Méthodes de battage et essais de pieux
Méthodes de battage et essais de pieux
moutons à chute libre. Le chevalet peut être fixe, soit susceptible d'être incliné. En général, l'inclinaison
maximum ne dépasse pas 25° à 30°.
Le mouton est une masse (masse frappante) qui frappe le pieu et ses accessoires (masse
frappée) afin de provoquer l'enfoncement du pieu.
Plusieurs procédés ont étémis en ouvre pour enfoncer les pieux; le plus ancien d'entre eux est
le battage au marteau.
Dans ce qui suit, nous décrirons brièvement les méthodes utilisés au cours des années.
i) Moutons à chute libre : ce sont les plus anciens; ils sont constitués d'une masse très lourde
(masse frappante) dont la chute est provoquée soit en relâchant un câble soit par un système de
dédie. Ces marteaux qui étaient couramment utilisés de 1850 à 1950 sont devenus plutôt rares
en Amérique du Nord. Ils ont étéremplacés par des marteaux plus performants (moutons à
vapeur encore utilisés à présent, moutons à air comprimé et moutons hydrauliques). Ces trois
types peuvent être soit à simple effet soit à double effet.
iiï) Moutons à double effet : Ces moutons agissent tant par leur masse que par la pression de l'air
comprimé ou de la vapeur. Leur fréquence varie de 100 à 300 coups par minute et leur masse
de 350 à 500 [kg]; ils sont moins encombrants et plus maniables que les moutons à simple effet.
La Figure 3. 9 ci-dessous montre le système de mouton à double effet.
iv) Moutons diesel : Ces moutons sont constkués par un cylindre, une masse frappante et un
système d'injection. Le système sert à avancer le pieu et à lever la masse frappante. Ces
marteaux sont efficaces dans les sols denses. Le principe de battage des moutons diesel est
illustre à Figure 3. 10 ci-dessous.
Crue Gme
SI K SI
sortie
entrée
et
Masse
sortie
Masse
injection
entrée l'
L.-J S2 Enclume S2 Enclume
BpRSSS-l Bois dur
-, "y':y'.''.'. :
Bois dur
Casque Casque
Bois \ Bois
Pieu Pieu
V) Moutons vibrateurs : Le principe de ces moutons est illustré à la Figure 3. 11 ci-dessous. Ces
moutons sont très efficaces dans les sols pulvémlents. Ils peuvent aussi servir à arracher les
pieux.
Orne
Masse
<u
s
0
t^
Oscillateur
Pieu
a) Généralités
Cet essai a pour but de déterminer directement sur un pieu d'essai la courbe charge-
enfoncement du pieu (Figures 3. 12 et 3. 13) et d'en déduire la charge nominale ou admissible QN
correspondant à des déplacements verticaux admissibles. On n'a recours à un essai de cette importance
que lorsque les méthodes décrites en 2. 1. 1. et 2. 1. 3. ne sont pas sures et que l'on peut extrapoler les
résultats à un nombre suffisant de pieux sur le même site.
0
Q»
w
Q /' Q, Q
A
'N
T' T
B,
G G
e
L essai est effectué soit sur l'un des pieux du futur ouvrage, soit sur un pieu analogue à ceux de
l ouvrage, endehors del'emprise decelui-ci. Ledélaià observerentre la mise enplacedupieu et l'essai
(délai de repos) est donné ci-dessous :
2 -l
6 -l
^
[mm]
10 -l
8Q^1200[kN]
12 4 -9Q^=1200[kN]
14 -f
16 -l
y 2(^ = 1500 [kN]
18
0 150 300 450 600 750 900 1050 1200 1350 1500 L essai ayant été fait dans des conditions
normales, le sol étanthomogène, on peut
Q [kN] prendre un coefficient de sécurité de l . 4 sur Q^ ,
'-f
soit Q^o 750 [kN].
La courbe charge en tête - enfoncement en tête (cumulé obtenu à la fin de chaque palier)
(Figure 3. 14a).
Les courbes enfoncements en tête - logarithme du temps, pour chaque palier : on obtient
sensiblement des droites appelées «droites de stabilisation» (Figure 3. 14b).
La courbe pente des droites - de stabilisation - charge en tête (Figure 3. 14e).
2. 1. 3 Déterminationstatique de la chargeportante
a) Formules classiques de mécanique des sols
Considérons un pieu massif de largeur ou diamètre B dont la base ou la pointe est située à la
profondeur D dansun sol homogène.Cepieu, dont le poids estWp, est chargéverticalement en têtepar
une chargeQ (voir Figure 3. 15).
1Q
D
:ï
B
\^
T == frottement latéral
ou positif (dirigé
vers le haut)
Sol
\ \ azo
q, = résistance
en pointe
Les charges Q et Wp sont équilibréesd'une part par la résultante Qy- des forces de frottement
qui s exercent sur la surface latérale du pieu au contact du terrain et d'autre part par la résistance que
rencontre le pieu sur sa pointe. Si q? est la résistance moyenne ultime brute sous la pointe, la charge à la
pointe Qp est donnéepar :
Ainsi,
Qp = Qp + w,oi
En combinant ces deux termes (Qp , Qf), l'on obtient l'expression de la capacité portante du
pieu Q-j-
Q = Q'p + Qf
Remarques surAp et Af :
L aire Ap est égaleà Faire de la section droite en pointe, si le pieu est massifet à section pleine.
Par contre, si le pieu est évidétel un pieu en H, un tube, ou un palpieu (Figure 3. 16); alors
Qp = qp . Pp . Ap
oùpp estun facteur qui tient compte du type depieu (Tableau 3.2).
L aire Af est égale au périmètre du pieu multiplié par la longueur du pieu, si le pieu est massif.
Par contre, si le pieu est évidé,tel un pieu en H, un tube, un palpieu, alors
où P est le périmètre du pieu et D est sa longueur. Le paramètre pf tient compte du type de pieu
(Tableau 3. 2).
0- 0
Ap= + p=
pp Ps pp pf
Tubulaire ouvert 0. 50 1. 00 0. 50 1. 00
PieuH 0. 50 1. 00 0. 75 1. 00
Palplanches 0. 50 1. 00 0. 30 0. 50
b) Sols cohérents
qp = Su . N; + <T;o = Su . N; + y D
et
Toutefois, si la pointe du pieu se trouve à une profondeur inférieure à 4B dans le sol de support,
alors N^ < 9 et il faut utiliser le diagramme de la Figure 2. 8 (Chapitre 2).
En ce qui concerne le frottement latéral, le battage du pieu affaiblit le sol qui l'entoure et la
résistance en paroi est plus faible que la cohésion Su. La résistance au cisaillement entre le pieu et le sol
est appelée aussi adhésion et peur être calculée de trois façons :
Méthode a :
Cette approche est la plus ancienne. Elle s'applique aux argiles molles à raides qui ne sont pas
sensibles.
Le graphique ci-dessous montre la relation moyenne entre la cohésion (non drainée) du sol et
l adhésionsol-pieu (Figure 3. 17). Larésistanceau cisaillement devient donc égale à
T = Cg = adhésion
et
Qp = T . Af=Ca . Af=(aSJ. Af
a =
Exemple 3.2
Déterminer Q adm (F = 3) pour le pieu carré de 0. 3 [m] . 0. 3 [m] (en béton) illustré ci-dessous, en
nette
0. 3m
f-~l
l adm.
nette
Couche l 3m Arëile:
Xat= 16 [kN/m'] Su= 30 [kPa]
Argile:
Couche 2 2m
Xat= 16 [kwm3 ] su =
40 [kpa]
Argile:
Couche 3
f" X»t= 17 [kN/m'l Su=50[kPa]
Qnette = q'p . Ap + S T . Af
C-/MJ1U-L ^3-s
Méthode B :
Q
Des essais en vraie grandeur effectués CTO.^
sur pieux foncés dans les argiles molles
|DW
sensibles, comme celles de l'Est du Canada et l .
t = "ho tg5
D'autre part, comme k » 0. 5 à 0. 7, tg 5 = l/;, tg (p' a tg <p', et <p' = 27° à 33° pour beaucoup
d argiles, le coefficient p varie approximativement entre 0. 2 (pieux métalliques) à 0. 45 (pieux de bois
coniques).
Exemple 3.3
Déterminer la charge maximale du pieu de béton circulaire illustré ci-dessous. Dans cet exemple, on
tiendra compte du poids propre du pieu (Ici, T = 0. 3 o;o ).
B=0. 45 m
|Q
v^ < .T
2m
Argile:
Y =16[kN/m']
Y'= 8[kNAn1] CT;
/? = 0.3
Pieu circulaire
en béton 13m
Y..." 24 [kN/m']
'béton
T-0.3 CT;,
S,, °60[kPa] 1Z
Solution :
Résistance en pointe :
avec
.
-. Qp = (9 . 60 + 266) . 0. 159 = Qp^e + W,<,i = 85. 9 + 42.3 Qo = 128. 2 [kN]
Résistance en frottement :
Qo = l T P dz = P T dz , si P est constant
'0 . '0
où P = périmètre du pieu.
Ici;
T = 0. 3 . y z = 0. 3 . 16 z = 4. 8 z , 0 <z< 2 [m]
T = 9. 6+0.3 . 8 . (z - 2) = 9. 6 + 2.4 z - 4. 8 = 4.8 + 2.4 z, z > 2 [m]
'2. r1 5- . . . . 1
_ -
r4.8 2.4 15
... Qf=TTB|| 4.8zdz+| (4. 8+2.4z)dz| =TIB + (4. 8z+-z:
0
15l
1 ... Qf=TiB|2. 4z: +(4. 8z+1. 2z2) = TTB [9. 6 + 4. 8 . (15 - 2) + 1. 2 . (22. 5 - 4)]
Au lieu de procéderpar intégration,il est plus prudent d'effectuerle calcul de Qf comme suit :
z=2 z= 15
Qf = irB |Aire du triangle + Aire du trapèze
lz=0 z= 2
9. 6- 2 , 9. 6+40.8
Qf = TI . 0.45 . 13 Qf = 476. 7 [kN]
2 ' \ 2
85. 9+476.7
Qadm = --- + W, o, - Wp = 172. 5 [kN] Qadm = 172. 5 [kN]
Méthode ï.
Dans cette méthode applicable surtout aux pieux métalliques battus dans les argiles plastiques,
peu ou pas sensibles, le frottement moyen Tmoy est calculé comme suit (Figure 3. 19) :
À
0 0. 1 0. 2 0. 3 0.4 0.5
Figure 3. 19 Paramètreï.
Exemple 3.4
Déterminer Qr pour le pieu circulaire d'acier de 30 [cm] de diamètre et de 20 [m] de longueur illustré
ci-dessous (Méthode À ).
Solution :
-1 "^
Argile légèrement
Profondeur moyenne Zmoy =10 [m] surconsolidée:
Y -
8[kN/m1]
"zomoy = Y' . Zmoy =8 . 10 = 80 [kPa]
S,, =10+2z[kPa]
.
-. Qf = TT . B . T moy D = TT . 0. 3 -25. 2 -20 Qf = 475. 0 [kN]
e) Sols pulvérulents (e = 0)
i) Terme de pointe :
Tout come pour les fondations superficielles, la capacité portante en pointe d'un pieu fiché de
D mètres dansun sol d'angle de frottement (p peut s'écrirecomme suit :
ou, encore,
Qp = Q'p + w^,
où Qp = chargenette enpointe- q? . Ap
Wsoi = poids du sol.
Remarques :
De plus, le coefficient Nq de capacité portante pour un pieu n'est pas le même que celui calculé pour
une fondation superficielle. La valeur de Nq peut être calculée par l'expression suivante :
N, » e7tg<^
Au lieu d utiliser les valeurs de Nq déterminéespar cette expression, qui sont valables pour les
pieux battus, l'on peut aussi utiliser les valeurs indiquées au Tableau 3. 3 ci-dessous.
En l'absence d'essais de chargement, un coefficient de sécurité de 3 au moins doit être appliqué à tout
calcul théorique.
-q;
De = Profondeur
cnnque
Profondeur
Meyerhof(1976) recommande aussi que q? ne dépassepas la valeur limite q?;^ définiecomme suit :
qp, ^[kN/m2]=50(Nq-l)tg0
s
ou °zo = pression verticale effective au
l 30-
niveau de la pointe du pieu, Vt
ça
l
(U
Nq = facteur de capacité portante, S5
§40^
fonction de (j) et de la longueur -g
l
d'encastrement relative D/B du
504
pieu (Figure 3. 21).
Le frottement latéral sur la surface latérale d'un pieu peut être exprimé par l'expression
suivante (voir Figure 3. 22) :
Pieu
T
./
\ SoLÏ,^
f^~ -\
- distribution de la contrainte
B
/ normale au pieu
1<
distribution du
^_ CTh=Y Z K= y'Z K (avec l'eau)
frottement latéral
coefficient de
T - CTh tg 5
pression latérale
^
Figure 3. 22 Frottement latéral
Qf = S;-r . Af
Les valeurs habituelles des coefficients K et 5 sont tabulées ci-dessous.
Tableau 3. 4 Coefficients K et S
Valeurs de K
Type de matériau
(p < 30°, N,;orr < 10 <f, > 36°, N.on. > 30
Acier
20° 0.5 1.0
Béton
^
4
1.0 2.0
Bois
^ 1.5 4.0
Remarques :
Comme dans le cas de q?, le frottement latéral augmente avec la profondeur, jusqu'à une
profondeur critique De, au de-là de laquelle il reste constant (si le sol est homogène). Cette profondeur
critique peut être prise égale à celle calculée pour q'p.
La méthode de Coyle et Castello (1981) est l'une des méthodes utilisées pour déterminer le
coefficient K pour les pieux battus dans les sables (Figure 3. 23). Pour l'angle 5, l'on peut utiliser les
valeurs indiquées au tableau 3. 4.
Q+Wp= q? . Ap+ £ T . Af
Coefficient K
0. 150.2 1. 0 2
0
Exemple 3.5
Un pieu circulaire en béton de 0. 30 [m] de diamètre a étébattu jusqu'à une profondeur de 20 [m] dans
un dépôt de sable uniforme. Déterminer la charge maximale que le pieu pourra reprendre, en tenant
compte du poids propre du pieu et de la profondeur critique. Les poids volumiques du sable et du béton
sont de 18 [kN/m3] et 24 [kN/m3], respectivement. Deplus, 0' = 30° et S = 27°.
Solution :
Poids du pieu :
TlB2 TT0. 32
Wp=^ Ybéton . D = - -24-20 =-33. 9 [kN]
50 100 150
CTg, T [kPa]
D(. = 3. 19 [m] < D=20[m]
l
23. 77 \ 57. 42
5 -\
Profondeur
z
1(H
(m)
Ici: (^=30°
.
-T K=e7t8^56.9
15-1
20-1
Calcul de Qp :
Poids du soi :
iiB2 _ iiO.S2
Wsoi= -^-Ysol . D =---18 . 20 = 25. 4 [kN]
Calcul de T:
.
-. p = K . tg 5 = 1. 0 tg 22. 5° = 0.414
Alors pour;
Z= 0, T= 0
Exemple 3.6
Pour le pieu indiqué ci-dessous, calculer la capacité portante (F=3) nette (sans tenir compte de la
profondeur critique, mais avec Nq = e S<?).
0.4m adm (nette)
Pieu circulaire
\_ ' en béton CTZO .T tkpal
Sable:
f = 18 [kN/m-J
^v-5 m
Y = 11.2[kN/m1
rcoupj,
"corr" -u Lo. î"'-
\ \ ,. -ol-5. 18=90[kPa]
J T -X-
72
\v ,
D=12m
Ktg S-0. 80
T = KtgS al
(0. 4m)2 v. -A Oj-5. 18+7 11.2-168.4 [kPa]
^p°-r
Lp= 0. 125 m2
134.7
z l
Solution :
Exemple 3.7
- 0^ , T [kPa]
a'
5m
.
zo
<
90
5 -|
5. 67-1
7ù""T zî 0. 67m
77.9 97. 37
D=12m
6. 33m
12-]
z t
TI B2 _ _,_ TI 0.42
Qp = 3026. 24 . - = 3026. 24 . 4 Qp = 380.4 [kN]
[72 . . (72+77.9)
Qf= TlO. 4 [y 5 + ' ' . 0. 67+ 77. 9 - 6. 33
Qf = TT0. 4 [180 + 50. 2 . 493. 1] QF= 769. 5 [kN]
Qnette = Qp + Qf = 380. 4 + 769.5 Qnette = 1149. 8 [kN]
Qnette 1149.8
Avec F = 3 ,.-. Q adm = -- = Qadm = 383. 3 [kN]
nette nette
Exemple 3.8
Déterminer la charge nette que le pieu de la figure ci-dessous peut porter, avec un F = 3. Utiliser la
méthode de Coyle et Castello.
0. 45m (nette)
Pieu circulaire
y en béton CT^. -t [kPa]
--r
D.=2m
\15. 23 '\ 36
VCT»
Sable:
Y = 18 [kN/m'l
D=18m
Y! = 9 [kN/m'l
(J)'- 36°
\ . -T
y
^ (OASmyjt
, 4~
\/ rtp=0. l5904m2
\
83. 75 198
Solution :
Résistance en pointe :
D 20
Comme -^ = -^ = 44. 4 et <t> = 36' N, =46 (Figure 3. 21)
B 0. 45
D
K = 0. 83 pour (|) = 36° et => -^ = 44. 4 (Extrapolation de courbes de la Figure 3. 22)
B
3 3
avec 5=^ (j) =-: 36 = 27° => .-. KtgS= 0. 423
4 ' 4
Qnette 2840.32
Avec F = 3 ,.-. Q adm = -, :- = Qadm = 946. 8 [kN]
nette nette
Remarque :
Résistance en frottement :
Qnette _ 1857.3
Avec F = 3 ,.-. Q adm = -- = Qadm = 619. 1 [kN]
nette nette
2m \
CT'^T[kPa]
36
Ni5.23 ~\
a'
zo
6. 66 m
\
\ 40. 29 95. 94
20m
11. 34m
En considérant la
profondeur critique
2. 1.4 Détermination de la capacité portante d'un pieu à l'aide des résultats d'essais de pénétration
statique
Des règles de calcul des pieux à partir des résultats au pénétromètre statique sont énoncées ci-
dessous. Ces règles sont basées sur une documentation du Ministère de l'Équipement, du Logement et
des Transports de France (voir aussi Frank, 1995). Ces règles s'appliquent à des pieux dont la pointe est
en dessous de la profondeur critique. Pour l'application de cette approche, il faut se référer aux Tableaux
r
3. 6 et 3. 7.
avec P = périmètre,
T = frottement latéral unitaire limite à la cote z.
