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Solf 2016

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Solutions de l’OMC 2016

Problème 1. Les entiers 1, 2, 3, . . . , 2016 sont écrits sur un tableau. On peut


choisir n’importe quelle paire de nombres sur le tableau et les remplacer par leur
moyenne. Par exemple, on peut remplacer 1 et 2 par 1.5 ou on peut remplacer 1
et 3 par une deuxième copie de 2. Après avoir effectué 2015 remplacements de
la sorte, il ne restera qu’un seul nombre sur le tableau.
(a) Montrez qu’il existe une séquence de remplacements pour laquelle le nombre
final est 2.
(b) Montrez qu’il existe une séquence de remplacements pour laquelle le nombre
final est 1000.

Solution. Méthode 1 : (a) Commençons par remplacer 2014 et 2016 par 2015,
puis ensuite les deux copies de 2015 par une seule copie de ce même nombre.
Les nombres restants sont maintenant {1, 2, . . . , 2013, 2015}. À partir de là, on
remplace 2013 et 2015 par 2014 pour obtenir {1, 2, . . . , 2012, 2014}. On peut
ensuite remplacer 2012 et 2014 par 2013. On continue de la sorte pour en arriver
à {1, 3}. On termine en remplaçant 1 et 3 par 2.
(b) En utilisant la même technique qu’en (a), on peut trouver une séquence de
remplacements qui réduit {a, a + 1, . . . , b} à {a + 1}. À l’inverse, on peut trouver
une séquence de remplacements qui réduit {a, a + 1, . . . , b} à {b − 1}.
Dans notre cas, on peut trouver une séquence qui réduit {1, 2, . . . , 999} à
{998} et une autre qui réduit {1001, 1002, . . . , 2016} à {1002}. Il nous reste
alors les nombres {998, 1000, 1002}. À ce moment, on peut remplacer 998 et
1002 par une seconde copie de 1000 pour ensuite remplacer les deux 1000 par
une seule copie de ce nombre. Ceci complète la construction. 
Variante : Utiliser la technique de (a) sur {1, 2, . . . , 1996} et {1997, . . . , 2016}
pour obtenir respectivement les nombres 2 et 1998. La moyenne de 2 et 1998
est 1000.
Méthode 2 pour la question (a) : Choisissons deux nombres a1 et a2 de 1
à 2016. On prend ensuite la moyenne de ces deux nombres a1 +a2
2
et on choisit
un troisième nombre a3 . En prenant la moyenne à nouveau, on obtient
a1 +a2
2 + a3
.
2

À la k-ième étape, on choisit un nouveau nombre ak+2 et on calcule la moyenne


avec le résultat de l’étape précédente. Une fois tous les nombres utilisés, le
résultat est
a1 +a2
+a3
2 +a4
2
2+··· + a2016 a1 a2 a3 a4 a5 a2016
= + 2015 + 2014 + 2013 + 2012 + . . . + .
2 22015 2 2 2 2 2

1
Nous montrerons qu’en choisissant
a1 = 2016, a2 = 2014, a3 = 2015, et
aj = 2017 − j pourj = 4, . . . , 2016
on obtient 2 comme nombre final.
On débute en calculant la somme des 2013 derniers termes :
a4 a5 a2016
+ 2012 + . . . +
22013 2 2
2013 2012 2 1
= 2013 + 2012 + . . . + 2 +
2 2 2 2
2013
X 2013
X 1
=
2i
k=1 i=k
2013
X 1 
1
= − 2013 formule pour la série géométrique
2k−1 2
k=1
2013
X 1 2013
= − 2013
2k−1 2
k=1
 
2 2013
= 2 − 2013 − 2013 formule pour la série géométrique
2 2
2015
= 2 − 2013 .
2
Le dernier nombre sur le tableau est
a1 a2 a3  a
4 a2016 
2015
+ 2015 + 2014 + 2013 + . . . +
2 2 2 2  2

2016 2014 2015 2015
= 2015 + 2015 + 2014 + 2 − 2013
2 2 2 2
= 2. 

