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Victor Hugo
LES MISÉRABLES
Tome I – FANTINE
1862
Texte annoté par Guy Rosa,
professeur à l’Université Paris-Diderot
Table des matières
Livre premier Un juste ............................................................. 6
Chapitre I Monsieur Myriel ........................................................ 7
Chapitre II Monsieur Myriel devient monseigneur Bienvenu .. 11
Chapitre III À bon évêque dur évêché ...................................... 19
Chapitre IV Les œuvres semblables aux paroles ...................... 22
Chapitre V Que monseigneur Bienvenu faisait durer trop
longtemps ses soutanes ............................................................. 32
Chapitre VI Par qui il faisait garder sa maison ........................ 37
Chapitre VII Cravatte ............................................................... 45
Chapitre VIII Philosophie après boire...................................... 51
Chapitre IX Le frère raconté par la sœur ................................. 56
Chapitre X L’évêque en présence d’une lumière inconnue ...... 61
Chapitre XI Une restriction ...................................................... 79
Chapitre XII Solitude de monseigneur Bienvenu .................... 85
Chapitre XIII Ce qu’il croyait ................................................... 89
Chapitre XIV Ce qu’il pensait ................................................... 95
Livre deuxième La chute ........................................................99
Chapitre I Le soir d’un jour de marche .................................. 100
Chapitre II La prudence conseillée à la sagesse ......................118
Chapitre III Héroïsme de l’obéissance passive ...................... 123
Chapitre IV Détails sur les fromageries de Pontarlier ............ 131
Chapitre V Tranquillité ........................................................... 136
Chapitre VI Jean Valjean ........................................................ 139
Chapitre VII Le dedans du désespoir ..................................... 146
Chapitre VIII L’onde et l’ombre ............................................. 155
Chapitre IX Nouveaux griefs .................................................. 158
Chapitre X L’homme réveillé .................................................. 160
Chapitre XI Ce qu’il fait .......................................................... 164
Chapitre XII L’évêque travaille .............................................. 169
Chapitre XIII Petit-Gervais .....................................................175
Livre troisième En l’année 1817 ........................................... 187
Chapitre I L’année 1817 .......................................................... 188
Chapitre II Double quatuor .................................................... 199
Chapitre III Quatre à quatre ................................................... 205
Chapitre IV Tholomyès est si joyeux qu’il chante une
chanson espagnole.................................................................... 211
Chapitre V Chez Bombarda .................................................... 215
Chapitre VI Chapitre où l’on s’adore ...................................... 219
Chapitre VII Sagesse de Tholomyès ....................................... 222
Chapitre VIII Mort d’un cheval .............................................. 231
Chapitre IX Fin joyeuse de la joie........................................... 236
Livre quatrième Confier, c’est quelquefois livrer ................ 241
Chapitre I Une mère qui en rencontre une autre ................... 242
Chapitre II Première esquisse de deux figures louches ......... 255
Chapitre III L’Alouette ........................................................... 259
Livre cinquième La descente ...............................................263
Chapitre I Histoire d’un progrès dans les verroteries noires . 264
Chapitre II M. Madeleine ....................................................... 267
Chapitre III Sommes déposées chez Laffitte .......................... 272
Chapitre IV M. Madeleine en deuil ........................................ 277
Chapitre V Vagues éclairs à l’horizon ..................................... 281
Chapitre VI Le père Fauchelevent .......................................... 289
Chapitre VII Fauchelevent devient jardinier à Paris .............. 295
–3–
Chapitre VIII Madame Victurnien dépense trente-cinq francs
