée par des petits crabes
d'eau douce (potamidés) et des crevettes ou "missalas". Parmi les insectes qui abondent
dans les zones humides, on distingue les espèces qui vivent en permanence dans l'eau,
de l'état larvaire à l'état adulte, des insectes qui vivent dans l'eau uniquement à l'état
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

larvaire. Les espèces communes d'insectes strictement aquatiques comprennent


des hémiptères (bélostomatidés, gerridés, notonectidés, népidés), des coléoptères
(dysticidés et gyrinidés). Les insectes du second groupe sont des éphéméroptères
(éphémères), des odonates (demoiselles, libellules), certains diptères (moustiques,
simulies) et névroptères. La végétation aquatique et palustre attire également
de nombreux insectes non aquatiques (chrysomèles, punaises (Sphaerocoris spp.),
staphilinidés, papillons (Mylotris spp., Acrae spp.,), coccinelles).
L'avifaune liée aux milieux humides est très diversifiée (tableau 5). Les espèces liées
aux milieux aquatiques les plus fréquentes sont le pygargue vocifère (Haliaeetus vocifer),
le canard de Hartlaub (Pteronetta hartlaubii), le grébifoulque (Podica senegalensis),
le dendrocygne veuf (Dendrocygna viduata). Les oiseaux ichtyophages les plus fréquents
sont représentés par les alcénidés (martins-pêcheurs) et les ardéidés (aigrettes
et hérons). Lors de la fructification de la végétation liée aux milieux aquatiques,
de nombreux granivores ou frugivores de forêts ou de savanes, tels les touracos
ou calaos, visitent temporairement les milieux humides. De même que la faune
entomologique attire de nombreuses espèces d'oiseaux insectivores (le gobemouche
de Cassin Muscicapa cassini, le guêpier à collier bleu Merops variegatus, des tisserins
Ploceus sp., l'hirondelle à bavette Hirundo nigrita). Les bancs de sable constituent
également des sites d'accueil, de reposoir pour de nombreuses autres espèces d'oiseaux
(vanneaux à tête blanche, becs-en ciseaux, pluviers, chevaliers, glaréoles, sternes, ...) dont
certaines ne sont pas nécessairement aquatiques.

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Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

Tableau 5 : Liste non exhaustive des oiseaux des milieux humides

Nom commun Nom scientifique Statut1 Habitat2


Accipitridés
Balbuzard Pandion haliaetus P -
Palmiste africain Gypohierax angolensis R F
Pygargue vocifère Haliaeetus vocifer R A
Alcedinidés
Martin pêcheur azuré Alcedo quadribrachys R A
Martin pêcheur géant Megaceryle maxima R A
Martin pêcheur huppé Corythornis cristatus R A
Martin pêcheur pie Ceryle rudis R A
Anatidés
Anserelle naine Nettapus auritus M -
Canard de Hartlaub Pteronetta hartlaubii R A
Dendrocygne veuf Dendrocygna viduata M -
Anhingidés
Anhinga d'Afrique Anhinga rufa R F
Ardéidés
Aigrette garzette Egretta garzetta P -
Aigrette intermédiaire Egretta intermedia M -
Bihoreau gris Nycticorax nycticorax M -
Grande aigrette Egretta alba M -
Héron cendré Ardea cinerea P -
Héron garde bœuf Bubulcus ibis M -
Héron goliath Ardea goliath R A
Héron strié Butorides striata R A
Hérons pourpré Ardea purpurea P -
Onoré à huppe blanche Tigriornis leucolophus R F
Charadriidés
Vanneau à tête blanche Vanellus albiceps R A
Cicociniidée
Cigogne épiscopale Ciconia episcopus M -
Jabiru d'Afrique Ephippiorhynchus senegalensis M -
Glaréolidés
Glaréole auréolée Glareola nuchalis R
Heliornithidae
Grébifoulque Podica senegalensis R A
Hirundinidés
Hirondelle à bavette Hirundo nigrita R A
Jacanidés
Jacana à poitrine dorée Actophilornis africanus R D
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Pélécanidés
Pélican gris Pelecanus rufescens R A
1
R, résident ; P, migrateur paléarctique ; M, migrateur afrotropical
2
L'habitat, mentionné seulement pour les espèces résidentes, est indiqué par les lettres :
F, forêt ; D, défrichement et savane, y compris les zones herbeuses des bais ; A, milieux
aquatiques ouverts (fleuve et rivières).
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

Tableau 5 (Suite)

Nom commun Nom scientifique Statut1 Habitat2


Phalacrocoracidé
Cormoran africain Phalacrocorax africanus M -
Podicépédiforme
Grèbe castagneux Tachybaptus ruficollis R A
Rallidés
Râle à bec jaune Amaurornis flavirostris R A
Râle perlé Sarothrura pulchra R F
Scolopacidés
Chevalier cul-blanc Tringa ochropus P -
Chevalier guignette Actitis hypoleucos P -
Scopidés
Ombrette africaine Scopus umbretta
Threskiornithidae
Ibis hagedash Bostrychia hagedash R A
Ibis vermiculé Bostrychia rara R F
Source : D'après Lepage, 2011
1
R, résident ; P, migrateur paléarctique ; M, migrateur afrotropical
2
L'habitat, mentionné seulement pour les espèces résidentes, est indiqué par les lettres :
F, forêt ; D, défrichement et savane, y compris les zones herbeuses des bais ; A, milieux
aquatiques ouverts (fleuve et rivières)

Photo 3 : Quelques oiseaux des milieux humides

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© S. PANZERA
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

La faune ichtyologique des eaux douces du Gabon compte environ 275 espèces,
appartenant à diverses familles. L'essentiel de cette diversité ichtyologique, présenté
en figure 5, est constitué d'aplocheilidés (killis), de mormyridés (poissons électriques),
de cyprinidés ("goujons" ou barbeaux, tanches), de cichlidés ("carpes" ou tilapias),
d'alestidés (tétras africains), de mochokidés (poissons-chats), de clariidés (vrais silures),
de poeciliidés (également appelés killis), de clarotéidés (mâchoirons) et d'amphilidés
("silures").
Environ 27 espèces de cette ichtyofaune sont endémiques ou subendémiques.
Plusieurs espèces de characiformes (distichodontidés (Distichodus spp., Neolebias spp.,
Nannocharax spp.), alestidés (Brycinus spp., ...) et le prédateur Hepsetus odoe (brochet
africain, seule espèce des hepsétidés) sont endémiques d'Afrique. Des espèces, comme
le Protopterus doloi (protoptéridés) ou le "sans-nom" Heterotis niloticus (arapaimidés),
sont uniquement présentes dans le bassin inférieur de l'Ogooué.
Bien qu'endémiques d'une région, certaines espèces ont une distribution très
localisée. Parakneria abbreviata et P. cameronensis, de la famille des knériidés, sont des
petits poissons d'eaux courantes et des rapides, endémiques de la Basse-Guinée
et localisées dans la Ngounié pour la première espèce, dans la haute-Ngounié
et la Nyanga pour la seconde.
Famille essentiellement marine, les clupéidés sont représentés trois espèces
de sardines d'eau douce, Pellonula leonensis, P. vorax et Odaxothrissa ansorgii. Les eaux
douces hébergent également des espèces marines qui effectuent des migrations
saisonnières ou sporadiques entre la mer et les eaux continentales, comme
les perciformes (les rouges Lutjanus spp., la carangue crevalle Caranx hippos, le mulet Liza
falcipinnis), les pleuronectiformes (petit turbot Citharichthys stampfii ou la sole langue
Cynoglossus senegalensis). Urogymna ukpam est la seule espèce de raie qui fréquente
les eaux douces.
Page 25
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

Figure 5 : Richesse ichtyologique spécifique globale des eaux douces du Gabon

0 10 20 30 40 50 60 70
Aplocheilidés 57
Mormyridés 38
Cyprinidés 36
Cichlidés 33
Alestidés 24
Mochokidés 23
Distichodontidés 19
Clariidés 17
Poeciliidés 15
Amphilidés 13
Claroteidés 13
Clupeidés 8
Anabentidés 7
Schilbeidés 6
Mastacembelidés 5
Channidés 3
Knériidés 3
Malaptéridés 2
Hepsetidés 1
Noteopteridés 1
Poluptridés 1
Protopteridés 1
Arapamaïdés 1
Polycentridés 1
Source : IRAF, 2011

La faune mammalienne des rivières, ruisseaux en forêts et marécages, est


représentée par le potamogale commun (Potamogale velox), le lamantin du Sénégal
(Trichechus senegalensis), l'hippopotame (Hippopotamus amphibius), la loutre à cou
tâcheté (Hydrictis maculicollis) et la loutre à joues blanches du Congo (Aonyx congicus).
Au bord des cours d'eau, se retrouvent éléphants, hippopotames, chevrotains aquatiques,
sitatungas et cercocèbes à collier, pour y boire ou s'y baigner.
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Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

I.A.3. Etat de la diversité biologique des écosystèmes côtiers et marins

Les eaux côtières gabonaises appartiennent au Golfe de Guinée. Au nord du Cap


Lopez, ce sont des eaux typiquement équatoriales : chaudes (25 à 27 °C) et relativement
peu salées (30 ‰, le taux moyen de salinité des océans étant de 35 ‰). Par contre,
au sud du cap, elles subissent des variations importantes (des températures de 27 °C,
en saison des pluies, à 20 °C en saison sèche, et une salinité de 31 à 33 ‰).
La zone côtière, longue d'environ 800 km, est essentiellement constituée de longs
cordons sableux, très peu entrecoupés de rochers. La région littorale comprend trois
grands ensembles, séparés les uns des autres soit par des débouchés de rivières, soit par
des pointes. Ils sont répartis comme suit : au nord, les estuaires ; au centre, le complexe
formé par la presqu'île de Mandji, le delta intérieur et maritime de l'Ogooué et son
environnement lacustre ; au sud, une côte quasi rectiligne, formée de cordons littoraux
délimitant des lagunes entravées d'îles. Une simple bande de sable sépare le système
fluvial et lacustre de la mer.

➢ Les plages, les côtes rocheuses et les dunes

La zone soumise à l’influence de la dynamique des marées varie de quelques mètres


dans la région de Libreville à plusieurs kilomètres dans le sud du pays. Cette zone
intertidale est essentiellement constituée de plages qui forment un ruban de sable blanc,
interrompu par des rochers, des embouchures de rivières et lagunes.
Les formations rocheuses sont rares dans la côte sud, entre Port-Gentil et la frontière
congolaise ; les plus importantes sont localisées du cap Santa Clara au cap Estérias.
La végétation caractéristique des rochers intertidaux est constituée d'algues vertes
et brunes, sous forme de tapis hébergeant toute une faune d'invertébrés (cnidaires,
crustacés, mollusques, ...) qui attirent de nombreux oiseaux de passage tels
les tournepierres Arenaria interpres ou les bécasseaux sanderling Calidris alba.
A marée basse, les estrans rocheux abritent de nombreuses mares résiduelles dans
Page 27

lesquelles vivent des petits poissons, dont les plus communs sont des petits poissons
zébrés (sergent de nuit Adudefduf taurus, sergent major A. saxatilis). Ces petits poissons
attirent incontestablement des prédateurs comme la murène serpent (Echidna peli)
ou la murène à pois (Muraena melanotis). Le retrait des eaux peut piéger dans ces mares
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

temporaires des poissons de plus grande taille (le perroquet de Guinée Scarus hoefleri,
la rascasse Scorpaena sp. ou des bancs de rasoirs Ilisha africana).
Sous l'action du vent, se forment des dunes au dessus des plages de sable. Elles sont
couvertes d'une végétation herbacée, basse et prostrée, dominée par des amaranthacées
(Althernanthera maritima, Blutaparon vermiculare), des graminées (Stenotaphrum
secundatum, Paspalum vaginatum, Sporobolus virginicus, ...), des convolvulacées (Ipomea
stolonifera, I. pescaprae), des cypéracées (Remirea maritima, Cyperus crassipes).
Ces végétaux possèdent des tiges rampantes qui permettent de fixer les dunes. Toutefois,
en beaucoup d'endroits, les dunes sont en voie de régression ; elles ont notamment
disparu dans la région de Nyonié, entre Libreville et Port-Gentil, et les plages y sont
directement adossées à la forêt côtière. Le développement de fourrés densément
arbustifs de Manilkara lacera et de Chrysobalanus icaco, en bordure des dunes et à l'abri
des marées les plus fortes, annonce l'installation de la forêt.
Mollusques (bivalves, gastéropodes, ...) et crustacés (crabe fantôme Ocypode cursor,
crabe O. africanus) sont les animaux les plus fréquemment rencontrés sur les plages.
Les oiseaux sont également des éléments dominants de la faune des plages.
Ce sont généralement des petits échassiers (bécasseau sanderling Calidris alba, bécasseau
minute C. minuta, pluvier grand-gravelot Charadrius hiaticula, pluvier à front blanc Ch.
marginatus, glaréole grise Glareola cinerea, courlis courlieu Numenius phaeopus),
plus abondants dans la région de Libreville que dans la côte sud du Gabon. Sternes
(sterne caspienne Sterna caspia, sterne royale S. maxima, sterne caugek S. sandvicensis,
sterne pierregarin S. hirundo, ...) et becs-en-ciseaux d'Afrique (Rynchops flavirostris) sont
également très communs sur la côte gabonaise, où ils se rassemblent en grandes bandes.
Parmi les reptiles, on peut observer l'agame Agama agama qui vit sur les grumes
échouées ainsi que des varans (Varanus Ornatus) à la recherche de leur nourriture dans
l'écume des vagues sur la plage. Le crocodile du Nil (Crocodylus niloticus), qui habite
surtout les eaux saumâtres des lagunes, traverse fréquemment dunes et plages pour aller
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chasser en mer. Quatre espèces de tortues marines fréquentent les plages du Gabon,
qui constituent une importante zone de ponte et de nidification. La tortue marine la plus
commune est la tortue luth Dermochelys coriacea : chaque année, près de 2 000 à 3 000
luths femelles pondent leurs œufs sur les plages gabonaises (Witt et al., 2009). La tortue
olivâtre Lepdochelys olivacea est régulièrement observée au sud de Port-Gentil ; la tortue
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

verte (Chelonia mydas) et la tortue à écaille (Eretmochelys imbricata) sont rares le long
de la côte sud, mais abondantes dans la baie de Corisco.
Eléphants, sitatungas se reposent régulièrement sur les plages, où ils côtoient buffles
ou hippopotames (Hippoptamus amphibius), qu'on peut apercevoir aussi dans les vagues.
D'autres mammifères, tels que les potamochères, les civettes, les cercocèbes à collier,
les mangoustes des marais ou les genettes, viennent également se nourrir sur la plage.

➢ Les systèmes estuariens et lagunaires

La partie septentrionale du littoral est caractérisée par la présence de trois rias


(l'estuaire du Komo, l'estuaire du Rio mouni, la baie de la Mondah), largement
entrouvertes sur la mer et présentant de petites falaises rocheuses entre le Cap Santa
Clara et le Cap Esterias. Le sud du Cap Lopez comprend quatre grandes lagunes (lagune
Nkomi ou Fernan-Vaz, lagune Ngové ou Iguela, lagune Ndogo et lagune Banio), dans
lesquelles s'insèrent de nombreuses petites lagunes étroites et parfois très longues,
comme la lagune Louri, 18 km de long, dans le Parc National de Loango. Contrairement
aux grandes lagunes qui disposent d'un exutoire fonctionnel permanent, les petites
lagunes ont un contact périodique avec l'océan. En saison sèche, la lagune est fermée
par un barrage naturel de sable déposé à hauteur des plages ; dès les premières grosses
pluies, la pression des eaux emporte le barrage, vidant ainsi dans la mer la lagune
et ce qu'elle abrite.
A hauteur des fleuves et des lagunes, se développent des vasières, bancs de vases
plus ou moins liquides, dont la superficie varie en fonction de l'amplitude des marées.
Dans la baie de Mondah, les vases sont quasi liquides et s'étendent sur plus de sept
kilomètres de long pour une superficie d'au moins 4 000 ha. Dans l'embouchure
des lagunes de la côte sud, les vasières sont plus petites et généralement plus fermes.
Près de l'embouchure de la lagune Ngové, elles sont colonisées par une seule espèce
de graminée, non encore identifiée, et forment des îlots de prés salés, pourtant
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caractéristiques des milieux intertidaux tempérés.


Les vasières abritent une faune peu diversifiée mais abondante. Le zooplancton, riche
et abondant, est composé d'organismes unicellulaires (ciliées, foraminifères et rotifères,
stades larvaires de crustacés et de mollusques, petites méduses). On trouve également
en abondance éponges, vers annelés, nématodes, polychètes, oligochètes, crabes
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

et mollusques qui attirent les poissons à marée haute et les oiseaux à marée basse.
La macrofaune est essentiellement composée d'espèces très spécialisées, surtout
les oiseaux : des pélicans, des grands échassiers (cigognes, hérons, ibis, ...), des petits
échassiers ou limicoles (pluviers, vanneaux, bécasseaux, chevaliers, courlis, barges).
Les vasières littorales et les prés salés peuvent être fixés par des mangroves.
Les plus importantes sont situées dans la baie de Mondah (35 000 ha), l'estuaire du Komo
(85 000 ha) et le delta de l'Ogooué (80 000 ha) ; des superficies plus petites existent dans
les lagunes Ngové, Ndogo et Banio. Cet écosystème est caractérisé par des conditions
écologiques très particulières : salinité très variable en fonction des apports en eau douce
(précipitations, fleuves, …) ; eau pauvre en oxygène en raison d'une très importante
activité bactérienne ; substrat meuble et instable ; alternance exondation/inondation,
due au flux et reflux des marées, entraînant des périodes prolongées de dessiccation
et d’immersion. Seuls quelques palétuviers ont pu s'adapter à ce milieu contraignant :
les paletuviers rouges Rhyzophora racemosa, R. mangle et R. harrisonii, le petit paletuvier
Laguncularia racemosa, le paletuvier gris ou petit manglier Conocarpus erectus
et le grand paletuvier blanc Avicennia.

Photo 4 : Racines–échasses des palétuviers rouges Rhyzosphora sp.

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© R. MABICKA
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

En dehors des essences ligneuses, les mangroves comptent aussi plusieurs herbacées
typiques, notamment la grande fougère Acrostichum aureum et la graminée Paspalum
vaginatum. Dans la zone de transition entre les mangroves et forêts de terre ferme,
se développent des Pandanus candelabrum et des palmiers faux-dattiers épineux,
Phoenix reclinata. Dans les vieilles mangroves, à proximité des formations terrestres,
on trouve beaucoup d'épiphytes (fougères, orchidées) et des hémiparasites de la famille
des loranthacées. Les mangroves sont également riches en végétaux microscopiques
(diatomées, algues unicellulaires, phytoplancton diversifié) qui colonisent racines
aériennes des palétuviers et eaux peu profondes. Sont également importantes
les bactéries que l'on trouve dans les vases et boues des mangroves, ainsi que
les champignons dans les bois morts.
Moins étudiée que la flore, la faune des mangroves n'en est pas moins assez
diversifiée. Comme les vasières, les eaux des mangroves hébergent un zooplancton, riche
et abondant, des éponges, vers annelés, nématodes, etc. La faune ichtyologique typique
des mangroves est représentée par les gobidés périophtalme Periophtalmus barbarus
et Gobiioides ansorgei. Carpe Sarotherodon nigripinnis, batanga Dormitor lebretonis
et bostrychus Bostrychus africanus sont également communs dans les eaux saumâtres
des mangroves. Les amphibiens et reptiles sont généralement peu nombreux dans
les mangroves du Gabon ; néanmoins, elles semblent constituer le refuge de crocodiles
de forêts Osteolaemus tertraspis et de crocodiles du Nil Crocodylus niloticus.
De nombreuses espèces d'oiseaux, telles que les pélicans, les cigognes, les bécasseaux,
les pluviers, les courlis, fréquentent les mangroves car ils se nourrissent dans les vasières
qui les bordent lorsque l’eau se retire.
La macrofaune des mangroves comprend un bon nombre d'espèces opportunistes,
qui proviennent des milieux voisins et visitent temporairement les mangroves,
notamment des insectes, certains poissons marins (sardinelles plates Sardinella
maderensis, harengs Elops lacerta et E. senegalensis, sardines des estuaires Ethmalosa
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fimbriata, par exemple), des reptiles (varan orné Varanus ornatus, tortue à carapace
molle Trionyx triunguis, python de seba Python sebae), et des mammifères (éléphants,
buffles, sitatungas, talapoins, cercocèbes à collier,...). Cette macrofaune comprend aussi
des espèces qui peuplent les mangroves : les mollusques ubiquistes (dans et sur la boue,
sur les racines des palétuviers, dans le bois mort et sur la canopée), tels les gastéropodes,
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

les huîtres en grappes sur les racines des palétuviers ; les crustacés (crabes, crevettes,
balanes, ...). Dans l'enchevêtrement des mangroves, il n'est pas rare de rencontrer
des loutres (Aonyx sp.) et des lamantins (Trichechus senegalensis).

➢ Les écosystèmes marins

Baigné par l'océan Atlantique, le Gabon compte environ 800 km de façade maritime
et une zone économique exclusive (ZEE) estimée à 213 000 km2. Le plateau continental
couvre près de 46 000 km2 : il est relativement étroit au nord du Cap Lopez (45 km
de largeur), puis s'élargit pour atteindre une largeur de 75 km dans les régions de Gamba
et de Mayumba.
La composante floristique des écosystèmes marins gabonais a peu fait l'objet
d'études soutenues. En revanche, la faune marine est mieux documentée. Le zooplancton
est riche en crustacés microscopiques (copépodes, ostracodes, formes larvaires
de crustacés, ...). Les cnidaires sont représentés par des gorgones (Eunicella spp.),
des coraux (Dendrophyllia aurea) et des méduses. Les crustacés marins comprennent
les cirripèdes (anatifes et balanes), les décapodes (crabes, crevettes, langoustes
et apparentés). Parmi les mollusques, on compte de nombreuses espèces de bivalves
(huîtres et moules), de gastéropodes (escargots, limaces de mer) et de céphalopodes
(six espèces de calamars et encornets, cinq espèces de seiches). La faune herpétologique
marine est essentiellement constituée de quatre espèces de tortues marines (tortue luth,
tortue olivâtre, tortue verte et tortue à écailles).
Les oiseaux de haute mer sont peu connus. L'océanite de Wilson (Oceanites
oceanicus) est une espèce très commune ainsi que le fou brun Sula leucogaster ou le fou
du Cap S. capensis. L'avifaune marine gabonaise compte également des sternes (sterne
articque Sterna paradisea, sterne bridée S. anaethetus, noddi noir Anous minutus, noddi
brun A. stolidus), des labbes (labbe pomarin Stercorarius pomarinus, labbe parasite
S. parasiticus), le puffin fuligineux Puffinus griseus, la guifette noire Chlidonias niger,
Page 32

le goéland brun Larus fuscus, le balbuzard pêcheur Pandion haliaetus. Occasionnellement,


on peut observer des puffins majeurs (Puffinus gravis), des puffins cendrés (Calonectris
diomedea), des frégates aigle-de-mer (Fregata aquila), des fous à pieds rouges (Sula sula)
et des goélands du Cap (Larus vetula).
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

Selon la base de données FishBase, l'inventaire non exhaustif de la faune


ichtyologique des eaux gabonaises répertorie près de 540 espèces de poissons, dont
471 poissons osseux (téléostéens) et 69 poissons cartilagineux (chondrichtyens).
On compte près de 163 espèces océaniques ou strictement marines (155 téléostéens
et 8 chondrichtyens) qui vivent en haute mer, au-delà du plateau continental. Sardines
(famille des clupéidés) et anchois (famille des engraulidés) sont des espèces océaniques,
qui apparaissent sous forme de bancs dans les eaux de surface, suivis par leurs
prédateurs, tels que les coryphènes (coryphénidés), les thons (Thunnus sp.)
et maquereaux (Scomber spp., Scomberomorus spp.). Les espèces océaniques des eaux
profondes sont représentées par des gonostomatidés, des macrouridés (10 espèces),
des myctophidés (34 espèces) et des sternoptchidés (8 espèces).
La faune ichtyologique des eaux peu profondes du plateau continental compte
363 espèces, dont 303 téléostéens et 60 chondrichtyens. En raison du faible taux
de salinité des eaux gabonaises, il est difficile de distinguer nettement cette faune
des eaux côtières de celle des eaux estuariennes ou lagunaires. C'est ainsi qu'on répartit
ces communautés ichtyologiques en 3 groupes écologiques : les espèces strictement
marines ; les espèces marines, qui visitent par moments les estuaires et les espèces
estuariennes, aux cycles de vie complet dans les estuaires (tableau 6).

Tableau 6 : Espèces communes de poissons des habitats marins et côtiers gabonais

1. Espèces marines
Nom scientifique1 Appellation Nom scientifique Appellation
Acanthuridés : chirurgiens (2 espèces) Hémulidés : grondeurs, diagrammes (8 espèces)
Acanthurus monroviae Chirurgien chas-chas Brachydeuterus auritus Lippu pelon
Prionurus biafraensis Chirurgien du Biafra Pomadasys peroteti Grondeur perroquet
Antennariidés : grenouilles de mer (3 espèces) Holocentridés : poissons-écureuils (2 espèces)
Antennarius pardalis Sargocentron hastatum Marignan rouge
A. senegalensis Myripristis jacobus Marignan mombin
A. stiatus
Balistidés : balistes (2 espèces) Istiophoridés : voiliers, makaires, marlins
Page 33

Balistes capriscus Baliste cabri Istiophorus albicans Voilier de l'Atlantique


B. punctutus Baliste punctatus Makaira indica Makaire noir
Batrachoïdidés : poissons-crapaud (3 espèces) Labridés : Donzelles (3 espèces)
Batrachoides liberiensis Crapaud poilu Bodianus speciosus Pourceau à dos noir
Perulibatrachus elminensis Crapaud de Guinée Thalassoma pavo Girelle paon
P. rossignoli Crapaud de Rossignol Xytrichtys novacula Donzelle lame
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

Tableau 6 (Suite)
1. Espèces marines
Nom scientifique1 Appelation Nom scientifique Appelation
Bélonidés : aiguillettes de mer (3 espèces) Lophiidés : baudroies (1 espèce)
Tylosurus acus Aiguille voyeuse Lophiodes kempi Baudroie
Carangidés : caranges, liches, pompaneaux, etc Mullidés : Rougets-barbets (1 espèce)
(24 espèces)
Caranx rhonchus Chinchard Pseudupeneus prayensis Rouget-barbet du sénégal
Trachinotus ovatus Liche
Chaetodontidés : papillons (3 espèces) Murénésocidés : murènes-brochets (1 espèce)
Chaetodon hoefleri Papillon à quatre bandes Cynoponticus ferox Murénésoce de Guinée
C. robustus Papillon à trois bandes
Prognathodes marcellae Papillon à deux bandes
Cynoglossidés : soles-langues (4 espèces) Murénidés : murènes (6 espèces)
Cynoglossus canariensis Sole-langue des Canaries Lycodontis afer Murène obscure
C. monodi Sole-langue de guinée L. mareei Murène cobra
Symphurus ligulatus Plagusie longue
Dactyloptéridés : poules de mer (1 espèce) Paralichthydés : perpeires (2 espèces)
Dactylopterus volitans Poule de mer Syacium guineensis Fausse limande
Exocetidés : exocets ou "poissons volants" (7 espèces) Pomacanthidés : demoiselles (2 espèces)
Cypselurus spp. Holacanthus africanus Demoiselle africaine
Pomacanthus paru Demoiselle chiririte
Hémiramphidés : demi-becs (3 espèces) Scaridés : perroquets (2 espèces)
Hemiramphus brasiliensis Demi-bec brésilien Scarus hoefleri Perroquet de Guinée
Nicholsina usta Perroquet émeraude
Sciaenidés : otholites, courbines (12 espèces) Stromatéidés : fiatoles, stromates (1 espèce)
Pteroscion peli Courbine pélin Stromateus fiatola Fiatole de Guinée
Umbrina rochus Ombrine fusca
Scombridés : Albacore, bonitos, auxides (10 espèces) Tétraodontidés : Compères (4 espèces)
Auxis rochei Bonitou Lagocephalus laevigatus Compère lisse
Scomber japonicus Maquereau espagnol Sphoeroides sprengleri Compère de Guinée
S. pachygatser Compère émoussé
Ephippion guttifer Compère à points blancs
Scorpénidés : rascasses (6 espèces) Trichiuridés : sabres (3 espèces)
Pontinus accraensis Rascasse d'Accra Trichiurus lepturus Sabre commun
Scorpaena angolensis Rascasse d'Angola
Serranidés : mérous (16 espèces) Triglidés : grondins (4 espèces)
Epinephelus costae Mérou badèche Chelidonichtys gabonesis Grondin du Gabon
Cephalopholis nigra Mérou noir Lepidotrigla cadmani Grondin écailleux
Serranus cabrilla Serran chèvre
Soléidés : soles (12 espèces) Zéidés : saint-Pierre (3 espèces)
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Dicologoglossa cuneata Céteau Zenopsis conchifer Saint-pierre argenté


D. hexophtalma Céteau ocellé Zeus faber Saint-pierre
Pegusa lascaris Sole-Pole
Sparidés : bogues, pageots, dentés, dorades, etc.
(15 espèces)
Dentex canariensis Denté à tâches rouges
Pagellus bellotii Pageot à tâches rouges
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

Tableau 6 (Suite)

2. Espèces marines, avec intrusion dans les estuaires


Nom scientifique1 Nom scientifique1 Nom scientifique1 Nom scientifique1
Ariidés : poissons-chats Gerreidés : blanches, fritures
Arius latiscutatus Eucynostomus Eucynostomus Arius latiscutatus
melanopteron melanopteron
Carangidés : carangues, liches moussos, pompaneaux, Hémiramphidés : demi-becs
etc.
Caranx hippos Hyporamphus picarti Hyporamphus picarti Demi bec africain
Trachynotus teraia
Trachynotus maxillosus
Alectis alexandrinus
Clupéidés : sardines, sardinelles Hémulidés : grondeurs, diagrammes, gorets
Sardinella maderensis Sardine plate Pomadays perotaei
Grondeurs
S. aurita Sardinelle ronde P. rogerii
Plectorhinchus macrolepis Diagramme à grosses
lèvres ou "Carpe de mer"
Elopidés Lutjanidés : Vivaneaux
Elops lacerta Guinée copace Lutjanus fulgens Vivaneaux ou "rouges"
E. senegalensis Guinée du sénégal L. goreensis ou "carpes rouges"
L. dentatus
L. agennes
L. endecacanthus
Epphipidés : disques Lobotidés : croupias
Drepane africana "Disque commun" Lobotes surinamensis Croupia roche
Chaetodipterus lippei "Disque noir"
Mégalopidés : Tarpons Sciaenidés : Corbs, maigres, ombrines
Megalops atlanticus Tarpon de l'Atlantique Pseudotolithus elongates Bossu
P. senegalensis Otholithe nain ou "petit
bar"
P. typus Otholithe nanka ou "grand
bar" ou "bar à longue
tête"
Argyrosomus regius Maigre commun
Mugilidés : mulets Scombridés : thons et maquereaux
Mugil cephalus Mulet-cabot Scomberomorus tritor Maquereau-bonite
Polynémidés : capitaines Serranidés : mérous
Polydactylus quadrifilis Grand capitaine Epinephelus aenus Mérou blanc
Galeoides decadactylus Capitaine plexiglas E. itajara Mérou ésonue
Pentanemus quinquarius Capitaine royal
Pristigaridés Sphyrénidés : barracudas, bécunes
Page 35

Ilisha africana Rasoir Sphyraena afra Barracuda de Guinée


S. barracuda Grand barracuda
S. guanchancho
Psettodidés : Turbots épineux
Psettodes belcheri Turbot épineux
1
Le nombre d'espèces est spécifié lorsqu'il est connu.
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

Tableau 6 (Suite)

3. Espèces estuariennes, avec vie permanente dans les estuaires


Belonidés : orphies, aiguilles, aiguilettes Eleotridés
Strongylura senegalensis Aiguillette de mer Bostrychus africanus Bostryche
Ablennes hians Orphie plate
Bothidés : rhomboux, perpeires Gerreidés : blanches, fritures
Citharichthys stampflii Petit turbot Gerres nigri Friture rayée
Cichlidés Hémulidés : grondins, diagrammes, gorets
Sarotherodon nigripinnis Pomadasys jubelini Grondeur sompat ou
Carpes
Tilapia guineensis "dorade grise"
Clupeidés : Sardines, sardinelles Mugilidés : mulets
Ethmalosa fimbriata Sardine des estuaires Liza falcipinnis
Mulets
L. grandisquamis
Cynoglossidés : soles-langue
Cynoglossa senegalensis Sole-langue du sénégal
1
Le nombre d'espèces est spécifié lorsqu'il est connu. Source : d'après Vande Weghe, 2007 ; 2011a

Parmi les poissons cartilagineux, on recense 35 espèces de requins dans les eaux
gabonaises, dont 28 sont observées dans les eaux côtières, 4 dans les eaux saumâtres
des estuaires et des lagunes et 1 dans les eaux douces. Les requins-marteaux Sphyrna sp.,
les requins mako Isurus oxyrinchus sont des espèces communément observées au large.
Les espèces les plus communes des eaux côtières sont le milandre jaune Paragaleus
graveli, le requin à museau pointu Rhizopriodon acutus ou les requins nourrices
Ginglymostoma cirratum. Sur la trentaine d'espèces de raies inventoriées, 32 vivent dans
les eaux côtières, 9 visitent les eaux estuariennes et lagunaires et 4 fréquentent les eaux
douces. Les raies sont représentées par les dasyatidés ou pastenagues (6 espèces),
les rhinobatidés ou raies-guitares (7 espèces), les myliobatidés ou raies-aigles (3 espèces),
les torpédinidés ou raies-torpilles (5 espèces), les mobulidés ou raies manta (1 espèce),
les gymnuridés ou raies-papillons (1 espèce) et des rajidés (8 espèces).
La faune de cétacés compte 15 espèces : 6 espèces de mysticètes (rorquals
et baleines) et 9 espèces d'odontocètes (cachalots et dauphins), qu'on observe plus
facilement le long de la côte sud (tableau 7). Le rorqual de Bryde (Balaenoptera edeni), le
Page 36

rorqual commun (B. physalis), le rorqual bleu (B. musculus), la baleine franche australe
(Eubalaenara australis) ont été signalés dans les eaux gabonaises. Le rorqual le plus
commun est le rorqual à bosse (Megaptera novaeangliae), appelé aussi baleine à bosse,
qui visite les eaux peu profondes du plateau continental. Plusieurs espèces de dauphins
fréquentent les eaux gabonaises : le dauphin à bosse de l'Atlantique (Souza teuzii),
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

le dauphin du Cap (Delphinus capensis), le grand dauphin (Tursiops truncatus).


Ces espèces côtoient le cachalot commun Physeter macrocephalus, l'orque Orcinus orca,
le faux-orque Pseudorca crassidens.

Tableau 7 : Les mammifères marins du Gabon

Mysticètes Odontocètes
Baleine à bosse Megaptera novaeangliae Cachalot commun Physeter macrocephalus
Baleine bleue Balaenoptera musculus Dauphin à bosse Sousa teuszii
Baleine franche australe Eubalaena australis Dauphin à rostre étroit Steno bredanensis
Rorqual boréal Balaenoptera borealis Dauphin commun Delphinus delphis
Rorqual commun Balaenoptera physalis Dauphin de Risson Grampus griseus
Rorqual de Bryde Balaenoptera edeni Dauphin d'Electre Peponocephala electra
Dauphin du Cap Delphinus capensis
Faux orque Pseudorca crassidens
Globicéphale tropical Globicephala macrorynchus
Grand dauphin Tursiops truncatus
Orque Orcinus orca
Source : Van de Weghe, 2007

Page 37
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

I.A.4. Les Parcs Nationaux du Gabon : un aperçu de la biodiversité de la faune

Conscient de la richesse de son patrimoine naturel exceptionnel, abritant une flore


et une faune uniques, le Gabon a, dès 2002, consacré 11 % du territoire en parcs
nationaux (figure 6). Ces aires protégées incluent tous les écosystèmes emblématiques
du pays (tableau 8).

Figure 6 : Répartition des Parcs Nationaux du Gabon

Source : ANPN
Page 38
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

Tableau 8 : Fiche d'identité des Parcs Nationaux du Gabon

Parc National Localisation Spécificités


Akanda Estuaire, bordant la baie de Mangroves, vasières, eaux côtières, forêt littorale
(537 km2) la Mondah et Corisco humide
Grandes concentrations d’oiseaux migrateurs
Birougou Ngounié et Ogooué-Lolo, au Paysage de montagnes
(690 km2) cœur du Massif du Chaillu Refuge de forêts humides
Statut de site critique UICN
Ivindo Ogooué-Ivindo et Ogooué- Forêts guinéo-congolaises denses et humides, forêts
(3 000 km2) Lolo, en aval de Makokou ripicoles inondables et marécageuses
Riche faune de mammifères, de poissons et de
papillons
Loango Ogooué-Maritime, entre les Pelouses pionnières sur le haut des plages, forêts,
(1 550 km2) lagunes Nkomi et Ndogo savanes, mangroves, lagunes
Grandes populations d'oiseaux aquatiques, de
mammifères marins, de tortues
Hippopotames, éléphants sur les plages
Lope Ngounié, Ogooué-Ivindo et Mosaïque savane/forêt, Riche sanctuaire
(4 960 km2) Ogooué-Lolo préhistorique
Fortes populations de gorilles, chimpanzés,
d'éléphants
Mayumba Nyanga Premier site au monde pour la ponte de tortues luth
(80 km2) Présence du dauphin à bosse
Importantes populations de buffles, d'éléphants
Minkebe Estuaire et Woleu-Ntem, Plus grand bloc de forêt pluviale, inhabitée du
(7 560 km2) à l'extrême Nord-Est Gabon, avec des dômes rocheux (inselbergs),
recouverts d’une végétation de prairie
Monts de Cristal Estuaire, chaîne de Forêt pluviale ancienne, en majorité non perturbée
(1 190 km2) montagnes entre l'Ogooué et Zone la plus riche en espèces végétales et papillons
la Guinée Equatoriale d’Afrique
Moukalaba-Doudou Ogooué-Maritime et Nyanga Habitats variés (forêts de montagnes, savanes,
(4 500 km2) marécages)
Forte densité de primates du Gabon
Dernières populations de la faune de savane avec
chacal, cob defassa
Mwagna Ogooué-Ivindo Forêt guinéo-congolaise dense et humide de terre
(1 160 km2) ferme, non exploitée et non dégradée,
Plus vastes clairières en forêt avec de fortes
populations d’éléphants et de gorilles
Plateaux Bateke Haut-Ogooué, au sud des Savanes, forêts-galeries
(2 050 km2) savanes des Plateaux Bateke Plus grande diversité d’oiseaux du Gabon, dernier
dans leur partie inhabitée refuge des grands mammifères sur les plateaux
Pongara Estuaire, rive gauche de Multitude de paysages côtiers, comprenant
Page 39

(870 km2) l'estuaire du Komo mangroves, lagunes, forêts et savanes littorales


Populations survivantes de petits singes
Waka Ngounié, partie très Faille forestière profonde et droite de 100 km de
(1 070 km2) montagneuse du massif du long
Chaillu, entre Fougamou et
la Lopé.
Source : ANPN
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

Le tableau 9 présente la check-list des amphibiens, reptiles, oiseaux et mammifères


des Parcs Nationaux du Gabon, publiée en 2008. Sur une surface de 29 217 km2,
on a recensé 88 espèces d'amphibiens, 120 espèces de reptiles, 722 espèces d'oiseaux
et 173 espèces de mammifères, reflet de l’extraordinaire richesse de la faune de forêts,
de montagne, de zones humides et d'eaux côtières.

