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Guide de Prescription d'Activité Physique

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LES BONNES PRATIQUES

GUIDE
Consultation et
prescription médicale
d’activité physique à
des fins de santé chez
l’adulte

Validé par le Collège le 13 juillet 2022


Descriptif de la publication
Titre Consultation et prescription médicale d’activité phy-
sique à des fins de santé chez l’adulte

Méthode de travail Guide méthodologique – Élaboration du guide et des outils parcours de soins pour une
maladie chronique. HAS 2012.

Objectif(s) Définir les modalités de la consultation et de la prescription médicale d’activité physique


dans un but de santé chez l’adulte.
Dans le cadre d’un parcours de santé, assurer le suivi de cette prescription et accompa-
gner le patient vers un changement de mode de vie plus actif et moins sédentaire en
autonomie et en sécurité.
Préciser les indications de cette consultation et des examens complémentaires éventuels
nécessairement ciblés.

Cibles concernées L’ensemble des médecins prenant en charge des patients atteints d’une pathologie chro-
nique ou présentant un état de santé pour lequel l’activité physique a des effets bénéfiques
prouvés.
Les professionnels de l’APA et des AP et sportives dans un but de santé.
Les personnes désirant augmenter leur niveau d’AP (pour la première partie – Repérage).

Demandeur Direction générale de la Santé

Promoteur(s) Haute Autorité de santé (HAS)

Pilotage du projet Chef de projet : Dr Albert Scemama, service des bonnes pratiques professionnelles, unité
parcours, pertinence et protocole de la HAS
Responsable de l’unité parcours, pertinence et protocole : Valérie Ertel-Pau
Chef du service des bonnes pratiques : Pierre Gabach
Assistante du projet : Isabelle Le-Puil

Recherche documentaire Documentaliste : Emmanuelle Blondet, assistante : Maud Lefevre


Chef du service documentation – veille : Frédérique Pagès

Auteurs Dr Albert Scemama et les membres du groupe de travail

Conflits d’intérêts Les membres du groupe de travail ont communiqué leurs déclarations publiques d’inté-
rêts à la HAS. Elles sont consultables sur le site [Link] Elles ont été
analysées selon la grille d’analyse du guide des déclarations d’intérêts et de gestion des
conflits d’intérêts de la HAS. Les intérêts déclarés par les membres du groupe de travail
ont été considérés comme étant compatibles avec leur participation à ce travail.

Validation Version du 6 juillet 2022

Actualisation juil. 2019

Autres formats Documents compagnons : un guide des connaissances sur l’activité physique et la sé-
dentarité, des référentiels ou fiches d’aide à la prescription d’activité physique par patho-
logie ou état de santé des fiches de synthèse.

Ce document ainsi que sa référence bibliographique sont téléchargeables sur [Link]


Haute Autorité de santé – Service communication information
5, avenue du Stade de France – 93218 SAINT-DENIS LA PLAINE CEDEX. Tél. : +33 (0)1 55 93 70 00
© Haute Autorité de santé – juillet 2022 – ISBN :

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 2
Sommaire

Définitions 5

Introduction au guide 9
Le contexte 9
Une politique de promotion de l’AP sur ordonnance 11
Un guide de consultation et de prescription d’AP à des fins de santé 12
Schéma du parcours de santé centré sur la prescription d’activité physique chez l’adulte 14
Les quatre niveaux de prescription de l’activité physique 15
Des règles générales de gestion des risques liés à la pratique d’une activité physique 16

Le repérage des personnes à risque pour l’activité physique 18


1. Le repérage en population générale 18
2. Le repérage en patientèle 19

L’évaluation médicale minimale 20


1. L’évaluation médicale minimale 20
2. Les conduites à tenir après l’évaluation médicale minimale 21

Les indications pour une consultation médicale d’activité physique 22


1. Les indications selon le risque de survenue d’un accident cardiovasculaire grave lié à
l’activité physique 22
2. Les indications selon les risques de survenue de blessures musculosquelettiques ou
cutanées liés à l’activité physique 23
3. Des indications selon la pathologie ou l’état de santé ciblé 24

La consultation médicale d’activité physique 25


1. Interrogatoire 26
2. Évaluation du niveau de risque cardiovasculaire du patient 29
3. Examen physique 32
4. Condition physique 33
5. L’entretien de motivation 35

La prescription d’examens complémentaires 41


1. Épreuve d’effort et avis cardiologique 41
2. ECG de repos et/ou avis cardiologique 42
3. Examens biologiques 42
4. Exploration fonctionnelle respiratoire et avis pneumologique 43
5. Avis spécialisés pour les personnes en situation de handicap 43

La prescription médicale d’activité physique 44


1. Les principes de prescription de l’AP 44

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 3
2. L’activité physique en prévention primaire 46
3. L’activité physique adaptée 47
4. Les activités physiques de niveau 3 et 4 50
5. Le suivi médical de la prescription d’activité physique 52

La dispensation d’activité physique à des fins de santé 53


1. Les missions des intervenants en activité physique 53
2. Les différents intervenants en activité physique 54
3. Les organisations et le parcours de santé centré sur la prescription d’activité physique 54

Table des tableaux 56

Table des annexes 58

Références bibliographiques 71

Participants 75

Abréviations et acronymes 77

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 4
Définitions
L’activité physique (AP) est définie comme tout mouvement corporel produit par les muscles sque-
lettiques, qui entraîne une dépense énergétique supérieure à celle du métabolisme de repos (Cas-
persen et al., 1985 (1)). L’activité physique comprend les AP de la vie quotidienne, les exercices
physiques et les activités sportives.
Les activités physiques de la vie quotidienne se subdivisent habituellement en trois domaines,
avec : les déplacements actifs (marcher, monter ou descendre des escaliers, faire du vélo pour aller
au travail, faire les courses, etc.), les activités réalisées dans un contexte domestique (entretien
domestique, bricolage, jardinage, etc.) et les activités réalisées dans un contexte professionnel ou
scolaire.
L’exercice physique est une AP planifiée, structurée, répétitive dont l’objectif est l’amélioration ou
le maintien d’une ou plusieurs composantes de la condition physique (Caspersen et al., 1985 (1)).
À l’inverse des activités sportives, l’exercice physique ne répond pas à des règles de jeu et peut
souvent être réalisé sans infrastructures lourdes et sans équipements spécifiques.
Le sport (ou l’activité sportive) est une forme particulière d’AP où les participants adhèrent à un
ensemble commun de règles (ou d’attentes), et dans laquelle un objectif, le plus souvent de perfor-
mance, est clairement défini. La pratique sportive comprend : le sport en compétition et la pratique
sportive de masse en club ; le sport scolaire ; et les pratiques sportives de loisirs en individuel ou en
groupe non affiliées à une association.
Le sport-santé est un sport dont les conditions de pratique ont été adaptées pour répondre aux
besoins de publics présentant des vulnérabilités et/ou des besoins spécifiques en lien avec leur état
de santé. Il a pour objectif de maintenir ou d’améliorer l’état de santé de la personne en prévention
primaire, secondaire ou tertiaire. Il est supervisé par des éducateurs sportifs formés ou des profes-
sionnels de l’APA, selon les niveaux de vulnérabilité des publics. La commission médicale du
CNOSF a édité un Médicosport-santé porté par le Vidal pour aider à sa prescription selon l’état de
santé de la personne.
L’activité physique adaptée
L’activité physique adaptée (APA) est une AP adaptée à la (les) pathologie(s), aux capacités fonc-
tionnelles et aux limites d’activités du patient.
L’article D. 1172-1 du CSP – décret n° 2016-1990 du 30 décembre 2016 – art. 1 donne une définition
règlementaire à l’APA : « On entend par activité physique adaptée au sens de l’article L. 1172-1, la
pratique dans un contexte d’activité du quotidien, de loisir, de sport ou d’exercices programmés, des
mouvements corporels produits par les muscles squelettiques, basée sur les aptitudes et les moti-
vations des personnes ayant des besoins spécifiques qui les empêchent de pratiquer dans des con-
ditions ordinaires.
La dispensation d’une activité physique adaptée a pour but de permettre à une personne d’adopter
un mode de vie physiquement actif sur une base régulière afin de réduire les facteurs de risque et
les limitations fonctionnelles liés à l’affection de longue durée dont elle est atteinte. Les techniques
mobilisées relèvent d’activités physiques et sportives et se distinguent des actes de rééducation qui
sont réservés aux professionnels de santé, dans le respect de leurs compétences. »
L’inactivité (physique) caractérise un niveau insuffisant d’AP d’endurance d’intensité modérée et/ou
élevée qui ne respecte pas les recommandations fixées pour la santé par l’OMS (tableau 30 an-
nexe 3). Ainsi, une personne inactive peut pratiquer des AP d’intensité faible, quelle que soit leur
durée.

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 5
La personne active a un niveau d’AP d’endurance d’intensité modérée et/ou élevée régulière égal
ou supérieur aux recommandations d’AP pour la santé de l’OMS (tableau 30 annexe 3).
Le MET (Metabolic Equivalent Task) est une unité de mesure de l’intensité de l’AP en valeur absolue
utilisée dans la littérature internationale. Il est défini comme le rapport de la dépense énergétique de
l’activité considérée, sur la quantité d’énergie dépensée au repos. 1 MET est égal à + 3,5 ml
O2/min/kg, et correspond par définition au métabolisme de repos.
La sédentarité (ou le comportement sédentaire) est définie comme une situation d’éveil caracté-
risée par une dépense énergétique inférieure ou égale à 1,5 MET en position assise ou allongée
(Sedentarity Behaviour Network, 2012). Elle correspond au temps passé assis ou allongé sans autre
activité physique entre le lever et le coucher, ainsi que la position statique debout (1,3 MET). On
peut donc être physiquement actif et sédentaire.
La condition physique est la capacité générale à s’adapter et à répondre favorablement à l’effort
physique. Elle a plusieurs dimensions : la capacité cardiorespiratoire ; les aptitudes musculaires
(force, puissance, endurance musculaire) ; la souplesse ; les performances neuromusculaires [équi-
libre, vitesse (ou allure) et la coordination musculaire (agilité)] ; et des composantes anthropomé-
triques (poids, taille et pourcentage corporel de masse grasse).
La capacité cardiorespiratoire (CCR), d’endurance aérobie, d’endurance ou aérobie est la ca-
pacité pour les grandes masses musculaires d’effectuer des exercices dynamiques d’intensité mo-
dérée à élevée sur des périodes prolongées de temps, par exemple : marche rapide, course à pied,
marche nordique, cyclisme, natation, etc. La CCR dépend de l’état physiologique et fonctionnel de
l’ensemble des systèmes cardio-vasculaire, respiratoire et musculosquelettique de l’individu. Elle
est considérée comme le reflet de la condition physique liée à la santé car un bas niveau de CCR
est associé à une augmentation marquée de la mortalité prématurée toutes causes confondues et
de la mortalité cardio-vasculaire, et l’augmentation de la CCR est associée à une réduction de la
mortalité toutes causes confondues.
Les aptitudes ou capacités musculaires (la force musculaire, l’endurance musculaire et la puis-
sance musculaire) sont sollicitées, voire développées, par le travail de renforcement musculaire ou
musculation. La force musculaire est la capacité du muscle à exercer une force. L’endurance mus-
culaire est la capacité du muscle à continuer à exercer des efforts successifs ou de nombreuses
répétitions. La puissance musculaire est la capacité du muscle à exercer une force par unité de
temps (vitesse). La résistance contre laquelle le muscle s’exerce peut être engendrée par des acti-
vités de la vie quotidienne (monter et descendre des escaliers, levers de chaise, porters de charges,
etc.) ou lors de séances dédiées (utilisation du poids du corps ou de bracelets lestés, de bandes
élastiques, d’appareils spécifiques, etc.).
La souplesse (ou flexibilité musculo-tendineuse et articulaire) est la capacité de mobiliser une arti-
culation dans son amplitude complète. La souplesse dépend de la distensibilité de la capsule arti-
culaire, de la viscosité musculaire et de la qualité des ligaments ou des tendons. Cette aptitude est
importante pour réaliser les activités de la vie quotidienne et les activités sportives.
L’équilibration vise au maintien de l’équilibre lors de la station debout ou assise (équilibre statique)
et lors des déplacements (équilibre dynamique). Le contrôle de l’équilibre s’élabore sur un ensemble
de stratégies sensorielles et motrices. Elle mobilise les systèmes visuel, vestibulaire et proprioceptif,
ainsi que le système musculosquelettique.
La classification internationale des handicaps de l’OMS 2001 (2) distingue :
‒ la déficience (impairment) : toute perte ou altération d’une structure ou fonction psycholo-
gique, physiologique ou anatomique ;

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 6
‒ l’incapacité (limitation) : une réduction, résultant d’une déficience, partielle ou totale, de la
capacité d’accomplir une activité d’une façon ou dans les limites considérées comme nor-
males par un être humain ;
‒ le désavantage social (restriction), pour un individu donné, résulte d’une déficience ou d’une
incapacité qui limite ou interdit l’accomplissement d’un rôle normal (en rapport avec l’âge, le
sexe, les facteurs sociaux ou culturels).
Le handicap résulte de toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société
subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable
ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psy-
chiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant (loi du 11 février 2005, article L. 114
du Code de l’action sociale et des familles).
Les différents troubles ou déficiences des fonctions organiques sont :
‒ les troubles physiques ou moteurs : ensemble des troubles pouvant entraîner une atteinte
partielle ou totale de la motricité des membres supérieurs, des membres inférieurs et/ou de
l’axe corporel ;
‒ les troubles sensoriels : ensemble des troubles liés aux organes sensoriels, en particulier la
vision et l’audition ;
‒ les troubles psychiques sont les affections qui vont altérer l’état de santé mentale. Ils peuvent
prendre des formes et des expressions très différentes (dépression, anxiété, schizophrénie,
troubles du comportement alimentaire, etc.) ;
‒ les troubles intellectuels et cognitifs sont l’ensemble des troubles caractérisés par une alté-
ration des fonctions cognitives correspondant à l’ensemble des habiletés gérées par le cer-
veau (perception, attention, mémoire, langage…) avec comme conséquence un déficit de
capacités telles que le raisonnement, les apprentissages scolaires et l’apprentissage à partir
de l’expérience.
Les para-sports désignent des sports réservés aux personnes en situation de handicap (PSH) fai-
sant l’objet d’adaptations (règles, dispositifs médicaux sportifs, aides techniques, aides humaines...).
Ils sont pratiqués en loisir comme en compétition. Ils sont déclinés par discipline, comme le « para
aviron », le « para ski alpin », etc.
Le para-sport adapté renvoie à la notion de sport adapté, mais spécifiquement pour un public en
situation de handicap intellectuel ou psychique, par exemple le « para surf adapté ».
Le para-sport santé renvoie à la notion de sport-santé et correspond à une pratique parasportive
dans un objectif de santé.

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 7
Tableau 1. Terminologies utilisées pour ce document

Les données de la littérature actuelles ne permettent pas de proposer des recommandations définitives pour toutes
les situations cliniques auxquelles pourrait être confronté le médecin pour une prescription d’AP, par convention dans
ce document :
‒ l’examen est dit recommandé : le médecin doit faire pratiquer l’examen, sauf situations cliniques particulières ;
‒ l’examen est dit préconisé : le médecin devrait faire pratiquer l’examen, mais il peut juger que pour un patient
particulier l’examen n’est pas utile ;
‒ le patient peut bénéficier ou l’examen peut être réalisé, s’il se justifie par un contexte particulier. L’examen ne
doit pas être prescrit systématiquement ;
‒ l’examen n’est pas recommandé ou n’est pas préconisé lorsqu’il est considéré inutile : le médecin ne devrait
pas le prescrire, sauf cas particulier dûment justifié.
Dans tous les cas, la décision est consignée par écrit dans le dossier du patient.

Par convention dans ce document (schéma page 14) :


Les patients dénommés « symptomatiques » se définissent comme ayant des signes cliniques ou symptômes évo-
cateurs d’une maladie cardio-vasculaire, métabolique, rénale ou respiratoire non connue ou instable. Ces patients
relèvent d’une consultation médicale à visée diagnostique. Une consultation médicale d’AP ne devrait être envisagée
qu’après avoir posé un diagnostic et après une stabilisation des symptômes.
Les patients dénommés « asymptomatiques » se définissent comme ne présentant pas de signes cliniques ou
symptômes évocateurs d’une maladie cardio-vasculaire, métabolique, rénale ou respiratoire non connue ou instable.
Seuls les patients asymptomatiques relèvent d’une consultation médicale d’AP, telle que définie dans ce document.

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 8
Introduction au guide
Le contexte
Les bienfaits de l’activité physique (AP) sur la santé sont connus et désormais validés par de nom-
breuses revues de la littérature publiées en France et à l’étranger (cf. Guide des connaissances sur
l’AP et la sédentarité de la HAS).
L’AP est un déterminant majeur de l’état de santé, de la condition physique et du maintien de l’auto-
nomie avec l’avancée en âge et chez les personnes en situation de handicap. L’AP est une théra-
peutique non médicamenteuse à part entière et intervient dans la prévention primaire, secondaire et
tertiaire de nombreuses maladies chroniques et états de santé.
En 2004, l’Organisation mondiale de la santé (OMS), dans sa résolution WHA57.17 intitulée : Stra-
tégie mondiale pour l’alimentation, l’exercice physique et la santé (3), recommande aux États
membres de promouvoir et de renforcer les programmes d’AP dans le cadre de leur politique natio-
nale sociale et de santé publique en vue d’accroître le niveau d’AP de leur population.
En 2016, l’OMS publie la stratégie 2016-2025 sur l’activité physique pour la région européenne (4)
pour agir contre la diminution continue des niveaux d’AP et réduire les inégalités d’accès à l’AP des
populations. Elle s’inscrit dans le plan d’action mondial pour la lutte contre les maladies non trans-
missibles 2013-2020 de l’OMS, qui a neuf objectifs, dont : une réduction relative de 10 % de la pré-
valence de l’inactivité physique d’ici 2025, ainsi qu’une réduction de 25 % du risque de mortalité
prématurée imputable aux maladies cardio-vasculaires, au cancer, au diabète et aux affections res-
piratoires chroniques ; une réduction de 25 % de la prévalence de l’hypertension artérielle ; et un
endiguement des prévalences du diabète et de l’obésité.
En 2018, l’OMS, dans son Global Action Plan on Physical Activity 2018-2030 : More active people
for a healthier world (5), estime que, dans le monde, un adulte sur quatre, et trois adolescents sur
quatre (âgés de 11 à 17 ans) n’atteignent pas les recommandations d’AP pour la santé, et se donne
comme objectif, pour 2030, une réduction globale de 15 % de l’inactivité chez les adultes et les
adolescents.
Il souligne qu’il existe des inégalités importantes d’accès à l’AP en fonction du sexe et du statut
socio-économique des individus. Les femmes, les personnes âgées, les personnes en situation de
handicap, les personnes atteintes de maladies chroniques, les personnes défavorisées, les per-
sonnes précaires et les habitants en milieu rural ont moins souvent accès à des lieux et espaces
appropriés, accessibles, sûrs et abordables pour pratiquer une activité physique ou du sport.
Il rappelle aussi que, selon la Charte internationale de l’Unesco, « la pratique de l’activité physique
et du sport est un droit fondamental pour tous » et souligne qu’il est important de promouvoir le sport
à tous les âges de la vie.
De nombreux pays ont étudié les déterminants à l’AP en population et ont mis en place des politiques
de promotion de l’AP en communauté ou des politiques de promotion de l’AP sur ordonnance (cf.
Note méthodologique et de synthèse bibliographique de la HAS).
En France, depuis les années 2000, le développement de l’AP constitue un des axes de plusieurs
plans nationaux de santé. Des stratégies de promotion de l’AP et du sport pour la santé se sont
développées localement au niveau des villes et des régions (cf. Note méthodologique et de synthèse
bibliographique de la HAS (6)).
La France, par la loi n° 2016-41 du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé,
s’est engagée dans une politique de promotion de l’AP sur ordonnance en soins primaires. Son

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 9
article L. 144 précise que « dans le cadre du parcours de soins des patients atteints d’une affection
de longue durée, le médecin traitant peut prescrire une activité physique adaptée (APA) à la patho-
logie, aux capacités physiques et au risque médical du patient ».
Le décret n° 2016-1990 du 30 décembre 2016 relatif aux conditions de dispensation de l’activité
physique adaptée prescrite par le médecin traitant à des patients atteints d’une affection de longue
durée précise que la dispensation d’une APA a pour but de permettre à une personne d’adopter un
mode de vie physiquement actif sur une base régulière afin de réduire les facteurs de risque et les
limitations fonctionnelles liés à l’affection de longue durée dont elle est atteinte. Les techniques mo-
bilisées relèvent d’activités physiques et sportives et se distinguent des actes de rééducation qui
sont réservés aux professionnels de santé, dans le respect de leurs compétences.
L’instruction interministérielle n° DGS/EA3/DGESIP/DS/SG/2017/81 du 3 mars 2017 relative à la
mise en œuvre des articles L. 1172-1 et D. 1172-1 à D. 1172-5 du Code de la santé publique (CSP)
définit les conditions de dispensation de l’APA prescrite par le médecin traitant à des patients atteints
d’une affection de longue durée (ALD). Pour cela, elle propose une classification des patients en
ALD en quatre « phénotypes fonctionnels ». Elle définit les domaines d’intervention préférentiels des
différents métiers de l’AP en fonction de ces phénotypes et liste leurs compétences respectives. Elle
propose un formulaire spécifique de prescription de l’AP. Elle précise que « ni la prescription, ni la
dispensation d’une AP ne font l’objet d’un remboursement par l’assurance maladie ». Alors même
que la prescription d’APA en tant que thérapeutique non médicamenteuse validée relève de l’article
R. 4127-8 du CSP et de l’article 8 du Code de déontologie médicale – Liberté de prescription.
L’arrêté du 24 décembre 2020 relatif au parcours de soins global après le traitement d’un cancer
prévoit qu’après traitement d’un cancer, le médecin peut prescrire un ensemble de bilans et
consultations dans la limite d’un montant maximal de 180 euros par patient et par an. Ces prestations
peuvent comprendre un bilan fonctionnel et motivationnel de l’AP par un professionnel de l’APA, qui
doit donner lieu à l’élaboration d’un projet d’APA. Ce bilan du professionnel de l’APA est rémunéré
45 euros au maximum pour une durée d’une heure maximum.
La loi n° 2022-296 du 2 mars 2022 visant à démocratiser le sport en France révise cette politique.
Son article 2 modifie l’article L. 1172-1 du CSP et, dans le cadre d’un parcours de soins, ouvre la
prescription d’APA à l’ensemble des médecins et pour les « personnes atteintes d’une affection de
longue durée ou d’une maladie chronique ou présentant des facteurs de risque et des personnes en
perte d’autonomie. Un décret doit fixer la liste des maladies chroniques, des facteurs de risque et
des situations de perte d’autonomie ouvrant droit à la prescription d’activités physiques adaptées ».
Son article 3 prévoit une prise en charge par l’assurance maladie de l’APA sur prescription médicale
selon des modalités et un périmètre qui restent à définir : « Le Gouvernement présente au Parle-
ment, avant le 1er septembre 2022, un rapport sur la prise en charge par l’assurance maladie des
séances d’activités physiques adaptées prescrites en application de l’article L. 1172-1 du Code de
la santé publique. »
Son article 4 modifie l’article L. 4321-1 du CSP et prévoit que le masseur-kinésithérapeute, qui est
aussi un professionnel de l’APA, « ... peut renouveler et adapter, sauf indication contraire du méde-
cin, les prescriptions médicales initiales d’activité physique adaptée, dans des conditions définies
par décret... »

