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Extrêmes hydro-pluviométriques et dégradation des terres autour du

fleuve l’Ouémé à Bonou au Bénin


Dr Cyr Gervais ETENE, Dr Ousseni AROUNA, Dr Blaise T. DONOU, M. Japhet D. KODJA et Prof
Michel BOKO

Laboratoire Pierre Pagney Climat, Eau, Ecosystème et Développement (LACEEDE), Université d’Abomey-
Calavi, 03 BP 1122, Cotonou, Bénin Email : [email protected], [email protected]

Résumé

Le présent travail évalue les implications des pluies extrêmes et les crues exceptionnelles de
même que la dégradation des terres autour du fleuve l’Ouémé à Bonou au Bénin. En effet, les
perturbations hydro-pluviométriques observées ces derniers temps amplifiés par le
phénomène de l’occupation incontrôlée des berges ont contribué énormément à la dégradation
et le comblement dudit fleuve.

Pour apprécier les phénomènes extrêmes et le processus d’érodibilité des terres, les données
hydro-pluviométriques, démographiques, topographiques, hydrogéologiques, etc. ont été
utilisées. Les investigations en milieu réel appuyées des indicateurs ont aidé à apprécier la
manifestation du phénomène de la dégradation des terres. De plus, l’étude de la cartographie a
permis d’inventorier les secteurs les plus vulnérables à l’érosion et aux inondations. Aussi, les
méthodes statistiques ont permis de calculées les paramètres de dispersion et autres.

Il résulte de ce travail que les effets de changements climatiques amplifiés par les actions
anthropiques ont accentué les événements pluvieux extrêmes et hydrologiques dans le milieu
d’étude. Le bilan de l’occupation du sol a montré qu’entre 2000 et 2013, les espaces agricoles,
habités et masse d’eau ont évolué considérablement. Les facteurs explicatifs de cette
dégradation sont entre autre l’augmentation des phénomènes extrêmes, les différents types
d’aménagement de l’espace, etc.

Mots clés : Fleuve Ouémé, extrêmes hydro-pluviométriques, érosion, dégradation

Abstract :

The present work estimates the implications of the extreme rains and the exceptional floods as
well as the degradation of lands around the river Ouémé at Bonou in Benin. Indeed, the
hydro-pluviometric disturbances observed lately amplified by the phenomenon of the
uncontrolled activity of banks contributed enormously to the degradation and the filling of the
aforementioned river.

To appreciate the extreme phenomena and the process of érodibilité lands, the hydro-
pluviometric, demographic, topographic, hydrogeological data, etc. were used. The
investigations in real environment supported indicators helped to appreciate the demonstration
of the phenomenon of the degradation of lands. Furthermore, the study of the mapping
allowed to inventory sectors the most vulnerable in the erosion and in the floods. So, the
statistical methods allowed of calculated the parameters of dispersal and other.

1
It results from this work that the effects of climate change amplified by the anthropological
actions stressed the extreme and hydrological rainy events in the environment of study. The
balance sheet of the land use showed that between 2000 and 2013, the agricultural, inhabited
spaces and body of water evolved considerably. The explanatory factors of this degradation
are among others the increase of the extreme phenomena, the various chaps of space layout,
etc.

Keywords: River Ouémé, hydro-pluviometric extremes, erosion, degradation

1-Introduction et justification

La récurrence des évènements hydroclimatiques extrêmes n’épargne aujourd’hui aucune


