2018 GuideProjetSI PSs
2018 GuideProjetSI PSs
Guide méthodologique
Volontairement synthétique, ce document pédagogique doit permettre aux acteurs et futurs opérateurs de la solidarité
internationale de se doter de références, de s'interroger sur leurs modes d'intervention et de monter des partenariats
durables et des projets de qualité.
Sommaire
Préambule : S'engager en solidarité internationale, ça s'apprend................................................1
1- La solidarité internationale, qu'est-ce que c'est ?................................................................1
2- Typologie des actions de solidarité internationale...............................................................2
3- Se positionner en évitant l'équation « Pays pauvres = Besoin de moi »................................2
V- Rédiger le projet................................................................................................................13
Quelques définitions
Un engagement personnel
Pourquoi se lancer dans un projet de solidarité internationale ? Qu’est-ce que l’on en attend ?
Quelles sont nos motivations ? Il s’agit de percevoir la dimension individuelle des motivations
altruistes généralement invoquées, non pas pour se juger et s’empêcher d’agir mais pour confronter
nos attentes individuelles avec la réalité de notre projet. Objectif : éviter les déceptions.
Un engagement interculturel
Pendant la préparation d’un projet qui se déroule dans un pays différent, avec des populations d'une
autre culture, il est nécessaire de se remettre en cause et de s’interroger sur : nos valeurs (peuvent-
elles, doivent-elles être partagées ? Existe-t-il des valeurs universelles s’imposant à tous ?), nos
modèles (les règles qui régissent notre société sont-elles adaptées aux communautés auxquelles on
s’adresse ? Nos besoins sont-ils les leurs ?), le regard que l’on porte sur l’autre (n’est-il pas
conditionné par des a-priori, des constructions mentales sans fondements concrets, … ?)
Un engagement citoyen
Mettre en œuvre un projet de solidarité internationale, c’est changer l’ordre des choses, des
relations, des pouvoirs. C’est donc agir sur la « Cité » au sens large. Mais c’est aussi :
contester un pouvoir politique qui place sciemment certaines populations en situation précaire
ou un modèle socio-culturel pouvant être jugé marginalisant,
contribuer au renforcement des acteurs locaux de développement et à l’émergence d’une
société civile,
solliciter des bailleurs de fonds qui recherchent bien évidemment leur propre intérêt. Etre
conscient de ces intérêts permet d’éviter toute instrumentalisation.
Source : [Link]
Cette façon de présenter les choses est en général fondée sur une vision réductrice des pays
étrangers, alimentée par les grands médias, qui montrent des populations sans ressources, attendant
passivement de l'aide extérieure. Elle atteste d'une large méconnaissance des causes et des
mécanismes qui engendrent la pauvreté. Elle sous-estime gravement la capacité des pays comme
des populations à agir pour leur propre développement. Même les populations démunies ont leurs
compétences, leurs savoirs, leurs modes d'organisation et de régulation qui ne requièrent pas
forcément une intervention étrangère. Souvent, en cas de catastrophe, ce sont les populations
locales qui sont les plus rapides et efficaces dans la mise en place des secours.
Si l'on désire partir pour aider, il faut commencer par admettre cette idée : il se peut que notre
présence sur place ne soit pas utile, surtout si on n'a pas de compétences ou d'expérience
particulières. Pour commencer, mieux vaut se positionner en appui d'un projet existant plutôt qu'en
coordinateur d'une idée mal adaptée.
Source : RITIMO – Partir pour être solidaire ?
Ils se réfèrent alors à la méthodologie du cycle de projet qui permet de faire cheminer ensemble des
partenaires, tout au long d'une démarche de conception, de mise en œuvre et d'évaluation d'un
processus de développement.
Le cycle de projet est présenté ici en 8 étapes successives (bien qu'en réalité, ces étapes soient
davantage entrelacées) :
Pour que ce partenariat porte des fruits, les deux parties doivent faire part de
Étape 2 : leurs attentes et besoins réciproques. Il s'agit aussi de bien connaître le
Le diagnostic contexte national et d'aller à la rencontre des populations et du territoire pour
mieux cerner les enjeux locaux.
Passer d'une idée à un projet exige de clarifier les objectifs et les modalités
Étape 4 : de mise en œuvre. Une démarche logique permet de transformer les constats
La conception du diagnostic en choix d'intervention puis de les exprimer sous forme
opérationnelle d'objectifs et de résultats. Pour atteindre ses résultats, des actions sont mises
en œuvre qui nécessitent des moyens et des financements.
