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Solf 2002

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l’Olympiade mathématique du Canada 2002

Solutions
1. Soit S un sous-ensemble de {1, 2, . . . , 9} tel que les sommes de chacune des paires non-
ordonnées d’éléments distincts de S soient tous différentes. Par exemple, le sous-ensemble
{1, 2, 3, 5} possède cette propriété, mais pas le sous-ensemble {1, 2, 3, 4, 5} puisque les paires
{1, 4} et {2, 3} ont la même somme, soit 5.
Quel est le nombre maximal d’éléments que S peut contenir ?
Prmière solution
Le nombre maximal d’éléments que S peut contenir est 5. Pour démontrer ce résultat,
on constate d’abord que les sommes de chacune des paires de l’ensemble {1, 2, 3, 5, 8} sont
différentes. Maintenant, supposons qu’il existe un sous-ensemble S de {1, . . . , 9} tel que les
sommes de chacuneµdes¶paires d’éléments distincts de S soient tous différentes. Si tel est le
6
cas, il doit y avoir = 15 paires, formées à partir des éléments de S, variant de 1+2=3
2
à 8+9=17. Il en découle que chacune des sommes 3, . . . , 17 sont représentées. Puisque les
sommes 3 et 17 sont représentées, les éléments 1, 2, 8, 9 appartiennent forcément à S. Mais
on ne peut pas admettre ces 4 éléments comme éléments puisque 1 + 9 = 2 + 8. Nous avons,
donc, une contradiction ce qui démontre bel et bien que le nombre maximal d’éléments que
S peut contenir est 5.

Seconde solution
Le nombre maximal d’éléments que S peut contenir est 5. Pour démontrer ce résultat,
on constate d’abord que les sommes de chacune des paires de l’ensemble {1, 2, 3, 5, 8} sont
différentes. Maintenant, supposons qu’il existe un sous-ensemble S de {1, . . . , 9} tel que
les sommes de chacune des paires d’éléments distincts de S soient tous différentes. Soient
a1 < a2 < . . . < a6 , les éléments de S. Puisque a1 + a6 6= a2 + a5 , on peut déduire que
a6 − a5 6= a2 − a1 . Pareillement, a6 − a5 6= a4 − a3 et a4 − a3 6= a2 − a1 . Comme ces trois
différences doivent être des entiers positifs différents, on doit avoir

(a6 − a5 ) + (a4 − a3 ) + (a2 − a1 ) ≥ 1 + 2 + 3 = 6 .

De façon semblable, a3 − a2 6= a5 − a4 et

(a3 − a2 ) + (a5 − a4 ) ≥ 1 + 2 = 3 .

De la somme des deux inégalités ci-dessus, nous obtenons

a6 − a5 + a5 − a4 + a4 − a3 + a3 − a2 + a2 − a1 ≥ 6 + 3 = 9 ,

et donc a6 − a1 ≥ 9. Mais ceci est impossible puisque les éléments de S sont des nombres
compris entre 1 et 9. Nous avons, donc, une contradiction ce qui démontre bel et bien que le
nombre maximal d’éléments que S peut contenir est 5.
2. Un entier positif n est dit pratique si tout entier plus petit ou égal à n peut s’écrire comme
la somme de diviseurs distincts de n.

Par exemple, les diviseurs de 6 sont 1, 2, 3 et 6 . Puisque


1=1, 2=2, 3=3, 4=1+3, 5=2+ 3, 6=6,
on voit que 6 est pratique.

Démontrer que le produit de deux nombres pratiques est également pratique.

Solution
Supposons que p et q soient des nombres pratiques. Pour un nombre entier positif k ≤ pq, on
peut écrire
k = aq + b tel que 0 ≤ a ≤ p, 0 ≤ b < q.
Puisque p et q sont des nombres pratiques, on peut également écrire

a = c 1 + . . . + cm , b = d 1 + . . . + d n

où les ci sont des diviseurs distincts de p et les dj sont des diviseurs distincts de q. Ainsi,
nous avons

k = (c1 + . . . + cm )q + (d1 + . . . + dn )
= c1 q + . . . + cm q + d1 + . . . + dn .