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 10
Article D. 1172-1 du CSP – Version en vigueur depuis le 1er mars 2017 – art. 1 – Création décret
n° 2016-1990 du 30 décembre 2016 – article 1
« On entend par activité physique adaptée au sens de l’article L. 1172-1, la pratique dans un con-
texte d’activité du quotidien, de loisir, de sport ou d’exercices programmés, des mouvements cor-
porels produits par les muscles squelettiques, basée sur les aptitudes et les motivations des
personnes ayant des besoins spécifiques qui les empêchent de pratiquer dans des conditions or-
dinaires.
La dispensation d’une activité physique adaptée a pour but de permettre à une personne d’adopter
un mode de vie physiquement actif sur une base régulière afin de réduire les facteurs de risque et
les limitations fonctionnelles liés à l’affection de longue durée dont elle est atteinte. Les techniques
mobilisées relèvent d’activités physiques et sportives et se distinguent des actes de rééducation
qui sont réservés aux professionnels de santé, dans le respect de leurs compétences. »
Article L. 1172-1 du CSP – Version en vigueur depuis le 4 mars 2022 – Modifié par loi n° 2022-296
du 2 mars 2022 visant à démocratiser le sport en France – article 2
« Dans le cadre du parcours de soins des personnes atteintes d’une affection de longue durée ou
d’une maladie chronique ou présentant des facteurs de risque et des personnes en perte d’auto-
nomie, le médecin intervenant dans la prise en charge peut prescrire une activité physique adaptée
à la pathologie, aux capacités physiques et au risque médical du patient.
Les activités physiques adaptées sont dispensées par des personnes qualifiées, dans des condi-
tions prévues par décret. Un décret fixe la liste des maladies chroniques, des facteurs de risque et
des situations de perte d’autonomie ouvrant droit à la prescription d’activités physiques adaptées. »

Une politique de promotion de l’AP sur ordonnance


Une politique de promotion de l’AP sur ordonnance utilise le potentiel du cabinet médical de ville à
atteindre les personnes inactives les plus éloignées de l’AP : les personnes atteintes de maladies
chroniques, les personnes âgées fragiles, les personnes en situation de handicap, les personnes
dyscommunicantes et les personnes précaires. Elle s’appuie sur la confiance accordée par les pa-
tients à leur médecin pour les amener à changer de comportement, et sur l’ordonnance, prescription
médicale écrite, qui par elle-même est un facteur de motivation et d’adhésion à l’AP (7).
En France, il existe 5 freins majeurs à la prescription d’AP par le médecin traitant :
‒ (1) son manque de connaissances concernant l’AP et ses impacts sur la santé ;
‒ (2) ses craintes vis-à-vis des risques d’évènements cardio-vasculaires graves liés à la pra-
tique d’une AP, en particulier chez les personnes fragiles ou atteintes de maladies chro-
niques ;
‒ (3) l’absence de recommandations sur les modalités de consultation et de prescription médi-
cale d’AP ;
‒ (4) l’absence de parcours de santé structurés pluriprofessionnels centrés sur la prescription
d’AP ;
‒ (5) le coût pour le patient de cette AP prescrite.
Le guide des connaissances sur l’AP et la sédentarité de la HAS répond au premier point. Ce guide
de consultation et de prescription médicale d’AP à des fins de santé répond aux points 2 et 3. La loi
du 2 mars 2022 visant à démocratiser le sport en France donne des réponses aux points 4 et 5.

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 11
Un guide de consultation et de prescription d’AP à des fins de
santé
Ce guide de consultation et de prescription d’AP à des fins de santé chez les adultes traite des
personnes adultes, des personnes âgées et des personnes en situation de handicap, atteintes d’une
maladie chronique ou présentant un état de santé pour lequel l’AP a montré des effets bénéfiques.
Il procède en plusieurs étapes (cf. schéma parcours de santé, page 14) :
‒ le repérage en population générale ou en patientèle des personnes à risque, pouvant relever
d’un avis médical avant de débuter ou d’augmenter une AP ;
‒ l’évaluation médicale minimale, si le patient relève d’un avis médical avant de débuter ou
d’augmenter une AP ;
‒ la consultation médicale d’activité physique qui vient compléter l’évaluation médicale mi-
nimale, selon des indications précisées dans ce guide avec, si indiqué, la réalisation d’exa-
mens complémentaires ;
‒ la prescription médicale d’AP selon les 4 niveaux d’intervention (tableau 3, page 15) ;
‒ le suivi médical de la prescription d’AP ;
‒ la dispensation de l’AP et son suivi par des intervenants en AP dans le cadre d’un par-
cours de santé pluriprofessionnel structuré.
Les effets délétères de l’inactivité physique et de la sédentarité sont bien démontrés. Les bénéfices
pour la santé d’une AP régulière sont largement supérieurs aux risques liés à sa pratique pour la
plupart des adultes. Il existe un accord d’experts pour dire que ces risques ne doivent pas être
surestimés et ne doivent pas être un frein à la prescription d’AP par le médecin et à la pratique d’une
AP par la personne.
Ainsi, la majorité des personnes ne relèvent pas d’un avis médical avant de commencer ou d’aug-
menter une AP. L’auto-questionnaire QAA-P+, utilisé dans ce guide, permet de repérer en popula-
tion générale les personnes relevant d’un avis médical au préalable. En patientèle, c’est au médecin
de repérer les personnes qui requièrent au moins une évaluation médicale minimale.
La majorité des patients ne relèvent pas d’une consultation médicale d’AP et encore moins d’exa-
mens complémentaires avant de commencer ou d’augmenter une AP. Les indications de la consul-
tation médicale d’AP et la prescription d’examens complémentaires avant la pratique d’une AP
doivent rester ciblées. En effet, les bénéfices d’une consultation médicale chez les personnes avec
ou sans maladie chronique qui envisagent d’augmenter leur niveau d’AP ne sont pas réellement
établis sur le risque de survenu d’évènements indésirables à la pratique d’une AP (8). L’épreuve
d’effort est faiblement prédictive de la survenue d’un évènement cardio-vasculaire grave chez les
personnes asymptomatiques (tableau 24).
Les données actuelles de la littérature ne permettent pas de proposer des recommandations défini-
tives pour toutes les situations cliniques auxquelles pourrait être confronté le médecin. Les recom-
mandations contenues dans ce guide relèvent avant tout d’un accord d’experts (tableau 1) et
viennent en soutien du jugement clinique du médecin, avec la volonté de lui proposer une démarche
à la fois sécuritaire, réaliste et réalisable.
Le jugement clinique du médecin reste donc essentiel et doit s’élaborer à partir de ses connais-
sances générales sur l’AP et la santé, les recommandations de ce guide et des référentiels d’aide à
la prescription par pathologie, ainsi que sur les connaissances qu’il a de son patient, en particulier :
‒ la pathologie du patient, sa sévérité et son contrôle ;
‒ ses comorbidités ;
‒ son niveau de risque d’évènement cardio-vasculaire grave à l’AP et ses autres risques ;

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 12
‒ son niveau habituel d’AP, sa condition physique et son état fonctionnel ;
‒ son état de motivation à l’AP choisie avec lui ;
‒ ses traitements médicamenteux, leurs effets secondaires ou iatrogènes, ses capacités
d’autogestion de la maladie et du traitement et de leurs interactions avec l’AP ;
‒ son profil psychique, cognitif et comportemental, son environnement social et sa capacité à
comprendre et gérer le programme d’AP en autonomie et en sécurité. Ses connaissances
des règles de prudence à l’AP (tableau 5) et le type d’AP choisi.
Ce guide ne traite pas de la rééducation/réadaptation qui relève d’une ordonnance médicale
« classique » et d’une prise en charge par des professionnels de santé de la rééducation en ville
ou à l’hôpital.
Ce guide ne traite pas du sport pratiqué en compétition qui relève de recommandations spé-
cifiques.
Ce guide ne concerne pas des patients dits « symptomatiques » (tableau 1) qui relèvent d’une
consultation médicale à visée diagnostique (cf. schéma du parcours, page 14).

En complément de ce guide, la HAS a publié :


1. des référentiels ou fiches d’aide à la prescription d’AP (tableau 2) pour le médecin, qui
viennent compléter les connaissances du guide pour la pathologie ou l’état de santé ciblé ;
2. des fiches de synthèse pour le médecin, reprenant les points clés de ces référentiels ;
3. une fiche de synthèse sur la prescription d’activité physique adaptée, reprenant les mo-
dalités de prescription, d’arrêt et de renouvellement de l’APA de ce guide ;
4. un guide des connaissances sur l’AP et la sédentarité à destination des médecins ;
5. une note méthodologique et de synthèse bibliographique sur l’AP, reprenant les poli-
tiques nationales de promotion de l’AP en France et à l’étranger et les déterminants à l’AP.
D’autres documents de la Haute Autorité de santé sont à venir :
‒ un guide de consultation et de prescription d’AP à des fins de santé chez les enfants et les
adolescents ;
‒ des fiches patient reprenant les messages clés selon la pathologie ou l’état de santé ciblé à
destination des usagers ;
‒ d’autres fiches d’aide à la prescription d’AP pour : les pathologies articulaires inflammatoires
(spondylarthrite ankylosante et polyarthrite rhumatoïde), la sclérose en plaques, les lombal-
gies persistantes, la fibromyalgie et le surpoids et l’obésité chez l’enfant.

Tableau 2. Liste des référentiels d’aide à la prescription d’AP par pathologie ou état de santé publiés par la HAS
1. Surpoids et obésité de l’adulte 10. Les personnes âgées robustes, fragiles, à risque de
2. Diabète de type 2 chutes ou atteintes de troubles cognitifs.

3. Bronchopneumopathie chronique obstructive 11. Pendant la grossesse et en post-partum


4. Hypertension artérielle 12. Diabète de type 1
5. Maladie coronarienne stable 13. Asthme
6. Accidents vasculaires cérébraux 14. Maladie de Parkinson
7. Insuffisance cardiaque chronique 15. Artériopathie oblitérante des membres inférieurs
8. Cancers : sein, colorectal, prostate 16. États psychotiques
9. Dépression 17. Arthroses périphériques

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 13
Schéma du parcours de santé centré sur la prescription d’activité physique chez l’adulte

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 14
Les quatre niveaux de prescription de l’activité physique
On distingue quatre niveaux d’intervention de l’activité physique à des fins de santé (tableau 3).
Le niveau 1, la rééducation/réadaptation, qui est une thérapie par le mouvement, n’est pas traité dans
ce guide, mais peut être cité. En effet, le patient peut relever d’une rééducation/réadaptation avant de
pouvoir bénéficier d’un programme d’APA ou d’AP et certains patients peuvent bénéficier de pro-
gramme d’AP en parallèle d’une rééducation/réadaptation (cf. référentiels d’aide à la prescription d’AP
par pathologie).
Les interventions de niveaux 2, 3 et 4 sont prescrites selon la pathologie traitée, les capacités fonc-
tionnelles et les limites d’activités du patient, mais aussi selon sa capacité à pratiquer des AP en auto-
nomie et de façon sécuritaire.

Tableau 3. Les quatre niveaux d’intervention par l’AP (classification d’après le programme Suède en mouvement)

Le niveau 1 est approprié aux patients présentant une maladie/blessure avérée et/ou un état fonc-
tionnel évalués par le médecin comme justifiant d’un programme de rééducation/réadaptation. Le
patient est adressé sur ordonnance pour une rééducation/réadaptation à un professionnel de santé
de rééducation.
Le niveau 2 est approprié aux patients présentant une maladie et/ou un état fonctionnel évalués par
le médecin comme justifiant d’un programme d’activité physique adaptée (APA).
Le patient est adressé sur ordonnance pour un programme d’APA à un professionnel de l’APA (pro-
fessionnel de santé paramédical ou enseignant en APA-S).
Les niveaux 3 et 4 sont appropriés aux patients physiquement inactifs qui ont besoin d’augmenter
leur niveau d’AP et qui sont considérés par le médecin comme capables de participer à une gamme
ordinaire d’AP ou sportive, soit avec une supervision pour le niveau 3, soit évalués comme capables
de contrôler et de maintenir seuls leur propre AP pour le niveau 4. Le choix entre les niveaux 3 et 4
est aussi conditionné par les préférences du patient.
Le niveau 3, une AP ou sportive supervisée est appropriée si :
− le patient ne répond pas à un des 3 critères du niveau 4.
Le médecin conseille et prescrit au patient des AP ou sportives encadrées par des éducateurs spor-
tifs formés, organisées par des associations ou des clubs sportifs. Si indiqué, il prescrit une activité
de sport-santé.
Le niveau 4, une AP ou sportive non supervisée est appropriée si :
− le patient est évalué comme réceptif, motivé et capable de suivre les recommandations d’AP
seul ou avec l’aide d’un appui social (famille, amis…) ;
− le patient est considéré comme étant capable (ayant les ressources psychiques suffisantes)
d’augmenter effectivement et sans risque son niveau d’AP par ses propres moyens ;
− l’état de santé et les besoins (sociaux, émotifs, médicaux) du patient n’exigent pas un pro-
gramme d’APA, ni un programme de rééducation/réadaptation.
Le médecin conseille et prescrit au patient des AP ou sportives sans supervision, à réaliser en auto-
nomie, avec des AP quotidiennes en environnement (marche, pratique du vélo, activités sportives
de loisirs à la maison ou sur des aires résidentielles).
NB. Ces prescriptions d’AP sont toujours associées à des conseils de réduction du temps passé à
des activités sédentaires.

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 15
Des règles générales de gestion des risques liés à la pratique d’une
activité physique
Les personnes pratiquant une AP ou sportive doivent respecter quelques règles de prudence (ta-
bleau 4), même s’il existe un consensus pour dire que l’on ne doit pas surestimer les risques liés à la
pratique d’une AP et que les bénéfices d’une AP adaptée sont toujours largement supérieurs aux
risques liés à sa pratique.

Tableau 4. Règles générales de prudence à la pratique d’une AP

D’une manière générale, pour réduire les risques d’évènements cardio-vasculaires et de trauma-
tismes musculosquelettiques liés à l’AP :
‒ les personnes qui désirent commencer et/ou augmenter leur AP devraient remplir un auto-
questionnaire d’aptitude à l’AP (auto-questionnaire Q-AAP+) ;
‒ les personnes inactives et/ou sédentaires devraient commencer par des AP d’intensité faible
ou modérée et augmenter progressivement par palier, chacun suivi d’une période d’adapta-
tion, jusqu’à atteindre le niveau recommandé ou souhaité d’AP ;
‒ les personnes physiquement actives devraient adapter leur programme d’AP avec les varia-
tions de leur état de santé, de leur condition physique et des conditions de l’environnement ;
‒ les personnes pratiquant une AP devraient être éduquées pour pouvoir repérer les signes et
les symptômes d’alerte, agir en conséquence et en référer à leur médecin (tableau 5) ;
‒ les professionnels de santé et de l’AP qui supervisent des AP d’intensité élevée devraient
avoir une formation de base sur les procédures d’urgence en cas d’évènement cardiaque.
Il est aussi important de permettre au corps de se préparer, puis de récupérer avant et après une AP.
Pour cela, la session d’AP doit être précédée d’une phase d’échauffement et suivie d’une phase de
récupération.
La phase d’échauffement consiste en un minimum de 5 à 10 min d’activités cardiorespiratoires et
musculaires progressives d’intensité légère à modérée et de mouvements d’assouplissement.
L’échauffement est une phase transitionnelle qui permet au corps de s’ajuster aux changements
physiologiques, biomécaniques et bioénergétiques de la phase d’AP. L’échauffement améliore aussi
l’amplitude des mouvements et réduit les risques de blessure.
La phase de récupération peut être réalisée de manière passive (sans mouvement), ou active avec
une réduction progressive des AP à des intensités modérées à faibles, pendant au moins 5 à 10 min.
Cette période de récupération permet à l’individu de retrouver graduellement sa fréquence cardiaque
et sa pression artérielle de base et d’éliminer les métabolites produits par le muscle pendant la phase
la plus intense de l’AP.
Chez les personnes en situation de handicap (PSH), certaines précautions spécifiques doivent
être en plus respectées. Les morphologies structurelle et fonctionnelle de la PSH doivent être prises
en compte pour l’AP envisagée, avec des discussions sur l’adaptation ou le besoin d’un appareillage
spécifique, le besoin d’une aide humaine, d’un environnement adapté et sécurisé, des conseils sur
un geste donné, etc. Les troubles de sensibilité, l’installation ou l’appareillage devront être surveillés
du fait des risques d’escarre. Les PSH peuvent pratiquer une AP et sportive dans des associations
ou clubs ordinaires, mais peuvent aussi avoir besoin d’adaptations ou de dispositifs spécifiques dont
l’absence les empêcherait de pratiquer une AP identique à celle des personnes valides.

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 16
L’Académie nationale de médecine a validé les 10 règles d’or du Club des cardiologues du sport, qui
ont été relayées par le ministère des Sports sous la forme des 10 réflexes en or pour préserver sa
santé dans le sport (9) (tableau 5).

Tableau 5. Les « 10 réflexes en or pour préserver sa santé dans le sport »

1. Je signale à mon médecin toute douleur dans la poitrine ou essoufflement anormal survenant
à l’effort *.
2. Je signale à mon médecin toute palpitation cardiaque survenant à l’effort ou juste après l’ef-
fort *.
3. Je signale à mon médecin tout malaise survenant à l’effort ou juste après l’effort *.
4. Je respecte toujours un échauffement et une récupération de 10 min lors de mes activités
sportives.
5. Je bois 3 à 4 gorgées d’eau toutes les 30 min d’exercice à l’entraînement comme en compé-
tition.
6. J’évite les activités intenses par des températures extérieures en-dessous de -5° ou au-des-
sus de 30° et lors des pics de pollution.
7. Je ne fume pas, en tout cas jamais dans les 2 heures qui précèdent ou suivent mon activité
sportive.
8. Je ne consomme jamais de substance dopante et j’évite l’automédication en général.
9. Je ne fais pas de sport intense si j’ai de la fièvre, ni dans les 8 jours qui suivent un épisode
grippal (fièvre - courbatures).
10. Je pratique un bilan médical avant de reprendre une activité sportive intense si j’ai plus de
35 ans pour les hommes et 45 ans pour les femmes.

NB : le point 10 est traité différemment dans ce guide.


* Quels que soit mon âge, mes niveaux d’entrainement et de performance, ou les résultats d’un précédent bilan cardiologique.

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Le repérage des personnes à risque pour
l’activité physique
1. Le repérage en population générale
L’utilisation d’un auto-questionnaire sur l’aptitude à l’AP, chez toutes les personnes désirant initier ou
augmenter une AP d’intensité au moins modérée, permet un premier repérage des individus à risque
d’évènements cardio-vasculaires (CV) graves ou de lésions musculosquelettiques à l’AP, pour les-
quels un avis médical est indiqué.
Le questionnaire sur l’aptitude à l’activité physique pour tous (Q-AAP+) est le plus utilisé (tableau 6). Il
comprend 7 questions et peut être complété en ligne. Il est rempli par toute personne de 15 à 69 ans
désirant s’engager dans une AP.
Il peut aussi être proposé par le médecin traitant, un autre professionnel de santé, un enseignant en
APA ou un éducateur sportif, aux personnes qui envisagent de commencer ou de poursuivre une AP
d’intensité au moins modérée.

Tableau 6. Le questionnaire sur l’aptitude à l’activité physique pour tous : Q-AAP+

Lisez les 7 questions avec attention et répondez à chacune avec honnêteté, par oui/non
oui non

1. Votre médecin vous a dit que vous étiez atteint d’un problème cardiaque □ ou d’une hypertension □ ? □ □
2. Ressentez-vous une douleur à la poitrine au repos, ou au cours de vos activités quotidiennes ou lorsque □ □
vous faites de l’AP ?
3. Éprouvez-vous des pertes d’équilibre liées à des étourdissements ou avez-vous perdu conscience au
cours des 12 derniers mois ? Répondez non si vos étourdissements étaient liés à de l’hyperventilation (y □ □
compris pendant une AP d’intensité élevée).
4. Avez-vous déjà été diagnostiqué d’une autre maladie chronique (autres qu’une maladie cardiaque ou
d’hypertension artérielle) ? □ □
Lister les maladies ici :

5. Prenez-vous actuellement des médicaments prescrits pour une maladie chronique ?


□ □
Lister les maladies et les médicaments ici :

6. Avez-vous présentement (ou avez-vous eu dans les 12 derniers mois) des problèmes osseux, articu-
laires, ou des tissus mous (muscle, ligament, ou tendon) qui pourraient être aggravés par une augmenta- □ □
tion d’AP ?
NB. Répondez non si vous avez déjà eu un problème dans le passé, mais qui ne limite pas votre pratique
d’AP présente.
Lister vos problèmes médicaux ici :

7. Votre médecin vous a-t-il déjà dit que vous ne devriez pas faire d’AP sans supervision médicale ?
□ □

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 18
Conduite à tenir selon les réponses au Q-AAP+ (cf. schéma du parcours page 14) :
‒ si la personne répond « non » aux sept questions, elle peut commencer à devenir physiquement
plus active, en respectant les précautions d’usage ;
‒ si la personne répond « oui » à une des sept questions, un avis médical est préconisé avant de
commencer à être physiquement plus active ;
‒ si la personne a 45 ans et plus, n’a pas d’AP régulière d’intensité élevée et envisage de prati-
quer une AP d’intensité élevée proche de la maximale, un avis médical est conseillé.

