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LA METHODOLOGIE DE LA DISSERTATION JURIDIQUE
Introduction
Les épreuves de droit obéissent à des principes communs. Ce
qui veut dire qu’il existe des directives d’ordre général valable pour
tous les types d’exercice.
Traditionnellement, on propose aux étudiants du cycle de
licence, des exercices assez simples tels que la dissertation
juridique et les commentaires d’arrêt (ou texte).
La dissertation juridique
Titre 1 : la méthode
L’objectif de la dissertation est l’exposé, l’explication et la
discussion. Le devoir doit être organisé suivant un plan rigoureux
qui comprend traditionnellement une introduction, un corps du
devoir et éventuellement une conclusion.
Pour présenter une bonne dissertation juridique, il faut
l’envisager sous deux aspects. Lesquels sont étroitement liés : le
fond et la forme.
I- LE FOND D’UNE DISSERTATION JURIDIQUE
La dissertation juridique au même titre que les autres types
d’exercice suppose au préalable 3 choses.
La compréhension du sujet qui est la conséquence des deux
autres opérations à savoir la définition des mots clés et le
recensement des idées.
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La compréhension du sujet :
Elle n’est pas possible que si le candidat a lu le sujet
plusieurs fois s’il n’est pas trop long. Cela lui permet non
seulement d’éviter les contres sens inévitables mais surtout vise
à l’empêcher à ramener le sujet à une ou plusieurs questions de
cours qu’il préfèrera réciter en les juxtaposant , croyant par là,
mais à tort avoir assimilé les questions posées. Pour y arriver, il
faut procéder aux deux autres étapes.
Définition des mots clés
Le candidat doit toujours rechercher les mots clés, lesquels
dissimulent souvent des pièges. En effet, tout sujet d’examen recèle
toujours une apparence trompeuse de facilite. Il importe ainsi, à
travers la formulation dudit sujet de chercher à la pénétrer c'est-à-
dire à circonscrire le problème fondamental qui fait l’objet du sujet
en question. Il est donc question pour le candidat de dégager les
différentes significations des mots-clés et d’en faire un examen
approfondi. Ceci permet d’éviter une interprétation
malencontreuse du sujet.
Le recensement des idées
Le candidat doit recenser les différents matériaux épars en les
rassemblant ; c'est-à-dire dans un premier temps prendre en
compte tout ce qui vient de l’esprit, par la suite l’étudiant doit
opérer au tri entre les différents éléments en les classifiant de
manière à ne retenir que ce qui se rapporte au sujet, c’est le lieu
ici pour le candidat de prendre en compte, le cas échéant, les
aspects du cours qui se rapprochent aux éléments du sujet
classifiés. Ce travail appelle deux remarques.
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Première remarque : le droit est une science sociale, c'est-à-
dire qu’il s’intègre, qu’il fait corps avec l’environnement social. En
d’autres termes, on veut dire par là qu’une analyse juridique
comme le défendait Hans Kelsen dans sa théorie pure du droit mais
qu’elle se place toujours dans un contexte précis qu’il faut
appréhender. D’où la nécessité des connaissances générales.
Deuxième remarque : la plupart des sujets qui sont proposés
à l’attention des étudiants réalisent toujours la juxtaposition ou la
combinaison de deux points de vue :
Le point de vue du droit
Le point de vue de la réalité humaine.
Réalité subjective, contingente, laquelle est rarement
conforme à l’ordre juridique qui prône le respect des normes
générales et abstraites. C’est la raison pour laquelle les différents
sciences sociales telles la sociologie, l’histoire, la géographie etc. à
fortiori le droit constitutionnel se révèlent être un complément
indispensable pour l’étude et la façon d’aborder les sujets de droit
administratif ou du droit de la décentralisation.
Le respect de ces conseils conduit presque inéluctablement à
un bon devoir, surtout lorsque l’exposé répond à certaines règles
de forme.
II- LA FORME D’UNE DISSERTATION JURIDIQUE
Il faut présenter un exposé clair suivant un plan strict.
La façon d’organiser les idées, de les présenter à presque
autant d’importance que les connaissances exposées. Il faut éviter
les anticipations et les retours en arrière. Se garder de toute
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contradiction entre les deux parties. Tout devoir comporte trois
parties. L’introduction, le corps du devoir et la conclusion.
A. LE CORPS DU DEVOIR
C’est la partie qui répond à la question posée. Il comprend
deux parties ou alors trois si cela est strictement nécessaire.
Le schéma est généralement le suivant :
(Après avoir annoncé le plan)
1ère partie (titre souligné)
Chapeau (brève introduction qui annonce les deux sous-
parties A et B).
