Guide RMH
Guide RMH
DES PRIMO-ARRIVANTS
EXPERIENCES ASSOCIATIVES
DE MEDIATION LINGUISTIQUE,
EDUCATIVE ET CULTURELLE
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MAÎTRE D’ŒUVRE DU PROJET
Réseau Mémoires-Histoires en Île-de-France
COORDINATION
Mohammed OUADDANE
Délégué général du Réseau Mémoires-Histoires en Île-de-France
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EDITO ................... p.3
1. INTRODUCTION
- pourquoi ce guide ? ................... p.6
- comment a-t-il été élaboré ? ................... p.8
- à qui s’adresse-t-il ? ................... p.9
- que trouver dans ce guide ? ................... p.9
2. CONTEXTE
- de qui parle-t-on ? ................... p.12
- le modèle d’intégration en France ................... p.14
3. EXPERIENCES
- index des expériences ................... p.20
- volet linguistique ................... p.23
- volet éducatif ................... p.45
- volet culturel ................... p.69
- expériences interprofessionnelles ................... p.115
4. PROPOSITIONS
- promouvoir une démarche interculturelle ................... p.142
- améliorer l’interconnaissance ................... p.144
- favoriser la mutualisation ................... p.145
5. INDEX
- index des structures participantes .................. p.150
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EDITO
Le processus d’’intégration s’inscrit de plus en plus dans une approche dyna-
mique à double sens, qui engage la société dans son ensemble — et cela dans les disposi-
tions prises dans le cadre des politiques publiques en France et dans les différents pays de
l’Union européenne.
Cette dynamique peut être renforcée par une réelle reconnaissance en matière d’égalité
des droits qui passe par tout à la fois par la promotion d’une égalité de statut et de droits
pour les ressortissants de pays tiers, et par le renforcement de la participation à la vie du
pays d’accueil — qui seule permet de donner un sens à la transmission des devoirs, des
droits, des valeurs et de la citoyenneté.
Les politiques publiques en matière d’accueil des primo-arrivants mettent plus en avant
la priorité sur les aspects le socio-économiques, laissant trop souvent de côté ce qui relève
de l’action culturelle, linguistique et éducative, pourtant essentielle à l’acquisition d’une
réelle autonomie.
De fait, l’importance des initiatives interculturelles pour ces publics est trop souvent mi-
nimisée. Elles sont prises en charge — de manière non visible ou identifiable — par les
associations et bénéficient rarement de financement. Pourtant, les actions culturelles et
interculturelles, à l’instar des autres actions, doivent être considérées également comme
une priorité.
Nous espérons que le présent guide pourra participer à cette prise de conscience.
Mohammed OUADDANE,
Délégué général du Réseau Mémoires-Histoires en Ile-de-France.
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1/INTRODUCTION
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(Crédits : Zarhoul/AIDDA)
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- pourquoi ce guide ? — l’accès au droit, l’aide administrative,
la santé, le logement, etc. Toutefois, les
Aucune migration n’est anodine. volets linguistique, éducatif et culturel ici
retenus se rapportent tout trois à une
De ce fait, tout étranger qui souhaite dimension primordiale de l’accueil : la
s’installer sur un nouveau territoire dimension interculturelle. Elle seule,
doit faire face à une double difficul- en favorisant la compréhension de la
té : gérer son changement de vie (de société d’accueil et en donnant la possi-
lieu, de mode, de statut) et trouver sa bilité à chacun d’être considéré comme
place dans un nouvel environnement. un citoyen à part entière, peut per-
mettre un véritable accès à l’autonomie.
La société d’accueil porte en elle un en-
semble de normes, de codes, de manières de Ce guide cherche donc à présenter des
faire et de dire qui divergent souvent de ceux expériences de médiation intercultu-
du pays d’origine des migrants — d’autant relle, considérant que c’est à travers
plus si ceux-ci viennent d’un autre conti- des relations et une écoute réciproques
nent, et donc d’une autre sphère culturelle. que la personne migrante peut se réa-
liser et participer activement à la vie
S’installer dans un nouveau pays n’est socio-économique du pays d’accueil.
donc pas chose aisée. Et si l’on a tendance
à parler d’intégration, il faut souligner que Différents facteurs comme l’âge, le sexe,
celle-ci est avant tout intime, personnelle, le niveau économique, les diplômes, les
et qu’elle se joue en chacun : c’est en inté- moyens de communication et l’accès aux
grant de nouvelles données, en les compre- réseaux de sociabilité sont déterminants
nant — en les « prenant avec soi », étymo- dans les parcours d’intégration de chaque
logiquement —, qu’un nouvel agencement migrant. De ce point de vue, le soutien
peut se mettre en place et assurer l’équi- d’une structure implantée dans la socié-
libre entre ce qui constitue une personne et té d’accueil est un adjuvant précieux.
un nouvel environnement déjà constitué.
Cependant, la tension récente du contexte
Ainsi donc, que l’exil soit choisi ou subi, socio-économique de l’accueil des primo-ar-
l’arrivée dans une nouvelle société n’im- rivants invite à interroger de nouveau les
plique pas la seule personne migrante, « bonnes pratiques » associatives : ce n’est
mais « engage aussi la société d’accueil que par la mutualisation des méthodolo-
dans ses enjeux d’intégration, son déve- gies et des outils, par l’amélioration de l’in-
loppement économique, socioculturel et terconnaissance et par la généralisation
humain »1. Depuis le milieu du XXe siècle, d’une démarche interculturelle que notre
tout un tissu associatif s’est développé société pourra continuer à mener le travail
pour faciliter cet accueil et cette inclusion d’accueil qui fait l’une de ses forces vives.
des étrangers dits « primo-arrivants ».
Ce guide a donc pour objectif de mettre en lu-
Les domaines de l’accueil sont variés, et le mière des expériences de médiation à même
présent ouvrage ne s’intéresse qu’à trois de nourrir les réflexions du monde associa-
d’entre eux, laissant volontairement de tif — et pourquoi pas de la société dans son
côté d’autres aspects tout aussi essentiels ensemble, notamment en ce qui concerne
son rapport à l’Autre, les héritages de son
1 CNIDFF/ADRIC, Femmes primo-arrivantes, de l’ac- Histoire et les fondements de son avenir.
cueil à l’intégration (2011), p.7.
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(Crédits : [Link]/AIDDA)
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- comment a-t-il été élaboré ?
L’enquête à la base de ce guide a été me- Dans un second temps, une journée de
née entre janvier et juin 2015 dans quatre rencontre inter-associative a été organisée
régions à la fois : Ile-de-France, Provence- sur chacun des territoires de l’enquête.
Alpes-Côte d’Azur, Rhône-Alpes et Centre. Ces temps d’échange et de réflexion ont
été l’occasion, outre de favoriser l’inter-
Dans un premier temps, celle-ci s’est connaissance des acteurs d’un même terri-
concentrée sur le recensement des struc- toire, de recueillir une parole collective sur
tures d’accueil des primo-arrivants sur les pratiques, sur l’exercice quotidien du
les volets linguistique, éducatif et cultu- travail associatif, ainsi que sur le contexte
rel, et ce sur chacun des quatre territoires socio-économique plus global et sur la ter-
initialement retenus. Pendant plusieurs minologie du présent guide.
mois, un travail de prise de contact a été
effectué avec le soutien de structures re- Ces temps de mise en commun et d’appro-
lais sur chacun des territoires : le Réseau fondissement ont été essentiels pour déter-
Mémoires-Histoires en Ile-de-France, Ap- miner et la structure et le contenu de cet
proches Cultures et Territoires en PACA, ouvrage. Elles en forgent sa construction
l’ADATE en Rhône-Alpes, et Mémoires Plu- profondément inter-associative, inter-ré-
rielles dans la région Centre. gionale et interprofessionnelle.
Ce guide s’adresse avant tout aux acteurs Ce guide se construit autour de trois grands
associatifs du champ de l’accueil des pri- axes complémentaires.
mo-arrivants — et plus précisément à ceux
qui mènent des actions dans les domaines A travers une première partie intitulée «
linguistique, éducatif et/ou culturel. Contexte », il apporte un éclairage rigou-
reux sur les termes-clés employés. Ces pré-
Construit en collaboration avec les struc- cisions notionnelles indispensables vont
tures retenues, cet ouvrage doit être vu ainsi de pair avec un rappel sociopolitique
comme une boîte à outils opérationnelle. du modèle d’intégration en France.
Les acteurs de terrains y trouveront donc
des informations facilitant leur réflexion, La partie « Expériences », cœur de ce guide,
l’interconnaissance et les dynamiques de met en lumière une quarantaine d’actions
mutualisation. portées par des structures des quatre ter-
ritoires de l’enquête (Ile-de-France, PACA,
Il s’adresse par ailleurs aux différents ac- Rhône-Alpes et Centre). Chaque fiche pré-
teurs institutionnels, ainsi qu’aux respon- sente un projet tentant de répondre à un
sables politiques, qui pourront y puiser des besoin clairement identifié. Chacun des
éléments à même de nourrir l’améliora- projets dévoile ainsi une méthodologie po-
tion et le développement des politiques pu- tentiellement transposable à partir d’un
bliques et des modes d’intervention dans la constat initial qui peut être rencontré par
sphère sociale et culturelle. tout acteur du champ de l’accueil des pri-
mo-arrivants, quelque soit son territoire
Enfin, ce guide a pour vocation de favori- d’action.
ser la synergie des différents acteurs as-
sociatifs et institutionnels. Les contenus Enfin, la partie « Propositions » est le fruit
de ce guide apportent ainsi des clés et des des échanges tenus lors des journées de
pistes encourageant la mise en place d’ac- réflexion inter-associatives organisées sur
tions concertées et adaptées aux besoins et les différents territoires de l’enquête. Elle
demandes des publics primo-arrivants. fait la synthèse des trois principales voies
d’évolution inventoriées par les acteurs as-
sociatifs eux-mêmes : la promotion d’une
démarche interculturelle, l’amélioration
de l’interconnaissance et la favorisation
des pratiques de mutualisation.
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(Crédits : [Link]/AIDDA)
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2/CONTEXTE
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- de qui parle-t-on ?
Ce guide ne porte donc pas sur la politique d’intégration au sens large, mais sur un
processus bien spécifique de cette politique, délimité à la fois dans le temps (les premières
années de présence sur le territoire) et en termes de public (étrangers primo-arrivants
ayant vocation à s’installer durablement en France).
Toutefois, l’univers administratif véhiculant toute une série de notions pour qualifier
les personnes migrantes présentes en France, il nous a paru nécessaire de prévoir dans
ce guide un espace de définitions. Vous trouverez donc ci-après plusieurs encadrés qui,
s’appuyant sur les catégories de l’INSEE, permettront de clarifier les termes employés
dans le présent guide.
Tout élève nouvellement arrivé en France (depuis moins d’un an) dont la
maîtrise de la langue française ou des apprentissages scolaires est insuffisante pour
intégrer immédiatement une classe du cursus ordinaire. Durant l’année scolaire 2013-
2014, près de 40 000 nouveaux arrivants non francophones ont été accueillis dans les
premier et second degrés. En outre, près de 2 000 jeunes de plus de 16 ans, qui ne
relèvent plus de l’obligation scolaire, ont bénéficié d’actions spécifiques de formation
mises en place par les missions générales d’insertion (MGI) ou par les groupements
d’établissements pour la formation continue (Greta).
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3. La notion de primo-arrivant en France
Les personnes décrites dans cette étude sont l’une des 97 736 signataires du
Contrat d’accueil et d’intégration (CAI) en 2009. Il s’agit de personnes bénéficiaires
d’un premier document de séjour d’au moins un an souhaitant s’installer « dura-
blement » en France. Elles ont 18 ans ou plus et sont originaires d’un « pays tiers »
(c’est-à-dire hors de l’Espace économique européen et de la Suisse).
Le CAI est signé entre l’Etat et le migrant pour une durée d’un an et peut
être prolongé pour une durée identique, sur proposition de l’OFII (Office Français de
l’Immigration et de l’Intégration), sous réserve que le signataire ait obtenu le renou-
vellement de son titre de séjour. Par ce contrat, l’Etat s’engage à offrir aux signataires
une session d’information sur la vie en France, une journée de formation civique,
une formation linguistique si nécessaire, un accompagnement social si la situation
personnelle ou familiale du signataire le justifie et un bilan de compétence profes-
sionnelle adapté aux besoins et aux compétences des personnes, pour faciliter leur
recherche d’emploi. Chaque formation est gratuite et donne lieu à la délivrance d’une
attestation. La personne étrangère, quant à elle, s’engage à respecter la Constitution
française, les lois de la République et les valeurs de la société française, à participer à
une journée de formation civique, à une session d’information « Vivre en France », à
suivre la formation linguistique (pouvant aller jusqu’à 400 heures) si sa connaissance
de la langue est insuffisante et à se présenter à un examen pour l’obtention du di-
plôme initial de langue française (DILF).
Trois principaux profils se distinguent chez les bénéficiaires de CAI. Les mi-
grants familiaux (72 % de l’ensemble) sont le plus souvent présents en France depuis
moins d’un an lorsqu’ils reçoivent leur titre de séjour. Ensuite, viennent les réfugiés
(13 % de l’ensemble) dont la moitié est originaire d’Asie et près d’un quart du
seul Sri Lanka. La moitié d’entre eux est installée en France depuis plus de 2 ans.
Enfin, les migrants de travail (9 % de l’ensemble) sont davantage des hommes (80 %)
et ils sont installés pour la moitié d’entre eux depuis au moins 8 ans en France.
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- Le modèle d’intégration en
France
• La France, terre d’accueil • « Intégration », une notion plurivoque
La France est un pays d’accueil depuis Terme polysémique s’il en est, la notion
de nombreux siècles. Ces frontières, tout d’intégration trouve ses fondements théo-
comme son histoire et la population qui riques les plus solides dans la sociologie
la compose, sont le fruit de strates succes- d’Emile Durkheim, à la fin du XIXe siècle,
sives, d’un « mille-feuille » de migrations. où elle est présentée comme un « vou-
loir-vivre ensemble » au sein d’un corps
Par ailleurs, — et il faut le souligner même social composé de différentes parties inté-
si c’est un lieu commun — les idéaux des grées et interdépendantes.
Lumières, portés par la Révolution de 1789, C’est à partir de là qu’elle est reprise dans
font rayonner notre pays, depuis trois le droit international. Dans son origine
siècles, comme l’un des fleurons de la li- sociologique et juridique, le concept ne
berté individuelle. La construction démo- concerne pourtant pas directement les
cratique, le droit d’asile, notre devise « questions d’immigration. Par exemple, on
Liberté, Egalité, Fraternité » : tout cela a parlera d’intégration d’un nouvel Etat-
participé et participe encore dans l’imagi- membre à l’Union Européenne — dont la
naire collectif à faire de la France un el- devise « Unir dans la diversité » corres-
dorado. pond bien, d’ailleurs, à la définition pre-
Il ne faut pas oublier enfin, le poids de l’his- mière du terme intégration.
toire récente des migrations, qui se joue
depuis les années 1960 dans un contexte La notion est rapportée aux migrations
résolument postcolonial. La reconstruc- dans les années 1950 et prend une teinte
tion de la France après la Seconde Guerre résolument politique. Sur fond d’héritage
Mondiale n’aurait pu se faire sans la par- du colonialisme, elle vient alors s’opposer
ticipation décisive d’une « main-d’œuvre à celle d’assimilation, que l’on peut défi-
immigrée ». Et les politiques de régulation nir comme l’effacement de l’altérité dans
des flux migratoires qui voient le jour de- le corps social dominant. C’est ainsi que
puis le début du XXIe siècle ne peuvent pas vers 1955 Jacques Soustelle, nouveau gou-
aller à l’encontre de ce constat : la France verneur général de l’Algérie française, af-
contemporaine s’est (re)construite en par- firme que « la France a fait un choix : celui
tie grâce à l’ouverture de ses frontières à de l’intégration ». Le concept est alors criti-
une importante immigration. qué de manière assez radicale, et ce jusque
dans les années 1970, avec pour argument
Dès lors, c’est le modèle d’intégration fran- principal sa dimension « normalisatrice
çais qu’il convient d’interroger pour en » — véritable objet de lutte pour tout le
comprendre les tenants et les aboutissants. mouvement structuraliste.
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• Le modèle intégrationniste au quotidien : réalités
de terrain
Dominique Schnapper, Robert Castel et
Jacques Donzelot, notamment. C’est à cette Seulement, cet éclaircissement théorique
période que le terme « intégration » refait ne serait pas complet sans une confron-
surface dans le cadre des politiques pu- tation avec les conséquences concrètes de
bliques. ce « modèle français d’intégration » pour
les acteurs associatifs de l’accueil des pri-
Le « modèle français d’intégration », levier mo-arrivants. De ce point de vue, plusieurs
indéniable de la construction nationale, limites à ce modèle ont été relevées par les
s’appuie depuis cette période sur cinq pi- acteurs associatifs rencontrés durant cette
liers : enquête.
1) la mise en place de politiques compensa-
toires des inégalités ; La première d’entre elles est d’ordre géopo-
2) des mesures incitatives en direction des litique. En effet, les politiques migratoires
plus démunis ; ont pris, depuis 2008, une dimension eu-
3) la lutte contre les discriminations ; ropéenne1. S’ensuivent plusieurs répercus-
4) des politiques de participation à la vie sions ambivalentes.
citoyenne (notamment via le financement D’un côté, la gestion des flux migratoires
du monde associatif) ; à l’échelle européenne a entraîné une mo-
et 5) les politiques d’accès à la citoyenneté/ dification récente des pratiques politiques
nationalité. et administratives d’accueil des primo-ar-
rivants : le contrôle accru aux frontières
Pour reprendre la définition du Haut rend de plus en plus périlleuse l’entreprise
Conseil de l’Intégration : migratoire vers l’Europe ; et de multiples
« Le terme d’intégration (générale- dispositifs ont été mis en place pour ré-
ment référé à la situation des immi- guler l’accession à la nationalité dans les
grés installés de façon durable dans pays membres de l’Union Européenne. Par
le pays d’accueil) désigne à la fois un conséquent l’accueil des populations mi-
processus et les politiques qui ont pour grantes sur le territoire français revêt de
objet de faciliter sa mise en œuvre. plus en plus une dimension administrative
Le processus, inscrit dans la durée, — souvent chronophage — qui précarise
est celui d’une participation effective le monde associatif et le détourne partiel-
de l’ensemble des personnes appelées lement de ses missions premières.
à vivre en France à la construction Parallèlement, le caractère récent de
d’une société rassemblée dans le res- cette gestion à l’échelle européenne en-
pect de principes partagés (liberté de traîne de nombreux flottements, parmi
conscience et de pensée, égalité entre lesquels la variation des législations et
homme et femme par exemple) telles des pratiques institutionnelles d’un pays
qu’elles s’expriment dans des droits à l’autre — et même au sein de l’espace
égaux et des devoirs communs. » Schengen — qui ne facilite pas la com-
préhension par les primo-arrivants de ce
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3/EXPERIENCES
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(Crédits : Zarhoul/AIDDA)
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A) VOLET LINGUISTIQUE
1. AFEV Aix-Marseille (PACA) : Cours d’alphabétisation pour parents primo-arrivants ............... p.24
2. Ancrages (PACA) : ASL « Mobilités, code de la route et e-administration » ............... p.26
3. ASSFAM (Rhône-Alpes) : ASL et assistance sociale ............... p.29
4. DULALA (Île-de-France) : Plurilinguisme et apprentissage du français ............... p.32
5. DULALA (Île-de-France) : «La Boîte à histoires», conte théâtralisé à visée linguistique ............... p.34
6. FIDE (Île-de-France) : Passeport Prévention Santé pour migrants apprenants ............... p.36
7. Kolone Association (Île-de-France) : Atelier de traduction à visée artistique ............... p.38
8. LIAL (Île-de-France) : «J’apprends le français au musée Carnavalet» ............... p.41
B) VOLET EDUCATIF
9. ACM Formation (Centre) : « Dispositif d’Insertion des Nouveaux Arrivants 16-18 ans » ............... p.46
10. AFEV (national) : Accompagner un enfant nouvellement arrivé et sa famille ............... p.49
11. AFEV Aix-Marseille (PACA) : Accueil hebdomadaire d’EANA ............... p.52
12. Cie Gazelle (Île-de-France) : « Tour du monde en Kamishibai » ............... p.54
13. CREFE73 (Rhône-Alpes) : « Groupe Parents/Enfants Allophones » ............... p.56
14. LIAL (Île-de-France) : Accompagnement des parents éloignés de la culture scolaire ............... p.59
15. PEP13 (PACA) : « EANA+16 », stage intensif d’acquisition des savoirs scolaires de base ............... p.62
16. PEP13 (PACA) : «PEP’TITOUS», socialisation des jeunes enfants primo-arrivants ............... p.64
C) VOLET CULTUREL
17. AAJT (PACA) : «Regards de jeunes» ............... p.70
18. AAJT (PACA) : Rencontres musicales à l’Escale Saint-Charles ............... p.72
19. Adate (Rhône-Alpes) : « Identités en mouvement » ............... p.74
20. ADRIC (Île-de-France) : «Jeunes et citoyenneté» ............... p.76
21. AFESCAM (Île-de-France) : «Ma cousine et moi» ............... p.80
22. Ancrages (PACA) : «Semis des migrations» ............... p.83
23. Attention Chantier (Île-de-France) : «REC, La Radio des Foyers» ............... p.86
24. Bibliothèques Sans Frontières (Île-de-France) : «MAP-MIE» ............... p.90
25. Captive (Île-de-France) : «Les Rêves du quotidien» ............... p.93
26. Culture du Cœur (national) : Dispositif national d’accès à la culture pour tous ............... p.95
27. Ethnologues en herbe (Île-de-France) : Ateliers d’ethnologie pour primo-arrivants ............... p.97
28. FACEEF (Île-de-France) : portail «[Link]» .............. p.101
29. La Colline (Île-de-France) : «Démineurs» .............. p.104
30. Paroles d’hommes et de femmes (Île-de-France) : « 100 témoins, 100 écoles » .............. p.106
31. SINGA (Île-de-France) : «SINGA Sports» .............. p.108
32. Trajectoires (Île-de-France) : « Trajectoires migrantes et terres d’accueil » ............... p.111
D) EXPERIENCES INTERPROFESSIONNELLES
33. ACT (PACA) : Répertoire régional « Si loin, si proches : accueillir les nouveaux migrants » ....... p.116
34. ASSFAM Aubervilliers (Île-de-France) : Coordination linguistique à Aubervilliers ....... p.119
35. CRI38 (Rhône-Alpes) : Animation du réseau des ASL du bassin grenoblois ....... p.121
36. Ecrit69 (Rhône-Alpes) : Numéro vert d’orientation pour l’apprentissage du français ....... p.124
37. PARLERA (Rhône-Alpes) : Portail des Actions et Ressources Linguistiques en Rhône-Alpes ....... p.127
38. Plateforme Réussite Drancy (Île-de-France) : Coordination des ASL sur la communauté d’agglomération
de l’aéroport du Bourget ....... p.130
39. Programme AlphaB (Île-de-France) : « Guide du Bénévole pour l’Alphabétisation » ....... p.132
40. RADya (Île-de-France) : Portail «[Link]» et formation-action des intervenants ASL ....... p.134
41. Réseau Alpha (Île-de-France) : Portail sur l’apprentissage du français en Île-de-France ....... p.138
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(Crédits : [Link]/AIDDA)
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(Crédits : [Link]/AIDDA)
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A) VOLET LINGUISTIQUE
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— Afev Aix-Marseille —
01 La pratique :
Favoriser la médiation entre les familles et l’institution sco-
laire par le biais de l’alphabétisation
Constat
Un besoin a été identifié, par les diverses institutions (IA, Rectorat et CUCS)
mais aussi par les équipes enseignantes des écoles du quartier, dans lesquelles se trouvent
un nombre d’élèves en difficulté très important. Ce projet tente d’être une réponse au
besoin de renfort et de médiation entre les familles et l’institution scolaire notamment
pour les familles étrangères ne possédant pas les codes linguistiques, mais aussi au besoin
d’un lieu d’alphabétisation sur le quartier ouvert à des adultes n’ayant pas les bases pour
intégrer des formations qui requièrent déjà une certaine maîtrise de la langue.