Tous les éléments du projet sont alors réunis... si ce n'est qu'il va sûrement
Étape 5 :
falloir convaincre d'autres partenaires et financeurs de vous rejoindre. Il faut
La rédaction du
donc être capable de présenter votre projet de façon claire, concise et
projet
attractive.
Pensez à prendre un peu recul pour évaluer vos actions et votre partenariat.
Étape 8 :
C'est en apprenant de votre expérience que vous préparerez l'avenir et les
L'évaluation
futurs projets qui ne manqueront pas à nouveau de voir le jour
Comment agir en
solidarité internationale ?
1- Partenariat
Notre projet Définition des orientations générales
doit-il se poursuivre, Notre partenariat dans
s'arrêter, se dupliquer, Charte ou convention-cadre de partenariat quel contexte ?
se réorienter ? Cadrage budgétaire
Notre projet
Comment mettre en
est-il faisable?
œuvre notre projet ?
Légende
() discutions entre partenaires () documents à rédiger () aspects financiers à préciser
L’engagement dans une action de solidarité n’est pas une aventure solitaire de l’acteur du Nord mais
bien une œuvre commune de deux partenaires basée sur :
Une définition conjointe de l’action de développement, facteur de changement.
Une répartition des rôles, des activités et des moyens connus par tous et contractualisés.
Un respect des engagements entre les acteurs.
La complémentarité de moyens et des compétences.
Des échanges réciproques.
Une qualité de la communication qui permettra de tisser des relations humaines et
institutionnelles au-delà de l’action.
L'ensemble de ces valeurs et principes d'actions doivent être clarifiés au sein d'une charte ou d'une
convention-cadre de partenariat (voir fiche outil : convention de partenariat)
Le triangle du partenariat
Motivations et finalités
communes
Une concertation
obligatoire et
Objectifs Modalités
renouvelée
acceptés concertéés
Sa propre définition des concepts et notions : comment conçoit-on le partenariat ? Que signifie
réciprocité ? Quelles sont les responsabilités financières et techniques attendues ?
Une fois ses propres attentes clarifiées, il faut partir à la rencontre de partenaires potentiels. Rien ne
sert d'envoyer des demandes de partenariat tous azimuts qui seront forcément vouées à l'échec. Il
faut cibler ses recherches en fonction de ses objectifs, de centres d'intérêt en commun, d'une zone
géographique de prédilection, d'un espace linguistique déterminé.
Pour vous orienter, tournez-vous vers les acteurs déjà impliqués, les réseaux locaux de solidarité
internationale. Ils ne vous trouveront pas immédiatement un partenaire étranger mais vous aideront
à préciser vos attentes et à étoffer votre carnet d'adresse. De rencontre en rencontre, vous finirez
bien par trouver un partenaire pertinent.
Il s’agit alors pour chaque acteur de prendre le temps de se présenter, de se connaître. Avons-nous
les mêmes motivations ? Portons-nous les mêmes valeurs ? Parlons-nous le même langage ?
Partageons-nous les mêmes notions ? Quelles sont les problématiques communes ?
La phase de diagnostic de l’idée de projet (voir ci-dessous)) permet de sélectionner les axes de
coopération, et constitue également un outil de mobilisation. Cette phase préparatoire doit permettre
d’identifier les différents acteurs qui peuvent s’impliquer dans la conception, la réalisation des
actions.
Bien que les projets n’aient pas tous les mêmes histoires et qu’il n’existe pas de démarche idéale,
l'initiative d'une action de solidarité internationale peut globalement provenir de quatre éléments :
Dans le premier cas, l’analyse des besoins est réalisée soit de manière intuitive, soit sur la base d’un
diagnostic plus précis. Ce mode d’intervention présente des avantages, dans la mesure où le regard
extérieur permet d’identifier des contraintes qui sont difficilement perçues par les intéressés, et où
une intervention externe peut apporter des compétences qui n’existent pas localement.
Toutefois il ne suffit pas de détecter un besoin, d’y répondre pour créer un réel processus de
changement.
« Pourquoi le puit que nous avons construit n’est-il pas utilisé, alors que ce village ne possédait pas
de point d’eau de proximité ? »
Et si les besoins que nous identifions ne correspondaient pas aux priorités des intéressés ? Le choix
de notre intervention a-t-il pris en compte les contraintes et les enjeux du groupe cible ? Avons-nous
intégré les savoirs, les ressources des personnes ?
