Ministère de l’Education Nationale REPUBLIQUE DE COTE D’IVOIRE
Et de l’alphabétisation --------------------
--------------- Union – discipline- travail
CLASSE : 1ère c ANNEE SCOLAIRE
2023-2024
EXPOSE DE PHILOSOPHIE
THEME 4: L’EMPIRISME
PRESENTER PAR ;
FOFANA HORNA AROUNA
OUATTARA LEHILA
GNIGNIRI GNIGLAND EPHRAIME
KABORE RAOUL
SOUS LA TUTELLE DE :
M.R ZAN BI
SOMMAIRE
INTRODUCTION
I- BIOGRAPHIE ET BIBLIOGRAPHIE DE JOHN LOCKE
A- BIOGRAPHIE DE JOHN LOCKE
B- BIBLIOGRAPHIE DE JOHN LOCKE
- Essai sur l'entendement humain de John Locke
- Traité du gouvernement civil de John Locke
- Pensées sur l'éducation
II- LA PHILOSOPHIE DE JOHN LOCKE
1- La loi naturelle
2- La propriété
3- Le libéralisme
3-1 Le libéralisme politique de [Link]
3-2 La hiérarchisation du pouvoir
3-3 Droit de résistance
4 La question de l’esclavage
5 La place des femmes
III- QUELQUE CITATION DE JOHN LOCKE
CONCLUSION
INTRODUCTION
L’empirisme désigne un ensemble de théories philosophiques qui font de l’expérience
sensible l’origine de toute connaissances ou croyance et de tout plaisir esthétique.
L’empirisme s’oppose en particulier à l’innéisme et plus généralement au rationalisme ou
nativité pour lesquels nous disposerions de connaissances, idées ou principes avant toute
expérience. L’empirisme est à l’origine de la théorie associationniste de l’esprit en
psychologie qui explique la conjonction des idées simples. Elle fut défendue par Francis
Bacon, John Locke, Condillac, George Berkeley, David Hume…
Ainsi nous allons orienter notre étude sur l’un de ses précurseurs dénommé John Locke, Qui
était-il donc ? et quel était sa pensée ?
I- BIOGRAPHIE ET BIBLIOGRAPHIE DE JOHN LOCKE
A- BIOGRAPHIE DE JOHN LOCKE
John Locke naît dans le village de Wrington, situé
près de Bristol, le dimanche 29 août 1632. Il est le fils avoué de
John Locke et de Agnès Keene, qui possède des maisons et des
terres à Pensford. Pendant la guerre civile (1641-1649), John
Locke (père) sert avec le grade de capitaine dans la cavalerie de
l'armée du Parlement. Son régiment est commandé par un
homme influent du Somerset, Alexander Popham. Bien que cette
armée soit battue en juillet 1643, John Locke (père) reste proche
de son colonel, qui devient député de Bath (Somerset) en 1645.
Grâce à Popham, le jeune John devient en 1647 élève de
la Westminster School de Londres, où il apprend le latin, le grec
ancien et l’hébreu. Cette école ayant des liens traditionnels avec le collège Christ Church de
l'université d'Oxford, John Locke y entre en 1652. À cette époque l'enseignement à Oxford est
encore imprégné de scolastique, ce qui déplait à Locke (comme cinquante ans plus tôt
à Hobbes).Durant ses études, il se contente du nécessaire pour obtenir ses diplômes (1656 et
1658), et consacre une grande partie de son temps à lire des pièces de théâtre, des romans et
des correspondances épistolaires souvent traduites du français. Il s'intéresse alors à la
médecine ce qui le conduit à la philosophie naturelle notamment vers celui qui est considéré
comme le père de la philosophie naturelle moderne, Robert Boyle, qu'il rencontre en 1660. À
Oxford, il rencontre également William Petty. C'est à cette époque qu'il commence à
lire Descartes, ainsi que Gassendi, mais de façon moins approfondie.
En 1660, il commence à donner des cours de grec au collège Christ Church. Après la période
instable qui a suivi la mort de Cromwell (1658), il accueille d'abord favorablement la
restauration de la dynastie des Stuart avec Charles II (mai 1660). Il publie alors deux essais
où, contre un de ses collègues, Edward Bagshaw, il défend l'idée que l'État peut décider de la
forme de religion de ses sujets ; selon Simone Goyard-Fabre, ces écrits sont influencés par la
pensée de Thomas Hobbes. En 1662, il devient professeur de rhétorique, puis en 1664,
censeur en philosophie morale.