2) Description
L’action a lieu dans le Grand Centre Ville de Marseille, quartier Belsunce Porte
d’Aix, qui est en zone CUCS. Elle s’adresse à un public prioritaire : parents non franco-
phones (FLE) et/ou analphabètes et/ou illettrés.
Cette action qui vise à favoriser la réussite scolaire des enfants les plus en fragilité via
l’implication de leurs parents, nous permettra de toucher deux publics : les parents et
leurs enfants.
• Conception du projet
L’AFEV est porteuse du projet depuis 2008 suite à la fermeture du centre social
du quartier. Depuis l’association travaille en partenariat avec le Centre du Culture Ou-
vrière Bernard Du Bois, les écoles et les structures associatives du quartier.
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— Afev Aix-Marseille —
3) Modalités et méthodologie
Trois ateliers hebdomadaires au sein du CCO Bernard Du Bois: les lundis et les
jeudis de 9h à 11h, et les mardis de 14h à 16h, uniquement en période scolaire. Interve-
nante salariée de l’AFEV. Pour 2014-2015, 25 apprenantes ont adhérés au projet.
Les cours s’organisent à travers des situations courantes du quotidien, travail
sur la langue et réflexion sur le rôle éducatif des parents. Travail sur le système scolaire
français y compris sur les documents de liaison famille/école. Découverte des lieux res-
sources pour sensibiliser et faciliter l’accès à la culture. Travail sur l’estime et la réalisa-
tion de soi.
Les ateliers sont conçus de telle manière pour accueillir des enfants aussi bien
en bas âge que scolarisés (en cas de grève, maladie).
Des ateliers spécifiques hors les murs, des sorties, le dispositif « Lire, Ecrire et
grandir » (CAF) sont organisés avec les enfants durant les vacances scolaires.
Un accompagnement individuel des familles dans la scolarité des enfants est proposé par
l’intervenante.
4) Pistes d’amélioration
- L’encadrement des enfants 0-4 ans par une tierce personne et dans une autre pièce
permettrait une meilleure implication des mamans dans leur apprentissage mais éga-
lement un vrai temps d’éveil pour ces tout-petits et une préparation à la séparation
parentale.
- Un partenariat plus poussé avec les écoles qui orienteraient les parents vers l’atelier.
L’Afev, premier réseau d’étudiants solidaires intervenant dans les quartiers po-
pulaires, est une association nationale née en 1991 sur la base d’un constat, celui des
inégalités dans les quartiers populaires, et d’une conviction, celle que la jeunesse a envie
de s’engager. Ils sont porteurs de nombreuses actions, dont certaines spécifiquement à
destination des ENA (Enfants Nouvellement Arrivés).
L’antenne marseillaise travaille avec 17 services civiques, 350 étudiants béné-
voles et suit 311 élèves (dont 100 ENA).
Contact : [Link]@[Link]
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— Ancrages —
02 La pratique :
Favoriser l’inclusion des publics primo-arrivants par la
médiation numérique
Constat
Ancrages, en concertation avec les partenaires du territoire intervenants auprès
des personnes primo-arrivantes et réfugiées, a constaté que l’offre linguistique de proxi-
mité était insuffisante sur le territoire d’implantation de l’association, à savoir les Quar-
tiers nord de Marseille. De plus, ce territoire est caractérisé par une offre de transports
en commun assez lacunaire. Face à ce constat, Ancrages a conçu une action de formation
linguistique en direction des personnes primo-arrivantes autour de la mobilité. La for-
mation propose une préparation linguistique favorisant le suivi de formations de code de
la route et l’accès aux services administratifs sur le web.
2) Description
L’association a engagé une démarche de formation de ses salariés et béné-
voles auprès du CRI PACA, Centre de ressources illettrisme, et de la Fédération AEF-
TI, Association pour l’Enseignement et la Formation des Travailleurs Immigrés et
de leurs familles. Une meilleure connaissance des besoins et méthodes, nécessaire
à concevoir et mettre en œuvre l’action, et a été affiné avec Anne-Jöelle Berthier, for-
matrice consultante FLE, AJB Formation Conseil ([Link]/).
En 2015, dans le cadre de la « Formation mobilité à destination de profession-
nels », l’équipe a été sensibilisé par la Maison de l’Emploi de Marseille aux questions
de mobilité (l’offre de service, les aides à la mobilité, le diagnostique de mobilité).
Parallèlement, depuis deux ans, l’association a orienté ses actions
de médiation, de recherche et de formation sur une approche numérique. La
conception de cette action linguistique a été axée sur le développement ou
le renforcement des compétences numériques et de mobilité des apprenants.
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— Ancrages —
• Conception du projet
La formation a été conçue courant 2014, et elle a pu voir le jour grâce au soutien
financier de la Direction Départementale de la Cohésion Sociale des Bouches-du-Rhône et
de la Fondation Free courant 2015.
3) Modalités et méthodologie
La formation, d’intensité hebdomadaire, est conçue autour de deux modules :
une préparation linguistique préalable aux formations de code de la route et l’e-admi-
nistration. L’apprentissage du français s’articule à la transmission d’informations et à
l’identification de dispositifs permettant aux apprenants de répondre à leurs besoins
actuels. Ainsi, au niveau méthodologique, le programme de formation, conçu en amont,
prévoit un large éventail de contenus possibles et les contenus effectifs de formation sont
choisis avec les apprenants à partir de séances de recueil de besoins proposées à chaque
module thématique. La formation propose des séances en salle, des séances avec ordina-
teurs et des séances de « formation en marchant ».
4) Pistes d’amélioration
L’association envisage de pistes d’amélioration et d’enrichissement de l’action qui seront
réalisables en fonction du financement de l’action. Au niveau des contenus, nous souhai-
tons élargir la thématique de la mobilité, en augmentant l’intensité et la durée de forma-
tion et en intégrant un module favorisant la mobilité urbaine par l’action culturelle. Ce
temps supplémentaire permet de renforcer la mobilité en milieu urbain par l’identifica-
tion des équipements culturels et patrimoniaux.
Grace à la labellisation ERIC, Espace régional internet citoyen, et au soutien de
la Fondation Free, Ancrages anime un espace informatique pouvant renforcer l’appren-
tissage de l’utilisation du web.
Au niveau de l’accessibilité à la formation et de l’assiduité dans la participation,
nous avons constaté que le principal frein, et notamment pour les femmes, est la prise en
charge des enfants en bas âge non scolarisés durant les heures de formation. Nous sou-
haitons améliorer l’orientation vers dispositifs de garde de jeunes enfants présents sur
le territoire et envisager des partenariats potentiels afin de favoriser la participation des
parents concernés.
suite de la fiche —>
- 27 -
— Ancrages —
Le porteur : Ancrages
Contact : formation@[Link] ; 09 50 74 04 67
- 28 -
— ASSFAM Rhône-Alpes —
03 La pratique :
Etre à l’écoute des besoins quotidiens des primo-arrivants
apprenant le français
Constat
La maitrise de la langue française est la première condition pour la réussite
de l’intégration. La communication, tant orale qu’écrite, est primordiale. Force est de
constater qu’actuellement, les dispositifs d’apprentissage du français ne répondent pas
toujours aux besoins. L’évaluation est trop sommaire, la durée des formations est globa-
lement insuffisante, leur contenu parfois inadapté car trop académique et ne répondant
pas nécessairement aux besoins de la vie courante. Rappelons que l’accès à l’emploi im-
plique un minimum de maitrise de l’écrit.
2) Description
L’ASSFAM intervient dans le cadre de l’accompagnement des étrangers sur l’ac-
cès aux droits ainsi que sur le champ linguistique à travers des ASL spécialisés que l’on
nomme «à visée professionnelle».
L’assistante sociale de l’ASSFAM à une double compétence ce qui lui permet d’ac-
compagner les migrants étrangers dans leur intégration en France à travers une double
entrée : celle du droit des étrangers et un accompagnement approfondi en Français à
visée professionnelle.
En plus de leur travail sur l’apprentissage de la langue, elles peuvent donc ré-
pondre et accompagner les étrangers sur toutes les problématiques liées à leur instal-
lation en France. Elles sont par ailleurs en mesure de mettre en place des programmes
spécifiques adaptés au parcours migratoire de chaque apprenant, et de prendre en compte
les difficultés sociales du migrant, assurant ainsi une meilleure prise en compte de ses
besoins.
- 29 -
— ASSFAM Rhône-Alpes —
• Conception du projet
Constat de terrain repris par les professionnels de l’ASSFAM sur le peu de prise
en charge et d’accompagnement du public étranger sur le champ linguistique en lien
avec le marché de l’emploi en France. L’assistante sociale va proposer en complément de
l’ASL aux migrants d’intégrer des modules d’insertion professionnelle mis en place par
l’ASSFAM.
3) Modalités et méthodologie
L’apprentissage de la langue axée sur un vocabulaire professionnel à lieu toute
l’année de septembre à juin avec une fréquence d’une à deux séances de 2h par semaine.
ASSFAM Rhône-Alpes
Le porteur :
Service social spécialisé destiné à faciliter l’intégration des migrants et contri-
buer à leur insertion dans une optique de promotion dans la société française, ses ac-
tions s’adressent aux nouveaux arrivés en France, à ceux qui rencontrent des problèmes
spécifiques liés à la migration, et aux personnes immigrées ou d’origine étrangère en
difficulté d’insertion sociale et professionnelle. Une des missions de l’ASSFAM est de l’y
aider en lui apportant un certain nombre d’éléments comme l’apprentissage de la langue
française, l’accès au travail, l’accès aux droits, la transmission des valeurs, etc.
Contact : [Link]@[Link]
- 30 -
(Crédits : Association Kolone)
- 31 -
— DULALA (D’Une Langue A L’Autre) 1/2 —
04 La pratique :
Valoriser le plurilinguisme auprès des primo-arrivants dans
leur parcours d’apprentissage du français
Constat
Les adultes en phase d’apprentissage du français sont plurilingues. Au vu des
travaux scientifiques actuels et des expériences de terrain, le répertoire de langues des ap-
prenants peut constituer un puissant levier dans l’apprentissage d’une nouvelle langue,
en l’occurrence du français, à condition que celui-ci soit valorisé et considéré comme tel
par le formateur et l’apprenant. La prise en compte des langues connues par les appre-
nants est également un véritable vecteur de confiance en soi pour les apprenants, parfois
démunis devant le défi que représente l’apprentissage d’une nouvelle langue et l’entrée
dans la lecture/écriture. Or, les langues des apprenants restent encore trop souvent invi-
sibles, ignorées et sont peu mises en valeur car on imagine encore que la prise en compte
d’autres langues que la langue-cible puisse être un obstacle à l’apprentissage de celle-ci.
Aussi parce qu’on ignore comment travailler avec des langues qu’on ne connaît pas.
1) Objectifs
• La formation permet l’acquisition de connaissances théoriques et pratiques relatives
à l’apprentissage/enseignement du français en contexte multilingue et aux approches
pédagogiques innovantes dites « approches plurielles » ;
• Informer sur les enjeux de la prise reconnaissance et de la prise en compte du réper-
toire linguistique des apprenants au bénéfice de l’apprentissage du français ;
• Se familiariser avec les approches plurielles et des outils pédagogiques utiles afin de
faire ressortir les compétences linguistiques des apprenants et de les réinvestir dans
l’apprentissage/enseignement du français ;
• Expérimenter des activités afin de s’approprier la démarche et l’adapter à sa pratique
en créant une séquence ;
• Les ateliers permettent au formateur d’observer et/ou de co-animer les séances.
2) Description
L’association DULALA a ainsi imaginé des ateliers multilingues afin de valoriser les com-
pétences linguistiques des apprenants. Ceux-ci entrent dans une démarche de sensibilisa-
tion/formation des formateurs ASL/FLE/Alphabétisation et les coordinateurs de réseaux
afin d’apporter des éléments de réflexion et des pistes didactiques face aux questions
suivantes :
- 32 -
— DULALA (D’Une Langue A L’Autre) 1/2 —
- Comment s’appuyer sur les langues connues des apprenants pour faire le lien avec le
français ?
- Comment faire ressortir leurs compétences dans leurs langues maternelles pour réinves-
tir ces compétences dans l’apprentissage du français ?
-Comment l’accent mis sur la variété des langues parlées au sein d’un groupe peut-il ren-
forcer le travail collectif et créer un climat propice à l’apprentissage ?
-Comment travailler avec des langues qu’on ne connaît pas ?
3) Modalités et méthodologie
DULALA conçoit un projet sur mesure en fonction des besoins et des attentes de
la structure concernée en proposant des ateliers pour les apprenants et des modules de
sensibilisation pour les formateurs :
- Sensibilisation / Formation des professionnels : 3 jours minimum (+1 jour d’échange
de pratiques) ;
- Ateliers se greffant sur l’offre de formation linguistique (ASL, Alpha, FLE) : ateliers
ponctuels ou cycle d’ateliers en présence du formateur (en qualité d’observateur et/ou
de co-animateur) ;
- Créer un climat d’échange en rendant visibles les compétences des apprenants à
travers des activités multilingues et multiculturelles : salutations, communication
non-verbale, emprunts… ;
- Activités de comparaison des langues pour le développement des compétences méta-
linguistiques et l’ apprentissage du français ;
- Temps de soutien à la parentalité avec des discussions autour de la transmission des
langues et de l’éducation bi-plurilingue ;
Contact : info@[Link]
[Link]
- 33 -
— DULALA (D’Une Langue A L’Autre) 2/2 —
05 La pratique :
Valoriser le plurilinguisme auprès des enfants allophones
nouvellement arrivés et de leurs camarades
Constat
Au vu des travaux scientifiques actuels et des expériences de terrain, le réper-
toire de langues d’un individu peut constituer un puissant levier dans l’apprentissage
d’une nouvelle langue, en l’occurrence du français, à condition que celui-ci soit valorisé.
Pour les jeunes enfants en particulier, il est important de créer des formes d’hospitalité
langagière (Hélot/Rubio 2014) en faisant du lien entre l’univers familial et celui de la
structure d’accueil, ce qui peut passer par la valorisation de la langue première des en-
fants dans des activités néanmoins pensées et pertinentes sur le plan pédagogique pour
tous.
3) Modalités et méthodologie
DULALA conçoit un projet sur mesure en fonction des besoins et des attentes
de la structure concernée en proposant des ateliers pour les enfants et des modules de
sensibilisation pour les professionnels. Il est possible d’organiser un temps de discussion
avec les parents en parallèle pour présenter l’outil et échanger autour de l’acquisition/
apprentissage des langues ainsi que de la transmission des langues.
- Sensibilisation / Formation des professionnels (2 jours + 1 jour d’échange de pra-
tiques) :
o Enjeux de la reconnaissance de la langue première pour le développement
identitaire et cognitif de l’enfant ;
o La boîte à histoires au service du développement du langage et de la créati-
vité ;
o Mise en scène de la boîte à histoires de A à Z ;
o Mise en place d’un projet d’éveil aux langues.
- Les ateliers
o Durée : d’une demi-heure à 1h ;
o Age : de 0 à 10 ans ;
o Fréquence : Atelier ponctuel ou cycle d’ateliers ;
o Langues pour la mise en scène : variable selon les conteurs ;
o En version monolingue ou bilingue ;
o En binôme avec un parent ou un professionnel ;
o Déroulement de la séance : Les mises en scène « boîtes à histoires » sont tou
jours accompagnées d’une discussion avec les enfants autour du conte et de la
langue choisis ainsi que de petites activités d’éveil aux langues en lien égale-
ment avec le conte et la langue choisis.
- Groupes de discussion pour parents (2h. environ)
o Présentation de la boîte à histoires ;
o Stratégies de transmission de la langue ;
o Avantages du bilinguisme précoce ;
o Développement du langage chez les enfants ;
o Eveil aux langues chez le tout-petit.
Contact : info@[Link]
[Link]
- 35 -
— FIDE —
06 La pratique :
Sensibiliser les primo-arrivants apprenant le français aux
questions de santé
Constat
L’accès aux droits et aux soins constitue un axe important à la fois de sensibili-
sation des publics à cette thématique mais aussi à l’apprentissage des bases du Français
pour mieux communiquer dans des situations concrètes avec les professionnels de la san-
té. C’est à ce besoin d’informations et pour faciliter l’accès à des droits fondamentaux
que FIDE et son équipe pédagogique a travaillé à la conception d’outils, de démarches
pédagogiques en tenant compte de tous les niveaux de langue repérés dans les actions de
formation en direction de publics signataires ou non du CAI y compris pour les publics
relevant des ASL.
2) Description
Dans le cadre de ce projet, soutenu par le F.E.I et la D.R.J.S.C.S, F.I.D.E a
travaillé à la création d’outils adaptés aux besoins des publics migrants et des in-
tervenants en formation linguistique (ASL, F.L.I, F.L.E, Compétences Clés, etc.).
La démarche mise en place se veut innovante : la formation-action
mise en œuvre s’est appuyée sur des ressources existantes, des expérimenta-
tions, un accompagnement individualisé des participants, une sensibilisa-
tion des acteurs et des publics à la thématique de la Santé des migrants et une
formation à la méthodologie de conception d’outils pédagogiques, par des experts dans
le domaine de la formation linguistique en direction des publics primo-arrivants.
• Conception du projet
Ce projet est conçu par l’équipe pédagogique de FIDE qui a déjà réalisé d’autres
outils et participé à des expérimentations nationales et régionales sur les savoirs de base,
les compétences clés et le FLI (Français Langue d’intégration).
3) Modalités et méthodologie
Conception d’un Kit Pédagogique et mise en œuvre d’actions de formation de formateurs
à l’outil.
4) Pistes d’amélioration
Par le développement des formations de formateurs et la diffusion bonnes pratiques dé-
veloppées.
Contact : secretariat@[Link] ; 01 48 09 92 84
Page Facebook pour le projet : «FIDE FORMATION»
- 37 -
— Association Kolone —
08 La pratique :
Valoriser le plurilinguisme auprès des primo-arrivants dans
leur parcours d’apprentissage du français
Constat
Apprendre le français ne veut pas seulement dire prendre des cours de langue,
mais cela implique aussi de jouer avec les langues, d’en comprendre les mécanismes et de
l’inscrire dans des activités socio-culturelles qui facilitent l’apprentissage.
Passer d’une langue à l’autre s’apparente à un voyage intime, singulier, que
l’exil bien souvent dramatise, rend douloureux et parfois impossible. On peut passer
beaucoup de frontières mais ne pas se résoudre à passer celle de la langue. Le temps
sera bien sûr un atout majeur dans ce processus. Cependant il est nécessaire d’accueillir
quelqu’un dans la langue dès son arrivée. Cet accueil nécessite de le mettre en confiance
face à la situation d’insécurité linguistique dans laquelle il se trouve, et pour cela nous
préconisons deux attitudes essentielles : 1/ écouter la langue de l’étranger, lui laisser
sa place au sein même des nouveaux apprentissages ; 2/donner à la langue française un
espace hors contrainte, un espace ludique et rêveur où l’assimilation se fera davantage
par l’émotivité, les affects, le corps.
L’association Kolone développe ainsi une approche de la langue basée sur l’in-
terculturel et la médiation artistique, prenant en compte les langues d’origine des appre-
nants, leur mémoire, leur bagage culturel, leur sensibilité.
1) Objectifs
• Valoriser les langues d’origine ; échanger avec des francophones ;
• Utiliser les langues comme supports de création artistique ;
• Apprendre à faire un travail collaboratif, à se comprendre en dépit des obstacles
linguistiques et même en jouant avec ces obstacles ;
• Se détendre dans une activité ludique, retrouver des éléments de sa culture.