Problème 2. Voici un système de 10 équations avec 10 variables réelles v1 , . . . , v10 :


6 vi2
vi = 1 + (i = 1, . . . , 10).
v12 + v22 2
+ · · · + v10
Trouvez tous les 10-uplets (v1 , v2 , . . . , v10 ) qui sont solution au système d’équations.
Solution. Méthode 1 : Par inspection, on remarque que la solution constante
v1 = v2 = · · · = v10 est valide si et seulement si la valeur de vi est 8/5.
Nous cherchons maintenant les solutions pour lesquelles les valeurs v1 , . . . , v10
ne sont pas toutes égales. Dans ce cas, vi 6= v1 pour une certaine valeur de i.
En soustrayant les équations correspondantes, on obtient
6(v12 − vi2 )
v1 − vi = 2 .
v12 + v22 + · · · v10

2
Puisque v1 − vi 6= 0, on peut diviser par cette quantité pour obtenir

6(v1 + vi )
1 = 2 . (1)
v12 + v22 + · · · v10

Si on a aussi vj 6= v1 , une équation semblable existe avec vi remplacé par vj ,


ce qui implique que vi = vj . Ainsi, les nombres v1 , . . . , v10 peuvent seulement
prendre deux valeurs différentes. Notons ces deux valeurs par x et y.
Soit k le nombre de variables parmi v1 , · · · , v10 qui prennent la valeur x.
Alors 1 ≤ k ≤ 9. En additionnant les dix équations d’origine, on obtient
10
X 6(v12 + · · · + v10
2
)
vi = 10 + 2 2 = 16.
i=1
v1 + · · · + v10

Ainsi, kx + (10 − k)y = 16. L’équation (1) nous donne alors que

6(x + y)
1 = . (2)
kx2 + (10 − k)y 2

Après avoir remplacé y = (16 − kx)/(10 − k) dans l’équation précédente et avoir


simplifié le résultat, on obtient l’équation du deuxième degré

kx2 − 2(k + 3)x + 16 = 0. (3)

Le discriminant de cette équation est 4(k − 9)(k − 1). Le paramètre k peut seule-
ment prendre des valeurs parmi 1, 2, . . . , 9. L’équation (3) a donc des solutions
réelles si et seulement si k = 1 ou k = 9. Dans le cas k = 1, on trouve x = 4
et y = 4/3 tandis que dans le cas k = 9, on trouve x = 4/3 et y = 4. Les
seules autres solutions (à part la solution constante trouvée plus tôt) sont les
dix permutations de (4, 4/3, . . . , 4/3). 
Méthode 2 : Pour une solution particulière (v1 , v2 , . . . , v10 ), soit s = v12 + v22 +
2
· · · + v10 . Ainsi
6v 2
vi = 1 + i ⇒ 6vi2 − svi + s = 0.
s
Soient a et b les solutions à l’équation 6x2 − sx + s = 0. Pour chaque valeur de
i, vi = a ou vi = b. Par la formule de Viète, ab = s/6.
Si tous les vi sont égaux, alors
6 8
vi = 1 + = .
10 5
Autrement, posons 5+k comme le nombre de vi qui prennent la valeur a et 5−k
comme le nombre de vi qui prennent la valeur b, où 0 ≤ k ≤ 4. Par l’inégalité
arithmético-géométrique,
p
6ab = s = (5 + k)a2 + (5 − k)b2 ≥ 2ab 25 − k 2 .

3
À partir des équations
√ données, vi ≥ 1 pour tout i, donc a et b sont des nombres
positifs. Ainsi, 25 − k 2 ≤ 3 ⇒ 25 − k 2 ≤ 9 ⇒ k 2 ≥ 16 ⇒ k = 4. Donc
6ab = 9a2 + b2 ⇒ (b − 3a)2 = 0 ⇒ b = 3a.
En additionnant les dix équations données, on trouve

v1 + v2 + · · · + v10 = 16.

