Ministère de L'enseignement Supérieur Université de Manouba Institut Supérieur de Comptabilité Et D'administration Des Entreprises
Ministère de L'enseignement Supérieur Université de Manouba Institut Supérieur de Comptabilité Et D'administration Des Entreprises
Université de Manouba
Institut Supérieur de comptabilité et d’administration des entreprises
Commission Nationale d’Expertise Comptable
1
LES PRINCIPALES ABREVIATIONS
2
TABLES DES MATIERES
INTRODUCTION……………………………………………………………………………………………..……... 06
PREMIERE PARTIE :
LE CADRE JURIDIQUE ET FISCAL, ET LE PROCESSUS DE REALISATION DE L’OPERATION DE
TRANSMISSION ………………………………………………………………………………………………. ….. 12
Chapitre III – Le processus de réalisation de la transmission d’une entreprise, à titre onéreux ….. 48
Section I - La préparation de la transmission et la recherche des repreneurs potentiels……….. 50
Sous-section 1 : La préparation soi-même du cédant pour transmettre son entreprise……………….... 50
Sous-section 2 : La préparation de l’entreprise pour la cession…………………………………………… 52
Sous-section 3 : La recherche des repreneurs potentiels………………………………………………….. 53
Section II - La décision de reprise et la présélection de l’entreprise cible, par le repreneur……. 56
Sous-section 1 : La décision de reprise d’une entreprise…………………………………………………... 56
Sous-section 2 : La présélection de l’entreprise à reprendre………………………………………………. 57
Section III - Le diagnostic de l’entreprise objet de transmission……………………………………... 61
Sous-section 1 : Les objectifs du diagnostic de l’entreprise………………………………………………... 61
Sous-section2 : La réalisation du diagnostic de l’entreprise……………………………………………….. 62
Section IV- L’évaluation de l’entreprise objet de transmission……………………………………….. 65
Sous-section 1 : La notion de la valeur de l’entreprise…………………………………………………....... 65
Sous-section 2 : Le calcul de la valeur de l’entreprise……………………………………………………… 66
3
Section V - La négociation de l’opération de transmission…………………………………………… 75
Sous-section 1 : Le déroulement des négociations………………………………………………………… 75
Sous-section 2 : La préparation des documents de la phase des négociations………………………..... 76
Section VI - Le montage juridique, fiscal et financier de la transmission ………………………….. 81
Sous-section 1 : Le montage juridique………………………………………………………………………. 81
Sous-section 2 : Le montage financier et fiscal…………………………………………………………….. 85
Section VII - La signature des actes et la prise en main de l’entreprise par le repreneur ………. 88
Sous-section 1 : La préparation et la signature du protocole d’accord……………………………………. 88
Sous-section 2 : La préparation et la signature des conventions accessoires…………………………… 90
DEUXIEME PARTIE :
LA MISSION D’ACCOMPAGNEMENT DE L’EXPERT-COMPTABLE………………………………………. 96
4
Section V- La participation aux négociations et à l’élaboration du protocole d’accord et des
actes de cession……………………………………………………………………………………………….. 142
5
INTRODUCTION
En Europe, des études ont estimé qu‟un tiers du total des entreprises de l‟union européenne, vont
changer de mains, dans les 10 prochaines années (de 25 à 40 %, en fonction de l'État membre).
En conséquence, une moyenne annuelle de 610 000 petites et moyennes entreprises et de 2,4
1
millions d‟emplois sont en jeu.
Des statistiques établies et publiées, en France, ont prévu que le nombre des entreprises
françaises à transmettre, dans la période 2005-2015, se situe entre 500 000 et 900 000 (soit
environ 70 000 entreprises par an). Ainsi 550 000 chefs d‟entreprises devront passer le flambeau
et 1 800 000 emplois sont en jeu.
Ces mêmes statistiques ont arrêté un nombre de 15 000 entreprises françaises qui disparaissent,
chaque année, faute de repreneurs. Ce qui entraîne une disparition d‟environ 40 000 emplois.2
En Tunisie, la question du devenir des entreprises composant notre tissu économique, créés au
tournant des années 70, dont les dirigeants « les bâtisseurs » ont atteint l‟âge de la retraite,
commence à surgir ces dernières années. Des débats, des journées d‟étude, des colloques et des
articles publiés dans les quotidiens et la presse spécialisée, ont abordé ce thème.
« La génération de l‟indépendance, investisseurs et hommes d‟affaires, a bâti notre économie.
Après un demi-siècle, le temps est venu pour passer le flambeau aux successeurs (ou repreneurs)
et de s‟accorder une retraite bien méritée. C‟est ainsi que la transmission des entreprises
constitue de nos jours non seulement un sujet d‟actualité, mais surtout un challenge économique
3
d‟intérêt national ».
1
Dossier « la transmission d‟entreprises en Europe », publié en Octobre 2003, par Euro-Info-Centre (organisme crée en
1989, qui constitue un “premier guichet d‟accès” à l‟information communautaire pour les entreprises européennes).
2
Etude réalisée en France en 2005 et publiée dans le magasine « le nouveau courrier » n°22, janvier 2005, page 31.
3
Entretien avec Mohamed Jarraya, expert-comptable "la transmission des entreprises : une question de culture », publié
dans « La Presse Economie », du 22 Novembre 2006.
6
Malgré la rareté et l‟insuffisance des données statistiques relatives à « la démographie » de notre
tissu économique, nous ne pouvons pas ignorer son ampleur actuelle, qui va nécessairement
augmenter pendant les années prochaines.4
Ces statistiques et ces constats alarmants, à l‟échelle internationale et nationale, confirment que
la transmission des entreprises est devenue une préoccupation d‟actualité, qui prend de plus en
plus de l‟importance. De ce fait, elle mérite une attention particulière.
Par ailleurs, la transmission est souvent avantageuse par rapport à la création. « Dans le cadre de
la politique actuelle d‟encouragement à l‟investissement, indispensable pour la création
d‟emploi, la reprise d‟entreprises peut constituer une véritable alternative à la création »5 . En
effet :
- Une entreprise acquise a sensiblement plus de chances de survie qu‟une entreprise
nouvellement crée,
- Elle emploie du personnel, plus qu‟une entreprise nouvellement crée,
- Elle accumule, en elle-même, une expérience dans son activité et son métier, et une propre
culture interne,
4
Parmi les rares études effectuées en Tunisie sur ce sujet, nous citons l‟étude du CJD « Centre des jeunes dirigeants » en
Septembre 2006, diffusée dans un document intitulé « le profil des jeunes entrepreneurs tunisiens : résultat de l‟enquête
nationale ».
5
« Transmission des entreprises : une question de culture » entretien avec Mohamed Jarraya, (Expert-comptable), publié
dans La Presse Economie du 22 Novembre 2006.
7
- Le transfert de la technologie dans le cadre de reprise d‟une entreprise est plus facile que
l‟acquisition pure et simple de la technologie.
« La cession à titre onéreux est une forme spécifique de transmission des entreprises » :
La transmission de l‟entreprise peut être à titre gratuit (donation ou succession) ou à titre
onéreux. Notre choix de traiter la transmission à titre onéreux, est justifié par deux raisons
principales :
D‟une part, elle est une opération spécifique par rapport aux autres formes de transmission des
entreprises. Elle met en relation deux parties (le cédant et le repreneur) qui ont des objectifs, des
profils et des logiques différents. Associés au facteur psychologique et affectif, ces éléments sont
à l‟origine des difficultés de rapprochement des deux parties et de réalisation de l‟opération de
transmission.
D‟autre part, un grand nombre de chercheurs et économistes préfèrent la transmission aux tiers et
en dehors de la sphère intergénérationnelle :
6
Hédi SRAÏEB, dans son article « le crépuscule des bâtisseurs ou la question de la transmission des entreprises en
Tunisie », publié dans la revue « l‟économiste », du 01 mars au 15 mars 2006.
7
D‟après une étude américaine effectuée en 1973.
8
Tallel BAHOURY « L‟entreprise familiale à l‟épreuve de la transmission : enjeux et défis », article publié dans le
[Link], du 20/02/2006.
8
Outre que la transmission des entreprises est une préoccupation d‟actualité et qu‟elle est un
phénomène d‟une grande importance économique et sociale, qui justifie l‟intérêt de son
traitement dans notre présent travail, elle est une opération particulière caractérisée par sa
complexité et sa délicatesse.
Elle est complexe car elle touche différents domaines interdépendants de l‟entreprise :
économiques, humains, financiers, juridiques et fiscaux, etc. Tous ces aspects et, principalement,
l‟aspect juridique et fiscal, influencent sa célérité et sa réussite. Ils peuvent être un stimulateur ou
un frein pour le phénomène de transmission des entreprises.
Elle est délicate, car elle constitue une opération « à risque » et peut échouer pour la moindre
insuffisance de préparation ou la mauvaise conduite. Pour cette raison, elle nécessite une
préparation adéquate, une bonne gestion de ses étapes de réalisation et un accompagnement des
spécialistes.
A cet effet, Notre problématique portera sur l‟analyse du cadre juridique et fiscal du processus de
transmission des entreprises à titre onéreux.
Nous allons traiter notre problématique, énoncée ci-dessus, en deux parties. La première partie
comportera :
- Un recensement des instruments juridiques et fiscaux, dans le droit tunisien, qui peuvent être
utilisés dans le montage de l‟opération de transmission. Ce qui permet l‟étude du cadre
juridique et fiscal de transmission de l‟entreprise tunisienne et l‟évaluation de son impact sur sa
mobilité.
- Une description des différentes étapes de réalisation de la transmission à titre onéreux d‟une
entreprise. Ce qui permet de mieux appréhender l‟opération et d‟aider le cédant et le repreneur
à la préparer et la mener d‟une manière adéquate et à minimiser le risque d‟échec.
9
La deuxième partie traitera l‟accompagnement du cédant et du repreneur par l‟expert-comptable,
principalement :
- La clarification du cadre réglementaire, professionnel et déontologique de la mission
d‟accompagnement de l‟expert-comptable.
- La description des techniques et des outils de travail de l‟expert-comptable, dans cette mission.
Ce qui permet à l‟expert-comptable tunisien de mieux cerner les spécificités de ce nouveau type
de missions différentes de ses missions traditionnelles, et lui aider à l‟optimiser.
10
PREMIERE PARTIE :
11
CADRE JURIDIQUE ET FISCAL, ET PROCESSUS DE
REALISATION DE L’OPERATION
Comme nous l‟avons avancé dans l‟introduction générale, l‟opération de transmission dépend de
plusieurs aspects et facteurs, qui influencent avec des degrés différents, sa réussite et sa célérité.
Les aspects juridiques et fiscaux de l‟opération, sont considérés les plus importants. Ils
dépendent de l‟environnement juridique et fiscal de chaque pays, qui peut être un stimulateur ou
un frein pour le phénomène de transmission des entreprises.
A cet effet, le premier chapitre de la première partie de notre travail traitera le recensement des
instruments juridiques, dans le droit tunisien, qui permettent le montage de l‟opération de
transmission. Le deuxième chapitre étudiera le coût fiscal de l‟opération.
Ce qui va nous permettre l‟étude du cadre juridique et fiscal de transmission de l‟entreprise
tunisienne et son impact sur sa mobilité.
Nous avons avancé, aussi, que l‟opération de transmission de l‟entreprise est une opération à
risque et nécessite une meilleure préparation et une bonne conduite de ses étapes de réalisation.
Dans ce cadre, le troisième chapitre traitera les différentes étapes de l‟opération de transmission,
en tenant compte de l‟environnement actuel des affaires et des outils, notamment, juridiques,
financiers et fiscaux, en vigueur.
Ce qui est de nature à mieux appréhender l‟opération et aider le cédant et le repreneur à la
préparer et la conduire d‟une manière adéquate et à minimiser le risque d‟échec.
12
CHAPITRE.I : LE CADRE JURIDIQUE DE LA TRANSMISSION, A TITRE
ONEREUX, DES ENTREPRISES TUNISIENNES
Le droit tunisien n‟a pas consacré à cette opération importante de la vie de l‟entreprise des textes
spécifiques, telles que la constitution, la fusion, la transformation, les modifications du capital et
la dissolution des sociétés commerciales.
« Il n‟existe pas pour les transmission des entreprises de législation spécifique. Celles-ci
demeurent régies par les différentes législations, code du statut personnel, code des société
commerciales, code des obligations et des contrats, code des droits réels, code de commerce…Le
seul texte qui a traité de la transmission des entreprises est la loi de 1995 relative au
redressement des entreprises en difficultés9 en autorisant la cession de l‟entreprise à des
personnes autre que les dirigeants » 10
Les spécialistes du droit tunisien ont expliqué l‟absence d‟une réglementation détaillée,
concernant les opérations de transmission, par la multitude des situations et des montages
juridiques de transmission possibles. «Il‟ y a tellement de situations personnelles de transmission
d‟entreprise qu‟il est très difficile d‟avoir un texte juridique pour chaque situation »11.
En conséquence, le cadre juridique existant est constitué de textes de base et à caractère général,
à adapter par les praticiens aux différents cas de transmission à titre onéreux.
Les principales dispositions du droit tunisien, qui sont en liaison directe avec la cession à titre
onéreux des entreprises, sont éparpillées dans le code de commerce, le code des obligations et
des contrats et le code des sociétés commerciales.
La cession des entreprises individuelles (la cession du fonds de commerce) est traitée à travers
les articles 190 à 227 du code de commerce(CC) et les articles 220 et suivants du code des
obligations et des contrats (COC).
La cession d‟une entreprise de forme sociétaire est régie en droit tunisien, par les articles 109 et
suivants du CSC pour la cession des parts sociales des SARL, et les articles 316 et suivants du
CSC pour la cession des actions.
9
L‟article 47 nouveau, de la loi n° 95-34 du 17 avril 1995, telle qu‟elle a été modifiée par les textes subséquents.
10
Moncef BOUDEN ex-secrétaire d‟Etat à la fiscalité auprès du Ministre des finances, à l‟occasion d‟une journée
d‟études et de réflexion « l‟entreprise familiale à l‟épreuve de la transmission » organisée par : l‟Association des
Tunisiens des Grandes Ecoles (l‟ATUGE), le Centre des Jeunes Dirigeants (CJD-UTICA) et la chambre Tuniso-Française
de commerce et d‟industrie (CTFCI), le 02 février 2006.
11
Kamel AYARI, juge et chercheur au centre d‟études juridiques et judiciaire, à l‟occasion d‟un colloque « transmission
et pérennité : défis pour l‟entreprise tunisienne » organisé le 26 mars 2008, propos publiés dans la revue « l‟Economiste »
du 09 avril 2008, page 32, sous le titre : « transmission d‟entreprise : une étape cruciale qu‟il faut bien gérer ».
13
Nous allons développer, dans notre présent travail, ces principales modalités juridiques de
transmission à titre onéreux de l‟entreprise tunisienne, qui sont la cession du fonds de commerce
et la cession des titres sociaux.
Il existe aussi, dans le droit tunisien, d‟autres montages juridiques qui aboutissent au même
résultat, par des voies plus complexes. Ces montages peu fréquents concernent, essentiellement,
les sociétés et constituent des cas particuliers de cession des titres. Nous citons les fusions-
absorptions, les opérations boursières, etc.
La location gérance du fonds de commerce est considérée comme une formule qui abouti à la
cession d‟une entreprise, lorsque le contrat de bail est assorti d‟une promesse unilatérale de
vente, à la fin de la durée du bail.
14
SECTION.I : La cession du fonds de commerce
« La vente du fonds de commerce est un contrat portant sur une propriété incorporelle, un
ensemble d‟éléments qui constitue souvent l‟essentiel du patrimoine du commerçant et dont la
valeur est souvent délicate à déterminer ».12
Les particularités des éléments constitutifs du fonds de commerce ont conduit le législateur
tunisien à imposer des conditions spéciales pour la validité de son acte de vente, en plus des
conditions générales de validité des contrats prévues par le droit commun.
Nous allons traiter, dans la présente section, les conditions de fond et de forme de validité du
contrat de vente du fonds de commerce, la publicité de la vente du fonds de commerce et les
effets de l‟acte de cession du fonds de commerce.
Le contrat de vente du fonds de commerce est soumis aux conditions générales de validité des
contrats, prévues par l‟article 2 COC. Ces conditions sont : le consentement, la capacité, l‟objet
et la cause licite. Il est aussi soumis aux conditions particulières des contrats de vente, prévues
par l‟article 580 COC.
§.1. Le consentement
Le consentement ne doit pas être entaché de vices pour dol, erreur déterminante ou violence.13
Selon les dispositions du droit commun, le dol et les erreurs déterminantes sont à l‟origine de la
nullité du contrat de cession du fonds de commerce.
L‟erreur peut porter, par exemple, sur l‟existence de la clientèle ou la nature du commerce
exercé. En effet, l‟acheteur peut être facilement induit en erreur ou se tromper sur l‟importance
de la clientèle, à cause de sa nature incorporelle. Cette erreur est considérée comme une erreur
sur les qualités substantielles du bien objet de la cession.
La dissimulation des informations dans l‟intention de tromper l‟acheteur sur le chiffre d‟affaire
ou les bénéfices générés de l‟exploitation du fonds de commerce, constitue un cas de dol.14
« Dans certains cas, une simple réticence pourra suffire à constituer un dol et entrainer la nullité
de la vente ».15
12
Amel MZABI « La cession du fonds de commerce », la revue « Info Juridiques» N°8/9, Septembre 2006, pages 28.
13
Article 43 du COC.
14
Habib DAHDOUH « Droit commercial » page 351.
15
§.2. La capacité
La vente du fonds de commerce est un acte commercial. En conséquence, la capacité
commerciale est nécessaire pour pouvoir accomplir cette opération. L‟âge de l‟émancipation,
dans la règle générale, est 20 ans. Toutefois, l‟émancipation peut être acquise dans deux cas
exceptionnels :
- Atteindre l‟âge de 17 ans accomplis et se marier. 16
- Atteindre l‟âge de 18 ans accomplis et obtenir l‟émancipation absolue, dans les conditions des
articles 158 CSP et 12 COC.17
§.3. L’objet
Les éléments constitutifs du fonds de commerce constituent, évidemment, l‟objet du contrat de
cession de ce fonds.
L‟article 189 CC prévoit, comme éléments du fonds de commerce, les biens mobiliers corporels
et incorporels nécessaires pour l‟exercice d‟une activité commerciale.
Ils comprennent, obligatoirement, la clientèle. Aussi et sauf dispositions contraires, ils
comprennent tous les autres biens mobiliers nécessaires pour l‟exploitation de ce fonds de
commerce, tels que l‟enseigne, le nom commercial, le droit au bail, le matériel, l‟outillage,
les marchandises et les brevets.
De ce fait, la clientèle doit figurer, nécessairement, parmi les éléments du fonds de commerce
énumérés dans l‟acte de cession. La convenance des deux parties détermine le reste des autres
éléments à transférer, tels que le droit au bail, le nom commercial et l‟enseigne.
A défaut de précision dans l‟acte de cession, tous les éléments nécessaires à l‟exploitation du
fonds de commerce, et qui sont prévues par l‟article 189 CC, sont présumés transférés au
repreneur.
15
Nébila MEZGHANI « Droit commercial : Actes de commerce, commerçants, fonds de commerce » page 215.
16
Loi n°93-74 du 12/7/1973.
17
Articles 5 et 6 du CC.
18
Habib DAHDOUH « Droit commercial », page 351.
16
§.5. Le prix de vente
Le contrat de vente suppose l‟existence d‟un prix de vente et l‟accord des deux parties sur ce prix
de vente.19
Le prix de vente est déterminé par la libre volonté des deux parties. L‟article 579 COC exige que
le prix soit déterminé ou déterminable, au moment de la conclusion du contrat, et ne doit pas
dépendre d‟un accord ultérieur des deux parties ou d‟un événement ultérieur.
Le prix de vente doit être, entièrement, indiqué dans l‟acte de vente. Les deux parties ne doivent
pas dissimuler une partie du prix de cession.
La dissimulation d'une partie du prix de cession a, généralement, pour buts de frauder le fisc ou
de se désintéresser de ses créanciers, par le vendeur du fonds de commerce, insolvable.
Des règles de forme ont été instaurées dans le droit commercial, en plus des règles de forme du
droit commun. Elles ont pour objectif d‟assurer, essentiellement, l‟information suffisante du
repreneur sur la consistance et la valeur du fonds de commerce à reprendre.
19
L‟article 580 du COC
20
L‟alinéa 1 de l‟article 190 du CC.
21
L‟alinéa 2 de l‟article 190 du CC.
17
Ces mentions obligatoires portent sur :
- L‟origine du fonds.
- L‟état des inscriptions grevant le fonds.
- Les énonciations relatives à l‟activité du fonds.
- Les mentions relatives au bail.
Aux termes du deuxième alinéa de l‟article 190 CC, l‟acte de cession du fonds de commerce doit
mentionner :
- Le nom du précédent vendeur, la date et la nature de son acte d‟acquisition, le prix de cette
acquisition, en spécifiant distinctement les prix des éléments incorporels, des marchandises et
du matériel.
- L‟état des inscriptions des privilèges et nantissements pris sur le fonds.
- Le chiffre d‟affaire qu‟il a réalisé au cours de chacun des trois derniers exercices, ou depuis son
acquisition, si la durée de l‟exploitation n‟a pas comporté trois exercices.
- Les bénéfices réalisés pendant la même période.
- S‟il y‟ a lieu : le bail, sa date, sa durée, le montant du loyer actuel, le nom et l‟adresse du
bailleur.
18
Sous-section 3 : La publicité de la vente du fonds de commerce
- Le dépôt, en vertu de l‟article 192 CC, d‟un exemplaire de l‟acte de vente, au domicile élu,
pour être consulté par les créanciers. Il doit être effectué, à partir de la date de vente et jusqu‟à
l‟expiration d‟un délai de 20 jours de la date de publication au JORT.
L‟acquéreur est tenu de communiquer cet exemplaire à tout créancier ou opposant. A son tour,
et dans le même délai, le vendeur peut prendre communication et copies des oppositions.
22
Amel MZABI « La cession du fonds de commerce », la revue « Info Juridiques » N°8/9, Septembre 2006, pages 29 et 30.
19
L‟article 8 alinéa 5 de la même loi, prévoit que l‟acheteur doit s‟immatriculer pour se prévaloir
de sa qualité de commerçant.
L‟article 191 CC. Alinéa 2 prévoit que l‟extrait, publié dans un quotidien et au JORT, doit
comporter toutes les mentions obligatoires prévues par ce même article. A défaut, les
publications sont nulles, sans entrainer la nullité de l‟opération de cession toute entière.
De sa part, l‟article 204 CC prévoit que l‟acquéreur ne sera pas libéré à l‟égard des tiers si :
Il n‟a pas respecté les formalités de publication, ou
Il a libéré le prix de vente avant l‟expiration du délai de 20 jours, ou
Il n‟a pas déposé son contrat au domicile élu, conformément à l‟article 192 du CC.
Cet article, à son tour, ne prévoit pas la nullité de l‟opération de vente, mais il engage la
responsabilité du repreneur, qui risque de payer le prix de vente une autre fois.
A. L’opposition
Ce droit, prévu par l‟article 193 du CC, peut être exercé par tout créancier ayant une créance
certaine sur le vendeur : privilégiée ou chirographaire, civile ou commerciale, exigible ou non.
Toutefois, l‟alinéa 3 du même article a exclu de ce droit les loyers en cours ou à échoir. Le
bailleur ne peut former opposition que pour les loyers échus. Les loyers, non encore échus et
relatifs à la période après la cession, sont à la charge du repreneur.
20
a. Les modalités de l’opposition
L‟opposition au paiement du prix de cession est faite par acte extrajudiciaire ou par lettre
recommandée avec accusé de réception, au domicile indiqué dans l‟extrait de publicité de
l‟opération de vente.
L‟opposition doit énoncer, d‟une part le nom et le domicile de l‟opposant, et d‟autre part le
montant et la cause de la créance.
Le non respect du contenu de l‟opposition, entraine sa nullité. Cette nullité n‟est pas d‟ordre
public et le vendeur peut ne pas l‟invoquer.23
L‟opposition et le blocage de paiement du prix de vente est une étape provisoire, qui ne doit pas
perdurer et doit déboucher soit sur la mainlevée de l‟opposition, soit sur la répartition du prix de
la vente :
La mainlevée de l‟opposition
Cette technique est instaurée par le législateur pour ne pas gêner le vendeur par des oppositions
non fondées et excessives, dans la mesure où ce législateur accorde en même temps une large
faculté d‟opposition aux créanciers.
La mainlevée de l‟opposition peut être :
- Pure et simple, lorsque l‟opposition est non fondée, ou
- Avec un cautionnement, si l‟opposition est excessive.
23
Nébila MEZGHANI « Droit commercial : Actes de commerce, commerçants, fonds de commerce » page 223.
24
Article 204 CC.
21
25
La mainlevée est simple, lorsque l‟opposition est nulle en la forme ou infondée. Elle permet
au vendeur de se faire rembourser la totalité du prix de vente.
La demande de la mainlevée de l‟opposition est portée par le vendeur, devant le président du
tribunal du lieu de la situation du fonds.26
La mainlevée est avec cautionnement, lorsque les oppositions sont fondées et ont respecté les
conditions de forme, toutefois leur montant est largement inférieur au prix de vente.
Dans ces cas le vendeur peut demander, en référé, l‟autorisation de se faire rembourser le prix de
vente, mais à condition de verser à la caisse des dépôts et consignations ou aux mains d‟un tiers
27
désigné à cet effet, un montant suffisant, fixé par le juge des référés. Ce montant consigné est
B. La surenchère
L‟opposition peut être un mécanisme insuffisant pour protéger les droits des créanciers, contre la
dissimulation d‟une partie du prix de vente, par le cédant et le repreneur.
En effet, si le prix de vente déclaré est inférieur à la valeur réelle du fonds de commerce, il risque
d‟être insuffisant pour désintéresser les créanciers.
Pour cette raison, le législateur a instauré un autre mécanisme au profit des créanciers opposants
ou inscrits, qui est la surenchère du sixième .
Les créanciers peuvent former une surenchère du sixième et demander au tribunal de mettre le
fonds aux enchères publiques, et ce dans les 10 jours qui suivent l‟expiration du délai
d‟opposition.30
25
Nébila MEZGHANI « Droit commercial : Actes de commerce, commerçants, fonds de commerce » page 226.
26
Article 203 CC.
27
Article 200 CC.
28
Article 199 CC. alin1.
29
Article 199 CC. alin2.
30
Article 194 CC.
22
La procédure peut aboutir à la vente du fonds de commerce aux enchères. À défaut d‟enchère, le
créancier surenchérisseur sera déclaré adjudicataire. Il doit être disposé à acquérir le fonds et en
mesure de payer le prix majoré du sixième.31
La cession du fonds de commerce, comme tout contrat synallagmatique, est à l‟origine des
obligations à la charge du vendeur et de l‟acquéreur.
31
Nébila MEZGHANI « Droit commercial : Actes de commerce, commerçants, fonds de commerce » page 226.
32
Art.647 COC
23
L‟article 217 CC assimile l‟inexactitude dans les énonciations obligatoires de l‟acte de cession,
prévues par l‟article 190 du même code, à des vices cachés.
A cet effet, l‟acheteur a un droit de recours double. Il peut faire un premier recours contre le
34
vendeur et annuler la vente et restituer le prix .
Un deuxième recours peut être exercé contre les rédacteurs d‟actes, les intermédiaires et leurs
proposés, qui sont tenus solidairement avec le vendeur, s‟ils ont connaissance des
inexactitudes35.
Ces inexactitudes doivent être significatives et de nature qui induit l‟acheteur en erreur sur la
valeur et la consistance du fonds de commerce acquis.
b. La garantie d’éviction
Cette garantie est instituée par l‟article 631 et suivant du COC. Elle permet à l‟acquéreur « la
jouissance et la paisible possession » du fonds de commerce acquis.
Elle comporte, essentiellement, deux grands volets :
- Le vendeur doit s‟abstenir de tout acte ou réclamation de nature à inquiéter l'acheteur ou à le
priver des avantages escomptés du fonds de commerce acquis, d'après sa destination et l'état
dans lequel il se trouvait au moment de la vente.36
- Le vendeur est tenu de garantir l‟acquéreur de toute éviction, ayant pour origine une situation
au moment de la vente. L‟article 632 du COC a évoqué des cas d‟éviction.