En 1665, il accompagne comme secrétaire Walter Vane (1619-1676) chargé d'une mission
diplomatique auprès de l'électeur de Brandebourg Frédéric-Guillaume Ier. Rentré en
Angleterre, il rencontre durant l'été 1666 Anthony Ashley-Cooper, pas encore comte de
Shaftesbury, mais déjà chancelier de l'Échiquier (ministre des Finances) de Charles II, venu à
Oxford pour faire soigner une infection du foie. Les deux hommes sympathisent, tant et si
bien qu'au printemps 1667, Locke quitte Oxford et suit son nouveau mentor à Londres,
d'abord en tant que médecin personnel.
À Londres, il poursuit ses études de médecine, faisant la connaissance de Thomas
Sydenham (1624-1689) avec qui il collabore étroitement. C'est durant cette période qu'il écrit
ou que Sydenham écrit (la paternité n'est pas clairement établie) De Arte Medica. En 1668, la
maladie de foie de Lord Ashley s'aggrave considérablement. Locke joue un rôle important en
le persuadant de subir une opération, qui réussit pleinement. Lord Ashley le considère ensuite
comme son sauveur.
En 1668, il est élu membre de la Royal Society. Il écrit alors un court Essai sur la
tolérance dans lequel il prend des positions opposées à celles de ses écrits de 1660-1662. Il
commence également un traité économique jamais publié de son temps : Some of the
Consequences that are like to follow upon Lessing of Interest to 4 Per Cent. Vers 1670, il
commence à rédiger l'Essai concernant l'entendement humain et écrit, vers 1671, ce qui est
connu comme les versions A et [Link]ès trois an et demi en France, Locke retrouve une
Angleterre plongée dans une grave crise politique concernant la succession du roi. En effet
Shaftesbury et ses partisans ne veulent pas que Jacques II accède au trône. Il est mort le 27
Octobre 1704 à High Laver, au royaume uni, il se serait suicidé après qu'il a essayé sans
succès de convaincre les « six de l'Oceanic » de retourner sur l'île, mais il est révélé par la
suite que c'est Ben qui l'a tué. Jack est le seul à aller au funérarium et il tente de se suicider,
regrettant d'avoir quitté l'île.
B- BIBLIOGRAPHIE DE JOHN LOCKE
.
Ses premières œuvres sont publiées à la fin des années 1660, mais ses principaux essais que sont
"Lettre sur la tolérance", "Essai sur l'entendement humain", "Les deux Traités du
gouvernement civil" et "Pensées sur l'éducation" datent de 1689 à 1693. À travers ces ouvrages
influencés par le rationalisme cartésien, John Locke s'oppose à la scolastique de ses études à Oxford
et devient le fondateur de l'empirisme philosophique.
-Essai sur l'entendement humain de John Locke
En 1689, John Locke publie Essai sur l'entendement humain une œuvre philosophique dans
laquelle il s'interroge sur la construction de la connaissance humaine. Dans cet ouvrage, Locke
explique que la connaissance porte sur nos idées et réfute alors la
pensée selon laquelle il existerait des savoirs innés. Selon lui en
effet, la formation des idées passe nécessairement par l'expérience
d'une transmission. A l'origine, l'âme est donc une table rase sans
idées dont la formation des pensées se fait par des apports
extérieurs. Principales sources de l'empirisme en philosophie
moderne l'Essai sur l'entendement humain de John Locke a
influencé de nombreux philosophes par la
suite dont Hume ou encore Berkeley. Ci-
contre un extrait de l’œuvre
-Traité du gouvernement civil de John
Locke
En 1690, soit un an seulement après la publication de son Essai sur l'entendement humain, Locke
sort son Traité du gouvernement civil. Divisé en deux parties, cet ouvrage explique quel doit être le
rôle de l'Etat et la légitimité de ce dernier. Selon Locke, les hommes se trouvent à l'origine à un état
de nature, et possèdent alors des droits naturels. Toutefois, dans cet état de nature, les individus ne
disposent pas de lois ou de système de justice nécessaire à l'exercice de ces droits. Il explique que
c'est pour cette raison que les individus choisissent alors de renoncer à l'état de nature, conduisant
ainsi à l'émergence de l'Etat.
