CONCLUSIONS
Pour madame YAVEBGE NDOZUA KASE Demanderesse
Plaidant Maitre NGOY SADIA Touré, avocat
Contre
Monsieur KIAMBIKWA MOLIGI Charles 1er défendeur
Plaidant
Monsieur BEYA 2eme défendeur
Madame NDAKA SUMBU 3eme défendeur
EN CAUSE RC 126681
Vu le contrat judiciaire sous RC 126681
Vu le certificat d’enregistrement volume A6/MN03 FOLIO 167 du 10 septembre 2019 au nom
de la demanderesse
Vu les lettres n°2.517.2/AFF.F/DOFO/016/2019 et n°2.517.2/AFF.F/DOFO/016/2019, portant
résiliation des contrats de location n°MN23515 du 10 octobre 2018, MN 23880 du 03
décembre 2018, MN 23881 du 03 décembre 2018, MN 23882 du 03 décembre 2018, MN
23883 du 03 décembre 2018
Vu l’extirpation des parcelles ayant les numéros cadastraux 100686,102047,
102048,102058,102062.
Vu le procès-verbal d’audition du chef de bureau enregistrement de la division urbaine de
titre foncier de Mont NGAFULA au parquet de Grande instance de la GOMBE sous RMP
37595/PRO21/MDM.
I.LES FAITS
Attendu que la demanderesse est propriétaire de la parcelle sise 731, avenue fondation, cité
maman MOBUTU, commune de mont NGAFULA à Kinshasa, laquelle est couverte par le
certificat d’enregistrement volume A6/MN03 FOLIO 167.
Que la demanderesse occupe ces lieux depuis plusieurs années, mais contre toute attente,
elle va apprendre que des personnes sans titre ni droits occupent actuellement sa parcelle
dont Monsieur KIAMBIKWA MOLIGI Charles, liquidateur de la succession KIAMBIKWA
BWAMI et consorts
II. LE DROIT
A. Du droit de propriété de madame YAVENGE NDOZUA KASE
Attendu que la demanderesse tire son droit de propriété du certificat d’enregistrement
volume A6/MN03 FOLIO 167 du 10 septembre 2009 et cela est soutenu par l’article 227 de
la loi foncière dispo que : « le certificat d’enregistrement fait pleine foi de la concession, des
charges réelles et éventuellement des droits de propriété qui y sont constatés. Ces droits
sont inattaquables et les actions dirigées contre eux ne peuvent être qu’en dommages et
intérêts ».
Que dans le cas sous examen, la défenderesse fort de son droit de propriété, est la seule
propriétaire incontestée et incontestable.
B. De la résiliation des contrats de location MN 23515 du 10 octobre 2018, MN 23880 du
03 décembre 2018, MN 23881 du 03 décembre 2018, MN 23882 du 03 décembre 2018, MN
23883 du 03 décembre 2018.
Attendu que la résiliation est définie comme une dissolution du contrat par acte volontaire,
comme révocation, mais sans rétroactivité soit à l’initiative d’une seule partie (résiliation
unilatérale : vocabulaire juridique de Gerard cornu, association HENRI CAPITANT, page 819
Quant au lexique des termes juridiques, 2017-2018, il définit la résiliation comme le terme
qui désigne aussi la dissolution d’un contrat par décision volontaire, soit à l’initiative d’une
seule partie (résiliation unilatérale d’un contrat…
Que dans le cas sous examen, monsieur KIAMBIKWA MOLIGI Charles et consort ne peuvent
se prévaloir d’un quelconque titre, car ayant déjà été resilié par le conservateur des titres
immobiliers pour cause de superposition par ses lettres n°2.517.2/AFF.F/DOFO/016/2019 et
n°2.517.2/AFF.F/DOFO/016/2019 ;
Que bien plus dans son audition par le parquet de grande instance de Kinshasa sous RMP
37595/PRO21/MDM, le chef de Bureau enregistrement en la personne de Monsieur BENIA
BENDELE Grégoire ;
A la question lui posée par le ministère public : « pouvez-vous nous donner la situation
juridique de la parcelle n°100686 du plan cadastral de mont NGAFULA ? »
La réponse est sans appel, il répond en ces termes : « la parcelle 100686 du plan cadastral
de la commune de Mont NGAFULA était couverte par un contrat de location n°MN 23515
du 10 octobre 2018, établi en faveur de Monsieur KIAMBIKWA BWAMI, superficie de 59
ares, 67 Ca. Ledit contrat a été resilié par la lettre n°2.517.2/AFF.F/DOFO/016/2019 du 06
mai 2019 pour cause de superposition.
