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Sociologie et psycho sociale

Les valeurs rassemblent les idéaux auxquels les membres d’une société adhère. Les valeurs d’une
société représentent ce qui est estimable aux yeux de touts et que l’on respecte entièrement. Elle
constitue un idéal.

Il y’a des valeurs dominante portés par l’ensemble de la société, et certaines sont valorisées à
l’échelle individuelle.

Les valeurs se transforment mais dans des temporalités très lente. Elles sont davantage caractérisées
par leur stabilité. Ce qui explique que dans l’historie on a l’impression que les valeurs ne changent
pas et pourtant il y’a des changements:
- l’abandon relatif de certaines valeurs (désuètes): elles ne sont plus représentatives d’un mode de
vie;
- les valeurs qui perdurent mais avec un changement de sens, de portée.

Pour le premier type de changement, c’est le cas de l’honneur. Norbert Elias a écrit Dans la société
de cours, il montre le code de l’honneur dans l’aristocratie, la classe des dirigeants. L’honneur est
tellement importante qu’elle engendrait la pratique du duel judiciaire dans cette société.
Le duel judiciaire c’est le recours à un juge suite à un litige et la solution est le duel.
Le duel d’honneur correspond à un maintien de sa lignée et de son nom et toute atteinte exige
réparation.
Le duel était tellement fréquent dans l’aristocratie qu’il y’a eu un grand nombre de morts. De ce
fait, il fallait les éviter. Avec le cardinal de Richelieu, des mesures répressives seront prises pour
cesser ce type de mortalité. Mais ce duel revient au XIXe siècle mais de manière moindre, car c’est
moins mortel (1 cas de duel sur 30 est mortel, ce qui est moins qu’avant).

Pour le second type de changement, l’amour est la recherche du bonheur de l’autre.


L’honnêteté est une valeur sociale qui caractérise ce qui est conforme à la loi morale. Elle est la
conséquence la sécurité.
L’horreur
L’amitié
La justice est qualité ou un principe moral qui exige la règle de vie. On cherche un équilibre. Elle
permet de vivre dans une société sécuritaire.
La crédibilité
La liberté permet à l’individu de s’épanouir dans le respect du cadre social. Dans les sociétés de
dictature, les individus sont attachés à la liberté.
La responsabilité implique d’assumer les conséquences de nos actes et de remplir nos engagements
envers les autres.
La tolérance est le fait d’accepter chez autrui de manières de faire et de dire différentes des
miennes.
Cercle de Schwartz

Schwartz s’appuie sur des besoins fondamentaux de


l’homme par des combinaisons.
Selon lui, les valeurs sont des buts désirables, trans-
situationnelles variants en importance qui servent de
principe guidant la vie des gens. L’aspect cruciale du
contenu qui distingue les valeurs et le type de but
motivationnel qu’elles expriment.
Les besoins biologiques (se nourrir, se loger), les
besoins sociaux et les besoins de survie constituent les
valeurs.

Les valeurs sont motivées par des principes.


- L’objectif de la bienveillance est la préservation et l’amélioration du bien-être des personnes
proches. Les valeurs associées sont la loyauté, l’honnêteté,
- L’universalisme est relié à la compréhension, l’appréciation, la tolérance et la protection de tous
les hommes et de la nature. Les valeurs associées sont l’égalité, l’ouverture d’esprit, la sagesse,
l’unité.
- L’objectif de l’autonomie est l’indépendance de pensée et de l’action. C’est pouvoir choisir,
explorer et créer par soi-même. Schwartz l’appelle l’auto-détermination. Les valeurs associées
sont la stimulation (on cherche l’excitation dans la nouveauté de créer, de se donner des défis).
- L’hédonisme est le fait de se faire plaisir, mais aussi celui de la gratification de soi-même. Les
valeurs associées sont le plaisir, valorisation de la vie.
- L’accomplissement est relié à la réussite, c’est se créer des compétences socialement reconnues.
Les valeurs associées sont l’ambition, l’influence, le respect de soi et l’intelligence.
- Le pouvoir désigne le besoin de contrôler, dominer de personnes ou des ressources. Autorité,
domination, leaderships
- La tradition est lié au respect, à l’engagement, l’acceptation et l’humilité
- La sécurité repose sur des objectifs d’harmonie et de stabilisation de la société et de soi-même
- La conformité c’est de modérer ses actions, ses tendances et/ou ses envies susceptibles de blesser
ou contrarier autrui. L’auto-discipline est une de ses valeurs associées.
CHAPITRE 1
Les générations mises en question, une approche sociologique

Il s’agit d’identifier pourquoi il est important de développer ce thème.