33
Art.655 COC
34
Art.217 CC. alin.1
35
Art.217 CC. alin.2
36
Art.631 COC
37
Art.675 COC
24
[Link] : La cession des titres sociaux
La vente des titres sociaux est réglementée par les dispositions des articles 109 CSC et suivants
pour les parts sociales des SARL et l‟article 155 CSC et suivants pour les parts sociales des
SUARL et les articles 316 CSC et suivants pour les actions des SA.
Les articles 109 et suivants du CSC ont traité la cession des parts sociales des SARL à des tiers
étrangers de la société. Cette cession est soumise à des conditions de forme et de publicité et des
conditions de fond.
25
Il est à signaler qu‟aux termes de l‟article 17 du CSC, l'inobservation des formalités de publicité
entraîne la nullité de l'acte, sous réserve de la régularisation prévue par le présent code.
d. Les formalités d’inscription sur le registre des associés et de signification des cessions
Les formalités d‟inscription de la cession sur le registre des associés et les formalités de
signification de la cession à la société, visent à rendre l‟opération opposable aux associés.
Ces formalités sont prévues par les articles 110 CSC et 111 CSC. Elles sont :
- La signification de la cession à la société.
- L‟inscription de la cession sur le registre des associés, avec mention de la date de l'opération.
Dans le présent paragraphe, nous allons étudier les modalités et les conditions de validité de la
cession et, principalement, la procédure d‟agrément des cessionnaires des parts sociales non-
associés.
38
Le droit tunisien n‟a pas traité la cession des parts sociales entre associés de la même société. Les statuts peuvent
réglementer ce point, et à défaut les parts sociales restent librement cessibles entre les associés.
26
- L‟acceptation est obtenue par le consentement de la majorité des associés représentant le trois
quart du capital social. Cette majorité exigée est double. Elle tient compte du nombre
d‟associés (majorité simple) et le pourcentage du capital représenté (majorité absolue de trois
quart).
Dans le cas où la SARL comprend 2 associés, uniquement, l‟unanimité des associés est exigée.
- Si la société n‟a pas fait parvenir sa réponse dans un délai de 3 mois de la date de notification,
son consentement est réputé accordé.
L‟associé peut, alors, réaliser son projet de cession à une personne étrangère de la société.
L‟achat des parts par un ou plusieurs associés ou par d‟autres tiers agréés :
- La décision de faire acquérir les parts sociales par les tiers, nécessite l‟accord de la majorité des
associés représentant au moins les trois quarts du capital social.
- Le droit tunisien n‟a pas réglé le cas de conflit entre deux ou plusieurs associés désireux
d‟acquérir les parts sociales objet de cession.
Toutefois, il a réglé le cas de désaccord sur prix de cession entre l‟acquéreur et l‟associé
vendeur. L‟article 109 CSC stipule « (…)En cas de désaccord sur le prix de cession, ce dernier
sera déterminé par un expert judiciaire, désigné soit par les parties, soit à la demande de la
partie la plus diligente par ordonnance sur requête rendue par le président du tribunal du lieu du
siège social à la demande de la partie la plus diligente (…) ».
27
sommes dues par la société au cédant seront majorées des intérêts légaux en matière
commerciale.
Si aucune de ces deux possibilités n‟est adoptée, dans le délai de 3mois à compter de la date de
refus, l‟associé peut réaliser la cession initialement prévue.
Le cessionnaire est subrogé au cédant dans les droits (droit d‟information, droit de demander à la
justice la convocation d‟une assemblée, droit de faire partie de la société, droit de vote, etc.) et
les obligations, rattachés à la propriété des parts.
La cession de la totalité des parts sociales est traitée dans l‟article 155 CSC.
L‟associé unique peut vendre la totalité de ses parts sociales dans sa société SUARL. Le
repreneur remplace le cédant dans ses droits et obligations, à partir de la date de publication de la
cession, et la société contenue avec ce nouvel associé unique.
Les formalités de cession des parts sociales d‟une SUARL, sont les mêmes que la cession des
parts sociales d‟une SARL.39
39
L‟article 148 du CSC dispose que le régime juridique des sociétés à responsabilité limitée est applicable aux sociétés
unipersonnelles à responsabilité limitée, sous réserve des dispositions contraires prévues dans les articles 148 à 159 du
même code.
28
Sous-section 3 : La cession des actions
L‟article 315 du code des sociétés commerciales, dispose que «Les valeurs mobilières sont
négociées par leur transfert d'un compte à un autre».
Le législateur a parlé de « la négociabilité » pour la cession des actions. Les actions des sociétés
anonymes, comme toutes les autres valeurs mobilières, sont distinguées par le caractère exclusif
de « négociabilité »40, qui les distingue des parts sociales et des parts d‟intérêt.41
L‟action n‟est pas uniquement cessible, mais elle est négociable, aussi.
42
La notion de « négociabilité » est différente de la notion de « cessibilité ». Cette différence
réside, principalement, sur le plan formel. En effet, la cession des parts est conditionnée par un
formalisme exagéré (comme nous l‟avons traité précédemment).Toutefois, la négociation des
actions est plus simple. Elle nécessite la modification de l‟inscription au compte sur lequel figure
l‟action.
Par ailleurs, et contrairement à la cession des parts sociales, elle n‟est pas soumise à la formalité
fiscale d‟enregistrement.
La négociabilité des actions est le principe, et l‟actionnaire peut vendre ses actions, à tout
moment et à n‟importe qui, et sans autorisation préalable. Toutefois, ce principe n‟est pas absolu
et se trouve confronté à des exceptions d‟ordre légal et contractuel.
- Le code des sociétés commerciales comporte l‟article 318 CSC, qui interdit la négociabilité des
actions d‟apport dans les deux premières années de la date de constitution définitive de la
société44.
40
« La négociabilité peut être définie comme étant la qualité attachée à certains titres représentatifs d’un droit ou d’une
créance, qui en permet une transmission plus rapide et plus efficace que les procédés du Droit civil » : Cours de droit des
sociétés commerciales, du site [Link].
41
Pour l‟interdiction de négociation des parts :
- l‟article 89 du Code des Sociétés Commerciales, relatif aux SNC, dispose : «La société ne peut émettre des titres
cessibles ou négociables»,
- l‟article 102 du Code des Sociétés Commerciales, relatif aux SARL, dispose : «Les parts sociales ne peuvent être
représentées par des titres négociables. Toute décision contraire est nulle».
42
Cours de droit des sociétés commerciales, site [Link].
43
Cours de droit des sociétés commerciales, site [Link].
44
Les actions d‟apport ne sont pas négociables durant cette période de deux ans, mais elles sont cessibles, selon les
procédés du droit civil.
29
L‟article 320 CSC interdit la négociabilité des actions avant l‟immatriculation de la société au
registre de commerce.
L‟article 187 CSC punit d'une amende de 1.000 dinars à 10.000 dinars toute personne qui aura
négocié des actions dont le premier quart n'a pas été libéré.
- L‟article 10 de la loi n° 2001-65 du 10 juillet 2001, relative aux établissements de crédit,
soumet à un agrément préalable l‟opération d‟acquisition d‟actions d‟un établissement de
crédit, qui est à l‟origine d‟entraîner le contrôle ou la détention d‟un pourcentage égal ou
supérieur à 10% des droits de vote.
- L‟article 31 de la loi n° 95-34 du17 avril 1995 relative au redressement des entreprises en
difficultés économiques, dispose qu‟ «en cas d‟éviction du dirigeant de l‟entreprise et son
remplacement par un administrateur judiciaire, le tribunal peut interdire au dirigeant de réaliser
toute opération de cession ou de gage sur ses actions sans son autorisation».
a. La clause d’agrément
La société peut incorporer dans ses statuts une clause d‟agrément, qui limite la libre négociation
de ses actions.
Cette possibilité est prévue par l‟article 321 CSC, qui dispose que «Sauf en cas de succession ou
de cession soit à un conjoint, soit à un ascendant ou à un descendant, la cession à un tiers
d'actions émises par une société ne faisant pas appel public à l‟épargne, peut être soumise à
l‟agrément de la société par une clause statutaire».
Il en découle des dispositions de cet article que :45
- La condition d‟agrément doit être prévue par une clause insérée dans les statuts de la société.
- Le non respect de la clause d‟agrément entraine la non-opposabilité de l‟opération de cession
envers les tiers.
- La cession des actions, en présence de la clause d‟agrément, devient un acte subordonné à
l‟accomplissement des formalités de dépôt et de publicité légale, prévues par l‟article 16 du
CSC.46
45
Cours de droit des sociétés commerciales, site [Link].
46
L‟article 16 du CSC dispose : «Sont soumis aux formalités de dépôts et de publicité, tous les actes et les délibérations
ayant pour objet : (...) - les cessions de parts sociales ou d'actions à l'exception de celles concernant une société cotée en
bourse ou d'une société anonyme dont l'acte constitutif ne comporte pas les conditions de cession».
30
- La traduction d‟une cession d‟actions, au niveau des comptes de valeurs mobilières, sans passer
par les procédures d‟agrément, constitue une violation des statuts et engage la responsabilité
des dirigeants.
L‟objectif ultime de cette option juridique est de limiter le libre accès à l‟actionnariat d‟une
société anonyme. Elle trouve son fondement dans les sociétés familiales, où les propriétaires sont
les membres d‟une seule famille, qui refusent l‟intrusion de personnes indésirables dans leurs
affaires familiales.47
b. La clause de préemption
La clause de préemption peut être insérée dans le pacte d‟associés. Elle donne un droit de
préférence à un ou plusieurs actionnaires, par rapport à toute autre personne, d'acquérir les
actions à céder par un coactionnaire dans la même société.
La clause de préemption est différente de la clause d‟agrément, car l‟actionnaire qui désire
vendre ses actions n‟est pas soumis à une obligation d‟autorisation préalable de la société
émettrice. Il est tenu à une simple obligation d‟offrir ses actions à céder, à un coactionnaire
bénéficiaire de la clause de préemption.
47
Elle peut être aussi imposée par un texte légal, tel que l‟article 4 de la loi n° 88-108 du 18 août 1988, portant refonte de
la législation relative à la profession d‟expert-comptable, qui prévoit l‟obligation d‟agrément, par le conseil
d‟administration, des nouveaux actionnaires dans les sociétés membres de l‟Ordre des Experts Comptables de Tunisie .
31
CONCLUSION :
Le droit tunisien comporte une panoplie de textes, qui permettent aux praticiens le montage
juridique de l‟opération de transmission des entreprises.
Toutefois, ce cadre législatif mérite encore une amélioration dans certains aspects en liaison,
principalement, avec :
- Le montage de l‟opération de transmission.
- La phase après la transmission.
- Les acteurs et les intervenants dans l‟opération de transmission.
49
Le rachat de l‟entreprise par ses salariés (RES) est un montage encouragé dans les pays
occidentaux, car il présente les avantages suivants :
- Il garantie l‟existence d‟un repreneur pour l‟entreprise et évite sa disparition pour défaut de
repreneur, lors de l‟arrivé de son dirigeant à l‟âge de la retraite.
- Il est l‟origine d‟une forte chance de réussite de l‟opération de transmission, par rapport aux
autres montages, et en conséquence il garantie la pérennité de l‟entreprise.
- Il est à l‟origine d‟une motivation commune chez les salariés, qui acceptent de faire des
sacrifices économiques pour relancer l‟entreprise.
La location gérance des titres est une nouvelle disposition prévue par le législateur français, à
travers la loi du 3 Août 2005. Elle s‟apparente à la location gérance du fonds de commerce.
48
Le législateur français a cherché, depuis l‟année 1959, à développer la participation dans le capital et le rachat de
l‟entreprise par ses salariés ; et ce à travers une panoplie de textes juridiques. Nous citons, principalement, la loi n° 84-578
du 9 juillet 1984 sur le développement de l'initiative économique, qui a institué la reprise de l'entreprise par ses salariés
(RES).
49
Taoufik BACCAR, ex-gouverneur de la BCT, lors d‟une journée d‟études et de réflexion « l‟entreprise familiale à
l‟épreuve de la transmission » organisée par L‟ATUGE, le CJD-UTICA et la CTFCI, le 02 février 2006, a attiré l‟attention
sur ce sujet très peu appliqué en Tunisie :« L’implication des salariés est aussi indispensable pour augmenter les chances
de réussite d’une transmission, particulièrement dans les entreprises à faible intensité capitalistique et axé sur les métiers
et la savoir-faire professionnel ».
32
Elle abouti à la transmission de l‟entreprise, lorsque le contrat de bail des actions ou des parts
sociales est assorti d‟une promesse unilatérale de vente, à la fin de la durée du bail, moyennant le
versement d‟un montant convenu autre que les versements au titre des loyers.
33
[Link] : LE COUT FISCAL DE LA TRANSMISSION, A TITRE ONEREUX, DE
L’ENTREPRISE TUNISIENNE
Le coût fiscal peut constituer un vrai handicap pour la réalisation de l‟opération de transmission
de l‟entreprise, du fait que cette opération est à l‟origine de l‟imposition du capital objet de
transmission, et des plus-values qui peuvent en découler.
A cet effet, le législateur tunisien a commencé par l‟adoption des mesures de faveur destinées à
adoucir le coût fiscal, à travers les dispositions de la loi de finances pour l‟année 2007 et les
articles 46 à 49 de la loi n° 2007-69 du 27décembre 2007, relative à l‟initiative économique.
Nous allons nous limiter dans notre présent travail à l‟étude du coût fiscal de la transmission à
titre onéreux des entreprises, dans le cadre du régime de faveur et dans le cadre du régime
général, où les conditions requises pour bénéficier du régime de faveur ne peuvent pas être
remplies.
34
SECTION.I :L’imposition de la transmission à titre onéreux selon le régime
général
Le régime général est le régime de base et reste applicable, tant que les conditions exigées par la
loi n° 2006-85 du 25 décembre 2006 portant loi de finances pour la gestion de l‟année 2007, ne
sont pas remplies.
Dans la présente section nous allons traiter l‟imposition de la transmission à titre onéreux, et ce
dans le cadre de ce régime général.
Le code de l‟IRPP-IS51 a instauré un régime spécifique applicable à l‟impôt sur les revenus des
personnes physiques soumises au régime forfaitaire, lors de l‟année de cession du fonds de
commerce.
À titre exceptionnel, la base de calcul de l‟IRPP au titre de l‟année de cession du fonds de
commerce est constituée de la différence entre les recettes et les dépenses, relatives à l‟année
concernée, augmentée de la plus-value de cession dudit fonds.
Dans ce cas, l‟impôt annuel sur le revenu est liquidé sur la base du barème de l‟impôt sur le
revenu, sans que ledit impôt, ainsi calculé, ne puisse être inférieur à l‟impôt forfaitaire exigible.
50
Article 9. §IV. Point 2 codes de TVA.
51
Article 44. §IV. Point 3 codes d‟IRPP-IS.
35
§.2. Les impôts à la charge du cessionnaire
Le cessionnaire est soumis aux droits de mutation sur les immeubles et le fonds de commerce,
exploités par l‟entreprise objet de transmission.52
53
- Les immeubles sont soumis au taux de 5% du prix de cession avec majoration
éventuellement de 3%, si l‟acte de cession ne fait pas mention de la justification du paiement
des droits d‟enregistrement afférents à la dernière mutation à titre onéreux ou par décès. 54
- Le fonds de commerce est soumis, au taux de 2,5%. 55
Le prix des marchandises et autres biens meubles sont inclus dans l‟assiette imposable au
même taux, lorsqu‟il n‟est pas mentionné d‟une manière individualisée dans l‟acte de cession.
La liste des plus-values de cession des actions et parts sociales exonérées, est devenue ainsi :
- La plus-value sur cession des actions admises à la cote de la BVMT et acquises avant le
premier janvier 2011.
- La plus-value sur cession d‟actions, réalisée dans le cadre d'une opération d'introduction à la
BVMT.
- La plus-value sur cession d‟actions admises à la cote de la BVMT acquises à partir du premier
janvier 2011 et dont la cession intervient après l‟expiration de l‟année suivant celle de
l‟acquisition ou de souscription.
52
Article 3. §I. Points 2 et 3 CDET.
53
Article20 .Point 1 CDET.
54
Article20 Point 10 CDET.
55
Article 20 Point 13 CDET.
36
- La plus-value sur cession des parts de fonds d‟amorçage et des parts des fonds communs de
placement à risque, prévus par la législation les régissant.
- La plus-value réalisée par les personnes physiques et provenant des opérations de cession des
actions des sociétés d'investissement à capital variable prévues par la loi n°2001-83 du 24
juillet 2001 portant promulgation du code des Organismes de Placement Collectif.
- La plus-value réalisée pour le compte des tiers personnes physiques par les sociétés
d‟investissement à capital risque exerçant dans le cadre de la loi n° 88-92 du 2 août 1988
relative aux sociétés d‟investissement, telle que modifiée et complétée par les textes
subséquents.
- La plus-value de cession des actions et des parts sociales réalisée par les sociétés
d'investissement à capital risque, prévues par la loi n° 88-92 du 2 août 1988, et les textes qui
l'ont modifié, qui remplissent les conditions prévues par ladite loi, pour leur compte ou pour le
compte d'autrui, conformément aux dispositions de l'article 21 de la loi susvisée.
Le législateur fiscal a institué deux régimes spécifiques libératoires, pour l‟imposition des plus-
values sur cession des actions et parts sociales :
- Les plus-values réalisées par les personnes physiques sur les titres non affectés à un actif
professionnel ; et
- Les plus-values sur cessions d‟actions et parts sociales réalisées par les personnes physiques
non résidentes et les personnes morales non établies ni domiciliées en Tunisie.
a. Les plus-values de cession des actions et parts sociales non affectés à un actif
professionnel (au bilan)
Le champ d‟application :
Sont soumis à cet impôt spécifique :
- La plus-value sur cession d‟actions admises à la cote de la BVMT, non rattachées à un actif
professionnel et acquises à partir du premier janvier 2011 et dont la cession intervient avant
l‟expiration de l‟année suivant celle de l‟acquisition ou de la souscription.
- La plus-value sur cession des actions non cotées ou des parts sociales ou des parts de fonds,
non rattachées à un actif professionnel.
37
La base imposable et le taux d‟imposition:
La base imposable est constituée de la somme des plus-values déduction de la somme des moins-
values de toutes les opérations de cession soumises à cet impôt, durant l‟année civile, et avec un
abattement d‟une franchise de 10.000 dinars.
Cet impôt est calculé au taux de 10%.
b. Les plus-values sur cessions des actions et parts sociales réalisées par les personnes
physiques non résidentes et les personnes morales non établies ni domiciliées en Tunisie.
La loi de finances pour la gestion 2011 a institué une retenue à la source libératoire de l‟impôt au
titre des plus-values sur cessions d‟actions et parts sociales réalisées par les personnes physiques
non résidentes et les personnes morales non établies ni domiciliées en Tunisie.
Toutefois, ces personnes peuvent opter pour l‟imposition des plus-values réalisées aux taux de
10% pour les personnes physiques et de 30% pour les personnes morales. Dans ce cas, la plus-
value imposable est égale à la différence entre le prix de cession des actions ou des parts sociales
et leur prix d'acquisition diminuée de la moins-value enregistrée au titre des opérations de
cession de la même année et un montant de 10.000 dinars sur le reliquat.
56
Article 3. §I. points 8 et 8 bis CDET.
57
Article 23. §I. Points 22 CDET.
58
Article 23. §I. Points 23 CDET.
39
[Link] : L’imposition de la transmission à titre onéreux, selon le régime
de faveur
Le régime de faveur est instauré par la loi n°2006-85 du 25 décembre 2006, portant loi de
finances pour la gestion 2007 et complété par la loi n°2007-69 du 27 décembre 2007, relative à
l‟incitative économique.
Il a pour objectif la mise en place d‟un cadre favorable pour la transmission des entreprises
tunisiennes.
Il prévoit des avantages en matière d‟impôts directs, de la taxe sur la valeur ajoutée et des droits
d‟enregistrement, sous réserve de respecter certaines conditions.
Comme nous l‟avons avancé dans l‟introduction générale, notre présent travail a été consacré
aux montages les plus usuels de la transmission à titre onéreux et n‟a pas traité des cas
particuliers, tels que la cession des entreprises en difficultés économiques et les fusions-
absorptions. Cette limitation a pour cause la multitude de ces cas particuliers et la difficulté de
les cerner, exhaustivement, dans un travail pareil.
De ce fait, nous allons traiter seulement les deux premières opérations de ce régime de faveur,
énoncées ci-dessus.
40
Sous-section 1 : L’imposition de la transmission d’une entreprise individuelle
b. Les conditions
- Les actifs cédés doivent être inscrits au bilan, à la date de la cession.
- L‟entreprise objet de cession doit être soumise à l‟impôt sur les revenus selon le régime réel.
- Un état détaillé des actifs cédés avec mention de leur valeur comptable nette, la valeur de
cession et la plus ou moins-value de cession, doit être joint à la déclaration annuelle de l‟impôt
de l‟année de déduction.
- L‟entreprise cessionnaire doit poursuivre l‟exploitation de l‟entreprise ou de l‟unité acquise
pendant une période de 3 ans, commençant à partir du premier janvier de l‟année suivant celle
de l‟acquisition desdits actifs.
c. La déchéance
La déchéance de l‟avantage de déductibilité des plus-values de cession, entraîne le paiement de
l‟impôt sur le revenu non acquitté, majoré des pénalités de retard calculées selon la législation en
vigueur, et ce en cas de non respect de la condition de la poursuite de l‟exploitation.
La déchéance est non applicable en cas de non respect de cette condition pour des motifs qui ne
sont pas imputables à l‟entreprise cessionnaire. Ces motifs sont fixés par décret.
59
Le nouvel article 11 bis du code de l‟IRPP et l‟IS, ajouté par l‟article 12 de la loi de finance pour l‟année 2007.
41
A. Les impôts directs et les avantages fiscaux
a. Les avantages
- La poursuite du bénéfice de l‟avantage de prise en charge par l‟Etat de la contribution patronale
au régime légal de sécurité sociale, pour la période restante dudit avantage60 .
- Les avantages accordés conformément au code des incitations aux investissements sont
transmissibles au cessionnaire dans les mêmes conditions initialement prévues pour le cédant et
ne sont pas déchues61 .
- La déduction ,dans la limite de 35% de l‟assiette imposable ,et ce sous réserve du minimum
d‟impôt62,des revenus ou bénéfices réinvestis dans l‟acquisition d‟entreprises, dont l‟exploitant
a atteint l‟âge de la retraite ou se trouvant dans une situation d‟incapacité de poursuivre
l‟exploitation de l‟entité 63.
b. Les conditions
- L‟entreprise cédée doit exercer une activité éligible aux avantages du code des incitations aux
investissements.
- L‟entreprise cessionnaire doit poursuivre l‟exploitation de l‟entreprise acquise, pour au moins
une période de 3 ans, à partir du premier janvier de l‟année qui suit celle de l‟acquisition.
- Le cessionnaire personne physique, exerçant une activité relevant des BIC ou des BNC, doit
tenir une comptabilité conforme au système comptable tunisien.
- L‟enregistrement des actifs de l‟entreprise cédée, au bilan de l‟entreprise cessionnaire, de
l‟année concernée par la déduction.
- Un état détaillé des actifs acquis avec mention de leurs valeurs d‟acquisition, doit être joint à la
déclaration annuelle de l‟impôt, ainsi qu‟une copie de la décision du ministre des finances
accordant le bénéfice de la déduction.
c. La déchéance
Le non respect de la condition de poursuite de l‟activité entraine le paiement par le bénéficiaire
de la déduction de l‟impôt non acquitté, au titre des montants réinvestis, majoré des pénalités de
retard.
La déchéance est non applicable en cas de non respect de cette condition pour des motifs qui ne
sont pas imputables à l‟entreprise cessionnaire. Ces motifs sont fixés par décret.
60
§2 nouveau de l‟article 53 du CII, tel que modifié par l‟article 15 de LF 2007.
61
§2 nouveau de l‟article 53 du CII, tel que modifié par l‟article 15 de LF 2007.
62
Le minimum d‟impôt prévu par l‟article 12 bis de la loi N°89-114 du 30 décembre 1989, portant promulgation du code
de l‟IRPP et de L‟IS.
63
Les articles 39 quater § I et 48 quater §I du code de l‟IRPP-IS, ajoutés par l‟article 14 de la loi des finances pour la
gestion 2007.
42
B. Les droits d’enregistrement et de timbres
a. Les avantages 64
Sont soumises au droit fixe de 100 dinars par acte, les opérations de transmission à titre onéreux
de la totalité de l‟entreprise ou d‟une partie qui constitue une unité économique indépendante, et
qui s‟effectuent suite à l‟atteinte du propriétaire de l‟entreprise de l‟âge de la retraite ou à son
incapacité de poursuivre la gestion de l‟entreprise.
b. Les conditions 65
Le bénéfice de l‟avantage du régime de faveur, en matière des droits d‟enregistrement, est
soumis aux conditions suivantes :
- L‟entreprise transmise doit avoir déposé une déclaration d‟existence et entamé effectivement
son activité à la date de sa transmission.
- L‟entreprise transmise doit être soumise à l‟IS ou à l‟IRPP selon le régime réel.
- Les biens cédés doivent être inscrits au bilan à la date de la transmission.
- Le cessionnaire s‟engage à continuer l‟exploitation pour une durée minimale de 3 ans à
compter du premier janvier de l‟année suivant l‟année de transmission.
c. La déchéance66
En cas de cessation de l‟exploitation avant l‟expiration de la période ci-avant prévue, l‟entreprise
est tenue de payer le droit applicable aux ventes, majoré des pénalités de retard exigible
conformément à la législation en vigueur.
Cette déchéance est non applicable en cas de non respect de cette condition pour des motifs qui
ne sont pas imputables à l‟entreprise cessionnaire. Ces motifs sont fixés par décret.
64
Point 20 bis de l‟article 23 du CDET, ajouté par l‟article 17 de la loi de finances pour l‟année 2007.
65
§VII de l‟article 23 du CDET, ajouté par l‟article 18 de la loi de finances pour l‟année 2007.
66
§VIII de l‟article 23 du CDET, ajouté par l‟article 18 de la loi de finances pour l‟année 2007.
67
§ IV-2 de l‟article 9 du code de TVA, tel que modifié par l‟article 20 LF 2007.
43
b. Les conditions
L‟entreprise objet de la cession doit communiquer au bureau de contrôle des impôts compétant,
dans le mois qui suit celui au cours duquel l‟opération de cession a eu lieu, un état comprenant,
notamment :
- La désignation des bâtiments, équipements et matériels objet de la cession.
- Les dates de leurs acquisitions.
- Les prix d‟acquisition hors TVA.
- Les taux et les montants des TVA déjà déduits au titre de ces actifs ou ayant fait l‟objet de
suspension.
- Le pourcentage de déduction pour les entreprises partiellement soumises à la TVA.
c. La déchéance
La cession de l‟activité ou la cession des bâtiments, équipements ou matériel donnent lieu au
paiement, par l‟entreprise cessionnaire, du montant de la taxe sur la valeur ajoutée déduit ou
ayant fait l‟objet de suspension au niveau de l‟entreprise cédante, diminué d‟un cinquième par
année civile ou fraction d‟année civile de détention au niveau de l‟entreprise cédante et de
l‟entreprise cessionnaire, s‟il s‟agit d‟un équipement ou matériel, et d‟un dixième par année
civile ou fraction d‟année civile de détention s‟il s‟agit d‟un bâtiment.
68
La loi n° 2007-69 du 27décembre 2007, relative à l'initiative économique.
44
Sous-section2 : L’imposition de la transmission d’une entreprise de forme sociétaire
b. Les conditions
Le bénéfice de la déduction est subordonné à :
- La détention du cédant de plus que 50% du capital de la société qu‟il dirige et ce d‟une manière
directe ou indirecte.
- La poursuite, par le cessionnaire, de l‟exploitation de l‟entreprise ou de l‟unité acquise pendant
une période de 3 ans commençant à partir du premier janvier de l‟année suivant celle de
l‟acquisition.
c. La déchéance
Le non respect de la condition de la poursuite de l‟exploitation entraine la déchéance de
l‟avantage de déductibilité des plus-values de cession. En conséquence, le paiement de l‟impôt
sur le revenu non acquitté, majoré des pénalités de retard calculées selon la législation en
vigueur.
La déchéance est non applicable en cas de non respect de cette condition pour des motifs qui ne
sont pas imputables à l‟entreprise cessionnaire. Ces motifs sont fixés par décret
69
Article 38, point 19 du code de l‟IRPP-IS, ajouté par l‟article 13 LF 2007.