Photo 5 : La faune diversifiée du Gabon

© M. Jirku

© B. Stuart

© S. Panzera
Page 40
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

Tableau 9 : Check-list des amphibiens, reptiles, mammifères et oiseaux


des Parcs Nationaux du Gabon
Ordre Espèces Ordre Espèces
Amphibiens 88 Mammifères 173
Arthroleptidae : grenouilles couinantes 8 Hominidae : gorilles et chimpanzés 2
Astylosternidae : grenouilles des torrents 5 Colobidae : colobes 2
Bufonidae : crapauds 11 Cercopithecidae : cercopithèques 10
Hémisotidae : grenouilles fouisseuses 1 Lorisidae : pottos 2
Hyperoliidae : rainette des roseaux 35 Galagonidae : galagos 5⚫
Petropedetidae : grenouilles à antennes 8 Pteropodidae : chauves-souris frugivores 10
Pipidae : grenouilles, griffues et xénopes 6 Emballonuridae : taphiens 2
Ranidae : grenouilles 11* Nycteridae : nyctères 6
Rhacophoridae : rainettes à nid d'écumes 1 Megadermatidae : mégadermes 1
Caeciliidae : cécilies 2 Rhinolophidae : phyllorines et rhinolophes 8
Reptiles 120 Vespertilionidae : vespertilions et sérotines 14
Pelomedusidae : péluses 6 Molossidae : tadarides 3
Chelonidae : tortues marines 3 Tenrecidae : potamogales 1
Dermochelyidae : tortue luth 1 Chrysochloridae : taupes dorées 1
Testudinidae : tortues terrestres 1 Soricidae : musaraignes 14
Trionychidae : tortues molles 2 Sciuridae : écureuils 11
Crocodylidae : crocodiles 3 Anomaluridae : anomalures 5
Agamidae : agames 2 Gliridae : lérots 1
Chamaeleonidae : caméléons 5 Hystricidae : porcs-épics 1
Gekkonidae : geckos 9 Thryonomyidae : aulacodes 1
Cordylidae : gerrhosaures 1 Cricetomyidae : rats géants 1
Lacertidae : lézards 3 Dendromuridae : rats grimpeurs 1
Scincidae : scinques 12 Muridae : rats et souris 16
Varanidae : varans 1 Balaenopteridae : rorquals 1
Amphisbaenidae : amphisbènes 3 Physeteridae : cachalots 1
Leptotyphlopidae : serpents verts 1 Delphinidae : dauphins 5
Typhlopidae : serpents aveugles 5 Canidae : chacals 2
Boidae: boas 1 Mustelidae : loutres et apparentés 3
Pythonidae : pythons 1 Herpestidae : mangoustes 6
Colubridae : couleuvres 21 Hyaenidae : hyènes 1
Elapidae : najas et mambas 7 Viverridae : genettes et civettes 5
Lamprophiidae : polémons, serpents-limes 24 Felidae : félins 4
Natricidae : couleuvres aquatiques 4 Otaridae : otaries 1
Viperidae : vipères 6 Manidae : pangolins 3
* 1 espèce nouvelle décrite en 2008 Orycteropodidae : oryctérope 1
Procaviidae : damans 1
Page 41

Trichechididae : lamantins 1
Elephantidae : éléphants 1
Hippopotamidae : hippopotames 1
Suidae : porcins 2
Tragulidae : chevrotains 1
Bovidae : céphalophes, buffles et antilopes 15

1 espèce nouvelle décrite
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

Tableau 9 (Suite)

Ordre Espèces Ordre Espèces


Oiseaux 722 Oiseaux 722
Procellariidae : pétrels et puffins 3 Coliidae : colious 1
Hydrobatidae: océanites 2 Trogonidae : trogons 2
Spheniscidae : manchots 1 Alcedinidae : martins-pêcheurs,
13
Podicipedidae : grèbes 1 apparentés
Meropidae :guêpiers 10
Phaetonidae : phaétons 2
Coraciidae : rolliers et rolles 4
Sulidae : fous 2 Phoeniculidae : irrisors 1
Phalacrocoracidae : cormorans 3 Upupidae : huppes 1
Anhingdae : anhingas 1 Bucerotidae : calaos 8
Pelecanidae : pélicans 2 Lybiidae: barbicans et barbions 12
Fregatidae : frégates 1 Indicatoridae : indicateurs 8
Ardeidae : hérons et aigrettes 18 Picidae : torcols et pics 11
Scopidae : ombrette 1 Eurylamidae : eurylaimes 3
Ciconiidae : tantales et cigognes 7 Pittidae : brèves 2
Alaudidae : alouettes 3
Threskionithidae : ibis et spatules 5
Hirundinidae : hirondelles 20
Phoenicopteridae : flamants 1 Motacilidae : bergeronnettes et pipits 12
Anatidae : oies et canards 11 Campephagidae : échenilleurs 4
Pandionidae : balbuzard 1 Pycnonotidae : bulbuls 28
Accipitridae : rapaces diurnes 37 Turdidae : grives et traquets 23
Falconidae : faucons 10 Sylviidae : fauvettes 54
Phasianidae : francolins et cailles 7 Muscicapidae : gobemouches 14
Numididae : pintades 3 Monarchidae : tchitrecs 8
Turcinidae : turnix 2 Plastysteiridae : bias et pririts 12
Rallidae : râles et gallinules 16 Picathartidae : picathartes 1
Gruidae : grues 1 Timaliidae : akalats et cratéropes 4
Heliornithidae : grébifoulques 1 Paridae : mésanges 2
Otididae : outardes 3 Remizidae : rémiz 3
Jacanidae : jacanas 1 Nectariniidae : souimangas 24
Rostratulidae : rhynchées 1 Zosteropidae : zostérops 1
Laniidae : pies-grièches 7
Haematopodidae : huîtriers 1 Malaconotidae : gladiateurs et cublas 14
Recurvirostridae : échasses et avocettes 2 Prionopidae : bagadais 1
Burhinidae : oedicnèmes 2 Oriolidae : loriots 4
Glareolidae : courvites et glaréoles 6 Dicruridae : drongos 4
Charadriidae : pluviers et vanneaux 17 Corvidae : corbeaux 1
Scolopacidae : bécasseaux et chevaliers 27 Sturnidae : étourneaux 7
Sterocariidae : labbes 2 Buphagidae : piqueboeufs 1
Lariidae : mouettes et goélands 6 Passeridae : moineaux 2
Sternidae : sternes 13 Ploceidae : tisserins et malimbes 32
Rhynchopidae : becs-en-ciseaux 1 Estrildidae : astrilds, sénégalis et capucins 24
Columbidae : pigeons et tourterelles 13 Viduidae : veuves 1
Psittacidae : perroquets et inséparables 4 Fringillidae : serins 3
Musophagidae : touracos 4 Emberizidae : bruants 2
Cuculidae : coucous et coucals 20 Nycteridae : nyctères 6
Tytonidae : effraies 1 Megadermatidae: mégadermes 1
Page 42

Strigidae : hiboux et chouettes 12 Rhinolophidae : phyllorhines, rhinolophes 8


Caprimulgidae : engoulevents 12 Vespertilionidae : vespertilions et sérotines 14
Apodidae : martinets 14 Source : Christy et al., 2008
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

I.B. TENDANCES DES ECOSYSTEMES

Le Gabon abrite une mosaïque de milieux naturels (forêts, savanes, littoraux,


montagnes), indicateurs d'une diversité biologique composite mais encore peu connue.
En effet, les inventaires de la flore et de la faune ne touchent pas l'ensemble du territoire.
Certaines zones sont plus prospectées que d'autres, d'où des connaissances floristiques
et faunistiques qui varient d'un site à un autre. Et, l'absence d'inventaires systématiques
de biodiversité fait qu'il est bien difficile de dresser un bilan des tendances. Toutefois,
bien que partielles, les données disponibles présument d'une grande richesse
de la biodiversité. En effet, le nombre d'espèces augmentent à chaque prospection
biologique.
Par ailleurs, le Gabon héberge d'importantes populations d'espèces menacées,
telles les grands singes, les éléphants de forêts, les tortues marines. Le réseau d'aires
protégées, regroupé sous plusieurs statuts (13 parcs nationaux, 1 arboretum, 1 forêt
classée, 9 sites Ramsar1 et 1 sanctuaire), contribue à la préservation de ce patrimoine
naturel. En accord avec l'objectif stratégique de mettre sous protection 4 millions
d’hectares, soit 17 % du territoire, 8 nouvelles aires protégées, totalisant 413 584
hectares, sont identifiées et en cours de classement.

I.B.1. Tendance des écosystèmes terrestres

➢ Tendance de la composante floristique des écosystèmes terrestres

Le Gabon reste encore peu connu d'un point de vue floristique. En effet, sur la base
des prospections botaniques, le nombre de plantes qui y sont récoltées au km2 n'est que
de 0,24, alors que la valeur minimale de 1 spécimen/km2 est considérée comme niveau
acceptable d'inventaire botanique (Campbell et Hammond, 1989). Le nombre croissant
d'explorations botaniques, couvrant autant que possible des zones non encore connues
botaniquement, contribue à augmenter cette valeur, qui se traduit par des découvertes
et des descriptions régulières de nouvelles espèces, publiées généralement dans la revue
Page 43

scientifique Novitates Gabonenses.

1 Sites inscrits sur le Registre de la Convention de Ramsar ou Convention relative aux zones humides
d'importance internationale, particulièrement comme habitats des oiseaux d'eau.
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

La check-list (tableau 10), basée sur des données relatives à plus de 65 000 spécimens
d'herbier, recense 4 170 plantes vasculaires dont 82, soit seulement 0,017%, ont été
introduites (Sosef et al., 2006). Sans compter les algues, les lichens
et les bryophytes, les anciennes estimations du nombre d'espèces végétales du Gabon
étaient de 6 000 à 8 000 (Lebrun, 1976 ; Breteler, 1989, 1990 ; Morat et Lowry, 1997).
Il est difficile d'avoir une estimation précise du nombre total des végétaux : il serait
raisonnablement entre 7 000 à 7 500 (Sosef et al., 2006).

Tableau 10 : Nombre de plantes vasculaires du Gabon

Lycopsida Pteropsida Pinopsida Magnoliapsida Total


(Lycophytes) (Ptéridophytes) (Gymnospermes) (Angiospermes)
Familles 2 23 2 159 186
Genres 4 54 2 1 237 1 297
Espèces 17 158 3 4 532 4 710
Source : Sosef et al., 2006

La biomasse forestière gabonaise abrite plus de 400 espèces forestières,


dont seulement 70 % sont connus des utilisateurs (tableau 11). Plus du tiers de cette forêt
demeure à l'état primaire, avec un taux de déforestation est inférieur à 1 % par an (Etat
des forêts, 2006).

Tableau 11 : Quelques plantes caractéristiques des forêts gabonaises

Nom commun Nom scientifique Localisation géographique


Adzacon Lecontadoxa heitzana
Agnuhe Pentadesma butyracea
Aiele Canarium schweinfurhii Nigéria, Nord-Ouest RDC
Alen Detarium macrocarpum
Alep Derbordesia glaucescens
Aloma Nauclea pobeguinii
Alonvogo Fagara macrophylla Nigéria, Nord-Ouest RDC
Andok Irvingia gabonensis Côte d’Ivoire, Angola
Andoung Toubaonate brevipaniculata, A. Moreliana
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Angoa Erismodelphus exsul


Atangatier Dacryodes edulis Cameroun, Guinée Equatoriale, Congo
Azobe Lophira alata Cameroun, Guinée Equatoriale, Congo
Bahia Mitragyna ciliata
Beli Paraberlinia bifoliolata
Bilinga Nauclea trillesii Nigéria, Nord-Ouest RDC
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

Tableau 11 (Suite)

Nom commun Nom scientifique Localisation géographique


Dabema Piptadeniasfrum africanum Nigéria, Nord-Ouest RDC
Dibetou Lovoa trichiliodes Nigéria, Nord-Ouest RDC
Ebene Diospyros crassiflora Nigéria, Nord-Ouest RDC
Ebiara Berlinia bracteosa
Ebo Santiria trimera
Efot Magnistipula bimarsupiata
Ekop Tetraberlinia bifoliota Cameroun, Guinée Equatoriale, Congo, RDC
Ekoune Coelocaryon klanei
Engeuk Ongokea gore Nigéria, Nord-Ouest RDC
Essia Petersianthus macrocarpus
Essoula Plagiostyles Africana
Eyong Sterculia oblong
Eyoum Dialium sp.
Faro Daniella spp.
Gheombi Sindoropsis
Iboga Tabernanthe iboga Cameroun, Guinée Equatoriale, Congo
Icaquier Chryssobalanus icaco
Idewa Haplormosia monophylla
Ilomba Pycnanthos angolensis
Iroko Milicia excelsa
Kevazingo Guibourtia tessmanii Nigéria, Nord-Ouest RDC
Limba Terminalia superba
Limbali Gilbertiodendron dewevrei Cameroun, Guinée Equatoriale, Congo, RDC
Manil Symphonia globulifera
Miama Calpocalyx heitzii
Moabi Baillonella toxisperma Nigéria, Nord-Ouest RDC
Movingui Distemonanthus benthamianus Nigéria, Nord-Ouest RDC
Mubala Pentaclethra macrophylla Nigéria, Nord-Ouest RDC
Mukulungu Autranella congolensis Cameroun, Guinée Equatoriale, Congo
Nangs Hymenostegia spp.
Ngaba Librevillea klainei
Nsigna Scorodophloeus zenkeri
Obeche Triplochiton scleroxylon
Oken Swartzia fistuloides
Okoume Aucoumea klaineana
Ozigo Dacryodes buttneri
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Ozouga Sacoglottis gabonensis


Sorro ou sogho Scyphocephalium ochocoal
Tali Erythrophleum ivorense
Wengue Milletia laurentii
Zingana Microberlina brazzavillensis
Source : d'après le Ministère de l'Agriculture, 1995
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

Cette forêt pluviale de moyenne et basse altitude est considérée comme la plus riche
en espèces du continent africain (Breteler, 1990 ; Küper et al., 2004 ; Sosef et al., 2006).
Elle héberge de nombreux taxons à richesse spécifique très élevée (Wieringa, 1999 ;
Versteegh et Sosef, 2007 ; Breteler et Nguema Miyono, 2008 ; Breteler et Wieringa, 2008;
Breteler, 2010, 2011). Cette diversité végétale renferme près de 11 % de plantes
endémiques strictes (508 espèces) ; ce taux passe à 13 % si l'on prend en compte
les espèces sub-endémiques. Le tableau 12 présente quelques espèces végétales
endémiques ou sub-endémiques rencontrées au Gabon.

Tableau 12 : Quelques plantes endémiques du Gabon

Famille Espèce
Acanthaceae Pseudocalyx macrophyllus
Apocynaceae Baissea longipetiolata
Balsamnaceae Impatiens floretii
Combretaceae Combretum exilii
Connaraceae Cannarus gabonensis
Cnestis uncata
Euphorbiaceae Croton loukandesis
Pycnocoma tholonii
Leguminosae/Caesalpinoideae Anthonota ferruginea
Dalbergia librevillensis
Loesenera gabonensis
Melastomataceae Dicellandra descoingsii
Rubiaceae Chassalia tchibangensis
Tarenna ogouensis
Zingiberacea Aframomum inversiflorum
Costus fissiligulatus
Monts du Cristal Monts Doudou Monts de Belinga Forêt de Mondah
Begonia aggeloptera Adhatoda le-testui Garcinia epunctata Acridocarpus vestitus
Begonia anisosepala Anthonotha trunciflora Combretum clarensis
Begonia karperi Begonia dewildei Combretum esteriense
Begonia peperomiodes Begonia gabonensis Gaertnera spicata
Begonia vittariifolia Calpocalyx brevifolius Palisota sp. nov.1
Commitheca letestuana Psychotria bracteosa
Costus nudicaulis Psychotria klainei
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Dichapetalum [Link].1 Psychotria wieringae


Gynometra nyangensis Simirestis klaineana
Impatiens floretii Strephonema sp. nov.
Tarenna jolinonii Uapaca niangadoumae
1
sp. nov., espèce nouvelle Source : D'après Ministère de l'Agriculture, 1995 ; Sosef et al., 2006 ;
Etat des forêts, 2006
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

Dernier vestige des forêts côtières humides qui entouraient la baie de Corisco, du Cap
Esterias au sud jusqu'à Cocobeach au nord-est, la forêt classée de la Mondah abrite
plusieurs espèces végétales typiques des forêts hyperhumides, que l'on ne retrouve pas
ailleurs au Gabon. La situation de certaines de ces plantes à distribution restreinte est
alarmante. En effet, avec plus de 30 espèces inventoriées il y a une dizaine d'années,
cette forêt ne compte plus, à ce jour, que 27 espèces "endémiques rares". 18 d'entre
elles, dont 3 probablement éteintes, sont menacées de disparition pour des raisons liées
à l’activité humaine (urbanisation rapide de la zone, exploitation de bois de charbon,
exploitation de carrières de sable, activités agricoles, ...). Ces espèces végétales seront
inscrites dès 2012 sur la liste rouge de l'UICN (Walters 2011, comm. person.).
A ce jour, il n'y a pas d'espèces floristiques, intégralement ou partiellement,
protégées, à l'exception, bien sûr, de celles présentes dans les aires protégées, qui sont
de fait placées sous un régime de pleine protection. Toutefois, les essences forestières
Afo (Poga oleosa), Andok (Irvingia gabonensis), Douka ou Makore (Tieghemella africana),
Moabi (Baillonnella toxisperma) et Ozigo (Dacryodes buttneri), sont mises en réserve,
c'est-à-dire interdites d'abattage, classées non exploitables et commercialisables, durant
vingt cinq ans à compter du 1er janvier 2009 (Décret n°0137/PR/MEFEPA du 4 février
2009).

➢ Tendance de la composante faunistique des écosystèmes terrestres

Exceptionnellement riche et diversifiée, la faune gabonaise comprend plusieurs


espèces de mammifères, d'oiseaux, de poissons, d'amphibiens, de reptiles, ainsi que
des espèces d'invertébrés, moins visibles mais tout aussi importantes. Le nombre
d'espèces de ces différents taxons ne cesse d'augmenter à chaque mission d'inventaire
biologique.
Le Gabon compterait environ 190 espèces de mammifères dont 19 espèces
de primates, parmi lesquels des mandrills, des colobes et le Cercopithecus solatus
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endémique des forêts du Gabon central. Par ailleurs, les forêts gabonaises, plus vaste bloc
forestier intact d'Afrique centrale, abritent des populations de grands primates estimées
à 35 000 gorilles et 64 000 chimpanzés (Butynski, 2001). Pourtant, entre 1983 et 2000,
ces populations ont perdu plus de la moitié de leur effectif, en raison d'une chasse
illégale, des épidémies Ebola et de la perte/dégradation des habitats (Walsh et al., 2003).
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

Le Gabon constitue également un sanctuaire pour l'une des populations d'éléphants


les plus importantes et les plus stables d'Afrique, avec approximativement 85 000
individus. Autre espèce sauvage phare, l'hippopotame est menacé ; plus que 500
individus sont recensés dans la zone allant du petit-Loango à la région du bas-Nyanga
(Rietmann, 2011, comm. person.). Parmi la faune mammalienne, on dénombre également
environ 20 espèces de carnivores (canidés, herpestidés, félidés, hyanidés, mustelidés
et viverridés) ainsi que 13 espèces d'artiodactyles (suidés, tragulidés et bovidés).
L'avifaune est également très diversifiée. Les oiseaux résidents ou de passage étaient
estimés à plus de 600 espèces (Christy, 2001). La récente liste synoptique des oiseaux
du Gabon répertorie 749 espèces, dont 11 menacées et 8 vulnérables (Lepage, 2011).
On y recense et plus de 300 espèces sédentaires des forêts ou des écosystèmes humides
terrestres (Vande Weghe, 2006 ; 2007 ; 2011).
Il est difficile d'évaluer la richesse réelle de la faune des arthropodes du Gabon.
Certains taxons (coléoptères, lépidoptères) sont plus étudiés que d'autres, des zones plus
prospectées que d'autres. Des espèces, nouvelles pour la science ou pour le Gabon, sont
régulièrement décrites. Le catalogue présenté en figure 7 recense 98 des 108 espèces
de brentidae (coléoptères) connus au Gabon (Bayendi Loudit et Susini, 2010). La flore des
papillons s'avère très riche en espèces (environ 950 espèces de papillons diurnes contre
10 à 15 fois plus d'espèces nocturnes), dont certaines sont considérées comme très rares
au Gabon ou dans le bassin du Congo, telles que Bebearia ivindoensis décrite en 2004,
Euphaedra abri et E. modahensis en 2005. Aucune espèce de papillons d’Afrique ne fait
partie de la liste CITES et aucune espèce ne figure sur la liste nationale d’espèces
protégées
Page 48
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

Figure 7 : Catalogue des brentidae du Gabon

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Source : Bayendi Loudit et Susini, 2010


Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

La diversité de la faune herpétologique du Gabon est encore très méconnue. La faune


batracienne se compose essentiellement de grenouilles. En trois ans, le nombre d'espèces
d'amphibiens est passé de 72 à 98 (Burger et al., 2006). Bien d'espèces restent encore
à découvrir et enrichiront considérablement la liste de la bratrachofaune gabonaise.
Parmi les espèces endémiques d'amphibiens, on peut citer le crapaud Werneria iboundji,
que l'on ne rencontre qu'au Mont iboundji dans le massif du Chaillu, ou la grenouille
couinante Leptopelis crystallinoron, endémique des monts du Cristal. La liste des reptiles
du Gabon, dont la présence est dûment confirmée, comprend 121 espèces dont
13 espèces de chéloniens ou tortues, 3 espèces de crocodiliens ou crocodiles, 3 espèces
d'amphisbéniens ou amphisbènes, 70 espèces d'ophidiens ou serpents et 32 espèces
de lacertiliens ou lézards (Pauwells et al., 2008). En 2010, des populations de crocodiles
nains Osteolaemus tetraspis, de couleur orange, ont été recensées dans des grottes
de la région d'Omboué. Des analyses préliminaires montrent une divergence génétique
significative de cette population cavernicole de crocodiles par rapport aux individus
de la même espèce présents hors des grottes (Shirley, 2011, comm. pers.). A ce jour,
nous n'avons aucune donnée quant à la taille ou la structure de cette population.

Photo 6 : Crocodile nain orange

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© [Link]
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

I.B.2. Tendance des écosystèmes aquatiques

Les écosystèmes aquatiques du Gabon comprennent les eaux marines, un vaste


ensemble d'estuaires, de lagunes côtières, de mangroves, et les eaux continentales.
En couvrant près de 265 000 km2, soit l'équivalent de la superficie continentale,
le domaine maritime est une composante importante des milieux écologiques gabonais.
Il est constitué d'un long littoral (800 km), d'un plateau continental (40 600 km2) et d'une
zone économique exclusive (ZEE) de 213 000 km2. Les eaux continentales forment
un dense réseau hydrographique (environ 10 000 km2), comprenant les fleuves, les lacs,
les lagunes et des plaines inondées.

➢ Tendance de la biodiversité des eaux marines, côtières et continentales

La flore marine n'ayant pratiquement pas été inventoriée, les connaissances actuelles
sur la biodiversité des milieux marins et côtiers concernent surtout la faune.
Eaux marines, côtières et continentales gabonaises abritent une faune aquatique très
diversifiée (oiseaux, reptiles, mammifères, poissons, etc.) dont plusieurs sont menacées.
L'avifaune aquatique compte près de 20 espèces d'oiseaux liés au milieu aquatique,
que l'on rencontre près des côtes ou le long des cours d'eau. Parmi les espèces
migratrices, on distingue environ 90 espèces paléarctiques, en provenance d'Europe
ou d'Asie, et près de 50 espèces d'oiseaux migrateurs exclusivement africains (UICN,
1990). Bien qu'en nombre parfois assez important, le bec-en-ciseau d'Afrique (Rhyncops
flavirostris) des bancs de sables de l'Ogooué, la sterne des baleiniers (Sterna balaenarum)
observée sur les côtes gabonaises et le grand courlis (Numenius arquata) sont classés,
en 2010, comme 'quasi-menacés' sur la liste rouge de l'UICN, et le fou du Cap (Morus
capensis), comme 'vulnérable'. Par rapport aux 750 espèces de l'avifaune terrestre,
le nombre d'espèces d'oiseaux aquatiques est faible, même si certaines colonies
présentent de grands effectifs, à une période ou une autre de l'année. Durant la période
hivernale, le littoral gabonais peut héberger jusqu'à plusieurs dizaines milliers d'oiseaux.
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Il constitue probablement une halte pour les espèces d'oiseaux qui hivernent. Les côtes
gabonaises sont également des lieux de séjour pour les limicoles paléarctiques ; elles
accueillent jusqu'à 1 % des populations mondiales du bécasseau cocorli (Calidris
ferrugina) et du courlis courlieu (Numenius phaeopus).
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

Les reptiles marins sont représentés uniquement par les 4 espèces de tortues
marines que l'on rencontre au Gabon (cf I.A.2. Etat de la diversité biologique
des écosystèmes côtiers et marins, pages 15 et 18). Elles sont toutes inscrites à l'annexe I
de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages
menacées (CITES), aux annexes I et II de la convention sur la conservation des espèces
migratrices (CMS) et sur la liste rouge de l'UICN, comme 'en danger' ou 'en danger
critique d'extinction'.
Dix-sept espèces de mammifères sont dénombrées dans les eaux gabonaises
(tableau 7). Les baleines sont observées dans la région durant l'hiver antarctique,
les mégaptères de juin à octobre. Les observations sur la distribution et l'abondance
des autres cétacés sont rares. En 2009, a démarré le projet de l'Initiative Darwin
sur la conservation de la biodiversité marine du Gabon ; l'objectif de ce projet concerne
la recherche et le suivi de mammifères marins. Les études se concentrent notamment
sur les cétacés côtiers, en particulier le dauphin à bosse (Sousa teuszii), espèce
endémique vulnérable qui est une composante constante des eaux gabonaises,
et le grand dauphin (Tursiops truncatus). Ces deux espèces sont considérées comme les
plus menacées par le développement côtier, la pêche côtière et l'exploitation pétrolière.
La faune ichtyologique du Gabon est très riche (cf. I.A.2. Etat de la diversité
biologique des écosystèmes côtiers et marins, page 19 ; I.A.3. Etat de la diversité
biologique des écosystèmes des eaux continentales, page 27 ; tableau 6). Une récente
campagne a permis de dresser un inventaire des poissons des biotopes marins, côtiers
et des eaux continentales. Le nombre d'espèces de poissons est en hausse : cette liste
synoptique recense effectivement 845 espèces de poissons, dont 32 endémiques.
La biodiversité des eaux douces gabonaises abrite 380 espèces de poisons (Mve Beh,
2011, comm. pers).

➢ Les ressources halieutiques


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Au Gabon, le secteur pêche est composé de quatre entités : la pêche industrielle,


la pêche artisanale maritime, la pêche continentale et l'aquaculture (FAO, 2007). La pêche
industrielle ne se pratique que dans les eaux maritimes, au chalut de fond. Elle est classée
en pêche industrielle hauturière, qui concerne la pêche aux grands pélagiques (thons)
dans le cadre des accords de pêche avec l'Union Européenne et le Japon, et en pêche
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

industrielle côtière, dirigée vers l'exploitation de crevettes et de poissons démersaux


(bars, capitaines, bossus, rouges, mérous, dorades grises et roses, ...). La pêche artisanale
maritime concerne également la ZEE et le milieu continental. Ce type de pêche est très
variée (pêche de poissons démersaux de fonds mous (bars, capitaines, bossus), pêche de
petits poissons pélagiques (ethmaloses, sardinelles), pêche de subsistance. La pêche
continentale cible essentiellement des espèces à valeur commerciale (tilapias, capitaines
d'eau douce, silures, machoirons d'eau douce, yaras, ...). L'aquaculture se limite
à la pisciculture d'espèces d'eaux douces (tilapias, silures, Heterotis niloticus, ...)
et se pratique à petite échelle et à faible production. Ces quatre composantes pêche
assurent une production annuelle moyenne d'environ 43 000 tonnes (figure 8). N'étant
pas débarquée au Gabon, la pêche hauturière n’est pas comptabilisée dans la production
nationale.

Figure 8 : Evolution annuelle de la production par type de pêche au Gabon

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Source : DGPA, 2007


Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

Les potentiels halieutiques annuels sont estimés à 30 000 tonnes pour les pêches
démersales (poissons, mollusques), 150 000 tonnes pour les petits pélagiques
et semi-pélagiques (maquereaux, bécunes, chinchards, carangues), 15 000 tonnes pour
les grands pélagiques et 30 000 tonnes pour la pêche continentale. Les potentialités des
eaux intérieures gabonaises sont peu connues. L'ordre de grandeur du potentiel
halieutique des lagunes, couvrant 2 000 km2, serait de 14 200 à 28 400 tonnes/an contre
5 000 pour le complexe fluvio-lacustre du cours intérieur de l’Ogooué. Ces stocks
halieutiques accusent un déclin, désormais perceptible, notamment avec une évidente
surexploitation des ressources. C'est ainsi que des efforts sont consacrés à la protection
des ressources halieutiques, principalement crevettes et ethmaloses, en instituant des
repos biologiques.

Photo 7 : Aperçu de la richesse ichtyologique du Gabon

© IRAF
Page 54
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

I.C. PRINCIPALES MENACES SUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE

La préservation de la biodiversité comme préoccupation capitale est un concept


récent. Aussi, durant plusieurs décennies, les écosystèmes gabonais ont fait l'objet
de dégradations diverses, engendrant de fait la perturbation de ces écosystèmes ainsi
qu'une érosion des ressources biologiques qu'ils abritent.

I.C.1. Principales menaces sur la biodiversité des écosystèmes terrestres

Plusieurs dangers compromettent la pérennité de la riche diversité biologique


des écosystèmes terrestres.

➢ L'exploitation forestière

Les concessions d'exploitation recouvrent près de la moitié de la forêt gabonaise.


Et, pendant de nombreuses années, l'exploitation forestière a été une activité soutenue,
pratiquée de manière non durable. Deux essences, okoumé et ozigo, représentent plus
des deux tiers de la production totale, avec une part prépondérante de l'okoumé (plus
de 85 %), destinée essentiellement à l'exportation (Collomb et al., 2000). Sont peu
touchées par l'exploitation forestière les forêts inondées ou inondables car elles sont peu
accessibles ou abritent des essences non commerciales.

Photo 8 : Site d'Exploitation forestière dans une Concession Forestière sous


Aménagement Durable (CFAD) du Haut-Abanga

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© D. NDIADE
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

L'abattage, sélectif ou pas, a des effets dommageables sur la structure des forêts,
tant au niveau de la canopée que du sous-bois. On estime que l'exploitation forestière
provoque une perte d'environ 10 % de la canopée, mais que jusqu'à 50 % de cette
canopée peut être affectée car plusieurs arbres sont souvent endommagés ou détruits
lors de travaux d'approche et d'abattage d'un seul arbre (Collomb et al., 2000).
L'ouverture de la canopée engendre une prolifération d'arbustes, de lianes et de recrûs,
étouffant les jeunes arbres qui doivent normalement combler les chablis créées (Vande
weghe, 2011b).
L'exploitation forestière a également des effets sur la composition de la faune.
La destruction ou la raréfaction d'arbres fruitiers a des impacts certains sur les
populations d'oiseaux ou de mammifères. Les populations de chimpanzés (Pan
troglodytes), colobes noirs (Colobus satanas) et mangabés à joues blanches (Lophocebus
albigena) régressent dans les zones exploitées, le chimpanzé semblant être le plus
sensible aux perturbations engendrées par l'exploitation (Vande weghe, 2011b).
Dans les zones exploitées, la densité de rats et de souris augmentent, ainsi que celle
des éléphants et des buffles. La richesse spécifique, la diversité et l'abondance
de certaines communautés animales, comme celles des oiseaux sylvicoles, peuvent être
affectées dans des forêts sélectivement exploitées, comparées à des forêts intactes
(Vande weghe, 2011b). L'exploitation forestière représente également une vraie menace
à la survie de la faune sauvage, du fait que les chasseurs de viande de brousse utilisent
tout autant les routes récentes que les anciennes pistes abandonnées pour atteindre
les régions isolées.
Des instruments juridiques axés sur la conservation de la biodiversité ont été mis
en place, mais la violation de la législation en vigueur, le non-respect des dispositions
réglementaires en matière de diamètre minimum exploitable (DME), l'utilisation
de méthodes inappropriées et hautement destructrices, voire même l'exploitation
forestière dans des aires protégeés sont autant de facteurs qui contribuent toujours
Page 56

à l'érosion de la biodiversité.
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

➢ La déforestation

Au Gabon, la dynamique de déforestation reste relativement faible, avec un taux


de 0,09 % par an, pour une moyenne régionale annuelle de 0,21 % (Etat des forêts, 2006).
Outre l'exploitation forestière, les autres principales causes de la déforestation sont
les activités agricoles (agriculture vivrière essentiellement sur brûlis) et les activités
de collecte de bois-énergie (bois de chauffe), de bois de service, de produits
de la pharmacopée traditionnelle, principalement autour des villes et dans les zones
rurales à forte densité de population. L’agro-industrie est également responsable
du défrichement de plusieurs hectares de forêts et d’une perte considérable
de la biodiversité, dans la mesure où les plantations de rente mises en place sont
monospécifiques (palmiers, hévéa) et que les espèces ont transformé les habitats dans
lesquels elles ont été introduites. La déforestation peut mener à la disparition
de certaines portions d'habitats des espèces inféodées aux forêts (effet lisière,
par exemple, sur des populations d'oiseaux).

Photo 9 : Déforestation par l'exploitation d'Okoumé

Page 57

© Cirad, D. LOUPPE
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

La fragmentation est une division par déforestation d'une forêt à l'origine continue
en plusieurs blocs isolés (par exemple, une coupure physique par des routes). La barrière
ainsi constituée peut générer des difficultés d'accès aux ressources ou limiter les
déplacements de certains animaux, avec pour conséquences des réductions de possibilité
de reproduction, donc des diminutions potentielles de la taille des populations.
L'interruption de la canopée peut également avoir des répercussions sur les espèces
arboricoles et les oiseaux du sous étage qui ont besoin du couvert forestier.
D'où la présence au sol d'espèces arboricoles, notamment les singes (cercopithèques,
hocheurs, moustacs, ...) qui sont obligés de descendre pour se nourrir et se rendent ainsi
plus vulnérables. La fragmentation peut également augmenter les effets de lisière sur
l’environnement, ce qui expose certaines espèces à de nouveaux dangers (Dallmeier
et al., 2006).

➢ Les maladies

Les maladies, notamment les épidémies hémorragiques de la fièvre Ebola,


constituent des menaces vraies ou potentielles sur la faune sauvage. Les quatre
épidémies qu'a connues le Gabon, dont deux dans le Parc National de Minkebe, ont
fortement contribué au déclin des populations de singe au Gabon (Walsh et al., 2003.
D'où le classement, dès 2007, du gorille des plaines de l’Ouest comme espèce en danger
de manière critique sur la liste rouge UICN des espèces menacées (UICN 2008, CR A4cde).

➢ La destruction et dégradation des habitats

La dégradation des niches écologiques est une altération de l’environnement avec


des conséquences sur les espèces à distribution réduite ou écologiquement très
spécialisées. Suite à une déforestation ou à des pratiques culturales (agriculture
itinérante sur brûlis), des sols peuvent se dégrader et être exposés à l'érosion,
aboutissant à leur appauvrissement progressif.
Selon le programme de suivi et d'évaluation de la biodiversité de l'Institution
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Smithsonian, la plupart des habitats du Gabon n’ont été que peu altérés à grande échelle.
Quelques dégradations ont cependant été observées dans le voisinage des puits, des
routes et d’habitations humaines dans la région de Gamba, mettant en danger des
espèces animales sylvicoles, telles que les amphibiens, les reptiles, les oiseaux, etc.
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

Encadré 2 : LA MANGROVE GABONAISE, UN SYSTEME A PROTEGER

Les mangroves offrent de nombreux Les principales menaces sont


services écologiques qui profitent anthropiques : surexploitation du bois
à l'ensemble de l'écosystème côtier. Elles pour le fumage de poisson, le charbon,
protègent la ligne côtière, retiennent et la construction, pollution, expansion
sédiments et nutriments, atténuent les des villes, etc. Dans la plupart des pays
variations de salinité. d'Asie, d'Amérique, et même dans certains
Ce sont des habitats favorables à la pays d'Afrique occidentale, la santé des
reproduction et au développement de mangroves est critique.
crustacés, d'espèces de poissons inféodés Au Gabon, 3 % des mangroves sont
aux mangroves, mais aussi à de détruites ou dégradées. Les puissants
nombreuses espèces côtières et pour gradients écologiques qu'elles présentent
certaines espèces pélagiques. Les forêts devraient leur permettre de résister aux
de mangroves fournissent aussi pressions croissantes, et de préserver ces
nourriture et abri à de nombreuses écosystèmes à haute valeur.
espèces d'oiseaux migrateurs ou
résidents.

© R. MABICKA
Page 59
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

➢ La chasse et la viande de brousse

L'expression "viande de brousse" ou gibier se réfère à toute espèce indigène,


non domestiquée, chassée en brousse, à des fins d'alimentation, d'usages médicinaux
ou traditionnels, en vue de trophée (peaux, dents, bois et cornes) ou d'animaux
de compagnie. Sont concernées pratiquement toutes les espèces animales de divers
groupes taxonomiques (mammifères, oiseaux, reptiles, invertébrés, ...), avec une
prédominance pour les antilopes et rongeurs, puis les primates et les suidés (Chardonnet
et al., 1995). Au Gabon, plus de 110 espèces animales ont été recensées comme viande
de brousse (Abernethy et Ndong Obiang, 2009). L'attachement culturel à la viande
de brousse, tant des ruraux gabonais que des citadins, est très marqué : une étude
a estimé la consommation annuelle à 17,2 kg/personne (Steel, 1994).
La chasse pour l'autoconsommation dans les zones rurales n'est généralement pas
une menace pour la faune forestière, sauf dans les régions très densément peuplées
où les forêts tendent à disparaître. Par contre, la chasse commerciale pour
le ravitaillement des villes est bien plus destructrice. Cette chasse est bien souvent
illégale, car elle touche principalement des espèces protégées et est pratiquée dans
des zones réglementées. Elle pénètre de plus en plus en profondeur dans les forêts,
en suivant pistes et routes aménagées pour l'exploitation forestière. Fort heureusement,
les zones les plus reculées constituent encore des refuges pour bon nombre d'espèces.

Photo 10 : Viande de brousse sur un marché de Makokou

Page 60

© N. VAN VLIET/TRAFFIC
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

L'impact de la chasse commerciale et du braconnage (pratique de la chasse


en violation de la réglementation) sur la biodiversité diffère selon les espèces
considérées. Les petites espèces, plus généralistes, à reproduction rapide, résistent
nettement mieux à une chasse soutenue, contrairement aux espèces de grande taille,
à reproduction lente et vivant en faible densité. A noter que la raréfaction des espèces
de grande taille conduit à une plus forte pression cynégétique sur les espèces plus petites
(Bodmer et al., 1997). Le déclin et/ou la disparition des espèces chassées a de
répercussions certaines sur la communauté forestière, comme la perte de pollinisateurs,
de disséminateurs de graines, de proies ou de prédateurs. Ces pertes peuvent engendrer
une modification de la composition floristique, une modification des équilibres naturels
des écosystèmes, voire une réduction probable de la diversité biologique générale (Nasi
et al., 2008).

