Heb 12
Heb 12
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Les anges ne sont-ils pas tous des esprits au service de Dieu, envoyés pour
apporter de l’aide à ceux qui vont hériter du salut ?
C’est pourquoi nous devons d’autant plus nous attacher au message que nous
avons entendu, de peur d’être entraînés à notre perte. En effet, puisque la parole
annoncée par l’intermédiaire des anges a été confirmée et que toute transgression
et toute désobéissance ont reçu une juste sanction, comment échapperons-nous
si nous négligeons un si grand salut ? Ce salut, annoncé d’abord par le Seigneur,
nous a été confirmé par ceux qui l’ont entendu. Dieu a appuyé leur témoignage
par des signes, des prodiges et divers miracles, ainsi que par les dons du Saint-
Esprit distribués conformément à sa volonté.
En effet, ce n’est pas à l’autorité d’anges que Dieu a soumis le monde à venir
dont nous parlons. Quelqu’un a d’ailleurs rendu quelque part ce témoignage :
Qu’est-ce que l’homme,
pour que tu te souviennes de lui,
ou le fils de l’homme,
pour que tu prennes soin de lui ?
Tu l’as abaissé pour un peu de temps au-dessous des anges,
tu l’as couronné de gloire et d’honneur
[et tu lui as donné la domination sur ce que tes mains ont fait],
tu as tout mis sous ses pieds.
En effet, en lui soumettant toute chose, Dieu n’a rien laissé qui échappe à
son autorité. Maintenant pourtant, nous ne voyons pas encore que tout lui soit
soumis. Toutefois, celui qui a été abaissé pour un peu de temps au-dessous des anges,
Jésus, nous le voyons couronné de gloire et d’honneur à cause de la mort qu’il a
soufferte. Ainsi, par la grâce de Dieu, il a connu la mort pour tout être humain.
En effet, celui pour qui et par qui toute chose existe voulait conduire à la
gloire beaucoup de fils ; il lui convenait donc de qualifier parfaitement par des
souffrances l’auteur de leur salut. De fait, celui qui procure la sainteté et ceux
qui en bénéficient ont tous une seule et même origine, c’est pourquoi il n’a pas
honte de les appeler ses frères lorsqu’il dit :
J’annoncerai ton nom à mes frères,
je te célébrerai au milieu de l’assemblée.
Et encore : Je me confierai en lui. Et enfin : Me voici, moi et les enfants que Dieu
m’a donnés.
Puisque ces enfants ont en commun la condition humaine, lui-même l’a aussi
partagée, de façon similaire. Ainsi, par sa mort, il a pu rendre impuissant celui
qui exerçait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable, et libérer tous ceux que la
peur de la mort retenait leur vie durant dans l’esclavage. En effet, assurément, ce
n’est pas à des anges qu’il vient en aide, mais bien à la descendance d’Abraham.
Par conséquent, il devait devenir semblable en tout à ses frères afin d’être un
grand-prêtre rempli de compassion et fidèle dans le service de Dieu pour faire
l’expiation des péchés du peuple. En effet, comme il a souffert lui-même lorsqu’il
a été tenté, il peut secourir ceux qui sont tentés.
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Ainsi donc, frères et sœurs saints, vous qui avez part à l’appel céleste, portez
vos pensées sur l’apôtre et le grand-prêtre de la foi que nous professons, Jésus[-
Christ]. Il est resté fidèle à celui qui l’a établi tout comme Moïse l’a été dans
[toute] sa maison.
En effet, il a été jugé digne d’une gloire supérieure à celle de Moïse, dans la
mesure où celui qui a construit une maison reçoit plus d’honneur que la maison
elle-même. Toute maison est construite par quelqu’un, mais celui qui a construit
toute chose, c’est Dieu. Moïse a été fidèle dans toute la maison de Dieu comme
serviteur, pour témoigner de ce qui allait être dit, mais Christ l’est comme Fils
à la tête de sa maison. Or sa maison, c’est nous, pourvu que nous retenions
[fermement jusqu’à la fin] la confiance et l’espérance dont nous tirons notre
fierté.
C’est pourquoi, comme le dit le Saint-Esprit,
aujourd’hui, si vous entendez sa voix,
n’endurcissez pas votre cœur comme lors de la révolte,
comme le jour de la tentation dans le désert :
là, vos ancêtres m’ont provoqué,
ils m’ont mis à l’épreuve
et ils m’ont vu agir pendant 40 ans.
C’est pourquoi j’ai été irrité contre cette génération
et j’ai dit : ‘Ils ont toujours un cœur qui s’égare,
ils n’ont pas connu mes voies.’
Aussi, j’ai juré dans ma colère :
‘Ils n’entreront pas dans mon repos !’
Faites attention, frères et sœurs : qu’aucun de vous n’ait un cœur mauvais et
incrédule qui le détourne du Dieu vivant. Au contraire, encouragez-vous les uns
les autres chaque jour, aussi longtemps qu’on peut dire : « Aujourd’hui », afin
qu’aucun de vous ne s’endurcisse, trompé par le péché. En effet, nous sommes de-
venus les compagnons de Christ, pourvu que nous retenions fermement jusqu’à
la fin notre position première, aussi longtemps qu’il est dit :
Aujourd’hui, si vous entendez sa voix,
n’endurcissez pas votre cœur comme lors de la révolte.