A- Titre (souligné)
1)
2)
Grande transition qui annonce la 2ème partie
2ème partie (Titre souligné), (et le cycle recommence)
On ne rédige qu’après avoir trouvé le plan.
• La recherche du plan
En principe, le plan doit être spécifique à chaque sujet ; il doit
correspondre aux principales articulations du sujet. En matière de
dissertation, il existe trois sortes de plans. Les plans analytiques,
les plans chronologiques et les plans synthétiques auxquels on
peut ajouter la catégorie spécifique des comparaisons.
III- LES PLANS ANALYTIQUES
Il s’agit de la reconstruction du sujet avec les éléments
répertoriés. Ce type de plan est communément employé et se
ramène généralement à l’étude du statut de l’autorité et à sa
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fonction, à l’organisation d’une institution et à son fonctionnement,
à la nature juridique d’une notion et à son régime juridique.
Exemple 1 : la commune au Cameroun
I. Organisation
A. Les organes délibérants : le conseil municipal
B. L’organe exécutif
IV. Le fonctionnement
A. La tutelle sur les actes
B. La tutelle sur les personnes
Exemple 2 : la jurisprudence en DA
1. Nature juridique
2. Régime juridique
Exemple 3 : le juge rapporteur au Cameroun
1. Statut
2. Fonction
NB : ces plans très simples ne sont pas généralement les plus
appréciés.
IV- LES PLANS CHRONOLOGIQUES
Ici, le critère est le temps. Il s’agit de situer le sujet dans son
évolution autour de 2 ou 3 dates clés.
Exemple : la juridiction administrative au Cameroun
I- AVANT 1972
A. 1922-1957 : le conseil du contentieux administratif
B. 1957-1961 : le tribunal d’Etat
C. 1961-1972 : la cour fédérale de justice
II- APRES 1972 : LA JURIDICTION ADMINISTRATIVE
ACTUELLE
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A. Organisation
B. Fonctionnement
IV- LES PLANS SYNTHETIQUES
Il s’agit de défense d’une idée forte à travers une
argumentation juridique. Ce sont les différents moyens de cette
argumentation qui constitueront les diverses parties du devoir. Ces
plans ont la particularité de faire appel à beaucoup de
démonstration. On affirme et on montre la véracité de la chose
juridique.
Exemple : la théorie de base constitutionnelle du Droit
Administratif au Cameroun
I. La constitution organise le fonctionnement de
l’administration
A. Dans ses rapports internes
B. Dans ses rapports avec les autres pouvoirs
II. L’administration est contrôlée par référence à la
constitution
A- Les bases de ce contrôle
B- Les limites de ce contrôle
IV- LE CAS DES PLANS DE COMPARAISON
Il arrive que certains posent deux notions ou deux réalités par
une conjonction de coordination.
Exemple : la loi et le règlement
Décentralisation et déconcentration
Le Préfet et le Maire
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La pus mauvaise démarche consiste à étudier les deux
notions ou réalités de manière successive en les juxtaposant.
Exemple :
I. La loi
II.Le règlement
Il convient de les étudier simultanément en établissant à chaque
occasion leurs rapports.
Si les deux notions présentent à la fois des ressemblances et
des divergences, on doit parler de leurs ressemblances dans la
première partie et de leur divergences dans la deuxième partie (ou
inversement). Si les deux notions ne présentent pas de
ressemblance, on étudiera dans une première partie un premier
aspect de leurs différence et dans une deuxième, un deuxième
aspect de leur différence ou de leur points de connexion.
Ce n’est qu’après avoir pris connaissance de tous les éléments
du plan qu’on peut faire l’introduction.
B. L’INTRODUCTION
L’introduction doit expliciter le devoir de façon à le rendre
compréhensible même pour le non initié. Elle comporte au moins
quatre éléments. Il faut :
Amener le sujet
Expliquer le sujet tel qu’on le perçoit
Poser le problème c'est-à-dire marquer l’intérêt du sujet en
attirant le lecteur.
Annoncer le plan (une annonce justifiée du plan).
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Remarques : il faut éviter de répondre soit par l’affirmative,
soit par la négative à la question posée à l’introduction puisque dès
lors, le reste du devoir manque d’intérêt.
Mais, comment amener le sujet ?
Il s’agit de la mise en place du sujet, qui peut se faire sous
trois formes :
La méthode de l’entonnoir
La méthode anecdotique
La méthode de la citation
La méthode de l’entonnoirconsiste à partir d’une grande idée
qui est suivie d’une idée moyenne puis cerner le problème.
La méthode anecdotique consiste à commencer l’introduction
par une citation.
NB : Pour bien s’exercer en introduction, observer les 4
éléments qui sont bien apparents au sujet n°2.