Ci-contre un extrait de l’œuvre
-Pensées sur l'éducation,
Pensées sur l'éducation, également connu sous le titre Quelques pensées sur
l'éducation (Titre original : Some Thoughts Concerning Education), est
un traité d'éducation écrit en 1693. Durant plus d'un siècle, il constitue le travail
philosophique sur l'éducation le plus important d'Angleterre et
est traduit dans la plupart des langues européennes durant
le XVIIIe siècle. La plupart des auteurs européens plus
contemporains, dont Jean-Jacques Rousseau, ayant écrit sur le
sujet ont par ailleurs reconnu son influence. Selon les principes
avancés dans Pensées sur l’éducation (1693), l’enfant doit
apprendre à se faire lui-même, aidé dans son jeune âge par son
père et par son tuteur, en s’accordant au mieux aux lois de la
nature et du corps social. La dialectique du plaisir et de la
douleur sera le ressort fondamental sur lequel le tuteur agira
pour apprendre à l’enfant à maîtriser ses passions et à prendre la
raison pour guide. Il s’agira aussi de bien veiller au milieu dans
lequel l’enfant évolue dans le but de prévenir les influences
délétères. Ci-contre un extrait de l’œuvre
II- LA PHILOSOPHIE DE JOHN LOCKE
on peut décrire cette philosophie politique en quatre parties : la loi naturelle ; la propriété ;
l'esclavage ; le libéralisme.
1- La loi naturelle
Locke décrit ainsi l'état de nature : « un état dans lequel les hommes se trouvent en tant
qu'hommes et non pas en tant que membres d'une société. » En effet, aucun homme n'est
soumis par nature à quiconque, car on ne peut être assujetti à la volonté arbitraire d'un autre
homme, ni être tenu d'obéir à des lois qu'un autre instituerait pour lui.
Dans cet état, les hommes sont libres et égaux. Dans l'état de nature, nul ne détient
d'autorité législative. L'égalité est une conséquence de cette liberté, car s'il n'existe aucun
rapport naturel de sujétion personnelle, c'est par l'absence de distinction entre les hommes :
tous ont les mêmes facultés.
Néanmoins, la liberté de cet état n'est pas licencieuse ; chacun est tenu d'en faire le meilleur
usage exigé par sa conservation. L'état de nature comporte donc déjà certaines règles. S'il n'y
a aucune loi humainement instituée, tous les hommes doivent pourtant obéir à la loi de nature,
loi qui est découverte par la raison et qui est d'origine divine. Cette loi interdit aux hommes
de faire tout ce qu'ils désirent ; ils ont le devoir :
de conserver leur propre vie, qui est un don de Dieu ;
de respecter la vie, la liberté, les biens d'autrui.
De s'efforcer de mener une vie paisible et harmonieuse avec les autres
de respecter la parole donnée et d'exécuter les contrats.
2- La propriété
Le passage de la loi naturelle à la propriété se fait par le droit. En effet, c'est dans la mesure
où l'homme a des devoirs naturels qu'il est également porteur de droit devant lui garantir la
possibilité de réaliser ses devoirs. Ses droits sont donc naturels, liés à sa personne, car ils sont
fondés sur sa nature humaine, sur ce qu'exige la réalisation de ce à quoi il est naturellement
destiné et que lui a révélé la loi divine.
Locke énonce trois droits fondamentaux : droit à la vie et à fonder une famille ; droit à
la liberté ; droit à la jouissance de ses biens et surtout à l'échange.
Ces droits définissent un domaine d'inviolabilité de la personne humaine ; leur caractère
naturel exclut qu'il soit légitime d'en faire échange, ou de ne pas les reconnaître selon des
conventions.
Parmi ces droits qui précèdent toutes les institutions humaines, Locke place donc la
jouissance des biens. En effet, la propriété privée est nécessaire pour la conservation de la vie
et l'exercice de sa dignité humaine. Il y a donc un droit de posséder tout ce qui est nécessaire à
la subsistance.