Mais v1 + v2 + · · · + v10 = 9a + b = 12a, donc a = 16/12 = 4/3 et b = 4. Ainsi, les


solutions sont (8/5, 8/5, . . . , 8/5) et les dix permutations de (4/3, 4/3, . . . , 4/3, 4).


Problème 3. Trouvez tous les polynômes P (x) à coefficients entiers tels que
P (P (n) + n) est un nombre premier pour une infinité de valeurs de n.
Solution. Nous allons montrer que les seuls polynômes qui satisfont aux condi-
tions sont ceux de la forme P (n) = p où p est un nombre premier et P (n) =
−2n + b où b est impair.
Remarquons que si P (n) = 0, alors P (P (n) + n) = P (n) = 0 qui n’est
pas premier. Soit P (x) un polynôme de degré k de la forme P (x) = ak xk +
ak−1 xk−1 + · · · + a0 . Remarquons que si P (n) 6= 0 alors

P (P (n) + n) − P (n) =
ak [(P (n) + n)k − nk ] + ak−1 [(P (n) + n)k−1 − nk−1 ] + · · · + a1 P (n)

qui est divisible par (P (n) + n) − n = P (n). Ainsi, si P (P (n) + n) n’est pas
premier, alors soit P (n) = ±1 ou P (P (n) + n) = ±P (n) = p pour un certain
nombre premier p. Puisque P (x) est un polynôme, l’équation P (n) = ±1 peut
seulement tenir pour un nombre fini d’entiers n. Donc soit P (n) = P (P (n) + n)
pour une infinité de nombre entiers n ou P (n) = −P (P (n)+n) pour une infinité
de nombre entiers n.
Supposons pour commencer que P (n) = P (P (n) + n) pour une infinité de
nombre entiers n. Ceci implique que le polynôme P (P (x) + x) − P (x) a une
infinité de racines et est donc partout 0. Ainsi l’égalité P (P (x) + x) = P (x)
tient pour toutes les valeurs de x. On remarque ensuite que si k ≥ 2, alors
P (P (x) + x) est de degré k 2 lorsque P (x) est de degré k, ce qui n’est pas
possible. Alors P (x) est au plus de degré 1, soit de la forme P (x) = ax + b pour
certains entiers a et b. Dans ce cas,

P (P (x) + x) = a(a + 1)x + ab + b

donc a = a(a + 1) et ab + b = b. On en déduit que a = 0, ce qui nous mène


à la solution P (n) = p pour p un nombre premier. Par le même argument, si
P (n) = −P (P (n) + n) pour une infinité d’entiers n, alors P (x) = −P (P (x) + x)
tient partout et P (x) est linéaire avec P (x) = ax + b. Dans ce cas, on obtient
les équations a = −a(a + 1) et ab + b = −b. On en déduit que a = 0 ou a = −2.
Si a = −2, alors P (n) = −2n + b est premier pour certains entiers n seulement

4
si b est impair. De plus, P (P (n) + n) = 2n − b est premier pour une infinité
d’entiers n si b est impair. 

