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Crise financière de l'État en 1789

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1787-1789 Trouver une solution à la

crise financière
de l’État
Comme ses prédécesseurs, Louis XVI est confronté à un déficit
budgétaire chronique doublé d’un fort endettement. Alors que
les réformes précédentes ont échoué, de nouvelles solutions
sont envisagées à partir de 1787.

1787-1788 • L’échec des tentatives


226
de réformes
Une situation budgétaire catastrophique
En 1787, les dépenses du royaume sont en forte hausse, alourdies par le rembourse-
ment des intérêts de la dette. Celle-ci a considérablement gonflé sous le règne de
Louis XVI, à cause des nombreux emprunts contractés par les ministres du roi qui
trouvent ainsi facilement de l’argent sans chercher à changer le système fiscal.
Les recettes quant à elles sont stables, la moitié provenant des impôts indirects et
un tiers environ des impôts directs payés par le tiers état.
Le déficit budgétaire, de plus en plus lourd, nécessite donc des réformes de fond.

L’expérience Calonne
À l’été 1786, Charles Alexandre de Calonne, contrôleur général des finances de
Louis XVI, avait proposé un vaste projet de réformes. Parmi les plus audacieuses
figurait la création de la « subvention territoriale », un impôt direct permanent pe-
sant sur tous les revenus fonciers, y compris ceux de la noblesse et du clergé. Mais
ceux-ci, comme la cour, la reine et les frères du roi, sont très hostiles à Calonne.
Louis XVI finit par céder et renvoie son ministre le 10 avril 1787.

L’expérience Loménie de Brienne


Étienne Charles Loménie de Brienne reprend l’idée de la subvention territoriale,
en la rendant toutefois temporaire. Mais il se heurte cette fois au Parlement qui
refuse d’enregistrer l’édit à l’été 1787 et demande la convocation des états généraux.
L’inégalité entre les trois ordres
De nombreuses caricatures sont imprimées au printemps 1789
et vendues par les colporteurs ou les marchands d’estampes.
Ici, le paysan (tiers état) est accablé par le travail, dominé par
Exilé à Troyes par Louis XVI, le les privilégiés (clerc et noble) et harcelé par leurs animaux
Parlement de Paris reçoit le sou- (représentant impôts, corvées, dîme). Toutefois, la légende
exprime l’espoir de changement à la veille des états généraux. 227
tien de ceux de province et d’une « Ça n’durra pas toujours », gravure, 1789 (BNF, Paris).
partie de l’opinion. Loménie de
Brienne abandonne alors la subvention, obtient de contracter de nouveaux emprunts
et promet la réunion des états généraux pour 1792. Mais la fronde parlementaire se
poursuit et la contestation enfle. En août 1788, à court d’argent, Louis XVI accepte
finalement la convocation des états généraux pour 1789.

1788 : un hiver
particulièrement rigoureux 1788-1789 • La réunion
Alors que la population est appelée des états généraux
à rédiger les cahiers de doléances,
les récoltes s’annoncent mauvaises
pour la deuxième année consécu-
La rédaction des cahiers
tive. Dans les campagnes, les reve- de doléances
nus des paysans s’effondrent, les Le roi appelle aux Finances Jacques Necker,
forçant à restreindre leurs achats. un banquier genevois qui jouit de la confiance
La crise s’étend alors aux arti- de la cour et des milieux d’affaires. Il double
sans et aux marchands, notam- le nombre de représentants du Tiers aux états
ment dans les villes où le prix des
généraux mais conserve le vote par ordre qui
céréales connaît une forte hausse.
À la veille des états généraux, les
donne la majorité à la noblesse et au clergé :
émeutes se multiplient. ceux-ci disposent de deux voix, alors que le
tiers état n’en a qu’une.
1787-1789 Trouver une solution à la crise financière de l’État
Chaque ordre rédige des cahiers de doléances pour exposer les questions qui doivent
être soumises aux états généraux. Les cahiers du tiers état souhaitent des change-
ments mais témoignent d’une grande confiance envers Louis XVI et la monarchie.

L’arrivée des députés à Versailles


Environ 1 200 députés sont élus dans tout le royaume aux mois de mars et avril 1789,
dont la moitié, essentiellement des juristes et des officiers du roi, représente le
tiers état, soit près de 98 % de la population.
Le 2 mai, Louis XVI reçoit à Versailles les députés, puis le 5 mai, au cours de la
cérémonie d’ouverture dans la salle des Menus-Plaisirs, il rappelle dans un bref
discours les principes de la monarchie absolue (! p. 190).

La Révolution des députés


Les députés du tiers état apprennent alors que le vote final n’aura pas lieu par tête,
comme ils l’espéraient pour avoir la majorité en ralliant le bas clergé. Le 17 juin,
rejoints par une partie de ce dernier, ils se déclarent Assemblée nationale tandis
que le roi fait fermer la salle de réunion.
Le 20 juin, dans la salle voisine du Jeu de paume, les députés jurent de ne pas
se séparer avant d’avoir rédigé une Constitution. Le 27, Louis XVI semble céder en
demandant à la noblesse et au clergé de se joindre à l’Assemblée nationale.
Cependant la veille, le roi a ordonné le rassemblement de 20 000 soldats près de
228 Paris. Quand il renvoie Necker le 11 juillet, ceux qui soutiennent les changements
craignent « une Saint-Barthélemy des patriotes », selon l’expression de Camille
Desmoulins (! p. 237).

Les états généraux

Les premiers états généraux sont


convoqués par Philippe le Bel en
1302. Ils ne donnent qu’un avis
consultatif et n’ont aucun pou-
voir de décision. Leur convoca-
tion dépend de la volonté royale
et varie en fonction de la conjonc-
ture. En période de crise, comme
pendant la guerre de Cent Ans ou
les guerres de religion, ils sont
fréquemment réunis, notamment
pour trouver des subsides. En
1789, si les parlements, rejoints
par certains nobles, réclament la
convocation des états généraux,
c’est dans le but de s’opposer aux
réformes fiscales qui entraîne-
raient la disparition des privilèges.
Le Serment du Jeu de paume, 20 juin 1789
Tous les députés, sauf un, prêtent serment. Jean Bailly,
astronome, doyen des députés du tiers état et président
L’ouverture des états généraux de l’Assemblée, domine la scène. Les bras levés et le vent
à Versailles, le 5 mai 1789 dans les rideaux soulignent l’enthousiasme des députés.
Jacques-Louis David, dessin, 1791 (musée du château
La disposition de la salle reflète l’iné-
de Versailles).
gal traitement des trois ordres. Les 308
députés du clergé se trouvent à la droite


du roi, tandis qu’à sa gauche siègent les
290 représentants de la noblesse. Relé-
gués au fond de la vaste salle, vêtus de Allez dire à votre maître que 229
noir, les 598 députés du tiers état n’en- nous sommes ici par la volonté du
tendent pas toujours les discours tenus peuple, et nous n’en sortirons que par
sur l’estrade. la force des baïonnettes. »
Isidore Stanislas Helman, gravure d’après
■ Le comte de Mirabeau, élu du tiers état,
un dessin de C. Monet, 1790 (BNF, Paris).
au marquis de Dreux-Brézé, 23 juin 1789.

« Je crois que la nation assemblée


ne peut recevoir d’ordres » (Bailly)
Le 23 juin 1789, lors d’une séance solennelle, Louis XVI
rappelle le principe de la monarchie absolue et exige
que les députés évacuent la salle et délibèrent par
ordre. Alors que les représentants de la noblesse et
du haut-clergé quittent la salle, ceux du tiers état et
du bas clergé demeurent assis après le départ du
roi. Au marquis de Dreux-Brézé, grand maître des
cérémonies, venu réitérer l’ordre d’évacuation, Bailly
répond que la nation assemblée n’a d’ordre à recevoir
de personne, signifiant la primauté de la souverai-
neté de la nation sur celle du roi. Informé de ce défi à
son autorité, Louis XVI envisage d’abord de recourir
à la force mais se range finalement à l’avis de son
entourage et fait venir des troupes près de Versailles.
e
Le XIX siècle
De la Révolution française
à la Belle Époque
En 1789, la Révolution française met
fin à la monarchie absolue de droit
divin et à la société d’Ancien Régime.
Elle entraîne de profondes mutations
politiques et sociales. Tout au long
du XIXe siècle, la succession des
régimes et des révolutions révèle
l’hésitation entre retour à l’ordre
et préservation des acquis de 1789.
Sur le plan extérieur, l’hégémonie
française qui culmine avec les
guerres napoléoniennes est bientôt
battue en brèche par l’éveil des
nationalités. L’équilibre européen se
reconstruit aux dépens de la France.

La Liberté guidant le peuple,


Eugène Delacroix, huile sur toile,
325 × 260 cm, 1830
(musée du Louvre, Paris).
Le difficile enracinement de la République
Tout au long du XIXe siècle, la Révolution française
est au centre de l’imaginaire politique français.
Modèle attractif ou répulsif, elle est l’aune à
partir de laquelle chaque régime se mesure.
En renversant l’absolutisme, la Révolution a
transformé les sujets en citoyens et leur a donné
de nouveaux droits.
Ces acquis sont progressivement élargis, mais la
question du régime n’est véritablement résolue
qu’avec l’installation de la IIIe République en
1870 et le vote des lois constitutionnelles en 1875.
D’abord fragile et contesté, ce régime finit par
s’enraciner. La loi de séparation des Églises et de
l’État de 1905 achève l’œuvre de laïcisation de la
République et confirme la sécularisation de la
société française.