Afin de choisir avec votre partenaire la bonne stratégie d'intervention, vous pouvez adopter une
démarche en trois temps :
Stratégies
Problématiques d'intervention
Stratégie d'intervention retenue : Mettre en place un atelier de couture au sein du foyer des jeunes
Ces critères classiques d’analyse sont utilisés à chaque étape du cycle de vie du projet : de la
planification au suivi et à l’évaluation de l’action. N’oublions pas que ces divers questionnements
permettent d’apprécier l’action de développement en vue de la mettre en œuvre et de l’évaluer.
Si l'idée de projet que vous aviez n'arrive pas à trouver une stratégie d'intervention
satisfaisante, c'est qu'il faut revoir votre projet ou redéfinir les vrais problématiques ou revoir son
ambition. Mais mieux vaut prendre le temps de bien réfléchir et partir sur un projet réalisable que
de s'aventurer dans une initiative hasardeuse qui pourrait démultiplier les problèmes !
Mesurable : un bon objectif est chiffré afin d'en permettre le suivi et l'évaluation
(300 femmes alphabétisées, 1.000 personnes qui ont accès à l'eau potable).
Acceptable : un bon objectif est facilement atteignable et pas trop ambitieux (on
ne pourra pas fournir l'accès à l'eau à tous les habitants de Nouadhibou, mais
seulement à 500 ménages d'un quartier périphérique).
Réaliste : un bon objectif nécessite des moyens disponibles sur place (si, par
exemple, vous voulez former des femmes en informatique, êtes vous sûr que le
village a accès à l'électricité ?).
Temporel : un bon objectif est inscrit dans le temps et il pourra être atteint au
terme du projet (un projet de formation de jeunes filles en coiffure étalé sur 1 an
leur permettra d'acquérir suffisamment de savoir-faire pour trouver un emploi dans
un salon de coiffure).
Ce sont les améliorations et les changements produits par les activités. Ils permettent d'atteindre
l'objectif spécifique. Définissez-les à partir des objectifs spécifiques que vous avez retenus pour votre
projet.
A partir des résultats attendus, définissez les activités à conduire dans le cadre de votre projet. Il
s'agit des actions concrètes qui peuvent être réalisables dans la période définie du projet et avec vos
partenaires actuels ou potentiels. Soyez vigilants à ce que vos actions correspondent vraiment aux
résultats et aux objectifs que vous vous êtes fixés.
Faites appel à des spécialistes locaux, à un consultant, aux services techniques déconcentrés de
l’État... Dans certain cas (notamment pour les constructions d'infrastructure), une étude technique
approfondie est nécessaire. Cela peut avoir un coût non négligeable qu'il faut bien penser à budgéter.
Page de garde
Présenter la zone d'intervention, ses spécificités, son histoire, sa situation économique, ainsi que ses
défis et potentialités. Ne soyez pas trop long ou théorique, retenez uniquement les points principaux
qui représente un intérêt pour justifier le projet.
Clarifier qui est le porteur du projet, qui sont les bénéficiaires et qui appuiera le projet en tant que
partenaire technique ou financier. Préciser bien le rôle de chacun et l'articulation entre les différents
acteurs.
Vous devez ici expliquer les raisons qui vous ont amené à monter ce projet. Expliquer quelle est la
situation de départ, comment vous avez identifié les problèmes, quelle stratégie d'intervention vous
avez retenue. Montrez la pertinence de votre action pour changer la situation initiale.
Description du projet
Après les parties introductives, on entre ici dans le vif du sujet. Décrivez le projet dans ses grandes
lignes en démarrant par les objectifs (général et spécifiques). Indiquez comment ce projet s'intègre
dans les politiques locales ou sectorielles actuellement mises en place par les acteurs locaux ou leurs
autorités locales ou nationales.
Détaillez chacune des activités de votre projet en précisant pour chacune d'elles les résultats
attendus et le calendrier prévisionnel d’exécution.
Pour l'ensemble des activités à mettre en place, expliquez comment les tâches seront réparties entre
les acteurs, quel dispositif d'animation et de pilotage du projet vous avez prévu. Soyez clair sur les
moyens humains et techniques que vous êtes en mesure de mobiliser.
Indiquez qui assurera la mise en œuvre du projet et comment il compte s'y prendre. Évoquez les
indicateurs de suivi qui seront utilisés et au final quels moyens d'évaluation du projet sont prévus.