Problème 4. Vulcain contre la puce. Soit A, B et F des nombres entiers posi-


tifs choisis de façon à ce que A < B < 2A. Une puce est située sur le nombre
0 de la droite réelle. La puce se déplace en faisant des sauts de longueur A ou
B vers la droite. Avant que la puce ne commence à sauter, Vulcain choisit un
nombre fini d’intervalles {m + 1, m + 2, . . . , m + A} consistant en A entiers
positifs consécutifs et met de la lave sur les entiers de chaque intervalle. Les
intervalles doivent être choisis de façon à ce que :
(i) deux intervalles distincts ne peuvent pas être superposés, ni adjacents ;
(ii) il doit y avoir au moins F entiers sans lave entre chaque paire d’intervalles ;
et
(iii) aucune lave n’est placée sur les entiers inférieurs à F .
Montrez que la plus petite valeur de F pour laquelle la puce peut traverser les
intervalles sans toucher à la lave peu importe les choix de Vulcain est F =
A A
(n − 1)A + B, où n est l’entier positif tel que ≤B−A< .
n+1 n
Solution. Soit C = B − A. Nous allons écrire les intervalles de lave sous la
forme (Li , Ri ] = {Li +1, Li +2, . . . , Ri }, où Ri = Li +A et Ri−1 < Li pour tout
i ≥ 1. On pose aussi R0 = 0. Nous représenterons un chemin emprunté par la
puce par une suite d’entiers notée x0 , x1 , x2 , . . . où x0 = 0 et xj − xj−1 ∈ {A, B}
pour tout entier j ≥ 0.
Pour commencer, en supposant que F < (n − 1)A + B (= nA + C), on doit
prouver que Vulcain a une stratégie gagnante. Soit Li = Ri−1 + nA + C − 1
pour tout i ≥ 1. (Remarquons que nA + C − 1 ≥ F .)
Supposons que la puce peut emprunter un chemin de longueur infinie pour
éviter la lave. Cela veut dire que xj 6∈ (Li , Ri ] pour tout i, j ≥ 1. Pour chaque
entier i ≥ 1, soit

Mi = max{xj : xj ≤ Li } , mi = min{xj : xj > Ri } ,


et J(i) = max{j : xj ≤ Li } .

Posons m0 = 0. Alors pour i ≥ 1 on a

Mi = xJ(i) et mi = xJ(i)+1 .

De plus, pour chaque i ≥ 1 on a


(a) mi = Mi + B (car Mi + A ≤ Li + A = Ri ) ;
(b) Li ≥ Mi > Li − C (car Mi = mi − B > Ri − B = Li + A − B) ;
(c) Ri < mi ≤ Ri + C (car mi = Mi + B ≤ Li + B = Ri + C).
Affirmation 1 : J(i+1) = J(i)+n+1 pour chaque i ≥ 1. (Cela signifie qu’après
avoir sauté par-dessus un intervalle de lave, la puce doit effectuer exactement n

5
sauts avant de sauter par-dessus le prochain intervalle.)
Preuve :

xJ(i)+n+1 ≤ xJ(i)+1 + Bn
= mi + Bn
 
A
< Ri + C + A+ n
n
= Li+1 + A + 1 .

À cause de l’inégalité stricte, nous avons xJ(i)+n+1 ≤ Ri+1 donc xJ(i)+n+1 ≤


Li+1 . Ainsi, J(i) + n + 1 ≤ J(i + 1). De plus nous avons

xJ(i)+n+1 ≥ xJ(i)+1 + An
= mi + An
> Ri + An
= Li+1 − C + 1
> Li+1 − A + 1 (puisque C < A).

Ainsi xJ(i)+n+2 ≥ xJ(i)+n+1 + A > Li+1 donc J(i + 1) < J(i) + n + 2.


L’affirmation 1 en suit.
Affirmation 2 : xj+1 − xj = A pour tout j = J(i) + 1, . . . , J(i + 1) − 1, pour
tout i ≥ 1. (Cela signifie que les n sauts intermédiaires de l’affirmation 1 doivent
tous être de longueur A.)
Preuve : Si l’affirmation 2 est fausse, alors

Mi+1 = xJ(i+1) = xJ(i)+n+1 ≥ xJ(i)+1 + (n − 1)A + B


> Ri + nA + C
= Li+1 + 1
> Mi+1

ce qui est une contradiction. Ceci démontre l’affirmation 2.


On peut maintenant conclure que

xJ(i+1)+1 = xJ(i)+n+2 = xJ(i)+1 + nA + B ;

i.e., mi+1 = mi + nA + B pour chaque i ≥ 1.


Ainsi,

mi+1 − Ri+1 = mi + nA + B − (Ri + nA + C − 1 + A)


= mi − Ri + 1 .