1-1 La renaissance d’un « problème »

Les jeunes générations sont perçues comme différentes et vécus comme incompréhensibles parce
qu’en résistance ou en opposition par rapport au structure traditionnel de la société.
Cette perception s’effectue à certains niveaux: entre enfants et parents. Cela démontre une
incompréhension des comportements des générations.

Dans le monde du travail, les RH ont constaté que les jeunes générations sont dures à comprendre,
ils sont moins fidèles, ils favorisent leur vie privée par rapport à leur vie profession, ils contestent la
hiérarchie et le mode de travail des RH pour recruter les jeunes n’est plus efficace.

Il y’a eu une appropriation sociétale de ce sujet, c’est-à-dire que ce sujet est devenu plus important.
En effet, le sujet a été saisi par les médias et par les ouvrages sur le thème du clivage générationnel.
La question générationnelle omniprésente décline vers la question du clivage. Cela va créer la
réalité de la question.

Les travaux des sociologues sur les générations sont beaucoup moins connus que les perceptions
des journalistes et les RH. Ceux qui sont connus et reconnus sont plus mis en avant.
Les RH se font un avis sur l’ensemble générationnelle grâce au comportement d’un groupe.

Les principales caractéristiques de la génération Y


Ce ne sont pas des caractéristiques sociologiques mais ce sont des caractéristiques moyennes qui
permettent d’identifier le comportement de cette génération au travail.

- soucis de concilier vie personnelle et vie privée et autant que possible de privilégier la vie
personnelle ;
- la moindre loyauté des jeunes générations envers leur entreprise (ils seraient infidèles):
l’entreprise mise sur ses jeunes salariés, elle espérait que ces derniers restent longtemps dans
l’entreprise ;
- la stratégie de carrières des jeunes plus élaborée: les jeunes vont se projeter dans l’avenir et vont
avoir des attentes beaucoup plus précises ;
- plus grande centration sur l’individu ;
- le sentiment d’impatience et d’ennui des jeunes générations : étant habitué à changer tous le
temps d’activité, les jeunes ne supportent plus les tâches longues ;
- leur forte adaptabilité et mobilité;
- une plus forte sensibilité aux conditions de travail: est ce que l’ambiance est sévère ou
sympathique? ;
- la résistance au stress et temps de crise :
- une plus forte autonomie: vouloir s’auto-déterminer ;
- une forme de rejet de la hiérarchie ;
- une plus forte interdépendance entre les individus.
La perception des différences

À travers le texte de Bourdieu, on comprend que l’école, avec la massification, modifie l’aspiration
des jeunes pour avoir une meilleure intégration professionnelle ensuite. De plus, la réalité est tout
autre car les jeunes parviennent parfois à obtenir des diplômes mais ne s’insèrent pas. Ce sont des
mécanismes sociologiques qui montrent que les jeunes ont des parcours différents et que il y’a un
décalage entre les attentes de la société et la réalité (les réels faits).

Le clivage est ordinaire entre les générations, c’est-à-dire qu’il n’est pas consacré à une seule
génération.
Le second problème est la confusion entre les effets d’âge et les effets de génération. Ce qui relève
d’un effet d’âge, c’est ce qui est éphémère et qui change avec l’âge (on joue au playmobil à 6 ans
mais pas à 35). L’effet de génération se met en place et va se poursuivre dans le temps, ce sont des
activités que l’on va conserver. Par exemple, les sociologues l’ont constaté avec les effets de rôles.

Dans la période d’adolescence, la durée est longue de part l’installation dans les études supérieures,
mais encore cela s’applique pour une partie de la population.
« La jeunesse n’est qu’un mot d’adolescence » (1978) - Ariès

Le passage à l’âge adulte se manifeste par l’habitat autonome, la mise en couple, l’autonomie
financière.

Un clivage « ordinaire »

Les liens entre les générations (liens intergénérationnels) restent puissants. Donc à côté du clivage,
il y’a aussi beaucoup d’entraide. L’entraide peut être montante (les parents qui aident les enfants) ou
descendante (les enfants qui aident les parents) et reposent sur des éléments diversifiés: l’aide
financière, l’aide économique, l’aide matérielle (laver le ligne son enfant étudiant qui n’a pas eu le
temps; mise à disposition d’un logement pour l’enfant étudiant) et l’aide psychologique.

On peut distinguer l’approche scientifique des approches fondées sur une analyse partielle et rapide
de la réalité.
Une vision transversale ou totale c’est croiser la question des générations avec la question du milieu
social et du genre.

Comment utiliser la notion des générations ?