70
Les articles 39 quater. §II et 48 quater. §II du code de l‟IRPP-IS, ajoutés par l‟article 14 de la LF 2007.
71
Le minimum d‟impôt prévu par l‟article 12 bis de la loi N°89-114 du 30 décembre 1989, portant promulgation du code
de l‟IRPP-IS.
45
b. Les conditions
Le bénéfice de la déduction est subordonné à :
- La tenue d‟une comptabilité conformément à la législation en vigueur.
- La production d‟un état les titres acquis, joint à la déclaration annuelle de l‟impôt de l‟année de
la déduction.
c. La déchéance
Le non respect de la condition de poursuite de l‟activité entraine le paiement par le bénéficiaire
de la déduction, de l‟impôt non acquitté au titre des montants réinvestis majoré des pénalités de
retard.
La déchéance est non applicable en cas de non respect de cette condition pour des motifs qui ne
sont pas imputables à l‟entreprise cessionnaire. Ces motifs sont fixés par décret.
46
CONCLUSION :
- La condition d‟incapacité : est dure pour le propriétaire de l‟entreprise, car elle constitue une
divulgation de ses propres secrets personnels et familiaux. Elle peut être considérée, même, une
atteinte aux droits de l‟homme.
- La condition de l‟imposition à l‟IRPP selon le régime réel, pour la cession des entreprises
individuelles : diminue la portée de ce régime de faveur pour les entreprises tunisiennes. En
effet, la partie prépondérante des contribuables tunisiens personnes physiques est soumise au
régime forfaitaire au titre des BIC et BNC.
« Nous concluons par dire que le nouveau régime de faveur constitue certes un acquis important
marquant un progrès considérable dans la fiscalité de la transmission des entreprises. Toutefois,
les nombreuses conditions posées limiteront les effets positifs attendus de ce régime. En
imposant ces conditions, le législateur a certainement tenu compte du « coût fiscal » que pourrait
avoir les avantages consentis, mais il n‟a pas été tenu compte du « coût de la non transmission ».
C‟est un nouveau régime qui a son mérite, au moins d‟exister, mais qui a aussi ses limites, il
convient alors d‟engager la réflexion pour l‟améliorer d‟avantage, sans négliger le régime
général qui demeure très coûteux et très contraignant » 73
72
Arguments avancés par Fayçal DERBEL dans son article « Les régimes fiscaux de la transmission d‟entreprises », « La
revue comptable et financière » RCF n° 80, page 44.
73
Fayçal DERBEL, article : « Les régimes fiscaux de la transmission d‟entreprises », de « La revue comptable et
financière » RCF N° 80, page 44.
47
[Link] : LE PROCESSUS DE REALISATION DE LA TRANSMISSION D’UNE
ENTREPRISE, A TITRE ONEREUX.
Le schéma suivant récapitule, selon une démarche chronologique, les principales étapes de
réalisation de l‟opération de transmission à titre onéreux d‟une entreprise.
Il comprend des étapes communes pour le cédant et le repreneur, tels que le diagnostic et
l‟évaluation de l‟entreprise objet de transmission.
Ces étapes ne se font pas en même temps et dans le même ordre chronologique du processus de
transmission. En effet, le cédant procède au diagnostic et à l‟évaluation de son entreprise, avant
de la présenter à la vente et avant d‟entrer en contact avec les repreneurs potentiels. Toutefois, le
repreneur ne peut pas procéder à ces étapes de diagnostic et d‟évaluation, que sur la base des
données obtenues au fur et à mesure de l‟avancement des négociations avec le cédant.
48
LE CEDANT LE REPRENEUR
Réflexion sur son projet de vie (1), Réflexion sur son projet professionnel (2)
Processus de réalisation de l‘opération de transmission.74
Négociation (4)
74
Les étapes du processus de transmission des entreprises, à titre onéreux, tels qu‟ils figurent dans le schéma ci-dessus,
seront regroupées et développées dans le présent chapitre comme suit :
(1) La préparation de l‟entreprise à sa transmission, par le cédant, et la recherche des repreneurs potentiels.
(2) La présélection de l‟entreprise cible, par le repreneur.
(3) Le diagnostic et l‟évaluation de l‟entreprise.
(4) La négociation de l‟opération.
(5) Le montage juridique, fiscal et financier.
(6) La signature des actes et la prise en main de l‟entreprise par le repreneur
49
SECTION.I :La préparation de la transmission et la recherche des repreneurs
potentiels
La préparation de la cession d‟une entreprise ne se fait pas, durant les derniers jours qui
précédent la date de l‟opération. Elle doit être entamée une période suffisamment d‟avance, qui
peut durer même des années. Elle doit être une opération anticipée et non pas improvisée.
Elle comprend l‟aspect psychologique et affectif, qui est la préparation du cédant soi-même à
transmettre, et puis l‟aspect technique, qui est la préparation de l‟entreprise pour la céder.
Le chef d‟entreprise est considéré prêt à céder, lorsque les raisons et les objectifs de la cession
sont clairs, et lorsqu‟il est sûr de sa volonté de transmettre.
La définition des raisons de la cession conduit à définir les objectifs recherchés de cette
opération. Elles peuvent être :
- La maximisation de ses profits et la recherche du prix le plus élevé .Dans ce cas, il doit
consentir plus de garanties et accepter des audits approfondis de la part du repreneur.
- La minimisation des responsabilités et des risques, après la cession. Dans ce cas, la vente d‟un
fonds de commerce est une solution appropriée.
- Le maintient, en priorité, des emplois. La vente aux salariés est une solution appropriée pour
cet objectif.
- La recherche de la solution fiscale la moins onéreuse.
50
- La cession progressive du contrôle, au bénéfice d‟un repreneur. La vente, par lots, des titres
composant le capital de la société à transmettre, est envisageable dans ce cas.
- La conservation, pendant encore quelques années, du contrôle de l'entreprise.
- La conservation par le cédant d‟un statu de salarié ou de conseiller de l‟entreprise.
La définition des objectifs et leur classement, par ordre de priorités, permettent au chef
d‟entreprise de définir le meilleur schéma de transmission, satisfaisant au mieux à ces objectifs.
Le schéma de transmission permet de répondre aux questions suivantes :
Vendre à qui : les salariés de l‟entreprise, des personnes étrangères, etc.
Vendre quoi : vente d‟actifs, vente du fonds de commerce, vente de la totalité ou d‟une partie des
titres sociaux, etc.
Vendre comment : vente pure et simple du fonds de commerce, vente des actions ou parts
sociales, location gérance, fusion, etc.
Vendre quand : le choix du moment de l‟opération.
Les objectifs et le schéma de transmission qui permet d‟aboutir à ces objectifs doivent être en
harmonie avec la situation réelle de l‟entreprise à transmettre. De ce fait, l‟entreprise elle-même
doit faire l‟objet d‟une préparation préalable à sa transmission.
La décision de céder doit être précédée par une réflexion approfondie. Le cédant doit se poser
des questions, notamment :
- S‟il est prêt à arrêter de travailler ou à changer d‟activité.
- S‟il a un projet personnel après la cession.
- S‟il est convaincu de céder le pouvoir et l‟autorité.
- Quelle utilisation future des capitaux qui vont être générés par la vente de son affaire.
- Quelle est sa situation, après la cession de l‟entreprise : ses obligations et ses responsabilités, sa
relation avec l‟entreprise, etc.
51
on perd ses moyens et on craque au pire moment. Il est courant de voir un vendeur se rétracter
sous des prétextes irrationnels qui traduisent sa peur du changement ! »75
Par ailleurs, le cédant doit être disposé à consacrer du temps et être patient. Cette opération peut
durer, même, plus qu‟une année. De ce fait, il doit être prêt à fournir l‟effort nécessaire pour la
gérer et accepter tout type de dérangement.
Il doit être sûr de ne pas lâcher. Même avec les meilleurs experts, sa disponibilité est nécessaire
pour mener les étapes suivantes du processus de transmission.
« Une autre image s‟impose lorsque l‟on parle de cession : Vous vous préparez à marier votre
enfant. Forcément, il est unique : le plus beau, le plus intelligent. Si par hasard, le futur marié se
permet d‟émettre une critique, elle est irrecevable. De la même façon, pour un dirigeant, son
entreprise a tous les charmes. Mais dès qu‟elle est à céder, elle devient un produit sur un marché,
celui de la reprise d‟entreprise. Votre entreprise sera donc comparée à d‟autres et les avis émis ne
seront probablement pas toujours agréables à entendre ».76
La préparation de l‟entreprise pour sa vente est une étape indispensable, qui incombe au vendeur,
dans le but de rendre son entreprise attractive pour les repreneurs potentiels. Elle s‟agit de cerner
les éventuels points faibles de l‟entreprise et de les corriger.
Son impact sur la suite du processus de transmission, essentiellement, l‟évaluation, la
négociation et le montage de l‟opération est important. En effet, une meilleure préparation de
l‟entreprise augmente sa valeur de cession et évite les longues discussions avec les acquéreurs
potentiels.
Les travaux de préparation de l‟entreprise, sont effectués par le cédant et ses conseillers sur la
base des résultats du diagnostic et après l‟identification de ses forces et de ses faiblesses. Ils
consistent, principalement, en l‟élimination des causes de non cessibilité, l‟adoption d‟une
structure juridique qui facilite la transmission et le nettoyage des états financiers.
L‟expert-comptable, étant le principal conseiller du chef d‟entreprise, peut intervenir dans ces
différents travaux de préparation de l‟entreprise, seul ou avec les autres spécialistes intervenants
dans l‟opération. Dans la deuxième partie de notre présent travail, nous allons développer les
diligences qui peuvent être effectuées par l‟expert-comptable, à cet effet.
75
« Préparer la cession de son entreprise » article publié dans le site [Link].
76
Jean-Michel GAULTIER « Quel est le partenaire idéal pour réussir sa cession ? », article publié dans [Link],
Newsletter N° 153 du 15/9/2005.
52
Sous-section 3 : La recherche des repreneurs potentiels
Le cédant doit arrêter un profil détaillé du repreneur potentiel. Généralement, ce profil recherché
est celui qui garantie la réussite de l‟opération de transmission et la pérennité future de
l‟entreprise cédée. En conséquence, il est déterminé en fonction des critères suivants :
- Les compétences nécessaires du repreneur : Elles sont importantes pour pouvoir gérer
l‟entreprise et garantir sa pérennité, après sa reprise. Le repreneur doit, à titre d‟exemple, avoir
une expérience réussie dans le secteur d‟activité concernée ou un secteur très proche.
- La capacité financière du repreneur : Il doit être capable de payer le prix de cession et satisfaire
les besoins financiers futurs de l‟entreprise.
- La motivation du repreneur pour la reprise : Il doit avoir une très forte motivation, qui dépasse
le simple dépôt de sa candidature.
- Les critères spécifiques à l‟entreprise objet de cession, et ses besoins dans l‟avenir.
53
§.2. La fixation d’un plan de recherche des repreneurs potentiels
Après la fixation du profil souhaité, le cédant procède à définir un plan de prospection des
repreneurs potentiels. La définition de ce plan consiste, essentiellement, à choisir les canaux qui
permettent le rapprochement et le contact avec les repreneurs potentiels.
Actuellement, en Tunisie, les canaux utilisés se limitent aux intervenants classiques, tels que les
banquiers, les experts-comptables et les avocats. Il existe aussi l‟approche directe, où le cédant
prend contact directement avec ses amis ou des tiers de son entourage d‟affaires, ou il introduit
des annonces dans la presse spécialisée.
Le cédant éveille l‟intérêt des repreneurs potentiels, par la diffusion d‟une « fiche de présentation
flash ».
Le nombre des repreneurs, auxquels ce document est transmis, dépend des canaux de diffusion
choisis et utilisés par le cédant. Il devient important, lorsque le cédant sort du périmètre de son
entourage personnel et professionnel et fait recours à des spécialistes, des banquiers, des
annonces, etc. Le cédant peut, au contraire, établir une liste restreinte de repreneurs potentiels,
pour diffuser ce document.
La fiche de présentation flash est un document qui contient des informations limitées. Il ne
mentionne pas, même, le nom de l‟entreprise. À ce stade de l‟opération, il est prématuré de
divulguer des informations détaillées et confidentielles.
77
Le marché de transmission, en France, comprend plusieurs organismes des secteurs public et privé, qui favorisent le
rapprochement entre les cédants et les repreneurs potentiels. Nous citons : le réseau des chambres de commerce et de
l‟industrie(CCI), l'Agence pour la création d'entreprise (APE), l‟association nationale Cédants et repreneurs d'affaires
(CRA), des moteur de recherche d'annonces mises en lignes par des professionnels (experts-comptables, notaires, avocat,
...), etc. En Tunisie, la banque d‟affaire de Tunisie (BAT) a une expérience dans l‟accompagnement et le conseil dans la
transmission des grandes entreprises.
54
A partir des offres des candidats acquéreurs qui ont manifesté leurs intérêts, le cédant choisit une
liste des candidats jugés sérieux. Il met à leur disposition un dossier de présentation complet.
Ce dossier de présentation complet contient des informations plus détaillées sur l‟entreprise objet
de cession. Il permet à l‟acquéreur potentiel de mieux connaitre l‟entreprise.
55
[Link] : La décision de reprise et la présélection de l’entreprise cible,
par le repreneur
La décision d‟acquérir ne relève pas du hasard. Elle est, souvent, la conséquence d‟une stratégie
et des objectifs fixés d‟avance par l‟acquéreur personne physique ou personne morale.
La définition claire de la stratégie et des objectifs de reprise est nécessaire. En effet, ces éléments
influencent et orientent différents aspects de l‟opération de reprise, tels que la nature des
éléments à reprendre, et le moment de réalisation de l‟opération de reprise et ses modalités.
Les exemples suivants expliquent cette relation de dépendance79 :
La nature des éléments à reprendre :
Si l‟objectif du repreneur est la prise de contrôle, l‟acquisition des actions et des parts sociales de
la société s‟impose comme une meilleure solution. S‟il cherche l‟accroissement de son potentiel
de production, une simple acquisition des actifs suffit, au lieu de prendre contrôle de toute la
société propriétaire de ces actifs.
78
Jean paillusseau « La cession d‟entreprise », éditions DALLOZ 1993, Pages 16-17.
79
Jean paillusseau « La cession d‟entreprise », éditions DALLOZ 1993, Page 18.
56
Le moment de l‟opération :
Si, par exemple, l‟entreprise à acquérir est en difficultés, il est opportun d‟attendre le règlement
judiciaire, voire la liquidation, en cas où l‟intérêt du repreneur se limite aux actifs (le matériel
industriel, l‟immobilier…).
Dans le cas, où l‟objectif de l‟acquéreur est d‟obtenir un fonds de commerce, une clientèle ou
une marque, il est opportun de procéder à l‟acquisition et ne pas attendre et risquer la
détérioration de l‟image de l‟entreprise.
A partir des objectifs fixés, le repreneur définit un projet de reprise qui comporte le profil de
l‟entreprise à reprendre :
- Le secteur d‟activité de l‟entreprise à reprendre.
- Son emplacement.
- Sa taille.
- L‟intervalle de son prix de reprise.
Ces paramètres sont combinés d‟une manière qui permet de constituer un profil (projet de
reprise) cohérent.
57
La taille et la fourchette de prix est à ne pas négliger. Le prix de reprise ne doit pas dépasser les
capacités financières et les possibilités de financements du repreneur.
Dans ce cadre, le repreneur doit prendre en considération les dépenses autres que le prix de
reprise :
- Les honoraires des conseillers qui vont intervenir dans l‟opération de reprise, tels que
les avocats, les notaires et les experts-comptables.
- La trésorerie à injecter dans l‟entreprise, au départ, pour améliorer son fonds de roulement.
- Les éventuels frais de formation, dans certains aspects liés à la reprise et à la gestion future
de l‟entreprise à reprendre.
- Les frais de déménagement dans une autre région, lieu de localisation de l‟entreprise à
reprendre.
Le profil recherché de l‟entreprise cible (le projet de reprise) doit être cohérent avec le profil du
repreneur (projet personnel du repreneur) : ses capacités, ses motivations, ses contraintes
personnelles et familiales, etc.
Le repreneur effectue la présélection de l‟entreprise cible, sur la base des informations qui vont
être collectées. Cette collecte d‟informations est faite à différents niveaux, qui évoluent du
général vers le plus précis et le plus approfondi.
Le premier niveau de collecte des informations consiste à recueillir les informations diffusées au
public. Il n‟est pas nécessaire d‟entrer en contact et en discussions avec les dirigeants de
l‟entreprise cible. Cette collecte des informations, d‟une manière indirecte, permet au repreneur
de se retirer facilement et de garder la discrétion de ses intentions et de ses stratégies, vis-à-vis
de ses concurrents.
A ce niveau, si l‟entreprise semble en conformité avec ce que le repreneur cherche, la collecte
des informations passe à un niveau plus avancé. En conséquence, l‟entrée en contact, avec les
dirigeants de l‟entreprise cible, devient nécessaire.
58
La difficulté est d‟ampleur lorsque le vendeur n‟a pas clairement défini ses objectifs recherchés
de l‟opération, ou lorsqu‟il n‟affiche pas ces objectifs à l‟acquéreur. « …Car la nature humaine
est ainsi faite que les vrais motifs ne sont parfois pas perceptibles pour le vendeur lui-même, et
donc pas pour l‟acheteur non plus ; de plus certains ne semblent pas avouables par le vendeur,
l‟acheteur devra donc les deviner sans clairement annoncer qu‟il a compris pour ne pas heurter le
vendeur ».80Cette première prise de contact se limite à des entretiens oraux avec les dirigeants de
l‟entreprise cible.
Une fois une certaine confiance est instaurée entre les deux parties, le repreneur potentiel peut
demander des informations et des documents qui lui permettent une prise de connaissance
préliminaire de l‟entreprise objet de cession.
Les contacts effectués et les documents et informations obtenus, jusqu‟au ce stade, fournissent au
repreneur potentiel une première idée sur l‟entreprise cible, qui permet de :
- Vérifier l‟absence des obstacles pour la réalisation de la reprise.
- Juger la conformité de l‟entreprise au profil recherché.
- Faire une pré-évaluation de l‟entreprise et juger le caractère raisonnable du prix demandé par
le cédant.
Cette première idée est une prise de connaissance préliminaire et le repreneur n‟est pas encore
arrivé à la phase du diagnostic et de l‟évaluation approfondie de l‟entreprise, qui constituent des
étapes plus avancés du processus de reprise. Toutefois, elle permet au repreneur potentiel de
prendre la décision de continuer l‟opération ou d‟y renoncer.
80
Thierry ROULLOIS « Achetez, vendez, ou transmettez une entreprise », éditions EMS 2005, page 29.
59
Si le repreneur potentiel est encore intéressé, le processus de transmission entre dans une étape
de sérieux et la relation entre les deux parties devient plus officielle.
Le repreneur potentiel demande de lui permettre d‟accéder au cœur de la cible et à ses
informations capitales. La concrétisation de la volonté du repreneur d‟aller plus loin peut prendre
la forme « d‟une lettre d‟intention ». Le cédant peut exiger aussi la signature « d‟un engagement
de confidentialité » pour se protéger contre la divulgation des secrets de son entreprise.
Nous allons traiter ces documents et actes, avec détails, dans la section V du présent chapitre (la
négociation de la transmission).
60
[Link] : Le diagnostic de l’entreprise objet de transmission
Le diagnostic de l‟entreprise objet de cession-reprise est effectué, à la fois, par le cédant et par le
repreneur. Toutefois, les objectifs recherchés sont différents pour chacune des deux parties.
L‟objectif du repreneur est de confirmer les informations divulguées par le cédant et d‟apprécier
les risques que peut comporter l‟entreprise. Ces risques ne se dévoilent pas de l‟apparence de
l‟entreprise et d‟un simple examen extérieur ou des simples affirmations du cédant. Ils peuvent
toucher :
- L‟existence et la valeur des actifs, tel est le cas des créances clients qui ne peuvent pas être
recouvrées, ultérieurement, par le repreneur.
- La réalité et la valeur des passifs, tel qu‟un contrôle fiscal ou un procès important, encours au
moment de la cession, et qui peuvent engendrer l‟accroissement futur des obligations de
l‟entreprise.
- La continuité de l‟exploitation de l‟entreprise cible, tel qu‟un contrat relatif à la détention et
l‟utilisation d‟un actif essentiel à la vie de l‟entreprise arrivera à échéance à court terme.
- Les bénéfices et les résultats futurs, tel qu‟un contrat important d‟approvisionnement ou de
distribution arrivera à terme, juste après la cession de l‟entreprise, et ne pouvant pas être
renouvelé.
Une fois il a vérifié les affirmations du cédant et a apprécié les risques, le repreneur décide soit
de renoncer à la reprise, soit de négocier différemment le prix ou exiger des garanties
supplémentaires.
61
Sous-section 2 : La réalisation du diagnostic de l’entreprise
Le diagnostic approfondi doit déceler les forces et les faiblesses de l‟entreprise, en tenant compte
des facteurs externes, tels que les concurrents, le marché et le secteur d‟activité ; et des facteurs
internes, tels que la qualité de son personnel et de son outil de production.
Il comprend, généralement :
- Un diagnostic du positionnement stratégique et commercial de l‟entreprise.
- Un diagnostic juridique.
- Un diagnostic social.
- Un diagnostic de la production.
- Un diagnostic de l‟approvisionnement.
- Un diagnostic comptable et financier.
81
Jean paillusseau « La cession d‟entreprise », éditions DALLOZ 1993, Page 28.
62
§.[Link] personnes habilitées à réaliser le diagnostic82
Le diagnostic est, généralement, effectué par des auditeurs externes de l‟entreprise. Ces auditeurs
doivent :
- Etre professionnels spécialistes du domaine objet de l‟audit.
- Maîtriser la méthodologie d‟audit.
- Avoir une connaissance de l‟entreprise et du secteur de son activité.
La collaboration du personnel opérationnel et administratif de l‟entreprise auditée est, souvent,
nécessaire.
Le repreneur potentiel peut faire recours à des compétences internes de son entreprise, pour faire
le diagnostic de l‟entreprise à acquérir. Dans ce cas, il est préférable de les responsabiliser, en
confiant à chacun d‟entre eux, après l‟acquisition de l‟entreprise, la gestion et la responsabilité
de la fonction dont il a audité.
82
Jean paillusseau « La cession d‟entreprise », éditions DALLOZ 1993, Page 30.
63
L‟audit d‟acquisition peut être effectué, soit avant la détermination d‟un ordre de prix entre les
deux parties, soit après la signature du protocole d‟accord. Dans le second cas, ce protocole
d‟accord doit prévoir un prix provisoire et une clause de révision de ce prix, en fonction des
résultats du diagnostic.
64
SECTION. IV : L’évaluation de l’entreprise
« L‟évaluation peut être définie comme une tentative de mesurer avec des méthodes
quantitatives, une valeur constituée d‟éléments objectifs et subjectifs »83.
Les composants objectifs de la valeur correspondent aux éléments concrets de l‟entreprise, tels
que le patrimoine corporel et incorporel, les produits, l‟avance technologique, le savoir-faire, le
stock, les clients, la rentabilité, la trésorerie et la structure financière. Ils sont, généralement,
mesurés de la même manière quelque soit l‟évaluateur.
Les composants subjectifs se rattachent généralement aux notions des points forts et des points
faibles de l‟entreprise, tels que le degré de dépendance de la gestion et du développement de
l‟entreprise au chef d‟entreprise ou à d‟autres hommes clés, la culture de l‟entreprise,
l‟organisation commerciale et de la production, le degré de dépendance vis-à-vis d‟un nombre
des clients.
83
« Guide de transmission-reprise » de la chambre de commerce et d‟industrie de Lyon (France) Page 8. (Ce guide est
téléchargeable sur internet).
65
Enfin, la valeur de l‟entreprise est une référence et un point de départ des négociations, alors que
le prix de cession est le résultat de ces négociations.
Il n‟existe pas une formule magique, ni une valeur absolue et unique. La valeur de l‟entreprise
est une notion subjective en grande partie, et il existe différentes approches et méthodes pour la
déterminer.
Les deux, principales, approches d‟évaluation sont l‟approche patrimoniale et l‟approche basée
sur la capacité bénéficiaire.
84
Thierry ROULLOIS « Achetez, vendez, ou transmettez une entreprise », éditions EMS 2005, page 90.
85
« Guide de transmission-reprise », chambre de commerce et d‟industrie Lyon (France).
86
(Idem).
87
«Le guide du cédant : Bien préparer sa transmission d‟entreprise », document publié dans le site du Chambre de
commerce et d‟industrie de Perpignan (France). [Link].
88
(Idem).
66
Un nombre important des méthodes d‟évaluations pratiquées est inspiré de ces deux approches
d‟évaluation.
« Si le nombre des méthodes d‟évaluation est particulièrement important, nous pouvons
néanmoins mettre en exergue que dans tous les cas cela consiste à mixer de façons plus ou moins
sophistiqués deux éléments fondamentaux : la valeur patrimoniale également appelée actif net
corrigé ANC et la capacité bénéficiaire CB…Dans l‟inventaire des cent formules existantes, il
convient donc de choisir la ou les formules qui tendent à privilégier soit l‟ANC, soit la VR (la
valeur de rendement)»89.
Dans ce que suit, nous allons développer les deux principales approches, les plus utilisées, et les
principales méthodes d‟évaluation qui relèvent de chaque approche.
L‟approche patrimoniale est basée sur le présent et le passé de l‟entreprise. Elle est dite
« approche des pragmatiques », car elle repose sur des réalisations et non pas sur le prévisionnel,
qui risque de ne pas se réaliser pour défaut d‟une conjoncture favorable.
89
Jean -François Daigne (avec H. BAUMERT, H. UHRING et R .M BOUIN) « acquisition et cession d‟entreprise :
aspects managériaux, sociaux, fiscaux, juridiques et financiers », éditions d‟organisation, page88.
67
- Elle est statique. En effet, elle se base sur le bilan qui donne une situation ponctuelle et
instantanée de l‟entreprise objet de l‟évaluation.
- Elle ne tient pas compte des éléments incorporels de l‟entreprise, tels que le savoir-faire de
l‟entreprise, l‟image de marque de l‟entreprise et la fidélité des clients.
- Elle ignore le potentiel futur de l‟entreprise et elle est axée sur le passé et les données
bilancielles. En conséquences, elle abouti à égaliser les valeurs de deux entreprises, ayant le
même patrimoine et des rentabilités différentes.
Toutefois, cette formule est avantageuse, du fait qu‟elle est simple et rapide et les informations
utilisées sont disponibles dans le bilan comptable.
90
Jean -François Daigne (avec H. Baumert, H. Uhring et R .M Bouin) « acquisition et cession d‟entreprise : aspects
managériaux, sociaux, fiscaux, juridiques et financiers », éditions d‟organisation, Page 99.
68
b. La méthode de l’actif net comptable réévalué (ANCR)
Valeur = Actif réévalué – Endettement total
L‟actif net comptable est réévalué avec des taux et des indices. Ces taux de réévaluation peuvent
être, soit des indices généraux afférant à l‟inflation et à la dépréciation de la monnaie, soit des
indices spécifiques inhérents à la nature des biens ou au secteur d‟activité de l‟entreprise.
La subjectivité des taux de réévaluation utilisés constitue l‟inconvénient principal de cette
méthode.
Cette méthode est critiquée parce qu‟elle vise la valeur du patrimoine purement économique et
néglige le patrimoine juridique (la propriété de l‟entreprise).
91
Jean -François Daigne (avec H. Baumert, H. Uhring et R .M Bouin) « acquisition et cession d‟entreprise : aspects
managériaux, sociaux, fiscaux, juridiques et financiers », éditions d‟organisation, Page 100.
69
§.2. L’approche basée sur la capacité bénéficiaire
L‟esprit de cette approche ne consiste pas à évaluer les moyens, mais à évaluer les revenus à
obtenir par les moyens mis en œuvre.
Selon cet approche, la valeur d‟une entreprise ne peut pas excéder la somme des revenus futurs,
qu‟elle va générer de son exploitation et de sa revente, actualisée à la date de l‟évaluation.
Les principales méthodes d‟évaluation fondées sur la capacité bénéficiaire, sont 92:
- Méthode basée sur les bénéfices.
- Méthode basée sur les dividendes futurs.
- Méthode basée sur la marge brute d‟autofinancement ou cash flow.