2. Le repérage en patientèle
Le patient est « asymptomatique » (tableau 1). Il est inactif et atteint d’une pathologie chronique ou
présente un état de santé pour lequel l’AP a montré ses effets bénéfiques. Il peut bénéficier d’une
prescription médicale d’AP selon les indications de ce guide et le jugement clinique du médecin.
Le patient « symptomatique » (tableau 1). Il présente des signes ou symptômes évocateurs d’une
maladie cardio-vasculaire ou respiratoire (tableau 7), métabolique ou rénale non connue ou instable,
repérés à l’interrogatoire du patient ou par l’auto-questionnaire Q-AAP+. Il doit s’abstenir de commen-
cer ou de poursuivre une AP quelle que soit son intensité, et consulter son médecin. Le médecin
effectue alors une consultation médicale à visée diagnostique, pour préciser le diagnostic ou les
causes de décompensation de la maladie. Au besoin, il adresse son patient à un médecin spécialiste
et fait pratiquer les examens complémentaires jugés utiles. Une fois le diagnostic précisé et la patho-
logie stabilisée, le patient sera considéré comme « asymptomatique » et pris en charge comme tel.
Pour les personnes de 70 ans et plus qui envisagent une AP d’intensité au moins élevée, un avis
médical est préconisé (cf. schéma du parcours, page 14).

Tableau 7. Signes et symptômes d’alerte suggérant une maladie cardio-vasculaire et/ou respiratoire

‒ Douleur ou équivalent de douleur (gêne ou pesanteur) au niveau du thorax, pouvant irradier


à la mâchoire, au cou, aux bras ou une autre région évocatrice d’ischémie cardiaque au repos
ou à l’effort
‒ Essoufflement au repos ou pour un effort d’intensité faible
‒ Fatigue inhabituelle ou essoufflement anormal pour les activités habituelles
‒ Orthopnée (dyspnée apparaissant ou s’aggravant en position allongée évocatrice d’une in-
suffisance cardiaque)
‒ Œdème de chevilles
‒ Vertiges ou syncopes
‒ Palpitations, tachycardie ou rythme cardiaque irrégulier
‒ Claudication intermittente (douleurs à type de crampe des membres inférieurs à la marche,
cédant à l’arrêt de celle-ci)
‒ Bruits anormaux à l’auscultation cardiaque lors d’examens précédents

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 19
L’évaluation médicale minimale
1. L’évaluation médicale minimale
L’évaluation médicale minimale, par le médecin chez un patient asymptomatique, avant conseils ou
prescription d’une AP, est réalisée :
‒ soit à la demande du patient, en particulier si son questionnaire de santé Q-AAP+ est positif ;
‒ soit à l’initiative du médecin, si le patient est atteint d’une maladie chronique ou présente un
état de santé pour lequel l’AP a montré des effets bénéfiques.
Elle est grandement facilitée par la connaissance qu’a le médecin traitant de son patient sur sa santé
et ses habitudes de vie.
L’évaluation médicale minimale comprend :

‒ Une estimation de l’intensité de l’AP (tableaux 28, 29 annexe 2) ou sportive envisagée (ta-
bleau 31, annexe 7).

‒ Une estimation du niveau habituel d’AP et de sédentarité du patient avec :


• l’auto-questionnaire GPAQ en 16 questions, rempli en ligne sur le site Manger-Bouger ;
• ou le questionnaire Marshal en 2 questions (passage en 30 sec) (annexe 4).

‒ Une évaluation du risque de survenue d’un accident cardio-vasculaire potentiellement


grave lié à l’AP, qui va dépendre :
• du niveau de risque CV du patient (tableaux 15, 18) ;
• du niveau habituel d’AP du patient, classé en physiquement actif ou inactif (tableau 30 an-
nexe 3) ;
• et de l’intensité en valeur absolue de l’AP envisagée (tableau 28 annexe 2).

‒ Une estimation des risques à la pratique d’une AP :


• les contre-indications et limitations à l’AP (tableaux 13, 14) ;
• les autres risques à la pratique d’une AP en lien avec : la pathologie ciblée, les traitements, un
âge avancé, une grossesse, une situation de handicap et du type d’AP envisagé (tableau 11
et référentiels d’aide à la prescription).

‒ Une estimation de l’état de motivation du patient (tableau 20) pour un programme d’APA ou
une AP ou sportive de loisirs choisie avec le patient et pour un mode de vie physiquement plus
actif et moins sédentaire.

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 20
2. Les conduites à tenir après l’évaluation médicale minimale
Au terme de cette évaluation, le médecin peut être amené à :
‒ accompagner le patient et faire évoluer son état de motivation vis-à-vis de l’AP (tableaux 20,
21, 22) ;
‒ fournir au patient motivé ou pour lequel un changement de comportement est envisageable des
conseils/une éducation pour la santé sur l’AP/une prescription d’AP ;
‒ compléter cette évaluation par une consultation médicale d’AP et/ou prescrire des examens
complémentaires et/ou demander un avis spécialisé, si cela se justifie.
Les conseils du médecin au patient varient selon son niveau habituel d’AP, son niveau de motivation
et ses risques individuels à la pratique de(s) AP choisie(s) avec lui (tableau 8).

Tableau 8. Conseils aux patients selon leur état de motivation et leur niveau d’AP régulier

La plupart des patients actifs peuvent poursuivre leur AP d’intensité modérée et l’augmenter pro-
gressivement si elle est bien tolérée. Le médecin leur fournit des conseils adaptés sur l’AP, sa bonne
pratique, leur maladie et ses traitements et renforce leur motivation.
La plupart des patients inactifs peuvent débuter ou poursuivre une AP d’intensité faible (comme la
marche) et l’augmenter progressivement vers une intensité modérée si elle est bien tolérée.
‒ Si le patient inactif ne présente aucune motivation pour les AP : le médecin l’informe et le
sensibilise progressivement aux bénéfices de l’AP et à une réduction de son temps passé à
des comportements sédentaires. Il l’accompagne progressivement dans un changement de
son état de motivation (tableaux 20, 22) à l’occasion des consultations de suivi.
‒ Si le patient est inactif et qu’un changement de comportement est envisageable pour l’AP :
le médecin l’encourage. Il lui fournit des conseils adaptés sur l’AP selon le niveau d’interven-
tion requis (tableau 3), l’accompagne dans le choix de ses AP et l’oriente vers une organisa-
tion dédiée et, si indiqué, rédige une ordonnance d’APA.
Les patients ont des risques à l’AP repérés lors de l’évaluation médicale minimale.
‒ Si le patient inactif ne présente aucune motivation pour les AP : le médecin l’informe et le
sensibilise progressivement aux bénéfices de l’AP et de la réduction de son temps passé à
des comportements sédentaires, ainsi qu’à la nécessité d’un accompagnement pour com-
mencer des AP d’intensité au moins modérée.
‒ Si le patient est motivé ou si un changement de comportement est envisageable : le
médecin l’informe des bénéfices qu’il peut attendre de l’AP sur sa pathologie et sa qualité de
vie. Il programme avec lui une consultation médicale d’activité physique, si indiquée.

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 21
Les indications pour une consultation
médicale d’activité physique
La consultation médicale d’AP, quand elle est indiquée, vient compléter l’évaluation médicale mini-
male. Tous les patients ne relèvent pas d’une consultation médicale d’AP avant de commencer ou
d’augmenter une AP d’intensité au moins modérée. Ses indications doivent rester ciblées.
Les indications d’une consultation médicale d’AP dépendent du risque d’évènements CV graves et des
risques de blessures musculosquelettiques à l’AP, mais aussi d’autres risques liés au type et aux mo-
dalités de l’AP choisie, à la pathologie ciblée, aux comorbidités, aux traitements ou à un état de santé :
âge avancé, situation de handicap, surpoids, grossesse et post-partum, qui sont décrits dans les réfé-
rentiels d’aide à la prescription d’AP de la HAS.
Dans de nombreux cas, le jugement clinique du médecin est déterminant pour définir la nécessité et
l’étendue de cette consultation, et ce d’autant que chaque situation clinique est singulière et que dans
la pratique, une AP d’intensité modérée alterne le plus souvent avec des épisodes d’AP d’intensité
élevée.

1. Les indications selon le risque de survenue d’un accident cardio-


vasculaire grave lié à l’activité physique
Les indications de la consultation médicale d’AP (tableau 9) varient selon le risque de survenue d’un
accident cardio-vasculaire grave lié à l’AP, infarctus du myocarde, arythmie sévère voire mort subite
par arrêt cardiorespiratoire. Ce risque dépend : du niveau de risque CV du patient (tableaux 15, 18),
du niveau habituel de pratique d’AP du patient classé en physiquement actif ou inactif (tableau 30
annexe 3) et de l’intensité en valeur absolue de l’AP envisagée (tableau 28 annexe 2).

Tableau 9. Indications de la consultation médicale d’AP selon le risque d’évènement cardio-vasculaire grave lié à
l’AP

Pour les AP d’intensité élevée (≥ 6 METs)


Une consultation médicale d’AP est préconisée chez les patients inactifs et actifs, s’il existe :
‒ un niveau de RCV modéré ou élevé ;
‒ un antécédent de cancer ayant nécessité un traitement médical spécifique cardiotoxique ;
‒ ou pour les personnes âgées de 65 ans ou plus.
Une consultation médicale d’AP peut être réalisée s’il existe :
‒ une obésité sévère avec un IMC ≥ 35 kg/m2.
Pour les intensités modérées (3 à < 6 METs), les patients inactifs peuvent bénéficier d’une con-
sultation médicale d’AP, s’il existe :
‒ un niveau de RCV élevé ou très élevé ;
‒ un antécédent de cancer ayant nécessité un traitement médical spécifique cardiotoxique.

NB. Tous les patients asymptomatiques, actifs ou inactifs, peuvent commencer une AP d’intensité
légère, comme la marche, sans consulter un médecin.
Les patients actifs peuvent poursuivre leur AP d’intensité modérée et, si elle est bien tolérée, augmen-
ter progressivement son volume ou son intensité sans consulter un médecin, sauf cas particuliers

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 22
(apparition de symptômes en particulier à l’exercice, aggravation de la pathologie, apparition d’une
autre comorbidité).

2. Les indications selon les risques de survenue de blessures


musculosquelettiques ou cutanées liés à l’activité physique
Certains patients sont à risque majoré de survenue d’une blessure musculosquelettique ou cutanée
grave à l’AP, en lien avec une fragilité ostéo-musculo-articulaire, un risque augmenté de chutes, une
déficience, une pathologie ou un traitement, etc. (tableau 10). Ce risque est, au besoin, précisé dans
les référentiels d’aide à la prescription d’AP par pathologie ou état de santé.

Tableau 10. Indications de la consultation selon le risque de blessures musculosquelettiques et cutanées (liste non
exhaustive)

Certains patients sont à risque majoré de blessures à l’AP et une consultation médicale d’AP
est préconisée pour :
‒ les patients avec une pathologie osseuse ou articulaire, une malformation (agénésie, sco-
liose…), etc. ;
‒ les patients avec une ostéopathie fragilisante et/ou avec des antécédents de chutes ;
‒ les patients avec des antécédents de blessures graves à l’AP ;
‒ les personnes âgées, en particulier celles fragiles ou à risque de chute ;
‒ les patients souffrant de neuropathie des membres inférieurs et qui ont un risque de plaie
cutanée au niveau des pieds (patients diabétiques, etc.).
Les personnes en situation de handicap présentent des risques spécifiques justifiant d’une consul-
tation médicale d’AP :
‒ certaines PSH physique sont particulièrement à risque de blessures musculosquelettiques,
d’aggravation de leur handicap ou de leur état de santé, et nécessitent, le plus souvent, un
accompagnement médical spécialisé et/ou médicotechnique spécifique :
• les patients avec une amputation, des troubles neuro-orthopédiques, etc.,
• les patients avec une atteinte musculaire d’origine neurologique, dégénérative ou trauma-
tique (ex. : spasticité, rupture de coiffe des rotateurs, etc.),
• les patients avec une lésion médullaire ;
‒ les PSH sensoriel, visuel ou auditif ou avec des troubles de l’équilibre sont plus à risque de
chutes. Ils peuvent avoir besoin d’une prise en charge spécifique et d’une supervision renfor-
cée de leur AP ;
‒ les PSH psychique présentant des troubles cognitifs, des troubles psychotiques ou de l’hu-
meur et/ou ayant des comportements à risque ou traités avec des psychotropes peuvent
avoir besoin d’un accompagnement médical plus important et d’une supervision renforcée de
leur AP.
Les patients pratiquant leur AP avec un dispositif médical ou une aide technique (fauteuil roulant
manuel, canne, prothèse, orthèse, stomie, etc.) ont un risque majoré de lésions cutanées lors de
l’AP aux points d’appui ou de frottement. Une consultation médicale d’AP est préconisée. Une con-
sultation médicale et/ou médicotechnique spécialisée peut se justifier.

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 23
3. Des indications selon la pathologie ou l’état de santé ciblé
Les indications spécifiques de la consultation médicale d’AP selon la pathologie ou l’état de santé sont
précisées dans les référentiels ou fiches d’aide à la prescription d’AP de la HAS. Le tableau 11 reprend
quelques situations cliniques notables.

Tableau 11. Indications de la consultation selon certaines situations cliniques

Les personnes âgées ≥ 70 ans


Elles doivent être considérées, a priori, comme à niveau de RCV élevé et plus à risque d’une blessure musculosquelet-
tique. Une consultation médicale d’AP est donc préconisée avant une AP d’intensité élevée. Elles peuvent en bénéficier
avant une AP d’intensité modérée, si elles sont inactives. Elles peuvent justifier de conseils spécifiques sur les AP, d’une
supervision et d’un soutien motivationnel renforcés. Un avis spécialisé gériatrique peut se justifier.
Les personnes en situation de handicap
Elles peuvent avoir besoin d’un accompagnement médical plus important et parfois d’une supervision renforcée de leur
AP. Une consultation médicale d’AP est préconisée et un avis médical spécialisé et/ou médicotechnique spécialisé peut
se justifier.
Les femmes enceintes
Une AP adaptée est conseillée aux femmes enceintes. Une consultation médicale d’AP et une consultation obstétricale
sont recommandées avant la prescription d’AP chez une femme enceinte présentant une comorbidité ou une complica-
tion obstétricale. En cas de grossesse normale, elle peut se justifier selon les types ou les intensités d’AP envisagées.
Les femmes enceintes doivent connaître les précautions à prendre lors de la pratique d’une AP et les signes cliniques
d’alerte (cf. référentiel d’aide à la prescription d’AP chez la femme enceinte et en post-partum).
Les personnes en situation d’obésité
Ces personnes ont un risque CV majoré, non pris en compte par la classification européenne du risque cardio-vascu-
laire. Elles sont souvent inactives, sédentaires, peu motivées pour les AP et plus à risque de blessures musculosquelet-
tiques. Une consultation médicale d’AP peut être réalisée en cas d’IMC ≥ 35 kg/m2. Elles peuvent en bénéficier, en
particulier, pour un soutien motivationnel renforcé et/ou pour des conseils sur la prévention des blessures. Un avis spé-
cialisé peut se justifier.
Les patients atteints d’une maladie respiratoire
Les patients atteints d’une maladie respiratoire (BPCO, asthme, maladie pulmonaire interstitielle) peuvent avoir des fac-
teurs de risque CV associés (tabagisme, etc.). Ils peuvent présenter, selon le type et la sévérité de la maladie, des limita-
tions respiratoires à l’AP et une désaturation en oxygène à l’effort (non présente au repos). Les résultats de l’exploration
fonctionnelle respiratoire et du test de marche de 6 minutes avec mesure de la saturation en oxygène doivent être pris
en compte pour adapter la prescription d’AP. Pour ces raisons, une consultation médicale d’AP et un avis spécialisé peu-
vent se justifier ou être préconisés selon la sévérité de la maladie.
Les patients atteints d’un cancer
Les patients atteints de cancer sont souvent déconditionnés et peuvent présenter des craintes vis-à-vis des AP. Ils sont
plus à risque de lésions musculosquelettiques en lien avec une chirurgie, une radiothérapie, une chimiothérapie ou un
traitement hormonal (ostéoporose), etc. Ils peuvent avoir un risque CV augmenté en lien avec un traitement spécifique
cardiotoxique. Ils peuvent justifier d’un accompagnement médical plus important et d’une supervision renforcée de leur
AP. Une consultation médicale d’AP est préconisée. Un avis spécialisé peut se justifier.

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 24
La consultation médicale d’activité physique
La consultation médicale d’AP, lorsqu’elle est indiquée, vient compléter l’évaluation médicale minimale.
Elle nécessite en moyenne 30 min et peut être réalisée par le médecin sur plusieurs consultations.
Elle s’inscrit, au mieux, dans le cadre d’un parcours de santé coordonné mobilisant différents profes-
sionnels de l’AP : masseurs-kinésithérapeutes, enseignants en APA-S ou un éducateur sportif formé
au sport-santé. Dans ce cas, l’évaluation de la condition physique est le plus souvent réalisée par le
professionnel de l’AP. L’entretien motivationnel, réalisé par le médecin, est complété par les autres
professionnels tout au long du parcours.
La consultation médicale d’AP du patient comprend :

• Un interrogatoire, en particulier sur : l’histoire médicale, les habitudes de vie, et les risques, les
limitations et les contre-indications à l’AP.

• Une évaluation de son niveau de RCV, selon la classification européenne du risque cardio-vas-
culaire.

• Un examen physique complet, en particulier cardio-vasculaire, respiratoire, cutané et de l’appa-


reil locomoteur.

• Un entretien motivationnel centré sur la ou les AP ou sportive(s) choisie(s) avec le patient, afin
de :
- évaluer son état de motivation pour l’AP choisie ;
- repérer les freins, agir sur les leviers et l’accompagner vers un changement de mode de vie plus
actif et moins sédentaire ;
- définir avec lui des objectifs réalistes et réalisables ;
- encourager la pratique d’AP sous toutes ses formes et une réduction du temps passé à des acti-
vités sédentaires.

• Une évaluation des différentes composantes de la condition physique du patient par des me-
sures anthropométriques et par des tests simples validés en environnement.

• Une prescription d’examens complémentaires et/ou d’un avis spécialisé (si indiquée).

• Une prescription d’AP qui comprend : un programme d’APA (niveau 2, si indiqué) ; ou un sport-
santé ou des AP ordinaires en groupe ou en individuel, supervisées ou non (niveau 3 et 4) ; et des
conseils individualisés d’AP de la vie quotidienne et de réduction de la sédentarité.

• La rédaction d’un certificat d’absence de contre-indication à la pratique du sport, pour le


sport choisi avec le patient, si indiqué (tableau 26)

• La programmation du suivi médical, qui doit permettre au médecin d’adapter sa prescription


d’AP, de renforcer la motivation de son patient et de l’accompagner progressivement vers un mode
de vie physiquement actif et moins sédentaire en toute autonomie.

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 25
1. Interrogatoire
L’interrogatoire est le temps capital pendant lequel le médecin va :
‒ rechercher les pathologies en cours, les symptômes éventuels à l’effort, les antécédents per-
sonnels et familiaux, les traitements ;
‒ analyser les résultats des examens cliniques et complémentaires antérieurs ;
‒ préciser les habitudes de vie du patient, en particulier en AP et en activités sédentaires ;
‒ rechercher des contre-indications et/ou des limitations à l’AP.

1.1 Les éléments de l’interrogatoire


Ils couvrent différents domaines : habitudes de vie, antécédents familiaux et personnels et handicaps
éventuels (tableau 12).

Tableau 12. Les éléments de l’interrogatoire

Habitudes de vie (recueillies aussi lors de l’entretien de motivation)


− Histoire personnelle d’AP : niveau habituel d’AP, préférences et objectifs, motifs d’arrêt et moti-
vation à un changement de mode de vie
− Histoire personnelle du comportement sédentaire : les différents comportements sédentaires,
leur durée et leur fractionnement, état de motivation au changement, etc.
− Activité professionnelle avec les exigences attendues en AP
− Consommation d’alcool, de tabac ou de caféine, vapotage, ou utilisation de drogues illi-
cites Mode de vie de l’entourage (Qui fait une AP autour de vous ? Quel type d’AP ? Aimeriez-
vous réaliser cette AP avec cette personne ? AP plutôt en individuel ou en groupe, etc.)
− Pour les PSH, recherche des autres freins à la pratique : accessibilité des structures, transport
pour s’y rendre, accompagnement humain, besoin d’un matériel spécifique, etc. (L’AP proposée
est-elle accessible au handicap de la personne ?)
− Environnement construit en proximité : aménagements favorisant les AP ; centre, club ou asso-
ciation d’AP, etc.

