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Cours Aep 2016-2017

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ALIMENTATION EN EAU POTABLE

INTRODUCTION GENERALE

Les réseaux d’eau potable doivent être conçus de manière à permettre l’alimentation en eau de
l’ensemble des usagers en toutes circonstances. Il est donc impératif d’analyser précisément
leurs besoins, d’appréhender les pratiques de consommation et de prendre en compte les
évolutions futures de tous ces paramètres.
Ce travail réalisé, il va falloir ensuite étudier la faisabilité du projet, déterminer l’implantation
du réseau, analyser les caractéristiques des sols, de l’eau transportée dans les canalisations,
établir une reconnaissance précise des ouvrages souterrains situés à proximité du futur réseau.

Chapitre 01 : COMPOSITION ET FONCTIONNEMENT D’UN SYSTEME

Un système d’approvisionnement en eau potable est un ensemble cohérent d’infrastructures


chargées de capter, transporter, traiter et distribuer l’eau depuis le milieu naturel jusque
chez le consommateur-client. Ces infrastructures plus ou moins complexes dépendent du
milieu de la demande des clients. Les limites de responsabilités de gestion seront
essentiellement fonction des compétences du personnel.
Généralement :

- Des ouvrages de captage ;


- Des stations de traitement ;
- L’adduction et les stockages.

- Des canalisations de différentes natures ;


- De la robinetterie : des équipements de contrôle et de protection des réseaux;
- Des points de livraison (les connexions ou branchements particuliers. les bornes
fontaines et des bouches d’incendie).

1
1.1. La production

1.1.1. Le captage des ressources en eau


L’eau à potabiliser ou eau brute provient soit des eaux de surface (cours d’eau, Lacs,
Barrages) ou des eaux souterraines. Elles sont captées par des prises d’eau aménagées à cet
effet ou par des forages.
Les prises en rivière, autant que possible doivent être implantées dans la partie concave de la
rivière, et au mieux dans une zone de rupture de pente (Une rupture de pente est la variation
brutale de la valeur d'une pente en un lieu) pour faciliter la circulation des matières solides. Le
choix du site se fera sur la base de la stabilité des berges. La qualité mécanique des
fondations, l’absence d’obstacles à l’approche de la prise et surtout à l’amont des
agglomérations dans le but de préserver la qualité de l’eau.

Les dispositions constructives devront être conçues pour remplir les conditions suivantes :
l’eau : arrêt et expulsion des matériaux solides charriées
décantation et élimination des matériaux solides en suspension, déroutage des corps
flottants préservation de la faune aquatique.
2
drologique les installations devront être construites hors crue. Au niveau
hydraulique. On tiendra compte du marnage (Variation du niveau d’eau) de la source d’eau
pour la fixation du débit d’exhaure afin d’assurer à tout moment le débit demandé par la station
de traitement.
En ce qui concerne les forages dont la qualité de l’eau est généralement compatible avec les
normes de potabilité. Quatre éléments sont importants dans le choix et l’exploitation : le
niveau dynamique dans l’ouvrage, la capacité de restitution de l’ouvrage ou débit, le
renouvellement ou la disponibilité de la ressource pour les nappes fossiles et enfin les
dispositions pour protéger le site du forage et les zones de recharge.

1.1.2. Le traitement
Suivant son origine l’eau brute doit être traitée. Ce traitement peut être très complexe pour les
eaux de surface (dégrillage, coagulation-floculation, décantation, filtration) ou très simple
pour les eaux souterraines afin d’éliminer les matières indésirables (fer. manganèse. fluor
en excès) ou équilibrer l’eau (équilibre calco-carbonique. élimination du gaz carbonique).
Dans tous les cas une désinfection doit se faire à la fin de chaque traitement afin de réduire
le cas échéant le nombre de microorganismes pathogènes à un taux compatible avec
les normes de potabilité et de prévenir les risques de contamination ultérieures au
cours du transport et la distribution.

1.1.3. Le stockage
L’eau est stockée à plusieurs niveaux d’un système d’approvisionnement en eau potable pour
résoudre des problèmes techniques et ou économiques. Ce sont des réservoirs situés à
l’aval des stations de traitement, des réservoirs enterrés, ou semi-enterrés, des réservoirs
sur tour ou château d’eau qui servent de tampon entre la production et la distribution
permettant ainsi d’adapter l’offre à la demande, de garantir la pression de service et de sécuriser
l’approvisionnement en cas de rupture de la production.

1.1.4. Le pompage
Dans un système d’approvisionnement en eau potable, l’eau est pompée à plusieurs
maillons de la chaîne : entre la source et la station de traitement, entre la station de traitement
et les réservoirs, ou directement entre la source ou le réservoir vers la distribution.

1.2. Le réseau de distribution

1.2.1. Les canalisations


La distribution de l’eau se fait à travers un réseau enterré de canalisations. Le système de
distribution est souvent décliné en sous-réseaux afin de subdiviser ses fonctions
principales pour améliorer ses performances. Le choix des diamètres de conduites
composant chacun des sous-réseaux dépend des débits en cause, de la taille du réseau et de
l’importance du maillon de conduite dans le fonctionnement du système.
Le réseau primaire est constitué des conduites qui desservent principalement les zones de
3
distribution. Les conduites primaires sont celles qui ont les plus grands diamètres. Le
choix des conduites dites, primaires est consécutif à l’étude de sensibilité des conséquences
de leur défaillance sur la qualité et la continuité du service. Il faut alors minimiser les points de
faiblesse sur ces conduites. C’est pourquoi le réseau primaire ne comporte pas de points de
livraison.
L'ensemble des conduites secondaires forme le réseau secondaire dont le rôle est d'assurer la
répartition des débits à l'intérieur d'une zone de distribution. Les dispositifs de défense
contre l'incendie y sont connectés et les raccordements des points de livraison y sont tolérés.
L'ensemble des conduites tertiaires transporte et distribue l'eau aux usagers. C'est sur ces
conduites que sont installés la plupart des points de livraison : branchements privés, bornes
fontaines. Les différents sous-réseaux d’un système de distribution sont agencés sous la forme
d’un réseau ramifié, un réseau maillé ou la combinaison des deux. Chaque système a ses
avantages et ses inconvénients.

COMPARAISON TECHNIQUE DES RESEAUX DE TYPE RAMIFIE ET MAILLE

RESEAU RAMIFIE RESEAU MAILLE

Sécurité de l'alimentation une intervention nécessitant la rétablissement rapide de


fermeture d'une vanne en un point l'alimentation en eau (secours
en cas de rupture de canalisation
du réseau prive d'eau toute la entre zones possibles. avec
zone en aval
éventuellement de moindres
performances)

souplesse d'exploitation compréhension facile du nécessite une bonne gestion des


vannes du réseau (connaissance de
fonctionnement du réseau
la position ouverte ou fermée)
sens d'écoulement pas toujours
prévisible en fonction des heures
de la journée

conditions de vitesse et de le maillage permet dans certains lors du maillage d'un réseau
cas d'améliorer la répartition des existant. on constate
pression
pressions généralement une diminution des
vitesses

taille de l'agglomération adapté aux agglomérations ou Au-delà de 20.000 habitants.


quartiers de moins de 20.000 prévoir un maillage du réseau
desservie
habitants

méthode de calcul de réseau facile. pouvant calculs fastidieux; recours aux


être réalisé manuellement outils informatiques (tableur. ou de
dimensionnement
préférence logiciels spécialisés)

La continuité du service de distribution fait préférer les réseaux maillés aux réseaux ramifiés.
Les canalisations sont les équipements les plus importants dans le transport et distribution de
4
l’eau. Elles sont circulaires. Une conduite d’eau est désignée par son diamètre, la rugosité de
sa paroi intérieure et la pression de service qu’elle peut supporter ave une certaine sécurité
appelée pression nominale ou PN. Les diamètres des conduites varient de 63 mm à plus de 1
m pour les feeders des grands centres urbains. Pour des raisons de transport et de manutention
les conduites sont livrées en morceaux d’environ 6 m à mettre bout à bout au moment de
la pose. Leurs jonctions sont rendues étanches par des systèmes jointures et de raccords
formant des nœuds. Les matériaux le plus souvent utilisés sont l’acier, la fonte, les matières
plastiques (PVC. PE).

1.2.2. Les raccords


Les pièces de raccords sont des éléments métalliques, métalliques plastifiés, plastiques qui
permettent la mise en œuvre de points particuliers du réseau. Ces points sont couramment
appelés “ NŒUDS. En matière de pièces de raccord. La technologie est très diversifiée et
évolue très rapidement. Il faut donc régulièrement se référer aux derniers catalogues
des constructeurs. Les nœuds s’observent essentiellement aux changements de
direction, piquages ou dérivations, changements de diamètres, points de pose de
robinetteries, points de liaison de tubes de matériaux différents, points de réparation, bouts
de réseau. Les raccords existent dans tous les matériaux. Au niveau de la fabrication,
pour des raisons économiques et de mise en œuvre, les diamètres sont limités dans
certaines pièces. Leur dénomination commence par leur appellation, le matériau constitutif,
puis suivent les références.
Quelques exemples de raccords :
● Changement de direction : Les coudes
● Piquage ou dérivation : Les tés
- Les manchons - tés
- Les colliers de prise en charge
● Changement de diamètres
- Les réductions. Les manchons réduits. Les cônes. Les divergents
- Les plaques de réductions
● Pose de robinetterie
● Assemblage de tube de matériaux différents
● Changement de diamètres
- Les réductions. Les manchons réduits. Les cônes. Les divergents
- Les plaques de réductions
● Réparation de casse de tube
● Les bouts de réseau

5
Quelques exemples de raccords

1.2.3. La robinetterie
L’eau est un solvant universel et un milieu vivant. Elle a la particularité de prendre tous les
états de la matière. Elle est déformable mais reste incompressible dans les conditions de son
transport en AEP. Au cours de son transport, l’eau dissout l’air ou s’en sépare suivant les
conditions de pression, dépose les matières en suspension lorsque les conditions de leur
décantation sont réunies. Une fois l’eau introduite dans une conduite, son débit d’écoulement
de l’eau est influencé par la pression et les conditions atmosphériques. C’est pourquoi
les systèmes AEP sont munis d’un certain nombre d’équipement qui permettent
d’éliminer, d’atténuer ou de contrôler le comportement de l’eau afin de protéger les
installations contre leur destruction, leur mauvais fonctionnement et de pouvoir s’adapter à la
demande de la clientèle ; c’est la robinetterie. L’appellation Robinetterie regroupe tous les
appareils montés sur un réseau d’eau pour:
- contrôler et maîtriser le flux de l’eau dans la canalisation ;
- réguler les niveaux d’eau dans les ouvrages de stockage ;
- automatiser le pompage ;
- protéger le réseau d’eau et les équipements de pompage ;
- permettre de mesurer et d’enregistrer des données d’exploitation ;
- autoriser certains services publics.
Loin de vouloir sortir une panoplie complète de robinetterie, on s’en tiendra à citer les plus
courants, leur rôle et principe de fonctionnement. Il en ressort le synoptique sommaire
d’organisation suivante:
La robinetterie de sectionnement
● Les robinets - vannes.
● Les vannes à papillon.
● Le robinet de prise (DN 15 à 40 mm)