Donc
C ≥ mC+1 − RC+1 = m1 − R1 + C > C

6
ce qui est une contradiction. Il n’y a donc aucun chemin qui évite la lave dans
ce contexte. On remarque que Vulcain a seulement besoin de mettre de la lave
sur les C + 1 premiers intervalles.
Supposons maintenant que F ≥ (n − 1)A + B. Dans ce cas, on va montrer
que la puce peut éviter la lave. Pour ce faire, nous aurons besoin du résultat
suivant :
Affirmation 3 : Soit d ≥ nA. Il existe des entiers positifs s et t tels que sA+tB ∈
(d − C, d].
On démontrera ce résultat plus tard.
Remarquons tout d’abord que L1 ≥ nA. Par l’affirmation 3, il est possible
pour la puce de faire une suite de sauts débutant en 0 et terminant sur l’intervalle
(L1 − C, L1 ]. À partir de n’importe quel entier de cet intervalle, un seul saut
de longueur B amène la puce au-delà de l’intervalle (L1 , R1 ] en un point de
(R1 , R1 + C], ce qui correspond au point xJ(1)+1 (= m1 ) sur le chemin de la
puce.
On utilise ensuite l’induction pour démontrer que pour tout i ≥ 1, il y a un
chemin tel que xj évite la lave pour tout j ≤ J(i) + 1. Le cas i = 1 est fait donc
supposons que l’affirmation tient pour une valeur de i. Ainsi, xJ(i)+1 = mi ∈
(Ri , Ri + C]. Donc

Li+1 − mi ≥ Ri + F − (Ri + C) = F − C ≥ nA .

L’affirmation 3 avec d = Li+1 − mi montre que la puce peut sauter de mi à


un point de (Li+1 − C, Li+1 ]. Un seul saut de longueur B transporte ensuite la
puce en un point de (Ri+1 , Ri+1 + C] (sans passer par (Li+1 , Ri+1 ]), et ce point
joue le rôle de xJ(i+1)+1 . Ceci complète l’induction.
Preuve de l’affirmation 3 : Soit u le plus grand entier inférieur ou égal à
d/A. Alors u ≥ n et uA ≤ d < (u + 1)A. Pour v = 0, . . . , n, soit

zv = (u − v)A + vB = uA + vC .

Alors

z0 = uA ≤ d,
zn = uA + nC = uA + (n + 1)C − C ≥ (u + 1)A − C > d − C .
et zv+1 − zv = C for v = 0, . . . , n − 1.

Ainsi, il doit y avoir zv ∈ (d − C, d] pour un certain v dans {0, 1, . . . , n}. 


Remarque : Voici une différence façon de traiter le cas F < (n − 1)A + B. En
utilisant la même notation, on peut montrer que la puce ne peut pas éviter la
lave si les deux premiers intervalles sont (L1 , R1 ] = (nB, nB + A] et (L2 , R2 ] =
(nA + (n + 1)B − 1, (n + 1)(A + B) − 1). Remarquons que L2 − R1 = (n − 1)A +
B − 1 ≥ F .On voit aussi que (n + 1)A > nB.
Supposons que la puce peut éviter ces intervalles de lave en suivant le chemin
0 = x0 , x1 , . . .. On montre tout d’abord que les n + 1 premiers sauts de la puce

7
doivent être de longueur B. Puisque xn+1 ≥ (n + 1)A > nB = L1 , on doit avoir
xn+1 > R1 pour éviter le premier intervalle.
Si j des n + 1 premiers sauts de la puce sont de longueur A, alors

nB + A = R1 < xn+1 = jA + (n + 1 − j)B ,

ce qui implique que j(B − A) < B − A. Ceci force j à être 0 et donc xn+1 =
(n + 1)B, comme affirmé plus tôt.
On en déduit que la position de la puce après le (2n + 1)ème saut, x2n+1 ,
satisfait (n + 1)B + nA ≤ x2n+1 ≤ (2n + 1)B. Puisque (2n + 1)B < (n + 1)B +
(n + 1)A = R2 + 1, on trouve que L2 + 1 ≤ x2n+1 ≤ R2 . Ainsi, la puce ne peut
pas éviter la lave. 