Le tribunal dira ce moyen très pertinent et fondé.
C. De l’inexistence des numéros cadastraux 100686,102047, 102048,102058,102062 pour
extirpation dans le registre
Attendu que le terme extirper est défini comme détruire radicalement, faire disparaitre
entièrement ce qui est dangereux, condamnable.
Que dans la présente cause par ses lettres n°2.517.2/AFF.F/DOFO/016/2019 et
n°2.517.2/AFF.F/DOFO/016/2019, le conservateur des titres immobiliers de mont NGAFULA,
avait déjà resilié les contrats de location et par la même occasion, avoir extirpé le numéro
cadastral 100686 et tous les autres issus de celui-ci, dont 102047, 102048,102058,102062,
pour cause de superposition ;
Que donc tous ces numéraux cadastraux ont déjà été détruits radicalement, disparu
entièrement du registre pour cause de superposition sur les villas 725 et 726.
Le tribunal dira ce moyen très pertinent et amplement fondé.
D. Principe d’antériorité des titres de propriété
Attendu que lorsque deux parties disposent chacun d’un certificat d’enregistrement quel
que soit leur âge, le principe de l’antériorité du titre permet de les départager. CSJ RC 349 du
16 avril 1980 et RC 1630 du 8 mai 1998, cité par KANGULUMBA MBAMBI, traité de droit civil,
op.cit., p.513 ;
Que dans le cas sous examen la défenderesse détient le certificat d’enregistrement volume
A6/MN03 FOLIO 167 du 10 septembre 2009 alors que le défendeur ne possède aucun titre
car déjà ayant été resilié par le conservateur des titres immobiliers
Mais si par improbable le tribunal estime que le défendeur possède un titre de propriété
dont le fameux contrat de location MN 23515 du 10 octobre 2018, MN 23880 du 03
décembre 2018, MN 23881 du 03 décembre 2018, MN 23882 du 03 décembre 2018, MN
23883 du 03 décembre 2018 ;
Mais en vertu du principe d’antériorité des titres de propriété, le tribunal constatera
l’antériorité du certificat d’enregistrement A6/MN03 FOLIO 167 du 10 septembre 2009 sur
tous les autres fameux titres du défendeur et tous ceux qui occupent de son fait.
Le tribunal dira une fois de plus très fondé ce moyen.
E. du préjudice subi
Attendu que l’article 258 du code civil congolais livre III dispose que : « tout fait quelconque
de l’homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le
réparer »
Que dans la présente cause ma cliente a subi et continue à subir d’énormes préjudices tant
matériels que moraux du fait du défendeur, lesquels consistent en la privation de la pleine
jouissance de sa propriété ;
Ma cliente voit son patrimoine s’appauvrir pour faire face à cette bande des malfaiteurs, qui
occupent sans titre ni droit sa propriété, en supportant le cout des différentes procédures
judiciaires.
F. De l’application de l’article 21 du code de procédure civile
Attendu que l’article 21 du code de procédure civil dispose que : « l’exécution provisoire,
sans caution, est ordonné même d’office, s’il y a titre authentique, promesse reconnue ou
condamnation précédente par un jugement dont il n’y ait pas appel ».
Que dans la présente cause la demanderesse a bel et bien un titre authentique qui est le
certificat d’enregistrement volume A6/MN03 FOLIO 167 du 10 septembre 2009.
Le tribunal fera donc application de l’article 21 du code de procédure civile.
PAR CES MOTIFS :
Sous toutes réserves généralement quelconques ;
Plaise au Tribunal :
De dire la présente action recevable et fondée ;
D’ordonner le déguerpissement du défendeur et tous ceux qui habitent par son fait
De Condamner le défendeur au paiement des dommages et intérêts la somme de 300 000
USD, évaluable en francs congolais ;
Dire exécutoire sur minute de la décision à intervenir en vertu de l’article 21 du code de
procédure civile.
Pour la concluante
Maitre NGOY SADIA Touré
Avocat