Qui s’est en effet révolté après avoir entendu ? N’est-ce pas tous ceux qui
étaient sortis d’Égypte sous la conduite de Moïse ? Contre qui Dieu a-t-il été
irrité pendant 40 ans ? N’est-ce pas contre ceux qui avaient péché et dont les
cadavres sont tombés dans le désert ? Et à qui a-t-il juré qu’ils n’entreraient pas
dans son repos, sinon à ceux qui avaient désobéi ? Ainsi nous voyons qu’ils n’ont
pas pu y entrer à cause de leur incrédulité.
Redoutons donc, alors que la promesse d’entrer dans son repos reste valable,
que l’un de vous ne semble être resté en arrière. En effet, cette bonne nouvelle
nous a été annoncée aussi bien qu’à eux, mais la parole qu’ils ont entendue ne
leur a servi à rien parce qu’ils n’étaient pas unis dans la foi à ceux qui ont écouté.
Quant à nous qui avons cru, nous entrons dans le repos, dans la mesure où
Dieu a dit :
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J’ai juré dans ma colère :
‘Ils n’entreront pas dans mon repos !’
Pourtant, son travail était terminé depuis la création du monde. En effet,
il a parlé quelque part ainsi au sujet du septième jour : Et Dieu se reposa de
toute son activité le septième jour. Et dans ce passage il dit encore : Ils n’entreront
pas dans mon repos ! Ainsi, certains ont encore la possibilité d’y entrer, et les
premiers à recevoir cette bonne nouvelle n’ont pas accédé au repos à cause de
leur désobéissance. C’est pourquoi Dieu fixe de nouveau un jour – aujourd’hui –
en disant bien longtemps après par David cette parole déjà citée :
Aujourd’hui, si vous entendez sa voix,
n’endurcissez pas votre cœur.
Si Josué leur avait effectivement donné le repos, Dieu ne parlerait pas après
cela d’un autre jour. Il reste donc un repos de sabbat pour le peuple de Dieu.
En effet, celui qui entre dans le repos de Dieu se repose lui aussi de son activité,
tout comme Dieu s’est reposé de la sienne.
Empressons-nous donc d’entrer dans ce repos afin que personne ne tombe
en donnant le même exemple de désobéissance. En effet, la parole de Dieu est
vivante et efficace, plus tranchante que toute épée à deux tranchants, pénétrante
jusqu’à séparer âme et esprit, jointures et moelles ; elle juge les sentiments et
les pensées du cœur. Aucune créature n’est cachée devant lui : tout est nu et
découvert aux yeux de celui à qui nous devons rendre compte.
Ainsi, puisque nous avons un souverain grand-prêtre qui a traversé le ciel,
Jésus, le Fils de Dieu, restons fermement attachés à la foi que nous professons. En
effet, nous n’avons pas un grand-prêtre incapable de compatir à nos faiblesses ;
au contraire, il a été tenté en tout point comme nous, mais sans commettre de
péché. Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce afin d’obtenir
compassion et de trouver grâce pour être secourus au moment opportun.
En effet, tout grand-prêtre pris parmi les hommes est établi en faveur des
hommes dans le service de Dieu afin de présenter des offrandes et des sacrifices
pour les péchés. Il peut avoir de la compréhension pour les personnes ignorantes
et égarées, puisqu’il est lui-même aussi sujet à la faiblesse. C’est d’ailleurs à
cause de cette faiblesse qu’il doit offrir des sacrifices pour ses propres péchés
aussi bien que pour ceux du peuple.
Personne ne peut s’attribuer l’honneur de cette charge à moins d’être appelé
par Dieu comme l’a été Aaron. Christ non plus ne s’est pas attribué la gloire de
devenir grand-prêtre, il la tient de celui qui lui a dit :
Tu es mon Fils,
je t’ai engendré aujourd’hui !
Il dit aussi ailleurs :
Tu es prêtre pour toujours à la manière de Melchisédek.
Pendant sa vie terrestre, Christ a présenté avec de grands cris et avec larmes
des prières et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort, et il a
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été exaucé à cause de sa piété. Ainsi, bien qu’étant Fils, il a appris l’obéissance
par ce qu’il a souffert. Et parfaitement qualifié, il est devenu pour tous ceux qui
lui obéissent l’auteur d’un salut éternel, car Dieu l’a déclaré grand-prêtre à la
manière de Melchisédek.
Nous avons beaucoup à dire à ce sujet, et des choses difficiles à expliquer parce
que vous êtes devenus lents à comprendre. Alors que vous devriez avec le temps
être des enseignants, vous en êtes au point d’avoir besoin qu’on vous enseigne les
éléments de base de la révélation de Dieu ; vous en êtes arrivés à avoir besoin de
lait et non d’une nourriture solide. Or celui qui en est au lait est inexpérimenté
dans la parole de justice, car il est un petit enfant. Mais la nourriture solide est
pour les adultes, pour ceux qui, en raison de leur expérience, ont le jugement
exercé à discerner ce qui est bien et ce qui est mal.
C’est pourquoi, laissant les bases de l’enseignement relatif au Messie, tendons
vers la maturité sans avoir à reposer le fondement du renoncement aux œuvres
mortes, de la foi en Dieu, de l’enseignement concernant les baptêmes et l’imposi-
tion des mains, de la résurrection des morts et du jugement éternel. C’est ce que
nous ferons, si Dieu le permet.
En effet, ceux qui ont été une fois éclairés, qui ont goûté au don céleste, qui ont
eu part au Saint-Esprit, qui ont goûté à la bonne parole de Dieu et aux puissances
du monde à venir, et qui pourtant sont tombés, il est impossible de les amener
une nouvelle fois à changer d’attitude, puisqu’ils crucifient de nouveau pour
eux-mêmes le Fils de Dieu et le déshonorent publiquement. Lorsqu’une terre
arrosée de pluies fréquentes produit des plantes utiles à ceux pour qui elle est
cultivée, elle reçoit de Dieu sa part de bénédiction. Mais si elle produit des ronces
et des chardons, elle est jugée sans valeur, bien près d’être maudite, et on finit
par y mettre le feu.