92
Jean -François Daigne (avec H. Baumert, H. Uhring et R .M Bouin) « acquisition et cession d‟entreprise : aspects
managériaux, sociaux, fiscaux, juridiques et financiers », de éditions d‟organisation, Page 99.
70
a. La méthode basée sur les bénéfices
La valeur obtenue est appelée valeur de rendement basée sur les bénéfices. On distingue entre
valeur de rendement par capitalisation de la capacité bénéficiaire moyenne VR c et valeur de
rendement par actualisation des capacités bénéficiaire futures VR a.
On parle de capitalisation lorsqu‟on raisonne dans un avenir incertain et un horizon illimité dans
le temps.
V=VR c=CB/K
CB = la capacité bénéficiaire moyenne, K = coefficient de capitalisation.
On parle d‟actualisation lorsqu‟on raisonne dans un avenir certain et limité dans le temps.
V=VR a= n / (1+i) n
CB n= la capacité bénéficiaire de l‟année n, i = taux d‟actualisation.
V0 =
V0 = Valeur actuelle de l‟action, D t = Dividende espéré à la fin de l‟année t, V n = Prix espéré de l‟action à la fin de
la période n, K = taux d‟actualisation.
Cette méthode présente l‟avantage de simplicité. Toutefois, elle se trouve confrontée à certaines
limites, notamment :
- Elle est applicable seulement aux entreprises qui sont éligibles de distribuer des dividendes. Les
entreprises individuelles, à titre d‟exemple, ne sont pas concernées par cette méthode.
- Elle ne s‟applique qu‟aux sociétés bénéficiaires qui distribuent effectivement des dividendes.
- Elle est applicable, seulement, pour les sociétés qui ont une politique de distribution constante
de dividendes et qui n‟ont pas l‟intention d‟affecter leurs bénéfices aux capitaux propres, pour
financer des investissements et des extensions futures.
- Elle est une méthode appropriée aux actionnaires minoritaires porteurs des actions, en vue de
percevoir une rémunération sous forme de dividendes. Ce qui n‟est pas le cas des actionnaires
qui détiennent des participations en vue d‟exercer un contrôle et d‟intervenir dans la gestion.
71
c. La méthode basée sur la marge brute d’autofinancement ou cash flow
Les méthodes basées sur la capacité bénéficiaire et sur les dividendes futurs restent influencées
par les décisions des organes de gestion.
En effet, la décision de distribution des dividendes et le montant à distribuer sont tributaires de la
volonté des associés. Également, le bénéfice comptable est influencé par les décisions et les
estimations des dirigeants, tels que les méthodes d‟amortissement, les estimations des provisions
et les montages fiscaux pour minimiser la charge d‟impôt.
En conséquence, le raisonnement en termes de marge d‟autofinancement est plus objectif pour
déterminer la valeur de rendement de l‟entreprise.
On distingue entre valeur de rendement par capitalisation des cash flow futurs et valeur de
rendement par actualisation du cash flow futur.
On fait recours à la capitalisation, lorsqu‟on raisonne dans un avenir incertain ou un horizon
illimité dans le temps.
V=CF*
V = valeur de l‟entreprise, CF = cash flow annuel moyen, K = taux de capitalisation
On fait recours à l‟actualisation lorsqu‟on raisonne dans un avenir certain, limité dans le temps.
V=
V= valeur de l‟entreprise, CF= cash flow annuel, Ir= investissement de renouvellement annuel, i= taux
d‟actualisation, n= durée de l‟actualisation, VR/VL= valeur de liquidation L ou valeur de revente R,
V=ANCC+ ( –
ANCC = Actif net comptable corrigé, Bn = Capacité bénéficiaire nette d‟impôt, i = taux de placement sans risque,
t= taux de placement risqué, qui correspond au taux i avec une majoration de 30% à 70%.
Le Goodwill est constitué par la capitalisation du super profit, qui est la différence entre la
capacité bénéficiaire de l‟entreprise et le produit de placement de l‟ANCC sur le marché
financier.
Le taux de capitalisation est un taux qui tient compte du risque de non réalisation de ce
superprofit. Il prend en compte tous les données obtenues du diagnostic préalable d‟acquisition
de l‟entreprise.
V=
V=valeur de l‟entreprise, B n =Capacité bénéficiaire nette d‟impôt, i = taux de placement sans risque, ANCC =Actif
net comptable corrigé.
Cette méthode aboutit à une valeur de l‟entreprise égale à la moyenne de l‟ANCC et la valeur de
rendement. Il en découle :
GW= 1/2 (CB/i-ANCC), qui est la moitié de l‟excédent de la valeur de rentabilité sur la valeur
de l‟ANCC, ou
GW= 1/2i (CB – i ANCC), qui est la moitié de capitalisation sur une durée infinie du super -
profit ou de la rente du goodwill (CB -i ANCC).
94
Eléments de cours préparés par Mohamed Néji Hergli, matière : évaluation des entreprises, I.F.I.D 2007.
73
§.4. L’approche comparative
Cette approche n‟a pas un fondement théorique et une démarche conceptuelle, proprement dites.
Toutefois, elle est utilisée comme une méthode de valorisation.
Elle est caractérisée par la simplicité des calculs. Toutefois, elle ne peut pas être appliquée que
s‟il existe des opérations de cession d‟entreprises comparables, récemment effectuées.
Pour la mise en œuvre de cette méthode, il faut s‟assurer de la pertinence des éléments de
comparabilité entre l‟entreprise à évaluer et les autres entreprises objets de transactions récentes.
74
SECTION.V : La négociation de l’opération de transmission
95
« Fiche conseil : Négocier la cession » [Link] : site spécialisé dans la cession et la reprise d‟entreprises
(voire bibliographie).
75
§.2. Les négociations proprement dites
La négociation, proprement dite, comprend :
- La discussion sur le prix de vente. Cet élément est principal dans les négociations. Toutefois, il
n‟est pas le seul déterminant pour conclure un accord. « Si le prix concentre souvent tous les
antagonismes et reflète, au final, l‟équilibre subtil trouvé par les parties, les modalités de
paiement, le périmètre de l‟opération, les garanties consenties et plus simplement les
informations obtenues sur la cible peuvent être autant de motifs de ne pas conclure »96.
- La discussion sur les conditions de vente, tels que le délai de paiement et les garanties.
- La discussion de l‟après vente et des modalités d‟accompagnement du repreneur par le cédant.
- La demande de documents complémentaires non compris dans le dossier de présentation.
- La discussion concernant les vérifications et les diagnostics approfondis, à faire par le
repreneur.
- La discussion sur les documents à signer, tels que les protocoles, le contrat de vente et les
garanties de passif et d‟actif.
Les négociations sont clôturées par la conclusion d‟un protocole d‟accord, entre le cédant et le
repreneur. Nous allons étudier, avec détails, dans la section VII ci-après, l‟utilité, les
caractéristiques et le contenu de ce document.
Des documents sont signés entre les deux parties, durant la phase des négociations et avant la
signature des actes définitifs de cession. Ils n‟engagent pas le repreneur potentiel à acquérir ou le
cédant à vendre. Toutefois, ils ont pour objet la protection des deux parties.
Généralement, dés le début des négociations, un engagement de confidentialité est signé par le
repreneur, pour s‟abstenir de toute divulgation d‟informations confidentielles. Si le repreneur est
intéressé et les deux parties décident d‟aller plus loin dans l‟opération, une lettre d‟intention est
signée pour éviter une rupture injustifiée et abusive des négociations par l‟une des deux parties.
96
« La rupture des pourparlers d‟acquisition », article publié dans le site en ligne consacré à la transmission des
entreprises [Link].
76
Toutefois, annoncer la vente ou divulguer des informations spécifiques de l‟entreprise cible, qui
constituent ses secrets, peuvent nuire au cédant et même au repreneur.
L‟accord de confidentialité a pour objet de réconcilier entre ces deux situations contradictoires.
Annoncer le commencement des négociations entre les deux parties, peut être à l‟origine des
réactions de différents acteurs :
- La réaction des fournisseurs, clients et autres contractants de l‟entreprise, objet de cession. Ces
tiers auraient crainte, que leurs propres intérêts soient menacés avec le nouvel acquéreur. Ils
peuvent changer leurs relations d‟affaires avec d‟autres entreprises, et même avec les
concurrents.
- La réaction du personnel, qui craint la programmation des opérations de licenciements par le
nouvel acquéreur. Elle peut entraîner un ralentissement de la production.
- La réaction des concurrents, qui peuvent saisir l‟occasion de la situation d‟incertitude des
clients de l‟entreprise objet de cession, pour les attirer et s‟accaparer de la grande part de
marché. Ils peuvent aussi saisir la situation d‟incertitude du personnel pour attirer des cadres
clés.
Par ailleurs, divulguer des informations spécifiques à l‟entreprise cible, peut bénéficier aux
concurrents de donnés et d‟informations clés sur sa stratégie, son organisation et son activité.
Les concurrents peuvent utiliser ces secrets pour leurs propres comptes.
De sa part, l‟acquéreur peut être lésé, en manifestant son intérêt dans l‟entreprise objet de
transmission. En effet, il dévoile à ses concurrents sa stratégie de croissance et de diversification.
97
Jean PAILLUSSEAU, « la cession d‟entreprise »Editions Dalloz-1993, page 42.
98
Jean PAILLUSSEAU « la cession d‟entreprise »Editions Dalloz-1993, page 42.
77
Toutefois, il y‟a lieu de poser la question à propos des autres personnes, qui ne sont pas
signataires de la convention de confidentialité, et qui sont en mesure de connaître des
informations confidentielles. Ces personnes sont, principalement, les intermédiaires et les
conseillers qui interviennent dans l‟opération, tels que l‟expert-comptable, l‟avocat, le huissier
notaire et le banquier.
L‟obligation de confidentialité doit être respectée, également, par ces personnes. En effet :
- Certains professionnels sont tenus au respect de l‟obligation de confidentialité, en vertu de leurs
statuts professionnels et en vertu des textes qui réglementent leurs professions. Tels sont les cas
de l‟expert comptable et de l‟avocat.
- L‟article 253 du code pénal prévoit une peine d‟emprisonnement de 3 mois pour divulgation,
sans autorisation, du contenu d‟un document appartenant à autrui.
- Outre ces textes de droit qui garantissent cette obligation, « des accords de confidentialité
particuliers » peuvent être conclus avec ces personnes.
Dans la pratique, une clause insérée dans la convention principale, oblige l‟acquéreur potentiel
à faire signer à toutes les personnes qui interviennent dans l‟affaire et pour son compte des
accords de confidentialité particuliers. Un modèle de ces accords de confidentialité est,
généralement, porté en annexe de la convention principale.
78
concurrents. Elle peut être le cédant, qui dépense d‟efforts et d‟argent et dévoile une partie des
secrets de son entreprise.
A cet effet, la partie signataire de la lettre d‟intention et qui a rompu les négociations sans
causes, sera obligée d‟indemniser l‟autre partie.
Le repreneur établi cette lettre au nom du cédant, qui appose sa signature pour acceptation. Cette
lettre comprend, généralement :
- Un premier paragraphe pour se présenter et exprimer son intérêt à acquérir l‟entreprise cible.
- La présentation de l‟entreprise objet de reprise.
- Les modalités de rachat (rachat de titres, nombre de titres à reprendre, rachat d‟un fonds de
commerce, etc.).
- Le prix indicatif et les modalités de paiement.
- Les modalités de financement de la reprise.
- Le calendrier et l‟organisation des négociations.
- Les conditions suspensives :
Les conditions suspensives liées à l‟obtention d‟un financement.
Les conditions suspensives liées à la réalisation d‟un audit approfondi de l‟entreprise à
reprendre (dans ce cas, il est annexé à la lettre d‟intention : la liste des documents
nécessaires à la réalisation de cet audit à communiquer par le cédant et les principales
déclarations et informations du cédant sur son entreprise, et qui vont être confirmées par cet
audit approfondi).
La condition suspensive relative à la conclusion d‟une convention de garantie d‟actif et de
passif de l‟entreprise à reprendre.
Des autres conditions suspensives.
- Une clause d‟exclusivité des négociations, qui engage le cédant à ne pas entrer en négociation
avec un autre repreneur potentiel, sur le même objet et durant la période fixée dans cette lettre
d‟intention.
- Eventuellement, une clause de confidentialité, qui engage les deux parties de ne pas divulguer
des informations à des tiers.
99
Un exemple d‟une lettre d‟intention est inséré en annexes.
79
c. La force juridique de la lettre d’intention
La lettre d‟intention n‟est pas régie par aucune règle juridique particulière de fonds ou de forme.
Elle émane de la libre volonté des deux parties de l‟opération de cession, pour organiser les
négociations.
Elle permet d‟engager les deux parties dans des négociations sérieuses et de prendre au sérieux le
projet de cession, sans un engagement sur leur issue, qui reste tributaire des intérêts de chaque
partie et des résultats des négociations.
«La lettre d‟intention, en principe, n‟oblige aucunement les parties à conclure le contrat final.
Son objectif n‟est que l‟encadrement des négociations »100.
Elle doit être distinguée des autres notions juridiques, tels que « l‟offre de contrat » et « le
contrat sous conditions suspensives » 101:
- L‟offre de contrat est un écrit où l‟une des deux parties définit les termes de ses engagements et
les exprime dans une offre de contrat. Il reste à l‟autre partie l‟acceptation de cette offre, dans
un délai fixé, pour que le contrat soit valablement formé.
La lettre d‟intention n‟engage en rien, aucune des deux parties, sauf pour les clauses
d‟exclusivité et de confidentialité.
- Le contrat sous conditions suspensives est un contrat conclu et qui engage les deux parties,
mais son exécution dépend de la réalisation d‟une condition déterminée.
La lettre d‟intention ne s‟agit pas, ni d‟un contrat conclu, ni d‟un engagement définitif de
cession, entre les deux parties.
100
« La lettre d‟intention », article publié en Avril 2008, dans le site [Link] (site d‟un cabinet
d‟avocats).
101
Idem.
80
[Link] : Le montage juridique, fiscal et financier
Comme nous l‟avons constaté, précédemment, dans le premier chapitre de la première partie de
notre présent travail, il existe deux grandes options juridiques qui sont la cession du fonds de
commerce et la cession des titres sociaux.
Tous les montages juridiques effectués dans la pratique sont des cas particuliers qui dérivent de
l‟une de ces deux grandes options.
Chaque montage juridique dépend de plusieurs variables. Nous citons, à titre principal :
- La forme juridique de l‟entreprise cible.
- La qualité de l‟acquéreur.
- Les objectifs recherchés par le cédant et le repreneur, de cette opération de cession-reprise.102
102
Dans les sections I et II du présent chapitre, nous avons mis en évidence que les objectifs du cédant et du repreneur
recherchés de la cession-reprise de l‟entreprise, conditionnent la durée de réalisation de l‟opération, la nature des droits
transférés, les risques et les engagements à accepter par les deux parties, etc.
81
§.2. La qualité de l’acquéreur
Les acquéreurs peuvent être des tiers indépendant de l‟entreprise, comme ils peuvent être les
salariés de l‟entreprise elle-même. Le législateur français, a instauré le régime de reprise de
l‟entreprise par les salariés (RES), à travers la loi n° 84-578 du 9 juillet 1984. 103
Les acquéreurs peuvent être des personnes physiques ou des personnes morales. La fusion-
absorption, qui est un cas particulier de transmission des entreprises, ne peut pas être réalisée que
pour un cédant et un cessionnaire, ayant la forme juridique d‟une société commerciale.
Les acquéreurs peuvent procéder à l‟acquisition, directement, ou à travers une société crée à cet
effet. Le rachat indirect, à travers une société crée à cet effet, présente des avantages pour le
repreneur :
- Créer une société, pour la reprise et l‟exploitation d‟un fonds de commerce, permet de limiter
les risques liés l‟acquisition et l‟exploitation de ce fonds, à concurrence des apports du
repreneur. En plus, elle facilite la participation des nouveaux partenaires pour financer
l‟acquisition et le développement de cette exploitation.
- Créer une société holding, conformément aux articles 461 à 479 du Code des Sociétés
Commerciales pour le rachat des titres de la société cible (Laverage Buy Out ou LBO), est un
montage juridique fréquent dans les pays occidentaux. Il présente un multiple effet de levier :
L‟effet de levier juridique
Une participation majoritaire dans la société holding suffit pour avoir une participation
majoritaire et un contrôle sur la société acquise.
L‟effet de levier financier
Le financement de la société holding, crée pour le rachat des titres de la société cible, peut être
effectué en partie par les apports personnels et en autre partie par des emprunts. Ces emprunts
seront remboursés par les dividendes distribués par la société reprise.
L‟effet de levier fiscal
L‟intégration fiscale des résultats de la holding et de l‟entreprise acquise permet de déduire les
intérêts d‟emprunts, contractés par la holding pour financer la reprise, des bénéfices consolidés.
103
Le législateur tunisien n‟a pas organisé ce montage juridique particulier de transmission des entreprises. « Cette option
qui met les salariés en première ligne a été longuement pratiquée dans les pays occidentaux où elle s’est révélée une
solution de premier ordre dans beaucoup des cas. Sa remise en avant à l’occasion de la transmission des entreprises
familiales pourrait ouvrir une nouvelle perspective dans notre effort national de promouvoir les investissements de toutes
natures » :Entretien avec Taoufik Baccar, exgouverneur de la BCT publié dans le site [Link] , article :
«L‟implication des salariés est indispensable dans la transmission d‟entreprises familiales ».
82
§.3. La durée de réalisation de l’opération de transmission
La volonté des deux parties de transmettre l‟entreprise, totalement et en une seule fois, ou
progressivement et d‟une manière échelonnée dans le temps, constitue un déterminant du
montage juridique de l‟opération.
La transmission de l‟entreprise en une seule fois, peut être effectuée soit pour la cession des titres
sociaux, soit pour la cession du fonds de commerce.
Toutefois, la transmission échelonnée convient, uniquement, aux entreprises de forme sociétaire.
Elle s‟effectue à travers des opérations, distinctes et séparées dans le temps, de vente des lots des
titres sociaux.
104
La location gérance, n‟est pas considérée comme une opération de transmission d‟entreprise, que lorsqu‟elle se termine,
à la fin du bail, par la vente du fonds de commerce ou des titres sociaux.
105
Cette transmission progressive permet au repreneur de :
- Reprendre en douceur et sans risque l‟entreprise,
- Se familiariser, avec la nouvelle entreprise et son secteur d‟activité et acquérir l‟expérience minimale, avant de
l‟acquérir,
- S‟assurer des potentialités futures de l‟entreprise et de ses perspectives de rendement.
83
Le tableau suivant récapitule les modalités juridiques les plus pratiquées, selon la forme
juridique de l‟entreprise à transmettre et la qualité de l‟acquéreur. Il n‟est pas exhaustif, car il est
impossible de cerner tous les cas des montages possibles.
L’entreprise cible
Une entreprise individuelle Une société
- Rachat de l‟entreprise par ses salariés - Rachat de la société par ses salariés RES ;
RES ;
- Achat du fonds de commerce, directement, par
- Achat du fonds de commerce, directement, une personne physique ou une société ;
par une personne physique ou une société
(personne morale) ; - Achat du fonds de commerce, par le biais d‟une
société crée à cet effet, par une personne
- Achat et exploitation du fonds de physique ou une société ;
commerce, par le biais d‟une société crée à
cet effet, par une personne physique ou - Exploitation provisoire du fonds de commerce,
une société (personne morale) ; à titre de location-gérance, par une personne
physique ou une société et négociation, en
- Exploitation provisoire du fonds de parallèle d‟une promesse de vente ;
commerce, à titre de location-gérance, par
une personne physique ou une société et - Achat, directement, des titres sociaux (achat
négociation, en parallèle d‟une promesse total ou progressif) ;
de vente ;
- Achat, par le biais d‟une société holding, des
titres sociaux (achat total ou progressif) ;
84
Sous-section 2 : Le montage financier et fiscal
b. Le crédit bancaire
Le crédit bancaire constitue la formule classique pour financer l‟acquisition. Toutefois, cette
formule présente les contraintes suivantes :
- Le banquier exige des garanties réelles et personnelles.
- Le repreneur doit prouver la rentabilité future et la viabilité de son projet.
- Le repreneur doit, le plus souvent, apporter des fonds personnels à concurrence d‟un
pourcentage du coût d‟acquisition, qui constitue une garantie de son implication dans cette
nouvelle affaire.
106
Claude-Annie DUPLAT « Reprendre ou céder une entreprise », Librairie Vuibert, janvier 2007, page 131.
85
c. Le crédit vendeur
Le repreneur peut négocier avec le cédant un crédit vendeur, qui consiste à échelonner le
paiement du prix de vente. Des clauses relatives à cette modalité de paiement du prix de cession
sont insérées dans l‟acte de cession définitif.
Cette modalité de paiement constitue une source de financement pour le repreneur et permet de
rassurer les financeurs potentiels sur la confiance du vendeur dans son entreprise. Ainsi, ces
financeurs acceptent, plus facilement, de financer la reprise.
107
« Transmettre son entreprise » guide de la chambre régionale de Commerce et d‟Industrie de Bretagne (France). Ce
document est téléchargeable sur internet.
86
- La rédaction d‟un business plan de reprise, qui sert pour convaincre les financeurs potentiels .Il
présente le plan de développement futur de l‟entreprise et les moyens nécessaires à mobiliser.
- La fixation du montant des fonds propres à injecter dans le projet de reprise.
- La négociation avec le cédant du crédit-vendeur et des clauses de complément du prix.
- La détermination du montant des crédits bancaires et du montant de la participation des
partenaires financiers.
87
[Link] : La signature des actes et la prise en main de l’entreprise par
le repreneur
Les relations entre le cédant et le repreneur, durant et après l‟opération de transmission, sont
régies par différents actes.
Ces actes sont destinés à organiser le déroulement de l‟opération et à protéger les deux parties (le
cédant et le cessionnaire).
Ils sont multiples, mais ne sont pas tous indispensables pour la validité de l‟opération de
transmission. Certains actes peuvent être négligés, en particulier, pour la transmission des PME.
Ils ne sont pas régis par des conditions particulières de forme ou de fond. Ils émanent de la
volonté des deux parties pour se protéger, et sont formulés selon les situations et les
circonstances de chaque opération de transmission. Toutefois, dans la pratique ces actes
comportent des clauses standards, qui se répètent souvent.
Les principaux actes, les plus utilisés dans les opérations de transmission, peuvent être
énumérées dans l‟ordre chronologique suivant : l‟engagement de confidentialité, la lettre
d‟intention, le protocole d‟accord, les conventions accessoires et, enfin, le contrat de vente
définitif.
L‟engagement de confidentialité et la lettre d‟intention sont des actes préalables, signés par les
deux parties, avant d‟entamer les négociations. Nous avons abordé ces deux actes dans la section
V de notre travail.
Le protocole d‟accord, les conventions accessoires et le contrat de vente définitif, sont des actes
qui constituent le résultat des négociations. Nous allons les aborder, dans ce qui suit.
A la fin des négociations, un accord entre les deux parties se trouve formulé.
Cet accord peut être définitif et, en conséquence, il est réalisé immédiatement. Il peut être, au
contraire, assorti de conditions suspensives et même résolutoires, qui conditionnent la réalisation
de la vente. De ce fait, un protocole d‟accord ou une promesse de vente est établi. Il détermine la
relation entre les deux parties et leurs obligations réciproques, jusqu‟à la réalisation définitive de
l‟opération.
« Le protocole s‟analyse en une promesse synallagmatique de vente, assortie de conditions
suspensives, qui prévoira l‟exécution d‟une formalité supplémentaire nécessaire à la réalisation
88
définitive de la cession de contrôle : la signature des actes de cession de parts ou des ordres de
mouvement»108.
Par soucis d‟objectivité, la clause de révision du prix peut exiger la participation de l‟expert-
comptable conseiller de l‟acquéreur, dans la préparation ou l‟audit des comptes définitifs de
l‟entreprise cible, qui constituent la base de calcul du prix définitif de cession.
108
Jean PAILLUSSEAU, « la cession d’entreprise », éditions DALLOZ, page 460.
89
§.2. Les conditions suspensives négociées
Ce sont les clauses qui assujettissent la conclusion finale du contrat de vente à la réalisation de
certains actes et la levée de certaines conditions.
Ces clauses doivent être rédigées minutieusement, pour éviter l‟utilisation des ambiguïtés par
l‟une des deux parties en vue de rompre, abusivement, l‟opération.
Les conventions de garantie d‟actifs et de passifs et les conventions de non concurrence sont des
engagements accessoires à l‟engagement principal, qui est la mise en accord sur la transmission.
Ces engagements accessoires peuvent être insérés dans le protocole d‟accord, comme elles
peuvent faire l‟objet de conventions annexes.
90
L‟accroissement des passifs peut être l‟apparition d‟une dette occulte. Elle peut être, aussi,
l‟accroissement de la valeur des dettes connues, mais qui ont été sous-estimées à la date de la
reprise.
La dégradation des actifs est la diminution de la valeur de ces actifs, surestimée à la date de la
reprise.
a. La nature des garanties
Nous trouvons dans la pratique deux conventions de garantie, couramment, utilisées : la
convention de « garantie de passif stricto-sensu » et la convention de « garantie de valeur de
l‟entreprise ».
« La convention de garantie de passif » oblige le cédant à supporter toute nouvelle dette, qui
apparait après la cession et dont l‟origine est antérieure à cette date.
« La convention de garantie de valeur de l’entreprise » oblige le cédant à supporter la
diminution de la situation nette de la société, suite à l‟augmentation de la valeur des passifs et/ou
la dégradation de la valeur des actifs, dont l‟origine est antérieure à cette date.
109
Thierry Roullois « Achetez, vendez, ou transmettez une entreprise », éditions EMS 2005, page 137.
110
Un exemple de l‟acte de garantie figure en annexes.
91
- Un cautionnement bancaire.
- Le blocage du compte courant associés, du cédant, dans l‟entreprise cédée.
- Un cautionnement réel du cédant garant, qui peut prendre la forme d‟un nantissement ou d‟une
hypothèque.
- Le non paiement d‟une partie du prix de cession, jusqu‟à la fin de la durée de garantie.
Dans ce cas, le cédant peut exiger un droit d‟information pour lui permettre de se défendre. C‟est
le cas, particulièrement, d‟une procédure judiciaire ou d‟un contrôle fiscal.
A défaut d‟information ou information tardive, le cédant peut refuser d‟indemniser le
cessionnaire, sous prétexte de ne pas avoir l‟occasion de défendre les intérêts de l‟entreprise
cédée et se défendre lui même.
L‟information du cédant et son mode d‟intervention dans l‟entreprise cible, peuvent être à
l‟origine de difficultés dans la mise en jeu des garanties. En effet, tout cédant a, naturellement,
une tendance à se désengager des obligations relatives à une affaire cédée.
De ce fait, la convention de garantie doit organiser la mise en jeu des garanties, tels que le mode
d‟information du cédant, le délai de réponse du cédant, les modes d‟intervention du cédant, le
paiement des frais et honoraires engendrés par l‟intervention des conseillers et des avocats pour
défendre les intérêts du cédant dans son intervention.
Le dernier acte établis dans le processus de transmission est l‟acte de cession définitif.
Il est à signaler que le protocole d‟accord et les conventions accessoires, signés à l'issue de la
phase des négociations, sont les actes les plus importants de l‟opération de transmission. En
92
effet, l‟acte de cession définitif n‟est que la reproduction des termes de la cession, convenus
entre le cédant et repreneur, insérés dans le protocole d‟accord.
Toutefois, l‟acte de cession définitif constitue une formalité obligatoire régie par des conditions
de fond et de forme, et ce contrairement à ces actes.
Ces conditions de fond et de forme, qui régissent l‟acte de cession définitif, ont été traitées dans
le chapitre I de la première partie de notre travail. A cet effet, nous n‟allons pas les réexaminer
dans la présente section.
93
CONCLUSION DE LA PREMIERE PARTIE :
Nous avons consacré les deux premiers chapitres, de la première partie de notre travail, à l‟étude
des caractéristiques du cadre juridique et fiscal et leurs impacts sur la transmissibilité de
l‟entreprise tunisienne.
Toutefois, baliser un cadre juridique et fiscal pour la transmission, ne suffit pas. Il doit être
accompagné par la mise en place et la dynamisation d‟un marché pour la transmission de
l‟entreprise tunisienne.
Dans ce sens, des débats et des études ont été effectués en Tunisie111, et ils ont abouti à des
recommandations, tels que :
- L‟implication et la spécialisation de certaines SICAR, dans l‟opération de la transmission des
entreprises.