Le premier travail consiste en définir les limites.
Le second est le constat: des événements affecteraient durablement et collectivement l’ensemble de
la génération. Mais quels sont ces événements ? La guerre, le Covid, le sida, la transformation socio
technique de notre société, Mai 1968. Mais encore faut-il analyser ces facteurs en trouvant leur
nature et leur impact.

Selon Frensky, il existe le digital natives & digital migrants.

La mémoire collective liée à l’âge dans une société ou le numérique nous permet d’avoir des
informations.
Le déclassement des jeunes correspond à la réduction des mobilités notamment pour ceux nés après
les années 1960.

Décalage entre le déclassement réel (mesuré avec un indicateur) et le sentiment de déclassement (ce
qui est perçu et vécu différemment selon les catégories sociales).

Le sujet du déclassement est un sujet politique, sociologique et médiatique:


- politique avec le système de retraite devant être égalitaire. Dans les années 2000: peur des
générations (entre les baby-boomers: ceux de la guerre & les jeunes de maintenant: souvent en
précarité)
On appelle cela la jeunesse précaire qui risque d’être dépendante aux dettes publics et aux parents.

Les conjonctures des agendas politiques économiques et sociales posent le problème du clivage des
générations.

Génération sacrifiée (par Gérard Mauger) ?


Cela repose sur une double thèse avec d’une coté des générations sacrifiées ou malchanceuses
(après les années 90) car ils ont des conditions de vie différentes de celles de leurs parents et d’un
autre coté, un combat entée les baby-boomers qui veulent garder leur avantage et les jeunes qui
veulent de meilleures positions sociales.
=> cette situation est lié au contexte notamment celui de la massification scolaire (plus de jeunes
accèdent aux bac et aux études supérieures. Cela génère une dévaluation des diplômes car il faut
aller encore plus loin ou choisir des voies plus reconnus.

Banalisation diplôme, chômage massif, emplois précaires => correspondance entre titre (diplôme)
et poste (emploi).

Existence d’une devenir collectif assez identique parce que les jeunes connaissent les mêmes
difficultés.

Les historiens et sociologues ont eu tendance à rejeter la question des âges. Mais c’est Mannheim
qui va la réutiliser.

Génération et « mode de génération »

« Une génération est le produit déterminé des instruments institutionnalisés qui déterminent l’état
des générations. »

Institution du mariage => élévation de la hiérarchie. À l’époque, le mariage permettait l’ascension


sociale des femmes notamment.

Effets socialement différenciés entre le familial et le scolaire.

Mannheim montre les situations de générations: une génération sociale & des capacités différentes à
s’en sortir. Il estime que dans la reproduction sociale il y’a 4 échelles: l’échelle familiale (ce qui se
passe entre parent et enfant); les domaines d’activité (détenteurs du pouvoir ≠ ceux qui veulent le
détenir); les classes sociales (culture ouvrière, défense des intérêts etc.); l’échelle des formations
sociales (la société en France).
CHAPITRE 2
Technologie numérique et changements sociaux

On s’intéresse à ce qui précipite les changements.

2 -1. Les révolutions et leurs effets

2.1.1 Identification des grandes ruptures

Raphaël SIMONE est un auteur italien qui distingue trois temps, trois révolutions pour :

1/ l’invention de l’écriture: elle libère l’Homme du besoin de mémoriser. Elle modifie la


manière de raisonner en utilisant des tableaux et des listes. Voir GOODY. Mais le recours
massif à l’écriture fait que l’individu ne va plus travailler ses capacités de mémorisation.
=> de ce fait, l’écriture a été critiquée, donc chaque révolution qui transforme le rapport aux
savoirs est critiquée.

2/ l’invention de l’imprimerie pour reproduire des ouvrages: elle multiplie le nombre de


livres. Avec l’imprimerie, on diffuse plus de livres, donc plus de savoir. L’imprimerie
stabilise de manière accrue le savoir qui avait déjà été transmis par l’écriture et de plus, cela
permet de rendre les écrits plus accessibles.

3/ l’invention de la médiasphère: la pérennité des informations s’accroît notamment en


quantité, c’est-à-dire que la quantité d’informations (densité) que l’on peut consulter est
considérable maintenant avec les écrans accessibles à tous (l’audiovisuel).
=> le livre n’est plus l’emblème du savoir, on a plutôt un retour à l’image.
=> appauvrissement car image plus simpliste que l’écrit
=> la lecture demande une effort considérable: d’abord apprendre l’alphabet, se familiariser
avec etc.
=> l’audiovisuel remet en scène l’ouïe et la capacité à décoder les messages. On parle de
connaissance simultanée.