A
Sables.
B 0. 15 0. 50
Graves
e
A 0. 20 0. 30
Craies
B 0. 30 0. 45
(l) Réalésage et rainurage en fin de forage. (2) Forage à sec, tube non louvoyé.
Les classes de sols qui apparaissent aux tableaux précédents sont définies au Tableau 3. 8 ci-
dessous.
Exemple 3.9
Un pieu circulaire tube en acier, de 0.46 [m] de diamètre et fermé à la pointe, doit être battu dans le
dépôt illustre ci-dessous. La profondeur sera de 9. 1 [m]. Le pieu doit être rempli de béton de poids
volumique Ybéton= 23. 6 [kN/m ]. Estimez la charge maximale. La charge de service appliquée sur le
pieu sera de 44. 5 [kN]. Un essai au cône statique a étéeffectué sur le site et le résultat apparaît aussi ci-
dessous.
-l
Argile:
4. 5m -2
Y = 17 [kN/m']
-3
9. 1m
-4
-5
-6
-7
-8
-9 -l
Sable fm:
-10-
'L= ï9 ckN/m3]
-11
-12-
[m]
Profondeur
Solution :
02 4 6 810 [MPa]
l "
[KSF] (courbe lissée)
D q,. q^ i. 3q.,,,
Couche l
porteuse t
-B--] !h
4. 5m -1- l-"" l
i l
l l
-i ! l
.. s ). ^-
h-4. 6m l
-l l i
3a l ' E-
l i
<' l
9. 1m T l
> Zone influencée
,
D'après la figure ci-dessus et en appliquant les critères pour estimer la résistance en pointe, on procède
comme suit :
2. 1. 5 Détermination de la capacité portante d'un pieu à l'aide des résultats d'essais de pénétration
standard (sables)
L'application de cet essai au calcul des pieux. a fait l'objet de nombreuses recherches,
principalement en Amérique du Nord et c'est à Meyerhof (1976) que l'on doit la méthode la plus
connue.
a) Terme de pointe
b) Frottement latéral
Toujours à partir de la relation entre (f> et N (chapitre I), Meyerhof à établi la formule ci-après :
Qf = n . N- Af
n = coefficient empirique égal à 2 pour les pieux battus et à l pour les pieux forés,
N = indice de pénétration standard corrigé, moyen le long du fût du pieu, [coups/0. 3 m],
Af = surface latérale du pieu, [m ]
Q = Qp + Qf
Pour déterminer la capacité portante admissible à l'aide de cette méthode, il est conseillé de
prendre un coefficient de sécurité de 4, c'est-à-dire :
l par battage.
Sable dense:
l Solution : N .. - 38 fcoups/O.;
'en pointe
Remarque importante : Tous les résultats ci-dessus sont valables pour le sable et le sable seulement.
En assimilant le pieu à une série de poids et ressorts (voir Figure 3. 24), il est possible à l'aide
de la théoriede la propagation des ondes élastiquesde calculer la capacitéportante despieux.
Masse |Wi
Ressort
Elément
Bois |W2
Casque Résistance
latérale
lw3 \ R3
<w4 \ R4
Pieu
|W5
\Rs
|W6
\ R6
\W1 \ R7
r8 \ R.
tQ = Résistance
en pointe
Figure 3.24 Modèle dynamique
Dans le cas où le pieu est mis en place dans un terrain sous-consolidé, c'est-à-dire, qui tasse
encore sous son propre poids, sans aucune surcharge, des frottements négatifs se produiront sur le pieu
et augmenteront la charge sur le pieu.
Si le sol est normalement consolidé, mais surchargé par un remblai, des frottements négatifs
peuvent également se manifester dès lors que les tassements du sol provoqués par cette surcharge sont
supérieurs à ceux des pieux.
B B
u u ul LLU.U_LUP.T
Sol Ici T(-) ; y,. s, hi
compressible
h Sol
Ï.ô
.
La contrainte tangentielle (la résistance au cisaillement sol-pieu) limite sur le fût sera
T = k . tgS . (p+y . z)
Dans le cas d'une couche compressible d'épaisseur h (Figure 3. 25a), le frottement négatif Fn
total se calcule immédiatement :
Par ailleurs, il ne faut pas oublier qu'une couche même très résistante, mais surchargée, pourra
exercerun frottement négatifsi elle repose sur une couche compressible.
Ce cas est illustré sur la Figure 3. 25(b), et on trouve facilement par généralisation de la formule
précédente :
Sols pulvérulents 0. 30
Argiles et vases 0. 20 à 0. 25
Exemple 3. 11
Déterminer la force due au frottement négatif causé par la consolidation de l'argile sur le pieu ci-
dessous :
Pieu circulaire: B- 0. 3 m P =
100 [kN/m2]
2m
Sable:
J_ _i_ _LLL (P+Yz)-136 [kN/"21
Y =
18
[kN/m3]
L, =20[kN/m3] K, tg5, -0.30 _^_^^, 3, ^,
Argile: +fz}= 156. 4[kN/m2]
YsaF 16 [kN/rn'] 4m
K2 tg 82 = 0. 20
l -LLL (P+yz)-136+4y;
Gravier (p+yz)= 181. 2 [kN/m2]
r-'
Solution : A l'aide de la formule précédenteon trouve :
Remarque: Cette charge dot être ajoutée à toute autre charge provenant de la structure supportée par
le pieu.
Remarques sur Fn :
La charge F,, due au frottement négatif est nulle au moment de la mise en place du pieu. Cette
charge augmente dans le temps à mesure que la couche d'argile tasse. Fn atteindra les valeurs
indiquées ci-haut uniquement à la fin de la consolidation.
Le frottement négatifpeut être aussi causépar le pompage de l'eau dans les couches de sable et
de graviers sous-jacentes à la couche d'argile.
Si la partie supérieure du pieu se trouve dans un remblai granulaire et que ce remblai cause la
consolidation de la couche d'argile sous-jacente, alors la charge Fn sera composée de Fn(-) dans
le remblai et de Fn(-) dans l'argile (voir l'Exemple 3. 12 ci-dessous).
Exemple 3. 12
Y = 18. 0 [kN/m']
C?J(.etT (-) [kPa]
k tg S = 0.5
CT
zf
Argile molle
y' = 6. 0 [kN/m3]
ktgg = 0.2
,, - Pieu circulaire
/ de 0. 3 [m]
de diamètre
Rocher
Solution :
-I-
Fn(-) = Fn(-) Remblai+ Fn(-) Argile = II0.3 ^- 5 + (-^-) 20| = TI0. 3 [112. 5 + 600]
.
-. Fn(-) = TC0. 3 [712. 5] =» .-. |Fn(-) = 671. 5 [kN]
Encore une fois, cette charge sera opérationnelle à la fin de la consolidation de l'argile.
Les charges dues aux frottements négatifs peuvent être minimisées en induisant les pieux de
bitume, car R est très faible (R » 0. 05). On peut aussi soit chemiser les pieux (solution
dispendieuse), soit employer des matériaux légers pour le remblai.
On a traitéjusqu'à présent de la force portante d'un pieu isolé. Mais dans la pratique, les pieux
sont presque toujours battus ou fores par groupe. Il convient d'étudierl'influence de ce voisinage sur la
force portante et sur le tassement de l'ensemble.
Il peut arriver que la charge limite du groupe Qc soit différente de la somme des charges
limites Qg d'un pieu isolé. On définit le coefficient d'efficacité d'un groupe de n pieux par le rapport :
Une idée intuitive de l'effet de groupe est donnée par des pieux battus dans un sable lâche. Le
battage et la pénétration des pieux resserrent la structure et compactent le sol entre les pieux, ce qui
confère au groupe une force portante améliorée (Ce > l). En milieu serré, au contraire, du fait de la
dilatance, la pénétration des pieux produit un relâchement de la structure avec augmentation de l'indice
de vides, ce qui se traduit parune diminution de la capacité portante du groupe (Ce < l).
Parmi les différentes méthodes qui ont étéavancées pour le calcul de la capacité portante d'un
groupe de pieux, on indiquera la méthode basée sur le coefficient d'efficacité. Pour le calcul du
coefficient d'efficacité,plusieurs formules empiriques, telles celle de «LosAngeles» :
B
Ce =l--.
s TT m n
[m (n - l) + n (m - l) + V2 (m - l) (n - l)]
où m = nombre de rangées dans un groupe de pieux,
m (n - l) + n (m - l)
'e=l-0'-90 m n
où 9 = tg- (B/s) , en degrés;
Une autre méthode qui dorme des résultats comparables est celle de la «règle de Feld». On
admet que chaque pieu a pour charge portante, la charge partante d'un pieu isolé diminuée d'autant de
fois (1/16) de sa valeur qu il a de pieux voisins.
4 . 3+2- 5
Fondation :
C-1-2L8°-^-T-^ 3 . 5 =15 pieux
m= 5 , n= 3
Ce = l - 0. 36 = 0. 64 (64%)
s = l m (espacement)
Solutionj
Sur le schéma, les pieux tels que (a) auront une charge portante égale à
(a) (b)
(13/16), soit 81%, de celle d'un pieu isolé; celle des pieux tels que (b) sera
égale à (11/16), soit 69%; quant au pieu (e), sa charge portante n est que la Q
moitié (8/16 ou 50%) de celle du pieu isolé.
4 pieux (a) à 81% + 4 pieux (b) à 69% + l pieu (e) à 50 % Groupe de pieux : 3 . 3
.
-. Ce =
9 pieux en total Pieux flottants
4 . 0. 81 + 4 . 0. 69 + 1 . 0. 50 3. 24 + 2. 76 + l . 0. 50 6.5
... ce=- ""' ' 9"'" --=--"-^* "."-. =^-=0.72
.
-. Au total, chacun des pieux du groupe ne peut supporter en moyenne que 72% de ce qu'il aurait
supporté s'il avait été tout seul. l
i) L'emploi de ces formules empiriques est devenu de plus en plus rare à mesure que l'on a
commencéà comprendre le comportement despieux.
ii) Ces formules predisent toujours un coefficient d'efficacité inférieur à l, alors que dans les
sables lâches,il peut être supérieurà l.
iii) Ces formules ne sont valables que pour les pieux flottants.
iv) Ces formules sont à déconseiller.
3. 2 Capacité portante des groupes de pieux dans les sols pulvérulents (sables et graviers)
Exemple 3. 15
l Déterminer la capacité portante admissible nette d'un groupe de 9 pieux dans un dépôt de sable, en
utilisant Nq = e7tg(t' et sans tenir compte de laprofondeur critique, Ici Ce = 1.0 .
00. 3m
Q».,.(F=3)
T et CT;g [kN/m3]
0 0
1. 0m
000 Sable:
1. 0m
Y =19 [kN/m3]
000 12m ^=33°
ktg5 = 0.75
1. 0 m 1. 0 m
9 pieux circulaires
en béton avec B-0. 3[m] 228
3118
Qadm/pieu = -3- = 1039 [kN]
Qadm/groupe = 9 . 1039 [kN] = 9351 [kN] Qadm/groupe = 9351 [kN]
3. 3 Capacité portante des groupes de pieux battus dans les sols cohérents fargiles et silts argileux)
Pour déterminer la capacitéportante des groupes de pieux battus dans ces sols, il est conseillé
de suivre les règles suivantes :
et Qc = 0. 7 . n . Qc.
et QG = n . QG.
Pour un espacement 3B < s < 8B, on trouve le coefficient d'efficacitépar inteqîolation, soit
Qc = B. L. q'p +2 . (L+B). D. Su
Exemple 3. 16
Déterminer la charge portante nette admissible d'un groupe de 9 pieux dans le dépôtd'argile montré ci-
dessous.
0 0. 3 m-
ll QaJF=3) ^
Semelle de liaison
(longrine)
0 0 Jl
1. 2m
000 Argile:
1. 2m Y =16 [kN/m'l
'sat
000 10m ^>-0°
Ca=35 [kPa] (a= 0. 7)
1.2m 1. 2m
9 pieux circulaires LJ
en béton avec B=0. 3 [m] -4J--
0. 3m
Cg = 0. 76 (valeur interpolée)
Pour un pieu : Q = q? . Ap + Cg . Af
Exemple 3. 17
0. 8m 0. 8m
9 pieux circulaires
en béton avec B=0.4 [m]
0.4m
nette
D B D
Mais: q'p = 5. 14 (1+0. 2 ^B )(1+0. 2 7-), valide pour -B < 2.0
D 10
Ici -= - = 5 > 3 .-. > 2. 0 => q? = 9 . Sy ( graphique de Skemton) N; = 9
Remarque : Au lieu de suivre les règles énoncéesen page 223, certains géotechnicienspréfèrentagir
ainsi pour s < 8B.
Calcul de n . Qpieu
Calcul de Qgroupe par la méthode de Terzaghi et Peck.
Utilisation de la plus petite valeur ainsi calculée.
3.4 Capacité portante des groupes de pieux dans les sols stratifiés
Dans le cas de groupes de pieux reposant sur un sol stratifié, il est nécessaire de vérifier aussi la
capacité portante des couches profondes (Figure 3. 27).
Q Q
A A
® Y,, ^, ®
Y,. Su, Argile Sable
c=0
^,=0°
"f^ 2FL ®
Sable
Y2 4 2f7 ®
Sable
c=o 7 c=o 7
Yi, Su, ® Y,, ^, ®
(*, -0 Argile c=0 Sable
Dans le cas des groupes de pieux, la valeur de o; (section 3. 2. 2) est réduite par l'effet
d'accrochage du sol sur les pieux. Il s'ensuit une réduction du fi-ottement négatif, qui dépend de
l espacement et de la rugosité des pieux. Des méthodes ont été proposées pour tenir compte, au moins
partiellement, de ce phénomène.
Les tassements d'un pieu isolé sous sa charge nominale sont généralement faibles (inférieurs à
l ou 2 cm), et l'on ne s'en préoccupe pas. Par contre, les dimensions d'un groupe de pieux sont telles
qu il peut transmettre les charges qu'il supporte à des profondeurs assez importantes au-dessous de la
pointe des pieux, ce qui peut entraîner des tassements non négligeablesdes couches sous-jacentes.
Terzaghi et Peck (1967) ont proposé les méthodes suivantes pour prévoir le tassement d'un
groupe de pieux flottants dans l'argile : on considère une semelle fictive située au 2/3 de la longueur des
pieux et qui supporte les charges permanentes Q appliquées sur la semelle de liaison (Figure 3. 28a). On
calcule le tassement de cette semelle en prenant une répartitiondes contraintes en profondeur à l pour 2.
Dans ce cas, le tassement est égal à celui de la couche d'épaisseur H. Par ailleurs, dans le cas de
pieux battus dans un dépôt de sable reposant sur une couche compressible, l'on procède de la même
façon, saufque H représentel'épaisseurde la couche d'argile (Figure 3.28b).
La même procédure est suivie aussi lorsque les pieux travaillent en pointe, mais le sable repose
aussi sur une couche d'argile assezcompressible (Figure 3. 29).
Sable ou
gravier
compact
De plus, s il y a frottement négatif, il faut que les charges causées par ce frottement soient
incluses dans les chargestotales que le groupe de pieux doit supporter.
Dans le cas des sables, les tassements sont en généralfaibles et rapides, et ne posent guère de
problèmes. Toutefois, dans le cas des pieux ûottants dans un sable lâche, on pourra, par sécurité,
appliquer la méthode de la semelle fictive décrite précédemment.
Effort horizontaux
Type de pieu Tête
admissibles [kN]
riiois'(B=oy[m]) 6.7
Remarques :
i) L'encastrement est réalisé si le pieu est "noyé" de 50 [cm] minimum dans le béton de la semelle
de liaison.
ii ) Dans le cas des argiles molles, les efforts horizontaux admis sont de l'ordre de 5 [kN].
iii ) Les pieux en béton fondés dans de l'argile molle et soumis à des efforts horizontaux supérieurs
à 5 [kN] devront être armés en flexion.
iv ) Les déplacements horizontaux admis dans le cas des édifices courants sont de l'ordre de 6 à 7
[mm] et de 12 [mm] dans les autres cas.
v) Dans le cas où les efforts horizontaux sont supérieurs à ceux indiqués au tableau précédent, il
est peut-êtreplus économiqued'utiliser des pieux inclinés.
Pour qu un pieu, supportant en tête un effort vertical Qy et un effort horizontal Qu, ne subisse
que des efforts de compression axiaux (résultante QRpassant par l'axe du pieu), il faut l'incliner (Figure
3. 30) d un angle u tel que :
C est en généralcet angle d'inclinaisonqui est fixé,et un pieu ainsi inclinépeut donc reprendre
un effort horizontal Qu , fonction de l'effort vertical Qy appliqué :
QH = Qv -tg"
Qi
QR= = QN , soit Qv = QN . cos a
cosa
Les valeurs possibles de a sont fixées en fonction du matériel de forage (pieux exécutés en
place) ou de battage (pieux battus). Les règles suivantes peuvent être adoptées :
Si B ^ 0. 80 [m] inclinaison limitée à 12° si le terrain est aquifère et pouvant atteindre 18° si le
terrain est non aquifère.
Lorsque les efforts horizontaux sont très importants par rapport aux efforts verticaux, on est
amené à disposer les pieux de façon à ce que certaines files travaillent à l'arrachement (Figure 3. 31). Le
pieu résiste alors uniquement par frottement latéral, qui est pris généralement égal à 40% ou 50% du
frottement latéral utilisé pour les calculs en compression.
Qv
QH
Si, au cours de la vie de l'ouvrage, le système de charge se modifie, le pieu doit résister en
fléchissant et mobiliser la butée latérale du terrain. Dans ce cas, on a recours à des théories faisant appel
à la réactionlatéraledu sol. Des logiciels sont utiliséspour faire la conception de cespieux.