➢ Les espèces invasives

Une espèce invasive est une espèce vivante exotique qui devient un agent
de perturbation nuisible à la biodiversité autochtone des écosystèmes semi-naturels
ou naturels parmi lesquels elle s’est établie. Dans ce nouvel environnement, ces espèces
n'y rencontrent, bien souvent, ni prédateur, ni espèces capables de réguler l'effectif
de leurs populations.
A ce jour, les espèces végétales exotiques présentes au Gabon semblent
"inoffensives", à l'exemple de l'arbuste Lantana camara, de l'astéracée Thithonia
diversifolia ou de la pervenche de Madagascar Lochnera rosea, qui causent pourtant
d'énormes dégâts ailleurs. Néanmoins, certaines espèces parviennent à supplanter
la végétation naturelle ; ainsi, le littoral gabonais est envahi par le cocotier Cocos nucifera,
venu du Pacifique, et le badamier Terminalia catappa, originaire d'Inde. Actuellement,
leur dispersion n'est pas préoccupante, mais il conviendrait de surveiller la propagation
de ces végétaux.
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La fourmi rouge Wasmannia auropunctata ou petite fourmi de feu est l'exemple type
d'espèce invasive animale, qui cause des dégâts importants à la faune indigène
gabonaise. Introduite pour lutter contre certains parasites de diverses plantes cultivées
dont le cacaoyer, cette fourmi, originaire d'Amérique du Sud, se répand peu à peu dans
tout le pays. Les régions, qui ont été infestées pendant plus de 10 années, ont perdu
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

approximativement 95 % de leurs fourmis natives (Walker, 2006). Wasmannia


auropunctata s'attaque aussi à la faune sauvage, des invertébrés jusqu'aux vertébrés,
causant des lésions cornéennes chez certains animaux sauvages et domestiques (Walsh
et al., 2004) Chez l'homme, elle provoque des piqûres très douloureuses, accompagnées
de réactions cutanées caractéristiques avec de fortes démangeaisons.

I.C.2. Principales menaces sur la biodiversité des écosystèmes aquatiques

La demande croissante en ressources naturelles, résultant du développement


économique et de la croissance démographique, pèse sur la biodiversité des écosystèmes
aquatiques gabonais (le littoral gabonais concentre près de 70 % de la population (85 %
en 2015 selon le Ministère du Plan) et une part importante des activités économiques
nationales). Cet espace de convergence est extrêmement vulnérable car soumis à des
pressions démographiques, à des utilisations non durables et aux effets du changement
climatique, incluant l’élévation rapide du niveau de la mer, et ses impacts indirects
(salinisation de l’eau, destruction des habitats, érosion).
Les principales menaces sur les écosystèmes aquatiques résultent des exploitations
pétrolière et minière, de l'introduction d'espèces exotiques, de l'utilisation non durable
des ressources halieutiques. Conversion, déforestation, dégradation et fragmentation
des habitats, perturbation des espèces, disparition d'espèces, pollution, érosion du sol
et sédimentation des cours d'eau sont les impacts les plus courants.

➢ L'exploration et l'exploitation pétrolières

Bien qu'essentiellement offshore, l'activité pétrolière a un impact sur l'ensemble


du bassin côtier gabonais. Terminaux, raffineries comme certains sites d'exploitation
de pétrole et de gaz sont situés sur les côtes ou dans le milieu forestier.
Premières étapes de l'exploitation pétrolière, les prospections sismiques génèrent
des ondes sonores puissantes et nuisibles pour la faune, notamment en mer où elles
affectent faune démersale et cétacés, ces derniers étant particulièrement sensibles aux
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tests sismiques. L'impact est d'autant plus notable quand ces études sont réalisées
pendant les périodes de migration ou de reproduction des poissons.
Les forages d'exploration contribuent à la destruction des habitats naturels, tels les
alevinières (mangroves, herbiers marins) ou les frayères. Aux alentours de Gamba,
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

la mortalité massive des arbres de mangrove a entraîné une érosion des sédiments,
pouvant atteindre plusieurs centimètres par jour. On a également noté une perte
de 5 000 ha, soit 0,4 % du couvert forestier (Trebaol et Chaillol, 2002).
Autre impact primaire causé par l'exploitation pétrolière, la pollution chronique
ou ponctuelle qui affecte l'air (réinjection de gaz dans l'atmosphère), l'eau et les sols,
en raison de la mauvaise gestion des rejets liquides, des déchets solides et des
déversements accidentels. Outre les effets de serre, le torchage de gaz naturel fait peser
des menaces sur la faune ailée : les torchères, allumées en permanence, attirent
et grillent aussi bien de nombreux insectes (coléoptères, sphingidés, ...) que des oiseaux,
parmi lesquels des migrateurs (Lahm et Tezi, 2006 ; Van de weghe , 2007).
Des dépôts d'hydrocarbures fragilisent sporadiquement l'écosystème côtier gabonais,
menaçant en mer microorganismes, invertébrés (plancton, mollusques, crustacés, ...),
poissons, tortues et mammifères marins. En pleine période de ponte des tortues marines,
ces pollutions constituent un problème sérieux pour la protection et la préservation
de ces espèces menacées. Pourraient être également touchés petits mammifères
terrestres (mangoustes, genettes et charognards des plages), tout comme les grands
(éléphants, buffles, crocodiles), que l'on rencontre le long des plages (Dallmeier et al.,
2006). L'activité pétrolière affecte sans conteste la qualité de l'eau et l'intégrité des
écosystèmes aquatiques. Dans la région de Rabi-Toucan, le blocage du drainage résultant
d'une mauvaise gestion des débits d'eau crée des marécages artificiels dans les forêts.
Les secteurs à la topographie modifiée sont alors sujets à l'érosion et à l'envasement,
induisant de graves conséquences sur des écosystèmes d'eau douce en aval.
L'activité pétrolière génère également des impacts indirects, tout aussi préoccupants
et insidieux que les principaux impacts primaires énumérés ci-dessus. L'essor
de l'industrie du pétrole a entraîné une augmentation de la population. Il s'en suit une
pression croissante sur les ressources naturelles : 6 000 ha de déforestation depuis 1966
pour l'agriculture péri-urbaine, une forte demande en poissons et viandes de brousse
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(Trebaol et Chaillol, 2002). Une étude a d'ailleurs montré que Gamba est la ville la plus
grande consommatrice de viande de brousse au Gabon (Thibault et Blaney, 2003), ce qui
peut expliquer la quasi-disparition de l'hippopotame et du lamantin ou la raréfaction
de plusieurs espèces de singes, de buffles ou de céphalophes dans les forêts du bassin
côtier.
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

➢ L'exploration minière

A défaut de drainage, d'assainissement et de traitement des déchets suffisants,


les milieux aquatiques constituent bien souvent des collecteurs de déchets d'origine
industrielle, agricole ou domestique. Plusieurs habitats ont ainsi été soit détruits, soit
fragmentés avec pour conséquence perturbations des écosystèmes et érosions des
ressources biologiques. L'exploitation minière au Gabon n'est pas sans conséquence sur
la diversité des ressources naturelles (Lebas, 2010).
Arrêté il y a plus d'une dizaine d'années, l'exploitation d'uranium gabonais par
la COMUF (Compagnie des Mines d’Uranium de Franceville) a laissé des impacts toujours
visibles. Pendant les premières années d'expploitation, ce sont plus de 2 millions
de tonnes de résidus de l’usine d’extraction de l’uranium qui ont été déversés dans les
cours d'eau, puis 4 millions de tonnes dans la carrière de Mounana, aujourd’hui inondée.
Le barrage construit en 1990 pour retenir les résidus n'a pas pour autant régler la gestion
des déchets radioactifs. Les seules mesures de prévention prises à ce jour ont consisté
à délimiter des zones de restriction d'usages (pêche, trempage du manioc, cueillette,
baignade), qui sont malheureusement à proximité immédiate des zones de plantations ou
de pêche des populations locales. La biodiversité et les populations restent donc toujours
exposées à des irradiations importantes (Lebas, 2010).
Les déchets miniers de l'exploitation du manganèse par la COMILOG (Compagnie
Minière de l'Ogooué) sont déversés dans la rivière Moulili. Les boues issues de la laverie,
les résidus solides et stériles stockés sur le terril sont rejetés en dessous de la zone
industrielle (Lebas, 2010).

Photo 11 : Lit mineur de la Moulili, comblé de manganèse


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© IRAF
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

Cette pollution conduit à un envasement du cours d'eau, avec des impacts visibles
jusqu'à son embouchure dans l'Ogooué. Aujourd'hui, il n'est plus possible de pêcher dans
la Moulili, qui abritait une diversité de poissons. Les eaux de ruissellement chargées
en résidus miniers alimentent les petites rivières environnantes. Ces rivières ont laissé
place à de vastes marécages ; les anciennes terres qui abritaient des plantations le long
des routes ne peuvent plus être cultivées. Une démarche environnementale est
désormais menée par la société d'exploitation minière. Par sa certification ISO14000, elle
s'engage à maîtriser l'impact environnemental de ses activités.

➢ L'érosion côtière

Les taux d'érosion de la façade maritime sont tels que la tendance générale du littoral
gabonais est au recul des plages d'une moyenne de plusieurs mètres. Dans la région
de Port-Gentil, un taux de recul du trait de côte d'environ 1 m par an a été observé dans
les années 90. Même si la façade maritime est fortement sujette à l'érosion naturelle
et au processus de sédimentation, cette érosion a néanmoins été intensifiée par les
activités humaines (exploitation de sable sur les plages, destruction du couvert végétal,
industrialisation de la zone côtière et constructions anarchiques sur le littoral).
Les impacts de l'extraction anarchique de sable au voisinage de la côte sur
l'écosystème marin sont divers : déséquilibre localement du plan sédimentaire, avec une
modification de la morphologie du littoral et du paysage côtier (éboulements de falaises,
réduction ou disparition des plages, ...), dégradation des bancs d'algues qui stabilisent les
sédiments et servent d'habitats à divers poissons, etc. Au Cap Esterias et à la Sablière,
l'extraction intensive de sable a accéléré l'avancée de la mer sur la plateforme
continentale, menaçant les habitations situées le long du littoral.

➢ Les pressions sur les ressources halieutiques

Les eaux maritimes et continentales gabonaises regorgent d'importantes ressources


halieutiques qui alimentent une activité de pêche industrielle et artisanale. Dans
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l'écosystème aquatique, les niches écologiques affectées par ces pêches sont distinctes,
mais complémentaires. Et, la pratique intensive et non durable de ces activités risque
d'affecter à long terme ce potentiel halieutique.
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

L'exploitation anarchique fait aussi craindre une baisse de la production nationale


halieutique. La pêche par le chalutage met en pression continue les mêmes zones
de chalutage, avec des incidences notoires sur la composition spécifique et en âge, donc
le potentiel reproducteur des stocks. La surpêche contribue également à accroître
la vulnérabilité et la perte des milieux aquatiques. Les prises de crevettes ont, par
exemple, enregistré une baisse de l'ordre de 80 %, seulement après six ans d'exploitation,
alors que jusqu'en 1980, ces crustacés recouvraient 20 % de la surface du plateau
continental (DGPA).
L'exploitation destructrice des fonds marins est aussi un facteur perturbateur des
stocks et des niveaux de reconstruction des ressources halieutiques. L'utilisation
d'ichtyotoxiques comme la roténone, de filets en crin ou aux mailles non réglementées,
n’épargnent pas les espèces juvéniles et sont autant de menaces pour une
surexploitation. Certains chalutiers vont jusqu'à pêcher à l'embouchure des fleuves, voire
même sur le littoral (à 15 m de la berge), causant des dégâts sur la flore maritime et sur
la reproduction des espèces, alors que les dispositions légales relatives aux zones
et modalités d’exercice de la pêche réservent la zone des embouchures et du littoral
jusqu'à 3 miles à la pêche artisanale et coutumière.
La pêche crevettière et la pêche thonière, entités de la pêche industrielle chalutière,
sont peu sélectives. En effet, la capture de crevettes s'accompagne de prise non
négligeable de poissons (ratio 1/5), souvent rejetés car de petite taille et/ou des espèces
non commercialisables (Alverson et al., 1994). Requins, dauphins, tortues marines sont
potentiellement des victimes de ces pêches. Ces prises accessoires ont un impact certain
sur la durabilité des stocks.

➢ Les espèces introduites

L’introduction, accidentelle ou intentionnelle, d’espèces exotiques de poissons


a provoqué des extinctions massives d’espèces indigènes. Le cas le plus célèbre est celui
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de l’introduction de la perche du Nil Lates niloticus dans le lac Victoria en Afrique


orientale, qui a occasionné la disparition de plus de 200 espèces (Shumway, 1999).
Il existe peu d'information sur les effets des introductions de poissons au Gabon. Mais,
les acteurs de la pêche sont de plus en plus inquiets du "désastre écologique" causé par
le sans-nom (Heterotis niloticus).
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

Dès 1960, ce poisson originaire des bassins sahélo-soudaniens a été introduit à des
fins de pisciculture, en raison de ses nombreux atouts (croissance rapide, taille calibrée,
qualité gustative de la chair). Vingt ans plus tard, cette espèce exotique s'est vite
multipliée hors de ses zones d'élevage ; actuellement, elle colonise tout le bassin inférieur
de l'Ogooué, les rivières, lacs et autres fleuves. Non seulement les alevins du sans-nom
se nourrissent du zooplancton, privant les autres poissons de ressources alimentaires,
mais l’adulte est aussi un dangereux prédateur piscivore. Cette compétition avec
les espèces natives cause une diminution notoire de l'abondance des tilapias, carpes,
mérous, mulets, etc.
Au Gabon, les dégâts aux écosystèmes aquatiques occasionnés par la dissémination
des plantes exotiques sont encore insignifiants, mais à redouter. La jacinthe d'eau
Eichhornia crassipes, la laitue d'eau Pistia stratiotes et la fougère d'eau Salvinia molesta
couvrent de vastes superficies, formant un écran étanche à toute pénétration de lumière,
causent la mortalité des poissons, asphyxient les eaux, perturbent leur écoulement
et entravent la navigation (Mumba et Howard, 2005).

I.D. STATUT DE CONSERVATION DES ESPECES DU GABON

Plusieurs espèces de la flore et de la faune gabonaise sont régulièrement inscrites sur


la liste rouge UICN (tableaux 13 et 14). Par ailleurs, en vue de préserver son patrimoine
faunique, le Gabon s'est doté de lois qui confèrent à certaines espèces un statut
de protection (tableau 15 ; figure 9). A ce jour, on recense 38 espèces intégralement
protégées au Gabon, dont la chasse, la capture, la détention, la commercialisation, ainsi
que le transport sont interdits, sauf dérogation accordée par arrêté du ministère
en charge des Eaux et Forêts au titulaire d’un permis scientifique de chasse
ou de capture. La chasse, la capture, la détention, le transport et la commercialisation
de 13 espèces animales partiellement protégées sont réglementés conformément aux
textes en vigueur.
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Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

Tableau 13 : Liste rouge UICN des espèces végétales gabonaises

Nom scientifique Risque Nom scientifique Risque

Autranella congolensis CR Gluema ivorensis VU


Magnistipula cuneatifolia CR Gossweilerodendron joveri VU
Ormocarpum klainei CR Guarea mayombensis VU
Polystachya victoriae CR Guarea thompsonii VU
Bulbophyllum pandanetorum EN Guibourtia ehie VU
Cassipourea acuminata EN Hallea ledermannii VU
Diospyros crassiflora EN Hallea stipulosa VU
Drypetes magnistipula EN Heritiera utilis VU
Gossweilerodendron balsamiferum EN Homalium ogoouense VU
Marantochloa mildbraedii EN Homalium patoklaense VU
Millettia laurentii EN Hugonia micans VU
Placodiscus caudatus EN Isolona zenkeri VU
Sarcophrynium villosum EN Jollydora pierrei VU
Swartzia fistuloides EN Khaya ivorensis VU
Testulea gabonensis EN Khaya senegalensis VU
Tieghemella africana EN Lecomtedoxa nogo VU
Tieghemella heckelii EN Lophira alata VU
Uvariopsis vanderystii EN Lovoa trichilioides VU
Afrostyrax lepidophyllus VU Microberlinia brazzavillensis VU
Afzelia bipindensis VU Mikaniopsis vitalba VU
Afzelia pachyloba VU Momordica enneaphylla VU
Albizia ferruginea VU Monopetalanthus durandii VU
Allanblackia gabonensis VU Napoleonaea egertonii VU
Ancistrocladus letestui VU Nauclea diderrichii VU
Aucoumea klaineana VU Nesogordonia papaverifera VU
Baillonella toxisperma VU Nothospondias staudtii VU
Baphia leptostemma ssp. leptostemma VU Oricia lecomteana VU
Brillantaisia lancifolia VU Pandanus gabonensis VU
Calochone acuminata VU Pararistolochia ceropegioides VU
Calpocalyx brevifolius VU Pauridiantha venusta VU
Calpocalyx heitzii VU Piptostigma calophyllum VU
Calpocalyx klainei VU Piptostigma oyemense VU
Calpocalyx letestui VU Placodiscus opacus VU
Calpocalyx ngouiensis VU Pseudosabicea batesii VU
Calycosiphonia macrochlamys VU Pterygota bequaertii VU
Cassia aubrevillei VU Raphia regalis VU
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Cleistopholis staudtii VU Rhaphidophora pusilla VU


CR, en danger critique d'extinction lorsque les meilleures données disponibles indiquent Source : UICN, 2008
qu’il est confronté à un risque extrêmement élevé d’extinction à l’état sauvage
EN, en danger lorsque les meilleures données disponibles indiquent qu’il est confronté
à un risque très élevé d’extinction à l’état sauvage
VU, vulnérable lorsque les meilleures données disponibles indiquent qu’il est confronté
à un risque élevé d’extinction à l’état sauvage
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

Tableau 13 (Suite)

Nom scientifique Risque Nom scientifique Risque

Clerodendrum anomalum VU Rhaptopetalum belingense VU


Cola duparquetiana VU Rhaptopetalum sindarense VU
Cola letestui VU Rhodognaphalon breviscupe VU
Crotonogyne zenkeri VU Salacia lehmbachii var. manuslacertae VU
Dacryodes igaganga VU Salacia mamba VU
Dactyladenia laevis VU Strychnos staudtii VU
Deinbollia maxima VU Tapinanthus preussii VU
Deinbollia rambaensis VU Tapura arachnoidea VU
Delpydora macrophylla VU Tapura carinata VU
Drypetes preussii VU Tapura letestui VU
Duguetia barteri VU Tapura neglecta VU
Entandrophragma angolense VU Tricalysia atherura VU
Entandrophragma candollei VU Tricalysia concolor VU
Entandrophragma cylindricum VU Tricalysia obstetrix VU
Entandrophragma utile VU Uvariodendron giganteum VU
Eribroma oblonga VU Warneckea memecyloides VU
Garcinia kola VU Warneckea wildeana VU
Gilbertiodendron klainei VU Xanthocercis rabiensis VU
CR, en danger critique d'extinction lorsque les meilleures données disponibles indiquent Source : UICN, 2008
qu’il est confronté à un risque extrêmement élevé d’extinction à l’état sauvage
EN, en danger lorsque les meilleures données disponibles indiquent qu’il est confronté
à un risque très élevé d’extinction à l’état sauvage
VU, vulnérable lorsque les meilleures données disponibles indiquent qu’il est confronté
à un risque élevé d’extinction à l’état sauvage

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Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

Tableau 14 : Liste rouge UICN des espèces animales gabonaises

Nom scientifique Nom commun Risque

Gorilla gorilla ssp. gorilla Gorille CR


Werneria iboundji Grenouille d’Iboundji CR
Leptodactylodon stevarti Grenouille de Stevart EN
Lycaon pictus Cynhyene, Loup-Peint, Lycaon EN
Pan troglodytes ssp. troglodytes Chimpanzé EN
Petropedetes palmipes Grenouille d’Efulen EN
Cercopithecus solatus Cercopithèque à queue de soleil VU
Colobus satanas Colobe noir VU
Falco naumanni Faucon, Crécerellette VU
Hippopotamus amphibius Hippopotame VU
Kinixys homeana Kinixys de Home VU
Loxodonta africana Eléphant africain, Eléphant d'Afrique VU
Mandrillus sphinx Mandrill VU
Morus capensis Fou du cap VU
Osteolaemus tetraspis Crocodile nain africain, Crocodile à front large, Crocodile à VU
nuque cuirassée
Panthera leo Lion d'Afrique VU
Picathartes oreas Picatharte du Cameroun, Picatharte à cou gris, Picatharte VU
à tête rouge
Ploceus subpersonatus Tisserin à bec grêle VU
Profelis aurata Chat doré VU
Rhinolophus silvestris - VU
Trigonoceps occipitalis Vautour à tête blanche VU
CR, en danger critique d'extinction lorsque les meilleures données disponibles indiquent qu’il Source : UICN, 2008
est confronté à un risque extrêmement élevé d’extinction à l’état sauvage
EN, en danger lorsque les meilleures données disponibles indiquent qu’il est confronté à un
risque très élevé d’extinction à l’état sauvage
VU, vulnérable lorsque les meilleures données disponibles indiquent qu’il est confronté à un
risque élevé d’extinction à l’état sauvage
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Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

Tableau 15 : Statut de protection de la faune sauvage sur le territoire du Gabon

Espèces partiellement protégées

Céphalophe à dos jaune Servalin


Guid hanarché Sitatunga
Jabiru du Sénégal Spatule d’Afrique
Perroquet gris Tantale ibis
Potamochère Varan
Python de Seba Vautour palmiste
Serval
Espèces intégralement protégées

Aigle couronné Galago de Demidoff


Aigle pêcheur Galago élégant
Baleine à bosse Gorille
Buffle Hippopotame
Céphalophe à pattes blanches Hylochère
Céphalophe de Grimm (Ntsa) Lamantin
Cercopithèque à queue de soleil Lion
Chat doré Mandrill
Chevrotain aquatique Oryctérope
Chimpanzé Pangolin géant
Cobe des roseaux Panthère
Cobe onctueux Pélican gris
Crocodile du Nil Picatharte à cou gris
Crocodile nain Potto de Bosman
Daman des arbres Potto de calabar
Drill Tortue imbriquée
Eléphant Tortue luth
Faux gavial Tortue olivâtre
Galago d'Allen Tortue verte
Source : XXX
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Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

Figure 9 : Quelques espèces animales protégées sur le territoire du Gabon

Page 72
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

I.E. INCIDENCES DES CHANGEMENTS OBSERVES SUR LE BIEN-ETRE HUMAIN

Les différents écosystèmes rencontrés au Gabon soutiennent une riche diversité


d'organismes vivants. Les interactions entre ces entités fournissent des biens et des
services, qui assurent le développement, dans ses différentes dimensions, des
populations gabonaises. La conservation de la diversité biologique et son utilisation
durable sont à la base du bien-être humain et économique. Elles sont particulièrement
importantes dans les secteurs majeurs de production tels que la foresterie, l’agriculture,
la pêche et le tourisme. Et, une gestion et une gouvernance adéquates de ces secteurs
permettent de tirer profit en continu des potentialités du milieu naturel.

I.E.1. Conservation durable de la biodiversité

Soucieux de préserver sa diversité biologique, l'une des plus riches d'Afrique centrale,
le Gabon a adopté assez tôt une politique de conservation de ses ressources naturelles.
En témoignent les créations, entre autres, de la station expérimentale forestière
de Sibang (aujourd'hui arboretum) dès 1934, de la réserve forestière de la Mondah
en 1951, du Complexe d'Aires Protégées de Gamba en 1962 et de la réserve d'Ipassa
en 1971, puis le réaménagement de l’ensemble des aires protégées disponibles en treize
Parcs Nationaux, couvrant 11 % du territoire. De nouvelles aires protégées sont
identifiées et en cours de classement ; ce qui mettrait près de 17 % du territoire national
sous protection. La signature et la ratification de la Convention sur la Diversité Biologique
renforcent la stratégie nationale de protection de l'environnement et de son utilisation
durable. Dès lors, le Gabon a identifié l'environnement comme pilier de son
développement durable et a progressivement intégré, dans ses politiques sectorielles,
plans et programmes, des mesures visant la conservation et l’utilisation durable des
ressources biologiques. Le Code de l'Environnement, le Code Forestier, le Code des
Pêches et de l'Aquaculture, le Code Agricole et la loi sur les Parcs Nationaux sont les
différents instruments législatifs qui régissent la politique du Gabon en matière
Page 73

d'environnement et de gestion durable de la biodiversité.


Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

➢ Le tourisme de nature / le tourisme de vision

Le capital naturel de la diversité biologique rencontrée au Gabon est valorisé par


l'implantation d'écosystèmes protégés. Il constitue une potentialité de développement
de tourisme. Bien conçu, c'est-à-dire avec une planification et une gouvernance intégrées,
qui prennent en compte aussi bien la biodiversité, les écosystèmes desquels elle dépend,
que les moyens de subsistance des communautés locales, le tourisme peut constituer
un volet très important de l'économie. Opération Loango, Sette-Cama Safaris, Gavilo, ...
sont autant d'initiatives d'écotourisme qui valorisent les terres sauvages, contribuant
de fait à la conservation de la biodiversité et à la croissance des économies locales.
Les opportunités d'emploi offertes sont nombreuses : écogardes, écoguides, pisteurs,
métiers de l'hôtellerie/restauration, ...
Le projet "Conservation de la biodiversité en forêt tropicale, à travers la coexistence
durable entre l’homme et l’animal", financé par l'Agence Japonaise de Coopération
Internationale (JICA), a pour objectif principal de proposer une méthodologie de gestion
durable de la biodiversité avec la participation de la population locale du Parc National
de Moukalaba-Doudou (PNMD). Avec une forte densité de gorilles (plus de 3 gorilles
au km2), en coexistence sympatrique avec des chimpanzés, le PNMD se prête
au développement de l’écotourisme de vision des gorilles. Pour ce faire, il faut, d'une
part, proposer une méthode de contact sécurisé entre l’homme et les primates, et d'autre
part, développer des méthodes scientifiques pour l’écotourisme, axées sur l’observation
des primates. La réalisation de ces objectifs nécessite de connaître la biodiversité
faunique et floristique, de renforcer les capacités des travailleurs locaux et d’étudier
également les maladies infectieuses communes aux hommes et aux grands singes, afin
de prévenir d'éventuelles transmissions de certains pathogènes des animaux vers les
hommes et vice-versa. Une équipe japonaise de l’Université de Kyoto a démarré en 2003
le travail d’habituation des gorilles dans le Parc National. Ce vaste projet, mené avec les
villages Doussala, Konzi et Mboungou, emploie 10 pisteurs de manière permanente.
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Le "groupe gentil" (groupe GG), composé d'une vingtaine d'individus, est actuellement
quasi-habitué à la présence des humains, ce qui contribue à l’émergence d’un tourisme
de vision des gorilles dans ce parc.
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

Les eaux gabonaises comptent 4 des 7 espèces de tortues marines qui existent
au monde et abritent 30 % de la population mondiale nidifiante de tortues luth. En raison
des nombreuses menaces qui contribuent à l'extinction de ces espèces, un réseau
Partenariat Tortues Marines du Gabon (Aventures Sans Frontières (ASF), WCS,
WWF/Ibonga, Gabon Environnement et PROTOMAC) s'est constitué et ses activités
s'inscrivent dans le cadre d’un plan national de gestion de cette faune sauvage.
Les objectifs poursuivis sont d'assurer une protection pérenne des tortues marines (près
de 15 écogardes et scientifiques protègent les tortues sur environ 85 km de côtes),
et d'apporter une aide au développement économique et social des populations locales
des Parcs Nationaux côtiers Akanda, Pongara, Loango, Moukalaba-Doudou, Mayumba
et le Système d’Aires Protégées de Gamba. Ainsi, la présence de tortues marines sur les
côtes gabonaises, tout en procurant emplois et revenus pour les communautés locales,
peut générer des retombées économiques intéressantes grâce à l’écotourisme.
Le patrimoine archéologique peut apporter une valeur ajoutée à l'offre touristique
gabonaise. Les différentes recherches menées ont permis de révéler de nombreux sites
archéologiques et de remarquables gisements d'art rupestre (Oslisly, 1987, 1989).
Pour mettre en valeur ce patrimoine archéologique, des circuits pédestres de découverte
des gravures rupestres ont été aménagés, comme les sites rupestres de Doda, d'Ayem
et de Kaya-Kaya (Oslisly, 1995).

➢ Le tourisme communautaire

En 2004, dans le cadre du Programme Sectoriel de Valorisation des Aires Protégées


(PSVAP), financé par l'Union Européenne, un projet pilote de tourisme communautaire
a été mis en place à Sette-Cama. L'objectif de ce projet est d'impliquer les populations
à tous les niveaux, opérationnels et décisionnels, dans le développement touristique.
La coopérative villageoise Abietu-bi-Sette Cama ("Ceci est le bien de Sette-Cama") fédère
les groupements d'activités de valorisation du savoir-faire local au service du tourisme
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(hébergement à la Case Abietu, cuisine traditionnelle, vente d'artisanat par le groupe


de production Mama Mafubu, connaissances ancestrales de la forêt, ...). Les revenus des
activités touristiques et artisanales d'Abietu sont redistribués au niveau local, dans une
caisse villageoise gérée par la coopérative. Cette expérience est un succès : 90 % des
ménages de Sette-Cama ont bénéficié du projet !
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

➢ L'agrobiodiversité

Complémentaire de la conservation in situ, impliquant le maintien des ressources


dans leurs habitats d’origine, comme la mise en place de zones protégées, la stratégie
de conservation ex situ permet de sauvegarder un grand nombre d'espèces avec
un minimum d'érosion génétique. Un exemple significatif de conservation ex situ est
la mise en place par l'Institut de Recherches Agronomiques et Forestières (IRAF)
et le Centre d'Introduction et d'Adaptation de Matériel Végétal (CIAM) de banques
de gène de bananier plantain (Musa spp.). Au Gabon, les bananiers et plantains figurent
parmi les principales spéculations vivrières de consommation courante. Malgré la grande
diversité variétale, malheureusement peu connue et valorisée, et des potentialités agro-
écologiques favorables, la production de ces cultures reste faible à cause de nombreuses
contraintes (vieillissement de la main d’œuvre active, exode rural, méthodes culturales
archaïques, forte pression parasitaire due aux maladies et aux ravageurs, absence
de matériel végétal performant et sain, inorganisation des filières, ...). Aussi, les paysans
font-ils souvent appel à des variétés améliorées. Cette pratique laisse entrevoir le risque
d'une disparition des variétés locales. La mise en place d'une collection nationale a ainsi
permis de sauvegarder 10 variétés locales de plantains. 12 variétés du germoplasm local
de manioc (Manihot esculenta) ont également été préservées dans les collections
nationales.
La diversité génétique est une composante essentielle de la biodiversité. Par diversité
génétique, on entend diversité des gènes au sein des espèces. Aussi, sous-espèces,
variétés et cultivars sont-ils l'expression de la diversité génétique. Cette diversité est
à la base du développement de nouvelles variétés de cultures et de l'amélioration
des cultures existantes. Il est donc indispensable d'en faire une description aussi
exhaustive que possible et de la conserver aussi largement que possible. En effet, plus
la variabilité génétique est préservée, plus il y a des chances d'y sélectionner des
caractères agronomiques intéressants. La constitution de banques de gène de variétés
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locales de manioc et de bananier plantain, l’évaluation de ces variétés contribuent non


seulement à sauvegarder cette agrobiodiversité, mais aussi à accroître significativement
la productivité de ces spéculations, donc à augmenter les revenus des paysans, et par
conséquent de lutter contre la pauvreté du monde rural.
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

➢ Les financements des initiatives de conservation des écosystèmes

Le Gabon a mis en place des instruments financiers pour favoriser la mise en œuvre
de sa politique de gestion rationnelle des écosystèmes. Parmi ces outils, on compte
le fonds forestier, les taxes foncières et le fonds fiduciaire.
Le fonds Forestier est un outil novateur soutenu par l’Etat gabonais. Il vise
le financement des opérations d’aménagement durable des forêts, des programmes
de reboisement, de la promotion, de la transformation des bois, de la conservation
et de la protection de la forêt et de ses multiples produits.
Les taxes forestières sont issues des activités forestières, des opérations de contrôle
et de recouvrement des infractions constatées auprès des exploitants forestiers
indélicats. On distingue les taxes suivantes : taxes d’attribution des permis, licences
et agréments, taxes sur la commercialisation locale et à l’exportation des produits
de la chasse, droits d’entrée dans les parcs nationaux et domaines de chasse, taxes
d’abattage, taxes de capture, taxes de détention d’animal sauvage vivant, etc.
Le fonds fiduciaire est prévu dans la loi n°03/2007 pour financer les Parcs Nationaux.
Il stipule que toute personne morale de droit public ou privé, nationale ou étrangère,
qui contribue au financement des parcs nationaux, peut conclure des contrats de fiducie.

I.E.2. Exploitation durable de la biodiversité

➢ La gestion forestière

Pendant longtemps, la production de bois d’œuvre a été la fonction prépondérante


dans l'exploitation non durable des forêts. A ce jour, cette pratique a évolué et le Gabon
s’est engagé dans la gestion forestière responsable, afin d’éviter la dégradation des forêts
et promouvoir la sécurisation des moyens de subsistances des populations. Le Code
Forestier en République Gabonaise met en exergue l’aménagement des ressources,
la mise en place des forêts communautaires et la réorganisation de l’exploitation des
ressources, notamment forestières à travers la création de nouveaux types de permis.
Page 77

Sur les 14 millions d'hectares de forêt attribués, 10 sont consacrés à la production


et 4 à la conservation. Plus de 3 millions hectares du domaine forestier permanent sont
sous aménagement durable et 6 millions hectares sont en Convention Provisoire
d’Aménagement-Exploitation-Transformation (CPAET).
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

Dans les lots des forêts sous aménagement durable, 1,8 millions d’hectares sont
certifiés par le Forest Stewarship Council (FSC). Enfin, 2,5 millions d’hectares de petits
permis font l’objet de regroupements dans le cadre du Projet d’Aménagement des Petits
Permis Forestiers Gabonais (PAPPFG), avec le concours de l’Agence Française
de Développement (AFD) et du Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM).
La mise en place de la politique d’aménagement et de protection des ressources
forestières a permis un accroissement en valeur ajoutée de la filière bois. Elle a en effet
connu une progression de ses recettes de 22 %, passant de 190,9 milliards de francs CFA
en 2006 à 232,9 milliards de francs CFA en 2007, et ce grâce à l'application de textes
relatifs à la gestion durable des forêts. L'établissement de la fiscalité forestière
différenciée a également permis à l’Etat d’accroître ses recettes de 2 à 12 milliards pour
la période 2003-2008. Par ailleurs, en application de l’article 251 du Code forestier,
certaines entreprises forestières contribuent au bien-être des populations locales,
en rétribuant en numéraires ou en finançant des projets ruraux. Toutefois, en vue
de s’assurer de la participation directe des populations locales dans la gestion forestière,
des Permis de Gré à Gré (PGG) leur sont concédés au sein d'un domaine rural, aux fins
d’avoir un revenu monétaire des prélèvements de bois issues de ces forêts.
En matière de co-gestion, le WWF a développé un programme de conservation dans
le massif forestier du nord du Gabon, comprenant les Parcs Nationaux de Minkebe
et de Mwagna. Cette zone subit de nombreuses pressions (exploitation forestière,
braconnage et chasse transfrontalière, exploitation minière, orpaillage artisanal, ...).
La gestion de ce massif implique donc des approches adaptées, qui tiennent compte des
différentes administrations impliquées, des exploitants forestiers et miniers, et des
populations locales/indigènes. D'où le développement d'un projet de gestion qui appuie
des missions de lutte antibraconnage. Les études scientifiques spécifiques participent
au renforcement de capacités des agents affectés dans les parcs et apportent un soutien
logistique et technique. Parallèlement, des protocoles d’entente sur la gestion de la faune
Page 78

et de la chasse dans les concessions forestières sont mis en œuvre. Ces protocoles visent
à développer des modèles de co-gestion au travers de consultations des parties
prenantes, afin de développer des ententes sur des règles de gestion de la faune dans des
concessions forestières ou sur des rivières d’accès. L'objectif de ces protocoles d'entente
est de préserver les droits légitimes des communautés (chasse à pied jusqu'à 15 km
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

autour des villages) et d'interdire simultanément des nouveaux types de chasse (chasse
avec des moyens roulants), qui ne bénéficient souvent qu’à une petite minorité. La faune
du cœur de la forêt, en dehors des terroirs de chasse à pied, reste ainsi préservée.
Ces protocoles d'entente concernent la vallée de l’Okano (9 500 km²), l’interzone
Minkebe-Ivindo (8 750 km²) et le massif forestier Djoua Zadié Mwagna (18 000 km²).
Les communautés locales ont très bien accueilli ces protocoles, car ils permettent
de concilier conservation de la biodiversité et leurs besoins vitaux.
Autre exemple de protocole d'entente sur la gestion de la faune et de la chasse,
le protocole d'entente sur la gestion de la faune lié à la rivière Oua, une voie d’accès
au massif de Minkebe. Ce protocole vise à préserver les droits de pêche et de petite
chasse, tout en éradiquant la chasse commerciale sur la rivière Oua.
La loi n°16/01 portant Code Forestier prévoit des dispositions de mise en place
de forêts communautaires. Le concept de forêt communautaire permet de concilier
(i) la conservation de la biodiversité forestière, (ii) l'implication des populations locales
à la gestion durable de cette biodiversité et (iii) l'amélioration des conditions de vie de ces
populations par le développement d'activités génératrices de revenus (agroforesterie,
exploitation de forêts communautaires ...). C'est l'objectif visé par le projet
Développement d’Alternatives Communautaires à l’Exploitation Forestière Illégale (projet
DACEFI), mené, en appui avec le WWF, dans la zone périphérique du Parc National
de Minkebe (zone de Makokou) pour réduire l’exploitation forestière illégale et abusive.
Les résultats de la première phase du projet (2006-2008) sont encourageants :
(1) appui à deux communautés villageoises pour l’élaboration des dossiers de forêts
communautaires pilotes ; (2) formations relatives à l'organisation de la vie associative,
l’abattage contrôlé, la transformation artisanale du bois, les techniques culturales et de
multiplication végétative ; (3) vulgarisation de techniques agroforestières durables ayant
permis la mise en place de trois pépinières villageoises d’une capacité totale de 9 000
plants dans trois sites partenaires ; (4) production/diffusion d'arbres fruitiers, d'essences
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forestières commerciales ; (5) tests de production d’une souche locale de champignons ;


(5) création de deux entités juridiques de gestion de forêts communautaires
(associations). La seconde phase du projet DACEFI vise le renforcement des actions et des
acquis, afin d’atteindre l’opérationnalisation de la foresterie communautaire, c'est-à-dire
l’exploitation des forêts communautaires dotées de Plans Simples de Gestion.
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

➢ Les produits forestiers non ligneux

Outre le bois, l'écosystème forestier de l'Afrique Centrale regorge de diverses


ressources, tels les Produits Forestiers Non Ligneux ou PFNL (Hecketsweiler et Mokoko
Ikonga 1991; Bourobou Bourobou 1994). Sont définis comme PFNL des biens d'origine
biologique, à savoir végétaux, champignons, animaux incluant viande, insectes, et toutes
parties de ces produits (graines, feuilles, tiges, peaux, poils, cornes, ...). Dans la législation
du Gabon, le bois de feu et ses dérivés sont classés parmi les PFNL.
Plantes alimentaires (manguier sauvage Irvingia gabonensis, feuilles de nkumu
Gnetum africanum, noix de cola Cola acuminata, C. nitida, ...), plantes medico-mystiques
(Iboga Tabernanthe iboga, ...), feuilles pour emballage (marantacées Marantochloa sp.,
Megaphrynium sp.), rotins (Eremospatha spp., Laccosperma spp.), et miel sont parmi les
PFNL les plus prisés. Les champignons sauvages sont également des PFNL très appréciés,
et de plus en plus considérés comme aliment de substitution à la viande et au poisson
en milieu rural. Au nord du Gabon, les populations rurales consomment environ 60 kg
de champignons/famille/an (Eyi Ndong 2009). Beaucoup de PFNL ont des usages
multiples, comme les lianes grimpantes du genre Gnetum qui sont alimentaires et ont des
vertus médicinales (antidote, anti-nauséeux ou désinfectant).
Si une partie des PFNL récoltés est destinée à l'autoconsommation, une autre est
commercialisée sur les marchés locaux, nationaux, régionaux, voire internationaux
(Tabuna 1993, Schneemann et Dijkstra 1994, Ndoye 1995). Bien qu'il soit difficile
d'évaluer leur contribution au niveau de vie des populations et aux économies nationales,
les différentes données montrent que les PFNL constituent une source importante
de subsistance, contribuent à la diversification de revenus pour de nombreux paysans.
Mais, bon nombre des espèces de PFNL sont menacées par des méthodes d'exploitation
non durables et mériteraient d'être valorisées pour garantir leur pérennité, dans une
moindre mesure une sécurité alimentaire des populations locales, ainsi que la durabilité
de leur commerce, même informel.
Page 80
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

➢ La diversité biologique, une valeur pour la santé

La santé est définie par l'Organisation Mondiale de la Santé comme "un état
de complet bien-être physique, mental et social et ne consiste pas seulement en une
absence de maladie ou d’infirmité". Dans toutes ses composantes, diversité génétique
(diversité intraspécifique ou variabilité des gènes au sein d'une même espèce ou d'une
population), diversité spécifique (diversité interspécifique ou diversité des espèces)
et diversité écosystémique (diversité des écosystèmes et des interactions
écosystèmes/populations), la biodiversité est essentielle au maintien de la santé
humaine, assurant la résistance aux maladies infectieuses et à transmission vectorielle,
ainsi que la santé mentale (Secrétariat de la Convention sur la Diversité Biologique, 2009).
Les maladies transmissibles évoluent en fonction de l'environnement (forêt, savane,
cité, village, …) et des changements environnementaux (déforestation, grands ouvrages,
pratiques agricoles,…). Ainsi, la manifestation clinique et/ou épidémiologique d’une
même maladie dans un milieu tropical humide, dans un environnement rural ou urbain,
et au cours des saisons, dépend de la présence/abondance d’un vecteur, d’un hôte
spécifique eux-mêmes adaptés à l’environnement présent, donc de la biodiversité
environnante. La biodiversité des parasites, des hôtes, des hommes et de
l'environnement joue donc un rôle fondamental dans les phénomènes d’émergence,
de dispersion et d’endémisation des maladies. C'est ainsi que le Centre International
de Recherches Médicales de Franceville (CIRMF) développe la thématique de recherche
"Biodiversité, Environnement et Santé". Cette approche basée sur l'écologie de la santé
vise à offrir aux responsables de santé des outils (médicaments, vaccins, diagnostic,…)
et des stratégies de prévention (veille sanitaire, vaccinations,…), nécessaires à la lutte
contre les maladies.
Dans le domaine de la nutrition, le Centre National de Nutrition organise
régulièrement des campagnes pour lutter contre la malnutrition chez les enfants et les
nourrissons. Ces campagnes visent à une utilisation pertinente et efficiente
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des composants de la biodiversité gabonaise dans leur alimentation.