Même si nous parlons ainsi, bien-aimés, nous sommes convaincus qu’en ce
qui vous concerne vous avez la meilleure part, celle qui est favorable au salut.
En effet, Dieu n’est pas injuste pour oublier votre œuvre et [le travail de] votre
amour. Vous avez démontré votre amour pour son nom par les services que vous
avez rendus et que vous rendez encore aux saints, et nous désirons que chacun
de vous fasse preuve du même zèle pour conserver jusqu’à la fin une pleine
espérance. Ainsi vous ne vous relâcherez pas, mais vous imiterez ceux qui, par
la foi et la patience, reçoivent l’héritage promis.
Lorsque Dieu a fait la promesse à Abraham, comme il ne pouvait pas prêter
serment par plus grand que lui, il a juré par lui-même en disant : Certainement,
je te comblerai de bénédictions et je multiplierai ta descendance. C’est ainsi qu’après
une attente patiente Abraham a obtenu ce qui lui avait été promis.
Or, les hommes jurent par plus grand qu’eux et le serment est une garantie
qui met fin à toute contestation. C’est pourquoi Dieu, voulant montrer plus
clairement encore aux héritiers de la promesse le caractère irrévocable de sa
décision, est intervenu par un serment. Ainsi, par deux actes irrévocables dans
lesquels il est impossible que Dieu mente, nous sommes puissamment encoura-
gés, nous dont le seul refuge a été de saisir l’espérance qui nous était proposée.
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Cette espérance, nous la possédons comme une ancre solide et sûre de l’âme ;
elle pénètre derrière le voile, là où Jésus, établi grand-prêtre pour toujours à la
manière de Melchisédek, est entré pour nous en précurseur.
Ce Melchisédek était roi de Salem et prêtre du Dieu très-haut. Il est allé à la
rencontre d’Abraham alors que celui-ci revenait de la défaite infligée aux rois ;
il l’a béni et Abraham lui a donné la dîme de tout. D’après la signification de
son nom, Melchisédek est d’abord roi de justice ; ensuite il est roi de Salem,
c’est-à-dire roi de paix. On ne lui connaît ni père ni mère, ni généalogie, ni
commencement de jours ni fin de vie, mais, rendu semblable au Fils de Dieu, il
reste prêtre pour toujours.
Remarquez quelle est la grandeur de ce personnage, puisque le patriarche
Abraham lui a donné [même] le dixième de son butin. D’après la loi, ceux
des descendants de Lévi qui remplissent la fonction de prêtre ont l’ordre de
prélever la dîme sur le peuple, c’est-à-dire sur leurs frères, qui sont pourtant issus
d’Abraham. Mais Melchisédek, bien que ne figurant pas dans leur généalogie,
a prélevé la dîme sur Abraham, et il a béni celui qui avait les promesses. Or,
indiscutablement, c’est l’inférieur qui est béni par le supérieur.
De plus, dans le cas des descendants de Lévi, ceux qui perçoivent la dîme sont
des hommes mortels, tandis que dans le cas de Melchisédek, c’est quelqu’un
dont on atteste qu’il est vivant. En outre Lévi, qui perçoit la dîme, l’a pour ainsi
dire aussi payée par l’intermédiaire d’Abraham. Il était en effet encore dans les
reins de son ancêtre lorsque Melchisédek est allé à la rencontre d’Abraham.
Si donc la perfection avait été possible à travers le ministère des prêtres
lévitiques – car c’est bien sur lui que repose la loi donnée au peuple – était-il
encore nécessaire que surgisse un autre prêtre, établi à la manière de Melchisédek,
et qu’il soit présenté comme n’étant pas établi à la manière d’Aaron ? Puisque
le ministère de prêtre a été changé, il y a nécessairement aussi un changement
de loi. En effet, celui que visent les passages cités appartient à une autre tribu,
dont aucun membre n’a fait le service de l’autel. De fait, il est parfaitement clair
que notre Seigneur est issu de Juda, tribu dont Moïse n’a absolument pas parlé
concernant la fonction de prêtre.
C’est plus évident encore quand cet autre prêtre qui surgit est semblable à
Melchisédek, établi non d’après un principe de filiation prescrit par la loi, mais
d’après la puissance d’une vie impérissable. De fait, ce témoignage lui est rendu :
Tu es prêtre pour toujours à la manière de Melchisédek. Il y a ainsi abolition de
la règle précédente à cause de son impuissance et de son inutilité, puisque la
loi n’a rien amené à la perfection. Mais par ailleurs, il y a l’introduction d’une
meilleure espérance, par laquelle nous nous approchons de Dieu.
Cela ne s’est pas fait sans prestation de serment. En effet, si les Lévites sont
devenus prêtres sans qu’un serment soit prêté, Jésus l’est devenu à travers le
serment prêté par Dieu qui lui a dit :
Le Seigneur l’a juré, et il ne se rétractera pas :
‘Tu es prêtre pour toujours [à la manière de Melchisédek].’
C’est pour cela que Jésus est le garant d’une bien meilleure alliance.
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De plus, il y a eu des prêtres lévitiques en assez grand nombre, parce que la
mort les empêchait de rester en fonction ; mais lui, parce qu’il demeure éternel-
lement, possède la fonction de prêtre qui ne se transmet pas. Par conséquent,
il peut aussi sauver parfaitement ceux qui s’approchent de Dieu à travers lui,
puisqu’il est toujours vivant pour intercéder en leur faveur.