Décrivez l'organisation qui sera mise en place pour assurer le fonctionnement du projet une fois les
financements terminés. Évoquez si le projet pourra être dupliqué sur la zone ou s'étendre à d'autres
territoires. Prévoyez-vous de capitaliser votre expérience au profit d'autres acteurs ?
Présentez le plan de communication que vous souhaitez mettre en place pour le projet. Valorisez
l'utilité que peut avoir le projet en matière d'éducation au développement.
Tableau de financement
Il s'agit d'un tableau en deux colonnes avec à gauche les dépenses regroupées par catégories et à
droite les recettes sous-divisées en « Ressources propres », « Financements acquis et à mobiliser ».
Le montant financier sollicité auprès du bailleur à qui s'adresse le dossier doit apparaître de façon
explicite.
Conclusion
Si vous ne souhaitez pas que le dossier se termine par le tableau de financement, rédigez une
conclusion qui résume l'argumentation en faveur du projet, les besoins qu'il faut encore mobiliser
pour sa réalisation et la façon de devenir partenaire de la démarche.
A Savoir :
Dans bien des cas, le dossier de présentation de projet n'est pas rédigé de A à Z en une seule fois.
Sa rédaction accompagne le processus de réflexion du projet en trois temps :
1- Élaboration d'un avant-projet sommaire qui présente surtout le contexte et la justification
du projet (étape 1 et 2 du cycle de projet) avec un premier budget global
2- Rédaction d'un avant-projet détaillé qui complète le précédent en décrivant précisément le
projet et la façon dont il sera mis en œuvre (étape 3 et 4 du cycle de projet) avec une partie
« dépenses » du budget bien détaillé.
3- Finalisation du projet une fois les financements trouvés, quand on peut concrètement
imaginer sa mise en œuvre à la hausse ou à la baisse en fonction des fonds mobilisés (étape 5
et 6 du cycle de projet).
➔ Fiche-outil : Plan-type d'un dossier de projet
VI.1.1- S'identifier
Face à la diversité des bailleurs et avec des dispositifs de financement de plus en plus complexes, le
porteur de projet doit dans un premier temps bien s'identifier pour mieux se situer par rapport au
panel des organismes d’aide. Cette série de questions peut vous y aider :
• Quelle est la taille de mon association, son expérience en matière de développement ?
• Qui sont mes partenaires étrangers et leurs expériences ?
• Comment le projet s’articule-t-il avec les collectivités territoriales étrangères, avec des
programmes de l'état ?
• Quelles sont les thématiques privilégiées (santé, éducation, urgence, hydraulique, agricole,
culturelle, éducation au développement…) ?
• Quelles sont les zones d’actions, d’intervention (France, Afrique, Europe de
• l’Est, Caraïbe...) ? Qui intervient déjà sur ces territoires ?
• Quel est le public cible (enfants, jeunes, femmes, réfugiés, agriculteurs, artisans...) ?
• Quelle est la taille financière du projet ?
• Quelles sont mes disponibilités financières et celles de mes partenaires ? Quelles sont les
valorisations possibles ?
Dans un second temps, il s'agit d’établir un catalogue des financeurs publics et privés susceptibles de
financer mon projet (informations souvent disponibles auprès des organismes d’appui aux acteurs de
développement). Sélectionner les financeurs les plus appropriés en fonction de votre profil de porteur
de projet, des domaines d'intervention ou des relations de travail que vous entretenez avec eux.
Commencez par les partenaires avec qui vous avez réfléchi le projet, continuez en allant voir vos
partenaires historiques ou « naturels » puis osez frapper à la porte d'autres partenaires potentiels.
Pensez aux partenaires privés ayant un but lucratif (fondations, ONG de cofinancement, comités
d'entreprise) ou un but commercial (entreprises, banques, etc.). Menez une politique de relations
publiques avec les bailleurs potentiels : se faire connaître, soumettre et partager des idées avant de
présenter un dossier clef en main.