2) Description
Il s’agit :
- de s’emparer d’un texte littéraire en français, poétique ou narratif, et d’en travailler
collectivement l’oralité (phonétique, prosodie, rythme…), d’une façon qui engage aus-
si le corps, afin de donner peu à peu de l’assurance à la voix.
- de traduire des mots de ce texte dans les langues des participants, et d’utiliser ces
mots, à l’écrit, à l’oral, en dessin pour construire une sorte de traduction fragmen-
taire, collective et créative.
- de recueillir les textes étrangers proposés par les participants (littéraires ou person-
nels) pour les copier (calligraphie), les traduire au moins partiellement en français.
- 38 -
— Association Kolone —
• Conception du projet
Il s’est agi au départ en 2013 d’une réponse à un AAP du Cinq (104) destiné aux
associations des 18e et 19e mettant en jeu des «pratiques artistiques amateurs ». Depuis sa
création, Kolone cherchait à donner une place aux langues étrangères dans l’apprentis-
sage du français et souhaitait proposer une pratique créative associant texte et image.
La possibilité d’avoir un lieu hebdomadaire dédié à une pratique artistique a permis d’ex-
périmenter ces intuitions de départ, de les mettre à l’épreuve de la réalité.
4) Pistes d’amélioration
Faire appel à des intervenants professionnels en graphisme-typographie pour concevoir
ensemble un livre illustré (une sorte de Cahier) qui rendra compte de l’évolution an-
nuelle du travail.
L’association Kolone propose des cours de français aux jeunes adultes deman-
deurs d’asile, réfugiés ou sans statut, et aux mineurs isolés étrangers, dans les 19e et 10e
arrondissements (Paris des Faubourgs). Les cours s’adressent aux débutants scolarisés
dans leur pays d’origine ainsi qu’aux personnes de niveau intermédiaire voulant amélio-
rer leur français écrit et oral. Elle mène en outre un atelier de traduction interculturelle
au 104 avec des apprenants débutants.
Contact : [Link]@[Link]
[Link]
- 39 -
(Crédits : Association Kolone)
- 40 -
— L’Ile Aux Langues —
07 La pratique :
Lier apprentissage du français et sorties culturelles pour fa-
voriser la compréhension de la société d’accueil
Constat
La plupart des personnes ne maitrisant pas le français sont souvent éloignées du
champ culturel et muséal et ne pensent pas que ces lieux, considérés comme importants
ou sacrés, leurs sont accessibles. Faciliter l’accès aux collections des musées, découvrir
et désacraliser ces lieux en proposant des visites permet l’accès à la culture et ouvre le
champ des possibles.
De plus la barrière de la langue est souvent le premier frein pour découvrir,
explorer et s’approprier la société d’accueil dans laquelle les personnes vivent.
• Créer un outil d’aide à la visite pour les personnes ne maitrisant pas ou peu le fran-
çais ;
• Favoriser l’accès à la culture pour les personnes éloignées du champ muséal ;
• Proposer un parcours thématique sur le thème des « petits métiers et des enseignes
de Paris ».
2) Description
La première version de Livret a été testée durant les cours de français à l’asso-
ciation et lors de 4 visites avec des apprenants de LIAL au Musée Carnavalet. Plus de 80
personnes ont pu tester l’outil, ce qui a permis de réjuster les activités en fonction du
retour des apprenants et de proposer un ensemble d’activités cohérentes et déjà testées.
- 41 -
— L’Ile Aux Langues —
Le Livret : propose un parcours thématique sur le thème des «petits métiers et des en-
seignes de Paris», à animer par un encadrant/formateur avec ou sans l’appui d’un conférencier
du musée. Il peut également être utilisé de manière individuelle et autonome par l’apprenant.
Il est constitué de deux parties : avant la visite et pendant la visite.
• Conception du projet
Depuis 2009, les musées de la Ville de Paris développent des actions de médiation
culturelle en direction des habitants des quartiers Politique de la Ville et des personnes
en situation d’exclusion. Dans le cadre du partenariat entre la Direction de la Démo-
cratie, des Citoyens et des Territoires (DDCT), le musée Carnavalet - Histoire de Paris a
souhaité créer un outil répondant aux besoins d’un public en apprentissage du français.
Afin de réaliser ce projet, l’association l’Île aux Langues a été sollicitée pour
réfléchir au format et au contenu pédagogique de cet outil. L’association organisait déjà
régulièrement des visites dans divers musées de la ville de Paris. Pour chacune des sor-
ties, un travail est fait en amont pour préparer des supports pédagogiques à utiliser lors
de la visite. L’Ile aux Langues a donc travaillé à partir de son expérience sur ce projet
en apportant le contenu pédagogique sur la thématique « les petits métiers de Paris ».
3) Bilan
Pour l’association, les cours de français et la culture sont indissociables, il est important
de sortir de la classe. Les ateliers et les sorties visent surtout l’autonomie des personnes,
c’est un des moyens de les rendre à l’aise avec leur nouvel environnement. Lors de ces sor-
ties on montre aussi autre chose, on s’accorde un moment de plaisir, on s’ouvre l’esprit.
C’est lors de ces sorties que parfois les différents groupes d’apprenants sont mélangés
pour favoriser la mixité.
Il s’agit d’ailleurs plutôt de cours en extérieur, car les formatrices veillent toujours à
créer un parcours pédagogique, avec des ateliers et des exercices plus ou moins implicites.
De façon générale les sorties s’organisent dans lieux dans lesquels les formateurs de l’as-
sociation ont pu se rendre et rencontrer l’équipe au préalable, et la plupart du temps nous
faisons appel à des conférenciers. Sur certaines expositions, néanmoins, les formatrices
réalisent elles-mêmes la visite, notamment lorsque celles-ci sont complexes car elles sont
plus habitués à adapter le discours au public qu’elles accompagnent.
A terme, cet outil se veut aussi être une incitation pour d’autres structures de créer des
outils similaires à destination des publics dits éloignés.
suite de la fiche —>
- 42 -
— L’Ile Aux Langues —
L’Île Aux langues est une association créée en 2011 par des professeurs diplômés
de Français Langue Étrangère. Par le biais de la transmission de la langue, l’association
L’Île aux Langues a pour but de favoriser l’intégration des migrants à la société française
et la mixité sociale. Elle est spécialisée dans l’alphabétisation, l’enseignement aux pu-
blics peu ou non scolarisés de toutes nationalités et la préparation aux examens DILF,
DELF.
Contact : lcarpentier@[Link]
[Link]
GUIDE PEDAGOGIQUE
POUR L' ACCOMPAGNATEUR
J’APPRENDS
AU MUSÉE
CARNAVALET
PARCOURS �
LES PETITS MÉTIERS
PARISIENS
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(Crédits : Suzanne Fayt/AIDDA)
- 44 -
B) VOLET EDUCATIF
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— ACM Formation —
09 La pratique :
Permettre à des jeunes primo-arrivants ne relevant plus de
l’obligation scolaire de poursuivre leur scolarité
Constat
Accueillir les jeunes primo-arrivants de 16 à 18 ans et leur donner les outils lin-
guistiques et culturels, leur donner un niveau général de base pour poursuivre leur cur-
sus scolaire dans les structures générales de l’Education Nationale.
2) Description
- 46 -
— ACM Formation —
Dans le même temps, ACM Formation a développé des partenariats avec les ins-
titutions engagées dans le dispositif : le Centre d’Information et d’Orientation en aidant
chaque élève à trouver sa voie ; les établissements d’accueil en accordant un statut d’élève
à chaque bénéficiaire du dispositif ; les infirmières des établissements ont également per-
mis aux élèves de prendre soin de leur santé et parfois de déceler des difficultés handica-
pantes pour une poursuite de scolarité (problème de vue, d’ouïe, déficiences diverses…).
De nombreux autres partenaires ont occupé (et occupent toujours) un rôle im-
portant dans le dispositif : Le Planning Familial qui rend visite aux élèves chaque année,
la Médiathèque d’Orléans, le Théâtre d’Orléans où sont organisées des visites.
Enfin, un partenaire présent depuis quelques années déjà IG45 de l’UTL d’Or-
léans apporte son soutien tous les quinze jours aux élèves du dispositif avec des cours de
soutien où sont proposés des ateliers linguistiques, ludiques, de lecture et scientifiques.
Ils jouent également un rôle dans la préparation aux examens du DELF en fin d’année
scolaire (jury d’examen).
Chaque année, le groupe a préparé des projets en lien avec leurs apprentissages.
Ont donc été déjà réalisés : un conte, un mini roman, une exposition sur le système so-
laire, un livre intitulé « Paris, notre nouvelle capitale », une bande dessinée sur l’expé-
rience des jeunes dans la société française.
3) Modalités et méthodologie
Le dispositif DINA (ARTP-FLE) est toujours en évolution car pour l’année sco-
laire 2015/2016, il est prévu de proposer des cours de SVT aux élèves afin de les perfection-
ner et de les préparer au mieux à avoir un niveau post 3ème. Par ailleurs, le projet prévu
pour l’année prochaine est un projet qui permettra aux élèves de la classe de s’approprier
les bases de l’Histoire, la Culture, la Langue française, tout en tissant des liens sociaux
avec différents partenaires (autres classes de différents établissements scolaires, avec
d’autres publics apprenants).
A.C.M. Formation est une association loi 1901 enracinée dans le quartier d’Or-
léans la Source depuis 24 ans.
Organisme de formation, inscrit dans la dynamique de développement de terri-
toire, à l’échelle du département, il œuvre pour le renforcement des capacités sociales et
professionnelles des publics.
Pour cela, A.C.M. Formation met en place des actions de formation adaptées
pédagogiquement à chaque public cible sur les champs de l’amélioration des compétences
de base et de l’insertion professionnelle.
Contact :
[Link]@[Link] ; 02 38 63 97 17
[Link]
- 48 -
— AFEV (Association de la Fondation Etudiante pour la Ville) —
10 La pratique :
Faciliter l’apprentissage des codes scolaires et la découverte
d’un nouvel environnement pour les enfants primo-arrivants
Constat
Chaque année, des milliers d’enfants et de jeunes arrivent d’ailleurs et sont sco-
larisés en France quelle que soit leur maîtrise de la langue ou leur niveau de scolarisation
antérieure. On demande à ces jeunes de s’intégrer très vite sans pour autant leur offrir
un accompagnement dans leur découverte d’un nouveau monde alors qu’ils découvrent
simultanément une langue, une ville, et de nouveaux modes de socialisation et de scola-
risation.
Cette pression vient s’ajouter au poids de la migration familiale qui souvent re-
pose sur ces enfants. Le jeune “sachant” du foyer, qui va être amené à maîtriser la langue
du pays bien plus vite que ses parents, devient en effet celui qui assure la protection de
la famille qui ne connaît souvent ni la langue ni les codes du pays d’accueil. L’enjeu pour
ces jeunes est de se faire une place dans cette nouvelle société.
L’action de l’Afev est sous-tendue par l’idée qu’en plus des acteurs des politiques
publiques qui interviennent auprès de ce public, l’action de jeunes engagés bénévoles ou
en service civique peut être complémentaire et utile pour les enfants / jeunes nouvelle-
ment arrivés et leurs familles.
2) Description
Hors-temps scolaire, à raison d’une ou deux séances hebdomadaires de deux
heures, l’accompagnement individualisé a lieu au sein de l’établissement scolaire, au do-
micile familial, ou dans d’autres structures d’accueil (CADA et autres).
Cet accompagnement s’oriente autour de trois principaux axes : le travail au-
tour de la sphère scolaire (appui méthodologique, aide à la compréhension des attendus
de l’école, travail sur les codes scolaires), la découverte du nouvel environnement et la
citoyenneté (sorties dans des lieux publics socioculturels, échange avec les familles), et le
travail sur la langue (échange oral privilégié dans une approche non pédagogisante).
- 49 -
— AFEV (Association de la Fondation Etudiante pour la Ville) —
• Conception du projet
L’Afev a répondu à un besoin identifié par les équipes éducatives sur le terrain
en charge de ce public. Outre la dimension scolaire, une dimension d’accompagnement
plus globalement éducatif et d’appui à la découverte de la société d’accueil apparaissait
comme un levier. Nous avons donc travaillé à la mise en place de cette action avec les par-
tenaires locaux et la Dgesco (bureau des écoles, en charge des ENA) à partir de 2001, aux
côtés de l’Education Nationale.
3) Modalités et méthodologie
Aujourd’hui environ 900 enfants et jeunes nouvellement arrivés repérés par les
équipes éducatives et / ou des équipes du programme de réussite éducative sont suivis sur
l’ensemble des 42 pôles de l’Afev. Les acteurs de ce dispositif sont bénévoles ou en service
civique.
Le dispositif est structuré par les salariés locaux de l’Afev qui, d’une part mo-
bilisent chaque année les étudiants, les suivent, les forment et d’autre part font tout le
travail d’ingénierie en partenariat avec les établissements scolaires, les universités, les
collectivités et les services déconcentrés de l’Etat.
4) Pistes d’amélioration
- Nous souhaitons renforcer l’impact social de cette action auprès des parents de l’en-
fant ;
- Cette action est aujourd’hui sous-développée malgré une demande importante et
croissante pour cause de difficulté à la faire financer localement.
- 50 -
— AFEV (Association de la Fondation Etudiante pour la Ville) —
Le porteur : AFEV
L’Afev, premier réseau d’étudiants solidaires intervenant dans les quartiers po-
pulaires, est une association nationale née en 1991 sur la base d’un constat, celui des
inégalités dans les quartiers populaires, et d’une conviction, celle que la jeunesse a envie
de s’engager. Ils sont porteurs de nombreuses actions, dont certaines spécifiquement à
destination des ENA (Elèves Nouvellement Arrivés).
Contact : [Link]@[Link]
Accompagner
un enfant nouvellement
arrivé et sa famille
- 51 -
— Afev Aix-Marseille —
11 La pratique :
Soutenir et accompagner les enfants allophones
nouvellement arrivés en France dans leur scolarité
Constat
De nombreux élèves nouvellement arrivés n’ont pas été scolarisés dans leur pays
d’origine ou scolarisés dans des systèmes éducatifs différents, que ne maîtrisent pas non
plus leurs parents. Ils ont besoin de comprendre la langue française, le fonctionnement
de l’école et ce que l’on attend d’eux pour rentrer dans ces nouveaux apprentissages.
2) Description
Ce dispositif complète l’accueil des EANA en classe d’intégration. Il s’adresse
principalement aux élèves inscrits en UPE2A (école François Moisson, Les Convalescents,
Maurice Corsec) et les soutient dans leur apprentissage de la langue et leur compréhen-
sion des codes culturels français. Il est essentiellement tourné vers la découverte de res-
sources socioculturelles (en lien avec l’offre culturelle de la ville) et la pratique d’activi-
tés pédagogiques ludiques.
Il permet également de leur redonner une place d’enfant, dans un contexte où
ils doivent souvent assumer beaucoup de responsabilités (traducteur pour les parents,
obligation de se débrouiller tout seul).
• Conception du projet
Ce projet a démarré en 2006/2007. Il répond un vrai besoin sur le territoire.
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— Afev Aix-Marseille —
3) Modalités et méthodologie
Ateliers hebdomadaires : tous les vendredis de 13h30 à 16h, hors périodes sco-
laires. Cela concerne environ 15 enfants, scolarisés en classes de primaire, âgés de 6 et 10
ans, habitants dans 1er et le 2ème arrondissement. Nous ouvrons également l’atelier à des
enfants orientés par l’atelier alpha du CCO Bernard Du Bois, ainsi qu’à des enfants pris en
charge par le SAE, dans la limite des places disponibles
4) Pistes d’amélioration
Trouver une nouvelle salle afin de pouvoir assurer les ateliers le mercredi après-midi et
ainsi ne pas se substituer aux temps d’activités périscolaires
L’Afev, premier réseau d’étudiants solidaires intervenant dans les quartiers po-
pulaires, est une association nationale née en 1991 sur la base d’un constat, celui des
inégalités dans les quartiers populaires, et d’une conviction, celle que la jeunesse a envie
de s’engager. Ils sont porteurs de nombreuses actions, dont certaines spécifiquement à
destination des ENA (Enfants Nouvellement Arrivés).
L’antenne marseillaise travaille avec 17 services civiques, 350 étudiants béné-
voles et suit 311 élèves (dont 100 ENA).
Contact : [Link]@[Link]
- 53 -
— Compagnie Gazelle —
12 La pratique :
Utiliser l’expression théâtrale multilingue pour favoriser
l’apprentissage de la langue française
Constat
Nous sommes convaincus que la pratique culturelle est un vecteur efficace d’ap-
prentissage de la langue. Par ailleurs, avec l’ensemble de nos partenaires, nous avons
étudié les besoins du territoire en matière de propositions accessibles aux migrants al-
lophones. Ces travaux nous permettent d’affirmer que, sur les secteurs concernés, notre
proposition culturelle est un réel besoin qui répond aux attentes des habitants. Notre
projet vient ainsi compléter les cours de FLE de nos partenaires.
A noter : les bénéficiaires sont en demande de propositions culturelles qui ac-
compagnent leurs démarches d’intégration. Par le jeu théâtral et l’activité artistique, les
participants s’approprient la langue française tout en se débarrassant des appréhensions
et des craintes de s’exprimer en public.
2) Description
A travers des ateliers hebdomadaires intergénérationnels, nous abordons la dé-
couverte de contes venus des cinq continents en mettant en valeur le plurilinguisme et
la maîtrise de la langue française lue et parlée. Nous pratiquons l’Art du Kamishibai,
(théâtre d’images et de marionnettes originaire du Japon au VIIe siècle).
Au-delà de l’atelier de pratique hebdomadaire, nous accompagnons les dé-
marches de nos partenaires sociaux dans leur volonté de développer l’apprentissage de la
langue française, notamment en intervenant dans les cours de FLE des élèves allophones
suivis.
• Conception du projet
Une première expérience artistique et créative avec un public allophone en 2013
(classe UPE2A du Collège Anne Frank) nous a permis de créer de nouveaux outils pédago-
giques et d’élaborer une nouvelle proposition pertinente à travers la mise en place d’un
- 54 -
— Compagnie Gazelle —
3) Modalités et méthodologie
Atelier intergénérationnel hebdomadaire d’une durée de 1h30 (à partir de 12 ans) animé
par l’équipe artistique de la Cie Gazelle ; pour 30 ateliers d’octobre à juin à partir de la
rentrée 2015 ; et des séances de répétitions pour les 3 escales annuelles de restitutions
publiques par les bénéficiaires.
4) Pistes d’amélioration
Enrichir le parcours culturel proposé aux bénéficiaires sur les ateliers à venir à la rentrée
2015 grâce au soutien de nos partenaires financiers ; multiplier les rendez-vous et temps
d’échanges en lien avec les cours de F.L.E et ASL ; …
Contact : contact@[Link] - 06 23 15 56 02
[Link]
Responsable artistique et pédagogique : Gaëlle Audard
- 55 -
— CREFE 73 —
13 La pratique :
Favoriser les bonnes relations entre parents primo-arrivants
et professionnels de la scolarité
Constat
- La nécessité d’expliciter les codes de l’école pour les parents primo-arrivants ;
- La nécessité d’une meilleure coordination entre les différents professionnels ;
- La difficulté du recours à des outils existants comme les interprètes, faute de finan-
cements, d’où le recours trop fréquent aux enfants et le déni d’accès au droit pour les
parents ;
- La nécessité d’améliorer les conditions de la communication : prendre le temps et en
donner pour se comprendre, faire en sorte que les écrits soient lus et compris, mieux
intégrer les parents éloignés de l’école dans les sorties, les temps conviviaux, etc.
2) Description
Le « Groupe Parents/Enfants Allophones » réunit des professionnels concernés
par l’accueil et le suivi de familles primo-arrivantes à Chambéry et Aix les Bains : Educa-
tion nationale, Centre d’Accueil des Demandeurs d’Asile, DiRed et PRE d’Aix, Coordina-
tion Savoie pour le Droit d’Asile, AFEV, ADDCAES.
Animé par le CREFE (porté par l’ADDCAES), ce groupe de travail se veut un es-
pace de rencontre, d’échanges d’informations, de coordination et de mise en place
d’actions en direction des enfants et des parents allophones et des structures de droit
commun : école, centre de loisirs, etc.
• Conception du projet
En 2011, le CREFE a organisé d’une journée de formation sur la relation Ecole/
Parents en situation interculturelle le 29 septembre 2011.
Cette journée, co-organisée avec le groupe des enseignants FLE/FLS de Savoie et
le CASNAV (Centre Académique pour la Scolarisation des Elèves Nouvellement Arrivés et
des enfants du Voyage), a réuni 70 professionnels de l’Education Nationale (enseignants,
conseillers d’orientation-psychologues, AS scolaires, directeurs, CPE, chefs d’établisse-
ment, inspecteurs) du département, de l’Isère, ainsi que des acteurs du champ éducatif
et social, autour de 3 thématiques prenant en compte la place des parents : l’accueil, le
positionnement des ENAF et la construction d’ un parcours scolaire ; l’accompagnement
social des parents allophones ; la construction de la scolarité des ENAF avec leurs parents.
- 56 -
— CREFE 73 —
Suite à cette journée et aux constats qui ont été faits, s’est mis en place autour
du CREFE ce groupe de travail.
Le porteur : CREFE 73
Contact : crefe@[Link] - 04 79 72 31 73
- 57 -
(Crédits : Association Kolone)
- 58 -
— L’Île Aux Langues —
14 La pratique :
Faciliter la compréhension des codes scolaires des familles
primo-arrivantes
Conception du projet
En février 2012, LIAL a participé à une concertation organisée par l’EDL Goutte
d’Or sur le lien école-famille. Cela a été l’occasion de prendre connaissance de la situa-
tion des familles du quartier, de leur lien avec l’école et des besoins exprimés par les
différents acteurs du champ scolaire.
Retrouvant au cœur de ces problématiques les préoccupations de mixité, d’in-
tégration, d’accès aux codes sociaux et de double culture qui sont les siennes, LIAL s’est
positionnée comme ressource en formation linguistique des parents.
