NEUVAINE
A
NOTRE DAME-DAME DES
SEPT DOULEURS
DU 06 AU 14 SEPTEMBRE 2024
(5h ou 21h)
(L'INTÉGRALITÉ)
INTRODUCTION
Notre-Dame des sept Douleurs, est l'un des nombreux titres par lesquels l'Eglise
catholique vénère la Vierge Marie, mère de Jésus. Le titre souligne l’association
de la mère à la souffrance de son fils. Les « sept douleurs » font référence aux
événements, relatés dans les évangiles, qui firent souffrir la mère de Jésus dans la
mesure où elle accompagnait son fils dans sa mission de Rédempteur.
Le culte de la Mater Dolorosa apparaît officiellement en 1221, au Monastère de
Schönau, en Allemagne. En 1239, dans le diocèse de Florence en Italie. L'Ordre
des Servites de Marie, dont la spiritualité est très attachée à la Sainte Vierge, fixe
la fête de Notre-Dame des douleurs au 15 septembre.
On trouve les premières traces de la dévotion aux douleurs de la Vierge, à la fin du
XI° siècle, particulièrement dans les écrits de saint Pierre Damien (†1072), de saint
Bernard
(† 1153) et de moines bénédictins et cisterciens qui méditent le passage de
l'Evangile qui montre Marie et Jean au pied de la Croix.
Il faut attendre le XIVème siècle pour que l'on parle communément des sept
douleurs de la Vierge : la prophétie du vieillard Siméon, le massacre des Innocents
et la fuite en Egypte, la perte de Jésus au Temple de Jérusalem, l'arrestation et les
jugements du Christ, la mise en croix et la mort du Christ, la déposition de la croix
et la mise au tombeau.
Ces sept douleurs furent pour la première fois exprimées d’une façon formelle, par
Jean de Coudenberghe. C’est en 1492, il se forma une confrérie de Notre-Dame
des Sept Douleurs.
La dévotion ne fit que croître. Saint Ignace de Loyola avait un culte particulier à
l’image connue sous le nom de Notre-Dame du Cœur ; de 1603 à 1881, les Jésuites
ne publièrent pas moins de quatre-vingt-douze ouvrages sur cette dévotion aux
douleurs de Marie.
Cette neuvaine pendant laquelle nous méditerons les douleurs de Marie, nous
comprendrons la joie née de la souffrance, les grâces obtenues par la douleur. Que
ces jours de prière au côté de la Mère des Douleurs soient source de bénédictions.
■ PRIÈRES QUOTIDIENNES
AU NOM DU PÈRE ET DU FILS ET DU SAINT ESPRIT. Amen.
JE CROIS EN DIEU
PRIÈRE À l’ESPRIT-SAINT
Esprit de Sainteté, viens combler nos cœurs
Tout au long de nos vies, révèle ta puissance
Esprit de Sainteté, viens combler nos cœurs
Fais de nous chaque jour, des témoins du Seigneur
Tu es la Lumière qui vient nous éclairer
Le Libérateur qui vient nous délivrer
Le Consolateur, l’Esprit de Vérité
En toi l’espérance et la fidélité
Esprit de Sainteté, viens combler nos cœurs
Tout au long de nos vies, révèle ta présence
PRIÈRE PAR l’INTERCESSION DE LA MÈRE DES DOULEURS
Mon Seigneur Jésus-Christ crucifié, ne permettez pas qu'aucune âme se perde,
puisque Vous nous placez sous les ailes de la protection de Votre très aimante
Mère comme enfants de Ses Douleurs, nés au sein de Ses Larmes.
Principalement, Seigneur, ceux qui s'unissent à Elle en faisant cette sainte neuvaine
en mémoire de Ses Douleurs, et se confessent malgré l'enfer, ses fils, ses serviteurs,
favorisés de ses larmes et baignés de Votre Précieux Sang, pour qu'à l'heure de
notre mort, Vous nous receviez comme Ses enfants. Amen.