Une France modernisée


232
L’industrialisation, initiée dans le premier tiers
du XIXe siècle, s’accompagne d’une révolution
technique et scientifique qui change en
profondeur le visage de la France.
Sous le Second Empire, la prospérité favorise
la modernisation des structures économiques.
Le territoire est progressivement maîtrisé
et unifié grâce au développement du réseau
ferré qui renforce cependant la centralisation
autour de la capitale. Mais l’urbanisation reste
lente jusqu’au début du XXe siècle, tandis que
la modernisation agricole et l’essor industriel
affectent inégalement le territoire.
À l’extérieur, le pays entame, avec la conquête
de l’Algérie, une ambitieuse politique
de colonisation.

À la veille de la Première Guerre mondiale, un consensus


s’est établi autour des valeurs républicaines. La France,
devenue une puissance industrielle, reste pourtant un
pays à dominante rurale et présente un visage contrasté.
14 juillet 1789
Prise de la Bastille

20-22 juin 1791


Fuite à Varennes

10 août 1792
Chute de la monarchie

Septembre 1793 2 décembre 1804


Loi des suspects Sacre de Napoléon

Novembre 1799
Coup d’État Nov. 1814 – juin 1815
du 18 brumaire Congrès de Vienne

M. C.* Ire République Consulat Premier Empire Restauration


1789 1792 1799 1804 1814

1789-1799 1805-1815
Révolution française Conquêtes napoléoniennes

*Monarchie constitutionnelle

1798 18 juin 1815


Expédition 2 décembre 1805 Bataille
d’Égypte Bataille d’Austerlitz de Waterloo

1795
Fin de la Terreur
Début du Directoire

21 janvier 1793
Exécution de Louis XVI

20 septembre 1792
Bataille de Valmy

26 août 1789
Déclaration des droits
de l’homme et du citoyen
2 décembre 1851
Coup d’État de Louis-
Napoléon Bonaparte

2 décembre 1852
Instauration
du Second Empire

Juillet 1830
Les Trois Glorieuses

Restauration Monarchie de Juillet IIe Rép. Second


1830 1848 1852

1830-1905 Expansion coloniale française

1830-1880 Première révolution industrielle en France

29 mai 1825 1846 1853


Sacre Inauguration de la gare Travaux
de Charles X Denfert-Rochereau d’Haussmann

Février 1848
Proclamation
de la IIe République

1830
Conquête de l’Algérie
1870-1871
Guerre franco-prussienne

1871
Commune de Paris

1860
Rattachement
de la Savoie
et du comté de Nice
à la France

Empire IIIe République


1870 1905

1880 Début de la deuxième


révolution industrielle

1894-1906 Affaire Dreyfus

1880
14 juillet, fête nationale
1884
Légalisation des syndicats

1885
Louis Pasteur découvre
le vaccin contre la rage

28 décembre 1895
Projection
des frères Lumière
au Grand Café

1900
Exposition universelle à Paris

1901
Loi sur les associations

1904
Entente cordiale

1905
Loi de séparation
des Églises et de l’État
1789
La Bastille est prise
14 juillet

Alors qu’à Versailles, une révolution juridique menée par les


députés des états généraux fait vaciller la monarchie absolue,
l’assaut lancé par les Parisiens contre la prison de la Bastille le
14 juillet marque l’entrée en scène du peuple dans la Révolution.

La rumeur d’un complot aristocratique


contre la Révolution
Le 11 juillet, le roi révoque son ministre Jacques Necker, très populaire, mais qu’il juge
trop libéral. Cette décision suscite le trouble à Paris où l’effervescence est forte depuis
la fin du mois de juin 1789 du fait de la hausse des prix et du chômage (! p. 227).
Bientôt se répand la rumeur selon laquelle le roi a ordonné un mouvement de


troupes pour encercler la capitale. Le 13 juillet,
le peuple est en quête d’armes et de munitions. Citoyens, il n’y a
Le même jour, une municipalité révolutionnaire pas un moment à perdre.
remplace les autorités de la ville ; elle met sur J’arrive de Versailles.
pied une milice bourgeoise : la garde nationale, Monsieur Necker est
commandée par La Fayette (! p. 222). renvoyé. Ce soir, tous
les bataillons suisses et
236 allemands sortiront du
Le 14 juillet, les Parisiens Champ-de-Mars pour
s’attaquent à un symbole nous égorger. Il ne nous
Le matin du 14, la foule se rend aux Invalides pour reste qu’une ressource :
trouver des armes puis se dirige vers la prison de
c’est de courir aux armes
et de prendre les cocardes
la Bastille. Le gouverneur Launay s’est retranché pour nous reconnaître. »
avec ses hommes derrière les douves et ordonne ■ Camille Desmoulins, 12 juillet 1789.
de tirer sur les Parisiens parvenus jusqu’au pont-
levis, faisant bientôt une centaine de morts.
La fureur populaire décuple. Quatre canons sont alors traînés jusqu’à la vieille
prison. Launay se rend bientôt mais les assaillants se ruent à l’intérieur. Exhibé à
travers les rues, le gouverneur est mis à mort sur la place de Grève ; sa tête, brandie
en haut d’une pique, est promenée jusqu’au Palais-Royal. Dans la prison, on ne
trouve que sept prisonniers.

La Révolution fait reculer le roi


Pour calmer les esprits, Louis XVI annonce le lendemain à l’Assemblée nationale le
départ des troupes. Le 16, il rappelle Necker et ses collègues congédiés et, le 17, il se
rend à Paris où, arborant la cocarde bleue et rouge, il est applaudi par le peuple. La
révolution politique est consolidée et l’attachement au roi réaffirmé.

1789 Prise de la Bastille


M. C.* Ire République Consulat Premier Empire Restauration Monarchie de Juillet
1789 1792 1799 1804 1814 1830 1848
1789-1799 1805-1815
Révolution française Conquêtes napoléoniennes

*Monarchie constitutionnelle
La Prise de la Bastille le 14 juillet 1789
Dans le faubourg Saint-Antoine, la Bastille est une
forteresse aux allures médiévales où, au xviiie siècle,
sont enfermés ceux qui se risquent à critiquer publi-
quement le roi. Elle symbolise l’arbitraire royal. Après
l’assaut, dès le 16 juillet, le chantier de démolition Clubs et sociétés
devient un lieu de promenade. Des visites guidées populaires : les Français 237
sont organisées et les pierres de l’édifice transfor- prennent la parole
mées en petites bastilles vendues comme souvenirs.
Jean-Baptiste Lallemand, huile sur toile, 104 × 80 cm, À l’automne 1789, la Société des
1789 (musée Carnavalet, Paris).
amis de la Constitution quitte
Versailles pour Paris et s’ins-
talle au couvent des Jacobins,
Camille Desmoulins
ns d’où son nom de club des Jaco-
(1760-1794) bins. Ainsi se constitue une
structure politique centrale de
■ Jeune avocat, Camille
la Révolution qui va essaimer
Desmoulins est l’une
dans tout le pays : 90 clubs affi-
des principales voix de
liés en province en 1790, 700
la Révolution : le 12 juil-
en 1793. Grâce aux journaux
let 1789, il appelle les Pari--
qu’ils contrôlent, les Jacobins
siens à prendre la Bastille e et
diffusent leurs idées politiques
fonde en novembre le journal Révolutions
et leurs proclamations. Parallè-
de France et de Brabant. Ami de Georges
lement, des sociétés populaires
Danton (! p. 244), membre du club des Cor-
sans droits d’adhésion, telles les
deliers, c’est un partisan de la République.
sections à Paris, réunissent les
Il est élu à la Convention où il siège avec
citoyens pauvres désireux de
les Montagnards. Il meurt sur l’échafaud le
soutenir la Révolution.
5 avril 1794, pendant la Terreur (! p. 250). ■

IIe Rép. Second Empire IIIe République


1852 1870 1905
1830-1905 Expansion coloniale française
1880 Début de la deuxième révolution industrielle
1830-1880 Première révolution industrielle en France
1894-1906 Affaire Dreyfus
Août 1789
La Révolution
et la fin de l’Ancien
Régime
Après la prise de la Bastille le 14 juillet, la Révolution s’est
diffusée en province. La Grande Peur pousse l’Assemblée
nationale à abolir les privilèges. Quelques jours plus tard,
la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen met
à bas l’Ancien Régime.

238
4 août 1789 • L’Assemblée abolit
les privilèges et met fin à la société d’ordres
La Grande Peur
❝ L’Assemblée nationale détruit
Depuis la mi-juillet, les paysans se sont entièrement le régime féodal. »
soulevés pour réclamer leur « part » de ■ Décret de l’abolition des privilèges, 4 août 1789.
la Révolution. Dans tout le pays, ils
détruisent les actes de propriété des seigneurs et incendient leurs châteaux. Les
députés s’inquiètent de ce mouvement spontané qui menace l’ordre.
Dans la soirée du 4 août, afin de répondre re aux
u reve en-
reven-
dications paysannes mais aussi de protéger laa propriété
propriiét
éé
’Assem
e bl
privée, le vicomte de Noailles propose à l’Assemblée bléee
nationale de voter l’abolition des privilèges.