Antécédents familiaux et/ou héréditaires


− Antécédents familiaux de mort subite et/ou de maladies CV héréditaires ou non
− Antécédents familiaux de maladies respiratoires, métaboliques ou d’AVC

Histoire de symptômes liés à l’AP évocateurs d’une pathologie cardiorespiratoire (tableau 7)

Pathologies, hospitalisations et traitements


− Maladies, hospitalisations ou interventions chirurgicales récentes
− Traitement en cours, dont diététique

Problèmes neurologiques et ostéo-musculo-articulaires


− Douleurs ; fatigue
− Blessures musculosquelettiques récentes
− Ostéoporose et autres ostéopathies fragilisantes
− Troubles musculosquelettiques ; malformations ; arthrose ; arthrite ; ostéite ; rachialgies ou lom-
balgie, etc.
− Troubles neurologiques (parésie – paralysie) et conséquences neuro-orthopédiques

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 26
États cutanés
− Mal perforant plantaire ; escarres ; plaies chroniques, etc.
− Zones à risque de lésion cutanée : troubles de la sensibilité cutanée (polynévrites des membres
inférieurs, etc.), points d’appui ou de frottement chez les personnes installées en fauteuil ou mar-
chant avec un appareillage orthopédique (orthèse ou prothèse)
− Sphère urodigestive : stomie ; incontinence urinaire d’effort, etc. pouvant justifier de conseils
spécifiques à l’AP

Résultats des examens complémentaires antérieurs


− Examens récents, en particulier cardiopulmonaires et musculosquelettiques
− Examens biologiques récents (dans l’année) : glycémie, HbA1c, CRP, bilan lipidique, clairance
de la créatinine et autres examens de laboratoire anormaux
− Pour les PSH : un bilan spécialisé qui doit être récent < 1 an

Pour les personnes en situation de handicap physique, psychique intellectuel et cognitif ou


sensoriel, des informations complémentaires sont à préciser
− Les suivis médicaux, paramédicaux
− Le suivi par une assistante sociale ou par une structure médico-sociale spécialisée
− Des aides humaines éventuelles ou un accompagnant
− Les aides techniques et dispositifs médicaux en place et leur utilisation
− Les allocations en cours, une mutuelle (avec une prise en charge des dispositifs médicaux), des
allocations type allocations adulte handicapé (AAH), des prestations de compensation
− La reconnaissance de la qualité de personne handicapée, de travail handicapé (RQTH), la mise
à jour du dossier MDPH (maison départementale des personnes handicapées)

1.2 Les contre-indications et les limitations à l’AP


L’AP n’est jamais absolument, totalement et définitivement contre-indiquée pour la plupart des per-
sonnes atteintes d’une pathologie chronique. L’AP fait souvent partie de leur prise en charge.
Les contre-indications à l’AP sont le plus souvent relatives et/ou temporaires et relèvent essentielle-
ment de pathologies aiguës ou non stabilisées (tableaux 13, 14).
Au-delà des contre-indications et limitations des tableaux 13, 14, le praticien devra toujours évaluer le
rapport bénéfice/risque pour son patient pour l’AP choisie avec lui, et l’en informer.
Les contre-indications du tableau 13 concernent les AP d’intensité au moins modérée et en dehors
d’une prise en charge en rééducation/réadaptation.

Tableau 13. Les contre-indications et limitations à l’AP

Contre-indications absolues pour les AP d’intensité au moins modérée


‒ Insuffisance cardiaque décompensée
‒ Troubles rythmiques ventriculaires complexes
‒ Hypertension artérielle sévère non contrôlée
‒ Hypertension artérielle pulmonaire (> 60 mmHg)
‒ Myocardite ou épanchement péricardique aigu
‒ Myocardiopathie obstructive sévère
‒ Rétrécissement aortique serré et/ou symptomatique

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 27
Contre-indications absolues et temporaires pour les AP d’intensité au moins modérée
‒ Toutes les pathologies aiguës
‒ Toutes les pathologies chroniques décompensées ou non stabilisées
‒ Dénutrition importante
‒ Fatigue extrême et/ou incapacité physique manifeste à la pratique d’AP
‒ Anémie marquée (hémoglobinémie < 8 g/L)
Contre-indications relatives pour les AP d’intensité élevée
‒ Insuffisance respiratoire chronique sous O2 de longue durée
‒ Pathologies respiratoires chroniques sévères (risque de désaturer à l’effort)
‒ Diabète compliqué avec rétinopathie sévère ; un traitement récent au laser chirurgical de
l’œil ; ou une dysautonomie sévère
‒ Porteurs de drépanocytose

Les contre-indications ou limitations musculosquelettiques et cutanées à l’AP (tableau 14) sont le plus
souvent temporaires et/ou ne concernent qu’une zone corporelle et/ou nécessitent d’adapter le volume
ou l’intensité de l’AP.

Tableau 14. Les contre-indications et limitations musculosquelettiques et cutanées à l’AP

Contre-indications absolues et temporaires pour les AP pour la zone concernée


‒ Les pathologies traumatiques non consolidées
‒ Les pathologies ostéo-articulaires en poussée congestive (arthroses, arthrites, etc.)

Contre-indications absolues et temporaires pour les AP d’intensité au moins modérée et pour


la zone concernée
‒ Diabète avec mal perforant plantaire, pour les AP en charge sollicitant les deux membres
inférieurs, même controlatéral à la lésion
‒ Escarre et plaie évolutive ou chronique selon la gravité et la localisation :
• localisée sur zone d’appui, de contact ou à risque de frottement lors de l’AP
• à risque de complication lié à l’activité (piscines, sable, terre, etc.)

NB. Les escarres sans risque d’appui, de frottement, et protégées par un pansement bien réalisé ne
sont pas une contre-indication.
Les myopathies nécessitent un avis spécialisé et une prise en charge adaptée.

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 28
2. Évaluation du niveau de risque cardio-vasculaire du patient
Le niveau de RCV du patient doit être évalué chez tous les patients qui consultent leur médecin pour
des conseils et/ou une prescription d’AP d’intensité au moins modérée.
Il permet d’évaluer le risque de survenue d’un accident cardio-vasculaire grave à l’AP (infarctus du
myocarde, arythmie sévère voire mort subite), qui va dépendre :
− avant tout de la présence d’une cardiopathie chez le patient qui peut être méconnue et dont le
risque peut alors être estimé à partir de son niveau de RCV (tableau 15) ;
− du niveau habituel d’AP du patient (actif ou inactif) ;
− et de l’intensité en valeur absolue de l’AP envisagée (tableau 28 annexe 2).

2.1 La classification des patients selon leur niveau de risque cardio-vasculaire


Dans ce guide, l’évaluation RCV du patient, en trois niveaux avant prescription d’une AP (tableau 15)
reprend les données de la classification européenne du RCV de 2016 et le SCORE2 de 2021 (avis
d’experts), avec :
− un RCV élevé en présence d’une maladie cardio-vasculaire documentée, d’un diabète de type 1 ou
2 ou d’une insuffisance rénale chronique modérée à sévère (tableau 16) ;
− et en l’absence d’une de ces pathologies, un RCV évalué par le SCORE2 et SCORE2-op selon 3
niveaux [élevé (rouge), modéré (orange), faible (vert)] (annexe 5).
D’autres facteurs, qui influencent le niveau de RCV, sont aussi à considérer par le médecin prescrip-
teur d’AP (tableau 18).
NB. La HAS travaille actuellement à un nouvel outil d’évaluation du risque cardio-vasculaire. Une mise à jour des modalités
d’évaluation du risque de survenue d’un accident cardio-vasculaire grave à l’AP pourra être envisagée.

Tableau 15. Classification des patients en 3 niveaux de RCV avant prescription d’une AP

Niveau de risque cardio-vasculaire

Élevé et Maladie CV documentée : maladies cardiaques, maladies vasculaires périphériques et ma-


très ladies cérébro-vasculaires (tableau 16)
élevé
Diabètes de type 1 ou 2
(à l’exception des individus jeunes avec un diabète de type 1 et sans autres facteurs majeurs
de risque CV qui peuvent être considérés comme à risque modéré ou faible)

Insuffisance rénale chronique modérée (DFG : 30-59 mL/min/1,73 m2) à sévère


(DFG < 30 mL/min/1,73 m2)

Un facteur majeur de risque CV nettement augmenté, en particulier :


‒ une hypercholestérolémie totale > 3,1 g/L (8 mmol/L)
‒ ou une hypertension artérielle ≥ 180/110 mmHg
SCORE2 ou SCORE2-op élevé

Modéré SCORE2 ou SCORE2-op modéré

Faible SCORE2 ou SCORE2-op faible

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 29
Tableau 16. Les pathologies à RCV augmenté prises en compte par la classification européenne

Les maladies cardio-vasculaires, qu’elles soient documentées par la clinique ou par l’imagerie, sont : la maladie coro-
naire, les maladies vasculaires périphériques (artériopathie oblitérante des membres inférieurs, revascularisation arté-
rielle, anévrysme aortique) et les maladies cérébro-vasculaires (accidents vasculaires cérébraux, accident ischémique
transitoire).
L’insuffisance rénale chronique est associée à une augmentation du RCV, indépendamment des autres facteurs de
RCV souvent associés. Le risque de mortalité CV augmente graduellement avec la dégradation de la fonction rénale, à
partir d’un débit de filtration glomérulaire (DFG) < 75 mL/min/1,73 m2. Il est trois fois plus élevé pour un DFG à 15. Indé-
pendamment du DFG, une albuminurie est associée à une augmentation de la mortalité CV (RR # 2.5) (10).
Chez les patients atteints de diabètes types 1 et 2, les effets vasculaires de l’hyperglycémie chronique augmentent le
RCV avec le temps et en fonction de la qualité de l’équilibre glycémique. Chez le patient atteint de diabète de type 2, de
nombreux autres facteurs de RCV ou des maladies CV sont souvent associés (10).

2.2. L’index SCORE2


L’index SCORE2 (Systematic Coronary Risk Estimation 2) (11) évalue le risque d’évènement CV fatal
et non fatal à dix ans lié à une athérosclérose, chez les individus de 40 à 69 ans apparemment en
bonne santé (prévention primaire). Le SCORE2-op évalue ce même risque chez les individus de
70 ans à 89 ans.
L’index SCORE2 et le SCORE2-op intègrent 5 facteurs de risque : le sexe, l’âge, le statut tabagique,
la pression artérielle systolique (mmHg) et le non-HDL cholestérol plasmatique (mmol/L).
NB. Pour la pression artérielle et le non-HDL cholestérol, ce sont les chiffres observés lors de la consultation qui doivent
être considérés pour le calcul du SCORE2 et non les chiffres initiaux avant traitements correctifs éventuels.

L’index SCORE2 ne s’applique pas :


‒ aux patients de moins de 40 ans ;
‒ aux patients de plus de 69 ans ;
‒ aux patients avec une hypertension non équilibrée sévère (PA ≥ 180/110 mmHg) ;
‒ aux patients atteints d’hypercholestérolémie familiale ;
‒ aux patients diabétiques, ou insuffisants rénaux chroniques modérés à sévères, ou atteints
d’une maladie cardio-vasculaire documentée (prévention secondaire).
Le RCV calculé par SCORE2 et SCORE2-op varie selon les pays. Il existe différentes tables selon le
niveau de risque de la population du pays. La France se situe dans le groupe des pays à bas RCV
(annexe 5).
NB. Selon le SCORE2-op, l’essentiel des personnes âgées de 70 ans et plus sont à RCV élevé et,
sauf exception, doivent être considérées comme telles avant prescription d’AP. Les personnes âgées
de 70 ans et plus représentent une population très hétérogène, où l’on peut distinguer trois tranches
d’âge (70-75 ans, 75-85 ans et > 85 ans) et trois états physiologiques (les sujets âgés robustes, fragiles
ou en perte d’autonomie) permettant de définir neuf profils de « patients âgés ». Pour chacun de ces
profils, le médecin prescripteur d’AP devra adapter l’étendue de son évaluation médicale et les moda-
lités de sa prescription d’AP, en s’aidant de son jugement clinique et du référentiel d’aide à la prescrip-
tion d’AP chez les personnes âgées.
NB. Pour les immigrés de 1re génération, le médecin doit utiliser le tableau SCORE2 et SCORE2-op
du pays de l’ethnie d’origine. Pour les générations suivantes, le risque se rapproche de celui du pays
d’accueil (tableau 17 et annexe 6).

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 30
Tableau 17. SCORE2 et SCORE2-op selon les pays

Pays à faible risque : Belgique, Danemark, France, Israël, Luxembourg, Norvège, Espagne, Suisse, Pays-Bas et
Royaume-Uni.
Pays à risque modéré : Autriche, Chypre, Finlande, Allemagne, Grèce, Islande, Irlande, Italie, Malte, Portugal, Saint-
Marin, Slovénie et Suède.
Pays à haut risque : Albanie, Bosnie-Herzégovine, Croatie, Estonie, Hongrie, Kazakhstan, Pologne, Slovaquie et Tur-
quie.
Pays à très haut risque : Algérie, Arménie, Azerbaïdjan, Biélorussie, Bulgarie, Égypte, Géorgie, Kirghizistan, Lettonie,
Liban, Libye, Lituanie, Monténégro, Maroc, République de Moldova, Roumanie, Fédération de Russie, Serbie, Syrie,
TFYR (Macédoine), Tunisie, Ukraine et Ouzbékistan.

2.5 Les autres facteurs et pathologies à risque cardio-vasculaire


D’autres facteurs de risque ou pathologies (tableau 18) augmentent le niveau de RCV du patient et
donc son risque de survenue d’évènements CV graves à l’AP (10) et doivent être pris en compte par
le médecin, en particulier pour la prescription d’examens complémentaires, dont une EE.

Tableau 18. Autres facteurs et pathologies à RCV non pris en compte par la classification européenne
‒ Les patients avec un antécédent de cancer ayant reçu un traitement spécifique cardio-
toxique, en particulier certaines chimiothérapies ou une radiothérapie thoracique, ont un
RCV augmenté, même à distance de ces traitements. Ces traitements entraînent une dété-
rioration circulatoire non liée à l’athérosclérose.
‒ Les antécédents familiaux d’une maladie coronaire ou d’une mort subite chez un pa-
rent du 1er degré avant 50 ans.
D’autres facteurs peuvent aussi être pris en compte par le médecin.
‒ L’obésité (IMC ≥ 30 kg/m2 et/ou périmètre abdominal > 102 cm pour un homme ou > 88 cm
pour une femme) et le prédiabète sont des facteurs de RCV, qui doivent être considérés (cf.
référentiel d’aide à la prescription d’AP du surpoids/obésité).
‒ Les maladies auto-immunes. Un haut degré d’inflammation est un accélérateur de lésions
vasculaires. La polyarthrite rhumatoïde, ainsi que les autres maladies auto-immunes, en par-
ticulier si elles sont sévères et/ou très actives, sont des facteurs de RCV indépendants (10).
‒ Apnée du sommeil. Il y a un lien entre, d’une part, l’apnée du sommeil et, d’autre part, l’HTA,
la maladie coronarienne, la fibrillation auriculaire, l’accident cérébro-vasculaire et l’arrêt car-
diorespiratoire (10).
‒ État de santé des femmes. Les complications obstétricales sévères, en particulier la pré-
éclampsie et l’HTA liée à la grossesse, sont associées à un plus haut risque de développer
par la suite une HTA et un diabète. Le syndrome polykystique ovarien augmente le risque de
développer un diabète (10) (cf. référentiel d’aide à la prescription d’AP grossesse et post-
partum).

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3. Examen physique
L’examen physique de repos comprend :

‒ la mesure de la fréquence cardiaque et l’appréciation du rythme cardiaque ;


‒ la mesure de la pression artérielle ;
‒ l’auscultation pulmonaire, cardiaque et vasculaire ;
‒ la palpation des pouls périphériques ;
‒ l’examen de l’abdomen ;

‒ la palpation et l’inspection des extrémités inférieures :


• présence et symétrie des pouls artériels, absence d’œdème, de lésions, de plaies et de
troubles de la sensibilité,
• chez les patients diabétiques, un examen minutieux des pieds, à la recherche de plaies
et de troubles de la sensibilité,
• chez les PSH installées en fauteuil ou porteuses d’un appareillage orthopédique (orthèse
ou prothèse), une palpation et une inspection cutanée de tous les points d’appui potentiels
avec une estimation du temps de recoloration cutanée (TdRC < 6 secondes) ;

‒ l’examen du système ostéo-articulaire, en particulier des hanches et des genoux, et en fonc-


tion des sports envisagés :
• chez les personnes avec atteinte ostéo-articulaire et/ou musculosquelettique, dont les
PSH physique : une attention particulière pour les articulations à risque de sursollicitation,
aux limitations d’amplitude articulaire active et passive,
• la recherche de signes d’ostéopénie (antécédents de fracture, etc.) ;

‒ un examen neurologique et locomoteur :


• une recherche de déficits sensoriels visuel et auditif ou de troubles cognitifs (si indiqué),
• une analyse de la marche et de l’équilibre (si indiqué),
• chez les PSH physique, un examen de la commande motrice, des sensibilités et une re-
cherche de mouvements involontaires.

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4. Condition physique
La condition physique est la capacité générale à s’adapter et à répondre favorablement à l’effort phy-
sique. Elle comprend : la capacité cardiorespiratoire (ou endurance aérobie), les aptitudes musculaires
(force, endurance et puissance musculaires), la souplesse et les aptitudes neuromusculaires (équi-
libre, coordination, vitesse).
Elle est évaluée en cabinet médical à partir :

‒ des données anthropométriques : les mesures de la taille, du poids et du périmètre abdominal


et le calcul de l’indice de masse corporel (IMC) ;

‒ des tests simples de condition physique en environnement (tableau 19).

3.1 Les données anthropométriques


L’indice de masse corporelle (IMC) est obtenu en divisant le poids en kilogrammes par la taille en
mètres au carré. Il s’exprime en kg par m². Il est prédictif du pourcentage de masse grasse corporelle
et des risques associés pour la santé, mais il ne tient compte ni de l’âge, ni du genre, et fournit donc
une donnée approximative du surpoids ou de l’obésité (cf. référentiel d’aide à la prescription d’AP
surpoids et obésité) (12).
Le périmètre (ou circonférence) abdominal est mesuré en centimètres à l’aide d’un mètre ruban à
mi-chemin entre la 12e côte et la crête iliaque, les pieds légèrement séparés et en expiration normale.
Il définit l’obésité centrale et permet d’estimer l’excès de graisse abdominale, qui est associée à des
risques pour la santé (cf. référentiel d’aide à la prescription d’AP surpoids et obésité) (12).

3.2 Les tests de condition physique en environnement


Une évaluation des différentes composantes de la condition physique peut être effectuée par le mé-
decin en cabinet à l’aide de tests simples en environnement cités au tableau 19 et dont les modalités
de passation sont décrites dans le guide des connaissances sur l’AP, la sédentarité et leurs impacts
sur la santé de la HAS (13).
Dans le cadre des parcours de santé organisés autour de la prescription médicale d’AP, la condition
physique est le plus souvent évaluée par un professionnel de l’AP selon des modalités propres à ce
parcours. Ce professionnel sélectionne alors les tests en environnement qu’il juge pertinents, en fonc-
tion du profil du patient et des AP envisagées avec lui.
Les tests en environnement permettent au médecin et au professionnel de l’AP de repérer les fai-
blesses de certaines composantes de la condition physique du patient et de proposer des exercices
physiques ciblés.
Une évaluation plus précise de la condition physique peut nécessiter des tests d’exercice en labora-
toire. Le plus fréquent est l’épreuve d’effort avec analyse des gaz expirés, qui est réalisée sur ergo-
cycle ou sur tapis roulant dans des structures spécialisées et par des médecins formés (cardiologues,
pneumologues, médecins de médecine physique et réadaptation ou médecins du sport).

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 33
Tableau 19. Les tests de condition physique en environnement les plus utilisés

‒ La capacité cardiorespiratoire (ou endurance aérobie ou endurance) :


• le test de marche de 6 minutes (TM6) ; ou de 2 min (TM2) ;
• le test de stepper de 6 minutes ;
• les tests de levers de chaise.

‒ Les aptitudes musculaires (force musculaire et endurance musculaire) :


• les tests de levers de chaise, pour les groupes musculaires des membres inférieurs ;
• le curl-up test, pour le groupe musculaire abdominal ;
• le push-ups test, le single-arm curl et l’handgrip, pour les groupes musculaires des
membres supérieurs.

‒ La souplesse du corps :
• le sit-and-reach test, pour la souplesse du bas du corps ;
• le test de souplesse des épaules, pour la souplesse du haut du corps.

‒ L’équilibre :
• le test d’appui unipodal ;
• le test Tandem.

NB. Ces tests sont détaillés dans le guide de connaissances sur l’activité physique et la sédentarité et leurs impacts sur la
santé de la HAS.

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 34
5. L’entretien de motivation
L’entretien de motivation est un moment clé de la consultation médicale d’AP. Effectué par le médecin,
il doit être renforcé à toutes les étapes du parcours et par l’ensemble des professionnels amenés à
superviser les AP prescrites. Il se construit sur les éléments recueillis lors de l’interrogatoire et sur la
connaissance que le médecin a de son patient et de son environnement.
Dans le cadre de l’entretien de motivation, le médecin doit :

‒ évaluer le niveau habituel d’AP et de sédentarité du patient ;

‒ évaluer son état de motivation pour les AP ou sportives choisies avec lui ou pour sa participation
à un programme d’APA (si indiqué) ;

‒ repérer les freins, agir sur les leviers pour la pratique des AP prescrites et pour un changement
de comportement plus actif et moins sédentaire dans sa vie quotidienne ;

‒ définir avec le patient des objectifs réalistes et réalisables d’AP et de réduction du temps passé
à des activités sédentaires et l’accompagner dans la réalisation de ces objectifs ;

‒ encourager la pratique d’AP ou sportives sous toutes ses formes.

5.1 Évaluer le niveau d’activité physique et de sédentarité du patient


Le médecin doit évaluer le niveau habituel d’AP et de sédentarité du patient par l’interrogatoire et/ou
par un auto-questionnaire validé. Le GPAQ, qui peut être rempli en ligne par le patient sur le site
Manger-Bouger, permet un calcul automatique des durées d’AP et du temps passé à des comporte-
ments sédentaires.

