Modélisation du traitement du chitosane
Modélisation du traitement du chitosane
UNIVERSITÉ de BLIDA 1
Faculté de Technologie
Mémoire
REMERCIEMENTS
RESUME
INTRODUCTION GENERALE
CHAPITRE I : Chitosane
1. INTRODUCTION .......................................................................................................... 3
2. CHITINE ET CHITOSANE........................................................................................... 3
CONCLUSION
Références bibliographiques
Annexe
REMERCIEMENTS
Nous exprimons notre profonde gratitude tout d'abord à « » هللاde nous avoir donné le
courage, la volonté et la force pour réaliser ce travail.
Nous tenons à remercier profondément notre encadreur Pr. LARIBI Hassiba, d’avoir
accepté de diriger ce travail, pour la confiance qu'il nous a accordé, merci pour avoir toujours
été disponible pour être à notre écoute, pour nous avoir guidée tout en nous laissant libre
dans notre choix.
Nous tenons à transmettre nos vifs remerciements aux présidents de jury et membre
examinateur pour notre soutenance. Nous les remercions pour toutes leurs critiques
constructives.
Nos remerciements vont également à tous les enseignants du département de Génie des
procédés.
Nous ne terminerons pas sans remercier nos familles ainsi que tous ceux qui nous ont
apporté l'aide de près ou de loin afin d'accomplir au mieux cette étude.
LISTE DES FIGURES
AA : Acide acétique.
a : Constante de Mark-Houwink.
C : Celsius.
DA : Degré d’Acétylation.
Eq : Équation.
IR : Infra rouge.
PM : Poids Moléculaire.
Les coproduits de la pêche sont riches en composés pouvant être récupérable (minéraux,
protéines, lipides, chitine). La chitine, qui représente 17 à 33% de ces coproduits, peut être
transformée en chitosane, composé à grande valeur commerciale.
L’objectif de cette étude est d’optimiser la préparation du β-chitosane, principal dérivé de la
chitine extrait à partir des plumes de calamar par un procédé chimique impliquant la
déminéralisation, la déprotéinisation, et la désacétylation. Cette optimisation est réalisée en
ayant recours à un plan d’expérience de type méthode de surfaces de réponses, tout en
utilisant des conditions douces pour le traitement des plumes de calamar afin d’obtenir,
d’une part, un chitosane de haut degré de désacétylation, et d’autres part, une préservation
écologique par le biais de la valorisation des déchets et l’utilisation minimale des réactifs
chimiques.
Le chitosane dérivé de la chitine traitée dans des conditions optimales de concentration de
NaOH de 80%, une température de 120° C et une durée de réaction de 2 h à donner une
valeur élevée de DDA% 97,14%.
Mots-clés : β-chitosane, DDA, valorisation, chitine, optimisation.
ABSTRACT
The co-products of fishing are rich in compounds that can be recovered (minerals, proteins,
lipids, chitin). Chitin, which represents 17 to 33% of these coproducts, can be transformed
into chitosan, a compound with high commercial value.
The objective of this study is to optimize the preparation of β-chitosan, the main chitin
derivative extracted from squid feathers by a chemical process involving demineralization,
deproteinization, and deacetylation. This optimization is achieved by using a response
surface method experimental design, while using mild conditions for squid feather
processing in order to obtain, on the one hand, a chitosan with a high degree of deacetylation,
and on the other hand, ecological preservation through waste recovery and minimal use of
chemical reagents.
The chitosan derived from chitin treated under optimal conditions of NaOH concentration
of 80%, a temperature of 120° C and a reaction time of 2 h to give a high value of DDA%
97.14%.
Keywords : β-chitosan, DDA, recovery, chitin, optimization.
ملخص
المنتجات المساعدة لمصايد األسماك غنية بالمركبات التي يمكن استعادتها (المعادن والبروتينات والدهون والكيتين).
يمكن تحويل الكيتين ،الذي يمثل 17إلى ٪33من هذه المنتجات المشتركة ،إلى كيتوزان ،وهو مركب ذو قيمة تجارية
كبيرة.
الهدف من هذه الدراسة هو تحسين تحضير البيتا-الكيتوزان ،وهو مشتق الكيتين الرئيسي المستخرج من ريش الحبار
بعملية كيميائية تتضمن نزع المعادن ،ونزع البروتين ،ونزع األسيتيل .يتم تنفيذ هذا التحسين من خالل اللجوء إلى تصميم
أسلوب نوع التجربة ألسطح االستجابة ،مع استخدام ظروف معتدلة لمعالجة ريش الحبار من أجل الحصول على درجة
عالية من الكيتوزان ،نزع األسيتيل ،والحفاظ على البيئة من خالل استعادة النفايات والحد األدنى من استخدام الكواشف
الكيميائية.
الكيتوزان المشتق من الكيتين المعالج في ظل الظروف المثلى لتركيز هيدروكسيد الصوديوم بنسبة ٪80ودرجة حرارة
120درجة مئوية وزمن تفاعل ساعتين إلعطاء قيمة عالية لـ .٪97.14 ٪DDA
الكلمات الرئيسية ، DDA :البيتا-الكيتوزان ،االنتعاش ،الكيتين ،التحسين.
INTRODUCTION GENERALE
Il existe une très grande diversité de bio-polymères issus des produits marins, parmi lesquels
on trouve la famille des polysaccharides tels que l’alginate de sodium et le chitosane. Ces
bio-polymères constituent une alternative intéressante dans le cadre du remplacement des
polymères issus de la pétrochimie, car ils possèdent des propriétés physicochimiques et
biologiques importantes [1].Ces propriétés trouvent des applications ciblées dans des
domaines très variés notamment dans les secteurs de l’agriculture, pharmaceutique et
biomédicale [2].
Ce polymère est aujourd’hui principalement extrait de la carapace des crevettes ou des
crabes, ainsi que des plumes de calamar, les sépions.
Suite au procédé de désacétylation, le chitosane devient riche en groupements amine
hautement réactifs, ceci fait du degré de désacétylation un paramètre important vu qu’il
affecte les propriétés physico-chimiques [3].
Le pourcentage de désacétylation correspond à la quantité relative de groupements acétyles
retirés à la molécule de chitine lors de la préparation du chitosane. Il a une très grande
influence sur ses propriétés et ses possibilités industrielles.