Le phénomène se développe lorsque la fibre neutre prend une forme de sinusoïde dont
l'amplitude va croissante; or le sol autour du pieu oppose au développement de cette amplitude une
réaction croissante de butée.
Exemple 3. 18
Tige circulaire
de 20 [mm]
diamètre
7 Conclusions
Le comportement du pieu isolé, s'il est assezbien connu sous les chargesverticales, l'est moins
bien sous les charges horizontales, en particulier lorsque l'on veut prendre en compte la réaction latérale
du sol.
Le comportement des pieux en groupe (répartitiondes charges sur les pieux, modificationde la
force portante ou de la résistance aux efforts latéraux par effet de groupe) est un phénomène encore mal
connu. Quelques méthodes ont étéproposées; elles ne résolvent que partiellement les problèmes.
8 Références
Coyle, H.M., et Castello, R.R. (1981). New Design Corrélations for Piles in Sand. ASCE J. Geotech.
Eng. Div., 107 (GT7):965-986.
Frank, R. (1995). Fondations profondes. Techniques de l'ingénieur. Traité de construction, C248, Paris.
Meyerhof, G.G. (1976). Bearing Capacity and Seulement of Pile Founations. ASCE J. Eng. Div.,
102(GT3): 195-228.
Terzaghi, K. et Peck, R.B. (1967). Soil Mechanics in Engineering Practice. 2ième Ed., John Wiley &
Sons, Inc. New York.
CHAPITRE IV
l Généralités
l. l Définitions
Mur de
soutènement
Côté Fa : Force de poussée
W : Poids du mur
R : Résultante sous
la base avec
composantes N et T
Fp : Force de butée
En dehors des forces de pesanteur, représentées par le poids W du mur, s'exercent sur toutes
les faces du mur, en contact avec le sol, trois forces dont la connaissance est duressort de la mécanique
des sols :
i) Sur la face amont du mur, généralementverticale, le sol exerce des efforts ayanttendance soit
à renverser le mur, soit à le déplacer horizontalement. La résultante générale de ces efforts est
une force dont la composante principale est horizontale. On l'appelle force de poussée (ou
encore poussée) et on la note " Fg", l'indice "a" précisant qu'il s'agit d'une force active;
ii ) Sur la face aval du mur, dont la partie enterrée est souvent faible, le sol exerce des efforts qui
ont tendance à retenir le mur. Leur résultante générale est une force dont la composante
principale est horizontale et opposée à la composante horizontale de " Fg". On appelle cette
Par contre, le calcul de la contrainte totale horizontale a^ s'exerçant au même point sur le
plan vertical nécessiterait la connaissance de la loi de comportement du sol. Aussi la détermine-t-on
expérimentalementen remarquant que dans un sol en place, sous un chargement uniforme, il n'y a pas
de déplacementhorizontal (s^ = 0). On utilise généralementun appareil triaxial. Les résultats de ces
essaisdonnent le rapport Oho/°vo> appelécoefficient de pressionlatérale de terres aurepos et noté K,, :
CTho
KO =
0,
Remarques :
0
ho
KO = 0
./
vo
avec oj, g = (Tho - U , Oyy = (Tyg - U, et CT^g CSt la contrainte effective horizontale, Oyo la
contrainte effective verticale, u la pression interstitielle.
La valeur de Ko varie suivant les types de sols. Elle est donnée de façon approximative au
Tableau 4. 2.
Dans le cas des sables et des argiles normalement consolidées, il existe une formule
empirique, due à Jaky, donnant la valeur de Kg en fonction de l'angle de frottement interne
0':
Ko = l - sin<p
Dans le cas des sols surconsolidés, la valeur de Kg peut même dépasser l. La formule
suivante permet d'estimer Kg dans ce cas :
Ko = (l-sin4>')VOCR
2. l Sol pulvémlent fc = 0, A ^= 01
2. 1. 1 Surface horizontale
On vient de voir que, dans le cas où il n'y a pas de déplacement latéral, les contraintes
verticales Oyo et horizontales 01,0 (Figure 4.4a) dans un dépôt de sol naturel sont égales
respectivement a :
ovo = yz
"ho = Ko . y z
Cet état de contraintes est représenté par le cercle de Mohr de diamètre AB sur la Figure
4. 4d(OA= (Tv,, = yz ; OB = Oi,o=Ko-yz).
Examinons de quelle façon il peut y avoir mpture dans la masse de sol. L'analyse qui suit est
due à un scientifique écossaisnomméRankine qui l'a introduite en 1857.
Si l on permet au sol une expansion latérale (s.^ < 0), la contrainte verticale reste principale,
égale à y z , et la contrainte horizontale diminue. Sur la Figure 4d, le point B se déplacejusqu'au point
C pour lequel le cercle de Mohr est tangent aux droites intrinsèques. Il y a alors rupture du sol et cette
rupture a lieu en tout point du massif. On dit aussi que l'équilibre est limite. Les plans de rupture en
chaque point enveloppent un réseau de surfaces de glissement planes, dont l'inclinaison est déterminée
à partir des points de contact l et G du cercle de Mohr à la rupture avec la courbe intrinsèque et qui
font entre elles l'angle (90° + 0) égal à l'angle 1CG dans le diagramme de Mohr. Cette rupture
correspond à l'état de poussée (Figure 4. 4b). On note o^a la contrainte horizontale correspondante.
Dans l'état de poussée, on tire facilement du diagramme de Mohr de la Figure 4. 4d :
K.. = ahï=l~smct'_^(^ ^
:ra=^=ÎT^m0=tgT50 -t
Le rapport CT[,a/ °vo est appelécoefficientdepousséeet notéK^g.
Il est également possible de provoquer la rupture du sol par compression latérale (E), > 0).
Dans ce cas, le point B (0^0 = Ko .y z) sur la Figure 4.4d se rapproche d'abord du point A
r
correspondant à un état de contrainte isotrope ((T), = Oyo = yz). Puis la contraction latérale
f
CIV3420 - FONDATIONS V. Silvestri 239
L
Ecole Polytechnique de Montréal
augmentant, le point B atteint le point D; il y a alors rupture ou équilibrelimite, le cercle de Mohr étant
tangent aux droites intrinsèques; on note Ohp la contrainte horizontale correspondante. La rupture a
lieu en même temps en tout point du massif et les plans de glissements font entre eux un angle
de (90° - 0) égal à l'angle JDH dans le diagramme de Mohr. Cette mpture correspond à l'état de
butée (Figure 4.4c). Dans l'état de butée, le rapport (Thp/ ovo appelé coefficient de butée et notéK;.p ,
a pour expression :
-^ rupture
d) Diagrammes de Mohr
cîo=YZ 45°-(|)'/2
plan de ^
Remarques :
iv ) Dans le cas de la butée, la distribution de la contrainte Oiip 1e long d'une verticale tracée dans
le massifest aussi triangulaire, car (Figure 4. 5b).
contrainte
Sol : y , (j)
. -<7h,=Kr, YZ
a) Etat de poussée
contrainte
b) Etat de butée
Figure 4. 5 Etats de poussée et butée pour un sol pulvérulent
2. 1. 2 Surface inclinée
La surface d'un massif de sol pulvérulent fait l'angle ft avec l'horizontale (Figure 4. 6a). La
résolution partielle des équations d'équilibre de la mécanique des milieux continus montre que, sur le
plan parallèle à la surface et situé à la profondeur z, la contrainte "f au point M est verticale (<Ty) et
égale à (y z cas/?). On cherche à déterminer la contrainte "p" qui s'exerce sur un plan vertical à la
profondeur z dans l'état de poussée ou l'état de butée. Dans le plan des cercles de Mohr (Figure 4. 6(1),
la contrainte verticale f est représentée par le vecteur OA (OA = y z cos/?).
/?lf ri la:
45°. i))'/2 '45°- <)>'/2
facette
inclinée Plande
facette
àp Plande mpture
verticale
rupture
d) Diagrammes de Mohr
^/T .
OB, =P;
Ip
Verticale
sur la droite symétrique de OA par rapport à l'axe des o (P]BI et PiBz verticales).
a) La contrainte p est toujours parallèle à la surface du sol, quelque soit l'état des contraintes; les
contraintes f et p sont conjuguées;
b) Les coefficients de poussée et de butée, définis par rapport aux contraintes conjuguées, ont
pour expression :
l OBi OA
KraO») =
KrpOT OA OB;
soit
crvo = YZ . cas p
°vo = YZ . COS/?
Remargues :
i) Si/? = 0
l - sin0
Poussée CTha = °ra = Y z
l + sin0
l +sin0
Butée oh''=(Tr''= v2
'T^ii^
ii) Si/?=0: K,, (/î)= Krp(/?)=l
iiï) Dans le cas de la poussée, les plans de rupture enveloppent un réseau de surfaces de
glissement planes, dont l'inclinaison est déterminée à partir des points de contact E et F du
cercle de Mohr à la rupture avec la courbe intrinsèque et qui font entre elles l'angle (90° + (f))
égal à l'angle EP]F dans le diagramme de Mohr. De plus, les plans de glissement font des
angles 61 et 82 avec la verticale P[BI (Figure 4. 6d). Les valeurs de ces angles 9i et 63 sont
données par les expressions suivantes :
9i=^(900 -^)+-(e-/?)
92=^(90°-0)-j(£-/î)
avec sine = sinp/sm<p (voir la Figure 4. 7) et (61 + 62) = 90°-^)
La contrainte a^ n'est pas une contrainte principale. La distribution de a^g le long d'une
verticale tracéedans le massifesttriangulaire car :
T- (bissectrice)
Vertical Direction de
C = centre du cercle
A
de poussée
P = pôle
OA=YZCOS/?
OB, = %
- <7
planprincipal Direction
de 0;
planprincipal r"Pture
sur lequel agit
De plus, le plan sur lequel agit Oi est incliné à 90° + (f - /î)/2, par rapport à la verticale
(sens horaire).
iv ) Dans le cas de la butée, les plans de glissement font entre eux un angle de (90° - 0) égal à
l'angle HPzGdans le diagramme de Mohr (Figure 4. 6d). Dans ce cas, les angles 61 et G; par
rapport à la verticale P2B2 sont donnés par les expressions suivantes (voir la Figure 4. 8):
Oi =j (90°+^>)--(£+/?)
e2 =^(90°+0)+-(£+/?)
avec sine =
sin/?/sin0 et (81 +82) = 90° + (fi
La contrainte Orp n'est pas une contrainte principale et elle est parallèle à la pente du massif.
Ladistribution de drp le long d'une verticale dansle massifest triangulaire car :
»T Vertical
(bissectrice)
Direction de
^ C = centre du cercle
°i ^' de butée
A
P = pôle
OA=YZCOS/?
Plans de
°rp
rupture
T-
(7
Direction
plan principal
sur lequel agît C^
de 03
/ v, Plans de
/ ^^
mpture
Figure 4. 8 Définitions des plan^pnncipaux sur lesquel agissent ^ et ^ dans le cas delabuteé
Les contraintes principales CTI et 03 sont aussi indiquées sur cette figure. De plus, la
contrainte (TI agit sur un plan incliné à (s + /?)/2 , par rapport à la verticale (sens antihoraire).
v) Dans le cas de la poussée, on peut déterminer la contrainte Og qui agit sur un plan incliné à
par rapport à la verticale, à l'aide de l'expression suivante (voir aussi les Figures 4. 9 et 4. 10).
Sable en
-l- poussée:
Y, <1>
Normale au plan
incliné à 9
"~:>"fî
Distribution
de 0,
Vertical
Plan incliné à 6
C = centre du cercle
de poussée
P-pôle
OA='/zcos/?
OB, =CT,
OD = CT(J
cr
Normale au plan
incliné à 6
JtQ'it9'
Figure 4. 10 Cercle de Mohr pour le calcul de la contrainte c7e dans les cas de la poussée
OB = ku . Y r
avec r = OM = z cos P/cos (6 -
sin p cos(9 -
ka = _, _7'_, _/_^ ^^__. [l - sin 0 cos(26 + E - p)]
sin0 sin(E + p)cosot
et
sin0 sin(29 + £ -
tgu=
l -sin0 cos(29+£-
ainsi
sin (3 cos p
CTe = Y z -:- [l-sin<^cos(29+£-p)]
sin<p sin(£ + P)cosu
On = CTrg = Og COSOt
T = T^g = - Og Sin Ot
Exemple 4.1
Le massif de sable illustré ci-dessous est dans un état de poussée. Déterminer la contrainte Og et ses
composantes o,, et T sur un plan inclinéà 9 = 20° (sens antihoraire)par rapport à la verticale.
Talus incliné
Y'=18[kN/m3]
((> =30°
a = 29. 48'
e-p=io'
P =10°
M Horizontale
Stratigraphie et contrainte CÇ
Solution :
sinp sinlO'
sm£ = £=20. 32° et 29+£-(3= 2 . 20°+20. 32° - 10° = 50. 32'
sin0 sin30°
sin0 sin(29 + E - sin30° sin 50. 32°
tgu = = 0. 56528 ==> u = 29. 48'
l - sin 0 cos(29 + £ - p) l - sin 30° cos 50. 32'
Comme
sin (3 cas P
OB=YZ _^ ":"'/" , o^, ^. [l-sin0cos(29+E-p)]
sin(p sin(e + p)cosa
sinl0° cosl0°
Oe = 18 . 10[m] .- [l-sin30°cos50. 32°] ==> ]ae = 95. 36 [kPa]
sin30° sin 30. 32° cos 29. 48°
Horizontale
P =10°
9=20°
z=10m
CT, =83.02[kPa]
Exemple 4.2
Déterminer les contraintes principales Oi et 03 dans l'exemple précédent. Déterminer aussi leurs
directions.
l Solution :
l D'après la Figure 4. 7, CTI agit sur un plan incliné à (f - /?)/2 ou 5. 16° (sens horaire) par rapport à
l'horizontale. Par conséquent, 6=90- 5. 16 = 84. 84° (sens antihoraire) par rapport à la verticale.
et
sin0 sin(29 + £ -
te a = = 0 => a = 0°
l -sin0 cos(26+£-
D aprèsla Figure 4. 10, ceci indique que (Te est la contrainte principale majeure Oi; savaleur est
sin (3 cos p
CTI = 09 = Y z ---- [l-sin0cos(29+£-p)]
sintE + ti)cosa
soit,
sinl0° coslO'
CTI = 18 . 10[m] .- ; [l - sin 30° cas 180°] =» |CTI = 182. 92 [kPa]
sin30° sin 30. 32° cos 0'
et la contrainte principale mineure
'l-sin0\ __ "_/1-sin30'
"3= "l (-'T l =182.92 03 = 60. 97 [kPa]
1 \1 + sin0 l + sin30°
(T..
5. 16 5. 16°
Horizontale
Exemple 4.3
Le massif de sable illustre ci-dessous se trouve en poussée. Déterminer la contrainte Ora sur un plan
vertical à une profondeur de 10 [m]. Déterminer aussi les directions des plans de rupture.
Sable:
Y =18[kN/m3]
(|) =30°
z=10m
P =20°
Vertical
Solution :
Calcul de k ra
cos p -
Vcos2|3 -
cos2 ^) cas 20° -
Vcos220° -
cos230'
kra = 0. 441
cosp + ^cos2p-cos20 cos20°+Vcos220°-cos230°
Ora=YZCosp k^ = 18 . 10[m] . cas 20° . 0. 441 =» (?" = 74. 59 [kPa]
9i=j(90°-<^)+j(£-/?)
82=^ (90°-0)--| (£-/?)
Ici: £ = sin-l(sinj5/sin0) = sin-l(sin20°/sin30°) ==;. £ = 43. 16'
Talus incliné
Plan de Plan de
rupture rupture
Vertical
2. 2 Sol cohérent (e , di = 01
2. 2. 1 Surface horizontale
Dans le cas d'un sol cohérent, la courbe intrinsèque est représentée par la droite de Coulomb.
L équation de cette droite est donnée par l'expression suivante (Figure 4. 1l):
T = +(0 tg4> + e)
Sur cette figure, l état de pression des terres au repos est représenté par le cercle de diamètre
égal à AB. La distance OA = Oyg = y z et la distanceOB =CT[,O= Ko' Uyo = YZ . Les équilibres
limites de poussée et de butée peuvent être atteints de la façon déjà décrite en 2. 1. La distance OC
représente la contrainte de poussée, tandis que la distance OD représente la contrainte de butée. A
partir de l équation de la droite de Coulomb, on peut déterminer les contraintes Ohaet °hp-
a) Dans le cas de la poussée, le diagramme de la Figure 4. 11 permet de déterminer la relation
suivante :
ou encore,
l - sin0
°ha = YZ. Kra-2c K ra .
Plan de
rupture
Plan de /
rupture \^.
Cercle de
poussée
Remarques:
Cercle de
i) OA=CT, =yz butée
2c 2c
ht=-T===~- tg |450 +^-
Y y Ko Y
Sol : y , e et (|)
le massif exerce des contraintes de traction ou de tension. À la surface du sol, cette contrainte
de traction est égale à -2 e . ^/ Kg . De plus, on remarquera sur le diagramme des contraintes
de la Figure 4. 12 que la résultante des efforts sur une hauteur 2 hç à partir de la surface libre
est nulle. Il est donc vraisemblable qu'une excavation ou une tranchée puisse tenir sans
soutènement sur une hauteur voisine de 2 hi. Cette hauteur appeléehauteur critique et notée
H;, vaut :
4c 4c
HC= := -.
tg|450 +^-
Y^ Y ~0\" '2
\ /
fissures
b) Butée(Figure 4. 13):
l + sin 0 ll+sin0
(yhp=T-T^ Oyn
'VO + 2C
l - sin0 l - sin0
l+smcf)
°hp = KI-P- Oy+ 2c -^ Kpp , Krp= _ ' pour p = 0,
D autre part, dans le cas soit de la poussée soit de la butée, pour un massif de sol à surface
horizontale (/? = 0°), les contraintes CT|,a et °hp sont descontraintes principales.