L'Institut de Pharmacopée et de Médecine Traditionnelle (IPHAMETRA) mène des
études de valorisation des ressources biologiques. L'institut de recherche constitue
également une plate forme d’échanges et d’intégration de la médecine moderne et de la
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

pharmacopée traditionnelle, pour une utilisation rationnelle de la biodiversité en faveur


de la santé. D'où, le développement de Médicaments Traditionnels Améliorés (MTA),
qui présentent l'avantage d'être peu onéreux. A titre d'exemple, on peut citer
le Palmilant®, à partir d'extraits de Lantana camara et Elaeis guineensis, plantes utilisées
dans la médecine traditionnelle gabonaise. Ce MTA possède des propriétés antibiotiques,
antalgiques, anti-inflammatoires et régénératrices des tissus lésés. Par ailleurs, sous
la tutelle de l'IPHAMETRA, des tradipraticiens se sont organisés en une association,
qui leur permet de vivre de leurs activités. En moyenne, chaque tradipraticien percevrait
un revenu mensuel de 300 000 francs CFA.

➢ L'activité halieutique

Longtemps considéré comme marginal, le secteur de la pêche est actuellement


l’un des secteurs porteurs dans la stratégie globale de diversification de l’économie, avec
la mise en place d'une politique de pêche responsable, générant des bénéfices pour
l'économie nationale et améliorant la sécurité alimentaire. Cette politique est soutenue
par le Code des Pêches et de l'Aquaculture qui énonce les principes de gestion durable
des ressources halieutiques, de protection des espèces et des écosystèmes. Ce code
définit les mécanismes de régulation d'accès aux ressources et tient compte des systèmes
traditionnels de gestion des ressources naturelles. Pour rester fidèle aux us et coutumes
du pays, il réaffirme la gratuité de l'exercice des droits d'usage coutumiers dans des zones
bien déterminées.
Le secteur pêche procure de l'emploi à près de 22 000 personnes, dont 14 000
à divers stades de la filière (vendeurs, distributeurs, écailleurs, restaurateurs, ...).
3 000 pêcheurs, dont 80 % de pêcheurs professionnels d'origine ouest-africaine, sont
en activité dans le sous secteur de la pêche artisanale en mer, pour une flotte de pêche
proche de 1 600 pirogues appartenant majoritairement aux nationaux. La pêche
continentale est essentiellement le fait de gabonais (93 %) pratiquant une pêche
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de subsistance saisonnière. Elle mobilise 5 000 pêcheurs répartis en trois catégories (57 %
de pêcheurs permanents, 9 % de pêcheurs occasionnels et 34 % de pêcheurs saisonniers),
et un peu plus de 1 800 pirogues dont 42 % sont motorisées (FAO, 2007).
D'une manière générale, la production de la pêche artisanale n'est pas assez
diversifiée, car elle reste très souvent cantonnée dans les estuaires et les lagunes,
Chapitre I : Aperçu et tendances de la biodiversité

les pirogues utilisées ne sont autonomes et/ou équipées que pour des pêches
de proximité. Dans le but de développer ces secteurs, des mesures incitatives ont été
prises : détaxes sur le prix du pétrole, avec pour résultante l'ensemble des moteurs des
unités de pêche artisanale qui fonctionnent au pétrole ; création de centres d’appui à la
pêche artisanale, avec services et biens sociaux, tels la fabrique de glace, des chambres
froides, des magasins pour le stockage du matériel, des halls pour la vente du poisson,
etc. La gestion de ces infrastructures est confiée aux associations ou communautés
de pêche. Le réseau hydrographique pourrait permettre le développement d'activité
d'aquaculture, mais celle-ci reste encore à l'état embryonnaire (60 pisciculteurs, dont
90 % de nationaux et moins de 9 % de femmes).
L'utilisation d'engins peu performants, la pratique d'une pêche occasionnelle, la très
faible densité de la population dans les zones rurales et les difficultés pour acheminer les
captures vers les centres urbains éloignés expliquent le lent développement de l’activité
pêche. C'est dans cette optique qu'a été mis en place un nouveau type d'élevage semi-
intensif de la carpe de Mbouda (Oreochromis niloticus), en cages flottantes, à la station
d'Onangué (Mve Beh, 2009, comm. pers). Le lac Onangue a été choisi en raison de sa
position géographique, de son étendue et de la connaissance de ses caractéristiques.
La carpe de Mbouda est une espèce introduite, très appréciée, dont l'élevage est bien
maîtrisé. Ce poisson "rustique" est peu sensible aux maladies, peu exigeant ; il s'adapte
donc aux conditions précaires d'élevage. Généralement, cette espèce de carpe fait l'objet
d'une pêche saisonnière, notamment en saison sèche. Aussi, ce type d'élevage permet un
approvisionnement régulier en carpes toute l'année, et par conséquent des revenus
substantiels et réguliers aux communautés locales. A noter que cette technique
d'aquaculture s'intègre bien dans les activités agropastorales, sans perturbation
du calendrier agricole.
Page 83
Chapitre II : Stratégies et plans d'action nationaux sur la diversité biologique

CHAPITRE II : ETAT D’AVANCEMENT DES STRATEGIES ET PLANS D’ACTION


NATIONAUX SUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE

II.A. BREVE DESCRIPTION DES STRATEGIES ET PLANS D’ACTION NATIONAUX


SUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE

Le Gabon a élaboré une Stratégie Nationale et Plan d’Action sur la Diversité


Biologique (SNPA-DB), validés politiquement en 2000. L’objectif global du SNPA-DB est
d’assurer la conservation de la biodiversité d’ici 2025 et de garantir un partage équitable
des bénéfices socio-économique et écologique issus de l’exploitation des ressources
naturelles à travers la sensibilisation du public et le renforcement des capacités humaines
et institutionnelles. Cinq objectifs opérationnels ont été identifiés :
• étudier la biodiversité ;
• protéger la biodiversité (gènes, espèces, habitats et écosystèmes) ;
• avoir une meilleure compréhension de l’environnement humain et physique
afin de réaliser et d’apprécier la valeur de cette biodiversité ;
• concevoir une économie viable et dynamique qui tienne compte de la
biodiversité ;
• assurer l’implication des communautés locales dans la conservation de la
biodiversité.
Ainsi, les priorités qui ont été dégagées de la Stratégie et Plan d’Action Nationaux
du Gabon se résument (i) à la connaissance et la conservation de la biodiversité,
(ii) au partage équitable des avantages, (iii) au développement durable et (iv)
au renforcement des capacités humaines et institutionnelles. La Stratégie et Plan d’Action
du Gabon ont débouché sur les actions prioritaires ou principales suivantes :
• la création de l'Observatoire National de la Biodiversité (ONB), non fonctionnel
actuellement ;
Page 84

• l’élaboration du Programme Sectoriel Forêt, Pêche et Environnement (PFSE) qui


a permis à ces différents secteurs de pouvoir financer les activités relatives
à la conservation ;
Chapitre II : Stratégies et plans d'action nationaux sur la diversité biologique

• la création en 2002 d’un réseau de 13 parcs nationaux occupant plus de 11%


du territoire national (tableau 8), faisant ainsi du Gabon l’un des pays de la
sous-région à avoir atteint la norme des zones à conserver dans un pays.
• la réalisation du projet développement des capacités humaines
et institutionnelles.
Au regard de l’horizon 2025, il serait judicieux de réviser la stratégie et le plan
d’action du Gabon pour tenir compte de l’horizon fixé par rapport à l’exécution des
objectifs de la biodiversité d’ici 2020.

II.B. OBJECTIFS ET INDICATEURS (MONDIAUX ET NATIONAUX) ADOPTES DANS


LE CADRE DE LA CONVENTION

La quasi-totalité des objectifs et indicateurs (mondiaux et nationaux) adoptés dans


le cadre de la Convention ont été intégrés dans la stratégie nationale et le plan d’action
national sur la diversité biologique, en dehors des problématiques liées aux espèces
exotiques envahissantes, aux changements climatiques et à la pollution qui deviennent
des préoccupations majeures (tableau 16).

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Tableau 16 : Buts, Objectifs mondiaux et niveaux d'intégration dans la Stratégie et Plan d'action du Gabon

Buts adoptés Objectifs mondiaux adoptés Niveau d’intégration dans la Stratégie

Chapitre II : Stratégies et plans d'action nationaux sur la diversité biologique


dans le cadre de la Convention dans le cadre de la Convention et Plan d’Action du Gabon
But 1 : Objectif 1.1. Au moins 10% de chacune des régions Le Gabon a classé plus de 11% de son territoire en Aires
Protéger les éléments constitutifs de la écologiques de la planète sont effectivement Protégées. La Stratégie et Plan d’Action Nationaux avaient
diversité biologique conservés relevé le manque de parcs nationaux au Gabon et la
recommandation était d’en créer. Cette recommandation
a été mise en œuvre.
Objectif 1.2. Les zones revêtant une importance Toutes les zones sensibles ont été répertoriées dans
particulière pour la diversité biologique sont la Stratégie et Plan d’Action Nationaux et ont été prises en
protégées compte lors de la création des parcs nationaux et d’autres
aires protégées.
But 2 : Objectif 2.1. Restaurer et préserver les populations Cette action avait été retenue dans la Stratégie et Plan
Promouvoir la conservation de la diversité des d’espèces de groupes taxonomiques sélectionnés, ou d’Action Nationaux mais n’est pas mise en œuvre
espèces freiner leur déclin actuellement faute de financement et de spécialistes.

Objectif 2.2. L’état des espèces menacées amélioré La révision de la liste des espèces protégées partiellement
et intégralement a été faite. Le statut de certaines espèces
a été revu pour tenir compte des menaces.

But 3 : Objectif 3.1. La diversité génétique des cultures, du Cette problématique a été prise en compte dans la Stratégie
Promouvoir la conservation de la diversité bétail, des espèces arboricoles récoltées, des espèces et Plan d’Action du Gabon mais n’est pas encore mise
génétique de poissons et des espèces sauvages capturées et en œuvre.
autres espèces à haute valeur commerciale est
conservée, les communautés autochtones et locales
qui leur sont associées sont préservées.

Page 86
Tableau 16 (Suite)

Buts adoptés Objectifs mondiaux adoptés Niveau d’intégration dans la Stratégie


dans le cadre de la Convention dans le cadre de la Convention et Plan d’Action du Gabon

Chapitre II : Stratégies et plans d'action nationaux sur la diversité biologique


But 4 : Objectif 4.1. Les produits basés sur la diversité Les dispositions de la Stratégie et Plan d’Action Nationaux
Promouvoir l’utilisation et la consommation biologique proviennent de sources gérées de manière sont complétées par les Plans d’Aménagement forestiers.
rationnelle durable et les zones de production sont gérées de
manière compatible avec la conservation de la
diversité biologique.
Objectif 4.2. La consommation non durable des Le Gabon a adopté le concept d’Exploitation à Faible Impact
ressources biologiques ou celle qui a un impact (EFI) dans ses programmes et plans nationaux.
néfaste sur la diversité biologique sont réduites.

Objectif 4.3. Aucune espèce de flore et de faune n’est La stratégie et Plan d’Action nationaux contiennent des
menacée par le commerce international. recommandations sur cette problématique.
A ces recommandations s’ajoute l’application stricte de la
Convention de la CITES.
But 5 : Objectif 5.1. Le rythme d’appauvrissement et de Cette question a été traitée de la même manière que
Réduire les pressions résultant de la perte dégradation des habitats naturels est réduit. l’objectif 4.2. S’ajoute à cette exigence le fait que des
d’habitats, de la dégradation et du changement entreprises se bousculent pour la certification tant dans le
de l’affectation des sols, ainsi que de l’utilisation secteur pétrolier que forestier.
irrationnelle de l’eau
But 6 : Objectif 6.1. Les plans de gestion sont en place pour Cette question n’a pas été traitée par la Stratégie et Plan
Lutter contre les risques posés par les espèces les principales espèces envahissantes qui menacent d’Action Nationaux, mais devrait figurer lors de la révision
exotiques envahissantes les écosystèmes, les habitas ou les espèces. de ces deux outils de gestion.

Page 87
Tableau 16 (Suite)

Buts adoptés Objectifs mondiaux adoptés Niveau d’intégration dans la Stratégie


dans le cadre de la Convention dans le cadre de la Convention et Plan d’Action du Gabon

Chapitre II : Stratégies et plans d'action nationaux sur la diversité biologique


But 7 : Objectif 7.1. Préserver et renforcer la résilience des Même remarque que précédemment.
Relever les défis posés à la diversité biologique éléments constitutifs de la diversité biologique à
par les changements climatiques et la pollution s’adapter aux changements climatiques.
Objectif 7.2. Réduire la pollution et ses impacts sur la Cette question aussi sera traitée lors de la révision de la
diversité biologique. Stratégie et Plan d’Action Nationaux.
But 8 : Objectif 8.1. La capacité des écosystèmes à fournir L’exigence est faite dans la Stratégie et Plan d’Action
Nationaux et complété par des plans d’Aménagement
Préserver la capacité des écosystèmes à des biens et services est préservée.
sectoriels.
fournir des biens et services et à procurer des
moyens de subsistance Objectif 8.2. Les ressources biologiques qui assurent La Stratégie et Plan d’Action Nationaux ont intégré cette
des moyens d’existence durables, la sécurité préoccupation car la déforestation au Gabon est inférieure
alimentaire locale et les soins médicaux, en particulier à 1 %.
au profit des pauvres, sont préservées.
But 9 Objectif 9.1. Protéger les connaissances, innovations Cette problématique est prise en compte par la Stratégie
Préserver la diversité socioculturelle des et pratiques traditionnelles. et Plan d’Action Nationaux mais n’est pas encore mise
communautés autochtones et locales en œuvre.
Objectif 9.2. Protéger les droits des communautés Même situation que précédemment.
autochtones et locales sur leurs connaissances,
innovations et pratiques traditionnelles, y compris
leurs droits sur le partage des avantages.

Page 88
Tableau 16 (Suite)

Buts adoptés Objectifs mondiaux adoptés Niveau d’intégration dans la Stratégie


dans le cadre de la Convention dans le cadre de la Convention et Plan d’Action du Gabon

Chapitre II : Stratégies et plans d'action nationaux sur la diversité biologique


But 10 Objectif 10.1. L’accès aux ressources génétiques est Cet objectif est pris en compte dans la Stratégie et Plan
Garantir le partage juste et équitable des conforme dans son ensemble à la Convention sur la d’Action Nationaux mais n’est pas encore mise en œuvre.
avantages résultant de l’utilisation des diversité biologique et à ses dispositions pertinentes.
ressources génétiques Objectif 10.2. Les avantages résultant de l’utilisation Cet objectif est pris en compte dans la Stratégie et Plan
commerciale et autre utilisation des ressources d’Action Nationaux mais n’est pas encore mise en œuvre.
génétiques partagés de manière juste et équitable
avec les pays où elles proviennent conformément à la
Convention sur la diversité biologique et à ses
dispositions pertinentes.
But 11 Objectif 11.1. Des ressources financières nouvelles et La question est consignée dans la Stratégie et Plan d’Action
Les Parties ont accru leurs capacités supplémentaires transférées aux pays en Nationaux mais la mise en œuvre n’est pas effective car
financières, humaines, scientifiques, techniques développement Parties à la Convention, pour leur le Gabon mais le fait qu’il soit pays en développement
et technologiques à appliquer la Convention. permettre de s’acquitter effectivement de la mise en ne bénéficie pas toujours des appuis financiers de la
œuvre de leurs obligations au titre de la Convention, Convention.
conformément avec l’article 20.
Objectif 11.2. Les technologies transférées vers les Comme précédemment question importante intégrée dans
pays en développement Parties à la Convention pour la Stratégie et Plan d’Action Nationaux, mais à ce jour aucun
leur permettre de s’acquitter effectivement de la mise transfert de technologie n’a été envisagé et le Gabon jamais
en œuvre de leurs engagements au titre de la bénéficié de cette offre.
Convention conformément avec le paragraphe 4) de
l’article 20.

Page 89
II.C. CONTRIBUTION DES ACTIVITES ENGAGEES AU TITRE DES STRATEGIES
ET PLANS D’ACTION NATIONAUX SUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE A LA MISE
EN ŒUVRE DES ARTICLES DE LA CONVENTION, DES PROGRAMMES
THEMATIQUES ET DES QUESTIONS INTERSECTORIELLES

La Stratégie et Plan d’Action Nationaux ont été élaborés conformément à l’article 6


de la Convention qui stipule que "chacune des parties contractantes [...] élabore des stratégies, plans

ou programmes nationaux tendant à assurer la conservation et l’utilisation durable


de la diversité biologique ou adapte à cette fin ses stratégies, plans ou programmes existants qui tiendront
compte, entre autres, des mesures énoncés dans la présente Convention qui la concernent".
La première action a été de renforcer la conservation in situ (article 8 de la CDB)
en créant un réseau de 13 parcs nationaux. D’autres aires protégées sont entrain de voir
le jour, surtout dans le domaine des eaux intérieures.

II.D. PRESENTATION SUCCINCTE DES PROGRES ACCOMPLIS DANS LA MISE


EN ŒUVRE DES ACTIVITES OU MESURES PRIORITAIRES

Comme énoncé précédemment, une des actions fortes a été la création d’un réseau
de 13 parcs nationaux, mais également le classement d’autres aires protégées tant terrestres
que maritimes. Le Gouvernement a aussi créé une Agence Nationale des Parcs Nationaux
(ANPN), chargée de gérer les parcs nationaux. Par ailleurs, une révision de la liste des
espèces menacées a été entreprise, faisant passer les espèces partiellement protégées
de 27 à 13 espèces et les espèces intégralement protégées de 25 à 40 espèces (source ;
Tableau 15).
L’Etat a aussi privilégié l’établissement d'Aires Protégées Transfrontières ou APT, gérées
par le Réseau d’Aires Protégées d’Afrique Centrale (RAPAC) dont le siège est au Gabon.
Les APT contribuent à l'harmonisation des politiques de conservation des systèmes d’aires
protégées du bassin du Congo. Comme initiatives transfrontalières impliquant le Gabon,
nous pouvons citer le complexe transfontalier trinational Dja-Odzala-Minkebe (TRIDOM),
qui s’étend sur le Gabon, le Congo et le Cameroun. Ce complexe couvre une superficie
de 141 000 km², dont 24 % d’aires protégées (Ivindo, Minkébé et Mwagne au Gabon, Dja,
Boumba-Bek et Nki au Cameroun et Odzala-Koukoua au Congo). Sur une superficie
de 26 747 km2, le paysage Monte-Alen-Monts de Cristal s'étend sur le Nord-Ouest du Gabon
(Parc National des Monts du Cristal), le Sud et Sud-Est de la Guinée Equatoriale
Chapitre II : Stratégies et plans d'action nationaux sur la diversité biologique

(Parc National de Monte Alén, Parc National de Altos de Nsork, Réserve de l’estuaire du Rio
Muni, le monument naturel de Piedra Nzas). Le paysage Gamba-Mayumba-Conkouati
(34 258 km2) est centré sur les Parcs Nationaux de Loango, Moukalaba-Doudou et Mayumba
au Gabon, et Conkouati-Douli au Congo. Le paysage Lopé-Massif du Chaillu-Louesse
(35 000 km2) s'étend sur 275 km du Nord au Sud, depuis le Gabon jusqu'à 50 km à l'intérieur
du Congo. Dans sa section gabonaise, ce paysage couvre les Parcs Nationaux de la lopé,
de Waka et de Birougou. Cependant, des efforts restent encore à entreprendre, notamment
dans l'établissement d'Aires Protégées Transfrontières marines.

II.E. INDICATIONS SUR LES RESSOURCES FINANCIERES NATIONALES


ET/OU INTERNATIONALES AFFECTEES AUX ACTIVITES PRIORITAIRES

Actuellement, le Gabon a mis en place trois principaux instruments financiers favorisant


la mise en œuvre de la politique de gestion rationnelle des écosystèmes, le Fonds Forestier,
les Taxes Forestières et le Fonds Fiduciaire. Le premier fonds sert à financer les opérations
d’aménagement durable de forêts, les programmes de reboisement, la transformation
du bois, la conservation et la protection de la forêt et ses multiples produits. Le second sert
à financer les Parcs Nationaux.
Au titre des ressources financières internationales, on peut noter le financement
de l’ANCR par le GEF et le financement du DPL de la Banque Mondiale dans le cadre
de la mise en œuvre du Programme Sectoriel Forêt et Environnement (PSFE).
Tous ces financements concourent à la mise en œuvre de la Convention.

II.F. EXAMEN DES REUSSITES OBTENUES ET DES DIFFICULTES RENCONTREES


LORS DE LA MISE EN ŒUVRE, AINSI QUE DES LEÇONS TIREES

➢ Examen des réussites

Le Gabon a pleinement rempli son cahier de charge en matière de conservation


en classant plus de 11% de son territoire en parcs nationaux et autres aires protégées.
Page 91
Chapitre II : Stratégies et plans d'action nationaux sur la diversité biologique

➢ Examen des difficultés

L’absence d’un cadre de concertation national, sur les aspects liés à la Convention sur
la Diversité Biologique, entraine les chevauchements au niveau des prérogatives dévolues
à chaque département ministériel. Ce qui constitue un blocage dans la mise en œuvre
efficiente de la Convention sur la Diversité Biologique. De même, la carence d’une expertise
spécialisée en matière de Biodiversité augmente la difficulté de la mise en œuvre de la
Convention.

II.G. ANALYSE DE L’EFFICACITE DES STRATEGIES ET DU PLAN D’ACTION


NATIONAUX SUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE

L'analyse de l’efficacité des stratégies nationales et du plan d’action national sur


la diversité biologique répond aux questions de savoir :

➢ Si les changements de l’état et des tendances de la diversité biologique


observés sont le résultat des mesures prises pour mettre en œuvre
les stratégies et plans d’action nationaux sur la diversité biologique et pour
appliquer la Convention

La réponse peut être envisagée dans la création des Parcs Nationaux, de l’Agence
Nationale des Parcs Nationaux qui regroupent un réseau de conservateurs sur le terrain ainsi
que des éco-gardes et éco-guides.

➢ Si les stratégies et plans d’action nationaux sur la diversité biologique actuels


sont appropriés pour s’attaquer aux menaces pesant sur la diversité biologique
identifiées dans le premier chapitre

Actuellement, la stratégie et le plan d’action nationaux sur la diversité biologique


ne sont plus appropriés pour s’attaquer aux menaces qui pèsent sur la diversité biologique.
C’est pourquoi une réactualisation de la stratégie nationale et un plan d’action national sur
la diversité biologique s’imposent.
Page 92
Chapitre II : Stratégies et plans d'action nationaux sur la diversité biologique

➢ De quelle façon la mise en œuvre des stratégies et plans d’action nationaux sur
la diversité biologique peut être améliorée, s’il y a lieu, y compris des
propositions sur des moyens possibles de surmonter les difficultés identifiées

Certes, il y a une volonté manifeste du Gouvernement à augmenter la superficie des


aires protégées, mais il va falloir actualiser la stratégie et plan d’action nationaux pour
intégrer d’autres enjeux soulevés par la Convention.

II.H. INFORMATIONS SPECIFIQUES DEMANDEES DANS LES DECISIONS


DE LA HUITIEME CONFERENCE DES PARTIES

➢ Progrès réalisés au niveau de la participation nationale des communautés


autochtones et locales

La réalisation de cette décision se limite encore à la consultation des communautés


locales et non à leur implication à cause souvent du manque d’expertise.

➢ Ressources génétiques des grands fonds et espèces situées au-delà des limites
de la juridiction nationale

La question est en discussion au niveau gouvernemental mais aucune action n’a été
encore envisagée. Cette décision n’est applicable qu’au niveau terrestre où le Gabon a mis
en place, avec l’aide du RAPAC, le réseau d’aires protégées transfrontières avec le Cameroun
et la Guinée Equatoriale.

➢ Aires protégées

Le Gabon a classé plus de 11 % de son territoire en parcs nationaux et autres aires


protégées. Signataire de la Convention de Ramsar ou Convention sur les zones humides,
qui vise à la conservation et l'utilisation durable des zones humides, le Gabon a inscrit, à ce
jour, neuf sites sur le registre de cette convention, soit 2 818 469 hectares (tableau 17)
Par ailleurs, depuis 2007, le site Lopé-Okanda est inscrit au Patrimoine Mondial
Page 93

de l'Unesco sous le nom de "Ecosystème et paysage culturel relique de Lopé-Okanda". Inscrit


sur la base de deux critères culturels et de deux critères naturels, ce bien mixte à Valeur
Chapitre II : Stratégies et plans d'action nationaux sur la diversité biologique

Universelle Exceptionnelle abrite un large éventail d’habitats et d’espèces, parmi lesquelles


des grands mammifères vulnérables ou en danger de disparition, ainsi que des vestiges
archéologiques d'au moins 400 000 ans. D'autres sites, identifiés et proposés à l'inscription
sur la Liste du patrimoine mondial, figurent sur la liste indicative UNESCO Gabon, à savoir :
l'écosystème et paysage culturel pygmée du massif de Minkébé (2003), le Parc National
d’Ivindo (2005), les grottes de Lastourville (2005), le Parc National des Plateaux Batéké
(2005), le Parc National Moukalaba-Doudou (2005), le Parc National des Monts Birougou
(2005) et l'ancien Hôpital Albert Schweitzer de Lambaréné (2009).

Page 94
Tableau 17 : Sites Ramsar du Gabon

Sites Localisation Superficie (ha) Caractéristiques

Chapitre II : Stratégies et plans d'action nationaux sur la diversité biologique


Akanda Estuaire 54 000 Forêt marécageuse / Savane herbeuse
(Parc National) Sites de nidification / Refuge pour oiseaux migrateurs
Zone d'alimentation importante pour tortues marines
Habitat majeur et nichoir poissons et crustacés
Petit Loango Ogooué-Maritime 480 000 Savane / Mangrove / Forêt tropicale humide / Plaine côtière avec plusieurs lacs, petites rivières
(Réserve de faune) et marais provisoires et permanents
Hippopotames, Gorilles, Eléphants de forêt
Site de ponte pour tortues marines / Site de reproduction des oiseaux
Pongara Estuaire 92 969 Mangroves / Savanes herbeuses / Forêts riveraines, littorales, marécageuses et inondées
(Parc National) Nombreuses rivières (Remboué, Igombiné, Gomgoué, ...)
Site de nidifiaction pour tortues marines
Importante population d'oiseaux migrateurs paléarctiques (jusqu'à 10 000 en hibernation)
Rapides de Mboungou Haut-Ogooué 59 500 Succession de défilés et de rapides, entre les confluents des rivières Mpassa et Leyou
Badouma et de Doumé Ogooué-Lolo Système de rivières permanentes et intermittentes, de marais permanents
Setté Cama Ogooué-Maritime 220 000 Plaine de sable légèrement onduleuse avec plusieurs lacs, marais, parsemés de savanes
(Réserve de faune et Domaine Biodiversité significative et diversifiée (15 espèces de chauves-souris, 80 espèces d'amphibiens
de chasse) et reptiles, plus de 450 d'espèces d'oiseaux, ...)
Niche écologique de plusieurs mammifères en danger (céphalophes, éléphants, hippopotames, ...)
Bas Ogooué Moyen Ogooué 862 700 Plaine alluviale sur 70 km / Marais / des Lacs et rivières
Ogooué Maritime Végétation luxuriante (Marais forestiers et riverains denses, Savanes, etc.)
Habitat de plusieurs espèces menacées (Gorille, Chimpanzé, Mandrill, Eléphant, Buffle, ...)
Remarquable avifaune des milieux humides
Riche Faune ichtyologique
Monts Birougou Ngounié 536 800 Paysage de forêts, marais, savanes, chutes et de montagnes (800 à 900 m)
(Parc National Ogooué-lolo Flore et faune remarquables dont 20 espèces de primates,
Valeur culturelle et religieuse
Chutes et Rapides sur Ivindo Ogooué Ivindo 132 500 Vallées qui maintiennent un réseau hydrographique dense
Large variété de flore
Fort Endémisme (oiseaux, poissons, ...)
Wonga-Wongue Ogooué-Maritime 380 000 Région côtière comprenant plaines et plateaux entaillés de nombreuses petites rivières et marais
(Réserve présidentielle) Forêt tropicale humide / Savane et fourrés
Habitat de mammifères et d'oiseaux aquatiques
Source : Convention Ramsar, 2011

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Chapitre III : Intégration ou démarginalisation des considérations sur la biodiversité

CHAPITRE III : INTEGRATION OU DEMARGINALISATION SECTORIELLES


ET INTERSECTORIELLES DES CONSIDERATIONS SUR
LA BIODIVERSITE

La diversité biologique est importante, non seulement en tant qu’objet de recherche


scientifique mais également en tant qu’élément interconnecté des secteurs et domaines
du développement global d’un pays, notamment des questions émergentes que sont
les changements climatiques, la sécurité alimentaire, le bien-être des populations
et les relations internationales (diplomaties environnementales). C’est pourquoi la mise
en œuvre des objectifs de la Convention sur la Diversité Biologique et les actions prescrites
dans la Stratégie Nationale et Plan d’Action en matière de Diversité Biologique (SNPA-DB)
exige l’engagement des principaux secteurs et l’implication des acteurs clés dans la mesure
où les activités qu’ils entreprennent ont un impact sur la conservation et l’utilisation durable
de la diversité biologique.
A ce titre, l’objet du présent chapitre est de décrire les efforts réalisés par le Gabon pour
intégrer la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique dans les politiques
sectorielles et intersectorielles pertinentes, conformément aux dispositions de l’article 6 b)
de la Convention sur la Diversité Biologique. Ainsi, il s’agit de passer en revue les diverses
initiatives menées dans chacun des principaux secteurs, tels que l'agriculture, la pêche,
les mines, le pétrole et la forêt.

III.A. INTEGRATION DE LA BIODIVERSITE DANS LES POLITIQUES SECTORIELLES


ET INTERSECTORIELLES

Héritant de la politique de conservation prônée par feu Président Omar BONGO


ONDIMBA, l’actuel Président de la République Gabonaise a réaffirmé ce choix dans sa vision
de l’émergence. Ainsi, à travers son projet de société "l’Avenir en confiance", et notamment en
Page 96

son cinquième axe relatif à la diversification de l’économie gabonaise, Son Excellence


Ali BONGO ONDIMBA, Président de la République, Chef de l’Etat, accorde une primauté
Chapitre III : Intégration ou démarginalisation des considérations sur la biodiversité

à l’intégration des préoccupations environnementales et principalement de la diversité


biologique dans le développement économique. C’est ainsi que le pilier "Gabon vert"
constitue un axe de son triptyque économique. Cette volonté politique d’intégration
de la diversité biologique dans la politique de développement du Gabon se traduit à travers,
d’une part, les mesures institutionnelles et juridiques qui sont prises et d’autre part,
des plans adoptés, programmes et projets réalisés.

III.A.1. Dans le cadre institutionnel

L’intégration de la diversité biologique dans les politiques sectorielles a débuté en 1976


dans le secteur de la recherche scientifique par la création des instituts de recherche et s’est
poursuivie dans les années 80. Progressivement, le cadre institutionnel s’est agrandi avec
la mise en place des administrations publiques, des ONG et l’éveil des entreprises appuyant
les initiatives de conservation de la diversité biologique.

➢ L'administration publique

Il s’agit essentiellement des départements ministériels et des agences. Concernant


les départements ministériels, nous pouvons citer le Ministère en charge de l’Écologie
et du Développement Durable dont le balbutiement a commencé en 1976. Sa mise en place
s’est achevée en 1985 suite à la création, à travers le décret n°000913 du 29 mai 1985,
du Ministère de l’Environnement et de la Protection de la Nature. Dans le même registre,
nous ajouterons le Ministère des Eaux et Forêts qui crée, à travers le décret n°0291/PR/MEF
du 18 février 2011, la Direction Générale des Forêts, la Direction Générale de la Faune
et des Aires Protégées, la Direction Générale des Écosystèmes Aquatiques et la Direction
Générale en charge de la valorisation des produits forestiers non ligneux. L’une des missions
fondamentales de ces départements est de contribuer à la gestion durable des ressources
biologiques.
Page 97
Chapitre III : Intégration ou démarginalisation des considérations sur la biodiversité

Au plan institutionnel, nous notons également le Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage,


de la Pêche et du Développement Rural qui comprend des composantes essentielles traitant
des questions de la biodiversité. Ce sont :
- la Direction Générale de l’Agriculture, qui prône une agriculture durable en tenant
compte de la préservation de l’agrobiodiversité ;
- la Direction Générale de la Pêche et de l’Aquaculture dont les missions sont, entre
autres, de gérer durablement les ressources halieutiques et de développer la domestication
et conservation in situ de certaines espèces halieutiques locales à travers les activités
d’aquaculture ;
- et la Direction Générale de l’Elevage qui s’illustre également dans promotion de la
conservation in situ de la faune à des fins alimentaire.

➢ Le secteur de la recherche scientifique et technologique

Actuellement, le Gabon compte cinq principaux instituts de recherche regroupés au sein


du Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique (CENAREST), à savoir
l'Institut de Recherche en Sciences Humaines (IRSH), l'Institut de Recherches Agronomiques
et Forestières (IRAF), l'Institut de Pharmacopée et de Médecine Traditionnelle (IPHAMETRA),
l'Institut de Recherche en Ecologie Tropicale (IRET) et l'Institut de Recherche Technologique
(IRT). Toutefois, seuls quatre de ces instituts (IRSH, IRAF, IPHAMETRA et IRET) traitent
de la problématique de la diversité biologique. Leurs missions sont déclinées ci-après.

Page 98
Chapitre III : Intégration ou démarginalisation des considérations sur la biodiversité

MISSIONS DE L’INSTITUT DE RECHERCHE EN SCIENCES HUMAINES (IRSH)


(Décret n° 01181/PR/MRSEPN du 8 décembre 1976)

1. Etudier toutes les données qui relèvent de la spécificité du genre humain ;


2. Rassembler et divulguer tous les travaux de recherche et études relevant de la nature
de l’Homme et des rapports de celui-ci avec la société dans laquelle il vit ;
3. Entreprendre et initier des thématiques et problématiques de recherche en rapport avec
la société, en conformité avec la politique nationale de recherche scientifique, dans
le souci du développement économique, social, politique et scientifique du pays.

MISSIONS DE L’INSTITUT DE RECHERCHES AGRONOMIQUES ET FORESTIERES (IRAF)


(Décret n°01159/PR/MRSEPN du 11 décembre 1976)

1. Entreprendre et développer les recherches sur les productions végétales, animales,


forestières, halieutique et sur l’économique rurale pour le développement économique
et social du Gabon ;
2. Œuvrer au développement de la coopération scientifique interafricaine et internationale
dans le domaine de ses compétences ;
3. Mener au profit des investisseurs, des études de projets dans les domaines agronomiques
et forestiers (études techniques et économiques) ;
4. Promouvoir la formation des chercheurs nationaux, des techniciens, des producteurs
et des étudiants.
OBJECTIFS DE l'IRAF
1. Constituer une banque de données sur les sols, les productions végétales, animales,
forestières, halieutiques et sur l’économie rurale pour assurer le développement durable
du Gabon ;
2. Augmenter la productivité ;
3. Contribuer à la sécurité alimentaire ;
4. Contribuer à l’aménagement des forêts et à l’industrialisation de la filière bois ;
5. Renforcer les capacités.
Page 99
Chapitre III : Intégration ou démarginalisation des considérations sur la biodiversité

MISSIONS DE L’INSTITUT DE PHARMACOPEE ET DE MEDECINE TRADITIONNELLE


(IPHAMETRA)
(Décret N° 1161/PR/MRSEPN du 11 décembre 1976)

1. Etudier les herbes et les plantes médicinales, alimentaires et toxiques; les produits
et procédés utilisés en médecine traditionnelle ;
2. Etablir la liaison et la coordination entre la médecine conventionnelle et la médecine
traditionnelle ;
3. Promouvoir une collaboration étroite entre les praticiens des deux médecines ;
4. Apporter un soutien aux tradithérapeutes ;
5. Exploiter la flore gabonaise par des études scientifique multidisciplinaires ;
6. Mettre au point une pharmacopée gabonaise et produire des médicaments traditionnels
améliorés ;
7. Promouvoir la formation des chercheurs et des techniciens.

MISSIONS DE L’INSTITUT DE RECHERCHE EN ECOLOGIE TROPICALE (IRET)


(Décret n° 01867/PR/MESRS du 25 novembre 1985)

1. Etudier le fonctionnement global d'écosystème en milieu Gabonais, leur stabilité, leur


potentiel de transformation, toutes les données qui relèvent de la spécificité du genre
humain.

Aux instituts ci-dessus énumérés s’ajoutent :


- l’Herbier National du Gabon, herbier de référence rattaché à l’IPHAMETRA,
qui a mis en place une collection des plantes ;
- la Station d’Etude des Gorilles et Chimpanzés (SEGC) du Centre International
de Recherche Médical de Franceville (CIRMF), localisée dans le Parc National de la Lopé ;
- la station de recherche Ipassa Makokou, localisée dans le Parc National de l’Ivindo
mise en place par l’IRET;
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- le laboratoire de recherche sur la biodiversité de Gamba mis en place par


la société SHELL Gabon, en partenariat avec l’Institut Smithsonian. Ce partenariat
Chapitre III : Intégration ou démarginalisation des considérations sur la biodiversité

Recherche/Opérateur économique a contribué à la connaissance de la diversité biologique


de Gamba par le biais de plusieurs publications. En matière de publications, nous pouvons
également citer celles de Vande weghe relatives aux différents parcs nationaux que compte
le Gabon.