La nuit du 4 août
Après des débats enflammés, c’est sous les ova-
tions et les manifestations de joie collectivee
qu’est proclamée l’égalité fiscale et que
sont abolis privilèges seigneuriaux et per-
sonnels, corvées et servitudes, privilèges
des provinces et des villes, dîme ecclésias-
La Déclaration des droits de l’homme
et du citoyen
C’est sous les auspices de la Raison – le triangle – que
la Déclaration prétend rétablir les droits « naturels et
imprescriptibles » de l’homme.
tique. Les autres droits féodaux, Jean-Jacques François Le Barbier, huile sur bois, 56 × 71 cm,
239
et notamment la propriété de la 1789 (musée Carnavalet, Paris).
terre, sont déclarés rachetables.
À l’issue des débats, Louis XVI, que l’on veut associer à l’événement, est proclamé
« restaurateur de la liberté française ».

26 août 1789 • L’Assemblée vote la Déclara-


tion des droits de l’homme et du citoyen
Les débats à l’Assemblée
Le débat sur la rédaction d’une Déclaration des droits a commencé dès juillet 1789.
Les auteurs du texte ont à l’esprit les précédents anglais et américain. La Décla-
ration américaine de 1776 (! p. 223) affirme déjà que « tous les hommes sont créés
égaux », mais la visée universaliste est plus nettement affirmée par les constituants
français lors des débats du mois d’août 1789.
La nuit du 4 août Le texte final, composé d’un préambule
Ces hommes, qui détruisent au fléau les et de 17 articles, est le fruit d’un compromis
attributs des privilèges, symbolisent l’ir- entre plusieurs projets. Alors que certains
ruption de la paysannerie dans la Révolu-
modérés de l’Assemblée réclamaient une Dé-
tion et célèbrent la nuit du 4 août qui a mis
fin à la société d’ordres (! p. 78). claration des droits et des devoirs, c’est uni-
La Nuit du 4 août ou le délire patriotique, quement l’idée de droits « naturels et impres-
gravure, 1789 (BNF, Paris). criptibles » qui est retenue.
Août 1789 La Révolution et la fin de l’Ancien Régime
L’acte de décès de l’Ancien Régime
Les 17 articles, posés comme « inaliénables et sacrés », fondent la société nouvelle
sur la liberté, l’égalité civile et la souveraineté nationale. La Déclaration répond
ainsi aux abus de l’arbitraire royal que dénonçaient les Lumières (! p. 213). Elle
satisfait les révolutionnaires, mais rallie aussi les conservateurs dans la mesure où


chaque article du texte fait référence
à la loi. Ces derniers y voient une Il faut proclamer des
digue qui fixe les limites de l’autono- axiomes tellement simples, évidents
mie individuelle. et féconds qu’il serait impossible
La Déclaration, promulguée par le de s’en écarter sans être absurde. »
■ Mirabeau à propos du projet de Déclaration
roi le 3 novembre 1789, constitue le des droits de l’homme et du citoyen, 1789.
préambule de la Constitution de 1791.

Mirabeau (1749-1791)
■ Issu d’une famille de la noblesse provençale, Honoré-Gabriel
Riqueti de Mirabeau connaît une jeunesse tumultueuse et se
retrouve à plusieurs reprises en prison, où il rédige un essai
critiquant l’arbitraire royal. En 1789, il est élu aux états généraux
(! p. 228) par le tiers état d’Aix-en-Provence. Remarqué pour son
éloquence, il devient « l’orateur du peuple ». Il participe à la rédaction
on
240 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen et soutient la
nationalisation des biens du clergé (! p. 243). Élu président de l’Assemblée nationale
le 30 janvier 1791, il meurt le 2 avril. Ses cendres sont d’abord transférées au Panthéon,
mais il est soupçonné de traîtrise et de collusion avec le roi par la Convention. Sa
dépouille est alors « dépanthéonisée » et ses cendres jetées dans les égouts. ■

« Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits »


La Déclaration des droits de l’homme de la « sûreté » et de la « résistance à
et du citoyen constitue l’aboutissement l’oppression » contribue à l’affirmation
du processus engagé dans la nuit du de la liberté.
4 août. Elle confirme la disparition des La Déclaration consacre également
ordres (! p. 78) et des privilèges : les des principes politiques affirmés en
Français ne sont plus des sujets mais juin 1789. La loi est la clé de voûte de
des citoyens, égaux devant la loi et face la société nouvelle. Universelle, elle met
à l’impôt. Ils bénéficient des libertés fin aux privilèges de l’Ancien Régime
d’opinion, d’expression et de conscience et organise les relations entre des
religieuse. La liberté de disposer sou- citoyens devenus libres. « Expression
verainement de soi, qui interdit toutes de la volonté générale », elle fonde le
les formes de servitude – dont l’escla- principe de la souveraineté nationale.
vage aboli une première fois en 1794 L’article 16, en posant le principe de
(! p. 199) –, met fin à l’emprisonnement la séparation des pouvoirs (! p. 223),
arbitraire. La défense de la « propriété », enlève au roi la puissance législative.
241

Allégorie de l’Égalité tenant la Déclaration


des droits de l’homme et du citoyen
Si le texte de 1789 pose, comme principe, l’égalité civile entre les
hommes, la Déclaration de 1793 va plus loin en reconnaissant une
égalité naturelle.
Lithographie, xviiie siècle (musée de l’Histoire vivante, Montreuil).

Les Droits de l’homme


Déclaration d’indépendance américaine : elle affirme que « tous les hommes sont
1776
créés égaux », reprenant ainsi la philosophie du droit naturel cher aux Lumières.
1789 Première Déclaration des droits de l’homme et du citoyen en France.
Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, rédigée par Olympe de Gouges :
1791
elle n’a jamais été adoptée.
Déclaration des droits de l’homme et du citoyen qui prévoit le droit au travail
1793
et à l’instruction, ainsi que le suffrage universel. Elle n’est pas appliquée.
Déclaration des droits et des devoirs de l’homme et du citoyen, en retrait par rapport
1795
à celle de 1789.
1948 Déclaration universelle des droits de l’homme adoptée par l’ONU.
1950 Convention européenne des droits de l’homme.
1959 Déclaration des droits de l’enfant adoptée par l’ONU.
1791
Louis XVI est arrêté à Varennes
20-22 juin

En octobre 1789, sous la menace d’une foule venue de Paris,


Louis XVI et sa famille sont contraints de quitter Versailles pour
le palais des Tuileries. Leur fuite à Varennes en juin 1791 rompt
définitivement la confiance entre la monarchie et le peuple.

Fuir Paris
Depuis octobre 1789, la famille royale vit sous le contrôle des Parisiens.
Encouragé par la reine Marie-Antoinette, Louis XVI cherche l’appui des
monarchies étrangères (! p. 247) et décide de quitter Paris. Des régiments fidèles
au roi et des troupes envoyées par l’empereur d’Autriche, neveu de la reine, les
attendent à la frontière du Luxembourg.
Le 20 juin à minuit, la famille royale, affublée de déguisements et de faux noms,
prend la route dans une grosse berline. Mais rien ne se passe comme prévu : le
retard pris dès Paris s’accentue tout au long du voyage ; à Pont-de-Somme-Vesle,
après Châlons, le détachement de hussards qui devait accueillir le roi est déjà parti.

L’échappée s’arrête à Varennes


À Sainte-Menehould, le maître de poste, Jean-Baptiste Drouet, croit reconnaître
242 le roi. Il racontera plus tard devant l’Assemblée avoir été « frappé de la ressem-
blance de sa physionomie avec l’effigie d’un assignat de 50 livres ». La berline at-
teint Varennes à 11 heures du soir, et l’on s’arrête pour le dîner. Ayant suivi l’équi-
page, Drouet prévient la municipalité et fait barrer le pont. Louis XVI est pris et
contraint de retourner à Paris.


Le 25 juin, le cortège entre dans Paris et gagne
les Tuileries avec peine. La foule massée reste silen- Qui applaudira
cieuse et refuse de se découvrir au passage du roi, le roi sera bastonné, qui
avant de laisser éclater sa colère et d’envahir le l’insultera sera pendu. »
palais, détruisant les bustes de Louis XVI. ■ La garde nationale aux Parisiens,
25 juin 1791.

Que faire du roi ?


À la colère spontanée des Parisiens s’ajoute la peur d’un complot fomenté depuis
l’étranger par les aristocrates émigrés* : on en appelle alors à juger le roi.
Mais l’Assemblée nationale refuse et met au point la fiction d’un enlèvement
tandis que la personne du roi est déclarée inviolable. Le 17 juillet, la garde nationale
tire sur la foule réunie au Champ-de-Mars pour réclamer la déchéance de Louis XVI
et l’abolition de la royauté. Finalement, c’est un roi rétabli dans ses prérogatives
qui, le 14 septembre, valide la nouvelle Constitution et jure fidélité à la nation.
*Ceux qui, hostiles à la Révolution, quittent la France pour se réfugier dans les monarchies voisines,
d’où ils tentent d’organiser la contre-révolution.