5.2 Évaluer l’état de motivation du patient pour les activités physiques


L’état de motivation détermine la capacité d’un individu à changer de comportement. Le médecin peut
s’aider du modèle transthéorique de changement de comportement (TTM) pour évaluer et suivre l’état
de motivation de son patient pour un programme d’APA, une AP ou sportive choisie avec lui ou pour
un mode de vie plus actif ou moins sédentaire et adapter son discours en conséquence.
Le TTM (tableau 20) distingue cinq stades de motivation : l’indétermination, l’intention, la préparation,
l’action et la consolidation. Le passage d’un stade à un autre s’accompagne d’une augmentation de
l’AP du patient et de la confiance en soi (son auto-efficacité).
Le patient peut se situer à différents stades selon les différents types d’AP envisagées. Les chan-
gements d’état ne sont pas linéaires, mais évoluent par cycles, avec des régressions et des progres-
sions. La rechute est possible et doit être prévenue.

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 35
Tableau 20. Stades de motivation et attitudes correspondantes (modèle transthéorique de changement de compor-
tement (TTM))

5.3 Repérer les freins, agir sur les leviers et accompagner le patient vers un
changement de comportement
Le médecin doit se rappeler qu’un changement de comportement ne se prescrit pas. Lors de la con-
sultation médicale d’AP et à l’occasion des différentes consultations de suivi, il doit accompagner pro-
gressivement son patient vers un changement de mode de vie plus actif et moins sédentaire et l’aider
à le maintenir dans le temps.
Pour cela, il peut s’appuyer sur le lien de confiance qui existe entre le patient et son médecin et s’aider
des approches cognitives et comportementales. Il doit repérer les freins du patient à l’AP et agir sur
les leviers à sa disposition en s’aidant des facteurs connus pour influencer la pratique de l’AP (ta-
bleau 21).
Les freins à l’AP sont nombreux. À titre d’exemple, le tableau 22 reprend les principales objections
opposées à la pratique d’une AP par les personnes et propose des pistes de réponses au profession-
nel. Le médecin peut s’en inspirer, mais les conseils doivent toujours être personnalisés, adaptés au
patient et à son environnement.
En pratique, chez l’adulte et la personne âgée, le médecin doit formuler son message sur l’AP de
manière positive, en insistant sur les gains pour la santé, le maintien de l’autonomie, la qualité de vie
et les années de vie sans incapacité. Lors du suivi, il doit valoriser les résultats obtenus sur la vie
quotidienne du patient, sa condition physique et son état de santé. Les AP seront d’autant plus suivies
qu’elles présentent un caractère ludique et s’accompagnent de données concrètes (podomètre ou
autres trackers pour les programmes de marche) et qu’elles ont été choisies avec le patient.
Les évènements traumatisants psychologiques ou physiques de la vie, comme une dépression ou une
blessure, sont des éléments défavorables au maintien de l’AP. Ils doivent être prévenus et/ou traités.

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 36
Tableau 21. Les leviers à l’AP chez les adultes et les personnes âgées (HAS, 2018 (6))

Les facteurs de motivation sont :


− chez les adultes et les personnes âgées : la santé, le contrôle du poids, le ressenti de bénéfices physiques (diminution
des sensations de fatigue et de dyspnée à l’exercice) et psychologiques (plaisir, bien-être), l’estime de soi, la valeur
physique perçue (apparence physique et force musculaire pour les hommes), la socialisation et le sentiment d’accom-
plissement (implication et persévérance) ;
− chez les plus jeunes, on retrouve les mêmes facteurs de motivation, à l’exception de la santé et du poids ;
− chez les personnes âgées, on retrouve en plus : la prévention des complications associées à l’avancée en âge (les
chutes, un déclin cognitif et/ou fonctionnel dans les AP de la vie quotidienne), la perspective d’un maintien à domicile
et une meilleure qualité de vie.
Les facteurs favorisant un changement de comportement vers un mode de vie plus actif sont :
− un support social et des encouragements apportés par la famille, les amis et les professionnels ;
− le choix d’alternatives proposées au patient qui répondent à ses préférences, ses objectifs, son style de vie, ses va-
leurs et sa culture ;
− le sentiment d’auto-efficacité (confiance en sa propre capacité à effectuer une AP) qui lui-même peut être renforcé
par : le choix d’alternatives qui répondent aux préférences du patient (par exemple, AP en groupe ou en individuel, à
domicile ou en salle ou avec l’utilisation de nouvelles technologies) ou la signature d’un contrat de santé (convention
explicite entre le professionnel de santé et le patient qui définit par écrit des objectifs raisonnables et un plan d’action
pour y parvenir).
L’initiation d’une AP, le maintien d’une AP et le changement d’état de motivation pour les AP peuvent avoir des
déterminants différents :
− le plaisir ressenti d’être physiquement actif est un facteur d’initiation et de maintien de l’AP ;
− la force physique, l’habitude de pratiquer des AP sont des facteurs favorables au maintien d’une AP ;
− le sentiment d’auto-efficacité, le contrôle des comportements perçus, un faible risque perçu au départ de l’AP et la
bonne humeur sont des facteurs favorables au changement d’état.

Tableau 22. Stades de motivation et attitudes correspondantes

Le manque de temps

Mettre l’accent sur :


les déplacements actifs qui sont facilement mobilisables (marcher, monter et descendre les escaliers,
déplacement en vélo, déplacement en fauteuil roulant manuel (+/- 3e roue manuelle) pour les PSH
le modèle comportemental « gagnant-gagnant » des AP de la vie quotidienne (tableau 23)
le fractionnement des périodes d’AP tout en gardant ses effets bénéfiques sur la santé
les effets de l’AP sur la santé et la condition physique même pour des intensités et/ou des volumes réduits

Le manque d’intérêt ou de motivation

Mettre l’accent sur :


la diversité des AP, leur caractère ludique
le lien social, la possibilité de rencontrer de nouvelles personnes et de profiter de nouveaux
environnements (nature, infrastructures)
les bénéfices pour la santé, la condition physique et le maintien de l’autonomie

L’autodépréciation et les idées fausses sur l’AP, le fatalisme et la résignation, en particulier chez les plus âgés et les
résidents en EHPAD

Trop vieux Mettre l’accent sur :


les bienfaits de l’AP et ses effets sur la qualité de vie et l’indépendance fonctionnelle, « donner de la vie
aux années »
l’amélioration des capacités d’adaptation à l’effort quel que soit l’âge
l’aide potentielle à la socialisation (plaisir de partager avec d’autres personnes, de passer un moment
agréable)

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 37
la qualification des professionnels qui pourront adapter individuellement la pratique de l’AP
lever l’ambiguïté entre le sport et l’AP qui est sans objectif de performance

La peur de se blesser, des douleurs, la perception d’un état de fatigue

Crainte des Mettre l’accent sur :


blessures/des
les périodes d’échauffement et de récupération à respecter
douleurs
l’adaptation et la progressivité en intensité et en volume du programme d’AP
les exercices d’assouplissement et d’échauffement musculaires
le maintien d’une bonne position pendant l’AP en faisant attention au dos et aux genoux
l’apport des professionnels de l’APA qui valident les bonnes pratiques indolores
apprendre à écouter les signaux de son corps sans dépasser ses limites

Effort trop Mettre l’accent sur :


important
le rôle de l’AP sur la réduction de la sensation de fatigue et d’essoufflement
le rôle de l’AP sur l’amélioration de la qualité du sommeil
le rôle de l’inactivité physique sur le déconditionnement (spirale du déconditionnement : moins je bouge ->
moins je suis capable de bouger -> moins j’ai envie de bouger)
la progressivité de la pratique : un effort faible/modéré est bénéfique s’il est fait régulièrement

Le peu d’offres locales ou un environnement matériel non propice à la pratique d’une AP, le manque de personnels
formés à l’AP en établissements médico-sociaux

Déplacements Mettre l’accent sur :


difficiles
la possibilité de pratique proche de chez soi
la pratique d’AP en groupe avec son entourage (déplacement en groupe)
les AP à domicile, au besoin avec l’aide des nouvelles technologies
l’effet de l’AP sur l’amélioration des déplacements à moyen terme

Météo Mettre l’accent sur :


défavorable
les bénéfices des AP de la vie quotidienne (ménage, bricolage, etc.)
les AP à domicile
les AP en centre sportif

Les influences sociales peu motivantes pour les AP ; isolement et faible réseau social

Mettre l’accent sur :


sollicitez votre entourage, vos proches, vos connaissances et demandez-leur s’ils pratiquent une AP
pratiquez une AP avec eux en salle de sport, à proximité de chez vous ou de votre travail. Certains
professionnels interviennent également à domicile
n’oubliez pas qu’il existe des portes ouvertes organisées par la ville (associations, clubs de sport, etc.) et
des périodes d’essai

Les coûts financiers trop élevés de l’AP

Mettre l’accent sur :


certaines AP comme la marche sont gratuites
faire de l’exercice chez soi ne coûte rien (exemple : exercices avec le poids du corps)
l’APA peut être subventionnée par les villes, les complémentaires santé ou les maisons sport-santé, etc.

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Pour les PSH, des surcoûts financiers et humains à l’AP non pris en charge et des manques d’offres locales avec une
accessibilité, des équipements adaptés et un personnel formé. Des manques de transports adaptés, d’accueil et
d’accompagnement humains et/ou de disponibilité et de financement d’équipements ou de dispositifs médicaux spécifiques
nécessaire à la pratique d’une AP

Mettre l’accent sur :


les AP de la vie quotidienne, et favoriser les déplacements actifs avec un matériel adapté (par exemple :
installer une 3e roue type handbike sur un fauteuil roulant manuel, privilégier un fauteuil roulant dynamique
avec aide à la propulsion plutôt qu’un fauteuil roulant électrique, adapter les appareillages de marche avec
l’aide d’un spécialiste)
choisir les AP avec la personne et l’orienter vers des prestataires, des infrastructures ou des équipements
adaptés
informer sur l’existence d’aides financières, en particulier pour l’achat de matériel (MDPH, mutuelle,
associations…) et guider la personne dans ses démarches

5.4 Définir avec le patient des objectifs d’AP et de réduction de la sédentarité


Le médecin doit définir avec le patient des objectifs d’AP régulières réalistes et réalisables sur le long
terme, pour cela il doit :
‒ rechercher les AP actuelles et antérieures du patient et les motifs éventuels d’arrêt ;
‒ faire préciser au patient ses objectifs et ses préférences en AP et/ou sportives, ainsi que le
temps et les moyens financiers qu’il peut y consacrer ;
‒ choisir avec le patient un programme d’APA (niveau 2, si indiqué) ou une AP ou sportive ordi-
naire supervisée ou en autonomie ou un sport-santé (niveau 3 et 4), en s’aidant des référentiels
d’aide à la prescription d’AP par pathologie et état de santé de la HAS, de la classification des
AP de loisirs et sportives (tableau 31 annexe 7), du catalogue d’activité du site Manger-Bouger
du PNNS, du Médicosport-santé, ou pour les PSH du Handiguide et la plateforme digitale
Trouve ton parasport ;
‒ adresser son patient vers une organisation pouvant l’orienter vers des AP dans un but de santé :
maison sport-santé, DAPAP, ville sport-santé (cf. chapitre dispensation d’AP page 54). Les
PSH peuvent aussi se renseigner auprès de réseaux d’accompagnement (MDPH, CCAS, as-
sociations de patients, référents handicap des fédérations sportives).
Le médecin doit aider son patient à réduire les effets délétères de la sédentarité. Pour cela, le patient
doit :
‒ réduire son temps consacré à des comportements sédentaires (moins de 7 heures par jour) ;
‒ éviter les périodes assises prolongées en se levant chaque heure pour bouger 1 à 3 minutes
(le fractionnement de la période de sédentarité réduit ses effets délétères) ;
‒ remplacer les activités sédentaires par des AP d’intensité légère ou, au mieux, par des AP
d’intensité au moins modérée.

5.5 Encourager la pratique d’activité physique sous toutes ses formes


Le médecin doit accompagner son patient vers un mode de vie actif et moins sédentaire, en sécurité,
et dans la mesure du possible en toute autonomie, tout au long de sa vie. En effet, les bénéfices d’une
AP régulière se maintiennent tant que l’AP se poursuit et disparaissent progressivement en 2 mois en
cas d’arrêt total de l’AP.
Le médecin doit donc promouvoir l’AP sous toutes ses formes (tableau 23), afin de permettre au patient
d’atteindre ou de dépasser les niveaux d’AP recommandés pour la santé de l’OMS (tableau 30 an-
nexe 3) et de les maintenir sur le long terme.

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 39
Chez les personnes qui pratiquent régulièrement des AP, les recommandations du médecin ne doivent
pas promouvoir un objectif qui encouragerait une réduction de son niveau d’AP habituel, sauf risque
particulier. À l’inverse, les recommandations d’AP pour la santé de l’OMS peuvent ne pas être appli-
cables compte tenu des caractéristiques du patient (âge, état de santé, condition physique, handicap)
ou de l’environnement humain ou construit, ou être inadaptées aux objectifs ou aux désirs actuels du
patient. D’une manière générale, il convient d’expliquer au patient que toute augmentation de l’AP, si
elle est régulière, même inférieure aux recommandations de l’OMS, même de faible intensité, reste
bénéfique pour la santé (14).

Tableau 23. Les différentes formes d’activité physique

Les activités physiques de la vie quotidienne


Les AP de la vie quotidienne se subdivisent en trois domaines : les déplacements actifs (marche, montée et descente
des escaliers, vélo), les activités domestiques (entretien domestique, bricolage, jardinage, etc.) et les activités profes-
sionnelles ou [Link] tiennent une part importante de l’AP totale de l’individu, en particulier chez les personnes
âgées et les personnes peu actives qui ont tendance à considérer comme inaccessibles les représentations d’AP
qu’elles associent au terme de sport.
Elles sont en général d’une intensité modérée. Elles ont une bonne adhésion sur le long terme.
Pour les favoriser, on utilise des modèles comportementaux qui consistent en une opération mentale « gagnant-ga-
gnant ». On valorise leurs bénéfices potentiels sur la santé, afin de diminuer la perception négative de ces tâches quoti-
diennes obligatoires.
Les déplacements actifs (marche, vélo, escaliers) sont les plus facilement mobilisables et sont à privilégier. La marche
rapide et le cyclisme de loisirs sont des AP d’intensité le plus souvent modérée.
Les podomètres, smartphones et autres trackers d’AP sont des technologies de plus en plus employées par les individus
pour mesurer leur nombre de pas au quotidien. Ces outils permettent d’apprécier le nombre de pas par jour et sont effi-
caces pour améliorer l’adhésion à un programme de marche et plus largement pour augmenter le nombre de pas par
jour
Si le chiffre habituellement cité est de 10 000 pas par jour (ce qui équivaut à 1 h 30 à 2 h de marche), l’objectif est plutôt
de 7 000 pas par jour (15), avec des effets déjà bien démontrés sur la mortalité.
Dans un souci d’efficacité, cet objectif ne doit pas être établi, ni imposé comme un dogme, il vaut mieux proposer au pa-
tient d’augmenter son nombre de pas progressivement (+ 1 000 à 3 000 pas hebdomadaires), et souligner que chaque
pas en plus est bénéfique pour sa santé.
Les activités sportives de loisirs
Les activités sportives de loisirs peuvent être pratiquées en clubs, en individuel ou en groupes non affiliés à une associa-
tion. Chez les patients non habitués à la pratique sportive, il faut insister sur son caractère ludique et socialisant, et écar-
ter l’obligation de compétition.
Les activités sportives peuvent être prescrites en s’aidant de la classification utilisée en cardiologie du sport (tableau 31
annexe 7), qui permet au médecin d’orienter le choix du patient en fonction de ses objectifs de santé et de sa condition
physique.
Le patient peut relever d’un programme de sport-santé. Pour le prescrire, le médecin peut utiliser le Médicosport-santé
(16), qui est un dictionnaire à visée médicale des disciplines sportives rédigé par le comité médical du CNOSF et porté
par le Vidal.
Les exercices physiques
Des exercices physiques peuvent être proposés au patient en fonction de faiblesses constatées aux tests de condition
physique. Ces exercices peuvent être, selon les cas, effectués en autonomie, ou supervisés par des professionnels de
l’APA ou des éducateurs sportifs formés.
L’activité physique adaptée (APA)
L’APA est utilisée en tant que thérapeutique non médicamenteuse dans de nombreuses pathologies chroniques, seule
ou en complément d’une autre thérapeutique médicamenteuse ou non médicamenteuse. Elle se compose d’exercices
physiques, en groupe ou en individuel, en face à face ou à distance, élaborés et supervisés par des professionnels de
l’APA. Le programme d’APA est réalisé en plus des AP et sportives régulières habituelles du patient.

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 40
La prescription d’examens complémentaires
Dans le cadre de la consultation médicale d’AP, le médecin peut être amené à prescrire des examens
complémentaires et/ou demander un avis spécialisé.
Les indications de ces examens complémentaires sont limitées et doivent rester ciblées. Les indica-
tions définies dans ce document relèvent essentiellement d’un accord d’experts. Si certaines semblent
acquises, d’autres sont très dépendantes du contexte clinique et vont reposer sur le jugement clinique
du médecin prescripteur et/ou du spécialiste sollicité.
Certaines indications sont en lien avec un risque d’évènement CV grave lié à l’AP (tableau 24), d’autres
dépendent essentiellement des recommandations de bonnes pratiques relatives à la pathologie ciblée,
aux comorbidités ou au handicap du patient.

Tableau 24. Des données sur la détection du risque d’évènement cardio-vasculaire grave lié à l’AP

Le risque d’évènement cardio-vasculaire grave à la pratique d’une AP (infarctus du myocarde et mort subite) va dé-
pendre avant tout de la présence d’une cardiopathie méconnue.
Chez les jeunes adultes (moins de 35 ans), le risque de mort subite lié à l’AP est faible vu la faible prévalence des
maladies CV dans cette population. Les causes de décès CV sont dues principalement à des anomalies congénitales ou
héréditaires du système CV, dont les cardiomyopathies, les maladies arythmogènes génétiques et les anomalies de
naissance et du trajet des artères coronaires (17). L’interrogatoire est alors capital pour la recherche d’antécédents per-
sonnels et familiaux, qui pourraient orienter le médecin traitant vers une de ces pathologies et lui faire requérir un avis
spécialisé. Dans ce cadre, l’ECG de repos peut être contributif pour détecter une pathologie asymptomatique potentielle-
ment arythmogène.
Chez les adultes d’âge moyen et âgés (35 ans et plus), le risque de mort subite liée à l’AP est plus élevé car la préva-
lence des maladies CV est plus importante dans cette population (18). Les hommes sont les plus concernés et la mala-
die coronaire asymptomatique en est la cause quasiment exclusive (85 % des cas). Une rupture de plaque coronaire
d’athérome peu sténosante (30-40 % de la lumière vasculaire) mais instable est alors en cause. L’interrogatoire avec la
recherche de signes de maladies CV et de facteurs de risque d’athérosclérose coronaire est capital. L’ECG de repos est
très peu contributif chez ces patients lorsqu’ils sont asymptomatiques (tableau 1).
L’épreuve d’effort (EE) peut détecter les sténoses coronaires asymptomatiques d’au moins 60 à 70 %, mais a très peu
d’efficacité pour détecter ces plaques peu sténosantes mais instables avec risque de rupture. L’EE est donc faiblement
prédictive de la survenue d’un évènement cardio-vasculaire grave lors d’une AP intense chez les sujets asymptoma-
tiques.

1. Épreuve d’effort et avis cardiologique


L’EE maximale avec enregistrement continu de l’ECG et ± analyse des gaz expirés cherche à dépister
une maladie coronarienne silencieuse et éventuellement la survenue d’un trouble du rythme cardiaque
à l’effort chez les patients asymptomatiques les plus à risque.
Elle permet aussi de préciser les réponses et la tolérance à l’AP du patient, sa capacité cardiorespira-
toire maximale et son seuil ventilatoire (le niveau d’exercice pour lequel l’essoufflement devient mar-
qué, c’est-à-dire au-delà duquel l’intensité de l’exercice devient élevée), qui peuvent être utiles pour
définir plus précisément les intensités maximales d’AP que le patient va pouvoir supporter.
Chez certains patients, en particulier très âgés ou avec une obésité sévère ou avec une maladie res-
piratoire sévère, une EE maximale peut ne pas être réalisable. Mais ces patients sont rarement en
capacité ou en demande de réaliser une AP d’intensité élevée.
Chez certains patients, les risques d’une EE sont supérieurs à ses bénéfices potentiels. Le médecin
spécialiste doit rechercher les contre-indications à une EE et évaluer le rapport bénéfice/risque de sa
réalisation.

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 41
Les indications d’une EE avant une AP :
‒ une EE est toujours indiquée dans le cadre d’une consultation médicale diagnostique chez un
patient symptomatique ;
‒ une EE est indiquée pour la pratique d’une AP d’intensité élevée en cas d’antécédent familial
de pathologie cardio-vasculaire héréditaire ou de mort subite avant 50 ans d’un membre de la
fratrie du premier degré ;
‒ l’EE est faiblement prédictive de la survenue d’un évènement cardio-vasculaire grave lors de
l’AP chez les patients asymptomatiques (tableaux 24). Ses indications sont donc limitées à la
pratique d’AP d’intensité élevée en valeur absolue (> 6 METs) et varient avec le niveau de RCV
du patient et son niveau habituel d’AP (actif ou inactif) (tableau 25).

Tableau 25. Recommandations de l’épreuve d’effort (EE) chez un patient asymptomatique selon l’intensité de l’AP
(accord d’experts)

Avant de commencer ou poursuivre une AP d’intensité légère :


• une EE n’est pas recommandée, quel que soit le niveau de RCV du patient.

Avant de commencer ou poursuivre une AP d’intensité modérée :


• une EE n’est pas recommandée, chez les patients avec un niveau de RCV faible ;
• une EE n’est pas préconisée, chez les patients avec un niveau de RCV modéré, élevé ou très
élevé.