La robinetterie de retenue
● Les vannes murales (DN 150 à 1200)
● Les clapets

La robinetterie de protection
● Les crépines

6
● Filtres (DN 40 à 400 mm)
● Les ventouses
● La soupape de décharge
● Le réservoir anti-bélier
● Régulateur de niveau : Robinet à flotteur
● Régulateurs de pression
● Régulateur de débit

La robinetterie de service d’eau


● Poteaux d’incendie
● La mesure de pression

7
8
Chapitre 02 LES CRITERES DE CONCEPTION ET DE PLANIFICATION

2.1. Evaluation du nombre d’usagers domestiques


L'alimentation domestique constitue une part importante de la demande. L'estimation de la
population concernée par le système amélioré, souvent sujet à controverses lors des
discussions de projet, doit être faite sur la base des données statistiques et du taux de croissance
observée.
Les périodes d'estimation démographique peuvent être considérées comme les suivantes:
- court terme 3 à 10 ans
- long terme 10 à 30 ans
Le choix de ces périodes est fonction de la vie économique de la structure à projeter. Plusieurs
informations sont nécessaires à l'évaluation démographique d'une population, certaines sont
précises et rigoureuses, par contre, d’autres sont plus subjectives. Les principales sources
d'information sont :
- Les recensements
- Les données d'immigration et d'émigration
- Les répertoires des naissances et décès, les taux de natalité et les taux de mortalité.
- D’autres informations indirectes telles que:
- le nombre d'enfants dans les écoles 5 habitants. pour 1 enfant.
- le nombre de numéros de téléphones 4 habitants pour 1
- le nombre de services, eau, gaz, électricité 3 habitants pour 1
Les méthodes d'estimation sont basées sur une analogie. On estime que l'évolution d'une
population humaine est semblable à celle d'une population de bactéries. Cette évolution se
caractérise par une période initiale où, après une période de latence, la croissance s'accélère
rapidement pour atteindre un régime de croissance régulière. Enfin, l'évolution tend vers un
nombre limité d'individus, la population de saturation.
Plusieurs méthodes existent pour rendre compte de la variation de la population et
projeter son évolution :
. Graphique
- Graphique de comparaison
- Progression arithmétique
- Progression géométrique
- Accroissement à taux décroissant
- Méthode logistique
Il convient cependant de mentionner que toutes ces méthodes n'ont qu'une valeur indicative.
9
Elles doivent être utilisées avec précaution et en conjonction avec tout élément complémentaire
de nature à pouvoir aider à juger du comportement futur d'une population. Le jugement
personnel, basé sur une connaissance approfondie du milieu, est certainement un atout majeur
pour ce genre d'exercice.

2.1.1 Extrapolation graphique


Sur un graphique de la population en fonction du temps, on trace, à l'œil la population à venir
selon la tendance du graphique existant.

2.1.2 Comparaison graphique


On effectue une comparaison avec des agglomérations équivalentes ayant atteint, par le passé,
la population de la ville à considérer. Ceci nous donne une information sur l'évolution
potentielle de la population dans des conditions similaires et nous permet de mieux extrapoler
graphiquement. Il faut évidemment que les villes de références soient, sur le plan géographique,
social et économique, dans une situation semblable à celle que l'on considère.

2.1.3 Progression arithmétique


Cette méthode s'applique dans les cas de populations vieilles et stables et dans les villes à
caractère agricole.

2.1.4 Progression géométrique


Le nombre d'habitants futur (à l'année du projet) dans une agglomération urbaine, Pn, est
déterminé par :
𝑃𝑛 = 𝑃0 (1 + 𝜏)𝑛

Où P0 est le nombre d'habitants en une année quelconque.


𝜏 est le taux d'accroissement annuel de la population.
n est le nombre d'années séparant l'année de P0 à celle de Pn.
La Progression géométrique s’applique à des populations jeunes et en pleine croissance.

2.1.5 Accroissement à taux décroissant


Cette méthode s'applique principalement à des populations qui n'ont plus d'espace pour se
développer.
Une croissance à taux décroissant, lorsque pour des raisons particulières, la population
tend vers une saturation pour des raisons diverses telles que ralentissement de la natalité,
lois des grands nombres dans les mégapoles
10
2.1.6 Méthode logistique
C'est la méthode qui donne la courbe en S complète. Pour évaluer la courbe, il faut trois données
de population équidistantes dans le temps, choisies de préférence dans chacune des périodes
de la courbe (taux croissant, stable et décroissant).

Exercice 1
Pour alimenter en eau potable le village KASSERE, on dispose des données suivantes :
- Population en 1988 : 3231 habitants
- Population en 1998 : 5987 habitants
Déterminer :
- Le taux d’accroissement de la population de KASSERE ;
- La population de KASSERE en 2007, 2012 et 2019.

Exercice 2
On considère la ville de KONEFLA :
- Population en 1980 : 7751 habitants
- Population en 1996 : 6400 habitants
1) Quel est le taux d’accroissement de la population ?
2) Quelles explications pouvez-vous donner pour ce taux ?
3) Calculer le nombre des habitants aux horizons +1, +3, +8 et +12 si la population est
estimée à 19200 habitants en 1996.

2.2. Evaluation des besoins en eau


2.2.1. La demande moyenne en eau
La recherche de la demande moyenne a pour objectif d’en évaluer l’évolution, d’identifier
les sources potentielles et de prévoir leur aménagement dans le financement des installations.
La demande en eau à court, moyen et long terme est calculée sur la base des consommations
ou demande moyennes. Cette présentation permet d’en évaluer l’évolution et d’anticiper
la mobilisation de nouvelles ressources en eau. Elle est faite à partir des consommations
spécifiques moyennes journalières et des résultats d’enquêtes auprès des usagers
institutionnels et socio-économiques. Le choix de calcul à la journée est seulement lié au mode
de fonctionnement et de gestion des installations pour des raisons de commodité et de
conformité avec les habitudes de travail.
Tableau 3.1 : Exemple d’évaluation de la demande journalière moyenne d’un centre
semi-urbain

11
DESIGNATION AN (-1) AN 0 AN 10 AN 15
1. Population estimée
Consommation domestique
-Branchements particuliers
Population desservie
Nbre de branchements
Consommation spécifique (l/j/hab.)
Consommation totale BP
-Bornes fontaines
Population desservie
Nbre de BF (…pers/bf)
Consommation spécifique (l/j/hab.)
Consommation totale BF
Consommation domestique totale (m3/j)
Edifices publics
-Ecoles primaires et secondaires
Nombre total d'élèves
Consommation spécifique (l/j/pers)
Demande totale des écoles
. Administration
Administration centrale (préfecture, mairie, police)
Gendarmerie
Consommation spécifique
Totale administration
Consommation édifices publics (m³/j)
Industrie & artisanat
-Industrie
Boulangerie
-Artisanat
tannerie artisanale
bière locale
Consommation totale industrie et artisanat (m³/j)
Demande totale moyenne de la ville (m³/j)

2.2.2. Les besoins en eau


Le besoin en eau correspond à l'offre que l'exploitant devra rendre disponible pour répondre à
la demande des usagers. Les besoins en eau sont déterminés à chaque stade du système en
prenant en compte la demande en eau des usagers, leur comportement et les rendements des
installations concernées. Ils sont calculés annuellement, mensuellement ou journellement en
fonction des contraintes et du schéma de régulation des ressources en eau.

12
2.3. La Consommation totale moyenne:
La consommation moyenne future Cn, par habitant, est donnée par :

𝐶𝑛 = 𝐶0 (1 + 𝜎)𝑛

Où C0 est la consommation moyenne, par habitant, en une année quelconque.


𝜎 est le taux d'évolution annuelle de la consommation.
n est le nombre d'années séparant l'année de C0 à celle de Cn.
.
La consommation journalière moyenne totale (Qjm), pendant l'année du projet, de toute
l'agglomération sera alors calculée par:
𝑄𝑗𝑚 = 𝑃𝑛 𝐶𝑛
Dans quelques grandes villes, la consommation domestique varie d'un quartier à un autre (selon
le type d'habitation, la densité, le niveau de vie, etc.). Il faut alors en tenir compte, et prendre
des consommations variables:

𝑄𝑗𝑚 = ∑ 𝑃𝑛𝑖 𝐶𝑛𝑖

Où Pni et Cni sont, successivement, le nombre d'habitants et la consommation journalière


moyenne par habitant dans le quartier numéro" i ".

2.4. Les variations cycliques de la demande


Les consommations varient en terme quantitatif suivant les saisons, les jours de la semaine, les
heures de la journée. Ces variations ont une influence directe sur les ressources en eau à
mobiliser et ou les dimensions des installations. Les dimensions du système de distribution sont
déterminées par le comportement des usagers à qui l'on doit offrir un service continu.
Le rôle du projeteur consiste à opérer les choix de comportement des usagers à prendre en
compte afin d’offrir un service à la mesure de leur capacité financière. Les variations cycliques
de la demande sont le fait surtout des consommations d’origine domestiques. Les fluctuations
dues aux autres types d’usages sont, soit suffisamment définies par l’usager (industrie par
ex.), soit considérées comme épousant le modèle de la consommation domestique.

2.4.1. Les variations saisonnières


Les variations saisonnières ont une influence sur la demande globale et les dimensions du
système. Elles permettent d'évaluer les besoins de régulation de ressources en eau (barrage,
nappe, souterraine). Le coefficient de pointe saisonnière Cps, est le rapport de la consommation
journalière moyenne calculée sur l’année et de la consommation journalière moyenne de la
période de pointe

13
𝐷𝑗𝑚𝑝
𝐶𝑝𝑠 = En m3/j
𝐷𝑗𝑚

Djmp = Demande journalière moyenne du mois de pointe


Djm = Demande journalière moyenne (sur l'année)

Le coefficient de pointe saisonnière est influencé par les périodes de chaleur, les flux
saisonniers de personnes (tourisme par exemple), l’arrivée temporaire de consommateurs de
ressources alternatives du fait de la détérioration de leur qualité et ou de leur tarissement. Il
varie en situation normale entre 1,10 en zone tropicale humide où les ressources en eau sont
abondantes et les températures stables, et 1,20 en zone sahélienne où le tarissement cyclique
des ressources alternatives se conjugue avec les fortes chaleurs.
Dans les centres à faible consommation industrielle, il faut tenir compte dans le
dimensionnement des systèmes, des périodes de basse consommation. Dans certaines
localités où l’activité économique déplace les populations hors de leur résidence habituelle
en ces moments (travaux agricoles durant la saison des pluies), elle peut baisser jusqu’à
70% de la consommation moyenne. Il faut alors prévoir des mesures d’entretien spécial qui
tiennent compte de ces perturbations dans le fonctionnement du système.