Notre Père, 10 Je vous salue Marie, Gloire au Père
● PREMIER JOUR - "Une épée te transpercera l’âme*
Luc, 2 33-35 : « Son père et sa mère étaient dans l'admiration des choses qu'on
disait de lui. Siméon les bénit, et dit à Marie, sa mère: Voici, cet enfant est destiné
à amener la chute et le relèvement de plusieurs en Israël, et à devenir un signe qui
provoquera la contradiction, et à toi-même une épée te transpercera l'âme, afin que
les pensées de beaucoup de cœurs soient dévoilées.»
« PREMIÈRE DOULEUR : La prophétie de Siméon. A mesure que Jésus croissait
en âge... A mesure qu'approchait le temps marqué pour la Passion de son fils, elle
sentait en son cœur de Mère, plus cruellement déchiré par le glaive prédit par
Siméon dans le temple. Si donc Jésus, notre Roi, et sa très sainte Mère, n'ont pas
refusé, par amour pour nous, d'endurer durant toute leur vie, une peine si amère,
avons-nous le droit de nous lamenter, quand nous avons quelque chose à souffrir
? » Alphonse de Liguori
PRIÈRE
Reine des Martyrs, Marie, Mère des Douleurs ! Au nom de la douleur si vive que
vous avez éprouvée lorsque le saint vieillard Siméon vous prédit la Passion et la
mort de votre divin Fils Jésus, Douleur à laquelle votre cœur fut constamment en
proie jusqu'au trépas de ce même Fils divin ; je vous prie de m'obtenir à moi aussi
le souvenir continuel de la Mort et de la Passion de Jésus, avec une vraie et
incessante douleur de mes péchés, qui en furent la cause, tant qu'il me restera un
souffle de vie. Amen.
● "DEUXIÈME JOUR - "Souffrance de l’injustice et de l’exil*
Matthieu 2,13 : « Voici que l'Ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui
dit: "Lève-toi, prends avec toi l'enfant et sa mère, et fuis en Egypte; et restes-y
jusqu'à ce que je te dise. Car Hérode va rechercher l'enfant pour le faire périr." »
Douleur de la mort des innocents, douleur de l'injustice, douleur d'être mêlés à
l'injustice puisque l'élément déclencheur de la fureur du tyran a été la naissance de
Jésus, douleur d'être impuissant et de devoir fuir pour protéger Jésus.
La souffrance de l'exil en Egypte est d'un autre genre, c'est le fait d'être appauvri,
étranger, citoyen de seconde zone, et de ne pas pouvoir pratiquer certains rites
religieux.
Dieu est innocent de l'injustice d'Hérode. Avec quelle intensité Marie aura-t-elle
prié par exemple ce psaume :
« Es-tu l'allié d'un tribunal de perdition, érigeant en loi le désordre ? On s'attaque
à la vie du juste, et le sang innocent, on le condamne. Mais le Seigneur est pour
moi une citadelle, et mon Dieu, le rocher de mon refuge. » (Ps 94, 20-22)
« DEUXIÈME DOULEUR: La fuite en Egypte. Comme c'était l'hiver, il fallut
supporter la neige, la pluie, le vent, par des chemins raides et boueux. Marie, alors
âgée de quinze ans, était une vierge délicate, nullement habituée à de pareilles
fatigues. La sainte famille n'avait personne pour la servir. Apprenons à embrasser
courageusement les croix, car on ne peut vivre en ce monde sans souffrir. »
Alphonse de Liguori
PRIÈRE
Reine des Martyrs, Marie, Mère de Douleurs ! Au nom de cette Douleur amère que
vous avez ressentie, en apprenant qu'Hérode cherchait à faire mourir Jésus Enfant,
ce qui vous contraignit à fuir au milieu de la nuit, pour vous rendre en Egypte, à
travers mille incommodités et rejets, avec votre époux saint Joseph et l'Enfant
Jésus ; je vous prie de m'obtenir la grâce de supporter toutes les peines et
incommodités quelconques, même les plus graves, pour conserver Jésus dans mon
cœur, et ne le faire jamais offenser par les autres.
● TROISIÈME JOUR - Toute plénitude habite en Lui
Luc 2,48 : « A sa vue, ils furent saisis d'émotion, et sa mère lui dit: "Mon enfant,
pourquoi nous as-tu fait cela? Vois! ton père et moi, nous te cherchons, angoissés.