La directrice de l’école Oran, a immédiatement fait part de son souhait de mettre
en place des ateliers de français pour les parents d’enfants de son établissement et les 1ers
ateliers ont commencé au mois de mars 2012. D’autres directeurs d’établissements ont
fait part de leur intérêt pour la mise en place de tels ateliers, dont la directrice de l’école
Cavé où le projet a pris place en janvier 2013 et le directeur de l’école élémentaire St-Luc
où des ASL sont dispensés depuis septembre 2013.
Constat
Le personnel des établissements scolaires, les directeurs, l’équipe de développe-
ment local, les parents délégués et les acteurs du milieu associatif local ont constaté que
certaines familles, issues de l’immigration ou non, mais éloignées de la culture scolaire
avaient besoin d’un accompagnement pour :
- comprendre le fonctionnement de l’institution scolaire ;
- assurer la continuité éducative auprès des enfants en dehors de l’école et favoriser
l’accompagnement dans leur scolarité ;
- avancer dans leur parcours d’intégration et dans celui de leurs enfants qui peuvent
parfois éprouver des difficultés à trouver des repères dans le cas d’une double culture ;
- prendre connaissance de toutes les ressources qui leur sont accessibles dans le quar-
tier.
- 59 -
— L’Île Aux Langues —
2) Description
Par une approche personnalisée en direction des parents ces ateliers proposent
de répondre aux besoins d’amélioration en langue française et aux besoins concernant
les questions relatives à la parentalité ; d’aider à préparer la transition école maternelle/
école élémentaire et école élémentaire/collège et de prévenir le décrochage scolaire en
accompagnant ces familles après le changement d’établissement ; de comprendre l’insti-
tution scolaire dans sa globalité ; et de donner accès aux familles aux ressources locales.
31 parents ont bénéficié des ateliers durant l’année scolaire 2013-2014 sur trois
groupes scolaires de la Goutte-d’Or 2 heures hebdomadaires d’ateliers de français dans
chaque école (3 écoles), sur le thème de l’école, avec utilisation d’outils et de matériel
pédagogique liés à l’institution en général et à l’établissement en particulier.
Trois thématiques principales ont servi de fil conducteur pour les apprentis-
sages : la structure de l’École, les temps de l’enfant et les activités de l’école.
4) Pistes d’amélioration
- Mettre en place un livret de l’apprenant par école avec des supports authentiques
pour chaque école ;
- Travailler ces supports en français facile pour faciliter les échanges entre les parents
et les équipes pédagogiques ; …
L’Île Aux langues est une association créée en 2011 par des professeurs diplômés
de Français Langue Étrangère. Par le biais de la transmission de la langue, l’association
L’Île aux Langues a pour but de favoriser l’intégration des migrants à la société française
et la mixité sociale. Elle est spécialisée dans l’alphabétisation, l’enseignement aux pu-
blics peu ou non scolarisés de toutes nationalités et la préparation aux examens DILF,
DELF.
Contact : lcarpentier@[Link]
- 61 -
— Association Départementale des Pupilles de l’Enseignement public des Bouches-du-Rhône (PEP13) —
15 La pratique :
Favoriser la réussite scolaire d’adolescents primo-arrivants
allophones
Constat
Des primo-arrivants de plus de 16 ans n’ont pas les acquis suffisants en français
et en mathématiques pour intégrer dans de bonnes conditions l’enseignement profession-
nel ou général en lycée, certains sont arrivés trop tardivement dans le courant de l’année
scolaire, d’autres enfin sont trop âgés pour intégrer les dispositifs Education Nationale.
2) Description
Par un stage de 6 mois, le dispositif JANA+16 (Jeunes Allophones Nouvellement
Arrivés de plus de 16 ans) propose à environ 45 jeunes d’acquérir les savoirs de base (no-
tamment en français et en mathématiques) qui les rendront autonomes, capables de com-
muniquer et qui leur permettront d’intégrer une scolarisation adaptée ou de s’orienter
vers des dispositifs de droit commun.
• Conception du projet
L’Association des PEP13 a été sollicitée en octobre 2011 par la Direction Acadé-
mique des Bouches-du-Rhône pour élaborer ce projet en partenariat avec la préfecture, le
CASNAV et le CIO.
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— Association Départementale des Pupilles de l’Enseignement public des Bouches-du-Rhône (PEP13) —
3) Modalités et méthodologie
Stage de 6 mois, 3 groupes de 15 jeunes ayant, chacun, par semaine 8 heures
de Français Langue Etrangère, 2 heures de Mathématiques, 2 heures de soutien en petit
groupe et 3 heures d’activités pédagogique extérieure (APE).
4) Pistes d’amélioration
Nécessité d’augmenter les heures de FLE, de mathématiques et de soutien, de
revoir les temps prévus pour les APE, besoin de mettre en place un centre de formation
pour la signature de conventions de stage en entreprise ou dans les Lycées Professionnels.
Le porteur : PEP 13
Contact : vice-presidence-pep13@[Link]
- 63 -
— Association Départementale des Pupilles de l’Enseignement public des Bouches-du-Rhône (PEP13) —
16 La pratique :
Favoriser l’inclusion sociétale et la réussite scolaire des
jeunes enfants de famille d’origine étrangère
Constat
Besoin d’accompagnement des parents dans les toutes premières étapes de sé-
paration et de socialisation de leur enfant ; besoin de prise en charge des 18-24 mois,
non scolarisables, dans le cadre d’un contact plus précoce avec l’école, les autres enfants,
l’éducation ; besoin pour les enfants déjà scolarisés dans les 3 classes de maternelle de
renforcer le l’écriture.
Le projet : « PEP’TITOUS »
1) Objectifs
• Concourir à la réussite de la scolarisation des enfants issus de familles d’origine
étrangère dans les territoires de la Politique de la Ville ;
• Soutenir la socialisation via l’acquisition des 1ères règles de vie en collectivité des
enfants ;
• Valoriser le rôle et la compétence des parents et faciliter leur adhésion aux enjeux
de la réussite scolaire ;
• Accompagner la séparation parents/enfants ;
• Favoriser l’ouverture culturelle et l’insertion dans la cité ;
• Créer une relation de confiance avec l’ensemble des partenaires institutionnels.
2) Description
- 64 -
— Association Départementale des Pupilles de l’Enseignement public des Bouches-du-Rhône (PEP13) —
• Conception du projet
Depuis 2009, la création de structures Petite Enfance est une des priorités du
projet associatif des PEP 13. Ce projet est né au départ de la volonté :
- d’agir en prévention dans un continuum petite enfance-école- loisirs-famille ;
- d’offrir les conditions de la réussite scolaire ultérieure ;
- de répondre à un besoin des familles face au manque de place en structure petite en-
fance dans l’ensemble des territoires et particulièrement dans les territoires politique
de la ville de Marseille.
3) Modalités et méthodologie
- 65 -
4) Pistes d’amélioration
- Améliorer les conditions matérielles d’accueil (locaux dédiés, matériel d’acti-
vités installés de façon permanente, pour aider les très jeunes enfants mieux se repérer
dans le temps et l’espace…) ;
- Constituer un groupe de parents relais pour faciliter l’intégration des familles
plius récemment arrivées.
Le porteur : PEP 13
Contact : vice-presidence-pep13@[Link]
- 66 -
(Crédits : Pascale Jausserand/AIDDA)
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(Crédits : Bernard Bardinet/AIDDA)
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C) VOLET CULTUREL
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— AAJT (Association d’Aide aux Jeunes Travailleurs) —
17 La pratique :
Faciliter la socialisation des jeunes primo-arrivants par des
projets artistiques collectifs
Constat
L’AAJT, au travers de ces différents services, accueille de plus en plus fréquem-
ment un public jeune migrant :
- sur le service d’Aide Sociale à l’Enfance, il s’agit de Mineurs Etrangers Isolés,
- sur le service CADA, de jeunes demandeurs d’Asile,
- sur le service FJT et résidence sociale, d’anciens MIE ou demandeurs d’asile commen-
çant leur vie professionnelle,
- sur le service CHRS, de jeunes migrants en situation d’hébergement d’urgence ou en
insertion.
Dans tous les cas, ces publics sont en forte demande de temps collectifs, comme éléments
d’insertion, de partage des cultures, de découverte de leur nouvel environnement.
Ce projet est donc né d’une volonté de faire témoigner cette jeunesse sur leur
histoire de vie. Si cette action était initialement dédiée à l’ensemble des jeunes du foyer
(migrants et non migrants), il s’est avéré que ce sont essentiellement les publics migrants
qui se sont emparés de cet outil, pour témoigne notamment sur leur parcours d’immigra-
tion et leur arrivée en France.
- 70 -
— AAJT (Association d’Aide aux Jeunes Travailleurs) —
• Conception du projet
Cette action est née de la volonté de changer le regard sur cette jeunesse grâce
à l’outil vidéo (diffusion) tout en donnant un support d’expression aux jeunes accueillis.
Cette expression permet une mise à distance du vécu (notamment le parcours migratoire)
et une valorisation des étapes d’insertion dans ce nouveau pays d’accueil.
Un exemple de film : [Link]
3) Modalités et méthodologie
- Partenariat avec l’association Safar expéditions Jeunesse (réalisation video) et l’asso-
ciation Mot à Mot (ateliers d’écriture) ;
- Soutien financier du CUCS et du Conseil Général 13.
4) Pistes d’amélioration
- Amélioration du réseau de diffusion des films ;
- Pérennisation des financements de l’action.
Contact : [Link]@[Link] ; 04 91 07 80 00
- 71 -
— AAJT (Association d’Aide aux Jeunes Travailleurs) —
18 La pratique :
Faciliter la socialisation des jeunes primo-arrivants par des
projets artistiques collectifs (2)
Constat
L’AAJT héberge des jeunes de 16 à 25 ans en rupture sociale et/ou familiale.
102 jeunes, issus de l’Aide Sociale à l’Enfance, jeunes travailleurs vivent sur le site de
l’Escale St Charles, où sont proposés les ateliers. Des jeunes demandeurs d’asile sont éga-
lement logés à proximité. Tous ces jeunes partagent un quotidien, et sont pourtant issus
de cultures différentes (beaucoup de jeunes sont issus de l’immigration : jeunes mineurs
isolés étrangers, jeunes demandeurs d’asile…).
La musique est donc un élément particulièrement fédérateur entre ces jeunes
d’origine sociale et culturelle différente. Leur proposer un atelier musical autour des
chants et musiques du monde, c’est leur permettre de se rencontrer, d’échanger autour
de leurs cultures réciproques, de se forger une culture commune. Ces ateliers permettent
aussi de favoriser la rencontre entre jeunes en « précarité » (issus de services sociaux),
élèves de l’école de musique Mains Libres, public extérieur, sur des temps communs de
partages musicaux.
2) Description
Les rencontres musicales à l’Escale prennent la forme d’une veillée hebdoma-
daire, les jeunes se rassemblant et étant plus disponibles après le repas du soir : l’inter-
venant crée un temps de pratique collectif et individuel autour des chants, rythmes, mu-
siques et instruments du monde (notamment du répertoire méditerranéen). Les jeunes
peuvent découvrir et pratiquer ensemble et acquérir une formation musicale de qualité.
Beaucoup de jeunes étant déjà musiciens, il s’agit de mettre en valeur dans l’atelier leurs
compétences musicales et de travailler sur le jeu collectif tout en ouvrant en espace d’ex-
pression sur les cultures, les musiques, les danses et histoires de chacun.
Les jeunes sont de diverses origines : Afrique Noire, Maghreb, Moyen-Orient,
Europe de l’est… Etonnamment, en musiques traditionnelles, il existe un fond dans les
gammes, rythmes, danses, traditions, commun à tous les territoires : pas de frontières
dans le domaine des musiques du monde ! Les musiques se baladent de territoire en terri-
- 72 -
— AAJT (Association d’Aide aux Jeunes Travailleurs) —
toire, en adoptant les particularités de chaque région voire village. Tout cela constitue un
terreau idéal à la rencontre et à l’échange dans le cadre de l’atelier.
• Conception du projet
Cette action s’est mise en place suite au constat que les jeunes migrants accueil-
lis avaient tous une culture musicale forte et qu’ils aimaient partager (temps de partage
autour de la musique ou de la danse improvisés lors des fêtes du foyer). Le partage de
cette culture musicale semblait faire lien entre les différentes communautés accueillies,
diminuer les tensions. C’est pourquoi l’AAJT et Mains Libre se sont associés pour propo-
ser ces temps hebdomadaires de veillées musicales, animés par Mohand Boughalem, dans
le cadre du programme « 13 en partage » du Conseil Général 13.
3) Modalités et méthodologie
- Partenariat avec l’association Mains Libres (école de Musique du Monde) ;
- Financement par le Conseil Général 13 (programme « 13 en partage »)
4) Pistes d’amélioration
- Pérennisation des financements de l’action.
Contact : [Link]@[Link] ; 04 91 07 80 00
- 73 -
— Adate —
19 La pratique :
Assurer un accompagnement socioéducatif des Elèves Nouvel-
lement Arrivés à l’échelle d’une agglomération.
Constat
Répondre aux difficultés constatées par l’équipe éducative et périscolaire des
ENA (enfants nouvellement arrivés) notamment dans les domaines suivants :
- Scolaires (difficultés en lecture et en écriture, difficultés de langage, difficultés d’ap-
prentissage);
- Éducatives (incivilités, comportement inadapté en collectivité, repli sur soi);
- Défaillance de la communication famille/école ;
- Enfants en carence de cadre et repères ; parents déstabilisés dans leur rôle éducatif;
- Barrière de la langue.
2) Description
Les bénéficiaires de l’action sont (cette année) seize enfants nouvellement arri-
vés. Ils ont entre 11 et 16 ans, d’origines diverses (Algérie, Turquie, Portugal,et Russie). Ils
sont scolarisés dans les différents établissements scolaires du territoire de ViennAgglo.
Un animateur local d’intégration intervient en binôme avec l’enseignante de la
classe ENA une fois par semaine sur toute l’année scolaire. Le projet est également mené
en lien avec les familles et en présence d’interprètes. Les parents sont ainsi invités à ra-
conter leur récits de vie, dont leurs parcours migratoires.
• Conception du projet
En 2003, une étude-action intercommunale sur la réussite scolaire en Nord-Isère
a identifié la nécessité d’un accompagnement socioéducatif des ENA. Le projet s’est alors
mis en place en partenariat entre l’Adate et le collège Ponsard de Vienne.
3) Modalités et méthodologie
- Au niveau de l’école : mise en jeu des situations pour l’expression et l’écriture en
français ; amélioration de la prise de parole.
- Au niveau de l’élève : renforcer l’identité et l’estime de soi ; manifester le respect
d’autrui ; valoriser l’histoire personnelle.
- Au niveau des parents : connaître et faire connaître le parcours migratoire ; valoriser
l’histoire des parents ; renforcer les liens Parents/Elèves/Ecole.
4) Pistes d’amélioration
Développer le projet avec d’autres collèges pour permettre une mise en réseau et une dy-
namique pour les jeunes, les parents et les professionnels.
Le porteur : Adate
Contact : adate@[Link] - 04 76 44 46 52
[Link]
- 75 -
— ADRIC (Association pour le Développement des Relations Interculturelles pour la Citoyenneté) —
20 La pratique :
Sensibiliser les jeunes primo-arrivant-e-s et les acteurs-trices
qui les accompagnent sur l’appropriation des valeurs de la
citoyenneté démocratique
Constat
L’appropriation des valeurs de la citoyenneté démocratique est un vecteur im-
portant d’intégration sociale et professionnelle. Il est donc primordial de permettre aux
acteurs et actrices de l’accompagnement social de mieux définir leur positionnement
et d’affiner leurs gestes professionnels en regard de ces valeurs (liberté, égalité — dont
égalité des sexes —, fraternité, laïcité), ce qui permet de répondre aux difficultés ressen-
ties par ces acteurs-trices quant à la façon d’aborder ces sujets sans stigmatiser les jeunes
selon leur origine et leur appartenance culturelle et cultuelle.
De plus, puisque les identités culturelles et cultuelles ont tendance à s’exacer-
ber parmi un certain nombre de jeunes issu-e-s des immigrations et donc à faire obstacle
à l’appropriation des valeurs communes, il apparaît nécessaire d’utiliser des approches
et des démarches appropriées afin de rendre possible les cheminements des jeunes vers
l’acquisition des valeurs démocratiques.
2) Description
Le projet a été mené sur deux années (2012-2013 et 2013-2014). La description prend donc
en compte l’ensemble des deux années. Il est construit en 4 volets :
a) Accompagnement formatif des acteurs (29 journées en direction des profession-
nel-le-s) ;
b) Réalisation de séances de « sensibilisation aux valeurs de la République » (27 de-
mi-journées à destination des jeunes primo-arrivant-e-s) ;
c) Ateliers de création (26 demi-journées pour les jeunes - ateliers slam et ateliers art
plastique) ;
d) Réalisation de deux plateformes internet (une à destination des professionnel-le-s
et l’autre des jeunes primo-arrivant-e-s) ainsi que de livrets pédagogiques. Ces outils
ont pu être valorisés dans le cadre de séminaires de restitution et de sensibilisation (4
séminaires en direction d’un large public).
- 76 -
— ADRIC (Association pour le Développement des Relations Interculturelles pour la Citoyenneté) —
• Conception du projet
Depuis sa fondation, l’ADRIC participe à des actions de recherche, d’enquête,
d’information et de formation en partenariat étroit avec différents acteurs œuvrant au-
près des jeunes (l’Institut Régional de Travail Social Paris Ile-de-France, des lycées de la
Région Ile-de-France, le Ministère de l’éducation nationale, de la jeunesse et de la vie
associative, des associations, l’Organisation internationale pour les migrations…).
Elle mène également depuis 2010 des projets de recherche-action-formation sur
la thématique de l’intégration et de l’accès à la citoyenneté des migrant-e-s, ce qui a fait
émerger d’importants besoins des professionnel-le-s en termes de formation dans le do-
maine de l’accueil et de l’accompagnement des personnes primo-arrivantes. Sur la base
de ces expériences et des constats énoncés précédemment, l’ADRIC a élaboré le projet «
Jeunes et citoyenneté » dans une démarche multi-partenariale.
Réalisé avec le soutien du Fonds européen d’intégration (FEI), de la Région Ile-
de-France et de la Mairie de Paris, le projet « Jeunes et Citoyenneté » 2012-2013 a été
mis en place sur trois territoires (Paris, Seine-Saint-Denis et Seine-et-Marne), en colla-
boration avec l’association ACV, la Ville de Saint-Denis et l’ADSEA 77. Reconduit l’année
suivante avec le soutien complémentaire de la Ville de Nantes, « Jeunes et Citoyenneté
» 2013-2014 s’est déroulé sur cinq territoires (Paris, Seine-et-Marne, Marseille, Nantes et
Dreux), respectivement en partenariat avec l’association ACV, l’ADSEA 77, Forum Femmes
Méditerranée, l’Association Départementale des Pupilles de l’Enseignement public des
Bouches-du-Rhône (PEP13) la Mission Égalité, Diversité, Mixité de la Ville de Nantes et
l’association Femmes d’ici et d’ailleurs (AFIDA).
3) Modalités et méthodologie
4) Pistes d’amélioration
• Diffuser et transmettre les outils élaborés dans le cadre du projet « Jeunes et citoyen-
neté » à travers des formations de formateurs-trices et le développement des plate-
formes internet existantes ;
• Valoriser le rôle de l’engagement associatif des jeunes primo-arrivant-e-s dans le pro-
cessus d’appropriation des valeurs démocratiques à travers des actions de sensibilisa-
tion visant à valoriser leurs ressources dans ce domaine, et proposer des connaissances
et outils favorisant cet engagement.
Contact : adric@[Link] ; 01 43 36 89 23
[Link]
[Link]
- 78 -
— ADRIC (Association pour le Développement des Relations Interculturelles pour la Citoyenneté) —
- 79 -
— AFESCAM (Association des Femmes Solidaires du Cameroun) —
21 La pratique :
Mettre des primo-arrivants en contact avec des habitants du
pays d’accueil pour faciliter leur accession à l’autonomie
Constat
Le présent projet s’appuie sur un certain nombre de constats réalisés lors d’ac-
tions antérieures par des associations, sur l’intégration et la socialisation des personnes
migrantes, en particulier des femmes. Le plan départemental d’intégration de la Seine
Saint Denis pour 2012-2014 annonçait comme orientation première l’accès aux droits, en
particulier des femmes immigrées. La priorité donnée à l’accès aux droits des personnes
migrantes n’étant pas nouvelle, elle semble témoigner d’un manque d’efficacité des poli-
tiques menées jusqu’à présent en la matière, en particulier, le manque de suivi individuel
et quotidien des publics concernés.
2) Description
Le projet consiste dans la mise en œuvre d’un dispositif innovant appelé « Cou-
sinage » fondé sur des binômes de « cousines » constitués d’une part de femmes ayant un
certain nombre d’années de vie en France et d’autre part, des femmes étrangères arri-
vées récemment et engagées dans des démarches d’accès aux droits, d’apprentissage de la
langue, d’accès à la formation, et à l’insertion professionnelle.
Au-delà d’offrir la possibilité d’un suivi individualisé et rendre plus efficace
l’accès aux droits, ce type de médiation qualifié de « cousinage » permet aussi de recréer
du lien social et de favoriser une appartenance citoyenne commune par une connaissance
mutuelle s’appuyant sur des solidarités concrètes et volontaires, par l’échange intercultu-
rel, dans un contexte de stigmatisation importante des populations étrangères, de repli,
de cloisonnement important entre les différents groupes de citoyens.