2c^Kip' contrainte
\ 0',,
'hp-n-(7Krp+2c^&T'
"vo
Sol : y, e et (|>
-^ compression
\7r
^ t yzKrp +2c^Krp'
Figure 4. 14 Etat de debutée dans un sol cohérent à surface horizontale
2. 2. 2 Surface inclinée
On considère un massifcohérent indéfini, limité par un plan faisant un angle /? avec le plan
horizontal. On suppose qu'aucune surcharge n'existe sur le plan limitant le massif et ce dernier n'est
donc pas sollicité que par son propre poids, dûaux terres, dont le poids volumique est y . Soit un point
M (Figure 4. 15), à la profondeur z, à l'intérieur du massif. On suppose que le massif étant indéfini et
en équilibre, qu'en chaque point de la verticale comprise entre le point M et la surface libre, la
direction conjuguéede cette verticale est orientéeparallèlementauplan limitant le massif.
Dans ces conditions, la contrainte au point M sur la facette parallèle à la surface libre vaut :
f= -YT. COSp
Sol : y , e et (j)
C . C0tg(^
Cercle de
poussée
Remarques: r;
i) f = OA= y z cos j3
Dans ces conditions, il est nécessaire de discuter les diverses solutions que donne le cercle de
Mohr lorsque la profondeur du point M varie et lorsque l'inclinaison /? , du plan limitant le massif, est
plus ou moins grande.
Cette discussion étant fort complexe et en dehors du cadre du présent cours, il devient
nécessairede noter uniquement que, comme dans le cas précédentoù/? = 0°, l'on trouve ici aussi une
profondeur ht dans laquelle le sol se trouve en traction. Cette profondeur vaut :
2c
h^7-t^450 +i)
On pourra donc, théoriquement, creuser des tranchées en parois verticales jusqu'à au moins
cette profondeur. L'apparition de fissures de traction aura comme effet de réduire la hauteur
d'excavation.
3. 1 Principe
La méthode de Rankine consiste à calculer les forces de poussée et de butée agissant contre
un mur ou un écran à partir des relations développées à la section précédente. Cette méthode implique
qu en cas de rupture du massif se trouvant derrière l'écran, les plans de glissement puissent se
développer tel que montré précédemment. Cette méthode repose donc sur l'hypothèse fondamentale
suivante :
Ainsi, sur un plan parallèle à la surface du massif de sol, la contrainte reste verticale et égale à
Y z cos/?. Deplus, à la rupture, les contraintes depousséeet de butée, a^y et Opp, restent parallèles à
la surface du sol. L'inconvénient d'une pareille hypothèse est d'imposer, en tout point du mur, la
direction de la contrainte qui s'exerce sur le mur, et donc de ne pas tenir compte de la valeur réelle du
frottement entre le sol et le mur (c'est-à-dire, la rugosité de l'écran). Ainsi, dans le cas d'un sol à
L surface horizontale et d un mur à paroi verticale, la théoriede Rankine suppose que le frottement entre
le mur et le sol est nul, puisque la contrainte est horizontale.
a) Terrain horizontal
f = Y Z cos P
l
M
b) Terrain incliné
Soit un mur à parement vertical supportant un massifà surface horizontale(/? = 0), constitué
d un sol pulvérulent (Figure 4. 17).
/?=0°
^0-ha^=0°)
Soi : Y,5 et (|)
H/3
Si le sol est en état de poussée, la contrainte qui s'exerce sur le mur est horizontale,
principale, et a pour expression :
'l-sin0^
ora=oha=YZ-Kra=YZ-lîT^J
La répartition est linéaire, et la force de poussée horizontale Frg est appliquée au tiers (H/3)
de la hauteur à partir de la base. Elle a pour expression : .
.
H ^ çH ^
Fra= "hadz= | yz . Krgdz= ^yz2-K, ou F^=^yH2. K^
'0 .'0
Exemple 4.4
Solution :
- sin
Kha=YZ-(îTii^=o-333o=oo)
+ sin0,
Fra = ^Y H2 . Kra =^20 . 102 . 0. 333 = 333 [kN] par mètre linéaire du mur
Point d'application : y = ^-= 3. 33 [m] (F^ est horizontale et appliquée à 3. 33 [m] de la base).
b) Présence de la nappe
Soit un mur à parement vertical supportant un massifà surface horizontale, constitué d'un sol
pulvérulent dont la partie inférieure est saturée (Figure 4. 18). Si le sol est en état d'équilibre limite de
poussée de Rankine, la contrainte totale qui s'exerce sur le mur est horizontale, principale, et a par
expression dans la partie saturée :
H
.w
Soi : y,y^et (|)
sat
f T
^h,=H. Y K,,
H
Mur r ^
%^u
+
_-L...
zl
(7ha=|HJ+(H-H,)Y'|K,, 0-^YJH-HJ
eau
L -
Figure 4. 18 Force de poussée exercée par un massifpulverulent saturé
Exemple 4.5
L
Considérer le cas illustré à la Figure 4. 18, et les données suivantes pour un dépôt de sable :
3m
CP 18
@ = 479. 66 [kN/m]
7m *''. . xtot
.»
z=2. 96m
41. 33 18 111. 33
Calcul des contraintes :
Point a : CTha = 0
Calcul de la force totale appliquéesur le mur : (addition des aires l, 2 et 3) Fra = S Fra i
18-3 _ _ . _. .7
Ftot= Fra+ Feau= -y- + 18.7 + (111. 33- 18) .,,
Fiât = 27 + 126 + 326. 66 = 479. 66 [kN/m] =^ Fiât = 479. 66 [kN/m]
1419. 21
479. 66 . z = 1419. 21 =?. z = z = 2. 96 [m]
479. 66
Exemple 4.6
Déterminer la force de poussée de Rankine sur le mur vertical ci-dessous; trouver le point
d application de cette force.
- CTha
Solution :
_ 1-sin^i
Couche de sable : 0i = 30° .
ra sable - lvra l - , , ";" j. - u"
1+sin^i
Pointb (danslesablez = 3[m]): Oha= Krai .Ysable .z = 0.333 -20 . 3 = 20. 0 [^]
Pointb (danslegravierz = 3[m]): Oha= Kra2 .Ysable .z = 0.238 -20 .3 = 14.3 [^]
Pointe (dansle gravierz = 10[m]): c^ = K,.a 2 . (Ygravier . 3 + Ysable . 7)
Oha= 0.238 .(22 .3 + 20 .7) = 50.71 ^
Calcul des forces de poussée : (addition des aires) F,.g = S F^g ;
20. 3 ,. . , . __;, 7
ra - i rai ' * ra^ - + (14. 3 + 50. 71) . ^ = 30 + 227.5 Fra = 257. 5 [kN/m]
71. . 7
257. 5 . z = 30 . (7 + l) + 14. 3 . 7 . ^ + ^ . (50. 71 - 14. 3) . 7 . ^ = 240. 0 + 350. 4 + 297.3
887.7
257. 5 . z = 887.7 z = z = 3. 45 [m]
257.5
Remarque :
L
Pour le calcul du point d'application z de la
r
résultante due à une répartition trapézoïdale de
contraintes, il est plus simple d'utiliser la {-[ F. I^bl.H
procédure illustrée à la Figure 4. 19:
, _H (2a+b)
Cette procédure est aussi valable pour le cas ~~3~"(a+V)
où les contraintes ne sont pas peqiendiculaires
au mur. Figure 4. 19 Répartition trapezoïdale
Lacontrainte ffra exercée sur le sol est inclinée à l'angle /Ssur l'horizontale et a pour valeur :
°ra = Y Z COS/5 . Kra
et d'où :
Fra=^Y H2 Kra-COS/?
Cette force est inclinée à l'angle fSet appliquée au tiers de la hauteur (H/3) à partir de la base.
Soi : y et <f)
F. =^Y'H"K,,. cos/?
T3i
0»-Y-HK,. cos/?
Exemple 4.7
Déterminer la force de poussée sur le mur vertical ci-dessous; trouver le point d'application de cette
] force.
Sable: y=20[kN/m']
(Z)=30°
z=2. 67 m
Solution :
l - l
Fra = ^Y H2 Kra . COS/? = ^ 20 . 82 . 0.441 . 0. 940 => Fra = 265. 3 [kN/m]
Exemple 4.8
Déterminer la force de poussée dans le cas du mur vertical illustré ci-dessous. Déterminer la répartition
des contraintes de poussée sur le mur ainsi que le point d'application de la résultante.
/î=20<
Sable:
Y = 20 [kN/m'l
(Zi=30° .,/ ,3=20°
5m
H=10m
F^= 301.3 [kN/m]
Mur Gravier:
Y = 23 [kN/m'l
Z-3. 73 m
^400
Solution :
l . l
Fra = ^Y H2 Kra . COS/? = ^ 20 . 52 . 0.441 . 0.940 Frasable = 103. 6 [kN/m]
3.4 Effet d'une surcharge verticale p, très étendue, sur la force de poussée Fpg d'un soi
pulvémlent (c-0) à surface inclinée
ttieP.
Iti
^'
^
,
= i . YHcos^K ra
trasoT 2
F,,
rasurch
=PHK,,
H
....... ^S'(-SF
3
^^L ï^- p '-l.
a) Sol en poussée b) Distribution des contraintes
, ^
F^ = pHKra+^YHcos/? K,,
.
tôt
(Tz = P + Y z os /?
alors,
(Tra =
CTZ . Kra =
P- Kra+yZ COS^ . K,
Par conséquent,
rH ^ __ __ i
ra CTradz = p H Kra+^Y H2 COS/? K,
'0
2 Mbase = 0
Remarque : Comme les forces sont colinéaires, il n'est pas nécessaire de passer par les composantes
normales et tangentielles des forces pour calculer les moments.
Exemple 4.9
Solution :
.
-. Ora = 6. 14 + 5. 04 Z
b6^
F^=210. 4[kN/m]
H=8m
/?=15°
A6;A6
Soit un mur à parement vertical supportant un massif cohérent à surface horizontale (Figure
4. 22) et d'angle de frottement interne 0 et de cohésion e. Si le sol est en état de rupture de poussée, la
contrainte qui s'exerce sur le mur est horizontale, principale, et a pour expression :
-2 e ^K o-,lia
^
Tension ht
Sol : y , e et <f) (-)
H
Hc=2ht
-t <7"-YzK,,,-2c^fK,:;
ra
L
compression
+2 e (+)
ht- y^K;
l - sin 0
"ra = Y Z . Kra - 2c -V Kra , Kra = = 0°)
l + sin0
H ,-H rH
dùo: Fra =| "ra dz = | y Z . Krg dz - | 2c . ^/ K^ dz
'o . 'o -la
soit
Fra= ^ Y H2 . Kra- 2c .^ [<" H
Le point d'application z au-dessus de la base est déterminé en faisant la
^ Mbase = 0; C6 qui donne :
z =
[^Y H2 .K^a ^
. - 2 e H .. K,
J Y H2 . Kra - 2 e H .y K,
Exemple 4. 10
Déterminerla force depousséesur le mur illustréà la figure ci-dessous. Trouver le point d'application
de la résultante.
,,^
Tension
h, -l. 57 [m]
Sol: (-)
/ compression
Y = 20 [kN/m3] ^
H=10 [m]
C = 10 [kPa] F - 278 [kN/m]
(^=25°
^--^
^
.
z= 2. 57 [m]
68. 3 [kPa]
Solution :
l - sin0
Kra = = 0. 405 = 0°)
l + sin 0
Calcul des contraintes :
Z = 10[m] : Ora = yz . Kra - 2 e ^ K^ =20 . 10 . 0. 405 -2-10 '0. 405 =81. 0-12.7
La force de poussée Fra aurait pu être calculée en faisant la somme des surfaces de la
distribution, soit :
l _ ._ l
Fra = - ^ 12. 7 . 1. 57 + ^ 12. 7 . (10 - 1. 57) = -9. 97 + 287. 9 = 278 [kN/m] . -. OK
Vu l'impossibilité pour la plupart des sols de reprendre des contraintes de traction, la partie en
tension de la répartition des contraintes est souvent négligée. Dans ce cas, on aurait Fpg =
288 [kN/m].
A long terme, la cohésion du sol en arrière du mur a tendance à disparaître, ce qui entraine la
disparition des zones en tension et, dans ce cas, F;.g = - y H K,.a , soit Frg = - -20 . 10 .
0. 405 = 405 [kN/m].
Exemple 4. 11
Déterminer la force de poussée sur le mur illustré ci-dessous. Déterminer la répartition des contraintes
sur le mur et le point d'application de la résultante.
-12. 3 [kPa] 0"ha, -12.3 [kPa] 0;ha
. ht=1.81[m]
3. 0 [m] 3. 0 [m]
1. 19 [m] ^ 8. 0 [kPa]
l- \x 8.0 [kPa]
Sol:
H=10 [m] y=18[kN/m3]
[z\ Résultante =
y'= 10 [kN/m'] ^:A + 386. 8 [kN/m]
10 [kN/m3]
Y.. =
L.sol\
e'= 10 [kPa] t
z=2.37 [m]
. '- ")~!0
Solution :
l - sin
Kra = '. . ~. ~. \\ \ = 0. 376
'ra l + sin 0
z = 3 [m] : Ora = yz-K^-Zc'^/ Kra = 20 -3 . 0. 376 -2. 10- V0.376 = 20. 3 - 12.7
Contribution du sol :
!. ""-"-. !. "". l
Frasol= -212'3' 1-81+2 1-19-8+2(8+34. 3) . 7=-11. 1+4. 8+148. 1= 141. 8 [kN/m]
Contribution de l'eau :
F eau =
Exemple 4. 12
Le silt argileux à surface horizontale ci-dessous se trouve dans un état de poussée de Rankine.
Déterminer la répartition des contraintes c^ sur le mur vertical. Déterminer aussi la force de
poussée Fra, ainsi que son point d application sur le mur.
, Terrain horizontal
l
3 ^Silt argileux :
7, = 19 [kN/m3]
® c= 5 [kPa], (|)= 25'
H=8m
Mur
Silt argileux : y^= 20 [kN/m3]
5m @ c=10[kPa], (|)^20°
Solution :
l-sin0i l-sin25'
Siltargileux [JJ : Kra, = = 0. 409 iKra, = 0. 637
1+sin^i l+sin25'
-6. 37.
l
z
3m
= 15. 85 [kN/m]
ra,
[ z, = 0. 4 m
b- 16. 94
-6. 37 . 0. 82 16. 94 . 2. 18
... F^ = 2
+ -----
'2
= -2. 61 + 18. 46 Fra, = 15. 85 [kN/m]
6. 30
Zl = = 0. 40 [m] au - dessus du point b
15. 85
l-sin<ï>, l-sin20°
Siltargileux [2] : K^, = , . ~~.\ ~', " = .: . -:--., "" = 0. 49 'K^ = 0. 70
-ra2 l+sin^z l+sin20°-"'
13. 93
z=3. 0m
5m = 192. 15 [kN/m]
ra,
î. ^ l.97 m
z= 8. 0 m
a 13. 93 62. 93
5 ., . 5
E Ma = 0 : 192. 15 . z; = 69.65 . ^ + 122. 15 .^ = 174.13 + 203.58 = 377. 71
377. 71
Z2 = im ir = 1-97 [m] au - dessus du point a
192. 15
464. 13
ztot =
208
= 2. 23 [m] au - dessus du point a
-6. 37
0. 82m
_L
d
Z 3m
2. 18m
= 15. 85 [kN/m]
ra,
.
16. 94\ z, = 0. 4 m
13. 93
H-8m ©
Mur
5m = 208 [kN/m] (Horizontale)
ra>nt \
= 192. 15 [kN/m]
ra,
a a 13. 93 62. 93
Exemple 4. 13
l . . _^_A.
Argile:
Y=18[kN/m3]
Su= 50 [kPa]
())=0°
. Vertical
l Solution :
F = 278 [kN/m]
5.56m
H=10m Vertical
4. 44 m ©\ F=177.6[kN/m)
1.48m
Soit z le point d application de Fra sur le mur. z est mesuréà partir du point a :
S Ma = 0 : z . (-100. 4) = 177. 6 . 1. 48 - 278 . (4. 44 + 5. 56 - 1.85)
= 262. 85 + 2279. 6 = -2016. 75
-2016. 75
z = = 20. 09 [m] au - dessus du point a
-100.4
Remarque :
Cet exemple montre que dans les sols argileux relativement résistants, les forces de poussée,
calculées en utilisant e = Su et ip = 0°, peuvent devenir négatives. Ceci indique que la partie
supérieure du dépôt est en traction.
Cependant, comme les sols argileux sont incapables de reprendre des efforts de traction pour
longtemps, des fissures de tension apparaissent très vîtes. La profondeur maximale h( des fissures de
l tension est égale à 2 Sy/y , soit hç = 5. 56 [m] dans le cas présent. Ces fissures peuvent se remplir
d eau en cas de pluie et entraîner la mpture du mur de soutènement.
b) D'apres le calcul de f^ en a), si le mur avait une hauteur de 2 h[ , soit 11. 16 [m], la force de
1 pousséetotale Fpg serait nulle théoriquement.
Cependant, une fois que les fissures apparaissent, ce calcul n'est plus valable.
e) II est évident d'apres a) et b) ci-dessus, que la force de poussée est négative pour tout mur de
hauteur inférieure à 2 h( = 11. 16 [m] . Il n'est pas nécessaire de retenir le sol avec un mur de
soutènement pour une hauteur de 5 [m]. Mais, encore une fois, l'apparition des fissures rendra invalide
ce résultat.
Exemple 4. 14
Le dépôtde sol illustré ci-dessous est dans un état de poussée de Rankine. Déterminer la force totale
qui agit contre le mur vertical, ainsi que son point d'application.