1791 Arrestation de Louis XVI à Varennes


M. C.* Ire République Consulat Premier Empire Restauration Monarchie de Juillet
1789 1792 1799 1804 1814 1830 1848
1789-1799 1805-1815
Révolution française Conquêtes napoléoniennes

*Monarchie constitutionnelle
Arrestation du roi et de la famille royale
à Varennes, le 22 juin 1791
La fuite à Varennes a donné lieu à une abondante
iconographie qui révèle l’impact de l’événement.
L’atmosphère nocturne confère ici une grande
Les caricatures du roi
intensité dramatique à l’arrestation.
La Révolution s’accompagne
Jean-Louis Prieur, dessin au crayon et encre de Chine,
xviiie siècle (BNF, Paris).
d’une désacralisation pro-
gressive de l’image du roi. La
« trahison » royale de la fuite à 243
La Constitution civile du clergé Varennes laisse libre cours à
un foisonnement de caricatures
Les biens du clergé ont été nationalisés dès où le corps du roi, animalisé
novembre 1789 pour répondre aux problèmes (le plus souvent en cochon) ou
financiers du régime. Adoptée en juillet 1790 et tourné en dérision (roi ivrogne,
sanctionnée par le roi malgré ses réticences, roi en cage), est offert à la vin-
la Constitution civile du clergé prévoit l’élection dicte populaire.
des évêques et des curés par les assemblées
électorales des départements et des districts.
Le clergé doit également prêter serment à la
Constitution et passe ainsi sous l’autorité de
l’État (! p. 148).
Le clergé se divise alors entre prêtres
« jureurs », fidèles à la nation, et prêtres
« réfractaires » qui refusent de prêter ser-
ment. Louis XVI, qui place la Couronne et la
religion au-dessus de la nation, s’alarme des
risques de rupture entre Rome et l’Église
de France lorsque le pape Pie VI, qui juge la
Constitution civile « hérétique », finit par la
condamner en 1791. Estampe, 1791 (BNF, Paris).

IIe Rép. Second Empire IIIe République


1852 1870 1905
1830-1905 Expansion coloniale française
1880 Début de la deuxième révolution industrielle
1830-1880 Première révolution industrielle en France
1894-1906 Affaire Dreyfus
Août-septembre

1792
La monarchie est abolie
Le 10 août 1792, dans le tumulte lié aux défaites militaires
et face à la menace d’invasion des Prussiens et des Autrichiens,
la monarchie constitutionnelle est suspendue et la famille royale
emprisonnée. Le 21 septembre, la royauté est abolie.

La guerre attise l’agitation révolutionnaire


Depuis avril 1792, la France révolutionnaire lutte contre une coalition de
monarchies européennes dirigée par l’Autriche (! p. 247). Louis XVI s’est
résolu au conflit, espérant secrètement la victoire des princes étrangers.
L’accumulation des défaites militaires ravive la thèse du complot royal contre la
Révolution et le 11 juillet, l’Assemblée nationale proclame la « patrie en danger ».
L’arrivée de volontaires, les fédérés, venus de tous les départements, maintient
dans Paris une grande effervescence. Les sans-culottes réunis au sein des sections pari-
siennes* réclament, à l’instar de Robespierre (! p. 251), la déchéance du roi.

Les Parisiens prennent le palais des Tuileries


Le duc de Brunswick, généralissime des armées coalisées, menace Paris d’une « exé-
cution militaire » en cas d’attentat contre le roi et sa famille. Quand la nouvelle
244 parvient dans la capitale le 1er août, loin de terroriser les Parisiens, elle les mobilise
et redouble la colère des sections.
Dans la nuit du 9 au 10 août, une commune insurrectionnelle chasse l’ancienne
municipalité. Des milliers d’émeutiers marchent sur le palais des Tuileries, eries, tandis
que Louis XVI et sa famille trouvent refuge dans la salle du Manège ège où siège
l’Assemblée nationale. Celle-ci, impuissante face à l’émeute, suspend
le roi. La Commune décide alors de faire enfermer Louis XVI et la
famille royale à la prison du Temple.

La Convention abolit la royauté


Le roi est remplacé par un Conseil exécutif provisoire animé par Danton.n.
Une nouvelle assemblée, la Convention, est élue au suffrage élargi à tousus
les hommes actifs de plus de 21 ans. Elle doit donner une nouvellee
Constitution au pays tout en exerçant provisoirement le pouvoir.
Le 20 septembre, les armées coalisées sont défaites à Valmy (! p. 246)..
Le 21 septembre, la Convention abolit la royauté puis décrète le lendemain
n
que les actes publics seront dorénavant datés de l’An I de la République.

*Unités de vote devenues de petites entités Gravure anonyme, xviiie siècle (BNF, Paris).
administratives et des tribunes politiques.

1792 Abolition de la monarchie


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1789-1799 1805-1815
Révolution française Conquêtes napoléoniennes

*Monarchie constitutionnelle
La Prise des Tuileries le 10 août 1792
Les 950 gardes suisses (en uniforme rouge), mercenaires chargés de la protection du
roi, subissent la fureur des assaillants où se mêlent gardes nationaux (en bleu), fédérés
et sans-culottes. Le corps-à-corps est d’une grande violence : 600 gardes suisses et plus
de 300 assaillants sont tués durant le combat.
Jean Duplessis-Bertaux, huile sur toile, 192 × 124 cm, 1792 (musée du château de Versailles).

Les sans-culottes Georges Danton


n
À l’origine, le terme « sans-culotte » est (1759-1794) 245
2
une expression péjorative utili- ■ Avocat de forma-
sée par les contre-révolution- tion, Danton fonde
naires pour désigner les dégue- le club des Corde-
nillés qui errent dans les jardins liers où il exerce
du Palais-Royal et soutiennent les
d ses talents d’orateur..

députés de gauche. Peu à peu, le Démocrate, il devient ent
san
sans-culotte personnifie le peuple ministre de la Justice après le
et le terme devient un titre de gloire. 10 août. Au sein de la Conven-
Por
Portant bonnet rouge et pantalon rayé, tion, il siège avec les Monta-
le ssans-culotte arbore la cocarde. La gnards avec qui il vote la mort
piqu
pique devient son emblème. Au sein du roi (! p. 248). Il participe à
de sa section, il débat, pétitionne et la création du tribunal révolu-
n’
n’hésite pas à prendre les armes tionnaire en mars 1793, qu’il
po
pour faire pression sur la Conven- préside à partir de juillet, puis
tion au nom du « droit à l’insurrec-
tio entre au Comité de Salut public
ttion » conçu comme un devoir et soutient la politique de Ter-
absolu. Lors des grandes jour- reur (! p. 250). Accusé d’être
nées révolutionnaires, les sans- trop modéré, il est arrêté et guil-
culottes peuvent se retrouver lotiné avec ses amis, les Indul-
150 000 dans les rues de Paris. gents, en avril 1794. ■

IIe Rép. Second Empire IIIe République


1852 1870 1905
1830-1905 Expansion coloniale française
1880 Début de la deuxième révolution industrielle
1830-1880 Première révolution industrielle en France
1894-1906 Affaire Dreyfus
1792
20 septembre
L’armée révolutionnaire
remporte sa première victoire
à Valmy
La bataille de Valmy contre les monarchies européennes
est la première victoire d’une armée de citoyens portés
par la défense de la patrie.

La patrie en danger
En avril 1792, l’Assemblée législative a déclaré la guerre à l’Autriche. Mais l’armée
française est désorganisée par l’émigration de 6 000 de ses 9 000 officiers et fragi-
lisée par de nombreuses désertions. Le 11 juillet 1792, après l’entrée en guerre des
Prussiens, la patrie est déclarée en danger : de nouveaux bataillons de volontaires
sont levés, la garde nationale est enrôlée dans l’armée tandis que le manifeste du
duc de Brunswick mobilise encore davantage les Parisiens (! p. 244).

Le péril aux frontières


Fin août, les frontières sont franchies au nord par les Autrichiens et à l’est par les
246
Prussiens qui, commandés par Brunswick, prennent Longwy et Verdun. La route de
Paris est ouverte. Le général en chef de l’armée du Nord, Charles-François Dumou-
riez, positionne ses troupes en Argonne en attendant la jonction avec les soldats de
l’armée du Centre. La victoire de Brunswick à la Croix-au-Bois force les Français à
se replier sur le plateau de Valmy pour contre-attaquer.

Valmy, une victoire symbolique



Au matin du 20 septembre, un échange date une nouvelle époque de
d’artillerie entre Prussiens et Français ne l’histoire du monde. »
De ce lieu et de ce jour

suffit pas à décider de l’issue de la bataille. ■ J. W. von Goethe, Campagne de France, 1822.
Brunswick lance alors l’assaut. Les Français,
bien qu’en infériorité numérique, avancent, galvanisés par leurs officiers qui les
enjoignent de combattre pour la nation. Les Austro-Prussiens sont repoussés et
battent en retraite. La bataille, qui a fait 500 morts, est bientôt suivie de l’évacua-
tion du territoire par l’armée coalisée.
Plus qu’une victoire stratégique, Valmy est une victoire morale et politique, celle
d’une armée de soldats-citoyens, « enfants de la patrie ». Le même jour à Paris, la
Convention remplace l’Assemblée législative. Son premier acte, le 21 septembre, est
d’abolir la royauté (! p. 244).