région de la planète. Elle ne cesse de susciter la curiosité scientifique des chercheurs dont les
résultats montrent que beaucoup de personnes ignorent qu’ils vivent dans un environnement
vulnérable aux aléas climatiques.
Les deux dernières décennies ont été marquées par une amplification de la fréquence des phénomènes
extrêmes dans certains pays des régions intertropicales avec d’importants impacts sur leur système
agricole (IPCC, 2001 ; FAO, 2002). Ces extrêmes climatiques se caractérisent soit par des sécheresses
qui se traduisent souvent par des étiages graves dans les bassins versants, soit par des averses
génératrices de crues puissantes (Frécaut et Pagney, 1983 ; Donou, 2007 et 2009 ; Amoussou, 2010).
Au Bénin, la vulnérabilité physique est liée aux fortes pluies, aux inondations, aux sécheresses, à
l’érosion des terres et aux phénomènes épidémiques. Cette vulnérabilité est accentuée par des
facteurs socioéconomiques et environnementaux, en particulier la grande dépendance de l’agriculture
à la pluviométrie. L’installation des populations dans les zones inondables ou les lits des fleuves et des
lacs, met en évidence le problème d’aménagement du territoire et d’occupation du sol surtout dans le
bassin sédimentaire côtier (Totin, 2012).
Située dans la vallée de l’Ouémé en aval du bassin versant, la commune de Bonou, n’est
nullement épargnée par ces phénomènes entraînant des crues du fleuve suivies des
inondations des champs installés dans les bas de pente et dans la plaine d’inondation (Donou,
2007).
En effet, dans le bassin-versant de l’Ouémé à Bonou, la survenance des crues liée aux
événements pluvieux extrêmes causent d’énormes dégâts à leur passage dont la destruction
des champs de cultures, des habitations, des infrastructures routières, la dégradation précoce
de l’environnement comme le ravinement des versants et des maladies liées à l’eau (Kodja,
2011). Cette situation suscite beaucoup la curiosité scientifique et de manière efficiente se
propose de mettre en place des stratégies d’atténuation et d’adaptation pour les risques afin de
réduire les peines des populations.
2-Secteur d’étude
Située dans le Département de l’Ouémé entre 6°45’ et 6°58’ de latitude Nord et entre 2°15’ et
2°40’ de longitude Est (figure 1), la commune de Bonou est limitée au Nord par la Commune
de Ouinhi, au Sud par celle d’Adjohoun, à l’Est par les Communes de Sakété et d’Adja-Ouèrè
et à l’Ouest par celles de Zê et de Zogbodomè. Elle est d’une superficie de 250 Km² et compte
une population de 39640 (projection) habitants répartis dans cinq arrondissements et vingt-
huit villages (RGPH, 2002) sur des types de reliefs variés.
Du point de vue climatique, le secteur d’étude est sous l’influence du climat subéquatorial
caractérisé par quatre (04) saisons sont deux saisons pluvieuses et deux saisons sèches. La

2
moyenne pluviométrique annuelle est de 1300 mm. La température quant à elle varie entre 25
et 30°c avec une moyenne annuelle de 27, 33°c. Sur le plan hydrologique, la Commune est
traversée du Nord au Sud par le fleuve Ouémé sur environ 40 km de long. Ses principaux
affluents sont : Gba, Djougoudou, Zou, Gnanhoui, Wovi. La crue du fleuve s’amorce en
juillet et atteint son niveau maximal en septembre. Cette crue cause parfois de nombreux
dégâts aux cultures par les inondations. Au plan pédologique, la commune de Bonou est
caractérisée par :

- les sols ferralitiques sur le plateau, favorable aux cultures annuelles (maïs, manioc, haricot,
patate douce, arachide) et pérennes (palmier à huile, plantation de teck, d’acacia...);

- les sols argilo-sablonneux dans la plaine alluvial assez riches du fait de l’apport en matières
organiques par la crue du fleuve Ouémé; ils sont propices aux cultures de contre saison et aux
cultures maraîchères ;

- les sols hydromorphes difficiles à travailler et favorables à des cultures comme le riz.

3
Figure 1 : Situation géographique de Bonou

3-Données et méthodes

Les statistiques pluviométriques (journalières, mensuelles et annuelles) et hydrométriques