2.4.2. Les variations hebdomadaires


Le coefficient de pointe journalière exprime le retour de façon cyclique du comportement des
usagers au cours de la semaine ; Les pointes de consommations se situent aux jours de grande
lessive et de repos hebdomadaires. Le coefficient de pointe journalière est indépendant de la
saison. Il varie entre 1,05 et 1,15

𝐷𝑗𝑝
𝐶𝑝𝑗 = 𝐷 En m3/j
𝑗𝑚𝑝

Djp = Demande du jour de pointe (m3/j)


Djmp = Demande journalière moyenne du mois de pointe

2.4.3. Les variations journalières


Le coefficient de pointe horaire rend compte de la pointe de la consommation au cours de la
journée. Il exprime donc les habitudes du consommateur au cours de la journée. Il est
indépendant de la saison. Il n'a aucune influence sur les quantités d'eau à mobiliser. Il est
d'autant plus atténué que la ville à des activités diversifiées. Le coefficient de pointe horaire est
estimé par des études statistiques sur divers systèmes similaires ou par le biais de formules
empiriques.

14
On peut ainsi définir le coefficient de pointe horaire de la façon suivante:
𝐷
𝐶𝑝ℎ = 𝐷 ℎ𝑝 En m3/h
ℎ𝑚𝑝

Où avec la formule dite du Génie Rural (France)


2,5
𝐶𝑝ℎ = 1,5 + En m3/h
√𝑄𝑚ℎ

Dhp = Demande de l’heure de pointe (m3/h)


Dhmp = Demande horaire moyenne

Suivant l’expérience, le coefficient de pointe horaire est proche de 1.5 pour les villes de plus
de 200.000 habitants (industrialisés), et 3 pour les localités de moins de 10.000 habitants.

Valeur du coefficient de pointe horaire selon la taille de la localité :

Taille de la localité < 10 000 10 000 à 50 000 50 000 à 200 000 > 200 000
(habitants)

Coefficient 2,5 à 3 2 à 2,5 1,5 à 2 1,5

1,5 < Cph< 3


Dans les centres urbains d’Afrique subsaharienne, le coefficient de pointe horaire est élevé à
cause de l'absence d'industries pouvant fonctionner pendant les heures de faible consommation
domestique et de service. Il varie alors entre 2 et 3. Il intervient dans le dimensionnement du
système de distribution et de stockage.

2.4.4. Les pertes d’eau


Les pertes d’eau peuvent être calculées, annuellement, mensuellement ou par jour suivant la
nature des ressources en eau. Il y a deux types de pertes : les pertes techniques qui surviennent
durant le traitement et dans le réseau de distribution, et les pertes commerciales dues à l’eau
consommée non facturées comme les erreurs de comptage, les vols d’eau par branchements
clandestins et les prélèvements d’utilité publique comme les bouches d’incendie.

Les pertes de traitement


Les pertes de traitement sont de deux ordres, notamment pour les stations de traitement d'eau
de surface. C'est d'abord l'eau perdue avec les boues lors des purges des décanteurs. C'est
ensuite l'eau de service utilisée pour le lavage des filtres et des décanteurs, les fuites
obligatoires des pompes de refoulement. La moyenne admissible des pertes se situe entre 4 et
5% ; d'où un rendement des installations autour de 95%.
15
ηt > 95%
Les pertes de distribution
Ce sont d’abord les fuites constatées sur le réseau de distribution lui-même. Ensuite
les pertes d’eau avant compteur sur les branchements qui sont souvent négligées par certains
exploitants et qui peuvent représenter plus de 50% de pertes totales. Les pertes dépendent de
la nature des conduites, leur vétusté, de l'entretien et le renouvellement des branchements
particuliers, de la surveillance et du délai d'intervention à l'occasion des fuites signalées.
Les fuites les plus importantes arrivent pendant les périodes de basse consommation
pendant que la pression est la plus élevée dans le réseau. Il est communément admis
que le ratio technico-économique de perte au cours du transport et de la distribution
varie entre 10% à 20%. Mais le paramètre qui mesure le mieux la qualité technique du
réseau est l’indice linéaire de fuite journalière (m3/km/jour). La norme doit être fixée pour
chaque réseau en fonction des quantités d’eau distribuées, de la longueur du réseau et du
nombre de points de livraison. Le découpage d’un réseau en deux ou trois sous-réseaux
ou les volumes d’eau sont mesurés en permanence ou temporairement, appelé sectorisation
est la méthode la plus appropriée pour sérier et maîtriser les pertes dans les réseaux. C’est sur
le premier niveau ou secteur que les indicateurs technico-économiques comme le rendement
du réseau sont calculés. L’indice linéaire de fuite est calculé sur le premier sous-niveau.
Les deuxièmes sous-niveaux servent à localiser géographiquement les fuites et à prendre
les mesures de leur réduction.
Les pertes commerciales ou de comptage
Les pertes commerciales ou pertes par comptage ne sont pas des pertes d'eau à prendre en
compte dans le dimensionnement des installations. Mais leur maîtrise contribue à limiter le
gaspillage, à améliorer les finances du système et à rendre un service optimisé. Il est
communément admis que l'eau non comptabilisée représente environ 4 à 6% des quantités
distribuées. Les mesures à prendre pour éviter les dérapages sont les suivantes : bon
dimensionnement des compteurs des abonnés, plan de renouvellement des compteurs, suivi
de la facturation, suivi de l’eau non comptabilisée utilisée par les groupements de sapeurs-
pompiers, chasse aux branchements clandestins.

2.4.5. La pression de service


La pression de service délivré par le système de distribution doit permettre à l’usager d’opérer
les prélèvements d’eau normalement sans effort supplémentaire. Elle interdit la pénétration des
eaux d’infiltration dans les canalisations. Elle est un élément de confort à l’intérieur des
habitations des usagers. Les pressions de service contractuelles varient de 5 mCE pour les
systèmes simplifiés à 1 à 2 bars pour les systèmes classiques.
ηr > 85%

16
Exercice N°3
Un technicien supérieur nouvellement affecté comme responsable d’une exploitation
d’approvisionnement en eau potable désire analyser les éléments de base de dimensionnement
du réseau en place. Pour cela, il dispose des informations suivantes :
- La consommation moyenne journalière sur toute l’année est de 6550 m3/jours ;
- La consommation du jour de pointe est :

Période 0-1 1-2 2-3 3-4 4-5 5-6 6-7 7-8 8-9 9-10 10-11 11-12 12-13
(heure)

Cons (m3) 70 95 75 95 150 545 985 980 645 460 780 520 290

Période 13- 14- 15- 16-17 17-18 18-19 19-20 20-21 21-22 22-23 23-24
(heure) 14 15 16

Cons (m3) 250 135 125 180 195 744 655 295 140 140 70

- Les données de consommation du mois de forte demande en eau est :

Jours 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15

Cons 6650 6250 8560 7450 7985 7902 6840 5962 5621 5698 6545 6598 6524 7980 8250
(m3)

Jours 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30

Cons 6540 6950 7520 8750 7960 8860 8450 8200 8350 7500 8990 7250 8450 7500 7035
(m3)

1- Indiquer le jour et l’heure de pointe et les consommations afférentes


2- Définir et déterminer les différents coefficients de pointes.

Exercice 4
Au cours d’une journée de consommation du mois de janvier 1997 à Abidjan, on a relevé les
valeurs suivantes :
- De 0h à 4h : 1950 m3
- De 4h à 6h : 5200 m3
- De 6h à 8h : 7945 m3

17
- De 8h à 12h : 8200 m3
- De 12h à 14h : 4500 m3
- De 14h à 15h : 7505 m3
- De 15h à 18h : 5465 m3
- De 18h à 20h : 8200 m3
- De 20h à 22h : 2985 m3
Questions :
1) Tracer l’histogramme correspondant à cette répartition de la consommation.
2) Déterminer le coefficient de pointe horaire et le débit de pointe horaire.

2.5. Le débit de calcul des différents ouvrages du réseau


2.5.1. Les modèles de consommation
Le modèle déterministe qui a présidé au dimensionnement de la plupart des installations
actuellement en service a consisté à dimensionner les installations de manière à couvrir
toutes les contingences qui peuvent survenir au cours de leur fonctionnement. Ce
déterminisme consiste à couvrir l'événement horaire aléatoire le plus contraignant au cours
de n’importe quel jour de l’année de référence.

2.5.2. La chaîne de production : Captage, Adduction, Traitement

Débit de production :
𝐷𝑗𝑚 𝐶𝑝𝑠 𝐶𝑝𝑗
𝑄𝑃𝑟𝑜𝑑 = (m3/h)
𝜂𝑡 𝜂𝑟 𝑇

T = temps de fonctionnement de l’installation concernée (captage, adduction d’eau brute,


station de traitement)
Débit d’adduction d’eau potable:
𝐷𝑗𝑚 𝐶𝑝𝑠 𝐶𝑝𝑗
𝑄𝑎𝑑𝑑 = (m3/h)
𝜂𝑟 𝑇

T = temps de fonctionnement de la conduite d’adduction d’eau potable.

2.5.3. Le stockage
Le stockage est un tampon entre la production et la distribution. Son volume dépend alors des
habitudes des usagers et le temps de production. Ce volume est en général compris entre 20%
et 33% de la consommation journalière maximale pour les grandes villes. Il varie entre 30% et
100% de la consommation journalière maximale pour les petits centres.

18
2.5.4. La distribution
Le réseau de distribution est dimensionné sur la base du débit de pointe horaire.
𝐷𝑗𝑚 𝐶𝑝𝑠 𝐶𝑝𝑗
𝑄𝑝ℎ = × 𝐶𝑝ℎ (m3/h)
𝜂𝑟 .24

Suivant son rôle, le stockage sert de tampon entre la production et la consommation.


𝑄𝑝𝑟𝑜𝑑 ≤ 𝑄𝑝ℎ

Tableau 3.2 : Evaluation des besoins et débits de dimensionnement des installations


DESIGNATION AN (- AN 0 AN AN AN
1) 05 10 15
Coefficients de calcul
- Coefficient de pointe mensuelle (saisonnière)
- Coefficient de pointe journalière
- Coefficient de pointe horaire
- Rendement du réseau
- Rendement du traitement
Temps de traitement
2. Demande journalière moyenne (m3/j)
3. Demande de pointe journalière (m3/j)
4. Besoin de pointe journalière (m3/j)
5. Débit de traitement d'adduction eau brute
(m3/h)
6. Débit d'adduction eau potable (m3/h)
Le choix définitif des débits de dimensionnement est un compromis entre les différents
facteurs à prendre en compte et le financement disponible pour l’exécution des travaux.