C’est bien un tel grand-prêtre qu’il nous fallait : saint, irréprochable, sans
souillure, séparé des pécheurs et plus élevé que le ciel. Il n’a pas besoin comme
les autres grands-prêtres d’offrir chaque jour des sacrifices, d’abord pour ses
propres péchés, ensuite pour ceux du peuple, car il a accompli ce service une
fois pour toutes en s’offrant lui-même en sacrifice. En effet, la loi établit comme
grands-prêtres des hommes sujets à la faiblesse, tandis que la parole du serment
prononcé après l’instauration de la loi établit le Fils, qui est parfait pour l’éternité.
Le point capital de ce qui vient d’être dit, c’est que nous avons bien un tel
grand-prêtre, qui s’est assis à la droite du trône de la majesté divine dans le ciel
et accomplit son service dans le sanctuaire, dans le véritable tabernacle, celui
qui a été dressé par le Seigneur et non par un être humain.
Tout grand-prêtre est établi pour présenter des offrandes et des sacrifices ;
il est donc nécessaire que Jésus lui aussi ait quelque chose à présenter. Certes,
s’il était sur la terre, il ne serait même pas prêtre, car là se trouvent les prêtres
qui présentent les offrandes conformément à la loi. Or, ils célèbrent un culte
qui n’est que la copie et l’ombre des réalités célestes. Moïse en avait été averti
alors qu’il allait construire le tabernacle : Regarde, lui dit en effet le Seigneur, et
fais tout d’après le modèle qui t’a été montré sur la montagne. Mais en réalité, Jésus
possède un service bien supérieur, et ce d’autant plus qu’il est le médiateur d’une
meilleure alliance, fondée sur de meilleures promesses.
En effet, si la première alliance avait été irréprochable, il n’aurait pas été
question de la remplacer par une seconde. De fait, c’est bien comme un reproche
que le Seigneur dit à son peuple : Voici que les jours viennent, dit le Seigneur, où
je conclurai avec la communauté d’Israël et la communauté de Juda une alliance
nouvelle. Elle ne sera pas comme l’alliance que j’ai conclue avec leurs ancêtres le
jour où je les ai pris par la main pour les faire sortir d’Égypte. Comme ils n’ont
pas persévéré dans mon alliance, moi non plus je ne me suis pas soucié d’eux, dit le
Seigneur. Mais voici l’alliance que je ferai avec la communauté d’Israël après ces jours-
là, dit le Seigneur : je mettrai mes lois dans leur esprit, je les écrirai dans leur cœur, je
serai leur Dieu et ils seront mon peuple. Personne n’enseignera plus son concitoyen ni
son frère en disant : ‘Tu dois connaître le Seigneur !’ car tous me connaîtront, depuis
le plus petit jusqu’au plus grand d’entre eux. En effet, je pardonnerai leurs injustices
et je ne me souviendrai plus de leurs péchés [ni de leurs fautes].
En parlant d’une alliance nouvelle, le Seigneur a déclaré ancienne la première.
Or ce qui est ancien, ce qui a vieilli, est près de disparaître.
La première alliance avait donc des règles relatives au culte et un sanctuaire
terrestre. En effet, un tabernacle avait été édifié. La première partie de cette tente,
appelée le lieu saint, abritait le chandelier, la table et les pains consacrés. Derrière
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le second voile se trouvait la partie du tabernacle appelée le lieu très saint ;
elle abritait l’encensoir en or pour les parfums ainsi que l’arche de l’alliance,
entièrement recouverte d’or. Ce coffre contenait un vase d’or rempli de manne, le
bâton d’Aaron qui avait fleuri et les tables de l’alliance. Au-dessus de l’arche se
trouvaient les glorieux chérubins qui couvraient le propitiatoire de leur ombre.
Ce n’est pas le moment de parler en détail là-dessus.
L’ensemble étant ainsi disposé, les prêtres qui font le service entrent en tout
temps dans la première partie du tabernacle. Mais dans la seconde, seul le grand-
prêtre entre, et ce une fois par an, non sans y apporter du sang qu’il offre pour
lui-même et pour les péchés du peuple. Le Saint-Esprit montrait par là que
le chemin du lieu très saint n’était pas révélé tant que le premier tabernacle
était dressé. C’est une illustration pour le temps présent ; elle signifie que les
dons et les sacrifices présentés ne peuvent pas rendre parfait, sur le plan de
la conscience, celui qui prend part à ce culte. Avec les aliments, les boissons,
les diverses ablutions et les règles relatives au corps, c’étaient des prescriptions
imposées seulement jusqu’à une époque de réforme.
Quant à Christ, il est venu comme grand-prêtre des biens à venir. Il a traversé
le tabernacle plus grand et plus parfait qui n’est pas construit par la main de
l’homme – c’est-à-dire qui n’appartient pas à cette création – et il est entré une
fois pour toutes dans le lieu très saint, non pas avec le sang de boucs et de jeunes
taureaux, mais avec son propre sang. Il nous a ainsi obtenu un rachat éternel. En
effet, le sang des boucs et des taureaux ainsi que la cendre d’une vache, dont on
asperge ceux qui sont souillés, les rendent saints en leur procurant une pureté
rituelle. Si tel est le cas, le sang de Christ, qui s’est offert lui-même à Dieu par
l’Esprit éternel comme une victime sans défaut, purifiera d’autant plus votre
conscience des œuvres mortes afin que vous serviez le Dieu vivant !