-- Terrain horizontal
Sable: y = 18 [kN/m3]
(|) = 33°
-T-
Solution :
l-sin0 l-sin33°
Sable : 0 = 33°, Kra = Kha = -- =: , "";:"= 0. 295
l+sin0 l+sin33
a. Al^
... Ora = YZ Kha = 18 . Z . '0,95'= 5. 31 z
pour Z = 0 , CTra = °
pour z = 4 [m], 0^ = 5. 31 . z
= 5. 31 . 4 [m]
= 21. 24 [kPa 4m ©\ Fra= 42.48 [kN/m]
21. 24-4
... Fra = Fra = 42.48 [kN/m] Z,= 1. 33 m
l - sm(t) l - sin35°
Siltargileux : <^=35°, K,, = K,, a = ; , :;::=: , :;:":"= 0. 271, ^3=0. 521
l+sm(f> l+sin35°
-\
\21. 24
l 14. 30'
H=10m
F. -352. 2[kN/m]
m
2. 89m
88. 94
Mise au point par Coulomb en 1773, cette méthode permet de déterminer les forces de
poussée et de butée s'exerçant derrière un écran ou mur quelconque sans considération de l'état de
contraintes s exerçant dans le sol derrière le mur.
Ces deux hypothèses faites, la force agissant sur le mur est calculée par de simples
considérationsd'équilibrestatique.
Le calcul sera d'abord conduit dans le cas des sols pulvérulents, puis étendu au cas des sols
cohérents.
4.1 Principe
e.
Horizontale
9=a-ô R w
V=90°-^-^
[ En chaque point M du plan de rupture s'exeree une contrainte ? faisant l'angle <p avec la normale au
r
plan. Donc, la réaction R du sol sur ce plan de mpture fait avec la normale à ce plan l'angle 0. Le
L
principe consiste à écrire l'équilibre statique du coin de sol ABC entraîné dans la rupture sous ['action
des forces qui lui sont appliquéeset qui sont :
Son poids W;
On détermine ainsi la valeur de la force f^s en fonction de l'angle p que fait le plan de
rupture avec l horizontale.
dF(p)
=0
dp
La formule généraleest la suivante dans le cas de la poussée :
sin (a + <p~)
Kca=
|sin(0+5)- sin(0-^)
sin2u- sin(a - 5) 1+
sin(a- S) . sin(a+/?)
Remarque : Cette théorie ne permet pas de déterminer le point d'application de la force F;.a . On
suppose la répartition des contraintes triangulaire et le point d'application de la force résultante est
ainsi au tiers (H/3) de la hauteurà partir de la base.
Fca = ^ Y H2 K ça
Alors la contrainte CTça l"1 agit à la base du mur est déterminée par
H l " l
<Tca'ima-2=Fca=ÏYH2Kca
... tTca = Y H Kcasin a
Fe,4YHZKCa
H Mur
<7ca=YHKca'-ina
H
3
îîorin»16"
RemarQue :
L'angle de frottement 6 est considérépositif lorsque le coin de sol ABC de la Figure 4. 23 descend par
rapport au mur. Si le mur tasseplus que le sol, l'angle 5 est négatif.
Dans le cas de la butée, la force F;:p a pour expression (voir aussi Figure 4. 25) :
Fcp= j Y H2Kep
avec
sin (a - <p)
Kcp=
1-
sin(0 + 5) . sin(0 + fS)
sin2a- sin(ct + S)
sin(a + S) . sin(a + j6)
\
6=a+ô
»)/=90°-ti+(i)
A
Remarques :
L'angle de frottement 5 est considérépositif(voir Figure 4.25) lorsque le coin de sol ABC se déplace
vers le hautpar rapport au mur. Dans le cas contraire, l'angle 5 est considéréêtrenégatif.
H Mur auinui
H
F^ l Y H K^
-cp- 2
3
_G_\'CTcrYHK<;pS ina
Exemple 4. 15
Kca= 0. 470
= l V H2 K.
.
ça- 2 l ti ^ca
p..
ça
= \ 20 . 82 . 0.470
= 300.8 [kN/m]
H=8m normale à AB .
300.8 [kN/m]
-"-^
z =2.67 m
<7c,=Y HK^sina
0'»= 20-8-0.470-0. 996
CT,.=74. 9 [kPa]
AB sin (a+P)
90°f <-
parallèle à BC
A
y a\ ^'r'p'=90°-(i
A
Dans le cas de la Figure 4. 27, le coin ABC est toujours soumis à trois forces R, Fea et W;
mais au lieu du poids W des terres , il faut maintenantprendre en considérationle poids des terres (W)
et de la surcharge (q . BC), soit W = W + q . BC .
r Ainsi on a :
W = W+q. BC
soit
-, l
W = ^ Y . [AB sin(u + ^)] . BC + q . BC
-, l 2q
W = ^YABsin(a+/?)- |1+ BC
AB y sin(a + /?)
que l'on peut écrire
W = ^YI -ABsin(a+/?) . BC
avec
2q
Yi =Y+
AB . sin(a + /?)
Autrement dit, tout se passe comme si le coin n'était pas surchargé mais avait un poids
volumique fictif Yi. On trouvera, par conséquent, la même position de la ligne de glissement réelle et
la mêmeexpressionpour la poussée.On auraune pousséetotale
Fca= j YiH2Kca
soit
l .. -, . - -- -- sina
Fca = ^ Y H2 Kca + q H . K ça . . ;""."", = F^_, + F,
ça ^ l" "ça . l" "ça gjn^ _|_^) - ' casol ' . rasurch.
ou encore
l ..... L 2 H'
Fca= 2YH2Kca|l+:1T
La hauteur H est appelée hauteur fictive ou équivalente.
g sma
Y sin(a + jS)
sma
tcaunAq" N:asin(a+P)
Y sin a H K^ (Sol)
sin^a
N YH' KraSin a = q K^ -
'' - ' "s'ZÎ^'lT '* "ca sin (a+|3)
A large,
Exemple 4. 16
(Surcharge) .. /. ':,v?a\
q-100 [kPa]
'^
Résultante
.
959 [kN/m:
y = 20 [kN/m3] ^
<fi = 30e
H=10 [m] /?=20°
S=20°
94.0
a-85°]
7 "Al^< .48.5
Solution :
sin (a + <f)~)
K^= = 0. 472
1+
sin(0 + 5) . sin(^> - /?)
sin2a- sin(a - 5)
sin(a - S) . sin(a + /?)
\
Sol : z = 0 CTca = 0
z = H = 10[m] °ca = Y H Kca sin a = 94 [kPa]
sln' u
Surcharge : 0 < z < 10[m] "" = q . K = 48. 5 [kPa]
sin(a + /î)
Calcul de la force de poussée :
sina l __ . _, _ . __ __ _ . __ 0. 996
Fca= ^YH2K,., +qH . K,, = ^ 20 . 102 . 0.472 + 100 . 10 . 0.472 .
sin(a+/?) 2 " *" -... -. --- -- -... - pg^
Pu = 472 + 487 Fca = 959 [kN/m]
Calcul du point d'application : S M^ase = 0
10 . _ 10 4008
959 . z = 472 . - + 487 . - = 1573 + 2435 = 4008 z = z = 4. 18 [m] | de la base
959
Comme les forces F^a^, et F;.a ^ sont colinéaires, il n'est pas nécessaire de calculer la somme des
moments en tenant compte séparément des composantes tangentielles et normales des forces.
Lorsque les conditions géométriques dans certains cas ne permettent pas de déterminer
analytiquement la force de poussée ou de butée, on utilise une méthode graphique qui est basée sur la
théorie de Coulomb et qui est due à Culmann.
4. 3. 1 Sols pulvérulents
Cette méthode consiste à calculer la force de poussée exercée sur le mur pour différentes
valeurs de l'inclinaison du plan de rupture. En reportant ces valeurs sur un graphique ou un tableau, on
détermine, à partir de la courbe ou des valeurs obtenues, le maximum qui correspond à la valeur de la
force de poussée F^a.
La Figure 4. 29a donne les éléments de la démonstration : l'écran AB, la surface libre BT, la
ligne de glissement hypothétique AC faisant l'angle ^ avec la verticale, une ligne auxiliaire AD qui
fait avec l'horizontale l'angle <p, une ligne AS appelée ligne de position définie par l'angle 9 = a- S
qu elle fait avec AD, 9 étant l'angle que fait Fca avec la verticale.
Par un point choisi Ci, traçons la parallèle à AB, elle coupe AD en di; par di, traçons la
parallèle à AS, elle coupe AC[ en ei. Le triangle Adiei est semblable au triangle des forces (Figure
4. 29b); ou encore on passe du triangle des forces (Figure 4.29b) au triangle Adiei par une rotation
(180° + 0) tel qu'indiqué à la (Figure 4. 29e).
On a:
Quand C, décrit la surface libre du massif, le point e, décritla courbe Ae; appelée courbe de
Culmann. La valeur maximale ejd; atteinte, correspond au point e, pour lequel la tangente à la courbe
de Culmann permet donc de trouver une valeur maximale pour e, di, donc de trouver la valeur de la
poussée Fca.
D'autre part, le rapport BCj/Ad, étant constant etWj=^ -y . L . BC,, donc Ad; est
directement proportionnel àW,. On pourra adopter pour la Figure 4.29a, une échelle de longueurs
définissant l'échelle des forces sur AD avec WABC, = AD[.
Pour chaque position de C; on auraAd, = W;. Etant donné que Fca, = d; e, , on pourra
mesurer selon l'échelle des forces imposée, pour trouver Fca
D'une autre manière, on peut conserver les directions d'action de W , Fca et R tel que montré
à la Figure 4.29d. Ceci équivaut à une rotation de (90° + 0) de la Figure 4. 29a. Soit D verticale et
ligne d'action desW;, on peut alors choisir sur AD une échelle de forces arbitraire, W; correspondant
au coin définipar ^, et W, = Ad, (Figure 29d).
Laligne d'action de R fait l'angle (^; + <fi) avec l'horizontale (Figure 4.29e); la ligne d'action
de Fca fait l'angle 9 = (u - S) avec la verticale. Traçons (Figure 4.29d) ces deux droites
respectivement par A et d;, elles se coupent en e, ; d, e; représente Fça,-
Il est intéressant de tracer la droite AX inclinée à (j) par rapport à l'horizontale; à partir de cette
droite on devra simplement prendre pour chaque coin ABC, considéré, la droite faisant AX avec
l'angle ^p La courbe de Culmann étant trouvée, la valeur maximale de d, e, donc de F;;a correspond
au point e; pour lequel la tangente à la courbe est parallèleà la droiteAD.
D
droite faisant
avec l'horizontale
l'angle 4>
direction parallèle à AB
-1-;
d2
direction parallèle à AS
droite faisant
avec l'horizontale
l'angle ^+^1
la direction de Ri fait
direction parallèle
l'angle (((>+^i) avec à Fca.
thorizontale D
(d)
Figure 4. 29 Construction de Culmann
Des applications typiques de la méthode graphique de Culmann sont présentées aux Figures
4. 30 à 4. 33.
C3 Ci C4
(b)
A
w.
v_.. Surfacede rupture
réelle trouvée
w;i
Wi
R
w,i Direction de R
s'appliquantsur
le plan de rupture
(a) (b)
q [kPa:
Vert. / / /'/'.'
'
/x" / /' / '"/'
l / / / -, l Surface de rupture
' i ! i .' /
l ( / // / réelletrouvée Wî^.
: / / !' /
Direction de R
sur le plan de
\. \ rupture
(a)
[kN/m linéaire] ^-^/'{-
/7C3 . /-
Surface de rupture
réelle trouvée
V-'
Wîi
[d]
W<1
D|
(b)
IQ2
(T,
Surface de rupture
réelle trouvée
z =
H^-PZ+I. PI+^. P]
ou encore
H
z = [2 . Pi + 4 . F; + P ]
Exemple 4. 17
l Déterminer la force de poussée selon la méthode de Culmann pour le mur illustré à la figure ci-
r dessous.
Solution :
Imlmlmlm Im 1ml m Imlm Im
- T- - - --'-lT - 1
Calcul de Fg (Loi des Sinus)
Fc.Tôt
. Wsoi+W^.
sin(90°-i|)-^) sin(90°-a+i(i+6+^)
Vert.
F^ =339.35 [kN/m]
L'c p^l-igiiss-35. 94°
[kN/m]
400^ ;339. 35 [kN/m]
300-1
200-1
100.
p
0 -».
0 51015 20 25 30 35, . 40 45
|^7=|-leliss
t "Tôt
[kN/m]
Exemple 4. 18
Déterminer la force totale qui agit sur le mur illustré ci-dessous. Le sol retenu se trouve en poussée.
p=100[kN/m]
u;L:::î:^/., / / / T ^18[kN/m']
b-:!^-:^/.../
U2,_ ... ;" y ^' -v '^'
Y' = 9 [kN/m'l
, PU"-;' 7 / 7 f>-35°
"}1/// ., "=25°
D\-l i/^/- _^Nappe -
Solution :
Les calculs pour la poussée sont effectués avec y dans la partie non saturée et y dans la partie
submergée.
fi w W;+P
Point ï
0 [kN/m] [kN/m] [kN/m]
Co 0 41. 30 36. 00
40. 48 303. 50
Donc Fc'a" 143. 33 [kN/m]
403. 50 108. 02
Ftnt
tôt =
- ?"
1 ça +
' F
A eau
r p=100[kN/m
2 m-^t-1 m l m-^t-1 m^r l m -
(90°-a)=10°
15 [kPa] . AD 15 [kPa] . 1. 52
eau ~~ = 11.4 [kN/m]
... Fiot = j(Ftoti, y + (Ftoty)' = 153. 74 [kN/m] @ 33. 20° parrapport à l'horizontale
4. 3. 2 Sols cohérents
Dans le cas des sols cohérents, le problème est plus complexe. Sur le plan de rupture, les
contraintes tangentielle T et normale a sont en effet liées par la relation de Coulomb :
T = C + CTtg 0
deux forces doivent être.ajoutées àW , F^a et R, ce qui rend le problème assez complexe. Cette
méthode est illustrée à la Figure 4. 35 ci-dessous.
fissures
direction
de R
Ça =AB l . adhésion
Ci =ACi-cohésion
H Mur H Mur
, \ ligne de ligne de
rupture rupture
Le tableau 4. 3 donne quelques valeurs des coefficients de poussée et de butée tirées des tables
de Caquot et Kérisel.
bp
Frottement y
_^_ 5=^ 6=0' 5= (j) 5=^
25 0. 879 0. 922 8. 16 7. 31
20 0. 546 0. 586 7. 71 6. 90
10 0. 422 0. 464 5. 81 5. 20
25' 0 0. 364 0.406 4. 29 3. 84
-10 0. 326 0. 368 2. 96 2. 65
-20 0. 298 0. 340 1. 69 1. 51
-25 0. 289 0. 333 0. 91 0. 81
30 0. 822 0. 850 16. 95 14.46
20 0.414 0. 446 12. 65 10. 83
10 0. 344 0. 374 9. 05 7. 74
30e 0 0. 300 0. 333 6. 42 5. 49
-10 0. 272 0. 305 4.25 3. 65
-20 0. 250 0. 282 2. 55 2. 15
-30 0. 232 0. 267 0. 87 0. 74
35 0. 756 0. 767 34. 90 28. 16
30 0. 450 0. 470 31. 00 25. 01
20 0. 322 0. 348 22. 50 18. 15
10 0. 276 0. 301 15. 30 12. 34
35< 0 0. 247 0. 271 10. 20 8. 23
-10 0. 226 0. 250 6. 70 5. 30
-20 0.210 0. 232 3. 53 2. 86
-30 0. 192 0. 216 1. 65 1. 30
-35 0. 187 0. 213 0. 82 0. 66
Remarques :
Les forces de poussée (F|, a) et de butée (F^p) sont données par les expression suivantes :
La répartition des contraintes est triangulaire; ceci implique que les forces F|, a et Fbp sont
appliquées àL/3.
Ladirection des forces est à 5 par rapport à la normale.
Dans les manuels français, l'angle 5 est considérépositif comme suit :
îl
Fba°UFbp
Normale au
parement AB
AB=L
Exemple 4. 19
On veut déterminer la force maximum F que l'on peut appliquer à l'écran illustre ci-dessous (Méthode
de Boussinesq).
, Terrain horizontal
B
-f-^ ^ ^ ^ .
lit- ^
Ecran
Sable :
^' vertical
3m Y = 18 [kN/m3]
(j) = 30°
Horizontale
Im 8 = 20°
A
Solution :
D'après le tableau 4. 3, k^ = 0. 300 et kbp = 5.49 pour <ji = 30°, 6 = 20° =j4.. Le diagramme ci-
dessousdonne la distribution descontraintes et les forces F[,a et F|,p.
0 = 3 18-0. 300
G^ 16. 2 [kPa],
Remarques :
Si on avait utilisé la théorie de Rankine, les coefficients de poussée et de butée seraient les
suivants : krg = 0. 333 et k,. p = 3. 00. Alors;
Fra= ^YH2Kracosp = j 18 . 32 . 0.333 .l = 27. 0 [kN/m]
Frp =
IY H2 K,. p
cas P =
^ 18 . 32 . 3. l = 243. 0 [kN/m]
et
6. 1 Comparaison
a) Rankine : basée sur toute une zone en rupture, elle présente l'inconvénient d imposer à priori
la valeur du frottement entre le sol et le mur (5 = (3).
b) Coulomb : la zone de rupture est réduite à un plan et il n'y a aucune prise en compte de l état
des contraintes dans le sol. L'hypothèse du plan de mpture rectiligne est relativement bien
vérifiée pour les sols pulvérulents en état de poussée, mais ne l'est plus ni pour les sols
cohérents, ni pour les états de butée.
Dans les calculs des forces de poussée et de butée, le choix d'une méthode dépend de la
géométrie de l'ouvrage.
a) Mur vertical et surface libre horizontale : la méthode de Rankine, malgré ses simplifications,
est dans ce cas fréquemment utilisée. Il convient cependant de vérifier si l'hypothèse de
frottement nul n'est pas trop éloignéede la réalité,auquel cas la méthodede Boussinesq ou la
méthode de Coulomb peut être employée.
b) Mur plan inclinéet surface libre inclinée : la méthode de Boussinesqpermet un calcul correct
des forces de poussée et de butée. On utilise aussi la méthode de Coulomb dans le cas des
problèmes de poussée.
e) Mur quelconque et surface libre quelconque : on applique la méthode de Coulomb avec
résolution graphique (Culmann), car elle est alors seule utilisable.