Exercice 5
Dans une ville de 10000 hab. la consommation totale moyenne est de 500
L/pers/jour. Calculer le débit relatif à l'heure de consommation max de l'année dans les
unités suivantes : L/jour, L/h et L/s.
NB : Cph est égal à 3.

Exercice 6
Pour alimenter en eau potable le village KASSERE, on dispose des données suivantes :
- Population en 1988 : 3231 habitants
- Population en 1998 : 5987 habitants
- Proportion des habitations en dur : 43%
- Proportion des habitations traditionnelles : 57%

19
- Consommation spécifique des habitations en dur : 100 l/j/hab
- Consommation spécifique des habitations traditionnelles : 70 l/j/hab
- Coefficient de point horaire 1,5
- Coefficient de pointe saisonnière : 1,3
- Coefficient de pointe journalière : 1,1
- Rendement du réseau : 80%
Déterminer :
- Le taux d’accroissement de la population de KASSERE ;
- La population de KASSERE en 2007, 2012 et 2019.
- La consommation moyenne journalière en 2007, 2012 et 2019
- Le débit de production en 2007, 2012 et 2019

20
Chapitre 03 : DIMENTIONNEMENT DES SYSTEMES D’ADDUCTION

3.1. Le calcul des conduites


● Les conditions d’un bon calcul
Trois données sont nécessaires pour le dimensionnement d'une conduite d'adduction ;
Les besoins prévisionnels de pointe à l'horizon de planification ;
L’altitude du point à alimenter par rapport au point de prélèvement ;
Le profil en long du terrain naturel.
L'expérience qui intègre les contraintes techniques et économiques recommande une
limitation de la vitesse à l'intérieur de la conduite à 1.5 m/s. La limite inférieure est donnée
par la vitesse d'autocurage qui dépend de la qualité de l'eau. Elle varie entre 0.2 et 0.3 m/s en
fonction de la plus petite particule à éliminer par entraînement par la force tractive de l’eau.
Dans des conditions de débit identique, à une vitesse faible correspond un diamètre élevé de
la conduite et des risques de dépôt des matières en suspension ; A une vitesse élevée, les pertes
de charges sont importantes avec des risques de coup de bélier et des dépenses en énergie
plus élevées. La vitesse d’écoulement dans les conduites d’adduction se situe idéalement
entre 0.8 et 1.2 m/s avec des limites allant de 0.6 à 1.5 m/s pour tenir compte du coût élevé de
l’énergie dans nos différents pays. Ces vitesses relativement élevées n’admettent ni les
dépôts de sédiments, ni le développement de la culture microbienne fixée sur les parois
des conduites ; elles justifient pourquoi les conduites d’adduction sont généralement peu
encrassées.

Critère Vitesse m/s

Minimum Maximum

Objectif 0,6 1

Limite 0,3 1,2

Les limitations de pression sont données par deux paramètres. La pression minimale doit être
supérieure à la pression atmosphérique, notamment aux points hauts. La pression maximale
est limitée à la pression maximale indiquée par les fabricants de conduite. PN 6, 10, 16, 25
bars. Le transport expose les conduites aux intempéries telles que l’ensoleillement, les
variations de température. Il est recommandé d’appliquer un coefficient de sécurité de 0.70 à
0.80 à la pression nominale marquée des conduites en plastique (PVC.PEHD) dont les
caractéristiques sont modifiées par l’ensoleillement et les variations de températures.
● Paramètres de dimensionnement
Il y a quatre paramètres : le débit, le diamètre, la vitesse, la perte de charge H.

21
La perte de charge disponible pour une conduite gravitaire est connue par la dénivelée. On peut
alors calculer le diamètre et vérifier la conformité de la vitesse. Dans le cas général des
conduites de refoulement, on procède par itération en fixant une vitesse arbitraire au départ, et
en optimisant le choix de la conduite suivant les contraintes techniques et économiques.

3.2. Tvpes d'adduction:


L’adduction est l’ensemble des ouvrages et des équipements mis en place pour transporter l’eau
jusqu’aux réservoirs de distribution.
On distingue généralement deux types d'adduction:
- adduction gravitaire (écoulement à surface libre ou en charge) : quand la cote source est
supérieure à la cote du réservoir.
- adduction par refoulement (écoulement en charge seulement) par pompage en utilisant une
station de pompage.

3.3. Adduction aggravitaire en charge:

On a l’adduction gravitaire lorsque la source est élevée que le réservoir de distribution. Dans
ce cas, l’écoulement de l’eau dans la conduite se fait de manière gravitaire. Le diamètre doit
être calculé pour minimiser les pertes de charge. En plus des deux conditions suivantes :
- La vitesse dans la conduite doit respecter la vitesse minimale V>Vmin
- La vitesse dans la conduite doit respecter la vitesse maximale V<Vmax
Les vitesses pratiques conseillées se situent entre 0,5 < V < 1,5 m/s

3.3.1. Rappels hydrauliques


Le dimensionnement consiste à remplir les conditions pour délivrer le débit et la pression de
service (10 à 20 mCE) chaque usager. Une fois le projet de tracé établi pour atteindre chaque
usager et leurs débits consécutifs calculés, des abaques permettent de choisir le diamètre
des canalisations et les pertes de charge afin d’établir le niveau du réservoir.
Bernoulli a montré qu’en un point donné la charge. H. la pression P la côte
topographique, la vitesse représentant l’énergie cinétique sont liées par la relation :
𝑃𝐴 𝑉𝐴2
𝐻𝐴 = 𝑍𝐴 + +
𝜎𝑔 2𝑔
Lorsqu’il y a un écoulement entre d’un point A vers un point B, la différence entre les deux
charges, c’est la perte de charge.
𝐻𝐴 = 𝐻𝐵 + ∆𝐻𝐴𝐵

22
Où J (noté aussi AH) représente la perte de charge totale entre la section SI et S2 . Ces
pertes dechargesont en réalitéde deuxtypes :
- perte de charge J.inéaire (ou répartie sur toute la longueur de la conduite): due aux
tfottements visqueux, turbulents et contre les parois des canalisations.
- perte de charge singulière (ou locale): due aux diverses singularités qui peuvent être placées
le long de la canalisation.

3.3.2. Perte de charge linéaire:


Plusieurs formules permettent calculer la perte de charge. Mais des tables ou abaques des
fabricants de conduites permettent de l’avoir. Sur cette base il est possible de prévoir
le niveau piézométrique à chaque point de calculer la pression dès lors que la côte
topographique est connue en faisant une opération aval-amont ou amont-aval.
Quelques formules de perte de charge :
- Calmont Lechapt
𝑎𝐿𝑄 𝑛
∆𝐻 = 𝑚
𝐷

∆𝐻 = 𝑘𝐿𝑄 𝑛

- Manning-Strickler
10,29𝐿
∆𝐻 = 2 16/3 𝑄 2
𝐾𝑠 𝐷

- William Hazen
10,65𝐿
∆𝐻 = 1,95 𝑄1,85
𝐾 𝐷4,87

- Darcy-Weisbach
𝜆𝐿 2
∆𝐻 = 𝑉
2𝐷𝑔

La perte de charge unitaire est de :

Δ𝐻
𝐽=
𝐿
λ est le coefficient de perte de charge. Il dépend du régime d’écoulement et notamment du
nombre de Reynolds (Re = U D / v) et de la rugosité relative ks/D, ks étant la rugosité de la
conduite et ν est la viscosité cinématique de l'eau (pour l'eau, ν : 10-6 m2/s)
Dans un régime d’écoulement laminaire : Re < 2000

23
64
𝜆=𝑅 (Formule de Poisseuille)
𝑒

Dans un régime d’écoulement turbulent lisse : 2000 < Re < 105


𝜆 = 0,316𝑅𝑒−0,25 (Formule de Blasius)
Dans un régime d’écoulement turbulent rugueux : Re > 105
𝜀
𝜆 = 0,79√𝑑 (Formule de Blench)

La détermination de λ se fait aussi par le diagramme logarithmique de Moody. Ou aussi par la


formule générale et complexe de Colebrook :

- Lorsque nous transformons la formule de Darcy-Weisbach sous cette forme


(suppossant que c’est une conduite circulaire)
8𝜆𝐿 2
∆𝐻 = 𝑄
𝜋𝐷5 𝑔
- Nous notons que toutes les équations de perte de charge linéaire peuvent être sous la
forme : ∆𝐻 = 𝑅𝑄 2
Où R ne dépend donc que des caractéristiques de la canalisation est appelé la résistance de la
conduite.
La courbe J en fonction de Q2 fournie donc la caractéristique de cette conduite:

3.3.2. Perte de charge singulière:

Les singularités rencontrées sur les canalisations sont généralement des changements de la
section de la conduite (élargissements, rétrécissements, diaphragmes, ...) ou des changements
de la direction de l'écoulement (coudes, dérivations, robinets, vannes,...). Ces singularités se
comportent comme des" ouvrages courts" et provoquent des pertes de charges locales.
La perte de chargé locale (notée Ali) provoquée par ces singularités peut généralement se
mettre sous la forme :

24
𝑈2
∆𝐻 = 𝐾
2𝑔

Où K est un coefficient qui dépend de la forme et des dimensions de la singularité.

3.3.4. Ligne piézomètrique et ligne de charge


La charge hyraulique peut être repartie en eux différentes grandeurs :
𝐻 = 𝐻 ∗ + 𝐻𝑑
Avec
𝑃
𝐻 ∗ = 𝜌𝑔 + 𝑧
𝑈2
𝐻𝑑 = 2𝑔

Où H* est la « charge statique » et Hd est appelée « charge dynamique »

- Ligne piézometrique :

La courbe représentant, sur la verticale, la ligne es niveaux e la charge H* en fonction de x (le


long ‘une conduite ou d’une canalisation, suivant le sens de l’écoulement), est appelée la ligne
piézomètrique.

- Ligne de charge :

La courbe représentant la ligne des niveaux de la charge total H le long d’une conduite, suivant
le sens de l’écoulement, elle est appelée ligne de charge ou d’énergie.
La ligne de charge est déduite de la ligne piézomètrique par une translation vers le haut égale
en chaque point à la valeur locale de (V2 / 2 g).
La perte de charge J (ou AH) entre deux points est alors la différence des cotes de la ligne de
charge en ces deux points. La perte de charge fait que la ligne de charge soit toujours
descendante.
En pratique, pour les conduites réelles d'adductions, nous pouvons confondre les deux lignes
(de charge et piézomètrique) puisque le terme de vitesse (V2 / 2 g) reste généralement faible
par rapport à la charge statique.