Le sujet est amené du début à « … à savoir l’Ecole de
Bordeaux ».
Explication : de la «… notion de service public » à
« …organisme public »
Intérêt du sujet de « Or, on observe … rôle originel »
Plan : c’est le reste des phrases de l’introduction.
C. LA CONCLUSION
A partir de la 2ème année de licence, elle commence à se révéler
comme une réalité nécessaire. Elle doit toujours ouvrir sur des
développements nouveaux. Cela signifie qu’il ne faut jamais fermer
le devoir, dans la mesure où le droit appréhendé comme une
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science sociale, est censé régir le comportement des hommes en
société, laquelle est sujette à des profondes mutations.
LE COMMENTAIRE D’ARRET
La méthode
Le commentaire d’arrêt, plus généralement le commentaire
d’une décision de justice est un genre difficile, dont il n’est pas
certain qu’il obéit à des règles de caractère général.
1- C’est peut être au départ que le partage n’est pas
impartialement fait entre deux exercices pourtant bien
différents
On peut concevoir le commentaire d’un arrêt – il vaudrait
mieux dire alors le compte rendu – comme une présentation
synthétique et raisonnée de toutes les informations que sa lecture
et son analyse permettent de dégager. Peu importe à cet égard
l’intérêt intrinsèque que présente chacune de ces informations, son
caractère de nouveauté ou sa portée de principe. L’important est la
fidélité à la décision commentée et l’exhaustivité du compte rendu.
L’appréciation de la solution adoptée et des arguments qui y
conduisent passe au second plan, voire peut être parfois superflue.
Bien éloigné est l’exercice justement connu sous le nom de
« note d’arrêt » qu’on illustre des grands auteurs de droit
administratif. Il consiste à partir de la matière de l’arrêt, plus
précisément d’un élément de la motivation de celui-ci à engager
une réflexion synthétique, le cas échéant critique, sur une (ou
parfois plusieurs) questions controversées, débattue en doctrine ou
susceptible de l’être, sur lesquelles l’arrêt prend parti à sa façon et
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dans les limites du débat judiciaire. C’est à cette seconde catégorie
qu’appartiennent les notes de jurisprudence publiées par les
revues juridiques ou encore avec des caractéristiques propres. Les
conclusions du commissaire du gouvernement dansles décisions
les plus importantes.
On comprend que le premier exercice (le compte rendu) met
l’accent sur le travail juridictionnel du juge ; alors que le second (la
note d’arrêt) contribue à la connaissance de la jurisprudence et son
évolution.
Il reste que, même en faisant la part de cette distinction, il
n’est pas certain que le genre « commentaire d’arrêt » existe
véritablement. En tout cas, on constate que la méthode varie d’un
commentateur à l’autre et même, pour un commentateur, d’une
décision à l’autre.
2- En tant qu’exercice proposé aux étudiants, le
commentaire d’arrêt est surtout pratiqué par les professeurs de
droit privé et plutôt, semble-t-il, sous la forme du « compte
rendu » : l’étudiant y est invité notamment à exposer tous les
aspects dela décision. Mais à s’en tenir à ceux-ci (voir par exemple
les très riches explications de G. Goubeaux en Ph Bihr sur le
commentaire d’arrêt, in Les épreuves écrites de droit civile,
L.G.D.J., 1982, p 149 et s), et à se garder des deux écueils opposés
que sont la paraphrase d’une part, l’exposé théorique de la
question qui oublie les circonstances de l’arrêt d’autre part.
Ces conseils sont certainement valables pour une
composition de droit administratif. Il faut cependant faire la part
du caractère éminemment jurisprudentiel de notre droit
administratif : cela conduit à privilégier, dans la plupart des cas
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(davantage peut-être qu’en droit privé), l’examen de l’apport de la
décision, au-delà du litige qu’elle tranche, à la création ou à
l’évolution d’une rubrique particulière du droit administratif.
3- Le commentaire d’arrêt, comme tout exercice juridique,
exige une lecture très attentive et complète. On se rapportera à cet
égard aux indications données plus haut sur la structure de la
décision de justice et la façon de prendre connaissance de celle-ci.
Dans l’exposition du commentaire, on distinguera toujours
nettement entre la signification de la décision et la portée (ou les
conséquences) de celle-ci. S’il y a matière à appréciation critique,
elle sera menée à partir de considérations juridiques (qui peuvent
inclure d’ailleurs une perspective d’évolution du droit positif). Le
plan du commentaire est dicté par la matière de la décision
commentée. Ici comme ailleurs, l’objectif est la précision et la clarté
dans l’exposition commentée. Lorsque cette décision abordé
successivement plusieurs questions, il n’y a en principe que des
avantages à reprendre ces divisions dans le commentaire.
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