Les cultures numériques décuplent l’externalisation de la mémoire

D’autres révolutions peuvent exister:


- les 4 révolutions industrielles:
- utilisation massive du charbon avec la machine à vapeur. Grâce à cela, on se déplace plus
rapidement;
- développement de l’industrie, de l’électricité et du pétrole;
- utilisation de matériaux composites (années 70 - 2000), internet;
- capacité à miniaturiser les appareils (années 2000) qui entraîne la digitalisation de
l’économie.

LARDELLIER s’intéresse à 4 inventions:


- l’écriture et l’alphabet: représentation symbolique
- la télévision.
Une remise en cause habituelle des « nouvelles » techniques

L’exemple du passage de l’oral à l’écrit pour illustrer la permanence de la défiance au changement:


tensions entre les « anciens » et les « modernes ».
La critique contemporaine est alimentée par Socrate et Platon.

Les principaux arguments contre l’utilisation massive de l’écrit:


- perte des capacités de mémorisation: connaissance superficielle parce qu’elle dépend d’un outil
(mémoire « extérieure »)
- perte des interactions facilitant échange et compréhension, ce qui engendre la multiplicité des
interprétations.

Conséquences:
=> oral juge plus sérieux, plus profond, plus nuancé
=> perte de la richesse, du côté vivant et non définitif de l’oral

Appliques aux nouvelles techniques: risque de « déterminisme technique », c’est-à-dire accorder


plus de pouvoir et de poids aux techniques qu’elles n’en ont en réalité. Mais la technologie impacte
bien la société.

Ce que souligne Socrate c’est que la société par communication orale permet de travailler la
réthorique, la capacité à argumenter et de faire de chaque individu de potentiels écrivains.

2.1.2 De la lecture à la vision: comparaison des cadres de « l’ancien monde » et du


« nouveau monde »

Lecture au sens classique : alphabétique, linéaire, interligne ce séquentielle, pensée [Link]


implique éducation et entraînement, elle favorise l’analyse.

La vision: lecture non alphabétique (iconique), intelligence spontanée (comme l’ouïe) par
superposition d’éléments. Elle est facile d’accès.

A) Différence de rythme entre les deux: autoguidée / hétéroguidée

Le rythme autoguidé de la lecture permet / nécessite:


- de s’interroger, rectifier, modifier revenir en arrière, vérifier;
- Une contrôle du raisonnement plus important;
- Un travail d’ascète dans un contexte particulier (éthologie et écologie de la lecture)

Facilité de la vision: conviviale; multi sensorielle; iconique.


Lecture et vision: échelle d’amabilité comparée

VISION LECTURE

Autoguidée Non Oui

Corrigeable Non Oui

Conviviale Oui Non

Multi sensorielle Oui Non

Renvois encyclopédiques Non Oui

Possibilité de citer Basse Élevée

Degré d’iconicité Élevé Basse

La convivialité est le fait que ce soit moins austère et plus facile.


Le visuel est plus sympathique et demande moins d’effort pour nous. Cette facilité est saisie par les
individus parce qu’elle nous est offerte.

B) Explication des différences de comportement

Comment expliquer les tensions entre comportements jugés « normaux » pour les uns et au
contraire «inappropriés » ou « irrespectueux » pour les autres?

Exemple type : des jeunes qui téléphonent ou mangent des pop corn au cinéma => habitués à
regarder en groupe et en privé => reproduction au cinéma de ces comportements « normaux ».

«Ce n'est pas dû purement et simplement à la 'mauvaise éducation', mais au fait que l'on applique
des rites de convivialité dans des lieux qui ne sont pas faits pour cela.
C'est pour cette raison que celui qui ne lit jamais considère souvent le lecteur comme une personne
lente, solitaire et cafardeuse : sa vie se déroule en partie à l'abri, son temps est plus lent, et, pendant
qu'il lit, certaines choses lui sont interdites. Tout compte fait, non seulement la lecture est peu
conviviale (par nature), mais elle peut aussi être perçue comme 'peu moderne par ceux qui sont
habitués à regarder Ces personnes sont en effet convaincues qu'elles n'ont pas moins de sources
d'informations, de savoir et de distraction que celles qui lisent. Elles ne se sentent pas du tout
coupées de la circulation des idées. » (SIMONE, 2012, p.76)

=> réciprocité du jugement et de l'incompréhension; chacun se réfère à ses habitudes et à ses codes
de groupe.
C) Du texte imprimé au texte numérique

Caractéristiques du texte imprimé: localisé; fini, clôt; authentique; responsabilité de l’auteur.

Les 4 types de production du texte au Moyen-Âge: copie; compilation; commentaire: auteur.