➢ Les opérateurs économiques et Organisations Non Gouvernementales

Les opérateurs économiques sont de plus en plus conscients de la nécessité


de préserver l’environnement et notamment la diversité biologique. Loin d’en faire
une publicité, trois opérateurs économiques se sont largement illustrés en la matière.
AMERADA HESS et TOTAL Gabon ont réalisé plusieurs activités de sensibilisation
et d’éducation du public à travers l’organisation des journées socio-éducatives, la production
de calendriers illustrés et la pose de panneaux publicitaires affichés dans des nombreux sites
publics. SHELL Gabon a contribué au financement, à Gamba, d’un laboratoire de recherche
en matière de biodiversité.
La participation effective des Organisations Non Gouvernementales (ONG) et des
associations du domaine de l’environnement ainsi que des organisations de base impliquées
dans la gestion des ressources biologiques vise à faire en sorte que ces organisations
deviennent de véritables partenaires efficaces et efficients dans la mise en œuvre
des activités de terrain. Pour intégrer cette composante majeure dans le dispositif
institutionnel de gestion durable des ressources biologiques, le département en charge
de l’écologie et du Développement Durable appuie techniquement et financièrement
les ONG. Le Gabon compte plus d’une quarantaine des ONG travaillant dans le secteur
de l’environnement dont 50 % s’occupent exclusivement de la protection des ressources
biologiques. Elles réalisent, à cet effet, plusieurs programmes, projets et activités. A titre
d’exemple, certaines entreprennent des activités de protection des tortues marines,
d’autres font la promotion de l’écotourisme et lutte contre le braconnage.
Page 101
Chapitre III : Intégration ou démarginalisation des considérations sur la biodiversité

III.A.2. Dans le cadre juridique

Depuis la Conférence des Nations Unies sur l’Environnement et le Développement


(CNUED), tenue en 1992 à Rio de Janeiro (Brésil), des instruments juridiques traitant
de l’environnement se sont multipliés, comme les instances, manifestations et colloques
s’intéressant à ce domaine. Actuellement, on dénombre plus de 500 instruments
internationaux relatifs à l’environnement, dont 323 ont un caractère régional. Les Accords
Multilatéraux sur l’Environnement (AME) traitent essentiellement des thèmes suivants :
- l’air ;
- le vivant ;
- le milieu marin et côtier ;
- la désertification et la protection des écosystèmes ;
- les déchets et substances dangereuses ;
- les pollutions marines ;
- la participation du public et armement.

Bien que les questions de biodiversité s’inscrivent dans les AME traitant du vivant, elles
s’inscrivent aussi dans l’ensemble des thématiques couvrant les AME. Toutefois,
la convention cadre en la matière reste la Convention sur la Diversité Biologique (CDB),
à laquelle s’ajoutent d’autres dont le Gabon est Pays Partie : la Convention d’Alger sur
la Conservation de la Nature et des Ressources Naturelles, la Convention sur le Commerce
International des Espèces de Faune et de Flore Sauvage menacées d’extinction (CITES),
la Convention sur la Conservation des Espèces Migratrices appartenant à la faune sauvage
(CMS), la Convention Internationale pour la Protection des Végétaux (CIPV), la Convention
de Genève de 1983 ou Accord International sur les Bois Tropicaux (ITTA), la Convention
Internationale pour la Conservation des thonidés de l’Atlantique, le Traité International
sur les Ressources Phytogénétiques pour l’Alimentation et l’Agriculture, la Convention
de 1971 relative aux zones humides d’importance internationale, particulièrement comme
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habitats de la faune Sauvage dite Convention RAMSAR, la Convention du 2 décembre 1946


sur la réglementation de la chasse à la baleine et aux grands cétacés, l’Accord relatif
Chapitre III : Intégration ou démarginalisation des considérations sur la biodiversité

à l’application de la Partie XI de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer


du 10 décembre 1992, le Protocole de Cartagena sur la Prévention des Risques
Biotechnologiques relatif à la Convention sur la Diversité Biologique, la Convention
et le Protocole d’Abidjan, et le Protocole de Nagoya sur l’accès aux ressources génétiques
et le partage juste et équitable des avantages découlant de leur utilisation. Pour internaliser
l’ensemble desdits instruments juridiques et intégrer de facto la dimension de la gestion
durable des ressources biologiques, le Gabon a adopté plusieurs textes législatifs
et réglementaires.

➢ Le Code de l’Environnement

La loi 16/93 du 26 août 1993, relative à la protection et l’amélioration


de l’environnement dite Code de l'Environnement, donne les grandes orientations
en matière de protection de l’environnement. Elle est complétée par plusieurs textes
réglementaires dont le Décret n°00259/PR/MEFEPEPN du 15 juillet 2005 réglementant
les Etudes d’Impacts sur l’Environnement (EIE) et le décret instituant la Commission
Nationale du Développement Durable (CNDD). A ce jour, le Code de l’Environnement a été
actualisé ; cette actualisation a permis d’introduire implicitement plusieurs thématiques
dont la biodiversité, la biotechnologie et les changements climatiques.

➢ Le Code Forestier

La loi N°16/2001 du 31 décembre 2001 portant Code Forestier en République Gabonaise


vise à concilier les nécessités de développement économique et celles de pérennisation
des ressources naturelles renouvelables, de préservation de son environnement naturel.
Il s’agit de développer l’efficacité écologique en vue d’accroître la contribution du secteur
forestier notamment à la croissance économique et à la lutte contre la pauvreté.
Cette efficacité repose sur l’implication de tous les acteurs du secteur (administration
publique, secteur privé, membres de la société civile, élus locaux, bailleurs de fonds et autres
Page 103

partenaires au développement, etc.). Plusieurs textes d’applications traitant exclusivement


Chapitre III : Intégration ou démarginalisation des considérations sur la biodiversité

des questions liées à la gestion durable de la faune sauvage complète le dispositif juridique
du secteur.

➢ Le Code des Pêches et de l'Aquaculture

En 2005, le Gabon s’est doté pour la première fois d’une loi en matière de pêche
et d’aquaculture, dite loi 015/2005 du 8 octobre 2005 portant Code des Pêches
et de l’Aquaculture en République Gabonaise. Ledit code renferme l’ensemble des règles
applicables aux activités de pêche et d’aquaculture pour une gestion durable des ressources
halieutiques en République gabonaise. A cet égard, il met l’accent sur la gestion durable
des ressources halieutiques, la protection des espèces et des écosystèmes aquatiques ainsi
que la surveillance, notions qui n’existaient pas dans l’ancienne réglementation. L’enjeu
actuel des responsables de l’administration des pêches et de l’aquaculture est de mettre
en place des textes d’application en vue de la mise en œuvre du Code des Pêches.
A côté dudit code, nous pouvons également noter la loi n°9/84 instituant une zone
économique exclusive de 200 miles marins, afin de sécuriser les ressources halieutiques face
à la prédation de chalutiers et la décision n°000675 du 1er janvier 1999 instituant le repos
biologique de certaines espèces halieutique telles que les sardinelles et les crevettes. Durant
cette période, la pêche de ces espèces est strictement interdite.

➢ La loi sur les Parcs nationaux

Le dispositif juridique de gestion durable des ressources biologiques s’est enrichi avec
la promulgation de la loi n°003/2007 du 27 août 2007 relative aux Parcs nationaux.
L’adoption de cette loi a également permis de renforcer le cadre institutionnel en matière
de gestion des ressources biologique ; en effet, elle a contribué à la création de l’Agence
Nationale des Parcs nationaux (ANPN).

➢ Le Code Minier

La base du Code minier est constituée par la loi n° 5/2000 du 12 octobre 2000 qui régit,
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à l’exception des hydrocarbures liquides ou gazeux et des eaux souterraines relevant des
régimes particuliers, la prospection, la recherche, l’exploitation, la transformation,
Chapitre III : Intégration ou démarginalisation des considérations sur la biodiversité

la possession, la détention, le transport et la commercialisation des, substances minérales


utiles. Des aspects de protection des ressources naturelles y sont également envisagés.
En effet l’article 2 de la loi n°5/2000 sus indiquée définit le Code Minier comme étant
ensemble des dispositions. Celles-ci proviennent des autres lois que sont le Code
de l’Environnement, le Code Forestier, le Code De Pêche, la loi n°14/63 du 8 mai 1963 fixant
la composition, du domaine de l’Etat et les règles qui en déterminent les modes de gestion
et d’aliénation, la loi n°3/81 du 8 juin 1981 fixant le cadre de cadre de la réglementation
de l’urbanisme, la loi n°6/61 du 10 mai 1961 réglementant l’expropriation pour cause
d’utilité publique, la loi n°15/63 du 8 mai 1963 fixant le régime de la propriété foncière,
l’ordonnance n°52/PR du 12 octobre 1970 relative à l’expropriation des terrains
insuffisamment mis en valeur, ainsi que les textes modificatifs subséquents.

➢ Les textes en matière agricole

Certaines analyses admettent que les pratiques agricoles figurent parmi les facteurs qui
sont à l’origine de l’expansion du déboisement, de la dégradation des terres et, par
conséquent, de la perte de la diversité biologique. C’est fort de ce qui précède que
le gouvernement a adopté une politique agricole qui intègre désormais les préoccupations
environnementales. C’est dans cette optique qu’il a adopté la loi n°23/2008 du 10 décembre
2008 portant politique de développement agricole durable en République Gabonaise et la loi
n°22/2008 du 10 décembre 2008 portant Code Agricole en République Gabonaise.

➢ La loi de Développement et de l’Aménagement du Territoire

Dans l’énumération du cadre juridique, nous pouvons également citer des textes
généraux qui ont trait au développement, mais qui pourraient avoir des impacts sur
la gestion durable des ressources biologiques. Le plus significatif desdits textes reste la loi
de développement et de l’aménagement du territoire ; cette loi promeut un développement
qui tient compte des aspirations des gabonais et des potentialités du pays.
Page 105

C’est la matérialisation de l’Etude Prospective Gabon 2025.


Chapitre III : Intégration ou démarginalisation des considérations sur la biodiversité

III.A.3. Dans les plans, programmes et projets

Pour montrer la cohérence dans l’élaboration des planifications et outils de mise


en œuvre des politiques, nous commencerons par décliner les différentes stratégies et plans
d’actions ayant pris en compte la diversité biologique. C’est par la suite que nous mettrions
en relief les projets réalisés par le Gabon en la matière.

➢ Stratégies et plans d’action

L’intégration de la dimension de la diversité biologique s’est également faite dans


les politiques de développement à travers des stratégies globales telles que l’Etude
Prospective Gabon 2025, le Document de Stratégie de Croissance et de Réduction
de la Pauvreté (DSCRP) et la Stratégie de Diversification de l’Economie. A ces outils,
s’ajoutent d’autres plans d’actions.

❖ Stratégies et plans d’action globaux

Plusieurs documents de cadrage général en matière de développement ont été adoptés


par le Gabon dont les plus significatifs sont ci-dessous présentés.

✓ L'Etude Prospective Gabon 2025

Avec l’appui du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), le Gabon
a initié, entre 1996 et 1977, une étude prospective dénommée "Gabon 2025" en vue
de dégager des scénarii qui conduiraient le Gabon vers un développement cohérent
en intégrant la valorisation optimum de ses ressources naturelles tout en préservant
l’environnement. La mise en œuvre des scénarii adoptés devrait permettre le Gabon,
à l’horizon 2025 d’être :
- un modèle de démocratie mettant en exergue les valeurs de paix, de liberté, d’Etat
de droit, de participation effective des citoyens à la vie publique ;
- un modèle de développement dont les résultats seraient la compétitivité
et la productivité économiques, la répartition équitable des revenus issus de la croissance
Page 106

économique, la valorisation des capitaux culturels et humains. Ces résultats assureraient


de facto le bien-être des populations.
Chapitre III : Intégration ou démarginalisation des considérations sur la biodiversité

La vision, les principes directeurs et certaines actions contenues dans la Stratégie


nationale et le plan d’action en matière de diversité biologique (2000) ont inspiré "Gabon
2025". A titre d’exemple, la vision de la Stratégie nationale et Plan d’Action en matière
de diversité biologique adopté en juillet 2000 s’énonce comme suit : "Le Gabon, à l’horizon
2025, doit assurer la conservation de la biodiversité et garantir un partage satisfaisant des avantages
socio-économiques et écologiques issus des ressources biologiques par une prise de conscience de l’importance
de ses ressources biologiques et par un développement des capacités humaines et institutionnelles".

✓ Le Document de Stratégie de Croissance et de Réduction de la Pauvreté

C’est dans la continuité de l’étude prospective Gabon 2025 que le Document


de Stratégie de Croissance et de Réduction de la Pauvreté ou DSCRP (Ministère de la
Planification et de la Programmation du Développement, 2003.) a été adopté en 2005.
Sa finalité est de développer des programmes et d’entreprendre des réformes structurelles
pouvant aboutir à la création de la richesse et fournir l’emploi en vue de réduire significative
la pauvreté au Gabon. Ceci ne pourrait être possible qu’en augmentant la contribution des
secteurs économiques susceptibles de soutenir la croissance économique lors de "l’après
pétrole".
Dans cette perspective, il s’agit :
- de combiner les efforts déployés par le secteur public et le secteur économique ;
- de mettre en place une politique de formation et un système éducatif adapté aux
besoins des opérateurs économiques ;
- d'améliorer la performance des services pertinents notamment infrastructures
de transport, énergie et communication ainsi que les structures sanitaires ;
- d'accroître la performance de l’administration et du système judiciaire.

Un des axes du DSCRP traite de l’opérationnalisation de l’Observatoire National


de la Biodiversité (ONB) comme outil de mise en œuvre de la CDB et ce, dans la perspective
de la contribution de la CDB à la lutte contre la pauvreté.
Page 107
Chapitre III : Intégration ou démarginalisation des considérations sur la biodiversité

✓ La Stratégie de Diversification de l’Economie

Grâce à l’appui de la Banque Africaine de Développement (BAD), le Gabon a, en 2007,


adopté sa stratégie de diversification de l’économie. L’objectif de celle-ci est de permettre
au Gabon de ne plus être indépendant du secteur pétrolier et de mettre en place des bases
structurelles pour y parvenir.
Cet engagement, réaffirmé par les plus hautes autorités du pays, se repose sur
la valorisation des ressources naturelles dont la diversité biologique. C’est cette logique qui
a conduit le Gabon a amorcé rapidement le processus de ratification du Protocole de Nagoya
sur l’accès aux ressources génétiques et le partage juste et équitable des avantages
découlant de leur utilisation.

✓ Le Plan Directeur de Développement de l’Ecotourisme

La création des parcs nationaux a conduit le gouvernement à élaborer un plan directeur


de développement de l’écotourisme. Conformément à la stratégie citée ci-dessus,
l’écotourisme se présente comme une nouvelle filière concourant à la diversification
de l’économie nationale.
Grâce à la riche diversité biologique qui s’y trouve, les parcs nationaux constitueront
les principales destinations touristiques du Gabon. Il s’agit là d’une autre forme
de la valorisation des ressources biologiques qui inéluctablement contribuera à la création
de la richesse nationale (PNB/PIB). Les produits proposés se présenteront sous forme de :
- "écotourisme de haut standing", orienté vers les parcs nationaux situés autour
de Libreville notamment Akanda et Pongara ;
- "écotourisme communautaire", orienté vers le monde rural avec pleine
implication des communautés autochtones et locales.
Page 108
Chapitre III : Intégration ou démarginalisation des considérations sur la biodiversité

✓ Autres outils de planification complémentaires

Depuis plusieurs Conférences des Parties, il a été évoqué l’idée de synergie entre les
différentes conventions de Rio que sont la Convention Cadre des Nations Unies sur les
Changements Climatiques (CCNUCC), la Convention des Nations Unies sur la Lutte contre
la Désertification (CNUCD) et la Convention sur la Diversité Biologique (CDB). C’est dans
ce cadre que les outils de planification de la CCNUCC et de la CNUCD ont été considérés
comme outils de planification complémentaires prenant en compte les préoccupations liées
à la gestion des ressources biologiques.
Ainsi, le Plan d’action de lutte contre la désertification (PAN/LCD), adopté depuis 2006,
énonce des activités visant la promotion de l’agriculture durable. Il s’agit de la protection
et du maintien de la biodiversité des sols indispensables à une agriculture rendable et moins
destructeurs des milieux. De même, le Gabon finalise l’élaboration de la stratégie nationale
sur les changements climatiques. Ce document qui est désigné par "Plan Climat" permettra
de décrire les actions de mitigation, d’adaptation ou de bonification afin de lutte contre
les changements climatiques. Outre la construction de certaines infrastructures, la prise
de certaines mesures juridiques et administratives, il s’agira de pérenniser la biodiversité
forestière indispensable à la lutte contre les changements climatiques. Le Plan Climat est
donc une réponse nationale face aux enjeux de changement climatique

❖ Stratégies et plans d’action sectoriels

Soucieux d’asseoir une politique de protection des écosystèmes et notamment


de la gestion durable des ressources biologiques, puis d’accroître et d’optimiser
la contribution desdites ressources à la production des richesses du pays, le Gouvernement
gabonais s’est engagé dans la formulation des stratégies et plans d’actions des secteurs
concernés par le maintient des équilibres des écosystèmes. Cet engagement a pris forme
à travers le Programme d’Action Forestier Tropical (PAFT), le Plan National d’Action
Environnementale (PNAE), la Stratégie Nationale et Plan d’Action en matière de Diversité
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Biologique (SNPA – DB).


Chapitre III : Intégration ou démarginalisation des considérations sur la biodiversité

✓ Le Programme d’Action Forestier National

L'exploitation forestière se présente actuellement comme un front qui se déplace de la


côte vers l’arrière pays. En 1998, sous l’égide de la FAO, le Gabon a lancé le Programme
d’Action Forestier National (PAFN). La démarche du PAFN, fondée sur la gestion
participative, a permis de dégager cinq axes principaux :
- la protection à long terme des écosystèmes forestiers ;
- la création d’un domaine forestier permanent de 12 millions d’hectares (dont
4 millions en zones protégées) et d’un domaine rural de 10 millions d’hectares ;
- l’élaboration et la mise en oeuvre de plans de gestion durable des forêts comme
condition nécessaire pour bénéficier de l’appui financier des donateurs ;
- la certification des forêts aménagées ;
- la participation croissante de la population rurale à la gestion forestière et à la
transformation locale des produits forestiers.

✓ Le Plan National d’Action Environnementale

Au sortir du Sommet de Rio (1992), le Gabon a entrepris une réflexion sur l’état
de l’environnement. Cette initiative a donné lieu à un schéma directeur sur l'environnement,
intitulé "Plan National d'Action Environnementale" ou PNAE. Le PNAE sert de cadre
de coordination et de supervision de toutes les actions relevant du domaine
de l'environnement au Gabon. Il sert de cadre d’organisation des priorités du Gouvernement
en matière d'environnement.
Le PNAE a donné lieu à un livre blanc proposant un programme de développement pour
le secteur environnemental, qui sera une grille de lecture et d’incitation pour l’ensemble des
acteurs (individuels, institutionnels, privés, etc.) qui seront impliqués dans ce secteur.
Adopté le 22 mars 2000 par le Gouvernement, le PNAE est basé sur les éléments suivants :
- la gestion et la protection de l’environnement urbain : gestion des ordures,

gestion de l’eau et assainissement ;


Page 110

- le développement de l’agriculture périurbaine ;

- le développement de l’eau potable en milieux urbain et rural ;


Chapitre III : Intégration ou démarginalisation des considérations sur la biodiversité

- la préservation et la gestion de la faune (biodiversité terrestre) ;


- la gestion côtière intégrée (biodiversité marine et côtière) ;
- la gestion forestière durable (biodiversité forestière) ;
- le développement et l’utilisation de l’énergie.

✓ La Stratégie Nationale et Plan d’Action en matière de Diversité Biologique

Elle s’inscrit dans le cadre du Plan National d'Action Environnementale (PNAE).


A cet égard, elle vient compléter et développer sa composante "Biodiversité".
Elle a également intégré les aspects de biodiversité forestière développés dans
le Programme d’Action Forestier Tropical (PAFT).
La Stratégie Nationale et Plan d’Action en matière de Diversité Biologique (SNPA-DB),
élaborée en application de l’article 6 de la CDB, définit l’état actuel de la biodiversité,
les causes de sa dégradation et les mesures préconisées pour y remédier, en tenant compte
à la fois des impératifs économique et ceux de conservation, de gestion durable des
ressources biologiques et de partage équitable des bénéfices tirés de cette gestion durable.
Elle a été adoptée par le Gouvernement lors de la session du Conseil des ministres
du 20 juillet 2000 et consacre la création de l’Observatoire National de la Biodiversité dont
la mission est de coordonner et suivre la mise en œuvre de la CDB à l’échelle nationale.

✓ Le Plan Directeur de Développement Intégré de la Pêche et de l’Aquaculture

Le Plan Directeur de Développement Intégré de la Pêche et de l'Aquaculture (PDDI),


toujours en cours, permet de contribuer à la sécurité alimentaire et à l’augmentation
du niveau des revenus des pêcheurs artisanaux et des pisciculteurs. Pour ce faire,
ce programme s’appuie sur les indications du DSCRP et du Programme Sectoriel Forêt, Pêche
et Environnement (PSFE). Il se présente comme un meilleur exemple d’utilisation durable
des ressources biologiques.

➢ Programmes et projets
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Suivant la logique de planification, les différentes stratégies et les plans d’action ont été
traduits en programmes et projets. Ceux-ci s’observent dans plusieurs secteurs : forêt,
Chapitre III : Intégration ou démarginalisation des considérations sur la biodiversité

environnement, pêche et agriculture. Outre les secteurs spécifiques, il existe également des
programmes globaux tels que les programmes de bonne gouvernance.

❖ Programmes d’ordre général

Le Gabon a adopté plusieurs programmes ayant une portée générale de développement


dont les plus appropriés au contexte d’intégration de la biodiversité sont le Programme
National de Bonne Gouvernance et le Programme d’Appui à la Gouvernance Sectorielle.

✓ Le Programme National de Bonne Gouvernance

La bonne gouvernance de façon globale passe par la mise en œuvre des réformes
pouvant conduire le Gabon vers un pays émergent. Le Programme National de Bonne
Gouvernance (PNBG) invite la nation gabonaise à asseoir des nouvelles pratiques
démocratiques, à développer davantage le processus de consensus et les pratiques
de gestion transparente et efficiente des ressources publiques.
La bonne gouvernance sous-tend également un système d’information transparent
et une stratégie de communication et de sensibilisation des principaux acteurs politiques,
économiques et sociaux. Il s’agit globalement de prendre des mesures qui amélioreront les
capacités institutionnelles et juridiques du pays. Celles-ci sont nécessaires, entre autres,
à la gestion de l’environnement mondial et national.

✓ Le Programme d’Appui à la Gouvernance Sectorielle

Le Programme d’Appui à la Gouvernance Sectorielle (PAGOS) s’inscrit dans le cadre


du Programme Indicatif National (PIN) négocié avec l’Union Européenne. Globalement,
il vise la réduction de la pauvreté, l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour
le Développement. Le projet met l'accent sur la gouvernance en tant que préalable essentiel
au développement durable au Gabon. Spécifiquement, il cherche à contribuer, et de façon
intégrée, à l'amélioration de la gouvernance sectorielle dans les domaines
de l'environnement, de l'entretien routier et dans le secteur minier. En mettant en exergue
la systématisation des études d’impacts sur l’environnement, le développement des activités
Page 112

éligibles au Mécanisme de Développement Propre (MDP), en renforçant les capacités


opérationnelles des parcs nationaux et en appuyant l’administration dans la mise en œuvre
Chapitre III : Intégration ou démarginalisation des considérations sur la biodiversité

du processus de négociation FLEGT, c’est encore la dimension de la gestion durable des


ressources biologiques qui est mis en relief.

❖ Programmes et projets sectoriels

Les secteurs ayant mis en œuvre des programmes et projets intégrant la biodiversité
sont les forêts, l’environnement, l’agriculture et la pêche.

✓ Dans le secteur des forêts et de l’environnement

Au lendemain de la ratification de la CDB, le Gabon s’est engagé dans la mise en œuvre


du Programme Forêt/Environnement qui a ouvert la voie à plusieurs autres initiatives.

▪ Le Projet Forêt et Environnement

D’une durée de 5 ans et financé sur un prêt de la Banque mondiale


au Gouvernement gabonais d’un montant de 22,5 millions de dollars, le Projet Forêt
et Environnement (PFE) avait pour objectif d’augmenter la contribution du secteur forestier
et environnemental au développement économique et social du pays, à travers :
- le rétablissement de l’autorité de l’administration en matière de contrôle
de l’exploitation forestière à travers la restructuration du Ministère des Eaux et Forêts.
A cet effet, les principales actions suivantes qui avaient été retenues sont les suivantes,
(i) une rationalisation et une meilleure définition des fonctions des différentes directions
du Ministère, (ii) une augmentation de ses moyens opérationnels, de sa capacité
de planification, de suivi et de présence sur le terrain y compris la prestation de services des
consultants, (iii) la construction et/ou rénovation du siège du Ministère, des bureaux et des
logements du personnel des services régionaux, (iv) l’achat de véhicules et matériels
de bureaux.
- le renforcement de la Direction Générale de l’Environnement à travers
l’augmentation de ses moyens opérationnels, de sa capacité de planification et de suivi,
y compris la prestation de services de consultants.
- le renforcement et la réorientation des programmes de l’Ecole Nationale des Eaux
Page 113

et Forêts (ENEF) en vue de la formation du personnel du Ministère des Eaux et Forêts


et des Ministères en charge de l’Environnement, du Tourisme et des Parcs Nationaux.
Chapitre III : Intégration ou démarginalisation des considérations sur la biodiversité

- l’appui aux efforts locaux d’évaluation de l’environnement et à la sensibilisation


des collectivités aux questions de l’environnement, y compris l’organisation de séminaires
et ateliers, la publication de documents sur l’environnement.
- la réalisation d’études, y compris une étude de faisabilité de la protection
de quinze zones écologiques spécifiques et une étude mise à jour de l’état
de l’environnement gabonais.

▪ Le Projet Sectoriel de Valorisation des Aires Protégées

Dans le but de capitaliser les acquis du Projet Forêt et Environnement (PFE),


le Gouvernement gabonais s’est lancé dans la préparation d’une stratégie à moyen terme,
le Programme Sectoriel Forêt, Pêche, Environnement (PSFE). Voulant matérialiser un des
volets de cette nouvelle approche, le Gabon, grâce à l’appui de l’Union Européenne, a mis en
œuvre, dans le complexe d’Aires Protégées de Gamba, une initiative appelée Projet Sectoriel
de Valorisation des Aires Protégées ou PSVAP. Celle-ci a permis de constituer et de former
des groupes de femmes en associations communautaires en vue d’appuyer les efforts
d’écotourisme.

▪ Le Programme Sectoriel Forêt et Environnement (PSFE)

L’approche développée dans le cadre de ce programme consiste à rendre cohérent


et complémentaire tout ou partie des activités du secteur Forêt/Pêche/Environnement,
grâce au partage d’une vision commune, d’outils de concertation entre les acteurs et à la
recherche de financements communs. Outre la pérennisation, la consolidation et la
capitalisation des acquis du PFE, les principaux enjeux du PSFE sont les suivants :
- augmenter la contribution du secteur à l’économie nationale afin d’assurer
la diversification par la transformation locale plus poussée du bois ;
- exploiter les ressources tout en les préservant pour les générations futures qui
doivent en bénéficier ;
- pérenniser les ressources naturelles renouvelables et la biodiversité du pays ;
Page 114

- créer des emplois pour lutter contre le chômage et la pauvreté.


Chapitre III : Intégration ou démarginalisation des considérations sur la biodiversité

Ce programme est toujours en cours d’exécution à travers plusieurs projets localisés


respectivement aux Ministères en charge des Eaux et Forêts, de l’Écologie et du
Développement Durable, et de la Pêche.

▪ Le programme de conservation des ressources biologiques des Parcs


nationaux

Dans ses efforts de conservation, le Gabon a créé le 30 août 2002, sur ordonnance,
treize parcs nationaux. Cette décision qui s’intègre dans un long processus de prise
de conscience du patrimoine naturel des Etats de l’Afrique centrale, de mise en oeuvre
de conventions internationales et de l’application de la loi 16/2001 portant code forestier,
promulgué le 31 décembre 2001, a permis de doubler la superficie des aires protégées
du Gabon, dépassant ainsi la contribution du Gabon en matière de conservation (10 %
du territoire national). En effet, les 13 parcs nationaux représentent une superficie
de 2 920 000 ha, soit 10,8 % du territoire. En ajoutant les autres aires protégées, la superficie
avoisine 3 745 000 ha soit 11,23 %. Ceci correspond à la matérialisation des articles 6 et 8
de la CDB. La création des parcs nationaux répond, non seulement, à un souci
de conservation des espaces naturels et des espèces animales et végétales, mais aussi,
à des considérations économiques. Elle permet de développer un secteur économique
de plus en plus important à l’échelle mondiale, celui du tourisme de nature.
Par ailleurs, au regard des impératifs de développement du pays, il est important
de mettre en place des mécanismes et outils susceptibles de garantir l’intégrité des
écosystèmes contenus dans les aires protégées. C’est dans cette optique qu’a été formulé
le programme de conservation des ressources biologiques contenues dans les parcs
nationaux et autres aires protégées pertinentes. Celui-ci s’articule, entre autres, à travers
les actions d’aménagement des parcs nationaux, d’élaboration, l'adoption et la mise
en œuvre des plans de gestion, les actions de formation du personnel et de valorisation des
ressources biologiques en y associant les communautés autochtones et locales. Le deuxième
volet de ce programme qui se développera prochainement sera constitué de la mise
Page 115

en œuvre d’un projet de gestion des aires protégées autour de Libreville et la création
d'une fondation pour les parcs nationaux et les réserves biologiques du Gabon.
Chapitre III : Intégration ou démarginalisation des considérations sur la biodiversité

✓ Dans le secteur des pêches

A ce jour, le Gabon met en œuvre le Programme d’Appui au Secteur Pêche


et Aquaculture (PSPA). Le PSPA a été mis en œuvre grâce à l’appui de la BAD qui a accordé
un prêt gouvernement gabonais d’environ 22,3 millions de dollars US, pour l’acquisition de

fournitures, le financement de travaux et la mise en place de services pour l’essor du secteur

de la pêche.
Le PSPA permet actuellement i) de contribuer à la diversification de l'économie
nationale, ii) le renforcement des capacités de l’administration en vue d'améliorer
la connaissance de la ressource et d'optimiser sa gestion, iii) l'amélioration des normes
de qualité et de contrôle sanitaire des produits, iv) le développement des organisations
professionnelles, et plus particulièrement celles des femmes et des jeunes, v) la promotion
de la pêche artisanale par la formation, l'encadrement technique de proximité, et vi) la mise
en place des infrastructures d'appui (centres communautaires de pêche) aux opérateurs
économiques du secteur. Le PSPA comprend deux composantes majeures, le renforcement
institutionnel et le développement de la pêche artisanales et la promotion de l’aquaculture.

✓ Dans le secteur de l’agriculture

Plusieurs initiatives prenant en compte les préoccupations de la diversité biologique ont


été enregistrées dans le secteur de l’agriculture. Il s’agit particulièrement du Programme
Spécial de Sécurité Alimentaire (PSSA), du Programme d’Appui au Développement
de l’Agriculture (PADAP), du Projet d’Appui au Paysannat Gabonais (PAPG) et du Champ
Ecole Paysan (CEP).

▪ Le Programme Spécial de Sécurité Alimentaire

Initié en 1994 par la FAO, le Programme Spécial de Sécurité Alimentaire (PSSA) n’a été
adopté par les Chefs d’Etat et de Gouvernement qu’en 1996, lors du Sommet Mondial
de l’Alimentation tenu à Rome. Le PSSA a été mis en place pour aider les Pays à Faible
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Revenu et à Déficit Vivrier (PFRDV) à améliorer la sécurité alimentaire nationale à travers :


- l’accroissement rapide de la productivité et de la production alimentaire ;
Chapitre III : Intégration ou démarginalisation des considérations sur la biodiversité

- la réduction de la variabilité annuelle de la production et la facilitation de l’accès


à la nourriture par une approche participative et multidisciplinaire reposant sur des bases
économiques et environnementales durables.
Au regard des objectifs poursuivis par le projet, le Gabon y a adhéré en 2000
et le lancement officiel de la première phase estimée pour une période de 18 mois a eu lieu
en juillet 2006. Mais, en raison de certains facteurs bloquants, le démarrage effectif des
activités n’a été effectif qu’en mai 2007. Les activités de cette première phase, entièrement
financées par le Gouvernement gabonais et appuyées par l’assistance technique chinoise,
se sont achevées fin octobre 2008. A l’échelle nationale, le PSSA Gabon cherchait
particulièrement à :
- augmenter la production vivrière afin d’assurer une meilleure disponibilité
alimentaire et un accès moins coûteux à la nourriture sur les marchés ;
- améliorer au sein des ménages la ration protéino-énergétique pour atteindre
à court terme le niveau de 2 400 kcal/personne/jour ;
- réduire le niveau de la pauvreté des agriculteurs à partir de l’amélioration de leur
revenu agricole.
C’est fort desdits objectifs nationaux que les interventions du Programme se sont
essentiellement articulées autour de 3 composantes : (i) maîtrise de l’eau, (ii) intensification
des cultures vivrières, et (iii) diversification des systèmes de production. Dans ce cadre,
environ 300 unités de production agropastorales ont été installées dans les 9 provinces
du pays.

▪ Le Programme d’Appui au Développement de l’Agriculture

Le Programme d’Appui au Développement de l’Agriculture Périurbaine (PADAP) a été


mis en place par l’Institut Gabonais d'Appui au Développement (IGAD) en 2004 et a pris fin le
31 décembre 2009. Il a permis de créé environ 1 200 emplois directs. Le PADAP visait
3 principaux objectifs : (i) stabiliser l’agriculture itinérante sur brûlis consommatrice
de forêts, (ii) accroître l’approvisionnement en produits vivriers et en production animales
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des marchés urbains, et (iii) faire émerger des micro-entrepreneurs agricoles. Ces objectifs
globaux ont permis de former 1 004 agriculteurs, de renforcer 667 exploitations en activité,
Chapitre III : Intégration ou démarginalisation des considérations sur la biodiversité

et de contribuer à la création de 257 nouvelles exploitations dont 150 en maraîchage, 91 en


vivrier et 16 en élevage.

▪ Le Projet d’Appui au Paysannat Gabonais

Le Projet d’Appui au Paysannat Gabonais (PAPG) a été financé par le Fonds International
de Développement Agricole (FIDA). Les bénéficiaires identifiés sont les petits paysans en vue
de leur permettre d’accroître leurs revenus. Le PAPG a été mis en place pour permettre :
- d'accroître la production agro-pastorale par le biais d’un système de recherche-
développement fonctionnel, la vulgarisation du matériel végétal, des itinéraires technique,
la promotion des techniques d’élevage performantes et adaptées, et la mise à disposition
des intrants et de l’outillage aux paysans ;
- d'améliorer la commercialisation des produits agricoles en organisant la collecte
primaire et la concertation entre producteurs et commerçants ;
- d'améliorer les conditions de transformation, conservation et transport des
produits par la diffusion d’équipements adaptés ;
- de faciliter l’accès au crédit par la promotion de caisses villageoises de crédit ;
- d'améliorer la capacité d’autogestion des paysans et promouvoir des structures
associatives susceptibles d’assurer la pérennité des différentes actions initiées par le projet.

▪ Le Champ Ecole Paysan

Il s’agit d’une école de terrain, mise en place pour augmenter la production de manière
durable dans le cadre d’une participation plus active des producteurs et productrices dans
l’agriculture. Cette méthode qui nécessite un programme spécifique est souvent utilisée par
l’Office National de Développement Rural (ONADER), l’IGAD, et même la FAO. Le champ
école paysan a permis à plusieurs paysans de bénéficier d’un appui et d’un encadrement
dans la construction des systèmes de régulation des eaux tels que des moines de retenue
et d’évacuation, des canaux d’amenée et des bassins d’accumulation au sol.
Page 118
Chapitre III : Intégration ou démarginalisation des considérations sur la biodiversité

➢ Autres initiatives d’intégration de la diversité biologique

Plusieurs initiatives notamment dans le domaine de la formation, de la recherche et de


la sensibilisation ont également contribué à l’intégration de la dimension diversité
biologique dans les politiques sectorielles. Certaines de ses initiatives, à vocation sous
régionale, ont des applications nationales et locales ; c’est le cas de la Commission des
Forêts d’Afrique Centrale (COMIFAC) et du Réseau d'Aires Protégées d'Afrique Centrale
(RAPAC).

❖ La Commission des Forêts d’Afrique Centrale

La Commission des Forêts d’Afrique Centrale (COMIFAC) est née en 1999 de la volonté
des Chefs d’États pour asseoir une politique de gestion durable des écosystèmes des forêts
du Bassin du Congo. Son institutionnalisation s’est faite en 2005 à travers l’adoption
d’un traité qui a été, par la suite, signé et ratifié par les États membres. Actuellement,
la COMIFAC compte dix pays (Burundi, Cameroun, Congo, Gabon, Guinée-Équatoriale,
République Centrafricaine, République Démocratique du Congo, Sao Tomé et Principe,
Rwanda et Tchad).
D’abord orientée vers la problématique des forêts, la COMIFAC s’est élargie aux
problématiques environnementales, notamment celles traitées par les trois conventions
de Rio. Pour l’opérationnalisation des objectifs de la COMIFAC, les pays ont adopté un plan
de convergence qui comprend plusieurs axes ; la quasi-totalité desdits axes fait mention
de la diversité biologique. Toutefois, ce sont l’axe 1 et l’axe 4 qui traitent explicitement
de la diversité biologique en y mettant en exergue l’harmonisation des législations
et la promotion de la création des aires protégées.
Dans le domaine de la conservation de la diversité biologique, la COMIFAC possède
un organe technique qui est le Réseau des Aires Protégées d’Afrique Centrale (RAPAC).
A ce jour, grâce à l’appui technique et financier de la BAD et de la CEEAC (Communauté
Economique des Etats de l'Afrique Centrale), la COMIFAC exécute un projet dénommé
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"Programme d’Appui à la Conservation des Ecosystèmes du Bassin du Congo" ou PACEBCo


dont les objectifs sont (i) d’assurer la régénération des écosystèmes, (ii) d’améliorer les
Chapitre III : Intégration ou démarginalisation des considérations sur la biodiversité

conditions de vie des populations, et (iii) de renforcer les institutions en charge de la gestion
des écosystèmes. Les sites d’interventions sont essentiellement les aires protégées.
Dans la logique d’intervention du programme, la quasi-totalité des sites choisis sont des
aires protégées transfrontalières, créant ainsi des paysages. Cette logique renforce
également l’intégration sous-régionale. Il s’agit du paysage Tri-national de la Sangha
(Cameroun, Congo et RCA), du paysage Virunga (RDC, Rwanda), du paysage Maringa-Lopori-
Wamba (RDC), du paysage Maiko-Tayna-Kahuzi Biega (RDC), du paysage Monte Alen-Monts
de Cristal (Guinée-Equatoriale, Gabon) et du paysage Lac Télé – Lac Tumba (Congo, RDC).
Pour opérationnaliser les mesures contenues dans le Plan de Convergence relatives
à la gestion durable de la diversité biologique et les décisions des différentes Conférences
des Parties, la COMIFAC s’est doté d’un outil dénommé Groupe de Travail Biodiversité
Afrique Centrale (GTBAC), qui a été piloté par le Gabon de novembre 2002 à décembre 2011.

❖ Le Programme Régional de Gestion de l’Information Environnementale

Volonté politique des six États du Bassin du Congo (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée-
Équatoriale, RCA et RDC), le Programme de Gestion de l’Information Environnementale
(PRGIE) a été mis en place, vers 1998, pour faciliter la production, la circulation
et la vulgarisation de l’information environnementale à l’échelle de la sous-région Afrique
Centrale. Un des volets du PRGIE est également le renforcement des capacités en matière
de production et d’utilisation de l’information environnementale. Toujours en cours
d’exécution, chaque pays possède une composante nationale dudit programme.