Problème 5. Soit 4ABC un triangle aigu dont les hauteurs AD et BE se


croisent en H. Soit M le point milieu du segment AB et supposons que les
cercles circonscrits aux triangles 4DEM et 4ABH se rencontrent aux points
P et Q avec P du même côté de CH que le point A. Montrez que les droites
ED, P H et M Q passent toutes par un même point situé sur le cercle circonscrit
à 4ABC.
Solution :

0
Q
M
D
E
A
R
F
B
P
C
H

Soit R le point d’intersection de ED et P H. Puisque les quadrilatères


ECDH et AP HB sont inscriptibles, on sait que ∠RDA = 180◦ − ∠EDA =
180◦ − ∠EDH = 180◦ − ∠ECH = 90◦ + A et que ∠RP A = ∠HP A =
180◦ − ∠HBA = 90◦ + A. Ainsi, AP DR est inscriptible. Ceci implique que
∠P BE = ∠P BH = ∠P AH = ∠P AD = ∠P RD = ∠P RE, donc P BRE est
aussi inscriptible.

8
Soit F , l’autre extrémité de la hauteur reliant C à AB. Alors D, E, F et
M reposent tous sur le cercle d’Euler (ou cercle des neuf points) de 4ABC et
sont donc inscriptibles. On sait aussi que AP DR, P BRE, BCEF et ACDF
sont inscriptibles, ce qui implique que ∠ARB = ∠P RB − ∠P RA = ∠P EB −
∠P DA = ∠P EF + ∠F EB − ∠P DF + ∠ADF = ∠F EB + ∠ADF = ∠F CB +
∠ACF = C. Ainsi, R repose sur le cercle circonscrit à 4ABC.
Utilisons maintenant Q0 et R0 pour décrire les intersections de la droite M Q
avec le cercle circonscrit à 4ABC. Les étiquettes sont choisies de façon à ce
que Q0 , M, Q, R0 se situent sur la droite dans cet ordre. Nous allons montrer
que R0 = R, ce qui complétera la démonstration. Avant tout, remarquons que
le cercle circonscrit à 4ABC a un rayon de mesure 2 AB sin C et que le cercle
circonscrit à 4ABH a un rayon de mesure 2 sinAB ∠AHB = AB
2 sin(180◦ −C) . Les deux
cercles ont alors le même rayon et doivent donc être symétriques par rapport
au point M . En particulier, M Q = M Q0 .
Puisque ∠AEB = ∠ADB = 90◦ , on sait que M est le centre des cercles
circonscrits aux triangles 4AEB et 4ADB. Ainsi, M A = M E = M D = M B.
Par la puissance d’un point, on en déduit que M Q · M R0 = M Q0 · M R0 =
M A·M B = M D2 . En particulier, cela signifie que le cercle circonscrit à 4DR0 Q
est tangent à M D en D, et donc que ∠M R0 D = ∠M DQ. De la même façon,
M Q · M R0 = M E 2 et donc ∠M R0 E = ∠M EQ = ∠M DQ = ∠M R0 D. Ainsi,
R0 repose aussi sur la droite ED.
Finalement, le même argument montre que M P croise aussi le cercle cir-
conscrit à 4ABC en un point R00 situé sur la droite ED. Donc R, R0 et R00
sont tous des points de rencontre du cercle circonscrit à 4ABC et de la droite
ED. Ainsi, deux des points R, R0 et R00 doivent être égaux. Par contre, R00 6= R
puisque M P et P H se croisent déjà en P . De plus, R00 6= R0 puisque M P et
M Q se croisent déjà en M . Ainsi, R0 = R et la preuve est terminée. 

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