[3, 4] Les paramètres comme la concentration en NaOH, la température et le temps influent
sur le degré de désacétylation [3].
L'examen de ces variables une à la fois prend du temps et les résultats donnent un grand
nombre d'expériences à réaliser ainsi qu’un grand nombre de données à analyser. Ceci ne
permet pas de rassurer les interactions entre ces variables. En conséquence, la méthodologie
des plans d’expériences, qui est une approche statistique et d'analyse, offrent un moyen
simple et efficace de réduire le coût et d'augmenter la robustesse des études expérimentales
effectuées lors de la conception ou de la validation d'un produit industriel. Ils permettent
d'utiliser toute la connaissance du produit dont le concepteur peut disposer a priori tout en
contrôlant un ou plusieurs paramètres à la fois. Ainsi, il y aura une économie de temps,
d’effort et de produits.
Dans cette étude, la méthodologie des plans d’expériences a été utilisé, pour surmonter les
limites d'une variable à la fois et pour décrire adéquatement l'effet de plusieurs facteurs de
limitation ainsi que leurs interactions.
L’objectif de cette étude consiste à optimiser les paramètres de la désacétylation des bio-
polymères extrait des plumes de calamar, en utilisant les plans d’expériences, en étudiant
1
l’effet de trois facteurs sur le degré de désacétylation et le poids moléculaire ainsi que la
solubilité.
Le manuscrit de ce travail se compose de quatre chapitres principaux :
Le premier chapitre consiste à présenter des généralités sur les bio-polymères. Il comporte
par une étude bibliographique sur la chitine et le chitosane en détaillant leurs structures
chimiques, leurs propriétés physico-chimiques, leurs procédés d’extraction ainsi que leurs
applications.
Le second chapitre est consacré à une mise au point bibliographique sur les méthodes
d’expérimentation basées sur l’utilisation des plans d’expériences.
Dans le troisième chapitre nous allons décrire la technique de l’extraction de la chitine ainsi
que le procédé de désacétylation pour former le chitosane avec la méthode des plans
d’expériences appliquée afin d’optimiser les paramètres d’extraction.
Le quatrième et dernier chapitre est consacré à la présentation des résultats et leurs
discussions.
Enfin, on terminera par une conclusion générale qui résume les résultats essentiels obtenus
et réalisés lors du travail expérimental.
2
1. INTRODUCTION
Les polysaccharides peuvent être les matériaux de demain qui seront pleinement utilisés
quand les ressources en pétrole commenceront à se tarir. Ces polymères sont, en effet, des
substances uniques dans le sens où elles sont naturelles, abondantes, issues de ressources
renouvelables et exploitables dans de nombreux pays. Ils présentent de nombreuses
propriétés à la fois physico-chimiques et biologiques. Ces ressources sont par nature
biodégradables puisqu’elles sont d’origine naturelle. Les polysaccharides peuvent être
d’origine végétale (cellulose, amidon, alginates, carraghenanes), animale (chitine et
chitosane) ou bactérienne (xanthane, gellane). Chaque année, la terre en produit mille
milliard de tonnes [6].
D’un point de vue chimique, les polysaccharides, nommés aussi polyoside ou polyholosides,
sont des biopolymères hydrophiles et stables, formés par condensation d’un grand nombre
de molécules d’oses, soit toutes identiques (homopolyosides), soit de types différents
(hétéropolyosides) [5, 7].
Les polysaccharides sont d’un grand intérêt pour l’homme et ont de nombreuses applications
industrielles et pharmaceutiques. Dans notre travail, nous intéressons au chitosane;
biopolymère possédant des propriétés physico-chimiques intéressantes (Degré Déscétylation
DD%…etc.)[2, 8].
2. CHITINE ET CHITOSANE
La chitine est une fibre naturelle de nature cristalline de la famille des polysaccharides
azotés. La formule chimique de la chitine est très proche de celle de la cellulose, la seule
différence entre les deux structures est la présence de l’acétamide sur le C2 dans la chitine
remplacée par l’hydroxyle dans la cellulose (Figure 1.1). Sa structure chimique est un
enchainement d’unité monomère N-acétyle-β-Dglucopyranose reliées par une liaison
glycosurique β-(1-4).
3
A l’état solide, la chitine se trouve en trois formes polymorphiques α, β, γ qui diffèrent dans
leur degré d'hydratation, de la taille de la maille, et du nombre de chaines de chitines par
maille [9].
Chitine est généralement isolé des exosquelettes de crustacés et plus particulièrement des
crevettes et des crabes où α-chitine isomorphe est produit [10]. α-Chitine a une structure
étroitement compacte en raison de sa structure cristalline dans laquelle antiparallèle
favorisent une forte liaison hydrogène [11]. Calmar est une autre source importante de
chitine dans laquelle il existe dans le β-isomorphe qui a été montrer une solubilité plus
élevée, une réactivité plus élevée et une affinité plus élevée vers les solvants et l’enflure que
α-chitine. Ces caractéristiques sont dues à une liaison intermoléculaire plus faible de
l’hydrogène imputable à l’arrangement parallèle des chaînes principales [12]. γ-Chitine, un
tiers chitine allomorphe, a également été décrit [13, 14], mais à partir d’une analyse, il
semble qu’il ne s’agit que d’une variante de la famille [15].
Le chitosane est un polysaccharide cationique, semi-cristallin très peu répandu dans les
sources marines [16], il provient essentiellement de la désacétylation de la chitine. Il possède
une chaîne linéaire des unités répétitives de 2-amino-2-deoxy-D-glucopyranose et 2-
acétamido-2-deoxy-D-glucopyranose, liées par des liaisons osidiques de type β (1→4), dont
le degré de désacétylation est supérieur à 50%. Le chitosane est un matériau naturel avec un
aspect solide floconneux, blanc et inodore de haut poids moléculaire, non toxique,
renouvelable, biodégradable et biocompatible. Il possède également une réactivité chimique
et biologique importante. Il présente aussi des propriétés diverses telle que la chélation, le
pouvoir filmogène et la capacité d'adsorption.
