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DE L’AIDE AU DÉVELOPPEMENT A L’ENDETTEMENT DU TIERS-MONDE
I. L’aide au développement
L’aide au développement est fournie par les pays riches aux pays pauvres.
Quelles en sont les raisons profondes ? Sous quelles formes se présente-t-elle ? Quels
sont ses effets ? Est-elle toujours nécessaire ?
A. Les raisons de l’aide
On voudrait répondre ici à la question de savoir pourquoi les pays en voie de
développement (PVD) font-ils appel à la coopération internationale et d’autre part à
celle relative aux motivations des pays développés (PD) à aider les pays pauvres.
1. Du côté des PVD, on peut rechercher ces raisons sur le plan social,
agricole, économique, culturel, infrastructurel.
- Au plan social : L’aide permet d’enrayer les grandes endémies tels que le SIDA, de
combattre la famine (aide alimentaire).
- Au plan agricole : elle contribue à la mise en valeur de l’agriculture.
- Au plan infrastructurel : L’aide financière permet de développer l’infrastructure des
transports (routes, voies ferrées…), de l’éducation (école, lycée et collège…), de la
santé (hôpitaux…), de l’industrie (implantation des usines…)
- Au plan culturel : Formation des cadres qui vont faire fructifier les investissements.
2. Du côté des PD : Les raisons sont diverses. Elles sont à la fois humanitaire
ou morale, économique, politique ou stratégique.
- Sur le plan économique : l’aide accordée permet d’obtenir des débouchées aux
exportations, de contrôler l’approvisionnement en matières premières ou de liquider
les stocks.
- Sur le plan politique : l’aide fournie au donataire entraîne sa soumission au
donateur.
- Sur le plan stratégique : Le donateur obtient du donataire l’utilisation de son
territoire comme rame de lancement de ses missions de contrôle d’une partie du
globe. Par exemple, les Etats-Unis, en contre partie de leur aide ont pu installer des
bases militaires ai Maroc. L’ex-URSS, pour les mêmes raisons s’était établie à cuba.
- Sur le plan le plan humanitaire : l’aide permet soit de lutter contre une catastrophe
naturelle, une maladie redoutable ou la famine.
- Sur le plan diplomatique et géopolitique, à travers l’aide, le pays donateur tente
d’affaiblir idéologiquement son rival (ennemi) afin d’étendre son influence.
B. Les formes de l’Aide
Les aides fournies aux PVD empruntent des formes variées. On distingue : l’aide
publique, l’aide privée, l’aide bilatérale, l’aide multilatérale, l’aide liée, l’aide non liée,
l’aide en espèce, l’aide en matériel.
1. L’aide publique
C’est l’aide fournie aux PVD par le secteur public (Etats, entreprises
publiques…) autrement appelée aide publique au développement (APD). Elle est gérée
par le Comité d’Aide au Développement (CAD) des Etats membres de l’organisation de
Coopération et de Développement Economique (OCDE). C’est donc l’aide apportée par
les Etats industrialisés. Elle comprend:
a. Les dons
Le don ici signifie une aide fournie en échange de rien, c’est à dire sans
contrepartie. Il en existe plusieurs à savoir :
- Les dons en argent et en équipements ;
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- La coopération technique qui consiste en l’envoi d’experts ou de professeurs pour
renforcer les personnels des PVD, financer la formation des ressortissants du
tiers-monde;
- L’aide alimentaire ;
- L’allègement ou l’annulation (partielle ou totale) de la dette d’un ou plusieurs
pays en voie de développement.
b. Les prêts
Par prêts, il faut entendre les sommes d’argent que les pays mettent à la
disposition des pays pauvres, remboursables à court ou à long terme avec intérêt plus
ou moins avantageux par rapport au marché financier.
c. La contribution fournie par les gouvernements aux organismes
internationaux
d. L’achat des produits (matières premières) des PVD par les PD.
2. L’aide privée
L’aide privée est celle fournie par les multinationales, les banques, les
organismes privés bénévoles comme la Croix Rouge, le Comité catholique contre la
faim… Elle inclut les capitaux investis par les sociétés multinationales, les prêts de
banques des pays étrangers, des crédits divers, les dons d’organismes privés
bénévoles.