Avant de commencer ou poursuivre une AP d’intensité élevée en valeur absolue (> 6 METs) :

RCV faible RCV modéré RCV élevé ou très


élevé

Patient inactif EE non préconisée EE peut être réalisée EE recommandée

Patient actif EE non recommandée EE non préconisée EE recommandée

2. ECG de repos et/ou avis cardiologique


Un ECG de repos et/ou un avis cardiologique, avant de débuter ou de reprendre une AP d’intensité
élevée en valeur absolue (> 6 METs), est recommandé :
‒ chez les patients avec des antécédents personnels de maladie cardio-vasculaire (hors HTA
équilibrée) ;
‒ chez les adultes de moins de 35 ans, en cas d’antécédents familiaux de pathologies cardio-
vasculaires héréditaires ou congénitales ou de mort subite chez un parent du 1er degré avant
50 ans

3. Examens biologiques
La prescription systématique d’examens biologiques n’est pas recommandée, au préalable d’une AP.
Toutefois, la consultation médicale d’AP est l’occasion de vérifier le bon suivi et le contrôle des mala-
dies chroniques et des facteurs de RCV du patient :
‒ dans le cadre des recommandations de bonnes pratiques relatives à la maladie, un contrôle à
jeun de la glycémie et du bilan lipidique (cholestérol total, LDL, HDL et triglycérides sériques)
et de la créatininémie peut se justifier, s’ils datent de plus d’un an ;
‒ un bilan lipidique peut aussi être prescrit pour le calcul de l’index SCORE2, si son dosage date
de plus d’un an.

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 42
4. Exploration fonctionnelle respiratoire et avis pneumologique
La consultation médicale d’AP est l’occasion de vérifier le bon suivi et le contrôle d’une maladie respi-
ratoire chronique.
‒ Dans le cadre des recommandations de bonnes pratiques, un avis pneumologique avec une
exploration fonctionnelle respiratoire (EFR) peut se justifier, s’il date de plus d’un an.
‒ Chez les patients atteints d’une pathologie respiratoire chronique sévère, un test de marche de
6 minutes (TM6) avec enregistrement continu de la saturation en oxygène (oxymètre de pouls)
est recommandé, s’il date de plus d’un an. Ce test peut détecter une désaturation à l’effort,
absente au repos. Si le patient se déplace en fauteuil roulant manuel, on peut effectuer un test
de propulsion manuel de 6 minutes avec enregistrement continu de la saturation en oxygène.
NB. Le test de marche de 6 min et l’EFR doivent être effectués à distance (3 semaines) d’un épisode
d’exacerbation de la pathologie respiratoire chronique.

5. Avis spécialisés pour les personnes en situation de handicap


La consultation médicale d’AP est l’occasion de vérifier le bon suivi spécialisé du handicap et de la
pathologie sous-jacente, au moins une fois par an.
Les handicaps physiques et intellectuels nécessitent une évaluation et un suivi régulier par un spécia-
liste de médecine physique et de réadaptation et, selon le degré de complexité, par une équipe pluri-
professionnelle ou pluridisciplinaire, avec au moins un kinésithérapeute ou un enseignant en APA-S.
Selon la lésion et les pathologies associées au handicap, plusieurs dimensions doivent être évaluées,
par exemple :
‒ en cas de lésion médullaire, malformation urologique ou anorectale : exploration fonctionnelle
du bas appareil urinaire et suivi de la prise en charge (sondage) ;
‒ en cas d’atteinte neurologique centrale ou périphérique : recherche de limitations d’amplitude
articulaire active et passive, évaluation de la parésie spastique, de la dystonie, de la plégie, etc.
Les handicaps visuels peuvent justifier d’un avis ophtalmologique pour éliminer les contre-indications
à la pratique de certaines AP ou sportives et proposer des adaptations.
Les handicaps auditifs peuvent justifier d’un avis ORL pour éliminer d’éventuelles contre-indications à
la pratique de certaines AP ou sportives et proposer des adaptations.
Chez les PSH, un bilan des capacités, des limitations et des adaptations nécessaires à la pratique de
l’AP choisie avec la personne doit être réalisé. Le plan d’AP proposé doit prendre en compte :
‒ les capacités cognitives, psychiques et fonctionnelles du patient ;
‒ un programme de réadaptation qui doit être poursuivi en parallèle de la prescription d’AP ;
‒ un dispositif médical, une aide technique ou autre matériel et une adaptation environnementale,
technique et/ou humaine nécessaires à la pratique de l’AP choisie.

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 43
La prescription médicale d’activité physique
1. Les principes de prescription de l’AP
Une politique de promotion de l’AP sur ordonnance utilise le lien privilégié du patient avec son médecin
et l’ordonnance, prescription médicale écrite, qui est par elle-même un facteur fort de motivation et
d’adhésion à l’AP pour le patient.
L’AP est prescrite par un médecin spécialiste de médecine générale ou d’une autre spécialité, de pre-
mier ou de second recours (article L. 1172-1 et article R. 4127-8 du CSP).
Pour déterminer le niveau adéquat de prescription d’AP (tableau 3), le médecin s’appuie sur les don-
nées de l’évaluation médicale minimale ou de la consultation médicale d’AP de son patient, selon les
indications définies par ce guide.
Les effets bénéfiques sur la santé d’une AP régulière se maintiennent tant que l’AP se poursuit et
disparaissent progressivement en 2 mois en cas d’arrêt total de l’AP (19). Ainsi, quel que soit le niveau
initial de prescription de l’AP (tableau 3), un relais doit être opéré vers des AP du quotidien ou des
activités sportives de loisirs, si possible en autonomie.
L’observance de la prescription d’AP est le premier enjeu. L’adhésion au programme d’AP ou d’APA
est la condition de son efficacité à court terme. L’accompagnement de la personne vers un change-
ment de mode de vie plus actif est la condition d’une efficacité à moyen et long terme.
L’AP est donc choisie avec le patient et se prescrit en accord avec lui. Le médecin prend en compte
les objectifs du patient, ses préférences et ses ressources financières et en temps, ainsi que les res-
sources en AP de son environnement.
L’AP est prescrite chez un patient motivé et pour lequel un changement de comportement plus actif
est envisageable. Dans le cas contraire, le médecin accompagne progressivement son patient vers un
changement d’état de motivation pour l’AP lors des consultations de suivi (tableaux 8, 20, 21, 22).
Un changement de mode de vie ne se prescrit pas. Il revient donc au médecin, comme au profession-
nel de l’AP, de motiver et d’éduquer la personne tout au long de son parcours et de l’accompagner
progressivement vers un changement de comportement physiquement plus actif et moins sédentaire,
en sécurité, tout au long de sa vie et, dans la mesure du possible, en toute autonomie.
À ce titre, un contrat de santé peut être formalisé avec le patient (convention explicite entre le profes-
sionnel de santé et le patient qui définit par écrit des objectifs raisonnables et un plan d’action pour y
parvenir), qui est aussi un facteur de motivation et d’adhésion à l’AP pour le patient.
Les effets bénéfiques intrinsèques d’une AP sur la santé d’une personne dépendent des caractéris-
tiques FITT-VP de l’AP (tableau 27, 28, 29), et cela, quelles que soient les modalités de sa pratique,
en autonomie ou avec une supervision par un professionnel de l’AP ou de l’APA. Les professionnels
de l’AP ou de l’APA, selon le niveau d’intervention (tableau 3), ont pour rôles : [1] d’adapter l’AP aux
caractéristiques et aux risques de la personne [2] d’en assurer la supervision, si la personne a des
besoins spécifiques qui l’empêchent de la pratiquer dans des conditions ordinaires en autonomie et en
sécurité, et [3] d’accompagner progressivement la personne vers une pratique d’AP en autonomie.
Ainsi, une AP est prescrite chez un patient physiquement inactif, ne répondant pas aux recommanda-
tions d’AP à des fins de santé de l’OMS. Cette prescription ne se justifie pas chez une personne phy-
siquement active qui pratique déjà en autonomie des AP régulières conformes aux recommandations

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de l’OMS. Le niveau de prescription (tableau 3) va dépendre avant tout des capacités physiques, psy-
chiques, cognitives et comportementales de la personne et de ses risques à suivre un programme
d’AP en autonomie et de façon sécuritaire.

Une ordonnance d’AP comprend, au mieux :

‒ des conseils de réduction et de fractionnement du temps passé à des comportements sé-


dentaires ;
‒ des conseils d’augmentation des AP de la vie quotidienne, en particulier des déplacements
actifs (tableau 23).

Selon le niveau d’intervention requis par le patient (tableau 3), en fonction des données de l’évalua-
tion médicale minimale ou de la consultation médicale d’AP et en s’aidant du référentiel d’aide à la
prescription d’AP pour la pathologie ciblée :
‒ niveau 2 : un programme d’activité physique adaptée (APA), élaboré et supervisé par un
professionnel de l’APA, en individuel ou en groupe ;

‒ niveau 3 : une activité physique et/ou une activité sportive de loisirs choisie avec le
patient, supervisée par un éducateur sportif formé, en individuel ou en groupe.

Si indiqué, un sport-santé supervisé par un éducateur sportif formé, selon des modalités
définies par les fédérations sportives et répertoriées dans le Médicosport-santé édité par le
CNOSF et porté par le Vidal et, pour les PSH par la plateforme digitale « Trouve ton paras-
port » du CPSF ;

‒ niveau 4 : une activité physique ou sportive de loisirs choisie avec le patient, pratiquée
en autonomie, sans supervision, en individuel ou en groupe, en s’aidant de la classification
des activités de loisirs et sportives selon leurs contraintes cardio-vasculaires (tableau 31 an-
nexe 7), du catalogue d’activité du site Manger-Bouger du PNNS et, pour les PSH du Handi-
guide et Médicosport-santé.

Selon le niveau d’intervention requis (tableau 3), le médecin précise le type de professionnel re-
quis pour sa dispensation, en s’adaptant au mieux aux ressources locales et en tenant compte
des préférences du patient.

Si indiqué, le médecin rédige un certificat médical d’absence de contre-indication à la pratique


du sport (tableau 26) pour le sport choisi avec le patient.

Le médecin oriente son patient selon les ressources en AP de son territoire (cf. Chapitre dispen-
sation d’AP sur prescription médicale).

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2. L’activité physique en prévention primaire
Il existe une relation dose-réponse positive entre, d’une part, le volume d’AP d’endurance aérobie (tableau 27) d’intensité
au moins modérée (tableau 28) régulière et, d’autre part, l’état de santé et la condition physique de la personne. Il est
toutefois important de souligner que, pour un individu donné, une AP régulière même limitée, en volume ou en intensité,
est déjà bénéfique pour sa santé et vaut mieux qu’aucune AP.
Il ne semble pas qu’il y ait un volume minimal d’AP nécessaire pour avoir des bénéfices pour la santé. Mais on considère
qu’un niveau d’AP correspondant à une dépense énergétique totale ≥ 500–1 000 MET-min par semaine est associé à un
taux inférieur de maladies cardio-vasculaires et de mortalité prématurée (prévention primaire). Il correspond ap-
proximativement à une dépense énergétique de 1 000 kcal par semaine ou à un volume de 150 minutes par semaine
d’AP d’intensité modérée.
Si le volume d’AP est plus important, les bénéfices pour la santé sont supérieurs. Toutefois, chez les patients souffrant
de comorbidités, au-delà de 300 min par semaine d’AP d’intensité modérée, les effets bénéfiques supplémentaires de-
viennent limités, tandis que les risques sanitaires augmentent (cf. guide des connaissances sur l’AP et la sédentarité de
la HAS).
Ces volumes d’AP d’endurance d’intensité modérée ou leurs équivalents en intensité élevée et modérée définissent un
objectif raisonnable, qui a été choisi par l’OMS comme recommandations mondiales d’AP chez l’adulte, en association
avec 2 séances de renforcement musculaire par semaine (tableau 29).

En prévention primaire, les temps d’AP réguliers recommandés par l’OMS chez l’adulte sont de 150 à
300 minutes d’AP d’endurance aérobie d’intensité modérée ou de 75 à 150 minutes d’AP d’endurance
d’intensité élevée ou l’équivalent d’intensité modérée et élevée, répartis en 3 à 5 fois sur la semaine,
auxquels il faut ajouter 2 séances par semaine d’AP de renforcement musculaire, ainsi qu’une réduc-
tion du temps consacré à des activités sédentaires (tableau 30).
En prévention primaire, le volume d’AP d’endurance se calcule à partir de l’ensemble des temps
d’AP d’intensité au moins modérée que la personne pratique régulièrement et comprend ses AP
de la vie quotidienne, dont les déplacements actifs et ses activités physiques et sportives de loisirs
(tableau 23).
Toutes les périodes d’AP d’intensité au moins modérée, quelle que soit leur durée (même inférieure à
10 minutes), doivent être prises en compte dans le calcul de ces 30 minutes d’AP quotidienne recom-
mandées (8).
Si ces recommandations restent un objectif, il est important de passer comme message au patient que
toute augmentation d’AP, même de faible intensité et inférieure aux recommandations en
termes de durée, si elle est régulière, a des effets bénéfiques sur sa santé.
Chez les personnes qui pratiquent régulièrement une AP, les recommandations du médecin ne doivent
pas promouvoir un objectif qui encouragerait une réduction du niveau d’AP habituel, sauf risque parti-
culier.
Ainsi, en prévention primaire, une prescription d’AP de niveau 3 ou 4 peut se justifier chez une per-
sonne inactive, motivée et pour laquelle un changement de comportement est envisageable. Le
médecin prodigue au patient des conseils pour augmenter ses AP de la vie quotidienne et/ou s’engager
dans des AP ou sportives de loisirs et pour réduire et fractionner ses temps de sédentarité. Il inscrit
ces conseils sur une ordonnance. La dispensation de ces AP n’est pas prise en charge par l’assurance
maladie.

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3. L’activité physique adaptée
L’activité physique adaptée (APA) (niveau 2, tableau 3) est une thérapeutique non médicamenteuse
validée sur des données probantes dans de nombreuses maladies chroniques et états de santé.
Elle peut être prescrite en traitement de première intention pour : le diabète de type 2, l’HTA non com-
pliquée et le surpoids et l’obésité, ou un épisode dépressif caractérisé d’intensité légère à modérée,
ainsi que chez les personnes âgées fragiles ou à risque de chutes.
Elle peut être prescrite seule ou en association avec d’autres traitements médicamenteux ou non mé-
dicamenteux, par exemple : une alimentation équilibrée et au besoin un programme d’ETP dans l’obé-
sité, le diabète de type 2 ou le diabète de type 1 ; un sevrage tabagique dans la BPCO. Elle peut être
prescrite dans le cadre d’une prise en charge multifactorielle de prévention des chutes chez une per-
sonne âgée à risque élevé de chutes ou en perte d’autonomie et résidant en institution.
Elle peut être prescrite indépendamment, à la suite ou en complément d’un programme de rééduca-
tion/réadaptation selon la pathologie et sa sévérité.
NB. La rééducation/réadaptation n’est pas traitée dans ce guide, toutefois selon les pathologies et leur degré de sévérité,
elle peut être prescrite : [1] soit au préalable d’un programme d’APA ou d’un autre niveau d’intervention par l’AP, par
exemple en post-AVC, après un syndrome coronaire aigu, etc., [2] soit concomitamment, par exemple dans la maladie de
Parkinson, chez certaines personnes en situation de handicap physique, etc. Ces situations sont précisées dans les réfé-
rentiels d’aide à la prescription d’AP par pathologie de la HAS et les modalités de relais sont au besoin évoquées.

3.1 Les modalités d’un programme d’APA


L’APA est prescrite sous forme de programmes dispensés par un professionnel de l’APA. Le profes-
sionnel de l’APA va adapter le programme à la (les) pathologie(s), aux capacités fonctionnelles et aux
limites d’activités du patient, ainsi qu’à son degré d’autonomie et à ses risques à la pratique de l’APA.

Un programme d’APA (niveau 2) se compose de 2 à 3 séances d’AP par semaine, sur une pé-
riode de 3 mois, éventuellement renouvelable. Chaque séance d’APA dure entre 45 min à 60 min
et associe des AP endurance aérobie et de renforcement musculaire. Il doit y avoir au moins un jour
de repos en interséance.
Selon la pathologie ou l’état de santé ciblé, d’autres types d’exercices peuvent être associés : des
exercices d’équilibre (par exemple pour : les personnes âgées, la maladie de Parkinson, etc.), des
exercices de coordination (par exemple pour : la maladie de Parkinson, etc.), des exercices d’as-
souplissement (par exemple pour : les arthroses périphériques, lombalgies chroniques, etc.) ou des
exercices respiratoires (par exemple dans l’asthme ou la BPCO, etc.).
Chaque séance est précédée par une phase d’échauffement et se termine par une phase de récu-
pération (cf. guide page 16).

NB. Les études validant l’APA en tant que thérapeutique non médicamenteuse ont été effectuées in-
dépendamment du niveau d’AP habituel du patient, avant et pendant le programme d’APA (20). L’APA,
lorsqu’elle est indiquée, doit donc se surajouter aux AP ou sportives quotidiennes du patient.

3.2 Les conditions de prescription, d’arrêt et de renouvellement d’un


programme d’APA
La loi n° 2022-296 du 2 mars 2022 visant à démocratiser le sport en France par son article 2 ouvre la
prescription d’APA à tous les médecins et élargit celle-ci, en plus des personnes atteintes d’une af-
fection de longue durée, aux personnes atteintes d’une maladie chronique ou présentant des fac-
teurs de risque et des personnes en perte d’autonomie. Un décret doit en fixer la liste.

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 47
Son article 3 prévoit « un rapport sur la prise en charge par l’assurance maladie des séances d’APA
prescrites en application de l’article L. 1172-1 du CSP ».
Pour des raisons d’efficience, la prescription d’APA, son arrêt et son renouvellement doivent respecter
des conditions garantes de son efficacité à court terme, mais aussi moyen et long terme pour le
patient.
Les 4 conditions d’une prescription médicale initiale d’APA sont (avis d’experts) :
‒ (1) Le patient a une maladie et/ou un état fonctionnel pour lesquels l’APA a démontré ses effets
bénéfiques.
‒ (2) Il n’a pas déjà un niveau d’AP régulière égal ou supérieur aux recommandations pour la
santé de l’OMS (tableau 30).
‒ (3) Il ne peut pas augmenter son niveau d’AP en autonomie, de façon adaptée et de façon
sécuritaire.
‒ (4) Il accepte de suivre un programme d’APA et un changement de comportement plus actif est
à terme envisageable (cf. guide chapitre motivation page 35).
NB. Un programme d’APA peut être associé à un programme de rééducation/réadaptation.

Les conditions d’arrêt d’un programme d’APA se réfèrent à la capacité de la personne à pratiquer
des AP en autonomie et de façon sécuritaire ou à son refus de suivre cette thérapeutique (art. L. 1111-
4 du CSP). Elles sont (avis d’experts) :
‒ le programme d’APA arrive à son terme. Le patient pratique des AP régulières en autonomie
(niveau 4) ou encadrées par un éducateur sportif (niveau 3) ;
‒ le programme d’APA est interrompu avant son terme à la demande du médecin qui considère
que le patient ne relève plus des 4 conditions de prescription citées ci-dessus :
• la maladie est déstabilisée ou le patient présente une contre-indication à l’AP. Le programme
d’APA est alors suspendu, au besoin relayé par un programme de rééducation/réadaptation,
• le patient a la capacité de suivre des AP ordinaires en autonomie et est en demande d’un
relais avant la fin du programme d’APA ;
‒ le programme d’APA est interrompu ou abandonné avant son terme à la demande du patient
qui renonce à cette thérapeutique de façon explicite ou de façon implicite (absences répétées
et non justifiées aux séances). Le patient est alors redirigé vers son médecin par le profession-
nel de l’APA. Il adresse au médecin un compte rendu des séances et de leurs impacts, et pré-
cise les motifs de l’arrêt.
Les conditions de renouvellement d’un programme d’APA sont (avis d’experts) :
‒ les 4 conditions de prescription initiale sus-décrites sont respectées ;
‒ la maladie, son évolution ou l’état de santé du patient ne lui permettent pas de passer à une
pratique d’AP ordinaires (de niveau 3 ou 4, tableau 3) ;
‒ et la reprise ou la poursuite d’une APA permet une stabilisation ou une évolution favorable de
la pathologie ou de l’état de santé du patient.
NB. Des pathologies ou états de santé évolués ou évolutifs relevant de l’APA, vu ses bénéfices prouvés, ne permettent pas
d’envisager à terme un relais par des AP ordinaires, par exemple : personne âgée avec syndrome démentiel ou atteinte
d’une maladie de Parkinson évoluée, handicaps psychiques, etc. Dans ces cas, c’est au médecin de juger des béné-
fices/risques de cette prescription, et surtout de sa durée (renouvellement).

Ce renouvellement du programme d’APA est effectué par le médecin, au mieux, par celui qui a assuré
la prescription initiale d’APA ou par le médecin traitant.

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La prescription de renouvellement d’APA peut être effectuée par le masseur-kinésithérapeute, sauf
avis contraire du médecin prescripteur (article L. 4321-1 du CSP). Un décret d’application sur les con-
ditions de ce renouvellement doit être publié.
Dans tous les cas, le professionnel de l’APA qui a assuré la dispensation initiale transmet un compte
rendu de fin de programme au médecin prescripteur (déroulement du programme d’APA, effets sur la
condition physique et l’état fonctionnel du patient, degré d’autonomie du patient à pratiquer des AP et
objectif(s) d’un renouvellement éventuel). Il en remet une copie au patient (art. D. 1172-5 du CSP).
Dans le cadre d’une consultation de suivi, le médecin prend connaissance de ce compte rendu et
évalue les conditions médicales du renouvellement de l’APA. Le médecin peut apprécier que son pa-
tient relève d’un autre niveau d’intervention par l’AP et, s’il l’estime nécessaire, peut adresser son
patient vers un autre professionnel de l’AP, pour des activités physiques ordinaires, des activités spor-
tives de loisirs ou du sport-santé (de niveau 3 ou 4) (article R. 4127- 8 et article L. 4321-1 du CSP).