Néanmoins, puisque le monde a été donné en commun aux hommes par Dieu, il faut expliquer
la légitimité de l'appropriation individuelle :
« Bien que la terre et toutes les créatures inférieures appartiennent en commun à tous les
hommes, chaque homme est cependant propriétaire de sa propre personne. Aucun autre que
lui-même ne possède un droit sur elle, le travail de son corps et l'ouvrage de ses mains lui
appartiennent en propre. Il mêle son travail à tout ce qu'il fait sortir de l'état dans lequel la
nature l'a laissé, et y joint quelque chose qui est sien. Par-là, il en fait sa propriété. Cette chose
étant extraite par lui de l'étant commun où la nature l'avait mise, son travail lui ajoute quelque
chose, qui exclut le droit commun des autres hommes. »
C'est cette propriété fondée sur le travail qui permet à Locke de justifier l'accaparement des
terres des Indiens d'Amérique par les colons. Puisque les Indiens ne travaillent pas leurs terres
et ne respectent pas ce commandement de Dieu (Deuxième Traité du gouvernement civil, V,
32), celui qui les exploite en acquiert automatiquement la propriété. Et si un Indien s'oppose
par la violence à cette spoliation par le travail, il est « tout à fait assimilable, comme tout
criminel, aux "bêtes sauvages près de qui l'être humain ne connaît ni société ni sécurité" ; "on
peut donc le détruire comme un lion, comme un tigre" ».
L'homme est donc l'unique propriétaire de sa personne et de son corps, et il jouit d'un droit de
propriété exclusif. Il est également propriétaire de son travail : une chose œuvrée cesse d'être
une propriété commune :
« Ainsi, l'herbe que mon cheval mange, les mottes de terre que mon valet a arrachées, et les
creux que j'ai faits dans des lieux auxquels j'ai un droit commun avec d'autres, deviennent
mon bien et mon héritage propre, sans le consentement de qui que ce soit. »
Il y a toutefois une limite à la légitimité de cette appropriation privée, c'est qu'il doit :
« En rester assez, d'une qualité aussi bonne, et même plus que ne pouvaient utiliser les
individus qui n'étaient pas encore pourvus. »
Mais, une fois exposée l'idée de propriété par le travail, il faut encore expliquer comment
l'homme est le propriétaire de sa personne ? Locke définit ainsi la personne :
« C'est, je pense, un être pensant et intelligent doué de raison et de réflexion, et qui peut se
considérer soi-même comme une même chose pensante en différents temps et lieux. Ce qui
provient uniquement de cette conscience (consciousness) qui est inséparable de la pensée, et
qui lui est essentiel à ce qu'il me semble : car il est impossible à quelqu'un de percevoir sans
aussi percevoir qu'il perçoit. » (Essai sur l'entendement humain, II).
Pour résumer la pensée de Locke sur la propriété, on peut dire que la propriété des choses
n'est pas seulement requise pour subsister mais est une extension de la propriété de la
personne. En ce sens, la propriété des biens a le même caractère inviolable que la personne
humaine. Cette personne est conçue comme un rapport de soi à soi en tant que propriété.
Chaque homme est donc le seul propriétaire de sa personne, de sa vie, de sa liberté et de
ses biens.
3- Le libéralisme
La pensée de Locke peut être considérée comme une pensée fondatrice du libéralisme, et cela,
tant sur le plan politique que sur le plan économique.
3-1- Le libéralisme politique de [Link]
Sur le plan politique, la question qui se pose à Locke est de savoir si l'on peut penser
le pouvoir politique sans que son institution n'entraîne la perte de la liberté des individus qui
lui sont soumis.
Les hommes de l'état de nature étant pour Locke des propriétaires, ils sont engagés dans des
relations économiques ; ce point tend déjà à faire concevoir un État qui se contenterait de
garantir ce qui est acquis, sans qu'il intervienne dans la société. Le pouvoir politique n'est
donc pas censé instituer l'ordre social par des lois, mais il est au service de la société pour
corriger les éléments qui tendraient à lui nuire.
Il suit de là que le pouvoir politique :
trouve son origine dans le consentement de ceux sur lesquels s'exerce
l'autorité ;
à sa fin dans la garantie du respect des droits naturels de tout homme, qu'il
doit arbitrer les conflits et exercer un droit de punir.
