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L'Agonie de Raphaël dans Balzac

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Objet d'étude : Le roman et le récit du Moyen Âge au XXe siècle.

Parcours : Les romans de l'énergie et de la destruction.


Balzac, La Peau de chagrin, L'agonie.

Fuis, fuis, laisse-moi, répondit enfin Raphaël d'une voix sourde. Mais va-t'en donc. Si
tu restes là, je meurs. Veux-tu me voir mourir ?
-Mourir ! répéta-t-elle. Est-ce que tu peux mourir sans moi. Mourir, mais tu es jeune !
Mourir, mais je t'aime !
-Mourir ! ajouta-t-elle d'une voix profonde et gutturale en lui prenant les mains par un
mouvements de folie
- Froides, dit-elle. Est-ce une illusion ?
Raphaël tira de dessous son chevet le lambeau de la Peau de chagrin, fragile et petit
comme la feuille d'une pervenche, et le lui montrant : Pauline, belle image de ma
belle vie, disons-nous adieu, dit-il.
- Adieu ? répéta-t-elle d'un air surpris.
- Oui. Ceci est un talisman qui accomplit mes désirs, et représente ma vie. Vois ce
qu'il m'en reste. Si tu me regardes encore, je vais mourir...
La jeune fille crut Valentin devenu fou, elle prit le talisman, et alla chercher la lampe.
Éclairée par la lueur vacillante qui se projetait également sur Raphaël et sur le
talisman, elle examina très-attentivement et le visage de son amant et la dernière
parcelle de la Peau magique. En la voyant belle de terreur et d'amour, il ne fut plus
maître de sa pensée : les souvenirs des scènes caressantes et des joies délirantes
de sa passion triomphèrent dans son âme depuis longtemps endormie, et s'y
réveillèrent comme un foyer mal éteint.
- Pauline, viens ! Pauline !
Un cri terrible sortit du gosier de la jeune fille, ses yeux se dilatèrent, ses sourcils
violemment tirés par 20 une douleur inouïe, s'écartèrent avec horreur, elle lisait dans
les yeux de Raphaël un de ces désirs furieux, jadis sa gloire à elle ; et à mesure que
grandissait ce désir, la Peau en se contractant, lui chatouillait la main. Sans réfléchir,
elle s'enfuit dans le salon voisin dont elle ferma la porte.
— Pauline ! Pauline ! cria le moribond en courant après elle, je t'aime, je t'adore, je te
veux ! Je te maudis, si tu ne m'ouvres ! Je veux mourir à toi !
Par une force singulière, dernier éclat de vie, il jeta la porte à terre, et vit sa
maîtresse à demi nue se roulant sur un canapé. Pauline avait tenté vainement de se
déchirer le sein, et pour se donner une prompte mort, elle cherchait à s'étrangler
avec son châle. — Si je meurs ; il vivra, disait-elle en tâchant vainement de serrer le
nœud. Ses cheveux étaient épars, ses épaules nues, ses vêtements en désordre, et
dans cette lutte avec la mort, les yeux en pleurs, le visage enflammé, se tordant sous
un horrible désespoir, elle présentait à Raphaël, ivre d'amour, mille beautés qui
augmentèrent son délire ; il se jeta sur elle avec la légèreté d'un oiseau de proie,
brisa le châle, et voulut la prendre dans ses bras.
Le moribond chercha des paroles pour exprimer le désir qui dévorait toutes ses
forces ; mais il ne trouva que les sons étranglés du râle dans sa poitrine, dont
chaque respiration creusée plus avant, semblait partir de ses entrailles. Enfin ne
pouvant bientôt plus former de sons, il mordit Pauline au sein. Jonathas se présenta
tout épouvanter des cris qu'il entendait, et tenta d'arracher à la jeune fille le cadavre
sur lequel elle s'était accroupie dans un coin.
Balzac, La Peau de chagrin
Analyse linéaire
Projet de lecture : L’échec de la raison face au désir passionné et mortifère,
Mouvements de texte
1. L’annonce de Raphael l 2 à 12
2. La révélation l 13 à 11
3. Le revirement de Raphael l 15 à 33
4. La mort de Raphael l32 a 36
1) Les phrases exclamatives et injonctives, dominent le discours dire (= parole rapporter directement) "Fuis, Fuis
laisse-moi. L.1 « Va-t’en donc » l.1 ; la question rhétorique de Raphael « Veux tu me voir mourir ? » l.2 est
agressive tandis que celle de Pauline est désespérée " Est-ce-que tu peux mourir sans moi ? » ; les anaphores
de Pauline qui reprend « mourir » l.3 et 4 rendent leur échange très intense.
Les précisions concernant les tons de voix et les gestes des jeunes gens apportent encore plus de théâtralité a la
révélation « D’une voix sourde » l.1 « d’une voix profonde et gutturale en lui prenant les mains par un mouvement
de folie. » l.4 et 5 tiennent lieux de didascalie, tandis que Pauline exprime ses penses à voix haute comme une
comédienne sur scène "Est-ce une illusion ? " l.6 Le mot adieux l.8 affirmer solennellement par Raphael et repris
par Pauline "Adieux… d’un air surpris" l.10 condense l’enjeu de la scène tandis que l'objet au cœur du texte : le
talisman qui se rétracte une dernière fois contribue une dernière fois à concentrer l'action et à la rendre visuelle.