• Conception du projet
Les binômes de femmes constitués sur une base bénévole, ont eu pour objectif
d’appuyer les femmes étrangères dans l’avancement de leurs démarches, en s’appuyant-
sur le suivi rapproché et des outils apportés par les principales organisatrices et parte-
- 80 -
— AFESCAM (Association des Femmes Solidaires du Cameroun) —
-naires de l’action : ENDA EUROPE et la Fédération IFAFE, dont est membre l’Afescam
(cette action initiée par ENDA EUROPE et IFAFE, est soutenue par la Région Ile de France,
et par la Mairie de Paris) et par Plaine Commune en ce qui concerne Pierrefitte-Sur- Seine.
3) Modalités et méthodologie
A Pierrefitte Sur Seine, nous avons tenu compte des spécificités de la commune
et la demande des femmes primo arrivantes, dans la mesure où celles-ci étaient dans
la recherche d’un accompagnement concret, physique et individuel dans leur démarche
d’intégration, d’insertion sociale et professionnelle, nous avons été trop sollicités de ce
côté et en manque de bénévoles, d’adhérents libres pouvant les accompagner physique-
ment, nos moyens d’intervention étaient donc très limités par rapport à leurs demandes
concrètes d’accompagnement.
4) Pistes d’amélioration
Nous avons noté une forte demande d’alphabétisation parmi les femmes primo
arrivantes. Nous notons qu’il existe une seule association sur Pierrefitte-Sur-Seine qui
prodigue des ASL et des cours d’Alphabétisation. D’où un véritable problème pour les
primo arrivantes, un frein dans leur parcours d’intégration sociale et d’insertion profes-
sionnelle.
Afin d’améliorer ce dispositif, l’AFESCAM aurait besoin : d’un ou deux services
civiques, afin d’accompagner physiquement et individuellement les primo arrivantes
vers des institutions ; de moyens financiers pour la formation des bénévoles et l’achat
de matériel ; mais aussi d’un local car nous nous réunissons actuellement dans des lieux
publics, ce qui ne facilite pas toujours la qualité du travail de médiation.
suite de la fiche —>
- 81 -
— AFESCAM (Association des Femmes Solidaires du Cameroun) —
AFESCAM
Le porteur : (Association des Femmes Solidaires du Cameroun)
Contact :
Jeanne Njiki, Présidente
Tél. 06 95 12 23 95 – 01 48 26 67 19
afescam@[Link]
22 La pratique :
Valoriser la transmission des usages culturels et des récits
migratoires des primo-arrivants
Constat
La société française est aujourd’hui traversée par des préoccupations relatives
aux pratiques alimentaires et thérapeutiques notamment des personnes le plus dému-
nies. Le milieu urbain altère parfois la transmission, auprès des enfants et des jeunes,
des savoirs culturels et des usages des plantes. Le Semis des migrations est un atelier de
transmission et de valorisation de savoirs autour des plantes.
2) Description
• Conception du projet
Dans une dynamique de transmission et d’apprentissage autour des plantes,
diverses sorties (visites d’expositions, de jardins,…) et rencontres (herboristes, esthé-
ticiennes) sont organisées afin de travailler sur les dimensions symboliques, culinaires,
thérapeutiques et esthétiques des plantes ainsi que leurs conditions de production.
- 83 -
— Ancrages et Espoir&Culture —
3) Modalités et méthodologie
L’atelier se déroule sur plusieurs lieux de la ville et articule à la fois des visites guidées,
des rencontres avec des professionnels, des événements gastronomiques et des activités
autour des jardins familiaux.
4) Pistes d’amélioration
- 84 -
— Ancrages et Espoir&Culture —
diffuser les productions scientifiques et culturelles, elle anime également des ateliers
avec les habitants sur leur patrimoine et favorise leur savoir-faire dans une démarche
interculturelle et intergénérationnelle.
Contact : formation@[Link] ; 09 50 74 04 67
23 La pratique :
Valoriser la parole des primo-arrivants à travers des projets
de création culturels et artistiques, valoriser les différentes
cultures du monde
Constat
REC, La Radio des Foyers est née de la rencontre entre résidents des foyers de
travailleurs migrants africains et bénévoles de l’association Attention Chantier (qui porte
le festival de cinéma des foyers depuis 7 ans), avec l’envie commune de se réapproprier
un espace de vie quotidienne, en se formant et en créant ensemble des espaces de paroles,
de débats, de culture qui puisse être entendu jusqu’au continent Africain : La Radio des
Foyers.
Au cœur de ce projet participatif et citoyen, la valorisation de la parole, des dif-
férentes cultures mais aussi de l’engagement personnel pour faire vivre un projet et une
expression citoyenne.
2) Description
Ce projet a été possible grâce au travail dans les foyers de l’association Attention
Chantier et part sa faculté à développer des liens pérennes avec les résidents et les délé-
gués de ces espaces de vie collective. Les socles de fonctionnement de ce projet sont les
ateliers hebdomadaires de formation et de rédaction. Ils permettent de créer les liens et
les rencontres essentielles et d’accompagner personnellement chaque volontaire. En plus
d’être un espace d’échange des pratiques et des savoirs faire ouvert à toutes et à tous, le
médium radio correspond relativement bien à l’oralité de la culture africaine.
• Conception du projet
Cette radio, transgénérationnelle et métissée, rassemble autour de la citoyenne-
té, de l’expression et de la démocratie. Elle est co-réalisée par les résidents des foyers de
travailleurs migrants, les bénévoles de l’association Attention Chantier et les voisins des
foyers.
- 86 -
— Attention Chantier —
Depuis 2013, la radio propose la production et la diffusion, une fois par mois,
grâce à son studio mobile, une mensuelle d’au moins 2h en public et en direct sur son site
internet.
Cette radio est la résultante d’ateliers hebdomadaires mis en place par l’associa-
tion Attention Chantier depuis le mois de décembre 2012 L’objectif est de co-réaliser cette
radio avec les résidents des foyers de travailleurs migrants franciliens et leurs voisins.
Une radio par les résidents et pour tout le monde. Un moyen de libérer la parole, parce
qu’avant d’être un résident de foyer ou un migrant on est d’abord un citoyen qui a forcé-
ment des choses à dire !
3) Modalités et méthodologie
L’association compte trois salariés, une volontaire en Service Civique, et une
quarantaine de bénévoles assidus. L’action de la « Radio des Foyers » dispose cependant
d’une autonomie au sein de l’association, en s’appuyant sur un personnel dédié, composé
d’un coordinateur de la « Radio des Foyers » (salarié en CUI-CAE/26h), qui intervient sur
la coordination administrative, humaine et technique, ainsi que sur la formation ; une
Service Civique qui intervient auprès des bénévoles et des partenaires ; quatre adminis-
trateurs encadrants (bénévoles), qui assurent la supervision du projet ; et une trentaine
de participants (bénévoles), principalement résidents des foyers, qui bénéficient des for-
mations aux outils radiophoniques, et participent à la production des émissions.
Il faut noter l’importance d’acquérir et de prendre en main le matériel pour ga-
rantir une qualité des programmes car les techniques du son sont réellement spécifiques.
- 87 -
— Attention Chantier —
4) Pistes d’amélioration
Face au succès rencontré depuis son lancement, le projet se doit de se structurer
correctement. A la fois du point de vue associatif et du modèle économique, mais aussi du
point de vue équipe encadrante et formateurs et enfin de maintenir la mobilisation de ces
équipes.
Enfin un point d’honneur devra être mis en place afin de mieux lier les diffé-
rents projets de l’association Attention Chantier car ces différents projets sont complé-
mentaires, du point de vue de l’expression, des contenus mais aussi des formations.
Contact :
infos@[Link]
[Link]
- 88 -
- 89 -
— Bibliothèques Sans Frontières —
24 La pratique :
Favoriser l’accès des mineurs isolés étrangers à l’information
et aux structures socioculturelles
Constat
A leur arrivée en France, les mineurs isolés (MIE) étrangers se retrouvent en
situation de rupture, tant familiale que socioculturelle et doivent se construire de nou-
veaux repères pour s’intégrer sur le territoire français. Apprendre une nouvelle langue,
effectuer des démarches mais également maintenir des liens avec ses proches et sa com-
munauté nécessite des espaces d’accès à l’information et aux technologies.
La France bénéficie d’un bon maillage de structures socioculturelles et de bi-
bliothèques qui pourraient les accompagner dans leurs démarches, mais les MIE les fré-
quentent trop peu, souvent par manque de médiation et de connaissance du territoire.
Par ailleurs, aucun site inventoriant toutes ces structures n’existait avant la création du
site MAP-MIE.
Le projet : « MAP-MIE »
1) Objectifs
Constituer un réseau d’entraide fait pour et par les MIE ; faciliter l’intégration
des MIE sur leur nouveau territoire : développer la connaissance du territoire local et
des ressources qui s’y trouvent ; faciliter l’accès des MIE à l’information ; permettre la
découverte de la cartographie : via les ateliers, faire comprendre les différentes utilisa-
tions et la lecture d’une carte ; permettre l’expression de la représentation des MIE du
territoire français ; donner à utiliser l’outil informatique et Internet via la carte en ligne
; permettre l’apprentissage et la pratique du français écrit et oral.
2) Description
Le projet MAP-MIE s’adresse aux mineurs isolés étrangers en France et a pour
objectif de faciliter leur accès à l’information et aux nouvelles technologies et ainsi amé-
liorer leur intégration sur le territoire. Pour cela, deux activités principales ont été me-
nées :
- la création d’espaces médiathèques métissées dans 3 centres d’accueil pour mi-
neurs isolés étrangers en Ile-de-France et au sein de la zone d’urgence humanitaire de
Roissy ;
- la création d’une carte collaborative par et pour les mineurs isolés des centres
partenaires présentant l’ensemble des structures culturelles et sociales présentes en Ile
de France nécessaires aux MIE arrivant sur le territoire.
• Conception du projet
En 2013, des structures d’accueil pour les MIE ont pris contact avec Bibliothèques
Sans Frontières (BSF) sur le constat commun que les mineurs isolés étrangers manquent
- 90 -
— Bibliothèques Sans Frontières —
d’un réel accès à la culture et à l’information, ce qui complexifie leur intégration dans
la société française. L’association a donc réfléchi à la mise en œuvre d’actions visant à
favoriser l’accès à l’information et aux nouvelles technologies pour les mineurs isolés
étrangers accompagnés par les structures d’accueil.
3) Modalités et méthodologie
Chaque bibliothèque mise en place dans les lieux d’accueil des MIE bénéficie
d’un espace d’environ 700 à 1000 ouvrages complétés par des outils numériques.
Réalisés sur deux sessions, les ateliers de cartographie ont réunis en tout 150
jeunes et se sont organisés en trois temps : des ateliers de cartographie sensible, des ate-
liers de recherche documentaire dans les bibliothèques municipales afin de relever des
lieux et informations qui ont ensuite été intégrées sur la carte MAP-MIE, et des ateliers
de cartographie participative organisés autour de balades urbaines et d’ateliers de mise
en ligne des informations sur la carte.
- 91 -
— Attention Chantier —
4) Pistes d’amélioration
Des améliorations au projet sont à prévoir : le site est disponible en français,
anglais, espagnol et arabe mais mériterait d’être traduit dans les langues les plus couram-
ment parlées par les MIE comme le bambara, le soninké, le farsi ou encore le wolof. De
plus, une extension du territoire cartographié est nécessaire, afin de dépasser les fron-
tières de l’Ile-de-France et de couvrir tout le territoire français.
Depuis 2007, l’ONG Bibliothèques Sans Frontières s’est donnée pour mission
d’inventer les bibliothèques du 21e siècle, véritables tiers lieux susceptibles de donner aux
populations les moyens de comprendre le monde et de le transformer. Les bibliothèques
ont un rôle central à jouer dans l’ensemble des Objectifs de Développement du Millé-
naire, depuis l’éducation pour tous, à la stimulation de l’entreprenariat en passant par
des thématiques transversales de prévention, de promotion de l’état de droit ou encore
d’innovation.
Ainsi, BSF soutient les initiatives locales en créant et en renforçant les biblio-
thèques, la formation des bibliothécaires, la distribution de livres, en soutenant l’édition
locale, la conception de réseaux de bibliothèques, la promotion du patrimoine culturel, et
la réduction de la fracture numérique.
BSF intervient principalement à la demande des organisations et institutions
locales, et travaille en étroite collaboration avec des partenaires locaux. Depuis 2012, BSF
développe plusieurs projets de contenus numériques, pour le monde éducatif (MOOC, ap-
prentissages collaboratifs, etc.) et le monde professionnel (bibliothèques numériques spé-
cialisées, etc.).
Contact :
[Link]@[Link]
[Link]
- 92 -
— Association Captive —
25 La pratique :
Utiliser l’expression artistique pluridisciplinaire pour favo-
riser et valoriser la prise de parole des jeunes primo-arrivants
Constat
La parole des primo-arrivants tourne souvent autour d’un discours plus (ou
moins) construit, pour les besoins de leur prise en charge. Rarement autours d’une ex-
pression plus libre, valorisante, à partager et sollicitant des compétences artistiques plus
ou moins avérées.
2) Description
De 2011 à 2013, des ateliers ont été menés avec les mineurs isolés étrangers de pas-
sage au Centre Enfants du Monde - Croix-Rouge au Kremlin-Bicêtre. Les ateliers avaient
pour but d’initier les mineurs isolés étrangers résidant au centre Enfants du Monde –
Croix Rouge aux techniques de l’audiovisuelle. Le projet a suscité un accueil très favorable
auprès des éducateurs et des jeunes réalisateurs qui se sont investis pleinement dans
leurs projets. Au total, une cinquantaine de mineurs isolés ont bénéficié directement du
projet « Les Rêves du quotidien ».
• Conception du projet
Nous avons commencé notre intervention à l’automne 2011 en animant des ate-
liers de réalisation de films documentaires. Inspirées par cette première expérience, nous
avons mené sept sessions d’ateliers tout au long de l’année 2013-2013, qui ont donné lieu
à sept courts métrages écrits, mis en scène et interprétés par les jeunes participants. Une
nouvelle session d’ateliers intitulée «Ces jours qui nous attendent» sera mise en place à
partir de septembre 2015.
4) Pistes d’amélioration
Redéfinir le temps et le dispositif d’écriture, notamment en s’associant avec la profes-
seure de FLE ; trouver un éducateur référent tout au long de l’année dans la structure
d’accueil ; rallonger la période d’atelier pour avoir le temps d’initier les participants au
montage des courts-métrages qu’ils écrivent et réalisent ; coordonner les thématiques des
ateliers avec les intervenants encadrant d’autres pratiques artistiques au sein du Centre
d’accueil ; organiser des projections/débats publics en présence des participants aux ate-
liers, pour mieux présenter et valoriser leur travail.
Contact :
[Link]@[Link]
- 94 -
— Cultures du Coeur —
26 La pratique :
Favoriser l’inclusion des primo-arrivants en leur permettant
d’accéder aux lieux culturels
Constat
Cultures du Cœur constate une inégalité d’accès au droit commun que sont la
culture, le sport et le loisir alors qu’une loi d’orientation de juillet 1998 le pose comme
droit fondamental.
Aux prémices de l’action, de nombreuses structures sociales impulsaient des
projets d’accès aux lieux culturels sans avoir les outils nécessaires pour mener au mieux
l’action.
2) Description
Depuis près de 17 ans, Cultures du Cœur conduit un dispositif original et complet
de lutte contre les exclusions, en favorisant l’accès à la culture -à toutes les cultures- aux
personnes en situation de précarité économique et sociale.
Cela passe par la mise en place d’un réseau de partenaires sociaux, culturels,
institutionnels, sportifs mobilisés sur l’accès à la culture, au sport et au loisir en faveur
des plus démunis.
• Bilan du projet
39 territoires touchés dans l’Hexagone et une structure à l’international (au
Québec).
Aujourd’hui, le réseau compte 7 000 structures sociales et éducatives et 9 000 partenaires
culturels et sportifs qui permettent la mise à disposition de 600 000 invitations environ
par an et la concrétisation de 220 000 sorties.
3) Modalités et méthodologie
- Incitation à la mise en place d’un atelier Cultures du Cœur dans chaque structure
sociale partenaire ;
- Mise en place de rencontres entre acteurs ;
- Animation d’un portail solidaire (invitations, échanges de bonnes pratiques, forum,
témoignages …) Cultures du Cœur ;
suite de la fiche —>
- 95 -
— Cultures du Coeur —
4) Pistes d’amélioration
Refonte en cours de notre portail solidaire de l’association, harmonisation et renforce-
ment de l’animation de réseau, création d’un comité de réflexion sur le dispositif et mise
en place à venir d’un observatoire national de la médiation culturelle dans le champ
social.
Contact :
secretairegenerale@[Link]
[Link]
- 96 -
— Ethnologues en herbe —
27 La pratique :
Sensibiliser les nouveaux arrivants à la méthode ethnolo-
gique comme outil de compréhension de la société d’accueil
Constat
Apprendre la langue d’un pays d’accueil est essentiel pour toute personne sou-
haitant s’y intégrer. Toutefois la connaissance de l’environnement culturel, c’est-à-dire
les éléments culturels communs qui composent toutes les sociétés contemporaines, est
une clé de compréhension qui déborde mais aussi éclaire l’apprentissage linguistique.
En tant que science sociale, l’ethnologie permet d’appréhender les sociétés de l’intérieur
: la position de l’ethnologue est celle de celle ou celui qui observe, écoute, questionne le
quotidien. La méthode de l’enquête de terrain et ses diverses techniques (cartographie,
photographie commentée, journal de terrain, etc.) peuvent être appropriées par chacun
pour explorer l’environnement immédiat et bénéficier ainsi aux nouveaux arrivants qui
ont besoin de comprendre et connaître leur société d’accueil.
2) Description
Les ateliers « Ethnologues en herbe » s’adressent à divers publics nouveaux ar-
rivants, jeunes et adultes : classes d’accueil dans les écoles, collèges ou lycées (y compris
classes UPE2A dans les lycées professionnels) et publics adultes apprenant le français
dans les centres sociaux et associations.
Les ateliers se déroulent sur six à dix séances de deux heures animées par un
(e) ethnologue de l’association et souvent le concours d’un (e) plasticien (ne) ou photo-
graphe.
Ils se déroulent en partie dans la classe et en partie, pour les temps d’enquête de
terrain, dans le périmètre immédiat des établissements ou centres sociaux.
Tous les ateliers sont axés sur l’appropriation progressive des outils et tech-
niques de l’enquête de terrain : apprendre à dialoguer sur un thème donné, s’écouter,
rebondir, concilier les points de vue ; apprendre à observer, décrire, préparer et mener un
entretien, se présenter, questionner un environnement culturel donné (un quartier, un
commerce, une cuisine, un atelier, une usine, une administration, etc.) ou une pratique
culturelle universelle (célébration d’une naissance, d’un mariage, pratiques culinaires,
etc.).
- 97 -
— Ethnologues en herbe —
Les ateliers débouchent tous sur une restitution de l’enquête qui fait appel à
diverses techniques : une exposition ou un journal de terrain illustré (cartographie parti-
cipative, écriture de textes courts, série de photos légendées), des documents numériques
(documents multimédias publiés sur le site [Link] ou diaporamas basés sur
des textes dits par les apprenants et une sélection de documents images illustrant leur
atelier).
Les thèmes des ateliers sont multiples : les ateliers « Apprendre une langue, apprendre
la ville » sont consacrés à l’exploration des quartiers ; l’ethnologie des métiers dans les
classes UPE2A permet d’aborder la culture du travail en France ; dans les collèges, les
ateliers des patrimoines culturels abordent à la fois la patrimoine officiel et ce qui fait
patrimoine aux yeux des nouveaux arrivants.
• Conception du projet
Les premiers ateliers « Ethnologues en herbe » ont été conçus en lien avec les
formateurs/trices des CASNAV (Centre Académique pour la Scolarisation des Enfants Al-
lophones Nouvellement Arrivés et des enfants issus de familles de Voyageurs) des acadé-
mies de Paris et Créteil dès le début des années 2000. S’adressant aux écoles, collèges et
lycées, ils ont été proposés à plusieurs reprises comme lieux de rencontre et de collabora-
tion entre les classes d’accueil et les classes banales afin de lutter contre les discrimina-
tions et préjugés dont ces classes étaient parfois l’objet.
Les ateliers destinés aux publics adultes ont commencé en 2013 en lien avec plu-
sieurs centres sociaux et associations à Paris (17ème, 18ème et 19ème arrondissements).
Soutenus par la Région Ile de France, les ateliers « Apprendre une langue, apprendre la
ville » se déroulent au départ sur le même principe que les ateliers développés avec les
CASNAV. Mis en place en étroite collaboration avec les formatrices ASL, ils se sont adaptés
aux divers publics des centres sociaux (nouveaux arrivants mais aussi femmes maîtrisant
à peine le français bien qu’arrivées en France depuis longtemps).
3) Modalités et méthodologie
6 à 10 séances de 2h à 3h ; ateliers animés par des ethnologues professionnels à la
demande des écoles et/ou des institutions socioculturelles ; les thématiques sont définies
au préalable avec le ou les responsables pédagogiques. La trame de chaque atelier est tou-
jours plus ou moins pareille, s’appuyant sur des supports divers (cartographies, exemples
de journaux de terrain ou petits films documentaires selon le thème abordé).
1ère séance : Présentation de l’atelier, du métier d’ethnologue et de la thématique dans
le cadre d’un échange oral avec les apprenants.
Séances 2 et 3 : Repérages dans l’environnement immédiat (le quotidien des appre-
nants et/ou le périmètre de curiosité autour de l’établissement ou du centre social) des
lieux possibles où mener une enquête. Préparation de la première enquête de terrain :
techniques d’observation, de description, de cartographie, d’entretien, etc.
Séance 4 : Sortie de terrain
Séance 5 : Organisation de tout le matériau collecté sur le terrain : photos, schémas,
cartes, enregistrements sonores.
Séance 6 : Restitution de l’enquête sous forme de carnet collectif, carte, documents
numériques, etc.
Les ateliers comportant 10 séances permettent deux sorties de terrain où les
apprenants s’approprient la méthode et gagnent en assurance dans leur capacité à se
présenter au-delà de l’obstacle de la langue, à observer l’environnement et le questionner.