- Le développement des mécanismes de financement de la transmission des entreprises, au sein
de la BFPME, comme les mécanismes de financement de la création des entreprises.
- La mise en place d‟une bourse nationale pour la transmission des entreprises, qui regroupe les
offres de cession et les offres de reprise des entreprises.
- L‟insertion du processus de transmission dans la mise à niveau.
- La réalisation des enquêtes périodiques sur les attentes des entrepreneurs, en matière de
transmission des entreprises, et l‟utilisation des résultats de ces enquêtes pour dégager des
programmes de travail.
- L‟implication de certains organismes publics, telle que l‟implication des chambres de
commerce dans l‟information et la formation des chefs d‟entreprises et des repreneurs
potentiels.
111
Journée d‟études et de réflexion « l‟entreprise familiale à l‟épreuve de la transmission » organisée par la CTFCI, le 02
février 2006, propos publié dans l‟article « Recommandations stratégiques », « la lettre n°4 de la chambre Tuniso-
Française de commerce et d‟industrie (CTFCI) », du Mars 2006.
94
DEUXIEME PARTIE :
95
LA MISSION D’ACCOMPAGNEMENT DE L’EXPERT
COMPTABLE
L‟évolution des besoins des entreprises, en matière de conseil, a nécessité l‟évolution des
interventions de l‟expert-comptable des missions traditionnelles ancrées sur la comptabilité et les
chiffres comptables, à des nouvelles missions. Ces nouvelles missions consistent à développer
de nouveaux outils de gestion et d‟aide à la prise de décision.
Le périmètre d‟intervention de l‟expert-comptable devient, alors, couvrir divers domaines de la
gestion de l‟entreprise, tels que financier, fiscal, social, juridique et informatique ; et divers
étapes de la vie de l‟entreprise, telles que la création, la modification du capital, la
transformation et la transmission.
112
« Quel est le partenaire idéal pour réussir sa cession ? », article de Jean-Michel GAULTIER, publié par [Link]
(une place de marché en ligne dédiée à la Reprise –Transmission d‟entreprise) dans la Newsletter N° 153 du 15/9/2005.
96
Pour prouver l‟importance de l‟accompagnement de l‟expert-comptable, une étude publiée en
France113, pendant l‟année 2003, a traité le sujet de l‟intervention de l‟expert-comptable dans
l‟opération de transmission des entreprises.
Des chefs d‟entreprise interrogés, qui représentent 91 % de l‟échantillon étudié, ont affirmé que
l‟expert-comptable est un « partenaire important pour conseiller et accompagner »
la transmission.
Par ailleurs, les chefs d‟entreprises interrogés ont jugé l‟expert comptable, plus sollicité par
rapports aux autres professionnels, dans des domaines particuliers de l‟opération. Nous citons,
principalement, «l‟évaluation de la situation financière et du portefeuille commercial » pour 76%
des réponses, « l‟évaluation de l‟organisation et du personnel » pour 61 %, « l‟évaluation de la
situation légale » pour 53 % et «l‟évaluation du potentiel de développement » pour 44 %.
Nous allons consacrer la présente partie de notre travail à l‟étude de l‟intervention de l‟expert-
comptable dans l‟opération de transmission des entreprises.
D‟abord, nous allons aborder le cadre réglementaire, déontologique et professionnel de la
mission d‟accompagnement de l‟expert-comptable.
Ensuite nous allons décrire, selon une démarche méthodologique, la conduite opérationnelle de
cette mission d‟accompagnement du cédant ou du repreneur.
Cette partie peut constituer un support qui peut aider l‟expert-comptable à mieux cerner les
différentes phases de l‟opération et à optimiser sa mission d‟accompagnement du cédant ou du
repreneur.
113
étude réalisée par l‟IFOP (Institut Français d'Opinion Publique : un des pionniers et acteurs principaux du marché des
sondages d'opinion et des études marketing, depuis 1938), auprès d‟un échantillon représentatif de dirigeants d‟entreprises
de 0 à 99 salariés, à l‟initiative du Conseil Supérieur de l‟Ordre des Experts-Comptables français, de l‟Agence Pour la
Création d‟Entreprise et de l‟Assemblée des Chambres Françaises de Commerce et d‟Industrie
Une partie des résultats de cette étude a été insérée dans l‟article « Reprise et transmission : l‟expert-comptable bien placé
dans un marché encore en devenir », « Le francilien des experts comptables »- Numéro 44- page 17.
97
CHAPITRE.I : LE CADRE REGLEMENTAIRE, DEONTOLOGIQUE ET
PROFESSIONNEL DE LA MISSION D’ACCOMPAGNEMENT
114
« Les partenaires du transmetteur et du repreneur », article publié dans « Les cahiers Industries » N°65, MARS 2001,
(disponibles en téléchargement sur internet : [Link]).
98
Ces interdictions sont étendues à son conjoint, ses salariés et aux personnes qui exercent pour
son compte.
L‟expert-comptable ne peut pas, à la fois, accompagner le cédant et le repreneur dans la même
opération de cession-reprise. En effet, les deux parties ont des intérêts contradictoires qui
résident, principalement, dans la valorisation de l‟entreprise à transmettre. Il ne peut pas, donc,
préserver en même temps les intérêts des deux parties.
« L‟expert-comptable dispose, il est vrai, d‟une place stratégique dans le cadre d‟une cession
d‟entreprise, mais il commettra probablement une erreur en voulant satisfaire à la fois le cédant
et le repreneur. Il doit être le conseil de l‟une ou de l‟autre partie et non des deux.115 »
115
Yves Fouchet, président du comité de transmission d‟entreprises au Conseil supérieur de l‟Ordre des experts-
comptables français, dossier « transmission d‟entreprise : l‟expert- comptable doit affirmer son rôle d‟accompagnement
d‟une cession-reprise », publié dans la magasine française « AGEFI actifs », n° 154 - semaine du 16 au 22 avril 2004. (Le
site [Link] comporte l‟édition électronique de cette magasine).
116
Yves Fouchet, président du comité de transmission d‟entreprise au Conseil supérieur de l‟ordre des experts-comptables
Français, dossier « Chefs d‟entreprises, comment passer le relais ? » du magasine « gestion de fortune » – n°141 –
septembre 2004. Page 3.
117
L‟étude réalisée par l‟IFOP, cité ci-dessus dans la page 97 de notre travail , sur la place de l‟expert-comptable dans le
processus de transmission, a affirmé qu‟il est « Le plus compétent pour intervenir sur la majorité des étapes …sauf pour la
recherche d’un cédant ou d’un repreneur où les chambres de commerce sont les premières citées ».
99
[Link] : Les responsabilités de l’expert-comptable
Cette responsabilité civile se base sur trois éléments, qui sont : une faute commise par l‟expert-
comptable, un préjudice causé à son client(le cédant ou le repreneur potentiel) et un lien de
causalité entre la faute commise et le préjudice subi.
Une lettre de mission, établie par l‟expert-comptable avant de commencer la mission et signée
conjointement avec le repreneur potentiel ou le cédant, permet de résoudre ce problème.
Comme nous allons le traiter dans la section suivante, la lettre de mission permet de fixer la
nature, le contenu et l‟étendue des travaux et les obligations de l‟expert-comptable.
Toutefois cette lettre n‟élimine pas définitivement le problème .En effet, le juge peut estimer
qu‟une obligation reste à la charge de l‟expert-comptable malgré qu‟elle ne figure pas dans la
lettre de mission. De part sa nature, elle ne peut pas être dissociée de la mission et des travaux
confiés à l‟expert-comptable.
Sauf indication contraire dans la lettre de mission, l‟expert-comptable est tenu à une obligation
des moyens et non pas à une obligation de résultat. L‟obligation des moyens consiste à fournir le
meilleur conseil possible, dans la mesure de ses connaissances actuelles et dans le respect de la
législation et des normes en vigueur. Elle ne consiste pas, toutefois, à s‟immiscer dans la gestion
et à prendre les décisions, à la place du client.
Devant l‟insuffisance des moyens fournis par le client (cédant ou repreneur potentiel),
notamment l‟insuffisance des honoraires, l‟expert-comptable ne doit pas se permettre de négliger
certains aspects de la mission et d‟excuser les lacunes. De ce fait, il doit accepter, seulement, les
missions qu‟il peut réaliser dans les règles de l‟art.
100
Sous-section 2 : La responsabilité pénale de l’expert-comptable
La responsabilité pénale de l‟expert-comptable, dans ce type de missions, est engagée dans deux
principaux cas :
D‟une part, la violation du secret professionnel. En effet, l‟article 254 du code pénal soumet au
secret professionnel toute personne dépositaire, par état ou profession, de secret que l‟on confie.
L‟expert-comptable fait partie, sans doute, de l‟ensemble de ces personnes soumises au secret
professionnel. Cela a été confirmé par les textes spécifiques, qui réglementent la profession de
l‟expert-comptable118.
L‟article susmentionné prévoit que : « Les médecins, les chirurgiens et autres officiers de santé
ainsi que les pharmaciens, les sages-femmes et toutes autres personnes dépositaires, par état ou
profession, de secrets que l‟on confie, qui, hors le cas où la loi les oblige ou les autorise à se
porter dénonciateurs, auront révéler ces secrets, seront punis d‟un emprisonnement de 6 mois et
d‟une amende(…)».
D‟autre part, les juges peuvent qualifier certaines carences professionnelles, de la part de
l‟expert-comptable, un signe suffisant d‟une collusion et d‟une complicité avec l‟auteur principal
des faits119 .
L‟article 32 du code pénal dispose : « sont considérés et punis comme complices : 3) ceux qui
ont, dans les mêmes conditions, aidé ou assisté l‟auteur ou les auteurs de l‟action dans les faits
qui l‟ont préparé ou facilitée, ou dans ceux qui l‟ont consommé(…) ».
118
La loi 88-108, du 18 Août 1988.
119
« Les missions fiscales de l‟expert-comptable », article de Fayez CHOYAKH, « la revue comptable et financière » RCF
N°76- printemps 2007.
101
des finances en date du 26 juillet 1993120, constituent le cadre de cette responsabilité
disciplinaire.
Ils ont fixé :
- Les fautes qui déclenchent la responsabilité disciplinaire de l‟expert-comptable.
- L‟organe compétent qui décide ces sanctions.
- Les différentes sanctions disciplinaires.
- Les voies de recours de l‟expert-comptable.
L‟article 27 de la loi 88-108 a désigné la partie compétente pour décider les sanctions
disciplinaires .Ainsi, aux termes du premier alinéa de cet article : « il est institué auprès de l'ordre
une chambre de discipline chargée notamment de sanctionner les infractions à la réglementation
professionnelle et au règlement intérieur de l'ordre et, en général, toutes infractions à une
quelconque des règles de l'ordre(…)».
Ce même article a fixé les différentes sanctions disciplinaires possibles, et qui sont :
- L‟avertissement.
- Le blâme écrit adressé à l‟intéressé.
- La suspension de l‟ordre, de un à cinq ans.
- La radiation du tableau de l‟ordre.
L‟expert-comptable peut faire recours en appel contre les décisions de la chambre de discipline,
devant la cours d‟appel. Il peut faire recours en cassation, devant le tribunal administratif.
120
L‟arrêté du Ministre des Finances du 26 juillet 1993 impose aux experts-comptables de se conformer au code des
devoirs professionnels. Le code des devoirs professionnels, qui est promulgué par ce même arrêté du 26 Juillet 1993,
exige de se conformer aux normes généralement admises en matière d'éthique professionnelle, notamment, aux normes de
l'IFAC qui sont adoptées par l'Ordre des experts-comptables.
102
[Link] : La lettre de mission
La lettre de mission est une obligation professionnelle instaurée par le CDP121. Elle est un contrat
conclu entre l‟expert-comptable et son client. Ce contrat constitue un résumé des conditions de la
mission, convenues entre les deux parties.
Elle est signée lors de l‟acceptation de la mission par l‟expert-comptable et avant d‟entamer ses
travaux d‟accompagnement. Toutefois, elle peut faire l‟objet d‟actualisations ultérieures.
Elle se distingue de la lettre de mission relative à l‟audit des états financiers, traitée dans la
norme d‟audit de l‟IFAC « ISA 210 ».
L‟article 8 CDP a listé, à titre indicatif, les principales composantes de la lettre de mission :
- La définition précise de la mission à accomplir.
- La périodicité ou la durée de la mission.
- Le montant des honoraires et les modalités du règlement.
- Les conditions générales de collaboration.
Ces énonciations ne sont pas limitatives et l‟expert-comptable adapte la lettre de mission aux
spécificités de son intervention et aux particularités du client ainsi qu‟à ses besoins123.
Dans ce qui suit, nous allons approfondir le contenu de la lettre de mission pour ce type
d‟interventions de l‟expert-comptable, en s‟inspirant de la pratique et des études effectués sur ce
sujet124 :
105
§.2. La nature, l’étendue et les limites de la mission de l’expert-comptable
La présente partie de la lettre de mission est obligatoire pour le cas d‟une mission de procédures
convenues. Dans ce type de missions, le donneur d‟ordre fixe les instructions et les grandes
lignes de la mission de l‟expert-comptable.
Les travaux et les investigations de l‟expert-comptable sont détaillés dans la lettre de mission.
L‟expert-comptable mentionne dans la lettre de mission, que l‟accomplissement de sa mission
est limité aux procédures et investigations prévues par le donneur d‟ordre.
106
intervenants, etc. Les honoraires peuvent comporter une partie fixe et conditionnelle, à la fin de
la mission, qui est conditionnée par la réalisation définitive de l‟opération (la cession ou la
reprise).
La lettre de mission peut prévoir la facturation et le remboursement de certains frais engagés par
l‟expert-comptable, pour la réalisation de sa mission, tels que les frais d‟hébergement et de
déplacement.
Quant au mode de perception et de facturation de ces honoraires, la lettre de mission peut fixer :
- Le contenu de la note d‟honoraire, en exigeant des détails, tels que la nature des travaux, la
période d‟intervention et le nom des intervenants.
- l‟échéancier de paiement des notes d‟honoraire : avant le commencement de la mission, en
fonction de l‟avancement des travaux et à la fin de la mission.
- La lettre de mission peut exiger aussi que la note de remboursement des frais soit accompagnée
des pièces justificatives.
L‟expert-comptable peut introduire une clause dans la lettre de mission, qui lui permet de
suspendre ses travaux ou mettre fin à la mission, en cas de non paiement des notes d‟honoraires.
107
[Link] : L’intervention des autres spécialistes et professionnels
Le cédant ou le repreneur ne délèguent pas la décision à ces différents spécialistes, mais ils font
recourir à leurs compétences pour maîtriser tous les aspects du dossier.
Ils procèdent, eux-mêmes, à l‟animation de cette équipe ou ils délèguent cette animation à un
conseiller coordinateur126.
125
Yves Fouchet, président du Comité de transmission d‟entreprises au Conseil supérieur de l‟ordre des experts-
comptables Français, « La transmission d‟entreprise : Anticiper pour la réussir » SIC n°.224 du 9 Septembre 2004.
126
Nous allons confirmer ci-après, que l‟expert-comptable est un coordinateur par excellence pour ce type d‟opérations.
108
vente de l‟entreprise, d‟assister le vendeur dans ses négociations avec les repreneurs potentiels et
de l‟accompagner dans la phase post-cession.
« La transmission d‟entreprise peut être comparée à une pièce de théâtre. Les rôles principaux
sont tenus par le cédant et le repreneur. Les seconds rôles concernent leurs conseils, leurs
financeurs et les intermédiaires127 ».
Les principaux intervenants, autre que le cédant ou le repreneur, sont l‟expert-comptable,
l‟avocat, le banquier, les conseillers en fusion-acquisition et les techniciens dans des autres
domaines spécifiques.
Leurs nombres, leurs expériences et leurs compétences dépendent de la complexité des travaux à
effectuer.
La même chose est pour l‟équipe qui accompagne le repreneur. Elle se trouve diversifiée dans la
phase du diagnostic de l‟entreprise à reprendre et dans la phase de l‟évaluation. Elle devient
réduite, dans la phase des négociations et de rédaction des actes de reprise.
Les principaux spécialistes et professionnels, autre que l‟expert-comptable, sont128 :
127
« La Caravane des Entrepreneurs : Reprise & Transmission d‟Entreprises » : Equipe de professionnels qui se déplace
dans les régions françaises, pour organiser des conférences-débats et des conseils gratuits, en matière de cession et de
reprise des entreprises. Le site [Link] comprend les guides et les conseils pratiques de ces
professionnels, en la matière.
128
Les travaux de l‟expert-comptable vont être traités avec détail, dans les deux chapitres suivants de la présente partie de
notre travail ;
109
§.1. Les professionnels de droit
Les professionnels de droit, qui sont principalement les avocats, interviennent dans :
- L‟assistance du cédant et du repreneur dans le choix de la modalité juridique de la cession-
reprise.
- La préparation de l‟entreprise à sa transmission, tels que la régularisation de la situation
juridique de certains actifs.
- La formulation des actes préparatoires nécessaires, tels que l‟engagement de confidentialité et
la lettre d‟intention.
- Le diagnostic juridique de l‟entreprise.
- La rédaction du protocole d‟accord et des actes définitifs de cession.
- L‟accomplissement des formalités administratives et juridiques à la charge du cédant ou du
repreneur, après la transmission de l‟entreprise.
129
La loi du 2 janvier 1970.
110
Les banquiers interviennent, essentiellement, pour assister dans le montage financier de
l‟opération. Ils peuvent intervenir, aussi, dans le financement de reprise de l‟entreprise.
130
Nous citons les exemples suivants, en France :
- Structures institutionnelles : l‟agence pour la création des entreprises (APCE), Les Chambres de Métiers et de
l'Artisanat, les chambres régionales de commerce et d‟industrie (CRCI), etc.
- Organismes professionnels : L‟union de la Région Centre de la Confédération de l‟Artisanat et des petites entreprises du
bâtiment (CAPEB),
- Réseaux associatifs, commerciaux ou professionnels :
- Clubs de repreneurs : le Club des repreneurs d'affaires(CRA),
131
Voire bibliographie de notre présent travail (Net bibliographie).
111
Sous-section 3 :L’expert-comptable est un bon coordinateur de l’équipe pluridisciplinaire
Par ailleurs, pour les raisons de sa position proche des dirigeants et de sa connaissance de
l‟entreprise, l‟expert-comptable intervient, généralement, avant les autres conseillers. Il est le
premier censé sensibiliser le chef d‟entreprise à la problématique de transmission.
« Celui-ci et le mieux placé pour coordonner les compétences très spécialisées qui devront être
réunies dans plusieurs disciplines d‟ordre économique, juridique ou fiscal. Il apparait également
qu‟en amont de ces prestations, l‟expert comptable a la possibilité de présenter spontanément,
chaque année un examen de transmissibilité qui aura pour objet de rappeler au chef d‟entreprise
et à l‟actionnaire les grandes lignes des actions qu‟il faudrait prendre pour corriger les freins à
une éventuelle transmission »133.
132
L‟étude réalisée par l‟IFOP, cité ci-dessus dans la page 97 de notre travail, sur le rôle de l‟expert-comptable dans le
processus de transmission, a conclu que 90% des chefs d‟entreprises interrogés, considèrent que l‟expert-comptable est
« un interlocuteur que l‟on peut consulter en toute confidentialité ».
133
François CANTEGREIL, expert-comptable « Rôle de l‟expert-comptable dans la transmission d‟entreprises :
méthodologie et mode opératoire » RFC .212 .Mai 1990.
112
comptable exploite les résultats des différents diagnostics pour effectuer l‟évaluation de
l‟entreprise.
134
« Transmission d‟entreprise : Missions spéciales d‟accompagnement du cédant et du repreneur », publié dans le site :
[Link].
135
Nous citons à titre d‟exemple, en France : le réseau des chambres de commerce et d‟industrie (CCI), les chambres des
métiers et de l‟artisanat, l‟agence pour la création d'entreprise (APCE), l'association Cédants et repreneurs d'affaires
(CRA) et les intermédiaires et les cabinets spécialisés dans le conseil en transmission. Les guides de ces organismes, en
matière de transmission des entreprises, sont publiés dans leurs sites, listés dans la bibliographie de notre présent travail.
113
[Link] : L’ACCOMPAGNEMENT DU CEDANT
Avant d‟étudier, avec détail, cette mission d‟accompagnement de l‟expert-comptable, nous avons
récapitulé dans un premier tableau les besoins du cédant en matière de conseil et les prestations
sollicitées de l‟expert-comptable, dans chaque phase du processus de cession.
Dans un deuxième tableau, nous avons récapitulé les techniques, les travaux et les diligences de
l‟expert-comptable pour satisfaire ces besoins du cédant.
Ces différents travaux et techniques sont inspirés d‟un document préparé par le comité de
transmission d‟entreprise du conseil supérieur de l‟ordre des experts-comptables français
« Missions spéciales d‟accompagnement du cédant et du repreneur » du site : [Link]-
[Link].
114
Tableau I : les besoins du cédant en matière de conseil, dans chaque étape du processus de
transmission.
- Réflexion du cédant sur son projet de vie. - Vérifier la faisabilité de l‟opération de cession, avec les
moindres coûts et efforts.
- Aider le cédant à prendre la décision de vendre.
- Définir l‟étendue et les conditions de la mission
d‟accompagnement du cédant.
- Négociation avec les repreneurs potentiels. - Assister et conseiller le cédant dans la phase des
négociations avec le repreneur, et ce en collaboration
avec les autres conseillers (avocats, intermédiaires, etc.)
La nature des travaux de la mission d‟accompagnement du cédant, varie d‟une mission à une
autre, en fonction de plusieurs paramètres, tels que les besoins et les objectifs du cédant, les
particularités de l‟entreprise objet de cession et le budget temps négocié.
Chaque mission d‟accompagnement présente ses spécificités et ses particularités.
Dans notre présent travail, nos allons étudier les principaux travaux d‟accompagnement du
cédant, effectués par l‟expert-comptable, en fonction de l‟avancement du processus de cession de
l‟entreprise.
115
Tableau II : travaux et diligences de l’expert-comptable
- Aider le cédant à prendre la décision - Expliquer au chef d‟entreprise toute l‟ampleur de l‟opération
de vendre. de transmission.
- Lui indiquer le temps nécessaire à sa préparation.
- Le sensibiliser aux opportunités et aux moments favorables.
- Banaliser l‟opération pour le cédant et lui parler d‟un acte
normal de saine gestion.
- Ecarter l‟affectif chez le cédant et favoriser le raisonnement.
- Assister le cédant à mettre en place une stratégie de
transmission de son entreprise.
136
Travaux et diligences de l‟expert-comptable, inspirés d‟un document « Missions spéciales d‟accompagnement du
cédant et du repreneur », préparé par le comité de transmission d‟entreprise du conseil supérieur de l‟ordre des experts
comptables français, et publié dans le site : [Link].
116
SECTION.I : La prise de connaissance du projet de cession et la définition de
l’étendue de la mission
Les travaux de l‟expert comptable sont planifiés et exécutés pour atteindre les objectifs décrits
ci-dessus.
- La réelle volonté du cédant de transmettre son entreprise. A cet effet l‟expert comptable peut
concevoir et utiliser des questionnaires d‟évaluation137.
« L'expert-comptable est aux côtés du cédant dès la phase de préparation de la vente. Il est en
effet très important d'anticiper son départ et de ne pas prendre cette décision sur un coup de
tête. L'aspect psychologique est très important : si le dirigeant n'est, au fond de lui, pas
vraiment prêt à vendre, il y perdra beaucoup de temps et d'énergie »138.
- La disponibilité du vendeur pour gérer l‟opération de transmission, qui peut durer même des
années. le vendeur doit être disposé à consacrer du temps à cette opération inhabituelle, en
parallèle avec la gestion quotidienne de l‟entreprise.
- L‟absence des obstacles à la réalisation de l‟opération, notamment, le refus des associés ou les
membres de la famille du cédant.
- Le caractère raisonnable du prix « psychologique » attendu par le cédant et sa compatibilité
avec le prix de marché et avec la pré-évaluation, effectuée par l‟expert-comptable sur la base
des éléments qualitatifs de l‟entreprise cible.
137
Un exemplaire de ces questionnaires figure dans les annexes.
138
Yves Fouchet, Président du comité transmission du Conseil supérieur de l‟ordre des experts-comptables français, « des
experts incontournables », article publié dans la revue « Les cahiers Industries » N°138 MARS-AVRIL 2009, page 16
(disponible en téléchargement sur internet : [Link]).
117
En effet, dés que le cédant aborde la question du prix de vente, il peut subitement dériver dans
l‟univers de l‟irrationnel139.
- Le caractère attractif de l‟entreprise objet de cession, et si elle est susceptible d‟intéresser les
repreneurs potentiels.
- La faisabilité du plan de développement de l‟entreprise, envisagé après sa cession, par rapport
au contexte économique et aux spécificités de l‟entreprise elle même.
Pour faciliter la prise de décision pour le cédant, l‟expert comptable procède, principalement,
à 140:
Expliquer au cédant toute l’ampleur de l’opération de transmission, et notamment, que :
- Elle est une opération spécifique de la vie de l‟entreprise et du cédant, et nécessite un effort
considérable et une patience. Le cédant doit être prêt à assurer la conduite des différentes étapes
de la transmission et, en même temps, gérer les activités d‟exploitation quotidienne de son
entreprise.
- Elle est une opération complexe, qui touche différents aspects de l‟entreprise : juridique, fiscal,
social, commercial, etc.
- Elle et une opération délicate, et son échec peut affecter la pérennité de l‟entreprise.
139
« Préparer la cession de son entreprise » article publié dans le site [Link].
140
« Les clés de la transmission d‟entreprise, le rôle de l‟Expert-comptable », débat organisé le 28 Novembre 2007, par
l‟ordre des expertes comptables françaises, région Paris Ile -De –France et animé par Jean-Marc FLEURY Expert
Comptable (document publié dans le site [Link]).
118
Le sensibiliser aux opportunités et aux moments favorables :
Le cédant ne doit pas lier entre son départ à la retraite ou son incapacité, et la transmission de
son entreprise. En effet, la vente forcée et rapide de l‟entreprise affaiblit la position du cédant,
dans ses négociations avec le repreneur. « La transmission d‟une entreprise ne peut pas toujours
coller au départ à la retraite de son dirigeant, mais à une logique économique.141 ».
Par ailleurs, il ne doit pas attendre la phase de déclin de son entreprise. Car, elle a de la valeur et
peut attirer facilement des repreneurs potentiels, lorsqu‟elle présente un potentiel de croissance et
de rentabilité futur.
L‟expert-comptable doit attirer l‟attention du cédant sur le bon moment de vendre, qui tient
compte des facteurs de réussite suivants :
- Céder quand le temps ne presse pas.
- Céder quand la situation de l‟entreprise est stable.
- Céder quand l‟avenir est prometteur.
- Céder quand la rentabilité est confortable.
Banaliser l’opération pour le cédant, et lui parler d’un acte normal de saine gestion :
Le cédant doit appréhender la cession envisagée de son entreprise, comme un acte de saine
gestion et une décision stratégique et non pas une manœuvre de sauvetage ou une solution forcée
de dernière chance.
L‟expert-comptable, ayant le rôle du premier conseiller de l‟entreprise, doit participer à la
création d‟une nouvelle culture chez les entrepreneurs et les chefs d‟entreprises, pour rendre la
transmission, un acte normal de la vie de l‟entreprise.
141
Yves Fouchet, président du Comité de transmission d‟entreprises au Conseil supérieur de l‟ordre des experts-
comptables Français « Chefs d‟entreprises, comment passer le relais ? », dossier publié dans le magasine « gestion de
fortune » N°141, Septembre 2004, Page 32.
119
psychologique pour que le changement de dirigeant ne soit pas un traumatisme pour l‟entreprise
et pour le dirigeant en question »142.
L‟expert-comptable établit une lettre de mission qui comporte, notamment, l‟étendue et les
conditions de sa mission et les travaux à effectuer. Nous avons traité, précédemment, dans la
présente partie de notre travail, l‟intérêt et le contenu de cette lettre de mission.
142
« L‟expert-comptable est au cœur des opérations de transmission d‟entreprises », article publié dans le magasine SIC
(mensuel de l‟ordre des experts comptables français) N°255, Juillet-Août 2007, Page 45.
120
[Link] : Le diagnostic de transmissibilité et la préparation de
l’entreprise à la vente
L‟objectif du diagnostic effectué par le cédant est de vérifier la transmissibilité de son entreprise.