2) Pouline apparait dans cet extrait comme la vie de Raphael "Belle image de me vie, lui dit-il "l 8. Or la vie de
Raphael et aussi symbolisé par la peau de chagrin elle est l'image et l'objet de son désir, à la fois fuyante,
s’autodétruisant, et tentante, offerte" Belle de terreur et d’amour l.14 à 18, elle porte donc le même pardon que la
peau, elle incarne le bonheur et la mort du héros.

3) Les expressions "Triomphant dans son âme depuis longtemps endormie » l.16 et "s’y réveillait comme un foyer
non éteint."l.16 et 17 font référence au désir comme à un conquérant s’éveillent pour incendier et détruire. Le
désir apparait ici dans sa puissance ravageuse.
Les verbes qui montrent la réaction de Pauline à la révélation des pouvoirs de la peau étire son visage
"Les yeux se dilatèrent, ses sourcils violemment tirés ...s'écartèrent." l.19 et 20 ; ils sont conjugués au passé
simple ce qui désigne fermement ses traits ainsi déformés.
Ce masque de Pauline fait penser au spectre effaré ou au vampire de l'imagerie contemporaine de Balzac : Elle
qui parlait comme si elle était sur scène formulant ses interrogations à voix haute perd souvent le langage et le
narrateur emploi pour la designer le mot « gosier » l.19
Le véritable sujet de l’action elle a faim de la peau : c’est sa contraction qui suscite l’horreur et la fuite de Pauline.
Mais c'est aussi grâce à elle que Raphaël, par une phase singulière, ligne 25, arrache la porte de ses grands
pour la rejoindre. Enfin, c'est elle qui tue le jeune homme et étrangle les sons dans sa poitrine. Enfin, c'est elle qui
tue le jeune homme et étrangle les sons dans sa poitrine. Cette phase silencieuse qui commande les gestes de
tout illustre un pouvoir occulte. On observe un champ lexical de la vie et de l'action. Désir furieux, ligne 20. Désir,
ligne 20. Encourant, ligne 23. Je t'aime, je t'adore, ligne 23. Force singulière, ligne 25. État de vie, ligne 25.
Également, on remarque le champ lexical de la destruction. Douleur inouïe, ligne 25. Horreur, ligne 25. Moribond,
ligne 23. Je te maudis, lignes 23 et 24. « Se déchirait le sein » ligne 25, « prompte mort » ligne 26 et 27, «
s'étranglait » ligne 27. Le narrateur met le lecteur à la place de Raphaël contemplant sa maîtresse. Les verbes au
plus que parfait et à l'imparfait décrivent les gestes et les paroles qui se répètent du fait de l'échec de la jeune
femme, « vraiment » ligne 26 et 27, « avait tenté » ligne 26, « cherché » à ligne 27. Pauline apparaît ainsi dans
une lutte autodestructrice, et l'effet de tableau est renforcé par l'accumulation des groupes nominaux. Ses
cheveux étaient épars, ses épaules nues, ses vêtements en désordre. Les yeux en pleurs, le visage enflammé,
ligne 28 et 29. Ces groupes nominaux sont complétés par des participes présents qui suspendent la vision. Tout
en l'imprégnant de mouvements, entraînant vraiment de serrer le nœud, lignes 27 et 28, si tordant son horrible
désespoir, lignes 29
4) La puissance fugitive de Raphaël est exprimée par les verbes au passé simple, montrant l'efficacité de son
action, mais l'usage de l'imparfait « dévorer » semblait partir de ses entrailles. Rappel son agonie à l'arrière-plan
de ses gestes. Les mouvements de lutte sont très confus. Pauline lutte pour se détruire, mais aussi contre le
désir de Raphaël en s'enfuyant. Raphaël lutte contre Pauline qui lutte et désire son don qu'indissociable et
marqué par l'urgence d'une mort imminente menaçant les deux amants.
Cette dernière image du roman symbolise donc ce qu'est la fin de la vie de Raphaël, une lutte acharnée et
paradoxale contre son propre désir qui ne demande qu'à être réalisé. Raphaël apparaît comme un vautour, un
dangereux oiseau de proie, ligne 31, qu'il mord au sein, ligne 33, tandis que, comme Pauline, il pousse des cris
des animaux gosier, ligne 19, râle, ligne 33. C'est finalement Pauline qui s'y est accroupie, ligne 36, sur le
cadavre comme une créature diabolique ou comme un charognard.