pour la morale ......................................................................... 297
Chapitre IX Succès de Madame Victurnien ........................... 301
Chapitre X Suite du succès ..................................................... 305
Chapitre XI Christus nos liberavit .......................................... 314
Chapitre XII Le désœuvrement de M. Bamatabois ................ 316
Chapitre XIII Solution de quelques questions de police
municipale ...............................................................................320
Livre sixième Javert .............................................................334
Chapitre I Commencement du repos ..................................... 335
Chapitre II Comment Jean peut devenir Champ ................... 341
Livre septième L’affaire Champmathieu ............................. 354
Chapitre I La sœur Simplice ................................................... 355
Chapitre II Perspicacité de maître Scaufflaire ....................... 359
Chapitre III Une tempête sous un crâne ................................ 367
Chapitre IV Formes que prend la souffrance pendant le
sommeil ................................................................................... 391
Chapitre V Bâtons dans les roues ........................................... 397
Chapitre VI La sœur Simplice mise à l’épreuve ..................... 416
Chapitre VII Le voyageur arrivé prend ses précautions pour
repartir ..................................................................................... 426
Chapitre VIII Entrée de faveur ............................................... 434
Chapitre IX Un lieu où des convictions sont en train de se
former ...................................................................................... 439
Chapitre X Le système de dénégations...................................448
Chapitre XI Champmathieu de plus en plus étonné .............. 458
Livre huitième Contre-coup .................................................464
Chapitre I Dans quel miroir M. Madeleine regarde ses
cheveux .................................................................................... 465
–4–
Chapitre II Fantine heureuse ................................................. 469
Chapitre III Javert content ..................................................... 475
Chapitre IV L’autorité reprend ses droits.............................. 480
Chapitre V Tombeau convenable ........................................... 487
À propos de cette édition électronique .................................496
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Livre premier
Un juste
–6–
Chapitre I
Monsieur Myriel1
En 1815, M. Charles-François-Bienvenu Myriel était évêque
de Digne. C’était un vieillard d’environ soixante-quinze ans ; il
occupait le siège de Digne depuis 1806.
Quoique ce détail ne touche en aucune manière au fond
même de ce que nous avons à raconter, il n’est peut-être pas
inutile, ne fût-ce que pour être exact en tout, d’indiquer ici les
bruits et les propos qui avaient couru sur son compte au
moment où il était arrivé dans le diocèse. Vrai ou faux, ce qu’on
dit des hommes tient souvent autant de place dans leur vie et
surtout dans leur destinée que ce qu’ils font. M. Myriel était fils
d’un conseiller au parlement d’Aix ; noblesse de robe. On
contait de lui que son père, le réservant pour hériter de sa
charge, l’avait marié de fort bonne heure, à dix-huit ou vingt
ans, suivant un usage assez répandu dans les familles
parlementaires. Charles Myriel, nonobstant ce mariage, avait,
disait-on, beaucoup fait parler de lui. Il était bien fait de sa
personne, quoique d’assez petite taille, élégant, gracieux,
spirituel ; toute la première partie de sa vie avait été donnée au
monde et aux galanteries. La révolution survint, les événements
1 Très vite les commentateurs, et d’abord la famille du « modèle »
ont reconnu Charles-François-Bienvenu de Miollis (1753-1843), évêque
de Digne de 1806 à 1838, dans le personnage de Hugo. De fait celui-ci
s’était, dès 1834, documenté avec précision sur la famille de ce prélat (en
particulier sur son frère, le général Sextus de Miollis) dont la vie et la
carrière offrent beaucoup d’analogies avec celles de Mgr Bienvenu. Sans
doute l’attention de Hugo avait-elle été attirée sur lui par Montalembert
qui, reçu à Digne en octobre 1831 par Mgr de Miollis, était revenu
enthousiaste.