❖ Les actions de Communication, d’Éducation et de Sensibilisation de Public

Les différents programmes et projets de Communication, Education et Sensibilisation


du Public (CESP) sont réalisés par les Organisations de la societé civile, notamment
les Organisations Non Gouvernementales et les Associations, voire de certaines institutions.
Dans ce registre, nous pouvons notifier l’action de la section Gabon du WWF qui, outre des
actions d’appui à l’ancienne Direction de la Faune et de la Chasse (devenue Direction
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Générale de la Faune et des Aires protégées) et l’Agence Nationale des Parcs Nationaux,
a entrepris, depuis 1991, plusieurs campagnes de sensibilisation.
Chapitre III : Intégration ou démarginalisation des considérations sur la biodiversité

Nous pouvons également ajouter le programme de sensibilisation du RAPAC qui, grâce


à l’appui scientifique, technique et financière du Muséum National d’Histoire Naturelle
de Paris, de l’UNESCO et de la Coopération française, a organisé une présentation, dans
soixante six (66) écoles du premier degré, de la malle pédagogique contenant des outils
ludiques et didactiques en vue de la protection des grands singes. Commencée en juin 2008,
la tournée s’est achevée en décembre 2010. Elle a vu la participation de plusieurs acteurs
nationaux et la contribution d’une part, des ONG nationales telles Ibonga et les Amis
du Pangolin (ADP), et d’autre part du Projet pour la Protection des Gorilles.
S’agissant spécifiquement des ONG nationales, Gabon Environnement et Aventure Sans
Frontière (ASF) déroulent, par exemple, des programmes visant la protection des tortues
marines. Le Comité Inter-Associations de Jeunesses pour l’Environnement (CIAJE), Forêt-
Développement (FD), Brainforest, Amis du Pangolin (ADP), Image Gabon Nature (IGN),
Fondation Villageoise pour la Gestion des Ressources Naturelles (FOVIGENA), Amis de la
Nature, Culture et Environnement (ANCE), Centre d’Action pour le Développement Durable
et l’Environnement (CADDE), Groupe des Amis de la Nature (Grasnat), Femme
Environnement, Santé et Education (FENSED), IBONGA… développent des activités
de communication, d’éducation et de sensibilisation à l’attention de toutes les populations
cibles, notamment les jeunes et les populations scolarisés. CIAJE et FENSED ont également
amorcé un programme portant sur le conflit homme/eléphant généralisé à l’échelle du pays,
mais qui sévit avec acuité dans la ville de Gamba.

❖ La prise de conscience en matière de formation (renforcement des capacités


des ressources humaines/renforcement des capacités individuelle)

Soulignons qu’entre 2005 et 2006, le projet FORINFO a permis de former quelques


agents travaillant dans l’administration forestière et de celle de l’environnement, ainsi que
ceux de certaines Instituts de recherche. Les diplômes concernés par ces formations sont
la Licence, le Master et le DESS. En la matière, nous pouvons également mentionner
les efforts de la coopération française qui à travers les bourses EGIDE a contribué
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à la formation des agents du département des Eaux et Forêts et de celui en charge


Chapitre III : Intégration ou démarginalisation des considérations sur la biodiversité

de l’Écologie et du développement durable. L’AFD a aussi contribué par le biais


de l’organisation du concours d’admission au CEFEB.
Par ailleurs, grâce à l’appui des partenaires au développement, le Gouvernement
a ouvert, depuis 2006 :
- à l’Ecole Nationale des Eaux et Forêts, le DESS "Technique et Méthode de Gestion
de l’Information Environnementale" comprenant le module de Traitement Numérique
de l’Information Géographique et le module de l’Evaluation Environnementale dont l’objectif
est de permettre la maîtrise de l’outil de traitement numérique de l’information
environnementale, de la télédétection et du positionnement du GPS, et de la conduite d’une
étude d’impact sur l’environnement résultant de l’ensemble des activités anthropiques,
en vue de prendre en compte la préoccupation de la gestion durable des ressources
biologiques dans les grands projets de développement du pays ;
- au Département de Géographie de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines
(FLSH) de l'Université Omar Bongo (UOB), le Master II "Dynamiques des Structures Spatiales
et Géomatique (DSSG)" visant l’acquisition de notions épistémologiques et la pratique
professionnelle par la maîtrise des outils et techniques dans le domaine de la Géomatique ;
- à l’Institut National de Science et de Gestion (INSG), le DESS "Economie et Gestion
Durable de la Forêt" en vue de former des experts de la sous-région Afrique Centrale capable
de mener une évaluation économique des services écosystémiques. Le Master "Gestion
Environnementale et Eco-tourisme" pour familiariser les professionnels aux nouveaux
concepts d’écotourisme et de tourisme responsable et appliquer lesdits concepts dans
la stratégie des entreprises, des micro-entreprises et des collectivités territoriales.
Cette formation permet également d’accompagner les décideurs locaux dans la valorisation
du patrimoine naturel. La licence professionnelle "Gestion Touristique et Environnementale"
a été créée en vue de pouvoir des cadres dans le domaine de montage de projets
touristiques, de l’organisation d’opérations promotionnelles et de l’accueil.
Dans la quête du savoir, les institutions de formation nationales sont accompagnées
Page 122

dans l’évaluation de certains enseignements (jury) par des enseignants issus de l’Institut
National de la Cartographie de Libreville, des Universités Pierre et Marie Curie Paris VI,
Chapitre III : Intégration ou démarginalisation des considérations sur la biodiversité

Michel de Montaigne Bordeaux III, Montesquieu Bordeaux IV, l’Ecole Nationale des Sciences
Géographiques et des universités françaises de Marne la Vallée, d’Avignon et des Pays
de Vaucluse, de Nice-Sophia Antipolis, d’Antananarivo de Madagascar, de Yaoundé
et de Douala du Cameroun ou de Washington aux USA.

❖ Le réveil de la recherche en matière environnementale

La recherche scientifique en matière de la connaissance de la diversité biologique


remonte de la période coloniale. En effet, elle a débuté avec les travaux des instituts
de recherche français tels que l’Office de la Recherche Scientifique et Technique Outre-Mer
(ORSTOM) et le Centre Technique Forestier Tropical (CTFT). L’ORSTOM a axé ses travaux
dans les sciences humaines, la pédologie et l’hydrologie. C’est ainsi qu’ont été élaborées les
cartes pédologique et hydrologique, qu'ont été connus les débits des différents cours d’eau
du Gabon, ainsi que les différents aspects des traditions et cultures des peuples du Gabon.
Les activités du CFFT concernaient la foresterie, la botanique et la sylviculture. Ces travaux
sont à la base de plusieurs inventaires.
A ce jour, le Gabon comme nous l’avons énoncé dans la section institutionnelle possède
plusieurs Instituts de recherche qui orientent leurs activités vers le domaine
de l’environnement. A ces institutions gouvernementales, s’ajoutent d’autres qui relèvent
des initiatives privées. Toutes ont réalisé plusieurs projets dont les plus significatifs sont les
suivants :
- le projet Biodivalor mené par IPHAMETRA visait la valorisation des ressources
biologiques avec pour finalité la fabrication des produits pharmaceutique. Mais, ce fut un
échec.
- le Projet sur la conservation des tortues marines organisé par un partenariat entre
des institutions gouvernementales (le Centre National des Données et de l’Information
Océanographiques ou CNDIO, l'ANPN) et diverses ONG (ASF, Gabon-Environnement, WWF-
Gabon, WCS-Gabon, ACPE-Ibonga).
- le Programme de Conservation du CNDIO, certes axé sur la conservation des
Page 123

tortues marines, vise à combler l’absence des données et d'informations sur la zone marine
et côtière du Gabon. In fine, il s’agit de produire des données liées au domaine océanique
Chapitre III : Intégration ou démarginalisation des considérations sur la biodiversité

capable d’alimenter le projet ODINAFRICA (réseau d’échange de données océanographiques


pour l’Afrique) mis en place par la Commission Océanographique Intergouvernementale de
l’UNESCO (COI-UNESCO). A ce jour, le CNDIO a (i) créé et mis à jour la Base de Données
Nationale sur les Tortues Marines, (ii) réalisé, en 2010, une étude des captures accidentelles
de tortues marines par la pêche artisanale maritime dans la région de l’Estuaire afin
d’évaluer les pressions anthropiques exercées sur les tortues marines dans la baie
d’Akouango et plus précisément sur le site de la Sablière. Quelques menaces à l’origine
de la chute de stocks de tortues marines ont été observées : destruction des habitats
naturels, zones de ponte et d’alimentation, mortalité due aux captures accidentelles liée
l’activité de pêche maritime.
- la mise en place d’une collection des plantes par l’herbier de référence
de l’IPHAMETRA (désigné par extension Herbier National), créé en 1982 avec l’appui
du Missouri Botanical Garden des Etats-Unis d’Amérique et du Muséum d’Histoire Naturelle
de Paris. C’est un laboratoire de recherche spécialisée dans l’inventaire de la flore du pays.
Il bénéficie aussi de l’expertise de l’Université de Wageningen des Pays Bas.
- le partenariat Shell-Gabon et l’Institut Smithsonian qui a permis la mise en place
d’un laboratoire de recherche en matière de biodiversité à Gamba. Ces travaux font l’objet
de plusieurs publications illustrant la riche diversité biologique de Gamba : reptiles, oiseaux,
batracien, papillons, flore, etc.

III.B. PROCESSUS D’INTEGRATION DE LA BIODIVERSITE DANS LES POLITIQUES


SECTORIELLES ET INTERSECTORIELLES

L’intégration de la biodiversité dans les politiques sectorielles a été facilitée grâce


à la concertation entre l’administration en charge de l’écologie et le développement durable,
et les autres administrations sectorielles. En outre, des mesures visant à limiter l’impact
desdites stratégies sectorielles ont mise en mise en place.
Page 124
Chapitre III : Intégration ou démarginalisation des considérations sur la biodiversité

III.B.1. Processus d’intégration de la biodiversité

Le premier mode opératoire concerne les réunions de confection du budget national.


Au cours de celles-ci, il est fait des exposés à l’attention des ministères financiers,
de la planification et de l’aménagement du territoire sur l’importance de la diversité
biologique et de sa contribution dans la création des richesses nationales. Le second mode
reste la tenue de plusieurs ateliers, conférences et séminaires auxquels sont conviés
les agents de plusieurs ministères sectoriels. Ceux-ci sont parfois amenés à faire
des communications mettant en exergue les missions et activités de leurs départements
avec la protection de la diversité biologique. Le dernier mode opératoire est l’implication des
agents du ministère en charge de l’écologie et du développement durable dans l’élaboration
des politiques, stratégies et plans sectoriels. Cette participation permet d’y inclure
la dimension environnementale, singulièrement celle de la diversité biologique dans lesdits
outils de planification sectorielle.
Au niveau des opérateurs économiques, le département en charge de l’écologie et
du développement durable a organisé des sessions d’information et de formation à
l’attention des entreprises en vue du respect de la législation relative à l’amélioration et la
protection de l’environnement et partant de la diversité biologique. De même, des audits
et des évaluations environnementales ont été réalisés (2009-2011) en vue de permettre aux
entreprises d’élaborer leur Système de Management Environnemental (SME). Aussi,
l’institutionnalisation de la pratique d’Etude d’Impact Environnemental (EIE) procéderait-elle
de cette logique d’intégration et de la prise en compte de la diversité biologique dans les
stratégies de développement du territoire.

III.B.2. Processus pour limiter les impacts sur la biodiversité

Les mécanismes ou systèmes ou mesures mis en place pour veiller à ce que


l’exécution de ces stratégies et plans évitent ou limitent autant que possible les impacts
néfastes sur la diversité biologique ou contribuent à la réalisation des objectifs de la
Page 125

Convention sont contenus dans les dispositions de la loi n°16/93 du 26 août 1993 relative
à l’amélioration et la protection de l’environnement dite Code de l’Environnement. A titre
Chapitre III : Intégration ou démarginalisation des considérations sur la biodiversité

d’exemple, dans le chapitre premier, il est prévu l’adoption des textes réglementaires pour
combattre tous "les actes susceptibles de porter atteinte au milieu marin et océanique
et pouvant entraîner notamment une pollution des eaux des mers et des océans, des risques
pour la santé humaine ou des dommages aux ressources biologiques, à la faune et à la flore
marines et océaniques, aux valeurs d’agrément et aux autres utilisations légitimes du milieu
marin et océanique". Les textes de références d’application du Code de l’Environnement
et répondant à la préoccupation énoncée sont le décret n°539 du 15 juillet 2005 relatif aux
études d’impact sur l’environnement, le décret n°542 du 15 juillet 2005 réglementant
le déversement de certains produits dans les eaux superficielles, souterraines et marines,
le décret n°653 du 21 mai 2003 relatif à la préparation et à la lutte contre les pollutions par
les hydrocarbures et autres substances nuisibles.
Dans un souci permanent de protection des espèces et des écosystèmes
aquatiques, le Code des Pêches énonce dans son article 50 que : "en vue d’assurer la protection
des espèces et écosystèmes aquatiques, toute activité susceptible d’affecter les intérêts de la pêche et de
l’aquaculture, de détruire les frayères ou les zones de croissance ou d’alimentation, est subordonnée à l’avis
préalable de l’administration des pêches et de l’aquaculture et, selon le cas, à une étude d’impact
environnemental". Par ailleurs, le décret n°0062 du 10 janvier 1994 définit quatre zones de
pêche ainsi que les conditions d’exploitations des ressources dans lesdites zones. Ainsi :
- la première zone de pêche concerne toutes les eaux continentales (rivières,
estuaires et lagunaires) jusqu’aux embouchures. Elle est réservée aux pêcheurs
de nationalité gabonaise qui pratiquent exclusivement à la pêche artisanale suite
à l’obtention d’une licence. En conséquence, la pêche industrielle, l’utilisation de chalut
et de filet à mono-filament y sont interdits.
- la deuxième zone s’étend à partir des limites de la première zone jusqu’à 3 miles
marins au large. Elle est réservée aux pêcheurs artisanaux de nationalité gabonaise et aux
entreprises conjointes de pêche artisanale. Les mêmes restrictions que dans la première
zone sont applicables à la pêche industrielle et à l’utilisation du mono-filament.
Page 126

- la troisième zone s’étend de 3 à 6 miles. Elle est réservée à tout pêcheur artisan
ou industriel battant pavillon gabonais dans la limite de 450 Tonneau de Jauge Brut (TJB).
Chapitre III : Intégration ou démarginalisation des considérations sur la biodiversité

- la quatrième zone part de 6 à 200 miles, c’est-à-dire jusqu’à la limite de la Zone


Economique Exclusive (ZEE). Elle est autorisée à tout navire titulaire de licence et respectant
la législation des pêches du Gabon.
Dans la même optique, il a été adopté des mesures conservatoires telles que
le "repos biologique" (arrêté n°XXX) qui sont appliquées à certaines espèces (crevettes
et ethmaloses). Ces mesures ont pour objectif de permettre aux stocks exploités
de se régénérer après une campagne de pêches. En cas de besoin, ces mesures peuvent
s’étendre à d’autres espèces comme ce fut le cas avec la sardine.

III.C. PRISE EN COMPTE DE L’APPROCHE PAR ECOSYSTEME

Globalement, le Gabon n’a pas initié le processus d’élaboration des objectifs nationaux
relatifs à l’application de l’approche par écosystèmes. Cependant, dans la pratique,
des actions de promotion de ladite approche sont réalisées. Progressivement, le secteur
de l’exploitation forestière commence à s’y intéresser. En revanche, la détermination
et la création des Aires Protégées (parcs nationaux, réserves, arboretum et forêt classée) car
ces écosystèmes ont été choisis sur la base géographique, physiologique et constitue un
échantillon représentatif qui prend en compte le climat et les peuplements végétaux. Une
réglementation est mise en place pour la protection de ces parcs, réserves et forêt classée.
La nouvelle politique agricole du Gabon s’inscrit dans cette dynamique.

III.D. PRISE EN COMPTE DE LA BIODIVERSITE DANS LES EVALUATIONS


ENVIRONNEMENTALES

Le processus des évaluations environnementales comprend plusieurs composantes dont


celle de la biodiversité. En effet, la procédure des études d’impact environnemental (EIE)
au Gabon prévoit un chapitre dédié à la description du milieu physique et naturel.
Cette description permet à l’administration en charge de l’écologie et du développement
durable de connaître l’état initial de la diversité biologique avant la réalisation d’un projet
Page 127

de développement.
Chapitre III : Intégration ou démarginalisation des considérations sur la biodiversité

Au regard de cet état initial, l’administration apprécie la fréquence et la périodicité


à laquelle les éléments de la biodiversité seront "impactés" par le projet. Elle apprécie
et évalue la pertinence, ainsi que la faisabilité de mesures d’atténuation qui sont
préconisées par l’entreprise dans le Plan de Gestion Environnementale et Sociale (PGES).

III.E. ANALYSE DES RESULTATS

La Convention sur la Diversité biologique a développé une approche philosophique pour


aider les parties à relever le défi qui consiste à remplir leurs obligations. Dans cette optique,
la CDB a établi un cadre d'action et reconnait aux Parties le droit de prendre des décisions
à l’échelle nationale et locale. Par ailleurs, la CDB réaffirme que les pays ont des droits
souverains sur leurs ressources biologiques ; à ce titre, ils sont responsables de la
conservation de leur diversité biologique, de l'utilisation durable des éléments qui la
compose et de la réglementation de l'accès aux ressources génétiques pour des utilisations
écologiquement rationnelles.
C’est fort de ce qui précède que le Gabon a pris des mesures et réalisé les actions
ci-dessus énumérées. Il est donc à noter que le Gabon a réalisé d’énormes efforts dans
la conservation de sa diversité biologique, de l'utilisation durable des ressources biologiques
remplissant ainsi ses engagements consignés aux articles 5 à 19 et l’article 26 de la CDB.
Dans cette perspective, les mesures prises et actions réalisées restent liées à :
- la planification nationale dans le domaine de la biodiversité à travers l’existence
de plusieurs stratégies, plans, programmes et projet (PAFN, SNPA-DB,…) ;
- l’identification, surveillance et préservation des composantes de la biodiversité ;
- la préservation des composantes de la diversité biologique in situ, y compris
la gestion du système des zones protégées qui s’illustre par la création du réseau de treize
parcs nationaux (plus de 11 % du territoire national) ;
- la préservation de la diversité biologique ex situ grâce à la création de l’arboretum
de Sibang et la mise en place de la forêt classée de la Mondah ;
Page 128

- l’utilisation de l’évaluation de l’impact sur l’environnement pour la préservation


de la diversité biologique (Décret n° 00539 du 15 juillet 2005);
Chapitre III : Intégration ou démarginalisation des considérations sur la biodiversité

- la gestion de l’information, notamment à travers les systèmes d’échange


d’informations notamment par la mise en place du CHM et du BCH ;
- la communication, l’éducation et la sensibilisation du public à travers la réalisation
de plusieurs campagnes, séminaires, ateliers et conférences ;
- la publication de données scientifiques et techniques, et l’opérationnalisation des
systèmes de recherche et de développement ;
- la préservation des connaissances, des innovations, des us et coutumes des
populations autochtones et locales ;
- la coopération technique et scientifique ;
- la préservation des zones humides ;
- la mobilisation des ressources financières par le biais du fonds forestier, des taxes
forestières (issues des activités forestières, des opérations de contrôle et de recouvrement
des infractions constatées auprès des exploitants forestiers indélicats) et du Fonds fiduciaire,
prévu dans la loi n°03/2007 pour financer les Parcs Nationaux. Le nouveau Code
de l’Environnement et du Développement, actuellement en examen au Parlement, prévoit
également la création d’un fonds pour la sauvegarde de l’environnement ;
- la promotion des bonnes pratiques, notamment le processus de cogestion
forestière et les forêts communautaires dans le Parc National de Minkebe (cf. I.E.2),
le Partenariat pour les Tortues marines du Gabon, partenariat entre un opérateur
économique et le monde de la recherche (cf. I.E.1).
Page 129
Chapitre IV : Progrès relatifs à l'objectif de 2010 et au Plan Stratégique

CHAPITRE IV : PROGRES ACCOMPLIS DANS LA POURSUITE DE L’OBJECTIF


DE 2010 ET DANS LA MISE EN ŒUVRE DU PLAN STRATEGIQUE

IV.A. PROGRES REALISES DANS LA POURSUITE DE L'OBJECTIF DE 2010

Lorsque les objectifs 2010 de la biodiversité et le plan stratégique avaient été adoptés
par la Conférence des Parties (CdP/CoP), la SNPA-DB du Gabon avait déjà été élaboré
et adopté en Conseil des Ministres (20 juillet 2000). A cet effet, elle n’a pas pu intégrer
les outils ci-dessus énoncés. Toutefois, les mesures adoptées et les activités mises en œuvre
relèvent la prise en compte de ces deux outils de planification stratégique et opérationnel
de la CDB validés avant la CdP de Nagoya, tenu en octobre 2010, et qui a procédé
à l’évaluation de leur exécution par les Pays parties. Ces efforts sont édictés à travers
la matrice ci-dessous (tableau 18).

Tableau 18 : Cadre provisoire des buts, objectifs et indicateurs d’évaluation des progrès
accomplis dans la poursuite de l’objectif de 2010 pour la diversité biologique

Buts et objectifs Indicateurs pertinents

Protéger les éléments constitutifs de la diversité biologique

But 1. Promouvoir la conservation de la diversité biologique des écosystèmes, des habitats et des
biomes
Objectif 1.1 • Couverture des aires protégées
Au moins 10 % de chacune des régions Le Gabon possède un réseau de 13 parcs
écologiques de la planète sont effectivement nationaux couvrant 3 013 842 ha soit 13,69 %.
conservés. Ces aires protégées possèdent une très riche diversité
biologique

Objectif 1.2 • Couverture des aires protégées


Les zones revêtant une importance particulière Les Parcs Nationaux, l’Arboretum de Sibang
pour la diversité biologique sont protégées. et la Forêt Classée de la Mondah couvre environ 15 %
Page 130

du territoire national.
Chapitre IV : Progrès relatifs à l'objectif de 2010 et au Plan Stratégique

Tableau 18 (Suite)

Buts et objectifs Indicateurs pertinents

But 1. Promouvoir la conservation de la diversité biologique des écosystèmes, des habitats et des
biomes
Objectif 1.2 • Evolution des biomes, écosystèmes et habitats
Les zones revêtant une importance particulière sélectionnés
pour la diversité biologique sont protégées. Outre les parcs nationaux, le Gabon possède un
arboretum (Sibang) et une forêt classée (Mondah au
Cap Estérias). A ces deux aires protégées, s’ajoutent
les sites zones humides de la convention de RAMSAR.
On peut notifier les sites de ponte des tortues luth,
situés dans les Parcs Nationaux de Pongara et de
Mayumba. Les mangroves font également l’objet d’un
regain d’intérêt dans le cadre d’une opération de
protection et de maintien de l’écosystème.
But 2. Promouvoir la conservation de la diversité des espèces
Objectif 2.1 • Evolution de l’abondance et de la répartition des
Restaurer et préserver les populations d’espèces espèces sélectionnées
de groupes taxonomiques sélectionnés, ou Aucune action n’a été menée
freiner leur déclin. • Modification de l’état des espèces menacées
Aucune action n’a été menée

Objectif 2.2 • Modification de l’état des espèces menacées


L’état des espèces menacées amélioré. Aucune action n’a été menée
• Evolution de l’abondance et de la répartition des
espèces sélectionnées
Aucune action n’a été menée
But 3. Promouvoir la conservation de la diversité génétique
Objectif 3.1 • Tendances de l’évolution de la diversité génétique
La diversité génétique des cultures, du bétail, des des animaux domestiqués, des plantes cultivées et
espèces arboricoles récoltées, des espèces de des espèces de poisson ayant une grande
poissons et des espèces sauvages capturées et importance socio-économique
autres espèces à haute valeur commerciale est Aucune action n’a été menée
conservée; les connaissances autochtones et • Evolution de l’abondance et de la répartition des
locales qui leur sont associées sont préservées. espèces sélectionnées
Page 131

Aucune action n’a été menée


Chapitre IV : Progrès relatifs à l'objectif de 2010 et au Plan Stratégique

Tableau 18 (Suite)

Buts et objectifs Indicateurs pertinents

Promouvoir l’utilisation durable

But 4. Promouvoir l’utilisation durable et la consommation rationnelle


Objectif 4.1 • Zones d’écosystèmes forestiers, agricoles et
Les produits basés sur la diversité biologique aquacoles gérées de manière durable
proviennent de sources gérées de manière Le Gabon réalise un programme d’aménagement
durable et les zones de production sont gérées des ressources forestières et halieutiques.
de manière compatible avec la conservation de la Actuellement près de 2 000 000 ha de forêts sont
diversité biologique. certifiées. Une politique de promotion d’agriculture
durable a été mise en place. De même, un plan
d’affectation des terres est en cours d’élaboration.

Objectif 4.2 • Empreinte écologique et concepts connexes


La consommation non durable des ressources Le Gabon n’a pas encore développé des outils pour
biologiques ou celle qui a un impact néfaste sur mesurer l’empreinte écologique des programmes
la diversité biologique sont réduites. et projets de développement. Toutefois, il a mis
en place la réglementation relative à la réalisation
d’Etude d’Impact sur l’Environnement (EIE).
Il s’agit, à travers ce processus, d’évaluer
les conséquences des programmes et projets
de développement sur l’environnement dont le milieu
naturel (biodiversité) et de choisir des solutions
techniques pertinentes pour éviter, réduire
ou compenser lesdites conséquences voire les
bonifier le cas échéant.

Objectif 4.3 • Modification de l’état des espèces menacées


Aucune espèce de flore et de faune n’est Le Gabon applique correctement les dispositions
menacée par le commerce international. de la Convention de la CITES. Des études sont
en cours pour modifier le statut des espèces
menacées, notamment au niveau de la faune. Aucune
espèce de flore n’a encore obtenu un statut
d’espèces menacée.
Page 132
Chapitre IV : Progrès relatifs à l'objectif de 2010 et au Plan Stratégique

Tableau 18 (Suite)

Buts et objectifs Indicateurs pertinents

S’attaquer aux menaces qui pèsent sur la diversité biologique

But 5. Réduire les pressions résultant de la perte d’habitats, de la dégradation et du changement


de l’affectation des sols, ainsi que de l’utilisation irrationnelle de l’eau
Objectif 5.1 • Evolution des biomes, écosystèmes et habitats
Le rythme d’appauvrissement et de dégradation sélectionnés
des habitats naturels est réduit Aucune action n’a été menée
• Evolution de l’abondance et de la répartition des
espèces sélectionnées
Aucune action n’a été menée
But 6. Lutter contre les risques posés par les espèces exotiques envahissantes
Objectif 6.1 • Tendances de l’évolution des espèces exotiques
Les voies qui seront empruntées par les espèces envahissantes
envahissantes exotiques potentielles majeures Aucune action n’a été menée
sont contrôlées.

Objectif 6. 2 • Tendances de l’évolution des espèces exotiques


Les plans de gestion sont en place pour les envahissantes
principales espèces envahissantes qui menacent Aucune action n’a été menée
les écosystèmes, les habitats ou les espèces.
But 7. Relever les défis posés à la diversité biologique par les changements climatiques et la pollution
Objectif 7.1 • Connectivité/fragmentation des écosystèmes
Préserver et renforcer la résilience des éléments La construction de routes, l’exploitation forestière
constitutifs de la diversité biologique à s’adapter et minière sont à l’origine de la fragmentation
aux changements climatiques. des habitats et des écosystèmes. La pratique des EIE
vient répondre à cette préoccupation. En effet,
en minimisant les impacts, nous recherchons
à augmenter la capacité résilience des éléments
constitutifs de la diversité biologique.
Actuellement, e Gabon développe le projet AAP
(African Adaptation Program), qui traite
de l’adaptation du littoral et de ses éléments
constitutifs (la biodiversité marine et côtière) face aux
changements climatiques. Enfin, le Plan Climat du
Page 133

Gabon, en cours d'élaboration, doit pouvoir répondre


exhaustivement à cette préoccupation.
Chapitre IV : Progrès relatifs à l'objectif de 2010 et au Plan Stratégique

Tableau 18 (Suite)

Buts et objectifs Indicateurs pertinents

But 7. Relever les défis posés à la diversité biologique par les changements climatiques et la pollution
Objectif 7.2 • Dépôts d’azote
Réduire la pollution et ses impacts sur la diversité Aucune action n’a été menée
biologique. • Qualité de l’eau des écosystèmes aquatiques
Aucune action n’a été menée

Préserver les biens et services fournis par la diversité biologique à l’appui du bien-être humain

But 8. Préserver la capacité des écosystèmes à fournir des biens et services et à procurer des moyens
de subsistance
Objectif 8.1 • La diversité biologique utilisée dans l’alimentation
La capacité des écosystèmes à fournir des biens et la médecine
et services est préservée. En dépit des activités agricoles (installations agro-
industrielles), de l’exploitation forestière, minière
et pétrolière, la biodiversité continue a assuré son
rôle de fournisseur des biens et services. En effet,
la forêt continue à constituer "l’hypermarché" des
populations rurales qui exploitent plusieurs produits
forestiers autres que le bois d’œuvre. De même,
les dispositions du Code forestier octroient des droits
d’usages coutumiers aux populations rurales. Aussi,
soulignons qu’au moins la moitié de la population
a toujours recourt à la médecine traditionnelle.

Objectif 8.2 • La santé et le bien-être des communautés qui


Les ressources biologiques qui assurent des dépendent directement des biens et services
moyens d’existence durables, la sécurité fournis par l’écosystème local
alimentaire locale et les soins médicaux, Aucune étude, aucune plainte n’a relevé
en particulier au profit des pauvres, sont la difficulté des écosystèmes à fournir des moyens
préservées. d’existence durable, la sécurité alimentaire locale
et les soins médicaux, en particulier au profit
des pauvres. Ces éléments sont toujours garantis à ce
jour.
Page 134
Chapitre IV : Progrès relatifs à l'objectif de 2010 et au Plan Stratégique

Tableau 18 (Suite)

Buts et objectifs Indicateurs pertinents

Protéger les connaissances, innovations et pratiques traditionnelles

But 9. Préserver la diversité socioculturelle des communautés autochtones et locales


Objectif 9.1 • Etat et tendances de la diversité linguistique et
Protéger les connaissances, innovations et nombre de locuteurs des langues autochtones
pratiques traditionnelles. Aucune action n’a été menée

Objectif 9.2 Aucune action n’a été menée. Toutefois suite


Protéger les droits des communautés à l’adoption du protocole de Nagoya sur l’accès aux
autochtones et locales sur leurs connaissances, ressources génétiques et au partage des avantages
innovations et pratiques traditionnelles, découlant de leur utilisation, un accès particulier sera
y compris leurs droits sur le partage des porté sur cette thématique.
avantages.

Garantir le partage juste et équitable des avantages résultant de l’utilisation des ressources
génétiques

But 10. Garantir le partage juste et équitable des avantages résultant de l’utilisation des ressources
génétiques
Objectif 10.1 Aucune action n’a été menée
L’accès aux ressources génétiques est conforme
dans son ensemble à la Convention sur la
diversité biologique et à ses dispositions
pertinentes.

Objectif 10.2 Aucune action n’a été menée


Les avantages résultant de l’utilisation
commerciale et autre utilisation des ressources
génétiques partagés de manière juste et
équitable avec les pays d’où elles proviennent
conformément à la Convention sur la diversité
biologique et à ses dispositions pertinentes
Page 135
Chapitre IV : Progrès relatifs à l'objectif de 2010 et au Plan Stratégique

Tableau 18 (Suite)

Buts et objectifs Indicateurs pertinents

Garantir la fourniture de ressources adéquates

But 11. Les Parties ont accru leurs capacités financières, humaines, scientifiques, techniques et
technologiques à appliquer la Convention
Objectif 11.1 • L’aide publique au développement fournie à
Des ressources financières nouvelles et l’appui de la Convention
supplémentaires transférées aux pays en Peu d’action de coopération bilatérales ont été
développement Parties à la Convention, pour développement dans le cadre d’appuyer la
leur permettre de s’acquitter effectivement de la Convention. Toutefois, le Gabon bénéficie d’un
mise en œuvre de leurs obligations au titre de la accord de conversion de dette (avec la France d’une
Convention, conformément avec l’article 20. valeur d’environ 34 milliards) pour financer le
maintient de l’intégrité des écosystèmes et de gestion
durable de la biodiversité

Objectif 11.2 Aucune action n’a été menée


Les technologies transférées vers les pays en
développement Parties à la Convention pour leur
permettre de s’acquitter effectivement de la
mise en œuvre de leurs engagements au titre de
la Convention, conformément avec le paragraphe
4) de l’article 20.

Page 136
Chapitre IV : Progrès relatifs à l'objectif de 2010 et au Plan Stratégique

IV.B. BUTS ET OBJECTIFS DU PLAN STRATEGIQUE, ET INDICATEURS PROVISOIRES


D’EVALUATION DES PROGRES

Les progrès réalisés pour atteindre les buts et objectifs du Plan stratégique de la
Convention sont présentés dans le tableau 19.

Tableau 19 : Buts et objectifs du plan stratégique, et indicateurs provisoires d’évaluation


des progrès

Buts et objectifs stratégiques Indicateurs possibles / Analyse des obstacles

But 1 : La Convention joue son rôle de chef de file pour les questions touchant à la diversité biologique
au niveau international.

1.1. La Convention établit le programme mondial Les dispositions de la Convention sur la Diversité
en matière de diversité biologique. Biologique, les décisions de la Conférence des Parties
et l’objectif de 2010 sont reflétées dans les plans de travail
1.2. La Convention promeut la coopération entre
des principales enceintes internationales.
tous les instruments et processus internationaux
Au Gabon, des tentatives sont en cours en vue de créer
pertinents afin d’accroître la cohérence des
un groupe thématique de travail composé des Points
politiques.
Focaux des conventions traitant de la biodiversité (CDB,
1.3. Les autres processus internationaux Ramsar, CMS, CITES, Ressources phytogénétique de la
soutiennent activement l’application de la FAO, PFNL/PFABO). C’est dans cette perspective que la
Convention, d’une manière conforme à leurs CMS et la Convention Ramsar sont prises en compte lors
cadres respectifs. de l’actualisation/révision de la Stratégie et Plan d’Action
Nation sur la Diversité Biologique.

1.4. Le Protocole de Cartagena sur la prévention des Le Gabon dispose d’un cadre national de biosécurité et
risques biotechnologiques est largement appliqué. d’un projet de loi y relative. Ces outils seront bientôt
soumis à l’approbation du Gouvernement.
Page 137
Chapitre IV : Progrès relatifs à l'objectif de 2010 et au Plan Stratégique

Tableau 19 (Suite)

Buts et objectifs stratégiques Indicateurs possibles / Analyse des obstacles

1.5. Les questions touchant à la diversité biologique Nombre de plans, programmes et politiques
sont intégrées dans les plans, programmes régionaux/globaux traitant spécifiquement la question de
et politiques sectoriels ou intersectoriels pertinents l’intégration des questions touchant à la diversité
aux niveaux régional et mondial. biologique dans les plans, programmes et politiques
sectoriels ou intersectoriels pertinents
Depuis 2000, la biodiversité a été intégrée dans
environs 7 instruments juridiques (lois), 3 documents
de stratégie, 6 plans et 11 programmes et projets.

Application d’outils de planification, tels que les


évaluations stratégiques environnementales, pour évaluer
le degré d’intégration des questions touchant à la diversité
biologique
Outils non encore élaborés

La diversité biologique est intégrée dans les critères des


bailleurs de fonds multilatéraux et des banques
de développement régionales
L’intégration est implicite à travers l’obligation
de réaliser les EIE (UE, BAD et BM).

1.6. Les Parties collaborent aux niveaux régional Indicateur possible à élaborer:
et sous régional pour appliquer la Convention. Nombre de Parties faisant partie d’accords (sous)
régionaux relatifs à la diversité biologique
Au niveau régional, des échanges d’expériences et
d’information se font dans le cadre du Groupe Africain. Par
ailleurs, à l’échelle sous-régionale, la coopération et la
collaboration sont réalisées par le biais de la COMIFAC et
de plusieurs institutions (RAPAC, PRGIE, OCFSA…). En
matière de biodiversité, la COMIFAC a mis en place depuis
Page 138

2006 le Groupe de Travail Afrique Centrale sur la


Biodiversité.
Chapitre IV : Progrès relatifs à l'objectif de 2010 et au Plan Stratégique

Tableau 19 (Suite)

Buts et objectifs stratégiques Indicateurs possibles / Analyse des obstacles

But 2 : Les Parties ont amélioré leurs capacités financières, humaines, scientifiques, techniques et
technologiques à l’appui de l’application de la Convention.

2.1. Toutes les Parties disposent de capacités Le Gabon met de plus en plus des moyens financiers
appropriées pour mettre en œuvre les activités pour appuyer la Convention (plus de 100 millions en 2012).
prioritaires prévues dans la stratégie et plans d’action Des efforts sont à consentir au niveau des capacités
nationaux sur la diversité biologique. institutionnelles et des ressources humaines.

2.2. Les pays en développement Parties à la Aide publique au développement allouée en soutien
Convention, en particulier les pays les moins à la Convention (Comité des statistiques OCDE/CAD)
développés et les petits Etats insulaires en Absence d’aide publique au développement pour
développement, ainsi que les autres Parties à le soutien de la CDB
économie en transition, disposent de ressources
adéquates pour mettre en œuvre les trois objectifs
de la Convention.

2.3. Les pays en développement Parties à la Aucune action n’a été menée.
Convention, en particulier les pays les moins
développés et les petits Etats insulaires en
développement, et les autres Parties à économie en
transition, ont accru les ressources et le transfert de
technologie disponibles pour l’application du
Protocole de Cartagena sur la prévention des risques
biotechnologiques.

2.4. Toutes les Parties disposent de capacités Le renforcement des capacités est à entreprendre dans
adéquates pour appliquer le Protocole de Cartagena ce domaine au Gabon.
sur la prévention des risques biotechnologiques.

2.5. La coopération technique et scientifique Aucune action n’a été enregistrée dans cette optique.
contribue beaucoup au renforcement des capacités.
Page 139
Chapitre IV : Progrès relatifs à l'objectif de 2010 et au Plan Stratégique

Tableau 19 (Suite)

Buts et objectifs stratégiques Indicateurs possibles / Analyse des obstacles

But 3 : Les stratégies et plans d’action nationaux sur la diversité biologique et l’intégration des questions
touchant à la diversité biologique dans les secteurs pertinents servent de cadre efficace à la mise en œuvre
des objectifs de la Convention.

3.1. Chaque Partie a mis en place des stratégies, des Nombre de Parties disposant de stratégies nationales sur
plans et des programmes nationaux efficaces pour la diversité biologique
fournir un cadre national pour la mise en œuvre des La SNPA-DB du Gabon a été validé le 20 juillet 2000.
trois objectifs de la Convention et pour fixer des
priorités nationales claires.

3.2. Chaque Partie au Protocole de Cartagena sur la Le cadre est cours de finalisation.
prévention des risques biotechnologiques a mis en
place d’un cadre réglementaire et opérationnel pour
l’application du Protocole.

3.3. Les questions touchant à la diversité biologique Référence But 1, point 1.5.
sont intégrées dans les plans, programmes et
politiques sectoriels et intersectoriels nationaux
pertinents.

3.4. Les priorités des stratégies et plans d’action L’application de la SNPA-DB du Gabon n’a permis que la
nationaux sur la diversité biologique sont activement mise en œuvre de l’objectif 1 de la CDB.
appliquées, comme moyen d’assurer la mise en
œuvre de la Convention au niveau national, et en
tant que contribution significative au programme
mondial sur la diversité biologique.

But 4 : L’importance de la diversité biologique et de la Convention est mieux comprise, ce qui s’est traduit par
un engagement plus large de la société en termes de mise en œuvre.