Conclusion Ce couple représente donc le paradoxe du désir bien, tout que soit amoureux et désirant, ils luttent
parce qu'au cœur de leurs désirs, ils se dévorent eux-mêmes. Pauline souhaite mourir pour sauver Raphaël, il
préfère la posséder que de vivre. Du fait de l'enjeu vital apporté par la peau, la vision qui nous est donnée du
désir amoureux ici est dévorante et destructrice. Le livre s'achève avec la fin de Raphaël, ce héros, ou plutôt cet
anti-héros, car il meurt à cause des excès de l'individualisme orientés vers des excès laissés au romantisme de
cette génération qui, après l'échec des révolutions du XIXe siècle, laisse libre, court à la recherche du désir
individuel. La peau de chagrin n'est peut-être que le symbole de cette dérive du romantisme noir.
Présentation BAC

Analyse linéaire du texte extrait de "La Peau de chagrin" de Balzac :

Premier mouvement : La détresse de Raphaël et la manipulation de Pauline (ligne 1


à 16) :
Dans ce passage, nous assistons à un dialogue entre Raphaël et Pauline, marqué
par l'agonie et la désespérance du premier face à l'influence destructrice de la Peau
de chagrin. Raphaël implore Pauline de le quitter, craignant pour sa vie, tandis que
Pauline exprime son amour inconditionnel et sa volonté de rester à ses côtés. Cette
confrontation met en lumière la lutte intérieure de Raphaël entre son désir de vivre et
son attachement à Pauline, ainsi que la manipulation émotionnelle exercée par cette
dernière pour le retenir.

Deuxième mouvement : Le talisman comme symbole de la vie et de la mort (ligne 17


à 31) :
Dans cette partie du texte, Balzac introduit le motif de la Peau de chagrin en tant que
talisman représentant la vie de Raphaël. Ce talisman devient le pivot de leur relation,
symbolisant à la fois l'espoir de bonheur et la menace de destruction. Raphaël,
conscient de la fatalité qui entoure cet objet, décide de s'en séparer pour préserver la
vie de Pauline, mais cette dernière refuse de le croire, témoignant de son ignorance
et de son aveuglement face au danger.