Dans Traité du gouvernement civil, chapitre VII, De la société politique ou civile; il écrit
ainsi :
« Les hommes donc sortent de l'état de nature, et entrent dans une société politique, lorsqu'ils
créent et établissent des juges (pouvoir législatif) et des Souverains sur la terre, à qui ils
communiquent l'autorité de terminer tous les différends (pouvoir exécutif), et de punir toutes
les injures qui peuvent être faites à quelqu'un des membres de la société; et partout où l'on
voit un certain nombre d'hommes, de quelque manière d'ailleurs qu'ils se soient associés,
parmi lesquels ne se trouve pas un tel pouvoir décisif, auquel on puisse appeler, on doit
regarder l'état où ils sont, comme étant toujours l'état de nature »
Dans la société politique, « chacun des membres s'est dépouillé de son pouvoir naturel, et l'a
remis entre les mains de la société »
Le pouvoir politique est ainsi amputé de ses dimensions éthique et religieuse ; il ne peut
interdire les cultes, il ne s'occupe pas du salut des hommes ni de leur perfection morale. Ces
affaires sont strictement personnelles. L'État est donc un instrument et son rôle est réduit aux
intérêts civils et temporels des hommes dont il doit protéger la vie, la liberté et les biens. Son
étendue étant ainsi limitée, Locke propose une hiérarchisation des pouvoirs, une organisation
institutionnelle permettant de contrôler leur exercice, et affirme en conséquence que
le peuple a le droit de résister quand le pouvoir dépasse les limites qui lui sont assignées par
sa fonction.
3-2- La hiérarchisation du pouvoir
Le contrat social crée une communauté seule détentrice de tous les pouvoirs. Mais, ne
pouvant exercer elle-même ses pouvoirs, ceux-ci sont délégués à des magistrats. Dans toute
organisation politique, il existe une partie qui définit ce que chaque pouvoir doit faire, et une
partie qui désigne les titulaires de ces pouvoirs auxquels on obéit. Tandis que le recours à la
force concerne les pouvoirs exécutif et fédératif, le législatif appartient à la société elle-même.
Le pouvoir législatif est pour Locke le pouvoir suprême : ce pouvoir ne peut donc être absolu
et arbitraire. La hiérarchisation des pouvoirs consistera alors pour Locke à soumettre
le pouvoir exécutif au pouvoir législatif puisque ce dernier est le pouvoir suprême et qu'il est
l'expression de la volonté d'une communauté. La règle et le droit ont donc la primauté et
personne n'est au-dessus de la loi. Le pouvoir exécutif est donc naturellement inférieur, car il
exécute seulement les décisions du pouvoir législatif. Le pouvoir fédératif, comme troisième
pouvoir, reste inférieur et indépendant du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif. Il concerne
les affaires et relations extérieures entretenues avec les autres pays : militaire, monnaie,
économie et commerce. Pour éviter la concentration des pouvoirs, il faut les déléguer à des
instances distinctes et même déléguer à plusieurs instances le même pouvoir ; par exemple, le
législatif peut appartenir à une assemblée et au roi. Mais il est préférable de confier ce pouvoir
totalement ou en partie à une assemblée élue et renouvelable, afin qu'aucun individu de
la société ne soit privilégié.
Cette organisation comporte tout de même des risques d'abus, abus tant du pouvoir exécutif
que du pouvoir législatif. Selon Locke, quoi qu'il arrive, et même si le pouvoir a été délégué,
la communauté est toujours la seule véritable détentrice de ces pouvoirs. En conséquence, elle
a le droit d'en contrôler l'exercice, et elle est seule juge en ce domaine. Si le pouvoir législatif
est utilisé abusivement, la communauté déclare nulles les décisions de l'instance judiciaire, et
celle-ci s'en trouve dissoute par le fait.
3-3- Droit de résistance
Puisqu'il peut y avoir des abus, voire une oppression et puisque la communauté ne peut en
aucun cas être privée de ses droits, il faut que la communauté ait aussi un droit de résistance à
l'oppression. Locke distingue trois cas où le droit de résistance s'applique :
trahison d'un magistrat (par exemple, exercice de la force en dehors du droit :
usurpation, tyrannie) ;
Quand un magistrat néglige sa fonction ;
Sur preuves d'un projet de trahison.
C'est à la communauté que revient alors le droit de juger, et, lorsque quelqu'un veut exercer un
pouvoir pour lequel il n'a pas été désigné (donc lorsque quelqu'un veut exercer un pouvoir qui
n'existe pas), la désobéissance est légitime.