»
Douleur de l'absence inexpliquée de Jésus et l'angoisse à son sujet. Ce qui peut
aussi être douloureux pour Marie en tant qu'épouse, c'est de voir la douleur de
Joseph. Leur douleur peut avoir été augmentée par certaines réactions de
l'entourage critiquant par exemple leur manque de surveillance. Et finalement, ce
qui est douloureux, c'est de ne pas comprendre la réaction de Jésus au moment des
retrouvailles. Malgré son incompréhension, Marie reste dans l’espérance en priant
:
Colossiens 1, 18-19 : « Il est la tête du corps de l'Eglise; il est le commencement,
le premier-né d'entre les morts, afin d'être en tout le premier. Car Dieu a voulu que
toute plénitude habite en lui… »
« TROISIÈME DOULEUR : La perte de Jésus dans le temple. Il en est qui assurent
que cette douleur fut la plus grande... Dans les autres douleurs, Marie avait Jésus
avec elle, tandis qu'ici, elle souffre loin de Jésus, sans même savoir où il est. Ah !
Qu'ils furent longs pour Marie ces trois jours ! Ils lui parurent trois siècles. Jours
de douleur pure, jours sans consolation possible. » Alphonse de Liguori
PRIÈRE
Reine des Martyrs, Marie, Mère de Douleurs ! Au nom de cette Douleur si sensible
que vous avez endurée lorsque votre divin Fils Jésus demeura seul à Jérusalem et
que vous le cherchiez avec anxiété durant trois jours, jusqu'à ce qu'enfin vous le
retrouviez dans le temple, recevant en même temps l'assurance qu'il ne se
séparerait plus de vous ; je vous conjure de m'obtenir la grâce de ne jamais perdre
Jésus par le maudit péché, et de lui demeurez toujours uni par l'amour jusqu'au
dernier soupir de ma vie. Amen.
● QUATRIÈME JOUR - Condamné, exclu car Salut du monde
Mt 27, 31-32 : « Ils l'emmenèrent pour le crucifier. En sortant, ils trouvèrent un
homme de Cyrène, nommé Simon, et le requirent pour porter sa croix. »
Douleur morale de voir Jésus condamné, exclu, abandonné de ceux qu'il a instruit
et guéri. Douleur spirituelle de voir Jésus tomber. Mais ce chemin de croix est
montée vers le Père, exode nouveau.
« QUATRIÈME DOULEUR : La rencontre de Jésus allant à la mort. Elle était sa
mère et sa servante ; il était son Fils et son Dieu. Ce mélange de qualités si diverses
produisait dans le cœur de Marie un incendie d'amour composé de mille incendies.
Mais au temps de la Passion, cet incendie d'amour se changea en un océan de
douleur. » Alphonse de Liguori
PRIÈRE
Reine des Martyrs, Marie, Mère de Douleurs ! Au nom de cette Douleur cruelle
que vous avez soufferte en apprenant que votre Fils Jésus était livré à ses ennemis
et condamné à mort et par cette autre Douleur non moins amère qui vous saisit
lorsque vous l’avez rencontré sur le chemin du Calvaire, tout haletant sous le lourd
fardeau de la Croix ; je vous prie de m'obtenir que je porte la croix de mon état
avec ce même esprit qui animait alors Jésus-Christ, et en union avec Lui, me
conformant parfaitement à sa divine Volonté en toute chose jusqu'à mon dernier
soupir. Amen.
● CINQUIÈME JOUR - Tout Fils qu’il était, il apprit l’obéissance
Hébreux 5, 7-8 : « C'est lui qui, dans les jours de sa chair, ayant présenté avec de
grands cris et avec larmes des prières et des supplications à celui qui pouvait le
sauver de la mort, et ayant été exaucé à cause de sa piété, a appris, bien qu'il fût
Fils, l'obéissance par les choses qu'il a souffertes. »
Jean 19,25 : « Or, près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa
mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie Madeleine. »
Douleur physique d'une mère qui voit souffrir le fils de ses entrailles, le fils de sa
chair.