–7–
se précipitèrent, les familles parlementaires décimées, chassées,
traquées, se dispersèrent. M. Charles Myriel, dès les premiers
jours de la révolution, émigra en Italie. Sa femme y mourut
d’une maladie de poitrine dont elle était atteinte depuis
longtemps. Ils n’avaient point d’enfants. Que se passa-t-il
ensuite dans la destinée de M. Myriel ? L’écroulement de
l’ancienne société française, la chute de sa propre famille, les
tragiques spectacles de 93, plus effrayants encore peut-être pour
les émigrés qui les voyaient de loin avec le grossissement de
l’épouvante, firent-ils germer en lui des idées de renoncement et
de solitude ? Fut-il, au milieu d’une de ces distractions et de ces
affections qui occupaient sa vie, subitement atteint d’un de ces
coups mystérieux et terribles qui viennent quelquefois
renverser, en le frappant au cœur, l’homme que les catastrophes
publiques n’ébranleraient pas en le frappant dans son existence
et dans sa fortune ? Nul n’aurait pu le dire ; tout ce qu’on savait,
c’est que, lorsqu’il revint d’Italie, il était prêtre.
En 1804, M. Myriel était curé de B. (Brignolles). Il était
déjà vieux, et vivait dans une retraite profonde.
Vers l’époque du couronnement, une petite affaire de sa
cure, on ne sait plus trop quoi, l’amena à Paris. Entre autres
personnes puissantes, il alla solliciter pour ses paroissiens M. le
cardinal Fesch. Un jour que l’empereur était venu faire visite à
son oncle, le digne curé, qui attendait dans l’antichambre, se
trouva sur le passage de sa majesté. Napoléon, se voyant
regardé avec une certaine curiosité par ce vieillard, se retourna,
et dit brusquement :
– Quel est ce bonhomme qui me regarde ?
– Sire, dit M. Myriel, vous regardez un bonhomme, et moi
je regarde un grand homme. Chacun de nous peut profiter.
–8–
L’empereur, le soir même, demanda au cardinal le nom de
ce curé, et quelque temps après M. Myriel fut tout surpris
d’apprendre qu’il était nommé évêque de Digne.
Qu’y avait-il de vrai, du reste, dans les récits qu’on faisait
sur la première partie de la vie de M. Myriel ? Personne ne le
savait. Peu de familles avaient connu la famille Myriel avant la
révolution.
M. Myriel devait subir le sort de tout nouveau venu dans
une petite ville où il y a beaucoup de bouches qui parlent et fort
peu de têtes qui pensent. Il devait le subir, quoiqu’il fût évêque
et parce qu’il était évêque. Mais, après tout, les propos auxquels
on mêlait son nom n’étaient peut-être que des propos ; du bruit,
des mots, des paroles ; moins que des paroles, des palabres,
comme dit l’énergique langue du midi.
Quoi qu’il en fût, après neuf ans d’épiscopat et de résidence
à Digne, tous ces racontages, sujets de conversation qui
occupent dans le premier moment les petites villes et les petites
gens, étaient tombés dans un oubli profond. Personne n’eût osé
en parler, personne n’eût même osé s’en souvenir.
M. Myriel était arrivé à Digne accompagné d’une vieille
fille, mademoiselle Baptistine, qui était sa sœur et qui avait dix
ans de moins que lui.
Ils avaient pour tout domestique une servante du même
âge que mademoiselle Baptistine, et appelée madame Magloire,
laquelle, après avoir été la servante de M. le Curé, prenait
maintenant le double titre de femme de chambre de
mademoiselle et femme de charge de monseigneur.
Mademoiselle Baptistine était une personne longue, pâle,
mince, douce ; elle réalisait l’idéal de ce qu’exprime le mot
« respectable » ; car il semble qu’il soit nécessaire qu’une
–9–
femme soit mère pour être vénérable. Elle n’avait jamais été
jolie ; toute sa vie, qui n’avait été qu’une suite de saintes œuvres,
avait fini par mettre sur elle une sorte de blancheur et de clarté ;
et, en vieillissant, elle avait gagné ce qu’on pourrait appeler la
beauté de la bonté. Ce qui avait été de la maigreur dans sa
jeunesse était devenu, dans sa maturité, de la transparence ; et
cette diaphanéité laissait voir l’ange. C’était une âme plus
encore que ce n’était une vierge. Sa personne semblait faite
d’ombre ; à peine assez de corps pour qu’il y eût là un sexe ; un
peu de matière contenant une lueur ; de grands yeux toujours
baissés ; un prétexte pour qu’une âme reste sur la terre.