1792 Victoire de Valmy


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1789-1799 1805-1815
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*Monarchie constitutionnelle
L’Europe monarchique et la France révolutionnaire
L’Europe monarchique craint la contagion suscite la formation d’une première coa-
révolutionnaire. Dès août 1791, l’empe- lition (1793-1797) puis d’une deuxième
reur germanique Léopold II et le roi de (1798-1800). Après Valmy, les Français
Prusse Frédéric-Guillaume II signent un occupent la Savoie, Nice et la Belgique
texte de soutien à Louis XVI, la décla- en 1793, la Catalogne et la rive gauche
ration de Pillnitz, qui suscite en France du Rhin en 1794. En 1796, par le traité de
des réactions patriotiques enflammées. Paris, le royaume de Piémont-Sardaigne
Cependant, l’armée française, désor- cède la Savoie et Nice à la France et en
ganisée, n’est pas prête à engager une 1797, le traité de Campo Formio conclut
guerre. Mais Louis XVI y voit un moyen victorieusement la première campagne
de rétablir son autorité et l’Assemblée d’Italie de Bonaparte (! p. 253). Le traité
défend l’idée d’une croisade révolu- de Lunéville, signé avec l’Autriche en
tionnaire pour la liberté : elle déclare 1801, reconnaît les Républiques sœurs
la guerre à l’Autriche en avril 1792. Dès et confirme à la France la possession de
1793, l’avancée des armées françaises la Belgique et de la rive gauche du Rhin.

Les guerres révolutionnaires


En 1792, la Révolution décrète apporter « fraternité buent dans la péninsule italienne et en Hollande à la
et secours à tous les peuples qui voudront recou- formation des Républiques sœurs (1795-1799), qui
vrer leur liberté ». Les armées françaises contri- se dotent d’une Constitution sur le modèle français.

Mer RÉP. Traité de Paris (1796)


du Nord BATAVE Régions occupées 247
(1795)
Amsterdam par la France en 1792
et annexées en 1796
Traité de Campo Formio (1797) La Marseillaise
Bruxelles Conquêtes ou
Mayence annexions reconnues À Strasbourg, en avril 1792,
Paris à la France le capitaine du génie Rouget
Territoires vénitiens de Lisle compose un Chant de
livrés à l’Autriche guerre pour l’armée du Rhin qui
AUTRICHE
FRANCE
Républiques sœurs exprime toute la passion patrio-
RÉP. (1797) Date de création tique de l’époque : haine des
HELVÉTIQUE
(1798) tyrans et des perfides, amour
Lyon
SAVOIE Campo Formio de la patrie. Entonné par les
Milan Venise volontaires marseillais arrivant
PIÉMONT à Paris à la fin du mois de juil-
RÉP.
CISALPINE let 1792, il s’impose, sous le
NICE RÉP. (1797)
M

LIGURIENNE nom de Marseillaise, comme le


er

(1795)
Marseille
Ad

TOSCANE chant révolutionnaire et patrio-


ria

RÉP. DE RÉP. tique de la nation en armes.


tiq

LUCQUES
ue

ROMAINE
Mer
(1799) (1798) Goethe, présent à Valmy dans
Rome RÉP.
Méditerranée PARTHÉNOPÉENNE
les armées coalisées, le qualifie
200 km (1799) de « Te Deum révolutionnaire ».
Naples

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1830-1905 Expansion coloniale française
1880 Début de la deuxième révolution industrielle
1830-1880 Première révolution industrielle en France
1894-1906 Affaire Dreyfus
1793
21 janvier
Louis XVI est guillotiné
L’exécution de Louis XVI signe la fin de la monarchie de droit divin
et montre la volonté des révolutionnaires d’empêcher tout retour
en arrière.

Le procès du roi
C’est dans un contexte troublé par la guerre avec l’Autriche et la Prusse
(! p. 247), la menace d’un conflit avec l’Angleterre et l’Espagne, et les ru-
meurs de complots contre-révolutionnaires que les Conventionnels doivent
juger le roi. Les documents saisis au palais des Tuileries en novembre 1792 prouvent
le double jeu de Louis XVI et sa correspondance secrète avec la contre-révolution.
Le 11 décembre, un « acte énonciatif des crimes » de Louis Capet, ainsi que le roi
est désormais appelé (! p. 76), est dressé. Il comparaît le 26 décembre. Pour ses
avocats, « l’inviolabilité » de la personne royale, telle que la Constitution de 1791 l’a
imposée, rend impossible toute atteinte à sa personne et à sa fonction. À ses accusa-
teurs, Louis XVI répond que sa « conscience ne [lui] reproche rien ».
Après trois semaines de débats, le roi est déclaré « coupable de conspiration
contre la liberté publique et d’attentats contre la sûreté générale de l’État » à la
quasi-unanimité des votants. La mort est prononcée à une majorité de cinq voix.
248
La guillotine, symbole
La mort du roi sacré de la Révolution
Le 20 janvier 1793, dans sa prison du
En 1789, le député Joseph Guillotin
Temple, le roi fait ses adieux aux siens et
présente la guillotine aux députés
se confesse. Le lendemain, il est amené de l’Assemblée constituante comme
place de la Révolution (actuelle place de « le moyen le plus sûr, le plus rapide
la Concorde). Le long du trajet, qui dure et le moins barbare » de donner la
une heure et demie, une foule immense mort. Une fois le principe adopté,
et silencieuse s’est massée sur le passage le code pénal de 1791 prévoit que
du cortège. Sur la place, 20 000 hommes « tout condamné à mort aura la tête
(gardes nationaux, fédérés, membres ar- tranchée », quels que soient son rang
més des sections ! p. 244) assistent à la et son état, contrairement aux pra-
mort de Louis XVI. tiques de l’Ancien Régime qui réser-
Cet événement, fondamental, met fin à vait la décollation à la noblesse.
Le 25 avril 1792 à Paris, le premier
la mystique de la royauté sacrée (! p. 61).
exécuté est un bandit de grand che-
Ce sont les deux corps du roi qui sont min. À partir du 21 août, la guillotine
morts sur l’échafaud : le corps physique est déclarée permanente et reste
et le corps symbolique, incarnation de la installée sur la place des exécutions.
monarchie de droit divin (! p. 179).

1793 Exécution de Louis XVI


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Révolution française Conquêtes napoléoniennes

*Monarchie constitutionnelle
L’exécution de Louis XVI
Les trois motifs principaux de la gravure
sont la guillotine, la tête du roi et le peuple
réuni, incarnation de la nation. Cependant, il L’Europe monarchique se coalise
ne s’agit pas d’une foule révolutionnaire : les contre la France révolutionnaire
soldats qui entourent l’échafaud font régner
l’ordre. L’exécution du roi est une décision Les monarques européens sont horrifiés
politique de la Convention qui affirme son par la mort de Louis XVI. La menace que
rôle dirigeant de la Révolution, et non pas la
conséquence d’une journée révolutionnaire.
fait peser la Révolution sur le principe
Gravure anonyme, 1793
monarchique dans toute l’Europe, ainsi
(musée Carnavalet, Paris). que la politique annexionniste menée
par la Convention – les armées fran-
çaises progressent vers la Belgique et


menacent Anvers – amènent l’Angleterre
Ce jour sera tout à la à se placer à la tête d’une coalition contre
fois, pour les rois et pour les la France (! p. 247).
peuples, un exemple mémorable Alors que la rupture est déjà consommée
de la juste punition des despotes avec le pape, les ducs de Parme et de
et de la morne dignité que doit Modène, le roi de Naples et les États alle-
conserver un peuple souverain mands, la Convention déclare la guerre à
dans l’exercice de sa puissance. » l’Angleterre et à la Hollande le 1er février
■ Affiche placardée sur les murs de Paris, 1793, puis à l’Espagne le 7 mars.
21 janvier 1793.

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1880 Début de la deuxième révolution industrielle
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1894-1906 Affaire Dreyfus
5 et 17 septembre

1793
La loi des suspects,
instrument de la Terreur, est votée
Face aux périls intérieurs et extérieurs qui menacent la France,
la Terreur vise à débusquer les ennemis, déclarés ou supposés,
de la Révolution.

La Révolution menacée
Pour faire face au désastre de la guerre contre les monarchies européennes
(! p. 247), la Convention ordonne en mars 1793 une levée en masse de 300 000
hommes, provoquant le soulèvement de la Vendée. Sous la pression populaire, les
Girondins acceptent la mise en place d’un tribunal révolutionnaire et d’un Comité
de Salut public, véritable gouvernement dictatorial, avant d’être eux-mêmes arrê-
tés. Au sein de la Convention, le pouvoir passe aux Montagnards.

La Terreur à l’ordre du jour


❝ La Terreur n’est autre
Le 5 septembre 1793, sous la pression des chose que la justice prompte,
sans-culottes, Bertrand Barère, membre du sévère, inflexible : elle est donc
Comité de Salut public, demande à la Conven- une émanation de la vertu. »
250 tion de mettre « la terreur à l’ordre du jour » ■ Robespierre, 1793.
afin de sauver les acquis de la Révolution.
La Constitution et les libertés sont suspendues. Le Comité de Salut public, contrô-
lé par Robespierre, concentre tous les pouvoirs et prend des mesures d’exception dic-
tées par les nécessités et la pression de la rue : seconde levée en masse, envoi de
représentants munis des pleins pouvoirs dans les provinces et aux armées, fixation
d’un prix maximum des denrées alimentaires, fermeture des églises.