La mère de Jésus se laisse transpercer par la Parole biblique, véritable épée à deux
tranchants; et peut-être a-t-elle prié la suite du psaume 22 :
« Je peux compter tous mes os, les gens me voient, ils me regardent; ils partagent
entre eux mes habits et tirent au sort mon vêtement. Mais toi, Seigneur, ne sois pas
loin, ô ma force, vite à mon aide... J'annoncerai ton nom à mes frères, en pleine
assemblée je te louerai.»
« CINQUIÈME DOULEUR : La mort de Jésus. Les mères craignent d'être
présentes à l'agonie de leurs enfants, et si l'une d'elles est contrainte de demeurer
près de son fils qui se meurt, elle s'efforce de lui donner tous les soulagements
possibles. Elle arrange son lit pour lui donner une position plus commode, elle lui
présente des rafraîchissements : ainsi la pauvre mère console-t-elle sa douleur.
Mais vous, ô Marie, ô Mère la plus affligée de toutes les mères, vous devez être
présente à l'agonie de votre Fils, et il ne vous est pas permis de lui donner le
moindre soulagement. » Alphonse de Liguori.
PRIÈRE
Reine des Martyrs, Marie, Mère de Douleurs ! Au nom de cette Douleur excessive
qui pénétra votre cœur lorsque vous avez vu votre divin Fils Jésus cloué à la Croix,
puis y demeurant suspendu trois heures entières, abîmé dans d'immenses
souffrances, jusqu'à ce qu'enfin il expire et remette son âme entre les mains de son
Père ; obtenez moi, je vous en prie, que par les mérites de la mort et de la Passion
de votre Fils Jésus, je fasse une sainte mort, assisté de Jésus et de vous, ô Marie,
et que mon âme exhale son dernier soupir entre vos mains. Amen.
● SIXIÈME JOUR - En Toi Seigneur, j’ai mon abri
Isaïe 53, 4-5 : « Et nous, nous le considérions comme puni, frappé par Dieu et
humilié. Mais lui, il a été transpercé à cause de nos crimes, écrasé à cause de nos
fautes. Le châtiment qui nous rend la paix est sur lui, et dans ses blessures nous
trouvons la guérison. »
Psaume 31, 2-3 : « Incline vers moi ton oreille, hâte-toi de me secourir! Sois pour
moi un rocher protecteur, une forteresse, Où je trouve mon salut! Car tu es mon
rocher, ma forteresse; Et à cause de ton nom tu me conduiras, tu me dirigeras. »
Dieu n'a pas fait descendre Jésus de la croix. Jésus a connu véritablement notre
mort humaine. Marie en partage toute la douleur, et puisqu'elle survit à son fils,
elle souffre ensuite seule, sans son fils.
« SIXIÈME DOULEUR : Jésus percé d'une lance et descendu de la croix. La lance,
dit saint Bernard, en entrant dans le cœur de Jésus, traversa l'âme de Marie, car
cette âme bénie ne pouvait se détacher du Cœur de Jésus. Auparavant, Marie avait
son Fils pour compatir à ses souffrances, maintenant elle ne l'a plus. Les disciples
détachèrent d'abord les mains, puis les pieds. Ensuite, l'un soutenant le corps d'en
haut, l'autre d'en bas, tous deux le descendent de la croix. La Mère de douleurs se
dresse sur la pointe des pieds et étend les bras pour recevoir son Fils bien-aimé.
Elle l'embrasse et s'assied au pied de la croix. Elle considère la bouche entrouverte
de Jésus et ses yeux éteints ; elle parcourt du regard, l'un après l'autre, ses membres
déchirés et ses os mis à découverts. Elle ôte la couronne et voit les blessures faites
par les épines dans sa tête sacrée.» Alphonse de Liguori
PRIÈRE
Reine des Martyrs, Marie, Mère de Douleurs ! Au nom de cette Douleur très vive
que vous avez éprouvée en voyant frapper d'un coup de lance le cœur de Jésus déjà
mort, blessure qui fut ressentie par votre âme tout entière, laquelle ne pouvait se
séparer du cœur de Jésus ; je vous supplie de m'obtenir de votre Fils qu'il blesse
lui-même mon cœur d'un trait de son amour, et de telle sorte que je ne puisse plus
me séparer de Lui, ni de Vous, dans le temps et dans l'éternité. Amen.