Contact : [Link]@[Link]
- 99 -
Une présentation de différents travaux graphiques réalisés par les apprentis ethnographes du collège
Lucie Faure, lors de leurs enquêtes sur le quartier Philidor et les transports, entre 2006 et 2008.
- 100 -
— FACEEF (Fédération d’Associations et Centres d’Emigrés Espagnols en France) —
28 La pratique :
Mise en place d’outils numériques permettant de faciliter
l’installation des primo-arrivants
Constat
La FACEEF mène, depuis 2010, des actions pour favoriser l’accueil de la nouvelle
vague migratoire arrivant d’Espagne. Vague qui est la résultante de la crise économique
qui frappe sévèrement le pays. Or, nous constatons qu’une partie des personnes qui ont
recours à nos services n’ont pas la nationalité espagnole. Soucieux de ne laisser personne
à l’écart nous avons voulu ouvrir notre dispositif d’accueil aux primo-arrivants « extra-
communautaires », ce qui nous a amené en 2014 à développer un programme, financé par
la DAAEN, spécifiquement orienté à cette population.
Le projet : « [Link] »
1) Objectifs
• Faciliter l’accès aux droits des primo arrivants ;
• Favoriser les liens entre ce public, les services publics et les partenaires institution-
nels ;
• Repérer, prévenir et aider à faire face aux difficultés d’intégration.
2) Description
Le site « [Link] » est un outil permettant d’accompagner les
primo-arrivants vers le droit commun et participer à leur intégration socio-profession-
nelle. De nombreux outils multimédias y ont été incorporés : des informations pratiques
sur le monde de l’emploi en France (les moteurs de recherche d’emploi par catégorie
de poste recherché, pôle emploi, etc.) ; des informations sur l’accès à la sécurité sociale
(carte vitale, réglementation en vigueur, etc.) ; des informations sur le logement (pa-
piers à fournir, les moteurs de recherche, etc.) ; des informations sur la vie culturelle en
France, l’histoire, etc.
• Conception du projet
Depuis 2013, la FACEEF mené des actions en faveur de l’intégration des migrants
arrivés d’Espagne (communautaire / intra UE). La FACEEF a également organisé un sémi-
naire de réflexion (où étaient invités des partenaires associatifs, des instances publiques
françaises et espagnoles, etc.) sur la nouvelle vague migratoire espagnole à l’institut CER-
VANTES en novembre 2014. Mise en place du projet suite à un appel d’offre de l’Etat espa-
gnol.
- 101 -
— FACEEF (Fédération d’Associations et Centres d’Emigrés Espagnols en France) —
C’est ainsi qu’a été mis en ligne début 2013 le site « [Link] », avec un
double objectif :
- informer les espagnols souhaitant migrer en France, sur la situation économique et
professionnelle réelle du pays et sur les difficultés à trouver un emploi et à s’insérer ;
- et aider ceux qui étaient déjà en France, à perfectionner leur niveau de français, prépa-
rer leur CV, suivre des simulations d’entretien d’embauche, et les accompagner dans leurs
recherches d’emploi.
Le site « primo arrivants » est construit de la même manière que « nueva ola »
mais comportera des informations et des outils numériques spécifiquement orientés vers
les migrants extra-communautaires.
3) Modalités et méthodologie
-Financement : DAAEN (Ministère de l’Intérieur) ;
-RH (3 salariés) : 1 professeur de FLE/FLI / 1 travailleur social (pour les permanences)
/ 1 coordinatrice ;
-Moyens : 1 salle de cours / 1 bureau d’accueil ;
-Partenaires : Pole emploi, associations membres de la FACEEF, associations.
4) Pistes d’amélioration
- 102 -
— FACEEF (Fédération d’Associations et Centres d’Emigrés Espagnols en France) —
La FACEEF est une fédération qui regroupe sur le territoire français 94 associa-
tions et les centres qui y adhérent volontairement ; et a pour objet social :
-De promouvoir avec les associations membres, ou toutes les autres entités, les cultures
et les langues de l’Etat espagnol.
-De défendre les droits des personnes espagnoles ou d’origine espagnole, ainsi que ceux
de leur famille.
-D’œuvrer pour que l’intégration de la communauté espagnole dans la société fran-
çaise se réalise dans le respect de son patrimoine culturel et linguistique.
-De combattre le racisme, la xénophobie et la marginalisation sociale et de lutter aussi,
pour l’égalité des droits et pour la citoyenneté européenne de tous les immigrés, indé-
pendamment de leur origine (CEE ou extracommunautaire)
-D’entreprendre toute action utile à la défense de l’honneur et des intérêts moraux
et matériels des ressortissants espagnols ou d’origine espagnole victimes de crimes
contre l’humanité, de crimes de guerre, d’actes ou de discriminations raciales.
La FACEEF est agréée « association nationale de jeunesse et d’éducation popu-
laire ». Elle est également membre de la Coordination Européenne des Associations d’Emi-
grés Espagnols (C.E.A.E.E) qui regroupe les principales fédérations d’Espagnols dans 7
pays de notre continent : Allemagne, Pays-Bas, Suède, Belgique, Luxembourg, Pays-Bas,
France, et la fédération regroupant les associations des Espagnols qui sont rentrés défini-
tivement au pays.
Contact :
fede@[Link] - 01 49 46 35 46
[Link]
[Link]
- 103 -
— Association La Colline —
29 La pratique :
Utiliser l’expression artistique pluridisciplinaire pour favo-
riser et valoriser la prise de parole des jeunes primo-arrivants
Constat
La parole des primo-arrivants tourne souvent autour d’un discours plus (ou
moins) construit, pour les besoins de leur prise en charge. Rarement autours d’une ex-
pression plus libre, valorisante, à partager et sollicitant des compétences artistiques plus
ou moins avérées.
Le projet : « Démineurs »
1) Objectifs
• Amener les MIE à prendre la parole ;
• Améliorer les compétences langagières et sociolinguistiques ;
• Adopter une démarche professionnelle avec des amateurs ;
• Créer des outils (vidéos) exigeants mais accessibles, propices à des débats de diffé-
rentes portées.
2) Description
Le projet « Démineurs » est une recherche-action conçue pour et avec des Mi-
neurs Isolés Etrangers (MIE). Initié fin 2013, il s’inscrit actuellement en Ile de France
dans le dispositif « Passeurs d’images » porté par Arcadi, après deux actions antérieures
en France et une dizaine de films. Le projet s’articule autour plusieurs axes :
- des ateliers : a) ateliers d’expression pluridisciplinaire (langues, écrit, dessin, photo,
oral) donnant lieu à la réalisation de petits films individuels, anonymes et créatifs, et
b) des «ateliers de suite», avec des jeunes ayant déjà réalisé un premier film, et étant
actuellement en formation ou exerçant une activité professionnelle ;
- une recherche doctorale : dans la cadre de sa recherche doctorale, Sarah Przybyl,
géographe et doctorante au laboratoire Migrinter (UMR CNRS/université de Poitiers),
précède, accompagne et poursuit la démarche d’atelier par une présence de terrain
dans les lieux d’accueil. Celle-ci fait suite à une premier travail mené au sein du Ser-
vice d’accueil de Jour de la Croix-Rouge à Paris en 2012/2013 ;
- des diffusions/expositions : les films ont vocation à sortir de la structure d’accueil
et être projetés auprès de tout types de publics, dans le cadre d’événements (en milieu
scolaire, universitaire, festivals et colloques). La projection des films est proposée avec
l’accompagnement de professionnels de l’accueil des MIE (mineurs isolés étrangers)
et/ou le réalisateur ou la géographe, éventuellement un jeune (auteur d’un film ou
non).
• Conception du projet
- En 2013 : action expérimentale d’ateliers audiovisuels au sein du Saj-mie (Croix-
rouge française) à Paris, initié et mené par Fred Soupa et Christian Soriano, auprès de
30 jeunes en 4 ateliers. Réalisation de 20 films, prioritairement destinés à la structure et
non à des diffusions extérieures. - 104 -
— Association La Colline —
Contact :
Fred Soupa, réalisateur, chargé de mission
Tel : 06 19 02 34 99 // [Link]@[Link]
- 105 -
— Paroles d’hommes et de femmes —
30 La pratique :
Favoriser le lien intergénérationnel dans le cadre scolaire à
travers des témoignages de migrants
Constat
Il faut développer une démarche d’inclusion scolaire des élèves autour de la
transmission dans l’objectif de permettre aux élèves des UPE2A et de leurs classes de
rattachement de participer à un projet commun, d’échanger sur les rencontres, d’établir
des liens au sein des établissements, de changer leurs regards, de partager un moment de
citoyenneté, d’être inclus dans un projet d’établissement et dans la société.
2) Description
Nous nous sommes engagés dans une démarche d’inclusion sociale par la trans-
mission des valeurs de citoyenneté de la République, à travers l’amorce d’une réflexion
sur la migration, des liens entre les programmes de français, d’histoire-géographie et les
rencontres avec les témoins aînés migrants, une curiosité sur le monde, par l’apport des
éléments d’une diversité culturelle, sociale et comportementale.
Public destinataire, scolaires du collège au lycée, dont EANA du niveau A1 à B1.
Des témoins viennent à la rencontre des jeunes tout au long de l’année. Narration des
parcours de vie devant les élèves: élèves UPE2A et élèves de classes de rattachement, de
4ème à 3ème pour les collèges, de seconde à terminale pour les lycées. Les enseignants
ont la possibilité de préparer les rencontres, par une recherche documentaire sur le pays
d’origine du témoin (géographique et historique) et une recherche de vocabulaire Un es-
pace d’écoute et de parole favorise les échanges entre les jeunes et les témoins, par le biais
de questions, posées par les témoins aux élèves et posées par les élèves aux témoins.
• Conception du projet
Le projet «100 témoins, 100 écoles» est mis en place depuis 2004, le travail au-
près des élèves primo-arrivants s’est naturellement développé depuis 2009 et prend au-
jourd’hui plus de 60% de l’activité de l’association.
- 106 -
— Paroles d’hommes et de femmes —
3) Modalités et méthodologie
Deux biographes, écrivains publics, à plein temps forment et travaillent avec
une centaine de témoins migrants, hommes et femmes de 40 nationalités d’origine diffé-
rente âgé de 30 à 92 ans. Une collection de bandes dessinées « parcours de migrants » et
une exposition d’une centaine de panneaux vient appuyer ce travail dans les établisse-
ments scolaires et hors établissements scolaires, centres sociaux, collectivités.
4) Pistes d’amélioration
Informer directement les enseignants en Français Langue Etrangère, en Français langue
première, dans un travail de fond et de long terme.
Contact :
parolesdhommesetdefemmes@[Link]
06 32 53 16 06
- 107 -
— SINGA —
31 La pratique :
Utiliser le sport comme vecteur de lien social pour les
primo-arrivants
Constat
L’association SINGA agit auprès de nombreux réfugiés qui se retrouvent souvent
isolés lorsqu’ils obtiennent leur statut. N’ayant pas le droit de travailler pendant la pé-
riode de demande d’asile, beaucoup sont à la recherche d’occupations. De ce point de vue,
le sport apparaît comme un vecteur de lien social, de santé et de bien-être mental.
2) Description
SINGA vise à créer des plateformes d’échange et de dialogue entre les réfugiés et
la société d’accueil, par la rencontre, la création de réseau social et professionnel.
« SINGA Sports » est une composante essentielle des programmes de SINGA car il a pour
vocation de créer une communauté de passionnés de sports afin de favoriser le lien social
entre sociétés et réfugiés tout en permettant à ces derniers de s’épanouir par l’activité
physique. Singa sport identifie des coaches dans sa communauté (réfugiés, ou pas), et
organise le travail logistique (identification du lieu, communication,…) pour lancer les
activité et rassembler un maximum de personnes autour de l’activité.
• Conception du projet
Plusieurs réfugiés et demandeurs d’asile nous ont fait savoir, après avoir parti-
cipé à nos activités culturelles, artistiques et linguistiques, qu’ils étaient à la recherche
de temps de détente collectifs. Le sport s’est avéré être une des meilleures options pour
rassembler les publics autour d’une passion commune et de moments de partage.
Des coachs sportifs expérimentés se sont présentés à nous afin de nous proposer
de monter des équipes autour de leurs passions, et peu à peu des réfugiés intéressés par le
projet ont participé à la mise en place d’évènements sportifs en tout genre.
- 108 -
— SINGA —
3) Modalités et méthodologie
Le programme SINGA Sports existe depuis 2 mois et se compose à ce jour de 2
activités sportives, gratuites et ouvertes à tous, à raison de 2 séances d’une heure par
semaine :
-Le running, coaché par Mansour, réfugié Soudanais et par ailleurs porteur de projet
chez SINGA. Il y a 20 personnes inscrites, de tous horizons (français, réfugiés, deman-
deurs d’asile), qui participent selon leurs disponibilités aux séances proposées, qui ont
lieu le mercredi soir à 19h et le samedi après-midi à 17h.
-Le powerfit (remise en forme par des exercices de cardio et de renforcement mus-
culaire), proposé par Inna, réfugiée russe étudiante en STAPS à Paris : 33 inscrits à
ce jour, dont une quinzaine de participants réguliers, qui se réunissent au bois de
Vincennes, tous les jeudi soir à 19h et samedi après-midi à 17h.
Par ailleurs, le programme SINGA Sports vise aussi à proposer des événements
sportifs ponctuels et fédérateurs (par exemple un tournoi de football ou un cours de Yoga)
dans le but de réunir et d’étendre la communauté SINGA.
4) Pistes d’amélioration
Le porteur : SINGA
Objectifs :
- Sensibiliser la société civile à la question de l’asile et des réfugiés
- Accompagner les réfugiés dans leur intégration socio-économique
- Créer des espaces de dialogue et de rencontre entre les réfugiés et la société d’accueil
La communauté SINGA
SINGA est avant tout une communauté de professionnels, d’entrepreneurs,
d’artistes, de sportifs, de danseurs, de chanteurs, d’étudiants, bref, une communauté
d’Êtres Humains souhaitant mieux se connaître et mieux se comprendre. Les différents
programmes SINGA visent à l’organiser et à créer la rencontre.
Contact :
SINGA France, La Ruche, 84 Quai de Jemmapes, 75010
contact@[Link]
[Link]
- 110 -
— Trajectoires —
32 La pratique :
Des outils culturels pour construire des dynamiques parti-
cipatives d’accueil : ateliers d’écriture, photographiques et
vidéo
Constat
Ce projet part du postulat que l’accueil des migrants dépend à la fois de leur
projet migratoire et des ressources individuelles qu’ils mobilisent pour le réaliser sur le
territoire où ils décident de s’installer, mais aussi de l’environnement local qui les reçoit
et qui peut être plus ou moins porteur dans leur processus d’intégration.
Il est nécessaire par conséquent de questionner les regards que ces migrants
portent sur cet environnement en fonction de leurs clés de compréhension comme leurs
attitudes vis à vis de cette société qui reste proche de leur quotidien. Cela implique de
s’éloigner d’une conception de ces migrants en tant que catégorie de l’intervention pu-
blique (notamment des politiques d’accueil) et de proposer une démarche participative
où l’action culturelle peut servir de moteur dans un processus participatif d’accueil.
L’idée est de donner à comprendre et à voir comment les migrants qui arrivent
aujourd’hui appréhendent, comprennent, interrogent le territoire et l’accueil qui leur
est fait par la société locale.
2) Description
L’expérimentation menée montre comment, malgré des conditions d’accueil
parfois difficiles, ces migrants s’insèrent progressivement dans la société locale en for-
malisant et transmettant leurs témoignages. Ces expériences d’accueil et les dispositifs
de médiation culturelle – notamment au travers d’ateliers d’écriture et photographiques -
mis en place ont été mobilisés par les partenaires comme référent commun, bien qu’avec
des approches différentes. Ce projet constitue de fait un véritable déclencheur d’une dé-
marche participative des nouveaux arrivants pour mettre en œuvre une relation plus ac-
tive avec leur territoire. Il permet de s’appuyer sur leurs récits pour interroger les enjeux
contemporains. C’est pourquoi, il donne du sens à l’accueil comme une étape décisive des
trajectoires migratoires.
- 111 -
— Trajectoires —
• Thème principal
« A la découverte de mon quartier/ma ville/mon environnement proche ». Une
proposition sera faite dans le cadre des ateliers pour ouvrir la question sur le rapport à
Ici/Là-bas (mon quartier ici/mon quartier là-bas).
Ce thème principal recoupe les préoccupations et centres d’intérêt généraux
abordés dans les enseignements ASL auprès de ces publics tout en donnant les moyens aux
apprenants à donner leurs propres visions sur leur environnement proche (du quartier à
la ville…) à partir de leurs propres mots, leurs propres regards, leurs propres images.
• Intervenants
Un/e écrivain/e, un/e photographe, un documentariste/cinéaste ou autre inter-
venant (spectacle vivant,…). Ces intervenants ont pour point commun d’avoir travaillé
notamment auprès de publics primo-arrivants et/ou migrants installés.
3) Modalités et méthodologie
Modalités : Exercices d’écriture avec réalisation de textes courts ou longs (selon la mai-
trise des apprenants) sur le thème principal (ici mais aussi là-bas) avec les sous-thèmes
qui seront déclinés ; réalisation de photographies en rapport avec l’atelier d’écriture sur
le quartier/la ville reprenant la dimension ici/là-bas ; un film court (de 10 à 15 mn)
illustrant ce travail pluridisciplinaire et collectif (sur les ateliers d’écriture et de photo-
graphie avec des témoignages).
Synthèse des pistes méthodologiques : Développer l’idée d’être auteur de son propre
récit ; développer l’appropriation de l’outil (vidéo,…) ; la dynamique des parcours thé-
matique sur le quartier ; la projection de film en tant que support au débat et la prise de
parole ; les participants sont eux-mêmes médiateurs et relais d’expériences ; une mise en
relation avec une radio associative qui souhaite mener la collecte des récits de primo-ar-
rivants et en sélectionne des extraits pour accompagner les productions des ateliers pour
en faire des émissions de radio ; l’organisation de tables rondes ou d’une programmation
autour du thème de l’accueil sur leur territoire en associant professionnels de l’accueil,
chercheurs et artistes qui permettent de formaliser les particularités spécifiques des pro-
cessus d’accueil sur chaque territoire.
- 112 -
— Trajectoires —
4) Pistes d’amélioration
Développer la dimension nationale du projet
En effet, ce projet compte finaliser les résultats sur chaque territoire par une
mutualisation du travail en réseau et avec les partenaires d’autres territoires, en prolon-
gement de la restitution commune des réalisations en juin 2015 du premier volet d’ac-
tions, qui sera itinérante et s’enrichir des acquis de chaque volet du projet.
Formes de restitution :
Mise en scène et espace des récits (avec forme pluridisciplinaire – musique, des-
sin,…) ; exposition itinérante ; réalisation de livrets d’information par les participants
dans les instituions patrimoniales pour un public de visiteurs étrangers ; publication et
édition des récits réalisés sur l’ensemble des sites ; diffusion de ces expériences auprès
de structures-relais ayant dispositifs ASL – ou en milieu scolaire.
Le porteur : Trajectoires
- 114 -
D) EXPERIENCES
INTERPROFESSIONNELLES
- 115 -
— Approches Cultures & Territoires —
33 La pratique :
Répertorier les acteurs associatifs de l’accueil des primo-arri-
vants sur un territoire
Constat
Décalage entre la priorité institutionnelle affichée en direction des Enfants et
Familles Nouvellement Arrivés en France et l’isolement voire le dénuement des acteurs
de terrain. Le public Enfants et Familles Nouvellement Arrivés en France reste margi-
nal au sein des centres sociaux et des associations, quand bien même ceux-ci se sentent
concernés par ces populations. L’évolution des politiques publiques et la multiplication
des réformes institutionnelles n’offre pas encore de paysage équilibré et compréhensible.
L’heure n’est pas encore à l’ouverture et au développement, bien au contraire.
2) Description
Initiée en septembre 2007, Si loin, si proches : accueillir les nouveaux migrants
est une action de recensement, de formation et de valorisation des actions éducatives et
sociales menées auprès des familles primo-arrivants. Elle a pour objectifs de faciliter le
repérage et la reconnaissance mutuelle des acteurs de l’intégration de familles nouvelle-
ment arrivées en France, et leur proposer des ressources pratiques. Pour cela, elle associe:
- la production et la diffusion d’un répertoire des acteurs associatifs de la région PACA
engagés auprès du public ou des professionnels sur les questions d’accès au droit, d’ac-
compagnement à la scolarité, d’alphabétisation, de logement, de santé, de traduction,
etc. ;
- l’organisation de temps de formation et de mutualisation en direction des acteurs
du territoire. Une journée commune avec le Plan Académique de Formation en par-
tenariat avec le CASNAV est organisée chaque année tout comme des demi-journées
thématiques sur des sujets déterminés en fonction des attentes des acteurs locaux ;
- veille auprès des acteurs de terrain et des acteurs institutionnels (OEP, PRIPI, Ré-
forme de l’éducation prioritaire, réussite éducative, ...). Elle se fait désormais de ma-
nière continue et la rotation des personnels dans les équipements ainsi que les nom-
breuses réformes institutionnelles font de ces rencontres un passage nécessaire pour
informer, écouter voire mobiliser ;
- 116 -
— Approches Cultures & Territoires —
• Conception du projet
Le Répertoire des acteurs associatifs de la région PACA est le fruit d’un travail
mené depuis 2007 par ACT à travers son action « Si loin, si proches : accueillir les nou-
veaux migrants », projet de recensement, d’écoute, de formation et de valorisation des
actions éducatives et sociales menées auprès des familles primo-arrivantes.
Le projet est financé par le Contrat Urbain de Cohésion Sociale de Marseille
depuis 2007-2008. La Préfecture de Région, au titre du PRIPI, a permis l’extension de
l’action au niveau académique (2011) et désormais régional (2012) en partenariat avec la
DRJSCS PACA et les CASNAV des deux académies.