Chaque financeur a ses critères d’éligibilité concernant le porteur de projet, l’action, et définit ses
propres procédures de financements. Il convient donc de les connaître avant de se lancer tous
azimuts dans l'envoi de dossier de financement :
Critères d'éligibilité du porteur de projet : Critères d'éligibilité de l'action :
Statut juridique du demandeur Domaine d'intervention
Taille (mini ou maxi) Localisation / durée
Antériorité Bénéficiaires
Conditions administratives Montant
Il faut commencer par dresser « la liste des courses », c'est à dire les moyens dont on aura besoin et
en quelle quantité pour chacun. Ensuite il faut se référer à un « catalogue de tarifs » ou établir des
devis estimatifs. Ces dépenses peuvent être effectuées soit dans le pays du porteur de projet ou
dans le pays de l’intervention mais dans tous les cas le budget doit être rédigé dans une seule unité
monétaire (le plus souvent la devise du bailleur). Le plus difficile est de ne rien oublier et d'organiser
les dépenses en sous-catégories :
Dépenses d'investissements : Dépenses de fonctionnements :
Terrains Moyens humains
Bâtiments (salariés, consultants, prestataires)
Véhicules Équipements, locations
Matériels, outillages Intrants, consommables
… Maintenance, réparation
Tout achat soumis aux règles Frais de gestion, assurances
d'amortissements Frais de suivi, d'évaluation
VI.2.2- Les recettes
Il s'agit de répertorier toutes les ressources que vous pensez pouvoir mobiliser pour financer votre
projet. Pour chaque financement, précisez bien si celui-ci est acquis, s'il est sollicité (la demande de
financement est en cours) ou s'il faut encore le négocier. En général, on distingue 3 catégories de
recettes :
Fonds propres: Ressources privées: Ressources publiques:
Fonds associatifs Fondations Communes,Département, Région
Cotisations des membres Entreprises Etat, Ministères, Ambassades
Ventes de produits Sponsors Union Européenne, AFD, …
Emprunts Dons ( financiers ou matériels) Agence de l'eau
Apports du partenaire étranger Programmes de développement
Rappelez-vous qu'il s'agit de co-financements : vos fonds propres ne peuvent être réduits à zéro. Un
projet n'est jamais financé à 100 % ! Et plus votre projet sera complexe et ambitieux, plus vous
devrez être en capacité de réunir des partenaires financiers différents autour d'un même projet.
Dans tous les cas, il faut respecter la règle : « total des dépenses = total des ressources ». Pour
équilibrer votre budget prévisionnel, il faut souvent ajouter une ligne « recettes restant à mobiliser ».
A travers la rédaction d'une convention opérationnelle et financière, il faudra donc bien s'accorder sur
« qui décide ? » - le pilotage, sur « qui met en œuvre et suit les réalisations » - le suivi et sur « qui
décaisse et rend compte des dépenses ? » - le financier. Plus ces éléments seront clairs, répartis et
connus de tous, moins vous connaîtrez de tensions et de difficultés dans le déroulement des
activités. Au niveau financier, échangez à chaque décaissement sur les fonds engagés, leur
utilisation à venir et non uniquement à postériori lors du bilan comptable de fin d'année qui risque
alors de réserver bien des surprises !
Impossible de tout suivre ! Il faut donc s'accorder sur les éléments essentiels et définir des
indicateurs de suivi fiables relatifs :
– aux résultats obtenus (ex : l'état de santé des enfants s'est-il réellement amélioré?)
– aux activités menées (ex : le nombre de journées de formation prévu est-il atteints?)
– aux acteurs impliqués (ex : A-t-on impliqué autant de femmes que d'hommes?)
– aux ressources humaines et financières mobilisées (ex : quel est le niveau de dépenses à ce
stade de la construction ? Quel est la contribution fournie par chaque partenaire?)
Le tableau de bord, réalisé périodiquement (mensuel …), permet de planifier les activités , de gérer
les moyens humains et matériels, de prévoir le recueil d'informations nécessaires au suivi-évaluation.
Il vise surtout à observer les écarts entre prévisions et réalisations.
Le chronogramme (ou diagramme de Gant) est utile pour la gestion du temps, il permet de visualiser
les périodes et durée de réalisation de chaque activité prévue. Cela permet de voir s'il y a du retard
ou des décalages dans la mise en œuvre des actions.
Durée 01 02 03 04 05 06 07 08 09 10 11 12
Tâches
Prendre contact avec les
matrones
Evaluer
Le retro-planning permet de gérer le temps à rebours en se fixant des objectifs de dates d’exécution
de chaque tâche.
Tâches Dates
Prise de contact avec toutes les Fin mars
matronnes
Contenu et supports de formation Fin mai
réalisé
Formation #1 dispensée et évaluée 15 juillet
Formation #2 dispensée et évaluée 30 septembre
Formation #3 dispensée et évaluée 10 novembre
Le tableau de suivi financier permet d'optimiser l'utilisation des fonds en répartissant les dépenses
par activité et par période du projet. Le solde permet de constater les écarts au prévisionnel et de
réaffecter les financements en fonction des priorités.