Troisième mouvement : La scène de désespoir et de passion (ligne 32 à 46) :


Dans cette dernière partie, Balzac décrit une scène intense où les émotions se
déchaînent, conduisant à une tragédie inévitable. Raphaël, consumé par son amour
pour Pauline, perd tout contrôle et tente désespérément de la rejoindre malgré les
avertissements de danger. La résistance de Pauline se manifeste à travers sa
tentative de suicide, illustrant sa détermination à mourir plutôt que de vivre sans
Raphaël. Cette confrontation dramatique entre les deux amants révèle la puissance
destructrice de leur passion et la tragédie de leur destinée commune.

En conclusion, ce passage de "La Peau de chagrin" explore les thèmes de l'amour,


de la fatalité et de la destruction à travers le conflit intérieur des personnages. Balzac
utilise le motif de la Peau de chagrin comme métaphore de la condition humaine, où
le désir et la passion mènent inévitablement à la ruine. Cette analyse souligne
l'intensité émotionnelle et la profondeur psychologique de l'œuvre, tout en mettant en
lumière la vision pessimiste de Balzac sur les relations humaines et le destin tragique
de ses protagonistes.
------------------------

Dans ce passage, nous assistons à un dialogue entre Raphaël et Pauline,


marqué par l'agonie et la désespérance du premier face à l'influence destructrice de
la Peau de chagrin. Raphaël implore Pauline de le quitter, craignant pour sa vie,
tandis que Pauline exprime son amour inconditionnel et sa volonté de rester à ses
côtés. Cette confrontation met en lumière la lutte intérieure de Raphaël entre son
désir de vivre et son attachement à Pauline, ainsi que la manipulation émotionnelle
exercée par cette dernière pour le retenir.

Problématique : Comment La Peau de Chagrin illustre-t-elle la tension entre le


désir humain et les forces surnaturelles ?
Premier mouvement : La détresse de Raphaël et la manipulation de Pauline (ligne 1
à 16) :
Deuxième mouvement : Le talisman comme symbole de la vie et de la mort (ligne 17
à 31) :
Troisième mouvement : La scène de désespoir et de passion (ligne 32 à 46) :

En conclusion, ce passage de "La Peau de chagrin" explore les thèmes de


l'amour, de la fatalité et de la destruction à travers le conflit intérieur des
personnages. Balzac utilise le motif de la Peau de chagrin comme métaphore de la
condition humaine, où le désir et la passion mènent inévitablement à la ruine. Cette
analyse souligne l'intensité émotionnelle et la profondeur psychologique de l'œuvre,
tout en mettant en lumière la vision pessimiste de Balzac sur les relations humaines
et le destin tragique de ses protagonistes.

1) Les phrases exclamatives et injonctives, dominent le discours dire (= parole rapporter directement) "Fuis, Fuis
laisse-moi. L.1 « Va-t’en donc » l.1 ; la question rhétorique de Raphael « Veux tu me voir mourir ? » l.2 est
agressive tandis que celle de Pauline est désespérée " Est-ce-que tu peux mourir sans moi ? » ; les anaphores
de Pauline qui reprend « mourir » l.3 et 4 rendent leur échange très intense.
Les précisions concernant les tons de voix et les gestes des jeunes gens apportent encore plus de théâtralité a la
révélation « D’une voix sourde » l.1 « d’une voix profonde et gutturale en lui prenant les mains par un mouvement
de folie. » l.4 et 5 tiennent lieux de didascalie, tandis que Pauline exprime ses penses à voix haute comme une
comédienne sur scène "Est-ce une illusion ? " l.6 Le mot adieux l.8 affirmer solennellement par Raphael et repris
par Pauline "Adieux… d’un air surpris" l.10 condense l’enjeu de la scène tandis que l'objet au cœur du texte : le
talisman qui se rétracte une dernière fois contribue une dernière fois à concentrer l'action et à la rendre visuelle.

2) Pouline apparait dans cet extrait comme la vie de Raphael "Belle image de me vie, lui dit-il "l 8. Or la vie de
Raphael et aussi symbolisé par la peau de chagrin elle est l'image et l'objet de son désir, à la fois fuyante,
s’autodétruisant, et tentante, offerte" Belle de terreur et d’amour l.14 à 18, elle porte donc le même pardon que la
peau, elle incarne le bonheur et la mort du héros.