3.3 La prescription d’APA chez un patient atteint de pathologies multiples


La prescription d’un programme APA concerne souvent des patients polypathologiques, souvent âgés,
et avec plusieurs facteurs de RCV. Pour la majorité de ces patients, l’APA d’intensité légère à mo-
dérée reste bénéfique et sécuritaire.
Chez ces patients polypathologiques, la prescription d’APA doit suivre un certain nombre de règles
générales :

‒ initialement cibler la pathologie chronique ou l’état de santé le plus à risque pour l’AP et/ou
le plus restrictif pour les AP de la vie quotidienne ou sur la qualité de vie du patient, tout en
considérant ses préférences et ses objectifs ;
‒ respecter une progression lente des modalités (FITT-VP, annexe 1) de l’AP, en surveillant
fréquemment les signes et symptômes de tolérance à l’AP réalisée ;
‒ s’adapter aux temps de réponse de l’AP sur les différents résultats de santé et faire progres-
ser le patient de façon sûre et adaptée ;
‒ assurer un suivi médical renforcé de la prescription d’AP. Les modalités de l’AP doivent être
régulièrement adaptées pour répondre au mieux à la tolérance du patient à l’AP pratiquée et
à l’évolution de son état de santé, de sa condition physique et de ses compétences motrices
avec le déroulement du programme d’AP.

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 49
4. Les activités physiques de niveau 3 et 4
Le médecin peut prescrire dans un but de santé des activités physiques du quotidien, des activités spor-
tives de loisirs ou du sport-santé (niveau 3 ou 4, tableau 3). Ces AP ne sont pas destinées à être prises
en charge par l’assurance maladie.
Ces AP de niveau 3 ou 4 peuvent être prescrites en prévention primaire (cf. chapitre précédent). Elles
peuvent être prescrites en prévention secondaire ou tertiaire, d’emblée ou à la suite d’un programme
d’APA ou d’un programme de rééducation/réadaptation.
Les conditions de prescription de ces AP de niveau 3 ou 4 sont :
‒ le patient a une pathologie ou un état de santé qui peut bénéficier des effets de l’AP ;
‒ il ne relève pas d’un programme d’APA ;
‒ le patient n’est pas déjà physiquement actif. Il n’a pas un niveau d’AP régulière égal ou supé-
rieur aux recommandations de l’OMS (tableau 30) ;
‒ l’AP choisie avec le patient respecte les contre-indications et limitations en lien avec sa (ou ses)
pathologie(s) ou état(s) de santé (tableaux 13 et 14 ; référentiels d’aide à la prescription d’AP).
Pour le niveau 4 :
‒ le patient est évalué comme réceptif, motivé et capable de suivre les recommandations d’AP
seul ou avec l’aide d’un appui social (famille, amis…) ;
‒ le patient est considéré comme étant capable (ayant les ressources psychiques suffisantes)
d’augmenter et de maintenir effectivement et sans risque son niveau d’AP par ses propres
moyens ;
‒ l’état de santé et les besoins (sociaux, émotifs, médicaux) du patient n’exigent pas un pro-
gramme d’APA, ni un programme de rééducation/réadaptation.
Le médecin conseille et prescrit au patient des AP ou sportives sans supervision, à réaliser en auto-
nomie, avec des AP quotidiennes en environnement (marche, pratique du vélo, jardinage, activités
sportives de loisirs à la maison ou sur des aires résidentielles), ainsi que des recommandations de
diminution du temps passé à des activités sédentaires.
Pour le niveau 3 :
‒ le patient ne répond pas à un des 3 critères du niveau 4.
Le médecin conseille et prescrit au patient des AP ou sportives de loisirs encadrées par des éducateurs
sportifs formés, organisées par des associations ou des clubs sportifs, ainsi que des recommandations
de diminution du temps passé à des activités sédentaires. Si indiqué, il prescrit une activité de sport-
santé.
Il rédige, si indiqué, un certificat de non-contre-indication à la pratique du sport (CACI) choisi avec
le patient. Afin de favoriser les pratiques sportives, la loi n° 2022-296 du 2 mars 2022 visant à démo-
cratiser le sport en France – article 23 a simplifié les conditions pour lesquelles un CACI à la pratique
du sport peut être exigé pour la délivrance ou le renouvellement d’une licence par une fédération spor-
tive ou pour la participation à une compétition sportive (tableau 26).
Il est à noter que le choix entre les niveaux 3 et 4 est en grande partie conditionné aux préférences du
patient.

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 50
Tableau 26. Code du sport – le certificat médical d’absence de contre-indication à la pratique du sport

Article L. 231-2 du Code du sport – modifié par la loi n° 2022-296 du 2 mars 2022 – art. 23
I.- Pour les personnes majeures, la délivrance ou le renouvellement d’une licence par une fédération sportive peuvent être
subordonnés à la présentation d’un certificat médical permettant d’établir l’absence de contre-indication à la pratique de
la discipline concernée.
II.- Après avis simple d’un organe collégial compétent en médecine, les fédérations mentionnées à l’article L. 131-8 fixent
dans leur règlement fédéral :
1° Les conditions dans lesquelles un certificat médical peut être exigé pour la délivrance ou le renouvellement de la li-
cence ;
2° La nature, la périodicité et le contenu des examens médicaux liés à l’obtention de ce certificat, en fonction des types de
participants et de pratique.

Article L. 231-2-1 – modifié par la loi n° 2022-296 du 2 mars 2022 art. 23


I.- L’inscription à une compétition sportive autorisée par une fédération délégataire ou organisée par une fédération agréée
est, sous réserve des II et III du présent article, subordonnée à la présentation d’une licence permettant la participation
aux compétitions organisées par une fédération sportive mentionnée à l’article L. 231-2 dans la discipline concernée.
II.- Pour les personnes majeures non licenciées, l’inscription peut être subordonnée à la présentation d’un certificat médical
établissant l’absence de contre-indication à la pratique de la discipline concernée.
III.- Après avis simple d’un organe collégial compétent en médecine, les fédérations mentionnées à l’article L. 131-8 fixent
dans leur règlement fédéral :
1° Les conditions dans lesquelles un certificat médical peut être exigé ; 2° La nature, la périodicité et le contenu des
examens médicaux liés à l’obtention de ce certificat, en fonction des types de participants et de pratique ; 3° La liste des
licences délivrées par d’autres fédérations agréées ou délégataires permettant de participer aux compétitions sportives
qu’elles organisent ou autorisent ou qui sont soumises à autorisation pour les personnes majeures.
IV.- Par dérogation aux II et III du présent article, lorsqu’une compétition sportive organisée ou autorisée par une fédération
sportive agréée ou soumise à autorisation pour les personnes majeures a lieu, pour la partie en territoire français, sur le
territoire d’un ou de plusieurs départements frontaliers, les participants sont soumis à la règlementation de leur lieu de
résidence quant aux conditions d’inscription.

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 51
5. Le suivi médical de la prescription d’activité physique
C’est en général à l’occasion des différentes consultations de suivi de la pathologie de son patient
que le médecin assure le suivi de sa prescription d’AP ou d’APA.
Lors des consultations de suivi, le médecin réserve un temps d’échange dédié au suivi de sa prescription
d’AP et pour échanger sur les comptes rendus de l’intervenant en AP (art. D. 1172-5 du CSP).
Les résultats obtenus par l’AP sur la santé sont souvent l’occasion pour le médecin d’aborder avec son
patient les autres facteurs de risque pour la santé et leur prévention, comme l’arrêt du tabac, une alimen-
tation équilibrée et une bonne hygiène de sommeil.

Les temps d’échanges dédiés au suivi de la prescription d’AP permettent de :


‒ juger de la tolérance du patient à l’AP prescrite et de ses impacts sur la situation clinique du
patient ;
‒ évaluer l’adhésion du patient à cette prescription d’AP et renforcer sa motivation en valorisant
tous les progrès obtenus : augmentation du volume d’AP régulière, amélioration de la santé,
de la condition physique, de l’autonomie et de la qualité de vie ;
‒ réévaluer les capacités du patient à réaliser des AP en sécurité et en autonomie ;
‒ adapter le niveau d’intervention à l’évolution de la situation clinique du patient, à ses capaci-
tés à suivre des AP en sécurité et en autonomie, à l’évolution de sa motivation, de ses pré-
férences et de ses objectifs et aux réalités des ressources en AP de son territoire.
Le contenu de ces temps d’échanges doit être adapté :
‒ aux points de vigilance repérés lors de la consultation médicale d’AP initiale ;
‒ à la tolérance de l’AP prescrite, à d’éventuelles blessures ou autres évènements indésirables
relatés par le patient ou dans les comptes rendus des professionnels de l’AP ;
‒ au degré d’adhésion du patient à la prescription d’AP ;
‒ au niveau d’intervention : un programme d’APA (niveau 2) ou une gamme AP ou sportives
ordinaires (niveau 3 et 4).
La fréquence de ces temps d’échanges doit être adaptée :
‒ à la pathologie chronique ciblée et à son évolution, en particulier à des phases de déstabili-
sation ou d’acutisation de la pathologie ou, au contraire, à une stabilisation ou une améliora-
tion avec le programme d’AP ;
‒ aux caractéristiques de l’AP prescrite, en particulier à son intensité élevée ou non, à son
volume et à sa progression plus ou moins rapide ;
‒ au profil du patient : âge, condition physique, autonomie fonctionnelle, psychique et cognitive,
comorbidités, niveau de RCV, autres risques à l’AP et comportements à risque ;
‒ à la qualité de l’entourage (entourage sécuritaire ou non, isolement socio-familial) ;
‒ au degré de structuration locale des parcours de santé centrés sur la prescription médicale
d’AP, en particulier : les intervenants dispensant l’AP et leurs formations, la fréquence régu-
lière et la qualité des échanges entre ces intervenants et le médecin prescripteur, qui doivent
être clairement définis (art. D. 1172-5 du CSP) ;
‒ à la nécessité d’un suivi des aides techniques et des dispositifs médicaux, etc.

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 52
La dispensation d’activité physique à des
fins de santé
1. Les missions des intervenants en activité physique
Dans le cadre d’un parcours de santé structuré centré sur une prescription d’AP, les intervenants en
AP ont plusieurs missions (21) :
‒ réaliser une évaluation de la condition physique et des capacités fonctionnelles du patient en
lien avec le programme d’APA, l’AP ou sportive de loisirs, ou le sport-santé envisagé ;
‒ compléter l’évaluation de l’état de motivation de la personne à la pratique de l’AP prescrite et
évaluer les ressources individuelles et les capacités de la personne à s’engager dans une pra-
tique autonome ;
‒ construire ou co-construire un plan d’AP avec la personne et assurer son adaptation ;
‒ animer les séances d’AP en suscitant la participation et l’adhésion de la personne. Repérer
toute altération de la tolérance lors des séances. Évaluer les progrès avec la pratique, en termes
de condition physique, de capacités fonctionnelles et d’autonomie à l’AP ;
‒ accompagner la personne tout au long de la prise en charge. Entretenir sa motivation et renfor-
cer son autonomie à la pratique des AP. Encourager l’adoption d’un comportement plus actif et
moins sédentaire (éducation à la santé). Selon les pathologies, participer à un programme
d’éducation thérapeutique ;
‒ établir un bilan simple et pertinent sur le déroulement de l’AP au médecin prescripteur. En ac-
cord avec la personne, transmettre périodiquement ce compte rendu au médecin et formuler
des propositions quant à la poursuite de l’AP et aux risques inhérents à celle-ci. Les patients
sont destinataires de ce compte rendu (art. D. 1172-5 du CSP) ;
‒ s’assurer de la bonne adaptation des aides techniques et dispositifs médicaux.
Le masseur-kinésithérapeute, qui est aussi un professionnel de l’APA, peut renouveler et adapter le
programme d’APA, conformément à l’article L. 4321-1 du CSP modifié par la loi n° 2022-296 du 2 mars
2022 – article 4 : « … Le masseur-kinésithérapeute peut renouveler et adapter, sauf indication con-
traire du médecin, les prescriptions médicales initiales d’activité physique adaptée, dans des conditions
définies par décret... »
Le professionnel de l’APA, qui peut ne pas être un professionnel de santé, instaure une correspon-
dance confiante avec le médecin prescripteur. Il lui adresse régulièrement, et toujours en fin de pro-
gramme, un compte rendu de la prise en charge. En fonction de l’évolution de la situation clinique de
son patient, de son autonomie à gérer ses AP et de ses préférences, le médecin fait évoluer le niveau
de sa prescription (tableau 3) et, s’il l’estime nécessaire, adresse son patient vers un autre profession-
nel de l’AP.

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 53
2. Les différents intervenants en activité physique
Selon le niveau de prescription (tableau 3), les intervenants en AP doivent posséder des compétences
variables (21), des connaissances très générales ou plus approfondies de la présentation clinique de
la pathologie chronique ciblée, des interactions de l’AP avec la pathologie et/ou les traitements et
risques spécifiques liés à l’AP.
En cas d’urgence, l’intervenant en AP doit disposer des connaissances nécessaires à la bonne exé-
cution des gestes de secours destinés à préserver l’intégrité physique de la victime en attendant l’ar-
rivée des secours organisés (21).
Concernant l’APA, l’article L. 1172-1 du CSP modifié par la loi n° 2022-296 du 2 mars 2022 – article 2,
précise que : « Les activités physiques adaptées sont dispensées par des personnes qualifiées, dans
des conditions prévues par décret. Un décret fixe la liste des maladies chroniques, des facteurs de
risque et des situations de perte d’autonomie ouvrant droit à la prescription d’activités physiques adap-
tées. »
Aujourd’hui, la prescription d’AP mobilise différents types d’intervenants de l’AP selon les niveaux d’in-
tervention (tableau 3).
‒ Le niveau 2, le programme d’APA, requiert un professionnel de l’APA, qui peut être soit un
professionnel de santé : masseur-kinésithérapeute, ergothérapeute ou psychomotricien, soit un
enseignant en APA-S qui est titulaire au minimum d’une licence mention STAPS « activité phy-
sique adaptée et santé ».
‒ Le niveau 3 requiert des professionnels et personnes qualifiées ayant les compétences re-
quises pour assurer l’évaluation de la situation du patient, la construction ou la co-construction
du programme d’activité physique ou sportive et, si nécessaire, son individualisation pour ga-
rantir la sécurité des patients dans la pratique de l’activité. Ce sont : des éducateurs sportifs,
des professionnels et personnes qualifiées titulaires d’un titre à finalité professionnelle (TFP)
ou d’un certificat de qualification professionnelle (CQP), attestant de l’acquisition des compé-
tences requises et figurant sur une liste d’aptitude fixée par arrêté conjoint des ministres char-
gés des Sports, de l’Enseignement supérieur et de la Santé, ainsi que des personnes qualifiées
titulaires d’une certification délivrée par une fédération sportive agréée, dont la liste est fixée
par arrêté conjoint des ministres chargés des Sports et de la Santé, sur proposition du CNOSF
(21).

3. Les organisations et le parcours de santé centré sur la


prescription d’activité physique
Les parcours de santé centrés sur la prescription médicale d’AP se sont structurés autour de diverses
organisations d’initiatives locales, régionales ou nationales. Afin d’accompagner efficacement son pa-
tient, le médecin doit se renseigner sur les structures d’orientation ou de dispensation d’AP à des fins
de santé existantes sur son territoire.
Depuis 2013, les plans régionaux sport-santé bien-être sont portés dans les régions par les délé-
gations académiques à la jeunesse, à l’engagement et aux sports (DRAJES) et les agences régionales
de santé (ARS). Dans ce cadre, des DAPAP, dispositifs d’aide à la prescription d’AP adaptée, sont
financés par les ARS.
Des villes ou métropoles ont signé des contrats locaux de santé avec d’autres partenaires institution-
nels et mis en place pour leurs administrés des parcours ville sport-santé sur ordonnance.

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 54
Des fédérations sportives ont développé des offres de sport-santé, répertoriées dans le Médicosport-
santé du CNOSF et, pour les PSH des offres de parasport-santé qui sont renseignées sur la plate-
forme digitale « Trouve ton parasport » du CPSF.
Dans le cadre de l’article 51 de la LFSS 2018 – Innovations organisationnelles pour la transformation
du système de santé, plus de 70 expérimentations sur le thème de l’AP pour la santé ont été retenues
sur les territoires, qui pour certaines pourraient donner lieu à terme à des financements pérennes.
Depuis 2019, des maisons sport-santé sont labellisées par les ministères des Sports et de la Santé.
L’objectif affiché est la création de 500 maisons sport-santé réparties sur le territoire national.
L’art. L. 1173-1 du CSP – modifié de la loi n° 2022-296 du 2 mars 2022 – art. 5 précise les missions
des maisons sport-santé : « Afin de faciliter et de promouvoir l’accès à l’activité physique et sportive à
des fins de santé et à l’activité physique adaptée au sens de l’article L. 1172-1, la maison sport-santé
assure des activités :
− d’accueil, d’information et d’orientation du public concernant la pratique de ces activités ;
− de mise en réseau et de formation des professionnels de santé, du social, du sport et de l’activité
physique adaptée. »
L’article L. 113-4 du Code du sport, créé par la loi du 2 mars 2022 – art. 14 prévoit que les communes
et les établissements publics de coopération intercommunale peuvent établir un plan sportif local
« afin de formaliser et d’ordonner les orientations et actions visant à la promotion et au développement
de la pratique des activités physiques et sportives sur leur territoire. Le plan tend à l’organisation d’un
parcours sportif diversifié tout au long de la vie pour l’ensemble des publics, par la coopération et la
mutualisation des ressources humaines et matérielles de la vie sportive locale. Le plan intègre une
réflexion sur le développement de la pratique sportive féminine, du sport adapté et du handisport. Il
favorise les initiatives environnementales et d’intégration sociale et professionnelle par le sport ».
L’article L. 311-1 du Code de l’action sociale et des familles – modifié par la loi n° 2022-296 du 2 mars
2022 – art. 1 inscrit dans les missions des établissements et services médico-sociaux des « actions
contribuant […] à la pratique d’activités physiques et sportives et d’activités physiques adaptées, au
sens de l’article L. 1172-1 du Code de la santé publique, avec […] une information des personnes
accueillies ou prises en charge par les établissements et services médico-sociaux quant à l’offre d’ac-
tivités physiques et sportives et d’activités physiques adaptées […], assurées en leur sein, à proximité
de ces établissements et services ou à proximité du lieu de résidence de ces personnes ». L’article
L. 311-12 ajoute que « chaque établissement social et médico-social désigne parmi ses personnels
un référent pour l’activité physique et sportive ».

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 55
Table des tableaux
Tableau 1. Terminologies utilisées pour ce document ........................................................................ 8
Tableau 2. Liste des référentiels d’aide à la prescription d’AP par pathologie ou état de santé
publiés par la HAS ............................................................................................................................ 13
Tableau 3. Les quatre niveaux d’intervention par l’AP (classification d’après le programme Suède
en mouvement) ................................................................................................................................. 15
Tableau 4. Règles générales de prudence à la pratique d’une AP .................................................... 16
Tableau 5. Les « 10 réflexes en or pour préserver sa santé dans le sport » ..................................... 17
Tableau 6. Le questionnaire sur l’aptitude à l’activité physique pour tous : Q-AAP+ ......................... 18
Tableau 7. Signes et symptômes d’alerte suggérant une maladie cardio-vasculaire et/ou
respiratoire........................................................................................................................................ 19
Tableau 8. Conseils aux patients selon leur état de motivation et leur niveau d’AP régulier .............. 21
Tableau 9. Indications de la consultation médicale d’AP selon le risque d’évènement cardio-
vasculaire grave lié à l’AP ................................................................................................................. 22
Tableau 10. Indications de la consultation selon le risque de blessures musculosquelettiques et
cutanées (liste non exhaustive)......................................................................................................... 23
Tableau 11. Indications de la consultation selon certaines situations cliniques ................................. 24
Tableau 12. Les éléments de l’interrogatoire .................................................................................... 26
Tableau 13. Les contre-indications et limitations à l’AP..................................................................... 27
Tableau 14. Les contre-indications et limitations musculosquelettiques et cutanées à l’AP .............. 28
Tableau 15. Classification des patients en 3 niveaux de RCV avant prescription d’une AP .............. 29
Tableau 16. Les pathologies à RCV augmenté prises en compte par la classification européenne .. 30
Tableau 17. SCORE2 et SCORE2-op selon les pays ....................................................................... 31
Tableau 18. Autres facteurs et pathologies à RCV non pris en compte par la classification
européenne ...................................................................................................................................... 31
Tableau 19. Les tests de condition physique en environnement les plus utilisés .............................. 34
Tableau 20. Stades de motivation et attitudes correspondantes (modèle transthéorique de
changement de comportement (TTM)).............................................................................................. 36
Tableau 21. Les leviers à l’AP chez les adultes et les personnes âgées (HAS, 2018 (6)) ................. 37
Tableau 22. Stades de motivation et attitudes correspondantes ....................................................... 37
Tableau 23. Les différentes formes d’activité physique ..................................................................... 40
Tableau 24. Des données sur la détection du risque d’évènement cardio-vasculaire grave lié à
l’AP ................................................................................................................................................... 41
Tableau 25. Recommandations de l’épreuve d’effort (EE) chez un patient asymptomatique selon
l’intensité de l’AP (accord d’experts) ................................................................................................. 42
Tableau 26. Code du sport – le certificat médical d’absence de contre-indication à la pratique du
sport ................................................................................................................................................. 51
Tableau 27. Caractéristiques FITT-VP de l’AP .................................................................................. 59

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 56
Tableau 28. Classification des intensités des exercices d’endurance (capacité cardio-vasculaire) ... 60
Tableau 29. Classification des intensités des exercices de renforcement musculaire (force
musculaire) ....................................................................................................................................... 61
Tableau 30. Recommandations mondiales sur l’AP et la sédentarité pour les adultes de 18 ans et
plus (OMS, 2021 (22)) ...................................................................................................................... 62
Tableau 31. Classification des activités de loisirs et sportives selon leurs contraintes cardio-
vasculaires........................................................................................................................................ 70

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 57
Table des annexes
Annexe 1. Les caractéristiques de l’activité physique – FITT-VP 59
Annexe 2. Les classifications des activités physiques selon leur intensité 60
Annexe 3. Les recommandations mondiales sur l’activité physique et la sédentarité 62
Annexe 4. Questionnaire de Marshall 64
Annexe 5. SCORE2 et SCORE2-op pour les pays à faible risque – en France 65
Annexe 6. SCORE2 et SCORE2-op dans les autres pays 66
Annexe 7. Classification des activités de loisirs et sportives selon leurs contraintes cardio-
vasculaires 69

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 58
Annexe 1. Les caractéristiques de l’activité physique – FITT-VP

Une activité physique peut être décrite par ses différentes caractéristiques (ou modalités) : la fré-
quence, l’intensité, le type, le temps (ou durée), le volume et la progression, dont l’acronyme est FITT-
VP (tableau 27).