Chacun des nombres ci q ; i = 1, . . . m, et dj ; j = 1, . . . n sont des diviseurs de pq. Puisque


dj < q ≤ ci q pout tout i, j, les nombres ci q and dj sont distincts, et il en découle que pq est
un nombre pratique.
3. Démontrer que pour tous nombres réels positifs a, b et c,

a3 b3 c3
+ + ≥ a + b + c,
bc ca ab
et déterminer les conditions pour lesquelles on a égalité.
Première solution.
(a4 + b4 ) (b4 + c4 ) (c4 + a4 )
Remarquer d’abord que a4 + b4 + c4 = + + . En utilisant l’inégalité
2 2 2
x2 +y 2
2 ≥ xy à trois reprises, nous obtenons

a2 b2 + b2 c2 + c2 a2 .

Le côté droit de cette dernière inégalité peut s’écrire comme

a2 (b2 + c2 ) b2 (c2 + a2 ) c2 (a2 + b2 )


+ + .
2 2 2
2 2
En utilisant de nouveau l’inégalité x +y
2 ≥ xy à trois reprises, nous obtenons a4 + b4 + c4 ≥
2 2 2
a bc + b ca + c ab. Enfin, le résultat est obtenu en divisant chacun des membres de cette
dernière inégalité par le nombre positif abc.
Seconde solution.
Remarquer d’abord que l’inégalité est homogène, dans le sens que si k > 0 et qu’on remplace
a, b, c par ka, kb, kc, on retrouve l’inégalité de départ. Donc, sans perte de généralité, nous
1
pouvons poser k = abc = 1 pour obtenir
µ ¶
a3 b3 c3 a3 b3 c3
+ + = abc + +
bc ca ab bc ca ab
= a4 + b4 + c4 ;

et l’inégalité équivalente a4 + b4 + c4 ≥ a + b + c, sous la contrainte abc = 1.


En vertu de l’inégalité
µ ¶4
a4 + b4 + c4 a+b+c
≥ ,
3 3

(a + b + c)3
on peut affirmer que a4 + b4 + c4 ≥ (a + b + c) · .
27
a+b+c √
3
De plus, grâce à l’inégalité moyennes arithmétique-géométrique : ≥ abc = 1, il
3
est vrai que a + b + c ≥ 3.
(a + b + c)3 33
Enfin, a4 + b4 + c4 ≥ (a + b + c) · ≥ (a + b + c) = a + b + c.
27 27

Troisième solution.
Cette démonstration est identique à la démonstration précédente, sauf que, plutôt que d’utiliser
directement l’inégalité
µ ¶
a4 + b4 + c4 a+b+c 4

3 3
dans la seconde démonstration, on peut utiliser l’inégalité de Cauchy-Schwartz-Bunjakovsky
à deux reprises de telle façon que

(a4 + b4 + c4 )(12 + 12 + 12 ) ≥ (a2 + b2 + c2 )2


(a2 + b2 + c2 )(12 + 12 + 12 ) ≥ (a + b + c)2

a4 + b4 + c4 (a2 + b2 + c2 )2 (a + b + c)4
et ≥ ≥ .
3 9 34

4. Soit Γ un cercle de rayon r. Soient A et B des points distincts sur Γ avec AB < 3r.
Supposons que le cercle de centre B et de rayon AB rencontre de nouveau Γ en C. Supposons
que P soit le point à l’intérieur de Γ pour lequel le triangle ABP est équilatéral. Enfin,
supposons que la droite CP rencontre de nouveau Γ au point Q. Démontrer que P Q = r.

Γ
O
Q P C

A B

Première solution.
Notons O le centre du cercle Γ, et r son rayon. Puisque BP = BC, on peut poser θ =
]BP C = ]BCP . En vertu du fait que le quadrilatère QABC est cyclique, nous avons
]BAQ = 180◦ − θ et, ainsi, ]P AQ = 120◦ − θ.
De plus ]AP Q = 180◦ − ]AP B − ]BP C = 120◦ − θ, ce qui implique P Q = AQ et ]AQP =
2θ − 60◦ .
De nouveau, en utilisant le fait que le quadrilatère QABC est cyclique, ]ABC = 180◦ −
]AQC = 240◦ − 2θ .
Remarquer maintenant que les triangles OAB and OCB sont congruents puisque OA =
OB = OC = r et AB = BC.
1
C’est alors qu’on obtient : ]ABO = ]CBO = ]ABC = 120◦ − θ.
2
Pour recapituler, nous avons montré que, pour les triangles AQP and AOB, ]P AQ =
]BAO = ]AP Q = ]ABO. De plus, AP = AB, ce qui implique (i) 4AQP ∼ = 4AOB,
et (ii) P Q = OB = r, soit le résultat demandé.