De la loi des suspects à la Grande Terreur


Votée le 17 septembre 1793, la loi des suspects permet de traquer les « ennemis » de
la Révolution : nobles, Vendéens, fédéralistes, mais aussi tous ceux qui « n’ayant
rien fait contre la Liberté, n’ont rien fait pour elle ». La liste en est dressée par
les comités révolutionnaires, et il revient ensuite au tribunal révolutionnaire,
dont Fouquier-Tinville est l’accusateur public, de les juger. Entre septembre 1793 et
août 1794, 500 000 personnes sont ainsi arrêtées.
Le 10 juin 1794, la Grande Terreur est votée : les accusés perdent tout moyen de
défense, le verdict ne peut être que l’acquittement ou la mort. Entre le 11 juin et le
27 juillet 1794 (9 thermidor), 1 376 condamnations à mort sont prononcées à Paris,
dont celles de Marie-Antoinette, Danton (! p. 245) ou encore Camille Desmoulins.
Au total, 17 000 personnes sont guillotinées durant la Terreur.

1793 Loi des suspects


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1789-1799 1805-1815
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*Monarchie constitutionnelle
Appel des dernières victimes de la
Terreur dans la prison Saint-Lazare,
7-9 Thermidor 1794
Les prisonniers représentés ici sont en
majorité des aristocrates, alors que les der-
niers condamnés furent surtout des artisans
et des sans-culottes. Au centre, le poète
André Chénier semble attendre sereine-
Maximilien de Robespierre,
ment la mort, tandis que la lecture des noms l’Incorruptible (1758-1794)
plonge les prisonniers dans l’effroi.
■ Robespierre est l’incarnation de la Ter-
Charles-Louis Müller, huile sur toile,
505 × 890 cm, 1850 (musée du château reur et, avec Couthon et Saint-Just, l’âme
de Versailles). de la dictature montagnarde. 251
Orateur éminent du club ub
des Jacobins, il devient
La guerre de Vendée l’un des meneurs de la
Face à l’insurrection des régions de Montagne à la Conven-
l’Ouest en mars 1793 contre la levée tion. Parmi les dépu-
en masse, la Convention répond tés, son élégance
par la force. En Vendée, une armée stricte le distingue du
catholique et royale s’organise alors débraillé de ses collègues.
es.
sous l’autorité de chefs d’origine Chantre de la vertu, travailleur
modeste, comme le voiturier Cathe- infatigable, politicien habile, il exerce le
lineau, ou d’anciens officiers nobles pouvoir dans un contexte de crise exté-
de l’armée royale. Aidée par les rieure et intérieure. Il s’allie aux sans-
émigrés et la coalition européenne, culottes dont il comprend très vite la
les Vendéens gagnent plusieurs force politique (! p. 245). En butte aux
batailles contre les armées répu- factions radicales (les Enragés) et modé-
blicaines. La Convention décide en rées (les Indulgents), il exerce un pou-
retour de « pacifier » la Vendée : des- voir de plus en plus solitaire et justifie la
truction des récoltes, exécution des Grande Terreur. Arrêté le 27 juillet 1794
suspects, massacres de civils, etc. (9 thermidor), il est guillotiné sur ordre
La guerre dure jusqu’en 1796. de la Convention le lendemain. Sa mort
met fin à la Terreur. ■

IIe Rép. Second Empire IIIe République


1852 1870 1905
1830-1905 Expansion coloniale française
1880 Début de la deuxième révolution industrielle
1830-1880 Première révolution industrielle en France
1894-1906 Affaire Dreyfus
1795 Le Directoire met fin à la Terreur
Après la chute de Robespierre le 9 thermidor, un nouveau régime
qui prétend revenir aux principes de 1789 s’organise en réaction
à la Terreur.

Le rejet de la République jacobine


Les députés de la Convention veulent conserver le régime républicain mais
oublier les excès de la Terreur (! p. 250) : les prisonniers sont libérés, la loi des
suspects abrogée, la liberté économique rétablie.
En septembre 1795, une nouvelle Constitution est adoptée. Le pouvoir législatif
est confié au Conseil des Anciens et au Conseil des Cinq-Cents ; le pouvoir exécutif
revient à cinq Directeurs. Le droit de vote est limité aux seuls 30 000 propriétaires.
Le Directoire veut renouer avec 1789 (! p. 238) et oublier 1793.

Un régime fragile et contesté


Mais face à la double menace des royalistes et des Jacobins, le Directoire ne trouve
d’appui que dans l’armée qui se pose en arbitre des conflits politiques.
Très vite, le régime est discrédité par la corruption de la classe politique, l’affai-
risme des fournisseurs aux armées et l’aggravation des contrastes sociaux.
252 La conjuration des Égaux, fomentée par Gracchus Babeuf, témoigne de la perma-
nence d’une opposition jacobine. Directeur du Tribun du peuple, Babeuf y publie des ar-
ticles violemment hostiles à la réaction thermidorienne. Contraint à la clandestinité,
il organise une conspiration regroupant ceux qui veulent, comme lui, établir une
république égalitaire par la suppression de la propriété. Leur objectif est de renverser
le Directoire et de mettre en place une dictature provisoire. Dénoncés, les principaux
meneurs sont arrêtés le 10 mai 171796 et Babeuf est guillotiné le 27 mai 1797.
La fin de la sans-culotterie
Durant l’hiver 1794, la situation écono-
mique se dégrade. Les sans-culottes
(! p. 245) parisiens réclament le retour
des mesures prises sous la Terreur
pour limiter l’augmentation des prix
(loi du Maximum). Le 20 mai 1795, ils
se révoltent mais, pour la première fois
depuis 1789, ils sont réduits à l’impuis-
sance par l’armée.

La Disette du pain, Les Frères Lesueur, gouache, vers 1796


(musée Carnavalet, Paris).

1795 Début du Directoire


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1789-1799 1805-1815
Révolution française Conquêtes napoléoniennes

*Monarchie constitutionnelle
Incroyables et Merveilleuses
Avec la fin de la Terreur, une nouvelle jeunesse
dorée s’impose, reconnaissable à sa mise extra-
vagante : les Incroyables coiffés en « pattes de
chien » arborent monocles et bâtons ; les Mer-
veilleuses cèdent à la mode de l’antique. L’aus-
térité de la Terreur laisse place à une quête
frénétique des plaisirs et les lieux de divertis- Bonaparte en Italie :
sement se multiplient. la naissance d’une légende
Les Frères Lesueur, gouache, xviiie siècle
(collection particulière). ■ Militaire d’origine corse, jacobin mais
acteur timide de la Révolution, Napoléon 253
Bonaparte entre dans les bonnes grâces
du Directoire après la répression de l’in-
surrection royaliste du 13 vendémiaire
an IV (5 octobre 1795). Il est nommé
général divisionnaire puis commandant
de l’armée de l’Intérieur, en remplace-
ment de Paul Barras à qui il doit sa ren-
contre avec Joséphine de Beauharnais,
qu’il épouse le 9 mars 1796.
De mars 1796 à décembre 1797, le jeune
général en chef de l’armée d’Italie mène
une campagne militaire fulgurante, mar-
quée par les victoires d’Arcole et de
Rivoli et couronnée par la signature du
traité de Campo Formio avec l’Autriche
le 18 octobre 1797 (! p. 247).
Attentif à sa popularité, Bonaparte fait
affluer en France les richesses et les
Bonaparte au pont d’Arcole œuvres d’art pillées en Italie et s’arrange
Antoine-Jean Gros, huile sur toile, 59 × 73 cm, pour que ses exploits soient largement
1801 (musée du château de Versailles).
diffusés. ■

IIe Rép. Second Empire IIIe République


1852 1870 1905
1830-1905 Expansion coloniale française
1880 Début de la deuxième révolution industrielle
1830-1880 Première révolution industrielle en France
1894-1906 Affaire Dreyfus
1798 Bonaparte conduit
l’expédition d’Égypte
La campagne d’Égypte menée par Napoléon Bonaparte se double
d’une expédition scientifique à l’origine de l’égyptologie moderne.

Une campagne militaire stratégique


L’expédition d’Égypte est l’occasion pour le Directoire de ruiner les intérêts com-
merciaux anglais en mer Rouge et dans l’océan Indien et d’étendre l’influence fran-
çaise en Orient, tout en éloignant le général Bonaparte que ses victoires en Italie ont
rendu un peu trop populaire. Le convoi de 280 bateaux (13 navires de haut bord, 17 fré-
gates, 50 petits vaisseaux de guerre, des navires de commerce réquisitionnés transpor-
tant 35 000 soldats, 1 200 chevaux, 170 canons) part de Toulon le 19 mai 1798. Bonaparte,
passionné par l’Orient, dirige l’expédition et a sous ses ordres 32 généraux.