CHAPITRE IV
PARTIE B : MURS DE SOUTÉNEMENT
r
Le rôle des ouvrages de soutènement est de retenir un massifde terre. II en existe une grande
variété; chacun des types, ou presque, nécessitant une méthode spécifique d'étude et de contrôle du
dimensionnement assurant la stabilité. Tous ces ouvrages ont en commun la force de poussée exercée
par le massifde terre retenu. Par contre, c'est principalement la manièredont cet effort de pousséeest
repris qui sépare les différents types d'ouvrages. Trois modes peuvent être distingués :
Lapousséeestreprise par le poids de l'ouvrage de soutènement;
Lapousse est reprise par encastrement de l'ouvrage de soutènement;
Lapousséeest reprise par des ancrages.
Poids de
l'ouvrage
/
. Encastrement
/
Ancrages
Le Tableau 4.4 montre les divers types d'ouvrages de soutènement classés d'après la
distinctionprécédente.
i) Le type d'ouvrage le plus classique et le plus ancien est le mur poids en béton ou en
maçonnerie. Ce sont des ouvrages rigides qui supportent trèsmal les tassements différentiels.
ii ) Les murs en terre armée sont des ouvrages souples qui supportent assez bien les tassements
différentiels du sol.
iii ) Les ouvrages cellulaires utilisésprincipalement dans les travaux maritimes forment également
des ouvrages souples.
ç
T
B
ff
v(2) (l)
f = Force de
poussée
M
A
ii) Les murs en parois moulées qui fonctionnent également par encastrement, en totalité ou en
partie.
r iii ) Les rideaux de palplanches, encastrés dans le sol de fondation : ce sont des ouvrages de
soutènement flexibles, où l'interaction structure-remblai a une influence prépondérante sur le
r comportement de l'ouvrage.
Dans les ouvrages de soutènement en déblai, l'effort de poussée est fréquemment repris en
partie par des ancrages (murs et parois moulées ancrés). Il en est de même pour les rideaux de
palplanches, lorsque le sol de fondation est trop résistant et ne permet pas de foncer les palplanches sur
une profondeur suffisante.
Fg = force de poussée
Fp= forcedebutée
R = réaction du sol
W= poids du mur
Le poids W
La force de poussée Fg
La force de butée Fp
La réaction du sol R
Comme pour tout ouvrage de soutènement, le dimensionnement d'un mur poids comporte les
étapes suivantes :
En premier lieu, il convient de vérifier que les déplacements du mur sont suffisants pour
mobiliser la poussée ou la butée. En fait, le déplacement du pied du mur n'est généralement pas
suffisant pour mobiliser l'état de butée à l'aval; c'est pourquoi, cette force (Fp) est rarement prise en
compte. Lorsqu il n'y a pas possibilité de déplacement du mur, comme cela est le cas pour un pont
cadre, la force de pousséedoit être calculéeavec le coefficient K,, et non pas avec Kg.
La force de poussée doit, par ailleurs, être calculée en fonction des conditions hydrauliques
probables les plus défavorablesderrièrele mur. Il faut avoir présentà l'esprit qu'un remblai horizontal
totalement saturé d eau pousse environ 2. 5 fois plus que le même remblai sec. Il convient donc d'éviter
toute saturation du remblai et de prévoirun dispositifde drainage.
Habituellement, pour la plupart des murs poids, les efforts de poussée sont calculés d'après
les théoriesde Coulomb (F;:a = ^ Y H Kca) ou de Boussinesq ( F^a = 1 Y L2 K^a ).
Sécurité au renversement
La sécuritéau renversement traduit son équilibre statique par rapport au moment des forces
exercées. Le coefficient de sécurité peut être déterminé en considérant l'équilibre lorsque le mur se
renverse autour de son arêteextérieureA (Figure 4.40).
!:
r
Coefficient de sécurité
renv =
W-d, 1.5
K-d,
2- Mstabilisateurs w . di
Renv. - S 1.5
ÏM, moteurs
.
Fa --d:
*a U2
On utilise parfois la règle du tiers central, qui consiste à s'assurer que la réaction R (Figure
4. 41) sur la base passe dans le tiers central de la semelle de fondation. Cette règle équivaut à ce que,
L
dans une distribution linéaire des contraintes verticales sous la semelle, aucune zone de cette semelle
ne soit en traction.
e - excentncité
de la résultante
6= angle de
la résultante
n T T ÏTI T-T-T l 6e
_ RcosÔ
_ RcosO 6e B B
1+
B B
Le déplacement du mur par glissement sur le plan de sa fondation est la deuxième éventualité
à envisager (Figure 4. 42).
Coefficient de sécurité
SFh
Fgliss. =: 1.5
SFh
Il faut comparer :
. N = la composante normale de R
* Cg = adhésionou adhérence
* 8 = angle de frottement entre le sol et la base du mur.
2 Frésistantes Ça .B + N . tg 5
'Glissem. - -E- - -^ - =: .L"
EFmotrices
Remarques :
r
La sécurité vis-à-vis d'une rupture du sol de fondation est obtenue par l'adoption d'un
coefficient de sécurité égal à 3 sur la capacité portante du sol de fondation relative à une charge
r excentrée et inclinée (Figure 4.43). On utilise les règles du Chapitre 2, en se rappelant que la base du
mur est considérée être une semelle filante.
Il y a rupture par grand glissement lorsque la partie du massif de sol qui glisse englobe le mur,
la surface de rupture passant alors à l'amère du mur (Figure 4. 44).
Le coefficient de sécurité correspondant est défini comme le rapport du moment des forces
motrices (forces de pesanteur) au moment des forces résistantes mobilisables le long de la surface de
rupture. La valeur du coefficient de sécurité doit être supérieure ou égale à 1. 5. Cette question sera
examinée en détail au Chapitre V.
/
/.
Surface de
''' rupture
Il reste à s'assurer que les contraintes dans la maçonnerie ou le béton restent inférieures aux
contraintes admissibles. C'est un problème de résistancedes matériaux. Si le mur est en maçonnerieou
en béton non armé, on ne doit pas faire
travailler ces matériaux en traction; il faut H (Min. 30 cm)
12
)oids
sec.
Exemple 4. 20
Im
Sable
Y =
19 [kN/m3]
(^=35°
S =25°
.
= 110. 47[kN/m]
ça
z=^=2[m]
S_= 23°
B= 2. 5 m
Solution :
sin (a+ 0)
Kca= = 0. 323
[ sin(0 + S) . sin((^> - /?)
sin2a- sin(a - 5) 1+
sin(a - S) . sin(ot + /?)
r \
B= 2. 5 m
138. 25
F«i,^ = --- = 1. 38 < 1.5 NON O. K.
'gliss' ~ ÎO(ÏÏ2
Remarques :
Comme Fgi,ss. < 1-5, il faut modifier les dimensions dumur. La solution la plus facile est
d'élargir la base. Par exemple, avec B = 3 [m], W^ur = 324 [kN/m], et Fgiiss. = 1. 57.
Mur
Clé
1. 5m z = H -2 [m] 575. 64
Lmur - = 1. 78 [m]
324
B= 3. 0 m
r\
Remarque : II est possible, pendant toute la durée de vie de l'ouvrage, que l'on vienne excaver
devant le mur pour enfouir des câbles ou des conduites. Pour cette raison, l'on ne doit
pas tenir compte de l'encastrement du mur D = 1. 5 [m] sur le côté aval.
l
qultlme = ^ Y B' Ny Sy dy Jy by gy
nette
EcolePolytechniquede Montréal
r
B .... .. /B
Sy = l - 0. 4-,- = l , car le base du mur est considérée être une semelle filante ( - = 0 ) ;
L
dy=l
3.5
0. 7 H
avec
'Y V" V+B'CgCOtg^
.
r
H = Fca^ = 100. 12 [kN/m], V = F,^ + W^ur = 46. 69 + 324 = 370. 69 [kN/m]
Cg = 0 (soi granulaire) , B* = B-2eg , avec CB = excentricité
3.5
0. 7 H 0. 7 . 100. 12\3'5
'1- = 0. 480 (Voir B* ci - dessous)
'Y ^ V + B* C, COtg^) 370. 69
370. 69 [kN/m]
R Base
Al 100. 12 [kN/m]
=iî-_
'B--2~-AR
XR=1. 39 [m]
3=0. 11 [m]
V 370. 69
qapp =~^= = 133. 34 [kPa]
nette 0 t..
qultime.
nette
F cap. = =3. 23
port. q app 133. 34
nette
9. l Principe
rï
plan de -r-^P
rupture
/ plan de
verticale l ^..., / rupture
9) /
/ (Rankine)
/ Fa~=iYÂBKracos/?
L^-/-T/?
AB
I_J/A-
La méthode habituelle dans le cas des murs de type cantilever consiste à calculer la force de
pousséesur le paiement fictif(AB) en utilisant les hypothèsesde Rankine. Ce faisant, l on assume que
les plans de glissement inclinés à 91 et 82 par rapport à la verticale AB, puissent se former sans
interférence de la part du mur.
Les critères de stabilité (renversement, glissement, etc... ) sont les mêmes que pour les murs
poids non armés, sauf que l'on permet l'existence de forces de traction dans le voile. Ces forces sont
reprises par des armatures d'acier.
9. 2 Dimensions usuelles
La Figure 4. 47 résume les dimensions les plus courantes des ouvrages de ce genre.
. Verticale
^^-
Exemple 4. 21
Vérifier la stabilité (glissement et renversement) du mur cantilever illustré ci-dessous. A noter que
(f) = 36° sur le côtéaval.
'P=20
Sable
Y = 18 [kN/m-]
(*=36°
0. 5m
5=24'
B-4m
Solution :
Approche de Rankine
Etant donné que la butée (côté aval) sera incluse dans les calculs, nous allons utiliser rapproche de
Rankine pour la calculer.
l _.,. _.. ---... .. - l +sin
Frn = ^ Y D2 km cos/3, ici{S = 0° (côtéaval) et km = '. ' ~".'"r, = 3. 852
- sin
w,
F,,,
:ra
= 42. 71 [kN/m]
4. 5m 6. 73 m
l X,
w,
F,.,, = 117. 35 [kN/m]
lilh
Xi
|W,
Z =2. 24 m
F,-n=39.0[kN/m] Im | 'x, w.,
0. 5m
A B
-l. 5 m-l -2 m-
-0. 5m
B=4m
2 Frésistantes_ (wmur+ Fray) .tg5 + F,-p^ (338. 94+ 42.71 ) .tg24°+ 39.0
gliss. -
'motrices '. cah 117. 35
381.65-tg 24°+39.0 208.92
liss, - = 1. 78 < 2.0 NON O. K.
117.35 117. 35
Remaroues :
Comme Fgi, ss < 2 (en tenant compte de la butée), il faut soit modifier les dimensions du mur,
soit prévoir une clé, comme pour l'exemple précédent.
Lagéométrieillustrée ci-dessous répondaucritère deFgi.sg. > 2. Eneffet, Fgiisg = 2. 17.
0. 5m
6. 41m
4. 5m
F|,)= 49. 02[ ]
Fra= 143. 32[^
"F,.^ 134.68[w]
rkNi |2.4m X, W^
lrPadn'-r'-u
[m] [kN/m]
l 3. 75 267. 98
2 0. 85 30.6
1. 7m 0. 8m 2. 5m
3 2. 17 85.8
5m 4 2. 50 96.0
Sécurité au renversement :
r^t
10. 1 Généralités
Outre les sécurités classiques vis-à-vis d une rupture de l'ouvrage par renversement ou grand
glissement, la méthode consiste à vérifier que les déformations du rideau restent en tout point
admissibles, c'est-à-dire que la contrainte maximale dans une palplanche ne dépasse pas le taux de
contrainte admissible pour l acier, soit (Figure 4. 48) :
^max = ^ CTadm
Dans ce dernier cas, la stabilité est assuréeuniquement par les réactionsdu sol sur la partie
enterrée que l'on appelle la fiche, c'est le cas de la plupart des batardeaux (Figure 4. 49).
r
Ex: quai
r
Eau
fiche
Figure 4. 49 Batardeau l
Les rideaux ancrés au contraire doivent une part de leur stabilité à une ou plusieurs lignes de
tirants qui sont reliés à des plaques d'ancrage enterrées dans le sol à quelque distance de la paroi. Ces
tirants sont attachés au rideau dans sa moitié supérieure. Les murs de quai en palplanches sont
généralement des rideaux ancrés (Figure 4. 50).
quai
palplanche
ancrages
Eau
Remblai
fiche
Sol naturel
Un rideau ancré, simplement buté en pied correspond à une faible valeur de la fiche, ce qui
permet une rotation du rideau autour de son point d'ancrage et un déplacement du pied mobilisant la
butéemaximale. Le diagrammedes efforts exercéessur le rideau, dans le cas d'un sable, est représenté
sur la Figure 4. 51.
a) S MA = 0 :
-. 2(Kp - Ka)D3 + [3(H - a)Kp- 3(2H - a)KjD2 - 6H(H - a)K., D - H2(2H - 3a)Ka = 0 (l)
b) S FH = 0
... T= F, - Fp (2)
Pour tenir compte d un coefficient de sécurité par rapport à l'équilibre ainsi calculé, on admet
r
généralement que l'on ne mobilise que la moitié de la butée, ce qui, dans l'équation déterminant la
ficheD, conduità remplacer Kp parKp/2.
Exemple 4. 22
- T
Sable:
Y =18 [kN/m3]
(i> =30°
Ka = 0. 33 (Rankine)
Fa Kp-3. 00
(H+D;
La théorie classique considère que le rideau pivote autour d'un axe situé légèrement au-dessus
de son extrémité inférieure. Le déplacement du rideau provoque au-dessus de l'axe de rotation la
formation de deux zones plastiques correspondant à l'équilibre de Rankine, poussée à gauche et butée
à droite (Figure 4. 52a).
Poussée
B
Butée
0
Butée Poussée
A
Pour les besoins du calcul, on remplace la distribution des contraintes de la Figure 4. 52b par
la distribution plus simple de la Figure 4. 53a. Les efforts de contre-butée sont équivalents à une force
horizontale Fg appliquée au niveau du centre de rotation 0 (Figure 4. 53b). C'est un problème
isostatique à deux inconnues : la profondeur fg et la force Fc . En écrivant que ÏMo = 0, on peut
trouver fg ; de plus, comme ^FH = 0, on peut aussi trouver Pc et, par conséquent, la profondeur z.
On a donc ainsi déterminé la fiche D = fo + z et la longueur des palplanches. On s'abstient assez
souvent de calculer z en utilisant la formule approchée D = 1. 2 fg ; ce résultat est du côté de la
sécurité.
L Fa
ID
fo Fp
0 0
Fc
On se contentera, dans cette section, de donner quelques indications sommaires sur le calcul
du blindage des fouilles (la paroi formant blindage peut être un rideau de palplanches, mais elle peut
être aussi constituée de planches ou de madriers). La stabilité du blindage est assurée par des étais
horizontaux placés à différents niveaux ou des ancrages (Figure 4. 54).
Du fait des étais et des ancrages, ce calcul du blindage apparaît, à première vue, comme le
calcul d'une poutre continue reposant sur plusieurs appuis. Il est malheureusement impossible de
prévoir le comportement mécanique du rideau. Les étais ou ancrages sont mis en place les uns après
les autres à mesure que l'excavation progresse, aussi la partie supérieure du blindage a-t-elle déjà subi
des déformations lorsque la partie inférieure est mise en charge, il faudrait en tenir compte dans le
calcul du rideau. De plus, la déformationélastique des l'étais ou des ancrages est loin d'être la même
CIV3420 - FONDATIONS V. Silvestri 317
Ecole Polytechnique de Montréal
pour tous. Le rideau se comporte alors comme une poutre sur appuis dénivelés, mais la dénivellation
est inconnue. Il n'est donc pas possible de calculer le blindage en l'assimilant à une poutre continue; il
y a trop d inconnues d ordre expérimental dont le rôle est déterminant en raison de la grande
hyperstaticité du problème.
Tirant?
fond de
fouille palplanches
Pour des raisons analogues, la répartition théorique le long de la paroi n'est pas facile à
déterminer.
Il est certain, toutefois, que cette répartition ne ressemble en rien à la distribution linéaire
classique, car la déformation de la paroi n'est pas compatible avec l'apparition d'un équilibre
correspondant au schéma de Rankine ou de Boussinesq. Les mesures faites in situ, lors de la réalisation
de grandes fouilles, ont montré que cette répartition avait une allure grossièrement parabolique, due
vraisemblablement à des effets de voûte, l'ordre de mise en place des blindages et des étaisjouant un
rôle important ainsi d'ailleurs que la températureet le temps.
Dans ces conditions, on conseillera de s'en tenir à une méthode empirique qui découle
principalement des mesures faites par Spilker lors de la construction du métro de Berlin pendant les
années 30 et de celles auxquelles a procédé Peck en 1940-1942, à l'occasion de la réalisation du métro
de Chicago.
Cette méthode comporte deux étapes. On choisit d'abord un diagramme de répartition des
contraintes analogueà ceux qui sont dessinéssur la Figure 4. 55 a, b et e. On admet ensuite que la paroi
est articulée au droit de chacundes étaisou ancrages(saufen ce qui concerne le plus élevé)ainsi qu'au
[ fond de fouille. On est amené ainsi à calculer une succession de poutres droites sur appuis simples
(Figure 4. 55d); c'est un problème isostatique qui est doncparticulièrement facile à résoudre.
le coefficient m peut
varier entre 0. 4 à l .0
r-~\ r ^ -~\
0. 25H 0. 25 H
l
-s'~
H H 0. 75H H
0. 75H
0. 25H
t
H
;> Equivalent isostatique
d) principe de calcul
11. 2 Instabilités
Dans les sections précédentes, on a passé sous le silence le rôle joué par l'eau. On admet
généralement que l'eau (murs de quai) est en équilibre hydrostatique de part et d'autre du rideau,
même si les niveaux sont différents. Dans ce cas, pour obtenir la distribution des contraintes totales
agissant sur les palplanches, il faut simplement ajouter les contraintes effectives à la pression
interstitielle.
