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DIP Semestre 2 Séance 2

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INTRODUCTION

Dans un monde globalisé où les interactions entre États sont


de plus en plus fréquentes et complexes, la coutume
internationale émerge comme une source de droit
primordiale, garantissant des règles communes même en
l’absence de traités formels. Elle repose sur des pratiques
partagées et la conviction collective que celles-ci ont valeur
de loi, mais cette notion fondamentale est loin d’être simple
et homogène. La question de l’identification des normes
coutumières soulève en effet des débats majeurs autour de
l’interaction entre pratique et volonté des États, plaçant la
coutume au cœur d’une tension entre consensualisme et
objectivisme.
De nature doctrinale, ce texte est extrait dans Droit
International Public à la 12ème édition de Emmanuel
Décaux et O. Frouville dans la maison d’édition Dalloz .On
peut trouver ce texte dans les pages 169 à 171.
De ce précède il est clair que l’auteur a développé deux
idées principales : les fondements de la coutume
internationale et les interactions doctrinales de la coutume
internationale.
En résumé,l’auteur revient largement sur la coutume comme
source du droit international public.
Pour une bonne démarche dans le cadre de ce travail,nous
allons suivre le plan de l’auteur.
Ainsi nous analyserons en premier lieu les fondements de la
coutume internationale (I) et en second lieu les interactions
doctrinales de la coutume internationale (II).

I. Les fondements de la coutume internationale


Nous analyserons d’une part l’élément matériel : la pratique
générale des États(A) et d’autre part l’élément
psychologique : l’opinio juris comme reconnaissance de
l’obligation juridique (B).

A. L’élément matériel : la pratique générale des États

Le texte souligne que la coutume internationale repose sur


une « pratique générale » des États, c’est-à-dire une série de
comportements uniformes et réguliers. Cette pratique
constitue l’élément matériel indispensable de la coutume, la
distinguant de simples comportements diplomatiques sans
caractère juridique. L’auteur évoque les notions de «
courtoisie » et de comitia gentium pour montrer que
certaines pratiques, bien que respectées, ne constituent pas
des normes coutumières faute d’obligation.
Le juriste Prosper Weil rejoint cette idée en critiquant
l’insécurité juridique que peut engendrer l’élément matériel
de la coutume. Pour Weil, il est souvent difficile de
déterminer si une pratique est suffisamment uniforme et
constante pour être considérée comme coutumière. Il plaide
pour une application rigoureuse de ce critère afin d’éviter
que des pratiques isolées ou épisodiques soient perçues
comme des normes coutumières. Weil estime que cette
rigueur est nécessaire pour renforcer la sécurité juridique en
droit international.
L’approche de Weil souligne le risque d’incertitude lié à une
application souple de l’élément matériel, qui pourrait diluer
la notion même de coutume en rendant floues les frontières
entre usage et norme juridique. Toutefois, cette exigence de
rigueur peut paraître trop restrictive, surtout dans un
monde où les pratiques évoluent rapidement. La vision de
Weil apporte un point de vue formel qui valorise la stabilité
du droit, mais qui pourrait également limiter la capacité de
la coutume à répondre aux changements internationaux.

B. L’élément psychologique : l’opinio juris comme


reconnaissance de l’obligation juridique

En plus de la pratique matérielle, le texte insiste sur la


nécessité de l’opinio juris, la conviction des États que cette
pratique est juridiquement obligatoire. Cet élément
psychologique distingue une coutume d’un simple usage en
ajoutant une dimension de conscience légale : les États ne
suivent pas la pratique par convenance, mais par obligation
juridique.
Hersch Lauterpacht soutient une conception éthique de
l’opinio juris, affirmant que la coutume doit aller au-delà du
consentement étatique pour incarner une véritable
obligation internationale. Il estime que l’opinio juris ne doit
pas être vue comme une simple conscience individuelle des
États, mais comme une conviction collective au sein de la
communauté internationale, visant la justice et la paix.
Lauterpacht plaide pour une interprétation de l’opinio juris
qui soit plus universelle et moins soumise aux variations
d’intérêts des États.
Cette approche de Lauterpacht enrichit la notion d’opinio
juris en lui attribuant un rôle de catalyseur pour l’éthique
internationale. Cependant, cette vision peut sembler
idéaliste, car elle présuppose que les États agissent avant
tout pour des raisons de justice collective, ce qui est
rarement le cas en pratique. Néanmoins, la perspective de
Lauterpacht offre une justification morale à la coutume, en
montrant qu’elle peut être un moyen d’atteindre des
objectifs universels.

II. Les interprétations doctrinales de la coutume


internationale
Nous aborderons d’abord la conception volontariste : le
consentement des États comme condition d’obligation (A) et
ensuite la conception objectiviste : la coutume comme
expression d’une nécessité sociale (B).

A. La conception volontariste : le consentement des États


comme condition d’obligation

Le texte aborde la conception volontariste de la coutume,


qui repose sur le consentement des États. Cette approche
stipule qu’une norme coutumière ne devient contraignante
que si les États y adhèrent volontairement, comme dans
l’affaire Lotus de la Cour permanente de Justice
internationale, où le consentement explicite des États est
privilégié pour limiter la portée des coutumes. Michael
Akehurst adopte une position pragmatique en intégrant le
consentement tout en reconnaissant le rôle des
organisations internationales dans l’identification des
coutumes. Il considère que des forums comme les Nations
unies facilitent le développement de coutumes en
fournissant un espace de dialogue où les États expriment
publiquement leur acceptation ou leur opposition à certaines
pratiques. Akehurst pense que la coutume peut ainsi se
former de manière pragmatique, sans exiger un
consentement formel, mais en observant le comportement
et les déclarations des États. La perspective d’Akehurst
montre que la coutume peut se former rapidement et de
façon souple grâce aux institutions internationales, facilitant
l’émergence de nouvelles normes. Cette approche rend la
coutume plus adaptable aux défis modernes, mais elle peut
être critiquée pour son manque de rigueur, en permettant
l’interprétation flexible des pratiques étatiques. Elle montre
toutefois que le droit international évolue dans un contexte
globalisé, où le consentement peut être implicite, facilitant
l’évolution du droit coutumier.

B. La conception objectiviste : la coutume comme expression


d’une nécessité sociale
En contraste avec la conception volontariste, la conception
objectiviste voit la coutume comme une norme découlant
d’une nécessité sociale, indépendante de la volonté des
États. Cette approche repose sur l’idée que certaines
normes sont fondamentales pour la communauté
internationale et transcendent le consentement étatique.
Lauterpacht et Weil, bien que partant de perspectives
différentes, contribuent à cette vision objectiviste.
Lauterpacht voit la coutume comme un vecteur de justice
universelle, tandis que Weil, malgré son scepticisme envers
la coutume, admet que certaines normes doivent être
imposées en raison de leur caractère universel. La coutume
devient ainsi, selon eux, une source de droit international
fondée sur l’idée d’un bien commun, plutôt que sur les
intérêts individuels des États.
Cette vision objectiviste de la coutume offre un cadre pour
des normes universelles, comme celles concernant les droits
de l’homme ou l’environnement, qui bénéficient de
l’adhésion tacite de la communauté internationale.
Cependant, cette approche peut apparaître comme une
atteinte à la souveraineté, en imposant aux États des règles
qu’ils n’ont pas explicitement acceptées. La perspective
objectiviste répond à un besoin d’universalité dans un
monde de plus en plus interdépendant, mais elle suscite le
débat quant à la légitimité d’imposer des coutumes sans
consentement explicite.

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