Voici pourquoi il est le médiateur d’une alliance nouvelle : sa mort est interve-
nue pour le rachat des transgressions commises sous la première alliance afin
que ceux qui ont été appelés reçoivent l’héritage éternel promis. En effet, là où
il y a un testament, il est nécessaire que la mort du testateur soit constatée. Un
testament n’entre en vigueur qu’en cas de décès, puisqu’il n’a aucun effet tant que
le testateur vit. C’est pourquoi, même la première alliance a été inaugurée avec
du sang. Après avoir prononcé devant le peuple entier tous les commandements
conformément à la loi, Moïse a pris le sang des jeunes taureaux et des boucs ainsi
que de l’eau, de la laine écarlate et de l’hysope, et il a aspergé le livre lui-même
et tout le peuple en disant : Voici le sang de l’alliance que Dieu a prescrite pour
vous. Il a aussi aspergé avec le sang le tabernacle et tous les ustensiles du culte.
Or, d’après la loi, presque tout est purifié avec du sang et, s’il n’y a pas de sang
versé, il n’y a pas de pardon.
S’il était nécessaire de purifier de cette manière ce qui n’était que l’image des
réalités célestes, il fallait que les réalités célestes elles-mêmes soient purifiées par
des sacrifices meilleurs encore que ceux-là. En effet, Christ n’est pas entré dans
un sanctuaire fait par la main de l’homme, dans une simple copie du véritable,
mais il est entré dans le ciel même afin de se présenter maintenant pour nous
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devant Dieu. Et ce n’est pas pour s’offrir lui-même plusieurs fois qu’il y est entré,
comme le grand-prêtre qui entre chaque année dans le sanctuaire pour offrir un
autre sang que le sien ; si tel avait été le cas, il aurait dû souffrir plusieurs fois
depuis la création du monde. Mais maintenant, à la fin des temps, il s’est révélé
une seule fois pour abolir le péché par son sacrifice.
Il est réservé aux êtres humains de mourir une seule fois, après quoi vient le
jugement. De même, Christ s’est offert une seule fois pour porter les péchés de
beaucoup d’hommes, puis il apparaîtra une seconde fois, sans rapport avec le
péché, à ceux qui l’attendent pour leur salut.
La loi, en effet, possède une ombre des biens à venir, et non l’exacte repré-
sentation de la réalité ; elle ne peut jamais, par l’offrande annuelle et toujours
répétée des mêmes sacrifices, conduire à la perfection ceux qui y participent.
Sinon, n’aurait-on pas cessé de les offrir ? Ceux qui rendent ce culte, purifiés une
fois pour toutes, n’auraient en effet plus du tout conscience de leurs péchés. Mais
en réalité, le souvenir des péchés est rappelé chaque année par ces sacrifices, car
il est impossible que le sang de taureaux et de boucs enlève les péchés.
C’est pourquoi, en entrant dans le monde, Christ dit :
Tu n’as voulu ni sacrifices ni offrandes,
mais tu m’as formé un corps ;
tu n’as accepté ni holocaustes ni sacrifices pour le péché,
alors j’ai dit : ‘Me voici, je viens
– dans le rouleau du livre il est écrit à mon sujet –
pour faire, ô Dieu, ta volonté.’
Il a d’abord dit : Tu n’as voulu et tu n’as accepté ni sacrifices ni offrandes, ni
holocaustes ni sacrifices pour le péché – qui sont pourtant offerts conformément
à la loi – et ensuite il a déclaré : Me voici, je viens, [ô Dieu,] pour faire ta volonté.
Il abolit ainsi le premier culte pour établir le second. Et c’est en raison de cette
volonté que nous avons été rendus saints par l’offrande du corps de Jésus-Christ
une fois pour toutes.
Tout prêtre se tient chaque jour debout pour faire le service et offrir fréquem-
ment les mêmes sacrifices, qui ne peuvent jamais enlever les péchés, tandis
que Christ, après avoir offert un seul sacrifice pour les péchés, s’est assis pour
toujours à la droite de Dieu. Il attend désormais que ses ennemis soient réduits
à lui servir de marchepied. En effet, par une seule offrande il a conduit à la
perfection pour toujours ceux qu’il rend saints. C’est ce que le Saint-Esprit nous
atteste aussi, car après avoir dit : Voici l’alliance que je ferai avec eux après ces
jours-là, dit le Seigneur : je mettrai mes lois dans leur cœur et je les écrirai dans leur
esprit, il ajoute : Je ne me souviendrai plus de leurs péchés ni de leurs fautes.
Or là où il y a pardon des péchés, il n’y a plus à présenter d’offrande pour le
péché.
Ainsi, frères et sœurs, nous avons par le sang de Jésus l’assurance d’un libre
accès au sanctuaire. Cette route nouvelle et vivante, il l’a inaugurée pour nous
au travers du voile, c’est-à-dire de son propre corps. De plus, nous avons un
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souverain prêtre établi sur la maison de Dieu. Approchons-nous donc avec un
cœur sincère, une foi inébranlable, le cœur purifié d’une mauvaise conscience et
le corps lavé d’une eau pure.
Retenons fermement l’espérance que nous proclamons, car celui qui a fait la
promesse est fidèle. Veillons les uns sur les autres pour nous inciter à l’amour et
à de belles œuvres. N’abandonnons pas notre assemblée, comme certains en ont
l’habitude, mais encourageons-nous mutuellement. Faites cela d’autant plus que
vous voyez s’approcher le jour.