● SEPTIÈME JOUR - Annonce évangélique du salut
Ps 90,13 : « Reviens, Seigneur ! Jusques à quand ? Prends en pitié tes serviteurs.
»
Douleur du deuil. Douleur des ténèbres qui désormais recouvrent la terre puisque
Dieu en a été chassé.
En réalité, comme le dit le catéchisme de l'Eglise catholique : « La descente aux
enfers est l'accomplissement, jusqu'à la plénitude, de l'annonce évangélique du
salut. Elle est la phase ultime de la mission messianique de Jésus, phase condensée
dans le temps mais immensément vaste dans sa signification réelle d'extension de
l'œuvre rédemptrice à tous les hommes de tous les temps et de tous les lieux, car
tous ceux qui sont sauvés ont été rendus participants de la Rédemption. » (CEC
634)
« SEPTIÈME DOULEUR : La sépulture de Jésus. Au retour du sépulcre, passant
devant la croix encore teinte du sang de son Jésus, Marie s'arrêta et fut ainsi la
première à l'adorer. « O croix sainte, dit-elle, je te baise et je t'adore. Tu n'es plus
maintenant un bois infâme, tu es un trône d'amour et l'autel de la miséricorde,
consacré par le sang de l'Agneau divin qui a été immolé sur toi pour le salut du
monde. » Demande-lui que du moins elle te permette de pleurer avec elle : Faites
que je pleure avec vous ! Elle pleure par amour ; toi, pleure par la douleur de tes
péchés. Alphonse de Liguori
PRIÈRE
Reine des Martyrs, Marie, Mère de Douleurs ! Par cette extrême douleur que vous
avez soufferte en voyant le corps de votre divin Fils Jésus, détaché de la Croix,
reposé dans le tombeau, où vous aviez aussi renfermé votre cœur si aimant ; je
vous conjure de m'obtenir que j'ensevelisse dans le tombeau de Jésus le vieil
homme avec toutes ses passions et que je me revête de l'homme nouveau, formé à
l'image de Jésus lui-même, afin que je puisse mériter votre protection durant ma
vie, votre assistance à la mort, et que je participe à votre gloire dans le ciel. Amen.
● HUITIÈME JOUR - Tu n’as pas épargné ta vie
Judith 13, 19-20 : « Ozias, à son tour, dit à Judith "Sois bénie, ma fille, par le Dieu
Très-Haut, plus que toutes les femmes de la terre; et béni soit le Seigneur Dieu,
Créateur du ciel et de la terre, lui qui t'a conduite pour trancher la tête du chef de
nos ennemis! Jamais la confiance dont tu as fait preuve ne s'effacera de l'esprit des
hommes; mais ils se souviendront éternellement de la puissance de Dieu.
Fasse Dieu que tu sois éternellement exaltée et récompensée de mille biens,
puisque tu n'as pas ménagé ta vie quand notre race était humiliée, mais que tu as
conjuré notre ruine en marchant droit devant notre Dieu." Tout le peuple répondit
: "Amen! Amen!" »
« Regardez et voyez s'il y a douleur pareille à ma douleur ? » Ecoutons cette
lamentation de Marie, la Vierge Mère. Contemplons cette douleur poignante et
nous le verrons : il n'est pas de douleur pareille à sa douleur, si ce n'est la douleur
de ce Fils où la sienne se modèle ; puisque, ô surprise à peine croyable, c'est une
vraie compassion qui l’étreint, et que les mots d’une langue humaine ne sauraient
exprimer. Car faisant rejaillir sur soi les douleurs, les blessures, les outrages de son
Fils, elle les subissait dans sa propre personne, ressentant ce qui se trouvait dans
le Christ Jésus. En son âme, debout près du Christ, elle partageait son martyre ;
blessée de sa blessure, crucifiée au crucifix, percée du même glaive. Car son âme
fut transpercée par le glaive de la passion du Christ. » Saint Bonaventure
STABAT MATER
Debout, la Mère des douleurs, près de la croix était en larmes,
Quand son Fils pendait au bois.
