(Vénérables Maitres qui décorez l’Orient, Vénérable Maitre en chaire ;)
MMTTCCSS.°. MMTTCCFF.°. en vos grades et qualités
Les 5 voyages du Compagnon
Après une période d’apprenti silencieux, le compagnon que je suis devenu est appelé à
parcourir les chemins dans la grande lignée des compagnons du tour de France auparavant. Le
Compagnonnage est un mouvement ouvrier qui voit le jour au XVè siècle 1, majoritairement en
Europe, qui décline au XIX° siècle avant de disparaître presque totalement au moment de
l’industrialisation. Aujourd’hui, une reprise du compagnonnage est perceptible. Le
compagnonnage est la période qu’un compagnon doit effectuer chez un maître-métier pour son
apprentissage de l’art de bâtir, de tailler la pierre, de travailler le bois, de façonner le métal...Le
terme « compagnonnage » n'apparaît dans la langue française que vers 1719, pour désigner le
temps du stage professionnel qu'un compagnon devait faire chez un maître. « Du latin populaire
companionem, « celui qui partage le pain avec un autre », Au plan général et humain, il évoque
un compagnonnage de vie, un groupement de personnes dont le but
est : entraide, protection, éducation, transmission des connaissances entre tous ses membres.
Les symboles et rituels de la franc-maçonnerie et du compagnonnage sont très différents, mais
on y retrouve quand même quelques éléments communs.
Aujourd’hui, je suis à mon tour, appelé à voyager.
Voyager : Action se rendre ou d'être transporté en un autre lieu, symbole de déplacement,
d’horizons inaccessibles mais c‘est aussi et surtout pour ce qui nous concerne une exploration,
une découverte, une description de quelque chose qu'on suit comme un parcours. De tous temps
l’homme a été amené à se déplacer. Ce fut pour lui l’occasion de s’émanciper, le moyen de faire
ses preuves, d’explorer le monde et de s’explorer lui-même. Le concept du voyage dans notre
progression intellectuelle est largement empreint des notions “d’ou viens-je? où suis-je? où vais-
je? Le voyage initiatique quant à lui me confronte à des épreuves, à de nouvelles expériences, et
doit me permettre de grandir.
Je vais découvrir 5 voyages, je vais avoir 5 ans…
1
La première mention indiscutable des pratiques compagnonniques remonte à l'année 1420, lorsque le roi Charles VI rédige une ordonnance pour les
cordonniers de Troyes dans laquelle il est dit que :
“Plusieurs compaignons et ouvriers du dit mestier, de plusieurs langues et nations, alloient et venoient de ville en ville ouvrer pour apprendre, congnoistre,
veoir et savoir les uns des autres.”
Le chiffre 5 (cinq) est l'entier naturel suivant 4 et précédant 6. Il s’apparente aux cinq doigts de la
main, des pieds, aux cinq sens (toucher, goût, odorat, ouïe et vue), aux cinq membres (les deux
bras, les deux jambes et la tête le buste étant considéré comme le centre). Les cinq lignes de la
portée en musique. Les cinq océans (océan Pacifique, Atlantique, Indien, Arctique et Antarctique)
les cinq parties du monde géographique (l'Europe, l'Asie, l'Afrique, l'Amérique, l'Océanie).
Chacun des 5 voyages effectués par le compagnon va lui livrer de nouveaux symboles.
Le premier voyage s’effectue avec le ciseau et le maillet, ce sont les seuls outils de
l‘apprenti. Il ne possède que ces outils là pour se perfectionner dans son silence. Il doit éliminer
toutes les aspérités de sa pierre afin de la rendre parfaite. Le ciseau en main gauche symbolise la
faculté d’associer des idées tandis que le maillet en main droite représente la volonté de réaliser
et de sortir de l’état de concept, à l’image du vénérable maître et des deux surveillants qui ouvrent
et ferment les travaux avec leurs maillets. Ces deux outils qui n’ont aucune efficacité séparés
permettront de continuer le travail sur soi. La révélation des cinq sens viendra clore ce premier
périple. A partir du travail sur sa pierre brute, les cinq sens permettent à l’apprenti de se connaître
lui même. L’ouïe et les sons, le goût et les saveurs, La vue et les couleurs, l’odorat et les odeurs,
le toucher et le contact.