4
En générale la structure de la chitine et du chitosane son défini structurellement par trois
principaux groupements fonctionnels réactifs, dans les quels sont identiques au niveau des
groupements hydroxyles primaires et secondaires sur le carbone C3 et le carbone C6, et se
diffère au niveau des groupements en position C2, acétamide pour la chitine et amine pour
le chitosane (Figure 1.1).
Ces derniers sont également caractérisés par la fraction des groupements N-acétamide
résiduels appelée degré d’acétylisation, noté DA. Dans le cas du chitosane, on préfère utiliser
le degré de désacétylation, noté DDA qui correspond à la quantité relative des groupements
acétyles retirer à la macromolécule de la chitine lors de la préparation du chitosane [17, 18].
La nature chimique du chitosane fournit beaucoup de possibilités alternatives pour les
modifications covalentes et ioniques qui permettent l’ajustement étendu des propriétés
chimiques, mécaniques et biologiques. Étant donné que ce sont des polymères, la chitine et
le chitosane sont connus par la longueur de leurs chaines d’une masse moléculaire (MM)
exprimé en poids (MW) et en nombre (MN) [19, 20].
Dans le règne végétal, la chitine se trouve dans la paroi de la plupart des champignons et de
certaines algues chlorophycées. En plus de son rôle dans le maintien de la rigidité de la
cellule, elle contribue au contrôle de la pression osmotique la chitine est présente, aussi, dans
certaines levures et bactéries.
La faible teneur de la chitine dans les organismes tels que les insectes et les champignons,
laisse à suggérer que les crustacés sont les principales sources fournissant cette matière
première (chitine) [22].
5
De nombreuses méthodes ont été développées afin de préparer la chitine à partir des
calamars. Parmi ces méthodes, les méthodes chimiques sont les plus utilisées. L’extraction
chimique consiste en déminéralisation acide et une déprotéinisation basique[23].
2.2.1. Déminéralisation
Elle est généralement, réalisée par un traitement acide sous agitation pour solubiliser le
carbonate de calcium et le chlorure de calcium. Les acides les plus fréquemment utilisés sont
l’acide chlorhydrique et l’acide formique, à des concentrations variables de 1 à 10 mol/L. La
durée du traitement acide est de l’ordre de 1 à 48 heures à la température ambiante [24].
2.2.2. Déprotéinisation
2.2.3. Blanchiment
6
2.3. Production de chitosane par desacétylation
La désacétylation de la chitine peut être hydrolysée en milieu acide ou basique suivant des
mécanismes fondamentalement différents [26]:
Dans un milieu alcalin, deux ions hydroxydes sont nécessaires pour effectuer la
désacétylation, au départ, une attaque du premier OH¯ sur le carbone acyle de l'amide, suivie
par un second OH¯ qui déprotonise l’anion intermédiaire tétraédrique résultant, pour former
ensuite un di-anion, qui s’effondre à son tour en donnant les produits. A des concentrations
basiques faibles inferieures à 35%, la réaction est lente résultant un DDA faible à des
températures élevées [26].
Il a été aussi rapporté dans les travaux antérieurs [27, 28] que la chitine a été dissoute dans
une solution alcaline relativement diluée, par agitation prolongée selon un procédé
homogène et lent à des températures inférieures à 40°C, la désacétylation produisait du
chitosane avec une distribution aléatoire parce que la chitine précipite à des températures
plus élevées.
Par conséquent, la désacétylation est généralement effectuée à haute température dans des
solutions fortement alcalines (50% de NaOH). Lamarque et al. Ont pu obtenir un chitosane
ayant un DDA et poids moléculaire élevés à partir d’une désacétylation à plusieurs étapes
[29]. Cette étape se fait par une hydrolyse des groupements acétyles en groupes aminés. Elle
peut être effectuée par deux méthodes chimique et enzymatique[30, 31] .
Elle se fait par hydrolyse en milieu fortement basique souvent par NaOH ou KOH (concentré
à 40-50%) à haute température. Le rendement de la désacétylation alcaline dépend des deux
étapes précédentes, de la quantité, la densité et la taille de la chitine [30], elle dépend aussi,
des conditions opératoires tels que : la température, le temps réactionnel, la concentration de
la base et l’atmosphère (air ou azote). Ce processus suit le schéma réactionnel représenté sur
la (Figure 1.2) :
7
Figure 1.2 : Désacétylation chimique de la chitine.
Cette technique est moins utilisée en raison du coût très élevé des enzymes, par conséquent,
elle reste peu développer à l’échelle industrielle. Ce processus suit le schéma réactionnel ci-
dessus (Figure 1.3).
Le chitosane obtenu est filtré, lavé à l’eau distillée jusqu’à la neutralisation, puis il est séché.
La désacétylation permet d’obtenir un chitosane avec un degré de désacétylation supérieur
8
ou égale à 60% avec des propriétés différentes à celles de la chitine, en particulier sa
solubilité en milieu acide à pH < 6,5.
Les quatre étapes citées ci-dessus sont souvent empiriques et varient avec le degré de
minéralisation des carapaces, les saisons et les conditions de températures[32].Dans le cas
du chitosane, on préfère utiliser le degré de désacétylation, noté DDA qui correspond à la
quantité relative des groupements acétyles retirer à la macromolécule de la chitine lors de la
préparation du chitosane [33].Le processus général d’extraction est schématisé dans la
(figure 1.4).
9
3. CARACTERISATION DU CHITOSANE
Le degré d’acétylation (DA) est défini comme étant la fraction molaire des unités acétylées
(unité acétyl glucosamine). Le degré de désacétylation (DDA=1-DA) représente la
proportion d'unités amine-D-glucosamine par rapport au nombre total d'unités
glycosidiques[1]. La désacétylation est l’hydrolyse des groupements acétyles présents dans
la chitine pour avoir des groupes amines. La présence des groupes acétylés est
principalement la seule différence structurelle entre la chitine et le chitosane, ce dernier est
de 80% pour la chitine et d’environ 30 % pour le chitosane [18].Ceci est traduit
structurellement par le degré d’acétylation (DA), ou le degré de désacétylation (DDA). Le
degré d’acétylation (DA) est le rapport entre la fonction acétylée et celle non acétylée, par
contre le degré de désacétylation (DDA) présente la quantité des groupements acétylés
disparus dans la chitine, c’est la caractéristique la plus importante du chitosane, en matière
de ses propriétés physico-chimiques, sa biodégradabilité et son activité biologique [3].Le
DDA peut être déterminé par diverses méthodes, par rapport à son état physique à l’état
solide : La spectroscopie infrarouge (FTIR) [35], l'analyse élémentaire [36]la résonance
magnétique nucléaire du solide (RMN) [37], en solution : par dosage UV [38], par RMN du
liquide[38],par titrage colloïdale [39], par titrage volumétrique, par dosage conductimétrique
et par pH métrique [29].