Alors, son âme gémissante, toute triste et toute dolente, un glaive transperça.
Qu’elle était triste, anéantie, la femme entre toutes bénie, la Mère du Fils de Dieu
!
Dans le chagrin qui la poignait, cette tendre Mère pleurait son Fils mourant sous
ses yeux.
Quel homme sans verser de pleurs verrait la Mère du Seigneur endurer si grand
supplice?
Qui pourrait dans l’indifférence contempler en cette souffrance
La Mère auprès de son Fils?
Pour toutes les fautes humaines, elle vit Jésus dans la peine et sous les fouets
meurtri.
Elle vit l’Enfant bien-aimé mourir tout seul, abandonné, et soudain rendre l’esprit.
O Mère, source de tendresse, fais-moi sentir grande tristesse pour que je pleure
avec toi.
Fais que mon âme soit de feu dans l’amour du Seigneur mon Dieu :
Que je Lui plaise avec toi.
Mère sainte, daigne imprimer les plaies de Jésus crucifié en mon cœur très
fortement.
Pour moi, ton Fils voulut mourir, aussi donne-moi de souffrir une part de Ses
tourments.
Donne-moi de pleurer en toute vérité, comme toi près du Crucifié, tant que je vivrai
!
Je désire auprès de la croix me tenir, debout avec toi, dans ta plainte et ta
souffrance.
Vierge des vierges, toute pure, ne sois pas envers moi trop dure,
Fais que je pleure avec toi.
Du Christ fais-moi porter la mort, revivre le douloureux sort et les plaies, au fond
de moi.
Fais que Ses propres plaies me blessent, que la croix me donne l’ivresse
Du Sang versé par ton Fils.
Je crains les flammes éternelles; ô Vierge, assure ma tutelle à l’heure de la justice.
O Christ, à l’heure de partir, puisse ta Mère me conduire à la palme des vainqueurs.
A l’heure où mon corps va mourir, à mon âme, fais obtenir la gloire du paradis.
Prière attribuée au franciscain italien Jacopone da Todi (13ème siècle)
● NEUVIÈME JOUR - Lumière des nations
Isaïe 49,6 : « Je t’ai établi lumière des nations pour que tu apportes le salut aux
extrémités de la terre. »
Psaume 144, 2-6 : «Chaque jour je te bénirai, je louerai ton nom toujours et à
jamais. Il est grand, le Seigneur, hautement loué ; à sa grandeur, il n'est pas de
limite. D'âge en âge, on vantera tes œuvres, on proclamera tes exploits. Je redirai
le récit de tes merveilles, ton éclat, ta gloire et ta splendeur. On dira ta force
redoutable ; je raconterai ta grandeur. »
La prophétie de Siméon annonçait non seulement que Jésus serait un signe en butte
à la contradiction, mais qu'il serait aussi la lumière des nations (Lc 2,32).
Si nous méditons la douleur, c'est parce qu'elle est le lieu de la rédemption.
La mort de Jésus est suivie par sa résurrection et sa seigneurie sur l'univers. Jésus
est alors annoncé et reçu dans le monde entier.
PRIÈRE
Très affligée et très Douloureuse Vierge Marie, ma Souveraine, déjà Votre Fils
unique, mon Seigneur Jésus-Christ demeure enseveli, et Vous, Souveraine, Vous
vous en retournez seule, sans la lumière de Vos yeux et sans la vie de Votre Cœur.
Tous les Esprits du ciel Vous accompagnent, ô Marie, très douloureuse!
Qu'il m'est pénible d'être la cause de tant d'oppression par mes péchés! J'ai été,
Mère très affectionnée, un malfaiteur et cruel homicide; j'ai, par mes fautes,
arraché la Vie à Votre très Doux Fils.
Je me prosterne à Vos pieds, pour mériter Votre Pitié, après avoir été si cruel envers
Vous; je me confie en Votre suprême Miséricorde, pour espérer, par ces mêmes
Douleurs que je Vous ai causées, le pardon que je ne mérite pas.