3) Les expressions "Triomphant dans son âme depuis longtemps endormie » l.16 et "s’y réveillait comme un foyer
non éteint."l.16 et 17 font référence au désir comme à un conquérant s’éveillent pour incendier et détruire. Le
désir apparait ici dans sa puissance ravageuse.
Les verbes qui montrent la réaction de Pauline à la révélation des pouvoirs de la peau étire son visage
"Les yeux se dilatèrent, ses sourcils violemment tirés ...s'écartèrent." l.19 et 20 ; ils sont conjugués au passé
simple ce qui désigne fermement ses traits ainsi déformés.
Ce masque de Pauline fait penser au spectre effaré ou au vampire de l'imagerie contemporaine de Balzac : Elle
qui parlait comme si elle était sur scène formulant ses interrogations à voix haute perd souvent le langage et le
narrateur emploi pour la designer le mot « gosier » l.19
Le véritable sujet de l’action elle a faim de la peau : c’est sa contraction qui suscite l’horreur et la fuite de Pauline.
Mais c'est aussi grâce à elle que Raphaël, par une phase singulière, ligne 25, arrache la porte de ses grands
pour la rejoindre. Enfin, c'est elle qui tue le jeune homme et étrangle les sons dans sa poitrine. Enfin, c'est elle qui
tue le jeune homme et étrangle les sons dans sa poitrine. Cette phase silencieuse qui commande les gestes de
tout illustre un pouvoir occulte. On observe un champ lexical de la vie et de l'action. Désir furieux, ligne 20. Désir,
ligne 20. Encourant, ligne 23. Je t'aime, je t'adore, ligne 23. Force singulière, ligne 25. État de vie, ligne 25.
Également, on remarque le champ lexical de la destruction. Douleur inouïe, ligne 25. Horreur, ligne 25. Moribond,
ligne 23. Je te maudis, lignes 23 et 24. « Se déchirait le sein » ligne 25, « prompte mort » ligne 26 et 27, «
s'étranglait » ligne 27. Le narrateur met le lecteur à la place de Raphaël contemplant sa maîtresse. Les verbes au
plus que parfait et à l'imparfait décrivent les gestes et les paroles qui se répètent du fait de l'échec de la jeune
femme, « vraiment » ligne 26 et 27, « avait tenté » ligne 26, « cherché » à ligne 27. Pauline apparaît ainsi dans
une lutte autodestructrice, et l'effet de tableau est renforcé par l'accumulation des groupes nominaux. Ses
cheveux étaient épars, ses épaules nues, ses vêtements en désordre. Les yeux en pleurs, le visage enflammé,
ligne 28 et 29. Ces groupes nominaux sont complétés par des participes présents qui suspendent la vision. Tout
en l'imprégnant de mouvements, entraînant vraiment de serrer le nœud, lignes 27 et 28, si tordant son horrible
désespoir, lignes 29
4) La puissance fugitive de Raphaël est exprimée par les verbes au passé simple, montrant l'efficacité de son
action, mais l'usage de l'imparfait « dévorer » semblait partir de ses entrailles. Rappel son agonie à l'arrière-plan
de ses gestes. Les mouvements de lutte sont très confus. Pauline lutte pour se détruire, mais aussi contre le
désir de Raphaël en s'enfuyant. Raphaël lutte contre Pauline qui lutte et désire son don qu'indissociable et
marqué par l'urgence d'une mort imminente menaçant les deux amants.
Cette dernière image du roman symbolise donc ce qu'est la fin de la vie de Raphaël, une lutte acharnée et
paradoxale contre son propre désir qui ne demande qu'à être réalisé. Raphaël apparaît comme un vautour, un
dangereux oiseau de proie, ligne 31, qu'il mord au sein, ligne 33, tandis que, comme Pauline, il pousse des cris
des animaux gosier, ligne 19, râle, ligne 33. C'est finalement Pauline qui s'y est accroupie, ligne 36, sur le
cadavre comme une créature diabolique ou comme un charognard.

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