3.2. Viscosité
Comme la plupart des polysaccharides, en raison des liaisons glycosidiques β (1- 4), le
chitosane est un semi-rigide et augmente fortement la viscosité de la solution. La
viscosimétrie est la méthode la plus employée pour déterminer la viscosité, en utilisant la
relation de Mark-Houwink et sukurada, connaissant les paramètres a et k [40] :
Avec :
10
La viscosité est une propriété physique caractéristique de tous les fluides, qui émerge de
collisions entre des particules de fluide qui se déplacent à des vitesses différentes, ce qui
entraîne une résistance à leur mouvement.
➢ DDA : plus il est désacétylé, plus il y a de groupes amines libres, plus le chitosane
est soluble, et plus sa viscosité est importante.
➢ MM : la viscosité intrinsèque augmente avec MM.
➢ La température : la viscosité diminue lorsque la température augmente.
➢ pH : Plus le pH est bas, plus la viscosité est importante.
Les masses molaires du chitosane et la répartition des motifs N-acétylés le long de la chaîne
dépendent de la méthode de désacétylation utilisée. Le chitosane commercial a une masse
molaire entre 100-500 kDa. Plusieurs méthodes ont été employées pour la détermination de
sa masse molaire telle que la méthode viscosimétrique et la chromatographie d’exclusion
stérique [40].
4. PROPRIETES DU CHITOSANE
4.1. Cristallinité
11
4.2. Solubilité
Le chitosane possède des fonctions amines primaires, Sorlier et al. Ont trouvé un pKa allons
de 6,3 à 7,2, soluble seulement dans des solutions acides (pH < 6,0), et insoluble dans l’eau,
dans les acides concentrés, les bases et dans les solvants organiques [44].A pH faible, le
chitosane subit une protonation des fonctions amines (en ammoniums) est deviennent
chargées positivement, le chitosane devient alors un polyélectrolyte cationique
hydrosoluble, cette protonation explique son gonflement, sa dissolution et la diminution de
sa cristallinité. Le chitosane est soluble dans la plupart des acides minéraux dilués comme :
HCl, HNO3, H3PO4, il est aussi soluble dans les acides organiques comme l’acide acétique,
maléique et lactique, mais insoluble dans les acides ramifiés comme : l’acide citrique,
tartrique et l’EDTA [45, 46]. Le CH3COOH dilué (0,1-1%) est le plus utilisé pour la
dissolution du chitosane, selon les réactions présentées sur la figure 1.5. A pH élevé, les
amines ne sont plus ionisées et le chitosane se précipite et devient insoluble.
Le chitosane est considéré comme une polyamine. La présence de la fonction amine primaire
en position 2 du noyau glucopyranose, lui confère des propriétés physico-chimiques
remarquables. Ces propriétés dépendent fortement du pH du milieu et de la présence ou non
du sel. En absence de sel, le pK0 de la fonction amine est de 6,5. Ce qui signifie qu'en dessous
de ce pH, le chitosane devient un polycationique, ce qui le distingue des autres polymères
12
naturels qui sont généralement anioniques [21]. C’est un avantage que possède le chitosane
contrairement à la majorité des polysaccharides. Il peut alors s'associer sélectivement avec
des espèces anioniques et être ainsi un excellent agent de floculation et former des complexes
polyanion - polycation. Au-delà d'un pH de 6,5 environ, le chitosane complexant des métaux
lourds en particulier. La chaîne macromoléculaire ne comporte plus de groupements ionisés.
Le polymère possède alors de bonnes propriétés chélatantes dues, en particulier, au doublet
électronique libre de l'atome d’azote. Par chauffage, le chitosane se décompose sans fondre
à partir de 185 °C [50].
Le chitosane est parfaitement stable [51] en phase solide. Il est en équilibre avec la pression
atmosphérique normale et sa teneur en humidité se situe entre 10 et 14 %. C’est un matériau
non-poreux ayant des formes physiquement modifiées [21]. Grâce à sa structure chimique
particulière, le chitosane est apte à interagir avec d’autres substances chimiques (ions,
molécules et macromolécules).
Le chitosane peut être un substitut des milieux biologiques, du fait que les liaisons
glycosidiques et les résidus N-acétyle-glucosamine se retrouvent dans la structure des
matrices extracellulaires de la plupart des tissus vivants. Le chitosane est non toxiques et
biodégradables. Il est biocompatible et biorésorbable. Il possède un caractère
antithermogénique, hémostatique et anti tumorale [21]. Il ne présente, par contre, aucun
comportement antigénique. Le chitosane est également antifongique, antibactérien et un très
13
bon cicatrisant [52] précipite. Il perd ses charges positives, et le doublet électronique de
l'azote se libère. Ces doublets libres et la présence de nombreux atomes d'oxygène dans le
chitosane lui permettent de se comporter comme un excellent.
5. APPLICATION DU CHITOSANE
Le chitosane est un biopolymère d'une importance croissante pour l'industrie et qui a des
impacts significatifs sur la recherche et le développement dans des domaines aussi variés
que la chimie, la biologie, la santé ou encore la protection de l'environnement. Ses propriétés
exceptionnelles expliquent l'engouement pour cette macromolécule naturelle, extraite de
carapaces de crustacés, considérée il y a encore peu comme des déchets. Il s'est avéré que ce
coproduit d'origine marine, très bon marché, peut participer à l'élaboration de nombreux
produits commerciaux à haute valeur ajoutée. Pratiquement, tous les domaines
d’applications industrielles, de la pharmacie à l’agroalimentaire, en passant par
l’environnement, l’agriculture, le textile, la papeterie et les cosmétiques, sont concernés.
Parmi ces domaines, la diététique et le biomédical sont en plein essor [48].