Ce diagnostic consiste à repérer les points forts qui attirent les repreneurs potentiels et les points
faibles qui freinent la transmission de l‟entreprise. Le résultat de ce diagnostic permet, ensuite,
de programmer les actions à mener, en exploitant les atouts et en trouvant des remèdes aux
insuffisances.
Le cédant fait recours à des professionnels de différentes spécialités pour effectuer le diagnostic
de transmissibilité de son entreprise.
Même avec l‟intervention des autres spécialistes, le rôle de l‟expert-comptable est important, car
il va utiliser, ultérieurement, les résultats de ce diagnostic pour la préparation de l‟entreprise à la
vente, pour son évaluation et pour l‟élaboration du dossier de présentation.
L‟expert-comptable intervient dans cette phase d‟accompagnement, notamment, au niveau du
diagnostic financier et comptable.
143
Un exemple de rapport de diagnostic de transmissibilité figure dans les annexes.
121
Si l‟expert-comptable est le coordinateur de l‟opération, il centralise le contenu des différents
rapports partiels de diagnostic dans un seul document (un rapport général de diagnostic).
Les différents rapports de diagnostic de transmissibilité, comportent les points forts et les points
faibles de l‟entreprise. Les points faibles constituent des freins à la transmission et réduisent sa
valeur de cession. Ils feront l‟objet d‟un programme pour être corrigés. Les points forts
constituent des atouts et doivent être valorisés par le cédant.
L‟expert-comptable intervient dans l‟assistance du cédant pour analyser ces points de force et de
faiblesse et arrêter des programmes d‟action pour corriger les faiblesses et valoriser les forces.
Ce qui constitue les travaux de préparation de l‟entreprise à sa cession.
§.1. L’analyse des causes de non cessibilité et la mise en place des actions de correction.
Les causes de non cessibilité de l‟entreprise sont liées, principalement, aux aspects suivants :
- Le patrimoine de l‟entreprise.
- Les principaux éléments du processus d‟exploitation.
- Le style de gestion, l‟organisation et la culture de l‟entreprise.
- Les ressources humaines.
- Les indicateurs financiers de rentabilité et de solvabilité.
122
a. Le patrimoine de l’entreprise
Le patrimoine de l‟entreprise peut inclure des biens immobiliers, non nécessaires à son activité
principale, qui augmentent sa valeur. En conséquence, ils alourdissent le prix à payer par
l‟acquéreur intéressé par l‟activité de l‟entreprise et le découragent à continuer la négociation.
144
«La transmission d‟entreprises : les grandes étapes » guide diffusé, en Octobre 2006 dans le site web Sowaccess (une
plateforme pour la transmission d'entreprises aux Pays-Bas. Elle intervient en tant que facilitateur dans la réalisation des
opérations de cession et d'acquisition des entreprises, notamment, à travers une base de données d‟annonces de cession et
de reprise).
123
c. Le style de gestion, l’organisation et la culture de l’entreprise objet de cession
« Dans les petites entreprises surtout, l‟entrepreneur est souvent le visage de la société. Cela peut
avoir une influence négative sur la valeur de l‟entreprise et la rendre plus difficile à vendre »145 .
L‟expert-comptable procède, dans son analyse des causes de non cessibilité liées à l‟organisation
et à la culture de l‟entreprise, à vérifier si :
- Le fonctionnement de l‟entreprise dépend d‟une seule personne qui est, généralement, le
propriétaire fondateur, et qui est le centre des décisions.
- L‟entreprise fonctionne selon un style de gestion, où la personnalité du dirigeant fondateur est
ancrée.
- Le réseau d‟affaires de l‟entreprise est, étroitement, lié à la famille et au cercle d‟amis de son
dirigeant. « Travailler en PME est souvent une passion mais le patron doit être conscient de ce
que ses décisions et comportements jouent un rôle majeur sur les déterminants de la valeur
future de l'entreprise »146.
d. Les employés
L‟expert-comptable doit étudier avec le chef de l‟entreprise les cause de non cessibilité, liées au
personnel de l‟entreprise, tels que :
- Le personnel clé au sein de l‟entreprise (technique, commercial, etc.), est âgé et s‟approche de
son départ à la retraite.
- Les conflits sociaux en cours, qui ne sont pas encore solutionnés.
- Les augmentations salariales et les avantages exorbitants accordés au personnel de l‟entreprise,
juste avant la cession.
145
Idem
146
Idem
147
Idem
148
Idem
124
§.2. L’adoption d’une structure juridique qui facilite la transmission
La transformation de l‟entreprise individuelle, qui a atteint une taille importante, en une
entreprise sociétaire peut faciliter sa transmission.
La divisibilité du capital de l‟entreprise sociétaire permet une transmission par tranches et à plus
d‟un acquéreur. Ces acquéreurs peuvent trouver facilement les moyens de financement.
Toutefois, les actifs d‟un fonds de commerce d‟une entreprise individuelle se transmettent
entièrement. Ce qui peut être décourageant pour l‟acquéreur, qui ne trouve pas les moyens de
financement nécessaires ou qui ne trouve pas d‟autres acquéreurs associés.
Certaines rubriques des états financiers sont généralement plus attirantes pour les cessionnaires.
Elles nécessitent d‟être revues par l‟expert-comptable, dont, notamment :
- Les comptes d‟actifs doivent être examinés. Les comptes, relatifs aux biens qui n‟existent plus,
doivent être apurés. Les dépréciations nécessaires pour les biens, qui ne servent plus ou qui
sont obsolètes, doivent être constatées.
- Les passifs doivent être inventoriés exhaustivement. Tous les passifs et les obligations connues
à la date de l‟opération doivent être comptabilisés. Les provisions, concernant les risques
éventuels et les obligations futurs probables, doivent être constatées.
- Les comptes courants des cédants, dans l‟entreprise, doivent être retirés progressivement.
149
Guide élaboré par une équipe de professionnels qui se déplace dans les régions françaises, pour organiser des
conférences-débats et des conseils gratuits, en matière de cession et de reprise des entreprises. Ce guide est téléchargeable
du site [Link].
150
« Un toilettage comptable et l‟entreprise est plus belle » Article publié, le 19 décembre 2008, dans le site www.
[Link]
125
[Link] : L’évaluation de l’entreprise objet de transmission
Avant d‟entamer ses travaux d‟évaluation de l‟entreprise, l‟expert-comptable doit avoir une
connaissance suffisante de l‟entreprise et de ses forces et faiblesses. En effet « Comprendre le
passée et le présent de l‟entreprise, permet de mieux appréhender son potentiel futur ».
Cela est évident, car dans les étapes passées de sa mission d‟accompagnement, il a effectué une
prise de connaissance préliminaire de l‟entreprise et a participé dans les travaux de diagnostic.
151
« Faut-il faire évoluer les méthodes d‟évaluation d‟entreprise ? » Alain SCHATT et Thiery ROY, « Revue Française de
Comptabilité » RFC N°442, Mars 2002, Page 8.
152
« Réussir une évaluation d‟entreprise » dossier de la « La revue fiduciaire comptable » Juin 2004, page 08.
153
« Qu‟est-ce que la méthode de valorisation patrimoniale ? » Article de Julien JEREMIE, publié par [Link],
Newsletter N° 153 du 15/09/2005.
126
Le tableau suivant, récapitule les conditions et les contextes d‟utilisation des principales
méthodes et approches d‟évaluation154 :
Approches et méthodes d’évaluation Conditions et contextes d’utilisation
Approche patrimoniale :
- Méthode de l‟actif net comptable - Elles sont appliquées aux entreprises dans les secteurs qui
(ANC). nécessitent des investissements matériels importants, tels que le
- Méthode de l‟actif net comptable secteur industriel et le secteur foncier.
réévalué (ANCR).
- Méthode de l‟actif net comptable - Elles sont écartées pour les entreprises de services et les Start-
corrigé (ANCC). up.
- Méthode de la valeur substantielle
nette (VSN).
Les principales données, nécessaires pour l‟application des formules d‟évaluation, sont :
- L‟actif net réévalué (ANR) ou actif net comptable corrigé (ANCC), pour l‟approche
patrimoniale.
- La capacité bénéficiaire et le taux d‟actualisation ou de capitalisation, pour l‟approche basée
sur la capacité bénéficiaire.
155
Eléments de cours préparés par Mohamed Neji HERGLI (Matière : Evaluation des entreprises) I.F.I.D- 2007.
156
Eléments de cours préparés par Mohamed Neji HERGLI, (Matière : Evaluation des entreprises) I.F.I.D- 2007.
128
Le tableau suivant récapitule les principaux retraitements des éléments du bilan157 :
- Les frais préliminaires et les charges à répartir : sont évalués pour le montant
de l‟économie d‟impôt qu‟ils procurent.
- Terrains d’exploitation :
• Les terrains nus sont évalués, en se référant au prix du m2 pratiqué dans la
même région, pour des opérations récentes.
• Les terrains construits sont évalués avec la construction, en se référant au prix
du m2 construit, pratiqué dans la même région, pour des opérations récentes.
• Les terrains loués à des tiers, sont évalués selon le même principe, en
déduisant les frais et indemnités à exiger par le locataire, éventuellement, en
cas de récupération du terrain par l‟entreprise.
- Bâtiments d'exploitation :
• Les bâtiments, pour lesquels il existe un marché portant sur des immeubles
analogues, sont évalués à leurs valeurs vénales brutes.
Immobilisations • Les bâtiments pour lesquels il n‟existe pas un marché, sont évalués à la valeur
corporelles de reconstruction à neuf, à laquelle on applique des coefficients pour tenir
compte de l‟effet de la vétusté.
• Les constructions sur sol d‟autrui, ont une valeur nulle.
Immobilisations - Les prêts : sont évalués à leur valeur comptable. Toutefois, au cas où ils sont
consentis à un taux supérieur ou à un taux inférieur au taux de marché, ils
financières doivent être réévalués respectivement à la hausse ou à la baisse.
157
Ces principaux retraitement sont inspirés de l‟article « L‟évaluation des entreprises», Hammadi BEN AMOR, « la
revue comptable et financière » RCF.N°42, quatrième trimestre 1998.
129
- Les titres immobilisés :
• Les participations minoritaires dans les sociétés cotées sont évaluées à la
valeur boursière moyenne du dernier mois ou de la dernière année.
• Les participations minoritaires dans les sociétés non cotées sont évaluées pour
le montant capitalisé des dividendes ou à la valeur probable de négociation.
- Les stocks, les créances clients et les autres actifs courants : leur réévaluation
nécessite un calcul minutieux et la prise en compte des provisions pour
dépréciation.
Actif circulant - Les effets remis à l’escompte et non échus, les effets remis à l’encaissement
non échus et toute créance commerciale cédée et non échue : doivent être
retirées des liquidités, et reclassées parmi les créances.
130
§.2. Les retraitements de l’état de résultat : détermination de la capacité bénéficiaire
« La capacité bénéficiaire, c‟est à dire le résultat que peut raisonnablement attendre un éventuel
acquéreur compte tenu de la situation actuelle et des spécificités de l‟entreprise ; ce résultat peut
s‟exprimer à partir du bénéfice brut, du bénéfice net, du dividende ou du cash-flow selon les
formules retenues »158.
Pour prévoir les résultats futurs, l‟expert-comptable évaluateur doit respecter l‟adéquation et la
cohérence entre les hypothèses retenues et les forces et les faiblesses de l‟entreprise objet de
l‟évaluation.
158
Eléments de cours préparés par Mohamed Neji HERGLI, (Matière : Evaluation des entreprises) I.F.I.D- 2007.
159
Compagnie des Conseils et Experts Financiers [Link].
131
Grille de détermination du taux d’actualisation (K)160
160
« Les clés de la transmission d‟entreprise, le rôle de l‟Expert-Comptable », débat organisé le 28 Novembre 2007, par
l‟ordre des expertes comptables françaises,( région Paris Ile -De –France ) animé par Jean-Marc FLEURY Expert
Comptable. (Document publié dans le site [Link]).
132
Grille d’évaluation du «risque spécifique d’entreprise»161
Pondération
Principales bornes
spécifique
Risques
retenue
de valeurs
Valeur
Risque
Processus de fabrication :
Elevée 50 %
Capacité de l’entreprise à maîtriser ou adapter son
Nulle 0 %
Absolue
100 %
processus de fabrication pour générer ou conserver 60 % 10 % 0,60 %
de la valeur dans le futur (savoir-faire de
l’entreprise maîtrisé et protégé)
Qualité du management :
Existence d’une stratégie de la direction à moyen et
Mauvaise 0 %
Moyenne 50 %
long terme et mise en œuvre des moyens financiers et
100 %
bonne
Très
humains pour la 75 % 10 % 0,375 %
réalisation de cette stratégie.
Hommes clés :
Risque de remise en cause de la pérennité de Elevé 50 %
Nul 0 %
Absolu
100 %
l’entreprise du fait de l’absence temporaire ou
20 % 10 % 0,30 %
définitive d’une ou de quelques personnes (effet
homme clé : importance du dirigeant).
Fournisseurs :
Moyenne
100 %
60 % 10 % 0,90 %
clients (et ses fournisseurs). Le risque est élevé si
l’entreprise réalise l’essentiel de son activité avec un
nombre réduit de clients.
Qualité de l’outil de production :
Mauvaise
Moyenne
Position concurrentielle de
l’entreprise :
Très faible
Très forte
Médiocre
important
100 %
50 %
Très
0%
TOTAL
100% 5,475 %
(Taux de risque spécifique à l’entreprise pour la période de transition)
161
Inspiré d‟un rapport d‟évaluation, établi par le cabinet ACTORIA ASSET MANAGEMENT, ( cabinet spécialisée dans
la cession d'entreprises européennes de 10 à 500 salariés) [Link]
133
Sous-section 3 : Le calcul d’une fourchette de valeurs et l’émission d’un rapport
d’évaluation
§.1. Le calcul d’une fourchette de valeurs pour approcher la valeur finale de l’entreprise
Les différentes méthodes adoptées par l‟expert-comptable, qui sont jugées adéquates pour le cas
de l‟entreprise en question, permettent d‟aboutir à différentes valeurs.
La fourchette des valeurs de l‟entreprise, est constituée de ces différentes valeurs obtenues, après
l‟élimination des valeurs qui constituent des aberrations et qui sont très éloignées des autres
valeurs obtenues.
La fourchette des valeurs peut être calculée, aussi, en appliquant un taux de marge supérieur et
un taux de marge inférieur, à la moyenne pondérée des valeurs obtenues des différentes
méthodes appliquées, pour fixer les deux bornes de cet intervalle de valeurs.
L‟évaluation peut être effectuée dans différents contextes, tels que l‟arrêté des comptes, une
acquisition d‟entreprise, une cession, une fusion ou une introduction en bourse.
Elle sert, dans le cadre de l‟arrêté des comptes, pour déterminer la valeur réelle et le calcul de la
dépréciation de certains actifs, telles que les immobilisations. Elle sert, dans le cadre d‟une
fusion, pour estimer la parité d‟échange entre les deux parties.
Elle permet, lors d‟une cession ou d‟une acquisition, de déterminer l‟intervalle du prix de la
transaction.
134
b. Les travaux réalisés et les limites, éventuellement, posées
L‟expert-comptable mentionne dans le rapport d‟évaluation les travaux effectués, notamment :
- Les travaux de diagnostic de l‟entreprise.
- Les travaux de calcul de l‟intervalle des valeurs.
162
« Réussir une évaluation d‟entreprise », dossier publié dans « la revue fiduciaire et comptable » Juin 2004, page 8.
135
e. Une conclusion comportant un intervalle de valeurs de l’entreprise objet
d’évaluation
Le rapport de l‟expert-comptable évaluateur doit comporter une conclusion sous forme d‟une
fourchette de valeurs et non pas une valeur figée.
En effet, le résultat du rapport d‟évaluation ne constitue pas le prix de cession de l‟entreprise, qui
est le résultat des négociations des deux parties.
La fourchette des valeurs dans le rapport d‟évaluation constitue le cadre de cette négociation,
entre le cédant et le repreneur.
136
[Link] : La préparation de l’offre de cession et la présélection des
repreneurs potentiels
L‟expert-comptable est sollicité pour préparer ce document. Il est le plus compétant pour cette
opération, surtout lorsqu‟il a participé dans la phase du diagnostic de l‟entreprise. En effet, les
informations insérées dans le dossier de présentation constituent une synthèse des résultats du
diagnostic de l‟entreprise.
L‟expert-comptable fixe avec le cédant le contenu de la fiche, les supports de sa diffusion et les
repreneurs potentiels destinataires de cette fiche.
Le chef d‟entreprise peut exiger des repreneurs potentiels, qui ont manifesté leurs intérêts après
la lecture de la fiche de présentation « flash », de signer des engagements de confidentialité,
avant de leur communiquer le dossier de présentation complet.
138
Lors de la préparation du dossier de présentation, l‟expert-comptable doit prendre attention de la
tendance « naturelle » du cédant de cacher les insuffisances et les points faibles de son
entreprise.
Il doit être explicite et ne pas induire les repreneurs potentiels en erreurs. Ce qui permet d‟éviter,
ultérieurement, les difficultés dans les négociations et l‟affaiblissement de la relation de
confiance entre les deux parties.
« Ce véritable document de présentation de l‟entreprise doit non seulement comporter toutes les
informations sur la société (nombre de salariés, produits et services, clientèle...), mais également
faire apparaître son potentiel de développement, et même ses faiblesses. Le CRA164, préconise
ainsi de ne pas cacher les points faibles de l'entreprise afin d'établir une relation de confiance
avec l'acquéreur.165 »
164
L‟association nationale Française des Cédants et Repreneurs d'affaires (CRA), créée en 1985, dont le but est de
favoriser la cession et la transmission des entreprises.
165
« Transmission et reprise : ce qu‟il faut savoir » Yves Fouchet expert-comptable Président du comité transmission
d‟entreprise du Conseil supérieur de l‟ordre des experts-comptables français, article publié dans « les cahiers Industries »
N°138 MARS-AVRIL 2009, page 18, (disponibles en téléchargement sur internet : [Link].
166
Inspiré de la méthodologie d‟accompagnement du cédant et du repreneur, du cabinet ACTORIA, publiée dans son site
[Link].
139
- La liste des actionnaires et l‟organigramme juridique,
- Un exposé sur les raisons de la cession et sur le schéma envisagé,
- Les annexes : documents commerciaux, juridiques et financiers.
Le dossier de présentation ne doit pas être confondu avec la « data room » ou « la salle
d‟informations ». En effet, il ne permet pas de divulguer des informations trop détaillées sur
l‟entreprise objet de cession, car le cédant et le repreneur sont encore dans une phase prématurée
des négociations ; et avoir le dossier de présentation n‟engage en rien les repreneurs potentiels.
Nous allons aborder, dans ce qui suit, le fonctionnement de la data-room et nous allons traiter
l‟intervention de l‟expert-comptable dans l‟organisation d‟une data-room et ce dans le cadre de
sa mission d‟accompagnement du cédant.
La data-room est une pratique qui consiste à centraliser les informations, à communiquer aux
repreneurs, dans un seul site «la salle de données ». Les informations communiquées à travers la
data-room sont plus confidentielles par rapport aux informations du dossier de présentation.
L‟objectif principal recherché de cette technique est d‟organiser la communication de
l‟information aux repreneurs, tout en gardant un niveau élevé de la confidentialité de l‟opération.
Par ailleurs, la data-room permet au cédant de se protéger de toute mise en cause de l‟opération
de cession de la part du cessionnaire, sous prétexte de manque d‟informations, ou la faiblesse du
dossier de présentation.
L‟expert-comptable peut intervenir pour le compte du cédant pour la mise en place de la data-
room et l‟organisation de son fonctionnement.
Généralement, La data-room est organisée en dehors des locaux de l‟entreprise (dans le cabinet
de l‟expert comptable, à titre d‟exemple) et sans rencontrer les dirigeants de l‟entreprise, pour
garder la confidentialité de l‟opération le plus longtemps possible.
140
- La préparation d‟une fiche de présence qui sera mise à la signature des repreneurs potentiels
qui accèdent à la data-room. En conséquence, toutes les informations présentées dans la data-
room sont considérées portées à la connaissance de ces repreneurs.
- La communication des documents aux repreneurs pour consultation sur place, sans les emporter
ou les photocopier par ces derniers.
141
SECTION.V : La participation aux négociations et à l’élaboration du
protocole et des actes
Le vendeur fait recours à des spécialistes, y compris l‟expert-comptable, au cours de la phase des
négociations, parce que :
- Les aspects de la négociation sont multiples : économiques, sociaux, commerciaux,
comptables, juridiques, fiscaux, etc. Le vendeur ne peut pas, généralement, maîtriser tous ces
aspects.
- L‟opération de transmission d‟une entreprise ne constitue par une opération routinière et
répétitive, dans la vie du vendeur. En effet, négocier la cession d‟une entreprise est de loin
différent des négociations avec les clients et les fournisseurs d‟exploitation. A cet effet, il fait
recours à des spécialistes compétents et habitués à ce type d‟opérations.
- La côté émotionnelle chez le vendeur, qui se trouve quitter son affaire, considérée « son
œuvre » qui l‟a crée et l‟a développé, peut être à l‟origine d‟une certaine rigidité dans les
négociations.
167
Ces exemples d‟arguments sont inspirés d‟un guide élaboré par une équipe de professionnels qui organise, dans les
régions françaises, des conférences-débats, en matière de cession et de reprise des entreprises. Ce guide est téléchargeable
du site : [Link].
142
- Des brevets ont été déposés, sont protégés et peuvent générer des revenus importants.
- Le fonds de commerce existe vraiment et a une valeur forte.
- Le marché est en croissance et la reprise de l‟entreprise permet de rentrer sur le marché.
- L‟entreprise est en croissance et la rentabilité augmente ou doit normalement augmenter. Il
s‟agit d‟une opération de croissance externe et des économies ou des gains de productivité
seront naturellement réalisés.
- Des économies seront, naturellement, réalisées du fait du départ du cédant.
168
« Des experts incontournables» : Article d‟Yves Fouchet, publié dans le magasine « LES CAHIERS INDUSTRIES »,
Mars-Avril 2009, n° 138, page 13.
143
- L‟assistance du cédant dans ses réponses aux requêtes et questions des acquéreurs potentiels et
de leurs conseillers.
- L‟intervention dans les débats sur la valorisation.
En effet le cédant a une tendance naturelle à surévaluer son entreprise. Le prix psychologique
du cédant est, généralement, loin de la valeur réelle de l‟entreprise. En conséquence, l‟expert
comptable intervient pour préserver l‟objectivité du cédant et assurer l‟équilibre entre le prix et
les conditions de vente (les garanties d‟actif et de passif, les modalités de paiement, etc.).
- L‟intervention dans la gestion des crises.
L‟aspect émotionnel est à l‟origine de la rigidité chez le cédant et peut l‟amener à rompre les
négociations à tout moment.
Ce document qui précède l‟acte de vente est rédigé, généralement, par un professionnel du droit.
L‟expert-comptable peut participer dans la rédaction du protocole d‟accord, en ce qui concerne
les aspects financiers et comptables des négociations.
« Si l‟expert-comptable peut dans le cadre de sa mission participer activement à ces travaux et
même rédiger certains documents, il lui est très vivement conseillé d‟œuvrer en partenariat avec,
en particulier, des avocats et des notaires. Il en va ainsi notamment des clauses de révision de
prix et de garantie d‟actif et de passif qui, au-delà des aspects économiques et financiers, posent
des questions importantes de droit susceptibles d‟engager lourdement sa responsabilité 169».
Outre son intervention dans la rédaction de ces clauses, l‟expert-comptable peut intervenir, aussi,
pendant la période de leur validité, après la cession de l‟entreprise.
La mission d‟accompagnement peut couvrir, même l‟après cession (la phase post-cession). A cet
effet, l‟expert-comptable assiste le cédant dans le suivi de la clause de complément de prix (la
169
« Accompagner la transmission : éléments de méthode » , « Le francilien des experts-comptables ». Numéro 44. Hiver
2003. Page 21
144
clause d‟« earn out ») et les clauses des garanties d‟actifs et de passifs, et leurs mises en
application.
L‟accompagnement de l‟expert-comptable, dans la phase de post cession, peut comporter aussi :
- L‟accomplissement des formalités administratives, juridiques et fiscales, à la charge du cédant.
- La gestion du patrimoine du cédant, y compris les fonds provenant de la cession (placement du
capital issu de la cession de l‟entreprise ou son investissement dans des nouvelles activités).
145
[Link] :L’ACCOMPAGNEMENT DU REPRENEUR
La mission d‟accompagnement du repreneur est récapitulée dans les deux tableaux suivants.
Le premier tableau récapitule les besoins du repreneur en matière de conseil, et les prestations
fournies par l‟expert-comptable pour l‟aider à réussir chaque étape du processus de reprise d‟une
entreprise.
Le deuxième tableau récapitule les techniques, les travaux et les diligences de l‟expert-comptable
pour satisfaire ces besoins du repreneur dans chaque phase de l‟opération de reprise.
Ces techniques, travaux et diligences sont inspirés d‟un document établi par le comité de
transmission d‟entreprise du conseil supérieur de l‟ordre des experts-comptables français
« Missions spéciales d‟accompagnement du cédant et du repreneur », publié dans le site :
[Link].
146
Tableau I : Les besoins du repreneur dans chaque étape du processus de reprise
- La réflexion du repreneur sur son projet - Apprécier les capacités et la volonté du repreneur.
professionnel - S‟assurer de l‟adaptation du profil du repreneur à ses
ambitions et à son projet de reprise.
- Analyser l‟étendue et les conditions de la mission.
170
Les différentes prestations de l‟expert comptable sont inspirées d‟un document établi par le comité de transmission
d‟entreprise du conseil supérieur de l‟ordre des experts comptables français « Missions spéciales d‟accompagnement du
cédant et du repreneur » publié dans le site : [Link]
147
Tableau II : travaux et diligences de l’expert-comptable
148
SECTION.I : La prise de connaissance du projet de reprise et la définition de
l’étendue de la mission
- La vérification des critères de l‟entreprise recherchée, fixées par le repreneur, tels que son
chiffre d‟affaires, le nombre de son effectif et sa rentabilité.
Il utilise, ultérieurement, ces caractéristiques pour vérifier si elles sont compatibles avec les
motivations du repreneur, son expérience, ses compétences et ses capacités de gérer.
149
- La prise de connaissance de la zone géographique de l‟entreprise à reprendre. Il utilise,
ultérieurement, ce critère pour vérifier s‟il est compatible avec les engagements familiaux et les
attirances personnelles du repreneur.
171
L‟expert-comptable peut concevoir des questionnaires pour l‟évaluation des réelles motivations du repreneur. Un
exemple de questionnaire figure en annexes.
150
§.[Link] planification des travaux et l’établissement de la lettre de mission
La prise de connaissance du projet de reprise et la vérification de son adéquation avec le projet
personnel du repreneur, permettent à l‟expert-comptable de prendre la décision adéquate.
Il peut refuser la mission, l‟accepter ou discuter avec le repreneur pour modifier ou retarder le
projet de reprise.
L‟expert-comptable refuse la mission, lorsqu‟il estime que l‟opération de reprise est non
réalisable, notamment :
- Le projet de reprise n‟est pas encore clair et le repreneur n‟est pas ferme dans ses choix.
- Le projet de reprise n‟est pas en adéquation avec la personnalité, les motivations et les
compétences du repreneur.
151
[Link] : L’intervention dans la présélection des entreprises à reprendre
et dans les négociations
Après la sélection de l‟entreprise cible, le repreneur potentiel prépare une lettre d‟intention.
172
Ce document présente un double intérêt pour le cédant et pour le repreneur. Il constitue une
expression écrite de la volonté des deux parties de s‟engager dans les négociations et une
obligation réciproque de mener à terme l‟opération de transmission. Elle ne constitue pas, par
contre, une obligation ferme de reprendre et de céder.
Au vue des obligations qui découlent de la lettre d‟intention et le risque de s‟engager au-delà de
ce qu‟il cherche, le repreneur fait recours à un professionnel de droit, pour la rédaction de ce
document.
Par ailleurs, il fait recours à l‟expert-comptable pour la rédaction des clauses suspensives de la
lettre d‟intention, ayant des aspects économiques et comptables. Nous citons, principalement :
- La clause suspensive relative à l‟obtention du financement prévu.
- Les conditions suspensives liées à la réalisation d‟un audit approfondi de l‟entreprise à
reprendre.
- La condition suspensive relative à la conclusion d‟une convention de garantie d‟actif et de
passif de l‟entreprise à reprendre.