Les revers français


❝ Soldats, songez que du haut
Après la victoire française des Pyra- de ces pyramides, quarante siècles
mides le 21 juillet 1798 sur les mame- vous contemplent. »
louks, l’amiral anglais Nelson dé- ■ Bonaparte à la bataille des Pyramides, 21 juillet 1798.
254 truit la flotte française à Aboukir
le 1er août tandis que le sultan ottoman rejoint la coalition européenne (! p. 249).
Bonaparte, informé des revers militaires subis par la France en Italie et de la
fragilité du Directoire, quitte l’Égypte en août 1799 (! p. 256). Le 1er mars 1801, un
puissant contingent anglais débarque et obtient la capitulation de l’armée fran-
çaise qui est rapatriée sur des navires anglais.

La naissance de l’égyptologie
Près de deux cents scientifiques accompagnent Bonaparte : mathématiciens, physiciens,
chimistes, astronomes, ingénieurs, géographes, hommes de lettres, archéologues. Ils en-
treprennent un inventaire architectural, étudient la faune et la flore, dressent des rele-
vés topographiques. Ce savoir est recensé dans une monumentale Description de l’Égypte ou
Recueil des observations et des recherches qui ont
été faites en Égypte pendant l’expédition de l’armée Des savants mesurent le sphinx de Gizeh
française publiée entre 1809 et 1828. L’expédition est l’occasion d’une minutieuse
enquête archéologique, dirigée par Dominique
Parallèlement, l’Institut d’Égypte, fon-
Vivant Denon : exploration, mesures, dessins et
dé au Caire en août 1798 et dirigé par Gas- relevés des inscriptions hiéroglyphiques.
pard Monge, doit permettre d’améliorer Dominique Vivant Denon, gravure sur cuivre,
les pratiques agricoles et les techniques Voyage dans la Basse et la Haute-Égypte pendant les
campagnes du général Bonaprte, 1802 (BNF, Paris).
d’architecture en Égypte.

1798 Expédition d’Égypte


M. C.* Ire République Consulat Premier Empire Restauration Monarchie de Juillet
1789 1792 1799 1804 1814 1830 1848
1789-1799 1805-1815
Révolution française Conquêtes napoléoniennes

*Monarchie constitutionnelle
FRANCE

Gênes
Marseille Fréjus Mer Noire

Corse ITALIE E
Toulon Rome
M
PI Constantinople
RE
Salonique OT
Sardaigne TOM
AN
GRÈCE

Sicile Syracuse Athènes


Tunis
Crète Beyrouth
Malte
St-Jean-
Mer Méditerranée d’Acre
Aboukir
Tripoli Gaza

300 km Alexandrie El-Arich


Bataille des Pyramides Le Caire

Itinéraire de l’armée française


ÉGYPTE
Itinéraire de la flotte anglaise
Itinéraire de retour
du général Bonaparte (1799) S A H A R A

Bataille Assouan

Nil
La campagne d’Égypte 255
La campagne militaire française com-
mencée à l’été 1798 s’étend jusqu’en
Syrie mais échoue face aux Anglais.
Jean-François Champollion
et la pierre de Rosette
Le 15 juillet 1799, les soldats français découvrent
à el-Rashid (Rosette) dans le delta du Nil, une
pierre en granit noir, fragment d’une stèle gra-
vée comportant trois textes identiques, en
hiéroglyphes, en démotique (écriture cursive
de l’égyptien) et en grec. L’inscription est un
décret sacerdotal en l’honneur du roi Ptolémée V
Épiphane, daté du 27 mars 196 av. J.-C. Remise
aux Anglais en 1802, la pierre est transférée au
British Museum à Londres.
L’égyptologue Jean-François Champollion, pas-
sionné de langues anciennes, peut néanmoins
s’en procurer une copie. Le 14 septembre 1822,
après des années de travail de comparaison
avec des relevés faits sur d’autres monuments
égyptiens, il perce le mystère des hiéroglyphes.

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1852 1870 1905
1830-1905 Expansion coloniale française
1880 Début de la deuxième révolution industrielle
1830-1880 Première révolution industrielle en France
1894-1906 Affaire Dreyfus
9-10 novembre

1799
Le coup d’État du 18 brumaire
met en place le Consulat
De retour d’Égypte, Bonaparte fait une entrée triomphale à Paris.
Plusieurs solutions s’offrent à lui : sauver le Directoire fragilisé,
renverser le régime en mettant son sabre au service des Jacobins
ou des royalistes, ou prendre le pouvoir pour son propre compte.

Un général victorieux au secours du Directoire


Le Directoire est un régime fragile menacé à la fois par les Jacobins et les royalistes
(! p. 252). La guerre civile reprend dans l’Ouest : l’insécurité grandit. Bonaparte,
revenu d’Égypte auréolé de ses victoires militaires (! p. 254), comprend les perspec-
tives que lui offre cette situation. Le Directeur Sieyès lui a réservé une place centrale
dans son complot pour imposer une nouvelle Constitution.


Un coup d’État militaire
Le 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799), le Français, une
Conseil des Anciens et le Conseil des Cinq-Cents
Constitution vous est
présentée. […] Les pouvoirs
sont transférés à Saint-Cloud, officiellement qu’elle institue seront
256 afin de les préserver d’une menace de coup forts et stables, tels qu’ils
d’État jacobin. Au même moment, Bonaparte doivent être pour garantir
est nommé commandant des troupes de Paris. les droits des citoyens et les
Le lendemain dans la matinée, à Saint- intérêts de l’État. Citoyens,
Cloud, les Directeurs démissionnent, laissant la Révolution est fixée
le pouvoir exécutif vacant. Après une aux principes qui l’ont
confrontation violente avec le Conseil des Cinq- commencée ; elle est finie. »
Cents, Bonaparte donne l’ordre aux grenadiers* ■ Proclamation du 15 décembre 1799.

d’évacuer les députés. C’est la fin du Directoire.

Un nouveau régime, le Consulat


Le pouvoir est alors confié à trois consuls : Bonaparte, Roger Ducos et Emmanuel-
Joseph Sieyès. Par la Constitution de l’an VIII (1800), Bonaparte institue à son profit
un régime fort, le Consulat, qui lui octroie le pouvoir exécutif et l’initiative des lois.
Le suffrage universel est rétabli, mais les élections sont remplacées par des plébiscites.
Bonaparte détient seul la réalité du pouvoir. Les nouveaux deuxième et troisième
consuls, Jean-Jacques-Régis de Cambacérès et Charles-François Lebrun, ne jouent
plus qu’un rôle consultatif. En 1802, Bonaparte est nommé consul à vie.

*Unité d’élite au sein de l’infanterie.

1799 Coup d’État du 18 brumaire


M. C.* Ire République Consulat Premier Empire Restauration Monarchie de Juillet
1789 1792 1799 1804 1814 1830 1848
1789-1799 1805-1815
Révolution française Conquêtes napoléoniennes

*Monarchie constitutionnelle
257

Le général Bonaparte au Conseil des Cinq-Cents, à Saint-Cloud, 10 novembre 1799


Le 19 brumaire, lors de la réunion du Conseil des Cinq-Cents dans l’orangerie du château de Saint-Cloud,
Napoléon Bonaparte est conspué – les cris et les insultes fusent – et menacé d’être mis hors-la-loi. Il
est sauvé par les grenadiers envoyés par son frère Lucien.
François Bouchot, huile sur toile, 401 × 421 cm, 1840 (musée du château de Versailles).

Le Consulat : terminer la Révolution,


donner un nouveau cadre à la France
14 juin 1800 Défaite des Autrichiens à Marengo qui débouche sur la paix de Lunéville.
15 juillet 1801 Signature du Concordat : réconciliation de la France et de la papauté.
25 mars 1802 Traité d’Amiens avec la Grande-Bretagne qui met fin à la deuxième coalition.
1er mai 1802 Création des premiers lycées qui doivent former l’élite de la nation.
19 mai 1802 Fondation de l’ordre national de la Légion d’honneur.
Publication du Code civil qui confirme les conquêtes de 1789 : les privilèges sont
abolis, la loi est la même pour tous les citoyens, la liberté de conscience
Février 1804
est garantie ainsi que le droit de propriété. La famille est le socle de la société.
Le divorce, instauré sous la Révolution, est cependant maintenu.
28 mars 1803 Création du franc germinal, en vigueur jusqu’en 1914.

IIe Rép. Second Empire IIIe République


1852 1870 1905
1830-1905 Expansion coloniale française
1880 Début de la deuxième révolution industrielle
1830-1880 Première révolution industrielle en France
1894-1906 Affaire Dreyfus
1804
2 décembre
Napoléon est sacré empereur
Nommé consul à vie en 1802, Bonaparte est proclamé empereur
des Français à la suite du plébiscite d’août 1804. Le sacre
consolide son pouvoir.