Dans les industries alimentaires, l’utilisation du chitosane n'est pas encore généralisée, à
l'exception des pays asiatiques comme le Japon où de nombreux produits alimentaires
enrichis en chitosane (nouilles, pâte de soja) sont trouvés. Aux Etats-Unis, le chitosane est
utilisé comme ingrédient fonctionnel et comme film comestible pour protéger les aliments.
En Europe, la réglementation sur l'utilisation du chitosane dans le domaine alimentaire est
encore restrictive, il est utilisé comme un complément alimentaire. Les applications du
chitosane dans le domaine agroalimentaire sont [53] :
14
De nos jours, l’utilisation du chitosane comme un additif alimentaire la plus connue est «
Fat blocker » : le chitosane inhibe la métabolisation des graisses grâce aux interactions entre
ses fonctions amines et les groupements carboxyliques des lipides [54]. De plus, le chitosane
est utilisée comme un agent de conservation de fruits ou de légumes [55]. Le chitosane est
également utilisé comme agent antimicrobien pour éviter la détérioration des aliments et la
prolifération bactérienne, et pour éviter la mélanose des crustacés et des mollusques [56].
Dans l’industrie des boissons, grâce aux propriétés coagulantes du chitosane, il sert à clarifier
les jus de fruits ou à diminuer les composés phénoliques dans les vins [57]. Le chitosane est
également utilisé pour désacidifier des boissons comme les bières, les jus de fruits et les
vins [58].ou tout simplement pour purifier et clarifier des eaux et des liquides alimentaires
[59]. Le chitosane peut être utilisé pour la stabilisation d'émulsions dans la préparation de
sauces. Il augmente la viscosité, la stabilité à l'écrémage, tout en diminuant la taille des
gouttelettes formées lors de l'émulsion [60]. Le chitosane peut être utilisé comme gélifiant
dans des produits restructurés de viande et de poisson [61]. Enfin, ce biopolymère est une
alternative aux emballages d'origine pétrochimique (polymères plastiques) en raison
notamment de ses propriétés filmogènes [57]. Les emballages à base de chitosane sont
appelés « emballages verts ». Même si, ces emballages verts ont un certain nombre
d'avantages comme la « comestibilité », (non-toxique, non métabolisé, pas de goût et pas
d'odeur), ils ont quelques inconvénients tels que l’adsorption d’eau (gonflement) et des
propriétés plastiques insuffisantes. Pour ces raisons, plusieurs études se sont intéressées à la
modification du chitosane par voie chimique ou enzymatique [62, 63].
15
(chirurgie reconstructrice par exemple) [66]. Il faut noter que le chitosane utilisé dans ces
domaines est ultra pur et présente par conséquent un coût très élevé.
Des études récentes tendent à montrer que le chitosane exerce un effet bénéfique sur le
renforcement du système immunitaire, le contrôle du niveau de cholestérol et de sucre dans
le sang, et prévient le phénomène de vieillissement [2].Dans de nombreuses applications, le
chitosane est utilisé sous forme d'hydrogels chargés pour immobiliser des médicaments, des
enzymes ou encore des substances thérapeutiques comme les vaccins, les antigènes ou gènes
[67].
16
5.3. Domaine cosmétique
En effet, le chitosane peut être utilisé à la fois comme agent hydratant, mouillant, tensioactif,
épaississant, microencapsulant et/ou antimicrobien dans une même formulation cosmétique.
Le caractère cationique et l'aptitude à former un film sur les cheveux expliquent ainsi son
incorporation à de nombreuses préparations (shampoings, gel, fixant. Lotions er produits de
rinçage). De plus, l'adhérence au revêtement cutané du chitosane serait supérieure à l'acide
17
hyaluronique. Le chitosane i) se fixe sur les cheveux par un mécanisme électrostatique, ii)
forme un film élastique protecteur à la surface du cheveu, iii) donne à la chevelure de la
souplesse tout en augmentant ses propriétés mécaniques, iv) permet le maintien de l'humidité
des cheveux à une faible valeur et v) et assure le maintien de la coiffure à forte humidité [2].
Le chitosane peut également trouver des applications dans le domaine agricole. Les
matériaux encapsulés à base de chitosane se retrouvent également dans des produits
agricoles [2, 69].
18
Tableau 1.2: Applications du chitosane dans le domaine de l’environnement [70].
Ces applications sont basées sur le caractère polycationique du chitosane en milieu acide et
sur sa solubilité qui ouvre la porte à de nombreuses applications dans le domaine de la
coagulation-floculation, de la chélation, de l'adsorption ou de l'ultrafiltration. En effet, ses
groupements amines protonés en milieu acide sont capables de fixer tous les métaux de
transition et les radionucléides [71, 72].
Le chitosane peut être utilisé comme agent coagulant, chélatant ou adsorbant pour
complexer une large gamme de polluants comme les molécules aromatiques et phénoliques,
les colorants et organiques (effluents agroalimentaires, papetiers et textiles) [53]. Une autre
application récente consiste à immobiliser des microorganismes ou des boues dans des
matrices polymères à base de chitosane pour traiter les eaux usées, toujours sur le même
principe de l'encapsulation [73].
Le chitosane a trouvé des applications dans d'autres domaines. En chimie, il est utilisé en
tant que super-absorbants [74], phases stationnaires pour la chromatographie [75] et l'osmose
inverse [76] ou encore supports pour la catalyse [77] (Tableau 1.3).
19
Tableau 1.3 : autres domaines d’applications du chitosane [53]
Le chitosane est utilisé dans les nouvelles formulations de peintures non toxiques pour
protéger la coque des bateaux [2].Le pouvoir cationique du chitosane est utilisé dans
l'industrie papetière pour produire des papiers possédant une surface plus lisse et résistante
mieux à l'humidité [76], ce qui est très apprécié dans le domaine de la photographie.
20
1. DEFINITION DES PLANS D’EXPERIENCES
L’intérêt majeur des plans d’expérience réside dans le fait qu’ils permettent d’optimiser le
nombre d’expérimentations à réaliser lors de la phase d’essais, en déterminant au préalable
les réels facteurs ou combinaisons de facteurs influents sur la réponse du système à étudier
[78].
