TD4
1)
L’introduction de la Question Prioritaire de Constitutionnalité (QPC) dans le système juridique fran-
çais en 2008 renforce la protection des droits fondamentaux. Elle permet à tout justiciable de
contester la constitutionnalité d'une loi déjà promulguée, garantissant ainsi la primauté de la Consti-
tution. Cela favorise un contrôle a posteriori des lois et participe à l’évolution de la jurisprudence.
Cependant, la QPC présente des inconvénients, tels que l’alourdissement des procédures judiciaires,
en ajoutant une étape supplémentaire dans les contentieux. De plus, elle peut entraîner des conflits
de compétence entre le Conseil constitutionnel et les juridictions de fond, voire retarder l'applica-
tion des lois.
2)
Le contrôle de constitutionnalité des lois présente certaines failles, notamment son caractère limité
au cadre de la QPC et son exercice a posteriori dans la plupart des cas. De plus, seules les lois
peuvent être soumises à ce contrôle, excluant ainsi certaines décisions exécutives. Concernant le
contrôle de légalité des règlements, une des failles est qu'il est exercé par des juridictions adminis-
tratives qui peuvent avoir une interprétation fluctuante du principe de légalité, entraînant une incer-
titude juridique. Le manque de contrôle systématique des règlements et l’insuffisance des moyens
alloués aux juges administratifs sont aussi problématiques.
3)
Le contrôle de constitutionnalité des lois vise à vérifier que les lois respectent la Constitution, tandis
que le contrôle de conventionnalité des normes examine leur conformité avec les traités internatio-
naux ratifiés par la France, notamment la Convention européenne des droits de l’homme. Le
contrôle de constitutionnalité est exercé principalement par le Conseil constitutionnel, alors que le
contrôle de conventionnalité est réalisé par toutes les juridictions, notamment le Conseil d’État et la
Cour de cassation. Contrairement à la Constitution, les traités internationaux peuvent primer sur les
lois nationales, selon l’article 55 de la Constitution, sous réserve de réciprocité.
Dissertation
La hiérarchisation des règles de droit qui découle de la diversité des sources est-elle selon vous sa-
tisfaisante au sein de l’ordre juridique français ?
Introduction
La diversité des sources du droit en France, incluant la Constitution, les lois, les règlements et la ju-
risprudence, reflète la complexité de l'ordre juridique.
Cette diversité impose une hiérarchisation des normes pour assurer la cohérence et la stabilité du
système juridique. Cependant, cette hiérarchisation est-elle satisfaisante dans la pratique ? Nous ré-
pondrons par l’affirmative, sous réserve de certains ajustements qui seraient bénéfiques.
L’organisation actuelle, tout en étant globalement efficace, présente en effet des limites qui méritent
d’être corrigées pour répondre aux exigences croissantes de la société.
En somme, la hiérarchisation des normes en droit français est satisfaisante dans son principe, mais
elle nécessite des ajustements pour répondre aux défis actuels. Bien que l’organisation autour de la
suprématie constitutionnelle assure une cohérence théorique, certaines failles pratiques nuisent à
l'efficacité du système. Une meilleure coordination des sources et un contrôle plus systématique des
normes pourraient rendre l’ordre juridique plus lisible et adapté aux besoins de la société moderne.
1-. La hiérarchisation des normes : un système cohérent mais perfectible
L'ordre juridique français est organisé autour de la suprématie de la Constitution, à laquelle doivent
se conformer les autres sources de droit. Ce principe de hiérarchie est en théorie satisfaisant car il
permet de garantir la stabilité et la cohérence de l'ensemble du système juridique. La suprématie
constitutionnelle assure la protection des droits fondamentaux et des libertés individuelles, notam-
ment à travers le contrôle de constitutionnalité exercé par le Conseil constitutionnel.
l’articulation entre les différentes sources de droit – lois, règlements, actes administratifs – est clai-
rement définie et relativement stable. Le principe de légalité, selon lequel les règlements doivent
respecter la loi, et la loi respecter la Constitution, semble suffisant pour éviter des contradictions
majeures dans l’application des règles de droit. Le contrôle de légalité et de constitutionnalité ga-
rantit ainsi une conformité entre les normes, et permet de corriger les éventuels excès du législateur
ou de l’administration.
en pratique, certaines failles apparaissent. Par exemple, le contrôle de constitutionnalité des lois est
limité aux dispositions législatives soumises par la voie de la QPC ou par les saisines a priori, ce qui
signifie que certaines lois peuvent échapper à ce contrôle. Par ailleurs, le contrôle de légalité des rè-
glements n’est pas toujours exercé de manière efficace par les juridictions administratives, faute de
moyens ou de clarté dans les normes. Ces points affaiblissent l’efficacité globale du système de hié-
rarchisation des normes.
II. Les limites et ajustements nécessaires pour une meilleure hiérarchisation
Bien que la hiérarchisation actuelle des normes permette une certaine stabilité, elle présente des dé-
fis, notamment en termes de complexité et d’accessibilité. La diversité des sources, notamment
entre les actes réglementaires et les décisions des juridictions, peut entraîner des contradictions dans
l’application des normes. Par exemple, la multiplication des régulations sectorielles ou locales com-
plexifie parfois la hiérarchisation, rendant le droit moins lisible et moins accessible pour les ci -
toyens.
Un autre point de faiblesse réside dans la rigidité de la Constitution, qui peut ne pas toujours s'adap-
ter aux évolutions rapides de la société ou de la technologie. Cette rigidité limite parfois l'efficacité
de la hiérarchisation des normes, car certaines lois ou règlements peuvent s’avérer obsolètes ou en
contradiction avec les besoins contemporains. Un ajustement de la hiérarchisation des normes pour-
rait consister à renforcer le contrôle constitutionnel ou à simplifier le cadre réglementaire, en rédui-
sant la prolifération des textes secondaires.
Enfin, la question de la conventionnalité des lois et des règlements vis-à-vis des traités internatio-
naux complique la hiérarchisation. Bien que les traités internationaux aient une place supérieure aux
lois, il arrive que les juridictions aient des interprétations divergentes sur la portée de cette su-
périorité. Une clarification plus nette des relations entre normes internes et internationales pourrait
renforcer la cohérence et l’accessibilité du droit.