La compilation permet de rapprocher des textes différents. Le commentaire permet de se
positionner par rapport à l’écrit d’autrui, c’est intégrer de nouvelles idées par rapport à celles qui
sont proposées dans un livre.

La hiérarchie du rapport au plagiat: auto plagiat; citation; plagiat.

« le lecteur moderne tire de la lecture de textes de ce genre (textes longs, développés) l'effet d'un
irrésistible ennui. Nous y cherchons en vain des interprétations, des sauts audacieux, des
dissonances entre l'original et son commentaire, mais nous n'y trouvons que des résumés. C'est
précisément de là que découle l'ennui : le lecteur moderne éprouve de l'ennui à cause de la
répétition, parce qu'il n'accepte pas le postulat fondamental de ce genre textuel. »
(SIMONE, 2012, p.131)

2-2. L’impact des technologies numériques sur le savoir et l’information

2.2.1 Impact sur l’école et la pédagogie

A) Une relation maitre / élève transformée

Le rapport à la pédagogie change:


- la présomption de compétence succède à la présomption d’incompétence marquant la fin d’une
relation d’enseignement très asymétrique.

B) L'école concurrencée : dedans et en dehors de l'école, les formes du changement

Nécessaire transformation du rôle de l'école mise en concurrence par un savoir désormais abondant
et accessible.
- Le rapport à l'acquisition du savoir a profondément changé.
Concept « d'exopédia » pour caractériser le type de savoir de la médiasphère (on apprend de
l'extérieur) et « d'endopédia » pour caractériser le savoir dans la période antérieure, gouverné par le
rapport au livre et à l'écrit (on apprend dans un espace dédié et protecteur : parents, école, pairs).

Avec l'exopédia, l'immédiateté de l'expérience s'impose, elle efface l'attachement à


l'histoire et au passé.

- Le rapport au temps : activités plus rapides, voire superposées ; temps rempli. Risque de l'ennui;
hyperactivité, hyperstimulation.
- Extension des sphères de l'apprentissage par soi-même et partage d'expérience. Patrice Flichy
parle de « pro-am » pour caractériser les amateurs qui peuvent facilement rivaliser avec les
professionnels en apprenant de manière autodidacte.

C) Les modalités sociales de l'apprentissage : le retour à la question des générations

Le rapport à l'apprentissage et à l'acquisition du savoir est transformé, le passage de l'endopédia à


l'exopédia :

« a créé une série d'oppositions qui interviennent volontiers dans les évaluations et la création des
connaissances : la lenteur contre la rapidité, ce qui est compliqué contre ce qui est simplifié, ce qui
est organisé contre ce qui est élémentaire, ce qui est ennuyeux contre ce qui est amusant, ce qui est
profond contre ce qui est brillant. »

2.2.2. Les ressources extra-scolaires

A) La consommation d’informations

=> Modification du modèle d’information


- Difficultés de la presse: La consommation d’informations s’est accrue, mais selon les modalités
différentes, donc la presse est menacée. Les formats longs sont réduits, la presse écrite classique
se double avec la presse numérique qui intègre les vidéos et crée des télévisons et reportages. sur
le Web
- Modification des manières de s’informer
- Modification du financement de l’information
- Modification des formats d’écriture de la presse.

=> Un modèle dual: information de faible qualité versus informations enrichies


Résistance de la presse par l’innovation
- Datajournalisme: consiste à enquêter à trier des chiffres donnés sur le net.
- Utilisaient des « Leaks »: donnés détenues par des lanceurs d’alerte qui les donnent à la presse.
On parle de journalisme d’investigation.

Le consortium est un ensemble de journalistes. C’est le cas de l’International Consortium of


Investigate Journalists qui rassemble 95 médias et 390 journalistes.

. Pour le journal le Monde: 1 millions de visites, 250 000 exemplaires papiers => puissance du Web.
. L’infomédiare: données par des organismes qui ne sont pas à la base de l’information: Google,
Facebook. Donc volonté de réduire cela grave au droit.
. Les médias délivrent gratuitement des informations de moins bonnes qualités mais le but est
d’attirer le lecteur: 64% des informations en ligne sont de ce type.
=> Impact de l'information commerciale
Imaginaire des effets forts (tendance au déterminisme technique).

4 constats:
* une nouvelle architecture : porosité émetteur / récepteur de l'information;
* une articulation réel / virtuel :
* un système multiple; informationnel ET relationnel (avec un impact sur le message);
* de la « surprise créatrice » au risque d'enfermement - être en capacité de faire les meilleurs choix.