25
Quelques exemples de diagrammes d’énergie

Conduite de diamètre constant entre deux réservoirs

Conduite de diamètre différents entre deux réservoirs avec des pertes de charge locales à la
restriction

26
Exercice 7
Z1=100 m, Z2=90 m, L= 500 m, Q =10 l/s, Ks= 90, D= 150 mm, (P1/ρg)=14 m
Calculer (P2/ρg)

Exercice 8
Z1=150 m, Z2=112 m, L= 2 km, Q = 30 l/s, Ks= 100
Calculez le diamètre D de la conduite en PVC

Exercice 9
Une conduite transportant de l’eau passe de 15 cm de diamètre à la section E à 45 cm à la
section R. la section E est située 3,66 m pls bas que R et les pressions sont respectivement de
9,28 m et de 6,15 m de CE. Si le débit est de 146 l/s, déterminer la perte de charge et la direction
de la circulation.

3.4. Adduction par refoulement:

Dans une adduction par refoulement, le captage se situe à un niveau inférieur à celui du
réservoir de distribution. Les eaux de captage (ou traitées) sont relevées par une station de
pompage dans cette conduite de refoulement.
Elle s’impose dès que le niveau de l’eau au départ est plus bas que celui à l’arrivée. Un
système par refoulement comprend en général :
- Une conduite d’aspiration
- Une pompe
- Une pompe de refoulement

Conduite
d’aspiration
Conduite de refoulement

Pompe

Crépine

Lorsque la pompe est immergée, la partie aspirante n’existe pas.

27
3.5. Les pompe
3.5.1. Généralités

Les pompes sont des appareils permettant un transfert d’énergie entre le fluide et un dispositif
mécanique convenable. Suivant les conditions d’utilisation, ces machines communiquent au
fluide soit principalement de l’énergie potentielle par accroissement de la pression en aval,
soit principalement de l’énergie cinétique par la mise en mouvement du fluide.

Devant la grande diversité de situations possibles, on trouve un grand nombre de machines


que l’on peut classer en deux grands groupes :

- Les pompes volumétriques comprenant les pompes alternatives (à piston, à


diaphragme, …) et les pompes rotatives (à vis, à engrenage, à palettes, hélicoïdales,
péristaltiques …).

- Les turbo-pompes sont toutes rotatives ; elles regroupent les pompes centrifuges, à
hélice, hélico- centrifuges.

3.5.2. Caractéristiques générales des pompes centrifuges.

Une pompe centrifuge est une machine tournante destinée à communiquer au liquide pompé
une énergie suffisante pour provoquer son déplacement dans un réseau hydraulique
comportant en général une hauteur géométrique d‘élévation de niveau (Z), une augmentation
de pression (p) et toujours des pertes de charges.

Une pompe centrifuge est constituée principalement par une roue à ailettes ou aubes (rotor)
qui tourne à l’intérieur d’un carter étanche appelé corps de pompe.

28
Pour améliorer le rendement de la pompe, on peut intercaler entre le rotor et la volute
une roue fixe appelée diffuseur qui est munie d’aubes de courbure convenable.

Le calcul des pompes centrifuges s’effectue par l’analyse dimensionnelle et par le théorème
d’Euler.

a) Le débit

Le débit qv fourni par une pompe centrifuge est le volume refoulé pendant l’unité de temps.
Il s’exprime en mètres cubes par seconde (m3 /s) ou plus pratiquement en mètres cubes par
heure (m3/h).

b ) Hauteur manométrique :

La HmT d'une pompe est la différence de pression en mètre colonne de liquide (mCL)
entre les orifices d'aspiration et de refoulement, (hauteur géométrique d'élévation
totale) y compris la pression nécessaire pour vaincre les pertes de charge dans les
conduites d'aspiration et de refoulement (Jasp, Jref).

La hauteur varie avec le débit et est représentée par la courbe caractéristique H = f(qv) de
la pompe considérée.

Profil piézométrique du refoulement

29
c) Rendement

Le rendement η d’une pompe est le rapport de la puissance utile P (puissance hydraulique)


communiquée au liquide pompé à la puissance absorbée Pa par la pompe (en bout d’arbre)
ou par le groupe (aux bornes du moteur). Si qv est le débit volume du fluide, ρ sa masse
volumique et H la hauteur manométrique de la pompe, la puissance P et le rendement η
sont donnés par :

30
Le rendement de la pompe varie avec le débit et passe par un maximum pour le débit
nominal autour duquel la pompe doit être utilisée.

d) Limitation de la hauteur manométrique d’aspiration – NPSH - Cavitation

Le critère qui sert à définir la pression nécessaire à l’aspiration pour obtenir un bon
fonctionnement de la pompe, c’est à dire pour maintenir en tout point du fluide une pression
supérieure à la pression de vapeur saturante, est le « ‘NPSH » (sigle de l’abréviation anglo-
saxonne de « Net Positive Suction Head » over vapour pressure).

Pour qu’une pompe fonctionne normalement (sans cavitation), il faut que le NPSH disponible
(calculé) soit supérieur au NPSH requis (indiqué par le constructeur).NPSH disponible > NPSH
requis

Les conditions d’aspiration sont d’autant meilleures que la différence entre les deux est
grande.

La cavitation est la vaporisation du liquide contenu dans la pompe quand il est soumis à une
pression inférieure à la tension de vapeur correspondant à sa température.
31
Ce phénomène se produit à l’orifice d’aspiration de la pompe ; des bulles apparaissent dans
les zones où la pression est la plus faible (entrée des aubes de roue des pompes centrifuges) :
elles sont transportées dans les zones de pressions plus fortes où se produit leur
recondensation. Des implosions se produisent alors à des fréquences élevées et créent des
surpressions locales très élevées (jusqu'à des centaines de bars)

La cavitation est un phénomène à éviter absolument, car il entraîne de graves conséquences:


érosion du matériau pouvant aller jusqu'au perçage des aubes de turbine des pompes centrifuges
augmentation du bruit et des vibrations générés par la pompe chute des performances des
pompes avec diminution importante de la hauteur manométrique totale, du débit et du
rendement.

a) Vitesse de rotation - pompes centrifuges

Si la vitesse de rotation d'une pompe centrifuge passe de n1 à n2 tours/min., le débit Q, la


hauteur manométrique HmT et la puissance absorbée P varient dans les rapports suivants :

La vitesse d’un moteur électrique est donnée par la relation générale :

avec : f = fréquence (50 Hertz) et p = nombre de paire de pôle (Le nombre de paires de pôles
noté p (soit 2p pôles) correspond au nombre de bobines qui constituent une phase de la
machine.). Pour une machine à 4 pôles, p = 2 , c'est-à-dire qu'une phase de la machine est
constituée de deux enroulements.

Le tableau suivant donne, en %, la variation des débits, des hauteurs et de la puissance


en fonction de la variation de n (aussi en %) :

32
Tableau : variation de Q, Hmt, P en fonction de n

b) Vitesse spécifique ns
C’est la vitesse à laquelle tournerait une pompe étalon et calculée pour élever un débit de 1
m3/s à une hauteur de 1.0 m.
Elle intervient pour le choix d'un type de pompe.La vitesse spécifique n d'une pompe vaut :

n : vitesse de rotation en t/min


Q : débit m3/s
H : hauteur manométrique totale d'élévation en m
On désigne souvent ns
comme la vitesse de rotation de la pompe.
Quelques valeurs indicatives sont rassemblées dans le tableau ci-dessous :

Tableau : Vitesse de rotation de ifférentes pompes

3.5.3. Courbes caractéristiques d'une pompe

Les courbes principales qui caractérisent une pompe (mis à part la NPSH) sont au
nombre de trois.
Elles sont établies par le constructeur :
courbe débit-hauteur,
courbe de rendement,
courbe de puissance.

33
Le point de fonctionnement d'une pompe refoulant dans une conduite
est donne par le point d’intersection de la caractéristique hydraulique de la
pompe et celle du réseau.

Le point de fonctionnement de l’installation se situe à l’intersection de la courbe de


réseau et de la caractéristique de la pompe.

34
3.5.3.1.Mode de pompage

Pompe en aspiration Pompe en charge

Cas 1 : Aspiration + refoulement

Hgr Zr

Hga

Za

Le choix de la pompe est fonction des deux conditions : Hmt et NPSH>0


NPSH = 10,33 – Hma > 0
NPSH > 0 pour avoir une aspiration
Au niveau de la pompe, on ne néglige pas les pertes de charge singulière, mais plutôt les
pertes de charge linéaire.
Cas 2 : Pompe alimentée de manière gravitaire et il n’y a plus de problème de NPSH si h >
Hma

Zr

Hgt

Za

35
Cas 3 : refoulement uniquement
Ce sont les pompes immergées utilisées dans les forages. Dans ce cas également, le problème
de NPSH ne se pose pas.

3.5.4. Diamètre des conduites

Le diamètre économique (De) est le diamètre qui permet d’avoir le min de coût.
De manière pratique, ce diamètre sera déterminé par des formules et contraintes empiriques.
Les conditions de vitesse est de 0,5 < V < 1,5 m/s
Les formules de calcul des diamètres sont les suivantes :
Formule de Bresse valable pour les conduites en fonte

𝐷 = 1,5 ∗ √𝑄
Formule de vuibert

36
𝑛 0,154 𝑒 0,154
𝐷 = 0,99 ∗ ( ) ∗( ) ∗ 𝑄 0,49
𝐴 𝑓
n = temps de pompage en heure
f = prix du kg de conduite
e = coût unitaire de l’énergie
A = valeur de l’annuité constante du remboursement de l’emprunt

Formule simplifié de SAVARY et MAIGA


𝐷 = 0,997 ∗ 𝑄 0,46 0,5 < V < 1,5 – 2 m/s

Exercice 10
Dans le système représenté dans la figure ci-dessous, la pompe BC doit amener avec un
débit de 160l/s de l’eau du réservoir A au réservoir D. La viscosité cinématique de cette
eau est égale à 10-6 m2/s, la rugosité absolue de la conduite est de 0,1 mm et le
rendement de l’installation est de 80%.

A/ Du fait, de l’arrêt de la fourniture de l’électricité, cette pompe s’arrête subitement de


fonctionner :

1) Que va – t-il se produit ?


2) Décrivez-le à l’aide de schémas.
3) Au regard de votre installation, que proposez-vous pour le résoudre ?
B/ 1) En considérant les pertes de charge singulières comme négligeables devant les
pertes de charge linéaires, calculer la hauteur manométrique (hauteur d’huile) que doit
avoir la pompe pour faire fonctionner cette installation.

2) Calculer la puissance fournie par la pompe au système.

3) En déduire la puissance absorbée par la pompe.