Ces plans d’expériences ont un vocabulaire et une terminologie qu’il est nécessaire de
définir :
3.1. Réponse
On qualifie de réponse la grandeur qui est observée pour chaque expérience réalisée. En
d’autres termes, c’est le résultat mesuré d'une étude. Sachant qu’à chaque point du domaine
d'étude correspond une réponse. L'ensemble de ces dernières, forme la surface de réponse.
La valeur d’une réponse ne peut être modifiée que de manière indirecte en faisant varier les
facteurs [79].
3.2. Facteur
Un facteur peut être toute variable obligatoirement contrôlable, pouvant influer sur la
réponse observée. La différence fondamentale entre la notion de variable et celle de facteur
tient donc dans le fait que tout facteur doit pouvoir être modifié sans difficulté. La valeur
donnée à un facteur pour réaliser une expérience est appelée niveau. Les facteurs peuvent
être : Quantitatifs, Qualitatifs, Contrôlables, Incontrôlables, Continus et discontinus [80].
Il présente l’espace dans lequel peuvent varier les facteurs. Les informations tirées des
résultats expérimentaux ne seront valables que dans ce domaine.
21
3.4. Variables centrées réduites
Soit A, la variable naturelle ou réelle dont le niveau bas correspond à la variable normée -1
et le niveau A+ à +1. La valeur centrale ou milieu du domaine est :
𝐴+ + 𝐴−
𝐴0 =
2
𝐴+ − 𝐴−
Pas= 2
Le passage des variables d’origines A aux variables codées notées X est donnée par :
𝐴− 𝐴0
X= 𝑃𝑎𝑠
Une matrice d’expérience est un objet mathématique qui représente l’ensemble des
expériences à réaliser. Elle est toujours écrite sous forme codée. Elle est constituée de N
lignes correspondants au nombre d’expériences et K colonnes correspondantes au nombre
de variables. Dans une matrice donnée un élément Xij correspond au niveau de la ième et de
la jème variable.
• Définition de l’objectif.
22
• Construction de la matrice d’expériences.
• Expérimentation.
Selon l’objectif tracé, le choix de la stratégie adaptée doit comporter quelques informations
qui sont censés répondre à l’objectif, on peut distinguer quatre types :
Il s’agit du cas où nous ne connaissons presque rien sur le domaine. La MRE offre des
techniques permettant de cadrer la démarche pour éviter de travailler de façon anarchique.
Les plans de criblage dont l’objectif est de repérer les facteurs les plus influents sur une
réponse donnée avec un minimum d’essais [80].
Contrairement à la stratégie classique qui consiste à faire varier un facteur à la fois tout en
gardant les autres constants et ou le nombre d’essais est élevé, la méthodologie de la
recherche expérimentale permet d’avoir les informations désirées avec un minimum
d’essais. Elle fait aussi apparaitre les interactions entre les facteurs qui sont complètement
ignorées dans la stratégie classique [80].
23
5. CRIBLAGE DE FACTEURS
Les matrices de Hadamard sont les matrices les plus utilisées pour le criblage des facteurs.
Dans ces matrices, les niveaux des facteurs ne prennent généralement que deux niveaux
distincts notés -1 et + 1 en variables codées. Elles permettent d’estimer le "poids" de chaque
facteur. La variance de l’estimation de chaque facteur est donnée par la relation :
Var(bj)=σ2/N.
Pour K facteurs à deux niveaux, le nombre d’expériences N qui est toujours un multiple de
4 doit satisfaire la condition : N ≥ K+1.
Contrairement au criblage, dans l’étude quantitative, on ne parlera plus du poids d’un facteur
mais de son effet car les facteurs ne sont pas indépendants.
Dans ces plans, les facteurs ne peuvent prendre que deux niveaux distincts notés -1 et +1 en
variable codées. Le nombre d’expériences à réaliser est N = 2K.
Toutes les colonnes commencent par -1, on alterne les -1et +1 toutes 2 j-1ème lignes pour la
jème colonnes. On ajoutera ensuite une colonne ou plusieurs colonnes pour reporter les
résultats expérimentaux (réponse notée Yi) [80].
Les plans 2k sont simples à concevoir et riches en informations : ils permettent de décrire
quantitativement tous les effets des facteurs et de toutes les interactions, le seul inconvénient
est dès que le nombre de facteurs augmente, leur mise en oeuvre devient lourde couteuse,
car le nombre des essais devient vite très important [80].
Le but des plans fractionnaires consiste à réduire le nombre d’expériences à réaliser par
rapport au nombre maximum donné par le plan complet.
On parlera de plan 2K-p(p entier) pour indiquer un plan fractionnaire issu du plan Complet
2K avec K facteurs à 2 niveaux. Par exemple le plan 26-2 est un plan fractionnaire permettant
24
l’étude de 4 facteurs en utilisant la matrice des effets du plan complet 24. 24expériences à
réaliser au lieu de 26 expériences du plan complet. Le nombre d’expériences est divisé par 4,
il correspond à la réalisation d’un quart de plan complet 26 [80] Donc, les plans factoriels
fractionnaires sont des plans qui permettent d’étudier tous les facteurs mais dont le nombre
d’essais est réduit par rapport aux plans factoriels complets.
Les plans d’expérience reposent sur plusieurs théories, on peut les classer en deux
catégories :
C’est une catégorie de plans qui fournit une information la plus complète possible sur des
systèmes présentant relativement peu de facteurs. Elle consiste à tester toutes les
combinaisons possibles, autrement dit, toutes les combinaisons de toutes les modalités des
différents facteurs sont examinées [81].
Selon Savary et al., (2009), l’une des techniques les plus simples a été proposée par Yates et
Hunter, pour le cas où chaque facteur n'a que deux niveaux. Elle consiste à numéroter les
facteurs et à faire varier successivement leurs niveaux de la façon suivante :
• Et, plus généralement, celui du k-ième facteur tous les 2 k-1 essais.
La méthode peut s'adapter au cas où les facteurs ont plus de deux niveaux. Dans le cadre
d'un modèle affine, ce plan permet d'identifier l'influence de tous les facteurs et de toutes les
25
interactions, jusqu'à l'ordre maximal. Parmi les plans complets, on trouve la méthode des
surfaces de réponses.
7.2.1.1. Définition
26
➢ Expérimentation séquentielle :
27
Notre travail expérimental a été réalisé au niveau du laboratoire d’analyses fonctionnelle des
procédés chimiques de la faculté des Technologie.