L'évaluation est un temps de prise de recul vis à vis du projet afin de poser un regard critique et
constructif sur le processus de changement. Elle fait appel à la démarche suivante :
Parce que l'évaluation passe à un moment donné par un « jugement de valeur », elle est souvent
appréhendée négativement par les porteurs du projet qui la perçoivent comme un contrôle ou une
sanction. En fait, ce jugement n'a d'intérêt que s'il est constructif pour l'avenir et qu'il se réfère
objectivement aux effets du projet par rapport aux objectifs initiaux.
Dans le cadre d'un projet de développement, l'évaluation ne se limite pas au simple contrôle des
résultats (obtenu par le suivi de projet) mais s'intéresse plus largement aux changements issus de
l'action :
Stratégie Changements
Source : CIEDEL
En fonction des enjeux et des moyens disponibles, l'évaluation pourra être menée en interne (auto-
évaluation) ou en externe. Il est important que l'évaluation soit suffisamment participative pour que
les acteurs du projet puissent s'en approprier les résultats.
• mettre le doigt sur les blocages • aux élus, aux électeurs ; à l’AG, aux donateurs,
• faire un bilan actualisé aux bailleurs de fonds… pour montrer que notre
• mieux appréhender la complexité du contexte action mérite d’être soutenue ;
• mesurer les effets, l’impact • aux acteurs du Sud avec lesquels on travaille
• apprécier de façon argumentée les réussites / (partenaire, autorités, « bénéficiaires ») pour
échecs, forces / faiblesses débattre autour des résultats et de l’impact de
nos actions, mais aussi des difficultés
rencontrées.
1- Pour qui évalue-t-on le projet ? Qui est demandeur de cette évaluation : les partenaires
financiers, le partenaire du Nord, du Sud ? Qui exploitera les données de l’évaluation ? Qui
décidera après l’évaluation ?
2- Pourquoi souhaite-on une évaluation ? Quelles sont les motivations des demandeurs : en
vue d’obtenir un nouveau financement, de clore le projet ou de le réorienter ?
3- Sur quoi porte l’évaluation ? Que souhaite-t-on évaluer : les résultats du projet, la structure
du projet, le transfert de compétences et de responsabilités auprès des partenaires, la stratégie
de l’intervention ?
4- Qui évaluera ? Quels sont les profils et les compétences recherchés au regard de l’objet à
évaluer et de la méthode choisie ?
5- Quelle sera la méthode d’évaluation utilisée ? S’agit-il d’une autoévaluation, d’une
évaluation externe, participative ? La méthode d’évaluation détermine le choix des évaluateurs.
6- Quand aura lieu l’évaluation ? A quel moment du projet : à mi parcours? En fin de cycle ? A
quelle saison : la saison des pluies ne facilite pas les déplacements, la saison sèche est une
période creuse dans le calendrier agricole…
7- Où se déroulera l’évaluation ? Quels sont les lieux à étudier, les groupes cibles à
interviewer, les acteurs à rencontrer ?
Fiche-outil : Les critères de l'évaluation
La méthodologie de projet est un concept qui permet de mieux appréhender le déroulé théorique
d'un processus de développement. Dans ce guide, elle est présentée en 8 étapes allant du
partenariat jusqu'à l'évaluation des impacts en passant par la conception du projet et la mise en
œuvre des actions.
Dans la réalité, un projet ressemble plutôt à une aventure imprévisible avec ses surprises et ses
échecs, ses tensions et ses aboutissements. Il faut donc penser vos projets bien davantage comme
des dynamiques d'acteurs que comme une suite d'objectifs techniques à atteindre à tout prix.
La réalisation d'un projet n'est donc pas une fin en soi ! C'est un moyen d'avancer collectivement
vers un but commun. But issu d'une concertation entre partenaire, point sur lequel nous avons
essayé d'insister particulièrement dans ce guide.
Finalement, ce n'est que de projet en projet, en s'inscrivant dans la durée, que les changements de
fonds s'opèrent et que le véritable processus de développement se met en marche. Le
développement est comme une longue vis sans fin le long de laquelle on essaie d'avancer (de cycle
de projet en cycle de projet).
Il est donc important d'avoir un cap général vers lequel avancer, une conviction profonde de
solidarité internationale qui vous porte.