37
Exercice 11

Une pompe centrifuge aspire de l’eau à une hauteur géométrique d’aspiration Hga=4 m et la
refoule dans un reservoir à une hauteur géométrique de refoulement Hgr = 16 m.

La pompe posséde les caractéristiques définies par les équations suivantes :

- Hmt = -0,4Q2 + 60
- η = -0.02Q2 + 0.25Q

L’installation posséde la caractéristique définie par l’équation suivante :

- Hmt = 0,225Q2 + 20
- Avec Hmt en mou mCE et Q en l/s

Les caractéristiques de la pompe sont tracées sur papier millimétré. On donne la masse
volumique de l’eau ρ = 103 Kg/m3 et g = 10 m/s2

1- Calculer les hauteurs manomètriques de l’installation pour les différents débits du


tableau suivant :

2- A partir des équations caractéristiques de la pompe et de l’installation ou


graphiquement, déterminer les coordonnées du point de fonctionnement.
3- Pour le débit de fonctionnement, déterminer à partir de l’équation du rendement ou
graphiquement le rendement de la pompe, puis calculer la puissance mécanique reçue
par la pompe.

3.6. Tracé des conduites


C’est le cheminement par lequel la conduite passe pour arriver à l’entrée de la ville. Pour
qu’il soit optimal, on procède par tracé en plan avec un profil en long et un profil à travers.
3.6.1. Tracé en plan

38
Le tracé est fait de telle sorte que la conduite suive le chemin le plus court possible tout en
évitant les obstacles. Pour ce faire les voies existantes vont être utilisées de préférence.

3.6.2. Profil en long


Il permet d’éviter les endroits trop accidentés qui occasionnent des disfonctionnements
hydrauliques (suppression et dépression). Il permet également d’installer les ventouses dans
ses parties hautes et des purges dans ses parties basses.

Ventouse

Purge

Purge : permet de purger l’air


Ventouse : mécanisme qui permet de chasser l’air

3.6.3. Profil en travers


C’est la coupe qui permet de mettre en relief le diamètre de la canalisation.

Terre
PC ≥80 cm

20 cm 20 cm

10 cm Sable

PC = profondeur de canalisation

3.7. Coup de bélier

3.7.1. Description du phénomène du coup de bélier

39
Le coup de bélier est un ensemble de phénomènes hydrauliques complexes provenant de la
modification brutale du champ de vitesse et de pression dans une conduite.
L’importance technique des coups de bélier est extrêmement grande. En effet, l’amplitude et
la soudaineté des surpressions et dépressions qui sont mises en jeu peuvent détériorer la
conduite ou les organes qui y sont branchées. Il est nécessaire par conséquent d’empêcher la
production de telles perturbations ou du moins de les atténuer.
Le coup de bélier peut se produire, par exemple, dans le cas de la fermeture brutale d’une
vanne.

Première phase 0<t<T

Deuxième phase T < t < 2T

40
Troisième phase 2T < t < 3T

Quatrième phase 3T < t < 4T

41
La période du mouvement est donc de " T = 4L/a ". Le phénomène est amorti par les pertes de
charge résultant du frottement de l'eau dans la conduite.
Dans le cas d'un arrêt brusque d'une vanne, le phénomène du coup de bélier est donc caractérisé,
tout d'abord, par une surpression, puis par une dépression.

L'analyse du phénomène, dans le cas d'une fermeture rapide d'une pompe située à l'extrémité
d'une conduite d'adduction en partance pour un réservoir est exactement le même sauf qu'il
commence par une dépression puis une surpression (phases 3e, 4e ensuite 1re et 2e).

3.7.2. Protection des conduites contre le coup de bélier

Pour le cas d'une conduite d'adduction, le meilleur moyen de protection contre les coups de
bélier est l'utilisation d'un robinet-vanne à course longue qui sera manœuvré lentement.
Toutefois, pour les grandes conduites, on peut aussi utiliser un anti-bélier, pour plus de sécurité.
Le cas d'une conduite de refoulement est plus grave, puisque l'arrêt de la pompe peut survenir
brutalement (coupure ou disjonction du courant alimentant le moteur).
Il n'est pas possible de supprimer totalement les effets du coup de bélier. On cherche alors à les
limiter à une valeur compatible avec la résistance de la conduite : limitation de la surpression
et/ou de la dépression. On utilise pour cela un appareil appelé anti-bélier.
Les appareils anti-bélier les plus utilisés sont les suivants :
-les volants d'inertie, pour la limitation des dépressions;
- les soupapes de décharge, pour la limitation des surpressions;
- les réservoirs d'air et les cheminées d'équilibre, pour la limitation, à la fois, des
surpressions et des dépressions;

a)- Les volants d'inertie:

Le volant d'inertie est un disque, de grande inertie, dont la masse est concentrée près de la
périphérie. Calé sur l'arbre du groupe motopompe, le volant accumule de l'énergie pendant la
marche normale, et il la restitue au moment de l'arrêt du moteur. Il permet ainsi d'allonger le
temps d'arrêt de la pompe, donc de diminuer l'intensité du coup de bélier dans la conduite de
refoulement.
Les caractéristiques géométriques du volant (RI> R2, f. et la masse) sont déterminées en
fonction de la puissance de la pompe et du temps d'arrêt minimum pour limiter suffisamment
la valeur du coup de bélier.

b)-Les soupapes de décharge:


42
C'est un ressort à boudin qui, en exploitation normale, par sa compression, obture un orifice
placé sur la conduite au point à protéger. En cas de surpression, il s'ouvre très rapidement pour
libérer le débit de retour dans la conduite, il permet ainsi de limiter la valeur de cette
surpression.
Cette soupape ne s'ouvre que si la pression dans la conduit~ dépasse de 5 % la pression
maximale de fonctionnement normal.

c)- Les réservoirs d'air:

C'est un réservoir placé sur la conduite et contenant de l'eau et de l'air sous pression. La pression
dans l'air, en marche normale, équilibre la pression dans la conduite. En cas de coup de bélier,
ce réservoir va alimenter la conduite en eau lors de la dépression (par suite de la dilatation du
volume d'air) et récupérer l'eau à partir de la conduite lors de la surpression (par suite de la
compression du volume d'air). Ainsi, il permet de limiter aussi bien la dépression que la
surpression.

A cause de sa simplicité et de son efficacité, le réservoir d'air est le moyen de protection contre
les coups de bélier le plus utilisé en alimentation en eau.

d)- Les cheminées d'équilibre:

A la place d'un réservoir d'air sous pression, on peut utiliser un réservoir à l'air libre appelé n
cheminée d'équilibre n. Cette cheminée jouera donc le même rôle que le réservoir d'air.

Elles sont très rarement utilisées, puisque leur hauteur devrait être énorme. Par contre, elles
peuvent trouver leur emploi sur le tracé de la conduite si celui-ci comporte des points hauts.

43
44
Chapitre 04 : LES RESERVOIRS

4.0. Définition

Le stockage dans les systèmes de distribution est l’accumulation en un point de quantité


d’eau pour résoudre un problème technique et/ou un problème économique (côût de
l’énergie). Le stockage se fait :

- Aux stations de traitement ;


- Aux stations de pompage de reprise ;
- Sur le réseau de distribution.

Sur le plan hydraulique le stockage peut être :

- Un réservoir : ouvrage posé au sol, semi-enterré, enterré ;


- Un château d’eau : ouvrage surélevé selon les besoin, dont la hauteur peut attendre
plusieurs dizaine de mètre.

Au niveau du matériaux de construction, les stockages sont en béton armé, en acier, en


matière plastiques.

4.1. Leur fonction

Ils permettent de sécuriser les distributions de l’eau. Ils sont donc nécessaires pour pouvoir
alimenter, convenablement, une agglomération en eau potable. Ils sont principalement imposés
par la différence entre le débit de captage ou de refoulement d'eau (plutôt constant) et le débit
d'eau consommé par l'agglomération (variable en fonction de l'heure de la journée).

Les réservoirs servent alors à accumuler les surplus d’eau pompée pendant les heures creuses
et à les distribuées pendant les heures de pointes. Dans certains cas le pompage n’a lieu qu’une
partie de la journée, le réservoir sert alors à accumuler la quantité d’eau pour le reste du temps.
Il sert aussi à maintenir une pression régulière dans le réseau.

Par rapport au réseau d'approvisionnement, ils peuvent aussi être groupés en deux types :
réservoirs de passage (placés entre le captage et le réseau de distribution de l'eau) et réservoirs
d'équilibre (placés à la fin du réseau de distribution).

On peut regrouper les diverses fonctions des réservoirs sous cinq rubriques principales:

- Un réservoir est un régulateur de débit entre le régime d'adduction (déterminé par le pompage
et/ou le traitement) et le régime de distribution ;

- Un réservoir est un régulateur de pression en tout point du réseau ;

- Un réservoir est un élément de sécurité ;

- Un réservoir a une fonction économique,

- Un réservoir est un point test, en volume et en pression, d'un réseau maillé.


45
4.2. Capacité des Réservoir

PHE

QP

VU

PHB
Ri

Qc

Qp = débit de pompage

Qc = débit de consommation

Vu = Volume utile

Ri = Réservoir d’incendie

La capacité théorique d’un réservoir est fonction de la variation horaire de la consommation,


du débit et de la période de pompage choisie. Celle-ci est fonction du coût de l’énergie. Dans
certains cas la réserve d’incendie est facultative. Le dimensionnement du réservoir va se faire
sur cette égalité.
24 24

∑ 𝑄𝑝 = ∑ 𝑄𝑐
0 0

Pour résoudre cette équation on s’appuie sur les caractéristiques de la consommation et du


pompage on fait alors l’histogramme de la consommation en faisant des prélèvements horaires.

46
Vu ou V0= max (d) + max (e) avec d = déficit et e = excès

La méthode analytique

Le fonctionnement du système est simulé au cours d’une journée afin de déceler à des pas de
temps prédéterminés les déficits et les surplus de volume non consommés.

La réserve de distribution est la somme de la plus grande valeur positive et de la valeur


absolue de la plus faible valeur négative.

47
4.3. Calcul de la réserve incendie (Ri)

La réserve d’incendie est estimée à partir du nombre probable d’incendie simultané et de temps
pour étouffer un incendie. En générale une ville dont la taille rend probable plus d’un incendie
par an est équipe de plusieurs réservoirs.

La règle est de destiner un réservoir pour l’étouffement d’incendie.

Ri= Qi * ti avec 30 < Qi < 60 m3/h et 1 < h < 2h

4.4. Choix des périodes de pompage

Il est à retenir pour le choix du temps de pompage.

- Plus le temps de pompage est long, plus son Q est faible et plus la capacité réservoir est
à minimiser.
- Le pompage aux heures de points permet de limiter la nécessite de réserve et donc de
diminuer le volume du réservoir.