- Les autres conditions suspensives, ayant un aspect comptable, économique et financier.
172
Comme nous l‟avons traité dans la partie I-chapitre III de notre travail.
152
Après la présélection de l‟entreprise cible et la préparation de la lettre d‟intention, le repreneur
entre dans des négociations sérieuses avec le cédant. Il fait recours à l‟expert-comptable pour
l‟assister dans :
- La préparation des négociations, et l‟établissement d‟un argumentaire.
- Les réunions de négociation.
- La rédaction du protocole d‟accord.
173
« Reprise d‟entreprise », article publié dans le site de l‟agence pour la création d‟entreprise (France) : [Link]
153
- Etablir un calendrier pour les négociations : qui comprend la durée de chaque étape des
négociations.
- Préparer un argumentaire pour le repreneur : qui comporte des documents internes de
l‟entreprise et des documents externes (statistiques, études de marché et études sectoriels, etc.).
Ces documents constituent des arguments, en vue de conclure la reprise de l‟entreprise, tout en
réalisant les objectifs attendus de cette reprise (minimiser le prix de reprise, obtenir plus de
garanties, etc.).
Nous citons, à titre d‟exemples, les arguments suivants 174:
Marché en déclin,
Produits fabriqués ou vendus en fin de vie,
Outil de travail qui n‟est plus aux normes,
Dépendance de un ou quelques clients,
Risques sociaux majeurs,
Structure financière malsaine et dégradée,
Non-respect des normes environnementales,
Outil de travail obsolète,
Actifs inutiles,
Stocks trop importants et invendables,
Comptes clients trop importants et difficilement recouvrables
Personnel ancien, surpayé, mal formé,
Omnipotence du patron qui contrôle tout
Comptes courants du dirigeant trop importants,
Cautions du dirigeant trop importantes,
174
Guide élaboré par une équipe de professionnels qui se déplace dans les régions françaises, pour organiser des
conférences-débats, en matière de cession et de reprise des entreprises. Ce guide est téléchargeable du site
[Link].
154
Par ailleurs, le repreneur peut être aussi trop orienté sur les aspects financiers de l‟opération, tels
que la fixation du prix de reprise et les modalités de son paiement, et pas assez sur le métier.
L‟expert-comptable intervient pour garantir un équilibre entre les différents aspects programmés
pour les négociations.
175
Voire la section V du chapitre précédent de notre travail.
155
[Link] : La réalisation de l’audit d’acquisition
Le diagnostic, ou l‟audit d‟acquisition, doit être précédé par une phase de prise de connaissance
interne et externe de l‟entreprise.
La réalisation d‟un audit d‟acquisition comporte, notamment :
- Le diagnostic du positionnement commercial et concurrentiel.
- Le diagnostic industriel ou de production.
- Le diagnostic des ressources humaines.
- Le diagnostic juridique.
- Le diagnostic comptable et financier.
L‟audit d‟acquisition est clôturé par la présentation d‟un rapport qui comporte les résultats des
différents diagnostics effectués.
Si l‟entreprise objet de transmission est de grande taille et son activité est complexe, le
diagnostic est confié à différents spécialistes de différents domaines :
- L‟audit juridique est confié à un juriste ou un avocat.
- L‟audit industriel ou de production est confié à un spécialiste du secteur de l‟activité de
l‟entreprise.
- L‟audit financier et comptable relève des compétences l‟expert-comptable,
Dans la présente partie de notre travail, nous allons développer le principal audit, qui peut faire
l‟objet de l‟intervention de l‟expert-comptable, qui est l‟audit comptable et financier.
176
Guide « Transmettre son entreprise : se préparer pour réussir », janvier 2007, élaboré par MEDEF (Le Mouvement des
Entreprises de France : organisation patronale représentant des dirigeants des entreprises françaises [Link]).
156
Sous-section 1 : La prise de connaissance préalable
La prise de connaissance interne comprend la collecte des éléments chiffrés, dans les documents
comptables et les autres documents internes de l‟entreprise. Elle comprend aussi la collecte des
éléments qualitatifs non chiffrés.
Les techniques de l‟expert-comptable sont, essentiellement : les entretiens, les visites des locaux
et les consultations des documents.
L‟expert-comptable constitue un dossier de travail, qui comprend les documents collectés dans la
prise de connaissance interne et externe.
Le diagnostic comptable est un examen critique des informations comptables, dans les états
financiers communiqués par le cédant. Il concerne, généralement, les états financiers de
l‟entreprise à reprendre, des trois derniers exercices.
Il permet de s‟assurer que ces informations comptables sont fiables et reflètent, réellement, la
situation financière et les opérations de l‟entreprise. En effet, le repreneur cherche des états
financiers dignes de confiance, qui facilitent l‟évaluation de l‟entreprise et la négociation des
garanties d‟actifs et des passifs.
Le diagnostic comptable peut aboutir, éventuellement, à des redressements à proposer par
l‟expert-comptable.
157
Dans notre présent travail, nous n‟allons pas recenser, avec détail, les techniques et les tests
d‟audit comptable des différents comptes et rubriques des états financiers.
D‟une part, pour éviter une transcription du contenu des normes d‟audit financier (normes de
l‟OECT et les normes internationales d‟audit ISA).
D‟autre part, pour focaliser nos efforts sur les diligences spécifiques de cette nouvelle mission
spéciale de l‟expert-comptable, hors ses travaux et missions classiques de préparation et d‟audit
des états et des situations comptables.
177
« Un ratio est la mise en rapport de deux facteurs ayant théoriquement une relation de cause à effet. Il est exprimé le
plus souvent en pourcentage et pour être utile, il doit être comparé à ceux d‟autres entreprises du même secteur d‟activité.
En outre, son évolution sur plusieurs années doit être analysée », Thierry Roullois de son ouvrage « Achetez, vendez, ou
transmettez une entreprise », éditions EMS 2005, Page 73.
158
Ratio d’indépendance financière = capitaux propres / capitaux permanents.
Le ratio d‟indépendance financière, mesuré en fonction de l‟importance des emprunts à long
terme, par rapport aux capitaux propres de l‟entreprise, reflète le degré d‟indépendance de
l‟entreprise vis-à-vis de ses créanciers et prêteurs à long terme.
159
L‟expert-comptable doit attirer l‟attention du repreneur que le BFR est calculé sur la base des
données passées et peut changer après la reprise de l‟entreprise. En effet, les variables qui
déterminent le BFR peuvent changer après la reprise, suite au :
- Changement de la politique commerciale ou d‟approvisionnement du repreneur et des règles de
gestion (délais de recouvrement des créances clients, délais de règlement des dettes
fournisseurs, etc.)
- Changement du volume de l‟activité de l‟entreprise.
Les résultats de l‟analyse par le calcul du besoin en fonds de roulement (BFR), effectué par
l‟expert-comptable, permettent au repreneur de déterminer le montant des fonds à injecter dans
cette entreprise pour rétablir son équilibre financier à court terme.
Ratio de liquidité immédiate= (l'actif à court terme –les stocks) / le passif à court terme.
Le ratio de liquidité immédiate mesure la capacité de l‟entreprise de faire face aux passifs à court
terme à partir des actifs à court terme très liquides. La formule de calcul exclut les stocks, qui
constituent l‟actif courant le moins liquide.
Ce ratio indique, donc, la capacité de faire face aux dettes à court terme sans recourir à la vente
des stocks.
160
A. L’analyse des résultats
- (2)Production vendue,
- (2)Production stockée production
- Déstockage de production,
- (2)Production immobilisée,
- Achats consommés de matières premières et Marge sur coût
- (2) production
autres approvisionnements, matière.
- (1)Marge commerciale
- (2)Marge sur coût matière. Valeur ajoutée
- (1) et (2) Autres charges externes
- Subvention d'exploitation brute.
178
Thierry ROULLOIS « Achetez, vendez, ou transmettez une entreprise », éditions EMS 2005, Page 70.
161
b. L’analyse du point mort prévisionnel
Le point mort prévisionnel est le volume du chiffre d‟affaire minimum, à réaliser par
l‟entreprise, pour couvrir ses charges fixes. À partir de ce niveau d‟activité, le résultat devient
positif.
Le calcul du point mort prévisionnel nécessite l‟estimation des charges prévisionnelles variables
et fixes de l‟entreprise.
Les charges fixes doivent prendre en compte les nouvelles charges fixes occasionnées par la
reprise de l‟entreprise, tels que le salaire du nouveau repreneur et les charges financières de
l‟emprunt contracté pour reprendre l‟entreprise.
B. L’analyse de la rentabilité
L‟expert-comptable procède à l‟analyse de la rentabilité de l‟entreprise à travers le calcul des
ratios de rentabilité : le ratio de rentabilité économique et le ratio de rentabilité des capitaux
propres.
Le ratio de la rentabilité économique = le résultat / l’actif total.
Le ratio de la rentabilité économique mesure la rentabilité des moyens utilisés par l‟entreprise
(total des actifs), indépendamment de leurs sources de financement (des capitaux propres et des
capitaux empruntés).Il mesure, aussi, la capacité de l'entreprise de dégager un résultat de
l‟utilisation de ses moyens.
Ce ratio est appelé dans le jargon financier anglophone "ROI" Return On Investment".
162
§.3. L’analyse de la capacité d’autofinancement de l’entreprise à reprendre
La capacité d‟autofinancement (CAF) représente la richesse réellement crée par l‟entreprise, et
qui reste à sa disposition lorsque tous les produits auront été encaissés et les charges décaissées.
Elle sert pour rémunérer les actionnaires, et le reste pour réaliser de nouveaux investissements,
rembourser les emprunts et renforcer le fonds de roulement.
CAF= les produits encaissables- les charges décaissables +/- résultat de cession des
immobilisations.
Ou
CAF=résultat net +charges non décaissables – produits non encaissables +/- résultat de cession
des immobilisations.
Les charges non décaissables sont, principalement, les dotations aux amortissements et aux
provisions. Les produits non encaissables sont les reprises sur amortissements et provisions, et
les quotes-parts des subventions d'investissement virés dans les comptes de résultat.
Le calcul de la CAF ne prend pas en compte, aussi, les plus et les moins values de cession des
immobilisations. Ces éléments figurent dans le résultat de l‟entreprise, toutefois ils constituent
des éléments exceptionnels, en relation avec l‟investissement et le désinvestissement et non pas
avec l‟activité courante.
163
Sous-section 3 : L’émission du rapport d’audit d’acquisition
La lettre de mission signée par l‟expert-comptable et son client prévoit, généralement, un rapport
à émettre à la fin de la phase d‟audit d‟acquisition.
Ce rapport comporte les points forts et les points faibles des différentes fonctions auditées de
l‟entreprise à reprendre.
Les points forts constituent des facteurs clés de succès, qui vont faire l‟objet de développement.
Les points faibles constituent des facteurs d’échec, qui vont orienter la décision du repreneur de
continuer ou renoncer au projet de reprise.
En cas de décision de continuer, le repreneur prend en compte ces points de force et de faiblesse
pour :
- Fixer les programmes et les actions correctifs, après la reprise, pour remédier à ces faiblesses.
- Négocier le prix de reprise.
- Négocier les garanties à fournir par le cédant.
Le schéma suivant récapitule les résultats de l‟audit d‟acquisition et leurs impacts sur les
décisions du repreneur et la poursuite du projet de reprise179 :
179
schéma inspiré du guide d‟accompagnement à la transmission des entreprises, préparé par les chambres de commerce
et d‟industrie d‟Ile de France (France), téléchargeable du site :Passer le Relais-Reprise d‟une PME.
164
SECTION.V : L’évaluation de l’entreprise à reprendre
Nous n‟allons pas répéter la description de cette démarche d‟évaluation, que nous avons traitée
avec détail dans la partie relative à l‟accompagnement du cédant. Nous allons nous limiter à
rappeler ses principales étapes, qui sont :
- Le choix des méthodes d‟évaluation.
- La mise en œuvre de ces méthodes (Retraitements, calculs, choix des paramètres…).
- L‟appréciation de la valeur de l‟entreprise, à travers une fourchette de valeurs.
- La détermination d‟une enveloppe financière globale à mobiliser par l‟acquéreur potentiel.
Cette enveloppe financière globale du projet de reprise comprend, outre la valeur de
l‟entreprise calculée, les fonds supplémentaires à injecter par le repreneur potentiel, pour :
Améliorer la structure financière de cette entreprise à reprendre.
Financer le plan de développement envisagé.
Financer les pertes éventuelles de démarrage.
Rembourser les comptes courants des dirigeants cédants.
Rembourser par anticipation les prêts « intuitu personae » obtenus par l‟entreprise, avec les
cautions personnelles de l‟ancien dirigeant.
A cette occasion, l‟expert-comptable évaluateur vérifie la compatibilité de la capacité
financière du repreneur avec l‟enveloppe financière globale du projet de reprise. Ce qui
constitue un prolongement de ses travaux (section .I. du présent chapitre) pour s‟assurer de
l‟adaptation des capacités et du profil du repreneur, au projet de reprise envisagé.
« Si ce n‟est pas le cas, la mise en œuvre du projet et la nécessité de poursuivre l‟évaluation
seront remises en cause. »180
- L‟émission d‟un rapport d‟évaluation, qui comporte, principalement, les mentions suivantes :
Le contexte des travaux d‟évaluation.
Les travaux réalisés.
Les limites, éventuellement, posées et les difficultés rencontrées.
Les méthodes écartées et les méthodes retenues, dûment justifiées.
Une synthèse des calculs avec les détails, en annexe.
180
Dossier « Réussir une évaluation d’entreprise », de « la revue fiduciaire comptable », juin 2004, page 07.
165
Une conclusion reprenant un intervalle de valeurs et non pas une valeur figée.
Outre ces mentions, la valeur de l‟enveloppe financière globale mérite d‟être inséré dans le
rapport d‟évaluation181.
D‟une part, elle permet au repreneur de bien mesurer la valeur réelle de son engagement
financier global.
D‟autre part, elle permet de mesurer l‟incidence de l‟injection de ces fonds supplémentaires sur
le prix d‟acquisition de l‟entreprise. En effet, la nécessité d‟injecter des montants importants de
fonds, après la reprise, est un facteur qui n‟encourage pas la reprise et diminue la valeur et le
prix d‟acquisition de l‟entreprise.
181
Dossier « Réussir une évaluation d’entreprise », « la revue fiduciaire comptable », juin 2004, page 21.
166
[Link] : Le montage de l’opération et la préparation du plan d’affaire
de reprise
L‟expert-comptable intervient dans cette phase pour assister le repreneur dans l‟ingénierie
juridique, financière et fiscale de l‟opération. Il intervient, principalement, pour :
- Préparer le montage juridique qui permet d‟atteindre la stratégie et les objectifs du repreneur
dans cette acquisition.
- Préparer le montage financier de reprise, en fonction du montage juridique choisi.
- Analyser les incidences fiscales des différents montages et scénarios envisagés.
- Fixer, avec le repreneur, les choix qui permettent d‟aboutir aux objectifs cherchés avec les
moindres coûts de financement et coûts fiscaux.
L‟expert-comptable intervient pour définir le montage juridique de reprise qui permet de réaliser
les objectifs du repreneur.
167
Ces scénarios sont des combinaisons des sources de financement, que le repreneur pense
pouvoir mobiliser (crédits bancaires, crédit vendeur, la participation de partenaires financiers
dans le projet de reprise, etc.).
- Programmer, dans le temps, le remboursement des ressources empruntées.
§.3. L’analyse des incidences fiscales des différents montages et scénarios envisagés
Nous avons traité, dans la première partie de notre travail, que l‟impact fiscal de transmission à
titre onéreux d‟une entreprise change selon la forme de cession (cession d‟un fonds de commerce
ou cession des titres sociaux).
L‟incidence fiscale change aussi avec le mode d‟acquisition, qui peut être directement ou par
l‟intermédiaire d‟une société ou un holding de reprise.
L‟expert-comptable calcul pour chaque scénario (montage juridique et financier) son coût fiscal.
Il fixe, enfin, le scénario qui permet d‟atteindre les objectifs recherchés avec les moindres coûts
financiers et fiscaux.
Le montage de l‟opération de reprise fixé, doit être inséré dans un document appelé « plan de
financement de reprise » ou « business plan reprise ».
Nous allons étudier, dans ce qui suit, l‟utilité et le contenu de ce document établi, généralement,
par un expert-comptable.
182
Guide « Etapes de reprise » de l‟Agence Pour La Création des Entreprises APCE (France) : [Link]
168
Sous-section 2 :L’établissement du plan d’affaire de reprise « business plan reprise »
« L‟objectif est de construire un projet cohérent et viable basé sur des hypothèses réalistes,
chacune trouvant sa traduction financière et sa répercussion sur les grands équilibres de
l‟entreprise. L‟aide d‟un conseil spécialiste du chiffre est vivement recommandée pour vous
aider à constituer ce dossier ».183
Nous allons, d‟abord, rappeler l‟utilité de ce document et, ensuite, son contenu et sa préparation
par l‟expert-comptable.
Le repreneur a besoin d‟un business plan reprise pour convaincre ses partenaires et son banquier
de la faisabilité et la rentabilité du projet, et en conséquence, démontrer la pérennité et la
viabilité, futures, de l‟entreprise. Il constitue une pièce indispensable à toute recherche de
financement.185
En outre un business plan bien préparé permet d‟accélérer les négociations, entre le cédant et le
repreneur, et d‟éviter des pourparlers inutiles.
183
Guide de l‟APCE (France) « Le Kit de la reprise-transmission » [Link], page 75.
184
Guide de l‟APCE (France) « Le Kit de la reprise-transmission » [Link], page 76.
185
Le guide « Kit de la reprise-transmission » stipule dans sa page 76 « Mais, avant de se préoccuper de financement, il faut déjà
disposer d’un dossier solide :
- Une affaire bien analysée, dont le repreneur peut montrer qu’il a compris tous les ressorts à travers un diagnostic complet,
- Une légitimité à reprendre cette affaire et à faire au moins aussi bien que son prédécesseur,
- Un business plan où le repreneur explique avec ses propres mots son plan de bataille pour l’entreprise et sa traduction
financière,
- Un dossier papier qui en rende compte correctement(…) ».
169
L‟expert-comptable intervient, dans :
- La vérification du réalisme des hypothèses et des stratégies fixées par le repreneur et la
faisabilité de leurs réalisations.
A cet effet, l‟expert-comptable doit prendre en compte les forces et les faiblesses de
l‟entreprise, détectées à partir du diagnostic effectué préalablement, et des capacités du
repreneur (financières, expérience, etc.). 186
- Le calcul et l‟établissement des prévisions, sur la base des hypothèses et stratégies fixées par le
repreneur.
L‟expert-comptable intervient pour vérifier la concordance entre les prévisions calculées et les
stratégies et les axes de développements fixés, par le repreneur.
Il intervient aussi dans le calcul des prévisions et la préparation, notamment, du plan de
financement, des états financiers prévisionnels et le calcul du BFR et du seuil de rentabilité.
- Une fois les hypothèses, les stratégies et les prévisions sont arrêtés, l‟expert-comptable les
centralise dans un document unique, qui est le business plan (ou le plan d‟affaires).
La présentation du business plan ne se réfère pas à un modèle standard. Toutefois, elle doit
suivre la logique suivante, qui permet d‟atteindre les buts recherchés de ce document : les axes
de développement futur programmés par le repreneur, puis les ressources financières à mobiliser,
pour atteindre ces objectifs et enfin les résultats des comptes prévisionnels qui résulteront de ces
choix stratégiques.
Le business plan est composé, généralement, de quatre parties principales187 :
- La présentation du repreneur et de l‟entreprise cible.
- Les résultats du diagnostic de l‟entreprise cible : les atouts actuels et les axes de développement
futurs.
- La stratégie de développement et des moyens à mettre en œuvre.
- Les prévisions financières.
186
« A ce stade, le repreneur doit passer du rêve à la dure réalité de la faisabilité de son opération de rachat ». Thierry
Roullois « Achetez, vendez ou transmettez une entreprise », Page 113.
187
Le contenu est inspiré d‟un modèle de « business plan reprise », guide de la chambre de commerce et d‟industrie de
Rouen (France), publié dans son site : [Link].
170
- La formation.
- L‟expérience professionnelle.
- La situation actuelle, activités extra ou para-professionnelles.
- Le patrimoine.
La présentation du ou des repreneurs est essentielle, dans la mesure où les perspectives futures
de l‟entreprise cible dépendent de la qualité du repreneur (personne physique ou une société ou
un groupe de sociétés), de son expérience, de sa formation, etc.
Le business plan reprise indique, aussi, l‟historique du projet, les motivations du repreneur et ses
objectifs à atteindre à travers cette acquisition :
- Comment le repreneur a trouvé cette entreprise et comment il l‟a choisi et il a pris sa décision
de la reprendre ?
- Les motivations du repreneur de reprendre cette entreprise que de créer,
- Les objectifs que le repreneur cherche à atteindre de l‟acquisition de cette entreprise.
171
C. La stratégie de développement futur et les moyens à mettre en œuvre
Le business plan contient les axes de développement futur de l‟entreprise à reprendre et les
moyens à mettre en place à cet effet.
Les axes de développement futur de l‟entreprise à reprendre sont fixés, en tenant compte des
moyens actuels de l‟entreprise, de ses forces et faiblesses, et des moyens (matériels et humains)
qui vont être mises en place par le repreneur.
Les moyens à mettre en place doivent être identifiés et chiffrés 188:
Le contenu est inspiré d‟un modèle de « business plan reprise », du guide de la chambre de commerce et d‟industrie de
188
173
a. Le compte de résultat prévisionnel
Les comptes des résultats prévisionnels reflètent les résultats futurs de l‟entreprise cible et sa
capacité de générer des bénéfices qui couvrent les charges d‟exploitation et le coût des capitaux
investis (les capitaux propres et les capitaux empruntés).
Ils permettent, notamment, de déterminer les capacités d'autofinancement prévisionnelles CAF
de l‟entreprise.
- Ventes de marchandises
- Production vendue
- Production stockée
- Subventions d‟exploitation
(A) Sous-total: total produits d’exploitation
- Achats (y compris sous-traitance)
- Variation de stocks
- Charges extérieures
(B) Sous-total
(C) Valeur ajoutée=(A) – (B).
- Rémunération du personnel
- Charges sociales
- Impôts, taxes et autres versements
(D) Excédent brut d’exploitation= (C) – (1+2+3)
- Dotations aux amortissements, provisions et autres
charges.
(E) Résultat d’exploitation= (D)-4
- Produits financiers
- Charges financières sur dettes à moyen et long termes
- Charges financières sur dettes à court terme
(F) Résultat net avant impôt =(E) - 5-(6+7)
Outre les comptes des résultats prévisionnels, le plan d‟affaire de reprise peut comporter aussi le
calcul du «seuil de rentabilité », ou « le point mort ». C‟est le volume de production à partir
duquel l‟entreprise arrive à couvrir ses charges fixes, et devient rentable ou le « Niveau
minimum de ventes qu'il faudra réaliser pour atteindre l'équilibre entre charges et produits »
Cet indicateur est important, car la reprise s‟accompagne par des charges fixes, non liées
directement avec l‟exploitation de l‟entreprise et nécessitent d‟être résorbées, durant la période
de post-reprise.
174
b. Le plan de financement prévisionnel à 3 ans (ou 5 ans)
Le plan de financement prévisionnel prévoit les investissements nécessaires, durant les premières
années qui suivent la reprise de l‟entreprise (au moins les 3 premiers exercices), et leurs modes
de financement.
Il permet de s‟assurer de l‟équilibre financier de l‟entreprise, au fur et à mesure du
développement de l‟affaire.
c. Le plan de trésorerie
Il retrace, périodiquement (généralement mensuellement sur une période d‟une année), les
encaissements et les décaissements de l‟entreprise et met en évidence l'équilibre ou le
déséquilibre de trésorerie.
Il contient :
- La situation de trésorerie en début de période,
- Le total des encaissements,
- Le total des décaissements,
- La situation de trésorerie en fin de période.
Il permet de vérifier la capacité de l‟entreprise de faire face à ses engagements à court terme, dès
la date de la reprise.
175
Plan de trésorerie mensuel
Mois Janvier Février Mars Avril Mai Juin
Situation de la trésorerie en début de
période.
Encaissements :
- Ventes TTC,
- Prêts obtenus,
- Augmentations du capital,
- Etc.
Total encaissements
Décaissements :
- Achats,
- Salaires,
- Charges sociales,
- TVA à payer,
- Autres charges,
- Investissements,
- Remboursement des emprunts,
Total décaissements
Situation de la trésorerie en fin de
période.
176
[Link] : L’assistance du repreneur dans la phase de post-reprise
Dans le cadre de la reprise d‟un fonds de commerce, il vérifie le respect des, principales,
formalités juridiques et fiscales suivantes :
- Les formalités de publicité de cession du fonds de commerce dans un quotidien et dans le
JORT, conformément à l‟article 191 CC.
189
Guide de l‟agence pour la création des entreprises APCE (France) « Le Kit de la reprise-transmission »
[Link], page 26.
190
« Transmission d‟entreprise : Missions spéciales d‟accompagnement du cédant et du repreneur », un document préparé
au niveau de la commission supérieure de l‟ordre des experts-comptables français (CSOEC), publié dans le site :
[Link].
177
- Le dépôt, en vertu de l‟article 192 CC, d‟un exemplaire de l‟acte de vente du fonds de
commerce, au domicile élu, pour être consulté par tous les créanciers.
- Les démarches, prévues par l‟article 8 de la loi n°95-44 du 2 Mai 1995, relative au registre de
commerce. L‟alinéa 5 de cet article prévoit que l‟acheteur doit s‟immatriculer au registre de
commerce pour se prévaloir de sa qualité de commerçant.
- Certaines formalités complémentaires, liées à des éléments du fonds de commerce, notamment,
les dispositions de l‟article 208 CC. Cet article exige l‟inscription des marques de fabrique ou
de commerce, des desseins et des modèles industriels à l‟INNOPRI, par l‟acquéreur.
- l‟obligation d‟information, par écrit, de l‟administration fiscale de l‟opération d‟acquisition du
fonds de commerce. A défaut, « (…) le cessionnaire est responsable, à concurrence du prix de
cession du payement des droits dus au titre de l'exploitation cédée, solidairement avec le cédant
pendant vingt jours à compter de la date de souscription par ce dernier de la déclaration visée
au paragraphe I du même article (…) » 191.
- La formalité d‟enregistrement de l‟acte d‟acquisition du fonds de commerce et le paiement des
droits de mutation sur les immeubles et le fonds de commerce.
§.2. Le suivi des clauses de garantie d’actifs et des passifs et leur mise en œuvre
L‟expert-comptable intervient pour optimiser l‟application des clauses de garantie d‟actif et de
passif. Il intervient dans192 :
- La vérification du respect des conditions formelles, convenues entre le cédant et le repreneur,
de la garantie d‟actifs et des passifs en cas: de procès, de contrôle fiscal et social, etc.
Ces conditions formelles sont insérées dans les clauses de garantie. Elles concernent les
modalités et les délais de notification au cédant, en sa qualité de garant, de la survenance d‟un
événement de nature à déclencher la mise en œuvre de ladite garantie.
- La surveillance des délais, pour éviter une mise en jeu tardive de la garantie, et en conséquence
le risque de ne pas pouvoir appliquer la garantie.
191
Article 58 du code de l‟IRPP- IS.
192
Dossier « Réussir une évaluation d‟entreprise », publié dans « la revue fiduciaire comptable », juin 2004, page 32.
178
La durée pendant laquelle le repreneur peut bénéficier de son droit de garantie, est fixée dans
les clauses de garantie d‟actif et de passif. Elle est, généralement, plus longue pour la garantie
des passifs.
- La participation dans la mise en œuvre, éventuellement, de ces clauses de garantie d‟actif et de
passif.
Comme nous l‟avons traité, précédemment dans notre travail (le montage financier de
l‟opération de transmission), le prix de cession peut être déterminé et encaissé en deux parties:
Une première partie fixe, dont le montant est déterminé lors de la cession.
Un complément de prix est déterminé en fonction des performances de l‟entreprise, après sa
cession (bénéfices, chiffre d‟affaire, marge commerciale, etc.), et sur une période bien
déterminée.
Le repreneur fait recours à l‟expert comptable, pour vérifier le calcul du complément du prix de
cession, conformément aux conditions de la clause d‟earn-out ou (de révision de prix).
193
Guide : « Transmettre son entreprise » 2008, la Chambre régionale de Commerce et d‟Industrie de Bretagne (France).