(débits journaliers et mensuels) couvrant la période 1960-2010 pour les pluies et les débits de
1960-2010, collectées à la Direction Nationale de la Météorologie (DNM) à l’ASECNA et au
Laboratoire Pierre PAGNEY : Climat, Eau, Ecosystème et Développement (LACEEDE) de
l’Université d’Abomey- Calavi et du Service de l’Hydrologie de la Direction Générale de
l’Eau à Cotonou ont été utilisées pour déterminer les pluies et les débits extrêmes.
En outre, les investigations de terrain ont permis de délimité les secteurs les plus affectés par
l’érosion des terres. A cet effet, la Méthode Active de Recherche Participative (MARP) et les
observations directes de terrain ont été mises à contribution.
Pour déterminer les valeurs extrêmes (pluies maxi et débits maxi) la loi de Gumbel utilisée
par Gabriele, 1984 ; Slimani, 1985 ; Masson et Lubès, 1991 ; Hubert et Bendjoudi, 1998 ;
Bois et al, 2007 ; Goula et al., 2007 ont été utilisée car cette loi statistique ajuste mieux les
différentes séries de pluie. En effet, il s’agit d’une loi d’ajustement fréquentielle très souvent
utilisée pour décrire le comportement statistique des valeurs extrêmes. Elle sert dans l'analyse
fréquentielle des valeurs extrêmes (OMM, 1983) et s’exprime de la manière suivante :
 x−a  x−a
 − exp(− )
F(x) =exp  b  avec la variable réduite suivante : U = b
où a et b sont les paramètres du modèle de Gumbel. La distribution s’écrit alors de la
manière suivante :

F(x) = exp(-exp(-u)) et u =-ln(F(x))


En conséquence, dès lors que les points de la série à ajuster peuvent être reportés dans un
système d’axes x-u, il est possible d’ajuster une droite qui passe le mieux par ces points et
d’en déduire les deux paramètres a et b de la loi.
Pour apprécier la dégradation des terres dans le secteur d’étude, la démarche adoptée est
essentiellement qualitative et consiste en l’intégration dans un SIG, des différents facteurs de
l’érosion hydrique qui sont entre autres climatique, topographique, anthropique, etc. Ainsi,
pour calculer le rythme d’évolution des unités d’occupation du sol à différentes périodes, il est
tenu compte de :
- Soit U2000 la superficie d’une unité d’occupation des terres en 2000 (U1)
U2013 la superficie de la même unité en 2013 (U2)
et ΔU, la variation de la superficie de cette unité d’occupation des terres entre 2000 et 2013.
ΔU = U2-U1
Si ΔU = 0, on conclut qu’il y a stabilité ;
Si ΔU < 0, on conclut qu’il y a diminution de cette unité ;
Si ΔU > 0, il y a extension de cette unité.
En ce qui concerne la végétation naturelle, l’évolution est considérée comme régressive en cas
de diminution et progressive en cas d’extension.

4
La cartographie de l’érosion à l’échelle d’un petit bassin-versant peut se faire à l’aide
d’observations directes sur le terrain. Ainsi, pour la vulnérabilité des terres à l’érosion, nous
avons utilisé les indices d’agressivité climatique de Fournier (1962) cité par Amoussou
(2010), afin de déterminer la capacité érosive du climat.
L’équation donne :
P2
F=
p
avec p, la pluviométrie mensuelle la plus élevée, et P, la moyenne pluviométrique annuelle.

4-Résultats et discussion

4.1-Physionomie hydro-climatiques de Bonou

Les figures 2 et 3 montrent les caractéristiques hydro-climatiques de la commune de Bonou


sur les périodes 1960 à 2012 (pluies) et 1960 à 2010 (débit).

4 200
Indices pluviométriques

3
Pluies en mm

2 150
1 100
0
-1 50
-2
0
-3
Jan
Févr
Mars
Avril
Mai
Juin
Juillet
Aout
Sept
Oct
Nov
Déc
1960
1964
1968
1972
1976
1980
1984
1988
1992
1996
2000
2004
2008

Années Mois

Figure 2 : Evolution Interannuelle des hauteurs de Figure3 : Evolution mensuelle des hauteurs de pluie
pluie à Bonou de 1960 à 2010 à Bonou de 1960 à 2010