4- La question de l’esclavage
D'après David B. Davis, en accord avec ses conceptions de la propriété et de la loi naturelle
révélée par le Dieu chrétien, Locke « est le dernier grand philosophe qui ait cherché à justifier
l'esclavage absolu et perpétuel ». Il écrit par exemple :
« Tout citoyen libre de la Caroline exerce un pouvoir et une autorité sans limites sur ses
esclaves noirs, quelles que soient les opinions de ceux-ci ou leur religion. » (Constitutions
fondamentales de la Caroline). La conversion de l'esclave au christianisme n'implique pas son
affranchissement, restant subordonnée au droit de propriété :
« La religion et la liberté chrétiennes n'ont absolument pas modifié la condition des hommes
de la cité et les esclaves, tout soumis qu'ils soient au pacte du Christ, n'en restent pas moins
civilement des esclaves, et ils doivent à leurs maîtres la même obéissance qu'auparavant. » (Le
Magistrat civil).
Selon Domenico Losurdo, c'est avec Locke que l'esclavage s'établit au plan théorique sur une
base raciale. Cependant, tout en soutenant l'institution de l'esclavage dans ses textes juridiques
et législatifs, Locke dans ses ouvrages de philosophie politique, notamment le second Traité
du gouvernement civil (1690), cherche à démontrer qu'aucun homme n'a de droit absolu sur
un autre, ce qui a pour conséquence que la vie, la propriété, la liberté et la santé nous
appartiennent en propre et constituent une limite à l'action d'autrui. En vertu du droit naturel
théorisé par Locke, l'esclavage est donc illégitime.
5- La place des femmes
Bien que la liberté individuelle soit au cœur de la pensée politique
de Locke, celui-ci ne l'étend pas à la femme qu'il affirme soumise
à l'homme. Pour appuyer cette affirmation, Locke s'appuie sur les
textes bibliques et en particulier la Première épître aux
Corinthiens, qu'il analyse dans la Paraphrase and Notes on the
first Epistle of St Paul to the Corinthians en 1706. Face à ce
discours, la théologienne Mary Astell réagit en renvoyant le texte
biblique à la morale chrétienne et non à la philosophie. Selon elle,
la Bible doit être un guide pour l'individu mais ne peut être
invoquée pour résoudre des débats philosophiques.
III- QUELQUE CITATION DE JOHN LOCKE
“La vertu est généralement approuvée, non pas parce qu'elle est innée, mais parce
qu'elle est utile.”
De John Locke / Essai sur l'entendement humain
“La nécessité de rechercher le véritable bonheur est le fondement de notre liberté.”
De John Locke / L’Essai philosophique concernant l'entendement humain
“Il faut perdre la moitié de son temps pour pouvoir employer l'autre.”
De John Locke / L’Essai philosophique concernant l’entendement humain
“La connaissance de l'homme ne saurait s'étendre au-delà de sa propre expérience.”
De John Locke / Essai philosophique concernant l'entendement humain (préface)
“La nature ne fait rien en vain ou pour des fins peu considérables.”
De John Locke / Essai philosophique concernant l'entendement humain (préface)
“Ce qu'on nomme idée est l'objet de la pensée.”
De John Locke / De l'entendement humain
“Le plaisir et la douleur, et ce qui les produit, savoir, le bien et le mal, sont les pivots
sur lesquels roulent toutes nos passions.” De John Locke / De l'entendement humain
“Il n’est pas toujours nécessaire de faire des lois, mais il l’est toujours de faire
exécuter celles qui ont été faites.” De John Locke
“J'appelle intérêts civils, la vie, la liberté, la santé du corps ; la possession des biens
extérieurs, tels que sont l'argent, les terres, les maisons, les meubles, et autres choses
de cette nature.” De John Locke / Lettre sur la tolérance, 1689
“L'État, selon mes idées, est une société d'hommes instituée dans la seule vue de
l'établissement, de la conservation et de l'avancement de leurs intérêts civils.” De John
Locke / Lettre sur la tolérance, 1689
CONCLUSION
En conclusion il serait de mise de retenir que John Locke pendant son existence n’a cessé de
défendre et de valoriser avec ferveur sa doctrine qu’est l’empirisme dans les domaines de
l’époque, étant contraire aux doctrines de l’idéalisme, de l’innéisme, de la rationalité, elle
est en fait lié au combat contre la métaphysique ainsi qu’au critère vérificationniste du sens.