Mais en réalité, lorsque le niveau de l'eau n'est pas le même des deux côtés du rideau, des
effets hydrodynamiques s'ajoutent aux effets hydrostatiques, car il y a un écoulement d'eau le long de
la palplanche et sous la palplanche du niveau amont vers le niveau aval (Figure 4. 56).
\ ^ \\
\ \ '< \ Eau
^\\ :s .Y^
Dans le cas de la Figure 4. 56, cet écoulement augmente les contraintes effectives à gauche du
rideau donc accroît la poussée, et diminue les contraintes effectives à droite, donc réduit la butée. Cet
effet est habituellement négligé si h est faible. Néanmoins si h est important, le gradient hydraulique
risque d'atteindre une valeur voisine de la valeur critique, on peut craindre alors la formation d'un
"renard". Pour éviter ce problème, en pratique on utilise une longueur de fiche de l ordre de 0. 7 à 1.0
h. Il existe des abaques pour calculer les longueurs de la fiche.
Cette condition est illustrée à la Figure 4. 57. Si l'excavation est assez profonde, il peut y avoir
rupture. On définit le coefficient de sécurité par :
F=
Su N;
S 1. 25 (pour N,;, revoir Chapitre 2)
YD+P
D soi: Y , Su
Eau Eau
1 eau
Argîle Argile
rsat
Sable ou Sable ou
gravier gravier
12 Références
Coulomb, A. C. (1773). Sur une application des règles de Maximis & Minimis à quelques Problèmes
de statique, relatifs à l'Architecfau-e. Académie Royale des Sciences, 7 :343-387.
Rankine, W. J.M. (1857). On the Stability ofLoose Earth. Phil. Trans. Royal Society London, 147.
CHAPITRJE V
NOTIONS DE STABILITE DES TALUS
l Glissements de terrain
Toute masse d'un sol près d'une surface libre en pente, tend à se mettre en mouvement sous
l'influence de son poids. Si cette tendance est équilibrée par des contraintes de cisaillement, il y a
stabilitéde la pente, sinon, il y a glissement.
Les glissements de terrain font partie au même titre que le gel et l'érosion, du processus de
modification des reliefs, et ils aident à comprendre l'extension latérale des vallées creusées par les
cours d'eau.
Mais ces glissements peuvent tout aussi bien survenir suite à des travaux exécutés par la main
de l homme troublant un équilibrepréétabli.
Les glissements se produisent soudainement ou durent plusieurs mois, voire parfois plusieurs
années; la mpture affecte une forme vaguement circulaire ou bien au contraire ne présente aucune
caractéristique géométrique particulière; les causes de glissements paraissent évidentes ou l'on ne peut
déceler de raison apparente; la rupture se produit sous l'action mécanique d'un écoulement d'eau ou
parce que le terrain a étéprogressivement lessivé par une eau pauvre en calions.
La morphologie des glissements est variable. Nous allons passer en revue un certain nombre
d'entre eux. Dès 1846, Alexandre Collin dans son ouvrage «Recherches expérimentales sur les
glissements spontanés des terrains argileux» différenciait deux types de glissements :
la cinématique du mouvement;
la vitesse du mouvement;
la cause de la rupture;
Cela illustre la difficulté à trouver une classification universelle; celle qui est présentée ci-
dessous s adapte bien aux mouvements observés au Québec :
les écroutements,
les glissements,
le fluage,
les coulées,
1. 2. 1 Ecroulements
Les écroulements sont des chutes soudaines de masses rocheuses importantes. L'écroulement
type est représentépar l effondrement d'un pan de falaise vertical. Ces mouvements sont de plusieurs
types et sont illustres à la Figure 5. 1.
Fissures
..fe. c3-
iag" Calcaire .^.^ iiiïSS?.
y wcw^, s'
S.- ^-^_-. : . ;Iîi^l5^7
Pression
:ÏN^
^. ï'^
.. -"
<^i^§î>..
Marnes
Argilâ
'-igf^lî?
~~^ï'
^assgi l
Ecroulement rocheux associé Schématype d'écroulement par fluage
à un glissement sur bancs (ou glissement) d'une couche tendre
Grés tendre ~
1. 2. 2 Glissements
les glissementsplans,
Rappelons que différentstypes peuvent se combiner pour donner des mouvements composés
multiples.
a. Glissements plans
Les glissements plans se produisent suivant un schématype alors que les causes peuvent être
diverses :
Limons
Eau
Route
Substratum
D'autres types de glissement plans (simples et multiples) sont illustrés à la Figure 5.4
a) Glissement plan
avec blocs
b) Glissement plan
simple
b) Glissements plans
multiples
b. Glissements rotationnels
Dans ce type de mouvement, il se produit un basculement de la masse glissée sur une surface
courbe plus ou moins circulaire. Ces mouvements peuvent être simples ou complexes. Les
mouvements simples ont une surface de mpture proche ou assimilable à un cercle et leur étude fait
appel aux méthodes d'analyses classiques de la mécanique des sols.
Glissements superficiels. Les figures du cercle de rupture sont nombreuses et nous n'avons
représentéque le plus classique, c'est-à-dire,le glissement de pied (Figure 5. 5).
Cercle de
rupture
- Glissements profonds. Ils intéressent surtout les remblais sur sols mous où le cercle de mpture
est tangent au substratum lorsque ce dernier n'est pas trop profond (Figure 5. 6)
Cercle de
Argile molle
rupture
Les glissements complexes" ont souvent une surface de rupture non circulaire. Les ruptures
non circulaires peuvent avoir différentes causes :
- l anisotropie de structure,
- l anisotropie mécanique,
Couverture
^
e) Glissements successifs
Silts
.? "fî-. 'l
".^. ^'
tlâ3^
"-- ^1
a) Glissement en escalier
Rivière
1. 2. 3 Fluage
T/l , :L
Bombement
*-
Argile
.
^A.
T^
Fluage '^ <A
^.3È
'T
1. 2. 4 Coulées
Les coulées constituent des mouvements de terrain qui s'assimilent largement autant à des
problèmes de transport de matériaux par l eau, qu à des problèmes de glissement. Les coulées peuvent
intéresser des matériaux très sensibles (argiles sensibles de Scandinavie et de l'Est du Canada qui se
liquéfient dès qu'elles sont déformées brutalement par des chocs, des vibrations ou des tremblements
de terre) et donner des coulées de boue (Figures 5. 9, 5. 10 et 5. 11)
langue boueuse
Argile
Les divers éléments d'un glissement de terrain sont illustrés à la Figure 5. 12 ci-dessous. Ces
éléments sont:
Fissures de traction
/] . Sommet
d profondeur de la rupture |
Nous venons d'apercevoir un certain nombre de ces causes. Ci-après, nous explicitons les
principaux facteurs déterminants. Leur présence simultanée n'est, bien entendu, pas nécessaire pour
provoquer l'accident, l'un d'entre eux pouvant suffire.
a. Modification du moment moteur par charge en tête ou décharge en pied (Figure 5. 13).
Charge
a) Charge en tête
b) Décharge en pied
\
v
e. Altération des caractéristiques de résistance du sol par des réactions chimiques (dessalage des
argiles).
Les causes énuméréesci-dessus indiquent les mesures principales à envisager pour arrêterun
glissement imminent : modification de l'équilibre par charge au pied et décharge en tête (Figure 5. 14),
diminution de la pression interstitielle par drainage (Figure 5. 15), pieux (Figure 5. 16) et éperons
(Figure 5. 17)
Enlèvement de sol
".u'^}:
a) Déchargeen tête \
-Addition de charge
b) Charge en pied
v"y^..
Figure 5. 14 Charge en pied et déchargeen tête
Figure 5. 15 Drainagesubhorizontal
Figure 5. 16 Pieyx
\^
Enfin, il est bon de recouvrir de végétation les pentes et d'organiser le drainage superficiel des
eauxderuissèlement, de façonà éviterl'altération des caractéristiquesmécaniquesdu terrain.
Mais, bien souvent, l'ingénieur reste impuissant devant ces phénomènes, lorsqu'ils se
produisent dansla nature outout aumoins, les remèdesdeviennent trop coûteux.
Il lui appartient alors de prendre toutes les mesures nécessaires pour prévenir ces
phénomènes, d'où la nécessité pour lui de savoir calculer les coefficients de sécurité au glissement des
talus.
La figure 5. 18 présente un remblai typique sur argile. On considère un point quelconque a sur
une surface derupture potentielle. LaFigure 5. 19 illustre le comportement de l'argile. Le graphique (a)
montre le chargement de l'argile. La charge augmente rapidement pendant la période de construction,
puis elle se stabilise et demeure constante. Le graphique (b) montre l'effort de cisaillement appliqué
Remblai
Surface de
rupture probable
Charge
Construction de la fondation
(a)
Fin de la construction
Temps
(b)
Contrainte Contrainte appliquée ^ app.
Au (Excèsde pression d'eau)
-Argile molle
Long terme
S"init.
(d) Temps
.......... Point critique
l - Facteur
l Sécurité
Résistance Su
Fs Fs=
app.
11 12 Temps
Figure 5. 19 Conditions de stabilité d'un remblai sur argile
Tapp au point "a" de la Figure 5. 18. Sont aussi indiquées en (b) les suppressions interstitielles générées
par le chargement. L'on suppose dans ce graphique qu'il n y a pas de dissipation de pression d eau
pendant la période de construction. La pression d'eau u en tout temps t < ti est égale à Ug + Au, où
Ug est la pression d'eau initiale et Au est l'accroissement dû au chargement. Une fois la construction
terminée, la pression d'eau diminue car il y a consolidation de l argile. La diminution de la pression
d'eau se fait plus rapidement dans une argile raide que dans une argile molle. Le graphique (e) montre
révolution de la résistance au cisaillement non drainé Su. Initialement et aussi pendant la période de
construction. Su = Suo, où Suo est la résistance initiale. A mesure que la consolidation progresse la
résistance augmente, car d'après la loi de Coulomb [T^ax = e' + (u-u) tg0'], cette dissipation
s accompagne d'un accroissement de la résistance au cisaillement maximale. Le graphique (d) montre
révolution du coefficient de sécurité F = Sy/ Tgpp au point "a" de la Figure 5. 18. Il est évident que la
stabilité la plus défavorable coïncide avec la fin de construction. C'est ce qu'on appelle "le court
terme . Les ruptures observées confirment que les désordres se manifestent effectivement en cours de
travaux. Le calcul de stabilité est fait à court terme, donc en contraintes totales, à partir de
caractéristiques Su et 0u = 0.
Dans le domaine routier, ce sont les coupes en sols argileux qui présentent les désordres les
plus fréquents. L'origine des glissements réside presque toujours dans la présence d'une nappe suintant
dans des talus dont la hauteur et les pentes, parfois élevées, posent des problèmes délicats de stabilité,
tant à court qu'à long terme.
La Figure 5.20 montre une coupe effectuée dans un dépôt d'argile. Encore une fois, l'on
considère un point quelconque "a" situe sur une surface de rupture probable. La Figure 5. 21 montre le
comportement de l'argile. Le graphique '(a) indique le déchargement de l'argile pendant et après
l'excavation. Le graphique (b) montre en même temps l'effort de cisaillement appliqué ïgpp dû à
l'excavation et la siupressiond'eauAu générée.Comme il s'agitd'undéchargement, la pression d'eau
u diminue pendant la phase d'excavation. Par la suite, la pression d'eau augmente de nouveau (donc,
Au diminue) en raison d'un rééquilibrage. Le graphique (e) présente ['évolution de la résistance au
cisaillement Sy. Pendant l'excavation qui se fait rapidement, il n'y a pas de changement de volume et
la résistance Su est égale à la résistance ùiitialeSuo. Pendant le rééquilibrage des pressions d'eau, la
résistance diminue car u augmente (ou Au diminue). Le graphique (d) indique que le coefficient de
sécurité F=Su/Tgpp diminue continuellement. La stabilité la plus défavorable coïncide avec le
temps t;, e est-à-dire, au moment oùles pressions d'eau atteignent un nouvel équilibre. C'est ce qu'on
appelle "le long terme".
Les sols fins dans lesquels sont ouvertes les coupes ont généralement supporté d'autres
couches de terrain, déplacéesensuite par l'érosion : ils sont donc surconsolidés.Du fait de la structure
serrée des grains qui en résulte, les contraintes de cisaillement tendent à provoquer une augmentation
de volume qui s'accompagne d'une diminution de la pression interstitielle et d'une augmentation
corrélativede larésistanceaucisaillement. Lastabilitéà courtterme estgénéralementplus favorable
CIV3420 - FONDATIONS V. Silvestri 337
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Surface de '
rupture probable
Charge
Excavation
(a)
l Temps
(b)
Contrainte
/
Contrainte appliquée ^ app.
(e) [ Temps
Résistance
s,,
(d) l Temps
Facteur Résistance S,, i
Sécurité Fs=-
T
Fs app.
t] 12 Temps
Figure 5. 21 Conditions de_stabilité d'une excavation dans l'argile
que celle à long terme, les exemples de talus de déblai stables en cours de construction, mais se
rompent au bout de quelques mois ou quelques années le confirment.
Les ruptures à long terme sont plutôt superficielles tandis que les ruptures à court terme sont
plus profondes.
Les études de stabilité comportent nécessairement une analyse à court terme et un analyse à
long terme. L'étude à court terme se traite en contraintes totales, à partir des caractéristiques Su
et 0u = 0- L'étude à long tenue se traite en contraintes effectives à partir des caractéristiques c'et 0 .
Lesvaleurs de e sont de l'ordre de 5 à 20 kPatandis que les valeurs courantes de l'argile 0' s'étalent
de 20° à 30°, la valeur étantd'autant plus faible que l'indice de plasticité du sol Ip est plus élevé.
1. 6. 3 Stabilité des pentes naturelles
Les problèmes intéressant les pentes naturelles concernent principalement les matériaux
argileux lesquels, sous l'action des divers agents d'érosion, se présentent en pentes plus ou moins
stables. Dans certaines régions de l'est du Canada, ces argiles se trouvent dans un état d'instabilité
manifeste à la suite de mouvements anciens; du fait de ces mouvements, il n'est plus possible de
mobiliser que la résistance au cisaillement résiduelle.
Il a été montré que lorsqu'un glissement s'est produit, il n'y a pas cicatrisation de la surface
de rupture : la résistance au cisaillement demeure ce qu'elle est devenue, c'est-à-dire généralement
proche de la résistance résiduelle. Des glissements anciens peuvent ainsi être réactivés, lors de travaux,
le long de leur surface de rupture initiale. Des travaux modestes peuvent alors provoquer des désordres
de grande envergure, même à court terme. Les ruptures sont souvent peu profondes, 3 à 8 m, mais
intéressent des zones de grande extension : plusieurs dizaines à plusieurs centaines de mètres de
largeur ou de longueur.
Dans le cas de pentes naturelles n'ayant jamais glissé, le calcul de stabilité doit être fait à
court terme (contraintes totales et paramètres Su et <p^ = 0) et à long terme (contraintes effectives et
paramètres c'et 0 ).
Dans le cas des pentes naturelles instables, le calcul doit être fait en contraintes effectives, en
tenant compte des caractéristiques de résistanceau cisaillement résiduelles ( CR et (p'i,) et de la surface
de glissement ancienne.
Pour terminer cette section sur la stabilité des pentes on donnera quelques indications sur le
calcul de ces ouvrages.
Comme on l'a vu dans les articles précédents,les pressions interstitielles jouent un grand rôle
dans l'appréciation de la sécurité (stabilité). De telles pressions peuvent se développer pendant la
construction de la digue, à l'occasion des opérations du compactage.
Lorsque la retenue sera pleine et qu'un écoulement permanent se sera établi au travers de la
digue, on trouvera une autre distribution des pressions interstitielles et il en sera de même en cas d'une
variation rapide (vidange rapide) du niveau de la retenue.
Les pressions interstitielles au sein du barrage peuvent donc présenter des distributions
radicalement différentes suivant les circonstances. On ne sait a priori quelle distribution conduit à la
situation la plus critique. Ainsi, on doit toujours au stade du projet, vérifier la stabilité de l'ouvrage
dans les trois cas suivants :
Pour les périodes 1° et 2°, on étudiera la sécurité des talus amont et aval. La période 3°, celle
de la vidange rapide, pose le problème de la stabilité de la partie amont du barrage avec des lignes
d écoulement produisant des forces de percolation en moyenne parallèles au talus amont. Celles-ci
pourront provoquer un glissement du talus amont si celui-ci est trop raide, aussi si c'et0 sont
insuffisants et surtout s'il reste des pressions interstitielles résultant de la construction. On retiendra
que le moment le plus critique de la vie du barrage est celui d'une vidangerapide survenant aprèsune
mise en eau suivant une constmction rapide.
Talus aval
Filtre
^.
L. ilï^. '.... ' . '. .
imperméable
Figure 5. 22 Ecoulementt permanent
Talus aval
Talus amont
Filtre
^.. .
imperméable
Figure 5. 23 Vidange rapide
On peut analyser un peu plus en détail ce qui se passe pendant et après la construction d'un
barrage en terre, en se servant des Figures 5. 24 et 5. 25.
app.
Temps
Pression
d'eau
Temps
Résistance
Temps
Facteur
Sécurité
Fs
ll Ï2 ïî Temps
Figure 5. 25 Conditions de stabilité d'un barrage en terre
On considèreun point quelconque "a" situé sur une surface de rupture probable (cette surface
est située du côtéamont sur la figure). La ligne en pointillé représente l'équipotentielle qui passe par le
point "a".
Cas l : Le remblai est constitué d'argile et est relativement imperméable. La fin de la construction est
caractérisée par des pressions d'eau substantielles dans le sol. La pression d'eau totale u^est composée
de la pression initiale Ug due au compactage du sol humide, et d'une deuxième partie Au causée par le
poids du sol qui se trouve au-dessus du point "a", c'est-à-dire,
ui = Uo + Au = Uo + B'Ao;
Cas 3 : Une vidange rapide augmente de beaucoup les efforts de cisaillements appliqués. La pression
d eau diminue deyeau'heau- Comme le sol est imperméable, le remblai reste saturé. Ainsi au
temps (3, la pression d eau
La définition du coefficient de sécurité des talus à l'égard de la rupture est une des questions
les plus controversées de la mécanique des sols. La Figure 5. 26 représente un talus de hauteur H
faisant un angle R avec l'horizontale. Pour étudier sa stabilité, on trace une surface de glissement
possible (ici l'arc de cercle AMC) et on cherche les conditions de l'équilibre de la masse ABCMA.