Ils permettent d’appréhender le monde qui nous entoure et facilitent la perception et l’analyse de
situations sereinement.
Le deuxième voyage se réalise avec l’aide de l’équerre et du compas. Une fois l’ouvrier
devenu efficace avec le ciseau et le maillet, il favorise leur utilisation et initialise le travail à
réaliser. en pratique, l’équerre et le compas admettent la construction des différentes figures
géométriques, Or sur le plan symbolique, l’équerre représente la rectitude, l’équité et la droiture,
alors que le compas symbolise la sagesse et l’esprit. La ligne de conduite doit être droite en
tenant compte des réalités pour ne pas rendre notre objectif inatteignable. Les arts viendront clore
ce deuxième voyage. Le langage source de compréhension et de communication, les
mathématiques et les nombres pour déchiffrer, la géométrie symbole de la connaissance et de
rigueur, l’astronomie pour l’approche des symboles rituels, la musique miroir de sagesse et de
beauté, les arts plastiques terminent l’esthétisme de l’édifice. Le Compagnon, trouve l’équilibre
entre la matière et l’esprit par l’équerre entrecroisée avec le Compas. Le Compagnon sorti des
ténèbres progresse vers la sincérité et le discernement. Avec la sagesse, la force et la beauté je
participe à mon niveau à l’élaboration de l’œuvre collective.
Lors du troisième voyage je découvre la règle et le levier. La Règle sert à mesurer
l’ouvrage et à vérifier le travail accompli par précision dans les tâches, par une certaine méthode,
la rectitude. Le Levier est une barre rigide qui aide au déplacement des pierres ou matériaux, et
de leur mise en place. Son attribution est la force de la connaissance (des connaissances),
image de puissance. L’outil est passif, mais son utilité est vérifiée par le compagnon quand il peut
de déplacer des charges bien au delà de ses propres forces. Il est ainsi amalgamé à la volonté et
à l’intelligence. Les deux instruments rassemblés personnifient la puissance de la pensée
idéalement placée. La règle est toujours maintenue en main gauche pour accompagner le trait
tracé par la main droite. Le levier tenu par la main droite idéalise la force car il aide à soulever le
monde. On comprend que cet outil ne soit pas confié à l ‘apprenti mais à un compagnon qui a
déjà la maîtrise de la règle et du compas. ces deux outils constituent la puissance de la pensée
adéquatement utilisée. Ce troisième voyage débouche sur la révélation des sciences. C ‘est ainsi
qu’il m’a été autorisé d’entrer dans les secrets de la nature, grâce aux sciences. Par ce voyage il
m’a été permis de pénétrer les secrets de la nature grâce aux Sciences. Tout émerge de
l’investigation scientifique, du peut-être au certain, le cheminement doit être méticuleux. Toutefois
les avancées scientifiques ne doivent pas être menées au détriment de l’humain et déboucher
sur des dérives dommageables dans le seul but de parfaire une connaissance et donc une
pouvoir de savoir. La Règle apporte cette aide au développement scientifique tout en contrôlant
une morale astreignante.
Le quatrième périple se voit appareillé d’un niveau et d’un fil à plomb. L’objectif final étant
l’intégration de la pierre finie dans l’édifice à réaliser. Le niveau symbolise pour le franc-maçon les
fondations stables et bien assises qui lui permettront de parfaire son élévation spirituelle. La
recherche de l'égalité achève le liant entre les êtres vivants dans notre société profane. Comme
son appellation le définit, le fil à plomb n’est qu’un bout de ficelle ou de cordeau attaché à un
morceau de plomb. Le cordeau fortement tendu par le poids du plomb matérialise la verticale,
l'aplomb. Il est à l'opposé du niveau qui est un autre outil du maçon qui lui montre l'horizontale.