Tableau 27. Caractéristiques FITT-VP de l’AP

La fréquence rend compte de la répétition des périodes ou sessions d’AP dans un espace-temps
(en général le nombre de sessions ou séances par semaine).
L’intensité correspond au coût énergétique de l’activité considérée par unité de temps. Elle peut
être mesurée en valeur absolue (METs) ou en valeur relative par les réponses physiologiques qu’elle
induit chez un individu donné (pourcentage de la fréquence cardiaque maximale, effort perçu ou
sensations subjectives comme l’essoufflement sur une échelle de 0 à10).
Le type de l’AP se réfère à ses effets physiologiques attendus en termes d’amélioration sur les
différentes composantes de la condition physique : la capacité cardiorespiratoire (endurance), les
aptitudes musculaires (force, endurance et puissance musculaire), la souplesse musculo-articulaire
et les aptitudes neuromotrices (équilibre, allure, coordination).
Le temps ou durée exprime le temps pendant lequel l’AP est pratiquée. Elle correspond à la quan-
tité de temps par session, en minutes ou heures, par jour ou par semaine. La durée de l’AP est le
temps des séances d’AP multipliées par leur fréquence.
Le volume ou la quantité d’AP correspond à la durée multipliée par l’intensité. Le volume d’AP
peut être utilisé pour estimer la dépense énergétique réelle d’un individu en MET-min/semaine ou
kcal/semaine.
La progression consiste en une augmentation de l’une des composantes du FITT tolérée par l’in-
dividu. Le taux de progression va dépendre de l’état de santé, de la condition physique et des ré-
ponses à l’AP de l’individu, ainsi que de ses objectifs.

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 59
Annexe 2. Les classifications des activités physiques selon leur intensité

1. Les intensités de l’AP d’endurance


Les intensités des AP d’endurance peuvent être évaluées selon différentes modalités : en valeur ab-
solue, en valeur relative, selon l’effort perçu ou la valence affective (tableau 28).

Tableau 28. Classification des intensités des exercices d’endurance (capacité cardio-vasculaire)

Classification des activités physiques selon leur intensité

Activité sédentaire :
‒ une dépense énergétique ≤ 1,5 MET ;
‒ < 40 % FC max ;
‒ < 20 % FCR et VO2 max ;
‒ pénibilité < 2/10 ;
‒ pas d’essoufflement, pas de transpiration, battements cardiaques non perçus.
Exemples : toutes les activités réalisées au repos en position allongée ou semi-allongée ou en po-
sition assise non active (déplacements en véhicule motorisé, regarder la télévision, lire, écrire, etc.).
AP d’intensité faible :
‒ une dépense énergétique comprise entre 1,6 et 3 METs ;
‒ 40 à 55 % FC max ;
‒ 20 à 40 % FCR et VO2 max ;
‒ pénibilité : 3 à 4/10 ;
‒ pas d’essoufflement, pas de transpiration.
Exemples : une marche < 4 km/h, un déplacement lent en fauteuil manuel, promener son chien,
s’habiller, faire des activités manuelles ou lecture (en position debout).
AP d’intensité modérée :
‒ une dépense énergétique comprise entre 3 et < 6 METs ;
‒ 55 à 70 % FC max ;
‒ 40 à 60 % FCR ou VO2 max ;
‒ pénibilité : 5 à 6/10 ;
‒ essoufflement et transpiration modérée, conversation possible.
Cette AP peut être maintenue 30 à 60 min. Exemples : une marche 5 à 6,5 km/h, un déplacement
en fauteuil manuel +/- avec 3e roue manuelle, une montée lente des escaliers, une course à pied
< 8 km/h, du vélo de loisirs à 15 km/h, du handbike loisir, la nage de loisirs, la danse, le jardinage,
etc.
AP d’intensité élevée :
‒ une dépense énergétique comprise entre 6 à < 9 METs ;
‒ 70 à 90 % FC max ;
‒ 60 à 85 % FCR ou VO2 max ;
‒ pénibilité : 7 à 8/10 ;
‒ essoufflement important, transpiration abondante, conversation difficile.

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 60
Classification des activités physiques selon leur intensité
Cette AP ne peut être maintenue plus de 30 min. Exemples : une marche rapide supérieure à
6,5 km/h, un déplacement rapide en fauteuil manuel, une montée rapide des escaliers, une course
à pied à 8-9 km/h, du vélo à 20 km/h, etc.
AP d’intensité très élevée :
‒ une dépense énergétique ≥ 9 METs ;
‒ > 90 % FC max ;
‒ > 85 % FCR ou VO2 max ;
‒ pénibilité : > 8/10 ;
‒ essoufflement très important, transpiration très abondante, conversation impossible.
Cette AP ne peut être maintenue plus de 10 min. Exemples : une course à pied de 9 à 28 km/h, vélo
> 25 km/h, une course en fauteuil d’athlétisme, un déplacement rapide en fauteuil roulant manuel
avec 3e roue manuelle, course à pied avec orthèse, etc.
Les exemples sont donnés pour des activités physiques d’endurance aérobie, pour des adultes d’âge moyen avec une con-
dition physique moyenne.

FC max : fréquence cardiaque maximale ; FCR : fréquence cardiaque de réserve = FC max-FC repos ; VO2 max : consom-
mation maximale d’oxygène.

2. Les intensités de l’AP de renforcement musculaire


Les intensités des AP de renforcement musculaire s’expriment en valeur relative, par rapport au 1-RM
(répétition maximale) qui est la plus grande résistance que la personne peut mouvoir une seule fois à
travers la plus grande amplitude de mouvement d’une manière contrôlée avec une bonne posture. Le
1-RM est un indicateur fiable de la force musculaire de la personne (tableau 29).

Tableau 29. Classification des intensités des exercices de renforcement musculaire (force musculaire)

Exercices contre résistance Intensité relative en % de 1-RM

Très légère < 30

Légère 30 < 50

Modérée 50 < 70

Élevée 70 < 85

Très élevée ≥ 85
(sous-maximale à maximale)

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 61
Annexe 3. Les recommandations mondiales sur l’activité physique et la sédentarité

L’OMS a édité des recommandations sur l’AP et la sédentarité (22) pour les adultes et les personnes
âgées, en bonne santé, en situation de handicap ou atteints d’une maladie chronique (tableau 30).

Tableau 30. Recommandations mondiales sur l’AP et la sédentarité pour les adultes de 18 ans et plus (OMS,
2021 (22))

Recommandations mondiales sur l’AP chez les adultes


Tous les adultes devraient pratiquer une AP régulière.
Les adultes devraient pratiquer au moins, au cours de la semaine, 150 à 300 minutes d’AP aérobie
d’intensité modérée ou au moins 75 à 150 minutes d’AP aérobie d’intensité soutenue, ou une com-
binaison équivalente d’AP d’intensité modérée et soutenue pour en retirer des bénéfices substantiels
sur le plan de la santé.
Les adultes devraient pratiquer des AP de renforcement musculaire d’intensité modérée ou plus
soutenue faisant travailler les principaux groupes musculaires, deux fois par semaine ou plus, au vu
des bénéfices supplémentaires que ces AP apportent sur le plan de la santé.
Les adultes et, en l’absence de contre-indication, les adultes atteints d’une maladie chronique peu-
vent augmenter l’AP aérobie d’intensité modérée à plus de 300 minutes ou pratiquer plus de 150 mi-
nutes d’AP aérobie d’intensité soutenue ou une combinaison équivalente d’AP d’intensité modérée
et soutenue par semaine pour en retirer des bénéfices supplémentaires sur le plan de la santé.
En complément, les personnes adultes âgées de 65 ans et plus, dans le cadre de leur AP heb-
domadaire, devraient pratiquer des activités physiques variées et à plusieurs composantes qui met-
tent l’accent sur l’équilibre fonctionnel et des exercices de force d’intensité modérée ou supérieure,
au moins trois fois par semaine, afin d’améliorer leur capacité fonctionnelle et de prévenir les chutes.
Les adultes devraient limiter leur temps de sédentarité. Remplacer la sédentarité par une AP de tout
niveau d’intensité (y compris de faible intensité) apporte des bénéfices pour la santé.
Pour contribuer à réduire les effets néfastes pour la santé d’un niveau de sédentarité élevé, les
adultes devraient viser à dépasser les niveaux recommandés d’AP d’intensité modérée à soutenue.
Déclarations de bonnes pratiques
Les adultes et les personnes âgées en bonne santé
Pour tous les adultes en bonne santé
Une AP limitée vaut mieux qu’aucune AP.
Si les adultes n’atteignent pas le niveau recommandé, une quantité limitée d’AP sera néanmoins
bénéfique pour leur santé.
Les adultes devraient commencer par de petites quantités d’AP et en augmenter progressivement
la fréquence, l’intensité et la durée.
En complément, pour les personnes âgées de 65 ans et plus
Les personnes âgées devraient être aussi actives que le permet leur capacité fonctionnelle et adap-
ter leur niveau d’effort en fonction de leur forme physique.
En complément, pour les adultes souffrant d’un handicap

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 62
La pratique d’une AP ne suppose pas de risque important pour les adultes souffrant d’un handicap,
pour autant qu’elle soit adaptée à leur niveau d’activité, à leur état de santé et à leurs fonctions
physiques actuels, et lorsque les bénéfices pour la santé l’emportent sur les risques.
Les adultes souffrant d’un handicap devront éventuellement consulter un professionnel de la santé
ou un autre spécialiste de l’activité physique et des handicaps pour déterminer le type et la quantité
d’AP qui leur conviennent.
Les adultes et les personnes âgées souffrant d’une maladie chronique
Lorsqu’ils ne sont pas en mesure de respecter les recommandations, les adultes souffrant de ces
affections chroniques devraient s’efforcer de pratiquer une AP adaptée à leurs capacités.
Les adultes souffrant de ces affections chroniques peuvent consulter un spécialiste de l’AP ou un
professionnel de santé pour définir les types et la quantité d’activité adaptés à leurs besoins, à leurs
capacités, à leurs limitations/complications fonctionnelles, à leurs médicaments et à leur schéma
thérapeutique global.
En l’absence de contre-indication, il n’est généralement pas nécessaire d’obtenir un certificat médi-
cal d’aptitude avant de commencer à pratiquer une activité physique d’intensité faible ou modérée
n’excédant pas le niveau d’effort d’une marche rapide ou de la vie quotidienne.

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 63
Annexe 4. Questionnaire de Marshall

L’auto-questionnaire de Marshall Al, Miller Yd, Burton Nw, Brown Wj., en deux questions, permet de
repérer rapidement (en 30 secondes) les patients inactifs (23).

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 64
Annexe 5. SCORE2 et SCORE2-op pour les pays à faible risque – en France
Pays à faible risque : Belgique, Danemark, France, Israël, Luxembourg, Norvège, Espagne, Suisse, Pays-Bas et
Royaume-Uni.

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Annexe 6. SCORE2 et SCORE2-op dans les autres pays
Pays à risque modéré : Autriche, Chypre, Finlande, Allemagne, Grèce, Islande, Irlande, Italie, Malte, Portugal, Saint-Ma-
rin, Slovénie et Suède.

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 66
Pays à haut risque : Albanie, Bosnie-Herzégovine, Croatie, Estonie, Hongrie, Kazakhstan, Pologne, Slovaquie et Turquie.

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Pays à très haut risque : Algérie, Arménie, Azerbaïdjan, Biélorussie, Bulgarie, Égypte, Géorgie, Kirghizistan, Lettonie, Li-
ban, Libye, Lituanie, Monténégro, Maroc, République de Moldova, Roumanie, Fédération de Russie, Serbie, Syrie, TFYR
(Macédoine), Tunisie, Ukraine et Ouzbékistan.

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 68
Annexe 7. Classification des activités de loisirs et sportives selon leurs contraintes
cardio-vasculaires
Le tableau 31 propose une classification basée sur les contraintes dynamiques (effets prédominants
sur la fréquence et les volumes cardiaques et sur les pressions artérielles pulmonaires) et statiques
(effets prédominants sur les pressions artérielles systémiques) des principales AP et sportives prati-
quées en France (liste non exhaustive) (24).
Le niveau (faible, modéré ou intense) des contraintes, dynamiques et statiques, proposé correspond
aux valeurs moyennes enregistrées pendant l’ensemble de la durée de pratique de l’AP considérée.
Des valeurs plus élevées ponctuelles lors de cette pratique peuvent donc être observées.
Cette classification doit être utilisée par le praticien comme un guide. Une approche individualisée des
contraintes peut être estimée en fonction, d’une part, des patients : âge, pathologie, traitement, niveau
technique dans l’AP (contrainte augmente si niveau faible) et, d’autre part, selon les conditions envi-
ronnementales (météorologiques, altitude) lors de la pratique.
Les AP qui présentent des risques spécifiques en cas de survenue de malaise ou perte de connais-
sance (*) ou du fait des collisions (**) fréquentes sont spécifiées. Ces risques sont à prendre en con-
sidération chez certains patients, par exemple sous anticoagulants, avec une fragilité osseuse, etc.
Enfin, dans le cadre de la pratique du sport-santé, une adaptation des règles de pratique peut être
proposée par la fédération sportive concernée. Le praticien se réfère alors au Médicosport-santé du
CNOSF, porté par le Vidal (16).

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 69
Tableau 31. Classification des activités de loisirs et sportives selon leurs contraintes cardio-vasculaires

DYNAMIQUE
A B C
Faible Modérée Forte (élevée)
STATIQUE (< 50 % VO2 max) (50-75 % VO2 max) (> 75 % VO2 max)

Bowling, golf, tai-chi et équivalents, pé- Volley-ball, tennis de table, tennis (double), Ski de fond** (classique), marche sportive,
I
tanque marche nordique, longe-côte* (sans bras) course à pied > 800 m, course orientation, ten-
Faible Stretching, body balance Danses non acrobatiques, step, body attack* nis (simple), squash
(< 10 % FMV) Danses acrobatiques* **

Tir à l’arc, équitation* ** Patinage artistique* **, course à pied Ski de fond (skating), natation*, football**,
Sports mécaniques* **, volley-ball ≤ 800 m, marathon et ultra-endurance, déca- hockey** (gazon-glace), cyclisme* ** (plat), tria-
thlon, badminton, escrime**, trampoline* **, thlon* **, patinage* ** (roller) longue distance
Surf* **, kitesurf* **, voile (type laser), na-
handball Aquabiking*, vélo fixe
II tation synchronisée*, plongeon* **, plon-
gée sous-marine* (apnée) Basket-ball, beach-volley, water-polo* **,
Modérée rugby** (sauf pack avants), planche à voile* **
Yoga, pilates, body-pump
(sans pumping), plongée sous-marine* (sca-
(10-20 % FMV) Gainage et renforcement musculaire phandre autonome)
avec poids du corps
Aquagym*, body-jump, longe-côte* (avec bras),
boule lyonnaise

Haltérophilie*, musculation* Lutte**, crossfit*, culturisme, rugby (pack Boxe tous types* **, canoë-kayak,
III Bobsleigh* **, luge* **, escalade* **, avants**), ski alpin* **, snowboard* **, pati- Ski de randonnée* **, ski alpinisme* **
gymnastique* ** voile, ski nautique* **, nage* ** (roller) sprint, planche à voile* (pum-
Forte (élevée) Cyclisme* ** (avec côtes), aviron
athlétisme (lancers, sauts* **), judo et ping)
(> 30 % FMV) Rameur en salle
autres arts martiaux**

VO2 max = consommation maximale d’oxygène du pratiquant. FMV = force maximale volontaire du pratiquant. Les activités de loisirs (de détente, remise en forme et entretien physique)
sont en italique.

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 70
Références bibliographiques
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HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 74
Participants
Ce guide est une mise à jour du guide de promotion, de consultation et de prescription médicale d’AP
et sportive pour la santé chez les adultes de juillet 2019 avec un groupe de travail en partie renouvelé.
Les organismes professionnels et associations de patients et d’usagers suivants ont été sollicités pour
proposer des experts conviés à titre individuel dans les groupes de travail/lecture.

Groupe de travail
AMELON-PETIT Constance, médecin de médecine physique et réadaptation
ANCELLIN Raphaëlle, cheffe de projet à l’INCa
AGOSTINI Caroline, psychiatre
BOUCHAND Philippe, médecin généraliste et du sport
CARRE François, professeur de cardiologie et de physiologie du sport
DUCLOS Martine, professeur d’endocrinologie et physiologie du sport
FARRUGIA Pierre-Yves, masseur-kinésithérapeute
GINBOURGER Thomas, professionnel de l’activité physique adaptée
GROSBOIS Jean-Marie, pneumologue
ISNER-HOROBETI Marie-Ève, professeur de médecine physique et réadaptation
LECOCQ Jehan, médecin du sport
LEFEVRE-COLAU Marie-Martine, médecin de médecine physique et réadaptation
PERRIER Antoine, biomécanique et podologue
PERRIER Clément, sociologue
PERRIN Claire, sociologue
PUISIEUX François, professeur de gériatrie
ROLLAND Yves, professeur de gériatrie
ROUX Thomas, neurologue
SERRECCHIA Béatrice, médecin de santé publique
TANNE Corentin, pédiatre et médecine physique et réadaptation
TRANCHANT Christine, neurologue
VUILLEMIN Anne, professeur en activité physique adaptée et de santé publique
VUILLEROT Carole, pédiatre

Pour les fiches et les synthèses d’aide à la prescription médicale d’AP éditées en mars 2024, d’autres
experts ont rejoint le groupe de travail
BLAIN Hubert, professeur de gériatrie
BILLARD Pierre, médecin du sport
CUISINIER Léa, enseignante en activité physique adaptée
FAYOLLET Catherine, psychiatre
GALLIEN Philippe, médecin de médecine physique et réadaptation

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 75
Groupe de lecture
Les sociétés savantes et collèges ou fédérations impliqués dans la prescription de l’APA et dans les
référentiels d’aide à la prescription d’AP publiés ont été sollicités pour proposer des experts dans les
professions et spécialités suivantes : médecine générale, cardiologie, pneumologie, pédiatrie, neuro-
logie, gériatrie, endocrinologie, psychiatrie, rhumatologie, médecine physique et de réadaptation, mas-
seur-kinésithérapeute et enseignant APA-S. Les professionnels suivants ont participé au groupe de
lecture :
Abramovici Francis, médecin généraliste Halimi Yvan, psychiatre
Beasse Fanny, masseur-kinésithérapeute Hallouet Rémi, enseignant APA-S
Berné Catherine, médecin endocrinologue Ingargiola Émilie, enseignant APA-S
Besnier Antoine, masseur-kinésithérapeute Labrunée Marc, médecin de médecine physique et réadap-
tation
Boegner Catherine, médecin endocrinologue
Maudet Damien, enseignant APA-S
Bougault Valérie, enseignant APA-S
Mellerin lanis, médecin généraliste
Camels Paul, médecin de médecine physique et réadapta-
tion Metrot Julien, enseignant APA-S
Defebvre Luc, médecin neurologue Raherison Chantal, médecin pneumologue
Dumas Jean-François, masseur-kinésithérapeute Roussillon Julien, enseignant APA-S
Famery Brice, masseur-kinésithérapeute Sourdet Christelle, médecin rhumatologue
Foujanet Brassart Maxime, masseur-kinésithérapeute
Gary Yann, enseignant APA-S
Guy Jean-Michel, médecin cardiologue

Remerciements
La HAS tient à remercier l’ensemble des participants cités ci-dessus.

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 76
Abréviations et acronymes
ALD Affection de longue durée

AOMI Artériopathie oblitérante des membres inférieurs

AP Activité physique

APA Activité physique adaptée

APS Activité physique et sportive

AVC Accident vasculaire cérébral

CACI Certificat médical d’absence de contre-indication à l’activité sportive


CCAS Centre communal d’action sociale

CCR Capacité cardiorespiratoire

CI Contre-indication

CNOSF Comité olympique du sport français

CPSF Comité paralympique et sportif français


CSP Code de la santé publique

CV Cardio-vasculaire

DFG Débit de filtration glomérulaire

DT2 Diabète de type 2

ECG Électrocardiogramme

EE Épreuve d’effort

EFR Exploration fonctionnelle respiratoire

Enseignant en APA- Enseignant en activité physique adaptée – santé


S

Enseignant en Enseignant en sciences et techniques des activités physiques et sportives


STAPS

FITT-VP Fréquence, Intensité, Type, Temps - Volume, Progression


FC max Fréquence cardiaque maximale
FC repos Fréquence cardiaque de repos

FCR Fréquence cardiaque de réserve

HTA Hypertension artérielle

IDM Infarctus du myocarde

IMC Indice de masse corporelle


MDPH Maison départementale pour les personnes handicapées

MET Metabolic Equivalent Task

OMS Organisation mondiale de la santé

PA Pression artérielle

PSH Personne en situation de handicap

RCV Risque cardio-vasculaire

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 77
SCORE Systematic Coronary Risk Estimation

SEC Société européenne de cardiologie

TM2 Test de marche de 6 minutes

VO2 max Consommation maximale d’oxygène

© Haute Autorité de santé – juillet 2022 – ISBN : ISBN : 978-2-11-167530-8

HAS • Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte • juillet 2022 78

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