L’analyse de la figure 2 indique que la décennie 1960 est marquée par une fréquence des
années humides au début et plus dominées par des années sèches dans le milieu des années
1970 tandis que la décennie 1980 est plutôt caractérisée par une fréquence des années sèches
avec la présence des années humides au début de la période. Les années sèches se manifestent
entre autres, par une installation tardive des pluies et/ou rupture pluviométrique au cœur de la
saison pluvieuse et une fin précoce des précipitations. Enfin la décennie 2000 est dominée
par une forte fréquence des années sèches mais avec une légère reprise des années humides
vers la décennie 2010. Les années humides se manifestent entre autres, par l’importance des
événements pluvieux et l’occurrence des pluies exceptionnelles. Il convient de signaler, le
caractère successif des années humides (2 à 5 années consécutives) qui amplifie les impacts
de l’érosion des terres face auxquels des mesures d’adaptation ont été adoptée par les
pouvoirs publics et les communautés locales.
Par contre la figure 3 présente le régime pluviométrique mensuel du secteur d’étude. Ce
régime est caractérisé par un régime mensuel bimodal (Juin et septembre) dont le plus élevé

5
s’observe en juin. Ce qui se traduit par la présence de l’eau sur une bonne partie du bassin
versant et ce qui explique également la difficulté de gestion des inondations et surtout du
phénomène érosif. Il faut noter également que ces deux saisons, sont alternées par deux
saisons sèches.
Ces différentes analyses sont en harmonie avec la plupart des régimes pluviométriques des
climats de type subéquatorial (Boko, 1993, Amoussou, 2005, Totin, 2010).
Quant aux figures 4 et 5, elles présentent respectivement la variation interannuelle et
mensuelle du débit de l’écoulement dans la vallée de l’Ouémé à Bonou.

3 800
y = 0.0014x - 0.0351

Débits moyens mensuels


3 700
Anomalies débits en m3

2 600
2 500
1 400
1 300
0
200
-1
100
-1
0
-2
Janvier
Février
Mars
Avril
Mai
Juin
Juillet
Aout
Septembre
Octobre
Novembre
Décembre
-2
-3
1960
1964
1968
1972
1976
1980
1984
1988
1992
1996
2000
2004
2008

Mois
Années

Figure 4 : Variation interannuelle du débit de Figure 5 : Variation mensuelle du débit de


l’écoulement dans la vallée de l’Ouémé à Bonou de l’écoulement dans la vallée de l’Ouémé à Bonou
1960 à 2011 de 1960 à 2011

L’analyse de la figure 4 révèle que la vallée de l’Ouémé à Bonou a connu d’importantes


périodes d’écoulement au cours des décennies 1960-1970. Ainsi, Les années 1962 (260, mm)
et 1968 (230,87 mm) ont été des années marquées par de fortes crues. Les années 1977, 1983,
1992, 1994, 1998, 2001, 2002, 2004, 2009 ont été les années de faible écoulement ce qui
confirme que ces années sont vraiment sèches dans la vallée de l’Ouémé à Bonou avec un
écoulement qui varie de 31,53 mm à 75,65.
Quant à l’analyse de la figure 5 montre que l’écoulement connaît une diminution pendant la
phase de récession pluviométrique de 1971-2010.
Les mois de juin à novembre de la période 1960 à 2010 présentent un écoulement qui est
excédentaire. Cette situation témoigne que ces mois sont plus humides avec un écoulement
élevé en septembre tandis que les mois de décembre à mai présentent la même allure sur la
période ce qui illustre le comportement de la vallée de l’Ouémé à Bonou pendant les mois
secs ou d’étiage.
Ces phénomènes constituent des aléas dont l’amplification peut conduire à des risques hydro-
climatiques avec des conséquences sur le développement local.

4.2- Dynamique de l’occupation des terres à Bonou


6
Les figures 6 et 7 ont montré la dynamique de l’occupation du sol dans la commune de Bonou
entre les années 2000 et 2013.