Les analyses de spectroscopie infrarouge de tous les échantillons de la matrice expérimentale
ont été réalisées au niveau du laboratoire méthode physique d’analyses du Département
Génie des procédés de l’université SAAD DAHLEB Blida.
Dans le cadre de ce travail, nous avons procédé à l’extraction de la chitine à partir des plumes
de calamar. Cette même chitine a servi à la préparation du chitosane ; l’objectif de ce travail
étant d’optimiser la préparation du chitosane à partir de la chitine. Pour ce faire, la
désacétylation de la chitine a été effectuée par un traitement alcalin (NaOH). L’optimisation
a pu être réalisée par le biais de la méthode des surfaces de réponses, qui est un plan
d’expériences utilisant une matrice offrant un ensemble de conditions opératoires
(température, temps et concentration en NaOH) à appliquer, afin d’étudier le phénomène de
désacétylation de la chitine et de pouvoir l’optimiser.
Dans ce travail nous avons procédé d’abord à l’extraction de la chitine à partir des plumes
de calamar et des sépions en suivant trois étapes principales : élimination des protéines,
élimination des sels minéraux. Par la suite nous sommes passés à la désacétylation de la
chitine par un traitement alcalin pour obtenir le chitosane.
1.1. Matériels
Les plumes de calamar obtenu à partir des poissonniers d’Alger (Figure 3.1), sont utilisées
pour la préparation du chitosane en poudre.
28
2. EXTRACTION DU CHITOSANE
2.1. Le prétraitement
On commence le prétraitement par le lavage. Les plume de calamar obtenues sont bouillies
dans de l’eau pendant une heure, broyées et séchée à 160 °C. Après lavage, Ils sont séchés à
l’air libre pendant 24heure. Une fois le séchage terminé, ils sont une deuxième fois dans une
étuve à une température de 80°C puis ensuite broyées (Figure 3.2).
2.2. La déminéralisation
Les plume de calamar, après prétraitées (lavage, séchage et broyage), ont été minutieusement
mélangées avec une solution d’acide chlorhydrique (HCl) à 0.55M ; le rapport solide-liquide
étant de 1/10 (g/ml). La réaction est effectuée à une température ambiante sous agitation
continue pendant 30 minutes. La poudre des plumes de calamar et les sépions, ainsi
déminéralisée, est rincée avec de l’eau distillée jusqu’à atteindre le pH 7,0. Cette poudre est
ensuite séchée à l’étuve [83].
2.3. La déprotéinisation
Après la déminéralisation la poudre obtenue des plumes de calamar séchées est placée dans
une solution d'hydroxyde de sodium (NaOH) durant 24h et à 80°C avec un ratio de solvant
à solide (w/v) de 1/10 g/ml.
29
Ceci est fait afin de retirer les protéines ainsi que d'autres matières organiques. Après cette
opération, La poudre de carapace, ainsi déprotéinée, est rincée avec de l’eau du distillée
jusqu’à atteindre le pH 7,0 [83]. Cette poudre est ensuite séchée à l’étuve (Figure 3.3).
2.4. La désacétylation
La désacétylation est une réaction qui doit être réalisée dans des conditions bien plus dures
que la déprotéinisation. Les acides comme les bases peuvent réduire la longueur de chaînes
du polymère, cependant ce sont les milieux basiques qui sont utilisés car moins susceptibles
d’hydrolyser la chitine. Il est intéressant de noter qu’à forte concentration en base, la réaction
de N-désacétylation a tendance à se faire préférentiellement par rapport à la réaction
d’hydrolyse des chaînes [84, 85].
3. OPTIMISATION DE LA DZSACETYLATION CHIMIQUE DE LA CHITINE
30
Tableau 3.1 : Matrice de surfaces de réponses utilisée pour la désacétylation de la
chitine.
Figure 3.4 : β-chitosane extrait à partir des plumes du calamar obtenue par la
méthode de surfaces de réponses.
31
4. CARACTERISATION DES PRODUITS OBTENUS
L’une des caractéristiques du chitosane par rapport à la chitine est sa solubilisation en milieu
acide dilué, l’acide le plus fréquemment utilisé est l’acide acétique [68]. En général, le
chitosane est parfaitement soluble à pH 3-4 mais également soluble dans des solutions
diluées (0,1-1%) d’acide nitrique et d’acide chlorhydrique. En effet, les groupements aminés
(NH2) du chitosane sont protonés à partir du pH 3-4 et le polymère chargé positivement
(𝑁𝐻3+ ) devient soluble. Grâce à cette propriété, il est possible de confirmer que les produits
préparés sont des chitosane [4]. Dans cette étude, 50 mg de chaque échantillon ont été
solubilisés dans 50 ml d’acide acétique à 1%.
32
Avec :
A1655 cm-1Absorbance à 1660 cm-1 de la bande d’amide primaire (Amide I).
A3450 cm-1Absorbance à 3450 cm-1 de la bande hydroxyle.
Le facteur 1.33 représente (A1655cm-1/A3450cm-1) pour une chitine entièrement
N-acétylée.
Le poids moléculaire des échantillons préparés est calculé à partir de sa viscosité intrinsèque
notée [η] en appliquant la relation suivante [36]:
𝑡
𝜂𝑟𝑒𝑙 = 𝑡 Eq.3.3
0
33
𝐼𝑛 𝜂𝑟𝑒𝑙
𝜂𝑖𝑛ℎ = Eq.4
𝐶𝑖
Pour optimiser l’obtention du chitosane avec un haut DDA, on a eu recours à la méthode des
surfaces de réponses.
Le plan d’expérience de type surfaces de réponse est un plan complet qui consiste à
déterminer les combinaisons optimales des facteurs d’entrée qui permettent d’optimiser la
variable de sortie en un nombre d’expériences minimal. Dans la présente étude, la variable
de sortie à optimiser est le DDA et le poids moléculaire.
34
Cette partie du chapitre est consacrée à la présentation des résultats expérimentaux obtenus
dans cette étude, ainsi qu’aux interprétations et discussion portant sur ces résultats.
Les échantillons obtenus ont été mis dans une solution d’acide acétique afin de tester leur
solubilité en milieu acide dilué. Cette propriété est primordiale pour l’application ultérieure.