En effet, si nous péchons volontairement après avoir reçu la connaissance de
la vérité, il ne reste plus de sacrifice pour les péchés, mais une terrible attente
du jugement et l’ardeur du feu qui dévorera les adversaires de Dieu. Celui qui a
violé la loi de Moïse est mis à mort sans pitié, sur la déposition de deux ou de
trois témoins. Quelle peine bien plus sévère méritera-t-il donc, à votre avis, celui
qui aura foulé aux pieds le Fils de Dieu, qui aura jugé sans valeur le sang de
l’alliance grâce auquel il a été déclaré saint et aura insulté l’Esprit de la grâce ?
Nous connaissons en effet celui qui a dit : C’est à moi qu’appartient la vengeance,
c’est moi qui donnerai à chacun ce qu’il mérite ! Il a ajouté : Le Seigneur jugera
son peuple. Oui, c’est une chose terrible que de tomber entre les mains du Dieu
vivant.
Souvenez-vous des premiers jours : après avoir été éclairés, vous avez supporté
un grand et douloureux combat. Tantôt vous étiez publiquement exposés aux
injures et aux persécutions, tantôt vous vous montriez solidaires de ceux qui
se trouvaient dans la même situation. En effet, vous avez eu de la compassion
pour moi dans ma prison et vous avez accepté avec joie qu’on prenne vos biens,
sachant que vous aviez [au ciel] des richesses meilleures et qui durent toujours.
N’abandonnez donc pas votre assurance, qui est porteuse d’une grande récom-
pense. Oui, vous avez besoin de persévérance pour accomplir la volonté de Dieu
et obtenir ainsi ce qui vous est promis. Encore bien peu, bien peu de temps,
et celui qui doit venir viendra,
il ne tardera pas.
Et le juste vivra par la foi ;
mais s’il revient en arrière,
je ne prends pas plaisir en lui.
Quant à nous, nous ne faisons pas partie de ceux qui reviennent en arrière
pour leur perte, mais de ceux qui ont la foi pour le salut de leur âme. Or la
foi, c’est la ferme assurance des choses qu’on espère, la démonstration de celles
qu’on ne voit pas. C’est à cause d’elle que les anciens ont reçu un témoignage
favorable.
Par la foi, nous comprenons que l’univers a été formé par la parole de Dieu,
de sorte que le monde visible n’a pas été fait à partir des choses visibles.
C’est par la foi qu’Abel a offert à Dieu un sacrifice plus grand que celui de
Caïn ; c’est grâce à elle qu’il a été déclaré juste, car Dieu approuvait ses offrandes,
et c’est par elle qu’il parle encore bien qu’étant mort.
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C’est à cause de sa foi qu’Hénoc a été enlevé pour échapper à la mort, et on
ne l’a plus retrouvé parce que Dieu l’avait enlevé. Avant d’être enlevé, il avait
en effet reçu le témoignage qu’il était agréable à Dieu. Or, sans la foi, il est
impossible d’être agréable à Dieu, car il faut que celui qui s’approche de lui croie
que Dieu existe et qu’il récompense ceux qui le cherchent.
C’est par la foi que Noé, averti des événements que l’on ne voyait pas encore et
rempli d’une crainte respectueuse, a construit une arche pour sauver sa famille.
C’est par elle qu’il a condamné le monde et est devenu héritier de la justice qui
s’obtient par la foi.
C’est par la foi qu’Abraham a obéi lorsque Dieu l’a appelé et qu’il est parti
pour le pays qu’il devait recevoir en héritage. Et il est parti sans savoir où il
allait.
C’est par la foi qu’il est venu s’installer dans le pays promis comme dans un
pays étranger. Il y a habité sous des tentes, ainsi qu’Isaac et Jacob, les cohéritiers
de la même promesse, car il attendait la cité qui a de solides fondations, celle
dont Dieu est l’architecte et le constructeur.
C’est aussi par la foi que Sara elle-même a été rendue capable d’avoir une
descendance. Malgré son âge avancé, elle a donné naissance à un enfant parce
qu’elle a cru à la fidélité de celui qui avait fait la promesse. C’est pourquoi d’un
seul homme, pourtant déjà marqué par la mort, est née une descendance aussi
nombreuse que les étoiles du ciel, pareille au sable qui est au bord de la mer et qu’on
ne peut compter.
C’est dans la foi qu’ils sont tous morts, sans avoir reçu les biens promis, mais
ils les ont vus et salués de loin, et ils ont reconnu qu’ils étaient étrangers et
voyageurs sur la terre. Ceux qui parlent ainsi montrent qu’ils cherchent une
patrie. S’ils avaient eu la nostalgie de celle qu’ils avaient quittée, ils auraient
eu le temps d’y retourner. Mais en réalité, ils désirent une meilleure patrie,
c’est-à-dire la patrie céleste. C’est pourquoi Dieu n’a pas honte d’être appelé leur
Dieu, car il leur a préparé une cité.
C’est par la foi qu’Abraham a offert Isaac lorsqu’il a été mis à l’épreuve. Oui, il
a offert son fils unique en sacrifice, bien qu’il ait reçu les promesses et que Dieu
lui ait dit : C’est par Isaac qu’une descendance te sera assurée. Il pensait que Dieu
était capable même de le ressusciter des morts. C’est pourquoi il a retrouvé son
fils par une sorte de résurrection.
C’est par la foi qu’Isaac a béni Jacob et Ésaü en vue de l’avenir.
C’est par la foi que Jacob, au moment de sa mort, a béni chacun des fils de
Joseph et s’est prosterné, appuyé sur l’extrémité de son bâton.