Je me propose, ô ma Souveraine, et ma très affligée Mère, de m'amender
sincèrement, et de commencer une nouvelle vie, pour me rendre digne de Votre
refuge, et, par ce moyen, jouir en votre compagnie de l'Eternité avec cette faveur
que je sollicite, si elle tend à la plus grande gloire de Dieu et au salut de mon âme.
Amen.
■ LITANIES DE NOTRE DAME DES DOULEURS
Seigneur, ayez pitié de nous.
Jésus-Christ, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous.
Père céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Fils Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Esprit Saint qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Trinité Sainte qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous
Marie, mère des douleurs, priez pour nous.
Marie, qui avez éprouvé une douleur si sensible d’être forcée, à la naissance de
votre divin Fils, de le coucher sur la paille entre deux animaux, ...
Marie, qui avez ressenti jusqu’au fond du cœur la plaie faite à votre divin Fils lors
de la circoncision, ...
Marie, qui avez consenti à supporter l’opprobre de passer aux yeux des hommes
pour une femme ordinaire lors de la Purification, ...
Marie, dont l’âme fut pénétrée des plus vives appréhensions par la prophétie de
Siméon,...
Marie, qui avez éprouvé une douleur amère lorsqu’il fallut soustraire le divin
Enfant à la fureur d’Hérode, ...
Marie, dont le cœur compatissant fut vivement affligé par le massacre des
Innocents, ...
Marie, qui fut agitée de mille inquiétudes pour le divin Jésus, dans le retour
d’Egypte à Bethléem, ...
Marie, qui fut livrée aux plus grandes angoisses durant les trois jours où votre divin
fils resta à votre insu dans le Temple, ...
Marie, qui avez éprouvé une solitude amère quand votre divin Fils se retira au
désert, ...
Marie, qui avez ressenti jusqu’au fond de l’âme les injures et les menaces qu’on
proférait contre votre divin Fils, ...
Marie, dont le cœur fut percé d’un glaive de douleur, lorsque Jésus demanda votre
consentement pour aller à la mort, ...
Marie, qui avez été profondément affligée lorsque vous avez appris qu’on s’était
saisi de Jésus, ...
Marie, qui avez ressenti cruellement la douleur de la flagellation du Sauveur, ...
Marie, qui avez été plongée dans l’affliction la plus cruelle lorsque Jésus sanglant
et défigurée fut montré au peuple par Pilate, ...
Marie, qui malgré le torrent d’amertume qui inondait votre âme, avez eu le courage
héroïque de suivre Jésus jusqu’au Calvaire, ...
Marie, dont le cœur fut attaché à la croix avec les mêmes clous qui y attachèrent
votre divin fils, ...
Marie, qui avez vu avec douleur les soldats se partager les vêtements de Jésus, ...
Marie, qui avez éprouvé la plus vive compassion lorsque Jésus demandant à boire,
vous n’avez pu lui procurer ce faible soulagement, ...
Marie, qui au dernier soupir de Jésus avez éprouvé un saisissement tel que, sans
un miracle, vous auriez dû vous-même en mourir, ...
Marie, dont le cœur fut transpercé par la même lance qui ouvrit le cœur de votre
divin
Fils, ...
Marie, dont l’affliction fut plus grande encore lorsqu’on déposa sur votre sein
maternel, Jésus sans vie couvert de plaies et de sang, ...
Marie, dont le comble de la douleur fut de remettre Jésus à Nicodème pour
l’ensevelir, ...
Marie, qui avez passé dans les larmes et les abîmes dans la plus profonde tristesse
les trois jours que Jésus passa dans le sépulcre, ...
O Marie ! Mère des douleurs ! Reine des martyrs ! ...
Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous Seigneur.
Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, exaucez nous Seigneur.
Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous.
Jésus-Christ, écoutez-nous.
Jésus-Christ, exaucez-nous.
PRIONS
Faites, Seigneur Jésus, que la bienheureuse Vierge Marie, votre mère, dont l’âme
très sainte a été percée d’un glaive de douleur pendant votre Passion, nous assiste
maintenant et à l’heure de notre mort, en implorant votre infinie miséricorde, ô
Sauveur du monde, qui étant Dieu, vivez et régnez avec le Père et le Saint Esprit,
dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il !