« Le très glorieux et auguste Napoléon,


empereur des Français, est sacré et intronisé. »


Le 2 décembre 1804 au
matin, la foule massée devant Au commencement de ce siècle,
l’entrée de la cathédrale Notre- la France était pour les nations un
Dame de Paris attend le cortège magnifique spectacle. Un homme la
impérial, composé de 25 voitures
remplissait alors et la faisait si grande
qu’elle remplissait l’Europe. […] Une
escortées par six régiments révolution l’avait enfanté, un peuple
de cavalerie. La cérémonie du l’avait choisi, un pape l’avait couronné. »
sacre, qui dure trois heures, ■ Victor Hugo, discours à l’Académie française, 3 juin 1841.
a été soigneusement mise en
scène par le peintre officiel du régime, Jacques-Louis David. Il a conçu les costumes
des dignitaires présents.
Bonaparte et son épouse, Joséphine de Beauharnais, parés de manteaux d’hermine
258 longs de 22 mètres, se rendent dans le chœur de la cathédrale. Le pape Pie VII donne
l’onction au couple et bénit les emblèmes impériaux (la couronne, l’anneau, l’épée, le
manteau, la main de justice, le sceptre). Na-
poléon Ier se couronne lui-même, debout face Quand les Bonaparte
à l’assistance, puis il couronne l’impératrice. gouvernaient l’Europe
Joseph Roi de Naples (1806-1808)
Une nouvelle dynastie ? (1768-1844) Roi d’Espagne (1806-1813)
La représentation du sacre par David répond Napoléon Empereur des Français
(1769-1821) (1804-1815)
au désir de grandeur de l’empereur. Élisa,
Pauline et Caroline, les sœurs de Napoléon, Lucien Prince de Canino (1815)
(1775-1840) Prince de Musignano (1824)
portent le manteau de Joséphine. Laetizia,
Princesse de Lucques
la mère de Bonaparte – absente le jour du Élisa
(1805), Grande-Duchesse
(1777-1820)
sacre –, occupe la loge d’honneur. de Toscane (1809)
Les familles Bonaparte et Beauharnais en- Louis Roi de Hollande
(1778-1846) (1806-1810)
tourent le couple impérial, installant ainsi
à la tête de l’État une nouvelle dynastie, la Pauline Princesse Borghèse
(1780-1825) (1803)
dignité impériale étant en effet déclarée hé-
Caroline Reine de Naples
réditaire. Maréchaux, anciens et nouveaux (1782-1839) (1808-1815)
dignitaires constituent les soutiens du ré- Jérôme Roi de Westphalie
gime. L’Église est présente, mais soumise. (1784-1860) (1807-1813)

1804 Sacre de Napoléon


M. C.* Ire République Consulat Premier Empire Restauration Monarchie de Juillet
1789 1792 1799 1804 1814 1830 1848
1789-1799 1805-1815
Révolution française Conquêtes napoléoniennes

*Monarchie constitutionnelle
Sacre de l’empereur Napoléon et couronnement de l’impératrice Joséphine
Joséphine, agenouillée, s’apprête à recevoir la couronne impériale des mains de son époux. 259
Jacques-Louis David, huile sur toile, 979 × 621 cm, 1806 (musée du Louvre, Paris).

Un régime personnel et autoritaire


Après le plébiscite populaire, le sacre chant à former les nouveaux cadres de
symbolise le retour d’un consensus la nation : le catéchisme impérial (1806)
national autour de l’empereur. Mais enseigné aux enfants impose une obéis-
à l’image de la composition de David, sance absolue à l’empereur ; la créa-
le peuple n’a que peu de place dans tion des lycées (1802) et de l’université
l’événement. (1808) assure à l’État le recrutement de
Si Napoléon a consolidé les conquêtes futurs fonctionnaires.
essentielles de la Révolution (égalité Napoléon appuie son pouvoir sur
civile, respect de la propriété, abolition une administration centralisée. Dans
de la féodalité ! p. 238), il n’en limite pas les départements, les préfets repré-
moins les libertés publiques, installe un sentent l’État : ils interviennent dans
pouvoir dictatorial et viole même l’idéal tous les domaines de la puissance
révolutionnaire d’une société d’égaux en publique, transmettent au gouverne-
recréant une noblesse. L’Empire réorga- ment enquêtes et statistiques, et sur-
nise et centralise l’enseignement, cher- veillent l’opinion.

IIe Rép. Second Empire IIIe République


1852 1870 1905
1830-1905 Expansion coloniale française
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1894-1906 Affaire Dreyfus
1805
2 décembre
La France bat l’Autriche
et la Russie à Austerlitz
Depuis 1803, la France est encore opposée à l’Angleterre qui prend
la tête d’une nouvelle coalition avec l’Autriche et la Russie. « La
bataille des Trois Empereurs », la plus célèbre des victoires de
Napoléon, permet à ce dernier d’imposer sa domination à l’Europe.

Un modèle de stratégie militaire


En septembre 1803, afin de secourir la Bavière attaquée par la coalition, 100 000 sol-
dats de la Grande Armée traversent le Rhin et encerclent les troupes autrichiennes.
Après la capitulation de ces dernières à Ulm le 20 octobre 1805, la route de Vienne
est ouverte aux Français. Le 13 novembre, la capitale autrichienne tombe sans li-
vrer bataille.
Napoléon dirige alors son armée à 100 kilomètres à l’est, à Austerlitz. Voulant
faire croire qu’il ne dispose pas des forces nécessaires pour attaquer, il n’occupe
ni le village, ni le plateau du Pratzen. François II d’Autriche et Alexandre Ier de
Russie, dupés par les offres de paix trompeuses de Napoléon, pensent que les Fran-
çais préparent leur retraite. Le 29 novembre, l’aide de camp du tsar, venu proposer
260 un armistice, repart convaincu que la victoire est proche. Les troupes coalisées se
déploient largement sur le plateau.
La bataille d’Austerlitz

Le soleil d’Austerlitz Brünn Bagration


Le 2 décembre au matin, les coalisés
Lannes

Bernadotte
attaquent l’aile droite de l’armée Napoléon
Vienne

française volontairement dégarnie. Garde impériale Murat Garde


impériale
Le lever du soleil dissipe la brume
lt

russe
Sou
za

Pratzen Austerlitz
wart

et révèle alors la ruse de Napoléon :


Sch

les troupes françaises se lancent à


ut

Napoléon
5 km
oauvto

l’assaut du plateau et divisent les tta


wa
DavD

Li

deux ailes de l’armée austro-russe. e n


Positions le matin ovd Positions l’après-midi
Buxh
Une partie se noie dans les étangs, Français Étangs Français
de Satschan
après l’ordre donné de faire tonner Coalisés Coalisés
le canon pour briser la glace.
Brillante victoire militaire – 65 000 Français ont vaincu 100 000 Austro-Russes –,
Austerlitz est aussi une victoire politique et symbolique pour Napoléon le jour du pre-
mier anniversaire du sacre (! p. 258). Elle lui permet surtout d’imposer la paix de
Presbourg le 26 décembre et de fonder en 1806, sur les ruines du Saint Empire germa-
nique, la Confédération du Rhin dont il devient le protecteur.

1805 Bataille d’Austerlitz


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Révolution française Conquêtes napoléoniennes

*Monarchie constitutionnelle
ROY. DE
Mer
SUÈDE
du Nord
ROYAUME-UNI
Friedland
D’ANGLETERRE ET D’IRLANDE
Eylau
ROY. DE PRUSSE

Océan GRAND DUCHÉ EMPIRE RUSSE


Atlantique Iéna DE VARSOVIE

CONFÉDÉRATION Austerlitz
DU
Blocus Ulm Wagram
FRANCE RHIN
continental SUISSE EMPIRE
D’AUTRICHE
ROY.
D’ITALIE
ROYAUME PROV.
DU PORTUGAL ILLYRIENNES Mer Noire

ROYAUME
D’ESPAGNE EMPIRE OTTOMAN
ROY.
DE NAPLES
Mer Méditerranée 200 km
Trafalgar
États indépendants État constamment Victoire
Empire français
théoriquement alliés hostile française
États vassaux de États alliés en 1811, Confédération Défaite
l’Empire français hostiles en 1812 du Rhin française


L’Europe en 1811
Soldats, je suis content de vous. En 1811, l’Empire napoléonien est à son
261
[…] Mon peuple vous reverra avec apogée. Les victoires d’Austerlitz, Iéna,
Friedland et Wagram assurent la domi-
joie, et il vous suffira de dire “J’étais nation de la France sur l’Europe. Mais en
à la bataille d’Austerlitz”, pour que 1812, l’échec de la campagne de Russie
l’on réponde, “Voilà un brave”. » marque le début des revers français.
■ Napoléon à ses soldats après la bataille d’Austerlitz, 1805.

Napoléon domine l’Europe


2 décembre 1805 Bataille d’Austerlitz.
12 juillet 1806 Création de la Confédération du Rhin par Napoléon Ier.
Mise en place d’un blocus continental pour priver la Grande-Bretagne
1806
de relations commerciales avec le continent.
14 octobre 1806 Victoire contre les Prussiens à Iéna.
14 juin 1807 Victoire contre les Russes à Friedland.
8 juillet 1807 Traité de Tilsit créant le Grand-Duché de Varsovie.
Mai 1808 Soulèvement de Madrid contre l’invasion de l’armée française.
5-6 juillet 1809 Victoire contre les Autrichiens à Wagram.
Septembre 1812 Bataille de la Moskova qui ouvre la route de Moscou aux Français.
Décembre 1812 Retraite de Russie.

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1830-1905 Expansion coloniale française
1880 Début de la deuxième révolution industrielle
1830-1880 Première révolution industrielle en France
1894-1906 Affaire Dreyfus

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