3) Modalités et méthodologie
En 2015, le Répertoire des acteurs associatifs de la région PACA a été entièrement
mis à jour pour sa réédition. Pour effectuer ce travail nous sommes tout d’abord parti de
l’existant, le répertoire 2013, pour contacter toutes les structures (au nombre de 190) afin
d’actualiser toutes les informations en notre possession.
En parallèle, nous avons effectué un travail de veille et de recherches de nou-
velles structures qui auraient leur place dans notre répertoire et nous les avons contac-
tées pour leur présenter le projet et créer leur fiche ensemble. Entre les structures qui
n’existaient plus qu’il fallait retirer et les nouvelles que nous avons ajoutées, le réper-
toire 2015 recense en tout 210 structures.
Il a été imprimé à 1000 exemplaires et sa version numérique sera mise en ligne
sur notre site internet dans une version hypertexte. Afin de maintenir le lien créé pen-
dant ce travail, le répertoire sera présenté publiquement le 30 juin 2015 puis nous en
assurerons la diffusion ciblée auprès des acteurs.
4) Pistes d’amélioration
Nous voulons optimiser l’actualisation du répertoire en l’effectuant dans la
continuité. Cela nécessite de communiquer plus souvent avec les acteurs concernés pour
être au courant des éventuels changements (contacts, orientations, nature des actions,…)
en « temps réel », cela permettrait d’alléger la charge de travail au moment de la réédi-
tion pour avoir plus de temps à consacrer à la recherche de nouvelles structures que nous
n’aurions pas encore identifié.
Contact : direction@[Link]
[Link]/
[Link]
- 118 -
— ASSFAM Aubervilliers —
34 La pratique :
Améliorer le fléchage des apprenants vers les cours de fran-
çais disponibles
Constat
Perte de temps des primo-arrivants avant d’accéder à un cours de français adap-
té. Suite au constat fait auprès des divers intervenants proposant des cours de français
dans la ville, les candidats vont d’une association à l’autre sans pour autant trouver de
réponse à leur demande. Cela entraîne une perte de temps pour les associations qui es-
saient de les orienter au mieux mais qui méconnaissent eux aussi l’offre. Ces mauvaises
orientations découragent les candidats.
2) Description
Accueillir, évaluer et orienter toute personne domiciliée sur la ville vers des
cours de français adaptés à son niveau linguistique, sa disponibilité et en adéquation avec
son projet personnel et/ou professionnel..…
• Conception du projet
Demande des associations submergées par les demandes, souhait de la ville de
rendre l’offre / la demande plus transparente, souhait d’orienter efficacement les can-
didats vers un lieu unique et bien identifié.
Mise en place suite à un appel d’offre de la ville en 2011 (financement Cucs).
- 119 -
— ASSFAM Aubervilliers —
3) Modalités et méthodologie
- Tenue d’une permanence une demi-journée par semaine ;
- Evaluation des candidats à partir d’un test oral et écrit (référentiel CECR) sur RDV ;
- Connaissance des disponibilités en temps réel ;
- Orientation des candidats vers l’organisme et envoi d’une fiche de liaison à l’orga-
nisme permettant de faire un suivi de la personne.
4) Pistes d’amélioration
Le nombre de candidats augmentant, il semble impératif de développer l’offre
des cours (niveaux proposés, horaires, etc). En réflexion, la mise en place d’un livret qui
permettrait de faire un suivi pédagogique des candidats entre deux orientations. A la
demande des bénévoles, des séances de formation ont eu lieu en 2014. Nous envisageons
l’idée de rencontres pédagogiques trimestrielles en 2015.
L’ASSFAM est un service social spécialisé destiné à faciliter l’intégration des migrants et
contribuer à leur insertion dans une optique de promotion dans la société française. Ses
actions s’adressent aux nouveaux arrivés en France, à qui rencontre des problèmes spéci-
fiques liés à la migration, et aux personnes immigrées ou d’origine étrangère en difficul-
té d’insertion sociale et professionnelle. L’association sera représentée par la responsable
de la coordination linguistique à Aubervilliers.
Contact : palfi76@[Link]
- 120 -
— Centre Ressources illetrisme 38 —
35 La pratique :
Coordonner et enrichir l’offre d’Ateliers Sociolinguistiques
sur un territoire
Constat
A Grenoble, les actions menées par les organismes de formation se sont distin-
guées dès les années 1990 des actions relevant de la vie associative et des centres sociaux.
Celles-ci visaient essentiellement la socialisation et le développement de l’autonomie
dans la vie quotidienne des migrants, sous la dénomination Atelier Sociolinguistiques
(ASL).
Les pratiques pédagogiques, le fonctionnement des ateliers (accueil et suivi des
publics) et le profil des formateurs salariées ou bénévoles variaient beaucoup d’une struc-
ture à une autre. Ces différentes structures travaillaient ensemble ponctuellement, au fil
de l’eau, mais sans concertation suivie, durable dans le temps.
2) Description
Avec l’émergence de nouveaux outils pédagogiques nationaux, notamment
sur la problématique sociolinguistique, le Centre Ressources Illettrisme a mobilisé des
structures de proximité afin de se réapproprier ces outils pédagogiques pour améliorer la
qualité de leurs actions. En parallèle, les financeurs ont souhaité structurer les actions
d’apprentissage menées auprès des migrants et ont travaillé à la rédaction d’un cahier des
charges en s’appuyant sur le Centre Ressources Illettrisme. Celui-ci a eu un premier rôle
d’interface entre les financeurs locaux ou nationaux et les formateurs salariés ou béné-
voles des structures ASL. Petit à petit la nécessité d’animer et de coordonner un réseau
des structures des ASL du bassin grenoblois s’est imposée aux yeux de tous.
- 121 -
— Centre Ressources illetrisme 38 —
• Conception du projet
Les financeurs du bassin grenoblois ont alors mandaté officiellement le centre
ressources illettrisme de l’Isère pour animer l’ensemble des structures ASL du bassin gre-
noblois. Ce réseau concerne aujourd’hui 24 structures intervenant sur 37 sites, 28 salariés
et environ 200 bénévoles pour environ 1550 apprenants.
3) Modalités et méthodologie
-Réunion d’animation mensuelle (10 réunions par an) au cours desquelles des
structures extérieures sont invitées afin d’envisager de nouveaux partenariats pour
les structures proposant des ASL ;
-Mise en place d’un ou deux groupes de travail par an en fonction des théma-
tiques abordées (ex : « comment aborder l’actualité en ASL ? » ; « le profil de poste des
intervenants » ….), avec en moyenne 4 réunions par an et par thème ;
-Organisation de cycles de formation pour les bénévoles, et journées de forma-
tion thématique pour l’ensemble des intervenants ;
-Organisation d’une journée annuelle des bénévoles des structures (50 partici-
pants en moyenne) ;
-Traitement et analyse statistique des données des ASL du bassin grenoblois
(1800 apprenants par an), permettant une évaluation quantitative et qualitative des
actions ;
-Veille documentaire capitalisée par la coordinatrice et la conseillère pédago-
gique : diffusion permanente de ces informations auprès des représentants de struc-
tures.
- 122 -
— Centre Ressources illetrisme 38 —
4) Pistes d’amélioration
Un contexte économique plus favorable pour les structures participantes per-
mettrait de dégager davantage de temps de travail pour les formateurs et coordinateurs
pédagogiques à la participation au réseau (moyenne de 10 structures participants réguliè-
rement contre 17 structures au total).
Contact : [Link]@[Link] - 04 76 40 16 00
[Link]
Illettrisme Info Service - N° Indigo : 0 820 33 34 35
36 La pratique :
Donner des informations et orienter les primo-arrivants vers
les dispositifs et ressources linguistiques d’un département
Constat
Difficultés pour les publics (leur entourage ou encore leur accompagnant social)
en recherche de formations linguistiques de repérer et comprendre l’information dont
ils ont besoin : trouver une formation à proximité de son domicile, se retrouver dans les
méandres des dispositifs existants, comprendre les modalités d’accès aux formations, etc.
2) Description
Le numéro vert assure un accueil téléphonique spécifique à destination des par-
ticuliers ou des professionnels accompagnant et orientant du public. Ce service permet
de donner des informations et d’orienter les usagers vers les dispositifs et ressources
linguistiques sur le département du Rhône.
Cette action est conjointe à la réalisation d’une cartographie départementale
recensant les actions et ressources linguistiques sur le département du Rhône, disponible
sur le site « [Link] » depuis avril 2011.
Ces deux projets (cartographie, numéro vert) ont été initiés et financés par la di-
rection de la citoyenneté de l’immigration et de l’intégration du Rhône afin de permettre
une meilleure orientation des populations immigrées vers les dispositifs de formations
linguistiques, de façon à faciliter l’apprentissage de la langue française dans un objectif
d’accompagnement, d’intégration des populations. La cartographie a aussi été soutenue
par la Région dans sa phase de recueil des données. Le projet est mis en œuvre par le
centre ressources illettrisme du Rhône, porté par l’association formation et ingénierie.
- 124 -
— AFI (Association Formation et Ingénierie) 1/2 —
• Conception du projet
Dans le cadre de la mise en œuvre de l’action 2 du Plan départemental d’intégra-
tion Rhône (« établir une cartographie de l’offre de formation linguistique»), il s’est agit
d’abord de répertorier les actions mises en œuvre sur le territoire, d’actualiser celles-ci
au regard : de l’évolution des dispositifs, de l’actualité des actions de proximité. Il s’est
agit ensuite d’élaborer, d’alimenter un site internet dédié, pratique, constitué de fiches
descriptives d’actions, des fiches ressources et d’actualiser celui-ci.
L’action « numéro vert » est pensée comme une plateforme téléphonique d’ac-
cueil et d’orientation.
Bilan 2014 du Numéro Vert : plus de 500 appels reçus en 2014 soit environ 90 heures de
communication ; 2/3 d’appels de particuliers.
Les réponses apportées aux personnes sont diverses : diffusion de coordonnées
d’associations de proximité, selon les besoins et profil de la personne présentation des
dispositifs de droit commun et démarche à suivre pour l’entrée en formation, orientation
vers une plateforme linguistique de proximité…
3) Modalités et méthodologie
Le numéro vert fonctionne en permanence d’accueil, à raison de 4 demi-jour-
nées par semaine. A ce numéro est associé une adresse mail qui permet aux personnes peu
à l’aise à l’oral de se renseigner par écrit (apprendrelefrancais@[Link]).
Lors des échanges téléphoniques, les conseillères techniques peuvent inviter les
personnes à consulter également le portail d’informations sur l’offre de formation exis-
tante dans le Rhône ([Link]).
Déroulement de l’accueil : 1/ Présentation de la personne ; 2/ Identification de
la problématique linguistique (remise à niveau, illettrisme, Français langue étrangère,
analphabétisme) ; 3/ Analyse des besoins et de la demande des personnes ; 4/ Proposition
d’orientations sur des dispositifs de formation (milieu associatif, dispositif de droit com-
mun…).
Pour chaque appel, une fiche d’accueil est remplie et saisie informatiquement.
Ce suivi permet de dresser des bilans annuels quantitatifs et qualitatifs. Outre les statis-
tiques de fréquentation, il est possible par cet outil d’observer l’évolution des profils des
individus et, par conséquent, l’évolution des orientations vers les dispositifs existants. Le
numéro vert devient alors un outil d’observation des besoins. Il permet, par exemple, de
recenser les situations pour lesquelles il n’existe pas d’offre de formation appropriée.
- 125 -
— AFI (Association Formation et Ingénierie) 1/2 —
4) Pistes d’amélioration
Le paysage de la formation en Rhône-Alpes, à partir de janvier 2016, va connaître
d’importants changements. Le numéro vert sera une source précieuse d’informations no-
tamment pour les acteurs sociaux impliqués dans l’accompagnement social et profession-
nel des individus.
L’Association Formation et Ingénierie est une association de loi 1901. Elle gère les centres
ressources illettrisme de l’Ain, de la Loire et du Rhône. Les Centres Ressources Illettrisme
sont des outils de développement local au service des publics, des acteurs et des institu-
tions.
Les missions des Centres Ressources sont décrites dans le canevas national des Centres
Ressources Illettrisme (CRI) rédigé par l’ANLCI 2003. Ces missions sont au nombre de
quatre :
- informer, documenter, orienter tous les publics,
- sensibiliser, contribuer à la qualification et à la professionnalisation des acteurs,
- accompagner les initiatives, les actions,
- animer des réseaux locaux, en lien avec les politiques départementales, régionale et
nationale.
Les missions des centres ressources s’inscrivent dans le cadre des politiques publiques de
lutte contre l’illettrisme, notamment :
• Loi de juillet 1998 de lutte contre les exclusions (art. 24 et art. 149)
• Loi du 5 mars 2014 relative à la formation professionnelle
Elles s’inscrivent également dans les politiques d’intégration des populations immigrées
sur les axes concernant la maîtrise et la pratique de la langue française (PRIPI et PDI) :
circulaire du 2 février 2015 relative à l’accueil et à l’intégration des étrangers en France.
Contact :
[Link]-nantas@[Link] ; 06 84 28 63 27
[Link]
- 126 -
— AFI (Association Formation et Ingénierie) 2/2 —
37 La pratique :
Centraliser des informations et méthodologies des centre-res-
sources sur une plateforme numérique
Constat
- Manque de lisibilité de visibilité de l’offre de formation linguistique en région Rhô-
ne-Alpes
- Action 01 du PRIPI : Capitaliser et diffuser l’offre de formation linguistique
- Action 21 du plan régional de prévention et de lutte contre l’illettrisme 2013/2016 :
concevoir une base de données de l’offre de formation en région.
2) Description
• En 2012, le réseau des centres ressources illettrisme de la région Rhô-
ne-Alpes est missionné par la DRJSCS pour réaliser une cartographie de l’offre de
formation linguistique à l’échelle régionale. A l’instar de la cartographie déjà exis-
tante dans le département du Rhône, l’objectif est de rendre visible et accessible cette
offre de formation, en premier lieu aux professionnels chargés de l’information et de
l’orientation des publics en insertion socio-professionnelle et relevant des probléma-
tiques linguistiques, puis en second lieu à tout public désirant s’informer des possibilités
de formations dans ces domaines.
Ce projet nécessite, pour certains départements, de recenser et d’harmoniser les
données existantes ; pour d’autres départements, de récolter de nouvelles données afin
de réaliser une cartographie départementale
Dans le même temps, un recueil des besoins des professionnels orienteurs et
prescripteurs est réalisé afin de leur proposer, à terme un outil de visibilité et de lisibilité
des actions qui corresponde à leurs pratiques.
• Conception du projet
En 2010, la Direction Régionale de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion So-
ciale de la région (DRJSCS) Rhône Alpes met en œuvre un plan régional d’intégration des
populations immigrées (PRIPI) en 9 actions. La première de ces actions est intitulée : Ca-
pitaliser et diffuser l’offre linguistique. Cette action est pilotée par la Chargée de Mission
Régionale pour la prévention et la lutte contre l’illettrisme auprès du Préfet de Région et
correspondante de l’Agence Nationale de Lutte Contre l’Illettrisme (ANLCI).
Il s’agit de permettre à tous d’être informés des possibilités de formation exis-
tantes en Région Rhône-Alpes, en apprentissage de la langue française et formation aux
savoirs de base. Le Réseau des centres ressources illettrisme de la Région Rhône-Alpes est
missionné pour mener cette action.
Le projet s’est déroulé en plusieurs phases :
- 2012 : Recueil des données cartographique et recueil des besoins des acteurs de l’Ac-
compagnement, de l’Information et de l’Orientation.
- 2013 : Elaboration, mise en œuvre et création du site PARLERA puis mise en ligne des
données, actualisation des données.
- 2014 : Mise en ligne d’une Google map. Elaboration et mise en ligne d’outils d’aide à
l’orientation, de pages dédiées à l’information, actualisation des données.
3) Modalités et méthodologie
Le site PARLERA est portée par l’AFI – Association Formation Ingénierie qui gère 3 centres
ressources illettrisme de la Région Rhône Alpes - pour l’ensemble des centres-ressources
de Rhône-Alpes et en collaboration avec ceux-ci.
Ce projet est piloté par la Chargée de Mission Régionale illettrisme SGAR Rhône-Alpes
correspondante ANLCI. Le projet est financé par la DRJSCS Rhône-Alpes.
L’Association Formation et Ingénierie est une association de loi 1901. Elle gère les centres
ressources illettrisme de l’Ain, de la Loire et du Rhône. Les Centres Ressources Illettrisme
sont des outils de développement local au service des publics, des acteurs et des institu-
tions.
Les missions des Centres Ressources sont décrites dans le canevas national des Centres
Ressources Illettrisme (CRI) rédigé par l’ANLCI 2003. Ces missions sont au nombre de
quatre :
- informer, documenter, orienter tous les publics,
- sensibiliser, contribuer à la qualification et à la professionnalisation des acteurs,
- accompagner les initiatives, les actions,
- animer des réseaux locaux, en lien avec les politiques départementales, régionale et
nationale.
Les missions des centres ressources s’inscrivent dans le cadre des politiques publiques de
lutte contre l’illettrisme, notamment :
• Loi de juillet 1998 de lutte contre les exclusions (art. 24 et art. 149)
• Loi du 5 mars 2014 relative à la formation professionnelle
Elles s’inscrivent également dans les politiques d’intégration des populations immigrées
sur les axes concernant la maîtrise et la pratique de la langue française (PRIPI et PDI) :
circulaire du 2 février 2015 relative à l’accueil et à l’intégration des étrangers en France.
Contact :
[Link]@[Link] ; 06 87 44 48 59
[Link]
- 129 -
— Plateforme Réussite Drancy —
38 La pratique :
Coordonner les différentes structures offrant des formations
en français pour migrants à l’échelle d’une communauté
d’agglomération
Constat
Manque de lisibilité de l’offre d’apprentissage du français pour les primo-arri-
vants sur le territoire local, manque de visibilité des actions ponctuelles menées par les
différentes structures (associations, centres sociaux, centre de formation), manque de
formation des acteurs (formateurs et encadrants), difficulté de compréhension de l’offre,
difficulté à trouver des professionnels capables d’intervenir auprès des publics dans les
cadre des ASL.
2) Description
L’action repose sur 5 réunions par an entre structures du champ ASL (asso-
ciations et services municipaux de la CAAB). Ces rencontres ont pour but de : favoriser
l’échange d’expériences former les acteurs des ASL, améliorer la lisibilité de l’action,
communiquer sur les différentes actions proposées par la CAAB. Une action de formation
est aussi organisée chaque année. Elle permet de compléter l’objectif de professionnalisa-
tion des acteurs intervenant au sein des ateliers sociolinguistiques.
• Conception du projet
A la demande générale de tous les acteurs des ateliers sociolinguistiques, du
Service Politique de la Ville, la Plateforme Réussite a été choisie pour mener cette action
de coordination permettant aux personnels de réfléchir à leurs propres pratiques pro-
fessionnelles (en vue de les faire évoluer) pour mieux répondre aux besoins des publics
accueillis. Ces besoins ont été identifiés par les formateurs des ASL qui expriment leur
désir de partager leur expérience, leurs outils et leurs apports méthodologiques.
3) Modalités et méthodologie
Toute structure organisant des formations en français sur la CAAB peut partici-
per aux réunions de coordination des ASL (1 réunion trimestrielle). Les formateurs et le
personnel administratif peuvent participer à la session de formation annuelle
4) Pistes d’amélioration
- Renforcer la qualité des dispositifs mis en place sur la ville ;
- Harmoniser les contenus de formation entre structures en vue de favoriser les passe-
relles par le biais des rencontres pédagogiques et par la formation ;
- Construire des références pédagogiques communes.
La Plateforme Réussite est un centre de formation qui a été créé en 2010 par la
ville de Drancy en vue d’aider les personnes à réaliser un projet de formation qui s’inscrit
dans une démarche d’insertion ou d’évolution sociale ou professionnelle.
La structure accueille et forme environ 1 000 personnes par an dans 32 modules
différents (en FLE, alpha, RAN en maths et français, informatique, ASL, anglais).
Contact : julia-giannetti@[Link]
- 131 -
— Programme AlphaB —
39 La pratique :
Améliorer la formation des bénévoles dispensant des cours de
Français Langue Etrangère (FLE) à des personnes migrantes,
dont des primo-arrivants
Constat
Il n’est pas toujours aisé pour les bénévoles de trouver des formations qui leur
soient accessibles, en termes de coûts et de contenus. En effet, la formation de bénévoles a
la particularité de s’adresser à un public très hétérogène, souvent sans formation initiale
dans le domaine de l’enseignement des compétences clés aux adultes. Par ailleurs, le coût
des formations (environ 200€ la journée) est un réel frein pour la personne bénévole.
Sur ce constat, Programme AlphaB d’Espace Bénévolat organise une dizaine de
formations par an, de 2 à 3 jours, sur l’ensemble des thématiques nécessaire au bon dé-
roulement de la mission du bénévole. En voici quelques exemples : «Méthodologie d’ensei-
gnement du français aux migrants» ; «Enseignement de l’oral et techniques de correction
phonétique» ; «Apprentissage de la lecture et de l’écriture à l’âge adulte» ; «Enseignement
du français sur objectifs spécifiques» ; «Dynamisation des séances et gestion de l’hétéro-
généité» ; … Tous les comptes rendus de nos formations sont disponibles sur notre site
internet.
De même, pour ces mêmes bénévoles, trouver et acquérir des outils pratiques,
adaptés aux spécificités de leur activité, est une véritable difficulté. En effet, la plupart
de ceux disponibles sur le marché sont souvent complexes : ils s’adressent à des initiés et
à des professionnels. Ils sont mal adaptés, peu exploitables sur le terrain et ils sont chers.
Face à ce besoin, Espace Bénévolat a lancé une collection de Guides pratiques pour la qua-
lité associative.