1850
Création croix rouge
Colonisation et convention de
à
Genève
1950
Création des
organisations
Indépendances
humanitaires
à
internationales
L'aventure
Solidarité et partage
à humanitaire
1980
L'humanitaire
Mondialisation et spectacle
universalisme à = scission humanitaire
et développement
1990
2000
L'humanitaire
Plaidoyer et droits événementiel :
humains à Tsunami, Haïti
aujourd'hui
Fiche outil : Modèle de convention de partenariat
CONVENTION-CADRE DE PARTENRIAT
ENTRE association A et association B
pour la période 20.. - 20 ..
Présentation de l'association A
Présentation de l'association B
ET
L'association B s'engage à : …
Article 6 : Litiges
La présente convention peut être dénoncée à l’initiative de l’une ou l’autre des parties signataires,
sous réserve d’une saisie écrite …
En cas d’échec de la conciliation à l'amiable, la partie la plus diligente saisira la juridiction
territorialement compétente au plus tôt un mois après information par lettre recommandée avec à
l'autre partie.
…
Fait à ……….., le
Données générales
Système de production & activités économiques
Données géographiques, socioculturelles
Axes de circulation et les pôles de concentration
Etats des ressources de l’environnement
Gestion & valorisation du patrimoine
Situation économique
Identification des acteurs, de leurs stratégies
Identification des activités légales, illégales, formelles, informelles
Existence d’excédents, de période de soudure
Solvabilité et capacité d’épargne des ménages
Ressources en main d’oeuvre
Capacité d’investissement des entreprises
Ressources des collectivités (fiscalité, patrimoine…)
Organisation socioculturelle
Caractérisation des formes d’organisation du pouvoir (économique,
politique, social, culturel, religieux…)
Modalité d’accès au pouvoir
Les rapports de force en présence
Analyse des conflits
Ressources et potentialités
La capacité d’entreprendre, de concevoir, de conduire un processus
de changement
Cohérence entre l’action et le cadre politique et législatif
Existence d’un potentiel partenarial au Nord et au Sud
Existence d’organismes d’appui
Existence d’une identité collective
Tissu économique ou artisanal
Infrastructures et équipements
3. Identifier les enjeux, les motivations, les intérêts immédiats et à terme des acteurs
Quelles sont les motivations politiques, les enjeux et intérêts financiers, les valeurs
exprimées, les idéologies sous tendues… ?
8. Quelles sont les initiatives en cours qui risquent d’être reportées par la
réalisation de l’action ?
10. Quelles sont les formations nécessaires pour gérer localement le projet, et pour
garantir la pérennité de l’action ?
Augmenter de 10 % A.2.1
Une étude technique réalisée par un
Améliorer le les revenus des Identifier avec les coopératives de
consultant de façon participative
niveau de vie femmes des 20 nouvelles filières de production
des familles coopératives du A.2.2
monoparentales quartier sur 3 ans. R.A 2 Organiser des visites d'échanges Location d'un bus
du quartier. Les 20 coopératives diversifient avec d'autres coopératives
leurs activités
Location d'un local, électricité
A.2.3
Achat du matériel et des matières
Mettre en place des unités de
premières
production innovantes
Salaire de la gérante
2/
3/
4/
5/
Critères de durabilités
Situation initiale Situation
Question - indicateur DD (année N) souhaitée
(année N+3)
Viable (économique)
Vivable (environnement)
Equitable (social)
Genre
Rentable
Autonome
Budget
Activités Bénéficiaires Porteurs du projet Financeur 1 Financeur 2 TOTAL
1/
2/
3/
4/
5/
Fiche outil : Exemple de plan d'un dossier de projet
Pour être pertinent, un dossier de présentation de projet doit être clair et bien structuré :
Entreprises
Fonctionnem ent
Moyens humains
Salaires
Prestations
Etat (préciser)
Intrants et consommables
Conseil régional
Maintenance et réparation
Communes (préciser)
Déplacements
Communication
TOTAL TOTAL
Fiche outil : Le don matériel, une forme particulière de financement
Des situations d’urgence appellent souvent aux dons… Pourquoi refuser, ne pas répondre à cet
élan de générosité alors que nous sommes dans une situation d’abondance au Nord ? Pourquoi ne
pas envoyer des équipements, des livres, des médicaments là bas, excédentaires, mis au rebut
ici ? Le don ne serait-il pas un moyen de répartition ?