Ces différents apports privés sont qualifiés sans ambages dans les pays
industrialisés de placements capitalistes. Car il s’agit d’un souci de rentabilité ou de
promotion de leurs entreprises que d’un réel souci de développement des pays
pauvres. En somme, il ne s’agit pas de véritables aides car ils ne sont que de nom.
3. L’aide bilatérale
L’aide bilatérale est l’aide fournie aux pays en développement directement
d’État à État. Plus précisément, c’est l’aide qu’un pays apporte à un pays précis de
manière plus ou moins intéressée. Cela voudrait tout simplement dire que l’État qui
accorde l’aide vise un gain, un intérêt. C’est dans ce sens que 50% de l’aide américaine
vont à l’Israël et à l’Égypte car ce sont ses alliés au Proche- Orient.
4. L’aide multilatérale
L’aide multilatérale est l’aide fournie aux pays en voie de développement par les
institutions internationales (par exemple le Fond européen de développement- FED,
FAO, l’OMS, l’UNESCO, l’UNICEF, FMI, BIRD…)
Par rapport à l’aide bilatérale, elle comporte plusieurs avantages : d’abord, elle
est sans contrepartie pour l’État qui la reçoit ; ensuite, elle est plus juste et plus
désintéressée, par conséquent, elle préserve l’indépendance de l’État bénéficiaire. Par
ailleurs, elle présente le principal des avantages d’être trop faible car elle ne
représente que 10% e l’aide globale au développement.
5. L’aide liée
L’aide liée est celle qui est accordée à condition que les dépenses en argent, en
personnel ou en équipement soient effectuées au profit de l’État donateur.
6. L’aide non liée
L’aide n’est pas liée lorsque le pays bénéficiaire peut effectuer ses achats où il
veut.
7. L’aide en espèces ou en nature
C’est celle qui consiste en l’envoi d’aliments (aide alimentaire), de médicaments (aide
médicale), d’enseignants, de techniciens…
C. Les effets de l’aide
L’aide est généralement contestée pour ses insuffisances et ses effets pervers. Mais
elle n’a pas que de côté négatif.
1. Les effets positifs de l’aide
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L’aide profite aussi bien aux créanciers (Pays riches) qu’aux débiteurs (Pays sous-
développés).
a) Aux premiers, elle permet d’obtenir des débouchés aux exportations, de
contrôler l’approvisionnement en matières premières ou de liquider les stocks. Sur le
plan politique et stratégique, elle leur permet d’étendre leur hégémonie (domination ou
influence) sur certaines parties du monde grâce aux bases militaires qu’ils peuvent
installer. Ainsi par exemple, les USA, en contrepartie de leur aide, ont pu installer des
bases militaires au Maroc, l’ex URSS, à Cuba ; la France en RCA.
b) Aux seconds, elle leur permet en principe de développer leurs infrastructures
routières, ferroviaires, sanitaires scolaires, industriels ou de mettre en valeur
l’agriculture…
2. Les effets pervers de l’aide
a) L’aide financière : non seulement elle est insuffisante, mais l’argent placé
auprès des pays pauvres est souvent mal orienté. Par exemple, les pays les plus
soutenus (au titre de l’aide bilatérale) ne sont pas toujours ceux qui en ont le plus
besoin : 57% des investissements choisissent l’Amérique latine contre 12% seulement
pour l’Afrique. Par ailleurs, beaucoup de capitaux appuient de grands projets industriels
ou agricoles inadaptés au contexte local, quand ils ne sont pas détournés par les
dirigeants ou convertis en dépenses de prestige.
b) L’aide alimentaire : la critique la plus vive est formulée à l’encontre de
l’aide alimentaire. Mais ce ne sont pas les secours humanitaires accordés d’urgence
pour combattre les famines qui sont concernés, plutôt les surplus agricoles que les
pays du Nord ont pris l’habitude d’expédier vers les pays du Sud gratuitement ou à bas
prix. Ces produits, déversés sur les marchés locaux, découragent et ruinent
l’agriculture vivrière qu’ils concurrencent. Ils bouleversent les habitudes alimentaires
(le blé supplante le riz et le manioc) ou, au pire, aggravent la mortalité infantile
(lorsque le lait en poudre dilué à eau infestée remplace le lait maternel).
Alors, face à ces limites, l’aide est-elle toujours nécessaire ?