Cependant le coût de l’électricité peut être élevé à ces périodes, il serait donc souhaitable
de pomper aux heures creuses notamment la nuit.

- Pour les petites localités (< 1000 habitants), le volume V du réservoir est égal au moins
au besoin journalier

Vu = Vjp * Cperte

Pour faire face aux risques de panne de longue durée. De plus, les réserves d’incendie n’y
sont pas nécessaires.

- Dans le cas de plusieurs réservoirs la répartition du volume est faite en fonction des
rapports d’alimentation dans le réseau.

4.5. Côte du réservoir

La côte du radier est calculée pour assurer une pression minimale dans le réseau. La hauteur
d’eau au-dessus du radier peut atteindre jusqu’à 6 m et dépend de la forme du réservoir.

4.6. Emplacement du réservoir

Soit au centre de l'agglomération (château d'eau) pour réduire les pertes de charge et par
conséquent les diamètres.

Soit en altitude en réduisant le diamètre. La perte de charge est compensée alors par une
pression plus grande.

48
L'altitude du réservoir, plus précisément du radier doit se situer à un niveau supérieur à la plus
haute cote piézométrique exigée sur le réseau.

Il faut donc évaluer la perte de charge entre le réservoir et le point de plus haute cote
piézométrique à desservir. On obtient ainsi approximativement l'altitude du radier.

La topographie intervient et a une place prépondérante dans le choix de l'emplacement, de


même que la géologie. Il ne faut pas oublier les extensions futures.

S'il n'est pas possible de placer le réservoir au centre de la localité et si celle-ci est très étendue,
la pression peut devenir insuffisante à l'extrémité du réseau, particulièrement aux heures de
pointe.

On a alors recours à un ou plusieurs réservoirs d'équilibre, en liaison avec le réservoir principal.

Les réservoirs d'équilibre se remplissent la nuit au moment des très faibles consommations.

La journée ces réservoirs alimentent leur zone d'action avec des pressions supérieures à ce que
pourrait fournir le réservoir principal seul.

4.6. Formes et types de réservoirs:

La forme des réservoirs est généralement circulaire, et est rarement carrée ou rectangulaire. En
ce qui concerne le château d'eau, la forme de la cuve est aussi généralement circulaire, son
aspect extérieur doit s'adapter au paysage et demande une architecture appropriée au site pour
ne pas détruire l'environnement.

La hauteur d'eau (hr) dans les réservoirs est comprise entre 3 et 6 m, et atteint,
exceptionnellement, 10 m pour les grandes villes. Le diamètre du réservoir circulaire, imposé
par le volume, varie de 1,5 à 2 fois la hauteur de la cuve hr.

Pour des raisons économiques, les réservoirs sont construits en béton armé jusqu'à un volume
de 2500 m3 et en béton précontraint jusqu'à 20 000 m3. Pour des faibles volumes, et rarement,
ils peuvent être métalliques. Les réservoirs semi-enterrés sont les plus utilisés, avec un toit
généralement voûté, et une couverture par de la terre ou du sable sur 0,2 à 0,3 m (isolation
thermique de l'eau).

Quelques équipements sont aussi à prévoir dans les réservoirs: une fenêtre d'aération (entrée et
sortie de l'air lors du remplissage et de la vidange), un accès pour le nettoyage de la cuve, une
chambre de vannes, un trop-plein (évacuation de l'excédent d'eau), une galerie de vidange (au
fond), une fermeture par flotteur de l'alimentation, un enregistreur du niveau d'eau dans le
réservoir et un by-pass entre adduction et distribution (utile en cas d'indisponibilité du
réservoir: nettoyage, entretien, réparation,...).

Eventuellement, On peut prévoir aussi une bâche d'arrivée de l'eau équipée d'un déversoir
permettant la mesure des débits d'adduction Autres dispositions à prendre: l'arrivée de l'eau se
49
fait par le haut (en chute libre ou noyée), la sortie se fait par le bas du réservoir (à 0,2 m au-
dessus du radier), prévoir une charge minimale de 0,5 m au-dessus de la conduite de sortie
(pour éviter des entrées d'air dans la canalisation), garder la réserve d'incendie toujours
disponible, assurer un renouvellement continu des eaux et contrôler périodiquement les
réservoirs (qualité de l'eau, étanchéité de la cuve, nettoyage, dépôt de matières solides,
fonctionnement des accessoires,...).

Exercice 13

La consommation d'eau moyenne est estimée à 450 l/hab.jour avec la répartition journalière
indiquée dans le tableau ci-dessous.

a) Calculer le débit de consommation moyen


b) Calculer le débit de point horaire de consommation
c) Calculer le coefficient horaire de pointe
d) Calculer le volume de réservoir minimum permettent de satisfaire la consommation
pour les deux variantes d’adduction suivantes :
D1 : Alimentation gravitaire par une source 1 à débit constant de 11 l/s
(Utiliser le tableau ci-dessus)
D2 : Alimentation gravitaire par une source 2 à débit constant de 4,5 l/s et
pompage continu entre 0 et 5 heures.

50
51
Chapitre 05 : DIMENTIONNEMENT DES SYSTEMES DE DISTRIBUTION

51. Types de réseau


5.1.1. Réseau ramifié
C’est un réseau constitué par des ramifications successives à partir d’une conduite qui se divise
en plusieurs conduites secondaires. Dans un tel réseau, l’écoulement s’effectue toujours dans
le même sens à partir du réservoir vers les extrémités. Son avantage réside dans le fait que le
sens d’écoulement est connu. Ce qui permet une meilleure maîtrise du fonctionnement et de
l’exploitation. Ce type de réseau n’offre ni sécurité d’alimentation, ni flexibilité (en cas de
rupture ou de travaux d’entretien : un accident sur la conduite principale prive les abonnés en
aval d’eau potable). Par ailleurs il peut y avoir des chutes de pression aux heures de pointe dans
certains secteurs.

5.1.2. Réseau maillé


Ce type de réseau comporte des boucles (ou mailles) et des points auxquels aboutissent au
moins deux canalisations.
Dans ce type de réseau, une alimentation possible d’un tronçon par au moins deux
canalisations, d’où une sécurité d’approvisionnement. Nous notons également une
augmentation des capacités de transfert du réseau (à débit égal les pertes de charge diminuent).
Dans ce réseau, nous observons une connaissance et maitrise du fonctionnement du réseau plus
difficiles, un risque de stagnation de l’eau sur certains tronçons, une inversion possible du sens
de circulation de l’eau et il peut être difficile d’identier un tronçon causant des désordres.

5.2. La conception d’un réseau ramifié


- Le débit de dimensionnement du réseau est choisi pour les conditions les plus défavorables,
c'est-à-dire à l'heure de pointe. En toute rigueur, l'on devra tenir compte du débit nécessaire
pour étouffer un incendie pendant l'heure de pointe. Le débit de dimensionnement est donc le
débit de pointe horaire Qph généré pour chaque tronçon à partir des points de livraison aux
usagers.
- La pression de service est donnée dans le cahier de charges des sociétés de distribution
d'eau.
- Les conditions de vitesse sont voisines de celles de l'adduction.
0,3 𝑚/𝑠 < 𝑉 < 1,2 𝑚/𝑠

5.2.1. Le langage du dimensionnement

52
Le nœud est la rencontre de deux ou plusieurs conduites, un lieu de concentration de points
de livraison de l'eau aux usagers.
Un tronçon est la portion de conduite comprise entre deux nœuds.
Le débit entrant et le débit sortant se définissent par rapport au nœud et exprime le
bilan des écoulements à ce nœud.

5.2.2. La génération des débits


Après avoir tracé le réseau, les débits desservis à chaque nœud (consommation ponctuelle
importante, antenne) ou de service en route sont identifiés
Le débit desservi à un nœud est la somme des débits ponctuels soutirés à ce nœud.
Le débit desservi sur chaque tronçon peut être déterminé de deux manières :
- une desserte uniforme sur la longueur de la conduite : Dans un secteur du réseau, si les
points de livraison, d'importance équivalente, sont uniformément répartis sur les
tronçons, la desserte peut être considérée uniforme sur la longueur des conduites. Le débit
desservi par chaque conduite est proportionnel à sa longueur.
𝑄𝑡
𝑄𝑖 = 𝐿
∑ 𝐿𝑖 𝑖
- une desserte uniforme sur la surface du secteur : Lorsque la répartition de la demande est
uniforme par rapport à la surface desservie, eu égard au type de livraison choisi par les usagers,
la desserte est considérée uniforme sur la surface du secteur et exprimée en l/s/ha. Le débit de
calcul d’un tronçon : à partir des débits desservis, les débits transitants sont répartis en
respectant la loi des nœuds. Le débit initial de calcul de chaque tronçon comporte deux
éléments :
- le débit transité par le tronçon pour desservir la demande du nœud situé à son aval ;
- le débit desservi par le tronçon lui-même qui peut prendre deux formes, soit une répartition
de ce débit entre les deux nœuds, soit un service en route.
Dans tous les cas, la loi des nœuds qui exprime le principe de conservation de la
matière doit être respectée :
débits entrants = débits sortants.
Un report sur plan est nécessaire pour l'harmonisation des débits. Dans la majorité des villes
africaines subsahariennes, la densité de l’habitat, la qualité du service demandée sont
différentes suivant les quartiers et les ménages. La ségrégation de l’habitat est souvent faible.
On retrouve dans le même tissu urbain les bornes fontaines, les branchements particuliers
de cours, les branchements particuliers domestiques indifféremment distribués. C’est
pourquoi les deux méthodes de générations des débits seront judicieusement combinées
pour générer les consommations aux nœuds et les débits initiaux de calcul des conduites.

53
5.2.3. Les modes de desserte
Dans les réseaux AEP ; il existe deux modes de desserte.
La desserte ponctuelle :
Le tronçon assure uniquement une fonction de transport. La desserte ponctuelle
correspond à la satisfaction d'un besoin à un point précis (usine, groupe d'immeubles,
antenne de desserte) dont le volume est significatif par rapport au débit transité.
Le service en route ou desserte uniforme sur un tronçon
Certaines conduites assurent à la fois une fonction de transport et de distribution. C'est le cas
en AEP lorsque des branchements particuliers sont exécutés sur les conduites de distribution.
Compte tenu de la configuration des lotissements, les branchements sont le plus souvent
raccordés à des intervalles réguliers sur les conduites et ont des débits quasi-identiques. On
parle alors de service en route. Pour faciliter les calculs des conduites, on recherche le débit
fictif de calcul qui entraîne la même perte de charge. C'est la formule du service en route. Le
débit fictif de calcul est Qf
𝑄𝑓 = 0,55𝑄𝑒 + 0,45𝑄𝑠
Qe = Débit entrant dans le tronçon
Qs = Débit sortant du tronçon
L = longueur de la conduite
q = Débit unitaire de service en route
𝑄𝑒 − 𝑄𝑠
𝑞𝑓 =
𝐿

𝑄𝑓 = 𝑄𝑡 + 0,55𝑄𝑟
Qt = Débit transitant dans le tronçon
Qr = Débit soutiré dans le tronçon

5.3. Analyse d’un réseau ramifié


L'analyse d’un système de distribution se limite à celle de sa fonction transport.