Madame Magloire était une petite vieille, blanche, grasse,
replète, affairée, toujours haletante, à cause de son activité
d’abord, ensuite à cause d’un asthme.
À son arrivée, on installa M. Myriel en son palais épiscopal
avec les honneurs voulus par les décrets impériaux qui classent
l’évêque immédiatement après le maréchal de camp. Le maire et
le président lui firent la première visite, et lui de son côté fit la
première visite au général et au préfet.
L’installation terminée, la ville attendit son évêque à
l’œuvre.
– 10 –
Chapitre II
Monsieur Myriel devient monseigneur
Bienvenu
Le palais épiscopal de Digne était attenant à l’hôpital.
Le palais épiscopal était un vaste et bel hôtel bâti en pierre
au commencement du siècle dernier par monseigneur Henri
Puget, docteur en théologie de la faculté de Paris, abbé de
Simore, lequel était évêque de Digne en 1712. Ce palais était un
vrai logis seigneurial. Tout y avait grand air, les appartements
de l’évêque, les salons, les chambres, la cour d’honneur, fort
large, avec promenoirs à arcades, selon l’ancienne mode
florentine, les jardins plantés de magnifiques arbres. Dans la
salle à manger, longue et superbe galerie qui était au rez-de-
chaussée et s’ouvrait sur les jardins, monseigneur Henri Puget
avait donné à manger en cérémonie le 29 juillet 1714 à
messeigneurs Charles Brûlart de Genlis, archevêque-prince
d’Embrun, Antoine de Mesgrigny, capucin, évêque de Grasse,
Philippe de Vendôme, grand prieur de France, abbé de Saint-
Honoré de Lérins, François de Berton de Grillon, évêque-baron
de Vence, César de Sabran de Forcalquier, évêque-seigneur de
Glandève, et Jean Soanen, prêtre de l’oratoire, prédicateur
ordinaire du roi, évêque-seigneur de Senez. Les portraits de ces
sept révérends personnages décoraient cette salle, et cette date
mémorable, 29 juillet 1714, y était gravée en lettres d’or sur une
table de marbre blanc.
L’hôpital était une maison étroite et basse à un seul étage
avec un petit jardin.
– 11 –
Trois jours après son arrivée, l’évêque visita l’hôpital. La
visite terminée, il fit prier le directeur de vouloir bien venir
jusque chez lui.
– Monsieur le directeur de l’hôpital, lui dit-il, combien en
ce moment avez-vous de malades ?
– Vingt-six, monseigneur.
– C’est ce que j’avais compté, dit l’évêque.
– Les lits, reprit le directeur, sont bien serrés les uns contre
les autres.
– C’est ce que j’avais remarqué.
– Les salles ne sont que des chambres, et l’air s’y
renouvelle difficilement.
– C’est ce qui me semble.
– Et puis, quand il y a un rayon de soleil, le jardin est bien
petit pour les convalescents.
– C’est ce que je me disais.
– Dans les épidémies, nous avons eu cette année le typhus,
nous avons eu une suette militaire il y a deux ans, cent malades
quelquefois ; nous ne savons que faire.
– C’est la pensée qui m’était venue.
– Que voulez-vous, monseigneur ? dit le directeur, il faut se
résigner.
– 12 –
Cette conversation avait lieu dans la salle à manger-galerie
du rez-de-chaussée.
L’évêque garda un moment le silence, puis il se tourna
brusquement vers le directeur de l’hôpital :
– Monsieur, dit-il, combien pensez-vous qu’il tiendrait de
lits rien que dans cette salle ?
– La salle à manger de monseigneur ! s’écria le directeur
stupéfait.
L’évêque parcourait la salle du regard et semblait y faire
avec les yeux des mesures et des calculs.
– Il y tiendrait bien vingt lits ! dit-il, comme se parlant à
lui-même.