Malgré ses cotés négatifs, l’aide internationale reste indispensable pour les pays en
voie de développement. Mais pour être efficace, elle doit renouveler son esprit et ses
méthodes. Il est ainsi souhaitable qu’au lieu de traiter avec les gouvernements
corrompus, incapables et irresponsables, les bailleurs de fonds internationaux feraient
mieux d’aller directement vers la base, c’est-à-dire vers les populations elles-mêmes
par l’intermédiaire d’organismes privés ou semi-publics que sont les ONG (Organisation
Non-Gouvernementale) afin de permettre à celles-ci de se prendre elles-mêmes en
charge. C’est en réalité d’un nouveau partenariat qu’il s’agit. Ils doivent, comme c’est
d’ailleurs le cas, conditionner l’aide publique au respect des droits de l’homme et à
l’instauration du multipartisme. Le montant des crédits alloués aux pays en voie de
développement devrait également connaître une augmentation substantielle.
D. Les moyens d’aide de l’UE
Depuis 1975, la Communauté Économique Européenne (CEE) devenue Union
Européenne (UE) fournit une aide aux pays dits ACP (d’Afrique, des Caraïbes et du
Pacifique) à travers quatre conventions successives conclues chacune pour 5ans. Cette
aide se fait sous quatre formes :
- Une aide commerciale à travers le système généralisé de préférence ;
- Une aide financière répartie par le Fonds Européen de Développement ;
- Un système de stabilisation des recettes d’exportation des produits
agricoles, dit STABEX ;
- Un système de stabilisation des recettes d’exportation et de
développement du potentiel minier dit SYSMIN.
II. L’ENDETTEMENT DES PAYS DU TIERS-MONDE
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Malgré les efforts qu’ils déploient pour combattre le sous-développement, les
pays du tiers-monde en général et ceux de l’Afrique en particulier, restent toujours au
creux de la vague : la pauvreté s’accentuant au lieu de diminuer. A l’origine de cette
piteuse situation se trouve la dette (c’est-à-dire les sommes d’argent que ces pays
doivent à l’étranger-dette extérieure-ou aux créanciers nationaux-dette intérieure).
Le tiers-monde en effet, ploie sous un endettement colossal : 204 milliards de
dollars en 2002 (dette extérieure). Le continent noir est donc malade de sa dette.
Quelles sont les raisons de cet endettement ? Quels sont les effets d’une telle
calamité ? Qu’en est-il des remèdes appliqués à un tel mal ? Faut-il continuer à
s’endetter ? Toutes ces questions méritent quelques tentatives de solutions.
A. Les raisons de l’endettement du tiers-monde
Plusieurs causes sont à l’origine de l’endettement du Sud. Il s’agit entre autres :
des chocs pétroliers, de la crise des matières premières, de la flambée des taux
d’intérêt, de l’envolée du dollar, de l’absence d’épargne, de la chute des exportations,
des détournements de fonds publics, des investissements somptuaires.
1. Les chocs pétroliers
Le Tiers-monde s’endette depuis 1960, c’est-à-dire l’époque où la plupart des
colonies ont accédé à l’indépendance. Mais c’est seulement depuis les années 70
qu’est apparu le problème crucial de sa dette extérieure. Autrement dit, c’est à partir
des années 70 que la dette du Tiers-monde a commencé à s’accumuler. Ces années-là
en effet, grâce à l’augmentation des prix du pétrole, les pays membres de
l’Organisation des Pays Producteurs de pétrole (OPEP) gagnèrent beaucoup d’argent.
Ne pouvant tout investir, ils placèrent une grande partie dans les banques occidentales.
Celles-ci recyclèrent ces pétro-dollars en prêts aux pays du Sud désireux de
s’industrialiser.
2. La flambée des taux d’intérêt
L’argent prêté aux pays du tiers-monde est remboursé avec intérêts. Et ce sont
ces intérêts qui constituent le bénéfice des banquiers. De 1800 à 1968, ils n’avaient
jamais dépassé 3 à 7%. Mais voilà qu’au début des années 80, les créanciers
occidentaux, c’est-à-dire les banquiers, à cause de la mauvaise santé des économies
européenne et américaine décidèrent unilatéralement de les augmenter. Ainsi
passèrent-ils entre 1980 et 1985 de 7 à 20% aggravant par le fait même l’endettement
des pays du Sud. C’est ainsi que les milliards à rembourser continuèrent à s’accentuer.