C’est par la foi que Joseph, à la fin de sa vie, a fait mention de la sortie d’Égypte
des Israélites et a donné des ordres au sujet de ses ossements.
C’est par la foi que Moïse, à sa naissance, a été caché pendant trois mois par
ses parents. Ils avaient en effet vu que l’enfant était beau, et ils n’ont pas eu peur
de l’ordre du roi.
C’est par la foi que Moïse, devenu grand, a refusé d’être appelé fils de la fille
du pharaon. Il préférait être maltraité avec le peuple de Dieu plutôt que d’avoir
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momentanément la jouissance du péché. Il considérait l’humiliation attachée au
Messie comme une richesse plus grande que les trésors de l’Égypte, car il avait
le regard fixé sur la récompense à venir.
C’est par la foi qu’il a quitté l’Égypte sans craindre la colère du roi, car il s’est
montré déterminé, comme s’il voyait celui qui est invisible.
C’est par la foi qu’il a célébré la Pâque et versé du sang afin que le destructeur
ne touche pas aux premiers-nés des Israélites.
C’est par la foi qu’ils ont traversé la mer Rouge comme un terrain sec, tandis
que les Égyptiens ont été engloutis lorsqu’ils ont tenté de passer.
C’est par la foi que les murailles de Jéricho sont tombées après que le peuple
en avait fait le tour pendant sept jours.
C’est par la foi que Rahab, la prostituée, n’est pas morte avec les non-croyants,
parce qu’elle avait accueilli les espions avec bienveillance.
Et que dirais-je encore ? Le temps me manquerait en effet pour parler de
Gédéon, de Barak, de Samson, de Jephthé, de David, de Samuel et des prophètes.
Par la foi, ils ont vaincu des royaumes, exercé la justice, obtenu la réalisation
de promesses, fermé la gueule de lions, éteint la puissance du feu, échappé au
tranchant de l’épée, repris des forces après une maladie, été vaillants à la guerre,
mis en fuite des armées étrangères. Des femmes ont retrouvé leurs morts par la
résurrection.
D’autres ont été torturés et n’ont pas accepté de délivrance afin d’obtenir une
meilleure résurrection. D’autres encore ont subi les moqueries et le fouet, les
chaînes et la prison. Ils ont été lapidés, sciés, [mis à l’épreuve]. Ils sont morts
tués par l’épée. Ils sont allés d’un endroit à l’autre, habillés de peaux de brebis
ou de chèvre, privés de tout, persécutés, maltraités, eux dont le monde n’était
pas digne. Ils erraient dans les déserts et les montagnes, dans les grottes et les
abris de la terre. Tous ceux-là, bien qu’ayant reçu un bon témoignage grâce à
leur foi, n’ont pas obtenu ce qui leur était promis, car Dieu avait en vue quelque
chose de meilleur pour nous. Ainsi, ils ne devaient pas parvenir sans nous à la
perfection.
Nous donc aussi, puisque nous sommes entourés d’une si grande nuée de
témoins, rejetons tout fardeau et le péché qui nous enveloppe si facilement, et
courons avec persévérance l’épreuve qui nous est proposée. Faisons-le en gardant
les regards sur Jésus, qui fait naître la foi et la mène à la perfection. En échange
de la joie qui lui était réservée, il a souffert la croix en méprisant la honte qui s’y
attachait et il s’est assis à la droite du trône de Dieu. Pensez en effet à celui qui a
supporté une telle opposition contre lui de la part des pécheurs, afin de ne pas
vous laisser abattre par le découragement.
Vous n’avez pas encore résisté jusqu’au sang dans votre combat contre le péché
et vous avez oublié l’encouragement qui vous est adressé comme à des fils : Mon
fils, ne méprise pas la correction du Seigneur et ne perds pas courage lorsqu’il te
reprend. En effet, le Seigneur corrige celui qu’il aime et il punit tous ceux qu’il
reconnaît comme ses fils.
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Supportez la correction : c’est comme des fils que Dieu vous traite. Quel est
le fils qu’un père ne corrige pas ? Mais si vous êtes dispensés de la correction
à laquelle tous ont part, c’est donc que vous êtes des enfants illégitimes et non
des fils. D’ailleurs, puisque nos pères terrestres nous ont corrigés et que nous les
avons respectés, ne devons-nous pas d’autant plus nous soumettre à notre Père
céleste pour avoir la vie ? Nos pères nous corrigeaient pour un peu de temps,
comme ils le trouvaient bon, tandis que Dieu le fait pour notre bien, afin que
nous participions à sa sainteté. Certes, au premier abord, toute correction semble
un sujet de tristesse, et non de joie, mais elle produit plus tard chez ceux qu’elle
a ainsi exercés un fruit porteur de paix : la justice.
Fortifiez donc vos mains défaillantes et vos genoux flageolants et faites des
voies droites pour vos pieds, afin que ce qui est boiteux ne se démette pas mais
plutôt soit guéri. Recherchez la paix avec tous et la progression dans la sainteté :
sans elle, personne ne verra le Seigneur.
Veillez à ce que personne ne se prive de la grâce de Dieu, à ce qu’aucune racine
d’amertume, produisant des rejetons, ne cause du trouble et que beaucoup n’en
soient infectés.
Veillez à ce qu’aucun de vous ne fasse preuve d’immoralité sexuelle ou ne
se montre profanateur comme Ésaü, qui pour un seul repas a vendu son droit
d’aînesse. Vous savez que plus tard il a voulu obtenir la bénédiction mais a été
rejeté ; en effet, il n’a pas pu amener son père à changer d’attitude, bien qu’il l’ait
cherché avec larmes.