Les résultats obtenus sont rassemblés dans le (tableau 4.1).
L’insolubilité peut être expliquée par la présence d’impuretés dans les échantillons produits.
35
1.2. Caractérisation par FTIR
La spectroscopie FTIR nous renseigne sur les différents groupements chimiques présents
dans la structure du polysaccharide.
Les spectres infrarouges obtenus à partir des échantillons de chitine désacétylée sont
présentés par la (figure 4.1) et l’annexe A. L’exploitation des différentes bandes obtenues a
démontré l’existence de bandes d’absorption représentant les groupements fonctionnels
caractéristiques du chitosane, il s’agit de :
La majorité des spectres du chitosane présente une similarité dans les plages d’absorption
avec une différence dans l’intensité d’absorption.
36
1.3. Détermination de DDA des chitosanes
Le calcul de DDA a été fait, par FTIR, pour tous les échantillons préparés. Les résultats du
DDA obtenus sont présentés dans le (Tableau 4.2).
Expérience DDA
1 89,7%
2 86,77%
3 87,12%
4 87,13%
5 92,43%
6 97,14%
7 82,79%
8 94,91%
9 91,38%
10 96,26%
11 96,81%
12 92,97%
13 88,42%
14 96,71%
15 85,65%
16 85,58%
17 85,89%
Le poids moléculaire des échantillons préparés est calculé à partir de sa viscosité intrinsèque
notée [η]. Les résultats du PM obtenus sont présentés dans le (Tableau 4.3).
37
Tableau 4.3 : Résultats obtenus après calcul des PM.
Expérience PM (KDa)
1 57000
2 85000
3 80000
4 70000
5 44300
6 23000
7 98700
8 38700
9 46400
10 31200
11 27000
12 40000
13 59340
14 29600
15 92000
16 96390
17 89000
Les résultats obtenus (Tableau 4.2) montrent clairement l’existence d’une variation des
DDA en fonction des expériences réalisées suggérant une influence des conditions de
désacétylation (facteurs) sur la variation des DDA. Les valeurs de DDA obtenues sont
supérieures à 80%. Ces valeurs sont similaires à celle trouvée par Singh, Benjakul [88]. Nous
sommes donc certains que les produits sont du chitosane.
38
Le tracé obtenu par la méthode de surfaces de réponses est un graphique qui représente
l’interaction entre les variables. Chaque tracé représente la variation de la réponse en
fonction de la combinaison, des facteurs, pris deux à deux, tandis que l’autre variable sera
maintenue au niveau zéro. Il permet, ainsi, de localiser le niveau optimal de chaque variable
[89].
39
après un temps d’incubation de 2 heure, la concentration ne semble pas avoir un effet sur le
DDA.
40
Figure 4.4: Courbe de l’évolution du DDA en fonction du temps et de la
température d’incubation.
La figure 4.5 montre clairement que le poids moléculaire diminue au fur et à mesure que le
DDA augmente. Ces résultats sont en accord avec des travaux antérieurs réalisés concluant
que le poids moléculaire du chitosane peut diminuer au cours du processus de
désacétylation.[3, 90, 91]. Mima, Miya [4] ont rapporté que le PM du chitosane était de 790
et 500 kDa après désacétylation à 60 et 110°C, ce qui est en accord avec nos résultats.
120000
100000
80000
PM (KDa)
60000
40000
20000
0
82 84 86 88 90 92 94 96 98
DDA (%)
41
Les contours des figures (4.2 ; 4.3 et 4.4) présentent l'effet de différents paramètres et de
leurs interactions. Les interactions entre la concentration de NaOH et la température montrée
dans la (figure 4.3) révèlent une très significative influence de la température sur l'efficacité
de la désacétylation de chitine. À la plus haute concentration de NaOH 80% ; le pourcentage
de désacétylation augmente à partir de la température d’environ 105°C.Toutefois,
l'augmentation de la concentration de NaOH > 60 % indique une augmentation de DDA%.
D'autre part, la (figure 4.2) montre l’interaction entre la concentration en NaOH et le temps,
les effets sont moins importants sur la réaction de désacétylation après un temps >4h avec
des concentrations supérieures à 50%. L’interaction entre le temps et la température
montrent que des valeurs moindres de cette dernière le temps à peu d'effet sur DDA%.
Les hauts degrés de désacétylation (DDA%>80%) se trouvent à la concentration de NaOH
supérieur à (>60%), au la plus haute température (>100°C) et temps réduit (<3 h).
Ces résultats sont d’ailleurs en concordance avec des travaux similaire qui indiquent que le
PM et le DDA du chitosane sont principalement affectés par la concentration de NaOH le
temps de réaction, la température et la répétition des étapes alcalines. [3, 90-92].
42
CONCLUSION
L’objectif de notre travail est d’optimiser la préparation d’un biopolymère aux innombrables
propriétés, nommé chitosane. Pour y aboutir, nous avons eu recours à la méthode de surfaces
de réponses, qui permet en un nombre limité d’expériences d’avoir un maximum
d’information sur les effets et les interactions des paramètres étudiés. Dans la présente étude,
le chitosane était préparé à partir de la chitine extraite des plumes de calamar. Pour ce faire,
la chitine a été désacétylée suivant les conditions données par la matrice du plan
d’expériences pour surfaces de réponses.
L’optimisation a porté sur trois conditions opératoires que sont la concentration initiale de
NaOH, le temps et la température de réaction. Les résultats de l’optimisation ont permis
d’obtenir un chitosane de DDA appréciable (97,14%), et ce, dans les conditions optimales
suivantes : NaOH à 80% à 120°C pendant 2h. L’avantage d’utiliser des conditions douces
est de permettre de réaliser une désacétylation tout en minimisant la baisse du poids
moléculaire du polymère, due à la dépolymérisation qui a lieu en conditions de
désacétylation drastiques.
En guise de perspectives, ce travail gagnerait à être approfondi par :
- la caractérisation du produit obtenu ;
- l’étude des propriétés du produit ainsi obtenu ;
- l’essai de ce processus à l’échelle pilote ou semi-industrielle pour en déterminer la
possibilité d’utilisation à l’échelle industrielle.
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Annexe