Figure 6 : Occupation du sol à Bonou en 2000 Figure 7: Occupation du sol à Bonou en 2013

De l’analyse comparée des deux cartes d’occupation des sols de 2000 et 2013 (figures 6 et
7), il ressort qu’une forte pression humaine s’exerce sur les écosystèmes et en particulier sur
les formations végétales. Ainsi, différentes unités d’occupation du sol ont connu une
progression soit une régression (Tableau I).
Tableau I : Synthèse des unités d’occupation du sol dans la commune de Bonou

Bilan Etats de surface


Etats de surface en 2000 Etats de surface en 2013 2000-2013
Superficie Prop (%) Superficie Prop (%) Superficie Prop (%)
Unités d’occupation du sol (Ha) (Ha) (Ha)
Forêt marécageuse 625,513725 2,5 251,228925 1 -374,2848 -1,5
Forêt claire et savane boisée 6244,37335 24,98 2180,7288 8,72 -4063,64455 -16,26
Forêt galerie 630,545275 2,52 196,72695 0,79 -433,818325 -1,73
Plantation 2793,801075 11,18 4540,7012 18,16 1746,900125 6,98
Prairie marécageuse 4142,114075 16,57 5179,5588 20,72 1037,444725 4,15
Champ et jachère sous 3072,301525 12,29 -925,593 -3,7
palmier 3997,894525 15,99
Mosaïque de culture et 7697,142375 30,79 2229,886625 8,92
jachère 5467,25575 21,87
Sable fluviatile 71,64045 0,29 195,6144 0,78 123,97395 0,49
Agglomération 669,2319 2,68 1332,8252 5,33 663,5933 2,65
Plan d'eau 357,633675 1,43 353,175625 1,41 -4,45805 -0,02
Total 25000,0038 100 25000,0038 100
Source : Travaux de terrain, 2013

7
Le tableau I montre que les superficies occupées par les champs et jachères sous palmier de
même que les mosaïques de culture et jachère ont connu une forte augmentation. Elles
passent respectivement de 15, 99 % e en 2000 et à 21, 87 % et 30,79 en 2013, soit une
évolution positive de sa superficie totale. De même, les masses d’eau ont vu leur superficie
diminuer de 1, 43 % et 1, 41 entre 2000 et 2013, sur l’ensemble du secteur d’étude.
Dans le même temps, on enregistre une augmentation de la superficie des agglomérations et
des plantations dans la commune. Ainsi, on passe respectivement de 2,68 % des
agglomérations, 11, 18 % des plantations en 2000 et 5, 33 % d’agglomérations et 18,16 % en
2013. Cette progression de la superficie des unités anthropisées est liée à l’augmentation de la
population et surtout agricole dans le secteur d’étude et aussi par une demande croissante des
terres agricoles.
En effet, les habitations implantées sur les versants et aux bords du fleuve l’Ouémé
contribuent à l’accélération du phénomène érosif. Ce phénomène est surtout observé à
Agbosso, Dogba-Hê, Atchabita et Hounhouè. La population riveraine se fixe près de l’eau ou
sur les versants pour pouvoir se rendre le plus rapidement possible à la pêche. Les cases
couvertes de tôles ondulées concentrent les gouttes d’eau de pluie et renforcent leur énergie
cinétique, ce qui engendre des ravins profonds observables dans les villages (photos 1 et 2).
Ainsi, l’homme à travers ses actions, rend vulnérable le sol à l’érosion surtout amplifier par
les extrêmes hydro-pluviométriques et facilite ainsi le drainage d’énormes quantités de sables,
argiles, limons vers le fleuve.

Photo 1 : Ravinement d’un versant à Atchonsa à Photo 2: Erosion d’un versant à Affame à Bonou
Bonou

Les photos 1 et 2 montrent les différentes formes de ravinement dans le milieu d’étude. Or,
selon Cerdan (2001) cité par Amoussou (2010) le couvert végétal a une action protectrice sur
les sols. Ainsi, une bande enherbée de 6 m avec une pente de 10 % réduit de 76 à 98 %
l’érosion. La réduction des formations végétales naturelles autour du fleuve Ouémé à Bonou
accélère le ruissellement et par là même l’érosion. Ajoutons, en suivant Toth et Fekete (1974)
que la dégradation du couvert végétal dans un bassin-versant suite à une forte emprise
agricole a également une influence négative sur la qualité des eaux si rien n’est fait pour la
contrôler. C’est le cas sur le bassin-versant du bassin du fleuve l’Ouémé à Bonou.