4.1. Toutes les Parties ont mis en place une stratégie Nombre de Parties mettant en place une stratégie de
de communication, d’éducation et de sensibilisation communication, d’éducation et de sensibilisation du public
Page 140

du public et encouragent l’implication du public à et encourageant la participation du public


l’appui de l’application de la Convention. Aucune action n’a été menée.
Chapitre IV : Progrès relatifs à l'objectif de 2010 et au Plan Stratégique

Tableau 19 (Suite)

Buts et objectifs stratégiques Indicateurs possibles / Analyse des obstacles

4.1. Toutes les Parties ont mis en place une stratégie Pourcentage de programmes/projets de sensibilisation du
de communication, d’éducation et de sensibilisation public à l’importance de la diversité biologique
du public et encouragent l’implication du public à Plusieurs activités de sensibilisation sont organisées par
l’appui de l’application de la Convention. les ONG, les medias et l’administration de
l’Environnement. Aucun pourcentage ne peut être
déterminé car ces activités ne s’inscrivent pas dans le
cadre d’un plan de communication liées à la CDB.

Pourcentage de Parties où les questions relatives à la


diversité biologique sont intégrées dans les programmes
scolaires publics
Des notions d’écologie et de biodiversité sont inscrites
dans les programmes scolaires de premier et second
degré. Toutefois des efforts seront entrepris dans le cadre
d’une formalisation définitive.

4.2. Chaque Partie au Protocole de Cartagena sur la Référence 4.1


prévention des risques biotechnologiques promeut et
facilite la sensibilisation, l’éducation et la
participation du public à l’appui du Protocole.

4.3. Les communautés autochtones et locales Le programme de travail sur l’article 8j n’a pas encore
participent effectivement à l’application et aux été internalisé.
processus de la Convention aux niveaux national,
régional et international.

4.4. Les Parties prenantes et acteurs-clés, y compris, Indicateur de l’engagement du secteur privé
le secteur privé, collaborent ensemble pour appliquer L’engagement du secteur privé est réel (appui aux
la Convention et intègrent les questions touchant à la actions de sensibilisation, de recherche, prise des
diversité biologique dans leurs plans, programmes et engagements environnementaux ou adoption des
Page 141

politiques sectoriels et intersectoriels pertinents. politiques environnementales…).


Conclusion

CONCLUSION

La signature de la Convention sur la Diversité Biologique par le Gabon en 1992


et sa ratification en 1997, ainsi que l'élaboration et la mise en œuvre des stratégies et plans
d'action représentent en ce jour la traduction parfaite de la politique nationale en matière
de "Gabon Vert", qui tient le peloton de tête de la politique du Gouvernement. Si le volet
du "partage juste et équitable des avantages résultant de l’utilisation des ressources
génétiques" n'a pas fait l'objet d'une attention particulière, en revanche, des efforts ont été
consentis dans les activités liées à la conservation et l'utilisation durable des ressources
biologiques. En effet, cet engagement s'illustre à travers :
- la préservation de la diversité biologique ex situ grâce à la création de l'Arboretum
de Sibang et la mise en place de la Forêt Classée de la Mondah ;
- la préservation des composantes de la diversité biologique in situ, y compris
la gestion du système des zones protégées qui s'illustre par la création de treize parcs
nationaux (plus de 11 % du territoire national) ;
- l'utilisation de l'évaluation de l'impact sur l'environnement pour la préservation
de la diversité biologique (Décret n°00539 du 15 juillet 2005) ;
- la communication, la sensibilisation et l'éducation du public à travers la réalisation
de plusieurs campagnes, séminaires, ateliers et conférences ;
- la coopération technique et scientifique ;
- la préservation des zones humides ;
- la mobilisation des ressources financières par le biais de la mise en place
de différents fonds ;
- la promotion des bonnes pratiques notamment le processus de cogestion
forestière et des forêts communautaires dans le Parc National de Minkebe.
Page 142
Conclusion

Outre les actions citées précédemment, d'autres mesures relatives à la gestion de la


biodiversité ont été prises par le Gabon, notamment la création de :
- l'Agence Nationale des Parcs Nationaux (ANPN) ;
- l'Agence Gabonaise des Etudes et des Observations Spatiales (AGEOS) ;
- l'Agence Gabonaise de Sécurité Alimentaire (AGASA) ;
Les limites relatives à la mise en œuvre de ces activités et mesures restent liées
à l'insuffisance des ressources humaines et financières. Il en résulte donc un besoin
en renforcement des capacités, tant institutionnelles que systémiques, pour une gestion
optimale de la biodiversité au Gabon.
Par ailleurs, il est également indispensable d'entreprendre la révision/actualisation de la
Stratégie Nationale et Plan d'Action en matière de Diversité Biologique, adoptée le 20 juillet
2000.

Page 143
Appendice I-A : Objectifs de la Stratégie mondiale pour la conservation des plantes

APPENDICE I-A : OBJECTIFS DE LA STRATEGIE MONDIALE POUR LA


CONSERVATION DES PLANTES

Objectif 1 : Une liste de travail, largement accessible, des espèces végétales connues,
comme premier pas vers une flore mondiale complète.
L’Herbier de référence de l’IPHAMETRA possède une liste des espèces végétales connues
au Gabon.

Objectif 2 : Une évaluation préliminaire de l’état de conservation de toutes les espèces


végétales connues, aux niveaux national, régional et international.
A l’échelle nationale, ce travail est fait par l’Herbier de référence de l’IPHAMETRA.

Objectif 3 : L’élaboration de modèles, accompagnés de protocoles, pour la conservation


et l’utilisation durable des plantes, prenant appui sur la recherche et les expériences
pratiques.
L’Herbier de référence de l’IPHAMETRA collabore avec plusieurs université et instituts
de recherche du Nord dont il s’inspire de modèles et de protocole pour la conservation
et l’utilisation durables des plantes.

Objectif 4 : 10 % au moins de chacune des régions écologiques de la planète sont


effectivement conservés.
Le Gabon possède quatre régions écologiques. Chacune d’elle contient un Parc National
en vue de la conservation des plantes.

Objectif 5 : La protection de 50 % des zones les plus importantes pour la diversité végétale
est assurée.
Aucune étude concernant l’identification des zones les plus importantes pour la diversité
végétale au Gabon n’a encore été réalisée.
Page 144
Appendice I-A : Objectifs de la Stratégie mondiale pour la conservation des plantes

Objectif 6 : 30 % au moins des terres productives sont gérés d’une manière compatible avec
la conservation de la diversité végétale
Aucune activité n’a été réalisée dans cette optique.

Objectif 7 : 60 % des espèces menacées sont conservés in situ.


Aucune étude n’a encore identifiée des espèces végétales menacées.

Objectif 8 : 60 % des espèces végétales menacées sont conservés dans des collections ex situ
accessibles, de préférence dans leur pays d’origine, 10 % d’entre elles étant inclus dans des
programmes de récupération et de restauration.
Aucune étude n’a encore identifiée des espèces végétales menacées.

Objectif 9 : 70 % de la diversité génétique des plantes cultivées et des autres principales


espèces végétales ayant une valeur socio-économique sont conservés, et les connaissances
locales et autochtones associées sont préservées.
Aucune activité n’a été réalisée dans cette optique.

Objectif 10 : Les plans de gestion d’au moins 100 des principales espèces exotiques
envahissantes menaçant les plantes, les communautés végétales, ainsi que les habitats
et écosystèmes associés sont mis en place.
Aucune activité n’a été réalisée dans cette optique.

Objectif 11 : Aucune espèce de flore sauvage n’est menacée par le commerce international.
Application parfaite de la CITES.

Objectif 12 : 30 % des produits d’origine végétale proviennent de sources gérées de façon


durable.
Aucune activité n’a été réalisée dans cette optique.

Objectif 13 : L’appauvrissement des ressources végétales et des connaissances, innovations


et pratiques autochtones et locales associées, sur lesquelles reposent les moyens
Page 145

de subsistances durables, la sécurité alimentaire et les soins médicaux, est stoppé.


Aucune activité n’a été réalisée dans cette optique.
Appendice I-A : Objectifs de la Stratégie mondiale pour la conservation des plantes

Objectif 14 : L’importance de la diversité végétale et de la nécessité de la préserver est


intégrée dans les programmes de communication, d’éducation et de sensibilisation
du public.
Aucune activité n’a été réalisée dans cette optique.

Objectif 15 : Le nombre de personnes formées travaillant avec des moyens appropriés dans
le domaine de la conservation des plantes est accru, selon les besoins des pays, aux fins
d’atteindre les objectifs de la présente Stratégie.
Aucune activité n’a été réalisée dans cette optique.

Objectif 16 : De nouveaux réseaux pour la conservation des plantes sont créés et les réseaux
d’ores et déjà existant sont améliorés, aux niveaux national, régional et international.
Aucune activité n’a été réalisée dans cette optique.

Page 146
Appendice I-B : Programme de travail sur les aires protégées

APPENDICE I-B : BUTS ET OBJECTIFS DU PROGRAMME DE TRAVAIL SUR LES


AIRES PROTEGEES

Tableau 20 : Buts et objectifs du programme de travail sur les aires protegées

Buts Objectifs

1.1. Créer et renforcer les systèmes nationaux Mettre en place, dans les zones terrestres1, d’ici à 2010, et dans
et régionaux d’aires protégées intégrés dans les zones marines, d’ici à 2012, un réseau mondial de systèmes
un réseau mondial comme contribution à la nationaux et régionaux de grande envergure, représentatifs
réalisation des objectifs adoptés au niveau et bien gérés, à l’appui de la réalisation : i) du but du Plan
mondial stratégique pour la Convention et du Sommet mondial pour
le développement durable visant à parvenir à une réduction
significative du rythme d’appauvrissement de la diversité
biologique d’ici à 2010, ii) les Objectifs du Millénaire pour
le développement, en particulier l’objectif 7 sur l’environnement
durable, et iii) les objectifs de la Stratégie mondiale pour
la conservation des plantes
Le Gabon possède un réseau des parcs nationaux qui est
intégré dans le réseau sous-régional (RAPAC).

1.2. Intégrer les aires protégées dans des Intégrer, d’ici à 2015, toutes les aires protégées et les systèmes
paysages terrestres et marins plus grands et d’aires protégées dans des paysages terrestres et marins plus
plus de secteurs aux fins de préserver leur grands, et dans les secteurs pertinents, par l’application
structure et fonction écologiques de l’approche par écosystème, ainsi qu’en tenant compte
de la connectivité écologique2 et, s’il y a lieu, du concept
de réseaux écologiques
A travers le Parc National de Monts de Cristal, le Gabon
participe au programme d'appui à la Conservation
des Ecosystèmes du Bassin du Congo, qui prône l’approche
paysage en application de l’approche par écosystème.
La connectivité de ce parc national sera assurée avec celui
de Mont Alen, situé en Guinée-Equatoriale.
Page 147

1
Les zones terrestres comprennent les écosystèmes des eaux intérieures.
2
La notion de connectivité écologique peut ne pas concerner toutes les Parties.
Appendice I-B : Programme de travail sur les aires protégées

Tableau 20 (Suite)

Buts Objectifs

1.3. Créer et renforcer les réseaux régionaux, Mettre en place et renforcer, d’ici à 2010/20121, les aires
les aires protégées transfrontières et la protégées transfrontières, d’autres formes de collaboration entre
collaboration entre les aires protégées les aires protégées avoisinantes, de part et d’autre des frontières
avoisinantes, situées de part et d’autre des nationales, et les réseaux régionaux, afin d’accroître
frontières nationales la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique,
par l’application de l’approche par écosystème et le renforcement
de la coopération internationale
Le Gabon participe aux efforts du renforcement des réseaux
sous-régionaux car il est membre du RAPAC et participe
au programme PACEBCo. Par ailleurs, le Gabon participe aussi
au projet TRIDOM qui développe la collaboration entre les aires
protégées transfrontalières : Minkébé au Gabon, Dja
au Cameroun et Odzala au Congo.

1.4. Améliorer sensiblement la planification et Mettre en place une gestion efficace de toutes les aires protégées,
la gestion des aires protégées à l’échelle des d’ici à 2012, par la mise en œuvre de processus participatifs
sites et scientifiques de planification des sites comprenant des
objectifs, des cibles, des stratégies de gestion et des programmes
de suivi clairs en matière de diversité biologique, fondés sur les
méthodologies existantes et un plan de gestion à long terme
associant activement les parties prenantes
L'Agence National des Parcs Nationaux (ANPN) a développé
des plans de gestion, des plans d’aménagement et des Bussiness
plan pour accroitre l’efficacité de gestion du réseau des parcs
nationaux.
Page 148

1
Les références aux réseaux d’aires marines protégées doivent être conformes à l’objectif du Plan d’application
du Sommet mondial pour le développement durable
Appendice I-B : Programme de travail sur les aires protégées

Tableau 20 (Suite)

Buts Objectifs

1.5. Prévenir et atténuer les impacts négatifs Mettre en place, d’ici à 2008, des mécanismes efficaces
des principaux dangers qui menacent les aires permettant d’identifier, de prévenir ou d’atténuer les impacts
protégées négatifs des principaux dangers qui menacent les aires protégées
Le Manuel d’Etude d'Impact Environnemental pour les Parcs
Nationaux sera bientôt élaboré. Un audit environnemental
des entreprises extractives et forestières localisées en zones
tampons et périphéries des parcs nationaux a été réalisé.

2.1. Promouvoir l’équité et le partage des Etablir, d’ici à 2008, des mécanismes pour le partage équitable
avantages des coûts et des avantages résultant de la création et de la gestion
des aires protégées
Aucune activité n’a été réalisée dans cette optique.

2.2. Accroître et obtenir la participation des Parvenir, d’ici à 2008, à la participation pleine et entière des
communautés autochtones et locales, et communautés autochtones et locales, dans le plein respect
parties prenantes compétentes de leurs droits et la reconnaissance de leurs responsabilités,
en conformité avec les lois nationales et les obligations
internationales, ainsi qu’à la participation des parties prenantes
à la gestion des aires protégées existantes, ainsi qu’à la création
de nouvelles aires protégées et à leur gestion
Le Gabon enregistre des résultats mitigés dans ce domaine.
Il est prévu la création de comités locaux.

3.1. Fournir un environnement politique, Examiner et réviser, s’il y a lieu, d’ici à 2008, les politiques,
institutionnel et socioéconomique propice aux y compris par l’utilisation d’évaluations et d’incitations sociales
aires protégées et économiques, afin de fournir un environnement approprié
à l’appui de la création et d’une gestion plus efficaces des aires
protégées et des systèmes d’aires protégées
Activités en cours
Page 149
Appendice I-B : Programme de travail sur les aires protégées

Tableau 20 (Suite)

Buts Objectifs

3.2. Renforcer les capacités de planification, de Mettre en œuvre, d’ici à 2010, des initiatives et programmes
création et de gestion des aires protégées globaux de renforcement des capacités aux fins de développer les
connaissances et les compétences au niveau individuel,
communautaire et institutionnel, et d’accroître les standards
professionnels
L’ANPN a développé plusieurs initiatives de formation, de
renforcement des capacités des ressources humaines
(conservateurs, écoguides, écogardes). Actuellement, elle réalise
un projet de renforcement de capacités, financé par le FEM (GEF)
par le biais de la Banque Mondiale (GEF-PARCS).

3.3. Elaborer, appliquer et transférer les Améliorer sensiblement l’élaboration, la validation et le transfert,
technologies adaptées aux aires protégées d’ici à 2010, des technologies adaptées et des approches
novatrices pour une gestion efficace des aires protégées,
en tenant compte des décisions de la Conférence des Parties sur
le transfert de technologie et la coopération technique
Aucune activité n’a été réalisée dans cette optique.

3.4. Assurer la viabilité financière des aires Garantir, d’ici à 2008, suffisamment de ressources financières,
protégées et des systèmes d’aires protégées techniques et autres ressources, y compris d’origine nationale
nationaux et régionaux [Link], pour couvrir les coûts relatifs à la mise
en.œuvre et à la gestion efficaces des systèmes nationaux
et.régionaux d’aires protégées, aux fins notamment de répondre
aux besoins des pays en développement, des pays à économie
[Link] et des petits états insulaires en développement
L’ANPN bénéficie d’un appui considérable de l’Etat. Par ailleurs
des financements ont été ou sont en cours d’être mobilisés
à travers plusieurs programmes et projets (GEF-PARCS, PAGOS,
Conversion de la dette contre nature, Création d’une fonction
Page 150

pour la conservation, …)
Appendice I-B : Programme de travail sur les aires protégées

Tableau 20 (Suite)

Buts Objectifs

3.5. Renforcer la communication, l’éducation Accroître considérablement, d’ici à 2008, la sensibilisation du


et la sensibilisation du public public, les connaissances et la compréhension à l’égard de
l’importance et des avantages fournis par les aires protégées
La Direction de la communication de l'ANPN est chargée
de dérouler son plan de communication. Plusieurs campagnes
de sensibilisation ont déjà été réalisées à l’endroit des acteurs clés
de la gestion des parcs nationaux.

4.1. Elaborer et adopter des normes minimales Elaborer et adopter, d’ici à 2008, des normes, critères
et des meilleures pratiques pour le bien des et meilleures pratiques aux fins de la planification, de la sélection,
systèmes nationaux et régionaux d’aires de la mise en place, de la gestion et de la gouvernance
protégées de systèmes nationaux et régionaux d’aires protégées.
Aucune activité n’a été réalisée dans cette optique.

4.2. Evaluer et améliorer l’efficacité de la Adopter et mettre en œuvre, d’ici à 2010, des cadres
gestion des aires protégées [Link], d’évaluation et d’établissement de rapports sur
l’efficacité de la gestion des aires protégées au niveau des sites,
des systèmes nationaux et régionaux et des aires protégées
transfrontières.
Aucune activité n’a été réalisée dans cette optique.

4.3. Evaluer et suivre l’état et les tendances Etablir, d’ici à 2010, des systèmes nationaux et régionaux aux fins
des aires protégées de pouvoir surveiller efficacement de la couverture, de l’état
et des tendances des aires protégées à l’échelon national, régional
et mondial et d’aide à l’évaluation des progrès accomplis pour
réaliser les objectifs pour la diversité biologique mondiale.
Aucune activité n’a été réalisée dans cette optique.

4.4. S’assurer que les connaissances Renforcer les connaissances scientifiques relatives aux aires
scientifiques contribuent à la création et à protégées afin de favoriser leur création et d’améliorer leur utilité
l’efficacité ou utilité des aires protégées et des ou efficacité et leur gestion.
Page 151

systèmes d’aires protégées En accord avec l'ANPN, c'est le CENAREST qui est en charge
du suivi des activités de recherche dans les Parcs Nationaux.
Appendice II : Besoins en renforcement des capacités

APPENDICE II : BESOINS EN RENFORCEMENT DES CAPACITES

En vue de renforcer ou de développer les capacités insuffisantes ou absentes


nécessaires à la gestion durable de la diversité biologique, il est envisagé de répertorier
les besoins tant sur le plan systémique, institutionnel qu'individuel renvoyant à la formation
ou au perfectionnement des ressources humaines.

I. BESOINS SYSTEMIQUES

Au niveau systémique, le renforcement des capacités suppose la mise en place


de mécanismes susceptibles de permettre aux individus et aux institutions de fonctionner,
d’opérer et de réaliser leurs missions. Le niveau systémique prend en compte le cadre
général d’intervention (politique générale), le cadre administratif, juridique
et réglementaire, le cadre économique et de contrôle, les processus, les relations formelles
et informelles.

I.A. Besoins en matière de cadre d’intervention

Il apparaît donc nécessaire de doter le Gabon d’un cadre d’intervention cohérent


et contextualisé. De ce fait, il est indispensable d'effectuer une révision ou une actualisation
de la Stratégie Nationale et Plan d’Action sur la Diversité Biologique (SNPA-DB) au Gabon.
Outre la stratégie, ce cadre d’intervention comprendra un outil d’opérationnalisation
élaboré à partir des actions contenues dans les différents programmes, lignes directrices
y relatifs et dispositions des différents AME’s traitant de la diversité biologique.

I.A.1. Besoins relatifs au cadre administratif et juridique

Le Gabon se doit de mettre en place un cadre administratif adéquat et est invité


à disposer d’un arsenal législatif, réglementaire et incitatif adéquat pour le renforcement
de la mise en œuvre de l’ensemble de la CDB et des AME’s connexes.
Sur le plan administratif, le Gabon devrait compléter l’administration des AME’s relatifs
Page 152

à la diversité biologique en désignant les correspondants nationaux thématiques et, selon


Appendice II : Besoins en renforcement des capacités

le cas, par la mise en place des autorités nationales compétentes. Ce dispositif administratif
est très important dans l’animation des activités liées aux AME’s.
Sur le plan juridique, il est urgent que les spécialistes en droit de l’environnement,
les techniciens du département en charge de l’environnement et les techniciens des autres
départements impliqués, selon le cas, puissent organiser une séance de travail afin
d’identifier les projets de lois, de décrets et autres outils réglementaires, administratifs
et incitatifs capables de permettre la mise en œuvre des objectifs de la CDB et des autres
AME’s connexes. Dans ce contexte, il conviendrait :
- d’adopter, à l’actualisation du Code de l’Environnement, de cadres réglementaires
nationaux sur la prévention des risques biotechnologiques (décrets, arrêtés, décisions …)
au Gabon pour réglementer les mouvements transfrontières, l'utilisation, le contrôle
et le commerce dans le pays des Organismes Génétiquement Modifiés (OGM)/Organismes
Vivants Modifiés (OVM) ;
- d’adopter des textes réglementaires visant à compléter les dispositions qui seront
inclus dans le nouveau Code de l’Environnement. Ces textes traiteraient, entre autres,
des questions liées à l’approche par écosystème, l’utilisation des ressources biologiques,
la conservation de la diversité biologique, l’accès et le partage des avantages issus
de l’exploitation des ressources biologiques et notamment les ressources génétiques,
la valorisation des biens et services environnementaux, les connaissances, innovations
et pratiques traditionnelles, définition des espèces protégées ou menacées, la biodiversité
des sols, … ;
- d’intégrer les dispositions pertinentes des AME’s relatifs à la diversité biologique.
Ces textes pourraient également inciter le secteur privé à investir dans la conservation
et/ou l’utilisation durable des ressources biologiques.

I.A.2. Besoins relatifs au cadre économique et autres processus

Les besoins relatifs au cadre économique et autres processus renvoient essentiellement


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aux activités liées à l’éducation/formation, au transfert de technologie, à la constitution


des bases de données et la documentation, à l’amélioration des mécanismes financiers,
Appendice II : Besoins en renforcement des capacités

à la participation des ONG Environnementales (ONGE) et du secteur privé, ainsi qu’à celle
des ONG relatives à la communication, sensibilisation du public et à la recherche.
Il est indispensable d’amorcer une étude qui vise à quantifier la valeur économique
de la biodiversité et à définir sa contribution dans la création de la recherche en vue
de la prise en compte de la biodiversité dans la comptabilité nationale.

➢ Enrichissement des programmes de formation

La protection et de l’amélioration de l’environnement de manière globale et des


ressources biologiques de façon spécifique est une question cruciale, puisque le bien-être
humain en dépend. Eu égard à cette conception, il serait indispensable que ces questions
fassent l’objet d’une introduction dans le système scolaire et universitaire de notre pays.
Au niveau de l’enseignement du premier et second degré, les acteurs du secteur
éducation, notamment l’Institut Pédagogique National (IPN), joueront un rôle prépondérant.
L’IPN aura la charge d’élaborer des programmes d’enseignement et des manuels pour
des besoins d'éducation de la population scolarisée dans le cadre de la gestion durable
de biodiversité.
L’Ecole Nationale des Eaux et Forets (ENEF) étant l’unique école à l’échelle nationale
qui forme des techniciens chargé de la gestion des ressources naturelles renouvelables,
il serait indispensable qu’elle puisse enrichir ces programmes d’enseignement en y incluant
des modules liés à la gestion durable des ressources biologiques, notamment la biodiversité
forestière, faunique, marine et côtière ainsi que celle des eaux continentales. Dans le même
ordre d’idées, l’Ecole Nationale des Cadres Ruraux (ENCR), basée à Oyem, et l’Institut
National de Sciences Agronomiques et Biotechnologiques (INSAB), à Franceville, devraient
enrichir leur programme d’enseignement pour intégrer les problèmes liés aux thématiques
Agronomie/Biodiversité ou Agriculture/Biodiversité, et intégrer, s’agissant de l’INSAB,
les préoccupations du Protocole de Cartagena sur la biotechnologie. Par ailleurs,
les autorités du département chargé de l’Agriculture et celui chargé de l’enseignement
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scientifique devraient envisager la possibilité d’établir un pont académique entre l’ENCR


et l’INSAB. A titre d’exemple, les diplômés de l’ENCR, après l’obtention du baccalauréat,
Appendice II : Besoins en renforcement des capacités

pourraient être admis sur titre à l’INSAB. Un quota pourrait leur être attribué et en fonction
de celui-ci, la moyenne obtenue lors du baccalauréat pourrait être prise comme critère de
sélection.

➢ Transfert de technologie

Le transfert des technologies est un élément essentiel du renforcement des capacités


notamment pour les pays en développement comme le Gabon. Il s’agit soit de la maîtrise
des méthodologies ou des procédés, soit de l'acquisition des techniques et de matériel.
Il s'agit là d'un renforcement des capacités administratives et du transfert du savoir-faire.
On y note également une nécessité de la reproduction des nouveaux systèmes technologies
de façon durable. Le transfert de technologie peut concerner la recherche, la formation,
la conception des sites Web, etc.
L’importance de la question du transfert de technologie, dans le contexte de la CDB,
apparaît clairement et elle en fait un point prioritaire (articles 7, 12, 17). Dans ce contexte,
les départements ministériels concernés tels que le Ministère chargé de l’environnement,
le Ministère chargé de l’économie forestière et de la pêche, le Ministère chargé des Parcs
Nationaux et le Ministère chargé de l’Agriculture, et surtout les Instituts de recherche
devraient s’atteler à établir de tels accords de coopération technique et technologique.
Plus spécifiquement, l’Institut de Recherche Technologique (IRT) devrait faire des efforts
pour se mettre à la pointe de la technologie, pour maîtriser les phénomènes
environnementaux émergents et leur évolution afin de proposer des nouveaux procédés
et des technologies adaptés, favorisant une utilisation durable des ressources biologiques.

➢ Bases de données et documentation

L’article 4 alinéa 5 de la loi 16/93 demande la mise en œuvre d’une politique


"de formation, d’information, de recherche et de vulgarisation […]". La mise en œuvre de cette
mesure requiert la mise en place d’une base de données. C’est à ce niveau que pourrait
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intervenir l'ADIE/PRGIE (Association pour le Développement de l’Information


Environnementale/Programme Régional de Gestion de l’Information Environnementale).
Appendice II : Besoins en renforcement des capacités

Ces bases de données nous permettront de mieux échanger l’information nécessaire à la


réalisation de plusieurs activités telles que la recherche, la formation
ou la sensibilisation.
L’ADIE/PRGIE est invité à collecter des données sur les ressources biologiques
(exploitation, aires protégées, implication des populations dans la gestion des ressources
biologiques, …) et dresser des tableaux de bord ou élaborer des rapports périodiques afin
de permettre aux autres techniciens du département chargé de l’environnement ayant reçu
le mandat de traiter les questions liées à la biodiversité, d’établir des tendances qui serviront
d’orientation pour la prise de décisions. Pour y arriver, l’ADIE/PRGIE devrait alors collaborer
avec l’ensemble des institutions de recherche du ministère de l’Agriculture et du
Développement Rural, et celles du Département de la Recherche. Dans cette perspective,
l’ADIE/PRGIE a la mission de constituer une documentation suffisante pour permettre aux
autres agents du département en charge de l’environnement d’accomplir leurs missions.
L’existence de celle-ci suppose aussi une organisation interne en matière de gestion
de la documentation. Il convient alors de créer une médiathèque/bibliothèque
environnementale qui sera gérée par l’ADIE/PRGIE.
Cette médiathèque/bibliothèque environnementale permettrait de "disponibiliser"
l’information ou la donnée et de la rendre accessible aux chercheurs, aux étudiants et autres
usagers. Munis de cette documentation, les services du département en charge
de l’environnement qui s’occupent des questions de biodiversité pourraient entreprendre
d’opérationnaliser des Instruments de Surveillance (IS) qui englobent un grand nombre
d'indicateurs permettant de suivre de très près les évolutions des ressources biologiques
du pays et des impacts des projets de développement et l’ensemble des activités
anthropiques sur lesdites ressources. La base de données relative aux indicateurs
permettrait de mieux rendre compte de l’état de la biodiversité et constituer ainsi des bases
scientifiques fiables pour la prise de décisions éclairées, et pour une évaluation rationnelle
de la politique de gestion responsable des ressources biologiques. Enfin, il parait
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indispensable d’accorder une intention particulière aux ressources biologique dans


Appendice II : Besoins en renforcement des capacités

le processus d’évaluation des impacts des projets de développement sur l’environnement


prescrit dans le cadre des rapports d’Etude d’Impact sur l’Environnement (EIE).

➢ Amélioration du mécanisme financier

L’Etat Gabonais et ses partenaires consentent des efforts pour financer les activités
de conservation. Mais, ceux-ci demeurent insuffisants. Il parait nécessaire d’améliorer
le mécanisme financier. Cela signifie que le Gabon devrait identifier un mécanisme novateur
pour le financement des activités de mise en œuvre de la CDB et des AME’s connexes,
et globalement de l’amélioration et de la protection de l’environnement, car les défis
à relever sont nombreux. Dans cette perspective, il faudrait relancer et explorer davantage
la question de la mise en place d’un fond environnemental à côté du fond forestier ou des
parcs nationaux. Cette recherche doit s’inscrire dans le cadre d’une stratégie et d’un plan
d’action en matière de mobilisation des ressources financières qu’il va falloir concevoir
et mettre en œuvre. De même, il s’agira de mettre en place une diplomatie
environnementale efficace afin d’établir plusieurs accords de coopération bilatérale
en la matière. Dans ce cadre, une identification des partenaires impliqués dans les questions
de gestion durable de la biodiversité est indispensable ainsi qu’une stratégie de mobilisation
des ressources financières.
Le renforcement des capacités et, plus généralement, la mise en oeuvre des AME’s
relatifs à la diversité biologique ne peuvent être assurés sans la disponibilité de ressources
importantes. Ainsi, outre la diplomatie environnementale agissante, il est également
important de procéder à :
- la formation des acteurs nationaux sur la formulation des projets (FEM, UICN,
UE, ...) ;
- la mobilisation de l’expertise pour l’élaboration, la soumission et la négociation des
requêtes de financement ;
- la formation des acteurs nationaux sur la sur la gestion des projets.
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Appendice II : Besoins en renforcement des capacités

➢ Participation de la société civile

La société civile est un maillon important dans le processus de gestion durable


de l’environnement. On y distingue la société civile à but lucratif (entreprises) et la société
civile à but non lucratif (ONG, associations et organisations de base).

✓ Société civile à but lucratif

Le secteur privé devrait prendre une part active dans la politique de gestion
de la biodiversité. Il est convié, d'une part, à participer et à contribuer aux efforts, à l'échelle
nationale de mise en œuvre de la CDB, et, d'autre part, à élaborer un Système
de Management Environnemental (SME).

✓ Société civile à but non lucratif

La participation effective des ONG et des associations du domaine de l’environnement


ainsi que des organisations de base impliquées dans la gestion des ressources biologiques
vise à faire en sorte que ces organisations deviennent des véritables partenaires efficaces
et efficients dans la mise en œuvre des activités de terrain. Elles sont invitées à :
- participer et appuyer les efforts, déployés au niveau national pour appliquer
les différents AME’s en rapports avec la biodiversité notamment à travers des efforts
de sensibilisation et d’éducation du public et en initiant des projets de terrains.
- aider à trouver des co-financements pour les activités de création de capacités.

➢ Communication, Education et Sensibilisation du Public

La faiblesse de la sensibilisation et l'insuffisance des connaissances relatives


aux questions, implications et solutions de substitution dans les domaines de la diversité
biologique, des changements climatiques et de la dégradation des terres, et des interactions
entre ces domaines, font obstacles à la prise de décision et aux interventions efficaces à tous
les niveaux. Dans l’article 4 alinéa 5 de la loi 16/93, il est demandé de mettre œuvre des
mesures en matière de "formation, d’information, de recherche et de vulgarisation en vue de favoriser la
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participation de tous les citoyens à la réalisation de cette politique".


Appendice II : Besoins en renforcement des capacités

Cela prouve que la communication, l’éducation et la sensibilisation du public sont


indispensables à la gestion durable de l’environnement et spécifiquement à la connaissance
des AME's relatifs à la diversité biologique. Toutefois, les activités de communication,
éducation et sensibilisation du public ne peuvent être possible que si les chercheurs
produisent les informations et données qui seront capitalisées par l’ADIE/PRGIE. En effet,
cette entité est chargée de concevoir des supports de communication, d’information
et de sensibilisation du public afin de préparer et mettre en œuvre, en collaboration avec
le service central du Ministère en charge de l’environnement, les différentes campagnes
et actions de sensibilisation.
Ces campagnes pourraient aussi être relayées par les ONG et organisations de bases
compétentes. Dans cet exercice, il faudrait concevoir des outils adaptés à chaque population
cible et se souvenir qu’il existe une frange de la population gabonaise qui est analphabète.
Au cas où le département de l’éducation populaire serait intéressé, il conviendrait
de l’associer dans cette entreprise ; c’est une occasion de mutualiser les moyens de l’Etat.
En somme, il nous revient de renforcer des mesures en matière de communication,
éducation et sensibilisation du public notamment en :
- créant un système effectif de communication, d’information et de sensibilisation
du public qui sera relié au CHM et au BCH ;
- élaborant et en mettant en œuvre sur l’ensemble du territoire national
des programmes d’information, de communication et de sensibilisation au profit
des différentes populations cibles dans le cadre de la compréhension du concept
de biodiversité, de la nécessité de conserver la biodiversité, de sa contribution à la lutte
contre la pauvreté, etc. ;
- renforçant et en soutenant le rôle, les actions et les capacités des ONG dans
le travail de relais sur le terrain ;
- en mettant un accent particulier sur les Communautés Autochtones et Locales
(CAL) afin qu’elles participent réellement à la prise de décision, à la formulation et la mise
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en oeuvre des politiques et qu'elles bénéficient de l’utilisation leurs connaissances, pratiques


et innovations en matière des ressources biologiques ;
Appendice II : Besoins en renforcement des capacités

- permettant aux Parties Prenantes d’avoir une meilleure connaissance des AME’s
en rapport avec la biodiversité et leurs liens avec d’autres AME’s.
La CDB et les AME’s connexes ont élaboré des programme de travail en matière
de communication, éducation et sensibilisation du public. Il conviendrait alors de procéder
à la lecture desdits programmes et d’identifier les différentes activités susceptibles d’être
réalisées au Gabon. Celles-ci seront compilées et consolidées dans une matrice servant
de programme opérationnel en matière de communication, d'information et de
sensibilisation du public sur la gestion des ressources biologiques.