Cette solution semble trop facile et doit nous interroger lorsque nous apprenons que l’élan de
générosité vers l’Asie du Sud Est, après le Tsunami, oblige à mener une politique de destruction
de certains médicaments envoyés, que des Etats du Sud demandent de limiter ces transferts
gratuits.
Si le don se veut généreux, il occulte la relation sociale, équilibrée et responsable que suppose
une action de solidarité entre des partenaires. Il est difficile de refuser un cadeau comme il est
difficile de refuser un don. Il provoque cette obligation de recevoir tout en maintenant ce lien de
dépendance renforçant l’image de « puissance » du Nord…
Alors faut-il uniquement décrier le don ? Non, mais le réfléchir, le préparer, l’organiser, le négocier
avec le receveur afin qu’il ne devienne pas victime du don. L’appréhender comme « ultime-
solution », s’assurer qu’il n’existe pas d’autres alternatives et peut être « donner » différemment :
• en envoyant de l'argent qui permettra d'acheter sur place et de renforcer l'économie locale
• en limitant l'envoi à quelques unités avant de trouver une meilleure solution localement
• en définissant les besoins prioritaires et l'équitable répartition avec votre partenaire
Fiche outil : Les critères de l'évaluation
Les critères d’évaluation sont les « angles de vue » sous lesquels on va considérer l’action
évaluée. Ils sont identiques à ceux utilisés dans la phase de planification (Cf. Fiche3).
Pertinence : Interroge les finalités poursuivies. Aux vues des résultats obtenus, est-ce que la
stratégie déployée était la meilleure ? Les objectifs de l’action correspondent-ils aux priorités
globales et aux politiques des bailleurs de fonds et de leurs partenaires ?
Exemple : Fallait-il investir dans le goutte à goutte ou plutôt commencer par clôturer le périmètre
maraîcher pour améliorer la production agricole du village ?
Cohérence : Interroge la stratégie d’intervention. Les moyens mobilisés et les activités réalisées
sont-ils adaptés pour atteindre les objectifs assignés ? Ces derniers sont-ils adaptés au contexte ?
Exemple : Est-ce que les moyens mobilisés (équipement d’une école, participation aux
traitements des enseignants), les activités réalisées (envoi de containers de livres scolaires,
chantiers de jeunes, cours d’alphabétisation) contribuent à une meilleure éducation pour tous ?
Efficacité : Compare les résultats obtenus par rapport aux objectifs prévus. Il s’agit de mesurer
les écarts et de les interpréter (analyse qualitative).
Exemple : Est-ce que le nouveau forage et l’installation de la nouvelle pompe offre une eau en
quantité suffisante et de qualité ?
Efficience : Compare les résultats obtenus par rapport aux moyens humains et matériels mis en
œuvre, aux délais et aux méthodes. C’est une analyse des coûts par rapport aux réalisations.
Exemple : Quel est le coût de construction des travaux réalisés dans le cadre des chantiers de
jeunes par rapport aux références locales ?
Pérennité : Évalue la capacité de l’action à se poursuivre sans appuis extérieurs à partir de ses
propres ressources (humaines et matérielles) dégagées. La viabilité s’intéresse en particulier à la
dimension économique de la pérennité.
Exemple : La maintenance du forage dépend totalement de l’extérieur car aucune formation n’a
été dispensée aux utilisateurs.
Impact : Mesure les changements opérés dans différents domaines (technique, organisationnel,
économique, écologique, social, culturel, politique...) de la vie des personnes et des groupes, dont
un lien de causalité direct ou indirect peut être établi avec l’action. Ces effets identifiés peuvent
être directs, indirects, prévus ou non prévus, positifs ou négatifs.
Exemple : L’électrification de l’école facilite la tenue de réunion nocturne et par conséquent le
développement des groupements paysans. En revanche, la distribution des containers a créé des
conflits au sein du village et a favorisé une attitude attentiste.
Reproductibilité : Apprécie si une action / un projet semblable peut être reproduit dans d’autres
conditions (environnement, motivation, moyens...).
Exemple : Le centre aéré initie cette année pourra s'étendre aux 2 communes rurales avoisinantes
Utilité sociale : Exprime le degré de satisfaction des « bénéficiaires » du projet. L’action menée
a-t-elle des résultats effectifs sur leurs conditions de vie (revenu, alimentaire, la santé, capacité
organisationnelle et politique…) ?
Exemple : Les femmes du village utilisent avec satisfaction le nouveau forage qui réduit
significativement le temps passé à la corvée d'eau.