Les modes d’éducation changent à l’époque. Rebelles a secoué la socité de son époque, il est dans
une vision de la vie relativement en avance. Avec l’arrivée de l’imprimerie, on est face aux memes
types de relations distendues. Selon Michel Serres, la pédagogie doit changer. Il n’y a pas de
conflits mais une adaptation et les enseignants en particulier cherchent à modifier leur mode de
contiennent éducatif. On est dans une période de transition avec des modes de fonctionnement très
différents.

La jeunesse s’appauvrit en allant pas à l’essentiel et en restant dans la superficialité d’une


communication pas très développée et qui ne fouille pas en profondeur dans la réflexion.
Selon Michel Serres, nous sommes dans une génération de transmission, communication et de
société de réseaux. Il parle de cette dimension temporelle, des périodes de révolution qui ont été
critiquées mais qui ont modifiées notre rapport à la connaissance. Les anciens doivent alors
comprendre les jeunes générations nés avec ces technologies.

Acte de la recherche en science sociale (article de 1988): il s’agit d’un texte qui montre comment
la photographie est utilisé à un moment où la photo est une pratique récente. On regarde comment
les photographes ont pris des photos durant les grands événements. On veut savoir comment les
outils techniques étaient utilisés avant. Cet article montre que la photographie renouvelé la
possibilité de la monstration de la réalité de manière fidèle. Cet article montre aussi que la photo est
partiale: elle donne un point de vue, parfois de manière volontaire, parfois de manière involontaire
(inconsciente).

Lapostolle (1988):
Dès les années 1840 et 1841, commencent à se développer en France des ateliers de photographies,
soit pour des personnels soit pour des entreprises. Une nouvelle progression dans la technique de
photographie apparaît en 49. Les progrès continuent et au moment de la commune de Paris en 1871,
on cherche à savoir où on en est en matière de technique dans la photographie. Il faut rester
immobile pour la photo, donc le mouvement est effacé. Par ailleurs, le matériel photographique est
encombrant. Tout cela a pour conséquence la connivence des personnes (l’accord des personnes
pour la photo: quelques secondes de pose). La photographie ne peut donc pas prendre par surprise.

Alors, est-ce que l’on peut parler de falsification de la photographie, dès lors l’on connaît l’aspect
technique ? Dès 1871, sont apparus des photomontages.


La commune de Paris = les Versalliers + les Communards qui répriment ce mouvement de
photographie

À cette période là, la photographie suscite des sentiments mitigés auprès de la population parce
qu’elle n’est pas encore pleinement banalisée, elle suscite notamment la méfiance et l’intimidation
(les gens ne se reconnaissent pas dans les photos). Mais cela fascine les gens car la photographie est
honnête et fidèle (elle correspond à la réalité).
L’objectif des retouches permet de rendre plus vraie ce que fait la photographie, on cherche à
dépasser la limite technique sans règle de la manière de photographier. Les images sont non
commandées.

Différence entre Versalliers et Communards


Les communards prennent des photos de groupes et mettent en avant la vie sociale. Alors que les
photographes plus proches des Versaillers, les plans sont plus éloignés et les photos sont vides (pas
de personnes): photos de désordres dans les rues de Paris etc.
Les Versalliers ont fait des mises en scène, puisque la vidéo n’était pas possible (on fait une
reconstitution), de scènes réelles: des Versalliers qui exécutent des Communards.

B) Information et vérité

• La notion de « post-vérité »

Le terme vient des Etats-Unis où il commence à être utilisé dans les années 1980 par la droite
conservatrice américaine, pour attaquer une aile
« gauche » qui est qualifiée de « libérale » et « multiculturelle ».

Il est repris par Steve Tesich dans un article paru en 1992 dans le magazine américain The Nation
puis démocratisé en 2004 par le livre L’ère de la post-vérité de Ralph Keyes (écrivain, esayiste).
Il est érigé mot de l’année en 2016 par le célèbre dictionnaire britannique Oxford.

Définition proposée par les décodeurs du Monde :


« Circonstances dans lesquelles les faits objectifs ont moins d’influence pour modeler l’opinion
publique que les appels à l’émotion et aux opinions personnelles. »

En lien avec un autre terme très utilisé et sans précaution : les « Fake news » ou « fausses
informations ».

Divina FRAU-MEIGS(2019), Faut-il avoir peur des Fake News ? Paris, La Documentation
Française.
- Infox et malinformation
- Entre continuité et changement
- La panique numérique et les 4 phases

Nos esprits ont des biens cognitifs et le fonctionnement de la société fait que l’on accepte certaines
choses.
Conséquences :
Les fausses nouvelles deviennent un instrument de pouvoir, ce qui pose de manière accrue les
questions à la fois de la confiance et du partage du pouvoir (dans une société où l’accès au pouvoir
est plus facile mais où les élites sont décriées comme étant peu à l’écoute des problèmes des
masses, des préoccupations des citoyens).