3. La crise des matières premières
En même temps que les pays occidentaux décidèrent de prêter de l’argent aux
pays du Sud, ils réduisirent les prix de produits de rente (café, cacao, coton,
arachide…) sur le marché international. Ce qui compliqua davantage les problèmes de
trésorerie de ces derniers. Situation qui les oblige à tendre encore plus la main aux
bailleurs de fonds occidentaux.
4. La chute des exportations
La chute des prix des produits sur le marché international découragea les
travailleurs du Tiers-monde. Ce qui eut pour conséquences la baisse des exportations.
5. L’absence d’épargne
Un pays qui ne tire pas des bénéfices de ses exportations n’a rien à épargner.
6. Le détournement des deniers publics
Le doigt accusateur ici est porté sur les dirigeants du Tiers-monde. Ce sont eux
qui ont pour la plupart asphyxié leurs États. Fonctionnaires incapables, corrompus et
irresponsables, ils se sont appropriés une bonne part des revenus de la vente des
produits d’exportations, ainsi que des sommes empruntées qu’ils ont par la suite
replacées dans le banques occidentales. C’est ce qu’on a appelé la fuite des capitaux.
7. Des investissements somptuaires
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Une bonne partie des dollars empruntés a servi à la réalisation d’œuvres
gigantesques qui, bien qu’attirant l’attention, n’ont aucun effet sur la croissance du
pays.
8. L’envolée du dollar
Le dollar américain à cette époque était devenu l’étalon mondial. Mais les
Américains furent incapables de contrôler leur monnaie.
B. Les effets de la dette
La dette entraîne de nombreuses conséquences à la fois sociales, financières
économiques et politiques.
1. Les conséquences sociales de la dette
La dette met en jeu la vie des populations:
- La mortalité infantile a de nouveau augmenté ;
- Certaines maladies dangereuses qu’on croyait éradiquées ont refait
surface (Ebola)
- L’enseignement et les soins de santé ont reculé de manière effrayante ;
- Le chômage des jeunes s’est accentué ;
- L’ombre de l’insécurité plane sur les villes comme sur les campagnes ;
- L’environnement est exploité à outrance ; on détruit les forêts pour le
bois de chauffage, les ressources minières sont exploités en dépit du
bon sens ;
- De milliers de travailleurs émigrent chaque année à l’étranger pour
chercher fortune…
2. Les conséquences financières de la dette
Le service annuel de la dette (remboursement du capital et paiement des
intérêts) absorbe couramment 30 à 40% des recettes d’exportation. Le tiers-monde
débourse ainsi plus d’argent qu’il n’en reçoit. Les effets de l’aide se trouvent ainsi
anéantis.
3. Les conséquences économiques
Du fait du paiement des échéances, les pays africains compriment au maximum
leurs importations, diminuent les investissements et réduisent la demande intérieure
(baisse du niveau de vie).
4. Les conséquences politiques
À cause de la dette, les gouvernements des pays du Tiers-monde avalent
n’importe quelle pilule venue du Nord. Autrement dit, ils se soumettent à toutes les
décisions prises par le Nord.
III. LES SOLUTIONS A LA CRISE DE L’ENDETTEMENT
La crise de l’endettement trouve son origine en 1971 lorsque l’économie
financière prit le pas sur l’économie réelle d’une part, et lorsque les USA furent
incapables de gérer leur dollar devenu étalon mondial d’autre part. Mais c’est en août
1982 qu’elle éclate effectivement quand le Mexique (Suivi peu après du Brésil et de
l’Argentine) annonça brusquement qu’il suspendait ses paiements.
Face à l’urgence de la situation, plusieurs solutions furent imaginées. Mais ni les
mesures prises à l’époque, ni celles qui ont suivi n’ont réussi à juguler cette crise.
1. Les solutions d’urgence
Les premières mesures prises pour conjurer le démon de la dette furent
proposées par quelques grands hommes des pays occidentaux à savoir : Paul Volcker ;
président de la Reserve fédérale des USA, Donald Reagan, Secrétaire au Trésor
américain, Jacques de Larosière, Directeur général du Fonds Monétaire International
(FMI).
