Lycée Jean Bart Physique-Chimie MP 2023 − 2024
DM 5
Électromagnétisme
Exercice 1 : Approximation des régimes quasi-stationnaires
L’objet de cet exercice est de dégager ce que recouvre l’approximation des régimes quasi-stationnaires en élec-
tromagnétisme (notée dorénavant ARQS).
Formulaire :
−→ −→ ⃗ −−→
• Formule sur les opérateurs vectoriels : rot(rotA) = grad(divA)
⃗ − ∆A
⃗
• Opérateurs vectoriels en coordonnées cylindriques :
1 ∂(rAr ) 1 ∂Aθ ∂Az
divA
⃗= + +
r ∂r r ∂θ ∂z
−→ ⃗ 1 ∂Az ∂Aθ ∂Ar ∂Az 1 ∂(rAθ ) ∂Ar
rotA = − ⃗ur + − ⃗uθ + − ⃗uz
r ∂θ ∂z ∂z ∂r r ∂r ∂θ
1 ∂ ∂f 1 ∂2f ∂2f
∆f = r + +
r ∂r ∂r r2 ∂θ2 ∂z 2
• Constantes : ε0 = 8,85 × 10−12 F · m−1 ; µ0 = 4π · 10−7 kg · m · A−2 · s−2 ; c = 3 × 108 m · s−1 .
Q.1 Enoncer les équations de Maxwell en présence de charges et de courants. Pour chacune d’entre elles, en
donner la forme intégrale.
I– Condensateur plan en régime sinusoïdal forcé
On considère un condensateur plan constitué de deux armatures planes de forme circulaire, d’axe (Oz) et de
rayon R, distantes de e (Figure 1.a). L’espace interarmatures est vide et la charge totale stockée sur l’armature
supérieure du condensateur est donnée en notation complexe par :
iωt
Q(t) = Q0 e
avec Q0 réel positif). On suppose que R ≫ e, de sorte à pouvoir négliger tout effet de bord. Vu la géométrie du
problème, on travaille en coordonnées cylindriques (r, θ, z) d’axe d’axe (Oz). On s’intéresse ici à un régime non
stationnaire de fonctionnement, en l’occurrence un régime sinusoïdal forcé de pulsation ω.
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Q.2 Par une analyse des symétries et invariances du problème, déterminer la forme a priori du champ élec-
tromagnétique (E, ⃗ entre les armatures.
⃗ B)
Un raisonnement en ordre de grandeur (non demandé) montre qu’il est légitime de négliger les effet de bords,
donc de chercher le champ électromagnétique sous la forme :
(
⃗ = E(r, t) ⃗uz
E
⃗ = B(r, t) ⃗uθ
B
Q.3 Montrer à partir des équations de Maxwell que la fonction E(r, t) vérifie entre les armatures l’équation :
∂ 2 E 1 ∂E 1 ∂2E
+ − =0
∂r2 r ∂r c2 ∂t2
iωt
On cherche les solutions complexes de la forme : E(r, t) = E0 f (r)e avec ω la pulsation des oscillations et
ωr
f (0) = 1. On définit la variable réelle u = .
c
Q.4 Établir l’équation différentielle à laquelle obéit f (u), qu’on ne cherchera pas à résoudre. La solution de
cette équation s’écrit :
∞
(−1)k u 2k
f (u) =
X
k=0
(k!)2 2
Q.5 Par application de l’équation de Maxwell-Faraday, déterminer l’expression du champ magnétique com-
plexe B(r, t) en fonction de f (r) et des constantes du problème (on prendra la constante d’intégration
nulle).
On désire maintenant trouver le développement perturbatif du champ électromagnétique à l’intérieur du conden-
sateur. La forme du champ électromagnétique est la même que précédemment, puisque les hypothèses sont les
mêmes. En particulier, les effets de bord sont négligés. Nous travaillons toujours en notation complexe.
L’idée fondamentale du traitement est la suivante : à l’ordre le plus bas, le champ électrique entre les armatures
est approximativement uniforme (comme en électrostatique) soit en notation complexe : E ⃗ 0 = E0 eiωt ⃗uz avec
E0 réel. Comme ce champ varie au cours du temps, il crée un champ magnétique B ⃗ 1 = B 1 (r, t)⃗uθ variable et
non uniforme a priori. Ce champ magnétique engendre à son tour un champ électrique E ⃗ 2 = E 2 (r, t)⃗uz , qui
crée lui même un champ magnétique B 3 = B 3 (r, t)⃗uθ , qui engendre E 4 = E 4 (r, t)⃗uz , etc. Lors des intégrations
⃗ ⃗
successives, on ne retiendra que les solutions nulles sur l’axe.
⃗ 0 , déterminer le champ magnétique
Q.6 Partant de la première expression approchée du champ électrique E
B 1 par application de l’équation de Maxwell-Ampère.
⃗
Q.7 La présence du champ magnétique modifie le champ électrique, en apportant le terme correctif E⃗ 2 . De
quel phénomène s’agit-il ? À l’aide de l’équation de Maxwell appropriée, déterminer ce terme correctif
⃗ 2.
E
Q.8 Réitérer ce raisonnement pour aboutir à B
⃗ 3 et E
⃗ 4.
ωr
Q.9 Montrer alors que l’expression du champ électrique complexe E(r, t) à l’ordre 4 en u = s’écrit :
c
!
u2 u4 iωt
E(r, t) ≈ E0 1− + e
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Q.10 Montrer que l’expression du champ magnétique complexe B(r, t) à l’ordre 3 en u s’écrit :
!
u u3 iωt
B(r, t) ≈ i B0 − e
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on précisera l’expression de B0 en fonction de E0 .