=> Ce qui fait le lit des fausses croyances


- Le développement de la technologie de l’information.
- Le fonctionnement de notre esprit.
- Le fonctionnement de la démocratie.
= nous sommes responsables de notre hyper crédulité.

=> Le rapport à la vérité et au doute


- Le problème de la confiance dans notre société : « l’essence de toute vie sociale est la confiance »
(Bronner, 2013, p.4)
- Confronté au besoin de savoir.
- Et à l’impossibilité d’établir la preuve pour certains faits (exemple de la licorne, du yéti, etc.) : « Il
est impossible de montrer définitivement que quelque chose n’existe pas. » argumentum ad
ignorantiam
- Invasion du droit au doute.

Les biais

• Biais de confirmation = avarice cognitive et crédulité informationnelle.

15/03

Dans l’ouvrage de Bronner:


Il s’intéresse aux médias, aux croyances, les informations en circulation (Internet et outils
numériques) et les mécanismes de la rumeur et du complot. Même si il prend cela en compte dans
sa réflexion, il ne souhaite pas réduire sont travail à une critique supplémentaire des médias: le fait
que les médias ne disent pas toujours la vérité. Bronner veut étudier l’approche individuelle de
l’information d’une part et son impact sur les individus, d’autre part. Il rappelle que la pensée
critique tente à favoriser la perception de l’information sous forme de théorie du complot. Ce qui est
évident parce que la pensée critique a pour objectif de remettre en cause les idées reçues. La pensée
critique recherche toujours un coupable et place le doute au centre de tous rapport. Le problème est
que nous sommes dans une société de doutes. En introduction, Bronner dit « qu’il est impossible de
montrer définitivement que quelque chose n’existe pas » : comment prouver qu’il n’existe pas de
licornes ? par exemple.
L’argument de l’ignorance (argumentum ad ignorantiam) sur-valorise le doute. Le doute devient
alors invasif, bien qu’il soit important dans une société. Il occulte la réciprocité de l’échange, les
devoirs des individus. De plus, le niveau de défiance à l’égard des politiques a atteint un stade élevé
dans notre société.
Ingechart a établit un lien entre la méfiance à l’égard des politiques et la méfiance à l’égard des
individus entre eux (inter individuel). Cet état de fait rend le rapport aux informations assez
complexe, d’autant plus qu’il est difficile de maîtriser tous les savoirs (ce qui était possible avant
avec l’existence des savants). Ce qui signifie que nous sommes obligés de faire confiance à des
individus dans un champ particulier. Bronner parle de croyance par délégation.
Cela présente un avantage car on peut approfondir les connaissances dans certains domaines, cela
évite aussi aux individus une vérification des informations. Toutefois, « il existe des conditions
sociales où ce processus est altéré.» => c’est ce qui se passe maintenant. On doute des autorités
publiques, médiatiques, celle des experts. Pourtant, les résultats montrent que les individus font
largement confiance à la science.

À Orléans, une rumeur a circulé prônant l’idée que la disparition de femmes dans les cabines
d’essayage était en réalité un enlèvement de plusieurs femmes exposées ensuite à une forme
d’esclavagisme dans d’autres pays.

Bronner souligne le risque de basculer vers les théories conspirationnistes. Les raisons ?
Elles alimentent notre besoin de comprendre, notre besoin de donner une cohérence aux choses.
Il y’a aussi un effet de révélation de ce qui est caché: je sais et les autres ne savent pas; nous ne
nous laisserons pas manipuler … Cela créer un sens aux évènements qui n’ont pas de rapport et cela
permet de frapper les esprits dans le sens qui nous arrange.

Tous le monde peut croire à une rumeur. Mais notre parcours fait que l’on a tendance à croire à des
rumeurs plus qu’à d’autres.

Bronner parle de marché cognitif qui est « une image qui permet de représenter l’espace fictif dans
lequel se diffuse des produits qui informent notre vision du monde: hypothèse; croyance;
information etc. » Ces produits cognitifs sont en concurrence les uns avec les autres sur ce marché
cognitif.

Le processus de diffusion massive de l’information s’accélère dès le XIXe siècle avec le


développement des journaux d’informations, le développement de l’imprimerie à côté.

1988: transmission d’information sans fil grâce au morse.


Première radio diffusée sur la Tour Eiffel
1926: apparition de la commercialisation des télévisions
1975: ORTF
1976: émergence des radios libres
=> les progrès techniques ont augmenté la diffusion d’informations abondantes et gratuites et
renforcé la concurrence sur le marché cognitif.
Ce marché cognitif est libéral, il n’est pas contrôlé par des institutions.