5.3.1. Analyse d’un réseau ramifié existant.


L'analyse d'un réseau ramifié existant intervient lorsqu'il faut déterminer sa capacité face
à une augmentation de la demande ou une extension du réseau. Les débits soutirés ainsi que le
diamètre des conduites sont des données. L'analyse consiste à déterminer par calcul les
paramètres qui suivent et de faire les modifications nécessaires pour les conformer à des
normes préétablies:

54
- la vitesse dans chaque conduite
- les pertes de charge
- la pression aux différents nœuds
Deux tableaux sont dressés l’un relatif aux tronçons et l’autre relatif aux nœuds pour
permettre l’appréciation des vitesses dans les conduites et les pressions de service aux
différents nœuds. Les pertes de charge et les vitesses sont obtenues par calcul en utilisant les
formules de pertes de charge. La côte piézométrique est déterminée par soustraction de la
perte de charge entre le nœud considéré et la charge du nœud amont. On peut alors
calculer la pression en faisant la différence entre la côte piézométrique et la côte
géométrique. S'il y a des insuffisances de charge l'on procède à des modifications du
réseau ou la proposition de pose de conduites parallèles: c'est le résultat de l'analyse.
𝑍𝑟 = 𝑍𝑖 + 𝑌𝑖 + ∆𝐻𝑟 − 𝑖

Zr : Côte piézométrique la plus basse au départ de la distribution


Zi: Côte géométrique du point i connu (m)
Yi : Pression à déterminer (m)
∆Hr – i : perte de charge entre le réservoir et le point i
𝑌𝑖 = 𝑍𝑟 − 𝑍𝑖 − ∆𝐻𝑟

Zr : Côte du radier du réservoir


Zi : Côte du nœud considéré
Hr-i: Perte de charge
Yi : Pression au nœud considéré

Perte de charge des tronçons du réseau ramifié

55
Détermination des pressions aux nœuds d’un réseau ramifié.

Exercice 14

Calculer les débits fictifs dans les différents tronçons.

5.3.2. Analyse d’un réseau neuf


Lorsqu'il s'agit de créer un système de distribution entièrement neuf, les débits à soutirer aux
nœuds du réseau, la côte géométrique de chaque nœud ainsi que le(s) pression(s) de service

56
sont des données générées par le projeteur. Le nouveau système sera défini en déterminant les
diamètres des conduites, ainsi que la côte du radier du réservoir.
Après le tracé du réseau la conception se fait en quatre étapes :
Détermination des données de dimensionnement
- Détermination des débits de prélèvements aux différents nœuds
- calcul des débits des différents tronçons
- mise en cohérence par le respect de la loi des nœuds : Qi = o
- choix de la pression de service aux points de livraison
- calcul des diamètres intérieurs des conduites avec la limitation de la vitesse par l’utilisation
de formules simples : Bresse, Vuibert, etc.
- choix des diamètres nominaux des conduites et du type de conduites (nature, pression
nominale)
Détermination de la côte piézométrique nécessaire au stockage par un calcul de la ligne de
charge de l'aval vers l'amont. En procédant proche en proche l'on détermine la côte
piézométrique en tête du réseau, pour satisfaire les conditions de pressions et de débit, à tous
les nœuds.
Optimisation technico-économique: certains diamètres de conduites seront modifiés pour
optimiser les vitesses, la pression en certains points, ainsi que la hauteur du réservoir.
Le choix définitif des diamètres de conduites devra obéir à quatre règles :
- minimiser le nombre de diamètres de conduites pour réduire les stocks de réparation
- faire des raccordements hydrauliquement favorables entre les conduites aux ramifications
- Choisir un diamètre minimal en dessous duquel on considère qu’on a le raccordement d’un
point de livraison. ;
- optimiser économiquement et financièrement l’ensemble
Vérification des pressions aux nœuds : Le calcul de la ligne de charge d'amont vers l'aval est
effectué pour vérifier l'efficacité des ajustements de diamètres de conduites ainsi que les
pressions minimales aux nœuds. La hauteur piézométrique en tête du réseau détermine la côte
du radier du réservoir.

Exercice 15
1- Dimensionnez le réseau en aval du point A. Le réseau est constitué de canalisation PVC
PN 6: Ks=120; (les débits représentés sont ceux de l’heure de pointe)

2- Donnez les pressions aux différents noeuds. 0.60 m / s V 1.20 m / s


20 m Pression 60 m Pression en A = 31 m

3- Donnez les vitesses dans les différents tronçons sachant que:


57
5.3. Analyse d’un réseau maillé
Les étapes de la conception d’un réseau maillé sont identiques à celles d’un réseau ramifié
neuf, sauf en ce qui concerne le calcul de la cote piézométrique en tête du réseau.

5.3.1. Les répartitions des débits.


Les débits de servir aux nœuds (ponctuels) et le nombre de tronçons sont établis comme dans
le cas du réseau ramifié. Pour les débits de transite, on distingue deux cas :
- cas où le tronçon n’appartient pas à une maille
- cas les tronçons appartiennent à une maille ce qui sera l’objet de la suite.
Pour la détermination du débit transite, on procède comme suit :
- On établit la consommation linéaire sur chaque tronçon et les consommations
ponctuelles sur chaque nœud.
- On ramène les consommations linéaires aux nœuds ainsi la partie maillé est représentée
avec seulement des soutirages aux nœuds.
- On effectue enfin une répartition arbitraire du débit dans les tronçons en respectant la
loi des nœuds.
58 21
1 7.5 1 7.5
5 10
2

10 2.5
3

7.5 5 7.5
5 5 5
6

5.3.2. Les lois applicables.


Loi des nœuds : elle exprime le principe de la conservation de la matière (débit) en chaque
nœud :

∑ 𝑄𝑖 = 0

Ou ∑ 𝑄 𝑒𝑛𝑡𝑟𝑎𝑛𝑡 = ∑ 𝑄 𝑠𝑜𝑟𝑡𝑎𝑛𝑡
Loi des mailles : c'est le principe de la conservation de l'énergie. Chaque nœud ayant une charge
unique, la perte de charge est nulle sur chaque maille.
Ces deux lois permettent d’obtenir un système de n équation à n inconnues en débit. Ce système
comporte (n-1) équations linéaires issues de la loi des nœuds et une équation non linéaire
provenant de la loi des mailles. Pour la résolution de ce système d’équation, il est nécessaire
de linéariser l’équation quadratique. Il existe plusieurs méthodes de linéarisation, ce sont :
- Méthode de Wood-Charles
- Méthode Newton-Raphson
- Méthode de Hardy-Cross

5.3.3. La méthode de Hardy - Cross


Elle consiste à déterminer les débits dans les tronçons à partir de corrections successives.
Elle s'applique dans les conditions où les éléments suivants sont définis :
- Diamètres des conduites
- Longueurs des tronçons
- Débit de service en route
- Débit entrant et sortant à chaque nœud
- Cote géométrique de chaque nœud
La procédure de calcul est la suivante :
59
- choix d'une formule de calcul de perte de charge
- choix d'un sens de circulation pour le calcul de perte de charge. En général le sens positif est
celui des aiguilles d'une montre.
- répartition provisoire des débits, respectant la loi des nœuds
- calcul itératif d'ajustement des débits pour respecter la loi des mailles. Le calcul sera répété
jusqu'à ce que l'ensemble du réseau respecte la loi des mailles avec une certaine précision.
- Vérification des vitesses par rapport à l'optimum prédéterminé
- Calcul des pressions et calage du radier du réservoir
L'équilibre des débits étant fait, les sens d'écoulement sont déterminés. Il est alors possible de
calculer la pression à chaque nœud et de déterminer la côte du radier du réservoir. La
formule approximative utilisée pour le calcul itératif d'ajustement des débits dans la
méthode de HARDY-CROSS se définit comme suit :

a) Cas d'une maille

A q1 J1
QA D
q2

J2

B C QC

On décompose arbitrairement QA en ql et q2 tels que: QA = ql + q2 = QC

On choisit les deux diamètres en fonction des débits ql et q2, lesquels engendrerons les pertes
de charge :

J1 sur ADC et J2 sur ABC.

On doit alors vérifier que (2e loi): J1 – J2 = 0

Généralement, cette loi n'est pas vérifiée dès le premier coup et nous allons chercher la
correction à faire: Δq

En utilisant les résistances des conduites sur les longueurs L1et L2 (R1 et R2), on écrit que:

𝐽1 = 𝑅1 . 𝑞12 et 𝐽2 = 𝑅2 . 𝑞22

La correction des débits à faire Δq et qui) et (𝑞2 + ∆𝑞 2 ), doit conduire à la vérification de la


deuxième loi : donnerait 𝑅1 . (𝑞1 + ∆𝑞)2 − 𝑅2 . (𝑞2 + ∆𝑞)2 = 0

60
A partir de l’équation, on déduit que :

Si, pour les nouveaux débits, la deuxième loi n’est toujours pas vérifiée, il faudra de nouveau
corriger les débits. Ainsi, on se rapprochera de zéro pour la somme algébrique des pertes de
charge du contour.

b) Cas de deux mailles


Dans le cas de deux mailles adjacentes, la conduite commune sera affectée par les deux
corrections des débits calculées pour les deux mailles, affectées de leurs signes respectifs.

61
On arrête les itérations lorsque, pour toutes les mailles.

Dans le cas où le calcul est fait à l’aide d’un micro-ordinateur, on peut aller plus loin dans la
précision :

Pour réaliser les calculs, on peut utiliser le tableau ci-dessous, ensuite le tableau des pertes de
charges

Si la solution obtenue ne verifie pas les conditions imposées (des vitesses entre 0,60 et 1,20
m/s et, éventuellement, des pressions suffisantes), on doit modifier le choix initial des
diamètres de certains tronçons et recommenecer le calcul dès le début.

62
Exercice 16

Un réseau maillé est alimenté par pompage d'un débit constant de 200 l/s. Les caractéristiques
du réseau et les débits soutirés aux noeuds sont donnés sur la figure ci-dessous.
La rugosité de sable équivalente des conduites vaut k =0.03 mm et la viscosité cinématique de
l'eau vaut 1.15*10-6 m2s-1
.

Calculer :
• la répartition du débit dans les différentes branches du réseau;
• le débit résiduel au point D;
• la charge nécessaire au point A, si la sortie est à l'air libre au point D.

63

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