Vous ne vous êtes pas approchés d’une montagne qu’on pouvait toucher et qui
était embrasée par le feu, ni de l’obscurité, ni des ténèbres, ni de la tempête, ni
du retentissement de la trompette, ni du bruit des paroles. Ce bruit était tel que
ceux qui l’ont entendu ont refusé qu’il leur soit adressé un mot de plus. Ils ne
supportaient pas, en effet, cette consigne : Si même une bête touche la montagne,
elle sera lapidée. Le spectacle était si terrifiant que Moïse a dit : Je suis épouvanté
et tremblant de peur !
Au contraire, vous vous êtes approchés du mont Sion, de la cité du Dieu vivant,
la Jérusalem céleste, et ses dizaines de milliers d’anges en fête, de l’assemblée
des premiers-nés inscrits dans le ciel. Vous vous êtes approchés de Dieu qui est
le juge de tous, des esprits des justes parvenus à la perfection, de Jésus, qui est le
médiateur d’une alliance nouvelle, et du sang purificateur porteur d’un meilleur
message que celui d’Abel.
Faites attention ! Ne refusez pas d’écouter celui qui parle. En effet, les hommes
qui ont rejeté celui qui les avertissait sur la terre n’en ont pas réchappé. Combien
moins échapperons-nous si nous nous détournons de celui qui parle du haut
du ciel ! Lui dont la voix avait alors ébranlé la terre, il a maintenant fait cette
promesse : Une fois encore je fais trembler non seulement la terre, mais aussi le ciel.
Les mots une fois encore indiquent bien que les choses qui, appartenant au monde
créé, peuvent être ébranlées disparaîtront, afin que celles qui sont inébranlables
subsistent. C’est pourquoi, puisque nous recevons un royaume inébranlable,
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attachons-nous à la grâce qui nous permet de rendre à Dieu un culte qui lui soit
agréable, avec respect et avec piété. Notre Dieu est en effet un feu dévorant.
Persévérez dans l’amour fraternel. N’oubliez pas l’hospitalité, car en l’exerçant
certains ont sans le savoir logé des anges.
Souvenez-vous des prisonniers comme si vous étiez prisonniers avec eux, et
de ceux qui sont maltraités comme si vous étiez dans leur corps.
Que le mariage soit honoré de tous et le lit conjugal épargné par la souillure :
ceux qui se livrent à l’immoralité sexuelle et à l’adultère, Dieu les jugera.
Que votre conduite ne soit pas guidée par l’amour de l’argent, contentez-vous
de ce que vous avez. En effet, Dieu lui-même a dit : Je ne te délaisserai pas et je ne
t’abandonnerai pas. C’est donc avec assurance que nous pouvons dire : Le Seigneur
est mon secours, je n’aurai peur de rien. Que peut me faire un homme ?
Souvenez-vous de vos conducteurs qui vous ont annoncé la parole de Dieu.
Considérez quel est le bilan de leur vie et imitez leur foi.
Jésus-Christ est le même hier, aujourd’hui et pour l’éternité. Ne vous laissez
pas entraîner par toutes sortes de doctrines étrangères. Il est bon en effet que
le cœur soit affermi par la grâce, et non par des aliments qui n’ont été d’aucun
profit à ceux qui s’en sont fait une règle.
Nous avons un autel dont ceux qui accomplissent le service du tabernacle
n’ont pas le droit de tirer leur nourriture. En ce qui concerne les animaux dont
le sang est apporté par le grand-prêtre dans le sanctuaire pour l’expiation du
péché, leur corps est brûlé à l’extérieur du camp. Voilà pourquoi Jésus aussi,
afin de procurer la sainteté au peuple au moyen de son propre sang, a souffert
à l’extérieur de la ville. Sortons donc pour aller à lui à l’extérieur du camp, en
supportant d’être humiliés comme lui. En effet, ici-bas nous n’avons pas de cité
permanente, mais nous recherchons celle qui est à venir.
Par Christ, offrons [donc] sans cesse à Dieu un sacrifice de louange, c’est-à-dire
le fruit de lèvres qui reconnaissent publiquement lui appartenir. Et n’oubliez
pas de faire le bien et de vous entraider, car c’est à de tels sacrifices que Dieu
prend plaisir.
Obéissez à vos conducteurs et soumettez-vous à eux, car ils veillent sur votre
âme en hommes qui devront rendre des comptes. Ils pourront ainsi le faire avec
joie et non en soupirant, ce qui ne vous serait d’aucun avantage.
Priez pour nous. Nous sommes en effet convaincus d’avoir une bonne conscience,
puisque nous voulons bien nous conduire en toute circonstance. Je vous invite
plus particulièrement à prier pour que je vous sois rendu plus tôt.
Le Dieu de la paix a ramené d’entre les morts notre Seigneur Jésus, devenu le
grand berger des brebis grâce au sang d’une alliance éternelle. Qu’il vous rende
capables de toute bonne œuvre pour l’accomplissement de sa volonté, qu’il fasse
en vous ce qui lui est agréable par Jésus-Christ, à qui soit la gloire aux siècles
des siècles ! Amen !
Je vous invite, frères et sœurs, à faire bon accueil à ces paroles d’encourage-
ment, car je vous ai écrit brièvement.
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Sachez que notre frère Timothée a été relâché ; s’il vient assez tôt, j’irai vous
voir avec lui. Saluez tous vos conducteurs ainsi que tous les saints. Ceux d’Italie
vous saluent.
Que la grâce soit avec vous tous !
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