Seconde solution.
Notons O le centre du cercle Γ, et r son rayon. Puisque A, P et C sont tous des points sur
un cercle centré en B, nous avons 60◦ = ]ABP = 2]ACP , et ]ACP = ]ACQ = 30◦ .
Aussi, puisque Q, A et C sont des points sur Γ, nous avons ]QOA = 2]QCA = 60◦ .
Nous pouvons en déduire que QA = r étant donné qu’une corde qui sous-tend un angle de
60◦ au centre du cercle a nécessairement une longueur égale au rayon du cercle.
D’autre part, BP = BC, ce qui implique ]BP C = ]BCP = ]ACB + 30◦ .
Ainsi ]AP Q = 180◦ − ]AP B − ]BP C = 90◦ − ]ACB.
Puisque Q, A, B et C sont des points sur le cercle Γ, et que AB = BC , nous avons ]AQP =
]AQC = ]AQB + ]BQC = 2]ACB.
Enfin, (i) ]QAP = 180 − ]AQP − ]AP Q = 90 − ]ACB; (ii) ]P AQ = ]AP Q, et alors (iii)
P Q = AQ = r.
5. Soit N = {0, 1, 2, . . .}. Déterminer l’ensemble de toutes les fonctions f : N → N tel que

xf (y) + yf (x) = (x + y)f (x2 + y 2 )

pour tout x et y dans N.


Première solution.
Il est facile de vérifier que toutes les fonctions constantes: f (x) = c ; c appartenant à N
font partie de l’ensemble des solutions. Nous montrons, par contre, qu’il n’existe pas d’autres
solutions et que f doit être une fonction constante. Afin d’établir une contradiction, supposons
qu’il existe des valeurs de x et de y telles que f (x) < f (y), et que nous choisissons x, y parmi
ces valeurs de telle façon que f (y) − f (x) > 0 soit minimale. Remarquer que, pour ce choix,
nous avons
xf (x) + yf (x) xf (y) + yf (x) xf (y) + yf (y)
f (x) = < < = f (y) ,
x+y x+y x+y

et, par conséquence, f (x) < f (x2 + y 2 ) < f (y) et 0 < f (x2 + y 2 ) − f (x) < f (y) − f (x), ce qui
contredit le choix de x et de y et achève la démonstration.

Seconde solution.
Il est facile de vérifier que toutes les fonctions constantes: f (x) = c ; c appartenant à N font
partie de l’ensemble des solutions. Nous montrons, par contre, qu’il n’existe pas d’autres
solutions et que f doit être une fonction constante. Définissons g(x) = f (x) − f (0). Nous
avons alors g(0) = 0, g(x) ≥ −f (0), et

xg(y) + yg(x) = (x + y)g(x2 + y 2 )

pour tout x, y appartenant à N. En posant y = 0, on obtient g(x2 ) = 0 (en particulier,


g(1) = g(4) = 0). En posant x = y = 1, on obtient g(2) = 0. De plus, si x, y et z sont des
nombres appartenant à N tels que x2 + y 2 = z 2 , alors
y
g(y) = − g(x). (∗)
x
Notamment, si x = 4 et y = 3, on déduit d’(∗) que g(3) = g(4) = 0. Pour un nombre
pair quelconque x = 2n > 4, posons y = n2 − 1. Remarquer que, pour un tel couple,
y > x et x2 + y 2 = (n2 + 1)2 . Pour un nombre impair quelconque x = 2n + 1 > 3, posons
y = 2(n + 1)n. Remarquer que, pour un tel couple, y > x et x2 + y 2 = ((n + 1)2 + n2 )2 . Nous
en déduisons que, pour tout x > 4, il existe un y > x tel qu’(∗) est vérifiée. Maintenant,
afin d’établir une contradiction, supposons qu’il existe x0 > 4 tel que g(x0 ) > 0. Mais, s’il
existe un tel x0 , nous pourrait forcément construire une suite x0 < x1 < x2 < . . . de telle
xi+1
sorte que g(xi+1 ) = − g(xi ). Pour cette suite, on aurait |g(xi+1 )| > |g(xi )| et les signes
xi
de g(xi ) alterneraient. Puisque la fonction g prend des valeurs dans N, on aurait aussi que
|g(xi+1 | ≥ |g(xi )| + 1. Mais, on aurait également g(xi ) < −f (0) pour i suffisamment grand,
ce qui n’est pas possible et ce qui achève cette démonstration.
Troisième solution.
Posons W l’ensemble d’entiers positifs ou nul et supposons que la fonction f : W → W vérifie
la condition:

xf (y) + yf (x) = (x + y)f (x2 + y 2 ). (∗)

Nous montrons que f doit être une fonction constante.