Le fil à plomb est extrêmement lié à la droiture ainsi qu’à la profondeur de l’être. Il écarte tout ce
qui pourrait être bizarrement oblique ou penché. C’est l'outil contre les déviances qui pourraient
s'opérer dans l’assemblage des multiples pierres de la Connaissance. Ce sont deux outils
d'orientation qui nous permettent de nous diriger dans l'espace. La découverte cette fois se fait à
l’Orient avec la révélation de l’humanité.
La réponse contenue dans le livret du compagnon à la question “que signifie le quatrième
voyage?” est : “Il sert à honorer la mémoire et à rappeler l’exemple des bienfaiteurs de
l’humanité”. Ils doivent relayer l’exemple. Ces illustres personnages qui ont dédié leur existence
au progrès de l’humanité nous éclairent la voie vers la sagesse et l’amour de l’Homme avec un
grand H. Ce thème nous incite à intensifier les traditions afin d’éteindre tous les préjugés, toutes
les connotations limitées et restrictive qui bloquent la progression vers la lumière et la
connaissance universelle.
Aujourd’hui, l’homme est devenu dangereux pour lui-même en mettant en péril la vie et la
nature. Les perspectives qui aujourd’hui nous assaillent portent non seulement sur l’enjeu
d’organisation juste de nos sociétés mais encore sur le principe d’humanité lui-même. La
quatrième étape de la construction ajuste les éléments de l’édifice. Avec l’humanité et pour elle, le
niveau et la perpendiculaire servent à édifier le Temple. L’article 1 de la constitution le rappelle
d’ailleurs très justement. Le franc maçon travaille à l’amélioration matérielle et morale, au
perfectionnement intellectuel et social de l’humanité.
Au cinquième et dernier voyage, l’apprenti reçoit la truelle des mains du vénérable maître.
La truelle doit permettre au Compagnon d’introduire entre les pierres, le mortier qui doit les lier
fortement. Elle signifie la perfection des matériaux et la suppression des inégalités de la
construction. Elle devient le symbole de la force qui rapproche les cœurs des hommes et apporte
dans nos rangs l’harmonie, l’union, l’amitié et la fraternité Le mortier n’est autre que l’estime
réciproque sur laquelle est fondé la fraternité entre les Francs-maçons. Il s’agit de la cinquième
étape qui achève la construction de l’édifice. La dernière révélation s’intitule Gloire au travail.
Le périple terminé, je termine mon parcours initiatique en passant de la lune au soleil, de l’ombre
à la lumière, du niveau à la perpendiculaire de la pierre brute à la pierre Cubique pointue, de
l’étude à la connaissance.
C ‘est à ce moment qu’arrive la découverte de l’étoile flamboyante, symbole du compagnon
qui lui indique le chemin. L’Etoile flamboyante est composée de la lettre G en son centre. Lettre
G et ses cinq significations : Gravitation, Géométrie, Génération, Génie, Gnose.
Aujourd’hui, il m’est enfin permis de prendre mon bâton de compagnon et de voyager seul de loge
en loge. Je vais pouvoir m’enrichir d’autres rituels, tisser des liens forts d’amitié, de fraternité, de
solidarité et de tolérance qui lient les francs maçons du monde. Voyages qui vont m’aider à
scruter d’autres aspects de la connaissance pour accomplir ce voyage intérieur nécessaire à la
maitrise de soi.
Il me semble pourtant qu’on ne quitte jamais vraiment les habits de l’apprenti car jamais je n’aurai
fini d’apprendre
L’apprenti réfléchit, le compagnon bâtit, le maitre finit même si rien n’est jamais fini…
J'ai dit. Pas .°. GRA .°.