Séquence 2 : La cohésion de la matière
I. Polarité des molécules (activités 1 et 2)
1. Electronégativité d’un atome
L’électronégativité d’un atome, notée (lettre grecque : khi), est une grandeur physique sans
unité qui traduit la capacité de cet atome à attirer à lui le doublet d’électrons d’une liaison
dans laquelle il est engagé.
L’échelle de Pauling permet de classer les éléments chimiques selon leur électronégativité.
H He
2,20
Li Be B C N O F Ne
0,98 1,57 2,04 2,55 3,04 3,44 3,98
Na Mg Al Si P S Cl Ar
0,93 1,31 1,61 1,90 2,19 2,58 3,16
Électronégativité selon PAULING des éléments des trois premières périodes du tableau périodique
Remarque : L’hélium, le néon et l’argon n’étant jamais engagés dans une liaison chimique du fait
de leur stabilité, aucune électronégativité n’est définie pour ces éléments .
2. Liaison polarisée
Une liaison est polarisée si la différence d’électronégativité entre les deux atomes supérieure
ou égale à 0,4. Sinon, elle est considérée comme non polarisée.
Dans une liaison polarisée entre un atome A et un atome B, si A est plus électronégatif que B
((A) > (B)) alors A attire davantage à lui les électrons de la liaison A–B. A est alors porteur d’une
charge partielle négative δ– et B porteur d’une charge partielle positive δ+.
La liaison A–B polarisée est notée Aδ––Bδ+.
Exemple :
La liaison O–H est polarisée et O est plus électronégatif que H ((O) > (H)).
O est donc porteur d’une charge partielle négative δ– et H d’une charge partielle positive δ+. La
liaison O–H est polarisée et notée Oδ––Hδ+.
La molécule d’eau comportant deux liaisons O–H, les charges partielles sont réparties comme
ceci :
3. Polarité d’une molécule
Pour déterminer si la molécule est polaire ou non, nous pouvons avoir affaire à 3 cas de figure
différents :
Séquence 2 – La cohésion de la matière 1
a. La molécule ne comporte aucune liaison polarisée.
Si la molécule ne comporte aucune liaison polarisée, alors elle est apolaire.
Exemple : Le propane ne possède que des liaisons C–C et des liaisons C–H : Le propane est donc
considéré comme apolaire.
b. La molécule comporte une seule liaison polarisée.
Si la molécule comporte une seule liaison polarisée, alors elle est polaire.
Exemple : L’acétone est une molécule polaire car elle possède une unique liaison polarisée : la
liaison double C=O.
c. La molécule comporte plusieurs liaisons polarisées
Si une molécule comporte plusieurs liaisons polarisées, elle peut être polaire ou apolaire. Pour le
savoir, on peut appliquer la méthode décrite ci-dessous :
1 : On représente la molécule en respectant sa géométrie ;
2 : On trace, pour chaque liaison polarisée, un vecteur partant de l’atome le plus électronégatif
de la liaison vers l’atome le moins électronégatif (autrement dit de l’atome porteur d’une
charge partielle négative – vers l’atome porteur d’une charge partielle positive +).
3 : On fait la somme de ces vecteurs. Si leur somme est égale au vecteur nul, autrement dit s’ils
se compensent, la molécule est apolaire. Si leur somme est différente du vecteur nul, la
molécule est polaire.
Exemples :
• Le dioxyde de carbone possède deux liaisons polarisées.
Pour savoir si le dioxyde de carbone est polaire ou apolaire, on le représente en respectant sa
géométrie linéaire. On trace ensuite, pour chacune des deux liaisons C=O, un vecteur partant
de l’atome d’oxygène vers l’atome de carbone.
Puisque les deux vecteurs se compensent, le dioxyde de carbone est apolaire.
• La molécule d’eau possède également deux liaisons polarisées. Cependant, sa géométrie n’est
pas linéaire mais coudée. Les vecteurs, tracés pour chacune des deux liaisons depuis l’atome
d’oxygène vers l’atome d’hydrogène, ne se compensent pas. La molécule d’eau est donc
polaire.
Séquence 2 – La cohésion de la matière 2
Autre méthode :
1 : On représente la molécule en respectant sa géométrie ;
2 : On repère l’ensemble des atomes possédant une charge partielle positive + ainsi que ceux qui
portent partielle négative –.
3 : On représente avec le barycentre des charges partielles positives par un point G+ et celui des
charges partielles négatives par un point G-.
4 : Si G+ et G- coïncident, alors la molécule est apolaire. Si G+ et G- ne coïncident pas, alors la
molécule est polaire.
Exemples :
• Le dioxyde de carbone : les barycentres G+ et G- coïncident donc la molécule est apolaire.
G+ et G-
• La molécule d’eau possède : les barycentres G+ et G- ne coïncident pas donc la molécule est
polaire. -
G
G+
Mieux comprendre en vidéo : [Link]
II. Cohésion de la matière
1. Liaisons intermoléculaires
La cohésion des solides moléculaires et des liquides est assurée par les interactions de van der
Waals : il s’agit d’interactions attractives qui existent entre les molécules (interactions
attractives intermoléculaires). Ces interactions s’exercent sur de courtes distances et sont de
faible intensité.
Dans certains cas, la cohésion peut être renforcée par la présence de liaisons hydrogène. Une
liaison hydrogène est une interaction entre un atome d’hydrogène lié à un atome très
électronégatif (donc un atome d’hydrogène porteur d’une charge partielle δ+) et un autre atome
très électronégatif et porteur d’un doublet non liant (en particulier les atomes N, O et F). Les
liaisons hydrogène sont représentées en pointillés.
Exemple : Dans l’eau, à l’état solide ou à l’état liquide, la cohésion entre les molécules résulte
notamment de la présence de nombreuses liaisons hydrogène.
Séquence 2 – La cohésion de la matière 3
L’énergie d’une liaison covalente est de quelques centaines de kJ·mol –1, l’énergie d’une liaison
hydrogène de quelques dizaines de kJ·mol–1 et celle des interactions de van der Waals de quelques
kJ·mol–1 uniquement.
Il est donc nettement plus « facile » de casser une interaction de van des Waals qu’une liaison
hydrogène ou qu’une liaison covalente.
2. Changement d’état
Rappel des différents changements d’état :
Liquide
Fusion Liquéfaction
Solidification Vaporisation
Sublimation
Solide Gaz
Condensation
Pour faire passer un corps pur d’un état vers un autre état moins ordonné, il faut lui fournir
l'énergie nécessaire pour rompre les interactions entre les molécules qui le constituent.
Remarque : Il faudra donc beaucoup plus d’énergie pour la vaporisation d’un échantillon lorsque
les molécules peuvent faire des liaisons hydrogène que lorsqu’elles ne peuvent pas.
Plus les interactions intermoléculaires au sein d’un corps sont importantes, plus il faudra fournir
d’énergie pour rompre ces interactions et plus les températures de changement d’état seront
élevées.
Séquence 2 – La cohésion de la matière 4