2) Description
Ce guide a une double qualité : il propose des pistes concrètes pour améliorer
l’efficacité des actions (idées d’activités, ressources, bonnes pratiques, etc.) ; et il est
conçu avec des associations de terrain et des experts professionnels.
Il s’articule autour de quatre grands axes :
1- Accompagner le bénévole qui débute à comprendre,
2- Comprendre l’organisation et la mise en place d’un atelier,
3- Animer un atelier,
4- Faire le bilan avec les apprenants et avec les responsables de l’association.
- 132 -
— Programme AlphaB —
• Conception du projet
Le projet est né des besoins des associations adhérentes à Espace Bénévolat. C’est
ainsi qu’a été lancée la collection de guides pratiques proposant des pistes concrètes pour
l’amélioration de l’efficacité de leurs actions. Il s’agit du 3ème opus de la collection d’ou-
tils simples et pratiques lancée en avril 2009.
Ce guide a été écrit et réalisé par Marie-Claire Durussel, à cette époque chef de
projet du Programme AlphaB d’Espace Bénévolat. Ce guide a été élaboré et testé en coopé-
ration étroite avec Anne Vicher : directrice d’Ecrimed’ cabinet d’ingénierie pédagogique,
ainsi que plusieurs associations adhérentes (Armée du salut, Centre Alpha Choisy, Clé
Ermont, ENS Torcy, Espace 19, Femmes Relais 20ème, Secours Populaire).
Enfin, les contenus pédagogiques ont également été enrichis et validés par des
partenaires institutionnels comme le Centre international d’études pédagogiques (CIEP)
et la direction de la politique de la ville et de l’intégration (DPVI) de la Mairie de Paris
(aujourd’hui DDCT).
Sa réalisation a également été rendue possible grâce aux partenariats financiers
de la Fondation Société Générale, la Fondation Adecco et Ajilon, la Mairie de Paris, la
Direction de l’Accueil de l’Intégration et de la Citoyenneté (DAIC) du Ministère de l’Inté-
rieur, de l’Outre-mer, des collectivités territoriales et de l’immigration, Bouygues.
En quelques chiffres : Le Guide du bénévole pour l’alphabétisation c’est : 114 pages de
conseils de d’outils pratiques ; plus de 150 références bibliographiques et de 120 adresses
de partenaires potentiels ; 2 ans de travail ; une dizaine d’associations participantes ac-
compagnées d’experts professionnels du domaine ; 12 euros (prix de vente).
3) Modalités et méthodologie
- Un ouvrage didactique ;
- Des temps de formation ;
- Un centre-ressources.
Contact : programmealphab@[Link]
- 133 -
— RADya (Réseau des Acteurs de la Dynamique des ASL) —
40 La pratique :
Mise en place d’une méthodologie unificatrice dans la mise
en œuvre des ateliers sociolinguistiques (ASL)
Constat
Les Ateliers Sociolinguistiques ont été co-élaborés en 2004 avec un portage insti-
tutionnel (FAS Ile-de-France) et pédagogique (CLP fermé en 2009). L’ASL est une démarche
pédagogique visant l’apprentissage du français et l’autonomie sociale d’adultes migrants
vivant en France de façon durable. Ces ateliers sont mis en place dans des structures de
proximité.
Une formation-action a été mise en œuvre à partir de 2004 pour co-produire les
outils méthodologiques et pédagogiques des Ateliers Sociolinguistiques (ASL). Cette dé-
marche a été proposée à 250 structures associatives de proximité et a été successivement
soutenue par le FAS Ile-de-France, l’ACSE puis la DRJSCS Ile-de-France.
Les ASL impliquent de réels changements dans les pratiques pédagogiques pro-
posées à des adultes. Certaines structures s’en sont emparées mais d’autres restent sur des
méthodes d’apprentissage du français traditionnelles et décontextualisées. Ainsi, la mise
en œuvre des ASL nécessite de la part des structures de former leurs équipes et d’analyser
les besoins des publics selon les principes de la pédagogie de projet. D’ailleurs, comme le
montre le Français Langue d’Intégration la pédagogie active et actionnelle telle que pro-
posée en ASL est désormais globalement reconnue. Il s’agit de répondre aux besoins d’ap-
prentissage de la langue avec l’usage de la langue en situation de communication. L’ASL
est novateur car les apprentissages s’appuient sur des mises en situation et des rencontres
réelles avec des partenaires spécialistes des questions récurrentes des publics de l’ASL (la
santé, la parentalité scolaire, la citoyenneté, le logement, l’emploi…).
Le RADyA a été co-fondé en 2009 par des intervenants franciliens et des salariées
du CLP pour poursuivre l’accompagnement et la professionnalisation des intervenants
bénévoles et salariés.
- 134 -
— RADya (Réseau des Acteurs de la Dynamique des ASL) —
2) Modalités et méthodologie
• Conception et animation de formations de formateurs et de sensibilisation des profes-
sionnels
Formation-action visant à consolider les compétences pédagogiques des équipes
de façon active en co-élaborant des outils ; en les mettant en pratiques ; puis en les mu-
tualisant. C’est une démarche actionnelle qui permet aux formateurs de s’approprier la
démarche en construisant leurs ateliers.
• Bilan :
En 10 ans les pratiques se sont généralisées bien au-delà de notre propre réseau.
Les ASL se sont développées à l’échelle nationale.
Les actions et outils co-produits par le RADyA et les structures de proximité
permettent la mise en œuvre et l’animation très concrètement d’ateliers en direction de
publics ayant des besoins en langue et en autonomie sociale (Par exemple : Découvrir son
quartier, sa ville ; Parentalité scolaire ; ASL pré-emploi ; Mieux communiquer avec son
bailleur…)
Pistes d’amélioration :
Renforcer la communication sur les actions et projets en direction de structures
qui n’identifient pas ou peu le RADyA et ses partenaires ; accompagner dans les change-
ments de pratiques de structures proposant une pédagogie peu adaptée à des adultes.
• Avenir du projet : Le RADyA poursuit ses missions sur un territoire de plus en plus
important. Il s’agit maintenant de pérenniser les actions avec de nouveaux partenaires
institutionnels.
Le Radya (Réseau des Acteurs de la Dynamique des ASL) a été créé en 2009 par
onze intervenants d’Ile-de-France. Son objectif est de promouvoir la démarche pédago-
gique de l’ASL. Le RADyA est le porteur pédagogique historique des ASL mais il est aussi
tête de réseau (actuellement 75 adhérents dont une soixantaine de structures de proximi-
té).
Le réseau vise l’accompagnement et la professionnalisation des intervenants bé-
névoles et salariés ; l’élaboration d’outils pédagogiques ; la mutualisation des pratiques et
des outils sur un site ressource [Link]; l’animation d’un réseau d’acteurs associa-
tifs à l’échelle de la région Ile-de-France qui s’élargit à d’autre régions.
Informations générales :
Sabine Vérétout ou Eva Garcia contact@[Link]
Contact pédagogique :
Blandine Forzy coordinatrice des projets: [Link]@[Link]
SignAture
- 137 -
— Réseau Alpha —
41 La pratique :
Créer un répertoire numérique de l’offre linguistique pour
les migrants dans une région
Constat
- Une mauvaise visibilité et lisibilité de l’offre linguistique à Paris et en IDF ;
- Une orientation inadéquate des publics, difficile du fait du problème de lisibilité
de l’offre (notamment orientation en fonction de critères géographiques plutôt que
pédagogiques, etc.) ;
- Un problème de communication entre les associations qui se sentent parfois isolées
dans leurs pratiques (besoin de créer du lien).
2) Description
Le site Internet Réseau Alpha est un lieu-ressource à destination des adultes
migrants, associations et prescripteurs.
Réseau Alpha référence les structures de proximité d’Île-de-France qui pro-
posent des ateliers et formations de Français Langue Etrangère, d’alphabétisation, de
Français à Visée Professionnelle et de savoirs socio-linguistiques.
Le souhait de Réseau Alpha est d’orienter chaque migrant vers une structure de
proximité adaptée à ses besoins et s’inscrivant dans un parcours linguistique cohérent et
évolutif.
• Conception du projet
Réseau Alpha nait en 2006 à l’initiative d’Anne Barthélémy et Laurence Milon,
animatrices bénévoles dans une association du 13ème arrondissement de Paris.
L’ambition est alors de créer un site d’information et un répertoire qui centralise
l’ensemble des lieux d’apprentissage du français à Paris.
Le site internet de Réseau Alpha voit le jour en 2010. Initialement, il ne concerne que la
ville de Paris. A partir de 2011, le répertoire s’étend à la région Île-de-France.
En 2014, Réseau Alpha permet à ses membres de modifier directement leurs in-
formations et de publier des fiches-formations afin de donner des précisions sur chaque
action linguistique proposée.
Alpha a identifié des référents dans chaque structure et leur a permis de devenir utilisa-
teurs du site. Lors de la création de leur Espace Membre, Réseau Alpha les contacte pour
leur présenter le fonctionnement de l’association et leur fournir les identifiants qui leur
permettront d’actualiser les données et de publier leurs Fiches-Formations pour chaque
action linguistique proposée au sein de la structure. De cette manière, Réseau Alpha offre
un site évolutif et collaboratif. Les utilisateurs du site internet sont responsabilisés et
autonomes.
4) Pistes d’amélioration
Réseau Alpha a identifié près de 1000 structures de proximité investies dans
l’apprentissage du français en Île-de-France, seules 360 sont référencées à ce jour (juin
2015). Des partenariats doivent être mis en place dans les territoires peu couverts, afin
d’atteindre une certaine exhaustivité de la présentation de l’offre linguistique franci-
lienne.
Contact : contact@[Link]
- 139 -
(Crédits : [Link]/AIDDA)
- 140 -
4/PROPOSITIONS
- 141 -
L’organisation de journées inter-associatives dans chacune des régions de l’en-
quête a permis de mettre en place des temps d’échange collectifs sur le contexte de travail
des structures de l’accueil des primo-arrivants. Ces journées ont été fécondes par la quali-
té des analyses développées et par le consensus réel des acteurs présents sur des éléments
clés de leur action quotidienne.
Trois principaux aspects ont ainsi émergé de ces divers échanges. Ils ont été una-
nimement reconnus tous les trois comme des pistes d’amélioration claires dans l’exer-
cice de l’accueil des personnes primo-arrivantes. Nous nous proposons donc ici, pour en
éclairer le sens et la portée, de développer un argumentaire autour de chacun de ces trois
piliers que sont l’interculturel, l’interconnaissance et la mutualisation.
Les réflexions collectives des journées inter-associatives ont tout d’abord mis
en avant l’importance de la démarche commune dans laquelle doit s’inscrire l’accueil et
l’accompagnement des primo-arrivants. On pourrait qualifier celle-ci de démarche in-
terculturelle, dans le sens où elle propose de favoriser un échange le plus constructif
possible entre des structures d’accueil et des personnes accueillies.
Considérant que les codes socioculturels et les différents cadres de référence influent
sur la communication entre les individus, il est nécessaire que chacun fasse un pas vers
l’autre pour que se mette en place un véritable dialogue entre deux interlocuteurs de
culture différente. L’omission de cet aspect, tout comme une perception figée des diffé-
rences culturelles, empêchent la mise en place d’échanges féconds.
Comme le souligne l’ADRIC dans son guide Femmes primo-arrivantes, de l’accueil à l’in-
tégration :
« La démarche interculturelle nous apprend que les personnes migrantes ne sont
pas porteuses d’une culture homogène et rigide qui serait celle de leur pays d’ori-
gine, mais que, bien au contraire, elles portent en elles une diversité d’expression
qui reflète leur parcours socioculturel ».
- 142 -
De fait, cette démarche interculturelle permet de mieux répondre aux trois principales
exigences de l’accueil et de l’accompagnement1 :
3) Négocier et établir un contrat clair qui définit les conditions de la relation et les
objectifs poursuivis :
• Permettre la participation des personnes accompagnées à la définition du problème
et à la recherche de solutions ;
• Envisager, si possible, plusieurs pistes de résolution des problèmes pour permettre le
choix des personnes accompagnées ;
• Convenir ensemble des actions à adopter ;
• Enoncer clairement les pistes d’action dégagées par la négociation, et les domaines
de responsabilité réciproque.
1 Pour cette partie, nous nous appuyons sur les travaux de l’ADRIC (Agence pour le développement des Rela-
tions Interculturelles pour la Citoyenneté), une des structures recensées dans le présent guide, et qui est à la
pointe des réflexions sur ce sujet.
Source : ADRIC/CNIDFF, Femmes primo-arrivantes, de l’accueil à l’intégration (2011).
- 143 -
B) AMELIORER L’INTERCONNAISSANCE ASSOCIATIVE
Les acteurs associatifs de cette enquête estiment que, une fois la promotion de
cette démarche interculturelle acceptée par tous, il est aussi essentiel de travailler collec-
tivement à une meilleure interconnaissance du rôle et des actions de chacune des struc-
tures de l’accueil des primo-arrivants sur un même territoire.
Ce travail, même s’il a déjà été entamé plusieurs fois et à différents échelons, mérite qu’on
y accorde plus d’attention. En effet, les actions visant à améliorer l’interconnaissance —
cartographie, création de bases de données, portail interprofessionnel, etc. — sont trop
rarement coordonnées, trop souvent redondantes avec d’autres actions similaires et trop
peu publicisées auprès des acteurs associatifs eux-mêmes.
De multiples projets vont et sont déjà allés dans ce sens — certains d’ailleurs sont présen-
tés dans ce guide. Pourtant, peu d’entre eux s’appuient sur une méthodologie commune,
ce qui nuit à la lisibilité et à la crédibilité de ces actions de recensement.
L’édification d’une telle méthodologie apparaît dès lors comme une étape essentielle dans
le chantier de l’interconnaissance des structures de l’accueil des personnes primo-arri-
vantes. Sa construction devrait se faire de manière collective et interprofessionnelle afin
de répondre au mieux aux besoins et attentes des acteurs du champ de l’accueil. Agir de la
sorte permettrait d’ailleurs de sensibiliser un maximum de structures à la mise en place
d’un tel outil.
Dans le même temps, les multiples actions visant à améliorer l’interconnaissance asso-
ciative doivent être coordonnées par un ou des acteur(s) clairement identifiable(s) sur
chaque territoire.
Les expériences éparses de cartographie et/ou de coordination de l’offre ASL sont de bons
exemples de ces problèmes récurrents d’interconnaissance. On retrouve ainsi parfois sur
un même territoire — local, départemental et/ou régional — plusieurs actions simi-
laires non concertées.
- 144 -
Outre les dépenses inutiles que cela entraîne, ces actions non concertées sont difficile-
ment compréhensibles pour les acteurs associatifs : ils ne voient pas l’intérêt de répondre
plusieurs fois aux mêmes demandes de recensement ; et ils ne voient pas dans les faits
d’amélioration claire de l’interconnaissance sur leur territoire.
La possibilité de connaître les structures intervenant dans un même domaine est une
clé indéniable pour améliorer les conditions de l’accueil. Cela pourrait avoir des effets
positifs au niveau des contenus de chaque projet — en termes d’harmonisation comme
d’innovation —, de leur déploiement sur chaque territoire, ainsi que de leur adaptation
aux demandes et besoins des populations primo-arrivantes.
C) FAVORISER LA MUTUALISATION
Troisième et dernière voie d’amélioration faisant consensus unanime, la mutua-
lisation est une dynamique maintes fois éprouvée, et ce sur divers domaines de l’action
associative comme institutionnelle. Pourtant, l’ensemble des acteurs recensés dans ce
guide regrette qu’elle ne soit pas plus développée dans le champ de l’accueil des primo-ar-
rivants. Beaucoup d’entre eux ont même fait le constat que cette dimension leur manque
au quotidien.
- 145 -
En ce sens, la mutualisation, par la structuration de l’intelligence collective, est sûre-
ment l’une des dynamiques les plus à mêmes d’affiner l’action sociale et de répondre
mieux encore aux besoins et demandes des personnes primo-arrivantes.
Les acteurs de cette enquête ont ainsi relevé deux principaux intérêts au développement
de la mutualisation des pratiques sur le champ de l’accueil des primo-arrivants :
1) Le partage des outils d’action (méthodologies, ressources, données, outils de média-
tion, expériences-bilans, etc.) ;
2)La mise en place de temps collectifs (formations, colloques, journées interprofession-
nelles, temps de sensibilisation, etc.).
En outre, les trois volets linguistique, éducatif et culturel auxquels s’est attachée cette
enquête ne sont que l’un des pans de l’accueil des primo-arrivants. De ce point de vue, la
mise en réseau qu’implique toute action de mutualisation permettrait aussi de dresser
des ponts avec les autres facettes de l’accueil — accès au droit, aide administrative, santé,
logement, emploi, etc.
En somme, les acteurs de cette enquête considèrent collectivement que c’est en dévelop-
pant des logiques de mutualisation qu’il sera tout à la fois possible de lutter contre le
morcellement du champ social et d’améliorer l’accès à l’autonomie des personnes pri-
mo-arrivantes.
- 146 -
(Crédits : Brahim Chanchabi/AIDDA)
- 147 -
(Crédits : Pascale Jausserand/AIDDA)
- 148 -
5/INDEX
- 149 -
STRUCTURES PARTICIPANTES
ACM Formation A.C.M. Formation est une association loi 1901 enraci-
1 Place Choiseul, née dans le quartier d’Orléans la Source depuis 24 ans.
45100 Orléans Organisme de formation, inscrit dans la dynamique
02 38 63 97 17 de développement de territoire, à l’échelle du dépar-
[Link]@[Link] tement, il œuvre pour le renforcement des capacités
sociales et professionnelles des publics.
ACT (Approches Cultrues & ACT a pour objet d’apporter outils, connaissances et
Territoires) expertises aux acteurs de l’éducation, de la culture,
98, rue de l’Évêché du travail social et plus largement à l’ensemble des
13002 Marseille citoyens concernés sur le territoire régional, par les
[Link].88 problématiques de diversité culturelle, d’ethnicité et
direction@[Link] de discrimination.
- 150 -
AFESCAM AFESCAM (Association des Femmes Solidaires du Ca-
43 rue Léo Ferré meroun) Association à but non lucratif, crée le 9 Août
93380 Pierrefitte 2009 Basée à Pierrefitte sur Seine (43, rue Léo Ferré
01 48 26 67 19 -93380). Ses objectifs sont l’aide à l’intégration des per-
afescam@[Link] sonnes migrantes, le soutien aux familles monoparen-
tales et fragilisées, ainsi que des actions de solidarité
internationale.
- 151 -
ASSFAM (Rhône-Alpes) Service social spécialisé destiné à faciliter l’intégra-
2, rue Gaston Monmousseau tion des migrants et contribuer à leur insertion dans
69200 Vénissieux la société française, ses actions s’adressent aux nou-
04 78 27 17 32 veaux arrivés en France, et aux personnes immigrées
[Link]@[Link] ou d’origine étrangère en difficulté d’insertion sociale
et professionnelle.
Attention Chantier La Radio des Foyers est née de la rencontre entre ré-
95 rue de Ménilmontant sidents des foyers de travailleurs migrants africains
75020 PARIS et bénévoles de l’association Attention Chantier (qui
06 20 01 71 68 porte le festival de cinéma des foyers depuis 5 ans).
infos@[Link] Celle-ci émet sur son site web dédié une fois par mois
pendant trois heures.
- 152 -
CREFE73 Le CREFE, Centre Ressource Enfance Famille Ecole, in-
259 place René Vair tervient en appui aux acteurs, professionnels ou béné-
73031 CHAMBERY voles, investis dans des actions d’accompagnement à
04 79 72 31 73 la scolarité, dans les domaines de la petite enfance et
crefe@[Link] de l’accompagnement des parents. Il a pour mission de
faciliter l’intégration dans les lieux de socialisation,
d’éveil, d’éducation et de soin.
- 153 -
Ethnologues en herbe Basée à Paris depuis 2000, l’association « Ethnologues
10 Rue des Gardes en herbe » anime des ateliers d’ethnologie contempo-
75018 Paris raine. Leur but premier est d’enrichir les pratiques pé-
06 12 46 52 94 dagogiques dans tout établissement accueillant régu-
[Link]@ethnolo- lièrement des jeunes grâce aux méthodes et ressources
[Link] de l’ethnologie contemporaine et en particulier les
techniques de l’enquête ethnographique.
- 154 -
L’Île Aux Langues (LIAL) L’Île Aux langues est une association créée en 2011 par
19/23 rue Emile Duployé des professeurs diplômés de Français Langue Étran-
75018 PARIS gère. Par le biais de la transmission de la langue, elle
09 84 10 60 66 a pour but de favoriser l’intégration des migrants à la
lcarpentier@[Link] société française et la mixité sociale. Elle est spéciali-
sée dans l’alphabétisation et la préparation aux exa-
mens DILF, DELF.
- 155 -
Programme AlphaB Depuis 2000, le Programme AlphaB d’Espace Bénévo-
130 rue des Poissonniers lat a pour mission d’accompagner les intervenants en
75018 Paris accompagnement scolaire et formation de base pour
01 42 64 97 36 adultes, en leur proposant des ressources : conseils,
programmealphab@espacebe- formations, rencontres, guides pratiques, etc. Ils ont
[Link] notamment édité, en 2011, un Guide du Bénévole pour
l’Alphabétisation.
- 156 -
(Crédits : Brahim Chanchabi/AIDDA)
- 157 -
ACCUEIL DES PRIMO-ARRIVANTS
EXPERIENCES ASSOCIATIVES DE MEDIATION
LINGUISTIQUE, EDUCATIVE ET CULTURELLE
Tout étranger souhaitant s’installer sur un nouveau territoire doit faire face
à une double difficulté : gérer son changement de vie (de lieu, de mode, de
statut) et trouver sa place dans un nouvel environnement. Pour ce faire, de
nombreuses structures associatives sont à même d’épauler ces « primo-arri-
vants » dans la mobilisation des ressources nécessaires pour tisser des liens
avec la société d’accueil.
- 158 -