Q.11 Par application du théorème de Gauss à une surface bien choisie, déterminer l’expression de l’amplitude
réelle E0 en fonction des paramètres du condensateur. Le théorème de Gauss étant valable à toute
fréquence, on peut choisir de se placer à basse fréquence pour répondre à cette question. En déduire B0 .
II – Solénoïde infini en régime sinusoïdal forcé
On cherche à déterminer le champ électromagnétique créé par un solénoïde infini, parcouru par une intensité
iωt
I(t) = I0 e en notation complexe avec I0 un réel positif. Ce solénoïde de section circulaire comporte n spires
jointives par unité de longueur.
Q.12 Qu’entend-on par l’expression "solénoïde infini" ? Déterminer la forme a priori du champ magnétique.
D’après les hypothèses, on peut montrer qu’il est légitime de chercher le champ électromagnétique sous la forme :
(
⃗ = E(r, t) ⃗uθ
E
⃗ = B(r, t) ⃗uz
B
Q.13 Trouver l’équation à laquelle obéit B(r, t).
Le principe est le même que précédemment : à l’ordre le plus bas, le champ magnétique dans le solénoïde est
approximativement uniforme (comme en magnétostatique) soit en notation complexe : B ⃗ 0 = B0 eiωt ⃗uz avec B0
réel. Comme ce champ varie au cours du temps, il crée un champ électrique E
⃗ 1 = E 1 (r, t)⃗uθ , etc.
Q.14 Déduire de la partie précédente, l’expression approchée du champ magnétique à l’ordre 4 en u.
Q.15 Par application de l’équation de Maxwell qui convient, déterminer E 1 (r, t) et en déduire l’expression du
champ électrique à l’ordre 3 en u.
Q.16 Quel est le domaine fréquentiel de validité du théorème d’Ampère ? Par application du théorème d’Am-
père à un contour bien choisi, déterminer l’amplitude réelle B0 en fonction des paramètres du solénoïde.
III – Approche énergétique
ωr
On fait maintenant l’hypothèse d’un régime lentement variable, c’est-à-dire que l’on suppose que u = ≪1
c
dans toutes les expressions calculées ci-dessus. On suppose négligeables tous les termes d’ordre supérieur ou
égal à 2 dans les expressions des champs.
Q.17 Evaluer en ordre de grandeur le domaine de fréquences correspondant à cette approximation pour les
composants utilisés usuellement en montage d’électricité ou d’électronique. Cette approximation vous
semble-t-elle raisonnable ?
Q.18 D’après ce qui précède, donner l’expression du champ électromagnétique réel (E, ⃗ à l’ordre 1 en ωr
⃗ B)
c
pour le condensateur d’une part et pour le solénoïde d’autre part.
E ωr
Q.19 Que peut-on dire, en ordre de grandeur, du rapport pour ≪ 1 dans le condensateur d’une part
cB c
et dans le solénoïde d’autre part ?
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Q.20 Dans les deux cas, donner l’expression de la densité volumique instantanée d’énergie électromagnétique
ωr
uem (r, t) toujours dans le cadre de l’approximation ≪ 1.
c
Q.21 Quelle approximation est-il légitime de faire dans l’expression de uem (r, t) suivant que l’on soit dans le
cas du condensateur ou du solénoïde ? Quel système peut-on qualifier de système à dominante électrique ?
magnétique ?
⃗ t) dans le condensateur d’une part et dans le solénoïde d’autre part,
Q.22 Calculer le vecteur de Poynting Π(r,
ωr
toujours pour ≪ 1.
c
Q.23 Effectuer un bilan énergétique global sur la zone d’espace correspondant à l’intérieur du condensateur
d’une part, du solénoïde d’autre part. Commenter.
IV – Premier contact avec l’ARQS
ωr
Q.24 Dans l’hypothèse des régimes lentement variables énoncée et étudiée ci-dessus ( ≪ 1), déduire de ce
c
qui précède que l’équation de Maxwell-Faraday pour un système « à dominante électrique » s’écrit de
−→ ⃗ ⃗
manière approchée sous la forme : rotE = 0. Que peut-on dire de l’équation de Maxwell-Ampère ?
Q.25 De même, pour un système « à dominante magnétique », donner l’expression approchée des équations
de Maxwell-Faraday et Maxwell-Ampère en régime lentement variable.
Q.26 Peut-on définir sans ambiguïté « l’Approximation des Régimes Quasi-Stationnaires » et formuler les
équations de Maxwell de manière unique dans le cadre de cette approximation ?
Dans l’ARQS magnétique, on peut montrer que l’équation locale de conservation de la charge est la même
qu’en statique : div⃗j ≃ 0. Dans ces conditions, on retrouve notamment la loi des nœuds et les lois usuelles
de l’électrocinétique, qui relèvent donc de le l’ARQS magnétique (la loi des nœuds n’existe pas dans l’ARQS
électrique !). En pratique, sauf dans des systèmes « pathologiques » comme les condensateurs, l’ARQS se confond
avec l’ARQS magnétique. La raison est simple : les conducteurs sont neutres, donc la densité volumique de
charge est nulle en général, alors que des courants peuvent circuler. Par conséquent, c’est la limite magnétique
de l’ARQS qui nous est familière et que l’on nomme souvent tout simplement ARQS.