Dans un premier temps, ils obligèrent les banquiers à reprêter de l’argent aux
pays insolvables pour leur permettre d’honorer le service de la dette (c’est-à-dire le
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remboursement du capital et le paiement des intérêts). En échange, ces derniers
devaient se soumettre à un rigoureux ajustement interne. À cette mesure, s’ajoutèrent
les rééchelonnements pluriannuels. C’est ainsi qu’au bout de trois ans (De 1982 à
1985), la dette de l’ensemble des pays en voie de développement fut ramenée à 44
milliards de dollars, soit les deux cinquièmes du déficit de 1982.
Le succès de ces deux premières mesures fut de courte durée. Car la situation
s’empira par la suite. D’où le plan Baker.
2. Le plan Baker
James Baker était le nouveau Secrétaire au Trésor des USA. Il proposa lors de
l’Assemblée Général du FMI réunie à Séoul le 8 Octobre 1985, un plan en trois points
destiné à régler en trois ans le problème des pays en voie de développement.
En premier lieu, Baker recommandait aux banques commerciales d’augmenter de
20 milliards de dollars sur trois ans, leurs engagements dans les quinze pays les plus
lourdement endettés à savoir : Argentine, Mexique, Brésil, Vénézuela, Pérou, Chili,
Equateur, Colombie, Uruguay, Bolivie, Côte-d’Ivoire, Maroc, Nigéria, Philippines et
Yougoslavie.
En second lieu, la Banque Mondiale et les autres banques de développement
devraient accroître leurs engagements de 9 milliards de dollars sur trois ans
également.
En troisième lieu enfin, les pays concernés par ces nouveaux prêts devraient
s’engager à de vastes réformes internes, dans le but de promouvoir une économie de
marché. Il leur était en effet imposer des programmes draconiens d’ajustements
structurels comportant notamment : une dévaluation massive de la monnaie nationale,
une forte limitation des importations, une réduction des dépenses publiques, les
privatisations des sociétés d’État, un blocage des salaires…
La plupart de ces pays déclinèrent cette offre car ce plan n’était rien d’autre qu’un
prolongement de la dette. Ceux qui l’appliquèrent comme la plupart des pays africains
ne connurent que des échecs au bout du compte.
3. Les propositions africaines
Réunis à Addis-Abeba les 29 et 30 novembre 1987 dans le cadre de l’OUA, les
pays africains émirent des propositions à l’intention des pays occidentaux créanciers.
Ils demandèrent entre autres :
- Le soutien aux prix des produits d’exportation ;
- La limitation du service de la dette et l’allongement de délais ;
- L’octroi d’un moratoire généralisé de dix ans ;
- La transformation des prêts publics en dons ;
- L’étalement sur cinquante ans de tout nouveau prêt avec des taux
concessionnels.
D’entre toutes, seules la deuxième et la troisième proposition intéressèrent les
occidentaux. Pour y répondre, ils créèrent le Club de Paris et le Club de Londres,
instances où se négocient les rééchelonnements.
4. Le plan Brady
En 1989, Nicolas Brady, Secrétaire au Trésor des USA, invite les banques
commerciales et les États industrialisés à négocier avec chaque pays débiteur une
réduction de sa dette jusqu’à 30% de sa valeur en échange du paiement scrupuleux du
solde. Réunis à Paris en Juillet de la même année, les sept pays les plus industrialisés
(Canada, ex-RFA, Italie, Grande Bretagne, USA, France, Japon) consacrèrent cette
nouvelle politique. Elle devait permettre aux pays en voie de développement, moins
endettés, d’accroître leurs revenus et leurs investissements et de reprendre leurs
importations de biens d’équipements.
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5. L’annulation de la dette
Certaines voix se sont prononcées pour l’annulation complète de la dette.
Solution appliquée par plusieurs pays créanciers mais timidement.
Conclusion
Au demeurant, les pays du Tiers-monde ont accédé à l’indépendance avec une
épine au pied, à savoir, la pauvreté. À cette première épine s’est ajoutée une seconde
appelée dette. Ces deux épines sont à l’heure actuelle de véritables freins à leur
développement. Ils doivent s’en débarrasser s’ils veulent se hisser au rang des pays
développés.
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