Ce guide est téléchargeable sur internet.
179
§.5. L’intervention dans la réorganisation de l’entreprise
Le repreneur peut programmer des actions de réorganisation de l‟entreprise acquise.
L‟expert-comptable peut intervenir, à priori, lors de la programmation de l‟opération de
réorganisation, et au cours de sa réalisation.
Son intervention, a priori, permet de vérifier que l‟opération de réorganisation de l‟entreprise
acquise, programmée par le repreneur, est justifiée et génère des avantages qui dépassent les
coûts de cette réorganisation.
180
CONCLUSION DE LA DEUXIEME PARTIE :
Dans cette deuxième partie de notre travail, nous avons confirmé que les missions du conseil et
d‟accompagnement du cédant et du repreneur font partie du métier de l‟expert-comptable. Par
ailleurs, nous avons constaté que l‟expert-comptable est sollicité par le cédant et le repreneur
dans la majorité des étapes du processus de cession ou de reprise des entreprises.
De ce fait, le conseil et l‟accompagnement dans le domaine de transmission des entreprises
constituent un nouvel horizon de missions nouvelles et un large marché en évolution, pour
l‟expert-comptable.
Dès lors, l‟expert-comptable tunisien doit se préparer pour ce créneau. Il doit, principalement :
- Se former, dans ce qui concerne les phases et les étapes de réalisation du processus de
transmission des entreprises et dans les différents aspects de l‟opération (juridique, fiscal,
social, etc.).
- Consacrer du personnel à cette activité et investir dans des programmes informatiques
spécifiques, tels que les logiciels d‟évaluation.
- Structurer les démarches d‟exécution de ce type de missions, telle que la conception des
dossiers et des programmes de travail standards qui facilitent leurs interventions.
A son tour, l‟ordre des experts-comptables tunisiens doit doter ses membres des moyens et des
outils nécessaires pour leur faciliter l‟accomplissement de ces missions, et ce à l‟égard de son
homologue français qui a mis en place un portail électronique consacré aux sujets de l‟évaluation
et de la transmission des entreprises. Ce portail comporte, notamment :
- Les offres de cession et de reprise des entreprises (une bourse d‟opportunités).
- Les valeurs des opérations de transmission récemment effectuées, qui constituent des valeurs
de référence pour l‟évaluation des entreprises comparables. Ce qui facilite les missions
d‟évaluation des entreprises.
- La démarche de l‟accompagnement du cédant et du repreneur et les outils à utiliser dans chaque
étape.
181
CONCLUSION GENERALE
Dans notre travail, nous avons confirmé l‟importance économique et sociale de la transmission
des entreprises.
Cette opération a un impact sur la pérennité de l‟entreprise et sur la protection et la continuité de
certaines activités et du savoir faire y lié. Sa réussite est nécessaire pour protéger le tissu
économique du pays et préserver les postes d‟emploi.
Dans la première partie de notre travail, nous avons étudié les facteurs qui influencent la réussite
de cette opération et, principalement, le cadre juridique et fiscal du pays.
Nous avons recensé les instruments dans le droit tunisien, qui permettent le montage juridique de
la transmission d‟une entreprise, et les dispositions fiscales en vigueur qui déterminent le coût
fiscal de cette opération.
Ce qui nous a permis d‟évaluer l‟impact du cadre juridique tunisien, qui nécessite encore des
améliorations pour développer certains aspects de l‟opération, tels que le montage de l‟opération
de transmission, l‟organisation de la phase après la transmission (phases post-cession et post-
reprise) et la fixation du statut juridique des professionnels intervenants dans l‟opération de
transmission.
Par ailleurs, le coût fiscal de l‟opération demeure encore élevé et les mesures prises par le
législateur tunisien pour l‟adoucir, notamment à travers la loi de finances pour l‟année 2007,
restent soumises à des conditions qui sont jugées contraignantes.
Dans la deuxième partie de notre travail, nous avons traité l‟intervention de l‟expert-comptable
dans cette opération. Ce qui nous a permis de confirmer son rôle important dans
l‟accompagnement du cédant et du repreneur.
Nous avons constaté, à cet effet :
D‟une part, la nécessité pour l‟expert-comptable tunisien d‟investir dans ce nouveau créneau, à
travers :
- Les actions de formation.
- L‟acquisition des programmes informatiques spécifiques.
- La structuration des démarches d‟exécution de ce type de missions.
182
D‟autre part, la nécessité pour l‟ordre des experts-comptables tunisiens de doter ses membres des
moyens et des outils nécessaires pour leur faciliter l‟accomplissement de cette mission.
Outre ces mesures, d‟amélioration des cadres juridique et fiscal et d‟amélioration des travaux
d‟accompagnement, liées directement à la réalisation de transmission de l‟entreprise, certains
pays ont anticipé la préparation de cette opération. Ils ont prévu l‟intervention, en amont, au
niveau des programmes de l‟enseignement supérieur.
En France, un master « finance /transmission » est crée comme une nouvelle spécialité de
gestion. Les matières étudiées permettent d‟apporter des connaissances théoriques et pratiques
dans le domaine de transmission des entreprises. Ce qui permet de :
- Rendre la transmission un acte normal de la vie de l‟entreprise.
- Former des futurs dirigeants, qui maitrisent le déroulement du processus (essentiellement les
repreneurs).
- Former des futurs consultants indépendants en matière de la transmission des entreprises,
- Former des spécialistes salariés, qui peuvent travailler auprès des banques et des institutions
financières qui financent les opérations de reprise des entreprises.
Une dimension théorique où nous avons essayé de défendre ce sujet qui mérite, à notre avis,
d‟être traité dans les travaux de recherche des étudiants et des chercheurs et d‟être enseigné dans
l‟université tunisienne.
183
ANNEXES
194
Khaled THABET « les SARL et les SUARL dans le cadre du nouveau code des sociétés commerciales » éditions CLE,
2001,
184
[Link] : Lettre de mission (Transmission-acquisition)195
Madame / Monsieur,
Vous avez manifesté le désir de faire appel aux services de notre cabinet, en vue de vous
accompagner dans les opérations liées à l’acquisition d’une entreprise.
Cette lettre a pour objet de résumer nos différents entretiens, et de préciser les conditions de
notre collaboration.
Notre mission s’inscrit dans le cadre des dispositions de la loi 88-108, portant refonte de la
profession d’expert-comptable.
Notre rôle est celui d’un accompagnateur, et ne pourra jamais devenir celui d’un intermédiaire.
Nos domaines d’intervention pourront s’articuler autour des phases et travaux suivants, étant
entendu que la mission pourra être longue et comporter les trois phases, ou réduite à une partie
de celles-ci :
En aucun cas nos travaux ne pourront être assimilés à un audit comptable et financier, et ne
permettront pas nécessairement de révéler tous les éléments importants de la cible.
1. Phase préalable
- Etape n°1 : Prise de connaissance du projet de reprise et définition de l‟étendue de la
mission,
- Etape n°2 : Aide à la définition de cibles,
Cette phase suppose de votre part une communication totale de toutes les informations qui nous
sembleraient utiles, et en particulier les conclusions des travaux des professionnels intervenant
également sur cette opération.
2. Phase active
- Etape n°3 : Diffusion de l’offre
- Etape n°4 : Présélection de cibles
- Etape n°5 : Participation à la rédaction de la lettre d’intention
- Etape n°6 : Réalisation de l’audit d’acquisition ou « due diligences »
- Etape n°7 : Participation aux négociations
- Etape n°8 : Ingénierie juridique, fiscale et financière
- Etape n°9 : Participation à l’élaboration du protocole et des actes
3. Phase post-reprise
- Etape n°10 : Accompagnement du repreneur post-reprise
En annexe 1, figurent la nature des informations à fournir et la répartition des travaux entre
votre entreprise et notre cabinet. Toute autre intervention que celles prévues dans cette annexe
devra faire l’objet d’une lettre de mission complémentaire.
En fin de mission, une confirmation des informations les plus significatives et non vérifiées par
nos soins pourra être demandée.
Nos relations seront réglées, sur le plan juridique, tant par les termes de cette lettre que par les
195
Inspiré des modèles publiés dans le site de l‟ordre des experts-comptables français, dédié aux opérations de
transmission des entreprises : [Link]
185
conditions générales d'intervention ci-jointes établies par notre profession (cf. annexe 2), la
mission qui nous est confiée comportant de notre part une obligation de moyens et de
diligences, et de la vôtre un devoir d'information et de coopération.
L’obligation de confidentialité s’impose à tous les intervenants identifiés sur cette mission,
aucune information communiquée à l’occasion de cette mission ne pourra être utilisée dans un
autre contexte, ni pendant ni après son achèvement.
Les intervenants sur ce dossier seront :
Nous restons à votre disposition pour toute précision complémentaire concernant les modalités
de cette intervention.
Pour accord, nous vous demandons de bien vouloir nous retourner un exemplaire de la
présente, revêtu de votre signature.
En vous remerciant de la confiance que vous voulez bien nous témoigner, nous vous prions
d’agréer, Madame X / Monsieur X, nos salutations distinguées.
A …….. , le ………
Le membre de l’Ordre Le client
186
[Link] : Lettre de mission (transmission – cession)196
Madame / Monsieur,
Vous avez manifesté le désir de faire appel aux services de notre cabinet, en vue de vous
accompagner dans les opérations liées à la transmission de votre entreprise, X.
Cette lettre a pour objet de résumer nos différents entretiens, et de préciser les conditions de
notre collaboration.
Notre mission s’inscrit dans le cadre des dispositions de la loi 88-108, portant refonte de la
profession d’expert-comptable.
Notre rôle est celui d’un accompagnateur, et ne pourra jamais devenir celui d’un intermédiaire.
Nos domaines d’intervention pourront s’articuler autour des phases et travaux suivants, étant
entendu que la mission pourra être longue et comporter les trois phases, ou réduite à une partie
de celles-ci :
En aucun cas nos travaux ne pourront être assimilés à un audit comptable et financier.
1. Phase préalable
- Etape n°1 : Prise de connaissance du projet de cession, pré-évaluation et définition de
l’étendue de la mission
- Etape n°2 : Préparation de l’entreprise à la vente
- Etape n°3 : Evaluation de l’entreprise
- Etape n°4 : Etablissement du dossier de présentation
Cette phase suppose de votre part une communication totale de toutes les informations qui nous
sembleraient utiles.
2. Phase active
- Etape n°5 : Diffusion de l’offre et du dossier de présentation
- Etape n°6 : Présélection de repreneurs
- Etape n°7 : Participation aux négociations
- Etape n°8 : Participation à l’élaboration du protocole et des actes
Cette phase suppose de votre part une levée de notre devoir de discrétion.
3. Phase post-cession
- Etape n°9 : Accompagnement du cédant post-cession
En annexe 1, figurent la nature des informations à fournir et la répartition des travaux entre
votre entreprise et notre cabinet. Toute autre intervention que celles prévues dans cette annexe
devra faire l’objet d’une lettre de mission complémentaire.
En fin de mission, une confirmation des informations les plus significatives et non vérifiées par
nos soins pourra être demandée.
Nos relations seront réglées, sur le plan juridique, tant par les termes de cette lettre que par les
conditions générales d'intervention ci-jointes établies par notre profession (cf. annexe 2), la
196
Inspiré des modèles publiés dans le site de l‟ordre des experts-comptables français, dédié aux opérations de
transmission des entreprises : [Link]
187
mission qui nous est confiée comportant de notre part une obligation de moyens et de
diligences, et de la vôtre un devoir d'information et de coopération.
Nous vous confirmons que les intervenants de notre cabinet participant à cette mission sont
soumis au respect des règles relatives au secret professionnel, comme stipulé à l’article 2 des
conditions générales d’intervention précitées. Le secret professionnel couvre les confidences
nécessaires et les secrets par nature dont le professionnel se trouve dépositaire à l’occasion de
sa mission. Il ne s’applique pas aux autres informations recueillies ou découvertes.
A cet égard, l’acceptation de cette mission libère les intervenants de notre cabinet, envers les
repreneurs potentiels, de leur devoir de discrétion, lequel s’applique à toutes les informations
d’ordre général dont nous aurons connaissance à l’occasion de l’exécution de la mission.
Il est toutefois précisé qu'aucune de ces informations ne pourra être utilisée dans un autre
contexte, ni pendant ni après l’achèvement de la mission.
Les intervenants sur ce dossier seront :
Identité Compétence spécifique
Associé signataire Mme Mr Expert comptable
Directeur
Chef de mission
Expert spécialiste
Les notes d'honoraires rappelleront la période d'intervention, le détail des travaux et le nom des
intervenants. Elles seront établies au fur et à mesure de l’avancement des travaux et payables à
réception de facture.
Le non paiement des honoraires pourra suspendre les travaux après rappel, voire mettre fin à la
mission.
En dehors des documents spécifiques à la mission (dossier de présentation, rapport d’audit),
celle-ci donnera lieu à la production d’un rapport écrit sur les travaux réalisés et de rapports
intermédiaires en cas de besoin.
Nous restons à votre disposition pour toute précision complémentaire concernant les modalités
de cette intervention.
188
Pour accord, nous vous demandons de bien vouloir nous retourner un exemplaire de la
présente, revêtu de votre signature.
En vous remerciant de la confiance que vous voulez bien nous témoigner, nous vous prions
d'agréer, Madame X / Monsieur X, nos salutations distingués.
A …, le …
189
[Link] : Exemple de rapport « diagnostic préalable»197
(Ce rapport est fourni à titre indicatif et doit être adapté à chaque situation particulière)
Mesdames, Messieurs,
Conformément à notre lettre de mission du …………………… , nous venons par la présente
vous rendre compte de nos diligences et vous présenter notre rapport / compte rendu sur la
faisabilité de l’opération de transmission que vous envisagez.
Après avoir brièvement rappelé les modalités de la cession prévue nous vous apporterons nos
recommandations, afin de minimiser les obstacles susceptibles de remettre en cause l’opération
et d’optimiser la cession.
Nos conclusions sont basées sur les différents entretiens que nous avons pu avoir avec
…………………………, ainsi que sur les documents mis à notre disposition dont la liste est jointe
en annexe (joindre cette liste). Les informations reçues ont été fournies sous la responsabilité du
chef d’entreprise.
Certains domaines devront faire l’objet d’analyses plus spécifiques menées par d’autres
professionnels (avocats/partie juridique, …).
1 – Opération envisagée :
Identité de l’entreprise à céder et rappel des grandes lignes de l’opération.
2 – Diligences mises en œuvre :
Descriptif des interventions réalisées : analyse des documents, visites dans les locaux, entretiens
etc.
3 – Analyse de l’entreprise :
Contexte général économique
Marché en expansion ou en crise, état de la concurrence, secteur d’activité et réglementation
particulière, positionnement par rapport aux statistiques sectorielles…
Eléments favorables
Zones de risques
Ressources humaines
Effectifs, ancienneté, répartition des compétences, représentation du personnel, type de
management, contrats de travail …
Eléments favorables
Zones de risques
197
Modèle du rapport publié dans le site de l‟ordre des experts-comptables français, dédié aux opérations de transmission
des entreprises : [Link]
190
Zones de risques
Environnement et risques professionnels
Normes d’hygiènes et de sécurité spécifiques à la profession, document unique des risques
professionnels
Eléments favorables
Zones de risques
Organisation interne
Organigramme, contrôle interne…
Eléments favorables
Zones de risques
4 – Evaluation
Première approche de l’évaluation de l’entreprise
Annexes
État complet des inscriptions, 4 premiers tableaux du bilan …
En conclusion, afin d’optimiser la cession de votre entreprise, nos principales recommandations
sont les suivantes :
…………………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
Nous restons bien entendu à votre disposition pour discuter de ce rapport/compte rendu et vous
prions d’agréer, Mesdames, Messieurs, l’expression de nos salutations distinguées.
Expert-comptable
191
ANNEXE.V : accord de confidentialité198
(Un modèle « basique » reprenant les points essentiels)
Messieurs,
Notre établissement vous remet ci-joint un dossier de présentation comportant des informations
strictement confidentielles concernant l’entreprise « XXXX ». La remise de ce document doit
vous permettre d’étudier les caractéristiques de cette société.
Il est entendu qu’en recevant le présent document, vous vous engager sur une période de X à
compter de la réception de ce document à :
- Préserver le secret et la confidentialité des informations et renseignements qui vous seront
fournis ;
- Ne divulguer ces informations et renseignements qu’aux personnes devant intervenir dans le
processus de décision, et dans ce cas, nous vous remercions de bien vouloir nous
communiquer les noms ;
- Ne pas mettre à la disposition d’autres personnes, en particulier externes à votre société, ces
documents, sauf accord écrit préalable ;
- Ne transmettre aucune des informations contenues dans les documents, ni même informer
aucune groupe industriel ou financier de l’existence de ces projets à l’exception des personnes
concourant à votre prise de décision et qui seront liées par les termes de cette lettre ;
- Ne pas vous servir de ces documents et informations à une fin autre que celle projetée ci-
dessus ;
- Dans le cas où l’étude ne donnerait pas de suite, nous faire retourner sans délai tous les
documents qui vous auront été fournis ;
- Ne pas faire état des négociations intervenues dans le cas où aucun accord n’aurait été
trouvé.
Les éventuels litiges portant sur l’interprétation de la présente seront soumis à l’arbitrage du
tribunal compétant de YYYY.
Nous vous remercions de nous retourner le double ci-joint, revêtu de votre signature précédée
de la mention « Bon pour accord ».
198
Inspiré de l‟article « A quoi sert l’accord de confidentialité et quelles sont les clauses qui doivent y
figurer ? » publié dans le site [Link]
192
[Link] : Questionnaire d’entretien199
Le résultat de ce questionnaire est analysé, en fonction des réponses du repreneur potentiel. S’il
a répondu de « OUI » entre :
1 et 10 fois : il ne semble pas prêt à tenter l’aventure et ne doit pas prendre le risque ;
11 et 15 fois : son projet mérite d’être amélioré ou sa réelle motivation d’être renforcée. Il lui
faudra y réfléchir encore un peu.
Plus de 15 fois : il semble prêt à se lancer dans ce projet. Il a ciblé un secteur d’activité et
une entreprise pour l’acquérir.
199
Questionnaire inspiré de l‟ouvrage « achetez, vendez, ou transmettez une entreprise » page 16.
193
[Link] : lettre d’intention200
(Le contenu de la lettre d’intention dépend de la seule volonté des parties. L’exemple qui suit n’a qu’une valeur
illustrative et peut être modifié selon les circonstances. Voici les différents points que l’on retrouve le plus souvent):
Dans la mesure où les négociations aboutiraient, l’opération devra porter sur la totalité des
parts sociales / actions de la Société ….
Prix et conditions de paiement
Eu égard aux documents qui m’ont d’ores et déjà été transmis et aux discussions que nous eues
à ce sujet, il semble que le prix d’acquisition qui pourrait être proposé pour la totalité des parts
sociales/actions se situe entre ….. …. DINARS et ….. ….. DINARS. Si l’opération aboutissait,
…% du prix serait payé au comptant à la signature des ordres de mouvements des parts
sociales / actions et le solde de …% à l’expiration de la garantie de passif et d’actif.
Modalités de financement
Je dispose à l’heure actuelle d’un apport personnel s’élevant à … DINARS. Il s’agira donc au
surplus d’obtenir un complément de financement sous la forme d’un concours bancaire.
Durée des pourparlers et modalités
La période de négociation ne pourra s’étendre au-delà du.../../…. . Pendant toute cette période,
je vous demande de bien vouloir m’octroyer l’exclusivité des négociations en ce qui concerne le
projet envisagé. Par conséquent vous vous engagez à geler toute autre négociation avec
d’autres repreneurs éventuels.
Eléments essentiels
Dans le cas où les négociations trouveraient une issue positive, l’accord définitif devra
nécessairement comprendre une garantie de passif et d’actif, ainsi qu’un engagement de non-
concurrence de votre part. En outre, la fixation finale des éléments de la cession sera
subordonnée à la conduite préalable d’un audit juridique, fiscal et social par mes conseils en
collaboration avec vous-même et votre expert comptable.
Engagement de confidentialité
Je m’engage à conserver, à titre strictement confidentiel, toute information qui sera portée à ma
connaissance à l’occasion des négociations. Les informations visées
s’entendent de toutes informations comptables, financières et juridiques, ainsi que le savoir-
faire lié à l’activité de l’entreprise qui ne sont pas connus du public à ce jour. Je m’oblige à ne
200
Inspiré de l‟article “Lettre d‟intention” publié dans le site www .[Link]
194
divulguer les informations obtenues qu’à mes collaborateurs et conseils directement concernés
par la transaction envisagée et je garantis que ces personnes seront soumises au même devoir
de discrétion.
Le présent courrier est basé sur l’opinion que je me suis faite de la Société ….. à partir de
l’ensemble des informations écrites et verbales qui m’ont été transmises par vous jusqu’à
présent. Si les audits apportaient un doute sur certaines de ces informations ou concluaient à
une minoration sensible de la valeur de l’entreprise, je me réserve la possibilité de revoir la
présente, voire d’interrompre les négociations à tout moment.
195
[Link] : Garantie du bilan 201
(Convention accessoire)
Des éléments pouvant aggraver le passif à l’égard des tiers, ainsi qu’il vient d’être dit,
devraient être déduits les éléments pouvant accroitre l’actif réel existant à la date considérée,
notamment ceux constitués par des encaissements effectués sur des créances, diminués à ladite
date d’une provision pour risque de non paiement.
Les redressements fiscaux sur amortissements, stocks et provisions et, d’une façon générale,
tout redressement visant un simple transfert de bénéfices d’un exercice sur l’autre, n’entreront
pas en ligne de compte pour l’application de la présente garantie, sauf pour les pénalités que
ces redressements pourraient entraîner.
Le(s) soussigné(s) bénéficie (ront), en tout état de cause, d’une franchise de …DT, ne pouvant
jouer qu’une seule fois.
Pour pouvoir mettre en jeu la présente garantie, le (ou les) acquéreur(s) devra(ont) avoir avisé
le(s) soussigné(s) de toute réclamation ainsi que toute vérification fiscale, parafiscale ou en
matière de sécurité sociale, dont la société……..pourrait faire l’objet, et les avoir mis à même
d’assurer la défense de leurs intérêts, spécialement de discuter le bien fondé des réclamations et
des redressements.
Le(s) soussigné(s) reconnaît (ssent) qu’une copie des présentes et de leur(s) annexe(s) lui (leur)
a été remise.
Fait à …………le….
201
« Préparer la transmission de son entreprise : méthodologie et guide pratique » Agence Nationale Pour La Création
d‟Entreprise (France), page 147
196
BIBLIOGRAPHIE
OUVRAGES :
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Anticipez votre transmission d’entreprise...Nous vous accompagnons ».
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« Le guide du cédant : Bien préparer sa transmission d’entreprise » - Octobre 2006.
MEDEF (Le Mouvement des Entreprises de France : organisation patronale représentant des
dirigeants des entreprises françaises) : Guide « Transmettre son entreprise : se préparer
pour réussir », janvier 2007.
Yannick HOCHE, Agence pour la création d‟entreprises l‟APCE (France) « Du cédant au
repreneur : un parcours sans faute » - Mars 2009.
PUBLICATIONS ELECTRONIQUES :
« Les experts comptables et la gestion de patrimoine », « Francilien Info Entreprises »
N°31, OCTOBRE 2007.
«Réussir la transmission des entreprises », La lettre électronique de l‟ordre des experts
comptables français (une publication électronique bimensuelle) :« Francilien Info
Entreprises » N°74, Décembre 2009.
Tallel BAHOURY « L’entreprise familiale à l’épreuve de la transmission : enjeux et
défis » [Link] du 20/02/2006.
199
SEMINAIRES, COLLOQUES, MANIFESTATIONS :
Conférence organisée, par l‟institut des hautes études à Tunis et l‟ATSG (association
tunisienne des sciences de gestion), en collaboration avec l‟ambassade de France en Tunisie,
sous le thème : «Succession, transmission et gouvernance des entreprises familiales »,
Mars 2009.
Entretien avec Mohamed JARRAYA, expert-comptable et commissaire aux comptes, « La
Transmission des entreprises : une question de culture » publié dans « La Presse
Economie » du 22 Novembre 2006.
Journée d‟études et de réflexion « l’entreprise familiale à l’épreuve de la transmission »
organisée par : l‟Association des Tunisiens des Grandes Ecoles (l‟ATUGE), le Centre des
Jeunes Dirigeants (CJD-UTICA) et la chambre Tuniso-Française de commerce et d‟industrie
(CTFCI), le 02 février 2006.
Séminaire « La transmission de l'entreprise familiale à Sfax » organisé le 13 janvier 2007
conjointement par le Centre des Jeunes Dirigeants (CJD) de Sfax et le Groupe de Recherche
sur l'Entreprise Familiale (GREF).
Tables rondes, animées et coordonnées par Yves Fouchet, président du Comité de la
transmission d‟entreprise du Conseil Supérieur de l‟ordre des experts-comptables Français,
« Réussir l’évaluation d’une entreprise : de la valeur au prix de marché », résumé publié
dans « SIC » N°240, Mars 2006, pages 15 et16.
TEXTES JURIDIQUES :
La loi n° 2007-69 du 27décembre 2007, relative à l'initiative économique.
La loi n° 88-108 du 18 Aout 1988, portant refonte de la législation relative à la profession
d‟expert-comptable.
Loi n° 95-44 du 2 mai 1995, relative au registre du commerce.
Note commune n° 39 /2004, direction générale des études et de la législation fiscales
(DGELF) « régime fiscal des opérations de cession des droits sociaux en matière de droits
d‟enregistrement et de timbre ».
Note commune n° 33/2007, (Texte n° DGI 2007/68) « Commentaire des dispositions des
articles de 12 à 20 de la loi n°2006-85 du 25 décembre 2006, relatives à l‟encouragement de
la transmission des entreprises ».
200
SITES D’INTERNET :
[Link] : site national français du réseau des chambres de commerce et
d‟industrie (CCI).
Www. [Link] : site des chambres françaises des métiers et de l‟artisanat.
[Link]: portail national de transmission ouvert fin 2008, par
l‟établissement public Oséo, qui joue également un rôle important en matière de financement
des projets de création et de reprise d'entreprise. Cette bourse comporte environ 25.000 offres.
[Link] : Fusacq est une place de marché en ligne dédiée à la Reprise –
Transmission d‟entreprise, qui propose plus de 1 800 annonces de cession d‟entreprises et de
nombreux services on line: dossiers thématiques, base de connaissance, annuaires et
newsletters.
[Link]: site d'annonces privé.
[Link]: site de l‟ordre des experts-comptables français, dédié aux
opérations de transmission des entreprises.
ACT contact : [Link] Le réseau « Act Contact » représentant 60 Chambres de
métiers et de l'artisanat et Chambres de commerce et d'industrie des régions Aquitaine, Midi-
Pyrénées et Languedoc-Roussillon propose plus de 1 600 offres de commerces et TPE à
reprendre.
C-Cible (Rhône-Alpes) : [Link] C-Cible est une bourse d'opportunités de
cession, reprise, partenariat et représentation commerciale qui propose plus de 1 500 annonces
du commerce, des services et de l'industrie en Rhône-Alpes, Franche-Comté et Haute-
Normandie.
PMI Contact (Sud) : [Link] Le réseau PMI Contact propose plus de 500
offres d'entreprises de 0 à 49 salariés des secteurs Industrie, Services, Négoce et BTP sur les
régions Aquitaine, Centre, Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées, Champagne-Ardenne,
Bourgogne, Lorraine, Poitou-Charentes et du Massif central.
CRA : [Link] a pour vocation de favoriser la cession et la transmission
d'entreprise. Le CRA « club des entrepreneurs CRA » regroupe environ 400 repreneurs, afin
de proposer à ces nouveaux patrons un cycle de conférences à Paris, tous les mois et demi.
Bacap France : [Link] La Bourse d'acquisition et de cession d'activités
professionnelles (Bacap) est un moteur de recherche privé d'annonces de vente de commerces,
d'entreprises, de locaux, de terrains, ... mises en ligne par des professionnels (agents
immobiliers, experts-comptables, notaires, avocat, ...).
OPPORTUNET : [Link] bourse d‟opportunités animée par les chambres de
commerce et d‟industrie d‟Alsace et Lorraine (France).
201
Passer le Relais : Passer le Relais - Reprise d'une PME le réseau régional des chambres de
commerce et d'industrie de l'Ile de France (France), pour l'accompagnement à la transmission
des entreprises.
202