8
4.3- Evolution des extrêmes pluviométriques et hydrologiques à Bonou

Les figures 8 e t9 ont montré l’évolution des pluies maximales journalières annuelles (1960-
2010) de même que les débits maximaux journaliers annuels (1960-2010) dans le secteur
d’étude.

200 600

Débits maximaux journaliers annuels


180 y = -0.341x + 97.854 y = -0.2491x + 255.61
Hauteurs de pluies maximales

500
160

en m3/s (1960-2010)
journalières (mm)

140 400
120
100 300

80
200
60
40 100
20
0
0 1960
1964
1968
1972
1976
1980
1984
1988
1992
1996
2000
2004
2008
1960
1964
1968
1972
1976
1980
1984
1988
1992
1996
2000
2004
2008

Années
Années

Figure 6 : Variation interannuelle des hauteurs de Figure 7 : Variation interannuelle des débits
pluie maximales journalières annuelle à Bonou de maximaux journaliers annuels Bonou de 1960 à 2010
1960 à 2012

La figure 8 indique les hauteurs de pluie maximales journalières en 24h de la période 1960-
2010 dans la vallée de l’Ouémé à Bonou. Cette analyse révèle une tendance à la hausse à
partir des décennies 1980 et 1990. Avec cette tendance, il importe d’analyser que la
récurrence des hauteurs de pluies extrêmes pouvant contribuer à la dégradation des terres dans
le milieu d’étude.
Concernant la figure 9, il est constaté que les débits annuels obtenus suivant les différents
évènements hydrologiques extrêmes dans la vallée de l’Ouémé à Bonou ont tendance à mieux
s’ajuster à la loi de Gumbel avec un intervalle de confiance de 95 %. Les récurrences des
débits extrêmes sont également de 2, 5, 10, 20, 50, 100 et 200 ans et permet de dire que le
secteur d’étude peut être en proie à des crues exceptionnelles susceptibles d’occasionner des
inondations qui ne seront pas sans conséquences sur le phénomène érosif.
Quant aux figures 10 et 11, elles montrent les pluies et débits extrêmes en fonction de temps
de retour dans la commune de Bonou selon les travaux de Codja (2013).

9
Figure 8 : Evolution des pluies journalières Figure 9 : Evolution des débits journaliers maximaux
maximales en fonction de période de retour à Bonou en fonction de période de retour à Bonou de 1951-
de 1960-2010 2012

L’examen de la figure 10 montre que les pluies extrêmes ont tendance à mieux s’ajuster à la
loi de Gumbel avec un intervalle de confiance à 95 %. Quant aux hauteurs maximales de
pluies, elles augmentent suivant les périodes d’occurrence de 2 ans, 5 ans, 10 ans et 100 ans.
Cette situation amène à dire que les hauteurs de pluies maximales sont en augmentation. Il
faut noter que les temps de retour des pluies journalières extrêmes, présentent quasiment la
même allure.
Il faut donc retenir que l'ajustement à la loi de Gumbel et la récurrence des pluies extrêmes
laissent présager que les pluies à Bonou peuvent contribuer à une forte crue voire
exceptionnelle occasionnant des dégâts dans le secteur surtout sur les terres agricoles. La
prise en compte de ces résultats permet de prendre des décisions pour tous travaux
d’aménagement hydroagricoles et pour la réalisation des systèmes d’alerte précoce inhérents
aux risques d’inondations dans la vallée de l’Ouémé à Bonou.
De l’analyse de la figure 11, il faut retenir que les débits maximums annuels évoluent au
même rythme que les pluies. Face à cette fluctuation et grâce à l’analyse de l’ajustement à la
loi de Gumbel, les périodes de récurrences des débits extrêmes sont également de 2, 5, 10, 20,
50, 100 et 200 ans. Aussi, constate-t-on que les valeurs les plus exceptionnelles 1206,9 à
1002,5 m3/s sont les valeurs dont les périodes de retour sont au-delà de 5 ans sur la période.
Une telle situation peut engendrer des mutations socioéconomiques dans la commune.