Par confort mental, on tend vers les propositions les plus séduisantes, parce qu’elles sont plus
compréhensibles et qu’elles viennent conforter ce que l’on croit déjà. « En situation de concurrence,
on optera pour le plus d’effets cognitifs, pour le moindre effort mental. »
La bulle informatique avec les mots clefs nous informe dans une bulle. L’historique des recherches
diversifie l’offre des recherches selon les individus. En outre, il y’a une corrélation entre ce qui
vient en premier et ce qui est fait après (on se réfère souvent à la première page).
• Organisation de l’information sur la Toile : bulles de filtrage ; concurrence entre croyance et
connaissance.
- La plus forte motivation des « croyants » contre l’absence de contradicteur motivé

L’utopie de la société de la connaissance: on croit être dans la connaissance, et si on y prend pas


garde, il y’aura des obstacles.

Le débat inégal entre croyants et non croyants: les croyants sont plus actifs que les non croyants car
les non-croyants ne prennent pas la peine de débattre sur des choses qui leur paraissent évidente
(manque de contradicteur motivé).

• La technique du 1000 feuilles argumentatif et de la simulation de la méthode scientifique


On a tendance à croire facilement, ce qui renforce notre sytème de conviction.

C) Mesure et formation de l’opinion

• L’accès à l’information chez les jeunes en difficulté


Monique Dagnaud (2016), L’information chez la jeunesse en difficulté, TELOS.

Elle travaille sur l’accès à l’information chez les jujubes en difficulté: comment construisent-ils
leurs regards sur les politiques?

Elle parle des jeunes en difficulté scolaire avec peu de transmission familiale. Le but est de
comprendre l’abstention électorale et de comprendre pourquoi certains jeunes votent pour l’extrême
droite.

Monique va interroger des élèves apprentis d’Auteuil. Elle compare cet échantillon de 529 jeunes
avec un groupe témoins de 1000 jeunes afin de voir un écart entre les comportements.
Monique montre que l’un comme les autres écoutent beaucoup de musiques, ils vont beaucoup au
cinéma et leur niveau d’équipement est correct.
Les jeunes en difficulté utilisent beaucoup les réseaux sociaux numériques. lls consomment souvent
les petites vidéos. La confrontation à la politique passe souvent par les petites vidéos. « Le monde
politique entre par effraction dans la vie des jeunes en difficulté. » De cette manière, la politique est
montrée sur un regard sarcastique et humoristique, très partiel sur la politique. Ces jeunes vont y
croire.

• Le nouveau marché de l’opinion


Baptiste Kotras (2018), la voix du web. Seuil.

On cherche à savoir la manière dont on produit l’opinion aujourd’hui. Kotras parle des études
d’opinion, c’est-à-dire qu’il analyse les points de vue des citoyens, des entreprises et des politiques.
La/les conversation(s) ordinaires(s): pour tenter de connaître les préoccupations du grand public.

On a une bonne connaissance du public: qui sont-ils, qui dit quoi par rapport à son âge, son sexe ?
On mesure par des questionnaires ou des sondages mais maintenant on passe par les traces textuels.
Des entreprises se déclarent comme experts dans l’analyse de ces traces textuels. Ces acteurs
nouveaux disent que cette méthode est meilleure car on voit directement ce dont les gens parlent et
sans imposer de sujets. On obtient alors d’une opinion réelle.
Sous la monarchie, l’opinion ne compte pas mais on s’en préoccupe. En 1920, l’opinion est mesurée
par des sondages, d’abord aux États-Unis, et le vote de paille (demander aux lecteurs de journaux
qui ils vont voter). On se base sur un échantillon représentatif de la société.

Cela modifie la conception des opinions, on se base sur l’opinion instantanée. On voit apparaître
des figures médiatiques visibles, devenant un critère de sélection. La figure de la visibilité
médiatique débouche sur les influenceurs.

L’entreprise Linkfluence, en 2006, travaille sur 15 000 sites et blogs. Le travail de ces acteurs de
l’opinion est celui de la traduction à partir du profil des utilisateurs en prenant en compte des
communautés affinitaires. C’est la mesure par le Web. L’avis des leaders peut prendre de l’ampleur.

L’opinion publique est pondérée par la visibilité. Cela active la dimension réputationelle.
On passe d’une opinion par déclaration à une opinion authentique.

• Les processus de mise en actualité et de politisation


Luc Boltanski et Arnaud Esquerre (2022), Qu’est-ce que l’actualité politique ? Gallimard

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