Puis élevant la voix :
– Tenez, monsieur le directeur de l’hôpital, je vais vous
dire. Il y a évidemment une erreur. Vous êtes vingt-six
personnes dans cinq ou six petites chambres. Nous sommes
trois ici, et nous avons place pour soixante. Il y a erreur, je vous
dis. Vous avez mon logis, et j’ai le vôtre. Rendez-moi ma
maison. C’est ici chez vous.
Le lendemain, les vingt-six pauvres étaient installés dans le
palais de l’évêque et l’évêque était à l’hôpital.
M. Myriel n’avait point de bien, sa famille ayant été ruinée
par la révolution. Sa sœur touchait une rente viagère de cinq
cents francs qui, au presbytère, suffisait à sa dépense
personnelle. M. Myriel recevait de l’état comme évêque un
traitement de quinze mille francs. Le jour même où il vint se
loger dans la maison de l’hôpital, M. Myriel détermina l’emploi
– 13 –
de cette somme une fois pour toutes de la manière suivante.
Nous transcrivons ici une note écrite de sa main.
Note pour régler les dépenses de ma maison.
Pour le petit séminaire : quinze cents livres
Congrégation de la mission : cent livres
Pour les lazaristes de Montdidier : cent livres
Séminaire des missions étrangères à Paris : deux cents
livres
Congrégation du Saint-Esprit : cent cinquante livres
Établissements religieux de la Terre-Sainte : cent livres
Sociétés de charité maternelle : trois cents livres
En sus, pour celle d’Arles : cinquante livres
Œuvre pour l’amélioration des prisons : quatre cents livres
Œuvre pour le soulagement et la délivrance des
prisonniers : cinq cents livres
Pour libérer des pères de famille prisonniers pour dettes :
mille livres
Supplément au traitement des pauvres maîtres d’école du
diocèse : deux mille livres
Grenier d’abondance des Hautes-Alpes : cent livres
Congrégation des dames de Digne, de Manosque et de
Sisteron, pour l’enseignement gratuit des filles indigentes :
quinze cents livres
Pour les pauvres : six mille livres
Ma dépense personnelle : mille livres
Total : quinze mille livres
Pendant tout le temps qu’il occupa le siège de Digne,
M. Myriel ne changea presque rien à cet arrangement. Il
appelait cela, comme on voit, avoir réglé les dépenses de sa
maison.
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Cet arrangement fut accepté avec une soumission absolue
par mademoiselle Baptistine. Pour cette sainte fille, M. de Digne
était tout à la fois son frère et son évêque, son ami selon la
nature et son supérieur selon l’église. Elle l’aimait et elle le
vénérait tout simplement. Quand il parlait, elle s’inclinait ;
quand il agissait, elle adhérait. La servante seule, madame
Magloire, murmura un peu. M. l’évêque, on l’a pu remarquer,
ne s’était réservé que mille livres, ce qui, joint à la pension de
mademoiselle Baptistine, faisait quinze cents francs par an.
Avec ces quinze cents francs 2, ces deux vieilles femmes et ce
vieillard vivaient.
Et quand un curé de village venait à Digne, M. l’évêque
trouvait encore moyen de le traiter, grâce à la sévère économie
de madame Magloire et à l’intelligente administration de
mademoiselle Baptistine.
Un jour, – il était à Digne depuis environ trois mois, –
l’évêque dit :
– Avec tout cela je suis bien gêné !
– Je le crois bien ! s’écria madame Magloire, Monseigneur
n’a seulement pas réclamé la rente que le département lui doit
pour ses frais de carrosse en ville et de tournées dans le diocèse.
Pour les évêques d’autrefois c’était l’usage.
– Tiens ! dit l’évêque, vous avez raison, madame Magloire.
Il fit sa réclamation.
2 Sur un revenu de quinze mille livres, L’évêque ne conserve donc
que le dixième : dîme inversée ; voir I, 1, 6 : « Je paie ma dîme, disait-il ».
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