4.4-Relation entre pluies, débits extrêmes et dégradation des terres à Bonou

L’augmentation des précipitations dans un espace sans couverture végétale ne peut


qu’accentuer le ruissellement de surface et le phénomène d’érodibilité des terres. Ainsi,
l’évolution de la relation écoulement/agressivité climatique permet d’apprécier l’ampleur de
la dégradation du milieu.
La figure 12 montre la variation interannuelle des débits et de l’indice d’agressivité
climatique dans le bassin au niveau de Bonou.

10
30 3
Indice d'agressivité Débit m3
3

Débits en m3/Indice agressivité


25 2
2
20
1
1
15
0
-1
10
-1
5 -2
-2
0 -3
1960
1963
1966
1969
1972
1975
1978
1981
1984
1987
1990
1993
1996
1999
2002
2005
2008
Années

Figure 12 : Variation interannuelle des débits et d’indice


d’agressivité climatique à Bonou De 1960 à 2010

La figure 12 montre une tendance à la hausse des deux paramètres par rapport aux décennies
1990 et 2000 où on a enregistré une forte diminution des superficies de formations naturelles
et une légère reprise pluviométrique. La dégradation du couvert végétal sous l’effet des
actions anthropiques laisse le sol nu ce qui d’emblée exposé au phénomène du ruissellement
et de l’érosion des terres.

Le lien entre l’agressivité de pluie avec l’érosion du sol dans le secteur est dû surtout à la
montée des eaux du fleuve pendant la période de crue. Ainsi, plus de 70 % des terres érodées
dans le milieu d’étude sont dues à l’action des eaux d’écoulement.

En effet, les fortes valeurs des indices de l’érosivité des pluies sont enregistrées durant les
années 1984, 1999 et 2004 avec respectivement 42 %, 16 % et 19 % comparativement aux
autres années, ou souvent l’érosion est faible ou quasi nul. Ce qui témoigne de l’inégale
répartition de la pluie, conséquence de la variabilité pluviométrique et du réchauffement
global (GIEC, 2007).
Au total, l’extension des superficies cultivables associée à l’augmentation de l’intensité des
pluies maximales est responsable de la destruction des terres agricoles dans le secteur d’étude.
Cette destruction provoque une érosion rapide et le comblement du fleuve.

Conclusion

Les extrêmes pluvio-hydrologiques ont connu une augmentation sur la période 1960-2010
dans le bassin versant du fleuve Ouémé à Bonou. Les hauteurs des pluies maximales
journalières annuelles en 24 ont connu une évolution significative à partir de 1990 de même
que les débits maximaux. Il faut noter que les pluies extrêmes ont tendance à mieux s’ajuster à
la loi de Gumbel avec un intervalle de confiance à 95 %. Quant aux débits maximaux annuels,
ils évoluent au même rythme que les pluies.

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Quant à la dégradation des terres, elle est plus traduite par la dynamique de l’occupation de
l’espace dans le milieu d’étude. Ainsi entre 2000 et 2013, on a constaté une forte
augmentation des différentes unités d’occupation du sol. Toutefois une telle dégradation du
couvert végétal surtout dans un contexte de l’augmentation des pluies et débits extrêmes ne
peut qu’amplifier le phénomène de l’érodibilité des terres.

Références bibliographiques

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bassin versant du Couffo. DEA FLASH/UAC, 105 pages
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versant du complexe fluvio-lagunaire Mono-Ahémé-Couffo (Afrique de l’Ouest) Thèse de
Doctorat, Université de Bourgogne, 313 p.
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Climatologie, URA 909 du CNRS, Dijon., pp 41-50.
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de développement. Thèse de Doctorat d’Etat ès Lettres et Sciences Humaines. Université de
Bourgogne, Dijon. 2 volumes, 608 p.
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Research, ISSN 1450-216X Vol.50 No.3, pp.425-439.

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Mémoire de DEA en Géosciences de l’Environnement EDP/FLASH/ UAC, 108p.
Vodounnon A. J., 2008. Contribution à l’étude de la caractérisation hydropluviométrique du
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FLASH/ UAC, 83 pages.

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