➢ Recherche

Au point de vue de bilan de situation, nous sommes d’avis que le secteur


de la recherche scientifique a réalisé d’énormes progrès. Il convient, à ce titre, de se féliciter
de l’intérêt manifesté par les différents instituts de recherche du CENAREST (IPHAMETRA,
IRAF, IRET, IRT, ISRH) pour promouvoir une véritable activité de recherche.
Malheureusement, par suite de l’inefficacité du CENAREST, la recherche scientifique n’a pas
pu jusqu’ici jouer pleinement son rôle de coordination des programmes nationaux et de
contrôle de l’ensemble des activités scientifiques.
L’exercice de cette prérogative de coordination implique une planification, dans leur
exécution, de thèmes de recherche essentiellement axés sur le développement national.
Cette planification permettrait d’aboutir à l’élaboration d’un Plan d’Action Quinquennal
de Recherche qui reposerait sur les préoccupations réelles de développement du Gabon.
En effet, il est indispensable que les options fondamentales de notre politique en recherche
scientifique visent à satisfaire les différentes incertitudes observées au sein de la société
gabonaise tant dans le domaine économique, social, culturel et politique. Dans cette
optique, ce plan prendra en compte les préoccupations des différentes administrations
(politiques, stratégies, plans d’action, DSCRP, …), organisations et institutions (secteur privé,
société civile, collectivités locales) ainsi que l’ensemble des couches sociales (populations
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autochtones et locales).
Appendice II : Besoins en renforcement des capacités

Un des axes stratégiques du Plan d’Action Quinquennal de Recherche traiterait des


questions relatives à la mise en œuvre des politiques de gestions durable des paysages
agricoles et des ressources naturelles renouvelables. La matérialisation de cet axe passerait
par l’élaboration et l’adoption d’un programme de cherche en matière de biodiversité.
Globalement, les instituts de recherche assurerait la "fonction de recherche fondamentale"
sur le fonctionnement des écosystèmes et des réseaux écologiques, les liens entre
biodiversité et climat, les processus de résilience écologique et leurs limites, les liens entre
les ressources biologiques, les écosystèmes et l’homme. De manière spécifique, chaque
institut du CENAREST devrait apporter des modifications de sa vision de recherche.
L’IRET (Institut de Recherche en Ecologie Tropicale) devrait axer ses interventions sur
l’étude des populations, des communautés, des écosystèmes et de la biosphère.
Ainsi, en vue de lutter contre les crises écologiques, les projets porteraient sur
l’écophysiologie (relations processus physiologiques/facteurs environnementaux),
l'autécologie ou l’auto-écologie (relation entre un type d’organisme et les facteurs
de l’environnement), l’écologie des populations ou la démo-écologie (relation entre les
populations d’individus d’une même espèce), la synécologie (relations entre une
communauté d’individus d’espèces différentes et son environnement), l’étude des
écosystèmes et de l’écologie globale. Les données obtenues permettraient de connaître
la diversité biologique de notre pays, les différentes espèces, leur effectif (inventaires),
leur spécificité, les différents habitats et écosystèmes, leurs statuts (vulnérable, en danger
ou en état critique). L’IRET se chargerait également de mener des travaux sur la taxonomie
et l'impact environnemental des espèces envahissantes ainsi que sur les interactions entre
écosystèmes insulaires (Port-Gentil, Pointe Denis, Iles Samory Touré, portion de terre
de Lambaréné ceinturé par l’Ogooué, …) et activités humaines.
Les quatre départements de l’IRET trouvent ici un vaste champ d’investigation.
L’un d’eux, notamment celui chargé des écosystèmes terrestres devrait élaborer un projet
de vulgarisation de l’approche écosytémique élaborée par le Secrétariat de la Diversité
Page 161

Biologique. L’IRET pourrait accroître sa coopération avec le CIFOR et les autres partenaires.
En somme, le renforcement de la recherche scientifique à l’IRET viserait à combler
Appendice II : Besoins en renforcement des capacités

les lacunes en matière de connaissances des milieux et de valorisation de la biodiversité


terrestre, de la biodiversité côtière et marine ainsi que des zones humides.
L’IRT (Institut de Recherche technologique), en considérant ses missions, devrait
s’investir davantage dans des recherches portant sur l'application de certaines technologies
modernes qui auraient moins d’impacts sur les ressources biologiques. Cet institut
de recherche devrait aider l’IRAF (Institut de Recherches Agronomiques et Forestières) dans
la recherche et la vulgarisation des procédés techniques et technologiques à faible impact
dans l’exploitation forestière, des ressources halieutiques et des paysages agricoles.
De même, une collaboration devrait s’établir entre l’IRT et l’IRAF pour l’animation de l’atelier
bois localisé à l’IRAF. L’IRT devrait aussi collaborer avec le Centre National
Anti-Pollution et l’Ecole Nationale des Eaux et Forêts par le biais de ses Laboratoires
de Chimie organique et minérale, de Microbiologie, puis de technique de bois.
De son côté, l’IPHAMETRA (institut de Pharmacopée et de Médecine Traditionnelle),
à travers ses missions et les tâches dévolues à ses laboratoires, devrait s’investir dans
la recherche de partenariats réels avec l’Association des Thérapeutes Gabonais afin d’aider
l’administration gabonaise (ministères en charge de l’économie forestière,
de l’environnement et de la protection de la nature) à réguler l’accès aux ressources
biologiques. Avec ces mêmes entités, l’IPHAMETRA devrait asseoir un programme dans
le cadre de la mise en œuvre de l’objectif 3 de la CDB, qui trouverait des bases dans les
articles 8j et 15 dudit instrument. Des actions visant à développer la taxonomie devrait aussi
être envisagées.
L’IPHAMETRA devrait donc prendre une part active dans les questions liées à l’APA
(Accès aux ressources génétiques et Partage des Avantages liés à leur utilisation).
L’IPHAMETRA pourrait également appuyer l’ENEF dans les cours de botanique, de taxonomie
et de systématique. A travers l’Herbier National, l’IPHAMETRA pourrait également animer
la thématique relative à la Stratégie Mondiale de Conservation des Plantes développé par
la CDB.
Page 162

Les missions de l’IRSH (Institut de Recherche en Sciences Humaines) le prédestinent


à entreprendre la recherche dans des domaines relatifs à l’étude de l’Homme, de la société
Appendice II : Besoins en renforcement des capacités

et des rapports de l’Homme avec son espace de vie. Appliquées à la donne de la mise
en œuvre de la CDB et des AME’s connexes, ces missions illustrent le fait selon lequel
les sociétés humaines ont des relations complexes avec leur environnement naturel. Ainsi,
comprendre et analyser ces interactions devrait constituer une nécessité dans la perspective
du développement durable. Il s’agit là d’un défi que l’IRSH pourrait relever : c’est un
nouveau champ d’investigation pour lui.
De même, satisfaire la large gamme de besoins humains et écologiques exige des
nouvelles approches de la gestion de nos forêts, et une recherche d’une nature différente.
Le travail de l’IRSH dans ce contexte s’appuierait sur la recherche et la
promotion/vulgarisation des résultats qui concernent :
- les incidences socio-économiques qui touchent notamment les Communautés
Autochtones et Locales (CAL) dans le cadre des activités liées à l’exploitation des ressources
naturelles ;
- la "foresterie sociale"1 (cogestion, gestion participative des ressources, approches
novatrices pour accroître la participation des usagers à la gestion des forêts, appui à des
approches intégrées de la gestion des ressources naturelles, impacts des méthodes
et techniques participative et de la cartographie sociale) ;
- les études des terroirs en vue des processus d’aménagement forestiers ou de
certification forestière ;
- la compréhension et la valorisation des CPIT (Connaissances, Pratiques et
Innovations Traditionnelles) ;
- l’étude des sociétés humaines dans leurs milieux (en privilégiant les savoirs et les
usages des ressources, tout en prenant en compte les effets sur la biodiversité, les relations
entre l’Homme et les plantes/animaux).
En collaboration avec l’IRAF, la recherche à l’IRSH pourrait également s’orienter vers
la production des informations scientifiques susceptibles de permettre aux populations
autochtones et locales d’accroître des bénéfices économiques issues de l’exploitation
Page 163

1
Politique de prise en compte de l’Homme comme acteur principal dans la mise en œuvre des programmes de
gestion durable des forêts
Appendice II : Besoins en renforcement des capacités

des produits forestiers non ligneux. De même, en matière de contribution relative à la mise
en œuvre des AME’s en rapport avec la biodiversité, les missions et les objectifs assignés
à l’IRAF pourraient être orientées dans deux directions. Il convient, dans cette perspective,
de mettre un accent sur des politiques et stratégie qui visent d’une part, à gérer durable
de la diversité biologique forestière et d’autre part, à associer production agricole et gestion
de la biodiversité.
En matière de gestion durable de la diversité biologique forestière, il s’agirait, pour
l’IRAF, d’accentuer ses actions dans la recherche des méthodes de gestion rationnelle
des forêts gabonaises où la diversité biologique est menacée et des zones d'interface entre
les aires protégées et les territoires agricoles. A titre d’exemple, il pourrait porter sur :
- les causes et les processus de destruction et de dégradation des forêts
gabonaises ;
- l’analyse des problèmes forestiers pour aider à élaborer des politiques nationales
et sous-régionales ;
- le développement des méthodes propres pour la mise en œuvre des activités
sylvicoles (reboisements viables à long terme et bénéfiques pour les populations locales) ;
- la mise en place d’instruments, stratégies et pratiques optimales pour une
meilleure gestion des forêts. Dans cette optique, il serait souhaitable de produire des
informations scientifiques pour un meilleur aménagement des forêts. Ainsi, les forêts
doivent être aménagées pour remplir un ensemble de fonctions écologiques, sociales,
économiques et culturelles, et non servir seulement des intérêts uniques, tels que
l’exploitation forestière, ou la conservation, comme cela l’est actuellement.
S’agissant de l'association production agricole/gestion de la biodiversité, il s'agirait
de conduire progressivement les politiques, les sociétés agro-industrielles et pastorales ainsi
que les promotionnaires de "l’agriculture de subsistance économique"1 à produire pour la
satisfaction des besoins des populations.
Les recherches de l’IRAF devraient être guidées par l'évolution des questionnements
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scientifiques et orientées par les défis planétaires posés par l'alimentation, l'environnement

1
Les produits viviers issus de l’Agriculture familiale et destinés à la vente.
Appendice II : Besoins en renforcement des capacités

et la valorisation des territoires. Changements climatiques, alimentation des gabonais,


autosuffisance alimentaire, compétition entre cultures alimentaires et non alimentaires,
politiques et stratégies d’élevage au Gabon (poissons et animaux), épuisement des sols,
équilibre dans la gestion des territoires sont autant d'enjeux auxquels l’IRAF devrait
s’attaquer. Les autres champs d’investigation porteraient sur la gestion des ressources
génétiques en collaboration avec l’IPHAMETRA, puis sur la biotechnologie et les OGM/OVM,
l’agrobiodiversité (espèces cultivées ou utilisées par l'homme, écosystèmes naturels
ou cultivés dans lesquels on les trouve, ainsi que les espèces sauvages associées
qui contribuent au fonctionnement de ces systèmes). Dans cette optique, le Laboratoire
de Biotechnologie de l’IRAF doit contribuer significativement à la mise en œuvre du Cadre
National de Biosécurité élaboré au ministère de l’environnement.
Enfin, l’IRAF est invité à établir des collaborations avec plusieurs partenaires. Sur le plan
national, l’IRAF pourrait établir des partenariats avec le Laboratoire d’Agronomie de l’INSAB
(Institut National des Sciences Agronomiques et Biotechnologiques) de l'Université
des Sciences et Techniques de Masuku (USTM) à Franceville, du Laboratoire de Contrôle de
la Qualité Alimentaire, basé à la Direction Générale de la Consommation et de la
Concurrence (Ministère chargé des Finances), et des centres de recherche logés au sein du
Ministère de l’Agriculture et de Développement Rural. Sur le plan international, des
partenariats pourraient être établis avec le CIRAD, l’INRA en France et d’autres institutions
similaires du Brésil en raison de leurs performances en matière agricole.

II. BESOINS INSTITUTIONNELS

Au Gabon, plusieurs institutions sont impliquées dans la gestion de la biodiversité.


Ce sont des départements ministériels, des institutions gouvernementales, des ONG et des
organisations à but lucratif (entreprises). Ces entités ont besoin, à des degrés divers,
d’un renforcement des capacités pour jouer au mieux leur rôle dans la gestion durable
des ressources biologiques. Au niveau institutionnel, le renforcement des capacités porte
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sur la performance et les moyens de fonctionnement de l’organisation dans son ensemble


Appendice II : Besoins en renforcement des capacités

ainsi que sa capacité à s’adapter au changement ; il vise à renforcer l’institution en tant que
système intégré incluant les individus, les groupes et l’institution elle-même.

II.A. Besoin de capacités en matière de coordination intersectorielle

Pour mieux remplir ses obligations et tirer davantage partie des opportunités qu’offre
la CDB, le Gabon devrait s’orienter vers la définition d’un cadre de coordination clair
et opérationnel. Pour visualiser cette idée, il conviendrait de mettre en place le Groupe
de Travail National sur la Biodiversité du Gabon (GTNBG).

II.B. Besoin en capacités des administrations, Institutions et organisations

Les besoins en capacités des administrations, Institutions et organisations concernent


la société civile, les institutions de recherche, cinq départements ministériels cibles
et le ministère en charge de l’environnement et de la protection de la nature.

II.B.1. Besoins de la société civile

Au niveau de la société civile à but non lucratif que sont les ONG, les associations et les
organisations de base, soulignons qu’elles font preuve d’une faiblesse en matière de cadre
institutionnel. En effet, elle n’est pas domiciliée à un site déterminé à l’exception des ONG
internationales et trois ONG nationales. Il leur est actuellement difficile d’obtenir un siège au
regard des difficultés liées à la mobilisation des ressources financière. Il est donc souhaitable
que les pouvoirs publics, grâce à l’appui des partenaires au développement, puissent
encourager les efforts des ONG de protection de la nature (ONGE) en les dotant d’un siège
que l’on pourrait appeler "La Maison Verte".
S’agissant de la société civile à but lucratif, point n’est plus besoin de démontrer que
les activités de plusieurs entreprises sont, soit exercées au sein des écosystèmes,
soit en relation avec ceux-ci. En effet, qu’elles soient dans le domaine du bâtiment,
de la construction des infrastructures routières et portuaires, ou dans les domaines
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d'exploitation pétrolière et forestière, d'exploitation de ressources halieutiques, ou dans


le domaine de la production des biens et services, nous constatons que ces activités ont
Appendice II : Besoins en renforcement des capacités

des impacts sur les écosystèmes. Il est donc important que les entreprises puissent changer
leur système de management. Celui-ci ne devrait plus uniquement être conçu pour
maximaliser les profits, mais devrait également intégrer des paramètres environnementaux
et sociaux. Le système managérial de l’entreprise comprendra, dans cette perspective,
le module "Système de Management de la Qualité" ou SMQ à travers l’acquisition de la
norme ISO 9000, le module "Système Management de l’Environnement" ou SME par le biais
de la norme 14001, et le module "Système Responsabilité Sociale" acquis à travers la norme
8000. Ces trois dimensions doivent être imbriquées et considérées simultannément car
le "Tout" n’est l’ensemble des "Uns".
Ainsi, quelque soit l’entreprise, les activités réalisées ont des impacts sur les ressources
biologiques. Il parait urgent que toutes les entreprises créent des cellules ou divisions
environnementales afin d’asseoir, en leur sein, une réelle politique de développement
durable. Ces entités que l’on pourrait désigner, comme dans certaines entreprises par
Cellule d’Hygiène, Sécurité et Environnement (CHSE), voire Cellule d’Hygiène, Sécurité,
Environnement et Qualité (CHSEQ), seront également chargées du suivi des Plans de Gestion
Environnementale et Sociale qui seront élaborés à leur attention et sur leur demande
respective. Elles doivent, de ce fait veiller à ce que leurs activités n’érodent pas davantage
les ressources biologiques. Pour y parvenir, l’administration devrait également élaborer des
guides sectoriels d’EIE.

II.B.2. Besoins des administrations et institutions publiques

Au niveau des administrations publiques, nous pouvons dénombrer celles qui sont
directement et indirectement impliquées dans la gestion des ressources biologiques.
Globalement, il s’agit du :
- Ministère en charge de l’Environnement et du Développement Durable ;
- Ministère en charge de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique ;
- Ministère en charge du Tourisme et des Parcs Nationaux ;
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- Ministère des Eaux et Forêts ;


- Ministère de l’Agriculture, de l'Elevage, de la Pêche et du Développement Rural ;
Appendice II : Besoins en renforcement des capacités

- Ministère de la Santé ;
- Ministère en charge de l’Economie ;
- Ministère en charge du Budget;
- Ministère en charge de l'Intérieur et de la Décentralisation;
- Ministère en charge de de la Justice ;
- Ministère de la Défense Nationale ;
- Ministère en charge des Travaux Publics et de l’Aménagement du Territoire;
- Ministère de la Marine Marchande.

Cependant, en matière de renforcement des capacités dans le cadre de la mise


en œuvre de la CDB, les propositions ci-après nous paraissent importantes. La première
concerne, d'une part, une entité du Ministère en charge l’Enseignement Supérieur et,
d'autre part, deux entités relevant du département chargé de la Recherche Scientifique.
La deuxième est orientée vers les parcs nationaux et la dernière concerne certains
départements cibles dont le ministère de l’Environnement et de la Protection de la Nature.

➢ Propositions au Ministère en charge de l’Environnement et de la Protection


de la Nature

Le Département chargé de l’Environnement et de la Protection de la Nature devrait


intensifier ses actions en matière de protection de la nature. Dans cette perspective,
il devrait travailler en collaboration avec les ministères pertinents pour :
- finaliser les procédures de classement de trois (3) nouvelles zones humides ;
- ériger cinq (5) jardins zoologiques ;
- ériger cinq (5) Jardins Botaniques.
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Appendice II : Besoins en renforcement des capacités

➢ Propositions aux Ministères en charge de l’Enseignement Supérieur


et de la Recherche Scientifique

Notre lecture se focalisera d’abord sur l’Arboretum de Sibang et sur la mise en place des
laboratoires à l’IRSH. Les autorités de la recherche scientifique dont dépend l’Arboretum
de Sibang devraient faire des efforts pour ériger une réelle barrière devrant protéger cette
zone forestière.
En vue de relever le défis qui consiste à comprendre et analyser les interactions qui
existent entre les sociétés humaines et leurs milieux naturels, il est envisageable de créer,
à l’IRSH, au sein du Département Sociologie – Anthropologie – Psychologie, un laboratoire
qui pourrait être dénommé "Laboratoire Sociétés, Milieux et Territoires" ou " Laboratoire
Environnement et Société". Les tâches de ces laboratoires ont été déclinées dans la partie
recherche des besoins en renforcement des capacités systémiques.
Il serait également souhaitable de créer un Laboratoire de Géographie
Environnementale et Sociale au sein du département de Géographie de l'IRSH. Les champs
d’investigation de ce laboratoire pourraient être orientés vers quatre domaines principaux :
Géographie de l’environnement (géomorphologie littorale, risques naturels liés à la mer,
vulnérabilité et qualité environnementales), Géographie sociale (approche géographique
du tourisme, attractivité des territoires, mobilités et pratiques résidentielles, territorialités
maritimes, insularité), Politiques publiques (développement durable et gestion intégrée des
zones côtières), et Espace et information (analyse spatiale, les bases de données et le
développement de l’information géographique).

➢ Propositions aux départements ministériels cibles

En ce qui concerne certains départements ministériels cibles, il convient de créer,


au sein desdits départements une cellule ou un bureau, voire un service spécifique
en matière de gestion environnementale. Cette cellule sera chargée de :
- veiller à l’intégration et à la prise en compte des préoccupations
Page 169

environnementales dans les stratégies et plan d’actions sectoriels respectifs ;


Appendice II : Besoins en renforcement des capacités

- collecter les informations et/ou données à caractère environnementale résultant


desdites activités sectorielles.

Il ne s’agit donc pas d’une duplication du département en charge de l’environnement,


mais d’une composante technique qui travaillerait en collaboration avec les services
compétents du département de l’environnement et dont le rôle premier serait de s’assurer
que les mesures environnementales sont prises en compte dans les activités qui relèvent
de leurs départements spécifiques. Les départements visés sont essentiellement
les ministères en charge :
- des Eaux et Forêts ;
- de la Pêche et l’Aquaculture ;
- de l’Agriculture et du Développement Rural ;
- de l’Economie ;
- du Budget ;
- des Travaux Publics ;
- du Transport ;
- de la Marine Marchande et des Equipements Portuaires.

➢ Propositions à l'Agence Nationale des Parcs Nationaux

S’agissant de l’Agence Nationale des Parcs nationaux, il est souhaitable que l’on mette
en place des réelles unités de gestion des Parcs Nationaux. Il s’agira de compléter l’article 43
de la loi 003/2007 du 27 août 2007 relative aux Parcs Nationaux. Celui-ci est énoncé comme
suit : "Chaque Parc National est placé sous l’autorité d’un Conservateur".
Le nouvel article 43 se lirait comme suit : "Chaque Parc National est placé sous l’autorité
de l’Unité de gestion désignée par Unité de Gestion du Parc National. L’Unité de Gestion
du Parc National est administrée par un Conservateur. Elle comprend, outre le Conservateur,
un responsable des questions forestière et de faune, un responsable des questions
touristiques et un responsable des questions environnementales et sociales, parmi lesquels
Page 170

est nommé le Conservateur Adjoint du Parc". Ces responsables assumeront également les
tâches de chargé de programme pour les thématiques qui seront les leurs.
Appendice II : Besoins en renforcement des capacités

La présence de tous ces experts devrait permettre d'atteindre les trois objectifs assignés
aux Parcs Nationaux : conservation et valorisation économique des ressources biologiques
ainsi que la promotion du bien-être des peuples autochtones et communautés locales
riveraines auxdits Parcs Nationaux. A côté de ces responsables, seraient adjoints
un comptable et un chargé de suivi évaluation des activités.

III. BESOINS INDIVIDUELS

Les besoins en renforcement des capacités individuelles concernent l’appui que l’on doit
apporter aux ressources humaines afin qu’elles soient performantes. Ainsi, le niveau
individuel du processus de renforcement des capacités désigne les mesures visant à modifier
les attitudes et les comportements, à transmettre des connaissances et développer
des compétences tout en tirant parti des effets positifs de la participation du partage
des connaissances et d’une adhésion active à l’action menée. Les besoins individuels vont
être présentés sous trois rubriques : ceux des administrations, des institutions de formation
et ceux liés à la pratique de la recherche.

Page 171
III.A. Besoins des administrations

Tableau 21 : Besoins en renforcement de capacités des administrations

Types de formation
Besoins Spécialités Administrations et Institutions
identifiées Continue Licence Master Doctorat bénéficiaires
(séminaires) Pro/Recherche et Post Doc
Environnement et identification Direction Générale des Douanes
100 100 - - -
des ressources biologiques (Ministère en charge des Finances)
Agence Nationale des Parcs Nationaux

Appendice II : Besoins en renforcement des capacités


1300 Ecogardes 1300 - - -
(Ministère en charge des Parcs Nationaux)
Agence Nationale des Parcs Nationaux
104 Gestionnaire des Parcs Nationaux 52 - 52 -
(Ministère en charge des Parcs Nationaux)
20 Communication 20 - - - Medias (presse écrite, audio, visuelle)
5 - - - Ministère en charge de l’environnement
Collectivités locales
179 Communication – sensibilisation 94 - - -
(Mairies et Conseils Départementaux)
80 - - - ONG Environnementale
Production forestière - 30 20 -
150 Aménagement forestier - 30 20 - Ministère en charge de l’Economie Forestière
Aménagement de la faune - 30 20 -
- - 2 - Ministère en charge de l’environnement
15 Ecotourisme - - 13 - Agence Nationale des Parcs Nationaux
(Ministère en charge des Parcs Nationaux)

Page 172
Tableau 21 (Suite)

Types de formation
Besoins Spécialités Administrations et Institutions
identifiées Continue Licence Master Doctorat bénéficiaires
(séminaires) Pro/Recherche et Post Doc
Aménagement des ressources
- 30 20 -
halieutiques
Qualité des produits de pêche - - 20 -
145 Ministère en charge de la Pêche et l’Aquaculture
Sciences maritimes - - 5 -
Ressources halieutiques - 30 20 -
Aquaculture - - 20 -

Appendice II : Besoins en renforcement des capacités


- - 2 - Ministère en charge de l’Environnement
- - 2 - Ministère en charge de l’Economie Forestière
Cartographie assistée par
19 - - 2 - Ministère en charge de la Pêche et l’Aquaculture
l’ordinateur et en modélisation
Agence Nationale des Parcs Nationaux
- - 13 -
(Ministère en charge des Parcs Nationaux)
- - 2 1 Ministère en charge de l’Environnement
- - 1 - Ministère en charge de l’Economie Forestière
Droit de l’environnement - - 1 - Ministère en charge de la Pêche et l’Aquaculture
07
(droit international) - - 1 - Ministère en charge de l’agriculture
Agence Nationale des Parcs Nationaux
- - 1 -
(Ministère en charge des Parcs Nationaux)
- - 4 3 Ministère en charge de l’Environnement
- - 9 5 Ministère en charge de la Pêche et l’Aquaculture
34 Sciences Vétérinaires
Agence Nationale des Parcs Nationaux
- - 13 -
(Ministère en charge des Parcs Nationaux)

Page 173
Tableau 21 (Suite)

Types de formation
Besoins Spécialités Administrations et Institutions
identifiées Continue Licence Master Doctorat bénéficiaires
(séminaires) Pro/Recherche et Post Doc
Foresterie 20 - 5 -
Biologie de la conservation - - 5 -
Restauration des écosystèmes - - 5 -
Ethnoécologie 1 - 2 -
Océanographie 2 - 2 -

Appendice II : Besoins en renforcement des capacités


Economie de l’environnement - - 2 -
Socio-économie - - 1 --
Ethnobotanique 3 - 1
Biotechnologie - - 2 -
Géomorphologie - - 2 -
Direction de la Protection de la Nature
96 Systématique 10* - 2 - (Ministère en charge de l’Environnement)
Etude d'Impact Environnemental 5 - 2 -
Zoologie - - 5 2
Botanique - - 5 2
Gestion des espaces de 5 - 10 -
conservation ex situ
Mobilisation des ressources - - 2 -
financières et des projets
Evaluation et bio - indicateurs - - 3 -
Biodiversité des sols - - 2 -
Web master (CHM et BCH) 2 - - -
Inventaire des ressources - 3 - Ministère en charge de l’Environnement
biologiques 270 90 45 - Ministère en charge de l’Economie Forestière
90 90 45 - Ministère en charge de la Pêche et l’Aquaculture

Page 174
Appendice II : Besoins en renforcement des capacités

Outre les profils ci-dessus identifiés, les administrations ont besoin des cadres
moyens et inférieurs pour asseoir une pyramide adéquate d’exécution des tâches
(tableau 22).

Tableau 22 : Besoins en ressources humaines dans la gestion des écosystèmes

Niveau Niveau
Besoins identifiés Administrations concernées
BEPC BAC
94 - Ministère en charge de la Pêche et de l’Aquaculture
Agents d'entretien Ministère en charge de l’Environnement
104 -
de rivières/bassins versants et de la Protection de la Nature
26 - Ministère en charge des Parcs Nationaux

Agents techniques aquacoles 94 - Ministère en charge de la Pêche et de l’Aquaculture

Agents techniques forestiers 188 - Ministère en charge de l’économie forestière

Agents Techniques Ministère en charge de l’Environnement et de la


94 -
de l’environnement Protection de la Nature
Agents techniques de Parcs
26 - Ministère en charge des Parcs Nationaux
Nationaux
- 47 Ministère en charge de la Pêche et de l’Aquaculture
Techniciens de rivières/bassins Ministère en charge de l’Environnement
- 47
versants et de la Protection de la Nature
- 13 Ministère en charge des Parcs Nationaux
- 47 Ministère en charge de la Pêche et de l’Aquaculture
Responsables d'un système
Ministère en charge de l’Agriculture
d'exploitation de l'eau - 47
et du Développement Rural
Ministère en charge de l’Environnement
Techniciens de l’environnement - 47
et de la Protection de la Nature

Techniciens des Parcs Nationaux - 13 Ministère en charge des Parcs Nationaux

Techniciens forestiers - 47 Ministère en charge de l’économie forestière

Ministère en charge de l’Agriculture


Techniciens en hydraulique agricole - 47
et du Développement Rural
Ministère en charge de l’Agriculture
Techniciens en agrobiologie - 47
et du Développement Rural

• TOTAL 626 402 1028


Page 175
Appendice II : Besoins en renforcement des capacités

Dans la même rubrique, soulignons que les instituts de recherche ont également
besoins d’un personnel en nombre et en qualité pour animer les différents départements
et laboratoires. Il apparaît ainsi nécessaire d’élaborer un programme interne
de formation et de recrutement des chercheurs, en vue de doter les différents instituts
du CENAREST de spécialistes en qualité et en quantité ainsi que des équipes de recherche
intégrées et pluridisciplinaires.
Il est donc urgent "d’aller à la source pour détecter les chercheurs en herbe pour
mieux les intégrer, les orienter et garantir ainsi, un renouvellement efficient des
ressources humaines"1. Le tableau 232 ci-dessous dénombre le personnel dont lesdits
instituts en ont besoin.

Tableau 23 : Besoins en ressources humaines au CENAREST

Instituts du CENAREST1
Grades TOTAL
IPHAMETRA IRAF IRET IRSH IRT

Directeurs de Recherche 1 3 1 1 1 7

Maîtres de Recherche 2 2 2 2 2 10
ou Habilitation à Diriger
des Recherches

Chargés de Recherche 15 22 10 10 10 67

Attachés de Recherche 20 22 10 30 10 92

Chercheurs Associés 30 30 30 30 20 140

Techniciens de Recherche 30 30 30 30 30 150

TOTAL 98 109 83 103 73 466


1
CENAREST : Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique ; IPHAMETRA : Institut de Pharmacopée
et de Médecine Traditionnelle ; IRAF : Institut de Recherches Agronomiques et Forestières ;
IRET : Institut de Recherches en Ecologie Tropicale ; IRSH : Institut de Recherches en Sciences Humaines ;
IRT : Institut de Recherche en technologie.
Page 176

1
Prof. Daniel Franck IDIATA, [Link]/administration/[Link]
2Il s’agit des besoins minima identifiés par département, laboratoire en tenant compte des grades existants
au sein de chaque Instituts de recherche.
Appendice II : Besoins en renforcement des capacités

III. B. Besoins des institutions de formation

Les établissements concernés sont essentiellement l’Ecole des Cadres Ruraux


d’Oyem, l’Ecole Nationale des Eaux et Forêts, l’Institut National des Sciences
Agronomiques et de Biotechnologie, la Facultés des Sciences de l’Université des Sciences
et Techniques de Masuku, les départements d’Anthropologie, de Sociologie,
de géographie de la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de l’Université Omar
Bongo de Libreville. Le tableau 24 présente des besoins minima identifiés
par département, laboratoire, en tenant compte des grades existants au sein de chaque
institut de recherche.

Page 177
Tableau 24 : Besoins en ressources humaines en matière de recherche

Grades Universitaires
Besoins identifies Master Assistants Maîtres Maître de Professeurs Institutions1
assistants Conférences ou HDR
Insectes 3 - - - - ECR
- 1 1 1 1 ENEF
- 3 3 3 3 INSAB
- 3 3 3 3 Faculté de Sciences
Crustacés - 3 1 1 1 INSAB

Appendice II : Besoins en renforcement des capacités


- 1 1 1 1 Faculté de Sciences
Mollusques - 1 1 1 1 Faculté de Sciences
1 - - - - ECR
Poissons - 1 1 1 1 ENEF
Règne Animal - 2 1 1 1 INSAB
Amphibiens et Reptiles - 2 2 2 2 Faculté de Sciences
1 - - - - ECR
- 1 1 1 1 ENEF
Oiseaux
- 1 1 1 1 INSAB
- 1 1 1 1 Faculté de Sciences
Mammifères - 4 2 2 2 Faculté de Sciences
- 2 2 2 2 ENEF
- 2 2 2 2 Faculté de Sciences
Ecologie animale
- 2 2 2 2 ENEF
Végétaux - 6 4 4 4 Faculté de Sciences
- 1 1 1 1 Faculté de Sciences
Règne Végétal Algues
- 2 2 2 2 ENEF
Ecologie végétale - 2 2 2 2 Faculté de Sciences
Gestion des espaces protégées 1 1 1 1 - ENEF
1
ECR : Ecole des Cadres Ruraux d'Oyem ; ENEF : Ecole nationale des eaux et Forêts ; INSAB : Institut National de Sciences Agronomiques et Biotechnologies de l'Université
des Sciences et techniques de Masuku (USTM) ; Faculté de Sciences de l'USTM.

Page 178
Tableau 24 (Suite)

Grades Universitaires
Besoins identifies Master Assistants Maîtres Maître de Professeurs Institutions1
assistants Conférences ou HDR
- 4 2 2 2 ENEF
2 - - - - ECR
Champignons et bactéries - 2 2 2 2 ENEF
- 2 2 2 2 INSAB
- 2 2 2 2 Faculté de Sciences
1 - - - - ECR

Appendice II : Besoins en renforcement des capacités


Ethnoécologie - 1 1 1 1 ENEF
- 1 1 1 1 INSAB
1 - - - - ECR
SIG, Géomatique
Relation Homme/Nature - 1 1 1 1 ENEF
et modélisation
- 1 1 1 1 INSAB
Projet et mobilisation 1 - - - - ECR
des financements - 1 - - - INSAB
Economie Forestière - 1 1 1 1 ENEF
Biodiversité et 1 - - - - ECR
Agronomie - 1 1 1 1 INSAB
1 - - - - ECR
Hydrobiologie - 1 1 1 1 ENEF
- 1 1 1 1 INSAB
Autres Processus
- 1 1 1 1 ENEF
Sciences vétérinaires
- 1 1 1 1 INSAB
Sciences aquacoles - 1 1 1 1 ENEF
Sciences maritimes - 1 1 1 1 ENEF
Mécanique du bois - 1 1 1 1
1
ECR : Ecole des Cadres Ruraux d'Oyem ; ENEF : Ecole nationale des eaux et Forêts ; INSAB : Institut National de Sciences Agronomiques et Biotechnologies de l'Université
des Sciences et techniques de Masuku (USTM) ; Faculté de Sciences de l'USTM.

Page 179
III. C. Besoins liés à la pratique de la recherche

Tableau 25 : Besoins en formation de chercheurs

Situation actuelle Situation future Situation souhaitée


Domaine (spécialistes formés) (spécialistes à former) (dans 5 ans)
de compétence DR Master 2 Total DR Master 2 Total DR Master 2 Total

Appendice II : Besoins en renforcement des capacités


2 (lutte biologique) 3 7 5 10 15 9 13 22
Insectes 1 (Apiculture)
1 (Systématicien)
Crustacés 0 0 0 3 3 6 3 3 6
Mollusques 0 0 0 3 3 6 3 3 6
Animal
Poissons 1 4 5 3 6 9 4 10 14
Amphibiens et Reptiles 0 0 0 4 4 8 4 4 8
Oiseaux 0 0 0 4 4 8 4 4 8
Mammifères 2 1 3 4 4 8 6 5 11
Ecologie Animale 0 0 0 2 3 5 2 3 5
Plantes 3 5 8 5 5 10 8 10 18
Végétal Algues 0 2 2 2 4 6 2 4 6
Ecologie Végétale 2 0 2 2 4 6 4 4 8
Champignons et Bactéries 2 2 4 5 5 10 7 12 19
Anthropologie
Relation
Sociologie 7 6 13 3 4 7 10 10 20
Homme -Environnement
Géographie
Mines et Hydrocarbures Géologie 5 7 12 5 3 8 10 10 20
Sols Pédologie 2 1 3 2 7 9 4 8 12
Génétique Biologie Moléculaire 6 4 10 10 15 25 16 19 35
1
DR : Directeur de Recherche

Page 180
Appendice III : Sources d'information

SOURCES D'INFORMATION

1. Abernethy K., Ndong Obiang A-Marie. 2009. Synthèse des pratiques de chasse, du commerce,
de la consommation et de l'état de la faune sauvage.
2. Alverson D.L., Freeberg M.H., Pope J.G., Murawski S.A. 1994. A global assessment of fisheries
bycatch and discards. Rome, FAO. FAO Fisheries Technical Paper No 339: 233 pages.
3. Bayendi Loudit, Susini. 2010. Catalogue des Brentidae du Gabon.
4. Bodmer R.E., Eisenberg J.F., Redford K.H. 1997. Hunting and the likelihood of extinction
of Amazonian animals. Conservation Biology, 11(2): 460-466.
5. Bourobou Bourobou H.P. 1994. Biologie et domestication de quelques arbres fruitiers de la forêt
du Gabon. Thèse de Doctorat de l'Université de Montpellier II. Institut de Botanique. 320 pages.
6. Bourrichon. 2008. [Link]
7. Breteler F. J. 1988. Gabon's evergreen forest: the present status and future. In 12th plenery meeting
of AETFAT, Hamburg, Germany.
8. Breteler F. J. 1989. Gabon. In Floristic inventory in tropical countries. Eds. D.G. Campbell and H.D.
Hammond. New York Botanical Garden, New York, New York. Pp. 198-202.
9. Breteler F. J. 1990. Gabon’s evergreen forest: the present status and its future. Mitteilungen aus dem
Institut für Allgemeine Botanik in Hamburg, 23a: 219–224.
10. Breteler F. J. 2010. Revision of the African genus Anthonotha (Leguminosae, Caesalpinioideae). Plant
Ecology and Evolution, 143(1): 70-99.
11. Breteler F. J., Nguema Miyono N.S. 2008. Revision of the African species of Crudia (Leguminosae,
Caesalpinioideae). Systematics and Geography of Plants, 78: 81–110.
12. Breteler F. J., Wieringa J.J. 2008. Novitates Gabonenses 63. Illigrera cava (Hernandiaceae), a new
species from Gabon and Congo (Brazaville). Blumea - Biodiversity, Evolution and Biogeography
of Plants, Vol. 53 (2), pp. 453-457 (5).
[Link] F.J. 2011. Revision of the African genus Isomacrolobium (Leguminosae, Caesalpinioideae).
Plant Ecology and Evolution 144: 64–81.
14. Burger M., Pauwels O. S. G., Branch W. R., Tobi E., Yoga J. E., Mikolo E.M. 2007. Inventaire des
amphibiens du Complexe de Gamba, Gabon. In Gamba, Gabon: Biodiversité d'une forêt équatoriale
africaine. Eds Alonso A., Lee M. E., Campbell P., Pauwells O.S.G., Dallmeier F. Bull. Biol. Soc.
Washington, 12: 79-90.
Page 181

15. Butynski T.M. 2001. Africa’s Great Apes. In Great Apes and Humans: The Ethics of Coexistence.
Eds Becks B, Stoinski TS, Hutchins M, Maple TL, Norton B, Rowan A, Stevens EF, Arluke A, Washington
D.C.: Smithsonian Institutions Press, pages 3-56.
Appendice III : Sources d'information

16. Campbell D. G., Garamond H. D. (Eds). 1989. Floristic inventory of tropical countries. New York, New
York Botanical Garden.
17. Chardonnet P. 1995. Faune sauvage africaine. La ressource oubliée. Tome 1.
18. Christy P. 2001. Gabon, pages 349-356 in Evans, L.D.C. et M.I. Evans, eds, Importance birds areas
in Africa and its associated islands: priority sites for conservation, Fishpool. Pisces Publications
et BirdLife International, Newbury et Cambridge, Royaume-Uni.
19. Christy P., Lahm S. A., Pauwels O. S. G., Vande weghe J. P. 2008. Check-list des amphibiens, reptiles,
oiseaux et mammifères des Parcs Nationaux du Gabon. Smithsonian Institution.
20. Collomb J.-G., Mikissa J.-B., Minnemeyer S., Mundunga S., Nzao Nzao H., Madouma J., Mapaga J.
de D., Mikolo C., Rabenkogo N., Akagah S., Bayani-Ngoye E., Mofouma A. 2000. Un premier regard
sur l’exploitation forestière au Gabon. Ed: World Resources Institute, Washington DC, USA. 56 pages,
ISBN 1-56973-433-X.
21. Dallmeier F., Alonso A., Campbell P., Lee M. E., Buil R., Pauwells O.S.G. 2006. Indicateurs
écologiques visant le corridor industriel du Complexe d'Aires Protégées de Gamba : une zone d'une
grande valeur pour la biodiversité et l'exploitation pétrolière dans le sud-ouest du Gabon.
In : Gamba, Gabon : Biodiversité d'une forêt équatoriale africaine. Eds Alonso A., Lee M. E., Campbell
P., Pauwells O.S.G., Dallmeier F. Bull. Biol. Soc. Washington, 12: 17-28.
22. DGPA (Direction Générale des Pêches et de l'Aquaculture). 2007, Cellules statistiques.
23. Direction Générale de l’Environnement. 2004. 2nd Rapport National sur la Diversité Biologique
au Gabon. 155 pages.
24. Eyi Ndong H. C., 2009. Etude des champignons de la forêt dense humide consommés par les
populations du nord du Gabon. Thèse de Doctorat. Université Libre de Bruxelles, Belgique: 271p.
25. FAO. 2007. Profil de la pêche par pays. FID/CP/GAB. 33 pages
26. FAO. 2010. [Link]
27. Hecketsweiler P., Mokoko Ikonga J. 1991. La Réserve de Conkouati, Congo; le secteur sud-est. UICN,
Gland (Suisse).
28. Küper W., Sommer J.H., Lovett J.C., Mutke J., Linder H.P., Beentje H.J., Van Rompaey R.S.A.R.,
Chatelain C., Sosef M.S.M., Barthlott W. 2004. Africa’s hotspots of biodiversity redefined. Annals
of the Missouri Botanical Garden, 91: 525–535.
29. Lahm S.A., Tezi J-P. 2006. Etude des communautés de mammifères arboricoles et terrestres de tailles
moyenne et grande à Rabi-Toucan dans le Domaine de Chasse Ngové-Ndogo et dans le sud-ouest
du Parc national de Loango. In : Gamba, Gabon : Biodiversité d'une forêt équatoriale africaine.
Eds Alonso A., Lee M. E., Campbell P., Pauwells O.S.G., Dallmeier F. Bull. Biol. Soc. Washington,
12: 169-208.
Page 182

30. Lebas L. 2010. Impacts de l’exploitation minière sur les populations locales et l’environnement dans
le Haut-Ogooué Brainforest.
Appendice III : Sources d'information

31. Lebrun J.-P., 1976. Richesse spécifique de la flore vasculaire des divers pays ou régions d'Afrique.
Candollea, 31, 11-15.
32. Lepage D. 2011. Checklist of the birds of Gabon. Avibase, the world bird database.
33. Les Forêts du Bassin du Congo - Etat des Forêts 2006. 2006. Partenariat pour les forêts du bassin
du Congo (PFBC). Ed: COMIFAC. 256 pages.
34. Les Forêts du Bassin du Congo - Etat des Forêts 2008. 2009. Eds: de Wasseige C., Devers D.,
de Marcken P., Eba'a Atyi R., Nasi R. et Mayaux Ph., 426 pages, ISBN 978-92-79-132 11-7,
doi: 10.2788 /32456, Office des publications de l'Union européenne.
35. Maloba J. D. 2004. in Atlas de l'Afrique. Gabon – Ed. J. A.
36. Mayaux P., Bartholome E., Fritz S., Belward A. 2004. A new land - cover map of Africa for the year
2000. Journal of Biogeography, 33 (6), 861 - 877.
37. Ministère de l’Agriculture. 1995. Gabon : rapport de pays pour la conférence technique
internationale de la FAO sur les ressources phytogénétiques (Leipzig, 1996)
38. Ministère de la Planification et de la Programmation du Développement. 2003. Document
de Stratégie de Croissance et de Réduction de la Pauvreté (DSCRP). Libreville.
39. Morat P., Lowry II P.P. 1997. Floristic richness in the Africa-Madagascar region: a brief history and
prospective. Adansonia, ser. 3, 19(1): 101-115.
40. Mumba M., Howard G. 2005. Invasieve alien species in african freshwater ecosystems. In Freshwater
ecoregions of Africa and Madagascar. Eds: Thieme M., Abell R., Stiassny M.L.J., Skelton P., Lehner B.,
Teugels G.G., Dinerstein E., Kamdem Toham A., Burgess N. & Olson D. Island Press, Washington,
Covelo and London, pages 78-81.
41. Nasi R., Brown D., Wilkie D., Bennett E., Tutin, C., van Tol, G., Christophersen T. 2008. Conservation
and use of wildlife-based resources: the bushmeat crisis. Secrétariat de la Convention sur la diversité
biologique, Montréal et Centre pour la recherche forestière internationale (CIFOR), Bogor. Technical
Series no. 33, 50 pages
42. Ndong Allogho H. 2001. Historique du classement de l’aire protégée de Minkebe. Mémoire ENEF.
43. Ndoye O. 1995. The market for non-timber forest products in the humid forest zone of Cameroon
and its borders structure, conduct, performance and policy implications. Jakarta. CIFOR. 86 p.
44. Nichols N. Les Parcs Nationaux du Gabon: stratégie pour le troisième millénaire. Editeurs. National
Geographic Society et la Wildlife Conservation Society, 104 pages.
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