Posons f (0) = k, et S = {x | f (x) = k}.
En substituant y = 0 dans l’expression (∗), on obtient f (x2 ) = k ∀ x > 0, et il en découle
que
x2 ∈ S ∀ x > 0 (1)
Notamment, 1 ∈ S.
Pour les choix de x et de y telles que x2 + y 2 = z 2 , nous avons yf (x) + xf (y) = (x + y)f (z 2 ) = (x + y)k.
Ainsi,
x ∈ S ssi y ∈ S. (2)
lorsque x2 + y 2 est un carré parfait.
Montrons maintenant que 2l ∈ S pour tout entier l ≥ 0. Supposons, afin d’établir une
contradiction, que n soit le plus petit entier positif ou nul tel que f (2n ) 6= k. De (l), n doit
n−1 n−1 n−1
être impair et doit être entier. Mais < n et, donc, f (2 2 ) = k. En posant
n−1
2 2
x = y = 2 2 dans l’expression (∗), on obtient f (2n ) = k, ce qui n’est pas possible. Ainsi,
2l ∈ S pour tout entier l ≥ 0.

Dans la suite, nous définissons, pour chaque entier n ≥ 2, p(n) comme le plus grand nombre
premier tel que p(n) | n.
Proposition : Pour tout entier n > 1 qui n’est pas une puissance de 2, il existe une suite
d’entiers x1 , x2 , . . . , xr qui possède les propriétés suivantes:

a) x1 = n.
b) x2i + x2i+1 est un carré parfait pour chaque i = 1, 2, 3, . . . , r − 1.
c) p(x1 ) ≥ p(x2 ) ≥ . . . ≥ p(xr ) = 2.

Démonstration : Puisque n n’est pas une puissance de 2, p(n) = p(x1 ) ≥ 3. De plus, on


peut poser p(x1 ) = 2m + 1, et écrire n = x1 = b(2m + 1)a , où a ≥ 1 et p(b) < 2m + 1.

Premier cas : a = 1. Puisque (2m + 1, 2m2 + 2m, 2m2 + 2m + 1) est un triplet de la forme
(u, v, w) avec u2 + v 2 = w2 , si x2 = b(2m2 + 2m), alors x21 + x22 = b2 (2m2 + 2m + 1)2 est un
carré parfait. De plus, x2 = 2bm(m + 1), et alors p(x2 ) < 2m + 1 = p(x1 ).

Second cas : a > 1. Si n = x1 = (2m + 1)a · b, posons x2 = (2m + 1)a−1 · b · (2m2 + 2m),
x3 = (2m + 1)a−2 · b · (2m2 + 2m)2 , . . ., xa+1 = (2m + 1)0 · b · (2m2 + 2m)a = b · 2a ma (m + 1)a .
Remarquer que, pour 1 ≤ i ≤ a, x2i + x2i+1 est un carré parfait, et p(xa+1 ) < 2m + 1 = p(x1 ).
Si xa+1 n’est pas une puissance de 2, on prolonge la suite xi comme ci-dessous en continuant
jusqu’à ce qu’on obtienne p(xr ) = 2 pour un entier r.

En vertu de l’expression (2), xi ∈ S ssi xi+1 ∈ S pour i = 1, 2, 3, . . . , r − 1. Donc, n =


x1 ∈ S ssi xr ∈ S. Mais xr est une puissance de 2 puisque p(xr ) = 2, et nous avons montré
précédemment que les puissances de 2 sont éléments de S. On en conclut que n ∈ S, ce qui
complète la démonstration de la proposition.

En résumé, nous avons démontré que chaque entier n ≥ 1 est élément de S, et qu’ainsi
f (n) = k = f (0), pour tout n ≥ 1; c’est-à-dire que la fonction f doit être constante. Q.E.D.

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