Un certain nombre de forces sollicitent cette masse (sur la Figure 5. 26 on s'est contenté de
faire figurer le poids W et dans les calculs qui suivent, on n'a pas pris en compte que le poids W, il
s agit là uniquement d'une simplification qui n'altère en rien la généralitédes résultats).
Ces forces sont à l origine du moment moteur, c'est-à-dire le moment qui tend à faire pivoter
la masse ABCMA le long de l'arc de cercle AMC dans les sens de A vers C.
Pour équilibrer ce moment moteur, des contraintes de cisaillement se développent sur la surface de
glissement possible et on a :
-10
'(J
^ R- T ds R ^ T ds ZMderésistance
W .l W .l SM moteurs
Exemple 5.1
La figure ci-dessous indique la section d'une coupe dans laquelle un glissement est survenu suivant
l'arc de cercle AMC. Le rayon est égal à 24.4 m. Déterminerla résistance au cisaillement non drainé
de l'argile (Su) en assumant que 0u = 0 et qu'il existe une fissure de traction de 2.4 m de profondeur
à la crête du talus.
/ 8T
^
^'
/=
2-4mLy'
7i
<^o.
<
5. 18m 7. 92m
7= 17. 3 [kN/m3] H=7. 3 m
w
D
AC. G. 1t.
TT
Surface de glissement
réelle M
Solution :
SM de résistance
. -. F = _:;""" = l parce qu il y a eu glissement
SM moteurs
w.; 2691. 8 . 5. 18
Su = 16. 6 [kPa]
u R . longueur de l'arcAMC - 34.49 . 24.4
Exemple 5.2
Déterminer le coefficient de sécurité du talus illustré ci-dessous pour la surface de glissement donnée.
\
fissure de --^
traction 0&l>" 96. 5°
^
<\^-
,^
<>-
^
î^ 3. 96m
4.05m /
/
j /-" ^U=0°
^K Y =192 [kN/m.] \V \
H=9. 14m
\ Cu= 38 [kPa]
\
^C. G. \
\
Solution :
Réponse : |F= 1. 37
On définit ainsi deux coefficient de sécurité, l'un par rapport à la cohésion, l'autre par rapport
au frottement interne :
e
e -
et FA =
cadm v tg 0adm
Puisque le massif est en équilibre pour les valeurs admissibles Cgdm et 0adm on Peut écrire
(voir Figure 5. 26) :
c , 0 tg0adm'
... R | (Cadm + CT tg 0adm) ds = W. ; Suit |R
R l l - + -__r^ | ds = W- ;
C tgff)
FC = F0 = ^- =
cadm tg <Padm
l
R l T:(e + o tg 0) ds = W . ; soit R;;(c+ otg^ds
W-;
'li
^*
\
H D
Sol : y , e et <j)
>
p
Les cercles de pied de talus qui recoupent le talus à son pied en e (Figure 5. 28a et b).
Les cercles de flanc de talus; le point bas du cercle a parfois sa position fixéepar une couche
résistante située peu en dessous du niveau du pied; dans ces conditions, le cercle recoupe le
talus dans la pente, au-dessus du pied (Figure 5. 28e).
""=§
0
"7\
A, /'B A \
6ïo \
\
H H D
x\
.
-^1 p-1
_0 n, =h
A_^-_^^. ^:B
---,0
A. - -- ;-^:
>.
x \
\ \ D H
H D
vC \D
^c
Les cercles de rupture profonde qui englobent une large masse de terrain; on peut montrer que
dans ce cas, le centre 0 du cercle doit être à la verticale du milieu du talus BC, ce qui
explique le nom de cercle à mi-pente qu'on leur donne parfois (Figure 5. 28(1).
La grandeur et la position de ces cercles sont définies par une série de paramètres, dont la
signification apparaît sur les figures. Ce sont,
autre P et H,
Taylor (1937) a mené des investigations très complètes sur les caractéristiques mécaniques
requises pour assurer la stabilité dans les différents cas de la Figure 5. 28; ses résultats sont indiqués
aux Figures 5. 29, 5. 30 et 5. 31. Dans les calculs, la quantité sans dimension
yH
N-^
a éténomméeparTaylor coefficient de stabilité. Il est a noter que les abaquesdonnent le coefficientde
sécurité F,; sous la forme
l'c-7ïï"'s
et il est sous-entendu que F^ = l. Si l'on veut le même coefficient de sécurité(F = Fc = F^), il faut
procéderde la façonindiquéeà l'Exemple 5. 6.
Remarques :
La Figure 5. 30 montre les trois zones qui correspondent aux trois types de mptures possibles
(si p < 53°)
De plus, lorsque P > 53°, le cercle de rupture est un cercle de pied ne passant pas sous le
niveau du pied. Si UDï 4, la rupture se fait suivant un .cercle profond.
(f>= 25°20°15°10° 5°
N_=-'-±i
"s e
6
12
r>D=l
10-1 -2-1
Cercles de
flanc
8-1
-- 5. 52
2 Cercles de pied
Cercles profonds
0 1 1IIT ~\ T
90°
^ ao
10°
0 0°
^ \po
Exemple 5.3
Une excavation doit êtreeffectuée dansun sol ayant les caractéristiques suivantes : y = 19.2 [kN/m ],
c=11. 5 [kPa] et (f) = 10°. La conception exige une pente R = 60°. Quelle hauteur maximale peut-on
atteindre, tout en maintenantun coefficient de sécuritéde l .5 par rapport à la cohésion?
Solution :
11. 5 . 7. 15
Si F, = l ^ H^ = ".""~ = 4.28[m]
Exemple 5.4
Une excavation doit être effectuée dans un dépôtd'argile molle jusqu'à une profondeur de 9. 1 [m]. Le
sol possède les caractéristiques suivantes : y = 19. 2 [kN/m ], e =Sy = 29 [kPa] et (f> = 0°. Le
substratum se trouve à une profondeur 13. 7 m sous la surface. Pour quelle pente P, l'on aurait la
mpture ?
Solution :
De la Figure 5. 30 : nD=D/H=13.7/9-1.5
S'il y a rupture : ïlmax = 9. 1 [m]
y. H, 19. 2 . 9.1
N. NS= =6.0
Y. H, 29
Exemple 5.5
~r"i
H-7,. 6m]
.
V?=35- D =13. 7 m
f- </>=0°
Argile Y-18.4[kN/m3]
r
c=S, = 29[kPa]
Solution :
D'après la Figure 5. 30, pour no=1. 8 et (3 = 35° => Cercle de rupture profonde . -. N5 = 5.8
e .. 29
F,. = --- . N. = 5.8 .
-. Pc = 1.2
c y- H "s 18.4 . 7.6
Exemple 5.6
Un dépôt d'argile a les caractéristiques suivantes : y = 19.2 [KN/m ], ip = 15° et c=24 [kPa]. Une
excavation doit être effectuée dans ce sol, avec une pente de P = 50°, jusqu'à une profondeur de 10 m.
Déterminer le coefficient de sécurité, en assumant F = F;; = F^.
Solution :
Si le frottement est mobilisé entièrement (F^, = l), ip = 15°. Dans ce cas, pour 0 = 15° et j3 = 50°,
la Figure 5.29 donne : N5 a 11.0
e 24
-FC=,-H-NS=ÏÏf^O-ll=1'38 ^ F 0
Par itération :
Si FA = 1.3
tg(f> tg 15°
tg^> adm F^, 1.3 = 0. 206 =» (^dm = 11.6°
tg^> tg 15
SiF^, =l. l tg0 adm ~ 1.1
= 0. 243 => (f, ^ = 13. 7°
Le graphique complété avec ces données qui apparaît à la page suivante indique que :
-.. Fc a F Fa 1.2
1. 4 -l
1. 3 4
et 1. 2 -l
F,
l. i 4
1. 0 -l
0.9 l l [ T T
11 12 13 14 15 16
</>
Exemple 5.7
Une excavation verticale doit être effectuée dans un dépôt argileux pour lequel : y = 16. 0 [kN/m ],
({> = 0 et e - Su = 36 [kPa]. Trouver la hauteurmaximum ( F,. = 1.0) de la coupe.
Solution :
e e .. 36
... FC = .. N, =1.0 =^H^=^. N, =-,^-. 3. 85 =8.66 [m]
Y' "max ~ "~" Y ~ ^b.<
Hmav 8. 66
Si Fc= 1. 5, H=^?=^=5. 78
1. 5 1.5
Remarque :
On notera que la valeur N5 = 3. 85 donne ïï^ax = ":-:-^ qui diffère peu de zï, soit la hauteur d'un
écran sur lequel la force de poussée d'un massif cohérent en équilibre de Rankine est nulle (Chapitre
IV).
2. 3. 1 Principe
Etant donné que dans la nature ou dans les ouvrages (digues et barrages) construits par
l homme, il est peu fréquent de rencontrer des terrains homogènes, il est nécessaire de disposer d'une
méthode plus générale que celle décrite en 2. 2., permettant la prise en compte des massifs hétérogènes
et de la présence d'eau.
C'est la méthode des tranches ou méthode suédoise, due à Petterson en 1916, développée par
Fellenius en 1926 et perfectionnée par Bishop en 1955. Dans cette méthode, on cherche la solution en
divisant le massifen un certain nombre de volumes élémentaires ou de tranches (Figure 5. 32).
Cercle de
rupture
tranche "n"
(surcharge) | ^ N
a) Cercle de glissement
cas a
L de glissement potentielle de forme circulaire que l'on se fixe à priori (Figure 5. 32a). On divise alors la
masse de terre sujette au glissement en une série de tranches verticales relativement minces (Figure
5. 32a). La Figure 5.32b représenteles différentesforces qui agissentsur la tranche de rang "n" :
N T
a=7 et T=7
La contrainte effective a donc pour composantes :
N-U N'
a' = = - = o - pression d eau = a - u et T=-
l l
T = p: tmax =F(c'+(T'tg(^')
C est-à-dire, en termes de forces,
r
tg 9 =tg (W
zn+l- zn
xn+l- xn
En considérant l'équilibre de la tranche n ainsi que des autres, Bishop (1955) a obtenu
l équation suivante pour le coefficient de sécurité, basé sur l'équilibre des moments :
Il faut écrire en outre que les composantes verticale et horizontale de la résultante des forces
extérieures sont nulles. Cela conduit naturellement à
~xn - xn+l-> = 0
^(Zn-Zn+l) = 0
En pratique, le tenue (x,, - Xn+i) est négUgé> ce qui donne la solution de Bishop simplifiée
suivante :
sec a
2;|{c'-b+(W-u. b)tg^'}
F=
l+tg». ty
2 W sina
1.4-1
1. 2^
Figure 5. 34 m versus a
F=
S[{c'. b+(W-u. b)tg0'}^]
S; W sina
r
Si l'on suppose non seulement que Xn - Xn+i = 0, mais aussi Zn - Zn+j = 0, l'expression du
coefficient de sécurité se simplifie radicalement; l'équation des moments donne
r
SKc' . b + (W cosa - u . ;)tg <^'}]
F=
S W sina
Cette équation est connue aussi sous le nom d'équation de Fellenius. Cette équation sous-
estime le coefficient de sécurité.
ExemBle_5,8
Pour le talus ci-dessous et le cercle de glissement indiqué, calculer le coefficient de sécurité par la
méthode de Bishop simplifiée.
0
r-
-^5'.Js
Il
Sol:
= 19. 6 [kN/m3]
'sat
C' =
4. 3 [kN/m2]
6. 1m
^xS<^"*^S;.':ys':y;;^M;:>;%î^-:''';'';''':';'>'-<:'S:<<:î":<~:?y;;%:<:';;:'^¥
- '^^^'". 'ï^^. - ';'.. ''~>\'>'^-^'/;\i-. vïf;, ;;. <'i-1';^ T-l _ _1- _--.. --. --... --' -1-1 - . ^'-^V-';/' >^ \>"
le '"" ' " "
Drain
Solution :
Etant donné que le coefficient de sécurité est implicite dans l'équation de Bishop simplifiée, il faut
procéderpar itérations. Ici, on va assumer deux valeurs de F (Fi-1.25 et F2=1.35). La solution se fait
sous forme de tableau.
f 4 5 6 7
b c'-b u-b W-ub Col! m
a
Col 7 ^ Col 8
Tranche Col';-tg0 +
(m) (kN) (kN) (kN) Col',
Fi=1. 25 F, =1. 35 F, =1. 25 Fi=1. 35
l 1. 37 5.9 0 13.2 8. 3 14.2 0. 97 0. 97 14.6 14.6
2 0. 98 4.2 0 24.6 15. 4 19.6 1.02 1. 02 19.2 19.2
2A 0. 55 2.4 0.8 18.3 11. 4 13.8 1. 06 1. 05 13.0 13.1
1. 52 6.6 15.2 52.3 32.7 39.3 1. 09 1. 08 36.1 36.4
1. 52 6.6 21.1 60.7 37.9 44.5 1. 12 1. 10 39.7 40.5
1. 52 6.6 18.2 66.6 41.6 48.2 1. 10 1. 08 43.8 44.6
6 1. 34 5.8 7.1 60.3 37.7 43.5 1. 05 1. 02 41.4 42.7
6A 0. 18 0.8 0 7.2 4.5 5.3 0. 98 0. 95 5.4 5.6
7 0. 98 4.2 0 22.3 13.9 18.1 0.93 0. 92 19.5 19.7
s= 232.7 236.4
232.7
Pour Fi = 1. 25 F= = 1. 28
181. 9 <- SWsinu
232.7
Pour F, = 1. 35
-Î8L9-'L":
1.40^
145°
/
assumé ^ obtenu
1. 30-1
.
K:'^ -. F=l. 29
.
1. 20 T-l"'[--1-T
1.20 1. 30 1.40 1. 50
obtenu
La Figure 5. 36 illustre la méthode des tranches que l'on pourrait appliquer pour analyser la
stabilité d'un barrage en terre. Alors que la Figure 5. 36a s'applique au réseau d'écoulement permanent,
la Figure 5. 36b s'adresse au cas d'une vidange rapide.
>-
..;-
'? 7\
l/
>
/y
-l^t.
}<' \u
><
lr==
(b) Vidange rapide
Figure 5.36 Méthodedestranches appliquéeà la stabilitéd'un barrage en terre
Morgenstem et Priée (1965) ont développé une méthode générale d'analyse dans laquelle
toutes les conditions aux frontières et les équations d'équilibre (forces et moments) étaient satisfaites et
dans laquelle la surface de rupture peut avoir n'importe quelle forme, circulaire, non-circulaire ou
composite. La surface du terrain est représentée par une fonction y = z(x) et la surface de rupture
potentielle par y = y(x), comme montre à la Figure 5.37. Les forces indiquéessontnotéescomme suit :
E = force effective normale sur un côtéde la tranche,
X = force de cisaillement sur un côté,
Feau = f°rce due à la pression d'eau sur un côté,
dN = force effective normale à la base de la tranche,
dS = force de cisaillement sur la base,
dPb = force due à la pression d'eau sur la base,
dW = poidstotal de la tranche.
La ligne d'action des forces effectives normales (E') est représentée par une fonction
y = Vt(x) et celle des forces internes dues à l'eau (P^) pary = h(x). L'analyse donne deux équations
différentiellesqui sont simplifiéesenutilisant la relation suivante :
E = E' + P»
La position de la force E sur un côté de la tranche est obtenue de :
E . yt =
E'-y't + P^, .h
Le problème est rendu "statiquement déterminé" en faisant ['hypothèse de ['existence d'une
relation entre E et X de la forme :
X = À f(x) E
où f(x) est une fonction qui représente le mode de variation du rapport X/E le long de la surface et À
est un facteur d'échelle.
Des logiciels de calcul qui utilisent rapproche de Morgenstem et Priée sont très courants.
D autres approches existent et il n'est pas rare que les logiciels les plus utilisés permettent d'obtenir
toute une série de coefficients de sécurité. C'est à l'ingénieur à qui revient la tache de choisir la valeur
la plus appropriée.
Surface de rupture
y = y(x)
Ligne d action
y = y[ (x)
(y-dy)-
(y-dy)- (h-dh)
(yrdy;)
dN'
3 Influence des écoulements d'eau sur la stabilité des talus infinis granulaires (c-0)
cos
U = Yeau L M = Yeau h -;; cos(P - 9)
cos6
soit
On cherche maintenant pour quelle valeur de P le talus devient instable. A la rupture, on doit
donc avoir :
T=0' tg0'
soit
y'
tëP=:7 tg0'
Y'+Yeau(l+ tg^>'tg9)
S'il n y a pas d'eau :
tg (3 = tg 0 ou encore ^ = <p
tsP=7T^-tg0'=v:7tg0'
'eau
... tgP=|tg0'
Exemple : Pour <p = 36° => tg (3 = ï tg 36° = 0. 363 =>.-. ?= 20°
tg0'tg2p+2tg|3= tg0'
r
CIV3420 - FONDATIONS V. Silvestri 363
L
EcolePolytechnique de Montréal
soit
^. -^-"^
d'où
0' = 2p et p = ^>72 .
Références
Bishop, A. W. (1955). The Use ofthe Slip Circle in the Stability Analysis of Slopes. Géotechnique,
5(1):7-17.
Fellenius, W. (1926). Earth Stability Calculations with Friction and Cohésion for Circular - Cylindrical
Slip Surface. Kungl. Vâg-ochVattenbyggarkârens 75 - ârsskrift, pp. 79 -127.
Morgenstem, N.R., et Priée, V.E. (1965). The Analysis of the Stability of Général Slip Surfaces.
Géotechnique, 15(1):79-93.
Petterson, K.E. (1916). The quay slide in Gothenburg on 5th March 1916. Teknisk Tidskrift, V.o.V.,
46(52):471-478.
Taylor, D. W. (1937). Stability ofEarth Slopes. J. Boston Society Civ. Engrs, pp. 337-386.